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[4 Septembre 2002] Vérité renversée.

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POUFSOUFFLE1ère année
    POUFSOUFFLE
    1ère année
AVATAR : Chris Pritchard
MESSAGES : 98

INFOS PERSONNAGE
SITUATION AMOUREUSE SITUATION AMOUREUSE: Étranges troubles gastriques lorsque la perspective est envisagée.
DATE & LIEU DE NAISSANCE DATE & LIEU DE NAISSANCE: 29 Août 1986, à Millisle en Irlande du Nord.
SANG SANG: mêlé
MessageSujet: [4 Septembre 2002] Vérité renversée. Sam 28 Avr 2018 - 19:50



- Hiiiii, Jacob tu m’as tellement manquée ! Couinait Lindsay au travers du couloir bondé qu’elle traversait. Noyée sous un raz de marée d’élèves pressées, elle emprisonna fermement le bras de Gallagher, le destituant de son statut de petit copain transit, au profit d’une bouée de sauvetage.

Sans accorder plus de formalités à son geste délibéré, il l’accueillit aux creux de ses bras d’une pirouette théâtrale. Bien que leur silhouettes enlacées demeuraient prostrées derrière lui, Oliver s’empressa d’accélérer la cadence, peu désireux d’en contempler les détours. Gallagher dévorait ses lèvres avec appétit, liant le geste au crissement caractéristique d’une dégustation exaltée de suiçacides. C’était bien connu : un partage compulsif de mucus buccal, à l’égard de son compagnon promettait fleuraison d’un mariage heureux ! Ses traits se crispèrent sous le dégoût que lui eussent inspiré les dépravations de son imaginaire omnipotent.  Ainsi, ses sourcils se froncèrent, son nez se plissa, et il éjecta une onomatopée répugnée à gorge déployée.

A l’évidence, Oliver fuyait plus qu’il n’encourageait les prémices de cette relation fiévreuse. Il trouvât que leur fréquentation emplissait l’espace plus que de circonstances, et s’agaçait de leurs minauderies mutuelles, qu’ils eurent perpétuées tout au long de l’été. En effet, au premier jour des vacances, Jacob eût élu domicile au sein leur foyer, trouvant acquéreur d’un lit adapté à la hauteur ambitions. Son lit, en l’occurrence.  S’il s’était fourvoyé quant à son confort confisqué, il fût rapidement contraint d’abdiquer, sous les réprimandes de sa mère.  En effet, un élément en bêton armé –exprimé sur un ton docte, prompt à l’humilier- avait forcé son accord à leur requête : La place manquerait pour le couple, dans un lit ne requérant la présence d’une seule personne. N’osant objecter sa propre définition d’un couple, Oliver eût abrégé expressément la négociation aux allures de mélodrames, sans broncher. Pour lui, Gallagher et Lindsay était sous l’emprise d’un sortilège de glue éternelle, qui contraignaient à demeurer corps agglutinés, à tout jamais. Aussi sa mère l’avait-elle jugé trop égoïste pour ne pas prêter quelques-uns de ses biens matériels aux plus démunis, et sa décontenance eût raison de lui.

Sa mère ne se satisfaisait que du superflu, ne voyait que la partie immergée de l’iceberg. Elle avait toujours la fâcheuse manie d’accompagner leurs étreintes, par des souvenirs anecdotiques la concernant, chaque fois qu’elle posait son regard attendri sur le couple. Etrangement, son récit s’accompagnait toujours d’un climat lourd d’allusions, appesanti par la pitié que portait Lindsay à son égard. D’après elle, sa mère n’avait jamais connu les déboires de l’amour, et ce qu’il impliquait. Oliver s’agaçait de ce constat d’injustice : sitôt mademoiselle avait-elle été munie d’un copain, qu’elle reprochait à sa mère son manque de vécu quant aux relations amoureuses. Or, sa mère devait-elle prendre plaisir à rappeler le souvenir de ses jeunes années armées d’innocence, occultant la souffrance qui l’eût accablé à la mort de leur frère.  

