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And now, the end is near and so I face the final curtain...

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SERPENTARD6ème année
    SERPENTARD
    6ème année
AVATAR : Kristen Stewart
MESSAGES : 744

INFOS PERSONNAGE
SITUATION AMOUREUSE SITUATION AMOUREUSE: En couple avec la chevelure si bien coiffée d'Elwyn H. Miller
DATE & LIEU DE NAISSANCE DATE & LIEU DE NAISSANCE: 09 septembre 1980, Angleterre
SANG SANG: mêlé
MessageSujet: And now, the end is near and so I face the final curtain... Dim 12 Nov 2017 - 23:34

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And now, the end is near and so I face the final curtain. My friend, I'll say it clear, I'll state my case, of which I'm certain...

Une légère plainte s'éleva du berceau et la jeune femme stoppa son geste, le regard vert et or rivé sur le reflet de l'enfant endormie, derrière elle. Une mèche blonde s'échappa de la tresse qu'elle avait commencé à tisser et elle abandonna purement cette dernière lorsqu'un nouveau gémissement se fit entendre. Avec un regard pour le vinyle qui tournait inlassablement, chantant sa dernière piste, Absynthe s'approcha silencieusement du couffin et osa un sourire lorsque la petite chose ouvrit les paupières. S'il fallait être objectif pour décrire le nourrisson, j'aurais parlé de son visage difforme, de son crâne recouvert d'un duvet si blond qu'il nous paraissait aussi chauve que celui d'un vieillard, de la bouche vide et tordue en une grimace, du teint rougeâtre qui annonçait la colère qui allait suivre, de ce petit corps chétif perdu dans des couvertures roses et blanches, mais la Nature est presque toujours bien faite et, lorsqu'un petit être comme celui cité précédemment venait agrandir la famille, on ne peut, parait-il, seulement voir le miracle de la vie. Un hurlement interrompit Sinatra et la couleuvre s'empressa de porter la petite créature à son cœur avant de prendre sa baguette et de faire en sorte que la musique s'arrête. Aussitôt, le nouveau-né se calma, ses minuscules menottes pressant la poitrine menue contre laquelle sa tête reposait alors. La fureur devint de simples hoquets, le visage rond redevint rose et les yeux d'un bleu éphémère se perdirent dans la contemplation du tissu aussi laiteux que la peau qu'il couvrait. La petite fille, puisque le nourrisson était de sexe féminin, sentit un souffle sur le haut de son crâne et protesta en couinant.
Absynthe souriait, attendrie par cet étrange spectacle de cette si petite chose blottie contre elle. L'odeur du bébé lui donnait envie d'embrasser encore et encore les joues pleines, les paupières aux cils fins et ce petit bout de nez qu'elle avait adoré dès qu'elle l'avait vu. Passant son index sur la peau douce de la nuque de l'enfant, la blonde admirait la frimousse de la petite qui paraissait vexée d'on-ne-savait-quoi, quoiqu'il fût aisément compréhensible que l'obstacle entre sa bouche et son dîner y était pour beaucoup.

- Shhh... Bientôt. La voix extrêmement enfantine et douce étonna Absynthe qui se décida à marcher un peu dans la pièce en fredonnant la comptine qui berçait habituellement la petite. Tout en ce faisant, la blonde se pencha sur un carton qu'elle n'avait pas terminé de vider. Ses doigts blancs se posèrent sur un cadre patiné et orné de dorure. Avant même de voir la photographie qu'il renfermait, un sourire nostalgique se dessina sur ses lèvres roses.


"En ce temps là, la vieillesse avait une dignité ; aujourd'hui elle est une charge."
Mémoires d'outre-tombe, L1C4 Chateaubriand


