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(Juin 1996, flashback) L'enterrement de Dumbledore - (FE Hermione Granger)

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SANS EMPLOI
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MessageSujet: (Juin 1996, flashback) L'enterrement de Dumbledore - (FE Hermione Granger) Mer 13 Déc 2017 - 22:19

Hermione ∞ Remus
Episode 3: ne plains pas les morts, plains plutôt les vivants...
D
Dumbledore était mort. Dumbledore était mort. Ces mots n'arrivaient á faire aucun sens dans la tête de Remus... Absolument aucun.  Dans aucune réalité qu'il avait imaginé se trouvait une dans laquelle Dumbledore ne serait plus. Dumbledore, sans lequel il ne serait pas ce qu'il était aujourd'hui. Dumbledore qui lui avait donné une chance d'étudier comme un enfant normal et lui avait permis d'intégrer Poudlard, et même d'avoir des amis... Dumbledore n'était plus. Quelque chose s'était brisé au fond de lui. Il n'arrivait á réaliser. Sans Dumbledore, les lendemains seraient bien difficiles maintenant... Il était pour ainsi dire ce qui les soudait tous. Qu'allait devenir l'Ordre á présent ? Qu'allaient-ils tous devenir ? Remus n'entrevoyait plus qu'un avenir incertain...
C'est alors que la voix de Tonks lui parvint, apparemment s'adressant á lui et il sentit son sang se figer dans ses veines.

- Tu as vu ! avait dit la voix crispée de Tonks á côté de lui et Remus s'était senti se crisper lui aussi alors qu'il sentait le regard noir de la jeune femme sur lui.  Oh non, pensa t-il, pas maintenant... Ce n'était pas le moment après tout. Dumbledore venait de mourir !
- Elle veut toujours l'épouser, même s’il a été mordu ! Elle s'en fiche!
Remus était conscient de tous les regards posés sur eux á ce moment et il se sentit mal á l'aise. Tonks ne semblait pas avoir ce problème, elle. Après ce qui venait de se passer avec Fleur, elle semblait redoublée d'une énergie nouvelle.
- C'est différent, répondit-il en remuant á peine les lèvres,  l'air soudain tendu et évitant de croiser tous les regards y compris celui de Tonks. Bill ne sera pas un loup-garou á part entière. Les deux cas sont très...
- Mais ça m'est égal, ça m'est complètement égal ! S'écria Tonks et Remus sentit comme une volonté de disparaître dans le sol á ses pieds et ne plus en sortir. C'était ridicule... Combien de fois déjà il le lui avait dit toute cette année passée... Tonks s'était à présent saisie du devant de sa robe et le secouait avec énergie. S'il avait pensé disparaître, impossible pour lui de le faire à présent...
Je te l'ai répété un million de fois !
- Et moi je t'ai répété un million de fois, répliqua Remus, les yeux fixés sur le sol, refusant toujours de croiser le regard de Tonks, que je suis trop vieux pour toi, trop pauvre... trop dangereux.
- Je t'ai dis depuis le début que ton attitude était ridicule, Remus, lança Mrs Weasley par-dessus l'épaule de Fleur qu'elle tapotait dans le dos.

Et si maintenant en plus même Molly s'y remettait... Elle aussi avait passé toute l'année á essayer de lui faire entendre raison... Raison? Il ne savait plus. Quelle raison devait-il suivre á présent ? La sienne qui lui disait incessamment qu'il ne méritait pas quelqu'un comme Tonks... ou leur raison ? Il en avait marre, il  était si fatigué de se battre...  Et s'ils avaient raison ? Même son coeur qui battaient de nouveau á tout rompre dans sa poitrine semblait être d'accord avec eux mais il se refusait de l'écouter... du moins il avait toujours essayé de refuser de l'écouter. Mais maintenant que Dumbledore était mort, que tout s'écroulait autour d'eux, il ne savait plus qui croire, qui écouter... Il était si fatigué de se battre.
- Je ne suis pas ridicule, répondit Remus avec fermeté. Tonks mérite quelqu'un qui soit jeune et sain.
- Mais c'est toi qu'elle veut, objecta Mrs Weasley en esquissant un sourire. D'ailleurs Remus, les hommes jeunes et sains ne le restent pas forcément.
Elle montra d'un geste triste son fils étendu entre eux.

Et chaque argument qu'il avait avancé se trouvait réduit en miette a chaque fois. Au fond de lui, y croyait-il vraiment ? Ou tentait-il simplement de s'y raccrocher ?
- Ce n'est pas... le moment d'en parler, déclara t-il encore en évita le regard des autres et détourna les yeux d'un air égaré. Dumbledore est mort...
Et une nouvelle fois, il essayait de changer le sujet...
- Dumbledore aurait été plus heureux que quiconque de penser qu'il y a un peu plus d‘amour dans le monde, dit sèchement le professeur McGonagall.

A ce moment lá, la porte de l‘infirmerie s'ouvrit et Hagrid entra, ce qui empêcha Remus de répondre. Qu'aurait t-il répondu de toutes façons? Car il venait de se rendre compte que McGonagall avait raison elle aussi... Dumbledore aurait été le plus heureux de tous... Alors pour faire honneur á sa mémoire, peut-être serait-il temps d'arrêter de se battre contre lui-même et d'accepter, enfin, qu'il avait des droits comme tout le monde et le droit lui aussi de laisser libre court á ses émotions ? Ce que Tonks, et tout le monde, n'avait eu de cesse de lui répéter...
Remus, perdu dans ses pensées pendant cinq bonnes minutes prit alors conscience que Tonks l‘observait toujours avec insistance et il sentit ses joues rougir involontairement. Tous les autres, heureusement avaient leur attention sur Hagrid qui venait d'arriver pour annoncer á McGonagall qu'il avait transporté le corps de Dumbledore...
Alors Remus fit quelque chose qu'il ne se serait jamais senti capable de faire jusque lá. En silence, il attrapa la main de Tonks dans la sienne pour la serrer tendrement. Sans un mot, il la regarda un instant et esquissa un sourire timide. Ce simple geste eut pour effet de faire rayonner la jeune femme. Enfin, il admettait qu'il avait tord et qu'elle avait raison. Enfin. Il en avait fallu du temps... Mais une discussion honnête entre eux s'imposait. Mais pas tout de suite. Après. Quand ils se retrouveront seuls.

***

Tonks et Lupin entrèrent dans une salle de classe vide, seuls et en silence. Tonks n'avait toujours pas lâché la main qu'il avait pris plus tôt dans l'infirmerie. A part les lamentations de Fumseck que l'on pouvait encore entendre dehors, on entendait pas un bruit. Le château était inhabituellement silencieux. Finalement, Remus s'assit sur une chaise et las, se prit la tête dans les mains. Tonks le regarda un moment, ne sachant que faire, jusqu’á ce qu'elle se rende compte des étranges reniflements qui provenaient de Remus. Bien sûr, elle savait combien Remus avait admiré Dumbledore et combien il devait être encore choqué de l'annonce de sa mort... Que devait-elle faire ? Le laisser seul ? Non, se dit-elle. Pendant plus d'un an, elle avait essayé de lui faire comprendre qu'elle serait toujours lá pour lui, alors c'est ce qu'elle allait faire. Elle se rapprocha doucement et Remus sentit alors une paire de bras l'enlacer. Il ne réagit pas, il n'en avait plus la force et la laissa faire. Il semblait ne plus avoir de forces non plus pour la repousser. Il pleura dans ses bras pendant un moment puis, Tonks s'assit en silence á côté de lui, lui tenant la main. Elle lui demanda d'une voix basse, comme si elle avait peur de le déranger.

- Tu ne vas pas de nouveau disparaître ?


Remus tourna la tête vers elle et pensa un instant. Lui-même n'était sûr de rien mais il voulait la rassurer... Pour le moment en tous cas il n'avait pas la force de bouger, pas après le dur coup qu'ils avaient tous subi, qui les avaient affaiblis. Il avait perdu tous ses amis et maintenant Dumbledore  ? La chose qu'il désirait le plus au monde pour le moment c'était rester assis lá á côté de Tonks et la prendre dans ses bras, espérant qu'elle ne disparaisse pas á son tour. Alors non, probablement pour ce soir en tous cas il n'allait pas disparaître... Il hocha la tête.  

- Je ne bouge pas de lá.
- Tu promets ?
Remus sentit sa gorge se resserrer, mais il répondit néanmoins:
- Je te promets.

