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[6 juin 1997] Dans le sillage du carnage

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    P'tit nouveau
AVATAR : Rien
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MessageSujet: [6 juin 1997] Dans le sillage du carnage Mer 7 Oct 2015 - 13:37


Les rayons de soleils traversaient les hautes fenêtres de la Grande salle, enveloppant les longues tables d’une douce lumière. Les élèves, encore endormis en cette matinée de Juin, petit-déjeunaient paresseusement. Comme tout les jours, un bruit de bruissement d’ailes annonça l’heure du courrier. Les hiboux de la Grande salle étaient, aujourd'hui, alourdis par des papiers supplémentaires qu'ils laissèrent tomber sur la table du petit déjeuner.




N°3456 124 - Vendredi 06 juin 1997


n ce vendredi 6 juin 1997, le Monde de la Magie est en deuil, ébranlé par l'horreur qui s'est abattue hier matin sur le Ministère de la Magie. Le verdict est sans appel : 28 morts et 183 blessés. L'hécatombe est due aux dommages collatéraux des deux groupes d'individus suspects, qui se sont livrés des combats au sein de l'établissement gouvernemental. L'équipe magique spécialisée dans la réparation est actuellement en train de remettre sur le pied le plafond de l'Atrium qui s'est effondré, provoquant de nombreux dégâts aussi bien matériels qu'humains. Néanmoins, aujourd'hui, la majorité des services du ministère - sauf ceux réquisitionnés pour les diverses réparations - seront fermés.  








'est hier, dans la matinée, que les faits se déroulent. La première alerte est donnée aux alentours de 11h30. Clyde Bradbury, un Tireur d'Elite de la Baguette Magique, arrive au Ministère et affirme avoir été agressé. Une simple affaire, que l'on pense presque banale mais qui doit être prise en main. En montant les étages afin de rejoindre ses collègues, il passe par le Département des Mystères en entendant un grabuge qui n'a pas lieu d'être. Il voit le corps gisant de Katerina Jenkins, gravement blessée. La jeune femme travaillait au Département de la justice magique, où ont eu lieu les premiers affrontements. Elle lui affirme, entre deux bredouillements de folie, qu'elle a été prise en otage par deux employés du Ministère et que lui-même lui avait infligé des supplices. Alors qu'il s'apprête à sonner l'alerte une nouvelle fois, c'est une explosion qui retentit et qui fait effondrer les étages. Une seconde victime est découverte par les médicomages : Lauren Strauss - secrétaire au Département de la justice magique -, gravement blessée et paralysée de façon passagère au niveau des jambes, coincée dans un ascenseur avec l'une de ses collègues. Celle-ci, avant de s'évanouir, affirme dans une confusion - non pas des moindres -, avoir été agressée par Clyde Bradbury, malgré le fait qu'il ne fusse pas présent sur les lieux au moment des faits. C'est rapidement qu'on découvre par la suite le corps de deux autres employés de l'étage, le corps inanimé de Clara Bryant, ainsi que celui de Beth Asher qui s'accroche difficilement à l'once de vie qui l'anime, gravement mutilée à l'abdomen. Madame Asher dont les jours ne sont désormais plus en danger, est maintenant tenue artificiellement éveillée grâce aux médicomages urgentistes et nous a donné son témoignage sur les déroulements des faits.

« Non, je ne les connais pas... Ou plutôt, je connais ces visages. Il s’agissait d’Eydis Van Hall et de Benny Garner. Mais leur façon de se comporter montrait clairement qu'ils étaient différents, que ce n’était pas eux. »

Ces propos incohérents font lien avec le témoignage de Lauren Strauss, sur la présence de malfaiteurs ayant revêtu de fausses identités afin de pénétrer dans l'établissement supposé hautement sécurisé. D'après les différents récits notés, le combat prit de l'ampleur et explosa - au sens littéral du terme - dans l'Atrium, où les étages supérieurs s'effondrèrent, perçant le plafond. Le personnel de combat du Ministère arriva aussitôt sur les lieux, tentant de rétablir l'ordre dans une entrée dévastée par les sorts et les effondrements. La plupart des lumières ont été détruites et les corps gisaient, ensevelis sous les décombres, installant ainsi une atmosphère lugubre dans l'enceinte de l'Atrium. Des cris de crainte ou de douleur, parfois mêmes des pleurs, se faisaient entendre, témoignant de rescapés s'en étant sortis indemnes, ou presque. Les autorités sont alors débordées, devant à la fois courser les malfaiteurs et prendre en charge les blessés.

