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[5 Décembre 1997] Les petits désagréments du quotidien. [PV Michelle]

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POUFSOUFFLE1ère année
    POUFSOUFFLE
    1ère année
AVATAR : Chris Pritchard
MESSAGES : 98

INFOS PERSONNAGE
SITUATION AMOUREUSE SITUATION AMOUREUSE: Étranges troubles gastriques lorsque la perspective est envisagée.
DATE & LIEU DE NAISSANCE DATE & LIEU DE NAISSANCE: 29 Août 1986, à Millisle en Irlande du Nord.
SANG SANG: mêlé
MessageSujet: [5 Décembre 1997] Les petits désagréments du quotidien. [PV Michelle] Jeu 25 Jan 2018 - 0:36

Oliver cavalait le long du couloir sinueux du troisième étage, foulant le pavé avec autant d’empressement que sa démarche pataude le lui permit. Le dos voûté, et les bras coulant paresseusement derrière lui –se confondant aux oscillations de sa cape- Oliver semblait être poussé par une force inconnue qui le contraignait d’avancer. Comme à l’accoutumée, le rouquin ne se prévalait aucunement de sa ponctualité. En effet, il ne s’était guère attaché aux horaires qui le convoquaient à la séance de Métamorphose, se profilant à mesure qu’il traînait en longueur. A force de subir les représailles de sa négligence, Oliver finissait par se moquer des horaires imposés. De plus, l’empathie qui se liait aux accents d’indulgence du professeur Flitwick, l’avait toujours épargné de la fâcheuse punition- se conformant à son bon vouloir. Ainsi, Oliver profitait de l’aimable offrande qui lui accordait sa marge de retard, s’élargissant de quelques minutes chaque semaine.

Finalement, il se faufila par l’entrebâillement sans faire mouche dans l’assistance en ébullition, qu’il surplombait. Tous s’affairaient baguettes tendues, à l’exercice précédemment dicté par leur professeur. Au degré d’agitation –que Flitwick tenta en vain de calmer- qui emplissait la salle, Oliver constata avec soulagement que ses prochaines heures de cours, ne seraient rythmés que par la pratique des sortilèges enseignés. Bien qu’il appréciât les cours supervisés par le Professeur Flitwick, Oliver révélait une préférence notable pour travaux pratiques –malgré l’effervescence qu’ils stimulaient. De plus, le rouquin ne trouvât aucun intérêt à s’informer des origines étymologiques des sorts enseignés et noter son savoir sur un parchemin vierge. Seuls les Serdaigles, avides de connaissance, savaient se délecter du précieux renseignement occulté. Bien qu’il eût désiré la paix, il était conscient que la guerre amorcée n’avait rien d’une interrogation surprise.

Jubilant, il dévala une pile d’escalier, le guidant aux étages intermédiaires des tables incurvés, couronnant l’amphithéâtre. Soudain conscient de sa présence, Flitwick éleva sa petite voix aigüe parmi l’assistance, qui marqua un silence en dépit de son arrivée.

- Mr Grade, vous voilà ! L’accueillit son minuscule professeur, hissé au-dessus d’une pile livres, derrière son bureau. Aussitôt, ses traits enjoués se muèrent en une moue profondément navrée, à son insu. Je crains d’être dans l’obligation de vous punir. Quelques ricanements sillonnèrent l’assistance, tandis que l’enseignant poursuivait sans discontinuer, imperturbable par l’animosité qui animait sa classe. Cela fait maintenant trois mois que vous êtes à Poudlard, vous repérer dans le château ne devrait plus poser problème.

Oliver fit la moue, paralysé par la honte que lui imposaient les paroles lourde sens de son professeur. L’épaule courbée par son flot de réprimandes, ses yeux quémandaient le pardon en échange de son silence, en vain. En effet, le jeune Poufsouffle était désireux de perpétuer ses promenades digestives, sillonnant un sentier différent pour rejoindre son cours de Sortilèges. Seulement, Oliver constata a regrets que son amical professeur, lui eût insufflé une douce désillusion, laquelle ne se révélait être qu’une prison s’étant refermée sous le poids de ses péchés. Une souris piégée par son appât. Ainsi, son enseignant continua sa tirade la voix empreinte de douceur trahissant son amitié pour son élève- comme si ces obligations de professeur l’eurent contraint à sévir contre ce dernier. Quelques chuchotements parasites vinrent encombrer la fluidité de son dialecte, tandis que l’assistance remarquât les teintes rosées qui eurent empourpré les joues, de l’enfant incommodé. Se résolvant à la moquerie, tous pouvaient affirmer que ce dernier se sentait trop peu humilié, pour qu’il ne soit pas complice de leur ingratitude.      

