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[Janvier 1997] Nuit Blanche [PV]

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SERDAIGLE6ème année
    SERDAIGLE
    6ème année
AVATAR : Grant Gustin
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INFOS PERSONNAGE
SITUATION AMOUREUSE SITUATION AMOUREUSE: Célibataire
DATE & LIEU DE NAISSANCE DATE & LIEU DE NAISSANCE: 07 /07 /1981 - Londres
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MessageSujet: [Janvier 1997] Nuit Blanche [PV] Dim 30 Aoû 2015 - 16:47


“You never know. Maybe when we’re dreaming…we’re more lucid than when we are awake.”

― Katherine Angela Yeboah



– Hmpfff…

Isaac s’était jeté sur son lit, le visage enfoncé dans l’oreiller qu’il enlaçait comme un doudou.  Oui, il était en manque d’affection. Mais il ne voulait pas de contact humain, surtout pas après tout ce qui s’était passé en cette froide journée de Février. Et de tout manière, il ne voulait pas parler à Tim…Elwyn n’avait jamais été très bavard et le reste de ses compagnons de dortoirs savaient très bien qu’il était inutile de parler à Isaac quand il était en mode « ours pas mal léché ».

Cette journée avait été pénible. Vraiment pénible. Déjà, il avait (encore) failli se faire taper dessus, et très sincèrement la menace n’était pas écartée.  Apparemment, un certain tas-de-muscles  n’avait pas apprécié qu’Isaac passe du bon temps avec sa copine. Comme si c’était sa faute à lui si ladite copine se sentait obligée de voir ailleurs. Les gens devraient vraiment penser à se remettre en question parfois au lieu de toujours l’accuser lui. Il était aussi pur et innocent qu’un ange, il ne manquait qu’une paire d’ailes blanches et…non. Il n’aimait pas voler, okay. Peut-être qu’il n’était pas un ange, un ange déchu alors ! Isaac Hawk…l’ange déchu. Ouais…pas mal. En fait, peut-être qu’il était un peu coupable dans cette histoire…Isaac secoua la tête, pfff, il devait vraiment être fatigué pour avoir de telles pensées. Lui coupable ? Naaaaaan, voyons. Never ever. Forever. ARF. Blâmons la fatigue.  Qu’est ce qui pourrait fatiguer un hyperactif ? Et bien pour commencer, une sortie a Pré-au-lard avec Tim - son soi-disant (hrmm) meilleur ami en passant- qui avait mal tourné. Pourquoi ? Parce que il avait fallu qu’à un moment ou Isaac regardait ailleurs (et donc, le fessier du nouveau serveur aux Trois balais...), Tim court rejoindre son autre meilleur ami, alias Jimmy, alias le Gryffondor niais qui lui coupa toute envie de drague, ou de quelconque amusement d’ailleurs. Merci Jimmy d’être entré dans ma vie (et dans mon cœur.(awww, pauvre chou.)) Vraiment. Pas plus pratique pour vous couper la chic. Donc, il s’était (encore) disputé avec son meilleur ami (qui se révélait être plus chiant qu’une petite amie en fait parce qu’il ne pouvait pas juste rompre avec lui(comme quoi, Tim est en fait le True Love d’Isaac…)) Et puis comme cette journée semblait maudite, il avait dû rencontrer l’emmerdeuse Collins#2, à savoir Jack et ses cigarettes, qui pour améliorer les choses était avec Victoria (mais bien sûr. Pourquoi faire soft ?) Alors, une à la fois il pouvait gérer. Mais les deux, c’était du « court tant que tu peux ». Après s’être éloigné des deux vipères (Jack n’aurait jamais dû être à Serdaigle. JAMAIS.(En fait, déjà elle aurait dû être un mec.)) tant bien que mal, parce qu’Isaac étant Isaac, il avait dû rester et commencer une joute verbale qui s’était d’ailleurs mal terminé (pour lui, mais épargnons son égo.) pour les deux pathétiques fillettes. Voilà.

Sauf que…c’est pas fini. Dans le chemin du retour, qu’il effectua seul parce que Tim avait préféré la compagnie de Jimmy. Et donc Isaac (déprimait.) s’en fichait complétement, après tout si l’autre Serdaigle voulait changer de meilleur ami, ce n’était pas comme  si l’insociable qu’il était aller en être affecté…il avait eu tout le temps de poser un point sur sa vie (misérable) merveilleuse. En particulier concernant l’emmerdeuse Collins#1. Irina et sa fichue magie noire qui l’attirait de plus en plus. Ne paaaas penser à ça. Non. D’ailleurs, premier bon point de la journée, il avait rencontré la fille d’hier, qui lui annonça en toute niaiserie respectable (mais bien sûr Isaac.) qu’elle avait rompu avec son petit copain effrayant et qu’elle était à présent disponible. Eheh…eheheheheh. Pourquoi est-ce que les seules filles qui ne veulent pas l’humilier ou le rendre toxico devaient être aussi idiotes ? Est-ce qu’il avait une tête à vouloir sortir avec qui que ce soit là ? Et bien non. Là il voulait rentrer dans son dortoir et écouter « I want you back » en fantasmant sur Jimmy. Si ça gêne personne. Il se prit donc une gifle dans la foulée (parce que répondre « Non. » semble développer une certaine agressivité chez l’être féminin rejeté.(mais quelle perspicacité ! Clap-Clap !))

Finalement, il était rentré  à Poudlard. Ou il avait pût s’isoler pour jouer du piano puis réviser ses leçons d’Arithmancie, parce que mine de rien, les BUSEs ça approche ! Il avait aussi passé du temps avec Brave, qui était la seule chose adorable dans tout Poudlard, sa petite sœur de cœur lui avait remonté le moral. Cette fille était une psychopate…mais une adorable psychopathe vraiment ! Et maintenant, il était fatigué, genre carrément crevé. Ce qui était une très mauvaise nouvelle. Parce qu’aujourd’hui, il n’allait pas pouvoir boire une Dreamless Potion vu qu’il en avait déjà bu durant cette semaine, dooonc, il ne devait surtout pas s’endormir. Après le dîner, l’adolescent se sentit encore plus fatigué, pourtant il n’avait pas trop mangé. En effet, partager un dîner avec un Tim avec qui il n’avait pas envie de parler n’était pas agréable. Il ne boudait pas vraiment son meilleur ami, il était juste vraiment fatigué (et il en avait un peu marre de partager Tim, honnêtement (à moins qu’il ne soit jaloux de Tim qui avait de très bonnes relations avec les deux personnes qui faisaient battre son cœur trop vite(#Complicated))) même si il fit des efforts pour se faire pardonner vers la fin du dîner en sentant l’irritation de Tim envers lui. Il n’aimait pas savoir son meilleur ami en colère contre lui.

Ce qui nous ramène à l’état actuel du Serdaigle avachi sur son lit. Non, Isaac ne se laisserait pas emporter par Morphée, il allait juste s’allonger…il resterait conscient, son lit était juste vraiment confortable, un matelas dur comme il les aimait…oui, vraiment très confortable…et puis il ‘avait qu’à se concentrer sur les bruits que faisaient ses compagnons de dortoirs, les allées et venues, les mots échangés…les…

Tout était d’un blanc aveuglant autour de lui, tout était…vide. Il n y’avait rien, littéralement rien. Pourtant, il sentait un sol sous ses pieds, enfin il devait bien marcher sur quelque chose…et ce vide avait quelque chose d’effrayant qui le rendit nerveux, ne comprenant même pas ce qu’il faisait ici. Est-ce qu’il était mort ? C’était ça la lumière dont parlait cette stupide série moldue qu’aimait regarder sa mère (Ghost Whisperer o/) Non, parce qu’elle n’était vraiment pas…rassurante ? Et déjà pourquoi il serait mort ? Ce n’était pas possible…hein…Isaac ferma les yeux, sentant ses rétines littéralement brûler sous les rayons agressifs, ce qui n’était pas normal, mais pour le moment rien n’était normal. A présent le noir avait envahi son champ visuel et ce n’était pas mieux, l’adolescent tenta de croiser ses bras autours de lui dans un geste qu’il faisait bien souvent lorsqu’il avait peur mais il fût incapable du moindre mouvement. D’accord, il devait ouvrir ses yeux…il ne se sentait pas bien, c’était une impression, comme si l’ambiance autour de lui était effrayante à elle seule, il se sentait horriblement…seul.

Il ouvrit de nouveau les yeux et rencontra un regard verdoyant. Un regard sombre, perdu…impossible…il se tourna et en rencontra un autre, larmoyant et triste. Sentant sa respiration s’accélérer, Isaac se tourna de nouveau cherchant à éviter ces…reflets. Mais de nouveau, un regard vert, moqueur cette fois-ci. Sentant une nausée l’atteindre, il était cerné. Cerné par des Isaac, par les différentes facettes de sa personnalité.

