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[6 Décembre 1997] L'abus d'alcool est dangereux.

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POUFSOUFFLE7ème annéePréfète
    POUFSOUFFLE
    7ème année
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MessageSujet: [6 Décembre 1997] L'abus d'alcool est dangereux. Dim 14 Jan 2018 - 15:31





Elle resserra l'épaisse écharpe jaune et noire autour de ses épaules et croisa les jambes sous la table. Ses doigts se fermèrent avec force autour de sa chope de bièreaubeurre. La sorcière avala une gorgée de son breuvage dorée et mousseux pour faire passer l'amertume de ses sentiments. Son regard assassin se dirigea vers le fond des Trois Balais, dans un endroit plutôt lumineux, malgré le ciel chargé de nuages. L'homme semblait être installé confortablement. Lina était trop loin pour deviner ce qu'il buvait, mais il s'hydratait avec constance. Ses compagnons, elle les connaissait. C'est ce qui arrivait quand on avait un juge comme père : les visages et les noms des délinquants, rabatteurs, mangemorts, étaient inscrits à l'encre rouge dans son esprit. Alors c'était donc ça les fréquentations d'Octave Holbrey ? La pilule était dure à avaler. Mais de toute façon plus rien n'allait en ce moment.

Elle avait encore perdu du poids. Elle s'en était rendu compte le matin même, en s'habillant. Pourtant elle avait vraiment essayé de manger plus. D'ailleurs elle avait accompagné sa (ses?) bièreaubeurre(s?) avec un moelleux au chocolat qu'elle grignotait en même temps, sans trop d'appétit. Sa robe en laine, habituellement près du corps, lui laissait un petit peu de marge, et ses collants opaques formaient des plis au niveau de ses chevilles, cachées dans des bottines noires.
Même si elle n'était pas très concentrée, elle parvint à capter la blague de Phillis et à rire au bon moment. L'espace d'un instant, Lina se demanda si elle avait l'air crédible assise là, au milieu de ses amis. Elle le regarda tous, les uns après les autres. Ils étaient tous marqués par ce qui s'était passé depuis la rentrée, chacun à leur manière. Pourtant, ils tenaient bon et restaient soudés. Il n'y avait qu'elle qui, comme d'habitude en cas de problème, s'était un petit peu désolidarisée de son groupe. Le mois de Novembre avait été compliqué pour elle, d'abord l'épisode de la bibliothèque, puis le cours de Rogue qui avait redonné vie à ses angoisses. Pour la deuxième fois en trois semaines, elle avait vu le cadavre martyrisé de sa sœur. Sur le coup, parce qu'elle avait réussi à vaincre l'épouvantard, elle avait cru en un effet thérapeutique, elle pensait s'être pardonnée. Mais non. Se confronter à une réalité n'était pas toujours la solution. Depuis elle partageait son temps entre des moments d'extrême solitude qu'elle jugeait nécessaire à sa survie, et des périodes où elle concédait à quelques efforts. Comme aujourd'hui.

« Ça va te faire du bien de sortir avec nous ! »

Honnêtement, elle n'en était pas convaincue. Elle haussa son sourcil avec un air dubitatif. En même temps... Elle ne pouvait pas se morfondre toute la journée –  c'était d'ailleurs un des ordres de son père, écrit sur la lettre qu'elle avait reçu la veille –, il fallait essayer de remonter un peu le menton. Alors elle avait accepté d'aller à Pré – Au – Lard. Après une bièreaubeurre, ou deux, elle s'était sentie mieux. Plus à l'aise. À la troisième, elle avait eu plus chaud, et avait ri plus fort. Puis son regard était tombé accidentellement sur l'homme aux livres. Son souffle s'était coupé. Au début, ses joues s'étaient rosies de plaisir, puis en voyant les personnes qui l'accompagnait, elle avait eu l'impression de se liquéfier sur sa chaise en bois.

« Il y a quelqu'un ? Eh ! On y va ? »

La blairelle dévisagea son amie. Elle avait un beau visage, et sa nouvelle coupe de cheveux, beaucoup plus courte lui allait bien, même si ça lui donnait un air plus âgé. Lina croassa un « Quoi ?! », peu audible, parce que sa voix se cassa un peu. Phillis lui répéta, un peu soucieuse, les informations manquées : aller acheter des plumes et des parchemins pour Henry, rentrer à Poudlard. La jeune voyante fit un sort à sa dernière bière et hocha la tête.

