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| | [Jan 97] Troisième allée à gauche après le Mont aux Chaussures | |
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¤ Poufsouffle ¤ 7ème année ¤ÂGE: 23
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 FEUILLE DE PERSONNAGEORIGINE: SANG MÊLÉ MYSTÈRES: Un peu trop épris de magie pour être tout à fait honnête POINTS PERSONNELS: 150  | Sujet: [Jan 97] Troisième allée à gauche après le Mont aux Chaussures Mer 10 Aoû 2011 - 10:12 | |
| Le Poufsouffle se mit à scruter le mur avec une attention renouvelée, à le caresser doucement du bout des doigts, comme s’il cherchait une bouton secret, qui eût été habilement dissimulé sous une pierre puis, d’une voix douce et persuasive, il se mit à lui chuchoter des choses inaudibles, exactement comme l’on tente de convaincre un animal réticent de céder à la volonté de son maître.
Le mur restait impossible. Patience s’éloigna, croisa les bras et le regarda en esquissant une moue boudeuse. Il trouvait son idée brillante, sa demande parfaitement justifiée, et il ne comprenait pas pourquoi on la lui refusait ; il comprenait du reste d’autant moins qu’il était brusquement motivé par le désir, sinon d’impressionner, du moins de charmer Justin, ce qui était à ses yeux une excellente raison pour que le mur cédât à ses pressantes sollicitations.
Convaincu sans doute par son regard d’un bleu suppliant, le mur se mit à gronder et ses pierres, en se reconfigurant, formèrent bientôt une porte immense : la porte qui ouvrait sur la Salle sur Demande. Il l’avait découverte, comme bien d’autres, purement par hasard, cherchant une nuit un endroit où se réfugier, ayant oublié le mot de passe de sa salle commune : la Salle sur Demande s’était ouverte à lui.
Depuis, il n’avait pas abusé du privilège d’en connaître l’emplacement : il n’y était même jamais retourné. Mais il avait songé souvent aux possibilités infinies d’un semblable endroit et s’était mis à chercher, un peu, pour se distraire autant que s’instruire, des légendes à son sujet, comment un professeur un jour, travaillé par une nécessité naturelle, la trouva pleine de pots de chambre, alors qu’il cherchait les toilettes. Lieu merveilleux et plein de poésie, sans nul doute.
La porte formée, Patience se retourna vers Justin avec un sourire rayonnant et victorieux. Il espérait que le fatras qu’il avait trouvé la première fois qu’il était allé dans la Salle sur Demande, s’y trouvant encore, émerveillerait les aspirations d’archéologue de son cher ami. Le jeune homme prit la main de Justin pour l’attirer dans l’antre aux merveilles.
La porte se referma derrière eux. La salle était semblable à son souvenir : à perte de vue, bordant des allées formées par on ne savait trop quelle volonté, les objets les plus hétéroclites s’assemblaient dans d’immenses empilements que la magie seule pouvait maintenir en équilibre, mais dont on sentait à chaque instant la précarité. Loin dans la salle, qui paraissait durer toujours, des grondements témoignaient de l’effondrement de ces constructions improbables.
Patience lâcha la main de Justin, retira son sac et y enfourna écharpe, cape, gants et manteau ; la température de la Salle était parfaitement agréable car, de part en part, sans aucun conduit pour les relier à une évacuation quelconque, mais tirant à merveille, des cheminées ronflaient paresseusement, réponse sans doute de la Salle sur Demande aux besoins d’un Patience frigorifié.
Le jeune homme abandonna son sac près de la porte, pour être certain de le retrouver. Il jeta un coup d’œil à Justin, hésitant à reprendre sa main dans la sienne. Un élan de timidité le convainquit du contraire et Patience enfonça ses deux mains dans ses poches, considérant la Salle qui se déroulait infiniment sous leurs yeux comme il eût fait d’un vaste paysage.
« Belle perspective pour des fouilles sans fin. »
C’était à son avis bien plus excitant qu’une heure de cours et puis les profonds canapés qui de place en place peuplaient l’endroit pour offrir aux promeneurs curieux des endroits où se reposer paraissaient bien plus agréable que les chaises sévères qu’abritaient à peu près toutes les salles de cours du château.
Faisant mine d’observer le parcours d’un lutin des Cornouailles qui se frayait péniblement un chemin dans un labyrinthe de cadres pour tableaux, Patience guettait en réalité, du coin de l’œil, la réaction de Justin, avec dans le cœur une impatience tambourinante.
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|  | | ¤ Serdaigle ¤ Préfet-en-chef ¤ÂGE: 21
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 FEUILLE DE PERSONNAGEORIGINE: INCONNUE MYSTÈRES: Des rumeurs à votre sujet ? Sait-on tout de vous ? POINTS PERSONNELS: 5.772  | Sujet: Re: [Jan 97] Troisième allée à gauche après le Mont aux Chaussures Jeu 11 Aoû 2011 - 20:09 | |
| Sans perdre un instant, Patience agrippa la main de Justin. Les deux élèves prirent la direction opposée de l'énorme stature qui servait de porte d'entrée. Le Hall s'effaçait peu à peu, au fur et à mesure qu'ils montaient le grand escalier de marbre. Les sacs sur le dos, les écharpes autour du cou, la cape volant derrière eux, ils marchèrent à grands pas. Justin ne savait strictement rien de cette destination mystérieuse. Mais qu'allait-il apparaître soudainement ? Il connaissait trop Patience pour savoir dans quel endroit incongru il allait le laisser perplexe. Après plusieurs chemins empruntés, plusieurs détours et quelques râles échappés, ils découchèrent dans un long couloir étrangement vide.
Les tableaux de l'école dormaient silencieusement dans leurs cadres, pour cause d'une lumière presque lunaire. Les torches marquant un couloir plutôt fréquenté, s'étaient soudainement allumées. Justin tourna sa tête en direction des quelques fenêtres pour jeter un coup d'oeil à l'étendu impressionnant du parc. Le ciel était encore plus sombre qu'à l'ordinaire et la pluie ne cessait d'abattre ses longues cordes d'une eau glacial, sur les carreaux de couleurs. Malgré tout il aurait entre aperçu un majestueux phénix voler d'une élégance peu commune, vers les cimes des arbres de la forêt interdite.
Tout le monde savait que Dumbledore avait la chance de posséder une créature d'une rare beauté. Mais qui d'autre, à part Harry Potter avait eu la chance de le contempler ? Bien sûr, le Serdaigle l'avait tout de suite reconnu. Combien de fois il s'était plongé dans de grands ouvrages des créatures magiques à la bibliothèque ? Dénicher les moindres indices pour repérer avec efficacité le plumage le plus céleste, le plus éclatant de tous les temps ? Le phénix est un symbole de renaissance, d'espoir et de longévité. Pouvoir l'observer de son vivant consiste à une chose des plus extraordinaire. Mais malheureusement, Justin n'en avait vu qu'une vague silhouette, bientôt trop brouillée par cette pluie torrentielle.
Ses pensées et son attention se firent bien vite dérangées par l'activité énergique et particulièrement entreprenante de Patience. Il venait tout juste de s'arrêter devant un mur totalement vierge. Il n'y avait rien là d'extraordinaire, à part le fait qu'aucun tableaux ne recouvraient la longue surface de cette allée. Le Poufsouffle s'avança, posa sa main sur les pierres froides et légèrement jaunies par la lueur chaude des flammes des torches voisines. Il murmura des paroles incompréhensibles et recula de quelques mètres. Mais rien ne se passa. Il s'agissait sûrement d'un nouveau passage secret ? En tout, il y en avait peut-être sept à Poudlard. Justin en connaissait bien trois, et un quatrième qu'il n'aimait plus trop fréquenter depuis la venu soudaine d'hommes étranges du Ministère.
D'un regard fuyant, Justin voulu agripper Patience par l'épaule et lui demander ce qu'il comptait faire. Pendant un bref instant, il avait l'impression que son jeune ami voulait faire un rapide tour dans la Salle sur Demande. Justin la connaissait moyennement pour y être entré une ou deux fois seulement, suite à quelques motivations d'Erin pour intégrer l'AD. Elle lui avait montrée les coulisses de cette pièce si mystérieuse et Justin n'avait jamais eu l'occasion d'y jeter le moindre sortilège de défense. En fait, Ombrage l'avait devancée en mettant un terme à cette rébellion insolente. Le Préfet en Chef ne savait plus vraiment où se situait avec exactitude l'emplacement de la Salle sur Demande, mais pensait bien qu'elle n'était en aucun cas dans les couloirs du troisième étage. Il haussa un sourcil et regarda Patience d'un air hésitant.
Mais avant qu'il ne puisse porter un seul conseil, des traits se manifestèrent dans la pierre sèche et froide du mur. Des armatures en bois brute se dessinèrent avec précision, ressortant pour donner ainsi un relief très réaliste. Une grosse poignet en bronze poussa du bois lourd, dans un craquement sonore. Patience se précipita dessus, la tourna sans vraiment réfléchir et attrapa fermement la main de Justin. Le jeune homme eut un léger frisson au niveau du ventre lorsque la paume de la main de Patience toucha la sienne. Un sourire se dessina sur son visage, mais s'effaça rapidement pour former une sorte de bouche béate devant tant d'émerveillement.
Là se tenait une multitude de colonnes sans fins, rassemblant tant de choses que Justin avait du mal à définir. Il y avait là des bibelots, des instruments de musiques, des balais, des chaudrons, des chaises, tables et autres choses en tout genre. Alors qu'ils continuaient leur marche exploratrice, Justin s'arrêta net devant une étrange armoire. Elle était froide, distante et paraissait dégager quelque chose de mauvais. Un drap en soie noir la couvrait assez mal, comme si quelqu'un s'était empressé de la dissimuler parmi tout le capharnaüm visible dans la pièce.
« Ouais... J'avoue qu'on a de la recherche ici. » répondit Justin d'un air docte.
Il ne savait pas vraiment à quoi s'attendre, mais cette armoire ne lui disait rien qui vaille. Du moins, il soupçonnait quelque chose à son propos. Bon, après tout, il y avait autant de mauvaises choses que de bonnes choses dans cette immense salle. D'ailleurs, ces grandes colonnes de bric à brac formaient un véritable labyrinthe. Justin sortit de son sac à dos un parchemin vierge et décida de tracer un véritable plan, en espérant que les objets n'allaient pas se mettre à bouger...
