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[Juin 2042] Encore une valse

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POUFSOUFFLE7ème annéePréfète-en-chefMODO
    POUFSOUFFLE
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DATE & LIEU DE NAISSANCE DATE & LIEU DE NAISSANCE: 3 octobre 1979, Londres
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MessageSujet: [Juin 2042] Encore une valse Lun 27 Juil 2015 - 20:28


Adam E. Wright & Carlie E. Peters


FLASHBACK
2 mai 1998, 2h59

Des sortilèges fusaient de toutes parts. La moitié du couloir était effondrée, les gravats recouvraient le sol, rendu glissant par de larges flaques écarlates. Le chaos s’était emparé du château depuis plusieurs heures, et Carlie ne comptait plus le nombre de personnes qu’elle avait vu tomber. Des amis, tant de victimes qui lui fendaient l’âme et le cœur… Adossée à l’un des seuls pans de mur qui restaient encore debout dans ce couloir, elle tentait de reprendre son souffle. Elle avait échappé de peu à un Mangemort qui semblait bien décidé à lui faire la peau, et elle avait évité un sortilège de mort en glissant dans l’une de ces nombreuses flaques écoeurantes, tandis que le mangemort se faisait lui-même attaquer par un auror. Elle voulait que tout se termine, elle ne comptait plus le nombre de fois où elle avait flirté avec la mort aujourd’hui… Soudain un cri transperça l’atmosphère et elle aperçut Adam à quelques mètres d’elle, au sol,  se faire désarmer par une silhouette masquée. Non, elle ne le perdrait pas lui aussi, pas alors que ça avait déjà failli arriver un an plus tôt. Elle s’élança de nouveau, tentant de faire taire le poing de côté qui lui vrillait les côtes, serrant sa baguette un peu plus fort dans sa main.

« Stupéfix ! »

Elle vit le mangemort qui attaquait Adam se tourner vers elle, une fraction de seconde avant que l’éclair rouge ne le frappe en pleine poitrine. Carlie avait vraiment l’impression que la chance était de son côté cette nuit-là, elle ne voyait pas comment elle pouvait continuer à survivre sinon. Elle s’arrêta dans une glissade et s’agenouilla devant Adam avec un léger sourire.

« Ca va tu n’as rien ? Tu m’as fait une belle frayeur, j’ai vraiment cru que… »

Sa voix se brisa sur le dernier mot, et elle secoua la tête pour reprendre ses esprits. Elle n’avait pas le droit de flancher maintenant… Elle arrangea les lunettes d’Adam, légèrement de travers, et caressa doucement sa joue. Ils s’étaient beaucoup rapprochés depuis deux ans, et cette année d’enfer avait réellement soudé leur amitié. A tel point que leur amitié avait pris une étrange tournure, par moments. Elle agita sa baguette et rattrapa celle du Serdaigle au vol, avant de la lui tendre, en souriant.

« Tu risques d’en avoir besoin… Et on ferait mieux de déguerpir d’ici avant qu’il ne se réveille… »

Elle se redressa et aida son ami à se relever, avant de s’éloigner de quelques pas. Elle ne voulait pas retourner se battre, elle voulait se cacher et se laisser aller à tous les sentiments contradictoires qui l’habitaient. Mais ils devaient continuer, garder espoir. Elle adressa un dernier sourire à Adam, souhaitant que ce ne soit pas la dernière fois qu’ils se croisaient.

« Hé Adam ! On se retrouve quand tout ça est terminé ! »

Carlie serra une dernière fois sa main dans la sienne et scruta le visage de son ami un peu plus longtemps, comme pour en graver à jamais les traits dans sa mémoire. Mais le temps continuait de filer, et bientôt elle se sépara de lui avant de repartir en courant dans le couloir derrière elle, tandis que le mangemort à terre recommençait à bouger.

FIN DU FLASHBACK



21 juin 2042

Carlie fixa une dernière épingle dans son chignon et observa son reflet dans le miroir. Elle retoucha quelque peu son maquillage et tira légèrement sur le bord de ses paupières pour faire disparaître les rides qui s’y étaient installées. Ca et les cheveux grisonnants, la preuve que rien n’est à l’épreuve du temps… Un mouvement dans le coin de son regard lui fit tourner la tête et elle tomba sur la photo mouvante qui avait attiré son œil. Sa photo de mariage… Elle saisit le cadre argenté et glissa sa paire de lunettes à verres progressifs sur son nez, pour l’observer plus distinctement. Adam et elle, à jamais figés dans leurs 20 ans. La guerre à laquelle ils avaient survécu avait laissé quelques traces, comme un regard moins pétillant, le regard de quelqu’un qui a vu toutes l’horreur du monde et qui ne pourra jamais plus l’oublier. Mais malgré tout ça, combien de fois Carlie avait-elle souhaiter revenir à cette époque ? Mais ils célébraient aujourd’hui leur quarantième anniversaire de mariage, et le temps avait laissé ses traces. Ils n’étaient plus les fringuants jeunes gens qu’ils avaient été à Poudlard, malheureusement. Carlie reposa le cadre avec un sourire tendre et quitta la chaise devant sa coiffeuse. Elle grimaça en se relevant, ses articulations la faisaient souffrir depuis quelques temps… Probablement les conséquences d’une pratique trop assidue de la danse classique durant son enfance. Mais au moins avait-elle gardé un corps souple et musclé, même passé la soixantaine.

Carlie passa la baie vitrée de la salle du séjour et posa une main sur son front, éblouie par le soleil. Elle chercha la haute silhouette de son mari, bercée par le bruit du roulis des vagues. Ils avaient eu de la chance de trouver cette petite maison à vendre, dans le Sud du pays, et elle était toujours aussi amoureuse du cadre. Autant qu’elle aimait Adam, à vrai dire… Finalement, elle le repéra, sous le chapiteau qui avait été dressé sur la plage pour accueillir la cérémonie, en train de surveiller la finition du montage. Elle s’approcha de lui, et posa les mains sur ses épaules avant de déposer un baiser sur sa joue.

« Ne t’inquiète pas, ces ouvriers n’oseraient pas contrarier un ancien président du Magenmagot… »

Elle rit doucement en prenant sa main dans la sienne et de la serrer doucement.

« Joyeux anniversaire de mariage, sweetheart. »

Elle ajusta les traditionnelles lunettes d’Adam sur son nez en souriant, avant d’aller se blottir dans ses bras, observant le soleil qui commençait à se coucher sur la mer. Elle avait pris sa retraite de Sainte Mangouste depuis quelques semaines à peine, et il lui arrivait de s’ennuyer, mais le cadre idyllique dans lequel il vivait lui donnait un véritable sentiment de vacances.

« On a reçu un hibou de Steph et Camille, elles nous souhaitent un très bel anniversaire et elles ont dit qu’elles passeraient nous voir demain avec les enfants. Elles pensaient qu’on avait suffisamment à faire avec l’organisation de la soirée… Enfin, je suis bien contente de pouvoir profiter un peu de toi avant que l’effervescence ne commence… »

Elle rit doucement. Elle était emballée par la soirée qui les attendait, tous leurs amis étaient invités et ça faisait un moment qu’ils n’en avaient pas vu certains… Elle souriait d’un air absent, toujours blottie dans les bras de son mari, le regard effleurant le chapiteau et l’océan. Soudain, elle s’écarta d’Adam, dans un sursaut. Elle tentait de se souvenir d’un élément important et elle n’arrivait pas à remettre le doigt sur la réponse. Elle détestait quand ça lui arrivait… Elle posa un regard perdu sur Adam, tentant de résister à la panique qui la gagnait.

« Tu es sûr qu’on a confirmé à Amaryllis qu’elle apportait le gâteau ? »

_________________

Carlie E. Peters
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MessageSujet: Re: [Juin 2042] Encore une valse Mer 29 Juil 2015 - 0:19

Le regard brumeux d’Adam se portait sur l’horizon devant lui, au-delà de l’océan qui bordait leur lopin de terre, tandis que des ouvriers s’époumonaient à installer le chapiteau devant accueillir pas moins d’une soixantaine d’invités pour la journée. À son âge, d’épaisses cataractes opacifiaient sa vision déjà faiblarde et l’empêchait de superviser réellement le travail effectué, mais les bras ainsi croisés sur sa poitrine, il donnerait néanmoins l’illusion que c’était bien le cas. À tout juste 62 ans, le vieil homme profitait depuis quelques années déjà d’une pension généreuse à titre d’ancien magistrat – et même président du mangenmagot pour la durée d’un mandat – et il n’y avait qu’à sa meilleure moitié qu’il admettait s’ennuyer parfois d’occuper la place d’honneur devant une assemblé hautement attentive. La grande guerre de 1998 avait profondément marqué le caractère de celui qui jusque-là, avait préféré se tenir en retrait, dans sa petite forteresse de savoir que constituait la bibliothèque du célèbre collège Poudlard.

