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[Mi juillet 1996] "Le calme avant la tempête" - [Golden Trio]

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SANS EMPLOI
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AVATAR : Emma Watson
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INFOS PERSONNAGE
SITUATION AMOUREUSE SITUATION AMOUREUSE: Célibataire
DATE & LIEU DE NAISSANCE DATE & LIEU DE NAISSANCE: 19/09/1979 - Londres - Angleterre
SANG SANG: né(e) de moldus
MessageSujet: [Mi juillet 1996] "Le calme avant la tempête" - [Golden Trio] Sam 28 Oct 2017 - 12:38

Le calme avant la tempête... [GOLDEN TRIO]
Le monde était en constante évolution, oscillant toujours entre cet équilibre précaire, ces périodes de paix et de guerre, ces catastrophes humanitaires et climatiques. La Terre était cet enfer ressemblant à un Paradis où toutes les créatures créent par une Nature très puissante et imprévisible coexistaient, s'entre-tuaient ou s'ignoraient. L'Être humain y était apparu, selon les moldus, que depuis quelques centaines de milliers d'années ; une goutte d'eau à l'échelle de cette convention humaine qu'était le temps, cet élément faisant partie d'une mécanique spatio temporelle complexe et mystérieuse. Aux yeux d'Hermione qui avait parfois réfléchi à sa place dans ce monde et cet univers, il y avait comme un respect à avoir à l'égard de la vie et de cet îlot magique, ce grain de sable perdu dans cet univers immense, en expansion. Elle pensait que les moldus et les sorciers seraient bien démunis sans leur technologie ou leurs baguettes. L'être humain, quelle que soit sa nature, était arrogant et bercer d'illusions. Il pensait maîtriser son environnement, avoir obtenu son indépendance, avoir acquis ce raffinement qui le conduisait parfois à jouer les créateurs mal avisés, à jouer avec ces éléments délicats d'un pouvoir sur-puissant et hors de sa portée.

Il y avait eu un ouragan dans le Sommerset, dans le sud-ouest de l'Angleterre, ainsi qu'une brume glacée qui s'était abattue en plein mois de juillet, en provenance d'Ecosse. Personne d'un côté comme de l'autre de la barrière n'en avait saisi l'origine exceptionnelle. Dérèglement climatique, conditions exceptionnelles ? Ni l'un ni l'autre. Le tout était l'oeuvre de Lord Voldemort, ce mage noir qui avait commencé à retrouver sa puissance d'antan et à rassembler autour de lui une armée de créatures maléfiques qui n'existaient plus aujourd'hui chez les moldus que dans leurs mythologies et leur cinéma. La réalité, même d'un point de vue sorcier, était effrayante et préoccupante. Le Ministère de la magie avait dissimulé ces informations. Fudge n'avait fait que prévenir son homologue moldu parce que la loi l'y avait obligé. Non, tout cela n'était pas du à ce que vous aviez cru. Emeline Vance et Amélia Bones avaient été assassinées. Ces affaires avaient défrayées la chronique parce que la police n'avait pas su résoudre ce cas de cette femme tuée chez elle, porte fermée, en dépit des traces de lutte ou de cette autre assassinée dans le parc du Premier-Ministre, à Westminster.

Le pont de Brockdale s'était écroulé, causant son lot de victimes. Le Secrétaire d'Etat Herbert Chorley avait été atteint d'une folie passagère, les gens semblaient plus abattus qu'à l'ordinaire. L'évasion massive d'Azkaban n'avait pu être cachée, ni la défection des détraqueurs à l'origine de cette brume glacée et de ce changement d'humeur. Le Secrétaire d'Etat n'avait pas déliré à cause de son alcoolisme, alors qu'il s'était mis à attaquer des gens et à se prendre pour un canard, mais à cause d'un sortilège de l'impérium de mauvaise qualité. Le pont ne s'était pas écroulé à cause d'un défaut de conception ou d'une fraude liée à des matériaux de qualité médiocre. Tout cela était bel et bien l'oeuvre des mangemorts. Le Ministère était débordé, celui des moldus en proie à la polémique. Des attaques de détraqueurs avaient été signalées un peu partout et ils se multipliaient. Hermione, qui avait un brillant esprit, une vision des deux mondes et une attention constante au regard des événements, n'avait pu que noter ce que certains, comme le Professeur Rogue, lui avaient annoncé : que ce n'était plus qu'une question de temps avant que tout ne recommence...

Tout cela s'était déroulé en une semaine, y compris le changement à la tête du Ministère de la magie. Le Directeur des Aurors, Rufus Scrimgeour, avait été nommé dans l'urgence, face à la vindicte d'un public qui avait exigé la démission de son prédécesseur. Dans la Gazette du sorcier, on commençait à parler de Harry comme de l'Elu et des membres de l'A.D. qui avaient participé aux incidents survenus au sein du département des mystères en juin dernier. La rumeur parlait de la salle des prophéties, bien que le Ministère niait toujours son existence. Les sorciers s'étaient mis à penser que Harry faisait l'objet d'une prophétie le désignant comme le seul en mesure d'éliminer leur pire ennemi. L'article rapportait que Scrimgeour avait eu des débuts difficiles avec Dumbledore. De par l'article, le portrait qui en était brossé et ces mesures radicales qu'il allait imposé à la communauté sorcière, la lionne avait senti que l'homme était un dur à cuire qui n'était pas du genre à s'embarrasser de fioritures ou de nuances et cela l'avait inquiété. Parce que cette tendance à l'autoritarisme, mêlée à l'impuissance et à la peur, était une véritable bombe à retardement, des faiblesses que le mage noir allaient sans aucun doute réussir à exploiter de bien des façons.

La mine sombre, la lionne avait replié la Gazette du sorcier et avait décidé de le cacher à la vue de ses parents. Wendel et Monica étaient proches de leur fille unique, peut être pas assez. Ils ne s'étaient jamais opposés à ce qu'elle aille chez les Weasley, l'été, depuis trois ans maintenant. Au contraire... Le bien-être d'Hermione était plus important et leurs relations avec cette sympathique famille de sorciers avaient toujours été très bonnes, mais teintées de quiproquos sans gravité qui les amusaient davantage l'un l'autre qu'autre-chose. Oui, parce que les Granger étaient ce que nous pourrions nommer des gens ouverts, à ceci près qu'ils n'appréciaient pas trop l'usage de la magie au quotidien, au motif que cela pouvait finir par rendre les choses trop faciles et par vous empêcher d'apprendre des choses et à rester humbles. Que pourrait-elle bien leur dire ? Qu'elle s'était battue au Ministère et avait été blessée grièvement, qu'aujourd'hui elle ressentait encore une douleur aux côtes suite à ce maléfice dont elle avait empêché l'exécution, que Voldemort était de retour, qu'Harry et les Weasley, y compris eux-mêmes, étaient en danger de mort et que depuis l'assassinat de Diggory elle n'avait fait que leur mentir et leur cacher des choses horribles ?

- "Hermione ?! Tu viens m'aider à préparer le dîner, s'il te plaît ?!", s'écria sa mère, au bas des escaliers.

L'adolescente soupira, prise par une légère appréhension. La voix de sa mère l'avait fait sortir de ses songes. Elle s'était efforcée à se préparer au pire, sans savoir ce qui les attendaient, quand il lui faudrait agir afin de protéger ses parents et Harry. Son plan était prêt, elle avait appris de nouvelles choses, pour certaines d'un niveau bien supérieur à son année d'étude. La Préfète avait assimilé de nouveaux sorts, elle s'était senti utile à Poudlard en aidant les plus fragiles, en encourageant Harry à accepter de fonder l'A.D. et à voir ces élèves apprendre d'eux-mêmes. Ils avaient fait quelque-chose, ils n'étaient pas restés passifs. Le danger s'était avéré plus grand, le combat avait été autre chose que ce qu'elle avait pu voir à l'école. On ne pouvait comprendre que lors de son baptême du feu, lorsque l'on voyait les autres en danger, avec soi-même, se battre et parfois mourir pour protéger les autres. Elle avait songé à son arrière grand-père, mort pour la patrie dans le nord de la France, lors de la première guerre mondiale, à son grand-père qui avait vécu la seconde en débarquant sur les plages de Normandie. Que penseraient-ils s'ils apprenaient que leur descendance avait choisi de se battre pour cette liberté dont elle profitait grâce au sacrifice de ces millions d'hommes et de femmes ? La fierté et l'honneur ne ramèneraient pas les morts. La guerre s'avérait toujours une tragédie sans commune mesure.

-" J'arrive, Maman !", répondit-elle en essayant de masquer son malaise et son inquiétude.

