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[Jeu 4 Decembre 97] Cours Magistral avec les Carrow

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    P'tit nouveau
AVATAR : Rien
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MessageSujet: [Jeu 4 Decembre 97] Cours Magistral avec les Carrow Lun 15 Jan 2018 - 22:59


On ne saura jamais ce qu'on a vraiment dans nos ventres.
Caché derrière nos apparences.
L'âme d'un brave, d'un complice ou d'un bourreaux ?
Ou le pire ou le plus beau ?
Serions-nous de ceux qui résistent ou bien les moutons d'un troupeau ?
S'il fallait plus que des mots.
[...]
Et qu'on nous épargne à toi et moi, si possible, très longtemps .... D’avoir à choisir, un camp.

JJ Goldman. Nés en 17


Lien ambiance : ICI
Lien explication/inscription : ICI


Amycus Alecto avait été d'excellente humeur toute la journée. Déjà, au petit déjeuner le Mangemort s'était fait un plaisir de contempler la fourmilière d'élèves silencieux, lesquels engloutissaient flocons d'avoine et autres céréales en bavardant posément. Il avait scruté chacun d'entre eux avec un plaisir indescriptible sur le visage, se délectant de l'insouciance de la plupart tout en croquant dans ses tartines préalablement beurrées par les Elfes de Maison. Il tenait ce petit avantage à une récente descente dans les cuisines ou il s'était personnellement chargé d'expliquer à ces créatures inférieures qu'il était tout bonnement inadmissible qu'il doive chaque matin s'occuper de la si périlleuse tâche qu'était le beurrage de ses maudites biscottes. Déjà parce qu'il était tout bonnement incapable de ne pas briser la dite tartine en plusieurs morceau, et puis aussi et surtout parce qu'il avait d'autres considérations à avoir de bon matin. Le message avait eu l'air de passer - en même temps il y avait mis tout son coeur ! - puisque depuis cette remontrance, son assiette apparaissait toute prête comme il l'avait scrupuleusement stipulé. A la bonne heure, il pouvait donc débuter la journée de bonne humeur et ce jeudi, il l'avait attendu toute la semaine. Il n'avait d'ailleurs pas lésiné sur les efforts pour que tout soit parfait, distribuant à tour de bras une flopée de retenues, en particulier envers tous les élèves dont il ne supportait même pas de voir le thorax se soulever à chaque respiration. Les maisons des rouges et or et des Poufsouffles avaient été généreusement prises pour cible. Peu importait le motif : une cravate mal nouée, un regard mal placé au mauvais moment, un sourire inopportun ... tout avait été prétexte à donner une retenue pour le jeudi soir, 21h, dans la grande salle. Et pour être certain de ne pas manquer d'élèves, Amycus avait également informé le concierge qu'il pouvait se lâcher question réprimande. Argus Rusard était un cracmol au moins doué pour ce qui était d'obéir. La bonne humeur d'Amycus s'était poursuivie toute la journée, jamais entachée par le moindre évènement. Un curieux et inhabituel sourire flottait sur ses lèvres lorsqu'il avait gagné vers dix-neuf heure tapante le tableau d'affichage afin de fixer d'un coup de baguette magique la convocation adressée à tous les élèves.



Le cours de défense contre les forces du mal aura lieu ce soir à 21h précise dans la grande salle. Les élèves en retenues sont priés également de se rendre à ce cours, ou ils effectueront leur retenue. Toutes années confondues. Soyez ponctuels.



Amycus frétillait presque lorsqu'il rejoignit la Grande Salle quelques minutes avant vingt-et-une heure, ravi de constater que tous les élèves avaient répondus à l'appel. Il les fit tranquillement entrer dans la Grande Salle dont il referma les portes, adressant un petit sourire entendu à Alecto qu'il avait convié pour l'occasion. Il serpenta entre les élèves regroupés en rang d'oignons par maison puis pointa sa baguette sur sa gorge, élevant la voix pour être entendu de tous. La similitude avec la Nuit de Souffrance était bien entendue évidente, mais Amycus en était là encore ravi. Cela rajoutait un petit côté dramatique à la situation.

__ Bonsoir à tous, commença-t-il de sa voix de Serpent désagréable, les gratifiant de nouveau d'un sourire réfrigérant. Je vais demander aux élèves ayant écopés d'une retenue de se placer à ma droite, contre le mur.  Vous n'avez pas besoin de vos baguettes.

Des murmures s'élevèrent dans l'assemblée puis les élèves visés se mouvèrent silencieusement afin de se placer contre le mur. Amycus barra soigneusement l'identité des présents sur la feuille qu'il avait écrite contenant le nom de chacun des pauvres étudiants qu'il avait collé. Il fut satisfait de constater qu'il n'en manquait aucun, mais un petit sourire mécontant le traversa en constatant les pauvres silhouettes s'alignant. Ils n'étaient pas assez nombreux. Il se retourna, gardant son petit sourire sur le visage avant de se diriger vers le petit amas de Nuncaboucs maigrichons. Il en scruta plusieurs avant d'en désigner quelques-uns de ses doigts crochus.

__ Allez vous placer avec les autres, ordonna t'il en leur désignant le mur. Et toi là, s'énerva t'il en attrapant une des vermines par l'épaule, quel mot dans " pas de baguette" était trop compliqué pour ta misérable cervelle ?

Le malheureux tendit sa baguette a une de ses camarades avant de rejoindre le pan de mur désigné, puis le frère Carrow continua sa besogne en attrapant quelques adolescents dans chaque maison, ceux qui semblaient avoir des yeux terrifiées étant les premiers sélectionnés. Ils avaient été clairs le premier septembre : pas de place pour les faibles. Ce n'était pas faute d'avoir prévenu ! Il ne fit pas de différence de maison, se contenant d'en attraper par les bras ou les épaules et de leur désigner le mur. Les élèves déjà considérés comme rebelles furent également choisis et Amycus y mis tout son coeur. Si, il en avait un. Vraiment. Quand il fut satisfait de son choix et que le mur fut complètement recouvert d'élèves y étant adossés, il poursuivit ses explications.

__  Bien. Très bien même, susurra-t-il en se frottant presque les mains. Les élèves que nous allons désigner à présent iront se placer face à ceux que j'ai placé contre le mur, expliqua t'il en attrapant un Serpentard pour l'envoyer face aux pauvres victimes sélectionnées. Non, non, garde ta baguette, d'où tu as entendu que tu n'en avais pas besoin ? Râla t'il en secouant la tête. Tous des imbéciles.

Amycus, aidé par sa soeur, s'attacha ensuite à sélectionner d'autres élèves. Peut importait la maison. Il se réserva néanmoins le privilège de choisir quelques uns de ses élèves préférés à la race noble et au sang pur. Il les disposa face aux autres, se satisfaisant des associations qu'il créait et des regards de plus en plus terrifiés de chacun. Il ne fallait pas être un géni pour deviner les intentions. Amycus n'avait pas choisi cette soirée au hasard et il avait soigneusement décidé d’avoir recours à un somnifère puissant envers les professeurs qui n'auraient tout bonnement pas acceptés cet exercice. Il était hors de question qu'il soit dérangé dans ce qui allait être son meilleur cours de l'année. L'apogée de sa carrière de Professeur. Un petit mix avec sa carrière de Mangemort. C'était tout bonnement parfait.

__ Le sortilège Doloris, commença-t-il de sa voix doucereuse, sa langue roulant sur le nom de la formule magique avec délectation, est un sortilège complexe qui demande une grande concentration et une excellente volonté. La douleur provoquée est tellement affreuse que la personne visée préfère parfois mourrir que de continuer à l'endurer. Je suppose que certains d'entre vous se rapellent très bien de la douleur ressentie ? Vous avez beau avoir la mémoire d'un boltruc, le souvenir doit être encore bien présent , ricana-t-il en souriant de toutes ses dents.

Amycus se déplaça et pointa sa baguette sur un deuxième année rouge et or.

__ Il faut réellement vouloir la souffrance de l'autre. Et il faut être déterminé avant de prononcer le sort, expliqua t'il avec la nonchalance d'un cuisinier vous expliquant une recette, ignorant les tremblements et les yeux à présent remplis de larmes du pauvre élève sur qui la baguette était dès à présent pointée. Endoloris,  s'exclama distinctement Amycus, tandis que les cris du pauvre élève résonnaient dans la pièce. Il compta mentalement jusqu'à 10 avant de lever le sort.

Il marchait à présent en ligne droite dans le dos des élèves les plus âgés à qui il allait dès à présent demander de reproduire l'exercice. Chacun de ses pas résonnait et c'est avec une lenteur calculée que le Mangemort effectuait ce trajet, jusqu'à se placer derrière un des élèves.

__ Crabbe, salua Amycus en tapotant l'épaule du dernière année de Serpentard. Peux-tu, s'il te plait, démontrer à tous ô combien cette matière est celle dans laquelle tu excelles ?

Vincent Crabbe aquieça et Amycus hocha fièrement la tête, convaincu que son élève réussirait sans sourciller cette épreuve. Il regarda de manière dédaigneuse le Nuncabouc qui, dos au mur, tremblait déjà de tous ses membres. Pathétique, songea-t-il, tandis que Crabbe levait sa baguette et prononçait le sort. Sans résultat.

__ Tu vas y arriver Crabbe, le rassura Amycus. Songe à de la colère, songe à quel point son sang est miséreux.  Tu arrives à le visualiser en train de souffrir ? Laisse ses cris emplirent tes veines et quand tu te sens près, recommence.
__ Endoloris, scanda Crabbe après quelques minutes de concentration.

Les cris de l'élève désigné emplirent de nouveau la Grande Salle et Amycus frappa plusieurs fois dans ses mains, surexcité par la réussite de son élève prometteur à qui il donna plusieurs petites tapes amicales dans le dos.

__ Magnifique. 15 points pour Serpentard ! Applaudissez donc Monsieur Crabbe ! demanda-t-il à la foule ou quelques applaudissements timides lui répondirent. Peu satisfait du manque d'enthousiasme de la foule, Amycus se retourna vers les autres élèves désignés pour l'exercice. A vous. Un par un. Et n'essayez pas de me désobéir, ou je m'efforcerai de vous refaire la démonstration du sortilège sur chacun d'entres vous, gronda t-il.

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NUNCABOUC7ème année
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MessageSujet: Re: [Jeu 4 Decembre 97] Cours Magistral avec les Carrow Mer 24 Jan 2018 - 22:39





Son cœur battait la chamade. Comme tous les autres élèves, elle avait vu le mot accroché au panneau d'affichage, et tous avait eu ce terrible pressentiment. La sorcière arriva avec quinze minutes d'avance sur l'horaire prévue, mais elle n'était pas la seule. Ils étaient trop nombreux à craindre le colère des Carrow. Non pas que ce soit les pires Mangemorts que le siècle est porté, mais ils étaient cruels. Sans intelligence, mais cruel et donc quelque part, c'était les plus inquiétants, les plus imprévisibles. Amycus s'avança parmi eux, souriant, confiant. Il leur montrait déjà qui mènerait la danse. Lina se remémora le mot qu'il avait envoyé, et surtout la fin « Les élèves en retenues sont priés de se rendre également à ce cours où ils effectueront également leur retenue ». Elle ferma les yeux pendant que les portes de la Grande Salle, autrefois si chaleureuse, s'ouvraient en grinçant. Qu'est – ce que les élèves allaient encore devoir subir ?

« Bonsoir à tous. Je vais demander aux élèves ayant écopés d'une retenue de se placer à ma droite, contre le mur. Vous n'avez pas besoin de vos baguettes ».

Eh bien cette fois, au moins, les Mangemorts ne faisaient pas durer le suspense. Lina regarda certains de ses camarades se ranger là où Amycus le leur avait demandé. Avec angoisse, la jeune préfète aperçue Andrée suivre le mouvement. La main de la sorcière trembla et se referma avec force sur sa baguette. Beaucoup de première année étaient présents. Elle remarqua également Lukas, un élève un peu plus jeune qu'elle. Évidement, tous les élèves de Nuncabouc durent rejoindre... Le peloton.

Enfin la première étape laissa place à la seconde. Le frère et la sœur répartirent les autres élèves. La blairelle se glaça quand elle senti les doigts d'Alecto se refermer sur son épaule pour la placer devant Lukas, justement. Les élèves formaient désormais des sortes de couples avec une victime, et Lina le comprenait, un bourreau, dont elle faisait manifestement partie. À sa droite, à mètre se trouvait Andrée, en face avec Lysander. La jeune femme lui lança un regard éloquent du type : « Ne lui fais pas mal ». Elle se fichait pas mal des conséquences, il était hors de question pour elle que l'on touche à un seul cheveux de l'enfant.

« Le sortilège Doloris est un sortilège complexe qui demande une grande concentration et une excellente volonté. La douleur provoquée est tellement affreuse que la personne visée préfère parfois mourir que de continuer à l'endurer. Je suppose que certains d'entre vous se rappellent très bien de la douleur ressentie ? Vous avez beau avoir la mémoire d'un botruc, le souvenir doit être encore bien présent »

Elle eut l'impression que tout l'air de la pièce avait disparu. Encore une fois, elle chercha désespérément le regard de Lysander. Quand elle le trouva, elle se contenta de faire non de la tête. Ne lui fais pas de mal, ne lui fais pas de mal. Lentement, mais sûrement, la panique s'instaura en elle. Puis elle se figea d'horreur et dévisagea Lukas. Elle entendit à peine la démonstration de Crabbe. Ils allaient la forcer à torturer quelqu'un, un élève de sa maison. Pendant un bref instant, elle se dit que c'était scandaleux. Aberrant, même, et que de toute façon, elle allait refuser. C'était évident. Puis elle se rappela la place de son père et que chacune de ses actions pouvaient rebondir sur lui. Son insigne, qui lui permettait d'avoir une couverture, sembla peser une tonne sur sa poitrine.
Pouvait – elle faire ça ? Torturer un élève ?

« À vous. Un par un. Et n'essayez pas de me désobéir, ou je m'efforcerai de vous refaire la démonstration du sortilège sur chacun d'entre vous »

La sorcière sursauta. Non. Non elle ne pouvait pas, c'était au – dessus de ses forces. Pourtant une menace planait. Si elle ne le faisait pas, alors les Carrow s'en chargerait, c'est eux qui s'attaquerait à Lukas et leur sortilège serait bien plus puissant que le sien et il souffrirait plus. Alors que dans l'optique où Lina serait l'auteur, son maléfice serait forcément moins puissant. Les yeux de la sorcière se mouillèrent de larmes qui ne débordèrent pas et avec une extrême lenteur elle leva son bras tremblant. Elle espérait au fond d'elle qu'il comprendrait, qu'il lui pardonnerait, mais elle en doutait. Elle essaya de se chercher des excuses. Plein d'excuses : ce serait moins douloureux avec elle. Il n'allait pas mourir. Elle pourrait l'emmener à l'infirmerie de suite après... Mais elle hésitait, incapable de faire un choix, incapable de savoir si elle se pardonnerait un jour de commettre un tel acte de barbarie sur autrui.
Puis un mouvement sur sa droite la fit réagir. Lysander. Comme elle, il levait son bras pour pointer sa baguette en plein sur le ventre d'Andrée. Les yeux de Lina s'écarquillèrent d'horreur. Non. Non. Il ne pouvait pas faire ça, pas à Andrée. Ce n'était qu'une enfant, qui apprenait encore à vivre. Il était hors de question que cela se produise. Quand elle vit le jeune Serpentard prononcer les premières syllabes, elle ne put s'en empêcher, et sans réfléchir, elle se jeta sur Andrée, qu'elle bouscula pour l'évincer.

Puis elle ferma les yeux, en attendant le sortilège.

Un dixième de seconde plus tard, peut – être moins, le Doloris la frappa en plein dans l'estomac et elle s'effondra en hurlant. Chaque millimètre carré de son corps la faisait souffrir atrocement, jusqu'à l'intérieur de sa chair. Dans un dernier éclat de lucidité avant de sombrer, elle se tourna légèrement sur le côté, pour éviter qu'Andrée puisse voir son visage déformé par la souffrance. Une fois sûre que l'enfant échapperait à ça, Lina s'abandonna dans la douleur. Elle s'entendit hurler, mais elle n'était pas la seule. Vainement, elle s'accrocha à une dalle de la salle, comme pour se raccrocher à quelque chose réel. Tout n'était que douleur. Elle n'était plus qu'un sac de sang et d'os, martyrisé par la magie et la sorcière était désormais convaincue qu'elle venait de toucher la dernière ligne du supportable. Elle était en sueur. Elle eut vaguement conscience de se contorsionné sur le sol, elle senti son dos s’arquer. La bile lui monta à la bouche. Elle se rendit à peine compte qu'elle vomissait : ses cheveux, ses mains étaient désormais souillés du contenu presque liquide de son estomac. Elle hurla. Cassa presque sa voix.

Puis tout s'arrêta. Brutalement. Lina en fut elle – même surprise. Son corps, pourtant restait anéanti par ce qu'il venait de subir. Elle resta là, la joue collée contre le sol froid, les yeux à peine ouverts. Elle coula un regard vers Lysander. Elle lui en voulait horriblement. Il avait cédé aux Carrow, il avait accepté de s'en prendre à une enfant. Elle se rappela vaguement leur échange dans les toilettes de Mimi Geignarde...

Voilà où menait sa non combativité.  

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SERPENTARD7ème année
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MessageSujet: Re: [Jeu 4 Decembre 97] Cours Magistral avec les Carrow Lun 29 Jan 2018 - 23:31


[Léon : une phrase te concerne, deuxième bloc : si tu veux que je la modifie juste mp =)

J’ai le droit à 15 points pour Serpentard moi aussi ? =D]

Ses yeux ne firent que survoler l’affiche, cherchant les points clefs : une heure et un lieu. Rendez-vous pris. Il s’arrêta au pas de la porte de la Grande Salle et sans prendre la peine de murmurer la formule tellement le geste était devenu pour lui rituel il attira à lui un morceau de lard qui vint danser avec deux tranches de pain pour constituer un repas sommaire. Après de courtes négociations – enfin, un ordre impérieux – il ajouta au duo deux tranches de fromage et soupira en voyant voler vers lui une pomme. Soit. De toute façon, c’était fait. Elle disparut dans sa poche tout comme lui-même plongeait vers ce mur rendu translucide au travers duquel on pouvait apercevoir les silhouettes des habitants du lac.
Privilège de Serpentard. Autant en profiter tant qu’il le pouvait.
Il était tard, il faisait sombre, mais un lumos suffisait souvent à attirer vers la vitre l’un ou l’autre des animaux. Lysander ne s’embarrassait pas de chercher les plus beaux ou les plus rares et saluait tout aussi bien les strangulots que les poissons ordinaires. Deux fois déjà un merrow s’était approché, même s’il ne saurait dire s’il s’agissait du même… Le jeune homme avait alors ajouté une douce musique à la lumière qui voltigeait dans les eaux troubles, cela avait eu l’air de lui plaire mais depuis cinq jours plus de traces de lui. Mais le jeune homme ne l’attendait pas particulièrement, il essayait en fait de ne pas trop s’attacher à l’un ou l’autre. Juste ouvrir les yeux et suivre du regard les ombres qui semblaient se détacher du reste.

Des allées, des venues… Une voix se porta à ses oreilles, rappelant qu’il valait mieux ne pas être en retard, visiblement le nouveau préfet prenait son statut bien au sérieux. Il n’était que moins vingt, ils avaient encore le temps. Il hésita vaguement entre une réponse ironique, une réponse vague, une réponse affirmative… Pas de réponse au final c’était très bien, il y aurait toujours assez de gens pour former un brouhaha où sa voix ne manquerait pas. Oui, il serait à l’heure, non pas pour les beaux yeux du petit Shepper. Il ignorait si le jeune homme en particulier faisait partie de ceux qui avaient gentiment adopté le comportement du « je t’écrase pour que tu te souviennes la prochaine fois qu’il vaut mieux ne pas m’attirer d’ennuis », mais ça ne l’étonnerait pas tant.
Il avait plutôt du mal à comprendre les personnes qui faisaient le contraire.
Sans prendre parti pour l’une ou l’autre forme d’agressivité, revenait simplement le fait que si l’élève était assez maladroit ou malchanceux pour se faire prendre, il était normal qu’il en fasse les frais. Et sans doute mieux si cela se réglait à huis clos. Ce que pouvaient faire quelques gamins n’était rien face à ce que pouvaient inventer les Carrows, eux n’iraient pas convoquer toute l’école pour les agissements d’un seul. Plus le contrevenant s’en prenait, plus il apprenait et mieux il serait près pour s’attaquer aux gros poissons. Il avait arrêté Lina, elle n’était pas à l’origine de la Nuit de Souffrance – un point pour sa conscience – et elle était même devenue préfète. Elle avait gagné en pouvoir, et pouvait s’en servir sans doute plus intelligemment que d’écrire un stupide graffiti qui aurait aussitôt été effacé sans déclencher plus qu’une sanglante colère.

Ne pas faire de vagues. C’était peut-être ça, la leçon à retenir de ce spectacle de chasse aquatique dont il ne se lassait pas : être comme de l’eau dans de l’eau. Pour pouvoir prendre juste ce dont tu as besoin. Il fit rouler la pomme entre ses doigts, indécis. S’il la mangeait sur le chemin il devrait détruire le trognon en arrivant et il n’était pas sûr qu’un sort lancé sans annoncement soit le meilleur début. Il se leva sans croquer dans le fruit : après tout, s’il devait encore vomir cette fois-ci il préférait avoir quelque chose à se mettre dans le ventre pour passer la nuit. Par ailleurs, son estomac noué n’accepterait de toute façon pas un arrivage massif… Comme tout le monde, il n’en menait pas large, mais se répéta à chaque marche montée que ce n’étaient que deux heures, qu’après ce serait fini et il pourrait juste redescendre. Ne pas laisser envahir sa sphère, aussi petite soit-elle, voilà ce que lui avait retenu – peut importait combien cette défense était risible tant qu’il tenait bon : s’il venait à se penser envahi alors il perdrait véritablement.
Et s’il devait déborder un peu sur les autres ? Bah, il n’était pas le pire, et ce n’était que de la légitime défense. Ils feraient pareil à sa place.
Ils faisaient pareil, tous à s’aligner gentiment, exactement comme on leur demandait. Ils ne détournaient pas la tête lorsque leur voisin se faisait appeler. Lui-même préférait éviter de se demander si le regard d’Amycus n’était pas braqué sur lui quand la personne de devant se fit inviter à rejoindre le rang qui se formait contre le mur. Le vert et argent se contenta de reporter son regard sur la prochaine nuque. Avec ou sans cheveux longs, blonde ou rousse de toute façon ça ne changeait pas grand-chose. Et puis de toute façon, elle était déjà partie. Prolonger les choses ne servirait à rien, autant laisser le courant suivre les berges. Il atteindrait plus vite la mer et tous pourraient rentrer dormir. Ça n’avait rien de personnel, finalement. Il en fallait juste quelques-uns, et pour choisir il faut des critères. Comme à un examen. L’air se fraya un chemin dans ses poumons brûlant lorsque les pas guillerets du mangemort se tournèrent vers les Serdaigles.

