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[9 décembre 1997] Hommage au temps des roses

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POUFSOUFFLE7ème annéePréfète
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MessageSujet: [9 décembre 1997] Hommage au temps des roses Ven 23 Fév 2018 - 17:21





L'agitation qui régnait dans la salle commune la gênait. Trop de brouhaha, trop chaud, trop de monde, trop tout. Elle était dans une de ses périodes où elle n'aspirait qu'à une seule chose, la paix. À tel point qu'elle avait même ranger ses cartes de tarots tout au fond de sa valise. Bien sûr, elle n'était pas à l'abri d'une vision, mais au moins, les choses ne viendrait pas d'elle. Lina se dirigea vers son dortoir et enfila sa cape la plus chaude, puis elle passa autour de son cour, l'écharpe à l'effigie de sa propre maison. Sans un regard en arrière, la sorciè(re tourna les talons et quitta la salle commune. Elle hésita à faire un détour par la cuisine, comme d'habitude, mais y renonça... Elle avait été assez punie pour le reste de son existence : elle se doutait que les elfes de maison ne la trahirait pas de leur plein grès, mais si leurs maîtres, à savoir les Carrow, leur posaient des questions, ils seraient obligés de dire la vérité, et rien que la vérité, monsieur le Juge. Elle grimaça et passa devant le tableau – porte d'entrée en baissant le nez. Dommage. Elle aurait apprécié un petit goûter. Une fois dans le Hall, elle hésita un instant, mais, tout naturellement, ses pieds la dirigèrent vers l'extérieur.

Elle aimait tout particulièrement les arcades qui formaient la cour intérieure du château. C'était un petit peu son coin à elle, l'endroit où elle finissait toujours par se retrouver quand elle errait sans but précis. Elle s'installa en tailleur, sur le large muret, le dos appuyé contre une des colonnes. La même colonne que d'habitude, celle qui terminait l'allée de gauche : de là, elle avait une vue d'ensemble sur toute la cour et ne pouvait pas être surprise.
Lina était littéralement épuisée et en même temps, elle s'en voulait. Une personne normale n'aurait – elle pas dû chercher du réconfort auprès de ses amis ? Pourquoi fallait – il toujours qu'elle s'isole du reste du monde au lieu de simplement s'exprimer, comme tous les autres. Sa mère lui avait parlé, une fois, de mécanisme de défense... Mais la sorcière n'avait pas prit la peine d'écouter la suite. Elle soupira. Il ne servait à rien de se morfondre dans l'immédiat.
Elle jeta un regard autour d'elle. Peu d'élèves avaient daignés sortir, pourtant, pour une fois, il ne faisait pas si froid que ça. Il était seize heure, le ciel était dégagé, et quelques rayons, presque chauds, venaient encore caresser le visage de la blairelle, avant de bientôt se retirer pour laisser place au coucher du soleil, puis à la nuit. Mais ils avaient tous peur... Avec toutes ces nouvelles mesures, il devenait compliqué de savoir ce qui était vraiment autorisé ou pas et leur quotidien devenait un éternel calcul d'heure pour être certain d'être rentré à temps pour le couvre feu.
Mais Lina tenait à profiter de ses moments qui n'appartenait qu'à elle. Normalement, elle aurait dû écrire une lettre à ses parents, pour les rassurer quant à sa situation ici, mais tant pis. Elle n'envisagea même pas de prendre de quoi écrire. Au lieu de ça, elle tira de sa poche sa baguette magique et, avec un petit mouvement sec du poignet fit apparaître des papillons bleus foncés qui se mirent à voleter autour d'elle, avant de disparaître après un petit pop!. Un sourire illumina son visage... Dieu qu'elle aimait la magie, surtout ce genre de petits sortilèges, tout à fait innocent, simplement beau. Cette fois, elle traça dans les airs  quelque chose de plus complexes, en 4 mouvements. D'abord, il n'y eut rien, puis de minuscules boules de lumières apparurent. Elles évoquaient à la préfète des lucioles, ou peut – être de petites étoiles. Au bout de quelques secondes elle annula son sortilège et écouta son estomac gargouillé. Le moment ne se prêtait pas une telle magie. Tout autour d'elle était trop sombre : les visages, les couloirs...  Elle enfouie son visage dans ses mains.  Elle aurait pu restée comme ça des heures, dans la position immobile de l'élève anéantie, si des bruits de pas n'avaient pas attiré son attention. Doucement, elle écarta ses doigts et regarda l'allée, à la recherche de la personne qui venait ainsi troubler sa tranquillité.

