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[29 novembre 97] Bath bombs [Merina]

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GRYFFONDOR5ème annéePréfèteModo Cœur de Lion
    GRYFFONDOR
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MessageSujet: [29 novembre 97] Bath bombs [Merina] Lun 30 Avr 2018 - 17:20


Dès l’instant où elle toucha le pied par terre, Meredith chancela, et sa tête se mit à tourner. Elle était épuisée. Ses muscles avaient pompé dans des réserves insoupçonnées d’énergie qui, une fois vides, l’avaient laissée complètement ravagée. Ils avaient perdu. Avaient-ils réellement perdu ? Elle ne le croyait pas. Ils avaient dominé tout le match. Fait incroyable, elle avait arrêté chacun des tirs qui auraient pu entrer et donner un point à l’autre équipe. Ce n’est qu’en y jouant et en y perdant que Meredith se rendait compte à quel point le Quidditch pouvait être absurde. Car enfin, à leur niveau scolaire, il était presque impossible de marquer les 150 points donnés par le vif et permettant peut-être de le renverser. Autant organiser uniquement une course entre les attrapeurs pendant que les autres joueurs jouaient à hippogriffe perché, le résultat serait le même, en moins frustrant.

L’esprit rendu hagard par la fatigue, la lionne se rendait bien compte qu’elle n’y pensait plus clair, que ce n’était pas qu’une question de victoire, que le match avait été très bien joué et que l’enjeu véritable du sport résidait dans toutes ces belles valeurs et ce dépassement de soi … and yet, bullocks. Jimmy plus loin toucha à son tour le sol : sur son visage, on pouvait lire autant d’amertume que son propre épuisement laissait filtrer. Mais Jimmy était Jimmy, et il était certain que son discours de fin de match ne laisserait pas transparaître de trop sa déception. Il insisterait sur leur jeu, leurs buts, leurs gestes réussis. Quoi qu’il dise, une défaite restait une défaite.

Quand Gabriel se posa à ses côtés, Meredith lui tomba dans les bras, se moquant pas mal de la sueur et de la crasse qu’ils dégageaient tous deux. « Beau match Gab. », murmura-t-elle à son oreille. Elle lui serra le bras un court instant puis prit la direction du vestiaire, ignorant les hurlements de joie des Poufsouffles dans les tribunes et la joie de l’équipe adverse dont les membres commençaient déjà à se jeter les uns sur les autres. Tout en marchant aux côtés de son ami, elle se rendit compte à quel point l’euphorie ressentie en vol était fragile, et surtout à quel point la rechute était compliquée. Ils étaient de retour sur la terre ferme : la vie reprenait son cours. Héroïne d’une équipe et d’une maison pendant une heure, joueuse passionnée et affranchie tant que son cœur battait au rythme des vibrations de son balai … nul doute que personne n’avait oublié que ce match n’était qu’une trêve accordée au nom du sport. Et que la trêve était désormais finie.

Refusant de chercher du regard ses amis jaunes, elle réussit tout de même à trouver la force d’être contente pour eux : Amaryllis méritait réellement cette victoire pour son premier match de capitaine. Nolan s’était lui aussi battu comme un diable, il n’avait rien à envier à personne. Enfin, bien sûr, leur petite attrapeuse avait réussi l’exploit de saisir le vif : et juste pour ce geste qui était objectivement magnifique et culotté, et qui en plus avait délicieusement ridiculisé Schepper, elle lui tirait son chapeau.

Poussant la porte du vestiaire, elle s’effondra sur un banc, félicita chacun des membres de son équipe qui rentrait derrière elle, en particulier Michelle et Jimmy, leurs marqueurs et passeurs d’enfer, avant d’écouter à demi le discours du capitaine. Comme prévu, il débordait d’optimisme et d’encouragements. En un sens, cela la rassurait. Mais elle avait beau adorer le lion et son invincible sourire, elle n’avait en réalité qu’une seule envie : passer au moins une heure dans de l’eau propre et brûlante, au milieu du silence et de la mousse. Son capital de sang-froid avait été vampirisé par le match, et tous ces hurlements lui avaient donné un mal de crâne terrible. Sitôt qu’elle eut reposé son équipement à sa place et rangé soigneusement son balai, elle fit donc signe à Gabriel qu’elle préférait déserter discrètement avant qu’on lui propose, si improbable que cela puisse paraître, de prendre une douche dans les vestiaires avec ses camarades féminines. Elle préférait prendre les devants. Le grade de préfet, malgré tous ses inconvénients, avait au moins cela d’incomparable : sa salle de bain. Et elle comptait bien en profiter, aujourd’hui plus que jamais.

