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[Vendredi 26 décembre 1997]Le souffle de la Belle Mort. [Bellatrix Lestrange]

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SERPENTARD6ème année
    SERPENTARD
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DATE & LIEU DE NAISSANCE DATE & LIEU DE NAISSANCE: 3 septembre 1980, Londres.
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MessageSujet: [Vendredi 26 décembre 1997]Le souffle de la Belle Mort. [Bellatrix Lestrange] Dim 25 Mar 2018 - 22:22


Alizée marchait depuis un moment maintenant dans le quartier commercial de Pré-au-Lard. Il n'était pas étonnant que les pavés ne fussent plus piétinés par de nombreux pairs de pieds. L'animation habituelle de cette période de l'année avait laissé place à un sentiment d'oppression, ainsi que des rues et ruelles désertes. Le village sorcier, qui fut un temps avait été un modèle de joie de vivre, ne laissait place qu'à une peur étrange et résiduelle dans l'esprit des personnes qui osaient s'y aventurer. La Serpentard avait cette étrange impression, fugace, qu'elle était suivie depuis qu'elle était arrivée, vers seize heure. Une heure qui aurait du laisser quelques rayons d'un soleil froid et passif se poser sur les différentes bâtisses, mais ce n'était pas le cas. La brune avait l'impression d'être en pleine nuit depuis qu'elle y était. L'obscurité ambiante n'était pas naturelle, mais la présence des détraqueurs qui entouraient le village l'expliquait. L'une des seules compagnies qu'elle pouvait avoir dans certains carrefours, si ce n'était les mangemorts qui patrouillaient et lui lançaient des regards insistants avant de passer leurs chemins. Elle n'était pas en sécurité, bien que de sang-pure et elle en avait bien conscience. Tout le lui rappelait. Les magasins fermés et condamnés, la crasse au sol ou sur les murs, avec de nombreuses affiches de personnes disparues qui virevoltaient au gré d'un vent glacé surnaturelle, les habitations parfois en ruines, détruites par les serviteurs du Seigneur des Ténèbres.

Parfois, elle avait pu s'arrêter dans une boutique, soufflant légèrement sur ses doigts complètement gelés malgré les gants qu'elle portait, comme si ce geste pouvait la rassurer. Ce n'était pas le cas. Même dans les magasins illuminés, la sensation d'oppression ne disparaissait pas. Pire, la vipère avait l'impression qu'il s'agrandissait à cause du regard des employés ou des propriétaires qui l'observaient avec un air paniqué, comme s'ils s'attendaient à ce qu'elle sortît sa baguette pour leur envoyer un maléfice pour les torturer ou les assassiner gratuitement. À cause de ces étranges sensations, la jeune femme avait fait au plus vite, ne restant que peu de temps dans les boutiques qu'elle visitait. Elle savait précisément ce qu'il lui fallait, que ce fût des fournitures pour son année à Poudlard ou des achats personnels, mais cela ne l'avait pas empêchée de rester plus de trois longues heures dans cette ambiance malaisante et malsaine, comme elle avait dû rester bien trop de temps à son goût sur le Chemin de Traverse et l'Allée des Embrumes avec son père plus tôt dans la journée. Les trois lieux avaient de nombreuses similitudes, si ce n'était que l'Allée des Embrumes avaient l'air plus vivantes que jamais, comme si les personnes s'y trouvant se plaisaient à vivre dans de telles conditions. Quelque chose qu'elle ne comprenait pas, ayant grandi de l'autre côté de l'Atlantique, aux États-Unis. Aujourd'hui encore, elle avait eu du mal à l'idée de rester en Angleterre pour les vacances de Noël, mais ses parents lui avaient bien fait comprendre qu'ils n'avaient pas le choix à cause des règles strictes mises en place par le Ministère Anglais. Elle faisait avec, elle n'avait pas le choix, mais cela ne l'avait pas empêchée de frissonner à de nombreuses reprises pendant ses achats avant Noel, pour les cadeaux ou encore ce jour-ci, où elle se retrouvait à présent seule.

Une solitude qu'elle ressentait de façon bien trop vive, alors qu'elle faisait voyager ses yeux de droite à gauche, sans savoir où les poser pour ne plus ressentir un sentiment de gêne qui l'accablait dès qu'elle se trouvait à l'extérieur. Elle serrait sa baguette dans sa main droite, avec un peu trop de force, laissant visible, malgré son visage qu'elle se forçait à garder de marbre, la frayeur qui grandissait encore en elle. Ses pas étaient rapides et à plusieurs reprises, elle regardait derrière elle. Il n'y avait personne. Je deviens folle. Une pensée qui la traversa juste avant que tout s'enchaînât, sans qu'elle n'y fût préparée.

