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[08 Novembre '97] À l'ombre des voltiflores

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Poufsouffle6ème annéePréfet & Poursuiveur
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MessageSujet: [08 Novembre '97] À l'ombre des voltiflores Dim 14 Jan 2018 - 23:24

Le pas de Nolan était constant et sinon qu’il fut un peu moins léger qu’à l’habitude — une faute davantage imputable à la hâte inhabituelle avec laquelle son repas fut englouti plutôt qu’à un défaut dans son humeur — le fait qu’il se trouvait à déambuler hardiment en direction de l’aile Est par ce beau samedi de Novembre n’avait rien de bien extraordinaire. Par ailleurs, la présence de Carlie à ses côtés, aussi bien en sa qualité d’amie, que de préfète-en-chef, que de membre des blaireaux, avait elle aussi tout ce qu’il y a de plus… normal? Well, les courtes cernes bleutés qui ornaient désormais le regard assombri de la demoiselle n’étaient pas exactement ce qu’on pouvait qualifier de plus banal pour une adolescente de cet âge, mais ce n’était certainement pas ce qui alerterait les Carrow — dont le régime en était bien sûr la cause — dans les circonstances. Toujours est-il que Nolan continuait d’avancer en direction des Serres sans trop se tourner vers sa camarade, quelque chose des joues creuses et des épaules à peine voûtées de Peters le mettait à mal, comme un rappel évident des conséquences de ce nouveau régime. À l’exception de cet empoissonnement calculé dont ils avaient tous été victimes quelques jours plus tôt — et encore, un réflexe fortuit lui avait épargné le plus désagréable du processus de rétablissement —  il semblait que le Sir Sherman avait jusque là échappé au radar de l’administration, celle-ci le jugeant sans doute trop badaud ou bien juste assez passif pour être véritablement digne d’intérêt et par extension, de châtiments ? Grand bien lui fit, car en dépit des arômes d’insulte liés à cette constatation, cette indifférence à l’endroit de sa personne lui laissait toute la latitude qu’exigeait son petit chapardage en plein jour ; le président du club de Botanique cultivait, bien à l’abri des feuillages tropicaux de Chourave — et depuis quelques semaines déjà — des herbes médicinales qui étaient maintenant toutes prêtes à finir en philtre de régénérescence.


Nolan inspira donc un grand coup en pénétrant dans la Serre la plus à l’ombre du château : l’air particulièrement lourd et terreux qui la caractérisait en avait bien vite fait sa petite préférée entre toutes et tandis que Carlie franchissait la double porte vitrée qui en gardait l’accès, notre rouquin en profita pour se délester de son cardigan puis de sa cravate strié de noir et de jaune. Obéissant à une routine maintes fois répétées, il les accrocha au vieux crochet de fer du comptoir de rangement sur sa droite, puis il entreprit calmement d’ajouter quelques tours aux manches de sa chemise, machinalement, balayant au passage ce petit inconfort qui lui secouait l’estomac. À son sens, cette serre était celle qui se prêtait le mieux à la culture des herbes médicinales — ainsi que de quelques spécimens exotiques — son taux d’humidité élevé limitant les nombreux arrosages exigés par la majorité de ses pensionnaires. Le blaireau appréciait toujours de sentir sur sa nuque cette fraicheur quasi étouffante, si bien qu’il en oublia rapidement les heurts subits quelques jours plus tôt, arborant à nouveau ce vaste sourire dont il avait fait sa marque de commerce.

Comme prévu, les Serres étaient toutes silencieuses, les maigres effectifs susceptibles d’être venus s’y réfugier pour la journée avaient déjà déserté les lieux en quête de leur repas du soir et le sixième année pu aisément libérer un petit tabouret de bois qu’il offrit à sa préfète-en-chef, non pas sans l’avoir d'abord épousseter d’un grand coup de paume.

Si Milady veut bien se permettre !

 lâcha t-il d’un ton bien plus grotesque que réellement chevaleresque, pointant du même fait le siège fraîchement débarrassé d’une couche de poussière de terreau.