Par chance, sa femme des quarante dernières années l’en avait extirpé avec douceur, de la même façon qu’elle posait aujourd’hui une main sur son épaule en portant un baiser à sa joue ridée.

« Joyeux anniversaire de mariage, sweetheart. »

Le sourire d’Adam s’élargit tandis qu’il enserrait doucement ce petit brin de femme pomponné dont le chignon parfait lui rappelait parfois sa propre mère à pareil âge.

- " À toi de même ma chérie, à toi de même! " radota t-il d’un ton léger. " Savais-tu que c’est l’Émeraude qui caractérise les noces de quarante ans d’union? J’ai toujours trouvé cette pierre magnifique… " bafouilla t-il également en portant une main à la poche de sa veste, là ou une petite boîte attendait son heure.

--- Ϟ ---

Le sortilège du mangemort avait été exécuté avec une précision qui frôlait l’indécence, contournant d’abord un immense débris au centre du couloir pour atteindre finalement son objectif; la main dominante d’Adam, laissant une intense sensation de brûlure lui arracher un cri en plus de sa baguette de sorbier. Tombé à la renverse et acculé au mur de pierre derrière lui, le septième année cru enfin sa dernière heure arrivé lorsque son opposant leva un bras armé devant lui, mais un éclair rouge vint rompre son élan, l’envoyant au sol en cédant le passage à une demoiselle dont l’uniforme jaune et noir était couvert de poussière et de masses sombres au flanc droit.

Carlie.

Respirant déjà bruyamment et par à-coups, l’aigle hocha doucement la tête en fixant les yeux sombres de son amie, comme pour la remercier et la rassurer silencieusement tout à la fois. Il eut aussitôt envie de se jeter à son cou, de simplement la tenir dans ses bras un moment et sentir qu’ils étaient tous les deux là, bien vivants, mais Adam se contenta de poser simplement sa main blessée par-dessus celle que la Poufsouffle laissait glisser au long de sa joue mal rasée. Ultimement, l’aiglon s’efforça de lui rendre un timide sourire tandis qu’elle ajustait adroitement ses lunettes pour une énième fois cette année-là, sa mémoire sensorielle lui rappelant – absurdement dans pareil contexte – son appréciation pour toute la douceur de ce geste.

- " Ca va, je vais bien, tout va bien... " souffla t-il tout bas, luttant contre son esprit préférant la vérité rationnelle aux mensonges porteurs d’espoir. " Toi? " ajouta t-il d’un ton qui laissait bien transparaître son inquiétude, laissant sa main intacte se faufiler par réflexe sur la taille fine de la demoiselle, de la même façon que lorsqu’ils valsaient tout les deux. Bien que le sang qui tâchait son chemisier ne semblait pas être le sien, l’éventualité que la danseuse soit blessé le troublait bien plus qu’il ne l’aurait soupçonné.

Leur amitié s’érigeait comme l’un des seuls remparts que le sombre caractère des Carrows n’était pas parvenu à briser, voir même, qui s’en était trouvé renforcé de plus belle. Il y avait d’abord eu ce cours de défense contre les forces du mal –  plutôt, cette séance de torture publique –  ou Adam s’était interposé après qu’un professeur corrompu se soit servi de Carlie pour faire la démonstration d’un sortilège défendu, renvoyant en boucle dans l’esprit de la victime, des scènes dont la souffrance lui semblait insoutenable. Pour lui faire regretter cette interruption impromptue, le jeune homme avait donc été condamné à deux jours consécutifs de confinement dans un cachot humide, mais la ballerine ne l’avait pas laisser tombé et au risque d’être réprimandé à son tour, elle avait trouvé un moyen de contourner la garde pour lui faire porter un peu de jus de citrouille, quelques biscuits moelleux et bien sûr, des nouvelles du château.

Puis, cette fois encore, l’un d’eux avait tenu et même secouru la vie du second, à la pointe de sa baguette et au péril de sa propre situation. Il y avait là une conclusion plutôt évidente à établir en rapport à cet échantillonnage équivoque d’évènements et de souvenirs qu’ils partageaient et tandis qu’il sentait la main de Carlie s’échapper doucement de la sienne, l’aigle resserra plutôt son emprise sur les doigts de la représentante des blaireaux.

- " Attends… Carlie. "

Il chérissait tout particulièrement le souvenir de cette valse intime devant l’âtre du petit salon aménagé en secret par la résistance, au deuxième étage de l’aile Ouest, qui demeurait le seul moment de répis de leur mois de février à tout les deux. Cet instant était à jamais marqué par un regret inexplicable que son cortex préfrontal n’avait généré qu’à la toute fin de leur étreinte. Cette fois-ci, à l’aube d’une fin possible, Adam tenait donc à s’assurer qu’une donnée précise soit ajouté à la collecte des éléments emmagasinés par sa mémoire eidétique en lien direct avec l’étiquette « Carlie E. Peeters ». Recadrant donc à son tour une mèche de cheveux noirs collés à la joue gauche de la danseuse, Adam se pencha juste assez sur le visage de celle-ci pour pouvoir sentir son souffle chaud contre sa nuque, puis pour finalement poser furtivement ses lèvres sur les siennes, scellant du même coup la promesse qui s’apprêtait à lui faire.

- " On se retrouvera, promis. "

Adam avait parlé de façon simple et concise, du même ton cartésien et débordant d’assurance avec lequel il avait l’habitude de s’exprimer lorsqu’on lui posait une question à laquelle il était persuadé de connaitre la réponse. En d’autres circonstances, il serait bien sûr reparti avec elle, mais l’aile Ouest était assaillie et Hayden, Stella, Terry, Adela et Isaac peinaient possiblement beaucoup à défendre la tour qui protégeait leur maison.

Oui, ils se retrouveraient.

--- Ϟ ---

À la mention de leur progénitude, Adam tapa joyeusement du pied – de sa mauvaise jambe toujours, la gauche – tout en indiquant le chemin de l’estrade aux musiciens chargé d’instruments.

- " Tant mieux! On évitera qu’elles nous traite de gâteux avant l’heure.. " se moqua t-il simplement.

Il est vrai que ses deux princesses lui manquaient parfois, chacune ayant fait la fierté de leur parents. Adam se plaisait à croire que l’aîné, Stéphanie, avait hérité de son intelligence, malgré que sa scolarité à Serpentard l’avait pousser à en tester parfois dangereusement les limites. La plus jeune, Camille, avait vite adopté la loyauté et la générosité de sa mère en y ajoutant un touche de détermination, ce qui l’avait conduit chez les lions, la maison des braves.

- " Oh ne t’inquiète pas pour le gâteau allons, Amaryllis à l’habitude de penser et prévoir pour deux… " dit-il d’un ton plus grave. " J’espère que Jimmy sera dans un bon jour d'ailleurs, ses pertes de mémoire semblaient s’être aggravés la dernière fois ou nous avons fait une partie de croquet… "

L’air pensif, Adam secoua ses fins cheveux blancs avant de se saisir de la main de sa douce, suivant les premières notes de musique de l’orchestre qui testait ses gammes.

- " Te souviens-tu de notre première valse? " demanda t-il en posant l’autre main au milieu du dos de sa partenaire. " Je ne parle pas de cette première leçon ou je t’ai écrasé les pieds pendant une heure, non, je veut dire, notre première « vraie » valse? C'était au bal des survivants il me semble? "


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MessageSujet: Re: [Juin 2042] Encore une valse Dim 2 Aoû 2015 - 15:28


Tandis qu’elle cherchait le regard de son mari, Carlie tentait de faire taire la peur qui s’emparait d’elle. Elle avait légèrement anticipé sa retraite de Sainte Mangouste à cause de ces quelques épisodes où sa mémoire lui faisait défaut. Et la peur la saisissait à chaque fois qu’elle courait après un souvenir ou un mot. Il y avait trop de choses qui lui tenait à cœur, trop de souvenirs qu’elle chérissait, pour que le temps les efface. Comme le souvenir des lèvres d’Adam sur les siennes, au milieu du chaos qu’était Poudlard, cette promesse silencieuse de retrouvailles, d’un futur. Elle ne voulait pas oublier comme ce baiser lui avait redonné des forces, tout en la plongeant dans une tourmente pire que celle dans laquelle elle se trouvait déjà, l’inquiétude au sujet du Serdaigle qui emprisonnait son esprit, puis la peur et le désespoir quand elle n’avait pas vu Adam au milieu des survivants, et enfin le soulagement, lorsqu’il avait émergé des décombres. Ou bien tous les actes qu’ils avaient pu faire pour tenter de se protéger au cours de cette septième année terrible. Elle ignorait à partir de quand elle avait commencé à tomber amoureuse d’Adam. Etait-ce lorsqu’il l’avait sauvée de la perte de la raison lors d’un cours de Défense Contre les Forces du Mal ? Ou bien alors qu’il avait accepté de prendre un sortilège Doloris à sa place, lors d’une retenue ? Ou lors de leurs nombreuses soirées au coin du feu, dans la salle de la résistance ? A l’époque, quand elle avait commencé à solliciter Adam pour les cours d’Arithmancie, elle n’aurait pas pensé devenir aussi proche de lui. Et tous les souvenirs des débuts de leur histoire, elle ne voulait les perdre pour rien au monde. Mais à chaque fois que la peur la prenait au ventre, elle était atténuée par la confiance qu’elle avait en Adam. Si elle devait un jour perdre la mémoire, elle avait de la chance d’avoir l’ancien Serdaigle pour mari, elle aurait pu tomber beaucoup plus mal. Après tout, il en avait assez pour deux.