Une bourrasque de vent, bien plus violente que les précédentes, fit s'envoler la partie basse de son manteau, laissant voir ses jambes recouverts d'un leggins qui la protégeait parfaitement du froid... En théorie. Elle se figea sur place quand un cri retentit dans la nuit. Un cri effroyable, qui lui glaça le sang. Elle serra les dents et regarda devant elle, voyant alors une ombre à plusieurs centaines de mètres de là. Un clignement d'œil plus tard et il n'y avait plus personne. Le cri disparut et Alizée ouvrit la bouche par réflexe pour prendre une grande inspiration. Elle n'avait pas eu conscience s'être arrêtée de respirer sur le moment. Une nouvelle bourrasque puissante fit s'envoler ses cheveux détachés, qui giflèrent ses joues rosées par le froid. D'un geste rapide de sa main gauche, la droite tenant toujours sa baguette, elle chassa les mèches perdues devant sa bouche et contre ses lèvres, pour laisser apparaître une expression de surprise et de terreur. Deux détraqueurs s'approchaient d'elle avec trop de vitesse pour que ce ne fut un hasard. Elle fit deux pas en arrière, les talons de ses bottes claquant contre le sol. Le bruit résonna dans la rue quand elle leva sa baguette. Elle ne pouvait rien faire. Lancer un Patronus dans une situation sans danger et le lancer face à deux créatures qui voulaient faire d'elle leur repas étaient deux choses totalement différentes. Elle n'en était pas capable, elle le savait. Elle n'arrivait déjà plus à se souvenir de ses rires, de ses sourires et le froid se fit plus intense. Le cri retentit de nouveau, plus proche. Était-ce le sien ? Oui... Oui. Elle reconnut sa voix. C'était son cri... Le même qu'elle avait lancé, alors qu'Alecto Carrow se faisait une joie de la torturer à la place de l'enfant de non-majs, la sang-de-bourbe comme les Anglais les appelaient, qui s'était retrouvait face à Alizée moins d'un mois auparavant, dans la Grande Salle, pour la pièce de théâtre macabre qui s'y était jouée sous prétexte d'un cours. Plus les détraqueurs s'approchaient, plus le cri devenait fort et violent à ses oreilles. Ce fût quand Liz pensa défaillir qu'elle entendit un craquement derrière elle. Le craquement caractéristique du transplanage. Elle n'eut le temps de ressentir qu'un souffle contre sa nuque dénudée, qui la fit frissonner autant d'effroi qu'à cause de la chaleur sur sa peau, qu'une poigne sévère agrippa ses épaules. La sensation désagréable du moyen de transport le plus prisé des sorciers devint sa réalité et la Shafiq de dix-sept ans eut l'impression d'être complètement comprimée dans un étau avant que tout s'arrêtât d'un coup. L'esprit encore embrumé par l'expérience qu'elle venait de vivre, elle ne pensa nullement à remercier son sauveur. Elle vint écraser le talon de sa botte droite contre le pied de la personne, l'obligeant à la relâcher et lui offrant une belle douleur, avant de commencer à se tourner, relevant sa baguette d'un même mouvement pour lui lancer le premier maléfice qui lui passerait par la tête. Elle n'en eut jamais le temps.

La Serpentard reçut un maléfice, en plein mouvement, qui lui coupa le souffle et l'envoya valser contre un mur qui craqua sous la force de l'impact. Le bois d'acacia glissa et lui échappa des mains dans un même temps. Sonnée, la vision trouble, Alizée ressentie une grande douleur qui parcourut son dos et remonta jusqu'à son crâne. Un léger gémissement s'échappa d'entre ses lèvres entrouvertes. Elle eut le réflexe de vérifier qu'elle ne s'était pas blessée, mais ce n'était pas le cas, aucun liquide poisseux ne s'échappait d'elle, signe qu'elle ne saignait pas. Ce ne fut qu'à ce moment-là qu'elle revint un peu vers la réalité, remarquant une silhouette flou dans un coin de la pièce. La personne, quelle qu'elle fût, l'observait, mais la demoiselle préféra l'occulter au début. Elle chercha à l'aveugle sa baguette, sans la trouver, ce qui la fit pincer les lèvres d'agacement. Elle finit par abandonner l'idée de la retrouver, bien que rester sans défense face à une personne qu'elle ne connaissait pas ne l'enchantait pas du tout.

Petit à petit, sa vision revint, alors qu'une quinte de toux la prenait. Les larmes naturelles avaient aidé pour qu'elle pût voir correctement de nouveau. Le sol tournait dangereusement, elle le remarqua à ce moment et elle mit un certain temps avant de pouvoir se relever et se stabiliser, venant épousseter ses vêtements. Il était facile de remarquer, par ailleurs, que la demoiselle était totalement habillée de cuir, la matière provenant sans doute d'un animal magique, avec quelques enchantements pour garder la chaleur. Des vêtements pour une adolescente qui avait une famille fortunée, à n'en pas douter une seule seconde. Et ce fut donc, naturellement, qu'elle fronça le nez de dégoût en voyant le lieu dans lequel elle se trouvait. Elle ne voyait même plus le sol et les meubles, bancals pour la plupart, à cause des couches de poussière qui s'y trouvaient. Même les murs ne pouvaient plus être visibles en raison de la crasse présente et la vipère nota aussi que la seule fenêtre de la salle était condamnée. Elle comprit seulement à ce moment-là qu'elle voyait par la seule source de lumière se trouvant présente. Lentement, une sensation d'appréhension remontant le long de sa gorge par l’intermédiaire d'une remontée acide, elle se tourna vers celle-ci. Au bout d'une baguette tenue d'une façon étrange par des mains fines, presque squelettique, se trouvait un Lumos assez puissant pour permettre une très bonne visibilité. Alizée dut plisser les yeux légèrement pour passer outre le phénomène qui l'aveuglait et reconnaître la personne derrière.

Elle aurait préféré ne pas savoir.

La terreur, immense, implacable, lui fit écarquiller les yeux d'horreur en la reconnaissant. L'expression ne passa que fugacement sur son visage. Elle mordit l'intérieur de sa lèvre inférieure pour se forcer à reprendre un visage inexpressif. L'on pouvait prêter de nombreuses rumeurs sur l'aînée de la branche secondaire des Shafiq, mais l'on ne pouvait certainement pas affirmer qu'elle était idiote. Elle savait que face à une personne comme celle qui braquait ses yeux dans sa direction, mieux valait ne pas montrer sa terreur. Il fallait également montrer du respect et peut-être même une forme de soumission, mais pour le dernier point, personne n'avait appris à la sang-pure à lécher des bottes, alors elle ne le fit pas. Elle se contenta d'un hochement de tête pour saluer Bellatrix, car c'était bien le bras droit, de son point de vue, de Lord Voldemort qui se trouvait face à elle. Reconnaissable à sa longue chevelure ébène, son visage osseux laissant comprendre une ancienne beauté disparue, arrachée par Azkaban, ainsi qu'un regard emprunt d'un amusement malsain et d'une folie que l'élève de Poudlard ne parvint pas à définir clairement, elle ressemblait un peu trop à l'affiche qu'elle avait pu voir deux ans plus tôt. Le seul changement notable était les vêtements que portait la Mangemort : des vêtements laissant comprendre son statu dans le gouvernement du Lord Noir. Le mouvement de la verte et argent fut lent et parfaitement contrôlé. Le moindre geste de travers, surtout face à Lestrange et c'était la fin. Liz le savait, surtout après ce qu'elle venait de faire. Elle venait de lui écraser le pied. À Bellatrix Lestrange. Elle ouvrit la bouche, légèrement, comme pour parler, mais la referma sans émettre le moindre son.

Alizée ne put se retenir et déglutit.

