AccueilAccueil  PortailPortail  FAQFAQ  RechercherRechercher  S'enregistrerS'enregistrer  MembresMembres  GroupesGroupes  ConnexionConnexion  

Partagez|

Liv │╳│ Northern lights, inner shadows

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas
AuteurMessage
    P'tit nouveau
AVATAR : Katherine Langford
MESSAGES : 2
MessageSujet: Liv │╳│ Northern lights, inner shadows Ven 6 Juil 2018 - 0:46


Liv Alvadóttir
FICHE DE PRÉSENTATION



IDENTITÉ DU PERSONNAGE

PRÉNOM(s) & NOM : Olivia Iris Thelma Alvadóttir. Se fait simplement appeler « Liv ».
DATE DE NAISSANCE & ÂGE : 7 janvier 1975, 22 ans
ORIGINE : Sang-mêlé d’origine Islandaise
MÉTIER : Filière enseignement, 3e année, option Etude des Runes.
AUTRE : Liv est en stage à Poudlard depuis la rentrée de Septembre.
BAGUETTE : Bois d’if, ventricule de dragon, 27 centimètres, relativement rigide
PATRONUS : Renard arctique
MON PERSONNAGE EST :  inventé

HORS JEU


COMMENT AVEZ-VOUS CONNU CE FORUM ?
 
ÂGE IRL : 21 ans.
PERSONNALITÉ ÉVENTUELLE SUR L'AVATAR : Katherine Langford
EST-QUE VOTRE PERSONNAGE POSSÈDE(RA) UN POUVOIR SPÉCIAL ? Nope pas pour le moment
DÉSIREZ-VOUS ÊTRE PARRAINÉ(E) ? Ouais je pense 
AVEZ-VOUS LU LE RÈGLEMENT ? : Y a longtemps ça va comme réponse ? :D
> Ok


TEXTE PERSONNEL (1500 mots)



Ses mains tremblantes se saisissent de sa baguette. Comment en est-elle arrivée là ? Elle agite sa baguette au dessus d’une boîte en bois sombre, qui semble tout à fait ordinaire. Sa seule particularité est cette serrure argentée, ornée de runes qui se mettent à scintiller lorsqu’elle les tapote du bout de sa baguette. Un cliquetis se fait entendre, et le couvercle se soulève. Six fioles de verre sont alignées, protégées des chocs par un tissu épais. Une étrange lumière se trouve à l’intérieur, comme un filament argenté qui ne cesse de se mouvoir. Elle prend le flacon le plus à gauche, étiqueté comme « 1981 – Initiation ». Elle dévisse le bouchon et verse le contenu dans une vasque peu profonde qui se trouve juste devant elle, avant d’effleurer la surface du bout des doigts.

_________

16 Juin 1981


Les couleurs sont vives et les contours un peu flous. Un souvenir d’enfance. Ils étaient toujours moins clairs, et l’authenticité pouvait parfois être remise en question. Une petite fille est assise dans un fauteuil en velours, un livre sur les genoux.

« Aunty Georgia, est-ce que la neige peut tomber en été ? »

Une femme d’une cinquantaine d’années est de l’autre côté de la pièce, occupée à donner à manger à un bambin assis dans une chaise haute.
« Non Olivia, il fait trop chaud pour que la neige tombe.
- C’est dommage. J’aime bien la neige, moi. »

La petite fille se replonge dans son livre. Elle a seulement six ans, mais elle occupe déjà ses journées en lisant. Après tout, que peut-elle faire d’autre ? Tous les autres enfants de son âge vont à l’école… Sa mère lui a dit qu’elle n’a pas besoin d’y aller, et que la lecture est suffisante. Alors elle passe ses journées chez sa nourrice. Georgia Popplewell n’a jamais eu ni mari, ni enfants. Elle travaillait dans un hôtel miteux de la banlieue londonnaise quand une jeune fille blonde au regard éteint s’était présentée à l’accueil, une main sur son ventre arrondi. Elle avait déposé tout son argent sur le comptoir et avait demandé dans un anglais approximatif combien de nuits elle pouvait s’offrir pour cette somme. Georgia n’était pas riche, mais elle avait un grand cœur. Au lieu de faire payer la jeune fille, elle la ramena chez elle et l’hébergea en échange de quelques travaux domestiques. Et après la naissance l’enfant, la mère cumulait ses études de communication avec un emploi de serveuse. Elle put s’offrir une chambre de bonne, mais elle confiait sa fille du matin au soir à Georgia, si bien que l’enfant n’avait presque pas passé de temps avec sa mère les premières années de sa vie. La situation s’était améliorée une fois son diplôme obtenu, mais les premières années ne pouvaient être rattrapées, si bien qu’elle ne su jamais comment s’y prendre avec sa fille.

Olivia regarde l’horloge, placée juste au dessus d’une magnifique pièce d’art en verre soufflé. Sa mère ne va pas tarder à arriver… Elle pousse un soupir. Chaque jour, elle espère grappiller quelques précieuses minutes avec Georgia et les autres enfants dont elle s’occupe.

« Aunty Georgia !! Il neige ! »

Effectivement, des flocons virevoltent juste au-dessus de sa tête, pour venir se déposer sur les pages de son livre, qu’elle referme rapidement pour ne pas l’abimer.

« Mais-mais-mais… C’est impossible ! »

Le reste s’enchaîne très vite. La sonnette de la porte d’entrée retentit. La petite fille se lève et tourne sous les flocons. La porte d’entrée s’ouvre. Georgia Popplewell porte les mains à sa bouche et se précipite vers l’enfant. Une jeune femme d’une vingtaine d’années pénètre dans la maison. Le visage de l’enfant s’assombrit, et la neige se transforme en pluie. La nourrice glisse sur l’eau, se rattrape au meuble à côté d’elle et envoie au sol la statue de verre, qui se brise en mille morceaux. La jeune femme dévisage sa fille, qui baisse immédiatement la tête. Elle entend juste un long soupir, suivit d’un « Oubliettes. » Georgia a le regard vide quelques secondes, puis elle semble soudain se rappeler de qui elle est.

« Olivia ! Mais qu’est-ce que tu as fait ?! La statuette de ma famille… Je t’ai toujours dit de faire attention ! »

La petite fille n’a jamais vu cette colère dans les yeux de sa nourrice. Cette dernière, furieuse, tente de rassembler les morceaux de sa relique. La mère en profite pour se retirer, traînant derrière elle une enfant qui ne comprend pas. Et une enfant qui ne reverra jamais la seule personne qui lui ait un jour témoigné de l’affection.

_________

Pourquoi ce souvenir est-il enfermé dans cette fiole ? La découverte de ses pouvoirs d’une manière aussi jolie ? Il n’y a pourtant rien de compromettant… Cela lui donne même une raison de détester encore plus sa mère, qui l’a volontairement coupée de la douceur d’Aunty Georgia alors qu’elle aurait simplement pu réparer l’objet. Mais ce n’est pas la vraie raison. Liv fronce les sourcils, puis au bout de quelques secondes elle comprend. Sans ce souvenir ancré au fond d’elle, le rejet de sa nourrice n’a pas d’explication. Évidemment, le consigner dans une fiole n’efface pas toutes les traces, et seule lui reste cette sensation d’avoir été abandonnée à cause de ses pouvoirs. C’est plus facile, dans sa position, de se dire que les moldus sont capables de rejeter les sorciers parce qu’ils sont un peu différents, non ?

