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[12 décembre 97] Of sparkles and wind [Octaleen]

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MANGEMORT
    MANGEMORT
AVATAR : Gemma Ward
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INFOS PERSONNAGE
SITUATION AMOUREUSE SITUATION AMOUREUSE: Célibataire. as always.
DATE & LIEU DE NAISSANCE DATE & LIEU DE NAISSANCE: 6 mars 1971, en Scandinavie.
SANG SANG: mêlé
MessageSujet: [12 décembre 97] Of sparkles and wind [Octaleen] Lun 2 Avr 2018 - 15:35


12 décembre – 15h


Le quartier des invités exceptionnels à Poudlard était un lieu en totale harmonie avec le reste du château, mais se réservait une part de luxe que les élèves ne voyaient pas souvent dans leur part de gâteau. Car autant les cachots étaient sombres, humides et oubliés des elfes, les visitor’s rooms détonnaient par leur propreté impeccable, leur lumière étudiée et le goût de leur décoration. Bien peu se doutaient que le vieux château abritât de tels lieux de plaisance. Mais leur existence n’était pas surprenante : on ne transplanait pas au sein de l’école, les invités de marque devaient donc bien reposer quelque part lors de visites prolongées. Il était connu que les hautes figures de Beauxbâtons et Durmstrang, quelques années auparavant, avaient dédaigné ce privilège pour loger auprès de leurs élèves, dans des logements peu confortables mais familiers. Comment bien dormir sur un bateau ? La magie pouvait permettre bien des choses que l’orgueil s’empressait souvent de défaire. Enfin, la question n’avait que peu d’importance en cette toute fin d’année 1997, en des jours où les invités de marque de Poudlard n’étaient que des Mangemorts et des politiciens corrompus aux gallions ou à l’Imperium.

Doraleen comptait ainsi parmi les heureux inscrits permanents de la liste dorée, lui offrant un quartier exceptionnel et entièrement réservé à sa seule personne, dès que l’obligation – ou l’envie – l’y amenait. Ne crachant – élégamment bien sûr – jamais sur le confort d’un beau couchage, d’un bon couvert et d’une belle vue sur lac, la jeune femme avait rapidement posé ses valises de résidence dans cette chambre aux murs joliment tapissés et au sol parqué d’une marqueterie de qualité. Cela faisait presque deux ans qu’elle n’avait pas eu la possibilité de s’installer sur la durée, et encore moins dans un cadre pareil. Assise dans un fauteuil recouvert de velours, elle dictait à sa plume une réponse à l’ordre de mission reçu la veille. Une histoire saugrenue impliquant diverses familles, des complots et de l’argent, mais surtout – et c’était ce qui la concernait – deux jeunes gens étudiant à Poudlard. Elle devait commencer par mettre son nez blanc dans les sombres histoires des deux sorciers, qui, une fois n’est pas coutume, semblaient mêlés à des enjeux qui les dépassaient. Familles sordides que celles n’attendant pas que leurs héritiers aient un peu profité du soleil et de leur jeunesse avant de les plonger dans les poisseux marécages de leurs petits conflits personnels … La Finch en savait quelque chose. Elle s’était engagée pour garantir quelques années de répit à ses deux jeunes frères. Mais enfin, l’échéance finirait par tomber pour eux aussi. Et il n’était pas certain qu’ils ne rejoignent la cause par eux-mêmes. Ils ne brillaient pas par leur finesse.

Dictant, donc, une réponse protocolaire expliquant qu’elle avait bien compris l’enjeu et qu’il lui faudrait une semaine maximum pour s’en occuper, la jeune femme réfléchissait en même temps à une manière d’aborder les étudiants. D’après ce qu’elle avait compris, elle devrait cuisiner un jeune Serpentard sur une affaire assez grave pour qu’on la lui confie, concernant son père – ou beau-père ? – accusé par le père – ou beau-père ? – d’une fille de sa maison et année. Avec un peu de chance – et même sans cela les probabilités étaient élevées – les deux jeunes gens se connaissaient, et toute cette histoire ne les concernait que par hasard. Et avec un peu plus de chance encore, les deux pères finiraient par régler leur problème entre eux, l’un des deux mourrait mystérieusement, de préférence l’accusé pour s’épargner un procès et des papiers supplémentaires. Leur gouvernement avait beau être totalitaire, il devait assurer un semblant de justice, au moins lorsqu’un honnête citoyen en dénonçait un autre, histoire que les bonnes initiatives soient encouragées.

La voix basse de la jeune femme mit le point final à la missive, qui se scella à la cire bleu nuit un coup de baguette plus tard. Elle se leva, se pencha sur la coiffeuse, scruta la surface nacrée de sa peau nordique puis passa ses doigts fins entre quelques mèches platine. D’abord, accumuler les informations élémentaires sur les deux étudiants. L’avantage, c’était que Poudlard possédait une délicieuse base de données sur ses jeunes pensionnaires, et plus encore depuis la rentrée et sa redistribution dans la cinquième maison. Il fallait bien justifier un minimum la condamnation des boucs, par leur sang, les antécédents de leur famille, leur comportement présumé déviant selon les années précédentes … de précieuses informations, stockées quelque part dans le château pour des besoins comme les siens. Restait à savoir où.

Citation :
1er novembre – 2h30

Les yeux recouverts d’un voile après cette longue soirée costumée, Dora sortit de la Grande Salle après avoir distraitement aidé à ranger et nettoyer les cadavres de la fête. Quelques coups de baguette détachèrent ses longs cheveux noirs qui tombèrent en cascade sur ses épaules, et dissipèrent l’ombre couvrant ses iris. Ses accessoires avaient déjà été acheminés jusqu’à sa chambre une demi-heure plus tôt. Traînant un peu les sandales mais toujours resplendissante dans son kimono immaculé, elle prit la direction des escaliers de marbre. A mi-chemin, la porte de la Grande Salle s’ouvrit dans un grincement qui résonna dans le vide du hall. La Mangemort se retourna, et fut secouée d’un long tremblement interne totalement incontrôlé quand son œil capta le vert brillant posé sur elle. Un vert qu’elle ne connaissait que trop, qui lui rappelait tout ce qui lui manquait, tout ce qu’elle souhaitait enfouir au fond d’elle, dans ce coin chaud, confortable et magnifique de son identité. Avec ce regard-là posé sur elle, et avec nul autre dans ce pays pluvieux, elle s’attendrissait. Elle mollissait. Perdait de sa vigueur, de sa clarté, de son magnétisme. Puissant de cela avec elle, certainement avec beaucoup d’autres, il lui rappelait son impuissance et sa banalité. Elle qui se targuait, dans un consensus illusoire avec elle-même, de ne connaître d’équivalent à aucun niveau – pas meilleure partout, mais au moins unique – se faisait brutalement clouer au sol de la commune attirance quand le bibliothécaire lui accordait son verbe et son attention.

