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[8 décembre 1997] Revealing the unseen

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SERPENTARD7ème année
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[8 décembre 1997] Revealing the unseen Lumos-4fcd1e6

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MessageSujet: [8 décembre 1997] Revealing the unseen [8 décembre 1997] Revealing the unseen EmptyMar 27 Fév 2018 - 18:00

Il lui avait accordé sa requête, l'abandonnant dans les donjons alors qu'il s'éclipsait au bout du couloir, rejoignant celui avec qui elle s'était disputée avec la férocité d'une condamnée à la peine mortel refusant la finalité de sa sanction irrévocable. Elle était restée quelques instants figée sur place, son corps immobile contrastant avec l'agitation de ses pensées effervescentes, observant le vide où il s'était retrouvé quelques instants plus tôt avant de prendre le chemin de la salle commune, rejoignant le sanctuaire des serpents où le brouhaha de l'après coup s'était finalement amoindri. Elle avait intentionnellement esquivé la salle d'eau en un acte de rébellion immature, une opposition enfantine, refusant de se préoccuper de sa peau meurtrie et de la plaie qui coagulait lentement, refusant de suivre les indications données par celui qui l’avait attendrie. La souffrance ne lui était pas inconnue et elle l’avait accueillie telle une vieille amie, se réconfortant dans la douleur physique, suppressant l'inconfort que la dispute avait engendré en elle par une distraction extérieure aux tumultes émotionnelles qui tourbillonnaient en elle. Lentement, elle s'était changée dans son pyjamas usé, retirant dans une paresse latente ses vêtements plissés, évitant de réveiller par le moindre son les camarades qui dormaient dans le même dortoir d'elle, avant de rejoindre sa couche, se glissant doucement dans les draps froids et froissés de son lit défait. Mais le sommeil lui avait fait défaut, l'empêchant de rejoindre l’oubli réconfortant que les bras de Morphée lui cédait généralement avec tendresse, les paroles de Léon semant la pagaille dans son âme exténué. Le sommeil l’avait finalement rendu inconsciente aux petites heures du matin, apportant la carence de ses pensées qu’elle convoitait tant, un répit transitoire qu’elle avait salué avec la faiblesse d’un coeur anéanti. Malgré le léger réconfort que lui avait apporté le savoir qu’Octave avait rejoint Léon, lui révélant, elle l’espérait, la vérité sur l'histoire qu'ils partageaient, la vipère n'avait pas réussi à faire la paix avec Léon et si elle était sincère, avec elle-même. Les paroles avaient été acerbes, féroces et blessantes, tournant le couteau dans les plaies émotionnelles qu'elle traînait sur ses épaules depuis son enfance. Il s'était acharné à faire son point et bien qu'elle tentait de se convaincre du contraire, à nier en bloc tout ce qu'il s'était battu à lui dire, ses paroles avaient semé un doute en elle, tordant ses entrailles sous le malaise qu'elles avaient créé. Et si il avait raison ? Et si tuer son père n'était pas la seule solution ? La vipère n'était bien évidemment pas prête à céder ce point, à anéantir sa conviction aussi facilement et à mettre fin à ses machinations vengeresses, la haine rageant toujours en elle avec une férocité incomparable, mais une pointe de curiosité s'était immiscée en elle, serpentant au travers ses plans vengeurs, sournoise et persistante.

Plusieurs jours s'étaient écoulés depuis la dispute destructrice et la curiosité ne s'était pas amoindrie, s'immisçant dans les pensées de la couleuvre, captivant son attention à chaque détour d'un redoutable et si. Et bien qu'elle n'était pas prête à lui donner raison, la recette du poison qu'elle s'était convaincue de concocter reposant toujours dans sa valise, la jeune Trown se devait de rassasier ses questions, d'explorer ne serait-ce qu'une alternative dans l'espoir de faire taire une bonne fois pour toute la petite voix incessante qui s'acharnait à la faire douter. Mais la question restait quoi, quand et comment et elle ne savait où trouver l'information qui calmerait enfin ses nouvelles incertitudes, qui soufflerait à l’énervante petite voix un I told you so cinglant, mettant une fin brutale à l’hésitation. Elle refusait d’approcher Léon, sachant que même si la tempête s’était calmée entre eux, celui-ci ne comprendrait pas les émois de son âme, ne comprendrait pas ses motivations originelles, la laissant vide d'idées sur comment aborder ces insinuations incessantes dont il en était l’origine. Le scepticisme la harcelait encore une fois lorsqu'en prenant la deuxième gorgée de son thé brûlant, un lundi matin, la réponse tant espérée prit la forme d'un certain bibliothécaire. Elle s'étouffa légèrement avec le liquide aromatisé, toussotant dans sa main, suivant du regard l'homme qui prenait place à la table des professeurs. Les sourcils froncés, elle l’observa quelques instants, ses pensées vagabondant dans les réminiscences d’une certaine soirée de novembre où l'alcool avait été abusée, révélations avaient été exposées et une nouvelle, oserait-elle se l'avouer, amitié s'était créée. Mais surtout, où elle avait rencontré une certaine Vivienne Holbrey, et bien que son esprit avait été embrouillée par les trop grandes vapeurs d'éthanol que le whisky consommé avait générées, la vipère se rappelait relativement bien des paroles échangées, des sous-entendus et du ressentiment, de la colère et de la manipulation émotive. Octave avait tenu tête à sa mère, démontrant une force émotionnelle qui était inconnue à la brunette, une vigueur où violence n'était pas l’essence même de tout, n’était pas à l’origine de la confrontation, guidant la discussion dans un sens où il en était maître, contrôlant la finalité de la conversation imposée avec l’agilité d’un gymnaste virevoltant à mille lieux du sol. Et la dame était partie, retraitant de l’affrontement qu’elle avait perdu, s’inclinant aux pieds de celui qu’elle avait engendré. Elle dévia finalement son regard du sujet de ses pensées, prenant une lente gorgée de son thé noir, délicatesse dont elle refusait de se priver, virevoltant dans tous les sens l’idée qui émergeait dans son esprit, l’idée qu’il serait peut-être la solution à son agitation perpétuelle des derniers jours.

La journée s’écoula à une vitesse insensée alors que Heather considérait comment approcher le sujet avec l’homme, comment apaiser le questionnement persistent, quelle question elle pourrait poser pour éteindre la préoccupation qui la tourmentait. Elle hésita à plusieurs reprises, se dirigeant vers les grandes portes battantes de la bibliothèque pour rebrousser chemin une fois le domaine des livres s’étendant devant le noisette de ses iris. Et puis lorsqu’elle l'aperçut à l’autre bout d’un couloir quelconque, elle fit un pas dans sa direction avant de s’arrêter sur place, fuyant par l’un des corridors adjacents la discussion qu’elle tentait elle-même d’initier. Mais cette fois-ci était la bonne, elle poserait finalement cette foutue question et elle pourrait se convaincre de nouveau que d’anéantir son père était la seule solution viable, elle pourrait annihiler son obsession momentanée et faire enfin taire la foutue voix qui résonnait dans sa tête, sonnant étrangement un peu trop comme celle de Léon. La vipère releva légèrement le menton, serrant la mâchoire et franchit décidément les portes de la bibliothèque, se perdant quelques instants dans les allées avant d’atteindre la porte des appartements d’Octave. Doucement, elle leva la main et s’empêchant d’y penser à deux fois, cogna à la porte menant à l'antre du bibliothécaire, annonçant sa présence à celui qu’elle espérait se trouvait de l’autre côté. Elle attendit patiemment que l’adulte émerge enfin de ses quartiers, les yeux fixés sur la porte qui s’ouvrait doucement, grinçant légèrement sous l’action entreprise. Heather leva les yeux vers son visage et entrouvrit les lèvres, s'apprêtant à mettre la lumière sur le questionnement qui la hantait depuis des jours, mais elle s'arrêta dans son élan, sa bouche se refermant aussi rapidement qu'elle s'était ouverte. Les secondes s’écoulèrent et avec elles, sa résolution s’évapora. La théorie était impeccable, mais la pratique lui faisait défaut, ayant oublié un point important dans son plan ridicule : elle n'arrivait que très rarement à parler de sujets aussi personnels et cette fois-ci ne faisait pas exception à la règle. Ses yeux plongèrent dans les iris vertes, un mouvement nerveux assaillant son être tandis que ses joues se coloraient d'une légère teinte rosée, sa main se réfugiant dans l'ombre de sa nuque, frottant doucement la peau brûlant sous la gêne. La vipère pinça les lèvres, ses yeux illisibles quittant le regard inquisiteur d’Octave, secouant légèrement la tête dans un mouvement tergiversant : il n'y arriverait pas, ce n'était pas possible, elle n'avait pas la force d'explorer cette possibilité. D'une voix qu'elle voulut nonchalante, Heather balbutia, faisant un pas retraitant vers l'arrière :

- C'était une mauvaise idée… je.. désolée, je dois y aller.

Mais à quoi avait-elle pensé ? D’un mouvement rapide, elle fit volte face, refusant de rester une minute de plus devant celui qu’elle avait cru avoir le courage d’approcher.

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MessageSujet: Re: [8 décembre 1997] Revealing the unseen [8 décembre 1997] Revealing the unseen EmptyJeu 1 Mar 2018 - 2:08

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Dernière édition par Octave Holbrey le Dim 30 Déc 2018 - 21:05, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [8 décembre 1997] Revealing the unseen [8 décembre 1997] Revealing the unseen EmptyJeu 1 Mar 2018 - 16:17

Sa main solide enserra son bras, retenant son élan déserteur d’une prise ferme qui s'allégit aussitôt, les doigts délicats glissant le long de sa peau jusqu’à s’emparer de sa main fuyante. Emportée par le mouvement, la serpentard tourna sur elle-même, faisant face de nouveau à l’homme qu’elle était venue solliciter de plein gré, mais dont l'apparition à ses côtés avait provoqué sa fuite imminente. Ses yeux noisettes cherchèrent par habitude son regard qu’elle découvrit posé sur elle, affrontant les émeraudes de ses yeux, la pointe d’une ténacité vibrante éclairant ses iris l’espace d’un moment passager. Elle aurait pu se défaire de la douce captivité de ses doigts chaleureux, mais ce fut son regard décisif qui la figea sur place, transformant son corps évadant en une statue momentanée, reléguée à guetter les paroles qui lui seraient inévitablement destinées.

- Certainement pas. Ce qui peut motiver une telle réticence, c’est la peur, la timidité ou la honte. Si tu es ici, c’est que ce n’est pas moi que tu crains. Du reste, je refuse que tu invoques les deux autres motifs entre nous, c’est clair ? Viens plutôt et dis-moi ce qui était une si mauvaise idée.

Un dernier coup d’oeil trouva ses iris bruns, sa main se trouvant de nouveau orpheline alors que le bibliothécaire retrouvait le confort de ses appartements. La brunette hésita un instant, son visage offrant la grâce de son profil tandis qu’elle tournait un regard incertain vers la sortie du domaine des livres avant de s’aventurer dans la pièce ouverte d’un élan furtif. Doucement, elle referma la porte derrière elle, un clic étouffé résonnant dans la pièce, ses yeux errant dans la pièce révélée qu’elle redécouvrait d’un oeil attentif. Elle resta quelques instants près de la porte fermée, observant Octave oeuvrer à parfaire son apparence, la cravate se nouant avec l’agilité de doigts habitués autour de son cou et un gilet trouvant le confort de son torse ferme en une précision minutieuse de l’adulte concentré. Elle se perdit dans sa contemplation, obnubilée par l’attention qui était accordée à sa figure masculine, ne retrouvant le fil de ses pensées que lorsque Octave obliqua vers elle, redevenant le sujet principal de son attention. Sa réserve initiale voila son regard irrésolu d’une ombre dérangeante et elle dévia ses yeux du visage de l’homme, examinant l’une des parures qui habitaient le mur à sa droite d’une attention illusoire.

- Tu viens me parler de Léon ?

