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[Déc 1996] Loin du froid de décembre

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SERPENTARD6ème annéeTu veux être mon ex?
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MessageSujet: [Déc 1996] Loin du froid de décembre Dim 14 Sep 2014 - 17:28


Il avait signé le registre sans même regarder. Evidemment qu'il restait à Poudlard pour les vacances de Noël. Quelle était l'autre alternative ? Passer le réveillon au fin fond de l'Angleterre, entouré de proches qui le détestaient. Des parents factices, sourires creux et embrassades vides de sens, des pantins qui prétendaient. Un sapin décoré pour cacher. Une fratrie unie par la haine des autres. Des chants religieux pour couvrir le silence. Un silence angoissant, étouffant, plus puissant que tous les cris. On sous-estimait la violence du non-dit.

Il fut un temps, dans une autre vie, avec un autre lui, où le jeune homme aurait pu passer la période de Noël avec Joyce, si elle était restée à Poudlard. Elle ne serait pas forcément restée mais sûrement et sa compagnie hypothétique aurait rendu les vacances au sein de l'école moins amères. Mais elle ne voulait plus lui parler. Trop de filles autour de lui, trop de rumeurs, trop de drames. Il se dégoutait parfois. Mais c'était plus simple comme cela. Un tourbillon de fêtes, de rencontres, qui s'enchaînent, qui s'emmêlent. Ne plus rien attendre. Il n'espérait plus rien et c'était déjà beaucoup trop. Si Joyce ne comprenait pas sa nouvelle philosophie de vie, tant pis pour elle.

Stefan contempla un instant la vue qui s'offrait à lui de par la fenêtre de la volière. Il était passé jeter un coup d'oeil à Acapulco. Le hibou ne passerait sûrement pas l'hiver. Fallait commencer à l'oublier, déjà, commencer le travail de deuil à l'avance, se persuader que ce n'était qu'un stupide plumeau et ça irait. Accoudé contre une balustrade, le Serpentard alluma une cigarette, détaillant la silhouette qui se détachait du paysage, tache rouge sur fond blanc, bravant la neige de Noël pour envoyer un dernier courrier avant les vacances, s'approchant peu à peu de lui.

Meredith Breckenridge. Connue pour son frère, un peu plus âgé que lui. Un type un peu bizarre. Alors qu'elle n'était plus qu'à quelques mètres de lui, il hésita. Elle n'était pas moche. Il s'ennuyait. Le début parfait d'une idylle. Breckenridge Senior y verrait sûrement une objection. Voir sa sœur et Hawthorne ensemble, non ça ne lui plairait pas. Il s'y ferait. Il se ferait à l'idée que sa sœur n'était pas un ange de pureté. C'était une sœur elle aussi, après tout. Elle le décevrait, comme toutes les autres, parce que c'était ce que les gens en qui on avait confiance faisaient le mieux. Autant accélérer la désillusion.

La Gryffondor n'était pas son genre. Avait-il vraiment un style ? Le genre facile. Les beautés un peu vulgaires. Avec elle, ce serait plus dur. Mais c'était trop tentant. Saccager l'innocence, souiller la pureté. Gâcher. Avoir l'illustre honneur d'être le premier à lui avoir brisé le cœur. Non, elle n'était pas vilaine, vraiment. Une beauté discrète, effacée. Qui ferait ses preuves dans quelques années et qui pour l'instant se noyait au milieu des beautés ostentatoires. Non, vraiment pas son genre. Pourtant, ce soir, c'est elle qu'il voulait.

Jetant négligemment son mégot par terre, il s'effaça pour la laisser entrer dans la volière, un minimum d'espace laissé, juste pour que leurs deux corps se frôlent. Le jeu pouvait commencer. Allumant une deuxième cigarette, il se retourna vers la jeune fille, son sourire colgate aux lèvres. Ne rien dire, la laisser mordre à l'hameçon. Pas besoin de se fatiguer, son physique agissait pour lui. Ce n'était pas de la prétention, c'était juste vrai.

La période des fêtes le déprimait. Autant s'occuper pour ne plus y penser. Breckenridge Naïve Junior sur sa route, un soir d'hiver, c'était comme un cadeau. «O, douce nuit...». Un nouveau jouet pour s'amuser un peu. Un nouveau jouet à casser. Joyeux Noël, Stefan.
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MessageSujet: Re: [Déc 1996] Loin du froid de décembre Mar 16 Sep 2014 - 17:37

Une fois n’est pas coutume, Meredith se rendait à la Volière pour taper la discut avec les rapaces aux yeux ambrés. Malgré le climat ambiant, le déchaînement des éléments et tout plein de facteurs qui auraient pu la dissuader, elle n’avait pas hésité à enfiler cape, écharpe et gants fourrés pour prendre le chemin de la sortie.. Son fidèle bonnet à la main, elle avait descendu les escaliers déserts en courant. La nuit n’allait pas tomber de sitôt, pourtant sans surprise, personne ne sortait le nez dehors. Neige. Froid. Vent. Des justifications qui tenaient la route pour cloîtrer les autres, mais pas pour empêcher la lionne de monologuer au milieu des oiseaux.

Avec un frisson à sa sortie du château, la rouge traça sa route en faisant de grands pas rapides. Aloysius et elle passaient le réveillon à Poudlard cette année. Leurs parents étaient partis voir de la famille éloignée, très éloignée, et leur voyage dépassait largement la durée des vacances scolaires. Meredith s’en était réjouie : deux semaines de liberté, de soirées au coin du feu, de solitude aussi puisque les couloirs étaient constamment vides. D’entraînements clandestins dans des salles de classe vides. De repas copieux et conviviaux. Oui, décidément, les vacances allaient se passer à merveille. Un petit creux au cœur, bien sûr, en l’absence de Louise, d’Amaryllis, mais elle fut vite rassérénée en apercevant Adam dans la Grande Salle. Elle ne serait donc pas totalement seule, c’était bien. Très bien. Un cercle d’amis trop vaste tue les grands moments, les relations exclusives. Elle était bien, Meredith. Et projetait de le rester.

