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[Décembre 1997] Proies et prédateurs

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MEMBRE DE LA BRIGADE DE POLICE MAGIQUE  Rafleur
    MEMBRE DE LA BRIGADE DE POLICE MAGIQUE
    Rafleur
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DATE & LIEU DE NAISSANCE DATE & LIEU DE NAISSANCE: 28 Mai 1967
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MessageSujet: [Décembre 1997] Proies et prédateurs Lun 19 Fév 2018 - 18:05

****** Ministère de la Magie *******

Le mois de décembre était bien le seul mois facilement reconnaissable. Ces gamins surexcités qui galopaient en tout sens, ces devantures de boutiques qui se paraient d'étoffes de couleur et de lumières et, pire que tout cela encore, ces sourires béats des passants, les bras chargés de paquets, et leurs rires qui emplissaient les rues. Tout dans cette ambiance monstrueusement naïve emplissait Sam d'une mélancolie sans nom. Il n'avait jamais aimé les fins d'année. Et ce noël 1997 risquait d'être le plus triste que le monde sorcier ait jamais connu. Le Seigneur des Ténèbres au pouvoir, les rafleurs dans les villes et les sangs-mêlés surveillés et traqués comme des rats, rien ne pouvait enchanter les habitants. En tout cas, c'était ce que Sam lisait sur les visages qu'il croisait régulièrement. Ces rires et sourires sonnaient creux, ces regards brillants trahissaient le malheur, la peur. Lorsque Sam traversait la ville pour rejoindre son travail, ceux qui l'avaient déjà rencontré baissaient la tête ou changeaient de direction. Jamais, depuis que les temps obscurs s'étaient abattus, il ne s'était senti aussi seul.
En entrant dans les bureaux des rafleurs, il fut surpris de ne pas voir tous ces collègues à leur poste habituel. Du fond de leur immense salle de travail un brouhaha léger se faisait entendre. Là, tous les rafleurs du même grade que lui se pressaient autour de son bureau. Ils échangeaient des avis, réfléchissaient en se grattant la tête ou la barbe et aucun ne remarqua de suite l'arrivée de Sam. Ce dernier s'éclaircit la gorge pour se faire remarquer.

« Hem salut, dit-il d'une voix claire, il se passe quoi  ? »

Tous les regards se tournèrent vers lui et le silence se fit, comme si tous étaient soudainement gênés. L'un prit la parole.

« Salut Sam ça va ? Tu as reçu un dossier, mais on ne connaît pas le code de la procédure ... »

Sam s'approcha et se saisit de la liasse de papiers. Il jeta un premier coup d'oeil sur l'en-tête et son visage s'assombrit. Il rassembla l'ensemble des documents et jeta un regard sombre à ces collègues, suffisamment pour qu'ils reculent tous.

« Les gars, je vous conseille de vous occupez de vos pompes. Croyez-moi il y a des …  trucs que vous voudriez pas savoir. Il s'installa à son bureau et ajouta, ne vous mouillez pas trop. »

Il tira sa chaise et s'installa lourdement. Pendant quelques instants il fixa le dossier qu'il tenait serré entre les mains, puis il poussa un profond soupir. De douloureux souvenirs remontaient à la surface. Il se souvint la dernière fois qu'il avait vu cette écriture et ce code. Et ce sceau. C'était il y a quelques semaines à peine, mais il lui semblait que l'horreur ne datait que de quelques jours. Il s'était rendu, sur ordre d'un haut mage noir, à l'école Poudlard pour participer à une sombre mission. Recruter de nouveaux sbires pour le Seigneur des Ténèbres. Et ce dernier était venu pour l'occasion. Un mangemort proche de Vous-Savez-Qui avait envoyé Sam comme représentant des rafleurs d'une part parce qu'il était le plus gradé, mais également parce que son travail était respecté et reconnu. Sam, pour son plus grand malheur, n'était pas mauvais dans son rôle.
Il reconnaissait tout à fait cette écriture, fine, élégante. Elle appartenait à la même personne qui l'avait envoyé dans les cachots de Poudlard pour sélectionner les mangemorts de demain. Il savait parfaitement que ce genre de dossier passait en priorité. Il orienta le faisceau de sa lampe de bureau pour avoir une meilleure lisibilité et commença la lecture. Tout autour de lui ses collègues ne cessaient de lui jeter des regards intrigués et il dut s'efforcer de rester de marbre durant toute la lecture. Pourtant, la terreur s’immisçait lentement dans tout son être. Finalement, Sam redressa la tête et laissa son regard planer dans le bureau. Il entendait à peine ses collègues qui lui chuchotaient des questions. En silence Sam se leva, ajusta son vieux manteau et quitta les bureaux.

