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Secret Santa ! ❄️

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PERSONNEL DE POUDLARDBibliothécaireModo tentaculaire
    PERSONNEL DE POUDLARD
    Bibliothécaire
    Modo tentaculaire
AVATAR : James McAvoy
MESSAGES : 778

INFOS PERSONNAGE
SITUATION AMOUREUSE SITUATION AMOUREUSE: Pas vraiment seul, mais presque.
DATE & LIEU DE NAISSANCE DATE & LIEU DE NAISSANCE: 10 Août 1964
SANG SANG: mêlé
MessageSujet: Secret Santa ! ❄️ Sam 7 Juil 2018 - 20:48



Secret Santa


18 Décembre 1997




Le ciel du plafond enchanté pesait plus lourds ce soir et semblait s’abaisser, sans pourtant esquisser l’orée d’une menace, car ses nuages étaient chargés de neige et de généreux flocons épars tombaient en gros sous sur la Grande Salle. L’immaculée descente ne laissait pourtant pas sa trace au sol tant l’air était chaud, poudrant seulement comme sel sur poivre certaines têtes, se perdant dans les cheveux l’espace d’un éclat argenté, avant de fondre. Difficile de croire que les flammes fécondes qui crépitaient sur les torches murales et dans l’âtre de la grande cheminée, n’avaient été que du charbon à peine tiède il y a de ça quelques heures. Il s’était agi en vérité d’un très petit feu, qu’il aurait fallu couver pour en extraire la moindre sensation de chaleur ; un feu si mesquin qu’il aurait tenu dans la main. Octave le savait, il avait vu Amycus soigneusement tout éteindre dans l’après-midi. McGonagall avait proposé une soirée avant le départ des élèves, un timide Secret Santa. Elle avait disposé une coupole avec des noms repliés dans la Grande Salle, invitant les élèves à venir tirer un partenaire mystérieux. Mais les Carrow s’en étaient emparés, avaient distribué des ordres pernicieux aux oreilles de certaines étudiants, leur ordonnant une malfaisance imposée. Ils avaient réquisitionné la quasi-totalité des décorations la veille des festivités, plongeant Minérva dans une colère faible, car proche du désarroi. Elle aussi, cédait parfois à l’ennui. Particulièrement avant Noël : de toute l’année, c’était l’époque où le besoin se faisait le plus vivement sentir, et où l’abondance faisait le plus plaisir. Elle avait tenté pour les enfants, qui pour certains manquaient du plus strict nécessaire, tandis que d’autres ne parvenaient pas à se donner le plus léger bien-être. Ce qui la chagrinait au fond, c’était que les étudiants partent le cœur toujours plus lourd alors que Noël était un beau jour, un jour de bienveillance, de pardon et de charité. Elle s’était résolue à regarder, impuissante, les mangemorts détériorer la salle de fête durant l’après-midi, essayer de déclencher un orange au plafond enchanté, qui leur renvoya un unique éclair, avant de recommencer tranquillement à neiger. Ils voulurent se venger, prévoyant de faire venir un Krampus d’Allemagne - pendant maléfique du père Noël - pour effrayer les étudiants. Mais cette créature impressionnante, recouverte de poils et à la gueule pour le moins antipathique, était une espèce bien trop rare pour ce genre de divertissements.


Une providentielle urgence arracha cependant tous les mangemorts du château une heure avant le dîner. Ils disparurent tous en quelques minutes et McGonagall, quoi que conscience de ce qui venait de se produire, ne chercha pas davantage d’explications. Avec empressement, et l’aide d’une poignée d’autres professeurs, elle arrangea le saccage comme elle put ce qui, selon les qualités de sorcellerie et d’imagination qu’on voulait bien le reconnaître, fut un petit prodige. Bien entendu, ce n’était pas parfait, ça ressemblait à du bricolage ou à une soirée thématique très particulière, presque paganisée, mais le cœur y était résolument.  

Six heures seulement venaient de sonner aux horloges du château, et cependant il faisait déjà nuit noire depuis longtemps. Il n’avait pas fait clair de tout le jour, comme si l’œuvre des Carrow avait entaché jusqu’au temps-même. Depuis Pré-au-Lard, les lumières de Poudlard ressemblaient à des tâches de graisse jaunâtres qui s’étalaient sur le fond noir d’un air épais et en quelque sorte palpable. Octave n’enviait vraiment pas la sortie des mangemorts en un temps aussi dur. Le brouillard semblait pénétrer dans l’intérieure de la pierre par toutes les fentes et les trous de serrure et tout paraissait fantomatique. Aussi, lorsque le bibliothécaire était sorti pour chercher à la demande de McGonagall des branches de houx au village, il fut accompagné à son retour par une brume lourde et gelée, qui exhalait de ses vêtements comme l’aurait fait la vapeur chaude d’un four. Le froid était aussi mordant qu’un chien rongeant son os !


Tout ce qui était inutile fut enlevé de la Grande Salle, les maquettes ignobles de décorations malveillantes disparurent à tout jamais de la vie publique, le plancher fut balayé et arrosé, les lampes apprêtées, un tas de charbon jeté sur le feu, et la salle s’était transformé en endroit aussi commode, aussi chaud, aussi sec et aussi brillant qu’on pouvait le désirer. Les professeurs étaient vraiment parvenus à faire un printemps du triste hiver de leur vie. Les murs et les tables étaient richement décorés de guirlandes de feuillage verdoyant ; on eût dit de bosquets véritables dont toutes les branches luisaient de baies rouges. Des rameaux de houx et de gui ornaient la cheminée et le dossier de certaines chaises, liés par des rubans d’or. Et Octave ne sut plus très bien où regarder, tant les feuilles lustrées reflétaient la douce lumière du foyer tels de petits miroirs. Sur les tables trônaient des volailles grasses, du gibier froid, du cochon de lait et du pudding parfumé tiré du chaudron. D’immenses gâteaux des rois, des bols de jus de citrouille et de punch à la cannelle bouillaient la pièce de leur délicieuse vapeur. Des oranges et d’autres fruits colorés jonchaient les plats pour en relever la couleur. Il huma la saveur agréable, mélange de thé et de café, qui flottait à côté de la table des Gryffondors, et constata avec une bienveillance débordante que les Nuncabouc n’étaient pas demeurés ignorés, ainsi que l’aurait voulu le règlement. Il y avait à leur table des fruits confits si bien glacés et tachetés de sucre candi, que leur vue rappelait une abondance délicieuse et réconfortante. Figues moites de charnues, pruneaux d’Espagne, raisins secs, marrons chauds : toutes ces bonnes choses s’étaient ornées de leur parure de fête. C’était peut-être une impression due au fait que tout avait été rassemblé autour du sapin, si bien que les bouts de table les plus proches de la porte étaient nus et dans l’obscurité. Mais Octave remarqua sur tous les visages des gens présents un air d’allégresse, que le plus beau jour et le plus brillant soleil d’été se seraient en vain efforcés de répandre. La charité de McGonagall avait même convié Argus aux préparatifs.

« Mais non, pas comme ca ! »

Lui avait-elle déclaré en reprenant une couronne de houx, que le concierge avait fixée de façon trop maladroite à son goût. Elle se ressaisit bien vite cependant, rendit la décoration et l’aida à la mettre en place correctement avec une patience qu’on lui voyait peu, surtout avec Filch. Sous les flocons, de petits bonhommes de neige magiques à l’air joyeux se poursuivaient, faisant l’animation : ils se heurtaient, jouaient et couraient dans tous les sens, récupérant de temps à autre et au bout d’une longue attente suffisamment de neige pour se la lancer entre eux, et parfois même sur les étudiants et professeurs déjà présents, avant de s’enfuir en souriant d’une bouche sans voix pour rire. Certains avaient été détraqués plus tôt par les Carrow, mais à part tordre furieusement leurs dents taillées en essayant de mordre sans succès quelques chevilles, ils ne pouvaient rien d’autre. Deux d’entre eux avaient jeté une poignée de marrons sous les cendres et les regardaient maintenant se fendre avec fracas et pétillement, avant d’en donner aux enfants… Même Argus, au tempérament pourtant dédaigné de tous, avait d’abord tiré la grimace en observant tous ces débordements, avait essayé de rétablir l’ordre, mais lorsque Chourave lui avait tendu un grog bien serré et préparé par ses soins à coup d’infusion de racines de Dictame, le concierge avait comme fondu dans un fauteuil près du feu. Par une heureuse et noble compensation, si la maladie et le chagrin étaient contagieux, il n’y avait rien de plus irrésistible que la bonne humeur.


Le sapin, quoi que touffu, avait été dépouillé de son apparat et seulement quelques boules en verre teinté de rouge et une guirlande cantatrice le décoraient. Les petites lumières dorées de la guirlande se perdaient entre les épais rameaux et, chantant d’une voix douce et agréable, singulièrement unie, un « O Holly Night », ressemblaient à de petites braises chaudes sur lesquelles quelqu’un soufflerait en permanence. Pour pallier au vide qui rendait le sapin maigre et défraîchi, chaque professeur avait apporté quelque chose de personnel pour décorer. Chourave avait glissé un petit bouquet de perce-neige entre les aiguilles résineuses, Flitwick avait couronné les bourgeons du sommet d’une épaisse étoile étincelante. Et parce que même McGonagall s’était abstenue d’avoir recours à la métamorphose, s’étant contenté de simplement accrocher une écharpe au motif écossais entre les branches, Octave en fit autant. Méticuleusement, il avait plié avec l’aide d’un livre d’origamis trouvé à la bibliothèque une multitude de petits papillons en papier, teintant seulement leurs ailes d’un dégradé de couleurs. D’autres élèves de passage un peu plus tôt avaient repris l’initiative et bientôt, l’arbre gagna en belle noblesse. Alors qu’un fantôme traversait de part en part le canapé où le bibliothécaire avait élu naufrage pour boire un verre de lait de poule épicé, ses yeux se baissèrent sur le paquet longeant sa cuisse. Le papier était d’un vert sombre, enroulé dans un ruban d’argent, et prenait la forme d’un long rectangle régulier. Apprenant qu’il avait tiré un nom, Amycus lui avait une fois glissé avec insistance qu’il allait devoir non pas faire plaisir en tant que Père Noël mystère, mais provoquer la répulsion. Il avait alors froncé les sourcils, dubitatif, mais le mangemort lui avait confirmé avec un sourire aux lèvres que son cadeau allait devoir être aussi horrible que ce put, et qu’ils seraient là pour s’en aviser. Ils n’étaient peut-être pas là ce soir finalement, mais c’était une trêve et non une fin, alors il s’était résolu à offrir son cadeau avec un sourire indulgent. Qu’importe, leur absence était un cadeau suffisant ! Lorsqu’il aperçut Heather entrer dans la salle, il eut un petit rictus, saisit son paquet et alla à la rencontre de l’étudiante.

« Ho, ho, ho. »

Susurra-t-il d’un ton badin en lui tendant son offrande. Il suffisait de la soupeser pour s’apercevoir sans l’ouvrir qu’il s’agissait d’une bouteille. Un whisky. Pour certains, c’aurait été un cadeau de bon ton, surtout si le breuvage était d’un Single Malt, soumis à une triple distillation, puis vieilli au fût de chêne une cinquantaine d’année au moins. Mais celui-là était de piètre qualité : juste assez vieilli pour ne pas être du Moonshine, sans saveur, à peine toasté, à peine ambré… bref, de la gnole rapide et facile. Pour Heather, parce qu’il la connaissait, c’était une moquerie basse et aisée. Octave aurait pu être bien plus méchant, mais à la lumière de leurs récentes conversations, il avait voulu tout de même joindre l’utile à la méchanceté gratuite imposée, quitte à devoir répondre de son manque de motivation. Quoi qu’une bouteille d’alcool offerte à une étudiante avait de quoi choquer en soi de la part d’un membre du personnel. Une bouteille de mauvais whisky, donc. Parce qu’elle était alcoolique, parce que quelque part, elle en avait honte et reproduisait consciemment le chemin de son père, parce que ca rendait sa vie malheureuse et dure et parce que tout ça, il le savait. Pour cette raison, il ne prit pas la peine de préciser qu’être désagréable et méprisant fut un ordre des Carrow, esquissant simplement un sourire compréhensif. De la moquerie facile, il espérait qu’elle saisirait le message tacite. Talisman plus que blâme, rappel plus que réprobation. La mauvaise bouteille à laquelle elle devait essayer de ne plus toucher.

« Joyeux Noël, Heather. »

Dit-il le plus sincèrement du monde, tandis que la salle se faisait doucement bourdonnante de vie.



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rita phunk
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Serpentard7ème annéePréfet
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SITUATION AMOUREUSE SITUATION AMOUREUSE: Célibataire.
DATE & LIEU DE NAISSANCE DATE & LIEU DE NAISSANCE: 4 décembre 1980 (Londres)
SANG SANG: mêlé
MessageSujet: Re: Secret Santa ! ❄️ Mar 17 Juil 2018 - 14:21




Léon avait les yeux rivés sur le plafond, ses doigts jouant avec les lanières du petit paquet en tissu qui tenait sans difficulté au creux de ses paumes. Les yeux gris s'étaient perdus un peu plus tôt dans le vague, alors qu'un soupire las coulait de nouveau par ses lèvres closes. Le tic tac incessant de la montre que Charles lui avait offerte pour son anniversaire rythmait sa mélancolie solitaire - et quasiment habituelle, désormais - alors qu'il attendait que cela ne soit l'heure de sortir de sa léthargie. Les doigts glacés parcouraient le contenu arrondi qui se trouvait dans l'écrin, songeant que le destin s'était à nouveau montré bien ironique lorsqu'il s'était agi de guider sa main à travers le bocal en verre contenant les noms des élèves de Poudlard. A vrai dire ? Le professeur de Métamorphose avait voulu bien faire et il aurait su apprécier la bouffée d'oxygène d'une soirée de Noël comme celle-ci, avec un jeu puérile à souhait mais qui aurait sans doute le don de réchauffer le coeur. Sauf que de coeur, en ce moment, il n'avait l'impression d'en avoir qu'une épave consciencieusement écrabouillée par des personnes à qui il avait choisi de le donner. Il se mordit les lèvres alors qu'une nouvelle bouffée d'angoisse lui serrait le ventre, comme si son corps tendu se chargeait de lui rappeler à quel point il n'avait aucune envie de repenser à ce qui le hantait à présent bien plus que nécessaire. Bien plus que l'attention qu'il aurait dû être capable d'accorder à des personnes qui n'en avaient strictement rien à faire. Ni de lui, ni de sa confiance, ni de sa tendresse. Et le pire ? Il n'arrivait même pas à seulement les détester. Il y avait ce quelque chose, cette envie de comprendre mélangée à la peur d'avoir raison, mais dans laquelle persistait encore l'espoir - le sale espoir ! - qu'il n'était pas juste la troisième roue d'une bicyclette qui n'avait pas besoin de lui pour avancer. Le visage se crispa quelques secondes avant qu'il ne s'exhorte au calme, soufflant avec parcimonie un air qu'il trouvait à présent alourdi par toute la colère qu'il savait tenir enfermée en lui. Non, ce n'était pas que de la colère. C'était un mélange bouillonnant d'émotions s'entrechoquant avec tellement de férocité qu'il ne savait pas encore quelle forme prendrait l'expression d'un tel ressentiment. Ses lèvres se tordirent sous l'afflux d'une nouvelle salve d'angoisse - celle d'être seul, ou bien celle de devoir quitter la solitude imposée depuis plusieurs jours ? - et il se redressa avec lenteur, s'asseyant sur le bord du lit avant de ne se lever, posant ses pieds nus sur le sol du dortoir avant d'aviser le contenu de sa valise. Il aurait été correct de passer une jolie tenue, n'est-ce-pas ? Noël n'était-il pas sensé être festif ?

Un petit rire cynique s'échappa de sa gorge serrée et, délaissant l'écrin noir sur le lit, il s'agenouilla avant de mettre encore plus de fouillis dans le contenu de ses vêtements, qui semblaient avoir subis à eux seuls un petit cataclysme. Tout s'y trouvait pêle-mêle et l'esprit embrumé de l'adolescent fatigué n'y vit que la représentation symbolique de ce qui semblait être à présent son quotidien. Il aurait pu et dû vouloir y mettre de l'ordre, mais il n'en avait strictement aucune envie. Il subissait, se laissant porter par les vagues traitresses et ne laissant aucune échappatoire, attendant d'être rejeté par la marée capricieuse sur le sable d'une plage accueillante ou, plus probable, sur les récifs acérés d'une crique. Peut-être qu'il finirait par se faire briser la nuque et coulerait à pic, sans aucun autre témoin que l'orage d'une tempête dont personne ne semblait avoir conscience. Et ceux en étant avisé s'en moquaient éperdument. Il extirpa un pantalon sombre de costume ainsi qu'une chemise blanc cassé qu'il défroissa d'un coup de baguette magique avant de se diriger vers la salle de bain de son dortoir.

La douche brûlante ne délassa pas ses muscles tendus à l'extrême, malgré la longueur qu'il imposa à cette parenthèse, jusqu'à ce que l'intégralité des miroirs de la pièce ne soit recouverte d'une buée les rendant opaques et que l'air ne soit chargé d'humidité. Il passa les vêtements, boutonnant la chemise avec une lenteur quasiment exagérée, avant de songer que l'air étouffant lui rappelait une soirée dont il savait maintenant qu'elle n'avait été qu'un mensonge. Le souvenir doux qu'elle lui avait laissé s'était estompé avec difficulté, ne laissant qu'un goût amer dans la bouche et le sentiment d'avoir participé malgré lui à une mascarade. Il s'était bien foutu de sa gueule, n'est-ce-pas ? Il secoua la tête avec frustration, posant sa main sur un des miroirs avant d'essuyer d'un geste bref la pellicule d'eau, jusqu'à voir apparaître son reflet. Pourquoi se préparait-il, déjà ? Songea-t-il alors qu'il tâchait de rendre docile les quelques mèches de cheveux humides qui barraient son front, les ébouriffant d'un geste négligé avant de remettre en ordre le col de sa chemise dont il avait laissé un bouton ouvert. Ses doigts s'empressèrent de vouloir corriger l'erreur, s'acharnèrent quelques secondes sans réussir à passer le petit bouton dans l'encoche prévue à cet effet. Il souffla et s'y reprit, maladroitement, fébrilement, avec une colère disproportionnée qui finit par faire céder le fil du bouton, lequel tomba au sol avant de disparaître il ne savait où. Poussant un juron étouffé, il s'appuya sur le lavabo alors que sa respiration devenait erratique. Il n'avait pas envie d'y aller, pas envie de sourire, pas envie de voir cette parodie de Noël, pas envie de les voir, pas envie qu'on ne lui adresse la parole. Il n'avait envie de rien. Ce n'était pas compliqué, si ?  Il tourna le robinet, s'aspergeant la nuque de l'eau glaciale, essayant de reprendre une contenance qu'il savait être bien loin d'atteindre. Il fini par se repasser de l'eau sur le visage, mouillant de nouveau les cheveux, passant et repassant sur son visage le liquide sensé lui procurait du calme, souhaitant ignorer les larmes de colère qui ne demandait qu'à dévaler sur ses joues. Il coupa l'eau, laissant son visage et ses cheveux dégouliner dans le lavabo, la respiration saccadée. Plusieurs minutes s'écoulèrent avant qu'il ne relève les yeux, accrochant son reflet qu'il détailla brièvement. De ce visage fatigué ne transparaissaient que ses yeux clairs, d'un bleu délavé ce soir, soulignés par des cernes profonds et les longs cils noirs. Il avait l'air malade. Comme toujours, cette année. Et de toute façon, c'était le château entier qui pourrissait sous le poison des Carrow, du nouvel ordre. Ca se diffusait dans le couloir de l'école comme dans les veines d'un individu, rendant nauséabond la plupart des âmes de l'école et condamnant les autres individus à une agonie de souffrance. Et puis à quoi cela aurait servi de coller un air sain et enjoué sur son visage, ce soir ? Il détestait Noël. Cette année, encore plus que les autres.