- J'étais jolie...
Intriguée, Absynthe releva les yeux pour croiser ceux de son reflet. Devant ce dernier, Mère souriait joyeusement, le menton dressé fièrement. Elle ne sut pas quoi dire. Rare étaient les moments où Jacynthe revenait à elle et entamait une conversation. L'air du Pérou lui avait d'abord fait du bien, mais ça n'avait pas suffit pour stopper la maladie qui ravageait sa mémoire et ses articulations. Le regard gris perle de la vieille femme était rieur, effaçait presque les rides qui sillonnaient son visage rond. Et elle la fixait, comme si elle était à la recherche d'un quelconque accord. Alors, Absynthe sourit, tendrement, en continuant de brosser les cheveux blancs et si fins qui tombaient sur les larges épaules de l'octogénaire.
- J'étais jolie. reprit la vieille femme, le ton plus sûr, avant d'inspirer profondément. Déjà, petites, on arrêtait mes parents pour le leur dire... J'étais la plus ravissante des communiantes, selon mon oncle.
La blonde ignorait ce qu'était une communiante, mais elle ne posa pas la question, se contentant de coiffer sa mère adoptive, captivée par l'image que lui renvoyait le miroir. On m'a demandé ma main six fois. Les yeux ronds comme des bavboules, Absynthe manqua de faire tomber la brosse.
- Six fois ?
- Six fois ! Mais je les ai tous refusés. Voyez-vous, en ce temps là, les gens n'étaient pas très... Et la femme fit un geste machinal de la main. J'étais une sorcière. Et j'eusse voulu qu'on m'épousât non pour ma crinière brune, mais pour moi-même. Ces hommes-là en voulaient à la fortune de mon père et à mes cuisses.
- V... Stupéfixiée, la jeune fille cligna des yeux tandis que Jacynthe levait les siens au ciel.
- Ne faites point votre mijaurée, vous comprenez très bien ce que je veux dire par là. Un peu trop bien même. Jamais elle n'aurait pensé que mère puisse s'adresser à elle dans des termes aussi crus. Mon Georges n'était pas comme ça. Cette fois-ci, la jeune fille posa la brosse et s'installa aux côtés de son aînée. Seule Kandy parlait de Monsieur Georges Junior Stevenson et jamais, Ô grand jamais ! elle n'avait entendu Jacynthe évoquer son époux avec autant d'affection dans la voix. Devant l'air ébahi de sa cadette, la vieille sorcière gloussa. De l'argent, il en avait déjà. Des jolies filles aussi, va ! Il avait une belle réputation : de l'éloquence, du charme, mais très peu d'intérêt pour les jupons. Des rumeurs courraient disant que... enfin, vous voyez. Absynthe fit fi de la grimace dégoûtée de la vieille femme et se mordilla les lèvres. Le fossé entre leurs deux générations faisait que ce qui choquait Absynthe était que Mère fut choquée par de si simples choses que l'amour d'une personne pour une autre du même sexe. Vous savez comment nous sommes, un homme qui ne nous regarde pas nous en devient d'autant plus désirable. La blonde avait ouvert la bouche avant de baisser les yeux. Ainsi, elles étaient toutes pareils. Et c'est moi qui l'ai eu. Accio... Un cadre couvert de dorure se posa sur les genoux de Jacynthe qui tourna la photographie vers la demoiselle. Rendue muette par la vision de la belle jeune femme à la crinière corbeau et aux iris perçantes, la fée inspira, émue, et déglutit en s'imaginant un instant à sa place. Jacynthe souriait, au bras d'un homme sec aux favoris bruns et à la moustache fine. Il avait l'air sévère, pourtant ses yeux noisettes riaient et son chapeau haut de forme était légèrement de travers. Une pluie de riz s'abattit alors sur les deux jeunes époux et la brunette au visage rond se pendit au bras du jeune homme qui lui adressa un clin d’œil complice, rattrapant de justesse le bouquet qu'elle tenait de ses petits doigts boudinés. De petite taille, elle l'obligea à se courber légèrement pour murmurer à son oreille avant de lui sourire fièrement tandis qu'il dodelinait de la tête, comme amusé. - J'avais dix-neuf ans. Un coup en plein cœur. L'Envie. Elle aussi, voulait ça, mais ses dix-neufs ans étaient révolus et l'amour n'avait plus frappé à sa porte. Vous êtes mariée, mademoiselle ?
- Je...
- Madame ma maîtresse... croassa tristement Kandy, comprenant en même temps qu'Absynthe ce qu'il se passait.
- Je suis... Absynthe. Elle inspirait, cherchant à réprimer l'émotion qui montait, consciente que Mère ne la reconnaissait plus.
- Absynthe... C'est original, pourqu- Absynthe, oh, pardonnez-moi. Un éclair de lucidité enfantine traversa le regard de la vielle femme qui pencha son visage rond sur le côté. Ma petite fille.


