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[Avril 1996] How do you feel now ? [PV Martin] [A GARDER]

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MessageSujet: [Avril 1996] How do you feel now ? [PV Martin] [A GARDER] Dim 27 Déc 2009 - 1:12

Ils étaient sortis de la salle commune, sans trop se faire remarquer et d'un pas léger, n'attirant pas le regard d'autrui et ne faisant lever aucune tête, comme si tout était normal. Seulement voilà, la situation n'avait rien de normal. Déjà, ils n'avaient pas à sortir à cette heure. Le couvre-feu allait bientôt se prononcer, et chacun devrait être dans sa salle commune à s'occuper ou dans son dortoir à se mettre au lit. De toute évidence, les deux Gryffondor n'avaient pas sommeil, et n'étaient pas près d'aller dormir. June qui se trouvait fatiguée, blasée par son travail personnel, n'avait alors pas besoin de café ou de quoi que ce soit d'autre pour la requinquer. Non, rien de tout ça. Le garçon qui la suivait suffisait amplement. Il marchaient côte-à-côte, les bras se balançant doucement, en accord avec le poids du corps. Les mains se frôlant par moments, et le cœur qui accompagnait doucement. June se sentait toute petite à côté de lui, si grand, et à la carrure avantageuse. Et elle adorait ça. Elle ne lui montrait pas vraiment, mais il devait le sentir. Aussi gentleman et adorable qu'un homme pouvait être, il avait sa part de machisme qui attendait d'être lâchée. Jusqu'ici, Martin l'avait contenue – du moins il lui avait semblé. Ce n'était pas plus mal, il attendait le bon moment. Tout en finesse, elle l'espérait.

Le froid et l'obscurité des couloirs avaient imposé un puissant contraste avec le confort douillet de la salle commune. Celui qu'ils empruntaient, menant vers la salle de bain, tel un pont entre deux instants que l'on ne veut voir s'éteindre, demeurait silencieux et vide. Seuls leurs pas résonnaient sur le sol mort. Ils ne parlèrent que trop peu, profitant peut-être du dernier silence qui avait jusqu'alors éloigné Martin de June. Aussi, ils parlèrent pour combler ce silence qui régnait en maître ; peut-être mal à l'aise, peut-être impatients, allez savoir, eux-même n'auraient su faire la différence tant la tension montait, justement pas à pas. Par instants elle levait les yeux vers lui, cherchant quelque chose à décrypter, à déchiffrer avant d'avoir à le quitter – restons dans la convenance au moins pour avoir bonne conscience. Elle lança même, désireuse de la réponse :


 « Je vais me faire couler un bain à 38°C... Et je laisserai le temps à la vapeur d'occuper les vitres, pour être sûre d'avoir la paix et d'éviter les regards indiscrets. Tu vas faire quoi toi, après ? »

Si ça allait le déstabiliser ? Peut-être, et alors ? C'était le but après tout. Mais il ne s'en irait pas. Non. Il ne le ferait pas. Il... n'oserait pas, si ? Tout à coup, June eut un doute. Et si elle se laissait dominer, une fois de plus par ses pulsions ? Ne vivait-elle pas alors dans de stupides illusions d'adolescentes en mal d'action ? Car ce n'était pas ça qui manquait dans sa vie, pourtant ! Entre Evan et tout ce qui lui était rattaché, les vagues - et heureusement, éphémères – avances de Dougie, les moments excitants avec Cennyd, et le fameux bain en compagnie de ce David... June avait eu de quoi s'amuser – quoiqu'avec Dougie, la situation avait été assez délicate à vivre ; à un tel point que là pour le coup, elle se demandait encore aujourd'hui si elle n'avait pas tout inventé en ayant mal interprété ce qui n'avait pas à l'être. Pourquoi soudainement, cela arrivait avec Martin ? Aussi prudent et judicieux se montrait-il, c'était assez clair pour ne pas être prise pour une folle, si ? June tenta un lien entre les deux situations. Dougie et Martin n'avaient rien en commun, ne serait-ce peut-être que leur tendance à s'écarter, préférant la discrétion au reste. Mais ce n'était pas ça ; ce qu'elle retrouvait dans la présente situation, c'était sa véracité, la réalité qui en ressortait. On ne parlait pas là de dix minutes ou d'un soir à s'amuser. Cette fois, il y avait quelque de sérieux, qu'elle n'avait pas ressenti depuis Evan. Ca vous déstabilisait un rien, c'était fou. Elle n'avait pas peur, elle était juste surprise. Tout arrivait maintenant – mieux vaut tard que jamais dit-on -, alors qu'elle n'avait rien prévu. Comment ne pas apprécier ?

Ils arrivaient à destination. Déjà ? Arrivée au moment auquel tous deux pensaient durant le trajet, June ne sut que trop faire. Elle savait déjà qu'elle ne l'inviterait pas à entre – et puis quoi encore ! Elle ne reproduirait pas ce qu'elle avait pu vivre avec David – et encore moins Cennyd -, tous étaient uniques en leur genre, et agir de la sorte aurait de toute façon eu quelque chose de malsain, hors du fait que ça constituait un grand manque de respect, aussi bien envers eux qu'envers elle-même. Mais elle ne pourrait s'empêcher, même inconsciemment, de comparer. Qui ne comparait pas ? June se demandait à qui pouvait Martin pouvait bien la comparer. Il avait cet air sur le visage quand il la regardait qui laissait supposer de merveilleuses pensées. L'œil brûlant et le visage un peu crispé, retenant trop de choses d'un coup que le corps voudrait exprimer. Ce soir, ce Martin là n'était guère à ses côtés. Jouait-il un rôle pour lui plaire ? Elle ne l'espérait pas... Car elle aimait ce qui se trouvait en face d'elle, ce nouveau visage pourtant aux mêmes traits, cette nouvelle intonation dans une voix qu'elle connaissait pourtant... Si rôle il y avait, danger suivait derrière ; cela signifiait l'arnaque et la souffrance. Mais June, assez réceptive, ne sentait rien de tout ça. Et de toute façon, il n'était plus question de reculer. C'était ce soir ou jamais. Elle avait une boule au ventre, qu'elle avait crispé. Elle reconnaissait là le stress qu'occasionnait l'imprévu et l'excitation qui en découlait. « Like a virgin », chantait Madonna.

Devant la porte derrière laquelle la grande baignoire n'attendait qu'elle – ou pas -, June sortit sa baguette et prononça l'Alohomora. Le loquet céda, et la porte s'entrouvrit. Elle jeta un œil à l'intérieur, s'assurant que la pièce était bien vide et ainsi que le bassin était libre. Rangeant sa baguette dans la poche de son jean, elle s'en retourna alors vers Martin, l'air simple et plus naturel que jamais, presque chasseur :


 « Bon, et bien, voilà. »


Dernière édition par June Unalia le Dim 25 Juil 2010 - 12:05, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [Avril 1996] How do you feel now ? [PV Martin] [A GARDER] Sam 23 Jan 2010 - 18:44

Martin ne savait pas trop où l’aura conduit son élan d’audace, mais il traçait. Lentement, mais sûrement. Il suivait son petit bonhomme de chemin, obéissant plus à ses principes qu’à ses envies, et quand il obéissait à ses envies, voilà ce que ça donnait. Il était par exemple en route vers la salle de bains, June marchant à ses côtés. Lui qui ne savait pas trop quoi faire ensuite. Lui qui manquait suffisamment de cran pour oser prétendre rester alors qu’il en avait envie. Non qu’il était un voyeur, ça, il respectait trop la gente féminine pour s’autoriser de tels écarts de conduite, mais il voulait juste profiter un peu plus de sa compagnie, avant qu’elle ne lui échappe de nouveau. Prendre les devants n’était pas facile, mais il fallait être sûr de son coup. Martin n’était pas trop sûr de ce qu’il faisait, mais pourtant, il faisait. Il aura bien le temps de réparer les pots cassés après, si pots cassés il y a, cela va de soi. Dans tous les cas, il accompagnerait June au moins jusqu’à la porte de la salle de bains, quitte à lui laisser son intimité après. Il n’allait quand même pas entrer dans la salle de bains non plus, il était bien trop élevé pour ça. Rien n’était moins sûr. Parce qu’une petite voix insidieuse disait dans son esprit que ça ne lui déplairait pas spécialement d’entrer aussi dans la salle de bains. Après tout. Il fallait quand même reconnaître qu’il y avait de quoi devenir schizo avec tout ce qui se passait en ce moment dans la tête du Gryffondor. Gryffondor qui pour le moment avait foutu son courage au placard, lequel courage parlementait pour sortir de sa prison. Il marchait donc à ses côtés, profitant de la fraîcheur du soir qui s’installait dans les sombres couloirs, éclairés par des torches. Le feu. Indomptable. Fougueux. Impétueux. Tout comme Martin pouvait l’être par moments. Mais le feu dormait actuellement sous la cendre. La cendre qui ne demandait qu’à être virée pour que le feu renaisse et ne soit plus jamais étouffé. Tu parles. Martin faisait un bien piètre feu en tout cas. Il manquait ce petit quelque chose pour qu’il s’embrase. Et l’énigme du jour était de savoir quoi.