Après dix minutes de marche rapide, son corps s’était réchauffé et elle arrivait à la Volière le visage un peu rouge mais satisfait. Une ombre se profilait à l’entrée de la tour. Tiens, elle n’était pas la seule à avoir bravé le froid pour rendre visite aux volatiles ? Elle ne connaissait pas la silhouette du jeune homme qui lui faisait face. En arrivant devant lui, il s’écarta légèrement, leurs bras se frôlèrent, et son regard croisa le sien. Elle frissonna à nouveau. Pas de froid, cette fois-ci. Les yeux du garçon étaient hypnotiques, mais aussi glacés. Un sourire goguenard se dessinait sur sa bouche joliment dessinée. Il était très beau, mais dégageait une assurance froide et déstabilisante. Serpentard. Elle n’eut pas le loisir de mieux le détailler, puisque elle le dépassa rapidement. Au centre de la tour circulaire, elle ne savait plus pourquoi elle était là. Elle sentait, plus qu’elle ne savait que le regard du vert était braqué sur elle. Il n’avait rien dit, rien de plus que ce que ses yeux disaient pour lui. Il était un peu effrayant, mais elle ressentait comme un besoin de le scruter, de lui parler, de savoir pourquoi il la dévisageait ainsi. Elle se retint quelques secondes, mais n’y tenant plus, fit volte-face et affronta le sourire ravageur du jeune homme. Son premier réflexe fut de le regarder attentivement. Le physique de certaines personnes en dit plus sur eux qu’ils ne veulent le croire.

Elle fut d’abord étonnée de voir qu’à peine son mégot de cigarette jeté au sol, il s’était empressé d’en rallumer une. Meredith se fichait de savoir si ses amis fumaient ou pas, la preuve pour Hayden, parce qu’elle savait qu’ils n’étaient pas de bêtes suiveurs de mode. Pourtant, elle ne comprenait pas l’utilité de cette chose. Alors en regardant le Serpentard tirer une bouffée sans la lâcher des yeux, elle fronça les sourcils. Il voulait se donner un genre ou quoi ? Il ne la connaissait pas. Elle ne le connaissait pas. Personne ne peut avoir tant besoin de cette cochonnerie qu’il ne doit jamais cesser d’un fumer. Sinon, ils mourraient tous dans leur sommeil. Mais elle se désintéressa vite du volute de fumée pour rendre la pareille au garçon, ici en le fixant ostensiblement.

Grand, bien bâti, le teint clair et les cheveux blonds. Il était, d’après les critères préfabriqués, une sorte d’idéal masculin. Meredith, elle, considérait qu’elle pourrait dire de quelqu’un « tu es l’idéal masculin » le jour où elle le rencontrera. Certes, le Serpentard dégageait bien plus qu’un charisme fou et une assurance étonnante. Certes, ses yeux étaient comme des aimants à l’éclat troublant. Et certes, il avait une posture désinvolte qui attirait toute l’attention sur lui. Mais la petite rouge savait que souvent, la beauté n’était qu’une façade, utilisée par leur propriétaire pour se jouer des autres. Plantant donc, pour changer, ses yeux turquoise dans ceux verts du garçon, elle attendit patiemment qu’il prenne la parole. On ne fixe pas les gens comme ça, sans raison. C’est très impoli.


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(...)On dit que dans sa cellule - Deux hommes cette nuit-là - Lui murmuraient "Capitule -De cette vie es-tu las" - Tu peux vivre tu peux vivre - Tu peux vivre comme nous - Dis le mot qui te délivre - Et tu peux vivre à genoux - Et s'il était à refaire - Je referais ce chemin - La voix qui monte des fers - Parle pour les lendemains (...) Rien qu'un mot rien qu'un mensonge - Pour transformer ton destin - Songe songe songe songe - A la douceur des matins (...) Louis Aragon

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SERPENTARD6ème annéeTu veux être mon ex?
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MessageSujet: Re: [Déc 1996] Loin du froid de décembre Ven 23 Jan 2015 - 21:27

Oh, Breckenridge, petite jolie Breckenridge qui avait eu la malchance de croiser sa route. Elle l'étonnait. N'importe quelle fille aurait rougi puis baissé les yeux. Elle était restée de marbre, statue silencieuse l'observant à son tour. Force d'admettre que Stefan en aurait été presque décontenancé. Il avait perdu l'habitude qu'on le regarde droit dans les yeux, sans ciller. C'était devenu trop facile ces derniers mois. Un coup d'oeil, un sourire et elles craquaient. Plus de défis. Juste une succession de visages et de silhouettes dont aucune n'arrivait à tuer à l'ennui.

Breckenridge n'avait pas prononcé un mot. Ils se fixaient silencieusement, le sourire colgate factice de Stefan rapidement effacé, le temps de réévaluer son adversaire. Il l'avait sous-estimée. Le jeu allait peut-être en valoir enfin la chandelle. Du changement, de quoi briser la routine : c'était encore plus beau qu'il ne l'aurait cru. Elle était plus jolie qu'il ne l'aurait pensé. Il n'avait pas l'habitude de s'attarder sur une personne, les fixant sans les voir vraiment, plus intéressé par la quantité que la qualité. Unetelle était dite jolie selon les autres ? Soit, elle était alors sienne. Pas besoin de se faire son propre avis sur la question. Perte de temps.