A l’évidence Lindsay manquait d’un discernement, qu’il ne lui connaissait pas. Peut-être Jacob lui avait-il retourné le cerveau à coups de baisés passionnées qui l’a rendait chèvre ? Ou peut-être était-elle aveuglée par l’amour qu’elle pensait partager ? En effet, Gallagher était à l’effigie de l’homme parfait qu’il parodiait, en réponse aux caprices d’une petite amie très exigeante. Si sa sœur s’éprenait de ses niaiseries, lui, s’accordait à tirer profit de l’objet de ses désirs à usage corporels. Ainsi, un emploi tacite s’était lié entre eux, réduisant l’un pour valoriser l’autre. Oliver n’approuvait guère cette relation aux allures perfides ; Gallagher bernait Lindsay d’illusions pour soulager ses besoins masculins. Seulement, Lindsay tenait en fierté sa relation naissante avec Gallagher, en réponse à de nombreuses années de déception.  Certainement prétendait-elle à une relation dénuée de fluctuation, troquant les disputes au profit d’un discours généreux et aimant à perpétuité. C’était clair : Lindsay ne voulait pas finir comme sa mère.    

- Bon, on se retrouve après d’accord ? Le rassurait-elle en lui appliquant une caresse empreinte de douceur, le long de son bras. On mangera ensemble près du lac, ce midi ? Tu vas terriblement me manquer, tu sais, gémit-elle lascive.  

Oh misère, épargnez-moi ce spectacle, par Merlin ! Oliver leva les yeux au ciel, excédé. Comment pouvait-on lorgner la présence de quelqu’un avec qui on eût partagé nos vacances ? Et d’aussi loin qu’il s’en souvienne, les deux tourtereaux ne s’était pas lâchés d’une semelle, si ce n’est pour s’isoler dans toilettes. Oliver doutait même qu’ils parviennent encore à dénicher un moindre sujet de conversation décent, tant ils étaient soudés. Comment pouvait-on supporter ce genre mièvreries, à longueur de temps ? Le Poufsouffle ne parvenait guère à saisir l’intérêt que Gallagher portait aux attraits physique de sa sœur ; les jolies filles abondaient dans les couloirs de Poudlard, et ces dernières ne tiraient aucune gloire à exhiber leur cri de pintade surexcitée à qui voulait l’entendre. En l’occurrence, Oliver fuyaient les fidèles imitations de sa sœur, comme de la Pimentine.

Ces deux mois de vacances lui avait parût interminables, emprisonné entre les quatre murs de sa maison. Oliver retrouvait avec satisfaction l’ambiance empreinte de magie qu’offrait Poudlard. Aussi, son lit à baldaquin dissimulé au tréfonds de son terrier, ne lui avait jamais autant manqué. Son confort valait toutes les tribulations du monde magique, propres au dortoir des Poufsouffle. Oliver se promettait de rattraper ses écarts, à coup de siestes bien méritées. Sans compter que son emploi du temps allégé, propre aux étudiants de sixième année, lui soumettait une place de choix sous ses draps. Aussi ne portait-il aucune considération quant à ses prochains examens, jugeant qu’il était bien trop tôt pour y porter attention. Les ASPICs s’écouleront dans plus d’un an, et il quittait tout juste les révisions de ses BUSEs. En d’autres termes : il  ne Fallait pas pousser la harpie dans le Filet du Diable !            

Quelques jours s’étaient consumés depuis son retour. Bien qu’il eût achevé ses derniers concours sur les chapeaux de roues, ses notes optimales lui permettaient de poursuivre ce cursus qu’il affectionnait tant. Ce bon vieux –très vieux- Sluggy partageait avec une passion communicative la maitrise de son art, qu’Oliver apprit à apprécier à ses dépens. Malgré ses penchants élitistes, son professeur encourageait toujours les efforts de chacun avec subtilité, sans mettre à profit les erreurs d’autrui. Slughorn donnait goût à s’instruire, à s’abreuver de ses connaissances pour les retranscrire sur le pan d’un parchemin. Seulement, Oliver évitait de choir dans la pédanterie, à l’instar de sa sœur, craignant d’être comparé à tort à son père, au détour d’un compliment déplacé. Désireux de s’émanciper de la pression patriarcale passée et sujette aux rumeurs, Oliver occultait délibérément l’ensemble de ses méfaits.