*Pas ta personnalité…Ton illusion.*

Isaac regarda interdit le reflet qui lui faisait face, celui-ci avait toujours un regard moqueur…non, en fait il était fou, il semblait complétement possédé. Tous les Isaac étaient enfermés dans des miroirs, des miroirs géants le gardant prisonnier de sa propre personne, de sa propre illusion.

*T-tu ne comprends toujours pas hein ?*

La voix bégayante et étouffée de sanglots ne pouvait appartenir qu’au deuxième reflet, qui continuait de pleurer misérablement. Isaac sentait sa respiration lui échappait, comme si il ne contrôlait plus son corps, il s’effondra, forcé de regarder sa pathétique version sanglotant. Non, non, non. Il ne voulait pas être lui. Il ne pouvait pas être lui !

*Mais tu n’es pas lui. En fait, c’est nous qui sommes toi. Regarde autours de toi, tu es notre prisonnier.*

Isaac leva brusquement la tête vers le plafond, d’où la voix narquoise et…maléfique semblait venir. Il vit une version de lui dont les yeux étaient complétement noirs et dont l’aura était…écœurante, comme si elle était alourdie par un surplus de magie. La nausée du brun s’intensifia alors que ses battements de cœurs accéléraient à toute allure, il ne se sentait pas bien, il avait peur, il était perdu au milieu de ses reflets qui ne faisaient que le dégouter profondément de sa propre personne.

*Pourtant tu aimes bien te regarder dans le miroir non ?*

Le premier Isaac, celui qui était tellement bien apprêté que mais qui avait l’air perdu, curieux mais complétement dans les vapes. Isaac voulut se prendre la tête dans ses mains, cette tête qui bourdonnait avec les voix qui lui sortaient tous ses défauts, ses peurs, ses insécurités et les lui envoyaient droit dans la figure. Mais il ne pût pas. Il était paralysé, faible, vulnérable.

*Lequel de nous tu préfères ? Je suis le plus puissant, tu sais. Le plus…pur.*

Pur ? Quoi ? La tête d’Isaac se leva d’elle-même, le faisant se sentir comme une marionnette sans aucune volonté ou contrôle. Le DarkIsaac (oulah, il va loin mon délire.) le regardait d’un air sinistre, apeurant. Est-ce que…est ce que c’était vraiment une de ses facettes ?

*Non…pas encore.*

Sa voix était sifflante comme celle d’un serpent, bien loin de celle habituellement  doucereuse et velouté du Serdaigle. Il ne voulait pas devenir ce type.

*Mais tu n’as pas le choix si tu veux vraiment te libérer !*

L’adolescent sentit les larmes couler sur ses joues, non, non. Il n’était pas faible, ni misérable. Il ne pleurait pas … et d’un coup, tout devint de trop. Les voix dans sa tête lui donnait l’impression que cette dernière allait exploser, les visions de ses reflets lui faisait peur,  lui donnait la nausée. Leurs regards le transperçaient, le jugeaient, le blessaient…Son immobilité faisait redoubler ses larmes, sa vulnérabilité l’écœurait, le sens de cette situation le tuait. Il se débattait pourtant, il tentait de se libérer de ses reflets, de ces êtres qui n’étaient pas lui et qui emprisonnait son véritable lui-même dans cette illusion.


En effet, une illusion qui d'un point de vue extérieur n'était visible que par les gémissement apeuré du garçons et ses larmes et ses mouvement incontrôlés afin de retrouver le contrôle de son corps. On pourrait croire qu'il se serait habitué à avoir des cauchemars depuis le temps.

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“There are some things your mind has been hiding from you.”
Obert Skye, Leven Thumps and the Gateway to Foo


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SERDAIGLE6ème annéePréfetMODO
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MessageSujet: Re: [Janvier 1997] Nuit Blanche [PV] Mer 2 Sep 2015 - 22:15

Elwyn & Isaac




Elwyn était revenu à Poudlard il  ya peu de temps, après avoir passé les vacances de noël chez ses parents moldus comme chaque année. Il avait aussi fêté son seizième anniversaire pendant les vacances, il se posait encore plus de questions qu’avant son départ. Le serdaigle n’arrivait pas à trouver le sommeil, il regarda à nouveau l’heure : 01 h 32 et réinstalla son oreiller. Il avait changé au moins cinquante fois de position et malgré le silence de son dortoir troublé par les respirations lentes de ses camarades, le sommeil refusait de venir le visiter ce soir. Il était un étrange micmac d’anxiété et de trépignement. Ces vacances avaient été relativement marquantes pour plusieurs raisons. Elwyn se redressa dans son lit, il ouvrit le tiroir sur sa gauche et en sortit une lettre qu’il relisait pour la dixième fois, au moins.

Durant ces vacances, Elwyn avait reçu une lettre bien particulière. Une réponse pour être exacte. Une personne qu’il n’avait pas revue depuis plus de 10 ans. Il avait été profondément touché de ne pas être oublié par cette inconnue.  « Bien évidemment, que je me souvient encore de toi, Haneul ; ». Il aimait tout dans cette phrase, la tendresse  palpable derrière l’encre sombre, ses « f » ressemblant à des « g » et ses fautes d’orthographe. « Pourquoi ne m’a tu pas donné ton adresse plus teau ? j’ai gardée précieusement toutes tes lettres.» Un sourire se dessina sur ses lèvres. Ce n’était pas grand-chose, un petit bonheur en plus, savoir qu’on ne vous a pas complètement oublié. « Est-ce que tu te souviens du chemin de terre envahi de fleur ? Je me souvient qu’on  avait pas le droit de monter sur le muret mais qu’on le faisait quand même », il s’en souvenait comme si c’était hier. Le soleil qui léchait le sommet des montagnes au loin, l’odeur et l’arc-en ciel de couleurs qu’offraient les fleurs, la caresse du vent et les rires des enfants.

Quand il était arrivé à la gare, ses parents l’attendaient avec sa sœur. Pas de tendre embrassade, ce n’était pas du style de la maison. Sa mère lui avait annoncé qu’une lettre l’attendait. Elwyn ne s’était pas du tout douté de l’identité du destinataire, pas même lorsqu’il l’avait eu sous les yeux. Il ne réalisa la réalité que lorsqu’il lut plusieurs fois la lettre et la signature en bas de page. Il ne savait pas quoi répondre à cette lettre, parce qu’il lui avait écrit pendant  plus de 5 ans sans espérer la moindre réponse, sans même penser que les lettres atteignaient leur destinataire. Il écrivait ses lettres comme il aurait pu le faire d’un journal intime. Ça avait été un moyen pour lui d’alléger ses souffrances et son malaise au début de ses années à Poudlard, mais les lettres s’étaient faites de plus en plus rares et finalement il n’en avait plus du tout écrites par manque de temps. Alors  oui, il avait été surpris de trouver cette lettre crémeuse sur son bureau. Il avait été surpris d’apprendre que toutes ses lettres avaient trouvé destinataire et surtout qu’elle les avait gardées et lues.

Isaac commençait à s’agiter dans le lit d’à côté, ce n’était pas la première fois que ça lui arrivait. Elwyn l’avait déjà observé en train de se débattre contre un monstre invisible. Habituellement, la « crise » ou le « cauchemar » passait au bout de quelques minutes aussi Elwyn n’y prêta pas trop d’attention. L’autre événement des vacances qui l’avait marqué c’était la discussion qu’il avait eu avec sa mère adoptive un petit matin. Il s’en souvenait encore parfaitement :

☼☼☼

Il se tenait dans la cuisine aux couleurs abricot, il captait quelques brides de conversations de la télévision dans le salon : « D, la réponse D ». Sa mère était assise et le dévisageait. Aujourd’hui était un jour spécial.

-Mon chéri, tu me prépares quelques tranches de bacon avec des œufs ?

Elwyn contemplait  sa mère, depuis quand lui semblait-elle être une parfaite étrangère ? Au loin, le présentateur réconfortait la candidate perdante : « C'est le jeu ma pauv lucette, mais vous repartez avec ce superbe jeu de société… ». Il ne savait plus depuis quand sa famille lui semblait si loin tout en étant proche, il avait l’impression que même en tendant les bras, il ne pourrait pas arriver à les toucher, comme s’il se tenait dans une autre dimension, de l’autre côté du miroir. Peu importe combien il tendait le bras, il ne les atteindrait plus jamais. Il sentait comme un vide en lui et ce vide le terrorisait, il avait peur de se faire avaler.  Il se sentait happé à l’intérieur, ce vide se trouvait en lui, comme un immense trou noir.

-Oui… Maman. Murmura-t-il entre ses dents.

Elle feuilletait un journal moldu immobile, en sirotant son thé brûlant. Au moins, elle n’était pas au courant des terribles événements qui secouaient le monde des sorciers. La peur et la mort régnaient en maître, le monde devenait fou.