« Nous nous sommes immédiatement jetés à leur poursuite. » témoigne Clyde Bradbury, parlant au nom de la Brigade de la Police Magique, « Mais ces criminels nous ont glissé entre les doigts. À présent, nous sommes activement en train d'effectuer des recherches pour mettre la main sur l'identité des suspects. Une grande équipe a été formée pour mettre un terme à cette affaire en bouclant les coupables à Azkaban. Et la sécurité a évidemment été mise sur le palier maximum. » affirme-t-il alors qu'un de ses collègues, Markus Ridgewell, donne les mêmes explications à d'autres journalistes.



es suspects, parlons-en. Leur identité reste mystérieuse, inconnue, car ils auraient pris l'apparence d'employés du Ministère. Ce sont les corps de Benny Garner -créateur de portoloins- et de Gavin McAlister -sans emploi- qui ont été retrouvés aux alentours du Chaudron Baveur, côté moldu. La cause de leur mort reste obscure, l'arme blanche étant une éventualité compte tenu des entailles ornant les victimes. Les traces de magie ne sont pas repérables, ce qui laisse les enquêteurs perplexes. « Le procédé est différent des meurtres traditionnels. » nous confie Kingsley Shackelbot, l'Auror de renom qui est l'un des spécialistes en charge de l'enquête. Nous avons appris plus tard qu'une autre identité a été empruntée. Barnabé Hopkins, un Cracmol de grande taille, mais à la silhouette usée par les décennies, aurait violemment agressé Clyde Bradbury, le Tireur d'élite. En effet, ce dernier affirme avoir reçu des coups et notamment un stupéfix. Récit mystérieux : Barnabé Hopkins, sans pouvoir, ne peut pratiquer la magie. On soupçonne alors un sorcier d'avoir pris son apparence, mais l'identité reste encore une fois dans l'ombre, alors que le corps de l'individu n'a pas été retrouvé. Vint enfin la découverte du corps d'Eydis Van Hall, dernière identité subtilisée, talentueuse Auror qui présente des traces létales de magie. Selon Shackelbot, l'irrégularité du procédé sous-entendrait la précipitation des meurtriers à subtiliser les identités de leurs victimes. « Probablement du polynectar, de par la nécessité d'avoir eu recours au corps des victimes. », en conclut l'Auror.

À cause de cette potion, aucune piste d'identité n'a pu être relevée, hormis celle du couple Whitersen. En effet, la présence de Torrance Whitersen et de son épouse Isabel sur les lieux du crime a éveillé la méfiance de plusieurs employés du Ministère. « Ils se tenaient droits, comme s'ils étaient en importante mission. Ce qui devait-être, je le pense, le cas. » nous crache avec hargne Samantha Fletcher, assignée à l'accueil des employés au Ministère. Pour elle, comme pour beaucoup, le couple est clairement mêlé à l'organisation des Mangemorts. Cependant, les enquêteurs restent sceptiques. Et pourtant, le corps original - à savoir aucune utilisation de polynectar ici - d'Isabel Whitersen sur les lieux, ainsi que la disparition étrange de son mari depuis les évènements, jettent un trouble. Ce dernier est considéré comme fugitif et actuellement recherché par Azkaban, si bien que la maison familiale a été réquisitionnée et est examinée de fond en comble pour trouver le moindre renseignement. Malheureusement, les détails ne nous ont pas été donnés sur les trouvailles faites, considérant que cela pouvait « ébranler négativement l'enquête » si de plus amples informations étaient fournies.


os Aurors sont actuellement en train d'étudier les évènements, pour comprendre le lien entre les deux groupes d'extrémistes, apparemment ennemis. L'implication mangemort est certaine, étant donné l'apparition de la terrifiante Marque des Ténèbres dans un ciel autrefois dégagé, à la fin de l'attaque. Le deuxième groupuscule de délinquants impliqué serait la Confrérie de l'ombre. Les enquêteurs ont étudié les cadavres appartenant à ses rangs, une fois que le polynectar eut cessé d'agir. La Confrérie de l'ombre n'avait pas été, jusqu'à présent, impliquée dans une activité criminelle de cette ampleur. Reconnue comme un petit groupe de malfrats, les spécialistes n'auraient jamais soupçonné qu'ils puissent s'attaquer au Ministère, et encore moins au très secret Département des Mystères. Il se trouve que la groupe de malfrat aurait tenté de mettre la main sur le Globe de Falazus, l'un des boucliers les plus puissants du monde, à des fins bien évidemment criminelles. L'objet, d'une valeur inestimable, a été détruit lors de l'affrontement. Une mauvaise nouvelle pour le patrimoine magique, mais une bonne nouvelle pour la sécurité de tous.