Pour chaque élève qui partait, dans l’un ou l’autre groupe, les rangs se figeaient d’abord, puis la plaie semblait se résorber, on comblait au fil des respirations, sans même s’en rentre compte, le manque. Le trou, le vide, l’absence : on étiolait un peu plus de fil pour faire disparaître la trace de ce qui avait été. Pour se rapprocher de ceux qui restaient. Il se mit à sentir un souffle soulever doucement les cheveux qui se dressaient sur sa nuque et eu un bref sursaut interne, fit un pas le plus petit possible pour se soustraire à cette menace. Il n’osait pas se retourner pour voir qui était derrière lui. Une bulle fit douloureusement son chemin depuis son estomac, protestant contre le rétrécissement de son espace vital, quand elle éclata dans sa gorge avec un hoquet, il sentit et vit ses voisins s’écarter tout aussi imperceptiblement qu’il ne l’avait fait. Evidemment.
Garder sa bulle intacte. C’est d’un pas glissant et égal qu’il s’avança lorsque la main le désigna.
L’imperium ou le doloris, même combat : comme pour lui donner raison c’est Andrée qui croisa son regard à l’autre bout des cinq pas qui les séparaient. Peut-être sept pour la plus jeune. A ses côtés il sentit plus qu’il ne vit d’autres élèves prendre l’espace. Encore une fois : tous dirigés à la baguette. Au final, d’une action à une autre il y avait très peu de différence. Il força son estomac à s’ouvrir, tentant de mettre en pratique les conseils de Lina sur la respiration. Il était presque sûr de ne pas pouvoir lancer ce sortilège de façon informulée, pour une première fois, alors il allait avoir besoin de son souffle. Dans son dos, le claquement des talons lui donnait le rythme. Résister à un épouvantard, à l’imperium, ce n’était que la suite logique. Le tout, c’était de résister.

Concentration, volonté… Le nom du sortilège l’avait tout de même fait tiquer. L’appellation de « sortilège impardonnable » était pour lui trop abstraite – si l’evanesco n’y était pas cela n’avait aucun sens – pour le faire trembler, mais il avait encore cette appréhension. Cette enclume d’un ancien âge, ce réflexe périmé. Comme le fit si bien comprendre, démonstration à l’appui, le mangemort, ils y passeraient de toute façon alors peu importait finalement pour les victimes qui tenait la baguette ? S’ils se laissaient dominer par la souffrance et la peur, ils le feraient face à n’importe qui. N’importe qui… Sans qu’il s’en rende compte son regard dériva vers ceux qui allaient partager son sort. Et croisèrent celui de Lina. Elle avait l’air paniquée. Il émit un discret soupir : elle n’avait toujours pas compris. Quand le nom du sortilège fut lancé par la voix vibrante, presque rieuse à ses oreilles, d’Amycus, il redressa la tête. Les cris résonnèrent, inhumains, durant un temps si interminablement long que le jeune homme sentit une nouvelle migraine pointer. Ce n’était pas le moment… Concentration, volonté… Ses iris ancrées dans celles d’Andrée pour ne pas se tourner vers le corps qui gigotait misérablement dans le coin de son champ de vision.
Il fallait donner le top départ. Quinze points pour Serpentard, c’était toujours ça de pris.
Commencer. L’ordre donné d’un grondement, puis un flottement. Un silence, percé ça et là. Mais pour la majorité : écrasant. C’était la grande comédie, on faisait semblant d’être un peu indécis puis on craquait, non sans avoir soulagé sa conscience : il en fallait bien un pour passer premier, mais tant que suffisamment autour s’étaient décidés, au final on ne faisait rien de mal. On faisait comme tous les autres. On essayait surtout d’oublier les regards dans notre dos. Par-dessus notre épaule presque : mais eux aussi n’étaient présents que si on les laissait s’installer. Ce qu’il ne ferait pas. Autant se passer de souffrances inutiles et aider gentiment la pièce à se jouer : au moins comme ça c’était fait. Tout le monde pouvait blâmer les autres et rentrer confortablement chez soi. Et ceux qui se faisaient encore mal ne tarderaient pas à comprendre que la souffrance n’est pas une fin en soi, qu’il n’y a rien d’héroïque à se dresser pour ensuite s’effondrer à la moindre brise. C’était juste fatigant.

Concentration. De la douleur il en avait à revendre. Sans même l’invoquer il lui semblait la sentir ramper tout contre ses talons. Remonter sa jambe. L’enserrer. Il avait la nausée, et la nuque luisante de transpiration. Pas le moment on avait dit. Il ferma un court instant les yeux. Il devait se concentrer sur le moment présent.
- Ce sera plus dur si tu appréhendes, s’entendit-il dire. A raison.
Le ton mesuré de sa voix l’aida à reprendre pied. Sa respiration comme pilier, sentir le support intérieur, l’appui qu’il pouvait prendre sur cette pression d’air. Appui sur lequel il construisit le mouvement de son bras, dans le temps de celui de ses lèvres. Un seul mouvement, des pieds à la pointe de la baguette : un mélange de ce qu’il avait appris ces dernières années, autant sur le mat avec sa mère qu’au club de duel. Un déploiement, se faire le vecteur d’une force, laisser couler le flot de pouvoir depuis ce boulet d’angoisse et de douleur jusqu’à le faire sortir : comme un soulagement. En se faisant écume de la vague il se ne ferait pas noyer. L’éclair qui sortit du bois avait la douce teinte entre le bleu et le vert des eaux limoneuses du lac. Il se surprit à sourire devant cette couleur imprévue mais qu’il aimait bien.
Sauf qu’à l’autre bout, se tenait Lina. Que faisait-elle là ?
Lorsqu’il la découvrit, il voulut retenir le sort qui lui revint jusqu’à lu brûler la main : il lâcha sa baguette en se tenant le poignet et lâchant un cri de surprise. N’y découvrant aucune séquelle, il serra les dents et fit jouer ses doigts avant de revenir vers le corps agité de faibles soubresauts qui gisait sur les dalles de pierre. La vision du jeune garçon devint floue alors qu’il devait rassembler ses mots et pensées. Il avait froid et était en colère. Il cracha plus qu’il ne demanda :
- Mais qu’est-ce que tu fais ?
Le regard meurtrier qui le cueillit sous le menton le fit reculer d’un pas et buter contre la silhouette du professeur qui n’avait pas manqué d’accourir de son petit pas presque sautillant. Lâchant son poignet pour ramasser à la va-vite sa baguette, il s’écarta autant qu’il se fit écarter par l’adulte. Contre ses doigts le bois chauffait et il la plongea dans une poche avant de se brûler à nouveau. Il avait le cerveau brumeux, il ne savait pas vraiment s’il avait mal ou pas - au dos peut-être ? Ou il s'était cogné l'épaule, mais non il tenait toujours droit. S’il était goguenard ou au contraire avait envie de vomir. Il ferma les yeux le plus fort qu’il put pour remplacer les couleurs qui y dansaient par d'autres, qu'il appelait cette fois, et déglutit comme s’il pouvait chasser les conflits qui l’envahissaient. Ça, et le goût métallique contre sa langue. Tout allait pourtant si bien avant qu’elle n’intervienne, il se revoyait presque de retour en bas… Il avait joué sa note et – bam – la corde avait sauté. Dissonance. Discorde.

Il crut entendre son nom et tourna la tête vers le duo. Carrow dressé, élève à terre. Le pouvoir, la victime. Lina, tu vas souffrir, c’est tout.
Voilà où menait son aveuglement.

[Désolé Lina, Lys est plus passé du côté obscur que je ne m’y attendais…
Andrée si tu veux réagir, ou Léon puis toi ?]
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MANGEMORT
    MANGEMORT
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MessageSujet: Re: [Jeu 4 Decembre 97] Cours Magistral avec les Carrow Mar 30 Jan 2018 - 18:58

Quelle barbarie. Pardon. Quelle barbarie ! Andreas avait beau être dénué de toute sensibilité esthétique, il n’en comprenait pas moins l’importance de l’harmonie et de l’imagination dans tous les aspects de la vie. Si lui pouvait s'avouer être un paysage d’hiver illustré dans un style académique sans intérêt, les Carrow étaient de ces œuvres abstraites dont personne ne voulait et qu’on finissait par cacher dans des endroits où personne ne les verrait. Mais il faut ce qu’il faut. Amycus tremblait de jubilation presque autant que les Nuncaboucs qu’il avait alignés contre le mur. Ce n’était pas un cours, mais une buanderie de moldus, avec toutes les machines en mode essorage.

Ectoplasme à ses heures, Andreas ne bougea pas le temps des explications et prit soin à rester dans le dos et les angles morts des élèves, qui n’en finissaient pas de frétiller comme lait qui bout. A vous, jeunes engagés, qui allez subir l’assaut, ou le donner sur une horde sauvage pour tenter de la civiliser, à vous qui connaissez déjà et allez connaître encore le roulement lourd de l’artillerie carrowienne, et puis à tous ceux qui avaient fait l’erreur de revenir à l'école cette année, laissez-vous aller au doux confort de l’indignation. Andreas observa ce qui avait tout d’une parade militaire sans en avoir la superbe et Merlin qu’il aimait ça, les hordes maladroites d'élèves apeurés, appréhendant une petite poignée de gens de pouvoir. J’ai dit pouvoir ? Au temps pour moi, le pouvoir était une affaire de compétence et ça, ces jeunes esprits ne le distinguaient pas encore car on ne savait ces choses là que quand on s’élevait soi-même. Ou quand on confondait pouvoir et corruption.

Andreas secoua la tête, disciplinant sa crinière d’argent et eut un air satisfait de circonstance. La vérité était que les Carrow n’étaient plus du tout étanches et qu’on les laissait en roue libre dans cette école comme deux hamsters qui essayaient de bouffer leur cage. L’exercice de torture était en soi dénué de toute énigme, les professeurs ne s’aventurant pas au-delà du superficiel, les différents degrés de cruauté leur étant inconnus un peu au même titre que les notions élémentaires de savoir-vivre. Mais comme pour tout ce qui était cocasse, Andreas ne put s’empêcher de venir se pâmer devant cette mer d’incompétence trop vite oubliée. Après tout, il n’était pas homme à rire que quand quelqu’un se faisait mal pour rien.

En parlant de douleur, au lieu de se soustraire à l’exercice, une affreuse venait de se jeter dramatiquement devant l’une des jeunes victimes, allouant une pause d’environ dix minutes à cet horrible état totalitaire. Un sacrifice apprécié qui permettrait à ce courage bancal de boîter un peu plus loin que d’habitude. Le cri de la malheureuse raisonna comme un coup de canon et Amycus acheva son cinquante mètres en moins de dix secondes pour rejoindre les récalcitrants. Quand bien même l’exercice était basé sur la souffrance, l’animation fit tourner les têtes, au même titre que les décapitations en avaient jadis fait tomber. Toujours avides de spectacle, mais jamais prêts à assurer leur curiosité… Andreas, quittant enfin ses limbes, rejoignit à son tour le petit groupe. A son arrivée flottante et paisible de paquebot, Amycus le regarda d’abord de front, puis finit par baisser les yeux et comme chaque fois que ça arrivait par inadvertance, le Rowle pensa plus bas, plus bas c***ard. Avant même que le Carrow n’ait eu le temps de retorquer quoi que ce soit, pas frileux pour une mornille des fluides qui recouvrait la tignasse noire, Andreas tendit une main confiante à la blairelle. Il ne s’était pas penché, mais ses chaussures étaient si proches de son visage qu’elle n’avait qu’à relever les yeux pour mieux le voir. Et lorsqu’elle le fit, il la gratifia de ce regard qui ne reconnaîtrait aucune opposition ni rejet de son offre. La main tremblante se glissa finalement dans la sienne, de quoi lui décrocher un léger sourire compatissant. A travers ses doigts seuls, il pouvait sentir à quel point elle avait peur, à quel point elle avait eu mal. Le lion d’argent resta droit et solide, laissant le temps à l’étudiante de se relever : on n’accueillait pas son destin par terre ! Sous le regard frustré et offusqué d’Amycus, qui aurait certainement préféré réduire la courageuse en confettis plutôt que de l'aider à se relever, le Rowle guida la jaune jusqu’à l’estrade, comme s’ils s’en allaient pour danser la valse. Il ne lui accorda aucun mot néanmoins, jusqu’au moment où il la lâcha en plein milieu de son nouvel échafaud, bien en venue de tous les autres élèves. Joignant les mains dans son dos, Andreas lui conseilla alors à demi-mot :

- Restez ici mademoiselle, ne bougez pas.

Il n’y avait pas la trace d’un ordre dans sa voix, mais quelque chose insinuait presque que la moindre respiration allait éventuellement être considérée comme un mouvement. Se retournant, le professeur Rowle revint vers Amycus, jeta un regard d’abord à la petite fille épargnée, puis au jeune homme, qu’il constata plus longuement que de coutume. Surpris ? Effrayé ?

- Vous avez l’air plus choqué d’avoir touché votre aînée qu’une cadette de votre maison… Un jeune homme qui préfère torturer les enfants, comme c’est peu commun.


L'officieux mangemort laissa un silence planter, tout comme ses yeux d’acier, qui voguèrent jusqu'à finir par jauger la petite fille intacte. Un rire froid souleva sa gorge sans franchir ses lèvres et Andreas abandonna les suppliciés, n’ayant dilué de poison que ce qu’il fallait. Sa dernière considération alla à Lina Kaveline, qu’il soupçonna de respirer trop bruyamment depuis son douteux piédestal solitaire, pour le moment.

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MessageSujet: Re: [Jeu 4 Decembre 97] Cours Magistral avec les Carrow Jeu 15 Fév 2018 - 14:59


Le sortilège Doloris est un sortilège complexe qui demande une grande concentration et une excellente volonté. La douleur provoquée est tellement affreuse que la personne visée préfère parfois mourir que de continuer à l'endurer.

Alizée tenait sa baguette fermement, regardant la personne qui se trouvait face à elle. Un Nuncabouc. Elle ne le connaissait ni de Merlin, ni de Morgane. C'était juste un visage parmi la foule. Un née-moldu, comme les Anglais les appelaient ou encore, un sang-de-bourbe, un parmi des centaines d'autres. Quelle appellation choisir ? Elle n'avait jamais su, ayant grandi en Amérique. Les mœurs, quoi que certains pouvaient en dire, n'étaient pas les mêmes. Être née de parents non-majs n'avait pas vraiment d'incidence brute sur la vie des sorciers, même s'il y avait toujours certaines personnes pour les prendre de haut. Ça s'arrêtait-là. Il n'y avait pas de Seigneur des Ténèbres pour instaurer des règles barbares les concernant, et même si quelqu'un essayait, les États-Unis feraient front ensemble pour l'arrêter. Parce que le MACUSA voulait un monde où les sorciers pouvaient vivre en paix, sans crainte aucune. Pourtant, la Serpentard n'était pas idiote : elle avait toujours su pour le Seigneur des Ténèbres. Elle en avait toujours entendu parler, depuis sa plus tendre enfance. L'ancien patriarche, son oncle, en parlait avec un certain dédain. Son fils, Lévine, en avait souvent parlé en des termes élogieux. Peut-être n'avait-il pas mesuré l'ampleur de ses paroles à l'époque ? Peut-être ne l'avait-il pas imaginé ainsi, aussi barbare ? Oui, barbare. Elle le trouvait immonde, sur le moment. Elle avait l'impression d'être sur un échiquier géant bien trop visible. Les élèves n'étaient que les pions et les Carrow, eux, étaient ses fous. Rowle avait un beau rôle, à côté : celui du cavalier. Imprévisible si l'on ne savait pas réellement observer... Les Carrow, eux, ne l'étaient pas. Leur seule motivation était de faire souffrir. Ils aimaient ça et ça se voyait comme le chapeau d'un sorcier sur sa tête.

Immonde, mais puissant. Le Lord Noir l'était. Il était le seigneur, il était leur maître, leur roi, leur empereur. Un empereur terrifiant qui s'amusait à installer la terreur partout comme l'on pouvait recouvrir la table d'un restaurant d'une nappe de soi pour qu'elle ne soit plus visible. Une nappe sombre, où frisson et angoisse se mélangeaient pour son bon plaisir. La sixième année pouvait le parier. Ça pouvait paraître idiot, mais elle comprenait un peu mieux le choix du mage noir. Pourquoi envoyer les Carrow, de si bons professeurs, dans une école ? Ce n'était clairement pas pour refaire l'éducation des nouvelles générations. Si c'était ce qu'il avait voulu, il aurait envoyé d'autres personnes. Bellatrix, peut-être, car malgré sa folie, elle était une reine, montrait de grands talents et surtout, savait se montrer intelligente. Rowle, oui, mais en professeur titulaire, trouvant un moyen pour remercier le maître des potions actuel. Peut-être Nott aussi. Il suffisait de voir son fils pour comprendre qu'il pouvait se montrer... persuasif. Peut-être même le Lord Noir aurait-il envoyé son propre cousin, Lévine, car s'il ne montrait pas de grandes capacités offensives en terme de magie, il restait un tacticien hors-pair et aurait pu retourner le cerveau de nombreux élèves ne serait-ce que par ses paroles... Pourtant, ce n'étaient pas eux qu'elle voyait, mais bien les Carrow du coin de l’œil. Des êtres sans grandes intelligences, c'était simple à comprendre, mais qui jouissaient des petits plaisirs de leurs existences, avec la mentalité d'un enfant de six ans qui pense qu'arracher les ailes d'une mouche n'est pas important. Le problème, c'était que les Carrow avaient été envoyés dans un endroit où les mouches n'étaient autres que les élèves. Il y en avait des centaines et les deux grands enfants s'amusaient à les torturer dès qu'ils en avaient la moindre occasion. Les occuper et, en même temps, créer une terreur sourde dans l'esprit de toute l'école, par la folie de cette famille. Elle ne voyait que cette raison. Le Lord Noir se foutait de savoir si la nouvelle génération aurait une éducation correcte. Tout ce qu'il voulait, c'était des êtres brisés, pour pouvoir contrôler la masse avec facilité. Malheureusement... Alizée esquissa un rictus. Malheureusement, il y avait toujours de fortes têtes, fières ou stupides, pour ne pas comprendre qu'il fallait baisser la tête et laisser faire. Alizée en eut la preuve quand elle vit la préfère de septième année des Poufsouffles se jeter pour défendre Andrée du maléfice, se le prenant à sa place. Brave petite idiote inconsciente. Alizée se recentra, renvoyant ce qu'elle espérait être un regard acéré sur celui qui était désigné pour être sa victime. Elle ne lança pourtant pas le sort de magie noire, pas encore.

Le Doloris. Elle ne comprenait pas ce choix. Oui, les Carrow n'avaient pas grande intelligence et oui, ils pensaient sans doute bien faire... Mais il existait bien d'autres maléfices, il existait bien d'autres formes de tortures. Le Doloris était violent et insupportable, pouvant laisser de graves séquelles, mais il était rapide. Rapide et surtout, terriblement difficile à lancer. Leur explication était bien belle, mais elle n'était pas suffisante. Alizée en était persuadée. La magie noire ne marchait pas seulement avec de la volonté. Bien sûr, il en fallait, il fallait y croire, comme pour n'importe quel sortilège, mais surtout... Il fallait le vouloir. Il fallait vouloir faire souffrir sa victime, il fallait vouloir le voir se tordre de douleur et sentir la puissance simple qui devait courir entre les doigts jusqu'à la baguette. Haïr la personne du plus profond de son âme devait également offrir une certaine... facilité.

Ce fut sur cette réflexion qu'elle prit réellement conscience de l'ampleur de la tâche que demandaient les deux idiots. Alizée écarquilla légèrement les yeux et sa main, qui tenait fermement sa baguette jusque-là, se mit à trembler. Elle observa le visage de la personne face à elle, l'imprimant sur sa rétine dans les moindres détails. Elle ne le connaissait pas. Elle ne l'avait jamais vu, ni croisé ou avait oublié depuis. Comment pouvait-elle alors vouloir le faire souffrir ? Comment pourrait-elle vouloir le voir se tordre de douleur ? Elle ne le pouvait tout simplement pas. Si, si, il le fallait, elle le savait. Elle était une sang-pure, une Shafiq. Elle ne pouvait pas faire honte à sa famille. Elle ne pouvait pas refuser de lancer le maléfice. Elle devait le faire et le réussir. C'était horrible, autant pour lui que pour elle, parce qu'elle ne voyait pas comment elle pouvait y parvenir. Il était né de parent non-majs ou avait fait une connerie qui lui avait valu ce blason ? Et alors ? Elle ne le connaissait pas. On pouvait lui demander de s'en prendre à n'importe quelle personne qu'elle détestait, qu'elle haïssait, mais ça ? Lancer l'un des sortilèges impardonnables sur un inconnu ? Parce que son sang ne plaisait pas à certaines personnes ? Oui, les Carrow étaient prévisibles, mais terriblement idiots aussi. On ne pouvait pas demander à des élèves de lancer ce genre de sortilège sur des élèves sans s'attendre à ce que certains se rebellassent ou que d'autres échouassent.

Alizée serra les dents et réaffirma la prise sur sa baguette. Elle devait réussir à lancer le sortilège, alors, pour ce faire, elle ferma les yeux. Elle pensa aux personnes qu'elle détestait par-dessus tout, essayant de les visualiser. De nombreux maléfices lui passèrent par la tête, certains terribles, d'autres moins... Mais jamais, jamais, aucun d'eux ne lui permit de ressentir le frisson pour lancer le doloris. Elle rouvrit les yeux et regarda sa victime, qui tremblait de peur face à ce qui devait être, pour lui, un visage implacable. L'attente était longue, d'autant plus, ce qui devait rendre l'appréhension de plus en plus violente. Alizée le torturait déjà, d'une certaine façon, mais ce n'était pas suffisant... Ce n'était pas suffisant pour les Carrow et la femelle, qui ne l'aimait guère, s'approcha d'elle pour lui faire bien comprendre. Avec un geste beaucoup trop doux pour être honnête, elle vint retirer une mèche de cheveux de devant le visage de la sixième année et vint susurrer quelques mots à son oreille.

« Lance-le, Shafiq. Lance-le ou tu y goûteras toi-même. »

Son frère ne devait pas être au courant. Depuis Nuit de Souffrance, depuis l'Impero, le professeur de magie noire avait commencé à l'apprécier - du moins, ce qui pouvait s'y apparenter venant de lui - parce qu'elle avait résisté à son Impéro. Ce n'était pas la même histoire pour la sœur. Elle ne l'aimait pas. Elle ne savait pas pourquoi, mais c'était un fait et Alizée comprit très rapidement que ce qu'elle disait était vrai. C'était lui ou elle. C'était le visage ou sa propre personne. Son instinct de survie lui hurla d'essayer d'envoyer le sortilège et Alizée délia ses lèvres, lâcha un soupir, avant de commencer à prononcer la formule. Ce n'était pas assez convaincu. Elle s'arrêta. Elle devait faire mieux. Elle l'observa à nouveau, longuement, retenant le frisson d'horreur qui courait sur sa colonne vertébrale. Miss Carrow remontait en même temps, très lentement, la pointe de sa baguette le long de son dos, comme si elle lui offrait une caresse. Après la caresse morbide, ce fut une légère douleur au niveau du cou que lui offrit Carrow, en enfonçant sa baguette au maximum. Alizée grimaça et une peur sourde, sans logique, l'emprisonna. Elle ne voyait plus le Nuncabouc, elle ne se voyait qu'elle, hurlant de douleur au sol, devant tout le monde. Elle se voyait elle, honteuse. C'était lui ou elle. Elle ne réfléchit pas plus, voulant haïr la personne en face d'elle et essaya de lancer le sortilège avec le plus de ferveur possible. Une seconde. Deux, puis trois. Puis une dizaine. Une vingtaine plus tard, toujours rien. Le bouc avait l'air aussi surpris qu'Alizée, comme s'il s'était attendu à ce que la vipère ne loupât pas son sortilège.