- Shhhh... Le visage baigné de larmes, la blonde tentait de rassurer le nourrisson tout en cherchant la raison de ses propres pleures. Son deuil était fait depuis un moment, Jacynthe les avait quittés peu après ces révélations et elle reposait à présent près de son époux. Il était toujours trop tard pour dire aux gens qu'on aimait à quel point on tenait à eux, à quel point ils comptaient. Mère et fille s'étaient découvertes tardivement, dans les plaine du Pérou, et ce n'était qu'à partir de ce moment qu'Absynthe s'était rendu compte à quelle point Jacynthe était pudique et maladroite. Elle l'avait habituée au professionnalisme de la psychomage qui analysait ses faits et gestes, à la "docteur de la tête" qui écoutait ses déboires d'enfant. Finalement, la maladie avait peut-être du bon... C'était horrible de penser ainsi, terrible même, mais les larmes de Mère lorsqu'elle lui avait révélé les souvenirs précédant ses cinq ans valaient d'être égoïste, un instant seulement. Reconnaissance et regret était les mots qui lui venait à l'esprit quand elle songeait à cette femme qui l'avait recueillie et lui avait offert un toit, une famille. La petite fille gazouilla, la bouche avide collée sur le haut de la poitrine découverte, bavant ainsi sur la robe et le collier. Mais le sein contre lequel elle se blottissait n'avait pas de lait à lui offrir. Reposant le cadre, la demoiselle chercha de nouveau dans la boîte et hoqueta de surprise en découvrant une autre photographie. Qui l'avait prise ? Elle ne s'en souvenait pas.

- Et on dit Fizwizbiz !
- Dit-elle en imitant Rogue dans ses bons jours. railla la voix masculine.
Le flash les éblouit et Abigail lui donna un coup de coude dans les côtes, son visage blanc barré d'un sourire qu'elle cherchait à réprimer. Hook était venue en visite : Madame Pomfresh avait décidé de faire exception parce qu'elle se sentait mieux, mais la Serpentard était maintenant dans l'obligation de partir, le quart d'heure étant bien passé. Fawkes secoua le papier qui venait de sortir de l'appareil et souffla légèrement dessus avant de le tendre au varan qui s'en saisit. Sur le cliché apparut bientôt deux visages blafards encadrés de cheveux bruns et illuminés par les iris vertes et un sourire hilare. Du moins, en apparence. Absynthe resta songeuse à observer leurs représentations se prendre dans les bras et faire coucou à l'objectif. Elle n'aimait pas les photos, elle les détestait, mais elle s'était dit que c'était peut-être la dernière fois, alors...
- Knight est chiant, il te cherche.
- A moi aussi, vous me manquez. chuchota Stevenson afin que les tremblements de sa voix ne parviennent pas aux oreilles de son amie. Mais le silence qui suivit laissa entendre le contraire. Lèvres pincées, la fausse brune prit sa baguette et lança un Gemino sur le cliché qui se dédoubla. Tendant l'original à Abby, elle tenta un maigre sourire. Prends, c'est pour toi...
- Absy...
- Je vais partir. Demain. Pour Sainte Mangouste.
La Serpentard détourna les yeux et ses doigts froissèrent les draps blancs. Absynthe chercha à se convaincre que les tremblements qui secouaient les épaules de sa sœur n'étaient que dus au manque d'alcool.
- Tu embrasseras Ruth de ma p-...
Le nez dans les cheveux corbeaux, Stevenson serra Abigail contre elle sans savoir qu'elles ne se reverraient pas avant bien longtemps.


Fawkes. Bien sûr. C'était ironique de penser qu'elle n'avait plus jamais revu sa meilleure amie alors qu'elle avait été amenée à maintes reprises à recroiser le coyote. Ses yeux verts détallèrent le cliché. Ses cheveux bruns ne lui manquaient pas, elle s'était faite au blond et c'était presque étrange de voir son ancienne coloration. Abigail Hook. Qu'était-elle devenue ? Peu après la catastrophe d'Halloween, elle était retombée malade. Pour une raison qui lui était encore obscure, sa santé s'était dégradée brutalement et tous les philtres de Miss Rowle n'y avaient rien changé. Elle n'avait plus faim, dormait peu, tombait souvent malade. Et puis, il y avait eu cette chute de l'échelle de Divination. Privée de force, elle s'était laissée tomber sur le dos et son crâne avait heurté les dalles de pierre. Il lui avait fallu une semaine pour réapprendre à marcher, trois pour parler. Elle n'avait pas eu envie de guérir, honteusement elle souhaitait le contraire. Que tout se termine et, comme après chaque mauvaise pièce de théâtre, qu'on tire les rideaux sur son corps inerte. Mais il y avait eu Sainte Mangouste. Les infirmières de là bas n'étaient pas dupes : ce n'était pas des médicomages qu'il lui fallait, à cette gosse. Jonas était venue la chercher un matin, lui avait dit de faire ses malles, et Kandy était venue la chercher. Kandy qui, en même temps que Jacynthe, n'avait plus donné de nouvelle depuis août.
Pourquoi le Pérou ? Absynthe n'avait jamais posé la question à Mère, et il ne lui avait pas semblé que son aîné ait eu une quelconque affinité avec l'Amérique du Sud. Sourcils froncé, l'enfant grommelant dans ses bras, la blonde agita mollement sa baguette pour que le vinyle reprenne. A son poignet, les bracelets de laine glissèrent.