S’esquivant donc après s’en être excusée auprès de Michelle, qui comprendrait certainement son geste, elle remonta le chemin menant au château en vitesse. Ses genoux criaient au supplice, mais il fallait qu’elle se hâte pour éviter de rencontrer un maximum de personnes. Ce n’était pas comme si elle était très discrète dans sa robe de gardienne, crinière épaisse et désordonnée à cause du vent, visage rouge et jambes tremblantes.

Malgré ses efforts, elle croisa le chemin d’un certain nombre d’élèves qui rentraient au château comme elle après le match. Etrangement, personne ne lui dit rien, et la majorité s’abstint même de chuchoter ou de la dévisager à son passage. Comme si sa performance sur le terrain étendait la trêve jusqu’au soir. Enfin, les Poufsouffles avaient maintenant encore plus de raison de la chambrer en secret, mais ils avaient gagné, ce serait bien indigne de leur part. Quoi qu’elle ne doutait pas de la capacité d’indignité d’Andrews, il n’aurait certainement aucun problème de conscience avec ça. Et Merlin savait qu’il n’hésiterait pas à rappeler cette victoire à Gabriel dès que possible et aussi longtemps que possible. La lionne soupira, mais ne ralentit pas le rythme. Arrivée au bas de l’escalier, elle ôta ses chaussures pleines de boue et se dépêcha de gravir les marches jusqu’au cinquième étage. Saluant d’un air désolé la statue de Boris le Hagard, la jeune femme sentit un grand calme l’envahir dès qu’elle prononça le mot de passe, changé la veille.

« Aigue marine. »

Le bruit des cent robinets déversant ensemble leur eau parfumée dans le grand bassin emplit l’esprit de la jeune préfète, alors qu’elle se délestait de tout ce qu’elle portait avec délectation. L’uniforme de Quidditch, le sous-pull, la brassière soutenant le peu de poitrine qui voulait bien d’elle malgré ses écarts alimentaires, puis le pantalon coupe-vent, les bas et le shorty qui restait d’après elle la meilleure option parmi tous les sous-vêtements jamais coupés. Elle plia tout cela avec application et s’étira comme un chat, parfaitement à l’aise dans sa nudité puisque personne n’occupait les lieux.

Passant une main le long des maigres courbes de son corps, Meredith s’examina un instant dans le miroir alors que la mousse s’accumulait dans le grand bassin. Elle était très maigre, mais grâce aux bons soins de son meilleur ami, elle restait à peu près en bonne santé. Elle ne sautait plus systématiquement le repas du soir depuis que l’AD savait pour elle, et qu’elle avait reçu le soutien d’un certain nombre de membres. Son ventre était très plat, ses hanches un peu osseuses, ses côtes un peu apparentes … mais ses entraînements acharnés l’avaient poussée à se nourrir un peu plus pour compenser le développement inopiné des muscles de ses cuisses et de ses bras. Sa cicatrice au poignet, fine et blanche, restait assez visible mais elle n’en tirait aucune fierté. Ce corps la servait correctement, elle le respectait et n’avait aucune raison de le détester. Il avait beau encaisser difficilement l’effort soutenu du match, il n’avait pas failli. C’est dans cet esprit que la jeune lionne s’éloigna du miroir, calme, et détacha ses longs cheveux qui tombèrent en cascade sur ses épaules. Quand le niveau d’eau fut suffisamment haut, elle ferma tous les robinets d’un coup de baguette et entra lentement dans le bassin, marche après marche, savourant les sensations de l’eau brûlante et du silence, plus enivrantes que jamais. Elle s’immergea entièrement sous la mousse, se laissa quelques secondes d’apnée délicieuse, puis creva la surface très lentement. Plus aucune pensée insidieuse ne parasitait son esprit – elle était totalement seule, parfaitement détendue et incroyablement légère. Hors d'atteinte.