« Loupé. »

La voix vrilla les oreilles d'Alizée, qui écarquilla les yeux. Elle pouvait presque imaginer la sœur Carrow sautiller sur place comme une gamine à qui l'on venait d'offrir un Noel avant l'heure. La Shafiq se figea complètement et serra les dents à s'en faire mal, puis, elle entendit le sortilège. Au début, elle n'eut mal qu'au niveau du cou, là où la baguette était posée. Elle eut l'impression qu'on venait de la piquer avec une grosse aiguille, puis qu'on venait de déverser de la lave à l'intérieur même de son corps. Petit à petit, la douleur prit possession de tout son corps. Les centaines de milliers d'aiguilles traversaient son corps en même temps, ses veines s'étaient transformaient en des rivières de lave, sa tête était enfermé dans un étau qui se resserrait de plus en plus à chaque seconde qui passait. Ses os, elle avait l'impression que ses os fondaient, se reconstituaient pour à nouveau mieux exploser. Finalement, après ce qui lui parut une éternité et qui, pour la réalité, n'était qu'une dizaine de secondes, la sang-pure ne put plus lutter. Malgré sa fierté, malgré son envie de prouver sa force, elle se laissa tomber à genoux. Quand ses rotules frappèrent le sol, elle eut l'impression que tous les os dans son corps s’effritaient et devenaient poussière, alors que sa tête explosait littéralement et que ses veines ne s'arrêtaient jamais de chauffer... Elle desserra les dents et laissa échapper une exclamation, mélange de surprise et de souffrance, qui se transforma bien vite en un hurlement de douleur qui raisonna dans la salle. Secouée de spasme et incapable de tenir sur ses genoux, Alizée s'écroula sur le côté, ses yeux se remplissant de larmes. Elle eut l'impression qu'on lui crevait les yeux sur le moment, puis que l'eau venait entailler sa peau, le tout se rajoutant aux sensations déjà existantes. Elle n'en pouvait plus. Elle voulait... Elle voulait mourir. Mourir, arrêter de respirer, parce que même ça, ça lui faisait mal ! Arrêter de crier, car le son perçait ses tympans avec force... Elle voulait mourir, maintenant et ne plus jamais ressentir ça. Plus jamais... Sa voix, après son long, très long hurlement de douleur strident, finit par se briser complètement et aucun son ne sortit de sa bouche, bien que l'on pouvait voir sur son visage, sur son expression, la douleur continuait et que l'on pouvait deviner le cri silencieux qu'elle continuait de pousser. Elle voulait que ça s'arrêtât. Son vœu fut exhaussé. La douleur s'arrêta aussi soudainement qu'elle était arrivée, laissant la demoiselle complètement essoufflée. Dans un réflexe protecteur, elle força sur ses membres encore endoloris pour se recroqueviller sur elle et continua à sangloter. Longtemps. Très longtemps. Elle venait de vivre l'enfer durant une éternité. Une éternité qui n'avait en réalité duré par plus de trois minutes.

Elle ne l'entendit pas, mais Carrow Femelle donna un ordre, un seul, la concernant.

« Laissez-là. Personne ne l'aide. Je veux qu'elle reste visible, pour ceux qui pensent qu'il faut se contenter de lancer le Doloris en espérant qu'il marchera. Ce n'est pas suffisant. »

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MessageSujet: Re: [Jeu 4 Decembre 97] Cours Magistral avec les Carrow Jeu 15 Fév 2018 - 18:24


Les yeux levés au plafond magique, Meredith écoutait tranquillement les paroles d’Amycus. La convocation avait parlé pour lui bien avant que l’heure n'arrive. Tout le monde se doutait de ce qui allait se passer, et bien sûr, rien de ce qui était en train de se dérouler ne leur donnait tort. Contrairement à ce que tout le monde semblait penser, elle n’était jamais au courant de ce genre de pugilat improvisé. Elle n’y prenait part que parce qu’on le lui ordonnait, et en sa qualité de mâche-besogne, on le lui ordonnait toujours. Tranquillement elle écoutait donc, car il n’y avait pas la moindre surprise. Ils y passeraient encore une fois. Plus d’un mois et demi après la soirée de torture collective, toujours aussi vivace dans les esprits, les revoilà à nouveau devant eux, tout sourire, les yeux et la tête emplis uniquement d’une profonde cruauté teintée de soumission aveugle. Le regard de la préfète s’accrochait quant à lui à une des seules choses ne trahissant ni peur ni expectative, mais simplement un calme sourd et impartial : le ciel au-dessus de leurs têtes. Il faisait nuit déjà, l’hiver bordant toujours plus tôt le soleil, pourtant une certaine clarté se dégageait du vide, et emplissait son esprit en l’apaisant autant que possible. Comme d’habitude, elle n’écoutait pas ce qui se disait, préférant garder le plus longtemps possible son attention hors de celle, toxique, des deux Mangemorts. Enfin, des trois, car elle avait vu en entrant … non, elle avait plus senti que vu la présence de Rowle, dans un coin, à les épier en déversant toute sa noirceur dans l’atmosphère. Merlin, qu’elle haïssait cet homme. Et depuis quelques temps, elle avait un réel mauvais pressentiment, plus fort encore que d’habitude. Enfin, elle se faisait sûrement des idées. Il ne s’en prendrait pas à eux comme ça, sans motif, juste pour prouver son pouvoir.

Fixée donc à ce plafond, la jeune préfète entendait à peine les murmures angoissés, ne voyait pas les frottements frénétiques des mains contre les différentes cicatrices, sentait à peine l’odeur de soufre qui s’élevait doucement de la tremblante assemblée. C’est seulement au moment où Amycus finit son discours, quand chacun se mit le plus loin possible du mur en l’entraînant avec eux, que la lionne se réveilla. Son regard glissa le long du mur des fusillés, coulant avec appréhension sur toutes les victimes désignées. Parmi eux, de trop nombreux visages connus. Heureusement, ni Gabriel, qu’elle voyait à quelques mètres, ni Amaryllis. Mais un lot bien garni de ses amis, coéquipiers, connaissances. Nolan, dont la présence ne l’étonnait pas, bien qu’elle lui était bien sûr horrifiante. Récemment nommé préfet, le jeune homme, trop bon, trop fidèle à lui-même avait refusé d’obéir aux ordres. Voilà qu’il en payait le prix, comme les autres. S’il fallait bien trouver un avantage cela, c’est que chacun comprendrait bien assez vite que l’insigne ne protégeait de rien. Elle permettait peut-être de s’abriter un peu de la pluie, mais n’empêchait certainement pas la foudre de s’abattre sur soi. Nolan donc, le menton haut et fier, bien que légèrement tremblant. Puis chez les lions, deux membres de son équipe de Quidditch. Lou, contre qui elle n’avait strictement rien, et même, pour qui elle avait une certaine sympathie, car il ne l’aimait pas. Signe de son bon cœur. Et à ses côtés, toute recroquevillée, toute misérable … Michelle. Il était humain (et même signe de bonne santé mentale) devant un enfant effrayé que de sentir son instinct tirer son corps vers lui pour le rassurer. Mais visiblement, personne ne prit l’initiative, et la pauvre lionceaunne allait devoir prendre son courage à deux mains. De même pour la petite Andrée, qui en avait déjà vu des vertes et des pas mûres, mais qui visiblement allait encore s’en prendre plein la figure. Par qui, voilà la question.

Les yeux pervers des deux hyènes firent un tour d’ensemble dans la foule, se posèrent quelques fois sans s’arrêter réellement, puis finirent par verrouiller leurs cibles. Les bourreaux. Il suffit d’un mouvement de tête de la sœur pour que Meredith, évidemment désignée et mise à l’épreuve une nouvelle fois, se fraye un chemin entre les foules, recevant au passage des sifflements et des pincements anonymes. Elle sortit de la masse ondulante, priant tout bas les astres pour ne pas avoir à torturer quiconque qu’elle connaissait, et surtout pas Nolan. Elle avait beau tenir à sa couverture, s’il lui fallait lancer un Doloris sur cette chère tête rousse, elle rendrait les armes. C’était plus que probable, connaissant la perversion des Carrow. Mais heureusement, si le terme pouvait convenir à l’instant, elle fut placée devant une Nuncabouc aux beaux yeux clairs, peut-être un peu plus jeune qu’elle mais pas de beaucoup. Elle ne la connaissait pas, sauf peut-être d’une retenue quelconque. Et si elle lui avait déjà adressé la parole, ou assené un mot doux, elle ne s’en souvenait pas. Quoi qu’il en soit, c’était à elle qu’il lui fallait adresser suffisamment de haine pour pouvoir lancer un Doloris. Cette phrase absurde tourna dans son esprit quelques secondes. En qualité de Nuncabouc, la jeune fille devait être largement assez détestable pour elle, la couleur de son sang étant un attribut suffisant pour attiser sa colère. Mais se tenant ainsi devant elle, si vulnérable et pourtant si solide sur ses deux jambes, l’œil dur et déterminé, Meredith sentit qu’elle n’y arriverait certainement pas. Elle ne la haïssait pas, c’était un fait. On ne force pas un tel sentiment. Quand elle avait lancé le maléfice de mort sur l’illusion moldue, elle avait été miraculeusement nourrie de haine par les actes et les paroles des Carrow. Et puis, c’était le début de l’année. De la colère et de la haine, elle en avait à revendre. Maintenant, elle n’avait plus que sa colère, froide, et sa fatigue. La haine, elle la recevait, elle ne la créait pas. Donc pour la Nuncabouc qui lui faisait face, ce ne serait certainement pas aujourd’hui l’heure du supplice. Enfin, elle l’espérait. Car elle voyait déjà autour d’elle des bourreaux comme des victimes se tordre de douleur, après l’échec de leur tentative ou au contraire leur réussite.

Meredith s’apprêtait à essayer, l’expression fade et les yeux vides, quand de l’agitation se fit entendre pas très loin d’elle. Lysander Gilson, un Serpentard, venait de lancer un Doloris parfaitement exécuté sur la petite Kerimel. Enfin, c’est ce qui devait se passer, si quelqu’un ne s’était pas héroïquement – et stupidement, il fallait l’admettre – interposé. Quand la lionne reconnut l’auteure du soulèvement, elle sentit tout son corps parcouru d’un long et douloureux frisson. Lina. Son long corps harmonieux tordu et tiré au supplice, à quelques mètres d’elle, par le sortilège diablement efficace de Gilson. Avait-il donc tant de hargne en lui ? Plus que la vue d’Andrée terrifiée, plus que la perspective de devoir infliger cela à sa propre victime désignée, Meredith fut secouée d’horreur devant le pathétique spectacle du martyre de Lina sur ce sol rude et froid. Les hurlements qu’elle poussait lui entrèrent dans le crâne, lui vrillèrent les tympans. Comment pouvait-on rester si gracieuse dans un tel état de tourment ? Ses longs cheveux noirs s’emmêlaient, cachaient son visage à la vue d’Andrée et des indiscrets. Ce spectacle, plus qu’insoutenable, donnait le tournis à la préfète. Elle détourna les yeux quand Lina se mit à vomir. Elle sentait ses ongles s’enfoncer dans ses pouces plus profondément que jamais auparavant. Le sang perla, s’incrustant sous ses ongles. Un émoi profond et lancinant lui perçait le cœur. Elle se faisait violence pour ne pas se jeter auprès d’elle, ou sur Lysander, lui infliger la même souffrance. Mais elle serra sa baguette bien fort et observa en silence le sortilège prendre fin, et l’affreux Rowle sortir de son ombre ridicule pour la relever. Un élan de pitié ? Impossible. Il la mena sans plus de cérémonie à l’estrade, et la fit se poster là, en martyre publique, les cheveux et le col encore tachés de bile. Meredith respira longuement, longtemps, puis se retourna vers sa victime. Elle s’approcha d’elle, un pas seulement, et leva sa baguette.

Le regard qu’elle lança à la jeune fille était encore brûlant du tourmentant spectacle auquel elle venait d’assister, impuissante et démunie. Elle sentait la colère bouillonner encore. Mais devant la petite brune, qui attendait dignement son tour, son acidité fut douchée. Elle n’allait pas s’abaisser à invoquer une haine inexistante. C’était vain, elle n’avait pas encore ce sombre pouvoir, cette rancœur collective et aveugle. Presque certaine de l’issue de cet essai, la lionne se concentra pourtant, et prononça la formule. Elle essaya, réellement, de faire jaillit cet éclair bleu de sa baguette. Mais il n’en sortit qu’un lot d’étincelles, qui atteignirent la jeune Nuncabouc à l’épaule. A la tête qu’elle fit, les étincelles lui avaient peut-être picoté la peau, l’avaient peut-être légèrement brûlée … mais vraiment, rien de bien méchant, et certainement pas un sortilège Impardonnable. La préfète soupira, à demi soulagée, à demi démoralisée. Elle suivit le regard de la chevrette, qui semblait étonnée, rassurée … mais toujours aussi défiante. Peut-être se demandait-elle si elle aussi allait recevoir le sort d’un des Carrow. Peut-être espérait-elle que Meredith le reçoive à sa place. Mais la lionne ne l’entendait pas de cette oreille. Avec un dernier regard inquiet vers Lina, elle raffermit la prise sur sa baguette.

« Je ne connais même pas ton nom. Mais crois-moi, pour nous deux, c’est le mieux. »

Visant un instant, elle n’eut pas besoin de beaucoup de volonté pour que sa baguette lui obéisse. Maintenant, elle était habituée. Un violent Atakunto alla cueillir Clara – puisque c’était son nom – au ventre, l’envoyant valser à quelques mètres comme si elle s’était prise un terrifiant coup de poing. Sa course s’acheva quand elle percuta, pas trop fort car l’élan s’était déjà épuisé, l’estrade. Le craquement du bois fut sinistre, mais pas macabre. Meredith se mordit la joue et attendit, debout, que pleuvent les reproches, les maléfices, les rires moqueurs … rien ne vint. Captant le regard perçant d’Alecto, elle comprit qu’elle avait sauvé leur mise à toutes les deux en n’hésitant pas à punir tout de même Clara. Evidemment, personne ne le comprendrait ainsi, mais Merlin savait que désormais la préfète était rôdée. ça aurait pu être tellement … tellement pire.

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MessageSujet: Re: [Jeu 4 Decembre 97] Cours Magistral avec les Carrow Mar 20 Fév 2018 - 18:26


Jeudi 4 Décembre 1997. 21 heures. Grande Salle.

Les Carrow avaient convoqué l'ensemble des élèves de Poudlard à se réunir ce soir-là, dans la Grande Salle, pour ce qu'ils appelaient un "Cours Magistral". Autrement dit, cela n'augurait rien de bon. Que leur réservaient-ils encore ? Etait-il possible qu'ils fassent pire que ce qui était déjà arrivé, depuis leur rentrée à Poudlard ?

Alexander fit son entrée avec le flot d'élèves qui le devançait, silencieux, tête baissée, comme à son habitude. Il rejoignit les quelques Serpentard qui s'étaient regroupés, quelques mètres devant lui. L'ambiance était pesante, lourde. Cette soirée, bien qu'elle n'ait pas encore commencé, avait un goût amer. Un goût de déjà-vu... Un goût de... Nuit de Souffrance. Le coeur du jeune homme se serra à cette pensée, et il sentit une boule grandir au creux de son ventre. Les Carrow avaient-ils l'intention de remettre ça ? Avaient-ils prévu une autre séance de torture ? Dans tous les cas , cela sentait mauvais. Et la suite des événements ne ferait que confirmer les doutes du Serpentard.

- Bonsoir à tous. Je vais demander aux élèves ayant écopés d'une retenue de se placer à ma droite, contre le mur.  Vous n'avez pas besoin de vos baguettes.

Le ton employé était glacial. De quoi vous faire frissonner. Alexander releva légèrement la tête, suivant des yeux les élèves, désignés par Amycus, se décaler vers la droite. Le visage de chacun exprimait de la peur, de la crainte, de l'appréhension. La plupart d'entre eux s'étaient déjà mis à trembler, comme conscients de ce qui étaient en train de leur arriver. Conscients qu'ils étaient sur le point de souffrir, à nouveau. Bordel, mais à quoi tout cela rimait-il ? Alexander baissa à nouveau les yeux, fixant la pointe de ses pieds. Il n'entendit presque pas la voix d'Amycus qui demandait aux Nuncaboucs de rejoindre le groupe d'élèves en retenue. Il tentait de se refermer dans sa bulle, pressé d'en finir avec ces horreurs.

Il sentit remuer près de lui. Il releva les yeux, et vit la silhouette du frère Carrow se rapprocher de lui. Apparemment, il s'amusait à choisir des élèves au hasard, et à les envoyer à leur tour à sa droite. Il sentit les battements de son coeur accélérer. Allait-il en faire partie ? Amycus s'était encore rapproché. Il se crispa. C'était sûr, il allait en être. Mais contre toute attente, ce fut un élève de Poufsouffle qui trinqua à sa place. Le bras de ce dernier fut violemment saisi par le Mangemort, qui l'envoya valser un peu plus loin. Alex fut tenté de soupirer... Mais il se retint. Ce n'était clairement pas le moment de se faire remarquer.

Bordel, mais qu'était-il en train de se passer ?

-  Bien. Très bien même. Les élèves que nous allons désigner à présent iront se placer face à ceux que j'ai placé contre le mur...

Alexander eut à peine le temps de relever la tête qu'il sentit qu'on lui attrapait le bras et qu'on le forçait à se placer face au groupe d'élèves. Ses yeux se posèrent alors sur une jeune fille rousse, qu'il n'avait jamais vue auparavant. Une première année, sans aucun doute. Le regard des deux élèves se croisa. Elle semblait pétrifiée, perdue, sans savoir pourquoi ni comment elle s'était retrouvée ici. Le Serpentard était sur le point de ranger sa baguette, quand...

- Non, non, garde ta baguette, d'où tu as entendu que tu n'en avais pas besoin ?

Il grimaça, reprit sa baguette et fixa à nouveau la jeune Gryffondor qui lui faisait face.
Pendant que les Carrow poursuivaient leur répartition des duos, des milliers de questions se bousculèrent dans l'esprit du Serpentard. Pourquoi lui, pourquoi elle ? Pourquoi face à face ? Pourquoi avait-il eu le droit de garder sa baguette et pas elle ? Allaient-ils devoir s'entretuer ? Devait-il...

-  Le sortilège Doloris...

Il n'écouta pas le reste du monologue d'Amycus. Ce mot l'avait totalement fait sortir de ses songes. De nouveau, une boule se forma au creux du ventre d'Alexander, et son coeur se mit à battre précipitamment. Il venait de comprendre la raison pour laquelle les Carrow avaient décidé de tous les réunir. Et il venait surtout de comprendre qu'il était enfin temps de faire face à la décision qu'il avait prise en début d'année. Il était temps de choisir son camp... mais surtout, de le montrer. Et de l'assumer. Mais était-il prêt ? Rien n'était moins sûr.

Il tenta du mieux qu'il put de ne rien laisser paraître. De sauver les apparences, comme il l'avait toujours fait. Il serra fermement sa baguette, au point qu'il sentit ses ongles lui rentrer dans la peau. Mais surtout, il évitait soigneusement de croiser le regard de la jeune fille.

C'était donc ça, assumer ? Se retrouver face au danger, prendre ses responsabilités ?

Il ne faisait plus attention à ce qu'il se passait autour de lui. Il s'évertua à prendre son temps, pour repousser ce moment fatidique où il devrait prendre une décision... mais malheureusement pour lui... il était temps. Dans sa nuque, il perçut un souffle léger. Il ne mit pas longtemps à comprendre qu'Amycus s'était à nouveau approché de lui, et à présent, ce dernier attendait.

Et là, le déclic. Son regard se posa brusquement sur Elle. Il était devenu noir. Perçant. Ses yeux fixaient la Gryffondor. Et ce fut à ce moment-là qu'il éteignit sa conscience. La Survie. C'était tout ce qui comptait à présent. Il leva sa baguette, visa la jeune rouquine.

- Endoloris...

Pendant un instant, rien ne se passa. Comme si le temps s'était arrêté. Puis, trois petites étincelles jaillirent de la baguette du Serpentard et frôlèrent l'oreille droite de la Gryffondor.

Il avait échoué. Lamentablement. Lui qui s'était toujours targué d'être doué en Sortilèges, il n'avait même pas été capable de sortir mieux que trois misérables étincelles.
Mais ce qui le perturbait davantage était cette volonté qu'il avait eue de... de faire du mal. De faire souffrir une personne qu'il ne connaissait pas, une jeune fille totalement inoffensive, qui n'avait rien demandé à personne, qui souhaitait juste vivre et grandir. Comment en était-il arrivé là ?
Bien sûr, le Serpentard n'était pas réputé pour être un saint, mais de là à lancer des sortilèges Impardonnables ?

Il finit par sortir de ses songes lorsqu'il entendit un cri strident. Il tourna la tête et ses yeux se posèrent sur Lina, une Poufsouffle. Celle-ci était recroquevillée sur elle-même... et derrière elle se trouvait une Andrée, intacte.

- INCAPABLE, hurla-t-on.

Le Serpentard sentit une main se poser sur son épaule, et Alex fut projeté au sol, en s'égratignant le coude au passage.

- Es-tu seulement digne de la maison Serpentard ?!

Il tenta alors de se relever, déterminé, mais on le repoussa à nouveau au sol. Il vit alors Amycus se retourner vers la Gryffondor, totalement paralysée, tremblante. Et le Carrow lui infligea alors la pire des souffrances.

- ENDOLORIS !

La jeune fille fut projetée contre le mur, quelques mètres derrière elle. Elle retomba lourdement sur le sol, et poussa un hurlement qui résonna dans la Grande Salle. Repliée contre elle-même, elle suppliait le Carrow d'arrêter le calvaire. La scène était insupportable pour le jeune homme, qui préféra détourner le regard.

- Lâche ! Regarde la souffrir ! Regarde ce qu'elle subit, par ta faute !

Il reconnut la voix d'Alecto, qui se saisit de sa tête et le força à assister à la souffrance de la jeune Gryffondor. Alexander se mordit les lèvres, jusqu'au sang, tant le spectacle, qui semblait durer des heures, était cruel.

Puis finalement, Amycus décida qu'il était temps que cela cesse. Il laissa la jeune fille pantelante, effondrée au sol, comme dépourvue de toutes les forces qu'il lui restait. Alexander, tremblant, vit le Carrow s'agenouiller devant lui.

- Toi et moi, on n'en a pas fini, lui lança-t-il avant de s'éloigner vers un autre duo d'élèves.

C'était donc ça, assumer ?

Le résultat était pathétique, pitoyable, tout comme l'attitude du Serpentard. Et il en était parfaitement conscient. Et cela remettrait sûrement tout en cause.
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MessageSujet: Re: [Jeu 4 Decembre 97] Cours Magistral avec les Carrow Lun 26 Fév 2018 - 19:41

Elle ne savait pas ce qui la rendait aussi inconfortable dans cette annonce : le fait que le cours se déroule aussi près du couvre-feu, une contradiction claire de leurs nouvelles mesures, ou le commentaire mystérieux que les étudiants en retenue feraient celle-ci pendant le cours. Quelque chose d’étrange se tramait, ce qui n’était pas tant surprenant lorsqu’on considérait le professeur qui enseignait le cours de magie noir, au plus grand malheur des élèves de l’école. Depuis l’arrivée des Carrow au sein du château, les horreurs et les surprises terrifiantes s’accumulaient sans cesse, créant cette atmosphère de terreur qui refusait de s’éclipser et dès que leur nom était associé à une activité, plusieurs alarmes intérieures sonnaient, un boucan d’enfer résonnant en elle. Les serpentards étaient tous réunis dans leur salle commune, se préparant au départ imminent vers la grande salle pour le cours spécial annoncé, la consigne d’être ponctuel sonnant haut et fort tandis que le nouveau préfet réunissant tout le monde, préparant le départ imminent. La serpentard lança un coup d’oeil vers son ami, l’épinglette bien accrochée à sa cape noire, avant qu’elle ne s’éloigne quelque peu du groupe, et du vert et argent par le fait même, préférant prendre les arrières de la belle chaîne humaine qu’ils étaient. Elle détestait les promenades groupées de ce genre où tous les serpents étaient bien rangés, en ordre d’années, tel un troupeau de moutons marchant vers l’abattoir sans même se poser la moindre question sur leur sort. Le chemin se fit en silence, quelques murmures osant s’élever ici et là tandis qu’ils atteignaient la grande salle pour leur cours spécial. La première chose que la vipère remarqua fut l’absence de professeurs, seuls les Carrow s’y trouvaient, un sourire malsain se dessinant sur leur visage à l’arrivée des élèves et ses entrailles se tordirent à cette réalisation : cela n’annonçait rien de bon. Des souvenirs de la nuit des souffrances flottaient au-devant de son esprit tandis qu’elle prenait place du côté gauche de la salle, suivant docilement les ordres des mangemorts, sa baguette bien en place dans sa poche, les nuncaboucs et élèves en retenue prenant place à l’opposé, complètement désarmés. Le silence se retrouva rapidement briser par l’horrible mangemort qui s’empressa de leur révéler le but de ce cours spécial, exposant les détails de leur exercice pratique. Ils devaient quoi ?! La serpentard resta figée sur place, observant les mangemorts se délecter de leur idée tordue et se hâtant d’effectuer une première démonstration en nominant Crabbe. Le silence était lourd, pesant, des regards horrifiés étaient partagés de part et d’autre tandis qu’un de ses camarades torturait un élève, armé d’un plaisir malsain.

