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[4 Décembre 1997] Philotès aux enfers

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Serpentard7ème annéePréfet
    Serpentard
    7ème année
    Préfet
AVATAR : Brant Daugherty
MESSAGES : 116

INFOS PERSONNAGE
SITUATION AMOUREUSE SITUATION AMOUREUSE: Célibataire.
DATE & LIEU DE NAISSANCE DATE & LIEU DE NAISSANCE: 4 décembre 1980 (Londres)
SANG SANG: mêlé
MessageSujet: [4 Décembre 1997] Philotès aux enfers Dim 4 Fév 2018 - 17:05



C'était une laisse. Voilà la conclusion à laquelle Léon était arrivé en conduisant la file de ses condisciples Serpentard vers leur salle commune. Une laisse que les Carrow lui avaient soigneusement accrochée à sa robe de sorcier. Certains élèves pleuraient, d'autres avaient l'air hagard. Des regards suspicieux glissaient sur lui mais Lysander était le principal destinataire de la vague de murmures que le nouveau Préfet ne prit pas la peine de faire taire. Gilson avait réussi à jeter un sortilège impardonnable après quelques minutes de concentration. A peine 120 secondes à toute casser pour réussir à vouloir la souffrance d'une enfant. Mais Léon avait la sensation qu'il n'en tirerait aucun avantage. Quel effet ça te fait, hein Gilson, d'être enfin craint après avoir autant été victime ? Le jeune homme secoua la tête, se contentant de mettre un pied devant l'autre en se tenant un peu à l'écart du troupeau de verts-et-argents. Son regard se perdit dans la foule, s'arrêtant sur les silhouettes les plus petites, qui semblaient désespérément avoir besoin d'une nuit de sommeil. Les cernes s'étirant en dessous de ses yeux gris soulignaient également la nécessité de fermer les yeux mais il savait qu'il ne gagnerait pas Morphée de son plein grès. Pas de suite. Pas après avoir également essayé de lancer un Doloris. Il retînt un soupire tandis que la moitié de l'amas d'élèves pénétraient à présent dans la salle commune, ses yeux se posant sans le vouloir sur le dos d'Heather. Il n'avait pas besoin qu'elle se retourne pour savoir que les cheveux bruns légèrement ondulés lui appartenaient. Et il n'avait pas envie qu'elle le fasse non plus. Il se figea, incapable d'avancer plus. Il avait le sentiment que s'il suivait le groupe, il allait étouffer. Il recula d'un pas, sursautant lorsqu'une main se posa sur son avant bras.

__ Léon ? Murmura Charles avec douceur.

C'était comme percevoir le monde à travers un tampon ouate, comme si ses oreilles étaient à présent remplies de coton et qu'il se déconnectait de la réalité. Il inspira profondément, tâchant de récupérer un peu de couleur et de contenance alors qu'il traînait un air maladif depuis plusieurs semaines.

__ Je ... je reviens, répondit-il à son ami avant de faire volte face.

Il tourna à l'angle d'un couloir avant d'accélérer l'allure, sans destination précise en tête. Cette dernière était bien trop remplie : le visage d'Elène en décomposition venait lui rendre visite les rares fois où il réussissait à s'endormir. Parfois, elle se contentait d'être dans sa tombe de fortune mais son esprit tordu la plaçait de plus en plus souvent à ses côtés, lorsque qu'Alecto Carrow avait pointé sa baguette sur lui pour le meurtrir. Elle s'approchait, se nichant juste à côté de son oreille et lui susurrait qu'il n'avait que ce qu'il méritait. Et quand il se réveillait, il avait le sentiment que l'odeur fétide du cadavre lui collait à la peau. Léon secoua la tête, luttant pour que la vision de la morte disparaisse, refusant qu'elle ne le hante également en plein jour. Il ouvrit la porte à la volée, la refermant derrière lui avant de se laisser tomber au sol, inspirant à plein poumon.

L'endroit été confiné, exactement comme dans ses souvenirs. Etrangement, la situation exigüe de ce cagibi lui procurait un sentiment de sécurité. La tête appuyée contre la surface froide d'un des murs, il ferma ses yeux fatigués. Les dernières semaines s'étaient montrées particulièrement éprouvantes, tout comme le temps qui s'avérait morose. Il frissonna malgré lui, ses doigts jouant quelques instants avec son insigne de Préfet qui semblait déjà peser bien plus que les quelques grammes objectivés. Cela ne servait à rien de se demander pourquoi il se retrouvait avec ce grade non désiré. Seulement, il avait l'impression d'être épié de toute part. Comme si être projeté sur le devant de la scène des élèves choisis par les Carrow lui collait désormais une étiquette de vendu sur le front, en lettres capitales rouges. C'était presque risible tant le destin prenait un malin plaisir à se foutre de sa gueule. Un mince sourire, dénué de tout sentiment de joie, traversa ses lèvres pâles. Si c'était pour le punir de s'en être tant pris aux Préfets en les rendant responsables de tous les maux de l'école, il fallait accorder au destin un certain sens de l'humour. L'adolescent n'avait cessé de marteler à Peters ou Brenckenridge qu'il ne comprenait pas pourquoi elles obéissaient aux mangemorts sans rien dire, pourquoi elles semblaient tellement résignés. C'était comme si l'ironie même s'était demandée : il voulait comprendre ? Soit ! Et quoi de mieux que de le mettre dans l’exacte position tant critiquée ? Si seulement il avait voulu entendre ce que Peters avait chercher à lui décrire. Il n'avait pas fait mieux, n'avait pas faire pire non plus. Il s'était contenté de mettre en rang tous ses condisciples et puis il était entré dans la Grande Salle pour affronter de nouveau l'esprit tordu des jumeaux perfides. Sentait-il une différence par rapport aux autres fois ? Strictement aucune. Et les autres, comment voyaient-ils désormais le nouveau préfet des Serpentard ? Le jeune homme se tapa doucement la tête contre le mur de pierre, pas assez pour se blesser mais suffisament pour se morigéner. Il était tellement bête. Etre préfets ce n'était pas avoir un quelquonque pouvoir, sauf si l'on considérait qu'être une brave bête tenue en laisse était un pouvoir. Non, cela signifiait juste que dans ce château et parmi la masse d'élèves indissociables, les Carrow connaissaient son nom. Et qu'il n'avait plus le droit d'hésiter. C'était pour cette raison qu'il avait levé une baguette pleine de promesse et qu'il avait tenté un Doloris. Sans succès. Mais il avait essayé, vraiment. Et il s'en voulait pour ce geste, même si les remords ne servaient pas à grand chose. C'était facile de s'excuser après coup, en sécurité et tourmenté uniquement par sa mauvaise conscience. S'excuser cela ne lavait pas les tords, c'était juste un subterfuge pour essayer d'apaiser sa conscience ou de recoller les morceaux avec des personnes à qui on avait fait du mal.

Les excuses feraient une belle jambe à Elène, tiens. Et ne l'absoudraient pas devant un quelquonque tribunal. Au moins, le régime actuel avait le mérite de noyer l'absence de sa voisine dans la liste sans fin des disparus.  Mais le Serpentard savait que d'autres étaient sur la piste des évènements d'Août et qu'ils connaissaient son nom. Qui étaient-ils et que lui voulaient-ils ? Il n'en avait pas la moindre idée, mais ces individus semblaient désireux de ferrer un bien plus gros poisson. Dont Léon s'était abstenu de parler, espérant que la rencontre fortuite avec ce bibliothécaire de malheur n'en reste là s'il évitait de l'offusquer. Tout ça pour quoi ? Pour que tous ses efforts ne partent en fumée en le voyant aux côtés d'Heather. Ben voyons !

Il grimaça. Le fond du problème - celui qui lui donnait cet air sombre depuis déjà deux longues semaines - avait un visage et un prénom. Et malgré ses tentatives pour ne pas y penser, elle revenait continuelle le tourmenter. Que dire, de toute manière ? Ils ne s'étaient pas adressé la parole depuis cette fameuse nuit où elle avait préféré partir avec Holbrey. Il n'y avait eu aucune explication, c'était comme ci un rideau s'était fermé et qu'ils n'avaient plus rien à se dire. Le premier jour, il était descendu prendre son petit déjeuner et avait eu bien du mal à avaler quoi que ce soit devant la silhouette maigrichonne de sa camarade. De longues minutes gênantes s'étaient étirées puis elle avait relevé la tête. On aurait dit un chaton tâchant de sortir les griffes, mais l'intention y était. Il avait terminé son café, le liquide trop brûlant se déversant dans sa gorge serrée puis il était parti. Il avait réussi à l'éviter soigneusement avec une habilité due uniquement à l'expérience. Après avoir consciencieusement fuie Holbrey, s'être arrangé pour ne quasiment jamais croiser Lukas, il s'était prêté au jeu avec Heather. Peut-être y avait-elle mis également du sien, mais  la manoeuvre avait été habile. Parfois, il avait l'impression de sentir son regard brûlant sur sa nuque et mettait toute son énergie pour ne pas céder à la tentation de se retourner. Sept années à toujours être collés l'un à l'autre laissaient cependant de vieilles habitudes : comme ce soir, où il avait fini par poser ses yeux sur son dos alors même qu'il ne la cherchait pas. Comme quelques heures avant, lorsqu'il avait constaté du coin de l'oeil qu'elle ne se trouvait pas parmi les victimes. Ce mutisme était puéril mais l'adolescent se complaisait dedans, incapable de s'excuser, incapable d'engager la conversation ni de poser des questions auxquelles il ne voulait pas de réponses. Il inspira un grand coup et ferma les yeux. Elle lui manquait. Il savait que c'était de sa faute, qu'il l'avait blessée et méritait qu'elle le haïsse. Sauf qu'il se sentait également trahi. Pourquoi avait-elle crue aussi vite les paroles acerbes qu'il lui avait servi ? Pourquoi s'était-elle éloignée de lui comme une femme battue ? Comme s'il avait osé lever la main sur elle. C'était ça le pire : voir avec quelle rapidité elle avait préféré un quasi-inconnu à celui ayant toujours été là pour elle. C'était donc ça, l'amitié ? C'était curieux, il en avait toujours eu une autre définition. Mais après tout, l'amitié n'était elle pas synonyme d'idéalisme ? On pense la relation assez fusionnelle pour survivre à tout et puis un jour elle se brise avec la fragilité d'une coupe en Crystal. Cela dit, en y réfléchissant bien - et il en avait eu, des heures solitaires de réflexion ! - la coupe s'était peut-être effritée depuis plusieurs mois déjà. Heather connaissait Holbrey, avait partagés des choses avec lui et elle n'avait pas désiré les partager. Tout comme lui avait tue sa rencontre avec le bibliothécaire. Quels autres éléments s'étaient-ils appliqués à se cacher mutuellement ? Quel était l'élément déclencheur ?

Il faisait froid. A chacune de ses expirations, un petit halo de buée s'échappait de sa bouche. Mais il avait envie de rester là, dans le calme de cette pièce qu'il savait être la racine du mal les rongeant. Qu'il se réfugie dans l'endroit où elle lui avait infligé un premier refus pour se consoler du second, ca aussi le destin devait s'en amuser. Il resserra les pans de sa cape autour de ses épaules, se maudissant de n'avoir enfilé qu'un maigre pull en coton noir. Les secondes passèrent et Léon s'abandonnait presque à l'état de somnolence qui lui servait de sommeil lorsque la poignée de la porte s'agita, une silhouette s'autorisant à pénétrer dans la bulle qu'il s'efforçait de maintenir depuis les quelques minutes où il été entré dans ce placard à balais. Il soupira en la reconnaissant, son regard se posant d'abord sur ses jambes fines, remontant avec une lenteur exagérée jusqu'à ses hanches avant de se poser sur son visage. Il ne l'avait plus regardé en face depuis un bon moment et il réprima l'envie de s'attarder sur les longs cils effleurant ses pommettes hautes. Malgré ses efforts, il ne pu s'éviter de constater qu'elle était tout à fait à son goût, tout comme il ne pu éviter le regard noisette qu'elle posa sur lui. Il se renfrogna tandis qu'elle refermait la porte derrière eux et la lâcha des yeux en vitesse. Il y avait trop de détails qui lui manquaient dans ce visage pour qu'il ne s'autorise à s'y attarder plus longtemps.

Il referma ses yeux. Il faudrait qu'il pense à faire une liste pour son anniversaire, parce que si Charles pensait qu'envoyer Heather à sa poursuite était un bon cadeau, il se fourrait le doigt dans l'oeil. Il y avait des choses qui ne se réparaient pas en un claquement de doigt et son ami devait apprendre que la relation de Léon et Heather faisait parti de ces choses fragiles. Avant qu'elle n'ouvre la bouche, il leva une main lasse comme pour lui demander d'arrêter avant même qu'elle n'ait commencé. Elle avait mal choisi son moment pour lui demander des comptes.

__ S'il te plait, pas maintenant, souffla-t-il, ses yeux pochés de cernes noirâtres toujours clos.

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SERPENTARD7ème année
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MessageSujet: Re: [4 Décembre 1997] Philotès aux enfers Ven 9 Fév 2018 - 17:20

Heather n’avait pas compris pourquoi Léon s’était comporté de la sorte lorsqu’il était tombé sur le bibliothécaire et elle-même, quelques semaines plus tôt. Doucement, comme à son habitude, il avait frôlé sa joue, replaçant une mèche de ses cheveux près de son visage, la fixant de ses yeux gris si familiers, cherchant elle ne savait quoi sur son visage. La serpentard avait été heureuse de le voir, la vue du jeune homme apaisant son esprit troublé, son nom synonyme de réconfort et d’une des seules stabilités que la vie avait bien voulu lui accorder. Mais son attitude avait changé radicalement et contrairement à la douceur dont elle avait l’habitude lorsqu’il était près d’elle, il avait été rude, s’appropriant la jeune fille comme on le faisait d’une possession quelconque, la brusquant sans réelle considération pour son état intoxiqué. Puis, les mots avaient été blessants, gratuits, aucune bonne raison justifiant leur utilisation à son égard alors que sa main avait agrippé son menton, ajoutant humiliation à la plaie ouverte que l’insulte avait créée en elle. Elle s’était sentie trahie et alors que son âme déjà meurtrie par le détraqueur se retrouvait d’autant plus blessé, elle avait pris la décision de rejoindre Octave et son sourire bienveillant, ne possédant pas la force de subir de nouveau les reproches et l’attitude tranchante que son meilleur ami semblait s’être découvert à son égard. Une fois calmée et soyons honnêtes, une fois l'alcool ayant finalement quitté son système, la couleuvre s’était convaincue que de faire comme si rien ne s’était produit était la meilleure solution pour éviter que la situation n’escalade. Elle avait rejoint la grande salle, s'asseyant à la longue table des serpentards, laissant quelques places de libres entre elle et les autres étudiants peuplant la table. Elle avait attrapé une tasse de thé comme il en était son habitude, sirotant le liquide chaud qui coulait tranquillement le long de sa gorge, attendant que Léon la rejoigne pour le petit-déjeuner. Celui-ci était finalement arrivé et malgré toutes ses bonnes intentions initiales, la jeune Trown avait vu rouge, la trahison de la vieille se mélangeant à une colère noire et brûlante, détruisant son intention première d’oublier toute cette histoire. Heather plissa les yeux, fixant son ami de longues minutes avant de foudroyer son thé du regard, sa bouche se tordant en une moue frustrée.

Depuis ce fameux matin, un silence inébranlable s'était posé entre eux, Léon l’esquivant affreusement bien, frustrant d’autant plus la vipère. Il voulait jouer à ce jeu ? Parfait ! Les regards s'évitaient, les cours étaient passés assis à des tables différentes et les repas étaient mangés séparément, chacun dans leur coin. La tension était palpable entre les deux amis, lourde et remplie de sous-entendus et de non-dits, car bien que la raison de leur éloignement n’avait jamais été clairement énoncée, celle-ci était claire comme de l’eau de roche pour les deux concernés. Charles avait tenté à maintes reprises de tirer les vers du nez de la brunette, mais celle-ci avait refusé de répondre à ses questions incessantes, préférant lui jeter un regard noir qui voulait tout dire à chaque fois qu’il osait aborder le sujet : c’était entre Léon et elle, et cela ne le concernait pas. Il semblait avoir compris que la dispute silencieuse ne serait pas réglée grâce à lui et bien que les regards questionnant étaient toujours bien présents, il gardait heureusement ses commentaires pour lui-même, chose pour laquelle Heather était très reconnaissante. La brunette détestait la situation, son esprit passant en boucle les derniers mois, tentant de trouver quand exactement cette distance avait débuté, car le fossé qui les éloignait datait d’avant cette nuit, remontait à plus loin que son refus de revenir avec lui à la salle commune. La confiance aveugle qui régnait entre eux deux s’était amoindrie, s'effritant à chaque secret que chacun avait omis de révéler à l’autre, gardant pour soi des événements qui normalement auraient été partagés sans arrières-pensées. Elle-même avait enfoui plusieurs secrets, l’expédition en Sibérie était le plus récent d’entre eux, mais si elle était réellement honnête envers elle-même, tout avait commencé l’été 1996, lorsqu’au lieu de se confier par écrit à Léon, elle avait renvoyé chacun des trente-quatre hiboux à leur expéditeur, refusant de même ouvrir une des lettres et d’y découvrir son contenu. Mais au final, elle lui avait tout dit dès qu’ils s’étaient retrouvés l’un face à l’autre, les mots sortant tout seuls, révélant le secret qu’elle s’était efforcée d’oublier et de garder pour elle. Cet événement était-il vraiment le début de la fin, la raison pour laquelle des bribes d’informations étaient masquées, camouflés parmi leur quotidien ? Mais, elle n’était pas la seule fautive dans toute cette histoire, les secrets s’empilant d’un côté comme de l’autre. La nuit où tout s’était déclenché avait justement révélé que Léon gardait plus que ses moments de débauche à l’infirmerie pour lui-même : le faux meurtre étant une autre grosse histoire dans la montagne de cachotteries qu’ils avaient développée l’un pour l’autre, car bien que le meurtre n’en était pas un, le jeune homme était persuadé que oui, si l’accusation lancée était une indication quelconque. Alors, pourquoi garder un si gros poids sur ses seules épaules ? Pourquoi tant de mystères entre eux deux ? POURQUOI ?

Pinçant les lèvres, la serpentard retint un soupire, continuant d’avancer au sein de ses camarades verts et argents, rejoignant la salle commune de la maison des serpents. Les mêmes questions surgissaient sans cesse dans son esprit, ne trouvant jamais les réponses tant espérées, gardant toujours la jeune fille insatisfaite et incapable de se faire une idée claire sur la situation dans laquelle les deux amis se trouvaient maintenant. C’était à la rendre folle! Même le cours sur le cruciatus n’avait pas réussi à lui libérer l’esprit et pourtant, celui-ci avait été particulièrement percutant et douloureux pour plusieurs, même si elle s’en était bien sortie pour sa part. Croisant les bras, la brunette s’arrêta, laissant les premiers de leur groupe bien rangé prononcer le mot de passe libérant l’accès à la salle commune. Elle s'apprêtait à pénétrer l’antre des vipères lorsqu’une main l’attrapa par le bras, la tirant à part, insistante. Heather foudroya Charles du regard, arrachant d’un mouvement brusque son bras de son emprise, les croisant de nouveau devant son torse, un air renfrogné se posant sur son visage féminin.

- Si c’est pour me demander encore ce qu’il se passe entre Léon et moi, tu peux te retenir, dit-elle, la fin de sa phrase perdant de son venin alors qu’elle enregistrait finalement le regard inquiet de son ami. Pourquoi la regardait-il de cette façon ? Voyant l’hésitation du jeune homme, la vipère fronça légèrement les sourcils, puis murmura lentement, le ton questionnant : Charles ?

- Il ne va vraiment pas bien, Heather. Il ne dort pratiquement plus, il mange à peine...

Heather pencha la tête vers l’arrière, ses yeux se posant sur le plafond de pierre tandis que sa mâchoire se serrait douloureusement. Elle considéra longuement les paroles de Charles, sachant que celui-ci devait être réellement inquiet pour l’aborder de cette façon, l’humour, qui peuplait généralement ses propos, remarquablement absent. La vipère ne voulait pas faire les premiers pas, refusant catégoriquement d’être celle levant le drapeau blanc dans les airs, annonçant la trêve entre eux deux. Sauf que c’était son anniversaire. Un noeud se créa dans son ventre, serrant fortement la poitrine de la couleuvre, alors que sa résolution se dissolvait doucement. Fuck!

- Il est parti où ?

Silencieusement, Charles pointa le corridor adjacent et la jeune fille sut immédiatement où Léon s’était réfugié. Elle ferma les yeux un instant, le fameux placard s'imprégnant dans son esprit avec une rapidité étonnante. Elle hocha doucement de la tête avant de s’avancer lentement vers la dit couloir, prenant un peu plus de temps que réellement nécessaire pour s’y rendre, tentant de calmer l'inquiétude qui s’était logée dans son ventre aux paroles du vert et argent. Voyant que la voie était libre, aucun étudiant ou membre du personnel rôdant dans les parages, Heather ouvrit la porte et se glissa dans le petit placard à balais, refermant lentement la porte dans son dos. La petite salle était sombre, pratiquement noire, et d’une froideur à en glacer le sang, la chair de poule envahissant sa peau. Frissonnante, Heather resserra sa cape, tentant de réchauffer quelque peu son corps assailli par le froid. Elle s'apprêtait à offrir d’aller discuter ailleurs, lorsque Léon leva la main en signe d’arrêt, sa voix s’élevant dans les airs quelques instants plus tard, brisant le silence lourd qui s’était posé entre eux :

- S’il te plait, pas maintenant !

Sa voix était brisée, beaucoup trop faible pour que celle-ci soit normale et la jeune femme hésita, le toisant longuement du regard. Charles avait raison, Léon ne dormait pas, les cernes noirs sous ses yeux contrastant affreusement avec sa peau anormalement blanche. Doucement, elle s'asseya à ses côtés, se laissant glisser contre le mur tandis que ses jambes se pliaient sur le côté, un frisson parcourant son corps au contact de la pierre froide du plancher sur sa peau découverte. Elle laissa le silence s’éterniser, fixant Léon, observant son apparence maladive, son coeur se serrant à la vue qui s’offrait à elle. La colère qui rageait en elle depuis les deux dernières semaines s'éclipsa, remplacée par l'inquiétude qu’elle ressentait pour son ami. Lentement, elle enlaça ses doigts avec les siens, la main glacée du jeune homme contrastant avec la chaleur dont sa propre main émanait. Elle détestait le voir dans cet état, se demandant si c’était bien elle la cause de tout ce malheur, de tant de souffrance. Leur dispute silencieuse ne pouvait pas avoir causé tant de mal, non ? La vipère cligna des paupières, se mordillant doucement la lèvre inférieure, avant de souffler :

- Love…, elle s’arrêta, incertaine, le surnom coulant facilement sur sa langue, mais semblait si inapproprié à cet instant. Elle coinça sa lèvre inférieure entre ses dents, mouillant la peau sèche et rosée qui la couvrait, avant de reprendre la parole, hésitante : Ça va ?

Mais quelle question stupide. Évidement qu’il n’allait pas bien, alors pourquoi poser la question ? La colère était tellement facile pour elle que lorsque la situation demandait une quelconque intelligence émotionnelle, la brunette se retrouvait régulièrement à court de morts, balbutiant des paroles cyniques ou simplement inutiles. Frustrée contre elle-même, la jeune femme leva les yeux au ciel, maudissant son manque remarquable de tact.

_________________

HAVE YOU EVER HAD THOSE DAYS
WHEN YOU ARE HOLDING A STICK
AND EVERYONE LOOKS LIKE A PINATA?


Dernière édition par Heather Ivy Trown le Sam 10 Fév 2018 - 15:58, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [4 Décembre 1997] Philotès aux enfers Ven 9 Fév 2018 - 21:39


Léon la sentie se glisser auprès de lui et retînt un long soupire d'exaspération en sentant les petits doigts se mêler aux siens. Mais à quoi jouait-elle exactement ? C'était quoi cette technique de l'autruche à laquelle Heather s'essayait ? Si c'était encore une idiotie dans le genre "Sorcière Hebdo : comment vous réconcilier avec un ami en 3 étapes " et bien il était grand temps qu'elle résilie son abonnement mensuel. Il la laissa jouer quelques instants avec sa main avant de réaliser qu'il n'en tirait aucun réconfort, ne comprenant pas la raison de ce geste de tendresse. Aux dernières nouvelles, ils ne s'étaient plus adressé la parole et elle revenait la bouche en coeur comme si de rien n'était, en ayant le culot de peindre sur ses traits fins un air réellement inquiet ? Non. C'était trop facile et c'était une nouvelle fois fermer les yeux sur le petit monticule de problèmes qui s'amoncelait entre eux, plus près de la montagne que du petit tas, à présent. Elle faisait exactement ce qui était en train de faire pourrir leur relation, à la manière d'un bouquet de fleur trop longtemps délaissé. Elle essayait de recoller les morceaux, d'arroser la plante agonisante pour espérer la voir bourgeonner de nouveau. Etait-elle naïve au point de ne pas comprendre que c'était comme fermer la porte d'une pièce trop encombré pour ne pas voir le désordre qu'il s'y trouvait ? Ne comprenait-elle pas qu'il y avait à présent trop de soucis et que ces derniers cognaient à la porte de leur relation pour qu'ils daignent s'y interesser ?  

__ Love, le salua-t-elle et le jeune homme serra les dents sous l'emploi du surnom affectueux. Etait-ce vraiment à lui de lui expliquer qu'ils n'en étaient plus là ? Elle méritait une bonne douche froide et Léon se demandait vraiment pourquoi elle avait choisi ce jour en particulier pour venir la quémander. Ca va ? l'interrogea-t-elle.

Sérieusement ? Les yeux toujours fermés, le jeune homme retira lentement sa main de l'étreinte brûlante de celle d'Heather. Pourquoi fallait-il continuellement que les gens s'encombrent de telles banalités ? A quoi cela rimait de demander à une personne ayant choisie de s'isoler si elle allait bien ? Elle n'était pas plus idiote qu'une autre et probablement bien rencardée par Charles, qui ne perdait rien pour attendre. Bien sûr que non il ne se sentait pas bien tout, comme il savait qu'elle non plus n'appréciait pas le conflit grandissant entre eux deux. Mais il détestait sa façon d'aborder les choses comme si leur relation ne souffrait de rien et qu'elle venait juste s'enquérir de son bien être par une formulation toute faite sensée lui délier la langue. C'était une approche comme une autre, mais qui encore une fois témoignait de la maladresse et du gouffre s'étirant entre eux. Elle lui avait servi une phrase bateau parce qu'ils n'avaient plus rien à raconter. A vrai dire ? Elle avait mille fois plus de raison de lui en vouloir que l'inverse. Il l'avait malmené alors qu'elle était fragile et n'avait récolté que ce qu'il méritait, s'enfermant de lui même et se complaisant dans le silence pour ne pas avoir à formuler la moindre excuse. Et maintenant, il avait fini par trouver que la situation était bien comme cela. Cela faisait trop longtemps qu'il se contentait d'être là pour elle sans jamais lui demander de lire entre les lignes ni même la moindre contre partie. Et qu'avait-il eu en retour ? Un rejet au moindre faux pas. Alors oui, c'était facile de lui en vouloir pour une descision prise sous l'effet de l'alcool, évidemment. Facile également de laisser la jalousie diriger sa colère et prendre toutes les descision. Avec un peu plus de sommeil et un meilleur recul, peut-être aurait-il était capable de mieux réagir sauf que le seul mot auquel il pensait en ce moment, c'était le rejet. Donia, Elène ... Heather. Etait-ce un raccourci de dire qu'au final elles étaient toutes pareilles ? A donner sans se protéger on finissait mal et l'adolescent en avait plus qu'assez. Il rouvrit les yeux, tournant la tête avant de la regarder longuement. Elle avait vraiment l'air de s'inquiéter en plus. Décidément, elle n'avait pas choisi de lui faciliter la tâche.