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MessageSujet: Re: [29 novembre 97] Bath bombs [Merina] Mer 2 Mai 2018 - 16:50





Elle n'en revenait pas. Ils avaient gagné. Un peu sonnée par la victoire – plus que déplorable – elle chercha le regard de sa capitaine, ou de n'importe qui d'autres capable de lui confirmer ce fait presque aberrant.  Puis elle vit les premiers sourires, les premiers éclats de joie. La moitié de l'équipe se jeta sur leur petite attrapeuse, l'héroïne du jour. Quelques pas plus tard, Lina se retrouva entourée de son équipe. Elle leva le bras pour taper dans la main de Nolan : ils étaient sûrement les pires poursuiveurs de l'histoire (aucun buts de marqué !), mais on pouvait au moins admirer leur ténacité. En se rendant aux vestiaires, la Préfète passa un bras autour des épaules de la petite Harmony. Elle était sincèrement ravie pour son équipe, même si a victoire n'avait pas été éclatante et heureuse que sa capitaine préférée puisse se targuer d'avoir gagné le tout premier match de l'année.  La sorcière s'installa un des bancs du vestiaire et écouta attentivement le résumé de jeu d'Amaryllis : l'épuisement et la joie se mêlant avec charme dans son discours. Ses mots étaient plutôt gais et entraînants, mais elle nota également les prochains points sur lesquels l'équipe devrait travailler aux prochains entraînements, ce qui fit grimacer Lina. Même si elle appréciait le Quidditch et qu'elle trouvait ça bien de se dépenser, ce n'était pas vraiment une sportive. Puis leur capitaine leur adressa le clap final et Lina se leva, bien décidée à s'accorder une petite fantaisie ? Les douches du vestiaire ? Très peu pour elle depuis qu'elle avait accès à cette pièce fabuleuse : la salle de bain des préfets. Elle salua d'un geste de la main ses camarades et s'éclipsa. De sa main gauche, elle dénoua ses longs cheveux noirs pour qu'ils se répartissent sur ses épaules. Avec un air distrait elle enleva les quelques feuilles d'arbres qu'ils avaient accueillis. Elle adressa des gestes amicaux à ceux qui portaient le même uniforme jaune et noir qu'elle. Le match de Quidditch avait propulsé les élèves de Poudlard dans une petite bulle de bonheur de relatif. Ils avaient oublié les Mangemorts, les punitions, les cris, les larmes et c'était tant mieux. Lina elle – même désirait suivre le mouvement et s'échapper quelques heures de l'enfer qui s'ouvrait sous ses pieds.

La sorcière grimaça en montant les marches et ragea contre les créateurs du château. Quelle idée absurde de mettre autant d'escaliers ! Ils étaient des sorciers, ils auraient pu créer des escaliers qui empêchent à ceux qui les montent de ressentir la moindre douleur. Ou autoriser le transplanage dans l'enceinte de Poudlard. Tout sauf ces milliers de marches. Avec la même grâce que si elle portait un fardeau de vingt kilos, Lina grimpa jusqu'au cinquième étage – parce que mettre la salle de bain au rez – de chaussée aurait très certainement été trop compliqué...  – . Pour faciliter son ascension, elle pensa aux différents robinets de l'immense baignoire. Son préféré était sans nul doute le jet rebondissant qui lui faisait l'effet d'un arc – en – ciel aquatique. Mais le robinet à bulle n'était pas mal non plus. Elle utiliserait aussi celui qui faisait couler de l'eau parfumée à la rose : il laissait une odeur délicate sur la peau qu'elle appréciait tout particulièrement.
Une fois arrivée devant la porte, Lina eut un doute. Le mot de passe avait changé la veille. Comme tout le monde elle avait reçu le bout de parchemin lui signifiant les quelques mots à prononcer devant la porte, mais elle était tellement épuisée qu'elle avait dû mal à s'en rappeler. C'était... Quelque chose marine. Elle appuya son front contre la porte, pestant contre elle – même. Il lui fallut bien deux longues minutes pour additionner un et un.