« Oh ne t’inquiète pas pour le gâteau allons, Amaryllis à l’habitude de penser et prévoir pour deux… J’espère que Jimmy sera dans un bon jour d'ailleurs, ses pertes de mémoire semblaient s’être aggravés la dernière fois ou nous avons fait une partie de croquet… »

Carlie secoua la tête pour faire taire ses sombres pensées, et effleura la joue de son mari comme pour chasser ses inquiétudes. Voilà l’autre raison qui avait précipité sa décision de quitter l’hôpital magique. Elle commençait à voir passer trop de ses anciens amis avec des problèmes de santé plus ou moins graves. Ils étaient encore relativement jeunes pourtant, mais c’était comme si la guerre qu’ils avaient vécu plus jeunes les avait fait vieillir prématurément. Et le cas de Jimmy était celui qui l’avait le plus affectée. Elle revoyait encore le jour où elle l’avait croisé dans les couloirs de l’hôpital et où il ne l’avait pas reconnue. Elle soupira doucement, et esquissa un sourire.

« Nous verrons bien… Il me semble qu’Ama m’avait dit qu’il testait de nouvelles potions en ce moment. »

Son sourire s’affirma un peu plus, tandis que l’orchestre accordait leurs instruments. Elle réprima un frisson qui parcourut son échine lorsque la main de son mari se posa au creux de ses reins. C’était un geste qui ramenait tellement de souvenirs à la surface… Tant de bons souvenirs, des moments heureux même au milieu de la tourmente.

« Te souviens-tu de notre première valse ?  Je ne parle pas de cette première leçon où je t’ai écrasé les pieds pendant une heure, non, je veux dire, notre première « vraie » valse ? C'était au bal des survivants il me semble ? »

Carlie posa sa main libre sur son épaule, tout en plongeant dans le regard clair de son mari. Elle se souvenait à quel point c’était une tâche difficile pour eux deux, trop intime, lorsqu’elle lui avait appris à valser, la première fois. Aujourd’hui, quarante ans plus tard, c’était un réconfort. Une chose immuable. Elle se dressa sur la pointe des pieds pour poser ses lèvres sur les siennes, furtivement.

« Il y en a eu tellement d’autres avant celle-ci… Mais elles n’étaient que pour nous, et je crois que je les préfère. Après tout, nous n’en serions peut-être pas là si tu ne m’avais pas demandé ces leçons… »

Elle s’était souvent demandée quelle aurait été sa vie si il n’y avait pas eu Adam… Peut-être serait-elle actuellement mariée à Alexander Foster ? Mais elle demeurait convaincue désormais que Maya et lui formaient un bien meilleur couple qu’eux à l’époque. Il fallait une forte tête pour mener Foster à la baguette.
Comme s’ils les observaient, les musiciens entamèrent un morceau en trois temps, une valse, qui vint se mêler au chant de la mer, et Carlie se laissa entraîner par son mari. C’était comme une seconde nature chez eux maintenant. Un secret qui les avait liés pendant des années et qui s’était révélé au grand jour lors de ce fameux bal des survivants, donné à la rentrée qui avait suivi la chute du Seigneur des Ténèbres. Le jour où ils avaient affiché leur amour pour la première fois. Tant de souvenirs, encore si clairs, si intenses. Ils faisaient partie d’eux, ils racontaient leur histoire. La chose dont elle était la plus fière dans sa vie. Toujours plongée dans le regard du vieil homme, elle l’ancienne Poufsouffle sentait ses soucis s’envoler. Ils allaient passer une merveilleuse soirée, et profiter l’un de l’autre, comme chaque jour depuis plus de quarante ans.

« Je te revois encore dans la Salle sur Demande, avec ces mannequins qui valsaient autour de nous… Curieusement, ce sont ces instants qui me permettaient de tenir lors de notre dernière année. La joie et l’espoir qu’ils transportaient avec eux. Puis par la suite te retrouver au coin du feu, pour parler jusqu’à tard, ou seulement valser en silence, sur une musique que nous étions les seuls à entendre… » Elle lâcha l’épaule d’Adam pour poser sa main sur sa joue parcheminée, avec un petit sourire. « Vous êtes la plus belle chose qui me soit arrivée, Adam Wright… »

Ca en avait surpris plus d’un à l’époque, qu’ils aient pu se trouver ainsi. La Poufsouffle hypersensible qui semblait mettre un bazar monstre dans sa vie, et le Serdaigle hyper cartésien, ultra sérieux. Ils étaient très différents certes, opposés même parfois, mais ils avaient su faire de ces différences leur force. Et quand il s’agit d’amour, les différences disparaissent.

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Carlie E. Peters
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MessageSujet: Re: [Juin 2042] Encore une valse Mer 5 Aoû 2015 - 13:16




- " Oh mais tu sais à quel point j’affectionne le souvenir de nos premières danses ma chérie, seulement, il ne faudrait surtout pas annihiler le mérite des vecteurs de rapprochements générés par la réalisation des exercices fastidieux de feu M.Nash. Sans ceux-ci, jamais je n’aurais osé te faire suivre pareille requête, parole de Wright ! " répondit Adam en élevant un sourcil, signalant ainsi son heureux scepticisme en y mêlant des termes que ses fonctions de magistrat avaient ancrés à son vocabulaire.

Avant que les pas de la valse ne se joignent à l’équation dont résulterait ultimement leur union, il y avait bien eu quelques longs parchemins d’arithmancie et autres jongleries analytiques chiffrées. Le vieil homme songea d’ailleurs qu’à ce moment-là, sans qu’aucun d’eux n’en eût été conscient peut-être, Carlie avait peut-être déjà bien gagné con cœur. Il avait fallu que la danseuse avance à petit pas, une question à la fois, en s’assurant de ne pas l’interrompre dans le fil de ses pensées ou dans son travail qu’il approchait toujours avec minutie. Puis, petit à petit, elle s’était immiscée à sa table, que se soit à la bibliothèque ou dans la Grande Salle, en y ajoutant chaque fois une collation ou quelques anecdotes à leurs exercices désormais communs.

- " Puis, ne serais-ce pas plutôt parce que je devais te laisser conduire que tu préfères nos premières valse maladroites ? Tu sais bien que je ne rechigne jamais à la perspective d’un nouvel apprentissage, mais il est vrai qu’au Grand Bal, les gens ont bien davantage complimenté ta robe de filaments d’or que mes aptitudes techniques au pivot… " conclua le retraité sans grand sérieux, parfaitement en accord avec le commentaire de sa femme.

Il la fit d’ailleurs tournoyer une fois de plus, tandis que sa mauvaise jambe le lui autorisait encore, de sorte à pouvoir mieux admirer sa silhouette svelte et ses yeux décorés de rides moqueuses. Au final, la demoiselle hypersensible avait choisi d’apprivoiser le grand cartésien qu’il était et ce, en dépit du fait qu’une multitude d’autres spécimens - tous plus racoleurs et impressionnants pourtant - ne demandaient pas mieux que d’obtenir son attention…

--- Ϟ ---

- " Tu sais que conformément à l’alinéa dix-neuf du nouveau règlement intérieur, ils t’enverront aux cachots s’ils te voient en faire usage hors des cours ? "

- Gaspille pas ta salive à faire le malin Wright, règlement ou pas, ça fait un moment que j’ai envie de te faire bouffer la tapisserie… lança Foster, baguette toujours bien pointée sur la poitrine de l’aigle et sourire satisfait aux lèvres. Vois-tu, j’évite normalement de m’en prendre aux plus faibles, parce que vous faites déjà suffisamment pitié et que je n’aime pas gaspiller mes sortilèges sur des gens incapables d’assumer leur baguette… ni même de bloquer un vulgaire souaffle dans ton cas.

