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[Juin 2042] Encore une valse

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POUFSOUFFLE7ème annéePréfète-en-chefMODO
    POUFSOUFFLE
    7ème année
    Préfète-en-chef
    MODO
AVATAR : Lucy Hale
MESSAGES : 1112

INFOS PERSONNAGE
SITUATION AMOUREUSE SITUATION AMOUREUSE: Célibataire
DATE & LIEU DE NAISSANCE DATE & LIEU DE NAISSANCE: 3 octobre 1979, Londres
SANG SANG: mêlé
MessageSujet: [Juin 2042] Encore une valse Lun 27 Juil 2015 - 20:28


Adam E. Wright & Carlie E. Peters


FLASHBACK
2 mai 1998, 2h59

Des sortilèges fusaient de toutes parts. La moitié du couloir était effondrée, les gravats recouvraient le sol, rendu glissant par de larges flaques écarlates. Le chaos s’était emparé du château depuis plusieurs heures, et Carlie ne comptait plus le nombre de personnes qu’elle avait vu tomber. Des amis, tant de victimes qui lui fendaient l’âme et le cœur… Adossée à l’un des seuls pans de mur qui restaient encore debout dans ce couloir, elle tentait de reprendre son souffle. Elle avait échappé de peu à un Mangemort qui semblait bien décidé à lui faire la peau, et elle avait évité un sortilège de mort en glissant dans l’une de ces nombreuses flaques écoeurantes, tandis que le mangemort se faisait lui-même attaquer par un auror. Elle voulait que tout se termine, elle ne comptait plus le nombre de fois où elle avait flirté avec la mort aujourd’hui… Soudain un cri transperça l’atmosphère et elle aperçut Adam à quelques mètres d’elle, au sol,  se faire désarmer par une silhouette masquée. Non, elle ne le perdrait pas lui aussi, pas alors que ça avait déjà failli arriver un an plus tôt. Elle s’élança de nouveau, tentant de faire taire le poing de côté qui lui vrillait les côtes, serrant sa baguette un peu plus fort dans sa main.

« Stupéfix ! »

Elle vit le mangemort qui attaquait Adam se tourner vers elle, une fraction de seconde avant que l’éclair rouge ne le frappe en pleine poitrine. Carlie avait vraiment l’impression que la chance était de son côté cette nuit-là, elle ne voyait pas comment elle pouvait continuer à survivre sinon. Elle s’arrêta dans une glissade et s’agenouilla devant Adam avec un léger sourire.

« Ca va tu n’as rien ? Tu m’as fait une belle frayeur, j’ai vraiment cru que… »

Sa voix se brisa sur le dernier mot, et elle secoua la tête pour reprendre ses esprits. Elle n’avait pas le droit de flancher maintenant… Elle arrangea les lunettes d’Adam, légèrement de travers, et caressa doucement sa joue. Ils s’étaient beaucoup rapprochés depuis deux ans, et cette année d’enfer avait réellement soudé leur amitié. A tel point que leur amitié avait pris une étrange tournure, par moments. Elle agita sa baguette et rattrapa celle du Serdaigle au vol, avant de la lui tendre, en souriant.

« Tu risques d’en avoir besoin… Et on ferait mieux de déguerpir d’ici avant qu’il ne se réveille… »

Elle se redressa et aida son ami à se relever, avant de s’éloigner de quelques pas. Elle ne voulait pas retourner se battre, elle voulait se cacher et se laisser aller à tous les sentiments contradictoires qui l’habitaient. Mais ils devaient continuer, garder espoir. Elle adressa un dernier sourire à Adam, souhaitant que ce ne soit pas la dernière fois qu’ils se croisaient.

« Hé Adam ! On se retrouve quand tout ça est terminé ! »

Carlie serra une dernière fois sa main dans la sienne et scruta le visage de son ami un peu plus longtemps, comme pour en graver à jamais les traits dans sa mémoire. Mais le temps continuait de filer, et bientôt elle se sépara de lui avant de repartir en courant dans le couloir derrière elle, tandis que le mangemort à terre recommençait à bouger.