L'élève marchait avec nonchalance, comme si le reste du monde n'avait plus aucune importance. Lina releva son visage pâle et dévisagea l'être vivant que si dirigeait vers elle. C'était une jeune femme, de la maison Serpentard et la jaune et noire ne put s'empêcher de sourire en reconnaissant la sorcière qui semblait marcher droit vers elle. Ses cheveux fuligineux semblaient flotter autour d'elle, rebondissant légèrement à chacun de ses pas, formant une  aura mystérieuse, étrange, qui en avait éloigné plus d'un. Elle était belle et ne ressemblait à personne d'autre ici. Lina était trop loin pour les voir, mais elle devinait déjà ses yeux de la même couleur que l'ambre, et leur reflet doré. Elle se rappelait encore de l'odeur de son amie. C'était un diamant brut, une catastrophe naturelle : incontrôlable, et pendant un peu plus de deux mois, Lina lui avait appartenu. Quelque part, heureusement que leur relation, sans amour, n'avait pas durée plus longtemps, parce que si jamais Lina avait dû tomber amoureuse, elle aurait été jusqu'au bout du monde pour cette fille. Comment aurait – il pu en être autrement ?

Enfin, la farouche verte et argent quitta l'ombre des colonnes et arriva juste devant la voyante qui l'accueillie avec un sourire franc et une petite étincelle dans le regard. La personne qui se tenait devant elle faisait très certainement partie de ses plus beaux souvenirs et de sa plus belle surprise, car jamais elle n'aurait pu croire qu'une personne de son acabit puisse s’intéresser à une fille aussi simple et douce de la maison Poufsouffle. Et pourtant, la véritable tornade qu'était la brune aux yeux dorés, avait daigné poser son regard brillant sur elle. La préfète se rendit alors compte à quel point elle était restée éloigné de sa camarade. La Serpentard portait elle aussi les stigmates de leur rentrée à Poudlard. Leurs jours, à toutes les deux, étaient devenus bien sombres, et leurs cœurs s'étaient endurcis. Lina lui tendit la main, à la fois pour l'inviter à s’asseoir près d'elle, mais aussi pour l'empêcher de basculer dans le gouffre, où elle – même craignait parfois de tomber.

« Heather... »

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MessageSujet: Re: [9 décembre 1997] Hommage au temps des roses Lun 26 Fév 2018 - 17:05