« Aigue marine ! »

Le ton était triomphant. Elle n'aurait pas supporté de passer à côté de sa baignade, après avoir fantasmé dessus pendant tout le trajet. Avec un air de ravissement complet, Lina poussa la porte de la salle bain et... Tomba des nues. Ses traits s’affaissèrent un peu tandis que son nez humait les différents odeurs lâchées par les robinets que quelqu'un d'autre qu'elle avait ouvert. La Poufsouffle s'avança un petit peu en plissant les yeux pour distinguer qui était la personne qui menaçait de mettre fin à son petit bonheur. Elle repéra enfin le, ou plutôt la coupable : de yeux bleus, cernés de noir, une chevelure châtain, déjà humide, un joli minois bien qu'amaigri.... Le même que celui qui avait froncé les sourcils avec détermination avant d'arrêter le souaffe à chaque que Lina avait tenté de marquer un but. Meredith Breckenridge. Lina soupira. Au moins, il s'agissait d'une fille, mais la situation était gênante. En fait... Cela avait sûrement dû se produire à plusieurs reprises dans l'histoire de Poudlard, mais c'était la première fois que la Préfète se retrouvait à gérer ce genre d'imprévu. Lina secoua la main pour attirer l'attention de la gardienne adverse.

« Meredith ? »

Comment formuler la chose... Mais après tout les douches du vestiaires, même si elles étaient séparées en fonctions des sexes, impliquaient de se retrouver avec les autres filles de l'équipe. Les douches communes étaient le principal problème des pensionnats, mais les deux sorcières auraient dû y être habitué. Pourtant, l'après match, la salle de bain, le côté cocon de la pièce... Il y avait là quelque chose d'intime. Lina secoua la tête.

« Ça te gêne si... ? Enfin, la baignoire – piscine est assez grande pour deux... »

Elle tenta un sourire et voulu faire une blague comme quoi les vainqueurs avaient toujours le droit à des privilèges mais tout compte fait... Elle ne connaissait pas très bien Meredith, mais elle l'imaginait mal faire de l'humour. Ou peut – être que si après tout, il ne fallait pas être si prompt au jugement, parce que si la jeune lionne disait vrai, alors elle avait sacrifié beaucoup pour ses camarades. Lina baissa les yeux et passa sa main dans ses cheveux d'un air gêné. Elle ne savait pas comment se positionner face à la Préfète des rouges et ors.

Tout ce qu'elle avait désiré, elle, c'était de se prélasser dans un bain chaud.

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MessageSujet: Re: [29 novembre 97] Bath bombs [Merina] Sam 5 Mai 2018 - 0:10

Meredith ne savait pas d’où lui venait cet amour de l’eau. Un confort indescriptible, un abandon total. Combien de fois avait-elle rêvé son voyage au milieu des lumières vertes d’une forêt de varech ? Elle n’avait jamais réussi à se procurer de la branchiflore, un produit extrêmement précieux qui lui conférerait le pouvoir de rester sous l’eau, parfaitement à l’aise pendant une heure. Une heure de pure extase. Peut-être était-ce mieux pour elle de n’avoir jamais essayé : elle y aurait instantanément pris goût, et aurait cherché par tous les moyens à réitérer. Mais enfin, les sensations de l’immersion en apnée, sa légèreté et son silence mouvant lui suffisaient pour l’instant.

L’eau dans laquelle Meredith était plongée avait la température parfaite de l’habitude. Installée sur une des larges marches, tête renversée, elle se concentrait pour détendre chacun de ses muscles, un par un. Chaque fois qu’elle arrivait au bout, elle se rendait compte qu’une épaule s’était à nouveau contractée, ou qu’un doigt se refermait nerveusement. Alors elle recommençait, profitant simplement de n’avoir rien d’autre à faire que cela. Son esprit était si focalisé sur cette tâche, qu’il ne jugea pas utile de lui informer que la porte de la salle de bain venait de s’ouvrir. Ni que des pas résonnaient sur le carrelage. Ni, enfin, qu’un visage déçu aux longs cheveux sombres se penchait sur le bassin mousseux. Rien de tout cela ne lui fit ouvrir les yeux. Alors quand le timide « Meredith ? » retentit, la jeune préfète ne put retenir un sursaut terrible qui la fit s’éloigner du bord à la vitesse d’une loutre effrayée. Elle se retourna dans la foulée, cherchant du regard la propriétaire de cette voix inopinée.

Et quand elle la trouva, son cœur manqua un battement. Cette figure pâle et équilibrée qui se penchait sur elle appartenait à la Kaveline, poursuiveuse de l’équipe adverse, préfète de son état, membre de l’AD si ses souvenirs étaient bons. Et sans qu’elle puisse se l’expliquer, elle se trouvait être la source d’un étrange et puissant trouble thoracique, de ceux qui remuent les tripes et brouillent les sensations. Au milieu du large bassin, elle resta immobile un instant à tenter d’analyser les signaux de son corps, mais devant l’air gêné de Lina elle abandonna rapidement pour se fendre d’un large sourire.