Elle en était maintenant persuadée.

Elle allait mourir.

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MessageSujet: Re: [Vendredi 26 décembre 1997]Le souffle de la Belle Mort. [Bellatrix Lestrange] Dim 15 Avr 2018 - 22:05

Les forces obscures étaient partout, prête à semer le trouble sur toute l'Angleterre, et même sur le reste du monde. Mais c'était le lendemain de Noël et, étourdis par les fêtes, les gens se sentaient encore à l'abri dans leur maison. Sauf Alizée Shafiq, qui ne semblait pas être du genre à se détendre. Clac, clac, clac faisaient les bottes de la jeune sorcière sur le sol pavés de Pré – Au – Lard. Ça faisait un moment maintenant, que Bellatrix suivait avec assiduité l'ombre de l'adolescente. Avec une patience toute nouvelle, mais nécessaire, elle avait traîné près des boutiques du village, attendant que la petite Serpentard finisse ses achats ridicules et laisse la voie libre au plan que la Mangemort avait mis en place. Il fallait quand même féliciter l'initiative : la petite souris traquée, servante de la maison Serpentard se savait suivie : elle ne cessait de regarder par – dessus son épaule, inquiète de ne deviner aucune présence. Pourtant, elle semblait bien décidée à finir ce qu'elle avait commencé. À aucun moment elle n'envisagea de rentrer plus tôt au château, ou de faire brutalement demi tour.
Bellatrix étudia soigneusement les attitudes de l'enfant Shafiq. Le corps sec, les muscles contractés par l'angoisse, le visage masqué par une impassibilité forcée qui, avec le temps, deviendrait naturelle. Quand elle rentra dans une boutique, la Mangemort se camoufla dans l'obscurité fournie par une ruelle. Elle ne formait plus qu'un avec les ténèbres, qui faisaient tout autant parti d'elle. Une symbiose totale. Avec lenteur, elle grinça des dents. Les yeux plissés, elle guettait sa proie.

Normalement, Abigail Hook aurait dû être son apprentie : c'était une sorcière avec beaucoup de potentiel, mais elle était trop fragile, trop sensible, ce qui la rendait dangereuse, certes, mais plus pour elle – même que pour les autres...  Peu importe, de toute façon, elle avait subitement disparue, sans aucune raison apparente. Dans un premier temps, Bella avait pensé à la chercher : si elle n'était pas encore morte, alors elle l'achèverait. Mais elle avait rapidement abandonné cette idée. Hook s'était littéralement évanouie dans les airs, ne laissant à ses camarades que la trace de son absence. Et franchement, elle n'était pas suffisamment importante non plus pour que le bras droit de Lord Voldemort s'acharne à la traquer.
Avec patience, Bellatrix observa Alizée. La jeune Serpentard ne le savait pas, mais elle avait été longuement surveillée : il était hors de question de s’embarrasser du premier élève venu. Il devait être correctement choisi, comme un bon morceau de viande : méfiant, débrouillard, audacieux, obéissant et surtout attiré par la puissance, comme un papillon par la lumière. L'élève répondait à tous ces critères malgré ses liens de parentés qui lui conférait une position ambiguë. Bellatrix n'était pas certaine de l’allégeance de l'enfant, mais chaque être humain a sa faille et la Mangemort avait reconnu la soif de puissance chez Alizée. L'adolescente était avide de pouvoir. C'était sans doute  ces traits de caractère qui l'avait conduite à être ornée de vert et argent.  

Enfin, la Serpentard sorti de ce qui serait sa dernière boutique, en tout cas pour aujourd'hui. Discrètement, Bellatrix fit claquer sa mâchoire dans le vide. Un peu d'action, il était temps. Elle jeta un regard de chaque côté de la rue, guettant au loin la réaction de Miss Shafiq qui s'accrochait à sa baguette comme un mendiant à ses gallions. Cette réaction déçue profondément la Mangemort : Alizée, qui se comportait comme une proie, était incapable de reprendre la main. Ne savait – elle donc pas qu'il fallait comprendre, s'adapter et enfin réagir pour survivre. La sorcière renifla : le travail serait long.

Un froid glacial se répandit de la rue. Les détraqueurs. Bella ne put retenir un sourire, en parti parce qu'elle se savait protéger, mais surtout parce que le plan se mettait en place. La petite Shafiq comprendrait – elle qu'elle avait été choisie ? Que l'attaque était coordonnée ? Serait – elle seulement capable de se défendre ? Bellatrix fit quelques pas vers la jeune sorcière, en caressant le mur de la bâtisse qui délimitait la rue principale. Ses doigts rebondissaient sur le crépit pas tout à fait lisse de la maison (ou peut – être était – ce une boutique). Un cri d'horreur s'échappa de la gorge d'Alizée. La mangemort ferma les yeux et bascula la tête en arrière, se nourrissant de l'effroi de l'enfant avec d'accompagner la peur de son propre rire, froid et hystérique.
Bien. Il était temps d'intervenir, le but n'était pas que l'élève se retrouve sans âme au beau milieu de village préféré des sorciers. Bellatrix pivota sur elle – même pour transplaner. Dans un crac, qui lui sembla assourdissant elle se retrouva juste derrière Alizée. Avec une force phénoménale, elle attrapa la jeune fille par le col de son manteau et transplana à nouveau pour les emporter toutes les deux à l'écart, dans la Cabane Hurlante. Mais, à peine, arrivées, Bellatrix senti son pied être écrasé par l'épaisse botte de l'adolescente qu'elle venait pourtant d'arracher aux détraqueurs. Elle poussa un cri de rage, dégaina sa baguette et avec la même vivacité qu'un escrimeur jouant de son fleuret, elle jeta un sortilège sur la Serpentard qui la propulsa à l'autre bout de la pièce.
La première réaction de la femme tatouée fut la colère, la rage démentielle même. Mais... Il fallait reconnaître que c'était la première réaction intelligente de la gamine. Au moins, elle avait tenté de se défendre : il était grand temps que son instinct de survie prenne le dessus. La Mangemort s'avança et récupéra la baguette de la bébé sorcière.
Elle resta là, un petit moment, debout, en attendant que l'autre se réveille. Sa baguette s'illumina sans qu'elle n'ait eu besoin de prononcer la formule. Bellatrix avisa les larmes qui coulaient sur les joues d'Alizée. Elle haussa un sourcil, perplexe. Si la gamine se mettait à chialer dès le début, toute cette histoire n'irait pas très loin. Enfin, elle daigna se relever. Avec un certain soin, l'enfant s’épousseta en regardant autour d'elle avec un air dégoûté. Un rictus mauvais s'installa sur les lèvres de Bellatrix... Oui, Alizée venait du clan Shafiq et la Mangemort voulait bien croire qu'elle était habituée à beaucoup mieux qu'une vieille cabane soit disant hantée et pleine de poussière. Mais voyez – vous, ici, personne ne viendrez vérifier l'origine de ses hurlements. Après avoir regardé autour d'elle, Alizée fit enfin face à son adversaire. Et Bellatrix, ne put s'empêcher de jubiler en assistant aux différentes réactions que la petite Shafiq.
D'abord, ses yeux s'écarquillèrent. Puis elle vint massacrer sa lèvre inférieure pour se ressaisir, mais c'était trop tard... La Mangemort, véritable prédatrice, sentait la peur s'emparer lentement du corps trop maigre de l'enfant. Bella aurait pu se nourrir pendant des heures, juste de cette sensation, qu'elle percevait chez sa victime. L'angoisse prenait naissance dans son ventre, et remontait, lentement jusque dans sa gorge, l'empêchant de parler, de crier,... La peur tétanisait ses muscles et la rendait incapable de bouger. C'était beau.

