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Marching on [février 1996 - A.D.]

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SANS EMPLOI
    SANS EMPLOI
AVATAR : Emma Watson
MESSAGES : 2856

INFOS PERSONNAGE
SITUATION AMOUREUSE SITUATION AMOUREUSE: Célibataire
DATE & LIEU DE NAISSANCE DATE & LIEU DE NAISSANCE: 19/09/1979 - Londres - Angleterre
SANG SANG: né(e) de moldus
MessageSujet: Marching on [février 1996 - A.D.] Jeu 25 Jan 2018 - 0:51

"Marcher devant, toujours devant !
Rester debout quand ils s’assoient
Sourire quand ils serrent les dents.
Donner sa flotte quand ils ont soif.
Et son cœur quand ils n’en ont plus.
Porter la fatigue des faibles,
Éclairer ceux qui sont dans le noir,
Espérer pour six, vouloir pour dix.
Et le soir, quand tous se taisent, parler pour eux au Seigneur et Le laisser faire… le reste."

Michel Menu (1916 - 2015)


(c) fanpop

https://youtu.be/izU-Bx_miSI

Il leur avait fallu un endroit pour apprendre à se battre, un lieu pour s'entraîner, un lieu où on aurait pas pu les retrouver... Nommée "Pièce va-et-vient", la salle-sur-demande restait un endroit très peu connu au sein de la sorcellerie, parce que celle-ci apparaissait et disparaissait de manière aléatoire et qu'il était nécessaire d'en avoir réellement l'utilité. C'était ainsi, qu'un jour, Rusard avait trouvé un placard contenant des détergents, qu'il ne retrouva plus par la suite, que Trelawney y avait trouvé une cache pour son xérès ou que Dobby y avait déniché un remède contre l'ivresse ainsi qu'un lit sur mesures pour Winky. La salle semblait répondre aux souhaits de ses occupants, basés sur des demandes claires, précises et intelligentes. Et par chance, tant que celle-ci restait occupée, la salle demeurait sous leur contrôle, un refuge où les volontaires pourraient apprendre à se défendre par eux-mêmes.

Une porte en bois verni munie d'une poignée en cuivre était apparue dans un couloir du septième étage, près de la tapisserie de Barnabas le Follet battu par les trolls. D'un placard à balai, elle pouvait se transformer en une immense salle de classe à l'architecture gothique perpendiculaire de la fin du moyen-âge, caractérisée par la multiplication de quadrillages de lignes verticales et horizontales et par l'abandon des courbes et contre-courbes - issues du style curvilinéaire - au profit de schémas orthogonaux que l'on retrouvait dans les voûtes, avec leurs arcs en anse de panier. Un symbole de progrès ayant permis l'apparition de ces immenses fenêtres dont l'existence et la lumière étaient apparues par le biais de la magie ; sans oublier ces immenses cheminées et ces torches ne nécessitant aucun combustible, ces bibliothèques, ces coussins de soie longeant les murs, ces scrutoscopes, capteurs de dissimulation, ces mannequins et cette grande glace à l'ennemi craquelée venant rappeler aux occupants l'une des raisons à l'origine de leurs réunions clandestines.

Mais en ce mercredi de février, à dix-neuf heures, des élèves avaient profité de l'annonce de la fin du dîner pour fausser compagnie à Rusard et à Miss Teigne. La Brigade Inquisitoriale n'était pas encore d'actualité, contrairement à ce qui préoccupait les élèves depuis peu : une évasion massive à Azkaban, concernant une douzaine de mangemorts. Le problème c'était que le Ministre Fudge continuait de déblatérer ses mensonges en reportant la complicité de ce crime sur Sirius Black, qu'Harry avait pu retrouver durant l'été, square Grimmaurd, après avoir été accusé d'usage illégal de la magie, puis présenté devant le Magenmagot, avant d'être innocenté. Le Ministre avait pris sur lui de dissimuler à la population la défection des détraqueurs - signe manifeste que le Seigneur des Ténèbres était en vie et de retour. Seulement, à Poudlard, les actions du Ministère semblaient faire jusqu'ici les affaires de Voldemort.

https://youtu.be/r8Fp1LOkEsg  

Evidemment, cette vieille harpie décrépie leur avait peut-être interdit l'accès à tout l'univers, en allant jusqu'à interdire les associations, groupes, équipes, organisations et clubs d'élèves et même jusqu'à la détention du Chicaneur, le décret d'éducation numéro vingt-quatre avait été la preuve pour Ron, Harry et Hermione qu'Ombrage avait appris - ils ignoraient comment - qu'un groupe s'était constitué contre elle. Mais cela ne les avaient pas arrêtés. Au contraire. Certains élèves n'ayant que le mot "quidditch" à l'esprit ou à la bouche, très vite la question de savoir si Gryffondor allait être autoriser à jouer avait suffit à déclencher la panique dans les rangs et à encourager les Serpentard à rechercher la bagarre. Car l'idée du professeur avait été de susciter la division, d'empêcher leurs réunions voire d'affaiblir leurs soutiens et il fallait bien admettre que jusqu'ici elle y était parvenue sans difficulté.

Hermione s'était contentée de rester au dessus de la mêlée, en spectatrice désabusée, mais préoccupée. Comprenez qu'elle ne faisait pas dépendre sa vie d'un jeu, alors qu'il y avait plus important qu'un sport exacerbant les rivalités, plus urgent que tout ce qu'ils pourraient envisager, en commençant par la coupe, leurs études et leurs examens de fin d'année : se préparer au pire, au retour de Voldemort. En fait, la lionne portait depuis quelque temps un regard remplit de dédain à l'égard des jumeaux Weasley et de leurs fichues "boîtes à flemme". Jusqu'ici, elle n'avait pas réussi à dénicher la moindre règle, la moindre loi à leur opposer, du moins tant qu'ils ne mettaient pas la vie d'autres élèves en danger. Et cela ne lui plaisait pas du tout. Son avis, pourtant, allait bientôt changer au regard des exactions commises par cette vieille gargouille malfaisante s'étant fait nommée Grande-Inquisitrice.

-"Je jure solennellement que mes intentions sont mauvaises...", dit Harry, en tapotant avec sa baguette sur sa carte du marauder. -"Rusard est au troisième étage... Et Ombrage... Est au premier ! A toi Hermione !", conclut-il sur un ton plus angoissé qu'autoritaire.

-"Voilà ! Le message est transmis !", répondit-elle en fixant sa baguette magique sur son faux gallion afin de faire chauffer ceux des autres.

-"Allons-y...", rétorqua Ron, sur le pied de guerre.

Décidés, le trio magique avait quitté le dortoir des garçons puis la salle-commune sans demander leur reste. Direction : la salle-sur-demande. La date et l'heure du rendez-vous ayant été annoncées à la dernière minute afin de contrecarrer d'éventuelles surveillances.

Assise sur le rebord d'une fenêtre, l'adolescente contemplait le paysage à l'extérieur sans réellement y prêter attention. Les sourcils froncés, la Préfete semblait regarder dans le vide. Elle avait eu autrefois un instant de doute, l'envie d'abandonner en réalisant que Sniffle (Sirius) avait peut être essayé de les pousser à agir à sa place, alors que le parrain de Harry était reclus au quartier-général de l'Ordre, comme un lion en cage prêt à bondir à la moindre occasion. Et elle ne croyait pas si bien dire... Mais très vite les injustices, les interventions du Ministère et les excès de pouvoir d'Ombrage étaient venus chasser d'un trait ses hésitations pour la conforter dans l'idée que ce qu'ils faisaient était justifié par les circonstances, par des impératifs catégoriques. Et pourtant, grâce à Dobby et au mot glissé à Harry par Dumbledore après le bal de Noël, ils avaient pu trouver l'endroit parfait pour y débuter leur résistance.

En fait, tous s'accordaient pour penser qu'ils avaient dépassé le stade où l'on se contentait d'apprendre des sortilèges à partir de livres, qu'ils leur fallaient un bon professeur, quelqu'un ayant une expérience. Bien-sûr, les entraînements n'avaient pas été faciles, surtout celui sur le patronus, survenu après les vacances de Noël. Et Hermione était plongée dans ses pensées, en train de songer aux sortilèges et aux méthodes qu'ils utiliseraient lors de cette séance supplémentaire qui avait été réclamée. Sauf que la Préfete ne s'était pas contentée, cette fois, de piocher dans ces livres rares que la salle avait matérialisée. Elle s'était efforcée de choisir avec Harry et Ron. L'important, avait-elle mentionnée, était d'encourager les autres, de remarquer leurs efforts, leurs résultats et leur volonté de bien faire, de soutenir ceux qui étaient en difficulté, d'instaurer une cohésion, une solidarité, de leur offrir un but et non de lui faire de l'ombre.  

-"Salut !", fit Harry, à leurs camarades, tandis qu'Hermione et Ron s'étaient installés à ses côté, de part et d'autre, mal à l'aise. -" Je... Euh... Ravi de voir que vous ayez quasiment tous répondus à l'appel..."

Il était possible de dénigrer l'A.D. et tout un tas de choses. Après tout, que pouvait bien faire des adolescents face à des adultes ? Hermione n'avait pas eu à convaincre Harry et Ron ni même Neville, Ginny et d'autres qu'ensemble ils demeureraient plus forts, qu'en dépit des revers et des difficultés, ils ne pouvaient que surprendre, parce que personne ne serait prêt à parier sur eux, y compris leurs ennemis... Tous devaient être traités sur un plan d'égalité, y compris les plus jeunes. La différence avec Ombrage, le Ministère actuel ou Voldemort, c'était l'aspect démocratique, le fait qu'en résistance, les différences et les ambitions devaient s'effacer face à l'intérêt général. Dans l'histoire comme en période de guerre, il y avait des exactions. Or, il y avait ceux qui avaient comploté et déclencher ces guerres et ceux qui avaient du apprendre à se défendre pour leur résister et les vaincre. Et entre les deux, des nuances gris-clair. Ce qui ferait une différence ? Les actes et leurs conséquences, le refus d'employer les méthodes d'un ennemi sans pitié, pétri de noirceur, cherchant à créer le trouble et à corrompre. La compassion, la pitié, l'entente cordiale, la liberté, opposée à l'incitation à la haine et à l'ignorance.

-"Nous disposons de quelques heures avant le couvre-feu. Donc, si personne ne souhaite prendre la parole ou poser de question, nous allons commencer sans plus attendre..."

C'était clair, net et précis. Nul besoin de discours grandiloquent.
Résister, en soi, était déjà une victoire.
Prendre soin les uns des autres, aussi...

Citation :


(c)Lespetitesfouineuses

https://youtu.be/Rc7Wz03VKfA

Consignes -

a - Aucun quota de lignes.
Vous pouvez rp comme dans le match de quidditch Poufsouffle/Gryffondor ou choisir de vous appliquer un peu plus, à votre convenance.