Tout au long de son chemin, il lui semblait que son cerveau s'était éteint. Comme s'il avait fui pour éviter de réfléchir de manière professionnelle à la tâche que l'on venait de lui confier. Après avoir parcouru de longs couloirs, le rafleur arriva enfin devant une porte, celle qu'on lui avait indiqué sur le premier document de son dossier. Il frappa en s'efforçant de paraître le plus assuré possible et entra.

Un homme était là. Sam s'éclaircit la gorge.

« Monsieur, je vous suis associé pour la prochaine mission. Il lui montra le dossier relié, j'ai déjà été briefé, il ne manque plus que les détails ».

A savoir le plan d'intervention. Le rafleur avait choisi de figer son visage pour affirmer son professionnalisme et prouver qu'il avait entièrement sa place face à l'un des mangemorts les plus redoutés du Ministère. Finalement chacun à leur niveau inspirait la même aura, mais ce devait être leur seul point commun. Monsieur Rowle se tenait là, et il allait devoir le seconder dans une chasse relativement compliqué et dangereuse. Un couple, possiblement membre de l'Ordre du Phénix, potentiellement proches de Harry Potter. Une source inestimable d'informations. Ce serait une chasse jusqu'à la mort et Sam, conscient de ce qu'il allait entreprendre, se refusait de réfléchir. Il n'osait s'avouer qu'en frappant à cette porte, il venait de faire un deuxième pas presque irréversible -après celui fait lors du recrutement- dans les rangs serrés des forces du Mal.

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Dernière édition par Sam Dewey le Ven 29 Juin 2018 - 15:25, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [Décembre 1997] Proies et prédateurs Jeu 22 Fév 2018 - 12:17

Il détestait cette sculpture. Le long couloir qui menait au ministère était surplombé par cette immense œuvre grotesque d’art contemporain et obligeait les arrivant à se soustraire à son ombre. Andreas la regardait de haut, et cet homme n’avait pas besoin d’avoir l’appui d’une grande taille pour convaincre de sa profonde condescendance. Le sujet était tout ce qu’il y avait de plus correcte pourtant, louant la supériorité des mages sur les moldus, mais l’ostentation n’était pas du goût de notre homme, dédié à la réserve. Déjà, c’était juste horriblement laid, passablement énorme et ça chantait la gloire de quelque chose qui n’était pas encore d’actualité. Dressons des monuments, certes, mais après avoir gagné la guerre et non pas après chaque bataille. Cette offuscation était d’autant plus grande qu’il était venu ici parce que la providence venait de rappeler, sous la forme d’un lâche délateur -les délateurs étaient toujours lâches-, qu’Harry Potter gambadait encore dans la nature comme une espèce de calmar géant dont on connaissait l’existence que parce qu’ils échouaient sur les plages une fois morts. Alors, voir immortalisé dans la pierre le rappel constant de ce perpétuel échec avait de quoi plonger Andreas dans un état de contrariété à étouffer tout un coffre de petits chatons. Peu importait au fond si le guignole à lunettes possédait un pouvoir incommensurable : il était dangereux par son statut-même d’élu -élu par qui d’ailleurs ? La vieille tantouze qui était tombée de la tour d’Astronomie l’été dernier ?– et était comme un tas de déjections attirant les mouches par son odeur profuse. Cafard difficile à écraser parce qu’il courrait trop vite.