Martin était long au démarrage. Il hésitait au début, se montrant relativement prudent. Et puis à mesure qu’il avançait, il prenait confiance, il doutait moins. Alors, il accélérait. Grisé par l’adrénaline, avide de frissons, il perdait doucement le contrôle et devenait quelqu’un d’autre. C’était précisément ce qui se passait alors qu’ils cheminaient dans le noir. Martin prenait confiance en lui, petit à petit. A chaque pas qu’il faisait, tout lui paraissait tellement plus facile, tellement plus abordable. Du bout des doigts s’il le voulait, il pouvait toucher la fille qui lui plaisait. Tout était à portée de main. Le bonheur. Peut-être même l’amour. Encore faut-il qu’il le veuille. Parce que ça changeait beaucoup de choses la volonté. Sans volonté, on n’arrivait à rien. Et souvent, le Gryffondor en manquait cruellement, ne se contentant alors que de vivre. Survivre peut-être. Mais c’était tout. Jamais il ne provoquait, jamais il n’osait. Et là, miracle, il osait. Il envisageait les choses différentes depuis tout à l’heure. Si Martin était toujours le Martin qu’il était d’habitude, jamais il ne se serait levé sachant que June allait prendre son bain. Jamais non plus il n’aurait eu dans l’idée, par hasard, de la suivre malgré tout. Il venait de prendre sa décision. Il ne laissera pas June entrer toute seule là dedans. Il ne savait pas jusqu’où il pourrait pousser son audace, mais il devait de toute façon se bouger. Il préférait regretter ce qu’il a fait parce qu’il se sera pris une claque plutôt que de regretter de n’avoir rien fait. Au moins, il aura essayé, et il ne noircira plus des pages et des pages de questions sans réponses. Au moins, il sera fixé, même si le fait d’être fixé le terrifiait malgré tout. On oublie la peur. Parce que la peur n’évite pas le danger. Et on se montre enfin téméraire, digne d’un vrai Gryffondor. Il était un rouge et or, que diable!


« Je vais me faire couler un bain à 38°C... Et je laisserai le temps à la vapeur d'occuper les vitres, pour être sûre d'avoir la paix et d'éviter les regards indiscrets. Tu vas faire quoi toi, après ? »

Question piège. Martin en réalité n’en savait rien du tout, et en temps normal il aurait haussé les épaules nonchalamment, comme pour confirmer son ignorance. Mais que ferait le nouveau Martin, tout du moins, celui qu’il voulait bien montrer en ce moment même? Hum, question difficile, il fallait l’avouer. Tant d’options étaient possibles. Aucune possibilité n’était à écarter. Il serait capable de l’attendre dehors si jamais elle décrétait qu’elle ne voulait pas de lui. Il ne le prendrait presque pas mal. Après tout, ce n’était pas tous les jours non plus qu’une jeune fille invitait un jeune homme dans la salle de bains alors qu’elle prenait son bain. Certes à une époque, l’on se bousculait pour assister au lever du roi, au bain du roi, mais quand même, ça fait un peu voyeurisme, vous ne trouvez pas? C’était certes une autre époque et pas la même chose, mais bon, c’était dans le même ordre d’idées. Comment ça Martin discute trop? Ah oui. Agir. Agissons, donc. Après un petit moment, moment pendant lequel il avait réfléchi, le jeune homme se risqua alors à parler, de cette même voix que tout à l’heure:

« -Honnêtement? Je n’en sais rien, tu vois. Je n’ai rien prévu ce soir. Je n’ai pas la moindre envie de faire mes devoirs, et j’aurais pu prévoir ma stratégie en vue du prochain match de Quidditch mais je n’en avais pas envie. J’en avais envie avant que tu n’arrives tout du moins. Et maintenant que tu es là, que vais-je donc faire? Tu as une idée? Une envie particulière? Je suis toute ouïe. Mais sache qu’on ne se débarrasse pas de moi aussi facilement. Reste à savoir si tu veux réellement que je reste avec toi. Qui sait jusqu’où je peux avoir de l’audace? »

Il avait aucune idée de pourquoi il disait tout ça, mais il disait. Son nouveau lui s’exprimait, un peu plus librement, ayant peut-être moins d’inhibitions. Il avait poussé relativement loin les sous-entendus, encore fallait-il qu’elle ne le prenne pas trop mal. Qui sait, elle était peut-être saoulée par tous ces dragueurs de bas étage qui avaient tendance à sortir des énormités parfois, et qui tenaient des propos pas très délicats par moments. Martin était-il de ceux là? Certainement pas. Parce que si on regardait bien, il lui laissait le choix. Il n’était pas comme une brute épaisse, à s’imposer. Genre je viens, tu n’as pas le choix. Non, ce qu’il cherchait à dire, lui, c’est plutôt tu vois, j’ai envie de venir avec toi, mais si tu ne veux pas de moi, je ne m’imposerai pas pour autant. Quoiqu’il en soit, elle aurait son mot à dire, il la respectait trop pour imposer sa présence de toute façon. Il la laissa méditer un instant sur ses paroles, avant de retourner dans son mutisme, pour un tête à tête, seul à seul, avec ses pensées. Il essayait autant que possible d’exclure celles qui risqueraient de lui faire regretter son choix. Et puis ils arrivèrent enfin à destination. Déjà? Il semblait à Martin que le chemin était plus long. Enfin bref. Venait normalement le moment où ils devaient se séparer. Sauf que. Martin n’avait aucune envie de laisser filer June maintenant. Parce que voyez-vous, s’il le faisait, nul doute qu’il aurait la sensation désagréable d’inachèvement, que quelque chose aurait dû se passer mais qui ne se serait pas passé, vous voyez le genre? Bref, source de nombreuses autres frustrations. Et c’est lui qui parlait d’audace? Ben voyons. Ce mot sonnait bizarrement dans sa bouche, lui qui n’en avait jamais fait preuve jusqu’à présent se sentait capable de déplacer les montagnes, pour peu qu’il lui restât un peu de force. Un instant il eut la vague tentation de fuir. Mais June, qui préparait les lieux, toujours décidée à prendre son bain, visiblement. Martin sentait le stress qui commençait à affluer en lui, mettant à néant toutes ses résolutions. Il ne savait pas trop comment se comporter. D’une façon qui ne serait pas trop déplacée, tant qu’à faire. Surtout qu’elle dit un simple:

« Bon, et bien, voilà. »

Et voilà. Voilà quoi? Martin resta un moment sans réaction. Hééé, pas si vite quoi. Là, c’était le moment de jouer les braves. D’être un homme quoi! Il se pencha légèrement vers June, appuyant sa main gauche sur le mur derrière elle, juste au dessus son épaule. Il la regarda droit dans les yeux, alors qu’il s’exprimait de nouveau.