Elle aimerait chérir ce souvenir, qui lui démontrait qu’un jour elle avait été vraiment aimée par sa nourrice et que son enfance n’avait pas été qu’indifférence. Mais elle ne peut pas. Avouer que la seule affection qu’elle ait reçue vienne d’une moldue… Personne ne devait savoir.
La brune se saisit de la deuxième fiole, dont l’étiquette indique « 1984 – Naissance » et vide son contenu dans la Pensine.

_________

7 Août 1984



La blancheur de la scène est éblouissante. Les murs, les draps, la lumière, les blouses… Aucun doute, il s’agit bien d’un hôpital. Mais dans la pièce, point de blessure sanglante causée par une créature étrange ni sorcier rendu fou par un sortilège. Non, juste deux parents heureux avec leur toute petite fille. Et Olivia se tient un peu à part, analysant la situation comme à son habitude.

Sa mère sourit et porte un regard plein d’amour sur son mari et son bébé. La fillette de neuf ans ne peut s’empêcher de détourner son attention. Elle n’a jamais eu droit à ce genre de regard, elle. Alors elle regarde le bébé. Ils l’ont appelée Harmony. Un parfait mélange entre la peau immaculée de sa mère islandaise et son père africain.

« Viens voir ta sœur, Olivia. »

Non. Elle ne veut pas la voir. Elle a seulement quelques heures mais elle a déjà volé la place de choix dans le cœur de leur mère. Pensant qu’elle n’ose pas s’approcher, son beau-père lui attrape la main. Elle essaie de se défiler, mais la poigne est trop forte. Deux ans après le mariage de sa mère, elle n’arrive toujours pas à accepter Titus Wright. Il a tout de suite était trop chaleureux avec elle, trop envahissant, trop gentil. La petite fille n’avait jamais été habituée à ça, d’autant plus qu’il était le premier compagnon de sa mère. Comme d’habitude, elle s’était réfugiée dans ses livres, évitant le plus possible le contact avec sa mère et Titus. Et quand ils lui ont annoncé la grossesse, elle n’a eu aucune réaction. Elle savait que cela allait finir par arriver. Après tout, sa mère était jeune. Elle s’était juste sentie encore une fois mise à l’écart. La seule Alvadóttir de la famille, puisqu’elle avait refusé que son beau-père l’adopte. Elle ne porterait pas le nom de quelqu’un qui ne l’avait pas élevée… C’était presque ironique, étant donné que son nom de famille signifiait « fille d’Alva » : la tradition islandaise voulait que le nom de famille soit le prénom du père, à défaut de la mère. Ce nom était donc l’une des rares choses qui reliaient Olivia à sa mère.  

« Tu veux la prendre ? »

Avant qu’elle ait eu le temps de dire non, elle s’était retrouvée assise dans le fauteuil près de la fenêtre et on lui avait calé sa petite sœur sur elle. Elle fut tentée de retirer ses bras et de la lâcher, mais son regard croisa celui couleur noisette de la petite Harmony. Et instinctivement, ses bras se refermèrent autour du bébé. Elle veut la détester, parce qu’à peine née elle a déjà quelque chose qu’elle-même ne pourra jamais avoir, à savoir un père et une mère aimants. Mais ce n’est pas possible. Comment en vouloir à un si petit être, si innocent ?

« Bienvenue petite sœur. »


_________

Lorsqu’elle rouvre les yeux dans le petit bureau sombre, elle a l’impression de sentir encore cette douce chaleur envelopper son cœur. Malgré la jalousie du départ, elle aime sa petite sœur plus que tout. Et c’est pour ça que ce souvenir est dans cette fiole. Parce que personne ne doit découvrir sa plus grande faiblesse, la seule personne sur Terre pour laquelle elle serait prête de donner sa vie. Harmony est en troisième année maintenant, et c’est une petite Poufsouffle pleine d’énergie et d’optimisme. Leur étoile montante au Quidditch. Mais Liv ne va pas vers elle, elle l’ignore même. Elles ne portent pas le même nom de famille, elles ne se ressemblent pas, personne ou presque ne sait qu’elles sont sœurs. Mais dans l’ombre, la grande sœur ne peut s’empêcher d’essayer de préserver sa benjamine des horreurs qui se passent entre les murs de l’école.

Elle décide de déboucher la fiole suivante – « 1991 - Admiration » – et en déverse le contenu sur la surface limpide de la Pensine.

_________

13 Septembre 1991




Le bureau de Dumbledore se forme progressivement. Les innombrables tableaux des anciens directeurs, les divers objets dorés qui tournent, fument ou sifflent, le magnifique phénix sur son perchoir… Et puis le vieux sorcier, assis derrière son bureau, regarde l’adolescente derrière ses lunettes en demi-lunes.

« Asseyez-vous, Miss Alvadóttir. »

La jeune brune s’installe sur la chaise que lui indique le Directeur. Elle a l’air un peu coupable, mais déterminée. Elle s’apprête à dire quelque chose, mais le sorcier à la barbe blanche lève son doigt pour lui intimer le silence.

« Le professeur Quirrell m’a informé de votre comportement en cours, hier. J’aimerai bien entendre votre version de l’histoire. »

La Serdaigle de sixième année pousse un soupir presque imperceptible.

« Le professeur Quirrell nous faisait son cours sur les Inferi. Il n’avait vraiment pas l’air de maîtriser son sujet… Il butait sur chaque phrase, et sa voix tremblait dès qu’il prononçait des mots tels que « cadavres » ou « magie noire ». J’ai vite compris qu’on n’apprendrait pas beaucoup plus que dans notre livre Forces obscures, comment s’en protéger ?. Mais ensuite le professeur Quirrell nous a suggéré que la meilleure technique pour se débarrasser d’un Inferius était de fuir… Alors qu’un Incendio bien maîtrisé peut nous débarrasser d’une armée ! » Elle marque une pause, et le Directeur en face d’elle continue de la fixer pour qu’elle finisse son histoire. « Alors je me suis permise de le reprendre. Mais c’était avant tout pour que les autres élèves soient au courant… Après tout, on est censés apprendre à se défendre… Pas à fuir. 
- Je vois. »


Un long silence s’installe ensuite. Le regard d’Olivia ne se baisse pas. Au fond d’elle, elle sait qu’elle n’a pas eu tort. Elle n’a peut-être pas repris son professeur de la bonne manière, mais elle ne pouvait pas le laisser dire des énormités pareilles…

« Oublions cette histoire. A la condition que vous vous engagiez à ne plus décrédibiliser le professeur Quirrell pendant l’année à venir. Il a besoin d’un peu de temps pour s’habituer à l’enseignement, et je pense que dans quelques cours il sera déjà plus à l’aise devant une classe. C’est compris ? »

La Serdaigle hoche la tête et affirme au Directeur qu’elle ne recommencera plus. Alors qu’elle allait se lever pour retourner à la salle commune, le vieux sorcier l’interrompt dans son geste.