D’un œil aussi brillant que préoccupé, Nolan guettait discrètement la petite allée conduisant à leur refuge de verdure, conscient que deux autres silhouettes ne tarderaient plus trop à se détacher de l’horizon mourant, celles des transitaires officielles des futures décoctions produites au moyen des dites plantes cultivées — illicitement, rappelons le — par le rouquin. La consigne était donc toute simple : si on venait à les interroger sur leur causes de leur petite pèlerinage ce soir-là, il suffisait de répondre qu’elles avaient été conviées à une visite guidée de l'endroit dans l’intérêt de les voir se joindre au club Haricot et Potiron, le célèbre regroupement des jardiniers en herbe du collège. À tout coup, personne n’oserait même soupçonner qu’une poignée de nerds, prenant plaisir à baratter de l’engrais à base de bouse de dragons, n’agisse que dans l’espoir de fomenter une quelconque insurrection. Oh wait…

Alors, tandis qu’on est seuls et à l’abri des regards, j’ai un quelque chose pour vous, Miss Peters. D’un air et d’un ton délibérément enjôleurs, Nolan plongea aussitôt une main dans la poche d’un sarrau pour en sortir un petit pain au chocolat ainsi qu’une prune bien mûre. Et on sait tous les deux que je vénère les viennoiseries presque davantage que la magie elle-même, alors je te laisse imaginer dans quel état le refus de cette délicieuse offrande risque de me plonger.

Les sourcils bien hauts, Nolan espérait ne pas avoir à insister. Il était évident que l’odeur des racines de voltiflores fraîches ne réussirait pas à un estomac vide et le pauvre blaireau ne savait pas trop comment s’y prendre pour communiquer autrement son inquiétude à voir Carlie si faible, conscient d’ajouter à ses responsabilités le poids d’une nouvelle tâche et d’un nouveau secret.

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MessageSujet: Re: [08 Novembre '97] À l'ombre des voltiflores Lun 30 Avr 2018 - 16:20

8 Novembre 1997
~
A l'ombre des voltiflores





Depuis la rentrée, Malia avait beaucoup cogité. La mise en place d'une 5e maison destinée aux nés-moldu avait profondément choqué la jeune Montgomery. Mais ce n'est qu'après la soirée incongrue du 20 septembre qu'un réel sentiment de révolte était né en elle. Ce soir-là, Wayoth Fawkes, un Nuncabouc de 7e année - anciennement Serdaigle - avait eu l'audace de faire irruption dans son ancienne salle commune pour... prendre une douche. Tant de risques juste pour un peu d'eau chaude. Malia, qui l'avait malencontreusement surpris dans les escaliers, avait alors compris l'ampleur de la maltraitance infligée aux Nuncaboucs. Ceux-ci étaient traités comme des moins que rien et chaque jour ils semblaient s'affaiblir un peu plus. Face à ces conditions de vie déplorables, Malia se devait d'agir, elle ne pouvait plus ignorer leur détresse. Alors elle avait réfléchi, encore et encore, pour trouver un moyen de les aider sans s'attirer les foudres des Carrow. Et c'est ainsi qu'un matin d'octobre elle rejoignit Nolan dans une serre du château pour lui demander son aide. Il était le vice-président du club de botannique, c'était le seul qui pouvait l'aider à débuter son projet. Elle savait pourtant qu'elle prenait des risques en misant sur Nolan car elle ne le connaissait que peu mais elle avait su trouver le bon argument : Samuelle Bourroughs. Malia savait que Nolan portait un certain intérêt pour sa meilleure amie, néanmoins celle-ci était à présent à Nuncabouc et le seul moyen de l'aider était d'accepter la proposition de Malia. Le trafic des plantes pu alors commencer. Mais ce n'était que la première étape de ce projet, pour la suite il allait falloir d'autres membres.
Encore une fois, Malia avait longtemps réfléchi : à qui pouvait-elle vraiment faire confiance en ces temps troubles ? Raven ? Non, sa réaction quand Wayoth était entré en douce dans la tour Serdaigle avait révélé un sombre aspect de Raven. Elle voulait sauver sa peau, elle n'aiderait pas les Nuncaboucs et Malia le savait. Elliot alors ? Non plus, bien que Malia avait une entière confiance en lui, elle sentait qu'il n'était pas encore prêt à s'engager, alors elle ne voulut pas l'entraîner dans son projet risqué. Mais qui alors ? Puis, ce fut comme une évidence : Ariane. Cette 7e année au caractère bien trempée avait toujours impressioné Malia car elle n'avait jamais peur de clamer haut et fort son opinion. Elle avait toujours défendu de nombreuses causes comme la S.A.L.E. et sa soif de justice ne faisait aucun doute sur son investissement dans ce projet botanique. Ariane était faite pour la Résistance et un Nuncabouc était indispensable pour que le projet fonctionne.
Néanmoins, il manquait encore un dernier élément clé pour que les missions de ce groupuscule puissent débuter : un potionniste. Et tout le projet allait reposer sur cette personne. Seulement, ni Malia, ni Ariane ne se débrouillaient en potions et Nolan avait déjà un rôle assez prenant. Alors, il fallait recruter une dernière personne et c'est Nolan qui proposa un nom. Et Malia faillit s'étouffer avec son jus de citrouille quand elle entendit ce nom. Carlie Peters, la préfète des Poufsouffle, aka un des petits toutous des Carrow. Pourtant, Nolan était convaincu qu'elle était une personne de confiance. Malia était restée un long moment sceptique, jusqu'à la nuit d'Halloween ou une bribe de conversation presque innocente avec Carlie la fit changer d'avis. Elle avait cru voir en la Jaune-et-Noire une élève révoltée contre les Carow , comme elle. Peut-être que Nolan disait vrai, alors elle décida de lui faire confiance. C'est ainsi que ce samedi 8 novembre, les quatre élèves se regroupèrent pour la première fois à l'heure du dîner dans l'une des serres du château.