« -Alors June? Qu’as-tu décidé? Tu veux vraiment que je m’en aille? Si c’Est-ce que tu souhaites…Je m’en irai. Et je te laisserai à ton bain. »

Un sourire charmeur vint appuyer ses dires. Comme si au fond, il lui disait qu’elle ne pouvait pas lui résister. Qu’elle préférerait être avec lui. Mais au fond, ce n’était pas ce qu’il voulait lui?
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MessageSujet: Re: [Avril 1996] How do you feel now ? [PV Martin] [A GARDER] Dim 21 Mar 2010 - 20:54

Martin se pencha vers elle, la main contre le mur auquel elle était adossée. Pendant un moment, elle crut qu'il allait se jeter à l'eau, et lui volerait un baiser. Que nenni ; le manque d'audace se répétait, et June s'impatientait. Certes il se dépassait, troquait sa timidité pour un peu de courage, et ce pour lui plaire. Elle était loin d'en être indifférente ; mais il y a toujours un moment où le désir doit être comblé pour se faire plus fort. Et de belles paroles ne suffiraient plus ; aussi pour en demeurer digne, fallait-il oser passer à l'acte. Ainsi June ne chercha pas à répondre au Gryffondor. Dans un sourire où elle ne put s'empêcher de se mordre la lèvre inférieure – fut-ce volontaire ou non -, elle ouvrit la porte. Puis, se retournant, elle lui prit les deux mains et l'attira dans la salle de bain, marchant à reculons. Quand la porte fut fermée, ils restèrent un court instant ainsi, sans vraiment savoir quoi dire. Dans la salle régnait un calme sans égal. June n'osait parler tant elle sentait par avance sa voix se heurter au silence qui écrasait le bassin vide. Et comme lorsque l'atmosphère se réchauffe, la voix pouvait être rauque sans prévenir ; inutile de gâcher un tel cadre.

Elle se décida à le lâcher pour faire couler l'eau des robinets. Le silence fut rompu. La distance créa comme un effet pause qui lui permit d'entrevoir la suite. Les scénariis se multipliaient au fil des secondes, et au fil des litres. Mais tous était ornés de la seule et même image. Il était absurde de trop y penser, autant laisser les choses se faire naturellement et dans leur temps – bien que l'attente commençait à peser ! Elle aurait voulu se retourner vers le jeune homme et lui dire quelque chose, n'importe quoi, mais ne trouva rien qui puisse coller à l'instant. Autant se taire, cela valait bien mieux, surtout dans ce genre de circonstances. Et après tout, s'il voulait briser la distance, il n'avait qu'à le faire. Elle s'était promis de le tester, de le faire dépasser ses limites. C'était comme ça qu'elle le voulait, ce soir. Et il en serait ainsi. Dans le cas contraire, il se trouverait une autre baignoire. Et ils en resteraient là.

June éteignit le robinet principal. Tous les jets d'eaux se stoppèrent, et le calme revint. Elle aurait voulu se débarrasser de ses vêtements et entrer dans l'eau en ignorant le jeune homme, mais ne put s'y résoudre. Et en y repensant, cela n'aurait servi à rien d'être aussi dure. Elle s'en retourna donc vers lui, et enleva sa cape. Ses cheveux retombèrent sur ses épaules, et légèrement elle les repoussa pour dégrafer sa chemise. En cet instant elle n'avait qu'une envie ; se serrer contre lui. Mais la fierté l'emporta, et elle n'en fit rien. Elle se contenta, simplement, de lui prendre une main et de conserver un doux contact avec les siennes.

HJ : Y'a quasi rien, mais je reviens tout juste et je n'ai pas envie d'en faire trop, histoire de continuer en conséquences des réactions qu'aura Martin :)
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MessageSujet: Re: [Avril 1996] How do you feel now ? [PV Martin] [A GARDER] Sam 1 Mai 2010 - 17:09

Il devait le faire. Il avait envie de le faire, une envie viscérale, qui venait des tripes, mais à chaque fois il trouvait quelque chose pour se dérober, une excuse pour lui éviter de se jeter à l'eau. Un pas en avant, et c'était dix en arrière. Martin doutait, perpétuellement, encore plus lorsqu'il s'agissait de June. Il n'était pas sûr d'être le type qu'il lui fallait. Il n'avait ni talent ni renommée, il était n'importe qui. Il n'avait pas le panache de quelqu'un qui pourrait convenir à June. Mais il lui avait semblé qu'il avait été capable de susciter quelque chose en elle. Un petit quelque chose, certes, mais c'était toujours mieux que rien, au moins elle ne lui était pas indifférente. Et ça pourrait éventuellement l'encourager. Sauf que ce n'était pas suffisant. Il craignait toujours la veste. Ca serait dommage quand même de foutre en l'air ce qu'ils avaient construit jusqu'alors à cause d'une simple bévue. En même temps...Il ne lui restait plus beaucoup de temps avant de partir pour de bon. Juin s'approchait, vitesse grand V, et June alors s'éloignerait. Il ne voulait pas partir avec des regrets, le regret de ne rien avoir fait. Il avait tenté l'audace, il s'était misérablement rétracté. C'était sa façon de se défendre, de se préserver. De se mettre à l'abri.

Ni une, ni deux, June l'avait tiré dans la salle de bain, la surprise pouvait se lire aisément sur ses traits. La blonde le tirait à l'intérieur à présent, à reculons, alors qu'il se laissait faire. Maintenant, il n'avait plus vraiment la possibilité de reculer. Le voulait-il d'ailleurs? C'était à se demander, franchement. De toute façon, la porte était à présent fermée, il n'y avait plus moyen de fuir. Elle ne l'avait pas foutu dehors pour quémander un tant soit peu d'intimité. C'était bon signe, n'est-ce pas? La tension emplissait la pièce, rendant Martin mal à l'aise. L'air était vite devenu électrique, et il n'allait pas tarder à s'alourdir sous l'effet de la vapeur d'eau qui allait bientôt se créer. Le capitaine regarda la musicienne qui à présent se mordillait la lèvre inférieur, dans un geste terriblement sensuel mais pourtant inconscient. Il soutenait son regard, ne sachant pas trop quoi faire d'autre. Bientôt, on n'entendait que le clapotis de l'eau qui commençait à couler et à emplir la baignoire. Un lieu, des dizaines de possibilités, tantôt totalement délirantes, tantôt possibles. C'était un moment où l'imagination s'emballait. Où on imaginait tout et où il ne se passait rien. Un moment où on s'imaginait faire les gestes, mais où le cerveau, poussé par la raison, refusait d'obéir. C'était le moment où deux solutions, radicalement opposées, semblaient s'affronter.

Soit il ne se passait rien et tout retombait comme un vulgaire soufflé au fromage mal cuit, laissant la frustration latente et cette impression désagréable de suspension. La frustration de voir le mot fin se profiler en plein milieu de l'action palpitante ou d'un revirement de situation majeur. Soit il se passait quelque chose, effectivement. Et après? Que se passait-il après? Se pouvait-il que tout se passe pour une fois conformément à ce que l'on imaginait? L'Après constituait une énigme, il représentait l'inaccessible, mais plus grand intérêt une fois qu'on y était arrivé. L'être humain désirait l'inaccessible. L'être humain aimait le défi, et quand il en avait remporté un, grisé par sa victoire, il en cherchait un autre, plus ardu. Mais conquérir June n'était pas un défi comme ça, juste en passant. Il y avait la volonté derrière de construire quelque chose, que l'Aprés dure, et c'était ça le vrai défi, le vrai problème. Encore faut il faire ce quelque chose qui permettait d'accéder à l'Aprés. De franchir la frontière invisible et pourtant réelle qui s'était installée entre eux, la dernière protection dont ils bénéficiaient vis à vis de l'autre. Il suffisait de franchir cette barrière imaginaire pour qu'ils ne soient plus protégés, et ça c'était flippant.

Elle venait d'arrêter l'eau et il était toujours planté là, comme un crétin, ne sachant pas plus quoi faire. Ne le voilà pas plus avancé par rapport à tout à l'heure. Martin la vit se défaire de sa cape avant de repousser ses cheveux en arrière. Et elle lui prit la main, pour la garder dans la sienne, assez froide. Il regarda leurs mains ainsi enlacées, avant de prendre l'autre. Autant les réchauffer toutes les deux, non? De toute façon, il ne servirait pas trop longtemps de radiateur, le bain s'en chargerait vite à sa place. Seigneur, qu'il pouvait apprécier son contact. Ca lui rappelait une scène dans certains films. Le moment avant LE moment fatidique. Le moment où la donne changerait, le moment où...Tout en tenant les main de June dans les siennes, il la regardait, un léger sourire vissé à ses lèvres. La fin approchait, le moment où ils étaient censés se séparer aussi. Le gryffondor riva son regard sombre dans les yeux clairs de la jeune femme, avant de murmurer, brisant le silence.


