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Marching on [février 1996 - A.D.]

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SANS EMPLOI
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AVATAR : Emma Watson
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INFOS PERSONNAGE
SITUATION AMOUREUSE SITUATION AMOUREUSE: Célibataire
DATE & LIEU DE NAISSANCE DATE & LIEU DE NAISSANCE: 19/09/1979 - Londres - Angleterre
SANG SANG: né(e) de moldus
MessageSujet: Marching on [février 1996 - A.D.] Jeu 25 Jan 2018 - 0:51

"Marcher devant, toujours devant !
Rester debout quand ils s’assoient
Sourire quand ils serrent les dents.
Donner sa flotte quand ils ont soif.
Et son cœur quand ils n’en ont plus.
Porter la fatigue des faibles,
Éclairer ceux qui sont dans le noir,
Espérer pour six, vouloir pour dix.
Et le soir, quand tous se taisent, parler pour eux au Seigneur et Le laisser faire… le reste."

Michel Menu (1916 - 2015)


(c) fanpop

https://youtu.be/izU-Bx_miSI

Il leur avait fallu un endroit pour apprendre à se battre, un lieu pour s'entraîner, un lieu où on aurait pas pu les retrouver... Nommée "Pièce va-et-vient", la salle-sur-demande restait un endroit très peu connu au sein de la sorcellerie, parce que celle-ci apparaissait et disparaissait de manière aléatoire et qu'il était nécessaire d'en avoir réellement l'utilité. C'était ainsi, qu'un jour, Rusard avait trouvé un placard contenant des détergents, qu'il ne retrouva plus par la suite, que Trelawney y avait trouvé une cache pour son xérès ou que Dobby y avait déniché un remède contre l'ivresse ainsi qu'un lit sur mesures pour Winky. La salle semblait répondre aux souhaits de ses occupants, basés sur des demandes claires, précises et intelligentes. Et par chance, tant que celle-ci restait occupée, la salle demeurait sous leur contrôle, un refuge où les volontaires pourraient apprendre à se défendre par eux-mêmes.

Une porte en bois verni munie d'une poignée en cuivre était apparue dans un couloir du septième étage, près de la tapisserie de Barnabas le Follet battu par les trolls. D'un placard à balai, elle pouvait se transformer en une immense salle de classe à l'architecture gothique perpendiculaire de la fin du moyen-âge, caractérisée par la multiplication de quadrillages de lignes verticales et horizontales et par l'abandon des courbes et contre-courbes - issues du style curvilinéaire - au profit de schémas orthogonaux que l'on retrouvait dans les voûtes, avec leurs arcs en anse de panier. Un symbole de progrès ayant permis l'apparition de ces immenses fenêtres dont l'existence et la lumière étaient apparues par le biais de la magie ; sans oublier ces immenses cheminées et ces torches ne nécessitant aucun combustible, ces bibliothèques, ces coussins de soie longeant les murs, ces scrutoscopes, capteurs de dissimulation, ces mannequins et cette grande glace à l'ennemi craquelée venant rappeler aux occupants l'une des raisons à l'origine de leurs réunions clandestines.

Mais en ce mercredi de février, à dix-neuf heures, des élèves avaient profité de l'annonce de la fin du dîner pour fausser compagnie à Rusard et à Miss Teigne. La Brigade Inquisitoriale n'était pas encore d'actualité, contrairement à ce qui préoccupait les élèves depuis peu : une évasion massive à Azkaban, concernant une douzaine de mangemorts. Le problème c'était que le Ministre Fudge continuait de déblatérer ses mensonges en reportant la complicité de ce crime sur Sirius Black, qu'Harry avait pu retrouver durant l'été, square Grimmaurd, après avoir été accusé d'usage illégal de la magie, puis présenté devant le Magenmagot, avant d'être innocenté. Le Ministre avait pris sur lui de dissimuler à la population la défection des détraqueurs - signe manifeste que le Seigneur des Ténèbres était en vie et de retour. Seulement, à Poudlard, les actions du Ministère semblaient faire jusqu'ici les affaires de Voldemort.

https://youtu.be/r8Fp1LOkEsg  

Evidemment, cette vieille harpie décrépie leur avait peut-être interdit l'accès à tout l'univers, en allant jusqu'à interdire les associations, groupes, équipes, organisations et clubs d'élèves et même jusqu'à la détention du Chicaneur, le décret d'éducation numéro vingt-quatre avait été la preuve pour Ron, Harry et Hermione qu'Ombrage avait appris - ils ignoraient comment - qu'un groupe s'était constitué contre elle. Mais cela ne les avaient pas arrêtés. Au contraire. Certains élèves n'ayant que le mot "quidditch" à l'esprit ou à la bouche, très vite la question de savoir si Gryffondor allait être autoriser à jouer avait suffit à déclencher la panique dans les rangs et à encourager les Serpentard à rechercher la bagarre. Car l'idée du professeur avait été de susciter la division, d'empêcher leurs réunions voire d'affaiblir leurs soutiens et il fallait bien admettre que jusqu'ici elle y était parvenue sans difficulté.

Hermione s'était contentée de rester au dessus de la mêlée, en spectatrice désabusée, mais préoccupée. Comprenez qu'elle ne faisait pas dépendre sa vie d'un jeu, alors qu'il y avait plus important qu'un sport exacerbant les rivalités, plus urgent que tout ce qu'ils pourraient envisager, en commençant par la coupe, leurs études et leurs examens de fin d'année : se préparer au pire, au retour de Voldemort. En fait, la lionne portait depuis quelque temps un regard remplit de dédain à l'égard des jumeaux Weasley et de leurs fichues "boîtes à flemme". Jusqu'ici, elle n'avait pas réussi à dénicher la moindre règle, la moindre loi à leur opposer, du moins tant qu'ils ne mettaient pas la vie d'autres élèves en danger. Et cela ne lui plaisait pas du tout. Son avis, pourtant, allait bientôt changer au regard des exactions commises par cette vieille gargouille malfaisante s'étant fait nommée Grande-Inquisitrice.

