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Secret Santa ! ❄️

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PERSONNEL DE POUDLARDBibliothécaireModo tentaculaire
    PERSONNEL DE POUDLARD
    Bibliothécaire
    Modo tentaculaire
AVATAR : James McAvoy
MESSAGES : 746

INFOS PERSONNAGE
SITUATION AMOUREUSE SITUATION AMOUREUSE: Pas vraiment seul, mais presque.
DATE & LIEU DE NAISSANCE DATE & LIEU DE NAISSANCE: 10 Août 1964
SANG SANG: mêlé
MessageSujet: Secret Santa ! ❄️ Sam 7 Juil 2018 - 20:48



Secret Santa


18 Décembre 1997




Le ciel du plafond enchanté pesait plus lourds ce soir et semblait s’abaisser, sans pourtant esquisser l’orée d’une menace, car ses nuages étaient chargés de neige et de généreux flocons épars tombaient en gros sous sur la Grande Salle. L’immaculée descente ne laissait pourtant pas sa trace au sol tant l’air était chaud, poudrant seulement comme sel sur poivre certaines têtes, se perdant dans les cheveux l’espace d’un éclat argenté, avant de fondre. Difficile de croire que les flammes fécondes qui crépitaient sur les torches murales et dans l’âtre de la grande cheminée, n’avaient été que du charbon à peine tiède il y a de ça quelques heures. Il s’était agi en vérité d’un très petit feu, qu’il aurait fallu couver pour en extraire la moindre sensation de chaleur ; un feu si mesquin qu’il aurait tenu dans la main. Octave le savait, il avait vu Amycus soigneusement tout éteindre dans l’après-midi. McGonagall avait proposé une soirée avant le départ des élèves, un timide Secret Santa. Elle avait disposé une coupole avec des noms repliés dans la Grande Salle, invitant les élèves à venir tirer un partenaire mystérieux. Mais les Carrow s’en étaient emparés, avaient distribué des ordres pernicieux aux oreilles de certaines étudiants, leur ordonnant une malfaisance imposée. Ils avaient réquisitionné la quasi-totalité des décorations la veille des festivités, plongeant Minérva dans une colère faible, car proche du désarroi. Elle aussi, cédait parfois à l’ennui. Particulièrement avant Noël : de toute l’année, c’était l’époque où le besoin se faisait le plus vivement sentir, et où l’abondance faisait le plus plaisir. Elle avait tenté pour les enfants, qui pour certains manquaient du plus strict nécessaire, tandis que d’autres ne parvenaient pas à se donner le plus léger bien-être. Ce qui la chagrinait au fond, c’était que les étudiants partent le cœur toujours plus lourd alors que Noël était un beau jour, un jour de bienveillance, de pardon et de charité. Elle s’était résolue à regarder, impuissante, les mangemorts détériorer la salle de fête durant l’après-midi, essayer de déclencher un orange au plafond enchanté, qui leur renvoya un unique éclair, avant de recommencer tranquillement à neiger. Ils voulurent se venger, prévoyant de faire venir un Krampus d’Allemagne - pendant maléfique du père Noël - pour effrayer les étudiants. Mais cette créature impressionnante, recouverte de poils et à la gueule pour le moins antipathique, était une espèce bien trop rare pour ce genre de divertissements.


Une providentielle urgence arracha cependant tous les mangemorts du château une heure avant le dîner. Ils disparurent tous en quelques minutes et McGonagall, quoi que conscience de ce qui venait de se produire, ne chercha pas davantage d’explications. Avec empressement, et l’aide d’une poignée d’autres professeurs, elle arrangea le saccage comme elle put ce qui, selon les qualités de sorcellerie et d’imagination qu’on voulait bien le reconnaître, fut un petit prodige. Bien entendu, ce n’était pas parfait, ça ressemblait à du bricolage ou à une soirée thématique très particulière, presque paganisée, mais le cœur y était résolument.  