- Allumer le feu devrait t’aider pour la cuisson...

-En effet. Il était rêveur et ne s’en était même pas rendu compte. Il se posait beaucoup de questions, son cœur était tiraillé, usé.

Il sortit quatre œufs et du bacon et quand la poêle fut suffisamment chaude, il les déposa dans un grésillement joyeux. Il fixait son visage, ses yeux bleus, ses cheveux blonds délavés et se prit à se demander comment aurait été sa véritable mère. Quel genre de tic aurait-elle, comment se tiendrait-elle, avec quelle voix lui adresserait-elle la parole ? Était-elle grande ou petite ? Qu’aimait-elle faire ? Il secoua la tête la chassant de son esprit comme elle l’avait chassé de sa vie et se concentra sur la cuisson du bacon. Elle ne le quittait pas du regard et Elwyn avait presque envie de lui dire : Quoi ma gueule ? Qu'est ce qu'elle a ma gueule ?

Sa mère l’interpella : - Comment ça se passe à ton école ?

Il y eut un silence de plusieurs secondes avant qu’il ne prenne la parole : - Plutôt bien, je suis en pleine révision pour mon examen de fin d’année.

-Je vois. Il lui avait expliqué plusieurs fois le genre d’options qu’il faisait, les cours auxquels il assistait, mais elle était incapable de s'en souvenir correctement. Il ne lui en voulait pas, après tout... la potion, les sortilèges, c’était comme s’il lui parlait en latin.

-Et le cours de… de potion, tu trouvais ce cours difficile, non ? Il fut presque surpris qu’elle s’en souvienne.

-Oui, j’essaye de faire de mon mieux, répondit Elwyn un sourire maussade sur les lèvres.

Il aimait ses parents, mais depuis maintenant plusieurs années, depuis son intégration à Poudlard plus précisément, il ne pouvait s’empêcher d’être triste quand il rentrait chez lui. Il ne s’y sentait plus à sa place, même sa chambre ne semblait plus lui appartenir pourtant rien n’avait changé. Les  mêmes dessins étaient accrochés au mur, les mêmes livres prônaient dans sa bibliothèque, les photos restaient fixes, la tapisserie inchangée, alors il comprenait que c’était lui qui avait changé, pas sa famille, pas sa maison… Mais lui. Une odeur de bacon grillée flotta dans la pièce, il essuya du revers de sa manche une larme, qu’il mit sur le dos de la cuisson lui agressant la prunelle.  

Sa mère posa le journal et se leva alors qu’il faisait griller, pour ne pas dire carboniser, l’autre côté du bacon. D’une voix douce et en lui prenant la cuillère en bois des mains, elle lui dit : - Toujours aussi peu doué en cuisine.

Il recula en souriant : - Oui, ça n’a pas… changé. D'autre chose en revanche...

Sa mère diminua la puissance de la flamme et se retourna vers lui. Elle encadra son visage de ses mains : - Tu es un garçon magnifique. Elle lui sourit, il baissa la tête. Elle fit quelque chose d’assez rare, elle l’enlaça contre lui : - Joyeux anniversaire mon petit-grand Elwyn. Je suis si fière de toi, tu as tant grandi, tant changé (quoi tu n’aimais pas le gnome ?).

Elle le lâcha, un malaise s’installa entre eux. Tout du moins, Elwyn était très mal à l'aise, mais sa mère reprit de plus belle.

-Est-ce que tu as fait des recherches sur tes vrais parents ?

Il s’offusqua en reculant immédiatement : - C’est toi ma véritable mère !

-El’, je pense que tu es à présent suffisamment grand  pour répondre aux questions qui te tracassent. Tu n’es plus en enfant et cela ne changera rien, tu es mon fils.

Elwyn n’avait pas su quoi répondre, il n’avait fait aucune recherche, il se fermait hermétiquement comme une huître à l’entente de ce sujet. C’était encore trop douloureux pour lui, trop tôt. Elle soupira en secouant la tête. Elle avait compris que le sujet était glissant, mais tenta d'avoir des réponses à une de ses plus grande curiosité.

-Toujours pas de chérie en vue ?

Il recula en grognant : - Mais non ! J’ai d’autres chats à fouetter !

Sa mère eut un petit rire aiguë : - et cette admiratrice secrète ?

-C’est juste une vieille connaissance, répliqua Elwyn bougon. Sa sœur était entrée dans la cuisine à ce moment : - connaissance, tu aurais dû le voir, il a passé son aprèm à lire la lettre avec un sourire nié, elle imita le sourire en accentuant le ridicule, sur le visage !

-T’exagères  toujours tout !

-C’est comme la dernière fois, il parlait tout seul dans sa chambre, il disait : « machine, là Marie Thérèse ‘fin j’ai oublié son prénom, c’était un truc à coucher dehors. Bref, il disait machine, elle abuse, j’ai pas demandé à ce que gnagnanga…  et il s’est mis à grogner. Puis, à parler de Marie Denise là. Elle semble être un sujet passionnant en tout cas. C'est qui ?? ».

-Quoi, je disais quoi… Quand ça ? Tu mens !

Puis, hier il a passé sa journée à dessiner le visage d’une fille, une b... Elwyn agrippa sa sœur et lui mit la main devant la bouche. Ça suffit ! Il était plus grand et avait plus de force, au grand dam de sa cadette.

Elle se débattit : - Lâche-moi ! Leur mère rigola en se servant une tranche de bacon. Tu as souhaité un joyeux anniversaire à ton frère ? Elle essayait de le mordre, une véritable diablesse : - J’allais le faire jusqu’à ce qu’il décide de montrer que Monsieur est un homme ! Lâche-moi ou je te donne un coup de genou dans … tes… tes coui… tes coucougnous quoi !

Elwyn la lâcha en soupirant : - Tu sais que « coucougnous « possède un véritable sens ! Helena lui tira la langue et bredouilla : - Joyeux anniversaire, l’amoureux transi d’une meuf qui a une tête d’insécateur !

Elwyn mauvais répliqua : Insécateur ? Il secoua la tête, peu importe, apprends à parler anglais correctement ! Eh dis-moi Helena, si on parlait de ton ex-ex-ex-ex petit copain ! Il imita la voix de sa sœur :  C'est Jean Louihaaan !!! C’est quoi le concept : « attrapez les tous ! »

Sa mère se redressa en toussant, et avec des larmes au coin des yeux : - Pardon ?

Sa sœur avait la sale manie d’un peu trop fouiller dans ses affaires privées. Et puis, il était las de cet éternel débat sur son éventuelle petite amie, il était très bien seul. Est-ce que forcément parce que tu apprécies une fille et sa présence, tu es amoureux ? Pour Elwyn, cela ne faisait aucun sens, sinon il était amoureux de toutes ses amies filles.  Fort heureusement le débat avait pris fin avec l’arrivée de deux chouettes à cinq minutes d’intervalles portant chacune une lettre de Stan et l’autre de Fay. Les deux missives étaient tellement différentes, celle de Stan était d’une calligraphie proche de la perfection, celle de Fay était tâchée d’encre et débutait par : « Elwyn, j’en ai une trop bonne : Lorsqu'un pancake prend un Nimbus à destination de ta bouche et qu'il fait escale sur un lit de caramel chaud... ». Les hiboux portaient aussi des paquets contenant les cadeaux et paquets de bonbons de ses amis. Après trois paragraphes, 10 ratures, une tâche de graisse, elle lui avait finalement souhaité son anniversaire : « -Hey Elwyn ! WYN ! Hey Wynel, au fait Joyeux anniversaire ! ». Il entendait presque sa voix et son rire d’otarie pour le coup et un immense sourire naquit sur ses lèvres. Le style de Stan était plus réglementaire, presque austère, mais la lettre le touchait tout autant.

☼☼☼

Elwyn remonta les draps sur lui et replaça la lettre : pourquoi sa mère s’y mettait aussi ? Entre la petite amie et ses parents de sang, ça commençait à faire beaucoup. Le serdaigle ne savait plus quoi penser, à qui se confier. Il était entre apesanteur et apathie. Il se sentait perdu, sa vie se métamorphosait sous ses yeux et sans qu’il ait le moindre contrôle. Sa vie et lui n’étaient plus en osmose. Peut-être qu’il pourrait essayer de chercher dans les livres de l’école pour trouver sa mère ? Ou allait à la salle des trophées ou même questionner les enseignants ? Et s’il… Isaac poussa une plainte, il faisait un cauchemar et ça semblait durer depuis un moment.

