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« Doors Open. » [21 Décembre 1997]

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MessageSujet: « Doors Open. » [21 Décembre 1997] Sam 27 Oct 2018 - 4:53


Dimanche, 21 décembre 1997
Ce ne fut qu'un simple remerciement. Baker ne s'était jamais soucié des présences bienveillantes qui s'éparpillaient entre les couloirs du château. Guidé par la simple idée qu'il y avait, en Poudlard, tant bien d'êtres mauvais que d'être bons, il avait ainsi évité toutes prises de tête et attentes envers ses camarades. Du moins, il ne s'y était pas attardé auparavant, pas avant l'apparition des mystérieuses couvertures dans son dortoir, alors qu'il venait tout juste d'énoncer ce problème. Le tout s'était déroulé en fin octobre, alors que les premières traces de l'hiver s'était fait sentir à l'extérieur. Et si cela n'avait pas été qu'une brève énigme dont Baker n'avait pas eu pour envie d'y trouver une identité, il se retrouva bien, un beau jour, à prendre note de ces arrivées peu communes. Il avait exprimé un manque et quelqu'un était venu à lui répondre, en apportant précisément l'élément recherché. Cela ne se tenait pas qu'à un simple hasard et la personne qui avait mené cet accomplissement ne craignait clairement pas les nouvelles autorités. Il fallait avoir des accès, des privilèges et surtout... du courage. Baker s'était mit à réfléchir, pendant quelques temps, et trouva parmi les nouvelles têtes des indices qu'il croyait potentiels, car rien n'était concret. Les couvertures revenaient, plus propres, plus chaudes et en quantités suffisantes, jusqu'à un arrêt total du trafic. Alors, en éparpillant ce qu'il avait noté durant le mois précédant, il essaya de trouver la tête manquante, et ce, au coeur des autorités qui avaient été présentes. Rien... rien ne lui vint et il passé une autre nuit à se questionner. Après quoi, il trouva ses propres solutions et rapporta avec lui ce qui, il y a peu de temps, lui avait été donné à quelques reprises. C'était une situation plutôt frustrante. Malgré  tout, il ne pouvait s'empêcher de porter une inquiétude envers cet être dont il n'arrivait pas à placer un visage.  

Qu'était-il donc arrivé à celui qui avait répondu si rapidement à ses désirs ? Celui... ou celle ? Il tourna sur place et repris son cahier. Ce n'était pourtant pas si compliqué. Ce fut alors qu'il trouva un nom, une combinaison parfaite de pouvoir, de volonté et de mystère. Astrid Shafiq ou plutôt ; l'énergumène raciste. Enfin, c'était le titre qu'il lui attribua, en vue des rumeurs et ragots qui l'entouraient, mais dont il n'avait rien à faire. Cependant, ce titre reflétait que très, voire même trop bien, un psychopathe antisocial. C'était, aux yeux du Serdaigle, une façade dont tous crédules pouvaient facilement croire. Mais, ce n'était pas le cas de Baker. Lui, il voulait des faits, des histoires et des vérités, avant de se décider. Qui était-elle vraiment, par rapport à qui elle prétendait être ? Ce qui était sûr, c'était qu'elle savait où elle mettait les pieds. D'ailleurs, il fallait un statut si peu envoutant, comme le sien, pour ne plus avoir à craindre les ténèbres. Elle devait forcement faire parti d'eux, sans vraiment être avec eux... C'était convaincant. Baker soupira et referma le tout. Il avait misère à y croire, puisqu'il n'y avait rien chez cette femme qui le menait à me serais-ce qu'un soupçon de bonté. D'abord, il ne l'a trouvait pas spécialement jolie, car oui, il portait attention au physique. Puis, son rang dans l'enceinte scolaire n'était en rien une victoire. Lui qui était sur la route pour devenir Auror, il n'arrivait pas à faire une mauvaise image de sa propre personne. Et, dans tout son contraire, il ne pouvait guère donner une belle figure à cette aigre xénophobe. Il remit alors ses papiers de côté et fit ce qu'il eut de mieux à faire ; agir, sans jamais cesser d'attendre.

On vient souvent à juger celui qui ne fait rien, mais depuis toujours, c'est ainsi que Philip trouve ses solutions. En effet, en début du mois de décembre, les couvertures furent de retour. Astrid aussi... Alors, c'était bien elle. Le septième année se mit à rire puis il alla faire brûler tout ce qu'il eut inscrit. Rien ne lui disait qu'il avait raison et pourtant, il savait qu'il n'avait plus besoin de poursuivre ses recherches. Il attendit un moment, avant d'aller remercier la jeune femme. À dire vrai, il hésita. Garder cette information lui semblait être l'option optimale. Cependant, il ne cessait de se dire qu'elle avait droit de savoir que lui-même, il savait. Il fit donc ainsi, s'approchant brièvement dans une intersection, la remerciant, sans même la regarder. Puis il repartit, en évitant dorénavant tout contact avec elle. Cela lui avait mené un profond bien-être qui le dirigea vers une nuit de sommeil complète, chose qui n'était pas arrivée depuis l'arrêt du trafic. Le lendemain, il reçut une lettre ;


Monsieur Baker,

La torture est une passion que l'on ne peut refréner et j'ai ouïe dire que vous méritez correction. Je vous attends dans ma salle de classe, sans faute, pour 14 heure. Ne soyez pas en retard.