Six heures seulement venaient de sonner aux horloges du château, et cependant il faisait déjà nuit noire depuis longtemps. Il n’avait pas fait clair de tout le jour, comme si l’œuvre des Carrow avait entaché jusqu’au temps-même. Depuis Pré-au-Lard, les lumières de Poudlard ressemblaient à des tâches de graisse jaunâtres qui s’étalaient sur le fond noir d’un air épais et en quelque sorte palpable. Octave n’enviait vraiment pas la sortie des mangemorts en un temps aussi dur. Le brouillard semblait pénétrer dans l’intérieure de la pierre par toutes les fentes et les trous de serrure et tout paraissait fantomatique. Aussi, lorsque le bibliothécaire était sorti pour chercher à la demande de McGonagall des branches de houx au village, il fut accompagné à son retour par une brume lourde et gelée, qui exhalait de ses vêtements comme l’aurait fait la vapeur chaude d’un four. Le froid était aussi mordant qu’un chien rongeant son os !


Tout ce qui était inutile fut enlevé de la Grande Salle, les maquettes ignobles de décorations malveillantes disparurent à tout jamais de la vie publique, le plancher fut balayé et arrosé, les lampes apprêtées, un tas de charbon jeté sur le feu, et la salle s’était transformé en endroit aussi commode, aussi chaud, aussi sec et aussi brillant qu’on pouvait le désirer. Les professeurs étaient vraiment parvenus à faire un printemps du triste hiver de leur vie. Les murs et les tables étaient richement décorés de guirlandes de feuillage verdoyant ; on eût dit de bosquets véritables dont toutes les branches luisaient de baies rouges. Des rameaux de houx et de gui ornaient la cheminée et le dossier de certaines chaises, liés par des rubans d’or. Et Octave ne sut plus très bien où regarder, tant les feuilles lustrées reflétaient la douce lumière du foyer tels de petits miroirs. Sur les tables trônaient des volailles grasses, du gibier froid, du cochon de lait et du pudding parfumé tiré du chaudron. D’immenses gâteaux des rois, des bols de jus de citrouille et de punch à la cannelle bouillaient la pièce de leur délicieuse vapeur. Des oranges et d’autres fruits colorés jonchaient les plats pour en relever la couleur. Il huma la saveur agréable, mélange de thé et de café, qui flottait à côté de la table des Gryffondors, et constata avec une bienveillance débordante que les Nuncabouc n’étaient pas demeurés ignorés, ainsi que l’aurait voulu le règlement. Il y avait à leur table des fruits confits si bien glacés et tachetés de sucre candi, que leur vue rappelait une abondance délicieuse et réconfortante. Figues moites de charnues, pruneaux d’Espagne, raisins secs, marrons chauds : toutes ces bonnes choses s’étaient ornées de leur parure de fête. C’était peut-être une impression due au fait que tout avait été rassemblé autour du sapin, si bien que les bouts de table les plus proches de la porte étaient nus et dans l’obscurité. Mais Octave remarqua sur tous les visages des gens présents un air d’allégresse, que le plus beau jour et le plus brillant soleil d’été se seraient en vain efforcés de répandre. La charité de McGonagall avait même convié Argus aux préparatifs.

« Mais non, pas comme ca ! »

Lui avait-elle déclaré en reprenant une couronne de houx, que le concierge avait fixée de façon trop maladroite à son goût. Elle se ressaisit bien vite cependant, rendit la décoration et l’aida à la mettre en place correctement avec une patience qu’on lui voyait peu, surtout avec Filch. Sous les flocons, de petits bonhommes de neige magiques à l’air joyeux se poursuivaient, faisant l’animation : ils se heurtaient, jouaient et couraient dans tous les sens, récupérant de temps à autre et au bout d’une longue attente suffisamment de neige pour se la lancer entre eux, et parfois même sur les étudiants et professeurs déjà présents, avant de s’enfuir en souriant d’une bouche sans voix pour rire. Certains avaient été détraqués plus tôt par les Carrow, mais à part tordre furieusement leurs dents taillées en essayant de mordre sans succès quelques chevilles, ils ne pouvaient rien d’autre. Deux d’entre eux avaient jeté une poignée de marrons sous les cendres et les regardaient maintenant se fendre avec fracas et pétillement, avant d’en donner aux enfants… Même Argus, au tempérament pourtant dédaigné de tous, avait d’abord tiré la grimace en observant tous ces débordements, avait essayé de rétablir l’ordre, mais lorsque Chourave lui avait tendu un grog bien serré et préparé par ses soins à coup d’infusion de racines de Dictame, le concierge avait comme fondu dans un fauteuil près du feu. Par une heureuse et noble compensation, si la maladie et le chagrin étaient contagieux, il n’y avait rien de plus irrésistible que la bonne humeur.