- Cinq minutes restent acceptables, certes, mais le cours a débuté depuis un bon quart d’heure déjà. Mr Grade, en êtes-vous conscient ? Prenez-y garde la prochaine fois. Une lueur d’espoir naquît dans les yeux du rouquin, puis mourut aussi vite qu’elle apparût, à l’écoute des dernières paroles de son professeur. Vous serez contraint de vous présenter aux punitions à dix-huit heures piles, chaque soir à la bibliothèque tout au long de la semaine, afin de pallier à l’ensemble de vos retards.

Oliver traîna des pieds jusqu’à la place indiquée, la démarche voutée et l’épaule rétractée comme pour camoufler l’air paniqué qui trahissait sa détresse. Et si son professeur continuait de prolonger sa peine ? Rongé par la honte quant à la confusion dont il fût victime, Oliver se résolut à croire que l’indulgence délibérée de son professeur ne se révélait qu’être un stratagème pour tester ses nouveaux élèves. Et pis que tout cela, les punitions conformaient les habitués de la vie paresseuse moldue, au règlement inflexible de l’école pour Sorciers. Il aurait voulu se glisser dans un trou sans qu’on le remarquât, afin d’éviter le flot de critiques qui eurent jonchées son passage. Bien que l’ordre fût rapidement rétabli et l’agitation essoufflée, Oliver sentait les regards empreint de moquerie dans son dos. Serait-il condamné à subir les joutes verbales de ses camarades, tout au long de l’année ? Résigné, Oliver colla son fessier sur banc et continua de bougonner, tandis qu’il se laissa couler le long du bois de chêne qui taillait la table, les bras ballants.

- Aujourd’hui nous allons apprendre à maîtriser trois sortilèges essentiels, à votre début d’apprentissage, avança son minuscule professeur. Bien que l’irruption momentané d’Oliver l’eût dérangé ce n’était là là qu’une répétition pour les esprits embrumés, lui inclus. Il s’agit là du Sortilège d’Expulsion, du Sortilège de Grossissement et le Sortilège d’accroissement d’une pousse –très pratique pour nos futurs botanistes en herbe ! S’exclama-t-il en joie.  

Suite à la veine tentative de son enseignant à amuser la galerie, Oliver se fit plus attentif à ses explications, attiré par l’activité ludique qui se préparait. Sans répudier la Botanique, Oliver appréciait constater le développement des bestioles, dont il aimait prendre soin. Sans nul doutes n’hésiterai-t-il pas s’approprier le sortilège, pour mieux le mettre en œuvre sur l’éminente végétation. Malgré la médiocrité que révélaient ses sortilèges inefficaces, Oliver nourrissait l’espoir que sa motivation puisse aider à pallier ses difficultés. Aussi, il fût désireux de dénicher une place de choix dans l’estime de son professeur, aspirant à annuler son châtiment par ses maigres talents.

- Comme vous avez pu le remarquer, deux objets ont étés mis à votre disposition afin d’exercer les sorts que je vous aie dictés, dit-il en objectant la présence d’une boule de papier mâché, et d’une plante grasse, fermement implantée dans son pot d’argile. N’oubliez pas que ces outils visent deux sortilèges différents. Ne vous avisez surtout pas de lancer un Sortilège d’expulsion à la suite d’un Sort de Grossissement, les dégâts pourraient s’avérer terribles ! les prévinssent-ils la mine sombre comme si ce genre d’évènement fût réceptionné par le passé.


Alliant ses gestes aux paroles, le professeur Flitwick entreprit de leur expliquer la démarche à suivre, quant au sortilège à appliquer. D’un geste habile, il fit onduler la parcelle de bois arquée qu’il tenait entre doigts, avant de la soustraire à l’incantation proféré. Envoûtée, la plante se conforma aux ordres infligés par la baguette, qui d’une impulsion la fit pousser. Bien que les premières années fussent sollicitées aux cours de Sortilèges depuis de nombreux mois déjà, une lueur fantasque et résiduelle brillait toujours, dans les rétines de l’enfant subjugué. Epris de candeur quant aux accès de magie émise par ses pairs, Oliver ne cessait de se délecter du spectacle qui l’opposait. Suite à ses démonstrations, le minuscule professeur invita d’un geste l’assistance à le seconder dans sa démarche. Tous s’exécutèrent, avide de pratiquer.