Le nom de son ami attira vivement son attention, une étincelle s’allumant dans le creux de ses sombres pupilles tandis qu'elle considérait la question attentivement. C'était une opportunité parfaite pour se raviser, pour éviter le sujet qui l'avait réellement conduite à sa porte. Elle pouvait feindre qu'il était la raison de sa visite, jouer sur une curiosité imaginaire qui l'aurait tellement rongé intérieurement qu'elle serait venue soutirer les détails de cette fameuse nuit où Octave avait, à sa demande, soi-disant rejoint Léon. L’excuse était parfaite, une raison préformulée sur sa présence dans ce lieu, une porte de sortie offerte sur un plateau d'argent. Elle n'avait qu'à sauter sur l'occasion et la vérité sur son déplacement resterait enfouie en elle, un secret qu'elle garderait précieusement des oreilles d’autrui et personne n'en serait plus mal. C’était tout à fait plausible, la dernière rencontre avec le bibliothèque remontant à cette nuit où la dispute avait éclaté de plus belle, où l’entaille s’était agrandie entre les deux amis. Un simple hochement de tête et le tour était joué. Bien sûr, la petite voix continuerait probablement son acharnement, mais elle s’amoindrirait avec le temps jusqu'à disparaître complètement de son esprit indécis. C'était si simple comme plan et pourtant d’une efficacité féroce. Octave n’y verrait que du feu. Mais bien que l'idée possédait un charme certain, elle renonça à son plan improvisé, puisant dans le peu de courage qu'une serpentard avait la capacité de contenir. Elle s'apprêtait à nier la première question lorsque le brusque changement de sujet ramenant son regard volant vers son interlocuteur, un léger froncement de ses sourcils habillant son visage tandis que son esprit attrapait la réconfortante distraction et se logeait dans l'impertinence de l’offre d’aller manger ailleurs, acceptant les quelques instants de répit offert par grâce. C’était une offre qu’elle aurait pu apprécier à sa juste valeur si le sujet dont elle voulait discuter n’était pas aussi discret, aussi intime dans son origine, l’idée d’être entendue par d’autres n'apaisant en rien son coeur battant la chamaille dans sa poitrine. Un petit haussement nonchalant des épaules accueillit tout de même la proposition et elle osa se prononcer sur l’aspect trivial, retardant de nouveau le réel sujet de sa présence auprès d’Octave :

- Seulement si tu connais un endroit discret, je préfère éviter les oreilles indiscrètes. Mais tu voudras probablement savoir la raison de ma venue avant de me proposer une sortie sociale.

Au cas où tu changerais d’avis. Elle retint l’envie de fuir qui harcelait son esprit, contrôlant son regard qui tentait d’évader de nouveau celui du bibliothécaire et retomba dans les raisons initiales de sa venue. Elle retint le soupire qui voulu franchir ses lèvres, régnant sur ses émotions comme il en était de mise pour la vipère et lentement, s’approcha de la petite aire de repos qui s’étirait dans l’un des coins de la grande chambre, prenant place sur le chaleureux fauteuil qui y reposait à l'extrémité. Elle savait qu'elle était impolie, ayant lu quelque part qu'il fallait normalement demander la permission avant de s'approprier le confort du mobilier d'autrui, mais sa contenance tendait à lui faire défaut et l'appui d'un dossier était un soutien bienvenu pour la jeune femme. Doucement, elle enlaça ses doigts sur le dessus de son genou replié, contenant l’agitation de ses mains fébriles. Elle garda les yeux plâtrés au sol, traçant les détails du tapis moelleux qui couvrait le plancher de la chambre, quelques longs moments s’écoulant où son esprit recouvrait une énième fois le sujet de son hésitation récente, s'appropriant le sujet réel de sa visite impromptue pour enfin l’aborder de vive voix.

- J'ai une question indiscrète... Et je comprendrais si tu ne souhaites pas en discuter.

Elle ajouta la deuxième partie rapidement, son ton monotone refusant de laisser entrevoir de nouveau la faiblesse de sa timidité. Elle osa finalement un regard en direction de celui qu'elle était venue solliciter, tentant l'ombre d'un instant de lire les traits de son visage et d'y deviner une réticence quelconque, mais son expression tendait vers l'illisibilité. Toutefois, elle garda son visage tourné vers lui, sachant qu'il était trop tard pour renoncer et que le temps pour la gêne était révolu. À ce stade-ci, deux options étaient possibles : il l'envoyait balader où il répondait à son indiscrétion momentanée. L'ombre d'un instant, la serpentard se demanda quel résultat elle espérait vraiment entre les deux. La promenade forcée lui donnerait une bonne excuse pour laisser le sujet tel qu'il était, pour éviter d'aborder ces sujets intimes qui la rendaient mal à l'aise au plus haut point. Mais d’un autre côté elle savait que sa curiosité resterait assoiffée et en demande d’attention et elle prit sa décision, osant finalement s’aventurer sur le sujet boiteux de sa présence.

- J’ai une question sur ta mère, commença-t-elle d’un ton abrupt avant de s’arrêter, levant les yeux au ciel, exaspérée contre elle-même et son manque de tact impertinent. Une main se délia de son emprise, venant frotter la peau de sa nuque en ce geste inconscient qu’elle n’arrivait que très rarement à contrôler. Ce n’était pas sorti comme prévu. Le soupire franchit cette fois-ci ses lèvres rosées et elle reprit, tendant d’éclaircir les paroles qu’elle venait de prononcer. Enfin, pas sur elle en tant que tel. J’ai une question sur ta relation avec elle. Sur comment tu t’en es sorti… malgré tout ce qu’elle a pu faire. Elle osa un énième regard incertain dans sa direction, le fond de sa prunelle laissant apercevoir le voile de son incertitude avant de fuir de nouveau, et un deuxième haussement des épaules ponctua la fin de sa phrase. Dans un souffle, elle termina : D’où l’endroit discret.

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MessageSujet: Re: [8 décembre 1997] Revealing the unseen [8 décembre 1997] Revealing the unseen EmptySam 3 Mar 2018 - 1:42

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Dernière édition par Octave Holbrey le Dim 30 Déc 2018 - 21:05, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [8 décembre 1997] Revealing the unseen [8 décembre 1997] Revealing the unseen EmptyMer 4 Avr 2018 - 20:10

- Chaque cas est particulier Heather et… encore aujourd’hui, je ne suis pas certain de m’en être sorti.

L'aveu l’a surprise, une révélation étonnamment franche qui bouscula son intérieur, serrant son coeur sous la rapidité avec laquelle il confia ce secret où une sincérité poignante avait été témoignée sans l'ombre d'une réelle hésitation. Ou bien était-ce l'éraflure d'une peur bien existante qui captiva l’esprit de la serpentard alors qu'il remettait les pendules à l'heure, révélait ce qu'était véritablement la relation mère-fils des Holbrey, avouait que l’enfant était toujours prisonnier des griffes du parent qui se réconfortait dans sa manipulation incessante. Elle n’était pas certaine de ce qui captura exactement son attention et se perdit l’espace d’un moment dans l’ignorance de ses propres émotions, évitant d’explorer ce tourbillon incompréhensible d’ébranlablement et d’inquiétude qui se répandait en elle. La jeune femme ferma les yeux quelques secondes, saisie par la réalité, par la réalisation qu’elle avait peut-être finalement eue tord, qu’il était, encore à ce jour, affecté par les manoeuvres incessantes de sa mère. Pourrait-il réellement la conseiller si l’emprisonnement était toujours une actualité dans sa vie, s’il ne s’en était jamais vraiment sorti comme il venait tout juste de lui expliquer ? Les yeux jade l'avaient quittée, se libérant des noisettes qui colorait les iris de la serpentard pour se poser sur l'épais tapis persan qui attirait les regards émotionnels de l’intime discussion qui s'était amorcée entre eux deux, un aimant auxquels les yeux s’accrochaient pour éviter d’observer à qui les paroles s'adressaient réellement tandis que les mots s’envolaient dans l’air, se logeant dans le confort des oreilles tendues à l’écoute. Le regard de la vipère ne fit pas exception et son visage se baissa vers le sol où il était si facile de se perdre dans ses propres pensées, où il était si facile d’éviter les émotions que les visages exposaient doucement sur les traits traîtres de leur peau tendue. Un regret sinueux serpenta dans ses entrailles, remettant en question la pertinence de sa visite si l’homme qu’elle avait cru savoir régner sur sa vie n’y parvenait pas tout à fait, au pris par les manigances de celle qui l’avait engendré. La lèvre inférieure de la brunette vint se loger entre ses dents et ses yeux remontèrent vers le visage de celui qui s’était commis au silence. Elle avait touché une corde sensible et elle le savait, le corps recroquevillé de l'homme assis sur le matelas témoignant de la lourdeur du sujet qu'était le noeud de la discussion, témoignant des mauvais souvenirs que son esprit devait en toute probabilité ramener à la surface, brisant sans aucun doute le calme qui devait résider en lui avant son arrivée impromptue dans ses appartements. Elle laissa ses yeux glisser sur l'homme, attrapant de son regard le frôlement de ses cheveux sur son front penché, remarquant l'absence de l'étincelle qui habitait normalement ses yeux de jade baissés, englobant l’apparence chétive qu'Octave avait adoptée dans l’élan de ses aveux personnels. Le silence s’étendit entre eux et elle se perdit dans sa contemplation alors que le sujet de son regard égaré semblait analyser les détails de l'inévitable tapis avant de reprendre la parole d’un ton lointain:

- La véritable question est plutôt en l’honneur de quoi suis-je resté aussi longtemps avec quelqu’un qui me punissait toujours plus pour mes fautes qu’il ne me félicitait pour mes vertus, qui abusait de sa supériorité à mes dépens, me tirant sans cesse vers le bas, ou uniquement dans sa direction, qui me faisait croire que j’étais en tout point inférieur aux autres, insensé et sans valeur. Elle m’a intoxiqué au point où je suis devenu dépendant d’elle. Je lui pardonnais et m’aveuglais parce qu’elle prétendait tout faire au nom de l’amour. Comment veux-tu quitter la seule personne prétendant t’aimer alors que tu penses ne rien valoir. Qu’elle m’eut aimé ou gardé par orgueil, sans elle, je perdais le peu que j’avais. Sans elle, je n’étais plus rien.

Sans elle, il n'était plus rien. Les mots firent écho à ceux qu’elle avait elle-même prononcés quelques jours plus tôt à son ami dans la multitude de tirades qu’ils s’étaient échangées, l'antonymie de sa propre idéologie, mais où une certaine similarité brillait par leur importante discordance. Que ce soit pour lui ou pour elle, la raison de leur existence tournait autour d’une seule et même personne qui dictait leur vie depuis leur naissance, qui contrôlait leurs émotions que ce soit par amour ou par haine, par orgueil ou par dédain. Ces deux émotions pourtant si contradictoire, mais dont le dicton enseignait qu’il n’y avait qu’un pas entre les deux. S’il restait, elle n’était plus rien, qu’un autre enfant abusé qui n’avait pas eu la force de combattre. Si elle partait, il n’était plus rien, qu’un autre enfant délaissé et mal aimé ne méritant pas l'amour de son parent. Un soupire franchit la barrière de ses lèvres tandis que celui qui se confiait prenait une énième pause dans son discours, reprenait son souffle comme si son corps venait d’accomplir un marathon, épuisant son esprit et ses muscles sous l’effort exercé par les confessions qu’il extirpait de lui-même.

- Je crois qu’un jour j’ai tout simplement aperçu l’enfer. On peut rendre la vie tragique sans qu’elle soit absolument insupportable, mais ce que j’ai entrevu avait l’apparence d’une tourmente qui ne prendrait jamais fin. Et dans quel but ? Satisfaire quelqu’un qui me rendait esclave pour ne surtout jamais me voir partir ? Fuis Heather. Pars, loin. Là où tu te trouves, il n’y a rien de bon pour toi que l’aliénation. Dans ce combat-là, tu gagnes que lorsque tu acceptes de perdre.