Elle ne savait plus quoi faire de sa peau, regardant les secondes s’écouler sur la grande horloge de la salle commune verte et argent, son esprit refusant de vagabonder sur un sujet trivial quelconque au lieu d’explorer les événements des dernières semaines jusqu’à l’écoeurement incontournable de la brunette. Le mois de décembre avait commencé en catastrophe avec les Carrow annonçant de nouvelles mesures drastiques, imposant des conséquences immondes à la transgression de règles banales et accueillant les élèves par un cours un peu trop pratique sur le sort Doloris, des élèves ayant eu l'honneur d’oeuvrer comme cobayes alors que les autres avaient le plus grand plaisir de pratique sur eux. Jusqu’ici, la jeune Trown avait évité de s’attarder sur le sujet politique de l’heure, se concentrant simplement à ne pas attirer l’attention sur elle tandis qu’elle assistait à ses cours et vaquait à quelques reprises à ses occupations parascolaires personnelles, mais le climat sombre l'affectait de plus en plus, ramenant au-devant de son esprit ces questions existentielles qui demandaient de ces grandes réflexions pour se répondre réellement. Si le temps venait de choisir, suivrait-elle vous-savez-qui ou opterait-elle pour combattre au sein de la résistance ? Elle n'avait pas la réponse, préférant se considérer comme neutre dans cette bataille qui rageait entre les plus tenaces de ce monde, évitant au plus possible de devenir une victime indirecte de cette guerre entre la lumière et les ténèbres. Elle préférait grandement rester dans l’ombre que de se retrouver sous les feux des projecteurs où les dangers seraient immensément agrandis. Heather pinça les lèvres, embêtée par le fil que prenaient ses pensées, refusant de s’attarder une fois de plus sur cette question qui était à l’esprit de tous, mais qui ne franchissait jamais les lèvres incertaines. Brusquement, elle se leva du divan qu’elle avait adopté quelques instants plutôt, espérant qu’une balade lui permettrait de se vider la tête de ses pensées incessantes et sortit de la salle commune, attrapant son manteau usé de cuir et son écharpe au passage. Elle erra dans les couloirs pendant plusieurs minutes, évitant les airs les plus courants du château, n'étant pas dans l'envie d'interagir avec quiconque même si la personne qui aurait le malheur de s'attirer l'attention de la vipère serait probablement victime de ses répliques cinglantes et de son caractère plus ou moins fracassant, une distraction normalement la bienvenue. Elle ouvrit les grandes portes menant vers l’extérieur et accueillit le vent frisquet qui colora ses joues d’une légère teinte rosée, prenant une grande bouffée d’air frais avant de continuer son chemin nonchalamment, la tête se perdant dans les nuages gris de son esprit. Elle vagabondait les yeux baissés, se laissant guider inconsciemment par ses pieds, son esprit sautant d'un sujet malaisant à un autre sans réelle suite logique d'idées.

Puis, la jeune Trown retrouva finalement le confort de l'instant présent, reconnaissant l'endroit où elle se trouvait d’un coup d’oeil rapide et ses yeux se posèrent par réflexe sur le bas muret qui trônait sur la cour intérieure, retrouvant le visage plus que familier de la jeune femme qui y était assise : Lina Kaveline. La vipère cligna à quelques reprises des yeux, toisant la forme délicate de celle qui avait été, il fut un temps, plus qu'une simple amie et dont le visage était maintenant associé à jamais aux beaux souvenirs qu’elles avaient créés ensemble. Leur histoire n’avait duré que deux mois, deux mois éphémères où la tendresse de la poufsoufle avait posé un baume sur le coeur meurtri de la serpentard, avait offert réconfort à une âme qui n’avait envie que de s’abandonner jusqu’à en oublier sa propre existence. Heather s’était perdue dans ses doux bras apaisants, dans la chaleur et le frissonnement de sa peau vibrante, dans le confort de ses lèvres délicates, s’abreuvant de sa bonté, cédant à l'indulgence qui lui était offerte par cette femme dont la douceur était une seconde nature. Elle avait aimé chaque caresse sous laquelle son corps avait frémi, chaque baiser auquel ses lèvres s’étaient accrochées, chaque moment qui lui avait été dédié, chaque instant où elle avait été le centre de son univers, se perdant dans cette affection partagée, mais dont l’amour était manquant. Elle ne regrettait rien de leur histoire où une amitié particulière s’était développée entre deux femmes aux personnalités si contradictoires.