Avançant d’un pas, Alexander força ainsi son homologue bleu et bronze à reculer pour s’appuyer contre le rempart de pierres froides du corridor, enfonçant encore un peu plus la pointe de sa baguette dans la chair d’Adam. De son côté, l’aigle baissa un peu la tête, hésitant entre poser définitivement ses iris verts sur l’arme magique avec laquelle on le menaçait, ou bien sur le regard mauvais du serpent qui la tenait. Dans les deux cas, il ne se sentait pas la confiance de répliquer dans l’immédiat, bien que vaguement conscient des motifs qui pouvaient avoir chatouillés l’instinct rageur de Foster. À vrai dire, il ne pouvait surtout pas affirmer de façon absolue que son bourreau avait tort et c’est bien cette pensée qui le laissait sans voix…

- Mais si j’apprends que tu essaies encore de faire du gringue à Carlie en jouant au chevalier servant de la retenue, qui sait, je vais peut-être me laisser aller à une exception…

Puis, abaissant d’un trait son bras armé, le vert et argent décocha de l’autre un solide coup de poing à destination du nez d’Adam, lui arrachant ainsi un cri de douleur en plus d’envoyer balader ses lunettes à quelques mètres derrière lui. Aveuglé et blessé, le Serdaigle se laissa tout bonnement glisser au sol sans répliquer, trop occupé à tenir la manche de sa chemise contre son nez qui saignait désormais abondamment.

- Quoi, ça te plaît plus autant de souffrir gratuitement quand ta belle danseuse n’est pas là pour apprécier? Un conseil Wright, tiens-toi loin de Carlie... elle n’a pas besoin de ton aide, j’y veillerais. menaça ultimement le Serpentard.

Secouant sa main droite dont les jointures étaient légèrement recouvertes de sang – principalement celui de l’aigle – Foster s’éloigna d’abord triomphalement avant de mettre un terme à son élan et de faire volte-face, revenant ainsi vers sa victime toujours au sol.

- Oh et j’oubliais, Meredith vient tout juste de recevoir un hibou « anonyme » très détaillé à propos de ta chevaleresque intervention. Tu ne m’en voudras pas d’avoir fait quelques ajouts, notamment ce langoureux baiser de récompense qui te fait apparemment envie. C’est drôle, mais la connaissant, j’ai l’impression qu’elle ne va pas trop apprécier que son petit ami prête son épaule et ses souffrances à une autre, puis encore moins qu’il rentre au nid après s’être bagarré pour la même raison…  Allez, salue-la de ma part! conclua le représentant de Salazar avec un sourire étrangement sérieux et mesquin tout à la fois.

Il avait dit ce qu’il avait à dire.

Haletant difficilement, Adam était resté au sol pendant de longues minutes, fixant l'ombre de Foster qui s’éloignait de plus en plus. Son esprit s’égarait en évitant le plus possible de décrypter quelconques émotions, stratégie logique face aux méandres de sa propre conscience... N’était-il pas en droit de chercher à protéger ses amis? Trahissait-il réellement Meredith? Alexander mériterait-il vraiment la confiance et l’affection de la Poufsouffle après tout ça?

… et lui, éprouvait-il réellement autre chose qu’une amitié sincère pour Carlie ?

--- Ϟ ---

- " Les évènements n’ont que bien peu à voir avec tout ça, c’est à ta patience et ta douceur que reviennent tout le mérite de cette union… " glissa Adam à l’oreille de sa douce, achevant un dernier pivot avant d’interrompre le mouvement de leur deux corps usé. - " Mais je m’en voudrais de continuer maintenant et de te gâcher la suite du discours pour le souper… "

Adam réprima un sourire presque gêné en songeant aux vers qu’il avait composés la veille et retravaillé jusqu’aux petites heures du matin, jusqu’à ce que la voix traînante de Carlie réclame qu’il regagne enfin son lit « s’il ne voulait pas s’endormir sur sa part de gâteau le lendemain ». Elle était aussi la meilleure chose qui puisse lui être arrivé, la petite lumière dans tout ce chaos qu'avait été leur adolescence. Réclamant sa canne et une chaise – l’ancien Serdaigle préférait désormais les valse anglaise à deux temps, bien plus lente et moins exigeante physiquement – après ce court intermède dansant, le vieil homme déposa d’abord un baiser au sommet du front de sa douce puis l’invita à prendre place à son tour sur un siège à ses côtés.

- " Il y a bien quelque chose toutefois, qu’il vaudrait mieux que je t’offre dès maintenant… "

Puis, portant une main à un compartiment intérieur de sa veste grisâtre, il en extirpa une petite boîte carrée à la blancheur immaculée qu’il glissa délicatement dans la main de Carlie tout juste après avoir pris soin de la retenir quelques instants.

- " Joyeux anniversaire de mariage sweetheart… "
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MessageSujet: Re: [Juin 2042] Encore une valse Mer 12 Aoû 2015 - 1:52


S’il y avait bien une chose que Carlie n’aurait changé pour rien au monde chez Adam, c’était son vocabulaire ampoulé, qui ne manquait jamais de la faire sourire. Jamais elle n’aurait souhaité se retrouver coincée dans la tête de son mari, elle s’était toujours dit qu’elle aurait trop peur de tout déranger, tel un éléphant dans un magasin de porcelaine. Elle s’étonnait d’ailleurs toujours, qu’il ait supporté son désordre et sa folie pendant quarante ans, et qu’il semble toujours prêt à le faire. Car il fallait bien reconnaître une chose, si Adam pouvait se montrer d’une remarquable constance, Carlie, elle, était un lutin turbulent dans son environnement. Mais encore une fois, ces différences entre eux faisaient probablement que ça pouvait fonctionner. Mais elle devait reconnaître qu’il avait raison, sans la difficile matière et les exercices tout aussi complexes de leur professeur d’arithmancie, ils ne se seraient peut-être jamais réellement côtoyés. Si ce n’est à travers Maya et Hayden. Trop différents, justement.

« Puis, ne serait-ce pas plutôt parce que je devais te laisser conduire que tu préfères nos premières valse maladroites ? Tu sais bien que je ne rechigne jamais à la perspective d’un nouvel apprentissage, mais il est vrai qu’au Grand Bal, les gens ont bien davantage complimenté ta robe de filaments d’or que mes aptitudes techniques au pivot… »

Carlie rit à gorge déployée à cette remarque, se sentant redevenir une jeune femme de 20 ans. En valsant ainsi, s’abandonnant toute entière à la musique et aux bras de son mari, elle avait l’impression de rajeunir. A moins que ce ne soit grâce aux souvenirs qu’il réveillait ? Le Grand Bal des Survivants… Elle ne pouvait pas dire que la vie était belle à cette époque-là, elle avait continué à traverser des périodes difficiles et éprouvantes pendant encore quelques mois, mais Adam l’avait aidée à surmonter ces épreuves, aussi solide qu’un roc. Il était sa force, son oxygène. Elle avait déjà remarqué cela quelques mois plus tôt, lorsqu’il avait été la seule personne à qui elle eut ouvert son cœur suite à sa nouvelle rupture avec Alexander Foster. Le seul de ses amis qui ne l’avait pas jugée ou qui n’avait pas désapprouvé face à elle cette relation. L’épaule sur laquelle elle avait pu pleurer, et qui l’avait aidée à aller mieux. Peut-être était-ce à ce moment-là qu’elle avait su que quelque chose de fort les unirait à jamais. Elle pensait que ce ne serait qu’une amitié fusionnelle, qui traverserait toutes les étapes de la vie. Mais finalement il était devenu bien plus que ça. Adam était à la fois son meilleur ami, son confident, son mari et son amant. Elle tournoya avec des étoiles plein les yeux, avant de venir se blottir de nouveau contre lui, avec un sourire empli de douceur.