« D'accord. Je vous retrouve là – bas, il faut que j'aille aux... Toilettes et payer ça »

Elle pointa du doigts les cadavres qu'elle avait laissée derrière elle. Son amie fronça les sourcils mais concéda à la demande de Lina. Après tout, elle avait eu souvent besoin d'être seule récemment. Jugeant qu'elle ne risquait pas grand chose, Phillis quitta les Trois Balais. Au même instant la jeune femme aux cheveux ébènes se leva en se cognant de genoux contre un tabouret. Elle poussa un juron, mais se dirigea bon gré mal gré vers Rosmerta pour régler l'addition. Lina l'aimait bien, elle avait toujours trouvé que la tenancière était bienveillante. La sorcière aligna les gallions et se retourna une dernière fois vers Octave, hésitante. Ce fut le sourire qu'il lança à un de ses « amis » qui la décida.

La rage au bord des lèvres, elle traversa la salle en quelques grandes enjambées, faisant légèrement remonter sa robe au milieu de la cuisse. Raide comme un piquet, les yeux humides, les joues rouges, elle pointa devant la table où Octave et son maudit groupe s'étaient installés. Elle les dévisagea tous, en ayant la vague impression que le sol sous ses pieds était moins stable qu'avant.

« Alors c'est avec ça que tu passes tes week – ends ? Des  énergumènes ?  Des criminels ? »

Elle en tremblait presque. Ses camarades passaient leur temps à essayer de kidnapper des enfants, et s'en prendre à leur famille. Ils n'hésitaient pas non plus à tuer des moldus. C'était des gens comme eux, comme les Carrow qui n'avaient pas eu de scrupules à torturer les élèves de Poudlard. Et lui, Octave, osait s'installer dans un pub avec ces fous furieux. Lina eut la nausée. Le sol tangua et elle dû s'accrocher au dossier d'une chaise, pourtant sa colère ne s'atténuait pas. Elle aurait voulu leur cracher dessus à tous ces assassins. Si son père était là, il les jetterai à Azkaban. La voyante en était sûre. Non... En fait non... Il l'aurait certainement secouée dans tous les sens pour s'être montrée aussi … Imprudente ? Cet éclair de lucidité la fit trembler, mais maintenant qu'elle était là, prise au piège, il serait compliqué de revenir sur ses propos. De se dégonfler. Et s'ils l'interrogeait ? Et que par extension, elle mettait sa famille en danger ? Sa gorge se serra.  

Quelle pauvre idiote...  

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MessageSujet: Re: [6 Décembre 1997] L'abus d'alcool est dangereux. Lun 15 Jan 2018 - 20:54

Il ne pouvait se résigner à la culpabilité. Il ne put non plus faire perdurer le mensonge, puisant ses motivations davantage dans l’ennui de soirées mal meublés, que dans ce qu’il appelait indolemment ses « observation clandestines ». Ses soirées au village s’étaient multipliées pour se sauver de l’immobilité. L’absence de honte le chiffonnait quelque peu, pourtant la conscience de l’incongruité ne parvint pas à encourager un quelconque changement. Le sentiment, jadis aigu, que le monde était partagé, si ce n’est parfaitement en deux, au moins morcelé tel un miroir, s’était doucement estompé au profit d’un paysage bien plus égal. Il ne savait encore si l’uniformité d’apparences n’était qu’un leurre d’un esprit qui souffrait du manque de morale, mais privé d’ennemis, cela le dédouanait au moins de l’alerte constante. L’absurdité, elle, perdurait. Les réformes dans l’éducation portaient rarement en elles des valeurs véridiquement éducatives et pour brouiller davantage les limites des conventions, les Mangemorts du bar s’en moquaient. Quitte à remettre quand même les pendules à l’heure, aucun n’éprouvait de pitié envers les élèves, premières victimes des accès narcissiques du duo professoral. Leur persiflage n’était qu’une rivalité maladroite, jalousie envers les Carrow qui bénéficiaient, semblait-il, d’un peu plus de confort.