Il quitta la salle de bain, un air maussade peint sur le visage, récupérant le petit sachet qu'il fourra dans la poche de son pantalon de costume. Il passa ses chaussures, laissa de côté l'envie de changer de chemise, devant faire par la même occasion une croix sur le passage d'une éventuelle cravate alors qu'il n'avait pas pu refermer correctement le col de sa chemise. Et puis au diable. Il n'avait pas envie de faire le moindre effort. Pour qui, de toute façon, hein ? Ses doigts tremblant de fatigue et de colère, il se saisit de la boule de Noël qu'il avait choisi d'emmener pour décorer le sapin - parce qu'en plus, il fallait être original ? Non. Un sapin, une guirlande, des boules de Noël. Ca suffisait, non ? Ce n’était pas comme si, de toute manière, il allait s'agir de quelque chose de chaleureux ! De plaisant ! De familial - et une petite partie de lui ne pu s'empêcher de lui susurrer à l'oreille mais quelle famille, Léon ? Les doigts rageurs et maladroits laissèrent tomber l'objet délicat - et de mauvaises qualité, il l'avait acheté pour deux morilles à Pré-au-Lard un peu plus tôt dans la semaine. Soufflant avec exaspération, il récupéra l'objet qui tâcha ses doigts de paillettes argentées, le soulevant et constatant qu'une partie était à présent fendue. Et bien parfait, songea-t-il avec humeur en se dirigeant vers la sortie, au moins maintenant cela ressemble exactement à ce que cela doit être. Un Noël brisé. Il évita consciencieusement le moindre regard avec quiconque, gagnant la Grande Salle dans ce qui ressemblait plus à une errance qu'à une marche organisé. Une apparition, il lui donnerait le cadeau et puis il partirait. Pourquoi faire des efforts ! Pour qui faire des efforts, hein ?  

Il s'engouffra dans le réfectoire alors qu'un fumet délicat de nourriture en abondance lui chatouillait le nez, faisant presque gronder son estomac vide et l'obligeant à poser ses yeux sur le buffet alors qu'il s'était promis intérieurement de ne s'attarder sur rien. Son regard caressa les différents plats, s'attardant sur le tableau coloré qui se dégageait d'une telle représentation, des notes sucrées qui s'envolaient de pâtisseries prometteuses et dont la vue aurait pu adoucir l'âme la plus déprimée. Léon ralentit le pas, l'odeur des marrons chauds venant caresser sa conscience, ramenant à la surface des souvenirs qui se frayèrent tant bien que mal jusqu'à sa conscience. Non, il n'avait pas toujours détesté Noël. Il y avait eu ce sentiment de refuge, ces fêtes de fin d'année passées dans Poudlard, son foyer, ce qui avait le plus ressemblé à une famille pour lui. Il souffla avec lenteur, détaillant les plats avec une nouvelle avidité, de la faim mêlée à une nostalgie qui était plus douce qu'il ne l'aurait cru. Il y avait quelque chose de tendre qui se dégageait de cette pièce, une douceur insufflée comme une parenthèse qui, si elle ne le calma pas totalement, réussi à lui faire  carrément stopper son avancée, captivé par la décoration de la Grande Salle et l'ambiance familiale qui avait semblé être crée pour adoucir les moeurs et rappeler à tous qu'ils étaient ça, sans doute. Une famille. Pas des ennemis. Etait-ce le message ? Sa gorge se serra alors qu'il levait doucement la tête vers le plafond enchanté, sa peau frissonnant au contact des flocons artificiels de neige qui donnaient à la pièce une allure féeriques qui le toucha plus que de mesure. Cela serait le dernier Noël à Poudlard et, s'il ne serait certainement pas le plus réussi, Léon devait reconnaître qu'il était touché par l'attention de la directrice de la maison des rouges et or. Noël ne soignerait pas les coeur blessés, les esprits apeurés, les âmes pourries par une doctrine qui finiraient par tous les divisés, mais ce soir, Noël était assez enchanteur pour panser quelques plaies et arrêter l'hémorragie. Il aurait aimé savoir apprécier à sa juste valeur l'accalmie de cette soirée, mais savait le sentiment éphémère lorsqu'il rouvrirait les yeux. Alors il le savoura quelques secondes de plus, avant de rouvrir le voile de ses paupières et de se diriger vers l'emblème de la salle. Il se stoppa devant le majestueux sapin qui trônait au fond de la salle et y accrocha la boule de Noël fendue avant de se détourner, cherchant des yeux celle à qui l'écrin était destiné. Il se dirigea vers la jeune femme, manquant de se faire renverser par un bonhomme de neige qu'il évita de justesse.

Il se planta devant elle, se gratta la gorge pour attirer son attention avant de plaquer un sourire timide sur son visage, un sourire difficile, un sourire qui eut bien du mal à illuminer son visage et à étirer la commissure de ses lèvres. Mais elle n'y était pour rien car dans cette histoire, le seul coupable, c'était lui-même. Il était peut-être tant de rattraper ses erreurs, en plus.

__ Jolie robe, souffla-t-il en saluant Malia, avant de reprendre à toute vitesse, avant qu'elle ne l'envoie balader comme elle devait mourrir d'envie de le faire. Je sais que tu n'as pas envie de me voir. Je vais faire vite parce que, crois-moi, je n'ai pas envie de t'importuner plus que nécessaire. Je sais que je suis la dernière personne dont tu aurais aimé qu'elle pioche ton nom, mais faut croire que le destin a un curieux sens de l'humour. Il fourra la main dans sa poche, extirpant le sachet en toile noir et lui tendant l'objet. Je te souhaite un joyeux Noël, Malia.

Il avait acheté l'objet à Pré-au-Lard et avait sauté sur l'occasion de penser à autre chose pour y consacrer une après-midi entière. A vrai dire, il n'avait pas payé très cher mais avait passé du temps à rassembler les pièces. Il avait fait souffrir Malia, sûrement plus que ce qu'il n'aurait voulu et avait tâché de rendre son présent aussi innocent que possible afin qu'elle sache l'apprécier, malgré leurs différents. Il s'agissait d'un bracelet en argent, simple, aux maillons forme jaseron, sur certains desquels étaient soudés des petits pendentifs afin de représenter un bijou breloque que Léon n'avait pas eu beaucoup de mal à personnaliser. Il connaissait Malia, leur relation s'étant surtout centrée autour de la jeune femme qui s'était plus livré qu'il ne lui avait rendu la pareille, trop secret pour s'ouvrir mais assez attentif pour l'avoir écouté. Une petite cigogne était accrochée à l'un des maillons, sur lequel pendait également un balai de quidditch, symbolisant les métiers des parents de la jeune femme. Un peu plus loin, les initiales de chacun des membres de sa fratrie pendouillaient, entourant un M. Un vif d'or trônait à un autre maillon, pendant à côté d'un aigle afin de rappeler le rôle de capitaine de la jeune femme et sa maison d'appartenance. Il la laissa découvrir le bracelet avant de rajouter, sur un ton plus bas.

__ Je sais que ca ne t'avances pas à grand chose, ni n'efface pas mes tords, mais je suis désolé Malia. Réellement désolé de m'être comporté comme un abruti. Il marqua une pause, avant d'ajouter, se rapprochant de son oreille. Passe une bonne soirée. Et tâche de ne lapider personne. Ca ne te ressemble pas, toi comme moi, nous le savons. Ne les laisse pas te changer.

Il lui adressa un dernier sourire avant de la laisser là, se dirigeant vers le fond de la pièce ou il s'adossa contre un mur, laissant son regard dévaler sur la masse de personne qui emplissait à présent la Grande Salle. Bien malgré lui - ou peut-être était-ce par qu'il les cherchait des yeux ? - son regard se posa sur Holbrey et Heather, sur la bouteille que l'adulte tendait à la Serpentard. Son coeur se serra, la colère se déversa dans ses veines alors que ses yeux se chargeaient de rancoeur. Parce qu'en plus, il lui offrait de l'alcool ? Etait-il possible que tout ce qu'Octave lui avait confié, que tout ce qu'ils avaient partagé, n'ait été qu'une comédie, qu'une pièce futile dans lequel il n'aurait été que le bouffon du roi, stupide, naïf au point de prêter au bibliothécaire une grandeur d'âme et une sincérité qui avait su lui ravir sa confiance ? Et il était là, offrant le mélange ambrée à celle qui avait un réel souci avec l'éthanol, celle pour qui Léon pensait qu'il éprouvait au moins quelque chose pour avoir sciemment omis de lui parler de leur nuit passée ensemble ? L'adolescent sentie ses mains se crisper alors qu'il les regarait. Il se sentait fébrile, en proie à des émotions qu'il n'arrivait pas à comprendre. Qu'était-ce ? De la jalousie de voir Heather succombé dans les bras d'un autre ? De la colère à avoir eu raison, qu'il se passait quelque chose entre eux ? De la déception de pas être à la place d'Holbrey ? La tête appuyée contre la pierre, son regard se fit orageux, n'arrivant pas à décoller du tableau qui se déroulait devant lui. Il était déçu, au delà même de la jalousie dévorante qui le grignotait. Déçu d'Heather ? Oui, certainement. Mais encore plus d'Holbrey qui avait omis d'aborder ce détail. Ne l'avait-il pas fait se sentir coupable des quelques mots traitres qu'il lui avait balancé en parlant de Miss Rowle ? Ne l'avait-il pas touché au point que l'adolescent s'était retrouvé débordant de culpabilité ? Ne s'était-il pas épanché sur ses tords envers cette femme qu'il avait aimé ? N'avait-il pas été le bon moment, cette abondance de confidence, pour qu'il lui parle de ses sentiments envers Heather ? Des sentiments. Ou de l'absence de sentiment. Il était dégouté. Dégouté d'avoir cru. Dégouté de ne pas comprendre. Dégouté de penser que tout ça n'avait rien représenté à ses yeux. Il bouillonnait, littéralement, son regard  se faisant de plus en plus insistant sur les deux individus et il fini par se redresser, attrapant deux verres vides au passage et se dirigeant vers le couple d'infortune qu'il aurait souhaité voir s'embraser sous le poids de son regard accusateur. Il s'approcha d'eux, se frayant un chemin à travers les convives jusqu'à tendre les deux verres à la jeune femme.

__ Tiens, Heather. Ca serait dommage de ne pas trinquer à vous deux, souffla-t-il avec colère avant de tourner la tête vers le bibliothécaire, vrillant des yeux tristes dans l'émeraude des siens. Il était déçu, au delà même du raisonnable. Trinquez à vos ébats, trinquez à vos mensonges, à votre traitrise, à ma solitude. Et toi Octave, surtout toi, trinque à ma stupidité. Je t'ai cru, tu sais ? J'ai vraiment cru que quelque chose était en train de naître, j'ai cru que tu étais droit, honnête, présent, que tu ne partirais pas. J'ai cru que tu te confiais. J'ai crû que je pouvais te faire confiance, j'ai crû que tu le méritais, j'ai crû que tu ne me décevrais pas. L'adolescent se mordit les lèvres, incapable de formuler la moindre de ses accusions, et finit par secouer la tête, incertain. Douloureusement incertain. C'est injuste, murmura-t-il. J'avais préparé tout un lot de phrases assassines, mais rien ne sort. Faut croire que t'a frappé bien plus fort, bien trop fort. Faut croire que tu avais plus d'importance que je ne l'aurais crû. Y'a autre chose que tu as omis de me dire ce soir-là ? Autre chose sur lequel tu n'as pas été sincère ? demanda-t-il. Il le gratifia d'un long regard chargé de remords et de douleur, avant de tourner les talons, se frayant un chemin à coup de coudes et de bras à travers la foule, s'éclipsant sans chercher à se retourner, sans chercher à entendre ses réponses.

Il avait grand besoin de solitude et, que Merlin soit remercié, il n'avait plus grand monde dans son entourage à qui accorder de l'attention. Il se laissa tombé sur une chaise libre, posant son coude sur la table et sa joue trouvant le réconfort de sa paume ouverte. Vite, que cette soirée se termine.

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SERPENTARD6ème année
    SERPENTARD
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MessageSujet: Re: Secret Santa ! ❄️ Ven 20 Juil 2018 - 17:33


Des heures à regarder le morceau en papier sans qu'aucune idée ne vînt effleurer son esprit. Dans son dortoir, elle avait passé de très longues minutes à lire le nom inscrit dessus, comme si celui-ci allait finalement prendre vie et lui donner des indications. Ce n'était bien évidemment pas arrivé. L'idée du Secret Santa lui avait plu et, presque naïvement, elle avait espéré que les Carrow leur laissassent le loisir de cette fête. C'était bien entendu sans compter leurs esprits tordus et leur soif de souffrance et de terreur. Toutefois, elle ne fut pas approchée, ni par le frère, ni par la sœur. Comme si, depuis le Doloris qu'elle avait subit – et qui lui restait en travers de la gorge, laissant une cicatrice invisible, mais bien présente – les deux Mangemorts ne voyaient plus en elle une quelconque utilité pour assouvir leurs sombres desseins. Elle n'allait pas s'en plaindre, même si elle se doutait qu'un jour ou l'autre, un retour de bâton serait forcément de mise. Elle risquait de souffrir à nouveau, au moindre écart. C'était ce qu'elle croyait, elle en était même persuadée. Enfin, elle n'allait pas s'en plaindre, oui, mais d'un autre côté et c'était purement égoïste, elle aurait presque préféré qu'ils l'obligeassent à offrir un présent malveillant. La demoiselle aurait pu alors avoir des idées. C'était ce qu'elle avait pensé et, finalement, c'était avec cette sombre pensée qu'elle avait trouvé. Elle avait envoyé une lettre à ses parents, pour leur demander de lui faire parvenir tout ce dont elle avait besoin pour sa réalisation, le matin, la veille de la soirée. Son harfang des neiges était revenu le soir même, avec tous les objets requis.

Et il était prêt, enfin. Caché par un papier cadeau tout ce qui avait de plus classique, Alizée se détourna de la vision de l'objet après avoir sorti une robe de soirée de sa malle. Elle récupéra sa trousse de toilette, une serviette et partit se préparer dans la salle de bain. Elle y resta une bonne heure, dont la plupart sous les jets d'eau brûlant. Il commençait à vraiment faire froid dehors et les dortoirs ainsi que la salle commune des Serpentards n'était pas la plus simple à chauffer, même si tous les serpents s'y accommodaient. Après s'être coiffée, gardant simplement ses cheveux détachés, lisses, en cascade autour de son visage légèrement amaigri, la sang-pure s'habilla et sortit vers son dortoir. Elle s'était vêtue d'une longue robe d'une couleur bordeaux. Celle-ci ne possédait qu'une unique bretelle qui passait derrière son cou, laissant ainsi voir un dos nu, pâle. Le tissu reprenait ses droits à partir de sa taille, pour descendre en une jupe asymétrique, plus longue à l'arrière des jambes qu'à l'avant où elle s'arrêtait aux genoux. Elle était également recouverte de dentelle. La tenue était complétée d'une paire d'escarpins tout ce qu'il y avait de plus classique et d'un châle qu'elle gardait autour de ses épaules pour un minimum de chaleur.

Il était maintenant temps de se mettre en route. Après avoir récupéré le présent qu'elle offrirait d'ici quelques minutes, elle traversa la salle commune des verts et argents rapidement. Arrivée dans le couloir, elle resserra ses bras autour d'elle à cause de la fraîcheur du lieu. Elle commença ensuite à se diriger vers sa destination, mais ne sachant pas encore que les Mangemorts du château n'étaient plus présents, la demoiselle ne put s'empêcher de pincer les lèvres à l'idée, mais elle ne ralentit pas l'allure. Mieux valait y aller rapidement, quitte à repartir tout aussi vite si jamais il s'agissait à nouveau d'une mascarade et elle devait avouer qu'elle en était persuadée. Toutefois, quand elle parvint jusqu'à la Grande Salle, ses doutes fondirent comme neige au soleil et ses yeux s'écarquillèrent devant l'ambiance qui y régnait. Un sourire de gamine étira ses lèvres instinctivement et elle passa les portes. Elle s'attarda en premier lieu sur les décorations, ainsi que les rafistolages qui pouvaient se remarquer, mais qui donnaient à cette soirée un certain charme et une âme propre. Les odeurs lui donnèrent également faim, mais elle préféra reporter tout potentiel repas à plus tard. Il y avait une personne qu'elle devait trouver. Elle se mit ainsi à le chercher, avant de le trouver en la compagnie de son amie Heather, bien que leur relation ne possédait aucun réel terme approprié, et de Schepper. Elle se rapprocha alors d'eux en gardant son cadeau à la main, remarquant la bouteille dans les mains de son amie.

« ...quer à vous deux. La jeune femme tourna son regard vers le jeune homme qu'elle venait d'entendre. Elle n'avait pas le début de la phrase ou même de la conversation, mais il n'avait pas l'air en forme et ça avait l'air animé. Elle resta à distance, de façon à ne pas trop attirer l'attention, mais en restant assez proche du groupe pour entendre la conversation, sa curiosité piquée à vif. J'avais préparé tout un lot de phrases assassines, mais rien ne sort. Faut croire que t'a frappé bien plus fort, bien trop fort. Faut croire que tu avais plus d'importance que je ne l'aurais crû. Y'a autre chose que tu as omis de me dire ce soir-là ? Autre chose sur lequel tu n'as pas été sincère ? »

Que pouvait-il bien y avoir entre eux pour assister à une telle scène ? Alizée eut bien envie de le suivre et de lui demander, ou même de directement poser la question à Heather, mais elle finit par se raviser. Elle aurait tout le temps d'éclaircir ce mystère un autre jour. Elle suivit Léon du regard un temps, le sourcil droit relevé, avant de se rapprocher du duo que formaient Heather et Octave. Elle les salua du chef, avant de prendre la parole d'une voix tranquille, détonant sans doute avec le ton employé par l'autre serpent moins d'une minute avant.

« C'est animé ce soir... Et Bonsoir vous deux, commença-t-elle pour les saluer, avec un fin sourire. Tu m'excuseras Heather, mais je vais devoir t'emprunter Mister Holbrey quelques minutes. Je te le rends rapidement. »

Sur ses mots, quelque peu amusé malgré elle, elle prit le bras d'Octave, sans lui demander son consentement et l'attira à l'écart, vers un endroit où ils pouvaient échanger quelques mots sans être entendus par des oreilles indiscrètes. Elle le relâcha uniquement quand elle arriva à destination et lui offrit un doux sourire. Elle était de bonne humeur, aujourd'hui.

« Je vous demanderai bien ce qu'il y a entre vous trois, mais je pense que ce serait intrusif de ma part, dit-elle pour débuter, avant de reprendre sans interruption. Je ne sais pas si ça vous plaira, mais j'espère que le présent vous fera plaisir. »

Elle tendit le paquet à l'homme face à elle et attendit tranquillement qu'il le déballe. La forme ne laissait pas de doute possible : il s'agissait d'une bouteille. Très original me direz-vous. Ce n'était pas spécialement le but, encore que cette bouteille de vodka, car s'en était une, était en rapport direct avec la rumeur qui s'était propagé suite à la forme que l'épouvantard avait pris pour le bibliothécaire, durant la soirée d'Halloween. Celle-ci était totalement vide au premier abord, mais uniquement au premier. Les enchantements avaient été complexes à mettre en place et elle ne l'avouerait pas, mais le professeur Flitwick l'avait beaucoup aidé. Elle n'avait pas dit pour qui ou pourquoi elle fabriquait ce présent, mais le petit professeur avait mis la baguette à l'oeuvre avec joie, comme à son habitude. Une confiance silencieuse avait toujours régné entre l'étudiante et le tuteur des Serdaigles. Il ne lui aurait pas offert la responsabilité du club des duellistes dans le cas contraire.

« Penchez-là », fit la sixième année pour Octave, en jetant un regard derrière pour vérifier que personne ne les épiait.