« J’aimerai que nous discutions d’autre chose, si tu le veux bien. »

Olivia se laisse retomber sur sa chaise. L’atmosphère a instantanément changé. Dumbledore la tutoie et se fait plus chaleureux, presque amical. Il agite sa baguette et fait apparaître un parchemin qui lévite devant ses yeux.

« On m’a fait parvenir les résultats de tes BUSEs. Les examinateurs n’ont pas tari d’éloge sur tes performances. Sortilèges, Potions, Métamorphose… 10 Optimals au total. On ne voit pas des résultats comme ça tous les ans.
- J’ai eu un Effort Exceptionnel en Arithmancie. »

Son ton est glacial. Elle n’a toujours pas digéré cette erreur de calcul à la dernière question qui l’a entraînée sur une mauvaise piste d’interprétation.

« Le plus important n’est pas la note finale, mais ce que l’on en retient. Est-ce que tu as compris ton erreur ?
- D’habitude, je comprends tout de suite où se trouve la réponse, et j’en déduis le chemin à prendre. Mais sur cette question je ne comprenais pas où il fallait en venir, il y avait trop d’hypothèses et je n’ai pas eu le temps nécessaire pour tout essayer…
-  Pardonne-moi Olivia, je suis un peu curieux mais j’aimerai savoir ce que tu penses de toi, de ton travail, de tes capacités… »

Etrange question. Elle qui connaissait la réponse à bien des interrogations se trouvait face à une question à laquelle elle ne pouvait pas répondre instinctivement.

« Euh… Je travaille beaucoup parce que j’aime connaître beaucoup de choses. Je suis curieuse mais je suis plus efficace lorsque les sujets m’intéressent. J’apprends facilement, j’ai une très bonne mémoire. C’est parfois un problème, parce que je me rappelle des petits détails mais pas de l’idée d’ensemble. Je lis beaucoup et de tout, même de la littérature moldue. Je suis exigeante avec les gens qui m’entourent et avec moi. Plus tard, j’aimerai être professeur, quelqu’un comme le professeur McGonagall. Je veux transmettre ce que je sais et tirer le meilleur de ceux à qui je ferai cours. Sinon, je n’ai pas » Elle prend quelques secondes pour réfléchir. « En fait, je trouve que je peux être quelqu’un d’utile pour les connaissances, un peu comme un dictionnaire. Mais par contre, moi en tant que personne, je ne pense pas servir à grand chose… 
- Tu es trop dure avec toi-même, Olivia. As-tu déjà parlé de tout ça avec ta mère ?
- Pourquoi faire ? Elle se fiche de ce que je fais, tant que je ne suis pas dans ses pattes. Ils sont tous plus heureux quand je ne suis pas là.
- Même ta petite sœur ?
- Elle ne me reconnaît presque pas quand je rentre.
- Je pense au contraire que tu es un modèle pour elle. »

La Serdaigle serre les dents et ses sourcils se froncent légèrement. Comment peut-il prétendre savoir ce que sa sœur d’à peine sept ans pense ?

« Tu as un grand potentiel, Olivia. Tu as toujours réussi en cours, mais tu ne pourras exploiter pleinement toutes tes capacités si tu négliges l’attention que tu portes aux autres.
- Mais je ne les néglige pas ! Les autres élèves sont justes… Trop préoccupés par des choses inutiles. La plupart ne comprennent pas l’importance d’étudier.
- Tu as plus de points communs que tu ne le penses avec les autres étudiants. Ce serait bien que fasses partie d’un club, cette année.
- Je suis déjà dans le club d’aide aux devoirs.
- Est-ce que tu discutes d’autre chose que des cours avec les élèves que tu aides ?
- Non, puisqu'on se retrouve pour travailler.
- Donc tu ne discutes jamais d’autre chose que des enseignements, avec qui que ce soit ?
- Comme je vous l’ai dit, je n’en vois pas l’intérêt…
- Et si tu rejoignais le bureau des étudiants ?
- Le BDE ? Mais… C’est juste une bande d’élèves populaires qui organisent des activités pour les autres élèves populaires.
- Je suis sûre que tu pourrais apporter de nouvelles idées, qui permettraient de rassembler un plus grand nombre d’étudiants. »

La jeune fille ne sait plus comment répondre. A-t-elle seulement le choix de refuser ? Au plus profond d’elle, elle admire le professeur Dumbledore, et l’idée de le décevoir lui est insupportable.

« Le savoir est important, Olivia, mais les relations humaines le sont encore plus. C’est dangereux d’avancer dans la vie sans être accompagné. Et cela a été ton cas jusqu’à aujourd’hui, il est maintenant temps de changer. Si tu acceptes ma proposition, je pourrais te montrer l’utilisation de cet objet. »

Le Directeur, d’un coup de baguette, fait avancer vers eux une sorte de bassine en pierre.

 « C’est une Pensine ?!
- Je vois que j’attise ta curiosité… Cela pourrait t’aider à te débarrasser des pensées et souvenirs inutiles. Je m’en sers souvent lorsque, comme toi, j’ai l’impression d’avoir trop de pensées dans la tête, ou que je souhaite m’alléger de certains souvenirs. Alors, marché conclu ?
- D’accord, je vais essayer… »

Et puis tout s’efface. Le phénix, les objets dorés, les tableaux, le visage de Dumbledore…

_________

Ce seul souvenir fait remonter beaucoup de choses. Tout d’abord, l’enfant qu’elle était à Poudlard pendant ses cinq premières années. A ne pas sortir de la bibliothèque, à toujours connaître la réponse aux questions posées, à maîtriser les sortilèges rapidement voire même avant de l’avoir étudié en cours… Pas d’amis, et pas de distractions autre que ses lectures.

Et puis ensuite, à partir de sa sixième année, le bureau des étudiants. Elle avait eu droit aux regards décontenancés des autres membres du bureau. Les premiers sarcasmes quand elle proposait des événements tels qu’un café-lecture ou une conférence animée par un grand sorcier-chercheur. Et puis les premières considérations lorsque les événements organisés obtenaient un bon petit nombre de participants. Et surtout cette chasse au trésor géante organisée à la fin de sa Septième Année, après tous les examens. Elle l’avait minutieusement préparée pendant toute l’année, avec l’aide de tous les professeurs. Une succession d’énigmes intellectuelles, d’épreuves sportives, de défis d’orientation. Pratiquement toute l’école avait participé et l’événement avait rencontré un très franc succès. Conjointement à cela, elle avait préparé ses ASPICs et les avaient tous obtenus avec brio.

Et puis surtout, toutes ces paroles de Dumbledore qui prenaient un autre sens désormais. Son manque d’attention aux autres, sa négligence des relations humaines, son mode de fonctionnement. Il avait déjà tout compris, mais vraisemblablement il lui en avait fait part trop tard. Une larme coula le long de la joie de la jeune femme. Elle n’avait pas réussi à honorer les promesses faites à son ancien Directeur.

