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[10 Décembre 1997] Homo homini lupus est.

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MANGEMORT
    MANGEMORT
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MessageSujet: [10 Décembre 1997] Homo homini lupus est. Mer 14 Fév 2018 - 18:36

10 Décembre, 14 heures.
Salle vide.


Andreas remua délicatement la lymphe aussi incolore et translucide que de l’eau. Pour s’assurer un contrôle absolu sur l’évolution de cette potion complexe, plutôt que de s’emmerder avec un chaudron et d’une spatule en fer, qui était certes très courant mais subissait excessivement mal les aléas de l’alchimie, le mangemort lui préféra le platine. Ce métal noble d’un beau blanc argenté était plus cher et plus rare que l’or à tel point que les quantités extraites jusqu’à ce jour pouvaient tenir dans un petit salon. Des dizaines de tonnes de minerai devaient être extraits avant de passer cinq mois en raffinerie pour qu’une once de platine n’en sorte. Mais ce qui l’intéressait au-delà de la rareté, c’était ses propriétés : inaltérable à l’air, chimiquement inerte, ne réagissant qu’à des éléments très spécifiques et particulièrement agressifs, résistant à la corrosion, non magnétique, ne subissant pas l’abrasion ou le ternissement, gardant son reflet métallique brillant envers et contre tout. Mais surtout, il était stable et ne risquait pas d’altérer ou de polluer d’une quelconque façon que ce soit la moindre potion. Avec le platine, contrairement aux autres éléments de l’attirail d’un potionniste, la contamination était impossible, ce qui protégeait du hasard. Et le Veritaserum méritait largement ce traitement de faveur et cette minutie dans l’exécution.

Et fallait-il encore plus de précision lorsqu’on voulait convenablement rater sa potion. Ce qui l’intéressait n’était pas tant la vérité, mais le doute raisonnable. L’absence de certitude était ce qui infectait le plus l’esprit humain, parfois de manière définitive. Le Veritaserum n’avait donc pas pour vocation à être sans faille, mais à admettre juste ce qu’il fallait de marge d’erreur pour instaurer l’incertitude. Andreas remuait donc sa création avortée avec l’amour qu’on pouvait porter à une abomination qui, par ses imperfections maîtrisées, prouvait un degré de maîtrise quasi parfaite. Une fois bue, la potion devait présenter des effets aléatoires, se manifestant de façon hasardeuse sur celui qui l’avait bu, relevant ainsi un joyeux degré de providence. Et le mystère demeurait, est-ce que le Veritaserum allait faire effet maintenant, ou plus tard ? Pourrais-je mentir quand il le faudra ? Mais surtout, les autres ne sauront nécessairement s’il s’agit d’un mensonge ou de la vérité, et rien ne sera acquis.

L’idée lui était venue lorsqu’il avait fait une ronde de nuit en compagnie de la délicieuse mademoiselle Breckenridge, dont la tendance à mêler l’hésitation et la hardiesse lui avaient inspiré une épreuve à imposer. Mais il lui avait fallu du temps pour maturer la potion, encore plus capricieuse qu’un enfant, ce qui avait relégué son expérience au mois froid de Décembre. Parce que son but n’était pas de faire un interrogatoire, Andreas avait en plus dû commettre les bonnes erreurs au bon moment dans la recette de la potion, ce qui avait quand même demandé un certain niveau de dextérité, de quoi faire glisser une unique goutte de sueur le long de sa nuque.

Pour l’occasion, il avait invité les anciens et fraîchement nommés préfets à venir le rejoindre. Lorsqu’une sommité pareille vous convoquait, il n’y avait nul besoin de se trouver des justificatifs autres que l’ordre en lui-même, cependant Andreas voulait jouer bon jeu et prétexta une réunion éducative, façon classe verte pour resserrer les liens, boire un bon verre de jus de citrouille, partager quelques "anecdotes", discuter… Et après s’être satisfait des admirables liens d’"amitié" créés, s’en aller avec le sentiment d’avoir trouvé une cohésion bénéfique à cette équipe. Pardon ? Mais qu’est-ce que j’entends ? Une espèce de bourdonnement ou un sifflement sinistre ! Qu’est-ce que c’est ? Rien, ce n’est que le joueur de pipeau.

Diviser pour mieux régner était une maxime en laquelle il n’avait pas besoin de croire, parce qu’il savait qu’elle s’appliquait efficacement. Semer la discorde jusque dans leurs cœurs et en les battants avec leurs propres armes, il n’y avait que ça qui allait durablement tous les assagir, et pour longtemps. Avec une pipette, Andreas préleva non trois, ni quatre, ni cinq, mais bien six gouttes du sérum, histoire de booster un peu les probabilités, et les vida précautionneusement dans une carafe remplie de jus de citrouille. D’un léger mouvement de la baguette magique, il rangea ses précieux accessoires dans leur pochette et expédia toutes les traces de son crime dans les tréfonds de son laboratoire. Consciencieusement, il disposa les verres autour de la carafe. Il y en avait sept. Il était peut-être né dans une bonne famille, mais connaissait parfaitement le concept qui disait que pour gagner une chose, il fallait être prêt à en abandonner une autre. Ces mômes n’allaient jamais accepter de boire dans des verres ayant été servis par la main du professeur qui avait empoisonné une classe entière le jour de son arrivée. Et il ne les blâmait pas, l’instinct avait enfin fait son travail convenablement ! Alors pour les tromper encore, il était prêt à détourner l’attention en sautant à pieds joints dans la gueule du loup. Raison pour laquelle il attendit que les élèves arrivent tous pour entamer sa démonstration, en relevant les manches, comme un magicien pour montrer qu’il n’avait pas de cartes cachées dans les plis des vêtements.

Lorsque le premier préfet entra, il lui adressa un vague hochement de tête, l’invita d’un geste de la main à s’assoir, mais demeura silencieux en gardant le regard jeté par la fenêtre, au-delà l’horizon d’un gris de platine. Quelles petites odiosités allaient bien pouvoir sortir de leurs bouches une fois la vérité révélée, on se le demandait bien ! Andreas ne s’attendait pas à de grandioses révélation de rébellion contre le Lord des Ténèbres, ça ne l’intéressait même pas tant que ça au final, car la vie n’était pas faite de ce genre de grands engagements. De toute façon, il n’y avait pas de doute quant au fait que ceux qui étaient en train de se liquéfier dans son dos silencieux n’était pas des adeptes. Ce à quoi il s’attendait en revanche, c’était de minables histoires de trahison, des coucheries désordonnées, des enfantillages maladroits et des bévues suffisamment blessantes pour, peut-être pas se corrompre jusqu’à Azkhaban, mais au moins détruire une amitié et instaurer une méfiance tenace. Ces gens, ils se fâchaient pour si peu… Et quelqu’un allait fatalement profiter du Veritaserum pour poser des questions gênantes qui, si elles ne récoltaient pas un aveu forcé, traduiraient un encore plus grand manque de confiance envers celui qui avait osé user de ce pouvoir pour compromettre ceux qui étaient dans le même bateau. Quant à Andreas, il ne manquerait pas de sortir sa baguette magique pour se nouer la gorge si jamais l’un de ses petit galopin infecte mettait le doigt sur quelque chose… ce qui était quasiment impossible. Tout ce qu’ils ne savaient pas à son sujet ne pouvait que leur causer du tort à eux, plutôt qu’à lui.  

- Bonjours jeunes préfets ! Je félicite les récentes nominations, l’école est fière de vous. Andreas se retourna enfin pour congratuler, et contempla chacun des visages à tour de rôle en dévoilant un air ce qu’il y avait de plus avenant et s’attarda sur celui de sa petite favorite de Breckenridge. Il versa ensuite le jus de citrouille de la carafe dans les verres et les distribua par la magie. Prenant son propre verre, il scanda : Buvons aux bonnes choses qui arrivent encore. Et il s’exécuta, démonstratif ce qu’il fallait dans les mouvements de sa gorge. Après deux bonnes gorgées, il éloigna le verre et le posa à table. Ses lèvres luisaient de la boisson sucrée et il caressa sa moustache et sa barbe pour l’unifier, tout en vérifiant que des gouttes orangées ne s’y étaient pas perdues par inadvertance. Lorsque les élèves eurent tous posé leur propre verre, Andreas observa un silence solennel qui préparait une suite pénible. L’emphase donnait l’impression que le toast était la carotte avant le bâton, sauf que le bâton avait de fait déjà frappé et que ce qui allait suivre allait être encore plus de bâtons.

- Je vous ai fait venir car je pense qu’une bonne équipe est une équipe dont les membres se connaissent bien. Vous êtes les préfets de maisons différentes, mais représentez la même école et êtes responsables d’élèves avant tout. J’estime qu’un peu de franchise les uns envers les autres ne vous fera pas de mal, ce pourquoi j’ai versé du Veritaserum dans le jus.

Il posa un silence. Vibrant. Là encore il observa la tablée et son regard s’arrêta sur la carotte du potager.

- Pas la peine d’avaler un bézoard cette fois monsieur Sherman, le Veritaserum n’est pas un poison. Son regard revint au point mort, choisissant une cible au hasard et la bienveillance fut rapidement remplacée par une sorte de dureté, alors qu’il s’apprêtait à exposer les conditions. Nous en avons tous bus, donc nous sommes tous concernés. Mais sachez que le sérum à un effet aléatoire et que le mensonge est possible sans que vous ne puissiez choisir quand exactement. J’attends la coopération de votre part. Si quelqu’un ici est trop sage ou trop envahissant, je viendrai rétablir la balance.

Sa voix s’était faite rigide à la fin et sans concession. Regardant une dernière fois son potager prêt à éclore, pour s’assurer qu’ils avaient tous compris l’exercice, Andreas pris place sur une chaise autour de la table minauda :

- J’ouvre le bal. Il se tourna vers Schepper et se pencha légèrement vers ce-dernier en le regardant droit dans les yeux. Allé, quelque chose de binaire pour commencer… Monsieur Schepper, vous aimez votre nouveau rôle ?

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MessageSujet: Re: [10 Décembre 1997] Homo homini lupus est. Jeu 15 Fév 2018 - 18:08



L'adolescent relu une dernière fois la note avant de la froisser et de la laisser tomber dans son assiette, encore toute pleine. Il n'avait rien avalé et ne comptait pas répondre aux lamentations de son estomac.

__ T'as pas tord, l'apostropha Charles en pointant sa cuillère vers lui, vaut-mieux être à jeûn. Tu sais qu'il a empoisonné toute sa classe la dernière fois ?
__ Tu es nul pour remonter le moral. Je te l'ai déjà dit ? Soupira le jeune homme en se redressant, passant son sac de cours sur son épaule.
__ Tu me manqueras, tu sais ? Rétorqua Charles en prenant un ton adapté à des condoléances.

Léon poussa le verre de jus de raisin  du bout du doigt, regardant son contenu tâcher la chemise de son camarade avec satisfaction puis il tourna les talons, prenant la direction du lieu de rendez-vous.

Le très agréable professeur Rowle, connu pour grand sens de l'humour, avait décidé qu'une petite réunion entre Préfet s'imposait. C'était la définition exacte d'un piège qui  n'était même pas dissimulé, mais quel choix avait-il de toute façon ? Grimpant les marches sans empressement, l'adolescent tourna à l'angle d'un couloir, une petite boule dans le creux du ventre se formant à mesure qu'il s'approchait du numéro de la salle qu'il avait mémorisé. Il toqua à la porte avant d'entrer, saluant d'un hochement de tête le potioniste, un frisson de peur parcourant son échine en constatant qu'il était le premier à entrer dans la pièce. Il prit place sur un des petits coussins disposés à même le sol autour d'une table basse. Il grimaça en constatant la présence des verres mais ne fit aucun commentaire. Evidemment. Il se demanda momentanément quel intérêt Rowle aurait-il de tous les tuer puis décida qu'il devait s'agir de quelque chose de plus subtile. Ou bien peut-être était-ce une boisson innocente mais qu'il avait l'intention de savourer la peur dans leurs yeux ? Il s'adossa au mur, le dos droit, suivant des yeux les nouveaux arrivant qui n'avaient pas l'air plus enchantés que lui de se retrouver ici.

L'homme les salua avant de leur proposer de trinquer. Oui, portons un toast à toutes ces bonnes choses, le singea-t-il intérieurement, ses yeux se rivant sur le fond du verre avant de relever la tête pour voir les autres préfets hésiter. Rien d'étonnant donc à ce que Rowle ne porte le premier la boisson à ses lèvres et Léon eut envie d'éclater d'un rire nerveux. On aurait dit un mauvais film. Et puis de toute manière, l'enseignant avait très bien pu ingurgiter un antipoison quelques instants avant. Mais qu'importe, puisqu'ils n'avaient pas le choix. Et puis Léon n'avait toujours pas trouvé de logique à les empoisonner jusqu'à ce que mort s'ensuive - à part une éventuelle distraction ? Il porta le contenu à ses lèvres, le humant dans une tentative inutile de reconnaître un quelquonque danger, puis il prit plusieurs gorgées, le liquide glissant le long de sa gorge sans qu'aucune douleur ni mort ne vienne le foudroyer instantanément. C'était toujours ça de gagner.

__ Je vous ai fait venir car je pense qu’une bonne équipe est une équipe dont les membres se connaissent bien, susurra Rowle. Il voyait une équipe lui ? Ce vieux schnoke devenait sénile ou quoi ? Il n'appréciait pas la moitié des personnes assises à ses côtés. Vous êtes les préfets de maisons différentes, mais représentez la même école et êtes responsables d’élèves avant tout. Il n'était responsable de rien du tout, il voulait dire ! Il avait déjà du mal à s'occuper de lui même ... J’estime qu’un peu de franchise les uns envers les autres ne vous fera pas de mal, ce pourquoi j’ai versé du Veritaserum dans le jus.

Génial. Non franchement, c'était une brillante idée. Ecarquillant les yeux, il fixa le fond de son verre avec la ferme intention de recracher l'intégralité de son estomac. Il était même prêt à y mettre les doigts, mais se ravisa. Combien de temps avant que Rowle ne l'attrape et ne lui fasse ingurgiter la carafe entière, par le nez si il le fallait ? Estimant ses chances de s'échapper bien minces, l'adolescent reposa son verre sur la table basse, levant des yeux inquiets vers la seule personne pour qui il éprouvait un temps soi peu de compassion dans cette pièce. Son regard accrocha quelques secondes celui de Peters avant qu'il ne détourne les yeux.

__  Nous en avons tous bus, donc nous sommes tous concernés. Mais sachez que le sérum à un effet aléatoire et que le mensonge est possible sans que vous ne puissiez choisir quand exactement. A la bonne heure ! J’attends la coopération de votre part. Si quelqu’un ici est trop sage ou trop envahissant, je viendrai rétablir la balance.