« Je suis quand même curieux de savoir ce qui se cache dans cette armoire... Tu crois que y'a un épouventard ? Oh d'ailleurs, ce n'est pas dans cette salle que siège le fameux miroir du risède ? » s'esclaffa aussitôt Justin. |
|  | | ¤ Poufsouffle ¤ 7ème année ¤ÂGE: 23
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 FEUILLE DE PERSONNAGEORIGINE: SANG MÊLÉ MYSTÈRES: Un peu trop épris de magie pour être tout à fait honnête POINTS PERSONNELS: 150  | Sujet: Re: [Jan 97] Troisième allée à gauche après le Mont aux Chaussures Ven 12 Aoû 2011 - 10:15 | |
| Les deux jeunes hommes circulaient lentement dans les allées sans fin, entourés par des amoncellements d’objets, parfois communs, parfois étranges, mais qui avaient tous ceci de merveilleux leur présence innombrable dans ce château ; car ce n’était pas seulement leurs équilibres étranges et fantastiques, leurs associations curieuses, leurs âges ou leurs natures qui étonnaient les esprits mais, plus simplement encore, le fait même qu’ils fussent ici. Qui avait pu un jour désirer empiler des milliers de chaussures, neuves du reste à en juger par leur aspect, dans une salle du château écossais ? Qui et pourquoi ?
Contrairement à Justin, Patience ne semblait guère s’inquiéter de retrouver plus tard, en marquant les chemins qu’ils empruntaient, la route vers la porte de sortie, mais le Serdaigle devait avoir l’habitude de la témérité de son ami, de son insouciance qui, parfois, le poussait à négliger la plus élémentaire des prudences ; et Patience au fond de lui savait bien que la présence de Justin le protégeait bien souvent des conséquences de ses propres erreurs.
Et d’ailleurs, avec Justin, il se sentait à peu près toujours en sécurité ; de la même façon que, selon Melville, deux matelots embarqués ensemble dans un canot de fortune, quoique exposés à des dangers identiques en tout point, craignent moins les vicissitudes de la mer qu’un marin isolé, Patience, auprès de Justin, sentait son être doublé d’un autre être qui, quoique dissemblable en de nombreux façons de lui-même, lui semblait être un secours toujours déjà acquis, sur lequel il comptait complètement et aveuglément.
Patience observait tous les objets avec beaucoup d’intérêt. Il y avait dans l’intensité du regard qu’il posait sur les merveilles de la scène quelque chose qui n’était pas entièrement innocent : cette absorption un peu exagérée lui donnait une excuse pour garder la main de Justin dans la sienne. Il savait pertinemment que ce geste frôlait dangereusement les limites de l’amitié et c’était encore une fois un danger qu’il était loin de vouloir éviter. Mais comme il n’était pas certain que Justin eût le même goût du risque dans ce domaine et ne voulant pas s’exposer à une déconvenue trop rapide, il préférait ne pas trop attirer l’attention de son camarade sur cet agréable contact.
Ils arrivèrent devant une armoire. Patience, comme Justin, comme tout sorcier à peu près sain d’esprit, ressentait devant l’objet une angoisse vague. C’était l’une des premières choses qu’ils apprenaient en cours de Défense Contre les Forces du Mal : un sorcier doit se fier à son instinct, face à un objet inconnu ; le sens magique d’un être entre en résonnance avec les enchantements d’un objet.
Patience déglutit péniblement en observant l’objet et sa main se resserra un peu plus autour de celle de Justin. Il regardait fixement l’armoire, et il était aisé de voir qu’il y soupçonnait quelque chose de plus inquiétant qu’un Epouvantard. Comme tous les élèves de Poudlard, il avait appris à se défendre contre ces créatures et à surmonter la peur qui leur faisait prendre, pour lui, l’étrange forme d’un moine noir, à propos de laquelle il avait toujours refusé de donner la moindre explication.
« Je… Hmm. Je crois que… »
Son esprit fouillait activement sa mémoire pour identifier l’objet. Sa mère lui avait montré tant et tant de choses étranges au cours de toutes ces années qu’il était sûr, absolument certain, d’avoir déjà vu une armoire semblable, mais elle était perdue dans la foule des autres merveilles qu’il avait découvertes en sa compagnie et, en cet instant précis, ses souvenirs lui faisaient l’effet de la Salle sur Demande : quelque chose à trouver dans un infini désordre.
« J’ai déjà vu ça, une fois, quand j’étais petit. Cette armoire… »
Mais où ? Et puis, peu importe où, à quoi servait-elle ? Sa mère sans doute l’aurait su ! La Langue de Plomb était une encyclopédie ambulante des choses les plus étranges. C’était les exigences d’un travail dont même son fils ne connaissait pas les détails, là-bas, tout au fond des sous-sols du ministère, dans le département des Mystères, matrice de toutes les rumeurs.
Patience sentait monter en lui la frustration des recherches vaines, mais ce sentiment même était entièrement noyé par l’inquiétude et la conviction, urgente, instinctive, qu’il fallait s’éloigner de l’objet, qu’il n’y avait rien à faire, que se nouaient là des choses qui les dépassaient. D’une voix inhabituellement mal assurée, Patience souffla :
« Justin. Laisse tomber l’armoire. Viens, on va voir plus loin. »
Et, sans demander son reste, Patience joignit le geste à la parole et entreprit d’attirer son ami vers des chemins qui lui semblaient plus riants. Chez Patience qui n’avait pas l’habitude de se dérober face à l’inconnu, cet avertissement avait une valeur toute particulière. Mais il était vrai que, depuis toutes ces années, Justin avait pu voir que ce qui inquiétait Patience était parfois parfaitement anodin tandis que ce que le Poufsouffle pouvait regarder avec un courage un peu fou semblait à d’autres parfaitement terrifiants ; de sorte que les lubies de Patience en la matière étaient des impressions sur lesquelles même les mieux disposés de ses camarades hésitaient à se reposer.
Toujours était-il que le jeune homme ne lui laissait pas trop le choix, et ils ne tardèrent pas à zigzaguer dans de nouvelles allées. Patience cependant ne regardait plus tous les objets avec le même enthousiasme et son esprit machinalement continuait à parcourir toutes les armoires de son existence. Finalement le jeune homme se laissa tomber dans un canapé immense, qui pouvait facilement contenir une dizaine de personnes et qui, pour l’heure, servait de support à un amoncellement de gargouilles en mal de réfection.
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|  | | ¤ Serdaigle ¤ Préfet-en-chef ¤ÂGE: 21
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 FEUILLE DE PERSONNAGEORIGINE: INCONNUE MYSTÈRES: Des rumeurs à votre sujet ? Sait-on tout de vous ? POINTS PERSONNELS: 5.772  | Sujet: Re: [Jan 97] Troisième allée à gauche après le Mont aux Chaussures Sam 13 Aoû 2011 - 22:54 | |
| Le regard lourd, plein de questionnements, tant de mystères... Il y avait quelque chose de mauvais, de désagréable dans ces lourdes portes closes. Le jeune sorcier avait l'irrésistible envie de les ouvrir en grand pour y découvrir son secret. Mais la tentation n'était pas assez forte. Il n'avait pas ce courage inné, cette force de caractère pour s'approcher avec insolence d'une forte puissance en magie noire. Il recula de quelques pas, tandis que Patience l'entraina subitement dans un nouveau couloir aux étranges murs de bric et de broc. Ses yeux se baladèrent de haut en bas, de droite à gauche. Il y avait tant de choses à analyser, à remarquer qu'il ne savait plus où donner de la tête. Le tournis commença à l'emporter et sans prévenir, il se laissa tomber lourdement dans un immense canapé crasseux.
Justin posa ses bras en arrière, puis leva la tête vers l'éternel plafond. Il était si sombre, qu'on en voyait pratiquement pas le fond. C'était une bonne pratique pour faire travailler son imagination. Justin ne savait pas trop pourquoi Patience l'avait mené dans cet endroit des plus incongrus de Poudlard. La Salle sur Demande est peut être la pièce la plus étrange de l'école. On peut s'y retrouver avec un simple bureau, dans une pièce étroite et chatoyante, comme avoir la chance de se perdre dans un immense labyrinthe d'objets entassés les uns sur les autres. Il y avait là de quoi satisfaire le plus grand des explorateurs. Tant d'objets à l'abandon devaient bien receler quelques pouvoirs magiques étranges ? L'attention de Justin se fit bien plus sérieuse et précise, lorsque son regard passa au radar les bibelots les plus insolites. Il y avait là une sorte de coffre, assez grand pour y cacher un Stangulot. Couvert d'un nombre incalculable de chaines en acier, la curiosité piqua le Serdaigle.
Il se leva doucement, sans poser le moindre regard sur Patience, ni même lui demander son avis sur la chose. Quand le jeune Montaigne était absorbé par une curieuse chose, il n'avait qu'un regard presque obsessionnel pour la chose en question. Non pas qu'il délaissait son ami de côté, mais il fallait s'approcher d'avantage pour examiner le coffre avec plus d'intérêt. Il détacha sa baguette magique et la pointa vers le coffre.
« Wingardium Leviosa ! »
Les chaines étaient visiblement trop lourdes pour que le coffre puisse s'élever dans les airs jusqu'à ses pieds. Il n'avait que vibré de quelques centimètres, mais sans grand intérêt. Dépité, Justin laissa tomber ses bras le long de son corps. Il aurait voulu en connaître d'avantage sur la chose et surtout, savoir quel était le contenu de ce coffre. Il se situait à bien des pieds de là, et escalader cette montagne d'objets ne tenant que par un simple sortilège de seconde main, n'enchantait guère Justin. Il se retourna vers Patience, toujours assis sur le canapé, observant d'un air amusé le Serdaigle.
« Y'a tellement de choses curieuses ici ! Ça me donne envie de fouiller partout ! » lança-t-il à Patience d'un air presque dépité, mais largement amusé. Il s'installa auprès de son ami, se laissant tomber comme une masse. « Pourquoi tu m'as emmené ici ? Il y a quelque chose de spécial que tu voulais me montrer ? »
Non pas que Justin avait des doutes sur l'aventure que voulait entamer le jeune Saint Clair, mais l'envie d'en savoir plus était bien présente. A vrai dire, il n'avait pas non plus l'intention de chambouler les plans de son meilleur ami. Même s'il avait un peu peur de la tournure des évènements, il avait amplement confiance en Patience. Et puis, combien de fois ils s'étaient sorti d'affaire ? Après tout, Patience était plutôt doué en Sortilèges et Justin connaissait assez de tours pour éviter les dangers. Bien que la dernière sortie lucratif d'Alexandra n'avait pas tournée en sa faveur. Se retrouver avec les cotes cassées à l'infirmerie de l'école n'était plus chose envisageable. Même si sa maitrise des runes pouvait lui donner un brin d'espoir pour s'en sortir en cas d'attaque, il savait que cette magie ancestrale demandait beaucoup d'énergie et de travail. Avoir l'esprit vidé en fin de journée n'était pas non plus la clé de la réussite.