- Bah dites donc, t’es pas très doué ! Ricana son voisin, qu’il reconnut comme étant Marcus Hodkings de Gryffondor.

Oliver se rembrunit sitôt qu’il fit sa remarque. Désireux de dissimuler les médiocres compétences qui l’incommodaient, il ne sut que rougir du manque de discrétion qui lui fit défaut, quelques instants plus tôt. Son épaule rétractile enveloppa ses joues empourprées et importunées par le regard scrutateur que posait Marcus sur le rouquin. Tandis qu’Oliver parcourait la salle les yeux fous -dénombrant les erreurs de chacun pour se rassurer- Marcus, lui, savourait sa victoire, envieux d’y remédier. Après un vif coup d’œil en direction opposée, il nota que les travaux effectués par son voisin se soldaient d’un résultat satisfaisant, par lequel la pousse bedonnante s’élevait dans les airs, tandis la balle traînait paresseusement dans un coin de la salle. Oliver se détourna d’un grognement sourd, agacé par l’acheminement de cette réussite. Était-ce de la chance, où le témoin actif d’un véritable effort ?

Dans un excès de zèle, ses traits s’affaissèrent dans une expression blasée, et posa un regard désespéré sur les ustensiles immobiles, disposées devant lui. Malgré sa conviction d’échouer, Oliver réitéra ses essais dans un ultime espoir de faire bonne figure. Or, sa nonchalance finissait par nuire à la précision de ses mouvements, ne proférant aucun résultat à leur suite. En effet, son poignet se paraît de mollesse, tandis qu’il agitait son instrument magique en tous sens, sans lier le mouvement à la parole. Sans succès, le rouquin s’affala sur le dossier du banc, les membres coulant sur son contour excédé. Jamais ne pourrait-il jouir d’une quelconque réussite en Sortilèges.

-  Mr Grade, il semblerait que vous soyez un peu jeune pour vous essayer aux sortilèges informulés, fit remarquer le professeur Flitwick avec diplomatie, faites-nous donc entendre votre voix !

A défaut de révéler ses vocalises, il s’enferma d’autant plus dans son mutisme, imprégné de honte. Sans lui laisser de répit, Hodkings enchaîna à la suite de son soupir.

- Hé Grade ! T’es bien le frère de Lindsay, c’est ça ? Sitôt approuvé, Marcus témoigna expressément l’étendue de son étonnement, avant de se prononcer. Ca alors ! Même si vous vous portez le même nom, et la même couleur de cheveux –il ricana- vous êtes tellement différents ! Elle est jolie, forte et courageuse, et puis on dit qu’elle excelle dans toutes les matières ! ajouta-t-il tandis qu’il dénombrait les qualités de la susnommée, sur la pulpe de ses doigts.

Bien qu’il demeure sensible aux moqueries, Oliver émergea de la conversation tandis que sa sœur fût citée. Il subissait toujours les reflux d’une même rengaine, lorsque ses camardes se surprenaient à le comparer avec Lindsay : Il était calme et elle bruyante, lui très peu loquace et elle ne manquait pas de verve pour s’exprimer, il demeurait dans son ombre tandis qu’elle brillait, et enfin sa médiocrité était compensée par son excellence. Un registre si bien connu, qu’Oliver finissait par l’ignorer. Fort de ce constat, il trouva acquéreur auprès de son exercice de Sortilèges, si répugné auparavant.

- En tout cas je suis sûre que ton père ou ta mère sont moldus ! Fanfaronna Marcus, avide de tester les ressources nerveuses du Poufsouffle.

L’intéressé se fit volte-face le sourcil froncé, soudain curieux de connaître ses motivations remettre en doute son statut de sorcier, en établissant son profil génétique. Baguette en main, il pointait sa cible végétale, à défaut de choisir sa voisine en papier.

- Et qu’est-ce qui te fait dire ça ? S’enquit-il.

- C’est sûr, parce-que tous ceux qui ont un ou deux parents moldus, sont nuls en Sortilèges ! Affirma l’esprit frappeur le torse bombé, fier comme un apollon.

