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13 Décembre 1997 Quand on parle du loup... [Oliver]

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NUNCABOUC6ème année
    NUNCABOUC
    6ème année
AVATAR : Ellen Page
MESSAGES : 16

INFOS PERSONNAGE
SITUATION AMOUREUSE SITUATION AMOUREUSE: Célibataire
DATE & LIEU DE NAISSANCE DATE & LIEU DE NAISSANCE:
SANG SANG: mêlé
MessageSujet: 13 Décembre 1997 Quand on parle du loup... [Oliver] Sam 19 Mai 2018 - 18:47

Affalée sur sa table, Avril n'écoutait rien au cours de métamorphose. Elle était plus pâle que jamais, sa respiration était haletante. Elle ne savait pas si son cœur battait trop vite à cause de la peur ou de la fièvre et son uniforme était maculé de sueur, ce que ses camarades avaient remarqué si l'on en croyait l'écart considérable qu'ils avaient pris avec elle. Certains juraient même qu'elle sentait le chien mouillé. C'était sans doute vrai, à vrai dire elle portait le même uniforme depuis un certain temps,Avril n'avait plus la force de laver son linge. Pourtant malgré sa tenue déplorable et son attitude plus que passive la sévère McGonagall ne lui avait fait aucune remontrance. La brune avait même cru voir de la pitié dans son regard, la même pitié qu'il y avait dans le regard de ses camarades. Cela faisait longtemps que son secret n'en était plus un et que personne n'ignorait ce qui arriverait à l'adolescente dans quelques heures et c'était devenu officiel avec son placement chez les pestiférés. Elle pouvait sentir le malaise que ses camarades cachaient maladroitement quand ils la voyaient comme ça. Jusqu'à l'année dernière l'ancienne blairelle bénéficiait d'un suivi médical rigoureux et se présenter en cours dans un état pareil l'aurait envoyé directement à l'infirmerie. Avril aurait eut droit aux remontrances habituelles de Pomfresh puis elle l'aurait examinée avant de lui donner une énième potion contre la fièvre et de la forcer à se mettre au lit. Maintenant on lui avait interdit tous les soins de conforts, heureusement grâce à Lina elle pouvait prendre de la potion Tue-Loup. Un rapide regard à sa montre lui indiqua d'ailleurs qu'il était temps pour elle de prendre sa dernière dose, la pleine lune aurait lieu dans une heure.

Elle lança un rapide regard à l'enseignante, celle ci avait le dos tourné pour écrire au tableau. Alors, rapidement elle sortit une flasque de sa poche et but une longue gorgée de potion. Avril fut prise d'un violent haut le cœur. Jamais elle ne s'habituerait au goût atroce du breuvage, autour d'elle la pièce tournait légèrement. C'était encore un effet secondaire sympathique de la Potion. On pouvait en plus ajouter à la liste des effets secondaires une tendance à la somnolence. Vaincue par la fatigue, la louve plaça la tête dans ses bras, elle aurait souhaité s'endormir et ne plus se réveiller. Pourtant, quelques minutes plus tard, elle fut réveillée par le bruit d'une classe se levant comme un seul homme. Le cours était il enfin fini se demandait elle ? Un coup de coude d'une Nuncabouc lui fit relever la tête, mais il était déjà trop tard et un maléfice lui signifia la présence d'Alecto Carrow. Elle ressentit ce qui s'apparentait à un vif choc électrique et plia en deux de douleur, le souffle coupé, les larmes aux yeux. Par un effort surhumain elle parvint à ne pas rendre le contenu de son déjeuner. Vomir maintenant c'était perdre tout le bénéfice de la potion et elle ne le supporterait pas.

-La louve avec moi ! Maintenant! Hurla presque Carrow.

Tous ses camarades la regardaient désormais, sans doute soulagés de ne pas être à sa place. Les mains tremblantes, Avril commença à ranger ses affaires, une gifle sèche lui fit comprendre qu'elle n'avait pas de temps à perdre. Elle abandonna ses affaires de métamorphose et se contenta de jeter son sac sur son épaule. La traversée du château fut une épreuve, la Mangemort la traînait littéralement par le bras, elle marchait trop vite pour que quelqu'un dans l'état d'Avril puisse la suivre, l'adolescente respirait laborieusement, une douleur sourde battait dans sa poitrine. Elle ne ferait qu'augmenter jusqu'à la métamorphose. Finalement elles rejoignirent enfin les cachots. Avant les métamorphoses de la Nuncabouc avaient lieu dans le Cabane Hurlante mais ce n'était plus possible maintenant que tous les passages secrets étaient condamnés, on l'enfermait donc dans une cellule spécialement renforcée pour l'occasion.