FIN DU FLASHBACK



21 juin 2042

Carlie fixa une dernière épingle dans son chignon et observa son reflet dans le miroir. Elle retoucha quelque peu son maquillage et tira légèrement sur le bord de ses paupières pour faire disparaître les rides qui s’y étaient installées. Ca et les cheveux grisonnants, la preuve que rien n’est à l’épreuve du temps… Un mouvement dans le coin de son regard lui fit tourner la tête et elle tomba sur la photo mouvante qui avait attiré son œil. Sa photo de mariage… Elle saisit le cadre argenté et glissa sa paire de lunettes à verres progressifs sur son nez, pour l’observer plus distinctement. Adam et elle, à jamais figés dans leurs 20 ans. La guerre à laquelle ils avaient survécu avait laissé quelques traces, comme un regard moins pétillant, le regard de quelqu’un qui a vu toutes l’horreur du monde et qui ne pourra jamais plus l’oublier. Mais malgré tout ça, combien de fois Carlie avait-elle souhaiter revenir à cette époque ? Mais ils célébraient aujourd’hui leur quarantième anniversaire de mariage, et le temps avait laissé ses traces. Ils n’étaient plus les fringuants jeunes gens qu’ils avaient été à Poudlard, malheureusement. Carlie reposa le cadre avec un sourire tendre et quitta la chaise devant sa coiffeuse. Elle grimaça en se relevant, ses articulations la faisaient souffrir depuis quelques temps… Probablement les conséquences d’une pratique trop assidue de la danse classique durant son enfance. Mais au moins avait-elle gardé un corps souple et musclé, même passé la soixantaine.

Carlie passa la baie vitrée de la salle du séjour et posa une main sur son front, éblouie par le soleil. Elle chercha la haute silhouette de son mari, bercée par le bruit du roulis des vagues. Ils avaient eu de la chance de trouver cette petite maison à vendre, dans le Sud du pays, et elle était toujours aussi amoureuse du cadre. Autant qu’elle aimait Adam, à vrai dire… Finalement, elle le repéra, sous le chapiteau qui avait été dressé sur la plage pour accueillir la cérémonie, en train de surveiller la finition du montage. Elle s’approcha de lui, et posa les mains sur ses épaules avant de déposer un baiser sur sa joue.

« Ne t’inquiète pas, ces ouvriers n’oseraient pas contrarier un ancien président du Magenmagot… »

Elle rit doucement en prenant sa main dans la sienne et de la serrer doucement.

« Joyeux anniversaire de mariage, sweetheart. »

Elle ajusta les traditionnelles lunettes d’Adam sur son nez en souriant, avant d’aller se blottir dans ses bras, observant le soleil qui commençait à se coucher sur la mer. Elle avait pris sa retraite de Sainte Mangouste depuis quelques semaines à peine, et il lui arrivait de s’ennuyer, mais le cadre idyllique dans lequel il vivait lui donnait un véritable sentiment de vacances.

« On a reçu un hibou de Steph et Camille, elles nous souhaitent un très bel anniversaire et elles ont dit qu’elles passeraient nous voir demain avec les enfants. Elles pensaient qu’on avait suffisamment à faire avec l’organisation de la soirée… Enfin, je suis bien contente de pouvoir profiter un peu de toi avant que l’effervescence ne commence… »

Elle rit doucement. Elle était emballée par la soirée qui les attendait, tous leurs amis étaient invités et ça faisait un moment qu’ils n’en avaient pas vu certains… Elle souriait d’un air absent, toujours blottie dans les bras de son mari, le regard effleurant le chapiteau et l’océan. Soudain, elle s’écarta d’Adam, dans un sursaut. Elle tentait de se souvenir d’un élément important et elle n’arrivait pas à remettre le doigt sur la réponse. Elle détestait quand ça lui arrivait… Elle posa un regard perdu sur Adam, tentant de résister à la panique qui la gagnait.

