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[Lun 1 décembre 1997] Mesures de précaution et autres douceurs

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    INCRUSTE MAN
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MessageSujet: [Lun 1 décembre 1997] Mesures de précaution et autres douceurs Lun 15 Jan 2018 - 0:00

Ils étaient tous réunis là, sous ses yeux cruels, et Alecto regretta un instant les « bonnes » nouvelles qu’elle aurait à leur annoncer. Elle aurait voulu leur promettre mille et uns supplices, tous plus abominables les uns que les autres – la Nuit de Souffrance était encore un souvenir terriblement jouissif dans son esprit et elle ne doutait pas qu’il en fût de même dans celui de son estimé frère. Frère qui, d’ailleurs, la regardait d’un air suspicieux en attendant qu’elle prenne la parole.

Les morveux étaient si animés ce soir-là qu’elle doutait d’imposer le silence par sa seule voix. Un profond agacement la prit aux tripes et elle se leva brusquement, baguette en main et yeux plus menaçants que jamais. Une détonation surpuissante plus tard, un silence de mort régnait dans la Grande Salle et plus personne ne parlait ; certains regards effrayés déviaient un peu partout pour comprendre d’où venait l’explosion mais la plupart avaient déjà tourné la tête vers la professeure d’Etude des Moldus. Celle-ci eut un rictus satisfait en appréciant la peur qu’elle parvenait toujours à instaurer.

« Dépêche-toi un peu, Alecto », fit Amycus derrière elle, et sa voix basse lui parvint parfaitement. Même le corps enseignant, si l’on exceptait Rogue trop peu présent, les respectait dans une parfaite soumission. « Pas que ça à faire d’observer ces vermines croupissantes.

- À tes ordres, mon cher », répondit-elle d’une voix mielleuse. Et de se lever sur sa chaise, dominant de toute sa petite hauteur les quatre tables qui lui faisait face. Elle hésita un instant – devait-elle amplifier sa voix ou non ? – avant de s’appliquer un Sonorus sur la gorge, décidant que ce serait plus impressionnant ainsi. Non pas qu’il fallût les impressionner, enfin, c’était toujours bien de les oppresser un peu plus. « Votre attention… chers élèves »[/color], et l’ironie mordante était perceptible à mille lieues à la ronde. « Nous avons décidé, avec mes… chers collègues », même rengaine, même regard dégoûté, « d’instaurer quelques changements au sein de cette école. Tout manquement aux prochaines mesures et futures recommandations sera puni… Je vous laisse imaginer ce à quoi vous vous exposez. »

Un frisson général parcourut l’assemblée et Alecto sourit largement de contentement. Elle ne se lasserait jamais du pouvoir qu’elle avait sur ces êtres inférieurs, et même si elle était un peu amère d’avoir été assignée à une mission aussi ingrate que professeure dans une école de bestioles, elle ne pouvait nier que cela avait ses avantages.

« En premier lieu, des changements au sein de l’équipe de préfets », commença-t-elle en déroulant une liste manuscrite. L’écriture dessus, comme un contraste ridicule avec la personnalité de son propriétaire, était ronde et enfantine. « Les anciens préfets masculins de Poufsouffle et Serpentard se trouvant dans l’incapacité d’exercer leurs fonctions, soupçonnés de grave trahison envers la direction de Poudlard et de fréquentations douteuses avec la mafia de cette école, ce seront désormais Nolan Sherman et Léon Schepper qui seront assignés aux postes. » Elle abaissa un doigt boudiné, comme pour dénombrer le nombre d’informations qu’elle avait à transmettre – comme pour faire passer cet affreux moment un peu plus vite. Pourquoi Amycus ne s’en était-il pas chargé ? « Dans le même registre, la capitaine de l’équipe de Quidditch change : Miss Montgomery occupera désormais le poste. Sa prédécesseur Miss O’Muray n’a visiblement plus assez de temps pour assumer ses fonctions. »

Si Alecto s’était attendue à des applaudissements – et en réalité ce n’était pas le cas –, elle fut profondément déçue. Seul le glissement froid d’un fantôme se fit entendre et la Mangemort retint le ricanement cruel qui lui vint spontanément. Visiblement, tous étaient pétrifiés par le retrait des anciens préfets, par les raisons de cette baisse d’échelon et par le probable sort qui leur été réservé.

Parfait.

Elle remit sa liste à hauteur d’yeux et continua sa lecture : « Nous avons remarqué un trop grand nombre d’allées et venues illégales par des passages illégaux dans cette école. Sachez d’abord que chaque élève ayant dénoncé ce type d’infraction au règlement se verra récompensé et que chaque crétin ayant pensé pouvoir nous duper sera puni à la mesure de sa trahison. » Nouveau regard balayant l’assemblée, nouvelle vague d’accablement s’abattant sur les élèves. « Les passages secrets, qu’ils fassent communiquer deux points au sein du château ou qu’ils relient ce dernier à l’extérieur, seront tous condamnés et surveillés avec la plus haute attention de Mr Rusard. Mr Rusard qui sera autorisé à vous faire subir ce qu’il veut s’il venait à surprendre l’un d’entre vous tentant malgré tout de les utiliser – avant, bien entendu, de nous amener le fautif. Est-ce bien clair ? »

Là encore, aucune réponse ne lui parvint. Elle vit tout de même Rusard jubiler du coin de l’œil et elle grimaça discrètement ; elle ne savait pas s’il était aussi stupide que ces mômes infects ou s’il pensait réellement qu’un Cracmol s’attirerait leurs faveurs, mais quelques soient ses intentions, il se trompait lourdement.

« Cela m’amène au troisième point : chaque infraction au règlement, chaque infraction aux valeurs que nous défendons ici, doit être dénoncée. Si l’un d’entre vous remarque quelque chose qui n’a pas lieu d’être dans cette école, il est fortement encouragé à venir nous le rapporter ; si nous remarquons que des actes ont eu lieu, que certains d’entre vous étaient au courant et que vous ne nous les avez pas transmis… » Elle laissa sa phrase en suspens, mais sa voix promettait toutes les douces tortures connues dans ce monde. « Cet avertissement vaut plus encore pour les préfets de toutes les Maisons : vous incarnez l’autorité et nous vous faisons confiance pour cela. Vous devez faire régner l’ordre, que ce soit parmi vos pairs ou les sous-hommes qui peuplent ce château – aucune distinction. »

Elle perçut un début de protestation face à la dernière insulte, mais un regard réfrigérant de sa part suffit à l’étouffer.