Astrid Shafiq.

Il ne put s'empêcher de sourire. Mais, par respect envers les mots choisis, il se força une légère grimace qui s'estompa aussitôt. Devait-il réfuter cette menace indirecte ? Il ne pouvait dire. Dans tous les cas, il garda celle-ci avec lui et n'hésita pas à refaire sa lecture, quitte à mémoriser jusqu'à même l'odeur du papier et de son encre. Lorsque l'heure sonna, il fit sur place. Il ne s'y présenta pas plus tôt et ni même plus tard que ce qui avait été demandé. Cette classe... il ne s'y était jamais retrouvé seul. En parcourant l'endroit d'un oeil observateur, alors qu'il faisait face à l'entrée, il analysa que ce qui l'intéressa. Donc, peu de choses. Les rideaux ouverts lui donnait pour impression qu'il était accueilli. Certes, l'endroit n'était pas le plus charmant de tous, mais il y avait, malgré le dur atmosphère, une certaine fraîcheur bien accordée et qui se méritait d'être appréciée. Habillé d'un col roulé noir sous une chemise blanche de lin ainsi que d'un pantalon propre grisâtre, il fallait avouer qu'il ne se faisait pas plus assorti que les autres, même s'il aurait très bien pu enfiler nombreux de ses vêtements personnels qui n'avaient pas l'air d'être son uniforme de tous les jours. Il garda bonne posture et entra pleinement dans la classe qu'au moment où il obtint une permission. Il s'attendait à tout et n'importe quoi. Durant ses lectures, il avait pris temps de visualiser sa venue. D'ailleurs, il avait hâte d'avoir un aperçu plus objectif de la sang pur.

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Dernière édition par Philip Baker le Sam 27 Oct 2018 - 16:35, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: « Doors Open. » [21 Décembre 1997] Sam 27 Oct 2018 - 16:19

Hors jeu:
 

Les élèves étaient parfois maladroits dans leur réflexion. Avec le recul que son absence lui avait offert, cette conclusion était devenue limpide. La métamorphe savait ne pas être parfaite et elle était bien incapable d'énumérer le nombre de fois où elle s'était mise en danger sans calculer les risques. C'était précisément pourquoi elle se permettait aujourd'hui de juger les deux étudiants qu'elle avait surpris durant le mois d'octobre, à argumenter l'un contre l'autre pour décréter s'il fallait procéder à la demande de Baker. L'un était motivé pour confier au Nuncabouc les couvertures convoitées, l'autre émettait de nombreuses réserves, refusant la menace d'un nouveau supplice s'ils se faisaient coincer. Duncan Connors et Raziel Peterson, respectivement disciples de Gryffondor et Serpentard, s'étaient immédiatement tus, la mine déconfite en réalisant leur sottise. La sorcière, pour sa part, avait feint une surdité passagère et les avait dépassés sans leur adresser la moindre œillade.

Avaient-ils conscience de l'aubaine qu'avait été la présence de l'apprentie et non celle d'un véritable esclave de l'héritier ? Si Amycus et Alecto avaient assisté à leur échange, les deux adolescents auraient très certainement épousé le bouc à leur tour. L'idée d'une quelconque aide bienveillante serait morte dans l’œuf, bien avant d'avoir pu éclore. Pis encore, l'ancien Serdaigle aurait été traqué et ses mouvements restreints par des doloris ou autre innovation, vicieuse et saugrenue, des deux bourreaux. Ça ne s'était, fort heureusement, pas produit, la magicienne prenant garde à ce que l'information ne remontât pas jusqu'à l'odieux duo.

Astrid avait plutôt préféré apporter son soutien, discrète et dans l'ombre, à ces personnes qui ne méritaient pas ce traitement grotesque. Du jour où la demande lui était parvenue à son départ pour les États-Unis, la noble s'était évertuée à remettre des couettes propres aux rebuts de l'établissement, parfois de la Pimentine quand elle remarquait un malade et plus rarement de la nourriture si elle pouvait se le permettre. Pour éviter tout rapprochement, elle avait modifié son apparence à chaque nouvelle infiltration et ne déposait jamais les objets et denrées au même emplacement.

Le seul jour où elle décida de procéder avec plus de jugeote fut à son retour, où elle favorisa l'acheminement par son elfe personnel le vendredi. Elle ordonna à la femelle un silence complet sur l'opération et la prévint qu'elle ne devait pas être aperçue. Elle avait présagé que l'adepte de Rowena constaterait son implication, mais convaincue que la menace était dérisoire, la mercenaire n'interrompit pas son assistance. Baker était bienveillant, serviable et lucide, elle ne risquait pas de soupçonner une probable bassesse dans l'espoir vain de revoir le blason bleu accroché à ses uniformes.

Elle n'avait pas prémédité ses remerciements, au contraire, ayant présumé que le garçon ne l'approcherait pas. Au début confuse, Shafiq avait finalement jugé nécessaire d'arranger une rencontre. Elle désirait satisfaire sa curiosité, ne connaissant l'homme qu'à travers les conférences du professeur titulaire de magie noire et voulait l'évaluer pour définir sa plausible utilité.