Cela sembla suffir de rassurer Tonks qui se rapprocha de lui et déposa la tête sur son épaule.
Tout allait être différent maintenant. Elle avait vraiment besoin de le voir promettre qu'il n'allait pas partir de nouveau. Et Remus aussi, avait vraiment besoin de la sentir contre lui. Tous ces mois passés á l'éviter l'avait éreinté et il ne s'était pas rendu compte combien il avait vraiment besoin d'elle. Il commençait tout juste á se rendre compte á quel point. Il inspira á fond le parfum de ses cheveux qu'il aimait tant. Ce parfum de lavande et de vanille si doux et si particulier qu'il avait appris á reconnaître même les yeux fermés. Un sourire involontaire se dessina sur ses lèvres. Même ça, cela lui avait manqué.

Deux jours plus tard, beaucoup de monde était déjà arrivés sur les lieux pour l'enterrement de Dumbledore. Des gens venant de tous côtés de l'Angleterre et du monde. Quelques délégations étrangères étaient encore attendues. Remus et Tonks s'étaient très vite portés volontaires pour installer les chaises dans le parc lá ou aurait lieu la cérémonie. Tout le monde apportait son aide, travaillait en silence. Hagrid avaient les yeux bouffis d'avoir trop pleuré. Remus ne réalisait toujours pas que c'était définitif, qu'ils ne reverraient plus jamais le vieil homme au nez aquilin qui avait un penchant certain pour les sorbets au citron... Le plus puissant sorcier de tous les temps s'était éteint. Remus sentit ses yeux lui piquer mais il chassa le sanglot qui tentait de s'échapper. Dumbledore ne voudrait pas voir de chagrins. Il dirait sûrement qu'ils se reverront tous un de ces jours, qu'il voulait qu'on chante et qu'on danse á son enterrement... qu'il voulait qu'on se souvienne de tous les bons souvenirs de lui... Remus ne se trouvait aucune force pour chanter et danser.

Le jour de l'enterrement arriva. Il faisait ensoleillé mais tout le monde était bien plus moroses que les jours précédents. Remus et Tonks passèrent la nuit d'avant la cérémonie dans une chambre aux Trois Balais – la même chambre que Tonks avait loué durant l'année car elle avait été affectée á Pré-au-Lard. Ils avaient dormi l'un á côté de l'autre cette nuit et Remus ne se souvenait pas de s'être sentit aussi heureux, complet et paisible cette nuit-lá, un bras passé autour de la taille de la jeune femme qui partageait son lit. En fait, il ne réalisait même pas exactement qu'elle était pour lui tout seul...

Ce matin-lá, aucun d'eux ne purent avaler quoique ce soit. Tonks but son café et Remus une tasse de thé mais aucun d'eux ne purent manger ne serait-ce qu'une tranche de pain. Leur estomac était trop noué pour cela. Ils se lavèrent et s'habillèrent puis sortirent dans la brise matinale mais sous un soleil déjà chaud. Ils marchèrent l'un á côté de l'autre, Tonks serrant dans sa main celle de Remus. Curieusement ou pas, ses cheveux étaient redevenus du même rose que Remus aimait tant.

S’il pensait que le plus dur était passé, il se trompait... L'annonce de la mort de Dumbledore, de son mentor l'avait laissé en état de choc, savoir que c'était Rogue qui l'avait tué encore plus... Mais voir le corps recouvert de velours pourpre porté par Hagrid le long de l'allée, telle une poupée de chiffon était comme un poignard dans l'estomac. Remus se raccrochait á la main de Tonks qui tenait la sienne telle á une bouée de sauvetage. Ses yeux étaient embués mais il luttait contre une soudaine volonté de pleurer. Tonks á côté de lui semblait être dans le même état, luttant pour ne pas pleurer mais il pouvait l'entendre renifler discrètement. A l'opposé, les reniflements de Hagrid étaient comme le bruit d'une trompette mais personne n'y faisait vraiment attention.

Le discours prononcé par le petit homme du ministère vêtu de noir lui parut quelque peu insipide, vide de sens. Seul quelqu'un qui’avait vraiment connu Dumbledore aurait pu faire un discours d'hommage digne de ce nom, mais probablement qu'aucun d'entre eux n'auraient été capable d'aligner deux mots. Remus savait que lui n'aurait pas pu en tous cas. Enfin, la tombe partit en flamme et des cris de surprise retentirent dans l'assemblée. Des flammes branches, éclatantes avaient jailli autour du corps de Dumbledore. Elles s'élevèrent de plus en plus haut, masquant la dépouille puis en dessinant d'ètranges formes, une volute de fumée blanche tournoya. Une fraction de seconde et Remus crut voir Fumseck s'envoler dans le ciel et toujours de plus en plus loin. Cependant Remus tourna son attention vers les flammes pour constater qu'il s'était éteint. A présent, une tombe de marbre blanc renfermait le corps de Dumbledore et la table sur laquelle il reposait. Cette fois, il sentit Tonks se tourner vers lui et enfouir sa tête dans son cou. Il fut même certain de sentir une ou deux larmes rouler dans son cou.  Il enlaça d'un bras la taille de la jeune femme tandis qu'il fixait la tombe blanche sans vraiment la voir. Voilà, c'était fini. Cette fois, il ne reviendrait plus. Il ferma les yeux un instant afin d'essayer de reprendre une certaine contenance. Même les Centaures étaient venus rendre un dernier hommage, lancant une pluie de flèches au-dessus de la tombe sans pour autant toucher la foule.

Les premières personnes á bouger furent celles du ministère. Tout le reste demeurait assis, trop émues pour pouvoir bouger. Chacun prenait conscience á son rythme que Dumbledore n'était plus lá, que le plus grand sorcier et meilleur directeur de Poudlard de tous les temps avait été vaincu. Tout était silencieux, excepté les reniflements qui de temps en temps brisaient le silence. Remus ne pouvait détourner les yeux de la tombe blanche á l'intérieur de laquelle se trouvait maintenant le corps sans vie de Dumbledore.

- Remus ? Fit la voix de Tonks á côté de lui qui lui parvint comme au travers d'un voile. Il fut ramené á la réalité et tourna la tête vers elle. Il la regarda sans un mot pendant un moment et en cet instant précis se sentit très chanceux qu'elle soit à ses côtés dans ce dur moment de deuil. Elle lui tenait toujours la main, comme si jamais elle n’en serait fatiguée ou pire comme s'il allait disparaître si elle venait á le lâcher. Elle voulait être lá pour lui parce qu'elle savait ce qu'il traversait mais savait aussi respecter son silence s'il ne voulait pas parler. Il n'en avait pas besoin s'il ne voulait pas. Tant qu'il ne la repoussait plus, c'était une victoire. Quand il voudrait parler, elle serait lá... S'il voulait parler.

- On y va ? Demanda t-elle doucement.

Il hocha la tête mais répondit:

- Dans un instant. Ecoute, va dans le hall et attends-moi lá. J’arrive dans 10 minutes, d'accord?

Tonks fronça les sourcils, indécise. Essayait-il de l'éloigner encore ? Pourtant, Remus sembla détecter le doute dans lequel elle se trouvait et il ne pouvait honnêtement pas lui en vouloir.
- Ne t'inquiète pas, je ne pars pas loin.
- Promis ?
- Oui. Je veux juste aller marcher un peu le long du lac. Je ne serai pas long.
Tonks comprit qu'il avait besoin d'être un peu seul pour se receuillir.
- D'accord...

Avant de lui lâcher la main, elle se haussa sur la pointe des pieds et déposa un léger baiser sur ses lèvres.
- Quand tu veux parler... si tu veux... Je suis lá, d'accord?
Il hocha la tête et la regarda s'éloigner en direction du château. Quelle bonne étoile le suivait pour avoir mis une personne telle que Tonks dans sa vie ? Il s'éloigna vers la rive du lac en marchant lentement puis s'arrêta á proximité d'un bel et grand tilleul sous lequel lui et ses amis s'étaient souvent assis par le passé. Lui, avec un livre sur les genoux, James discutant incessamment de Lily tout en jouant avec son Vif d'or favori, Sirius en rigolant de James et chantonnant avec  moqueries le refrain “il est amoureuux, il est amoureuuuh.” Avant que James ne lui envoie un coup de coude dans les côtes pour le faire taire. Et Peter... Mais mieux ne valait pas mentionner le quatrième là.

Cela faisait longtemps qu'il n'était pas venu seul ici. A présent, il y venait seul. La vie lui avait enlevé toutes les personnes les plus chères á son coeur... toutes celles qui l'avait aidé un tant soit peu au long de sa vie. Sa mère, Lily, James, Sirius, Dumbledore maintenant... Les uns après les autres ils s'en tous était allés. Il en arrivait à se demander si ou non il était maudit.
Pourtant, une petite voix en lui s'immisça pour murmurer. “Ne sois pas idiot, c'est juste le destin... Mais tu n'es pas tout seul pourtant.” Non, c'était vrai... et le visage de Tonks vint se glisser dans son esprit et une douce et réconfortante chaleur s'amplifia en lui. Il n'était pas seul, non... Il n'était plus seul...


code by Silver Lungs

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« Si l'esprit est la lumière qui éclaire le monde,
le coeur est le feu qui les soutient : si la raison parfois s'égare, c'est le coeur qui la ramène. »



R. L.: It is the quality of one's conviction that determines success, not the number of followers.

"You know the man you truly are, Remus !
This heart is where you truly live, this heart !"