Il avait perdu l'habitude d'engager la conversation le premier. Les gens venaient vers lui, naturellement. Des bienfaits d'être beau. D'être né au siècle où la superficialité était devenue religion. Il ne savait pas vraiment quoi dire, en fait, face à cette fille bizarre, qui ne réagissait pas comme elle aurait dû. Le Serpentard hésita. Faire demi-tour, retourner au milieu des gens normaux, vers la facilité ? Il avait envie de plus – l'esprit de Noël, sûrement. Mais faire un effort, c'était fatiguant.

L'exaspération qu'il causerait à Breckenridge Senior néanmoins adoucissait sa répugnance à créer un lien social de son plein gré. Oui, c'était une raison tout à fait valable pour rester avec la petite sœur. Juste pour énerver son frère. C'était tout. Pas besoin de chercher plus loin, rien à voir avec un quelconque sentiment naissant. Facile de s'en convaincre. Oui, rien à voir avec les yeux bleus de Meredith. Faire d'une pierre deux coups. Plus Junior l'apprécierait, plus Senior enragerait. Va savoir ce qu'il avait contre Breckenridge Senior ce soir. Rien, du vide. Mais il était d'humeur à haïr en cette nuit d'hiver.

Le jeune homme avait bientôt fini sa cigarette, toujours dans un silence de plomb. Il finit par baisser les yeux le premier, dans un sourire sincère cette fois. Il n'aimait pas être dévisagé de la sorte. Touché. Le Serpentard se sentait troublé. Il avait oublié la sensation d'un contact prolongé entre deux êtres humains. Cette tension naissante. C'était nouveau. Il aimait bien.


Breckenridge Junior, murmura t'il entre deux bouffées de cigarette. Stefan, rajouta t'il, d'un signe de tête. Déjà qu'il la fixait depuis cinq minutes sans parler, si en plus elle s'imaginait qu'il la connaissait, il allait passer pour un psychopathe. Il l'était un peu sur les limites, un côté borderline, mais c'était pas son genre d'harceler la gente féminine. Pas besoin, il s'appelait pas Larsonn. Pauvre copain. Cette pensée était hors sujet, et le cinquième année la chassa rapidement. Il se devait de rester concentré sur son nouveau... Projet.

Le blond resta silencieux quelques instants après ça, légèrement perdu. Dans sa tête se mélangeaient des questions beaucoup trop personnelles mêlées à des banalités absurdes. Il avait perdu la main, s'était complu dans la facilité. Il était rouillé. Ils devaient offrir un beau spectacle, les deux muets, au milieu des flocons de neige qui se faufilaient dans la volière. Il n'avait plus rien à dire et il restait pourtant là. Il attendait, sans trop savoir pourquoi.

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MessageSujet: Re: [Déc 1996] Loin du froid de décembre Sam 24 Jan 2015 - 20:57



A cet instant précis, Meredith ressentait différentes émotions contradictoires qui s’entrechoquaient dans son esprit. De la peur. De la fascination. De l’envie. De la frustration. Du malaise. Pour rien au monde, elle n’aurait brisé ce contact visuel intense et dérangeant, qui lui donnait des frissons. Elle ne savait même pas pourquoi elle restait plantée là, à attendre, à contempler les iris brillantes de celui qui lui faisait face. Il ne disait rien pour la retenir, rien pour attirer son attention, si ce n’est cette posture et ce regard insistant. Il ne souriait plus cependant, comme si ce qui l’amusait tantôt perdait de son intérêt – ou justement, en gagnait de plus en plus. La rouge perçut chez le garçon des crispations de muscles, des épaules, comme s’il allait se détourner et partir. Comme si. Au fur et à mesure que le temps passait, la lionne se détendait et tentait d’anticiper les scénarios plausibles. Au vu de son physique, de son attitude, de ses tics de fumeur, le Serpentard était certainement un tombeur de premier ordre, habitué à ce qu’aucune ne lui résiste. Était-elle sa prochaine proie ? Mais elle n’avait rien de spécial. Rien d’attirant.

Les secondes s’égrenaient, la neige tombait, la cigarette du blond devenait dangereusement petite. Comme une amphore grecque se vidant goutte à goutte, forçant l’orateur à augmenter son débit de paroles. Comme le compte à rebours d’une bombe. Meredith savait qu’il allait se passer quelque chose. Alors, quand il baissa les yeux en souriant, amusé, elle ne put s’empêcher de sourire à son tour. Victorieuse, elle attendit patiemment qu’il réagisse. Plus curieuse qu’inquiète désormais, elle avait l’intime conviction que cette journée serait plus intéressante qu’elle ne l’avait prévue. Les jours de vacances hivernaux sont toujours baignés d’une candeur paisible, la neige et la liberté en quelques sortes. C’était d’un côté agréable, de l’autre, soporifique. Seules ses excursions dans la neige ravivaient son esprit endormi. Des morsures.

Breckenridge Junior, lâcha enfin le vert. L’interpellée cligna des yeux et son sourire s’effaça pour laisser la place à une expression neutre, quoique un peu contrariée. Une fois encore, elle n’était que la sœur du Senior. Elle préférerait être une inconnue effacée, ou une connue éclatante, que cette identité précaire que son cher frère lui attribuait. Tant pis. Stefan, ajouta-t-il sur ce même ton, amorçant un mouvement de tête vers elle. Elle le considéra encore une fois, se demandant encore une fois si oui ou non, elle voulait se lancer là-dedans. La réponse vint en même temps que l’image d’un Stefan encerclé de flocons, presque vulnérable, en attente. Ses sourcils se défroncèrent, elle bascula légèrement sa tête sur le côté, la redressa, baissa les yeux, puis prit la parole en les reportant sur le visage blanc du serpent. Juste assez pour qu’il se rende compte qu’elle n’était pas que la sœur d’un Breckenridge, pour qu’il sache qu’elle ne s’avancera vers lui que pas à pas. Tout doucement. Prudemment.