Ainsi, le Poufsouffle traina le pas jusqu’à la salle qu’il pénétra en bon dernier, fidèle à ses habitudes. Devant lui, massif d’élèves s’agglutinaient au centre de la pièce, oreilles attentives aux explications de Slughorn. Bien que curieux, Oliver s’arma de discrétion, évitant soigneusement de se faire remarquer, tandis  qu’il évolua d’un pas de velours, le long des rangs. Sa démarche dégingandée dissimulée sous le discours de son professeur, le mena tout droit vers un chaudron bouillonnant, dont les volutes épaisses s’échappaient sous diverses vapeurs éparses. Dépassant de toute une hauteur de tête la plupart de ses camardes, Oliver se délectait du bouquet d’arômes qui vînt sillonner son odorat, tandis qu’ils s’échappaient paresseusement de la mixture rosée significative. La rumeur ne courrait que l’effluve parfumant la potion, se différaient selon la personne qui l’odorait.

-Bien, quelqu’un peut-il me dire de quelle décoction s’agit-il ? Avança Slughorn, portant un sourire encourageant à une assistance fuyante. Mr Grade, peut-être ?

Visiblement, le regard accru de ce bon vieux Sluggy n’avait guère échappé sa présence révélée par sa chevelure aux allures de citrouille, dénotant de la sobriété des cachots. Incommodé, Oliver porta ses ongles à l’arrière de son crâne pour s’octroyer une gratouille nerveuse.

- C’est de l’Amortentia, un des plus puissants filtres d’amour.
-Et comment l’identifiez-vous ? Objecta son professeur, d’un haussement de sourcil suspicieux.

Oliver réfléchit un instant, dénombrant d’un regard avisé les caractéristiques propres au philtre d’amour. Ainsi, sans y accorder plus de formalités, il déploya chacune de ses remarques, sans prendre le temps d’y faire le tri.

-C’est rose pâle et épais, et il y a de la vapeur qui s’en échappe, sous forme de spirales. Il y a aussi plusieurs odeurs reconnaissables.
-Bien Mr Grade, l’Amortentia se diffère d’une ou plusieurs odeurs variant selon le goût de chacun. On l’identifie grâce à sa couleur nacrée caractéristique et aux spirales éparses qui s’échappent du chaudron, résuma Slughorn. J’accorde cinq points supplémentaires à Poufsouffle.


Lui accordant un sourire enjoué, propre aux circonstances, il enchaîna d’un ton docte :

- Bien sûr, vous n’êtes pas sans savoir qu’il est impossible d’imiter le sentiment amoureux, et de le mettre en bouteille. Non, l’Amortentia tire sa puissance de sa capacité à produire une forte attirance, à l’égard de celui qui l’a fabriqué.

  Oliver fronça les sourcils, décontenancé. L’usage de l’Amortentia révélait surtout un acte désespéré, désireux d’extrapoler ses qualités en vertu d’un amour falsifié. Le philtre d’amour ne promettait qu’un amassé de mensonge, au profit d’une adoration artificielle. En dépit de sa puissance, Oliver ne lui accorda guère le mérite dont elle se prévalait : il préférait l’honnêteté à la sournoiserie qu’elle engageait.  Cette décoction était l’allégorie de la relation entretenue par Lindsay et Jacob : emplie de promesses bafouées par la manipulation de ce dernier. L’adolescent contracta  la mâchoire, ses doigts mutilant l’épiderme qu’enveloppait sa main. Slughorn n’allait-il certainement pas leur demander de concocter la mixture diabolique qui les précédait ?

- Sachez qu’il est impératif que vous soyez capable d’identifier cette potion-ci, pour obtenir votre ASPIC en potion. Il est également nécessaire que vous soyez en mesure de la reproduite à l’identique, cela va de soi ! Mettez-vous en binôme, et ouvrez vos livres page deux-cent quatorze.

Slughorn frappa dans ses mains, pour clore le débat et intimer à ses élèves de rejoindre leurs paillasses respectives. Oliver chercha des yeux une place lire, et trouva rapidement acquéreur auprès de De Kérimel. Aussitôt, il l’a rejoignit à grandes enjambées, désireux de reposer rapidement son arrière train sur une surface qui s’y apprêtait. A son arrivée, il laissa s’écrouler son sac à bandoulière alourdi de babioles indéterminées, lourdement au sol. Sans porter d’importance à son lourd fardeau, il lança une œillade d’excuse à l’égard d’Andrée, incommodé de lui imposer sa présence. En effet, Oliver savait la jeune fille très solitaire, à défaut de supporter très difficilement la présence d’autrui.