Spoiler:
 


Dernière édition par Remus J. Lupin le Jeu 8 Mar 2018 - 14:57, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: (Juin 1996, flashback) L'enterrement de Dumbledore - (FE Hermione Granger) Ven 9 Fév 2018 - 1:17

L'enterrement de Dumbledore [REMUS]
"We must all face the choice between what is right and what is easy." - Albus Dumbledore

- Comment est-il mort ? murmura Tonks. Comment est-ce arrivé ?
- Rogue l'a tué, répondit Harry. J'étais là, je l'ai vu... (...)
Hermione plaqua ses mains sur sa bouche et Ron poussa un gémissement. Les lèvres de Luna tremblaient.
- D'autres mangemorts sont arrivés... Et puis Rogue...
C'est Rogue qui l'a tué. Avec l'Avada Kedavra.
Harry fut incapable de continuer.


(page 673, chapitre 29, tome 6)

Dans l'obscurité, Fumseck avait poussé un chant de lamentation déchirant, d'une incroyable beauté. La mélodie avait enveloppé chacun, comme si la musique était venue de l'intérieur d'eux-mêmes, apaiser un peu la douleur de leur affliction. Le temps lui-même semblait avoir été ralenti ou arrêté l'espace de quelques minutes jusqu'à ce que la froide réalité ne s'impose à eux.
Dumbledore n'était plus...

Abasourdi par la terrible nouvelle, le temps était venu des interrogations et des explications. Hermione avait entendu le Professeur Macgonagall, Madame Pomfresh et Lupin justifier toute l'incertitude ainsi que la méfiance qu'ils avaient toujours éprouvé à l'égard du Professeur Rogue, la manière dont le Directeur avait exigé d'eux qu'ils fassent taire leurs récriminations afin de lui accorder une confiance qu'il avait toujours souligné comme étant justifiée. Harry avait beau avoir parlé de la raison pour laquelle le Professeur avait rejoint l'Ordre, le fait que - d'après lui - Rogue s'était moqué de sa mère, parce qu'elle était née-moldue et qu'il lui était déjà arrivé de la traiter de sang-de-bourbe, tout le monde cherchait à comprendre ce qui avait bien pu se passer.

La lionne était restée silencieuse, perturbée. Elle n'arrivait pas à croire que l'homme différent qui s'était montré à elle, square Grimmaurd, avait pu à ce point se jouer de tout le monde. Luna et elle étaient toujours en vie, alors qu'elles l'avaient croisé dans les cachots. Elle avait écouté Minerva prétendre que tout était de sa faute, mais Rémus l'avait contredite. Harry semblait soucieux d'alimenter sa haine contre celui qui ne lui avait montré que de l'antipathie, qui était en partie responsable de l'assassinat de ses parents. Elle avait entendu les explications, fait en sorte de remonter le cheminement des événements qui s'étaient déroulés confusément ce soir là.

Ron paraissait aussi anéanti qu'elle et pourtant ce fut lui qui s'accusa, à son tour, de négligence, lorsqu'il fut certain que les mangemorts étaient entrés dans le château via la salle-sur-demande, alors qu'il se trouvait en face et en compagnie de Ginny et de Neville. Drago avait utilisé contre eux de la poudre d'obscurité instantanée du Pérou afin de faire diversion. Et puis, la bataille avait débuté lorsque les mangemorts avaient croisé des membres de l'A.D. et de l'Ordre du Phénix en faction, les poussant à la dispersion. Mais Harry s'était aussitôt tourné vers elle pour lui demander où elle était passée, comme s'il s'était dit que sa présence aurait pu changer quoi que ce soit.

Devant le bureau de Rogue, lui expliqua t-elle. Avec Luna. Ron avait emporté la carte du Marauder, tout semblait calme dans les cachots, aucun bruit ne leur était parvenu du rez-de-chaussée. Ce fut vers minuit qu'ils apprirent que des mangemorts étaient entrés dans le château grâce au Professeur Flitwick qui avait hurlé après Rogue sans réaliser leur présence. Elles n'avaient entendu qu'un bruit de chute, puis l'homme en noir en était sorti en trombe. Elle s'en était voulue de lui avoir fait confiance, mais Dumbledore lui avait toujours accordé de l'estime. Seulement, Rémus était à nouveau intervenu pour les rassurer, pour souligner que s'ils avaient essayé de l'en empêcher, sans doute ne seraient-elles plus là pour en parler et elles avaient du s'en contenter.

Ce soir là, elle avait appris un usage que Rogue ne lui avait jamais mentionné, alors qu'elle lui avait posé la question un an auparavant : la marque des ténèbres possédait bel et bien d'autres applications, comme de traverser certaines barrières magiques. Hermione était toujours en pleurs, abasourdie, mais l'information avait eu l'effet d'une bombe tout en étant une révélation importante. L'arrivée des Weasley fut un autre coup de poignard pour tout le monde. Bill avait été blessé et tous se préoccupaient de savoir s'il survivrait, s'il deviendrait un loup-garou ou un demi-sang. Fleur avait enfin manifesté de la compassion et de l'intelligence en justifiant pourquoi elle se trouvait au chevet de son fiancé. Et puis, il avait été question d'un diadème fabriqué par les Gobelins et d'une légère altercation entre Remus et Tonks à propos de leurs sentiments.

Hermione partageait bien-sûr l'avis de Tonks, de Minerva et de Madame Weasley : Remus méritait un peu de bonheur, d'être rattrapé par l'Amour. Elle comprenait son dilemme, la sagesse qu'il pensait être la sienne et la souffrance aussi, comme s'il s'estimait indigne. Mais la Gryffondor savait depuis longtemps que tous les loups-garous n'étaient pas mauvais, les raisons pour lesquelles ils inspiraient la peur et pourquoi ils étaient en permanence déplacer d'un service à un autre au Ministère. Elle l'avait déjà vu sous sa forme animale et elle en savait assez sur les lois magiques, sur ce qui avait poussé Ombrage à légiférer au sujet de ses semblables. L'Amour, comme beaucoup de choses, semblaient illogiques parfois, déraisonnables, mais la Nature et la vie se fichaient pas mal des barrières, de nos idées préconçues, de nos guerres intestines pour savoir qui avait le droit de vivre et de disposer de droits garantis par la société.

Dumbledore avait fait jurer à Harry, Ron et Hermione de ne jamais mentionner à quiconque la nature des cours de Harry et encore moins l'existence des souvenirs, des horcruxes. MacGonagall avait été la première à essayer de connaître le contenu de ses rencontres nocturnes, en vain. Deux journées s'étaient écoulées. La presse ne parlait plus que de l'assassinat, de la menace des mangemorts et de l'enterrement. Des délégations arrivaient du monde entier pour rendre hommage à l'un des sorciers les plus puissants et sages de son temps. Hermione venait de perdre un mentor, une sortee de grand-père qui lui avait montré une confiance énorme en lui confiant un jour un retourneur de temps, dans l'espoir, qu'avec Harry, elle parviendrait à sauver deux innocents d'un sort terrible.

Le médaillon de Serpentard était un faux. Tout cela ne semblait avoir servi à rien et pourtant ils avaient trouvé à l'intérieur un bout de parchemin avec marqué dessus : R.A.B. Hermione avait appris qu'en dehors du journal intime de Jedusor, la bague de Gaunt avait été détruite, mais elle ignorait de quelle manière ; simplement que cela expliquait pourquoi Dumbledore était apparu en début d'année avec une main cadavérique. Pourtant, elle ignorait toujours comment créer de tels objets et surtout de quelle manière on pouvait les détruire. Elle savait que les objets étaient capables de se défendre par eux-mêmes, parfois d'interagir ou pire si elle en jugeait par la manière dont Ginny avait été soumise à l'imperium. L'idée saugrenue lui était donc venue de profiter de l'absence des filles dans son dortoir, au sommet de la tour de Gryffondor, pour verrouiller la porte et d'y installer des protections temporaires avant de lancer un accio par la fenêtre.

- Accio livres sur les horcruxes !