Je suis Meredith.

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SERPENTARD6ème annéeTu veux être mon ex?
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MessageSujet: Re: [Déc 1996] Loin du froid de décembre Mar 3 Fév 2015 - 14:30

Un bref instant d'hésitation, l'impression d'être un funambule. Une attente insoutenable de quelques secondes à peine et pourtant l'impression d'avoir vécu mille ans. Breckenridge le jaugeait et il n'aurait su dire de quel côté la balance penchait. Lui répondre ou bien l'ignorer, retourner à sa vie d'avant, oublier cette rencontre éphémère d'une nuit ? Seule elle le savait et le cinquième année n'allait rien faire pour l'influencer dans sa décision. Soit elle entrait dans sa vie et qui vivrait verrait. Soit... Elle en sortait aussi vite qu'elle n'y était apparue, ne laissant qu'un bref remous dans la mer d'huile de ses pensées.

Tout arrêter là. C'était une idée, rester sur cette rencontre avortée. Eprouver des remords, c'était parfois mieux que des regrets. Il la ferait souffrir, encore une, à quoi bon ? Oui, à quoi bon, Meredith ? Le jeune homme en venait à espérer qu'elle reculerait. Que la Gryffondor ne ferait pas ce pas vers lui, cet unique pas qui les retenait encore, quelques mètres et pourtant un abîme entre les inconnus qu'ils étaient et l'inconnu de leur devenir.


Je suis Meredith, lâcha finalement son interlocutrice, pesant chacun de ses mots, le pour et le contre. Une flamme vacillante, hésitante dans les ténèbres. Le silence. Que répondre ? Il connaissait déjà son prénom, mais elle lui offrait de vive voix. Un présent, une invitation à continuer. Les mots luttaient pour sortir, restaient coincés en travers de sa gorge. Son regard lui faisait l'effet d'une biche effarée face aux phares d'une voiture, celle qui sait ce que le destin lui réserve et pourtant ne bouge plus. Se résigner et accepter.

Breckenridge voulait jouer. Jouer ? Non, le mot ne convenait plus à Stefan. Quelques instants volés, et il se sentait autre. Fatigué de prétendre en permanence. Oter le masque, juste pour ce soir. Cette envie d'envoyer tout en l'air, de refaire sa vie à l'envers, ce soir, cette envie n'était pas là. Voir le monde sous alcools, passer ses jours au milieu d'une foule anonyme, noyer son mal-être par l'excès, le trop, trop tout, trop rien. C'était éreintant. Et ça n'apportait rien.

Crise de conscience exacerbée par la tension qui régnait dans la pièce. Sitôt partie, l'absence de Meredith briserait le charme. Retour à la case départ, il n'était pas contre. Son tourbillon quotidien, il l'avait choisi. Il le voulait. Mais le temps d'une soirée... A quoi bon, finalement ? Pour montrer que derrière le masque de c*nnard blasé qu'il arborait continuellement, il avait un autre visage ? Si elle cherchait le cœur fragile derrière une apparence d'arrogance, la quatrième année serait déçue. Derrière la façade, il n'y avait que de l'ombre.


Tu as déjà entendu de parler de moi ? S'entendit-il dire, sans même réussir à contrôler le débit de ses paroles, crachant les mots à toute vitesse pour mieux les oublier ensuite. La grimace se changea en sourire froid. Pas besoin de faire comprendre à sa compagne nocturne que sa question n'était qu'un incident, une pensée obsédante dite tout haut. Non pas qu'il soit curieux de sa propre réputation, le Serpentard la connaissait. Mais mieux valait prévenir Breckenridge avant d'aller plus loin. L'effrayer, la faire partir. Limiter les dommages.

Une prévoyance étonnante de sa part. Mais qui était à double sens. Cette fille était différente des autres, du moins à ses yeux. Tout criait « danger » dans cette histoire. Pour lui comme pour elle. Stefan n'espérait qu'une chose, qu'elle tourne les talons, qu'il retourne à sa vie d'insouciance et à la fille qu'il fréquentait actuellement. A quoi bon ? May était très bien pour le moment. Non, pas May, p*tain. Il avait déjà fait l'erreur une fois. Faut dire qu'elles commençaient à se mélanger toutes. May, maligne, l'avait largué un mois plus tôt. Voilà, c'était Ali, sa dernière conquête. Il en était déjà lassé, il savait déjà comment ça finirait. Mal.

Et pour Breckenridge, s'il se sentait différent face à elle, cela n'y changerait rien. L'histoire finirait de la même manière que pour les autres, parce que toutes les histoires finissaient comme ça. Le genre humain transformait toujours l'amour le plus pur en haine. Même plus envie d'essayer, d'y perdre son temps. L'indifférence, c'était la clé. Et pourtant, il était toujours adossé au mur de la volière, indécis. Laisser tomber, ou se brûler. Va savoir.

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MessageSujet: Re: [Déc 1996] Loin du froid de décembre Sam 7 Fév 2015 - 22:37

   Tu as déjà entendu de parler de moi ?