- Je très bien comprendre anglais.
- Je ...pardon.
La jeune fille haussa les épaules comme pour dire que ce n'était pas grave, qu'elle en avait entendu d'autre. Derechef, la fée se mordilla les lèvres, gênée : Mère savait-elle que toutes ses remarques désobligeantes sur la façon de vivre des femmes d'ici étaient entendues et comprises par ces mêmes femmes qui ne pipaient mots et se contentaient de s'occuper du jardin de leur petite maison ? Honteuse et fâchée à la fois -ne pouvait-elle pas le dire plus tôt ? -, la jeune femme blonde inspira et montra de nouveau les marques noires encrées sur les clavicules de la péruvienne.
- C'est joli. tenta-t-elle de nouveau en hochant la tête.
- Merci.
- Ce sont des lunes ? Le cycle lunaire ?
Les yeux sombres se plongèrent dans les siens avec sévérité. Depuis son arrivée, l'anglaise avait l'impression de commettre gaffe sur gaffe, et bien souvent ne n'était pas que des impressions. Elle suivait des cours avec les autres jeunes sorciers du village -ici, il n'y avait pas d'école, pas de classe, pas de maison, seulement un professeur et une dizaine d'élèves- et son niveau de petite occidentale s'était révélé bien médiocre comparé à celui de l'adolescente de deux ans de moins qui lui faisait face. Les deux jeunes filles étaient voisines, allaient à l'école ensemble, rentraient sur le même balai. De nature douce, quoique peu sociable, Killa était d'agréable compagnie et tissait merveilleusement bien les bracelets de laine, ajoutant même des perles et des petites figurines de bois.
- Lune amie. Jamais seule.
Une bouffée de chaleur et de joie se rependit dans le bas ventre de la demoiselle qui, d'une main -puisque l'autre reposait dans celles de l'autre adolescente qui tressait habilement autour de son poignet- écarta le col rond de sa robe pour ensuite tirer sur la chaîne où était accroché le pendentif d'Alice. Les doigts de Killa se figèrent et le regard de la péruvienne alterna entre le bijou et le visage de l'européenne. Brusquement, elle prit Absynthe par les épaules et approcha son visage de son cou. Là, elle la renifla. Perplexe, la relâcha. Et, sourcil froncés, secoua la tête.
- Pas sentir.
- Euh... Je... c'était à ma sœur. tenta d'expliquer la fée sans comprendre ce qu'il venait de se passer : Killa semblait si méfiante.
- Sœur morte ?
- Je...Oui. C'était tout comme, non ? Jamais elle ne reverrait Alice.
- Morsure pouvoir tuer. Sœur Absynthe pas chance. Je chance !
Et sur ces mots, la péruvienne se mit debout, souleva son jupon jusqu'à sa poitrine, dévoilant ainsi ses jambes et son bas-ventre seulement couvert par un sous-vêtement. Au dessus du nombril, une large cicatrice blanchâtre en forme de croissant fit comprendre à la fée qu'elles ne s'étaient pas du tout comprises.


Killa n'était pas un monstre. Killa était respectée, admirée. Son nom lui avait été donné en prévision de son destin : dans sa famille, tous les enfants femelles devaient être mordues à leurs cinq ans. Ainsi, elles avaient assez vécu pour survivre à la contamination, mais elles n'avaient pas assez vécu pour qu'on ne les pleure trop longtemps. Il fallait voir ça comme un test, être digne ou non d'entrer officiellement dans la meute. Seule fille d'une fratrie de six enfants, Killa faisait la fierté de ses parents. Avant elle, sa sœur n'avait pas survécu : elle avait eu la nuque lacérée.
Après cette révélation, Absynthe avait été quelque peu distante avec la mère de sa nouvelle amie, ne comprenant pas bien cette notion de cadeau que les femmes se léguaient depuis huit générations. Loin d'être des parias, les loups garous étaient considérés comme des supérieurs et des anciennes fêtes sorcières consistaient à assister à une métamorphose lors de la pleine lune de Juillet. Et Absynthe avait vu Killa se contorsionner, à demie nue dans son cercle de protection qui la retint une fois la transformation achevée. Son corps s'était tordu, ses hurlements s'étaient élevés, couvrant à peine le bruit des os qui se rompaient, se reformaient. Le spectacle affolant lui avait arraché des larmes là où des cris de joie avaient retenti. La Bête grognait, bavait, cherchait à franchir la barrière magique pour se ruer sur de la chaire tendre : la Potion Tue Loup n'était qu'un poison. Killa en avait été révoltée en apprenant que les européens en donnaient à leurs loups. Mais ce qui avait le plus bouleverser la louve, c'était de savoir que ses semblables Japonais étaient toujours persécutés et, alors que les enfants de son village se ruaient vers elle pour toucher son flanc, Kim Jong-il exterminait ses frères de Corée du Nord, prétextant arrêter des criminels.