Elwyn fixa son compagnon de dortoir, il gesticulait et semblait vivre un rêve tout ce qu’il y a de désagréable. Ça faisait un moment que ça durait, peut-être qu’il devrait aller voir. Il sortit de son lit mollement et se rapprocha discrètement du lit d’Isaac. Elwyn avait peur qu’Isaac se réveille et le voit penché au-dessus de son lit, il n’y aurait pas pire comme malentendu. « J’adore t’observer quand tu dors ». Quelle horreur.  Isaac se débattait à présent contre une créature invisible, la pire de toute, celle de ses pires cauchemars, de ses plus hideuses peurs. Tout le monde possède ce genre de monstre endormi au plus profond de ses songes, simplement la forme de ce monstre est  différente selon les personnes. Elwyn vit quelques larmes coulaient sur ses joues et décida qu’il devait intervenir, il ne pouvait pas le laisser ainsi.

Hésitant, il posa sa main sur l’épaule du serdaigle et le secoua d’abord doucement : - Isaac, réveille-toi.

Pas de réaction. Il ne faut pas réveiller trop brusquement quelqu’un d’endormi et encore moins un somnambule. Elwyn hésita de nouveau fixant Isaac en sueur, il ne semblait pas s’être calmé, ça avait même l’air d’être de pire en pire au fil des minutes. Il le secoua un peu plus fortement et murmura pour ne pas réveiller tout le dortoir des cinquièmes années : -Isaac, Oh ! Réveille-toi, tu dors !

Le jeune homme finalement entrouvrit avec difficulté les yeux. Elwyn recula lâchant son épaule. Isaac n’avait pas toujours été un enfant de cœur avec lui, surtout au début dans sa période « gnome », il n’était pas le dernier à se moquer de son physique au point qu’Elwyn avait redouté se retrouver avec lui dans le dortoir pendant de nombreux mois. Leur relation avait changé lorsque les deux jeunes hommes avaient passé une soirée en tête à tête durant un match.  Elwyn se souvient très bien du malaise ambiant pendant que le bourreau et son ex-victime tentaient de communiquer. Après cet incident, bizarrement Isaac avait stoppé du jour au lendemain ses moqueries et Elwyn avait aussi changé, mais physiquement. Les moqueries n’étaient donc plus vraiment d’actualités : Elwyn ne ressemblait plus à un gnome, n’avait presque plus de boutons d’acnés et avait coupé ses affreux cheveux noirs lui tombant devant le visage. Il n’en voulait pas à Isaac, mais il ne lui faisait pas complètement confiance pour autant. Sans compter qu'Isaac semblait être très "changeant", comme la girouette change au gré du vent. Elwyn le fixa, il semblait complètement déboussolé.

-Tu faisais un mauvais rêve, se justifiât-il avec un air sérieux. J’ai jugé bon de te réveiller, ça avait l’air… d’être très inconfortable, désolé.

Il recula un peu plus, mettant une certaine distance et aussi pour laisser respirer le jeune homme sans qu’il ait la gueule de son voisin de lit au-dessus de lui à l’observer pas forcément dans son meilleur jour. Elwyn chercha des yeux la carafe d’eau en murmurant : - ça va mieux ? Tu veux un verre d’eau ?

Il faisait assez sombre dans la chambre, heureusement la faible lueur de la lune filtrant par la fenêtre permettait de distinguer  où se situait les commodes et lits. Sans attendre la réponse Elwyn se dirigea vers la commode, se cogna le pied contre un pied de table jura à voix basse : « Non d'un nid de gargouilles mal léchées » et atteignit la  carafe. Il versa de l’eau dans un verre et revient vers Isaac qui semblait de venir juste d'atterrir.

Il lui tendit le verre : - Tiens, bois ça ! C’était maladroit et sec, mais l’intention y était. Elwyn, qui n’avait pas forcément l’habitude de discuter avec Isaac, envisageait de retourner se coucher comme s’il n’avait rien vu, rien entendu. Je suis sourd muet, aveugle, je suis une fougère. Il reculait vers son lit.

Défi:
 

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MessageSujet: Re: [Janvier 1997] Nuit Blanche [PV] Mer 3 Aoû 2016 - 21:59


Isaac était encore complétement plongé dans un songe affreusement désagréable…et réaliste. Le genre de rêve qui pourrait le plonger dans la démence, en tout cas c’est ce qu’il ressentait en ce moment.
- Isaac, réveille toi !
Il l’entendit, c’était un autre Isaac qui lui parlait, chassant le mage noir de ses songes et toutes ses autres versions. Se réveiller ? Etait-ce une métaphore pour la mort ? Après tout, c’était le seul moyen qu’il avait d’y échapper non ? D’échapper à sa propre personne.
- Tu auras toujours [i]le choix[i].
Le choix ? Le choix de rester comme il était ? De sombrer dans sa maladie et la dépression pour finir dans l’asile ? Ou encore de devenir comme le Isaac dont l’aura était submergée par la magie noire ? Dans ce cas, il aurait préféré ne pas l’avoir, ce choix.

- Tu dors !

Quoi ?! Devant les yeux ébahis de l’adolescent, son songe disparu alors qu’il sentait que quelqu’un l’agrippait par l’épaule et…Elwyn ? Isaac ouvrit avec difficulté ses yeux, ou est-ce qu’il était ? Qu’est ce qui s’était passé ? Aouch…sa tête, le Serdaigle eut du mal à se concentrer sur les paroles de yeux bridés. Un mauvais rêve ? Inconfortable ? Ah oui…Sans rien dire, le brun se redressa sur ses coudes, le regard vague, il était encore perdu, réalisant peu à peu qu’il était vraiment réveillé cette fois-ci, que c’était bien Elwyn qui grommelait en ce moment, et qu’il était dans son lit, dans le dortoir des Serdaigle.

Il était en sécurité.

Ou presque, sachant que dans son rêve, la seule menace avait été lui-même.  L’adolescent passa une main dans ses cheveux, les agrippant au passage. Une douleur se fit sentir au niveau de son cuir chevelu, mais Isaac ne s’en rendait pas vraiment compte, plongé comme il était dans l’actuel vide qu’était ses pensées. On aurait dit un légume. Bois ? Hmm ? Isaac fixa difficilement ses yeux dans ceux d’Elwyn. Elwyn…une de ses anciennes victimes n’est-ce pas ?  En tant que chanceux qui n’avait pas eu à souffrir d’une méchante transformation physique durant sa pré-adolescence, Isaac ne s’était jamais vraiment gêné pour se moquer des autres. Elwyn, Maya. Est-ce qu’il regrettait ? En quelques sortes. Disons qu’il avait simplement analysé son propre comportement (avec l’aide malvenue de Maya) et s’était rendue compte qu’il avait reporté ses propres peurs et insécurités sur d’autres. Sang de bourbe, bi-polaire, attiré par les hommes. Isaac avait eu son lot d’harcèlement, simplement, il savait se défendre. Et répliquer surtout. Et puis, tant que dans les yeux des autres, il était le « méchant », personne ne se rendait compte de son propre calvaire, de son humiliation. Maya, Elwyn…evidemment, Isaac avait arrêté. Enfin, le pauvre Léandre et quelques autres étaient encore ses malheureuses victimes. Mais il avait ses raisons pour ça. Des raisons pas très convaincantes mais bon.

L’eau avait été une bonne idée, le Serdaigle se sentait atterrir plus solidement dans le monde réel et quitter celui effrayant de ses rêves, qui en réalité n’étaient vraiment que le reflet de ce qu’il ressentait. Quoiqu’il en soit. Elwyn s’éloignait, Isaac n’avait pas eu le temps de le remercier. Ou de s’excuser du dérangement, mais de toute évidence, l’adolescent ne s’excuserait jamais. Ce n’était pas son genre. Un peu plus alerte, l’adolescent se leva souplement, à présent assis sur son lit.

– Elwyn…merci. Et…

Isaac s’arrêta brutalement. Il se mordit la lèvre pour éviter de parler. Il avait failli demander à l’autre Serdaigle de rester avec lui un moment. Quel âge il avait ? Cinq ans ? Il ne pouvait pas trop obliger le pauvre garçon à rester éveiller rien que parce qu’il avait peur. Peur de quoi ? En ce moment ? De tout. D’à quel point ce rêve était réel, de s’endormir et de sombrer de nouveau dans des cauchemars. C’était pour ça qu’il buvait toujours ses médicaments contre la dépression le soir, ils le tenaient éveillé et il préférait l’insomnie aux cauchemars que son subconscient rendait trop réel à son goût. Mais plus exactement, à cet instant précis. Il avait peur de rester seul.

– Est-ce que je suis une mauvaise personne ?

Pourquoi avait-il dit ça. Pourquoi hein. Il lui aurait suffit de se taire. Mais il voulait retenir Elwyn…et puis il voulait entendre sa réponse. Etait-il méchant ? Une mauvaise personne ? Etait-il cruel ? (OUI. TROIS FOIS OUI.) Enfin pour autant qu’Elwyn lui répondait et ne lui balançait pas un oreiller à la face comme réponse. Remarque, au moins ce serait clair comme réponse. En même temps, qui voudrait philosopher sur un tel sujet à cette heure de la nuit hein.