D'un coup sec du poignet, Bellatrix envoya valser la boule de lumière qui se m'y à tourner lentement autour des deux protagonistes. Elle fit ensuite deux pas vers l'adolescente et plaça sa baguette sous son petit menton. Elle l'examina attentivement. Elle reconnut en Alizée une certaine beauté, qui pouvait sans aucun doute être utilisée à bon escient... Elle semblait également capable de jouer la comédie, comme en ce moment, où elle essayait de cacher sa crainte derrière un soupçon d'indifférence. Mais était – elle vraiment capable de rester aussi stoïque à longueur de journée, pour accomplir certaines missions ? Pourrait – elle se montrer cruelle et aimer ça ? Croyait – elle en la cause du Seigneur des Ténèbres ?

« Je ne vais pas te tuer »

Il était si rare qu'elle prononce ces mots – là, que pendant une bref instant la plus fidèle servante de Lord Voldemort se senti étrangère à elle – même. Lentement, elle entreprit de faire le tour d'Alizée, d'un pas lent, comme pour la juger. Une fois arrivée derrière elle, Bellatrix plongea sa main dans la chevelure de la Serpentard pour la forcer à basculer la tête en arrière.Elle hésitait sur la marche à suivre... Son pari était dangereux ; ils étaient nombreux chez les Shafiq à être aurors. D'ailleurs, les parents de la petite en étaient. Mais Levine n'avait pas eu de scrupules à se faire marquer et Bella espérait qu'Alizée serait de la même trempe. Elle lâcha un peu la pression pour lui laisser un peu de mou.

« Comment vont tes parents, Alizée Shafiq... ? Tu es contente de partager le même sang souillé qu'eux ? »

Elle ne prit même pas la peine de hurler. Elle se contenta de murmurer ses mots doux au creux de son oreille. Du bout de sa baguette elle caressa l'angle de la mâchoire de la gamine, lui signifiant, l'air de rien, ce qu'elle risquait si jamais Bellatrix s’apercevait qu'elle lui mentait.

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I killed Sirius Black !



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MessageSujet: Re: [Vendredi 26 décembre 1997]Le souffle de la Belle Mort. [Bellatrix Lestrange] Jeu 14 Juin 2018 - 11:07


Si Alizée avait essayé, en vain, de récupérer sa baguette avant de se relever pour vérifier l'endroit où elle se trouvait, puis se tourner vers la prédatrice qui l'avait emporté dans ce taudis, elle comprit rapidement pourquoi elle n'avait pu la retrouver sur le sol jonché de poussière et déchets divers. Le bois d'acacia se trouvait entre les doigts fins et squelettiques de Bellatrix Lestrange, qui tenait la baguette de sa prisonnière avec un flegme que celle-ci ne put qualifier mentalement que de légendaire, dans une pensée contradictoire à la situation ; la seconde qui lui vint fut une sorte de soulagement étrange : Bellatrix ne pourrait pas utiliser sa propre baguette contre elle, l'acacia ayant l'étrange propriété de ne répondre qu'à son véritable maître. Les réactions de la belle vipère, malgré cette réalisation, ne se firent pas prier à la seconde où elle crut ressentir le souffle de la faucheuse dans la pièce, promesse d'une mort future et certaine, jusqu'à sonner toutes les alarmes de son esprit encore légèrement engourdi par le choc. Malheureusement pour elle, Lise n'était qu'une étudiante en sixième année, qu'elle fût majeure ou non, et même avec l'entraînement le plus poussé du monde, elle ne fut pas certaine qu'elle serait parvenue à garder un masque glacial, sans tressaillir, à la vue de la Mangemort la plus craint du Royaume du Lord Sombre.

Celle-ci, sans prononcer le moindre mot, s'approcha d'un pas lent et légèrement bancal vers sa proie. Elle tourna autour d'elle avec une lenteur insupportable. La peur enserrait la gorge de la sixième année, qui retint son souffle par un réflexe stupide. Si Lestrange n'avait pas encore compris que l'autre sang-pure de la pièce était terrifiée, ce serait maintenant le cas, malgré le masque indifférent qu'elle s'enjoignait de garder bien en place. Encore que, fut une nouvelle pensée contradictoire venant s'imposer dans son esprit, comme un mécanisme de défense essayant tant bien que mal de la détendre, Bella n'était pas stupide et l'avait sans aucune doute possible, de toute façon, déjà remarqué. Ce qui, il fallait bien l'avouer, n'était pas rassurant. Pour la détente, autant oublier : cette idée n'avait rien de réjouissante.

Son corps se crispa légèrement avant qu'elle forçât ses muscles à se détendre un à un. La baguette sous son menton la força à relever la tête, ses yeux s'encrant dans les pupilles sombres de l'obscure sorcière, où folie et malveillance se partageaient la place sans se la disputer. Puis, dans un murmure, comme une lente caresse déstabilisante, bien trop douce, la femme fit porter sa voix jusqu'aux oreilles de sa prisonnière.