À dessein, la missive qu'elle lui avait adressé durant le repas du midi lui proposait une rencontre. C'était en rien obligatoire, ce même si les termes choisis forçaient l'incertitude. Avec cette méthode, si le mot avait été intercepté, les servants du mage noir auraient été abusés et pareillement, l'heure de l'envoi avait été adopté dans cette optique. Le mentor américain de la consultante lui avait enseigné, durant son séjour à Ilvermorny, que plus le geste était visible et paraissait ordinaire dans l'atmosphère où elle évoluait, moins il provoquait la méfiance de l'ennemi.

Le Seigneur leur avait cédé les ténèbres en dominant le Ministère, préférant déformer la lumière, alors il fallait se servir des ombres à leur avantage pour préparer la dernière bataille. Cette rêverie en mémoire, elle détacha ses iris bicolores des copies qu'elle rectifiait, pour les déposer sur la silhouette dans l'encadrement. Il avait donc accepté son entrevue. La sang-pure, se redressant, acquiesça pour soi et contourna son poste de travail pour s'approcher du battant.

« Entrez, monsieur Baker », émit-elle d'un ton accueillant, serein. Elle attendit que le plus jeune se fût introduit dans l'espace pour refermer l'accès. Tout en restant vigilante, la pêcheuse extirpa un poignard argenté, à la lame courbée et au manche finement ouvragé, d'une poche de son manteau à facture sorcière. Loin de le diriger vers le second mage, elle glissa la tranche sur sa paume gauche pour y faire une entaille suffisante. Avec une crispation de la mâchoire, elle referma brusquement ses doigts en un poing, puis s'accroupit devant l'entrée. Elle laissa quelques gouttes de son sang glisser sur sa peau, puis s'échouer au sol, sur la pierre froide, jusqu'à y semer une petite flaque.

Jugeant la quantité suffisante, elle se redressa et psalmodia une obscure formule en déposant le bout de l'ébène sur la serrure. La magie aussi sombre que le bois de sa compagne opéra après une minute et le liquide carmin s'éleva dans les airs pour se métamorphoser en deux chaînes qui s'incrustèrent sur la porte, rejointes par un cadenas qui se ferma dans un bruissement métallique. La mercenaire se détourna de sa besogne achevée et fit apparaître un vinyle qu'elle déposa sur le tourne-disque ensorcelé.

« Je vous conseille de vous boucher les oreilles, la musique que vous allez entendre est loin d'être plaisante », expliqua-t-elle, puis sans se soucier de la réalisation de son invitation, activa l'objet. Il émit un premier hurlement et ne s'attardant pas dans la classe, l'Anglaise invita l'Asiatique à la suivre. Elle gravit l'escalier en spiral acheminant jusqu'au local lui servant de bureau et scella l'ouverture.

Les cris ne parvenaient plus jusqu'à eux, le lieu étant insonorisé. La décoration s'y trouvant était impersonnelle et les seules touches exotiques, enlevant l'austérité de l'endroit, étaient un vivarium où se trouvait un doxy essayant de briser les vitres sans y parvenir et un service trois pièces. La demoiselle ne prêta aucune attention au premier et s'installa à sa place pour ouvrir un tiroir, d'où elle tira un onguent qu'elle appliqua sur sa blessure, ainsi qu'un bandage. Elle rangea ses fournitures à leur place, joignant à posteriori ses extrémités en déposant ses coudes sur le meuble et lui pointa d'un geste nonchalant du menton le siège face au sien.

« Je vous invite à sursauter au moindre bruit et vous montrer particulièrement paranoïaque pendant quelques jours après être sorti d'ici, prononça l'adulte en guise de salutation. Pour les oreilles du château, vous avez droit à une séance de torture qui va durer le temps de notre entretien. Il ne faudrait pas que les mangemorts aient le moindre doute, je pense que vous pouvez le comprendre, monsieur Baker. »

Le demi-sourire qu'esquissa Astrid démontra à lui seul qu'il n'y avait aucun sarcasme dans son discours. Elle le pensait suffisamment intelligent et doué pour jouer la comédie pendant les quelques journées qui suivraient celle-ci. D'un mouvement distrait du poignet, elle conjura silencieusement une force mystique pour soulever les tasses et la théière. Contrairement au début de l'année, la présumée servante du mage noir était parfaitement à son aise.

« Du thé ? demanda-t-elle poliment. Sauf si vous préférez autre chose ? »

Elle n'attendit pas sa réponse pour laisser le liquide brûlant se déverser dans un premier récipient, sans le lâcher des yeux. La métamorphe analysait son comportement, ses micros-expressions, sa posture et notait mentalement les détails qu'elle jaugeait importants.
 