A sa grande surprise, quelques livres absents depuis des dizaines d'années de la bibliothèque et de sa réserve étaient apparus dans les airs et avaient atterris dans ses mains. Jusque là, elle n'avait déniché de mention que dans l'introduction des "Grandes noirceurs de la magie", sans plus de précision. Cette fois, elle détenait enfin ces livres de magie très noire. Elle en fut tellement choquée qu'elle ne pu masquer son excitation et sa joie d'avoir réussi un petit miracle d'ingéniosité en supposant que Jedusor avait bien du apprendre à en créer bien avant de songer à poser la question au Professeur Slughorn, ce que Harry lui avait d'ailleurs confirmé. "Secrets les plus sombres des forces du Mal". Beurk... La couverture était hideuse et repoussante. Mais sans demander son reste, l'élève la plus brillante de sa génération avait fait disparaître son petit trésor à l'abri des regards et des questions indiscrètes.

De toute manière, s'était-elle dit, si Dumbledore n'avait pas voulu qu'elle les récupère, il se serait arranger pour mieux les protéger et par fermer la fenêtre, non ? De toute manière, elle croyait agir pour la bonne cause, pour Harry, par loyauté envers lui et Dumbledore, pour mener à bien, avec eux, cette mission suicide qui leur avait été confiée et dont elle ne s'imaginait pas revenir en vie. Un bref instant, elle versa d'autres larmes, en songeant à nouveau au défunt Directeur et à ses amis, à Poudlard. Elle ne savait pas encore si Harry allait décider de revenir à l'école. Elle pensait qu'étant donné les risques, il s'en irait durant l'été, sans attendre afin de finir ce que Dumbledore lui avait confié, sans doute même par esprit de vengeance. Hermione avait dès lors prévenu Ron de cette éventualité, de la nécessité de le retenir, de lui faire comprendre une fois de plus qu'ils étaient embarqués ensemble dans cette quête et qu'il n'était pas question de faire demi-tour.

Elle n'avait rien trouvé sur R.A.B. mais il y avait toujours quatre horcruxes dissimulés quelque part : "le médaillon... la coupe... le serpent... un objet ayant appartenu à Gryffondor ou à Serdaigle..." La lionne fréquentait un peu trop la bibliothèque ces derniers temps, pour quelqu'un qui n'avait plus de devoirs à faire. Harry l'avait remarqué. Mais elle avait fait une découverte à propos de Rogue et de ses parents : Eileen Prince et Tobias Rogue, un moldu. Harry pensait qu'il avait du mettre en avant le côté sang-pur de sa mère afin que Lucius Malefoy et les autres l'acceptent parmis eux. Comme Jedusor. Cela avait soulevé des questions à propos du livre du Prince de sang-mêlé qu'Hermione lui avait pourtant demandé d'apporter à Dumbledore ou à McGonagall. Brillant, certes, mais à l'humour détestable.

Vêtus de leurs robes de cérémonie, les élèves restants avaient pris leur petit-déjeuner. Le fauteuil en forme de trône du Directeur était resté vacant, comme celui de Hagrid. Sans cérémonie, celui de Rogue était occupé par le nouveau Ministre en fonction, Rufus Scrimgeour. Comme d'autres, Hermione n'avait pas très faim, tandis que Ron donnait l'impression d'ignorer la présence de Percy en dépit des coups de fourchette qui transperçaient des morceaux de hareng fumé avec une hargne inhabituelle. Puis, ils avaient fait mouvement près du lac, en groupes, là où se tenait des centaines de sièges et une table de marbre. C'était une belle journée d'été et pourtant Hermione, comme beaucoup, avait le coeur lourd, préoccupée par son chagrin. Des tenues misérables cotoyaient des toilettes plus élégantes. Elle avait reconnu parmi la foule des visages familiers : Kingsley Shakelbolt, Alastor Maugrey, Tonks avec ses cheveux roses, Remus Lupin, Tom le patron du Chaudron Baveur, Miss Figg, Ernie Danlmur des Bizarr'Sisters, Madame Guipure et cette vieille mégère d'Ombrage.

Harry, Ron, Hermione et Ginny étaient allés s'asseoir près du lac, au bout d'une rangée, sous les chuchotements. Ils avaient vu Neville s'asseoir près d'eux, avec l'aide de Luna, avec compassion. Ils avaient été les seuls à répondre à son appel lors de la bataille de la tour d'Astronomie. Sans doute les seuls qui regardaient encore leurs faux gallions dans l'espoir qu'il y ait une nouvelle réunion. La lionne avait rarement vu au sein l'A.D. de membres aussi loyaux et aussi admirables. Fudge était passé à côté d'eux, la mine affligée, puis Rita Skeeter, que la Préfete ne portait pas spécialement dans son coeur, ni même l'ex Ministre ; elle qui détenait sur le gratte-papier l'information qui pouvait l'expédier à Azkaban. Le coeur serré, un mouchoir dans les mains, Hermione avait aperçu une chorale d'Êtres de l'eau s'exprimant dans un langage incompréhensible hors de l'eau, mais d'une beauté évoquant le regret et le deuil. La jeune femme avait trouvé cela très gentil et beau. Dumbledore avait du entretenir avec eux des relations privilégiées pour obtenir de ce peuple isolationniste puis des Centaures pareil hommage, avec leur lancer de flèches. Et cela ne lui inspira que de nobles sentiments pour ces individus opprimés, même si certaines choses avaient compliquées la manière dont les sorciers les voyaient en règle générale.

Le discours du petit homme l'avait fait fondre en larmes. Elle n'avait eu à l'esprit que son regard perçant et bienveillant, parfois illuminé d'une étrange lueur, au delà de ses lunettes en demie-lune. Elle ne se souvenait que de ses discours, de ses bons mots, de : "Nigaud, Grasdouble, bizarre et pinçon !" en voulant évoquer quelques mots, du discours où il avait évoqué Tom Jedusor, où il avait rappelé aux élèves "qu'en cette période de troubles, tandis que les forces du Mal essayaient d'entrer dans le château, il ne fallait pas oublier que leur meilleure arme, c'était eux". Des flammes blanches s'étaient alors élevées, enveloppant le corps du défunt. La Gryffondor avait observé le caveau de marbre blanc avec l'impression que le pire était à venir. On lui avait demandé d'être prête, on ne lui avait révélé que tardivement la raison à tout ce mystère et aujourd'hui Dumbledore ne lui laissait que des indices, des brides d'informations et avec ça un immense fardeau.

- Tu nous as un jour dit qu'il était encore temps pour nous de revenir en arrière, si nous le voulions, lui confia t-elle à voix basse, alors que la plupart avait quitté les lieux. - Ce temps, nous l'avons largement eu, non ? Alors, si Ron te dit que nous viendrons te rejoindre chez les Dursley, nous le ferons, Harry...

Harry avait enfin pris une décision : il ne reviendrait pas et se faisant Hermione et Ron non plus. Ils leur restaient une dernière chose à accomplir, l'Elu avait rompu avec Ginny, en dépit de la pression exercée par Ron. C'était évidemment très dur de dire adieu à cet endroit qu'ils avaient considérés comme leur maison ou leur seconde habitation. Hermione avait eu une pensée pour toutes ces personnes qu'elle allait devoir laisser en arrière et avec lesquelles elle avait cachée énormément de choses, y compris ses états d'âme, en sachant que Voldemort utilisait les proches comme appât et qu'elle n'avait nullement envie de les mettre en danger. Ginny avait été préparée à cette rupture, Hermione l'avait encouragée à vivre sa vie, en espérant qu'il la remarquerait, mais qu'il choisirait son combat contre Voldemort plutôt qu'elle et quelque-part elle savait que c'était pour cela qu'elle l'aimait autant, qu'elle lui avait voué un culte bien avant de faire sa connaissance, pour aussi étrange que cela pouvait paraître. Mais comme promis au vieil homme, sa meilleure-amie n'avait rien pu lui dire. Elle avait du la maintenir dans l'ignorance.

La lionne avait aperçu la silhouette de Remus au loin, longeant le lac. S'il y avait bien quelqu'un qui partageait des affinités intellectuelles avec lui et avec qui il avait pu parler de la condition des lycans, c'était elle. Prenant un instant pour enlacer son amie Tonks et échanger quelques paroles réconfortantes, elle avait suivi le Marauder vers ce grand tilleul où elle aussi aimait s'asseoir afin de lire et observer la lande Ecossaise.

- Excusez-moi de vous déranger, Professeur Lupin... Je... Euh... Je viens de parler un peu à Tonks et en vous voyant... si près de cet endroit que j'affectionne... Je me demandais si en dépit de ce que nous ressentons dans un moment tel que celui-ci, vous auriez envie d'échanger quelques mots avec quelqu'un comme moi..., lui demanda t-elle, un peu mal à l'aise. - Mais si vous le voulez, je peux m'en aller, excusez-moi de vous avoir déranger... ,ajouta t-elle précipitamment, angoissée.