Le sapin, quoi que touffu, avait été dépouillé de son apparat et seulement quelques boules en verre teinté de rouge et une guirlande cantatrice le décoraient. Les petites lumières dorées de la guirlande se perdaient entre les épais rameaux et, chantant d’une voix douce et agréable, singulièrement unie, un « O Holly Night », ressemblaient à de petites braises chaudes sur lesquelles quelqu’un soufflerait en permanence. Pour pallier au vide qui rendait le sapin maigre et défraîchi, chaque professeur avait apporté quelque chose de personnel pour décorer. Chourave avait glissé un petit bouquet de perce-neige entre les aiguilles résineuses, Flitwick avait couronné les bourgeons du sommet d’une épaisse étoile étincelante. Et parce que même McGonagall s’était abstenue d’avoir recours à la métamorphose, s’étant contenté de simplement accrocher une écharpe au motif écossais entre les branches, Octave en fit autant. Méticuleusement, il avait plié avec l’aide d’un livre d’origamis trouvé à la bibliothèque une multitude de petits papillons en papier, teintant seulement leurs ailes d’un dégradé de couleurs. D’autres élèves de passage un peu plus tôt avaient repris l’initiative et bientôt, l’arbre gagna en belle noblesse. Alors qu’un fantôme traversait de part en part le canapé où le bibliothécaire avait élu naufrage pour boire un verre de lait de poule épicé, ses yeux se baissèrent sur le paquet longeant sa cuisse. Le papier était d’un vert sombre, enroulé dans un ruban d’argent, et prenait la forme d’un long rectangle régulier. Apprenant qu’il avait tiré un nom, Amycus lui avait une fois glissé avec insistance qu’il allait devoir non pas faire plaisir en tant que Père Noël mystère, mais provoquer la répulsion. Il avait alors froncé les sourcils, dubitatif, mais le mangemort lui avait confirmé avec un sourire aux lèvres que son cadeau allait devoir être aussi horrible que ce put, et qu’ils seraient là pour s’en aviser. Ils n’étaient peut-être pas là ce soir finalement, mais c’était une trêve et non une fin, alors il s’était résolu à offrir son cadeau avec un sourire indulgent. Qu’importe, leur absence était un cadeau suffisant ! Lorsqu’il aperçut Heather entrer dans la salle, il eut un petit rictus, saisit son paquet et alla à la rencontre de l’étudiante.

« Ho, ho, ho. »

Susurra-t-il d’un ton badin en lui tendant son offrande. Il suffisait de la soupeser pour s’apercevoir sans l’ouvrir qu’il s’agissait d’une bouteille. Un whisky. Pour certains, c’aurait été un cadeau de bon ton, surtout si le breuvage était d’un Single Malt, soumis à une triple distillation, puis vieilli au fût de chêne une cinquantaine d’année au moins. Mais celui-là était de piètre qualité : juste assez vieilli pour ne pas être du Moonshine, sans saveur, à peine toasté, à peine ambré… bref, de la gnole rapide et facile. Pour Heather, parce qu’il la connaissait, c’était une moquerie basse et aisée. Octave aurait pu être bien plus méchant, mais à la lumière de leurs récentes conversations, il avait voulu tout de même joindre l’utile à la méchanceté gratuite imposée, quitte à devoir répondre de son manque de motivation. Quoi qu’une bouteille d’alcool offerte à une étudiante avait de quoi choquer en soi de la part d’un membre du personnel. Une bouteille de mauvais whisky, donc. Parce qu’elle était alcoolique, parce que quelque part, elle en avait honte et reproduisait consciemment le chemin de son père, parce que ca rendait sa vie malheureuse et dure et parce que tout ça, il le savait. Pour cette raison, il ne prit pas la peine de préciser qu’être désagréable et méprisant fut un ordre des Carrow, esquissant simplement un sourire compréhensif. De la moquerie facile, il espérait qu’elle saisirait le message tacite. Talisman plus que blâme, rappel plus que réprobation. La mauvaise bouteille à laquelle elle devait essayer de ne plus toucher.