« Je ne vais pas te tuer », expliqua-t-elle comme s'il s'agissait d'une évidence.

Une évidence qui n'était qu'une insulte voilée, un mensonge éhonté et pourtant, qui avait un goût en bouche bien trop exquis. Alizée comprit bien le message, à savoir que si ses réponses plaisaient à la Mangemort, elle aurait la vie sauve... Et dans le cas contraire, la suite n'était pas complexe à deviner. Elle faillit acquiescer et se retint de justesse, ne laissant apparaître qu'un mouvement infime, imperceptible pour des yeux non habitués. Malheureusement pour elle, Bellatrix était d'une toute autre catégorie. Et dire qu'elle s'était crue prédatrice pendant des années ; une belle idiotie, que la vipère comprit ce jour-ci. Il y avait un monde, un univers entier, entre les deux femmes, et même en une complète décennie, Lise ne pût que se douter qu'elle ne parviendrait en aucun cas à rattraper son retard. Dans l'optique évidente qu'elle le voulût vraiment, ce qui n'était certain ; du moins, qui l'avait été, car à ce moment précis, elle comprit bien qu'elle n'aurait à l'avenir plus le choix. Marche ou crève. Laisser la mort l'emporter ? Non, ce n'était pas dans ses projets, alors autant vendre son âme au diable, ou plus exactement à la diablesse se trouvant face à elle, si c'était le seul moyen de s'assurer la survie convoitée.

Bellatrix reprit une marche lente, retirant sa baguette du menton de la Shafiq, qui put reprendre une position plus... confortable. Quelques secondes, pas plus. Dès que la mage noire se retrouva une nouvelle fois dans le dos de l'élève, elle lui agrippa les cheveux, tirant dessus avec une poigne certaine. Alizée ne put que s'avouer vaincue, alors que sa tête basculait vers l'arrière vivement, obligeant ses yeux à fixer le plafond. Son regard s'accrocha à une toile d'araignée, ainsi qu'à sa propriétaire, qui restait parfaitement immobile, indifférente à la pièce de théâtre macabre qui se jouait juste sous sa demeure. Ce que la Serpentard aurait adoré pouvoir se changer en araignée, présentement, pour pouvoir fuir au plus vite. C'était impossible, évidemment : Alizée n'était pas une animagus, malgré ses compétences certaines en matière de métamorphose. Elle le regrettait à présent et ce jura mentalement que, si un jour elle avait la possibilité d'apprendre cette discipline, elle ne se gênerait pas.

« Comment vont tes parents, Alizée Shafiq...? Tu es contente de partager le même sang souillé qu'eux ? »

Elle cherchait à la déstabiliser en insultant ses parents ? Sa famille ? Durant une demi-seconde, Alizée fronça les sourcils, avant de reprendre tant bien que mal une expression imperméable ; du moins, l'espéra-t-elle. Elle s'était attendue à mieux, venant de la part de la mangemort la plus craint du pays, mais elle n'osa faire savoir sa pensée à voix haute. Si elle pouvait échapper à une nouvelle séance de torture, elle ne se priverait pas. Elle avait été suffisamment humiliée par ces clébards de Carrow. Elle n'avait pas l'intention de subir cela une troisième fois, si c'était possible.

Combien avaient déjà insulté ses origines, sa famille, ses parents, sa patrie ? Bien trop à son souvenir pour que cela ne l'atteignît comme l'avait peut-être espéré Bellatrix. La position compromettante dans laquelle elle se trouvait changeait complètement la donne, mais pas au point d'inquiéter réellement la Serpentard, qui ne put empêcher son corps de se relâcher légèrement par réflexe. Sa première pensée fut la suivante, parfaitement rationnelle : et m*rde, par Salazar. La seconde fut bien moins logique, à bien des égards : il faut que je trouve un moyen de m'en sortir rapidement. Enfin, la dernière fut celle qui pouvait potentiellement lui éviter le pire : c'est une Mangemort, si tu mens, elle le devinera, mais si tu dis une demi-vérité... Tu peux peut-être la berner. Tout naturellement, son corps obéissant à sa volonté comme une marionnette l'aurait fait sans avoir la possibilité de se rebeller, la Serpentard prit la parole sans bouger la moindre parcelle de peau, autre que ses lèvres rosées.

« Je n'apprécie pas posséder le même sang que certains membres de ma Maison. »

C'était une demi-vérité : elle n'appréciait réellement pas posséder le même sang que certains Shafiq, mais ses parents ne faisaient pas partie de cette caste. Toutefois, comme Bellatrix les avait précisément mentionné, il y avait une chance, même minime, qu'elle crut à tort que Lise parlât d'eux. Elle l'espérait. Elle reprit la parole de nouveau, sa voix toujours contrôlée, lui paraissait lointaine à ses propres oreilles, comme si une autre personne répondait à sa place.

« J'appartiens toutefois à une famille au Noble Sang et je ne peux qu'en être fière, qu'importe les branches pourries qu'il faut couper sur l'arbre. »

Jouer sur la fierté des sang-purs. Une stratégie qu'elle-même trouva parfaitement appropriée quand on connaissait l'histoire des Black. Sirius Black avait été renié, comme bien d'autres Black avant lui et si les rumeurs étaient fondées, Lestrange s'était chargée elle-même de lui faire rejoindre les abysses, pour redorer le blason de sa Maison de naissance. En connaissance de cause, ça pouvait marcher. Non. Ça devait marcher, même si c'était à double tranchant : Bellatrix pouvait très bien lui demander d'assassiner ses parents pour prouver sa loyauté. Quoi qu'elle n'était pas idiote, loin de là : elle devait savoir que Balin et Nalia étaient d'exceptionnels duellistes, si ce n'étaient les meilleurs de la famille à cette heure. De plus, s'ils marchaient en binôme même en tant qu'aurors, ce n'était pas pour rien. Ils savaient se coordonner parfaitement sans un regard ou une parole, et cela, malgré leurs différences. Une faiblesse qu'ils avaient su façonner en force avec le temps.