Holbrey donc. Octave. Au vu du costume dissimulant son visage, elle ne lui avait pas réellement prêté d’attention durant la soirée, mais elle le voyait maintenant décapuchonné, et sa toge noire lui seyait presque trop pour être vrai. En revanche, les deux premiers mois de l’année avaient vu plusieurs échanges à visage découvert planter leurs dards dans la poitrine de la scandinave. Elle avait volontairement évité la confrontation directe et crue, souffrant déjà en silence de la malice d’Octave, qui avait indécemment conscience – bien que peut-être pas pleinement – du pouvoir qu’il exerçait sur elle. Les occasions de se croiser étaient rares, surtout quand elle déployait certains efforts pour réduite encore les probabilités. Eviter la bibliothèque, la table des professeurs au repas, les Trois-Balais à certaines heures de bon sens suffisait en général à lui laisser la paix. Mais à chaque fois que la fatalité les faisait se percuter, Octave était joueur, Doraleen évasive. Elle arborait un sourire protocolaire pour réfréner son envie de lui rendre la politesse. Et faisait en sorte de se glisser entre les tentacules qui tapotaient, agaçaient ce coin chaleureux qui mourrait de se manifester une deuxième fois. La première fois, ce fut difficile et agaçant. La deuxième, moins pressant, mais toujours dérangeant. Et au fur et à mesure que l’année progressait, l’ardeur d’Octave à la taquinade s’apaisait, autant pour la joie et le regret de la Finch.

Enfin ce soir-là, tous deux étaient apprêtés et bien charmants dans leurs morbides apparats. Doraleen, à la fois fatiguée et un peu enivrée par l’hydromel de leur table, s’arrêta pour considérer le nouvel arrivant sans discrétion. Elle lui en voulait de secouer ainsi cet arbre qu’était son désir, d’en faire frémir les plus beaux fruits. Surtout en sachant (ou croyant savoir), puisque les rumeurs avaient la jambe leste, à quel point ce cueilleur croquait dans tous les vergers.

« Charon, hum ? joli costume. Le rôle te va bien. » La main posée sur la rampe de pierre, elle s’adossa un instant, lasse. « Ni dieu ni homme, seul sur sa barque, tout puissant dans son petit royaume, pas tout à fait vivant, pas tout à fait mort. A toiser les âmes suppliant sur la grève. »

La métaphore était étrange, sombre, et Doraleen elle-même ne savait pas si elle avait beaucoup de sens. Sa voix ne trahissait pas de reproche, ni d’ironie, mais posait platement les mots avec la nonchalance d’un couteau rond étalant du beurre. Les carpes koï nageaient toujours lentement dans son dos, leurs écailles fendant le vide immaculé comme une large tâche d’encre se déplaçant sans laisser de trace.

12 décembre – 23h

Retenant ses cheveux en un chignon lâche et bas, la jeune femme vérifia d’un effleurement la présence de sa baguette à son flanc et resserra la fine ceinture de soie beige retenant les pans de sa robe de soir. Ni tenue de jour, ni robe de chambre, la pièce de vêtement offrait un parfait équilibre entre confort et austérité. Coupée large dans un coton indien bleu nuit, elle couvrait les manches et les jambes jusqu’aux trois quarts en ajustant parfaitement la taille fine de sa modèle. Se glissant dans des chaussures à talons bas en daim et dans un châle léger, elle sortit de sa chambre à pas feutrés (réellement feutrés sous ses talons) et referma derrière elle.

Il fallait se rendre à l’évidence, le lieu le plus probable pour trouver ce qu’elle voulait apprendre était la bibliothèque. Elle savait déjà que s’y trouvaient de nombreux dossiers administratifs, des comptes, des dossiers sur le personnel – il fallait bien les payer ces profs – et autre paperasse en tous genres. Le Sieur Holbrey semblant s’être très bien accommodé du nouveau régime, elle ne voyait pas pourquoi on ne lui aurait pas confié la garde des fiches élèves. On lui avait déjà donné la garde des élèves, et il s’était révélé être une merveilleuse baby-sitter. Quelle ironie ... le haut lieu littéraire serait donc sa destination ce soir-là. Tous ces efforts pour retarder la confrontation, et finir par se jeter de son plein gré dans le repaire de la murène. Elle n’avait pas particulièrement réfléchi à ce qu’elle lui dirait, partant du principe qu’elle ne le croiserait pas. Innocent déni de l’évidence, permis seulement par une sorte de trouble particulier, ce même trouble qui lui tordait le ventre de dégoût. Elle devait arrêter maintenant. S’accrocher à ce qui est humain ne mène qu’à perdre sa lucidité et son bon sens. Et si elle perdait cela, elle risquait de facto de perdre bien plus qu’un petit bout de cœur tendre.

En poussant la porte de la bibliothèque, encore éclairée très bas pour les visiteurs nocturnes – elfes, professeurs zélés, éventuels punis – Doraleen sentit avec délectation l’air changer. Elle ne savait pas si c’était l’empreinte de la présence d’Holbrey qui faisait cela, ou si c’était commun à toutes les bibliothèques, mais la vue des hauts rayonnages, le silence sourd, l’odeur de papier et de bois ancien … toutes ces sensations la satisfaisaient hautement, insufflaient beaucoup de calme en elle. Et en cet instant, elle ne crachait pas dessus. Se raccrochant à son brusque apaisement, et refusant d’ouvrir le chemin aux souvenirs de bibliothèque qui l’assaillaient, elle prit un pas doux et se dirigea vers le bureau d’Octave. D’après ce qu’elle avait compris, ça lui servait aussi de chambre, la bibliothèque de salon. Beaucoup d’histoires couraient sur lui, des rumeurs récoltées au gré d’une conversation avec l’un ou l’autre étudiant, des remarques de professeurs, de longs regards envieux ou courroucés. Qui était Jalender dans sa peau véritable ? ou bien était-ce encore un costume, une fausse identité ? Quelle importance. Dans le fond, c’était la même personne, elle le savait bien.

A son grand étonnement, la porte ne lui résista pas longtemps avant de s’ouvrir docilement, parfaitement huilée et silencieuse. Elle n’était pas là pour voler quoi que ce soit, elle était dans son bon droit et n’avait donc aucune raison de se cacher. Le choix de l’heure tardive découlait de plusieurs facteurs, la nature relativement confidentielle de son travail, l’absence de regards indiscrets, et l’absence présumée d’Holbrey de son domaine, en une heure où il pouvait être en ronde. Bien sûr, la raison officielle serait qu’elle n’avait pas pu passer plus tôt, et que pour ce genre de demande elle préférait le regard aveugle de la nuit. Mais quoi ! à la fin, ce n’était pas important. Elle les aurait, ses papiers. Pénétrant le bureau, baguette en main, elle alluma les quelques bougies éternelles posées sur leur petit lustre. Jetant un regard circulaire sur le lieu, elle chercha rapidement ce qui pouvait bien ressembler à une étagère à larges tiroirs, ou n’importe quoi pouvant contenir ce qu’elle cherchait. Mais après quelques minutes de fouille superficielle, se refusant à retourner l’endroit, comme répugnée par l’idée même de s’introduire dans la vie du bibliothécaire, elle lâcha un soupir et décida de se résigner à attendre qu’il se montre. Sortant du bureau, elle s’approcha de la première étagère et saisit le premier livre qui venait sans en regarder le titre, puis retourna d’où elle venait et s’installa dans un grand fauteuil confortable. A sa grande surprise, elle avait pioché dans un des nombreux exemplaires des Contes de Beedle de Barde. Ces histoires berçaient les jeunes sorciers britanniques, mais elle ne les avait jamais lus, trop absorbée dans son enfance par des traités d’histoire scandinave ou des récits mythologiques. Etonnée mais toujours ouverte à de nouvelles expériences, elle ouvrit le vieil ouvrage et débuta sa lecture, jetant de temps à autres un regard furtif sur l’entrée de la pièce, comme une renarde dans un poulailler.