Inclinée, la bouteille révélait son contenu. À l'intérieur se trouvait une maquette représentant le bureau d'Holbrey, dans la bibliothèque, qui accrochait directement le regard. La véritable utilité se trouvait derrière. Représentant un mur, ou du moins placé de manière à y faire penser se trouvait une glace à l'ennemi, suffisamment petite pour entrer dans la bouteille, mais assez grande pour y voir suffisamment. La bouteille était à la base un pied de nez aux Carrow, mais ils n'étaient visiblement pas présents, aussi son offrande n'aurait pas le résultat escompté sur eux. Tant pis. Elle offrit un dernier sourire à Octave, avant d'ouvrir à nouveau la barrière naturelle que formait ses lèvres.

« Joyeux Noël, dit-elle en reprenant son bras une nouvelle fois, pour l'amener vers Heather. Je ne sais pas si ça vous sera utile, mais espérons-le. »

Vu les temps qui couraient, ce genre d'artefact pouvait être réellement pratique et Liz savait que ce n'était pas de la camelote : elle n'avait pas demandé à ses parents les différents matériaux pour rien. Ils étaient Aurors et savaient choisir ce genre d'objet pour être certain qu'il fonctionnât. Ils revinrent vers Heather et Shafiq relâcha pour la seconde fois l'homme.

« Comme promis, offrit-elle simplement à Heather avec un sourire. Passez une bonne soirée. »

Sur ces mots, la vipère tourna les talons et se dirigea vers les rafraîchissements. Elle récupéra un verre et commença à siroter sa boisson. Ses yeux voyageaient entre les différents groupes et personnes qui passaient et repassaient, sans forcément s'attarder sur elle.

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MessageSujet: Re: Secret Santa ! ❄️ Dim 22 Juil 2018 - 17:13





Elle replia le dernier bord de papier cadeau et scella le tout avec un petit bout de papier adhésif. Il ne manquait plus que le large ruban rouge que Lina avait fait frisé. À l'aide de sa baguette magique, la jeune femme le colla sur le coin gauche de son cadeau. Lina se regarda une dernière fois dans le miroir avant de prendre le lourd paquet sous son bras. Ses grands yeux verts mangeaient son visage un peu creusé. Elle était tellement habituée à cette nouvelle image qu'elle – même qu'elle ne s'en étonnait plud. Le rouge de ses lèvres ressortait beaucoup trop sur son visage pâle lui dessinant des traits durs qui lui donnant l'air d'être un peu plus âgée. Elle haussa les épaules et son reflet en fit de même, puis elle quitta son dortoir.

La salle commune des Poufsouffles n'était pas bien loin de la Grande Salle, aussi Lina savait elle que la pièce avait été décorée pour l'occasion. Il y avait eu de l'animation de ce côté – là du château et la voyante avait vu un énorme sapin de Noël se déplacer seul du parc jusqu'à la Grande Porte de Poudlard. Pourtant, la préfète resta soufflée en entrant dans la salle, peut – aussi à cause du contraste entre l'ambiance générale de l'année et la chaleur qui se dégageait de l'endroit. Lina cligna des yeux à plusieurs reprises, littéralement ébaubie devant le spectacle sous ses yeux. La Grande Salle grouillait à nouveau de vie, des élèves souriaient, riaient. Les tables étaient surchargés sous diverses victuailles, une agréable odeur de poulet flottait, accompagnée par la délicate senteur fruitée des oranges. Mais ce bref sentiment d'apaisement ne dura pas. Les Carrow avaient forcément prévu quelque chose d'horrible. Après tout, ils ne s'étaient pas privé pour Halloween. Inquiète, la sorcière les chercha du regard, sondant la foule. Mais les perles de ses yeux s'arrêtèrent sur Alizée, prenant Octave par le bras. Dans un premier temps, un choc électrique lui traversa le cœur. Savoir que le bibliothécaire était là, la ravissait au plus haut point. Mais le bras d'Alizée enroulé comme un boa constuctor autour de celui d'Octave lui provoqua presque une descente d'organes. Un véritable ascenseur émotionnel. Dépitée, elle baissa les paupières, couvrant pudiquement de ses longs cils fuligineux les émeraudes de ses yeux. Manifestement, la Serpentard était le Secret Santa d'Octave. Certaines personnes sur cette planète étaient indécemment chanceuses. La jaune et noire remonta finalement le menton. Son cadeau pesait lourd, elle voulait le donner et se consoler avec de la nourriture. Ensuite, peut – être trouverait – elle le courage d'aller parler à Octave. Une nouvelle fois, donc, Lina scruta la salle, cette fois à la recherche d'un petit animal furtif et sauvage portant les couleurs des Serpentards.

Enfin, elle repéra l'enfant qu'elle avait sauvée quelques jours plus tôt. Lina s'avança vers elle, calmement. Elle éprouvait une certaine rancœur vis à vis d'Andrée qui ne lui avait donné aucune nouvelle depuis le Cours Magistral des Carrow. En même temps, Lina se devait bien d'admettre que la réaction était des plus sages mais... Elle n'en demeurait pas moins blessante. D'où le choix du cadeau. De toute façon, elle aussi devait se faire discrète.

« Andrée ? Lina tenta de sourire, sans grand succès et tendit le très lourd paquet à l'enfant. Joyeux Noël... ! »

Il s'agissait en fait d'un ouvrage qui serait sans doute très utile à Andrée, mais qui ne la comblerait probablement pas de bonheur. Lina avait commandé chez Fleury et Bott le très précieux livre : Fondamentaux et Repères Épistémologiques de la Magie Théorique – Tome 1.  C'était un épais volume, le premier d'une série de 7, de 951 pages écrit par Albert Lasornette. Voilà de quoi assurer l'avenir scolaire d'Andrée. Elle avait également accompagné le livre d'un paquet de bonbons de dragées surprises de Bertie Crochue. Mais Lina les avait trillé pour qu'il ne reste que les parfums les plus ignobles : gazon, œuf pourri, crotte de nez,... De quoi largement décevoir Andrée. Lina avait quelques scrupules, mais il valait mieux A) faire profil bas et B) c'était une manière de montrer les quelques ressentiments qu'elle entretenait à son égard. Bien sûr cela ne durerait pas, et elle était toujours partante pour emmener la jeune Serpentard en France.... Mais elle aurait préférait qu'Andrée la soutienne un peu. Pas publiquement... Mais un petit mot envoyé par hibou aurait été le bienvenu, par exemple. N'importe quoi en fait plutôt que l'indifférence dictée par la peur.

Pourtant, en voyant la mine d'Andrée, Lina eut immédiatement des remords d'avoir agit ainsi. Elle lâcha un vague « Je suis désolée » et fit demi tour pour échapper au regard trop dur à supporter de l'enfant, en se promettant d'acheter un autre cadeau de Noël à Andrée. Un vrai cadeau qui lui ferait plaisir.  En se dirigeant vers les tables pour prendre de quoi manger et boire, Lina frôla Léon. En vérité, perturbée par ses propres pensées, elle avait failli le percuter de plein fouet et ne l'avait évité qu'à la dernière seconde. Avec un air morose, elle grimaça et s'excusa.

« T'as pas l'air en forme... »

Elle et Schepper n'avaient jamais été proches – il régnait entre eux une indifférence cordiale – et il fallait avouer que la dernière fois qu'ils s'étaient parlé, sous le contrôle d'Andreas Rowle, Léon n'avait pas été très agréable avec ses camarades et qu'il lui avait posé des questions particulièrement gênantes. Gênantes, mais pas dangereuses... Quelque part, elle lui en devait presque une.

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MessageSujet: Re: Secret Santa ! ❄️ Lun 23 Juil 2018 - 6:35

Penché au-dessus d’un linge destiné à devenir son baluchon d’emballage, Nolan fixait Tally de ses grands yeux dubitatifs et tout de même bien cernés. Ambiance de dragon constipé oblige, même le caractère d’ordinaire léger du blaireau en avait prit pour son rhume récemment et la perspective de cette soirée tiède et grise n’était guère bénéfique pour son humeur. D’ailleurs, il n’y avait qu’à voir le manque de soin qu’il portait au cadeau de son lutin secret pour deviner qu’il avait l’enthousiasme bien creux dans les talons. Ce pouvait-il vraiment qu’un vent nouveau souffle sur leur réception de Noël ?

Comment tous partis ?

Obligé, le petit serviteur à grandes oreilles — toutes deux encadrées d’un bonnet rouge de circonstance — se fit donc un plaisir de répéter la bonne nouvelle au rouquin ; les Carrows étaient de sortie et Mrs McGonagall leur avait réclamé le festin que tous étaient en droit d’attendre et qu’ils s’affairent donc à préparer. À la réalisation que tous ces plateaux de victuailles lui chatouillant les narines étaient destinées à la Grande Salle et donc, à son repas du soir, le Poufsouffle fut quasi tenté d’embrasser les deux joues crasseuses de son elfe de maison préféré. C’était maintenant horriblement tentant de ne pas poser un doigt dans la chantilly des religieuses au café qui s’assemblaient tranquillement derrière lui, mais Nolan devait se concentrer sur la tâche qui l’avait conduit là en premier lieu, compléter son cadeau dans la plus grande des discréditons. Enfin, vu le poids et la cacophonie mené par son offrande, gageons que le secret ne tiendrais pas longtemps une fois exposé à un environnement contrôlé, mais d’ici là, de nouvelles circonstance exceptionnelles requéraient une préparation exceptionnelle, direction les dortoirs !

En moins de temps qu’il ne faut pour crier « Enervatum », Nolan avait balancé son paquet — ou plutôt sa besace approximativement décorée — dans un coin de l’alcôve ou était rangé tout son nécessaire de toilette et on pouvait l’entendre siffloté gaiment depuis la salle commune. Une petite cuillère de bave de troll plus tard et sa tignasse rousse se trouvait bien allongé sur son crâne, séparé par une raie décentrée comme pour mieux lui donner l’air d’un étudiant studieux. Niveau vestimentaire, il opta bien sûr pour le pull le plus festif de toute sa penderie, soit un vieux tricot rapiécé sur lequel les foulards de quelques bonhommes de neige dansait au vent et où s’agitait tout un assortiment de cloches sur des rangées de couleurs toujours plus douteuses et vibrantes les unes que les autres. Non vraiment, le sixième était tout en joie, assez pour se trouver réellement ravi de porter un chandail dont les manches étaient issues, à en juger par leur teintes, de deux vêtements différents. Tout le monde avait bien besoin de rire un bon coups et il y avait un moment que Nolan n’avait pas été apte à se couvrir de cette insouciance dont il avait fait sa marque de commerce.

Bref, c’est d’un pas confiant et tout sourire que le préfet fit son entrée dans la Grande Salle, son ballot-cadeau à l’épaule et le museau bien à l’affût des effluves de marrons chauds. Déjà, plusieurs élèves étaient installés à chacun des tables et partout sur son passage l’on pouvait entendre le son de surfaces — hypothétiquement — métalliques qui s’entrechoquaient. Malgré cela, le jaune et noir continuait de n’y prêter aucune attention, comme quoi la fragilité n’était point un sujet d’inquiétude dans le cas présent. Si bien qu’au moment d’aller déposer son ornement de choix sur le conifère prévu à cet effet, il laissa simplement tomber son paquet au pied du majestueux Roi de la forêt, le temps de fouiller dans la poche arrière de son pantalon d’uniforme. Il en tira rapidement un petit écureuil — tout à l’image de son patronus — dont le corps était constitué d’une pomme de pin aux pointes blanchies et pour la la queue, d’une branche particulièrement touffu du même résinifère. Après l’avoir bien accroché sur la droite d’une écharpe laineuse, Nolan profita d’un petit banc à proximité pour s’élever du sol et gagner une bonne tête sur tout le monde, de sorte qu’il put rapidement localiser l’élève à qui se destinait son aumône de Noël. C’est tout juste si son sourire ne s’étira pas encore davantage à la constatation qu’il allait devoir traverser la Grande Salle sur toute la longueur en continuant de mener toujours plus de vacarme et en attirant bien sûr davantage de regards scrutateurs.

Tu sais, j’ai bien peur d’avoir été rude la dernière fois qu’on aura pris le thé ensemble tous les deux. souffla t-il d’un ton à mi-chemin entre l’ironie et la sincérité, en référence directe à la petite séance que leur avait organisé le professeur Rowle quelques jours auparavant.

Parvenu à l’extrémité de la tablée des lions, le rouquin avait donc nonchalamment posé son baluchon tissé en plein dans l’assiette vide de la préfète des glaces, laissant le contenu du colis disputer à la surface de porcelaine de la vaisselle juste en dessous.

Tu m’excuseras le manque de soin pour l’emballage, je sais bien que ce n’est pas digne d’une « presque amitié » comme la nôtre, mais on sait tous les deux que la robe ne fait pas le sorcier, pas vrai ? Attends tiens, laisse moi au moins t’aider avec ça.

Sûr de lui, il n’eut besoin que d’un petit tour de poignet pour tirer et délier le ruban qui retenait chacun des pans du carré de tissu, ceux-ci retombant aussitôt jusqu’à aller s’aplanir contre la table, révélant ainsi le contenu qu’ils gardaient. Dans un amas des plus chaotique se trouvait un assortiment de couteaux dépareillés en tout genre : maints ustensiles à beurre, quelques uns plus court pour les fromages, certains trop dentelés pour les steaks et le pain, puis encore un ou deux délicieusement ornementés mais dont on pouvait réalistement douter de l’efficacité. N’ayant que bien peu de moyen pour lui-même, Nolan avait ratissé les fonds de tiroirs des cuisines de Poudlard, certain que rien au monde ne pourrait acheter les bons sentiments de Meredith de toute façon. Rajustant un brin son pull immonde, le sixième année attendit que la lionne comprenne bien ce qui lui pendait au nez avant de conclure.

À force d’en planter dans le dos de tout le monde, je me suis dit que tu devais bien en manquer non ? Cette fois, le ton s’était durcit. Joyeux Noël Breckenridge !

Satisfait, il tourna bien vite les talons à destinations de sa propre table, cette récente générosité lui ayant ouvert bien grand l’appétit. Peut-être oserait-il même débuté tout ça avec un rafraîchissement corsé, qui sait, il était d'humeur et la soirée débutait à peine !

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MessageSujet: Re: Secret Santa ! ❄️ Mer 25 Juil 2018 - 10:10



Il fallait savoir, au sujet d’Andrée, que Noël était l’un des rares moments de l’année où elle était parfaitement heureuse. Et pour cause : elle avait le droit de presque tout. S’habiller comme une sauvage si elle le souhaitait, même si immanquablement, pour le soir, sa mère la rappelait à l’ordre. Elle avait toutefois le droit de choisir la couleur, la longueur et les ornementations de sa robe. Du jaune, du bleu, des perles, des rubans, elle avait entièrement le choix. Il y avait la neige, aussi. Dans son ancienne maison, sa villa de Bretagne, elle recouvrait le jardin dans son ensemble et ses pas s’enfonçaient profondément dans la poudreuse. En Angleterre, elle avait coutume de bombarder de boules de neige Sally et d’intenses batailles commençaient alors. Elle s’imaginait être une pirate, ou une enfant perdue se débattant pour survivre, ou encore au cœur d’une guerre violente et sanglante, et elle passait littéralement les meilleures heures de son année.
 
Evidemment, le sapin jouait beaucoup aussi. Mr Leigh, comme l’avait fait son père auparavant, prenait bien garde à acheter d’authentiques conifères et pas ces affreux arbres en plastiques, bien piètres imitations. Le soir venue, à la lueur des flammes de la cheminée et emmitouflée dans une confortable couverture, Andrée se recroquevillait à son pied et respirait profondément l’odeur de la résine. L’ambiance et le bien-être qui montait alors en elle étaient indescriptibles. Le matin de Noël, lorsqu’elle se réveillait, elle était entourée de cadeaux.
 
Il n’était donc pas surprenant, en tout cas Andrée ne s’en été pas étonnée, qu’elle appréhende la soirée de Noël qu’organisait Poudlard avec enthousiasme. Elle avait la réputation d’être magnifique. On disait que les décorations étaient splendides, les plus magiques qu’on puisse imaginer, et que le banquet était gargantuesque. Ce n’était pas un critère qui touchait particulièrement la fillette, mais elle se promit que pour une fois, elle tenterait d’en profiter. Depuis toute jeune, sa mère surveillait étroitement sa nourriture – pour ne pas que tu grossisses, disait-elle – et elle mangeait très peu depuis le début de l’année. Elle doutait en réalité que son estomac puisse supporter une si grande quantité de graisse et de calories, mais elle essaierait au moins.
 
Même l’absence de Lina se faisait moins lourde à supporter ; c’était certes elle qui l’avait choisie, du moins en partie, mais la situation n’en était que plus douloureuse pour la fillette. Elle ne comprenait pas, ou ne voulait pas comprendre, pourquoi elle devait s’astreindre à ce genre de sacrifice. Elle ne faisait que suivre les directives de sa mère.
 
Lorsqu’elle avait déposé son nom dans l’urne, elle avait ressenti des fourmillements d’excitation dans l’ensemble de son corps. Pour la première fois de l’année, elle faisait quelque chose qui lui faisait vraiment plaisir. L’impatience de recevoir son cadeau, de découvrir qui lui offrirait ce cadeau surtout, faisait danser son cœur et son estomac. Même les Carrow étaient relégués très loin dans son esprit.
 
Une alarme sonnait tout de même, lui rappelant avec affolement les images de la soirée d’Halloween, mais elle s’appliquait soigneusement à les repousser très loin. Si même pour Noël, ils ne pouvaient pas être tranquilles, alors quand le seraient-ils ?
 
Elle posa les yeux sur le paquet qui reposait sur son lit. Il n’était pas très beau : elle ne savait pas emballer et n’avait pas été très inspirée dans le choix du papier cadeau – en réalité, c’était sa mère qui avait fini par le lui envoyer. « On se fait des cadeaux les uns aux autres », avait dit Andrée. « Tu pourrais m’envoyer de l’argent ? Sinon, la personne finira avec un collier de nouilles. » Alors Mrs de Kerimel avait un peu râlé, pour la forme évidemment, mais on ne pouvait pas dire qu’elle était dans le besoin. Mr Leigh était riche comme personne et elle-même avait hérité d’une confortable pension alimentaire au moment de sa séparation avec Mr de Kerimel. Au final, Andrée avait reçu bien plus qu’elle ne l’avait espéré. Une rondelette somme de cent gallions, bien rangés au fond d’une bourse en peau de dragon. Elle n’avait jamais été aussi riche et devait avouer qu’elle était un peu chagrinée que cet argent soit réservé à quelqu’un d’autre. La fillette en avait mis une partie de côté et n’en avait au final dépensé que la moitié – sa mère, ni personne d’ailleurs, ne saurait jamais qu’elle avait conservé une cinquantaine de gallions au bas mot.
 
Sa baguette s’illumina et il fut l’heure pour Andrée de partir. Pour l’occasion, elle avait revêtu une robe très simple, noire à manches longues, le haut du dos recouvert de dentelles. Elle s’évasait jusqu’aux genoux et était recouverte de tulle, un peu  comme les tutus l’étaient. Aux pieds, de simples ballerines blanches. Ses cheveux étaient retenus par un bandeau de la même couleur et retombaient harmonieusement de chaque côté de ses joues. Elle se sentait dans son élément, comme si elle allait danser. Dans de telles conditions, il était impossible qu’un évènement néfaste n’arrive, n’est-ce pas ?
 
Bien sûr, elle n’oublia pas le cadeau et la décoration de Noël qu’ils étaient tenus d’apporter.
 
Elle entra, comme souvent, seule dans la Grande Salle. La plupart des étudiants y étaient déjà entassés ; ils bavardaient dans une joyeuse atmosphère et leurs échanges mettaient un peu de chaleur dans la pièce, comme en contraste avec les flocons enchanteurs qui tombaient du ciel. Les yeux étaient plissés et la plupart était en train de rire – dépaysement incroyable par rapport à ce qui avait constitué leur année à tous. Les tables, comme elle l’avait supposé, étaient garnies de victuailles très alléchantes. Un gigantesque sapin occupait l’espace et ses branches s’étiraient très loin de son tronc, comme invitant les étudiants à venir vers lui.
 