Nous vous laissons jusqu'au 26  février maximum afin de débuter.

b - Dès lors qu'un sortilège devra être lancé ou reçu, le choix s'offrira à vous :

* de décider, seul(e), si la tentative réussie ou non.
* de lancer un dé quidditch (réussite/échec).

Vous aurez la liberté de décrire votre résultat, votre maladresse, malchance ou demie-réussite, mais si un sortilège dévie, merci de laisser à l'éventuel "victime" la possibilité d'esquiver ou non votre geste involontaire.

c - Si des joueurs non-inscrits souhaitent se joindre à nous, sachez que le rp reste ouvert. Par contre, je vous prierai de bien vouloir mp Hermione afin d'être autorisé(e) à poster, pour ne pas perturber le jeu.
Même chose s'il s'agit de pnj's.

d - Une hésitation, une question, un soucis ?
Merci de mp Hermione.

e - Pour de plus amples informations concernant le rp et les consignes, veuillez vous reporter au dernier post, ici, s'il vous plaît :

http://www.rictusempra.org/t11673-topic-collectifcours-supplementaires-armee-de-dumbledore-ad-recherche-de-participants-fin-janvier-mi-fevrier-1996

Merci & bon jeu ! (croisons les doigts !)

Spoiler:
 

_________________

"J'aimerais être à Gryffondor. Faire partie de cette maison me plairait beaucoup car je donne beaucoup d'importance au courage, sous toutes les formes qu'il peut prendre. Car quand je parle de courage, je ne parle pas uniquement de courage physique, mais aussi moral." - J.K. Rowling (BBC Newsround - 2005)

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MessageSujet: Re: Marching on [février 1996 - A.D.] Mar 30 Jan 2018 - 18:54


PNJ Ginny Weasley, 14 ans, Gryffondor

Pouvoir agir contre Ombrage et lutter contre la tyrannie et folie du ministère était toujours aussi excitant. Oh, bien sûr, la rouquine de quatorze ans savait très bien que ce n’était pas un jeu, que des choses très graves se passaient, au-dehors, bien plus graves que la propre tyrannie exercée par Ombrage et qui n’arrivait pas à la cheville de celle imposée par les mangemorts, quoi qu’en disent certains, qu’elle et les autres étaient là pour apprendre à se défendre face aux pires horreurs, oui, elle savait très bien tout ça ! Malgré tout, elle éprouvait aussi l’envie presque furieuse de se dépasser, accompagnée par une certaine envie de vengeance qu’elle n’avait jamais vraiment avoué à qui que ce soit. Dès ses onze ans, elle avait comprit pleinement ce que signifiait le terme « magie noire », elle en avait fait les frais dans son propre esprit, et bien que tout cela soit du passé, bien qu’elle fasse mine devant tout un chacun que c’était un épisode relégué au soin dans son esprit, il restait au fond d’elle l’envie de prendre sa vengeance. De ne plus jamais être cette petite fille naïve qui avait été manipulée si facilement, de devenir une sorcière non seulement capable de défendre chèrement sa vie mais aussi de faire payer lourdement à ceux qui oseront s’en prendre à elle ou à ses proches. Elle ne sera plus jamais une cible simple, manipulable, qu’on utilisait comme un jouet avant de le jeter une fois l’objectif atteint. Jamais elle ne pourra oublier Jedusor, mais grâce à cet épisode douloureux, elle en avait renforcé sa détermination.

Debout près de ses frères et de Neville, au premier rang, elle attendait avec une certaine impatience, serrant sa baguette devant elle avec ses deux mains. Il y avait quelque chose, ici, qui la poussait parfois à frissonner, quand elle les voyait aussi nombreux prêts à braver les interdits, se réunir en cachette pour s’entraîner et s’entraider, ne pas se contenter de plier la tête face à des adultes aussi incompétents que méprisants ! Elle adorait ça, heureuse de voir autant de monde s’impliquer, et en même temps, elle se demandait qui, parmi tous ceux là, allaient vraiment brandir leur baguette face à l’ennemi le moment venu. Inutile d’être naïf, il existait une différence énorme entre participer à des cours clandestins bien au chaud dans une école et se battre contre des mangemorts sans aucune pitié, fut-ce fasse à des gamins. Car des gosses, ils l’étaient, personne ici n’avait plus de dix-sept ans ! Et que savaient des gosses du terrain, du monde réel, de ce qu’était un vrai combat, face à des adultes bien plus entraînés et pour la plupart sans le moindre scrupule ? Pas grand-chose, pour ne pas dire rien du tout. Même Harry, qui avait pourtant déjà affronté Tu-Sais-Qui plus d’une fois, ne s’était jamais retrouvé dans une bataille rangée, face à plusieurs mangemorts, où plus aucune règle de bienséance, comme dans des duels classiques en club, n’était valable. Pas plus que Ron ou Hermione.

Penser à ça n’était pas rassurant… Ginny ne savait pas encore comment elle réagira une fois le moment venu, si le courage qu’elle possédait maintenant sera suffisant pour la pousser à courir et participer au combat aux côtés de ses proches, défendre ses valeurs et se battre dans cette guerre. Pour de bon, cette fois-ci, loin des murs de Poudlard. Après tout, qui pouvait sincèrement répondre à cette question avant d’avoir vécu pareille situation ? Même en après en avoir fait le serment, pour suivre un ami et le protéger ? « Déloyal est qui dirait adieu quand la route s’assombrit mais que ne jure pas de marcher dans les ténèbres celui qui n’a pas vu la tombée de la nuit. Parole donnée peut fortifier coeur tremblant ou le briser. » Ginny avait lu ça dans un roman moldu, l’été dernier, et ce passage l’avait vraiment beaucoup marquée, car il correspondait très exactement à la situation actuelle de tous ceux et celles voulant lutter contre Tu-Sais-Qui. Elle voulait croire qu’elle sera là, au moment opportun, qu’elle ne faillira pas, que Harry et tous ses amis pouvaient compter sur elle. A présent, ce n’était qu’à elle de renforcer sa volonté et sa force pour être certaine de tenir ses principes. Le silence se fit à moitié lorsque Harry avança enfin, avec ses deux amis, et elle lut aussitôt dans son regard que ce ne sera pas encore aujourd’hui qu’il deviendra à l’aise pour prendre la parole en public.

– Salut ! Je... Euh... Ravi de voir que vous ayez quasiment tous répondus à l'appel…

Bon, pour l’entrée en matière, on repassera, mais venant de lui, ce n’était déjà pas si mal. Son pauvre Harry avait un peu de mal face aux groupes et ne savait pas vraiment comment s’imposer, ce n’était pas son style. Mais lui n’avait pas grandi avec une myriade de grands frères, donc elle pouvait bien lui pardonner ça. Un léger sourire moqueur et gentil à la fois effleura ses lèvres, tandis qu’elle dansait à moitié sur place, impatiente de débuter la séance. On allait quand même pas perdre des heures en bla bla, pas vrai ?

– Nous disposons de deux heures et demies avant le couvre-feu. Donc, si personne ne souhaite prendre la parole ou poser de question, nous allons commencer sans plus attendre…

Parfait, c’était ça qu’elle voulait entendre ! Il y eut un moment de flottement, avant que chacun ne bouge et se mette en place. Ginny voulait revoir quelques minutes les bases, pour « s’échauffer » et surtout s’assurer de ne pas perdre la main, et se mit face à Neville, après l’avoir tiré avec elle et Annah dans un coin de la salle. Sortilège de désarmement, pour commencer, celui pour lequel Harry s’était fait critiquer au début alors qu’il l’avait déjà aidé. Elle laissa Neville commencer, lui adressant un sourire radieux pour l’encourager car elle savait qu’il n’était pas encore entièrement à l’aise et doutait bien trop de ses propres capacités. Il était à Gryffondor, il était membre de l’AD, certains pouvaient douter de lui, mais elle était sûre qu’il deviendra un grand sorcier et qu’il sera avec eux, dans ce combat, jusqu’à la fin. Tout en s’exerçant, elle en vit quelques uns dans la salle qui prenaient toujours autant ces entraînements avec désinvolture, pas vraiment conscients que ça pouvait pourtant leur sauver la vie face à des mangemorts. Le regard de Ginny se perdit un petit instant dans le vague, alors qu’elle se demandait s’il existait des moyens magiques pour contrer les intrusions mentales, comme ce qu’avait fait Jedusor sur elle, si elle pouvait se préserver de ça. Il devait bien exister une potion, un sort, ou quelque chose du genre.

Neville avait fait de sacrés progrès, depuis Noël, et s’entraîner avec lui était motivant tant il y mettait de la volonté. En le voyant, Ginny se rappelait ses malheureux parents, rencontrés par hasard à Sainte Mangouste… Il avait paru si défait en les voyant, avec sa grand-mère, et eux si désolés pour monsieur et madame Londubat. Il n’y avait pas de mot pour décrire ça, c’était tellement horrible, tellement écœurant d’infliger ça à deux personnes… C’était un souvenir, parmi d’autres, qui la poussait en avant, à ne pas se relâcher. Elle se mit à son tour au sortilège de désarmement, à la fois contre Neville et Annah, jusqu’à ce que tous les trois se mettent à se tourner autour, s’esquivant et cherchant mutuellement à se désarmer, avant de récupérer leurs baguettes autant partout à coup d’accio. Ginny réalisa du même coup qu’elle avait pris l’habitude de s’entraîner à jeter des sorts en étant immobile alors qu’elle ne pourra presque jamais le faire dans la vraie vie, et que par conséquent, elle ne visait pas forcément bien. Le quart de ses sorts toucha d’autres élèves et quelques uns touchèrent Annah plutôt que Neville, et vice-versa. Elle continua avec ses deux amis jusqu’à améliorer au moins un peu ce point, tout en évitant de percuter les autres en bougeant. Ce n’était pas le moment de déconcentrer quelqu’un et le blesser.

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MessageSujet: Re: Marching on [février 1996 - A.D.] Sam 3 Fév 2018 - 16:30

- Moi je crois que c'est toi qui devrait être la prof... Ouais ouais je sais pour Vold... Tu-sais-qui et tout ça... N'empêche que c'est toi qui en sait le plus sur les sortilèges, t'es plus intelligente.

Ouch c'était douloureux de reconnaître que son amie était plus fine que lui, néanmoins c'était aussi nécessaire qu'évident. En réalité, pour être plus précis, Harry était plutôt intelligent, voir rusé, cependant son talent se révélait sur le terrain, sur l'instant. Quand il s'agissait de réfléchir, philosopher, organiser et pire encore, impliquer d'autres gens, le pauvre Gryffondor traînait la patte. Sa timidité du moment pouvait paraître superflue, décalée, peut-être touchant, mais elle était bien réelle, d'autant plus que Ginny avait répondu à l'appel... Ginny. Pourquoi sa présence le mettait-il mal à l'aise?