De l’entrée, elle observa Lina oeuvrer de sa magie, tel un elfe des bois dans sa forêt enchantée, papillons s’envolant dans les airs, flottant autour de la jeune fille en une symphonie de couleurs et de grâce naturelle. Lorsque les sublimes insectes offrirent leur adieu, embrassant de leurs ailes la joue rosée de la poufsouffle, de délicates lumières prirent leur relais, oscillant dans les reflets du soleil peinard, un rituel dansant mystérieux qui captiva une fois de plus l’attention de la vipère. L'enchantement dura quelques instants, quelques fabuleux instants où la magie surprenait par sa splendeur, par sa simplicité à faire rayonner la nature dans toute sa grandeur, à offrir un spectacle enchanteur où la définition de la beauté prenait finalement tout son sens. La serpentard se perdit dans son admiration, ses yeux suivant les apparitions lumineuses avec une attention toute particulière, se laissant relaxer devant le spectacle qu’il lui était inconsciemment offert. Mais le charme fut brisé et la sorcière responsable de tant de joliesse s'effondra sur elle-même, son visage se cachant dans la noirceur offerte par ses mains blanches, le dos courbé et les épaules recroquevillées, victime de ses propres pensées. La serpentard toisa quelques instants son amie, observant son immobilité avec une inquiétude naissante avant de s’avancer lentement vers elle, son pas reprenant le rythme nonchalant qui lui était habituel tandis qu’elle suivait la petite allée qui zigzaguait au coeur de la cour intérieure. Elle prenait son temps, le regard posé sur celle qui s’était légèrement relevée à son approche, le visage impeccable d’émotions. Elle remarqua le petit sourire qui lui était offert, observant les petits plis qui décoraient le coin des lèvres de la poufsouffle, le léger haussement de ses joues qui suivaient si facilement l’étirement de sa bouche et elle ne put empêcher le soubresaut de son propre visage, l’éclipse d’un sourire venant agrémenter les traits de son visage naturellement froid. Elle arriva finalement à ses côtés, s'arrêtant devant la jeune femme assise sur le petit muret, la douce voix de cette dernière s’élevant dans les airs, l’accueillant de son prénom.

- Heather

Ladite Heather regarda quelques instants la main tendue, avant d'étendre la sienne en réponse et d’agripper les doigts fins de sa paume chaude. Elle était froide, les doigts glaciales de la poufsouffle contrastant avec la chaleur de sa propre main et elle la serra un peu plus pour la réchauffer. Le sourire de la serpentard s'était éclipsé déjà, mais ses yeux brillaient d'un éclat chaleureux tandis qu'elle prenait place à son tour sur le petit muret. Elle laissa ses jambes pendre dans le vide, le regard fixé au loin, laissant le silence s'étirer entre elles avant de jeter un petit coup d'œil à Lina. Elle avait l'air tendue, préoccupée et en un simple instant, les souvenirs du doloris flottèrent devant son esprit, le corps de son amie convulsant au sol, ses cris résonnant dans la grande salle, un écho incessant de la douleur qui irradiait son corps alors qu’Amycus la torturait sans relâche. La jeune Trown serra la mâchoire et tourna son regard brûlant vers Lina, un mélange de colère et d’inquiétude tourbillonnant dans le noisette de ses iris, sa main pressant d’autant plus les doigts de la poufsouffle. Elle navigua son visage de ses pupilles noires, glissant de ses cheveux foncés qui encadraient son visage aux longs cils qui entouraient ses yeux illuminés, s’arrêtant quelques instants sur les lèvres pâles qui lui souriaient toujours. Elle avait l’air si heureuse de la voir, un réconfort à la pointe de culpabilité qui avait grimpé en elle à la réalisation qu’elles ne s’étaient pas adressées la parole depuis la rentrée des classes. En un souffle, Heather murmura :

- Est-ce que tu vas bien ? Quand je t’ai vu dans la grande salle l’autre soir, lors du cours..., elle s’arrêta quelques instants, laissant son souffle monotone mourir dans sa gorge, l’inquiétude l’empêchant de continuer cette phrase pourtant si simple. Elle n’était pas douée pour ce genre de conversation, n’était pas douée pour parler de ses émotions et elle laissa échapper un léger soupire. Puis, lentement, elle combla finalement le silence par un chuchotement : je me suis inquiétée.

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POUFSOUFFLE7ème annéePréfète
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MessageSujet: Re: [9 décembre 1997] Hommage au temps des roses Sam 14 Avr 2018 - 21:46

La main tiède de la Serpentard aurait consolé n'importe quel être vivant sur cette fichue planète et même sur d'autres. Lina se déplaça de quelques centimètre pour permettre à sa camarade de s'installer correctement, puis elle tourna son visage vers elle, sans lâcher sa main. Un silence s'installa entre elle, mais il était le bienvenu. Il n'avait rien de lourd, ou d'intimidant, il n'était pas dû à un indicible : au contraire, il précédait quelque chose de l'ordre de la confession. La préfète avisa le fantôme du sourire d'Heather, mais nota que son regard était doux, comme un coucher de soleil. Ils n'étaient pas nombreux ceux qui y avaient eu droit. Pendant un instant, Lina se sentit terriblement privilégiée, sans se douter une minute que l'élève de Salazar Serpentard revoyait le corps de son amie torturé par de la Magie Noire