« Joyeux Noël, Heather. »

Dit-il le plus sincèrement du monde, tandis que la salle se faisait doucement bourdonnante de vie.



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rita phunk
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Serpentard7ème annéePréfet
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INFOS PERSONNAGE
SITUATION AMOUREUSE SITUATION AMOUREUSE: Célibataire.
DATE & LIEU DE NAISSANCE DATE & LIEU DE NAISSANCE: 4 décembre 1980 (Londres)
SANG SANG: mêlé
MessageSujet: Re: Secret Santa ! ❄️ Mar 17 Juil 2018 - 14:21




Léon avait les yeux rivés sur le plafond, ses doigts jouant avec les lanières du petit paquet en tissu qui tenait sans difficulté au creux de ses paumes. Les yeux gris s'étaient perdus un peu plus tôt dans le vague, alors qu'un soupire las coulait de nouveau par ses lèvres closes. Le tic tac incessant de la montre que Charles lui avait offerte pour son anniversaire rythmait sa mélancolie solitaire - et quasiment habituelle, désormais - alors qu'il attendait que cela ne soit l'heure de sortir de sa léthargie. Les doigts glacés parcouraient le contenu arrondi qui se trouvait dans l'écrin, songeant que le destin s'était à nouveau montré bien ironique lorsqu'il s'était agi de guider sa main à travers le bocal en verre contenant les noms des élèves de Poudlard. A vrai dire ? Le professeur de Métamorphose avait voulu bien faire et il aurait su apprécier la bouffée d'oxygène d'une soirée de Noël comme celle-ci, avec un jeu puérile à souhait mais qui aurait sans doute le don de réchauffer le coeur. Sauf que de coeur, en ce moment, il n'avait l'impression d'en avoir qu'une épave consciencieusement écrabouillée par des personnes à qui il avait choisi de le donner. Il se mordit les lèvres alors qu'une nouvelle bouffée d'angoisse lui serrait le ventre, comme si son corps tendu se chargeait de lui rappeler à quel point il n'avait aucune envie de repenser à ce qui le hantait à présent bien plus que nécessaire. Bien plus que l'attention qu'il aurait dû être capable d'accorder à des personnes qui n'en avaient strictement rien à faire. Ni de lui, ni de sa confiance, ni de sa tendresse. Et le pire ? Il n'arrivait même pas à seulement les détester. Il y avait ce quelque chose, cette envie de comprendre mélangée à la peur d'avoir raison, mais dans laquelle persistait encore l'espoir - le sale espoir ! - qu'il n'était pas juste la troisième roue d'une bicyclette qui n'avait pas besoin de lui pour avancer. Le visage se crispa quelques secondes avant qu'il ne s'exhorte au calme, soufflant avec parcimonie un air qu'il trouvait à présent alourdi par toute la colère qu'il savait tenir enfermée en lui. Non, ce n'était pas que de la colère. C'était un mélange bouillonnant d'émotions s'entrechoquant avec tellement de férocité qu'il ne savait pas encore quelle forme prendrait l'expression d'un tel ressentiment. Ses lèvres se tordirent sous l'afflux d'une nouvelle salve d'angoisse - celle d'être seul, ou bien celle de devoir quitter la solitude imposée depuis plusieurs jours ? - et il se redressa avec lenteur, s'asseyant sur le bord du lit avant de ne se lever, posant ses pieds nus sur le sol du dortoir avant d'aviser le contenu de sa valise. Il aurait été correct de passer une jolie tenue, n'est-ce-pas ? Noël n'était-il pas sensé être festif ?