« Je crois que depuis l’élève a dépassé le maître… Et les gens n’ont jamais rien compris à la valse, c’est l’unique raison pour laquelle ils n’ont pas remarqué à quel point tu es doué ! »

Ils continuèrent à danser, suivant l’air imposé par les musiciens. Elle retint un frisson lorsqu’elle sentit son souffle dans son oreille, tandis qu’il murmurait. Elle était toujours étonnée des sensations que le simple contact avec sa peau, ou bien seulement son souffle pouvait lui procurer. C’était comme s’ils n’avaient pas vieilli. Comme si le temps n’avait pas émoussé les premiers sentiments, les plus forts. Elle sentit son cœur s’emballer doucement, pressée d’entendre ce fameux discours, celui pour lequel elle avait failli passer quelques nuits seule depuis quelques jours, si elle n’avait pas insisté pour qu’il vienne se coucher. Elle savait qu’elle ne manquerait pas de pleurer. Adam était une personne parfois si spontanée, si douce, si aimante… Elle avait déjà été victime de nombre de ses discours, lors de sa demande en mariage, de leurs noces, ou de certaines dates importantes. Et ils l’avaient tous faite fondre, et tomber encore un peu plus amoureuse de l’homme de Loi qu’il était, si c’était encore possible.

La valse était terminée, et elle prit place sur une chaise à côté de lui, caressant sa joue avec tendresse. Il ne manquait plus que les invités arrivent, et la soirée serait parfaite. La vieille femme ne pouvait s’empêcher de sourire à l’idée de revoir tous ces gens, et du fait qu’ils aient réussi à garder autant de leurs amis de Poudlard. Elle se souvenait de l’étonnement qu’avait suscité certaines unions, au-delà de la leur. Maya et Alexander pour ne citer qu’eux. Ou encore Catherine et Rolf. Le plus amusant avait probablement été de voir que Desmond Mallory les avait presque tous mariés. Le destin réservait parfois bien des surprises… Elle observa Adam, assis avec sa canne, en songeant qu’avec tout ce qu’il avait vécu lors de la Guerre, il avait de la chance de s’en sortir avec seulement une jambe un peu trop faible. Comme toujours, son cœur se serra lorsque la pensée qu’elle aurait pu le perdre tant de fois l’effleura, et elle secoua la tête doucement pour chasser ces idées noires.

« Il y a bien quelque chose toutefois, qu’il vaudrait mieux que je t’offre dès maintenant… Joyeux anniversaire de mariage sweetheart… »

Les mains tremblantes sous le coup de l’émotion, et à cause de ses doigts légèrement douloureux à cause de l’arthrose, Carlie peina un instant à ouvrir le petit coffret blanc. Puis ce dernier révéla finalement une paire de boucles d’oreilles en émeraudes, et ses yeux s’ouvrirent sous la surprise. Elle était émerveillée par la beauté du bijou, la pureté et la clarté des pierres. Elle se saisit de la main de son mari qu’elle serra dans la sienne, incapable d’émettre le moindre son pour le moment. Puis elle entreprit de retirer les perles qui ornaient jusque-là ses oreilles afin de les échanger avec son nouveau cadeau. Elle pensait à son propre présent, qui attendait encore dans le tiroir de son bureau. Elle avait choisi de le lui offrir à la fin de la soirée, pour prolonger cet anniversaire un peu plus longtemps. Finalement, elle caressa la joue de son mari et l’embrassa tendrement. Puis elle reprit sa position initiale avec un grand sourire.

« Elles sont absolument magnifiques… Merci mon amour… Tu devras attendre encore un peu pour ton cadeau par contre, j’en suis désolée. » Elle lui adressa un clin d’œil joueur, avant de recouvrer son sérieux. « Je t’aime Adam… Toujours plus qu’hier, et toujours moins que demain. »

Elle l’embrassa de nouveau, profitant de la dernière étreinte tranquille qu’ils allaient avoir dans la soirée. Après un instant, Carlie regarda la fine montre en or qui ornait son poignet et elle sourit.

« Ils ne devraient plus trop tarder maintenant… tu es prêt ? »

Et effectivement, lorsqu’elle posa son regard sur la maison, elle distingua deux silhouettes qui se détachaient à la lisière de leur jardin. Que la fête commence.

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Carlie E. Peters
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MessageSujet: Re: [Juin 2042] Encore une valse Ven 14 Aoû 2015 - 18:41

Amaryllis essuya ses mains pleines de farine sur son tablier et enfourna la troisième génoise du gâteau. Elle avait perdu du temps à vouloir faire son gâteau à la main, mais elle préférait ne pas avoir recours à la magie pour ce genre de choses. Un simple coup de baguette à la fin pour rendre le tout un peu magique était suffisant. La jeune retraitée avait trouvé dans la pâtisserie un loisir divertissant qui adoucissait son quotidien.  Jetant un coup d’œil à sa montre, elle remarqua qu’ils n’avaient plus que deux heures devant eux avant le début de la cérémonie. Avec le temps, ils étaient devenus bien moins rapide pour se préparer. Elle grimpa l’escalier qui menait à l’étage de leur appartement londonien et toqua doucement à la porte de la salle de bain.

« Tu as fini, mon amour ? »

Ne recevant pas de réponse, elle pénétra dans la pièce. Jimmy était assis sur le rebord de la baignoire, les yeux grands ouverts et l’air hagard. Amaryllis alla déposer un baiser réconfortant sur ses lèvres et lui prit la main pour l’emmener dans leur chambre, tel un enfant perdu.

« J’ai posé tes affaires sur le lit. Je serai dans la salle de bain, si tu me cherches. »

Elle agita sa baguette et la robe qu’elle allait porter pour la cérémonie la suivit jusque dans la salle de bain. Elle s’habilla après s’être douchée et détailla son reflet dans le miroir. Ces derniers mois, de nouvelles petites rides étaient apparues au coin de ses yeux avec la fatigue. Bien sûr, la métamorphomage aurait pu les effacer et garder un visage éternellement jeune, mais elle trouvait rassurant de voir qu’elle aussi vieillissait, comme ses amis. Elle avait cependant gardé ses cheveux résolument colorés, ne s’habituant pas à leur décoloration. Elle les gardait la plupart du temps assez courts pour ne pas avoir à les attacher, comme aujourd’hui. Elle y glissa cependant une barrette fleurie pour donner un peu de couleur à son blond cendré. Elle maquilla légèrement ses yeux et ses lèvres, puis fut rappelée en cuisine par l’odeur du gâteau pratiquement cuit.

Amaryllis sortit la génoise du four et la mit à refroidir sur une grille. Alors qu’elle allait retourner voir où Jimmy en était, elle sentit quelque chose lui heurter faiblement la tête. Elle découvrit une note de papier qui flottait à quelques centimètres d’elle. Amaryllis déplia le papier, sachant pertinemment qu’il venait de son meilleur ami. « N’oublie pas d’emmener Jimmy. A tout à l’heure. W. »  La soixantenaire ne put réprimer un rire léger. Wayoth avait vraiment le don de dédramatiser la situation à chaque fois.

Cette pensée la ramena des années en arrière, quand ils étaient encore étudiants à Poudlard et que l’Aigle avait réussi à redonner le sourire à Amaryllis après l’agression dont avaient été victimes leurs amis Maya et Adam. C’était d’ailleurs suite à ces événements que les deux adolescents avaient formé un couple… Même s’ils s’entendaient très bien et qu’ils étaient heureux ensemble, il y avait quelque chose qui n’allait pas. Un bug dans le programme. Amaryllis s’était alors confiée à Jimmy, son meilleur ami de l’époque, et ils avaient fini par passer plus de temps ensemble que la Poufsouffle en passait avec Wayoth. La frontière entre meilleur et petit ami avait commencé à devenir si floue que la blondinette s’était décidée à en parler à Wayoth. Ce qu’elle ne savait pas à ce moment-là, c’est que le Serdaigle avait lui aussi quelque chose à lui avouer. Sortir avec une fille lui avait fait comprendre que ce n’était pas réellement ce qu’il recherchait, et bien qu’il se sentait bien avec Amaryllis, il savait que ça ne pouvait pas durer. La Poufsouffle fut troublée, mais soulagée, et ils se séparèrent d’un commun accord en se promettant de rester amis. Et à partir ce de moment-là, le meilleur ami devint le petit ami, et inversement. La situation aurait vite pu devenir compliquée, mais Jimmy avait compris qu’il n’avait plus de soucis à se faire par rapport à Wayoth quand ce dernier se mit à fréquenter Elwyn d’une autre manière qu’en tant qu’ami. Les deux Aigles étaient d’ailleurs toujours ensemble, et bien qu’elle les voyait souvent, Amaryllis était heureuse à l’idée de les revoir tout à l’heure.