« Merlin’s beard, Lina, tu m’as fait peur ! »

Ses épaules se détendirent dans la foulée, et elle se rapprocha du bord, attentive à rester bien dissimulée dans la mousse. Elle l’avait déjà remarquée durant le match, cette beauté singulière que possédait sa jeune collègue, mais de près c’était encore plus frappant. Et ce, malgré la fatigue, la sueur, la gêne. D’ailleurs, la gêne ? C’est vrai que la jaune ne devait pas s’imaginer que la place serait déjà prise. En vérité, l’idée n’avait même pas traversé l’esprit de Meredith, qui s’était seulement figuré le bonheur d’un bain chaud, seule, dans le calme. Lina devait s’être figuré la même chose, sa gêne devait donc être plutôt de la déception. La lionne gardait aux lèvres un sourire qu’elle voulait rassurant. Sa camarade avait assisté à sa déclaration dans la salle sur demande, elle avait entendu ses explications, et maintenant elle devait s’attendre à ce que les actes confirment les paroles. Il n’y avait qu’elles : pas besoin de faire semblant. Besoin seulement de ne plus réfléchir à qui est qui, gagne quoi, croit en quoi. Deux adversaires sur le terrain, deux compagnes d’infortune le reste du temps. Il n’y avait rien d’autre à réfléchir.

« Ça te gêne si... ? Enfin, la baignoire – piscine est assez grande pour deux...» La petite hésita à peine entre lui faire croire un court instant qu’elle ne voulait pas de sa présence, et laisser parler son enthousiasme naturel. Ce même enthousiasme qu’elle mourrait de faire revivre sur son visage assombri avec tant d’application. « Bien sûr ! mais enfin bien sûr ! » Une lueur espiègle apparut dans ses yeux, très loin de la rancœur ressentie plus tôt. Comment aurait-elle pu lui en vouloir ? « Je ne peux rien refuser à la gagnante du jour. »

Cette main passée dans les cheveux lâchés firent frissonner la gardienne exposée. Dans le même temps, elle se retourna pour montrer son dos à Lina et lui permettre de se changer sereinement. Derrière sa voix enjouée et son regard clair, Meredith angoissait. Elle sentait la tension entre elles, mais avait parfaitement conscience de leur différence de nature. Outre sa complète nudité, elle ne se sentait pas à l’aise en sachant la préfète à quelques mètres seulement. Et sur le point de s’effeuiller à son tour. Tout bien réfléchi, elle n’était pas du tout, mais alors vraiment pas sereine avec cette idée. Elle sentait ses mains immergées commencer à trembler, et serra les poings pour tenter de les réguler. Mais rien n’y faisait, elle n’arrivait pas à se calmer complètement.

« Je n’avais absolument pas réfléchi au fait qu’à peu près quatre autres joueurs de Quidditch épuisés avaient le droit à la salle de bain des préfets … » C’est en le disant, le regard posé sur le tableau mouvant de la sirène, que cette réalisation la frappa de plein fouet. Sa voix se fit préoccupée. « D’ailleurs, on ne risque pas de les voir débarquer à tout moment ? »

Elle essayait vraiment d’avoir une attitude naturelle et … décontractée ? Du moins, de faire comme si Lina et elles se connaissaient un peu, pour ne pas rendre cette situation encore plus embarrassante qu’elle ne l’était déjà. Elle espérait seulement que la jeune femme ne la laisserait pas seule dans son élan de sympathie, et qu’elle passerait outre les potentiels doutes encore entretenus à son sujet. Après tout, elles partageaient la même galère : préfètes résistantes, devant protéger ceux qu’elles aimaient et sauver un maximum de leur intégrité physique et morale. Et dans le cas de Meredith, tentant d'empêcher son cœur affolé d’exploser d’un moment à l’autre.