« Est-ce que tu vas bien ? Quand je t’ai vu dans la grande salle l’autre soir, lors du cours...,  Je me suis inquiétée »  

Lina planta ses incisives dans sa lèvre et fronça les sourcils. C'était bien la dernière chose qu'elle avait souhaité. Avec une certaine délicatesse elle serra les doigts fins d'Heather. Elle aurait voulu lui dire qu'elle allait bien, qu'il en fallait plus pour l'abattre, la rassurer, trouver les mots. Mais en fait, elle se sentait comme une funambule, en équilibre sur une corde, prête à basculer et à s'enfoncer loin dans les ténèbres. Elle tenait le coup, c'était vrai, mais elle était épuisée, constamment au bord des larmes, à la fois en colère contre le monde entier et infiniment triste aussi. Parfois, elle était secouée par un peu d'espoir et pendant quelques heures, les choses allaient drôlement mieux et elle s'autorisait à passer une bonne journée. Le moment le plus compliqué en fait, était celui qui précédait l'endormissement, quand ses craintes, ses pensées l'attaquaient et qu'elle se tournait dans son lit en cherchant un sommeil qui tardait à pointer le bout de son nez. Mais comment expliquer tout cela à Heather... Heather qui avait admis s'être inquiétée, qui s'était dévoilée.

La sorcière ferma les yeux quelques secondes. Après le fameux Cours Magistral des Carrows, Lina avait eu l'impression que l'école s'était divisée en deux clans : ceux qui la prenait pour une idiote – la brave petite Poufsouffle écervelée qui s'était fait remarqué au lieu de sauver sa peau comme tout le monde. Et ceux qui s'étaient fait du soucis pour elle, éventuellement parce qu'ils la connaissait un peu mieux ; ils savaient qu'elle n'aurait jamais laissé une enfant payer les pots cassés d'un régime totalitaire sans queue ni tête. Pourtant, la voyante s''émancipait d'elle – même de ces deux courants. Elle n'avait pas voulu venir en aide à un innocent. D'ailleurs, elle aurait très certainement fini par jeter  elle aussi le maléfice de Doloris sur son camarade. Non. La personne qu'elle avait voulu sauver, c'était Andrée et seulement Andrée. Lina était incapable d'affirmer avec certitude qu'elle aurait pu agir de la même façon pour quelqu'un d'autre... Elle n'était donc pas mieux que les autres... La seule différence, c'était qu'elle lui avait promis d'être là pour Andrée, de la protéger. En vérité, elle n'avait pas réfléchi une seule seconde. Son corps avait bougé avant même que l'idée de s'interposer entre elle et Lysander ait eu le temps de surgir dans son cerveau. Quelqu'un de plus sensé aurait sûrement pris le temps d'analyser un peu plus la situation, d'envisager les conséquences... Lina avait agit comme une louve, son instinct avait eu le dessus s,  faisant fi de tout ce qui pourrait suivre. Elle avait fait ce qui lui semblait juste. L'amour l'avait poussé à l'acte.

La jeune Poufsouffle haussa les épaules et baissa le regard. Après avoir été accompagné jusqu'à l'estrade par Andreas Rowle, elle était restée dans une brume épaisse. En fait, elle ne se souvenait que de peu de choses : le visage d'Andrée, l'odeur de vomi dans ses cheveux, qui semblait – il était restée plusieurs jours, les hurlements,... Mais les éléments ne paraissaient plus être reliés dans son esprit. Cette soirée n'était plus qu'un flou artistique. Elle n'avait pas vu Heather, ou les autres être tortionnaires ou torturés. Elle ne s'était réveillée qu'au moment de la sentence sur l'estrade. Lina n'avait pas la moindre idée de comment les choses avaient pu se passer pour les autres.