« Tu es sûr qu’on a confirmé à Amaryllis qu’elle apportait le gâteau ? »

_________________

Carlie E. Peters
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MessageSujet: Re: [Juin 2042] Encore une valse Mer 29 Juil 2015 - 0:19

Le regard brumeux d’Adam se portait sur l’horizon devant lui, au-delà de l’océan qui bordait leur lopin de terre, tandis que des ouvriers s’époumonaient à installer le chapiteau devant accueillir pas moins d’une soixantaine d’invités pour la journée. À son âge, d’épaisses cataractes opacifiaient sa vision déjà faiblarde et l’empêchait de superviser réellement le travail effectué, mais les bras ainsi croisés sur sa poitrine, il donnerait néanmoins l’illusion que c’était bien le cas. À tout juste 62 ans, le vieil homme profitait depuis quelques années déjà d’une pension généreuse à titre d’ancien magistrat – et même président du mangenmagot pour la durée d’un mandat – et il n’y avait qu’à sa meilleure moitié qu’il admettait s’ennuyer parfois d’occuper la place d’honneur devant une assemblé hautement attentive. La grande guerre de 1998 avait profondément marqué le caractère de celui qui jusque-là, avait préféré se tenir en retrait, dans sa petite forteresse de savoir que constituait la bibliothèque du célèbre collège Poudlard.

Par chance, sa femme des quarante dernières années l’en avait extirpé avec douceur, de la même façon qu’elle posait aujourd’hui une main sur son épaule en portant un baiser à sa joue ridée.

« Joyeux anniversaire de mariage, sweetheart. »

Le sourire d’Adam s’élargit tandis qu’il enserrait doucement ce petit brin de femme pomponné dont le chignon parfait lui rappelait parfois sa propre mère à pareil âge.

- " À toi de même ma chérie, à toi de même! " radota t-il d’un ton léger. " Savais-tu que c’est l’Émeraude qui caractérise les noces de quarante ans d’union? J’ai toujours trouvé cette pierre magnifique… " bafouilla t-il également en portant une main à la poche de sa veste, là ou une petite boîte attendait son heure.

--- Ϟ ---

Le sortilège du mangemort avait été exécuté avec une précision qui frôlait l’indécence, contournant d’abord un immense débris au centre du couloir pour atteindre finalement son objectif; la main dominante d’Adam, laissant une intense sensation de brûlure lui arracher un cri en plus de sa baguette de sorbier. Tombé à la renverse et acculé au mur de pierre derrière lui, le septième année cru enfin sa dernière heure arrivé lorsque son opposant leva un bras armé devant lui, mais un éclair rouge vint rompre son élan, l’envoyant au sol en cédant le passage à une demoiselle dont l’uniforme jaune et noir était couvert de poussière et de masses sombres au flanc droit.

Carlie.

Respirant déjà bruyamment et par à-coups, l’aigle hocha doucement la tête en fixant les yeux sombres de son amie, comme pour la remercier et la rassurer silencieusement tout à la fois. Il eut aussitôt envie de se jeter à son cou, de simplement la tenir dans ses bras un moment et sentir qu’ils étaient tous les deux là, bien vivants, mais Adam se contenta de poser simplement sa main blessée par-dessus celle que la Poufsouffle laissait glisser au long de sa joue mal rasée. Ultimement, l’aiglon s’efforça de lui rendre un timide sourire tandis qu’elle ajustait adroitement ses lunettes pour une énième fois cette année-là, sa mémoire sensorielle lui rappelant – absurdement dans pareil contexte – son appréciation pour toute la douceur de ce geste.

- " Ca va, je vais bien, tout va bien... " souffla t-il tout bas, luttant contre son esprit préférant la vérité rationnelle aux mensonges porteurs d’espoir. " Toi? " ajouta t-il d’un ton qui laissait bien transparaître son inquiétude, laissant sa main intacte se faufiler par réflexe sur la taille fine de la demoiselle, de la même façon que lorsqu’ils valsaient tout les deux. Bien que le sang qui tâchait son chemisier ne semblait pas être le sien, l’éventualité que la danseuse soit blessé le troublait bien plus qu’il ne l’aurait soupçonné.