« Si on se fiait à moi, on réformerait l’éducation de Poudlard, mais de préférence en une seule nuit, et avec un certain nombre de bidons de napalm, après avoir sorti les gosses sang-pur. Mais ces deux-là ils n’en ont que pour des couvre-feux qui servent à que dalle. »

La proposition provoqua une crise d’apoplexie chez la plupart des participants au débat, joie à la mesure de leur frustration. Octave ricana, hypocrite. Quoi qu’il fût malvenu de revendiquer l’ouverture d’esprit et de la tolérance, alors qu’il était bien connu que l’obscurantisme latent prenait ses racines dans le terreau de l’ignorance. A quoi bon chercher l’éclat dans les masses en ces heures sombres de l’histoire magique, accompagné par le bruit de bottes et de slogans spécistes. Il éprouvait néanmoins une certaine satisfaction à voir que les Carrow étaient peu appréciés, même au sein de leur propre congrégation, et le sourire qui demeurait sur son visage était pure malveillance, sordide méchanceté de voir ce groupe incapable d’avancer au pas. Heureusement, ils n’étaient pas militaires, mais vagabonds et criminels, ce qui promettait une implosion spectaculaire qu’Octave ne manquait pas de précipiter. Depuis un temps, son tempérament s’était aigri, se chargeant de pitié condescendante comme un petit nuage au-dessus d’une montagne. La grêle frontière entre l’humour et l’ironie s’étaient étiolée, comme tout le reste. Un regard fureteur le confronta, cherchant sa lanterne de témoin avec une curiosité qui ne pouvait être que malsaine.

« Holbrey, dis… »
Octave ondoya un sourcil dubitatif, puis se désaltéra d’une gorgée de bière forte, un Barley Wine qui lui monta à la tête aussi sûrement qu’un champagne brut. Grimaçant de l’amertume et du fort goût houblonné, il joua sur le suspens :
« Je peux pas, c’est mes collègues, tu comprends… »
Aussi brutes qu’ils pussent être, ils appréciaient les élans poétiques, à conditions qu’ils soient mis au service d’une cruelle dérision. Alors ils attendaient, dans un silence où personne ne respirait, le moment qui verrait ce bibliothécaire ferré lâcher son petit bout de dégoût, comme l’on attendait un trait de méchanceté original pour s’en gargariser d’un nouveau rire. Très sérieux, parce que la mise en scène avait son importance, Octave se redressa sensiblement, jouant l’hésitation réservée.
« C’était… c’était horrible. Non vraiment. » assura-t-il alors que des gorges se préparaient déjà à glousser. « Alecto elle a… elle s’est d’abord fait interrompre par un handicapé de chez les Gryffondor et pour se venger, par Merlin ! elle a giflé une petite fille ! Horrible je vous dis. On dit qu’il est impossible de vivre son honneur, mais elle est la preuve vivante du contraire ! »

Déjà, le gras rire gagna la table, s’élevant encore une fois en abaissant les absents, redonnant du panache à un bibliothécaire qui s’aiguisait contre cette mauvaise risée. La conversation trouva son chemin entre les détails de son récit quant aux nouvelles mesures prises par les Carrow et les bassesses que les Mangemorts pouvaient en tirer. Atteignant le bout de son verre, Octave avait eu le temps de s’habituer à l’amertume en bouche et gouttait sa bière sans ciller. Son regard demeurait impassible et y flottait un demi-sourire qui aurait blessé, si l’ambiance n’était pas chargée d’une raillerie joviale. Et de toute façon, il n’attendait aucun affront de la part de ceux qui ne respectaient pas grand-chose. Lové au sein de ce nid de serpents, Octave se sentait bien à réchauffer son propre sang-froid, si peu dérangé par les environs pullulants d’élèves amaigris et moroses. De toute façon, depuis qu’il avait consenti à malmener -il ne se résignait pas au mot « torturer »- des étudiants à la bibliothèque, certains regards s’étaient faits plus lourds à son égard, tandis que les mots s’étaient amoindris. Il ne souffrait que peu de ce changement, tout comme il avait cessé de souffrir concrètement du reste. Son indépendance n’avait à rendre de comptes à personne, et surtout pas à ceux qui se mettraient à questionner ces gestes dans une vie où se ranger n’était pas une exigence. Quant à la confiance… elle se gagnait et s’offrait à qui en voulait bien, comme tant d’autres choses. Octave but encore, plus libre que jamais et pourtant cloué au sol.