Il passa une main rapide dans ses cheveux sombres, posant ses prunelles bleues dans les yeux de Patience. Que pouvait-il y lire ? Il en avait pas la moindre idée. Si seulement il avait le don de lire dans ses pensées. Le nombre de fois où Justin avait envie de savoir ce que pouvait penser Patience. Toutes ces choses qu'il n'osait pas dire... Même à son meilleur ami. Mais bon, la vie était faite ainsi, il n'allait pas cracher sur le don qu'il possédait déjà, celui d'être perspicace et logique. |
|  | | ¤ Poufsouffle ¤ 7ème année ¤ÂGE: 23
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 FEUILLE DE PERSONNAGEORIGINE: SANG MÊLÉ MYSTÈRES: Un peu trop épris de magie pour être tout à fait honnête POINTS PERSONNELS: 150  | Sujet: Re: [Jan 97] Troisième allée à gauche après le Mont aux Chaussures Sam 13 Aoû 2011 - 23:40 | |
| Les yeux levés vers la voûte qui surplombait, dans des lointains indéfinissables, la géographie improbable de ces continents hétéroclites, Patience observait les deux ou trois gargouilles qui, à la faveur de leur disposition dans leur assemblage de fortune, le regardaient en retour, espérant lire dans leurs yeux de pierre ce nom autour duquel son esprit tournait vainement. Armoire, armoire, armoire.
Absorbé par cette contemplation de nature architecturale, Patience ne se rendit pas compte que le canapé venait de se dépeuplait subitement, parce qu’il y manquait un être, et ce ne fut qu’en entendant le sort que lançait son camarade que son attention fut attiré par les tentatives infructueuses du jeune homme de s’approprier une boîte à l’aspect peu engageant ; ce sort, qu’ils avaient appris comme tous en première année, le premier sort peut-être, réveillait en lui la nostalgie qui le hantait depuis leur conversation à la bibliothèque.
Mais le spectacle de Justin prit de curiosité pour tout ce qui les environnait était beaucoup trop engageant pour que ce trouble demeurât et, à vrai dire, il semblait à Patience que des mois les séparaient des tristes considérations nées dans la Réserve ; peut-être était-ce l’effet de la Salle sur Demande — c’était du moins ce qu’il se proposait de croire naïvement — qui lui faisait sentir que ces quelques instants qu’il passait avec Justin avaient une valeur particulière, qu’ils étaient comme un morceau séparé dans l’ensemble plus vaste du temps, un morceau distinct et infiniment plus précieux.
Un sourire amusé se dessina sur le visage du Poufsouffle. En toute circonstance, il admirait la manière douce que Justin préférait ; pour sa part, il n’eût probablement pas hésité une seconde à faire s’effondrer la colonne d’objets pour récupérer celui qui trônait à son sommet — il était vrai que Patience n’était pas précisément réputé pour la douceur de ses sortilèges et sa propension à emplir l’infirmerie de ses camarades à l’issue des cours de duels ne contribuait pas peu à maintenir certains élèves plus circonspects que les autres loin de son chemin explosif.
Finalement, Justin était peut-être le plus téméraire des deux, puisqu’il continuait à entretenir une amitié aussi dangereuse et qu’il était prêt, par ailleurs, à se jeter dans la première armoire douteuse venue et à ouvrir les coffres les plus sinistres : ainsi Patience se prenait-il à songer que c’était bien plutôt son camarade qui avait besoin de sa protection que lui-même n’avait besoin de la présence heureusement rationnel de Justin.
Posant un coude sur le dossier du canapé, la tête dans sa main, tourné vers Justin, Patience esquissa un sourire aimablement moqueur.
« Monsieur Montaigne, vous êtes une catastrophe ambulante. Vous allez nous faire tuer avec votre curiosité débridée. »
Les yeux bleus de Patience pétillaient dans ceux de Justin, ce qui était justement, en règle générale, le signe avant-coureur d’une catastrophe à venir. Les entreprises archéologiques de Justin pour s’emparer du coffre semblaient avoir chasser pour quelques instants l’effet détestable que l’armoire avait produit sur Patience et l’esprit de ce dernier, libéré de cette préoccupation, s’attachait désormais entièrement à trouver un moyen de satisfaire la curiosité de son camarade, c’est-à-dire, évidemment, de briller à ses yeux.
« Bien. Si je t’ai amené ici, c’est parce que sous cet air sage et cet intérêt d’érudit pour l’histoire se cache l’âme d’un archéologue qui brûle pour l’aventure. »
Le Poufsouffle bondit du canapé, s’étira (nouveau signe d’une tempête à venir) et se mit à considérer avec une nonchalance qui ne trempait plus Justin depuis bien des années maintenant les objets alentours.
« Quoi de mieux qu’un gros gros coffre-fort pour trouver l’aventure ? Après tout, c’est la Salle sur Demande, si tu cherches l’aventure, tu la trouves. »
Patience adressa un clin d’œil à son camarade et sortit sa baguette, qu’il se mit à faire tournoyer entre les doigts de sa main gauche.
« Donc-donc-donc-donc… Tu as trouvé un objet spécial. Problème ! L’objet spécial est sur une grosse montagne faite de tous un tas de… »
Patience se pencha avec un air de circonspection exagéré sur la montagne en question, faisant mine d’examiner les objets qui s’y assemblaient, en retirant un livre, qu’il feuilleta négligemment avant de le rejeter sur le monticule.
« …trucs ! Bien. Très bien. Nous progressons, mon cher ! A grands pas ! A pas de géants ! »
Effacé, le Patience mélancolique de la bibliothèque ! Le jeune homme avait retrouvé sa volubilité des moments d’excitation, ces moments bénis où tout lui semblait possible et où la moindre petite chose lui paraissait être la promesse d’événements futurs surprenants ; alors se déversait dans le moment présent son énergie brillante où palpitait encore, et palpiterait peut-être toujours, un enthousiasme purement enfantin pour la nouveauté.
« Alors… Que savons-nous, mon cher, des trucs ? Hmmm… »
Patience fit mine de réfléchir en reculant de quelques pas, avant de se laisser à nouveau tomber dans le canapé, juste à côté de Justin. D’une voix pleine de promesses (ou de dangers, selon le point de vue), il murmura :
« Les trucs tombent. Evanesco. »
Patience avait accompagné son dernier mot d’un petit geste du poignet et une onde bleutée était partie de sa baguette, qui, quelques instants plus tard, atteignit la base de la pyramide d’objets ; le sortilège de Disparition, en dissipant plusieurs meubles qui formaient le pilier de l’ensemble de l’édifice, entama son effondrement : la colonne se mit à tanguer dangereusement, tantôt en arrière, tantôt en avant, c’est-à-dire vers le canapé où Patience attendait tranquillement d’observer le résultat.
En avant, en arrière, en avant, en arrière. La colonne finit par faire son choix : en avant, vers le canapé. En quelques secondes, une avalanche de chaussures, des vaisselles, de linge de table, de livres, de fossiles et de dentiers commença à progresser dangereusement vers les deux jeunes gens.
« PROTEGO ! »
Cette fois-ci, Patience avait fait preuve de beaucoup plus d’énergie : il avait placé sa baguette juste devant Justin, pour être sûr que la partie la plus solide du bouclier serait celle qui protégerait son camarade et avait insufflé au sortilège une grande partie de la puissance dont il était capable, et elle était notoirement considérable. Une sphère laiteuse entoura les deux amis : Patience avait choisi de couvrir la surface la plus restreinte possible pour assurer, en compensation, la protection la plus efficace, et le reste du canapé, laissé découvert, ne tarda pas à être broyé et déchiqueté par la masse des objets qui tombaient avec une force considérable.
Le Bouclier, ordinairement translucide, avait été rendu complètement opaque par le déploiement de force mis en œuvre, dans un espace très restreint, pour le former ; sa blancheur laiteuse et iridescente isolaient complètement les deux amis dans une bulle protectrice, et ils ne pouvaient juger de la progression de l’avalanche dévastatrice qu’en écoutant le martèlement des objets qui continuaient à tomber.
Finalement, la colonne de gargouilles, de beaucoup plus lourde que celle qui venait de s’effondrer, ayant contenu l’essentiel des dégâts, l’avalanche prit fin, le calme revint et Patience, avec un sourire ravi, comme si tout s’était passé très exactement comme il l’avait prévu (et c’était probablement le cas, puisqu’il adorait le tonnerre), dissipa le bouclier.
Ils se tenaient à présent assis sur le reste du canapé, entouré d’un petit lac d’objets divers qui, une fois debout, leur arrivait à la taille. A quelques mètres d’eux, sur le surface, le coffre couvert de chaînes qui avait attiré l’attention de Justin. Patience se leva, embrassa d’un geste ample les objets désormais horizontalement :
« Les trucs. »
…et pointa le coffre :
« Quelque chose de spécial. »
Pour lui proposer de prospecter plus avant leur découverte, il tendit la main à Justin, comme si c’était devenu entre eux un geste des plus naturels.
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 FEUILLE DE PERSONNAGEORIGINE: INCONNUE MYSTÈRES: Des rumeurs à votre sujet ? Sait-on tout de vous ? POINTS PERSONNELS: 5.772  | Sujet: Re: [Jan 97] Troisième allée à gauche après le Mont aux Chaussures Dim 14 Aoû 2011 - 10:41 | |
| Posé sur l'immense canapé, Justin regarda Patience d'un air perplexe et interrogateur. Visiblement le mot « aventurier » revenait un peu trop souvent ces derniers temps. Il ne se sentait pas du tout l'âme d'un conquérant, d'un archéologue avide d'aventures et de dangers. C'est juste qu'il trainait avec les mauvaises personnes... Des gens qui préféraient s'en aller dans des endroits loufoques pour en sortir grandit d'une entreprise plus ou moins fructueuse. Pourquoi ne laissait-on pas Justin vaquer à ses occupations saines d'esprit ? S'enfermer dans son dortoir et se laisser plonger lourdement dans un lit moelleux, occupant ses yeux à des lectures enrichissantes en savoir et connaissances. Non, il fallait toujours qu'un de ses amis, ou membre de sa famille, lui prenne la main pour l'embarquer dans une nouvelle intrigue, un nouvel épisode funeste de sa vie d'adolescent. Certes l'intention de devenir archéologue était bien encrée en lui, mais il n'avait pas assez de courage pour devenir un aventurier accomplie. C'était surtout une curiosité poussée qui l'entrainait à essayer de dénicher un trésor enfouie. Mais visiblement, le jeune sorcier ne contrôlait que très peu cette petite lancée d'intérêt pour des objets incongrus. Il se maudissait grandement pour la chose. Bien que certains y trouveront un atout quelconque, lui s'en délecterait volontiers. Les problèmes n'étaient une chose qu'il aspirait et surtout pas avec son statut de Préfet en Chef. Que dirait le professeur Flitwick en le voyant ainsi. Sécher un cours d'Etude des Runes pour une escapade involontaire dans la Salle sur Demande. Si quelqu'un avait le malin esprit de poser les pieds ici pour dénoncer Justin, il était certain de perdre son magnifique blason, épinglé soigneusement sur son torse.
Justin était quelque peu fier d'avoir été nommé PeC, et perdre cet insigne figurerait son manque d'ordre, d'exigence et surtout d'autorité. Il ne se considérait pas comme une sorte de pion ou de police scolaire, loin de là. Mais plus quelqu'un sur qui l'on devait s'appuyer, prendre exemple. Il aimait son rôle pour écouter les gens, donner de bons conseils et essayer au mieux de faire valoir les honneurs de sa maison. Et puis, pour tout dire, l'insigne de PeC est considérée comme une marque de respect. Sortir de Poudlard en portant un tel nom était une gloire que peu de jeunes pouvaient se vanter. Ainsi il était pratiquement certain de pouvoir s'en aller étudier auprès des plus grands érudit des sciences occultes. Mais bon, il avait prit soin de celer la porte d'entrer avec un sortilège assez puissant pour qu'un élève de premier cycle ne puisse pas réussir à ouvrir cette entrée. Et puis de toute façon, la Salle sur Demande ne s'ouvrait que lorsqu'on le demandait. Du moins, c'est ce qu'espérait le jeune Serdaigle.