- Fuir ?, demanda-t-elle du tact au tact, l’incrédulité coulant sur sa langue alors qu’elle répétait le mot qui la bouleversait tant. Aussi rapidement les mots étaient-ils sortis de la bouche d’Octave que les yeux de la brunette s'enflammèrent, foudroyant le bibliothécaire d’un regard brûlant. L’idée était révoltante, contre tout ce dont elle croyait et pourtant, il était le deuxième a lui foutre cette vérité au visage, le deuxième à lui conseiller de ne pas affronter Jake et de simplement partir, que la seule façon de gagner ce combat qu’elle s’était forcée à mener était de simplement refuser de se battre, de lâcher prise. L’idée de perdre contre lui continuait de la révolter, de lui serrer douloureusement les entrailles jusqu’à ce qu’une grimace envahisse son visage. Fuir ?, répéta-t-elle de nouveau, n’arrivant pas à s’accrocher à l’idée que de laisser son père gagner était la meilleure solution, l'incompréhension colorant chaque lettre du mot qu’elle disait de nouveau sans réellement en absorber l’implication. La solution magique est de le laisser gagner ? De le laisser partir l’esprit en paix avec l’idée qu’il a pu faire tout ce qui lui plaisait sans jamais en subir les conséquences ? Qu'il a pu anéantir la vie de ma mère et s'acharner à détruire la mienne et qu'au final, il ne doit rien à personne pour sa cruauté ? C'est ça la solution ?!, demanda-t-elle, un rire sans joie quittant la barrière de ses lèvres alors qu’elle secouait inconsciemment la tête de gauche à droite.

D’un mouvement rapide, la serpentard quitta le confort de la chaise, s’approchant rapidement de la sortie, dégoûtée par la discussion qu’elle avait elle-même emmenée sur le tapis. Non, ce n’était pas possible, elle ne pouvait pas perdre, elle ne pouvait pas le laisser vivre après tout ce qu’il avait causé. Et si c’était la solution ? La vipère s’immobilisa brusquement sur place, ses yeux s’accrochant au bois qui constituait la porte massive, son esprit refusant de quitter le sujet qu’elle avait abordé, s’empêchant de s’évader de la discussion qu’elle avait commencée dans l’optique de faire taire les et si qui s'acharnaient à la faire douter, mais qui, au final, revenaient armés d’une force redoutable jusqu’à la maintenir immobile. Et si Léon avait eu raison au final ? Et si elle s’était fermé les yeux, s’accrochant à l’idée que seule une vengeance à la finalité meurtrière apaiserait ses maux alors que la vérité était tout autre ? Elle n’avait jamais même considéré cette option, de fuir au lieu de se venger du mal qu’il s’était amusé à causer, et pourtant, en quelques jours, voilà que l’option lui était présentée comme étant la seule solution, la seule véritable façon de gagner contre celui qui hantait chaque instant de son existence, to let it go. Ses entrailles se serrèrent et la brunette tenta d’avaler le peu de salive que sa bouche avait réussi à produire, passant une main tremblante sur son visage tendu. Lentement, elle fit volte-face, s’approchant de nouveau de celui qui s’était ouvert à elle jusqu’à s’arrêter à quelques pas de lui, ses mains se tordant devant son abdomen tandis que ses yeux retrouvaient la vision réconfortante du tapis persan.

- Comment suis-je censée vivre avec moi-même si je pars ? Comment suis-je censée vivre avec l’idée qu’il s’en est sorti indemne après tout ce qu'il a fait ?

Ses yeux remontèrent finalement le long de la jambe du bibliothécaire, traversant son torse jusqu’à s’arrêter sur les jades qui ornaient son visage, cherchant une réponse qu’elle n’était pas sûre de trouver ici.

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MessageSujet: Re: [8 décembre 1997] Revealing the unseen [8 décembre 1997] Revealing the unseen EmptyMer 11 Avr 2018 - 18:45

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MessageSujet: Re: [8 décembre 1997] Revealing the unseen [8 décembre 1997] Revealing the unseen EmptyJeu 12 Avr 2018 - 1:37

- Et comment es-tu censée vivre avec toi-même si tu restes ? Tu es naïve si tu crois qu’une vie pareille aura laissé ton père indemne et l’esprit en paix ! Et quand bien même le prix qu’il aura payé ne te semble pas à la hauteur, que comptes tu faire ? Rétablir la balance ?

Le regard qui lui fut brusquement jeté la fit osciller doucement, l’ébranlant d’autant plus alors qu’elle tentait de masquer l’inconfort de l'incompréhension qui flottait sur son visage, colorant ses yeux de la lueur de l’incertitude. Le sourire narquois qui s’étirait sur les lèvres de son interlocuteur n’ajouta qu’un embarras cuisant à sa précarité, se sentant étrangement vulnérable alors que la vengeance à laquelle elle s’était permise de rêver faisait office d’un sarcasme camouflé sous l’apparence d’une question posée, l’ironie teintant la rhétorique qui s’évada de la bouche de celui à qui elle était venue quémander conseils. Le regret la saisit violemment, emprisonnant d'une ferme poigne ses entrailles tandis qu'il continuait son discours d’une rapidité pressée, martelant son point sans relâchement, s'acharnant à exposer une vie où rien d’autre n’avait d’importance que celui qu’elle tentait avec tant de ferveur de faire taire à tout jamais. Mais que regrettait-elle exactement : d’être venue à la porte d’Octave, que la réponse n’était pas celle qu’elle avait espérée ou qu’au final, en s’obstinant à se venger, qu’elle est offert à son père tout ce qu’elle s’entêtait à lui retirer ? Malgré l'envie saisissante de fuir son regard pénétrant, ses yeux restèrent posés sur lui, étrangement attirés par la franchise de ses propos et la constance de ceux-ci, figée sur place par l'érosion de ses convictions qui s'intensifiait à chaque mot prononcé. L’impression d’être perdue dans une mer d’incertitude s’aggrava, remuée par les vagues dévastatrices de la terreur qui s’amplifiait au sein de son être.

- La solution magique… tu crois que c’est facile de consentir à lâcher prise ?

Le silence accueilla la fin du discours du bibliothécaire, lourd de sens, pesant sur ses épaules avec la force d’une tonne de briques et elle dut oeuvrer d’une concentration qu’elle ne croyait plus posséder pour éviter que son corps ne suive le mouvement du poids imaginaire. Puis, un sourire doux reprit finalement possession du visage de l’homme tandis que son regard restait posé sur elle, refusant de lui laisser, même l’espace d’un moment, un répit quelconque et bien que rien en elle ne rimait avec calme, elle laissa son propre visage se détendre, mimant la tranquillité que la discussion semblait reprendre alors qu’Octave prenait la parole de nouveau. La main traîtresse de la brunette vint se lover sur sa nuque, massant d’un mouvement inconscient les noeuds que l’angoisse insistante venait créer à la base de son cou, se perdant dans l’amas de cheveux qui s’y trouvait avant de quitter finalement la peau moite pour rejoindre le côté de son corps. Interdite, elle s’approcha du lit jusqu’à s'y asseoir, prenant place aux côtés de celui qui s’acharnait à lui faire comprendre un point de vue auquel elle avait, jusqu’à présent, refusé d’accorder une réelle importance. Elle était venue avec l’idée de faire taire la pensée qui la narguait depuis sa dispute, espérant clamer la victoire sur le sujet pour, qu’au final, la sensation d’avoir eu tort sur toute la ligne ne lui inflige une fatigue douloureusement réelle. Trahie par son propre esprit, une pointe de culpabilité pointa le bout de son nez alors qu’elle repensait à la rage qu’elle avait fait déferler sur Léon tandis que son ami avait tenté d’exprimer le même concept à la serpentard butée et renfrognée qui avait tout simplement refusé de l'écouter. Son esprit se perdit dans les nouveaux questionnements que la discussion avait dévoilés, explorant cette culpabilité grandissante sous un tout autre angle. Pourquoi était-elle encline à croire Octave alors que Léon lui avait soufflé les mêmes vérités ? Était-ce le fait qu’il était le deuxième à lui exprimer le tout ? Ou bien était-ce parce qu’elle avait entrevu l’espace d’un moment fugace la relation qu’il entretenait avec sa mère, lui permettant ainsi d’y voir une certaine similarité avec celle qu’elle possédait avec son père ? Bien qu’elle ne trouverait certainement pas la raison parfaite aux questions qui tourbillonnaient dans son esprit, elle savait qu’elle ne pourrait taire le sujet avec Léon, mais ceci était un problème auquel elle s'attarderait un autre jour, son esprit refusant de s’éclipser plus que quelques douloureux moments du sujet brûlant. Vivait-elle que pour Jake en concentrant tous ses efforts à une vengeance pourtant plus que méritée ? Le bonheur serait-il vraiment que temporaire ? Elle n’avait pas les réponses aux innombrables questions qu’il continuait de lui poser, effrayée de s’y attarder et de découvrir une pénible vérité, mais son esprit refusait de fuir le sujet. Elle s’aventura finalement à répondre à Octave, brisant le silence qu’elle avait laissé s'immiscer entre eux, s’accordant le droit d’offrir l’un de ses propres aveux au bibliothécaire.

- L’avenir.. je n’y ai jamais réellement pensé. Tout s’arrête là. Tout s’arrête avec sa mort. C’est le néant ensuite, commença-t-elle d’un ton neutre alors que son regard était fixé droit devant, plongée comme elle était dans les révélations des mystères que son esprit gardait normalement précieusement cachés. La vérité est que je n’ai jamais vraiment pris le temps de penser à quoi que ce soit d’autre que ça, avoua-t-elle, la voix légèrement plus faible qu’auparavant, l’impression que chaque parole pesait sur sa langue envahissant ses sens. Puis, un petit rire franchit ses lèvres, le son, cette fois-ci, beaucoup plus sincère que le ricanement qui l’avait quitté quelques instants plus tôt. Enfin.. je me suis perdue une fois à imaginer ce qui pourrait se passer ensuite, à ce que je pourrais faire de ma vie, mais… c’était sans importance comparé à lui, comparé à ma vengeance...

Les mots moururent sur sa langue, commençant à comprendre de plus en plus l’idée qu’Octave tentait de lui expliquer. C’était exaspérant, enrageant comment le nom de son père, son visage, ses mots envahissaient si rapidement son esprit à chaque détour d’une conversation, guettant la moindre opportunité pour la hanter de nouveau. Ils n’étaient même pas dans le même pays, mais elle ne pouvait s’empêcher d’y accorder une importance immense, le laissant inonder chaque aspect de sa vie comme s’il était à ses côtés, commentant et accompagnant chaque moment telle l’infection néfaste qu’il était. Elle n’avait jamais réalisé à quel point il était toujours là, dans son esprit, crachant son venin destructeur, et si elle était réellement sincère avec elle-même, elle était la seule et unique coupable, lui offrant cette opportunité qu’elle seule pouvait lui octroyer et au final, qu’elle seule pouvait lui retirer. Elle seule pouvait reprendre le dessus sur sa vie. Perdre pour mieux gagner. Qui aurait cru que la solution était si contradictoire en soi ? Et bien que l’idée commençait à s’ancrer en elle, à prendre un sens qu’elle n’aurait jamais cru possible, un doute restait présent, murmurant ce fameux et si qui s’amusait à s'aromatiser à toutes les sauces, à s’adaptant à la dernière idée qu’elle osait adopter. Les aveux du bibliothécaire ne semblaient pas vouloir la laisser tranquille, flottant au-devant de son esprit alors qu’elle repensait à tout ce qui avait été dit en si peu de temps, tentant d’y voir clair et de s’accrocher à l’idée qu’elle avait probablement eu tort toutes ses années, obnubilée comme elle avait été par sa douce vengeance. Mais le doute refusait de se dissoudre, une phrase que l’adulte avait prononcée refusant de se taire, la narguant de par sa propre contradiction. Car même si la solution qu’on lui recommandait vivement était la plus noble, la jeune femme serait incapable de s’y agripper si elle n’était qu’une théorie utopique sans véritable application réelle. Elle tourna quelque peu la tête, offrant un peu plus de son visage que simplement son profil, les sourcils froncés témoignant de l’interrogation sur laquelle elle s’était arrêtée alors qu’elle absorbait les paroles de l’homme. Elle hésita un bref moment, observant une énième fois les traits de son interlocuteur avant de jeter toutes précautions par la fenêtre, sachant que le temps de la réticence avait été révolu il y a quelque temps déjà et s’aventura à prononcer à voix haute le fond de sa pensée brièvement méfiante :

- Tu parles avec tant de certitude, tant d’ardeur que fuir est la solution... et pourtant, tu n’es pas sûr de t’en être sorti, ses paroles colorées d’une certaine douceur fragile brisèrent le silence. Puis, elle posa enfin les questions qui s’étaient immiscées dans son esprit tandis qu’elle avait retourné les dires d’Octave dans tous les différents sens. Pourquoi crois-tu encore aujourd’hui que tu as fait le bon choix ? Comment tu tiens le coup malgré tout si ça te hante toujours ? Elle est où ta liberté à toi ?