La furie échappa à son regard, traçant son chemin du comptoir à leur table en moins de temps qu’il ne lui en fallut pour la remarquer. L’air déterminé de la demoiselle ne le perturba qu’un temps et il ne sourcilla pas lorsqu’elle le foudroya du regard. Au contraire, dans le laps de silence qu’elle lui offrit, Octave constata d’un regard égal les yeux secs, où se mêlait le sang, ce même sang qui descendît aux joues et sur le front. Elle avait l’allure d’une petite fille énervée et emportée, les cheveux électrisés, les vêtements mal mis comme après une bataille et l’œil vindicatif. Mais elle le regarda finalement dans les yeux, comme un homme. Octave répondit par le marbre, tranquille, attendant les revendications, pour ne pas dire l’humiliation qu’une telle fureur allait récolter. Les Mangemorts et autres délinquants se figèrent aussi, curieux de l’impétuosité féminine.

« Alors c’est avec ça que tu passes tes week-ends ? Des énergumènes ? Des criminels ? »

Dépassée par sa propre fougue, l’adolescents devint un brin livide, tandis que les « énergumènes » pouffaient déjà autour de la table comme tant de coussins trop rembourrés. Malheureusement pour elle, à vouloir paraître condescendante, Miss Kaveline était parvenue à mélanger tant de sous-entendus en si peu de mots qu’elle ne recueillit aucune crédibilité.

« Avec ça ? C’est nous les ça ?
- Des… énergumènes !
- Tes week-end, Holbrey ! C’est ta petite femme qui est venue te chercher ? »


Parce qu’il était non pas le sujet du dédain, mais de l’incrédulité, il ne répondit d’abord rien. C’était précisément le genre de revendications qui l’exaspéraient, même si en un sens, elles étaient légitimes. Puis, les blagues vaseuses de mariage achevèrent la patience qu’il pouvait bien accorder à ces choses-là. Il sentit leur âge, leur relation déjà troublée, son propre despotisme et la dévotion hargneuse de la petite Kaveline. Malgré son désarroi, Octave ne ressentit toujours aucune honte, à tel point qu’il hésita entre la rabrouer en public comme une adulte, au risque de la compromettre, ou de la prendre par le coude pour la châtier ailleurs. Il comprit bien vite ne pas être cruel à ce point, et s’il s’aventurait à donner du crédit aux mots de Lina par une réponse sérieuse, il risquait de retirer tout le ridicule cocasse de la situation, rappelant aux convives de sa table qu’il s’agissait bel et bien d’une insulte. Rancunier et aigri de ces remarques, il s’abaissa néanmoins à l’accabler, car comme lui avait appris sa famille, on retenait mieux les leçons dans la douleur. Il souleva ses sourcils dans l’étonnement et railla :

« Comment ça ? Le gentil bibliothécaire ne fait pas que des choses gentilles ? Mais par Merlin, il n’y a plus d’avenir au manichéisme. »

Il claqua de la langue dans un bruit désapprobateur, comme si des valeurs fondamentales venaient de s’effondrer. Là, perça tout son venant et son dépit, mais parce qu’il se maîtrisait si bien, couvrant l’exaspération sous les traits de la bouffonnerie insensible, il en parût encore plus méprisant que s’il avait simplement décidé de la renvoyer à l’extérieur. S’en fut assez pour la faire taire, tout comme cela suffit à calmer les éventuelles représailles des invités à la table. Octave acheva son verre et se redressant, commenta :

« Je vais rapatrier Miss Ka… » se rendant compte que le nom de famille pouvait être un danger supplémentaire, il l’acheva tel quel « … Miss Ka au château ; la petite est soûle. On se revoit plus tard. »

Enfilant son manteau et laissant sur la table une poignée de ferraille pour sa consommation, Octave alla saisir la donzelle par le bras, serrant sèchement entre ses deux doigts vigoureux l’articulation de son coude. Davantage que l’embêtement personnel qu’elle lui avait causé, Lina s’était mise en danger pour quelque chose qui aurait pu attendre la solitude. Et Merlin savait que ce qu’il détestait au-delà de l’affront personnel, c’était la stupidité. Il la traina sans ménagement vers la sortie, hésita un instant à rester à l’intérieur pour éviter le froid mordant du mois de décembre, mais se dit qu’ils risquaient d’avoir des témoins involontaires. Le vent les fouetta et enfin il la lâcha dès que la porte se referma derrière eux.