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MessageSujet: Re: « Doors Open. » [21 Décembre 1997] Dim 28 Oct 2018 - 5:35


Dimanche, 21 décembre 1997
La souffrance, celle qui s'éternisait dans le silence, fut un mal qui se partagea de tous, contrairement à celle dont tout le monde avait déjà conscience. Que serait-il arrivé, si les boucs n'avaient pas été une maison affichée aux yeux de tous ? Cela aurait attisé la curiosité. D'ailleurs, il aurait sûrement été moins difficile pour ses nombreux élèves de trouver l'aide dont ils avaient besoin. La réalité, autant qu'un mauvais produit, pouvait être vendu à toutes personnes. Pour quémander et recevoir, il fallait simplement savoir attiser une chose dont tous les hommes étaient en possession ; la pitié. En d'autres termes, autant cette nouvelle maison était mal affichée, le souci était surtout qu'elle s'affichait trop. C'était d'une telle lourdeur, de voir ses misérables enfants être punis pour un caprice dont ils n'étaient pas responsables que, en finale, c'était devenu banal. Baker s'était présenté, presque précipité dans ses démarches, en entrevoyant devant lui les risques qu'il prenait en circulant parmi eux. Mais, il ne s'était pas laissé brimer par la discrimination et s'était avancé en tant qu'un être humain doté de pitié, plutôt qu'un sorcier doté de magie. Il n'était pas plus anxieux qu'en habitude ou même plus impatient face à son désir de tout connaître. Le blouson bleuté ne lui avait pas été offert pour aucune raison, même s'il eut déjà jugé le choix du choixpeau, le considérant incorrect. Pour sa part, il aurait préféré n'appartenir à aucune maison, car il avait misère à accepter qu'une longue table et un drapeau puissent refléter son image. Puis, lorsqu'il fut mis au courant de l'histoire qui s'y cachait, cette idée qu'il s'eut fait s'était volatilisé et avait donné naissance à cette avidité profonde envers ses apprentissages.

Il était un bleu et il en était fier, autant qu'il était fier des autres maisons. Décidément, il ne s'était jamais laissé emporter par cette fausse idée de concurrence. En première année, Philip avait eut hâte d'être à sa septième, et ce, pour les connaissances dont il allait faire part et non pas dans l'envie de terminer au plus vite cette vie d'étudiant qui le dirigeait vers une réalité dont ses parents adoptifs n'avaient guère conscience. Plus l'enfant savait, mieux il se sentait. Mais, en grandissant, il eut appris que savoir lui permettait aussi d'agir. Et ce fut en ces circonstances discriminatoires et injustes qu'il se retrouva à faire ce qu'il faisait, car en effet, il pouvait faire bouger les choses. Les ténèbres étaient là, mais en rien cela ne brimait son libre-arbitre. « Entrez, monsieur Baker » dit-elle, sans exposer la moindre répugnance à son égard. Elle aurait pourtant pu, elle qui était de ceux qui, de par leur sang, n'avaient guère besoin de se renfrogner sous les barrières que forçait le respect. En se penchant légèrement, la remerciant ainsi de lui permettre d'entrer, il devança l'accès et se tourna vers elle. Le sang s'écoula sous le regard songeur du Serdaigle. En fixant le sol, le jeune homme se demanda si ce qu'elle s'infligeait était nécessaire. Et si c'était bien le cas, alors elle avait beaucoup plus à cacher que ce qu'il n'y paraissait.  

« Je vous conseille de vous boucher les oreilles, la musique que vous allez entendre est loin d'être plaisante » Il hocha et plaqua ses paumes à ses oreilles. Cependant, lorsque le premier hurlement retentit, il ne tarda pas à reprendre sa position initiale. Rien de ce qui s'échappait du tourne-disque ne méritait d'être mis en sourdine. Il désirait entendre, imaginer et ressentir cette douleur dissimulée par ce simple vinyle, car celle-ci était, dans la majorité des cas, bien réelle. Puis, il accompagna l'apprentie et s'installa convenablement dans le bureau. N'étant pas personnellement anxieux, il ne lui fut donc pas difficile de se mettre à son aise. Tout en gardant sa droiture, il replaça les manches de sa chemise et constata la présence du doxy, une fée étrange qu'il avait entrevu dans Le Guide des créatures nuisibles. Il ne se souvenait plus de son nom exact, mais avait encore en mémoire qu'il s'agissait d'une fée mordeuse. « Je vous invite à sursauter au moindre bruit et vous montrer particulièrement paranoïaque pendant quelques jours après être sorti d'ici. Pour les oreilles du château, vous avez droit à une séance de torture qui va durer le temps de notre entretien. Il ne faudrait pas que les mangemorts aient le moindre doute, je pense que vous pouvez le comprendre, monsieur Baker. » À nouveau, le serdaigle hocha. En grimaçant d'un rictus par le bas, en un pincement de lèvres, il essaya de lui partager le fait qu'il n'était pas un spécialiste de cette matière. Certes, il pouvait tout cacher, mais faire semblant... ce n'était certainement pas l'une de ses aptitudes, peu importe la situation. « Du thé ? Sauf si vous préférez autre chose ? » En levant les yeux sur elle, il se permit un léger sourire qui dévoila la pointe de sa dentition supérieure puis il laissa envoler, à la suite de celui-ci, un rire narquois. Cette situation lui semblait presque improbable, tel un cauchemar se changeant en paradis.