-"Je jure solennellement que mes intentions sont mauvaises...", dit Harry, en tapotant avec sa baguette sur sa carte du marauder. -"Rusard est au troisième étage... Et Ombrage... Est au premier ! A toi Hermione !", conclut-il sur un ton plus angoissé qu'autoritaire.

-"Voilà ! Le message est transmis !", répondit-elle en fixant sa baguette magique sur son faux gallion afin de faire chauffer ceux des autres.

-"Allons-y...", rétorqua Ron, sur le pied de guerre.

Décidés, le trio magique avait quitté le dortoir des garçons puis la salle-commune sans demander leur reste. Direction : la salle-sur-demande. La date et l'heure du rendez-vous ayant été annoncées à la dernière minute afin de contrecarrer d'éventuelles surveillances.

Assise sur le rebord d'une fenêtre, l'adolescente contemplait le paysage à l'extérieur sans réellement y prêter attention. Les sourcils froncés, la Préfete semblait regarder dans le vide. Elle avait eu autrefois un instant de doute, l'envie d'abandonner en réalisant que Sniffle (Sirius) avait peut être essayé de les pousser à agir à sa place, alors que le parrain de Harry était reclus au quartier-général de l'Ordre, comme un lion en cage prêt à bondir à la moindre occasion. Et elle ne croyait pas si bien dire... Mais très vite les injustices, les interventions du Ministère et les excès de pouvoir d'Ombrage étaient venus chasser d'un trait ses hésitations pour la conforter dans l'idée que ce qu'ils faisaient était justifié par les circonstances, par des impératifs catégoriques. Et pourtant, grâce à Dobby et au mot glissé à Harry par Dumbledore après le bal de Noël, ils avaient pu trouver l'endroit parfait pour y débuter leur résistance.

En fait, tous s'accordaient pour penser qu'ils avaient dépassé le stade où l'on se contentait d'apprendre des sortilèges à partir de livres, qu'ils leur fallaient un bon professeur, quelqu'un ayant une expérience. Bien-sûr, les entraînements n'avaient pas été faciles, surtout celui sur le patronus, survenu après les vacances de Noël. Et Hermione était plongée dans ses pensées, en train de songer aux sortilèges et aux méthodes qu'ils utiliseraient lors de cette séance supplémentaire qui avait été réclamée. Sauf que la Préfete ne s'était pas contentée, cette fois, de piocher dans ces livres rares que la salle avait matérialisée. Elle s'était efforcée de choisir avec Harry et Ron. L'important, avait-elle mentionnée, était d'encourager les autres, de remarquer leurs efforts, leurs résultats et leur volonté de bien faire, de soutenir ceux qui étaient en difficulté, d'instaurer une cohésion, une solidarité, de leur offrir un but et non de lui faire de l'ombre.  

-"Salut !", fit Harry, à leurs camarades, tandis qu'Hermione et Ron s'étaient installés à ses côté, de part et d'autre, mal à l'aise. -" Je... Euh... Ravi de voir que vous ayez quasiment tous répondus à l'appel..."

Il était possible de dénigrer l'A.D. et tout un tas de choses. Après tout, que pouvait bien faire des adolescents face à des adultes ? Hermione n'avait pas eu à convaincre Harry et Ron ni même Neville, Ginny et d'autres qu'ensemble ils demeureraient plus forts, qu'en dépit des revers et des difficultés, ils ne pouvaient que surprendre, parce que personne ne serait prêt à parier sur eux, y compris leurs ennemis... Tous devaient être traités sur un plan d'égalité, y compris les plus jeunes. La différence avec Ombrage, le Ministère actuel ou Voldemort, c'était l'aspect démocratique, le fait qu'en résistance, les différences et les ambitions devaient s'effacer face à l'intérêt général. Dans l'histoire comme en période de guerre, il y avait des exactions. Or, il y avait ceux qui avaient comploté et déclencher ces guerres et ceux qui avaient du apprendre à se défendre pour leur résister et les vaincre. Et entre les deux, des nuances gris-clair. Ce qui ferait une différence ? Les actes et leurs conséquences, le refus d'employer les méthodes d'un ennemi sans pitié, pétri de noirceur, cherchant à créer le trouble et à corrompre. La compassion, la pitié, l'entente cordiale, la liberté, opposée à l'incitation à la haine et à l'ignorance.

-"Nous disposons de quelques heures avant le couvre-feu. Donc, si personne ne souhaite prendre la parole ou poser de question, nous allons commencer sans plus attendre..."

C'était clair, net et précis. Nul besoin de discours grandiloquent.
Résister, en soi, était déjà une victoire.
Prendre soin les uns des autres, aussi...

Citation :


(c)Lespetitesfouineuses

https://youtu.be/Rc7Wz03VKfA

Consignes -

a - Aucun quota de lignes.
Vous pouvez rp comme dans le match de quidditch Poufsouffle/Gryffondor ou choisir de vous appliquer un peu plus, à votre convenance.

Nous vous laissons jusqu'au 26  février maximum afin de débuter.

b - Dès lors qu'un sortilège devra être lancé ou reçu, le choix s'offrira à vous :

* de décider, seul(e), si la tentative réussie ou non.
* de lancer un dé quidditch (réussite/échec).