C'était tout elle : l'impression de sentir de trop, d'être maladroite, de ne pas être assez digne pour quelque-chose. Elle ne voulait pas lui infliger une présence qui aurait été dérangeante, alors que tout ce qu'il aurait voulu c'était un peu de temps pour se recueillir, se remémorer certaines choses de son passé, de sa relation avec Sirius et James...


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"J'aimerais être à Gryffondor. Faire partie de cette maison me plairait beaucoup car je donne beaucoup d'importance au courage, sous toutes les formes qu'il peut prendre. Car quand je parle de courage, je ne parle pas uniquement de courage physique, mais aussi moral." - J.K. Rowling (BBC Newsround - 2005)

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MessageSujet: Re: (Juin 1996, flashback) L'enterrement de Dumbledore - (FE Hermione Granger) Jeu 8 Mar 2018 - 14:57

Hermione ∞ Remus
Episode 3: ne plains pas les morts, plains plutôt les vivants...
Ils en avaient passé de bons moments lui et ses amis à l'époque près de ce lac, que ce soit l'été à profiter des rayons de soleil ou l'hiver à s'amuser dans la neige et faire des bonhommes de neige. C'était l'époque de l'innocence. Une époque où il pouvait vraiment se dire avoir été heureux... Même les soirs de pleine lune, il n'avait pas été vraiment seul. Pour la première fois de sa vie, iI avait de vrais amis pour le soutenir et l'aider dans la plus dure période de sa vie. Et puis, plusieurs années plus tard, Dumbledore lui avait donné une seconde chance, une chance d'enseigner à Poudlard et ce même en sachant ce qu'il était...

Pendant un an, il avait parcouru de nouveau les eaux de ce lac, la silhouette de ce château qui l'avait accueilli alors que ses parents et lui-même étaient persuadés qu'il ne pourrait pas venir y étudier. Mais c'était sans compter sur Dumbledore... Il avait vu du potentiel en lui, il lui avait donné une chance d'être un sorcier alors que Fenrir Greyback lui avait pris toute son enfance, une enfance normale et son innocence. Il avait voulu en faire quelqu'un à part de la société, quelqu'un comme lui qui haïrait les humains et n'aurait que le mot vengeance à la bouche. Il avait fait de lui un monstre mais Dumbledore lui  avait donné la chance d'être une personne normale... Même si au fond de lui une partie de lui savait qu'il serait toujours à part de la société, qu'il ne serait pas complètement intégré, sa vie aurait toutefois pu être pire. Le sorcier qui lui avait donné la chance de connaître tout cela était mort et... A dire vrai, ces derniers mots avaient du mal à lui rentrer dans l'esprit. Il avait du mal à en saisir le sens. Il faudrat accepter le conséquences très vite... La mort de Dumbledore signifiait une grosse perte pour eux, et un énorme avantage pour le camp adverse. Comment allaient-ils pouvoir gérer? Déjà, il fallait choisir au plus vite un nouveau gardien du secret pour le  Square Grimaurd, Dumbledore en ayant été le gardien depuis la mort de Sirius...  Même la mort de son dernier meilleur ami, il avait encore du mal avec parfois. Certains matins il se réveillait, et il se disait qu'il allait surgir d'un moment à l'autre  de la pièce d'à côté avec une bouteille de liqueur trouvé à la cave , ou alors il imaginait leurs conversations certains soirs au Square Grimmaurd, tous les trois, lui, Tonks et Sirius, autour d'une bonne bouteille de bierreaubeurre ou de vin. II y avait eu des éclats de rire à cette époque pas si lointaine que cela... Environ deux ans auparavant quand tout allait encore bien. C'était à ce moment-là que ses sentiments pour Tonks avaient commencé à se développer aussi...

Aujourd'hui tout avait changé. Il y avait toutefois des côtés positifs. S'il y avait une personne sur laquelle il pouvait compter complètement, c'était Tonks... Chaque moment en sa présence était unique, particulier. Quand ils se retrouvaient seuls tous les deux, elle arrivait à lui faire tout oublier par un mot, un regard. Remus ne s'était jamais sentit aussi fort et faible à la fois. Molly avait raison ; Arthur avait raison ;  MacGonagall avait raison... II était peut-être ridicule d'avoir repoussé la jeune femme aussi longtemps, il avait peut-être tord de penser qu'il ne méritait pas d'être heureux comme n'importe qui, mais il ne pouvait s'en empêcher.  Il voulait ce qu'il y avait de mieux pour Tonks... Il ne voulait pas lui imposer sa condition d'exclu de la société. D'un autre côté, elle lui avait prouvé bien des fois qu'elle se fichait de l'opinion des gens. Pourtant, conbien de fois s'était-il réveillé la nuit après un cauchemar ? Combien de fois avait-il rêvé qu'après une nuit de pleine lune, il se réveillait pour voir le corps de la jeune femme inconsciente et le corps  ensanglanté devant lui à ses yeux... Il baissait alors les yeux pour apercevoir  ses mains couvertes de sang qui n'était sûrement pas le sien. Et lorsqu'il se disait que c'était ridicule, que cela ne pouvait pas arriver car, lui faisant sa potion elle-même à présent, elle faisait en sorte qu'il n'en manque jamais, il imaginait alors le regard des autres sur eux deux lorsqu'ils se promèneraient dans la rue, bras dessus bras dessous... Les regards des gens, sur eux, de dégoût, de mépris, de moquerie...  C'était des cauchemars récurrents qu'il faisait maintenant depuis pas loin de deux ans.

Pourtant, à côté de cela, il ne pouvait oublier sa joie communicative qui chaque fois lui ôtait tous doutes, toute envie de lutter, ses sourires si sincères, son regard brillant et à son toucher c'était comme s'il oubliait tous les maux, tous les malheurs, toute la méchanceté qu'il avait connu durant quasiment toute sa vie. Il avait beau essayer de faire barrage à tous ces sentiments pour la jeune femme, il n'y avait rien à faire, ils le ramenaient toujours à elle. Il se disait, depuis quelques jours, qu'il était bien plus facile de se laisser aller. Une petite voix au fond de lui ne cessait pourtant de lui dire qu'il avait tord, qu'accepter être avec Tonks signifiait les condamner tous les deux. Pourtant, sa présence lui faisait tellement de bien, et ses étreintes réussissaient à guérir des années de souffrance, de maux et de solitude.  Non, il n'arrivait pas à écouter cette petite voix au fond de lui à présent, sa conscience n'était pas assez forte contre un besoin d'être compris, aimé...  Il avait envie d'y croire.

Toujours submergé dans ses pensées, ses pas l'avaient portés vers ce grand tilleul au pied duquel lui et ses amis aimaient souvent s'asseoir par le passé. Il ne s'en était même pas rendu compte. Il releva la tête vers le sommet de l'arbre et il eut un petit sourire. Ils avaient tant passé de bons moments sous cet arbre. Il lui restait tant de souvenirs et il se permit de s'en remémorer quelques-uns si chers à son coeur. James, Sirius, lui et Peter tous les quatre assis au pied de l'arbre. Plus bas, près du lac, quelques jeunes filles longeaient les rives en mettant les pieds dans l'eau et on entendait quelques rires. Evidemment James remarqua très vite que l'une d'entre elle était la belle Lily à la chevelure de feu. La seconde était Marlène McKinnon et la toisième ressemblait à Dorcas Meadows élève de Serdaigle. Bien evidemment,  James ne put résister descendre “faire son paon” pour aller impressionner Lily... Remus ne bougea pas. Il regarda, amusé, James descendre vers les filles accompagné de Sirius qui depuis quelque semaines tournait autour de Marlène comme un prédateur...  Pourtant, ce n'était pas en Sirius que Marlène était intéressée non, elle regardait plutôt Remus...  et à défaut d'avoir Marlène, c'était plutôt Dorcas qui avait tendance à rire dès que Sirius ouvrait la bouche pour sortir une blague, ce qui laissait penser que Dorcas avait un faible pour le grand brun. Pour revenir à Marlène, Remus n'aurait jamais rien remarqué de toutes façons et d'ailleurs il la considérait comme une très bonne amie. Il côtoyait la jeune fille parfois, ils travaillaient  ensemble en cours de temps en temps ou pour des devoirs mais Remus n'aurait jamais pu imaginer quiconque être attiré par lui. Un jour, Lily lui en avait touché un mot mais Remus n'avait pas voulu y croire. De toutes façons, c'était bien trop compliqué et dangereux d'oser aller dans ce sujet-là. Et de son côté, Marlène était bien trop timide pour oser se dévoiler.