Pendant qu’elle rappelait à son bon souvenir ses années étudiantes, la pâtissière avait fini de recouvrir les génoises du glaçage au chocolat blanc. Elle les déposa ensuite dans une grande boîte prévue à cet effet, pour rendre le transport plus facile. Elle ouvrit ensuite un petit placard situé au-dessus d’un secrétaire et chercha une petite fiole sur laquelle on pouvait lire l’inscription « 21 Juin 2042 – Fin d’après-midi – Jimmy John Kent ». Elle glissa deux autres fioles dans son sac et monta à l’étage. Une fois arrivée dans sa chambre, elle remarqua que son mari avait passé presque tous ses vêtements. La chemise était correctement boutonnée, mais Jimmy jetait un regard courroucé à sa cravate.

« Laisse-moi faire. »

Amaryllis fit glisser la cravate entre ses doigts et la passa autour du coup de l’homme de sa vie. Il était toujours aussi beau, malgré l’âge. Cependant, cela faisait quelques années que sa santé mentale avait commencé à se dégrader. Au départ, ce n’était que de petites choses insignifiantes : il oubliait l’heure, perdait ses clés, ne trouvait pas ses mots. Puis rapidement, il avait commencé à oublier les noms, les visages, à se perdre en rentrant chez eux, à avoir de brusques accès de colère, lui qui était d’ordinaire si calme et gentil. Ç’avait été difficile à accepter pour Amaryllis et leurs enfants, d’autant plus que Jimmy était bien jeune pour développer ce genre de maladie. Mais elle avait juré de l’aimer même dans la maladie, si bien qu’elle avait quitté son emploi d’interprète au Ministère pour ne pas laisser son mari livré à lui-même. Elle aurait certes pu choisir de le confier à l’équipe soignante de Sainte Mangouste, mais elle ne voulait pas bouleverser les habitudes qu’avaient Jimmy dans leur maison. Ils continuaient cependant de se rendre fréquemment à l’hôpital pour suivre la progression de la maladie et pour essayer de nouveaux traitements. Celui qu’il prenait en ce moment s’avérait plutôt efficace, puisque Jimmy n’avait plus aucun accès de colère et que la maladie avait arrêté de progresser depuis plusieurs mois déjà.

« Et voilà ! Maintenant, il faut que tu boives ta potion, mon amour. »

Le vieil homme lui sourit et but la potion d’un seul trait. S’il n’avait plus aucun problème à prendre son traitement maintenant, le chemin avait cependant été long et difficile pour lui faire accepter sa maladie.

« Carlie et Adam nous attendent pour quelle heure ? »

Amaryllis leva un regard surpris sur son mari. « Il s’en rappelle ! » pensa-t-elle avec étonnement. Ce n’était pas faute de lui avoir répété ces derniers jours, mais ce simple fait signifiait que l’homme était lucide, ce qui était de plus en plus rare. Amaryllis se blottit dans ses bras, heureuse de retrouver ne serait-ce qu’un instant l’homme qu’elle n’avait jamais cessé d’aimer. Jimmy n’était pas beaucoup plus grand qu’elle, mais elle se sentait toujours merveilleusement protégée dans ses bras.

Mari et femme descendirent ensuite dans le salon. Amaryllis vérifia que tout était prêt pour le gâteau, et elle glissa dans son sac une enveloppe contenant le cadeau qu’elle destinait à Adam et Carlie. D’un coup de baguette, elle alluma le feu de la cheminée et tendit la poudre de cheminette à Jimmy, puisqu’il lui était déconseillé de transplaner dans son état. Après lui avoir clairement énoncé la destination, l’homme disparut dans les flammes. Le paquet contenant le gâteau étant trop important pour rentrer dans la cheminée, Amaryllis préféra quant à elle transplaner, et elle retrouva son mari quelques secondes plus tard dans le salon de leurs amis. Connaissant bien la maison, elle se dirigea vers la cuisine pour finir de mettre en place le gâteau. Elle éparpilla les différentes parties du gâteau sur le plan de travail, et un coup de baguette plus tard, toutes les pièces s’emboitèrent parfaitement ensemble,  à l’image de ce qu’Amaryllis avait en tête.

« Et maintenant, la touche finale… » murmura-t-elle en faisant léviter une cruche remplie de chocolat fondu. La cruche s’immobilisa et s’inclina suffisamment pour laisser un mince filet de chocolat couler en cascade sur les trois étages du gâteau, qui mêlait génoises et profiteroles. Elle se retourna vers Jimmy et vit son sourire émerveillé. Elle ne put s’empêcher de déposer un autre baiser sur ses lèvres et l’entraina à l’extérieur, où devaient certainement se trouver leurs amis. En effet, ils virent leurs amis, le visage resplendissant de joie sous le chapiteau qu’ils avaient fait élever pour l’occasion. Amaryllis et Jimmy avancèrent à leur rencontre et serrèrent leurs amis dans leurs bras. La métamorphomage capta le regard interrogateur de Carlie et comprit instantanément à quoi elle pensait. En quarante ans, les deux femmes n’avaient rien perdu de leur complicité.

« Le gâteau est dans votre cuisine. J’espère qu’il vous plaira. » Puis elle s’empressa d’ajouter avec un sourire : « Si vous saviez comme je suis contente d’être à ! J’attends cette fête depuis si longtemps… »

Sortir, voir ses amis d’hier et d’aujourd’hui, rire, discuter : elle voulait profiter de tout ce que le temps qui passait trop vite lui avait volé, au moins pendant une soirée.

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MessageSujet: Re: [Juin 2042] Encore une valse Jeu 10 Sep 2015 - 20:10


   Les doigts de Meredith parcouraient avec légèreté le grand piano du salon. De multiples accords s’en élevaient, justes et clairs, retranscrivant une sonate d’un quelconque Beethoven ou Chopin. Sur le visage de la pianiste, on pouvait lire la concentration, la douceur, mais aussi une indéfinissable tristesse presque effacée, mais sans cesse présente quand elle s’asseyait au bel instrument d’ébène. Dans le fauteuil, non loin de l’ancienne Lionne, un homme était assis, un peu voûté par ses longues heures de peinture, les yeux pétillants, le visage éclairé par ce qu’il voyait. Léandre Camus, comme à son habitude, regardait son épouse jouer des pièces dont il n’entendrait jamais la moindre note. Depuis que l’âge s’installait tout doucement dans le corps de Meredith, la danse à proprement parler avait vite cédé la place à celle des seuls doigts, bien moins complète mais aux yeux de son peintre, tout aussi fascinante.

   La dernière touche fut pressée, Meredith se détendit, attendit un instant la fin du résonnement puis rouvrit les yeux pour se tourner vers son époux. Elle lui sourit avec douceur, et il lui rendit avec ce visage incroyable, plein de candeur malgré les années, qu’était le sien. Elle se leva et s’assit sur le bras du fauteuil pour contempler le salon. La salle dans laquelle ils se trouvaient étaient très grande, lumineuse, avec des tas de fenêtres et presque pas de mur. Cependant, il restait un gros morceau démuni de verre, au-dessus de la cheminée qui servait à la plupart de leurs déplacements. Cet espace-là était occupé par un superbe tableau représentant le couple peu après leur mariage, quelques vingt-cinq ans plus tôt. Meredith et Léandre se tenaient l’un contre l’autre devant un cerisier, tout sourire, s’embrassant de temps à autre, saluant pudiquement le spectateur ou s’éloignant pour quelques minutes, laissant la toile vide et l’arbre offrir aux yeux de son public les superbes et innombrables détails qui le composent. Un chef-d’œuvre sorcier comme on en voyait peu.

   Si l’on explorait la maison, on pouvait admirer des murs peints à même la surface, mettant en scène des paysages déserts, ou des forêts animées de centaines d’animaux invisibles. Chanceux était l’occupant de la maison qui croisait dans un couloir une biche ou surprenait la pêche d’un héron, grand favori de la cuisine. Il arrivait à Meredith de s’assoir par terre, et d’attendre que les animaux s’habituent à sa présence, et repeuplent le mur. Elle avait toujours adoré cette facette des peintures de son mari. Elle lui disait plusieurs fois par jour, depuis qu’ils vivaient ensemble, et qu’il avait décidé de rendre leur lieu de vie commune extraordinaire. Elle l’avait laissé faire dans le décor animé de leur intérieur, l’observant avec passion dans l’exercice de son art.

   Dix belles minutes passèrent, dans le silence et la beauté du lieu. Après les instants de musique, Meredith aimait à ne rien dire, ne rien chanter, pour partager avec Léandre le silence qui les entourait. Avec le temps, elle avait appris à l’apprécier, à le rechercher même, quand elle rentrait de ses journées de travail rythmées par le bruit incessant des plumes et des conversations, les hululements des hiboux, les bruits de ville moldue. Leur maison était pour elle synonyme de paix et de calme. Elle aimait à mettre parfois, quand le trop long silence l’écrasait tout de même, de la musique. Soit elle ensorcelait un petit orchestre, soit elle lançait une radio magique, soit elle-même jouait. Mais toujours, elle accordait de son temps à observer Léandre peindre, ou dessiner, ou qu’importe. Ils passaient toujours beaucoup de temps ensemble.