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MessageSujet: Re: [12 décembre 97] Of sparkles and wind [Octaleen] Mer 11 Avr 2018 - 19:05

Que faire… ? Il pleuvait. Les rondes nocturnes ne permettaient pas grand-chose, à part l’errance désabusée et sans but à travers les couloirs interminables d’un château, qui se faisait davantage labyrinthe en plein milieu de la nuit qu’ordre rigoureux. Et puis bon sang, cette pérégrination infinie ! De temps en temps, il croisait une pendule, dont la course était toujours abstruse et décourageante dans sa lenteur, au tic-tac hivernal monocorde et un peu métallique, rythmant si mal des pas qui se faisaient de plus en plus las. Il n’y avait véritablement pas grand-chose à faire dans ce silence tapissé par le murmure du bois. Son esprit fainéant avait déjà multiplié les astuces pour éviter l’inconfort d’un couvre-feu à respecter, mais il était impossible d’automatiser la surveillance des élèves sans brider le confort des professeurs. Alors, il fallait se réduire à ces rondes, auxquelles il avait par ailleurs tenté d’échapper en trouvant un cocon tranquille de dédales contorsionnés, pour s’occuper autrement que par la déambulation, mais jouer l’innocence ne pouvait pas être une finalité. Il n’y avait littéralement rien à faire, la contemplation artistique étant parvenu à force d’usure à ennuyer son regard, mais surtout sa parfaite conscience d’en être venu à faire appel aux sensibilités esthétiques que pour pallier à l’horrible écœurement. Octave se laissa même bailler à pleine bouche, chose qu’il ne s’autorisait jamais, et surtout sans avoir mis sa main devant. Au-dessus du crâne chauve d’une Tartarie tannée représentée sur un globe terrestre antique et monumental, dans la lumière languissante de quelques bougies, il posa l’index sur le globe et regarda avec désapprobation la tâche qui s’était imprimée sur son doigt : « Le monde est poussiéreux. »

Il ne restait véritablement plus qu’à penser, c’est-à-dire labourer son front de nouvelles rides dont il se serait bien passé, mais la pensée était telle que si on lui laissait la liberté de tournoyer, elle finissait par rentrer dans le siphon des profondeurs abyssales où le noir couvait des résolutions qui n’avaient pas encore trouvé leur aboutissement. Et parce que ces pensées intrusives se contentaient d’un long monologue ininterrompu, la réflexion se faisait naturellement exclure de ce processus purement unilatéral, sorte de lamentation qui prenait de la vitesse comme un caillou sur une pente. Le flot de lettres écrites par sa mère avait mystérieusement repris, tout comme son flagrant manque de décence : « Nous gâchons notre vie en séparations, nous sommes trop rudes l’un envers l’autre. Allons passer un mois ensemble à Paris ou au Mexique, pour tes vacances d’hiver ! ». Elle pensait encore vivre, ou espérait en tout cas récupérer l’idolâtrie juvénile de son enfant, le respect tolérant de son adolescence, sans se rendre compte qu’une nuance de dégoût était définitivement venue se mêler à l’estime. La mémoire dégringolait alors dans une récapitulation des crimes de Vivienne avec d’inutiles détails, lui causant autant de gêne que de répulsion, jusqu’à l’écœurement et l’idée que tout cela n’était peut-être pas de l’amour, mais un désespoir persistant. Avec effroi, avec pitié, mais peut-être sans affection réelle, Octave revenait en esprit cette belle fausse blonde aux bras agréables et au sourire bienveillant, s’efforçant d’arracher à son cœur quelque tendresse, mais sentant de plus en plus que ce qui en sortait n’était qu’aigreur enchainée. N’y parvenant pas, il se dit que Vivienne non plus n’avait jamais aimé ses parents – bien vague et bien lâche consolation.

Une déception en ramenait toujours une autre. Péniblement, mais avec le plaisir de se faire mal, il se rappela du jour où il voulut se faire absoudre. Cassidy avait souvent été absente, omettant finalement de lui écrire, parfois même de le croiser. Languissant, il s’était vexé et avait lâché prise, mais quelque chose l’avait retenu et, avec un collier de diamants roulé dans sa poche, il était parti en quête d’une réconciliation. Ce fut une Cassidy chuchotant à l’oreille de son père qu’il trouva, ostensiblement complice, sa haute silhouette se profilant en noir : le noir de son élégante robe de soie sans manches, sans ornements, sans souvenirs. Sa tête avait pivoté pour observer les horizons sans atteindre son fidèle serviteur, mais lorsqu’elle s’était retournée pour poursuivre la conversation, Octave sut à l’expression de son dos, à la roideur de ses omoplates, qu’elle l’avait remarqué. La tension de ses épaules ne lui plut guère et cette intimité et ignorance troublante qu’il n’aurait su correctement décrire le glacèrent : il avait indéniablement perdu quelque chose que Cassidy lui niait sans subtilité aucune et, dans instant fugace d’orgueil blessé, il brisa de ses doigts solides le collier qui y était enroulé en trente, quarante grêlons scintillants, dont l’éclat demeura à l’abri des regards, enfoui dans les tréfonds de sa poche.

C’est donc passablement irrité qu’il achevât sa ronde, un brin flegmatique pour pallier néanmoins, si ce n’est fataliste. Il avait négligemment ouvert la porte de la bibliothèque, peu surpris car l’ayant sciemment laissé accueillante. Il s’avouait faire manque de prudence, mais en vérité, il y avait bien peu de choses à lui dérober, et honnêtement il aurait bien voulu voir l’allure de celui qui oserait s’accuser d’un quelconque vol dans l’enceinte de Poudlard avec les Carrow à sa tête. Des inconscients, à qui il valait bien la peine de laisser le chemin libre rien que pour contempler les malheureuses conséquences. Cependant il n’avait pas perdu son instinct lorsqu’il s’agissait de ses propres affaires et, percevant la lumière traitresse filtrer dans les fentes de sa chambre, Octave se figea sans souffle et sans clins. Le vilain impudent était encore à l’intérieur, fouillant ou l’attendant alors que lui-même n’attendait personne. Tout son être s’irisa, outré que quelqu’un ait si démonstrativement fouillé dans son intimité. Sa main palpa sa baguette et il susurra un « Bombarda » en la pointant sur la porte sans la moindre hésitation. Une désintégration, puis un puissant souffle démirent la porte de ses gonds et elle fut propulsée dans un grand fracas à l’intérieur du bureau, emportant avec soi quelques débris et éclats de pierre. Une poussière s’éleva, peu épaisse et brève, mais suffisante pour brouiller le regard d’un voleur déjà affolé par l’explosion et les bruits. Octave suivit de près, profitant de l’avantage pour trouver du regard l’intrus, puis le dévisager. La première chose qu’il perçut fut une ondulation blonde, or immaculé et long comme tant de rayons solaires perçant dans la poussière dansante.

