Invité  | Sujet: [Décembre] Mauvais pari, mauvaises blessures Jeu 14 Juil 2011 - 20:09 | |
| La neige avait beau recouvrir chaque parcelle du château, le soleil qui brillait en cette après-midi de décembre avait bien vite fait de réchauffer le cœur d'un bon nombre de gens. Beaucoup d'élèves étaient sortis profiter de cette journée, certains simplement pour se balader et prendre l'air, d'autres pour se livrer aux diverses batailles de boules de neige qui ne cessaient d'éclater à l'extérieur. Aleksi avait choisi un programme bien plus raisonnable et reposant pour ses pauvres articulations, à savoir de rester cloîtré dans sa salle commune à s'adonner à une partie d'échec version sorcier avec l'un de ses camarades. Les échecs, ce n'était pas vraiment son fort, à vrai dire il n'y consacrait que peu de son temps mais cette partie s'avérait être bien plus importante que les autres auxquelles il avait participé. Un pari était en jeu. Le perdant devrait sortir en t-shirt, pantalon remonté jusqu'aux genoux, escalader la falaise puis se rouler dans la neige avant de pouvoir revenir se réchauffer dans le dortoir. Stupide et sans intérêt ? Peut-être, mais il fallait bien se lâcher de temps en temps. L'épreuve serait évidemment surveillé, sait-on jamais qu'il arriverait un accident. Aleksi était fort confiant. Il ne connaissait pas toutes les règles des échecs mais avait déjà amassé bien plus de pions que son adversaires et se disait que ça ne pouvait aller que dans son avantage. Ainsi, lorsqu'il entendit les mots « Echec et mat » sortir de la bouche de son camarade, il ne put que tomber des nues. Il fut tenté de se raviser en pensant au froid qui assaillait l'extérieur mais se dégonfler n'était pas son genre. Il allait devoir endurer ce long chemin menant vers la falaise avec derrière lui trois de ses amis hilares devant son visage crispé. Il leur jeta un regard sombre avant d'enlever son pull en laine épaisse pour se retrouver en t-shirt.
Arrivé à l'extérieur, cette fois à moitié dévêtu, il commença tranquillement à gravir le chemin escarpé menant jusqu'au sommet, sans trop de problèmes. Ce n'est qu'après quelques minutes qu'il se mit à ressentir les effets du froid. La neige lui lacérait les chevilles et le vent qui soufflait le faisait grelotter jusqu'au plus profond de lui même, mais il se garda bien de le montrer. Aux trois quarts du chemin, il sentit ses forces faiblir et se rendit alors compte à quel point il se mettait en danger avec sa maladie qui le guettait à chaque seconde qui s'égrenait. Il entendait encore sa mère lui faire la morale : « Evite de te mettre dans des situations dangereuses où tu pourrais t'endormir et te blesser, soit raisonnable et soit toujours accompagné quand tu te déplaces dans un lieu spécial ». Au moins il était accompagné héhé, pour le reste…on repassera. Une fois au sommet justement, ses paupières devinrent lourdes et il tomba comme une feuille sur un rocher pointu à ses pieds qui lui fracassa le crâne. Ses trois camarades eurent bien vite fait de le rattraper et de se poster à sa hauteur pour observer le mince filet de sang chaud qui s'écoulait et fendait la neige. Le reste, il ne s'en souvint pas, il sait juste qu'il se réveilla quelques heures plus tard, à l'infirmerie.
« ….la jeunesse de nos jours ! Vous n'avez donc rien d'autre à faire que de vous mettre en danger ! Aleksi tu devrais pourtant savoir mieux que personne que c'est stupide et dangereux de se livrer à de pareilles pratiques. Tu n'en as donc pas marre de tes séjours ici ? »
Le Gryffondor avait l'impression qu'on lui tapait au marteau dans la cervelle, pire que la gueule de bois. Il écoutait vaguement les propos de l'infirmière à propos de ses nombreuses semaines passées ici, suite à des blessures dues à sa narcolepsie. Il se mettait toujours dans des situations improbables et dangereuses mais ce n'était pas toujours sa faute. Il ne pouvait contrôler ses minutes d'endormissements. Il fit un geste pour se relever mais l'infirmière le coupa net en lui tendant un gobelet rempli d'un liquide verdâtre visqueux.
« Oh non cette nuit tu restes ici mon garçon. Mais avale ça et demain tu seras à nouveau en pleine forme...enfin si je puis dire. »
Il grimaça, avala le vieux remède puis soupira en songeant aux heures entières qu'il allait passer à moisir dans cette infirmerie dénuée de toutes distractions. Mêmes ses soi-disant amis s'étaient fait la malle, quelle bande de lâcheurs.