Hermione avait eu envie de pleurer. Si les attaques contre les moldus continuaient et augmentaient - et il fallait être d*bile pour ne pas croire qu'ils ne le seraient pas - la sienne allait finir par intéresser les mangemorts, parce qu'elle savait qu'ils essayeraient d'utiliser ses parents comme otages, qu'ils feraient pression afin qu'elle dénonce l'endroit où Harry était caché ou pour l'obliger à le leur livrer pieds et poings liés en échange d'une libération à laquelle elle ne croyait pas, mais qui pourrait l'inciter à agir dans la panique. Et puis, elle savait qu'ils risquaient d'être torturer afin qu'ils leur livrent tout ce qu'ils savaient à propos de Harry et cela elle ne pouvait le permettre. Agir dans leur dos semblait la seule solution. C'était mal, elle éprouvait des difficultés à s'y résoudre, alors qu'il lui était arrivée plusieurs fois d'être dans l'illégalité afin d'accomplir un acte qui lui semblait justifié. Epongeant les larmes qui perlaient sur ses cils inférieurs et reniflant un grand coup, la lionne avait sortit un mouchoir afin de faire disparaître les preuves. D'ici peu, elle serait majeure d'un point de vue sorcier. La trace allait disparaître, bien avant Ron et Harry. Le Ministère ne pourrait alors plus la suivre, ne rien savoir à propos de son stratagème. Il serait alors temps...

Ce soir-là, cela avait été roast beef, yorkshire pudding, haricots verts, petits pois et carottes, pommes de terre. Un repas de semaine en famille, avec Pattenrond à proximité, mangeant ses sardines à l'huile d'olives que sa Maîtresse lui avait servi avec Amour et une caresse. Ce chat, très intelligent et spécial, en avait vécu des aventures... Abandonné pendant treize ans dans cette animalerie magique en quête d'un foyer et d'affection, la pauvre s'était identifiée à lui et l'avait adopté. C'était ainsi qu'une grande amitié était née entre eux. En outre, ce chat persan aux pâtes arquées avait cette particularité d'être en mesure de détecter les personnes dignes de confiance ou armées de mauvaises intentions. Un peu comme elle. Mais qu'allait-elle faire de lui le jour où...

-"Quelque-chose ne va pas, ma chérie ?", lui demanda sa mère, à table, alors que sa fille semblait perdue dans ses réflexions.

-"Oh... Euh... Oui, désolée...", répondit-elle en faisant mine de toucher à son assiette et de découper un morceau de roast beef qu'elle nappa d'un peu de sauce avec son couteau avant de le porter à sa bouche.

Les Granger étaient une famille d'intellectuels. Ils possédaient une télévision, mais celle-ci était rarement allumée. L'activité principale étant la lecture, la musique et les discussions. Mais cette fois-ci, celle du salon l'était et Hermione avait trouvé cela étrange de se repaître d'un excellent repas en écoutant la misère dans le monde, parfois de la propagande, comme si ces choses là étaient normales ou rassurantes. Le présentateur était en train de parler de la famine en Ethiopie alors que sur la table se trouvait de la nourriture à profusion. Et puis, son père avait éteint le poste, comme s'il s'était fait la réflexion.

-"Ah, être jeune...", fit Wendel, tout sourire. "Comment s'appele t-il ?", lui demanda t-il en regardant un instant sa femme avec Amour et complicité, ce qui fit hausser les sourcils d'Hermione avec perplexité.

Quoi ?! Comment ça ?!

Ses sourcils froncés, l'adolescente semblait cette fois contrariée et mal à l'aise, presque effrayée. Elle avait légèrement rougi. Cela n'était pas à cause d'un garçon, mais des informations télévisées...

-" De... De quoi ? Co... Comment ça ? Je... ne comprend pas..."

Oh... Elle s'était figée comme si la réponse lui était apparue. Ses parents la croyaient-elle amoureuse d'un garçon ? Enfin... Il y avait bien quelqu'un, c'était vrai, mais depuis le temps... Et puis, ça n'était pas comme si elle se prenait la tête avec ces choses là... Oui, bon... Elle avait essayé de changer un peu sa coiffure l'année dernière histoire que Ron la remarque un peu plus à cause de ce qui s'était passé au bal, mais tout de même... Ja... Jalouse, elle aussi ? Hihihi ! Oh à d'autres, ça n'était pas vrai du tout ! (mensonge) Eh bien, s'il avait juste fallu une robe et un peu de maquillage pour que ce cr*tin ne remarque qu'elle était une FILLE et si c'était là tout ce qui l'intéressait... L'apparence au lieu de la personnalité... De toute manière, avec ses manières de macho, son incapacité à exprimer ses sentiments...

-" Il y a un garçon qui occupe tes pensées, n'est-ce pas ?", lui demanda sa mère, amusée et presque émue, en venant lui caresser la joue dans un geste affectueux.

Oui, il y en avait un, mais elle ne comptait pas le révéler à qui que ce soit, pas même à ses parents. On allait se moquer, cela causerait des problèmes et elle ne savait pas comment s'y prendre. Ce dont elle était sûre c'était qu'elle ne se rabaisserait pas. Hermione n'avait nullement l'intention d'avoir l'air d'une idiote pour gonfler l'orgueil de quelqu'un et encore moins se soumettre à lui. Ron s'était montré jaloux, oui. Il avait râté l'occasion de l'inviter au bal, préférant lorgner sur Fleur Delacour et les filles de Beauxbâtons. Il l'avait insulté, traité comme un vulgaire bout de viande de deuxième catégorie. Elle lui avait fait remarquer qu'il existait sans doute des filles plus intéressantes, mais non...

-"Encore faudrait-il que quelqu'un s'intéresse à moi...", répondit-elle avec une certaine tristesse et un sourire mélancolique.  

Il n'y avait personne d'autre et elle ne s'en portait pas plus mal. Neville semblait bien l'aimer, mais de là à imaginer... En fait, beaucoup trouvaient étrange la relation qui existait entre elle et Ron, ce combat entre chien et chat, ce "je t'aime, moi non plus" et leurs attitudes parfois sado-masochistes, comme si ces deux êtres complémentaires se menaient une guerre, à la recherche d'un équilibre, d'une manière de s'imbriquer l'un à l'autre, sans mauvais jeu de mots. Mais d'ordinaire, Hermione était trop intellectuelle, intimidante, masquant sa féminité par crainte du jugement, parce que séduire des garçons étaient sans intérêt et angoissant, parce qu'elle craignait l'échec, d'être rejetée comme une vieille chaussette sale de Ron et parce que les clichés avaient la vie dure d'un côté comme de l'autre. Le diktat de l'apparence, les régimes, l'anorexie, la boulimie, vouer sa vie à plaire et à servir un mec dans le rôle d'une gourdasse fragile et superficielle, non merci.

Depuis son départ, le lendemain, depuis la gare de Paddington, Hermione était restée enfermer dans ses pensées. Ses parents lui avaient posé des questions à propos du monde magique, avec inquiétude ces derniers jours. Eux aussi avaient remarqué que les choses ne tournaient pas ronds, mais ils l'avaient laissé prendre ce train jusqu'au Devon et Loutry-St-Chapousle où vivait les Weasley. En chemin, elle avait appris les mesures de protection renforcée de Poudlard, ces sortilèges puissants et ces Aurors et aussitôt elle repensa à ces échauffourées entre Dumbledore et Scrimgeour quelques jours plus tôt, signalés dans cette autre manchette. Y avait-il eu des réticences formulées par le Ministre ? En tout cas, l'heure n'était plus à la préoccupation. Nous étions à la mi juillet et ils ignoraient encore si sa promesse de retrouver Harry allait être tenue ; ça et cette "dinde" dont la présence au Terrier allait passablement dérangée et ennuyée plus d'une femme dans la maison.

En arrivant à sa gare d'arrivée, Madame Weasley était venue la chercher afin de lui épargner le trajet à pieds et ces quelques kilomètres qui séparaient la maison du village semi-magique. Hermione avait apporté des présents pour toute la famille en guise de remerciements, mais l'épouse d'Arthur lui avait vite fait comprendre que depuis le temps c'était comme si elle était devenue un membre de la famille, alors... Les alentours du Terrier restaient toujours marécageux, typique de la campagne Anglaise. Il y avait une grange au toit un peu délabré à un kilomètre, un sentier de terre, un terrain de quidditch, des vergers, des champs de blé, une mare aux grenouilles dont ils avaient retiré tous les chaudrons des jumeaux l'année dernière et qui leur avaient servi pour leurs expériences, un poulailler, un enclos à cochons, de hautes herbes, de vieilles bottes traînant dans un coin.

-"Salut, Ron... Tout va comme tu veux ?", lui demanda t-elle après avoir déposée ses affaires dans le salon, relâcher Pattenrond de son sac de transport et grimper les escaliers jusqu'à la chambre du rouquin.