« La Confrérie n'était pourtant qu'un groupe de malfaiteurs annexes, mais on dirait que les choses commencent à changer. » commente péniblement Edgar Simons, qui ne cache pas sa surprise. Edgard Simons travaille au service d'identification des groupes criminels, à la sécurité magique, où la Confrérie était loin d'être classée parmi les organismes dangereux. « Les informateurs du Ministère, qui ont vainement tenté d'entrer en contact avec la Confrérie, parlent de l'impulsion d'un chef autoritaire et surtout très destructeur. Je serais même prêt à parier qu'il n'est pas tout blanc dans cette machination de vol monumental. » Vol qui se serait transformé en tragédie après l'implication des Mangemorts dans l'affaire.



accès au Ministère est pourtant sous haute surveillance depuis l'été dernier. » déclare John O'Connely, le responsable de la sécurité magique. L'homme, encore sous le choc, affirme « que la sécurité sera augmentée. » comme l'a précisé Clyde Bradbury. Son équipe travaille actuellement à sécuriser au maximum non seulement le Ministère, mais également tous les lieux importants du monde magique, à savoir augmenter les troupes sur le Chemin de Traverse et ses alentours ou encore à Pré-Au-Lard. Le transplanage avait déjà été interdit au sein du Ministère suite à la précédente attaque d'il y a un an (intrusion de Mangemorts et de plusieurs personnes, dont des élèves du collège Poudlard), et dorénavant les portoloins et cheminées d'arrivage seront soumis à divers tests d'identité. Une équipe de chercheurs en sortilèges étudie un moyen de traquer les individus ayant consommé du polynectar. De plus, chaque secteur sera rigoureusement contrôlé, et les employés ne pourront plus se rendre dans un Département qui n'est pas le leur, sans avoir les autorisations nécessaires venant d'un haut-gradé. Tout sera mis en œuvre pour diminuer au maximum le risque d'intrusion dans un établissement normalement inébranlable.

La totalité des lieux du monde magique sera surveillée. Les Aurors et les spécialistes en sortilèges collaborent pour protéger du mieux qu'ils peuvent les places magiques britanniques importantes. Enfin, plusieurs délégations ont été envoyées dans les communautés magiques étrangères, afin de mettre au point un système de protection international, notamment vis-à-vis des moyens de transport. Le monde magique entier est sous haute vigilance, l'œil à l'affût d'un quelconque mouvement suspect.



Nous vous conseillons de faire preuve de la plus grande prudence dans les jours à venir. Nous comptons sur la citoyenneté de tous les sorciers du monde magique pour garantir la sécurité de la communauté. Il en va de notre survie à tous.







Charles LEANN & Leez (l'elfe de maison)
©Zaiphir



Règles du jeu a écrit:


  • L’article couvre l’attaque du Ministère, datant du 5 juin 1997.
  • La Gazette du vendredi 6 juin 1997 est déposé à la Grande table, le matin au petit déjeuner.
  • Tout le monde peut poster.

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MessageSujet: Re: [6 juin 1997] Dans le sillage du carnage Dim 11 Oct 2015 - 17:07

Catherine rêvassait, affaissée sur son assiette. Elle baillait largement, c'était un matin tranquille. Elle avait pu voir Maya, elle avait pu s'enlever un peu des cauchemars qui la hantaient depuis la fatidique annonce. Elle avait même dormis quasiment toute la nuit. Mais, étrangement, à partir du moment où la rousse avait pu retrouver le sommeil il lui semblait que toutes les heures de repos manqués lui tombait dessus. Cath se redressa, et but d'une traite son verre de jus de citrouille, dans l'espoir fou de retrouver un semblant d'énergie, et reposa bruyamment son gobelet.

Un étrange silence s'était posé sur la Grande salle. La rousse releva les yeux, et observa leur directeur. "S'il vous plaît jeunes gens ! Je vais demander à certains d'entre vous de bien vouloir suivre vos directeurs de maisons. Nous vous donnerons de plus amples informations par la suite." La jeune fille soupira, puis croqua dans un toast. Il convoquait des gens, très bien. Certains devaient avoir eu des difficultés avec la pression des examens et devaient avoir fait perdre des points à leur maison. Elle espérait tout simplement que ce n'était pas encore des Gryffondor. Puis, l'une des nombreuses radotages du vieux directeur arriva jusqu'à ses oreilles. Son nom. Elle se redressa. Elle était convoquée à le suivre, avec d'autres cités. L'écossaise fonça les sourcils, et balaya la salle du regard. Et observait les regards hagards de ceux qui se levait, comme elle, et se dirigeaient tels des âmes damnées, dans la même direction.