Un petit rire cynique s'échappa de sa gorge serrée et, délaissant l'écrin noir sur le lit, il s'agenouilla avant de mettre encore plus de fouillis dans le contenu de ses vêtements, qui semblaient avoir subis à eux seuls un petit cataclysme. Tout s'y trouvait pêle-mêle et l'esprit embrumé de l'adolescent fatigué n'y vit que la représentation symbolique de ce qui semblait être à présent son quotidien. Il aurait pu et dû vouloir y mettre de l'ordre, mais il n'en avait strictement aucune envie. Il subissait, se laissant porter par les vagues traitresses et ne laissant aucune échappatoire, attendant d'être rejeté par la marée capricieuse sur le sable d'une plage accueillante ou, plus probable, sur les récifs acérés d'une crique. Peut-être qu'il finirait par se faire briser la nuque et coulerait à pic, sans aucun autre témoin que l'orage d'une tempête dont personne ne semblait avoir conscience. Et ceux en étant avisé s'en moquaient éperdument. Il extirpa un pantalon sombre de costume ainsi qu'une chemise blanc cassé qu'il défroissa d'un coup de baguette magique avant de se diriger vers la salle de bain de son dortoir.

La douche brûlante ne délassa pas ses muscles tendus à l'extrême, malgré la longueur qu'il imposa à cette parenthèse, jusqu'à ce que l'intégralité des miroirs de la pièce ne soit recouverte d'une buée les rendant opaques et que l'air ne soit chargé d'humidité. Il passa les vêtements, boutonnant la chemise avec une lenteur quasiment exagérée, avant de songer que l'air étouffant lui rappelait une soirée dont il savait maintenant qu'elle n'avait été qu'un mensonge. Le souvenir doux qu'elle lui avait laissé s'était estompé avec difficulté, ne laissant qu'un goût amer dans la bouche et le sentiment d'avoir participé malgré lui à une mascarade. Il s'était bien foutu de sa gueule, n'est-ce-pas ? Il secoua la tête avec frustration, posant sa main sur un des miroirs avant d'essuyer d'un geste bref la pellicule d'eau, jusqu'à voir apparaître son reflet. Pourquoi se préparait-il, déjà ? Songea-t-il alors qu'il tâchait de rendre docile les quelques mèches de cheveux humides qui barraient son front, les ébouriffant d'un geste négligé avant de remettre en ordre le col de sa chemise dont il avait laissé un bouton ouvert. Ses doigts s'empressèrent de vouloir corriger l'erreur, s'acharnèrent quelques secondes sans réussir à passer le petit bouton dans l'encoche prévue à cet effet. Il souffla et s'y reprit, maladroitement, fébrilement, avec une colère disproportionnée qui finit par faire céder le fil du bouton, lequel tomba au sol avant de disparaître il ne savait où. Poussant un juron étouffé, il s'appuya sur le lavabo alors que sa respiration devenait erratique. Il n'avait pas envie d'y aller, pas envie de sourire, pas envie de voir cette parodie de Noël, pas envie de les voir, pas envie qu'on ne lui adresse la parole. Il n'avait envie de rien. Ce n'était pas compliqué, si ?  Il tourna le robinet, s'aspergeant la nuque de l'eau glaciale, essayant de reprendre une contenance qu'il savait être bien loin d'atteindre. Il fini par se repasser de l'eau sur le visage, mouillant de nouveau les cheveux, passant et repassant sur son visage le liquide sensé lui procurait du calme, souhaitant ignorer les larmes de colère qui ne demandait qu'à dévaler sur ses joues. Il coupa l'eau, laissant son visage et ses cheveux dégouliner dans le lavabo, la respiration saccadée. Plusieurs minutes s'écoulèrent avant qu'il ne relève les yeux, accrochant son reflet qu'il détailla brièvement. De ce visage fatigué ne transparaissaient que ses yeux clairs, d'un bleu délavé ce soir, soulignés par des cernes profonds et les longs cils noirs. Il avait l'air malade. Comme toujours, cette année. Et de toute façon, c'était le château entier qui pourrissait sous le poison des Carrow, du nouvel ordre. Ca se diffusait dans le couloir de l'école comme dans les veines d'un individu, rendant nauséabond la plupart des âmes de l'école et condamnant les autres individus à une agonie de souffrance. Et puis à quoi cela aurait servi de coller un air sain et enjoué sur son visage, ce soir ? Il détestait Noël. Cette année, encore plus que les autres.