Il contourna à vive allure l’odieuse élévation et se dirigea directement vers les ascenseurs pour rejoindre le département des aurors. L’alerte avait été données durant la nuit par un voisin semblait-il, relayée sur le champ par le ministère jusqu’aux mangemorts et Andreas avait, par exaspération, décidé de prendre cette délicate responsabilité pour faire démonstration. La plupart de ses « collègues » étaient comme les briques d’un mur : solides lorsqu’il fallait faire front ensemble, mais il n’y avait jamais personne pour sortir un peu des rangs et prendre des initiatives. A part Bellatrix, mais elle n’avait rien d’une brique. Rien d’humain non plus d’ailleurs. La missive disait qu’un couple de sang-mêlé était hautement suspecté d’abriter Potter sous son toit et que le ministère avait déjà briefé le personnel nécessaire pour cette mission, se tenant prêt à intervenir dès que le feu vert était donné.

Andreas fit les gros yeux à un employé un peu trop curieux qui le reluqua dans le couloir du cinquième étage, annonçant par là le début d’une crise cardiaque et le retour de cet individu aux limbes auxquelles il appartenait. Il entra sans s’annoncer dans le bureau du moineau à la branche la plus haute dans cet arbre et s’avisa de la petite main qu’on allait lui donner pour faire la basse besogne. Andreas ne travaillait même pas au ministère, mais sa présence, comme celle de tous ceux portant la marque de la loyauté, diminuait les plus grands jusqu’à les rendre aussi insignifiant que les insignifiants eux-mêmes. Ah oui… Pourquoi le ministère ? Certains mangemorts préféraient travailler seuls, parce que la gloire en cas de réussite était beaucoup trop dure à partager, mais Andreas ne cherchait pas la gloire -chose que ses détracteurs étaient in-ca-pables de comprendre. Potter était une affaire d’état, un ennemi public qui ne pouvait pas se laisser descendre par une poignée de Jean-Eudes et Jeannes-Jacques inconnus et qui n’avaient rien à foutre là. Personne à part le ministère ne devait avoir officiellement d’autorité dans ce pays et il était hors de question à ce que l’élu de pacotilles soit débusqué sans que l’Etat n’en soit au courant, même en tant que témoin.

- Dewey, Sam. Très bon élément, monsieur, il a déjà participé à… puis aussi il a…

Oui, parle-moi de ce type que j’aurais oublié dès demain matin pour me dire à quel point justement il est oubliable. Andreas ne broncha pas, désespérément pas impressionné, ni à l’écoute de ce morceau de graisse qui essayait de promouvoir l’efficacité de ses petits bourrelets. Le mangemort finit par intimer le silence par un geste de la main, lorsque le bavardage innocent atteignit un ratio de compliments par phrase un peu trop généreux à son goût. Le petit homme s’étouffa derechef, juste à temps pour laisser entrer celui qui allait avoir l’honneur d’être un… bon pas le temps de trouver une fonction exacte pour cette cinquième roue du carrosse. Andreas se retourna, droit comme Dumbledore était maintenant définitivement couché, le menton relevé et sa crinière d’argent au désordre étudié cascadant en boucles onctueuses vers l’arrière. Ses yeux d’acier se plantèrent sur le « très compétent » rafleur et il l’écouta, à son tour, faire sa petite pub pour ne pas finir au fond d’un trou trop rapidement.

« Monsieur, je vous suis associé pour la prochaine mission. J'ai déjà été briefé, il ne manque plus que les détails »


Dit-il en lui montrant sa jolie pochette de briefing. Magnifique pochette. Le regard du mangemort fit un rapide et peu intéressé aller-retour entre le bloc de papier relié et le visage campagnard, presque stéréotypé, du rafleur. L’homme-bête. Non pas l’homme bête, mais bien l’homme-bête. Qui pouvait éventuellement devenir l’homme bête. C’était des individus larges, grands et forts, l’échelon inférieur du loup-garou car obéissants, mais c’était à peu près les limites de leurs qualités en général. Andreas fit un demi-cercle autour du rafleur d’un pas lent en appréciant sa carrure. Pile ce qu’il lui fallait : désireux d’être compétent et outrageusement bien bâti. Le mangemort eut un sourire des yeux, qui pouvait s’apparenter davantage à un éclat, et hocha de la tête une fois décisive en direction du patron pour signifier qu’il se satisfaisait de la marchandise.