   Les mains au fond de ses poches, l’air intéressé mais pas tendu, les jambes légèrement écartées, alignées à ses hanches. Pas de désinvolture dans l’attitude de Meredith – elle n’en aurait pas été capable – mais plutôt de l’intérêt un peu plus que d’habitude. Meredith était une bonne actrice. En son for intérieur, elle sentait les compteurs s’affoler tout doucement. L’eau chauffait, ne tarderait pas à frémir. Elle sentait les chouettes en attente, elles aussi. Comme si elles guettaient le moment où l’un des deux allait céder, ou partir. La jeune fille sentait que cette rencontre était très précaire ; ils marchaient tous les deux sur un fil invisible, la moindre hésitation, la mauvaise trajectoire, ils tombaient et ça s’arrêtait là. Mais au final, est-ce que ça l’importait vraiment ? Sa routine ne serait pas brisée si facilement. En regardant à nouveau le vert, elle sut que c’était faux. Elle se leurrait sur ses émotions. Si le garçon avait été une araignée, et elle une coccinelle, il ne suffirait que d’un envol pour qu’elle se prenne dans la toile. Si elle n’y était pas déjà emprisonnée. Trois secondes passèrent seulement après la question de Stefan, trois longues secondes de réflexion, et Mery se décida à lui répondre.

   Non, je ne crois pas. Après un court instant. Je devrais ? Après tout c’est vrai, pourquoi cette question ? Etait-il vraiment un tombeur, comme elle le soupçonnait ? Ou avait-il juste une mauvaise réputation ? Les deux, souffla une petite voix dans son esprit, qu’elle ignora. Son principe fondateur était qu’il y avait toujours du bon dans les gens. Que les paroles proférées par d’autres que soi, sur soi, n’étaient jamais totalement justes, même si elles contenaient une part de fondé. Que les mensonges n’existaient pas, ou très peu, car une parole est toujours inspirée de vérité.

   Meredith commençait à avoir mal aux jambes, à rester ainsi plantée au milieu de la tour. Le froid commençait à s’infiltrer dans son cou, sous son écharpe, et elle crispa ses épaules parcourues de frissons désagréables. Elle baissa les yeux un court instant, puis avec un sourire effacé, elle recula d’un pas et prit appui avec ses mains sur le rebord de la table, au centre de la Volière, où les étourdis peuvent écrire l’adresse de leur destinataire, rédiger une dernière précision, sceller leur enveloppe. Ses mains connaissaient le bois dur et abîmé de la table. D’une seule et souple impulsion, elle s’assit sur le rebord de la table. Petite, ses pieds ne faisaient qu’effleurer le sol de pierre. Elle encouragea d’un regard le Serpentard à s’approcher, mais comprit vite que ça ne suffirait pas. On échange beaucoup d’un seul regard, mais pas tant que ça. Elle se souvint d’un temps où elle ne supportait pas qu’on la fixe. Ça la mettait toujours un peu mal à l’aise, mais plus autant qu’auparavant. Peut-être commençait-elle enfin à accepter qu’on puisse l’observer, la dévisager même. Après tout les gens sont libres.

   Viens, il fait froid. Meredith fut surprise d’entendre sa voix. Elle avait dit tout haut ce qu’elle pensait tout bas. Mais elle ne se leurrait pas : il ne s’assiérait pas à côté d’elle, et tant mieux d’ailleurs, elle n’aimait pas trop la forte proximité. Mais elle lui serait grandement reconnaissante si il pouvait au moins fermer la porte et s’approcher, histoire qu’elle n’aie pas à parler avec lui comme si elle portait le choléra.

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MessageSujet: Re: [Déc 1996] Loin du froid de décembre Jeu 2 Avr 2015 - 9:18

Encore une pause, un silence. Chaque mot comptait ce soir, résonnait dans la pièce longtemps après avoir été prononcé. C'était reposant. Parler pour ne rien dire, enchaîner les paroles pour combler les blancs semblait être une solution de choix pour la plupart de ses congénères. Cette nuit, la tension qui régnait dans la volière rendait les discussions futiles. Pas besoin de mots, pas besoin de gestes. Parfois, les longs silences en disaient plus que les belles tirades. En attendant une réponse, le jeune homme continua d'observer la gryffondor, un examen méthodique, comme si la réponse à son émoi pouvait être justifiée par une explication rationnelle.

La raison contre les sentiments. Breckenridge n'était pas vilaine. Il ne serait pas resté dans la pièce dans le cas contraire. Pas la peine de mentir, il était comme les autres, il aimait la beauté. Mais rien ne justifiait non plus de s'attarder sur la Gryffondor. Il préférait les beautés tapageuses, évidentes. On savait à quoi s'attendre avec ces filles. Peut-être qu'il n'y avait pas d'explications. Certaines personnes rayonnaient sans qu'on puisse en comprendre la raison. Stefan évitait ces gens-là. On s'y brûlait bien trop facilement. Toujours en équilibre, partagé entre l'envie de fuir, d'abandonner une issue incertaine ou de continuer. Une curiosité malsaine l'y poussait. L'impression de pouvoir rester en contrôle quoi qu'il arrive. Une confiance en lui totale qui l'aveuglait, faite d'un monde construit en certitudes. Règle numéro un : personne ne comptait. Il élevait des barrières invisibles contre une possible intrusion d'autrui dans sa bulle depuis quelques temps déjà. Il se sentait prêt à en éprouver la solidité. Son angle d'approche avec Meredith, sa justification des évènements à venir : un défi. Rien de plus. Oh, il se mentait, il le savait, mais tout plutôt que d'accepter tout simplement son attirance irrationnelle pour Breckenridge Junior.


Non, je ne crois pas. Je devrais ? Demanda la jeune fille d'un ton égal, dénué de tout jugement. A ton avis, ma jolie ? L'envie de reprendre le masque de tombeur, de mauvais garçon le saisit. Jouer avec le feu. Ça ne marcherait pas avec elle. Pourtant, les gentilles petites choses tombaient toujours amoureuses du grand méchant loup, non ? C'était humain. La tentation, l'attirance vers l'interdit. Ou alors juste une belle conviction morale de pouvoir changer les gens. Oh, qu'il aimait les filles comme ça. Celles qui étaient persuadées qu'elles feraient la différence, qu'elles seraient le berger du bien, pointant la direction du droit chemin. Tellement, mais tellement naïves.