Sans vraiment prêter attention à Patience, il remarqua une boule de lumière bleuâtre se diriger droit vers le monticule d'objets insolites. Sans prévenir, la colonne commença à branler de toute part. Justin se raidit en observant l'oscillation dangereuse des objets. Tanguant de droite à gauche et de l'avant vers l'arrière, il espérait simplement que la magie qui comprimait tout cet amas de choses, serait assez solide pour immobiliser le tout dans une forme presque incroyable. Mais hélas, elle finit par perdre l'équilibre naturel pour s'effondrer droit sur l'incommensurable canapé. Heureusement que Patience était là, près à défendre son frêle petit corps face aux fracas des objets les plus saugrenus possibles. Des planches de bois, des bijoux, des armoiries, des chaises, des draps, des dentiers, des pinceaux, des grimoires, de la vaisselle, des valises, des armures, des tapis … Tant de choses encore s'écrasaient contre le bouclier laiteux qu'avait formé Patience avec une rapidité presque exagérée. Une bulle blanchâtre s'était formée autour des deux hommes, les protégeant d'atroces souffrances qu'ils auraient pu subir par la non présence de magie. On entendait qu'un vague bruit d'écrasement, de fracas, de miroirs brisés, de craquement sonores... Et cela pendant un temps presque interminable. Les ondes blanchâtres qui se formaient sur le fin bouclier, par l'impact violant des objets, empêchaient aux deux adolescents de contempler l'ampleur des dégâts. Il fallait simplement attendre que ce bruit interminable cesse, pour enfin s'assurer que tout aille pour le mieux.
Une fois la protection levée, Justin et Patience restèrent silencieux pendant quelques secondes. L'immense canapé était réduit en bouillit, couvert de verre, de bois, de draps et de ferraille... Éventré, il ne semblait plus très accueillant. Seule la partie où les deux indigènes s'étaient protégé, se trouvait complètement intact, comme si elle sortait tout droit d'un autre monde. Patience se leva, embrassant à grands bras le résidu d'objets se trouvant au sol. Justin avait l'impression de devoir nager dans un amas de planches et d'objets dont la patience n'était que très peu présente pour tous les décrire. Prenant la main que le Poufsouffle venait de lui tendre, le Serdaigle se redressa pour observer l'ampleur des dégâts.
« Par Merlin... Si tu n'avais pas réagit assez tôt, je n'aurai pas donné la moindre chance à une quelconque survie. Regarde dans quel état sont ces objets ? » dit-il d'un ton décousu.
Justin souleva une sorte de toile peinte, complètement déchiquetée par divers débris de verre. Un magnifique miroir du 17ème siècle était fissuré de toute part. Le Serdaigle passa une main quelque peu désabusée, dans ses cheveux sombres. Bouleversé par la situation, Justin ne savait pas vraiment pourquoi Patience avait décidé de réduire le monticule d'objets en un tas pitoyable de déchets et d'obstacles en tout genre. Enfin, il pointa le coffre à l'aide de sa baguette magique. Toujours enroulé dans ces chaines épaisses et étrangement froides, il semblait n'avoir subit aucun dommages. Justin essaya de le soulever à l'aide d'un sortilège de lévitation, mais celui-ci ne parvint pas à s'élever jusqu'à son niveau. Il décida donc de franchir tout ce fatras d'objets, enjambant planches et tables. Perdant l'équilibre en glissant sur quelques plats en argents mal incrustés, il s'écorcha le coude sur un pied de chaise.
« Aïe ! Maudits objets ! » maugréa le jeune homme, légèrement exaspéré par tant de désordre.
Il décida alors d'utiliser les grands moyens et levant sa baguette magique vers le plafond invisible. D'un geste souple et ample, il fit valser le plus d'objets possible aux quatre coins de la pièce. Ainsi un chemin dégagé se retrouvait tout tracé jusqu'au coffre qui semblait ne pas vouloir bouger. Marchant d'un pas solennel, Justin garda sa baguette en main. Enfin face au coffre, il pointa sa baguette magique vers les chaines.
« Lashlabask ! »
Une étincelle rougeâtre se dégagea du bout de sa baguette magique, mais les chaines restèrent intactes. Il fallait essayer une autre stratégie. Faire exploser l'objet ? Couper les lanières du coffre ? Bruler les chaines ? Justin essaya le tout, dans un enchainement rapide.
« Confrigo ! Diffindo ! Incendio ! »
Mais visiblement, les chaines restèrent de marbre. Le coffre vibrait un peu à cause des chocs, mais la déception se lisait avec amertume sur le visage décomposé de Justin. Il se retourna déçu du résultat vers Patience. Peut-être que lui trouverait la solution. Un liquide verdâtre et visqueux commença à couler doucement du coffre, derrière Justin. Il n'y avait pas vraiment fait attention bien trop occupé à contempler le visage de son ami. Le coeur du Serdaigle battait la chamade, il ne comprenait pas vraiment ce qu'il se passait en lui. Étrangement, dès qu'il croisait le regard de Patience, il ressentait comme une vague de bonheur, une poussée d'adrénaline. Il ressentait presque les mêmes émotions qu'il avait eut avec Erin, quelques mois plus tôt.
«Si tu trouves une solution... » |
|  | | ¤ Poufsouffle ¤ 7ème année ¤ÂGE: 23
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 FEUILLE DE PERSONNAGEORIGINE: SANG MÊLÉ MYSTÈRES: Un peu trop épris de magie pour être tout à fait honnête POINTS PERSONNELS: 150  | Sujet: Re: [Jan 97] Troisième allée à gauche après le Mont aux Chaussures Dim 14 Aoû 2011 - 11:35 | |
| Même s’il prenait des airs dégagés face au danger auquel ils venaient d’échapper, Patience remerciait le ciel de lui avoir donné d’excellents réflexes et se félicitait lui-même de les avoir cultivés au fil des séances de duels ; mourir noyé sous les vieux dentiers n’étaient pas exactement la fin romantique à laquelle il aspirait, même s’il était certain que ce genre de décès figurerait sans doute dans un ouvrage d’histoire un peu saugrenu.
Comme Justin louait la promptitude de sa réaction, Patience lui adressa un sourire rayonnant : il se sentait un héros. C’était une sensation très très bête mais très très agréable. Il aimait l’idée que son camarade pût poser sur lui un regard un peu étonné, un peu admiratif et songer à lui comme à son (presque) viril protecteur, prêt à combattre les dragons pour le sauver et lui permettre de poursuivre paisiblement ses recherches archéologiques.
Certes, le spectacle que l’héroïsme de Patience offrait désormais à leurs yeux médusés n’était pas exactement paisible. Les dégâts étaient considérables. Patience cependant ne semblait pas s’émouvoir des tableaux déchirés, des commodes éventrées et des miroirs brisés. Il avait pour les objets du quotidien cette indifférence qu’ont fréquemment les sorciers de pure souche, habitués à voir les choses disparaître, se dupliquer, se réparer.
Mais le jeune homme songea brutalement que Justin, attaché non seulement à l’ordre, mais encore et surtout à la préservation d’un patrimoine fragile, pouvait trouver excessifs ses procédés et lui faire reproche de la mer de désolation dans laquelle ils se trouvaient désormais plongés ; et le spectacle d’un désordre qui lui semblait la seconde précédente profondément réjouissant lui paraissait soudainement la source de toutes les inquiétudes.
Le jeune homme glissa un regard un peu coupable et hésitant vers son compagnon, tentant de démêler les expressions du Serdaigle et de se préparer aux éventuels reproches. Mais Justin était bien plus absorbé par le coffre à quelques mètres d’eux que véritablement concerné par le fatras qui les entourait. Il était d’ailleurs tellement absorbé que c’en était presque vexant !
Patience croisa les bras et laissa son ami progresser dans les marécages de conserves vides, qui abondaient dans la région des pots de peinture, elle-même encore surplombées par une colline de vieux jupons. Justin se frayait à la baguette dans les objets un chemin comme à la machette dans la jungle et si Patience avait connu Indiana Jones, il eût sans doute trouvé la ressemblance frappante.
Sans bien y réfléchir, Patience se mit à détailler Justin du regard, profitant que son ami lui tournât le dos pour se livrer à une inspection confusément agréable ; il le connaissait bien, très bien même, et pourtant il avait l’impression de le découvrir de nouveau, non pas précisément comme s’il l’eût vu pour la première fois mais comme si, pour la première fois, tous les détails de cet être qui lui était familier prenaient sens et forme, complètement, absolument, dans une manifestation douce et séduisante.
Ainsi donc Patience, Patience au flegme légendaire, Patience à l’abri des surprises, Patience l’ami des explosions inattendues, se prit à sursauter quand il entendit Justin crier son dernier sortilège, arraché brutalement à sa contemplation ; il se rendit compte de son état d’absorption, rougit et s’empressa de détourner le regard. Mais c’était sans compter sur celui de Justin, qui venait le chercher. Patience releva les yeux, rougit un peu plus et se fendit de quelques remarques pleines d’à-propos :
« Hein ? Qui ? Quoi ? Une solution à quoi ? »
Patience resta absorbé quelques instants, sur ces bonnes pensées, dans le regard de Justin, afin de détourner vivement le sien, de prendre une profonde inspiration et de tenter de se concentrer sur autre chose — par exemple, sur l’odeur immonde qui commençait à se diffuser tout autour d’eux, qui lui rappelait vaguement les cachots dans lesquels Rogue officiait jadis.
Patience s’approcha du coffre, jeta un coup d’œil par dessus l’épaule de Justin pour observer l’objet et, ayant identifié dans le liquide verdâtre qui progressait vers eux la source de l’infection nauséabonde, commenta :
« Très jolies chaussures. »
Un bon sens bien ancré en tout élève de Poudlard suggérait à Patience de s’éloigner de tout liquide aussi visqueux.
« Préservons-les. »
Il attrapa le pull de son ami pour l’attirer quelques pas en arrière, hors de la trajectoire d’écoulement de l’étrange substance puis, avec une moue de dégoût, embrassa du regard les objets qui les entouraient. S’étant saisi d’un bout de cadre qui devait entourer jadis une toile de piètre facture, il en plongea l’extrémité dans le liquide, qui se mit à bouillonner un peu, avant de ronger le bâton.
La découverte de la dangerosité du liquide, propre à contrarier n’importe qui, semblait enthousiasmer Patience.