- Nous allons transplaner monsieur Dewey, puis vous allez bêtement faire votre travail. Sachez seulement que si la mission ne se passe pas comme prévu, vous en serez tenu responsable.

Affaires d’Etat, responsabilités ministérielles. Dewey n’était peut-être qu’un accessoire, mais il avait la lourde charge ici de représenter l’autorité. Il n’y avait presque aucune chance à ce que Potter soit là-bas en réalité, mais les fausses alertes commençaient à devenir trop nombreuses, provenant de la part d’une population effrayée qui criait à l’élu dès qu’une cicatrice était aperçue. C’était une perte de temps, mais qui devait servir de leçon et cet élément briefé de toute part avait intérêt à se montrer si ce n’est compétent, au moins ne pas représenter une gêne.

- Et vous aussi. Précisa-t-il en ayant un regard si peu intéressé envers le gros patron, qu’il en parût encore plus menaçant. Allons-y monsieur Dewey, vous n'avez qu'à me guider. J’espère que le transplanage est un détail que vous maîtrisez ?

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MessageSujet: Re: [Décembre 1997] Proies et prédateurs Ven 29 Juin 2018 - 15:19

Sam avait figé ses émotions et bétonné son sourire. Rowle n'était pas un mangemort inconnu, loin de là. Son nom circulait de temps à autre et toujours avec la même réputation : celle d'un homme qu'il ne fallait pas prendre à la légère. Le rafleur à l'oeil aiguisé l'avait très rapidement identifié en entrant dans le bureau. Ce regard d'acier ne laissait rien transparaître, hormis la dureté de son caractère et la froideur de son cœur.

- Nous allons transplaner monsieur Dewey, puis vous allez bêtement faire votre travail. Sachez seulement que si la mission ne se passe pas comme prévu, vous en serez tenu responsable. 

Une telle réponse était prévisible. Les mangemorts connaissaient leur statut bien particulier au sein du Ministère. Ils avaient une influence telle que l'administration entière était à leurs pieds, personne n'osant lever le petit doigt pour les contredire. Certains affirmaient même qu'un simple regard mal posé pouvait coûter d'interminables minutes sous « Doloris ». Sam ne souhaitait en aucun cas finir à genoux, hurlant de douleur, implorant du secours. Les mangemorts étaient au-dessus, voilà une règle qu'il fallait se greffer dans le crâne pour garder son corps et son esprit intacts. Au moment où il avait frappé à cette porte, Sam avait appuyé encore plus son rôle de rafleur, tout en s'habillant d'un comportement neutre. Il ne se retrouvait pas là par hasard. Il était Sam Dewey, l'un si ce n'est le meilleur rafleur du Département.
Alors oui, il allait faire bêtement son travail de rafleur. De toute façon, c'était un travail bête, stupide. Il savait pertinemment que les paroles de Rowle n'était pas à négliger, il était certainement homme à assurer ses actes, mais visiblement, pas trop non plus. Sam commença lentement à prendre la mesure de cette mission. Si cette famille venait à fuir ou à se défendre, il connaissait par cœur les procédures de défense et de capture, il saurait agir en conséquence pour éviter des vices et se retrouver dans le bureau de son patron à devoir s'expliquer. Il n'en était pas à sa première sortie sur le terrain, loin de là. Mais jamais encore il n'avait été affublé d'un mangemort. Ce paramètre particulier risquait de compromettre énormément ses techniques de chasse, de capture voire d'interrogatoire. Il arrêta ses pensées, avant de commencer à imaginer ce que Rowle avait prévu de faire à ces pauvres bougres.