Il quitta la salle de bain, un air maussade peint sur le visage, récupérant le petit sachet qu'il fourra dans la poche de son pantalon de costume. Il passa ses chaussures, laissa de côté l'envie de changer de chemise, devant faire par la même occasion une croix sur le passage d'une éventuelle cravate alors qu'il n'avait pas pu refermer correctement le col de sa chemise. Et puis au diable. Il n'avait pas envie de faire le moindre effort. Pour qui, de toute façon, hein ? Ses doigts tremblant de fatigue et de colère, il se saisit de la boule de Noël qu'il avait choisi d'emmener pour décorer le sapin - parce qu'en plus, il fallait être original ? Non. Un sapin, une guirlande, des boules de Noël. Ca suffisait, non ? Ce n’était pas comme si, de toute manière, il allait s'agir de quelque chose de chaleureux ! De plaisant ! De familial - et une petite partie de lui ne pu s'empêcher de lui susurrer à l'oreille mais quelle famille, Léon ? Les doigts rageurs et maladroits laissèrent tomber l'objet délicat - et de mauvaises qualité, il l'avait acheté pour deux morilles à Pré-au-Lard un peu plus tôt dans la semaine. Soufflant avec exaspération, il récupéra l'objet qui tâcha ses doigts de paillettes argentées, le soulevant et constatant qu'une partie était à présent fendue. Et bien parfait, songea-t-il avec humeur en se dirigeant vers la sortie, au moins maintenant cela ressemble exactement à ce que cela doit être. Un Noël brisé. Il évita consciencieusement le moindre regard avec quiconque, gagnant la Grande Salle dans ce qui ressemblait plus à une errance qu'à une marche organisé. Une apparition, il lui donnerait le cadeau et puis il partirait. Pourquoi faire des efforts ! Pour qui faire des efforts, hein ?  

Il s'engouffra dans le réfectoire alors qu'un fumet délicat de nourriture en abondance lui chatouillait le nez, faisant presque gronder son estomac vide et l'obligeant à poser ses yeux sur le buffet alors qu'il s'était promis intérieurement de ne s'attarder sur rien. Son regard caressa les différents plats, s'attardant sur le tableau coloré qui se dégageait d'une telle représentation, des notes sucrées qui s'envolaient de pâtisseries prometteuses et dont la vue aurait pu adoucir l'âme la plus déprimée. Léon ralentit le pas, l'odeur des marrons chauds venant caresser sa conscience, ramenant à la surface des souvenirs qui se frayèrent tant bien que mal jusqu'à sa conscience. Non, il n'avait pas toujours détesté Noël. Il y avait eu ce sentiment de refuge, ces fêtes de fin d'année passées dans Poudlard, son foyer, ce qui avait le plus ressemblé à une famille pour lui. Il souffla avec lenteur, détaillant les plats avec une nouvelle avidité, de la faim mêlée à une nostalgie qui était plus douce qu'il ne l'aurait cru. Il y avait quelque chose de tendre qui se dégageait de cette pièce, une douceur insufflée comme une parenthèse qui, si elle ne le calma pas totalement, réussi à lui faire  carrément stopper son avancée, captivé par la décoration de la Grande Salle et l'ambiance familiale qui avait semblé être crée pour adoucir les moeurs et rappeler à tous qu'ils étaient ça, sans doute. Une famille. Pas des ennemis. Etait-ce le message ? Sa gorge se serra alors qu'il levait doucement la tête vers le plafond enchanté, sa peau frissonnant au contact des flocons artificiels de neige qui donnaient à la pièce une allure féeriques qui le toucha plus que de mesure. Cela serait le dernier Noël à Poudlard et, s'il ne serait certainement pas le plus réussi, Léon devait reconnaître qu'il était touché par l'attention de la directrice de la maison des rouges et or. Noël ne soignerait pas les coeur blessés, les esprits apeurés, les âmes pourries par une doctrine qui finiraient par tous les divisés, mais ce soir, Noël était assez enchanteur pour panser quelques plaies et arrêter l'hémorragie. Il aurait aimé savoir apprécier à sa juste valeur l'accalmie de cette soirée, mais savait le sentiment éphémère lorsqu'il rouvrirait les yeux. Alors il le savoura quelques secondes de plus, avant de rouvrir le voile de ses paupières et de se diriger vers l'emblème de la salle. Il se stoppa devant le majestueux sapin qui trônait au fond de la salle et y accrocha la boule de Noël fendue avant de se détourner, cherchant des yeux celle à qui l'écrin était destiné. Il se dirigea vers la jeune femme, manquant de se faire renverser par un bonhomme de neige qu'il évita de justesse.