« Je ne suis pas ici pour jouer le difficile, affirma-t-il en portant une brève attention vers la théière. Je ne compte pas, non plus, jouer les hypocrites. Alors... poursuivit-il en rapportant son regard sur la sang pur, de sorte à aller à la rencontre du sien. Il voulait que cette approche soit directe et irréfutable, puisqu'il n'avait pas l'intention de relâcher cette prise. En suivant cette logique, je me dois de vous partager le fait que je n'ai pas tout à fait confiance en vous. Sachez d'ailleurs que ce que vous avez accompli par le passé ne vous rend pas indispensable. Je pense de même en ce qui me concerne. »

En se reculant de sorte à aplatir son dos contre le dossier du siège, il inspira profondément et entama la suite de son analyse. « En toute franchise, j'aimerais vous entendre dire que ce thé n'est pas empoisonné et que cette idée n'a jamais traversé votre esprit. Si l'idée s'est présentée, avouez-le simplement. Si le thé est empoisonné, dites-le, la sollicita-t-il, sans avoir moindre crainte envers une réponse qui s'avérerait positive. Pour ma part, j'admets avoir souhaité votre mort. » Cela remontait à ses premières recherches. En faisant rapidement le tour des nouvelles autorités du château, l'adolescent avait notamment espéré la mort de tous ses gens, allant des Shafiq aux Carrow, sans oublier les Malfoy, pour cause de leur succès avec vous-savez-qui. Ce n'était pas par méchanceté, mais seulement par manque de jugement qu'il en était arrivée là. Hors, il ne pouvait nier cette mauvaise conscience et la partagea donc à Astrid. En attendant sa réponse, il invita ainsi la jeune femme à dire les choses telles qu'elles étaient. Maintenant qu'ils se faisaient face, les jugements de toutes sortes n'avaient plus leurs places chez Baker. Était-ce de même pour la sang pur ?

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MessageSujet: Re: « Doors Open. » [21 Décembre 1997] Lun 29 Oct 2018 - 20:52

« Je ne suis pas ici pour jouer le difficile, lui répondit son vis-à-vis avec une assurance assez surprenante, ses iris se posant brièvement sur le service à thé. Je ne compte pas, non plus, jouer les hypocrites. Alors... »

La consultante sangla lentement ses bras sur sa poitrine et laissa son dos s'échouer sur le dossier de son fauteuil rembourré. Elle s'offrit même le luxe de croiser les jambes nonchalamment. Elle remonta ensuite sa main droite pour venir caresser son menton de ses doigts, l'invitant à continuer avec ce simple geste pensif. Curieuse, Shafiq avait décidé bien avant l'arrivée du jeune homme qu'elle ne chercherait pas à le brider. Les précautions prises plus tôt avaient été autant dans ce but, que pour éviter que les esclaves du mage noir pussent comprendre que ce qu'il se jouait ici n'avait rien de foncièrement mauvais.

« En suivant cette logique, je me dois de vous partager le fait que je n'ai pas tout à fait confiance en vous. Sachez d'ailleurs que ce que vous avez accompli par le passé ne vous rend pas indispensable. Je pense de même en ce qui me concerne.
Et vous avez en parti raison, acquiesça-t-elle en venant le pointer de ses ongles parfaitement taillés, appuyant de ce fait son propos, mais continuez. »

En effet, elle n'était d'accord avec lui qu'à moitié, mais elle comptait lui expliquer pourquoi, qu'après avoir entendu tout ce qu'il avait à dire. Sans plus de paroles, elle entreprit de verser la boisson suspecte au goût de l'Asiatique, continuant d'observer la moindre de ses réactions. Elle analysait aussi les mots qu'il prononçait, remarquant que si Philip avait bon cœur, il lui manquait quelque chose d'essentiel pour survivre à cette guerre, que le Seigneur des Ténèbres, quoi qu'il pensait, n'avait pas encore gagné. À sa façon, il lui fit penser à un Chevalier sans bouclier ou à l'épée émoussée, devenant donc aussi inoffensif qu'un homme à l'armure vieillotte, le métal lourd pesant sur ses épaules aussi sûrement que le bouc devait être écrasant à porter.

« En toute franchise, j'aimerais vous entendre dire que ce thé n'est pas empoisonné et que cette idée n'a jamais traversé votre esprit. Si l'idée s'est présentée, avouez-le simplement. Si le thé est empoisonné, dites-le, convia le disciple de Rowena, avec un sang-froid intriguant compte tenu de son discours. Pour ma part, j'admets avoir souhaité votre mort.
L'inverse aurait été étonnant, plaisanta l'apprentie de bon cœur, lui explicitant qu'elle ne se formalisait pas de la menace qui aurait pût planer dans ces quelques paroles en d'autres circonstances, avant d'adopter un ton plus sérieux. Je vais vous répondre dans le désordre. Donc, pour commencer... »

Elle laissa sa phrase en suspens. Certains y verraient matière à entretenir un moment d'haleine inutile ou judicieusement placé, pour que le reste de sa réflexion eût tout son impact. Ainsi, comme une actrice de théâtre montant sur les planches pour entamer sa réplique, Astrid extirpa du tiroir qui contenait son matériel de soin, une pierre sombre et étriquée, qu'elle présenta à l'élève. Elle la déposa à quelques centimètres de la soucoupe en porcelaine, où reposait à présent le récipient brûlant contenant le breuvage préparé à son intention. Il s'agissait d'un bézoard, un antipoison naturel assez rare. Il n'était pas nécessaire d'être un passionné par l'art de la fabrication des potions pour le comprendre.