La menace était à peine voilée et Léon eut envie de s'enfuir à toutes jambes de la pièce. Très courageux, n'est-ce-pas ? Il inspira un grand coup, notant qu'il ne sentait aucune différence depuis qu'il avait fait bu à son insu la potion. Mais n'était-ce-pas le propre de cette mixture, ou bien était-ce parce que la potion était mal préparée ? Rowle semblait avouer que le Véritasérum versé dans leur verre n'était pas parfait et laissé une place au doute. Rowle avait beau être un salopard fini, il n'était pas enseignant de cette matière pour rien. C'était donc délibéré. Quel enfoiré. Ils allaient devoir se poser des questions, indiscrètes bien sur - le bon Rowle y veillerait, pensez-vous ! - sans même savoir si les réponses étaient sincères ou non. A qui dont cette situation pouvait-elle profiter ? Personne, à part créer encore plus de conflits et de rivalités qu'autre chose, tout cela pour satisfaire l'esprit de voyeurisme d'un quinquagénaire sénile. Non mais c'était super, il n'avait rien de mieux à faire cet après-midi de toute façon.

__ J’ouvre le bal, avertit Rowle et Léon se tendit. Pourquoi il regardait vers lui là le grand-père ? Allez, quelque chose de binaire pour commencer… Monsieur Schepper, vous aimez votre nouveau rôle ?
__ Absolument pas, répondit-il du tac au tac sans même avoir le temps de réfléchir à la question. Les mots fusaient et il était incapable de les retenir ni de les modeler pour atténuer ses propos. Quand je vois la bande de faux-culs assis dans cette pièce, je n'ai absolument pas envie de découvrir que je vais finir par leur ressembler par obligation.

Par tous les fondateurs ! Il jeta un regard à ses condisciples, conscient qu'il avait déjà vexé la plupart d'entre eux. Super. Un petit rictus traversa les lèvres de l'enseignant et Léon se demanda s'il ne devrait pas directement retourner une question à l'homme responsable de tout cela, mais rejeta l'idée. Pas pour le moment. Il baissa les yeux avant de prendre une nouvelle inspiration, priant pour que ses condisciples autours comprennent qu'il fallait éviter les sujets portant sur une quelconque envie de résistance du régime des Carrow. Il s'accorda quelques minutes avant de relever la tête, les regardant tour à tour. Il songea un instant à poser une question innocente à Peters pour lui permettre d'éviter un quelconque embarras puis se ravisa. Rowle n'aimerait pas de tels contournements de ses règles. Son regard dévia vers l'autre poufsouffle. Il ne la connaissait pas bien et n'avait aucun à priori sur elle en particulier. Il fallait une question et vite, avant que Rowle ne s'impatiente. Quelque chose qui satisfairait l'homme sans pour autant créer trop de tords, mais ayant quand même l'air indiscrète pour ne pas qu'on l'accuse d'être trop doux. Des rumeurs concernant la préfète lui revinrent à l'esprit. Ca, et le fait que le nom de la jeune femme soit associé à un homme dont il souhaitait en apprendre plus. Quitte à participer à ce jeu morbide, autant y tirer un quelquonque avantage, n'est-ce pas ? Il planta ses yeux dans l'émeraude de ceux de la jeune femme.

__ Kaveline, lança le vert-et-argent, voyant l'étonnement se peindre sur ses traits délicats en se retrouvant victime de quelqu'un qu'elle ne connaissait que très peu. Que penses-tu du nouveau bibliothécaire, toi dont on dit que tu passes tant de temps seule à seule avec lui ?



Dernière édition par Léon Schepper le Jeu 5 Avr 2018 - 21:10, édité 1 fois
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NUNCABOUC7ème année
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MessageSujet: Re: [10 Décembre 1997] Homo homini lupus est. Sam 17 Fév 2018 - 18:57

Elle passa une énième fois le peigne dans son épaisse chevelure, un air absent flottant sur son visage. Elle avait bien reçu le message qui la convoquait elle et les autres préfets à 14h dans une salle de classe. Au début, elle s'était inquiété... Que leur voulait – il ? Elle craignait cet homme, tout autant qu'elle le respectait. Et d'une certaine façon, elle lui était reconnaissante de la main qu'il lui avait tendue quelques jours plutôt, après qu'elle ait eu à subir le Doloris de Lysander. Elle savait bien sûr que ce n'était pas compassion qui avait conduit à cet acte... Andreas Rowle était un homme méticuleux et cruel. La barbarie l'avait peut – être amusé quelques instant, il était évidement qu'il aimait l'odeur de la peur. Mais ce n'était pas dans ses mœurs. L'homme était pour la cruauté, mais elle devait être pratiquée comme un art exquis... Avec force et délicatesse.

À 13h45 très exactement, la sorcière laissa son peigne sur le lit, où elle s'était installée en tailleur quelques minutes plus tôt. Il était l'heure d'y aller. Elle tapota et frotta sa robe de sorcière, enlevant quelques grains de poussières qui s'étaient perdus, puis elle quitta sa salle commune. Elle aurait voulu partir avec Carlie, mais elle ne trouva pas, et se rendit seule dans la salle qui avait été choisie pour ce drôle de rendez – vous.
Lina toqua à la porte pour prévenir de son arrivée et entra sans tarder. Plusieurs d'entres eux étaient déjà arrivés, mais elle n'était pas la dernière, et tant mieux. Elle avisa son nouveau professeur des potions, inquiète mais pas trop. Le temps à venir serait sûrement délicat à vivre, mais il n'aurait rien à voir avec ce que les Carrow avaient pu préparer pour l'instant, et c'était tant mieux. En fait, elle était presque convaincue qu'aucune blessures physiques ne leur serait infligé... Ce n'était le genre du professeur Rowle. Il était trop subtil pour ça.

Aujourd'hui, l'épreuve serait toute autre, c'était certain.

Enfin, une fois que la dernière fut arrivée, le Mangemort entama son discours. D'abord il les félicita. Lina pinça les lèvres. Avec calme, il versa du jus de citrouille – pas très festif comme boisson... - et ensorcela les verres. Celui de Lina vint danser sous son nez jusqu'à ce qu'elle daigne le prendre du bout des doigts. Elle fit une grimace. La préfète était certaine qu'il y avait quelque chose dedans, mais quoi ? Elle huma l'odeur qui s'échappait du réceptacle, comme beaucoup d'autres, mais ne décela aucune odeur suspecte. Finalement, parce que de toute façon aucune autre option était envisageable, elle avala une ou deux gorgée de liquide orange.

« Je vous ai fait venir car je pense qu’une bonne équipe est une équipe dont les membres se connaissent bien. Vous êtes les préfets de maisons différentes, mais représentez la même école et êtes responsables d’élèves avant tout. J’estime qu’un peu de franchise les uns envers les autres ne vous fera pas de mal, ce pourquoi j’ai versé du Veritaserum dans le jus ».

La sorcière se retint de justesse de se taper le front avec le plat de la main...C'était tellement évident ! Une potion sans odeur, sans goût, sans couleur... C'était parfait. Grâce à ce liquide, pire qu'un poison, il pourrait cerner sans difficulté ses élèves, deviner ceux qui prêter réellement allégeance aux Carrows, ou pas. Une angoisse morbide fit son apparition tout au fond de la gorge de la sorcière, menaçant de l'étouffer.
Pendant quelques instants, Lina se coupa du monde. Le terrain était terriblement glissant.. Que faire si on l'interrogeait sur le statut de sa mère ? Ou sur la Résistance ? Pour tenter de se calmer, comme d'habitude, elle compta les battements de son cœur. De toute façon il n'y avait rien à faire dans l'immédiat. Soit le sérum fonctionnait, soit elle aurait l'occasion de mentir. Les mesures à prendre devraient être en place une fois la réunion terminée.

« Kaveline... La sorcière sursauta. Toute étonnée qu'on lui adresse si vite la parole. Elle dévisagea le Serpentard qu'elle ne connaissait presque pas. Un certain Shepper. Que penses-tu du nouveau bibliothécaire, toi dont on dit que tu passes tant de temps seule à seule avec lui ? »

La sorcière cligna des yeux à plusieurs reprises. Les contours d'un sourire se dessinèrent sur son visage. Elle était à la fois soulagée de la question qui ne mettait à mal personne, sinon elle, et – étrangement – contente que son prénom puisse être relié à celui d'Octave.

« Je pense qu'il fait bien son travail. Il a fait un inventaire de tous les livres en début d'année, la bibliothèque est impeccable et aussi bien tenue qu'avec Mme. Pince. Je pense que c'est un homme brillant, intransigeant, méfiant, bon, intuitif, trop confiant parfois, séduisant... Et qu'il a vécut des choses difficiles qui l'ont marqué et qui font de lui l'être qu'il est aujourd'hui ».

La jeune femme s'étonna de la facilité avec laquelle elle avait parlé, ans bégayait, très sûre de ses propos, de ce qu'elle pensait. Ce n'est qu'après avoir réalisé ses propos, qu'elle daigna rougir un peu. Elle fit une charmante petite grimace et regard tour à tour les différents participants. C'était désormais à son tour d'interroger quelqu'un... Mais qui ? Certainement pas son professeur. C'était trop risqué : poser une question qu'il trouverait envahissante lui coûterait un prix qu'elle n'était pas prêt à payer. Il était bien sûr hors de question de s'en prendre à ses camarades de Poufsouffle, Léon avait déjà interrogé...

Meredith ou Stella ?

Son choix se porta finalement la rouge et or. Au début elle fut tentée de lui poser une question intime, mais elle ne voulait pas que les autres puissent imaginer le moment qu'elles avaient partagé ensemble après le match de Quidditch. Le sorcière pinça les lèvres. Justement... Ce jour – là, elle avait cru apercevoir les vieilles marques d'une ancienne plaie sur le bras de la gardienne.

« Meredith... Que s'est – il exactement passé pour toi, pendant la Nuit de Souffrance ? »

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MessageSujet: Re: [10 Décembre 1997] Homo homini lupus est. Dim 18 Fév 2018 - 16:22

Jetant un œil à la grande horloge du Hall, les mains au fond de ses poches, le sac rebondissant sur sa hanche et tirant sur son épaule, la préfète réfléchissait. A force de le parcourir en lon, en large, en travers, elle avait fini par en mémoriser la carte mentalement, et était capable d’anticiper tous ses déplacements, sachant avec précision quel chemin était le plus court, quel escalier le moins capricieux, quel couloir le moins glissant. De son calcul résultat un pronostic : si elle marchait un quart de fois plus vite que d’habitude, elle arriverait avec une minute d’avance dans cette fameuse salle où l’attendait son appointement. Il lui fallait au moins cela pour ne pas subir la dangereuse humiliation de se faire remarquer par le professeur. Presque exactement un mois auparavant, cette fameuse nuit de chasse entre elle et le Rowle lui avait retourné le cœur. Elle avait ressenti jusqu’au plus profond d’elle-même à quel point certains hommes pouvaient être mauvais. Non pas que Meredith détînt la vérité absolue, mais ce genre de chose, ça se sent. Elle ne pouvait pas voir cet homme en peinture. Alors en vrai …

Arrivée devant la salle, elle inspira un grand coup, se concentra pour calmer la tempête dans sa poitrine, et sortit son miroir de poche pour vérifier son maquillage. Elle avait relativement bonne mine aujourd’hui, ses yeux étaient brillants, ses cheveux appréciaient bien la crème qu’elle avait commencé à utiliser il y avait quelques semaines. Qui y aurait-il déjà à cette réunion ? Les préfets. Il y aurait donc Nolan. Schepper. Carlie. Et puis … bien sûr. La Kaveline. A cette pensée, son cœur bondit – ou se serra, elle ne savait pas encore. Leur relation avait connu un tournant décisif, le mois précédent. Elle n’arrêtait pas d’y penser, et se sentait si vulnérable que ça la mettait parfois en colère, toute seule, sans raison. Et elles allaient à nouveau être confrontées aujourd’hui. Cela l’angoissait bien plus, au final, que de tomber dans l’antre du dragon qu’était Rowle. Elle ne craignait qu’une chose : la princesse. Levant une main peu assurée, elle poussa la porte et pénétra dans la salle vide.

« Buvons aux bonnes choses qui arrivent encore. »

Et de boire goulûment son verre. Les préfets étaient consternés. Leur accueil avait été inondé de la plus infâme hypocrisie, et Meredith ne pouvait que se dire qu’elle détestait réellement l’homme qui lui faisait face, et qui venait d’appuyer son discours d’un regard appuyé, très significatif pour elle. Car avec lui, impossible de garder le contrôle. Il imposait son autorité et son pouvoir partout, sur tous, tellement certain de son infinie supériorité que rien ne semblait pouvoir le faire tomber sans être entraîné avec lui et le reste du monde. Ses yeux plissés l’observèrent donc siffler son breuvage, et, pas plus convaincue qu’elle en ressortirait intacte, elle prit à son une petite gorgée du sien. Tout le monde l’imita, et bientôt, le piège se referma.

« J’estime qu’un peu de franchise les uns envers les autres ne vous fera pas de mal, ce pourquoi j’ai versé du Veritaserum dans le jus. »

Ce n’était réellement pas surprenant. En venant, chacun d’entre avait de toute façon passé un pacte avec le diable, et accepté de se soumettre à la présence et aux petits jeux pervers du Mangemort. Personne parmi eux, du moins elle l’espérait, ne doutait de la qualité du vieil homme. C’était comme d’appeler l’aigle à venir se poser sur son bras sans se protéger d’un gant. Le plus intéressant, cependant, furent les précisions qui suivirent la révélation. Effet aléatoire ? Mensonge possible ? Rétablir la  balance ? Voilà qui changeait tout. En fait, ils étaient soumis non pas à deux entités surpuissantes – la potion de vérité et le professeur – mais seulement à deux moitié d’une. Cela rendrait l’activité presque ludique, si elle n’était pas si foncièrement morbide. Quant à Rowle, il avait beau avoir bu de la potion, ce n’était que par pure forme, évidemment. Un homme aussi précautionneux ne laisserait personne s’approcher de ses petits secrets par pur amusement. Et puis, qui oserait lui demander des choses privées ? Les représailles tomberaient fatalement. Le vieil homme lança sa première question à Léon. Meredith, bien que déterminée à ne pas tout de suite se complaire dans le jeu pervers du professeur, ne put retenir un petit sourire. Si Rowle ne lui avait pas demandé, elle l’aurait fait, juste pour titiller sa fierté et lui rappeler aimablement ce qu’il lui avait jeté à la figure la dernière fois.

« Quand je vois la bande de faux-culs assis dans cette pièce, je n'ai absolument pas envie de découvrir que je vais finir par leur ressembler par obligation. »

Bien joué, Schepper, bonne réponse. Elle n’en attendait pas moins d’une tête de Scrout comme lui. Connaissant un peu ses positions, et au vu de la rapidité avec laquelle il avait répondu, elle ne doutait pas que le Veritaserum avait fait son travail. Aurait-il répondu différemment si la potion avait été défaillante ? elle ne le croyait pas. Léon réfléchit un court instant, puis son regard s’arrêta sur Lina, ce qui ne manqua pas de faire frissonner Meredith, saisie brusquement d’un nœud dans la gorge. Si ce misérable lézard osait compromettre la blairelle …

« Que penses-tu du nouveau bibliothécaire, toi dont on dit que tu passes tant de temps seule à seule avec lui ? »

La lionne sentit le nœud fondre aussi vite qu’il était arrivé. Elle profita de ce moment légitime pour détailler la jeune femme, et son émoi reprit. Elle lui intima expressément de se taire, refusant de laisser transparaître quelque compassion, émotion ou faiblesse, surtout devant Rowle, et attendit sa réponse. Celle-ci fut concise, traversée d’une certaine affection que l’on sentait jusque dans sa voix et son expression. Douce Lina, si pleine d’empathie. Elle ne savait si ses paroles étaient sincères, mais le léger et charmant rougissement qui teinta ses joues ne pouvait pas mentir, lui.  Lina se reprit, et soudain, son regard fut sur elle. C’était la première fois depuis qu’ils étaient entrés dans la salle qu’elles échangeaient un regard franc. Bien sûr, le nœud revint, plus pressant. Elle espérait réellement qu’elle n’allait pas …

« Meredith... Que s'est – il exactement passé pour toi, pendant la Nuit de Souffrance ? »

Sans rien trahir de son soulagement, la jeune fille attendit les effets de la potion. Etrangement, elle ne sentait rien du tout, à peine un petit flot d’idées qui voulait faiblement franchir ses lèvres, des idées inspirées de vérité et de faits vécus, mais rien de difficile à repousser. Réalisant que rien ne la forçait à se confier, elle décida de dire une demi-vérité qui la servirait au mieux.