- ...Je suis désolée...
Impuissante, la blonde avait vu la louve s'agenouiller devant la fine silhouette d'une femme dont le visage tuméfié et enflé empêchait toute reconnaissance de la victime. Les épaules de la brune s'affaissèrent et la péruvienne masqua son visage de ses mains. Elles arrivaient trop tard. Encore une fois.
- On continue de chercher. Il y en a peut-être d'autre. gémit Killa, la voix blanche, tout en se relevant. Et en effet, il y en avait eu d'autres.


La sorcière soupira en se rappelant leurs mésaventures : après le Nord, il y avait eu le Sud, la Thaïlande et le Vietnam. Aujourd'hui, la meute de Killa parcourait la Chine et commençait à faire parler d'elle dans le monde magique. Au fur et à mesure, Absynthe s'était sentie de moins en moins à sa place parmi les garous : mise de côté par ceux qu'elle n'arrivait pas à comprendre complètement, elle se s'était révélée utile, à leurs yeux, que pour la mise en place des protections lors des nuits de pleine lune. Après plusieurs remarques acides, trop de regards méfiants et une discussion avec son amie, Stevenson était revenue au Manoir familial.
L'enfant commençait à gazouiller, et la jeune femme chantonnait qu'elle avait parcouru toute les routes lorsque ses doigts blancs rencontrèrent un rouleau de parchemin scellé par le sceau de sa bague. Sourcils froncés, la blonde aux yeux verts commença à décoller le cachet du bout de l'ongle tout en fredonnant. La cire partie, le parchemin se déplia et laissa apparaitre deux lettres à l'écriture difficilement lisible et un dessin.

But more, much more than this, I did it my way.:
 

Clignement. La fée ouvrit la bouche et la referma presque aussitôt, un frisson parcourant son échine. En quoi est-ce si honteux pour que tu souhaites le cacher aux yeux des autres ? Lentement, elle s'assit sur le lit, le regard perdu dans les traits charbonneux. Je m’en vais. Elle glissa une mèche blonde derrière son oreille et un petit sourire nostalgique vint se peindre sur les lèvres roses. Lorsque les médicomages de Sainte Mangouste étaient venus la chercher, cet après midi là, ils s'étaient croisés pour la dernière fois. Maintenue debout par un guérisseur, Absynthe s'était avancée à petit pas dans l'allée centrale de l'infirmerie, une robe de voyage sur les épaules, le teint livide. Elle ne pouvait marcher seule, on l'attendait, on la soutenait, on allait prendre le réseau de cheminette du directeur parce qu'elle n'allait peut-être pas supporter un autre déplacement. Il fallait se presser un peu, avait-elle besoin de boire, non, est-ce qu'elle avait mal, oui, à la tête, à la gorge, elle avait l'impression de tanguer. Et puis, une voix. Le regard fiévreux s'était tourné vers la droite. Doherty présentait ses avant-bras à Pomfresh, mais le regard interrogateur de la Serdaigle était posé sur elle. Ruth, floue, lui disait qu'elle s'occuperait de Knight en attendant son retour ; Wang, perplexe, la fixait sans rien dire. Mais devant Lui, elle avait baissé les yeux.
Elle avait été si bête. Absynthe inspira en caressant du bout de son nez le duvet blond sur le petit crâne qui reposait dans sa main. De l'autre, elle souleva les deux missives et lâcha un petit rire nerveux à la lecture de la plus récente. Bête et ridicule. Il lui avait donné avant que le cours ne commence, elle avait attendu impatiemment la sortie pour en découvrir le contenu.
Si stupide. Obnubilée par sa petite personne et par ce stop qu'Elwyn venait de lui mettre, elle avait séché le reste de la journée, lisant et relisant la lettre avec cette impression d'être encore et toujours rejetée. Aujourd'hui, elle ne se souvenait plus exactement de ce qu'elle lui avait demandé, mais elle ne comprenait plus tout le cinéma qu'elle en avait fait. Un épouvantard est lié aux peurs les plus intimes et généralement quasi inconscientes de son possesseur. Absynthe inspira, un sourire fané aux lèvres tandis qu'une chaleur familière et douce était en train d'éclore dans sa poitrine. Elle avait eu le temps de repenser à tout ça, de repenser aux paroles et aux gestes de son camarade. Elle en avait rougit, s'était traitée d'imbécile, avait regretté. La Serpentard s'était bien souvent montrée odieuse envers le Serdaigle qui l'avait, à plusieurs reprises, protégée. Bien plus qu'elle ne l'avait jamais admis sur le moment. Elle lui avait reproché un dessin alors qu'il l'avait suivi pour l'avertir d'un coup bas, l'avait aidé à s'enfuir et l'avait suivi dans les rues de Pré-au-Lard. En fermant les yeux, elle arrivait à retrouver la pression des bras sur ses épaules, le souffle entrecoupé et chaud dans son cou, l'odeur rassurante de la transpiration fauve et acerbe alliée au parfum suave des sucreries. L'étreinte avait été tellement soudaine qu'elle était d'abord restée interdite. Puis, la fée avait glissé ses bras sous ceux du jeune homme pour laisser ses mains remonter contre ses omoplates, jouant du bout des doigts avec le duvet humide de la nuque de son camarade. Je vois… de euh toi. Il lui avait fallu quelques mois pour comprendre que cette impression de vide, ce désir d'être à nouveau broyée dans un geste affectif désespéré, était simplement dû à un manque. Un an, peut-être deux, avaient été nécessaire pour interpréter correctement les gestes d'Elwyn. Peut-être qu'elle s'était faite des idées, peut-être que ses souvenirs la trompaient. Mais, alors que Killa terminait de nouer un bracelet bleu et noir à son poignet, Absynthe avait éclaté en sanglot sans pouvoir s'arrêter.
Le temps était passé. Comme disait l'autre Avec le temps va tout s'en va. On oublie le visage et l'on oublie la voix. Elwyn était devenu un souvenir brouillé dont les yeux cendres lui étaient réapparus, parfois, avec les membres de la meute. Mais ce n'était jamais la même bouche, jamais la même voix.