- Bon, je crois qu’on va devoir travailler ensemble aujourd’hui, avança-t-il penaud, tandis que sa main se portait instinctivement à sa chevelure. Dis, t’aurai pas ton manuel sur toi ? J’ai oublié le mien, dans mon dortoir ce matin…

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SERPENTARD1ère année
    SERPENTARD
    1ère année
AVATAR : Ava Acres
MESSAGES : 419

INFOS PERSONNAGE
SITUATION AMOUREUSE SITUATION AMOUREUSE: Célibataire
DATE & LIEU DE NAISSANCE DATE & LIEU DE NAISSANCE: 01/04/1986 à Rennes
SANG SANG: mêlé
MessageSujet: Re: [4 Septembre 2002] Vérité renversée. Jeu 19 Juil 2018 - 13:45


« Et qu’avez-vous fait, pendant les vacances ? » Fanny venait de leur raconter en détail les trois mois qu’elle avait passés ; comment elle était partie en Espagne, avec des amis de ses parents et leurs enfants, et comment aussitôt ils avaient, elle et les autres adolescents, intégré le groupe de jeunes qui louaient eux aussi à l’hôtel. À l’entendre, ils avaient de multiples qualités : ils étaient étrangers – et donc, évidemment, tellement plus intéressants que les anglais -, étaient beaux, et n’avaient pas l’étrange humour des étudiants de Poudlard. Et puis, « ils sont fous au lit », avait-elle dit.
 
Andrée avait levé les sourcils. Elle ne se souvenait pas d’une telle légèreté vis-à-vis de la sexualité de la part de Fanny. Depuis toujours, en tout cas depuis qu’elles étaient en âge de s’y intéresser, elle s’était plus ou moins détachée des conversations qu’on entretenait sur le sujet et refusait tout contact plus qu’amical avec les garçons. La jeune aristocrate avait un moment pensé qu’elle était lesbienne ; apparemment, ce n’était pas le cas.
 
« J’ai assisté au remariage de ma mère », dit la jeune fille d’un air indifférent. Ce n’était pas le cas, bien sûr. « C’était chiant à mourir. » Fanny ouvrit la bouche, comme prête à dire quelque chose d’incommodant, mais se ravisa et détourna la conversation.
 
Tout le monde savait que l’union de l’anciennement Mrs de Kerimel, nouvellement Mrs Leigh, et James Leigh, était un sujet difficile pour elle.
 
Fanny Docker avait beaucoup changé en quelques années. Autrefois simplement boulotte, son corps s’était développé en courbes voluptueuses et elle incarnait la sensualité à l’état pur. C’était pour cela, entre autre, qu’Andrée ne comprenait pas qu’elle n’ait jamais eu de petit ami. Même si elle-même ne s’y intéressait pas, c’était très à la mode dans les mœurs de Poudlard et Fanny, justement, était du genre à suivre les modes. Elle avait néanmoins une bouille ronde qui masquait son caractère un peu manipulateur – en fait, c’était quand Andrée avait fini par discerner celui-ci, masqué par ses allures d’arrogance et de gentillesse trop étouffante, qu’elle avait arrêté de la repousser à chaque tentative de sa part.
 
Elles n’étaient pas vraiment amies – du moins, Andrée ne la considérait pas comme une amie. Disons qu’elles se rendaient service mutuellement, et que la jeune fille avait compris qu’elle ne pouvait pas rester toute seule toute sa vie. Qu’elle avait besoin d’alliés de son année. Tous les amis plus âgés qu’elle s’était faits depuis la première année avaient quitté Poudlard ; c’était plus ou moins à ce moment qu’il s’était révélé nécessaire de sortir de son mutisme exacerbé.
 