Les deux fioles suivantes sont également datées de l’année 1991. Elles renferment chacune une rencontre avec le professeur Dumbledore, lui expliquant la manière de se servir de la Pensine. Le souvenir d’après date de Juillet 1993. C’est encore une fois le Directeur, mais qui cette fois-ci se trouve directement chez elle. Il lui remet une enveloppe contenant le résultat de ses ASPICs, mais également un paquet enveloppé dans un papier scintillant. Une petite étiquette indique « Pour la plus belle chasse au trésor organisée à Poudlard – et pour des résultats prodigieux aux ASPICs ». A l’intérieur se trouve un bel objet en bois d’ébène, dont le centre forme une sorte de récipient peu profond. Une Pensine.

Ces trois derniers souvenirs ne contiennent d’autres événements marquants. Liv comprend qu’ils sont préservés dans une fiole pour n’être découverts par personne. Alors qu’elle tend la main pour prendre une autre fiole, elle remarque un petit morceau de parchemin glissé dans la boîte, entre les deux souvenirs. « Regarde d’un œil extérieur le jour où tout a basculé. » Non, non, non. Mais elle se sent obligée, et elle extrait de son crâne un long filament argenté qui se mélange avec le contenu de la Pensine.

_________

3 Juillet 1995



Tic, tac, tic, tac. L’horloge fixée au mur est le seul bruit dans ce couloir sombre. Olivia est assise, les cheveux attachés en un chignon, le regard fixé sur l’aiguille qui trotte le long du cadran. Tic, tac. Elle a toujours été très sensible à son environnement : odeur, bruit, couleurs… Elle préfère les odeurs douces, les bruits diffus, les couleurs claires… Ici, elle ne se sent pas tout à fait à son aise. L’odeur de l’humidité la prend au nez, le son de l’horloge résonne jusque dans son crâne, l’absence de lumière l’énerve. Tic, tac. Vivement que cela soit fini.  

Et puis la porte s’ouvre et un petit homme, dont l’apparence rappelle à la jeune femme celle d’un rongeur, lui indique d’entrer dans la pièce. La jeune femme s’installe sur la chaise en face d’un sorcier aux yeux rouges.

« Miss Alvadóttir, vous voilà. »

Elle se contente d’incliner la tête, par politesse. Elle ne sait pas vraiment comment s’adresser à celui en face d’elle. Le sorcier la fixe intensément, comme s’il voulait lire à travers elle. Non, plutôt pour lire à travers elle. C’est un legilimens, évidemment. Au lieu de lutter, Olivia soutient son regard et le laisse cheminer à travers ses trop nombreuses pensées pour trouver ce qu’il recherche. La jeune sorcière eut l’impression de revoir sa vie en accéléré, avec des flashs d’images plus ou moins marqués. L’appartement de sa mère, leur grande bibliothèque, les premiers cours à Poudlard, ses BUSEs, la chasse au trésor, son appartement à Londres, ses cours au centre de formation, son arrivée dans ce couloir.

« Je crois bien qu’il n’y ait pas grand chose d’intéressant depuis ma naissance. »
Une sorte de grimace laisse entrevoir les dents acérées du Seigneur des Ténèbres.


« Oh si, vous avez beaucoup étudié, Alvadóttir. Vous savez beaucoup de choses. Et vous pensez beaucoup, ce qui vous rend difficile à lire. »

Elle ne réagit pas, puisqu’elle sait déjà tout ça. Ce qu’elle ne comprend pas, c’est ce qu’elle fait ici. Des tas de sorciers doivent en savoir au moins autant qu’elle.

« Vous vous demandez pourquoi je vous ai chaleureusement invitée à me rencontrer.
- Effectivement.
- Je pense que nous pouvons collaborer.
- Collaborer ?
- Je sais que vous vous posez depuis toujours des questions sur votre famille et votre histoire. Il se trouve que je connais quelqu’un qui peut répondre à vos interrogations. Votre père. »

Pour la première fois depuis le début de l’entrevue, la jeune femme semble en proie à ses émotions. Surprise, peur, curiosité ?

« Je peux vous donner son contact, mais en échange vous devrez m’aider dans une quête.
- Laquelle ?
- Avez-vous déjà entendu parler des bracelets d’Odin ? »

Elle ne répond pas immédiatement, prenant le temps de fouiller dans sa mémoire. Elle connaît très bien la mythologie nordique, mais les seuls attributs qu’elle arrive à rattacher à Odin sont sa lance et l’anneau Draupnir.

« Il n’est cité nul part qu’Odin portait des bracelets…
- Et c’est normal, puisque selon mes sources, ces bracelets existent réellement. Leurs possesseurs successifs se sont efforcés d’effacer toute trace de cet attribut des livres et mémoires, mais un message gravé dans une stèle en Norvège subsiste. »

Le Seigneur des Ténèbres glisse un parchemin vers la jeune femme. Le message est écrit avec des runes, mais elle n’a besoin que de très peu de temps pour le déchiffrer.

« Sous la Terre du Soleil de Minuit, entre l’eau, le feu et la roche, se cachent les brassards du père de tout. Ils sont en Islande. »

Le sorcier aux iris rouges hoche la tête.

« Votre père est l’un des plus grands sorciers spécialistes de la magie nordique. Allez le trouver, et prenez le temps qu’il faut pour me ramener les bracelets d’Odin. Faîtes et je vous réserve une place de choix à mes côtés. »

_________

Liv serre ses poings, si fort qu’elle sent ses ongles pénétrer dans sa chair. Une seule question tourne en boucle dans sa tête. Pourquoi ?

Le Seigneur des Ténèbres n’est pas le genre de personne à qui l’on refuse quoique ce soit. La curiosité l’avait certes poussée à le rencontrer, mais son instinct de survie avait fini de la décider. Elle ne voulait pas devenir une proie, fuyant par refus de se soumettre. Elle s’était préparée à cet entretien, et avait utilisé sa Pensine pour préserver ses souvenirs préjudiciables. Et elle n’avait pas peur… Après tout, qu’avait-elle à perdre ? Et la promesse de trouver un père… Il devait savoir qu’il n’y avait que ça qui aurait pu la pousser à interrompre ses études, à prendre de tels risques, à bafouer le respect qu’elle avait pour Dumbledore.

Et elle est forcée de vivre avec ce souvenir chaque jour. Pour se rappeler à quel point elle est faible et manipulable.

Rageusement, elle récupère son souvenir et se saisit de la fiole suivante : « 1995 – Rencontre ».

_________

1er Août 1995




La jeune femme est installée sur une banquette recouverte d’une douce couverture en laine. Tout autour d’elle est fait de bois : le sol, les murs, le plafond, les meubles… Une douce lumière de fin de journée pénètre et inonde la petite maison islandaise. En face d’elle, sur une chaise, un homme d’une quarantaine d’année est assis. De lui, elle a seulement hérité de ce visage un peu carré et de ses beaux yeux bleus. Mais aucun d’eux n’ose regarder l’autre. Personne ne sait par où commencer, tellement il y aurait de chose à dire. Finalement, Finn Rúmison se lève et prend sur une photo sur la commode.