Remus sortit de ses pensées alors qu'il se rendit compte de l'approche de quelqu'un et il tourna la tête vers la nouvelle venue pensant tout d'abord que c'était Tonks qui n'avait pu résister se rapprocher. Pourtant, il reconnut rapidement la silhouette de Hemione Granger, amie proche de Harry qui avait été la première à deviner la raison de ses absences durant la troisème année des trio (aec un peu d'aide de ce cherRogue). Depuis Lily, c'était vraiment la jeune fille la plus intelligente qu'il avait eu l'occasion de connaître. Il l'avait tout de suite beaucoup aimé. Lorsqu'il avait donné sa résignation de professeur de DCFM à Dumbledore il avait pensé que corriger ses copies de cours aux réponses toujours très complètes et détaillées était une des choses qui allaient le plus lui manquer. Cela lui rappelait même un peu ses propres copies à l'époque où il était lui-même élève, toujours parfaites et détaillées. C'était comme un besoin de prouver qu'il était bien à sa place, ici, à Poudlard. Comme s'il avait pensé que s'il ne travaillait pas assez dur, Dumbledore  pourrait revenir sur sa décision et lui dire de quitter Poudlard. Il avait besoin de se prouver qu'il méritait lui aussi sa place. Lorsqu'il faisait ses devoirs il avait d'ailleurs pris la mauvaise habitude de permettre à ses amis de regarder par-dessus ses épaules pour s'inspirer. Remus n'aurait jamais pu leur refuser et leur dire qu'ils devaient réfléchir par eux-mêmes pour une fois; il était bien trop heureux d'avoir des amis et ainsi leur cédait presque tout. Ce n'était d'aileurs pas qu'une bonne chose.

Hermione était une jeune fille à l'avenir très prometteur, il en avait eu la certitude dès qu'elle lui avait rendu son premier devoir. Alors ce soir-là dans la cabane hurlante, lorsqu'elle avait dit à voix haute ce qu'il était réellement à Harry et Ron, Remus avait été vraiment été impressionné.  Mais elle avait eu faux sur un détail, il n'avait jamas aidé Sirius à rentrer au château. Pour preuve, Remus jusqu'à ce soir où il avait vu s'afficher le nom de “Peter Pettigrow” sur la carte des Maraudeurs, pensait comme tout le monde que Sirius était un meurtrier. Mais ce soir-là, ce soir-là...  Il avait vu de ses yeux que Harry avait raison; comment était-ce possible? Comment Peter Pettigrow pouvait-il être encore en vie alors que des dizaines de personnes l'avaient vu mourir? C'était un coup monté. Il avait fait en sorte que l'on croit Sirius coupable de son propre meurtre avant de disparaître. Peter Pettigrow avait été en vie pendant tout ce temps.  Remus n'en revenait pas et pourtant c'était forcément vrai. Alors en voyant le trio d'Harry, Ron et Hermione près du saule cogneur et disparaître à l'intérieur du passage, son sang n'en fit qu'un tour. Il se hâta de les suivre. Malheureusement les évènements de la soirée l'avait fait oublier de boire sa potion Tue-Loup toujours rangée dans le tiroir de son bureau...

Le ton hésitant d'Hermione, le fait d'avoir l'impression de le déranger dans un moment pareil le fit sourire. Ils étaient apparemment plus semblables qu'il ne l'avait pensé, en plus d'être les plus studieux de leur trio d'amis. Il secoua la tête lentement et dit gentiment:

“- Non, non, ne t'en fais pas, tu ne me déranges pas. Alors, toi aussi tu aimes bien venir près de cet arbre? Il semble que beaucoup de générations de sorciers ont affectionné cet endroit. La vue y est magnifique. ” fit-il doucement en lui souriant.

Il l'observa un instant. Elle avait changé depuis la dernière fois qu'il l'avait vue sur les terres de Poudlard lors de sa troisième année. Ils avaient tous changé. L'époque n'était plus la même non plus et elle paraissait plus préoccupée. Ils l'étaient tous bien entendu. Qu'allaient-ils devenir à présent que Dumbledore n'était plus là ? Qu'allait devenir l'Ordre? Bien sûr, Remus continuerait toujours à se battre pour l'Ordre mais serait-ce le cas pour tout le monde? La mort de Dumbledore était un coup dur, un coup dur pour le moral de tous. Certains d'entre eux perdraient l'espoir de gagner cette guerre. Néanmoins, quand McGonagall les avaient tous convoqués la veille dans le bureau de Dumbledore (qui était à présent le sien), lui et Tonks avaient tout de suite répondu à l'appel. Tous les professeurs aussi excepté Rogue bien sûr, plus Maugrey, Kingsley, Mr et Mrs Weasley ainsi que Fleur qui avait accepté de quitter le chevet de Bill pour une petite heure. Ils étaient presque tous là. L'heure était grave, il fallait faire les comptes. Dès l'année prochaine, tout pouvait arriver...  

Pour ce premier rendez-vous il avait été décidé d'un nouveau gardien du secret pour le QG. Maugrey avait été désigné. Enfin, il avait remporté le vote commun. Dans les jours passés, Tonks et Remus n'avaient guère eu le temps d'évoquer les préparatifs de leur mariage. Cela se ferait certainement dans le plus grand des secrets de toutes façons. Eux deux, les  parents de Tonks, Mr et Mrs Weasley s'ils étaient disponibles. Quant à Harry, Remus se demandait ce qu'il comptait faire maintenant ? Il pensait le connaître un peu et il doutait qu'il reviendrait à Poudlard l'an prochain... Et s'il ne revenait pas, sans doute Ron et Hermione eux aussi allaient-ils le suivre. Dumbledore leur avaient toujours dit, durant l'année passée, que lui et Harry avait quelque chose à faire c'est pourquoi il devrait quitter le château de temps en temps la nuit et l'Ordre devrait faire des tours de garde dans les couloirs durant son absence... Une mission secrète mais en quoi consistait-elle? Remus n'avait aucun doute que cela concernait Voldemort et c'était sans doute quelque chose qui lui avait coûté la vie. Lors de la dernière réunion, il leur avait dit que c'était quelque chose de très important s'ils envisageaient de réussir à battre Voldemort.  Sans doute que Harry allait vouloir finir ce que lui et Dumbledore avaient commencé...  Mais trois adolescents de 16 ans? Etaient-ils à la mesure de réussir tout seul? “Faîtes-lui confiance” Dumbledore leur avait dit. “Harry est notre seul espoir.”

“- Alors, que comptez-vous faire l'an prochain? Je ne pense pas que vous allez retourner à Poudlard, n'est-ce pas?” Persuadé déjà de la réponse, il tourna la tête vers elle, un léger sourire aux lèvres. “Beaucoup de choses vont changer maintenant...” ajouta t-il sur un ton grave.

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« Si l'esprit est la lumière qui éclaire le monde,
le coeur est le feu qui les soutient : si la raison parfois s'égare, c'est le coeur qui la ramène. »



R. L.: It is the quality of one's conviction that determines success, not the number of followers.

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This heart is where you truly live, this heart !"

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MessageSujet: Re: (Juin 1996, flashback) L'enterrement de Dumbledore - (FE Hermione Granger) Sam 5 Mai 2018 - 17:46

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L'enterrement de Dumbledore [Remus]
"La démocratie ne consiste plus à s'engager à ce que tous soient égaux, mais à ce que chacun puisse être différent, tout en étant traité également. Elle n'est plus la revendication de la libre expression, mais de l'auto-expression pour ne pas sombrer dans le trou noir de la globalité. Nous devons le comprendre et laisser la jeunesse bâtir un monde différent." - Shimon Perez

Pour la plupart, l'arrivée en barque à Poudlard était resté graver dans leur mémoire comme un instant magique et impressionnant, comme une majestueuse résidence digne des plus grands contes de fées ou d'histoires de capes et d'épées. Tout y était nouveau, déroutant. On y trouvait les graines de profondes inégalités, discriminatoires, quasi invisibles pour ces jeunes immatures incapables de recul ou pour ces adultes trop encrés dans une tradition devenue inadaptée, l'un des motifs qui concourrait à créer des problèmes. A peine arriver pour la cérémonie de la répartition le sort des enfants étaient scellés par l'avis d'un Choixpeau apte à lire dans les esprits. Celui-ci avait beau prétendre ne jamais faire d'erreur, l'objet tenait parfois compte de l'opinion de l'élève stressé et apeuré à l'idée d'être envoyé dans la "mauvaise" maison, même si pour certains l'évidence s'imposait comme un choix ne souffrant d'aucune complexité, d'aucune nuance. Pouvait-on seulement résumer un individu - aussi jeune fut-il - à son caractère ? A l'évidence, non... La vie, de toute façon, allait se charger de le changer. Les choix qui allaient s'imposer à lui, ses fréquentations - par contre - oui.