Non, Bellatrix ne le lui demanderait pas et elle ne prendrait pas le risque d'attaquer la demeure Shafiq, surtout en sachant la position de Lévine qui restait, quoi qu'elle pût en dire, un serviteur du Lord. La Maison entière était sous ses ordres. Qu'importaient leurs croyances, si Lévine suivait le Lord, ils suivaient le Lord ; les Shafiq marchaient ainsi. Alizée avait adoré Lancelot et continuait secrètement à l'apprécier même après sa disparition, mais son fils ne l'avait pas fait assassiner pour s'amuser ; son but ultime avait été de reconsolider les racines de l'Arbre, qui fut un temps s'étaient divisées, justement à cause de l'ancien Patriarche. Rester à savoir, maintenant, si la femme derrière elle l'avait compris et si elle avait été dupée. Intérieurement, la vipère fit une prière aux quatre fondateurs réunis, ainsi qu'à Merlin et Morgane, pour que ce fût le cas.

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MessageSujet: Re: [Vendredi 26 décembre 1997]Le souffle de la Belle Mort. [Bellatrix Lestrange] Dim 29 Juil 2018 - 14:29

L'enfant était intelligente. Pas de noms, mais une vérité générale pour noyer le poisson. C'était une stratégie simple, mais efficace. Profondément logique. Bellatrix haussa son épais sourcil couleur de suie. Du potentiel. Elle l'avait déjà décelé cela chez – elle l'espérait – sa future apprentie. Or, c'était tout ce qu'elle recherchait. La violence, la haine, la rage... Elle le créerait avec le temps. C'était pour cela qu'il n'y avait pas de bonnes réponses à sa question. Tout ce qui comptait c'était les réactions d'Alizée, son comportement, ce qui pouvait éventuellement se tramer au fond de son esprit d'adolescente, bref tout ce qui était latent chez la jeune Serpentard. Le contenu manifeste... Eh bien il évoluerait, changerait, en fonction de ce qui se transformerait à l'intérieur d'Alizée. Elle n'était encore qu'une chenille. Mais le papillon qui sortirait du cocon bâtit par Bellatrix serait aussi noir que les abysses. Le grand final, l'apothéose de plusieurs années d'entraînement car la Mangemort, voyez – vous avez appris du passé. Elle avait compris de le Seigneur de Ténèbres n'était pas permanent, même s'il était revenu, une autre décennie sans sa présence n'était pas envisageable. Dans le cas, très improbable, où tous leurs projets devraient être suspendus... Il fallait que quelqu'un reste et maintienne de cap. Cette personne devait être forte, avide, cruelle, responsable, intelligente – mais pas trop – et se soumettre à la volonté de Lord Voldemort. Aucune résistance ne devait voir le jour. Bellatrix et les autres disciples du Mage Noir s'occupait de l'Ordre du Phénix, mais les Carrow avaient parlé d'étudiants, prêts à se rebeller. Il fallait étouffer cette Résistance dans l’œuf et donc qui de mieux qu'Alizée ?

Certes son sang était trouble. Sa famille n'était pas parfaite. Mais sa position en revanche l'était, au sein du château, parmi les autres élèves. Elle n'était encore une adolescente, tout juste majeure, autrement dit elle était à ce moment particulier où les adultes lui donnaient plus de responsabilités, sans lui attribuer la confiance qui allait avec.. Enfin, elle avait peut – être des informations sur les actions des Aurors de Grande – Bretagne grâce à ses parents... Bellatrix jubila en son fort intérieur. Si Alizée rejoignait les adeptes du Seigneur des Ténèbres, la trahison serait terrible. Une de plus. Et avec un peu de chance, elle serait encore plus puissante, plus maligne que Lévine. La Mangemort resserra sa prise sur la jeune Serpentard, enfonçant ses ongles sales dans la peau délicate et blanche de l'enfant.

« Ahah ! Son cri ou son rire bref, bien trop aigu raisonna dans la pièce. Tu réagis intelligemment jeune fille ».

Elle murmura ces quelques mots contre l'oreille d'Alizée, puis fit claquer sa mâchoire comme une bête féroce. La sorcière voulait que la peur devienne la meilleure amie d'Alizée, jusqu'à ce qu'elle parvienne à la dompter, alors, seulement, elle pourrait faire parti des plus puissants de ce monde. Contrôler sa peur, ses angoisses. Une maîtrise totale de son être... C'était un des piliers nécessaire pour accéder à l'essence même de la Magie Noire. Mais c'était un long processus, que Bellatrix ne pouvait pas forcer. Elle devait guider Alizée sur ce chemin, cependant. L'amener à comprendre pourquoi le Mage Noir était le bon choix, pourquoi les moldus n'étaient rien, si ce n'est des rats, des fourmis à exterminer. Si l'adolescente en venait à construire ses propres conclusions, alors sa foi en serait d'autant plus solide. Mais avant, elle avait besoin de tâter le terrain, de savoir où en était la jeune fille. Bref, de faire les choses dans l'ordre. Elle relâcha un peu la pression et se positionna devant l'élève. Ses yeux plissés glissèrent sur Alizée, analysant le moindre poil hérissé, chaque micro expression. Le cas échéant, elle pourrait toujours pénétrer dans son esprit, violer chacune de ses pensées et la torturer, si elle avait l'impression que la verte et argent retenait trop d'informations.

« Alizée... La langue de la sorcière glissa le long de son palais pendant qu'elle susurrait ce doux prénom, pour finalement venir taper contre ses incisives d'en bas. Pourquoi devons – nous régner sur ces infâmes sangs – de – bourbe et sur les moldus... ? »

Question simple. Presque philosophique, mais qui avait son importance. Comment Alizée allait – elle parler de ces êtres – là ? Est – ce qu'il y aurait assez dégoût dans sa voix ? Tenterait – elle de se dérober par lâcheté en espérant éviter la question ? Le choix que ferait l'adolescente en dirait long sur elle, sur son être profond et à partir de là, il serait plus facile d'entamer son entraînement et de l'orienter de façon suffisamment éclairé pour convertir Alizée jusqu'au plus profond de son âme à la Magie Noire. Bellatrix devrait abandonner ses façons de faire habituelles. Bien ce cheminement ne se ferait pas sans souffrance pour la jeune fille, mais il faudrait être plus subtile, c'était ce que le Seigneur des Ténèbres lui avait appris, lui avait montré. Il faudrait utiliser ses failles et ses faiblesses, être parfois la main secourable, mais aussi le bras armé qui peut sévir. Alterner entre chaud et … Non. Entre le froid et le cruel. L'exercice serait compliqué pour Mangemort, habituée à suivre son instinct et son cerveau déréglé. Il lui faudrait une patiente à toute épreuve... Ce serait un peu comme avec cet affreux elfe de maison, Kreattur, avec qui il avait fallut être adorable...  Ce serait terriblement difficile, mais seul le résultat comptait, après tout, c'était pour le Maître qu'elle faisait ça. La boule de lumière continuait paisiblement à tourner autour d'elles, faisant jouer leurs ombres sur les murs de la cabane, sur leur visage.