« Tout comme vous, je ne savais pas ce qui allait se passer. Alors qu’elle visait au hasard, sans distinction, j’ai été taillée au bras par la professeure Carrow … »

Elle releva sa manche pour montrer à tous sa fine cicatrice au niveau de l’avant-bras, courant le long du radius. Voilà l’essentiel de son mensonge, car cette coupure, c’était elle-même qui se l’était infligée pour paraître moins suspecte aux yeux de ses camarades. Voici venu le jour où son sacrifice payait.

« … puis je me suis servie de mon sang pour donner l’illusion que mon ami et moi avions été blessés à la tête. Et ainsi, couchés au sol, ne pas subir de blessures supplémentaires. Nous sommes restés ainsi jusqu’à la fin. Mon ami m’a emmenée à l’infirmerie en me portant car j’avais perdu beaucoup de sang, la coupure ayant touché l’artère, et je ne pouvais plus marcher. »

Lina avait demandé qu’elle réponde « exactement », eh bien, elle était servie. En vérité, la coupure avait bien touché l’artère, mais Meredith avait eu la présence d’esprit d’appuyer sur la plaie pour limiter le flot de sang. Elle n’avait donc pas été totalement portée, seulement supportée par Gabriel, dont elle avait d’ailleurs soigneusement tu le nom. Il n’avait pas à être impliqué dans cette histoire. Considérant que sa réponse suffirait, elle fit le tour des gens présents, pour décider du prochain interrogé. Elle ne voulait pas compromettre Nolan, ni Carlie, du moins elle ne voulait pas être la première à leur poser une question. Restaient, parmi les autres, Andréas, pour qui la question ne se posait pas, et Stella. Pourquoi pas ? Elle connaissait un tout petit peu la Serdaigle, pas assez pour la considérer comme une amie – et vice-versa. Mais hors de question de se soumettre tout de suite à la volonté tordue de Rowle. Sa question serait du reste aussi provocatrice que sincère. Elle esquissa un petit sourire, et après un instant de réflexion, se lança, les yeux plantés dans ceux de sa camarade.

« Stella, comment vas-tu ? »

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SERDAIGLE7ème annéePréfèteADMIN INTERSTELLAIRE
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MessageSujet: Re: [10 Décembre 1997] Homo homini lupus est. Lun 19 Fév 2018 - 23:01

Lorsqu’elle passa la porte, Stella chercha Carlie du regard, en quête d’un visage loyal qui la rassurerait, mais la préfète-en-chef n’y était pas. Il n’y avait pour l’instant que Léon, Lina et Meredith, qui ne donnaient pas l’impression de connaître la raison de ce rendez-vous. Même si elle n’était pas tenue par les Carrow eux-mêmes, cette réunion n’annonçait rien de bon. Depuis le premier cours que le nouveau professeur de potions leur avait donné, Stella était extrêmement tendue en sa présence, ne serait-ce que lorsqu’elle avait l’impression que son regard s’attardait trop longtemps sur elle durant l’heure du repas à la grande salle. Si sa frigidité et son air sévère ne lui inspiraient aucune confiance, elle ne pouvait s’empêcher malgré tout d’être piquée d’une curiosité monstre à son égard, se questionnant sur son apparition soudaine au sein de l’école et la disparition inattendue du professeur Slughorn. Une curiosité qui lui avait valu une perte totale de concentration en cours de potions et qui avait eu pour résultat de la faire paraître comme parfaite imbécile. Tant pis. S’il l’avait jugée comme incompétente, cela lui attirerait peut-être des notes discutables et des commentaires mesquins, mais cela lui donnerait peut-être aussi l’avantage d’être sous-estimée et, par le fait même, de se faire oublier. Ou tout du moins, elle espérait ne pas trop retenir l’attention de cet homme qu’elle imaginait plutôt belliqueux derrière ce regard de marbre.

Prétextant vouloir célébrer la nomination des nouveaux préfets ayant rejoint leur rang récemment, le professeur leur offrit un verre de jus de citrouille qu’il leva à leur santé. « Mais quel cirque! » pensa Stella qui se demandait à quoi rimait tout ce théâtre. Nerveuse par l’incertitude liée à l’agenda de cette réunion, elle se sentait plutôt nauséeuse et n’avait aucune envie de porter le verre à ses lèvres, mais s’exécuta malgré tout sous le regard imposant du potionniste qui lui-même en profitait pour se désaltérer.  Elle prit une toute petite gorgée et toussota en reposant immédiatement le verre sur la table.

« J’estime qu’un peu de franchise les uns envers les autres ne vous fera pas de mal, ce pourquoi j’ai versé du Veritaserum dans le jus. »

Le sang de Stella se glaça dans ses veines. Elle posa sa main sur sa gorge en vain, sachant pertinemment qu’aussi petite eut-elle été, la gorgée qu’elle venait d’avaler l’avait enchaînée à une vulnérabilité inévitable. Elle eut immédiatement une pensée pour son père, inquiète qu’on ne lui pose des questions à son propos. Au moins elle ne pourrait pas divulguer où il se trouvait actuellement, car elle n’en avait aucune idée. Elle s’efforça de chasser son visage de son esprit, comme si le veritaserum permettait aux autres de lire dans son esprit.

Ainsi le professeur Rowle cherchait à les opposer, à tenter de semer le chaos entre eux ou du moins à s’amuser d’un petit carnage qui selon lui résulterait des mensonges ou vérités qu’ils prononceraient les uns après les autres. Stella s’interrogea sur ses motifs. Souhait-il les tester quant à leur allégeance aux Carrow ou simplement vérifier à qui chacun était loyal?

Elle fut soulagée que le début de son interrogatoire ne commence pas avec elle. Elle écouta les autres préfets se prêter au jeu. Jusque là, personne ne s’était trop mouillé à poser des questions  embêtantes. Comme le veritaserum n’était apparemment pas totalement efficace, Stella ne pouvait s’empêcher de se demander qui disait faux et qui disait vrai jusqu’à présent. Elle n’était pas la plus douée pour décoder le nom verbal des autres, mais elle se doutait que Lina n’était pas assez sotte pour avouer ouvertement trouver Mr. Holbrey séduisant sans l’effet du jus de citrouille trafiqué.

Elle ne fut que peu surprise lorsque les prunelles de Meredith Breckenridge se plantèrent sur elle avec une volonté inquisitrice. Alors que la gryffondor la laissait autrefois indifférente, la tension avait quelque peu grimpée entre elles depuis la rentrée. Stella avait eu beaucoup de mal à lui faire confiance et s’était montrée consternée que leurs amies en commun lui accordent la leur. Certes Meredith avait fait quelques efforts pour se rattraper depuis, mais la méfiance de Stella à son égard ne s’était pas entièrement dissipée. «Stella, comment vas-tu? » L’interrogation de la jeune femme la laissa confuse. Cherchait-elle à montrer sa loyauté en se montrant clémente avec une question si vague, ou tout simplement à la duper ? Ou se rebellait-elle tout bonnement des instructions de Rowle?

Elle avait envie de lever les yeux au ciel, mais se ravisa.

« Je vais bien, merci. » répondit Stella d’un ton plutôt froid. Elle fit un effort pour masquer sa surprise. Le vertiaserum ne se montrait pas efficace pour l’instant! Toutefois, si elle était dépourvue de talent pour traduire les mimiques des autres, elle savait pertinemment que son visage expressif trahissait surement son mensonge. Ne désirant pas que Rowle constate son absence de franchise, elle se rattrapa aussitôt. « Je suis juste fatiguée et ma famille me manque. » ajouta-t-elle histoire d’expliquer les cernes violacées qui se creusaient un peu plus chaque semaine sous ses yeux en amandes.

Le professeur la fixait, attendant qu’elle interroge à son tour un de ses camarades. Elle ne se voyait pas mettre sa meilleure amie Carlie dans une mauvaise position. Son regard se porta vers Nolan, puis revint sur son amie. À moins qu’elle ne tente de la protéger? Elle allait certes devoir être créative pour ne pas éveiller les soupçons de Rowle sur son stratagème.

« Carlie, est-ce vrai que toi et Ethan Farell avez payé une visite aux Nuncaboucs en plein nuit dans leur dortoir en novembre? »

Stella connaissait déjà la réponse à sa question, puisque Carlie avait passé une partie de la soirée du lendemain à pleurer dans sa robe de sorcière, horrifiée par les évènements. Stella lui avait flatté les cheveux et avait laissé son amie lui donné le rôle de l’éponge, absorbant ses larmes un peu de sa peine au passage. Comme son Carlie ne serait pas obligée de mentir, elle espérait avoir aidé son amie à tomber dans les bonnes grâces du professeur de potions.

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MessageSujet: Re: [10 Décembre 1997] Homo homini lupus est. Jeu 5 Avr 2018 - 21:40

Il y avait un moment déjà que Nolan, accroupit, luttait à mains nues contre les racines tenaces d’un arbrisseau cogneur. Le petit feuillu avait profité d’un puit de lumière — bien à l’orée de la troisième serre — et de la récente négligence du vice-président pour accroitre la portée de ses ronces et assouplir ses ramures, ce qui venait de coûter quelque lésions toutes fraîches à notre Poufsouffle fort appliqué, mais chaque nouveau coup de fouet du végétal éloignait d’autres ecchymoses plus douloureuses — et tout aussi récentes — de sa mémoire, alors il accusait sans broncher, presque satisfait de sa situation.

Cela dit, une sorte de cliquetis incessant le força bientôt à relever la tête ainsi qu’à abandonner sa truelle. Quelque chose comme un insecte géant — ou alors un bien petit oiseau — continuait de se heurter à répétition aux carreaux fermés et ce, par acharnement bien plus que par étourderie. 

What the…

Déterminé à trouver une faille dans la cloison de verre, le voyageur ailé s’attira prestement la pitié de Nolan qui lui fit grâce d’une ouverture, non pas sans d’abord s’être essuyé le front du revers de la paume. C’est en constatant que la petite étourdie nouvellement infiltrée était en fait une missive que le rouquin regretta sa bienveillance. L’invitation volante — voir plutôt l’injonction violente — requérait sa présence pour une sorte d’exercice de fraternisation entre représentants étudiants des forces de l’ordre, le tout présidé par nul autre que le Sir Rowle

Bullocks.

Nolan serra les dents puis contempla un instant la possibilité de se soustraire au supplice à peine maquillé. À ce stade, il ne pouvait hélas plus nier avoir reçu le mémo — sans quoi celui-ci serait retourné directement à son destinataire — mais il pouvait très bien feindre de l’avoir reçu passé le délai prescrit, non ? Enfin, si ce loophole avait encore le potentiel de tromper leur aspirant maison au Seigneur des Ténèbres, il était évident que son cœur de blaireau — celui sur lequel Carlie et Lina pouvaient compter — n’allait pas se laisser embobiner si aisément. Ha, mais c’est que c’est coriace la loyauté ! Ainsi, après avoir roulé des yeux jusqu’au ciel et soupirer un bon coup, Nolan envoya valser le parchemin froissé entre les branches de son protégé bagarreur, certain que celui-ci aurait tôt fait de le réduire en bouillie pour botrucs.

Comme ça, il y en a au moins un de nous deux que ça amuse.

***


L’horloge avait déjà complété un grand tour passé le déjeuner et conséquemment, le préfet ne s’était pas accordé le luxe d’un détour par les dortoirs avant l’heure prévue du rendez-vous. Tant pis, les autres avaient l’habitude de ses haillons terreux et pour l’odeur, il pouvait toujours s’assurer d’une proximité avec l’instigateur de la séance, quelque chose qui soit aux limites du malaise pour peu que l’odorat du maître soit à la hauteur de ses talents de potionniste. Cette pensée bouffonne suffit évidemment à lui accrocher un sourire, qui s’élargi encore un peu plus au moment de sa concrétisation ; le seul siège libre à son arrivé était carrément à la gauche du Sir Rowle, qui gardait la cerbère rouge et or à sa droite. Comme quoi, every cloud has a silver lining.

La tablée, tel qu'imaginé par Meredith Breckenridge.:
 

Maintenant, sur quelle planète était-il possible de prêter attention aux flatteries et autres consignes d’un homme dont le nom complet servait littéralement de définition aux termes fourberie, hypocrisie et trahison ? Inconcevable vous dites ? Voilà possiblement pourquoi Nolan n’y avait consacré qu’une oreille distraite en avalant son verre de jus d’un trait ; déjà parce que la distance parcourue lui avait creusé la soif, puis aussi pour pouvoir servir en premier sa plus belle mimique désaltérée à son homologue « récemment nominé » qui lui, reniflait sa coupe de façon hésitante. En voilà une autre de joyeuse pensée tiens, car vu son alignement de l’autre côté de la table, il aurait au moins la satisfaction de voir son déjeuner dégouliner à la gueule de Schepper s’il fallait qu’encore une fois ses boyaux se tordent jusqu’à se vider de leur contenu.


- Pas la peine d’avaler un bézoard cette fois monsieur Sherman, le Veritaserum n’est pas un poison.

Le rouquin se crispa légèrement à la mention de son nom, regrettant presque — et bien à retardement — le geste instinctif qui lui valait désormais autant d’obligeance, mais vraisemblablement pas assez pour l’intimer de taire ses traditionnelles âneries.

Bah, ça tombe lourd sur l’estomac ces pierres de toute façon, quoique sans mentir, quelques sablés accompagneraient bien votre petit sirop là.

Évidemment, le sixième année n’attendait ni réponse ni collation, mais puisqu’il n’était le gardien d’aucun secret d’importance — ni pour lui-même ni pour les autres — il entendait bien détendre l’atmosphère aussi souvent que possible, comme il l’aurait fait avant qu’on lui épingle une étoile cuivré à la poitrine.

__ Quand je vois la bande de faux-culs assis dans cette pièce, je n'ai absolument pas envie de découvrir que je vais finir par leur ressembler par obligation.

Pardi, l’exercice débutait en grande pompe ! Le blaireau écartela un peu les yeux, puis se laissa presque couler vers l’arrière, prenant appui juste à temps sur ses deux paumes ouvertes. Son sourire s’était encore élargi sous l’impact de l’insulte et après avoir adressé un baiser volant aussi sonore qu’ironique au préfet vert et argent, il s’autorisa une nouvelle répartie.