Le jeune homme haussa les épaules. Qu'elle se fasse sa propre opinion toute seule et si la gryffondor était aussi sage qu'elle en avait l'air, elle prendrait ses jambes à son cou d'elle-même. Pas besoin d'accélérer les choses : elle finirait par partir. Comme May, moins stupide que les autres. Pourtant, il ne voulait pas qu'elle s'en aille. L'atmosphère de la pièce avait beau être lourde de tensions sous-jacentes, le blond ressentait essentiellement une sérénité qu'il n'avait pas connu depuis longtemps. Un calme qu'il n'obtenait habituellement que par la violence, aussi paradoxal que cela ne puisse sembler. Viens, il fait froid. Surpris, le serpentard obtempéra sans vraiment réfléchir, surtout parce qu'elle semblait aussi étonnée que lui de ces quelques mots. Le malaise qu'il ressentait semblait être réciproque. Fermant la porte au vent glacial de décembre, il fit quelques pas dans la direction de Meredith, avant de changer d'avis. Le jeune homme se contenta de s'adosser contre le mur, à une distance raisonnable de la gryffondor. Périmètre de sécurité, autant pour lui que pour elle. Il n'était pas un animal, mais l'idée d'effleurer sa peau, ne serait-ce que par accident, le temps d'un instant, lui donnait la chair de poule. Juste une caresse, frôler ses lèvres du bout des doigts, juste pour savoir, juste pour voir si l'étincelle serait au rendez-vous. Enfonçant ses ongles dans la chair de sa paume, poings repliés, son regard fit le tour de la pièce, le temps de reprendre le contrôle. Ses yeux se posèrent sur son hibou, Acapulco.

Il va bientôt mourir, dit-il plus pour lui-même que pour la jeune fille. Un ton égal et indifférent, juste pour énoncer une évidence, même si Stefan devait avouer qu'il éprouvait des sentiments contradictoires quant au volatile. Si on devait voir le côté positif, son dernier lien avec Leah disparaîtrait. Du côté négatif... Son dernier lien avec Leah disparaîtrait. Malgré tous ses efforts et ses résolutions, une dernière part de sa mémoire luttait de toutes ses forces pour faire perdurer le souvenir de sa sœur. C'était mal. C'était indigne de lui. Non, il ne pleurerait pas la mort du hibou. Les hommes ne pleuraient pas, de toute façon. Le garçon resta silencieux en observant l'oiseau déplumé qui inspirait plus de pitié qu'autre chose. Quatre mots, c'est tout ce qu'il pouvait offrir à Meredith. En dire plus n'aurait été que faiblesse.

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MessageSujet: Re: [Déc 1996] Loin du froid de décembre Jeu 23 Avr 2015 - 19:52


« Viens, il fait froid. »

Meredith savait qu’il n’allait pas venir. Qu’il allait partir, se détourner, tirer un dernier sourire de ses lèvres et la laisser dans le froid. Mais il vint. Il vint de sa démarche nonchalante, de sa démarche de fauve, et il s’appuya contre un mur non loin d’elle. Etonnée, la rouge le regardait encore, si elle ne le dévorait pas du regard maintenant. Il semblait avoir compris, à son intonation, à ses yeux bleus, qu’elle ne le voulait pas trop près. Qu’elle voulait seulement savoir s’il allait partir ou s’il allait faire un pas de plus vers elle. Les scénarios s’enchaînaient dans son esprit ; elle se trouvait niaise, mais cependant, considérait la gravité de la situation. Laissant ses jugements dans un coin éloigné de son esprit, elle ferma les yeux un court instant pour savourer les prochaines paroles du garçon – non, de Stefan. Elle avait suivi son regard, vers le vieil hibou. Elle le connaissait bien, ce vieil hibou. Il ne quittait presque jamais la volière, surtout en hiver. Le froid le tuerait. Elle aimait à lui demander de chanter, parce qu’il avait un hululement terriblement rouillé, plein de charme, malgré l’apparente laideur du son. Il ne pouvait hululer que peu. Trop vieux. Trop fatigué.

« Il va bientôt mourir. » Sinistres mots, lâchés en un souffle, murmurés presque. Seulement Meredith écoutait ; elle attendait la voix du Serpentard, s’y était préparée, et avait isolé les autres bruits pour n’entendre que celui-ci. Des mots rares et précieux, qui résonnaient tellement dans la haute volière qu’ils semblaient se graver en lettres de feu dans la mémoire de la lionne. « On meurt tous, un jour. » Merlin. Paroles presque sages, presque philosophiques, à la limite du ridicule. Elle s’en fichait. Car avec sa maladresse, Meredith venait de clore la conversation. On ne répond rien à cela, elle le savait. Stefan allait hocher la tête, détourner le regard et prétexter silencieusement un retard, ou ne rien prétexter du tout, juste « tu m’ennuies, je m’en vais », puis quitter la volière en ne lui laissant rien d‘autre que les lettres de feu et l’image d’un corps qui se détourne. Les doigts transis de froid, incapables de remuer, elle se prit à espérer un miracle. Quelque chose qui le retienne.