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MessageSujet: Re: [8 décembre 1997] Revealing the unseen [8 décembre 1997] Revealing the unseen EmptyDim 15 Avr 2018 - 19:51

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MessageSujet: Re: [8 décembre 1997] Revealing the unseen [8 décembre 1997] Revealing the unseen EmptyLun 30 Avr 2018 - 20:34

- Ça a duré trop longtemps pour que tu puisses mettre fin au problème en abolissant sa cause. Ton père, tu le portes en toi dans ta posture, ton attitude, les suppositions que tu fais au sujet des gens que tu rencontres… Tout ça reste très implicite. On ne se rend souvent pas compte, ou on n’en a pas envie, à quel point ce qui nous fait du mal nous affecte. Tu le portes en toi sous forme de méfiance, de haine et d’amertume, parce que c’est quelqu’un qui t’aura constamment rabaissé.

Inconsciemment, la jeune femme s’était légèrement redressée à la mention de la posture et de son attitude, tirant doucement ses épaules vers l’arrière, son dos s’allongeant au dépliement forcé. Ses bras vinrent s’appuyer derrière elle et elle se laissa supporter par ceux-ci tandis qu’elle levait la tête vers le plafond, ses yeux se posant sur ce dernier qu’elle avait déjà observé par le passé, mais dont elle se perdait de nouveau dans l’exploration de ses détails, écoutant les explications d’Octave d’une oreille attentive. Le sujet s'approfondit, le vocabulaire se nuançant de termes tirés de la psychologie et l’espace d’un moment, l’étrange impression d’être un rat de laboratoire fit surface, un frisson traversant son corps fébrile. Elle se sentait analysée, perçue d’une façon à laquelle elle ne s’était jamais réellement attardée, décortiquée et disséquée. Les mots utilisés étaient d’une franchise frappant, refroidissant son être d’un voile glacé : haine, amertume et méfiance. Était-ce vraiment ce qui la décrivait le mieux ? Et bien qu’elle aurait préféré se mentir, nier en bloc, elle savait déjà la réponse à sa propre question et elle se mordit la lèvre par réflexe, empêchant l’envie de soupirer de se concrétiser. Le malaise grandissait et l’habitude féroce de muer ses émotions malaisantes en colère l’électrocuta, et bien que sa mâchoire se serra en réponse, la brunette tenta de régner sur le bouillonnement qui sévissait en elle, desserrant doucement les mains qui s’étaient agrippées à l’épaisse couette. D’un souffle, elle laissa ses pensées s’exprimer sous forme de mots, explorant, armée d’une légèreté forcée, le sujet troublant qui s’était développé depuis son arrivée :

- C’est difficile de faire la différence entre ce qui est lui et ce qui est moi. Comme maintenant, j’ai vraiment envie de prendre un verre, dit-elle doucement. Sa voix insista sur le mot vraiment, laissant son désir teinté son ton tandis que sa lèvre se glissait entre ses dents, se réconfortant d’un doux mordillement inconscient. Puis un petit sourire ironique s’étira sur ses lèvres alors qu’elle reprenait lentement la parole, un hochement des épaules accompagnant le sens plutôt léger qu’elle avait adopté dans ses propos, refusant l’ombre d’un instant de trop s’attarder sur la réelle implication des paroles que le bibliothécaire avait exprimées. Ça doit venir de lui ça. Enfin, j’imagine qu’en partie ça vient de lui.

Mais le sourire disparut aussi rapidement qu’il était apparu, considérant finalement la sévérité de ce qu’il venait d’exprimer sur elle. Jake était en elle. Jake la définissait depuis toujours. Jake était partout. L’idée la répugnait et elle sentit brièvement malade, sachant plus que jamais que tout ce qui était dit n’était qu’une parcelle de cette dure vérité, qu’un fragment de tout ce qui n’allait pas avec elle. Sans colère pour expulser le trop-plein d’émotions, elle était laissée à la dureté des vrais sentiments qu’elle ressentait : la honte, l’abjection et une terreur qu’elle n’avait jamais su comment traiter outre que par la vengeance pure et dure. Elle se redressa brusquement que pour mieux se recroqueviller vers l’avant, appuyant ses coudes sur ses genoux tandis que ses yeux se logeaient contre les paumes froides de ses mains. Elle passa quelques secondes fixée sur sa simple respiration, se calmant lentement, car bien que le malaise était bien présent, un poids énorme sur ses épaules, elle savait maintenant que ce n’était pas quelque chose qu’elle réglerait facilement et surtout, que rien de cela n’était réellement nouveau. Ces sentiments l’habitaient depuis toujours et ce n’était pas en tuant la cause de ses maux qu’elle s’en débarrassait. Elle avait poursuivi un raccourci avec désespoir alors que le parcours qui se dressait devant elle n’en offrait aucun. Une respiration tremblante fit son chemin de ses narines jusqu’à ses poumons et elle souffla : J’aimerais tellement arracher cette partie de moi, cette partie qui est lui... mais j'ai peur de ne pas savoir faire la différence.

Cela avait été difficile à avouer, difficile à prononcer. Elle s’était efforcée depuis si longtemps à se dissocier de son père, à nier le lien qui les unissait. Concevoir qu’il était son père, mais qu’en plus, il était à l'origine de tout ce qu’elle était, avait prit un effort monstrueusement pénible, mais le travail venait à peine de s’amorcer et elle ne pouvait se résoudre à préserver sur cette voie si le résultat n’était pas certain. Elle avait finalement levé un regard décidé sur Octave et posé ses questions, sans aucun détour.

- J’ai fait le bon choix parce que je me sens mieux. J’ai pu vivre ma vie comme je l’ai désiré, pas parfaitement, mais au moins mes échecs m’appartiennent pleinement. Bien sûr, elle est toujours là quelque part…mais chaque jour qui passe elle devient de plus en plus petite.

Elle s’arrêta sur son regard posé sur elle, s'agrippant au pétillement de ses yeux verts, au mouvement calme et décidé de sa main près de son visage. Elle lui offrit un léger sourire, un lent hochement de tête accompagnant l’étirement de ses lèvres, s’accrochant à sa réassurance comme à une bouée en haute mer tandis qu’elle repassait ses mots dans son esprit. La discussion n’était pas de tout repos et bien que son corps restait relativement immobile, s’agitant ici et là d’un mouvement quelconque sous la nervosité qui l’habitait, son esprit refusait de se détendre, assailli par les paroles qu’Octave exprimait sur le sujet qu’était sa vengeance et la relation père-fille qu’elle possédait. Elle s’était toujours refusé de dire qu’elle entretenait cette relation avec Jake, mais au final, c’était probablement bien ce qu’elle avait fait toutes ses années alors que son monde n’avait jamais arrêté de tourner autour de lui, gravitant autour du point central même qu’elle s’était jurée ne pourrait plus jamais l’affecter. La plus haute vengeance contre celui qui médit est l’oubli. Qui aurait cru qu’elle comprendrait un jour le sens de ce proverbe auquel elle avait ricané la première fois qu’elle y avait posé les yeux quelques années auparavant. Cela lui paraissait si ridicule à ce moment de se venger en oubliant, en laissant les péchés impunis. Même aujourd’hui, une partie d’elle résistait au changement qui s’amorçait, refusait de croire que de l’oublier, de la laisser indemne était la réelle solution à tous ses maux. Une partie d’elle se révoltait à simplement vivre sa vie, à se détacher de lui sans qu’aucune balance ne soit rétablie, sans qu’aucune rétribution ne soit faite pour tous les torts qu’il avait pu causer lors sa pitoyable vie. Cette même pitoyable vie qui perdurait si elle suivait les conseils. Mais la théorie qu’elle serait plus heureuse, en paix avec elle-même si elle planifiait sa vie autour d’elle et non sa revanche lui avait été présentée avec logique, revendication d’une certitude qui semblait si certaine qu’elle n’était plus à prouver sauf à une jeune femme qui s’était entêtée dans une illusion bâtie avec l’acharnement du désespoir. Et l’exemple, preuve concrète et réelle. Voilà qu’Octave lui offrait une partie de ses pensées, de ses propres maux, cédant à sa demande et s’expliquant avec la conviction d’un survivant sur comment il s'accrochait, combattait chaque jour sans pour autant s’aveugler par celle qui avait causé son malheur. Il vivait chaque journée, chaque heure à sa façon, se séparant d'elle, s'éloignant peu à peu de son influence et bien que ce combat semblait quémander une endurance, une persévérance hors pair, il se sentait mieux, lui-même, dans tous les qualités et défauts que cela pouvait représenter. Et à cet instant, la vipère se sentit étrangement émue par celui qui lui offrait son passé que pour la rassurer, expliquant patiemment ce même processus qu’il avait lui-même traversé et traversait toujours. Elle était touchée, profondément bouleversée par la gentillesse dont il faisait preuve alors que rien de les unissait, que rien ne l'obligeait et que rien ne lui était dû… que par bonté de coeur. Le sourire qui ornait ses lèvres s’étira un peu plus et elle laissa sa tête tomber sur l'épaule d’Octave, sa joue s'appuyant doucement sur le tissu confortable de son gilet. Les yeux de la serpentard se perdirent dans l’amas de livres ordonnés qui peuplaient la haute bibliothèque, traçant les reliures des bouquins de son regard lointain et songeur. D’une voix absente, elle murmura ses pensées :

- Un jour à la fois.. c'est ça ? Jusqu'à ce que ça devienne facile, que ça devienne une habitude qu'on ne remarque même plus ?, demanda-t-elle, sa voix oscillant sur l’interrogation, supplication camouflée d’être rassurée, d’obtenir cette certitude à laquelle elle devait s’accrocher. Elle prit une légère pause, considérant ses prochains mots avec parcimonie, puis elle souffla, sa voix à peine plus haut qu’un chuchotement : Tu crois qu’un jour elle disparaîtra complètement de toi ? Tu crois qu'un jour je m'en sortirai ? Mais cela, elle ne pouvait le demander.

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MessageSujet: Re: [8 décembre 1997] Revealing the unseen [8 décembre 1997] Revealing the unseen EmptyJeu 3 Mai 2018 - 0:34

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MessageSujet: Re: [8 décembre 1997] Revealing the unseen [8 décembre 1997] Revealing the unseen EmptySam 5 Mai 2018 - 5:33

Dénaturée. C’était ce qui la décrivait le mieux à cet instant, son coeur refusant de se dénouer depuis que la vérité l’avait heurtée sauvagement de plein fouet, emportant avec elle toutes ces illusions perlées que la brunette avait bâties avec tant d’acharnement et d’obstination. Sa réalité s’était effondrée telle une vitre fissurée à une endroit précis qui entraînait l’écroulement complète dans son élan destructeur, emportant chaque parcelle de qui était autrefois un tout prétendant l’harmonie. Mais la vérité était que rien n’avait jamais été harmonieux, équilibre imaginaire et faux qu’elle avait revendiqué avec la force d’un désespoir qu’elle refusait d’admettre même à elle-même. L’optique de se séparer intérieurement de la cause même de toutes ses misères prenait des proportions lourdement plus exigeantes que celle de simplement assouvir une vengeance meurtrière et tandis que son avenir rapproché avait toujours été d’une clarté affreusement grotesque, celui-ci se chamboulait, futur maintenant mystérieux et brumeux dont elle n’arrivait même plus à y voir les traits grossiers. L’incertitude était prenante et obnubilante, un trou béant dans son esprit qu’elle peinait à remplir de possibilités gaillardes. Mais heureusement l’épaule consolante sur laquelle elle s’était abandonnée offrait un réconfort qu’elle n’aurait pas cru possible et la jeune femme se perdit à lâcher prise, puisant dans la tangibilité de cette aide qui était venue de nul part, agréable surprise dont elle était l’heureuse destinataire.