Pendant ce temps, Harry était toujours à Little Whinging, dans le Surrey. Dumbledore allait avoir une conversation avec les Dursley, avant d'aller chercher un vieil ami qu'il souhaitait convaincre de reprendre ses fonctions à Poudlard. Ils avaient fini par penser que leur meilleur-ami ne serait finalement pas là, sans savoir que le vieil homme avait prévu de lui prodiguer des cours privés cette année ; des cours dont ils ignoraient encore la nature, mais qui allaient être d'une importance capitale pour cette mission dont ils s'étaient préparés sans le savoir depuis leur arrivée à Poudlard et qui allaient d'ici peu les projeter dans la guerre avec pertes et fracas et changer leurs vies à jamais...


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"J'aimerais être à Gryffondor. Faire partie de cette maison me plairait beaucoup car je donne beaucoup d'importance au courage, sous toutes les formes qu'il peut prendre. Car quand je parle de courage, je ne parle pas uniquement de courage physique, mais aussi moral." - J.K. Rowling (BBC Newsround - 2005)

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MessageSujet: Re: [Mi juillet 1996] "Le calme avant la tempête" - [Golden Trio] Dim 12 Nov 2017 - 12:21

La goule dans le grenier avait fait un boucan infernal toute la nuit puis s’était calmée aux aurores, le calme revenant s’abattre comme une massue dans toute la maison. Un boucan qui n’avait pas empêché le jeune homme de dormir, il avait une parfaite habitude de leur vieille goule et arrivait même à s’en faire comprendre, souvent, même si elle avait un sale caractère. Et ça mettait de l’animation, au moins… L’ambiance était particulièrement lourde, voire glauque, la presse ne parlait plus que du retour de Vous-Savez-Qui, des massacres, des assassinats, du chantage, des tentatives d’intimidation, de disparitions inexpliquées et tout un lot d’horreurs, sans compter les détraqueurs qui se promenaient en liberté ! Comment rester optimiste, au milieu de tout ça ? Il s’y efforçait, tous les jours, car si on se laissait abattre maintenant, autant dire que personne en survivra à la guerre. Ron s’appuya contre le dossier de sa chaise en mâchouillant le bout de sa plume, puis il finit par rayer pour la septième fois de suite la phrase qu’il avait commencé à écrire, en débutant un autre, un peu incertain, avant de la rayer aussi. Mais bon sang ! Pourquoi ça ne pouvait pas être plus simple ?! Voilà des jours qu’on savait que Dumbledore et Harry avaient dit la vérité ! Alors pourquoi cet immonde crétin à lunettes jouait aux autruches et continuait de faire pleurer leur mère ?!

Ron jeta le parchemin au feu dans un mouvement d’humeur, la plume manquait d’y passer avec, puis alla se laisser tomber dans le vieux fauteuil un peu éliminé, d’à côté. Hier soir, il s’était couché très tard après avoir passé des heures à discuter de Quidditch avec Ginny, puis en en passant près de la chambre de leurs parents, il avait entendu sa mère pleurer doucement et papa essayer de la réconforter. Pas la peine d’être un grand génie de deviner ce qui la travaillait… Il s’était arrêté, presque malgré lui, pour écouter, puis avait entendu plusieurs fois le nom de Percy, chuchota sur un ton déchirant. Ron soupira encore en regardant le feu, marmonnant entre ses dents une flopée d’insultes à l’intention de son très cher et aimé grand frère, alias le roi des abrutis, toujours incapable de comprendre ce qui lui avait pris et encore moins capable de comprendre pourquoi il ne revenait pas maintenant qu’il avait toutes les preuves de la vérité sous les yeux. Dumbledore pouvait bien leur sortir les beaux discours, ça ne changeait rien, ils avaient quand même perdu un frère. Évidemment, en journée et devant eux, maman faisait mine de rien, tout comme papa. La présence de Fleur à la maison procurait aussi une diversion et pas des moindres, maman ne parvenait pas à la supporter et Ginny non plus. Comme si ça servait encore à quelque chose, de toute façon, Bill et elle allaient se marier, c’était certain.

*Positif,* pensa-t-il le plus fort possible en se tenant la tête entre les mains. *Reste positif ! On est en été, le Ministère bouge enfin ses fesses, l’Ordre du Phénix est actif, tu retrouve bientôt Harry et Mione, donc tout va bien !* Et d’ailleurs, en parlant d’Hermione, quelle heure était-il ? Il bondit sur ses pieds en réalisant que maman était déjà partie la chercher puis grimpa vite fait les escaliers pour cacher une partie du bordel déjà accumulée depuis son retour à la maison. L’instant d’après, deux pulls, une paire de chaussettes, un livre et un paquet de chips volèrent à travers la pièce pour atterrir dans une malle fourre-tout près de la porte et libérant le plancher. Un léger rire moqueur retentit dans le couloir et il n’eut que le temps de voir Ginny passer bien vite, par la porte restée ouverte, dans une légère envolée de cheveux roux. Bah, peu importe, c’était déjà plus rangé, au moins ! Hermione devait arriver la première, puis Harry. Si Dumbledore passait vraiment le chercher. Ça aussi, c’était stupide, pourquoi laisser Harry rentrer tous les ans chez ces horribles moldus au lieu de le le faire venir directement ici, au Terrier ? Leur mère l’aimait déjà comme un de ses propres enfants ! Il serait quand même plus heureux ici, non ? Il secoua la tête en rangeant encore un peu puis donna un morceau de miamhibou à Coq qui s’agitait comme un forcené, à sa bonne habitude. Calmos, la bestiole !

Ginny revint à ce moment pour lui dire que Hermione était arrivée. Ah, parfait ! Il descendit les escaliers en bois un peu branlants et tarabiscotés, chassant de sa tête toute idée noire susceptibles de lui pourrir le moral et celui de les autres, en se concentrant plutôt sur le fait de recevoir ses deux meilleurs amis à la maison cet été. Amis, ouais… Il ne pouvait s’empêcher d’avoir horreur d’entendre dire ses parents que Hermione était comme une fille car pour lui, elle ne pouvait pas être une sœur, elle était plus que ça, et même s’il était incapable de lui avouer, y compris sous la torture, et même s’il n’était pas certain encore de ce qu’il ressentait, elle n’était pas sa sœur, ça, c’était clair. Une sœur, c’était une fille qu’on voulait protéger, défendre, guider, soutenir, etc., mais Hermione, elle savait se défendre toute seule et il la… Il l’aim… Bon, bref, hum. Il se racla un peu la gorge puis arriva en bas au moment où elle déposait par terre dans le vestibule ses affaires et son gros chat orange, accompagnée dune Molly Weasley tout sourire, comme à chaque fois qu’elle accueillait du monde à la maison. Ron sourit à son amie, tout en songeant qu’il y a tant de choses qu’il voudrait lui dire, sans l’oser. Et ouais, se battre contre des mangemorts au Ministère était définitivement plus facile que de parler de ses sentiments avec une fille.

– Salut, Ron... Tout va comme tu veux ?

– Ouais, très bien, et toi ? Viens, on va pas rester là. Tu veux un truc à boire ?


Bon, pas hyper concluant et naturel. *Positif, je t’ai dit !* Il grimpa les escaliers avec Hermione puis la fit entrer dans sa chambre, fermant cette fois la porte pour éviter des interruptions un peu brusque, quoi que la maison était plus calme… Il ne restait que lui et Ginny, comme enfants à la maison, plus Fleur qui vivait chez eux en ce moment pour son stage, et leurs parents bien sûr. Plus d’explosions depuis le départ des jumeaux et l’ouverture de leur boutique sur le Chemin de Traverse. C’était quand même bizarre, comme si la maison s’était remplie de vide, et Ron ne pouvait pas s’empêcher de se demander comment ça se passera lorsque lui aussi sera partit, avec Harry et Hermione, dans cette guerre. Même s’il n’avait aucune preuve, il était convaincu que ça finira par arriver, qu’il arrivera un moment où Harry devra disparaître pour combattre et qu’eux deux partiront avec lui, bien évidemment. Il proposa du jus de citrouille bien frais à Hermione, qu’il avait pris au passage, puis mit des coussins et de quoi s’installer confortablement, dans la chambre. Au moment de s’asseoir, son regard tomba sur la Gazette, dont la première page relatait une histoire horrible sur le meurtre d’une famille Moldue, et le repoussa dans un coin.

– Tu vas bien ? Comment s’est passé le retour chez toi ? Je veux dire… As-tu parlé à ta famille de ce qui est arrivé ?