- Absynthe ? Un léger sursaut secoua les épaules blondes et l'homme dans l'encadrement de la porte eut un petit rire. Tout en s'approchant, il corrigea la position de son nœud papillon d'un rouge sombre accordé à sa cape. La demoiselle se fit la réflexion que, dans le monde moldu, l'homme ne passerait pas inaperçu. Tout sourire, il se pencha sur sa progéniture qui s'était endormie, la bouche ouverte contre la poitrine frigide. Elle dort encore ? Elle s'est réveillée il y a quelques minutes, elle doit avoir faim... Oh, ma pauvre chérie... Un ricanement moqueur échappa à la jeune femme et le regard brun se posa sur elle, interrogateur, tandis qu'elle le parodiait : Mon pauvre petit bébé, elle ne s'occupe pas bien de toi, ta marraine. Ai-je pensé si fort ? Jonas ! s'indigna faussement la blonde en donnant une tape sur le bras de son cousin qui pouffait comme un adolescent. A l'entente de la voix de son père, le nourrisson ouvrit les yeux et sembla chercher tout autour de lui la présence familière. Stevenson récupéra alors sa fille avec une maladresse qui fit sourire la jeune femme : qu'il avait l'air ballot avec cette petite chose dans les bras ! Dans combien de temps pensez-vous être prête ? Le temps de me coiffer, seulement. Très bien.
Une fois les cheveux tressés et la robe réajustée afin de cacher entièrement ses cuisses, la fée se mit dos au miroir et pivota la tête afin de vérifier que la dentelle qui couvrait de sa nuque à ses reins ne faisait pas trop vulgaire : cela faisait bien longtemps qu'elle ne s'était plus rendue à un repas mondain, plus depuis des années, et elle avait comme oublié les bonnes habitudes inculquées par Jacynthe, s’imprégnant peu à peu du goût sulfureux de Grace. Marcher en talon n'avait jamais été un problème, elle avait appris à montrer ses jambes pâles et veinées de bleu sous l'influence de Killa. La seule coquetterie de sa robe blanche et droite était les motifs floraux dans son dos et sur le jupon qui retombait sur ses genoux. A son cou, un anneau de verre bariolé était attaché par un lacet fin et noir, les bracelets de laine barraient ses poignets, mais les oreilles restaient nues en souvenir de Mère qui lui avait souvent dit que les boucle était pour les femmes mariées ou promises et que, à trop se parer, on faisait de l'ombre aux femmes exerçant le plus vieux métier du monde. Une fois prête, Absynthe vérifia ses lèvres roses, ses yeux soulignés d'un simple trait noir. Que Charlie paraissait fade, face au souvenir de la couleuvre de Serpentard ! Un sourire timide se dessina : elle se trouvait plutôt présentable. Pas jolie, mais présentable. C'était déjà ça.