- À vous. Un par un. Et n'essayez pas de me désobéir, ou je m'efforcerai de vous refaire la démonstration du sortilège sur chacun d'entre vous.

Ariane Hepburn se retrouva devant elle, prenant le rôle de la victime dans cet exercice détraqué et dérangé. Elles se connaissaient de nom et de visage, étant toutes deux dans la même année, mais c’était tout. Elle était une gryffondor et elle était une serpentard, les deux revers d’une même médaille, des ennemis prédestinés à se détester. Le concept de maison semblait soudainement lointain, une théorie utopique séparant les étudiants par les traits qui les définissaient le plus, mais ils étaient tous, au final, des élèves d’une même école. Son rang de nuncabouc ne faisait qu’ajouter une information supplémentaire sur son héritage, sans réelle importance pour la sang mêlé, mais qui était regardé d’un oeil dévalorisant par les mangemorts qui trônaient sur l’école, la reléguant comme victime parfaite pour le doloris qu’elle devait jeter. Le visage de la vipère n’était que glace, un vide parfait d’émotions tandis qu’elle toisait la jeune fille devant elle, se demandant une énième fois ce que Poudlard était devenu alors que les premiers cris s’élevaient dans la salle, écorchant les oreilles de la vipère. Elle osa un petit coup d’oeil, retenant la grimace qui souhaitait s’étendre sur son visage à voir autant de douleur, partout autour d’elle, de part et d’autre de la grande salle. Elle aperçut le corps de Lina se convulsant au sol sous la baguette du mangemort et elle dut combattre tous ses instincts pour garder son masque de glace alors qu’elle observait de sa position son corps se tortiller dans tous les sens. Elle se mordit violemment la langue, refusant d’émettre le moindre son qui pourrait trahir ses états d’âme, mais elle n’arrivait pas à détacher son regard de la pousouffle. Elle fixa son amie pendant de longues secondes, priant pour que le sort se termine rapidement, mais celui-ci semblait vouloir éterniser le temps, reproduire la pérennité et l’infinie et la serpentard ne put regarder le spectacle un instant de plus, reportant son attention sur sa victime. La jeune Trown retint une nouvelle grimace à l’idée d’effectuer elle-même cet exercice, préférant éviter de montrer la moindre émotion et d’ainsi s’attirer les foudres d’un professeur qui interpréterait le tout à sa façon. Heather était violente, colérique et rageuse, rien de bien nouveau, mais le sortilège impardonnable était d’un tout autre horizon, d’un tout autre niveau de haine qu’elle conservait précieusement pour une seule et unique personne. Et cette personne n’était pas Hepburn. Elle jeta un coup d’oeil aux redoutables frère et soeur, calculant rapidement le temps qu’il lui restait avant que ce ne soit son tour d’effectuer le cruel exercice, le temps s’écoulant beaucoup trop rapidement à son goût. L’homme l’avait remarqué et s’approchait, un sourire malsain au visage, les secondes tombant à une vitesse affreusement accélérée par son esprit trépidant : Trois, deux, un.

- Mais qu’est-ce que tu attends ? Lance le sort, elle ne mérite rien de mieux la sang-de-bourbe.

Sa voix lui fit défaut et elle hocha sèchement de la tête, confirmant qu’elle avait bien entendu l’ordre, bien entendu ce qui était attendu d’elle, et surtout, bien entendu la menace cachée derrière son ton déplaisant si elle osait refuser de participer à l’exercice pratique. D’un mouvement brusque, elle leva sa baguette, pointant le bout de celle-ci sur la victime désignée, ladite sang-de-bourbe. Elle resta figée un instant, le bras droit et rigide, et elle serra la mâchoire, l’agitation grimpant sournoisement en elle. Elle sentait le regard d’Amycus dans son dos, brûlant sa peau et nouant ses entrailles. Comment était-elle censée vouloir autant de mal à une personne qu’elle connaissait si peu ? Certes, elle aurait pu trouver moyen de lui souhaiter une peine d’amour, de lui souhaiter de se couper avec son parchemin en écrivant un devoir quelconque ou de lui souhaiter de se casser un poignet en tombant de son balai, si elle se forçait réellement, mais le sort doloris ? C’était trop. Elle avala de travers, puis d’un ton sec, elle prononça l’incantation, son poignet accompagnant sa voix du mouvement requis pour que le sort fonctionne.

- Endoloris!

Mais sa baguette resta inoffensive, un simple bout de bois qui semblait si lourd dans sa main moite. Aucune étincelle n’illumina le bout de sa baguette, aucun cri n’accompagna le sort, rien, qu’un inconfortable silence tandis que la serpentard gardait son regard fixé sur sa victime attribuée, refusant de jeter un coup d’oeil au professeur à quelques pas d’elle. Sa baguette resta levée devant elle, toujours pointée droit devant, mais elle n’avait pas la volonté de réessayer ce sort qu’elle savait qu’elle échouerait de nouveau. C’était une perte de temps tout ça. Un frisson parcourut son corps, électrifiant ses nerfs tandis que le mangemort soupirait théâtralement à ses côtés, posant une main lourde sur son bras pour la forcer à le baisser. Elle suivit le mouvement, priant pour que l’homme cruel ne sente pas les tremblements de sa peau sous son touché déplaisant, espérant qu’elle ne subisse par les fureurs du mangemort reconnu pour son tempérament explosif, la démonstration effectuée sur Lina contenant de brûler dans son esprit.

- Décevant… Très décevant et ça se dit serpentard… Regarde-moi bien faire, car la prochaine fois que je te demanderai d’effectuer ce sort, tu le regretteras si tu échoues de nouveau.

Et d’un coup de sa baguette, le bout de bois frappa les airs tel un coup de fouet éclatant, le sort doloris fusa, allant percuter la poitrine de la nuncabouc de son jet rouge sang. La vipère serra les poings autour de sa baguette, ses jointures approchant dangereusement d’une couleur blanchâtre cadavérique tandis qu’elle observait sa camarade se faire torturer devant ses yeux. Son masque se remit en place sur son visage et Heather dut user de tout le contrôle qu’elle possédait pour éviter que le dégoût ne s’affiche sur ses traits, que l’horreur n’envahisse ses iris. Elle resta stoïque, observant la douleur submerger chaque parcelle du corps de la jeune fille, refusant de laisser entrevoir ses réelles émotions, s’accrochant à une seule pensée, le reflet de son instinct de survie, l’éclipse d’un état égoïste : au moins, ce n’était pas elle.

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POUFSOUFFLE7ème annéePréfète-en-chefMODO
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MessageSujet: Re: [Jeu 4 Decembre 97] Cours Magistral avec les Carrow Jeu 1 Mar 2018 - 21:02


On y revenait toujours. La Grande Salle, ce lieu central de la vie du château, qui rassemblait quotidiennement l’ensemble des étudiants, et théâtre de tous les drames qui avaient secoué l’école. Et tandis qu’elle marchait vers cette destination qu’elle évitait depuis plusieurs mois, Carlie se doutait que cette nouvelle soirée n’allait pas faire exception. Aux côtés d’Amaryllis, elle aussi silencieuse, la jeune femme n’osait demander à haute voix ce que son amie pensait qu’il allait pouvoir arriver cette fois. Mais c’était inutile, car les cerveaux des deux Poufsouffles ne pouvaient pas prétendre rivaliser avec ceux des Carrows. Elle espérait juste que cette fois, elle serait une élève comme les autres, et non pas la Préfète en Chef. C’était trop lourd à porter, et encore plus depuis l’épisode avec les Nuncaboucs…

Toujours silencieusement, la gorge nouée par l’angoisse, Carlie observait le manège qui se déroulait devant ses yeux. Le flot des élèves s’était enfin tari, et le regard avide qu’Amycus posait sur eux était glaçant. Une nouvelle nuit de souffrance les attendait-il ?

« Bonsoir à tous. Je vais demander aux élèves ayant écopés d'une retenue de se placer à ma droite, contre le mur.  Vous n'avez pas besoin de vos baguettes. »

Elle déglutit, en observant les visages familiers et moins familiers de ses camarades en retenue. On aurait dit des condamnés au peloton d’exécution… Ils allaient servir d’exemple, pour avoir osé enfreindre le règlement, ou simplement avoir eu la malchance de les perturber. Elle reconnut les cheveux roux de Nolan, et espéra qu’il n’était pas là à cause de leur virée dans les serres un mois plus tôt… Mais elle y serait également si c’était le cas. Puis son cœur se serra douloureusement dans sa poitrine, comme à chaque fois qu’elle voyait Mike Wicker, lui aussi dans le rang des accusés… Qu’allait-il bien pouvoir subir comme atrocité ?

« Les élèves que nous allons désigner à présent iront se placer face à ceux que j'ai placé contre le mur »

Carlie étouffa une exclamation de stupeur. Le voilà, le peloton d’exécution. Des élèves qui allaient en punir d’autres. Blessures physiques et morales, potentiellement irréversibles. Ses mains recommencèrent à trembler, comme à chaque fois que l’émotion s’emparait d’elle, trop puissante, et elle serra les poings, priant pour ne pas faire partie des bourreaux. Etre un spectateur inactif est toujours plus simple que d’être un acteur obligé d’agir contre sa volonté. Selon ce qu’on allait leur demander, elle ne pourrait pas le supporter. Et pourtant, lorsque la sœur Carrow la désigna de son doigt, c’était comme une évidence. Elle ignorait ce qu’elle avait fait au karma, mais ce dernier avait décidé de lui faire payer cette année. Fébrile, vertigineuse, elle rejoint la file des accusés, priant de toutes ses forces pour au moins se retrouver face à un élève qu’elle ne connaissait pas. Mais elle n’eût d’autre choix que de se retrouver face à Mike… Et elle chancela sur ses jambes, trop faibles pour la supporter. Elle retrouva malgré tout son équilibre, et planta son regard dans celui de son ancien ami, qu’elle avait déjà beaucoup trop blessé. Ils ne s’étaient plus reparlés depuis qu’elle l’avait quitté, un peu plus d’un an auparavant, mais la culpabilité la rongeait toujours. Et voilà qui n’allait certainement pas le faire changer d’avis à son sujet.

Ils attendaient, chaque duo d’élèves, de connaître le sort qui leur était réservé. Certains des bourreaux souriaient, mais beaucoup semblaient avoir le cœur au bord des lèvres. Carlie peinait à reprendre son souffle, bloqué dans sa gorge. Ses yeux la démangeaient, signe annonciateur des larmes qu’elle ne pourrait pas retenir. Puis Amycus prononça le terrible mot, le sortilège atroce qu’ils allaient devoir leur infliger. La torture. Au moins, il fallait désirer la souffrance des autres pour que le sortilège fonctionne. Donc Mike ne devrait pas avoir à souffrir, et ce serait sûrement elle qui prendrait à sa place. Tant mieux, elle préférait encore ça. Elle préfèrerait même que les rôles soient inversés. Tout, sauf infliger ça à son ami.

Les cris commencèrent à résonner dans la salle, glaçants. La nausée l’envahit, mais elle se concentra sur ses pieds, suivant les rainures des dalles, pour s’empêcher de regarder autour d’elle. Elle ne pouvait plus soutenir le regard du Gryffondor en face d’elle, elle voulait seulement disparaître dans le sol de cette salle. Puis ce fut son tour, elle ne pouvait plus reculer. Elle serra sa baguette tellement fort dans sa main qu’elle eût peur de la casser. Elle releva les yeux, les larmes lui brouillant déjà la vue, tandis que sa respiration s’accélérait. Elle leva ce morceau de bois qu’elle avait envie de briser, et le pointa sur Mike. Je suis désolée. Je suis désolée. Je suis désolée. Puis ce ne fut plus son ami qu’elle avait sous les yeux, mais Amycus Carrow. Et la haine s’empara d’elle. Puissante. Dévastatrice.

« Endoloris »

Ce n’était qu’un murmure, sa voix était trop faible pour s’affirmer plus. Elle regarda avec stupeur le jet de lumière rouge s’échapper de sa baguette, et atteindre sa cible. Mais ce n’était plus le frère Carrow qu’elle avait sous les yeux. Impuissante, les yeux écarquillés d’horreur, la Préfète en Chef observa son ami se tordre de douleur à ses pieds. Elle n’entendait pas les sanglots qui sortaient de sa propre bouche, couverts par les hurlements de Mike. Comment ? Pourquoi avait-elle réussi à lancer ce sortilège ? Elle ne haïssait pas Mike. C’était la folie de ce moment qui lui avait joué un tour, et voilà qu’il se retrouvait sa victime. Elle interrompit le sort d’un coup de baguette, et résista à l’envie de le prendre dans ses bras. Elle ne pouvait pas bouger de toute façon, toujours figée d’effroi face à ce qu’elle avait été capable de faire. C’était un pas de plus sur l’escalier de sa descente aux enfers. Elle observait juste Mike, les larmes dégringolant ses joues. Elle jouait toujours sa place de Préfète en Chef, elle le savait. Et encore une fois, ce rôle infâme l’empêchait de sauver ceux qu’elle aimait.

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Carlie E. Peters
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MessageSujet: Re: [Jeu 4 Decembre 97] Cours Magistral avec les Carrow Sam 10 Mar 2018 - 17:12


Andrée n’avait pas lu le message affiché sur le panneau d’affichage ; à vrai dire, elle n’osait même plus poser les yeux dessus. Trop de peur, de cauchemars, de promesses de tortures – à chaque fois que quelque chose de nouveau y était annoncé, c’était toujours la catastrophe. Les deux fois les plus marquantes, évidemment, demeuraient la nuit horrifique d’Halloween et le cours de soutien de Magie Noire. Même si ce dernier n’avait pas été à proprement parlé la calamité qu’elle avait attendue, les Détraqueurs restaient imprimés vaille que vaille dans sa rétine et la sensation glacée qui avait couru dans ses veines refusait toujours de s’estomper.
 
Un peu sensible, peut-être ? Sans doute, mais Andrée le vivait comme un néant perpétuel qu’elle n’arrivait pas à affronter. C’était un peu trop pour elle, un peu trop pour ses nerfs d’enfant, un peu trop pour ses démons de fillette.
 
C’était Fanny qui l’avait prévenue ce soir-là. Elle ne savait toujours pas comment la gamine en était venue à avoir connaissance de la retenue – peut-être cette peste qui l’avait dénoncée le lui avait-elle répété ? - ; toujours était-il qu’elle était arrivée, juste avant le dîner, une lueur alarmée dans son regard et les mains crispées semblant se tordre seules autour d’un nœud imaginaire. Andrée avait froncé le nez, d’abord sceptique, sans vouloir la croire : depuis quand faisait-elle confiance à Fanny ? Elle n’était même pas son amie.
 
Mais la sentence était là : le panneau d’affichage ne mentait vraisemblablement pas.
 
Et les Carrow ne plaisantaient jamais lorsqu’on parlait de retenue.
 
Alors elle s’était avancée dans la salle, vingt-et-une heure pétante, larmes à peine contenues et corps tremblotant d’anticipation, sur la pointe des pieds – peut-être que de faire le moins de bruit possible l’aiderait. Le seul point positif, dans cette histoire, c’est qu’elle avait pu dormir deux heures de plus – annulation du cours de Magie Noire oblige. Il fallait voir le bon côté des choses, même si ce n’était pas dans sa nature. Peut-être qu’ainsi, elle supporterait mieux la douleur, ou l’humiliation, ou la colère des adultes, ou toute autre chose dégradante que les Carrow lui feraient subir. Arrivé à un certains point, l’humain était obligé de faire des concessions vis-à-vis de sa propre personnalité : ceci en faisait partie.
 
Andrée avait peu d’amis et certaines mauvaises langues disaient parfois qu’elle n’en avait pas du tout – c’était faux. Elle avait eu Abigail, qui était partie du jour au lendemain. Elle avait pleuré pendant des jours et avait gardé les yeux gonflés une semaine de plus. Il y avait Alexandre, qui veillait toujours sur elle comme un frère protecteur sur sa petite sœur. Il y avait Aileen, rassurante dans sa Salle Commune. Et il y avait Lina, toujours là pour elle, qui tenait le rôle tout à la fois de meilleure amie, de grande sœur de cœur et de maman de substitution, un peu plus aimante que celle qu’Andrée avait toujours connue.
 
Et à ses amis, Andrée y tenait plus que tout.
 
Alors quand elle entra dans la Grande Salle ce soir-là et qu’elle aperçut la Poufsouffle dans un coin de la salle, son cœur se serra. Lina n’avait pas l’air très en forme ; elle était pâle, ou en tout cas plus que d’habitude, et une inquiétude latente demeurait dans ses yeux. Elle aussi, avait-elle été convoquée à la retenue ? Ou faisait-elle partie de ceux qui apprendrait ce soir-là, qui participerait au cours de Magie Noire ?
 
Une fois que tout le monde fût là – et Andrée n’en doutait pas, car qui oserait défier l’autorité des chargés de discipline ? -, les Carrow commencèrent. Les étudiants se séparèrent en deux groupes : Andrée faisait partie de celui qui devait s’aligner contre le mur. Cela lui fit douloureusement penser aux livres d’images qu’elle avait l’habitude de lire, petite, pendant les cours d’histoire qu’on lui avait dispensés. Dans le temps, les condamnés à mort devaient se ranger contre une façade et les soldats pointaient leurs fusils sur leurs têtes ; on entendait la détonation à des centaines de mètres à la ronde et les corps s’effondraient comme des pantins dont les fils auraient été rompus. Andrée n’aurait pas dû lire ce genre de livre – sa mère s’y était toujours formellement opposée. Mais sa curiosité naturelle et son incitation à faire des bêtises, qu’elle avait allègrement partagés avec Emilie, l’avait poussée à les feuilleter.
 
Les images et les mots étaient restés gravés dans son esprit, même des années après.
 
Andrée serra les dents très fort. Les élèves qui ne participaient pas à la retenue se mirent un à un en face d’un puni ; tout près d’elle, il y avait Lina et son teint cadavérique. En face d’elle, un étudiant de sa Maison, beaucoup plus âgé qu’elle-même. Lysander, si elle se souvenait bien – elle commençait tout juste à retenir les noms de ses camarades. C’était ironique qu’elle s’en rende compte précisément le jour de sa condamnation.
 
Elle l’avait déjà croisé à plusieurs reprises et sans qu’elle ne s’explique pourquoi, une vague de reconnaissance montait toujours en elle lorsqu’elle croisait ses yeux. Son visage était impressionnant, mais quelque part elle ne croyait pas qu’il était capable de faire du mal (1). Jusqu’à aujourd’hui – ses pupilles étaient sombres et ses traits étaient fermés.
 
Il avait l’air dangereux. Décidé, concentré.
 
L’un des Carrow donna l’exemple, elle refusa de regarder. Les larmes coulaient déjà. Pourquoi, à chaque fois qu’elle était convoquée quelque part, ces traîtresses faisaient-elles toujours leur apparition ? Pourquoi n’était-elle pas capable de les retenir et pour une fois, de montrer sa force – ou plutôt, de cacher sa faiblesse ? Pourquoi devait-elle toujours être la victime et jamais celle qui frappe ?
 
Elle s’en voulut immédiatement pour ses pensées ; elle ne se pensait de toute façon pas capable d’attaquer quelqu’un de sang-froid, qu’il ait son âge ou qu’il soit plus vieux – preuve en était du cours collectif d’Etude des Moldus qu’ils avaient eu au début de l’année.
 
Lysander leva sa baguette au ralenti. Il semblait avoir serré les lèvres, peut-être pour rassembler son énergie, peut-être pour se concentrer encore un peu plus. Andrée espéra qu’il ne lance pas d’informulé, ces sortilèges non-prononcés que sa mère avait coutume de lancer pour effectuer ses tâches ménagères. Dans la tête de la fillette, c’était ainsi : pas de parole, pas de préparation mentale, plus de douleur. Plus de cri, plus de pleurs, plus d’humiliation. Et plus de discrétion.
 
Ses yeux papillonnèrent entre Lina et son bourreau, affolés. Elle essaya de les rendre fixes – mission impossible. Elle ne voulait pas avoir l’air de demander de l’aide à son amie, mais son corps paraissait en avoir décidé autrement. Trop de peur, trop d’inquiétude, trop de douleur en perspective. Rien pour se rassurer, rien pour rassurer les autres – rien pour essayer de sourire.
 
Lysander avait ses yeux plantés dans les siens, même si ces derniers s’enfuyaient régulièrement.
 
« Ce sera plus dur si tu appréhendes », entendit-elle à travers le brouillard – elle était presque sûr que ça venait de son bourreau. Et sans qu’elle ne contrôle rien, elle se mit à rire convulsivement. Sans doute que c’était le trop plein d’émotions qui explosait – pour autant, ça devait être un peu effrayant à observer, et Andrée se força à se calmer pour ne pas subir les foudres des Carrow. Bien heureusement, ils ne l’avaient pas remarquée.
 
Elle cessa de rire juste à temps pour voir le corps tremblant de Lina. Au sol, presque sans vie. Alors c’était ça ? Le regard vide d’Andrée chercha la silhouette de Lysander, qui s’était déjà faite écartée de son champ de vision. Quelque part, la fillette était déçue ; elle s’était naïvement imaginée qu’entre Serpentard, on se soutenait.
 
Ses iris amorphes revinrent vers son amie et tout son corps se secoua lorsqu’elle avisa l’adulte qui approchait. Elle voulut crier – non ! Le professeur Rowle n’était pas connu pour sa mansuétude. Le cris resta bloqué dans sa gorge, ses membres demeurèrent paralysés, et Lina fut emmenée loin d’elle et loin de son bourreau. Quand il revint, rien n’avait bougé. C’était comme si Andrée s’était définitivement déconnectée de la réalité, comme si plus rien n’avait vraiment d’importance. « Un jeune homme qui préfère torturer les enfants, c’est peu commun », comprit-elle de loin, mais encore une fois, c’était relativement flou.
 
Dans une mécanique de membres rouillés, Andrée tenta de se mettre en route. Les Carrow et Lysander étaient désormais bien loin derrière elle – en fait, plus rien ne comptait vraiment, à part cette vague impression qu’elle devait rejoindre Lina. C’était un peu semblable à la sensation qu’elle avait eue lorsque le premier – et le seul – Doloris qu’elle avait reçu s’était éteint ; une sensation de complète errance, de détachement de l’esprit, de trouble vaseux qu’elle ne savait identifier.
 
De toute façon, elle était trop à l’ouest pour tenter d’identifier son état d’hébétude.
 
Andrée s’accroupit finalement tout près de Lina. Elle respirait encore difficilement, mais elle semblait indemne – en tout cas de l’extérieur. Le sort n’avait pas dû la toucher très longtemps.
 
Elle l’enlaça, ouvrit la bouche, la referma. Elle aurait sincèrement voulu trouver quelque chose à dire – le seul problème, c’est qu’elle avait l’impression de ne plus savoir parler. Pas seulement parce que les mots semblaient superflus – c’étaient surtout que ses cordes vocales étaient comme cassées, fatiguées de s’être retenues de crier, fatiguées d’avoir pleuré silencieusement, et qu’elle n’avaient pas l’air de pouvoir répondre aux injonctions d’Andrée.
 
Alors la fillette serra son aînée plus fort encore, comme si elle était capable de tout réparer, comme si cette simple étreinte pouvait faire oublier.
 
 
-
 
 
(1) Je fais référence à la nuit d’Halloween, où Lysander est venu aider Andrée à défaire la piñata et passer au-dessus de ses échecs. Elle ne le reconnaît pas tout à fait à cause du costume qu’il portait, mais j’imagine qu’il y a des restes.