« C’était ta mère. Quand elle avait dix-sept ans. »

La jeune fille prend la photo entre ses mains. A son grand désespoir, elle lui ressemble beaucoup plus qu’à son père. Déjà, la même carrure. Des épaules et un bassin un peu plus larges que la moyenne. Quelques rondeurs apparues à l’adolescence, que la jeune fille cache sous des vêtements amples. Mais c’est surtout le même visage : une bouche pulpeuse, un front large, des cheveux bruns aux ondulations difficilement domptables. Depuis l’époque où la photo qu’elle a entre les mains a été prise, sa mère a changé de coupe de cheveux et a pris quelques rides, mais une seule chose est surprenante : ce regard insouciant. Elle n’a jamais vu sa mère avec un tel regard, un tel sourire.

« Elle avait l’air heureuse. 
- Elle l’était. Du moins, c’est ce qu’on pensait. »

Finn a le regard dans le vague et un petit sourire triste. La jeune fille retint un soupir. Après tout ce temps, était-il possible qu’il soit toujours amoureux de sa mère ? Vingt-et-un ans plus tard…

« Est-ce qu’elle t’avait dit pourquoi elle était partie ?
- Non. Elle n’en a parlé à personne. J’ai été voir tout le monde. Nul ne savait ni où elle était, ni pourquoi elle s’était enfuie. Ses parents m’ont blâmé en insinuant que c’était de ma faute.
- Pourquoi ? Tu lui avais fait quelque chose ?
- Non, du moins c’est ce que je croyais à l’époque. Tes grands-parents pensaient que je l’avais entraînée sur une mauvaise pente, que je l’avais dissuadée de faire des études… Je les comprends, tu sais, ta mère était leur seul enfant et ils voulaient un responsable. Qui de mieux que Finnkell, fils de Rúmi, lui-même fils de Steinn, et ainsi de suite… »

La jeune femme fronce les sourcils. Peu importe qui est son père, mais il est doué pour le suspens.

« Ma famille n’est pas des plus estimées en Islande. Fous, pilleurs, nécromanciens, profanateurs… Moi, je préfère dire que nous sommes des collectionneurs passionnés. Après des siècles passés sur cette île, nous nous efforçons encore d’en percer tous ses mystères. L’Islande est si riche de mythes, de créatures légendaires, de lieux divins… Et elle regorge de trésors. Les quêtes se transmettent des parents aux enfants. Parfois, ce sont de simples bijoux ayant appartenu à d’anciens sorciers. On recherche aussi des armes ou des butins. Mais parfois, nos trouvailles sont dangereuses. Pour nous-mêmes, le plus souvent, mais aussi pour les autres.
En 1854, l’une de mes ancêtres, Herja, a découvert après des années de recherche une étrange fiole protégée par de nombreux pièges. Lorsqu’elle a ouvert cette fiole, une fumée verdâtre s’est échappée et s’est infiltré dans ses poumons. Une fois revenue dans son village, la fumée verte s’est répandue dans les maisons moldus. Les habitants dénués de pouvoirs magiques ont rapidement montré des signes de maladie : éruption cutanée, fièvre, troubles visuels… Quatre vieillards, deux nourrissons et un enfant sont morts. Heureusement, le Grand Mage a pu soigner le reste du village avant que l’épidémie ne tue d’autres personnes, mais Herja a été condamnée à mort pour assassinat volontaire de sept moldus. » 


Finn marque une pause, pour laisser le temps à sa fille d’assimiler tout ça. Elle comprend maintenant pourquoi la maisonnette est remplie d’objets tous aussi incongrus les uns que les autres. Et puis surtout, elle sait maintenant pourquoi elle a été envoyée aussi. Il est clair que son père est la seule personne à pouvoir trouver les bracelets d’Odin… Le soumettre à l’Imperium n’aurait jamais permis d’user de toutes ses connaissances. Il faut le manipuler beaucoup plus subtilement que cela.

« Depuis, rares sont les sorciers qui osent encore nous adresser la parole, et les générations se succèdent dans cette petite maison, excentrée de tout et de tous. Mais ta mère… Elle n’était pas comme les autres. On s’est rencontrés dans un magasin d’antiquités magiques. J’avais dix-neuf ans, elle en avait seize. J’étais à la recherche d’un vieux livre, et elle venait chercher un cadeau pour son père. J’étais en train de discuter mythologie avec le vendeur quand elle s’est incrustée dans notre conversation. On a continué à parler, à s’échanger des lettres, à aller boire des bières. Même lorsqu’elle a appris de quelle famille j’étais, son comportement n’a pas changé. C’était une adolescente vraiment mature pour son âge. Elle était lumineuse, cultivée, brillante. Tout le monde l’adorait, de sa famille à ses amis, en passant par ses professeurs. Je n’en revenais pas qu’elle m’ait choisi. Pour elle, j’aurai tout sacrifié. J’étais jeune, je croyais à l’amour éternel. Ça a duré deux ans. Et elle s’est volatilisée, du jour au lendemain. »

La jeune fille n’arrive pas à concevoir cette réalité que lui apprend son père. Elle ne reconnait pas sa mère dans le portrait qu’on vient de lui dresser.

« Un an plus tard, j’ai surpris une conversation en ville. Deux vieilles sorcières qui jacassaient à propos de tes grands-parents et de leur fille. C’est là que j’ai appris qu’Alva était partie en Angleterre pour poursuivre les études. Et selon elles, elle avait fuit l’île parce qu’elle était enceinte. 
- … T-Tu savais ? »

Elle s’est levée. Elle est en colère. Pendant des années, son père a été conscient de son existence, mais il n’est jamais venue la chercher. Finn se lève à son tour et se dirige à nouveau vers la commode, et sort un album d’un tiroir. Ses mains tremblent légèrement au moment de le tendre vers sa fille.

« Oui, je savais. Mais je ne pouvais pas débarquer comme ça, un beau matin, dans ta vie. Ta mère avait fait énormément de sacrifices… Elle a quitté tous ses proches, son mode de vie, son île... Elle avait forcément une très bonne raison. Peut-être qu’elle avait honte, dix-huit ans pour avoir un enfant c’est très jeune. Mais dans ce cas-là, pourquoi était-elle partie sans moi ? J’ai compris ensuite qu’elle voulait te protéger. De moi, de la réputation de ma famille... J’étais prêt à tout abandonner pour elle, et elle a tout abandonné pour toi.
- Elle n’a RIEN fait pour moi, JAMAIS !
- Ne dit pas ça, elle-
- Elle est égoïste, insensible et apathique ! JAMAIS elle n’a essayé de créer le moindre lien avec moi, c’était d’abord SES études, puis SON travail. JAMAIS une parole ou un geste affectueux ! Quand nous étions seules toutes les deux, je ne devais pas la déranger, je devais juste rester tranquille dans mon coin à lire. Sois intelligente et tais-toi ! Tout, TOUT aurait été mieux que de vivre comme ça, avec le sentiment de n’être qu’un parasite. » Elle envoie rageusement l’album au sol, faisant s’envoler quelques photos d’elle à différents âges. « Pourquoi est-ce que tu n’es jamais venu me chercher ? »

Sa voix tremble, ses yeux piquent. C’est la première fois de sa vie qu’elle ressent des émotions aussi fortes et contradictoires.