Leur amitié s’érigeait comme l’un des seuls remparts que le sombre caractère des Carrows n’était pas parvenu à briser, voir même, qui s’en était trouvé renforcé de plus belle. Il y avait d’abord eu ce cours de défense contre les forces du mal –  plutôt, cette séance de torture publique –  ou Adam s’était interposé après qu’un professeur corrompu se soit servi de Carlie pour faire la démonstration d’un sortilège défendu, renvoyant en boucle dans l’esprit de la victime, des scènes dont la souffrance lui semblait insoutenable. Pour lui faire regretter cette interruption impromptue, le jeune homme avait donc été condamné à deux jours consécutifs de confinement dans un cachot humide, mais la ballerine ne l’avait pas laisser tombé et au risque d’être réprimandé à son tour, elle avait trouvé un moyen de contourner la garde pour lui faire porter un peu de jus de citrouille, quelques biscuits moelleux et bien sûr, des nouvelles du château.

Puis, cette fois encore, l’un d’eux avait tenu et même secouru la vie du second, à la pointe de sa baguette et au péril de sa propre situation. Il y avait là une conclusion plutôt évidente à établir en rapport à cet échantillonnage équivoque d’évènements et de souvenirs qu’ils partageaient et tandis qu’il sentait la main de Carlie s’échapper doucement de la sienne, l’aigle resserra plutôt son emprise sur les doigts de la représentante des blaireaux.

- " Attends… Carlie. "

Il chérissait tout particulièrement le souvenir de cette valse intime devant l’âtre du petit salon aménagé en secret par la résistance, au deuxième étage de l’aile Ouest, qui demeurait le seul moment de répis de leur mois de février à tout les deux. Cet instant était à jamais marqué par un regret inexplicable que son cortex préfrontal n’avait généré qu’à la toute fin de leur étreinte. Cette fois-ci, à l’aube d’une fin possible, Adam tenait donc à s’assurer qu’une donnée précise soit ajouté à la collecte des éléments emmagasinés par sa mémoire eidétique en lien direct avec l’étiquette « Carlie E. Peeters ». Recadrant donc à son tour une mèche de cheveux noirs collés à la joue gauche de la danseuse, Adam se pencha juste assez sur le visage de celle-ci pour pouvoir sentir son souffle chaud contre sa nuque, puis pour finalement poser furtivement ses lèvres sur les siennes, scellant du même coup la promesse qui s’apprêtait à lui faire.

- " On se retrouvera, promis. "

Adam avait parlé de façon simple et concise, du même ton cartésien et débordant d’assurance avec lequel il avait l’habitude de s’exprimer lorsqu’on lui posait une question à laquelle il était persuadé de connaitre la réponse. En d’autres circonstances, il serait bien sûr reparti avec elle, mais l’aile Ouest était assaillie et Hayden, Stella, Terry, Adela et Isaac peinaient possiblement beaucoup à défendre la tour qui protégeait leur maison.

Oui, ils se retrouveraient.

--- Ϟ ---

À la mention de leur progénitude, Adam tapa joyeusement du pied – de sa mauvaise jambe toujours, la gauche – tout en indiquant le chemin de l’estrade aux musiciens chargé d’instruments.

- " Tant mieux! On évitera qu’elles nous traite de gâteux avant l’heure.. " se moqua t-il simplement.

Il est vrai que ses deux princesses lui manquaient parfois, chacune ayant fait la fierté de leur parents. Adam se plaisait à croire que l’aîné, Stéphanie, avait hérité de son intelligence, malgré que sa scolarité à Serpentard l’avait pousser à en tester parfois dangereusement les limites. La plus jeune, Camille, avait vite adopté la loyauté et la générosité de sa mère en y ajoutant un touche de détermination, ce qui l’avait conduit chez les lions, la maison des braves.