« -Et voilà. C'est le moment où on est censés s'embrasser pour se dire au revoir et bonne nuit. Le moment où chacun repart de son côté en se disant qu'on se reverra demain matin. »

Un éclat de malice brillait dans ses yeux sombres, alors qu'une étrange impulsion l'avait pris, quelque part entre le coeur et les tripes. Il lâcha une main, pour venir caresser sa joue presque du bout des doigts, pour remettre une mèche de cheveux derrière son oreille. Ce foutu sourire toujours arroché à ses lèvres, il n'avait pas remarqué que la présence entre eux s'était réduite. Alors, sans davantage réfléchir, il venait de poser ses lèvres sur les siennes, longuement. Il n'avait pas volé beaucoup de baisers, mais chacun avait compté. A aucun moment il ne s'était agi d'un jeu, tout avait toujours été sincère. Dès lors qu'il se détacha d'elle, presque à regrets, les joues brûlantes, le regard fou, il déclara, la voix légèrement rauque.

« -Voilà jusqu'où je peux avoir de l'audace. Un Gryffondor est réputé pour cela, non? Ai-je honoré ma maison en agissant de la sorte au lieu de fuir lâchement? »

Le tout avait été prononcé sur un ton qui se voulait enjoué et plaisantin. Mais l'émotion avait rendu sa voix rêche et un peu hésitante. Son coeur, lui, cognait comme un dingue dans sa poitrine, sa peau était encore parcourue de la chair de poule. Le sang dans ses veines commençait à ralentir, ses tempes battaient un peu moins. Sa gorge quant à elle était toujours aussi nouée, sa main libre tenant celle de la jeune femme, l'autre se perdant dans ses cheveux, derrière sa nuque délicate.

« -Je devrais m'excuser pour ce que je viens de faire. Mais je ne le ferai pas, parce que j'en avais envie. Et je pourrais même recommencer. »
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MessageSujet: Re: [Avril 1996] How do you feel now ? [PV Martin] [A GARDER] Dim 2 Mai 2010 - 14:21

En même temps, il fallait rester honnête. Arrêter de se mentir à soi-même sur des détails pour le moins insignifiants. Elle s'impatientait peut-être, mais c'est qu'elle l'avait bien voulu. Jusqu'alors, elle avait toujours fréquenté des garçons téméraires et audacieux. Il n'y avait qu'à voir son réseau d'amis et de conquêtes passées. Lorenzo avait sa part de timidité – comme tous – mais il était sociable et détendu, toujours prêt à bondir sur la moindre occasion lui permettant d'éviter les cours pour se livrer aux joies de la musique ; Théo était la référence en matière de quatre cent coups et jouait les casse-cous, et si possible se débrouillait pour l'entraîner elle et Lorenzo dans son sillage ; Dougie se montrait distant en permanence et refoulait sa timidité, mais elle savait qu'avec Kiarah Garner il en était tout autre ; Irina et Azéline comptaient parmi les filles les plus indépendantes et caractérielles de son entourage ; et enfin Alex Tyson avait un ego des plus imposants. Et puis, il y avait Evan bien sûr, le plus audacieux de tous. Si cela pouvait être une grande qualité – elle-même en était fortement pourvue – l'audace pouvait s'avérer très parasitaire aux yeux des autres, selon leurs humeurs et leurs mode de pensée. Evan était trop audacieux. Un jour, il devrait le payer. Car il en coûte toujours de se croire invincible.

C'est ainsi que les faibles pas de Martin avaient quelque chose de très attirant. Le contraste de son attitude actuelle avec celle qu'il adoptait lors des entraînements et des matchs de Quidditch était terriblement intriguant. Il était beau de constater que le jeune homme qui se trouvait en face d'elle semblait avoir un coeur aussi tendre que ses muscles étaient saillants – June n'avait plus de temps pour la poésie, d'autant plus que le physique de Martin ne l'avait jamais laissée indifférente. Rien qu'en touchant ses mains, elle pouvait sentir sa force, et le sang qui y bouillonnait, trahissant la nervosité et l'excitation du Gryffondor. Les mains avaient toujours été l'un des points sensibles du corps humain, contrairement à ce que pourrait démentir la pensée populaire. On pouvait y discerner toutes les tensions et les apaiser d'une caresse appropriée. Si Martin pouvait lire ses pensées ? Aucun risque ; mais ils semblaient être connectés désormais ; et pour cause, il lui prit la main. June le laissa faire, trop pensive pour l'en empêcher.

Et s'il partait, trop faible pour conclure cet instant en beauté ? Les risques étaient minimes, mais comme toute personne il était imprévisible, cachait forcément des craintes et des démons intérieurs, qui le pousseraient peut-être à fuir, et ce contre toute attente. S'il en était ainsi, dans les minutes qui allaient suivre, tout serait clair pour June ; et elle n'essaierait pas de le revoir. Il aurait laissé passer sa chance, voilà tout. Et elle s'en tournerait vers un autre. Mais cette idée lui donnait comme un coup au cœur. Étrange. La dernière fois qu'elle avait ressentie ça, c'était il y a bien longtemps... Elle ne voulait pas que Martin parte. Juste qu'il vienne à elle, comme bon lui semblerait. Qu'il vienne, simplement. Elle l'accueillerait à bras ouverts. Car elle avait trop attendu. Et juin bientôt tirerait Martin hors du château, et il était possible qu'un autre s'empresse de vouloir prendre sa place – bien que le champion en titre de chez Poufsouffle serait lui aussi parti de Pouldard. Elle ne voulait pas gâcher ce qui avait été construit jusqu'alors, non sans nombre d'embûches.

Puis le temps s'arrêta. Elle était devenue sourde au monde entier ; seul le cœur battant de Martin aurait pu crier son nom et la faire réagir. Le reste n'avait plus d'importance, lorsqu'il passa sa main sur sa joue. Et qu'il l'embrassa, sans aucune hésitation apparente. Elle le suivit dans son audace et passa ses bras derrière son dos qu'il avait puissant. Dès lors, elle oublia le reste. Le retour de Vous-Savez-Qui et les manigances d'Ombrage ne lui faisait plus peur. Les examens n'avaient plus aucun intérêt. Pink Sky était loin de tout ça. Etoile Filante était à Londres. Evan n'était pas là. Il n'y avait plus qu'eux. Depuis combien de temps attendait-elle de ressentir cet abandon à nouveau ? Trop longtemps, et elle s'en souvint de plus belle lorsque Martin s'écarta et combla le silence :


« -Voilà jusqu'où je peux avoir de l'audace. Un Gryffondor est réputé pour cela, non ? Ai-je honoré ma maison en agissant de la sorte au lieu de fuir lâchement ? »

L'esprit embrumé et le cœur emballé, June ne sut que lui répondre, si ce n'est qu'un simple sourire. Elle aurait voulu le féliciter d'avoir mis un terme à cette éternité de sous-entendus qui s'était imposée entre eux depuis le bal, mais elle n'en fit rien. Les mots désormais perdaient de leur sens et de leur importance. Maintenant que les actes entraient dans la danse, la situation prendrait une tournure différente ; il n'était pas question d'en perdre une seconde. Cette nuit était la leur, et rien ne pourrait changer ça. La voix de Martin trahissait les pulsations de son cœur ; on l'aurait cru sous le choc d'une importante découverte, l'amenant à se donner de la contenance, sans pour autant parvenir à masquer la sincérité de ses sentiments. Il continua dans sa lancée, comme si le silence et leur distance pourtant minime lui donnait froid au corps :

« -Je devrais m'excuser pour ce que je viens de faire. Mais je ne le ferai pas, parce que j'en avais envie. Et je pourrais même recommencer. »

Se rendait-il compte qu'il venait de lui ôter comme un poids sur la conscience ? Pas sûr ; il venait surtout de se réconcilier avec sa nature première de garçon hésitant. Tout était lancé, enfin. Qu'il recommence, elle n'attendait que ça.