Vous aurez la liberté de décrire votre résultat, votre maladresse, malchance ou demie-réussite, mais si un sortilège dévie, merci de laisser à l'éventuel "victime" la possibilité d'esquiver ou non votre geste involontaire.

c - Si des joueurs non-inscrits souhaitent se joindre à nous, sachez que le rp reste ouvert. Par contre, je vous prierai de bien vouloir mp Hermione afin d'être autorisé(e) à poster, pour ne pas perturber le jeu.
Même chose s'il s'agit de pnj's.

d - Une hésitation, une question, un soucis ?
Merci de mp Hermione.

e - Pour de plus amples informations concernant le rp et les consignes, veuillez vous reporter au dernier post, ici, s'il vous plaît :

http://www.rictusempra.org/t11673-topic-collectifcours-supplementaires-armee-de-dumbledore-ad-recherche-de-participants-fin-janvier-mi-fevrier-1996

Merci & bon jeu ! (croisons les doigts !)

Spoiler:
 

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"Il faut de la force assurément pour tenir toujours la balance de la justice droite entre tant de gens qui font leurs efforts pour la faire pencher de leur côté." Louis XIV
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DATE & LIEU DE NAISSANCE DATE & LIEU DE NAISSANCE: 9 janvier 1960, dans une petite ville moldue sans intérêt
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MessageSujet: Re: Marching on [février 1996 - A.D.] Mar 30 Jan 2018 - 18:54


PNJ Ginny Weasley, 14 ans, Gryffondor

Pouvoir agir contre Ombrage et lutter contre la tyrannie et folie du ministère était toujours aussi excitant. Oh, bien sûr, la rouquine de quatorze ans savait très bien que ce n’était pas un jeu, que des choses très graves se passaient, au-dehors, bien plus graves que la propre tyrannie exercée par Ombrage et qui n’arrivait pas à la cheville de celle imposée par les mangemorts, quoi qu’en disent certains, qu’elle et les autres étaient là pour apprendre à se défendre face aux pires horreurs, oui, elle savait très bien tout ça ! Malgré tout, elle éprouvait aussi l’envie presque furieuse de se dépasser, accompagnée par une certaine envie de vengeance qu’elle n’avait jamais vraiment avoué à qui que ce soit. Dès ses onze ans, elle avait comprit pleinement ce que signifiait le terme « magie noire », elle en avait fait les frais dans son propre esprit, et bien que tout cela soit du passé, bien qu’elle fasse mine devant tout un chacun que c’était un épisode relégué au soin dans son esprit, il restait au fond d’elle l’envie de prendre sa vengeance. De ne plus jamais être cette petite fille naïve qui avait été manipulée si facilement, de devenir une sorcière non seulement capable de défendre chèrement sa vie mais aussi de faire payer lourdement à ceux qui oseront s’en prendre à elle ou à ses proches. Elle ne sera plus jamais une cible simple, manipulable, qu’on utilisait comme un jouet avant de le jeter une fois l’objectif atteint. Jamais elle ne pourra oublier Jedusor, mais grâce à cet épisode douloureux, elle en avait renforcé sa détermination.

Debout près de ses frères et de Neville, au premier rang, elle attendait avec une certaine impatience, serrant sa baguette devant elle avec ses deux mains. Il y avait quelque chose, ici, qui la poussait parfois à frissonner, quand elle les voyait aussi nombreux prêts à braver les interdits, se réunir en cachette pour s’entraîner et s’entraider, ne pas se contenter de plier la tête face à des adultes aussi incompétents que méprisants ! Elle adorait ça, heureuse de voir autant de monde s’impliquer, et en même temps, elle se demandait qui, parmi tous ceux là, allaient vraiment brandir leur baguette face à l’ennemi le moment venu. Inutile d’être naïf, il existait une différence énorme entre participer à des cours clandestins bien au chaud dans une école et se battre contre des mangemorts sans aucune pitié, fut-ce fasse à des gamins. Car des gosses, ils l’étaient, personne ici n’avait plus de dix-sept ans ! Et que savaient des gosses du terrain, du monde réel, de ce qu’était un vrai combat, face à des adultes bien plus entraînés et pour la plupart sans le moindre scrupule ? Pas grand-chose, pour ne pas dire rien du tout. Même Harry, qui avait pourtant déjà affronté Tu-Sais-Qui plus d’une fois, ne s’était jamais retrouvé dans une bataille rangée, face à plusieurs mangemorts, où plus aucune règle de bienséance, comme dans des duels classiques en club, n’était valable. Pas plus que Ron ou Hermione.

Penser à ça n’était pas rassurant… Ginny ne savait pas encore comment elle réagira une fois le moment venu, si le courage qu’elle possédait maintenant sera suffisant pour la pousser à courir et participer au combat aux côtés de ses proches, défendre ses valeurs et se battre dans cette guerre. Pour de bon, cette fois-ci, loin des murs de Poudlard. Après tout, qui pouvait sincèrement répondre à cette question avant d’avoir vécu pareille situation ? Même en après en avoir fait le serment, pour suivre un ami et le protéger ? « Déloyal est qui dirait adieu quand la route s’assombrit mais que ne jure pas de marcher dans les ténèbres celui qui n’a pas vu la tombée de la nuit. Parole donnée peut fortifier coeur tremblant ou le briser. » Ginny avait lu ça dans un roman moldu, l’été dernier, et ce passage l’avait vraiment beaucoup marquée, car il correspondait très exactement à la situation actuelle de tous ceux et celles voulant lutter contre Tu-Sais-Qui. Elle voulait croire qu’elle sera là, au moment opportun, qu’elle ne faillira pas, que Harry et tous ses amis pouvaient compter sur elle. A présent, ce n’était qu’à elle de renforcer sa volonté et sa force pour être certaine de tenir ses principes. Le silence se fit à moitié lorsque Harry avança enfin, avec ses deux amis, et elle lut aussitôt dans son regard que ce ne sera pas encore aujourd’hui qu’il deviendra à l’aise pour prendre la parole en public.