« Pour terminer ce discours, j’annonce que les vacances se dérouleront du vendredi 19 décembre après les cours au dimanche 4 janvier. Ceux qui partent s’en iront en Poudlard Express ; aucun repas ne sera prévu pour eux ce jour-là et vous n’aurez pas la possibilité de réclamer de collation. Pour ceux qui restent, des cours supplémentaires obligatoires seront mis-en-place, assurés par des élèves que nous auront sélectionnés et supervisés par nous-mêmes. Il est évident que ces élèves seront tenus de rester à l’école pendant les vacances. » Un sourire doucereux plus tard et elle roula son parchemin. « Avez-vous des questions ? »

Alecto leva bien haut ses sourcils lorsqu’une main brune fusa dans le ciel et son expression se tordit lorsqu’elle reconnu l’estropié de Gryffondor. Il était trop brillant et trop téméraire pour qu’il ne fût inoffensif ; depuis le début de l’année, Alecto cherchait un moyen de le punir sans trouver aucun prétexte. Ses lèvres se plissèrent en une moue dégoûtée lorsqu’elle avisa le fauteuil roulant.

Encore un qui aurait dû finir avec les rats, tiens.

« Qu’y a-t-il, mon cher ?

- Pensez-vous vraiment qu’affamer vos élèves et les épuiser jusqu’à la corde soit la solution à tous vos problèmes ? », dit-il de but en blanc, et tous les traits d’Alecto se crispèrent convulsivement. Elle avait bien vu que c’était une tête brûlée – elle aurait dû prendre en charge ce déchet depuis bien longtemps maintenant.

« Mr O’Riley », dit-elle, un sourire mesquin dévoilant ses dents jaunâtres. « Vous aimez vous exprimer, à ce que je vois. Bien. » Elle descendit de son estrade, mais au lieu de prendre la direction de la table des rouge et or elle préféra se diriger vers celle des Poufsouffle. « Vous avez compris, n’est-ce pas, qu’il est mal vu de défier l’autorité. Pas qu’ici, naturellement – dans toutes les institutions du monde. Nous faisons ça pour vous former, pour vous préparer à ce qui vous attends dehors. Nous vous "affamons", comme vous dites, et vous "épuisons jusqu’à la corde", pour vous préparer aux dures conditions de vie qui vous attendrons lorsque vous sortirez d’ici. Pour rendre votre mental plus fort et pour vous faire comprendre que vous êtes chanceux d’avoir la bénédiction des hautes autorités. » Elle parlait à mots couverts mais elle était certaine qu’ils comprenaient ses allusions – il fallait voir les grimaces de certains : tout à fait délectables. D’ici, elle n’apercevait plus O’Riley mais elle était sûre qu’il l’entendait parfaitement.

Elle avait eu le temps d’observer les éléments qui lui posaient problème ; le jeune handicapé, ce moins que rien, semblait tenir plus que de raison à sa petite sœur, une Poufsouffle de Quatrième Année innocente comme un enfant – du moins Alecto le pensait-elle. Elle n’avait jamais fait de vague, s’était toujours pliée de plus ou moins bonne grâce à leurs exercices et leurs punitions farfelues. Et elle était malléable, si malléable !

La cible parfaite pour atteindre cette vermine de Gryffondor.

« Vous tenez particulièrement à votre sœur, n’est-ce pas, Mr O’Riley ? » Elle attrapa la jeune fille par l’oreille et l’amena sur l’estrade des professeurs, sourde aux protestations plaintives de l’adolescente. Là, elle l’agenouilla de force et pointa sa baguette contre la joue infantile. « Nous allons renforcer son mental et sa force physique, à elle aussi. Nous allons la préparer au grand Dehors. Qu’en dites-vous, Mr O’Riley ? »

Là-dessus, elle promena l’arme sur son corps et la gifla brusquement. La jeune fille bascula sur le côté et se mit à pleurer silencieusement, trop assommée par l’humiliation profonde qu’elle ressentait tout au fond d’elle pour songer à faire autre chose. Agacée, Alecto la réduit au silence et se tourna à nouveau vers la masse d’élève. La plupart avaient des expressions mêlées de terreur et d’autre chose qu’elle ne comprit pas – le dégoût peut-être ? Mais le dégoût envers quoi ?

« Qu’est-ce que vous faites encore là, vous tous ? Le couvre-feu est déjà presque là ! » Elle désigna d’un identique mouvement les quatre tables successives. « Les deux préfets de chaque Maison, ramenez vos camarades à votre Salle Commune. Je veux que dans vingt minutes tout le monde soit dans son lit, et je ne tolèrerai aucun retard. » Elle s’accroupit tout à côté de Bea O’Riley et son souffle fétide s’écrasa sur son visage. « Dépêche-toi de rejoindre tes amis, petite. Tu n’aimerais pas savoir ce que je te réserve si tu restes ici ne serait-ce que trente secondes. »

D’un geste négligent, elle la poussa du pied et tourna définitivement le dos à ses médiocres élèves. Et dire qu’ils étaient l’avenir du pays que construisait le Maître…

[HJ : Nous remercions Andrée qui a rédigé ce RP avec brio. Nous la récompensons avec 500 PP.
Vous pouvez poster/réagir à la suite de ce RP. Il est ouvert jusqu'au [strike]18 mars 2018 Nous prolongeons la possibilité de prendre part à ce RP jusqu'au 30 juin 2018.]
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NUNCABOUC4ème année
    NUNCABOUC
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MessageSujet: Re: [Lun 1 décembre 1997] Mesures de précaution et autres douceurs Jeu 1 Mar 2018 - 18:55

Lundi 1er décembre 1997, dans la Grande Salle, dans la soirée.
Il y eut une détonation dans la pièce et un sursaut plus tard, Clara Wingston Lenoir fut toute disposé à écouter Alecto Carrow qui annoncait quelques changements dans le château.