Catherine se leva avec difficulté, un peu hébétée, sans trop comprendre, et suivit en silence Tony Garner. Gabriel la rejoins rapidement, lui aussi avait été appelé. La rousse lui lança un sourire crispé. Les mauvaises nouvelles avaient tendances à pleuvoir ses derniers temps, et même sans comprendre la Gryffondor sentit son estomac se crisper, et une boule se former dans sa gorge. Elle inspira profondément, et sortit de la salle.

Au moment même où des papiers tombèrent du ciel artificiel.
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SERDAIGLE6ème annéePréfetMODO
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MessageSujet: Re: [6 juin 1997] Dans le sillage du carnage Sam 31 Oct 2015 - 0:57



¤¤¤

Le jeune homme marchait pieds nus sur le parquet lustré. Il avait soif et la gorge en feu, il désirait un verre d’eau fraîche. Il connaissait ce lieu sur le bout des doigts et aurait pu trouver son chemin les yeux fermés. C’était le dortoir de Poudlard à un détail près : il n’y avait plus ni mur, ni toit, plus aucune fondation. Seuls les tables, les chaises, les portes, les portraits se tenaient là, dans un néant laiteux.

Il avait quitté le nid des aigles et errait dans les couloirs, des peintures étaient suspendues ça et là dans le vide. Il avait oublié la raison l’ayant poussé à descendre au rez-de-chaussée. Il n’avait pas froid malgré la pierre gelée sous la plante de ses pieds. Il contemplait les portraits démunis de vie, le château qui n’était plus. La disparition des murs ne le surprenait pas, mais un malaise enflait en lui à mesure qu’il se rapprochait de la grande porte menant au parc. Elle se tenait là, face à lui, entourée d’un vide infini. Il hésita, souhaitant remonter se coucher à l’étage, mais ses jambes s’activèrent et il finit par pousser les battants de la lourde porte.

La nuit était tombée sur le parc, mais la lune était ronde et lumineuse au-dessus de la forêt interdite éclairant tous les environs. Elwyn balaya le parc des yeux. Il n’avait même pas conscience d'être en train d'enfreindre le règlement et de risquer de faire perdre des points à sa maison. Dans cet univers-là, la réalité et les règles sont différentes. Il ne voulait pas se diriger vers le lac, mais il le devait. Une force inconnue le guidait. Il savait que quelqu’un l’attendait et sa curiosité était plus forte que sa peur. Ses pieds caressèrent l’herbe fraîche tandis qu’il marchait d’un pas décidé vers le lac de Poudlard.

Dumbledore en personne, pieds nus, lui aussi et vêtu de gris de la tête au pied s’avança vers lui. Elwyn se stoppa et tenta d’expliquer ce qu’il faisait dehors alors que le couvre-feu était dépassé depuis un moment, mais le vieil homme le fit taire d’un mouvement de main.
-Tu voulais des réponses à tes questions ? Suis-moi ! S’exclama-t-il avec douceur.

Elwyn, qui avait une confiance absolue en la personne du directeur de Poudlard, s’avança en écartant les hautes herbes qui lui arrivaient à hauteur du torse. Il n’avait même pas remarqué le changement brutal de la végétation.

-Regarde ! Dumbledore pointa de sa baguette un point en contrebas. Le serdaigle marcha prudemment sans quitter le vieil homme des yeux. Une fois à sa hauteur, il découvrit ce qu’il lui désignait : le lac en bas de la falaise. Il questionna le directeur du regard, celui-ci murmura : Il t’attend. La descente fût risquée, il trébucha à plusieurs reprises s’accrochant à des racines, s’écorchant genoux et paumes sur les pierres tranchantes, mais finalement il atteignit la terre boueuse du bord du lac. Il releva la tête, mais Dumbledore avait disparu. Elwyn ne savait pas ce qu’il devait comprendre et pourquoi Dumbledore l'avait fait descendre jusqu’ici, au risque de lui briser la nuque, s’il n’y avait rien à voir. Il regarda autour de lui, mais il y avait simplement le lac silencieux et quelques grenouilles qui croassaient.