Slughorn vint leur distribuer leurs emplois du temps. « Eh bien, c’est moins catastrophique que ce à quoi je m’étais attendu, Miss », dit-il en lui tendant sa feuille. Toujours avec bonhomie, bien entendu. Son air jovial tout à fait insupportable. Andrée, au fil des années, avait de plus en plus du mal à l’apprécier : il était faux, sentait mauvais et avait l’air d’un morse. Et si lui l’aimait un peu, c’était uniquement parce qu’elle était liée à Mr Leigh. Un éminent potioniste. Un homme de pouvoir et de relations. Il avait récemment noué des contrats avec la Russie et la fournissait en breuvages de tout genre.
 
Les cases sur son planning étaient étonnamment vides. Après une année entière de révisions et de surcharge de travail, il semblait à présent que le nombre de cours qu’elle suivrait était réduit. Elle n’avait pas gardé beaucoup de cours. Les potions, évidemment, car c’était la matière dans laquelle elle excellait depuis toujours – pas de baguette magique et une logique implacable dans la préparation des mixtures. L’arithmancie également, sur le même modèle. La Défense contre les Forces du Mal, l’astronomie, le Soin aux Créatures Magiques, les Sortilèges, l’Histoire de la Magie et la Botanique. Ces cours ne se recoupaient pas vraiment entre eux, mais elle n’avait pas eu le choix. Elle avait choisi tous ceux dans lesquels elle avait obtenu des BUSE.
 
Elle n’avait aucune idée de ce qu’elle fera plus tard, et elle s’en fichait comme d’une guigne. Pour le moment, tout ce qu’elle souhaitait, c’était d’avoir ses ASPIC. Encore un point sur lequel Slughourn la désapprouvait.
 
« J’ai potion », annonça Andrée. Elle n’attendit pas de réponse et se leva. De toute façon, Fanny n’avait jamais émis l’intention de continuer cette matière, et elle ne se sentait pas assez proche des autres – si toutefois on pouvait dire qu’elle était proche de Fanny – pour les attendre.
 
Elle arriva en avance devant la salle. Comme presque toujours, en fait. Son besoin de solitude la faisait toujours partir plus tôt des temps de repas et elle préférait attendre dans le silence du couloir plutôt que de subir les bavardages des autres étudiants. Et puis attendre avant un cours de potion s’était toujours révélé apaisant : elle n’appréhendait pas cette matière et se plaisait plutôt à imaginer les notions qu’ils allaient aborder. Si elle se fiait à son manuel, ils étudieraient d’abord l’Amortentia. Elle sourit ironiquement. Elle, aux antipodes de ce qu’on appelait l’Amour et de toute forme d’attirance particulière, était déjà sans doute plus calée que la plupart de ses camarades sur le sujet.
 
Le livre de potion était le seul qu’elle avait ouvert de son plein gré pendant les vacances. Oh, elle en avait feuilleté d’autres, évidemment. La Défense, par exemple. Seulement, elle y avait été contrainte ; ses professeurs semblaient penser qu’elle était trop juste dans le domaine et que par Merlin, ils lui avaient donné ses BUSE que pour qu’elle ne redouble pas. Elle avait eu du mal en astronomie aussi, parce que le mouvement des étoiles et des planètes restait nébuleux à ses yeux. Et en Sortilèges. Sa magie était toujours capricieuse et ne lui répondait que de temps en temps. Elle connaissait la théorie, a priori, mais le jour des examens, ça avait été un jour sans.
 
Des larmes de frustration et de colère envers elle-même lui étaient presque montées lors des épreuves pratiques.
 
Les élèves commencèrent finalement à affluer et Andrée dut se relever, toute impression de quiétude oubliée. Leur groupe était éclectique ; même si Slughorn était bien moins sévère que Rogue à son époque quant à l’acceptation des étudiants dans son cours de préparation aux ASPIC, il restait tout de même un certain niveau d’exigence et peu d’entre eux étaient suffisamment motivés – ou doués – pour continuer à étudier la matière. Il y avait des  élèves de toutes les Maisons, fait ô combien étrange pour Andrée qui avait été habituée depuis la première année à des classes ne réunissant que deux Maisons – voire, en fait, une seule. Elle reconnut la plupart des têtes. Si, pendant longtemps, elle s’était contrefichée des gens qui l’accompagnaient, elle avait finalement appris, comme par automatisme, à les identifier.
 