Dans un premier temps, il fut question de nominations de nouveaux préfets. Si ce genre d'informations l'intéressait peu habituellement, la jeune fille essaya tout de même de mettre un visage sur chacun des élus. Depuis qu'elle avait eu affaire à Ethan Farell et Carlie Peters - les deux préfets en chefs - Clara avait apprit à fuir ces responsables, dès qu'elle les voyait dans un couloir. Qui sait, quelles autres instructions, ils pouvaient avoir vis-à-vis des Nuncaboucs.

Poudlard n'était plus ce qu'il avait pu être. À une autre période, Clara s'y sentait bien. Aujourd'hui, elle ne pouvait plus prétendre y être heureuse. Comme chaque hiver, Clara envisageait de rentrer chez elle, durant les vacances d'hiver. Pas question de rester à Poudlard pour les fêtes de fin d'année, alors qu'elle pouvait les passer en famille. C'était encore plus important, aujourd'hui. Elle ne rêvait que d'une chose : ne plus avoir à dormir dans le dortoir de Nuncabouc. Qui plus est, en rentrant chez elle, elle aurait accès à un matelas confortable. Elle pourrait prendre tous les jours des douches, si elle le souhaitait. Bref, tout ce qui lui manquait aujourd'hui... Ce n'était pas l'absence de déjeuner dans le Poudlard-Express qui allait la faire changer d'avis. C'était bien peu de chose, comparé à ce qu'elle allait retrouver en dehors de l'enceinte du château.

Quelqu'un dans la foule osa protester ou lever la voix. Au départ, Clara n'y prêta que peu d'attention, plongée dans ses pensées et ses désirs de vacances. Ce n'est que plus tardivement, lorsque le professeur Carrow se dirigea vers une élève que Clara reconnut Bea O'Riley, en quatrième année, tout comme elle. Les deux adolescentes se connaissaient vaguement, se rendant aux mêmes cours. Plus sensibilisée que s'il avait s'agit d'un étudiant qu'elle ne connaissait pas, l'ancienne Serdaigle fut alors attentive à ce qui se passait. Être le centre d'intérêt des Carrow n'était jamais bon signe. En imaginant ce qui pouvait se produire, Clara fut saisit d'un frisson. Mais comme souvent, lorsqu'un de leur professeur décidait de sévir, la Nuncabouc restait immobile. Littéralement pétrifiée. Après tout, elle était impuissante, face à la hiérarchie... Résignée, elle osa à peine respirer la seconde qui suivit la gifle que reçut Bea de la part d'Alecto.

Instinctivement, le regard de la Nuncabouc se tourna vers la table de Serdaigle. Il se posa sur son grand frère, Mathieu. Ça aurait pu être lui. Ça aurait pu être elle... Heureusement (ou malheureusement) pour eux, le contexte depuis la rentrée les avait dissuadé de se plaindre publiquement. Après tout, l'insigne sur la poitrine de Clara était dissuasif. D'un commun accord, les deux enfants Lenoir se faisaient aussi discrets que possible. Il y avait trop d'enjeu derrière tout acte de rébellion. Leur confort, leur bien être, leur santé... et leurs vies. Et on ne joue pas avec la vie d'autrui. Encore moins lorsqu'il s'agit de la famille.

Il leur fut demandé de regagner leurs chambres avant le couvre-feu ne soit dépassé. Peu enthousiaste à l'idée de retourner dans son dortoir (il était si inconfortable...), Clara était néanmoins soulagée de quitter la pièce dans laquelle les Carrow les tenaient prisonniers. Elle les détestait profondément... autant qu'ils l'intimidaient.

[HJ : Je suis pas totalement satisfaite de moi, mais j'espère que c'est quand même agréable à lire. Je me sens rouillé.]

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MessageSujet: Re: [Lun 1 décembre 1997] Mesures de précaution et autres douceurs Dim 18 Mar 2018 - 22:17

Lysander porta un regard morne sur la marée de têtes qui l’entouraient. Que faisait-il là déjà ? Ah, oui. Evidemment, c’était sur toutes les lèvres, l’annonce des Carrows. Il réprima le haut-le-cœur naissant devant autant de monde et de nourriture au même endroit – si seulement ils pouvaient se contenter de manger et se la fermer ! De cette démarche raide et automatique qui était devenue la sienne ces dernières semaines, il se dirigea vers la tablée des verts et argents et s’assit à la place la plus extrême qu’il puisse trouver. Pas facile, entre les lèches-bottes qui campaient au plus près de la table des professeurs et ceux qui, prudemment, s’entassaient le plus loin possible de leurs bourreaux et le plus proche de la sortie – comme si ça leur avait permis de s’enfuir la dernière fois ! Le bord, au final, se trouvait être au milieu de la rangée : sur la limite entre les deux camps. Et bien soit, de toute façon il avait mal à la tête rien qu’à l’idée de prendre l’un ou l’autre parti.

En fait, depuis deux jours il avait en permanence mal à la tête. Il irait en parler à l’infirmière rapidement avant le couvre-feu… Avec cette excuse il pourrait ne pas se faire accaparer trop longtemps. Malheureusement, cela signifiait qu’il allait devoir manger. Il savait d’expérience qu’elle avait un instinct incroyable – ou un truc infaillible, identiquement – pour déceler un estomac maltraité, mais il n’avait pas envie d’être mis en cocon aujourd’hui. Il voulait pouvoir dormir cette nuit au lieu de retenir ses neurones qui filaient par les oreilles pour échapper à la guerre qui faisait rage dans ses méninges… Guerre au sujet de laquelle, pour une fois, il ne savait rien : le seul avantage de ce charnier était qu’il avait beaucoup trop mal pour se préoccuper de quoi que ce soit d’autre.