« Je crois qu’il y a des moyens plus simples et certainement moins douloureux de se suicider que de foncer dans le lard d’une table de Mangemorts, hein, Miss Ka ? » Il fit une pause, la toisa avec arrogance. « C’était quoi ce spectacle ? Qu’est-ce que tu veux ? Pour qui tu te prends ? »

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POUFSOUFFLE7ème annéePréfète
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MessageSujet: Re: [6 Décembre 1997] L'abus d'alcool est dangereux. Hier à 23:05

Ils avaient ri. Quelque part, c'était sans doute la meilleure chose qui pouvait lui arriver, de ne pas être prise au sérieux. Mais Lina se concentra sur Octave guettant la moindre expression, même minime. Elle entendit à peine les blagues grasses dont elle était l'objet, blagues qui, à une autre époque, l'auraient sans doute dégoûté. La sorcière aurait pu tracer une carte du visage du bibliothécaire. Il était trop lisse, presque imperturbable. La jeune femme se demanda s'il réfléchissait à la meilleure option pour s'expliquer quant à ses actes... Ou pour la sortir du bourbier dans lequel elle s'était fourrée. Puis vint la sentence. Implacable. Ses sourcils se haussèrent, rendant ainsi ses mots plus tranchants encore.

« Comment ça ? Le gentil bibliothécaire ne fait pas que des choses gentilles ? Mais par Merlin, il n’y a plus d’avenir au manichéisme »

Elle se drapa provisoirement d'indifférence et se détourna de lui, l'espace d'un instant. Lina avait du mal à mettre des mots sur ses sentiments. Elle pensait qu'il jouait le jeu pour l'aider, mais elle sentait un fond de colère bouillonner à l'intérieur de lui, ce qui, quelque part était totalement compréhensible. Elle ferma les yeux quelques secondes. Finalement, elle était plutôt lucide, la gifle verbale qu'il lui avait asséné lui avait fait reprendre pied. Elle inspira un grand coup. Elle avait chaud, et ne se sentait pas très bien. Un genre de nausée pointait doucement le bout de son nez. La voyante espérait ne pas vomir. Quand elle daigna le regarder à nouveau, elle lui trouva un air trop méprisant qui la peina très sincèrement.

« Je vais rapatrier Miss Ka… Au château ; la petite est soûle. On se revoit plus tard »

La renommée Miss Ka grimaça. Elle remercia silencieusement Octave d'avoir changé son identité, protégeant ainsi sa famille, mais qu'il lui colle l'adjectif « petite » était vraiment agaçant. Elle détestait cet adjectif qu'elle avait toujours trouvé particulièrement rabaissant. Certes, elle avait manqué de discernement, mais dans le cas présent, elle estimait que son comportement n'était pas plus stupide que celui du bibliothécaire : aucune personne sensée n'aurait l'idée de passer son temps libre avec des adeptes du Seigneur des Ténèbres.
Elle sursauta quand il se leva, trop brusquement d'après elle. Après avoir laissé l'argent nécessaire pour payer sa consommation, elle prit le coude de Lina. Sa poigne fut ferme, et un gémissement s'échappa des lèvres de la jeune femme. Il la traîna, plus qu'il ne l'accompagna vers la sortie, faisant ainsi chanceler tout son petit monde. Elle essaya vaguement de se dégager mais paradoxalement, elle avait peur de s'écrouler si jamais il devait relâcher sa prise. Finalement, ils sortirent. Le vent agressa sa peau sensible, et de sa main libre, elle resserra l'écharpe autour de son cou. Elle senti les doigts d'Octave abandonner leur prise. Lina chancela un bref instant avant de se reprendre : campée sur ses deux jambes, elle tenait bon. Pourtant elle s'avança prêt d'un muret qui reliait les Trois Balais au prochain commerce. Pour être sûre de ne pas s'effondrer, elle s'installa dessus.