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DATE & LIEU DE NAISSANCE DATE & LIEU DE NAISSANCE: 19/09/1979 - Londres - Angleterre
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MessageSujet: Re: [Mi juillet 1996] "Le calme avant la tempête" - [Golden Trio] Lun 27 Nov 2017 - 3:25

Le calme avant la tempête... [GOLDEN TRIO]
Positif... Pouvaient-ils rester positifs après avoir endurés la mort de Cédric Diggory, vécus leur baptême du feu, après avoir réussi le miracle de repousser six mangemorts avec l'aide de partisans de l'Ordre du Phénix ? Comment ces six adolescents avaient-ils réussis à surprendre six criminels aguerris, à faire ce pied de nez au Seigneur des ténèbres ? Oui, si l'A.D. devait se féliciter, c'était d'avoir su, ensemble, apprendre des sortilèges alors que personne ne voulait leur enseigner. C'était de leur avoir permis de distinguer des leaders naturels, ceux qui avaient eu assez de courage pour inspirer les autres, assez de folie pour se sacrifier pour eux, pour avoir oser s'interposer dans un moment où les liens d'amitié, le patriotisme, l'Amour, avaient su prendre le dessus, avoir une importance capitale, su déjouer les divisions.

D'une certaine façon, Hermione espérait qu'Harry resterait à Poudlard le moment venu, bien qu'elle n'y croyait plus. L'espoir était mince et si elle s'en tenait à la conversation qu'elle avait eu avec le Professeur Rogue, square Grimmaurd, l'Elu - comme la presse et les gens se plaisaient à le nommer depuis peu - allait avoir besoin de ses meilleurs-amis afin d'affronter cette mission dont ils ignoraient encore tout. Quitter Poudlard oui, mais pour y faire quoi ? Le Ministre avait été remplacé, le trio avait mis les pieds dans une zone dont le pouvoir niait encore l'existence et certaines choses qui s'y étaient passées. Personne n'en avait rien su - en dehors de brides d'informations - parce que le combat s'était déroulé de nuit, dans une zone classée secret d'Etat. Même le père de Lina n'aurait pu en entendre parler dans le détail, à moins d'avoir été présent ce soir là, ce qui n'avait pas été le cas. Les gens pouvaient bien inventés ce qu'ils voulaient, donner de l'ampleur à la rumeur. C'était toujours ainsi avec les ragots. Le problème c'était qu'Hermione avait été grièvement blessée après avoir mis hors d'état un mangemort et avoir empêché Dolohov de prononcer un maléfice qui l'aurait très certainement tuée et ce fait avait été caché à ses parents.

Harry avait failli en matière d'occlumancie. Le mage noir avait essayé d'exploiter le lien qui aurait pu unir son meilleur-ami au Directeur de Poudlard. Tonks avait été blessée, comme Neville, Ron et Ginny, sans oublier Hermione, plus grièvement. Cela lui avait fait tout drôle de rentrer chez elle et de tenir ce fait comme nul et non avenu, en sachant ce que ses parents auraient pensés ou fait s'ils avaient su ce qui s'était passé. Le Ministère ne lui avait jamais vraiment inspirée la confiance. Elle s'était offusquée de l'obscurantisme et de la malveillance d'un monde qui était resté trop longtemps tourner vers lui-même. Les lois, l'éducation, ne lui donnaient plus que l'envie de s'insurger, d'y remédier, mais elle se savait haïs par une frange de la population. Des traditions, de la culture sorcière, Hermione n'en voulait pas la destruction, mais la fin de certaines inégalités et injustices. Son ambition n'avait bien évidemment plus aucune importance en comparaison de ce qui était en jeu.

Rassurée après avoir découvert l'existence de l'Ordre, Hermione avait très vite été confortée dans ses inquiétudes, grâce au Professeur Rogue. Elle avait saisi que le Ministère finirait par tomber un jour prochain, qu'une guerre civile aurait lieu et qu'elle n'allait avoir qu'une année ou deux devant elle pour s'y préparer. Et c'était à peu près tout ce qu'elle savait à l'heure actuelle, en dehors des rares choses qu'elle devinait déjà. Protéger sa famille, se protéger soi et ses amis, quitte à leur mentir... Elle songeait à Amaryllis, à Lou, à Kenneth, à Ariane, à Lina et à d'autres, aux élèves de l'école, toutes maisons confondues et ce même si certains élèves ne lui inspiraient que la plus profonde antipathie. Pourquoi avait-elle le sentiment que ce que l'on attendait d'elle allait être sans commune mesure avec ce qu'elle avait déjà vécue ?

Harry... Son pauvre Harry... Obligé de retourner chez ces horribles moldus alors qu'il venait de vivre une nouvelle épreuve. L'adolescente s'inquiétait énormément par rapport à l'impact qu'avait pu avoir la mort de Sirius sur lui. Le pauvre voyait quasiment tout ceux qui lui était cher mourir quasiment sous ses yeux et bien-sûr Hermione avait songé à elle et aux Weasley. Il leur fallait un plan, quelque-chose qui permettrait de noyer le poisson, d'épargner le plus de monde possible. En arrivant au Terrier, elle n'avait eu aucune connaissance de ce qui se tramait dans leur dos. Harry allait recevoir la visite inattendue du Professeur Dumbledore ; la première en quinze années, tout comme elle ignorait qu'il allait l'escorter en personne jusqu'ici en pleine nuit.

Ginny n'avait jamais su grand-chose par rapport à ce qu'ils avaient vécus. Hermione n'avait pas vraiment remarquée combien elle enviait leur amitié. Elle lui avait conseillée de faire sa vie, de sortir avec d'autres garçons. Harry reconnaîtrait lui-même combien sa meilleure-amie était avisée. Evidemment, cela n'allait pas plaire à Ron qui était coincé dans le modèle du grand frère, tout comme son attitude au bal avait eu le mérite de lui exposer à la fois ses sentiments, mais aussi son attitude patriarcale. Ce qu'elle attendait de lui n'était pas bien compliqué, mais elle refusait de se rabaisser pour lui faire plaisir, pour lui donner une fausse image de son importance, alors qu'elle n'avait pas à le faire. Un minimum de compassion, d'empathie, voilà ce qu'elle attendait.

Amoureuse de lui ? Oh que oui... Cela avait semblé bizarre. Le garçon en question n'avait rien pour lui, n'importe quelle fille l'aurait envoyée balader. Enfin presque... Elle était tombée amoureuse de lui à cause de son coeur pur, de sa volonté de bien faire, à cause de leurs aventures, du sacrifice qu'il avait consenti pour sauver Harry lors de la partie d'échec, la manière dont il lui avait sauvé la vie face au troll, à partir de ses conseils. Elle avait saisi très vite son univers à la maison, était en mesure de lire dans son coeur, sans avoir cette certitude que la légilimancie lui aurait permise. Qui était-elle sinon celle qu'il dépeignait comme une Miss je-sais-tout, une fille à l'apparence horrible, que l'on confondait avec un garçon, qui n'attirait presque personne, qui ne correspondait pas aux stéréotypes ? Oui... Avoir vu Viktor Krum, son idole de toujours, faire de l'oeil à celle qu'il aimait en réalité, cela avait du lui faire mal...

Mais l'important ça n'était pas les mecs qui nous tournaient autour. Il avait beau y avoir ces hormones qui commençaient à compliquer sa vie un peu plus, Hermione n'y avait tout bonnement pas cru. Neville avait beau être venu à elle pour l'inviter au bal, aucun autre garçon n'avait osé. Cela aurait pu avoir l'air humiliant, surtout à ce âge où l'on se construisait une image, mais elle avait été rejetée toute sa vie, ses amis elle les défendaient comme si la sienne était en péril... C'était là une chose que l'on ne voyait pas souvent, pour ainsi dire jamais... Mais au final, elle n'était qu'une adolescente, l'une de celles qui ne se fiaient pas qu'à son apparence, mais qui s'estimait comme étant plus intérressante que d'autres. Elle s'était efforcée de faire taire ses sentiments pour privilégier Harry, l'intérêt général. "Nous serons tous obligés de choisir entre le bien et la facilité", avait dit Dumbledore à Harry. Qui oserait lui reprocher son abnégation, hm ?

– Salut, Ron... Tout va comme tu veux ?

– Ouais, très bien, et toi ? Viens, on va pas rester là. Tu veux un truc à boire ?

Aucune nouvelle de sa part en quinze jours et cela ne l'avait pas trop alarmée. Elle en avait l'habitude. Cela étant, la vision de son rouquin, chez lui, en sécurité, l'avait un peu rassurée. Hormis nu, elle avait quasiment tout vu chez lui, sans avoir été sollicitée à tous les postes dans la maison, de la lessive, en passant par la cuisine, la vaisselle, le dégnomage et la nourriture du poulailler... Sa mère l'avait déjà adoptée comme une sa propre fille tandis qu'Hermione bataillait afin de mériter l'Amour et la confiance qu'on lui balançait en pleine figure sans rien exiger d'autre en retour. Et c'était aussi ces valeurs érigées bien modestement au fronton de la maison des Weasley qui avaient incité Hermione à croire que Ron était capable de plus. Oui, Harry avait beau être comme un frère, quelqu'un qui était plus en adéquation avec elle, autant c'était de Ron dont elle était amoureuse, mais hélas il ne l'avait jamais remarqué.