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MessageSujet: Re: [29 novembre 97] Bath bombs [Merina] Mar 8 Mai 2018 - 18:53

Toute cette joie désarçonna Lina qui, avec beaucoup d'application, avait peint dans son esprit le portrait d'une Meredith taciturne, stoïque et froide. La Préfète leva les yeux au ciel, plus contre elle – même qu'autre chose. Elle avait été bien rapide dans sa façon de juger sa camarade rouge et or... Sauf si la jeune lionne avait menti et qu'elle était en fait du côté des Carrow et que son apparente joie n'était en vérité qu'une habile manœuvre pour convaincre l'A.D qu'elle était bien dans leur clan. Lina frotta sa tempe. Elle était sincèrement trop épuisée pour réfléchir là – dessus, d'autant plus qu'elle ne connaissait absolument pas Meredith : la Gryffondor était plus jeune qu'elle de deux ans, elles n'avaient jamais partagées le moindre cours, le moindre repas. Rien. Leur seul point commun était le Quidditch et maintenant qu'elle y pensait, il lui semblait avoir déjà vu la crinière châtain de l'adolescente au Club de Duel.

« Bien sûr ! mais enfin bien sûr ! Je ne peux rien refuser à la gagnante du jour »

La piètre poursuiveuse laissa un gémissement rauque s'échapper de sa gorge. Quelle gagnante ? La seule sur cette planète a mériter ce titre c'était leur mini attrapeuse, mais néanmoins brillante. Lina jeta un regard presque honteux à Meredith, mais cette dernière n'offrit à la jeune voyante que la splendide vue d'un dos nue et pâle.

« Tu parles d'une victoire... On a été... Argh ! Mais merci. J'apprécie le traitement de faveur »

Elle accompagna le tout d'un clin d’œil, par réflexe, que Meredith ne verrait jamais. La lionne avait anticipé la demande de sa camarade. Parfait. Par un excès de pudeur, Lina se retourna également. Dans un coin de la pièce, elle avisa les vêtements parfaitement bien pliés de la Gardienne. Elle – même était incapable d'en faire autant et elle se contenta de balancer par terre ses affaires de Quidditch en râlant dans sa barbe. Elle aurait aimé être aussi organisée que la rouge et or, mais c'était tout simplement trop lui demander. Elle se retourna au trois quart et passa avec soin ses longs doigts bancs entre ses mèches pour démêler son épaisse chevelure. La voix, légèrement tendue, de Meredith raisonna dans la grande salle de bain. Elle s'inquiétait de voir d'autres gens arriver. Lina haussa les épaules. En général, les joueurs préféraient se laver de suite plutôt que d'errer, complètement crasseux dans le château jusqu'à atteindre la pièce qui leur était réservé. Lina et Meredith étaient manifestement deux exceptions.

« De ton côté, je ne sais pas, mais toute l'équipe de Poufsouffle est dans le vestiaire »

La Préfète, elle, était incapable de résister à cet avantage merveilleux qu'elle avait reçu en même temps que son insigne. Enfin prête, elle se dirigea vers la piscine – baignoire. Précautionneusement, elle descendit les quelques marches pour se glisser dans l'eau. L'eau était à une température presque parfaite. Peut – être un peu trop chaude, mais Lina s'en remettrait. L'eau arrivait un peu au – dessous de sa clavicule, Meredith avait bien rempli la baignoire. Avec un plaisir tout particulier, Lina se laissa couler en fermant sous la couche de mousse, juste une seconde ou deux, le temps de se mouiller tête puis refit surface, en faisant onduler la surface de l'eau. Ses cheveux, désormais lisses étaient également répartis de chaque côté de sa figure. Quelques uns, rebelles, s'étaient accrochés à ses joues pour lui marbrer le visage.

« Tu peux te retourner ! La sorcière se tut un petit moment, le temps de chercher ses mots... Tu as été remarquable »

Elle haussa les sourcils, d'un air impressionné pour accompagner ses propos, l'audace de la Gryffondor poussait à l'admiration et l'espièglerie de Meredith avait frappé Lina : cette dernière voulait s'en saisir. Sa camarade d'infortune avait le droit qu'on lui laisse sa chance. Si elle disait vrai, elle avait beaucoup sacrifié, plus que n'importe qui d'autre et Lina n'osait imaginer la dose d'amour qu'il fallait porter en soi pour consentir à être haïe par le reste du monde. C'était pour ça qu'elle n'avait pas précisé à quel moment exactement Meredith avait été remarquable (pendant le match, pendant tout ce début d'année ?), laissant ainsi planer une équivoque, juste quelques instants, mais peut – être suffisamment longtemps pour attirée l'attention de la lionne sur les sentiments de Lina à son égard – dans la possibilité ou Meredith était sincère, mais la Poufsouffle voulait y croire de toutes ses forces, elle refusait de condamnée sa camarade aux ombres..