 « Alors ne fuis pas. Ne fuis plus. »

Elle se jeta presque sur lui dans son élan ; et dut se mettre sur la pointe des pieds pour atteindre ses lèvres. Elle se serra contre lui, unissant leurs cœurs qui battaient la chamade, dansant seuls jusqu'alors. Elle se défit de sa chemise et l'amena à en faire de même. L'eau chaude s'était montrée patiente. Mais il est toujours, dans une vie, temps de se jeter à l'eau.
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MessageSujet: Re: [Avril 1996] How do you feel now ? [PV Martin] [A GARDER] Dim 2 Mai 2010 - 16:18

Si Martin regrettait d'avoir fait preuve d'un peu d'audace? Non, pas du tout. Il n'avait plus tergiversé longtemps avant d'embrasser June, seul comptait le moment. Le temps n'avait plus d'emprise, les soucis étaient restés au dehors. Martin oublia. Il oublia qu'il s'était brouillé avec son amie moldue. Que son père envisageait un tout autre avenir pour lui, trop différent de ce qu'il désirait réellement. Tout ça n'existait plus, tout ça s'était effacé. Martin faisait ce qu'il voulait, il commençait à comprendre qu'il pouvait avoir une légère emprise sur son destin, même s'il croyait que tout était déjà écrit. Ce soir, il ne serait plus le même. Quelque chose l'aurait imperceptiblement changé. Il s'en fichait de demain. De ce qui se passerait. Certes, en juin il partirait, mais pourquoi penser aux adieux alors qu'il venait à peine de dire bonjour? Ce serait se miner le moral, inutilement, pire, se convaincre que tout ceci ne servirait à rien. Mais Martin réfutait ces hypothèses, presque en s'insurgeant. Il voulait vivre tout ça, même si ce n'était pas voué à durer longtemps. Profiter de l'instant présent, c'est tout à fait ça. Quand on passait sa vie à fuir, obtenir ce que l'on veut en faisant preuve d'un brin d'audace était la plus belle récompense qu'on pouvait avoir. A présent, il n'était concentré que sur elle. Ses lèvres qui pesaient contre les siennes, avides et brûlantes. Ses mains dans son dos. Celles du jeune homme qui partaient à la recherche de la chaleur de sa peau. Le monde pouvait crever maintenant il n'en aurait absolument rien à faire.

Et puis, il a bien fallu que ça s'arrête. La parole avait désormais empli l'espace, mais la magie était encore présente. Les sensations aussi. La sirène du vitrail, si elle avait fait son intéressante en voyant Martin, désormais, s'était mise en sourdine. La salle de bains garderait le secret de leur entrevue nocturne, et ce moment était à eux. Le premier d'une longue série, l'espérait-il. Même si cela devait être éphémère, même si demain il ne devait plus rien rester, Martin n'aurait pas eu le regret de l'avoir vécu. Si demain tout s'arrêtait, il n'aurait qu'un pincement au coeur, le goût de la nostalgie sur les lèvres, qui en ce moment se confondait avec celui des lèvres de la Gryffondor. Sa mère lui avait toujours dit qu'il fallait vivre chaque instant comme si c'était le dernier, ne pas avoir peur que tout s'arrête. Car si cela s'arrêtait, il y aurait le regret de ne pas avoir fait ce qu'il fallait alors qu'on en avait la possibilité. Martin ce jour là s'était contenté de hausser les épaules sans rien dire, sans jamais chercher par la suite à mettre cette leçon en application. Mais maintenant qu'il y repensait, les mots de sa mère prenaient tous leur sens. Et il était enfin temps de les mettre en pratique. Il fallait vivre. Vivre à en crever. Prendre des risques. Oser, ne plus réflechir, pour ne rien regretter.

Et il ne réfléchissait pas. Il regardait June sourire, souriant lui aussi, sans aucun doute. Il était tout ce qu'il y avait de plus sincère, il s'était livré, chose qu'il faisait rarement, préférant rester drapé de son mystère, mystère qui faisait parler de lui et qui l'exposait volontiers aux rumeurs. Rumeurs dont il ne s'était jamais préoccupées, rumeurs qui, il le savait, allaient sans doute s'intensifier dès lors qu'on le verrait s'afficher avec June. Après tout, elle n'est pas n'importe qui. Mais même ça il s'en fichait. Il laissait parler, ça ne servait à rien de répliquer, franchement. Autant laisser planer le mystère, encore une fois, c'est ce qui faisait son charme après tout. Il était attirant parce que non seulement, il était loin d'avoir un physique ingrat, mais en plus il y avait toutes ces choses qu'on aimerait bien savoir sur lui, et qu'il ne consentait jamais à révéler, même par inadvertance. Tant et si bien que pour beaucoup, il était presque un inconnu, et même encore pour ses proches il avait quelques zones d'ombre. C'est aussi ce mystère qui, sans doute, le rendait charismatique. Il fallait voir comment il arrivait à attirer l'attention quand il parlait, quand il s'agissait de motiver les troupes. Il pourrait aisément être un meneur, ayant toutes les qualités pour, si seulement il n'était pas aussi prompt à l'effacement. C'était là son plus grand défaut. Il savait s'effacer, tant et si bien que finalement, il pouvait paraître invisible. Une protection, encore.


« -Alors ne fuis pas. Ne fuis plus. »

Non, en effet. Il ne fuierait plus. Même s'il en avait l'envie, même s'il en avait les moyens, là, maintenant, tout de suite, il ne le ferait pas. Pour la simple et bonne raison qu'il est bien là où il est, June contre lui. Le silence était revenu, confortable, loin d'être oppressant comme ce fut le cas tout à l'heure. Ce n'était plus un silence qui faisait peur, ce silence là rendait rêveur. Martin, simplement sourit, reprenant peu à peu le contrôle de ses émotions qui quelques minutes auparavant s'étaient échappées. De nouveau, il avait capturé ses lèvres, le bout de ses doigts ayant retrouvé la chaleur de sa peau douce. Il sourit intérieurement en considérant la tournure que prenaient à présent les évènements, et même là il ne ferait rien pour se soustraire à tout cela. Parce qu'au fond il le voulait. Rompant leurs échanges encore une fois, il la regarda, lui décocha un grand sourire avant de murmurer:

« -Alors, tu m'invites dans ton bain ou tu oserais me mettre dehors? »

C'était juste pour savoir. De toute façon, si elle préférait le mettre dehors, il ne s'en offenserait pas. Il aurait l'occasion de la retrouver à la salle commune après, quoiqu'il en soit. A présent, il souriait. Il était fier de lui pour le coup. On gagnait toujours à se montrer audacieux. Martin repensait à ce qu'il lui avait dit tout à l'heure, juste après l'avoir embrassée. « Voilà jusqu'où je peux me montrer audacieux ». Vraiment? Ne pouvait-il pas être capable de plus? On verra.
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MessageSujet: Re: [Avril 1996] How do you feel now ? [PV Martin] [A GARDER] Ven 2 Juil 2010 - 21:24

Voir Martin se livrer avait en soi quelque chose de nouveau et de rassurant. Il avait l'air de se sentir bien, et voulait montrer à quel point il était à l'aise désormais. Mais jusqu'où irait-il ? Soudainement, June fut prise de doutes. Qu'attendait-il d'elle en fin de compte ? Il n'était pas de ces types qui mentent pour obtenir ce qu'ils veulent, elle en était certaine. Il y avait de quoi se sentir en confiance. Mais il s'en irait très bientôt, voguant vers sa vie de nouvel adulte, tandis que June poursuivrait ses études au château, en sixième année. Elle se demandait donc sur quel avenir pourrait aboutir ce qui se passerait ce soir, qui venait tout juste de commencer. Elle n'avait aucune envie de faire marche arrière. Maintenant qu'elle l'avait, il n'était pas près de repartir. Elle se débarrassa de ses vêtements et l'entraîna dans la baignoire.