__ Il y a deux réponses à ta question : la vérité et la banalité, rétorqua-t-il en levant la main, replaçant les cheveux de la jeune femme derrière son oreille, frôlant sa peau du bout de ses doigts glacés. Vu que tu choisis de revenir vers moi comme si nous étions toujours aussi complices l'un et l'autre, je me demande ce qui t'intéresse. Il marqua une pause, lui offrant un sourire outrageusement surjoué et faux. Oui Heather, je vais parfaitement bien. Sors donc mon gâteau d'anniversaire et soufflons ces p****** de bougies. Non, attends, mieux. Tu as un cadeau caché sous ta cape ? Dis moi que tu as mis un joli noeud vert parce que sinon, je suis extrêment déçu. Il ricana avec sarcasme avant de la regarder froidement. Ca te va, comme banalité ? C'est à la hauteur de ton " ca va "?

Il était cruel et il le savait. Mais voilà, à force de faire monter la pression il fallait bien que la soupape lâche à un moment donné. De toute manière cela n'avait été qu'une question de temps avant qu'il ne l'attrape au détour d'un couloir et ne la confronte à leurs problèmes. Il la détailla sans aucune gêne, se rendant presque compte à quel point il l'avait malgré tout épiée pendant ces deux longues semaines de silence radio. Il n'avait qu'une envie : qu'elle explose et qu'elle lui dise qu'il s'était comporté comme un parfait idiot. Ca, il le méritait totalement. Cela aurait d'ailleurs dû se passer de la sorte : elle l'aurait envoyé voir du pays pour qu'il se soit comporté ainsi et il se serait excusé. Mais non, il avait fallu qu'elle le regarde comme si c'était commun qu'il la brusque de la sorte et que cette fois là elle avait eu un témoin et un preux chevalier. Merlin qu'il lui en voulait de ce regard presque effrayé et du choix qu'elle avait fait sans même lui laisser le bénéfice du doute. Sept années de confiance balayées en quelques syllabes ? Bien sûr qu'elle était fautive aussi ! C'était ... décevant.  Mais il aurait pu supporter la déception si elle n'avait pas choisi Holbrey en remplaçant. Et puis bordel, en parlant de mauvais choix, ne pouvait-elle pas choisir un autre jour qu'aujourd'hui ? La méchanceté courrait dans ses veines et il n'était plus certain de réussir à endiguer le flot de reproches qu'il gardait en lui. Il s'était comporté comme un c** mais elle avait sauté sur l'occasion pour le fuir. D'ailleurs, elle n'avait pas sauter que sur ça cette nuit là, s'il en croyait la nuit passée sur le canapé à attendre qu'elle rentre, n'est-ce-pas ? Sa colère sourde était si intense que le jeune homme se demandait si Heather ne voyait pas sa haine s'inscrire sur son front. Il ne lui laissa pas le temps de répondre à ses sarcasmes.

__ Ah ! Non, laisses-moi deviner nous nous disons tout, toujours, alors tu veux la vérité ? Il fit mine de réfléchir, traçant de petits ronds sur la main d'Heather, la douceur de ses gestes contrastant avec la dureté de ses propos. Non. Je ne vais pas bien. Mais tu le sais, tu es mon amie et tu me connais par coeur, sweet ? Il l'avait appelée par son surnom mais c'était comme s'il l'avait craché avec amertume. Je m'épanouis tellement dans mon nouveau rôle de préfet que je ne sais pas par quoi commencer, vois-tu. Comment t'expliquer : je suis un peu comme un chien à qui on dit de s'assoir et de donner la patte. C'est l'extase totale : cette impression que si je ne fais pas exactement ce qu'ils attendent je vais découvrir la joie d'une mort prématurée. Il lui tapota la main, souriant de toutes ses dents. Oh. Oui. En parlant de mort, j'ai tué quelqu'un mais je ne savais pas trop comment te le dire. Il pencha la tête sur le côté en pinçant ses lèvres. Mais visiblement les meurtriers ne t'effraient pas ... Quelle chance j'ai ! Une si bonne amie ! J'aurais su que tu étais si compréhensive penses-tu, j'aurais fait appel à toi pour planquer le cadavre mais il se trouve que ton amant se charge très bien de creuser des trous. Il creuse des trous mais dis-moi, il les comble bien ?

Là, il avait dépassé les bornes et il en était intimement convaincu. Voilà ce que l'on gagnait à ruminer trop longtemps, une fois qu'on se retrouvait en face de la dite personne les mots coulaient tout seul avant qu'une quelquonque retenue ne fasse le tri. Il inspira puis expira bruyamment, lâchant sa main et secouant la tête, désespéré par la tournure que prenait cette conversation. Fallait-il vraiment qu'il lui dise tout cela ? Une petite partie de lui trouvait cela démesuré, seulement l'autre moitié avait envie qu'il vide ce trop pleins d'émotions. Il reposa sa tête contre la pierre froide, un sifflement acide traversant ses lèvres pâles qu'il mordit afin d'essayer de contenir la suite. Le problème, une fois que le barrage avait cédé, c'était que l'eau se déversait et qu'il était complètement illusoire d'essayer de la retenir. Il ouvrit la bouche, la referma, puis décida que quitte à lui dire ce qu'il pensait, autant ne pas prendre différent chemin. Il se retourna vers elle, ses propres joues à présent rendues écarlates par la colère qui enflammait également ses yeux.

__ T'as choisi un quasi-inconnu que j'accuse de meurtre. Comment tu veux que je le prenne, Heather ? Tu vois moi, spontanément, j'aurais pensé que je méritais plus ta confiance que n'importe qui. Mais faut croire que j'accordais plus d'importance à notre relation qu'elle n'en a à tes yeux, murmura-t-il, le ton tranchant. Tu en veux de la vérité ? Je t'ai parlé comme un con et je suis désolé, avoua-t-il avec sincérité. Ces excuses là, tu les mérites. Mais je ne t'en ferais pas d'autres.

Il lui accorda un regard pour appuyer sa promesse, clignant des yeux pour retenir les quelques larmes de frustrations qui ne demandaient qu'à dévaler ses joues. Il était exténué de cette journée, exténué de ces nuits sans sommeil et par dessus tout fatigué de ce conflit avec Heather qui n'avait cessé de le torturer. La déception transpirait maintenant par tous les pores de sa peau. Mais bien plus que ça, c'était la jalousie qui envenimait tout.

__ Par contre si tu veux mon avis sur ton rat de bibliothèque, va y je te donne ma bénédiction. Il paraît qu'il adore ça, ligoter les élèves pour les faire crier, ironisa-t-il.

Il haussa les épaules. C'était petit, n'est-ce pas ? Facile. Gratuit. Méchant. Fallait croire que prendre une année d'âge ne lui faisait pas gagné en délicatesse. Mais comme Charles le disait, quand il perdait le contrôle, c'était loin d'être distingué.

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MessageSujet: Re: [4 Décembre 1997] Philotès aux enfers Dim 11 Fév 2018 - 15:54

La main glissa de son étreinte, fuyant la chaleur de ses doigts fins pour se réfugier plus loin, évitant le seul contact qu’ils avaient partagé lors de ces deux dernières semaines. Elle avait peut-être exagéré sur ce coup, forçant un rapprochement qui n'était plus naturel, alors qu'elle tentait de s'enquérir du malheur qui semblait le hanter outrageusement. Elle ne dit rien de cet éloignement, s'appuyant un peu plus sur le mur de pierre glacé qui refroidissait son corps à une rapidité hallucinante, gardant son regard posé sur le jeune homme à ses côtés, laissant le silence s’éterniser entre eux et le temps à Léon de reprendre ses esprits.

- Il y a deux réponses à ta question : la vérité et la banalité. Vu que tu choisis de revenir vers moi comme si nous étions toujours aussi complices l'un et l'autre, je me demande ce qui t'intéresse. Oui Heather, je vais parfaitement bien. Sors donc mon gâteau d'anniversaire et soufflons ces p****** de bougies. Non, attends, mieux. Tu as un cadeau caché sous ta cape ? Dis moi que tu as mis un joli noeud vert parce que sinon, je suis extrêmement déçu. Ca te va, comme banalité ? C'est à la hauteur de ton " ca va "?

Elle avait essayé. Elle avait offert une branche d'olivier par dessus le feu qui rageait entre eux, mais au lieu de l'attraper, Léon avait simplement jeter de l'huile sur les flammes, transformant le petit feu de foyer en incendie, réduisant en cendres la tentative de réconciliation. Elle aurait du s’y attendre, elle aurait du prévoir les commentaires sarcastiques et l’explosion qui s’en suivit, mais elle fut tout de même surprise par la quantité de cynisme que Léon dégageait. Qui aurait cru que trois petits mots puissent déclencher une réponse aussi énorme et cinglante, la simple question aussi efficace qu’une boule de neige créant une avalanche mortelle sur une montagne enneigée, ensevelissant l’audacieuse qui avait osé murmurer les paroles un peu trop fortement. Le sarcasme dégoulinait aussi grassement que du goudron sur un pavé d’asphalte brûlant. Il crachait sur les réelles intentions de Heather, ridiculisant les seuls mots qu'elle avait réussi à prononcer tant le malaise lui serrait les entrailles, jouant sur la perspective qu'il pensait en avoir compris sans même s'y attarder vraiment, tortillant la vérité pour y soutirer ce qu'il souhaitait sans aucune considération pour une quelconque logique ou la gentillesse que la brunette avait voulu lui offrir. Mais oui, évidemment qu'elle voulait la banalité, c'était logique non? Après tout, pourquoi aurait-elle brisé ses convictions et osé l'approcher pour avoir la vérité sur ce qui le tracassait alors que la banalité était une bien meilleure raison de l'aborder ? C'était ridicule, une explication fondamentalement risible tant elle était tirée par les cheveux. Ses yeux se plissèrent, réduisant à deux petits fentes le noisette de son regard tandis que ses lèvres se pinçaient fortement, blanchissant le rosé de ses lèvres. Puis, pour ajouter insulte à l'injure, il avait osé tracer le côté de sa joue, replaçant une mèche de cheveux derrière son oreille, sa main froide glaça la peau de son visage tandis qu'il dénaturait ses propos allègrement, le contraste entre les paroles et les gestes d’une intensité révoltante. Elle n'avait envie que de lui attraper la main et de lui tordre douloureusement un doigt ou deux, lui prouver que ses gestes tendres étaient aussi bienvenus qu'un moldu dans les rangs de Vous-savez-qui. Mais elle se retint, laissant le flot de paroles incessantes la tremper des pieds à la tête, toisant d'un œil mauvais le jeune homme qui s'acharnait à faire son point, s'enfonçant un peu plus dans sa tombe à chaque mot qui quittait ses lèvres malveillantes. Et pour en ajouter une couche de plus, car il ne savait clairement pas quand s'arrêter, il ne lui offra même pas l'ombre d'une chance de rétorquer qu'il reprenait de plus belle, le sarcasme toujours aussi frappant alors qu’il vidait finalement son sac.

- Ah ! Non, laisses-moi deviner nous nous disons tout, toujours, alors tu veux la vérité ? Non. Je ne vais pas bien. Mais tu le sais, tu es mon amie et tu me connais par coeur, sweet ? Je m'épanouis tellement dans mon nouveau rôle de préfet que je ne sais pas par quoi commencer, vois-tu. Comment t'expliquer : je suis un peu comme un chien à qui on dit de s'assoir et de donner la patte. C'est l'extase totale : cette impression que si je ne fais pas exactement ce qu'ils attendent je vais découvrir la joie d'une mort prématurée. Oh. Oui. En parlant de mort, j'ai tué quelqu'un mais je ne savais pas trop comment te le dire. Mais visiblement les meurtriers ne t'effraient pas ... Quelle chance j'ai ! Une si bonne amie ! J'aurais su que tu étais si compréhensive penses-tu, j'aurais fait appel à toi pour planquer le cadavre mais il se trouve que ton amant se charge très bien de creuser des trous. Il creuse des trous mais dis-moi, il les comble bien ?

À cet instant, la vipère regretta presque d’avoir demandé à Octave de révéler la vérité à Léon, de le libérer finalement de ce poids dont elle était sûre qu’il portait seul sur ses épaules depuis qu’elle avait appris les grands lignes de l’aventure liant les deux hommes. Elle eut presque envie de lui jeter à la figure qu’il se trompait sur toute la ligne, lui fourrant au visage la vérité pour le faire taire une bonne fois pour toutes, mais encore une fois, les mots lui manquèrent et elle se tut, serrant un peu plus ses lèvres qui perdaient de leur rosé tant la pression était forte. Sa mâchoire était serrée, un noud s’était formé au creux de son estomac, la colère se transformant en fureur au fil des paroles qu’il prononçait. Elle retira brusquement sa main de l’emprise de Léon, refusant de le toucher une seconde de plus alors qu’il tournait un peu plus le couteau dans la plaie, empirant la situation sans aucune retenue. Les révélations auraient pu amorcer la réconciliation entre eux si elles n’avait pas été énoncées avec tant de persiflage et de moquerie, exagérant la situation hors de ses proportions raisonnables. Et bien sûr Octave. Évidemment que tout revenait sur lui, la corde sensible qui énervait Léon, le fameux meurtrier qu’elle avait choisi au lieu de son ami cette fameuse nuit de novembre, sauf que cette fois-ci, l’accusation était tout autre, d’une nature beaucoup plus intime. Son amant ? La serpentard leva un sourcil inquisiteur à la qualification choisie. Les insinuations étaient si crues, sans fondements, que la jeune fille ne put retenir et elle éclata de rire, un rire narquois et moqueur, un de ceux qu'elle réservait normalement que pour ses rivaux, détruisant le mutisme qu’elle s’était imposé par un son railleur. Elle se leva lentement sur ses deux pieds, profitant de la hauteur qu'elle détenait sur Léon pour le regarder de haut, un rictus couvrant les traits de son visage.

- T'as choisi un quasi-inconnu que j'accuse de meurtre. Comment tu veux que je le prenne, Heather ? Tu vois moi, spontanément, j'aurais pensé que je méritais plus ta confiance que n'importe qui. Mais faut croire que j'accordais plus d'importance à notre relation qu'elle n'en a à tes yeux. Tu en veux de la vérité ? Je t'ai parlé comme un con et je suis désolé. Ces excuses là, tu les mérites. Mais je ne t'en ferais pas d'autres. Par contre si tu veux mon avis sur ton rat de bibliothèque, va y je te donne ma bénédiction. Il paraît qu'il adore ça, ligoter les élèves pour les faire crier.

Puis, le ton de Léon changea, prenant un ton un peu plus sincère, révélant le fond du problème. L’espace d’un instant, la vipère revu l’ami qu’elle aimait tant dans cet être sarcastique, l’ami qu’elle était venu voir dans ce placard par inquiétude, l’ami qu’elle aimerait bien ravoir. Ça, elle pouvait l’expliquer. Elle pouvait lui faire comprendre le choix qu’elle avait fait, le besoin inébranlable de sécurité qui rongeait son être alors qu’elle venait de fuir le détraqueur, se battant intérieurement pour enfouir les souvenirs qui étaient remontés à la surface, pour retenir les larmes qui avaient menacé de couler à flot. Elle pouvait lui expliquer, lui faire comprendre. Le feu se calma légèrement en elle, s'apaisant, prêt à s’éteindre, mais il avait fallu qu’il en rajoute une couche de plus. Encore. Et aussi rapidement qu’elle avait réussi à se calmer, la rage revint et elle foudroya du regard Léon, croisant les bras devant elle. Non, mais ça suffisait ces sous-entendus ridicules. La couleuvre ne comprenait pas la raison de cette jalousie possessive et sans limite qui alimentait ses propos insinueux. Léon avait le droit de jouer dans les jupons des infirmières remplaçantes, mais elle ne pouvait pas passer un instant avec un autre sans que les insultes coulent à flot ? Et bien, il se mettait le doigt dans l’oeil jusqu’au coude. Vous voulez la guerre Monsieur Schepper, parfait, sortez votre bouclier car vous allez en avoir de besoin.

- Ça va, tu as terminé ta tirade ? C'est mon tour maintenant ?

Puis, sans le lui laisser le temps de répondre à sa rhétorique, lui offrant la même courtoisie qu’il s’était démené à lui faire subir, la vipère se lança dans un discours.

- Tu m'en veux d'avoir rejoint un meurtrier alors que tu en es un aussi ?, un petit rire suivi la fin de sa question. Mais oui, quelle idiote je suis, j'aurais du prendre l'autre tueur, celui qui s'attaque à son amie sans aucune bonne raison, c'est tellement plus logique n'est-ce pas ? Vas-y Heather, choisi le mec qui vient de t'insulter et te brusquer, celui qui vient de te sauver du baiser du détraqueur est tellement plus méchant, cracha-t-elle, sa voix dégoulinant de sarcasme alors que le caractère dont elle était réputée ressortait avec ferveur. Aller Love, continue de m'expliquer en long et en large à quel point ça fait du sens ce que tu racontes, je suis toute ouïe.

Puis, la fureur quitta son visage, laissant place à une expression douce et tendre. Que le spectacle commence. C'était une réaction enfantine, d'une puérilité ridicule, mais elle s'en foutait royalement. La vipère était blessée et plus rien ne comptait à ses yeux que de blesser à son tour, frappant là où ça faisait mal et le pauvre petit Léon lui avait tendit toutes les munitions dont elle avait besoin. Vas-y Heather, c'est Octave mon point faible, amuse-toi. C'était presque trop facile. Elle s'en foutait que la réalité était que rien ne s'était pas passé entre lui et elle, elle s'en foutait qu'il la croit, si ça faisait mal c'était tout ce qui comptait. Tu es jaloux mon beau ? Je vais t'en donner une raison d'être jaloux, au moins, cette fois-ci tes commentaires seront mérités.

- Et pour ce qui est d’Octave..., elle laissa le nom glisser doucement sur sa langue, savourant chaque syllabe qui sortait de ses lèvres fines. Sensuellement, elle se mordit la lèvre inférieure, fermant les yeux en une jouissance mimée, avant d'ouvrir les paupières aussi lentement que si elle venait de se réveiller d'un rêve merveilleux, tentant de garder le souvenir gravé dans son esprit aussi longtemps que possible. Je n’ai pas besoin de ta bénédiction sur mes fréquentations, mais comme tu sembles si intéressé, veux-tu les détails ? Il les comble à merveille les trous. Doucement, elle entrouvrit la bouche, passant son pouce sur la commissure de ses lèvres, essuyant la trace invisible d'un liquide qui s'y serait trouvé, jouant le jeu de la chatte en chaleur à merveille. Les rumeurs sont peut-être vraies, mais pour ma part, il n'a même pas eu besoin de me ligoter pour me faire crier, c'est un talent inné. Je te montrerais bien le suçon qu’il m’a fait, mais ça serait un peu déplacé considérant où il se trouve, alors ça te va si je garde ça pour moi ?

Un rictus étira ses lèvres, tordant son visage en une expression de colère pure, ses yeux foudroyant Léon. Elle venait de frapper sous la ceinture, un coup bas tout simplement, mais elle était loin d’avoir fini. Ses mains formèrent deux poings de chaque côté de son corps, serrant fortement jusqu’à ce que ses jointures deviennent d’une blancheur cadavérique.

- Tu serais venu t’excuser plus tôt et tout aurait été pardonné, mais tu as préféré fuir au lieu de m’affronter. Alors ne dis pas que notre amitié ne compte pas pour moi alors que tu n’as même pas trouvé le courage de me dire : je suis désolé Heather. Tu le sais que je t’aurais aidé si tu m’avais dit pour le meurtre, après tout, je ne t’ai pas assez souvent dit que je tuerais Jake ? Mais non, tu as préféré tout garder pour toi et ensuite tu t’étonnes que je ne comprenne pas ton accusation à l’égard d’Octave. Alors parlons s’en de la confiance : tu as tellement confiance en moi que tu as préféré rien me dire.

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MessageSujet: Re: [4 Décembre 1997] Philotès aux enfers Lun 12 Fév 2018 - 18:11




__ Ça va, tu as terminé ta tirade ? C'est mon tour maintenant ? Rétorqua-t-elle.

C'était presque agréable de la voir enfin réagir. Après avoir retirée sa main un peu plus tôt, lorsqu'il s'était montré foncièrement désagréable, la voilà qui ouvrait enfin la bouche pour se défendre. Tant mieux. Il avait horreur de faire des monologues.

__ Tu m'en veux d'avoir rejoint un meurtrier alors que tu en es un aussi ? Attaqua-t-elle et les lèvres de l'adolescent se crispèrent. Meurtrier. C'était une étiquette comme une autre, mais dans la bouche d'Heather le mot le blessa.  Mais oui, quelle idiote je suis, j'aurais du prendre l'autre tueur, celui qui s'attaque à son amie sans aucune bonne raison, c'est tellement plus logique n'est-ce pas ? demanda-telle sans vraiment attendre de réponse à sa question. Vas-y Heather, choisi le mec qui vient de t'insulter et te brusquer, celui qui vient de te sauver du baiser du détraqueur est tellement plus méchant. Aller Love, continue de m'expliquer en long et en large à quel point ça fait du sens ce que tu racontes, je suis toute ouïe.

Léon passa sa main sur son visage pour essayer de donner du temps à la rage sourde qui menaçait d'exploser. Meurtrier. Donc cela ne lui faisait ni chaud ni froid d'utiliser ce qu'elle savait le tourmenter pour le blesser ? Ils en étaient donc là, à user de munitions bien déloyales parce que jouant sur la corde sensible de l'autre ? Très bien. C'était petit, même de sa part mais au final il l'avait déjà vu à l'oeuvre pour détruire quelqu'un. Qu'il avait été stupide de penser les tirades assassines d'Heather uniquement destinées à d'autres. Une petite partie de son esprit nota les détails qu'elle lui servait en essayant d'attiser sa culpabilité, mais dans l'état où il se trouvait, la jeune femme était bien candide si elle pensait l'attendrir avec un détraqueur.

__  Choisis, ordonna-t-il. C'est soit Love soit mon nouveau statut de criminel, mais pas les deux surnoms. Je suis un meurtrier ? Siffla-t-il, la voix presque menaçante. Je ne sais pas ce qui me déçoit le plus : que tu assimiles si facilement  ce dénominatif pour parler de moi ou que tu l'utilises pour me blesser? Il ferma les yeux, refusant de regarder une personne pour qui il commençait à sentir toute envie de se réconcilier le quitter. Je t'attaque ? Il rigola amèrement. Tu veux que je te dise ? Je n'étais pas certain que tu mérites l'insinuation sur ton manque de jugeote mais j'ai finalement été bien trop doux avec toi. Tu es soit stupide soit naïve, ou bien peut-être une fâcheuse tendance à oublier les détails qui t'incommodent ?  Il marqua une pause, comme pris dans une intense réflexion. Je ne t'ai jamais laissée tomber Heather. Jamais. Mais toi tu m'as tournée le dos à mon premier faux pas. Il avait dit ça d'un ton froid et égal, sans même lever un peu le ton.  

C'était comme imploser de l'intérieur tellement la déception gonflait au sein de son coeur. C'était donc aussi simpliste ? Elle s'était juste barrée avec Holbrey parce qu'il avait été un peu trop désagréable dans sa façon de lui témoigner son inquiétude ? C'était tellement facile pour elle de rejeter toute la faute sur lui. Et cette comparaison entre deux meurtriers qu'elle lui servait, comment devait-il le prendre ? C'était donc comme ça qu'elle résumait son choix ? Entre deux conn***s, j'ai pris celui qui savait jeter un Patronus ? J'ai pris celui qui a été là pendant quelques mois dans ma vie au lieu de celui qui n'a jamais failli ? C'était donc ça qu'il était sensé récolter après avoir tant pris soin d'elle. Sérieusement ? Il rouvrit les yeux, remarquant qu'elle s'était mise debout et le surplombait de son petit mètre cinquante cinq à tout casser et il secoua la tête. Si elle se croyait drôle à essayer de le toiser, alors il était encore plus déçu de la tournure que prenait cette conversation. Peut-être qu'il l'avait trop habituée  à prendre soin d'elle ou bien était-ce une incapacité totale à voir qu'il était mal, mais Heather n'était pas très douée pour ce qui était de lui rendre la pareil. Il ne chercha pas à se lever, trop accablé par l'éclair de noirceur qu'il voyait brûler dans ses iris.

__ Et pour ce qui est d’Octave...  reprit-elle avec sensualité, marquant une pause. Léon avait presque envie de vomir en la voyant jouer avec lui comme ça. Je n’ai pas besoin de ta bénédiction sur mes fréquentations, mais comme tu sembles si intéressé, veux-tu les détails ? Carrément Heather, va y épates-moi, songea-t-il avec lassitude. Il était décontenancé par son petit air hautain et la vulgarité avec laquelle elle s'humectait les lèvres. C'était tellement surjoué qu'il s'attendait presque à la voir simulé un orgasme et il se reteint de lui demander de le faire, histoire de voir jusqu'où elle pourrait pousser son petit numéro. Il les comble à merveille les trous. A la bonne heure, il était content de savoir qu'il l'avait prise dans tous les sens ! Elle était ridicule, s'en rendait-elle au moins compte ? Les rumeurs sont peut-être vraies, mais pour ma part, il n'a même pas eu besoin de me ligoter pour me faire crier, c'est un talent inné. Je te montrerais bien le suçon qu’il m’a fait, mais ça serait un peu déplacé considérant où il se trouve, alors ça te va si je garde ça pour moi ?

Elle avait tiré plusieurs flèches et chacune avait atteint sa cible. Trois tirs parfaitement ajustés qui démontraient à la perfection à quel point elle le connaissait et ô combien elle savait la jalousie qu'il éprouvait. Le jeune homme se redressa lentement, plantant ses yeux anthracite dans les siens. Il la contemplait ouvertement, une certaine lueur de dégout dans ses iris gris. Il détestait l'air qu'elle se donnait mais il était maintenant quasiment certain qu'Octave n'avait pas couché avec elle. Sa façon de surjouer cette éventuelle partie de jambes en l'air était tellement grossière qu'il n'en croyait pas un mot. Mais à vrai dire, tout ce qui sortait de la bouche de la jeune femme n'était que poison depuis qu'il lui avait assené quelques reproches. Il poursuivit son inspection silencieuse, ne sachant que répondre à une telle provocation. Il était tellement blessé de la façon dont elle essayait de jouer avec lui qu'il ne savait plus quelle position adopter. C'était ça le problème avec Heather : elle était continuellement dans la défensive et l'attaque et avait choisi de le malmener. C'était un combat déloyal, car des deux personnes présentes dans cette pièce il était le seul à avoir autant envie de la haïr que de l'embrasser. Il se serait giflé  de ressentir encore quelque chose pour celle qui bafouait sa confiance et piétinait leur relation avec autant d'entrain. Il poussa un long soupire.

Mais pourquoi en étaient-ils arrivaient là ?