Etrangement, la remarque n’était portée qu’à son insu, comme si Lindsay eût été chassé de sa famille, pour rejoindre un foyer palliant à l’ensemble de ses talents. Depuis quand jugeai-t-on le niveau d’un sorcier par son ascendance ? Depuis toujours, supposa –t-il en son for intérieur. Or, il ne se formalisa guère de la brimade qui l’eût apostrophée. A force d’ignorer, peut-être irait-il dénicher une autre victime à embêter. Haussant les épaules en guise de réponse, Oliver se détourna de son camarade, s’adonnant à ses diverses occupations. Seulement, Marcus fit la moue, dubitatif quant à la réponse brumeuse que lui eût donné Oliver.

- Hé Oliver ! L’intéressé soupira d’agacement, les yeux atteignant le zénith de son orbite. Ne se lasserait-il jamais de son cas ? Pourquoi n’irait-il pas chercher des noises à sa sœur, sitôt extirpé de la salle ? Qu’est-ce que ça fait de se prendre un Lumos dans les yeux ? demanda-t-il avec perfidie, sous couvert d’un ton innocent.

- EXPULSO ! hurla Oliver, le regard empli de haine à l’encontre de son camarade.

Ce dernier demeurait décontenancé, la bouche entr’ouverte sans comprendre ni parvenir à suivre la suite, des événements. En effet, à l’issu de ses paroles, Oliver porta le coup sur le pot d’argile qui l’opposait, fendit l’air de sa baguette tandis qu’il dirigeait sur sa véritable cible. Et soudain, l’estomac de son voisin  fût le témoin passif du sort qui l’eût affublé. Devant lui, Marcus vidait ses poches lacrymogènes, sous diverses larmes et hurlement, en témoignage de sa douleur. Bientôt, quelques élèves accoururent vers l’intéressé braillant des jurons à qui voulait l’entendre. Le coupable quant à lui, émis un mouvement de recul, le regard vitreux, passif aux événements. Il fallait fuir, sans quoi il ne saurait que souffrir de son erreur. Car en dépit de ses actes, Oliver savait que le geste n’était guère désiré. Seule l’impulsion l’avait guidé. Ainsi, conditionné par l’adrénaline il traversa les rangs à vive allure, s’éprenant par plusieurs fois des sacs à bandoulières jonchant le sol.

Le jeune rouquin parcourut les couloirs, cavalant le long du sol dallé. A bout portant, une dizaines d’élèves commençaient à émerger des salles. Affaibli par son manque d’endurance, Oliver freina sa course pour reprendre ses esprits autant que son souffle. Qu’avait-il fait ? Flitwick l’avait-il vu ? Ou pire, un mouchard l’avait-il vu ? Serait-il renvoyé, si par malheur l’information remontait aux Carrows ? Ou pire : perdrait-t-il la vie dans son affront ?



Dernière édition par Oliver Grade le Lun 23 Avr 2018 - 13:03, édité 7 fois
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GRYFFONDOR1ère année
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MessageSujet: Re: [5 Décembre 1997] Les petits désagréments du quotidien. [PV Michelle] Ven 20 Avr 2018 - 19:57

Dès l'instant où elle avait mis un pied dans son dortoir en ce premier soir de décembre, son petit chaton blanc - cinq mois déjà ! - s'était enroulé autour de son pied et avait démarré sa machine à ronrons. Elle n'y fit d'abord pas attention mais dès qu'elle s'assit sur son lit, en état de choc, le chaton s'agrippa à sa chaussette pour lui montrer son désir de monter sur le lit qui était encore trop grand pour sa si petite taille. Elle ne fit rien, pendant un instant, puis s'allongea sur le côté, le chaton dans ses bras. Elle sentit ses membres se serrer contre la boule de poils, et de grosses larmes silencieuses coulèrent le long de ses joues. Cette nuit-là, Michie eut l'occasion d'expérimenter toutes les émotions dont elle était capable. La tristesse. La haine. La douleur. L'angoisse. Elle caressait de sa main libre les poils ébouriffés du félin tandis que son autre main retenait sa tête. Elle resta là, les yeux ouverts, les larmes chaudes qui tombaient sur le dessus de son lit. Elle n'osait pas fermer les yeux, de peur qu'elle ne soit pas vraiment de retour dans son lit, en sécurité, de peur que l'on vienne la réveiller pour lui dire que ça n'est pas terminé, que ça ne fait que commencer. Son étreinte se resserra sur l'animal qui se remit de plus belle à ronronner. Malgré la douleur de ce souvenir beaucoup trop récent, malgré la peur qui l'avait envahie, cette nuit-là, Michelle, grande comme une citrouille et demi, jeune Gryffondor, avait pris une décision importante, et savait qu'elle ne serait plus jamais la même personne.