Elle lui offrait, par conséquent, le droit de ne pas la croire sur parole, tout en lui prouvant la véracité de ses dires. Elle pointait ainsi sa faculté, presque surnaturelle pour une présumée mangemort, d'admettre qu'ils n'étaient, non pas des animaux qu'il fallait destiner à l’abattoir, mais bel et bien des êtres humains qui devraient être traités équitablement.

« Je n'ai jamais souhaité votre mort, avoua la sorcière avec sincérité, la vôtre ou celle de vos camarades. Non, empoisonner le thé ne met pas venu à l'esprit une seule fois. Je n'ai pas non plus désiré ce qui vous arrive. »

Si l'aigle lisait entre les lignes, il pouvait s’apercevoir qu'elle avait déjà souhaité la mort d'autres personnes, ce qui était parfaitement humain. Il n'avait par contre aucun moyen de savoir qu'il était installé face à une meurtrière, qui pouvait potentiellement être jugée comme une criminelle de guerre, si l'Ordre du Phénix découvrait les quelques assassinats des serviteurs de Lord Voldemort, qu'elle avait hasardé durant le deuil de la famille. Dans l'optique, bien entendu, où ils gagnaient la guerre, et même si c'était pendant celle-ci. Ils n'étaient pas des admirateurs de la violence futile et gratuite, même si Astrid avait l'excuse de ne pas être réellement maîtresse d'elle-même durant cette période de son existence.

Elle espérait que des circonstances atténuantes seraient retenues lors de son procès, s'il y en avait un bien entendu. Après tout, comme nombre des adeptes de l'immortel oiseau, elle s'était dévouée corps et âme à une cause qu'ils s'accordaient tous à qualifier de juste. Les erreurs étaient l'expression de son humanité et la douleur, occasionnée par la perte brutale et soudaine des membres de sa Maison, n'avait fait qu’exacerber une facette pour la moins controversée de sa personne.

Elle passa à la suite, sans parler de ses homicides, préférant se concentrer sur la foi qu'il ne lui accordait pas. Le fond était parfait, mais la forme laissait un goût d'inachevé à l'ancienne Gryffondor. Il avait assez de discernement pour comprendre qu'il ne fallait pas supposer une sécurité qui pouvait se révéler fictive, mais en même temps, énonçait les faits avec une telle franchise qu'elle s'était retenue d’aplatir la paume de sa main sur son front d'un air désabusé.

« Comme je le disais plus tôt, reprit-elle, vous avez raison. M'accorder une confiance aveugle serait particulièrement idiot de votre part. Tout comme votre approche n'était pas très fine. »

La magicienne but sa boisson, qui avait suffisamment refroidi pour ne pas la brûler, puis se releva après s'être assurée que l'élève l'eut goûté aussi, sans le laisser présager. Tout en joignant les mains dans son dos, elle se dirigea vers l'unique fenêtre de la salle en contournant le bureau, obligée de passer derrière l'élève pour arriver à destination. Des flocons descendaient des cieux avec paresse et recouvraient d'un lit immaculé l'entièreté du paysage. La plus vieille aurait presque pu admirer la beauté du panorama, si elle n'avait pas l’œil suffisamment aiguisé pour discerner la présence des détraqueurs à l'orée du bois qui entourait l'établissement.

« Ce que je vais vous expliquer n'est que fiction, mais un exemple sera plus parlant, prononça la noble sans détourner ses pupilles bicolores du cadre extérieur. Imaginez une seconde si j'avais empoisonné le thé avec du véritaserum pour vous forcer à me donner certaines informations, vous seriez tombé dans le piège. Ne demandez pas à une personne d'être sincère envers vous, partez du principe qu'elle ne l'est pas totalement. Nous vivons des heures sombres et vous devez considérer que votre ennemi est partout, autour de vous, mais également que vous pouvez vous-même vous trahir. »

Elle finit par faire volte-face, pour étudier sa réaction. Elle ne donnait pas cher de sa peau s'il s'adonnait à une telle liberté devant Amycus, Alecto ou Rowle. Les premiers l'écorcheraient en place publique pour l'exemple, ou par un amusement malsain. Le dernier, plus subtil quand il le voulait, chercherait à le briser en se servant de lui pour dénicher les résistants du château. Elle n'avait pas parlé de la potion de vérité pour rien, Andreas ayant déjà empoisonné les préfets avec, et même si le cacher aurait pu lui servir dans le futur, il avait au moins démontré la dangerosité d'un tel philtre par son arrogance.