« J'ai connu des années scolaires plus agréables. Lina lâcha un petit rire ironique, plus pour elle – même que pour Heather : tout compte fait, elle n'était pas sûre d'avoir eu une année scolaire dite normale dans cette école...  Mais je vais bien. La jaune et noire laissa un sourire se glisser sur ses lèvres, elle voulait rassurer l'élève de Salazar. Et somme toute, Lina estimait qu'elle s'en sortait plutôt bien finalement, mais c'était peut – être lié au fait que la main chaude la Serpentard serrait encore la sienne. Sur le coup, j'ai cru que je m'en remettrai pas, mais finalement il y a... Le quotidien et tout le reste. Alors on tient bon. Ou on fini par le croire.... Et toi ? Elle fronça ses sourcils et sa mine se fit un peu plus sévère. Si recevoir un maléfice de ce genre n'est pas anodin... Le lancer n'a rien de facile non plus... »

Elle essaya vaguement de visualiser la scène, de revivre ce moment, de tirer les rideaux de sa torpeur pour chercher Heather dans la Grande Salle. Avait – elle réussit à torturer l'élève en face d'elle ? Lina espérait que non. Parce que la sorcellerie était ce qui l'animait, la passionnait, la Préfète avait effectué de nombreuses recherches sur les différentes magies, leurs aspects, leurs conséquences, aussi. La voyante savait que ce genre d'acte, obscur, pouvait laisser des marques indélébiles sur l'esprit et parfois même sur l'âme d'un sorcier. Sans s'en rendre compte elle agrippa un peu plus les doigts d'Heather : ce petit bout de réalité qui en cet instant lui permettait de rester dans le monde présent.

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MessageSujet: Re: [9 décembre 1997] Hommage au temps des roses Lun 16 Avr 2018 - 16:48

Bien que le silence fut la seule réponse immédiate qu’elle reçut, la serpentard observa le visage de son amie se transformer à sa question. La lèvre de la poufsouffle vint se loger entre ses dents et les sourcils se rapprochèrent de ses yeux en un froncement inquiet qui changea du tout au tout l’expression de son joli visage, les doigts de sa main serrant les siens un tantinet plus fortement tandis qu’elle se complaisait dans le silence qui s’était posé entre eux. Heather ne la brusqua pas, laissant le temps à sa question d’être dirigée par celle à qui elle avait été posée, sachant que le sujet n’était pas l’un de ceux qui était facilement discuté. Rare maintenant étaient les sujets concernant Poudlard que les étudiants pouvaient discuter d’un ton léger, marquant par des rigolades et des sourires sincères la joie entourant ses péripéties qui parsemaient normalement la vie du château. Rare maintenant étaient les confidences sans réel intérêt sur la vie amoureux d’un et d’un autre, et le ralement impertinent sur le trop grand nombre de devoirs que les professeurs leur avaient assignés pour un weekend. Cette année au château était tout autre, prisonniers comme ils étaient du nouveau régime politique et des répercussions que celui-ci avait sur leur vie quotidienne. Les rires étaient absents, remplacés par des expressions soucieuses et une terreur constante qui refusait de se dissoudre complètement même si une semaine pouvait donner l’impression d’un semblant de normal. L’oppression incessante et les mangemorts qui rodaient les couloirs étaient un rappel constant du changement qu’ils subissaient et la réalité qu’était devenue la vie de Poudlard. Lina sembla se recroqueviller sur elle-même, baissant les yeux sur le sol, perdue comme elle était dans ses pensées qui étaient sans aucun doute agitées et la vipère pinça légèrement les lèvres à la vue de son amie déboussolée. La verte et argent laissa son pouce se promener doucement sur le dos de la main de son amie, se perdant dans la création de petits ronds imaginaires, douce tentative de lui rappeler qu’elle était dans la cour intérieure avec elle, qu’aucun danger imminent ne les guettait.

- J'ai connu des années scolaires plus agréables. Mais je vais bien.