– Salut ! Je... Euh... Ravi de voir que vous ayez quasiment tous répondus à l'appel…

Bon, pour l’entrée en matière, on repassera, mais venant de lui, ce n’était déjà pas si mal. Son pauvre Harry avait un peu de mal face aux groupes et ne savait pas vraiment comment s’imposer, ce n’était pas son style. Mais lui n’avait pas grandi avec une myriade de grands frères, donc elle pouvait bien lui pardonner ça. Un léger sourire moqueur et gentil à la fois effleura ses lèvres, tandis qu’elle dansait à moitié sur place, impatiente de débuter la séance. On allait quand même pas perdre des heures en bla bla, pas vrai ?

– Nous disposons de deux heures et demies avant le couvre-feu. Donc, si personne ne souhaite prendre la parole ou poser de question, nous allons commencer sans plus attendre…

Parfait, c’était ça qu’elle voulait entendre ! Il y eut un moment de flottement, avant que chacun ne bouge et se mette en place. Ginny voulait revoir quelques minutes les bases, pour « s’échauffer » et surtout s’assurer de ne pas perdre la main, et se mit face à Neville, après l’avoir tiré avec elle et Annah dans un coin de la salle. Sortilège de désarmement, pour commencer, celui pour lequel Harry s’était fait critiquer au début alors qu’il l’avait déjà aidé. Elle laissa Neville commencer, lui adressant un sourire radieux pour l’encourager car elle savait qu’il n’était pas encore entièrement à l’aise et doutait bien trop de ses propres capacités. Il était à Gryffondor, il était membre de l’AD, certains pouvaient douter de lui, mais elle était sûre qu’il deviendra un grand sorcier et qu’il sera avec eux, dans ce combat, jusqu’à la fin. Tout en s’exerçant, elle en vit quelques uns dans la salle qui prenaient toujours autant ces entraînements avec désinvolture, pas vraiment conscients que ça pouvait pourtant leur sauver la vie face à des mangemorts. Le regard de Ginny se perdit un petit instant dans le vague, alors qu’elle se demandait s’il existait des moyens magiques pour contrer les intrusions mentales, comme ce qu’avait fait Jedusor sur elle, si elle pouvait se préserver de ça. Il devait bien exister une potion, un sort, ou quelque chose du genre.

Neville avait fait de sacrés progrès, depuis Noël, et s’entraîner avec lui était motivant tant il y mettait de la volonté. En le voyant, Ginny se rappelait ses malheureux parents, rencontrés par hasard à Sainte Mangouste… Il avait paru si défait en les voyant, avec sa grand-mère, et eux si désolés pour monsieur et madame Londubat. Il n’y avait pas de mot pour décrire ça, c’était tellement horrible, tellement écœurant d’infliger ça à deux personnes… C’était un souvenir, parmi d’autres, qui la poussait en avant, à ne pas se relâcher. Elle se mit à son tour au sortilège de désarmement, à la fois contre Neville et Annah, jusqu’à ce que tous les trois se mettent à se tourner autour, s’esquivant et cherchant mutuellement à se désarmer, avant de récupérer leurs baguettes autant partout à coup d’accio. Ginny réalisa du même coup qu’elle avait pris l’habitude de s’entraîner à jeter des sorts en étant immobile alors qu’elle ne pourra presque jamais le faire dans la vraie vie, et que par conséquent, elle ne visait pas forcément bien. Le quart de ses sorts toucha d’autres élèves et quelques uns touchèrent Annah plutôt que Neville, et vice-versa. Elle continua avec ses deux amis jusqu’à améliorer au moins un peu ce point, tout en évitant de percuter les autres en bougeant. Ce n’était pas le moment de déconcentrer quelqu’un et le blesser.

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MessageSujet: Re: Marching on [février 1996 - A.D.] Sam 3 Fév 2018 - 16:30

- Moi je crois que c'est toi qui devrait être la prof... Ouais ouais je sais pour Vold... Tu-sais-qui et tout ça... N'empêche que c'est toi qui en sait le plus sur les sortilèges, t'es plus intelligente.

Ouch c'était douloureux de reconnaître que son amie était plus fine que lui, néanmoins c'était aussi nécessaire qu'évident. En réalité, pour être plus précis, Harry était plutôt intelligent, voir rusé, cependant son talent se révélait sur le terrain, sur l'instant. Quand il s'agissait de réfléchir, philosopher, organiser et pire encore, impliquer d'autres gens, le pauvre Gryffondor traînait la patte. Sa timidité du moment pouvait paraître superflue, décalée, peut-être touchant, mais elle était bien réelle, d'autant plus que Ginny avait répondu à l'appel... Ginny. Pourquoi sa présence le mettait-il mal à l'aise?

L'heure de la réunion avait donc sonnée, se répétant ce qu'il avait préparé pour se rassurer et éviter de songer à Ginny ou Cho, elle aussi sensément présente ce jour-là. D'un côté l'idée que le fameux cours n'ait pas été annulé avait quelque chose de rassurant: ils n'étaient pas seuls. Les gens les croyaient, souhaitaient lutter. Dès lors, comment refuser de se sacrifier ? Cela aurait été ridicule, sans parler que certaines têtes brûlées comme la sœur de Ron iraient de toutes manières à la guerre, préparés ou pas. Du moins, c'est ainsi qu'Harry essayait de faire taire sa conscience qui lui reprochait d'impliquer encore une fois de plus, une fois de trop ses proches. Jusque là, les choses s'étaient dirigées brinquebalantes vers la bonne direction, mais il doutait toutefois que leur fortune durerait. Voldemort gagnait du terrain, ils n'étaient que des enfants. Heureusement que Ron, Hermione, Ginny, Neville et tous ses amis étaient là. C'était contradictoire, car Harry conservait cette idée qu'il aurait mieux valu que tous soient en train de faire leurs devoirs ou jouer aux échecs plutôt que de le suivre dans cette folie dont il était la victime. Lui n'avait pas le choix, les autres si. Du moins, avant.