« Cas… ! »

Mais ce n’était pas elle et il se tut en s’étouffant.


Octobre...


Il y avait beau temps que les brumes eussent estompé l’enchaînement et les méandres des faits, qui s’étaient succédés avec l’inéluctable constance d’une cascade de dominos. Le sang, encore paralysé dans ses veines du sortilège qu’il leur avait jeté, avait eu du mal à suivre le rythme de ses émois et à la fin de la soirée, Octave s’était retrouvé essoufflé, plus blême qu’une actrice de kabuki, particulièrement courroucé. Il s’était trouvé une légèreté qui semblait maintenant illusoire, car l’apparition de l’épouvantard l’avait complètement désarmé. Il se trouva faible et cela l’avait rendu colérique, davantage encore parce qu’il avait soudain compris la futilité de sa désobligeance envers Cassidy, qu’il regretta avec toute la force d’une stupide culpabilité. Elle s’était enfuie sans revenir, mais il avait lâchement renoncé à combattre. C’était une soirée où tout semblait se réduire à la structure d’une larme batavique, dont toute les pointes étaient tournées dans sa direction, tremblantes et prêtes à se briser. Il n’osait vraiment bouger, de peur qu’un énième mur s’effondre encore. Dépité mais encore suffisamment lucide pour ne pas se laisser submerger par l’impuissance, Octave d'était délicatement, à la suite de quelques courts entretiens avec des obstacles professoraux, évadé de la Grande Salle avec la sensation de s’être sauvé d’une noyade. Mais à peine avait-il repris son souffle que son regard avait jeté son rayon vert sur un visage, fond de coquillage irisé, perle opaline qu’il avait pourchassée en tuant toutes les huîtres. Son miroitement l’avait poursuivi, comme un profond océan transpercé par tant de rayons solaires aveuglants, sans qu’il ne parvienne à la saisir. Il avait joué, taquin, subissant son refus éloigné avec le goût de l’impertinence, et ce fut aussi plaisant qu’un flirt pouvait l’être. Mais ce soir, elle avait accroché son regard sans l’éviter, acceptant sa présence alors que lui-même n’en voulait pas, concédant ce qu’elle lui avait longuement refusé sans qu’il n’en comprenne jusqu’au bout la raison véritable. Cette charité le dégoûta, à tort peut-être, mais définitivement. Heureusement, l’accoutrement tout de noir tissé se mariait aux cernes noirs, à la bouche charbonneuse et à l’humeur maussade. Les poissons nageant, quant à eux, rappelèrent avec d’autant plus de force le trésor moiré qui était demeuré au fond de l’océan jusqu’à ce que Charon vienne la cueillir avec sa barque.

« Charon, hum ? joli costume. Le rôle te va bien. Ni dieu ni homme, seul sur sa barque, tout puissant dans son petit royaume, pas tout à fait vivant, pas tout à fait mort. A toiser les âmes suppliant sur la grève. »

Pourtant, les mots flatteurs étaient tout en langueur suintant d’orgueil, comme si la futée gazelle avait enfin décidé de prendre une pause pour considérer le vieux lion. Se moquer, juste assez pour entretenir son intérêt, puis bondir dans les fourrées épaisses avec l’assurance de son ombre féroce loin dans le dos. Charon, parce qu’il se trouvait en contre-bas, accepta de relever les yeux sans redresser le front et son vert n’en parût que plus perçant. Il ne s’approcha pas, gardant la distance respectable du refus qui aimait à se faire rappeler.

« Puis-je te rendre le compliment ? Divinité dont la beauté révolue effraya son mari au point de lui arracher un cri d’effroi. Et elle s’en vexa si férocement qu’elle jura pour se venger de tuer mille de ses sujets chaque jour qui était fait. » dit-il en la regardant à peine, avec cet air indéchiffrable qui vous laissait le soin de deviner s’il exprimait l’extase ou le sarcasme, ou s’il parodiait l’un ou l’autre. Puis, il eut son sourire mielleux, esquissé à peine du bout des lèvres, et apaisa si peu l’affront : « Je te laisse, je doute qu’Izanami ait une obole pour payer son voyage sur un fleuve qui semble davantage la brûler que l’assouvir. »

Il l’avait voulue pourtant, hardiment désirée encore une fois au moins, plus encore lorsque sa présence s’était faite proche de la sienne. Mais il refusait à se consoler ce soir et la frustration l’avait gardé méchant. Le souvenir était encore iridescent dans un coin de son esprit, et le regard courroucé de la jeune femme semblait s’enfoncer dans les sables mouvants d’un passé semblable au rêve, recomposé en rêve, altéré par la légende. Il crut d’ailleurs bien pouvoir retrouver dans quelques instants le réconfort d’un corps compatissant et chaud, familier et s’abandonnant si bien entre ses bras. Cette certitude faillit bien déchaîner une crise secrète sous le fardeau sacré de l’abandon, mais une horrible culpabilité le secoua. Quelle friction fugitive pouvait rivaliser avec les promesses prochaines d’une réconciliation avec Cassidy ? Cette soudaine générosité, après des mois d’échanges brefs et silencieux, que lui proposait la savoureuse Doraleen Finch, le froissa au point qu’il tourne le dos à l’occasion pour retrouver celle qui ne voulait peut-être déjà plus de lui.






Il coupa court au saisissement et glissa jusqu’à l’ébahie en coulant sur la porte au sol tel un ruisseau… Octave se pencha sur le fauteuil de la fillette pour l’engager à l’immobilité. Depuis qu’ils se croisaient en tapinois, la pauvre enfant avait constamment revêtu cette expression renfrognée et hostile ; il ne put en être guère plus heureux… la belle affaire ! Le velouté d’un bras, le bleu pâle des veines au creux du coude, l’odeur de petit lait d’une chevelure éclairée d’or bruni sous l’abat-jour de parchemin diaphane – paysage lacustre hanté par la blancheur perlée de la peau tendre-, toute cette condescendance naturelle d’un corps bien fait, insolemment marié à une nature capricieuse, le poussaient au refus de toute lascivité. Personne n’aimait pêcher sans jamais rien attraper : quelle que fut le goût grâcieux de l’attente, il tournait inévitablement à la frustration dans un esprit aussi prudent à ne pas se rendre misérable. Ce n’était qu’une nymphette sauvage ! Octave lui offrir son sourire carnassier le plus matois, subtile courbure des lèvres carmin sans plisser rien d’autre de son visage que ses yeux pétillants. Quelle que fut la raison de sa présence sur ce fauteuil, elle avait enfin consenti à venir à sa rencontre dans un lieu qui n’était pas sien et cela, Octave ne pouvait pas l’ignorer. Il se sentit obligé d’en profiter, et savoir qu’elle avait combattu les raisons l’ayant contrainte à fuir si longuement pour venir se perdre jusqu’à sa porte, le flatta outre mesure. Il ferma les yeux, inspira l’air pour s’absorber plus intensément dans le flot doré de son extase montante. En les rouvrant, il vit le tissu de la longue tunique briller de son satin, les lèvres féminines soulignant une discrète et inconsciente trace de rouge. La baguette encore légèrement relevée vers la silhouette farouche, il questionna enfin :