- " Oh ne t’inquiète pas pour le gâteau allons, Amaryllis à l’habitude de penser et prévoir pour deux… " dit-il d’un ton plus grave. " J’espère que Jimmy sera dans un bon jour d'ailleurs, ses pertes de mémoire semblaient s’être aggravés la dernière fois ou nous avons fait une partie de croquet… "

L’air pensif, Adam secoua ses fins cheveux blancs avant de se saisir de la main de sa douce, suivant les premières notes de musique de l’orchestre qui testait ses gammes.

- " Te souviens-tu de notre première valse? " demanda t-il en posant l’autre main au milieu du dos de sa partenaire. " Je ne parle pas de cette première leçon ou je t’ai écrasé les pieds pendant une heure, non, je veut dire, notre première « vraie » valse? C'était au bal des survivants il me semble? "



Tandis qu’elle cherchait le regard de son mari, Carlie tentait de faire taire la peur qui s’emparait d’elle. Elle avait légèrement anticipé sa retraite de Sainte Mangouste à cause de ces quelques épisodes où sa mémoire lui faisait défaut. Et la peur la saisissait à chaque fois qu’elle courait après un souvenir ou un mot. Il y avait trop de choses qui lui tenait à cœur, trop de souvenirs qu’elle chérissait, pour que le temps les efface. Comme le souvenir des lèvres d’Adam sur les siennes, au milieu du chaos qu’était Poudlard, cette promesse silencieuse de retrouvailles, d’un futur. Elle ne voulait pas oublier comme ce baiser lui avait redonné des forces, tout en la plongeant dans une tourmente pire que celle dans laquelle elle se trouvait déjà, l’inquiétude au sujet du Serdaigle qui emprisonnait son esprit, puis la peur et le désespoir quand elle n’avait pas vu Adam au milieu des survivants, et enfin le soulagement, lorsqu’il avait émergé des décombres. Ou bien tous les actes qu’ils avaient pu faire pour tenter de se protéger au cours de cette septième année terrible. Elle ignorait à partir de quand elle avait commencé à tomber amoureuse d’Adam. Etait-ce lorsqu’il l’avait sauvée de la perte de la raison lors d’un cours de Défense Contre les Forces du Mal ? Ou bien alors qu’il avait accepté de prendre un sortilège Doloris à sa place, lors d’une retenue ? Ou lors de leurs nombreuses soirées au coin du feu, dans la salle de la résistance ? A l’époque, quand elle avait commencé à solliciter Adam pour les cours d’Arithmancie, elle n’aurait pas pensé devenir aussi proche de lui. Et tous les souvenirs des débuts de leur histoire, elle ne voulait les perdre pour rien au monde. Mais à chaque fois que la peur la prenait au ventre, elle était atténuée par la confiance qu’elle avait en Adam. Si elle devait un jour perdre la mémoire, elle avait de la chance d’avoir l’ancien Serdaigle pour mari, elle aurait pu tomber beaucoup plus mal. Après tout, il en avait assez pour deux.

« Oh ne t’inquiète pas pour le gâteau allons, Amaryllis à l’habitude de penser et prévoir pour deux… J’espère que Jimmy sera dans un bon jour d'ailleurs, ses pertes de mémoire semblaient s’être aggravés la dernière fois ou nous avons fait une partie de croquet… »

Carlie secoua la tête pour faire taire ses sombres pensées, et effleura la joue de son mari comme pour chasser ses inquiétudes. Voilà l’autre raison qui avait précipité sa décision de quitter l’hôpital magique. Elle commençait à voir passer trop de ses anciens amis avec des problèmes de santé plus ou moins graves. Ils étaient encore relativement jeunes pourtant, mais c’était comme si la guerre qu’ils avaient vécu plus jeunes les avait fait vieillir prématurément. Et le cas de Jimmy était celui qui l’avait le plus affectée. Elle revoyait encore le jour où elle l’avait croisé dans les couloirs de l’hôpital et où il ne l’avait pas reconnue. Elle soupira doucement, et esquissa un sourire.