__ Ne sois pas ridicule Heather, nous savons tous les deux que tu cherches uniquement à me blesser, commença-t-il avec douceur. Tu veux que je te dise ? Tu as gagné, lui accorda-t-il avec franchise. Il haussa les épaules, s'adossant au mur comme éreinté par cette conversation.  Et tu gagneras toujours parce que tu es .... Une sorte d'infirme affective. Tu n'as jamais connu que la violence et tu as toujours vécu avec la peur au ventre. T'es incapable de gérer les émotions des autres parce que t'es complètement démunie devant les tiennes. La seule chose que tu comprennes, c'est la colère et la rage parce que t'en as tellement en toi que t'en débordes. Tu n'as jamais réussi à gérer rien d'autres Heather. Ca te terrifie. Il marqua une pause, comprenant avec un peu plus de netteté ce qui poussait Heather à choisir un autre que lui pour la protéger. T'es restée avec Holbrey parce qu'au fond de toi tu adores flirter avec le danger, c'est une sensation que tu connais et avec laquelle tu sais vivre. A quel point il ressemble à ton père, Heather ? Ou à quel point ne lui ressemble-t-il pas ? Je ... il hésita, réfléchissant à voix haute, je pense que t'as jamais fini ton Oedipe. Ta mère est morte et t'as jamais pu baiser ton père alors t'attends de voir ce qu'Holbrey va faire de toi, parce que c'est le meilleur substitue que tu aies trouvé pour le moment.

Il avait fait une croix depuis longtemps d'être celui qui sauverait Heather. La sauver de quoi de toute façon ? Elle ne l'avait jamais vu comme autre chose qu'un ami, et même plus que ça : un ami qui se devait d'être toujours là mais qui n'avait jamais le droit de la décevoir. Et elle, se souciait-elle du mal qu'elle lui faisait parfois ? S'était-elle souciée des deux longs mois sans aucune nouvelle ? S'était-elle souciée du désarroi total dans lequel elle l'avait plongé après ce baiser tombé de nul part ? Non. De quel droit exigeait-elle toujours tout sans jamais rien offrir ?

__ Tu serais venu t’excuser plus tôt et tout aurait été pardonné, mais tu as préféré fuir au lieu de m’affronter, attaqua-t-elle de nouveau et Léon leva les yeux au ciel. Alors ne dis pas que notre amitié ne compte pas pour moi alors que tu n’as même pas trouvé le courage de me dire : je suis désolé Heather. Tu le sais que je t’aurais aidé si tu m’avais dit pour le meurtre, après tout, je ne t’ai pas assez souvent dit que je tuerais Jake ? Mais non, tu as préféré tout garder pour toi et ensuite tu t’étonnes que je ne comprenne pas ton accusation à l’égard d’Octave. Alors parlons s’en de la confiance : tu as tellement confiance en moi que tu as préféré rien me dire.
__ Tu t'entends parler ? Persifla le jeune homme. T'affronter ? Ca ne m'étonne pas de toi mais par Merlin que tu es prévisible. Tout n'est qu'une question de fierté et d'affront n'est-ce pas ? Je n’ai pas l'intention d'être le morceau de viande que tu vas mordre jusqu'à la moelle. Bien sûr que je suis désolé, bien sûre que je me suis comporté comme un abruti fini ! J'avais peur pour toi, j'avais peur de te voir avec lui parce que t'as beau te donner des grands airs tu es une femme tellement fragile que ... Il inspira un grand coup, ayant du mal à se contenir. Tu n’es pas une guerrière Heather. T'en as juste l'air parce que gamine t'avais qu'une envie : avoir assez de courage pour tuer Jake. Tu veux la vérité ? Tu n’en es pas capable. Elle allait le haïr de tenir de tel propos, mais cela faisait des années que Léon en était conscient. Tu ne sais rien du meurtre, rien de la sensation que cela fait. C'est juste un rêve de gosse mais toi tu confonds tout. C'est même la seule raison pour laquelle je ne t'ai pas parlé de des évènements de cet été. Il avait haussé la voix et avait fait un pas vers elle, s'approchant si près de son visage que son souffle chaud caressait celui de la jeune femme. T'es tellement omnibulée par ta vengeance que t'as aucune conscience qu'en tuant Jake, c'est toi que tu vas tuer. Il se mordit les lèvres, hésitant à poursuivre. Tu crois quoi, qu'une fois que tu l'auras enterré ta mère va revenir ? Tu crois que c'est ça qui va te rendre ton innocence de petite fille ? Tu crois que c'est ça que je veux pour toi : que tu m'aides à planquer un corps ? Bon dieu Heather, ouvres les yeux ! T'es la dernière personne à qui je devais me confier parce que tu tires toujours les mêmes conclusions : tu ramènes toujours tout à lui.

Il inspira, l'odeur capiteuse de la jeune femme lui rappelant à quel point il aurait eu envie de se revenir quelques années auparavant. Lui dire que non, ce n'était pas une erreur mais que cela n'était pas grave si elle n'était pas prête. Qu'il l'aurait attendu. Qu'il comprenait que cela n'était pas le bon moment. Au lieu de ça, il avait laissé passer le moment tout comme il avait caché soigneusement toutes les lettres qu'il lui avait écrites. Et à quoi bon maintenant qu'il se montrait si franc avec elle que la jeune femme allait soit le gifler, soit détaler à grandes enjambées loin de lui ? Voir les deux. Il recula de nouveau, la couvant malgré tout d'un regard doux et compréhensif. Il savait qu'elle allait lui affirmer par tous les moyens que si, elle était capable de le faire. Que si, elle était capable de tuer son père. Qu'elle avait même un plan, qu'elle avait préparé son coup depuis plusieurs années. Il savait tout ça, mais malgré tout il avait envie de la secouer pour lui faire comprendre que malgré sa réputation, malgré ses remarques acides et son penchant pour la violence, elle resterait toujours une petite fille terrorisée face à l'homme qui l'avait battue tant de fois qu'elle ne se rappelait même pas le compte exact.

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MessageSujet: Re: [4 Décembre 1997] Philotès aux enfers Mar 13 Fév 2018 - 0:56

- Choisis. C'est soit Love soit mon nouveau statut de criminel, mais pas les deux surnoms. Je suis un meurtrier ? Je ne sais pas ce qui me déçoit le plus : que tu assimiles si facilement ce dénominatif pour parler de moi ou que tu l'utilises pour me blesser? Je t'attaque ? Tu veux que je te dise ? Je n'étais pas certain que tu mérites l'insinuation sur ton manque de jugeote mais j'ai finalement été bien trop doux avec toi. Tu es soit stupide soit naïve, ou bien peut-être une fâcheuse tendance à oublier les détails qui t'incommodent ? Je ne t'ai jamais laissée tomber Heather. Jamais. Mais toi tu m'as tournée le dos à mon premier faux pas.

Tout revenait toujours à un choix. Meurtrier ou Love ? Lui ou Octave ? Ne comprenait-il pas que la vie n’était pas blanche ou noire, que tout n’était que nuances de gris, que tout n’était pas défini que par un seul choix ? C’était un ou l’autre, alors que pour elle, l’un n’empêchait pas l’autre. Et comme cela était devenu son habitude, il retomba dans les insultes, réduisant son intellect à un niveau ridicule duquel on se moquait allègrement, caractérisant ses paroles ultérieures de douces alors qu’il utilisait de nouvelles injures pour la caractériser. La jeune fille leva les yeux au ciel, son visage démontrant l’énervement qu’elle ressentait, sa voix forte et dure résonnant dans la petite pièce close dans laquelle ils se trouvaient :

- Tu oublies vite que tu t’es attribué toi-même le statut de meurtrier, alors pourquoi tu t’énerves contre moi alors que je reprends simplement tes mots ? Assume-toi!, termina-t-elle, énervée. L'envie la démangeait de lui dire la vérité, d'arrêter avec ce pseudo meurtre, mais elle se retint de nouveau, sachant que cette révélation n'était pas la sienne à faire. En attendant, autant jouer le jeu jusqu’au bout. Puis, elle reprit la parole, la voix légèrement plus douce qu’auparavant. C’est vrai, tu as toujours été là pour moi, mais tu fais exactement ce dont tu m’accuses. Au premier faux pas, tu n’arrives même plus à me regarder dans les yeux. Tu m’évites sans même prendre le temps de comprendre mon point de vue. Traite-moi de stupide autant que tu veux, mais ne commences pas à croire que tu es innocent dans cette histoire.

Au final, les deux serpentards avaient le même objectif, blesser l’autre, et tous les coups était permis. Elle n’avait pas été de main morte, jouant sur la jalousie qu’elle savait qu’il possédait, exagérant l’histoire jusqu’à ce que la vulgarité l’emporte sur la réalité. Mais elle savait qu’il ne se laisserait pas faire, elle le connaissait après tout et elle n’était pas la seule à posséder un caractère à tout casser. Elle le vit reprendre ses esprits et se lever, gagnant finalement sur elle en terme de hauteur comme cela en était normalement le cas, la défigurant sans aucune gêne. Contrairement à toutes les fois où elle avait usé de méchanceté sur ses rivaux, cette fois-ci, la pointe de satisfaction ne faisait pas son apparition, laissant toute la place à la colère pure et dure qu’elle ressentait. Elle l’entendit soupirer et son dos se tendit, se préparant à la suite de la dispute qui ne serait tarder à arriver.

- Ne sois pas ridicule Heather, nous savons tous les deux que tu cherches uniquement à me blesser. Tu veux que je te dise ? Tu as gagné. Et tu gagneras toujours parce que tu es .... Une sorte d'infirme affective. Tu n'as jamais connu que la violence et tu as toujours vécu avec la peur au ventre. T'es incapable de gérer les émotions des autres parce que t'es complètement démunie devant les tiennes. La seule chose que tu comprennes, c'est la colère et la rage parce que t'en as tellement en toi que t'en débordes. Tu n'as jamais réussi à gérer rien d'autres Heather. Ca te terrifie. T'es restée avec Holbrey parce qu'au fond de toi tu adores flirter avec le danger, c'est une sensation que tu connais et avec laquelle tu sais vivre. A quel point il ressemble à ton père, Heather ? Ou à quel point ne lui ressemble-t-il pas ? Je ... je pense que t'as jamais fini ton Oedipe. Ta mère est morte et t'as jamais pu baiser ton père alors t'attends de voir ce qu'Holbrey va faire de toi, parce que c'est le meilleur substitue que tu aies trouvé pour le moment.

Mais c'est qu'il s'inventait psy, sortant ces grands théorèmes philosophiques qui tentaient d'expliquer ces comportements en généralisant la population humaine. Allez Léon, sors la pipe et laisse la barbe envahir ton visage question d'avoir au moins l'apparence à défaut du cerveau. Continue d’analyser mon enfance comme si tu l’avais vécue, comme si tu avais la moindre p*tain d’idées de ce que c’est que de vivre dans cet enfer. Ses mots la frappaient de plein fouet, la heurtant sans remords alors qu’il définissait la jeune fille comme bon lui semblait : infirme affective, complexe d’Oedipe, orpheline sentimentale. Ses émotions rageaient en elle : la fureur, la déception, la violence... mais surtout la douleur. Elle était blessée, affreusement meurtrie par les mots qu’il osait prononcer contre elle, par les idées cruelles qu’il sortait d’un ton qui semblait pourtant si compréhensif, et l’ombre d’un moment, Heather détesta Léon. Elle détestait son regard gris perçant, détestait ses bras forts qui l’avaient enlacée à maintes reprises, détestait sa voix douce qui l’avait réconfortée lorsque plus rien n’allait, elle détestait tout de lui. C’était quelque chose de s’attaquer à ses actions, d’empirer une situation qui aurait pu se régler beaucoup plus facilement si l’un ou l’autre avait simplement pris le temps de s’arrêter et d’y penser, mais d’utiliser son enfance contre elle ? C’était trop… juste trop. Elle regretta d’avoir ouvert son coeur, regretta d’avoir montré ses blessures, regretta d’avoir osé lui révéler ses secrets, pensant que quelqu’un la comprendrait peut-être. Mais elle s’était trompée, elle avait affreusement fait erreur, un boule lui montant à la gorge, serrant l'oesophage et comprimant sa cage thoracique tandis qu’elle secouait la tête de gauche à droite, refusant d’écouter une seconde de plus les propos de celui qu’elle considérait un ami, mais ce dernier ne semblait pas s’en préoccuper, enfonçant le couteau, le tournant dans tous les sens, déchirant la peau qui entourait la plaie jusqu’à ce qu’elle se vide de son sang. Elle n’arrivait même plus à ouvrir ses lèvres, sa langue reposant lourdement dans sa bouche, la gorge asséchée, atrocement muette.

- Tu t'entends parler ? T'affronter ? Ca ne m'étonne pas de toi mais par Merlin que tu es prévisible. Tout n'est qu'une question de fierté et d'affront n'est-ce pas ? Je n’ai pas l'intention d'être le morceau de viande que tu vas mordre jusqu'à la moelle. Bien sûr que je suis désolé, bien sûre que je me suis comporté comme un abruti fini ! J'avais peur pour toi, j'avais peur de te voir avec lui parce que t'as beau te donner des grands airs tu es une femme tellement fragile que ... Tu n’es pas une guerrière Heather. T'en as juste l'air parce que gamine t'avais qu'une envie : avoir assez de courage pour tuer Jake. Tu veux la vérité ? Tu n’en es pas capable.Tu ne sais rien du meurtre, rien de la sensation que cela fait. C'est juste un rêve de gosse mais toi tu confonds tout. C'est même la seule raison pour laquelle je ne t'ai pas parlé de des évènements de cet été. T'es tellement omnibulée par ta vengeance que t'as aucune conscience qu'en tuant Jake, c'est toi que tu vas tuer. Tu crois quoi, qu'une fois que tu l'auras enterré ta mère va revenir ? Tu crois que c'est ça qui va te rendre ton innocence de petite fille ? Tu crois que c'est ça que je veux pour toi : que tu m'aides à planquer un corps ? Bon dieu Heather, ouvres les yeux ! T'es la dernière personne à qui je devais me confier parce que tu tires toujours les mêmes conclusions : tu ramènes toujours tout à lui.

Mais il n’avait pas fini, les mots coulaient de sa bouche à une rapidité phénoménale, aucunement conscient de la destruction qu’il suscitait chez la jeune Trown, réduisant en cendres toutes les convictions qu’elle possédait, puisant à même les peurs de la vipère : faible, incapable, vulnérable. Tu n’arriveras jamais à le tuer. Les mots se mélangeant à ceux que l’épouvantard s’était amusé à lui cracher au visage quelques semaines plutôt, réduisant à néant tous les efforts qu’elle avait faits pour se sentir, un tant soit peu, mieux avec elle-même alors que le visage de Jake la hantait dans ses cauchemars.

- Comment oses-tu ?

Sa voix tremblait, à peine plus forte qu’un murmure, mélangeant fureur et déception, son visage se crispant alors qu’elle cherchait les mots pour exprimer toute l’horreur qu’elle ressentait, sa voix se bloquant dans sa gorge. Elle avait envie de le frapper, de lui faire mal, de hurler, de pleurer, de fuir et de s'effondrer au sol : les sentiments contradictoires explosant en elle avec une force si hallucinante qu’elle ne put se contenir une minute de plus. Un cri brisé s’échappa de la vipère, son poing s’enfonçant dans la pierre froide du mur, la peau mince qui couvrait ses jointures s’arrachant sous la brutalité de son geste. Elle resta figée quelques instants, sa main élançant furieusement de douleur tandis que ses yeux écarquillés fixaient un point quelconque devant elle, un filet de sang coulant le long de sa main meurtrie. Ses yeux hantés se posèrent sur le gris de ses iris, cherchant une quelconque trace qu’il ne pensait pas réellement ce qu’il venait de dire, mais elle ne trouva rien autre qu’une sincérité douloureuse et cruelle. Elle secoua la tête et fit un pas vers l’arrière, dégoûtée par ses propos excessifs tandis qu’elle couvrait ses jointures meurtries de sa main gauche, le foudroyant du regard, l’interdisant de s’approcher ne serait-ce qu’un centimètre d’elle. Il pouvait dire ce qu’il voulait, ce qu’il croyait dur comme fer, mais jamais n’accepterait-elle de se faire décrire comme fragile. Elle n’avait pas vécu toutes ces horreurs pour en ressortir faible et vulnérable. Elle était forte et cela, personne ne lui enlèverait et si elle devait le lui prouver, elle le ferait.

- Comment oses-tu parler de ma mère et de Jake comme si tu avais la moindre idée de ce que j’ai vécu ? Comment oses-tu penser que je puisse avoir le moindre sentiment positif à son égard et une envie quelconque de gagner son affection ? Comment oses-tu ?, sa voix tremblante s’éleva doucement, brisant le silence qui s’était déposé sur eux. Tu as peut-être raison, je connais probablement que la rage et la colère. Après tout, j’ai été bien élevée. Elle eut un petit rire sans joie tandis qu’elle jetait un coup d’oeil rapide vers sa main, admirant les gouttelettes de sang qui coloraient sa peau blanche. Mais je pensais aussi connaître l’amitié, la joie et la confiance… Je pensais que tu me connaissais, mais clairement, j’ai fait fausse route. Si pour toi je ne ressens rien d’autre que la colère, c’est que notre amitié n’en était probablement pas une finalement.

Elle laissa les mots mourir sur sa langue et s’éterniser dans le silence lourd qui régnait lorsqu’ils se taisaient enfin, alors qu’elle le toisait longuement. Était-ce la fin ? Son coeur se serra à l’idée que tout se terminerait comme ça, sous les grenades et les chars d’assaut, à frapper là ou ça faisait mal s’en aucune considération l’un pour l’autre.

- Et toi tu connais la sensation du meurtre ? Raconte-moi si tu es si expert dans le sujet, comment tu n’as même pas vu le cadavre et que pourtant tu en fais des cauchemars, allez, raconte-moi, demanda-t-elle sarcastiquement, mais la moquerie disparu aussi rapidement qu’il était survenu, l’envie de hurler des monstruosités s’éclipsant, remplacé par la douleur qu’il ne la quittait plus depuis qu’il avait prononcé ces atrocités. Sans lui donner le temps de répondre, elle continua sa pensée, incapable de retenir une seconde de plus la tornade qui dévastait son esprit et au final, non intéressée par le présumé meurtre que Léon pensait avec tant de ferveur avoir commis. Tu sais quoi Léon ? Oui, tout est question d’affront, parce que c’est ça ma vie : c’est une guerre continuelle, mais tu ne comprends rien à ça. Tu ne comprends pas que s’il reste en vie, la mienne ne vaut rien, que toutes mes souffrances auront été pour rien... que je ne suis rien. Sa voix s’éleva d’un cran, la colère colorant ses mots alors qu’un feu brûlant rageait en elle, une rage qui n’était pas destinée envers Léon déliant sa langue, révélant les rouages de son esprit. Alors, vas-y, psychanalyse-moi. Analyse-moi comme bon te semble, mais ça ne changera pas que je vais essayer. Je vais le tuer et je me fous royalement que tu penses que j’en suis capable ou non ; il aura payé pour ce qu’il a fait et si je meurs en essayant… au moins je ne vivrai pas avec la honte de savoir qu’il aura gagné. Je suis peut-être fragile, mais toi... toi tu es simplement lâche. Tu es si lâche que tu me penses incapable de faire ce que toi même tu n'as pas osé faire.

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MessageSujet: Re: [4 Décembre 1997] Philotès aux enfers Mer 14 Fév 2018 - 17:18



__ Tu oublies vite que tu t’es attribué toi-même le statut de meurtrier, alors pourquoi tu t’énerves contre moi alors que je reprends simplement tes mots ? S’offusqua-elle et le jeune homme se sentit vrombir de nouveau. Encore ce même qualitatif, coulant dans sa bouche sans même lui faire soulever la moindre question. L'associer lui, Léon Schepper, à un meurtre, ne semblait lui poser aucun problème. C'était à devenir fou qu'elle l'accepte si vite. Assume-toi ! C’est vrai, tu as toujours été là pour moi, mais tu fais exactement ce dont tu m’accuses. Ca y est, il y était. Ils allaient jouer à " oui mais toi tu fais pareil ?". Il retînt à grande peine un soupire de lassitude. Deux mioches de six ans n'auraient pas fait pire qu'eux en ce moment. C'était désespérant. Au premier faux pas, tu n’arrives même plus à me regarder dans les yeux. Tu m’évites sans même prendre le temps de comprendre mon point de vue. Traite-moi de stupide autant que tu veux, mais ne commences pas à croire que tu es innocent dans cette histoire.

Il soupira, ouvrit la bouche, puis la referma en se demandant comment présenter la chose. Elle tournait en rond, évitant les vraies questions et ne posant pas celles qu'elle aurait dû. Où était la curiosité, où étaient donc passées les interrogations concernant le soi-disant meurtre dont il n'avait fait que s'attribuer le qualitatif ? Il la regarda soudain d'un air nouveau, ses yeux se plissant tandis qu'il la dévisageait sous un nouveau jour. Mais de quelle incroyable mauvaise foi faisait-elle preuve ! Il se redressa, attisé par de nouveaux non-dits qu'il trouvait encore plus difficile à digérer. Il leva un doigt accusateur, sa bouche s'arrondissant d'un petit " ô " parfait. Voilà ce qui le gênait dans l'usage du mot meurtrier, voilà donc ce qui l'avait titillé depuis qu'elle s'acharner à l'employer à son encontre, avec une désinvolture qu'il ne comprenait pas.  

__ Dis-moi que tu n'en sais pas plus sur ce meurtre Heather, siffla-t-il entre ses dents serrées. Son regard semblait incandescent et il était à deux doigts de l'attraper par les épaules pour la secouer comme un prunier. Dis-moi que tu n'utilises pas toute mon ignorance sur ces évènements pour utiliser ce mot parce que tu as compris qu'il me tourmente. Dis-moi que tu ne poses pas de questions parce que tu t'en fou, trouve quelque chose n'importe quoi, mais réussi à me convaincre que ce n'est pas parce que tu en sais plus. Plus que moi. C'était la seule explication au fait qu'elle n'est même pas posée une seule question ! Qui as-tu tué ? Pourquoi ? Dis-moi qu'entre d'éventuelles confessions d'Holbrey et notre longue amitié tu n'as pas choisis de taire des évènements qu'il t'aurait confié alors que moi je ne sais pas ce qu'il a fait d'elle. Il la regarda longuement, la fureur semblant presque tangible. Ou alors mens-moi Heather, mais sois crédible et prie pour que je ne l'apprenne jamais sinon ce n'est même plus la peine de te retrouver dans la même pièce que moi. Il lâcha un petit rire déplacé, secouant la tête, articulant chaque syllabe avec outrage tellement il aurait eu envie de la foudroyer sur place. Et sinon, quel mot n'as-tu pas compris dans l'expression " Je suis désolé " ? Il faut que je rampe pour te faire comprendre que je ne me sens pas innocent dans cette histoire ? Jusqu'à preuve du contraire, la seule personne dans cette pièce qui assume un tant soi peu ses tords, c'est moi. Je t'ai déjà confié un assassinat et mes excuses et je n'ai eu de toi qu'un faux orgasme visuel et l'affreuse sensation que tu sais des choses sur le cadavre qui me hante et que tu gardes ça pour toi au nom d'une quelquonque relation malsaine ...

Et s'ils avaient vraiment eu une relation ? Heather avait une sorte de fascination pour les personnes obscures et Léon aurait été bien stupide de ne pas le remarquer. Et si Holbrey lui avait réellement confié des choses, pourquoi l'aurait-il fait si ce n'était ... parce qu'ils avaient vraiment partagé quelque chose ce soir là ? Léon se sentait mal et il failli attaquer de nouveau sur le sujet avant de décider qu'il n'avait plus très envie d'avoir ses réponses concernant ce qu'elle ressentait pour le bibliothécaire. Il n'était pas certain de supporter les explications qu'elle lui donnerait et elle était de toute manière bien trop hors d'elle ce moment pour qu'il puisse espérer une réponse honnête.

Plus il parlait sur les faiblesses qu'il lisait si bien sur son visage, plus celui de la jeune femme semblait perdre le peu de couleur qu'il lui restait. Il aurait dû arrêter, seulement tant de franchise ne demandait parfois qu'à sortir. C'était peut-être trop difficile à comprendre, mais il tenait suffisament à elle pour réussir à lui dire tout haut à quel point elle se trompait. Il constata avec douleur que chacune de ses insinuations la meurtrissait avec une précision chirurgicale. Il avait envie de franchir la distance les séparant, d'atténuer chacune des vérités qu'il lui lançait au visage en une caresse, de glisser sa main autour de la taille fine et de l'étreindre pour lui faire comprendre qu'il s'en foutait. De sa fragilité, qu'elle soit si brisée qu'il n'arriverait jamais à reconstituer convenablement le puzzle. Il aurait pu et dû le faire mais elle le mettait au défi de n'amorcer ne serait-ce qu'un pas et le jeune homme conservait la distance de sécurité, quelque chose semblant se déchirer dans son ventre lorsqu'il déchiffra sans mal le profond sentiment de trahison au fond de ses yeux noisettes.

__ Comment oses-tu ?

Je suis la seule personne à pouvoir oser cela Heather, songea-t-il, la couvant du regard. Elle allait exploser. Il le voyait à sa mâchoire crispée et ses yeux fuyants et il ne pu retenir l'élan vers l'avant en la voyant balancer son poing maigrichon contre le mur en pierre du placard à balais exigüe dans lequel ils se trouvaient. Non de non Heather ! La morigéna-t-il intérieurement, se mordant les lèvres en la voyant contempler les jointures écorchées de ses articulations. Il grimaça et reçu comme une véritable gifle le regard qu'elle lui accorda. Si tu t'approches je t'arrache la jugulaire avec les dents, semblait-elle vouloir lui dire. Interprétant la menace à peine dissimulée, il maintînt doucement les rangs, luttant contre tous les instincts souhaitant soulager la jeune femme. Bon sang, il n'avait pas cherché à panser chacune des plaies faites par Jake pour être responsable d'autres ! Le pire était qu'elle avait de nouveau choisi de se faire volontairement du mal, comme à la mort de sa mère. Son regard glissa sur les phalanges sanguinolentes et il se crispa de nouveau. Se rendait-elle compte qu'il ne supporterait pas de regarder le sang goutter en perles pourpres sur le sol ? Comprenait-elle à quel point tout ce qu'il lui disait n'était pas sensé mettre fin à leur amitié mais bien mettre fin à tant de non-dits ?

__ Comment oses-tu parler de ma mère et de Jake comme si tu avais la moindre idée de ce que j’ai vécu ? Ah bon, les confidences que tu m'as faites n'étaient pas destinées à ce que j'ai le moindre avis ? Songea le jeune homme. Il ne l'interrompit pas cependant, conscient de la douleur qu'il provoquait chez elle. Comment oses-tu penser que je puisse avoir le moindre sentiment positif à son égard et une envie quelconque de gagner son affection ? Parce que se faire frapper par son père c'est incompréhensible et qu'une minuscule partie de toi aimerait savoir s'il t'aime ? Où pourquoi il ne t'aime pas justement ? pensa de nouveau le jeune homme.  Comment oses-tu ? Tu as peut-être raison, je connais probablement que la rage et la colère. Après tout, j’ai été bien élevée. Mais je pensais aussi connaître l’amitié, la joie et la confiance… Je pensais que tu me connaissais, mais clairement, j’ai fait fausse route. Si pour toi je ne ressens rien d’autre que la colère, c’est que notre amitié n’en était probablement pas une finalement.
__ Arrête ! Souffla-t-il, faisant un pas vers elle avant de se stopper net, conscient qu'elle ne supporterait pas qu'il pénètre la maigre bulle de sécurité dans laquelle elle s'était enfermée. Il leva la main vers elle dans un sursaut de tendresse, les yeux toujours déviant sur sa blessure à la main. La seule raison pour laquelle cela te blesse, c'est que je te connais très bien, justement. Ne mélange pas tout Heather, murmura-t-il d'une voix douce, la voix se brisant douloureusement en repensant à la qualification qu'elle faisait de leur " amitié " qu'elle semblait destitué de toute valeur.