   Personne n’aurait pu prédire qu’ils finiraient ensemble, à leur sortie de Poudlard. La guerre avait été un cataclysme qui avait balayé la plupart des participants, et Meredith y avait perdu plusieurs être chers. Mais Adam s’en était sorti, et la lionne croyait qu’enfin ils allaient pouvoir s’aimer. Elle s’était leurrée. Adam partit avec Carlie, et le cœur de la jeune fille devint un brasier douloureux qui se réveillait à chaque fois qu’elle les voyait ensemble. Elle acheva ses études, la rage au ventre, excellant comme jamais dans tous ses cours, décrochant des Optimaux à la pelle durant ses Aspics, ne prêtant plus attention qu’au succès de ses études puis de sa carrière au sein de la Gazette. Pendant dix longues années, elle resta insensible aux avances pourtant nombreuses de ses anciens amis, collègues de travail et autres inconnus qui ne l’intéressaient pas. Elle resta une éternelle célibataire, alliant passivité des sentiments à nuits folles avec tel ou tel élu d’un soir. Elle devint populaire dans le Daily, ses articles faisaient toujours grand éclat. Elle n’avait pas de lieu d’habitation véritable, car pour le compte du journal, elle voyageait sans cesse. Elle fit plusieurs fois le tour du monde, visita les sièges de grandes industries magiques, les Ministères de la Magie de tous les continents … sans jamais céder au luxe d’une vie amoureuse.

   Un article cependant l’emmena un jour à Berlin, dans l’unes des plus grandes expositions d’Art Magique. Elle y rencontra par hasard Léandre, un des peintres en pleine ascension dans l’échelle médiatique, ancien poufsouffle et ami cher. Ils dinèrent ensemble, pour se rappeler du bon vieux temps, et aussi car Meredith voulait lui poser des questions sur ses œuvres et son parcours, pour la Gazette. Au final, elle en zappa totalement l’interview, trop occupée qu’elle était à encaisser les émotions qu’elle ressentait pour ce fantôme de sa vie heureuse et insouciante à Poudlard. Comme à Poudlard, il lui offrait la promesse d'une nouveauté délicieuse et douce, poétique aussi. Ce brusque revirement lui avait ouvert les yeux, et fait fondre tous ses doutes et ses réticences. Avec lui, pour la première fois depuis longtemps, elle s’était sentie entière, elle avait ri de bon cœur et bien vite, elle tomba amoureuse de l’artiste.

   Ils vécurent une passion folle pendant plusieurs années, un bonheur permanent, durant lequel Meredith renoua avec Adam sans douleur aucune grâce à la présence à ses côtés de son amour, et revit plusieurs de ses anciens camarades, casés, mariés, avec des enfants … la lionne se rendit bien vite compte que le monde avait tourné sans elle, et qu’elle commençait réellement à se faire vieille fille. Enfin, cela ne sembla pas déranger sa moitié, qui semblait la regarder avec des yeux d’enfant à chaque jour qui se levait, chaque nuit qui tombait. Elle participa activement à la montée de succès du jeune homme, dont les peintures éblouissaient les spectateurs et faisaient s’accroupir les critiques. En effet, la surdité de Léandre rendait sa perception aux couleurs et aux mouvements plus accrue que jamais, et chacune de ses productions semblaient contenir de l’émotion en peinture. Sérénité, colère, bonheur, accablement ou peur, les tableaux magiques ouvraient la voie à d’infinies possibilités de création et partageaient bien plus qu’une simple image ou impression.

   Après cinq ans de vie commune, ils se marièrent en petit comité. La Brecky devint Camus. Bien vite, une petite fille naquit de leur union. Ils l’appelèrent Raphaëlle, même si bien vite, le diminutif « Rapha » s’imposa dans le cadre familial. La petite et Meredith s’entendaient comme des sœurs. Elle apprit le langage des signes, comme sa mère quelques années plus tôt,le français et l’anglais, des origines de ses parents. Ses pouvoirs magiques se manifestèrent vers l’âge de 7 ans – alors qu’elle chahutait comme souvent dans les escaliers, elle se prit les pieds dans son pyjama et faillit passer par-dessus la rambarde. Ses pouvoirs l’arrêtèrent à quelques centimètres du sol, manquant de provoquer un arrêt cardiaque chez sa mère qui, partagée entre terreur et joie, ne sut comment réagir et laissa la situation à son époux. Elle fut envoyée à Poudlard, répartie à Poufsouffle, et débuta une carrière dans la musique. La fierté de ses parents.

   Leur mariage eut bien des hauts, et pas mal de bas aussi. Ils achetèrent une petite maison, que le couple s’appliqua à rendre aussi agréable que possible. Ils vivaient à la campagne, en France, loin de la civilisation moldue, là où la magie avait toute sa place, car Meredith n’aurait pu s’en passer, non pas qu’elle était fainéante, mais la magie faisait part entière d’elle et l’abandonner était inconcevable. Maintenant, l’ancienne Gryffondor jouissait d’une retraite bien méritée, depuis peu de temps. Et Léandre continuait à peindre, aurait-il pu en être autrement ? Sa réputation était solide, et ses expositions étaient toujours un grand succès.

   Meredith sentit une main contre la sienne, et sans tourner le regard, elle la serra avec force. Sa crinière autrefois éclatante était maintenant blanche, sans mèches. Contrairement à d’autres qui n’assumaient pas leurs débuts de vieillesse, Meredith avait décidé de la compléter sans en changer la couleur, mais seulement en y ajoutant de l’éclat, pour en appuyer la blancheur, sans honte. Elle était rassemblée en une natte de côté, pour ne pas la gêner. Léandre défit la tresse avec douceur, puis y passa sa main aux cals rugueux. Il appuya son visage contre son épaule, et sembla respirer longuement les mèches blanches, qui sentaient sûrement un mélange de fleur et de lavande. Meredith avait joué du piano pour préluder leur départ vers la petite fête que donnaient Carlie et Adam en l’honneur de leurs 40 ans de mariage. Ils étaient fin prêts, mais un peu avance certainement. Le couple se réjouissait de revoir leurs amis de longue date, Amaryllis, Jimmy, Aloysius certainement, que Meredith voyait plus souvent depuis que la retraite cherchait (mais ne réussirait certainement pas) à le calmer dans ses activités insensées. Sans un bruit, la Camus se leva avec souplesse (on ne lui volerait pas cela !) et entraîna son époux vers la cheminée. En passant, elle récupéra la grosse enveloppe contenant leur cadeau aux deux mariés d'Emeraude. Il devait être l’heure maintenant. Elle lui passa le pot de Cheminette, et il en prit une bonne poignée. Elle lui parla à vois haute, ses mots étant simples et à l'articulation caractéristique, sans douter un instant qu’il la comprenne.

   « A tout de suite, amour. » [« See you, Love. »]

   La cheminée crépita quand elle sentit entrer l’homme en son sein. Elle avait été magiquement changée (merci Meredith) pour répondre également aux pensées claires de lieux qu’on lui adressait. Ainsi, pas de difficulté pour Léandre à se déplacer par son biais. Elle avait d’ailleurs baptisé son sortilège « charme du Sourd », et il leur était bien utile dans la vie de tous les jours. Quand les flammes vertes se furent éteintes, elle s’engouffra elle aussi dans la cheminée et pensa bien fort au salon de ses amis. Sans trêve, une gerbe de flammes froides et quelques instants plus tard, elle se retrouva à saisir avec reconnaissance la main de son mari pour sortir de la cheminée de chez Adam et Carlie. Ils trouvèrent la cuisine et le salon vide, mais l’immense et superbe gâteau témoignait bien sûr de la présence de Jimmy et Amaryllis. Le sourire aux lèvres, Meredith poussa la porte menant au jardin, et s’approcha en douceur de ses amis qui regardaient tous le chapiteau magnifique élevé pour l’occasion, parlant avec animation. Quand le couple, main dans la main, entra dans le champ de vision des invités et des hôtes, les conversations se turent pour accueillir les nouveaux arrivants. Meredith parlait doucement, mais avec enthousiasme, et traduisait pour tous sauf Adam (connaisseur de la langue des signes) les mots de Léandre.

   Beaucoup de chaleur se dégageait de leur petit groupe, et bien vite, les rires fusèrent, les mots se mêlèrent, et leur amitié resplendit sous le soleil qui allait se doucement se coucher, avec respect.