L'heure de la réunion avait donc sonnée, se répétant ce qu'il avait préparé pour se rassurer et éviter de songer à Ginny ou Cho, elle aussi sensément présente ce jour-là. D'un côté l'idée que le fameux cours n'ait pas été annulé avait quelque chose de rassurant: ils n'étaient pas seuls. Les gens les croyaient, souhaitaient lutter. Dès lors, comment refuser de se sacrifier ? Cela aurait été ridicule, sans parler que certaines têtes brûlées comme la sœur de Ron iraient de toutes manières à la guerre, préparés ou pas. Du moins, c'est ainsi qu'Harry essayait de faire taire sa conscience qui lui reprochait d'impliquer encore une fois de plus, une fois de trop ses proches. Jusque là, les choses s'étaient dirigées brinquebalantes vers la bonne direction, mais il doutait toutefois que leur fortune durerait. Voldemort gagnait du terrain, ils n'étaient que des enfants. Heureusement que Ron, Hermione, Ginny, Neville et tous ses amis étaient là. C'était contradictoire, car Harry conservait cette idée qu'il aurait mieux valu que tous soient en train de faire leurs devoirs ou jouer aux échecs plutôt que de le suivre dans cette folie dont il était la victime. Lui n'avait pas le choix, les autres si. Du moins, avant.

Après avoir profondément respiré, l'adolescent ouvrit la porte et salua les élèves. Il fut encore une fois, étonné de tous les voir, ne parvenant guère à croire aux images que son regard lui transmettait. Cet amour, cette solidarité, c'était la seule chose dont Voldemort ne disposait pas, et c'était déjà beaucoup.

Plutôt neutre tandis qu'il attendait l'arrivée des derniers sensés venir, le Gryffondor regarda Ginny et Neville s'échauffer. Il eut un petit sourire amical pour le garçon qui manquait cruellement se confiance en soi, alors que pour le brun, il était bien plus courageux que lui. Survivre à des parents torturés ne le reconnaissant plus.
Cette impossibilité de fermer le chapitre, c'était terrible.

- Hermione, un petit échauffement?

Proposa le sorcier à sa meilleure amie, essayant de cacher son anxiété grandissante. Être prof n'était décidément pas sa vocation, encore moins que celle de martyre pour laquelle il paraissait malheureusement promise. Mais trêve de rêveries morbides, Harry décida de se secouer en sortant sa baguette magique. Il ne pouvait décidément pas se plaindre de son rôle, offert par des amis qui faisaient confiance en lui. Il n'allait pas les décevoir, et cela commençait par être lui-même. À défaut d'être pédagogue, le brun serait sincère, pointant les faiblesses du doigts, refusant les siennes. Il fallait s'améliorer, plus davantage encore.

D'un mouvement délié, Harry fit tournoyer sa baguette, quelques étincelles jaillirent, trahissant la magie qui bouillonnait en lui, mais également un peu de son stress sous-jacent. Il offrit un léger sourire à Hermione. Au moins, il essayait vraiment  de s'impliquer, alors que de base, il était contre cette idée, estimant mettre en danger les élèves de l'A.D.
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MessageSujet: Re: Marching on [février 1996 - A.D.] Jeu 15 Fév 2018 - 17:23



(c) Giphy

"Chaque grande difficulté porte en elle sa propre solution. Elle nous oblige à changer notre façon de penser afin de la trouver" - Niels Bohr

https://www.youtube.com/watch?v=gWKEXvtsWRE

- Moi je crois que c'est toi qui devrait être la prof... Ouais ouais je sais pour Vold... Tu-sais-qui et tout ça... N'empêche que c'est toi qui en sait le plus sur les sortilèges, t'es plus intelligente.

Vêtue de son uniforme de Gryffondor, la chemise impeccable, la cravate nouée à la perfection, Hermione avait adopté un chignon très serré pour l'occasion, ce qui n'avait pas manquer de souligner sa rigueur et le choix qu'elle avait adopté d'un point de vue pratique, en sachant ce qui attendait ses camarades ce soir là. Elle s'était raclée la gorge, en tenant sa baguette fermement, à l'horizontale, entre ses mains délicates, ne s'attendant pas à ce que Harry lui fasse un pareil compliment. La confiance qu'il lui avait manifestée lui avait fait chaud au coeur, mais l'avait rendu humble et plutôt mal à l'aise. Pouffant de rire, un sourire emprunt de timidité et de tendresse était apparu sur ses lèvres fines d'un teint rosé. A ses yeux, Harry se montrait toujours trop modeste, alors qu'il était le seul à avoir réussi à "survivre" face à Voldemort à plusieurs reprises, même s'il avait toujours pu compter sur de l'aide et un brin de chance qu'il ne niait pas.

- Peut être..., lui répondit-elle humblement. Mais tu es le meilleur en défense et tu possèdes une expérience qu'aucun autre élève n'a et ne peut dénigrer sans avoir l'air arrogant et ridicule., ajouta t-elle dans la foulée, avec gravité. - Ron et moi, nous avons risquer nos vies et pris des décisions dans le feu de l'action, mais toi, tu as du affronter de nombreuses créatures et Tu-sais-qui. Tu as du te défendre en conditions réelles, tu sais ce qui compte dans ces moments là, mais seuls des orgueilleux préféraient dénigrer ou ignorer une connaissance non maléfique qu'ils estimeraient indignes d'eux, en sachant qu'en dehors de toi, le seul Professeur compétent, c'était Lupin. Il fallait que ce soit toi., conclut-elle en exprimant une confiance absolue envers son meilleur-ami.

Hermione avait toujours été une éminence grise, préférant l'ombre à la lumière. Elle ne péchait pas par vantardise, n'écrasant jamais ses camarades pour de mauvaises raisons ou pour être au centre de l'attention. Le paraître social lui importait peu, lui préférant le secret et la simplicité. Elle ne possédait aucun ego sur-dimensionné, mais l'envie d'être la meilleure afin de compenser une insécurité, un complexe d'infériorité qui étaient contrebalancés par une forte personnalité. La fin justifiait parfois les moyens, dans l'intérêt général lorsqu'une injustice était commise. Être populaire ne l'intéressait pas, surtout après avoir fait l'objet de calomnies et de diffamations durant le tournoi qui l'avaient obligé à en trouver la source pour la faire taire. Elle n'avait fait que l'aider à tout organiser, à choisir les sortilèges, les lui apprendre, en tirant les ficelles afin de le mettre en avant comme un candidat idéal pour le poste de Professeur en se basant sur des faits avérés qui avaient été mentionnés par d'autres comme des arguments propres à souligner sa valeur. Et il avait été élu démocratiquement pour leur apprendre des sortilèges, non pour faire d'eux de gentils soldats prêts à la guerre.

Bien-sûr, comme Sirius l'avait rappelé, lors de sa première tentative de coup d'Etat, Voldemort avait eu "toute une ribambelle de sorciers et de créatures maléfiques à son service". Des géants, des lycans, des vampires, des inferii, des squelettes ensorcelés, des démons, des acromentules, sans doute... Par un concours de circonstances incroyables et tragiques, le mage noir avait raté son retour, mais cela n'était plus qu'une question de temps. C'était ce que le Professeur Rogue lui avait déclaré, square Grimmaurd, au milieu de l'été, en lui parlant un peu de la psychologie du Seigneur des Ténèbres et de ses mangemorts, de la menace qui planait sur sa famille. Et bien-sûr, Harry aurait émis quelques réserves sur la véracité des informations s'il n'avait pas déjà rencontrer l'assassin de ses parents, Severus Rogue, Lucius Malefoy, Barty Croupton Jr., Igor Karkaroff et ces mangemorts à la finale de la coupe du monde puis dans le cimetière de Little Hangleton.

L'interview vérité de Harry, publiée par le Chicaneur - journal réputé pour son "excentricité" et son humour involontaire - allait bientôt faire parler de lui. Des opérations de résistance passive étaient menées. Beaucoup avaient encore du mal à définir leurs qualités, qui ils étaient ou à dépasser un handicap, mais ce qu'ils avaient réalisé grâce à Harry, c'était que rien ne saurait les immuniser contre la mort et qu'en dehors de l'école aucun ne savait ce que cela faisait de voir quelqu'un risquer sa vie ou mourir sans pouvoir rien n'y faire. Et cela, Harry le leur avait mentionné lors de leur réunion à la Tête de Sanglier, sans enjoliver la réalité. Cela avait assombri la vie de ceux qui avaient de l'imagination, de ceux qui possédaient une raison de se montrer pessimiste - mais pas de tous - en sachant que s'ils restaient bien au chaud et en relative sécurité, traités comme des enfants, un jour ils seraient livrés à eux-mêmes. Ce qui signifiait qu'ils n'avaient peut être pas l'expérience, mais ensemble ils apprenaient mieux et plus vite qu'en compagnie de Professeurs adultes, alors que ces entraînements ne proposaient aux élèves que de prendre leur avenir en main, parce qu'on leur refusait de grandir, de se préparer à l'inévitable.

Mais "A l'heure du choix, chacun était libre". Personne n'avait été forcé ou embrigader, si l'on s'en tenait au recrutement et à ce que Harry avait répondu à Zacharias, après qu'il ait soupiré et dénigrer l'apprentissage de l'Expelliarmus : "Si tu estimes que cela n'est pas assez digne de toi, tu peux t'en aller" et il était resté, comme les autres. Croyait-il que Harry était un gamin sans expérience ? S'opposer à un troll et à un cerbère, tuer un basilic avec une épée, affronter des acromentules, un sphynx, un magyar à pointes, faire face à un loup-garou, s'interposer deux fois contre Vous-savez-qui, cela n'était pas assez ou fallait-il lui rappeler le tournoi des trois sorciers et la manière cruelle dont ces enfants avaient été testé afin de glorifier l'ingéniosité, le courage ? Et lui, qu'avait-il donc réalisé de si courageux et remarquable pour prétendre avoir un avis qui pouvait ne pas avoir l'air arrogant et stupide ? Que dalle... Mais pour qu'aucun n'oublie quelle était la réalité, Harry avait accroché la photo du premier Ordre du Phénix sur le panneau d'affichage pour ceux qui ignoraient que la plupart avaient été tués par familles entières, avec cruauté et barbarie. Il y avait l'article portant sur l'évasion d'Azkaban, des coupures de presse, ainsi que la photographie de Cédric. Cela avait été fait afin de susciter une inspiration, une motivation et un devoir de mémoire.  

L'échauffement avait débuté et Ginny, Neville et Annah avaient eu une bonne idée en essayant de se déplacer afin d'augmenter la difficulté tout en faisant en sorte d'être des cibles moins faciles. L'avantage c'était de rechercher l'amélioration de l'agilité et de la précision, bien que cette technique pouvait être utilisée en combat pour chercher au plus vite un abri ou en créer un, pour chercher à faire diversion en plaçant l'ennemi sous un feu nourri ou pour créer un brouillard afin de disperser les tirs. Cela avait l'avantage de ne pas les voir rester statique, groupé ou exposé à une contre-attaque pouvant survenir de tous côtés. Cependant, Hermione, l'air grave, avait froncé les sourcils en songeant à ce qui aurait pu être fait - en dehors de tout échauffement - pour bloquer un adversaire cherchant à se déplacer ainsi.