Les Stevenson se présentèrent ensemble et, à peine entrée, l'épouse de Jonas fut abordée par toutes les curieuses qui voulaient découvrir la frimousse du nourrisson. Après un petit signe de la main à son cousin, Absynthe s'avança vivement vers le buffet pour se servir d'un jus de groseille, tel une enfant. Un léger sifflement se fit entendre dans son dos, elle se retourna prête à sortir les crocs. Mais le coyote ricana et elle leva les yeux au ciel.

- Décidément, on fait que d'se croiser.
- Rectification, tu me suis et j'ignore encore pourquoi.
- Devine.

Le visage du jeune homme redevient brutalement sérieux et il inspira en détournant le regard de la blonde qui, elle, le dévisageait avec méfiance. Il fallait croire que la tignasse de Fawkes ne serait jamais disciplinée. Les cheveux déjà parsemés de blanc aux tempes se dressait dans tous les sens, comme pour provoquer la gravité. Il s'était rasé, sûrement obligé par l'occasion, et ses iris clairs parcouraient silencieusement la salle. Le voir en costume était étrange et faisait presque tâche dans la salle où la plupart des hommes arboraient des vêtements de couleurs. Wayoth, noir et blanc, la silhouette toujours aussi efflanquée, haussa un sourcil avant de la fixer, lui aussi, agacé.

- Quoi, Stevy ?
- Rien. Et elle lui sourit, malicieuse, fière de voir de fines chaînes apparaitre sur la peau de son cou.

- Est-ce bien nécessaire ?
- Eh, ça ne me fait pas plus plaisir qu'à toi.
Ils relisaient tous deux la clause rédigée par Orphée, deux mois avant sa mort. L'animagus à ses côtés semblait si affecté par le suicide de son mentor que la fée n'osa pas répliquer. Le visage ravagé par le chagrin, Fawkes gardait ses mains tremblantes sur les accoudoirs du fauteuil dans lequel il s'était installé. Immense mais peu imposant, le né moldu était venu la rejoindre aux funérailles, la faisant reculer de stupeur : n'était-il pas mort ? C'est ce que PotterVeille avait laissé entendre en début décembre. Dans une fuite de Poudlard, le garçon s'était, paraissait-il, fait attraper par une bande de raffleur qui en avait fait un quatre heure. Le corps avait été redonné à la famille Fawkes, et ainsi un impur avait été rayé de la liste du Ministère.
Mais non. Ce n'avait été qu'un plan. Pas mal, hein ? Début décembre, il avait fuit Poudlard, avait manipulé l'esprit de deux traqueurs qui rodaient autour de Pré-au-Lard afin de les persuader qu'ils avaient tué un né moldu qui les avait attaqué. Suite à ça, Swann avait fait jouer ses relations pour retrouver "son corps" et les Fawkes avaient certes perdu un fils, mais ils y avaient gagné un chien. La mort n'avait été déclarée qu'au Ministère de la Magie : pour la communauté sorcière, Wayoth Fawkes n'était plus. Pour la communauté moldue, il avait bien faillit ne plus être. Passer autant de temps dans le corps d'un animal lui avait assuré une bonne couverture, mais la réadaptation à sa condition humaine avait été compliquée. Quasi fou, le jeune homme n'avait plus fait la distinction entre ses deux corps et, trois ans après la chute du Mage Noire, Fawkes avait retrouvé le contrôle de sa magie, mais pas toute sa mémoire. Certains sorts lui échappaient, il connaissait les gestes mais pas les formules, et ce fut la petite Mony qui, intégrée à Serpentard, lui enseigna ce qu'elle apprenait au château. Aujourd'hui, le seul repère stable dans le monde magique que Wayoth avait n'était plus que cendres et l'avait légué, comme un vulgaire Elfe de Maison.
- Swann, t'as p't'être passé l'arme à gauche, mais sache que t'es un phoking bâtard. scanda alors le coyote, visage vers le plafond.