Quand Malia franchit la porte vitrée de la serre, elle fut aussitôt enveloppée par l'air chaud et humide qui y régnait. Elle n'était pas habituée à ce climat tropical et bien qu'il fut pesant de premier abord, elle s'y accommoda bien vite. Elle rejoignit les deux Poufsouffles qui s'étaient déjà installés sur des tabourets et les gratifia d'un sourire discret, quoique rendu grotesque par ses cicatrices. Ariane arriva à sa suite, tout allait enfin pouvoir commencer. La Serdaigle observa un instant ses camarades avec une étincelle de fierté dans le regard. Elle avait finalement réussi à rallier des gens à cette cause qui lui tenait tant à coeur.

- Merci d'être venu, commença-t-elle en posant son regard empli de sincérité sur chacun de ses alliés. Elle n'était plus seule à présent. Si vous êtes là c'est que vous êtes prêt à vous investir à 100% dans ce projet, quitte à prendre des risques. L'objectif est d'aider les Nuncaboucs en leur apportant des soins. Beaucoup d'entre eux sont déjà malades et si on ne fait rien, certains ne tiendront peut-être pas l'année...

Malia croisa le regard d'Ariane, ce regard sombre où brillait une flamme de révolte. Ariane était forte, ce n'était pas pour elle que la blonde vénitienne  s'inquiétait le plus, bien que ses cernes en disaient long sur son état. Mais d'autres Nuncaboucs paraissaient encore plus faibles et cela ne faisait que trois mois qu'ils vivaient dans ces conditions, comment affronterait-il le reste de l'année ?

- Alors on ne peut pas leur donner l'accès à l'eau chaude, ni leur promettre une salle commune propre et confortable, mais on peut les soigner. Ce sera donc notre mission principale où chacun aura son rôle à jouer. Nolan, en tant que vice-président du club Haricot et Potiron, tu seras notre fournisseur officiel en plantes médicinales. Carlie, ton rôle à toi sera d'utiliser tes connaissances en potion pour concocter des soins revigorants à base de ces plantes. Ariane et moi, quant à nous, on s'occupera de l'organisation pour que les potions arrivent chez les Nuncaboucs en toute discrétion. Jusque là, tout est clair ?

Pour l'instant, Malia avait seulement résumé ce que chacun d'eux savait déjà, mais peut-être que certains avait des questions donc elle attendit que tout le monde acquiesce pour continuer.

- Maintenant, il faut établir un plan d'action. Comment communique-t-on ? Où Carlie préparera-t-elle ses potions ? Comment auront lieu les échanges ? Qui d'autres pouvons-nous recruter ?

Il était rare de voir Malia s'exprimer avec autant de sérieux et d'assurance, ce soir-là c'était sa détermination et sa volonté d'agir qui guidaient ses mots. Ce soir-là, elle en avait marre d'être impuissante. Dès maintenant, elle serait une Résistante.