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MessageSujet: Re: [Jeu 4 Decembre 97] Cours Magistral avec les Carrow Dim 1 Avr 2018 - 23:12



__ Je n'ai pas faim, déclina Léon en voyant Charles prendre la direction de la Grande Salle.  

Son ami le gratifia d'un regard plein de doutes mais le nouveau Préfet avait déjà tourné les talons, se frayant un chemin à coup d'épaules et de regards réfrigérants. Ce n'était de toute façon pas un mensonge : cette journée craignait et il n'avait aucune intention de s'imposer encore plus de contraintes qu'elle n'en promettait déjà. Il avait posé ses yeux sur le dos d'Heather dans la Grande Salle dès le matin, juste avant de prendre la descision de sauter une nouvelle fois le petit déjeuner. Il avait rôdé dans les couloirs sans but précis avant de s'engouffrer dans la salle de son premier cours, s'installant à côté de la première personne sans intérêt sur laquelle il avait posé son regard. Tout pour éviter les oeillades condescendantes de Charles, ses reproches sur les cernes noires encadrant ses yeux, ses interrogations muettes et ses injonctions toutes aussi silencieuses d'aller parler à la jeune femme qui hantait ses pensées. Consacrant toute son énergie à éviter la vipère, il avait finalement opté pour sauter également le déjeuner, non sans récupérer quelques tranches de pains beurrées avant de filer vers une salle vide, la bibliothèque occupée par Holbrey n'étant pas non plus un refuge digne de ce nom. Penser au bibliothécaire l'avait mis sur les nerfs pour l'après-midi entière et c'est seulement en ayant vent du cours Magistral du soir que toute cette rage s'était désintéressée de l'adulte pour se diriger vers la fratrie de Mangemorts.

C'était le détail de trop. Il en avait plus qu'assez, de cette mascarade qui avait débutée en tombant sur Heather côtoyant le bibliothécaire avec beaucoup trop de promiscuité. La jalousie avait fait fuire rapidement et lamentablement  son amie de toujours, creusant un peu plus le sentiment de solitude. Et puis la torture s'était poursuivie, prenant la forme d'un insigne lourde de sens et de conséquence, dont il avait senti la brûlure lorsqu'il avait due l'accrocher à sa robe de sorcier. Une véritable cible, ode à la méfiance de ses condisciples et promesse d'être remarqué par les mangemorts au moindre faux pas. Cela en était presque comique, l'enchanteur enchanté. Cette g*rce de Brenckenridge (<3) devait en être toute émoustillée de voir sa prémonition se réaliser. Machinalement, il gratta la brûlure marquant son cou, souvenir de son altercation avec la préfète des Rouges et Or. Qu'elle se rassure, il n'avait pas oublié.
C'était trop, cette année était de trop. Un vrai chao. Et ce soir il fallait retourner sur le lieu où la réalité de la guerre s'était retrouvée ancrée dans sa chaire à coup de Diffindo, pour un idéal qu'il n'avait même pas contredit et un autre qu'il n'avait même pas soutenu en lettres lumineuses et outrageantes. Il y avait un air de déjà vu à les convoquer ainsi dans la Grande Salle, n'est-ce-pas ? Les Carrow auraient pu pousser le vice jusqu'à rendre l'affiche accueillante que le message n'aurait pas été moins subtile : souffrance. Encore, toujours, peu importait le jour ou l'heure, Poudlard sentait le rancie et la mort de la même manière que les visages s'éteignaient un à un. Ce n'était plus une école, c'était un cimetière où les futures victimes déambulaient en attendant qu'on leur désigne la tombe dans laquelle se coucher. Il fallait être aveugle pour ne pas penser que ce nouveau cours aller éteindre le peu de vie que certains réussissaient à faire survivre au fond de leur iris. L'approche n'était-elle pas limpide ? Depuis Octobre, trop de plaies avait cicatrisées et il était grand temps de rouvrir les chaires rosées pour y déverser un peu d'acide. Merlin qu'il avait hâte.

Il se dirigea d'un pas nonchalant vers la salle commune, retirant son tee-shirt une fois dans le dortoir, son regard inévitablement attiré vers les cicatrices encore rosies qui s'étalaient sur sa peau pâle. Il grimaça, tordant la tête et se contorsionnant pour passer un doigt sur celle prenant naissance près de son épaule et dont il suivi le trajet aussi longtemps qu'il le pouvait. Il s'en détacha après de longues secondes, troublé comme toujours. Il hésitait entre la colère et la résignation. Dans un premier temps, il aurait beaucoup donné pour de meilleurs soins afin de voir les marques disgracieuses quitter sa peau, comme s'il avait voulu effacer ces preuves irréfutables de la peur et de l'impuissance qu'il avait ressenti lors de cette soirée. Une autre idée s'était opposée, plus réfléchie, plus douloureuse également : elles devaient être surtout un moyen d'avancer. De se rappeler une chose. Plus jamais. Plus jamais il ne voulait se retrouver dans cette situation. Cette certitude cheminait avec lenteur, si insidieuse que Léon avait eu bien du mal à la reconnaître si bien que lorsqu'il l'avait identifiée, elle s'était déjà bien immiscée au sein de ses certitudes. Sans qu'il ne sache encore comment la faire aboutir. Son esprit recommençait, tourbillonnant de questions à lui en donner le tournis. Il fouilla quelques instants dans la valise entre-ouverte au pied de son lit, tirant un pull fin en coton noir qu'il passa avant de se laisser tomber tout habillé sur son lit, non sans avoir ensorcelé le réveil sorcier sur sa table de chevet afin qu'il ne le tire d'un potentiel sommeil. Potentiel parce qu'il était incapable de se laisser aller à un état de conscience réparateur, se contentant de voguer sur les interrogations existentielles, qui ne trouvaient pas de meilleurs moments pour frapper à la porte de sa conscience que lorsqu'il tâchait de fermer ses yeux. Une femme hantait ses nuits, se plaisant à prendre des identités différentes mais toujours animée d'une même volonté : l'empêcher de rejoindre Morphée. Le cadavre d'Elène s'amusait à prendre les traits d'Heather pour finalement se changer en ceux de sa mère, le malmenant jusqu'à l'éveiller en sursaut, des larmes souvent pleins les yeux. Meurtrier, fils indigne, déception. Chacune des trois femmes lui murmurait son propre adjectif jusqu'à ce que l'écho se répète même lorsqu'il était éveillé. Il était éreinté. Littéralement sur les rotules. Et il aurait beaucoup donné pour une nuit sans rêves. Plus les jours avançaient, plus il craignait de se glisser dans les draps glacials de son lit, comme déjà certains de ne pas trouver le réconfort d'un sommeil sans cauchemars. Cela n'arrangeait rien, la fatigue rajoutant à sa tendance à la dramatisation. Et le silence d'Heather qui s'éternisait. Et aucune lettre alors que cette journée aurait pourtant méritée un effort, même pour une mère aussi désireuse d'oublier ce jour. Holbrey qui n'arrangeait rien. Les Carrow qui trouvaient qu'il fallait en remettre une couche. Il n'allait pas survire à cette soirée. Ni à cette nuit à lutter contre ses propres démons.

Il entendait son propre coeur pulser contre ses tempes, au bout de ses doigts, dans son torse. Il ne savait pas l'expliquer, mais il l'entendait, le son prenant de plus en plus d'ampleur jusqu'à devenir désagréable. Assourdissant. Le battement rythmé berçait ses nuits de son incessante mélodie et il avait l'impression de s'entendre murmurer à l'infini Tu ne dormiras pas . Il soupira, agacé, écartant les bras pour signifier sa lassitude, bien qu'il n'y ait pas âme qui vive dans la pièce. Mais le tempo continuait à battre le rythme et bientôt, le son de sa propre respiration lui paru également bien trop fort. Il ferma les yeux avec plus de vigueur, mais il savait déjà qu'il ne réussirait pas à s'apaiser. Une porte grinça. Dans la salle de bain jouxtant le dortoir des septièmes années, un clapotis se rajouta au chant de l'insomnie qu'il connaissait déjà par coeur. Quelques brides de voix s'invitèrent, puis des bruits de pas dans les escaliers. Les yeux gris s'ouvrirent en un éclair et il se redressa, énervé contre la terre entière mais surtout contre lui-même. Attrapant sa baguette qu'il glissa dans la poche arrière de son jean, il s'enveloppa dans sa cape de sorcier aux couleurs vertes-et-argent avant de se mirer une dernière fois dans le miroir. Il avait beau faire un mètre quatre-vingt dix, il se sentit ridiculement vulnérable. Bien qu'invisibles, les plaies de son dos semblaient presque pouvoir se deviner dans les traits tirés de son visage et dans le voile obscurcissant ses yeux. Il se donnait l'impression d'une proie déjà à l'agonie et ayant ajustée ses pansements pour éviter que ses blessures soient trop apparentes, mais dont le sang gouttait quand même au sol, rendant l'illusion caduque. Il n'avait pas encore fait la paix avec la nuit de souffrance que déjà il fallait se rendre à la suivante. C'était trop tôt. Et pourtant, le réveil sonna pour lui rappeler que finalement, c'était l'heure.

Le vert et argent rejoignit la salle commune baignée dans son perpétuel halo vert, élevant un peu la voix pour que les Serpentards se décident à rejoindre le cours magistral. Il capta le regard de Gilson, chargé de reproches, qu'il accueillit sans broncher, surtout de la part de ce type à qui il n'avait jamais rien fait pour attiser une quelconque animosité. Le voir avec cet insigne de Préfet devait être une aubaine pour lui, une vraie offrande à l'offuscation qui transpirait par tous les pores de sa peau. Fais attention, Gilson, où je t'enfonce cet p*tain d'insigne tellement loin dans la l'oesophage qu'il sera plus facile pour toi de l'éliminer par le trou du c*l, songea Léon en lui rendant un regard chargé de haine. Un jour, il faudrait qu'il pense à éternuer sur ce trouillard de Lysander afin de voir s'il se faisait dessus, comme le prétendait Heather. Songer à son amie ranima la douleur de leur dispute et il se renfrogna un peu plus, tellement qu'il en venait à se demander si cette mine énervée n'allait pas devenir son nouveau visage. Ils rejoignirent bien vite la Grande Salle et Léon ne put retenir le frisson de peur qui le traversa lorsqu'il s'aligna en rang symétrique avec ses condisciples. Le sentiment de déjà vu le frappa de nouveau et il dû se faire violence pour tenir les rangs et retenir les tremblements qui menaçaient de révéler à tous la frayeur qui prenait doucement possession de lui. Quoi que, la moitié avait vu l'Epouvantard du cours de Rogue prendre les traits de la soeur Carrow et ceux ayant échappés à ce spectacle avaient dû se le faire raconter par Brenckenridge où la froideur en personne, ou bien Gilson et son incarnation de la lâcheté. Il  retînt à grande peine un regard sur l'assemblée mais fut trop long, l'océan orageux de son regard trouvant sans mal la silhouette maigrichonne d'Heather. Et m*rde.

La voix d'Amycus résonnait et l'adolescent se tendit encore plus sous les inflexions doucereuses, sadiques et pleines de promesses cauchemardesques. Ce que proposait le Mangemort lui donnait la nausée et il se félicita d'avoir sauté tous les repas de la journée. Il doutait qu'Alecto ou son frère n'apprécie qu'il ne leur vomisse au pied, bien que cela aurait eut le mérite de clarifier son ressentiment à leur encontre. Son regard se posait sur le mur où se tenaient les élèves alignés, comme des suppliciés attendant leur sort. La petite silhouette de Kérimel se détachait et Léon ne pu s'empêcher de serrer les poings en voyant la pauvre enfant si vulnérable. Il se souvenait l'avoir entendu hurler en Octobre et la voix enfantine avait longtemps résonné dans ses cauchemars, bien qu'il ne lui porte aucune affection particulière au quotidien. Cela n'en était pas moins révoltant. Il n'eut pas plus le temps de s'apitoyer sur son sort que déjà on l'attrapait par l'épaule pour le placer face à une Poufsouffle dont il ne connaissait pas l'identité et qu'il refusa de regarder en face. D'un coup d'oeil circulaire, Léon ne put s'empêcher de remarquer que Peters et d'autres préfets se trouvaient parmi les bourreaux commis d'office. Il aurait pu se gifler mentalement parce que s'il ne s'était pas retrouvé dans leur situation, il savait pertinemment quelle pensée l'aurait traversée. Foutus Préfets, encore une fois du bon côté de la barrière !. Sauf que c'était pas une barrière, y'avait rien qui ne les opposait sinon la haine que les Carrow et plus généralement, les mangemorts, cherchaient à attiser entre eux. C'était triste à en pleurer, parce que ce qui était sensé être le ciment de l'opposition entre les mangemorts et les autres était scientifiquement ridicule. Naître sorcier dans une famille de moldus ou dans une famille de sang-pur était juste un fait de hasard, pas une qualité due à un mérite personnel. Comme la beauté. Qu'espéraient-ils, que certains allaient s'excuser et courber l'échine pour avoir tirer le mauvais numéro ?

Un cri s'éleva jusqu'à lui vriller les tympans et Léon sentit son coeur se serrer tant la souffrance semblait palpable. Ses yeux s'écarquillèrent de surprise devant le tableau d'une Lina agonisante sur le sol, effondrée à quelques pas d'une Andrée à paralysée faisant face à Gilson, baguette tendue. Le reste sembla se dessiner dans l'esprit alerte de Léon qui posa des yeux étonnés sur son condisciple de Serpentard. Il lui avait fallu quoi, quinze seconde pour réussir à rassembler autant de peur et de haine pour oser s'en prendre à une enfant ? Désolant, songea Léon alors que Rowle entrait en scène pour mener une Kaveline déconfite sur l'estrade, avec une douceur si insolente que Léon se demanda s'il n'aurait pas été préférable que la jeune fille ne s'évanouisse. Il décida de fermer sa conscience, ne tressaillant par aux hurlements de Shafiq aussi déchirants soient-ils, pas plus à ceux de Foster, ni au bruits de craquement que fit le corps d'une Nuncabouc alors que Brenckenridge choisissait sans étonnement de sacrifier sa camarade pour s'éviter une agonie. Seules les larmes de Peters réussissant son Doloris le sortirent de sa torpeur. La douceur même, capable d'un maléfice demandant autant de rancoeur. Pire que les hurlements Wicker, ce fut la détresse de la préfète des Poufsouffle qui anéanti le peu d'espoir de l'adolescent. Si même elle était capable de métamorphoser sa peur en haine ... ils avaient déjà perdus. Tous. Autant qu'ils étaient.

__ A vous, Schepper, susurra Alecto et Léon se revit enserrant son cou jusqu'à voir le sang injecter ses yeux, lorsqu'il s'était jeté en désespoir de cause sur l'Epouvantard aux traits de la soeur Carrow. La vision s'éclipsa aussi vite qu'elle était venue et l'adolescent déglutit, posant ses yeux sur celle qu'il avait évité de regarder jusqu'alors.

Des jambes maigrichonnes et élancées. Un visage au trait fin, encadré par de longs cheveux blonds lui donnant un air à la fois angélique et vulnérable qui lui rappelait sans mal la frimousse parsemée de tâches de rousseur de Montgomery. Il ne connaissait même pas son nom et aurait été incapable de dire qu'elle était à Poufsouffle si elle n'avait pas arboré le blason de sa maison sur sa cape de sorcière. Et elle, savait-elle qui il était ? Ses yeux gris accrochèrent l'espace d'une fraction de seconde les siens, s'imprégnant de la peur qu'il y lisait tout en s'interrogeant sur ce qu'elle pouvait bien entrevoir dans les siens. Merlin, il ne la détestait pas. Il ne la connaissait même pas. Il se mordit les lèvres, les secondes s'écoulant témoignant d'une hésitation que les Carrow ne pardonneraient pas. Il aurait voulu ouvrir la bouche pour tacher de la rassurer en une phrase bien qu'un seul mot aurait sûrement eu encore plus de valeur. Pardon, aurait-il voulu qu'elle entende alors qu'il levait doucement sa baguette, honteux mais silencieux. Il n'avait même pas besoin de trop réfléchir, sachant déjà qu'il n'était pas prêt à rejoindre Kaveline sur l'estrade. Mortifié par ce qu'il s'apprêtait à faire, l'adolescent plongea de nouveaux ses yeux dans ceux de la jeune femme. Cette vision allait rejoindre les nombreux autres qui l'empêchaient de trouver le sommeil, chaque nuit. Il n'était pas mieux que Brenckenridge, Gilson, Crabbe. Il n'avait pas la force de Lina qui, il ne savait comment, tenait toujours debout en attendant sa sentence. Et pire encore, il n'avait pas le courage de l'adolescente lui faisant face qui n'était toujours pas partie en courant, ni ne l'insultait copieusement. Il aurait pu fermer les yeux mais se refusa à faire preuve d'encore plus de lâcheté. Il était juste certain d'une chose. Il se détestait.

__ Endoloris, souffla Léon d'une voix atone, dénuée de la moindre émotion. Rien ne se passa et Léon secoua la tête, hésitant à s'en réjouir ou à se morfondre. Blondinette ne criait pas mais avait-il été jugé assez convainquant par Alecto ? Le vert et argent était perdu. Entre ce qu'il souhaitait, ce qu'il tentait pourtant de faire, ce qu'il avait envie que l'élève en face comprenne, que qu'il essayait d'éviter de la part des Carrow. Si on rajoutait à ça ce qu'allait interpréter la soeur Mangemort ainsi que ce qu'allait ressentir la Poufsouffle, c'était un vrai désordre.  
__ Encore, demanda Alecto, se collant presque à lui pour lui susurrer l'ordre à l'oreille. Le temps d'une nouvelle respiration, Léon essaya de nouveau de s'excuser par la force d'un regard gris qu'il sentait vaciller. Lui même ne savait pas ce qu'il attendait de cette nouvelle tentative, déchiré entre l'envie de garder les lèvres closes et la peur de voir le sortilège le toucher à lui. Egoïste. Déplacé. Il se détestait.
__ Endoloris, lâcha-t-il de nouveau, la voix se brisant sur la dernière syllabe. Aucun hurlement ne fendit l'air. Et parce qu'il savait ne pas avoir de troisième chance, il abaissa avec lenteur sa baguette, attendant sa sentence.

Qui ne vînt pas. Déjà, les pas d'Alecto s'éloignaient. L'adolescent reprit une bouffée d'air, puis une seconde, peinant à retrouver une respiration calme. Plusieurs sentiments défilèrent dans son esprit. Honte. Soulagement. Egoïsme. Honte, de nouveau. Et au milieu de ce capharnaüm de sensation, une phrase se fraya doucement un chemin.

C'était le pire anniversaire de sa vie.



Dernière édition par Léon Schepper le Jeu 5 Avr 2018 - 21:00, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [Jeu 4 Decembre 97] Cours Magistral avec les Carrow Mar 3 Avr 2018 - 18:19

Ce n'est pas que je n'aime pas la botanique, c'est la botanique qui me déteste

Les étudiants qui accompagnaient Solyne s'esclaffèrent et la conversation continua alors que le petit groupe quittait la serre et se rapprochait du château. Comment était-il possible que Solyne soit aussi peu douée pour ce cours? Cela restait un mystère. Elle avait beau écouter attentivement les consignes, les appliquer à la lettre, rien ne fonctionnait..
La conversation se porta sur un autre sujet mais Solyne n'écoutait plus ses camarades. Nous étions le 4 décembre. Tout le monde aurait dû être excité et enjoué à l'approche des fêtes. Mais plus personne n'était enjoué à Poudlard... L'ambiance était pesante, stressante, angoissante. Plus personne ne se sentait en sécurité, alors que lorsque Solyne y était entrée, Poudlard était le lieu le plus sécurisant et le plus sûre qu'elle connaisse..
La jolie blonde restait sur ses gardes ses derniers temps. Elle n'avait qu'une lettre pour justifier de "l'identité" de son père, quelqu'un risquait à tout moment de remettre en cause le fait qu'elle soit encore une Poufsouffle et pas une Nuncabouc. Elle avait beaucoup d'empathie pour ses derniers, mais elle ne voulait en aucun cas se retrouver parmi eux. Elle savait que leurs conditions de vie était très compliquées et elle se doutait que si les choses venaient à mal tourner, enfin à tourner encore plus mal, c'était eux qui seraient visés en premier.
Solyne s'était promis de s'échapper si une telle chose venait à se produire. Elle espérait être assez ingénieuse pour disparaître, du moins quelque temps. Elle savait malgré tout qu'une cavale de ce genre ne durerait qu'un temps et qu'elle finirait par être retrouvée. Elle se faisait donc discrète, ne faisait pas de vague, et espérait que personne ne lui demanderait des preuves plus concrètes sur l'identité de son père.
Décembre voulait aussi dire vacances qui approchent. Alors que la plupart des étudiants étaient soulagés à l'idée de s'enfuir de Poudlard pour quelques jours, Solyne savait que personne ne l'attendait. Elle resterait ici, avec les quelques élèves qui, comme elle, n'avaient pas de refuge à l'extérieur. Après avoir coupés les ponts avec sa mère, elle avait passé les vacances avec ses amis, trouvant un moyen pour se loger, chez les uns les autres ou dans la maison abandonnée dans laquelle ils aimaient passer leurs soirées. Mais depuis l'arrivée des Carrow, Solyne n'avait plus osé y retourner ... C'était devenu trop dangereux, pour eux et pour elle ... Avoir des amis moldus au vu des récents évènements n'étaient pas la meilleure des idées, et la jeune femme se doutait bien qu'ils étaient tous étroitement surveillés. Elle ne souhaitait pas non plus faire craindre le moindre danger à ses amis d'enfance, sa vraie famille.
Elle ne donnait donc plus de nouvelles, n'allait plus les voir et espérait qu'un jour, la situation s'améliorerait. Il était possible de garder espoir ... non?
Solyne était donc d'humeur plutôt morose à l'approche des fêtes. Les souvenirs de moments joyeux emplissaient sa jolie tête, qui savait pertinemment que cela ne se reproduirait pas de si tôt. La jeune femme se sentait terriblement seule.
Le petit groupe était arrivé dans le hall d'entrée. La belle blonde n'avait pas participé aux échanges. Elle quitta le groupe discrètement et rejoignit sa salle commune. Elle récupéra ce dont elle avait besoin et se glissa sous une douche bien chaude. Elle espérait que ce moment d'intimité lui permettrait d'oublier quelques instant la souffrance qu'elle ressentait et qu'elle gardait bien cachée au fond d'elle, rangée juste à côté de la haine. Malheureusement, l'eau chaude qui caressait son corps nu ne l'aida qu'à se rappeler que ses camarades Nuncabouc n'avait pas la même chance qu'elle. Elle écourta donc sa douche. Nue et trempée elle pensa un instant à laisser couler les larmes qu'elle retenait depuis trop longtemps. Mais une fois de plus elle les ravala, attrapa sa serviette et se frictionna durement, comme pour s'empêcher de penser à autre chose qu'à ce qu'elle faisait subir à sa peau.
Quelques minutes plus tard, des voix angoissées attirèrent son attention lorsqu'elle traversa la salle commune des Poufsouffle. Elle s'en approcha et essaya de comprendre ce qu'il se passait alors que les étudiants continuaient de s'agglutiner les uns autour des autres, afin d'essayer d'obtenir une information.


Mais que se passe-t-il à la fin?