« Evidemment ! Ca ne pouvait pas être juste de la morve. D’ailleurs, qui enfermerait de la morve dans un coffre ? »
Il jeta un regard interrogatif à Justin, comme s’il s’attendait à ce que son camarade lui citât l’exemple de sorciers fameux qui, pour une raison ou une autre, avaient un jour éprouvé le besoin d’enfermer de la morve dans un coffre. Et de cacher le tout dans la Salle sur Demande.
« Donc-donc-donc… »
Patience s’empara de la main de Justin et entreprit de contourner la coulée corrosive, dont la visqueuse lenteur rendait la trajectoire aisément prévisible, pour se placer de l’autre côté du coffre. Patience s’agenouilla près du coffre, sortit sa baguette et se mit à examiner l’objet sous toutes les coutures, en déversant un flot d’observations décousues, comme lorsqu’il manipulait un livre mystérieux ou tentait d’ouvrir la Salle sur Demande.
« Donc, un coffre. Méchant coffre. Visqueux. Très. Et puant. Un coffre. Avec des chaînes. Coffre protégé, donc, bien sûr, par qui ? pourquoi ? Et pourquoi ici dans la salle sur demande ? Pourquoi pas dans un autre grand coffre ? Hm ? Et pourquoi nous ? Protégé contre les sortilèges. Mais comme tout le monde. Bien sûr bien sûr bien sûr. Protégé contre la casse aussi. Ah ah ! »
L’exclamation victorieuse interrompit le flot de paroles une seconde, puis la déception s’abattit sur le visage du jeune homme.
« Ah non. Bon. Un mot de passe ? Canard ! Blaireau ! Ornithorynque ! Salsifis. Non. Bien sûr que non. Personne n’aime pas les salsifis. Mais peut-être… »
Il entreprit de retourner le coffre, mais le lâcha bientôt dans un grognement de douleur : sur la paume de ses mains, le coffre avait imprimé de petits sillons sanglants, qui se maintinrent quelques secondes avant de disparaître. La douleur, jointe à l’évidence qu’une magie de la sorte n’était pas faite pour abriter des trésors très recommandables, diminua de beaucoup l’enthousiasme du jeune homme. D’un ton plein de reproches, il souffla à l’objet :
« Méchant coffre… »
Le coffre ne s’en émut pas. Mais, en le lâchant, Patience avait tout de même réussi à le retourner. Il se releva et, comme si sa blessure qui, quoique ayant disparu, continuait à lui faire mal et même, sans qu’il s’en rendît encore compte, de plus en plus mal, progressant silencieusement de ses mains jusqu’à ses bras, l’avait rendu soudainement fragile, il se rapprocha instinctivement de Justin, comme s’il avait voulu se réfugier dans ses bras.
Il lui désigna d’un mouvement de tête le coffre qui s’offrait désormais à eux dans une perspective nouvelle. Les chaînes inextricables qui le recouvraient se rejoignaient sous l’objet en un cadenas massif, qui pouvait manifestement accueillir une clef. C’était de toute évidence le point faible à attaquer.
« T’as pas vu une clef par hasard, dans le coin ? »
Il avait voulu faire de l’humour, faire allusion à la tâche inextricable de retrouver un tel objet dans un tel endroit, mais l’enthousiasme qu’il avait tenté d’insuffler dans sa voix était encore martelé par une vague douleur. Il baissa les yeux vers ses mains : sur ses paumes, les blessures ne cessaient de s’ouvrir et de se fermer.
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|  | | ¤ Serdaigle ¤ Préfet-en-chef ¤ÂGE: 21
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 FEUILLE DE PERSONNAGEORIGINE: INCONNUE MYSTÈRES: Des rumeurs à votre sujet ? Sait-on tout de vous ? POINTS PERSONNELS: 5.772  | Sujet: Re: [Jan 97] Troisième allée à gauche après le Mont aux Chaussures Mer 17 Aoû 2011 - 17:39 | |
| Visiblement le coffre ne voulait pas s'ouvrir. Malgré tous les stratagèmes de nos deux acolytes, il restait inerte. Les chaines étaient sûrement entourée d'un champ magnétique puissant, ou alors soumises à un sortilège de protection presque trop énorme pour que nos deux jeunes novices en magie ne puissent en découdre une solution miracle. Justin était perplexe. Si ces chaines étaient aussi résistantes à toutes ces tentatives d'ouverture, c'est que ce coffre avait de bonnes raison pour rester fermé. Peut-être qu'il renfermait quelque chose d'important ?
Le liquide vert, qui commençait à prendre un peu trop d'importance, dégageait une odeur fétide, rappelant vaguement les odeurs de souffre qui émanaient si présomptueusement dans les cours de Potions, au fin fond des cachots de l'école. Pour ne pas avoir un haut le coeur trop important, Justin plaqua le haut de son pull sur son nez et chercha de son regard un autre moyen d'ouvrir les chaines. Même si au fond de lui, une petite voix lui disait de renoncer à toute tentative, sa volonté était bien plus forte. Il avait vraiment envie de savoir ce qu'il pouvait bien y avoir dans ce coffre. Après tout, il avait commencé quelque chose et il était rare que le Serdaigle abandonne en cours d'examen.
Justin se disait que peut-être Patience avait une influence néfaste sur ses études. Mais après tout, il faut profiter de son adolescence pour faire le plus de bêtises possibles. Si on ne se permet pas ce genre de choses, quand le fera-t-on ? Il n'avait pas l'intention d'enfreindre le règlement, ni de passer pour un imbécile, mais renoncer à ses envies était une question de maturité trop rapide pour son âge. Il haussa les épaules à la question de Patience. Une clé ? Oui, ça aurait amusant d'en trouver une... Mais dans tout ce bazar difficile de pouvoir dénicher un objet de si petite taille...
Pourtant, à l'encontre de toute attente, Justin aperçu un petit lutin aux ailes d'un bleu vif, se balader dans les airs en sifflotant d'un air narquois. Il tenait dans ses mains malingres, une grosse clé rouillée, qui portait en son bout un blason représentant une chimère des anciens temps qui se trouvait également sur le bois du coffre.
« Là ! » s'exclama Justin en pointant du doigt un lutin de cornouaille.
Il connaissait ces petites bêtes pour en avoir débarrassé le grenier de son grand mère l'été de ses 15 ans. Ce n'était pas une partie de plaisir dans ses souvenirs encore bien frais. Alexandra pourrait en tirer quelques mots d'ailleurs. Ses cheveux en avaient prit un sacré coup et Justin se souvenait surtout d'être sorti en nage de l'effort physique et des canailleries de ces fripouilles. Ces lutins là n'ont pas leur langue dans leur poche et s'amusent bien à vous torturer l'esprit lorsqu'ils sont à plusieurs. Heureusement, il n'y en avait qu'un. Du moins, Justin croisait les doigts pour qu'il n'y en ait qu'un.
« Sacré Lutin. Il a vu qu'on voulait ouvrir le coffre et il s'est emparé de la clé sous notre nez ! Par Merlin, si je l'attrape il en verra de toutes les couleurs. » dit le Serdaigle en levant le poing d'un air de conquérant.
Déjà il fallait réussir à l'attraper. Partir dans un esprit de barbare n'allait pas l'aider. Il fallait donc utiliser une grande partie de ses neurones, appliquer un bon plan. La Salle sur Demande est un endroit immense, qui regorge de cachettes en tout genre pour les petits et les grands. Un lutin de cornouaille pourrait très facilement se glisser dans une boite à chaussure, au milieu d'un monticules de bric et de broc. Justin pourrait passer des heures entières à trouver la petite créature bleue, sans espérer la trouver un jour. Il fallait déjà bien observer l'être volatile. D'une corpulence plutôt honnête, il volait assez mal. Plus en zigzag, croyant être sorti d'une bonne petite soirée à la bièreaubeurre. Son sourire jaunâtre, ses petits yeux injectés de sang, son nez en boule et sa peau bleu, il n'avait rien pour plaire. Ses ailes étaient légèrement exagérées par la taille de son corps, et celle de gauche était plus abimée que sa voisine. Peut-être la cause de son vol plutôt irrégulier. Justin suivit sa trajectoire. Il ne volait pas bien vite et peut-être qu'avec un seul sortilège, le Serdaigle pourrait l'immobiliser. Mais dès que Justin leva sa baguette en direction du lutin, celui-ci se mit à tracer droit devant lui.
« Bouse de dragon et tempête de gobelins ! Patience prend à gauche, et attends le à cette intersection, on va essayer de lui tendre un piège ! »
Si Justin gardait le lutin dans son champ de vision il ne risquait absolument rien. Mais il ne fallait absolument pas être déconcentré. Le jeune homme donna quelques coups de pieds dans les obstacles qui lui barraient la route et fini par se dégager du monticule éclaté sur le sol. Enfin dans un long couloir d'objets entassés les uns sur les autres, il courut derrière le lutin, jetant des sortilèges de stupéfixiton et d'immobilisation toujours à sa droite. Ainsi le lutin avait une légère tendance à virer vers la gauche. Pour ne pas se sentir visé, le bonhomme bleu au rire machiavélique prit le premier tournant à sa gauche. Malgré lui, il tomba bien vite dans le piège du Serdaigle. Patience attendait au bout du couloir, baguette en main, prêt à frapper. Justin vira d'un coup sec à gauche, manquant de trébucher sur le sol glissant. Il pointa sa baguette en direction du lutin, volant pratiquement sur place, hésitant à prendre de la hauteur ou à trouver une cachette dans les nombreux objets se trouvant de ses deux cotés.
Il gloussant, puis dans un cri aigu jeta la clé dans la montagne d'objets incongrus faisant office de mur, et s'envola en direction de Patience. Il tira sa langue verte, afin de piquer un peu plus les nerfs à vif des deux jeunes sorciers. Justin crut vraiment s'arracher les cheveux après avoir bêtement regardé sa proie balancer l'objet tant espérer dans une antre impossible. Heureusement pour lui, la clé était bien visible, suspendue à un crochet d'un porte manteau posé à l'horizontal. Seul problème, il fallait escalader la colonne...
« C'est pas vrai ... » lança Justin d'un air blasé.
Il se gratta la tête et commença à escalader la colonne d'objets qui tenait de façon bien mystérieuse. |
|  | | ¤ Poufsouffle ¤ 7ème année ¤ÂGE: 23
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 FEUILLE DE PERSONNAGEORIGINE: SANG MÊLÉ MYSTÈRES: Un peu trop épris de magie pour être tout à fait honnête POINTS PERSONNELS: 150  | Sujet: Re: [Jan 97] Troisième allée à gauche après le Mont aux Chaussures Mer 17 Aoû 2011 - 21:23 | |
| La curiosité que Patience avait pu éprouver pour le coffre commençait à se muer sournoisement en une vague irritation, à mesure qu’il semblait au jeune homme que l’objet enchaîné présentait ponctuellement, aux yeux de Justin, un intérêt incommensurablement plus élevé que lui-même ; se voir concurrencé par une boîte qui exsudait de la morve corrosive n’était pas très flatteur et, en conséquence, Patience était à deux doigts de bouder.