Il se pencha au-dessus du lac, son reflet le toisait. Elwyn se redressa : - Je ne comprends pas ! Professeur qu’est-ce que ça veut dire ?!

-Pleurnicheur ! Elwyn se retourna vivement, personne n’était là. Il avait pourtant entendu une voix, une petit voix aiguë… une voix d’enfant.

Il se pencha de nouveau vers le lac, mais cette fois son reflet changea pour prendre les traits de son visage, quand il était enfant. Le petit Elwyn l’observait, les sourcils froncés, réprobateur.

-Pleurnicheur ! Elwyn recula et dans son élan de panique trébucha sur les fesses. La silhouette sortit de l’eau et s’éleva vers le ciel. Il n’y avait plus aucune étoile et lorsqu’Elwyn leva les yeux, le lac était devenu le ciel et le ciel se trouvait désormais à la surface du lac.

-Tu es un menteur !! Regarde ce que tu es devenu, ce que tu as laissé derrière toi sans même te retourner. Contemple ce que tu as perdu ! Tu n’as pas tenu ta promesse, tu...

-Non, c’est faux !

- ne peux pas me sauver. Tu ne peux.. Son reflet disparaissait happé par un immense cumulus noir d’encre.

Tu as oublié.

-Attends, reviens… REVIENS. Oublié quoi ? Elwyn se mit à courir pour rattraper son double, mais le lac ne l’entendait pas de cette oreille. Tu m’as oublié en oubliant qui tu étais. L’eau du lac semblait pourvue d’une vie propre et s’anima. Son double s’éloignait. Elwyn essayait de le rattraper, mais la surface, d’abord secouée par de petites vagues, se transforma finalement, en un immense raz-de-marée qui balaya le serdaigle au loin.

Il avait le sentiment de couler comme une grosse pierre dans cet infini bleu azur. Il se laissa dériver, ballotté de droite à gauche par les remous des vagues. Il tombait, s’éloignant de la lumière, plongeant dans les ténèbres. Stan apparut à côté de lui, ses yeux cendres rivaient sur le serdaigle. Sans un mot, il lui tendit sa main, un sourire aux lèvres. Elwyn essaya de former les syllabes du prénom de son ami, mais aucun son ne sortit. Il tenta d’attraper la main de Stan, mais le lac prit vie de nouveau et un contre courant repoussa Elwyn vers le large tandis que Stan dérivait vers les profondeurs. Le serdaigle tenta de nager, mais en vain le courant était trop fort et le recracha près de la serre.

Sur la terre ferme, les rayons du soleil étaient ardents presque aveuglants. Il mit sa main en visière afin d’analyser cette nouvelle scène s’offrant à lui. Une silhouette féminine se tenait là.

-Fay ?

- Qui es-tu ?

-C’est moi, Elwyn !  Lorsqu’il fit un pas vers la silhouette, elle recula de deux pas. Elwyn ? Tu n’es pas Elwyn.

Tu t’es perdu, murmura la voix de Dumbledore derrière lui. Les choses que l'on perd peuvent toujours resurgir, mais toi, tu as abandonné ces choses. Elles ne reviendront jamais.

- Que dois-je faire alors ? La silhouette féminine avait disparue.

- Tu devras... MIaaaaou


¤¤¤

Il était tôt, très tôt Elwyn était assis au chaud dans son lit et lisait son livre de potion en vue de son examen dans quelques semaines. Son livre était ouvert à la page sur la préparation de la potion du philtre de paix. Squeamish était couché entre ses jambes et ronronnait comme un vieux moteur. Ce fourbe l'avait réveillé au aurore, car il avait faim. Le jeune homme s’était réveillé incapable de se souvenir de son rêve, il savait juste qu’il y avait eu une histoire de lac et que Dumbledore était présent. De toute façon, cela l’arrangeait bien de ne pas s’en souvenir, ces derniers temps, ses rêves étaient tout sauf agréables et ce n’était pas plus mal de n’en garder aucun souvenir.

-Bon alors Squeamish, murmura Elwyn, à quoi sert le philtre de paix ? Le chat bailla en s’étirant de tout son long. Une odeur de marais basse plana un instant autour des narines du jeune homme. Faudrait que je t’achète des bâtons à mastiquer pour le tartre des dents, on dirait qu’t’as un rat en décomposition coincé dans la trachée ! Bon !!! Allez un effort Squeamish, le philtre de paix, ça sert à quoi !?