Ce n'est que lorsque Rowle s'adressa à un coin du bureau que Sam remarqua qu'un autre individu se tenait dans cette pièce. Il semblait tellement insignifiant qu'il laissa échapper un air étonné, avant de se reprendre rapidement. Malgré le fait que son visage lui était inconnu, ce ne pouvait être n'importe qui pour se trouver dans le bureau de Rowle. Sam se redressa et fit un signe de tête rapide mais respectueux. L'homme, qui semblait soudain incroyablement soulagé, s'enfuit presque derrière Sam et referma la porte. Les deux hommes en mission étaient à présent seuls.

Il ne réagit pas à la remarque du mangemort concernant le transplanage, jugeant bon d'économiser ses paroles pour éviter tout problème. Après un bref acquiescement, Sam fit tourner machinalement ses épaules pour se détendre et s'avança vers Rowle. Il fixa ses pensées vers le lieu indiqué par les ordres de mission -lieu qu'il connaissait déjà très bien- et, au dernier moment, attrapa le poignet du mangemort. Un craquement brutal se fit entendre et ils disparurent du bureau.

******  Godric's Hollows ******

Il atterrirent dans une petite ruelle, derrière un bar qui semblait rempli d'habitués riant et buvant. Une forte odeur de gras et de moisi emplit l'atmosphère et Sam ne put retenir un grognement dégoûté. Godric's Hollows en fin de journée ressemblaient plus à un trou rempli de pochetrons et de mendiants qu'à un respectable village. Il observa les alentours rapidement, personne ne semblait avoir remarqué leur arrivée. Parfait. La pénombre qui commençait à arriver allait jouer en leur faveur. Il sortit de sa poche un papier tout froissé, le déplia non sans nervosité et le lut rapidement.

« Ils logent à deux rues d'ici, sur la gauche. »

Sam remit son papier dans sa poche, l'abîmant encore plus. Il inspira profondément et se risqua à poser les yeux sur le mangemort. Il attendait les instructions. Son département l'avait envoyé en renfort auprès de Rowle, mais aussi accessoirement pour s'assurer qu'il n'y ait pas trop de casse en vie humaine. Cependant -et Sam espérait que ses supérieurs s'en doutaient également-, ni lui, ni aucune personne suffisamment haut placée ne pouvait empêcher Rowle d'agir à sa guise. Sans doute avait-il ses propres ordres. Dans tous les cas, Sam devait agir au mieux à la fois pour le Ministère et son Département mais également pour sa propre vie et santé mentale. Voilà qui rendait cette fichue mission encore plus compliquée. Sam avait toujours réussi à ne pas fourrer son nez trop loin dans les affaires des forces du mal, essayant de bien faire son job tout en restant éloigné de quelque sombre affaire le plus possible. Mais il s'était fait remarquer, fatalement. Allait-il réellement se retrouver à suivre plus souvent des mangemorts ? Sam n'osait pas s'imaginer dans un rôle, quoique cela pourrait s'avérer fort utile pour retrouver cet Holbrey si détestable. Ce visage angélique le hantait toujours. De toutes ses forces il tenta de rester le plus évasif possible, dans ses propos et ses gestes car, tout au fond de son être, il bouillonnait. Pourvu que ces malheureux que le destin avait presque condamné aient pris la fuite.

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MessageSujet: Re: [Décembre 1997] Proies et prédateurs Lun 2 Juil 2018 - 12:38