« Ma deuxième question est... Que sait – tu de la Magie Noire ? ».

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MessageSujet: Re: [Vendredi 26 décembre 1997]Le souffle de la Belle Mort. [Bellatrix Lestrange] Ven 31 Aoû 2018 - 16:41


Elle s'était toujours refusée à montrer certaines de ses émotions. Il fallait se montrer contrôlé, éviter de se laisser aller. Savoir garder son calme était essentiel à la survie, surtout dans certaines situations extrêmes. Et, d'après Alizée, si la colère, la joie, l'amusement étaient des émotions qu'elle pouvait se permettre de laisser l'atteindre, la peur avait toujours été celle qu'elle ne voulait pas que l'on décelât. C'était sa bête noire. La colère était naturelle et une arme que l'on pouvait utiliser, par la vengeance, avec suffisamment de patience. La joie, souvent mêlée à l'amusement, permettait d'oublier certains problèmes, offrait quelques moments d'allégresse dont avait besoin toute personne normale. La peur, quant à elle, n'était que le synonyme d'une faiblesse qu'elle exécrait chez elle. Dans l'esprit parfois étriqué de la sixième année, cette émotion n'avait pas sa place dans sa vie. Elle était faite pour ceux qui ne comprenaient pas qu'elle était extrêmement dangereuse, car elle offrait une arme pouvant être mortelle aux autres. Elle abhorrait la peur et, paradoxalement, était terrifiée à l'idée que l'on comprît quand et pourquoi ce sentiment la submergeait. Comme maintenant, alors qu'elle ressentait les ongles s'enfoncer dans sa peau. Présentement, alors que le souffle de Bellatrix Lestrange se trouvait trop proche de son visage.

« Ahah ! Le rire, si l'on pouvait appeler cela ainsi, de Bellatrix résonna dans la pièce, la figeant sur place. Alizée ferma les yeux instinctivement. Elle rêvait d'être ailleurs. Loin. Tu réagis intelligemment jeune fille. »

Elle ne s'était pas attendue à ces mots. Le choc, mêlé à un soulagement particulièrement stupide et inconscient, lui fit ouvrir les yeux et chercher instinctivement le regard de la mangemort. Elle voulait savoir si ce qu'elle disait était vrai. Si ce n'était pas juste un mensonge pour l'amadouer. Elle voulait savoir si elle s'en tirait bien, pour le moment. Si elle était parvenue à reculer la séance de torture qui finirait tôt ou tard par arriver... Car Bellatrix le lui avait dit de manière détournée, n'est-ce pas ? Elle n'allait pas la tuer. Soit. Ça ne voulait pas dire qu'elle allait la laisser repartir sans dommage. Sans la faire souffrir. Pour l’exécutrice du Seigneur des Ténèbres, elle ne devait pas être plus qu'un jouet. Lévine était marqué, ça ne voulait pas dire qu'il pouvait contrôler une personne comme Lestrange. C'était même bien l'inverse, se fit-elle la réflexion. Elle, qui avait pensé que son sang et son rang la sauverait dans un monde comme celui-ci, comprit qu'elle s'était longuement fourvoyé. Peut-être que l'ancienne Black attendait juste le bon moment ? L'erreur de trop dans ses paroles, dans sa façon de se comporter ? Petit à petit, la prestance terrifiante de la femme squelettique la submergeait, l'empêchant de réfléchir correctement. Elle ne bougeait pas pour autant. Elle n'en avait pas le droit. Elle ne devait pas montrer sa peur. Ce qu'elle ne savait pas, c'était que si elle parvenait à rester impassible, et encore que tout était relatif, l'étincelle de terreur dans ses pupilles aux couleurs changeantes la trahissait. Bella, s'étant placée devant la sixième année, avait tout le loisir de le découvrir, de le remarquer, de s'en délecter.

« Alizée... »

Le murmure presque sensuel qu'avait utilisé Lestrange pour prononcer son prénom lui fit froid dans le dos. Elle se crispa instinctivement, encore. Droite comme jamais, les yeux plongeait dans ceux, sombres, de son vis-à-vis, elle attendit une sentence qui ne vint jamais. À la place, une simple question pouvant paraître anodine venant de la bouche d'une disciple du Lord Noir, mais qui restait extrêmement dangereuse pour la vipère.

« Pourquoi devons-nous régner sur ces infâmes sangs-de-bourbe et sur les moldus..? »

Par réflexe, trahissant une fois de plus l'angoisse qui l'habitait, Alizée déglutit difficilement. Elle devait répondre assez vite pour donner le change. Si elle prenait trop de temps à trouver ses mots, la mangemort aurait des doutes sur la véracité de ses propos. Elle ne pouvait pas se le permettre. En fait, à bien y réfléchir, elle ne pouvait pas se permettre de mentir non plus. Offrir une demi-vérité ? Non, c'était trop risqué aussi. Elle se trouvait face à Bellatrix après tout. Ce n'était pas le Seigneur des Ténèbres en personne, mais c'était sans conteste sa plus fervente partisane. Durant une bonne seconde, la demoiselle garda les lèvres closes. L'ancienne Black allait être déçue. Elle le sentait avant même d'ouvrir la bouche pour prononcer les premiers mots. Aucun dégoût, ni de la sympathie. La demoiselle allait garder une voix neutre, sans artifice. Elle allait dire la vérité. Elle n'avait maintenant plus qu'à prier que la mage noire n'en prendrait pas ombrage.