Malgré le manque de sommeil, Michie s'était levée comme tous les matins, avait préparé ses affaires, en faisant tout son possible pour éviter au maximum les regards des autres filles de son dortoir. Elle savait que les événements de la veille n'allait pas prendre longtemps pour arriver jusqu'aux oreilles de tous les élèves de Poudlard, mais elle ne souhaitait pas en parler. C'était trop tôt. Elle sentait encore dans ses jambes les décharges qu'avait engendré le sort. Et puis même si elle n'en parlait pas, le bruit allait courir, sans aucun doute, et les Carrow seraient ravis que l'ensemble de l'établissement les craigne, à nouveau et pour de bon. Ce matin-là, elle se dirigea vers le cours de l'incroyablement petit professeur Flitwick pour pratiquer les sortilèges, elle sortit donc son livre et sa baguette et suivit les informations que donnait leur enseignant. Sa main tenait nerveusement le bout de bois magique et tentait d'effectuer le premier geste dicté, puis le second, jusqu'à ce que la porte s'ouvre sur un élève de première année, qui avait visiblement quelques soucis de ponctualité. Il semblait quelque peu nerveux et le professeur s'empressa de commenter cette arrivée tardive en le mettant en retenue. Satanées retenues! Michelle se surprit elle-même. Elle qui, jusqu'à présent, était plutôt une habituée des punitions de Rusard comme récurer les chaudrons, récurer les trophées, vérifier que l'herbe du terrain de Quidditch soit bien vert – alors que la nuit était déjà tombée et que sa baguette ne pouvait rien lancer d'autre que des micro-Lumos, faibles et courts – ou encore faire une liste de tous les tableaux, de leurs occupants et de leurs accessoires. Mais à l'écoute du mot retenue, elle frémit, regrettant à nouveau de s'être fait prendre si facilement par le concierge et ses idiots de Carrow.

La jeune lionne reporta sa concentration sur sa baguette et les différents sortilèges qui avaient été abordés lorsqu'elle entendit des ricanements derrière elle. L'apparition du jeune homme dans la classe – un Poufsouffle semblait-il – avait reçu un accueil détonnant. Elle essaya de détourner son regard et de rester averti à ce qui allait sortir de sa baguette, mais vu sa nervosité actuelle, il était peu probable qu'elle arrive à faire quelque chose de ses dix doigts aujourd'hui. L'agitation et les haussements de voix se faisaient plus importante, mais le professeur Flitwick était occupé avec un élève qui avait fait tombé une pile de livres, dont un ouvrage sur le pied du pauvre petit enseignant. Dès lors qu'elle se retourna pour leur demander de baisser d'un ton pour laisser les autres se concentrer, elle entendit un grand « Expulso » et vit un sort sortir de la baguette du petit rouquin qui avait passé le pas des grandes portes de la salle une dizaine de minutes plus tôt. Elle le dévisagea, tentant de comprendre ce qui venait de se passer, et s'aperçut que les élèves en face n'avaient pas vraiment compris d'où venait le sort non plus. Mais qu'est-ce qu'il lui arrive?! La couleur de ses cheveux parut tout à coup bien pâlotte à côté de la couleur de ses joues. Il laissa en plan toutes ses affaires et sortit en trombe de la salle. Le professeur Flitwick ne se rendit compte de rien, et à dire vrai, les victimes de Grade étaient bien trop abasourdis pour réagir. Alors que le jeune homme était déjà bien loin, l'élève touché par le sort la regarda et s'exclama : « C'est Grade qui a fait ça ? Tu l'as vu hein ? » Elle ne répondit pas. Les autres regardaient leur compagnon quelques peu sonnés et bafouillaient : « Grade, faire ça ? Sa sœur peut-être, mais lui... Tu penses vraiment qu'il a fait ça ? Enfin, on a pas vraiment bien vu... » Michelle se rendait à présent compte de ce qu'il était en train de se passer : admettre que Grade avait réussi à faire ça, c'était admettre qu'il était bien capable de quelque chose en magie, malgré leurs dires, alors ils hésitaient. En tout cas, ils passèrent bien dix minutes à l'appeler par des noms d'oiseaux et à énumérer toutes les choses qui faisaient de lui un moins que rien.