Solyne avait essayé de faire cesser le brouhaha en parlant plus fort que ces voisins, mais son intervention était passée complètement inaperçue, alors que certains élèves poussaient de petits cris effrayés. Un 5ème année repéra Solyne et se rapprocha d'elle. "Tu as entendu? lui demanda-t-il. Solyne secoua la tête pour signifier que non. Les mots qui suivirent firent l'effet d'une massue sur la jeune femme. Elle n'avait entendue que les mots clés : "Cours magistral" "Carrow" "collés". Elle était collée ! Voilà pourquoi tant de colles étaient tombées ses derniers jours. Il allaient remettre ça, et cette fois, elle serait la victime. Elle se haït intérieurement : elle qui faisait toujours attention à ne pas se faire remarquer, elle qui se méfiait de tout et de tous... Elle avait atteint l'entrée de sa salle commune seulement quelques minutes après le début du couvre feu et Rusard s'était fait un plaisir de lui coller une retenue.
Pour quelques minutes, elle risquait de vivre l'horreur ce soir. Personne n'était dupe, tout le monde avait compris ce que signifiait ce cours à une heure tardive, convoquant toutes les personnes collées ; et elles avaient été nombreuses ces derniers jours...
Solyne fit demi tour afin de s'extraire du petit groupe d'étudiant qui s'était formé, elle monta dans le dortoir qui était vide et failli s’autoriser à verser les larmes qu’elle retenait depuis longtemps. Puis elle se ressaisit. Elle était passée au travers des mailles du filet il y a un peu plus d'un mois. Elle n'avait pas eu à subir l'horreur que certains de ces camarades avaient vécu. Mais elle avait vu, elle n'avait pas subi physiquement, mais psychologiquement l'atroce douleur, l'humiliation. Elle n'avait rien pu faire. Et ce soir, ça allait recommencer. Elle se devait d’être forte. Le plan des Carrow fonctionnait parfaitement : plus aucun sorcier était en mesure de venir en aide à un autre. Les étudiants n'avaient plus confiance les uns en les autres. Chacun se retrouvait isolé, aucune rébellion n'était possible.
Solyne avait prévu d'aller manger, mais cette annonce lui avait évidement coupé l'appétit. Elle attacha ses cheveux en queue de cheval. Elle voulait maintenant voir le panneau d'affichage et cette maudite convocation de ses yeux.
Elle n'apprit rien de plus évidement.

Elle arriva avec une petite dizaine de minute d'avance. D'autre élèves étaient la mais elle ne voulait pas voir. Elle ne voulait pas croiser le regard de ces personnes, elle ne voulait pas avoir de souvenirs de cette soirée. Elle y assisterait, sans y assister, dans la mesure du possible.
Ils apparurent peu après 21h. Amycus ne quitta pas son sourire. Il ne faisait même pas semblant de ne pas jubiler. Il se délectait à l’idée de ce qui allait suivre. C’était simplement écœurant … Il salua les les élèves et demanda aux élèves collés de se placer contre le mur, sans baguette. Solyne continua ne pas regarder, elle fixait un point au loin, faisant tout son possible pour ne pas céder à la panique. Pourtant, comme tous ses camarades, qui venait comme elle, d’être adossés à ce mur, elle était morte de trouille. Elle n’était même pas sûre de pouvoir aligner deux mots, elle se contentait d’agir comme un robot, contenant la boule d’angoisse qui grossissait dans son ventre.
Amycus ne semblait pas satisfait du nombre d’élève qu’il avait réussi à coller pour des raisons plus grotesque les une que les autres. Il ordonna donc à quelques Nuncabouc de les rejoindre. Solyne jeta un coup d’oeil à la scène, puis très rapidement se reconcentra sur son point imaginaire. Elle ne voulait pas que sa terreur paraisse physiquement.
Les Carrows créèrent ensuite des duos, afin que chaque élève dos au mur se trouve en face d’un élève armé de sa baguette. Un jeune homme vint se placer devant elle, l’empêchant de garder les yeux sur son point imaginaire. Il était bien plus grand qu’elle, les cheveux bruns, un physique qui aurait été agréable à regarder dans d’autres circonstances. Il ne la regardait pas, elle ne le quittait pas des yeux. Elle n’avait nul part ailleurs ou regarder de toute façon.
Puis la voix d’Amycus s’éleva pour annoncer d’une manière tout à fait décontractée, qu’ils allaient ce soir subir et expérimenter le sortilège Doloris. Solyne ferma les yeux, se concentrant sur sa respiration pour ne pas pleurer, hurler ou partir en courant. Elle n’entendait plus, se concentrant uniquement sur elle. Elle n’écoutait pas les instructions données pas Amycus. De toute façon à quoi lui serviraient-elles ? Jamais elle ne lancerait ce sortilège.
Des cris déchirant l’obligèrent à ouvrir les yeux. C’était un cauchemar …
Solyne supporta les cris suivant sans broncher, restant droite contre son mur, se concentrant pour ne pas céder à la panique, se forçant à ne pas regarder ses camarades subirent la pire torture qu’elle connaissait. Les cris de douleurs de ses camarades se mélangeaient et l’étau dans sa poitrine se refermait. Elle avait de plus en plus de mal à respirer. Puis vint son tour. Le Serpentard la regarda pour la première fois. Elle se rappela l’avoir croisé plusieurs fois dans les couloirs mais n’aurait su dire comment il s’appelait. Leurs regards se croisèrent. Sentait-il la terreur qui inondait ses veines ? Allait-il , comme tous les autres lancer le sortilège ? Qu’aurait-elle fait à sa place ? Le choix était cornélien. Sauver sa peau ou épargner la douleur à un inconnu, qui subirait certainement le sortilège de toute façon. Alors qu’il levait sa baguette vers elle, elle sentit qu’il n’était pas en accord avec ce qu’il allait faire. Il était pris au piège, comme tout le monde ici. Mais il allait le faire, il allait prononcer ses mots et faire subir à une étudiante qu’il ne connaissait pas, le sortilège le plus douloureux qu’il existe. Pour ça, elle le détestait. Ses yeux plantés dans celui qui lui faisait face, elle attendait.
Lorsqu’il prononça la formule qui aurait du tant faire souffrir Solyne, rien ne se produisit. Solyne ne pu retenir un soupir de soulagement. Même si les mangemorts ne risquaient pas de se satisfaire de ça, cet échec lui apportait quelques secondes de répis. La voix du jeune homme ne lui avait pas paru humaine. Il avait échoué à lancer ce sortilège car il avait envie de le lancer autant que Solyne avait envie de le recevoir. L’homme qui se trouvait derrière lui lui intima de recommencer.
De nouveau les yeux des deux étudiants se fixèrent. Son regard appuyé lui donnait l’impression qu’il essayait de dire quelque chose à la jolie blonde. Puis sa voix se brisa de nouveau sur la formule magique. Une seconde fois, il échoua. Solyne ferma les yeux, savourant les sensations normales qui emplissaient son corps. Elle se rendit compte qu’elle avait cessé de respirer. Elle avala une grande goulée d’air et tout à coup, les sons environnants lui revinrent. Elle avait été tellement stressée qu’elle avait annihilé tout ce qui se passait autour d’eux. Elle les rouvrit vivement pour constater qu’autour d’elle, peu de ses camarades avaient eu la même chance qu’elle.
Ses yeux se fixèrent de nouveau sur le jeune homme en face d’elle qui ne la regardait plus, son propre visage n’exprimant aucune émotion. Il semblait soulagé, et peinait à respirer. Solyne était partagée entre la haine qu’elle ressentait pour cet homme qui avait voulu lui infliger un sortilège impardonnable et la pitié que sa situation lui inspirait.
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MessageSujet: Re: [Jeu 4 Decembre 97] Cours Magistral avec les Carrow Mer 11 Avr 2018 - 5:06

Quelques six ans et des poussières de mois plus tard, il avait fallu qu’on vienne épingler une étoile argenté au cardigan de Nolan pour qu’il daigne enfin porter attention au tableau d’affichage de sa salle commune. Remarquez, en dépit de son avènement tout récent au titre de préfet, ce n’était pas le poids des responsabilités qui l’avait incité à rompre avec sa routinière collation du soir, mais bien la terreur tranquille qui transpirait par-delà les robes de sorciers toutes agglutinées sous le communiqué volant. Était-ce seulement bien son boulot que d’apaiser les esprits échauffés ? Parce que le blason de cuivre tout neuf ne s'accompagnait pas exactement d'un « Guide du parfait petit préfet ». Nous disons donc, 21 heures, Grande Salle, leçon spéciale... oh boy.

Insufferable schmucks, est-ce qu’on ne devrais pas demander aux elfes de doubler la dose de camomille dans leurs infusions du soir à ces deux-là ? lança t-il à propos des auteurs du mémo, s’adressant ainsi principalement à ses compères de dortoir.

Égal à lui-même, Nolan semblait plus contrarié qu’inquiet et ce, en dépit du fait que son propre nom figurait sur la liste des élèves en attente d’une sanction. À celui-là s’ajoutait encore ceux de Lukas, de Todd et puis de Solyne, ce qui plaçait Poufsouffle deuxième derrière Nuncabouc en matières d’effectifs répréhensibles, rien d’étonnant si l’on comparait l’expectative de leurs oppresseurs à la bonne nature des représentants de la maison. Enfin, quand faut y aller, faut y aller et même pire, quand on incarne prétendument l’autorité, il faut convaincre tout le monde d’emboîter le pas.

__ Je vais demander aux élèves ayant écopés d'une retenue de se placer à ma droite, contre le mur. Vous n'avez pas besoin de vos baguettes.

La sienne, il la conserva tout de même bien calé contre son flanc — et sous son cardigan — tandis qu’à son corps défendant, il intégra le rang des condamnés. Pour être honnête, l’exercice commençait drôlement à ressembler à une enchère d’esclaves destinés aux galères, ce qui n’inspirait rien de bon à personne, surtout pas cette pauvre Solyne, à qui l’humeur enjouée rendait pourtant tout pardonnable. Enfin ça, c’était avant les Carrow.

T’inquiète Blondie, on sera bien vite de retour à nos tonneaux. lui souffla t-il tout bas, d’un ton qui se voulait rassurant.

Solidaire, le rouquin s’efforça de renvoyer à Amycus son air le plus niais alors que celui-ci lui leur assignait à chacun un binôme parmi ses petits préférés. Mereb*tch alla ainsi se planter devant la maigrelette Clara avec ce regard de glace que tous lui connaissait. Bon sang de boursouf, ce que son arrogance aurait été prête à payer pour l’avoir en face de lui et ainsi insulter copieusement sa fade cruauté, son égo inquiet, lui, l’intimait d’économiser aussi bien ses forces que son aversion. Bientôt, Tweedledum et Tweedledee (Heather et Schepper) s’ajoutèrent à la liste des bourreaux, laissant hélas la pauvre  Travis aux bons soins d’un Léon qui, en dépit du fait qu’il n’eut pas demandé à se joindre au cirque, n’oserait jamais désobéir à un ordre supérieur, pas vrai ? Bloody Hell, s’il fallait que le serpent en vienne à abîmer un seul des cheveux doré de sa voisine, Nolan allait se faire une affaire personnelle de lui enfoncer sa baguette si profondément dans le fion qu’une visite à Ste-Mangouste serait requise pour l’en extraire. D’ailleurs, il ne donnait pas plus cher de celui qui allait lui servir de tandem et guettait donc attentivement le frangin Carrow comme celui-ci remontait justement les gradins à la recherche du parfait tortionnaire pour « l’amnésique » préfet des blaireaux, and the rest is history.

Aussitôt que la main du détestable quarantenaire se posa sur l’épaule délicate de Malia, le sourire de Nolan acheva de se dégonfler complètement. La honte puis l’incrédulité le happèrent comme une seule grande vague, contractant chacun de ses muscles de façon fort désagréable. Alors seulement prit-il conscient de la portée de sa négligence — quoique volontairement désobéissante — vis-à-vis des responsabilités dont il n’avait jamais voulu pour commencer, ce qui aurait presque suffit à lui inspirer un peu de sympathie pour Breckenridge Junior. Le temps qu’il fallut à la Serdaigle pour rejoindre l’estrade lui parut alors une éternité et pourtant, il aurait souhaiter qu'il continue de s'allonger indéfiniment. Ses poings se serraient toujours plus — jusqu’à s’en déchirer la peau par la force de ses ongles — à mesure que les cris de douleurs fusaient, mais ses pupilles noisettes elles, refusaient de se détacher de celles, rondes et claire, de la Serdaigle. Good Lord, se pouvait-il vraiment que ces enfoirés de Carrow soient suffisamment observateurs pour lui prêter un attachement distinctif à la lumineuse demoiselle ? The universe is rarely so lazy, mais peut-être bien que seules leur récentes nominations étaient en cause.

__ A vous. Un par un. Et n'essayez pas de me désobéir ou je m'efforcerai de vous refaire la démonstration du sortilège sur chacun d'entres vous.

Après une inspiration lourde et pesante, Nolan hocha doucement la tête, laissant ainsi retomber une seule de ses mèches rousses sur son front traversé de ridules d’appréhension. Par mille fois, il valait mieux lui, évidemment qu'il valait mieux lui, car Merlin seul savait qu'il ne répondrait plus de lui-même dans le cas inverse. Malia ne pouvait pas souffrir et encore moins par sa faute, alors par mille fois et pas une de moins, il fallait que ce soit lui.

Vas-y. chuchota t-il dans un registre qui se voulait encourageant. Ça ira, t’en fais pas, tu peux le faire.


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MessageSujet: Re: [Jeu 4 Decembre 97] Cours Magistral avec les Carrow Jeu 19 Avr 2018 - 17:18

[HJ : J'ai vu que le sujet n'était pas encore fermé, je me suis donc permise de répondre malgré le délai passé... tant pis pour moi si les points ne sont pas comptabilisés, c'est au moins pour répondre à mon camarade doloriseur ! :D]

Michelle ne comptait plus le nombre d'heures de retenue qu'elle avait dû faire depuis le début de l'année, elle n'en avait d'ailleurs toujours pas parlé à Ela pour ne pas l'inquiéter, mais celle-ci allait être différente, elle le sentait dans ses tripes, déjà averties. Elle savait que cette fois-ci elle n'aurait pas dû répondre au concierge lorsqu'il lui avait pour la énième fois fait une réflexion, cela était pourtant dans ses habitudes d'avoir un mot toujours plus haut que l'autre quand il s'agissait de cet homme qui paraissait toujours averti de ses moindres faits et gestes, et qui trouvait toujours le moyen de la mettre en retenue peu importe comment elle se comportait. Elle n'avait pas envisagé que, ce jour-là, où elle se rebiffait encore et toujours, et qu'elle refusait la peine qu'on lui donnait, quelqu'un d'autre serait dans les parages pour s'en mêler. Et ce quelqu'un était un Carrow. Elle ne l'avait pas vu arriver dans le couloir et, contre l'un d'entre eux particulièrement, elle essayait de ne pas trop en faire, même si cela se résultait à se mordre la lèvre et d'assumer qu'il fallait se taire. Ce jour-là, elle ne s'était pas tu, et bien qu'elle condamnait la honte et la lâcheté, elle aurait dû y penser à deux fois.

« Miss Bilray, rappelez-vous qu'en raison de vos retards, vous serez à nouveau en retenue la semaine qui vient. » Soupir de consternation, il ne la lâcherait pas, visiblement. « Vous n'avez pas d'autres chattes à fouetter M. Rusard ? D'autres élèves à mettre en retenue... pour de bonnes raisons, des raisons... VALABLES ? » Un sourire était apparu sur son visage d'enfant. Elle avait été particulièrement fière de sa référence à la chatte du concierge qui semblait être ses yeux lorsque lui regardait autre part. Mais des pas derrière elle et le son d'une voix qu'elle haïssait la glaça. « M. Rusard, je viens vous prévenir que les prochaines retenues se feront avec moi, ne vous souciez donc pas de la peine que ces élèves lamentablement insolents auront à exécuter, je m'en occupe. » Le sourire s'était déjà effacé sur le sourire de la jeune Gryffondor et semblait avoir changé de propriétaire pour s'incruster sur les grossiers traits du concierge. « Mademoiselle Bilray, je me ferais un plaisir de vous prendre en charge pendant cette énième retenue. » Elle ne sut que répondre. De toute manière, son sang demeurait congelé et nul besoin de se mordre la langue cette fois-ci puisqu'elle était incapable d'émettre le moindre son. Qu'il en soit ainsi, il n'y avait aucun moyen de faire demi tour. Elle fit un signe de tête avant d'accrocher son sac d'une main raidie par la haine et le désespoir et continuer son chemin jusqu'à sa salle commune. Arrivée dans le salon, elle jeta d'un geste incontrôlable son sac contre le fauteuil de l'entrée, le peu de Gryffondor qui s'y trouvaient au coin du feu se retournèrent sur elle alors qu'elle se mit à crier de rage. « Idiote Michie ! Idiote ! Tu n'es qu'une idiote ! » Elle le sentait dans ses tripes, oui, cette retenue annonçait quelque chose de terrible.

Le fameux jeudi arriva, elle n'avait pratiquement rien mangé, déglutissait difficilement son jus de citrouille et sa propre salive et tous ses membres semblaient en alerte. Dans la grande salle, elle observa quelques uns de ses camarades et prit en compte qu'elle n'était pas la seule à être crispée ainsi. Elle n'était pas la seule à avoir une douleur au niveau de ses boyaux. Le soir arriva beaucoup trop vite à son goût. Elle envisagea presque de quitter le château et d'aller s'égarer dans la forêt interdite, au plus profond des bois, mais elle savait que rien ne pouvait échapper aux Carrow, et que peu importe ce qu'il se passerait là-bas, il vaudrait mieux pour elle qu'elle y soit présente, ou la sentence serait bien pire. Elle hésitait encore entre courir vers le massacre ou y aller à pas feutrés, et le chemin jusqu'à la Grande Salle à 20h55, fut semé de marches lentes, de pauses dans un couloir, de respirations profondes, croisant les doigts pour que cette retenue soit annulée. Mais il n'en fut rien. Elle avança par les grandes portes, essayant de garder sa terreur au plus profond d'elle, accompagnés d'élèves tout aussi alarmés qu'elle. Respire, Michie, il ne te reste plus qu'à respirer. Tout va bien se passer. Mais ses boyaux se serrèrent davantage, comme s'ils se cachaient les uns derrière les autres pour ne pas voir ce qui allait se passer.

« Bonsoir à tous » Ses boyaux semblaient s'affoler au point de tenter de sortir de son corps à présent. Sa respiration en était coupée. « Je vais demander aux élèves ayant écopés d'une retenue de se placer à ma droite, contre le mur. Vous n'avez pas besoin de vos baguettes. » Elle ne pipa mot et s'exécuta. Elle sentait qu'en ce moment même, émettre un son allait lui être fatal. Elle ne comprenant pas ce qui lui arrivait, mais son cerveau semblait suffisamment intelligent pour lui dire de la fermer et de suivre les instructions sans insolence. C'était la première fois qu'elle se comportait ainsi. Si droite, si respectueuse. Elle mit un mot sur cette attitude : la terreur. Elle avait toujours réussi à les éviter depuis son arrivée à Poudlard, mais oui, elle était terrifiée par les Carrow et, aux vues des regards des autres élèves à droite, la plupart des élèves en étaient arrivés à la même conclusion. L'ambiance était pesante, incroyablement malsaine, reflétant l'angoisse et l'incompréhension des pensionnaires de cette école de sorcellerie. Michelle tenta de se concentrer sur ce que Amycus Carrow disait, mais son cerveau semblait se déconnecter pour la protéger. Ne fallait-il pas qu'elle comprenne ce qui allait se passer ? Était-il préférable qu'elle apprenne sa peine au dernier moment, pour ne pas trop souffrir de son angoisse ? Quoi qu'il en soit, deux lignes se formèrent, la sienne, sans baguette, à droite, et une autre qui se formait en face d'eux. « … doloris... » Du discours qu'elle entendait à peine était ressorti un terme qui la fit frissonner. Son sang, à nouveau, se glaça et sa main, cherchait à tâtons les pans de sa robe de sorcier pour qu'elle puisse avoir quelque chose à serrer. C'est à ce moment-là qu'elle commença à sentir ses paupières se fermer, mais les cris les retinrent ouvertes. Elle n'osa ni regarder les victimes, ni les bourreaux, son tour arriverait bien vite. Au lieu de cela, elle regarda droit devant elle, le bourreau qui était le sien. Elle se mit à regarder la manière avec laquelle il tenait sa baguette et comprit qu'ils étaient tous deux victimes des folies des Carrow. Il semblait vouloir gagner du temps, il n'avait rien d'un tortionnaire qui se languissait d'atteindre sa suppliciée, plutôt d'un gamin qui exécutait les ordres.

« Endoloris » Son cœur s'arrêta mais rien ne se passa. Elle sentit une petite douleur au niveau de l'oreille qui la fit se déplacer machinalement d'un micro-pas vers la gauche. Elle s'accorda un souffle de soulagement bien trop précipité puisque les problèmes ne venaient que de commencer. Sans qu'elle ait le temps de s'en rendre compte, le Carrow lui faisait fasse et s'écria : « Endoloris ». Tout son corps se souleva et vint s'écraser contre le mur derrière elle puis au sol. « Stop, stop, stop... » Ses cris, d'abord généreux et détonnant se faisaient de plus en plus faibles tandis qu'elle se crispait au sol. Ses mains cherchaient un endroit où s'accrocher mais ses ongles patinaient sur le sol glissant. « Stop... stop... s'il vous plaît... arrêtez ça... » Le supplice dura une éternité et de grosses larmes coulèrent dans ses cheveux ébouriffés. Son regard, tantôt ouvert, tantôt fermé, fixait sa robe qui s'entortillait entre ses jambes. Puis tout s'arrêta, la douleur, ses cris, le temps, mais elle resta ainsi, recroquevillée comme un chat recherchant la douceur et le confort dans son propre corps. Elle comprit le sens du mot protection, protection de soi, le confort qu'un fœtus peut trouver tassé sur lui-même, et comme une petite chose informe, s'accrocha les bras autour de ses genoux pour se sentir en sécurité. C'est là qu'elle comprit que dans de telles conditions, elle ne se sentirait jamais plus en sécurité. Elle n'eut pas le courage, ni la force de changer de position mais comprit, par les cris qu'elle entendait, que son bourreau avait faillit et que si son calvaire à elle était terminé pour le moment, le sien ne faisait que commencer. Elle soupira une dernière fois et sentit son corps se relâcher peu à peu, sans quitter son enlacement.

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MessageSujet: Re: [Jeu 4 Decembre 97] Cours Magistral avec les Carrow Dim 22 Avr 2018 - 23:32

Jeudi 4 Décembre 1997
~
Cours magistral avec les Carrow





- Raven...

Malia ferma son livre pour s'adresser à son amie. Elle avait relu une bonne dizaine de fois la première phrase du chapitre avant d'abdiquer, l'angoisse l'empêchait de se concentrer sur quoique ce soit hormis l'idée d'être confrontée à une nouvelle nuit de torture.

- Tu penses qu'il va se passer quoi cette fois-ci ? demanda la blonde vénitienne d'une petite voix.

- Hum, laisse-moi réfléchir... répondit Raven en levant les yeux de son propre livre et en se tâtant le menton d'un air abusivement pensif. J'hésite entre une distribution de paquets de chocogrenouille ou bien un concert surprise des Bizarr' Sisters.

-Vraiment drôle, Raven. Vraiment.

Malia lâcha un profond soupir d'exaspération devant le sarcasme de la brune puis se leva du canapé pour faire les cent pas devant la cheminée qui réchauffait la tour Serdaigle.

- Tu t'attendais à quoi comme réponse Malia ? Tu aurais voulu que je te rassure ? Que je te dise que pour une fois les Carrow ne nous réservent peut-être pas une sale m*rde ? Eh bien navrée de te décevoir mais la seule chose que je peux prévoir c'est justement ça : une p*tain de m*rde signée Carrow.

Malia s'arrêta. Elle ne releva pourtant pas le regard et se contenta de fixer les flammes légères qui ondulaient dans le foyer, les bras croisés. Depuis quelques mois déjà, une tension palpable s'était installée entre les deux adolescentes. Alors que le trio bleu avait souffert du départ de Sam chez les Nuncabouc à la rentrée, il semblait à présent se disloquer de toute part. Mais cette tension restait silencieuse, s'insinuant progressivement entre elles jusqu'à ce qu'une faille se crée, laissant alors surgir tous les non-dits. Et ce soir-là, la faille prenait enfin forme.