À l’intérieur, la salle était telle qu’elle l’avait toujours connue. Les effluves de potion en moins, peut-être, puisque personne n’avait rien préparé encore.
 
Le cours n’avait pas encore vraiment commencé, à peine Slughorn avait-il entamé le discours de bienvenue de convenance, qu’Oliver Grade entra dans la salle. En retard, comme d’habitude. Andrée avait un peu de mal avec lui à cause de ça – toujours à se traîner, toujours un peu mou -, mais au moins n’était-il pas de ceux qui comméraient et qui lui cassaient les oreilles avec leurs bavardages incessants. Il était discret : c’était une qualité qu’elle appréciait à peu près. Et leurs relations s’arrêtaient à peu près là.
 
Slughorn parla de l’Amortention, et bingo, songea la jeune fille, et Oliver, à son étonnement d’ailleurs, répondit correctement à ses questions. Pas qu’elle l’estima stupide – elle était suffisamment lucide pour savoir qu’un Poufsouffle n’était pas forcément bête, et puis elle avait été amie avec Lina Kaveline. Mais elle ne pensait pas que quelqu’un comme le jeune homme pourrait s’intéresser à des potions comme celle-ci.
 
Et en même temps, qu’est-ce que j’en sais ? Je le connais à peine.
 
Andrée vit avec horreur ses yeux se poser sur le siège vacant à côté du sien et les pas d’Oliver l’y emmener. Visiblement, et à son plus grand mécontentement, elle allait passer le cours en sa compagnie. Elle aimait préparer ses potions seules, aussi compliquée soit-elle. Ainsi, elle n’avait pas à subir les fautes et les erreurs du binôme qui la secondait. Des heures libérées de Fanny et du fardeau que représentaient ses copines, en somme.
 
« Bon, je crois qu’on va devoir travailler ensemble aujourd’hui », dit Oliver pour introduire la conversation. Andrée leva les yeux au ciel et fouilla dans son sac. « Dis, t’aurais pas ton manuel sur toi ? J’ai oublié le mien dans mon dortoir, ce matin… » La jeune fille soupira, sortit le livre et l’ouvrit à la page indiquée.
 
« Oui, j’ai mon livre », dit-elle de mauvaise grâce. Elle fit bien attention à le poser du côté droit, là où Oliver ne pourrait rien voir. « Mais pour un premier jour de l’année, j’estime que tu devrais avoir le tien. » C’était assez jouissif, en réalité, de reprendre ses piques acerbes. Ce n’était pas le genre de discours qu’elle pouvait tenir lorsqu’elle était chez elle. Au fur et à mesure du temps, elles étaient devenues un moyen de s’amuser plutôt qu’une nécessité.
 
Elle jeta un œil à la recette qu’ils devraient effectuer et aux étapes qu’ils devraient suivre. C’était terriblement compliqué. Pour en avoir déjà approché une, Andrée pouvait affirmer à peu près avec certitude que pour elle, l’Amortentia lui renverrait des odeurs de terre mouillée, de parquet ciré et du parfum de sa mère – d’ailleurs, elle était profondément contrarié pour cette dernière, car elle faisait de son mieux pour détester Mrs Leigh depuis qu’elle s’était mariée. Hors de question que je prenne son nom, avait-elle dit. Pour une fois, ses crises et ses tempêtes avaient fonctionné, et elle avait gardé le patronyme de son père.
 
Il était donc évident que si elle ne sentait pas ces odeurs-là, elle aurait raté la potion. Ou alors elle-même serait complètement détraquée, mais c’était une option à mettre de côté.
 
« Va chercher les ingrédients », indiqua-t-elle à Oliver sans autre forme de politesse. Sans lui montrer les éléments en question, évidemment. Comme il mettait un peu trop de temps à se mettre en mouvement à son goût, elle ajouta, mauvaise : « Et dépêche-toi. Si à cause de toi, je rate ou je ne finis pas dans les temps, ça sera un gros problème. Pour moi, mais surtout pour toi. » Elle le lorgna à travers ses cils. « Alors dépêche-toi, s’il-te-plaît. »
 
En espérant que cette marque de politesse soit suffisamment imprévue pour le faire réagir.



HJ:
 



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