Ces jalouses considérations mûrissaient en lui quand surgit le lutin, qu’il eût volontiers abattu sur le champ d’un sort en pleine tête, mais Justin, évidemment subjugué par cette apparition nouvelle et les développements inédits qu’elle apportait à leur situation, optait pour la manière douce ; en matière de magie, c’était, selon Patience, systématiquement la mauvaise manière.
Néanmoins, l’intrus détourna l’attention du Poufsouffle de ses blessures intermittentes et, quelques secondes plus tard, il lui sembla que la douleur qui l’instant d’avant progressait dans ses bras s’était évanoui : il supposa sans y faire de réflexion que ça n’avait été qu’un maléfice mineur, qui se dissipait rapidement. Le lutin lui aussi commençait à se dissiper et Patience songeait qu’il serait peut-être possible désormais de retrouver l’attention de Justin.
C’était sans compter sur la ténacité de son camarade, motivée manifestement par une haine ancestrale pour la gente lutine ; avant que Patience n’eût eu le temps de répliquer et de faire valoir quelques objections au projet pourtant terriblement excitant de chasser un lutin kleptomane, Justin s’était enfui dans les couloirs formés par les montagnes d’objets, harcelant de sorts bien placés la fuite de leur nouvel ennemi commun.
Patience laissa échapper un soupir et une bordée de jurons français, à voix basse, maudissant coffre, lutin et Justin dans un même mouvement d’humeur. Le jeune homme hésita quelques secondes à planter son ami-là en laissant une note un peu aigre, mais un bon naturel ne se chasse pas aisément et Patience se trouva bientôt à chasser à son tour le lutin.
Il ne tarda pas à voir l’affreux bonhomme foncer sur lui, poursuivi par Justin. Cette scène d’un héroïsme discutable laissa Patience songeur et, pendant quelques instants, il sembla qu’il n’allait pas se décider à lever sa baguette. C’était inutile de toute façon : le lutin, ayant évalué le caractère particulièrement délicat de sa nouvelle situation, choisit d’abandonner son précieux fardeau, moitié par sadisme, moitié par désir de voir ses poursuivants cesser leur entreprise.
C’était sans compter sur l’humeur de plus en plus massacrante de Patience ; alors que le lutin avait abandonné la clef et que toute attaque à son endroit était désormais superflu, le jeune homme pointa sa baguette sur le fuyard qui s’échappait en gloussant et murmura d’une voix lasse :
« Immobilus. »
Le sortilège était célèbre depuis l’épisode des lutins de Cornouailles au cours malheureux de Lockhart. Celui que Patience avait lancé était très faible, juste suffisant pour arrêter le vol du lutin quelques secondes ; la créature, reprenant ses esprits, n’eut pas immédiatement la présence d’esprit de battre à nouveau des ailes, et partit s’écraser mollement dans un assemblage de tableaux déjà à moitié déchirés, à plusieurs centaines de mètres de là.
Patience reporta son attention mal payée de retour sur Justin, que rien décidément ne pouvait arrêter : guère refroidi apparemment par la déconvenue essuyée lors de cette brillante chasse, le jeune homme observait avec une perplexité manifeste une nouvelle montagne d’objets et, au sommet de cette montagne, une clef. Patience était surpris que son ami n’eût pas déjà réalisé la moitié de cette ascension qui l’eût rapproché de son but si ardemment désiré.
Le Poufsouffle n’avait pas l’air disposé à beaucoup aider. Il rangea sa baguette et croisa les bras, quelques mètres en arrière de Justin, observant tour à tour et la montagne d’objet, et son camarade, sans faire le moindre commentaire. La progression hasardeuse de Justin sur la montagne d’objets se poursuivait. Machinalement, et quelque décidée que fût sa bouderie, Patience décroisa les bras et garda une main près de sa baguette, prêt à amortir la chute de son camarade s’il venait à s’avérer que les talents du Serdaigle pour l’alpinisme n’étaient pas aussi développés que ce dernier avait pu l’espérer.
Et, pendant qu’il l’observait, sans penser à rien de particulier, et que s’atténuait en lui, comme s’atténue rapidement un caprice, l’irritation qu’il avait ressenti en constatant qu’un objet accaparait l’attention de son ami plus efficacement qu’il n’en était capable, à mesure que son corps, libéré de la nervosité de la poursuite, relâchait sa vigilance, Patience sentit la douleur revenir, cette douleur qui l’avait saisi quand il avait touché le coffre, celle des plaies désormais refermées sur ses mains, qui avait disparu, cette douleur revenait, remontait le long de son bras, il la sentait parcourir son dos, emplir son corps, non pas comme une torture, non pas comme quelque chose d’excessivement violent d’abord, mais plutôt c’était une sensation lancinante de souffrance, une brûlure répandue dans tout son être, à chaque seconde un tout petit plus intense.
Il avait cru que s’éloigner du coffre suffirait à l’atténuer, il avait cru aussi que le maléfice n’était qu’une affaire de blessures, aux mains. Mais ses mains allaient bien maintenant ; loin du coffre, les blessures avaient cessé de se rouvrir, et pourtant, la douleur elle persistait.
« Justin… »
Il avait murmuré ce nom très bas, et pourtant il avait tenté de le crier plus haut, d’appeler son ami, mais Justin était beaucoup trop loin pour entendre un mot abandonné dans un murmure ; Patience continuait à le suivre des yeux — ses yeux brûlaient aussi — et à observer sa progression vers la clef, qu’il ne voyait plus distinctement d’ailleurs, comme à travers de la pluie, brouillée. C’était des larmes. Il pleurait parce qu’il avait mal.
« …pas très courageux… »
Cela non plus n’avait pas été très audible. Puis la douleur commença à diminuer, et Patience esquissa un sourire : nouveau soulagement. Sans doute, c’était la dernière vague du maléfice qui s’estompait ! Tout allait bien, à présent. Il se sentait un peu fatigué il est vrai. A peu près privé de toute énergie. Mais ce n’était pas grave, vraiment, n’est-ce pas ? L’émotion de la journée, sans aucun doute. Il ne pleurait pas ; et cependant, tout était si trouble, encore.
Sans un mot de plus, Patience s’effondra, sans connaissance, sur le sol de la salle sur demande.
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|  | | ¤ Serdaigle ¤ Préfet-en-chef ¤ÂGE: 21
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 FEUILLE DE PERSONNAGEORIGINE: INCONNUE MYSTÈRES: Des rumeurs à votre sujet ? Sait-on tout de vous ? POINTS PERSONNELS: 5.772  | Sujet: Re: [Jan 97] Troisième allée à gauche après le Mont aux Chaussures Mer 17 Aoû 2011 - 22:34 | |
| L'alpinisme est tout un art. Il faut savoir prendre la bonne prise, maitriser chaque acte avec dextérité. Justin était plutôt doué dans ce domaine. Passant la plupart de ses étés chez son Oncle Owen, il avait apprit de nombreuses façons à pouvoir survivre dans la nature. L'escalade fut peut-être la première chose qu'il a apprit, ainsi que la maitrise de l'arc. Bref, même s'il était plus à l'aise sur une bonne roche, les prises sur la montagne d'objets n'était pas non plus insurmontable. Il suffisait simplement de placer le pieds le plus adroit sur la charge la plus lourde. Ainsi il grimpait, fixant son objectif avec une ardeur dévorante. Il allait y arriver, sans pour autant avoir utilisé sa baguette magique. Parfois, utiliser son corps pour un acte simple est tout aussi agréable que se servir d'un peu de magie. Même si, Alexandra aurait trouvé cette manière un peu trop moldu, elle aurait été fière de l'altitude qu'avait prit Justin. Il faut dire que poser ses pieds sur des assiettes, n'est pas toujours une situation des plus aisées. Empoignant la vieille clé à pleine main, Justin la dressa dans les airs, comme le trophée d'une longue victoire.
Son regard d'un bleu océan se perdit dans les profondeurs de la Salle sur Demande, pour gagner le corps allongé de Patience. Les yeux ronds, Justin n'eut qu'une seule pensée, celui d'un égoïste. Il n'avait pas daigné une seule attention au Poufsouffle depuis sa montée. Même si elle n'avait pas été bien longue, il aurait dût être attentif au moment où le jeune homme s'était effondré sur le sol. Descendre au plus vite était maintenant le seul et unique but. Si la clé tombe, on s'en fiche, Patience est bien plus important. Justin descendit tant bien que mal, en s'écorchant les bras et les genoux. Enfin pieds sur terre, il se délecta de son pull devenu un véritable lambeau depuis le début de l'aventure. En simple chemisette blanche, il savait que roder dans les couloirs n'était plus une option. Il remonta les manches jusqu'au niveau des coudes et s'approcha doucement de son ami.
Inerte, le corps allongé sur un sol dur, Justin regarda le visage de Patience. Visiblement, il n'était pas trop mal tombé, puisque aucune commotion cérébrale n'était visible. Du moins, aucune trace de sang. Il poussa un long soupire, puis son regard se fixa un bref instant sur le long corps du jeune Poufsouffle, comme si la contemplation même de cet homme lui était nouvelle. Il admira chaque détail, chaque trait du personnage. Sa peau douce, son visage légèrement enfantin, ses cheveux noirs de jais et ces pommettes légèrement remontées, toutes ces petites choses donnaient quelque chose de fragile. Pourtant, la carrure plutôt sportive, tout en restant dans des traits fins, mais fermes, les quelques cicatrices sur les bras et les mains, montraient qu'il s'agissait là d'un jeune fou d'aventures et d'expériences insolites.
Il respirait encore. Son torse bombait légèrement après chaque inspiration, pourtant lente, comme reposé. Justin se rapprocha dangereusement des lèvres de son ami, comme s'il pensait pouvoir le réveiller d'un simple baiser. Mais il se retira très vite rien qu'à cette pensée. Il passa une main honteuse dans ses cheveux essayant d'oublier sa réaction. Mais c'était de toute évidence impossible.
« Merde Justin... Qu'est-ce qui te prend ! C'est ton pote, arrête tes conneries. » dit-il a voix basse.
Heureusement pour lui, ils étaient seuls. Mais pourtant, le Préfet en Chef, ressentait une once de frissons, une sorte de chatouille dans son ventre. Que pouvait-il faire ? Il avait bien de l'attirance pour Patience, il le remarquait. Pourquoi l'admirerait-il comme un bel apollon sculpté par les mains de Léocharès ? Il se massa les yeux, serrant les dents, essayant d'oublier un maximum toutes ces pensées. Mais rien n'y fit. Justin se redressa, et essaya de trouver un moyen de réanimer Patience, sans trop le brusquer. Il se posa sur une chaise et joignit ses mains vers l'avant. Son oncle Owen lui avait apprit quelques runes de soin bien sympathiques, qu'il n'avait encore jamais mises en pratique. Etant entrain de louper un cours d'Etude des Runes, voilà l'occasion inespérée pour tester ses connaissances et son savoir faire.