Sa tortionnaire la jeta purement et simplement dans la pièce et ferma la porte à clé. Désormais, la douleur atteignait ses membres, la métamorphose était proche. Les joues brûlantes, Avril regarda la Mangemort qui lui faisait face. Elle restait plantée là avec un petit sourire en coin.
-Dépêche toi! On a pas toute la journée!
La première fois, la brune avait osé lui demandé de se retourner pour qu'elle se déshabille, ce qui lui avait valu une séance de Doloris immédiate. Ce n'était qu'un prétexte pour une tentative d'évasion avait hurlé la Mangemort. L'adolescente sentit ses jambes vaciller sous son poids, bientôt elles ne la porteraient plus et elle n'aurait plus le loisir de se demander s'il ne valait pas mieux sacrifier un uniforme plutôt que de s'imposer ce genre d'humiliation. Avril tenta de se redonner une contenance en se disant qu'elle aurait moins de quoi se rhabiller le lendemain. Le regard d'Alecto la scrutait toujours avec un mélange de dégoût et de plaisir. A vrai dire louve ne pensait pas que son corps était spécialement désirable pour Alecto. Non, la Mangemort jubilait plutôt face à la vulnérabilité d'Avril et à l'humiliation qu'elle ressentait. Une nouvelle vague de douleur submerga la jeune fille, elle dut s'asseoir par terre. Elle prit une grande inspiration et se retourna tant bien que mal. Elle retira laborieusement sa veste et son pull, dénouer sa cravate fut difficile. Retirer chaque vêtement la mettait en colère, c'était un pas de plus vers l'animalité et rien ne la rendait plus folle de rage que de savoir qu'une sadique prenait son pied derrière. Mais il lui fallut retirer rapidement sa chemise, sa jupe, ses collants, ses chaussures et ses sous vêtements. Il était trop difficile d'avoir du linge propre à Nuncabouc pour qu'elle en sacrifie comme ça. Elle constata avec effroi que c'était moins difficile qu'avant, les mois passés dans ce dortoir humide lui avait fait abandonner toute pudeur. Avant de se rouler en boule elle mit tous ses vêtements dans son sac et le fit passer à travers les barreaux. Elle tentait de faire bonne figure mais ses yeux se remplirent de larmes quand elle entendit le bruit désormais familier des chaines en argents qui la maintiendraient prisonnière toute la nuit. Alecto se baissa pour faire face à l'adolescente roulée en boule, elle sentait désormais son souffle fétide sur son visage, d'un geste autoritaire la Mangemort lui attrapa les cheveux pour lui passer une première sangle autour du cou. Puis elle enchaîna aussi sa cheville et sa main droite. Le contact de l'argent sur sa peau nue la brûlait, Avril en garderait les marques pendant plusieurs jours. De tous les aspects de son nouveau traitement c'est sans doute le plus dégradant, se retrouver attachée comme un vulgaire animal rien ne pouvait être plus humiliant, alors que la main d'Alecto courait sur son cou pour vérifier la sangle, Avril sentit la salive lui monter à la bouche, elle sentit pour la première fois l'urgence de planter ses dents dans de la chaire humaine. Après tout elle n'était plus très loin de l'animalité et à l'aube de la métamorphose elle aurait la force de lui arracher la main pensait elle... Mais Alecto s'éloigna et contempla sa prisonnière d'un air satisfait.

-Bon chien... Si ça ne tenait qu'à moi Carter, tu ne sortirais jamais de ce cachot, ceux de ton espèce ne devraient même pas être autorisé à fréquenter les sorciers. On devrait vous mettre dans une cage pleine de sangs de bourbes à chaque pleine lune, au moins vous vous rendriez utile...