« Izanami, t’as trouvé ton obole ou tu fraudes ? Oserais-je te demander si le plaisir a enfin trouvé sa source dans la brûlure du Styx ? » Il ricana doucement de la gorge sans méchanceté, ne se doutant pas de la vérité qu’il venait de mettre en emphase à force de vouloir filer la métaphore. « L’ironie dans tout cela c’est qu’il me faut faire le déplacement, mais c’est quand même toujours toi qui me saute dessus, ma perle. » Néanmoins, il était homme lucide et savait très bien que la plaisanterie se permettait uniquement dans la mesure où il était certain que ce ne fut pas la raison de sa venue. Finch l’avait évité avec constance, et quand bien même avait-elle surpassé cette mystérieuse difficulté, elle n’aurait pas trouvé en cela suffisamment de culot pour l’attendre dans son bureau. Sachant que le motif n’avait aucun rapport, il trouva donc un plaisir particulier à la taquiner sur ce qui les concernait suffisamment de loin pour ne pas la brusquer. Croisant les bras sur sa chemise d’un bleu pétrole, soignée par un gilet de costume en tweed cintré d’une couleur identique, il contempla la jolie naïade, poupée de porcelaine dont l’éloignement perpétuel avait laissé un goût exquis dans sa bouche de folâtre personnage. Finalement, il susurra : « Qu’est-ce que tu veux, Finch ? Qu’est-ce que tes petites mains ne sont pas parvenues à dénicher en mon absence qu’il te faille maintenant me supporter pour avoir ce que tu veux ? »

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rita phunk
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MessageSujet: Re: [12 décembre 97] Of sparkles and wind [Octaleen] Jeu 26 Avr 2018 - 17:36

« Je te laisse, je doute qu’Izanami ait une obole pour payer son voyage sur un fleuve qui semble davantage la brûler que l’assouvir. »

L’explosion de la porte ne fit pas décrocher Doraleen de son livre : le sorcier de l’histoire venait de refuser pour la deuxième fois d’aider ses voisins avec la marmite magique. Elle leva à peine les yeux, sa main passant du dossier à la baguette glissée à son flanc. Un nuage de poussière envahit la petite pièce, alors que la voix d’un homme alarmé résonna, lâchant une syllabe que la blonde n’arriva pas à comprendre. Casse ? Ou la première syllabe d’un autre mot coupé court ? Elle n’eut pas le loisir d’y réfléchir plus longuement, déjà la porte était piétinée par le nouvel arrivant. Sans surprise, le bibliothécaire surgit de la poussière dans son costume ajusté, semblable à ses souvenirs. Son expression contrariée céda très vite la place à son habituel air espiègle, si maîtrisé, si exaspérant. Certaines choses vraiment ne changeaient pas.

Doraleen l’observa approcher sans bouger, visage figé, livre ouvert. Elle essayait de se figurer ce qui devait bouillonner dans l’esprit d’Holbrey, alors que pour la première fois depuis leur dernière rencontre, ils se retrouvaient spontanément face à face. Elle était venue le chercher alors que depuis qu’ils s’étaient reconnus, elle avait soigneusement gardé ses distances. En réalité, et contrairement à ce qu’Octave semblait vouloir montrer par son entrée, cela lui conférait un avantage certain : l’initiative et la motivation personnelle dont il ne savait rien étaient autant d’élément qui lui appartenaient encore. Elle hésitait entre jouer un peu avec lui et ses présomptions, et lui expliquer immédiatement ce qui l’amenait pour en finir avec cette entrevue au plus vite.

Octave se pencha sur son fauteuil et sur elle, curieux. La jeune femme en profita pour le dévisager, puisqu’elle ne voyait que lui. Un visage symétrique et charismatique mangé par une fine barbe, adoucissant les angles de la mâchoire. Et ce regard vert qui avait hanté certaines de ses nuits en enfer, véritables éclats de joyaux brûlants. Si proche, elle se souvenait plus que jamais des raisons de son éloignement. Tout ce corps et tous ces mots l’enchaînaient, la mettaient à genoux. Elle ne pouvait pas se permettre d’être faible, avec lui comme avec personne – mais avec lui encore moins. En détaillant ce visage moqueur, elle ne s’autorisa pas un frémissement, bien que ses doigts crispés se seraient bien enfouis dans cette chevelure odorante, ses ongles auraient bien parcouru les moindres courbes cette nuque et de ce dos connu. Elle ignorait tout du sentiment du bibliothécaire à l’égard de son comportement, bien qu’elle soit en mesure d’imaginer une certaine frustration égoïste, la frustration naturelle de celui qui voit un bien supposément acquis sans cesse lui échapper. Avait-il voulu d’elle encore une fois ? Sa présence avait-elle touché son ventre, fait remonter un désir lointain, plus vivace peut-être ? Louise mourrait de le découvrir, de le titiller, d’en sentir les embruns. Mais Doraleen resta statique alors qu’un autre de ces sourires dévastateurs voulut percer la muraille de porcelaine de son visage.

« Izanami, t’as trouvé ton obole ou tu fraudes ? Oserais-je te demander si le plaisir a enfin trouvé sa source dans la brûlure du Styx ? »

Considérant ces mots un court instant, Doraleen décida de s’en contenter : filer une métaphore amorcée presque deux mois auparavant, voilà qui ne la surprenait pas de lui. Il savait qu’elle remettrait exactement l’instant, et par là même, qu’elle portait encore de l’attention à leurs altercations. Plus que jamais, elle sentait la nature ludique de cette relation. Un jeu, pour tous deux. Mais cette fois-ci, l’enjeu n’était plus exactement le même. Ils évoluaient en terrain politisé, et ne se battaient pas pour la même chose. Octave se battait pour lui, il semblerait, et Doraleen servait les desseins du Seigneur des Ténèbres. Il était bien en colère des temps-ci d’ailleurs, son tatouage la brûlait régulièrement. Enfin cela était dû à la fuite de Potter, qui semait derrière lui autant d’indices que de fausses pistes sur son emplacement. Leur maître courait après son mythe de baguette surpuissante, leur laissant le soin de politiser tout ce petit monde et de s’occuper du menu fretin.

« Infernal batelier. » La proximité d’Octave lui devenait rapidement insupportable. Dora leva donc dans la foulée une jambe blanche de son entrelacement, et posa le bout de son pied mocassiné sur le sternum du maître des lieux. D’une légère pression, elle le força délicatement à s’éloigner d’elle, ses yeux plantés dans les siens semblant le défier de s’en décrocher au profit d’une vue plus agréable. Puis elle revint à sa position originelle, daignant enfin fermer le livre pour offrir toute son attention à celui qui ne demandait qu’à en recevoir par flots entiers. Elle l’écouta s’auto congratuler de la voir enfin lui livrer d’elle-même sa présence, ou céder à une prétendue tentation de partager son air. Son ego n’avait pas dégonflé, voilà qui la rassurait.