Décidément, elle n'accepterait jamais que quelqu'un la connaissance suffisament pour avoir un quelquonque avis sur la question, ou ne la fasse se sentir faible. Elle s'était trop accrochée à cette colère et à cette envie de vengeance que s'entendre dire qu'elle n'y parviendrait était trop inconcevable. C'était le seul canot de sauvetage d'Heather et Léon s'était employé à le trouer, le laissant se dégonfler avec lenteur. Elle se retrouvait au milieu d'un océan et ne savait pas nager sans cette bouée de secours. De quel droit se permettait-il tant de franchise et de méchanceté alors qu'ils se disputaient ? L'adolescent ne regrettait aucune des paroles, seulement la forme que cela avait pris. Il regrettait ce gouffre qui grandissait entre eux, qui rendait cette conversation beaucoup plus douloureuse. Il se trouvait injuste de lui imposer cela en plus de la situation conflictuelle entre eux.

Ne pouvait-il donc pas se contenter de baisser les armes ? Etait-ce si important d'avoir raison ? D'avoir le dernier mot ? Etait-ce plus important ... qu'elle ?

__ Et toi tu connais la sensation du meurtre ? Raconte-moi si tu es si expert dans le sujet, comment tu n’as même pas vu le cadavre et que pourtant tu en fais des cauchemars, allez, raconte-moi. Il tiqua de nouveau, notant dans un coin de son esprit qu'il ne lui avait jamais stipulé qu'il n'avait pas vu de corps. Il avait juste parler d'un pin's dont il ne connaissait pas la localisation exacte, mais n'avait jamais stipulé que le dit pin's était en vie. Donc elle en avait parlé avec Holbrey. P***** qu'il était déçu ! Heather détenait peut être les réponses à sa tourmente et elle avait tout gardé pour elle. Il ravala sa bile, remettant à plus tard ses considérations sur la loyauté qui allait plus à d'autres qu'à lui, sans qu'il ne comprenne pourquoi il méritait un tel manque de considération. Tu sais quoi Léon ? Oui, tout est question d’affront, parce que c’est ça ma vie : c’est une guerre continuelle, mais tu ne comprends rien à ça. Si, justement. Il comprenait. C'était exactement ce qu'il venait de lui dire et une petite partie de lui constatait qu'elle le contredisait tout en paraphrasant ses propos. Cela n'avait que peu d'importance, elle reconnaissait au moins qu'elle était continuellement dans l'attaque. Il s'en foutait qu'elle préfère avoir le dernier mot. Si ça pouvait lui faire plaisir. Tu ne comprends pas que s’il reste en vie, la mienne ne vaut rien, que toutes mes souffrances auront été pour rien... que je ne suis rien. Analyse-moi comme bon te semble, mais ça ne changera pas que je vais essayer. Je vais le tuer et je me fous royalement que tu penses que j’en suis capable ou non ; il aura payé pour ce qu’il a fait et si je meurs en essayant… au moins je ne vivrai pas avec la honte de savoir qu’il aura gagné. Je suis peut-être fragile, mais toi... toi tu es simplement lâche. Tu es si lâche que tu me penses incapable de faire ce que toi même tu n'as pas osé faire.
__ Tu as raison, souffla-t-il en la contemplant avec une infinie douceur, chacun de ses propos roulant sur la langue avec délicatesse. Il ne lui offrirait pas une seule autre parole avec morgue, se contentant de la regarder en essayant de se retenir d'anéantir les quelques mètres qui les séparait. Il savait qu'il allait perdre le combat, mais cherchait à gagner du temps. Je suis un lâche qui a juste regardé Holbrey disparaître et qui n'a rien fait pour l'en empêcher, se tourmentant tout l'été sur ce qu'il avait fait. Il passa sa main dans ses propres cheveux, les désordonnant à l'image de ses pensées tout aussi confuses. Je suis un lâche qui n'est pas venu t'en parler et qui aurait dû avoir assez de cran pour t'avouer ses faiblesses et te mettre en garde contre lui. Il tendit de nouveau la main vers elle, stoppant malgré tout son geste à quelques millimètres de sa joue. Mais tu sais quel jour je me suis montré encore plus lâche Heather ? A part aujourd'hui, à te blesser de la sorte sans réfléchir au fait que tu souffres bien plus que moi. A part il y a deux semaines, où j'étais tellement jaloux que je t'ai agressé avec des propos déplacés ?  A part ce soir où je n'ai pas su profiter de l'accalmie de ton " ca va " ? Il marqua une longue pause, laissant tout doucement tomber sa main, sans même l'avoir effleurée. Il avait saisi le message. Reste loin de moi. C'était ici même. Je t'ai laissé dire que c'était une erreur alors que cela n'en a jamais été une pour moi. Il ferma douloureusement les yeux, s'accordant quelques secondes avant de poursuivre.  Alors ouvre bien tes oreilles parce que je ne compte pas le répéter plusieurs fois. Ta vie ne dépend pas de la capacité de Jake à pourrir dans une tombe. Il n'y a pas de plus grand affront que tu pourrais faire à ton père que celui de ne pas lui ressembler : si tu le tue, tu deviens une meurtrière. Comme lui. Tu lui donnes raison. Il aura réussi à te transmettre tout ce que tu aimes chez lui : la violence, l'incapacité à communiquer autrement que par des coups. Tu sais ce qui serait une véritable victoire, Heather ? Que t'apprennes à vivre autrement que dans les expectatives de Jake. Que t'apprennes à envisager ton avenir sans tout faire tourner autour de lui.  Ca, ça serait une bien grande preuve de force. Et si tu me trouves lâche d'oser mettre en péril toute la confiance que tu as en moi pour te dire juste ça ... et bien tant pis. Mais moi je  ... Il hésita sur le mot, puis décida qu'elle n'en comprendrait de toute façon pas toute la dimension, moi je t'aime assez pour te souhaiter autre chose. Même si cela fait de moi quelqu'un que tu détestes.

Il était toujours figé à quelques centimètres d'elle, bataillant intérieurement pour ne pas lui attraper la main de force et de l'envelopper dans un tissu afin de faire cesser les saignements. Il inspira avec force en abaissant ses paupières lourdes, son visage se crispant sous la tristesse de ce qui ressemblait de plus en plus à la fin d'une histoire, puis relâcha tout son air en soupirant. Il était fatigué de cette dispute, de cette soirée à avoir tenter de torturer quelqu'un sans succès. Enfin, finalement, s'il n'avait pas réussi son Doloris il était certain d'avoir fait plus de mal à la jeune femme qu'il ne lui en aurait fait en lui lançant le moindre sortilège. Hésitant, il se mordit la lèvre avant de tenter un nouveau pas vers elle, avec une lenteur exagérée, soucieux de lui laisser le temps de le repousser si elle le désirait.

__ J'avais l'intention de m'excuser, d'avoir été trop jaloux pour prendre convenablement soin de toi. Je me suis installé en face de toi le lendemain matin avec la ferme intention de te demander pardon, confia-t-il en faisant de nouveau référence à la nuit de leur dispute.  Puis je me suis dis que cela n'était pas ça le problème. Je ne suis pas désolé d'être jaloux, Heather, murmura-t-il, mouvant son corps pour se rapprocher de la jeune femme, millimètre par millimètre. De toute façon il avait perdu le combat de l'éloignement au moment même où elle avait choisir de vérifier que le mur en pierre était beaucoup plus solide que le cartilage de sa main. Je suis égoïste, tu le sais n'est-ce pas ? Il n'attendait pas vraiment de réponse.  Même avec toi. Surtout avec toi. Il leva de nouveau la main, cette fois franchissant la barrière immatérielle qu'elle avait érigé entre deux, ses doigts frôlant sa joue. Laisses moi finir, ordonna-t-il en serrant les dents, se préparant à un rejet. Encore. Je ne suis pas désolé d'être jaloux parce que ... parce que je ne compte pas lutter contre ce sentiment. Il soupira, ses doigts glissant avec lenteur sur la peau pâle de la jeune femme, redessinant le galbe de sa joue, termina leurs courses avec lenteur à la commissure de ses lèvres. Alors non, je ne suis pas désolé et encore moins d'avoir répondu à ce foutu baiser il y a un an. La seule chose dont je suis désolé, Heather, c'est d'avoir laissé ce malaise s'installer entre nous depuis.

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MessageSujet: Re: [4 Décembre 1997] Philotès aux enfers Jeu 15 Fév 2018 - 20:48

- Dis-moi que tu n'en sais pas plus sur ce meurtre Heather. Dis-moi que tu n'utilises pas toute mon ignorance sur ces évènements pour utiliser ce mot parce que tu as compris qu'il me tourmente. Dis-moi que tu ne poses pas de questions parce que tu t'en fou, trouve quelque chose n'importe quoi, mais réussi à me convaincre que ce n'est pas parce que tu en sais plus. Plus que moi. Dis-moi qu'entre d'éventuelles confessions d'Holbrey et notre longue amitié tu n'as pas choisis de taire des évènements qu'il t'aurait confié alors que moi je ne sais pas ce qu'il a fait d'elle. Et sinon, quel mot n'as-tu pas compris dans l'expression " Je suis désolé " ? Il faut que je rampe pour te faire comprendre que je ne me sens pas innocent dans cette histoire ? Jusqu'à preuve du contraire, la seule personne dans cette pièce qui assume un tant soi peu ses tords, c'est moi. Je t'ai déjà confié un assassinat et mes excuses et je n'ai eu de toi qu'un faux orgasme visuel et l'affreuse sensation que tu sais des choses sur le cadavre qui me hante et que tu gardes ça pour toi au nom d'une quelconque relation malsaine...

Deux choix s’offraient à elle : dire la vérité ou nier le tout en bloc. Mais il frappait là où il fallait, titillait sa fierté alors qu’il sous-entendait un défi dans ses propos colorés de colère : j’ai assumé mes tords, et toi Heather, y arriveras-tu ? Me diras-tu la vérité sur ce que tu sais ? Elle serra la mâchoire de nouveau, les muscles de son visage commençant à se tordre de douleur sous la pression incessante qu’elle s’imposait. Des bribes de sa conversation avec Octave flottaient au-devant de son esprit, des mots ici et là, la révélation que le meurtre n’en était pas un, la raison pour laquelle Léon croyait que la victime n’était plus qu’un cadavre enterré six pieds sous terre, sa demande au bibliothécaire d’exposer la vérité. Nier n’était plus une option, elle en avait dit bien assez pour que le serpentard comprenne qu’elle en savait plus qu’elle ne lui avait laissé paraître par le passé. Mais la vérité ne semblait pas non plus la bonne solution, car bien qu’elle croyait l’histoire d’Octave, Léon refuserait d’accepter la vérité. Il fermerait les yeux, plaquerait ses mains sur ses oreilles et chantonnerait haut et fort pour éviter de l’entendre, préférant s’imaginer des horreurs que de croire un mot que le bibliothécaire pourrait dire, et cela, même si c’était la brunette à qui les paroles avaient été chuchotées. Car bien qu’elle lui faisait confiance, tout le contraire était vrai pour son ami. Son visage se tordit l’ombre d’un instant, ses traits grimaçant subtilement avant de reprendre les plis de son expression dure, alors que les derniers mots du vert et argent résonnaient dans son cerveau : une quelconque relation malsaine. Mais qu’en savait-il au juste ? Rien justement. Il jugeait, attribuait des adjectifs à une relation dont il n’avait aperçu que quelques instants, que quelques fragments, sans y comprendre toutes les subtilités. Et bien que cette dite relation était récente et si jeune, aussi indéfinie et étrange qu’elle était, aussi maladroite et intime, la vipère ne pouvait cracher sur celle-ci et la renier, refusant d’injurier tout ce qu’elle comportait, le mauvais et le bon, la gifle et le pardon, le sarcasme et la compréhension, les insultes et la protection. Elle se retrouvait dans une position difficile, la révélation ne lui appartenant pas, la raison même pour laquelle elle n’avait pas abordé ce sujet sensible avec Léon lors de ces dernières semaines et finalement tout révéler semblait hors de propos, hors contexte alors qu’elle n’était qu’une simple témoin d’un échange qui ne la concernait ni de proche, ni de loin. Lentement, elle s’humecta ses lèvres trop sèches d’avoir autant parlé, sachant plus que jamais ce qu’elle lui avouerait, ou plutôt, c’est qu’elle omettrait d’avouer.

- Tu veux un aveu ? Le voici : j’en sais assez, très peu, mais assez. Tu croyais vraiment que je laisserais passer ton accusation sans rien dire ? Il m’a proposé de répondre à mes questions, alors j’en ai posé. Elle prit une pause, avalant le peu de salive qu’elle possédait avant de continuer, la voix forte et stable. Mais ce n’est pas avec moi que tu devrais avoir cette discussion. Alors, arrête de t’apitoyer sur ton sort et agis si cette histoire te tourmente tant, mais ne me fais pas subir les conséquences de tes propres actions ou n’essaie pas de me faire culpabiliser parce que tu n’as pas eu l’audace de poser les questions que j’ai posées.

La dispute ne semblait pas vouloir s’arrêter, prenant des proportions démesurées et extrêmes tandis que les coups volaient de part et d’autre, exposant ses vérités qui n’étaient parfois pas bonnes à dire, ou trop vraies justement pour que le moment soit idéal et opportun.

- Tu as raison, je suis un lâche qui a juste regardé Holbrey disparaître et qui n'a rien fait pour l'en empêcher, se tourmentant tout l'été sur ce qu'il avait fait. Je suis un lâche qui n'est pas venu t'en parler et qui aurait dû avoir assez de cran pour t'avouer ses faiblesses et te mettre en garde contre lui. Mais tu sais quel jour je me suis montré encore plus lâche Heather ? A part aujourd'hui, à te blesser de la sorte sans réfléchir au fait que tu souffres bien plus que moi. A part il y a deux semaines, où j'étais tellement jaloux que je t'ai agressé avec des propos déplacés ? A part ce soir où je n'ai pas su profiter de l'accalmie de ton " ca va " ? C'était ici même. Je t'ai laissé dire que c'était une erreur alors que cela n'en a jamais été une pour moi. Alors ouvre bien tes oreilles parce que je ne compte pas le répéter plusieurs fois. Ta vie ne dépend pas de la capacité de Jake à pourrir dans une tombe. Il n'y a pas de plus grand affront que tu pourrais faire à ton père que celui de ne pas lui ressembler : si tu le tue, tu deviens une meurtrière. Comme lui. Tu lui donnes raison. Il aura réussi à te transmettre tout ce que tu aimes chez lui : la violence, l'incapacité à communiquer autrement que par des coups. Tu sais ce qui serait une véritable victoire, Heather ? Que t'apprennes à vivre autrement que dans les expectatives de Jake. Que t'apprennes à envisager ton avenir sans tout faire tourner autour de lui. Ca, ça serait une bien grande preuve de force. Et si tu me trouves lâche d'oser mettre en péril toute la confiance que tu as en moi pour te dire juste ça ... et bien tant pis. Mais moi je... moi je t'aime assez pour te souhaiter autre chose. Même si cela fait de moi quelqu'un que tu détestes.

Il continuait de s’approcher, réduisant l’espace les séparant, suffoquant la brunette avec autant d'efficacité qu’un sac de plastique capturant violemment son visage, scellant l’entrée d’air tandis que son corps perdait de sa force, s’endormissait pour ne plus jamais se réveiller. Elle recula jusqu’à ce que son dos se retrouve accosté contre le mur, l’envie de ne plus l’entendre, d’empêcher les mots de sortir de sa bouche, saisissant tout son être, l’empoignant brusquement. Qu’elle s’évade de sa propre tête, qu’elle s’envole haut dans les cieux à des milliers de lieux de lui, tout pour ne plus l’entendre. Que toutes les grenades et bombes explosent près de son visage, que toutes les musiques de ce monde jouent dans un désaccord réconfortant, tout pour ne plus l’entendre. Que ses oreilles saignent et ses tympans éclatent, que sa peau trépide et grésille sous la détonation des sons, tout pour ne plus l’entendre. Inconscient du supplice qu’il la submergeait, le serpentard continua son approche, un pas à la fois, franchissant le mince bouclier qu’elle avait érigé pour se protéger de cette guerre qui ne cessait de rager. Les paroles continuaient de s’élever, poignardant de ses mots la jeune fille qu’il disait regretter d’avoir blessé, mélangeant blessure et amour en un mélange toxique d’émotions qui perdait tout son sens tant ils contrastaient, comme si le fait même de la blesser lui ferait comprendre qu’il tenait à elle. Il refusait de lâcher son point, détruisant la seule conviction qui avait gardé Heather debout toutes ses années, s’acharnant à anéantir ce qu’elle s’était promis d’accomplir, tout ce qui comptait à ses yeux depuis qu’elle avait fait une croix sur l’amour de son père, la haine prenant le dessus sur ses émotions d’enfant innocent. Il martelait son point, enfonçait son idée sans même la laisser parler, légitimant son discours par des raisons supposément nobles tandis qu’il ramenait ce fameux baiser qu’ils avaient partagé. Je suis méchant parce que je t’aime. C’est tout ce qu’elle avait l’impression d’entendre. Mais il ne savait pas quand arrêter, reprenant de plus belle, continuant son monologue alors qu’il s’approchait encore et encore.

- J'avais l'intention de m'excuser, d'avoir été trop jaloux pour prendre convenablement soin de toi. Je me suis installé en face de toi le lendemain matin avec la ferme intention de te demander pardon, Puis je me suis dis que cela n'était pas ça le problème. Je ne suis pas désolé d'être jaloux, Heather. Je suis égoïste, tu le sais n'est-ce pas ? Même avec toi. Surtout avec toi. Laisses moi finir. Je ne suis pas désolé d'être jaloux parce que ... parce que je ne compte pas lutter contre ce sentiment. Alors non, je ne suis pas désolé et encore moins d'avoir répondu à ce foutu baiser il y a un an. La seule chose dont je suis désolé, Heather, c'est d'avoir laissé ce malaise s'installer entre nous depuis.

Elle se sentait coincée. Les murs semblaient se rapprocher irrémédiablement d’elle alors qu’elle peinait à respirer, suffoquant entre le mur de pierre et Léon qui s’était finalement arrêté près d’elle, quelques maigres centimètres s'interposant entre leur corps. Sa main frôla sa joue et elle eut de nouveau l’envie de la mordre, de la casser et de la tordre, lui faire comprendre que ce n’était pas le moment pour de la tendresse ou de la douceur, qu’on ne s’approchait pas d’un animal blessé lorsqu’on était la raison de sa méfiance et de sa douleur. Elle pencha la tête, fixant le sol à ses pieds, fermant douloureusement les yeux tandis que le monde s'écroulait autour d’elle. La douleur qui irradiait sa main la ramena sur terre, une sensation à laquelle elle put s'accrocher, une souffrance qui canalisait ses pensées et ses actions, et elle reprit son souffle, laissant finalement le réconfort d’un filet d’air envahir ses poumons. Alors que le ciel s'effondrait autour d’elle, elle redressa les épaules et prit une grande respiration, serrant sa main, étirant la plaie, revivifiant la douleur. Lentement, elle posa les paumes de ses deux mains sur le torse de Léon, puis dans un enchaînement d’actions armé d’une rapidité hallucinante, elle leva brusquement la tête, ses yeux brûlant d’un feu féroce plongèrent dans les iris grises et elle poussa le jeune homme de toutes ses forces, l’éloignant d’elle avec toute la puissance qu’elle réussit à rassembler de son corps épuisé de combattre. Elle redressa son dos, leva le menton un peu plus haut, ses yeux se réduisant à deux petites fentes où le noisette de ses iris s’approcha du noir, la pupille de ses yeux luisant sous l’éclairage tamisé de la petite pièce.

- Et je suis censée te croire ? Après tout ce que tu viens de me dire, toutes les conneries que tu m’as crachées au visage ? Tu ne peux pas décider que de me blesser est la meilleure solution pour régler nos problèmes et dans un même souffle, avouer qu’un baiser datant d’il y a un an voulait dire quelque chose pour toi. C’est trop facile comme excuse. Si c’est comme ça que tu penses justifier tes paroles, justifier tes actions et tes accusations, justifier que tu viens d’essayer de détruire tout ce en quoi je crois… C’est que tu me prends réellement pour une imbécile. Elle reprit son souffle, ayant oublié de respirer alors que sa tirade sortait à une vitesse folle de ses lèvres animées. Les sentiments que tu penses avoir n’excusent rien. RIEN ! Dans un murmure destiné à elle-même, elle souffla. Je dois sortir d’ici, j'étouffe. Elle virevolta sur elle-même, ouvrit la porte d’un mouvement brusque et sortit dans le couloir illuminé, une seule idée tournant en boucle dans son esprit : elle avait besoin d’air, mais surtout, de solitude.

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MessageSujet: Re: [4 Décembre 1997] Philotès aux enfers Sam 17 Fév 2018 - 17:29


__ Tu veux un aveu ? Le voici : j’en sais assez, très peu, mais assez. Elle avait choisi de ne pas le libérer de quoi que ce soit. Au nom de quel grand principe, pouvait-elle le lui expliquer ? Tu croyais vraiment que je laisserais passer ton accusation sans rien dire ? Il m’a proposé de répondre à mes questions, alors j’en ai posé. Pourquoi à lui Heather ? Pourquoi avoir cru ses propos, pourquoi pas à moi ? Pourquoi pas moi, tout court, d'ailleurs, songea-t-il. Mais ce n’est pas avec moi que tu devrais avoir cette discussion. Parce que tu penses que c'est avec lui que tu devais l'avoir ?  Alors, arrête de t’apitoyer sur ton sort et agis si cette histoire te tourmente tant, mais ne me fais pas subir les conséquences de tes propres actions ou n’essaie pas de me faire culpabiliser parce que tu n’as pas eu l’audace de poser les questions que j’ai posées.

L'adolescent ferma douloureusement ses yeux déjà bien fatigués et cernés. Il avait décidé de lâcher prise. Parfois, cela ne servait plus à rien de s'acharner à vouloir obtenir une quelconque explication logique là où seul l'émotif avait guidé telle ou telle action. Il fallait accepter de ne pas savoir. Il les rouvrit, lui accordant un long regard mais choisissant de ne pas relever. C'était soit faire en sorte de garder ses lèvres pâles closes, soit exploser et dire des choses qu'il regretterait à la minute où il verrait leur impact sur le visage de la jeune femme. Elle avait décidé que de souffrir de la culpabilité d'un homicide, c'était s'apitoyer sur son sort. Que pouvait-il bien donc lui dire, à elle qui préférait lui reprocher sa souffrance sans même essayer de la comprendre ? Elle qui parlait d'audace là où elle avait poser des question sur un sujet ne la concernant pas, alors qu'elle ne daignait pas écouter ce qu'il lui disait sur Jake ? Elle voulait parler d'audace. Vraiment ? Il n'avait même plus envie d'avoir raison tellement il ne voyait pas - ou plus - cette altercation comme une bataille à gagner. Il s'en foutait. Il se foutait de savoir qui aurait le dernier mot, déjà anéanti par la tournure que prenaient les évènements. Il n'y aurait pas de gagnant ce soir et elle ne ferait aucune concession. Il en était conscient.

__ Je n'ai pas posé de questions à Holbrey parce que j'avais peur de ce qu'il me ferait, souffla-t-il, toute inhibition d'une éventuelle faiblesse disparaissant. C'était la vérité, elle n'était pas glorieuse mais il avait décidé de la livrer à la jeune femme, sans détour, parce qu'il n'avait plus envie de se soucier d'arranger les détails, d'enjoliver la réalité. Elle ferait ce qu'elle voudrait de ce manque total de courage, mais puisqu'elle s'acharnait à être la plus forte il n'avait pas envie de surenchérir dans cette escalade de faux-semblant. La seule chose qui m'ait poussé à ouvrir la bouche en sa présence, c'était la peur, encore. La peur de te voir à ses côtés.

Elle reculait. Il s'agissait de centimètres mais au fond de lui Léon avait l'impression que le gouffre devenait si grand qu'il n'était même plus certain de réussir à l'apercevoir de l'autre côté. La colère se peignait sur ses traits fins et il sut immédiatement qu'elle avait déjà choisi de ne retenir que les paroles blessantes. Elle n'arriverait pas à faire la part des choses. Elle l'avait blessé pourtant ce soir, à maintes reprises, mais elle ne voyait que ses propres plaies, comme si celles-ci la vidaient de la moindre compassion envers quiconque. Elle avait la rage contre tout et Léon compris qu'il serait toujours plus facile pour elle de le haïr que de ne reconnaître ses tords. Mauvais timing ? Y aurait-elle vraiment une bonne manière de lui dire à quel point elle comptait pour lui alors qu'elle s'appliquait à le repousser à chaque fois qu'elle n'était pas Miss Trown, forte et fière ? Cela avait commencé au décès de sa mère lorsqu'elle avait renvoyé chacun des hiboux, parce qu'elle s'était sentie trop faible pour demander de l'affection. Cela s'était poursuivi lorsqu'elle l'avait embrassée, parce qu'elle s'était probablement sentie trop faible de ressentir quoi que ce soit dans un moment pareil. Et cela continuerait ce soir, il le voyait à la façon dont elle avait de crisper la mâchoire et de le regarder. Le contact de sa peau avec la sienne l'électrisa malgré son laps de temps éphémère, mais déjà elle posait ses mains contre lui et le repoussait sauvagement. Il recula de quelques pas, plus emporté par l'élan de la douleur psychologique que par une quelquonque force physique de la jeune femme.

__ Et je suis censée te croire ? Aboya-telle. Ce n’est pas ça la question Heather. As-tu envie de me croire, plutôt ? Après tout ce que tu viens de me dire, toutes les conneries que tu m’as crachées au visage ? Tu ne peux pas décider que de me blesser est la meilleure solution pour régler nos problèmes et dans un même souffle, avouer qu’un baiser datant d’il y a un an voulait dire quelque chose pour toi. C’est trop facile comme excuse.

Mais comment pouvait-elle trouver ce qu'il venait de faire " facile " ? S'était-elle déjà mise à nue comme il avait osé le faire, seulement une fois ? Comprenait-elle ne serait-ce que le mal qu'il avait eu à lui dire tout ça ? Non. Bien sûr que non. Encore une fois, elle ramenait tout à elle parce qu'il était beaucoup plus facile de répondre et de se focaliser sur les phrases douloureuses qu'il avait prononcées que sur la douceur des paroles suivantes. Elle demandait des excuses et des explications, puis les réfuter en bloc parce qu'elles ne lui convenaient pas. Les yeux dans le vague, il fixait un point derrière Heather, inspirant doucement et de manière de plus en plus saccadée en l'écoutant piétiner ce qui avait probablement été la plus dure déclaration qu'il n'ait jamais faite.

__ Si c’est comme ça que tu penses justifier tes paroles, justifier tes actions et tes accusations, justifier que tu viens d’essayer de détruire tout ce en quoi je crois… C’est que tu me prends réellement pour une imbécile. Les sentiments que tu penses avoir n’excusent rien. RIEN ! Elle avait presque hurlé le dernier mot avant de murmurer pour elle même qu'elle suffoquait. Je dois sortir d’ici, j'étouffe.