- Non, parce qu’elle ne m’a pas apporté que du mal. Elle m’a rendu fort et résistant. Elle m’a appris le recul, le calcul et la minutie. La patience. Partiellement à ses dépens.

Les yeux noisette étaient mis-clos, perdus dans l’observation du vide qui s’étendait devant elle, écoutant la voix d’Octave murmurer tout en douceur la réponse à sa question détournée, présentant sans détour la différence de leurs histoires. Autant il s’était séparé de celle qui lui avait causé du mal, retrouvant avec patience son authenticité, autant il possédait cette sagesse, cette intelligence d’en voir l’indéniable positive qu’il avait pu retirer de la situation. Et bien que le contexte avait été des moins optimals, offrant son lot de rancoeur et d’amertume, le bibliothécaire contenait ce discernement inébranlable pour apprécier les bons côtés que les innombrables blessures lui avaient procurés. La sérénité qui semblait maintenant l’animer ne fit qu’émerveiller d’autant plus la vipère épuisée, se consolant dans la possibilité qu’elle aussi, un jour peut-être, réussirait-elle cet exploit, réussirait-elle à étouffer ce feu destructeur si profondément ancré en elle. L’optique était d’un encouragement incommensurable, mais teinté d’un doute affreusement affligeant, la méfiance qu’elle gardait normalement pour les autres s’éveillant, se rebellant jusqu’à trouver la cible parfaite en elle-même. Pourrait-elle réellement s’en sortir ou était-elle éternellement condamnée à vivre avec cette noirceur, cette ignobilité que son père lui avait légué, prisonnière d’un cercle vicieux vitupérant où la seule victime n’était qu’elle-même ? Se détesterait-elle autant toute sa vie comme l'avait été la petite Heather de sept ans, bercée par les mots haineux accusateurs sans qu’aucun réconfort ne lui soit permis, cajolée par les poings sans jamais que réassurance ne lui soit accordée, ne voyant dans le miroir qu'une enfance brisée où rien n'avait réussi à grandir de manière normale ? Elle détestait ce que le miroir lui renvoyait d'elle-même, ce reflet où la moindre mimique, la moindre expression n’était qu’un esquisse de son père, façonnant cette apparence qu'elle haïssait au plus haut point jusqu’à n’y voir que lui, jusqu’à n’y voir que les cicatrices laissées sur son corps, rappel douloureux de tout ce qu’elle n’avait pas réussi à fuir. Et tandis qu’un doute sinueux s'immisçait en elle, que les horreurs de ses pensées s'agrandissaient sans relâchement, une main douce se posait sur sa joue, frôlant d’une tranquillité réconfortant la peau frémissante de la jeune femme, ramenant cette dernière dans ce doux instant que le moment présent lui accordait. La main glissa le long de sa joue, se lovant dans les courbes de son visage, le bout des doigts voyageurs s’arrêtant à la racine de ses cheveux fins dans un frôlement lentement contrôlé. Les yeux de la serpentard s’ouvrirent en réponse, n’osant bouger sous la caresse, son visage suivant le relèvement auquel il était soumis jusqu’à ce ses iris noisette ne rencontrent les jades brillantes auxquelles elle s’accrocha, l’étonnement se reflétant dans la noirceur de ses pupilles agrandies. Ses lèvres s’entrouvirent légèrement sous la surprise, le visage immobile sous l’emprise délicate de la main masculine, tandis qu'il s'approchait quelque peu de ses cheveux que pour mieux observer son regard.

- Il n’y a pas de lui en toi. Il n’y a que sa voix, que tu écoutes parce que c’est la seule que tu laisses résonner dans ta tête. Vous êtes différents. Il n’y a rien à arracher, mais tout à épanouir. Tu ne bois pas parce que ça vient de lui, tu bois parce que tu es malheureuse. Tu as déjà tout en toi ; tout ce que tu vas aimer de toi est là, mais tu ne te connais pas encore très bien. Tu te caches derrière l’habitude que ton père t’a donné de la vie, mais tu n’es pas lui et il ne sera jamais toi. Tu as tellement de force à déployer, Heather, tellement de qualités à fleurir et dont il ne connaît rien et n’en connaitra jamais rien. Tu ne lui appartiens pas et il n’a aucun mérite, à part celui de t’avoir fait croire qu’il n’y avait que lui dans ta vie.

La proximité avait été introduite avec délicatesse, réduisant d'un naturel foudroyant l'espace les séparant, rapprochant leur visage sous le chuchotement de ses revendications, murmure enchanteur dessinant un lendemain où aucun fleur n’était fanée et où un soleil brillait de milles feux dans ses yeux. Les paroles se glissèrent dans son esprit, atténuant la sombreur qui s’y était logée, peignant de milles couleurs le tableau noir et blanc de son avenir. Elle se perdit dans le bercement de ses mots, passagère de sa mystérieuse balade. Elle se laissa emporter par son histoire, héroïne d’une aventure où elle sortait vainqueure. Elle s’abandonna à ses paroles aussi douces qu’une berceuse, le son de sa voix aussi calme qu’une mélodie s'envolant sous les cordes des violons. Son pouce se promenait sur sa pommette, touché délicat accompagnant la sensibilité de ses mots d’une caresse apaisante, une somptueuse douceur. Et sous l’attention qui lui était confiée, une vague de chaleur inonda l’être de la jeune femme, réchauffant le petit coeur glacé par les pensées destructrices, et un espoir qu'elle croyait impossible fleurissa doucement. D'un mouvement délicat, la brunette leva sa main et, du revers de ses doigts fins, frôla fébrilement la main reposée sur sa joue, l’effleurement aussi léger qu’un monarque se déposant sur les pétales d’une fleur. Elle traversa le dos de la main masculine jusqu'au poignet autour duquel elle s’enlaça tendrement d'une poigne faible, son pouce se logeant à la base de sa paume chaude. Ils étaient si proche, proximité réconfortante mais si étrange à la fois. Si proche que la brunette eu l'envie de s'éloigner tandis que son visage se rapprochait de lui-même, attiré par la tendresse éphémère de ce moment fragile. Octave. Cet homme dont le mystère l’avait intriguée, mariant froideur et bienveillance sous la tenure d’une personnalité complexe, mais où protection et prévenance avaient toujours fait son chemin jusqu’à la vipère malgré la défiance inévitable de celle-ci. Ils s'étaient retrouvés à quelques reprises, unis par le destin, joints dans les rocambolesques aventures d'un hasard joueur. Et au fil de ses rencontres inévitables, l’adversité s'était muée en sympathie et la méfiance en confiance, créant une des ces relations sur laquelle on avait misère à y associer un qualitatif précis, mais où l’abstrait n'était que d’autant plus apprécié par son insaisissabilité. Mais dans tous les mystères et les secrets de cette liaison sans nom, la brunette savait qu'elle s'était développée une certaine affection pour celui qui s'était attardé à la découvrir, un respect pour l'homme qui l'avait protégée et pris soin d'elle lorsque plus rien ne faisait de sens. Heather glissa d’un mouvement furtif sa lèvre inférieure entre ses dents, humectant la mince peau rosée avant de la libérer de sa prison momentanée.

- Je …

Mais elle s’arrêta, n’arrivant pas à trouver de mots assez forts pour décrire la sensation qui l’avait envahie, ni même à comprendre ce qu’elle ressentait au creux de son abdomen. Doucement, elle glissa sa main le long du cou d’Octave, son pouce se lovant derrière son oreille tandis que ses doigts se perdaient à la base de sa nuque, jouant docilement des cheveux qui s’y trouvaient, navigant subtilement la peau. Son regard sillonna les traits de l’homme, enrobant les cils entourant l’intensité de ses iris vertes, longeant les joues masculines, s'arrêtant sur les lèvres rosées avant de remonter lentement vers les yeux posés sur elle. Puis d’un mouvement fébrile, elle ferma les paupières et posa ses lèvres sur les siennes, une caresse tendre et légère dans laquelle elle s’abandonna complètement, perdant toute notion de réalité tandis qu'elle fondait sous le baiser.

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MessageSujet: Re: [8 décembre 1997] Revealing the unseen [8 décembre 1997] Revealing the unseen EmptyMer 9 Mai 2018 - 0:41

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MessageSujet: Re: [8 décembre 1997] Revealing the unseen [8 décembre 1997] Revealing the unseen EmptyMar 15 Mai 2018 - 4:01

Voluptueux péché qu’était cette tendresse partagée, architecte de délicieux frissons qui réveillaient le corps désireux de s’abandonner. Succulente était la réponse des lèvres rencontrées, acceptant l’offrande délicate sans fluctuation résignée. Le baiser s’allongea, prolongation de l’indulgence sucrée, traçant la figure huit d’une maigre infinité. Sa douce aliénation récoltait un écho plus sublime qu’espéré, créant de ces chaleurs diffuses qui coloraient d’un rose ténu les joues féminines. Elle s’évada de ses pensées, s’égarant dans l’exquisité de la conjoncture charnelle, sa canalisant aux lèvres complaisantes. Sa main traîtresse se logea dans la vastitude des cheveux aux couleurs éclatantes du lever de soleil éphémère, frôlant la peau de doigts frémissants sous la tendresse offerte. La brunette se perdit dans le plaisir aveugle, goûtant les lèvres de sa bouche gourmande. Plus rien n’avait d’importance que la beauté partagée, la splendeur du moment où deux êtres chérissaient l’instant commun, offrant une part d’eux-mêmes sans rien demander en retour. Mais une fin était sans contestation et le moment approchait subtilement de son achèvement. La séparation fut douce, détachement serein d’un partage tendrement accordé, réveillant les paupières de la jeune femme envoûtée. Elle se réconforta dans la main lovée sur sa nuque chaude, doux résidu du modeste baiser tandis que ses iris retrouvaient le visage tendre de l’affectionné. La timidité se logea sur les traits fins de la demoiselle, prudent reflet du sensible émoi dissimulé en son être sincère. Elle s’évada dans le vert des iris brillants, se perdant dans la douceur de son regard. Une main glissa près de sa joue, déplaçant les mèches folâtres de ses yeux, découvrant la plénitude de son visage relevé. La fascination l’attrapa au vol, construite par les mouvements aériens de sa main flâneuse. Le temps semblait avoir perdu de sa rapidité, s'immobilisant dans un moment qui ordonnait la lenteur rêveuse et son souffle s’arrêta, prisonnière d’une gorge appréhensive, l’incertitude miroitant dans ses yeux brillants. Le baiser avait été donné sans arrière pensée, écho d’une affection avérée, mystérieuse création d’un coeur étourdi dont elle-même n'en connaissait pas tous les secrets. Qu’avait-elle voulu véritablement démontrer dans cet leste abandon ? N'avait-elle simplement pas trouvé les mots pour exprimer cette tendre reconnaissance envahissante ou était-ce seulement une manifestation sans équivoque de son appréciation méritée ? Mais un n’était pas exclusive à l’autre, éternellement liés, car la reconnaissance ne pouvait exister sans l’appréciation et au final, sa tendresse caressante possédait la lueur des deux arguments, fenêtre entrouverte sur ce coeur dont peu en connaissance les véritables secrets.