- Tu n'as pas autre chose à faire ?
- En vrai, nan. Je me fais chier comme un rat mort et ta pote m'a donné un rtt pour la semaine.
- C'est Killa qui t'envoie ? l'accusa-t-elle alors, l'index martelant le torse de l'animagus.
- Ah, j'ai dit ça ? Il haussa les sourcils et se saisit du poignet blanc pour écarter cette main de son corps. Avec un soupire, elle porta son verre à ses lèvres. Je ne crains rien ici. Ya des mâle de partout, t'as le c*l à l'air, mais tu ne crains rien. La blonde s'étouffa et manqua de cracher le contenue au visage du pseudo mâle qui lui faisait face. Ce dernier, tout heureux, souriait sournoisement. Perso, je déconne. Puis, franchement, j'en ai rien à foutre de ton- Wayoth ! N'empêche que vu la tronche de coincés qu'ont certaines grand-mères, j'suis pas sûre qu'elles approuvent ta tenue. Aussi jolis soient cette...on dirait la nappe, chez ma mamé. Tu as finis ? Un ricanement sourd lui répondit et le brun se gratta le menton en inspirant bruyamment. Tu peux disposer, vas donc rejoindre ta famille. C'est un ordre ? Regard assassin. Ok, j'y vais. Bonne soirée, Blondy.

Elle ne releva pas le surnom et, sans plus de cérémonie, l'homme fléchit les genoux et un coyote bondit dans la salle de réception, pour se faufiler vers la sortie et pouvoir transplanner. Son indiscrétion était justifiée par le fait qu'en plus d'avoir annulé le certificat de décès du né moldu, le Ministère de la Magie l'avait condamné et placé sous surveillance judiciaire pour enfreinte à la loi et abus d'animagie. De loin, Absynthe reconnue Ruth en compagnie de Nakonda, qu'elle avait épousé l'année d'avant. Si elle n'avait pu -ou voulu- assister à la cérémonie, la fée les avait revu par hasard sur le Chemin de Traverse et Ruth lui était apparue si changée qu'elle en était resté mortifiée en l'entendant parler avec bienveillance de la petite sœur de March.
Le duo faisait face à un homme aux cheveux corbeau de grande stature qui secondait un couple de plus petite taille. Non loin d'eux, un homme d'âge mûr se pencha vers son cadet qui hocha la tête et se dirigea vers le buffet pour aller chercher de quoi se rafraichir à Mr and Mrs Wang. Alors, le plus petit des deux hommes se trouvant face aux Nakonda était... Un visage s'interposa alors entre elle et celui qu'elle supposait être Stanley accompagné de sa femme. Grace se tenait face à elle dans une robe rouge feu. Les années avaient fait que ses robes étaient devenues plus longue à mesure que son décolleté se fendait. Absynthe, qui n'avait rien à montrer, avait toujours été stupéfaite de l'aisance qu'avait cette femme à dévoiler ses formes.
- Absynthe, vous vous rappelez de Mr et Mrs Inoue, ainsi que de leurs trois fils...
Oui, bien entendu. Après avoir incliné son buste, la fée avait hoché la tête en entendant Grace rappeler le rang social des fils aînés -le message était très bien passé et la jeune femme s'empêcha de soupirer de lassitude-, puis énumérer les diverses activités de la blonde, parce que la quantité primait sur la qualité : études dans les potions, divers voyages à l'étranger, activités dans l'humanitaire, d'ailleurs, Mr Inoue, Absynthe avait même été en Chine, votre pays natal.
- Au Japon. Mais Ils sont actuellement en Chine, oui... reprit la demoiselle, faisant tiquer son aînée. Killa et la lycanthropie n'étaient pas des sujets à aborder avec Grace. Un froncement de sourcil le lui rappela et Absynthe s'excusa auprès des Inoue en prétextant devoir prendre l'air car il faisait bien trop chaud dans cette salle. Tout en se faufilant vers les balcons, la fée sentit quelque chose glisser à son poignet. Aussi, elle s'arrêta, regarda au sol sans pouvoir retrouver, parmi les paires de chaussures, l'objet perdu.
La chaleur ambiante lui empêcha de percevoir de suite celle qui était contre son épaule, et ce ne fut que lorsqu'un doigt tapota doucement l'os que la blonde se retourna. Face à elle, un homme aux cheveux ébène lui adressa un sourire éclatant et la salua. Un léger frisson chatouilla sa colonne vertébrale et, comme endormie, son cerveau ne lui fournissait plus aucune information. Elle se contenta d'ouvrir bêtement la bouche sans pouvoir rien dire, alors, elle la referma. La peau caramel avait quelque petites irrégularités au niveau des joues, les yeux cendres en amande s'étaient plongés dans les siens et les pommettes avaient perdu toutes les rondeurs de l'enfance. La bouche, plaine et charnue, s'entrouvrit pour une simple question. Pourquoi ? Non. Tu te souviens de moi ?

A quelques pas, un garçonnet de peut-être cinq ans ramassa un petit bracelet de laine bleu et noir.
"C'est ainsi que nous avançons, barques à contre-courant, sans cesse ramenés vers le passé."

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J'♥
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And now, the end is near and so I face the final curtain...

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