La porte s'ouvrit et Léon n'esquissa pas le moindre geste pour la retenir. Immobile, il sentit plus qu'il n'entendit son coeur battre dans un bruit insupportable dans sa cage thoracique. Il avait l'impression que le bruit crevait le silence, tandis qu'un frisson le parcourait de la tête au pied. Une boule se forma dans sa gorge et il se laissa lentement glisser contre le mur, touchant enfin le sol, sa tête retrouvant le contact froid et glacial de la pierre. Elle était partie. Il sentit sans même chercher à le retenir le sanglot se frayer un chemin, n'essayant même pas de lutter, éreinté par les évènements des semaines et des mois précédents. Une première larme timide roula sur sa joue, rendant translucides les yeux gris, avant de commencer à cheminer jusqu'à glisser contre sa mâchoire carrée. Il ne leva pas la main pour la retenir, une autre en profitant pour se frayer un chemin sur le sillon déjà tracé et le jeune homme suivit le conseil qu'il s'était lui même donné un peu plus tôt. Lâcher prise. Il ramena ses genoux contre lui, posant sa tête dessus et s'octroya le doigt de fermer les yeux, les larmes roulant contre sa peau et lui laissant un goût salé dans la bouche. Trop de choses à gérer. Un autre sanglot le secoua tandis qu'il reniflait, la respiration rendu désordonnée par les tressautements de son thorax au fur et à mesure qu'il laissait le trop plein d'émotion sortir en goutelettes de ses yeux. Il se sentait éreinté, vidé de toute force. Et déçu de n'avoir aucune épaule sur laquelle se reposer, personne à qui raconter les récents évènements.

Y'avait-il vraiment eu quelqu'un de toute manière ?

Il avait déjà trouvé ces quinze longs jours le séparant d’Heather insupportables et pourtant les quelques secondes qui s'étaient écoulées depuis qu'elle avait quitté le cagibi semblaient terriblement plus douloureuses. Elle ne lui avait rien laissé : pas même la promesse d'une quelquonque réciprocité de ses sentiments, pas même une petite attention face à la confession qu'il avait faite, pas même l'espoir d'une quelquonque acceptation de ses excuses. Uniquement la fuite, brutale, comme si rester quelques instants de plus avec lui était insupportable. Lui aussi avait du mal à respirer tandis que les larmes dévalaient ses joues sans retenue. Tout comme il n'avait pas souhaité retenir la jeune femme. Elle voulait une échappatoire ? Alors qu'elle parte. Il s’était déjà excusé. C'est elle qui ne voulait pas entendre. Et pour lui dire quoi, de toute façon ?

Qu'il était amoureux ?

Elle ne le croyait pas. Non, elle s'était juste permise de l'embrasser il y a de cela un an mais se refusait à assumer les chamboulements qu'elle avait provoqué. Et lui avait été assez idiot pour ne pas comprendre qu'Heather n'aimerait jamais personne parce qu'elle était bien trop occupée à haïr son paternel. Une nouvelle salve de larmes roula, glissant dans son cou tandis qu'il expirait avec difficulté. Il avait toujours détesté son anniversaire, détesté de ne voir que des personnes plus ennuyées de le voir souffler ses bougies que ravies de se réunir autour de lui. Mais aujourd'hui était sans aucun doute le plus triste de ses dix-huit années. Il releva la tête, ses yeux rougis par les larmes qui menaçaient encore de franchir la digue. Un grand silence emplissait la pièce, faisant écho au vide intérieur qu'il ressentait d'avoir pleurer tout son soûl. Jamais il ne s'était senti aussi seul qu'à ce moment donné. Aussi abandonné. Elle l'avait laissé, trop préoccupée par sa souffrance pour se soucier de ce qu'il ressentait. Une partie de lui ne comprenait pas comment elle pouvait tenir à lui tout en étant aussi aveugle sur son mal-être. Elle avait minimisée son ressentiment face à un meurtre, mis en doute leur amitié, dénigré ses sentiments envers elle. Elle n'avait prêtée aucune attention à ses aveux. Il n'y avait plus rien à dire d'autre. Le vert et argent expira de nouveau bruyamment, longtemps, les secondes s'écoulant au fur et à mesure qu'il vidait ses poumons de la moindre particule d'air. Il allait compter jusqu'à cinq puis il sortirait de cette pièce pour rejoindre le dortoir. Encore quelques secondes à s'apitoyer puis il se lèverait pour affronter le grand vide. L'inconnu.

Un. Il laissa le sentiment de vide l'emplir, nourrissant chacune de ses cellules de la peur d'avoir brisé quelque chose d'irréparable entre eux. Il se sentait plus seul que jamais. Deux. Heather était partie. Une nouvelle vague de panique le submergea mais il laissa l'idée se rependre dans son esprit. Elle avait choisi de ne pas rester dans cette pièce, c'était un fait. Il n'y pouvait rien. Tout le monde finissait par partir un jour. Trois. Donia avait oublié son anniversaire. Il n'avait pas reçu de lettre. Pourquoi avait-il espéré de toute façon ? C'était puéril et il n'était plus un enfant. N'est-ce-pas ? Une nouvelle larme roula. Quatre. Il gonfla son ventre en inspirant, le dégonflant lentement en soufflant. Il essuya les larmes restant accrochées à ces longs cils. Cinq. La colère remplaça doucement la tristesse et il sentit chacun de ses muscles fatigués se tendre, soudain animés par une haine envers tous les individus l'ayant menés à ce profond sentiment de désespoir.

Il en avait plus qu'assez. Aujourd'hui, il se le promettait, serait son dernier moment de faiblesse avant un long moment. Fini, de laisser les expectatives des autres décider de sa vie. Fini, de mettre entre parenthèse ses désirs pour essayer de satisfaire ceux des autres. C'était terminé de ne récolter jamais rien en échange. Ce soir, il avait oser avouer à Heather ses sentiments et qu'avait-elle fait de tous ses aveux ? Rien. Elle n'avait pas répondu, comme si elle ne le croyait même pas. C'était presque pire, elle n'avait même pas compris ses aveux. Il lui offrait son amour sur un plateau et elle ne le considérait même pas. De toute façon, cette conversation avait été presque à sens unique : la direction qu'Heather avait voulu lui donner. Autrement dit : sa colère, encore sa colère, toujours sa colère. Rien d'autre. Elle avait exigé des excuses mais ne les avait pas acceptées. Pire, elle avait regardé tout cet amour qu'il lui portait pour ensuite oser dire qu'il s'en servait comme d'une excuse, comme d'un rempart pour essayer d'expliquer et d'atténuer ses propos. Pensait-elle vraiment ça de lui ? Qu'il était ce genre personne vous agitant leur amour sous le nez pour essayer d'attendrir ?  Elle avait raison au moins sur un point. C'était une imbécile, incapable de voir qu'il avait été sincère. Ca l'avait encouragée dans ce qu'elle pensait : qu'il était juste lâche. Si c'était  ça qu'elle pensait, alors elle ne méritait peut-être pas ce qu'il lui avait dit. C'était presque à qui la blesserait le plus : elle attendait presque qu'on lui fasse du tord pour pouvoir  se plaindre ensuite que le monde était injuste. C'était à qui elle pourrait haïr de nouveau. Voilà pourquoi elle s'entendait bien avec Holbrey, ce didacteur de la bonne conscience qui l'avait traité de lâche devant Heather parce que ca lui donnait des grands airs. C'était facile hein, d'accuser un adolescent et de se jouer de lui lorsqu'on avait le monopole des informations. Lorsque qu’on n’en était pas à sa première agression, son premier meurtre. De quelle quantité d'excès d'orgueil cet homme souffrait-il pour avoir besoin d'avoir une quelquonque relation avec une fille comme Heather ? Cela dit, ils allaient bien ensemble. Elle avec son besoin de sécurité et lui avec ses un mètre soixante dix de fierté et de confiance en lui. Parfait.

Et lui, il n'en avait pas marre d'être réduit vivre dans l'expectative des autres ? Attendre qu'Holbrey ne lui avoue la vérité alors qu'il n'avait osé poser de questions, attendre qu'Heather ne comprenne ses sentiments, que Donia ne lui envoie une lettre. Elle aussi, à jouer la mère parfaite alors qu'elle n'avait jamais réussi à se rappeler les grandes lignes de ce rôle. De toute manière, c'était toujours la même histoire. Il se promettait de ne pas faire confiance et il tombait les deux pieds dans le même plat. C'était une sorte de cercle vicieux, il avait rencontré Elène en étant déçu de Donia et cet excès de naïveté lui avait coûté très cher. De toute façon, pour la majorité des personnes qu'il côtoyait il n'était bon qu'à se taire, n'est-ce pas. Tiens Léon, vient donc oublier que je n'ai jamais voulu de toi pour vivre avec mon nouveau mari, ça va faire jaser sinon. Tiens Léon, oublies-donc que je n'ai pas voulu t'adresser la parole pendant ces deux longs moi, soit présent parce que ma mère n'est plus là. Tient voilà, offre moi tes lèvres. Non finalement, c'est une erreur. Pardon, tu disais ? Que tu m'aimes ? Ah oui mais non, tu te sers de ça comme d'une excuses. Tu culpabilises d'être meurtrier ? Mais voyons assumes toi ! Allez Schepper, dis moi ce que je dois faire de ta voisine mais choisis bien, sinon c'est moi qui vais choisir. Non attends pauvre petit barman, je vais plutôt disparaître comme ça tu imagineras le pire. Qu'ils aillent donc tous se faire foutre ! Donia avec ses airs de bonne mère de famille mais qui oubliait l'anniversaire de son fils. Holbrey et ses airs de mafieux dans ses costards bien taillés, tout juste bon à tabasser des bonnes femmes et les enterrer mais qui n'avait rien de mieux à faire que de se taper des adolescentes dans sa bibliothèque parce que ca lui donnait sûrement l'impression de compter pour quelqu'un. Et Heather également qui n'était même pas capable de mettre sa hargne de côté pour entendre ce qui crevait pourtant les yeux à la moitié du château. Il avait l'impression d'être enchaîné et de suffoquer lui aussi, harnaché par son amour pour Heather, sa culpabilité envers Elène, son besoin d'affection de Donia, cette foutue insigne de préfet qui semblait peser une tonne.

Il passa la main sur son visage, ses yeux à présent secs d'avoir déversés les larmes tant retenues. S'il devait être sincère - au moins avec lui même - il s'en voulait également. Si Heather n'avait pas daignée comprendre, il devait au moins lui accorder qu'il n'avait pas choisi le bon moment pour lui déballer ce qu'il ressentait. Il voulait au moins lui concéder cela. Avait-il gâché ce moment de façon irrémédiablement ? Avait-il réduit à néant tout espoir qu'elle ne considère ses sentiments avec sérieux, et non pas comme une manière de vouloir s'excuser ? Les minutes passaient et Léon se demandait s'il devait sortir de son cocon d'infortune pour aller rejoindre la jeune femme, tenter une nouvelle fois de recoller les morceaux déjà bien éparpillés leur amitié. Mais il n'arrivait pas à prendre la descision de s'écraser de nouveau. Elle était pourtant plus importante qu'une quelquonque douleur, que n'importe quelle colère, non ? C'était fou ça, il allait encore s'excuser parce qu'il était prisonnier de cette fille. C'était à se rendre dingue, tant d'incohérence n'est-ce-pas ? Non. Il ne bougerait pas d'ici, il n'irait pas ramper à nouveau, mettre de côté tout le mal qu'elle lui faisait. C'était vrai non, elle aussi devait s'excuser ! Il ferma de nouveau les yeux, énervé de voir sa motivation se tarir aussi vite alors que l'image d'Heather en prise à sa colère et les démons qu'il avait soulevés, commençait à le hanter. Il n'arriverait jamais à se sortir cette image de la tête. Et puis ... il n'avait pas été correct non plus. Il se redressa avec lenteur, se morigénant intérieurement qu'il était complètement nul pour tout ce qui concernait la jeune femme, de près ou de loin, que cela soit pour la garder près de lui que pour lui en vouloir. C'était pire qu'un aimant et c'était exaspérant. Il posa la main sur la poignée, l'entrouvrant avant de se figer en reconnaissant des brides de conversation. Toute envie de s'excuser auprès d'Heather sembla de dissoudre alors que ses yeux gris se voilaient de colère. Mais bon sang, il la suivait à la trace où quoi celui là ! Que faisait-il au bout de ce couloir ?

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MessageSujet: Re: [4 Décembre 1997] Philotès aux enfers Dim 18 Fév 2018 - 15:04

Ne pas manger dans la grande salle avait jusqu’à maintenant porté ses fruits de manière relativement fructueuse, pour ne pas lésiner sur les expressions fruitières. Octave évitait soigneusement cet endroit pour deux raisons : la première étant qu’on ne pouvait décemment pas s’aventurer à se nourrir aux côtés de mains baladeuses et inconnues, qui non seulement trainaient des potions douteuses à tout va, mais recelaient moult germes. La seconde raison -qui ici sera citée en deuxième, mais qui en réalité était belle et bien la première- était qu’Octave abhorrait l’idée même de grand festin où il fallait manger devant une tripotée de spectateurs. Lui, préférait la mastication solitaire, ou en petit comité restreint à la rigueur. Par souci de sécurité, il avait même poussé le vice jusqu’à manger à des heures absolument aléatoires et ce sans prévenir, pour rendre son empoisonnement quasi impossible. N’allez pas imaginer qu’il soumettait ainsi son existence à un chaos organisé juste par peur mégalomane qu’on s’attaque à un bibliothécaire, non. Là encore il s’agissait d’une excuse pour continuer à faire n’importe quoi en satisfaisant son appétit nocturne plutôt aléatoire. Sur une base quotidienne cependant, cette habitude lui avait rendu service. Cependant, il ne savait pas s’il devait imputer son statut continuellement épargné à son insignifiance étudiée, ou si sa carrière de bibliothécaire avait connu un pic depuis qu’il avait prouvé sa capacité à obéir aux ordres sans ciller ni opposer de résistance apparente. De coutume, c’était une popularité qu’il savait bien porter même sans la vouloir. Il ne sut néanmoins comment considérer la disparition professorale, à l’exception d’une couche bien grasse de leurs représentants dont lui, un peu avant le cours spécial de défense contre les forces du mal. Il se serait attendu à la présence de quelques enseignants, pour qui la sécurité des élèves était encore un intérêt prévalant sur leur propre quiétude, mais lorsque le bibliothécaire descendit vers les grandes portes, il n’y vit personne. Il n’y avait personne non plus dans la salle des professeurs. Le château était vide et le bien dormait, tandis que la vermine prospérait dans l’ombre.

La formulation de leur requête n’avait pas laissé de doute quant à l’aspect exceptionnel de leur cours et les mesures prises pour ne pas se faire déranger étaient à tel point significatives qu’Octave ne put empêcher sa curiosité à l’aventure. La plupart du temps, il préférait n’être témoin de rien, mais au courant de tout, d’autant que les petits évènements de l’école se contentaient très bien des ouïes dires. Mais les précautions prises et l’heure absolument indécente à laquelle le cours devait avoir lieu éveillèrent une méfiance ne pouvant se satisfaire uniquement d’un ragot en retard : il lui fallait voir la chose de ses yeux propres. Davantage encore si les gardiens bienveillants de ce château étaient profondément endormis par l’artifice d’une potion. L’alerte légère, qui l’avait maintenu concentré, l’obligea également à attendre quelques temps avant de descendre les escaliers à pas feutré pour satisfaire son inquiétude. Il avait fait preuve de patience pour éviter le grand début, et vint prendre son échantillon en bon scientifique : en plein milieu de la réaction. Devant la grande porte, le souffle à peine distinct pour ne pas compromettre l’acoustique de son ouïe, Octave pressa la complexe structure de son oreille contre le bois et s’immobilisa un instant dans l’attente de ce qu’il aurait souhaité être une grande explosion. Mais ce qu’il entendit furent les cris, étouffés par l’épaisseur robuste, d’une torture délétère. A plat, ses mains se refroidirent d’une horreur qui aurait fait flancher n’importe quel cœur mal préparé, tandis qu’un hurlement perçant parvenait à son oreille, si bien qu’il eut l’impression de se pencher sur la porte d’un brûlant enfer. Il s’en décolla, furtif et brusque, le son aigu du cri perçant son crâne, mais moins surpris encore que la nuit où les Carrow avaient engendré leur cohorte de souffrance pour un graffiti, et son indignation se contenta d’un soupir convenu. Personne n’allait mourir ce soir, encore. Ce n’était pas le but. En enfer, on ne mourait pas.  

Il y avait quelque chose d’inquiétant au fond à ce que les forces positives de cette école, dernières gardiennes bienveillantes, puissent s’endormir aussi facilement et sommeiller tout le temps qu’il fallait au mal pour s’éveiller encore un peu, s’ancrer et corrompre. Quelque chose, quelque part avait lamentablement échoué. Octave se recula, comme temporairement indolent et surprit par son manque flagrant de révolte, mais horriblement patient, comme on pouvait l’être devant l’incoercible. C’était ce qui devait arriver, sous une forme ou une autre, instant aussi prévisible et inaltérable que le béton l’était au feu. Le bibliothécaire eut un regard errant à l’égard des murs du château, se disant que le bien dormait souvent lorsque le mal était plus simple à entreprendre, que les consciences s’obscurcissaient pour ne pas avoir à culpabiliser, et l’analogie de ce sommeil lui parut bien intriguante, alors qu’à force de s’habituer au silence, il entendait maintenant sans se forcer les étouffements du bois. Octave se recula pour de bon, n’ayant plus rien à découvrir de cette porte, et se retrancha dans le dédale de couloirs vides. Il se sentit vaguement privilégié qu’on ne puisse le considérer comme bon à la rééducation, ou en tout cas pas encore. Quoi que le système vous réduisait bien plus efficacement en bouillie lorsqu’il reconnaissait en vous un adulte récalcitrant de la société, pour vous recracher selon un moule bien conforme. Les enfants, quant à eux, étaient davantage sensibles à l’endoctrinement et clairement moins susceptibles de se révolter.

Les mains dans les poches, il tourna en rond, déterminé à guetter la fin du supplice pour récupérer de l’œil les dégâts. Puis, il ne savait encore comment interpréter son propre éveil, ce qui le poussa à tenter le hasard en profitant de l’opportunité. Lorsqu’il entendit les grandes portes s’ouvrir enfin, il revint sur ses pas et observa de loin cette coulée fantomatique d’élèves dont on avait réduit encore un peu le libre arbitre, inconsciemment, comprimant le courage et la fureur de vivre à mesure que toutes les bonnes intentions se soldaient par des échecs, rendant la vie encore un peu plus injuste et sans intérêt. Lorsque les ectoplasmes aux yeux vides s’en furent partis, Octave s’approcha d’un pas négligé vers Amycus et, s’assurant qu’ils étaient sans témoins, il l’apostropha en premier.

« Carrow. Bonne technique. Dommage qu’elle ne marche qu’une fois. »

Dit-il en regardant à nouveau les murs et les professeurs qui y étaient endormis. Sa voix docile se fit amusée, regrettant qu’un tel exercice ne pouvait s’imposer deux fois, chose qui suffit au Mangemort à le sentir peu farouche et il eut un sourire carnassier. Audacieux, il rajouta sa fantaisie peu volontaire, mais qui s’était faite naturelle et n’avait besoin de nul effort pour aboutir :

« Peut-être aurait-il fallu en profiter pour les empoisonner, plutôt que de les endormir ? »


Ils eurent un rire de gorge entendu, mais Amycus avait étanché sa soif tantôt et répondit que le temps ne leur manquait pas. Octave y acquiesça, supposant que de toute façon, le vrai défi était non pas de détruire, mais de reconstruire et sur ces paroles, qui louaient à demi-mot cette prêche qu’Amycus venait de mener avec succès sur les adolescents, le bibliothécaire souhaita bonne nuit et s’en alla avec un coup d’oeil vers la Grande Salle, qui n’avait étrangement rien de grand. Il s’assura qu’aucun corps n’y traîne et que nul suspicieux détail ne fasse le récit d’une horrible nuit. Mais contrairement à la nuit de souffrance, tout ici semblait tranquille et il partit avec la sinistre conviction que ce qui avait véritablement été commis demeurait invisible aux yeux. Sa déambulation ne l’emmena guère loin, ou pas assez en tout cas, car dans un fracas qui le fit frissonner, Octave s’arrêta en voyant une porte s’ouvrir à grand éclat dans le couloir qu’il avait choisi de longer jusqu’à sa chambre. Heather s’en échappa telle une vague furieuse et il crut qu’elle s’était abritée pour soigner la colère que créait en nous une injustice dont on ressentait encore tous les inconvénients. Mais elle soufflait comme un chien de chasse, sans fuite ni blessures, regardant simplement en mur en face d’elle comme s’il lui projetait quelques mystères. Elle nia hargneusement de la tête, fit quelques pas, puis s’arrêta à nouveau en animal sauvage ne trouvant pas sa place. Lui faisant dos, l’étudiante ne le voyait pas, mais Octave percevait au relief de son visage qu’elle était rongée par la fièvre de l’inconfort. Il hésita à s’avancer, ne sachant à quel point cette intimité lui était destinée, mais elle semblait éclater d’une violence aigre et ne supportant pas le silence. En chasseur avisé, il l’apostropha de loin d’un timide « Heather ? » et la vit se retourner dans un sursaut irrité, le toisant avec défiance d’abord, prête à mordre et à arracher, mas le reconnut ensuite. Octave sut alors qu’il pouvait avancer sans se faire craindre et, jetant un regard dans les profondeurs adjacentes du château, il s’avança lentement vers la jeune femme en voulant lui épargner une peur nouvelle.

En s’approchant, il la vit rouge et émue non seulement par l’emportement, mais par ce qui semblait être une tristesse sourde. Il mit une main sur son épaule et la considéra avec patience, cherchant son regard qui commençait déjà à fuir pour retrouver l’oubli qu’elle avait jadis apperçu sur le mur de pierre. Il soupçonna que le cours des Carrow n’avait peut-être pas tourné en son avantage cette fois et que le poids s’en retrouva d’autant plus délicat à porter. Ses sourcils s’arquèrent dans l’inquiétude, tandis qu’il cherchait par le silence imperturbable à la faire parler pour libérer la bête. Sa main consolatrice glissa de l’épaule jusqu’à son bras, qu’il pressa doucement pour aviser de sa présence qui, plutôt que de peser lourd, se voulait protectrice.

« Est-ce que ca va ? Tu as besoin de quelque chose ? »

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MessageSujet: Re: [4 Décembre 1997] Philotès aux enfers Dim 18 Fév 2018 - 21:42

C’était terrifiant comment son corps pouvait oublier avec tant d’aisance la facilité qu’était la respiration humaine, comment ses poumons peinaient à se remplir d’air, à se gonfler de l'oxygène requise à la survie de son corps, laissant son souffle erratique tandis qu’elle tentait de se souvenir du mouvement que sa cage thoracique devait effectuer pour permettre d’inspirer et d’expirer. C’était terrifiant d’être conscient de l’absence de respiration et de la force mentale qu’elle devait exercer pour déclencher cette échange gazeux qui permettait à son être de fonctionner, de rester en vie, alors que l’air l’entourait, flottait autour d’elle en abondance, mais refusait d’entrer ses poumons avides. Elle entrouvrit ses lèvres rosées, la froideur de l’air envahissant l’intérieur de sa bouche, glaçant sa trachée, un filament d'air s'immisçant le long de son œsophage comprimé, la quantité si minime que bien qu'offrant un peu de répit à la jeune fille, la narguait tout autant par son absence d'abondance. Son être était contradiction, un miroir semi-réfléchissant où la colère était projetée sans filtre ni barrière, la tristesse observant derrière, prisonnière, s’acharnant contre la vitre dans l'espoir de la fissurer, de s'échapper de cet enclos et d'enfin reprendre le dessus sur la rage qui détruisait tout sur son passage. Au prise par le surdosage d'émotions, Heather demeurait figée, immobile, le regard absent. Ses yeux étaient fixés sur le mur s’élevant devant elle, mais elle ne le voyait pas, ses paupières refusant de cligner de leur plein gré, asséchant ses yeux de l’humidité protectrice qui les couvrait en temps normaux, le blanc entourant ses iris noisette se colorant lentement d’un rouge irrité, brûlant la prunelle de ses yeux. Les murs avaient cessé de se rapprocher, cessé de l'oppresser jusqu’à l’écraser. Le silence était revenu, accablant et lourd, pesant sur ses épaules, l’empêchant d'étouffer les paroles de Léon qui se jouaient en boucle dans son esprit tel un disque rayé en continu qui refusait de s’arrêter. Les mots, les accusations, les aveux et les insultes se mélangeaient entre eux, suscitant un amalgame d’émotions, un alliage d’impressions et de sensations qui la consommait de l’intérieur, la ravageant de l’intérieur. Elle porta une main à son coeur, enfonçant ses ongles contre son chandail et sa peau, serrant, comprimant, tentant d’apaiser le feu qui la rongeait, la douleur qui s’y trouvait, mais rien n’y faisait. Ses yeux se brouillèrent, un voile se déposant sur ses pupilles et elle secoua vigoureusement de la tête, refusant l’idée même qu’une larme pourrait s’échapper, refusant de même consentir qu’éclater en sanglots était son désir le plus fervent, un soulagement physique à l’overdose d’émotions qui intoxiquait son corps.

Son prénom fut prononcé de loin, une voix s’élevant lentement dans le silence lourd du couloir. Son corps se crispa un peu plus, ses muscles se tendant douloureusement dans tout son être alors que son esprit reprenait conscience de la réalité qui l'entourait, l'arrachant de ses pensées sombres que pour les assombrir d'autant plus. Une multitude de possibilités envahirent son cerveau, d’un professeur, à un inspecteur, en passant par le directeur de l’école sans oublier les mangemorts qui rodaient les alentours, chaque possibilité moins plaisante que la dernière virevoltait dans sa tête. Un sentiment redoutable grimpa en elle, une crainte empoigna ses entrailles et elle déglutit bruyamment, l’avertissement des Carrows quelques jours plus tôt résonnant dans son esprit, lourd de sous-entendus et de conséquences déplaisantes tandis qu’elle prenait conscience qu’elle venait d’enfreindre le couvre-feu, une première fois depuis que les nouvelles mesures avaient été mises en place. La menace d’une punition flottait dans son esprit, sachant que son manquement à suivre le règlement lui coûterait cher, d’autant plus si la personne l’ayant prise à défaut se convainquait elle-même, pour son propre plaisir malsain, qu’elle oeuvrait pour la résistance, qu’elle faisait partie de ces étudiants qui défiaient l’autorité en place. Son sang se glaça dans ses veines et sa respiration se bloqua dans sa gorge, son être arrêtant de fonctionner l’espace d’un instant, la crainte inondant ses sens, aussi dévastatrice qu'un raz de marée engloutissant un village côtier. Puis son cerveau fit finalement acte de présence, utilisant cette intelligence qu’elle était censée posséder, ramenant au devant de son esprit un minuscule petit fait, mais qui faisait une si grande différence dans le cas présent, qui changeait complètement la donne. Son prénom avait été utilisé et avec cette réalisation, ses craintes s’envolèrent, la colère reprenant le dessus de nouveau tandis que la liste se réduisait jusqu’à ne contenir qu’une seule personne plausible : Léon. Évidement qu’il ne la laisserait pas seule, évidemment qu’il la poursuivait, évidemment qu’il voudrait encore discuter et lui foutre au visage les dernières révélations qui lui étaient venues à l’esprit, que ce soit sur ses supposés sentiments ou les convictions même de la jeune femme. Évidemment. La frustration écrasa l’espace d’un moment la douleur et brusquement, elle pivota sur elle-même, le menton légèrement levé dans les airs, l’irritabilité envahissant son visage, son regard s’assombrissant tandis qu'elle foudroyait du regard Léon… sauf que ce n'était pas lui qui la toisait, ce n'était pas lui qui avait prononcé doucement son prénom et ce n'était certainement pas lui sur qui son regard tomba.