La vipère leva un sourcil inquisiteur, le doute brillant dans ses yeux noisette à l’affirmation de Lina. Elle avait peine à croire que “bien” était réellement le mot pouvant décrire comment la jeune femme se sentait suite aux nombreux événements qui étaient survenus au château, le rire coloré d’ironie qui avait accompagné la réponse de la blaireau en était la preuve. Le petit sourire qui s’étira sur ses lèvres ne fit qu’abaisser ses sourcils en un froncement incertain, ses yeux refusant de quitter ceux de Lina tandis que celle-ci reprenait la parole, en révélant un peu plus sur ses pensées.

- Sur le coup, j'ai cru que je m'en remettrai pas, mais finalement il y a... Le quotidien et tout le reste. Alors on tient bon. Et toi ? Si recevoir un maléfice de ce genre n'est pas anodin... Le lancer n'a rien de facile non plus...

Elle détourna son visage quelques instants, fuyant l’expression sévère de Lina, laissant ses yeux traverser la cour intérieure et les plantes qui y résidaient tandis qu’elle repensait à ce cours spécial qui leur avait été imposé. Elle se souvenait sans peine des cris et des pleurs qui avaient envahis la grande salle, contraste morbide aux rires et discussions qui avaient peuplé ces murs jadis, mais aussi du regard de Hepburn fixé sur elle tandis qu’elle avait levé sa baguette, à l’orée de jeter le sort impardonnable sur sa camarade. Elle se souvenait sans peine du regard insistant d’Amycus Carrow et de sa main robuste qu’il avait fortement déposé sur son bras après qu’elle est échouée lamentablement le sort, du choc électrique qui traversa son corps sous la terreur qu’elle avait ressenti à le savoir si proche d’elle, du dégoût qu’elle avait du masquer à voir l’endoloris du mangemort fracasser le corps de l’ex-gryffondor. Au final, la vipère s’en était bien sortie, ratant magistralement son essai au sort impardonnable et évitant d’en subir les conséquences, indemne de la folie constante des Carrows et de leur toute dernière idée sadique. Elle était sortie de la salle, son masque bien en place, se réconfortant dans l’idée qu’elle, au moins, était restée intacte dans tout ce délire, se cloitrant dans un état égoïste où son bien-être était le seul aspect important de cette histoire. Mais la réalité était tout autre. Bien qu’elle était soulagée de s’en être sortie sans la moindre égratignure, de savoir ceux à qui elle tenait blessés et traumatisés n'était pas une idée dans laquelle elle pouvait tirer confort. Elle tourna son visage de nouveau vers Lina, préférant observer son visage si merveilleusement expressif que la nature dormante qui les entourait, avouant finalement ce qui s’était passé pour elle lors de ce cours spécial.

- Je n’ai pas réussi le sort et je ne l’ai pas reçu. Je m’en suis bien sortie, mieux que la majorité, expliqua-t-elle rapidement, la fin de sa phrase ponctuée d’un haussement nonchalant des épaules. Un petit sourire narquois s’étira sur les lèvres alors qu’elle pointait le serpent brodé à sa cape de sa main libre, l’effigie même de Salazar Serpentard. Pour une fois, être une vipère à ses avantages, termina-t-elle d’un ton ironique.

Elle se doutait que la maison dans laquelle elle se trouvait l’avait probablement épargné de la cruauté des mangemorts lors de cette soirée, ces derniers se complaisant dans l’idée que la majorité des serpents rejoindraient les rangs de Celui-dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom lorsque le temps était venu. Le sourire moqueur s’éclipsa aussi rapidement qu’il était apparu, son regard reprenant le reflet inquiet qui l’avait initialement habité et doucement, elle posa sa main sur l’épaule de la poufsouffle, serrant légèrement alors qu’elle reprenait la parole, un chuchotement qui laissa transparaître la douceur de ses mots :

- Ce n’est rien comparé à ce que tu as vécu. Lina…, elle laissa son prénom couler sur sa langue, prononça les deux syllabes avec toute la délicatesse qu’elle réussissait à démontrer sans en perdre le masque qu’elle refusait de laisser disparaître plus qu’un bref instant. Tu n’as pas besoin de me dire que tu vas bien si ce n’est pas le cas. Tu n’as pas besoin de paraître forte avec moi. Tu sais que je serai toujours là pour toi, n’est-ce pas ?

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