Tremblante, Avril ne répondit rien,  les cicatrices que lui avait laissé celui qui avait d'elle une louve palpitaient dangereusement. La bête allait bientôt reprendre ses droits. La douleur se fit insupportable, il lui sembla que sa tête explosait. Elle fut prise de convulsion et  hurla en sentant ses os craquer, de la colonne vertébrale jusqu'aux orteils, des poils poussèrent partout sur son corps, ses ongles et ses dents s'allongèrent pour devenir des armes mortelles, ses yeux devinrent jaunes. La Bête était de retour. Désormais le monde lui apparaissait différemment, des dizaines d'odeurs agressèrent ses sens. Face à l'humaine qui la regardait la louve poussa un long hurlement et montra les dents, la louve sentait que cette humaine là était mauvaise, la louve tenta de se jeter sur elle, mais les chaines l'empêchaient de respirer si elle avançait trop et elle n'atteignait de toute façon pas la porte. Puis la bête eut l'impression que son corps explosait. Alecto aimait bien s'amuser avec les animaux, cela lui rappelait son enfance, avant qu'on lui donne des proies humaines. Voir un monstre se convulser sur le sol comme un pantin et vomir la faisait rire, même si le doloris marchait beaucoup moins bien avec les loups garous, naturellement fait pour résister aux attaques de sorciers. La Mangemort ne resterait pas longtemps, la seule chose qui pouvait après tout faire réellement du mal à cette bête était de l'argent et la tuer n'était pas une option, ce n'était donc pas très amusant, aussi elle s’éclipsa rapidement, à la recherche de nouveaux humains à torturer.

Enfin seule, la louve put se rouler en boule dans le cachot, elle rêvait de sortir de chasser, de sentir le vent dans son pelage, de planter enfin ses crocs dans la chaire tendre d'un animal apeuré comme n'importe quel loup. Encore une fois, la nuit fut longue, la louve tournait en rond dans la minuscule cellule, tentant de ne pas se blesser avec les chaines, en espérant que l'humaine terrifiante ne revienne pas. La bête était évidemment assez calme grâce à la potion sans quoi elle aurait sans doute réveillé tout le château. Alors en sentant une nouvelle odeur, elle n'osa pas s'approcher, un petit humain se tenait face à elle et aboya vaguement, il lui évoquait vaguement quelque chose, mais incapable de mobiliser ses souvenirs humains la bête ne pouvait pas l'identifier. Puis le soleil se leva, les hurlements de souffrance de la louve retentirent, accompagnés du même concert de craquement sinistres et de convulsions.

Quand Avril revint à elle, toujours nue, son corps maigre et couvert de contusions gisait au milieu de sa cellule, elle sentit l'habituelle fatigue post métamorphose s'abattre sur elle. Comme à chaque fois tout son corps lui faisait mal et il lui faudrait un certain temps avant qu'elle ne soit capable de se rhabiller seule et de rejoindre son dortoir. Une vague de colère et de honte la submergea quand elle sentit la chaines qui l'entravaient. Son cou lui faisait particulièrement mal et elle déglutissait difficilement. Elle avait froid et maudissait les Carrow prenaient toujours un malin plaisir à la laisser poireauter dans sa cellule un certain temps. Elle était à peine consciente si bien qu'elle entendit à peine le cri suraigu d'un petit garçon...

_________________


Dernière édition par Avril L. Carter le Jeu 7 Juin 2018 - 23:05, édité 1 fois
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POUFSOUFFLE1ère année
    POUFSOUFFLE
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AVATAR : Chris Pritchard
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SITUATION AMOUREUSE SITUATION AMOUREUSE: Étranges troubles gastriques lorsque la perspective est envisagée.
DATE & LIEU DE NAISSANCE DATE & LIEU DE NAISSANCE: 29 Août 1986, à Millisle en Irlande du Nord.
SANG SANG: mêlé
MessageSujet: Re: 13 Décembre 1997 Quand on parle du loup... [Oliver] Mar 5 Juin 2018 - 13:32

Enseveli sous son monticule de couvertures en patchwork, Oliver tentait vainement d’occulter les premières lueurs du jour perçant au travers des sphères vitrées, pour se démunir d’un réveil brutalisé. L’hiver se prévalait toujours de cette lumière blafarde et agressive pour les yeux, forçant cette ponctualité qu’Oliver détestait. Bien qu’en circonstances atténuantes, la racine de ses maux soit pleinement dissimulée sous son sommeil de plomb coutumier, sa cécité le rendait fragile quant aux sources de clarté qui l’affublaient. La lumière brûlait ses rétines, affermissant sa lésion, sans jamais parvenir à s’en acquitter. Aussi, sa pire ennemie révélait-elle des nuits agitées par les cauchemars, dépeignant la scène morbide par laquelle Alecto Carrow lui eût confisqué une partie de sa vue -qu’il n’aurait jamais cru si précieuse jusqu’à ce jour. Accablé par la peur que lui prêtaient ses visions teintées d’horreur, Oliver se trouvait dépourvu des bras de Morphée se refusant à la crainte de ses tourments. La fréquence de ses insomnies épuisait ses maigres ressources, si bien que la première escarmouche stimulait son irascibilité.