Andrée s’en approcha et y déposa sa propre décoration. C’était une simple pomme de pin qu’elle avait teinte en argenté – non, elle n’avait jamais eu l’intention de dépenser de l’argent pour ça. Elle se sentit un peu ridicule lorsqu’elle vit les boules et les guirlandes étincelant de mille feux, mais elle se rassura en se disant que personne ne saurait ce qu’elle avait déposé.
 
Elle commença à sonder la foule des yeux pour trouver Stella Rowell – elle ne l’avait qu’aperçue de loin jusqu’à cette soirée et ne la connaissait vraiment pas -, mais elle fut interrompue par la voix fatiguée de Lina. Lorsqu’elle se retrouva face à la jeune femme, elle eut un choc : en quelques jours à peine, son visage s’était creusé et son regard s’était éteint. Le sourire qui avait failli naître sur les lèvres de la fillette s’évanouit aussitôt.
 
« Lina », dit-elle. Mais elle ne sut pas quoi ajouter. Elle sentait que la distance qu’elle avait mise entre elles deux pesait très lourd.
 
« Joyeux Noël… ! », fit l’autre, toujours avec son ton calme et sans relief.
 
Le paquet était très lourd et Andrée pense immédiatement à un livre. Et son intuition s’avéra exacte – sauf que, évidemment, elle ne s’était pas attendue à un manuel de théorie magique, dont un mot sur deux lui échapperait probablement à la lecture. En fait, la fillette ne pensait pas que Lina était du genre à offrir des présents aussi… comme ça. « Merci. » Andrée fit de son mieux pour paraître enjouée, mais elle supposa, à voir la tête de l’ex-Poufsouffle, qu’elle avait raté son coup. « Et ça, c’est quoi ? » Elle reconnut immédiatement les friandises, soigneusement emballées dans un tout petit sac : des dragées surprises de Bertie Crochue. Les couleurs qui recouvraient les bonbons n’étaient pas spécialement attrayantes et elle fronça le nez. « C’est… très gentil », dit encore la petite fille.
 
« Je suis désolée », répondit Lina. Et elle s’enfuit aussitôt.
 
« Lina ! », tenta d’appeler Andrée. Elle savait qu’elle devait lui présenter des excuses, la rattraper et lui faire un câlin pour lui signifier que rien n’avait changé, mais Lina ne se retourna pas. Dans le cœur de la fillette, un étrange sentiment de dualité persistait. L’attachement restait, la reconnaissance d'Andrée pour le geste de la jeune femme occupait une place omniprésente dans ses pensées, mais l’obligation d’obéir à sa mère – et surtout, la nécessité de se garder en vie – prévalait. Le règne des Carrow l’effrayait. Finir à son tour chez les Nuncabouc, devenir le déshonneur de sa famille et subir les tortures réservées aux parias, c’était devenu au fil des mois son pire cauchemar. La sueur lui coulait dans le dos quand elle y pensait. Tout ce qu’elle faisait, c’était pour sa vie.
 
Elle se détourna et s’approcha du buffet. Tout à coup, le paquet pourtant léger qu’elle avait préparé lui semblait lourd. Lourd de ses remords, lourd de ses reproches. Elle aurait aimé avoir tiré Lina, pour avoir une excuse de lui offrir un cadeau et pour lui faire comprendre que tout ça n’était que mensonge. Qu’au fond d’elle, elle souffrait de la situation. Et que si elle en avait eu le pouvoir, elle se serait arrangée pour faire autrement.
 
Ses yeux se posèrent soudain sur la jeune femme à qui elle devait remettre son présent. Le visage, les cheveux, la corpulence : tout y était. Il était impossible qu’elle se trompe.
 
Elle soupira mais s’en approcha tout doucement. « Stella Rowell ? », dit-elle. Elle attendit qu’elle se retourne et poursuivit : « Joyeux Noël. » Elle détourna les yeux aussitôt et se demanda un instant si elle pouvait s’en aller directement. Paraîtrait-elle impolie si elle n’assistait pas au déballage de son cadeau ? Pour ce qu’il contenait, après tout, Stella n’avait pas besoin de la fillette. Des plumes – certes récupérées sur des paons de toute beauté et d’une excellente qualité -, du papier à lettre – là encore, elle avait pris le meilleur : les parchemins étaient ivoire et bordés de liserés de bronze pour rappeler sa Maison -, et plusieurs bouteilles d’encres de Chine, les plus chères, en plusieurs couleurs – attendues comme improbables. Du noir, du rouge, du jaune et même du blanc se côtoyaient dans le coffret.
 
Stella était une Serdaigle, s’était dit Andrée. Et qu’aiment les Serdaigle ? Les études. Dans son esprit, l’écriture était liée au travail scolaire et aux connaissances. D’où, très logiquement, l’achat d’outils de rédaction. Elle ne savait pas trop si elle avait dépensé autant pour l’impressionner ou pour compenser le manque de personnalité de son cadeau.
 
Il était parfois utile de s’arrêter aux préjugés qu’imposaient son appartenance à une Maison – en tout cas, cette fois-là, ils avaient bien servi à la fillette.



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MessageSujet: Re: Secret Santa ! ❄️ Lun 30 Juil 2018 - 22:57

18 Décembre 1997
~
Secret Santa



Il avait fallu faire un choix. Celui de rester ou de rentrer pour Noël. Au vu de l'ambiance actuelle à Poudlard, la question était vite réglée pour la plupart des élèves. Pouvoir rentrer chez soi pour retrouver ses proches et, surtout, pour fuir la prison qu'était devenu ce château était un luxe dont tout le monde ne bénéficiait pas. Pourtant, Malia avait longuement hésité. Jusqu'à présent, elle n'avait jamais fêté Noël à Poudlard car dans sa famille il était de tradition de festoyer chaque fin d'année dans le décor enneigé de la Finlande, chaudement accueilli dans le chalet de ses grands-parents maternels. Ce cocon familial était probablement l'endroit favori sur Terre de la jeune fille, car là-bas elle pouvait s'adonner des journées entières à son activité préférée : le patinage. Mais cette année-là, tout était différent. Pas de Finlande, pas de patinage, pas de grands-parents ni de mère présents. Car depuis que le mélange entre les sorciers et les moldus était devenu un crime, sa famille avait été contrainte de se séparer. Sa mère moldue vivait donc en Finlande tandis que son père était resté avec le côté sorcier de la famille, en Ecosse. Malia mourait d'envie d'avoir des nouvelles de sa mère - de savoir au moins qu'elle allait bien - mais elle savait pertinemment qu'elle n'en aurait pas même en rejoignant son père car il était tout aussi peu informé qu'elle. "La sécurité de la famille avant tout" avaient dit ses parents avant de se séparer.

Ainsi, le Noël en famille s'annonçait bien plus triste cette année car, au-delà du changement de décor, la moitié des membres seraient absents. Malia soupçonnait même son frère de ne pas se joindre aux festivités, du fait qu'elle ne recevait plus aucune lettre de sa part et que celles de son père n'évoquaient jamais son nom. Que devenait donc Alan ? La cadette s'inquiétait mais ne pouvait pas reprocher à sa famille de lui cachait des choses car elle-même ne leur disait pas tout. Depuis le début de l'année, elle essayait de les rassurer en atténuant la réalité des pratiques des Mangemorts. Jamais elle n'évoquait les cris de terreur qui faisaient trembler les murs de pierre et pleurer les dalles de larmes rouges après chaque séance de torture. Jamais elle n'évoquait les trop nombreuses nuits qu'elle avait passé recroquevillée sous les draps blancs de l'infirmerie. Jamais elle ne laissait paraître que son innocence s'obscurcissait peu à peu sous les séquelles tatouant son corps et son esprit. Jamais elle n'avait parlé de son sourire disparu sous ces cicatrices. Et cette dernière raison fut celle qui fit pencher la balance dans son choix. Elle resterait à Poudlard pour Noël. Malgré l'atmosphère de terreur, malgré la cruauté des Mangemorts, elle resterait. Malgré le fait que sa famille lui manquait, malgré le fait qu'elle souhaitait plus que tout quitter cet endroit, elle resterait. Car, au fond, rentrer lui faisait plus peur que rester. Elle craignait le regard de sa famille à la découverte son visage lacéré. Ce regard horrifié, triste, peiné, révolté. Elle craignait ensuite les réactions de son père, que ferait-il ? L'empêcherait-il de retourner à Poudlard ? C'était presque certain et bien que cette idée paraissait plaisante au premier abord, la décevante réalité reprenait vite le dessus : Malia n'avait pas l'étoffe d'une fugitive et elle le savait. Elle n'avait que 15 ans, elle était trop insouciante, pas assez responsable et surtout, pas assez forte. Elle ne tiendrait pas longtemps avant d'être retrouvée et d'être assa... Mieux ne valait-il pas y penser, rester à Poudlard était plus sûr.

Alors, assise au bord du lac de Poudlard, elle déroula un bout de parchemin sur ses genoux, lui lança le sortilège Impervius pour le protéger de la neige et d'une main grelottante elle trempa sa plume dans l'encre avant de rédiger soigneusement sa lettre. La surface du lac était déjà entièrement gelée et de léger flocons de neiges vinrent trouver refuge dans les boucles dorées de la sorcière. En cette saison, la majorité des élèves restaient chaudement dans l'enceinte du château et Malia en profitait donc, emmitouflée dans l'épaisse écharpe aux couleurs de sa maison, pour savourer ce moment de solitude et écrire calmement à son père.

Papa,
Toi, maman, Angie et Alan me manquez énormément mais j'ai décidé de rester à Poudlard pour fêter Noël cette année. Crois-moi que j'aurais préféré rentrer, mais je suis en 5ème année maintenant - soit l'année du passage des BUSE -  et de ce fait, la charge de travail s'est considérablement amplifiée. Je crains qu'en vous rejoignant dans la villa familiale je ne puisse me concentrer au milieu de l'agitation et de l'excitation des cousins/cousines. Ce n'est pas là un reproche, loin de là, mais mes résultats aux BUSE sont primordiaux pour que je puisse poursuivre mon rêve de devenir magiezoologiste plus tard. Il faut donc que je me concentre sur mes études avant tout, je sais que tu le comprendras.
Joyeux Noël à toute la famille, je vous aime.
Malia


Mensonges, mensonges, mensonges. Oh, quel doux songe. Se concentrer sur ses études ? Bien sûr que non, elle était déjà trop occupée à se concentrer sur sa survie.

Après être passée par la volière pour confier sa missive à Jery, son hibou petit-duc, Malia rejoignit son dortoir pour commencer à se préparer pour la soirée qui l'attendait. En sortant la robe qu'elle avait gardée pour l'occasion, une angoisse pesante monta en elle. Elle pouvait encore rester là, dans son dortoir, ne pas y aller et s'enfouir sous sa couette. Ça serait plus facile. Mais au fond d'elle, une voix la poussait à y aller, cette voix enfantine qui n'avait plus fait surface depuis un moment. "C'est Noël, par Merlin ! C'est ta fête préférée, tu ne peux quand même pas louper ça !". À vrai dire, ce n'était pas encore vraiment Noël, le réveillon n'avait pas lieu ce soir-là, mais cette petite fête organisée à l'avance se voulait dans le même esprit, celui du sapin enguirlandé, du buffet généreux et des cadeaux à profusion. Et c'est bien ce dernier point qui embêtait Malia. Comme à chaque événement organisé depuis le début de l'année, les Carrow avaient pris soin d'apporter leur touche personnelle aux festivités. Ainsi, la Finlandaise ne fut même pas étonnée quand, au tirage du Secret Santa, on lui imposa d'offrir un cadeau empoisonné au malheureux élu qu'elle avait pioché. Si seulement cette personne n'avait pas déjà assez souffert par sa faute...

Finalement, Malia chassa ses doutes et enfila - presque à contrecœur - sa petite robe bordeaux. Celle-ci était assez classique : des manches en dentelles, une petite ceinture marquant sa taille et une jupe évasée lui arrivant aux genoux. Elle n'attacha pas ses cheveux, ayant pris l'habitude de les laisser encore plus désordonnés qu'avant pour cacher du mieux possible ses joues entaillées. Du reste, elle s'appliqua un peu de mascara, ce qui lui procura une sensation assez étrange; cela semblait faire une éternité qu'elle n'avait plus essayée de se faire jolie. Elle enfila ensuite des bas opaques et de petites bottines noires et s'empara du cadeau qu'elle avait gardé dans le tiroir de sa table de nuit. Un large ruban rouge enlaçait la petite boîte d'un blanc neige. L'adolescente, assise sur son lit, fixa le présent un long moment, proie à un flot confus de sentiments. Elle se demandait encore comment elle avait osé introduire un objet à la symbolique si perfide dans une boîte aux allures si doucereuses et innocentes. La peur, encore une fois. Si elle n'avait pas respecté le thème imposé par les Carrow, quelles auraient été les représailles ? Pourtant, les remords la rongeaient déjà. Elle aurait pu choisir un autre objet disgracieux, et pourtant - avant même d'en saisir les conséquences - elle avait créé l'offrande la plus amère qu'il soit pour cette personne en particulier. Que lui était-il donc passé par la tête ? Une forte envie de fracasser celle-ci contre un mur l'a pris mais, décidant finalement qu'elle était suffisamment défigurée, elle se ravisa, rangea la petite boîte dans une poche discrète de sa robe puis se leva pour rejoindre les festivités.

Quand la bonde vénitienne franchit les portes de la Grande Salle, un éclat singulier illumina son regard azur. Elle qui s'attendait à un décor obscurci par les sombres goûts des Mangemorts, elle dut s'arrêter net pour réaliser que le joyeux spectacle qui s'offrait à ses yeux n'était guère un songe. Non, elle ne rêvait pas, il y avait bel et bien un grand sapin aux décorations vives et variées, une ribambelle de guirlandes lumineuses, plusieurs bonhommes de neiges animés et un énorme buffet autorisant même aux Nuncaboucs de se régaler ! Comme envoûtée par la chaleur nouvelle qui imprégnait la Grande Salle, Malia se promena doucement autour de la pièce, admirant chacun des détails avec des yeux d'enfants. Tout cela était-il vraiment réel ? Pourraient-ils enfin profiter d'une soirée sans Mangemorts ? Cela semblait trop beau pour être vrai mais Malia, naïvement, voulait y croire. C'était son miracle de Noël.

En parlant de miracle, Léon Shepper se posta devant la Serdaigle, un léger sourire tordant ses lèvres. Malia ne se souvenait pas avoir eu une seule conversation avec lui depuis leur rupture. Alors, le revoir ainsi face à elle provoqua d'abord de la surprise, mais celle-ci laissa bien vite place à deux sentiments contradictoires. Une part d'elle lui en voulait encore, elle avait été cruellement blessée en réalisant que leur relation n'avait jamais rien représenté pour lui. Mais une autre part d'elle - sûrement favorisée par l'ambiance euphorique de Noël - était heureuse de revoir ces yeux gris.

- Jolie robe.

Sa sensation de semi--bonheur fondit aussi rapidement que les flocons atterrissant dans sa chevelure blonde alors que son ex-petit ami avait prononcé les deux mots témoignant de toute la mascarade qu'avait été leur relation. Mais avant même que la jeune fille ait pu se vexer, le serpent enchaîna :

- Je sais que tu n'as pas envie de me voir. Je vais faire vite parce que, crois-moi, je n'ai pas envie de t'importuner plus que nécessaire. Je sais que je suis la dernière personne dont tu aurais aimé qu'elle pioche ton nom, mais faut croire que le destin a un curieux sens de l'humour.

C'était le cas de le dire, songea Malia en faisant le parallèle avec le nom qu'elle avait elle-même pioché.

- Je te souhaite un joyeux Noël, Malia.

Alors que Léon lui offrit un petit sachet en toile noire, une désagréable sensation lui tordit l'abdomen. Elle craignait que cet emballage sobre et élégant ne renferme lui aussi un présent offensant. Hésitante, elle plongea son regard dans celui de son Secret Santa - sûrement pour s'assurer de ses intentions - et c'est alors qu'elle remarqua que le Léon qu'elle avait connu avait bien changé. Il y avait quelques mois à peine, chacun des traits de son visage dénotait une assurance charismatique et presque insolente. À présent, l'éclat dans ses yeux s'était terni derrière un voile mélancolique. Que t'est-il donc arrivé Léon, pour que tu respires autant la solitude ? Suite aux paroles qu'il lui avait froidement servies lors de leur rupture, Malia avait été convaincue que le Serpentard n'aurait pas eu de mal à s'en sortir durant cette année, mais à le voir ainsi, elle comprenait maintenant que lui aussi traînait ses démons le long des couloirs gris de ce château.

L'appréhension quant au contenu de l'écrin qu'elle venait de recevoir se dissipa alors, Léon n'était pas là pour la blesser encore une fois, c'était certain. Délicatement, elle ouvrit l'écrin sombre et ce qu'elle y découvrit fit naître des étoiles dans ses yeux. Elle sortit le bracelet en argent pour mieux détailler les charmes qui y étaient suspendus. Une cigogne portant en son bec un baluchon raviva immédiatement le souvenir de sa mère et des perles humides se formèrent alors aux creux de ses prunelles. Un balai de Quidditch symbolisait également son père, et deux "A" trônaient autour d'un "M" pour chaque enfant Montgomery : Angie, Alan, Malia. Sa famille réunie au complet sur ce bijou, à défaut d'être réunie autour d'un sapin pour Noël. Puis, un aigle et un vif d'or rappelaient les deux affiliations de Malia à Poudlard : Serdaigle et capitaine d'équipe. Léon ne se doutait sûrement pas à quel point son cadeau faisait écho dans le coeur de la Finlandaise. Alors, elle accrocha ce magnifique présent autour de son fin poignet puis elle redressa la tête et adressa un regard mêlé de surprise et de gratitude à son Secret Santa. Peut-être, finalement, que tout n'avait pas été que du vent ? Car pour réunir les principaux piliers de la vie de la jeune fille sur un petit bijou, le Vert-et-Argent avait dû s'intéresser à elle un minimum, non ?

- Je sais que ca ne t'avances pas à grand chose, ni n'efface pas mes tords, mais je suis désolé Malia. Réellement désolé de m'être comporté comme un abruti.

"Désolé". Le seul mot qu'elle avait voulu voir sortir de la bouche de Léon depuis tout ce temps. Cette soirée devait définitivement n'être qu'un songe. Puis, le 7ème année s'approcha de son oreille et murmura alors que son parfum familier arriva jusqu'aux narines de sa cadette, la déstabilisant quelque peu.

- Passe une bonne soirée. Et tâche de ne lapider personne. Ca ne te ressemble pas, toi comme moi, nous le savons. Ne les laisse pas te changer.

Instinctivement, la main de la Serdaigle vint s'agripper au tissu de sa robe, à l'endroit où était enfouie la boîte blanche. Les mots du Serpentard l'avaient heurté de plein fouet mais plutôt que de s'écrouler, elle affronta la réalité : il avait raison. Alors, au moment où il se détournait pour partir, elle lui attrapa le bras et prononça doucement :

- Merci, Léon.

Il y avait tellement de choses qu'elle aurait pu lui dire mais ce simple "merci" résumait l'essentiel, portant implicitement une dimension multiple. Merci pour ce merveilleux cadeau et merci pour tes mots. Ces mots messagers de ta culpabilité puis ceux révélateur d'un fond de bienveillance. Merci, Léon. Elle accrocha un instant son regard lumineux à celui du garçon, puis libéra son bras de son emprise.