Elwyn leva la tête fouillant dans les tiroirs de son esprit à la recherche d’une réponse. C’est pas pour la paix dans le monde… C’est pour calmer… calmer quoi déjà ? Mhm, le jeune homme tenta de se souvenir mordillant la peau de sa lèvre nerveusement. Je vais foirer mon épreuve de potion ! s’écria-t-il en s’affaissant dans son lit. Je hais cette matière ! Il se redressa aussitôt : -Allez courage … Il chercha du doigt la réponse à sa question et découvrit la petite explication en début de page : mais oui, j’en étais sûr ! C’est pour calmer l’anxiété et l’agitation. J’en aurais bien besoin d’ailleurs avant de passer mes BUSES ! Elwyn se mit à bailler en voyant son chat faire de même. Arrête de bailler, serpillière, tu me donnes sommeil ! Bon allez, ! Le jeune homme continua ses pseudos révisions :- Qu’est-ce que je peux dire de plus sur cette potion… Si elle est mal préparée les effets secondaires peuvent être absolument désastreux. En effet, cette potion peut te faire plonger dans un profond sommeil voire un sommeil irréversible. Tu m’écoutes Squeamish ? C’est une potion très très délicate à préparer…Genre… mhm, moyen mémo technique : le philtre de paix égal la Belle au bois dormant. Ouais, la Belle au bois dormant, c’est parfait ça. Toi t’en as pas besoin pour dormir H24, par exemple ! Le chat entrouvrit un œil jaune qu’il referma aussi sec. Sa paupière était beaucoup trop lourde à porter.

Le serdaigle hocha la tête un sourire satisfait aux lèvres, il reprit : - Maintenant les ingrédients… Alors  il faut de la poudre de pierre de lune qui peut avoir différentes couleurs. D’ailleurs c’est un ingrédient très souvent utilisé en potion et sinon, il faut du sirop d'ellébore. Alors cette plante est vénéneuse et existe sous différentes variétés. Ah et il faut aussi dix graines de griffonia, tu sais, cet arbuste massif et grimpant avec des fleurs verdâtres puis, il ne faut pas oublier deux gousses noires contenant des graines de millepertuis. Ah et bien sûr les dix centilitres de baves d’escargot de Bourgogne.

Il récita : -Ensuite, par rapport aux étapes de préparation, un camarade de dortoir remua dans son lit et Elwyn baissa le son de sa voix, qu’est-ce qu’on avait fait en classe déjà ? Il se souvenait de ce cours de potion parce qu’il s’était mis, ô désespoir, en binôme avec Stan et qu’au bout de dix minutes, il avait abandonné et avait laissé Stan faire tout le boulot à sa place parce que le serpentard ne faisait que critiquer sa façon de travailler. Alors Squeamish écoute bien, pour réaliser cette potion, il faut d’abord prendre un mortier, pilon, chaudron, blablabla tout le bordel. Bon ensuite, réduire la pierre de lune en poudre, récolter les diz graines de griffonia, du sirop d’ellébore.  AaaaH super important, il faut faire macérer 500 g des graines de millepertuis dans de l’huile d’olive pendant trois semaines jusqu’à ce que la préparation prenne une teinte rouge vif. Les gousses noires, on doit les ouvrir délicatement avec un petit couteau pour retirer les graines. Ça c’était la partie délicate, je faisais que de broyer les graines, Stan a commencé à râler à ce moment. Il y eut un blanc avant qu’il continue de plus belle. Je me mets plus avec lui en potion, c’est insupportable. C’est le genre de mec à vérifier six fois le doseur et au millilitre près.

Le jeune homme se visualisa devant son chaudron et tenta de réciter la recette : bon d’abord j’ajoute la poudre de pierre de lune dans le chaudron. D’acc’. Ensuite, je dois tourner trois fois dans le sens inverse des aiguilles d’une montre. Là va falloir attendre sept minutes le temps que la préparation frémisse. Pendant ce temps, je peux prendre les dix graines de griffonia et les dix centilitres de baves que je mélange à coup de pilon dans le mortier. Me semble qu’il faut bien écraser les graines pour qu’elles absorbent bien la bave. D’ailleurs cette bave, je me souviens l’avoir récoltée pendant que Stan remuait le chaudron.  Comment j’ai fait ? Le serdaigle se frotta le menton : ça m’en souviens bien, j’avais mes escargots dans un bac en plastique humide pour les faire sortir de leur coquille, et j’avais dû ajouter une cuillère à café de sel et de vinaigre pour faire baver abondamment les escargots. C’était dégueulasse. Il fit une grimace. Ensuite, il a suffi de récolter dix centilitres. Mais faut pas non plus réduire les graines en poudre sinon la potion risque de foirer. C'est ce que je faisais d'ailleurs. Après, faut verser dans le chaudron frémissant cinq gouttes de sécrétion de bandimon… Mhn, non ça c’est pour la potion de gommage. Je dis de la citrouille.