Le professeur Flitwick, enfin de retour sur son piédestal, suffisamment haut pour observer toute la classe, mit fin à la discussion. « Merci d'arrêter l'exercice, s'il vous plaît, mademoiselle, veuillez reposer votre camarade sur sa chaise... pardon ? Veuillez donc aller chercher sa chaise à l'autre bout de la pièce dans ce cas... Merci. » Elle ne savait vraiment pourquoi, mais Michelle eut un soupir de soulagement en s'apercevant que le sorcier ne s'était pas aperçu de l'absence du jeune poufsouffle, et croisa les doigts pour qu'il ne le découvre pas avant la fin de l'heure. La deuxième partie de la séance se déroula de la même manière : un temps d'exercice et un temps pour ramasser les objets en tout genre qui s'étaient retrouvés à mille lieux de leur endroit d'origine. La baguette de Michie avait fait quelques efforts, mais la lueur qui en sortait restait quelque peu faible par rapport à ce dont la jeune lionne était capable. Profitant du brouhaha de fin de cours, elle rangea rapidement ses affaires et, avant que les zigotos derrière aient le temps de dire quoi que ce soit, elle empocha les affaires du jeune blaireau pour les lui apporter. En sortant de la classe, sous le poids de tous ces sacs, elle soupira. Quelle idée d'avoir tout récupéré ! Me voilà bien avancée maintenant, je ne sais même pas où il est ! Mais fort heureusement, elle s'aperçut qu'il n'était pas bien loin, peut-être sur le point de faire demi-tour pour récupérer ce qui lui appartenait. Il n'était pas encore à sa hauteur lorsqu'elle lui lança : « Pas très malin d'expulser un élève comme ça, tu aurais pu avoir de sérieux problèmes ! » Elle ne se voulait pas moralisatrice, ni hautaine, mais malgré elle, elle affichait un ton assez désagréable. Après tout, elle voulait le mettre en garde, ça n'était pas vraiment le moment, avec les Carrow aux aguets et Rusard sur leurs souliers de se faire prendre dans des situations délicates. L'attitude du jeune Grade était très dangereuse, si les autres avaient clairement vu ce qu'il avait fait, ou s'ils n'avaient pas eu honte d'admettre qu'il avait merveilleusement bien réussi le sortilège, un aller simple dans le bureau des Carrow et elle ne lui donnait pas cher de sa peau.

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MessageSujet: Re: [5 Décembre 1997] Les petits désagréments du quotidien. [PV Michelle] Mer 6 Juin 2018 - 11:22

Une respiration saccadée rythmait le flot continu d'immondices qui traversaient son esprit volubile en catastrophes. Ses petites épaules se confondaient en soubresauts troublés, tandis que son pantalon pâtissait du surplus de transpiration amalgamée sur ses mains, approuvant les dégâts de son mal-être. Sous la cascade de cheveux roux qui s'amoncelaient devant son visage perturbé, venaient briller deux prunelles bleues brûlant sous la menace d'expulser son fardeau larmoyant. Il pinça les paupières, comme pour fermer le passage aux glandes lacrymales de se vider, tandis qu'un étau de plomb vint enserrer sa gorge d'un étau de plomb, prompt à falsifier sa déglutition en complément de son excès d'émotion. Ainsi, ses petites mains continuèrent d'exercer pression sur ses genoux, avide de retenir ses jérémiades ; il savait qu'en contrepartie, une tonne d'yeux inquiets allaient mirer sur lui, prêt à s'enquérir de son état, sitôt qu'il en aurait démontré les prémices. Or, il ne se languissait guère de donner justification à son air torturé. Que ferait-il si par mégarde il divulguait l'acte par lequel il eût envoyé Marcus Hodkings sur les roses, d'un Sortilège d'Expulsion ? Rien, évidemment ; il ne serait que pâtir de ses aveux colportés à autrui, déformé et exempt de toute vérité. La propagation des rumeurs allait de bon train, d'autant plus si elles savaient faire jaser les commères. Coutumier aux quolibets relatifs à son physique ingrat, Oliver connaissait le principe par cœur. A l'évidence, le déni de responsabilité s'éprenait toujours de quiétude qui lui était de pair, hermétique aux troubles des conflits. Ainsi n'avait-il rien vu, rien entendu, rien fait ! Et le bois de sa baguette ne se libérait guère des derniers relents de chaleurs sur son habit, suite à l'excès d'énergie sollicitée.