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¤ Poufsouffle ¤ 7ème année ¤ÂGE: 21
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 FEUILLE DE PERSONNAGEORIGINE: INCONNU MYSTÈRES: Des rumeurs à votre sujet ? Sait-on tout de vous ? POINTS PERSONNELS: 500  | Sujet: Re: [Décembre] Mauvais pari, mauvaises blessures Ven 15 Juil 2011 - 19:02 | |
| Marilyn avait toujours adoré l’hiver. Sans doute parce qu’elle supportait mieux le froid que la chaleur. Elle avait toujours aimé contempler les paysages enneigés, faire du patin à glace sur le lac noir, ou encore, se livrer à moult batailles de boules de neige avec ses camarades de maison. Quand elle était toute petite, Marilyn se roulait dans la neige, afin de s’en saupoudrer comme un beignet, elle construisait un bonhomme de neige sous l’œil amusé de ses parents. L’hiver, c’était surtout la période des fêtes de fin d’année qui s’annonçait. Depuis quelques jours déjà, le hibou familial faisait de nombreuses allées et venues entre le cottage où Marilyn habitait encore avec sa mère, et Poudlard. Il était question de négocier un éventuel retour à Noël. Comme chaque année, Amanda suppliait sa fille de revenir à la maison, pour fêter Noël avec elle. Mais le Noël à deux, ce n’était pas drôle, en particulier lorsque son père jouait les abonnés absents. Alors, pour une fois, la Poufsouffle avait émis l’idée de rester à Poudlard pour les fêtes de fin d’année. Marilyn aurait aimé fêter Noël au château au moins une fois dans sa vie. Et comme l’année prochaine, elle s’en allait, c’était l’occasion ou jamais. Elle voulait profiter du banquet restreint, ouvrir ses cadeaux amoncelés au pied de son lit à baldaquin, et se nourrir des mets succulents préparés spécialement pour cette occasion par les elfes de Maison. Dans de telles conditions, Noël allait être vraiment magique, au sens propre comme au sens figuré. Pour la première fois depuis bien longtemps, la Poufsouffle se sentait d’humeur guillerette. Peut-être était-ce l’approche de ces fêtes de fin d’année qui la rendaient si pleine d’entrain. Et cette simple perspective avait suffi à chasser les gros nuages gris qui s’étaient amoncelés autour d’elle depuis quelques temps. Sa chute lors du dernier match de Quidditch l’avait quelque peu préoccupée. Non pas la chute en elle-même, mais son origine et ses conséquences. Il semblerait que cela se soit aggravé ces dernières semaines. Elle ne s’était jamais sentie aussi faible, aussi fragile. C’était inquiétant, et pourtant…
Elle avait tu cela à sa mère, pour ne pas qu’elle se fasse du souci. Parce que si elle savait, elle allait automatiquement réclamer son retour à la maison. Alors, Marilyn se taisait, espérant que les récents évènements n’aient pas été davantage ébruités. Il suffisait simplement que Mme Pomfresh, voire même Albus Dumbledore écrivent à sa mère pour qu’elle se voit obligée de renoncer à ses rêves de fête au château. Il n’en était tout simplement pas question. La Poufsouffle avait beau être passive, la plupart du temps, elle n’en demeurait pas moins obstinée, surtout quand cela la concernait directement. C’était malheureusement un aspect de sa personnalité que l’on occultait bien trop souvent, persuadés à tort qu’elle était simplement soumise, sans aucune volonté. Dans un sens, cela peut-être vrai. Moins Marilyn contrariait les gens, mieux elle se portait. Ce qui la poussait parfois à taire ses désaccords pourtant persistants, ou ses opinions les plus dérangeantes. Toujours aussi songeuse, la Poufsouffle apposa un point final à la missive qu’elle était en train d’écrire, et qu’elle comptait envoyer dans l’heure. À cet effet, elle avait cacheté le parchemin, puis elle s’était levée, elle avait traversé la salle commune puis elle était sortie. Il lui restait simplement quelques marches à gravir, les marches qui allaient lui permettre d’atteindre la volière. Elle se sentait faible. Elle n’avait pas beaucoup dormi la veille, et le moindre effort physique l’épuisait. Aussi, se rendre à la volière, aujourd’hui, allait être un poil suicidaire. Mais elle ne pouvait pas remettre ça à demain. Parce qu’elle avait déjà trop repoussé l’échéance, et sa mère n’allait pas tarder à s’inquiéter si Marilyn ne lui donnait pas bientôt des nouvelles. La jeune fille monta deux étages. Puis une