Après avoir profondément respiré, l'adolescent ouvrit la porte et salua les élèves. Il fut encore une fois, étonné de tous les voir, ne parvenant guère à croire aux images que son regard lui transmettait. Cet amour, cette solidarité, c'était la seule chose dont Voldemort ne disposait pas, et c'était déjà beaucoup.

Plutôt neutre tandis qu'il attendait l'arrivée des derniers sensés venir, le Gryffondor regarda Ginny et Neville s'échauffer. Il eut un petit sourire amical pour le garçon qui manquait cruellement se confiance en soi, alors que pour le brun, il était bien plus courageux que lui. Survivre à des parents torturés ne le reconnaissant plus.
Cette impossibilité de fermer le chapitre, c'était terrible.

- Hermione, un petit échauffement?

Proposa le sorcier à sa meilleure amie, essayant de cacher son anxiété grandissante. Être prof n'était décidément pas sa vocation, encore moins que celle de martyre pour laquelle il paraissait malheureusement promise. Mais trêve de rêveries morbides, Harry décida de se secouer en sortant sa baguette magique. Il ne pouvait décidément pas se plaindre de son rôle, offert par des amis qui faisaient confiance en lui. Il n'allait pas les décevoir, et cela commençait par être lui-même. À défaut d'être pédagogue, le brun serait sincère, pointant les faiblesses du doigts, refusant les siennes. Il fallait s'améliorer, plus davantage encore.

D'un mouvement délié, Harry fit tournoyer sa baguette, quelques étincelles jaillirent, trahissant la magie qui bouillonnait en lui, mais également un peu de son stress sous-jacent. Il offrit un léger sourire à Hermione. Au moins, il essayait vraiment  de s'impliquer, alors que de base, il était contre cette idée, estimant mettre en danger les élèves de l'A.D.

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Merci à Léandre Camus pour la modification de l'Avatar.
Merci aussi à Olivia et Geny qui ont fait des merveilles également.
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MessageSujet: Re: Marching on [février 1996 - A.D.] Jeu 15 Fév 2018 - 17:23



(c) Giphy

"Chaque grande difficulté porte en elle sa propre solution. Elle nous oblige à changer notre façon de penser afin de la trouver" - Niels Bohr

https://www.youtube.com/watch?v=gWKEXvtsWRE

- Moi je crois que c'est toi qui devrait être la prof... Ouais ouais je sais pour Vold... Tu-sais-qui et tout ça... N'empêche que c'est toi qui en sait le plus sur les sortilèges, t'es plus intelligente.

Vêtue de son uniforme de Gryffondor, la chemise impeccable, la cravate nouée à la perfection, Hermione avait adopté un chignon très serré pour l'occasion, ce qui n'avait pas manquer de souligner sa rigueur et le choix qu'elle avait adopté d'un point de vue pratique, en sachant ce qui attendait ses camarades ce soir là. Elle s'était raclée la gorge, en tenant sa baguette fermement, à l'horizontale, entre ses mains délicates, ne s'attendant pas à ce que Harry lui fasse un pareil compliment. La confiance qu'il lui avait manifestée lui avait fait chaud au coeur, mais l'avait rendu humble et plutôt mal à l'aise. Pouffant de rire, un sourire emprunt de timidité et de tendresse était apparu sur ses lèvres fines d'un teint rosé. A ses yeux, Harry se montrait toujours trop modeste, alors qu'il était le seul à avoir réussi à "survivre" face à Voldemort à plusieurs reprises, même s'il avait toujours pu compter sur de l'aide et un brin de chance qu'il ne niait pas.

- Peut être..., lui répondit-elle humblement. Mais tu es le meilleur en défense et tu possèdes une expérience qu'aucun autre élève n'a et ne peut dénigrer sans avoir l'air arrogant et ridicule., ajouta t-elle dans la foulée, avec gravité. - Ron et moi, nous avons risquer nos vies et pris des décisions dans le feu de l'action, mais toi, tu as du affronter de nombreuses créatures et Tu-sais-qui. Tu as du te défendre en conditions réelles, tu sais ce qui compte dans ces moments là, mais seuls des orgueilleux préféraient dénigrer ou ignorer une connaissance non maléfique qu'ils estimeraient indignes d'eux, en sachant qu'en dehors de toi, le seul Professeur compétent, c'était Lupin. Il fallait que ce soit toi., conclut-elle en exprimant une confiance absolue envers son meilleur-ami.

Hermione avait toujours été une éminence grise, préférant l'ombre à la lumière. Elle ne péchait pas par vantardise, n'écrasant jamais ses camarades pour de mauvaises raisons ou pour être au centre de l'attention. Le paraître social lui importait peu, lui préférant le secret et la simplicité. Elle ne possédait aucun ego sur-dimensionné, mais l'envie d'être la meilleure afin de compenser une insécurité, un complexe d'infériorité qui étaient contrebalancés par une forte personnalité. La fin justifiait parfois les moyens, dans l'intérêt général lorsqu'une injustice était commise. Être populaire ne l'intéressait pas, surtout après avoir fait l'objet de calomnies et de diffamations durant le tournoi qui l'avaient obligé à en trouver la source pour la faire taire. Elle n'avait fait que l'aider à tout organiser, à choisir les sortilèges, les lui apprendre, en tirant les ficelles afin de le mettre en avant comme un candidat idéal pour le poste de Professeur en se basant sur des faits avérés qui avaient été mentionnés par d'autres comme des arguments propres à souligner sa valeur. Et il avait été élu démocratiquement pour leur apprendre des sortilèges, non pour faire d'eux de gentils soldats prêts à la guerre.