Il poussa un grognement mécontent, avant d’émerger un bras intrépide au froid mordant qui le consuma, pour couvrir la fenêtre du rideau d’un geste sec. Oliver refusait d’assumer la honte que lui proférait son handicap. Ainsi, il se résigna à couler sous le flot de chaleur diffuse qui l’embrumait comme d’une lotion soporifique. Tandis qu’il pataugeait dans les pans de tissus délié du matelas, a mesure qu’il cherchait une position adéquate pour s’endormir, il trouva finalement qu’il y fit trop chaud. Sitôt un pied à découvert pour réguler sa température corporelle, il regretta immédiatement son geste, avant de réitérer plusieurs fois les mêmes manœuvres, sans plus de succès. Quel calvaire ! Habituellement, Morphée n’était guère si farouche au désir de sommeil à grappiller. Finalement, il concéda à énumérer les mille et une façons de s’endormir rapidement. Et une belle palette d’immondices s’offrait déjà à lui, moldues pour la plupart. Compter les moutons ? Non ; sa fâcheuse mémoire lui faisait toujours défaut, et finissait par avoir raison de lui. Dépeindre un environnement idyllique ? Étrangement, le faciès d’Alecto vînt rapidement obscurcir en circonstances, l’ensemble de ses bons procédés. Lire un bon livre ? Malgré les accents soporifiques de cette activité, Oliver n’en resta pas plus attiré pour une Noise. Il n’appréciait que les histoires lues par sa mère, faute de ne jamais parvenir à s’immerger complètement lui-même.

Finalement, il pivota une énième fois, et la réponse à ses tracas apparut d’elle-même, comme empruntée d’une magie soudaine, sur sa table de chevet. L’annihilateur de Cauchemar ! Comment avait-il pu échapper à son attention ? S’était-il seulement attribué cette place dernièrement ? Ou bien pâtissait-il de sa fatigue jusqu’à fabuler une apparition soudaine ? Certainement. Devait-il seulement s’accorder le droit de s’abreuver de la lotion ? En effet, cette dernière était le fruit de son premier et désastreux cours de potion. Tandis qu’il laissait guider ses doigts sur la fiole, son esprit vagabonda au gré de ses souvenirs. Shafiq s’était empressée de prêter leur décoction à leur professeur, et échappé à sa méfiance Oliver s’était octroyé son moindre pécule. L’enfant n’avait jamais connu pareille aventure, si ce n’était les délires vengeurs de Lindsay. Ici, la Serpentard et lui avait conclu d’un commun accord, le partage équitable de la potion sous diverses machinations du vol à l’étalage. Appâté par la proposition alléchante d’une nuit dénuée d’amertume, Oliver s’était empressé d’accepter les modalités sans équité d’Andrée. Selon ses règles établies, le garçonnet n’acquerait que d’un moindre quart du breuvage. Certes, l’injustice prônait. Or, Andrée eût omis que son esclave potentiel laissait planer tout le bénéfice qu’offrait l’opportunité de piocher une dose suffisante, pour sa personne. Ainsi, sitôt le professeur à leur table, la lotion se maintenait à l’abri des regards, au tréfonds du sac d’Oliver, tandis que le groupe se fourvoyait du poison qu’ils venaient d’avaler. Seulement, sa potion était-elle réussie ? Témoin de sa latence, Oliver hésita quelques secondes avant de juger sage de partager son aubaine, avec son acolyte éphémère.

- Oliver ? Qu’est-ce que tu fais ? Demanda la voix ensommeillée de Robin, tandis qu’il se frottait énergiquement les yeux.
- Oh…euh…rien, rendors-toi, parvint-il à articuler, successivement surpris mais craintif que leur conciliabule ne trouble le sommeil -qu’il enviait- du reste de ses camarades. Il n’était guère désireux que ces derniers ne se confondent en question indiscrète pour justifier sa fuite, à l’aube de la sortie du dortoir. Quand bien même ils s’en désintéressaient complètement, Oliver voulait la paix.    
- Et tu comptes sortir en chaussettes, et en pantalon de pyjama ? émit-il avec  diplomatie, un rictus amusé étirant ses lèvres.