« Oliver Dubois n'aurait pas fait mieux »

Elle avait ajouté ça d'un ton plus doux, un brin amusé pour marquer la différence. Lina avait entendu dire que l'ancien Capitaine de Gryffondor jouait désormais avec le Club de Flaquemare. Malgré l’ambiguïté avec laquelle elle avait joué, le compliqué était sincère, la jeune femme était sûre que Dubois aurait été très satisfait, peut – être même fier, de voir sa relève défendre si parfaitement les buts. Parce que si pendant le match, Lina en avait atrocement voulu à Meredith, les tensions été retombées désormais, et la blairelle devait bien admettre que la Gardienne avait protéger ses buts avec talent. La lionne avait eu un comportement exemplaire, elle avait la meilleure son équipe. La défaite ne devait en être que plus cuisante. Mais elle n'aborderait ce sujet – là : le match était fini, il ne restait plus que l'eau, la mousse et les bulles.

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MessageSujet: Re: [29 novembre 97] Bath bombs [Merina] Mar 12 Juin 2018 - 20:25

Oui, elle imaginait aussi que son équipe était restée au complet sous les douches sombres et conviviales des vestiaires. En leur compagnie, Meredith se serait sentie mal à l’aise, et sa seule présence aurait certainement empêché les conversations de se dérouler sainement. C’était finalement pour le mieux qu’elle ait pris la poudre d’escampette. Et puis comme l’avait souligné Lina, l’injustice de leur défaite et l’amertume qu’ils devaient tous ressentir avait besoin de beaucoup d’humour et de légèreté pour cicatriser. Elle n’aurait pas pu prendre part aux éclats de rire, plombant d’office l’ambiance en déportant comme toujours l’attention sur sa passivité. C’était étonnant comme le fait de ne rien dire et d’observer calmement pouvait déclencher des réactions démesurées et complètement inattendues de la part des gens qui l’entouraient. Quoi qu’elle dise ou non, elle était considérée comme fondamentalement mauvaise et irrattrapable. Si au moins on la laissait en paix, ce compromis lui conviendrait parfaitement. Mais plus le temps passait, et plus les élèves de Poudlard intégraient les mécanismes du système et trouvaient des combines pour contourner les règles. Ils faisaient preuve d’une étonnante ingéniosité qui rassurait la préfète sur la qualité du fond d’espoir qui subsistait toujours dans un jeune cœur. Cependant, elle en faisait les frais, et ne bénéficiait d’aucun soutien explicite : quel que soit le camp d’où l’aide pourrait venir, elle lui était refusée car considérée comme superflue ou retenue par prudence et réalisme. Les Carrow s’amusaient beaucoup à l’observer prendre sur elle et effectuer tout leur sale boulot. Un distrayant rat savant au milieu de la masse grouillante de vermine.

« Tu peux te retourner ! »

Tirée hors de ses pensées par la voix pleine de Lina, la lionne s’exécuta docilement, prenant son temps pour tourner en savourant la légèreté de son corps flottant. Elle se laissa basculer en arrière avant de faire faire à ses hanches les 180 degrés nécessaires. Tout en gardant sa tête à demi dans l’eau, le front à peine immergé, elle sourit en sentant ses cheveux se diffuser autour de son visage et onduler sous la mousse. Enfin son regard capta l’image irréelle de sa compagne d’infortune, et la lumière sembla choisir ce moment précis pour se réfracter un milliard de fois plus fort dans chacune des bulles de savon. Si la jeune femme n’était pas du genre à rougir, elle sentit pourtant clairement une bouffée de chaleur l’envahir comme un nuage de vapeur intérieur. Son regard scintilla en parcourant les lignes harmonieuses de sa camarade. Les mèches inondées de ses cheveux sombres formaient des arabesques sur ses joues blanches. Nez, joues, menton, épaules, jusqu’à cette absolue délicatesse dans le tracé de ses clavicules menant naturellement à la naissance de la poitrine.