 « Il est hors de question que tu t'en ailles. Sauf si tu as mieux à faire, auquel cas je n'y pourrais rien. »

S'il repartait maintenant, il pourrait tirer une croix sur un possible « eux deux » dans les mois à venir. C'était tout aussi bien une question de politesse que de convenance. Et de respect, surtout. June avait eu affaire à l'adultère auparavant. Son cœur en avait pris un sacré coup. Depuis, elle n'avait encore jamais redonné sa confiance à un amant potentiel. Il y avait eu quelques garçons, après Evan, bien sûr, mais rien de très sérieux. Jeremy, un Poufsouffle avec lequel elle avait eu une très brève idylle avant de s'en tourner vers d'autres préoccupations ; puis Cennyd, bien sûr, qui ne la repousserait jamais. Il y eut bien quelques flirts inoffensifs, mais en général, elle préférait rester avec Théo et Lorenzo plutôt que de jouer les allumeuses comme un grand nombre de filles à Poudlard.

Puis il avait fallu que Martin l'invite au bal. Qu'il la regarde avec tant d'admiration et la désire avec autant de candeur. Depuis combien de temps l'avait-il en tête ? Elle aurait aimé le savoir. Simple curiosité, et preuve d'un intérêt certain pour sa personne. Personnellement, June n'eut commencé à voir en Martin plus qu'un capitaine de Quiddicth après le bal de Noël. Inconsciemment, elle avait commencé à le regarder dans les vestiaires, en train de changer de maillot. De reconsidérer le moindre de ses regards, bien qu'il y eut des moments où sans le vouloir elle ne lui facilita pas la tâche. Elle fuyait aussi, sans doute, bien à l'abri dans l'ombre de Théo et Lorenzo. Sans parler de Dougie, qui jouait les protecteurs à ses heures. Le chemin ne fut donc pas des plus aisés ; Martin avait dû en baver un peu. Mais il ne fut pas le seul ; June aussi eut du mal à établir le contact. Le jeune homme s'était souvent dérobé, à croire qu'il ne savait pas ce qu'il voulait. Raison de plus pour rester à l'écart, d'autant plus que la Gryffondor ne recherchait alors rien de très sérieux, si ce n'est de connaître de nouveaux horizons. Maintenant que tout était en marche, pourquoi ne pas s'accorder quelques bonus ?


 « Tu m'as prise de court, tu sais, depuis le bal. Je me doutais bien que tu ne m'invitais pas pour te donner un genre, mais honnêtement je ne savais pas que tu désirais plus qu'une entrée à mon bras durant la soirée. Tu as été si... distant, après ça. »

Etait-ce dans ses habitudes ? Elle ne savait rien de son passé amoureux et de ses expériences. Lui se doutait bien des siennes, nul n'échappait aux récits d'Evan, au château. Mais personne ne parlait jamais de Martin comme le tombeur de ces dames ou cet adoré des premières années – bien que c'était certainement le cas. Il était tellement connu pour se montrer timide et réservé en dehors des matchs que les gens le voyaient plus comme un type sympa en lequel on pouvait avoir confiance, et avec lequel on pouvait passer du bon temps. C'était de cette manière que June l'avait vu, durant un bon moment.

 «  Ca faisait longtemps que ça te trottait en tête ? Je veux dire, depuis combien de temps tu... Enfin tu vois... »

Elle s'était finalement décidée à lui demander, libre à lui de lui dire la vérité ou de la modifier à sa guise ; elle s'en rendrait compte de toute façon. N'ayant jamais été très bavard, elle avait su l'interpréter à ses gestes et ses mimiques ; cela fonctionnerait sûrement cette fois encore. Sa question était un peu maladroite, aussi June craignait de se donner une image de bimbo fière de son image et se sachant désirée. Elle était juste très curieuse, et elle espérait qu'il le comprendrait de suite.

Les épaules flottant au dessus de l'eau, elle profita de ses paroles pour rapprocher le garçon, enlaçant sa taille musclée, son front proche du sien. Ne suivant que ses désirs, elle réalisait en fait à peine ce qui était en train de se passer.
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MessageSujet: Re: [Avril 1996] How do you feel now ? [PV Martin] [A GARDER] Mer 28 Juil 2010 - 22:44

La gente féminine était vraiment très compliquée à comprendre. Elles voulaient tout et son contraire, elles étaient éternellement indécises, quand bien même elles voudraient laisser croire qu’elles avaient déjà un choix bien arrêté. Elles n’en étaient pas moins douées pour se faire désirer, elles excellaient même. Elles savaient faire régner l’incertitude, cette incertitude qui rendait fou. Elles en jouaient et elles s’amusaient. Martin ne savait jamais quoi penser quand il était avec une fille. Et parfois, en soupirant, il se demandait s’il y avait pas un mode d’emploi quelque part…Parce que ça serait quand même franchement utile. Ainsi, il ne commettrait pas d’impairs, il aurait d’emblée le bon comportement. Mais si il y avait effectivement un manuel d’utilisation, le jeu de la séduction perdrait tout son charme. Car il s’agissait ni plus ni moins que d’un jeu, la sempiternelle règle du fuis moi, je te suis, tu me suis je te fuis. Martin avait suffisamment fui, désormais il suivait, et c’est à présent June qui fuyait. Cependant, elle ne fuirait pas éternellement. Il viendrait inévitablement le moment où elle se lasserait, et irait voir ailleurs, ennuyée par l’inaction du jeune homme. Ce qui faisait penser que les femmes parfois étaient semblables à des enfants…Elles avaient une distraction, pendant un temps, puis elles s’en lassaient, et se consacraient à une autre. Ce qui faisait aussi le charme du désir et de l’attirance, c’était qu’il était tantôt éphémère, tantôt durable. Cela valait aussi pour l’amour, parfois, cela durait une nuit, d’autres fois, cela durait tout une vie. Tout dépendait des personnes, tout dépendait de la personne. Martin avait eu quelques relations, dans le passé. Ces histoires tenaient davantage d’amourettes passagères que de relations sérieuses. Martin ne se souvenait pas d’en avoir eu une. Tandis que des flirts…Quoiqu’il en soit, ça ne voulait pas forcément dire qu’il savait s’y prendre avec les filles. La preuve que non. Et même, chaque fille était différente. Il n’y avait pas vraiment de comportement fixe, que des variables. Un genre de roulette russe.

Et ce soir, Martin ne regrettait pas d’avoir tenté le tout pour le tout. D’avoir pris un tant soit peu de risques. La tâche ne lui paraissait plus aussi insurmontable. June n’était pas un monstre, elle n’était qu’une jeune fille de quinze ans, comme toutes les autres. Mais avec sa personnalité bien à elle, ce qui faisait sa différence. Au fond, elle aspirait aux mêmes choses. Elle ne demandait pas la lune. Elle voulait juste être heureuse. Et à présent Martin se demandait s’il était capable de la satisfaire pleinement. Il avait encore beaucoup à apprendre. Il se posait beaucoup trop de questions, craignant fauter à chaque geste ou à chaque parole. Il n’était pas de ceux qui ne se préoccupaient guère d’une parole déplacée ou d’un geste particulièrement osé, au contraire, il faisait très attention, ayant constamment l’impression de marcher sur des œufs. June était sa première possible vraie copine, ça n’avait rien à voir avec un flirt en soirée ou une aventure d’un soir. C’était miser sur le long terme, et Martin n’avait jamais vu plus loin que le moment présent. Il était facile de séduire une fille qu’il ne reverrait plus ensuite. Ca lui était arrivé, une fois, deux fois peut-être. Et maintenant qu’elle lui proposait presque de rester…Il ne savait plus vraiment quelle était l’attitude la plus appropriée. Avec une inconnue, il pouvait se montrer sans gêne, un peu bravache, avec June il ne pouvait pas se le permettre. Parce qu’il la respectait beaucoup trop.