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Peu importe l'immensité du néant dans lequel elle est plongée, elle continuera à croire qu'un filet de lumière, aussi mince soit-il, existe quelque part et pourra surpasser l'ombre ~  ©endlesslove.
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Dernière édition par Malia Montgomery le Mar 31 Juil 2018 - 13:30, édité 2 fois
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NUNCABOUC7ème année
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MessageSujet: Re: [08 Novembre '97] À l'ombre des voltiflores Jeu 10 Mai 2018 - 1:45

« Hé ! » Une main venait de se poser sur son épaule. « Ari, lève-toi ! » Elle se faisait maintenant secouer dans tous les sens. « Mpfffff. » Ariane chassa la main qui l’importunait et s’enfouit sous son drap miteux. « Il est déjà dix heures ! » Et alors ? On était samedi, par Merlin ! « Jude, laisse-moi. Je veux… Dormir… encore un peuuuuu. » Euh. Quelle heure son amie venait-elle de dire ? Dix heures ?

« Quoiiiiiiii ?! AAaaAAAaaaAaaAAaaaAaaaaAaAaaAaaaa-Aïe ! » Tous les regards des élèves présents dans le dortoir étaient maintenant tournés vers elle. Dans la panique, elle avait jeté ses draps à terre, s’était roulée sur le côté pour descendre du lit, mais elle avait semblé oublier qu’elle occupait le lit supérieur. Et elle donc là, étendue au sol devant tous les Nuncaboucs, avec pour seul habit une culotte. D’ordinaire, cette scène aurait provoqué l’hilarité. Mais tout le monde se contenta de la fixer quelques secondes avant de ramener leur attention ailleurs. « Ça va Ari ? » La brune se contenta de maugréer un vague « Ouais » et se releva après s’être plus ou moins couverte avec l’un des draps qu’elle avait jetés au sol. De grands trous déchiraient le tissu à plusieurs endroits, mais la notion de pudeur et de dignité avait disparu depuis longtemps déjà chez les Nuncaboucs.

Ariane s’habilla rapidement, enfilant ses vêtements de la veille, qui étaient aussi ceux de l’avant-veille. Et peut-être du jour d’avant ? En tout cas, elle allait être obligée de les laver ce soir… Et donc de porter des vêtements mouillés le lendemain. Fichue humidité ambiante ! La jeune fille fila ensuite vers l’un des lavabos qui se trouvaient au fond du grenier, se brossa les dents et passa un peu d’eau sur son visage. Quand elle releva la tête, elle vit son reflet dans les fragments restants du miroir. « citrouille c’est quoi cette chose encore ?! » La jeune demoiselle, loin d’être reconnue pour son langage châtié, venait de voir l’énorme bosse qu’elle avait sur le front. Elle poussa un soupir de découragement, et dégagea quelques mèches du chignon qu’elle venait de se faire à la va-vite pour cacher la tuméfaction. Elle avait passé la nuit à récurer des trophées ensorcelés avec un torchon imbibé de gras, tout en évitant les coupes que Peeves lui lançait car il les trouvait trop sales et elle s’en était sortie indemne. Et voilà qu’une stupide chute lui donnait l’air d’avoir été une fois de plus le cobaye d’un cours étrange. Elle espérait seulement que son œil ne gonflerait pas comme un orange, comme lorsque les deuxièmes années avaient du apprendre à jeter des projectiles contondants..

« Merci Judie de m’avoir réveillée. Bon je file, à tout à l’heure ! » Ariane n’avait pas parlé de sa destination à son amie. Tout ce que Jude savait, c’était que son amie se rendait à un truc pas très officiel, et elle avait compris qu’elle lui en parlerait sûrement un peu plus tard.

Le parcours du combattant commençait alors pour Ariane. Première étape : descendre du grenier des Nuncaboucs sans mourir. Ça semblait sûrement improbable, mais les boucs risquaient leur vie à chaque fois qu’ils empruntaient l’échelle rongée par les champignons. Certains avaient même pris l’habitude de s’attacher par des cordes pour ne pas s’écraser dix mètres plus bas. Une petite deuxième année avait d’ailleurs eu beaucoup de chance, après avoir dérapé du haut de l’échelle, d’être retombée sur un grand gaillard de sixième année qui se trouvait en bas…

Enfin, maintenant que l’échelle était descendue, il fallait réussir à sortir du château sans se faire repérer. La plupart des élèves étaient soit encore dans leurs dortoirs à traîner en pyjama, soit déjà au travail à la Bibliothèque, soit dans la Grande Salle à prendre leur petit-déjeuner. Mais ce n’était pas d’eux dont Ariane se méfiait. Non, il fallait plutôt faire attention aux professeurs et aux instructeurs. Mais surtout, surtout ! A Miss Teigne. C’était la bête noire d’Ariane. Depuis sa première année (et une fiole de Jus de crapaud malencontreusement renversée), la chatte du Concierge l’avait prise en grippe. Elle pouvait passer des journées à la suivre, et Ariane s’était déjà fait prendre plusieurs fois par Rusard à cause d’elle. Ariane avançait donc prudemment, à la recherche du moindre bruit et de la moindre présence suspecte.