A vouloir tout catégoriser, mettre les individus dans des cases et mêler la pseudo-science et l'idéologie dans tout cela, le système ne pouvait que commettre des erreurs se transformant en fautes. D'une tradition séculaire, n'en subsistait en définitive qu'une vaste supercherie apprenant aux futurs adultes ce qu'ils étaient censés apprendre à devenir, mais qui serait une quête s'étendant sur toute leur existence et que la vie était injuste. Bien-sûr, à Poudlard, royaume de l'innocence et de l'ignorance d'une certaine façon, personne n'était à l'abri de dangers, d'abus divers et variés ni de machinations. L'enfant était cruel et immature, inculte le plus souvent, préoccupés par des choses simples, se prenant la tête sur des questions exagérées, trahissant du même coup leur manque de sagesse. Et croyez-bien qu'un adulte n'était pas si différent. Chacun avait son propre caractère, sa propre expérience, ses secrets, ses blessures et ses faiblesses. Ce qui changeait son état d'esprit n'avait à voir qu'avec la prise de conscience de sa propre mortalité, de celle des proches qu'il aimait, de ce fait qui consistait à reconnaître que le passé était passé et qu'il fallait continuer à vivre malgré ces jeunes années insouciantes bénies des Dieux.

Peut-être faudrait-il parler en cet instant des "oubliés" de l'Histoire, des exclus de la société, de ceux qui étaient stigmatisés par une population réagissant davantage sur l'émotion et l'instant que sur le recul et la raison gardée et qui était, en outre, pas assez éduquée. Les cracmols, les lycanthropes, les Centaures, les Êtres de l'eau, les Elfes de maison, les Gobelins et toutes ces créatures intelligentes - compris les accidentés de la vie, les chômeurs -  souffrant depuis des siècles des luttes pour la suprématie, des préjugés, des bas-instincts forçant des individus sans scrupules à régenter leur société par le biais de règles et de lois sans âme, sans pitié, à réduire en esclavage d'autres peuples, allant parfois jusqu'à leur retirer toute dignité, leur culture, leurs traditions, ce qui faisait d'un Être un individu conscient, apte à participer à l'élaboration des lois et à la politique, à se défendre devant une machine administrative toute puissante.

Il y avait dans ce pays des voix qui ne comptaient pas. Hermione s'en était aperçue et s'était insurgée contre ces inégalités, ce mal, en prenant fait et cause pour les Elfes de maison par exemple, mais pas uniquement puisqu'il y avait eu Buck, entre autres. Oui, elle ne portait pas Argus Rusard en grande estime, mais elle le voyait comme une victime, comme quelqu'un qui aurait pu être différent et avoir un meilleur avenir si on l'avait traité autrement, respecté pour sa différence, à condition de ne faire aucun mal, de ne pas profiter des autres pour son seul bénéfice. Peut-être Ariane était l'une des rares à avoir compris cela. Ce qu'elle pensait c'était que Newt Scammander avait beau avoir été un magizoologue talentueux, il avait aussi été quelqu'un à l'esprit limité par ses propres préjugés, par une éducation et les valeurs de l'époque, lui qui avait toujours trouvé le fait de travailler au bureau de replacement des elfes de maison comme une perte de temps et une insulte à son talent. Servir son pays (non un individu) ne l'était jamais, lorsque l'on avait la possibilité de faire du bien. Le monde n'avait pas été prêt à changer, mais cela dénotait un côté assez dénué d'empathie et un goût certain pour l'irresponsabilité, les excès en tout genre de la part de cette homme qui était rentré dans l'Histoire.

Mais la lionne voyait les choses autrement, comme elle pensait que la définition d'un Être, apportée par le Ministre Stamp et exposée dans l'introduction des "Animaux fantastiques" était incomplète ; la question ayant été mal posée et la réponse l'étant tout autant. Les Gobelins - très intelligents - s'étaient bien marrés à leur dépend et depuis rien n'avait changé. Dénoué ce nid de vipères, ces idées préconçues, était difficile, mais pas impossible. Par contre, elle savait que le pouvoir en place ne permettrait pas d'évolution des mentalités, sans que lui-même et le peuple n'expérimentent assez l'injustice et la condition de ces malheureux pour faire preuve davantage de raison et d'empathie. Elle l'avait vu avec Buck et l'intervention de Lucius Malefoy, en constatant combien la "justice" se mettait à plat ventre devant des abrutis fortunés, mal intentionnés. La femme, elle-même, avait du se battre pour ses droits. Elle avait revendiquée bien avant la dernière guerre des droits que les machistes leur avaient contesté, jusqu'à employer la force. Cela demeurait une lutte de tous les instants, comme cela l'était dans tous les domaines. Et bien-sûr, ces questions théoriques, ces fondements de la Nation, n'étaient plus rien face à l'immense péril et aux épreuves qui les attendaient. Tout ou presque allait être détruit, mais ce qu'elle savait, c'était que l'ennemi allait chercher aussi à détruire leurs identités pour les avilir, pour les empêcher, en cas de victoire, à se reconstruire.

Voilà pourquoi Hermione avait toujours été la voix de la conscience, de la sagesse, pour Harry et Ron, malgré ses imperfections, pourquoi elle s'était toujours mise en avant au sein de l'A.D. sur cette seule question, afin de ramener un peu les individus vers une prise de conscience, en leur transmettant une sagesse issue d'ailleurs. Certains ne l'avaient pas écouté et cela n'était pas surprenant. A l'heure du choix, chacun était libre de décider en conscience de ses intérêts. La stupidité, le manque d'éducation, la connaissance partielle ou erronée, un préjugé, pouvait s'avérer tout aussi dangereux qu'une arme. Poudlard avait bien été bâti voilà plus de mille ans pour une bonne raison, non ? Ce qui n'était pas normal c'était de voir que durant tout ce temps rien - ou presque - n'avait changé, alors que les gens eux l'avaient fait. Oui, les sorciers les plus extrêmes pourraient bien avoir envie de mettre des barrières partout, jusqu'à commander aux gens qui aimer. On ne pouvait pas nier l'utilité du Code International du secret magique, l'impossibilité pour le Royaume de renier ce traité sans risquer des sanctions ou la guerre. Mais à force d'arrogance, de regarder son nombril, d'être maintenu dans une situation de subsistance et de peur, avec un esprit malsain, on ne pouvait qu'engendrer son propre ennemi, comme lui ne pouvait que faire naître une opposition qui entrerait en conflit avec lui.

Ce monde différent, cette promesse d'un avenir meilleur semblait dorénavant sans espoir, sans saveur, une illusion. Pourtant, tous étaient nés avec de l'espoir en eux, une soif de reconnaissance et pour beaucoup d'entre eux de l'Amour. Mais en observant bien certains individus, comme Remus et Harry, on remarquait alors que la misère humaine n'était pas une excuse pour sombrer dans les ténèbres, dans un mal plus profond poussant à l'auto-destruction. Tous n'affrontaient pas le mal qui était en eux, autour d'eux, de la même manière. La sinistrose, la dépression, la schizophrénie, la folie, toutes ces maladies mentales ou troubles de la personnalité n'étaient que quelques formes prises par le mal, comme un terreau fertile aux préjudices. Comment aider quelqu'un, surtout si celui-ci ne le voulait pas ? Aider Harry à résister, à lui faire traverser toutes les épreuves n'était pas chose facile. Remus avait pourtant affronté ses propres démons, mais tout deux avaient manifestés un courage immense, d'une grande rareté, digne de respect, mais d'admiration ? Non... L'idolatrie n'était pas une bonne chose. Hermione n'en avait jamais voulu. Mais à l'heure du choix... A ses yeux, Remus était un homme admirable, un ami. Comme Lily, autrefois, Hermione jouissait de cette qualité de voir dans le coeur des autres et d'en faire ressortir ce qui demeurait dans le dénis.

Les années écoulées lui laissaient l'impression angoissante que tout changeait irrémédiablement et qu'elle risquait de perdre la seule chose qui lui avait permis de sortir de la solitude ; la seule chose qui était venue s'ajouter à son désir le plus cher de faire le plus de bien possible en ce monde : l'amitié et l'Amour. Mais la vie était venue sans cesse lui rappeler combien il était nécessaire de faire preuve d'humilité, de courage et de raison. Elle était venue la bousculer, la pousser au bord du précipice, remettre en cause son existence, lui imposer une espèce de fardeau représenter par son génie, ses qualités hors norme, borderline, qui étaient à la fois pour elle autant un bienfait qu'une malédiction et par toutes ces épreuves toujours plus exigeantes, impossibles, jusqu'à ce qu'elle trouve cette fameuse solution qui faisait que Harry se tournait toujours vers elle pour tenter l'impossible. Mais ce dont il était certain c'était que la lionne avait toujours choisi de combattre le mal, de persévérer, d'aider les autres afin d'exprimer son potentiel et le leur. Car sa capacité à aimer et à éprouver de l'empathie était très puissante, comme l'était parfois sa propension à rechercher vengeance, bien qu'avec l'âge, elle s'était assagie un peu plus.