L’espace les divisant se dissout de nouveau, rapprochement initié, cette fois-ci, par celui qui avait reçu, offrant l’exquise réciprocité d’un élan délicat. La surprise s’évanouit, l’incertitude s’envola, vite remplacée par les vibrations d’un soupir satisfait qui fit trembler doucement la mince peau rosée de ses lèvres couvertes. L’inquiétude qu’elle fut la donatrice d’une confiance mal placée se dissipa, laissant place à la sérénité d’un coeur enlacé. L’union était d’autant plus affectionnée par celle qui consentait maintenant à l’offrande généreuse, réponse plein de doux sous-entendus et d’émotions communiqués sans qu’aucun mot ne soit échangé. Le baiser d’une élégante lenteur ranima la passion naissante éprouvée par la jeune femme, accélérant les palpitations de son coeur incertain, le sentiment étrangé d’être chérie pour ce qu’elle était s’éveillant au creux de son âme. Mais quel volupté était ce baiser à la lenteur ravissante. Le bien-être qui l’accompagnait était d’autant plus addictif, électrisant de sa nature quiète. Mais comme le premier abandon charnel, la séparation était de mise, offrant à la douceur du baiser un départ gracieux. La rupture s’accompagna cette fois-ci du retrait à la dérobé de sa main, joignant celle d’Octave, entre eux deux, seul rappel de la tendresse partagée quelques instants plus tôt.

- Merci.

La brunette leva un regard étonné vers l’homme qui se complaisait dans l’observation de leurs mains liées, l’interrogation muette d’une telle réponse flottant dans la brun de ses yeux non rencontrés. Le remerciement semblait hors propos, témoignant d’une gratitude dont le moment n’y semblait pas opportun. Qu’avait-il à remercier alors qu’il était celui qui l’avait relevé ? Qu’avait-il à remercier alors qu’il était celui qui l’avait accueillie avec délicatesse ? Qu’avait-il à remercier alors qu’il avait offert à son tour ce qu’elle s’était permise de voler ? Cette reconnaissance était la sienne à offrir et non à recevoir. Et pourtant, le mot ne semblait pas assez puissant pour qu’elle ne s’attarde à retourner la faveur alors que lui s’adonnait à le prononcer sous le couvert d’une raison énigmatique. Son front frôla sa main tenue, accompagnant l’unique mot d’une tendresse tout aussi surprenante qui ne dura qu’un bref instant éphémère, avant qu'il ne brise le silence de sa voix baryton.

- Tu sais qui je suis et tu connais mon âge. Je ne te refuserai rien, mais s’il-te-plaît, ne nous châtie pas d’aller trop vite. Commande, mais que si nous y survivons tous les deux. Il n’y a pas que nous deux.

Les paroles murmurées posèrent un doute au sein de la serpentard, avertissement doucereux qui se méritait réelle considération. Heather baissa les yeux, arrêtant son regard sur les doigts entourant sa main prisonnière. La réflexion avait fait partie de ses derniers jours avec avec l’omniprésence d'un dieu vengeur, épuisant son âme et son corps avec tant d’ardeur qu'elle sentit une fatigue familière l'envahir, une lassitude à l'idée de s'arrêter de nouveau à considérer tous les angles de la présente situation. L’optique de s’enfoncer de nouveau dans les questionnements, les remises en question et incertitudes ne l'attirait guère, déposant de ces goûts acides sur la langue qui vous révoltait de leur saveur aigre.  Elle ferma les paupières un bref instant, replongeant dans les méandres de son esprit évaltonné, un simple soupir traversant la barrière de ses lèvres. Rare étaient les instances où un choix n’affectait que les concernés et cette fois-ci n'en faisait pas exception, la simple réalité qu’elle était une étudiante et qu’il appartenait au personnel du château était une preuve redoutablement évidente de cette vérité. Mais l’envie de s’y attarder était remarquable par son absence, remplacé par le désir de s’abandonner de nouveau dans les douceurs de son esprit silencieux. Elle ne savait pas exactement ce qui l'avait conduite à offrir un pareil geste, s'abandonnant à l'émotion, mais elle savait qu'elle ne regrettait pas son impulsivité démonstrative, ni les répercussions que celle-ci avait eu, la douceur du second baiser flottant toujours sur ses lèvres fermées.

- Non, il n'y a pas que nous deux, j’ai mes fantômes..  et tu as les tiens. Mais est-ce une raison de se laisser hanter à jamais ?, murmura-t-elle, observant les mains unies d’un oeil soigneux, immobile, évitant à son tour les iris colorés.

La question n'en était pas réellement une, réponse purement rhétorique à une inquisition sous-entendue. Doucement, son visage se releva, s’approchant de nouveau de celui de l’homme, déviant son parcours pour déposer de nouveau sa joue sur l’épaule d’Octave, reprenant place où tout avait commencé quelques minutes plus tôt. Ce dernier lui avait murmuré de commander, cédant la préférence à la jeune femme. La serpentard resta quelques instants posée, les yeux paisiblement fermés, se détendant au rythme des respirations lentes qui gonflait paisiblement le torse masculin. Devait-elle réellement s’attarder sur les questions implicites, leur accorder un temps prodigieusement long ayant pour seul mérite d’éviter un possible regret alors que la mal qui pourrait en découler était qu’une mince importunité ? Elle ne voulait pas s’arrêter maintenant, elle refusait de s’arrêter maintenant. Elle préférant s’enivrer dans la confusion de la rapidité, désireuse de s’envoler, étourdie par la précipitation d’un moment surprenant. Elle préférait se perdre dans une réalité imaginée, dans l’euphorie d’une tendresse partagée, se griser dans l’ivresse de la vivacité. Et c'est ce qu'elle ferait.

- Je n'ai fait que cela survivre…, chuchota-t-elle, effleurant de ses lèvres la peau où l’oreille et la mâchoire se rencontraient. Mais ça…Elle ponctua son affirmation d’un baiser le long de la mâchoire masculine, frôlant doucement la peau blanche. Ça me fait vivre, termina-t-elle dans un soufflement, déposant un chaste baiser sur les lèvres de l’homme, s’éloignant doucement une fois la caresse offerte. Elle remonta précautionneusement un regard sérieux le long de son visage, l’honnêteté grâve brûlant ses yeux brillants. J’ai l’habitude de garder mes distances. Alors tout ça, c’est un mystère pour moi. Je ne sais pas exactement où ça va nous mener, mais je sais que je t'apprécie... je t'apprécie même beaucoup. Je suis prête à prendre ce risque, quel qu'il soit. Elle pencha légèrement la tête sur le côté, s’efforçant de garder ses yeux posés sur ceux de l’homme. Mais toi, l’es-tu ?

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MessageSujet: Re: [8 décembre 1997] Revealing the unseen [8 décembre 1997] Revealing the unseen EmptyJeu 17 Mai 2018 - 3:29

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MessageSujet: Re: [8 décembre 1997] Revealing the unseen [8 décembre 1997] Revealing the unseen EmptyJeu 14 Juin 2018 - 19:19

Un frisson parcourut son corps tandis que les paumes masculines encadraient étroitement son visage, réchauffant les joues rosées de la jeune femme, ses doigts s'emmêlent dans le soyeux de ses sombres mèches. Il plongea sur elle, enrobant ses lèvres pulpeuses des siennes, affamées et dévorantes, brusques et sauvages. La surprise envahit la brunette, étonnée par l'audace renouvelée d’Octave et Heather retourna fiévreusement la faveur, se perdant dans la folie charnelle, savourant l’excès avec délice. Sa main se perdit de nouveau dans la nuque de l'homme, caressant les mèches de cheveux rousses de doigts voleurs, agrippant fermement la chevelure rouquine d'une main fervente alors que l’homme dévorait sa bouche avec une exaltation déchaînée. Sa bouche répondit à l'appel de sa voisine, brûlante d'une envie qui l'envahissait rapidement, persistante dans son élan entraîneur. La puissance de ses mains robustes l'électrocuta, puissantes et possessives, entourant son visage d’une chaleur enivrante qu'elle savoura. Puis le baiser prit fin, l'essoufflement remplaçant la présence des lèvres tandis qu'elle reprenait le souffle écourté par la sauvagerie de leur dernier excès. Ses yeux glissèrent de sa bouche jusqu’aux émeraudes brillantes, l’intensité de son regard capturant le sien avec magnétisme.

- Ca. Ce n’est pas une vie, Heather. C’est du bouche-à-bouche. Le bouche-à-bouche n’était pas une solution permanente, mais n’était-ce pas la solution temporaire pour accrocher l’âme noyée à la vie ? Le bouche-à-bouche donnait la vie, soufflait l’air salvateur aux poumons dénués, offrait le souffle salutaire au corps déphasé. Non, elle n'était pas assez innocente pour croire que les possibles entourant cette soirée seraient la solution à tous ses maux, qu'elle en sortirait une femme nouvelle, mais n'était-ce pas un début, un premier pas vers un futur où la rage ne la consommait pas à chaque instant de son existence ? Le seul risque que je prends, c’est toi. Songe soigneusement à ce que tu abandonnes, car le passé ne recèle pas que des chimères et à ignorer celles derrière nous, on se condamne à en retrouver tout autant devant. Ne te presse pas de déposséder ta vie ancienne de sa substance, sinon l’avenir n’en aura pas davantage. Que veux-tu de moi Heather ? Mais surtout... que veux-tu pour toi ?

Il était si proche, mais pourtant, l’espace les séparant semblait plus loin que jamais, creusé par les questions et les réflexions qu’il demandait d’elle. La facilité du moment s'encombrait maintenant d’une complexité inopinée, d'embûches et d’obstacles qui demandaient efforts et réflexions de la part de la jeune femme.

- Octave…, elle laissa son prénom couler sur sa langue, vibrer sur ses lèvres entrouvertes tandis qu’elle fermait les yeux lentement, secouant doucement la tête de désarroi.

Lentement, elle anéantit l’espace les séparant et posa doucement son front contre le sien, replongeant dans les méandres de son propre esprit endoloris, sa main traînant toujours dans son cou chaleureux. Son désir de laisser de côté les réflexions, les explorations existentielles sur son passé, présent et futur semblait voué à l’insatisfaction, à l'inassouvissement. Elle était forcée par les questions pressantes d’Octave à la réflexion profonde des conséquences de ses actions suggérées, à réellement considérer les répercussions de son abandonnement dévoué. Elle ne voulait plus penser, qu’agir et vivre, mais la vie semblait avoir prévu un autre chemin, un autre parcours pour la brunette à la bouche aventureuse. L’expression charnelle de sa confiance prenait soudainement les lueurs d’une thérapie qu’elle aurait préféré éviter, sondant les explications de son esprit bigarré aux gestes qu’elle posait et aux possibilités qu’elle offrait avec une audace inconnue. Détruisait-elle réellement son passé et tout ce qu’il possédait en profitant des délices du moment présent ? Y avait-il quelque chose à conserver de son passé désastreux, quelque chose à chérir parmi toutes les chimères sous-entendues ? Sa mère était morte, rien ne changerait cette vérité fatidique et son père devait maintenant être soumis au dédain et l'inconsidération, à l’oubli sans qu’aucune attention inutile n’y soit accordée. Alors que restait-il de son passé qui avait le mérite d’être considéré, d’être estimé avant qu’elle ne s’abandonne corps et âme dans cette offrande savoureuse ?