Il fouilla dans un petit coffre qui se trouvait à ses cotés et en sorti une petite pierre blanche. Tout autour de Patience, il dessina une multitude de symboles étranges, en cercle, plus ou moins bien dessiné. Enfin la mise en place terminée, Justin s'écarta et prononça une formule étrange, sortant des paroles de l'ancien temps. Chaque rune éveilla une lumière blanchâtre, et le tout disparut sans laisser de traces, en quelques secondes. Patience se réveilla doucement. Justin se leva brusquement, content que son sort ait fonctionné et surtout heureux de voir son ami reprendre conscience.
« Patience ! J'ai eu peur, j'ai cru que tu étais gravement blessé et que tu resterais dans le comma. Qu'est-ce qui s'est passé ? » questionna le Serdaigle encore sous le choc de sa réussite.
Il positionna ses mains dans le dos du Poufsouffle, l'aidant doucement à se redresser. Le rouge monta légèrement au visage, lorsque son regard croisa celui de Patience. |
|  | | ¤ Poufsouffle ¤ 7ème année ¤ÂGE: 23
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 FEUILLE DE PERSONNAGEORIGINE: SANG MÊLÉ MYSTÈRES: Un peu trop épris de magie pour être tout à fait honnête POINTS PERSONNELS: 150  | Sujet: Re: [Jan 97] Troisième allée à gauche après le Mont aux Chaussures Jeu 18 Aoû 2011 - 10:49 | |
| C’était une terrible injustice qu’en ce moment précis, Patience ne pût pas contempler la descente glorieuse de Justin, toutes ces écorchures virilement contractées pour pouvoir le secourir le plus vite possible et, enfin, arrivé au sol, près de lui, ce regard de charnelle concupiscence offert à son corps inconscient, ces mouvements involontaires qui trahissaient des aspirations secrètes de l’homme et enfin cette inquiétude salvatrice, car indubitablement, toutes ces manifestations d’affection et même de désir eussent apaisé l’irritation un peu puérile que le Poufsouffle avait ressenti quelques minutes auparavant.
Mais Patience ne voyait rien de tout cela, car Patience ne voyait rien du tout. Sans doute était-ce réconfortant, en un sens, qu’aucune lumière trompeusement séduisante ne l’attendît au bout de quelque tunnel sur les parois duquel on eût complaisamment projeté les épisodes marquants de sa vie ; Patience ne sentait pas de présence divine et ne voyait pas sa vie défiler devant ses yeux, Patience se contentait d’attendre, à peu près aussi conscient qu’un sac de pommes de terre.
Bientôt cependant, les pommes de terre prirent vie ; Patience se sentit revenir à lui, baigné par une chaleur réconfortante, par une opale luminescence, soulevé légèrement, par des bras, des mains : il ouvrit les yeux et, lentement, sa vision se précise, se posa sur la montagne d’objets, la clef avait disparu, il se retourna légèrement, encore un peu faible, et ses yeux bleu tombèrent dans les yeux bleus de Justin.
Que s’était-il passé ? Il se souvenait qu’il était en train de suivre d’un regard prudent la progression improbable de Justin vers la clef, il se souvenait d’une douleur, puis d’une faiblesse, et enfin, rien du tout. Le noir, puis ce réveil des plus charmants, dans les bras de Justin, qui venait de chasser définitivement tous les reproches que Patience aurait pu vouloir lui adresser. La manière dont il avait été réanimé, le temps qui s’était écoulé pendant son évanouissement, la clef récupérée ou non, toutes ces considérations étaient balayées par cette agréable situation.
Patience profita quelques secondes plus que nécessaires du contact des mains de Justin dans son dos ; sa petite faiblesse avait eu au moins un avantage : les sensations qu’il avait éprouvées confusément depuis le début de leur conversation, dans la réserve de la bibliothèque, prenaient une forme plus précise et plus confuse. Et, soit par une intuition vague, nourrie par des signes inconsciemment collectés, soit simplement par le désir profond que son affection fût payée de retour, il ne songeait pas un instant que Justin, qui lui avait parlé d’Erin, qu’il savait attiré par les femmes, pût n’être absolument pas intéressé par lui.
Ces réflexions cependant ne lui donnaient pas plus de courage : comme à son habitude dans ces situations délicates, Patience se sentait brusquement dépossédé de tous ses moyens, et il n’y avait pas jusqu’à sa faculté à articuler une phrase correcte dont il doutât. A contrecœur, et pour conquérir un peu de contrôle de soi, il se détacha du contact de Justin pour se redresser un peu plus, assis en tailleur, sur le sol de la Salle sur Demande et, quoiqu’il lui fît face, il évitait soigneusement les regards de son camarade.
L’inquiétude vive de Justin le touchait, et elle le touchait peut-être d’autant plus qu’il était loin de ne pas la partager ; ce coffre lui avait semblé maléfique, certes, mais il n’avait pas senti s’en dégager la puissance qui eût été nécessaire pour abattre ainsi un jeune sorcier dans la force de l’âge. Car, si Patience n’était certes pas l’un de ces mastodontes qui servaient parfois de batteur aux équipes de Quidditch, il n’en était pas moins athlétique et ses multiples escapades, conjuguées à un mode de vie austère, le maintenaient en forme.
Mais la dernière chose qu’il désirait, c’était de communiquer un peu plus son angoisse à Justin. Il haussa les épaules, esquissa un sourire réconfortant point du tout convaincant et tenta de balayer les soucis de son ami :
« Je suis comme les cuillers. »
Se rendant compte que sa réponse n’était peut-être pas très explicites, il ajouta sans conviction :
« Inoxydable. »
Car, sur la liste des nombreuses choses pour lesquelles Patience était dénué du moindre talent, il y avait, entre le vol sur balai et la musique, le mensonge. Et Patience mentait d’autant moins bien que le mensonge était important, bien sûr, mais surtout que la personne à qui il mentait tenait une place considérable dans son cœur et, en ce moment précis, il n’y avait justement pas de place plus considérable que celle occupée par Justin.
Conscient d’avoir été à peu près aussi convaincant qu’un Détraqueur qui tenterait de se reconvertir en nurse pour enfants, Patience se releva, tendit une main à son ami pour l’aider à en faire de même et désigna d’un geste de tête, dans l’autre main de Justin, la clef si difficilement conquise.
« Il est temps d’atteindre notre but. »
Mais, avant de se mettre en mouvement, Patience parut hésiter. La main de Justin dans la sienne lui communiquait tout en même temps un profond courage et une terrible timidité. Finalement, les yeux du jeune homme retrouvèrent le chemin de ceux de Justin et, tout doucement, Patience murmura :
« C’est étrange, souvent, quand tu me regardes, j’ai l’impression d’être quelqu’un d’exceptionnel. »
Aussitôt, le Poufsouffle rougit de son audace (du moins de ce qui constituait, à ses yeux, une audace), détourna le regard et, sans permettre à Justin de répliquer (et peut-être justement pour qu’il ne répliquât pas), l’entraîna vers le coffre dont ils possédaient à présent la clef.
Il ne semblait ressentir aucune faiblesse consécutive à l’évanouissement. Le mérite en revenait aux runes de Justin — probablement. Mais sa main, dans celle de Justin, était terriblement froide.
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|  | | ¤ Serdaigle ¤ Préfet-en-chef ¤ÂGE: 21
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 FEUILLE DE PERSONNAGEORIGINE: INCONNUE MYSTÈRES: Des rumeurs à votre sujet ? Sait-on tout de vous ? POINTS PERSONNELS: 5.772  | Sujet: Re: [Jan 97] Troisième allée à gauche après le Mont aux Chaussures Jeu 18 Aoû 2011 - 18:41 | |
| Voilà, Patience était debout. Tremblant légèrement, montrant la capacité des runes qu'avait tracé Justin, quelques minutes auparavant. Il se félicitait fièrement de ce progrès et se demandait encore si assister aux cours d'Etude des Runes était encore une responsabilité qu'il devait s'imposer. Au pire des cas, il pourrait toucher un ou deux mots à son professeur... Mais en même temps, les cours théoriques étaient toujours intéressants, surtout au niveau de l'histoire des Runes. Après être mis sur table, le Poufsouffle prit la direction du coffre, sans que Justin n'ait eu le besoin d'ajouter un mot à la conversation, presque plane.
Mais, sans attendre autant de la part du jeune homme, celui-ci rétorqua que Justin avait la manie de le regarder comme s'il s'agissait de quelqu'un d'exception. Oui, après tout il n'avait pas totalement tort. Justin trouvait que Patience dégageait quelque chose de peu commun, un attrait qu'il aurait bien voulu avoir lui même. Que pouvait-il ajouter, à part un bégaiement ? De toute façon, Patience ne lui laissa pas le temps de répondre. Ils avancèrent silencieusement près du coffre, baguette en main. Justin qui tenait fermement la clé dans la paume de sa main gauche, fronça des sourcils et s'agenouilla devant le cadenas.
Il inséra la vieille clé dans le verrou, et les chaines disparurent dans un enchantement presque merveilleux. La curiosité monta rapidement à la gorge du Serdaigle. Que pouvait bien contenir ce coffre au grand mystère ? Toute cette attirance devait bien aboutir à quelque chose d'extraordinaire. Justin voyait ça comme l'œuvre même d'un explorateur, d'un archéologue de talent, d'un homme triomphant devant tant d'épreuves et de ténacités. Il jeta un dernier coup d'oeil vers son camarade, se mordant la lèvre inférieur, espérant pouvoir pousser un grand cri d'exaltation. Une vague de frissons grimpa le long de son dos. Doucement, les mains du sorcier poussèrent le haut du coffre vers l'arrière.
Justin repensa brièvement à Alexandra. Tous les moments qu'ils avaient partagés dans le château du grand père l'été précédent ! Ils avaient découvert tant de coffres, tant de choses incongrues et tant de mystères. Ils avaient même fini par faire une sorte de jeu de piste avec Peter Montaigne et Elora Wood. Les deux cousins les plus proches de la famille Montaigne. Elora avait découvert une robe magique datant du 19ème siècle. Elle l'avait complètement vieillit d'au moins trente ans ! Peter quant à lui, s'était armé d'un magnifique casque de cavalier du moyen âge, qui lui avait rendu le visage noir et couvert de mousse et champignons pendant trois jours. Alexandra et Justin s'étaient partagés deux objets des plus normaux. Une toupie pour le gaillard et une paire de gants très à la mode sorciers pour la demoiselle. Dès que la rousse touchait une plante avec ses gants, celle-ci prenait plus de couleur et plus d'importance. Une marguerite pouvait très vite atteindre une taille de trente à cinquante centimètres. Avec la toupie, Justin avait réussi à faire en sorte qu'il pleuve dans la chambre d'ami pendant tout l'après midi... Bref, le Serdaigle ne voulait absolument pas tomber sur un objet aux utilités plutôt inefficaces ou même encore, un objet aux pouvoirs maléfiques.
Pour plus de suspense, il ferma les yeux et serra des dents. Ses mains lâchèrent leur emprise, pour laisser tomber le bout de bois dans un grand craquement de bois. Visiblement, le coffre était soit pourri, soit il avait subit de violents coups pendant la chute de la montagne d'objets, où il s'était tenu perché en son point le plus culminent. Justin ouvrit ses yeux, un grand sourire sur le visage qui s'effaça aussitôt.