« Je te demande pardon ? Qui d’entre nous vient de sauter sur l’autre ? » La blonde souriait désormais, mais son plissement de lèvre ne laissait transparaître ni joie ni malice, seulement l’habit cérémonial de ses paroles railleuses. « Enfin j’imagine que ma furieuse assise dans ce dangereux fauteuil  doit bien valoir tout ce bruit et cette poussière. » D’un geste négligent de sa baguette, elle fit se disperser les fameux nuages de particules encore suspendus dans l’air et déposés sur eux deux. De haut en bas, elle épousseta par magie le costume d’Holbrey qui reprit bien vite sa belle teinte bleu sombre, et rangea son instrument sans un autre regard pour l’homme aux bras croisés.

« Qu’est-ce que tu veux, Finch ? Qu’est-ce que tes petites mains ne sont pas parvenues à dénicher en mon absence qu’il te faille maintenant me supporter pour avoir ce que tu veux ? »

La mangemort examina la pièce à nouveau, faisant faire à son œil gelé un tour d’ensemble, puis revenant sur Holbrey. Une main aux ongles roses s’était nonchalamment posée contre sa joue, son index glissant très légèrement le long de sa tempe en un petit va-et-vient pensif. Pour la première fois depuis l’entrée de son interlocuteur, elle semblait un peu concernée par ses allégations. Elle, fouiner ? Le supporter ? Voilà qui relevait presque de l’accusation calomnieuse. En vérité, elle n’avait à peine ouvert et refermé deux ou trois tiroirs, sans jamais aller jusqu’à lire les innombrables parchemins entassés dans le bureau. Elle savait qu’elle ne trouverait rien si le bibliothécaire avait organisé son espace de la sorte. Et puis, ne pas fouiller lui donnait au moins la carte du respect de l’intimité. Il ne pourrait pas l’accuser d’indiscrétion sans s’enfoncer dans une certitude visiblement déjà bien construite.

« Allons allons Holbrey, je n’oserais pas m’introduire de la sorte dans ton intimité. Tu sembles bien certain que je cherche ici quelque chose de précis. » La Finch fronça subtilement ses sourcils fins, pensive. Elle oserait bien sûr, mais cela n’était pas dans son intérêt direct, et pas besoin de développer l’absurdité d’un tel acte dans sa position. Dans l’immédiat, son seul objectif était de ne laisser transparaître ni trouble, ni agacement.

« Enfin vu ta responsabilité, tu dois avoir de bonnes raisons de penser cela. » Elle teinta son sourire d'une certaine bienveillance, nécessaire pour enchaîner sur un ton égal avec la suite. « Mais avant d’aller à l’essentiel de ma visite - un détail administratif vraiment - je souhaite d'abord savoir comment tu te portes. Si ce n’est pas trop violer ta vie privée bien sûr. »

Porte ouverte à toutes les fantaisies, Holbrey. C'est un cadeau que je te fais. Profites-en et ne sois pas chiant, je t'en prie.

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MessageSujet: Re: [12 décembre 97] Of sparkles and wind [Octaleen] Ven 4 Mai 2018 - 4:17

Outrageux abus d’intimité, qu’était cette jambe longue. Pur affront aux familiarités qu’ils avaient partagé et dont la sacralité se plaisait à mourir sous les assauts incessants de l’orgueil, froissant ce qui subsistait de vénérable entre deux corps se connaissant si bien. Ce pied donc, perché si haut qu’il perçut en tapinois la lacune assombrie de ses cuisses entremêlées, libérées par le tissu en cascade froncée, et qui offrait contraste brutal et saisissant entre la simplicité de leurs enchevêtrements ponctuels et cette négligence qui le touchait pour ainsi dire, droit au cœur. Octave résista ce qu’il fallut pour éviter l’effort trop simple, mais s’écarta finalement avec l’ombre d’un sourire à la bouche. Un grossier mensonge persistait dans cette belle figure, qu’il n’était jamais parvenu à défaire convenable : elle lui échappait à l’instant où il pensait caresser enfin cette vérité fuyante. La coïncidence ne se supposait même pas en ce terme. Il lui avait toujours semblé la voir renoncer à quelque chose entre ses bras, dangereusement silencieuse, inclinant son profil marmoréen et laissant couler sur son bras pâle sa mélancolique chevelure de pénitente, frissonnant de plaisir et tressautant sans s’arracher pourtant à son tourmenteur, contre lequel elle revenait inlassablement s’abandonner. Et puis, dès que l’obsession amoureuse se tarissait sous les cajoleries passionnées, elle retrouvait son regard éloigné, et Octave s’était plus d’une fois demandé si cette perle froide et précieuse ne retrouvait pas son corps que lorsqu’il était réchauffé par le sien. Prétentieuse supposition, dont il ne comprenait pas exactement le sens. Sans méchanceté ni intention, il lui était arrivé de la toucher délicatement et avec espérance, dans l’unique dessein de la voir s’incarner à nouveau et perdre le vide abyssal qui se faisait à la source de ses yeux platoniques. Elle renaissait, électrisée, déjà moins que la première fois pourtant, un peu tarie dans son reflet, mais toujours avec le zèle d’une inconscience effrénée, laissant entrevoir l’éclat bleu qui découvrait dans le désir, l’angoisse, l’ogon’, l’agonie de la réalité suprême. Ou disons que la réalité se dépouillait alors des enluminures qu’elle portait comme des griffes dans un monde où il fallait s’accrocher aux choses chimériques pour échapper à la faiblesse. Aujourd’hui, alanguie sous lui, elle le toisait quand même de haut, derrière les horizons et nuages de son recul.

« Je te demande pardon ? Qui d’entre nous vient de sauter sur l’autre ? »

Il aurait été étonné d’un tel retournement banal de crêpe, à condition qu’il fut question de leur toute première rencontre, ce qui était loin d’être le cas. Des insolences, ils en avaient échangé lors de babillages sans importance et encore plus par la pensée probablement. C’était un exercice qui ne s’épuisait pas, une sorte de rituel où il fallait être le premier à dégainer son arme et lorsque la joute se trouvait satisfaite en méchancetés de tout genre, les duellistes se séparaient ou se retrouvaient encore plus étroitement. La question était maintenant de savoir si les impertinences furent anecdote ou prétexte ? Plus encore après qu’elle eut nonchalamment brossé la poussière de son costume, d’une magie qui lui arracha un soupir de contentement transi. On étrille son canasson avant de le monter ? Il en doutait franchement, la dame ne lui ayant néanmoins toujours pas livré la raison de sa présence, qu’il pouvait finalement imputer à un motif lui étant tout autant parfaitement étranger qu’étroitement proche. Davantage en devint douteuse la réflexion paresseuse qu’elle s’évertua à faire durer, tout en découvrant son bureau comme pour la première fois. Cette lenteur dans l’exécution… que diantre ne voulait-elle dont pas lui avouer ?