« Et il est hors de question que je te laisse. Je ne me suis pas donné la peine de venir avec toi pour te planter maintenant. Ca ne se fait pas. Alors j’espère que ça ne te dérange pas de devoir supporter ma compagnie un peu plus longtemps que prévu, parce que je ne compte pas te lâcher dans la nature. »

Un sourire mystérieux vint appuyer ses dires, tandis qu’il la regardait avec malice. Bien entendu, il la charriait, elle avait déjà donné son accord pour qu’il reste de toute manière. Alors, il restera, il n’était pas suffisamment stupide pour laisser passer une telle occasion. Le chemin parcouru fut long mais difficile, mais ne dit-on pas que c’est toujours meilleur quand on attend? Que la difficulté met du piment à l’action, et rend le jeu plus amusant? Après tout, on n’a rien sans rien. Dans la vie, il fallait se battre un peu pour tout, Martin l’avait appris à ses dépends. Au bout d’un moment, il avait fini par prendre ses distances. Pour réfléchir à sa stratégie, essentiellement. Pour l’observer de loin. Pour voir si par hasard elle ne montrerait pas des signes d’intérêt envers lui. Peut-être que s’il n’avait pas perdu tant de temps à échafauder des théories bizarres ils seraient ensemble depuis un bon moment déjà. Mais avec des si, on peut refaire l’histoire. Et si on savait à l’avance ce qui allait se passer, le jeu serait beaucoup moins drôle. Il n’y aurait plus le plaisir de la découverte, la peur de l’inconnu. Les montées d’adrénaline face au danger, quand on méconnaît l’issue de l’aventure. Si on savait tout, la vie perdrait singulièrement de sa saveur. La vie était belle parce qu’elle était imprévisible. Certes, il y avait des mauvaises surprises, mais quand on savait apprendre de ses erreurs, c’était plus que bénéfique. Puis, ce qui ne tue pas rend plus fort, c’est connu. On apprend toujours, et pas seulement quand on est enfant. Martin avait appris à ne jamais se laisser abattre, quelle que soit sa situation. C’était peut-être cela qui faisait sa force. Et qui ne l’avait pas fait baisser les bras quand bien même il en aurait eu envie.

Et elle lui parla du bal. De son attitude plus que distante envers elle, suite à tout ça. Elle avait douté de lui, et c’était relativement normal. Il avait eu un comportement qui pouvait être interprété comme du foutage de gueule, heureusement pour lui, June ne l’avait pas interprété ainsi. Il n’était pas un Petit cochon rose, il était juste maladroit dans sa façon de faire les choses. Et il n’inventait rien, c’était un fait notoire, connu de tous. Elle venait de lui poser quelques questions, et il réfléchissait déjà à ce qu’il allait répondre. Encore une fois, il décida de jouer franc jeu, d’être honnête. L’honnêteté était une des principales qualités du jeune homme. Il ne savait pas mentir, même si cela était nécessaire pour sauver sa peau. C’était quelqu’un de droit, intègre et respectueux. C’est en partie pour cela qu’on l’avait choisi pour diriger l’équipe de Quidditch de leur maison, il avait réellement les qualités nécessaires pour commander sans être pour autant un pourri qui magouille sans cesse et qui bénéficie de passe-droit auprès d’Ombrage par exemple. Il soupira légèrement, avant de mettre une mèche derrière l’oreille de June, avant de répondre doucement. 

« Franchement j’ai cru que je ne t’intéressais pas. C’est vrai, tu as toujours eu mieux. C’était compréhensible que tu ne te préoccupes pas d’un glandeur professionnel comme je peux l’être. Tu sais, je ne suis pas extravagant, je ne fais pas grand-chose pour faire parler de moi, au contraire, moins je fais de vagues et mieux je me porte. Il aurait donc été parfaitement légitime que tu ne me remarques pas. »

Il était vraiment sincère dans ses propos. Il avait une fâcheuse tendance à rester passif, à attendre que tout lui tombe entre les bras. Ce n’était pas ça la vie, ce n’était pas un alignement de solutions de facilités. Il l’avait compris, et heureusement il n’était pas trop tard. Il jura qu’on ne l’y prendrait plus, à se montrer aussi négligent, aussi je m’en foutiste.

« Tu te rappelles de la fois où je t’ai invitée au bal finalement? C’est là que j’ai eu le déclic. Avant, tu me plaisais vite fait mais sans plus. Puis je t’ai de plus en plus souvent observée, l’air de rien. Je me suis dit que ça me passerait, parce que ça ne dure jamais longtemps avec moi. Mais c’est resté, et ça se faisait de plus en plus insistant. A s’en taper la tête dans le mur, tant c’est obsessionnel. Je voulais t’inviter au bal, puis t’inviter à sortir…Mais tu me paraissais tellement…Inaccessible. Tellement irréelle aussi. Tant et si bien qu’à un moment, j’ai même eu peur que si je te touche…Tu disparaîtrais, comme un mirage tu vois. »

Oui, comme un mirage. Il la regarda brièvement. Libre à elle de le considérer comme un dingue ou quelqu’un de parfaitement sain d’esprit, il ne lui en tiendrait pas rigueur. La suite quant à elle fut un peu moins prévisible. Car à présent, tout semblait aller comme sur du papier à musique, or, June passa à l’offensive. Elle venait d’enlacer sa taille, et elle se tenait beaucoup trop proche de lui. Mais cette proximité soudaine n’était pas désagréable, bien au contraire. Tout d’abord, il fit semblant de ne rien avoir remarqué. Puis, il finit par refermer ses bras autour d’elle, l’attirant contre lui de cette façon. Il espérait simplement qu’il ne la brusquait pas. Pire encore, que son geste ne serait pas mal interprété. De toute manière, il était encore trop tôt pour envisager un aspect physique à leur relation. Elle était beaucoup trop récente, il ne savait même pas s’il y avait effectivement un « eux ». Si relation il y avait, alors il voudra prendre son temps. Ne serait-ce que pour se découvrir mutuellement, car ils se méconnaissaient encore beaucoup. Martin sourit à sa camarade de Gryffondor, et avant qu’elle ait eu le temps de protester, il ajouta.

« -Mais fort heureusement, tu es réelle. Me voilà un peu plus tranquille, tandis que je sais que tu ne t’envoleras pas. Je ne demande pas la lune tu sais. Etre avec toi maintenant me suffit amplement. Je suis très bien comme ça. »

C’était tout à fait ça. Il se sentait bien, magnifiquement bien, tranquille, reposé. Comme si en finale un poids s’était ôté de ses épaules. Seul comptait l’instant qu’ils vivaient, il voulait en profiter jusqu’au bout, peu importe demain, finalement. Ils aviseraient en temps voulu. Et comme pour se couper un peu plus du monde extérieur, bien qu’ils étaient déjà dans leur bulle, il se pencha pour l’embrasser. Comme ça. Juste une envie.
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MessageSujet: Re: [Avril 1996] How do you feel now ? [PV Martin] [A GARDER] Mar 7 Sep 2010 - 19:04

Le rose lui monta au joues. Martin parlait d'elle comme d'un ange qu'il n'avait voulu laisser passer pour rien au monde. Elle se sentait belle, pousser des ailes que les vitraux embués n'auraient pu retenir si elle s'envolait dans l'instant. Elle était comme le trésor dans les mains de l'éternel rêveur, qui brille sous l'œil attentif de celui qui avait voulu le trouver, non sans efforts acharnés et persévérance. Jamais elle n'avait cru qu'un jour, elle serait l'objet de tant de désirs. Elle avait su rendre jaloux les plus envieux, fous de rage les moins patients, joyeux les plus moroses, mais pas une fois elle avait eu le sentiment d'être semblable à la nymphe qui échappe aux mains d'un homme. Sa fierté gonfla, et son cœur battait. Elle en était presque gênée, ne savait trop comment réagir. Elle craignait de passer pour ce qu'elle n'était pas en faisant passer un « merci » pourtant des moins effrontés ou au contraire en ne laissant rien transparaître. Elle se contenta de se blottir un peu plus sur le torse humide de Martin. Ce qui ne sembla pas pour lui déplaire.

 « Détrompe-toi sur au moins un point. Je ne pense pas avoir connu mieux. Je n'ai rien eu depuis Evan, mon ex, qui est à Poufsouffle. »

Si on excluait leur petite entrevue en début d'année dans la salle sur demande, ainsi que le moment avec Cennyd dans la salle des trophées, qui fut le lieu de refuge le plus excitant qu'elle avait connu jusque-là. Elle n'avait jamais pu y retourner sans avoir quelques souvenirs qui lui donnaient, en général, le don de laisser échapper un bref rire nerveux. Martin n'avait pas à savoir ces choses ; du moins pas pour l'instant. Si elle en croyait ses mots, il semblait plus heureux que jamais, et plus détendu en sa compagnie qu'il ne l'aurait pensé. Elle ne voulait pour rien au monde gâcher ce précieux moment d'innocence et de tendresse. Il y avait tellement longtemps qu'elle attendait de se retrouver ainsi, dans les bras de quelqu'un qui ne semblait pas envisager, même dans un futur proche, de lui nuire par quelque infidélité ou autres imprévisibles désillusions. Martin avait toujours parut authentique, derrière ses airs timides et renfermés.