A la place des sortilèges appris, il aurait suffit d'un glacius dans l'axe du déplacement de Neville pour le faire chuter ou de faire apparaître un mur dans le sillage d'Annah grâce à un sortilège d'apparition. Il ne s'agissait ni de sorts d'attaque ou de défense, mais usuels, car son style de combat était différent, plus imprévisible. Hermione s'adaptait à la menace, elle n'essayait pas de se contenter de jeter des sorts. En comparaison, elle ne restait qu'une adolescente inexpérimentée, mais dans un duel, après tout, l'essentiel était de vaincre, d'être efficace. Subjuguer son ennemi valait souvent mieux que d'avoir à le combattre. C'était le point de vue de Sun Tsu. Le gros désavantage qu'il possédait sur la plupart des adultes concernait les informulés qui ne seraient étudié qu'en sixième année. Sauf que dans une bataille, comme elle l'avait vu à la télévision, il fallait éliminer vite, parfois même utiliser l'artillerie lourde pour faire place nette ou gagner du temps, en sachant que le taux de survie était faible, que l'on pouvait être touché par des éclats ou par un ricochet, que l'on ne pouvait faire confiance qu'à la personne d'à côté pour veiller sur ses flancs ou sur ses arrières, pour profiter des erreurs ennemies et prier pour avoir de la chance ou du génie.

A la satisfaction de tous, Neville avait fait d'énormes progrès. Les encouragements et le travail étaient en train de porter leurs fruits. Personne n'avait été laissé de côté, Hermione avait manifestée sa patience et sa gentillesse comme d'habitude afin de soutenir ceux qui se trouvaient le plus en difficulté, alors qu'en temps normal ils étaient amenés à passer des semaines sur un ou plusieurs sortilèges, en sachant qu'ils n'avaient pas qu'une matière à étudier. Leur plus gros soucis allait être de gérer avec sang froid, rapidité et intelligence, la peur, leurs pensées et leur inexpérience face à des monstres remplit de cruauté, dans des situations chaotiques. Il s'agissait d'aptitudes qui allaient être recherchées et travaillées grâce au ressenti et à l'expérience de Harry. Mais ce qui était remarquable c'était la facilité avec laquelle certains avaient commencé à manifester, comme Ron, un degré de précision, comme la fois en quatrième année où il avait stupéfixé une mouche en plein vol dans cette salle de classe vide, après ces entraînements privés durant lesquels Hermione avait appris à ses meilleurs-amis des sortilèges qui s'étaient avérés utiles et en avance sur leur programme.

- Hermione, un petit échauffement?, lui demanda Harry, souriant légèrement.
- Oui, d'accord..., lui répondit-elle, avec un petit sourire, déjà sous pression, avant de redevenir sérieuse.
- Susan, tu te joint à nous, s'il te plait ? Toi aussi, Ron...

En attendant, son soucis concernait le patronus qu'elle ne maîtrisait pas bien, ce qui ne l'avait pas empêchée de figurer parmi les élèves à avoir réussi avec Ron, Ginny, Luna, Neville et Cho. Un esprit sage aurait déclaré : "Faîtes plutôt ce que vous devez et advienne que pourra". Cela n'était pas rassurant, mais tous devaient agir en conscience, assumer ou non leurs erreurs, en faisant face aux épreuves. En tout cas, ils devaient essayer d'améliorer leurs compétences. Einstein disait : "n'essayez pas d'être des gens de réussite, mais plutôt des gens de valeurs". Et il y en avait ici. L'avenir pourrait en surprendre plus d'un, dans le bon comme dans le mauvais. Au final, la pire crainte de la Gryffondor restait l'échec. Réussirait-elle à dépasser ses limites, à rester en vie et dans l'honneur ? A quel genre de défis allait-elle être confronter ? Elle n'en savait rien. Mais “Plutôt que de maudire les ténèbres, allumons une chandelle, si petite soit-elle.”, disait Confucius, car “Pour mettre la raison sur la voie de la vérité, il faut commencer par la tromper ; les ténèbres ont nécessairement précédé la lumière.”(Casanova)

Mais apprendre cela se faisait par étape : la théorie, la pratique, le perfectionnement. Trop de détermination ou d'empressement, sans concentration ni réflexion suffisante, ne pouvait qu'embrumer un esprit pas assez affûté, alors qu'être déterminé(e), être concentré(e), savoir raisonner et acquérir des automatismes, ça n'étaient pas la même chose, mais des aptitudes séparées et complémentaires. Être un duelliste et un combattant cela exigeait plus que de la détermination, de la concentration et de savoir gérer sa peur. Cela se voyait au travers de ces sorts fusant de tous côtés, avec ces élèves cherchant à dépasser leurs limites, à les maîtriser et à améliorer leur coordination oeil/main. Que faire sans le bon contre-sort, le sortilège ou la connaissance à même de nous tirer d'affaire ? Prendre conscience de cela c'était donner aux études une toute autre importance. Mais quel enthousiasme ! Quelle volonté rarement observée chez des élèves !

_________________

"J'aimerais être à Gryffondor. Faire partie de cette maison me plairait beaucoup car je donne beaucoup d'importance au courage, sous toutes les formes qu'il peut prendre. Car quand je parle de courage, je ne parle pas uniquement de courage physique, mais aussi moral." - J.K. Rowling (BBC Newsround - 2005)

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SANS EMPLOI
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MessageSujet: Re: Marching on [février 1996 - A.D.] Mar 20 Fév 2018 - 16:59



Cette salle était quand même tout à fait brillante, Ron mourrait d’envie de savoir comment elle avait été installée, conçue, quelle magie il y avait derrière. Il aimait imaginer les quatre fondateurs, encore unis par l’amitié, travailler tous ensemble et unissant leurs pouvoirs pour créer la Salle sur Demande. La technique le dépasserait sûrement, même s’il avait l’occasion de découvrir ces sorts, mais ça ne coûtait rien d’essayer d’imaginer. Et même si ce n’étaient pas les créateurs de cette école qui avaient bâti cette salle, si elle n’était venue que plus tard, il en remerciait chaleureusement ceux qui avaient eu cette idée géniale, c’était vraiment l’endroit idéal pour se dissimuler de cette harpie d’Ombrage et des regards trop indiscrets du Ministère. Ron ne comprenait toujours pas comment la peur et la connerie pouvaient continuer à aveugler Fudge à ce point, comment il pouvait bien faire pour fermer autant les yeux ! Sérieusement, qui, mais qui, dans ce monde, pouvait faire subir ça à Azkaban, qui pouvait retourner les détraqueurs à sa cause, qui pouvait répandre autant de problèmes en si peu de temps, le père Noël, peut-être ?! Accuser Sirius, c’était facile, vraiment. Ron trouvait franchement douloureux de voir que le Ministère était dirigé par un abruti aussi profond, le jour où Tu-Sais-Qui allait passer aux choses sérieuses et arrêter de jouer, ça allait faire mal.

D’accord, il y avait l’Ordre du Phénix qui luttait, d’accord, plein de gens dans le pays avaient déjà pris conscience du danger, d’accord, Dumbledore était là, à la tête de la lutte, il savait tout ça. Et il savait aussi qu’il y avait toutes les chances que ça ne suffise pas. Évidemment, Ron ne prétendait pas que leurs pauvres petits efforts d’élèves allaient changer le cours de la guerre, en revanche, il prétendait bien que si de plus en plus de monde faisait l’effort de s’entraîner et progresser, ce sera plus simple ensuite de défendre sa peau lorsque les violences éclateront pour de bon. Et surtout, le plus important, en luttant tous ensemble. Une vraie armée, ouais… Ils devaient garder espoir, il n’y avait aucune raison pour que tout se passe comme lors de la première guerre, justement parce que l’Ordre et la population de manière générale avaient déjà cette expérience terrible. En voyant tous ces élèves, devant eux, Ron hésitait entre la fierté de voir tant de personnes prêtes à se battre et la peur lorsqu’il se demandait combien d’entre elles allaient vivre au-delà de leur dix-huit ans. Pas la peine de se bercer de faux espoirs, lorsque le mage noir aura recouvré assez de forces, lorsque sa haine se déchaînera sans limites, beaucoup mourront. Et l’âge ne sera pas un critère pour obtenir pitié…

Ils étaient là, pourtant, tous. La plupart savaient très bien à quoi s’attendre en vérité, d’autres… Un peu moins. Le regard du rouquin s’arrêta un petit instant sur ses frères jumeaux, puis sur Ginny, pendant qu’Harry se lançait et les remerciait tous d’être venus. Si Ron était prêt à tout et n’importe quoi pour ses deux plus proches amis, et plus encore qu’amie concernant Hermione, il avait aussi très peur pour sa famille. Ses frères prenaient ça très au sérieux, même si Fred et Georges pouvaient sembler très désinvoltes, ils étaient conscients de ce qu’ils avaient à faire et prêts à franchir le pas. Comme Bill, Charlie… Ginny, de son côté, avait une bonne vision de tout ça et elle se battra aussi, il le savait. Impossible de ne pas s’en faire pour elle, même si elle était combative, il était son frère et sera toujours porté à vouloir la protéger. Ils avaient déjà cru la perdre une fois, après tout… Ron s’en voulait encore de n’avoir jamais rien vu, durant toute cette année, de n’avoir même pas remarqué que sa propre sœur changeait, alors qu’ils étaient dans la même maison, qu’il la voyait tous les jours ! Ils n’en parlaient jamais, même à la maison, difficile de savoir si Ginny se sentait encore mal à propos de sa première année… Le sujet était presque tabou, par peur de blesser mais aussi parce qu’on ne savait pas vraiment trouver les mots pour évoquer cette affaire douloureuse.

– Nous disposons de quelques heures avant le couvre-feu. Donc, si personne ne souhaite prendre la parole ou poser de question, nous allons commencer sans plus attendre...

Ron lança un regard rapide et en biais à son meilleur ami, pendant que chacun s’égaillait aussitôt dans toute la salle. Lui aussi, il avait de quoi lui filer des soucis. Ce qui s’était passé à Noël… Harry avait sauvé la vie de leur père, il lui en sera reconnaissant à vie, par contre, Harry avait aussi une trop forte tendance cette année à se renfermer sur lui-même et à se croire agressé par tout le monde. Ce qui exaspérait Ron au plus haut point et lui donnait envie de le secouer dans tous les sens en lui criant [i]« Eh, ouh ouh, on est toujours là, t’as pas remarqué ?! »[i]. Dire qu’il avait cru, cet été, qu’ils ne leur avaient pas écrit exprès ! Même Hermione s’était sentie mal, lorsqu’ils s’étaient retrouvés tous les trois, alors qu’elle s’était pourtant fait un sang d’encre pour lui, cet imbécile. C’était surtout ça qui avait énervé Ron, il ne supportait pas qu’on blesse Hermione, parce qu’il… Hum, bref, bref, bref. Il s’égarait un peu, là. Donc, heu, oui, échauffement ? Bonne idée ! Il s’éloigna un peu avec ses amis et Susan, pendant que les premiers sorts fusaient déjà de tous les côtés. Lee Jordan avait déjà failli se faire éborgner, d’ailleurs, poussant un bref juron puis riant tout de même, en tapant dans le dos de Fred qui était à moitié écroulé. Le rouquin en venait à se demander si, même au milieu d’une bataille rangée, ses frères arriveraient à garder leur humour légendaire.