Il n’y a pas à redire, je me sens déjà plus solidaire !

Un peu plus mordante certes, mais la suite s’annonçait l’être également. En vérité, alors que les joues de Lina se teintaient et que la chouchou des Carrow se justifiait, Nolan lui, jouait simplement avec son verre vide, concentré qu’il était à le faire tourner contre le bois de la table du bout des doigts. Un certain malaise l’envahissait à l’idée d’être le témoin de confidences n’ayant jamais été destinées à ses oreilles, quoique l’évidente indiscipline de Meredith capta tout de suite son attention.

« Stella, comment vas-tu ? »

Attagirl, really ? L’expression du blaireau se figea tandis qu’il secouait sa tignasse en relevant la tête, bien à la recherche d’un regard que la lionne gardait planté dans celui de la seule Serdaigle présente. Quoi, pas la moindre petite trace de crocs ? Pas de morsure polaire ? Really ? Nolan ne savait plus bien s’il devait être grave fier de cette transgression tranquille ou prodigieusement déçu à la constatation que Meredith épargnait les autres là où elle ne se gênait jamais pour le dénigrer. Bittersweet and strange.

Tout distrait qu’il était, il n’avait saisi au vol que des miettes de la réponse de Stella —  et des bribes plus infimes encore de sa question à Carlie — lorsqu’un mouvement sur sa gauche le ramena aux limites de ce que l’assentiment rendait possible pour d’autres. Dans un sanglot étouffé, Carlie s’était levé d’un trait et avait quitté la salle sans demander son reste, ce qui inspira le rouquin à se relever dans un même élan.

Carlie, wait

La demoiselle était son amie bien avant de n’être qu’une quelconque « responsable d’élève » et l’envie de lui emboîter le pas était forte, mais le Sir Rowle ne l’entendrait évidemment pas de cette façon et un simple regard sur le petit comité lui suffit à se faire comprendre.

- Le Veritaserum agit pendant six heures parfois, espérons qu'elle ne tombera pas sur quelqu'un d'inopiné... un Carrow, par exemple.

One player down, five more to go. Faussement résigné, Nolan posa à nouveau ses miches sur l’édredon miniature qui lui servait de siège, mais pas avant d’avoir profité du départ de sa collègue jaune pour s’exiler un peu plus à la droite de Lina. Ainsi repositionné, Nolan pouvait mieux apprécier — non pas qu’il l’ait souhaité — le regard glacial du professeur, mais surtout, il pouvait s’assurer que ce dernier prenne bien la mesure de son prodigieux sourire alors qu’il s’apprêtait à accaparer l’échange.

Parce que vous comptez vraiment nous séquestrer ici encore six heures ou bien c’est simplement pour passer le temps d’ici à ce que vos dossiers débordent et qu’on se soit tous sautés à la gorge ?

À tout coup, il n’y aurait pas de « Bonus Turbo Spécial » cette fois-ci, peut-être bien plus jamais d’ailleurs.

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MANGEMORT
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MessageSujet: Re: [10 Décembre 1997] Homo homini lupus est. Ven 6 Avr 2018 - 21:24

- Absolument pas. Quand je vois la bande de faux-culs assis dans cette pièce, je n'ai absolument pas envie de découvrir que je vais finir par leur ressembler par obligation. Andreas eut un franc et victorieux sourire. Si tant est qu’on pouvait appeler cette torsion maladive des lèvres un sourire : seul le sadisme s’y reflétait. Il n’y avait que le Veritaserum pour insuffler cette délicieuse promptitude dans l’exécution, sans même laisser le temps de respirer. La vérité avait cette spécificité curieuse, se déployant avant toute autre chose et sans considération pour quiconque. Effet qu’il aimait à nommer la « dysréfléchie », dont chaque élève ici semblait souffrir, et ce sans l’aide de la magie. Andreas déclara, conquérant et comiquement déterminé, et ignorant complètement les facéties de la carotte qui apprenait à parler juste à côté de lui :

- Alors monsieur Schepper, aidez vos congénères indignes à briser le cycle et à s’élever : faites-leur cracher la vérité, ça essuiera la première couche d’hypocrisie.

Une petite fossette se creusa sur le bout de son nez, tandis qu’il accentuait sa satisfaction, absolument certain que Schepper n’aurait jamais osé avouer son malaise devant les autres avec une pareille honnêteté sans un traitre coup de pouce, se rangeant parmi les d’hypocrites qu’il dénigrait en pensées. Par Salazard, au moins il avait eu la présence d’esprit de s’enfoncer dans son siège, entamant le processus d’un embarras qui s’embourbait. La force de la potion atterra efficacement l’adolescent, qui peina à suivre le rythme, mais en bon faux-c** qu’il était lui-même, Schepper perpétra quand même fidèlement l’éternel recommencement.

Mais exceptionnellement, ce fut Andreas qui finit consterné par la question posée, absolument pas préparé à voir le bibliothécaire être mêlé à cette histoire. Une haine bouillonnante et incontrôlée lui monta à la tête, tandis qu’il écoutait la fieffée poulette s’écarteler dans tous les sens pour polir l’encore plus fieffé vaurien. Homme brillant ? Le jeu de mot était si facile qu’il s’abstint. Et puis tant pis ! Il brillait ? C’était la lumière qu’on voyait filtrer à travers la passoire qu’était son crâne. Andreas avouait que c’était une forme d’admiration qui le dépassait complètement. A croire que les jeunes filles de cette génération aimaient à s’étouffer sous des litres et de litres d’histoires mielleuses avec des légumes, qui étaient en état d’utiliser que dix pourcents de leurs capacités cérébrales, et ce jamais en même temps. D’un côté… qui était-il pour juger cette curieuse forme de fétichisme ? En revanche le mangemort ne cacha pas son dégoût devant la déferlante poisseuse au charisme d’endive de la Jaune, qui fut un traumatisme tant pour ses neurones que pour ses nerfs. Ses sirupeuses déclarations de mièvre midinette allaient finir par lui filer le diabète ! Elle rougissait, en plus. Cette fille était définitivement une cocotte et le contenu de son crâne venait de cuire. Ding ! Servez la cervelle.

Breckenridge, toujours là pour faire démonstration d’une parfaite platitude, d’un manque de personnalité dont seul un végétal pouvait faire preuve. D’ailleurs, toutes les autres plantes semblèrent manifester une confusion égale. A parler de nature, Andreas se demandait franchement s’il n’avait pas atterri dans une orangerie. Trop flatteur. C’était à un potager abandonné dont il avait affaire. Alors soit Breckenridge était véritablement aussi monocorde dans tous les aspects de sa longiligne existence, soit la potion n’avait pas fait effet, parce que son mélodrame n’aurait su émouvoir le petit cœur de quiconque, et encore moins tirer une larme. Dès qu’il eut saisi le potentiel du mensonge, Andreas n’écouta qu’à moitié l’improvisation, d’autant moins enchanté de voir la rouge continuer la boucle sur un ton tout aussi impersonnel. Stella, comment vas-tu ? Vraiment ? Elle tentait bel et bien de ne pas jouer selon les règles tacitement suggérées ? Allons, elle avait eu bien plus d’esprit la dernière fois qu’ils s’étaient croisées !

- Je vais bien, merci. Je suis juste fatiguée et ma famille me manque. Au moins il savait que s’il devait s’en prendre à Rowell, il pouvait toujours faire du chantage sur les membres de sa tendre et chère famille. Il ne pouvait pas en vouloir à la jeune femme de pondre pareilles banalités, alors que la question posée n’était à la hauteur que d’un ennui d’assemblée nationale. Mais Andreas eut le loisir de savourer le long échange de regards lourds comme du plomb entre les deux préfètes. Bientôt, cette salle allait se remplir d’une électricité statique à en soulever les cheveux ! Rattrapant éventuellement les poncifs courtois de sa camarade, Rowell fit preuve d’une timide audace, certes pas à la hauteur de l’endroit où se cachait Potter, mais tout de même, l’indiscrétion était de bonne foi.

Il fallait bien que quelqu’un craque, ca permettait de déterminer les plus faibles. Mais Andreas n’avait certainement pas prévu à ce que quelqu’un soit faible à ce point. D’un regard dur, il suivit le départ de Peterson jusqu’à ce que la porte se referme derrière elle, avortant sans mot dire les élans de bravoure inutiles.

- Le Veritaserum agit pendant six heures parfois, espérons qu'elle ne tombera pas sur quelqu'un d'inopiné... un Carrow, par exemple.

La jeune fille n’avait manifestement rien à faire parmi les préfets. Peut-être n’avait-elle rien à faire parmi les mages non plus. A sa gauche, il ne restait plus que Sherman, demeuré intacte et sans questions, mais encore plein d’asticots au c**. Derrière ce sourire qui s’était éloigné pour mieux attaquer, il y avait de la vie à achever, du courage à éteindre, de la bonté à cautériser. Andreas posa ses avant-bras sur la table tel un élève de premier ordre et se contenta de rendre à l’impertinence juste ce qu’il fallait de narquoise indulgence.

- Parce que vous comptez vraiment nous séquestrer ici encore six heures ou bien c’est simplement pour passer le temps d’ici à ce que vos dossiers débordent et qu’on se soit tous sautés à la gorge ? Il aurait tellement voulu avoir le sens de l’humour pour comprendre cette blague. Ou bien la blague était si désastreuse qu’elle aurait à peine relevé le sourcil du comique le plus aguerri ? La carotte croyait-elle que son bézoard le protégeât de tout ? Ou bien s’imaginait-il pouvoir se faire passer pour un simplet en apportant cette fameuse touche de légèreté qui manquait à tous ces visages fondant vers le bas ? La langue du mangemort s’emballa désagréablement, lui imposant l’indigne sensation de ne plus pouvoir se contrôler.

- Six heures monsieur Sherman ? Ce serait consacrer trop de temps pour vous voir mourir. Si j’avais voulu prendre mon temps, je vous aurais fait applaudit jusqu’à ne plus entendre que le bruit de moignons qui s’entrechoquent. En revanche, s’il y a bien quelque chose qui ne prendra jamais fin, c’est votre calvaire, ca je sui prêt à y consacrer toute ma patience. Il se redressa, peu satisfait de la forme qui ne révélait que trop bien sa tendance à la violence impulsive, mais le fond n’aurait pas varié s’il avait eu a arrondir les angles pour respecter la bienséance. Sherman s’imaginait pouvoir être épargné ? Le mangemort s’empressa de rétablir la balance, sans quitter le rouquemoute de son regard d’acier trempé. Sherman, votre humour, c’est par inconscience ou parce que vous essayez de cacher que vous avez la trouille ? Brusquement, il se retourna vers la rouge. Mademoiselle Breckenridge… quel est le nom de cette amie que vous avez protégée ? Que je finisse le travail commencé par mes collègues, et si aimablement interrompu par vos soins ? Toujours, la grâce, la bienveillance absolument écœurante et un brin de politesse. Il la punissait. Tout comme il compensait auprès du rouquemoute le départ de la sanglotante fuyarde. Et de ce traquenard, il n’y avait aucune échappatoire car à part se taire, la jeune lionne n’avait d’autre choix que de lui donner un nom, qu’il fut vrai ou faux.



[La prochaine personne a répondre est Meredith, Nolan ayant une question d'avance ]

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MessageSujet: Re: [10 Décembre 1997] Homo homini lupus est. Sam 21 Avr 2018 - 15:45

Elle ne savait pas exactement pourquoi elle avait dit ça, finalement. C’était juste sorti, une fraction de seconde après que l’idée ait traversé son esprit. Elle était certainement fatiguée de réfléchir. Toujours, peser ses mots, anticiper les réactions, évaluer les risques. Eh bien vu la réaction du groupe, ils semblaient aussi surpris qu’elle d’entendre de sa bouche autre chose que des mensonges et du mépris. Mais elle ne pourrait pas jouer à ce petit jeu beaucoup plus longtemps. Déjà, elle sentait le regard excédé de Rowle lui glisser le long du visage comme un filet de bave. Stella ne masqua pas non plus sa surprise, et répondit tranquillement. Quoi de plus normal que de se soucier de sa famille ? Il n’y avait rien de bien dangereux dans cette réponse, et Meredith s’en félicita. Stella ne semblait toujours pas lui faire confiance. Peut-être que ceci aiderait. Mais maintenant, il fallait s’attendre au retour de vague.

Posant alors sa question à Carlie – bien moins complaisante, la Rowell – sur ce qui s’était passé avec les Nuncaboucs cette fameuse nuit, un silence se fit, glaçant. Brusquement, Carlie quitta la pièce, sans un mot, sans un regard pour le professeur ou pour eux. « Le Veritaserum agit pendant six heures parfois, espérons qu'elle ne tombera pas sur quelqu'un d'inopiné... un Carrow, par exemple. » Meredith se mordit la joue pour se contenir. « Un Carrow par exemple » aurait-elle voulu singer. En plus d’être abominable, indécent et cruel, le vieux Mange-tes-morts ne s’en cachait même pas. Par l’action de Merlin, heureusement, Nolan reprit la parole, et parvint avec ce talent incroyable qu’était le sien à poser des mots justes et légers sur ce qui trottait dans l’esprit de chacun. Et sans paraître trop insultant, en plus. En l’observant franchement, Meredith se dit que son ami était sans conteste un génie qui s’ignorait. Il n’y avait que ça pour expliquer l’intégralité de sa personne.

« Six heures monsieur Sherman ? Ce serait consacrer trop de temps pour vous voir mourir. Si j’avais voulu prendre mon temps, je vous aurais fait applaudit jusqu’à ne plus entendre que le bruit de moignons qui s’entrechoquent. En revanche, s’il y a bien quelque chose qui ne prendra jamais fin, c’est votre calvaire, ça je suis prêt à y consacrer toute ma patience. »

Bam. Dans vos gueules les morveux. Meredith ne put s’empêcher de laisser percer un rictus sur ses lèvres. C’était trop fort. L’abominable combine s’était enfin retournée contre son créateur, qui laissait voir la crasse sous ses couches de fard. L’abcès était crevé ; le pus suintait. Effaçant vite ce sourire avant qu’il ne se retourne contre elle, la lionne adopta un visage neutre et froid, lavé de toute expression, et encore moins de surprise. Il n’y avait rien de surprenant dans cette violence incroyable que la langue déliée avait délivrée si instinctivement. Brusquement, le Mangemort se tourna vers elle. Et ce regard qu’il lui jeta lui annonça mieux que tout qu’elle allait payer pour son impertinence. Mieux valait elle que Stella, voulait-elle penser. Sauf que cet élan d’altruisme n’aurait aucun sens pour elle quand elle serait morte dans un accident au coin d’un couloir. Enfin, ce qui était fait …

« Mademoiselle Breckenridge… quel est le nom de cette amie que vous avez protégée ? Que je finisse le travail commencé par mes collègues, et si aimablement interrompu par vos soins ? »

Le cœur de la rougeotte s’emballa. Tout sauf Gabriel. Tout le monde, sauf lui. Elle n’eut pas le temps d’adresser une prière au dieu des Potions, que déjà une écœurante honnêteté lui montait aux lèvres. Gabi et elle s’étaient prévenus : cette année, tous deux se mettaient en danger, et mettaient l’autre en danger par extension, car ils n’allaient pas l’un sans l’autre. Mais quand ce moment arrivait, que faire d’autre que de se sentir comme une horrible traîtresse ? Que faire d’autre que de répondre en serrant les dents et en déportant au maximum les foudres sur elle ?