Fort de ce constat, Oliver entendait déjà Lindsay déchanter sur sa stupidité.

***

Sa respiration se condensait sous diverses volutes humides, dominée par le joug de la fraicheur ambiante. Rétractant ses maigres épaules jusqu’au-dessus de ses oreilles, tandis qu’il croisa fermement ses bras sur son vêtement pour tendre à un semblant de chaleur, Oliver regrettait déjà d’avoir troqué sa robe contre une chemise légère. Contrairement aux chambrées, les couloirs n’étaient pas chauffés, et il hésitait presque à la retrouver pour se laisser bercer la respiration sifflante des ses comparses, encore endormis. Ici, la brise glacée agressait ses yeux, mutilait ses joues empourprées par son effet revigorant, et des engelures gantaient ses phalanges.  Or, il s’achemina jusqu’au détour d’un dédale de couloir, dont le parement dallé poursuivait ses courbes obséquieuses comme les écailles d’un crocodile en chasse. L’isolation précaire dont se prévalait le monticule de briques que créait les arches accolées aux murs, donnait cette ambiance particulière qu’Oliver ne sût interpréter. Mêlant ainsi de pair les fenêtres couturés de cicatrices, la bâtisse révélait les travers de l’âge, à l’instar d’un lieu religieux épris du silence convenu. Le garçonnet resserra son étreinte sur sa caracolasse, nourrissant un espoir infime d’occulter la peur qui l’enserrait. Coutumier des promenades chancelantes sur ces routes empierré, Oliver s’était repéré sur chacun de ses murs, de la matière qui les composaient, de leurs défauts d’emplacement, du secret artisanal qui les rendaient mystiques. Or, il n’osait s’en approcher, tandis qu’il s’enfonçait dans l’obscurité. Bien que ses détours n’attisassent aucune douleur à sa cécité, la clarté demeurait toujours source de réconfort, pour lui. Désormais, il ne pouvait plus reculer, bien que son instinct hurlât à ses jambes tremblantes de rembobiner ses déplacements.

Son essoufflement rythmait sa cadence. Partisan des grasses matinées, aux réveils prolongées, Oliver n’appréciait guère le décor obstrué de bruits et éléments insolites, qu’il occultait en journée. Pourdlard la nuit, c’était effrayant quand bien même l’astre solaire commençait à émerger. Notant intérieurement de ne pas réitérer, un couinement vînt l’extirper de sa torpeur. Sa silhouette devînt statuette, les bras défiant les lois de la gravité. Seuls ses yeux arpentèrent les murs avec une folie s’éprenant de nervosité, et ses sens en alerte s’informaient déjà d’un potentiel danger. Toutefois, seuls le silence aux allures macabre et le froid vînt cueillir ses fabulations. Tu délires mon vieux. renchérit cette petite voix, qui accompagnait toujours ses pensées.

Second couinement. Tu vois bien que je ne suis pas fou !  

Etait-ce Rusard ? Question stupide ; les jérémiades qui eurent suivies n’avaient rien d’humain. Aussi, peut-être n’était-il guère encore sorti de son lit, à cette heure si matinale ? Finalement, Oliver se fia à son ouïe, sens exalté par le manquement de sa vue. Les couinements répétitifs parvenaient par-delà la pénombre d’un des cachots qu’il traversait. Par l’encolure de l’assombrissement matérialisé par le faisceau de lumière, une silhouette poilue se laissait deviner sous diverses convulsions. Qu’était-ce ? Un Loup ? Un chien ? Un Chien-Loup ? Qu’importe, la bête semblait en souffrance et Oliver ne savait comment réagir, si ce n’était que par une expression suspicieuse quant à la présence de l’animal, entre ses barreaux.  Sa mère lui avait toujours consigné de ne jamais approcher un animal inconnu, quelque soit son degré de vulnérabilité face à l’homme. Fidèle à la règle, l’enfant demeura prostré contre le mur après quelques réticences de ses muscles, et retrouva avec un certain soulagement le granit que taillait la pierre, sous ses doigts. Il était à Poudlard, tout allait bien. Or, la bête continuait à convulser sous ses yeux qui ne cessaient de s’agrandir sous la stupeur. Ses flancs s’abaissaient à rythme qu’il n’aurait cru possible qu’au détriment d’un marathon. La bête arracha un gémissement pitoyable à faire plaindre un détraqueur, sous une ultime contorsion. Son cœur tambourinait dangereusement dans sa poitrine, comme si chaque battement l’eût alourdie d’un poids évanoui. La douleur du Loup l’affectait plus que de nécessaire, et il se sentait déjà choir dans les mandragores. En effet, la souffrance des animaux n’était jamais simulée, contrairement au délire des humains. A l’évidence, le supplice était d’autant plus réel.