Avec les trois autres, il commença par des petits sorts tous simples, et pourtant bien efficaces, le temps de se mettre en jambes. Sortilèges de désarmement, accio, et ainsi de suite, tous ces sorts en apparence simplistes et inutiles au combat mais qui pouvaient vous sauver la vie. Après quelques petites minutes, il fut ensuite temps de passer à un échauffement plus sérieux et vindicatif. L’objectif secret de Ron, qu’il n’avouera jamais à haute voix y compris sous la torture, était de désarmer plus vite Hermione qu’elle ne pouvait le faire, il ne perdait jamais une seule occasion de s’y essayer contre elle. Contre Harry, c’était plus facile, ni l’un ni l’autre n’étaient du genre à rester concentré très longtemps. Contre Susan, cela dépendait, elle aussi avait fait de gros progrès en peu de temps et elle y mettait pas mal de volonté. Elle réussit d’ailleurs à la perfection son esquive puis à le repousser sur deux bons mètres avant qu’il ne puisse parer. P**, ça faisait mal, ça… Il se remit debout puis s’y mit à son tour, avant de tourner, tantôt contre Hermione, tantôt contre Susan, tantôt contre Harry.

– Dites, ce serait aussi pas mal de les faire s’entraîner dans des endroits plus sombres, ou à l’aveuglette. On a pas toujours le bol de voir ses ennemis, il faut qu’on s’entraîne à écouter et repérer les plus petits mouvements. Vous en dites quoi ?

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MessageSujet: Re: Marching on [février 1996 - A.D.] Dim 25 Fév 2018 - 23:39

Rasant les murs, le jeune serpent découvrit celle qu’on appelait communément la Salle Va-et-Vient. Le cadre n’était pas vraiment idéal pour une première découverte : n’ayant été prévenu que dix petites minutes auparavant il n’avait pas réussi à s’éclipser assez rapidement pour pouvoir être parmi les premiers sur les lieux et un petit attroupement occupait déjà une partie de la salle. Visiblement rodé à ce genre de réunions, les élèves discutaient par petits groupes en face de ce qui devait être l’endroit où leurs « professeurs » se tiendraient pour débuter le cours. L’agréable surprise était en ce que malgré les dimensions de la pièce et l’agencement propice à l’écho, un ou l’autre sortilège avait intelligemment été déployé de sorte que le bruit des conversations ne se faisait pas obsédant. Juste la distance qu’il lui fallait pour pouvoir ignorer les regards en coin qu’on lui jetait parfois alors qu’il serpentait le plus possible dans l’ombre des piliers. Oui, c’était sa première réunion, non, il n’était pas venu avec des « amis », merci et au revoir. Il en reconnaissait quelques-uns pour les avoir côtoyés et n’était pas vraiment surpris de les voir ici, puisqu’ils étaient connus pour être sous l’influence de Potter.

Il était venu seul car guidé par un sentiment qu’il n’avait pas besoin de partager pour savoir puissant. Un, en fait plusieurs, un mélange même. En toile de fond de la colère, celle engendrée par la récente mort de Wilbert, un compagnon au naturel taciturne, irascible dans ses mauvais jours, parfois irresponsable dans la façon qu’il avait de galamment lui attirer les inimitiés de quelques autres camarades, mais somme toute réconfortant. Pas le genre d’amis qu’on aime voir suspendu par la queue, tournoyant macabrement avec un mot doux de la part du chewing-gum qui engluait peu à peu, mais inexorablement, le château. Une adulte au comportement enfantin, tant dans sa cruauté que dans la façon qu’elle avait de gentiment vous rappeler qu’elle était prétendument intouchable. Le genre de gamins pourris-gâtés qui ont du pouvoir et se moquent des responsabilités – exactement celui contre lequel on l’a toujours mis en garde. Elle pouvait bien essayer de lever le menton, quasi-sans-cou elle n’aurait l’air que sur le point de partir à la renverse : il n’y avait chez elle aucune prestance, aucune aura que confère le vrai pouvoir.

Sur ce lit sombre, quelques coups de pinceau trempé dans un égo chatouillé. En un mot comme en cent, il en avait assez d’être pris pour un imbécile ! Sans connaître ni s’intéresser aux objectifs que nourrissaient ses camarades ou même le ministère, il était ici pour apprendre et, si tous ces politiciens voulaient bien l’excuser, il avait accessoirement des examens au bout du semestre qu’il entendait bien réussir. Et haut la main. Pulsant tranquillement mais de plus en plus vite au fil des mois qui défilaient, son projet de montrer à son père combien il était capable de réussir dans le monde des sorciers et, peut-être, par ce biais qui était le seul qu’il lui connaissait encore ouvert, pouvoir renouer avec lui un semblant de lien. Cela avait été une de ses nombreuses exigences lorsqu’il appartenait encore au monde moldu, son fils voulait lui montrer que passer le mur du quai neuf-trois-quart n’avait pas effacé tout ce qu’il lui avait été inculqué. Et pour cela, il ne pouvait pas se permettre de se laisser tirer vers le bas, par qui que ce soit, fusse avec la bénédiction qu’un lointain ministre. Sa hiérarchie personnelle ne s’encombrait pas de vieux croulants qui ne le respectaient pas.

Et enfin, pour faire les ombres, comme toute peur indistincte qui se respecte, il y avait le contexte des discussions chez lui qui le poursuivaient ici. Les discussions sérieuses après les repas, où le désormais mari de sa mère leur expliquait d’un air grave et parfois au bord des larmes les enjeux du conflit entre leurs mondes et les pans de l’Histoire de la Magie qu’il croyait avoir étudié en classe – ce avant d’entendre quelqu’un ayant vécu à cette époque lui raconter quelles horreurs avaient été perpétuées durant la Première Guerre. Les discussions à mi-mots qu’il ne savait comment interpréter, hésitant à chercher des sens cachés, résistant à l’idée grandissante que sa mère était en danger avec eux. Les discussions sur le ton de l’habituel, où on décrivait chichement quelques rumeurs ou précautions, et où il serrait les lèvres : il préférait qu’on lui dise clairement. Mais les pires étaient définitivement et sans commune mesure celles qui s’arrêtaient lorsqu’il entrait dans la pièce. C’étaient elles qui lui serraient le plus la gorge. Qui donnaient du relief à l’ombre.

-"Salut !", fit une voix dont l’élan d’assurance mourut entre la première et la seconde syllabe, le coupant du chemin de ses pensées. -" Je... Euh... Ravi de voir que vous ayez quasiment tous répondus à l'appel..." continua Harry Potter, puisque c’était bien lui qu’il entr’apercevait au milieu des têtes que Lysander avait prudemment mises entre lui et l’entrée.

S’il avait fait partie de ses détracteurs durant ses premiers mois, plus à cause de son appartenance aux rouges et ors que par vendetta personnelle – évidemment – le jeune homme avait fini par laisser un statut neutre planer entre eux à mesure qu’il prenait du recul entre ses propres aspirations et la partie de lui-même qui s’enfonçait sous le regard de ses camarades de maison. Il n’avait rien de particulier contre lui mais attendait clairement que ce professeur auto-proclamé fasse ses preuves. Oui, il était peut-être un peu là aussi pour voir le résultat de ce que l’on racontait gravé dans un homme. De la même façon que la Première Guerre transparaissait lorsque celui qu’il ne pouvait se résigner à appeler son beau-père en parlait, il voulait voir de ses propres yeux les graines de ce qui s’annonçait comme la Seconde. Il voulait donner une esquisse à l’ombre. Immensément critique envers cette introduction, il ne lâchait pas des yeux le jeune homme à la cicatrice, attendant de voir ce qu’il ferait de cet embryon de pouvoir qu’il avait sur cette pseudo-classe. Pour l’instant, il ne semblait pas en mener bien large, alors qu’à ses côtés ses deux acolytes lançaient des regards qui préoccupés, qui sombre mais droit au groupe qui leur faisait face. Ou peut-être à quelques personnes plus en avant, il ne savait pas bien.

-"Nous disposons de quelques heures avant le couvre-feu. Donc, si personne ne souhaite prendre la parole ou poser de question, nous allons commencer sans plus attendre..." reprit-il devant le silence qui s’était établi, apparemment désireux de fuir le centre de l’attention.

Comme une mécanique bien rôdée, les groupes se dispersèrent, se mélangèrent, pour former des duos ou des trios qui commencèrent à échanger quelques passes sous la forme de jets colorés ou de flots d’étincelles. Ah, oui, ce qui était pour lui la partie pratique : se mêler à tout ce petit monde. Evidemment il avait attendu que cela soit absolument nécessaire, et cherchait à présent des yeux un ou l’autre mannequins d’entrainement qu’ils utilisaient en cours de duel – et qu’il ne pouvait pas imaginer être absent d’une telle salle – afin de prolonger encore un peu cette période de calme. Mais avant qu’il ait pu s’exécuter, la force inexorable qui semblait régir tous les rassemblements d’humains l’extirpa de son cocon de solitude…


[je laisse ouvert l’échauffement, si quelqu’un veut le faire avec Lys’ !]
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MessageSujet: Re: Marching on [février 1996 - A.D.] Mer 28 Fév 2018 - 12:33



Lou n’était à vrai dire pas trop certain de ce en quoi il s’engageait. On lui avait parlé d’une instance de rébellion, contre Ombrage et ses sbires, et il n’avait pas trop réfléchi avant de dire oui et de sauté le pas ; les questions étaient venues après. Avait-il eu raison de promettre sa présence ? Oui, conluait-il à  chaque fois qu’il s’interrogeait : c’était pour la bonne cause, et il préférait agir en hors-la-loi plutôt que de rester inactif en face de tant de passivité. Il était un Gryffondor, n’est-ce pas ? Il était certain, lors de la réunion préliminaire, d’avoir aperçu quelques têtes qui ne venaient pas de sa Maison. Il ne pensait pas avoir l’égo surdimensionné, mais il était sûr de ne pas vouloir être étiqueté lâche ou bas-fond des rouge et or. Autre chose à faire, réputation de forte tête à conserver.
 
Ce n’était pas qu’une question de réputation, d’ailleurs – il serait bien ingrat qu’il pense à ça. La justice, l’agressivité latente qu’il régnait de plus en plus dans les couloirs, le régime de terreur qui s’installait à l’insu de tous – parce que Lou était de ceux qui croyait Harry Potter, et sinon, que ferait-il là, devant ce mur vide, sans indice, plein de mystères.
 