« Gabriel Asher. »

Voilà tout. Elle avait soufflé ce nom chéri sur le ton de la banalité, jugeant que rajouter un mot de plus serait faire le jeu du Mangemort. Cela n’aurait été qu’un os jeté à son esprit aiguisé pour une interprétation qui finirait fatalement par lui être défavorable. Et afin de prouver sa bonne foi, et de changer au plus vite le centre d’attention du carnassier, Meredith se tourna dans la foulée vers l’impulsif Schepper, jaugeant un instant son habilité à offrir de quoi amortir un peu de cruauté. Chacun son tour d’en baver. Même si elle n’était pas totalement enthousiaste à l’idée de faire exactement ce que le professeur voulait d’elle, il fallait avouer que le Serpentard avait cherché les ennuis avec elle. Son antipathie devait bien cacher un bout de cœur tendre – c’était lui rendre service que de lui faire avouer.

« Schepper, malgré la morgue chronique que tu aimes à afficher, il doit bien y avoir au château des chanceuses … ou des chanceux  avec qui tu baisses ta garde. Qui sont les personnes qui te sont le plus chères à Poudlard ? »

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MessageSujet: Re: [10 Décembre 1997] Homo homini lupus est. Sam 21 Avr 2018 - 18:02



Sherman. Léon leva les yeux au ciel au baiser volant adressé par le nouveau préfet des blaireaux, tendant le bras comme pour l'attraper avant d'ouvrir les mains pour adresser un bien peu discret doigt d'honneur à son condisciple. Il n'avait rien contre cet estomac sur patte qui devait à lui seul engloutir la moitié des cuisines et exploser le budget alimentaire de Poudlard, mais tous les deux se détestaient par principe. Surtout depuis la rupture avec Montgomery. Sherman semblait s'être découvert une vocation de super glu adorant recoller les pots cassés. Le blaireau était-il au courant qu'il avait aussi échangé sa salive avec Peters ? Quelle triste réalité, d'être toujours l'épaule sur laquelle ses amies épongeaient leurs larmes dues à ces vils Serpentard. Alors Sherman, on se fait friend-zoné aussi vite qu'on avale un sandwich ? Songea-t-il en offrant un sourire navré au préfet, reportant son attention sur la préfète des jaunes à qui il venait d'adresser à son tour une question.

Léon retînt à grande peine un ricanement moqueur devant la description pleine de tendresse que Kaveline lui offrit. En d'autres circonstances, il aurait poussé le vice jusqu'à lui demander si il avait également fait l'inventaire de chacune des parties de son corps mais il s'abstînt. S'il avait choisi de se lancer dans le jeu tordu de papy Rowle sans opposer une résistance - de toute façon, inutile - il était tout bonnement hors de question de prêter du tord à une fille qu'il ne connaissait pas plus que ça. Alors que la préfète des jaunes se perdait dans les compliments dégoulinant de niaiserie, le professeur de potion sembla faire front pour retenir une haine qui, pourtant, teintait déjà son regard d'une nouvelle noirceur. Envers qui cette animosité nouvelle était-elle destinée ? La fascination naïve de Kaveline l'énervait-elle ? Ou bien était-ce le fait que les compliments étaient destinés au bibliothécaire ? Le préfet des Serpentards fronça les sourcils, détachant son regard du sadique grand-père afin de ne pas attirer l'attention sur lui plus que nécessaire.

Déjà Lina jetait son dévolu sur Brenckenridge et il braqua ses yeux gris sur la lionne. Une lueur malfaisante traversa son regard tandis que la question de la jaune et or se faisait l'écho de l'échange cuisant s'étant déroulés entre eux. Il n'avait pas oublié la finalité de leur conversation, la façon dont elle avait souhaité prendre le dessus en se servant de sa baguette parce qu'elle n'avait plus assez de répartie pour répondre par les mots. Il en gardait la satisfaction d'une première victoire sur Meredith et ne comptait pas s'arrêter là. Pauvre, pauvre Meredith, songea Léon en l'écoutant déblatérer sur ce qu'il était advenu d'elle. Il y avait trop de mots de liaison, trop d'enchaînement logiques pour qu'elle ne soit sous l'emprise de la potion et Léon arqua un sourcil, offrant un sourire déplacé à la préfète, se promettant de ne pas oublier qu'elle avait pu éviter de se montrer honnête. Une fois de plus. Lorsqu'il eu accroché son regard, il plaça sa main sur l'encolure de son tee-shirt, tapotant la marque qu'elle avait osé lui laisser sur le cou. S'il ne souhaitait pas s'en prendre à la plupart des élèves se trouvant dans cette salle, Brenckenridge serait l'exception. Ils n'en avaient pas fini, tous les deux.  Que le jeu commence, sembla-t-il dire en silence, la mettant presque au défi de lancer les hostilités alors qu'elle jetait son dévolu sur Rowell. L'insolence de la rouge et or le frappa. Se croyait-elle à ce point hors d'atteinte pour paraitre si effrontée? Ou bien était-ce le fameux courage des lions, ou autrement dit, leur éternelle stupidité à se montrer désespérément idiots juste pour sembler différents ? La préfète des Serdaigle, à qui il n'avait jamais adressé la parole et qui brillait par son innocence en profita pour donner une réponse banalement ennuyante et qui serait sans doute bien loin de satisfaire l'appétit sadique de Rowle. Quelles bandes d'écervelées, ne comprenaient-elles pas qu'il fallait nourrir la bête avant qu'elle ne s'agace et ne sorte les crocs ? Il les aurait giflé de leur manque de jugeote. Et en voyant la question qu'elle adressa à Peters, Léon eut le plus grand mal à ne pas franchir la distance pour ôter à Rowell toute envie de rouvrir la bouche. N'étaient-elle pas sensées être amies, toutes les deux ? Pourquoi attaquait-elle sur un sujet comme celui-ci ? Il suivit des yeux le dos de Carlie lorsqu'elle s'enfuit, luttant pour ne pas la rejoindre, avant de reposer lentement ses yeux sur la jeune femme à l'origine de la question ayant sapé le moral de sa condisciple. Il fronça les sourcils, soufflant doucement avant de la lâcher des yeux, dédaigneux. Il s'occuperait d'elle plus tard, se promit-il en entendant Rowle espérer - qu'il s'étouffe donc, avec ses fausses expectatives - qu'elle ne croise pas de mangemorts dans les couloirs. Sherman usa de son seul talent - une sorte de pâle réplique de ce que l'on pouvait appeler de l'humour - pour ramener l'attention sur lui tandis que la porte se refermait sur le dos de Peters. Pourquoi donc cet imbécile reliquat de blaireau attaquait-il le mangemort ? Etaient-ils tous autant dénués de cerveau pour ne pas comprendre que lorsque l'ours hiberne, on évite de lui agiter un morceau de viande fraîche sous le museau ? Léon se tendit, serrant les dents tandis que le vieillard sénile prenait la parole. Par Merlin, quelqu'un pouvait-il lui expliquer ce qu'il faisait entouré d'une telle brochette d'imbécile en costume de préfet ?

__ Six heures monsieur Sherman ? Ce serait consacrer trop de temps pour vous voir mourir. Si j’avais voulu prendre mon temps, je vous aurais fait applaudir jusqu’à ne plus entendre que le bruit de moignons qui s’entrechoquent, se délecta-t-il. Ca y est, j'ai la nausée, hoqueta intérieurement Léon. Que de poésie, il était content le blaireau de sa question ? Réalisaient-ils maintenant que cela n'était pas un jeu, et qu'il fallait donner assez pour ne pas mourir tout n'épargnant pas trop les autres pour ne pas déchaîner le fauve ? En revanche, s’il y a bien quelque chose qui ne prendra jamais fin, c’est votre calvaire, ca je suis prêt à y consacrer toute ma patience.

Brenckenridge fut la cible immédiate, payant pour son insolence tandis que la question acérée la transperçait par l'impossibilité d'y échapper. Ca y est, ils y étaient. Les questions avaient été beaucoup trop gentilles et la bête avait faim. Faim de sang, faim de choix cornéliens, faim de les voir se compromettre et se servir de leur rage pour s'attaquer aux autres. Alors Meredith, qui vas-tu condamner à cause de ta stupide question effrontée ? Et toi, Sherman, es-tu satisfait d'avoir redonner la main au monstre ? Léon en aurait pleuré de rage, comment des crustacés sans cervelles, tout justes bons à se pavaner au premier tour, n'avaient-ils pas pu réaliser qu'ils ne faisaient qu'attiser le feu ? Et qu'à présent, à vouloir tricher, ils avaient grillé leurs capacités à juste se mouiller pour des histoires débiles ? Ne pouvaient-ils pas se contenter d'attaquer sur ce qui n'avait pas grande importance : des coucheries, des histoires de coeur sans intérêt, des histoire d'amitié perdues, des ragots croustillants ? Non, bien sûr, l'honneur hein ! Bandes d'ingrats. La courageuse Meredith avait voulu vérifier si le trône doré de la lâcheté sur lequel elle était assise lui permettait de toiser le Mangemort ? Echec. Maintenant, elle devait désigner la victime de son manque de réflexion. Cette fille allait finir par couler à pic, lestée par son orgueil et s'enfoncer si profondément dans la vase qu'elle ne serait bonne qu'à nourrir les poissons. Et le pire ? Personne ne se mouillerait un orteil pour elle. Pas étonnant qu'elle n'ait plus aucun ami. Le courage était inutile s'il ne menait à rien. Kaveline en était d'ailleurs la démonstration vivante, non ? Meredith lâcha le nom d'Asher si rapidement que Léon n'eut pas besoin de se demander si elle avait pu échapper de nouveau au pouvoir du Véritasérum. Un éclair de pitié le traversa et il s'imagina quelques instant devoir dévoiler à Rowle la personne qu'il chérissait le plus, histoire de lui donner une moyen de pression supplémentaire. Comme si le sénile Mangemort avait réellement besoin de ça. Il eut envie de se montrer compatissant envers la jeune femme qu'il exécrait pourtant depuis plusieurs semaines pour la fin de leur altercation ainsi que la désinvolture qui transpirait de tous les pores de sa peau, quand cela n'était pas du dédain ou de l'insolence. Mais voilà que la lionne tournait ses yeux vers lui. C'est qu'elle se remettait vite, dis donc. Pourquoi n'était-il même pas étonné de la voir s'en prendre au seul Serpentard de la pièce ?

__ Schepper, l'invectiva-t-elle, malgré la morgue chronique que tu aimes à afficher, il doit bien y avoir au château des chanceuses … ou des chanceux  avec qui tu baisses ta garde. Qui sont les personnes qui te sont le plus chères à Poudlard ?

La garce. La magnifique garce se permettait de lui faire subir à peu de chose prêt la même question que Rowle lui avait adressé. Sa bouche ne se déliant pas sous le maléfice, Léon contra sans la lâcher des yeux, aussi rapidement que la fraction de seconde d'hésitation qu'il l'avait envahit ne pu transparaître aux yeux des autres.

__ Toi, Meredith. Tu m'obsèdes depuis notre altercation dans cette salle vide, souffla-t-il avant de détourner les yeux, mimant un sentiment de honte qu'il remplaça bien vite par de la colère, comme le serait un adolescent ayant dû avoué malgré lui un amour qu'il n'assumait absolument pas.

Il s'adossa contre le mur, fuyant le regard des autres en espérant rassasier Rowle. C'est ce que la bête voulait et il était prêt à mentir et avouer s'être tapé la moitié de l'école si cela suffisait à contenter le vieux barbu et que d'autres sujets bien plus délicats n'étaient pas abordés. Si toute la bande de bras cassés l'entourant n'était pas assez intelligente pour comprendre qu'il allait falloir se donner en spectacle, Léon était bien décidé à les y enjoindre. Il n'avait strictement aucune envie de découvrir le son de ses deux moignons s'entrechoquant, ni de voir le professeur de potion s'extasier devant d'autres aveux bien plus horribles, à savoir qui d'entre eux adulait, ou pas, le seigneur des ténèbres. Mais la guerre était déclarée. Chacun pour soi, puisqu'ils avaient tous autant qu'ils étaient choisi de ne pas réfléchir à leurs questions. Et maintenant, Brenckenridge attaquait et c'était lui, évidemment, qu'elle choisissait de compromettre. Alors c'était à ça que sa réflexion l'amenait ? Elle passait de l'affront de ne pas poser de question à Rowell à l'attaque, pur, simple, méchante, envers la seule personne dans cette salle qu'elle savait capable de vouloir lui causer réellement du tord ? Mais que quelqu'un achève cette tête de linotte, par tous les fondateurs. A raisonner comme ça, effectivement, il valait mieux s'abstenir. Tu vas me le payer, Brenckenridge, songea-Léon en la fixant de nouveau son regard orageux. Brûlant. Peut-être les autres prendraient-ils cela comme de la rage d'avoir du avouer ses sentiments à un pareil coeur de pierre.

__ Sherman, souffla Léon, lâchant Brenckenridge tout en tournant lentement la tête vers le jeune homme qu'il considéra avec une curiosité démesurée. Que penses-tu de ton ancienne amie Meredith depuis la rentrée ? On ne voit plus fourrer l'un avec l'autre, c'est curieux. Est-ce à cause de la disparition de son frère qu'il me semble, tu n'appréciais pas, que vous n'êtes plus collés l'un à l'autre ? Moi qui croyais que vous sortiez ensemble, termina-t-il, exagérant à outrance une fausse jalousie qui n'avait pas lieu d'être.

C'était un avertissement. Essaye encore, Brenckenridge, et Alosyus se retrouve en ligne de mire, sembla-t-il vouloir dire lâchant le blaireau des yeux pour ne rien louper de ce que les révélations de quelqu'un à qui elle tenait il n'y a pas si peu, pourraient lui faire.

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MessageSujet: Re: [10 Décembre 1997] Homo homini lupus est. Lun 30 Avr 2018 - 3:08

Nolan n’était peut-être — même certainement — pas le chapeau le plus pointu du lot, mais d’ordinaire, il assurait plutôt bien lorsqu’il était question de second degré et d’ironie à froid. Bon évidemment, d’ordinaire il n’était pas non plus victime des effets aléatoires d’une solution prohibé et encore moins séquestré contre son gré, mais ça, ce sont des détails me direz-vous. Toujours est-il que cette histoire de moignons qui s’entrechoquent — livré sur un ton si impeccablement glacial et juste assez funeste — ça transcendait certainement les limites de l’humour noir, right ? Hum, si des décennies d’études et d’observation auprès d’un spécimen sauvage comme le Rowle argenté n’avaient pas suffit à apporter de réponses à ce type de question, ce n’était certainement pas sa potion à moitié hasardeuse qui allait jeter un éclairage nouveau sur le fond, le vieux loup s’en serait assuré. D’ailleurs, c’était tout juste si le maître des potions s’était distendu une petite vertèbre après leur avoir généreusement servi ses menaces civilisés, rien que pour la forme.

Sherman, votre humour, c’est par inconscience ou parce que vous essayez de cacher que vous avez la trouille ?