Elle cligna finalement des yeux, apaisant le feu qui y brûlait alors que son regard se posait sur le bibliothécaire, reconnaissant finalement celui-ci comme le propriétaire de la voix. L'ironie de la situation était telle qu'elle eu un petit rire, une légère hystérie née de la dispute qu'elle venait de fuir nuançant le son sans joie qui s’échappait de sa gorge, son corps tremblant légèrement sous les soubresauts de son ventre ricaneur. Elle leva la tête vers le ciel, observant, sans réellement voir, le plafond de pierre, avant de baisser les yeux de nouveau sur l’homme qui s’approchait doucement d’elle. La vie avait encore une fois usé de son humour douteux, les réunissant de nouveau alors que la discussion portait justement sur les différentes relations qui unissaient les trois personnes, portait sur les non-dits, les sous-entendus et les vérités blessantes qui formaient une partie de leur accointance, un triangle dysfonctionnel d’êtres humains qui étaient irrémédiablement rassemblés les uns vers les autres. La vie tirait sur les ficelles des marionnettes qu’ils étaient, s’amusant à leur dépend sous le couvert de cette supériorité divine qu’on appelait destin, et la jeune Trown pouvait presque entendre son rire moqueur face à ce tout dernier chapitre dont elle forçait la création. Sa main se posa sur son épaule, lentement, sans brusqueries, l'approchant comme une proie blessée et elle réalisa que c'était probablement l'image qu'elle offrait, l'impression qu'elle donnait alors qu'elle peinait à même respirer convenablement. Elle se mordit la lèvre, fuyant son regard, fuyant tout ce qu'il représentait, fuyant tout ce qu'il offrait. Ce n'était pas le moment pour la gentillesse alors qu'elle bouillonnait, ce n'était pas le moment pour la compassion alors qu'elle voulait tout arracher, ce n'était pas le moment. Elle leva lentement la main, l'envie de la passer sur son visage s’évaporant tandis que le sang colorant ses jointures captait son attention de nouveau, liquide brillant peinturant sa peau blanche. Elle fit miroiter quelques instants la plaie sous la lumière dansante des chandelles, observant le dommage qu'elle s'était elle-même causée, se perdant de nouveau dans le tumulte d'émotions qui l’assaillait. Puis, elle croisa les bras, camouflant la blessure dans le creux de son coude, logeant sa main froide dans la chaleur de son bras plié, son bicep se crispant quelque peu sous la douce poigne d’Octave qui s’était déplacée de son épaule à son bras, glissant doucement sur sa peau. La voix de l’homme brisa de nouveau le silence, posant ces questions qui étaient si larges qu’il était impossible pour la brunette d’y répondre sans déballer tout le contenu du lourd sac qu’elle portait sur ses frêles épaules.

- Est-ce que ca va ? Tu as besoin de quelque chose ?
- Est-ce que j’ai vraiment l’air d’aller ?

La réponse fusa de sa bouche, l’irritation colorant le fond de sa voix cristalline, son regard dur se posant finalement sur les iris émeraudes, foudroyant le vert de ses yeux. L’ombre d’un moment elle voulu crier qu’il aurait du lui dire, crier que c’était de sa faute, mais aussi rapidement qu’elle était venue, la colère quitta son être et elle baissa la tête, fermant douloureusement les yeux tandis qu’elle couvrait sa bouche de sa main blessée. Elle resta quelques secondes dans cette position, se battant contre elle-même et toutes les émotions qui s’acharnaient à vouloir déborder. Elle ne pouvait pas lui faire subir sa colère, ne pouvait pas exploser de fureur alors qu’il était inconscient de la dispute qui venait de se dérouler, car bien qu’il en avait été, à son insu, l’élément déclencheur, cette histoire réunissant les deux hommes n’était que la pointe de l’iceberg. La réelle blessure provenait des mots de Léon sur son enfance, de son jugement sévère sur son ambition de meurtrière, et de sa jalousie excessive qui l’avait poussé à prononcer toutes ces horreurs. Elle refusa de même frôler le sujet des sentiments du jeune homme tant son insécurité et son incrédulité étaient fortes, saisissantes. Elle avala de travers, ouvrant finalement les yeux de nouveau, se forçant à les poser sur le visage du bibliothécaire qui l’observait toujours avec intérêt. Elle humecta ses lèvres, considérant ses propos de nouveau, considérant les questions avec le peu de calme qu’elle réussissait à rassembler. Le silence s’éternisait et avec lui, l’hésitation grandissait au sein de la vipère, sussurant inquiétudes et émois. Puis, interdite, elle ouvrit la bouche, sa voix s’élevant doucement, balbutiant :

-  Je.. je ne sais pas quoi faire. J’ai tellement mal... ici, elle empoigna de nouveau la peau où son coeur se trouvait, sa respiration se bloquant de nouveau dans sa gorge alors qu’elle repensait à la dispute, à tout ce qui avait été dit et de l’amitié qu’elle avait l’impression d’avoir perdue. Elle leva les yeux vers le bibliothécaire, s'agrippant à son regard brillant, s’accrochant à cette personne à qui elle avait appris à faire confiance, la seule qui semblait lui rester dans ce château de malheurs. Je suis habituée à la douleur, à la colère, mais ça... ça..., elle s'arrêta sur ce mot si imprécis, n'arrivant pas à définir ce qu'elle ressentait, ce qui se passait en elle tant cette douleur était particulière. J’étouffe Octave.

Et pour la première fois, elle prononça son prénom.

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MessageSujet: Re: [4 Décembre 1997] Philotès aux enfers Lun 19 Fév 2018 - 18:16

- Est-ce que j’ai vraiment l’air d’aller ?

Elle l’avait regardé avec une défiance qu’il connaissait maintenant bien, mais son éclat fut si féroce, électrisante et déterminée qu’il retira sa main d’un geste brusque, comme si on l’eut frappé ou qu’il s’eût brûlé, concédant sa propre maladresse. Il se redressa avec prestance, sans rancœur et compréhensif des limites qu’on venait d’être imposées, supportant bien mieux qu’il ne l’aurait cru le regard corrosif dont Heather le gratifiait, comme s’il fut le coupable secret de son exaspération. Désemparé, mais non pas défait, Octave laissa cela à l’opportunisme et à la colère, qui étanchaient toujours leur soif à la manière des vagues s’écrasant avec davantage de force sur le premier obstacle que sur le second. Des pensées systématiques qui réglaient le compte à ces émotions excentriques pour de bon et qui le faisaient tenir droit, alors que son orgueil propre l’aurait depuis longtemps fait flancher. Heather sembla sur le point de déchaîner sa fureur vorace et Octave vit des trémolos ardents tressaillir sur ses lèvres pleines, mais elle ne fit que grimacer imperceptiblement sans jamais lâcher le fauve. Au fond, comme lui peut-être, savait-elle cela inutile devant quelqu’un qui se maîtrisait aussi convenablement. Imperturbable, il l’affronta, imposant par son allure sans concessions le défi de lui exploser au visage. C’était la force inconsciente et tranquille qui savait se faire obéir même au plus fort du danger et de la folie par un animal blessé, mais dressé, hagard, taché de sueur et de sang, mais toujours alerte à l’autorité pure. Car même s’il était fautif, Octave refusait de négocier avec la gratuité apparente d’une rancune déjà échauffée. Les cris, peut-être, mais au moins avaient-ils intérêt à être consistants, ce que la jeune femme semblait incapable de lui fournir tant son visage se crispait sur sa petite bouche silencieuse.

Bien vite d’ailleurs, la tension eut raison d’elle et de son humeur tumultueuse : Heather se recroquevilla misérablement sur elle-même, cachant sa blessure par une blessure encore plus grande. Sa main ensanglantée attira le regard du bibliothécaire comme un flash lumineux et il se perdit à minutieusement examiner cette trace toute fraiche, qu’il imputa d’abord au cours mangemort ayant eu lieu plus tôt. Mais il lui fallut se rendre à l’évidence que ses phalanges et jointures déchiquetées ne portaient pas le sceau de la défense maladroite ou d’une violence subie, mais bel et bien d’une attaque donnée, et ce sans réserve. Dans ce geste d’abandon, il put reconnaitre sa victoire, mais elle avait le goût d’une enfant sur le point de fondre en larmes et ayant déjà fait du mal à quelqu’un au point de se faire mal à elle-même. Après avoir voulu se protéger, Heather se rétracta sur soi comme un château qui s’effondre, prise par la conscience soudaine probablement que la douleur la guettait davantage à l’intérieur qu’à l’extérieur. Octave s’hypnotisa sur le carmin de ses phalanges, étudiant la pulpe qui se mêlait à des copeaux coagulés d’un sang à l’éclat finalement trop neuf pour provenir de la Grande Salle. Dire qu’il avait baisé cette main, ou l’autre, avec une infinie tendresse pour la retrouver labourée comme un champ de blé en jachère. Sa peau, si fine et tendre de dentelle n’avait pas dû demander beaucoup d’effort pour se fendre, et elle n’en parût que plus fragile, comiquement désespérée face à son féroce effroi prêt à détruire. Le heurt profond qui baissait maintenant sa tête portait la marque d’une contrariété douloureusement personnelle. Ce n’était pas là l’épuisant excès des inconvénients quotidiens, ou le joug intraitable du destin, mais les affres d’un chagrin intime et perpétré par ses propres espérances.

- Je.. je ne sais pas quoi faire. J’ai tellement mal... ici.

Après cette lamentation monocorde, elle posa sa main menue sur l’endroit où on croyait que le cœur était, s’étouffant à nouveau des soubresauts atroces, intolérables et intenables que son émoi provoquait. Heather hoqueta d’un spasme de terreur perdue, l’une de ces saccades qui avaient failli disloquer le pauvre et liquide cœur du bibliothécaire. Et en même temps, tenant son âme dans sa main, elle le regardait d’en bas avec la détresse infinie qu’avaient les noyés qui apercevaient la surface une dernière fois, avant de se dissoudre dans les ténèbres. Il n’avait qu’à tendre la main pour happer cette désespérance malheureuse, empêcher son serpent de cobalt ciselé à perdre pieds une fois de trop.

- Je suis habituée à la douleur, à la colère, mais ça... ça... J’étouffe Octave.

Elle avait prononcé la formule magique, rendant sa supplique personnelle et intime. Sans réfléchir davantage, comme s’il eut subi ses sanglots dans la nuit, chaque nuit, chaque nuit, dès qu’elle pensait ne se faire entendre de personne, Octave s’avança en enroula un bras souple autour des frêles épaules pour la ramener à soin, à la manière qu’il aurait frôlé la surface de l’eau pour créer une vague ou un frémissement. Dans la confusion de son élan pourtant déterminé, il s’était rappelé de ce geste salvateur comme d’un refuge mirifique, qu’une seule âme généreuse avait eu la bonté de lui donner pour calmer ses sens et tremblement brûlants. Lorsqu’elle se retrouva sous son menton, Octave regarda dans le vide, au loin, lui offrant une fois de plus la chaleur de son cou. Mais cette fois-ci, l’étreinte n’avait eu d’autre but que la tendresse, qu’il voulût suffisamment étouffante pour tenailler le désespoir. Son deuxième bras vint se lover le long du dos étroit, éprouvant la douceur nymphique de sa peau tressaillant de colère. Sur ses lèvres furtives, il sentit la brûlure de ses cheveux électriques et entre eux, la main qu’elle avait gardée sur sa poitrine pour protéger son cœur. Ses doigts se perdirent dans les mèches aussi lourdes qu’un songe d’été et il chercha sa nuque et son épaule pour s’y accrocher. Puis, s’assurant d’une caresse solide, il l’enserra contre soi, n’ayant que peu d’estime pour ses soubresauts, qu’il essayait justement de calmer par la pression robuste de ses bras et ses paumes épanouies. Dans sa vigueur, n’aurait-elle peut-être pas voulu qu’on la maîtrise ou qu’on la touche, mais il savait que la seule façon souveraine qui viendrait à bout de ce désespoir suffoquant, était la contrainte féroce et chaude d’un corps capable de délimiter l’espace d’un instant fugace les lisières de ce monde, soudain plut petit et réconfortant, étreignable car n’allant pas au-delà de cette enveloppe charnelle. Et soudain, l’univers devenait tendre et bon ; tous ses mystères se réduisait à ce petit bout chaud et moite de cocon voluptueux, où il n’y avait plus de luttes, ni de hasard rapace, seulement un réconfort si tenace et irradiant que même le plus papillotant des nerfs finissait par atténuer sa fièvre.

« Respire avec moi. »

Veillant à ce que sa propre respiration demeure calme et régulière, imposant un rythme et bombant son torse avec la régularité du temps qui passe, Octave finit par poser sa joue sur le sommet opulent de la tête brune et un parfum riche et âcre l’accueillit, tandis qu’il achevait par sa nuque courbée de parfaire l’abri de ses bras. Sous son oreille, il sentit le sang battre bestialement au visage de la jeune femme, si bien que l’une de ses mains alla chercher de doigts agiles et suaves la nuque tendue, qu’il réchauffa de sa large paume. Distraitement, et sans relâcher la pression de son étreinte, il s’autorisa à lui caresser le haut du dos, où sa main se déployait déjà en large chape. Et au sein de cet univers factice, créé par l’entremêlement savant d’intentions bienveillantes, il y avait une petite main blessée qui serrait encore son propre cœur douloureux. Avec un peu d’effort, de cette union soudaine, où le terreau était bien plus propice, pousserait de cette graine fragile un peu de sérénité et d’apaisement. Heather était habituée à la douleur, à la colère, mais lui avait-on déjà offert cette simple mais poignante consolation ? Il espérait que des bras avaient jadis étreint son corps avec une force égale, ou un moins avec un amour ardent, pour qu’elle retrouve dans le présent un souvenir coutumier du passé, chatoyant et avec le goût de la douceur déjà acquise. Quand bien même ce fut la première fois, Octave s’assura à ce qu’elle se fît marquante par sa force lénitive et conciliante. La douleur de l’âme, voilà quelque chose dont même une coquille robuste ne pouvait protéger convenablement, surtout lorsque les blessures venaient de l’intérieur. Délicatement, il l’enlaça encore un peu, priant pour que ce ne fut pas l’instant fatidique où, sentant les dangers de ses propres émois, Heather ne décide de blinder aussi son propre cœur.

« Tu n’étouffes pas, c’est ton cœur qui se serre. »

Murmura-t-il dans ses cheveux, au même moment où son regard fut attiré par le mouvement de la même porte qui fut jadis claquée. Pour ne pas alerter sa belle et fragile néréide, Octave ne broncha pas et seuls ses yeux s’emplirent d’un vif éclat nerveux. Parce qu’il tenait entre les bras une gemme précieuse, il ne s’en dégagea pas par pudeur lorsqu’il reconnut le deuxième protagoniste de cette main blessée, mais demeura immobile en regardant Léon avec cette fixité étrange et conjurante. Rien ne changea, rien ne tressaillit même en son être et il continua à respirer de cette longue décharge paisible. Schepper paraissait aussi essoufflé que l’était Heather, avec l’allure de celui qui avait survécu de peu à une noyade. Seul, l’engrenage se mit fidèlement en marche et Octave soupçonna une énième dispute décisive, si bien exaltée par les murs étroits d’un cagibi irrespirable. Quoi encore cette fois ? Peu importait le visage rouge et les sillons de larmes, la bataille n’avait pas à souffrir d’une jalousie. Il redressa lentement la tête, toujours sans brusquer l’étudiante par une geste indélicat, les yeux invariables et semblables à ceux d’un félin en embuscade. Comme tantôt il avait bravé Heather à retourner sa colère contre lui, il méprisait Schepper de faire une scène à la hauteur de ce vaudeville pathétique, petit morceau d’opérette qui deviendrait aisément indigeste. Indigne-toi encore de ton manque d’amour et creuse encore un peu plus profondément l’entaille qui semble déjà être là entre vous deux, ou grandis et ferme-la.

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MessageSujet: Re: [4 Décembre 1997] Philotès aux enfers Mar 20 Fév 2018 - 15:31



__ Est-ce que j’ai vraiment l’air d’aller ? Suffoquait-elle.

Il s'était immobilisé, reculant à pas feutrés dans le cagibi, incapable de se montrer ou bien peut-être animé par une curiosité mal placée, qui n'aurait sans doute pour seule conséquence que le blesser encore plus. Il inspira lentement, refermant doucement la porte mais la laissant assez entrouverte pour percevoir les bribes de conservation. Que faisait-il dans ce couloir, non de non ! Le coeur de l'adolescent s'emballa tandis qu'il songeait à colère qu'il avait parfaitement identifié dans la voix d'Heather. Voilà, qu'elle l'envoi également se faire foutre. A défaut de le consoler, cela l'empêcherait d'éprouver de nouveau cette jalousie dévorante qu'il sentait s'agiter au fond de son ventre. La respiration presque haletante, il s'exhorta au silence, tendant l'oreille afin de satisfaire le voyeurisme malsain qu'il ressentait.

__ Je.. Je ne sais pas quoi faire. J’ai tellement mal... ici, soufflait-elle et la brisure dans sa voix le fit frissonner même à plusieurs mètres d'elle. Une nouvelle larme se fraya un chemin et il la laissa de nouveau descendre sur sa joue. Elle avait mal et cela n'avait rien à voir avec ses phalanges écorchées. Cela n'avait rien à voir avec les Carrow, ni même avec Jake. Non. C'était à cause de lui. Et c'était bien pire. Je suis habituée à la douleur, à la colère, mais ça... ça... Elle semblait chercher son air et à l'autre bout du couloir, le préfet avait également l'impression d'en manquer cruellement. J’étouffe Octave.

Octave. Ils avaient donc dépassé le stade du simple usage du nom de famille. Mais pourquoi cela l'énervait-il à ce point, hein ? se demanda-t-il intérieurement, toujours figé dans le placard à balais qui lui servait de refuge, incapable de prendre une quelconque (<3) descision. Quel genre de personne était-il à l'écouter dire à quel point elle souffrait sans oser sortir de là pour lui offrir du réconfort ? La jalousie continuait de grandir et il la sentait se rependre dans tout son corps, animant ses avants bras de petits tremblements tandis que ses mains se resserraient avec plus d'emprise sur la poignée, blanchissant sa peau sous la tension imposée à ses articulations. La situation était déjà assez compliquée sans que ce rat de bibliothèque ne décide de s'immiscer de nouveau entre eux deux. C'était presque ironique, de se retrouver de nouveau face à l'obligation de rester enfermé à les écouter parler ou bien à sortir pour être de nouveau confronté à leur vision côte à côte. Le destin n'avait-il pas assez joué avec lui ces derniers temps ? Cette dix-huitième année de vie commençait sur une bonne base. Excellent. Ses yeux embués se posèrent sur la porte, une rage sourde gagnant de plus en plus de place dans ses iris grises au fur et à mesure que le silence s'étirait. Il ne percevait plus rien de l'autre bout du couloir et un sentiment oppressant l'envahit. Que faisaient-ils à l’abri des regards dans ce couloir ? Il secoua la tête, tendant de nouveau l'oreille, son corps se projetant un peu plus vers l'avant dans l'espoir de surprendre le moindre murmure. Il s'impatienta quelques secondes avant de craquer sous la curiosité, incapable de rester là à s'imaginer des choses sans rien voir, poussant le lourd panneau en bois en s'engageant dans le couloir, cherchant des yeux  l'objet de son trouble.

Il aurait dû rester à l'intérieur.

__  Tu n’étouffes pas, c’est ton cœur qui se serre, la berçait Holbrey, la joue reposant de façon nonchalante sur le haut de la tête d'Heather.

Il y avait trop d'information à prendre en compte, les yeux de l'adolescent dévalant sur les deux silhouettes enlacées tandis qu'il se tendait sous la douleur d'une telle vision. Il voulut fermer les yeux et s'enfuir en courant mais il fallait croire qu'il n'avait pas encore satisfait le monstre de jalousie qui s'agitait, heureux d'avoir de quoi se mettre quelque chose sous la dent. Elle semblait minuscule dans les bras du bibliothécaire, si minuscule que Léon avait l'impression que la main enroulant la fine taille de la Serpentard pouvait la briser en deux. Il lui caressait le dos, son autre main enroulant les épaules délicates d'Heather, ses doigts se perdant dans sa nuque, comme caressés par le rideau de cheveux bruns qui descendait sur son dos. Il y avait quelque chose d'étrange à assimiler autant de tendresse à un homme qu'il haïssait de tout son être, mais force était de constater qu'il la tenait contre lui avec l'intention de calmer la fureur qui agitait encore le corps gracile.

Deux iris émeraudes se posèrent sur lui et Léon se mordit la lèvre, ses poings se serrant tandis qu'il affrontait silencieusement celui qui lui pourrissait l'existence depuis cet été. Son impulsivité lui soufflait dangereusement à l'oreille de mettre à profit toute cette haine et toute cette colère à l'encontre d'Holbrey pour lui colorer le visage dans le plus de nuances de noirs et de violets possibles. Il souffla son air, son torse s'agitant tandis qu'il luttait pour tenir les rangs, ses yeux déviant du visage paisible du bibliothécaire vers la fine silhouette qu'il tenait entre ses bras et sur laquelle il savait n'avoir aucun droit. Holbrey semblait le mettre au défi d'avancer et rien que pour ça, il méritait qu'il s'élance à travers le couloir pour le secouer jusqu'à sa boite crânienne ne lui fasse l'affront d'exploser. Il avait envie de se ruer en avant et de l'écarter d'Heather sur laquelle il n'avait pas le droit de poser ses mains pleines de sang, du sang d'Elène et de sûrement beaucoup d'autres. Il le détestait. Lui et tout ce qu'il représentait, lui à cause de qui il s'était torturé tout l'été, lui qui lui volait également Heather même s'il avait été dans l'incapacité de bien se comporter avec elle. Holbrey ressemblait à une molaire douloureuse qui vous gênait tous les jours, vous gâchant l'existence, mais donc la peur du dentiste vous empêchait de la faire retirer. Sauf qu'à force, tout le reste commençait à pourrir. Il était grand temps d'extraire Holbrey de sa vie.

Il avança d'un pas, stoppant pourtant son geste en lâchant l'homme des yeux pour se concentrer sur Heather, dont la respiration semblait moins tressautantes et qui semblait se détendre irrémédiablement, ses épaules graciles s'abaissant. Pourquoi fallait-elle que le corps de la jeune femme ne le trahisse également, se détendant sous l'attention du bibliothécaire ? Son visage se tordit de jalousie. Il s'imaginait sans mal ce que les sens de l'homme ressentaient à ce moment. Un éclair de possessivité le traversa, réalisant qu'Holbrey, le nez dans les cheveux de la jeune femme, devait profiter du parfum légèrement fruité qui s'en échappé. Ce n'était qu'un détail, un minuscule détail qui semblait gonfler au fur et à mesure que Léon se rendait compte qu'Holbrey pouvait ressentir sa chaleur, sa respiration lui caresser la peau ainsi que la chute de rein dans laquelle il lovait ses mains, l'enveloppant dans un cocon afin de la préserver de ... lui. Lui, Léon. Lui qui avait été à maintes reprises à la place d'Holbrey et qui maintenant se retrouvait seul de l'autre côté du couloir. Il recula d'un pas, sa mâchoire se crispant tandis que ses doigts nerveux cherchaient sa baguette dans la poche arrière de son jean.

Qu'importe la descision qu'il prendrait, elle serait forcément stupide. Il ouvrit la bouche puis la referma, se foutant pas mal de ressembler à un poisson dans son bocal. De toute manière, c'était presque le cas. Il avait beau tourner et retourner la situation dans tous les sens, faire autant de fois le tour de ce misérable aquarium, il finissait toujours au même point : Heather préférerait rester avec Holbrey ce soir. Elle n'avait rien écouté, rien voulu entendre et elle se réfugiait maintenant dans les bras de celui qu'il lui avait tant dis détesté. Etait-ce un affront de plus à leur amitié, une façon qu'elle avait choisie pour se venger des paroles qu'il lui avait balancées sans ménagement quelques minutes plus tôt ? Ou bien uniquement le fruit du hasard ? Qu'importe, elle avait planté une lame bien profondément et la surprendre dans cette étreinte d'infortune c'était comme bouger l'acier dans ses chaires tout en les saupoudrant de citron et de sel. Ca faisait un mal de chien. Il se sentait trahi et impuissant à la fois. Quelles solutions s'offraient a lui ?

Il l'avait déjà mise en garde contre cet homme. Elle avait juste mis cela sur le compte de la jalousie. Il s'était excusé, mais elle avait tout rejeté en bloc en invoquant son droit à ne pas les accepter, sous prétexte que sa sincérité était trop douloureuse à entendre. Il lui avait dit qu'il l'aimait mais elle refusait de le croire, refusait de mettre cela sous le compte d'une sincérité d’espérée mais plutôt d'un nouveau stratagème destiné à se rendre victorieux de cette dispute. Ce qu'elle ne comprenait pas, c'est qu'il ne cherchait pas à gagner quoi que ce soit. Lui ce qu'il voulait, c'était elle, mais bien sûr c'était trop demander. Ses doigts se posèrent enfin sur le bout de bois tant espéré qu'il sortit avec une infinie douceur de la poche de son jean, tâchant de ne pas affoler les sens aiguisés du bibliothécaire. Il voyait bien que depuis le début, Holbrey gagnait à chacune de leur rencontre parce qu'il prenait les mauvaises descisions. Dans un premier temps, il avait bêtement cru qu'il devait uniquement se défendre, faire profil bas. Il n'avait jamais appris à se battre contre quelqu'un comme Holbrey mais il devait reconnaître que l'homme avait toujours des réactions plus posées que les siennes. Il pouvait presque l'entendre rire de ses actions et de ses manquements envers Heather, applaudir à chacun de ses faux pas. Il le détestait. Ce combat était sans issue, c'était comme être acculé contre un mur qu'il n'arriverait pas non plus à escalader. S'il s'énervait, il déclenchait à la fois la fureur d'Heather et confortait Holbrey dans son rôle de roi de la constance, ce type allait encore se donner le rôle de pilier inébranlable à lequel Heather pourrait se raccrocher en toutes circonstances. A chaque fois qu'on serait impulsif avec elle, à chaque fois que lui pauvre misérable adolescent, sortirait de ses gonds. Lui, Octave Holbrey, serait là. Ce misérable enfoiré. S'il ouvrait la bouche pour de nouveau radoter sur son amour pour elle, sur sa haine envers lui, il ne récolterait rien de plus que la dernière fois. Et il ne ferait pas ce plaisir à Holbrey. Il leva sa baguette avec une lenteur exagérée, secouant la tête à la négative et levant son autre main en signe de paix, peu désireux qu'Holbrey ne dégaine la sienne. Il croyait quoi, qu'il prendrait le risque de l'attaquer alors qu'il serrait contre lui le plus puissant des boucliers ? Heather ? Pauvre con, songea-t-il à l'intention du bibliothécaire. Il traça dans l'air les quelques lettres qu'il adressait à Holbrey avant de reculer d'un pas, retournant son oeuvre d'un coup de baguette magique afin que l'homme puisse lire le message correctement.