Une impression de déclin imprégnait tout, le soleil lui-même n’entrait qu’à contrecœur par les hautes fenêtres rectangulaires. La lenteur et la rigidité du Ministère suffisait à dire son obsolescence, outre le fait qu’il avait montré sa complète incompétence à prévenir un coup d’Etat. C’était une agence rétrograde et de seconde zone, gardienne d’un secret en sommeil dont plus personne ne semblait vraiment se soucier, tout le monde étant davantage préoccupé par les purges. Pour Andreas, ce n’était qu’une abstraction, de simples mots dans un rapport survolé sans grand intérêt ; après tout il n’était pas concerné. Un sentiment semblable lui était inspiré par l’évolution des mangemorts. Il avait de plus en plus l’impression que le Seigneur s’était débarrassé du Ministère comme d’une gêne et non comme d’un but, se consacrant maintenant à des fins plus personnelles. Les informations qu’il leur donnait étaient exaspérantes d’incomplétude, n’apprenaient pas grand-chose, et la traque organisée autour de Potter ressemblait davantage à un règlement de compte qu’à un principe à respecter. Tout ce que le Rowle constatait, c’était que le Lord prenait sa tâche, quelle qu’elle fut, au sérieux, et en même temps qu’il ne se souciait absolument pas du fonctionnement du pouvoir politique en place. Trouver Potter avant les autres était une consécration qui faisait secrètement saliver la majorité des mangemorts, sauf Andreas. Pour sa part, servir ce qu’il commençait à définir comme étant un caprice n’entrait pas dans ses priorités. Et même cette mission, il l’avait reçu par pur hasard, parce qu’il avait été le premier à tomber sur le commis du Ministère.

Sam Dewey. Après réflexion, ce nom lui disait quelque chose, mais Andreas avait beau regarder son visage, aucun contexte ne revenait, sauf celui de son nom. Il lui fallut conclure n’avoir jamais vu le rafleur, seulement entendu parler, ce qui représentait un retard, un décalage désagréable. Il savait que sa carrière avait été une pente douce : affecté à la surveillance peu après sa sortie des ASPICS, agent de terrain exemplaire selon ses supérieurs de l’époque, propulsé hors du bureau sans regret, affecté souvent à des affaires invisibles pour le grand public, les histoires secrètes de rien du tout. La transition avec l’autorité nouvelle s’était faite curieusement sans heurts, alors que nombreux avaient manifesté la contingence de rester jusqu’au bout. Andreas se demanda si quelqu’un lui en avait voulu d’avoir été aussi lisse et impersonnel. Mais Dewey venait de la classe moyenne, il était comme tout le monde, sans l’appui d’une dynastie invisible qui aurait pu rendre sa réussite enviable. Ce que le mangemort avait apprécié le plus dans son compte rendu, c’était cette montée progressive et constante, sans hésitations, comme si le but à atteindre était plus important que le moyen. Il avait conclu que la vie de Dewey dépendait de détails, d’un travail de détective. Rien ne lui était tombé du ciel, la chance ne lui avait pas souri. Autre chose : le nombre de mots. D’après les retranscriptions à fournir auprès du ministère, contrairement à ses volubiles collègues, Dewey se contentait de très peu de mots. Le minimum, en fait. En comparaison, ses collègues étaient des geysers continus qu’aucune fin de page n’aurait pu arrêter. Ce genre de maîtrise poussait Andreas à apprécier les silences entre les mots.

Ce n’est qu’au moment du transplanage qu’il se rappela le contexte : Dewey avait participé au recrutement de Poudlard. La lueur floue qui avait étiré ses traits lorsqu’ils plongèrent avait curieusement ravivé sa mémoire. Seule question : pourquoi ?

L’odeur de graisse rance le surprit à l’arrivée et il fronça son nez, soulevant sa lèvre d’un dégoût qu’il dissimula peu, le soulignant même par un coup d’œil rapide aux environs. On aurait dit qu’ils venaient de soulever le couvercle d’une vieille friteuse où les odeurs étaient restées en suspens. Son accompagnateur muet, l’homme-bête, manifesta son moyen de communication préféré en grognant.

- Ils logent à deux rues d'ici, sur la gauche.

Le rafleur s’aventura à un regard direct qu’Andreas soutint sans grand mal, parce qu’il s’agissait d’une fixation soumise, non pas défiante. Il en profita, le surplomba, prit son temps, étendit son emprise par le silence. Pour cette première fois, il n’avait pas l’intention de faire du surplace, mais plutôt de cartographier le terrain qu’il souhaitait couvrir, aussi passa-t-il à autre chose d’un ton interrogatoire sans vraiment sembler poser une question :

- Pourquoi avoir participé au recrutement à Poudlard ? Pourquoi vous ?