Le sourire de Nolan c’était un tout petit peu fait la malle quand il avait été question de «calvaire infini», mais heureusement, le rouquin savait rire jaune. Dans la situation, c’était bien tout ce qui lui était encore donné de faire d’ailleurs, la faute au maléfice dilué ou à un orgueil un peu chatouilleux ? Il décida de ne pas y réfléchir.

Quand bien même je voudrais me cacher… Il marqua une pause, le temps de chercher du regard une cachette respectable, jusqu’à en revenir à la seule pièce de mobilier un peu imposante, soit celle tout juste sous ses yeux. La table est trop basse pour que je glisse en-dessous et bien franchement, ce serait plus gênant pour tout le monde que quelques blagues faites à l’arrache.

Désolé papy, see you next round. Heureusement pour le Rowle — et que pour lui — une autre proie venait de mordre bien que malgré elle à son petit guet-apens. C’est du bout des lèvres que Meredith avait finalement cédé le nom de Gabriel, ce qui ne fit qu’aggraver l’exaspération de Nolan face à la situation, lui qui était également un bon ami du Gryffondor farceur. S’il pouvait encore se consoler un brin des difficultés de Brecky Jr. à laisser glisser un nom cher à son âme — la preuve qu’elle en possédait bien encore une — il n’était absolument pas préparé à entendre la suite.

__ Toi, Meredith. Tu m'obsèdes depuis notre altercation dans cette salle vide.

Pendant de longues secondes, les yeux noisettes du rouquin démultiplièrent les allées et venues, passant tantôt de Léon à Meredith, puis de nouveau à Léon, ainsi qu’à Meredith, jusqu’à en venir à s’enfoncer dans le plus grand des néants.

What the … 



Meredith et Léon. Plus précisément : Meredith, Léon et une salle vide. Non non, plutôt : Meredith, Léon, une salle vide et une obsession. Ceci expliquait-il cela ? De toutes nouvelles valeurs pour une toute nouvelle fréquentation ? C’est donc comme ça qu’il avait été relégué au rang de presque-ami ? Et puis Carlie dans tout ça, rien de plus que la saveur du mois Schepper ?

__ Sherman, que penses-tu de ton ancienne amie Meredith depuis la rentrée ?


Lorsque Nolan émergea de son trouble et malgré qu’il fut pourtant d’abord interpellé par rien de moins que son prénom, ce fut tout juste pour entendre la fin d’une longue tirade à propos de l’amitié morte entre lui et Meredith. Léon lui offrait ainsi — sur un plateau d’argent, rien de moins — la possibilité de servir à la lionne une bonne rasade de sa propre médecine, un retour de flamme longuement mérité et pour lequel il avait déjà élaboré quelques réparties au cours des dernières semaines. An injured friend is the bitterest of foes, n’est-il pas ?

T’es vraiment une belle ordure Schepper. Veritaserum ou pas, tout le monde pouvait deviner dans quel camp — de la vérité ou du mensonge — cette affirmation là se rangeait. Pour la suite, un air à peine faussement contrarié suffirait. Tu m’avais promis et même juré que les filles s’était bel et bien terminé, or non seulement j’apprends là que le précieux souvenir de notre dernier bain ensemble était un leurre, tu oses carrément en remettre une couche en me demandant ce que je pense de ta nouvelle dulcinée. Good golly, moi qui venait de verser tout mon amour dans ce dernier baiser, j’ai du mal à croire qu’il te faille en plus me piétiner le coeur après l’avoir déjà brisé !

Les deux paumes posés à plat directement sur sa poitrine, Nolan fit mine d’être diablement triste, se laissant même aller à un léger tremblement des lèvres. Surjoué vous dites ? Parfaitement, car si la réponse était à mille lieu de la question, c’est bien qu’elle effleurait une sensibilité toute particulière chez le blaireau, celle lié à sa loyauté indéfectible, si bien qu’il n’avait pas échangé le moindre regard avec Meredith depuis que Léon lui avait fait sa réponse. L'humour cachait bien mieux la souffrance que la peur. Soucieux de ne pas s’enfoncer lui-même dans les méandres d’une réflexion condamnée à être laissé sans réponse, Nolan profita de son élan théâtral pour reporter son attention sur… Stella ?

Oh dear, dis-moi que toi au moins, tu ne me supporte pas comme binôme à défaut de mieux ?

Le regard du sixième année avait beau être un brin suppliant, il savait qu’il n’avait pas à s’inquiéter, tout ce drame ne servait qu’à nourrir les illusions d’orages que Rowle se plaisait à alimenter, n'est-ce pas Miss Rowell ?

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MessageSujet: Re: [10 Décembre 1997] Homo homini lupus est. Jeu 31 Mai 2018 - 5:22

Stella dut faire un effort pour masquer son soulagement lorsque Carlie quitta la pièce. Son petit stratagème semblait avoir plutôt bien fonctionner, à en voir les regards teintés d’incompréhension et de dédain que lui jetaient ses collègues préfets. Un étrange sentiment s’installa en elle, qui n’avait pas l’habitude de lire cette sorte de désapprobation à son égard sur le visage des autres. En temps normal, ou bien elle passait inaperçue, ou bien on la jugeait pour être trop coincée ou platement studieuse, mais jamais vraiment on ne lui avait fait sentir le mépris généré par le fait de lui accorder des intentions plutôt mauvaises. Malgré l’air stupéfait des autres préfets, il n’en était rien, bien évidemment. S’il y avait bien une personne parmi eux que Stella cherchait à protéger, c’était Carlie, qui malgré sa petite taille, pouvait être affublée du titre de grande amie. Tout avait été calculé avec rapidité dans son esprit de Serdaigle : elle avait cherché à rappeler au Professeur Rowle que Carlie obéissait aux Carrow au doigt et à l’œil et qu’elle ne devrait donc susciter aucun besoin de s’acharner pour prouver l'autorité professorale. Malgré tout, elle espérait que le niveau d'audace de sa question était au goût de Rowle.

Elle aurait souhaité que Carlie ait la force de répondre à la question pour soutenir l’affirmation qu’elle avait fait passer un mauvais quart d’heure ou deux à une poignée de Nuncaboucs infortunés et renforcer le poids de sa stratégie défensive contre cet odieux personnage qui leur servait de professeur. Cependant, elle devrait se satisfaire du départ impulsif de son amie, car au moins, peu importe où se trouvait cette dernière, elle devait être plus en sécurité que plantée entre l’hypocrisie de Meredith, les coups de théâtre badigeonnés d’arrogance de Schepper et la cruauté de Rowle digne de faire crisper même les plus indifférents. Mais il ne fallait pas mettre la charrue devant les hypogriffes: tout n’était pas gagné et la soirée s’annonçait longue et éprouvante.

Stella serra les dents, devenue habituée à l'impression que le temps ne s’était jamais écoulé aussi lentement au château que depuis la rentrée et songeant que cette soirée ne ferait pas exception à la règle.

« Gabriel Asher. » souffla Meredith d’un coup lorsque Rowle la força à révéler l’identité de celui qu’elle protégeait. Oh non, pas Gabriel! Stella se mordit l’intérieur de la bouche pour ne pas s’exclamer avec un emportement dont elle risquait de regretter les répercussions. Son élève de tutorat, attachant dans sa maladresse avec son regard rieur se retrouvait sans détours au centre de l'attention. Il avait beau lui tirer quelques soupirs d’exaspération, elle était horrifiée à l’idée qu’on touche à un seul des cheveux sur sa tête.

Elle assista ensuite à un échange des plus ridicules, où chacun semblait inspiré à s’en prendre aux faiblesses sentimentales des autres, et par ricochet il s’en dessina rapidement un spectacle pitoyable mettant en vedette le sarcasme suffisant de Schepper et bientôt l’humour au mauvais timing de Shermann. Elle dut fixer trop lourdement ce dernier, car il se retourna vers elle, comme s’il avait sentit ses yeux en amandes insister trop longuement sur lui.

«  Oh dear, dis-moi que toi au moins, tu ne me supporte pas comme binôme à défaut de mieux ? »

Shit. Elle voulut tout de suite le rassurer en lui disant que non, mais le veritaserum l’entendit autrement et sa langue se tordit aussitôt pour transformer la formulation de sa réponse.

« Disons que tu n’es pas le plus organisé, j’aurais préféré travailler avec Lina. » avoua Stella d’un trait avant de baisser la tête, rougissant de ces paroles qu’elle n’avait pu contrôler. Elle aimait bien Nolan. Lorsqu’ils avaient eu à faire la cueillette la plus effrayante de leur vie dans la forêt interdite pour les Carrow en automne, il n’avait pas baissé les bras et ne s’était même pas plaint. Elle ne voulait pas qu’il croit qu’elle pensait du mal de lui. « Mais ce n’est pas contre toi » ajouta-t-elle. « C’est juste que je suis vraiment méticuleuse en potions et j’aime travailler à ma manière » s’empressa-t-elle d’ajouter comme si cela allait pouvoir rectifier le tir. Décidément, elle risquait de ne se faire que des ennemis ce soir là.

Cela faisait un moment maintenant qu’elle n’avait pas elle-même questionné les autres pour leur tirer les vers du nez. Elle allait devoir arrêter de couper le crin de licorne en quatre et se prêter elle-aussi au jeu si elle ne désirait pas attirer l’attention de Rowle sur elle pour avoir été trop gentille. Meredith n’était pas la personne que Stella affectionnait le plus, mais elle venait de se prendre suffisamment de coups bas pour l’instant, ne cherchant pas à empirer son cas avec Nolan, elle regarda alternativement les deux autres, désemparée. Lina était son amie et si elle avait envie de la protéger, cette fois, elle n’aurait trop su que dire pour la mettre dans les bonnes grâces de Rowle.

« Dis-nous donc pourquoi tu t’évertues à t’acquitter des tâches de préfets Schepper? Si tu juges que ce rôle est tellement inférieur à ce que tu crois valoir, pourquoi ne remets-tu tout simplement pas ton insigne en signe de démission? » s’enquit-elle en croisant les bras sur sa poitrine et en arquant un sourcil comme pour se donner de l’assurance, même si elle avait tout de même du mal à le regarder droit dans les yeux. De toute manière, elle n’avait jamais eu trop d’admirateurs chez les Serpentards, alors, une vipère de plus à dos, c’était le prix à payer auquel se résigna Stella pour épargner Lina.  


HJ:
 

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MessageSujet: Re: [10 Décembre 1997] Homo homini lupus est. Jeu 31 Mai 2018 - 23:07



Non. Sérieusement ? ricana intérieurement Léon en contemplant  le visage défait de Sherman à sa pseudo-révélation. La naïveté qui se peignait sur les traits innocents - ou stupides, au choix - du préfet des jaunes lui donna tellement envie de rire qu'il dû se faire violence pour que la commissure de ses lèvres ne trahisse pas la moquerie intérieure l'habitant. Ce type avait beau avoir l'humour d'un petit orteil percutant une table basse un lundi matin, il était au moins risible à son insu. Mais qu'il était stupide, ce garçon ! Lui et Meredith ? songea Léon tandis que ses sourcils peinaient à ne pas s'écarquiller devant une telle preuve de manque de connexion neuronale. C'était grotesque. Surtout à cette heure ci, ça lui donnait presque la nausée. Sortir avec un tel glaçon ambulant, ca avait le don de vous réfrigérer n'importe quel adolescent en manque d'amour, si quelqu'un lui demandait son avis. Allons bon, s'il s'en fallait de si peu pour perturber l'esprit d'un Poufsouffle, cela n'était pas étonnant que ce château parte vraiment en sucette. Et dis donc Sherman, t'es au courant que si tu sautes du haut de la tour d'astronomie, le nouveau gazon amortisseur de chute imprévu post mort de Dumbledore te permettra de rester en vie ? pensa-t-il narquoisement pendant que l'imbécile heureux réfléchissait à la réponse à fournir à sa question. Enfin, réfléchir ... bien grand mot pour un si petit esprit.

__ T'es vraiment une belle ordure Schepper, attaqua le chaton avec ses petits crocs de lait. Oh mais c'est qu'il comptait vraiment faire honneur à sa maison, le piou-piou couleur banane. La fidélité avant tout, même si ça te donne l'apparence d'un parasite s'accrochant désespérément à son hôte malgré que celui si s'acharne à se barbouiller d'antipuces ? Allons Sherman, tu n'as pas l'impression qu'elle essaie d'arracher la tique que représente votre amitié ? Tu ne sens pas qu'elle tire de plus en plus fort avec sa pince à épiler jusqu'à décapiter ce qui restait de votre relation et puis qu'elle va t'écraser sous la semelle de sa chaussure ? Mais vas-y, si être un pou sur la tête dorée de sa sainteté Breckenridge et son complexe de supériorité égoïste et narcissique, continue sur cette voie là. Si tu creuses encore plus profond, tu vas trouver du pétrole mais essaie toujours, j'aime contempler tes maigres tentatives de prouver ta loyauté à quelqu'un qui préfère lécher le sol foulé par les Carrow que de supporter ton humour vaseux, songea Léon avec humeur. Les pseudos tentatives de Sherman pour dérider l'ambiance pesante commençaient à lui taper sur le système. Ne voyait-il pas qu'Andréas allait finir par péter un durite ? A cet âge, avec tous ces pseudos problèmes de prostate, il devait tellement manquer d'animation - notamment en dessous de la ceinture - que le spectacle de Préfets se dérobant sans habilité à son plan "machiavélique" devait passablement le mettre hors de lui. Ce qui voulait dire qu'ils allaient en baver encore plus. Alors abrèges ta super blague si drôle que j'en ai mal au ventre, Sherman, où c'est toi qui fini dans le vide à ordure. Tu m’avais promis et même juré que les filles s’était bel et bien terminé, or non seulement j’apprends là que le précieux souvenir de notre dernier bain ensemble était un leurre, [...]j’ai du mal à croire qu’il te faille en plus me piétiner le coeur après l’avoir déjà brisé !Du gros, du très lourd. Nolan Sherman, animateur de soirée en tout genre, blagues faciles et peu recherchées, capable de tenir en éveil tout un auditoire.  

Léon leva ses mains bien haut et applaudit trois fois avant de lever les yeux au ciel sans se gêner le moins du monde de se montrer impoli. Et le comique, tu te rends compte que la seule personne pour laquelle tu joues ton sketch, c'est Andréas ? Tu as vraiment l'impression de le divertir, ou bien tu fais exprès de ne pas voir que tu t'enfonces, à détourner ma question de la sorte tout en m'attaquant ouvertement ? Décidément, leurs cervelles sans aucune once de jugeote allaient bientôt arriver à la seule conclusion possible : s'en prendre au seul Serpentard de la pièce, histoire de tirer leur épingle du jeu. C'était prévisible, pas franchement très classe mais de toute manière, Léon ne comptait pas l'être non plus. Ca le faisait rire, au blaireau, d'encore une fois esquiver une question sans même prétendre que le Véritasérum avait agis ? Et de poser une question encore dénuée d'intérêt à Stella ? Mais c'était de mieux en mieux. Oh Stella, dis moi que je suis un bon bînome. Mais quel grande information, capitale, pour le Mangemort ! Savoir que Stella aurait préféré quelqu'un de plus organisé, cela justifiait par tant de suspens la création d'une potion hautement compliquée et de ce jeu complètement loufoque !  Pourquoi pas aussi se poser des questions sur les animaux préférés et la couleur des iris si particulièrement délicats et tirant sur le chocolat de Rusard, hein ? Le préfet des verts et argent semblait bouillir d'une rage sourde alors que Rowell se décidait à vriller ses yeux dans les siens. Allons bon, dis moi tout Miss Copine-Parfaite. Peut-être vas tu trouver en quelques syllabes une nouvelle manière de mettre Peters dans la m*rde même si elle a quitté la pièce ? Ca doit être dans tes cordes, ça ... vu qu'aucun de vous ne semble capable de comprendre l'enjeu et le danger d'une telle situation ! pensa-t-il avec amerturme en soutenant le regard de la jeune femme.