La troisième étape du périple était d’éviter de se laisser tenter par un petit déjeuner. Enfin, maintenant, le premier repas du matin n’avait de « petit-déjeuner » que le nom. Aux Nuncaboucs, on ne servait que la même bouillie infâme qu’ils avaient aussi pour le déjeuner et pour le dîner. L’ancienne Gryffondor se contenta de humer le parfum de viennoiseries chaudes et de marmelade à l’orange avant de sortir discrètement à l’extérieur. Elle voyait la chevelure blonde de Malia au loin, et poussa un soupir de soulagement. Elle n’était pas si en retard que ça, finalement. Être au grand air la fit se sentir un peu plus libre que dans la noirceur du château, aussi la demoiselle se surprit à gambader dans le parc comme une chèvre – un bouc, pardon. Son réveil avait été brutal, mais maintenant qu’elle était bien réveillée, elle ressentait à nouveau ce frisson d’excitation en pensant à ce qu’ils allaient entreprendre.

L’ancienne Gryffondor pénétra dans la serre quelques dizaines de seconde après son amie de cinquième année. D’ailleurs, elle avait été ravie que Malia pense à elle pour cette mission. Sans trop savoir dans quoi elle se lançait, Ariane avait sauté sur l’occasion de faire quelque chose et rendre son quotidien un peu plus palpitant. Sans compter que, si elle avait compris l’essentiel de leur mission, cela améliorerait aussi la vie des autres boucs.

« ‘lut tout l’monde ! » Ariane adressa un large sourire à ses camarades, qui contrastait avec ses yeux bouffis par la fatigue et ses cernes noirâtres. Les trois compères lui rendirent son sourire, et Malia prit la parole pour les remercier d’être venus et expliquer ce que serait leur mission pour aider les Nuncaboucs.

« Nolan, en tant que vice-président du club Haricot et Potiron, tu seras notre fournisseur officiel en plantes médicinales. »

Ariane regardait le grand rouquin qui lui faisait face. Nolan Sherman, un ado tout ce qu’il y avait de plus Poufsouffle. Gentil, taquin, gourmand. C’était à peu près tout ce que la Nuncabouc savait sur lui, depuis qu’il était venu vers elle pendant le bal de Noël du Tournoi des Sorciers avec un petit plateau de petit four en lui disant « Tu savais que la nourriture était le remède numéro Un contre la faim ? » . Ariane avait rigolé, mangé un petit four, puis s’était faite entraîner sur la piste de danse par son rencard du soir. Depuis, elle n’avait jamais vraiment reparlé au jeune homme mais ils ne manquaient pas de s’adresser un sourire mutuel lorsque leurs regards se croisaient. D’ailleurs, la brune avait remarqué que rien n’avait changé dans le comportement de Nolan depuis qu’elle portait le violet et gris. Ainsi, même sans trop le connaître, elle était encline à lui faire confiance.

« Carlie, ton rôle à toi sera d'utiliser tes connaissances en potion pour concocter des soins revigorants à base de ces plantes. »

Son regard passa à la Préfète-En-Chef. Les deux jeunes filles avaient pour point commun d’être toutes les deux très petites et très brunes. Mais d’un côté, on avait Carlie la sage, l’observatrice, la fille parfaite, la sportive gracieuse. Et de l’autre, une tête brûlée, une inconsciente, un estomac sur patte. Les deux septièmes années n’avaient jamais été amies, mais elles avaient à plusieurs reprises formé un binôme efficace, que ce soit en cours ou lors des séances de l’AD quand elles étaient en cinquième année. Et maintenant qu’elles partageaient à nouveau un objectif commun, nul doute qu’elles travailleraient efficacement. Tant qu’Ariane n’était pas obligée de faire une potion (Carlie devait sûrement avoir encore un peu de potion de Désenflage dans les cheveux à la suite d’un de leurs cours de cinquième année).