Un courant d’air s’engouffra d’en haut, vint balayer le sol et faire voler les cheveux dorés de la lionne, fit le tour de la pièce, s’enfuit ... PAF. Un bruit sourd retentit, brisant le silence oppressant. Son regard se posa sur l’origine du son. Acapulco venait de tomber de son perchoir, inerte. Sans un regard (ou seulement un petit) à la réaction de Stefan, elle se précipita vers l’oiseau pour le prendre entre ses bras. Je ne suis pas bizarre. Je ne suis pas bizarre. Je ne suis pas bizarre. Déjà Idlesoot atterrissait auprès d’elle, penchant son plumage vers celui du blessé. Sans se soucier de se salir ou tout autre bêtise de ce genre, Meredith posa son oreille contre la cage thoracique étrangement duveteuse et soyeuse du vieil hibou. Il vivait, mais le courant d’air semblait l’avoir amoché. Ainsi positionnée, son visage était tourné vers Stefan. Elle planta ses yeux dans les siens, alors qu’il ne bougeait toujours pas. Ne se souciant qu’à demi du regard du vert, elle porta l’oiseau vers les marches de l’escalier, le posa et le frictionna avec douceur. Je ne suis pas bizarre. Ce sont les autres qui sont bizarres. Je ne suis pas bizarre. Doucement le hibou rouvrait les yeux en hululant faiblement, de son beau cri de rouille. « Ça va aller. Tu es coriace. » Elle murmurait. Ses précédentes paroles perdaient soudainement de leur sens. Oui, tout le monde mourrait un jour. Mais ce n’était pas le jour de cet oiseau. Parce que c’était l’oiseau de Stefan. Une part de lui. Et elle n’allait le laisser crever.

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MessageSujet: Re: [Déc 1996] Loin du froid de décembre Lun 26 Oct 2015 - 19:34

« On meurt tous, un jour. »

Amen. Certains plus vite que d'autres, mêmes. Mais les souvenirs? Ils pouvaient parfois garder quelqu'un vivant bien au-delà de leur existence, parfois avec bien plus de puissance. Et quand bien même la mort était apparue comme une délivrance, le souvenir restait là comme un fantôme. Il n'avait pas envie d'être hanté par un hibou décrépi, juste parce qu'il appartenait à Leah. Difficile deuil qui s'annonçait. Le hibou ne servait à rien, en plus. Pas foutu de voler plus de trois bornes avant de s'écrouler par terre. Puis, il aurait fallu avoir des gens à qui écrire aussi. Une carte postale en presque cinq ans, voilà tout ce qu'il avait reçu comme courrier de ses proches. Merci papa, merci maman. Quant à l'auteur de la carte postale, elle pouvait s'étouffer la gueule ouverte dans son bonheur, merci bien.

Penser à Leah lui faisait mal, comme si le souvenir, comme un crabe, lui pinçait le cœur à chaque évocation. Une tumeur affective, le rongeant aussi sûrement qu'un cancer. La volière n'était que la glorification triomphante de ce qu'il n'avait pas : des gens qui l'aimaient. Sans le hibou, il n'y aurait jamais mis un pied. Et il comptait arrêter de venir. Le hibou mourait, donc il était déjà mort. Ce genre de choses ne le menait qu'à l'auto apitoiement, un pauvre petit Caliméro et il avait vu le résultat l'an dernier. Un an à se morfondre sur soi-même, plus jamais. Il valait mieux. Il n'était plus aussi faible. Mais Meredith. S'il partait, c'était maintenant, tout de suite, avant de laisser s'engouffrer d'autres pensées plus sombres, plus de place aux morts. Mais Meredith. Comme un fil qu'il ne parvenait pas à couper, la présence de la jeune fille le retenait. Incapable de prendre une décision, c'est Acapulco qui décida pour lui, en s'écroulant par terre.


Aussitôt dit, aussitôt fait, on dirait, ironisa Stefan à voix haute en détournant son regard. Plaisanter, pour ignorer la douleur sourde qui l'avait envahi. Mauvais goût ? Très certainement. Si ça ne suffisait pas à éloigner la quatrième année et la convaincre qu'il n'était qu'un crétin... Mais elle avait déjà réagi sans lui répondre, accourant vers l'oiseau et analysant les dégâts. Avant d'essayer de le soigner. Le Serpentard l'observait sans rien dire. Pas envie de gâcher un miracle de Noël en ouvrant la bouche. Elle l'avait regardé droit dans les yeux et pour lui, son regard était une promesse : « je vais ressusciter ton hibou ». Va savoir comment, avec ses quatre mots malheureux, la Gryffondor avait compris l'importance d'Acapulco.

Le hibou hululait plaintivement, sous les murmures de Meredith. Aucune idée de ce qu'elle lui racontait, mais si ça marchait, qu'elle continue. Ce n'était pas l'heure, aujourd'hui personne ne mourrait. Parfois, les histoires finissaient bien. Stefan avait vu sa rencontre avec la blonde comme un cadeau de Noël pour sale gosse égoïste, dans la lignée de son courant de pensée actuel, la surconsommation immédiate et éclair. Finalement, leur rencontre prenait une ampleur inattendue. Sans elle, le jeune homme aurait été seul dans la volière, face au corps du volatile, incapable de gestes comme de mots. Et bien qu'il le nie, autant devant les autres qu'à lui-même, il était attaché au hibou. Meredith, sans vraiment le savoir, lui offrait le plus beau cadeau de Noël qu'il n'ait eu depuis longtemps.