Un bonhomme de neige lui rentra brusquement dedans - la détournant définitivement du Vert-et-Argent - et elle se surprit à rire de bon coeur. Puis, telle une enfant, elle repéra un petit tas de neige au sol et s'empressa de reconstituer la boule de neige échouée pour la lancer contre l'insolent bonhomme de neige qui l'avait bousculé. Mais, au moment-même où son projectile fendit l'air pour atteindre sa cible, son sourire enfantin se figea. Des pierres. Elle resta un instant immobile, fixant avec détresse les pierres qui volaient à travers la Grande Salle. Elle secoua la tête. Non, c'était des boules de neiges, rien que de joyeuses et inoffensives boules de neiges. Elle glissa sa main dans sa poche et saisit la boîte qui y logeait. La sorcière réalisa alors pourquoi elle n'avait pas trouvé d'autres idées de cadeaux : son esprit était hanté par ces pierres, encore et encore. Inlassablement. Alors peut-être que la seule façon de se défaire de ses hallucinations était d'affronter une bonne fois pour toutes l'objet de ses méfaits ? Peut-être cherchait-elle à se punir elle-même en provoquant, à l'issue de son offrande, une rancoeur qu'elle méritait tant ? Ses traits, qui avaient revêtu un air si détendu il y avait à peine quelques secondes, s'alourdirent à nouveau alors que ses démons refaisaient surface. Il était temps d'assumer son rôle de Secret Santa - ou plutôt de Secret Grinch.

Elle repéra sans mal sa malheureuse victime, qui traînait - sans grande surprise - autour du buffet. Elle le rejoignit à contrecœur - avec ce pull multicolore elle n'aurait pas pu feindre de ne pas l'avoir trouvé - puis posa sa main sur son bras vert fluo pour l'avertir de sa présence.

- Hey... Pas mal, le pull.

La blonde vénitienne offrit un sourire peu convaincant à Nolan. Mais ce sourire fané n'était pas dû à l'accoutrement du rouquin - qu'elle aurait salué avec plus d'enthousiasme dans d'autres circonstances -, non, cette expression faciale était dû à la boîte blanche qu'elle tendait de façon hésitante. Sans dire un mot de plus, elle laissa le 6ème année ouvrir son cadeau de Noël, appréhendant le moment où il découvrirait le pendentif. Ce pendentif qu'elle avait créé de ses propres mains. Une simple lanière noire au bout duquel elle avait suspendu un petit caillou gris et rugueux, ramassé dans le parc du château.

Quand le paquet blanc et rouge laissa enfin place à ce bijou malveillant, la 5ème année, sans laisser à son aîné le temps de réagir, s'empara du pendentif et se hissa sur la pointe des pieds pour le lui passer autour du cou. Puis, elle sortit sa baguette qu'elle avait glissée dans sa bottine tandis qu'elle fourra son autre main dans sa poche pour y sortir un autre caillou. Elle pointa alors sa baguette vers la petite pierre qu'elle tenait dans ses mains et, en un murmure, elle l'ensorcela. Celle-ci se déforma alors, abandonnant son apparence rêche et dure pour une surface souple et lisse : un parchemin. Au même moment, le caillou suspendu au cou du Poufsouffle rebondit sur sa poitrine et effectua la même métamorphose. La métamorphose inverse de celle ayant eu lieu avant la lapidation, comme une métaphore illustrant le souhait de la jeune fille de revenir en arrière. Au milieu de ce modeste bout de parchemin, des lettres à l'encre noire formaient les mots "Joyeux Noël".

- J'ai lancé un sortilège protéiforme, expliqua timidement la Serdaigle. Quand j'écrirais quelque chose sur ce parchemin, tu pourras le lire sur ton pendentif. Je... Je me suis dit que ça pourrait être... utile pour communiquer. Tu sais, elle baissa d'un ton, pour la mission Bota.

La Serdaigle prononça la formule "Duro" et le parchemin qu'elle tenait en main reprit la forme d'une pierre, aussitôt imité par celui accroché à la lanière noire. Elle avait passé beaucoup de temps pour réaliser ce cadeau, comme si s'investir dans cette création allait camoufler le poison qu'il représentait. Comme si le rendre utile allait faire oublier son apparence-même. L'idée du sortilège protéiforme lui avait été inspiré par les gallions utilisés pour les réunions de l'AD, néanmoins il lui fallut un temps conséquent avant de parvenir à le lancer correctement. Néanmoins, son cadeau restait odieux et le voir à présent suspendu autour du cou de Nolan exacerbait ses remords.

- Je... excuse-moi, Nolan, finit-elle par murmurer.

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MessageSujet: Re: Secret Santa ! ❄️ Mer 1 Aoû 2018 - 21:55

La tradition de Noël, chez les Breckenridge, avait longtemps été forcée au respect par la matriarche, qui considérait la fête comme une occasion absolument unique de rassembler tout le monde autour d’un intérêt et d’un effort communs. Chaque année, le scénario se répétait : le même album d’opéra en décorant le sapin, la même étoile illuminée par leur père l’avant-veille du réveillon, le même alignement des chaussures dans l’entrée. Sylvia y tenait ; Reginald s’en moquait. Il poussait cependant ses enfants à jouer le jeu, pour faire plaisir à sa femme, et peut-être aussi qu’il trouvait cela charmant. Famille calme et bien portante, les petits aimaient à ricaner de la futilité de ces conditions, mais s’exécutaient avec entrain, sachant très bien qu’ils n’échapperaient pas à leur mère, leurs faibles protestations faisant finalement partie, elles-aussi, du rituel. Dans le salon, Aloysius grommelait et fredonnait tout à la fois, Meredith s’éclipsait sans cesse pour manger un gâteau ou regarder tomber la neige. Et ils vivaient.

Enrobée dans sa couverture, calée dans le renfoncement de la fenêtre, la lionne laissait revivre ses souvenirs dans l’opacité du brouillard pour la énième fois de la journée. Elle s’était laissée tenter par le passé, et s’y perdait sans relâche depuis plusieurs heures. Si la première remembrance avait tiré des sanglots de sa gorge irritée, toutes les suivantes avaient été de moins en moins douloureuses, jusqu’à la plonger dans une mélancolie catatonique qui berçait sa soirée en la réchauffant aussi bien que le thé noir entre ses mains. La météo était exécrable, mais elle préférait encore cela à l’innocence paisible d’une neige illusoire. Elle sentait que si ce Noël avait été blanc, elle se serait morfondue dans un cafard sans fond. Ce brouillard en revanche était plutôt … approprié.

Sentant que l’heure du repas approchait, et avec elle, l’heure de la petite fête improvisée de McGonagall, Meredith s’accorda encore quelques secondes de contemplation avant de quitter son rebord, finissant d’une traite le fond de son thé et posant ses petits pieds dans les pantoufles qui l’attendaient. Elle n’avait pas l’intention de s’attarder à cette soirée. Si elle avait pu avoir lieu, c’est parce que tous les Mangemorts du château avaient déserté les lieux quelques heures auparavant, laissant aux professeurs restant le soin de gâcher Noël à leur place. Bien sûr, tout l’inverse se produisait, et la vénérable Minerva s’était démenée avec ses collègues pour sauver la fête. Alors, si tout le château avait l’esprit léger de l’absence d’ennemis entre ses murs, ce n’était certainement pas à elle de gâcher l’ambiance. Elle avait bien sûr songé à profiter comme tout le monde des festivités, en se faisant discrète. Mais elle avait vite abouti à la conclusion que sa seule présence donnerait l’impression qu’un peu des Carrow était resté, et surveillait dans l’ombre.

Si la jeune fille avait repris du poids dernièrement, les vacances ayant été salutaires et ses fréquentations lui remontant grandement le moral, elle n’avait pas encore retrouvé sa forme passée, et toutes ses robes étaient encore un peu trop larges. Elle s’était donc appliquée, la veille, à repiquer une de ses tenues – une petite robe en velours noir, très simple, tombant au milieu de ses genoux – et à y ajouter une sobre ceinture en tissu doré. Collants semi-opaques et souliers noirs à talons plats, elle aurait pu être plutôt jolie si elle y avait cru. Rosissant légèrement ses joues pour se donner l’air vivant, elle ne força pas trop sur le maquillage et releva ses longs cheveux en un chignon épais et lâche, qu’elle sécurisa avec une petite broche à cheveux. Pourquoi faisait-elle cet effort déjà ? Pour qui ? La question fit passer devant ses yeux un certain nombre de visages, mais un seul s’attarda pour l’embaumer de son sourire. Elle devait au moins se montrer pour offrir son présent à sa désignée. Et si l’objectif premier était de ne pas la faire fuir, peut-être qu’elle voulait aussi être un peu agréable à regarder. Saisissant la petite boîte carrée attendant gentiment sur son lit, le soin de son empaquetage tranchant avec la nature même du papier – une vieille gazette du mois dernier – elle compléta son attirail en glissant sa baguette dans une de ses chaussettes mi hautes. Enfin, elle récupéra sur son bureau une enveloppe vierge de bonne facture, glissa à l’intérieur une petite carte déjà soigneusement calligraphiée en noir et or, puis scella le tout à la cire bleue. Sur la carte, elle s’était appliquée le matin même à tracer à la plume plate un magnifique « Christmas in Vienna », et s’était servie de la même encre, du même papier et surtout de la même cire que pour ses correspondances habituelles. Satisfaite du résultat propre et délicat, elle voulut sortir, mais son pied buta sur une chose molle devant la porte.

Un paquet emballé dans du kraft se révéla à son regard. La lionne fronça les sourcils, indécise. Elle était persuadée qu’il n’y avait rien par terre tout à l’heure, et personne n’était entré dans le dortoir. Devait-elle en déduire que c’était pour elle ? Curieuse, elle s’en saisit et le retourna pour trouver un éventuel nom. Elle n’eut pas le temps de finir son analyse, que le paquet s’ouvrit brusquement sous ses doigts, visiblement très mal fermé. Levant le contenu devant ses yeux, elle faillit lâcher un gloussement à la découverte du plus laid des pulls de Noël qu’elle n’ait jamais vu. Et Morgane savait qu’elle en avait vus. Son regard accrocha un éclat blanc, qui se révéla être une carte, glissée dans les plis de laine. Pas de nom, mais simplement quelques mots griffonnés : « Cap ou pas cap ? »

Considérant que le pull ne lui était finalement pas destiné, la préfète haussa les épaules et le replia soigneusement avant de quitter la pièce. Elle descendit lentement les escaliers, profitant du silence puisque la majorité des Gryffondors étaient déjà en bas, mais s’arrêta à mi-chemin. Un sentiment grandissait dans sa poitrine, montait jusqu’à ses lèvres, et brusquement elle fit demi-tour pour retourner dans le dortoir. Qui que soit l’expéditeur, il allait voir ce qu’il allait voir.


Passant la porte de la Grande Salle, comme si de rien n’était, elle se dirigea immédiatement vers l’immense sapin qui dominait les nombreuses décorations. Feignant de ne pas remarquer à quel point elle attirait l’attention, elle levait le nez avec un intérêt d’enfant, devant la merveille chaleureuse mise en place par leur directrice de maison. Tout était parfaitement ajusté pour que chacun se sente attendu, chéri, presque à la maison. Exactement ce que le château aurait dû être en ces temps troublés. Meredith était grandement reconnaissante de ce geste, et sentait son regret de se montrer à la fête fondre comme neige au soleil. Même si ce n’était pas le cas, elle avait l’impression qu’on avait décoré les lieux spécialement pour chacun d’entre eux individuellement, elle comprise. C’était agréable et réconfortant. Un peu comme l’affreux pull du Grinch qu’elle portait fièrement par-dessus sa robe noire, et qui soulevait bon nombre de ricanements sur son passage. Riant elle aussi du dérisoire de son geste, elle ne s’en offensait même pas un petit peu. Enfin campée devant le sapin, elle trouva une petite branche délicate, un peu dissimulée par d’autres plus touffues mais tirant tout de même son épine du jeu. Elle y accrocha avec soin l’enveloppe cachetée, adressant une pensée à ses parents et à son frère qui passaient tous Noël loin d’elle, loin les uns des autres. Elle ne pensait pas souvent à sa famille, mais concevait très bien leur inquiétude à son sujet, sans parler de l’angoisse qu’ils devaient ressentir à l’objet d’Al’. Alors pour une fois, elle se permit la naïveté du geste, et alluma une bougie esseulée du bout de sa baguette en souhaitant que sa chaleur leur parvienne à tous.

Se retournant vers la salle, et considérant la quantité de victuailles qui trônait sur les buffets, elle décida de manger un bout avant de retrouver son Secret Santa. Gabriel absent pour la fête, elle partagerait sa loaded potatoe avec le banc en face et l’esprit du Grinch sur son pull, mais ne ressentait aucune tristesse à cette idée. C’était à peine si elle ne s’en réjouissait pas, même. Atteignant le bout de la tablée, et s’apprêtant à tendre le bras vers le plat convoité, elle fut brusquement interrompue par un vacarme très étonnant et assez dérangeant, considérant le fait qu’il s’approchait drastiquement de sa position. Levant les yeux avec paresse, elle haussa les sourcils en notant le fait que l’auteur de la cacophonie n’était autre qu’un rouquin bien connu, paré tout comme elle de la plus laide pièce de sa garde-robe et apparemment très satisfait du dérangement provoqué. Elle n’osa pas bouger, et attendit qu’il se présente à elle, ne sachant pas à quoi s’attendre. Enfin, presque pas.

« Tu sais, j’ai bien peur d’avoir été rude la dernière fois qu’on aura pris le thé ensemble tous les deux. »

La préfète contempla le pull de son collègue avec une fascination non-dissimulée, puis leva ses yeux clairs pour percer ceux du jeune homme.

« Bonsoir à toi également. », fit-elle sans sourire, car elle sentait parfaitement bien que l’orage arrivait et qu’il ne servait à rien de tenter de s’y dérober. En réalité, cette bonhomie l’effrayait un peu, et elle ne réagit pas même aux mots acides qu’il lui servit ensuite. Encore une allusion à ce qu’elle avait lâché devant les cuisines, sauf que cette fois, le « comme des amis » s’était métamorphosé dans l’esprit aigri de l’écureuil en une « presque-amitié » bien plus blessante, et surtout bien loin de ses propos originels. Enfin, pouvait-elle vraiment relever ce point sans aggraver son cas ? Pouvait-elle seulement faire quoi que ce soit sans que Nolan l’interprète comme bon lui semblait et le mûrisse en un autre raisin de sa colère ? Reportant son attention sur le paquet chaotique qui remplissait sa pauvre assiette, elle observa son déballage avec un sentiment de plus en plus mitigé. Enfin le contenu se révéla, et la jeune fille comprit immédiatement où son offreur voulait en venir. Elle en fut brusquement glacée. Toute envie de rester passive et complaisante disparut de ses intentions, et c’est un œil terrible qu’elle rendit au roux visiblement très satisfait de son idée. Saisissant un des couteaux du paquet, le plus long et le moins engageant, elle le contempla, donnant sérieusement l’impression qu’elle hésitait à s’en servir dans l’instant.

« Merci Sherman. Ne doute pas que je saurai leur donner une utilité. » Elle lui sourit, le visage empli de morgue. « Tu penseras à moi quand tu les retrouveras à côté des plantes saccagées du club ? A moins que je ne les ai déjà tous enfoncés dans le cœur de mes ennemis ? » Si la deuxième option était très clairement ironique, le rouquin savait très bien qu’elle connaissait par cœur les périodes de floraison, d’éclosion et de maturité des toutes les plantes cultivées dans la serre du club de jardinage. Cela devait suffire pour qu’il prenne sa menace au sérieux. Elle referma soigneusement le baluchon et le décala de son assiette afin de pouvoir se servir dans le plat fumant, à l’odeur alléchante. Juste avant que Nolan ne lui fausse compagnie, elle l’interpella joyeusement sans le regarder.

« Joyeux Noël ! Fais attention à ne pas trop me tourner le dos, ça pourrait me donner des idées. »

Cette dernière salve lancée, elle revint à son assiette et enfourna une généreuse fourchette de pomme de terre à la crème. Elle avait faim, et le plat était certainement aussi délicieux que d’habitude, pourtant elle eut l’impression de mâcher du carton mouillé. Elle sentait son nez piquer, et vérifiant que Nolan était hors de sa vue, elle se leva pour ôter le ridicule Christmas Sweater qui résonnait trop fort dans son esprit avec la complicité passée qu’elle partageait avec son camarade blaireau. Et puis, elle devait aller offrir son propre cadeau blessant à sa propre victime.

En découvrant le nom sur la papier, et le fait qu’elle devrait faire un cadeau inutile, méchant ou encombrant à celui-ci, Meredith avait pincé les lèvres. Comment blesser cette personne ? Elle n’en avait aucune idée, et surtout aucune envie. Elle opta donc pour l’option « inutile », ce qui lui donna immédiatement l’idée de contourner les règles discrètement, pour faire un véritable cadeau à son duo dans l’illusion d’un rien. Elle s’était donc appliquée, mais manquait cruellement de moyens. Finalement, à force de réflexion et d’efforts, elle parvint à un résultat satisfaisant, qu’elle avait enfermé dans un paquet aussi miteux que possible, histoire de sauver un peu les apparences. Repoussant ses couverts, elle s’excusa de son gâchis aux elfes de la cuisine et balaya la salle du regard.

Lina se trouvait près d’un mur, en pleine discussion avec quelqu’un que l’angle lui cachait. La lionne n’aimait pas interrompre, mais voulait vraiment en finir avec cette soirée que l’intervention de Nolan avait brusquement alourdie. Contournant donc la table, et vérifiant que sa robe tombait bien d’un petit coup d’œil expert, elle s’approcha d’un pas résolu vers son amie, serrant son paquet froid dans sa main et forçant son cœur à ralentir. Plus elle s’avançait, plus les détails de leur rencontre lui revenaient en tête, remuant de plus belle ses entrailles et soulevant … Schepper. Non, vraiment, Schepper ? Meredith faillit tourner les talons et repartir dans l’autre sens. Le visage du serpent venait de se révéler à sa vue, assis sur une chaise aux côtés de Lina qui lui tournait le dos. Elle ferma les yeux une seconde pour réfléchir à ce que diable elle pourrait bien dire, puisqu’elle n’était plus maintenant qu’à quelques mètres et qu’il était hors de question de se rétracter. Leur relation de haine cordiale ne s’était pas arrangée depuis le premier jour, et avait même connu un tournant assez dramatique durant l’épisode du Veritaserum. Ils ne s’étaient pas reparlés depuis, mais elle ne doutait pas que les souvenirs n’auraient aucun mal à remonter.  En réalité, elle n’avait pas grand-chose à faire de lui, et le plaignait même un peu vu les mots qui étaient sortis de sa bouche sans son consentement. Mais elle ne voulait pas plomber l’ambiance, et décida de tenter le coup de la « trêve de Noël ». Qu’avaient-ils à gagner à se cracher sans cesse dessus ?

« Excusez-moi … » Elle avait attendu qu’aucun des deux ne soit en train de parler, et accompagna ses mots d’un très léger frôlement le long du dos de Lina pour s’annoncer à elle. « Salut Lina. Schepper. », ajouta-t-elle en le regardant, sans animosité. Puis revenant à la jeune femme et lui tendant simplement le paquet : « C’est à toi que je dois offrir mon cadeau. Je n’avais pas d’idée et ça ne te servira à rien, mais la boite est jolie. »

En effet, sous le vieux journal, la préfète découvrirait une boite parfaitement cubique et entièrement en verre, belle dans son évidence épurée. Au premier abord, elle ne pouvait pas être ouverte, mais pourquoi diable chercherait-on à l’ouvrir ? Son contenu n’avait strictement aucun intérêt. Derrière les parois transparentes reposait seulement une boule de neige sphérique, nacrée et absolument ordinaire. Il n’y avait d’après elle rien de plus inutile qu’un cadeau éphémère et n’ayant pas nécessité le moindre effort dans sa réalisation. Cependant, si l’intérieur du cube avait été ensorcelé pour garder le froid à l’intérieur, il l’était aussi pour qu’au moment où Lina le prendrait dans ses mains nues, la boule de neige se mette rapidement à fondre. Ce détail du cadeau était le nœud de son intérêt, et ce qui avait nécessité le plus de travail pour Mery. Dissimulé au cœur de la boule de neige, un petit piédestal transparent exposait un pendentif en larme d'eau très simple et très délicat. Clin d’œil non seulement à leur entrevue dans la salle de bain, mais véritable objet magique puisque la gryffondor avait passé un temps fou à trouver la formule appropriée pour donner au collier une propriété unique. Finalement, une combinaison de plusieurs charmes avait offert un résultat satisfaisant, dont elle avait gravé le secret dans le socle du piédestal, en petit et en bleu.