Bien-sûr, comme Sirius l'avait rappelé, lors de sa première tentative de coup d'Etat, Voldemort avait eu "toute une ribambelle de sorciers et de créatures maléfiques à son service". Des géants, des lycans, des vampires, des inferii, des squelettes ensorcelés, des démons, des acromentules, sans doute... Par un concours de circonstances incroyables et tragiques, le mage noir avait raté son retour, mais cela n'était plus qu'une question de temps. C'était ce que le Professeur Rogue lui avait déclaré, square Grimmaurd, au milieu de l'été, en lui parlant un peu de la psychologie du Seigneur des Ténèbres et de ses mangemorts, de la menace qui planait sur sa famille. Et bien-sûr, Harry aurait émis quelques réserves sur la véracité des informations s'il n'avait pas déjà rencontrer l'assassin de ses parents, Severus Rogue, Lucius Malefoy, Barty Croupton Jr., Igor Karkaroff et ces mangemorts à la finale de la coupe du monde puis dans le cimetière de Little Hangleton.

L'interview vérité de Harry, publiée par le Chicaneur - journal réputé pour son "excentricité" et son humour involontaire - allait bientôt faire parler de lui. Des opérations de résistance passive étaient menées. Beaucoup avaient encore du mal à définir leurs qualités, qui ils étaient ou à dépasser un handicap, mais ce qu'ils avaient réalisé grâce à Harry, c'était que rien ne saurait les immuniser contre la mort et qu'en dehors de l'école aucun ne savait ce que cela faisait de voir quelqu'un risquer sa vie ou mourir sans pouvoir rien n'y faire. Et cela, Harry le leur avait mentionné lors de leur réunion à la Tête de Sanglier, sans enjoliver la réalité. Cela avait assombri la vie de ceux qui avaient de l'imagination, de ceux qui possédaient une raison de se montrer pessimiste - mais pas de tous - en sachant que s'ils restaient bien au chaud et en relative sécurité, traités comme des enfants, un jour ils seraient livrés à eux-mêmes. Ce qui signifiait qu'ils n'avaient peut être pas l'expérience, mais ensemble ils apprenaient mieux et plus vite qu'en compagnie de Professeurs adultes, alors que ces entraînements ne proposaient aux élèves que de prendre leur avenir en main, parce qu'on leur refusait de grandir, de se préparer à l'inévitable.

Mais "A l'heure du choix, chacun était libre". Personne n'avait été forcé ou embrigader, si l'on s'en tenait au recrutement et à ce que Harry avait répondu à Zacharias, après qu'il ait soupiré et dénigrer l'apprentissage de l'Expelliarmus : "Si tu estimes que cela n'est pas assez digne de toi, tu peux t'en aller" et il était resté, comme les autres. Croyait-il que Harry était un gamin sans expérience ? S'opposer à un troll et à un cerbère, tuer un basilic avec une épée, affronter des acromentules, un sphynx, un magyar à pointes, faire face à un loup-garou, s'interposer deux fois contre Vous-savez-qui, cela n'était pas assez ou fallait-il lui rappeler le tournoi des trois sorciers et la manière cruelle dont ces enfants avaient été testé afin de glorifier l'ingéniosité, le courage ? Et lui, qu'avait-il donc réalisé de si courageux et remarquable pour prétendre avoir un avis qui pouvait ne pas avoir l'air arrogant et stupide ? Que dalle... Mais pour qu'aucun n'oublie quelle était la réalité, Harry avait accroché la photo du premier Ordre du Phénix sur le panneau d'affichage pour ceux qui ignoraient que la plupart avaient été tués par familles entières, avec cruauté et barbarie. Il y avait l'article portant sur l'évasion d'Azkaban, des coupures de presse, ainsi que la photographie de Cédric. Cela avait été fait afin de susciter une inspiration, une motivation et un devoir de mémoire.  

L'échauffement avait débuté et Ginny, Neville et Annah avaient eu une bonne idée en essayant de se déplacer afin d'augmenter la difficulté tout en faisant en sorte d'être des cibles moins faciles. L'avantage c'était de rechercher l'amélioration de l'agilité et de la précision, bien que cette technique pouvait être utilisée en combat pour chercher au plus vite un abri ou en créer un, pour chercher à faire diversion en plaçant l'ennemi sous un feu nourri ou pour créer un brouillard afin de disperser les tirs. Cela avait l'avantage de ne pas les voir rester statique, groupé ou exposé à une contre-attaque pouvant survenir de tous côtés. Cependant, Hermione, l'air grave, avait froncé les sourcils en songeant à ce qui aurait pu être fait - en dehors de tout échauffement - pour bloquer un adversaire cherchant à se déplacer ainsi.

A la place des sortilèges appris, il aurait suffit d'un glacius dans l'axe du déplacement de Neville pour le faire chuter ou de faire apparaître un mur dans le sillage d'Annah grâce à un sortilège d'apparition. Il ne s'agissait ni de sorts d'attaque ou de défense, mais usuels, car son style de combat était différent, plus imprévisible. Hermione s'adaptait à la menace, elle n'essayait pas de se contenter de jeter des sorts. En comparaison, elle ne restait qu'une adolescente inexpérimentée, mais dans un duel, après tout, l'essentiel était de vaincre, d'être efficace. Subjuguer son ennemi valait souvent mieux que d'avoir à le combattre. C'était le point de vue de Sun Tsu. Le gros désavantage qu'il possédait sur la plupart des adultes concernait les informulés qui ne seraient étudié qu'en sixième année. Sauf que dans une bataille, comme elle l'avait vu à la télévision, il fallait éliminer vite, parfois même utiliser l'artillerie lourde pour faire place nette ou gagner du temps, en sachant que le taux de survie était faible, que l'on pouvait être touché par des éclats ou par un ricochet, que l'on ne pouvait faire confiance qu'à la personne d'à côté pour veiller sur ses flancs ou sur ses arrières, pour profiter des erreurs ennemies et prier pour avoir de la chance ou du génie.