Exit le stress des examens juste avant les vacances – de toute façon ce n’est pas comme si une seule date allait pouvoir s’implanter dans le no-man’s-land si régulièrement assailli - ; bye-bye les regrets de ne pas pouvoir aller en Espagne ces vacances parce qu’il avait interdiction de quitter l’île ; adios les regards par-dessus son épaule à chaque fois qu’un de ses voisins se faisaient interpeler par un des dictateurs locaux… Il pourrait leur dire nunca màs mais la récompense lui semblait à présent trop faible contre le malaise intégral qui le secouait de l’intérieur. Comme à l’habitude : entre Charibe et Scilla il choisissait alternativement l’un et l’autre selon celui qu’il avait sous le crâne. Même dans la catégorie « comment veux-tu souffrir ? » il n’arrivait pas à se tenir à un choix. Il se décidait, se dégonflait, commençait, arrêtait, sans aller nulle part au final. Il ne faisait que creuser un sillon par ses allers-retours. Chaque fois un peu plus profond.

Il en avait marre de supporter cette soupe d’électrons vaguement électrisés autour de lui, marre qu’on lui répète qu’il prenait toujours la mauvaise décision, marre de subir les conséquences des actions qu’il n’approuvait pas, marre de se demander ce qui n’allait pas chez lui et de voir les autres se détruire. Et de se détruire. Mais au final à quoi il se raccrocherait ? Pourquoi il se raccrocherait même ? On ne voulait de lui que parce qu’il se faisait passer pour quelqu’un qu’il n’était pas. Alors, qu’est-ce qu’il lâchait ? Ce qu’il était ou cet univers ?

Incapable là encore – mais il n’était au final plus à ça près – de choisir entre les deux, il s’était simplement assis dans un siège intérieur et attendait. De voir lequel craquerait en premier. Il enchaînait les jours de cours sans plus très bien se souvenir de ce qu’il avait fait la veille – de toute façon ces jours revenaient toutes les semaines alors pas besoin de leur accorder une réelle importance. Tandis qu’à l’extérieur les tempêtes se déchainaient. Personne ne les appréciait, ces Mangemorts, personne ne les trouvait particulièrement méritants ni même doués ou intelligents. Mais ils étaient dans la vague, accordés au rythme, alors ils dansaient.

Va pour un demi-pamplemousse.

Une explosion retentit alors qu’il se décidait finalement à tendre la main vers un des plats et il sursauta, grimaça sous la crampe qui vrillait son estomac puis ferma les yeux un court instant avant de continuer ce qu’il voulait faire. C’est en reposant la seconde moitié qu’il se dit qu’il aurait sans doute dû utiliser sa baguette pour se saisir du fruit et le couper, que ça semble plus naturel. Mais bon, de toute façon c’était fait. Punition ? Le mot lui fit dresser l’oreille mais pas le regard, toujours fermement planté dans la chair qu’il déchiquetait. Et qui se débattait en lui lançant un jus piquant. Mauvais choix. Mais bon, de toute façon c’était fait.

Serpentard, changement de préfet… Absent puis revenu, puis de nouveau absent puis on ne savait plus trop. Il était devenu quoi ce préfet ? Mauvaises fréquentations, ça ne voulait rien dire, et pour l’avoir rapidement entendu en salle commune Ethan était plutôt du genre à postuler pour devenir Mangemort qu’à ourdir secrètement des complots contre le régime. Accessoirement il était de sang-pur, mais de toute façon il avait été clairement établi que ça ne comptait plus. Malia, un nom qui par contre le fit mordre sa fourchette et il retint un grognement. Cela aurait fait tache dans le silence de mort – quand on parlait de lui, bien le bonjour Baron – qui s’était abattu sur les lèvres des personnes présentes dans la salle. Vous savez les souris, ce n’est pas parce que vous ne bougez plus qu’on ne vous voit plus. Il s’empara de sa cuillère pour achever la bête.

En parlant de bête, tiens, après la déchéance des préfets il y avait le petit instant de gloire de Rusard. Toujours aussi pathétique, le petit homme qui se voutait sous les ans mais tachait bien de le faire oublier en cet instant. Mais bon, il semblerait qu’il soit dans la vague lui aussi, alors le plus misérable des deux n’était sans doute pas celui qu’on croyait. Même si personne, à part peut-être lui, n’était dupe… Lui au moins avait peu de chance de se faire réveiller et torturer de petit matin. Il était bien connu qu’un grand pouvoir impliquait de grandes responsabilités, lesquelles étaient tout aussi notoirement lourdes, mais il était certain que beaucoup seraient près à renier la magie pour se sauver d’ici, et que si ce n’était pas le cas présentement ça le serait d’ici à la fin de l’année. Et l’idée que les Mangemorts travaillent à priver ceux qu’ils ne jugent pas dignes des-dits pouvoirs par un moyen plus ou moins magicotechnologique ne lui paraîtrait même pas saugrenu.

Maniant alternativement bâton et carotte, la sœur Carrow venait à présent à la Brigade Inqui… boarf, son équivalent actuel peu importait vraiment son nom. Ou son statut officiel. Des élèves en chassant d’autres, rien de très original… Il gratta contre la peau du fruit les derniers lambeaux de chair encore accroché. Il serra les paupières pour que l’image de Lina ne s’y infiltre pas, pas trop, comme il la sentait pointer contre ses cils. Tous ceux qui essayeront de se sortir de la masse se feront couler, et son insigne n’était qu’une laisse, une nouvelle invite à plus de punitions sortant de Merlin ne savait où.

Vacances.

Le mot perçant au travers du courant anarchique de ses pensées pour le pétrifier et il reposa lentement le cadavre de son petit déjeuner, le cœur au bord des lèvres. Déjà. Lina fut balayée par une autre image qui, elle, se moquait bien de ses efforts : celle d’un fantôme de maison, vide. Enfin non, pas vide, avec le zombie de son beau-père, errant et tentant vaguement de donner un air de fête mais… Il appréhendait ces retrouvailles depuis qu’il avait quitté la maison et à chaque lettre envoyée depuis. Ce n’était pas pour l’argent qu’il avait travaillé cet été, malgré que ce fut son prétexte annoncé, mais bien pour éviter ces quatre murs.  Et l’absence. Et la tension qui forcément ne pourrait que monter. Et la culpabilité de ne pas pouvoir se serrer un peu mieux les coudes, qu’est-ce qu’elle en penserait ? Et les mots qui s’échappent, les « tu ne peux pas comprendre ce que je traverse » et autres « tu as bien de la chance où tu es, crois moi ». Envolée la sollicitude il ne resterait que la rancœur. Et il avait beau tout faire pour ne pas l’admettre, Lysander tenait à ce fil ténu de parchemins qui lui permettait de mettre entre parenthèses quelques minutes son quotidien. Pour raconter des banalités et cacher des codes, pour donner un petit air d’espionnage à cette violence banalisée, pour faire vraiment semblant dans un jeu cette fois. Sans avoir l’impression de se faire plumer sur tous les tableaux.
Alors non, pas de vacances, il préférait encore rester.