Meredith était touchée par une telle pureté, touchée par cette sensation de calme qui descendait lentement sur elle, remplaçant l’inquiétude et l’aigreur. Elle ne put retenir ce sourire naturel de naître sur ses lèvres, recevant le compliment comme on respirait une fleur, avec gratitude et respect. Remarquable ? La lionne assumait qu’elle parlait du match, mais un doute semblait volontairement demeurer. Lina faisait-elle allusion, à tout hasard, non seulement à sa performance sur le terrain mais aussi à ses faits d’armes ? Elle ne connaissait vraiment pas la personnalité de la jaune, mais les paroles jetées en l’air comme si de rien n’était ne ressemblaient pas à ce que Mery imaginait d’elle. Qu’imaginait-elle, d’ailleurs ? en réalité, les seules choses concrètes qui lui venaient à l’esprit étaient son prénom, ses dons en divination – si l’on en croyait les babillages émerveillés de Trelawney ces dernières années à son sujet – et un indéniable courage lié à son ralliement à la Résistance. Oh, et peut-être aussi une bonne dose de combativité, vu son acharnement sur le terrain et son appartenance au club de duel. Quelques traits élémentaires, donc, et beaucoup de qualités que l’on prêterait ordinairement aux griffons. Rajoutant à ce portrait la loyauté et la gentillesse des Poufsouffles, Meredith se retrouva avec une esquisse solide ne demandant qu’à être complétée. Car ce sentiment presque douloureux qui tournait en elle à sa vue ne pouvait pas prendre sa source que dans les traits harmonieux de Lina. Il devait y avoir autre chose, une explication plus rationnelle et plus satisfaisante.

« Oliver Dubois n'aurait pas fait mieux. » Le ton qu’avait employé la préfète fit s’élargir le sourire de Meredith, qui accentua un air faussement modeste et remua son poignet de haut en bas, rieuse. De l’humour et de l’esprit, cela suffisait amplement pour qu’elles s’entendent. « Oooh, c’est un compliment que je ne mérite pas … » Olivier Dubois était une légende chez les lions de son âge, qui n’avaient connus que des victoires sous le règne du gardien. Enfin, quand le match n’était pas interrompu par une horde de détraqueurs ou un dragon furieux. A moins qu’elle mélange les histoires ?

« Je ne lui arrive pas à la cheville, j’ai surtout eu de la chance. C’était un capitaine exceptionnel. » En y réfléchissant, elle n’en savait pas grand-chose, mais l’esprit de l’ex-lion devait la remercier et bénir sa carrière du haut de son balai. C’était d’ailleurs sûrement ce qu’il avait fait durant le match, car elle ne se serait jamais crue capable d’un tel exploit. « En fait, je suis arrivée dans l’équipe cette année … je ne sais pas trop comment je suis arrivée là-dedans. Je fais de mon mieux. » S’accordant quelques secondes, la lionne replongea la tête sous l’eau pendant un court instant, pour s’hydrater l’esprit. Elle remonta la joue droite en premier et fit faire à son cou un quart de tour pour remettre ses cheveux en arrière. Respirant profondément, les yeux clos, elle alla s’adosser contre le bord, à une distance respectable de Lina mais tout de même réduite. Pas besoin de se coller, mais les présentations étaient faites maintenant, et puis elles étaient par définition alliées dans leurs situations respectives. Décidant de laisser le Quidditch de côté, la rouge prit une voix plus posée, moins rieuse mais tout de même douce et concernée pour aborder le sujet suivant.

« Comment ça va, de ton côté ? Tu tiens le coup ? Être préfète, exécuter les ordres immondes des Carrow … si quelqu’un peut comprendre ta situation, c’est bien moi. On nous a pas ratées cette année. »

Elle voulait réellement savoir le ressenti de Lina, consciente mieux que personne de la difficulté du rôle et surtout de la douleur du tiraillement. Elle ne se rendit cependant compte qu’après avoir fini sa phrase que si le doute résidait encore en elle sur ses véritables allégeances, elle venait de lui servir sur un plateau une raison de plus de se méfier. Crache le morceau, Kaveline, gentille ou méchante ? Puis, alors que l’angoisse de l’erreur fatale montait, une évidence s’imposa brutalement à elle : c’était un doute stupide, puisqu’elles s’étaient rencontrées à la réunion de l’AD. Bien sûr que Meredith n’essayait pas de lui tirer les doigts du nez, elle avait déjà tout ce qu’il lui fallait si elle voulait la compromettre. Quelle idiote. Son bon sens semblait se ternir au profit d’une paranoïa dangereuse, et elle n’aimait pas ça. Heureusement qu’elle cet ascenseur émotionnel était resté bien gentiment confiné sous la barrière de son visage, elle aurait eu l’air plus étrange qu’elle ne l’était déjà.

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[29 novembre 97] Bath bombs [Merina]

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