Devait-il prévenir sa sœur, ses parents, ses amis ? Cette question était déjà plus épineuse. Dans le premier cas, il avait tergiversé longtemps, avant de conclure que l’entreprise était vraiment trop dangereuse pour impliquer sa petite sœur de douze ans. C’était lui qui ne cessait de lui crier de faire attention lorsqu’elle escaladait les arbres ou plongeait dans le vide pour tester sa magie lorsqu’elle était petite ; ce n’était certainement pas lui qui allait l’encourager dans ses plans – à elle comme à lui – suicidaires. Dans le deuxième cas, la question était partie comme elle était venue. Qu’irait-il raconter à sa famille qui avait rejeté la magie les onze premières années de sa vie, jusqu’à ce que son état de sorcier soit trop évident pour qu’il ne puisse l’ignorer ? Avec ses amis, il avait plusieurs fois failli ouvrir sa bouche, un peu trop vite sans doute, avant de se raviser dans ses rares périodes de réflexion – disons plutôt, de réflexion avant parlé. Il n’était pas du genre à tourner sept fois sa langue dans sa bouche, mais encore une fois, ces réunions secrètes paraissaient trop périlleuses pour qu’il n’implique les rares personnes qui comptaient vraiment dans sa vie – parce que c’étaient les seules qu’il considérait comme amies.
 
Les autres, c’étaient des connaissances. Des gens avec qui plaisanter, éventuellement. Pas des personnes à qui il se confierait tous les quatre matins, assurément pas.
 
Lou franchit les portes qui venaient d’apparaître, et ses roues crissèrent sur le sol dur qui l’accueillit. Il avait eu du mal à monter les sept étages seul – évidemment, il n’avait réclamé l’aide de personne. Cela expliquait peut-être la foule déjà conséquente qu’il découvrit, et le jeune homme qui avait déjà commencé à parler également. Il s’installa sur les côtés, là où il pourrait observer sans être vu, et écouta avec attention les premières instructions qu’ils leur donnèrent.
 
« Nous disposons de deux heures avant le couvre-feu », finit alors Harry. « Donc, si personne ne souhaite poser de question ou prendre la parole, nous allons commencer sans plus attendre… » Lou leva un sourcil – l’assurance n’était pas exactement au rendez-vous – mais il préféra s’abstenir de tout commentaire. Il faillit également lever la main mais abandonna le projet en voyant déjà les groupes se former. Seul sur sa chaise roulante, il se demanda un instant s’il était bien sage de prendre part à toute cette mascarade – et si dans le cas contraire, il n’aurait pas dû, en effet, amener Bea à participer à cet endurcissement accéléré.
 
Il chercha des yeux les quelques connaissances qu’il avait déjà – à vrai dire, toutes les têtes qu’il connaissait appartenait à Gryffondor, et la plupart n’était pas dans la même année que lui. Ginny Weasley peut-être, la cadette des rouquins avec qui il s’entendait plutôt bien, caractère bien affirmé oblige, aurait pu faire une bonne partenaire. Malheureusement pour lui, ou pour elle sans doute, il eut à peine pris la décision de s’avancer vers elle qu’elle s’éloignait déjà avec deux autres élèves qu’il ne chercha pas vraiment à identifier. Neville Londubat en faisait partie : un peu pataud, pas trop confiant, il n’inspirait pas grand-chose de spécial à Lou et les seuls mots qu’il lui avait adressés devaient être les formules de politesse obligatoires.
 
Le jeune homme soupira – il aimait le contact social mais détestait se retrouver dans ce genre de situation, mal-à-l’aise dans ses membres, avec l’impression qu’on le jugeait sur son handicap plus que sur ses capacités. Pourquoi, sinon, personne n’était venu lui demander de faire équipe avec lui ? Alors qu’il faisait partie du club de duel depuis ses débuts et qu’il était largement apte à se défendre et, peut-être, donner lui aussi des conseils – même s’il avait bien conscience qu’un duel n’était pas franchement la même chose qu’un combat sur le terrain.
 
Ils se retrouvèrent bientôt comme deux piquets rigides, un élève de Serpentard et lui, à attendre une issue qui ne viendrait sans doute pas toute seule. Il soupira – encore – et se décida à faire le premier pas. « Je sais qu’on est censé se mettre par trois, mais on est visiblement les seuls qui restent ici… » Il esquissa un sourire rassurant, comme pour lui dire qu’ils étaient sans doute aussi mal-à-l’aise que l’autre. « Je m’appelle Lou », dit-il encore en désignant son écusson. « Si tu veux, on fait équipe ensemble, au moins pour l’échauffement. »
 
Et sans attendre le consentement du vert et argent, sans doute parce qu’il ne souhaitait pas qu’il le rejette, Lou se dirigea vers un coin inoccupé de la salle et sortit sa baguette, toute frémissante d’anticipation.
 
--- 

HJ:
 


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MessageSujet: Re: Marching on [février 1996 - A.D.] Jeu 1 Mar 2018 - 16:11


PNJ Luna Lovegood

Au premier rang, Luna observait Harry et ses deux amis. Elle balançait son bassin d'avant en arrière, se retrouvant tantôt sur la pointe des pieds, tantôt sur ses talons. Elle avait remarqué dès son entrée dans la salle sur demande, que le jeune Potter avait encore du mal à se retrouver devant un public, même aussi restreint. Aussi, tout naturellement, la blonde se demanda si des joncheruines n'étaient pas rentré par ses oreilles pour embrouiller son cerveau. Pensivement, l'aiglone fit voyager son regard sur les autres personnes présentes, remarquant bien vite qu'ils n'avaient pas l'air atteint. La plupart montraient déjà une certaine concentration, prêts à passer à l'action. Pour sa part, elle attendait simplement les indications à suivre. Elle n'avait pas idée des maléfices ou enchantements qu'ils pourraient bien voir ce soir-là et elle ne s'inquiétait pas de savoir si elle réussirait ou non les exercices imposaient. Elle préférait de loin se concentrer sur les personnes présentes, les observant en silence et plus ou moins discrètement, essayant de deviner leurs pensées. Certains avaient l'air nerveux, d'autres impatients de commencer. Était-ce la faute d'Ombrage et de ses pseudo-cours de défense, ainsi que de l'autorité déplacée dont elle pouvait faire preuve, qui poussait les élèves à vouloir se dépasser ? Ou était-ce à cause du retour de Celui-dont-le-nom-ne-devait-pas-être-prononcé ? Les élèves croyaient-ils enfin à sa résurrection ? Luna ne pouvait vraiment le deviner, mais elle pensait sincèrement qu'il s'agissait d'un mélange des deux. Elle n'avait pas vraiment conscience que certains élèves étaient également présents dans l'espoir de réussir leurs examens. Elle connaissait l'importance des BUSEs et des ASPICs, mais elle n'y pensait pas vraiment. Pour elle, penser à ce genre de futilité, alors qu'une guerre approchait, n'était bon que pour se stresser inutilement.

« Salut ! »

La voix du survivant fit revenir Luna vers la réalité et elle arrêta son mouvement de balancier. Son expression ne changea pas, ne laissant pas vraiment place à l'interprétation. Comment savoir si elle écoutait ce qu'il disait ou si la Serdaigle restait, comme certains pouvaient sans doute l'imaginer, dans la lune ? Et pourtant, contrairement à ce qu'on pouvait croire au premier abord, Luna se montra attentive. Il était même rare qu'elle ne le fût pas, même si elle avait sa propre manière de percevoir la réalité. Sa propre manière de fonctionner, une intelligence particulière.

« Je... Euh... Ravi de voir que vous ayez quasiment tous répondu à l'appel... »

Esquissant un petit sourire amusé, Luna vint détacher le chignon lâche qu'elle s'était faite, maintenant ses cheveux directement avec sa baguette. Elle n'avait pas vraiment conscience du danger que ça pourrait, éventuellement, avoir, que d'attacher ses cheveux avec l'instrument qui permettait d'utiliser la magie, mais Luna était ainsi. Elle ne se souciait guère de certaines choses, comme ce que les autres pouvaient penser d'elle. La demoiselle ne porterait pas des boucles d'oreilles maison, avec des bouchons de bièrraubeurre, pour simple exemple. Toutefois, la folie douce qui se dégageait d'elle naturellement ne vint pas masquer la détermination que l'on pouvait remarquer chez elle, à présent, quand elle prit sa baguette bien en main. Elle savait que le cours allait bientôt commencer, elle l'avait bien compris et les paroles de leur professeur lui donnèrent raison.

« Nous disposons de quelques heures avant le couvre-feu. Donc, si personne ne souhaite prendre la parole ou poser de question, nous allons commencer sans plus attendre... »

Dès que les paroles furent prononcées, plusieurs groupes se formèrent naturellement. Presque instinctivement, Luna se tourna vers la cadette Weasley. Ginny était l'une des rares personnes qui ne se moquait jamais d'elle ou, si elle le faisait, Luna n'en avait pas conscience. Elle la regarda partir avec Neville et Annah, sans l'interpeller, et se contenta de hausser les épaules, avant de se mettre à la recherche d'une personne avec qui se mettre pour commencer. La plupart des groupes se formèrent ainsi très rapidement, ne lui laissant pas réellement la possibilité de choisir avec qui se placer. Les Jumeaux Weasley partirent dans un coin avec leur ami, libérant la vue de Luna vers le fond de la salle. C'est à ce moment précis qu'elle les vit, le Gryffondor sur son fauteuil et le Serpentard, tous deux seuls. D'un pas sautillant, elle se dirigea vers eux, juste au moment où Lou partit vers un coin de la pièce. Elle n'entendit pas ses paroles, ni la réponse de la vipère, mais elle ne s'en formalisa pas. Arrivée à la hauteur de Lysander, elle lui offrit un sourire.

« Je peux me mettre avec vous ? » demanda-t-elle de sa voix, pouvant paraître absente.

Elle n'attendit pas réellement de réponse, attrapant le poignet du Serpentard avec sa main libre et le tirant vers l'endroit où se trouvait déjà le lionceau. Sans vraiment s'en rendre compte, l'Aiglonne aida à la création du groupe hétéroclite qu'ils formaient tous les trois. L'unique serpent, Lou qui n'avait plus l'usage de ses jambes et elle, que de nombreuses personnes pensaient folle. Arrivée à la hauteur du second nommé, elle le salua d'un geste de la main, celle qui tenait sa baguette, avant de relâcher son emprise du poignet de Gilson.