- Le monde que tu as toujours idéalisé n'existe plus, Malia, poursuivit Raven. Il est temps d'ouvrir les yeux et de grandir. Je sais que tu n'as pas envie de te soumettre au nouveau régime, je vois bien que tu gardes encore espoir mais tu ne tiendras jamais jusqu'à la fin de l'année si tu continues à agir comme ça.

Enfin. Enfin, des mots venaient matérialiser cette tension aveugle.

- Qu'entends-tu par là ? La blonde releva finalement la tête pour affronter le regard accusateur de son amie.

- Ne fais pas comme si tu ne savais pas de quoi je parle. Elle soupira puis continua à voix basse. J'ai bien vu que tu essayes de garder contact avec des Nuncaboucs comme Sam ou Ariane. Ou même l'autre qui avait débarqué dans la tour Serdaigle... Wyatt il me semble.

- Wayoth, rectifia Malia.

- Peu importe. Je sais que tu as envie de les aider mais tu cours à ta propre perte en faisant cela... Regarde un peu ce que tu deviens...

Un voile de pitié recouvrit le regard de Raven. Ce même voile qui s'installait dans ses yeux à chaque fois qu'ils se déposaient sur le visage de Malia depuis la nuit du 17 octobre. Raven faisait partie des principales personnes que Malia avait fuit durant presque un mois pour justement ne pas avoir à affronter ce regard.

- Toi aussi je te répugne, c'est ça ? répliqua Malia, extériorisant enfin ce qu'elle ressentait depuis tout ce temps. Toi aussi tu ne vois plus que mes cicatrices sur mon visage ? Toi aussi tu ne peux t'empêcher de te remémorer les horreurs de cette nuit à chaque fois que tu me fais face ? C'est donc ça ce que je deviens ? Une personne qui te fait pitié ?

- Arrête de dire n'importe quoi ! Puis, je ne te parle pas que de ça. Regarde le nombre de fois où tu t'es retrouvée dans un sale état depuis le début de l'année ! On pourrait croire que tu fais partie de la liste des victimes privilégiées de ce château.

- Et tu crois que j'ai choisi d'endurer toutes ces tortures ? s'offusqua Malia, blessée, sans toutefois élever la voix pour ne pas attirer l'attention des autres serdaigles. Tu crois que j'ai choisi de me faire entailler le visage par Amycus Carrow ? Tu crois que j'ai choisi qu'un épouvantard se nourrisse de mes peurs ? Tu crois que j'ai choisi que le bibliothécaire contorsionne mes membres ?  Tu crois que j'ai choisi de me faire empoisonner par Rowle ? Et bien sache que c'est la roue du hasard qui a inscrit mon nom sur cette "liste de victimes privilégiées" et que ton nom aurait tout aussi bien pu y figurer. Faut croire que certains sont plus chanceux que d'autres...

- Ecoute Malia, ce n'est pas ce que j'ai voulu dire, excuse-moi. Le ton de sa voix était toujours aussi froid. Seulement, résister ne ferais qu'empirer les choses, le seul moyen de s'en sortir est de se faire discret et de se soumettre.


~~


A 21h tapante, Raven et Malia étaient dans la grande salle, entourées d'élèves de toutes les maisons et années confondues. Sur cette foule craintive d'adolescent planait l'ombre menaçante des Carrow dont le regard luisait d'une lueur qui devenait presque familière. Quand Amycus prit la parole, Malia eu envie de serrer la main de Raven dans la sienne, rien que pour avoir un contact rassurant pouvant calmer son coeur palpitant. Pourtant, ses doigts ne bougèrent pas d'un millimètre, un voile glacé semblait s'être dressé entre les deux amies après leur récente altercation. Malia se tenait droite, ses muscles tendus et sa respiration coupée lorsqu'elle observait les élèves punis être désignés. Et égoïstement, elle ressentit un bref soulagement au milieu de la terreur qui l'envahissait. Pour une fois, elle ne faisait pas partie des victimes. Pour une fois, les blessures corporelles lui seraient épargnées. Seulement, elle n'avait pas songé qu'il existait des douleurs bien plus sinueuses que celles uniquement physiques.

Le Mangemort posa lourdement sa main sur l'épaule de la blondinette pour la placer dans le rang des bourreaux et elle se retrouva face à... non, pas lui. Malia se figea au moment où son regard azur rencontra les pupilles affolées de Nolan. N'importe qui, mais pas lui. Le soulagement que la sorcière avait ressenti il y avait à peine quelques secondes s'évapora instantanément, tandis que des remords se matérialisaient déjà. Elle avait, l'espace d'un court instant, été rassurée d'être le bourreau et non la victime. Mais à la vue du rouquin, sa bulle égoïste avait brutalement éclaté. Comment pourrait-elle consciemment faire souffrir un ami ? Le regard désarmé de Malia s'accrocha un long moment à celui tout aussi impuissant de Nolan, comme une connexion paralysante où s'entremêlaient leur terreur commune. Puis, les prunelles noisettes du jeune homme se recouvrirent d'un voile de détermination et l'intensité qui en émanait traduisait ses pensées avant même qu'il les murmure.

Vas-y. l'encouragea-t-il sans même un tremblement dans sa voix. Ça ira, t’en fais pas, tu peux le faire.

Les larmes montèrent aussitôt aux yeux de Malia. Pouvait-elle réellement le faire ? Nolan semblait si assuré, mais comprenait-il l'ampleur de l'acte qu'il lui demandait d'exécuter ? Ce sortilège impardonnable parvenait à créer les pires douleurs imaginables afin de pousser la souffrance de la victime à son paroxysme. Jamais elle ne pourrait lancer un tel sortilège à qui que ce soit, encore moins à un ami. Alors, elle secoua la tête. Non, ça n'ira pas, je ne peux pas le faire. Elle était incapable de jeter un doloris, bien que Nolan essayait de lui faire comprendre qu'elle n'avait pas le choix. Si elle désobéissait aux Carrow, elle s'exposait elle, mais aussi Nolan, à de nombreux risques. Car leur binôme n'avait peut-être pas été fait par pur hasard, la nouvelle insigne du rouquin le rendait beaucoup plus exposée à la surveillance malveillante des mangemorts. Se pouvait-il que le frère et la soeur Carrow soupçonnaient leur alliance et leurs actions pour la Résistance ? Peut-être que c'était seulement sa précédente conversation avec Raven qui lui insuffla cette pensée paranoïaque mais elle ne pu toutefois se détacher de cette idée qui ne fit que tripler son angoisse actuelle. "Se faire discret et se soumettre". Les paroles de son amie résonnèrent dans l'esprit torturé de Malia de façon intense et frénétique jusqu'à devenir évidentes. Elle devait se faire discrète pour protéger la Résistance. Elle devait se soumettre en torturant Nolan. Et celui-ci, dans toute sa bravoure, l'avait déjà accepté.

Alors, la Serdaigle essuya les quelques larmes encore prisonnières de ses longs cils et sa bouche s'entrouvrit sans qu'aucun son n'en sorte, seul le mouvement qui anima ses lèvres laissait deviner la forme du mot "désolé". Puis, son visage se crispa et toute la terreur qu'on avait pue y lire s'effaça derrière un masque froid et dur. Le frère Carrow était de nouveau là, c'était à son tour. Elle leva sa baguette qu'elle agrippait avec force pour contenir les tremblements qui menaçaient de trahir la peur qui lui tordait les entrailles. D'une voix éteinte, elle prononça la formule impardonnable. Comme elle l'avait envisagée, rien ne se produisit. Jamais elle n'aurait eu la volonté nécessaire pour jeter un tel sortilège sur Nolan, voilà pourquoi elle n'avait pas hésité une seconde avant de formuler le doloris à l'arrivée du Mangemort. Mais elle savait qu'un simple échec ne suffirait pas au Carrow pour qu'il épargne Nolan, alors, sans se défaire de son impassibilité feinte, elle s'adressa au professeur de magie noire :

- Le Doloris n'est pas de mon niveau, je ne suis qu'en cinquième année, tenta-t-elle d'une voix qu'elle voulue assurée. Mais j'ai compris que cet élève doit être puni et il y a d'autres façons de le faire plus adaptées à mes compétences.

Le Mangemort se posta face à l'élève, saisit son menton et la jaugea un moment, appuyant son regard sur les cicatrices dont il était l'auteur avant d'esquisser un léger sourire. Malia dû réaliser un effort considérable pour résister au mélange de peur et de dégoût qui lui criait de se défaire de ce contact immonde.

- Votre faiblesse et votre incompétence font peine à voir, Miss Montgomery, susurra-t-il à quelques centimètres de son visage.

Le souffle du mangemort glissait sur la peau pâle de l'élève alors qu'un silence lourd s'installa. Jamais Malia n'avait ressenti une telle angoisse, sa tentative de sauver Nolan d'un sortilège impardonnable lui semblait alors vouée à l'échec. Amycus Carrow était sûrement en train de réfléchir par quel moyen il punirait l'audace de la fillette. Mais, par le plus grand des miracles, ce fut tout le contraire :

- Montrez-moi l'idée que vous avez derrière la tête pour punir ce préfet désobéissant et peut-être que ce sera suffisant pour sauver les dernières miettes qui restent de votre dignité.

Le mangemort se décala pour observer la scène qui allait suivre et Malia se retrouva de nouveau face à Nolan. Elle était à la fois soulagée et terrorisée. Et ce mélange malsain d'émotion menaça un court instant de reprendre le dessus sur son self-control. Mais ce n'était pas le moment de flancher alors elle resta concentrée et tenta de trouver rapidement une idée de torture qui conviendrait au professeur de magie noire. Torture. Elle frissonna. Elle élimina immédiatement tout sortilège qui pouvait laisser des cicatrices, elle ne voulait pas que Nolan ait lui aussi à vivre avec  d'horribles souvenirs encrés sur sa peau. Mais quel sortilège utiliser dans ce cas ? Alors que la panique commencer à faire surface, elle attrapa son sac et fouilla dedans. Trouver une idée. Trouver une idée. Trouver une idée. Elle sortit un petit tas de parchemin. Le précédent cours de métamorphose lui revint à l'esprit dans un flash. Alors, elle toucha du bout de sa baguette la liasse de parchemin et prononça la formule récemment apprise :

- Duro.

Dans une grâce infinie, chaque parchemin se plia et s'enroula comme des dizaines d'origamis qui, un à un, perdaient leur souplesse pour s'épaissir et se durcir. Bientôt, un amoncellement de pierres prit forme aux pieds de la Serdaigle. Celle-ci releva la tête et attrapa le regard du Poufsouffle le temps d'une seconde pour lui faire comprendre une dernière fois qu'elle était désolée. Atrocement désolée. Puis, elle leva la baguette et réalisa un mouvement sec en direction de Nolan tout en articulant :

- Waddiwasi.

Le premier coup l'atteignit à l'épaule. Il fallait qu'elle vise mieux, il ne fallait pas qu'elle atteigne son visage. Elle croisa le regard brûlant d'expectatives du frère Carrow, alors elle envoya une seconde pierre. Puis une troisième. Une quatrième. Et elle enchaîna les coups tandis qu'une barrière se dressait peu à peu pour la séparer de l'instant présent, de la réalité brutale qu'elle ne voulait pas voir. Comme le soir de l'autodafé à la bibliothèque, elle était entrée dans un état hypnotique, son conscient et son subconscient semblaient s'être disloqués et son esprit ainsi divisé ne recevait plus les signaux envoyés par ses sens affolés. Elle visait sans voir l'endroit que chaque pierre frappait. Elle entendait les plaintes de Nolan sans les écouter. Elle sentait sa baguette lui brûler les doigts sans pour autant lâcher. Elle n'écoutait pas non plus la voix au fond d'elle qui lui hurlait d'arrêter car elle n'arrêterait que quand le mangemort lui autoriserait. Tout son être s'était courbé devant le représentant des forces du mal. Elle s'était lâchement soumise en ayant la conviction de protéger la Résistance. Mais sa bonne volonté n'était que poussière car il restait tout de même deux rescapés de ce chao. Nolan dont la peau devait déjà être criblée de bleues. Et Malia elle-même qui avait abandonné une part de son âme en se soumettant au diable.

- Une lapidation, donc... constata le mangemort une fois toutes les pierres envoyées. Ingénieux, Miss Montgomery, mais loin d'être à la hauteur d'un doloris. Alors un conseil, ne tardez pas à rattraper vos lacunes en magie noire car la prochaine fois, s'amuser avec des cailloux ne sera pas suffisant.

Le mangemort s'éloigna mais Malia ne bougea pas d'un centimètre. Elle prit conscience de ce qui venait de se passer et ce retour à la réalité fut pour elle comme un coup de poing de l'abdomen.  Elle en perdit son souffle et plutôt que de rejoindre Nolan qui agonisait par sa faute, elle s'écroula sur ses genoux. Elle avait pourtant envie de se précipiter vers son ami, de lui crier qu'elle était désolée, de constater l'ampleur des dégâts, puis de l'emmener à l'infirmerie. Mais elle n'osa même pas lui adresser un regard... La honte et les remords l'envahissaient tout entière, alors que la scène qu'elle avait refusée de voir sur l'instant se répétait à présent dans son esprit. Elle l'avait consciemment blessé et elle n'était même pas fichue de l'aider à se relever. Ce soir, chacune de ses  actions s'opposaient aux valeurs qu'elle avait toujours défendu. Que devenait-elle ? Une part de noirceur était née en son être et la jeune Montgomery connaissait à présent son pire ennemi : elle-même.

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Dernière édition par Malia Montgomery le Ven 20 Juil 2018 - 14:27, édité 7 fois
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MessageSujet: Re: [Jeu 4 Decembre 97] Cours Magistral avec les Carrow Lun 23 Avr 2018 - 22:24

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MessageSujet: Re: [Jeu 4 Decembre 97] Cours Magistral avec les Carrow Lun 23 Avr 2018 - 23:42


Quelques heures plus tôt

Ariane marchait dans les couloirs. Sa fierté l’empêchait encore de baisser la tête, mais ces trois mois passés chez les Nuncaboucs lui avaient progressivement fait baisser le regard. Elle ne regardait plus personne dans les yeux, maintenant. Elle voyait un groupe de jeune se diriger vers elle. Elle se décala très légèrement d’un côté du couloir, mais l’un des étudiants, un Serpentard à en croire sa cravate verte, la bouscula d’un coup d’épaule. « Hé Hepburn, tu voudras pas quelque chose pour laver toute la crasse sur ton visage ? J’ai de la bouse de dragon dans mon sac. » Rire général du troupeau qui entourait Marcus Dolohov. Ariane poussa un soupir silencieux, et dévia les yeux à l’opposé du Serpentard. C’était sa façon à elle de lever le regard au ciel. Elle se mordit la langue pour ne pas répondre. De toute façon, il aurait raison, et elle en avait marre d’aller en retenue.

Mais alors qu’elle allait continuer son chemin, elle sentit une main l’empoigner par le col de sa robe de sorcière. « QU’EST-CE-QUE-C’EST-QUE-ÇA ? » La jeune Nuncabouc, prise de court, leva les yeux vers Marcus, qui désignait le pendentif que portait Ariane autour du cou. Une fleur enroulée autour d’un D. « RÉPONDS ! » Le jeune homme, d’ordinaire calme, la plaqua contre le mur. La brune ne savait pas quoi faire. « Quand un sang-pur te pose une question, tu RÉPONDS. » Elle leva les yeux vers lui, et vit une rage étonnante venant de Marcus. « C’est à ma fami- » Le jeune homme lui coupa la parole « Ne prononce pas ce mot ! Tu n’as pas de famille, sale sang de bourbe. » Il se trompait. Il ne savait pas ce que c’était, une famille. D’un coup sec, il tira sur le pendentif et le rangea dans sa poche.

« Un problème, Mr. Dolohov ? » Amycus Carrow. « C’est cette sang-de-bourbe. Une sale voleuse. » Un rictus affreux tordit le visage du Mangemort. « Hin ! Miss Hepburn, évidemment. Vous viendrez en retenue ce soir. Et tous les soirs de la semaine, bien sûr. » La Nuncabouc hocha la tête, regardant difficilement l’homme. Elle vit du coin de l’œil les Serpentards s’échanger un regard en souriant. Ils savaient quelque chose, Ariane en était sûre.

----------

Une retenue dans la Grande Salle. Pendant un cours d’Art de la Magie Noire. On ne pouvait imaginer mieux, n’est-ce pas ? Au moins, Ariane se rassurait en se disant qu’il valait mieux que ce soit elle plutôt qu’un élève plus jeune… Elle alla se placer avec tous les autres retenus. « Le sortilège Doloris. » On adore ! Ça allait encore être une soirée de bonne ambiance, avec des feux de joie sortant des baguettes, des cris hystériques, des pleurs, des vomis, des disputes… Une bonne vieille soirée d’adolescents qui découvrent l’alcool, en somme. Pourquoi ne pas le voir de cette manière après tout ? C’était toujours mieux que la réalité. La sombre réalité.

« Je suppose que certains d'entre vous se rappellent très bien de la douleur ressentie ? » Ariane ne put s’empêcher d’esquisser un faible sourire. En fait, elle aurait tout aussi bien pu exploser de rire, après tout, que pouvait-on lui faire subir de pire qu’un Doloris ? Elle le savait, elle préférait mourir que de subir ça. Encore. Elle se croyait forte, prête à tout endurer. Mais c’était avant. Avant d’être répartie chez les Nuncaboucs, avant l’isolement, avant la saleté, avant le mépris. Et avant le premier Doloris. Voir une personne torturée, c’est déjà un supplice. Mais recevoir ce sortilège… Ariane pouvait devenir folle rien qu’en essayant de se rappeler ce que ça faisait.

Les élèves désignés pour lancer les sortilèges vinrent se placer face à eux. Ariane gardait la tête haute, mâchoire serrée, yeux dans le vague. Ne surtout pas montrer la peur, les tremblements. Une Serpentard de dernière année vint se placer en face d’elle. Heather. Leurs deux regards se croisèrent un instant, avant que les deux jeunes filles ne le détournent en même temps. Ariane remarqua les autres élèves du côté des bourreaux. Meredith. Carlie. Lina. Léon. Elle ne voulait pas les voir, pas voir leurs regards, leurs visages fermés. Juste à côté d’Heather se trouvait cet idiot de Marcus, face à une Gryffondor un plus jeune, peut-être en troisième ou quatrième année. Ariane ne pouvait le regarder en face, mais elle se doutait de ce qu’elle aurait pu voir : un regard excité, une fierté, voire même une nonchalance. Alors qu’elle s’apprêtait à détourner le regard, celui-ci fut attiré par un bijou étincelant au doigt du Dolohov. Une chevalière d’argent. Frappée d’un D autour duquel s’enroulait une fleur.

La Nuncabouc n’eut pas le temps de réagir, la baguette du sorcier se leva et le premier Doloris retentit, suivit des cris de la Gryffondor. Puis d’autres sortilèges, d’autres éclairs lumineux, d’autres cris. Ariane leva les yeux vers Heather. Si elle pouvait en finir vite avec elle, ce serait pour le mieux. L’attente était horrible. Mais pas si horrible que le cri de Lina. Ariane et Heather tournèrent la tête en même temps. Non, non, non. Elle était de l’autre côté, elle devait lancer le sortilège. Et pourtant, elle était bien là, gisant sur le sol, à hurler. Ariane se mordit la langue. Ce n’était pas le grand amour entre les deux brunes, mais elle ne put s’empêcher d’avoir envie que ça se finisse. Et vite. Elle regarda Heather d’un air presque suppliant. « Fais vite » souffla-t-elle, plus pour elle-même que pour qui que ce soit. La baguette d’en face tremblait, et le sort ne venait pas. Les cris étaient de plus en plus nombreux et forts. Terribles à entendre. Vite, que ça finisse. Ariane voulait les rejoindre, crier aussi. Le seul avantage qu’elle pouvait trouver au Doloris, c’est qu’elle n’était plus dans la réalité, qu’elle n’entend plus les souffrances des autres.

« Mais qu’est-ce que tu attends ? Lance le sort, elle ne mérite rien de mieux la sang-de-bourbe. » Le frère Carrow, encore. Au moins, ce serait bientôt fini. Ariane riva son regard dans celui d’Heather. Elle voulait que la Serpentard la regarde, qu’elle prenne conscience de ce qu’elle s’apprêtait à faire. « Endoloris ! » La Nuncabouc attendit que l’éclair lumineux la frappe mais… Rien n’arriva. Quelques secondes d’immobilité, de malaise. Ariane avait toujours les yeux rivés sur Heather. « Décevant… Très décevant et ça se dit serpentard… Regarde-moi bien faire, car la prochaine fois que je te demanderai d’effectuer ce sort, tu le regretteras si tu échoues de nouveau. A nous deux, Miss Hepburn. Endoloris. »

L’éclair lumineux frappa Ariane de plein fouet, qui s’écroula par terre. En un dixième de seconde, la douleur se répandit dans tout son corps comme le feu suivant le trajet de la poudre. Elle hurla. Tout en elle semblait incandescent. Elle se sentait percée de milliards de pics, qui traversaient sa peau, ses os, ses nerfs. Elle ne pouvait plus respirer, elle avait l’impression que ses poumons éclataient à chaque inspiration qu’elle prenait. Elle plaqua ses mains sur ses yeux, parce qu’elle avait l’impression qu’ils étaient en train de sortir de leurs orbites. Et ses organes internes se tordaient, faisaient des nœuds entre eux, s’étiraient, s’étiraient, s’étiraient. Trop d’informations, trop de stimuli douloureux arrivaient jusqu’à son cerveau. Sa tête allait exploser, elle la sentait gonfler, gonfler, gonfler. Elle ne contrôlait plus rien. Elle avait l’impression d’être enchaînée, de ne plus pouvoir bouger. Sa gorge était en feu, plus elle hurlait, plus elle avait mal. Elle devait arrêter. Elle tenta de mettre sa main devant sa bouche pour arrêter de crier, mais incapable de contrôler ses gestes, elle enfonça le dos de sa main et sa mâchoire se referma instantanément dessus. Elle sentit sous ses propres dents les tendons se sectionner, les os se craquer, le sang couler. Pris d’un haut-le-cœur, elle ne put s’empêcher de vomir le maigre repas qu’elle avait eu ce soir. Tout brûlait, il n’y avait plus aucune réalité, plus rien ne comptait. Il fallait juste que tout s’arrête. Elle voulait partir, dormir, mourir.

Et juste au moment où elle eut l’impression que son âme allait se dissocier de son corps en souffrance, elle se sentit progressivement revenir à elle. Ses yeux reprirent leur place, ses dents libérèrent sa main, ses poumons acceptèrent à nouveau de l’air, ses membres se détendirent, le feu qu’elle ressentait se dissipa doucement. Elle était juste là, la respiration haletante, allongée sur le sol froid et dur de la Grande Salle. Elle était toujours vivante. Survivante, ou plutôt sous-vivante. On ne s’habituait jamais à ce sortilège. Chaque fois était pire que la précédente, comme si les limites de la souffrance étaient relevées. Et chaque fois, elle en ressortait plus faible, elle perdait un bout d’âme à chaque fois. Mais elle était toujours là, et tant que ça durerait, ils ne gagneraient pas. Jamais.

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MessageSujet: Re: [Jeu 4 Decembre 97] Cours Magistral avec les Carrow Mar 1 Mai 2018 - 20:10



Il y avait quelque chose d'exaltant à voir tous ces petits morveux lever leurs baguettes pour infliger à leurs condisciples le sortilège Doloris. Il n'y avait plus de maison qui comptait, plus de grades, plus d'âge ni de convictions. La peur avait tout gommé et les voilà réduits à un simple choix : la personne en face, ou bien eux-mêmes. Que c'était grisant de voir cette jeune génération choisir de s'absoudre de conscience pour enfin obéir au nouvel ordre, au lieu de gâcher leur énergie et leurs temps à griffonner des slogans couleur arc-en-ciel sur les murs de la bibliothèque. A voir toutes ses baguettes tendues vers les victimes, Amycus ressentit immédiatement un immense sentiment de fierté l'envahir. Qui pourrait contredire ses capacités éducatives, désormais ? Qui pourraient encore une fois les accuser d'être trop laxiste à Poudlard ? Ou de manquer de pédagogie ? Le frère Carrow eut un petit sourire narquois à ces pensées réconfortantes, se glissant entre les rangs pour être au plus près des cris d'agonie qui ne risquaient pas de retentir, se positionnant au plus près de Gilson, Serpentard, à n'en pas douter. Ce dernier ne sembla même pas hésiter et le sortilège fusa vers la silhouette chétive d'une première année. Amycus ferma doucereusement ses yeux, s'attendant à se délecter de la petite voix fluette de Kérimel, la demi-portion dont les lamentations plaintives de la nuit de souffrance résonnaient encore à ses oreilles, le soir, quand il cherchait à s'endormir.