- Oh, ça va très bien. Mes parents te passent leurs salutations... Ils ne tarissent pas d'éloges sur tes parents, tu sais... J'ai ramenée des confiseries moldues, si tu en veux... Mais je veux bien un jus de citrouille ou de l'eau, s'il te plaît...

C'était la vérité et un fait évident : le danger restait omniprésent, mais les moldus avaient évolués. Il y avait peut être des différences, mais dans l'absolu, elle n'avait jamais senti ses parents comme étant de ceux qui étaient jaloux ou apeurés par ses pouvoirs. Au contraire, leur fille était à la fois un génie dans leur monde et de l'autre une sorcière dotée de pouvoirs magiques. Mais quant à ce qui était du vol ou non de pouvoirs magiques, Hermione n'y était pour rien. Il n'y avait jamais eu - à sa connaissance - de sorciers dans sa généalogie et si cela avait été le cas, et alors ? Pour elle, la valeur d'un être humain concernait avant tout ses actes, non ses aptitudes. Tout comme elle pensait que les sorciers avaient influencés l'histoire moldue, qu'ils continuaient à le faire et que l'inverse... eh bien... ne serait pas forcément un mal ni réellement un mensonge.

Elle avait aussi ramenée un livre sur les inventions, pour Monsieur Weasley. Avec ça, il allait en apprendre plus sur la capacité des moldus à se déplacer, à voler et à aller dans l'espace. De quoi prouver à n'importe qui que les moldus n'avaient rien d'animaux, pas vrais ? Eh bien, allez dire cela à d'autres...

– Tu vas bien ? Comment s’est passé le retour chez toi ? Je veux dire… As-tu parlé à ta famille de ce qui est arrivé ?

Hermione était entrée dans sa chambre. Elle n'avait pas prêté attention au fait qu'elle savait déjà ce qu'il avait fait de ces choses qui traînait dans sa chambre. Elle le connaissait si bien que même sa soeur n'en était plus étonnée. Il s'agissait même de l'une des raisons pour lesquelles la rouquine avait ricané. D'une certaine façon, Ginny était la soeur qu'elle aurait toujours voulu avoir. Les Weasley n'étaient peut être pas très riches, mais il y avait dans cette famille quelque-chose qui l'avait attirée comme un aimant sur-puissant, sans parler de son chat Pattenrond qui avait trouvé de quoi s'épanouir dans cette maison.

- Oh... Eh bien... hum..., elle avait vérifié qu'ils étaient bel et bien seul. Non... Et il vaut mieux qu'ils n'en sachent rien... Je ne serai pas ici sinon et tu le sais... , lui avoua t-elle avec gravité. Tu as vu ce qui se passe, hm ? Les gens réalisent enfin que le Ministère leur a menti, que Dumbledore et Harry disaient la vérité... Des choses étranges se sont produites cette semaine et toi et moi nous savons que cela n'ira pas en s'améliorant... , ajouta t-elle en faisant les cents pas dans sa chambre, lorsqu'elle s'arrêta, l'air contrarié. Mais ce qui me préoccupe le plus, c'est Harry... Il... Il a perdu Sirius et en dépit du soutien qu'il a reçu à King Cross, je m'inquiète énormément pour lui... Nous lui avons promis qu'il serait très vite de retour ici et pourtant il est toujours coincé chez ces horribles moldus. Et pendant ce temps, il y a eu cet ouragan incroyable pas loin d'ici, dans le Sommerset, le pont de Brockdale qui s'est écroulé, Emeline Vance et Amélia Bones qui ont été assassinées... Elle avait froncé les sourcils... Et toi alors, Tes parents t'ont-ils appris quelque-chose de nouveau sur ce qui se passe ou bien allons-nous devoir tourner en rond comme l'année dernière ?

Ah non ! L'année dernière avait déjà été assez angoissante comme ça, avec Harry menacé par les détraqueurs, sans oublier l'accusation infondée formulée par le Ministère ! Les voilà en plein été et pourtant son coeur était loin de vouloir profiter avec insouciante du soleil, de la chaleur et de ce sentiment de pseudo liberté qui leur était offert. Les choses allaient de pire en pire et il s'agissait, peut être là, de leurs dernières vacances tranquilles à Loutry-St-Chaspoule avant... Eh bien, allez savoir... Mais plus encore, c'était d'avoir croisé Fleur dans les couloirs de la maison qui l'avait le plus perturbée. Sans parler du fait que ni Ginny ni Molly ni même elle ne pouvaient clairement la sentir... Surprenant ? Pas du tout... Mais est-ce que Ron allait aborder ce sujet très sensible avec elle, rien n'était moins sûr...


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"J'aimerais être à Gryffondor. Faire partie de cette maison me plairait beaucoup car je donne beaucoup d'importance au courage, sous toutes les formes qu'il peut prendre. Car quand je parle de courage, je ne parle pas uniquement de courage physique, mais aussi moral." - J.K. Rowling (BBC Newsround - 2005)

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MessageSujet: Re: [Mi juillet 1996] "Le calme avant la tempête" - [Golden Trio] Mer 17 Jan 2018 - 12:49

C’était paradoxal, on leur demandait de se comporter comme des adolescents normaux profitant en paix de leurs vacances d’été alors qu’ils étaient aux portes d’une guerre comme l’avait connue leurs propres parents. Mais mis à part ce léger détail, tout va parfaitement bien, faisons comme si aucun mage noir ne se promenait en liberté dans la nature ! Il n’y avait qu’un seul point où Ron était d’accord, c’était qu’il ne fallait céder ni à au pessimisme, ni à la fatigue, ni au désespoir et encore moins à la peur. Oui, ils étaient en guerre, était-ce une raison pour perdre tout espoir et paniquer ? Non, du moins, pas à ses yeux. Il y avait tant de personnes prêtes à se battre dans ce monde ! Même certaines qu’on ne soupçonnait pas. Et surtout, Dumbledore était là ! Ron était convaincu qu’il avait un grand plan, qu’il avait tout préparé depuis longtemps et que c’était pour ça qu’il allait chercher Harry cet été. Pour commencer à le préparer, pour lui révéler un plan, pour lui apprendre à se défendre contre le sans-nez et surtout, pour faire en sorte qu’il puisse vaincre le mage noir qui voulait sa peau depuis sa naissance. Qu’ils soit l’Élu ou non, ça n’avait que peu d’importance, ce qui comptait vraiment, c’était qu’il puisse enfin être débarrassé de la menace de Tu-Sais-Qui, une bonne fois pour toutes. Il devait être possible de le détruire, forcément, personne n’est invincible, pas même un mage noir comme celui-là. Ils devaient faire confiance à Dumbledore, il avait forcément un plan prévu de longue date.

En attendant, avant de penser à la destruction définitive du Seigneur des Ténèbres, ils avaient des soucis plus proches et urgents à faire face. Jusqu’à ces derniers mois, le mage noir avait été très discret, mais depuis l’incident au Ministère, les attaques, disparitions et autres horreurs se multipliaient. Maintenant que la vérité avait éclatée, pourquoi se priver, après tout ? Ron en était écœuré, lorsqu’il écoutait les nouvelles ou apprenait de son père d’autres affaires encore qui n’étaient pas publiées dans la Gazette du Sorcier. Selon son père, c’était « encore peu », le mage noir n’avait pas retrouvé la pleine puissance qu’il avait autrefois. Mais combien de temps cela allait encore durer ? Si tout cela, ce n’était qu’une mise en bouche, qu’allait être la suite ? Une attaque en règle du Ministère ? L’instauration d’un régime de terreur, d’une dictature, la fin de la liberté, la chasse aux nés-moldus et aux traîtres à leur sang ? Le jeune homme faisait tout ce qui était en son pouvoir pour garder le moral et de l’optimisme, par contre, ça ne l’empêchait d’avoir peur pour sa famille, pour Harry et Hermione, pour les parents de cette dernière, qui feront partis des premiers visés. Il n’avait pas encore osé aborder le sujet avec elle, de ce qu’elle fera pour les protéger, car c’était très sensible, comme discussion, et il ne voulait pas la placer face à ce dilemme avant qu’ils ne soient tous contraints d’y penser. La protection de leurs familles était sa première préoccupation, bien avant sa protection propre. Partir avec l’Elu pour travailler à la destruction du plus puissant mage noir du continent, ce n’était pas un projet où la protection personnelle pouvait être une priorité.