Un grincement métallique se fit entendre et il leva les yeux pour voir Lou s’avancer. Puis les détourna, avec un mauvais pressentiment… Mais ne put s’empêcher, cette fois, d’y revenir. Si les cris le prenaient pas surprise il n’était pas sûr de résister. Non, cette fois emportée par son discours la mangemort prit encore une fois le temps de leur rappeler combien ils faisaient preuve de mansuétude, combien toute cette comédie était nécessaire. D’un côté elle n’avait pas tort, sous le règne de Voldemort nombreux auront la vie dure. Et sans doute cette tête brûlée devrait-elle un peu mieux le comprendre avant de se plaindre que sa petite  Poufsouffle soit mise sur l’échafaud. Tu préfèrerais mourir mille fois que de la voir souffrir ? Soit sûr qu’ils t’épargneront. Non Lou, cette bataille-là tu l’as perdue d’avance, montrer ainsi tes faiblesses en voulant défier plus fort que toi est tout ce qui te distingue d’un rebelle. Toi tu n’es bon qu’à faire un martyr.

Sa gorge se serra mais c’est sans un mot ou un geste vers qui que ce soit qu’il se leva pour sortir à la suite de ses camarades. Ni premier ni dernier, juste moyen et dans les rangs. De toute façon c’était fait, alors à quoi bon réagir ?
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POUFSOUFFLE1ère année
    POUFSOUFFLE
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AVATAR : Chris Pritchard
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SITUATION AMOUREUSE SITUATION AMOUREUSE: Étranges troubles gastriques lorsque la perspective est envisagée.
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MessageSujet: Re: [Lun 1 décembre 1997] Mesures de précaution et autres douceurs Dim 20 Mai 2018 - 0:15



Trois mois. A ce jour, Oliver célébrait ses quatre-vingt-douze journées d’apprenti sorcier, emprisonné d’entre les murs de Poudlard, de surcroît. Aussi, l’enfant pâtissait lourdement de l’absence de sa mère, dont le manque rendait ses jours terriblement longs, sans atténuer sa tristesse. Depuis la seconde moitié de Novembre, avait débuté un compte à rebours, par lequel il repliât chaque jour un de ses doigts, pour imager son calendrier de fortune. Finalement, il soupira après avoir exercé sa mimique quotidienne, constatant avec fébrilité que le premier quart de Décembre tarderait à se consumer. Au dehors, la neige tombait drue sur la carapace du château, à l’instar d’une métaphore silencieuse, vinant appesantir ses peines. Les traits tordus par la contrariété, l’enfant souda son menton à ses paumes, ces dernières épousant l’arrondi de ses joues.

Tandis que le ciel se noyait sous ses gros flocons, d’autres plus habiles, se risquaient aux arabesques audacieuses, qui les menaient à leur perte. Se joignant à leurs comparses pour parsemer la terre fertile, de leurs larmes glacées, l’hiver semblait pleurer l’automne au mépris de sa propre gloire. Aussi, les flocons les plus attristées parurent s’enivrer de la chaleur qui empourprait l’habitacle du château, consumées de plaisir par la cire des chandelles qui les eurent éveillés. Dans leurs sillages se dessinaient divers sillons aux courbes maladroites, marquant le résultat de leurs ondulations fiévreuses. Certains profitaient de leurs derniers instants, tandis que d’autres restaient ténus parmi la foule, mais déversait leur joug impérieux en silence. A l’instar de la neige, les élèves du château se menait une bataille corporelle et psychologique, pour survivre.

Bien loin des métaphores alambiquées propres aux débuts de l’hiver, Oliver observait le flot continu des flocons, se déverser paresseusement sur la terre meuble. Tout était calme dans sa bulle, hermétique à l’agitation ambiante. Les tribulations enneigées étaient d’autant plus agréables à admirer, lorsque la chaleur de notre foyer nous préservait de la brise glacée extérieure. En effet, la lumière artificielle qui s’eût échappé des bougies ensorcelées, éveillaient les esprits tant ils surent profiter de sa source enflammée. Oliver se sentait protégé par le froid mordant de l’extérieur, bien qu’apaisé par la tranquillité qu’inspirait ses tribulations glacés. En effet, il gardait en mémoire un souvenir agréable d’un début de décembre apostrophé par les premières chutes de neiges. Souvent se plaçait-il sur les rebords de sa fenêtre, le menton calé entre les paumes de ses mains, le regard émerveillé par les effluves étincelants des flocons. Peut-être aurait-il la chance d’en profiter prochainement ? Il aspirait à une bataille de boules neige géante avant que cette dernière n’ensevelisse l’entièreté des lieux.

Chez lui, le décor propre au début des fêtes se prévalait toujours d’un sapin orné de guirlandes, régnant en maître sur l’ensemble de leur salon. Bien qu’il considéra l’évènement futile, jusqu’à présent, il se réjouissait désormais de rappeler ses moments conviviaux emprunts d’efforts, accompagnés de sa famille toute réunie, qui lui manquait. Seul lui, Lindsay, sa maman, et la neige. Rien qu’eux. Peut-être sa maman avait-elle déjà lancé les hostilités, impatiente d’enguirlander le végétal avec soin, sans que ce dernier ne croule sous un tas d’ornement amalgamés. Lindsay adorait couvrir le sapin de Noël, tout et n’importe quoi. Les traits de son visage oscillaient entre tristesse et nostalgie, tel le témoin passif des émotions qui le parcouraient.