« Allons allons Holbrey, je n’oserais pas m’introduire de la sorte dans ton intimité. Tu sembles bien certain que je cherche ici quelque chose de précis. »

Octave souffla sans conviction, comme s’il fallait encore se poser ce genre de questions. Non, c’était sûr, elle était loin de s’introduire dans son intimité au vu des conversations superficielles qu’elle lui avait imposés, sans jamais concrètement s’intéresser à lui, ni d’ailleurs livrer grand-chose sur sa propre personne. Parité respectée sans qu’il n’en fût vexé, raison pour laquelle cette grossièreté resta à sa bouche sans se prononcer, sans en demeurer moins vraie pour autant néanmoins. Octave se contenta d’un sourcil haussé, mains dans les poches et tête légèrement penchée sur le côté.

« Enfin vu ta responsabilité, tu dois avoir de bonnes raisons de penser cela.
- Non, je doute juste que tu te sois égarée ici par hasard, ou pour prendre une tasse de thé alors que tu évites même de me rendre ou d’accepter l’hommage d’une salutation. »

Nulle trace de ressentiment accusateur dans sa voix tranquille : le personnage n’était plus un enfant pour chercher réparation à chaque coin de couloir, et encore moins s’imposait-il autrement que pour le plaisir de la taquinerie. Elle éludait ? Tant pis, son bureau ne recelait aucun mystère pour qu’il daigne le protéger avec son corps, au sens propre comme au figuré. Doraleen semblait néanmoins lui prêter, sincèrement ou avec ironie, une place bien plus disposée que ce qu’il en était véritablement d’un point de vue officiel. Depuis la purge de la bibliothèque, il avait effectivement gagné une petite et mauvaise notoriété, mais elle était loin de transcender quoi que ce soit autant qu’un serpent et son crâne.

« Mais avant d’aller à l’essentiel de ma visite - un détail administratif vraiment - je souhaite d'abord savoir comment tu te portes. Si ce n’est pas trop violer ta vie privée bien sûr. »

Mais qu’elle était délicieusement prévenante. Surtout à l’égard d’un tel formalisme sans intérêt. Octave, lui n’avait pas l’intention de se soustraire à quoi que ce soit, ni d’insister sur des explications dont au fond, il pouvait se passer. Lentement, il réduisit l’espace auquel on l’avait forcé, puis se prostra tout bonnement aux pieds de la blanche madone, dont il baisa fébrilement la jambe cruelle non loin du genou, peu enclin tout de même à rejoindre la poussière du sol de sa bouche, bien que les délices du mollet étroit ne lui étaient pas inconnus. Elle prétendait à demi-mots à l’heureux égarement ? Quel genre de diable était-il pour ne pas profiter de cette avantageuse circonstance pour prodiguer quelques baisers doux et emplis de « moralité », selon le terme que l’on pouvait employer pour distinguer les minutes de recueillement profond avant les fureurs de la passion. Fébrile, il remonta la courbe opaline comme bien des fois jadis de chastes baisers, dont le bout, pourtant, commençait à prendre feu. Ce n’était pas par méchanceté ni ferveur, mais il était presque certain qu’elle allait préférer n’importe quoi, même la lâcheté, à cette attention fiévreuse qu’il lui prodiguait avec une application invariable, où même les caresses condescendantes avaient le goût de la tendresse inavouée. Les yeux fermés à savourer la gourmandise fugace, Octave remonta jusqu’à l’angle où le tissu du vêtement s’était défait, puis se redressa à genoux, pieux pénitent de la chair tendre et susurra de ses lèvres pleines :

« Je me porte jusqu’à toi, comme toujours, tu le sais bien. »

Ses mains avaient pris appui sur les genoux timides, qu’il surplombait de son torse serré, tendant le cou afin de mieux voir l’alanguie dans son précieux fauteuil, au regard qu’il espérait bientôt perdre de sa verve insolente au moins en apparence. Quelque part à l’arrière de son esprit, une autre blonde s’était renfrognée, mais il l’écarta soigneusement comme un chat faisant tomber d’un coup de patte négligée l’objet de sa défaveur. Il s’était enflammé juste assez pour que son regard s’anime d’une agitation lascive, mais bien avant le point de non-retour où il aurait été honteux de se relever. Penché, la bouche délicatement entrouverte, l’énervant ne semblait rien attendre pourtant et profitait simplement de ce qu’il avait goûté.

« L’essentiel, donc. »

Confirma-t-il sans point d’interrogation, comme si maintenant le centre de leur conversation était en fait devenu la formalité à éluder.

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MessageSujet: Re: [12 décembre 97] Of sparkles and wind [Octaleen] Dim 10 Juin 2018 - 11:27

Il n’était pas de situation qui réussissait ordinairement à mettre la jeune femme dans un état pareil. A mi-chemin entre la peur et l’abandon. Elle voyait avec impuissance couler dans ses veines un mélange d’insécurité et de honte. Elle se haïssait pour ses failles et les contemplait avec une fascination tenant du divin. Chamboulée que cet état de grâce puisse encore l’appeler. Dans ce scénario, Octave était la simple incarnation d’un certain type d’électrochoc le long de sa colonne, remuant ses entrailles et froissant ses côtes. Si elle avait hésité avant de venir, maintenant il n’était plus question de se retrancher. Elle savait que pour fermer définitivement la porte à son idiotie sentimentale, elle devait lui faire face. Mais ce qu’elle savait également, c’était que rien ne changerait dans le comportement d’Holbrey si elle ne lui expliquait pas clairement son issue. Car continuer à ignorer les vagues de lui qu’il imposait à sa façade de calcaire finirait par la faire s’effondrer brutalement dans la tempête, et elle serait finie. Sans compter qu’une part d’elle croyait lui devoir au moins l’honnêteté, si ce n’était la chaleur d’un retour de flamme.

« Non, je doute juste que tu te sois égarée ici par hasard, ou pour prendre une tasse de thé alors que tu évites même de me rendre ou d’accepter l’hommage d’une salutation. »

Oh, library-guy serait donc vexé ? Malgré son ton égal, elle pouvait le concevoir. Il aurait attendu plus d’attention de sa part, certainement. Etait-il froissé par l’idée d’une aventure sans lendemain ? Par la possibilité qu’une femme ne veuille plus avoir à faire avec lui malgré tous les soins qu’il lui ait prodigué ? Et surtout alors que les faits s’étaient déroulés presque deux ans auparavant. Ce considérable laps de temps avait peut-être fait muer dans son esprit leur passion nocturne en une simple rencontre de deux corps qui se cherchaient, et ce qu’il en gardé n’était guère plus qu’un charmant souvenir. Qu’elle lui rende amicalement la politesse, au moins en hommage à leur rencontre, ce devait être pour lui la moindre des choses.

Pour Doraleen, évidemment la chose n’était pas si simple. Il disait qu’elle avait refusé d’accepter l’hommage d’une salutation. Mais il ne pouvait pas savoir qu’à l’instant où elle avait posé son regard sur lui dans ce couloir, et qu’elle avait replacé son identité, tout son corps avait hurlé à la réminiscence. La première fois où il lui avait adressé la parole, ses yeux avaient rendu la salutation avec plus de force qu’elle n’en soupçonnait posséder. Elle se faisait peur, avec toutes ces sensations qui remontaient. Comme si ses nerfs, sa peau, ses organes la forçaient à désirer retrouver ses frissons. Elle le souhaitait peut-être. Mais il ne fallait pas que ça arrive.