Hermione était bien plus sur les nerfs depuis l’année précédente, comme eux tous, sans doute, impossible de rester des enfants dans un contexte pareil. Les adultes pouvaient tenter de les protéger, de les écarter, de leur épargner certaines choses, ça ne pourra durer qu’un temps. Si Ron s’en tenait à ce que son père avait laissé échapper, il ne faudra plus que quelques mois encore avant que Tu-Sais-Qui ne sorte le grand jeu. Et la traque commencera. Que faire à ce moment-là ? Plus il y réfléchissait et moins le grand rouquin pensait qu’ils passeront leur septième année à Poudlard. Harry devra prendre le maquis s’il ne voulait pas être tué directement, continuer à combattre dans l’ombre, et Hermione et lui le suivront, bien évidemment. Assis dans cette chambre mal rangée, en train de servir du jus de citrouille bien frais, cette situation lui semblait complètement irréelle alors qu’il n’y avait rien de plus normal que de trouver deux adolescents discutant tranquillement ensemble en plein été. Son amie lui confirma d’un ton plus grave que ses parents ne savaient rien, ils ne l’auraient sans doute pas laissée venir, sinon. Sans doute, la peur de la perdre les auraient poussé à la garder près d’eux, quand même ils ne pouvaient pas faire grand-chose pour la protéger. Il marmonna qu’il avait suivi les actualités, oui, en la regardant se mettre à faire les cents pas dans la chambre, avant de stopper net.

– Mais ce qui me préoccupe le plus, c'est Harry... Il... Il a perdu Sirius et en dépit du soutien qu'il a reçu à King Cross, je m'inquiète énormément pour lui... Nous lui avons promis qu'il serait très vite de retour ici et pourtant il est toujours coincé chez ces horribles moldus. Et pendant ce temps, il y a eu cet ouragan incroyable pas loin d'ici, dans le Sommerset, le pont de Brockdale qui s'est écroulé, Emeline Vance et Amélia Bones qui ont été assassinées… Et toi alors, Tes parents t'ont-ils appris quelque-chose de nouveau sur ce qui se passe ou bien allons-nous devoir tourner en rond comme l'année dernière ?

– Assis-toi, dit-il tout d’abord en lui attrapant doucement le poignet et en l’incitant à se poser sur un des coussins, par terre. On n’avancera pas plus vite en s’énervant.

D’habitude, c’était elle qui calmait et rassurait les autres, mais aujourd’hui, il la sentait les nerfs bien à vif. Quoi de plus normal, après tout ? Ron s’approcha un peu et lui donna son verre entre les mains, en lui présentant un air aussi serein que possible. Il aurait voulu la prendre dans ses bras et la serrer contre lui le temps de la réconforter, ne serait-ce que pour lui montrer qu’il était là et que tout allait bien… Il faillit le faire, esquissant un geste puis renonçant au dernier moment. Il aurait l’air malin si elle reculait vivement en lui demandant ce qu’il fichait, au juste, et il ne se sentait pas de lui avouer quoi que ce soit. Pas encore. A la place, il ouvrit entre eux une petite boîte de chocolat, en lui disant d’en prendre, songeant que ça lui fera aussi du bien au moral.

– Mon père ramène pas mal de nouvelles, tout ce qui paraît dans la Gazette et d’autres affaires passées sous silence mais aussi horribles. C’est toujours la même chose, des disparitions, des assassinats… Et il pense que ce n’est qu’un début. Une « remise en jambes », si tu veux, avant d’en arriver à une véritable guerre. D’après lui, si on juge selon ce qui est arrivé à la première guerre, ça ne prendra plus que quelques mois. Attends…

Une légère paranoïa le prenait, depuis le début de l’été, il posa son verre sur le plancher et se leva vite fait pour aller s’assurer qu’ils étaient bien seuls à l’étage, ouvrant la porte pour jeter un regard et tendre l’oreille. Il entendait sa mère en bas, avec Ginny, en plus de la voix haut perchée de Fleur. On aurait bien dit une dispute, sa mère semblait très énervée, et sa petite sœur avait ce ton plus pincé et cynique qu’elle utilisait lorsqu’elle était contrariée. Ron referma avec soin puis retourna s’asseoir à côté d’Hermione, plus serein.

– Il faut qu’on réfléchisse plus sérieusement. Tu sais comme moi que Harry va vouloir partir bêtement seul de son côté pour ne mettre en danger personne. Et ça, c’est hors de question. J’ai commencé à réfléchir aux moyens à utiliser pour… me couper officiellement de ma famille, on va dire, lorsqu’il faudra partir. Je préfère partir du principe que Tu-Sais-Qui et les mangemorts vont finir par gagner officiellement le pouvoir, tôt ou tard.On doit se préparer. Penser aux sorts qui nous seront utiles pour la suite, pour se défendre, survivre. Je ne sais pas si l’AD va être reformée, cette année, mais peu importe. On doit s’entraîner, on sera seuls ensuite, tous les trois.

Tous les trois, il l’affirmait, il ne songeait pas une seule micro-seconde que leur amie ne vienne pas. Ils étaient unis, à trois, et le resteront.

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MessageSujet: Re: [Mi juillet 1996] "Le calme avant la tempête" - [Golden Trio] Jeu 1 Mar 2018 - 16:09

Le calme avant la tempête [GOLDEN TRIO]
L'ouragan dans le Sommerset, ce pont écroulé à Londres, la démission forcée du Ministre de la magie et ces étranges "incidents" n'étaient que des signes forts pour certains et des signes faibles pour d'autres que quelque-chose s'était à nouveau joué en ce début d'été. La "bataille du Ministère" - durant laquelle plusieurs membres de l'A.D. avaient été blessés plus ou moins grièvement - n'avait été qu'un coup de semonce. La plupart des gens avaient réalisé l'ampleur du mensonge, la peur avait commencée à se répandre partout dans le pays, tandis que le Ministère corrompu par les forces du mal était en train de vaciller, d'être noyauté par des traîtres à la solde de certaines familles attirées par l'appât du gain, quel qu'il puisse être, et par un mage noir soucieux de faire valoir sa propre soif de Pouvoir et ses propres idées à des esclaves destinés à le servir ou à mourir en portant la marque de la honte et de l'infamie, ce symbole de la lie sorcière.

Aucune poursuite n'avait été entamée contre Fudge et Ombrage. Il n'avait été question pour eux que de démission, de mutations à des postes insignifiants, surtout pour cette vieille carne malfaisante vêtue de rose bonbon, à la capacité émotionnelle d'une petite cuillère. On leur avait promis du changement, mais il était trop tard. Dumbledore aurait du être écouté bien plus tôt pour retarder - sinon empêcher - une telle catastrophe. La guerre aurait pu durer des années. Allez savoir... Mais le nouveau Ministre ne semblait pas du genre à faire dans la dentelle. Il lui fallait montrer sa force et celle du Pouvoir en place, maintenir l'illusion. Benjamin Franklin avait déclaré "qu'un peuple prêt à sacrifier un peu de liberté pour un peu de sécurité ne méritait ni l'une ni l'autre et finissait par perdre les deux". Et c'était ce qui était en train de se produire, avec l'assentiment d'une partie de la population, mais avec le refus de Harry de se prêter au jeu, y compris d'individus complotant afin de faire tomber ce Ministère corrompu dans les méandres d'un jeu pourri par un petit nombre d'intrigants.

"La peur faisait faire des choses étranges aux gens", pour reprendre Hagrid, tandis que le Seigneur des ténèbres, lui, était un maître dans l'art d'inciter la haine et la division. Et bien-sûr, "la peur d'un nom ne faisait qu'augmenter la peur elle-même". L'absence de visage, de tout ce qui rappelait un être humain fait de chair et de sang lui aussi. Mais avec la cruauté, la stupidité et le pseudo élitisme masquant à peine leur ignorance, les mangemorts n'étaient bon qu'à inciter la peur, diffuser des mensonges, torturer et tuer, ce qui était évidemment le fond de commerce de ces nazillons se donnant de grands airs supérieurs. Et cela ne fonctionnait que parce que les gens craignaient pour leurs vies, celles de leurs enfants, pour leurs situations qui étaient plus envieuses ou moins pire que d'autres, de manière illusoire, parce qu'aucun d'entre eux n'étaient à l'abri d'une accusation. De là à penser que tous adhéraient aux idées de ces criminels, non. Il n'y aurait eu nul besoin de trahison, d'assassinats, de chantage, d'utiliser la peur. Et justement... Pour entretenir le trouble, contrôler la population, Voldemort allait chercher à s'emparer d'un Pouvoir Ministériel qu'il ne souhaitait pas endosser lui-même, qui ne l'avait jamais intéressé, en laissant à un pantin contrôlé par imperium le soin de régler les affaires courantes.