Il se planta devant elle, se gratta la gorge pour attirer son attention avant de plaquer un sourire timide sur son visage, un sourire difficile, un sourire qui eut bien du mal à illuminer son visage et à étirer la commissure de ses lèvres. Mais elle n'y était pour rien car dans cette histoire, le seul coupable, c'était lui-même. Il était peut-être tant de rattraper ses erreurs, en plus.

__ Jolie robe, souffla-t-il en saluant Malia, avant de reprendre à toute vitesse, avant qu'elle ne l'envoie balader comme elle devait mourrir d'envie de le faire. Je sais que tu n'as pas envie de me voir. Je vais faire vite parce que, crois-moi, je n'ai pas envie de t'importuner plus que nécessaire. Je sais que je suis la dernière personne dont tu aurais aimé qu'elle pioche ton nom, mais faut croire que le destin a un curieux sens de l'humour. Il fourra la main dans sa poche, extirpant le sachet en toile noir et lui tendant l'objet. Je te souhaite un joyeux Noël, Malia.

Il avait acheté l'objet à Pré-au-Lard et avait sauté sur l'occasion de penser à autre chose pour y consacrer une après-midi entière. A vrai dire, il n'avait pas payé très cher mais avait passé du temps à rassembler les pièces. Il avait fait souffrir Malia, sûrement plus que ce qu'il n'aurait voulu et avait tâché de rendre son présent aussi innocent que possible afin qu'elle sache l'apprécier, malgré leurs différents. Il s'agissait d'un bracelet en argent, simple, aux maillons forme jaseron, sur certains desquels étaient soudés des petits pendentifs afin de représenter un bijou breloque que Léon n'avait pas eu beaucoup de mal à personnaliser. Il connaissait Malia, leur relation s'étant surtout centrée autour de la jeune femme qui s'était plus livré qu'il ne lui avait rendu la pareille, trop secret pour s'ouvrir mais assez attentif pour l'avoir écouté. Une petite cigogne était accrochée à l'un des maillons, sur lequel pendait également un balai de quidditch, symbolisant les métiers des parents de la jeune femme. Un peu plus loin, les initiales de chacun des membres de sa fratrie pendouillaient, entourant un M. Un vif d'or trônait à un autre maillon, pendant à côté d'un aigle afin de rappeler le rôle de capitaine de la jeune femme et sa maison d'appartenance. Il la laissa découvrir le bracelet avant de rajouter, sur un ton plus bas.

__ Je sais que ca ne t'avances pas à grand chose, ni n'efface pas mes tords, mais je suis désolé Malia. Réellement désolé de m'être comporté comme un abruti. Il marqua une pause, avant d'ajouter, se rapprochant de son oreille. Passe une bonne soirée. Et tâche de ne lapider personne. Ca ne te ressemble pas, toi comme moi, nous le savons. Ne les laisse pas te changer.