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MessageSujet: Re: [Janvier 1997] Nuit Blanche [PV] Sam 13 Aoû 2016 - 10:18

Elwyn & Isaac




Elwyn n’arrivait pas à dormir, son esprit était beaucoup trop occupé par des dizaines de questionnements et remises en question pour lui laisser une seule seconde de répit. Il se tournait et se retournait dans son lit en poussant des grognements d’agacement. Plus il s’énervait, moins il arrivait à trouver le sommeil. Un cercle vicieux. Il avait, de toute évidence,  raté le  train du sommeil et devait attendre le prochain dans plusieurs heures. Son chat n’était pas là, il avait dû profiter de l’obscurité pour aller chasser quelques souris dans les couloirs du château (ou se faire chasser par les souris ?). Elwyn avait enfoncé la tête sous ses draps en soupirant lorsqu’un bruit en provenance d’un lit voisin attira son attention.

Elwyn sortit la tête et chercha du regard d’où venait cette agitation. Il n’était pas rare à Poudlard de faire face à des phénomènes totalement étranges même au milieu de la nuit, mais cette fois-ci, il lui semblait que ce n’était qu’un de ses camarades en proie à un mauvais rêve. Ses yeux s’étant habitués aux ténèbres environnantes, il distingua rapidement l’origine des plaintes : le lit d’Isaac juste à côté du sien. Ce n’était pas la première fois en 5 ans que son camarade aigle se débattait dans son lit, mais généralement Elwyn dormait comme une souche et il était bien difficile de le réveiller. Aujourd’hui, il ne pouvait pas compter sur son sommeil de plomb.

L’asiatique, toutefois, se recoucha aussitôt, ne voulant pas le déranger jusqu’à ce que les plaintes s’accentuent. Il ne pouvait pas le laisser se battre contre ses chimères, surtout qu’elles semblaient vraiment oppressantes, sans intervenir et à ce train-là, Isaac allait réveiller tout le dortoir. Elwyn s’était levé et approché du lit de son camarade qui était en sueur et gesticulait beaucoup. Il hésita, mais finalement se décida à le réveiller, le plus doucement possible pour éviter le moindre choc. Il l’appela d’abord, voyant que cela n’avait aucun effet, il haussa légèrement le ton et le secoua. Il marmonnait des bouts de phrases incompréhensibles et chacun de ses muscles étaient crispés. Elwyn lui murmura qu’il rêvait, il voulait ainsi qu’il se rende compte de lui-même qu’il ne risque rien en entendant cette voix et qu’ainsi il combatte son cauchemar.

On ne peut jamais complètement faire disparaître nos peurs, angoisses et autres distorsions de l’âme. Une fois la nuit tombée, elles attendent sous notre lit pour resurgir et nous assaillir dans notre sommeil avec une puissance décuplée. Elles sont nos juges et nos bourreaux. Nous pouvons vivre à la lumière les yeux bandés en toute sécurité, mais une fois que l’obscurité a enveloppé la terre de son manteau sombre, nous ne pouvons échapper à la monstruosité et déformation de notre âme. Nos armes contre elles ? Aucune. Elwyn n’en était pas exempt, bien au contraire, de nombreux rêves effrayants lui arrachaient des larmes au réveil. Les cauchemars récurrents d’Elwyn avaient pour thème : des empreintes inconnu dans le sable accompagnées d’un sentiment d’oppression, un être sans visage constitué d’obscurité aspirant tout sur son passage dont lui-même, une petite porte au bout d’un interminable couloir bleu acier très ressemblant à l’orphelinat sans y ressembler tout à fait.
Et parce que bien souvent des visages connus apparaissaient pour le guider ou le tromper, voici quelques phrases récurrentes qu’on lui adressait dans le précipice de ses rêves :

« Tu sais que ce monde est cruel mon petit Elwyn, tu ne peux te réveiller de ce rêve. Baisse la tête. Baisse la tête. Baisse la tête ».
« Ses yeux, ses lèvres…. Ah libérons le monstre qui sommeille en chacun de nous. Je peux te montrer ce que cela fait si tu passes par cette petite porte ».
« Je ne peux pas t’oublier ».
« Même si c’est le pire des mensonges, laisse-moi rester encore auprès de toi ».


Issac venait d’ouvrir les yeux et Elwyn le lâcha enfin, lui expliquant qu’il faisait un mauvais rêve. Il avait l’air complètement perdu et maintenant qu’il était réveillé et se redressait, Elwyn ne savait pas trop quoi dire ou faire. Il faut dire qu’ils ne se connaissaient pas outre mesure. Ils étaient dans la même année et dans la même maison, mais dès le départ, ils étaient trop différents pour s’entendre. Isaac faisait même partie de ceux qui s’étaient moqués de lui dans sa période bouboule boutonneux. Il avait arrêté depuis, mais cela explique pourquoi les deux jeunes hommes n’avaient jamais vraiment échangé ou fait connaissance. Il est rare que l’on ait envie de discuter autour d’une bonne tasse de thé face à son ancien bourreau, surtout lorsqu’on s’appelle Miller.

Même après plusieurs secondes Isaac semblait encore déboussolé et incapable de formuler la moindre phrase. Elwyn se sentait un peu responsable, après tout, combien de fois avait-il lu qu’on ne doit jamais réveiller un somnambule et ça devait également valoir pour ceux pris dans leur cauchemar. Il alla chercher un verre d’eau et lui ordonna de boire en lui tendant le verre. Isaac releva les yeux et fixa Elwyn gauchement. Le Serdaigle surprit tout de même une lueur de lucidité, il devait reprendre conscience petit à petit et sortir du marécage de son cauchemar. Il lui fallait simplement du temps. Isaac se décida enfin à boire et Elwyn ne sachant pas trop quoi faire et ne voulant pas déranger ou mettre mal à l’aise son camarade avait déjà pivoté pour retourner dans son lit. Peut-être qu’Isaac n’apprécierait pas qu’on l’observe dans un moment de faiblesse, l’asiatique était suffisamment intelligent pour s’éclipser dans ces moments-là.

– Elwyn…merci. Et…

Il se retourna et dévisagea Issac, puis il lui fit un immense sourire.

-T’inquiètes, j’espère que tu retrouveras le sommeil.

Il avait eu l’impression qu’Isaac voulait lui dire quelque chose, mais peut-être avait-il mal vu après tout, il faisait nuit noire dans la chambre.

– Est-ce que je suis une mauvaise personne ?

La question prit Elwyn au dépourvu au point qu’il ne sut pas tout de suite s’il avait bien entendu. Peut-être qu’en réalité, il était prisonnier de son propre rêve et que rien de tout ça ne s’était vraiment passé. Il était fatigué et il ne s’attendait surtout pas le moins du monde à ce qu’Isaac lui pose une question de ce genre en plein milieu de la nuit. Il ouvrit la bouche, mais aucun son n’en sortit. Il se rapprocha du lit d’Isaac en répétant : -mauvaise personne ? Eh bien...

Pourquoi lui demandait-il ça au milieu de la nuit ? Était-il en train de faire référence à ses moqueries de premières années ? Isaac n’avait pas été tendre avec lui et l’avait afflué de nombreux surnoms ridicules dont le si célèbre « gnome ». Oui, Elwyn avait été blessé par ses moqueries et lui en avait voulu, probablement même qu’il l’avait maudit à cette période, mais à présent c’était du passé, non ? Du passé ? Tu es sérieux ? Toi qui es incroyablement rancunier et ancré dans ton passé ? Menteur va. Toutefois, de là à penser qu’Isaac est une mauvaise personne, non, Elwyn n’avait pas ce genre de pensées. Il n’était pas du genre à condamner un être humain aussi facilement ni à se fier aux apparences et rumeurs.

Elwyn se rapprocha : -honnêtement ? dit-il en rivant ses prunelles sombres sur celle du 6e année.

-Je ne pense pas que tu sois une mauvaise personne, Isaac. Elwyn baissa d’une octave, enfin je sais pas pourquoi tu me dis ça à moi et maintenant. Si ça a un rapport avec mes premières années, alors ouais, tu étais pas forcément très sympa, mais… voilà, c’est du passé.

Il haussa les épaules en se forçant à sourire. Ce n’était ni l’heure ni le lieu pour faire son procès et le condamner. De toute évidence, la vie ou les peurs d’Isaac s’étaient chargées  de son « retour de karma » puisqu’il était torturé par ses rêves. Elwyn croyait plutôt en ce genre de justice, nos mauvaises actions trouvent toujours une punition et sous la forme la moins attendue qu’il soit. Alors voilà, Isaac était déjà suffisamment puni pour ce soir. Il essaya de le reconforter comme il put :

- Puis, gamin, on est tous un peu… idiot et on fait des erreurs. L’important c’est que de toi-même tu te sois rendu compte que c’était pas cool de se moquer d’un gros sac très laid, même s’il était pitoyable à un point de non-retour.