Ce fut le cri d'une jeune femme qui emplit la pièce, vrillant les tympans de la plupart des élèves qui se tournèrent vers la forme pitoyable qui se trémoussait sur le sol. Le Mangemort savait ce qu'elle ressentait, l'impression que chacun de ses os se brisait en une multitude de morceaux aiguisés, lesquels s'empressaient d'entailler les muscles, cisaillant les tendons jusqu'à faire cesser toute envie de vivre. Tout en devenait douloureux : des battements du coeur à la caresse d'une brise sur la peau devenue papier de verre. Même crier devait lui être douloureux, et ce résidu de Poufsouffle ne méritait que ça. Le regard d'Amycus passa de la jeune femme à Gilson, revenant sur la préfète des jaunes tandis que son esprit faisait enfin le lien sur la possibilité d'un pareil tableau. Ainsi, cette misérable Kaveline s'était-elle sentie l'âme courageuse ? Tant mieux, il rêvait de se montrer assez éloquent dans la punition qu'il lui accorderait pour que les derniers récalcitrants à l'enseignement du seigneur des Ténèbres ne s'abstiennent de se montrer rebelles. Il s'apprêtait à rejoindre l'impertinente lorsqu'Andréas se planta devant lui, avec ce regard à vous donner envie de creuser un trou dans le sol à la seule force des ongles, pour ensuite vous y enterrer vivant. Cet homme était un psychopathe et même le Mangemort ne se sentait pas à l'aise en sa présence, aussi baissa-t-il les yeux aussi bas qu'il le pouvait, comme si cette marque de respect - ou de peur ? - pouvait suffire à lui donner la consistance d'un fantôme. Rowle  s'avança vers la silhouette fébrile et Amycus les suivit du regard lorsque le professeur de potion entraîna l'insolente vers l'estrade avec une tendresse insolente, feinte. Qui ne rendait l'avertissement que plus explicite : faîtes votre choix et ensuite, tous debout sur cette estrade, vous devrez assumer. L'agitation n'avait pas provoqué le moindre bruit parmi l'assemblée docile et Amycus retourna à son rôle, tâchant d'oublier la présence réfrigérante de Rowle.

Un demi sourire traversa ses lèvres alors que sa soeur levait sa baguette pour administrer à Shafiq le sortilège que cette dernière n'avait pas été capable d'infliger. Et Alecto, elle, était très douée pour ce qui concernait la torture, à en juger par le hurlement déchirant que la jeune femme poussa avant de s'effondrer, le visage crispé sous une douleur telle qu'elle en devînt aphone. Ce long avertissement sonore fut suffisant pour que la préfète des rouges-et-or ne choisisse de sauver sa peau, envoyant valser le corps d'une misérable Nuncabouc contre l'estrade et Lenoir s'écrasa aux pieds d'une Kaveline déconfite. Amycus lui offrit un long regard plein de promesse avant de continuer à avancer entre les rangées, regardant d'un oeil aiguisé Foster tâcher de réussir à torturer la mini Gryffondor lui faisant face. Rien ne se passa et Amycus poussa un long soupire avant de s'emparer de sa baguette, réduisant à néant toute chance pour la première année de s'en sortir indemne. Il se délecta de la souffrance, aima encore plus la vision d'une Alecto forçant le septième année des Serpentard à garder les yeux ouverts, à regarder en face la fillette ne devenir qu'un pantin désarticulé. Le Mangemort leva sa baguette, regardant la marionnette se recroqueviller en chien de fusils puis pleurer tout son soûl, à même le sol. Et cela ne lui fit ni chaud, ni froid.

Ses pas le menèrent vers Trown. Cette jeune femme avait la capacité et la rage nécessaire pour réussir un tel  maléfice, il n'en doutait pas alors qu'il l'invectivait à passer à l'action. Son regard brûlant ne la quitta pas et se chargea de déception en la voyant échouer. Ainsi, seuls Crabbe et Gilson allaient réussir cet exercice ? Et ça se disait en dernière année à Poudlard ? Pitoyable. Au moins Brenckenridge s'était-elle donnée la peine de se charger quand même de la personne désignée comme victime, ce qui était la moindre des choses. Son regard se gonfla de colère alors qu'il levait de nouveau sa baguette, hésitant à faire subir le même sort à la jeune femme, avant que son regard ne se pose sur Hepburn et son sang impur. Ce fut sa misérable qualité  qui guida son geste et alors que la Nuncabouc criait son désespoir à qui voulait bien l'entendre, le Mangemort se demanda s'il n'aurait pas plutôt dû saigner la jeune femme pour en recouvrir Trown, afin que le geste révoltant ne l'enjoigne plus tard à faire preuve de plus de précision. Enfin, c'était toujours une idée à garder dans un coin de son esprit.

Peters. La Préfète des jaunes, toujours prête à pleurer pour espérer échapper à tout et qui pourtant, ne contredisait pas leurs ordres. Mais les larmes et les longs cils effleurant ses yeux déjà humides ne l'empêcheraient pas de faire un choix et Amycus la regarda d'un air dubitatif lever sa baguette vers un adolescent bien bâti qui la posait sur elle des yeux étonnés. Wicker. Il espérait presque que Peters ne loupe son sortilège afin d'avoir l'immense plaisir de voir cet abruti s'arracher la peau du visage à coup d'ongles, tellement cet archétype du Gryffondor lui tapait sur le système. A sa grande surprise, cependant, le jet rouge pourpre alla frapper la victime en plein sur le torse et il eut le plaisir d'entendre les cordes vocales de Wicker se déchirer à mesure que les hurlements de douleur achevaient de vider les joues de la préfète des jaunes de la moindre de ses couleurs. Un petit sifflement étonné traversa ses lèvres étirées en un sourire contemplatif et il ne dit rien de plus, tapant doucement dans ses mains pour féliciter la préfète des jaunes. Comme quoi, n'importe qui pouvait réussir ce sortilège en étant un tant soi peu plus motivé, n'est-ce-pas ? Schepper se chargea de lui prouver le contraire. Décidément, les septièmes années de la maison des verts et argents ne devaient leur honneur sauf qu'à Crabbe et Gilson. Il faudrait qu'il songe à aviser le Directeur Rogue de la baisse de niveau au sein de cette maison qui se devait d'exceller.

Son intérêt pour la maison Serdaigle prit un tournant nouveau lorsqu'il passa près de Montgomery. Son regard glissa avec indécence sur le visage poupin, parsemé de tâche de rousseur qui aurait pu être la particularité adorable d'un visage si fin, s'il n'y avait pas eu les cicatrices. Les deux plaies agrandissaient la bouche ourlée en un sourire perpétuellement morbide, reflet d'un sortilège que le Mangemort reconnaissait comme être le sien et il fut empli d'un sentiment de satisfaction à la voir ainsi marquée par ses propres soins. Sa baguette fourmillait entre ses doigts et il adressa un long avertissement visuel et plein de promesse à la capitaine de l'équipe des Serdaigles alors que cette dernière triturait dans ses poches avant de métamorphoser le parchemin qui en sortie en une multitudes de pierres qui s'envolèrent pour lapider le nouveau préfet des Poufsouffles. Ca avait l'air douloureux sans être bien méchant et à mesure que le corps du jaune se teintait en un nuancier de bleu et mauve, Amycus secoua la tête en pensant que vraiment, la poésie n'était pas un domaine lui plaisant. Mais enfin, si lapider son ami la réconfortait dans le dramatique de la situation, était-ce vraiment important de critiquer ? Il la félicita tout en lui enjoignant de s'améliorer puis laissa la jeune femme dans son abysse de culpabilité, afin que sa vue ne soit pas occultée par sa présence et qu'elle puisse contempler à sa guise son camarade qui n'avait plus la force de tenir sur ses jambes.  

Arrivé aux derniers élèves de la file, le Mangemort mit fin à l'exercice et les enjoignit tous à rejoindre leur place dans les rangs bien symétriques dans lesquels leurs condisciples avaient assisté au cours. Il attrapa négligemment par les épaules ceux qui étaient restés au sol, essoufflés et sanglotants de douleur, les poussant sans ménagement pour qu'ils retrouvent leur place. Les défiant du regard en les voyant parfois tituber, leurs muscles les tiraillant encore d'une douleur que le Mangemort savait tenace. Et d'une peur de la subir de nouveau, graver dans leurs esprits d'une manière encore plus indélébile. Puis ses pas résonnèrent sur le sol alors qu'il se dirigeait avec une lenteur exagérée vers Kaveline, qui se tenait toujours droite sur l'estrade. Il monta les quelques marches avant de la rejoindre en prenant tout son temps, se grattant la gorge avant de prendre la parole.

__ Bien, commença-t-il d'un ton mielleux. On ne peut pas dire que cela soit grandiose mais notons quand même que quelques-uns parmi vous ont réussi à mettre en pratique les conseils prodigués. Je tiens à ce que nous applaudissions tous Miss Peters, pour son sortilège réussi du premier coup ainsi que Messieurs Crabbe et Gilson qui ont également témoigné de leur habilité en matière de magie noire. Il leva ses mains en guise d'exemple et les frappa dans un rythme lent, jusqu'à ce que toute la salle ne suive le mouvement. Miss Brenckenridge et Montgomery, ces applaudissements vous étaient également destinés. Au moins avaient vous eu l'intelligence de parer à votre manque d'habilité magique en usant d'un sortilège à votre portée pour nous montrer votre motivation. Je vous félicite pour cette prise d'initiative, les gratifia-t-il avant de se tourner vers Kaveline, sa baguette se levant alors qu'il la déposait sur la joue de la jeune femme, replaçant à l'aide du bout de bois une des mèches brunes de sa longue chevelure derrière son oreille. S'il y a bien quelqu'un qui ne mérite aucun applaudissement, en revanche, il s'agit bien de vous, Miss Kaveline, susurra-t-il, assez fort cependant pour que tout le monde l'entende.

Sa baguette descendit avec lenteur, suivant l'angle fin de sa mâchoire dans un geste presque tendre, se perdant dans son cou dans une caresse morbide, alors que le bout de bois arpentait maintenant la ligne imaginaire allant de sa clavicule à son épaule droite. Il la contourna à pas lents, passant dans son dos et continuant son effleurement, dessinant de façon fictive une courbe allant de son épaule au creux de son dos avant de remonter avec une lenteur tout aussi exagérée vers l'épaule gauche où il termina sa course, levant sa main pour empoigner avec fermeté le menton de la Préfète des Poufsouffles.

__ Alors, on se sent l'âme d'une martyre ? demanda-t-il de façon rhétorique, ses yeux irradiant d'une lueur malsaine. Que vais-je donc faire de vous ? ajouta-t-il alors que ses doigts remontaient vers la bouche carmin de la jeune femme, où il déposa son doigt comme pour essayer de palper la chaire tendre.Peut-être devrais-je vous arracher les lèvres, afin de vous apprendre que lorsque l'on ose opposer son avis, on en subit les conséquences ? supputa-t-il en prenant un air indécis, sa main descendant jusqu'à attraper avec force les deux poignets de la jeune femme, les enserrant jusqu'à rendre impossible le moindre mouvement, comme s'il souhaitait que la marque de ses doigts ne s'imprime dans la peau blanchâtre de l'adolescente. Ou bien vous arracher les mains pour vous enseigner que l'on ne touche pas à ce qui ne nous appartient pas ? C'était la cible de votre camarade et vous n'aviez pas à prendre sa place, comprenez-vous à quel point votre acte est stupide ? continua-t-il avant de la lâcher, se plaçant derrière elle, ses doigts se glissant dans ses cheveux jusqu'à les rabattre sur son épaule d'un geste lascif, dévoilant la nuque s'hérissant de peur et d'appréhension de la préfète des jaunes. Il posa ses mains sur les épaules graciles, se délectant de la sentir si crispée. Si terrifiée. Peut-être devais-je vous marquer au fer rouge, juste ici, souffla-t-il avec force, son pouce écrasant la nuque de la jeune femme.Comme l'on marque le bétail, comme l'on punie un animal qui ne veut pas écouter, soupira-t-il théâtralement avant que sa main ne descende avec lenteur vers la poitrine de Kaveline. De ses doigts habiles, il décrocha l'insigne de Préfète avant de la laisser tomber au sol, illustrant la destitution à laquelle il condamnait la Poufsouffle. Il se recula, retirant ses mains du corps de la jeune femme avant de reprendre la parole avec force, passant brusquement du vouvoiement au tutoiement, comme pour affirmer son autorité. Elle n'était rien, absolument et définitivement, rien du tout. Retire ta cape, ainsi que ta cravate, ordonna-t-il en croisant les bras. Kaveline marqua une hésitation et il se fit plus urgent, sa langue claquant sèchement contre son palais alors qu'il répétait plus fort, plus impérieux. J'ai dis, retire ta cravate et ta cape. Les petits doigts fins et tremblotants rejoignirent le col de sa chemise d'écolière et Amycus ne la lâcha pas des yeux alors qu'elle retirait le bout de tissu, qui alla choir au sol au côté de l'insigne. La cape suivit le même sort, la jeune femme se tenant à présent debout en chemisier et jupe devant l'intégrité des élèves de l'école. Le Mangemort lui adressa un sourire avant de lever sa baguette. Il savait ce que la jeune femme devait à présent ressentir : une sorte de courant d'air frais glissant sur sa peau quelque peu dénudée et il prit tout son temps pour réussir son sortilège. Lorsqu'il eu terminé, il recula de quelques pas avant de traduire à voix haute le châtiment de la jeune femme, que tous voyaient à présent visible sur elle. Puisque tu voulais empêcher une autre de souffrir, tu vas avoir tout le loisir à présent de te prêter à cet exercice. Souffrir. Quotidiennement. Miss Kaveline, je te souhaite la bienvenue au sein de la maison des Nuncabouc termina-t-il en la regardant d'un oeil mauvais, récupérant la cape, l'insigne et la cravate aux couleurs des Poufsouffle, maison à laquelle elle n'appartenait désormais plus. Seule, debout sur l'estrade, Kaveline abordait désormais le violet pâle de la maison des boucs, une nouvelle cravate nouée autour de son cou ainsi qu'une nouvelle cape autour de ses épaules. Il se tourna vers l'assemblée qui n'avait rien manqué de l'humiliation de l'ex-jaune. Applaudissez donc Miss Kaveline pour sa nouvelle répartition. Celle- ci prendra effet le 25 Décembre. Considérez cela comme mon cadeau de Noël, lui murmura-t-il la dernière phrase au creux de l'oreille, approchant à outrance de sa peau si pâle. Il posa la main dans le dos de la jeune femme, la poussant pour la forcer à descendre de l'estrade avant d'ordonner aux préfets de ramener leurs condisciples dans leurs dortoirs respectifs.

****

HJ :

Je vous remercie tous et toutes pour votre participation, ça me fait vraiment plaisir de vous voir torturer vos personnages, les faire évoluer et prendre des descisions Vraiment merci à tous les membres d'avoir fait vivre cette animation ! (puis aussi à Heather et Octave, pour leur aide !)

Lina, tu seras envoyée chez les Nuncaboucs à partir du 25 décembre, et comme on l'a vu toutes les deux c'est temporaire. Néanmoins, si finalement cette punition te gêne, tu pourras toujours contacter un admin pour en discuter et t'en débarrasser :D

Les PP gagnés seront bientôt postés dans le post de discussion de l'animation.

Encore merci à tous, je vous aime !  

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MessageSujet: Re: [Jeu 4 Decembre 97] Cours Magistral avec les Carrow Ven 18 Mai 2018 - 6:54

Un sourire très court se dessina sur le visage tendu de Nolan alors que Léon échouait à compléter le sortilège attendu pour la seconde fois. La considération était évidemment aussi mauvaise qu’inconséquente — sachant qu’il venait tout juste d’inciter Malia à élever la sienne de baguette — mais en dépit des circonstances aggravantes liées à l’exercice, ce sentiment de satisfaction vis-à-vis la déconvenue de son homologue préfet lui était venu tout naturellement, la faute à leur relation délicieusement hargneuse. Après, davantage que de voir Schepper baisser piteusement les yeux, No se trouvait surtout ravi de savoir que la blairelle sur sa gauche — dont il pouvait presque sentir le souffle saccadé reprendre du mieux — allait regagner leur terrier en un seul morceau, Don’t worry Blondie, it will all be over soon.

D’ici là, il fallait encore que la sinistre silhouette d’Amycus Carrow se détache de l’ombre du vert et argent pour mieux venir empiéter sur celle de Malia, dont les yeux humides en disaient long sur l’état d’esprit. Les muscles tendus et la mâchoire serrée, le blaireau luttait contre ses envies d’user de l’humour comme du parfait paravent à ses émotions, conscient que le frère Carrow ne se contenterai pas de souffler son haleine fétide à la figure de sa douce amie s’il relevait le moindre chouïa d’insolence dans le ton de sa victime. D’ailleurs à ce stade, le rictus jaunit du mangemort suffisait à exprimer l’évidence ; le binôme jaune et bleu ne bénéficierait pas du même traitement de faveur en cas de fiasco similaire et bien franchement, Nolan était prêt à souffrir tout son saoul, là et maintenant, pour voir le vil professeur s’éloigner enfin de sa précieuse camarade.

De son côté, la Serdaigle refusait — fort heureusement — de céder à la peur et seules quelques gouttelettes orphelines ruisselaient encore silencieusement entre ses tâches de rousseurs, jusqu’à aller mourrir sur le col blanc de sa chemise. Son regard était demeuré résolument clair et pendant une fraction de seconde, tout juste avant qu’elle n’élève sa baguette pour la première fois, Nolan songea que cette étincelle de bravoure qui épousait si bien ses iris bleutés lui conférait un charme qu’il était injuste de gâcher ainsi, en l’offrant à la cruauté. Plus ou moins résigné à l’idée de soutenir l’effroyable décharge en préparation, le sixième année se cambra légèrement, offrant du même coup une courte pause à ses poumons oppressés. And now it’s your turn to laugh Schepper.

Sans grandes surprises, la baguette de l’aiglonne refusa toutefois de produire la moindre étincelle et pour tout dire, la formule avait été prononcée avec si peu de conviction et de volonté que Nolan ne s’était même pas donné la peine de tenir plus longtemps sa respiration. Bloody hell, apparemment, ses bronches et autres ventricules avaient tous été conviés au même petit marathon et vu leurs rythmes fulgurants, il y avait un moment que le coup de départ avait été donné. Ses prunelles noisettes désormais fixées au dos du mage noir, le blaireau n’avait plus qu’une envie ; mettre à profit cet excédent d’adrénaline en lui envoyant sa pantoufle au fion, pied inclus bien sûr. Non vraiment, seule son affection toute singulière pour la Finlandaise lui intimait encore de ne pas offrir aux Carrow le spectacle qu’ils espéraient sans doute ; l’affirmation bien publique de sa désobéissance puis de son attachement. Keep breathing No, keep breathing.

Le prochain coup de stress lui vint lorsque l’exécrable bipède leur servant d’enseignant se dégagea enfin pour le laisser découvrir une agitation à laquelle il ne comprenait rien. Sa Malia s’affairait à retrouver… son devoir de la veille ? Ha non, à cette allure, plutôt ses parchemins à rendre pour le mois de Novembre entier. Wait, mais alors pourquoi les cailloux du coup ? Et pourquoi ce regard à lui fendre l’âme d’un seul battement de cils ?



- Waddiwasi.

L’impact fut aussi soudain que fracassant, pile à l’angle de la clavicule, arrachant à Nolan un râle à peine étouffé. Il porta bien vite sa main gauche à son épaule blessée, puis il avisa un peu mieux de l’amoncellement au pied de sa tortionnaire improvisée. Goddamn, allait-elle vraiment le lapider jusqu’à ce que les gloussements d’Amycus ne trahisse son contentement ?


Ses yeux s’étaient vidés de leur lumière et ses sourcils froncés attestait de son appréhension. Une seconde pierre ne tarda pas à venir. Puis une troisième. Une quatrième. Il embrassa le sol après que la sixième lui ait bousillé une rotule puis perdit le compte lorsque la neuvième acheva son vol sur sa tempe droite. Il réalisa que l’exercice avait prit fin lorsqu’une voix caverneuse se fit entendre, couverte par un bourdonnement assourdissant, trop lointaine pour que l’écho de son propre souffle ne la lui rende audible. Recroquevillé, Nolan expirait toujours bruyamment, tout concentré qu’il était à reprendre le contrôle de ses esprits. Le moindre mouvement lui inspirait des gémissement d’agonie peu mélodieux et lorsque le tintamarre de son crâne sembla enfin se dissiper, ce fut pour le laisser profiter des compliments de la maison en regard aux performances exceptionnelles des Miss Breckenridge et Montgomery. For fuck sake, si son estomac n’avait pas été aussi prodigieusement vide qu’incommodé, le blaireau aurait très certainement dégluti l’intégralité sa collation du soir sous le coup de l’appel.

Meredith et Malia, deux prénoms qu’il aurait préféré ne jamais entendre dans une même salve de louanges et encore moins pour les motifs énoncés. Était-ce ainsi que tout avait commencé pour la préfète des lions ? Un jour on jardine et puis le suivant on lapide ? C’était maintenant au tour de son coeur de se tordre, prisonnier d’une cage qui, à chaque battement, rappelait à ses lèvres la saveur des renoncements. Le rouquin refusa ainsi de relever la tête pendant un long moment, certain de ne pas vouloir souffrir une blessure supplémentaire en croisant le regard azur de la responsable de son mal-être. Peut-être était-il déjà trop tard, peut-être venait-elle de basculer du côté ombrageux de ses allégeances oubliées ? À partir de quel projectile s’était-elle sentie en contrôle ? Avait-elle seulement songé s’arrêter à un moment ? Était-ce d’ailleurs bien de sa faute, elle qui n’avait cessé de souffrir sous la baguette de responsables sensés veiller à son éducation ? Et encore, quelle était la véritable responsabilité de Nolan dans tout ça ? Ne venait-il pas de provoquer ce moment, de par sa négligence d’abord mais surtout par égoïsme, certain que le rôle de bourreau se trouvait être le moins déplaisant à tenir ? Aurait-elle rendu les armes s'il ne l'avait pas inciter à procéder selon les ordres ?

Il ne voulait pas de réponses, il était bien trop tard pour cela et ses meurtrissures réclamaient un passage par l’infirmerie. Ce fut finalement Andrew qui hérita de la tâche de l’aider à porter sa carcasse, s’imposant comme un écran entre le rouquin et ce fossé d’indifférence qu’il continuait maladroitement de creuser jusqu’à Malia. Le blaireau avait besoin de temps, de repos et puis d’une bonne dose de déni, ce remède tout-usage qui l’aiderait à atteindre les portes de la Grande Salle en boitant et en gémissant, mais surtout, sans jamais se retourner. Oh wait…

La prochaine fois… que je loupe une ronde… souffla t-il péniblement en passant à la hauteur du frangin Carrow, toujours agrippé au cardigan de McCormack. Ce n’est pas la peine… de rassembler tout le monde… comme ça. Juste… une beuglante… et c’est bon.

Car non, ce n’est pas le coeur qui lâche en dernier, mais bien l’humour.

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« Differences of habit and language are nothing at all if our aims are identical and our hearts are open. » ► ALBUS DUMBLEDORE
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[Jeu 4 Decembre 97] Cours Magistral avec les Carrow

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