volée d’escaliers supplémentaires. Et ce fut le trou noir. x La jeune fille s’était réveillée à l’infirmerie, endolorie. Elle avait l’impression de s’être pris un coup de massue sur le crâne. Et surtout, il n’y avait plus sa lettre. La Poufsouffle se redressa, non sans plisser des yeux au passage, la lumière du jour l’aveuglant. Elle ne comprenait pas pourquoi elle était ici, ni même pourquoi ses membres étaient si douloureux…L’infirmière de Poudlard fit irruption à ses côtés, puis s’empressa de prendre son pouls. « Ma lettre. » maugréa la jeune fille, légèrement sonnée. Par réflexe, elle porta une main à son front, ne serait-ce que pour vérifier qu’elle n’avait pas de fièvre. Lasse de se faire ainsi examiner, la demoiselle se laissa retomber sur l’oreiller, voyant que Mme Pomfresh n’était pas disposée à lui répondre pour le moment. Elle soupira, longuement. On l’avait pourtant prévenue. Au moindre accident, plus ou moins induit par sa faiblesse, ils se verraient dans l’obligation d’avertir sa mère…Et Marilyn pourrait dire adieu à son projet, si tant est que cela en soit un. La Poufsouffle n’écouta qu’à moitié ce que l’infirmière était en train de lui dire, puisqu’une fois de plus, elle se faisait réprimander. Et elle était lasse d’entendre toujours les mêmes choses. Même si elle ne faisait pas d’efforts pour que cela s’améliore…c’est à croire qu’elle aimait se faire engueuler. D’après les dires de l’infirmière, Marilyn était tombée dans les escaliers. Voilà qui expliquait à présent pourquoi elle avait mal, partout. Pourquoi elle était sonnée également. Et elle soupira, encore. Elle était trop faible, parce que cela faisait quelques jours qu’elle jeunait, se contentant d’une pomme pour combler le trou béant qu’elle avait en lieu et place de son estomac. Mais qu’y pouvait-elle si elle était incapable de garder ce qu’elle mangeait? Elle n’y pouvait rien. Et à l’infirmière de rétorquer que la psychologie jouait un rôle important dans tout ça. En quelles proportions, elle n’en savait trop rien, mais la moralité était qu’avant d’aller mieux dans son corps, elle devait aller mieux dans sa tête. Trouver le problème, et y travailler. Faire éventuellement une introspection afin de trouver l’origine de ses troubles alimentaires, qu’elle se refusait pourtant à nommer, comme si c’était tabou, comme si c’était une tare. Et pourtant, le fait qu’elle était anorexique se lisait sur son visage pâle, sans aucune rondeur, sur son corps trop maigre, ses épaules trop frêles. Elle était en mauvaise santé, et cela se voyait. Elle était ainsi depuis tellement longtemps…au moins depuis que la période trouble de l’adolescence avait débuté, non sans occasionner les quelques changements qui allaient de pair, et que la Poufsouffle n’avait pas supportés. Alors, elle se condamnait à être frêle et malade, pâle comme la mort. Elle qui paraissait pourtant si enjouée, emplie de joie de vivre…C’est sur ces pensées que la jeune fille se réveilla, trop faible pour garder l’œil ouvert.
Elle fut réveillée quelques heures plus tard, par l’infirmière qui s’époumonait à nouveau. En l’espace d’un instant, sans doute trop persécutée, la jeune fille crut que l’infirmière en avait après elle. Mais bientôt, elle sentit de l’agitation autour d’elle, ce qui la contraignit à ouvrir totalement les yeux. Elle tourna la tête vers sa gauche, et vit un garçon pas très disposé à coopérer. La Poufsouffle esquissa un sourire. Mme Pomfresh devait être épuisée de lutter à longueur de temps contre cette jeunesse récalcitrante, persuadée d’être invincible. La Poufsouffle contempla longuement de son regard ambré la scène qui se déroulait sous ses yeux, mi amusée, mi désolée. Elle attendit que l’infirmière ait tourné le dos à son patient pour s’adresser à lui, d’un ton calme et posé.
« Elle est épuisante, tu ne trouves pas? »
Et tant pis si Mme Pomfresh l’avait entendue. Marilyn se cala confortablement dans son lit, sans quitter des yeux l’élève qui sommeillait non loin d’elle. Elle finit par hausser les épaules, et par contempler le plafond de l’infirmerie. Elle n’espérait même pas que son compagnon d’infortune réponde à ses quelques mots, elle avait simplement voulu lui faire part se son ressenti face à la situation présente.
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