Elwyn laissa échapper un petit rire grave. Oui, il avait été si laid à cette période, c’était peut-être son retour de karma à lui aussi. Depuis la nuit des temps, humains comme animaux éliminent les faibles et inadaptés, alors rien de surprenant à ce que, même sous notre siècle plus civilisé, on démarque les humains qui sont plus faibles et marginaux que les autres.

-Enfin, pourquoi cette question ?

Isaac était peut-être encore sous le choc de son rêve et peut-être qu'en fait, sa question n'avait aucun rapport avec Elwyn et ses jeunes années.

-Fais voir le verre, je vais le reposer.

Elwyn souhaita récupérer le verre d’Isaac pour le replacer, mais dans l’obscurité il évalua très mal les distances et le fit tomber au sol. Plutôt que de tenter de le rattraper, il se crispa en attendant l’éclat qui ne vint pas, le verre avait simplement roulé sous le lit.

-Mince !

Il le chercha à tâtons, mais était incapable de le distinguer et alla chercher sa baguette près de son lit. Il s’accroupit de nouveau et murmura « lumos ». Sous son nez à quelques mètres, huit yeux le fixaient. Une tarentule aux pattes orange et marron était là en train de gober un insecte, la lumière la dérangea et elle tenta de fuir. Elwyn se redressa d’un bond, cria et plongea sur le lit d’Isaac et sur son pauvre camarade.

Il s’écroula de tout son long sur lui, faisant fie de la douleur à son poignet, et se redressa en murmurant parcourut de frissons de dégoûts : - ierk, y avait une énorme tarentule sous ton lit. Une grimace de dégoût défigurait son visage tandis qu’il se penchait légèrement au-dessus du lit pour  voir où était l’insecte. Ça doit être la tarentule de Dorothy, je croyais qu’elle plaisantait ! Il se frotta les épaules : ça me répugne ! Il se tourna vers Isaac : - Ah désolé Isaac, j’ai pas réfléchi. Je t’ai pas fait mal ?

Elwyn n’avait pas crié trop fort conscient qu’il faisait nuit et que les gens dormaient, mais  il n’osait pas non plus regagner son lit de peur de mettre le pied sur cette immonde créature.

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MessageSujet: Re: [Janvier 1997] Nuit Blanche [PV] Mer 17 Aoû 2016 - 17:58


Elwyn revenait vers lui. Le soulagement envahi le Serdaigle, c’était pathétique oui mais il n’avait vraiment aucune envie qu’Elwyn l’abandonne dans le noir. Qu’il le laisse tout seul, mais en même temps Isaac n’était pas seul. Il pouvait presque sentir les autres Isaac de son cauchemar autours de lui, il avait peur. Et son camarade de dortoir représentait la seule lumière rassurante existante. Adossé contre le dossier du lit, Isaac sursauta quand la voix d’Elwyn brisa de nouveau le silence. Oh oui, il lui avait posé une question, une question très étrange. Conséquence indésirable de son cauchemar. C’était toujours comme ça avec Isaac, il avait des moments vulnérables, et le lendemain il agirait probablement comme si rien ne s’était passé. Peut-être même qu’il ignorerait complétement Elwyn. Oui quoiqu’on dise l’autre Serdaigle aux yeux plissés, Hawk était une horrible personne.

Pas très sympa. Du passée. Elwyn était amusant. Isaac ne voyait pas du tout les choses de cette façon, il avait aussi été harcelé et il n’avait pardonné aucun de ses anciens persécuteurs. Enfin, si il prétendait l’avoir fait, c’était purement hypocrite. Alors est-ce qu’Elwyn avait simplement une plus grande capacité à pardonner ou est-ce qu’il lui disait ça seulement pour ne pas le blesser. Isaac ne recherchait pas le pardon, il assumait pleinement ce qu’il avait fait. D’ailleurs il ne s’était jamais excusé. Sauf à Maya probablement, mais Maya était spéciale. Elwyn était trop gentil pour ses nerfs en cet instant. Les gosses étaient idiots ? Venait-il le traiter subtilement d’idiot ? Probablement. Méchants et ignares seraient les termes les plus adaptés d’après Isaac pour ce genre d’enfants. Sauf qu’Isaac était simplement méchant. La laideur d’Elwyn ne l’avait jamais vraiment dérangé, il était le genre à juger sur l’intellect des personnes. Sa méchanceté n’avait été qu’une tentative de rendre ce qu’il avait reçu. Elwyn n’avait pas su se défendre, sa faiblesse de caractère l’avait rendu vulnérable à la colère du petit Isaac. En réalité, ce n’est que quand il l’avait aperçu dans la clinique Rosier qu’Isaac avait réellement arrêté. Il ne savait pas si Elwyn avait sû qu’il avait été et était toujours un patient là-bas mais bon. Certes leurs raisons étaient différentes.

Pourquoi cette question ? huh. Pour te retenir ? Euh, ouais non mauvaise réponse. Ça faisait trop « Reste avec moi mon amour. M’abandonne pas ! ». Il ne faudrait pas qu’Elwyn se fasse de fausses idées, ce serait cruel. Non, franchement, la voix d’Elwyn était assez…rassurante. Et puis il lui donnait matière à réfléchir. Quelle meilleure façon que de conforter un Serdaigle qu’en lui occupant son cerveau ? Isaac adressa un léger sourire alors qu’Elwyn lui prenait le verre. Définitivement, il faisait un très bon baby-sitter. Ou pas.

– Attention !

Isaac avait senti le verre glisser de leurs mains liées pendant un bref instant (<3 (tu m’as donné trop d’idées tordues avec ton post. Assume.)) mais n’entendit pas d’éclats retentissant suivi d’un gémissement. De douleur évidemment. Le verre ça fait mal. Mais seul le silence suivit alors qu’il sentit Elwyn s’éloigner de nouveau de lui (ne me laisse pas…) Oh, il revenait et il s’accroupissait. Dommage qu’il n y’ait pas assez de lumière pour qu’Isaac puisse profiter un peu plus de la vue. Et bien quoi ? Ce n’était un secret pour personne que le gnome s’était transformé en prince charmant asiatique. Comment s’appelait le copain de Mulan d’ailleurs ? Shang. Quoique Elwyn était vraiment loin question muscles. Lumos. Et la lumière fût. Et de très étranges évènements s’en suivirent.

Elwyn venait de crier comme une fillette et de se jeter sur lui. Ouch. Et bien, jamais un mec n’était venu dans son lit aussi rapidement (je dis ça, je dis rien).

– Euh…Elwyn ?

Tu m’écrases un peu. Un peu sonné, Isaac avait attrapé Elwyn dans ses bras par réflexe mais l’avait relâché tout aussi rapidement. Il grimaça un instant, des douleurs conséquences de leur collision se faisaient ressentir et ce n’était pas très agréable.  

– Franchement, t’aurait pût….une quoi ?

POURQUOI EST-CE QU’IL Y’AVAIT UNE TARENTULE SOUS SON LIT ? Et puis avant qu’Isaac ne puisse s’indigner Elwyn était en train de se pencher pour regarder sous son lit. Dis donc, il ne se souvenait pas avoir déjà eu une telle vue sur le fessier de son camarade de dortoir. AH TIENS. Dorothy. Et bien vu sa tête, il ne s’étonnait pas qu’elle dise vrai. Sauf que sa tarentule, elle aurait pût se la garder dans son dortoir. ARF. Les Serpentard, surtout les filles. Et enfin, Elwyn se rappella de l’existence d’Isaac. L’adolescent se décala afin de donner un peu plus de place à l’autre adolescent et eut un sourire moqueur.

– Oh oui, maintenant je vais très bien. Tu es plutôt doué pour faire passer les cauchemars, je devrais te garder…tu peux rester Elwyn. Le lit est assez grand, et quelle sorte de personne je serai si je te balançais à une tarentule envoyée par Dorothy en plus.

Une méchante personne sans aucun doute. Et il faut avouer que c’était très tentant. Elwyn criait plutôt bien. (hrm. Tu peux interpréter ça comme tu veux. /out/) Isaac frotta un peu son épaule qui avait pris le plus de la collision avec Elwyn. Il soupira un instant, puis un rire lui échappa, il plaqua sa main contre sa bouche.

– Désolé…mais franchement ; si on m’avait dit que mettre une tarentule sous mon lit ferait sauter des mecs sur moi, je m’en serai acheter une depuis le temps !

Est-ce qu’il se moquait d’Elwyn ? Un peu…on change pas une équipe qui gagne. Mais c’était une gentille moquerie et ça se voyait au sourire d’Isaac. Il se sentait vraiment mieux et c’était grâce à Elwyn. Il se tourna vers lui, toujours en souriant.