Le jeune homme se mit à lire la recette : « versez dans la préparation frémissante les graines et le sirop puis diminuez le feu pour qu’il soit faible. Remuez deux fois dans le sens des aiguilles d’une montre. Lorsque la préparation vire au cyan, ajoutez rapidement les 500 g de fleur de millepertuis et d’huile d’olive. Si vous avez bien respecté les étapes, votre préparation doit virer au rose. Il ne vous restera alors plus qu’à ajouter deux gouttes de sirops d’ellébore. Faites très attention, une goutte de trop pourrait transformer votre potion en un puissant somnifère. » Hop, ça c'est fait.


Le jeune homme tourna la page de son livre pour découvrir la potion portant le nom étrange de polynectar. Une potion qui permet à celui qui la boit de prendre l’apparence d’un autre être humain. Il soupira : bon qu’est-ce que je peux dire sur le polynectar … ? Elwyn fixa son chat et vint lui gratter la tête entre les deux oreilles. L’animal ronronna de plaisir.

-Quand j’y pense, c’est ta faute si Absynthe m’a tiré une claque… et tu sais elle m’a aussi enlacé, enfin c’était pas vraiment une étreinte… mais elle m’a dit qu’elle m’aimait bien et que sans moi il y aurait comme un vide. Le jeune homme avait les yeux perdus dans le vide. Tu y crois toi ? Moi j'ai dû mal à y croire. Elle m’a aussi fait un bi… Il se tut, il parlait trop fort et si quelqu’un l’entendait.

Début juin avait été un mois mouvementé avec l’agression et l’incendie dans la bibliothèque, la terrible nouvelle d’Adam et Maya à l’hôpital, mais heureusement ils s’étaient rétablis depuis. Le malaise avec Maya n’était pas allé en s’améliorant et celui avec Absynthe avait empiré. Depuis la scène dans la salle de la chorale, la demoiselle semblait éviter le serdaigle. Ou peut-être que c’était l’inverse. L’asiatique perdait tout ses moyens lorsque la serpentard pénétrait dans un périmètre de trois mètres. Il se mettait à bégayer et perdait le fil de ses pensées, ce qui n’était pas du goût de son amie Fay. Elwyn rêvassa ainsi plusieurs minutes dans son lit et finalement se décida à se préparer pour le petit déjeuner.

Bien habillé, propre, affamé et presque de bonne humeur, c’est ainsi qu’il se rendit à la table des serdaigles. Il s’installa à sa place habituelle à côté de Fociférette et se mit à piocher dans les mets succulents s’offrant à lui. Ils échangèrent trois-quatre mots, puis le professeur Dumbledore intervient alors : - S'il vous plaît jeunes gens ! Je vais demander à certains d'entre vous de bien vouloir suivre vos directeurs de maisons. Nous vous donnerons de plus amples informations par la suite."  Plusieurs élèves  furent appelés dont l’insupportable Catherine Strauss et le cher et tendre bien aimé d’Absynthe : Sevan McAlister. Ils quittèrent la salle sous le regard de tous les autres élèves qui se demandaient ce que tout ceci signifiait. Au même moment, les hiboux, comme d’ordinaire, remplirent le ciel de la grande salle et déposaient colis, lettres et journaux. Fay reçut un exemple de sa Gazette et se plongea dans sa lecture tandis qu’Elwyn essayait d’attraper le dernier croissant sur sa gauche qu’Egg picorait. Alors qu’il allait enfin récupérer son dû, Fay le secoua vivement en s’écriant : - Par la barbe de Merlin, El’ lis moi ça !

Sans lui laisser le temps de réagir, elle laissa tomber le journal ouvert sur le gros titre « carnage au ministère » sous son nez. Ses yeux parcouraient l’article sans complètement assimiler ce qu’il lisait. Des parcelles de phrases résonnaient à son esprit :  « Le verdict est sans appel : 28 morts et 183 blessés. », « plafond de l'Atrium qui s'est effondré », » revêtu de fausses identités », « du polynectar », « Marque des Ténèbres ». Il releva les yeux vers Fay qui commenta :- ça fait flipper… Il est vraiment de retour, alors...?