Il resta planté là quelque seconde, le gris de ses yeux contre l'émeraude des siens, puis caressa du regard le dos de la jeune femme qui ne l'avait même pas entendu sortir du cagibi, lovée comme elle l'était dans les bras du bibliothécaire. Par Merlin, qu'était-il en train de faire ? Il secoua la tête, reculant d'un pas avant de tourner le dos aux deux autres, désireux de mettre le plus de distance possible entre eux. Il aurait dû tourner à gauche pour rejoindre le dortoir mais s'engouffra à droite avant de partir à grandes enjambées vers le parc. Il avait besoin d'air, lui aussi. S'éloigner d'elle en la laissant avec ce meurtrier, ce simulacre de gentillesse cachant un être bien plus sombre qu'elle ne le pensait, c'était probablement la descision la plus difficile qu'il avait eu à prendre. Mais il ne pouvait pas de nouveau se comporter en être possessif alors qu'elle lui refusait le droit de propriété, ne pouvait pas non plus faire le plaisir à Holbrey de l'humilier comme la dernière fois. Des larmes de rages dévalaient sur ses joues tandis qu'il marchait, les poings serrés à s'enfoncer les ongles dans la paume de sa main. Il priait intérieurement pour ne plus croiser âme qui vive dans se château parce que sinon, il ne répondait pas de lui. Avoir forcé un tel concentré de rage à rester muette lui avait demandé tant d'effort qu'il menaçait d'exploser à tout moment. Cela aurait dû être lui dans ce couloir, lui serrant Heather contre lui jusqu'à l'en étouffer. Et au lieu de ça, il la laissait là. Parce qu'il n'avait pas pu se résoudre à exploser comme Holbrey semblait le vouloir. Il ne voulait pas lui donner raison.

Ce soir et malgré toute la haine qu'il ressentait pour Holbrey, il n'était pas non plus la meilleure personne pour calmer la jeune femme. Il l'avait vu, à sa façon de se laisser approcher, à sa façon de garder sa tête contre le torse de l'homme. A sa respiration redevenant régulière. Et ce soir, malgré toute la haine qu'il ressentait, n'était pas non plus le bon moment pour faire refaire le portrait à Holbrey. Alors il aurait dû faire quoi, satisfaire ses émotions et piétiner encore une fois Heather tout en regardant l'autre profiter de la situation pour la ramener, encore, dans sa chambre ? A d'autres !

Non, non, et non. Il posa ses mains rageuses contre le bois et les battants s'ouvrir à la volée, tandis que le froid mordant lui picotait les joues. Qu'importe, c'était soit chopper la crève soit faire demi-tour parce qu'il ne donnait pas cher de sa motivation à la laisser là bas. Il ne donnait pas cher de lui tout court, de toute façon. Il fallait que cette journée s'arrête, qu'un nouveau jour se lève, parce qu'il avait l'impression de perdre la raison. Il accéléra l'allure, cherchant par tous les moyens à mettre le plus de distance possible entre lui et Holbrey, lui et Heather, lui et le mot qui flottait en lettres d'or dans le couloir.

Merci...Pour elle.

Merci de prendre soin d'elle, avait-il souhaité dire. Il pouvait au moins concéder que ce soir, elle l'avait choisi à lui. Quel genre de monstre serait-il s'il en avait rajouté une couche, hein ? Non. Il ne surpasserait pas Holbrey en jouant à qui râle le plus fort, ça, il l'avait bien compris.



Dernière édition par Léon Schepper le Mer 21 Fév 2018 - 16:46, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [4 Décembre 1997] Philotès aux enfers Mer 21 Fév 2018 - 3:49

À peine son prénom avait-il quitté ses lèvres tremblantes qu’il l’avait attiré contre lui, un mouvement rapide et vif qui anéantit l’espace les séparant aussi rapidement qu’un des battements accélérés de son petit coeur chétif. Il n’y avait pas eu place à l’hésitation, au doute ou à l’inquiétude, compressant le corps de la jeune femme contre le sien, réconfortant l’inconfort dans un réflexe précieux de ses bras forts. Elle se laissa emporter par le courant, n’offrant aucune résistance contre la marée qui l'emportait, sa tête se logeant naturellement contre la poitrine robuste du bibliothécaire tandis qu’elle s’abandonnait corps et âme dans cet élan de tendresse. Ses yeux restèrent écarquillés quelques instants, combattant violemment les larmes qui tentaient de se déverser, avant que ses paupières ne viennent couvrir ses yeux douloureux, abritant son regard d’un noir rassurant et apaisant. Elle en avait peu dit, résumant son état à des phrases incomplètes et à la seule sensation qu’elle semblait être capable de décrire, soit l’étouffement de ses poumons avides, mais les quelques mots avaient été assez, assez pour que le tumulte d’émotions déborde et que le manque d’air refasse sa cruelle apparition. Son corps tremblait fiévreusement, victime des soubresauts de sa respiration inefficace, la panique grandissant en elle à chaque souffle qu’elle manquait, à chaque parcelle d’air qu’elle n’arriverait pas à capturer entre ses lèvres rosées. Sa main était restée immobile, toujours placée sur sa poitrine tremblante, camouflée par le torse de l’homme tandis que son coeur pulsait violemment sous sa paume moite et froide, battant au rythme d’une symphonie désaccordée. Fébrilement, son bras alla se placer contre le dos de l’homme, agrippant inconsciemment l’arrière de son chandail alors que les muscles de sa main se crispaient contre le tissu emploigné avec la force d’un corps combattant la marée meurtrière et les remous désordonnés du violent courant, l’agitation l’assaillant armée d’une férocité sans pitié. Et si elle n’arrivait plus jamais à respirer ? Et si l’air lui était privé jusqu’à ce qu’elle en suffoque ? Chaque question était répondue par une respiration rauque, un énième souffle défaillant et les signaux d’alarmes se mirent à tonner en elle, enfiévrant brutalement son corps délirant. Son système nerveux se déchaîna, surchargeant chaque parcelle et nerf de son être, harcelant chaque cellule qui se trouvait sur son chemin destructeur, la rendant lentement folle tant son corps s’exarbérait. Elle se sentait si frêle, ses os vibrant sous le vacarme de son être au pris par le déchaînement intérieur et l’agitation désordonnée. Elle tendit légèrement la tête vers le haut, tentant d’ouvrir ses voix respiratoires tandis qu’elle exhalait frénétiquement, son souffle erratique se logeant dans le creux du cou d’Octave.

- Respire avec moi.

Le murmure se rendit à ses oreilles, traversant la tempête de ses pensées tel un navire combattant, faible et si puissant à la fois que la jeune fille s'accrocha aux trois petits mots comme on s'accrochait à une bouée, désespérée de garder sa tête en dehors de l’eau. Elle pressa son oreille contre son torse, accueillant les battements réguliers de son coeur et la respiration sérène qu’elle pouvait sentir contre sa peau et résonner dans ses tympans. Lentement, une respiration à la fois, elle tenta de mimer le souffle du bibliothécaire, d’harmoniser ses inspirations et d’accorder ses expirations à celui qui la tenait si précieusement contre lui, d’imposer un rythme à la discordance de son haleine haletante. Elle sentit sa joue se déposer contre sa tête, refermant un peu plus le colon de chaleur et de réconfort qui s'était créé. La main de la jeune femme s’appuya un peu plus fortement contre le bas du dos de l'homme, resserrant l'étreinte pour éviter qu'un quelconque filet de réconfort puisse s'en échapper, comme si l'absence d'un contact solide annoncerait la perte imminente de son fragile bien-être. L’espace d’un moment, son esprit se perdit dans les mouvements des mains masculines qui s’étendaient dans son dos, électrisant son être par la douceur de ses doigts agiles qui dessinaient des formes sans contours sur sa peau couverte. La paume chaude rejoignit sa nuque douloureuse, échauffant la peau glaciale de son cou endolori alors que ses bras refermaient encore un peu plus la caresse autours de son corps tremblant. Une respiration à la fois, la brunette commença à se calmer. Elle se laissa fondre dans l'embrasement, la tension s’envolant doucement d’elle, surmontant un souffle à la fois la panique qui rageait en elle. La brunette extirpa finalement sa main, la libérant d’entre leurs corps attachés avant de la nouer à sa consoeur, enlaçant ses doigts derrière le dos droit d’Octave. Elle entrouvrit les paupières, un filet de lumière faisant briller le noisette de ses yeux alors que le calme de la tempête passée se déposait tendrement sur elle, apaisant le recroquevillement de sa poitrine comprimée. Elle pouvait enfin respirer et comme s'il avait entrevue le fil de ses pensées, Octave chuchota près d'elle :

- Tu n’étouffes pas, c’est ton cœur qui se serre.

C’est son coeur qui se serrait… si son coeur pouvait être à l’origine d’autant de souffrance et de douleur, elle n’en voulait plus. Qu’on le lui arrache et qu’on le détruise en mille morceaux jusqu’à le rendre irréparable. Qu’on lui mette le feu et qu’on en répande les cendres à travers tous les océans de ce monde. Mais aussi rapidement qu’elle était venue, sa résolution se désolva avec autant de violence qu’un métal assaillit par un acide corrosive. C'était ridicule, une pensée rageuse et illogique et même la jeune fille pouvait s'en rendre compte, car c'était ce même coeur qui réagissait à la tendresse et à la douceur, qui se calmait sous la fermeté des bras la tenant délicatement, une réalisation qu’elle refusait de nier tant le réconfort était tout ce qui lui importait dans cet instant. Elle se laissa fondre un peu plus, abandonnant le fil inquiétant de ses pensées, abandonnant l’envie éphémère d’emprisonner son coeur dans les plus sombres profondeurs de son âme jusqu’à en oublier son existence.

Mais la vie semblait continuer de jouer à ce jeu dont elle n’était qu’une poupée de chiffon subissant les conséquences d’un humour douteux et elle revint sur terre, retrouvant la dureté qu’était la réalité, se rappelant que Léon sortirait d’un instant à l’autre de ce placard où les vérités avaient été crachées et les insultes avaient fusé. Elle n’était pas prête, ne voulait pas l’affronter de sitôt alors qu’elle peinait à garder le contrôle sur sa respiration délinquante, qu’elle peinait à maintenir le calme délicat qui s’était déposé sur son esprit fébrile. Son corps se raidit contre celui du bibliothécaire, sa main quittant le refuge de son dos, glissant le long de celui-ci jusqu’à frôler le bras de l’homme. Délicatement, elle laissa glisser ses doigts le long de son avant-bras, traçant sa peau fine à la recherche de cette main familière à laquelle elle s’accrocha, puisant dans sa force, puisant le courage qui lui manquait affreusement pour simplement se retourner et affronter ce regard gris brûlant. Lentement, Heather tourna la tête, les lettres dorés reflétant sur la prunelle de ses yeux et elle se délogea quelque peu de l’étreinte pour observer le message flottant au milieu du couloir, la surprise envahissant son être. Ses lèvres se pincèrent fortement l’une contre l’autre, perdant quelque peu de leur couleur rosée alors que ses yeux refusaient de quitter les trois mots qui s’élevaient à quelques mètres d’elle, devinant sans questionnement la personne responsable du message éclairé. Léon. Au final, il l’avait laissé seule. Au final, il ne l’avait pas poursuivie. Au final, il s’était simplement tut, adressant ses dernières paroles à Octave et non à elle. Elle resta quelques instants immobile, fixant les lettres s’éteindre doucement jusqu’à disparaître complètement, son coeur se serrant de nouveau dans sa poitrine, mais pour des raisons complètement différentes. La jeune Trown cligna des yeux à quelques reprises, assimilant le message qui s’était évaporé, tout ce qu’il disait et tout ce qu’il signifiait. Avalant de travers, la serpentard ferma les yeux un instant, tentant de ralentir son souffle qui s’était accéléré de nouveau à son insu. Sa main quitta le refuge que lui offrait Octave et elle fit un pas dans le couloir vide avant de brusquement plonger son visage dans ses mains moites, le bouts de ses doigts s’appuyant douloureusement contre ses paupières ardentes tandis qu’elle s’accroupissait rapidement, la force quittant ses jambes frêles. Pourquoi était-il simplement parti alors qu’il avait été si prompt à s’acharner sur elle ? Pourquoi, cette fois-ci, acceptait-il qu’elle reste auprès d’Octave alors qu’elle l’ait choisi auparavant avait été le début de toute cette dispute ? Plus rien ne faisait de sens, les contradictions s'emmêlant dans son cerveau épuisé et elle laissa un soupir franchir ses lèvres fatiguées. Elle n’avait plus de force, plus l’énergie de penser à cette discussion envenimée, à tout ce qui avait été dit et non dit. Ce n’était pas ce soir qu’elle tirait de quelconque conclusions, que tout se réglerait entre eux… si cela se réglait. Ses entrailles se tordirent dans son ventre à cette idée que la fin était une possibilité réelle et probable. Doucement, elle poussa sur ses jambes tremblantes, pivotant sur elle-même pour faire face à celui qui l’avait réconfortée, le regard défait.

- Je n’ai pas envie d’être seule, même que je le redoute, mais… ses yeux se posèrent de nouveau là où les lettres s’étaient illuminées quelques instants plus tôt, le message maintenant complètement effacé, mais toujours bien ancré dans l’esprit de la vipère. Doucement, elle plongea ses yeux dans l’émeraude de ses iris, hésitante. Notre amitié s’est peut-être brisée à jamais, sa voix rompa au dernier mot, mais elle reprit lentement, combattant les soubresauts de son ton auquel le chagrin s’était greffé. Mais je ne veux pas cela pour lui. Ça va le tuer votre histoire. Il ne mérite pas de vivre avec cette illusion pesant sur lui pour toujours.

Le reste de sa phrase resta un sous-entendu qu’elle n’osa pas prononcé : si tu ne le fais pas pour lui, fais-le pour moi.

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MessageSujet: Re: [4 Décembre 1997] Philotès aux enfers Jeu 22 Fév 2018 - 16:11

Pour un esprit comme le sien, qui n’acceptait jamais le bonheur en tant que valeur due et acquise, la haine en revanche était accueillie en saison attendue et gardait une place particulière dans un décors de bijoux qui brillaient chacun d’une colère glacée, d’une déception tenace ou rancune irrévérencieuse. La haine ne transissait pas ses os, n’émouvait pas son cœur d’une crainte indignée ou réservée, ne le désarmait pas de son orgueil et se contentait de toucher la corde robuste de sa patience, qui préférait à se faire détester dans l’ombre et en silence. Il n’éprouva rien à se faire haïr et n’éprouva rien non plus à l’idée de ne rien éprouver lorsque les drames de la vie se tournaient uniquement contre lui. Octave lui avait volé son innocence, puis la douceur d’une peau et la quiétude d’une confiance durement acquise ; en avait-il nourri son bourbier suffisamment pour lui souhaiter le pire ? Octave en avait l’impression en tout cas, reconnaissant même à cette distance de grâce l’orage d’yeux déjà gris, que la colère superposait en une myriade de couches successives aux tons du désespoir vindicatif. Cette répugnance était tragique et il la comprenait que dans la mesure où elle ne l’atteignait pas complètement ; il y était usé comme une corde l’était de se faire tordre et ne sentait que l’odeur humide d’articulations bien huilées. Schepper avait en revanche l’air d’un marin en train de tenir le mât pour ne pas couler, balayé de toute part par la pire ennemie que pouvaient avoir ses inquiétudes : l’imagination. Le pas qu’il fit ne lui était néanmoins pas dédié et son regard pâle n’eut d’yeux que pour le dos tendrement courbé entre des bras, qu’il souhaita tant être les siens que l’envie malmena son visage. Le jeune homme se pétrifia presque et Octave pencha légèrement la tête vers l’avant, noircissant son regard fixe par l’ombre de son front. Quel combat inutile ! Jalousie, mais surtout inquiétude de ne pas être assez bien, aussi bien, alors qu’il était probablement bien meilleur. La constance offrait la rivalité dès que quelqu’un possédait davantage de privilèges apparentes, même s’ils étaient concédés pour une durée aussi longue qu’une vie abandonnant son corps. Le pas qui s’en suivit fit reculer l’odieux et l’infortuné Schepper, qui pliait d’impuissance, car on pouvait lutter contre la passion, qui fut leur nid confortable durant la nuit fatidique de Novembre, mais non pas contre la tendresse.

Tout ce temps d’incertitudes, Octave demeura intransigeant, tandis que sa tête pleine de promesses funestes surplombait un corps complaisant de dévouement défenseur. L’abondante chevelure d’Heather tranchait son cou de son noir torrent et le provocant regard vert semblait décapité par les rives sombres de la géhenne. Il ne pouvait se permettre la pitié, ni la parcimonie face à ce visage dont la tristesse acculait la main jusqu’à une défense charnelle. Ses sourcils se froncèrent légèrement lorsque Schepper tira sa baguette magique, attendant sagement que l’intention ne se manifeste en bêtise. Mais l’adolescent morose fut trop lent, trop maladroit pour être épris de ses propres émotions et finalement montra même les paumes blanches de ses mains pour assurer de sa sanité. Pleines de sang, à ce qu’on disait, les rondes mimines, sauf qu’Octave savait bien qu’elles n’étaient capables que de se faire mordre les ongles par une bouche anxieuse. La respiration paisible qui s’alanguissait dans son cou et les mains s’agrippant à son dos au point de tirer sur ses épaules le gardèrent confiant et tranquille. Pas une seconde n’avait-il laissé sa respiration faillir ou son cœur manquer un battement, quoi qu’un brin bileux de ce que l’audacieux Schepper pouvait inventer, n’aimant pas les exaltations et autres épanchements, même s’il les comprenait.

Merci...Pour elle.


Il aurait dû sentir un soulagement, mais rien ne vint et la tension continua à froncer ses sourcils effilés. Il aurait bien aimé être compatissant, reconnaissant envers la sagesse soudaine qui naissait de l’âge précoce n’admettant aucun changement, ni maladie ou infidélité. Mais ce n’était pas le cas. Le regard perçant qui lui fut jeté suite au message silencieux n’avait rien d’une renonciation sincère, mais ressemblait à une partie remise. Léon quittait le terrain non pas parce qu’il avait soudain pris conscience de l’extrême futilité que revêtait cette saugrenue bataille, mais parce qu’il savait ne pas pouvoir gagner maintenant, et se retirait de grâce en souffletant odieusement le rival plutôt qu’en lui accordant toute sa compréhension. Aussi, Octave savait-il la haine tenace et put suivre son éclat jusqu’à ce que l’étudiant daigne se retourner pour fuir le lieu où il ne pouvait pas dignement conquérir. Mais la crise reprendrait dès que les forces se retrouveraient égales, il en était certain, ce qui l’amena à éconduire l’adolescent féroce d’un regard impassible, malgré les mots, car ils n’annonçaient rien qu’une trêve factice dans un dédale d’enjeux et de jalousies auxquelles Octave était absolument étranger, mais y participait dans le mesure que lui prêtait l’émotif Schepper. Ennemi, il l’était encore, par rapport à leur folle aventure déjà, mais surtout vis-à-vis de l’inconsciente Heather : précisément là où finalement, il n’avait pas vraiment raison à lui en tenir rigueur. Mais ça, c’était affaire de discours, qui eux se mêlaient si mal une fois que l’apparat avait donné du sien. Merci… Pour elle, disait-il comme s’il était incapable de l’aider, alors que son seul défaut était un manque de patience.

Octave baissa les yeux et les ferma avec une lenteur exagérée, se réconfortant soi-même de cette étreinte si pleine de renonciation. Mais il se sentit distancié de cette inutile querelle de rivalités dont il se moquait. La haine improductive que Schepper lui vouait le fatiguait, tout autant que la droiture forcée qu’il s’évertuait à employer, alors qu’il aurait été bien plus simple de lui spécifier une fois pour toutes l’étroitesse que pouvait revêtir sa placidité, ainsi que son caractère aussi vindicatif que définitif. Puis, il protégeait Heather d’il ne savait quoi exactement, la laissant dignement faiblir entre ses bras, construisant une barrière là où il aurait peut-être dû plutôt disparaitre. Les bonnes intentions ne pavaient pas toujours les meilleurs chemins et Octave soupçonna que cette dispute aurait gagné à se faire sans lui, à se régler sans un témoin qui n’avait rien demandé de cette intimité et qui maintenant allait fatalement récolter la haine des deux.

Comme en réponse à cette pensée, Heather se raidit et atténua sa caresse, coulant du refuge jusqu’à la réalité tout en empoignant au passage sa main brûlante, qu’elle serra avant de se retourner pour affronter un vide qui sembla la conquérir bien mieux qu’une présence. Le danger ayant laissé sa trace inoffensive, elle se libéra doucement de son ancre paisible pour contempler ce qu’il en restait, comme tant de vestiges dont la robustesse parlait bien mieux en leur faveur qu’une quelconque histoire. Octave accepta docilement, si ce n’est volontairement, sa place de coquille vide que Léon aurait tant tenu à constater pour se calmer. Mais il en était toujours ainsi : on s’abritait de la tempête sous l’arbre le plus grand, pour le rosser de faire de l’ombre au soleil lorsque les temps calmes revenaient. Heather quitta son refuge, n’y retournant que pour défier le coupable du chagrin originel. Peut-être devraient-ils s’écrire des lettres, si la considération de mots écrits éveillait en eux bien plus de sollicitude qu’un brusque et vif échange. Curieusement, la parole gagnait à se passer d’un visage, car les blessures causées prenaient en mauvaise pitié même les sentiments les plus forts tant qu’ils n’étaient pas siens.

- Je n’ai pas envie d’être seule, même que je le redoute, mais… » Mais il n’est pas bon d’être avec quelqu’un lorsque l’autre est seul. La culpabilité serait d’autant plus grande que la trahison s’en retrouverait confirmée. Octave glissa ses mains dans ses poches, mettant définitivement fin aux rivages de l’îlot mirifique qu’il s’était efforcé d’être et regarda l’inquiète Heather balbutier ses craintes. « Notre amitié s’est peut-être brisée à jamais, mais je ne veux pas cela pour lui. Ça va le tuer votre histoire. Il ne mérite pas de vivre avec cette illusion pesant sur lui pour toujours. »

Comme si c’était cette illusion-là qui lui donnait véritablement du mal à vivre, se dit-il dans un froid constat. Schepper aurait pu être meurtrier sanguinaire s’il avait trouvé une main pour convenablement le soutenir ! Et cette pensée n’avait rien d’injurieux envers quiconque. Il voyait cependant bien qu’Heather n’avait déjà pas l’échine assez solide pour se porter soi-même, alors quelqu’un d’autre ? Les soucis intenables de Léon n’avaient fait qu’exalter les émois de sa pauvre amie, à qui il en voulait de ne pas être forte, alors qu’il devait très bien savoir ses faiblesses. Mais là était le piège d’une présence qui se dérobait lorsqu’on en avait besoin. Heather n’était cependant pas la bonne boîte de Pandore, où il pouvait se permettre de cacher ses angoisses : la coupe était déjà pleine. Octave baissa les yeux, embêté de se faire empoigner ainsi par les sentiments, comme s’il était partiellement coupable de cette situation, sa présence revenant en excuse valable à d’autres rancœurs et mauvais sentiments sans rapport. Il se sentait comme un liant confortable pour faire tenir des ressentiments à côté de désillusions n’ayant rien en commun à part l’amertume. Même si cela ne lui coûtait pas grand-chose, c’était injuste. D’un geste désœuvré, il polit du bout du doigt l’un de ses sourcils, en courbant l’angle pour éternellement recommencer cette chute à l’arcade.

« Bien pâlichonne serait votre prétendue amitié si elle ne devait pas survivre à ça. Ou peut-être que vous ne la méritez simplement pas. Va dans ta chambre et restes-y. Si tu ne vois pas Léon demain matin, c’est normal. Il sera avec moi. »

Dit-il d’une voix monocorde, vaguement lasse et jeta un regard à Heather qui n’autorisait aucune tergiversation, car s’il accordait sa requête, ce n’était pas pour s’apercevoir le lendemain qu’elle avait profité de ses malheurs pour justifier l’interdit.

« N’oublie pas de désinfecter ton bras. »


Et sur ces mots, se défaisant avec morosité de ce plan ni simple ni très judicieux, Octave rebroussa chemin dans le couloir qu’il avait remonté, se dirigeant vers la bibliothèque. Lorsque les murs l’abritèrent de témoins involontaires, il fit raisonner un claquement de doigt sonore, qui força l’apparition d’un elfe servile à ses côtés, obligé de le suivre en trottinant tant il marchait vite à présent pour évacuer son exaspération. Il ne sut pas tout de suite quoi ordonner et demeura silencieux, songeant à la tournure qu’il désirait faire prendre aux évènements, ainsi qu’à leur organisation. Il se trouva peu enchanté de faire ce geste non pas par désir, mais parce qu’on lui forçait la main, puis son entremêlement si peu volontaire aux destins de deux adolescents, que les émotions féroces privaient d’entendement, le courrouçait. Aucune de ces menus détails n’aurait offusqué ses sens si seulement Octave n’avait pas joué le rôle du surmâle, dont la présence ou le souvenir rendait toutes choses obscènes, malpropres, intolérables. Il n’avait pas encore mérité ce souvenir.

« Lomyr, veux-tu trouver Léon Schepper ? Dis-lui de se rendre maintenant au portail du château, de l’autre côté de la forêt, là où on peut transplaner, que Amycus Carrow va l’y rejoindre : ça concerne sa prestation au cours de magie noire. Escorte-le pour ne pas qu’il croise de détraqueur sur sa route jusqu’à la forêt, puis va t’assurer que Miss Trown a bien rejoint ses appartements. » Il vit du coin de l’œil que l’elfe lui jeta un regard indécis lorsque l’affaire s’avéra être un mensonge couvert par un nom de Mangemort, ce à quoi le bibliothécaire ajouta : « Personne ne saura, Lomyr. Et quand bien même, il en va de ma responsabilité, alors va et merci. »

Le claquement retentissant qui accompagna ses talons témoigna de l’obéissance désirée. Atteignant ses appartements, les yeux dans le vague, Octave se changea distraitement, jetant négligemment sa chemise tâchée de sang à la poitrine pour une autre, popeline de coton noir à col requin. En se déshabillant, le parfum âcre de la chevelure parfumée le surprit en bouffée chaude et il se figea un instant, soudain perdu dans un vague souvenir qui lui piqua étrangement l’œil, comme s’il s’apprêtait à sangloter sans en avoir l’envie. Ce fut un manteau bleu marine qui trouva finalement grâce à ses yeux, en drap de laine aux nuances serrées et profondes. Il laissa la boutonnière ouverte, glissa quelques billets de livres sterling dans l’une des poches passepoilées, et quelques gallions dans l’autre. Sa baguette magique se lova fidèlement contre son poignet par un système peu ingénieux mais solide de manches longues et serrées. Bien sûr, il prit son temps, non pas parce qu’il souhaitait punir Schepper, qu’il avait déjà accablé de deux mensonges, mais par réticence. Il n’avait aucune envie de subir l’écœurement et de ce fait ne se trouvait pas en très bonne posture pour être convaincant ou apaisant. N’aidait pas non plus le fait qu’il ne se sentit absolument pas coupable au fond, las d’un enchevêtrement curieux d’indifférences placides. Ou peut-être se blindait-il en avance à ce que l’adolescent allait lui imputer comme fautes, qui allaient probablement être toutes véridiques quelque part, trouvant leur fond de vérité dans la vie jamais trop longue ni trop aventureuse de l’intrépide bibliothécaire. Il n’avait pas envie de se sentir malaimé, ni coupable, ce qui contribua à ralentir son effort jusqu’à l’épuisement. En sortant, il jeta un furieux et facile patronus pour tracer son tranquille chemin jusqu’à la forêt, peu volontaire qu’il était à ne serait-ce que sentir la moisissure grimpante des détraqueurs dans son esprit. Il parcourut la distance sans faire de bruits, distillant sa gestuelle en une succession de mouvements fluides que seule une irritation froide pouvait lui donner.

« Surprise. »

Déclara-t-il simplement en retrouvant le jeune homme d’une voix sortant des ténèbres. Il s’avança sans crainte mais avec lenteur patiente, alors que pourtant il y avait tout à craindre, sa peau de serpent déjà mise pour subir la moindre des brûlures.