– Tu sais, je n’étais pas idiot. Enfin, la seule raison pour laquelle je me comportais de cette manière avec toi c’était pour faire sortir mes nerfs. Et tu étais juste trop facile alors…j’essayais de me convaincre que si j’étais vu comme tu sais le méchant alors j’oublierai ceux qui me rendait la vie dure et je ne serai pas désigné « victime. ». Alors, non Elwyn. Tu étais peut-être laid mais j’ai toujours apprécié ton…esprit. Tu es la seule personne censée dans ce monde qui n’est pas obsédé par le Quidditch après tout.

Le sourire d’Isaac s’était éteint en parlant. Il n’avait pas vraiment voulu autant parler. C’était l’ambiance il imaginait. Okay ; il s’en voulait un peu à cet instant d’avoir harceler Elwyn. Il revoyait en cet instant le petit gnome triste et effrayé. Il ne savait pas ce qui lui était passé par la tête. D’ailleurs, il la secoua, essayant de faire sortir ces images de sa tête.

Son regard vert était posé sur Elwyn d’une manière dérangeante. Elwyn était coincé avec lui et Isaac n’était pas du genre à dire non à une occasion d’embêter les autres. Après tout, Shang était hétéro non ? Ah. Il adorait les hétéros. C’était juste plus facile. Il se pencha doucement vers Elwyn. L’air complétement énamouré, il mit une main sur le bras de son camarade et alors qu’il était vraiment proche de son visage, il s’arrêta et dévia. Utilisant Elwyn comme une ancre pour pouvoir regarder sous son lit. Ah ouais. AH OUAIS. Toujours la tête en bas, Isaac siffla un instant.

– A quel point on est sûr que ces trucs-là ne grimpent pas sur les lits ?

Isaac se releva et revint à sa place contre le dossier du lit. Bousculant un peu son compagnon de nuit improvisé.

– Tu serais pas attiré par les mecs comme par hasard ? Ça ferait passer le temps plus rapidement.

Oui, Isaac est ignoble. Et Elwyn était coincé avec lui (*-*) . Donc, il allait probablement devoir supporter la soudaine bonne humeur de son camarade de…lit ? Isaac lui lança un regard séducteur mais clairement le sourire gâchait un peu l’effet. AH. Rien de mieux qu’un Elwyn pour chasser les cauchemars franchement.


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MessageSujet: Re: [Janvier 1997] Nuit Blanche [PV] Sam 27 Aoû 2016 - 18:01

Elwyn & Isaac





Elwyn avait hésité à retourner dans son lit maintenant qu’Isaac était réveillé et plus ou moins, conscient du monde qu’il l’entourait. Finalement, il avait opté pour l'option : retourner sous la chaleur de mes draps, mais une question inopportune d’Isaac le statufia sur place. Il venait de lui demander s’il était une mauvaise personne. Elwyn ne sut absolument pas quoi répondre, tant la question le prenait au dépourvu. Il faut dire que ce n’était pas vraiment l’heure pour se remettre en question et ouvrir un débat sur les erreurs de jeunesse. La conception d'Elwyn sur ses semblables pouvait se résumer à : la vie est faite de choix, chacun choisit le chemin qui lui sied en connaissance de cause. Il est trop tard pour pleurer après coup.

Après plusieurs minutes d’hésitation, Elwyn conclut par la négation : non Isaac n’était pas une mauvaise personne, pas plus que d’autres.  Quand  on est jeune, on est tous un peu stupides, lui aussi n’avait pas toujours été très sympa. À l'école moldue, il avait mis de côté certains enfants, notamment une fille qui puait le pipi selon les dires. Sans pour autant se moquer d'elle comme les autres enfants, il avait refusé de jouer avec elle et s'en souvenait encore. Il n’excusait pas pour autant les moqueries d’Isaac, mais Elwyn n’était pas le genre de personne à dire les quatre vérités aux gens. Surtout pas, si ces dites vérités pouvaient  blesser autrui ou les mettre mal à l’aise sans compter qu’Isaac était dans un moment de faiblesse. Peut-être que d’autres que lui en auraient profité pour se venger et crier qu’Isaac était un bébé qui pleure dans ses cauchemars, mais Elwyn n’était pas comme ça. Isaac n’était pas bien, inutile d’en rajouter.

Elwyn ne comptait pas pour autant s’attarder toute la nuit au côté d’Isaac, ce dernier avait certainement  besoin de tranquillité. Il ne voulait pas devenir lourd de par sa présence insistante et encore moins compatissant ou condescendant. Dès qu’Isaac avala la dernière gorgée de son verre, Elwyn lui fit comprendre qu’il voulait le replacer et il en profiterait pour retourner dans son lit et tenter de s’endormir. La réalité fut bien différente puisque l’empoté lâcha le verre qui tomba au sol et roula sous le lit malgré l’avertissement de son camarade Serdaigle. Il s’accroupit en vain et n’eut d’autres choix que de sortir sa baguette et d’éclairer sous le lit, histoire que personne n’y trébuche dessus au petit matin et se casse une jambe.


La lumière éclaira les immondes yeux et mandibules d’une grosse tarentule. Elwyn, qui détestait tout particulièrement ces insectes et qui n’était pas préparé à tomber nez à nez avec une, poussa un petit cri étouffé et plongea sur le lit d’Isaac, et par conséquent, sur son camarade. Tout était allé très vite, il avait senti les bras d’Isaac le retenir, son épaule percuter violemment celle d’Isaac et son poignet se plier douloureusement au contact du lit. Il avait écrasé les jambes de son camarade également. La tarentule était bien plus importante que les douleurs ressenties.

– Euh…Elwyn ?

Elwyn se redressa parcourut de frissons de dégoût en s’excusant et et expliquant la raison d’un tel comportement : une affreuse araignée dînait sous le lit d’Isaac, probablement celle de Dorothy. À Poudlard, plus rien ne surprenait, mais les nerfs d’Elwyn avaient tout de même des limites à ne pas dépasser. Continuant à se perdre dans des excuses face au visage douloureux de son camarade, il s’éloigna et se positionna de sorte à ne rien écraser, certes il avait pas mal maigri depuis sa période gnome, mais ce n’était pas non plus un poids plume.


– Franchement, t’aurait pût….une quoi ?

Il reprit à bout de souffle sans articuler ou séparer les syllabes les yeux écarquillés toujours sous le choc de cette rencontre :

-Uneénormetarentulesoustonlitentraindemangerc’étaitdégueulasse.

Il accompagna ses propos en se penchant très prudemment pour regarder sous le lit, mais s’arrêta à mi-chemin. La peur prenait le dessus, et il s’imaginait des scènes totalement improbables, comme l’araignée qui lui sautait au visage bien qu’une tarentule ne saute pas à un mètre du sol. Il n’osait même pas reprendre sa baguette craignant que l’affreuse bête se jette sur sa main. Résigné, il se redressa. Il y eut des bruits rapides de pattes martelant le parquet qui déclenchèrent un frisson d’effroi le long de son échine.

-t’as entendu ? C’est répugnant ! Elle vient de se déplacer !

Elwyn riva ses prunelles à celles d’Isaac, qui lui donnèrent une claque virtuelle : il était ridicule et Isaac devait se dire qu’il ne l’avait pas assez martyrisé dans sa jeunesse, tant il fait pitié. Il lui demanda s’il allait bien, honteux comme jamais.

Oh oui, maintenant je vais très bien. Elwyn le dévisagea cherchant où était le piège, la suite de la phrase lui permit de comprendre où il voulait en venir. Tu es plutôt doué pour faire passer les cauchemars, je devrais te garder…tu peux rester Elwyn. L’humour, voilà ce qu’utilisait Isaac pour rire de cette situation et il y avait de quoi. Elwyn rigola en se grattant derrière la tête : - Oui, désolé, c’était… un peu exagéré, mais je m’y attendais pas. Enfin, au moins, ça a chassé ton mauvais rêve ! Il toussota : c’est le principal.

Le lit est assez grand, et quelle sorte de personne je serai si je te balançais à une tarentule envoyée par Dorothy en plus.

Les neurones d’Elwyn n’étaient, certes à cette heure tardive de la nuit, pas très bien connectés, mais Isaac n’était-il pas en train de l’inviter à squatter son lit ? C’était tout de même une belle preuve de la fin des hostilités. Les lits de Poudlard n’étaient pas des lits deux places et ils risquaient surtout de se déranger durant leur sommeil. Sans compter qu’Isaac semblait hyperactif même en dormant. Il  y avait de la place tout juste pour dormir sur le côté dos contre dos. Elwyn était à des lieux de comprendre le sous-entendu de son camarade. Après tout dans son petit monde restreint, deux garçons ça ne sort pas ensemble.

-haha oui, merci  enfin j’espère pouvoir regagner mon lit… il se pencha légèrement, mais ne distingua aucune forme plus sombre au sol.