__ Dis-nous donc pourquoi tu t’évertues à t’acquitter des tâches de préfets Schepper? Si tu juges que ce rôle est tellement inférieur à ce que tu crois valoir, pourquoi ne remets-tu tout simplement pas ton insigne en signe de démission?
__ Parce que j'ai peur des représailles si je refuse, répondit-il du tac au tac, non sans une lueur de fureur et de douleur dans les yeux. La Garce. Elle aurait pu choisir n'importe quelle question mesquine, mais il fallait qu'elle vienne tourner autour de cette p*tain d'insigne de Préfet qui semblait désirable mais qui était une condamnation. Mais les mots continuaient à fuser, puisque la question avait été trop ouverte pour qu'il ne les module et ne s'arrête en si bon chemin. Parce que cet insigne n'est pas un bouclier mais une cible et que tu le sais très bien, tous comme tous ceux qui sont assis autour de cette table. Parce que ca braque les feux de tout le corps enseignant sur nous et que refuser ça serait refuser d'obéir aux Carrow et aux mangemorts, continua-t-il avec une réelle frayeur sur le visage. Non. Non. Non. Il fallait que cela s'arrête ! Parce que je n'ai pas envie de mourrir. Parce que je n'ai pas envie d'être encore torturé. Parce que ni Sherman ni moi n'avons eu le choix, ou parce que ca a été même pire que pour vous qui étiez déjà en place. Parce qu'on nous a demandé si on voulait, tout en nous faisant comprendre que décliner c'était presque avouer vouloir écrire sur les murs de la bibliothèque. Ses yeux dérivèrent sur Andreas avec crainte, tandis que les mots fusaient à cause de la question ouverte de Rowell. Il la haïssait. Pourquoi cette question, pourquoi pas une question binaire, pourquoi l'obliger à confier tout cela ? Réfléchissait-elle à la portée de sa question ? Il se vengerait. Regarde moi, semblèrent dire les yeux gris emplis de peur qu'il fixait dans ceux de la Serdaigle. Peut-être pas ici, mais je me vengerais Rowell. Marche en rasant les murs et évitent ceux qui semblent décrépis ou je te promet que tu vas découvrir le poids d'un bloc de ciment de plusieurs tonnes sur ton visage aux traits angéliques, jusqu'à ce que la pierre n'écrase la moindre courbe de ton corps pour te transformer en un tapis de sol. Parce que si rester comme Préfet c'est un danger permanant, rendre l'insigne est une condamnation bien pire. Vous détestez pour votre stupidité ne m'empêche pas de compatir au fait qu'on est tous dans le même bateau, avec cet insigne ou dans cette salle, dans ce château ou même dehors face au mangemorts, même si tu es trop bête pour savoir quand fermer ta bouche, Il souffla, fermant douloureusement les yeux en sentant les effets de la potion se dissiper alors que chacune des fibres de son corps l'exhortait à la fuite. Face au mangemorts. Venait-il de se placer dans le camp adverse ? Par Merlin, il ne faisait même pas parti d'une résistance ! Horrifié. Il l'était. Tétanisé aussi. Il se sentait mal, nauséeux et complètement mis à nu par le Véritasérum. En colère, aussi. L'orage vient assombrir son regard alors qu'il reprenait d'une voix presque atone, lourde de reproches, pleine de promesse. Va en enfer, Rowell.

Il la regarda avec une leur de défi et de déception au fond de ses iris si pâle, déplorant son manque d'intelligence ou cette pseudo haine entre les maisons qui l'avait faite se retourner contre lui. C'était quoi son problème, à celle-là ? D'abord une question à Peters pour savoir ce que cette dernière avait réellement fait dans le dortoir des Nuncaboucs. Peters. La douce Peters qui avait pleuré dans ses bras tout en jetant son insigne de préfet, celle dont il comprenait maintenant la douleur et qui avait du lutter pour venir saccager le dortoir des Nuncabouc. Elle voulait quoi, que tous les préfets avouent être du côté des Carrow ou de la résistance ? Et après quoi, on boufferait les moignons de ceux qui auraient eu la malchance de répondre à tes questions, Rowell ? . Il secoua la tête, détournant les yeux, cherchant à récupérer le peu de couleurs qui l'avait déserté. Ne pas penser aux conséquences tout de suite, trouver une nouvelle cible, attaquer au plus vite et surtout, surtout, ne pas regarder Andréas. Dévier sur un sujet moins dangereux même s'il rêvait de demander ouvertement à la Serdaigle si elle faisait parti de la résistance ou des pro-Carrow, de but en blanc, pour au moins ne pas lui faire l'affront de croire la question innocente. Ces yeux balayèrent la foule, glissant sur Sherman et ses blagues foireuses, évitant Breckenridge pour qui il doutait encore faire preuve d'assez de clémence pour ne pas souhaiter l'emporter avec lui dans sa chute, évitèrent le Mangemort puis se posèrent sur Lina et sa niaiserie qui avait coloré un peu plus tôt ses joues. C'est ça. Du niais, du sale quelque chose de pervers mais qui ne compromettrait personne. Parce que s'il laissait place à sa fureur maintenant, il allait demander à la rouge-et-or ou était son frère, à Sherman quel était le but de ce club de jardinage et à Rowell ce qu'elle pensait du seigneur des Ténèbres. Alors autant s'abstenir, n'est-ce-pas ? Miséricordieux ? Non. Juste défaitiste. Il manquait d'air, de toute façon.

__ Lina, souffla-t-il avec morgue mais le coeur n'y était pas et cela sonna faux. Terriblement faux.. T'as l'air bien prude, mais il parait que les plus sages sont les plus entreprenantes. Raconte moi les fantasmes qui se sont réalisés et avec qui, et ceux qui te réveillent encore la nuit en secret parce que tu ne les as pas encore vu se concrétiser. Quelqu'un t'intéresse dans ce château ? dit-il dans un presque murmure, sans la quitter des yeux.

Il était presque désolé que cela tombe sur elle parce qu'elle était la moins exaspérante de se groupe. Presque désolé également de violer ainsi son intimité, mais les histoires de coucheries c'était la seule chose qu'il lui était venu à l'esprit. Et puis c'était gênant, déplacé, mais pas dangereux. Clairement pas dangereux. Beaucoup moins que les questions de Breckenridge ou de Rowell, en tout cas. Parler de fantasmes, c'était une bien piètre façon d'essayer de détourner l'attention de la faiblesse qu'il venait d'avouer. Mais il ne pouvait pas rester sans rien faire, ni rattraper le tir. Il fallait juste ... essayer. Alors tel était sa tentative, tout comme il essayait de reprendre contenance et d'emplir à nouveau ses poumons. L'échec cuisant semblait pourtant se profiler à l'horizon et le vert-et-argent lutta pour ne pas que ses lèvres ou ses mains ne tremblent. Il savait avoir attiré l'attention du Mangemort et craignait par dessus tout de se voir demander plus de comptes.

Allez Lina, donne nous du croustillant je t'en prie ...  songea-t-il intérieurement.

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MessageSujet: Re: [10 Décembre 1997] Homo homini lupus est. Dim 10 Juin 2018 - 21:53

Distraite, elle gratta du bout de son ongle une goutte de cire tombée sur le bois de la table. De temps en temps, elle levait les yeux vers celui ou celle qui parlait, avec un air surpris, gêné, ou amusé. Mais elle assistait à ce qui se passait comme si elle n'avait été que la spectatrice d'une pièce de théâtre bancale. Le seul moment où son cœur avait failli bondir hors de sa poitrine fut le moment où Carlie quitta la pièce, des larmes plein la gorge. Les sourcils de la Poufsouffle se froncèrent et elle esquissa même un drôle de mouvement, comme pour retenir sa chère cousine de partir en trombe.

« Le Veritaserum agit pendant six heures parfois, espérons qu'elle ne tombera pas sur quelqu'un d'inopiné... un Carrow, par exemple ».

Elle jeta un drôle de regard vers Rowle. Cet homme avait le chic pour se montrer cruel et étonnement honnête dans le même temps. Il était comme un hache, le Mangemort pouvait fendre l'air d'une remarque cinglante et vous laisser là, coupé en deux ou éventré par la dureté de ses propos.  Pourtant, malgré l'intervention de Nolan, leur danse macabre continua parce qu'ils n'avaient pas le choix. Ils étaient soumis au professeur Rowle et pire que tout à son immonde potion qui les transformait éventuellement en bêtes asservies. Ils auraient pu se battre contre Rowle, après tout ils étaient plus nombreux, ils auraient pu quitter la pièce sans rien dire, un champs des possibles s'ouvrait à eux, mais ils avaient cédé. Pourquoi ? Parce qu'ils voulaient vivre le plus facilement, sans trop souffrir, sans trop risquer sa vie. La meilleur des réponses était donc la soumission à l'autorité. Et même les élèves présents au sein de la Résistance devaient faire ce choix atroce, rester en état de se battre, c'était permettre à la Résistance de se perpétuer. La leçon du Cours Magistral portait finalement ses fruits. Lina apprenait doucement à être plus mesurée, plus réfléchie, dans le seul et unique but de frapper au bon moment. L'image d'un bothrops s'insinua lentement dans son esprit ce qui la fit sourire (sans qu'elle se soucie de savoir si ce phénomène de corps était approprié ou pas), puisque le serpent était par définition l'emblème des Serpentards.

« … J'aurais préféré travailler avec Lina »

Cette phrase prononcée par Stella rebrancha Lina sur le canal de leur intime petite réunion. Elle accorda à sa camarade de Serdaigle un sourire, assez satisfaite du compliment. C'est – à – dire que la jaune et noire était dans la normale, quelqu'un de plutôt désorganisé, son bureau, ou même sa chambre ressemblaient toujours à un joyeux bazar dans lequel la sorcière se complaisait. Sauf pour les Potions. Il s'agissait – là d'un domaine qui passionnait la jeune femme, et Lina avait vite compris qu'une petite erreur pouvait avoir des conséquences dramatiques sur sa préparation. Au début elle avait dû se faire violence pour s'imposer un minimum d'organisation, mais petit à petit, l'oiseau faisant son nid, la future ex Préfète avait réussi à avoir un espace de travail ergonomique et intelligent qui l'aidait à garder l'esprit clair.

« Dis-nous donc pourquoi tu t’évertues à t’acquitter des tâches de préfets Schepper? Si tu juges que ce rôle est tellement inférieur à ce que tu crois valoir, pourquoi ne remets-tu tout simplement pas ton insigne en signe de démission ? »

Ses yeux couleur jade s'accrochèrent au visage du Préfet des verts et argents qui se retrouvait dans une posture bien délicate. Un colère sourde semblait dégouliner de son corps. La question de Stella était réellement dangereuse pour qui n'épousait pas la cause défendue par les Mangemorts. Finalement, Lina s'estimait s'en être bien sortie avec sa ridicule question au sujet d'Octave. Personne n'avait cherché à savoir où aller son allégeance, ce qu'elle pensait du Seigneur des Ténèbres ou de celui qu'on appelait l'Élu. Lina s'attarda avec soin sur les traits du Serpentard. Il était effrayé. Si sa rage vis à vis de Stella était évidente, c'était la peur qui suintait par tous les pores de sa peau d'adolescent. Lina comprenait parfaitement la position de Léon. Elle aussi avait été choisie par les Mangemorts, en raison du statut de son sang, parce que son père travaillait au Ministère. Bien sûr elle n'avait pas pu refuser et les premiers jours elle avait eu l'impression que son insigne pesait au moins 8 kilos sur son cœur. Mais elle y avait aussi vu une opportunité pour la Résistance. Malheureusement, ce rôle si particulier, la sorcière n'avait pas su le tenir, et avec la fin du mois de décembre, toutes ses responsabilités de préfète mourraient, ce qui était à la fois un problème et une bonne nouvelle.  
Léon ponctua finalement la fin de son discours, manifestement dicté par le Véritaserum, d'un charmant « Va en enfer, Rowell ». Instinctivement, Lina baissa la tête. Les propos du vert et argent étaient durs, mais en même temps, d'une certaine façon, elle le comprenait. Il s'était senti acculé, en danger, par la question de Stella. Et comme la meilleure des défenses étaient l'attaque...

« Lina. Évidemment... Elle leva les yeux verts lui, inquiète du sort qu'il pouvait lui réserver. T'as l'air bien prude, mais il parait que les plus sages sont les plus entreprenantes. Raconte moi les fantasmes qui se sont réalisés et avec qui, et ceux qui te réveillent encore la nuit en secret parce que tu ne les as pas encore vu se concrétiser. Quelqu'un t'intéresse dans ce château ? »

L'intéressée cligna des yeux à plusieurs reprises, sonnée. Sérieusement ?! Encore une question au sujet de ses histoires personnelles ! Dans un premier temps, Lina eut envie de le tuer par le regard mais elle se rendit rapidement compte que la potion n'agissait pas sur elle, ce qui la soulagea : elle n'aurait pas à dévoiler son intimité devant ses camarades. La sorcière planta ses incisives dans la chair de sa lèvre, elle adopta un regard faussement provoquant en plaçant quelques unes de ses mèches derrière une de ses oreilles.

« Mes histoires semblent beaucoup t'intéresser Schepper... Je t'avoue que j'adore passer du temps avec Rusard. C'est quelqu'un de fascinant, si tu es sage il acceptera peut – être de te faire découvrir les cachots et ce qu'on peut y faire là – bas... »

Elle appuya sa phrase d'un clin d’œil tendit qu'un léger rire secoua ses frêles épaules. Elle était terriblement rassurée à l'idée que la potion ne l'ai pas impacté pour cette réponse. Elle aurait été véritablement mal à l'aise en évoquant ses histoires passées et surtout, surtout celle dont elle rêvait en secret.
Son regard coula sur l'assemblée en se demandant vaguement qu'est – ce qui était le pire ? Poser la question, ou y répondre... ? D'emblée, elle refusa de se tourner vers Stella qui venait de passer à la casserole, et de se faire envoyer balader. Pareil pour Léon. Il était hors de question de s'en prendre à Nolan qui partageait la même maison qu'elle et étrangement, Lina ne voulait pas s'en prendre à la fascinante Meredith.. Finalement, elle tourna son visage vers le professeur.

« Votre fille est une potionniste également et... Elle semble suivre vos traces. J'imagine que vous êtes fier d'elle ? »

Elle estima que son discours interrogatif n'était pas trop dangereux. Au mieux il vanterait les mérites de sa fille, au pire il la traiterait d'incapable. Pourtant, Lina avait l'impression de marcher sur des œufs. Rowle était un Mangemort et avait tout pouvoir sur eux, si d'une façon ou d'une autre elle l'avait offensé... Elle pinça les lèvres et tacha de garder un air impassible.