Elwyn avait toujours pris un soin immense à ne pas trop se poser de question concernant vous-savez-qui et son retour. Il s’était rassuré en se confinant dans l’idée qu’à Poudlard, les élèves ne risquaient rien, que Dumbledore veillerait sur eux. Son autre protection était de se dire qu’il était plus moldu que sorcier et qu’au besoin, il n’avait qu’à casser sa baguette et retourner vivre avec ses parents adoptifs en oubliant tout. Mais était-ce aussi facile que ce qu’il semblait croire ? Il avait pris goût à cette vie, il aimait Poudlard et ses camarades. Oublier et repartir de zéro ne serait pas chose aisée, peut-être même impossible.

-Je sais pas… Mais ça me dit rien qui vaille. Soudain une chose lui frappa l’esprit, il releva vivement la tête et dévisagea Stan à la table des serpentard. Fay ? Le père de Stan travaille pas au Ministère ?

-Si, il me semble, couina la jeune femme.

Les deux serdaigles fixèrent Stanley à la table voisine, mais ce-dernier semblait prendre un malin plaisir à éviter leur regard. Tu crois… que son père fait partie des victimes ?

-Je sais pas, je sais même pas en quoi consiste son travail. Il a l’air normal, non ?

-T’entends quoi par « normal » ? « Toujours le visage du mec le plus heureux de la planète » ?

-Fay !

-Oui bah, oui… il a l’air « normal ».

Elwyn se rassura en pensant qu’après tout, il ne faisait pas partie des élèves appelés.  Fay se redressa et fit des immenses signes en criant « Stan », jusqu’à ce que, à contre cœur, il se décide à la regarder en soupirant. Elwyn tenta de faire rasseoir la bavarde, mais ce fût un échec. Le serpentard était loin, mais  Elwyn lut sur ses lèvres :- Qu’est-ce que tu me veux à la fin ? Après  un échange chaotique entre la bleue et le vert, il en ressortit que visiblement le père de Stan n’avait pas été touché par ce massacre.

Elwyn, quant à lui, relut l’article plusieurs fois pour trouver les passages qui l’intéressaient : « Lauren Strauss - secrétaire au Département de la justice magique -, gravement blessée et paralysée de façon passagère au niveau des jambes, coincée dans un ascenseur avec l'une de ses collègues » et « Gavin McAlister -sans emploi- qui ont été retrouvés aux alentours du Chaudron Baveur. Il était évident que l’attaque au ministère n’était pas étrangère au départ des quelques élèves dont Catherine, la gorgone. Même si Elwyn ne portait pas la lionne dans son cœur, il ne lui aurait jamais souhaité du mal et surtout pas la perte d’un être cher.

-J’espère que ça ira pour Cath’, murmura-t-il. Pour tous. Il ne connaissait pas forcément très intimement les autres élèves concernés par la tragédie, mais il espérait pour eux que l’annonce qu’on allait leur faire ne sera pas trop difficile.

Il ne voulait pas céder à la peur ou à la panique, ce n’était peut-être qu’un concours de circonstance. Et si ce n’était pas le cas ? Si le plus grand mage noir était en vie et plus fort que jamais ? Après tout, plusieurs attaques se sont succédées, le chemin de traverse est déserté, les gens vivent dans la peur et l'appréhension et pourtant à Poudlard, les élèves semblent vivre innocemment, presque oublier cette menace. Elwyn était le premier dans ce cas de figure, il faisait la politique de l'autruche : "ce que je ne vois pas n'existe pas". Pourtant, toutes ces agressions, ces attaques...ce ne pouvait pas être qu'un hasard. Elwyn eut une pensée pour ses parents moldus, qu’allait-il leur arriver ? Étaient-ils en sécurité en ayant pour fils un sorcier ? Il s'en voudrait de les plonger dans une histoire qui ne les concerne pas. Cette attaque était d'une violence inouïe et elle était contre le Ministère de la Magie. Ce n'était pas un petit bâtiment ou une petite organisation et c'est certainement ce qui terrorisait le plus le serdaigle. Si un organisme aussi important que le Ministère était en proie à d'étranges attaques, qu'allait-il advenir à des pauvres étudiants ? Qu'est-ce que tout cela signifiait ?

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[6 juin 1997] Dans le sillage du carnage

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