Une pièce de viande traînait l’âme en peine, aux abords d’une assiette souillée d’une sauce huilée à outrance. Beurk. Le dégoût que lui inspirait son plat de résistance s’accola sur sa parure apathique, au détour d’un froncement de nez réprimé. Il fit valser sa fourchette entre ses doigts, tandis que la pointe de cette dernière décrivait une série d’arabesques autour du met gaspillé, sans parvenir à le toucher. La faim lui manquait pour se délecter du goût salvateur auquel se prêtait sa pièce de gibier. Certainement serait-elle plus appréciée par un Nuncabouc affamé. Ainsi Oliver révélait les caprices d’un enfant difficile, très peu satisfait du récit d’abondance que présentait l’amoncellement de plats présentés devant lui, tandis que la maison voisine salivait du plaisir d’autrui, mourant de faim. A Poudlard, l’injustice commençait à l’heure du repas.

- Tu devrais manger ce que t’as dans ton assiette, Oli, l’interrompit Lindsay sur le ton de la réprimande, faisant écho à ses réflexions morbides. Regarde les Nuncaboucs, nourri à la charogne. Je suis certaine qu’ils seraient bien contents d’avoir quelque chose de consistant à manger, pour une fois !
- Mais je n’ai pas faim ! Se justifia-t-il à contrecœur, honteux de lui accorder raison.
- Tu devrais manger, tu le regretteras après, jeta-t-elle agacée par le refus de son frère.

Oliver lui jeta un regard suspicieux. Qu’avait-elle ? Habituellement, Lindsay se moquait bien de son esprit contestataire quant à la prise de son repas. Oliver se demandait pourquoi sa sœur s’acharnait à jouer les mères poules, soucieuse de son bien-être. Quelque chose qu’il ne sut saisir semblait obscurcir comportement habituel. Lorsqu’il porta un regard d’ensemble sur l’assistance qui le précédait, quêtant la cause de la fébrilité insolite qu’eût exprimée sa sœur, quelques instants auparavant, il remarqua que chacun était animé d’une anxiété qu’Oliver ne leur connaissait pas. Bien que tous les éléments matériels soient prédisposés à dissimuler le trouble dont souffrait Poudlard, aucun sourire ne venait accompagner les chuchotements suspicieux épars sillonnant les tables. Une boule se noua au creux de son estomac, l’enserrant comme un étau de plomb. Ses petites mains vinrent immédiatement se déposer sur ses maux, pour les apaiser.

- Qu’est-ce qui leur arrive ? Demanda-t-il subitement, comme pour exprimer tout haut l’ardeur de son tracas.
- Oliver ! Lindsay fit volte-face, assassinant du regard l’ignorance qu’elle réprouvait, tandis que ses petits poings vinrent se caler contre ses hanches, indignée. Ne me dit pas que tu as oublié quelque chose d’aussi important !
- Oublier, quoi ? L’intéressé se tassa dans sa propre miséricorde, sachant pertinemment qu’une ânerie supplémentaire ferait exploser la bombe.

Finalement, une voix glacée bien qu’amplifiée vînt couvrir les explications s’apprêtant à être révélés.

- Nous avons décidé, avec mes… chers collègues d’instaurer quelques changements au sein de cette école. Tout manquement aux prochaines mesures et futures recommandations sera puni… Je vous laisse imaginer ce à quoi vous vous exposez.

Sa voix sifflait comme la menace d’un serpent venimeux en approche. Sa voix mielleuse prédisait la mauvaise fortune à son audience, tandis qu’un large sourire de contentement vînt ravager ses traits épris de démence. Les murs de Poudlard n’étaient qu’un réceptacle à son tas d’immondices ; ses paroles résonnaient, giflaient et percutaient de plein fouet les esprits torturés dont s’armaient les tables qui la précédaient, imposant à l’espace le silence religieux désiré. Oliver ne cillait pas ; les yeux rivés sur sa baguette, les tréfonds de ses rétines emplies d’amertume pour cette dernière, il se remémorait avec fébrilité les sévices qu’elle lui eût imposés. Comment un sortilège aussi anodin qu’un Lumos pouvait-il causer autant de maux ? Cette vieille rengaine s’était ancrée dans son esprit, sitôt qu’il fût blessé et se répétait à chacun de ses émois. Hélas, et comme à l’accoutumée aucune réponse ne vînt satisfaire ses questionnements. Il se ratatina sur place, l’œil trempé d’émotion, qu’il tenta d’effacer d’un revers de manche. Ainsi, le dos de sa sœur vînt se presser contre lui, dans un élan de solidarité muette, prompt à calmer son trouble.

- Pleure pas frangin, tu sais bien que ce n’est encore pas fini, voulut-elle se montrer rassurante, en vain. Sa voix perçait le vice, bien que tourmentée, à son instar.

Aux antipodes de ses attentes, Oliver renifla bruyamment. Désormais, un torrent de larmes se déversaient sur ses joues, drapées par ses grandes mains désireuses de dissimuler la confusion qu’il réprouvait. Lindsay venait de pointer du doigt la principale source de ses problèmes : L’enfer ne prenait jamais fin : il perdurait. Les brimades, l’humiliation et autres démonstrations propre à la souffrance d’autrui l’enrôlaient dans son cercle vicieux, couplant la folie à la douleur, jusqu’à l’écraser. Oliver brûlait à feu doux, comme la lumière artificielle qui lui eût cueillie la vue pour la lui ôter, ce fameux jour. Quel que soit l’erreur commise, en dépit des avertissements énoncés, tous paieraient. Que penser ? Que faire ? Oliver se perdaient dans les méandres de l’affolement suscités par un surplus d’émotions refoulés, depuis une durée conséquente. Soudain, ses coudes cagneux s’écrasèrent abruptement entre la tarte à la mélasse, et le jus de citrouille, tandis qu’il réprimait un petit cri de douleur étouffé. Cette dernière affliction s’ajoutant à son monticule de souffrance, Oliver dégringola sous divers soubresaut agités, surmontés d’un vocabulaire approximatif. Peut-être devait-il calmer la tonalité sur laquelle il exprimait les déboires de ses vocalises désespérés ? Peut-être son entourage l’avait-il remarqué, et s’était affublé d’inquiétude quant à lui ? Peut-être profiterait-il prochainement d’une étreinte réconfortante d’une épaule prompte à sacrifier un vêtement, sur lequel il déversera son flux lacrymal ? Certainement, reconnaîtra-t-il l’odeur vanillée qu’insufflait toujours sa mère, aux heures de consolations.