« Il n'est pas question ici d’hypocrisie, mais de sécurité, illustra la mercenaire, puis elle enchaîna sur un autre sujet. Nous ne sommes pas indispensables, mais comprenez que les personnes qui osent se retourner contre le système de cette façon sont plus rares qu'on le voudrait. Nous, nous ne sommes pas indispensables, notre aide l'est par contre, c'est pourquoi nous devrions prévoir un autre plan si nous venions à disparaître complètement, l'un comme l'autre. »

Le claquement des talons de la métamorphe résonna de nouveau. Elle se déplaça jusqu'au meuble au centre du lieu, pour venir s'appuyer contre lui. Elle n'avait pas conscience ressembler actuellement à une lionne en cage, ce qu'elle avait l'impression de redevenir. Elle n'était revenue à Poudlard que depuis quelques jours, mais le sentiment d'être enchaînée, surveillée, ses moindres gestes analysés l'affublaient de cette désagréable sensation.

Elle l'avait accepté en revenant, la conséquence lui permettant de paraître détendue. De la poudre aux yeux que seuls les proches de la cousine d'Alizée pouvaient balayer d'un revers pour considérer l'évidence. L'étudiant, dont elle redoutait secrètement la répartie qui risquait d'aller à contresens avec ses réalisations par manque de maturité, n'en faisait pas partie et ne pouvait pas le découvrir, pour l'instant.

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MessageSujet: Re: « Doors Open. » [21 Décembre 1997] Mar 30 Oct 2018 - 1:53


Dimanche, 21 décembre 1997
« L'inverse aurait été étonnant. » Le sorcier crut d'abord mal comprendre et ne sut comment réagir. Puis, en dressant la tête vers le plafond, il se laissa vite bercer par cette ironie dont il se moqua gentiment, en laissant quelques soubresauts agiter ses épaules du haut vers le bas. Trois exclamations le quittèrent puis il appuya sa paume contre son ventre, se replaçant ensuite au dossier du siège tout en reposant ses prunelles sur ce qu'il y avait devant lui, plutôt qu'au-dessus de lui. Enfin, il était heureux (presque charmé) de savoir Astrid ouverte à cette idée parfois bien douloureuse qu'était celle d'apprendre que notre mort était désirée de part plusieurs. Cette horrible porte ne s'était jamais ouverte à Baker, mais inconsciemment, il savait que les ténèbres voulaient le mettre six pieds sous terre. De ce fait, il pouvait comprendre la farce et même se la retourner contre lui-même. Rire de la mort ne lui était que très rarement arrivé, surtout depuis le décès de sa mère adoptive. Mais, il n'y pensa pas, car Baker n'étant pas de ceux qui sait refouler ses sentiments, il aurait été étrange que les larmes le percent en cette première rencontre. De toutes façons, il allait avoir toute une nuit pour se morfondre et s'offrir la chance d'être moins lourd avant demain. « Je vais vous répondre dans le désordre. Donc, pour commencer... » Il attendit simplement puis fronça les sourcils face à ce qu'elle sortit du tiroir. Il ne sut de quoi il s'agissait et se vit très surpris, en comprenant que c'était un bézoard. Comme plusieurs élèves, Baker s'était déjà fait poser la mystérieuse question, à savoir d'où provenait cet antipoison qui se faisait plutôt rare. Il n'avait plus souvenir de sa réponse, mais gardait en mémoire le rire de ses camarades. D'ailleurs, se remémorer leurs rires fit aussitôt naître une lumière joyeuse dans son regard, lui donnant alors, malgré lui, un air rêveur plus souvent attribué aux jeunes enfants.

« Je n'ai jamais souhaité votre mort, la vôtre ou celle de vos camarades. Non, empoisonner le thé ne met pas venu à l'esprit une seule fois. Je n'ai pas non plus désiré ce qui vous arrive. » Mais ce qu'elle souhaitait à un n'était pas forcément similaire à ce qu'elle désirait pour d'autres, pensa le bleu qui entrevit en ces mots une double vérité, en vue de la manière dont le tout fut partagé. En effet, il était rationnel que la pensée d'Astrid diffère, car de toutes évidences, elle était elle-même une double tête sur un même corps. Il serait d'ailleurs important de savoir que Philip n'était pas enchanté par cette identité mensongère. Quelqu'un qui sait mentir aussi bien et dissimuler une toute autre vie en de telles circonstances n'était pas de ceux qu'ils pouvaient prendre à la légère. Certes, il se sentait à l'aise de rire avec elle, mais le reste lui donnait envie de partir. Durant la journée, il avait eu hâte de la connaître pour s'offrir une meilleure image, mais n'avait pas forcément envie de devoir déchiffrer celle qu'elle prétendait être. En bref, il ne désirait tourner autour d'un pot sans fond et voulait un réel aboutissement. « Comme je le disais plus tôt, vous avez raison. M'accorder une confiance aveugle serait particulièrement idiot de votre part. Tout comme votre approche n'était pas très fine. »