« J’ai essayé. Avant qu’elle ne se marie, je suis venu à Londres. Quand elle m’a vu devant votre porte, elle est devenue furieuse. Elle m’a dit que c’était trop tard, que tu étais trop grande, qu’on ne pouvait pas te changer d’environnement simplement pour me faire plaisir. Elle m’a mis à la porte, refusant catégoriquement que je te rencontre. J’ai seulement réussi à lui arracher ton prénom. Liv… La vie. Quand nous étions jeunes et insouciants, c’était avec ce prénom qu’on désignait notre future fille.
- Je m’appelle Olivia. Pas Liv.
- Ah, oui, pour t’intégrer plus facilement dans la société britannique... C’est mieux vu, un prénom d’origine latine… Mais pour moi tu es Liv, l’enfant dont j’ai rêvé pendant des années. Je sais que c’est toi. Grâce à ça. »

Finn désigne le pendentif qui se balançait à son cou. Une breloque en argent, vieille, mais finement sculptée.

« C’est un cadeau de ma mère. Pour mes sept ans.
- C’est l’année où je suis venue te chercher. A défaut de te ramener, je t’ai laissé ce pendentif. Il représente une rune nordique, censée t’apporter-
- Invincibilité et protection.
- L’Ægishjálmur. »

Le père et la fille prononcent ce dernier mot exactement en même temps. Et là, quelque chose d’un peu magique se produit. Liv prend soudain conscience que quelqu’un tient à elle, qu’elle compte pour quelqu’un, que quelqu’un l’aime. Et les larmes commencent à couler alors qu’elle prend son père dans ses bras. Au revoir Olivia, et bienvenue à Liv.


_________

La Liv du présent pleure toujours autant, mais ses bras n’étreignent rien d’autre que le vide. Des années plus tôt, le Choixpeau lui avait dit que ses fondations étaient fragiles. Elle comprenait enfin ce que cela voulait dire. Du haut de sa tour, la chute avait été violente. Ses certitudes, son rapport aux autres, ses projets d’avenir : tout avait volé en éclat en même temps. Et pourtant… Elle avait passé les deux plus belles années de sa vie avec son père. Des bonheurs simples comme aller marcher près de la mer, se pelotonner sous une couverture en écoutant une histoire, se baigner dans les sources d’eau chaude… Elle avait presque l’impression d’être redevenue une enfant, et de vivre tout ce auquel elle n’avait pas eu droit. Elle aurait voulu rester toute sa vie ici, loin de tout ce qui se passait en Grande-Bretagne… Mais elle ne devait pas oublier sa mission.  

Sachant comment se finit l’histoire, Liv veut en finir au plus vite, pour à nouveau tout oublier. Elle verse dans la Pensine le contenu de la dernière fiole : « 1997 – Vérité ».

_________

30 Juin 1997



La nuit est noire. C’est le milieu du mois de Juin, et pourtant une traînée verte zèbre le ciel. Une Aurore Boréale. Devant eux, la cascade qu’ils cherchaient. Mais Liv ne peut plus avancer.

« Pabbi… »

Le timbre de sa voix est faible. Finn, inquiet, s’arrête et se rapproche de sa fille.

« Il faut que je te dise quelque chose…
- Oui, Liv ? Tu peux tout me dire.
- Les… Les bracelets. Quelqu’un m’a demandé de les lui ramener. »

Elle a honte. Dix-huit mois qu’ils travaillent sur l’énigme inscrite sur un petit morceau de parchemin. Qu’ils épluchent livres et cartes pour trouver l’emplacement de ce trésor. Ils avaient été d’espoirs en déceptions. Mais pourquoi n’en a-t-elle pas parlé plus tôt ?

« J’avais peur que… Que tu penses que j’étais venue ici seulement par intérêt. Et chaque moment passé ici avec toi… Je n’avais pas envie que ça s’arrête. Alors je n’ai rien dit…
- Et pourquoi m’en parler maintenant ? »

Le ton du père est légèrement plus froid que d’habitude. Liv déteste ça.

« Maintenant, j’ai peur. Je veux rester ici, je ne veux pas rentrer.
- Mais pourquoi partir ? Reste avec moi si tu en as envie.
- Je ne peux pas, je ne peux pas, je ne peux pas ! Si je reste, il va venir nous chercher. Il nous tuera, Pabbi !
- Qu’est-ce que tu racontes ?! Et de qui tu parles ?
- Du Seigneur des Ténèbres. »

Elle murmure la dernière phrase en un souffle. Elle voit dans les yeux de son père qu’il comprend tout de suite. Même hors des frontières du Royaume-Uni, Lord Voldemort est craint.

« Et il croit qu’il va pouvoir s’emparer d’un trésor islandais ?! Et pire, de ma fille ? 
- Tu ne sais pas de quoi il est capable… »

Pour la première fois en deux ans, elle voit son père en colère.

« Il n’aura pas ces bracelets, il ne t’aura pas !
- Mais on ne peut pas lui échapper…
- Je mettrai les bracelets. Il ne pourra pas faire le poids face à moi, si ces bracelets ont le pouvoir espéré.
- On ne sait pas quels sont leur véritable utilité ! Ils sont peut-être dangereux…
- Tout ira bien, Liv. Je te le promets. 
- Je t’aime, Pabbi.
- Moi aussi je t’aime. »

Et tout disparaît.

_________

La jeune femme n’a plus la force de continuer. C’était la dernière fiole, mais un dernier morceau de parchemin se trouve dans la boîte en bois sombre. « Souviens-toi de tes chaînes. » Un nouveau filament argenté quitte son esprit pour rejoindre la pensine.

_________

2 Juillet 1997



La petite pièce s’est transformée en grande salle à manger. Cette fois-ci, point de bureau. Juste une chaise au milieu de la pièce, sur laquelle elle est assise. L’ambiance est toujours aussi lugubre. Pour qui est un peu observateur, l’attitude de Liv est légèrement différente de la dernière fois. Ses cheveux lâchés ne sont pas aussi bien coiffés et son regard est dans le vague.

« Où sont les bracelets ? 

Liv hésita une seconde. Une seconde de trop.

« Aurais-tu échouer dans ta mission ? »

Elle n’a pas échoué. Elle a tout donné, mais son stupide géniteur a tout gâché au dernier moment.