 « Et ne va pas croire que je suis trop bien pour toi. Il est vrai que j'ai mis du temps à te remarquer. Et encore plus à concevoir que tu exerçais sans le vouloir sur moi un charme fou. Mais tu es bien le seul qui semble me mériter, jusqu'ici. Le seul qui a vraiment eu envie de me percer à jour.

Elle ne savait trop ce qu'elle disait. Elle l'ignorait, mais Douglas avait durant un temps ressenti ce qu'elle décrivait présentement comme les sentiments qu'éprouvait le Gryffondor à son égard. Lui aussi, la méritait dans sa globalité, si on lui avait fait part de cette période pour le moins inattendue. Mais cela n'aurait sans doute pas suffit ; Douglas était très différent de ce qu'elle était au quotidien, et voyait bien plus en elle que ce qu'elle souhaitait transparaître. De plus, c'était le cousin d'Evan. Ainsi, une éventuelle relation entre les deux personnages aurait eu quelque caractère malsain, même enfoui sous un tas de bonne raisons. Et puis, qu'importait aujourd'hui de faire part ce genre de détails, maintenant qu'elle et Martin s'étaient enfin trouvés ?

 « A vrai dire, là tout de suite, je suis assez mal placée pour te refuser la Lune. Ma faiblesse semble être à son paroxysme. C'est agréable... »

Elle reçut son baiser dans le plus grand des consentements. Le début d'une relation est souvent ce qu'il y a de plus beau à vivre, car tout à fait authentique. Si cela allait s'éterniser, elle voulait bien y croire. Ils avaient au moins la nuit pour s'y tenir.

HJ : On clôture :) ?
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MessageSujet: Re: [Avril 1996] How do you feel now ? [PV Martin] [A GARDER] Dim 26 Déc 2010 - 0:33

Martin était ce qu’on pouvait communément appeler un handicapé sentimental. Sa solitude commençait à lui peser, mais il avait peur de s’engager. Pourtant, il croyait à l’amour véritable, celui qu’on ne rencontre qu’une fois dans sa vie. Il avait été élevé dans ce contexte. Ses parents étaient encore ensemble après des années de mariage, et ils arrivaient encore à se surprendre malgré les années. Martin espérait être dans une situation similaire dans quelques années. Mais toute aussi attrayante cette vision fusse-t-elle, cela le terrifiait également. Il avait peur de s’attacher. De souffrir. De ne pas se relever d’une histoire malheureuse. Il avait peur de devoir se battre pour quelqu’un, non pas par lâcheté mais parce qu’il était persuadé de ne pas pouvoir tenir la distance. Il avait peur de perdre l’autre pour une bêtise. Pour son inertie. Il avait également peur de ne pas pouvoir aimer l’autre comme il le devrait. Trop de doutes l’animaient, ce qui l’avait empêché de connaître des relations plus ou moins sérieuses. Son côté hésitant avait fini par perdre patience aux quelques copines qu’il avait eu alors, ce qui expliquait le vide de son palmarès, surtout quand on savait que le capitaine des rouge et or était l’un des jeunes hommes les plus en vue de sa maison. À force de rêver, il avait fini par manquer de nombreux détails, qui étaient peut-être, en finale, importants. Et à force d’attendre, les occasions, aussi belles fussent-elles, finissaient immanquablement par lui filer entre les doigts, lui laissant un goût amer de regrets dans la bouche. Se jeter de la sorte dans l’inconnu, il ne l’avait jamais fait. Il s’était laissé foncer droit dans le mur, tête la première, pas certain de pouvoir l’éviter en cas de problème. Et si problème il y avait, il n’aura plus qu’à ramasser les morceaux, et tenter de se reconstruire. Ainsi va la vie, il ne pouvait pas toujours connaître que des réussites. De toute manière, personne ne pouvait se targuer de connaître l’issue d’une histoire avant de l’avoir vécue, à moins d’avoir un don particulier pour la divination.

Il ne savait pas où il allait de la sorte avec June. Mais l’inconnu ne le freinait pas pour autant. Bien au contraire, ce soir, ils avaient fait un pas supplémentaire dans leur histoire toute neuve. Le tout n’avait pas été d’avoir réussi à voler le cœur de la demoiselle, encore fallait-il qu’il soit capable de le garder. Et il savait que s’il devait se battre pour elle, il le ferait sans hésiter. Elle était un mirage. Exactement comme il l’avait dit. Tandis qu’elle se blottissait un peu plus contre lui, il resserra sa prise autour de sa taille. Ce qui ne l’empêcha pas de grimacer lorsqu’elle mentionna Evan. Evan, dont les rumeurs le prétendaient encore très épris d’elle. Martin faillit soupirer. En voilà qui serait à surveiller, quelque fois qu’il lui prendrait l’idée de reconquérir le cœur de la Gryffondor. Encore une fois, Antall n’était pas sûr de faire le poids face à son camarade. Mouais. L’heure n’est pas à songer aux futurs éventuels duels, là, maintenant, tout de suite, il fallait profiter de ce moment qu’ils partageaient ensemble. Le premier d’une longue série d’autres, l’espérait-il. Tout était éphémère, il fallait apprécier chaque instant comme si c’était le dernier. Il s’agissait là d’une philosophie que le rouge et or s’était toujours mis un point d’honneur à appliquer. Martin esquissa un léger sourire lorsqu’elle lui avoua finalement qu’il avait été le seul à la mériter et à vouloir la percer à jour. Ce qui l’avait en outre légèrement surpris. Il était vrai que Martin ne s’était pas intéressé à la June célèbre, celle qui faisait parler d’elle dans le monde moldu comme sorcier. Il s’était intéressé à la personnalité de celle qu’il côtoyait depuis longtemps. Pour Martin, qu’il ait une telle attitude vis-à-vis d’elle n’était pas en soi exceptionnelle mais pour June cela avait l’air de faire toute la différence. Le rouge et or sourit, avant de se pencher légèrement pour l’embrasser dans le cou. Il chuchota, légèrement amusé.

« -Alors j’espère que tu me laisseras te découvrir un peu plus chaque jour. Cela tombe bien, j’ai plein de questions à te poser, pour tout, pour rien, alors tu vas devoir supporter ma curiosité quelques temps. »

Les lèvres du jeune Antall s’ourlèrent en un sourire plus accentué. Il avait réellement envie de la connaître. Ne serait-ce que pour mieux se l’approprier. Etre capable de la rassurer quand elle avait un doute, l’encourager le cas échéant. Il voulait la comprendre, l’étudier, pour l’aider à résoudre ses menus problèmes. C’était ça être en couple, non? Se soutenir même dans les moments difficiles? Rester un inconnu aux yeux de l’autre n’apporterait rien de bon à leur relation. Tout comme la confiance était primordiale au sein d’un couple. Tant de chose que le jeune homme allait devoir apprendre. Et le faire en compagnie de June n’était pas déplaisant, bien au contraire. L’idée lui paraissait même séduisante, tout comme celle qu’il tenait entre ses bras à ce moment même. Martin rigola franchement quand elle lui avoua sa faiblesse. Toujours aussi amusé, le regard plus malicieux que jamais, il conclut alors.

« Alors restons faibles encore un moment. Tu sais, elle a parfois du bon. »

L’insouciance faisait tellement de bien en ces temps sombres. Que quelque chose d’aussi positif que le début d’une histoire entre deux jeunes gens puisse survenir dans un contexte de guerre civile avait tout du miracle. Et les miracles se faisaient tellement rares de nos jours qu’il fallait savoir les apprécier comme ils venaient, quand bien même ils ne seraient destinés qu‘à être éphémères.

THE END.

HJ: voilà ma belle, j'ai clôturé. on continue quand tu veux ♥
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[Avril 1996] How do you feel now ? [PV Martin] [A GARDER]

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