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MessageSujet: Re: [Juin 2042] Encore une valse Sam 17 Oct 2015 - 23:53


Suddenly before my eyes
Hues of indigo arise
With them how my spirit sighs
Paint the sky with stars

Enya, Paint The Sky With Stars

Jimmy était installé sur le rebord de la baingoire de la salle de bain. Heureusement que la baignoire avait été refaite il n’y a pas si longtemps. Cela permettait au retraité de passer plus de temps sur le rebord de la baignoire sans pour autant trop faire souffrir ses articulations. Enfin, l’homme n’était pas du genre à penser à cela. Au non, il n’était plus du genre à penser à grand-chose, pour dire vrai. Il était là. Assis sur le rebord de la baignoire, située au deuxième étage de l’appartement qu’il partageait depuis déjà un certain temps avec sa chère et tendre Amaryllis.. S’il y avait un prénom qu’il retenait, c’était bien celui-là. Comment l’oublier ? C’était tout bonnement impossible d’oublier sa meilleure amie, devenue par la suite son épouse. En revanche, le vieil homme ne se souvenait pas toujours de la manière dont il s’était mis en couple avec la métamorphe. Il y avait bien une histoire d’oiseau la dessous, mais impossible de s’en souvenir d’avantage. En revanche, il se souvenait parfaitement de sa demande en mariage. Un soir légèrement pluvieux, à Paris, au bord de la seine. C’était à peu près tout ce dont il se souvenait. Il ne se souvenait même plus de la réponse de l’ancienne Poufsouffle. Mais, il lui était facile de deviner la réponse. Il regarda un instant l’alliance qu’il portait depuis autant de temps qu’il pouvait se souvenir puis reposa ses yeux noisettes sur une chose que lui seul était capable de voir. Enfin, il ne savait pas trop ce que c’était, mais il avait l’impression de ne réussir à se concentrer que sur cette chose-là. Alors c’était ce qu’il faisait. Parfois, cette chose inconnue le suivait partout, parfois non. Il ne comprenait pas. Alors lorsqu’il en avait l’opportunité, il l’étudiait pendant de longues heures, totalement coupé de la réalité. Il ne voyait pas son reflet dans le miroir, son regard perdu dans le vu, sa bouche grande ouverte, l’air complètement perdu.

Il ne se rendit même pas compte que la porte blanche de la salle de bain s’était ouverte et que la femme de sa vie était venue le chercher. Lorsqu’il senti le contact chaud des mains douces de son épouse se poser sur ses mains de guitaristes, ses lèvres s’étirèrent en un mince sourire. Mais rien de plus. Pas de mot. Son regard était toujours porté sur cette chose mystérieuse qui venait lui rendre visite. Il se retrouva ensuite dans la chambre qu’il partageait avec son épouse. La jeune retraitée lui indiqua les affaires qu’il allait porter puis partie elle-même se préparer dans la salle de bain. L’homme aux cheveux blancs posa alors un regard vide sur ses affaires puis, après un léger temps d’arrêt, le temps à l’information de monter au cerveau, il retira son pyjama rayé blanc et rouge et enfila le pantalon de costume que lui avait préparé son épouse. Parfaitement bien coupé et repassé, Jimmy se demanda alors si c’était la nouvelle mode des jeunes de ne plus avoir de bouton sur le devant. Il essaya alors de comprendre ce qui ne tournait pas rond chez son pantalon avant de se rendre compte qu’il l’avait mis à l’envers.

« Saleté de Dagobert.. »

Se rendant, presque, rapidement compte de son erreur, le vieux musicien, après avoir pris quelques secondes de son temps pour sortir ce petit juron sympathique dont il avait le secret, remit son pantalon noir et recouvrit ainsi son caleçon rouge et or, sa plus grande fierté, autant qu’il lui est possible de s’en souvenir..

Vint ensuite le tourne de la chemise blanche. Le bouton du lundi avec le lundi. Le bouton du mardi avec le mercre.. euh non, le mardi. Le mercredi avec le.. oh. Grande question.. Après quelques longues minutes de réflexion et d’ « intense » recherche, Jimmy retrouva le deuxième mercredi, jeudi et vendredi ne posèrent pas de soucis, tout comme samedi et dimanche. Puis, vint la pire invention du genre humain. La cravate. Jimmy ne se souvenait pas de la manière dont il fallait la mettre. Il la porte au niveau de son regard et lui demanda silencieusement si elle ne pouvait pas l’aider. Mais le bout de tissus ne lui répondit pas. Non.

« Incroyable.. Aucune politesse de nos jours.. »

Et puis, Amaryllis vint à sa rescousse. Jimmy se concentra sur la douce voix de son épouse et sur son regard des plus calmes. Cela l’aidait à oublier sa cravate rebelle. Cravate qui fut rapidement remise à sa place par cette femme forte.

« Oui.. Oui. Ma potion… Merci, ma chérie

Un petit mot d’amour. Jimmy en employait rarement, parce qu’il n’y pensait tout simplement pas. Mais cette fois, cela lui était venu en tête naturellement. Il prit des mains la fiole qui lui tendit sa chère et tendre et l’avala docilement. Il avait longtemps refusé de consommer le truc qui se trouvait dans ces petites fioles étranges et puis Ama avait fini par le convaincre.  Une fois sa potion terminée, une question lui vient en tête.

« Carlie et Adam nous attendent pour quelle heure ? »

Son épouse le regarda, visiblement surprise puis elle vint se blottir dans les bras du musicien. Ce dernier se demanda pourquoi tant de joie pour une simple question mais ne dit rien. Il était bien trop agréable de serrer sa femme contre lui, il ne voulait pas briser ce joli moment. Le couple descendit ensuite dans le salon. Pendant que son épouse s’occupait du gâteau qu’elle avait préparé, Jimmy enfila sa veste puis se tint calmement près de la cheminée. Il n’avait pas obtenu de réponse de la part de son épouse mais puisqu’il avait déjà oublié la question, cela ne lui posa pas de gros problème. Une fois que sa moitié fût enfin prête, il se glissa dans la cheminée et, tout en lançant de la bonne manière la poudre de cheminette qu’Ama lui avait donné, annonça d’une voix claire l’adresse où il se rendait. Il ne savait plus exactement pourquoi il y allait, mais il y allait.

Il retrouva ensuite son épouse dans une maison qui lui disait quelque chose, mais il ne saurait dire quoi. Comment sa femme faisait-elle donc pour se mouvoir dans cette maison aussi facilement. Ce n’était pas naturel pour Jimmy qui laissa sa femme s’afférer en cuisine pour observer son nouvel environnement. Puis, son regard se posa sur le magnifique gâteau que la métamorphe venait d’achever de monter. Mais, pourquoi un si beau gâteau ? Pourquoi ? Il haussa les épaules. A quoi lui servirait-il de savoir, si c’était pour oublier quelques secondes après ? Il haussa les épaules une deuxième fois. Sa femme vint l’embrasser et un joli sourire étira les lèvres du retraité. Il était heureux. Voire son épouse si joyeuse faisait de lui un homme comblé et cela, même s’il ne parvenait pas à se souvenir de tout. A côté de son épouse, Jimmy faisait bien à attention à ne pas la perdre. Elle était son seule et unique repère, il ne voudrait pas la perdre. Une petite appréhension était d’ailleurs ancrée dans son esprit. Que faisait-il là ? Pourquoi Ama était-elle si pressée ? Il était légèrement perdu. Rapidement, le couple londonien se retrouva face à des cheveux blancs bouclés et d’autres relevés en chignon. Sa moitié semblait parfaitement à l’aise dans cet univers, ce qui incita Jimmy à en faire de même, même si cela s’avéra relativement compliqué.

« Bonjour.. Hm. Enchanté. Je suis vraiment ravi, aussi.. »


Il montrait moins d’entrain que son épouse, mais, ce n’était pas de sa faute, il faisait ce qu’il pouvait. Il essayait, au plus profond de lui-même. Il tentait de se rappeler mais n’y parvenait pas. Et pourtant, il restait parfaitement calme : l’effet de sa potion, surement.  Enfin, il haussa les épaules, encore une fois, il ne pouvait pas y faire grand-chose. Il observa une nouvelle fois les alentours et son regard se posa sur un objet familier, objet qu’il possédant en deux exemplaires chez lui, mais qu’il n’avait pas touché depuis longtemps. Il ressortit un certain manque. Un pincement au cœur. Son regard arrêta alors de bouger. Il ne voyait qu’une chose. Pas une simple chose. Non. Une guitare. Toute son enfance..

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[Juin 2042] Encore une valse

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