Frappé d’effroi, Oliver entrelaça ses doigts entre eux, jusqu’à les mener sur son battant meurtri, comme pour lier le geste au ressenti. Plaindre la bête n’était la seule contribution qu’il pu apporter, et nourrissait l’espoir qu’elle suffirait à apaiser sa torture momentanée. Une énième déglutition plus tard, et la  transformation s’élança ; visiblement les hurlements de désespoirs proférés par le loup n’étaient guère anodins. Oliver eût soudain l’impression que sa nervosité eût raison de lui, à défaut d’être corporellement humecté de transpiration. Sans parvenir à calmer son souffle d’autant plus malmené par sa torpeur, il demeura les prunelles fixées sur la victime meurtrie d’un sort, qu’il ne parvenait à saisir. Ses membres tressaillaient, notamment ses articulations qui s’allongèrent d’une douceur presque latente à la douleur qu’elle exprimait. Qu’était-ce désormais ? Sans autre forme de procès, le garçon préféra ne pas décrire la masse informe étalée sous ses mirettes apeurées, en proie à de farouches fabulations. Oliver tenta à moindre coup d’oublier son témoignage épris de désolation. Seulement, il oscillait entre la frayeur que lui réprouvait sa carcasse d’échancrée dont les membres dégoulinaient sur son pourtour, et rendre sourd ses gémissements pitoyables, mutilant sa sensibilité.

Son regard se porta presque immédiatement sur l’entièreté du monstre, par lequel il s’était transformé. Sa pilosité faciale et corporelle parcourut l’ensemble de son cartilage, pour commencer à se rétracter dans ses pores. Longue fourrure devint pigment indistinct, presque instantanément. Oliver souda ses mains à sa bouche, tandis qu’une série de hurlements étouffées tentaient d’en réchapper. Les tremblements compulsifs de ses jambes firent cogner ses genoux entre eux, si bien qu’il fût contraint de glisser le long du mur, pour s’assoir. Se retrouver en face de la bête. Aussi, une larme solitaire vint caresser le galbe de sa joue. Happé par la suite des évènements, Olive ne sût qu’observer ses oreilles détrôner de leur place, pour venir valser sur les côtés de son crâne, sitôt rétrécies. Son nez craquela, comme si on l’eut fendu, tandis qu’il se retroussait sur ses ossements. Un frisson parcourut son échine quant à ce son détestable. Son crâne exempt de pilosité, se retrouvait nue, couvert d’une peau élastique, qui s’épaissit à mesure que le visage prit forme humaine. Seule une paire d’yeux attristés demeuraient. Le faciès enveloppé d’une masse de cheveux bruns emmêlés, s’octroyait deux joues rebondies couturés de cicatrices à la naissance de ses lèvres, encore éprises de salive. Finalement, ses yeux s’allongèrent sur son orbite, pour reprendre une pointure en amande naturelle, bien que dénuée d’expression. Durant cette épreuve, le squelette s’était équilibré, et Oliver lâcha un long soupir de soulagement, qui mit fin à son supplice. Désormais, tout était bien.

Seulement, un léger détail sembla avoir échapper à la contemplation qu’il lui portait. En effet, plus qu’un humain, le corps inerte gisant à ses pieds était une femme. Et il n’était aucunement question qu’il s’explique sur l’art et la manière qu’il l’eût remarqué. Faute de justification qu’il ne put lui-même se porter, il préféra imiter successivement le rejet d’un trouble gastrique, au détour d’un cri d’autant plus féminin, qu’il le poursuivit tout au long de sa course jusque son dortoir.