Toutefois, Oliver demeurait dubitatif quant à l’ampleur de sa réaction, sans saisir la raison d’une telle impulsivité. Les rouages de ses méninges vacillèrent pour matérialiser les résidus de ce récent souvenir, qu’il tentait d’oublier, en vain. Un dédalle d’illustrations succédèrent à son esprit sans partager de liaison les unes aux autres. Ainsi apparaissaient la redondance de son acte, tandis que le vent de panique qu’il eût apporté semblait sourd aux moqueries de son camarde, qui se trouva aussitôt dépourvu d’équilibre, les quatre fers en l’air. Oliver accusa le coup ; ses agissements témoignaient d’un manque de réflexion conséquent, à défaut de n’en tirer aucune fierté. Que lui était-il arrivé ? Sa mère lui avait toujours appris à condenser ses émotions pour ne laisser rien transparaitre à autrui. Il gardait en mémoire ses mots épris de sagesse, par lesquelles elle lui enseignait de laisser dire les mauvaises langues, qui au détriment d’un grand manque de confiance en soi, s’amusaient à rabaisser les plus gentils. Aussi partageait-il l’idée que l’oisiveté suscitaient la lassitude des tyrans.  Seulement, les paroles du Gryffondor meurtrissaient encore ses tourments. En effet, l’enfant avait révoqué la soirée de souffrances qui l’eût profondément heurté, au détour d’un Sortilège d’éclairement, occultant partiellement sa vue. Quoique dénué d’empathie à l’égard d’Oliver, le jeune garçon avait ouvertement souligné qu’il méritait l’humiliation subie, lorsqu’il s’était enquit de son ressenti. Courroucé d’amertume, Oliver ne pouvait supporter un tel délit d’injustice, par lequel Marcus était dépourvu d’empathie. Il piqua le plus gros fard de toute sa vie, à cette idée. Visiblement, il ne savait rien de la torture endurée, et s’en désintéressait à outrance, pour mieux le tourner en ridicule. Or, sa cécité était irréversible, et la punition n’était qu’un témoin passif de la folie d’Alecto qu’Oliver supportait comme un habit de honte.

Seulement, Oliver craignait les représailles. Et si le jeune Gryffondor pénétrait les dortoirs masculins des Poufsouffle, pour emplir se draps de Veracrasses, dans un accès de fourberie ? Quoi qu’il était plutôt du genre à le provoquer en duel du haut de la tour d’astronomie, prêt à lui faire ravaler son affront. En effet, Oliver s’était laissé guidé par un quelconque instinct qu’il ne se connaissait pas, et avait pris au dépourvu son camarade dépourvu de baguette.  Bien qu’il comprendrait amplement son geste, Oliver n’était guère désireux d’être réduit à l’état de crêpe Susette, sitôt jeté de son perchoir. Blague de mauvais goût quant au récent décès du grand mage et directeur Dumbledore, Oliver préféra ne pas s’attarder sur la perspective de cette mort prématurée. Il secoua la tête, comme pour balayer de sa frange le morbide qui affublait son esprit. Peut-être devait-il excuser son affront auprès de son camarade, sans solliciter le tumulte chez ce dernier ? Oliver trépignait d’angoisse, balançant sa carcasse d’un pied sur l’autre. Il oscillait entre crainte des représailles, et désir de les amoindrir, assumant sa peine par des excuses mérités. Au loin résonnaient les cris mêlés de rancune et susceptibilité, sous divers noms d’oiseaux qui le qualifiaient à perpétuité. Ses dents grincèrent sous la douleur que lui proférait ses cheveux tiraillés par ses mains nerveuses.