« Se teinte à tes états d’âme
en hommage aux bulles.
M.
»

Meredith espérait secrètement qu’elle ne l’ouvre pas devant Léon, car c’était malgré tout une infraction de la règle du mauvais cadeau, et en plus de cela une offrande assez intime, mais elle ne l’en empêcherait pas si elle le souhaitait. Après tout, qui allait vérifier que son cadeau était véritablement ce qu’il paraissait ? La boule de neige aurait fondu quoi qu’il en soit. Et puis peut-être qu'il valait mieux qu'elle soit là pour la rassurer quand elle découvrirait le contenu, qu'elle l'aide à ouvrir le cube, qu'elle lui explique peut-être le sens obscur de l'inscription ... ou qu'elle avait seulement envie de prolonger cet instant aux côtés de la blairelle. Laissant le soin à Lina de décider du dépaquetage ou non, Mery jeta un regard à Léon et après réflexion, tenta de lui offrir un sourire sarcastique que son ton amusé rendait surtout gentiment provocateur. Trêve de Noël, qu’ils disent.

« Toujours obsédé par notre entrevue dans cette salle vide, Schepper ? »

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MessageSujet: Re: Secret Santa ! ❄️ Sam 4 Aoû 2018 - 22:03

La soirée de Noël. Lorsqu’on entendait ça, on pensait cadeaux, boules décoratives et bûche glacée. Bonheur, émerveillement, amour. Famille et amis. Mais pour cette soirée-là, Ariane ne savait pas à quoi s’attendre. Déjà, elle avait été étonnée d’y être invitée. En tant que Nuncabouc, cela ressemblait fortement à un traquenard. Elle ne pouvait s’empêcher de s’imaginer à quoi ils pourraient servir cette fois-ci : porte-manteaux ? guirlandes lumineuses ? cibles d’un tir de fléchettes enchantées ? Le mystère restait entier… Et cette inquiétude qu’Ariane ne souhaitait montrer s’affichait librement sur le visage de nombre de ses camarades de chambrée. Cependant, tout le monde s’apprêtait pour la grande soirée qui s’annonçait. Les éviers étaient chacun occupés par deux ou trois élèves qui récuraient leurs vêtements les moins abimés afin de ne pas être confondus avec des serpillères lors de la soirée. Ariane, quant à elle, reprisait en vitesse une jupe en laine noire toute simple, qui s’était retrouvée trouée après avoir été aspergée d’une potion de dissolution très mal réalisée. A côté d’elle, Jude s’efforçait de trouver deux chaussettes à peu près semblables.

« Alors, t’as fini par trouver ton cadeau ? 
- M’en parle pas… Franchement, je plains la personne qui va le recevoir… »

La cinquième année indiqua d’un signe de tête une sorte de paquet emballé avec du papier journal. Il semblait imbibé d’une étrange matière et une odeur répugnante en émanait.

« Eurk… Vivement que ça disparaisse de notre dortoir en tout cas.
- Bon et toi alors, tu veux toujours pas me montrer ce que c’est ?
- Non non, c’est un secret Santa, tu te rappelles ? Qui sait à quelle punition je s’expose en te révélant ce que c’est… »

La benjamine esquissa une moue déçue et replongea dans sa valise, cette fois-ci à la recherche de quelque chose pouvant lui permettre de camoufler la grosse tâche d’encre de son chemisier. Ariane enfila pour sa part une chemise à carreaux rouge et noire, qui flottait autour d’elle. Déjà mince de nature, elle était maintenant squelettique. Elle déroula les manches jusqu’en bas, afin de camoufler ses poignets aux os saillants. Malheureusement, tous ses collants en laine étaient irrécupérables tant ils étaient usés, aussi bien ne pouvait-elle pas cacher ses genoux et ses mollets si frêles qu’elle avait maintenant l’impression qu’une simple bourrasque pourrait la renverser. Elle se contenta d’enfiler sa paire de Dr Martens noires, qui malgré tous les mauvais traitements réussissait miraculeusement à tenir le coup, comme pour prouver que l’industrie moldue n’était pas si insignifiante que ça. Ayant abandonné depuis longtemps l’idée de discipliner ses cheveux bouclés, elle les rassembla en une longue natte qu’elle ramena sur le côté. Elle essaya ensuite de se pincer les pommettes pour se donner un air plus rose, mais ses joues d’ordinaires rondes s’étaient tant creusées que la tâche s’avérait plus difficile que prévu.

« J’suis prête Judy ! On descend ? »

La cinquième année, qui avait également réussi à s’apprêter presque convenablement, lui répondit d’un hochement de tête. Portant leurs cadeaux à bout de bras, elles descendirent précautionneusement les différentes échelles qui les menaient à la sortie de leur dortoir. En chemin, elles croisèrent d’autres élèves, tous aussi bien habillés les uns que les autres. La plupart des visages étaient sereins, voire même joyeux. Les plus jeunes étaient excités, alors qu’on pouvait déceler une légère appréhension chez les plus matures.

Lorsqu’elles pénétrèrent dans la Grande Salle, Ariane et Jude furent impressionnées. La Grande Salle avait si radicalement changé en l’espace de quelques heures qu’elles se demandèrent en chuchotant si elles n’étaient pas revenues un an en arrière. Plus de décorations macabres, plus de tables vermoulues, et surtout… Pas de Mangemorts. Ariane balaya plusieurs fois la foule, à la recherche de l’un de ces idiots encapuchonnés, mais force était de constater qu’ils n’étaient pas présents. Pour le moment.

Jude finit par l’entraîner vers le sapin, où elles accrochèrent toutes les deux leur décoration. Elles avaient fait avec ce qu’elles avaient sous la main, c’est-à-dire pas grand-chose. Ariane avait récupéré ses chutes de collants et autres vêtements irrécupérables pour en faire une sorte de guirlande tressée qu’elle suspendit sur quelques branches, dans un coin pour éviter que cela ne se remarque trop. Les deux jeunes filles balayèrent ensuite la foule, à la recherche d’un visage connu. L’absence de suppôts de Voldemort signifiait qu’elles pourraient aller voir leurs amis sans risquer un Doloris pour une simple embrassade, et ça, c’était le plus beau cadeau de Noël que l’on pouvait leur faire ! Et puis le regard d’Ariane se posa sur le buffet. Un somptueux buffet, digne de la plus belle des fêtes. Une vague d’amour pour les elfes de maison envahit la Nuncabouc, qui les imaginait parfaitement s’affairer en cuisiner pour réchauffer le cœur des élèves avec leurs plats alléchants. Brutalement, elle referma sa main autour du bras de son amie et cria : « JUDE !!! BUFFET !!!! » Autour d’elles, plusieurs élèves les regardèrent de manière mi-apeurée, mi-agacée et elle se rendit compte qu’elle devait passer pour une hystérique, d’autant plus qu’elle s’était mise à sautiller sur place. C’était presque si l’on pouvait voir l’image de pommes dauphines imprimée sur sa rétine et un filet de bave couler du coin de sa bouche.

Elle traîna sa camarade jusqu’aux divines tables remplies de victuailles. Les plats sentaient si bon qu’elle crut décéder de plaisir. « Regarde, de la nourriture chaude ! Y a des p’tits fours ! De la soupe de butternut ! Des tartes ! Des pommes dauphines ! ET PLEIN DE BÛCHES AU CHOCOLAAAAAAT ! »  Sa voix était allée crescendo, et Jude avait été obligée de lui fourrer un toast dans la bouche pour la faire taire. La brune avait une furieuse envie de se rouler sur la table, et de manger tout ce qui entrerait en contact avec sa bouche. Alors qu’elle dégustait la meilleure nourriture avalée depuis longtemps, Jude lui rappela qu’avant de se jeter sur le buffet, elles devaient trouver la personne à qui était destinée leur cadeau. « Hmpf ouif f’est frai ! Ve fini fa et v’y vais ! Oh regardfe, une tourte aux éfinards ! »  Et avant que Jude ait pu la retenir, elle s’était élancée à l’autre bout du buffet pour se servir une part. La tourte était si succulente que les larmes montèrent aux yeux de la Nuncabouc. Quelle soirée merveilleuse !

« Je... excuse-moi, Nolan. »

Un murmure juste derrière elle, dont elle reconnut instantanément la voix. Malia. Elle fit volte face et se trouva nez-à-nez avec la jeune Serdaigle.

« Malia ! »

Elle essuya du bout de sa manche les larmes de bonheur qui venaient de couler sur ses joues avant de prendre l’aiglonne dans ses bras. Elle allait lui souhaiter un joyeux Noël quand elle prit conscience du blaireau à côté d’elles. Oups. Elle avait peut-être interrompu une discussion importante, à voir le regard presque fuyant de Malia.

« Oh. NOLAN ! »

Elle avala sa dernière bouchée et se frappa la tête d’une main, éparpillant par la même occasion toutes les miettes qu’il lui restait dans les mains. Ses sourcils se froncèrent et elle fut comme pétrifiée pendant quelques secondes. Loin de la rendre plus alerte, la nourriture l’avait apparemment rendue stupide.

« Mais oui ! Cadeau ! »

Elle cherchait quelque chose à ses pieds, mais fut prise de panique quand elle ne trouva pas ce qu’elle cherchait. Ses yeux s’écarquillèrent d’horreur. Non, elle ne pouvait pas avoir perdu le cadeau qu’elle devait offrir… Elle s’élança sur le chemin qu’elle venait de parcourir, slalomant entre les élèves de plus en plus nombreux autour du buffet. Elle sentait l’adrénaline parcourir son corps, sensation qui n’avait plus rien d’extraordinaire pour elle. Et finalement, elle retrouva un paquet réalisé avec un vieux drap sous l’arbre, juste là où elle avait accroché sa guirlande quelques instant auparavant. Elle parcourut à nouveau le chemin inverse, cherchant dans la foule la touffe de cheveux ou le pull aux couleurs vives de Nolan. Hors d’haleine, elle déposa le paquet aux pieds du Poufsouffle. C’était un grand paquet, qui devait mesurer à peu près un demi-Flitwick.

« Et voilà ton cadeau ! »

Elle observa le blaireau défaire le nœud qui maintenait le drap autour du cadeau. Lorsque le tissu tomba au sol, une odeur de terre embauma les narines de tous ceux qui se trouvaient autour d’eux. Une structure en fer supportait quatre pots en terre cuite : trois en bas, à la même hauteur, et un autre qui les surplombait pour former une sorte de pyramide. Sur chaque pot, on pouvait trouver un petit écureuil dessiné sommairement à l’encre, mais ils se différenciaient par un symbole évoquant une saison : une fleur, un soleil et une feuille morte sur ceux du bas et un flocon de neige sur celui du haut.

« Laisse-moi t’expliquer un peu. Là, en haut, comme tu l’as remarqué, il s’agit d’un plant de Camélia du Japon. »  La plante n’était pas encore fleurie, mais on voyait de très nombreux bourgeons, dont certains semblaient sur le point d’éclore. Ariane désigna ensuite le pot portant le dessin fleuri. « Ici, ce sont des tulipes doubles. »  Seul des petits bulbes dépassaient de la surface de la terre. « Pour l’été, des dahlias rouges. »  A nouveau, de petites tiges sortaient du sol. « Et enfin, là on voit rien mais là ce sont des crocus d’automne. »  Le pot d’automne semblait effectivement vide. Elle avait méticuleusement choisi chaque plante, passant des heures à tourner encore et encore les pages de son exemplaire de Croquis et informations sur 1001 plantes afin de sélectionner la plante convenant à la saison tout en ayant une signification qui l’inspirait. Le camélia du Japon : la gratitude. La Tulipe Double : la réussite. Le Dahlia Rouge : la reconnaissance et le bonheur. Le Crocus d’Automne : l’allégresse, la joie. Avec ces fleurs, elle espérait que Nolan comprendrait le sens caché, à savoir l’éternelle reconnaissance qu’Ariane lui vouait suite à son implication dans la Mission botanique, leur espoir de réussite et le bonheur qu’elle lui souhaitait en remerciement.

« Donc il y a un pot par saison, c’est-à-dire qu’à chaque solstice et chaque équinoxe, tu peux mettre le pot concerné en haut pour laisser les fleurs s’épanouir comme elles veulent. »

Pour réaliser son cadeau, Ariane s’était servie de l’une de ses passions communes avec Nolan. Elle y avait même glissé un clin d’œil à leur patronus commun, détail amusant dont ils s’étaient rendu compte quelques semaines plus tôt. Mais il y avait autre chose qui les rapprochait en dehors de la botanique. La nourriture.

« Mais ce n’est pas tout. Ce ne sont pas des plantes ordinaires, elles sont enchantées. Tiens, touche ce bouton de Camélia ! »  Elle désignait une fleur qui semblait sur le point d’éclore, un petit sourire malicieux au coin des lèvres. Lorsque le doigt du Poufsouffle entre en contact avec le bouton, celui-ci s’ouvrit pour laisser place à une magnifique fleur rose. Au centre se trouvait une Patacitrouille, délicatement posée entre les pétales. « Et voilà ! J’ai ensorcelé chaque plante pour qu’à chaque éclosion, une douceur se trouve au centre de la fleur ! Normalement il y a au moins une floraison par semaine, mais souvent plus. Je te laisse la surprise des friandises, mais c’est un parfait mélange de gourmandises moldues et sorcières, le meilleur des deux mondes ! »

Elle salivait presque en se rappelant ces petits bonbons au sirop d’érable… Évidemment, elle n’aurait jamais pu réaliser ce cadeau sans l’aide précieuse des elfes de maison, qu’elle était retournée visiter quelques jours plus tôt. Ils avaient préparé un saladier contenant toutes les douceurs destinées au cadeau, et qui était placé dans un coin des cuisines. Ariane, quant à elle, avait ensorcelé chaque plante pour qu’à chaque éclosion, un sortilège d’apparition se déclenche et fasse apparaître au hasard l’une des sucreries. Elle avait passé des jours à réfléchir à ce stratagème, et s’était donné corps et âme dans la réalisation du cadeau destiné à Nolan. Elle avait du agir dans la plus grande discrétion, d’une part pour préserver le secret, mais d’autre part parce qu’elle avait du utiliser la baguette qu’elle avait récupérée avec Jude en s’introduisant dans la salle commune des Gryffondors. Heureusement, Malia et Nolan étaient deux personnes de confiance et elle ne doutait pas qu’ils garderaient son secret.

« Et voilà ! Bon, c’est un peu encombrant, je suis désolée, mais j’espère que ça t’plaît ! Joyeux Noël mon cher Nolan ! Et joyeux Noël ma jolie Malia. Merci.»  Elle avait à peine murmuré ce dernier mot, afin que ses deux camarades soient les seuls à l'entendre. Un sourire radieux s’étendait sur son visage, et elle ne put s’empêcher de prendre Nolan et Malia dans les bras pour partager son allégresse.

« Et maintenant… BUFFET ! »  

Elle ne se rappelait même plus la dernière fois où elle avait été aussi heureuse. Des cadeaux, des décorations, de la nourriture, du bonheur, des amis. Une belle soirée de Noël.


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MessageSujet: Re: Secret Santa ! ❄️ Mar 11 Sep 2018 - 0:02




Ne surtout pas les regarder et puis ne surtout pas y penser. Ça avait l’air facile comme ça, mais en réalité c’était comme une mélodie qui se répétait inlassablement et qui restait ancrée dans la tête. Plus on se forçait à ne pas songer à l’air, plus on se surprenait à en fredonner le refrain. Et c’était exactement ce que Léon ressentait : l’envie tenace de lever la tête pour gratifier Octave ou Heather d’un regard réfrigérant, ou bien de laisser cours aux paroles de cette foutue musique pour aller leur chanter tous les couplets de sa colère dans les oreilles. Au lieu de ça et puisqu’il n’était plus question de faire scandale dans la Grande Salle se remplissant peu à peu d’étudiants aux tenues plus ou moins festives - Non mais franchement, quelqu’un avait-il été condamné pour la création d’un pull aussi ridicule que celui de Sherman ? - le préfet des verts et argents attrapa une serviette en papier et se saisit de quelques toast qu’il déposa dessus. Il n’avait pas faim, mais il fallait bien qu’il s’occupe les mains sous peine d’une réelle explosion. Il avisa les différents boissons présentes et jeta son dévolu sur une bière-au-beurre dont il bu machinalement une gorgée avant de prendre la direction d’une des tables, avec la ferme intention de s’y laisser tomber avec la morosité qui lui servait de compagnie.  Il fit volte face et manqua de renverser l’intégralité de son verre sur la malheureuse lui faisant à présent face. Il pinça les lèvres de frustrations, secoua la tête en constatant que l’imprudente étudiante était en réalité la stupide Kaveline, toujours prête à se jeter devant un Endoloris pour jouer sa martyre. Il la considéra un bref instant, comme on considérait un détail génant mais sans grand intérêt, avant de commencer à tourner les talons, lorsque celle ci eut l’idée d’ouvrir la bouche. Franchement, il avait vraiment l’air de vouloir discuter ?

__ Je suis désolée, s’excusa-t-elle et Léon secoua la tête. Parfait. Qu’elle soit désolée en silence. Il s’apprêtait à la contourner pour enfin rejoindre un endroit plus tranquille et aussi éloigné que possible du couple traître lorsque l’ex poufsouffle eut un regain de sympathie, posant ses yeux clairs sur le jeune homme. Ça le mît mal à l’aise, d’être détaillé de la sorte par une quasi inconnue avec qui il n’avait jamais vraiment eu de discussion. T’as pas l’air en forme, constata-t-elle.
__ Et qu’est ce que ça peut bien te faire, Kaveline ? soupira l’adolescent en plongeant ses yeux anthracites dans les siens, sondant la jeune femme avec la même intensité qu’elle l’avait fait un peu plus tôt. Elle semblait tout aussi heureuse d’être ici que lui-même. Il aurait peut-être dû se sentir animé d’un élan de solidarité mais, en réalité, il n’en avait strictement rien à faire. Il bouillonnait intérieurement de ses propres démons et n’avait envie de rien, ni de les confier à Kaveline, ni de l’écouter geindre non plus. Tout ça lui tapait doublement sur le système. Le moins d’interaction possible il aurait, et mieux il se porterait. Il voulait juste s’assoir à une table, ne plus sentir les cheveux de sa nuque se hérisser sous le poids d’un regard scrutateur qu’il percevait dans son dos - le bibliothécaire ? heather ? Les deux peut être. Il baissa légèrement la tête vers l’étudiante et reprit d’une voix acide. Et toi, comment vas-tu ? Tu veux peut-être que l’on s’assoit tous les deux et que l’on discute de nos problèmes personnels ? Comme ça tu me diras si cela valait le coup de t’interposer devant la demi-portion que Gilson a voulu torturer sans se poser de question, parce que ce château part vraiment en vrille ? Et moi je te raconterais ce que ça fait de se sentir poignarder dans le dos par deux personnes en qui j’avais confiance. Ça a l’air sympa comme programme ? Sauf que l’on n’est pas amis, Kaveline. Alors cesse tes attitudes de mère poules et laisses moi me morfondre sans te préoccuper de si ça va ou pas. Il redressa la tête d’un air entendu. Il n’avait foncièrement rien contre cette fille, mais aucune envie non plus qu’elle se mette en tête qu’ils étaient plus que de vagues connaissances fréquentant la même école sans avoir besoin de s’adresser la parole.
__ Salut Lina, apostropha une autre femme,que Léon n’eut aucun mal a identifié. Par tous les fondateurs, cette soirée était un véritable enfer. Schepper rajouta la voix en se refroidissant de plusieurs degrés. Le jeune homme se mordit les lèvres juste avant de poser un sourire sarcastique et carnassier sur ses lèvres pâles.
__ Breckenridge, répondît-il, sa langue claquant sur son palais alors qu’il se détournait légèrement pour dévisager la préfète des lions.