Car après tout, l’un n’allait pas sans l’autre. Si Dewey était ici maintenant, c’était possiblement parce qu’il avait été là-bas avant. Andreas voulait savoir si c’était du mérite, ou une qualité particulière et inutile, comme l’étaient les caractéristiques d’une vache pour correspondre aux goûts d’un terreau reproducteur. Avait-il en fait simplement le pelage assez soyeux pour se faire caresser les oreilles par des mangemorts ? Un joli meuble, monogrammé au nom du ministère. La manière légèrement oblique dont Dewey regardait lui donnait de toute façon moins l’air d’une identité fonctionnelle que d’une performance artistique ou d’une sculpture abstraite à l’échelle grandiose mais abrutissante.

Andreas questionna le rafleur d’un regard patient, puis rejoignit le trottoir de la ruelle voisine à pas plus prudent que lent, leur mission étant une question de temps. D’ailleurs, il n’avait pas spécialement insisté sur sa question non plus, ne l’avait pas confronté d’un regard hautain et intransigeant : Dewey allait maintenant déduire tout seul la qualité de sa présence en fonction de ce qu’il savait et agirait en conséquence, ce qui représenterait une réponse en soi. Le reste du chemin se fit en silence, empruntant les passages terreux entre deux jardins, les cours arrière et les sentiers fermés de résidences privées. Andreas prenait soin à ce que leur duo ne soit pas vu, ou peu, par des voisins trop curieux. L’idée à ce qu’un Potter potentiellement présent puisse prendre la fuite en entendant l’arrivée du Ministère l’avait également effleuré, quoi qu’il n’y accorda qu’un mince crédit. Son silence n’était qu’amour de la furtivité. Perçant par un sombre passage deux immeubles étroitement serrés, ils arrivèrent finalement dans la rue correspondante. Andreas traversa cette fois la route à pas vif, franchit les escaliers d’une maison à l’allure confirmant un échec d’imagination et toqua brièvement à la porte, avant de redescendre quelques marches par sécurité. Il regarda Dewey sans sentiments particuliers, concentré sur sa tâche, et écouta la vie se faire déranger derrière la porte.

C’était assez minable. Certains mangemorts étaient déçus, mais pour sa part, il avait toujours su qu’à suivre quelqu’un, on finissait inéluctablement par satisfaire les petites lubies superficielles. Dans une certaine mesure, ça lui convenait. Mais Dewey avait autre chose à prouver finalement. Quelque chose qui ne se mesurait qu’à grande échelle et il se demandait parfois si la nécessité de faire une mission double n’était pas liée à ce besoin d’obéissance. Entre ses doigts, sa baguette magique crépitait d’impatience, alors que le visage du mangemort avait l’expression d’une falaise abrupte avec un ciel dégagé en guise de paysage. Ils n’eurent pas à attendre très longtemps qu’on les accueille. Cependant, ce qui se produisit faisait partie de la seconde éventualité, celle qu’on appréciait le moins. La porte s’ouvrit, mais sous le coup d’une explosion intrinsèque, qui ne fut néanmoins pas assez forte pour la faire sortir de ses gonds. Un souffle violent, puis une onde de choc les balayèrent et Andreas se protégea le visage avec son avant-bras, une nuée de poussière faisant office d’écran aveuglant se propageant sur le perron. Il se pencha à peine sans reculer, qu’un sortilège nouveau passait entre les deux hommes, visant au petit bonheur la chance l’encadrement. Sans les atteindre. Andreas décocha la mort verte au hasard, ce qui fut suivit d’un cri étouffé en provenance de la maison. Alors que des étincelles s’étaient mises à jaillir en représailles, telles de bouquets colorés et mortels par la porte ouverte, Andreas baissa sa protection avec la folle intention de tester les priorités du rafleur. Allait-il avoir le réflexe de défendre un mangemort au sein d'une ambuscade probablement perpétrée spécifiquement à cet effet, ou pas ?

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