Il entrouvrit les lèvres, mais ne dit rien. Puis, il se contenta de prendre ce qu'elle lui avait offert, car cela l'intéressa davantage. D'abord, il ne tarda pas à s'approprier le bézoard et souffla un remerciement dans le vide à son égard. Puis, il pris sa tasse. En y trempant le bout de ses lèvres, il goûta ce qu'elle contenait. Ce fut alors qu'un léger silence fit surface, ce qui lui permit de s'habituer plus amplement au lieu et son atmosphère. Il ne se préoccupa plus de la femme qui s'était redressée de sorte à aller atteindre la fenêtre, par respect envers elle. Il croyait bon de la laisser parler, jusqu'à ce qu'il n'y ait une question dont il pourrait connaître la réponse. De ce fait, il attendit qu'elle l'invite à s'exprimer. La confiance qui lui portait était toujours aussi minime, mais l'instinct le porta à ne pas s'en faire inutilement. Plus rien ne donnait raison à ses craintes. « Ce que je vais vous expliquer n'est que fiction, mais un exemple sera plus parlant. Imaginez une seconde si j'avais empoisonné le thé avec du véritaserum pour vous forcer à me donner certaines informations, vous seriez tombé dans le piège. Ne demandez pas à une personne d'être sincère envers vous, partez du principe qu'elle ne l'est pas totalement. Nous vivons des heures sombres et vous devez considérer que votre ennemi est partout, autour de vous, mais également que vous pouvez vous-même vous trahir. » Elle se tourna, mais lui, il ne fit rien. Philip ne lui donna pas une once de son attention. Avec nonchalance, il haussa les épaules face à cette requête, alors qu'il prit une gorgée de son thé. L'apprentie n'était pas la première à lui faire un tel discours. Cependant, Baker ignorait toutes exemples de vérité ayant pour malheur de débuter par l'imagination. Il réfutait cela, ne se permettant pas d'être malmené par cette sorte d'invitation qui le forçait à subir une idée préconçue. À ses yeux, ce qui était issu de l'imaginaire était parfois que trop subjectif et donc ; lié à des expériences personnelles. Ça n'avait donc presque plus rien d'objectif. Au même principe que d'être avisé par une femme battue qu'il serait mieux pour lui d'éviter les hommes, ce que Shafiq lui demanda de faire lui sembla absurde et non nécessaire. De plus, le fait de redouter tout être vivant lui semblait être une excuse, car combien avait-il eu de sorciers qui étaient restés aveugles, en se donnant raison du fait qu'ils pouvaient avoir confiance en personne ? Ce n'était pas en pensant ainsi que ce monde allait finir par changer. Mais, pour quelqu'un comme Astrid, peut-être cela était immanquable et qu'elle lui répétait ce qu'elle se répétait à elle-même, tel un effet miroir.

« Il n'est pas question ici d’hypocrisie, mais de sécurité. Nous ne sommes pas indispensables, mais comprenez que les personnes qui osent se retourner contre le système de cette façon sont plus rares qu'on le voudrait. Nous, nous ne sommes pas indispensables, notre aide l'est par contre, c'est pourquoi nous devrions prévoir un autre plan si nous venions à disparaître complètement, l'un comme l'autre. » Il posa sa tasse, inspira lentement et secoua brièvement de la tête. Il ne voulait pas s'attarder face aux raisons qui le poussaient à certains désaccords, mais il tenait à ce qu'elle ne le force pas à adapter sa propre façon de penser. En se levant à son tour, il lui envoya un sourire et glissa l'antidote dans le creux de sa poche droite. Il ne savait guère par quoi commencer et démontra cette difficulté en passant ses mains dans ses cheveux, les ébouriffant durement.

« Si vous avez envie de croire que l'aide que nous apportons est indispensable, faites-le, mais sachez que je n'y crois pas. De plus, si je viens à disparaître, alors il en sera ainsi. Pour être clair ; je ne tiens pas à perdre du temps à imaginer ou prévoir des dangers là où il n'y en a pas. Si j'avance en essayant d'entrevoir chez les autres un ennemi potentiel, alors à mes yeux, je n'avancerai pas. Au contraire, je reculerai constamment. Il y a nombreuses possibilités et nombreuses façons dont j'aurais pu être empoisonné, tué et trahi. C'est une réalité que j'accepte, tout comme les souffrances qui s'y attachent. Cependant, sachez que je ne ferai jamais d'une telle possibilité une réalité et que je n'agirai que si le danger devient concret. » Il releva les pans de sa chemise et retira sa baguette qui était prise à sa ceinture. En la déposant contre le bureau d'Astrid, il invita la femme à la garder avec elle et le lui rendre sans se faire voir, comme elle avait déjà si bien su le faire auparavant. Il était logique qu'il ne l'ait plus en sortant d'ici, car jamais on ne l'avait déjà vu sans sa baguette magique. Et s'il devait faire semblant d'avoir passé par une séance obscure en compagnie de la dame, avant de sortir, il préférait alors que ce détail soit réglé. Après quoi, il continua ce qu'il avait à dire.

« Le plus important est, qu'en effet, l'aide que nous apportons semble être rare, ici. Cela ne s'en tient qu'à Poudlard. D’ailleurs, il ne faut pas oublier que nous sommes majoritairement entourés d'enfants et d'adolescents. Je suis encore loin d'être un adulte accompli et j'en suis fort conscient. Enfin, si je peux me permettre..., dit-il en prenant une pause. » Il regarda l'heure affichée à sa montre, pour mémoriser le peu de temps qui s'était écoulé. Puis, il se concentra à nouveau sur son interlocutrice. « Pourquoi m'avez-vous invité ? Aviez-vous un plan, un but ou des informations à me partager ? Pour ma part, je suis venu que pour m'assurer de votre bienveillance. Pour l'instant, le reste m'importe peu. »

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