La reine des glaces ne lui accordait déjà plus vraiment son attention et Léon aurait profité de l’opportunité de fuir les deux affligeantes compagnies féminines dont il se sentait alourdi s’il n’avait pas perçu les joues de Kaveline s’empourprant légèrement à la vue de la préfète. La curiosité eut le bénéfice de le détourner de bref secondes de sa colère et il regarda la lionne tendre son paquet cadeau à la jaune avec un petit sourire amusée et moqueur sur les lèvres. Il ricana, ses yeux se faisant insistant alors qu’il passait de l’une à l’autre, se remémorant la bref histoire d’Heather avec Kaveline. C’était peut être la raison de son animosité facile envers la poufsouffle, mais aussi la raison de cet étrange tension qu’il percevait dans l’air, qui sait ? A moins que cela ne soit toute la haine de la Gryffondor qui ne palpite autour, et la  qui décida d'ailleurs à faire diversion de sa banalité en sortant les griffes en premiers.

__ Toujours obsédé par notre entrevue dans cette salle vide, Schepper ? lança-t-elle avec cette intonation suffisante tellement caractéristique dans la voix. Cette fille était aussi agréable qu’un crissement d’ongles sur un tableau à craie. Mais comme il était de mauvaise humeur et qu’elle était là, autant monter sur le ring un bref instant, puisqu’elle lançait les hostilités la première.
__ C’est plutôt la fois où tu m’as mordu sauvagement qui m’obsède. Allez, Brecky, trouvons nous un coin tranquille. Tu retires tes fringues, je retire les miennes et puis on laisse parler toute cette tension sauvage entre nous. Qu’en dis-tu ? Et puis c’est peut être la seule façon pour toi de prouver que tu n’es pas qu’un glaçon insensible Il tendit la main, replaçant une mèche de cheveux derrière son oreille avant d’ajouter. Si Alosyus apprenait que je suis prêt à me taper sa petite sœur ! Mais bon, il ne risque pas, vu qu’il a disparu. Dis-moi d'ailleurs, je me demandais, tu vas lui envoyer son cadeau chez les Mangemorts ou directement au cimetière, dis moi ?

C’était méchant, presque gratuit et totalement déplacé. Un peu comme toutes les fois où il s’était adressé à elle à l'occasion de leurs précédentes altercations. Le jeune homme sentait qu’il y avait probablement quelque chose de plus intéressant derrière cette façade que servait Breckenridge au jour le jour, et qu’il aurait peut-être pu être intelligent de creuser derrière au lieu de taper sur le mur en espérant qu'il s'effondre. Sauf que la encore, il n’avait plus envie. Que les personnes avec des masques d’insensible fassent comme bon ils leur semblaient avec leur vie. Octave avec son envie de tout contrôler, Heather et son handicap émotionnel, Donia et sa façade de mère parfaite. Il en avait vraiment assez, de toujours chercher à vouloir creuser pour trouver quelque chose de bien, pour ensuite se faire poignarder dans le dos dès que le masque se remettait correctement en place.

__ Maintenant que toutes envie de me parler vous a déserter, poursuivît-il en tendant les bras pour se faufiler entre les deux jeunes femmes, se retournant quelque peu pour les saluer d’un hochement de tête,je vais enfin pouvoir profiter de cette soirée définitivement pourri avec mes deux meilleures amies, rancoeur et solitude railla-t-il en levant son verre vers les deux adolescentes, un sourire forcé sur le visage. Et joyeux noël, bien sûr ! conclut-tu-il, avalant une gorgée avant de filer loin d’elles, prenant enfin place à table, juste en face de son camarade Charles, sans lui adresser la parole.

Il ne voulait qu'une chose : la paix.


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MessageSujet: Re: Secret Santa ! ❄️ Mar 11 Sep 2018 - 3:09

Noël. S’il y avait bien une fête dont Heather se foutait, c’était bien celle-ci. Cette fête qui représentait l’amour, les bons moments passés en famille, l’affection et la reconnaissance. Cette fête où les familles se réunissaient, s’offraient des cadeaux et passaient des moments chéris. La brunette connaissait toutes les traditions, chacune d’entre elles : le sapin décoré de mille et une couleurs, dont elle se foutait ; les cadeaux emballés et posés sous l’arbre roi, dont elle se foutait aussi ; l’ouverture des présents et la joie éclatant de chacun des membres de la famille, les accolades et les sourires adorateurs, dont, vous l’aurez deviné, elle se foutait royalement. Enfin, c’est qu’elle tentait de se convaincre depuis son arrivée à Poudlard où lors de sa première année, elle avait redécouvert cette fête au travers les histoires émerveillées des élèves surexcités, des décorations colorant le château et des sourires indulgents des professeurs. Mais bien que le soulagement était un sentiment qu’elle avait apprécié, sachant qu’elle pouvait maintenant passer Noël au château au lieu de la résidence familiale des Trown, la petite serpentard n’avait pu empêcher son coeur d’enfant de ressentir une jalousie ravageante face aux visages bienheureux des autres élèves qui accueillaient cette fête avec bonheur et excitement. Au fils des années, elle avait mué cette jalousie douloureuse en piètre dédain, créant l’illusion que cette fête ne lui importait qu’une indifférence banale, qu’une apathie insignifiante, une trivialité dans les mesures anodines de la vie mondaine. Elle avait même poussé l'arrogance jusqu’à célébrer l’anti-Noël avec Léon, retrouvant en son meilleur ami la même condescendance qu’elle possédait pour cette fête ridicule, poussant l’ironie à son maximum. Leur pseudo fête avait vu le jour lors de leur troisième année, où les deux amis avaient décidé d’interchanger les étiquettes des différents cadeaux trônant sous le sapin. S’en était suivi une dispute mémorable entre Sally Toke et Agnes Monkleigh, cette dernière croyant que le collier de perles reçue par son amie provenait de son petit-ami Alex Sykes. Les deux délinquants en avaient rigolé pendant des jours, ajoutant de l’huile sur le feu dès que l’opportunité se présentait : “Très beau collier Toke, Sykes a de très bons goûts”, “Ah oui, Monkleigh, on a vu Sally. Elle écrit un hibou de remerciement à son nouveau petit copain”. Mais les deux fautifs ne s’en étaient pas arrêtés là, explorant à chaque année de nouvelles façons de célébrer leur fête imaginaire : s’offrir leur cadeau d’anti-Noël au cinq mai, la fête des morts, et dénuder les sapins de toutes décorations n’étaient que quelques exemples de toute l’imagination que les deux amis savaient faire preuve. Oui, Heather Ivy Trown était au-dessus de cette fête ridicule, intouchée par la sentimentalité chaleureuse et la félicité partagée… elle s’en foutait, bon! Et cette année ne serait pas différente des autres… sauf que si. Léon ne serait pas à ses côtés et les Carrow, comme toujours, avaient décidé de s’amuser un peu à leur dépend, organisant un Secret Santa où tout le château y était convié. Lorsque l’idée avait été annoncée lors d’un dîner dans la grande salle, la serpentard n’avait pas pu s’empêcher de lever les yeux aux ciels, maudissant les mangemorts pour cette idée horriblement stupide. Le tirage s’était relativement bien déroulé, mais à son plus grand dégoût, la vipère avait pigé le nom d’un rouge et or, une grimace couvrant ses traits à la lecture du nom de celui à qui elle devait maintenant offrir un cadeau. Pour ajouter insulte au dégoût, le lionceau faisait parti de ses adversaires au quidditch, une raison de plus pour que l’idée de lui offrir un cadeau ne la répugne. Mais à sa plus grande surprise, la femelle mangemort avait eu un petit rire, se penchant affreusement près d’elle pour lui murmurer que l’objectif de son cadeau n’était pas de faire plaisir... tout au contraire. Et à cet instant précis, la magie de Noël avait opéré et la jeune Trown avait fait quelque chose qu’elle n’aurait jamais cru possible dans toute son existence : elle échangea un regard entendu avec celle qui prenait tant plaisir à torturer les gens, hochant de la tête en signe de compréhension.

C’était donc armée d’un cadeau affreusement bien choisi que la serpentard mis pied dans la grande salle. Elle fit le tour de la grande salle d’un regard indifférent, cherchant la victime de son humour détestable, souhaitant, malgré tout, se débarrasser au plus vite de la corvée imposée par les mangemorts, mais sans succès, l'insupportable gryffondor se faisant remarquer par son absence. La frustration s’afficha l’ombre d’un instant sur les traits de la vipère, noircissant l’iris de ses yeux, mais celle-si ne colora que courtement son visage, remplacée rapidement par la surprise de voir arriver le bibliothécaire à ses côtés, ce dernier l’accueillant d’une imitation frivole du Père Noël recevant un enfant sur ses genoux. Le rictus étirant ses lèvres fut tout ce qu’il lui fallut pour que la jeune femme comprenne le contenu du cadeau qui lui avait été tendu, la bouteille, toujours emballée de son joli emballage aux couleurs de Serpentard, lourde dans le creux de ses mains. Son coeur manqua un battement et l’espace d’un instant, la brunette arrêta de respirer. Lentement, Heather laissa couler son regard du visage familier vers le cadeau, se perdant quelques instants dans la couleur d’un vert sobre et élégant qui masquait le contenu de son cadeau, avant de le déballer de doigts incertains, refusant à son visage le luxe d’exposer son inquiétude. Whisky, évidemment. L'offrande était malheureusement bien pensée, touchant les cordes sensibles de son esprit égaré, illuminant d’un halo les défauts de son être condamné. Venant de qui que ce soit d’autres, la serpentard n’aurait qu’apprécié la gesture, mais de celui à qui elle s’était confiée, le cadeau prenait un tout autre un sens. Réprimande joliment décorée d’une étiquette sans éclat, affichant les preuves de la médiocrité qu’était l’alcool offert, un rappel sans détour de tout ce qui était mal en elle, de tout ce qui la hantait depuis cette soirée. Oui, Octave avait frappé fort. Hésitante, la jeune Trown releva un regard interdit, quittant la bouteille qu’elle avait fixé d’un air incertain pendant de longues secondes, rejoignant l’air compréhensif qu’arbhorait Octave. Elle le fixa quelques instants, observant les jades pétillants et sa bouche légèrement souriante, avant qu’elle n’ose enfin offrir un sourire ironique à ce dernier. Les Carrow, évidemment. Le poids quitta ses épaules, le noeud libéra ses entrailles et ses iris noisettes reprirent l’éclat joueur qu’elle gardait normalement si précieusement masqué. Doucement, elle répondit aux voeux :

- Joyeux Noël à toi aussi Octave. Cette bouteille fera un excellent presse-parchemin, j’en suis certaine.

La complicité passagère fut malheureusement de courte durée, le raz de marrée qu’était Léon se fracassant à leur côté, tandis que deux verres vides s'imposaient devant son visage, ce dernier reprenant l’air neutre qu’elle portait habituellement. Ses yeux illisibles se posèrent dans les gris foudroyants de son ami, attendant la colère qu’elle savait viendrait à sa rencontre.

- Tiens, Heather. Ce serait dommage de ne pas trinquer à vous deux.

Levant un sourcil sarcastique, la vipère attrapa l’un des verres des mains de Léon, trinquant contre le verre qu’il tenait toujours avant d’y prendre une gorgée imaginaire. Elle n’en pouvait plus de cette dispute sans fin, ayant essayé de coller les pots brisés avant que tout éclate de nouveau, mais si Léon voulait en rajouter une couche, elle en mettrait aussi du sien : après tout, elle aurait été une très mauvaise Grinch si elle n’avait pas aussi participé à gâcher l’ambiance des fêtes. Mais étrangement, Léon semblait plus interessé par Octave, déballant, sous de mystères dont seuls les deux hommes en connaissant les secrets, une tristesse teintée par l'amertume de la déception, une trahison provoquée par celui qui demeurait de marbre face aux accusations du serpentard. Était-elle la cause de cette mystérieuse déloyauté ? Malgré la curiosité qui pointait doucement le bout de son nez, la verte et argent ne pouvait empêcher la colère de prendre le dessus, levant les yeux au ciel face aux simagrés de celui qu’elle considérait encore son ami. Comme toujours, Léon devait faire une scène, peignant publiquement ce qui aurait du rester privé et c’est une Alizée amusée qui s’ajouta finalement au duo dérangé, empruntant le bibliothécaire sous la promesse qu’elle le lui ramènerait rapidement. C’est bien ce qu’il fallait, encore plus de rumeurs. Ennuyée, Heather décida de reprendre sa recherche, trouvant finalement celui dont le cadeau était resté intact depuis son arrivée dans la grande salle. D’un pas nonchalant, elle traversa les quelques groupes d’amis rigolant, rejoignant le capitaine de l’équipe de Quidditch, Jimmy Kent. D’un mouvement sec, elle planta le cadeau dans sa poitrine, une grimace colorant son visage à l’idée d’offrir un cadeau à un rouge et or.

- Tiens, Kent. J’espère que tu aimeras. Croisant les bras devant sa poitrine, la serpentard resta de glace, laissant le chaton ouvrir son cadeau et tandis que ses yeux se posaient sur le cadre noir où une photo sorcière s’y trouvait, un sourire sarcastique s’étendit finalement sur les lèvres de la vipère. Elle est jolie cette photo tu ne trouves pas ? Amaryllis a l’air tellement heureuse… je l’ai rarement vu aussi réjouie, aussi comblée. Joyeux Noël!, termina-t-elle d’un air faussement joyeux, jetant un dernier coup d’oeil à la photo d’Amaryllis riant aux côtés d’Alexander Foster qu’elle avait réussi à dénicher avec quelques menaces ici et là.

Puis, elle retourna finalement à son endroit initial, accueillant le retour d’Octave et d’Alizée d’un hochement de tête, notant le petit sourire ornant le visage de sa condisciple avant de se retrouver de nouveau seule avec l’homme. Elle accepta le verre, cette fois-ci plein, qui lui était offert, remerciant doucement celui qui semblait se complaire dans sa présence. Le reste de la soirée se déroula tranquillement, se satisfaisant de la présence d’Octave lors de cette soirée mondaine, discutant de divers sujets, reléguant au fond de son esprit la nouvelle dispute d’elle et Léon. Elle l’évita du regard, concentrant ses yeux sur la populace étudiante et le bibliothécaire qui avait choisi de rester à ses côtés, profitant des sourires partagés et des mots échangés de celui qui semblait au moins l'apprécier pour qui elle était.

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MessageSujet: Re: Secret Santa ! ❄️ Mer 12 Sep 2018 - 21:13



Il était un personnage cynique. Longtemps, Noël ne lui avait inspiré qu’une foncière méfiance. Déformation familiale ou fait social, peu lui importait, c’était une fête pour les petits esprits, pour ceux qui ne pouvaient éprouver la joie qu’en la manifestant en groupe et avec témoins, semblables à ces couples qui n’existaient qu’à la lumière des yeux d’autrui, de leur bénédiction, de leur constat. Fêter Noël c’était faire preuve d’une nature dévergondée, faire l’amour contre un lampadaire, donner de l’importance à ce qui, le reste de l’année, n’en avait aucune. La rengaine du vieil import commercial lui avait bien plu, surtout lorsque ça lui avait permis de tirer au gros sel sur des passants depuis la fenêtre d’un hôtel en prétextant être le Père Fouettard. Le double vitrage l’avait empêché de les entendre gémir par la suite. La police n’avait pas apprécié, mais passons les tristes épilogues.... Curieusement, avec la conscience d’avoir fait preuve d’autant de mauvaise foi que certains de bonnes intentions durant de nombreuses années, voir Heather sourire lui fit comprendre à quel point cela pouvait avoir de l’importance. Lui, qui avait été si astucieusement hypocrite dans ses célébrations, savait ce que ça coûtait de sourire lors d’une fête familiale qui n’avait dans la mémoire de familial que le nom. Quelle que fut la raison de sa joie, Octave la sut sincère et apprécia à sa juste mesure ce consentement éphémère. Ce soir, Heather lui offrait une complicité qui peut-être, ironiquement pour sa vie vécue et différée, n’avait été permise que par le zèle de Noël.

« Joyeux Noël à toi aussi Octave. Cette bouteille fera un excellent presse-parchemin, j’en suis certaine. »

La connivence fut parfaite et quand bien même il avait eu confiance en son intelligence et perspicacité, un soulagement envahit, de courte durée.

Octave l’avait attendu. Mais avec l’attente propre aux idéalistes – ou aux optimistes un peu fainéants. Dans son imaginaire, Léon n’était plus inconvenablement ignare, ni raisonnablement en colère, mais déjà habité par l’acceptation fatale. Il avait pris le temps d’y songer, de dominer sa colère et revenait à eux avec une conscience aiguë d’une quelconque vérité lui semblant propice à sa mansuétude, cette histoire étant finalement parvenue à s’emboîter dans sa vie sans inconvénients disgracieux. Il ne les bénissait pas, mais leur évitait son jugement, éludant ainsi la précipitation de conclusions contrariantes ou d’opinion arrêtée sur leur aventure qui se prolongeait naturellement, sans se soucier d’un égarement potentiel. Il essayait d’être confiant, éprouvant néanmoins l’inquiétude spontanément due aux amis chers au cœur, que l’on soupçonnait de ne pas tout à fait maîtriser la situation, mais à qui l’on ne disait rien pour leur laisser une chance. A la réflexion, ce n’était pas de l’idéalisme, mais de la pure naïveté. Octave ne lui avait jamais reconnu aucune qualité de modération et ce n’était pas aujourd’hui qu’il fallait commencer. Instinctivement, et parce que la lucidité ne s’éclipsait jamais vraiment, il s’était tenu prêt à toute la véhémence dont un esprit aussi jeune et emporté était capable. La seule chose qui le rebutait était l’indiscrétion et la seule rengaine dont il ne se séparait pas était un autoritaire et définitif rappel à la décence, mais son appréhension ne s’était pas aventurée plus loin, tant il savait devoir davantage se défendre qu’expliquer. Faute à la candeur facile qu’il avait opportunément nourrie, croiser le regard de l’étudiant lui fit l’effet d’un petit soufflet ; ses yeux lui parurent plus noirs que gris. Il avait honnêtement du mal à croire, et ne le voulait pas vraiment, que cet air de canalisation rouillée fut uniquement dû à leur avec Heather grossièrement dissimulation. On pouvait même appeler cela un fâcheux contretemps. Mais plus Léon s’approchait, plus le noir de ses yeux s’accentuait, tels deux siphons sordidement corrodés. Etait-ce finalement un miroir, qui lui renvoyait le reflet de sa véritable nature et de ses conséquences ? Octave omit de faire semblant, suivant l’avancée de l’étudiant avec une attention prête à pallier au moindre scandale. Mais il n’en fut curieusement rien, non pas que Léon répondît à l’une de ses attentes particulières, ni qu’il fût enclin à la retenue, mais parce qu’il était trop blessé pour être vindicatif, préférant le cynisme fatigué. Empli d’une fausse complaisance, il leur tendit deux verres vides en expliquant son geste dans la foulée :

« Tiens, Heather. Ca serait dommage de ne pas trinquer à vous deux. »

Octave ne pouvait pas blâmer sa cruauté, quoi qu’il ait craint en voyant son regard se diriger vers soi, que Léon ne s’aventure à être tout aussi personnel avec lui et les secrets qu’il détenait en sa possession, mais tout cela était infiniment façonnier. La situation était loin de tourner en son avantage, car en plus de ce qu’on pouvait déjà lui imputer, l’étudiant avait le loisir de contempler un exemple prétendument supplémentaire de sa négligence envers Heather. La bouteille desservait les intentions dont il se targuait d’être empreint et ne faisait que faussement souligner les vices qu’il pouvait exacerber en chacun, talent dont Léon allait probablement l’accuser de faire usage – ou en tout cas le faisait-il en son for intérieur. La salve n’étant pas terminée, Octave s’ancra un peu mieux dans le sol en abandonnant son maintien chaloupé et regarda Léon avec la patience que l’on savait devoir employer pour écouter ce qu’on pensait si ce n’est mérité, au moins méritant une attention courtoise. Pas qu’il n’eût aucun égard pour ce que l’étudiant pouvait lui tenir comme grief, mais parce qu’il savait la première discussion inutile. Elle allait uniquement servir d’exutoire pour compenser tout le silence accumulé et les questions demeurées sans réponses. Au moins Léon était-il venu avec des prédispositions suffisamment calmes pour espérer s’en tirer avec un grincement de dents, ce qui était arrangeant que parce qu’ils étaient entourés d’une foule joyeuse. Octave aurait largement préféré subir le déluge qui tremblait de se déverser en une seule fois. Si c’était vraiment nécessaire, il n’était pas un grand adepte des rancœurs qui se prolongeaient inutilement et pourrissaient sous le soleil du temps. Mais la profonde consternation de l’étudiant et l’absence de solitude les réduisait à un grinçant prélude particulièrement désagréable :

« C'est injuste. J'avais préparé tout un lot de phrases assassines, mais rien ne sort. Faut croire que t'a frappé bien plus fort, bien trop fort. Faut croire que tu avais plus d'importance que je ne l'aurais cru. Y'a autre chose que tu as omis de me dire ce soir-là ? Autre chose sur lequel tu n'as pas été sincère ? »

Le ton et le propos confirmaient la culpabilité engendrée par anticipation, mais Octave était bien trop sensible aux circonstances pour se laisser atteindre autrement qu’intérieurement, si bien qu’il ne lui adressa aucune parole, même s’il savait la question rhétorique. Ce n’était pas le bon moment pour prétendre que tout ne se réduisait pas à un mensonge, parce qu’au final, la supposition que Léon faisait ne concernait pas tant un non-dit qu’une hypocrisie généralisée. Tout était faux, sauf ça. Tout était faux sauf ce mensonge. Ainsi que tout prélude, Octave le laissa perdurer sans commentaires, rendant seulement à Léon son insistance, yeux d’acier contre stoïcisme olympique. Malgré l’interrogation, tous deux savaient qu’il ne s’agissait pas d’une question, et que donc toute réponse serait un outrage à la droiture : il était trop tôt pour justifier quoi que ce fût. Et puis Léon n’en écouterait rien.