« Je crois qu’il y a des moyens plus simples et certainement moins douloureux de se suicider que de foncer dans le lard d’une table de Mangemorts, hein, Miss Ka ?... C’était quoi ce spectacle ? Qu’est-ce que tu veux ? Pour qui tu te prends ? »

La sorcière pressa son majeur et son annulaire contre sa tempe. Doucement, elle traça des petits cercles avant de lever ses yeux verts. Elle haussa un sourcil, en se demandant si Octave était sérieux. Et lui ? Pour qui il se prenait ? Il fut d'ailleurs tentée de lui poser la question à voix haute, mais son instinct lui indiqua que ce n'était pas la bonne voie à suivre. Elle chercha ses mots pendant ce qui lui parut des heures. À plusieurs reprises, elle ouvrit la bouche, avant de la refermer, comme si parler était devenu un effort surhumain. Comment lui expliquer ?

Depuis Septembre, depuis que la guerre avait violée les murs de Poudlard, la bibliothèque avait constituait un genre de refuge, pour elle, mais aussi pour de nombreux d'autres élèves, elle le savait. Mais depuis cette soirée, où ils avaient dû brûler les livres, depuis que les Carrow avaient attaqués Meredith et Malia, la bibliothèque avait perdu son statut, leur havre de paix avait été souillé. Et Octave aussi, par extension. D'ailleurs, la sorcière n'était quasiment pas revenu en ce lieu de savoir. Et depuis, les choses ne s'étaient pas améliorée. De nouvelles mesures de précaution avaient été annoncé Lundi, et Jeudi, il y avait eu le cours magistral des Carrow. Lina frissonna, et les larmes lui montèrent aux yeux. Ce qu'elle avait fait ce jour – là... Elle n'était même pas sûre d'être un jour capable de se le pardonner, même si elle pensait avoir fait au mieux.
La sorcière baissa les yeux, elle savait qu'elle avait été idiote de faire ça, mais les évènements la dépassait, et elle n'arrivait pas à agir normalement. En temps normal, elle était plutôt flegmatique, capable de garder son sang froid, mais ce qui se déroulait dans le château, et même à l'extérieur était trop extrême : elle ne pouvait pas toujours tout contrôler.

« On a besoin de soutien Octave. Tu ne peux pas... Assister à tout ce qu'il se passe au château et après boire un verre avec des Mangemorts. Ses yeux plein de tristesse se jetèrent avec grâce dans ceux du bibliothécaire. Elle était à bout de souffle, à court de mots. Elle ne savait pas comment lui faire comprendre. Ils ont la main mise sur nous, on arrive pas à reprendre le dessus. Si tu leur parles, c'est que quelque part ils ont gagnés ».

Elle se rappela le dernier tirage de carte qu'elle avait fait. Bien sûr, rien n'était encore figé, mais il avait été plutôt néfaste... Et cette vérité là était intolérable pour la jeune Poufsouffle. Elle tenta d'inspirer à fond, de gonfler ses poumons d'air. Mais avec effroi, elle se rendit compte que cette manœuvre était impossible. Elle ne voulait pas donner d'ordre à Octave, ce n'était pas sa place et à la limite, ça ne le concernait, mais cette vision avait été insoutenable pour elle. Le voir entrain de sourire avec eux... Son cerveau avait littéralement vrillé dans sa boîte crânienne. C'était tout simplement trop. Elle avait l'impression de se morceler, que tout son corps s'effilocher sans qu'elle puisse comprendre pourquoi, ou même comment. Pendant un court instant, elle se demanda si cette sensation était dû au prémisse d'une dépression, ou si elle était tout simplement entrain de devenir folle. Nerveuse, elle mordilla férocement sa lèvre inférieure.

« On a besoin de soutien. Je sais que c'est bête de dire les choses comme ça, que tout est toujours plus compliqué, mais finalement où tu te places dans tout ça ? La voyante se remémora le tirage de carte qu'elle lui avait fait. La femme, et l'Empereur. Un homme qu'elle supposait être un Mangemort. Elle avait toujours su qu'il avait ce genre de fréquentations... C'est quoi les enjeux pour toi quand tu traînes avec ce genre de types ? »

Il devait y avoir une raison, parce que Lina refusait tout simplement de croire qu'Octave puisse apprécier la compagnie de telles personnes. C'était impossible.

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