A la satisfaction de tous, Neville avait fait d'énormes progrès. Les encouragements et le travail étaient en train de porter leurs fruits. Personne n'avait été laissé de côté, Hermione avait manifestée sa patience et sa gentillesse comme d'habitude afin de soutenir ceux qui se trouvaient le plus en difficulté, alors qu'en temps normal ils étaient amenés à passer des semaines sur un ou plusieurs sortilèges, en sachant qu'ils n'avaient pas qu'une matière à étudier. Leur plus gros soucis allait être de gérer avec sang froid, rapidité et intelligence, la peur, leurs pensées et leur inexpérience face à des monstres remplit de cruauté, dans des situations chaotiques. Il s'agissait d'aptitudes qui allaient être recherchées et travaillées grâce au ressenti et à l'expérience de Harry. Mais ce qui était remarquable c'était la facilité avec laquelle certains avaient commencé à manifester, comme Ron, un degré de précision, comme la fois en quatrième année où il avait stupéfixé une mouche en plein vol dans cette salle de classe vide, après ces entraînements privés durant lesquels Hermione avait appris à ses meilleurs-amis des sortilèges qui s'étaient avérés utiles et en avance sur leur programme.

- Hermione, un petit échauffement?, lui demanda Harry, souriant légèrement.
- Oui, d'accord..., lui répondit-elle, avec un petit sourire, déjà sous pression, avant de redevenir sérieuse.
- Susan, tu te joint à nous, s'il te plait ? Toi aussi, Ron...

En attendant, son soucis concernait le patronus qu'elle ne maîtrisait pas bien, ce qui ne l'avait pas empêchée de figurer parmi les élèves à avoir réussi avec Ron, Ginny, Luna, Neville et Cho. Un esprit sage aurait déclaré : "Faîtes plutôt ce que vous devez et advienne que pourra". Cela n'était pas rassurant, mais tous devaient agir en conscience, assumer ou non leurs erreurs, en faisant face aux épreuves. En tout cas, ils devaient essayer d'améliorer leurs compétences. Einstein disait : "n'essayez pas d'être des gens de réussite, mais plutôt des gens de valeurs". Et il y en avait ici. L'avenir pourrait en surprendre plus d'un, dans le bon comme dans le mauvais. Au final, la pire crainte de la Gryffondor restait l'échec. Réussirait-elle à dépasser ses limites, à rester en vie et dans l'honneur ? A quel genre de défis allait-elle être confronter ? Elle n'en savait rien. Mais “Plutôt que de maudire les ténèbres, allumons une chandelle, si petite soit-elle.”, disait Confucius, car “Pour mettre la raison sur la voie de la vérité, il faut commencer par la tromper ; les ténèbres ont nécessairement précédé la lumière.”(Casanova)

Mais apprendre cela se faisait par étape : la théorie, la pratique, le perfectionnement. Trop de détermination ou d'empressement, sans concentration ni réflexion suffisante, ne pouvait qu'embrumer un esprit pas assez affûté, alors qu'être déterminé(e), être concentré(e), savoir raisonner et acquérir des automatismes, ça n'étaient pas la même chose, mais des aptitudes séparées et complémentaires. Être un duelliste et un combattant cela exigeait plus que de la détermination, de la concentration et de savoir gérer sa peur. Cela se voyait au travers de ces sorts fusant de tous côtés, avec ces élèves cherchant à dépasser leurs limites, à les maîtriser et à améliorer leur coordination oeil/main. Que faire sans le bon contre-sort, le sortilège ou la connaissance à même de nous tirer d'affaire ? Prendre conscience de cela c'était donner aux études une toute autre importance. Mais quel enthousiasme ! Quelle volonté rarement observée chez des élèves !

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MessageSujet: Re: Marching on [février 1996 - A.D.] Hier à 16:59



Cette salle était quand même tout à fait brillante, Ron mourrait d’envie de savoir comment elle avait été installée, conçue, quelle magie il y avait derrière. Il aimait imaginer les quatre fondateurs, encore unis par l’amitié, travailler tous ensemble et unissant leurs pouvoirs pour créer la Salle sur Demande. La technique le dépasserait sûrement, même s’il avait l’occasion de découvrir ces sorts, mais ça ne coûtait rien d’essayer d’imaginer. Et même si ce n’étaient pas les créateurs de cette école qui avaient bâti cette salle, si elle n’était venue que plus tard, il en remerciait chaleureusement ceux qui avaient eu cette idée géniale, c’était vraiment l’endroit idéal pour se dissimuler de cette harpie d’Ombrage et des regards trop indiscrets du Ministère. Ron ne comprenait toujours pas comment la peur et la connerie pouvaient continuer à aveugler Fudge à ce point, comment il pouvait bien faire pour fermer autant les yeux ! Sérieusement, qui, mais qui, dans ce monde, pouvait faire subir ça à Azkaban, qui pouvait retourner les détraqueurs à sa cause, qui pouvait répandre autant de problèmes en si peu de temps, le père Noël, peut-être ?! Accuser Sirius, c’était facile, vraiment. Ron trouvait franchement douloureux de voir que le Ministère était dirigé par un abruti aussi profond, le jour où Tu-Sais-Qui allait passer aux choses sérieuses et arrêter de jouer, ça allait faire mal.