« Maître, ne me jugez pas trop vite… S’il vous plaît, regardez ce qu’il s’est passé. »

Liv plante son regard vers les yeux rouges du Seigneur des Ténèbres. Elle le sent s’infiltrer dans son esprit, fouillant progressivement jusqu’à trouver ce qui l’intéresse. En accéléré, il voit les deux ans passés à plancher sur l’énigme. Puis le périple jusqu’à la cascade et la descente à travers les roches dissimulées derrière. Liv et son père repoussent des maléfices, désamorcent des pièges, triomphent d’un bataillon d’elfes maudits. Puis ils arrivent dans une immense pièce, trouvent un coffre de pierre, traduisent les runes et finissent par réussir à l’ouvrir. Les bracelets sont à l’intérieur. Liv les prend dans les mains, mais son père s’en empare et les passe sur ses avant-bras. La jeune fille essaie de l’en empêcher, mais c’est déjà trop tard. Le reste est flou tant il est rapide. Finn se met à trembler, ses yeux se révulsent et un rire guttural se fait entendre. Liv se précipite sur son père, essaie de lui retirer les bracelets de cuir mais ils sont solidement fixés. D’un revers de la main, l’homme la projette contre le mur. Son visage a changé, c’est à peine si l’on peut reconnaître Finnkell Rúmison. Et une lumière violette s’échappe de la baguette de Liv, venant sectionner les avant-bras du démon. Instantanément, les bracelets émettent une lumière aveuglante suivi d’une petite explosion. Boum. En instant, tout est terminé.

« Comme vous l’avez vu, mon idiot de père a été assez stupide pour se croire puissant au point de pouvoir mettre les bracelets. J’ai essayé de l’en empêcher, puis de récupérer les bracelets en lui sectionnant les bras, mais les runes gravées dans le cuir l’ont fait… exploser.
- Et les bracelets avec ?
« - Oui, maître. Je suis vraiment désolée, j’aurai dû me débarrasser de mon père avant d’ouvrir le dernier coffre… Je ne le pensais pas stupide au point d’essayer lui-même les bracelets.
- Alors tu l’as tué. Je ne sais pas si je dois te féliciter pour ça, ou te torturer pour avoir détruit les bracelets. »

Liv reste silencieuse. Elle avait été si près du but…

« Endoloris ! »

Elle tombe au sol, hurle, se débat. Après ce qui lui semble être une éternité, la douleur s’estompe progressivement.

« Qu’as-tu à me dire ?
- Je.. Le.. Mérite...
- Bien. Est-ce que je recommence ?
- N-Non.
- Non qui ?
- Non Maître… »

Liv ne peut plus réfléchir. Elle est prise au piège.

« Je pourrais t’enfermer jusqu’à la fin de tes jours.  Je pourrais te torturer jusqu’à ce que tu deviennes folle. Je pourrais te donner à manger aux Géants. Je pourrais te tuer. »

La dernière proposition semble finalement la plus douce. Mais le Seigneur des Ténèbres n’a pas l’air d’en avoir fini avec elle.

« Mais ce serait du gâchis. Je sais reconnaître un sorcier talentueux qu’en j’en croise un. La plupart de mes Mangemorts sont fidèles, mais manquent cruellement d’intelligence. Évidemment, personne ne pourra jamais rivaliser avec moi, mais certaines de tes connaissances de la magie nordique pourraient encore m’être utiles. Tu maîtrises l’art des runes aussi bien que ta baguette. Te garder captive dans ce manoir gaspillerait tes aptitudes. Et je déteste le gaspillage. »

Liv lève malgré elle un sourcil interrogateur, se demandant à quelle sauce elle allait finalement être mangée.

« Tu iras à Poudlard cette année. Mes serviteurs déployés là-bas cette année sont certes efficaces, mais ils ne seront là-bas que pour faire régner l’ordre et la peur. Je veux quelqu’un de plus jeune et plus subtil pour s’infiltrer dans l’esprit des jeunes sorciers. Fais-les douter les uns des autres. Repère les plus fragiles. Réserve un traitement de faveur aux plus prometteurs. Etouffe la moindre once de résistance. »

Elle prend conscience de ce qu’elle va devoir faire. Elle qui n’a jamais été à l’aise avec les relations humaines va maintenant devoir jouer avec. Et elle comprend également le risque qu’elle court. Si une résistance se forme, ce qui a de grandes chances d’arriver, elle sera tenue responsable. Une étrange expression traverse le visage du Seigneur des Ténèbres, comme s’il essayait de sourire. De toute évidence, il s’était à nouveau infiltré dans son esprit pour suivre le cours de ses pensées.

« C’est compris ? »

Un frisson parcourt son corps. Elle se sent prise au piège, mais en même temps… Elle n’a aucune autre perspective. Plus personne à décevoir. Et puis, il y a quand même cette petite étincelle au fond d’elle. Celle de jouer un rôle dans une cause, d’être reconnue pour ses capacités.

« Oui, Maître. »

De toute façon, elle n’a plus rien à perdre.


_________

Et maintenant, Liv comprend comment elle en est arrivée là. Une mère trop jeune et maladroite, une répartition dans une maison qui développait son intelligence en dépit de ses relations, une tentative d’aide d’un grand sorcier balayée par le désir de rencontrer son père… Elle s’est retrouvée prise au piège de ses capacités. Son intelligence et son habileté servent maintenant une cause qui n’était pas réellement la sienne.

Et c’est pour ça que tous ces souvenirs, qui flottent maintenant ensemble dans la Pensine, sont pour la plupart cachés. Parce qu’ils font d’elle ce qu’elle est, dans ses faiblesses et ses défauts. Mais elle ne peut pas se permettre que quelqu’un s’en rende compte. Et surtout pas elle. C’est plus facile sans tout ça. Alors un à un, les souvenirs reprennent leur place dans les fioles. Les deux restant s’envolent et se dissipent vers ses tempes.

Elle range la boîte au fond d’une armoire, derrière une pile de vêtements. Elle remet les mandarines éparpillées sur la table dans la Pensine, reléguée en simple corbeille à fruit. Elle sort un petit flacon d’encre de Chine et une aiguille. Précautionneusement, elle trempe l’aiguille dans le flacon, puis l’enfonce d’à peine deux millimètres sur la face médiale de son poignet droit. Elle recommence jusqu’à former une ligne. Puis une autre, parallèle. Et pour finir, deux traits les reliant et formant une croix.

Elle range la fiole et l’aiguille avant de prendre une grande inspiration. Elle place sa baguette près de sa tête et extrait un souvenir, contenant les soixante minutes qu’elle vient de passer. Mais au lieu de le placer dans une fiole, elle le laisse flotter devant elle. Pendant quelques secondes, elle est comme hypnotisée par cette brume argentée. Et puis, d’un coup, sa baguette fend l’air et le souvenir se dissipe dans l’air aussi vite que dans son esprit.

Elle a 22 ans. Elle est stagiaire à Poudlard, en tant qu’apprentie professeure. Elle a toujours été brillante, mais jamais personne ne lui a dit qu’il était fier d’elle. Sauf son père, une sorte de gentil ermite mais n’ayant jamais cherché à établir de lien avec elle avant qu’elle ne vienne frapper à sa porte. Il est mort bêtement, en pensant être plus fort que le Seigneur des Ténèbres. Suite à l’échec de sa mission, elle s’est soumise au Seigneur des Ténèbres pour l’aider dans sa cause. Au fond d’elle, elle n’est pas hostile aux moldus, même si sa seule expérience avec eux est l’un des traumatismes de son enfance. Mais le clan des Ténèbres est sa seule famille, le seul endroit où elle se sent acceptée.