« Bonjour. Je m'appelle Luna, il veut bien que je me mette avec vous. »

Ce n'était pas vrai, Luna le savait, mais elle n'avait pas envie de rester seule pour l'échauffement, tout comme elle ne le voulait pas pour les deux. Alors, sans vraiment attendre, elle se mit en position et offrit le premier sortilège, visant Lysander, pour l'empêcher de "fuir" leur groupe, puis Lou, pour le mettre également dans le bain. Elle se contenta au départ de maléfice très simple, allant du bloque-jambe au sortilège de désarmement. Elle ne savait pas si ce genre de sortilège pouvait être utile en combat réel, mais elle espérait que si. Peut-être que ça surprendrait l'adversaire ? Après tout, il fallait savoir se battre avec ses propres armes et si une Serdaigle de quatrième année ne pouvait pas rivaliser avec un adulte au niveau de la puissance ou du panel de maléfice à utiliser, elle pouvait très bien se montrer ingénieuse pour essayer de palier à ce défaut. C'est précisément ce qu'elle chercha à faire durant l'échauffement, tout en essayant de contrer ou d'esquiver les maléfices adversaires, avec plus ou moins de réussite, n'y parvenant pas à chaque fois.

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MessageSujet: Re: Marching on [février 1996 - A.D.] Sam 31 Mar 2018 - 2:11



(c) Giphy

Seamus Finnigan : "Ils ont ouvert un club de duel ! Première séance ce soir ! Apprendre à se battre en duel, ça peut être utile par les temps qui courent..."

Ron Weasley : "Tu crois que le monstre de Serpentard est du genre à se battre en duel ?"

— À la vue de l'annonce du club de duel - Tome 2

Spoiler:
 

Blague à part, c'était parfois avec ce genre de propos pragmatique, désinvolte et moqueur que Ron avait su ramener les choses à ce qu'elles avaient de plus simples et de plus réalistes. Ils aidaient parfois Hermione à combler ses rares errances en matière de réflexion. Le rouquin l'ignorait, mais c'était l'une des raisons qui faisait, qu'en dépit de son agacement tourné vers sa maladresse et ses imperfections, elle le trouvait intéressant et surprenant. Mais cela ne l'empêchait pas de se montrer critique - trop d'ailleurs - envers lui le plus souvent, même si leurs conversations et leurs disputes paraissaient étranges et immatures, mais aussi le signe de deux fortes têtes cherchant à s'apprivoiser, à se défier, à se faire du mal et à se réconcilier avec pertes et fracas.

A l'école, tout n'était qu'épreuve. On se retrouvait dans un univers où l'on devait apprendre à s'adapter, à suivre des règles, se faire des amis, parfois des ennemis. L'immaturité, l'inexpérience, faisait de la plupart des élèves des canards boiteux cherchant à construire leurs individualités, à être conformes aux attentes de leurs aînés et de leurs parents. Ils trébuchaient, ils apprenaient parfois des choses inspirantes, bouleversantes, ayant un impact sur leurs principes. Les élèves étaient exposés à des insultes, à des disputes, à des humiliations, des jugements de valeur, à des gangs, des extorsions, à des coups tordus dont on s'occupait peu d'un point de vue pédagogique. On assistait parfois à des drames, les plus fragiles étaient souvent ceux qui se retrouvaient exposés, ce qui n'allait pas sans laisser des traces, sans conditionner parfois un avenir qui pouvait basculer à cause d'une erreur, d'une injustice, d'une mauvaise rencontre ou de la malchance.

On finissait par comprendre que la vie était injuste, à moins d'être un privilégié n'ayant jamais confronté son existence aux difficultés des autres et il existait des individus, des monstres, pour la rendre plus difficile, plus cruelle, cynique. La plupart préférait se complaire dans une médiocrité où l'on avait peu de responsabilités à assumer. On encourageait pas assez ces enfants à avoir de plus grandes exigences morales, à dépasser leurs limites, à se confronter à leurs peurs et à leurs préjugés sans aller jusqu'à sombrer soi-même dans l'autoritarisme et la malveillance. Il était plus facile de faire autre-chose que de se remettre en question et d'en tirer une leçon, lorsque tout ou presque vous étiez servi sur un plateau. On ne pouvait préparer les esprits aux défis de leur vie future qu'en les encourageant à développer un esprit critique, sans les influencer. On ne pouvait faire d'eux de futurs citoyens un peu plus responsable qu'en essayant de leur inculquer les bases de leurs futures responsabilités, en les faisant réfléchir à propos de valeurs républicaines, sur ce que cela signifiait d'appartenir à une communauté.

Mais à l'inverse d'Exkivdur défendant l'absence de risque, la diplomatie et son dégoût pour les maléfices et les sortilèges de défense, l'adolescente s'était insurgée contre cette politique de l'autruche, cette propagande avec ses théories aseptisées visant à endormir leur conscience, à leur interdire de réfléchir, à ne pas leur apprendre à s'"armer" contre les défis qu'ils pourraient rencontrer. Cela avait été son attitude qui avait attirée tous les regards dans cette salle de classe ; elle qui dédaignait rarement un livre sans une bonne raison. Et c'était avec cette faculté à nier ou à réviser la réalité en infantilisant et en mentant au peuple que l'on menait une politique médiocre de trouillard, déviant vers l'autoritarisme et la tyrannie, en partie aidée par ces cafards et ces termites ayant rongés les fondations. Parce que "Théorie des stratégies de défense magique" était un livre sans inspiration rédigé par un imbécile, elle n'avait fait que soulever l'un des nombreux paradoxes qui consistait à suivre aveuglément une pensée poussée au pacifisme extrême, à la naïveté conférant à la stupidité, alors qu'à l'école on était censé apprendre les outils nécessaires avant d'être lancé dans la vie adulte sans filet de sécurité.

Pour toute réponse, Ombrage lui avait opposé l'unique argument - qui n'en était pas un - selon lequel il existait des gens plus intelligents et âgés qu'elle, plus qualifiés de par leur position, pour juger de l'intérêt et de la définition d'une matière. Et elle doutait que cela soit vrai, dans ce cas précis, parce que l'âge ou l'expérience ne faisait pas forcément quelqu'un de plus mature, de plus cultivé, de plus stable psychologiquement ou de plus intelligent qu'un autre, surtout lorsque ces propres vices la poussait à mentir, à donner à la réalité une apparence que très peu aurait pu croire sans avoir fumer la moquette, était un fanatique, un lèche-botte ou un individu très naïf jusqu'à la caricature, parce que les enfants n'étaient pas toujours aussi stupide que des adultes le croyaient. Encore que lorsque l'on croisait le regard de Parkinson, de Crabble et de Goyle - la soit disant race des seigneurs - il y avait des doutes. Mais après tout, ce monde n'avait rien d'un conte de fées. Le monde était imparfait et certains s'arrangeaient pour faire pencher la balance en jouant ou en se moquant des règles établies dans l'intérêt général, lorsqu'elles n'étaient pas déjà perverties par ceux chargées de les faire respecter, quitte à retranscrire des schémas psychologiques préoccupants et à laisser leurs troubles, leur perversion voire leur folie prendre le dessus.

La réalité de l'éducation était plus complexe. Elle débutait au sein du cocon familial, pour ceux qui avaient cette chance. Elle se construisait en fonction de valeurs transmises, de celles que nous avions choisi d'adopter en fonction de nos expériences et caractères. Les relations et les amis (ou leurs absences), les injustices et mauvais traitements avaient toujours des conséquences qui n'étaient pas toujours négatives, contrairement aux préjugés. Mais l'éducation morale et civique manquait au monde magique, comme le soutien offert aux plus fragiles, comme les cracmols, par exemple. Car il n'existait aucune école primaire dans laquelle un enfant pouvait apprendre les bases, ce qui faisaient d'eux des citoyens dotés de devoirs et de responsabilités. On ne leur expliquait pas leurs droits, le fait que d'autres n'en possédaient pas ou étaient réduits en esclavage. On ne leur transmettait que ce que leurs parents ou leur autorité parentale voulaient bien leur inculquer et des inégalités la vie, la société, en créait. Et bien-sûr, cette responsabilité concernant l'éducation à la citoyenneté, était aussi la responsabilité du corps enseignant, de ces professeurs nullement choisi pour leur neutralité politique et philosophique ni toujours selon des compétences, un profil psychologique, des qualités humaines et un casier vierge. Evidemment, certains comme Ombrage, prétendaient que cela ne valait pas la peine de se défendre. De toute manière, rien ne les menaçaient et c'était aussi stupide que de dire : "inutile d'étudier les gestes de premiers secours puisque de toute manière on ne sait pas si un jour quelqu'un aura besoin de vous". Juste stupide, parfaitement... Par contre, "négligez vos études, tout esprit critique, analytique et démocratique et les conséquences pourront être funestes", ça c'était une certitude.

Malgré tout, ces cours avaient rencontrés un franc succès et beaucoup avaient réclamés à Harry un supplément. Hermione s'était alors mise à chercher des sortilèges afin de compléter leur panoplie. Evidemment, cela ne risquait pas de changer le cours de la guerre, mais apprendre restait important pour se défendre, pour passer les examens, et il valait mieux songer à se préparer au pire que de ne rien faire en pensant que l'on ne risquait pas grand chose en subissant, en restant opportuniste, alors que ce serait l'une des manipulations souhaitées afin de les affaiblir, pour les rendre moins dangereux ou tout aussi doux que des agneaux, alors qu'aucun d'eux ne pouvait savoir ce que l'avenir lui réservait, parce que c'était ce qu'ils craignait le plus : rencontrer une résistance capable de grandir, de réaliser qu'unis ils étaient plus forts et il était évident que l'on tenterait de les diviser, de détruire en eux tout espoir qui pourrait bien un jour les faire chuter de haut. Car le moment venu, il serait alors trop tard d'espérer combler leur retard et leur stupidité. La vie, elle, était amenée à devenir plus cruelle. Ne rien faire était tout aussi criminel et irresponsable que ces abus commis par une vieille harpie.

– Dites, ce serait aussi pas mal de les faire s’entraîner dans des endroits plus sombres ou à l’aveuglette. On a pas toujours le bol de voir ses ennemis, il faut qu’on s’entraîne à écouter et repérer les plus petits mouvements. Vous en dites quoi ?, demanda Ron.

On pouvait se trouver des excuses, des responsables de nos propres échecs. On pouvait reprocher à la vie d'être injuste, être prêt à écouter des imbéciles ou à entendre ce que l'on voulait, un semblant de vérité, alors qu'il ne fallait laisser à personne le soin de vous manipuler et de vous faire croire à des mensonges. Mais cela demandait bien plus que du courage et tous n'en étaient pas capables. La vie avait le malin plaisir à vous cogner et à vous mettre à terre. Vous pouviez pleurer, vous plaindre, mais en dehors de vous-mêmes et de vos amis, de vos alliés, personne d'autres ne viendrait vous relever. Il ne fallait laisser à personne le soin de vous dire que vous étiez nul, moche ou trop jeune. L'important c'était de croire en soi et en ses principes, être en mesure de se relever après avoir été mis à terre, car il fallait se battre, ne laisser personne vous faire dévier de vos objectifs, de vos choix que nous serions tous amenés à assumer, y compris devant ce tribunal qu'était la vie.