Dans un dernier échange conscient, Oliver établit sommairement la maigre liste des artefacts propres à calmer son agitation momentanée –car il était urgent qu’il s’apaise : Un câlin épris d’affection de sa mère, et libérer l’allégorie de la tristesse. Oliver n’écoutait plus le discours qu’Alecto baragouinait depuis une bonne demi-heure, seul le désespoir tenait en conversation leur conciliabule animé.

- Oli ! Première secousse. Olive ! Deuxième secousse. Quelque chose lui disait que la réalité le rattrapait plus vite que l’entièreté de son prénom. Oliver ! Troisième secousse : réveil.

Son espace confiné, imperméable à la lumière se dissolvait, épris du joug totalitaire de cette dernière. L’instant présent s’abattit lourdement sur ses épaules, croulant sous une nuée de grêlons. En effet, ses pans de sa robe détrempaient respectivement dans un breuvage aux devenirs flasques, et épaves de caramel fondu, édulcoré. Certains s’insurgeaient de ce gaspillage, irrespectueux du travail acharné des Elfes, et Oliver ne pût qu’en pâtir. Comment tant de détails lui avaient-ils échappées ? A son côté, trônait Lindsay, la cravate redorée. Visiblement, sa détresse ne lui avait guère échappé, si bien qu’elle eût coloré sa cravate aux couleurs des blaireaux pour lui prêter compagnie. Le geste le mettait mal à l’aise, tant il était pourvu d’inconscience de sa part. Lindsay n’avait pas hésité à sauter d’un banc à l’autre, troquant une couleur pour une autre. Mais avant qu’il ne puisse attester de son bien être et lui accorder son départ prématuré, cette dernière tint étroitement son épaule, décidée à ne pas la lâcher la pression qu’elle y exerça.

- Cette fille, , une ultime secousse vînt capter son attention au bout de la pièce que Lindsay pointait du doigt, tu l’as connaît, n’est-ce pas ?

Outre passées les raisons douteuses qui poussaient sa sœur à connaître l’intégralité de ses relations, Oliver ne pût qu’approuver sa requête d’un hochement de tête. Sa rétine oscillait entre incrédulité, tourment et regret. Car ça aurait pu être lui. Une carcasse femelle gisait au sol, enseveli sous une masse étouffante de cheveux, autrefois lumineux. Il distingua une paire de tressaillement discret sous sa robe, tandis qu’Alecto la traînait en déchet, à l'image des quelques mots qu'elle lui soufflait au visage. Il dépeignit au bourreau une haleine putride et nauséabonde, comme pour dégrader la domination -exprimée sous diverses humiliations- exercée sur son martyre, Effaré, Oliver ne voulait accepter la vérité, qui s’imposait à lui.

Bea.




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MessageSujet: Re: [Lun 1 décembre 1997] Mesures de précaution et autres douceurs Mar 5 Juin 2018 - 11:44

D'humeur morose, Avril tentait de se forcer à avaler le contenu de son assiette. Rien n'était vraiment appétissant, on leur avait servi une espèce de bouillie insipide et un pudding à l'aspect douteux. Elle gardait les yeux baissés sur son assiette, voir ce que mangeaient les élèves des autres maisons la faisait crever de jalousie. Elle avait faim, une voix impérieuse en elle réclamait de la viande rouge, des frites, du chocolat, toutes ces choses dont sa mère la gavait pendant les vacances. Sa famille et son médecin n'avaient jamais cessé de surveiller attentivement son poids et elle ne comptait plus les réprimandes de l'infirmière scolaire quand elle se présentait pour prendre sa potion et qu'elle en profitait pour l'ausculter. Elle lui faisait un long discours sur la nécessité de ne pas perdre trop de poids pour supporter les métamorphoses avant de la forcer à avaler une énième potion nutritive sans écouter les explications souvent fantaisistes d'Avril pour justifier son manque de sérieux quant à son poids. Ce n'était pas vraiment sa faute, la lycantrophie absorbait une bonne partie de son énergie et il était difficile pour elle de prendre du poids. L'adolescente se rappelait avoir beaucoup pesté contre les adultes qui la surprotégaient mais elle devait reconnaître que plus l'année avançait plus elle perdait du poids, ce suivi rigoureux n'était donc pas superflu. Il lui suffisait de croiser le regard effrayé que Pomfresh posait sur elle pour s'en rappeler. Mais désormais la médicomage n'avait plus le droit de la soigner -même si une fois ou deux elle avait glissé des potions dans le sac de la louve au détour d'un couloir- et Avril le regrettait. Tentant de dissiper ces sombres pensées elle inspira profondément et avala une autre bouchée de bouillie.