« Ariane et moi, quant à nous, on s'occupera de l'organisation pour que les potions arrivent chez les Nuncaboucs en toute discrétion. » La brune adressa un clin d’œil à la blonde. « Jusque là, tout est clair ? » Malia prenait vraiment les choses en main. Ariane était vraiment fière de ce qu’était en train de devenir son amie. Elle semblait avoir pris confiance en elle, et elle avança dans une direction que la Nuncabouc qualifiait de parfaite. « Oui, chef ! Tout est clair. J’peux aussi aider pour mettre les mains dans le terreau, si y a b’soin. Après tout, la Botanique est une des seules matières que j’ai validées pour mes BUSEs ! » La Nuncabouc aimait vraiment cette matière. Elle pouvait discuter longuement de Mimbulus Mimbletonia et autres tentacula vénéneuse avec Neville. En première année, elle avait voulu rejoindre le Club Haricots et Potiron, malgré sa réputation de club « ringard ». Elle s’était beaucoup amusée à cultiver des plantes de tous pays. Et puis un jour, alors qu’elle rempotait une mandragore, cette dernière lui a mordu le bout du nez – McKinney lui avait dit que le terreau sentait les scones aux pommes. Elle a ensuite perdu l’équilibre, a assommé son voisin avec sa petite pelle, qui est tombé sur une pile de pots en terre cuites, qui se sont fracassés au sol. Voulant réparer son erreur, la petite première année qu’était Ariane a agité sa baguette, mais les fragments de pots se sont mis à voler en tous sens, blessant au passage quatre membres du club et abîmant un magnifique bonzaï japonais, le privant de ses fleurs sur le point d’éclore après sept printemps d’attente. Suite à cet incident, la brune eut interdiction de remettre les pieds dans une serre pour autre chose qu’un cours.

« Maintenant, il faut établir un plan d'action. Comment communique-t-on ? Où Carlie préparera-t-elle ses potions ? Comment auront lieu les échanges ? Qui d'autres pouvons-nous recruter ? »

Wow. Trop de questions d’un coup pour le cerveau fatigué d’Ariane. Elle ouvrit la bouche, et un long « Euuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuh… » en sortit. Voyant que les autres l’observaient et semblaient attendre ce qu’elle avait à dire, elle s’empressa de répondre. « C’est quoi déjà la première question ? Comment on fait pour, euh. Pour quoi déjà ? ….. Ah oui, communiquer, merci ! Bah déjà faut pas qu’on s’parle en vrai, ‘fin j’veux dire vous allez vous attirer des ennuis si quelqu’un vous surprend en train d’parler avec moi. Après, on peut pas s’envoyer des mots non plus. Faudrait un truc un peu comme nos pièces de l’AD, tu penses pas Carlie ? C’était quoi déjà qu’Hermione avait utilisé… Ah, un sortilège protéinorphe ! Ou protiforme ? Bref, quelqu’un sait faire ça ? » Elle croyait se souvenir que ce sortilège était étudié en dernière année, mais étant donné qu’elle n’avait plus de baguette, les cours de Sortilèges lui semblaient bien moins captivant qu’auparavant… Elle était pratiquement sûre qu’ils n’avaient pas encore abordé le sujet de ce sortilège, mais peut-être que quelqu’un saurait comment l’adapter pour qu’ils puissent communiquer ? « Pour les échanges, faudrait que tu caches les fioles quelque part, Malia. J’connais pas mal de petites cachettes secrètes. Et que je vienne les récupérer juste après que tu sois partie. Le mieux ce s’rait qu’ce soit pas trop loin de notre dortoir, comme ça y a moins de risque que je me fasse prendre avec les potions. Enfin, pas que je veuille que tu prennes plus de risque, mais j’pense que t’auras pas de retenue ou quoique ce soit pour quelques potions contre le rhume dans ton sac nan ? » Elle n’avait pas besoin de préciser pourquoi Malia risquait moins gros dans cette histoire. Depuis le début de l’année, les Nuncaboucs étaient toujours responsables, peu importe la situation. Et bien qu’Ariane n’aimait pas mettre les plus jeunes au premier plan, elle était forcée de reconnaître que pour mener à bien leur mission, c’était certainement la bonne chose à faire. Ils allaient se balader sur un fil tendu entre deux falaises, et leurs gestes devraient être minutieusement calculés. Cette fois, ils n’auront aucune autre sécurité que celle de se faire confiance en agissant ensemble.

HRP :
 

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