La Justice magique faisait de plus en plus de distinctions, y compris dans l'application d'un habeas corpus qui ne semblait pas protéger tout le monde, pas de la même façon, sans parler de ses droits fondamentaux quasi inexistants, en dépit de cette Charte du Magenmagot réservée aux sorciers humains, au détriment des autres créatures intelligentes. Inutile de porter plainte pour une arrestation ou une perquisition arbitraire, le viol de votre vie privée, l'emprisonnement sans preuve, si vous étiez un demi géant ou un lycanthrope... ou Stan Rocade. Hagrid pourrait témoigner pour avoir été envoyé "préventivement" à Azkaban pour avoir un jour été accusé - sans preuve - d'avoir ouvert la chambre des secrets et de l'assassinat d'une élève. En voilà un exemple de violation du droit parmi tant d'autres, comme celle d'accuser Sirius Black du meurtre de douze personnes sur la base d'un seul témoignage et sans aucune preuve irréfutable. La torture elle aussi avait été pratiquée à Poudlard du temps de Madame et Monsieur Weasley, l'esclavage était tolérée avec indolence, Fudge avait préféré infliger le baiser du détraqueur à Barty Croupton Jr plutôt que de le réexpédier en prison, ce qui avait choqué et mis en colère le Professeur Dumbledore, alors que cela n'était pas l'unique fois où un Ministre jouait les juges. Un monde imparfait, comme celui des moldus ? Certes, et plus moyen-âgeux...

Gandhi disait :"on ne juge le degré de civilisation d'une culture qu'à sa manière de traiter les autres". Et c'était tout à fait vrai, y compris à l'égard du règne animal. Mais par Merlin, où était donc passé Harry ? Pourquoi l'avait-on laissé retourner chez ces horribles moldus !? Ne venait-il pas de vivre une année exigeante et de perdre son parrain dans des circonstances tragiques ? Cela avait mise Hermione dans tous ses états, elle qui avait souvent fait les cents pas dans sa chambre, l'air préoccupé. Et avec l'assassinat de Vance et de la Directrice de la Justice, son sentiment d'insécurité n'avait fait que croître, parce que le champ était libre, qu'il y avait déjà eu trop de décrets Ministériels pour démontrer que le Ministre avait toujours détenu trop de pouvoirs, qu'il s'agissait en réalité déjà d'une dictature et que les contre-pouvoirs s'étaient avérés des plus inefficaces. Cela rappelait à Hermione ce qui s'était produit dans l'Histoire moldue, ces gouvernements qui avaient démontré leurs limites, leur obsolescence et combien le Mal avait pu se jouer des règles mises en place contre lui afin de le détruire de l'intérieur.

Le monde magique britannique et international était très petit, basé sur un modèle économique mercantiliste. Il n'y avait pas beaucoup de libre-échange, la bourse aux gallions était un marché très volatil, avec peu d'argent en circulation et aucun système d'actif ou spéculatif. Il y avait des mesures protectionnistes, comme la fois où Percy s'était plongé dans ce soucis concernant la taille des chaudrons ou sur l'interdiction des tapis volants au Royaume-Uni pour des raisons de sécurité, alors qu'il en allait aussi de la survie des fabricants de balais et de matériels de quidditch. Le bureau des brevets saugrenus au Ministère était ce reflet d'un monde riche, où l'on trouvait beaucoup d'idées loufoques, mais pour conquérir de nouveaux marchés c'était l'un des rares moyens. Des briseurs de sortilèges étaient employés pour rapporter des trésors afin d'enrichir le pays par rapport aux autres, car la puissance économique passait par là. Il y avait tellement de barrières, parfois invisibles, alimentant la crainte... Sans parler du fait que dans un tel système, on appauvrissait volontairement le peuple afin de l'inciter à toujours plus consommer ou à s'endetter, comme les Weasley, et d'autres à s'enrichir, y compris par des privilèges.

La Confédération Internationale des Mages et Sorciers ressemblait à la Société Des Nations, l'ancêtre de l'O.N.U. des moldus, inefficace et n'ayant pas su empêcher deux guerres mondiales et d'autres conflits de se produire. Hermione le devinait : le Royaume-Uni n'était qu'un début. Voldemort recherchait le Pouvoir absolu, mais il ne se suffisait pas à lui-même, car chose qu'elle ignorait encore, celui qui se nommait Tom Jedusor avait d'ores et déjà refuser de devenir Ministre. Il avait choisi de travailler chez Barjow&Burke, en surprenant tous ceux qui avaient imaginé qu'il accomplirait de grandes choses alors que ce qui le motivait avant tout c'était sa plus grande peur : la mort. Mais Dumbledore faisait-il quelque-chose en ce moment pour protéger Harry ou ces surveillances leur semblaient suffisantes pour l'instant, alors que les mangemorts pourraient le retrouver pour le tuer !? Pendant ce temps, elle n'avait fait qu'imaginer un Harry fou furieux, impulsif, laissé à l'abandon, cherchant à faire des bêtises, sans réfléchir et cela la rendait folle d'inquiétude en sachant combien il était prévisible et têtu.

Acceptant son jus de citrouille avec un remerciement et un sourire, elle ne pouvait que demeurer inquiète, s'attendre au pire, mais cela aurait été mal la connaître que d'imaginer que la lionne se serait laissée consumer par sa peur au point de ne rien faire et d'attendre des autres des solutions, une protection. Elle n'avait fait qu'agir en secret afin de prouver que la confiance que l'on avait placé en elle n'était pas mal placée. Peu importait si on la traitait de sang-de-bourbe. Cela ne l'avait jamais choquée, étant donné que la première fois où cela était sorti de la bouche de Drago, elle n'en avait pas saisi la signification. Mais ensuite, elle avait découvert ce racisme ambiant, la xénophobie envers certaines formes de vie subissant la dure loi des sorciers, avec leurs condamnations cruelles, sans appel, leurs décrets réduisant leur espace vital. Etrange parallélisme avec ce qui s'était produit en Amérique avec les populations Indiennes entre autres et d'autres minorités du côté de ces moldus différents sur le plan culturel, mais bigrement ressemblants sur le plan de l'âme humaine, dans d'autres aspects et dans celui d'une Histoire ou les sorciers avaient joué un rôle positif ou négatif.

Ron avait alors marmonné qu’il avait suivi les actualités, en la regardant se mettre à faire les cents pas dans la chambre, avant de stopper net. Hermione n'avait fait que répondre à sa question, en songeant à nouveau à Harry et à ce qui avait bien pu lui passer par la tête.

– Mais ce qui me préoccupe le plus, c'est Harry... Il... Il a perdu Sirius et en dépit du soutien qu'il a reçu à King Cross, je m'inquiète énormément pour lui... Nous lui avons promis qu'il serait très vite de retour ici et pourtant il est toujours coincé chez ces horribles moldus. Et pendant ce temps, il y a eu cet ouragan incroyable pas loin d'ici, dans le Sommerset, le pont de Brockdale qui s'est écroulé, Emeline Vance et Amélia Bones qui ont été assassinées… Et toi alors, tes parents t'ont-ils appris quelque-chose de nouveau sur ce qui se passe ou bien allons-nous devoir tourner en rond comme l'année dernière ?

Il fallait être débile, un ermite ou dans sa bulle pour ne pas avoir entendu les rumeurs, les conversations, pour ne pas avoir croisé quelqu'un pour parler de ce qui s'était passé. Il suffisait d'aller sur le chemin de traverse pour réaliser le changement d'ambiance, l'absence de vie qui était à peine maintenue par la boutique de farces et attrapes de Fred et Georges, pour croiser ces affiches de mangemorts recherchés et ces stands à l'extérieur vendant tout un tas de grigris, d'amulettes contre les forces du Mal.

– Assis-toi, dit-il tout d’abord en lui attrapant doucement le poignet et en l’incitant à se poser sur un des coussins, par terre. On n’avancera pas plus vite en s’énervant.

Où avait-il vu qu'elle était énervée ? S'angoisser et être énervée, cela n'était pas la même chose et cela n'était pas une injonction qui allait empêcher une fille comme elle d'être qualifiée de folle alors qu'elle n'y pouvait rien, que lorsque certaines contrariétés étaient là, tout ce qui pourrait l'apaiser c'était une preuve indubitable, un autre choc ou peut être un baiser, mais là... Hum... Cela n'était ni le lieu ni le moment. De là à imaginer que son rouquin était capable de montrer un peu ses émotions... Elle avait pourtant remarquée certaines attitudes qui ne l'avait pas laissé indifférente. Mais il était hors de question de se rabaisser et de paraître plus idiote, plus conforme à l'image qu'il se faisait d'une fille et encore moins de jouer les petites idiotes pour satisfaire l'ego de la majeure partie des garçons. Elle n'était qu'une fille brillante et courageuse, au grand coeur, avec une personnalité, plus intéressante que ces greluches à l'esprit superficiel. Oui, bon... Parfois, elle en oubliait que son esprit terre-à-terre pouvait la rendre distante voire antipathique à l'égard des soucis puérils des autres. Et parfois, bien-sûr, elle se montrait jalouse ou surprenante lorsque l'on tournait trop autour de lui et imparfaite comme tout le monde.