***

Oliver s’écroula depuis la fente qu’offrait l’ouverture de son dortoir. Massant son crâne endolori par sa chute, il constata avec une pointe d’amertume que son manque de discrétion eût raison de l’éveil prématuré de ses camarades, le toisant avec intérêt. Sans y accorder l’attention désirée, Oliver se releva avec difficulté, bien que secondé par la solidarité de Robin et William. Venait-il réellement d’éprouver émotionnellement la transformation d’un loup en humain ? Il n’aurait jamais cru ça possible, s’il ne l’avait pas vécu. Il ne pouvait décrire cette expérience que par l’horreur tiraillant ses traits. L’air mutin accolé au visage, il glissa un regard désemparé à l’insu de ses camarades, qui le lui rendirent sous deux paires d’yeux incrédules, et comparable aux merlans frits. Bien qu’en proie au traumatisme, le garçonnet n’osait leur évoquer sa mésaventure, craignant d’évoquer son souvenir et de manquer de discernement quant à ce dernier. Aussi, son esprit embrumé par la série d’émotion dont il fût affublé, ne parviendrait guère à supporter leurs commentaires avides et d’autant plus excité. Plus que tout, Oliver désirait la paix.

- Qu’est-ce qu’il t’arrive Oli’ ? On dirait que tu viens de vivre la pire expérience de ta vie ! fit remarquer William avec cette perspicacité qui le caractérisait.  
- Oui, je t’ai vu partir tôt ce matin, renchérit Robin à sa suite, Mme Pomfresh voulait-elle te donner un autre traitement ?Sa petite voix fluette lui parvînt tout juste à ses oreilles. Comme s'il paraissait prédisposé à polémiquer sur la pratique des soins douteux de l'infirmière !  
- Elle était toute nue, murmura-t-il, occultant à outrance l’inquiétude de ses amis. Et si quelqu’un d’autre la voit ? Elle devait avoir sacrément froid ! Vite, il faut que je me dépêche !
- Mais enfin Oliver, qu’est-ce que tu racontes ?

Comme une automate, Oliver détoura le monticule d’affaires délaissés par Tobias, après son coucher, contourna et ses propres affaires, pour rejoindre sa valise. Ses nerfs à vif, lui firent prendre son bagage à revers, et en déversa l’intégralité du contenu sur ses genoux. Dans son désordre, il s’y retrouvait. Il plongea ses mains dans le tas de vêtement jetés pêle-mêle, qu’il surplombait, sans être certain d’en sortir. Sitôt qu’il eût mêlé ses doigts au velours du tissus, il l’extirpa de sa prison pour en constater l’effet. Un long plaid gris souris parsemé de de coccinelles rouges drapait sa vue. Fort du constat de supercherie que lui eût apporté sa mère, en échangeant sa couverture avec celle de sa sœur, il jugea le drap prompt à être donné. Tant pis pour Lindsay, les absents ont toujours tort. Bien qu’à l’évidence, elle pâtissait désormais d’une lourde erreur de jugement.

Sans plus de cérémonie, Oliver fila aussi vite qu’il était rentré.

***

Oliver rasa le mur, qui poursuivait la continuité de la prison. Etait-elle encore présente ? Avait-elle droit à la libération, ou devait-elle pourrir aux tréfonds de sa cage, à jamais punie de son sort ? L’oreille aux aguets, il perçu une respiration sifflante qui lui approuva ses suspicions. Peut-être souffrait-elle encore de sa métamorphose ? Oliver espéra par la négative, car surmonté d’une flemme indéfectible, le jeune garçon se répugnait de la grotte parfumée à la naphtaline de l’infirmière, et tentait de réduire au mieux chacun de ses séjours. Seulement, éprise de son état, la jeune femme pouvait-elle attraper son dû ? Finalement, les yeux détournés de son anatomie, et la joue soudée aux briques glacées pour s’illustrer, Oliver passa un bras bringuebalant d’où pendouillait sa couverture, par-dessus les barreaux et jeta cette dernière sur sa carcasse. Faute de vision affirmée, Oliver aspira à ce que le chauffant ait atterri à une distance raisonnable, afin qu’elle puisse s’en acquitter.

- Est-ce que tu es totalement transformée, maintenant ? Demanda-t-il la voix tremblante de crainte. Car malgré sa sollicitude, il demeurait méfiant quant à elle. Et si elle parvenait à se transformer en louve à volonté ? Oliver n'avait aucune envie de réitérer la contribution à ce spectacle teinté d'horreur.[/color]

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13 Décembre 1997 Quand on parle du loup... [Oliver]

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