“- Non, non, ne t'en fais pas, tu ne me déranges pas. Alors, toi aussi tu aimes bien venir près de cet arbre? Il semble que beaucoup de générations de sorciers ont affectionné cet endroit. La vue y est magnifique. ” fit Rémus doucement en lui souriant.

Hermione avait opiné du chef en soupirant un peu avec soulagement, en lui adressant et un sourire amical. Son ton hésitant et sa grande politesse avaient été les indicateurs qu'elle avait cru - à tort - le déranger. Pourquoi serait-il venu près de tilleul, à l'écart des autres, sans Tonks, sinon ? Pour songer au passé, prendre un instant pour se rappeler certains souvenirs au sein de cette école, en compagnie de ses amis aujourd'hui disparus ? La malchance ou la malédiction semblait avoir poursuivi les Marauders et sans doute le Professeur Rogue toute leur vie. Et effectivement, la lionne et son ancien Professeur partageaient des similitudes, à ceci près qu'Hermione n'avait jamais hésité à affronter ses amis pour défendre leurs intérêts, même si cela avait du impliquer de paraître antipathique. Incarner les grandes soeurs avec deux garçons caractériels cela n'était pas facile. Bien-sûr, elle comprenait qu'avec son "problème de fourrure" Rémus ait eu envie de passer l'éponge, sur certaines choses. La jeune femme connaissait ce dilemme qui aurait pu tourner en chantage affectif ; raison pour laquelle la plupart du temps elle les avait aidés dans leurs devoirs en essayant d'y mettre une condition. Force était de reconnaître qu'il lui était arrivée de faire bien plus par compassion, solidarité et affection, en refusant parfois lorsque cela s'avérait nécessaire au motif "qu'elle ne serait pas là pour passer les examens à leur place" et par soucis d'impartialité.

“- Alors, que comptez-vous faire l'an prochain? Je ne pense pas que vous allez retourner à Poudlard, n'est-ce pas?” Persuadé déjà de la réponse, il tourna la tête vers elle, un léger sourire aux lèvres. “Beaucoup de choses vont changer maintenant...” ajouta t-il sur un ton grave.

Elle avait considéré sa question sans sourciller. Le Professeur Dumbledore avait été catégorique : pas un mot. Cela n'était pas de la défiance, mais une mesure de précaution. Une information, même anodine, pouvait en dire beaucoup. Les secrets qu'elle détenait avec Harry et Ron, ils étaient les seuls à les connaître et il devait en être ainsi jusqu'à la destruction de leur ennemi. Cela ne signifiait pas qu'elle n'avait pas confiance en son ami, mais en cas de capture, elle savait que Remus ne lâcherait aucune information volontairement. C'était une certitude. Mais face aux enjeux et à la part de risque, le silence était de rigueur. Ce fut d'ailleurs sans un mot qu'elle sourcilla à plusieurs reprises. Elle préféra ne pas répondre. Il suffisait d'observer son attitude pour en déduire qu'il savait qu'ils ne reviendraient pas. L'Ordre le savait. Rogue pouvait le deviner. Elle soupira un grand coup en essayant d'ajuster quelques mèches de cheveux derrière ses oreilles. Ses émotions s'étaient aussitôt repliées, comme s'il elle venait d'être prise par un soudain élan mélancolique.  

"- Vous avez déjà connu cette situation et vous savez que les pertes seront nombreuses..." lui répondit-elle avec sérieux. "- Vous avez raison : beaucoup de choses vont changer..." surenchérit-elle, un peu angoissée à l'idée qu'elle ne maîtriserait pas grand chose, mais qu'aller au-delà de ses craintes étaient aussi une preuve de courage.

Cela lui faisait peur, oui. La quasi totalité des épreuves devant elle avait toujours été des montagnes insurmontables, jusqu'à ce que - par miracle - elle y parvienne. Repousser les limites de la connaissance, faire évoluer une société, cela passait aussi par ce doute, jusqu'à ce quelqu'un - juger comme fou à priori - ne vienne bousculer leurs certitudes. Hermione était très douée avec cela, à son grand étonnement parfois, fallait-il l'avouer. Mais l'on ne survolait pas les cimes sans savoir que s'il pouvait y avoir de grandes réussites il pouvait aussi y avoir de grands échecs. Cela avait été - elle l'ignorait encore - le dilemme qui avait préoccupé le Professeur Dumbledore toute sa vie. La lionne avait beau avoir ressassé les événements, elle ne parvenait toujours pas à se satisfaire de ses explications. Si le Professeur Rogue avait assassiné le Professeur Dumbledore sans remord, en ayant réussi à profiter de sa plus grande faiblesse, pourquoi s'était-il embarrassé à étourdir le Professeur Flitwick, aux origines Gobelines, et à mentir à Luna, ainsi qu'à elle, en profitant de la confusion, alors qu'il aurait pu les abattre sans remord, surtout elle qui était née-moldue et très proche de Harry, l'ennemi juré de son ancien Maître ? Devait-elle croire qu'ils avaient tout simplement eu de la chance ? Mais pour l'heure, elle ne préféra pas remuer le couteau dans la plaie ni déranger Rémus. Le moment ne s'y prêtait pas, mais bon... Cela semblait étrange. Que pouvait-elle bien ajouter ?

-"La vue ici est romantique. Mais je crois qu'il est possible de trouver de la joie et du bonheur, même dans les instants les plus sombres, comme le disait le Professeur Dumbledore... Mais au-delà de la beauté que j'ai pu entrevoir dans l'hommage rendu par les Centaures et les Êtres de l'eau, je me suis senti comme spectatrice d'un moment rare - sinon irréel. L'unité, le respect dans la diversité, même si certaines personnes présentes ne m'ont pas paru armer du meilleur esprit ni des meilleures intentions... , fit-elle au bord des larmes, à nouveau, en songeant à la cérémonie.

Elle savait que les moldus ne seraient pas épargnés. S'ils ne parvenaient pas à la victoire, le monde entier allait être ramener à l'âge de pierre ou anéanti par la folie de quelques-uns. Elle - comme Harry et Ron - ne courrait pas après l'Ordre de Merlin et d'autres marques soulignant leur héroïsme, leurs sacrifices. Ils avaient des convictions qui impliquaient de les défendre jusqu'à la mort, si nécessaire. Ciceron, de son temps, avait pu défendre l'adage selon lequel : "lorsque les armes prennent la parole, la loi doit se taire", cela n'avait été qu'une marque de l'urgence de l'époque, alors que la République de Rome était cernée par les "barbares". Une société abandonnant ses principes et sa loi méritait-elle de vivre ? Comprenez-vous le dilemme ? Et c'était pourquoi Hermione savait qu'il existait une caution morale reposant sur leur trio. Oui, cela semblait le cadet de leurs soucis face à la guerre, mais elle connaissait assez les écrits de Sun Tsu et d'autres théoriciens pour savoir ce qu'une guerre pouvait bien impliquer en terme politique.

-"J'ai assisté à une leçon. Elle était destinée à tous. Cet instant de perfection n'est pas une réalité, mais ce à quoi tendent les efforts communs que plusieurs civilisations peuvent être amenées à faire afin de parvenir à la Paix. Je vais vous paraître sans doute trop idéaliste, bien que je ne sois pas dupe, mais cela m'a donné un peu d'espoir, du baume au coeur, un indice palpable démontrant que ce rêve est du domaine du possible. Si la victoire est possible, les choses devront changées...", dit-elle avec conviction. - Cela me fait penser que je me dois de vous féliciter d'avoir accepté les sentiments que Tonks ressentait pour vous... Nous avons besoin de savoir que l'Amour triomphera toujours..." ,lui confia t-elle en lui souriant d'un air un peu timide, mais joyeuse, les larmes aux yeux.

L'inspiration de sa vie se trouvait peut être là, y compris au travers de ce Directeur qui, sans lui avoir jamais octroyé de rapport privilégié, lui avait appris tellement de choses...


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"J'aimerais être à Gryffondor. Faire partie de cette maison me plairait beaucoup car je donne beaucoup d'importance au courage, sous toutes les formes qu'il peut prendre. Car quand je parle de courage, je ne parle pas uniquement de courage physique, mais aussi moral." - J.K. Rowling (BBC Newsround - 2005)

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(Juin 1996, flashback) L'enterrement de Dumbledore - (FE Hermione Granger)

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