« Eh bien maintenant me voici, pour réparer cet… »

C’est alors que l’air changea brusquement de densité. La Mangemort se sentit sortir de son corps et observer au ralenti Octave ignorer sa question pour chercher d’un œil affamé le commencement de son genou. Prostré devant elle, il posa ses mains larges contre elle, ses lèvres chaudes contre le blanc de sa peau. Ça n’allait pas. Le long et puissant tremblement qui la secoua ne fut qu’un des effets secondaires de ce sauvage rapprochement. Incapable de se dégager comme d’enclencher tout autre mouvement, la blonde effarée écarquilla les yeux et se cramponna à son fauteuil, priant pour que cela cesse au plus vite. Elle ne pouvait pas le laisser faire. Il fallait qu’elle bouge. Mais c’était comme si un mécanisme de défense intérieure avait bloqué toutes ses fonctions motrices, imaginant sûrement que se dégager de l’emprise sensuelle ne ferait qu’aggraver la situation. Son esprit flottant au-dessus de la scène, impuissante, Dora dut se résoudre à attendre. Heureusement, il ne la regardait pas dans les yeux. Ce qu’il y verrait attiserait son appétit : une étincelle de folie, que n’importe qui interpréterait comme un désir grandissant, mais qui n’était que le foyer d’une angoisse profonde. S’il s’acharnait à souffler dessus comme il le faisait, elle ne répondrait plus de rien.

Enfin les lèvres maudites quittèrent l’objet de leur désir, provoquant un deuxième long frisson et un léger relâchement de la pression de ses muscles. Rejoignant brusquement son corps, Dora laissa tomber son regard dans celui d’Octave. Elle était effarée. « Je me porte jusqu’à toi, comme toujours, tu le sais bien. », osa-t-il murmurer. Seul et à genou sur le parquet, il aurait presque paru vulnérable si ce n’était pour ce visage lascif et inlassablement noble. Elle rêvait d’écorcher ce sourire pour en embrasser sans retenue la chair sanguinolente. Le torturer d’une main, le caresser de l’autre. Tout ce qu’elle parvenait à faire pourtant, malgré les efforts répétés de sa volonté, c’était de ralentir sa respiration au point qu’on ne l’entende plus, que sa poitrine se soulève à peine. Elle qui puisait dans l’indifférence l’essentiel de son pouvoir se retrouvait pieds et mains liés par l’émotion. Lentement, alors que la marque cuisante sur ses cuisses s’estompait, elle reprit le contrôle de ses mains, de ses cervicales, de ses épaules. Ses yeux gelés se fissuraient – trahissaient la panique qui l’avait secouée. Elle qui se targuait de ne connaître aucune peur parmi les entités tangibles venait d’être servie en argument. Elle avait bien peur : pas des autres en eux-mêmes, mais de ce que d’autres pouvaient faire naître en elle, au point qu’elle perde le contrôle de sa raison.

« L’essentiel, donc. »

Ces quelques mots finirent de faire tomber la tension, et la Finch put durcir à nouveau son regard. Pas question de lui donner la satisfaction de constater quelque plaisir ou complaisance. L’expérience avait été tout sauf agréable. Et ce, non pas seulement à cause d’elle et de ses batailles internes, mais parce qu’il s’y était pris comme un mufle. Partager sa couche une nuit, quoi qu’il s’y soit passé, ne lui accordait pas un pass VIP sur son corps. Et certainement pas l’autorisation d’y poser ses lèvres quand l’envie le prenait. Elle espérait que son langage corporel suffirait pour qu’il comprenne qu’elle était à deux doigts de le gifler – même si son arrogance semblait hurler qu’il le savait pertinemment. Résistant à l’envie de se lever et de prendre plusieurs mètres de distance,
elle préféra rester immobile. Que faire d’autre ? S’éloigner et lui montrer explicitement qu’elle fuyait son contact par pure couardise, ou rester au risque de se montrer plus ingrate et insensible que jamais ? La préférence irait toujours, tant qu’elle le pourrait, à l’intégrité de son illusion. Immobile, donc.

« Léon Schepper et Heather Trown. »

Laissant planer ces deux noms quelques secondes dans l’atmosphère, elle observa nonchalamment la réaction d’Octave. Même s’il était probable qu’il ne sache pas grand-chose sur ces deux jeunes gens, elle avait en revanche la certitude qu’il connaissait beaucoup mieux certains étudiants qu’il ne le laissait croire. Les rumeurs couraient vite. Entre fantasmes avérés et bribes de réalité, démêler le vrai du faux était un des piliers du travail de Doraleen au sein de l’organisation. Extraire la réalité des on-dit, parfois même les transformer en une réalité qui l’arrange. Au sujet d’Holbrey, qui était un des grands personnages controversés de cette école et qui se coltinait malgré-lui de nombreuses réputations, elle possédait une quantité impressionnante de rumeurs et d’à-propos. Bien sûr qu’en apprenant sa présence à Poudlard, elle s’était empressée de collecter tout ce qu’elle pouvait à son sujet, afin de ne pas se retrouver complètement ignare et démunie quand le moment de la confrontation arriverait. Il ne pouvait pas s’être attendu à autre chose de sa part. Le travail avait été plus difficile qu’elle ne le pensait. Tous les facteurs étaient pourtant réunis : un homme de responsabilité au milieu d’une bande de gamins sous pression, dans un environnement clos et presque hermétique. Les conditions idéales pour en apprendre plus sur lui sans se faire trop remarquer. Mais cet avantage s’était retourné contre elle : elle avait recueilli tant de témoignages différents, et à chaque fois en bribes, qu’elle se retrouvait avec une montagne d’informations sur les bras. Et le temps manquait pour faire un tri convenable et surtout, fiable. Cependant elle avait réussi à faire concorder certaines paroles, croiser quelques sources, et tirer une bonne poignée de vérités à son sujet. Il faut dire que la collaboration avec Andréas, et son mépris avéré pour le bibliothécaire, avaient été d’une aide précieuse.

« J’ai besoin de leurs dossiers de scolarité et, si tu en as, de tes observations à leur sujet, quelles qu’elles soient. »

Plusieurs témoins oculaires avaient évoqué la fréquentation de certains élèves avec Octave – qu’elle soupçonnait de plus en plus posséder secrètement un cabinet de psychologue scolaire – et la petite Heather en faisait partie. Elle manquait cruellement de détails, et préférait ne rien avancer sur cette supposition pour l’instant, mais en cas d’urgence, elle pourrait ressortir quelques dossiers. Il fallait qu’elle découvre qui étaient ces enfants, ce qui les liait tous les deux, et à quel point leurs histoires de famille étaient compliquées. Quant à Holbrey, l’important était qu’il ne soupçonne pas l’ampleur du travail qu’elle avait effectué à son sujet. Elle avait besoin de tout sauf du retour prématuré de Louise dans sa vie.

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