« Les non-majs... Moldus, se reprit-elle pour que Bella n'eût pas à faire le lien, sont dangereux. Ils sont plus nombreux et inventent des armes de destructions pour s'entre-tuer sans arrêt. À mon avis, pour ce qu'il vaut, il faut quelqu'un pour les gouverner de façon à éviter qu'ils continuent leurs tueries stupides. Ils sont un danger pour la planète, mais aussi pour les sorciers, à cause de leur nombre et leur folie. »

Ce n'était certainement pas la réponse qu'aurait voulu entendre la Mangemort. C'était pourtant la seule qu'elle aurait concernant les non-majs. Alizée ne les détestait pas, n'était pas dégoûtée par leur simple présence. C'était plus subtile que ça : elle les trouvait terriblement dangereux. Et fascinant. Ca, Bellatrix n'avait pas besoin de le savoir. Rien dans le ton de la sixième année ne le laissait présager. Seule la peur, par le tremblement à peine perceptible de sa voix, était parfaitement tangible pour l'observatrice qu'était son vis-à-vis. Pour une fois, l'émotion qu'elle haïssait le plus lui servait. À croire que Lestrange allait arriver à tout remettre en question en un seul échange...

« Pour les sang-de-bourbes, dit-elle, faisant bien attention de reprendre les termes de la sang-pure, je dirais qu'il faut les contrôler pour deux raisons. La première est cette théorie fascinante comme quoi il volerait les pouvoirs de véritables sorciers, faisant d'eux des cracmols. »

Elle n'y croyait pas une seconde à cette théorie fumeuse. Est-ce que Bellatrix le découvrirait ? Sans doute, mais la mangemort était trop intelligente pour y croire aussi. C'était en tout cas ce que pensait Liz. Et puis, elle découvrirait aussi que la suite de ses paroles, la Serpentard y croyait aussi sûrement que monter un dragon serait dangereux.

« La seconde est qu'il s'agit d'arrivistes. Ils viennent d'un monde qui ne ressemble pas au nôtre et s'insurgent de certaines découvertes, de certaines lois, de notre façon de fonctionner. Si on leur donnait ne serait-ce qu'un brin de pouvoir, ils chercheraient à tout changer, ce qui dénaturerait jusqu'à nos plus ancestrales traditions et ça, c'est inconcevable. C'est pour ça qu'il faut les surveiller et les brider. »

Il ne restait plus qu'à voir si les réponses allaient suffires. Alizée n'était pas confiante et se doutait que ça n'allait pas plaire, mais elle n'avait rien de mieux à lui offrir. Elle ferma les yeux quelques secondes, essayant de remettre de l'ordre dans sa tête. Ce n'était pas une franche réussite et elle allait devoir faire avec. Au moins était-elle parvenue à atténuer suffisamment ses tremblements pour qu'ils ne fussent plus visibles. Pour l'instant. Encore et toujours pour l'instant.

« Ma deuxième question est... Que sait-tu de la Magie Noire ? »

Cette question, par contre, plut bien plus à la vipère. La Magie Noire, c'était un sujet qu'elle étudiait avec une certaine ferveur. C'était pour elle une véritable passion. Elle pouvait passer des heures à étudier, sans se soucier du temps passé, sans manger, complètement absorbée par ce qu'elle apprenait. Elle se força à attendre un peu pour répondre, ne voulant pas offrir à Bella ce qu'elle voulait immédiatement. Malheureusement, ou heureusement, elle répondit avec un peu trop d'entrain. Comme une gamine que l'on interrogeait à l'école et qui savait connaître la bonne réponse là où ses camarades s'étaient déjà trompés. Ses explications ne seraient peut-être pas les bonnes, pas celles attendues, mais c'était parfaitement cohérent avec ce qu'était la magie noire. Lestrange allait peut-être être contente de l'entendre, après la déception de la question précédente. Enfin, ça restait à voir, rien n'était sûre avec pour compagnie le bras droit de Lord Voldemort.

« Il s'agit de la magie la plus puissante et la plus dangereuse. Elle se décompose en plusieurs branches et permettent de nombreuses prouesses que la magie en règle générale ne permet pas. Les maléfices les plus connus sont les impardonnables, mais elle ne s'arrête pas à ça. Ce serait tellement réducteur. Elle peut prendre de nombreuses formes : maléfice, métamorphose, sort de soin. Il faut payer un tribut pour pouvoir l'utiliser, être prêt à se séparer de quelque chose et ça a toujours vocation à blesser, voler – comme la santé par exemple, d'où le soin –, tuer l'adversaire. Pour le tribut, ça peut aller d'une simple goutte de son propre sang pour les enchantements les plus simples, à une partie de son âme pour le maléfice ultime, le sort de mort. À choisir... Je dirais que la magie du sang est la branche qui me fascine le plus, car elle est pour moi celle qui regroupe le plus de possibilité et en impardonnable... L'impero. Pouvoir contrôler quelqu'un comme une marionnette doit être exquis. »

Elle s'était laissée emporter. Elle en avait bien trop dit. Elle venait d'offrir à Lestrange des connaissances sur elle que personne d'autres ne possédaient. Était-ce uniquement par peur ? Non, cela y avait contribué, mais Alizée comprit aussi que c'était parce que la magie noire était une essence qu'elle voulait s'approprier. Bellatrix pouvait l'y aider, elle le savait... Peut-être qu'elle accepterait de lui apprendre ? Sans doute, mais à quel prix ? Elle venait de le dire, la magie noire demandait toujours des sacrifices, parfois énorme. Il ne lui restait plus qu'à attendre pour savoir ce qu'elle lui prendrait et si le prix à payer n'était pas trop élevé. Dans l'optique évidente que la femme n'eût pas mal pris ses premières réponses. Elle n'avait encore eu aucune remontrance, mais peut-être que la mangemort avait attendu d'avoir toutes les réponses pour la punir ? Elle espérait que non, mais elle devait bien avouer son impuissance. Elle n'avait aucune idée de comment fonctionnait l'ancienne Black, ni comment elle allait finir par se comporter vis à vis d'elle. La peur reprit la place qui lui revenait de droit, l'attente lui ayant gardé son siège bien au chaud.

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