- Il existe le sort "Sensus Maximus" qui permet d'augmenter les sens de l'individu. Cela permet - entre autres - d'avoir une vision à 360° degré. L'"Hominum revelio" permet de détecter toute présence dans une zone proche... Elle soupira, l'air pensif, en pinçant les lèvres. - Ce que nous avons prévu revêt déjà une certaine part de risque et je ne pense pas que nous pourrons étudier tous les cas de figures possibles et imaginables... Ce serait même impossible... Et je préfère le dire que de faire de fausses promesses : ce que nous faisons ici n'est qu'une initiation, pas une recette miracle. Cela étant, peut être serait-il possible d'inclure ton idée lors des simulations qui suivront. Nous verrons si cela est possible et si Harry est d'accord avec ça. , conclut-elle avec gravité.

Elle avait vu l'entrée de Lysander, de Lou et de Luna, parce qu'ils étaient arrivés les derniers et en retard. Croyez-vous qu'elle n'avait pas déjà prévue ces impondérables, qu'il y aurait des élèves mis de côté ou absents ? L'une des qualités d'une organisatrice c'était de prévoir les choses, même l'improbable. Et ici il était hors de question de laisser à qui que ce soit le sentiment d'être laisser pour compte ou de se croire tout permis. Cela était peut être valable dehors à cause de leurs caractères, de leurs choix ou de leurs maisons, mais le plus difficile pour un Professeur c'était de pouvoir gérer sa classe, leur enseigner des choses dans un temps impartis, sans trop de retard et faire respecter son autorité. Avec des effectifs réduits, il était plus facile de s'occuper d'élèves en difficulté. Ce qui était problématique c'était qu'à Poudlard, faute de candidats suffisants, on ne cherchait rarement - voire jamais - à choisir les professeurs selon leurs qualités humaines, sans leur expliquer en quoi la neutralité politique et philosophique, un casier vierge, avaient une importance capitale lorsque l'on éduquait des enfants. L'embauche n'avait été laissé qu'au Directeur et aujourd'hui au Ministère. Pire encore : McGonagall avait cherché à s'interposer lorsqu'elle avait constaté - avec raison - que les méthodes d'enseignement de la Sous-Secrétaire d'Etat s'avérait contraire aux valeurs défendues jusqu'ici.

- Harry... , fit-elle en se rapprochant de lui. - Je pense qu'il est temps de lancer le cours. Tu t'en es très bien sorti depuis que nous avons commencé nos réunions. Contente-toi de t'exprimer avec tes mots, simplement. Mais avant cela, j'ai un message à faire passer, si tu me le permet... , lui demanda t-elle avec gentillesse.

Ainsi, elle laissait le temps à leur Professeur de rassembler un peu ses esprits avant de se lancer. Dans son for intérieur battait un coeur inquiêt tandis qu'elle se demandait si les sorts choisis allaient plaire et surtout leur être utile. Respirant un grand coup afin de chasser son appréhension, elle avait rassemblée ses esprits en essayant de se dire que sa modeste contribution avait déjà permis à Harry d'échapper au pire. Il régnait un tel brouhaha, proche du chaos, qu'après avoir, par deux fois, demander la cessation des hostilités et le calme, elle n'avait pu faire autrement que d'utiliser un sortilège inoffensif afin d'obtenir rapidement le silence.

- S'il vous plaît ! Nous aimerions avoir un peu votre attention ! , s'écria t-elle à l'intention des élèves en train de s'échauffer.

Elle avait attendu un petit moment, avant de lancer un sortilège inoffensif lui permettant d'obtenir rapidement le silence, ce qui fut chose fait en un coup de baguette magique.

- Merci... , ajouta t-elle avec douceur et gentillesse. - Avant tout, j'aimerai que nous prenions un instant afin de souhaiter la bienvenue aux nouveaux et pour leur dire que si vous avez besoin d'informations, d'aide, vous ne devez pas hésiter à demander autour de vous ou à venir vers Harry, Ron ou vers moi. , leur dit-elle en leur adressant un sourire. - Nous avons tous le but de lutter contre Ombrage, pour apprendre et progresser. Ici, nous faisons en sorte de casser les clans lors des entraînements afin que nous puissions apprendre les uns des autres. Ici, il ne doit pas y avoir de paria, d'exclusion, ou nous n'aurions alors rien appris de notre Histoire. Maintenant, je laisse la place à notre Professeur. Nous avons du pain sur la planche... A toi, Harry...

Elle n'était peut rien ou une moins que rien, mais elle comptait défendre Harry et les plus fragiles au mieux. C'était cela être Préfet, c'était cela être responsable. C'était les valeurs que l'on avait tenté de lui transmettre en tant que citoyenne. Tous n'étaient pas fait pour devenir policier, Auror, pour servir avec probité et responsabilité la population. Croyez ce que vous voulez, dénigrez les autres, méfiez-vous d'eux. La vie était un combat et Hermione ne comptait pas abandonner parce qu'on lui ferait sentir qu'elle n'était pas chez elle, méritante, compétente ou dans le vrai. Elle ne cherchait pas à inspirer les autres, mais à être elle-même en refusant aux autres le soin de lui donner le sentiment d'être inférieure. D'un geste, elle s'écarta, en soupirant un grand coup, afin de laisser Harry entamer le cours...

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"J'aimerais être à Gryffondor. Faire partie de cette maison me plairait beaucoup car je donne beaucoup d'importance au courage, sous toutes les formes qu'il peut prendre. Car quand je parle de courage, je ne parle pas uniquement de courage physique, mais aussi moral." - J.K. Rowling (BBC Newsround - 2005)

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MessageSujet: Re: Marching on [février 1996 - A.D.] Ven 27 Avr 2018 - 20:51

Les yeux attachés sur le fauteuil roulant d'un Gryffondor, Harry eut un léger sursaut lorsqu'Hermione reprit la parole. Il n'avait pas longtemps fixé l'objet, mais avec une intensité pourtant palpable. Un de ses rares sourires -surtout ces derniers temps- s'était affiché sur son visage mince, rempli de reconnaissance et d'admiration envers Lou. Son regard dériva sur Luna, Ron puis enfin Hermione, de laquelle il ne décollait guère ses prunelles désormais. C'était elle qui menait la danse pratiquement, parvenant quelque peu -mais si peu néanmoins- à le rassurer. Le brun aurait payé pour qu'elle continue sur sa belle lancée après un discours encourageant et somme toute véridique. Elle parlait si bien, ça aurait dû être elle qui lance la classe, mais au lieu de ça, l'adolescente avait prononcé son nom, un nom maudit dans tous les sens du terme, voué aux épreuves, dont celle de parler en public.

- Bon, alors on pourrait commencer par Impulsa et Confringo. Ils sont plutôt basiques mais vraiment pratique, donc pour repousser un adversaire ou un lourd objet, c'est idéal. Le premier comme vous le savez sûrement permet d'envoyer une onde de choc, le deuxième provoque une explosion, ce qui peut servir de diversion ou même blesser l'ennemi.

Harry fixa chacun des enfants présents en ces lieux. Il se sentait rétrécir, comme si lui-même était redevenu un garçon pré-pubère pas plus haut que trois pommes, à la silhouette de mannequin anorexique soigneusement entretenue par les Dursley. Aujourd'hui bien qu'il lui manque toujours quelques kilos, Harry était un peu mieux bâtis grâce à ses nombreuses aventures et son implication au Quidditch. Il se donna le temps de sentir ses muscles fins et homogènes rouler sous sa peau, victimes d'un effet de raideur naturel. Heureusement le Rouge et Or n'était pas du genre à transpirer facilement, il ne ressentait donc que de désagréables frissons toutefois invisibles parcourir sa colonne vertébrale. Et si les gens trouvaient que son idée était mauvaise, qu'ils se mettaient soudain à le huer? Le jeune garçon avala sa salive puis repris, il ne pouvait pas décevoir ses proches et, certes, ils n'avaient plus de temps à perdre ainsi que "beaucoup de pain sur la planche".

- Je propose que chacun se confine dans une genre de boîte, on devrait pouvoir créer ça grâce à la salle sur demande. Si les murs sont capables d'absorber une onde de choc c'est encore mieux... Ainsi il serait possible de voir le résultat en observant les parois onduler sous le choc, sans danger. Pour créer cette boîte, vous devez simplement le désirer très fort. Si vous ne vous sentez pas à l'aise dans un espace trop réduit pour ce sortilège, par peur qu'il rebondisse, créez un espace plus grand. Vous devez aller à votre rythme.

Suggéra le Survivant, les yeux désormais rivés sur Ron.

- Oui, le faire à l'aveuglette à la fin du cours, en guise de révision et en prime, pour s'améliorer pourrait être une très bonne idée. Je me suis déjà retrouvé à combattre sans lunettes et c'était... Sur le point de devenir la mort la plus ridicule qui soit.


Il se tut, conscient d'avoir usé d'humour noir sans le vouloir. Un léger sourire d'excuse apparut sur son visage avant qu'il n'enchaîne pour montrer les mouvements à exécuter.

- Pour jeter cette onde de choc, et amplifier le sort, je pense à quelque chose qui me dégoûte et que je veux loin de moi.- Son poignet s'activa rapidement, et d'un geste fluide, le sorcier exécuta le mouvement, sans toutefois que le sort ne se déclenche car il n'avait pas prononcé les mots. Si parler était difficile pour lui, on pouvait noter, en revanche, une facilité certaine pour jeter rapidement et précisément des maléfices. Sans qu'ils ne soient spectaculaires, ses gestes étaient vifs, bien calculés, il n'hésitait guère. Peut-être même pourrait-on lui prêter une certaine élégance. Suite à la démonstration, la raideur difficilement contrôlée réapparut.- Allez essayez quand vous voulez. Vous pouvez aussi faire ce sortilège à deux. Un observe et critique, tandis que l'autre lance et vice-versa.

Avec un soulagement à peine dissimulé, Harry se glissa auprès d'Hermione, la plus proche de ses amis, pour se "cacher", ou être moins visible en tout cas.

- Ouf, merci de m'aider.

Daigna-t-il reconnaître, abandonnant un court laps de temps, cette loi implicite qui dicte aux adolescents d'aborder une attitude fière et bien masculines malgré une frousse grandissante. Il jeta ensuite un regard à Lysander, un Serpentard d'abord hostile. Au moins, vaincre sa timidité avait valu la peine. Voir ce type d'adolescents se joindre à eux lui faisait chaud au coeur bien qu'il n'irait pas le balancer à la tête de l'auteur de ce soudain encouragement muet. Au lieu de ça, le sorcier se concentra pour faire apparaître une boîte. Des murs gris surgirent autour de lui, et il invita aussi bien Ron du regard, qu'Hermione à y entrer... S'ils voulaient aussi s'entraîner avec lui, avant d'aller aider les élèves en difficulté.
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Marching on [février 1996 - A.D.]

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