« Nous verrons bien… Il me semble qu’Ama m’avait dit qu’il testait de nouvelles potions en ce moment. »

Son sourire s’affirma un peu plus, tandis que l’orchestre accordait leurs instruments. Elle réprima un frisson qui parcourut son échine lorsque la main de son mari se posa au creux de ses reins. C’était un geste qui ramenait tellement de souvenirs à la surface… Tant de bons souvenirs, des moments heureux même au milieu de la tourmente.

« Te souviens-tu de notre première valse ?  Je ne parle pas de cette première leçon où je t’ai écrasé les pieds pendant une heure, non, je veux dire, notre première « vraie » valse ? C'était au bal des survivants il me semble ? »

Carlie posa sa main libre sur son épaule, tout en plongeant dans le regard clair de son mari. Elle se souvenait à quel point c’était une tâche difficile pour eux deux, trop intime, lorsqu’elle lui avait appris à valser, la première fois. Aujourd’hui, quarante ans plus tard, c’était un réconfort. Une chose immuable. Elle se dressa sur la pointe des pieds pour poser ses lèvres sur les siennes, furtivement.

« Il y en a eu tellement d’autres avant celle-ci… Mais elles n’étaient que pour nous, et je crois que je les préfère. Après tout, nous n’en serions peut-être pas là si tu ne m’avais pas demandé ces leçons… »

Elle s’était souvent demandée quelle aurait été sa vie si il n’y avait pas eu Adam… Peut-être serait-elle actuellement mariée à Alexander Foster ? Mais elle demeurait convaincue désormais que Maya et lui formaient un bien meilleur couple qu’eux à l’époque. Il fallait une forte tête pour mener Foster à la baguette.
Comme s’ils les observaient, les musiciens entamèrent un morceau en trois temps, une valse, qui vint se mêler au chant de la mer, et Carlie se laissa entraîner par son mari. C’était comme une seconde nature chez eux maintenant. Un secret qui les avait liés pendant des années et qui s’était révélé au grand jour lors de ce fameux bal des survivants, donné à la rentrée qui avait suivi la chute du Seigneur des Ténèbres. Le jour où ils avaient affiché leur amour pour la première fois. Tant de souvenirs, encore si clairs, si intenses. Ils faisaient partie d’eux, ils racontaient leur histoire. La chose dont elle était la plus fière dans sa vie. Toujours plongée dans le regard du vieil homme, elle l’ancienne Poufsouffle sentait ses soucis s’envoler. Ils allaient passer une merveilleuse soirée, et profiter l’un de l’autre, comme chaque jour depuis plus de quarante ans.

« Je te revois encore dans la Salle sur Demande, avec ces mannequins qui valsaient autour de nous… Curieusement, ce sont ces instants qui me permettaient de tenir lors de notre dernière année. La joie et l’espoir qu’ils transportaient avec eux. Puis par la suite te retrouver au coin du feu, pour parler jusqu’à tard, ou seulement valser en silence, sur une musique que nous étions les seuls à entendre… » Elle lâcha l’épaule d’Adam pour poser sa main sur sa joue parcheminée, avec un petit sourire. « Vous êtes la plus belle chose qui me soit arrivée, Adam Wright… »

Ca en avait surpris plus d’un à l’époque, qu’ils aient pu se trouver ainsi. La Poufsouffle hypersensible qui semblait mettre un bazar monstre dans sa vie, et le Serdaigle hyper cartésien, ultra sérieux. Ils étaient très différents certes, opposés même parfois, mais ils avaient su faire de ces différences leur force. Et quand il s’agit d’amour, les différences disparaissent.

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Carlie E. Peters
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MessageSujet: Re: [Juin 2042] Encore une valse Mer 5 Aoû 2015 - 13:16