Isaac se massa l’épaule, Elwyn qui se sentait responsable baissa la tête, penaud. Il jouait avec les pans de son magnifique pyjama bleu marine avec des papillons d'ailleurs trop court pour lui puisqu'il découvrait ses mollets. Il ne savait plus trop quoi dire, mais Isaac laissa échapper un rire, qui rassura le Serdaigle.

Désolé…mais franchement ; si on m’avait dit que mettre une tarentule sous mon lit ferait sauter des mecs sur moi, je m’en serai acheter une depuis le temps !

Elwyn arqua un sourcil : pourquoi  voulait-il que les garçons lui sautent dessus ? Au moment même où la question lui trottait dans la tête, la réponse lui apparut sous forme de rumeurs. Isaac avait son lot de rumeurs et l’une d’entre elles disait qu’il était bisexuel, voire carrément gay. Elwyn ne prêtait jamais une grande attention aux rumeurs, mais peut-être que celles-ci contenaient une part de vérité.

Il eut un rire gêné et se gratta la nuque :- Ouais enfin tout le monde n’a pas peur des araignées ni n’est aussi grotesque que moi… quand il en voit une.


Tenter de détourner le sujet et faire comme si on n’avait pas compris le sous-entendu. Fait. Isaac était souriant, il semblait avoir chassé les nuages sombres de ses cauchemars et c’était plus ou moins grâce à Elwyn. Pour une fois, il avait fait les bons choix, il devrait marquer au marqueur rouge cette soirée, parce que ça n’arrivait pas souvent que quelqu’un lui dise « merci ».

– Tu sais, je n’étais pas idiot.  Enfin, la seule raison pour laquelle je me comportais de cette manière avec toi c’était pour faire sortir mes nerfs.

-Il en faut toujours un pour jouer ce rôle, essaya de conclure Elwyn.

Et tu étais juste trop facile alors…j’essayais de me convaincre que si j’étais vu comme tu sais le méchant alors j’oublierai ceux qui me rendait la vie dure et je ne serai pas désigné « victime. »
 Oui Elwyn comprenait parfaitement où Isaac voulait en venir. Le faible et le fort, la proie et le prédateur. Ainsi tourne le monde. Elwyn est juste du mauvais côté de la balance. Alors, non Elwyn. Tu étais peut-être laid mais j’ai toujours apprécié ton…esprit. Il avait baissé la tête au mot « laid », il le savait et le disait lui-même, mais l’entendre de la bouche d’un camarade était toujours plus douloureux. Tu es la seule personne censée dans ce monde qui n’est pas obsédé par le Quidditch après tout.

-Oh merci ?  Il rigola doucement, C’est vrai que c’est rare, au moins on pouvait se tenir compagnie lors des matchs et apprendre à faire connaissance. Je comprends pas ce qu'ont les autres avec ce sport... C'est ennuyeux à regarder.

Le sourire d’Isaac s’était éteint en parlant comme s’il regrettait avoir ouvert son cœur.  Elwyn, malgré l’obscurité, avait clairement remarqué ce détail. Mais plus que tout, son regard le mettait mal à l’aise, c’était comme s’il lisait en lui. Elwyn avait le sentiment de se retrouver tout nu face à Isaac et ce n’était clairement pas une impression très agréable. Cela le mettait même très mal à l’aise. Il recula légèrement, mais vu la taille du lit, cela ne fit pas grande différence.

Il se racla la gorge :- Bon bah, euh… je crois que…

Isaac se pencha vers lui avec de grands yeux de biche le faisant taire. Il se pétrifia sur place (raidir aurait eu un double sens très particulier) au moment où la main de son camarade se referma sur son bras. Envie d’une expérience homosexuelle Elwyn ? Le souci dans ce genre de situation c’est que le malaise naît uniquement à cause de la fertilité de son imagination et ça pour être fertile, celle d’Elwyn l’était. Il imaginait déjà Isaac l’embrasser ou se coller à lui en le suppliant d’une voix langoureuse qu’il a « besoin de compagnie pour s’endormir ». En ajoutant qu’Elwyn serait une « parfaite bouillotte ». Tous ces égarements n’auraient pas eu lieu si Elwyn ne s’était pas souvenu des bruits qui courent concernant la sexualité d’Isaac. Voilà ce qui arrive quand on a bonne mémoire.

Le visage d’Isaac se rapprochait doucement et Elwyn était incapable de bouger comme la souris prise au piège par le chat, de toute façon le moindre mouvement le ferait tomber du lit. Il fixa Isaac dans les yeux puis descendit jusqu’à ses lèvres en reculant le visage, une expression figée, presque pincée marquait ses traits.  Leur visage était qu’à quelques centimètres l’un de l’autre, Elwyn avait arrêté de respirer et bredouilla : - Que…qu’est-ce qu’il y a ? Je.. J’ai un truc sur le visage ?

Isaac, qui était joueur, savait parfaitement ce qu’il faisait et se détourna au dernier moment prenant simplement appui sur Elwyn. Il se pencha pour regarder au sol. Elwyn avait honte d’être devenu plus rouge que le blason des gryffondors et d’en plus, avoir bafouillé. Il tenta de calmer les battements de son cœur affolé.


A quel point on est sûr que ces trucs-là ne grimpent pas sur les lits ?

C’est vrai ça ? Est-ce que cette saloperie n’était pas déjà en train d’escalader les draps. Isaac se réinstalla ni vu ni connu contre le dossier du lit. Elwyn n’avait même pas compris que c’était une provocation de sa part. Il se blâmait uniquement de sa stupidité sans imaginer qu’Isaac restait un petit « chenapan » comme dirait sa mère. Tu crois que cette saloperie peut monter jusqu’ici ? Questionna-t-il peu rassuré. Sa position n’étant pas très confortable, il se déplaça au niveau des pieds d’Isaac et étendit ses jambes endolories. Il faut espérer que non. Elwyn avait honte d’avoir eu des idées lubriques, il avait vraiment un souci. C’était ça les « hormones » comme aimait le dire sa sœur. Les hormones étaient responsables de tout si on l’écoutait. Elwyn restait plus longtemps au lit : hormones ! Plus longtemps dans la douche : hormones ! Ils avaient bon dos.

Tu serais pas attiré par les mecs comme par hasard ? Ça ferait passer le temps plus rapidement.

Il entrouvrit la bouche et écarquilla les yeux. Avait-il bien entendu ? Il n’était pas sourd, surtout pas à 16 ans.  Isaac avait un étrange regard, presque séducteur tout en souriant. Plaisantait-il en tournant les rumeurs pour s’en moquer ouvertement ou pensait-il vraiment ce qu’il était en train de dire ?  Elwyn ne savait pas du tout quoi dire ou faire et le fixait en mode poisson rouge hors de son bocal.

-Passer le temps ? On peut dormir... oui.

Il ne pensait pas qu’Isaac lui parlait de jouer aux échecs, mais il était tellement provocateur qu’après tout si Elwyn interprétait mal ses propos, Isaac serait bien capable de se moquer de lui ouvertement en lui demandant ce qu’il pouvait bien imaginer. Il se mordit la lèvre inférieure, geste qu’il faisait souvent lorsqu’il était en profonde réflexion ou en stress intense. Eh euh, pourquoi cette question sur mon attirance ? Elwyn, pour être franc, ne s’était jamais posé de question à ce sujet.  Il aimait forcément les filles.

Le malaise était à son paroxysme, il devait se donner une contenance et se décida à aller reprendre sa baguette toujours au sol. Timidement, il se pencha et tenta de la visualiser. Elle n’avait pas bougé, toujours là où il s’était accroupi pour chercher le verre. II hésita, s’aplatit et tendit son bras. D’un geste brusque, il se jeta sur la baguette et la récupéra en vitesse. Aucune araignée en vue. Sa petite excursion secoua le lit et fit craquer les lattes ce qui réveilla un de leur camarade qui se redressa en grognant et chercha du regard le coupable :

-Ptain mais c’est qui qui fait autant de boucan là depuis d’à l’heure ! Il découvrit Elwyn accroupi au-dessus des jambes d’Isaac et se tut dans la seconde. Okkay, je dérange !

-Hein ?

- Tu m’étonnes que les lattes du lit craquaient.

- Mais pas du tout Connor, écoute-moi, je te dis... Il y a...

-Ouais ouais Miller, le roi des vents était de retour. Allez je me recouche, j’ai rien vu, mais faites moins de bruits, les gars. On dirait qu’un troll fait du trampoline sur le lit d’Isaac !

Elwyn fixa Isaac pour chercher du soutien de son côté, mais ce n’était peut-être pas la personne vers qui se tourner.

Un troll sur un trampoline ! Il exagère un peu quand même, non Miller je n’exagère pas, tu ne trouves pas ? Il baissa d’une octave en fixant Isaac. Puis c'est pas de ma faute si tes lattes font autant de boucan...

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[Janvier 1997] Nuit Blanche [PV]

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