Elle joue bien son rôle. Les élèves l’apprécient. Elle est stricte, mais intéressante. Et puis elle est jeune et semble comprendre et s’intéresser à ses élèves. Parfois, elle lance des piques sur le régime actuel de Poudlard. Subtilement, elle analyse chaque élève à la recherche d’une faille à exploiter. Elle possède un énorme carnet, protégé par des sortilèges, contenant toutes les informations qu’elle récolte. Etrangement, elle se sent enfin à sa place. Utile.

Mais elle remarque l’encre fraîche sur sa peau. Le nouveau symbole est identique aux autres, qui se suivent jusqu’à faire un quart du tour de son poignet.  Pour la plupart des personnes, ce ne sont que des traits. Mais Liv sait qu’il s’agit de la rune Daeg -   : rune de l’aube, symbole du nouveau jour, d’une nouvelle vie. Mais ses runes sont toutes renversées. Contente-toi de ce que tu fais. Un jour, elle espère pouvoir graver sur sa peau cette rune dans le bon sens.

_________





Dernière édition par Liv Alvadóttir le Jeu 12 Juil 2018 - 20:07, édité 3 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
PERSONNEL DE POUDLARDBibliothécaireModo tentaculaire
    PERSONNEL DE POUDLARD
    Bibliothécaire
    Modo tentaculaire
AVATAR : James McAvoy
MESSAGES : 746

INFOS PERSONNAGE
SITUATION AMOUREUSE SITUATION AMOUREUSE: Pas vraiment seul, mais presque.
DATE & LIEU DE NAISSANCE DATE & LIEU DE NAISSANCE: 10 Août 1964
SANG SANG: mêlé
MessageSujet: Re: Liv │╳│ Northern lights, inner shadows Sam 7 Juil 2018 - 14:52

Oy !

Ta fiche semble ne manquer de rien et va donc passer en discussion, on reviendra vers toi aussi vite que possible

_________________

rita phunk
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
PERSONNEL DE POUDLARDBibliothécaireModo tentaculaire
    PERSONNEL DE POUDLARD
    Bibliothécaire
    Modo tentaculaire
AVATAR : James McAvoy
MESSAGES : 746

INFOS PERSONNAGE
SITUATION AMOUREUSE SITUATION AMOUREUSE: Pas vraiment seul, mais presque.
DATE & LIEU DE NAISSANCE DATE & LIEU DE NAISSANCE: 10 Août 1964
SANG SANG: mêlé
MessageSujet: Re: Liv │╳│ Northern lights, inner shadows Lun 9 Juil 2018 - 9:29

Salut Liv,

Je reviens vers toi avec une réticence quant à la dernière partie de ton récit.
La façon et les raisons pour lesquelles Liv reçoit la marque des ténèbres nous paraît un peu faible. Nous doutons que Voldemort consente à agrandir son cercle rapproché de personnes qui obéissent que parce qu’elles y sont contraintes. De plus, Liv a raté sa mission et est revenue auprès de Voldemort presque par défaut, que parce que son père est mort. La fidélité par la peur est un argument trop incertain : la marque n’empêche personne de retourner sa veste au dernier moment ou de jouer un double jeu, comme nous l’aura déjà prouvé Rogue, et Cassidy en son temps. Dans cette perspective, la marque n’est pas tant un moyen de contrainte qu’une façon de s’assurer une proximité, une récompense pour la fidélité de pouvoir participer au cœur des évènements.

Suite à cela, nous te proposons deux options pour ton histoire :
-> Tu peux modifier ta fiche de sorte à ce que le dernier entretient avec Voldemort aboutisse à une proposition pour faire ses preuves ? Elle a échoué certes, mais ce serait du gâchis de simplement la renvoyer et une chance lui est laissée à l’avenir pour se montrer digne de la marque, laissant à la fin de cette fiche une Mangemort en devenir et non pas une Mangemort avérée. Cette option te laisse avec de plus amples options de jeu en RP dès le départ, puisque ton but sera de te montrer à la hauteur – ou pas.
-> Tu peux également modifier ta fiche de sorte à rajouter une seconde mission, confiée par Voldemort, pour que Liv puisse faire ses preuves. Ou en tout cas, un épisode supplémentaire où après une recommandation de quelqu’un d’important et/ou une autre mission, Liv aura manifesté suffisamment de loyauté et fait assez de sacrifices pour mériter la marque dans un contexte spécifique.

En espérant que ces propositions te conviennent ! Si tu as un autre consensus, n’hésite pas à nous en faire part.
D’ici là, bonne rédaction !

_________________

rita phunk
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
    P'tit nouveau
AVATAR : Katherine Langford
MESSAGES : 2
MessageSujet: Re: Liv │╳│ Northern lights, inner shadows Jeu 12 Juil 2018 - 20:08

Salut Octave,

Ça m'a pris quelques jours de réflexion, mais j'ai finalement tiré parti de votre première option pour évoluer vers autre chose (en fait, votre idée de double jeu m'a inspirée mais à l'envers, j'ai donc mélangé ça à l'une des options).
J'ai donc modifié le dernier souvenir et rajouté un paragraphe à la fin (l'avant-dernier) pour un peu mieux expliquer cela.

S'il y a encore quelque chose à changer, n'hésitez pas à revenir vers moi ! (Par MP de préférence, je trouve ça plus propice à la discussion )

Merci
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
PERSONNEL DE POUDLARDBibliothécaireModo tentaculaire
    PERSONNEL DE POUDLARD
    Bibliothécaire
    Modo tentaculaire
AVATAR : James McAvoy
MESSAGES : 746

INFOS PERSONNAGE
SITUATION AMOUREUSE SITUATION AMOUREUSE: Pas vraiment seul, mais presque.
DATE & LIEU DE NAISSANCE DATE & LIEU DE NAISSANCE: 10 Août 1964
SANG SANG: mêlé
MessageSujet: Re: Liv │╳│ Northern lights, inner shadows Hier à 15:39

Salut Liv,

Merci pour les modifications, on reviendra vers toi avec notre décision dès que possible

_________________

rita phunk
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Contenu sponsorisé
MessageSujet: Re: Liv │╳│ Northern lights, inner shadows

Revenir en haut Aller en bas

Liv │╳│ Northern lights, inner shadows

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut

Sujets similaires

-
» There are no Lights without Shadows» Isolation │Désespoir de la Louve│» Friday Night Lights ~ Partneariat» Tout le monde rêve d'avoir un apprenti ou un mentor │ . Pv Zenouu' ♥ [FINI]» eyleen ceallacháin ; half in the shadows, half burned in flames
Page 1 sur 1
Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
 :: ACCUEIL :: Présentations :: Présentations adultes-