Puis, comme il lui était coutume, le même prénom sembla flotter au-devant de son esprit, le même visage sembla se peindre derrière ses yeux et un soupir franchit la barrière de ses lèvres. Léon. Il était le seul élément de son passé qui persistait à revenir, qui persistait à survivre. Le seul élément de son passé qui méritait sa considération. Et pourtant, leur amitié s’était révélée précaire, chambranlante, telle la dernière feuille accrochée à un arbre dénudé en automne. Des propos douloureux avaient été crachés, parsemés de cruauté et de vérité, creusant un peu plus le fossé les séparant l’un de l’autre et la vérité s’était entremêlée dans les mensonges jusqu’à ce que la vipère n’arrive plus à y faire la différence. Il avait avoué l’aimer, mais était-ce réel, était-ce le reflet de la vérité ou d’un mensonge dans cette guerre qu’ils avaient amorcée ? Le silence était tout ce qui avait été échangé entre eux depuis. Le silence et encore plus de secrets. Elle savait qu’ils se reparleraient un jour, si ce n’était pour qu’elle avoue qu’il avait eu raison sur son père, mais leur amitié était-elle encore possible ? Son monde semblait encore une fois envahi par les possibilités, les théories et les “et si”, par la brume des incertitudes et les multitudes éventualités. Mais une question revenait toujours... Restait-il réellement quelque chose à être terni par ce qu’elle s’apprêtait à accomplir ? Si les entrevoir, un soir, dans la vaste entrée du château, avait créé une si grande avalanche d’amertume, une si grande entrave à leur amitié supposément solide que se passerait-il lorsqu’elle avouerait avoir dormi dans le grand lit sur lequel elle était présentement assise ? Que se passerait-il lorsqu’elle raconterait l’excursion nocturne dans le pays du nord où elle avait prétendu être sa douce fiancée ? Mais surtout, que se passerait-il lorsqu’elle confesserait les nombreux baisers qu’ils venaient d’échanger ? Le point de non-retour avait déjà été franchi, les actions avaient déjà été posées, il ne restait plus qu’à assumer les conséquences, quelles qu’elles soient. Plus rien n’était certain, tout était possible et s’arrêter à cet instant ne réparerait en rien tout ce qui avait déjà été brisé, car tout était déjà brisé. Sauf que… Ses paupières levèrent le rideau sur le noisette de ses iris et elle plongea son regard dans les jades insistantes de l’homme, détachant finalement son front du sien. Octave s’était offert à son tour, caressant ses lèvres des siennes, mais l’hésitation revenait avec persistance, les questions s’accumulaient entre chaque baiser. Ses paroles étaient-elles simplement le reflet de son propre doute quant à ce qui se tergiversait entre eux ? Espérait-il que la serpentard mette fin d’elle-même à ce qui s'offrait à eux ? Et pourtant, ce dernier baiser… Plein de promesses savoureuses et de passion sauvage était la contradiction même. Elle voulait se perdre de nouveau dans la saveur de ses lèvres, dans la chaleur de ses mains puissantes. Elle voulait s'abandonner de nouveau et plus encore.

- Je ne veux rien de plus que ce que tu es prêt à m'offrir. Tu m'as aidé, tu m’aides encore... sans jamais rien demander en retour. Comment puis-je te demander quelque chose alors que tu me donnes tant ?, un petit sourire fleurit sur ses lèvres, sans tristesse, moquerie ou colère, ces émotions qui peuplaient la majorité de ses ressentis, que le simple reflet de sa reconnaissance. Puis, elle baissa doucement les yeux, observant la couette sur laquelle elle s’était posée plus tôt. Ce que je veux pour moi… je veux retrouver qui je suis, je veux définir qui je suis. Je me suis abandonnée dans la haine et je n’ai aucune idée si je vais m’en sortir un jour, si toute cette colère qui rage en moi depuis toujours peut vraiment disparaître... Elle posa sa main sur sa propre poitrine, serrant le tissu de son chandail avec la poigne d’une désespérée s’accrochant à la vie, ses yeux remontant de nouveau vers les jades précieuses, les noisettes brûlantes. Elle voulait se retrouver elle-même, découvrir qui elle était réellement, un moment à la fois. Je veux m’abandonner dans autre chose que la haine, ressentir autre chose que cette rage. Et je dois avouer que de t'embrasser, ça me fait oublier tout ça, ça me fait ressentir autre chose... et ça me fait un bien fou. Elle haussa doucement des épaules, ses joues rougissant légèrement sous ce qu'elle avouait. Je ne m’attends à rien de toi. Si tu ne veux pas, je comprendrais, mais si c'est le contraire, si tu le veux...

Elle laissa sa phrase inachevée, capturant sa lèvre entre ses dents, les yeux fixés dans les siens. Elle avait beaucoup parlé, plus qu’à l’habitude et ses réflexes avaient repris le dessus, laissant finalement planer un silence après tout ce qu’elle avait osé dire.

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MessageSujet: Re: [8 décembre 1997] Revealing the unseen [8 décembre 1997] Revealing the unseen EmptyMer 20 Juin 2018 - 21:24

Le silence qui s’était posé entre eux ne fit que s’allonger. Aucun mot ne fut prononcé, mais la réponse n’aurait plus être plus limpide qu’à cet instant tandis qu’Heather s’abandonnait dans l’ardeur réanimée d’Octave. Le silence regorgeait de promesses et de secrets, d’offrandes et d’assurances dont eux seuls en connaissaient les mystères, dont eux seuls étaient les invités. Son corps s’étendit contre le grand lit avec la même force qu’un raz de marée emportant tout avec lui, entraînant chaque particule avec la magnitude d’un tremblement de terre. L’oubli accueillit enfin la brunette, arrachant de son esprit tout ce qui la préoccupait pour ne laisser qu’eux deux, l’instant présent et tout ce qu’il comportait. Le passé et le futur n’étaient que d’abstraites notions, absentes de l’esprit qui s'était éperdu dans la voluptueuse indiscrétion, submergée par l’intensité de ses sens titillés. Le vagabondage malheureux de l’esprit s’était achevé, ramené à l'insouciante spontanéité des somptueuses tendresses charnelles, capturant vivement l’attention à chaque sensation frémissante. Et dans l’essence de leur abus, son âme s’envola dans le ciel couchant, rejoignant les étoiles scintillantes d’un moment où aucun lendemain n’existait, où plus rien n’avait d’importance que son envolée émancipatrice. Disparues étaient ses préoccupations éternelles, évanouies étaient ses émotions explosives. Rien n’existait outre la bouche qui caressait son visage d’une multitude de douces attentions, rien n’existait outre les mains puissantes qui la serraient étroitement contre son corps robuste. La liberté avait le goût de lèvres vanillées, la texture de mains vigoureuses et elle s’offrait à la jeune femme avec l’amalgame précieux de la brutalité désirée et de la sensibilité soupirée. Octave s’était abandonné à son tour et elle retrouva dans ses bras les promesses langoureuses d’une union merveilleuse, réunissant l’essence de leur âme subjuguée en un délectable accord.

Quelque part pendant l'exploration affriolante, les mains de la jeune femme harcelèrent la cravate de l’homme, assiégèrent les boutons de la chemise, s’attaquant à alléger la barrière les séparant, faveur retournée par sa victime volontaire. Bientôt, les accessoires futiles à leur luxurieuse animation se retrouvèrent négligés, délaissés sur le tapis accommodant et la danse ne reprit que de plus belle pour les deux galants captivés. Telle la muse d’un artiste passionné, elle était dessinée par les baisers qui peignaient sa peau de la rosée du matin, redécouvrant chaque parcelle de sa peau frissonnante. Sous les caresses et les flatteries, Heather se perdit, fondant dans les frissonnements succulents, délicieuse victime de manœuvres expertes du bel apollon. Le monde se mouvait dans tous les sens, sans faire de sens, tournant et virevoltant, emportant dans son élan les deux amants envoûtés. Au travers le flou de la brume tentatrice, la brunette répondait, offrait et s’égarait dans la fascination de la plaisanterie taquine, dessinant de ses ongles passionnés les lignes démonstratives de leur débordement lascif sur le dos tendu du soupirant. L’enthousiasme franc les emporta, dictant l’extrême richesse d’un amour temporairement partagé, hypnotisant l’esprit sous les exquises tentations renouvelées où bourreau et victime s’échangeait les rôles à leur guise, titillant, agaçant à leur tour les goûts et instincts primaux de leur proie résolue. L’ivresse du moment enivra tous les sens de la jeunesse féminine, exaltant les envies et les désirs à chaque frôlement et supplice auxquels elle était soumise et de sa bouche s’évada les preuves de sa volupté envahissante. D’une douce vengeance, elle redoubla la fougue de ses mouvements coquins, s’attaquant à faire souffrir d’une délicate avidité inassouvie le corps du délicieux martyr que pour mieux retrouver la bouche ardente d’un baiser réunissant.

Sous la complexité essentielle et le renouvellement incessant, une poésie se matérialisait, composant les premières notes d’un hymne où la passion chuchotée et l’excès lascif fusionnaient. Sous la chaleur d’un feu brûlant, les deux êtres persistèrent dans l’expression impudique de leur émoi, renonçant aux dernières restrictions du corps résistant à l’accomplissement suprême. Et la symphonie continua, enchaînant le crescendo vivace et dans un accord somptueux, la finale susurra une harmonie poétique, les dernières notes s'atténuant pour ne laisser place qu'au silence satisfait des deux âmes virtuoses. La belle s’accrocha quelques instants à la luxurieuse sensation, ses membres palpitant sous l’après-coup de son corps assouvi, répondant au tendre baiser concluant. Le bel homme libéra de son poids la silhouette féminine, un drap de fraîcheur se déposant sur leur corps échauffé jusqu’à ce que l'étreinte nouvelle ne réchauffe de nouveau les peaux moites. La large main masculine vint s'endormir sur les côtés de la petite forme tressaillante et d’un mouvement lent, le bras de l'adorable échevelée vint se reposer sur le large dos de l’homme, resserrant l’étreinte les unissant d'un léger mouvement de bassin. Sans réellement y porter attention, sa main s'évada, se promenant contre la chaude peau, traçant du bout de doigts encore vibrants des fresques imaginaires, frôlant de ses ongles les reliefs de son dos offert et recouvrant, parfois, de ses petites paumes féminines les omoplates saillantes. Ses paupières vinrent couvrir ses iris, offrant la noirceur complète à ses yeux brûlants, son souffle chaud s’évadant par saccade de sa bouche entrouverte, retrouvant lentement un rythme régulier malgré les battements pressés de son petit coeur essoufflé. D’un mouvement brusque de sa jambe, elle repoussa le drap emprisonnant qui s’était enroulé autour de son pied, libérant sa peau de la moiteur de la literie lourde de sueur. Elle resta quelques instants immobile, reprenant son souffle, osant laisser le silence s'interposer dans l'absence des gémissements.

- Qu’est-ce que tu ressens ? … La haine ?

Sa réponse fut immédiate, d’un naturel franc et preste, et en l’espace d’un bref moment, son visage rosi par l'essoufflement s’illumina alors qu’elle éclatait d’un rire radieux, transformant son visage naturellement sévère et impassible en un tableau de félicité attendrie, rayonnant d’un ravissement authentique. Sa main libre vint couvrir son sourire gai et les petites fossettes enjouées creusant ses joues, masquant timidement l’excès d’allégresse qui faisait imperceptiblement soubresauter sa poitrine luisante, ses yeux pétillants plongeant dans le regard interrogateur de celui qu’elle tenait toujours sous son bras léger. Doucement, elle abaissa sa main, révélant de nouveau le sourire brillant et lumineux qui ornait son visage adouci alors qu’elle glissait ses doigts agiles dans la chevelure rouquine désordonnée de l’homme contre qui elle était lovée. La jeune femme se trouva émue par son inquiétude renouvelée pour elle, touchée par le souci et la tendresse qui émanaient de ses mouvements et paroles, et ses yeux noisette reflétèrent une douceur nouvelle. Elle l’observa quelques instants, admirant la vivacité de ses iris vertes avant de répondre gentiment d’un doux chuchotement.

- Non, je peux t’assurer que la haine est loin d’être ce que je ressens présentement. Tout le contraire, je me sens… bien, très bien même, avoua-t-elle, se surprenant elle-même par l’honnêteté qui colorait ses propos.