D’accord, il y avait l’Ordre du Phénix qui luttait, d’accord, plein de gens dans le pays avaient déjà pris conscience du danger, d’accord, Dumbledore était là, à la tête de la lutte, il savait tout ça. Et il savait aussi qu’il y avait toutes les chances que ça ne suffise pas. Évidemment, Ron ne prétendait pas que leurs pauvres petits efforts d’élèves allaient changer le cours de la guerre, en revanche, il prétendait bien que si de plus en plus de monde faisait l’effort de s’entraîner et progresser, ce sera plus simple ensuite de défendre sa peau lorsque les violences éclateront pour de bon. Et surtout, le plus important, en luttant tous ensemble. Une vraie armée, ouais… Ils devaient garder espoir, il n’y avait aucune raison pour que tout se passe comme lors de la première guerre, justement parce que l’Ordre et la population de manière générale avaient déjà cette expérience terrible. En voyant tous ces élèves, devant eux, Ron hésitait entre la fierté de voir tant de personnes prêtes à se battre et la peur lorsqu’il se demandait combien d’entre elles allaient vivre au-delà de leur dix-huit ans. Pas la peine de se bercer de faux espoirs, lorsque le mage noir aura recouvré assez de forces, lorsque sa haine se déchaînera sans limites, beaucoup mourront. Et l’âge ne sera pas un critère pour obtenir pitié…

Ils étaient là, pourtant, tous. La plupart savaient très bien à quoi s’attendre en vérité, d’autres… Un peu moins. Le regard du rouquin s’arrêta un petit instant sur ses frères jumeaux, puis sur Ginny, pendant qu’Harry se lançait et les remerciait tous d’être venus. Si Ron était prêt à tout et n’importe quoi pour ses deux plus proches amis, et plus encore qu’amie concernant Hermione, il avait aussi très peur pour sa famille. Ses frères prenaient ça très au sérieux, même si Fred et Georges pouvaient sembler très désinvoltes, ils étaient conscients de ce qu’ils avaient à faire et prêts à franchir le pas. Comme Bill, Charlie… Ginny, de son côté, avait une bonne vision de tout ça et elle se battra aussi, il le savait. Impossible de ne pas s’en faire pour elle, même si elle était combative, il était son frère et sera toujours porté à vouloir la protéger. Ils avaient déjà cru la perdre une fois, après tout… Ron s’en voulait encore de n’avoir jamais rien vu, durant toute cette année, de n’avoir même pas remarqué que sa propre sœur changeait, alors qu’ils étaient dans la même maison, qu’il la voyait tous les jours ! Ils n’en parlaient jamais, même à la maison, difficile de savoir si Ginny se sentait encore mal à propos de sa première année… Le sujet était presque tabou, par peur de blesser mais aussi parce qu’on ne savait pas vraiment trouver les mots pour évoquer cette affaire douloureuse.

– Nous disposons de quelques heures avant le couvre-feu. Donc, si personne ne souhaite prendre la parole ou poser de question, nous allons commencer sans plus attendre...

Ron lança un regard rapide et en biais à son meilleur ami, pendant que chacun s’égaillait aussitôt dans toute la salle. Lui aussi, il avait de quoi lui filer des soucis. Ce qui s’était passé à Noël… Harry avait sauvé la vie de leur père, il lui en sera reconnaissant à vie, par contre, Harry avait aussi une trop forte tendance cette année à se renfermer sur lui-même et à se croire agressé par tout le monde. Ce qui exaspérait Ron au plus haut point et lui donnait envie de le secouer dans tous les sens en lui criant [i]« Eh, ouh ouh, on est toujours là, t’as pas remarqué ?! »[i]. Dire qu’il avait cru, cet été, qu’ils ne leur avaient pas écrit exprès ! Même Hermione s’était sentie mal, lorsqu’ils s’étaient retrouvés tous les trois, alors qu’elle s’était pourtant fait un sang d’encre pour lui, cet imbécile. C’était surtout ça qui avait énervé Ron, il ne supportait pas qu’on blesse Hermione, parce qu’il… Hum, bref, bref, bref. Il s’égarait un peu, là. Donc, heu, oui, échauffement ? Bonne idée ! Il s’éloigna un peu avec ses amis et Susan, pendant que les premiers sorts fusaient déjà de tous les côtés. Lee Jordan avait déjà failli se faire éborgner, d’ailleurs, poussant un bref juron puis riant tout de même, en tapant dans le dos de Fred qui était à moitié écroulé. Le rouquin en venait à se demander si, même au milieu d’une bataille rangée, ses frères arriveraient à garder leur humour légendaire.

Avec les trois autres, il commença par des petits sorts tous simples, et pourtant bien efficaces, le temps de se mettre en jambes. Sortilèges de désarmement, accio, et ainsi de suite, tous ces sorts en apparence simplistes et inutiles au combat mais qui pouvaient vous sauver la vie. Après quelques petites minutes, il fut ensuite temps de passer à un échauffement plus sérieux et vindicatif. L’objectif secret de Ron, qu’il n’avouera jamais à haute voix y compris sous la torture, était de désarmer plus vite Hermione qu’elle ne pouvait le faire, il ne perdait jamais une seule occasion de s’y essayer contre elle. Contre Harry, c’était plus facile, ni l’un ni l’autre n’étaient du genre à rester concentré très longtemps. Contre Susan, cela dépendait, elle aussi avait fait de gros progrès en peu de temps et elle y mettait pas mal de volonté. Elle réussit d’ailleurs à la perfection son esquive puis à le repousser sur deux bons mètres avant qu’il ne puisse parer. P**, ça faisait mal, ça… Il se remit debout puis s’y mit à son tour, avant de tourner, tantôt contre Hermione, tantôt contre Susan, tantôt contre Harry.

– Dites, ce serait aussi pas mal de les faire s’entraîner dans des endroits plus sombres, ou à l’aveuglette. On a pas toujours le bol de voir ses ennemis, il faut qu’on s’entraîne à écouter et repérer les plus petits mouvements. Vous en dites quoi ?

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Marching on [février 1996 - A.D.]

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