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MessageSujet: Re: [10 Décembre 1997] Homo homini lupus est. Jeu 14 Juin 2018 - 21:25

Ils pensaient avoir mis à jour une antiquité ancestrale gardée secrète ou quoi ? Avoir déniché l’un des objets fétiches des créateurs de Poudlard peut-être ? Etaient-ils seulement conscients que si le mangemort avait été sur le point de révéler quelques mystères inhérents de l’univers prohibé, il aurait sorti sa baguette avant que la rousse carotte n’ait eu le temps de trouer sa phrase d’un point d’interrogation pour lui immoler sa déjà bien ardente chevelure, avant de se nouer la langue pour ne pas laisser le suc de la vérité le corrompre. Mais ils étaient tous sages ici, n’est-ce-pas ? Cerclés comme une tablée de ménagères en train de spéculer au sujet du gros c** de Brigitte, en essayant de deviner si ses hanches avaient triplé de volume parce qu’elle était devenue dépressive, ou parce que le plombier l’avait engrossée par inadvertance ? Aucun d’eux ici ne voulait connaître les noirs secrets et desseins de quiconque, seulement les petites apocalypses à l’échelle d’une vie adolescente, ce qui était déjà bien suffisant pour les rendre plus âcres que d’ordinaire. Monsieur Rowle, avez-vous déjà tué quelqu’un ? Torturé peut-être ? Vu celui-dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom ? Pas vraiment des mystères, tout ça, et encore moins de secrets qui pouvaient faire rougir. Vomir, à la rigueur. C’était le genre de choses qu’on préférait voir appartenir à la légende plutôt qu’au simple fait. Brigitte et son roman avec le plombier en revanche… Ou Breckenridge et son Anne Frank.

- Gabriel Asher.

Aussi peu de résistance qu’un Malfoy en train de se faire subtiliser sa baguette par le Lord. Ce nom lui disait vaguement quelque chose et allait être pour l’heure ce que la mort de Dumbledore fut pour la communauté magique : une manne de culpabilité tirée des illusions d’autrui. Pauvre Potter, en cavale pour un meurtre dont il n’était pas coupable… Mais Breckenridge avait joué et venait de perdre. Amycus allait s’en délecter comme un petit porcelet découvrant une poignée de glands. A moins qu’il ne s’en charge lui-même. Les doigts du mangemort jouèrent un air de bois sec sur la table tandis qu’il savourait ce nom comme un moyen de rendre cette expérience inoubliable et très concrète. Incapable pour l’heure de rendre la pareille au vieux fou, la petite lionne dirigea le courroux de son miaulement sur celui qui, à l’égard de Scherman, n’avait cessé de glisser sur la vague de toute cette frustration accumulée en faisant la démonstration périlleuse d’une gueule aussi longue et profonde que les canalisations des Poudlard ; ce qui en sortait n’étant pas beaucoup plus séduisant. Une telle hargne et révolte ne pouvaient s’expliquer que par des secrets bien enfouis sous une petite caboche, et dont la révélation seule serait capable de boucher ses canalisations intarissables pour un petit moment. L’attaque était la meilleure des défenses, semblait-il ?

- Toi, Meredith. Tu m'obsèdes depuis notre altercation dans cette salle vide.

L’ironie était telle qu’il valait largement la peine de prendre sa revendication au sens purement littéral du terme en les obligeant à faire leurs rondes de nuit ensemble indéfiniment. Ce qui était une idée à considérer sérieusement par ailleurs. Cela dit, il plaignait déjà la lionne parce que si la physionomie de Schepper était digne d’une eau potable, son élocution avait quand même quelque chose d’aléatoire. Léon de Milos. Sublime, mais sans bras, parce que ce que l’histoire ne nous disait pas, c’était que ses bras lui sortaient d’ailleurs. Lui au moins il avait quelque chose pour soi par contre, parce que la petite Breckenridge... Belle de loin et loin d'être belle. Mais pour quelqu’un qui se plaignait de l’hypocrisie, le vert en tenait quand même une sacrée couche. Andreas le voyait bien se réorienter vers le journalisme et faire un stage chez Rita Skeeter. Quoi, n’était-ce pas la Gazette qui rivalisait en imagination pour publier tout sauf la vérité et rien que l’absence de vérité ?

Vous connaissez la géométrie de la fission ennuyeuse ? Il s’agit d’une forme géométrique comme le triangle, le carré, ou toute autre figure avec un nombre d’angles qui garantissent la stabilité énergétique dudit polygone. Dans le rôle des angles, nous avons Schepper, (mystérieux, complexe, raffiné), Sherman (drôle, délicat, intelligent) et Breckenridge (Breckenridge quoi, pas besoin d’ironiser).

Schepper a le slip en feu pour Breckenridge : "Toi, Meredith. Tu m'obsèdes depuis notre altercation dans cette salle vide.", qui elle-même tâte le terrain pour savoir si elle a une chance, ou s’il faut faire des coudes : "Schepper, qui sont les personnes qui te sont le plus chères à Poudlard ?". Mais Schepper soupçonne avoir de la concurrence et voit en Sherman un ex de Breckenridge et veut régler les comptes : "Que penses-tu de ton ancienne amie Meredith depuis la rentrée ?" (rupture intervenue en été ? A cause du frère apparemment). Sherman le prend très mal : "T’es une belle ordure Schepper", probablement parce qu’il utilisait Breckenridge en tant que couverture pour cacher son homosexualité et en pince maintenant pour Schepper et sa gaytude refoulée : "Tu m’avais promis que les filles c’était bel et bien terminé ! J’apprends que notre dernier bain ensemble était un leurre !". Entourée d’arc-en-ciel pareils, pas étonnant à ce que Breckenridge soit un peu frigide. Bref, Sherman tente de trouver du réconfort auprès de Rowell : "Oh dear, dis-moi que toi au moins, tu ne me supporte pas comme binôme par défaut de mieux ?". Sauf que la bleue n’est pas dupe et est peut-être même lesbienne : "Disons que j’aurais préféré travailler avec Lina." Mais Kaveline en pince pour un vieux jardinier (bibliothécaire ?) et Rowell doit se sentir complice de cet amour à sens unique qu’ils éprouvent avec Sherman. Elle venge alors sur Shepper l’homo refoulé pour le faire sortir du placard et lui faire avouer qu’il est devenu préfet que pour en fait être plus proche de Sherman : "Dis-nous donc pourquoi tu t’évertues à t’acquitter des tâches de préfet Schepper ?". Schepper continue à faire sa Céline Dion en train de chanter My Heart Will Go On, puis se venge sur Rowell en cuisinant Kaveline pour montrer à tout le monde qu’il n’y a de place dans son cœur que pour la gérontophilie : "Quelqu’un t’intéresse dans ce château ?". Ce que Kaveline confirme en prétendant une histoire avec Rusard. Schepper, journaliste ? Non, gynécologue, ce qui alliera ses deux passions : la spéléologie et la libido.

La géométrie de la fissure ennuyeuse : la très lente et chiante décomposition relationnelle entre les angles d’une forme géométrique aux segments consécutifs. Mais Andreas n’était pas sûr d’avoir tout compris correctement, il était un peu vieux après tout. Néanmoins, Kaveline confirma une troisième fois sa passion pour les antiquités en essayant de prendre exemple sur sa fille chérie :

- Votre fille est une potionniste également et… Elle semble suivre vos traces. J’imagine que vous êtes fier d’elle ?

Andreas voulut réfléchir, mais la potion le prit de court et il dut se contenter de la nue vérité. Heureusement, Kaveline n’avait pas pensé à préciser sa question d’une quelconque façon.

- Non, dit-il simplement, pas vraiment. Raison pour laquelle miss Rowle part en France dès les vacances de Noël et ne reviendra probablement plus.

Très bonne occasion pour annoncer cette nouvelle ! Puis, son regard glissa significativement sur Schepper. Il y avait une autre histoire qui lui venait en tête, celle de son propre père. Etant petit, Andreas avait nourri une haine significative pour les oignons dans la soupe, plat que le Burke adorait, ce qui en faisait l’invité fréquent de leur table. Les premières fois, systématiquement, Andreas s’était évertué à aligner les oignons sur le bord de son assiette pour les éviter, jusqu’au jour où son père l’obligea à manger tous les oignons sans exception à la fin du repas. Rien de tel que des conséquences se présentant un peu plus tard. Son regard rejoignit Breckenridge, qu’il n’avait pas fini de torturer :

- Miss Breckenridge, à part la mort, quelle serait la pire chose qui, à vos yeux, puisse arriver à votre ami Gabriel Asher ? Et d’ailleurs, il était maître du jeu, alors sans attendre la réponse, il renchérit en fixant à tour de rôle chaque participant. En parlant de mort, à votre avis, si l’une des personnes présentes à cette table devait mourir ce soir, qui vous choisiriez ?

[Vous avez tous le droit à un bonus cette fois ! De rien.]

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MessageSujet: Re: [10 Décembre 1997] Homo homini lupus est. Lun 25 Juin 2018 - 23:47

« Toi, Meredith. Tu m'obsèdes depuis notre altercation dans cette salle vide. »

Elle n’avait pas décroché son regard du sien quand Léon prononça ces quelques mots. Il jouait bien la comédie, c’était un fait, et personne d’autre qu’elle ne pouvait soupçonner l’ampleur du mensonge. A part Lina, peut-être, elle ne se souvenait plus si elles avaient abordé le sujet Schepper dans la salle de bain. Quoi qu’il en soit, le premier concerné était Nolan, et il semblait complètement dépassé par ce qu’une telle révélation impliquait. Léon avait beau montrer plus de morgue que de sympathie, elle devait lui laisser son charisme, et Nolan semblait parfaitement convaincu que celui-ci avait suffit à charmer la lionne. Quand les morceaux seraient recollés entre eux – dans un avenir incertain – elle devrait se souvenir d’aborder le sujet avec lui, parce que c’en était presque offensant. Quiconque la connaissait un peu … ah. Certes.

« Sherman. Que penses-tu de ton ancienne amie Meredith depuis la rentrée ? Moi qui croyais que vous sortiez ensemble… »

Trop facile, Léon, trop facile et sans intérêt. Au moins cela ne compromettait-il personne d’une manière urgente et vitale. Mais une inquiétude la perça quand elle déporta son attention sur l’interrogé, remis de ses émotions et concentré sur ce qu’on venait de lui demander. Quelle que soit l’efficacité de la potion, voilà une occasion en or pour lui de lui jeter à la figure toute la hargne accumulée depuis la rentrée.  Son cœur se serra d’avance, pour mieux encaisser la déferlante de colère et de déception qu’un blaireau trahi avait l’art de déverser sur l’objet de son ressentiment. Elle était prête à contracter tous les muscles de son visage, l’empêcher de trahir sa propre douleur. Car le sujet Sherman restait extrêmement sensible, de plus en plus avec le temps. Elle voyait l’évolution de leur relation comme la synthèse de tout un ordre des choses fatalement bousculé. La récolte d’une saison qu’elle n’avait pas vécue, d’une erreur antérieure précipitée par son hybris et l’arrangement des choses.

Pourtant Nolan répondit, et ce qu’il dit fit lever un sourcil à la Breckenridge. Il semblait clair que le rouquin avait échappé à l’emprise du Véritasérum, car rien dans sa tirade romantico-pathétique ne donnait ne serait-ce qu’un élément de réponse à la question posée originellement. Le fond, la lionne l’analysa rapidement pour n’en tirer qu’une information principale : il mentait. C’est la forme qui la tracassait. A quel moment Nolan avait-il été pourvu de tant de bonté pour épargner à son ancienne amie les foudres de sa Némésis ? Qu’attendait-il pour lui hurler dessus, pour lui asséner quelques coups de poignards bien placés, pour faire démonstration d’une colère froide et intransigeante ? Car il mentait, mais avait choisi de continuer dans son éternelle dérision, son audacieuse pitrerie à défier l’autorité. Alors même qu’on lui offrait une occasion en or de satisfaire Rowle en cédant à l’amertume ! Meredith admirait ce qu’il venait de faire, bien qu’elle trouvât cela un peu idiot dans ces circonstances. La grandeur morale avait encore de belles heures devant elle, ce qui importait maintenant était la survie… elle n’arrivait pas à décider de son sentiment. Mais la parole avait déjà tourné, et vite, trop vite, les petits yeux perçants du Mangemort se fixèrent à nouveau sur elle. Doués d’une vie propre, les mots empoisonnés du vieil homme s’enfoncèrent dans la plaie ouverte par les dernières révélations de la lionne.  

« Miss Breckenridge, à part la mort, quelle serait la pire chose qui, à vos yeux, puisse arriver à votre ami Gabriel Asher ? » Et m*rde. Encore Gabriel. Ce démon savait comment soulever les bas-instincts et saler les chairs à vif. Elle inspira pour répondre, sentant que l’effet de la potion lui faussait compagnie, mais il n’en avait pas fini. « En parlant de mort, à votre avis, si l’une des personnes présentes à cette table devait mourir ce soir, qui vous choisiriez ? »

Qu’on l’oblige à rester à Poudlard pour les vacances. Il déteste cet endroit et adore la moitié de sa famille qui n’est pas mourante.
Nommez le préfet, ça lui fera les pieds, il devra passer ses journées avec moi.
Chatouillez-le, que diable !


« A mes yeux ? Qu’on les arrache, sans doute. Je ne vois pas ce qui pourrait leur arriver de pire. »

Son visage égal était resté le même, mais elle n’avait tout de même pas eu l’impertinence de lever les yeux vers ceux du professeur. Protéger Gabriel, encore et toujours. La tâche devenait plus difficile à chaque instant. Quitte à mentir – mentir encore, mentir sans cesse – autant y aller à fond. Que pouvait-il leur arriver de pire ? Mais alors qu’elle se pensait épargnée sur la question suivante, sa langue s’emballa, et elle ne put retenir les paroles qui suivirent.

« Je vous choisirais vous, Professeur. Vous êtes sans conteste le plus dangereux pour ma vie dans cette pièce. » Parfait. Au moins c’était clair. Evidemment que cette réponse était celle de tous ceux présents autour de la table : restait à voir s'ils auraient les foies de le dire à haute voix, ou s’ils essaieraient d’alléger leur peine en mentant s’ils le peuvent. Meredith attendit un instant avant de reprendre, cherchant une chevelure rousse du regard. « A moins que quelqu'un ait prévu de m’assassiner au sortir de cette charmante réunion. Sherman, peut-être ? »

Son regard trouva celui de son ami, et son attitude lui fit comprendre qu’elle reprenait la conversation laissée en suspens un peu plus d’un mois auparavant. Elle connaissait sa colère et sa rancœur, sa déception immense, mais elle avait besoin de savoir jusqu’où celle-ci pouvait aller. Elle avait besoin de l’entendre de sa bouche affranchie. Alors toujours de sa voix calme et de son air indifférent, elle le lui demanda.

« A quel point me méprises-tu pour tout ce que je t'ai fait ? »

En espérant qu’il comprenne ce que le "tout" impliquait et ne croie pas qu’elle venait de confirmer sa prétendue relation avec Schepper...

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[10 Décembre 1997] Homo homini lupus est.

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