En silence, sans vouloir déranger la jeune fille, le Serpentard s'approcha doucement d'elle, observant par-dessus son épaule le hibou qui reprenait vie peu à peu, ses hululements gagnant en vigueur. Penché sur elle, son visage effleurant presque celui de la Gryffondor, l'odeur de son shampooing l'envahissant. Plénitude. Ces moments parfaits, où on a la certitude qu'on se trouve exactement où on doit être. Sa main, hésitante, faillit s'emmêler dans la chevelure dorée de la jeune fille. Trop familier. Trop brusque. Le jeune homme se contenta de poser sa main sur l'épaule de Meredith, l'agrippant presque. Un besoin de soutien autant qu'un remerciement. Il n'était pas doué avec les vrais mots, les sincères, ceux qu'on devait penser vraiment pour dire. Il espérait que ce contact, aussi simple soit-il, suffirait à faire passer à la Gryffondor tout ce qu'il aurait voulu dire. Plus que merci.

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MessageSujet: Re: [Déc 1996] Loin du froid de décembre Mer 23 Déc 2015 - 17:29

Meredith était concentrée à l’extrême. Elle mettait toute son énergie et sa chaleur à la mission qu’elle s’était imposée. Sauver. Le. Hibou. Lentement, sûrement, il se mit à remuer le bec, à hululer faiblement. Elle eut un sourire soulagé, mais ne s’arrêta pas de frotter les plumes de l’oiseau, de lui rendre un peu de vie. Elle avait du mal à réfléchir à autre chose qu’aux yeux qui lui brûlaient la nuque, les yeux verts et brûlants du Serpentard. Elle entendait sa respiration, sentait sa présence. Elle ne savait pas exactement si ce qui l’avait poussée à se jeter au secours de ce pauvre vieil oiseau, c’était son instinct ou bien le jeune homme. Elle se persuada bien vite qu’elle en aurait fait de même avec n’importe quel hibou de la Volière. Quelques paroles sortirent d’entre ses lèvres, une litanie incompréhensible, d’où se distinguait parfois quelques mots comme « vivre », « chaleur », « beau », « voler ». Elle avait envie de faire un feu avec sa baguette, car elle tremblotait.

Brusquement, la jeune lionne perçut la présence du garçon bien plus proche qu’elle ne l’imaginait. Elle figea tout son corps sauf ses mains qui frottaient inlassablement, et retint sa respiration. Il l’effleurait seulement, mais ce seul contact lui donnait des vagues de frissons. Elle devait encore déterminer s’ils étaient positifs ou négatifs. Mais elle se laissa faire. Pour la première fois, elle se laissait approcher de très près par une personne qu’elle ne connaissait pas. En qui elle n’avait pas spécialement confiance. Au contraire, elle en avait même un peu peur. Mais par une alchimie sans comparaison existante, elle avait presque envie qu’il la prenne dans ses bras, qu’elle se fonde dans son étreinte, sans bouger, pendant un long moment. Elle avait froid, elle aussi. Ne le sentait-il pas ?

Le souffle court, elle ralentit peu à peu sa friction, laissant l’oiseau reprendre ses repères, se redresser lentement, hululer pour la remercier, ouvrir un peu les ailes, les refermer. Elle était toute entière focalisée sur la main qui venait de se poser sur son épaule. Une main large, forte, chaude. Elle comprit dans ce contact qu’il était reconnaissant. Il ne disait rien – cela allait bien au-delà des mots. Elle sentait des vagues de … quelque chose … la traverser, de la tête jusqu’au bout des orteils, terrasser cette armure qu’elle avait mis tant de temps et de soin à se forger. Les larmes lui montèrent aux yeux, elle se sentait faible, prête à défaillir, livrée à cet inconnu hypnotisant. Elle ne devait pas se laisser faire comme ça … elle devait bouger, parler, faire quelque chose !

Tremblante, sa main droite se leva lentement et alla se poser sur celle de Stefan. Elle ne se retourna pas. Elle restait bien droite, solide sur ses appuis, malgré la grande fatigue qui voulait la balayer, et son souffle s’apaisa progressivement, jusqu’à retrouver un rythme normal. La simplicité de cet échange revêtait aux yeux de la petite une bien plus grande signification. Elle se sentait attirée par le serpent, elle arrivait maintenant à l’admettre sans se détester. Il exerçait sur elle bien plus qu’une attraction banale. C’était plus fort, plus sauvage. Elle adorait ça.

Dans son esprit tournoyaient toutes les situations qu’elle n’avait jamais su gérer, les garçons qui la regardaient, et elle qui ne comprenait pas ce qu’elle devait faire d’eux. Leurs essais étaient mous, maladroits, sans intérêt. Et le voilà, lui, qui transperçait la garde de n’importe qui sans effort. Il chargeait, armé de ses victoires et de sa superbe. Elle n’essayait plus d’esquiver : elle prit le coup de plein fouet, et son bouclier se fissura. Le monde tournait, elle avait mal au ventre, un mal délicieux, qui la retournait. Plus les secondes passaient, plus la défense s’affaiblissait. Mais elle tenait bon. Elle devait tenir bon. Le hibou était maintenant posé sur ses pattes, et les observait avec curiosité. Elle lui lança un sourire, et s’appuya sur Stefan en serrant ses doigts doucement.

« Il est sauvé … » Le murmure s’échappa de ses lèvres, presque malgré elle. Bien sûr, qu’il était sauvé. Il le voyait bien. Mais le dire donnait à la jeune fille une certitude nouvelle, et une confiance jusque là inexplorée. Elle voulut caresser le rapace de sa main libre, mais n’eut aucun effort à faire. A peine sa main levée, Acapulco s’avança vers elle et plaça sa tête sous ses doigts. Elle gratta distraitement les plumes duveteuses, et par un jeu de coordination absolument fortuit, son autre main prit le geste de la première, et caressa machinalement, avec le pouce seulement, le dos de la main du Serpentard. Elle ne s’en rendit pas compte. Elle était absorbée par le regard ambré du hibou et la proximité de Stefan. Elle n'aurait voulu être autre part pour rien au monde.

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