Il lui adressa un dernier sourire avant de la laisser là, se dirigeant vers le fond de la pièce ou il s'adossa contre un mur, laissant son regard dévaler sur la masse de personne qui emplissait à présent la Grande Salle. Bien malgré lui - ou peut-être était-ce par qu'il les cherchait des yeux ? - son regard se posa sur Holbrey et Heather, sur la bouteille que l'adulte tendait à la Serpentard. Son coeur se serra, la colère se déversa dans ses veines alors que ses yeux se chargeaient de rancoeur. Parce qu'en plus, il lui offrait de l'alcool ? Etait-il possible que tout ce qu'Octave lui avait confié, que tout ce qu'ils avaient partagé, n'ait été qu'une comédie, qu'une pièce futile dans lequel il n'aurait été que le bouffon du roi, stupide, naïf au point de prêter au bibliothécaire une grandeur d'âme et une sincérité qui avait su lui ravir sa confiance ? Et il était là, offrant le mélange ambrée à celle qui avait un réel souci avec l'éthanol, celle pour qui Léon pensait qu'il éprouvait au moins quelque chose pour avoir sciemment omis de lui parler de leur nuit passée ensemble ? L'adolescent sentie ses mains se crisper alors qu'il les regarait. Il se sentait fébrile, en proie à des émotions qu'il n'arrivait pas à comprendre. Qu'était-ce ? De la jalousie de voir Heather succombé dans les bras d'un autre ? De la colère à avoir eu raison, qu'il se passait quelque chose entre eux ? De la déception de pas être à la place d'Holbrey ? La tête appuyée contre la pierre, son regard se fit orageux, n'arrivant pas à décoller du tableau qui se déroulait devant lui. Il était déçu, au delà même de la jalousie dévorante qui le grignotait. Déçu d'Heather ? Oui, certainement. Mais encore plus d'Holbrey qui avait omis d'aborder ce détail. Ne l'avait-il pas fait se sentir coupable des quelques mots traitres qu'il lui avait balancé en parlant de Miss Rowle ? Ne l'avait-il pas touché au point que l'adolescent s'était retrouvé débordant de culpabilité ? Ne s'était-il pas épanché sur ses tords envers cette femme qu'il avait aimé ? N'avait-il pas été le bon moment, cette abondance de confidence, pour qu'il lui parle de ses sentiments envers Heather ? Des sentiments. Ou de l'absence de sentiment. Il était dégouté. Dégouté d'avoir cru. Dégouté de ne pas comprendre. Dégouté de penser que tout ça n'avait rien représenté à ses yeux. Il bouillonnait, littéralement, son regard  se faisant de plus en plus insistant sur les deux individus et il fini par se redresser, attrapant deux verres vides au passage et se dirigeant vers le couple d'infortune qu'il aurait souhaité voir s'embraser sous le poids de son regard accusateur. Il s'approcha d'eux, se frayant un chemin à travers les convives jusqu'à tendre les deux verres à la jeune femme.

__ Tiens, Heather. Ca serait dommage de ne pas trinquer à vous deux, souffla-t-il avec colère avant de tourner la tête vers le bibliothécaire, vrillant des yeux tristes dans l'émeraude des siens. Il était déçu, au delà même du raisonnable. Trinquez à vos ébats, trinquez à vos mensonges, à votre traitrise, à ma solitude. Et toi Octave, surtout toi, trinque à ma stupidité. Je t'ai cru, tu sais ? J'ai vraiment cru que quelque chose était en train de naître, j'ai cru que tu étais droit, honnête, présent, que tu ne partirais pas. J'ai cru que tu te confiais. J'ai crû que je pouvais te faire confiance, j'ai crû que tu le méritais, j'ai crû que tu ne me décevrais pas. L'adolescent se mordit les lèvres, incapable de formuler la moindre de ses accusions, et finit par secouer la tête, incertain. Douloureusement incertain. C'est injuste, murmura-t-il. J'avais préparé tout un lot de phrases assassines, mais rien ne sort. Faut croire que t'a frappé bien plus fort, bien trop fort. Faut croire que tu avais plus d'importance que je ne l'aurais crû. Y'a autre chose que tu as omis de me dire ce soir-là ? Autre chose sur lequel tu n'as pas été sincère ? demanda-t-il. Il le gratifia d'un long regard chargé de remords et de douleur, avant de tourner les talons, se frayant un chemin à coup de coudes et de bras à travers la foule, s'éclipsant sans chercher à se retourner, sans chercher à entendre ses réponses.

Il avait grand besoin de solitude et, que Merlin soit remercié, il n'avait plus grand monde dans son entourage à qui accorder de l'attention. Il se laissa tombé sur une chaise libre, posant son coude sur la table et sa joue trouvant le réconfort de sa paume ouverte. Vite, que cette soirée se termine.

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