« Vide ? » laissa-il échapper d'un ton presque outré.
Comment un coffre qu'il avait considéré avec autant d'arrogance pouvait être vide ? Il était effrayant, enchainé, un lutin avait presque empêché son ouverture... Il devait bien y avoir quelque chose là dedans. Le regard toujours fixe vers le fond en bois du coffre, Justin serra les poings, comme énervé, comme en colère contre un malheureux qui aurait joué de son esprit d'aventurier. Peut-être était-ce encore l'une des farces de ces deux vieux Fred et Georges qu'il ne pouvait absolument pas encaisser. Peut-être simplement, qu'il s'était fait un tas d'idées pour un objet sans valeurs apparentes.
« Pfff... C'est décidé, j'arrête les aventures... Ça n'aboutit jamais à rien avec moi. » lança le Serdaigle d'un air blasé.
Il se retourna vers Patience, évitant au mieux de croiser son regard. Il avait bien trop honte sur le coup. D'un geste simple, il écarta le coffre à l'aide de sa baguette magique, le cachant dans le tas d'objets insolites, gisants sur le sol. Justin prit Patience par l'épaule et lui adressa un sourire en coin, légèrement gêné et embêté par la situation.
« Je pense qu'on devrait peut-être faire un tour à l'infirmerie non ? Tu es tombé dans les pommes, et je t'ai réveillé à l'aide de runes. Je préfère que Madame Pomefresh annonce son pronostique sur l'état de ta santé.» lui conseilla Justin aimablement. |
|  | | ¤ Poufsouffle ¤ 7ème année ¤ÂGE: 23
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 FEUILLE DE PERSONNAGEORIGINE: SANG MÊLÉ MYSTÈRES: Un peu trop épris de magie pour être tout à fait honnête POINTS PERSONNELS: 150  | Sujet: Re: [Jan 97] Troisième allée à gauche après le Mont aux Chaussures Jeu 18 Aoû 2011 - 19:45 | |
| Le chemin de retour vers le coffre, qu’ils avaient parcouru en poursuivant un lutin ignoble, lui parut cette fois-ci extrêmement long. De temps à autre, du coin de l’œil, Patience jetait un regard à Justin, tentant de démêler ce qui se tramait dans l’esprit de son camarade. Depuis son réveil, il semblait à Patience que quelque chose perturbait Justin et le Poufsouffle se demandait s’il devait mettre ce trouble sur le choc de la péripétie ou sur quelque chose de plus éloigné.
Bien entendu, la solution la plus simple eût été d’interroger directement Justin ; mais, en la matière, Patience n’était pas très doué pour adopter les solutions les plus simples. Par timidité sans doute, il préférait éviter les questions ouvertes et tenter de deviner par lui-même les pensées de son camarade. Il ne devait pas avoir l’âme d’un grand Legilimens : l’exercice se révélait entièrement stérile.
Les rives du lac d’objet qu’il avait créé ne tardèrent pas à se dessiner à l’horizon ; il sembla à Patience que les choses n’y étaient pas disposées de la manière dont elles l’étaient quand ils les avaient quittés : soit la Salle sur Demande était perpétuellement en mouvement (et cela lui paraissait loin, très loin d’être improbable), soit sa mémoire lui jouait des tours (ce qui, en raison des facultés du jeune homme dans le domaine, était beaucoup plus douteux).
Le coffre cependant se tenait exactement au même endroit : rien ne semblait pouvoir déranger cet imperturbable mystère, qui les narguait plus que jamais. Comme Justin, Patience ne put s’empêcher de ressentir un frisson de victoire et d’impatience, à l’idée que cette morgue touchait à sa fin et que bientôt leurs efforts seraient récompensés par la découverte de son mystérieux contenu.
Les mains croisées derrière le dos, Patience laissa à Justin, qui après tout avait conquis la clef, le plaisir d’ouvrir le coffre et de mettre au jour leur découverte ; il constata avec un amusement attendri que son camarade avait le sens de la théâtralité. Patience devait bien reconnaître que pour sa part, trouvant à la poursuite infiniment plus de charme qu’à la découverte du trésor, il ne ressentait pas le même besoin de marquer le coup. Mais la fébrilité de Justin était si adorable qu’il n’éprouvait pas le besoin de le lui faire remarquer.
Lentement le coffre s’ouvrit pour révéler son précieux contenu : rien. Un sursaut de joie s’empara de Patience : c’était exactement le genre d’humour tordu qu’il appréciait. Mais le spectacle de la déconvenue de Justin, de l’irritation et de la colère de son camarade, l’intima à garder contenance et, pour ne pas trop sourire, le jeune homme se mordait la lèvre.
Il s’efforça de poser un regard sérieux sur Justin ce qui, comme toute tentative de même sorte, échoua pitoyablement : les yeux de Patience palpitaient d’hilarité. L’air dépité de Justin acheva la résistance du Poufsouffle qui, ne pouvant plus se retenir, partit dans un grand éclat de rire, visiblement bien plus enchanté de la vacuité du coffre que de la découverte d’un grand trésor.
Il mit quelques secondes à reprendre son impassibilité légendaire et, d’un ton qui vibrait des derniers accents de son rire, il glissa à Justin :« Désolé. »Il ne l’était, évidemment, pas le moins du monde. Bien plutôt, il se mettait à la place du sorcier qui avait construit ce coffre, qui l’avait placé en évidence mais apparemment hors d’accès, qui peut-être, même, en avait confié la clef au lutin, simplement pour piéger deux étrangers, qu’il ne verrait jamais, étant condamné à ne rien savoir de la bonne ou mauvaise fortune de son stratagème. Il y avait là-dedans quelque chose qui relevait de l’art.
Patience se rapprocha de Justin et leva la main, comme pour caresser la joue de son camarade et en chasser les traces de frustration. Mais l’intimité de son geste le frappa en plein mouvement et, se ravisant brusquement, dans un rougissement, Patience enfonça la main dans sa poche et se contenta de commenter philosophiquement :« C’est pas grave, c’était une belle chasse tout de même. »La dernière suggestion de Justin, ravivant l’inquiétude qu’il avait ressenti en examinant son évanouissement, fit passer une ombre dans son regard ; Patience hocha légèrement la tête, puis se mit à considérer leur environnement immédiat : la chute des objets avait perturbé la géographie de la Salle et le plan qu’avait tracé Justin était perdu. Heureusement, le sac à dos du Serdaigle avait survécu, au pied de ce qui restait du canapé.
Laissant son camarade récupéré son bien, Patience se mit à considérer les moyens de regagner la sortie. Il avait marqué l’emplacement de la porte, qui avait une fâcheuse tendance à disparaître, par son sac à dos : une sage précaution. Il ne restait plus qu’à trouver un guide : Patience avait précisément ce qu’il leur fallait.
Il sortit sa baguette et la pointa vers le plafond de la salle. Il lui fallait un souvenir particulièrement heureux. Il devait reconnaître qu’il n’en avait pas beaucoup. Mais, brusquement, le souvenir de sa première rencontre avec Justin surgit dans sa mémoire, le Poudlard Express et, comme il mesurait à présent les conséquences de cet événement originel, il lui semblait que le choix était évident.« Spero Patronum ! »D’une vague d’énergie bleutée qui, circulairement, se répandit dans la pièce, un corbeau opalescent sortit : c’était son Patronus. L’animal magique fit quelques tours dans les cieux puis vint se poser sur un monticule tout près d’eux, posant un regard intelligent sur Patience. Le jeune homme murmura doucement, comme si la bête avait été réelle :« On cherche mon sac à dos. »Le Patronus marqua sa compréhension d’un croassement beaucoup plus doux que celui des vrais corbeaux, déploya ses ailes et entreprit de les guider, volant beaucoup plus lentement qu’il n’en avait l’habitude, pour s’assurer que les deux sorciers le suivaient. Ils ne tardèrent pas de la sorte à retrouver le sac à dos, et avec lui la sortie. Patience récupéra son sac, remercia son Patronus et le dissipa. Quelques secondes plus tard, ils étaient dans les couloirs.
La marche vers l’infirmerie fut silencieuse. Patience n’avait pas repris la main de Justin et, à mesure qu’ils s’approchaient de leur but, un sentiment de solitude et d’inquiétude grandissait en lui ; plus il y réfléchissait, moins il trouvait d’explications rassurantes à son évanouissement et, même, il n’en trouvait pas du tout. Mais il avait peur — c’était ridicule — de paraître faible aux yeux de Justin en partageant ses troubles.
Ils arrivèrent à l’infirmerie et, Madame Pomfresh, posant les yeux sur un de ses patients les plus fidèles, marmonnant d’un ton qui se voulait plein de reproches et qui était en réalité plein de tendresse :« Saint-Clair ! Qu’est-ce que vous avez encore fait ? Au moins, vous avez gardé votre nez, cette fois. »Patience rougit à l’évocation de cet épisode peu glorieux de ses aventures, qu’il eût préféré que l’infirmière n’évoquât pas devant Justin. Madame Pomfresh dévisagea les deux adolescents tour à tour, dans l’espoir sans doute d’arracher aux traits de visage l’histoire véritable de leurs errances. Patience fournit un pieux mensonge :« J’ai farfouillé, un peu, juste un peu, dans la Salle sur Demande. Il y avait un coffre pas très amical. Un maléfice avec des blessures qui se rouvrent, se referment. Et puis je me suis évanoui. En sortant pour venir vous voir, j’ai croisé Justin, qui a accepté de m’accompagner. »Patience préférait éviter que le Préfet en Chef se retrouvât impliqué dans une punition potentielle. Madame Pomfresh haussa un sourcil profondément sceptique aux explications du jeune homme et posa un regard pénétrant sur Justin, pour lui faire bien comprendre qu’elle n’était pas dupe. Mais, parce que les soignants parfois s’attachent à leurs patients les plus téméraires, son affection pour Patience l’incitait à passer l’éponge.« Asseyez-vous, Saint-Clair. Vous êtes incorrigible. Bon. Détendez-vous. »Patience abandonna son sac à dos, adressa un sourire à Justin et s’assit sur la chaise. Madame Pomfresh sortit sa baguette, chaussa ses lunettes et agita l’objet tout autour de Patience ; une faible lumière verdâtre s’en échappait. Patience était désormais familier de ses auscultations. Mais cette fois-là, contrairement à son habitude, ce ne fut pas sa moue faussement contrariée qui se dessina sur son visage : un air d’inquiétude véritable en avait pris la place.
La femme se redressa, échangea un bref regard avec Patience, puis se composa un air professionnel, s’approcha de Justin.« Bien, Préfet Montaigne, merci de votre assistance. Je vais prendre en charge Monsieur Saint-Clair, vous pouvez disposer. »C’était beaucoup plus un ordre qu’une proposition. Après avoir chassé avec succès Justin, Madam Pomfresh revint vers Patience et poussa un long, long soupir.FIN |
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