Elle fut vite distraite de son repas par une explosion. Dans un sursaut elle releva la tête, la Carrow voulait dire quelque chose. Bien décidée à ne pas se prendre de doloris, la paria écouta attentivement. Il était question de changement, de mesures de précautions. Comme s'il n'y avait pas déjà eu assez de changements pensait Avril en frissonnant. Qu'allait on leur annoncer ? Que désormais les Nuncaboucs dormiraient dans les cachots ? En vérité il fut d'abord simplement question de changements dans l'équipe de préfet. Nolan se retrouvait au poste, la Balafrée grimaça, elle voyait mal son camarade Poufsouffle, avec qui elle faisait de la botanique au sein du club depuis des années, s'en prendre aux autres et exécuter à la lettre les ordres des Carrow. Auparavant ce poste était prestigieux et convoité, devenir préfet était synonyme d'excellence académique et de qualité de leadership et le faire figurer sur son CV était assurément un plus. Son plus grand frère avait été préfet et ses parents en avaient été très fiers. Mais désormais, occuper ce poste était loin d'être un avantage. Les préfets étaient particulièrement surveillés par les Carrow et même ceux qui se faisaient passer pour des parfaits pro mangemorts comme Meredith n'échappaient à la torture, en plus d'être très mal vu par les autres élèves. Un silence se fit, il n'y eut pas d'applaudissement, l'ère ou les élèves aimaient leurs professeurs était définitivement révolu. Ce fut ensuite le moment pour Alecto de rappeler les nouvelles valeurs de l'école et d'encourager la délation pour lutter contre les infractions et allées et venues illégales. Des récompenses pour les traîtres ? Voilà qui était réjouissant pensait amèrement l'adolescente, aujourd'hui plus que jamais on ne pouvait faire confiance à personne. Tout cela lui rappelait douloureusement l'époque d'Ombrage. Les changements, la délation, les distinctions entre les élèves. Mais au moins à l'époque, Avril avait des alliés, certains professeurs la soutenaient, sa mère était en mesure d'intervenir. Aujourd'hui elle était explicitement placée dans la catégorie des sous hommes et elle savait que sa situation pouvait basculer d'un moment à l'autre, selon le bon vouloir de sadiques.

La dernière partie du discours fit naître de l'espoir sur les visages sombres qui peuplaient la salle. Les vacances, le cœur se serra quand elle pensa à tout ce qu'elle pourrait retrouver. Ses parents, un lit, des bons repas, des soins et surtout la sécurité que procurait le sentiment d'être réellement chez soi. Elle s'imaginait déjà passer sa journée dans les délices de la couette, retrouver l'insouciance qui caractérisait ces instants de liberté. Jamais l'ancienne blairelle n'avait autant regretté la douceur de son foyer que maintenant, alors que Poudlard n'était plus sa maison. Maintenant elle se sentait indésirable ici et tout était fait pour le lui rappeler. Mais les derniers mots d'Alecto suffirent à doucher son enthousiasme. Certains élèves seraient tenus de rester. Il lui apparut brutalement que jamais on ne laisserait les Nuncaboucs partir. Après tout qui serait assez fou pour revenir à l'école ? Quel parent serait capable d'y renvoyer son enfant en découvrant ce qu'il avait subi. Malgré son idéalisme, Avril elle même était incapable de se convaincre qu'elle réussirait à remonter dans le Poudlard Express si jamais on la laissait repartir deux semaines chez elle. D'ailleurs sa mère préfererait sans doute partir sur les routes avec elle plutôt que de la laisser aux griffes des Mangemorts. C'était sans espoir, en vérité le château n'était pour eux qu'une prison. On les entassait dans ce grenier en attendant de pouvoir les envoyer à Askaban ou tout simplement de les exécuter. Ce n'était qu'une question de temps, si la résistance ne gagnait pas en puissance le régime deviendrait suffisamment fort pour qu'un massacre soit commis.

Décidément, la brune avait été stupide, stupide de ne pas s'enfuir avant la rentrée à Poudlard. Elle était convaincue que certains l'avaient fait, tous les absents ne pouvaient pas être morts, c'était impossible. Ils avaient simplement eu la présence d'esprit de sauver leur peau. Elle avait d'ailleurs entendu dire que des lycans avaient été engagés comme pisteurs pour retrouver les fugueurs. Ses yeux vifs scrutèrent les autres parias, personne n'osait se réjouir à voix haute et certains visages demeuraient fermés. Mais malgré tout il lui semblait que d'autres nourrissaient l'espoir de quitter le château. Avril songea que les vacances allaient être particulièrement difficiles pour eux. Un éclat de voix lui fit relever la tête. Un gryffondor venait de défier explicitement Carrow. C'était courageux, stupide, mais courageux. Son acte lui rappelait celui de Neville Londubat au début de l'année, Alecto allait elle torturer en bonne et due forme l'intrépide ? En entendant la réponse de la Mangemort, Avril frissonna. On les préparait tout simplement à se soumettre à un régime dictatorial et on les affaiblissait pour qu'ils ne soient pas capable de mener la guerre, tout simplement. Poudlard était à l'image de la société, les sangs purs et mélés qui resteraient dans le rang s'en sortiraient sans trop de dommage et les minorités n'avaient aucune chance. Ce qui les attendait dehors, c'était un monde ou seul les partisans du Lord Noir auraient des conditions de vie décentes... T

errifiée, la louve attendit la réaction d'Alecto, se préparant à voir un doloris ou autre maléfice terrible. Mais Lou fut épargné. La mangemort avait opté pour une autre technique. La brune vit avec une effroi une élève beaucoup plus jeune, Bea la sœur de Lou être attrapée. Une colère sourde s'éleva en elle et Avril en voyant la petite à genoux, s'en prendre à une innocente c'était envoyer un message clair à tout le monde. Leurs actes pouvaient à tout moment retomber sur les plus faibles, sur les membres de leurs familles, les Mangemorts connaissaient les faiblesses de chacun et n'hésiteraient pas à les utiliser. La Balafrée fut soulagée en voyant que l'enfant n'écopa que d'une gifle. Certes, la petite serait sans doute marquée par cette humiliation publique mais les choses auraient pu être bien pires. C'était bien la preuve que les actes de bravoures isolés ne servaient malheureusement à rien, Avril en avait fait les frais lors de sa quatrième année alors qu'elle s'opposait frontalement à Ombrage. Ceux qui tenaient les rênes de ce château était trop puissants. Ils devaient s'organiser collectivement au sein de la résistance et se protéger tous ensemble pour espérer faire quelque chose d'utile et ne pas finir en martyr. Quand Carrow annonça que tout le monde devait aller se coucher l'adolescente abandonna son repas sans regret, les différents événements de la soirée lui avaient coupé l’appétit. Elle s'en mordrait sans doute les doigts une fois recroquevillée dans le froid du dortoir mais pour l'heure elle ne souhaitait plus qu'une chose, ne plus sentir le regard des bourreaux sur elle.

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[Lun 1 décembre 1997] Mesures de précaution et autres douceurs

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