Léon avait à peine eu le temps de s’éloigner qu’un autre protagoniste fit irruption sur la scène où les passions crépitaient déjà, rythmant savamment ce bref vaudeville où l’on troquait un personnage pour un autre jusqu’au dénouement final.

« C'est animé ce soir... Et Bonsoir vous deux. Tu m'excuseras Heather, mais je vais devoir t'emprunter Mister Holbrey quelques minutes. Je te le rends rapidement. »

Aussi surpris que non pas mécontent de se faire ravir et potentiellement distraire, Octave laissa le bras insidieux se glisser autour du sien tel un serpent et suivit docilement le mouvement imposé, après avoir abandonné son verre sur la table voisine. Tout ceci était bien mystérieux et à la lumière des récents évènements, il avait songé à tout sauf à l’explication la plus logique, mais la deuxième Miss Shafiq avait une façon très particulière d’entretenir le brouillard autour des évènements les plus simples.

« Je vous demanderai bien ce qu'il y a entre vous trois, mais je pense que ce serait intrusif de ma part…
- Ce serait en effet précipité. »

Confirma-t-il d’un ton conciliant, souriant légèrement de la mince tentative pour satisfaire une curiosité. Il se sentit passablement bête en découvrant le cadeau que lui tendait l’étudiant, ayant complètement omis qu’une participation à ce genre d’évènements induisait l’idée d’un cercle, et que ce qui se dirigeait dans un sens, revenait souvent par l’autre. Sincèrement et agréablement surpris, il déballa le paquet en y consacrant autant de précaution que l’empaquetage l’avait nécessité. Ses sourcils se soulevèrent en découvrant la bouteille, parce que curieusement, son cerveau était resté opaque à la suggestion, quand bien même il fut dès le début clair par la taille et la sensation de quoi il était question. Octave eut un rictus en songeant d’abord à tous ces cadeaux par défaut que l’on faisait et qui pouvaient coûter une petite fortune tout en étant horriblement impersonnels : il avait presque oublié que Shafiq en avait vu elle aussi, des célébrations sans âme où l’on s’offrait des presse-papiers en or, et cela sans aucune valeur artistique. Bouteilles de vin à douze mille dollars… sauf que la Vodka c’était du grossier alcool de patate et que tout prix allant au-delà des cent livres incluait forcément une fantaisie inutile telle qu’un scorpion momifié dans le fond de la bouteille. Mais la bouteille était en fait tristement vide. L’idée lui vint qu’il pouvait s’agir d’une très mauvaise blague, voire d’une moquerie : quintessence de ce que les Serpentard pouvaient prétendument être et de ce que le membre d’une grand et puissante famille devait sûrement avoir dans les gènes. Octave se détendit, sourit de façon horriblement conventionnelle et s’apprêta à exécuter une flatterie préenregistrée pour remercier la jeune femme, mais l’élan fut étouffé dans l’œuf :

« Penchez-la. »


Dubitatif, il s’exécuta. C’était quoi, un ajout à sa collection de cadavres éventrés ? Une façon de lui rappeler que ça se buvait aussi très bien par le goulot, surtout à quatre heures du matin à la sortie d’une épicerie ? A dire vrai, il n’en crut pas ses yeux au premier abord et approcha la bouteille de son visage comme si ce fut de la fausse monnaie à examiner. A l’intérieur de la bouteille, à la manière des miniatures de galions espagnols, se tenait une reconstitution de son bureau si fidèle qu’il se demanda si la Shafiq n’avait pas pris une photographie. Octave se retrouva tellement obnubilé par les détails qu’il faillit rater l’essentiel : le miroir à ennemis. En l’apercevant enfin, il lâcha un rire franc et claquant, puis s’exclama :

« Damn, Miss Shafiq ! Ca mérite un Optimal en sortilèges, ça ! » Et avant que quiconque n’ait le temps d’y jeter un œil, il retourna la bouteille et d’un coup de baguette, la miniaturisa pour n’avoir à s’en encombrer qu’au fond de la poche. « Un très Joyeux Noël Alizée ! Peut-être qu’un jour ça me sauvera ! »

Réjoui par l’effort accompli à son égard, d’autant plus sensible à la bonne humeur ambiante, Octave revint vers Heather, regrettant presque de ne pas lui avoir préparé quelque chose d’aussi utile qu’un rappel et une tentation perpétuelle de son vice. Mais bon, il y avait encore le cadeau de Léon à remplir…

« Evitons de suivre le conseil de Léon littéralement, veux-tu ? » Dit-il à Heather lorsque Alizée s’en fut suffisamment éloigné et se servit d’une carafe de limonade à la cannelle pour remplir leurs deux verres. « Par contre, je veux bien trinquer à nous deux. Ce ne sera pas de trop. »

Adroit, peut-être pas si subtil, Octave dévia le sujet, sans jamais revenir sur le meilleur ami, déjà parce que Heather avait suffisamment manifesté son ennui face aux revendications de ce dernier, mais aussi parce qu’il n’en avait pas l’envie. La soirée, les cadeaux, le pétillant qui égayait sa bouche, lui inspiraient de bons sentiments et quand bien même ne fut-il pas capable de parfaitement réprimer ce qui envahissait son esprit, en donner l’apparence était déjà une consolation suffisante pour lui laisser un souvenir agréable. Ils restèrent longtemps, plus longtemps encore que ne le firent de nombreux élèves, célébrant l’esprit de Noël sans véritablement s’en rendre compte, simplement grâce aux liens sincères de leur amitié. Ils se mêlèrent, s’isolèrent, burent et mangèrent jusqu’à ce qu’il soit trop tard, jusqu’à ce qu’une ombre s’infiltrant par la porte principale n’oblige Octave à prendre Heather par le bras et la tirer vers cette même brèche, pour s’évader avant que la nuit ne devienne définitivement noire…

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MessageSujet: Re: Secret Santa ! ❄️ Jeu 13 Sep 2018 - 13:18

Quoi que plus excitant que Noël ? Voyons voir : passer une soirée à lire le Chicaneur. Aller à l’enterrement de Dumbledore. Ne pas aller à l’enterrement de Potter – fausse commune directement. Imaginer Nolan Scherman se faire lapider à l’infini comme un chrétien par l’armée de Saladin. Passer une soirée avec des moldus, ou pire, des mages adorateurs de moldus. Attendre quatre heures dans la salle d’attente d’un médicomage. Comprendre qu’il y a encore cinq personnes devant soi. Etre la brosse à cheveux de Severus Rogue. Ou sa brosse à dent. Ou même simplement son oreiller. Allez savoir à quel moment l’ironie devenait vérité et inversement dans tout ça. Et le prochain qui essayait de lui faire croire que ce cracmol de Jésus était un mage risquait de ressembler à un ruban : le corps rendu suffisamment mou pour finir en nœud.

Entre réfractaires farouches et adorateurs inconditionnels, s’il y avait bien quelqu’un qui faisait comme si Noël n’existait pas, c’était le Seigneur des Ténèbres. C’était peut-être la bonne solution, mais Andreas avait grandi dans un monde de convenances, et tandis que le Lord pouvait se permettre d’être éclectique jusqu’au bout et sans concessions, sa vie à lui était rudement rythmée par l’apparence humaine qu’il fallait donner à son caractère. Critère dans lequel le Lord partait déjà avec un sérieux handicap, il fallait l’avouer, son profil de brique faisait tâche dans ce monde de nez. Il pouvait d’ailleurs largement être considéré comme un homme lézard, et qu’est-ce que les hommes lézards en avaient à foutre de Noël ? A tel point rien – ou tout – qu’il avait rassemblé tous ses "fidèles" mangemorts pour danser sur des charbons ardents et faire des claquettes avec leurs dents. Andreas peinait à se souvenir d’un soir où le Seigneur des Ténèbres avait été d’une humeur aussi mauvaise, si ce n’était la fois ou Malfoy avait laissé la prophétie se briser. Et encore… La colère avait été sourde et incompréhensible, fusillade hasardeuse où personne ne pouvait fuir. Tout le monde en avait pris pour son grade, le Rowle y compris.

Andreas coupait les fourrées givrées et craquantes dans le noir, appréciant à quel point la nuit glaciale s’accordait à son humeur de poète maudit. A se demander quand l’ironie s’arrêtait ? Jamais. Se faire remonter les bretelles par caprice n’était pas de son goût et la frustration de ne rien pouvoir rétorquer le fustigeait. Il peinait à éviter les insultes, les rimes dégradantes et les humiliations, tentait de garder son esprit exempt de tout soupçons, mais la fange fronçait ses sourcils et envenimait sa pensée. La seule consolation était que le Lord continuait à avoir de sérieux problèmes de baguette. Freud, un commentaire ? Un mage prétendument surpuissant qui ne pouvait pas dompter un bout de bois, c’était quand même franchement cocasse, non ? Voire carrément louche.

Le mangemort atteignit enfin les escaliers de l’école, retrouva la chaleur du château, qui le surprit comme une gifle. Mais fait étrange, malgré l’heure avancée de la nuit, il provenait de la grande salle comme un bruit de vaisselle. Andreas était venu prévenir sa fille - le Lord lui avait consenti son départ en France -, rien de plus. Il avait d’ailleurs longuement réfléchi au meilleur moyen de lui annoncer la nouvelle, le plus douloureux, histoire de voir en combien de minutes il parviendrait à la faire pleurer : à l’évocation qu’il fallait pour toujours quitter le bibliothécaire, ou qu’elle allait retrouver Delacroix et possiblement l’épouser dans un avenir proche ? Mais ce bruit l’empêcha d’avancer, puis acheva d’endiguer son avancée lorsque deux étudiants roucoulants s’évadèrent par l’entrebâillement de la porte. Au fond, peu importait. Pourquoi pas ? La vie ne s’arrêtait pas, elle devait continuer à être belle et pleine de rebondissements. Elle devait être célébrée, vécue et aimée et… ça ne lui réussissait définitivement pas. Il savait que les Carrow n’étaient pas là, que quiconque étant capable de faire régner l’ordre tout en représentant l’ère nouvelle était absent. De cette fente lumineuse, il émanait une odeur d’interdit, d’illicite. Ca puait la désobéissance. Il lui semblait pourtant qu’ils avaient fait moult tirs de sommation durant l’année ? Pour bien leur faire comprendre que le principe du nouveau pouvoir était le jeu du "un, deux, trois, soleil", mais à l’envers, et qu’il fallait bouger que quand on était regardé ? Fallait-il donc faire les tirs de sommation dans la tête directement ? Pour que ce soit plus intelligible ? Fini le bordel généralisé, fini la débandade à tous les niveaux : désormais c’était réservé au dernier étage.

En ectoplasme, Andreas pénétra dans l’antre de la trahison. C’était légitime, après tout on n’allait pas réitérer la passion du Christ sous prétexte que c’était Noël, mais il savait que les Carrow avaient laissé des instructions diamétralement opposées à ce qui était en train de se dérouler devant ses yeux. Andreas n’essaya même pas d’endiguer la fuite de quelques étudiants alertes : le faits qu’ils l’aient remarqué suffisait à leur faire comprendre à quel point se reposer sur ses lauriers étaient une mauvaise idée. Le mangemort leva sa baguette et l’arbre de Noël partit en fumée d’un seul mouvement du poignet. Lorsqu’il eut récupéré l’attention des petits Jean Moulin et Jeannes Moulins qui restaient, Andreas alla calmement à la rencontre des Maréchaux Pétain, collaborationnistes de premier ordre avec une tendance au gaullisme par intermittence, quand il n’y avait personne pour regarder…

- Quand apprendrez-vous, Minerva McGonagall, que ce que l’Œil ne voit pas, n’existe pas ! débita-t-il avec un rythme de métronome sans desserrer les dents, un froid glacial paralysant tous les traits de son visage ciselé. Quand cesserez-vous enfin de mettre tous vos élèves en danger ? Ce ne sont que des enfants, mais vous, McGonagall, vous en êtes responsable ! Vous espériez vraiment que rien ne se sache ?

Le vieux lion d’argent secoua sa tête, désordonna ses boucles, regardant la sorcière avec une expression désapprobatrice. Ca lui donnait presque un air de connivence ! D’inquiétude sincère, de compassion et d’implication. Il doutait que cette culpabilisation fonctionne comme escompté dans son sens littéral, mais elle allait pour sûr énerver la vieille peau. Andreas gratifia les autres professeurs d’un regard noyé par une déception réservée, puis quitta la salle. Il n’allait pas non plus les aider à ranger, quand même. Puis, ce rôle de sympathisant lui suffisait : nombreux étaient les volontaires pour rappeler que le règne du Seigneur des Ténèbres était comme un oxygène sans lequel il était impossible de respirer.  



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Secret Santa
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Jimmy était prêt, et cela depuis un moment, maintenant. Mais être prêt et l’heure l’angoissait plus qu’autre chose. Pourquoi ne pouvait-il pas rester dans la salle commune des Gryffondor, a revoir sa stratégie de Quidditch ? Parce qu’il n’avait pas le choix, et comme tout le monde, il devait descendre, et rejoindre ces camarades dans la grande salle. Il attendait donc, en faisant les cent pas dans sa salle commune, son camarade Pol, qui tardait, certainement en train de se battre avec sa chevelure. Le capitaine de Quidditch voyait la totalité de ses collègues rouge et or emprunter la porte de sortie. Il avait envie de leur dire que tout cela n’était pas nécessaire, que ce Noël là n’avait rien d’intéressant, et qu’ils pouvaient tout aussi bien le passer ici, à jouer aux cartes, mais jamais il n’oserait. Oh, le Gryffondor était courageux, mais il n’avait pas envie de faire face aux Carrow’s. « J’suis prêt ! » s’exclama alors Pol, en dévalant les escaliers qui menaient à leur chambre. « Allons-y ! » soupira Jimmy. Il ne pouvait plus reculer. « Tu sais que tu pourrais faire un effort, c’est Noël, tout de même !! » s’indigna son camarade, en lui donnant une tape amicale dans le dos. « Si tu continues à faire cette tête, Amaryllis va se demander ce que je t’ai fait, et tu sais ce qu’on dit : il faut se méfier du blaireau qui dors ! » ajouta-t-il, imitant bien mal certains de leurs aînés, toujours occupés à leur faire la leçon. Cette remarque eut au moins le mérite de tirer un peu sourire au visage fermé du Gryffondor.  

Si Jimmy appréhendait cette soirée, il devait avouer que la décoration de la salle était très réussie, disons qu’il ne s’était pas attendu à cela. Après tout, qui faisait régner l’ordre dans cette école ? Les Carrow’s ! Qui donc avait organisé cela ? Certainement les Carrow’s ! Et qui avait soumis l’idée et s’occupait de la gestion du secret santa qui empêchait Jimmy de dormir depuis des jours ? Les Carrow’s ! Le jeune homme aimait ce genre d’animation, d’ordinaire. Les choses étaient cependant différentes, la bienveillance de Dumbledore ne régnait plus sur les murs du château, et ils devaient tous s’y faire. « Tu sais que tu vas devoir aller la voir, à un moment donné ! » lui souffla Pol à l’oreille, discrètement. « Oui, je sais. » répondit-il, mais Jim’ n’était pas dans l’urgence. Ce n’était pas pour ce qu’il avait a offrir, de toute façon. Et puis, alors qu’il venait seulement de se saisir d’une coupe de jus de citrouille, la Serpentard Heather lui colla un cadeau dans les bras, qu’il ouvrit. « Elle est jolie cette photo tu ne trouves pas ? Amaryllis a l’air tellement heureuse… je l’ai rarement vu aussi réjouie, aussi comblée. » siffla-t-elle, attendant certainement une réponse de la part du capitaine de Quidditch. « Magnifique.. » souffla-t-il, en jaugeant du regard la verte. Est-ce qu’il était jaloux de voir cette photo d’Amaryllis et Alexander ensemble ? Devait-il l’être ? Il ne le pensait pas. Il avait toute sa confiance envers sa petite amie, et si ses relations n’étaient pas au beau fixe avec Alexander, il ne pensait pas avoir raison de s’inquiéter. Et pourtant, il n’avait qu’une seule envie : déchirer cette photo, et l’oublier. Ce qu’il ne fit pas, non. Il la plia, et la glissa dans la poche intérieure de sa robe de sorcier. « Joyeux Noël ! » dit-il alors, à l’intention du serpent.

Et tandis qu’il la suivait du regard, ses yeux noisettes tombèrent sur une chevelure dorée qu’il était capable de reconnaître entre mille. Il abandonna Pol, et s’avança vers Amaryllis. Son meilleur ami avait raison, il n’allait pas être en mesure de l’éviter toute la soirée. Carrow ou pas Carrow, Jimmy allait lui offrir son cadeau, qu’il n’avait pas. « Hello Sweetie ! » souffla-t-il, en l’attrapant par la taille afin de lui déposer un baiser dans le creux de son coup. « J’ai comme, on pourrait dire, eut un problème avec ton cadeau. Je.. Je n’en ai pas. » avoua-t-il, finalement, n’étayant pas les raisons de cette absence étonnante de présent pour sa copine. Jimmy préférait cependant s’abstenir d’offrir quoi que ce soit, si cette chose devait être blessante. Il espérait simplement qu’Amaryllis pourrait comprendre. Il murmura alors, de manière qu’elle soit la seule et l’unique à l’entendre : « Je serais ravi d’être ton cadeau, cela dit. » Mais Jimmy ne pouvait en faire plus, il ne se mettait déjà pas dans une bonne situation, il risquait gros. Mais après tout, ne pas offrir un cadeau pouvait s’avérer blessant, en soi ? Le jeune homme n’avait fait que détourner les règles du jeu, de manière moins subtil que d’autre, certainement, mais il n’était pas prêt à abandonner ces principes pour deux mangemorts frustrés.
© FRIMELDA


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