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MessageSujet: Re: [4 Décembre 1997] Philotès aux enfers Sam 24 Fév 2018 - 16:03



Le froid était mordant et les gifles lancinantes du vent coloraient ses joues pâles en rouges tandis qu'il claquait des dents, adossé contre la pierre froide d'un des murs du château. Il avait du mal à différencier ses frissons de colère de ceux dûs à l'hypothermie forcée qu'il imposait à son corps et c'était peut-être une bonne chose. Il y avait du bon à voir la nature chaotique de l'extérieur comme faisant écho à sa propre douleur intérieure. Il leva la tête, ses yeux se perdant dans la pénombre sans chercher à y déceler une forme, se complaisant dans la solitude et l'immensité que lui offrait la nuit. Il resserra les pans de sa cape autour de ses épaules, des larmes s'échappant de ses yeux gris sans qu'il ne puisse là encore les mettre sur le compte de la tristesse ou du vent cinglant. Quelle importance ? Inspirant à plein poumon, il glissa ses doigts engourdis sous ses coudes qu'il serrait contre lui, désireux de conserver un peu plus la chaleur que la nature aspirait peu à peu, le transformant lentement en un glaçon. Il ne pourrait pas rester des heures à subir ainsi les caprices du mois de Décembre, mais il comptait pousser son corps jusqu'à la limite du raisonnable. Toute son énergie semblait être occupée à lutter contre la perte de chaleur, que cela soit par la conduction de son dos contre la pierre glaciale, ou par la convection forcée du vent houleux. Tous ses muscles s’engourdissaient et l'adolescent soupira, reprenant une bouffée de l'air glacial qui gonfla douloureusement ses poumons. Son cerveau également s'alanguissait et il accueillait avec soulagement cette accalmie dans ses pensées orageuses. Il avait trop froid pour songer à Heather, blottie avec chaleur dans d'autres bras que les siens. Sa peau lui piquait suffisament pour oublier que celle d'Heather frissonnait sous d'autres doigts, qu'il avait aperçu un peu plus tôt tracer des arabesques sur son dos. Un peu plus tôt ou bien il y a longtemps ? Il avait perdu la notion du temps, la nuit ne semblant être rythmée que par les rafales capricieuses et les battements de son coeur qu'il sentait pulser sous sa peau, ayant pourtant arrêté d'irriguer les extrémités de son corps pour se concentrer sur les organes plus sensible. Aussi perdait-il doucement la sensation de la pulpe de ses doigts qu'il devinait teintés de bleus. Il ferma ses yeux, désireux de profiter du calme intérieur qu'il avait provoqué en détournant l'attention de son esprit sur la lutte contre le froid. Il savait qu'ensuite, il devrait rentrer. Retrouver la chaleur faussement réconfortante du château, retourner au dortoir tout en évitant de se faire prendre par une ronde de Préfets, passer devant le canapé de la salle commune et ressentir avec douleur tous les moments passés avec Heather. De nouveau, il sentie son coeur se tordre dans sa poitrine et il fut forcé de rouvrir les yeux. La douleur de cette dispute, de cette étreinte surprise au détour du couloir, ne s'effacerait pas juste parce qu'il avait envie d'oublier. Et il pourrait bien plonger dans l'eau gelée du lac jusqu'à ce que des strangulos ne l'attrapent, cela ne changerait en rien à ce sentiment. Il allait falloir qu'il l'affronte. Il se redressa, se dirigeant vers les portes du château lorsque qu'un petit pop! lui fit manquer un battement cardiaque.

__ Monsieur Schepper, veuillez-me suivre, minauda l'Elfe de maison qui venait de se matérialiser juste sous ses yeux. Le professeur Carrow souhaiterait s'entretenir avec vous concernant votre prestation lors du cours donné ce soir, sembla réciter la petite créature avec la politesse caractéristique de son espèce avant de se retourner et de trottiner vers l'allée centrale menant au portail du château.

Une pierre sembla tomber dans son estomac et un nouveau frisson parcourut l'adolescent, qui n'avait cette fois ci probablement rien à voir avec le temps. Qu'est ce qui pouvait donc lui valoir un rencart en tête à tête avec un Mangemort à cette heure tardive ? Sa prestation ? Sa gorge se serra de nouveau, ressassant les deux pauvres endoloris qu'il avait prononcés à voix haute sans pour autant parvenir au moindre résultat. Ce n'était pas la définition exacte d'une prestation, n'est-ce-pas ? Echec cuisant, à la rigueur. Ridicule tentative. Mais prestation ? Ce n'était de toute manière pas le moment de se lancer dans un débat linguistique alors que l'elfe s'impatientait, tapant du pied contre le sol pour l'enjoindre à activer le mouvement. C'était vraiment une super soirée d'anniversaire, il n'y avait pas à dire. Heather, Holbrey et maintenant le frère Carrow. Dire que certains se contentaient d'un gâteau et de quelques bougies. Petits joueurs ! pensa-t-il avec cynisme avant de suivre la petite silhouette qui s'enfonçait dans la nuit. Non, quelqu'un voulait-il la recette d'un anniversaire sortant du commun ? Deux petits Doloris, quelques cris de ses camarades se tordant de douleur et puis la punition de Kaveline, y'avait rien de mieux pour débuter en beauté. Après, si vous avez peur de vraiment vous ennuyer, poussez le vice jusqu'à vous enfermer dans un endroit exigüe pour dire à la fille que vous avez dans la peau depuis des années qu'elle n'est pas capable d'accomplir le but qu'elle s'est fixé et excusez vous en lui avouant un amour que vous avez tue depuis trop longtemps. Regardez là s'enfuir et puis délectez vous de la voir dans les bras de l'homme qui a assassiné votre voisine. Laissez-là avec lui parce que vous n'avez aucune chance face à l'attrait qu'elle a pour les mauvaises personnes. Puis ensuite cherchez vous un endroit calme et faites-vous y débusquer par un Elfe vous proposant une rencontre nocturne avec un type dangereux. Alors bien sûr, tout cela demandait une sacrée dose d'organisation pour réunir tous les éléments ou, au choix, un concentré de malchance. Il serra les poings, son corps se tendant d'anticipation face à une nouvelle menace. Cette soirée était un vrai cauchemard et c'était apparemment loin d'être terminé. L'Elfe claqua à plusieurs reprises des doigts et Léon le remercia intérieurement de tenir à distance les détraqueurs qu'il voyait à la lueur de la baguette qu'il avait allumé pour ne pas trébucher. Il n'était pas de taille à produire ne serait-ce qu'un filament de Patronus. Et puis c'était quoi ce lieu de rendez-vous ? Il secoua la tête, peu désireux d'argumenter, de s'arrêter sur un détail de plus. Il allait se retrouver face à un Mangemort, alors on se foutait bien de la localisation, n'est-ce pas ? Ce n'était pas comme si dans la probabilité d'y laisser la peau, le choix de l'adresse importait vraiment. Le petit convoi se stoppa aux abords du portail et le vert-et-argent se tendit, claquant des dents. Il était frigorifié et exténué. Il ne donnait pas cher de ...

__ Surprise.

La voix creva le silence, arrachant un sursaut à l'adolescent qui fit volte-face, les yeux soudain animés d'un feu dévorant tandis qu'il sortait sa baguette à toute vitesse, la pointant sur le cou d'Holbrey sans même réfléchir à ses actes. L'abominable enfoiré. Il avait fallu qu'il le suive là, dans ce parc, au lieu de se contenter d'avoir gagné une nouvelle fois. Souhait-il contempler sa victoire, voir la torture intérieure qu'il avait engendrée ? Toute la haine qu'il s'était efforcé de contenir dans le couloir, qu'il s'était acharné à enfermer à double tour sembla se déverser de nouveau dans ses veines, ses joues pâles se colorant de nouveau sous la colère. Seul son instinct de survie fut capable de le toucher et il abaissa le bâton avec lenteur. Comme s'il pouvait faire le poids face à ce type. Ce combat était une nouvelle fois déloyale. C'était ça le pouvoir d'Octave : il ne s'en prenait qu'à ceux sur qui il avait le contrôle total. Pas fou, l'idiot ! Tu parles d'un complexe de supériorité !

__  Mais vous êtes une vraie contradiction à vous tout seul ! Accusa-t-il en secouant la tête, excédé de le voir là. Excédé de voir que peu importe ce qu'il décidait, ce type revenait vers lui avec la détermination d'un parasite destiné à envahir son hôte coûte que coûte. Je vous remercie de prendre soin d'elle alors vous décidez de la laisser seule ? demanda-t-il en haussant la voix, se foutant pas mal désormais qu'on les entende. Il ne savait plus quelle émotion choisir. Soulagement de ne pas être face à Carrow ? Colère de voir Holbrey ? Inquiétude de savoir Heather seule? Il avait envie de se jeter sur lui et de lui écraser son poing dans la figure, à défaut d'avoir les mots pour lui signifier à quel point tout était de sa faute. Qu'est-ce que vous foutez là ? Vous ne trouvez pas que vous en avez déjà fait assez ? Souffla-t-il, sa voix se brisant peu à peu. Mais c'est que vous avez même pris la peine de vous changer, remarqua-t-il en souriant avec dédain. Holbrey, classe en apparence mais pourri à l'intérieur, récita-t-il à la manière d'un slogan. Le bibliothécaire qui vit des histoires plus intéressantes que les livres qu'il garde. C'est plutôt accrocheur comme résumé pour vos mémoires, non ?  Remarqua-t-il en rigolant. L'homme plein de valeurs qui donne des leçons de moral et se tape des écolières parce que ce sont les seules éblouies par la fausse panoplie du mafieux, rigola-t-il, dangereusement près de perdre le contrôle. Quand il n'enterre pas des gens dans des trous.

Il inspira plusieurs fois, tâcha de s'exhorter au calme et échoua lamentablement. Il y avait trop d'éléments pour les malheureuses vingt quatre heures. C'était la goutte d'eau qui faisait déborder le vase et il avait beau savoir que l'homme lui faisant face était dangereux, il était incapable de tenir sa langue.

__  Octave Holbrey ou l'homme qui adore jouer avec les sentiments des adolescents parce que ca lui donne une impression de contrôle. Je suis curieux, quelle dose de manque de confiance en vous vous anime pour autant adorer vous occuper des affaires des autres ? Questionna-t-il, au bord de l'hystérie, entre curiosité et envie de dépasser les bornes parce que s'étant trop contenté de ne rien dire. C'est quoi votre truc, rabaisser des adolescents  comme moi pour avoir l'impression d'être mieux ? Ou leur donner de l'affection à d'autres comme Heather parce que vous n'en avez jamais reçu ?  Je ne sais pas quel plaisir malsain vous en tirez mais votre excès d'orgueil ne m'impressionne plus. Vous avez beau vous pavaner dans le château avec votre aura de mystère soigneusement entretenue, vous êtes quand même le sous-fifre des Carrow. Vous ne lèverez même pas le petit doigt pour protéger l'un de nous alors ne venez pas me donnez des leçons de moral sur la façon de m'occuper d'Heather. A d'autres. Vous voulez vous occuper d'elle ? Foutez lui la paix. Elle mérite autre chose qu'un meurtrier dans votre genre qui lui donne l'illusion que tuer, ca résous des problèmes.

Il avait dépassé les bornes d'au moins plusieurs kilomètres, alors il n'avait plus l'intention de s'arrêter maintenant. Quitte à déjà avoir signer pour se faire assassiner ce soir, autant vider son sac.

__ Mais bon, vous êtes venu pour ça ? Résoudre un problème, vous débarrasser de l'adolescent gênant ? Il leva les yeux au ciel avant de lancer sa baguette aux pieds de l'adulte, reculant de plusieurs pas sans le lâcher des yeux, écartant les bras. Allez y alors ! De toute manière j'ai combien de chance de vous échapper ? Rigola-t-il, à bout des nerfs. Vous êtes un enfoiré Holbrey et ce n’est pas parce que vous cirez vos pompes soigneusement tous les soirs qu'on ne voit pas que vous marchez dans votre propre me*** à longueur de journée, lui souffla-t-il avant de reprendre, un peu plus fort. Alors allez bien vous faire foutre.

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MessageSujet: Re: [4 Décembre 1997] Philotès aux enfers Lun 26 Fév 2018 - 19:41

Si la première salve sèche le confondit, la suite resserra rapidement ses sourcils en une barre uniforme et lourde au-dessus de ses yeux blasés. Il fallait dire que de coutume, Octave tirait un plaisir malsain de ces diarrhées phonétiques, les exhortant par un sourire charnu jusqu’à ce que l’ennemi s’étripe et s’étouffe tout seul de ses propres forces. Mais face au prépubère Schepper, il ne pouvait s’empêcher de jeter un regard noir comme la mort, tant il le détestait d’avoir si facilement oublié son rôle pourtant fort simple. Pour faire preuve d’un souverain détachement, il fallait une énergie infinie qu’il ne possédait pas présentement, usée qu’elle fut par avance d’un malaise cuisant et figeant son visage dans le marbre d’une exaspération sourde et contenue. Si le monde avait bien connu des fléaux, au moins, la plupart s’achevaient par la mort et sa délivrance, mais la logorrhée interminable de l’adolescent était de ces choses qui semblaient s’immobiliser dans le temps, allant contre tous les principes de la physique pour dépasser l’infiniment petit et l’infiniment grand, atteignant l’infiniment chiant. Pourtant, il pensait que leurs précédentes rencontres avaient suffisamment bourrés l’intenable Schepper de levures et charbons actifs pour empêcher cet indigeste dégueulis de frustration. Mais qu’est-ce qui était le plus proche du sado-maso au final ? La trame de fond du monologue schepperdien, ou le simple fait de l’écouter sans broncher ? Comme se faisait-il alors que Léon ne soit pas déjà au fond du lac de l’école, lesté par le poids de son égo ? Tout simplement parce que le diable parviendrait à se propulser sous l’eau rien que par la force de sa mâchoire et de ses volumineux poumons qui, à en croire la légende, pouvaient faire disparaître la moitié de l’atmosphère terrestre par une seule et unique aspiration ! Parfaitement madame ! Alors à quoi bon essayer d’arrêter celui qui pouvait gonfler l’équivalent d’une montgolfière en un seul souffle, je vous le demande ? Toute chose ayant une fin et chaque évènement tendant à s’inverser naturellement, Octave attendait donc bêtement et paradoxalement la fin de l’interminable incontinence verbale qui n’en finissait plus de se déverser telle une inondation, trouvant toujours un mot dans la revendication précédente pour rebondir vers la suivante, sans que les deux n’aient autre lien ni but que l’insulte pure et dure.

Schepper n’était ni le premier, ni le dernier à lui assener ses quatre vérités personnelles, mais son privilège indiscutable fut d’avoir fortuitement coincé le bibliothécaire dans un élan avorté. Schepper n’était pas assez proche pour qu’Octave lui accorde la possibilité d’une blessure, mais pas non plus parfaitement inconnu pour qu’il le réduise au silence d’une seule méchanceté péremptoire. A dire vrai, il aurait bien voulu trouver quelque chose de définitif à retorquer pour mettre fin aux tribulations qui, à défaut de pouvoir véritablement heurter par manque de consistance, étaient tout de même passablement désagréables. Octave était par ailleurs de ces personnages qui pouvaient trouver écho dans n’importe quelle accusation, son caractère se prêtant particulièrement bien à l’auto-mutilation, car si Schepper visait franchement de façon désordonnée partout où il pouvait, l’intelligence contuse du bibliothécaire ne manquait pas d’être une cible docile. Suffisamment en tout cas pour que les mots de l’étudiant parviennent à réveiller quelques vieux embarras savamment dissimulés. Ne trouvant pas la force ce soir pour être détaché, Octave se réfugia dans un mutisme morose qui, à mesure que les salves se multipliaient, se muait en un sourd abattement. Parce que sa nature était multiple, il pouvait aisément réfuter tout ce qui était dit, autant que l’accepter en vérité fragmentaire.  

Il négligeait sciemment les limites : Mademoiselle Rowle le lui avait déjà suffisamment répété. On pouvait l’accuser de dissimulation, du commerce honteux de la flatterie, d’une façon de vivre où il recherchait bien moins ce qui était vertueux et honnête que ce qui était agréable, d’être un infatigable placide pour qui les affaires les plus honteuses ne coûtaient rien à dire où à faire. Les belles choses comptaient parfois davantage que les bonnes grâces et s’il possédait une qualité, c’était celle de se parer, autant par les vêtements que par le mot, comme si ces allures étaient une continuité de ce qu’il avait dans le cœur. Mais il était finalement bien connu que les denrées les plus venimeuses de la nature étaient celles qui s’ornaient des couleurs les plus chatoyantes, avertissant de loin quiconque aurait idée de s’en approcher. Et comme toute plante toxique, il empoisonnait sans toujours le voir, parfois en frôlant, parfois en se laissant toucher. Opulent dans son aspect, Octave ne pouvait s’empêcher d’être non seulement le plus vénéneux, mais également le plus sagace. Dans sa perspicacité orgueilleuse, trouvait-il moyen d’être le plus au fait, même lorsqu’il avait tort, ce qui importait peu lorsqu’on avait un verbe suffisamment soutenu pour donner au mensonge l’allure d’une convaincante vérité. En homme de peu d’honneur, il s’acharnait à trouver les petites faiblesses et les usait savamment contre les autres jusqu’à faire trembler les fondements des croyances les plus solides. Schepper, dans sa rudesse grossière et sauvage, touchait le fond malade de celui qui à tant craindre qu’il eût tort, essayait par tous les moyens d’avoir raison autant que cela était possible, car qu’y avait-il derrière l’incapacité à trouver la vérité, si ce n’est l’inexistence même ? Dans un univers où la faute fut souvent sienne, il n’avait plus que cela : la raison. L’entendement lucide qui lui permettait d’étreindre la réalité sans qu’il n’ait l’horreur de penser que tout ce qui lui arrivait fut nécessairement de sa faute, ou justifié, ou mérité, comme on le lui avait fait si souvent croire par commodité. Mais, tour à tour, Octave s’enorgueillissait de l’intimidant sang-froid qui lui avait permis de survivre, avant de condamner la sombre indifférence qui l’avait empêché de vivre, oubliant la constance qu’il fallait trouver en soi avant de l’imposer aux autres. C’était le piège de celui qui savait cacher sa perpétuelle confusion derrière l’imperturbable assurance. Léon pouvait largement le blâmer pour tant de pièges tendus, où la simple contenance avait eu bien plus de valeur que la vertu, trompant tous ceux qui, comme Heather, s’aventuraient à suivre le pas le plus solide et non le plus honnête.

Et parce qu’il savait tout ça, parce que ce n’était pas la première fois que des gens bien plus avisés que Schepper le lui disaient et parce qu’il en avait déjà lui-même fait le constat à chaque rare moment de lucidité objective qu’il lui arrivait d’avoir, Octave n’eut probablement pas la réaction désirée. Car pour satisfaire un adolescent attaquant aussi férocement il aurait fallu qu’il concède à se mettre au même niveau. Qu’en retour, il perde contenance et hurle jusqu’à l’injure en prouvant qu’ils étaient deux à n’en plus pouvoir, mais le bibliothécaire s’enfonçait toujours un peu plus dans le silence plombé, lèvres serrées et regard lustré, fixé sur l’adolescent rageur. Par-là, il se confirma l’habitue difficile qui lui faisait tenir bon juste par fierté et satisfaction de savoir qu’on ne pouvait pas le contrôler, alors qu’il parvenait si bien malmener les autres sans s’en retrouver inquiet, ce qui était horriblement faux. La lâcheté et la bassesse se voisinaient à la souffrance du tragique amour, et cette contiguïté ne permettait aucun doute quant aux raisons que pouvait avoir un cœur d’être infiniment seul, alors que la vie ne lui aspirait que défiance et malhonnêteté, et que tout ce qu’il obtenait, il l’obtenait par la tromperie habille. Mais même le cœur le plus noir et corrompu savait lorsqu’il y avait défaut et que ce qu’il recevait, on le lui donnait dans la contrainte. Aussi n’y avait-il aucun doute quant à la mauvaise place d’Heather dans cette histoire, où Octave avait joué le bon rôle par chance et vanité, couvrant d’une ombre injustement méritante l’insolence passagère d’un adolescent blessé. Léon était aussi prompt dans ses vengeances que dans ses bienséances, rendant son courroux vindicatif et certainement moins maîtrisé que celui de l’imperturbable, mais si inconstant, opportuniste et hypocrite bibliothécaire. Il souffla d’ailleurs finalement. Schepper perdait son temps et son énergie. Octave le savait tout ça. Tout ça, et bien plus. Il doutait encore aujourd’hui du mérite qu’il avait d’avoir été si sincèrement aimé par Jane, se demandant si au final il ne lui avait pas brisé le cœur en plus de lui avoir volé les derniers instants de sa déjà courte vie. Il craignait d’avoir supporté une mauvaise mère que parce qu’il avait été un enfant indigne. Et enfin, rarement, succombait-il à l’infortunée idée que le père qu’il n’avait pas avait fui le foyer pour le fuir lui, laissant sa mère frustrée et haineuse engendrer un autre monstre de colère. Ce qu’il regrettait maintenant au fond, c’était qu’après tout ce temps et ces efforts insignifiants, quelqu’un pouvait encore lui tenir ce genre de discours en continuant à frôler la douloureuse vérité du bout des doigts.

__ Mais bon, vous êtes venu pour ça ? Résoudre un problème, vous débarrasser de l'adolescent gênant ?

Il était sérieux, le gosse ? Incrédule d’abord, Octave faillit s’en moquer d’un rire nerveux, tandis que Schepper balançait dramatiquement sa baguette aux pieds de son ennemi, tel un tragique Vercingétorix défait devant César. Qu’allait-il faire les bras en croix si le bibliothécaire décidait d’en profiter pour de bon, hein ? Se consoler d’un mort ayant l’air d’une tragédie grecque, ou d’un quelconque verset biblique ? Au moins, la litanie semblait avoir pris fin et ayant dit ce qu’il pensait, le petit Schepper se sentit prêt à mourir en paix. Octave se pencha et ramassa avec nonchalance la baguette étrangère, qu’il rangea dans sa poche, car ce qui était abandonné ici risquait d’être perdu à tout jamais : chose que l’intrépide adolescent allait immanquablement regretter une fois le calme revenu.

« Allez-y alors ! De toute manière j'ai combien de chance de vous échapper ?
- Aucune. Si tout le monde était être comme toi d’ailleurs, ça m’aurait grandement facilité la tâche. Si tu savais le nombre de gens qui se mettent à courir… »
A regarder à quel point Schepper était tendu, il y avait suffisamment d’hystérie en lui pour directement l’envoyer dans la mésosphère.
« Vous êtes un enfoiré Holbrey et ce n’est pas parce que vous cirez vos pompes soigneusement tous les soirs qu'on ne voit pas que vous marchez dans votre propre me*** à longueur de journée. Alors allez bien vous faire foutre. »

Ils pouvaient rester ici pour discuter encore longtemps vu tout ce qui fut dit, mais il se faisait tard et manque de pot, si Schepper n’avait pas tort en globalité, il avait en revanche sous-estimé la capacité du bibliothécaire à ne pas suivre les règles imposées et Octave n’était franchement pas un grand fan des confrontations. Ce pourquoi il pointa sa baguette sur l’adolescent et le pétrifia sans davantage de tergiversations. Lorsque la masse nerveuse s’écroula dans la terre molle, il daigna enfin s’en approcher sans craindre un revers de coude. S’accroupissant à côté du corps conscient mais sans vie, le bibliothécaire regretta de ne pas avoir un cigare pour en souffler la fumée au jeune visage défiguré par une curieuse colère figée.

« T’es pas mieux comme ça ? Plus tranquille ? Jamais Schepper, ne jamais lâcher sa baguette devant quelqu’un d’armé. Quitte à être dramatique, tu aurais plutôt dû retirer ton t-shirt, ça m’aurait fait plus d’effet et ça t’aurait évité d’avoir l’air aussi c*n. » Esquissant un sourire soudain particulièrement carnassier, Octave ajouta d’un ton beaucoup trop enchanté : « Dire que c’est toi le mieux placé pour te faire foutre maintenant. »

Dit-il en laissant son regard glisser dangereusement le long du corps immobile, avec la tentation pure dans le fond d’yeux joueurs. Il posa une main chaude à plat sur la poitrine large de l’adolescent et écarta ses doigts en sentant sous leur pulpe le cœur affolé. Contrairement à son visage gracieusement folâtre, son geste avait l’onctuosité de la soie. Tenter la chair, c’était son péché mignon. Schepper devait le détester au point de générer de l’énergie, à n’en point douter. Surtout que dans son immobilité, il était privé de tout exutoire physique ou verbal, ce qui allait très bien au bibliothécaire, mais devait être particulièrement contraignant et éprouvant pour les nerfs du jeune homme, qu’il ne cessait de cajoler et frôler de ses doigts joueurs. Pour attiser la flamme, l’infâme Octave gratifia son adonis d’un regard mielleux en tirant un visible et incommensurable plaisir à profiter de sa caresse si ostensiblement suave sur un corps qu’il sentait frémir sans le vouloir, de colère et d’autres choses… Ses doigts coururent délicatement sur les valons des muscles pétrifiés, semblant laisser le temps au pauvre Schepper de réaliser l’étendue de l’horreur dans laquelle sa bêtise venait de le plonger : il n’y avait pas que la mort qui pouvait satisfaire, après tout. La pieuse pélerine quitta le torse et suivit le chemin de son regard, qui se mit à descendre toujours plus bas le long du ventre sculpté dans le marbre, jusqu’à atteindre l’étroite orée de son sous-vêtement. Glissant un doigt inquisiteur dans la chaleur exquise, Octave accrocha l’élastique et tendit dessus en ricanant. Puis soudain, alors que l’élastique claquait contre la peau, pleine des pénétrantes effluves d’une chaleur alanguie, la main du bibliothécaire vola jusqu’au col du t-shirt et l’empoigna avec force en passant les doigts entre le tissus et le torse, s’aventurant cette fois à toucher de leur phalanges la peau nue, qu’il pressa farouchement. Ses yeux verts de champagne brillèrent dans le noir tandis qu’il fixait l’étudiant dans les yeux.

« Relax Schepper, je déconne. »

Serrant sa baguette, Octave les obligea à transplaner et, s’aidant de l’élan étrange que créait la téléportation, il releva l’adolescent par le col, si bien que lorsqu’ils touchèrent le sol à nouveau, ils furent tous deux debout. Relâchant sa prise et profitant quelque peu de la confusion, il ne manqua cependant pas de soigneusement lisser le t-shirt de l’étudiant, là où sa poigne sévère avait froissé le tissu. Ils avaient atterri sur un parking quasiment désert d’une zone industrielle, balayée par de voraces bourrasques de vent. A l’horizon se profilait la ville lumineuse, polluant le ciel d’une éternelle couleur orangée dégueulasse, et un timide bosquet de quelques arbres transis. Derrière, s’élevait l’habituel bâtiment en béton d’un gris franc, sans âme ni charme, dénué de tout ce qui aurait pu rendre l’architecture mémorable car uniquement dédiée à la fonctionnalité brutale d’un Bauhaus industriel. Les fenêtre étaient étroites et petites, les plus basses étant doublées par des barreaux extérieurs de fer grossièrement forgé. L’entrée, illuminée par un néon uniforme, était surplombée d’un écriteau jetant des ombres multiples sur le mur lisse et l’on pouvait y décortiquer : « Barnet Enfield & Haringey Mental Health NHS Trust ». Une fois que la réalité les eut noyées dans sa lourdeur nocturne, Octave toisa l’adolescent avec une certaine gravité et déclara, avant de se tourner pour rejoindre la porte vitrée :

« Je t’emmène voir Elène. »

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[4 Décembre 1997] Philotès aux enfers

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