Bien. Cela faisait longtemps qu’elle n’avait pas pu dire ce mot sans mentir, qu’elle n’avait pas pu dire ce mot et le croire réellement. Les derniers mois avaient emmené horreur après horreur, défi après défi, son lot de difficulté détruisant le peu de positivisme que la vie possédait pour la serpentard. Elle se souvenait comme si c’était hier le bien-être qu’elle avait ressenti sous l'imperium, de l'insouciance qui l’avait envahi, mais surtout de son désir de retrouver ce bonheur sauvagement arraché. Elle avait cherché substitut à ce bonheur disparu, se laissant couler au fond de bouteilles d’alcool et plongeant profondément dans les recherches de poisons. Rien n’avait fait. Mais voilà qu’un petit éclairci lumineux s’était créé dans cette terrible tempête, a silver lining parmi les nuages. Lentement, elle glissa sa main des cheveux soyeux jusqu’au menton masculin, caressant la joue de sa pleine paume en un mouvement paresseux et doux, puis releva son visage du bout de ses doigts légers. Paisiblement, elle plia son cou vers l’avant, embrassant de nouveau les lèvres goûteuses, renchérissant ses paroles d’un baiser délicat, gracieux témoignage de l’absence de ces sentiments douloureux qui serpentaient normalement en elle. La jeune femme libéra leur bouche de leur étreinte nouvelle, les coins de ses lèvres toujours surélevés dans leur joyeuseté démonstrative alors qu’elle laissait sa tête retomber contre le large matelas. Oui, la haine était remarquable par son absence, la colère était allègrement oubliée et la rage n’était pas ce qui faisait vibrer son corps à cet instant. Son visage était d’une ouverture inhabituelle, le sourire bien ancré sur ses lèvres et même si elle elle avait eu l’envie de masquer la manifestation fringante de ses sentiments bienheureux, la brunette savait qu’elle n’en serait point capable à cet instant, tendrement collée contre le corps chaleureux étendu à ses côtés. Délicatement, Heather posa sa main contre le torse robuste de l’homme, poussant doucement Octave sur le dos alors que son propre corps suivait l’élan pour s’étendre à moitié sur son thorax, sa joue se posant là où sa main avait été quelques instants plus tôt, suivant le mouvement des respirations contrôlées de l’homme. Elle resta quelques instants installée contre lui, écoutant le coeur battre contre sa joue, sa main traçant le relief des cicatrices fines qui s'étendaient sur la peau pâle avant d’appuyer son menton sur sa main et d’observer le visage de l’homme d’en bas, ses longs cheveux sombres s’étendant en halo sur le torse étendu.

- D'où viennent tes cicatrices ?, murmura-t-elle, ponctuant la fin de sa question d’un léger baiser sur l’une des cicatrices marquant la peau d’Octave, frôlant de ses lèvres la peau blanchie par la violence passée.

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MessageSujet: Re: [8 décembre 1997] Revealing the unseen [8 décembre 1997] Revealing the unseen EmptyVen 22 Juin 2018 - 18:49

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Dernière édition par Octave Holbrey le Dim 30 Déc 2018 - 21:06, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [8 décembre 1997] Revealing the unseen [8 décembre 1997] Revealing the unseen EmptyDim 24 Juin 2018 - 2:43

La tranquillité d’un moment langoureusement apaisant était d’une douceur unique, d’un confort serein singulier dont Heather en savourait chaque instant avec la paresse de l’âme satisfait. Les minutes paraissaient avoir ralenti, endormies, s’attardant dans la lenteur d’une conjoncture qui, comme figé dans le temps, refusait de se presser. Tout tendait à la quiétude, à la béatitude du bien-être partagé, protégés comme ils étaient de l'effervescence d’un monde qui se montrait lointain et distant de leur solitude volontaire, seuls habitants de leur sanctuaire intime où tendresse et sérénité nuançaient chaque frôlement de leur peau révélée. Rien n'obligeait l’empressement ou l'insécurité de l'être nerveux, au contraire, tout proposait le délicieux relâchement de l'être contenté et bienheureux, exaucé dans ses désirs et envies prononcés. La pluie caressait la fenêtre d’un bruit délicat, la trame sonore d'une histoire qui se créait devant les yeux attentifs des éperdus, un doux interlude musical aux révélations qui frôlaient les mystères de leur intimité. Dans un relâchement franc, la demoiselle se perdit dans l’attrait de sa curiosité inassouvie et de sa bouche rosée par sa dernière débauche, elle posa la question qui traînait sur le bout de ses lèvres, interpellant, d’une inadvertance distraite, les souvenirs de l’homme contre qui elle reposait nonchalamment. La réaction fut preste, l’éclair de l’inquiétude survolant les traits d’Octave, mais comme l’illumination foudroyante de la tempête, son visage retrouva le calme d’un ciel en paix.

- Tu sais bien d’où elles viennent, les cicatrices…?

L’insinuation était d’une clarté révélatrice, allusion aux similarités de leur peau découverte qui brûla soudainement d'un feu imaginaire sous leur contact mutuel, forçant les paupières de la jeune femme à recouvrir ses iris d’une couverture protectrice. Son visage dévia un bref instant vers les sombritudes imaginées de son regard couvert, vers l'isolation d'une noirceur fragile, mais sous la douceur du moment qui leur était secret, Heather offrit un hochement unique et succinct, confirmant ce qui n’était plus à confirmer. Occupant le rôle de l’inquisitrice, elle ouvrit les yeux de nouveau, refusant de s’éloigner du regard de son interrogé, acceptant avec minutie le contrecoup de son audace indiscrète. Les doigts sillonnant la blancheur de sa peau dessinaient le réconfort réparateur, l'assurance qu'elle n'avait pas brisé la délicatesse de leur moment unis, que sa curiosité maladive n'avait pas créé tort là où réelle confiance s'était établie et son regard se couvrit d'un voile de douceur renouvelé tandis qu'elle attendait avec patience la progression de leur discussion singulière. Elle l'écouta pousser le souffle léger d'un soupire précurseur et le regarda s'élever lentement de l'oreiller douillet, suivant le trajectoire de ses yeux qui s'arrêtait là où sa main s'était échouée, couvrant de son vert royal l'unicité de son torse griffonné. Le silence accompagna les mouvements posés d’Octave, paisible entracte à ce qui ne tarderait plus à découler de l'intérêt invasif de la brunette rendue muette par politesse. Puis l'homme s'élança dans l'énumération de ses marques éternelles, révélant, sans rien expliquer, l’origine de ses blessures réparées, dépoussiérant les vieux souvenirs d'une voix curieusement dénué de rancoeur, paisible dans l'élucidation de ses malheurs. La jeune femme se laissa guider par l'exégèse, accueillant chaque citation de sa vie d'une attention compréhensive et absolue, refusant de détourner l'oreille de celui qui s’attardait à offrir réponse là où l'intérêt avait été démontré. Une fois les paroles éteintes, le murmure de la pluie le seul bruit entendu, une main chaleureuse se perdit dans sa chevelure, les doigts taquins caressant sa nuque. Attisée par les douceurs de la main aventureuse, Heather ferma les yeux avec la lenteur efféminée, reposant sa tête contre le torse puissant, se régalant dans les caresses désinvoltes. Elle se laissa taquiner quelques instants, savourant les frissons que les mouvements de sa chevelure lui procurait, acceptant avec félicité la tendresse donnée d'un sourire paisible.

Animée par le galanterie sucrée, la brunette se lança à son tour dans l’offrande de la douceur là où les histoires démontraient douleur, miroitant l’attention bien aimée dont Octave lui avait fait l’heureux cadeau plus tôt lorsque ses propres balafres avaient été couvertes de l’adorable tendresse. Elle retrouva de ses lèvres soyeuses chaque repère dont le récit avait fait mention, adoratrices du corps mutilé qui s'étendait devant elle tel l'œuvre d'art d'une vie bien pétrie. Elle frôla de baisers chaleureux les cendres d’un passé révolu, susurrant indulgence là où la vie n'avait offert que sévérité, parcourant l'histoire d'une jeunesse irrégulière. Et dans l'offrande de sa bouche exploratrice, l’aimante se laissa emporter par le papillonnement de ses lèvres, taquinant son tableau coloré de délicates folies, concentrant ses douceurs là où la passion irradiait joliment. Elle tortura le bel être l'espace d'un instant frémissant où la volupté guida ses gestes luxurieux, dévouant la subtilité de l'adoration lascive à chacune de ses tentations gratifiées. Dans la tension enivrante de la délectable passion, les mains féminines s'accrochèrent aux hanches solides, serrant la peau chaude de leurs doigts espiègles. Elle s'obstina contre la sensibilité languissante, adorant chaque brèves réactions de son attention prolongée, s’attardant sur la somptuosité du corps épanoui jusqu’à ce que son propre être quémande l’attention savoureuse. D’un dernier hommage voluptueux, la brunette retrouva la poitrine étendue, se couchant, cette fois-ci, sur la peau de son dos menue, sa tête reposant contre le torse puissant de la belle âme, retrouvant le calme de l’immobilité. Elle récupéra la main masculine qu’elle déposa au dessous de sa poitrine, offrant répit au sujet de ses soins particuliers, et à son propre coeur battant au rythme de ses passions.

- Et toi… qui es-tu maintenant ?

L'irrégularité de leur discussion ne tarda pas à revenir, retrouvant, cette fois-ci, la serpentard comme substance de l’échange désordonnée. La question était d’une légitimité sans égale, reprenant le sujet de la conversation qui, non sans surprise, avait guidé leur geste jusqu’à ce moment précis. La questionnée laissa sa tête se tourner vers Octave, observant tranquillement les traits de son visage, s’abandonnant dans la contemplation de la question et du bel homme à ses côtés. Qui était-elle? Tous les rêves qu’elle croyait posséder s’étaient envolés dans la fumée d’un feu dévastateur, emportant avec eux l’essence même qu’était la jeune échouée. Les cendres de ce qu’elle croyait être flottaient en elle, oscillant dans son être, égarées, s'éparpillant à la recherche d’un sens qui demeurait inatteignable. Mais la réalité subsistait, cette vérité que la jeune femme s’était assurée depuis si longtemps être un mensonge, une imposture de son âme. L’hypocrisie même de son être l’avait convaincue que, de son passé abject, elle en était ressortie plus forte, en contrôle sur les situations mondaines de la vie, sauf que l’axiome était tout autre. Elle s’était pliée sous la force d’une haine dévastatrice jusqu’à ce qu’elle se brise en un millier de morceaux irréguliers, oubliant le peu d’elle-même qu’elle connaissait pour ne voir que la fureur destructrice. D’elle-même ne restaient que des ruines et les reconstruire était son épreuve, un incommensurable défi dont l’exécution quémandait une persistance qu'elle doutait détenir. Octave lui avait exposé le reflet d’une beauté qu’elle ne croyait pas possédée, chérissant son corps de merveilleuses tendresses, murmurant l'existence de qualités qu’elle-même peinait à apercevoir. Et sous la lumière de la vérité ardue, elle se retrouvait désorientée, égarée, cherchant en elle, les reflets de sa propre personnalité, confrontée à des inquiétudes nouvelles.

- Je crois qu’il est trop tôt pour que je puisse répondre à ça. Je suis perdue, Octave, commença-t-elle, doucement, l’aveu sortant sans la moindre hésitation, avec la facilité d’une confiance gagnée. Armée d’une douceur répétée, sa main rejoignit son équivalence masculine, badinant avec les doigts plus robustes, les yeux terreux suivant le mouvement de l’enlacement prodigué. Elle s’offrit le luxe d’un silence prolongé, retrouvant dans le creux de son esprit ces vérités qui trouvaient généralement embûches à se révéler, s’attardant à trouver les mots justes à ce qu’elle désirait avouer. Dans la générosité d’un instant partagé, son visage s’étira en un sourire dont la douceur reflétait la nuance d’une tristesse osée, les yeux suivant les agitations de ses doigts qui s’emmêlaient avec délicatesse à la main d’Octave. Je veux réellement découvrir qui je suis, qu’est-ce qui me définit, trouver un nouveau sens à ma vie, mais..., elle s’arrêta sur le dernier mot, reprenant son souffle dans l’évasion de ses révélations. Mais j’ai peur d’échouer, de me perdre à nouveau et de ne jamais trouver cette réponse. Elle abandonna les mains de son regard, tournant finalement son visage d’une lisibilité surprenante vers Octave, ses yeux retrouvant dans les siens le confort de la familiarité, curieusement à l'aise dans les révélations de ses défauts et faiblesses. Posément, elle effleura la main d’un baiser, marquant la fin ses curieuses explications d’une délicate simplicité. Tu comprends ?, termina-t-elle dans un chuchotement réservé, sa voix colorée d'une incertitude confessée, trahissant son seul désir d'être comprise dans son insécurité nouvelle.

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