Comment devait-il agir pour arranger les choses ? Présenter ses excuses, et appréhender l’équivoque emprunte de haine dont se jouerai les menaces de Marcus, ou terrer le silence pour appesantir les mélodrames coutumiers ?  A écouter les conciliabules animés, poursuivant le pas courroucé de Marcus, tous avaient su s’abreuver de leur querelle, sitôt qu’elle eût éclatée. Tous savaient. Son cœur tambourinait dangereusement dans sa poitrine, en proie à s’échapper de sa prison thoracique. Et si l’un d’entre eux le dénonçaient aux professeurs ? Ou pire, que ferait-il si l’information parvenait aux oreilles des Carrow ? Par ailleurs, Flitwick avait-il été placé dans la confidence ? A tout hasard, Oliver préférait d’autant plus récurer les chaudrons, à défaut d’écoper d’une énième séance de torture. Et si le Directeur l’apprenait ? En effet, la notoriété de l’ancien professeur de potion ne courrait pas sur les démonstrations d’empathie. Car friand d’intransigeance quant à ses élèves, il avait la réputation d’appliquer l’expulsion au premier délit proclamé. Quelle horreur ! Et s’il se trouvait pendu du haut du Saule Cogneur, en punition à son affront, à la manière des hérétiques, dans ces nombreux films moldus que sa mère les forçait à visionner en sa compagnie, pour enrichir leur culture.      

- Pas très malin d'expulser un élève comme ça, tu aurais pu avoir de sérieux problèmes ! rouspétait un ton sec, à bout portant.
- Mais il m’a embêté ! Couina Oliver au désespoir, tandis qu’il se détournait.

Il voulut continuer sa tirade, mais referma aussitôt la bouche, conscient d’avoir rompu ses promesses. Lui qui s’était juré intérieurement de passer une fermeture éclair sur ses lèvres, pour tenter de les garder fermés, c’était raté. Pire que ça, il venait d’avouer la raison pour laquelle il eût envoyé Marcus balader, du bout de sa baguette. Sa carrière de futur agent secret pouvait d’ores et déjà se souder à Excalibur, pour que jamais il ne puisse s’en accaparer. Et bientôt, la jeune fille allait jeter son courroux sur lui, à coups de questions malavisées. Il le savait en connaissance de cause ; les filles ça ne manquait jamais une occasion d’assouvir leur soif de curiosité, pour colporter leur interprétation de l’histoire à autrui. De plus, il n’était pas à l’abri qu’un esprit malveillant se dissimule derrière ce monticule de livres, dont le poids alourdissait sa démarche. Peut-être utiliserait-elle ce subterfuge pour le menacer de délivrer ses informations, aux mauvaises personnes ? Aussi, le ton moralisateur qui l’eût affublé engageait certainement ses prochaines manigances, par lesquelles elle serait la source de ces sérieux problèmes évoqués. Son analyse l’effrayait ; il devait rapidement ses bouquins et fuir.

Il s’approcha en quelques pas de la petite, à une distance respectable pour ne pas paraître suspect, mais assez pour mieux l’observer. La dépassant de toute une hauteur de de tête, sa camarade n’était pas plus haute qu’une citrouille et demi, si bien qu’il dû se baisser pour attraper son fardeau. Une fois les banalités échangées, Oliver se recula vivement, incommodé par cette proximité forcée. La fillette lui apparaissait comme Michelle Bilray, une Gryffondor faisant honneur à sa maison, par le trouble quelle semait. Oliver l’eût déjà croisée au détour de plusieurs couloirs, rouée par la réprimande de Rusard, qui semblait la détester presque autant que lui, ou Peeves. Or, la rouquine lui avait toujours parue farouche à ses heures, et la vigilance était exclu de son vocabulaire. Fort de ce constat, son commentaire se dénuait de sa valeur première, trouvant mal placé de juger son manque de méfiance, lorsqu’on ne valait pas mieux qu’une nuée de choucas. Aussi savait-il qu’étant les ennemis jurés du concierge, il ne ferait qu’une bouchée d’eux, s’ils les apercevaient au détour d’un couloir désert.

-  Est-ce que tu m’as vu le faire ? demanda-t-il d’une voix secouée d’un tremblement craintif, l’air penaud. Est-ce que tu comptes le dire ?

Peut-être n’en ferait-elle rien s’il la mettait dans la confidence ? Il enchaina presque aussitôt.

- Est-ce que tu es une amie de Marcus ? La question à mille galions. Seulement Oliver devait en avoir le cœur net.

Si elle était une des complices de son camarade, il pouvait se brosser de toutes ses marques de gentillesse, qu’elle lui eût offertes. Si elle mouchardait, il signait directement son arrêt de mot, la pierre tombale signalant son décès par des coups de viscères amplement mérités. Michelle avait raison ; son acte était d’autant plus stupide que son manque de réflexion, quant à ce dernier.

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