- Je n'ai pas envie de m'asseoir, je te remercie... , répondit-elle en croisant les bras.

Elle n'avait pas cherché à le rabrouer alors qu'il avait essayé d'être gentil, mais cela ne signifiait pas qu'elle allait le laisser la traiter comme une cinglée ou une chose fragile. L'Amour-propre l'y obligeait...

- Merci, mais..., lui répondit-elle, lorsque Ron lui tendit une boite de chocolat. - J'entends d'ici le sermon de mes parents... , ajouta t-elle en pouffant légèrement de rire, avec un sourire amusé, en levant les yeux au plafond. - Oh et puis après tout..., surenchérit-elle avec gravité, en piochant dans la boîte afin d'attraper un chocolat qu'elle laissa un peu fondre sur sa langue, avec le regard rieur, joyeux.

Cela n'était pas souvent que Ron partageait ce genre de choses. Elle avait du se dire que, quelque part, il s'agissait d'un signe d'affection ou tout au moins de politesse, ce qui n'était pas dans ses habitudes. Aurait-il glissé à l'intérieur un peu d'amortensia afin de créer temporairement chez elle un puissant sentiment d'attirance qui existait pourtant déjà ? Quelle valeur cela aurait-il eu et quelle image son meilleur-ami aurait-il donné ? Elle n'y pouvait rien... Il était si... imparfait, si... agaçant... Et parfois si courageux et surprenant... Avec lui, il y avait toujours un défi, des étincelles, une remise en question, de la souffrance, une pointe de sadisme... Un combat entre machisme et féminisme qu'elle ne voulait pas perdre. Ce qu'il y avait de plus terrible ce serait de se rabaisser pour plaire à quelqu'un. Elle n'avait pas renoncée à son amitié avec Viktor pour lui faire plaisir, parce que ça le dérangeait. Hermione n'attendait pas de grand discours avec un genou à terre. Elle espérait qu'on la remarque avant tout pour sa personnalité, même si son amour-propre lui rappelait sans cesse qu'elle n'était rien. La lionne avait passé trop d'années à encaisser, à devoir se défendre que la plupart des attaques la laisser indifférentes et parfois non, du moins en apparence.

– Mon père ramène pas mal de nouvelles, tout ce qui paraît dans la Gazette et d’autres affaires passées sous silence mais aussi horribles. C’est toujours la même chose, des disparitions, des assassinats… Et il pense que ce n’est qu’un début. Une « remise en jambes », si tu veux, avant d’en arriver à une véritable guerre. D’après lui, si on juge selon ce qui est arrivé à la première guerre, ça ne prendra plus que quelques mois. Attends…

Elle avait froncé les sourcils, ce qui lui avait donné l'allure d'un hibou rabougri. C'était ce que le Professeur Rogue lui avait dit un an auparavant, square Grimmaurd. Et cela ne pouvait signifier qu'une chose : Voldemort tenait à prendre le contrôle du Ministère le plus discrètement possible avant de s'en prendre à ses ennemis les plus directs. Son verre déposé sur le plancher, son rouquin était allé précipitamment vers la porte afin de s'assurer qu'ils étaient bel et bien seuls à l'étage. Mais tandis qu'il vérifiait, Hermione avait eu le loisir d'observer combien Ron était devenu plus séduisant, avec ses épaules carrées, ses grandes mains et ses centimètres de plus. Hm... Oui, il n'était pas si mal, bien qu'il y avait d'autres raisons pour expliquer pourquoi elle était amoureuse de lui et qui allaient plus loin que l'aspect physique ou cette fois où il lui avait sauvé la vie face à ce troll, dans les toilettes. Des raisons qu'elle seule pouvait comprendre, mais dont les sentiments sautaient aux yeux de leurs proches au travers de toutes ces chamailleries d'adolescents. Et puis, elle avait été troublée par ces jolies fesses qui... Hum... Peu importe... La porte s'était alors refermée et la lionne s'était senti un peu prise au dépourvu, plutôt honteuse d'avoir éprouvée de telles pensées. Elle en avait fait de gros yeux bougeant dans leurs orbites, la bouche ouverte, comme si elle avait été prise en train de commettre une vilaine faute.

**resaisis-toi...** , pensa t-elle, soudainement prise d'une légère peur panique.

– Il faut qu’on réfléchisse plus sérieusement. Tu sais comme moi que Harry va vouloir partir bêtement seul de son côté pour ne mettre en danger personne. Et ça, c’est hors de question. J’ai commencé à réfléchir aux moyens à utiliser pour… me couper officiellement de ma famille, on va dire, lorsqu’il faudra partir. Je préfère partir du principe que Tu-Sais-Qui et les mangemorts vont finir par gagner officiellement le pouvoir, tôt ou tard. On doit se préparer. Penser aux sorts qui nous seront utiles pour la suite, pour se défendre, survivre. Je ne sais pas si l’AD va être reformée, cette année, mais peu importe. On doit s’entraîner, on sera seuls ensuite, tous les trois.

Elle avait haussée les sourcils. Ron avait tantôt cette candeur, tantôt cette attitude brillante qui la faisait fondre. Il y avait son humour, bien-sûr, mais cette propension à agir sans calcul pour ses amis, sa loyauté, son sens du sacrifice, sa force noyée sous de nombreuses craintes, les capacités qu'il ne remarquait pas - faute d'encouragements - qu'elle avait noté... Cela était toujours surprenant, bien-sûr, mais le cadet des Weasley avait, à son sens, beaucoup plus à offrir que ce qu'il montrait. Et il semblait y avoir, en dépit de leurs différences, une complémentarité, un défi, qui alimentait une relation assez sado-masochiste, il fallait bien l'admettre.

- Oh tu peux être certain que le Ministère tombera. La question, c'est de savoir quand... La Confédération Internationale des Mages et Sorciers ne fera rien. Elle ne se risquera pas à intervenir ou à émettre des sanctions au risque de déclencher une réponse voire entraîner une guerre mondiale. Que savent-ils de toute façon ? Que Tu-sais-qui est de retour et puis quoi d'autre ? Fudge avait déjà du mal à s'entretenir avec son homologue Bulgare à la coupe du monde de quidditch, alors j'imagine combien les relations internationales doivent être... compliquées. , dit-elle en soupirant de dépit. - Je pense que ces disparitions, ces "accidents" et ces autres perturbations ne sont que des signes d'une infiltration, comme nous en avons été les témoins. Si Tu-Sais-qui, ses mangemorts et même l'A.D. ont su entrer de nuit au Ministère, y compris son serpent..., ajouta t-elle avec les sourcils froncés, perplexe. - A partir de là, il vaut mieux pour la sécurité de tous que l'on ignore ce que nous savons parce qu'un jour on viendra frapper chez toi, chez moi et nos relations...

Dans toute guerre, surtout moderne, il y avait eu des gens engagés exprès pour tenter de déterminer les prochaines actions de l'ennemi. Hermione avait étudiée la seconde guerre mondiale. Elle n'était pas aussi naïve ou stupide que certains pourraient l'imaginer. Elle n'était juste qu'une gamine en passe de devenir une adulte légalement, quelqu'un sans expérience, mais avec un bagage culturel différent et sa propre vision des deux mondes. A ses yeux, le monde magique n'était pas à rejeter dans son intégralité. Les Weasley étaient un exemple parmi d'autres. Il y a avait de bonnes choses, des valeurs, des traditions, une Histoire, une culture qui - éloignée du même mal qui menaçait les moldus - était admirable et respectable de bien des façons, parce qu'en ces temps de trouble, les gens n'avaient tendance qu'à ne voir le pire en toute chose, à en exagérer les traits, souvent pour servir leurs propos et elle voyait en Harry un espoir, le symbole - l'un de ceux de ceux qui osaient défendre autre chose que la pensée unique et la tyrannie - et qui donnait un sens à leurs vies. Et Hermione aurait tellement eu envie de les sauver tous, tout autant que Harry ou Ron, mais il s'agissait là d'une chose impossible à atteindre.

- Nous aurons besoin d'objectifs clairs et pour l'instant, nous n'en avons pas. Mais tu as raison : Harry cherchera à partir à l'instant où il comprendra qu'il n'a plus d'autre choix. Mais Dumbledore est toujours là et il a toujours été le seul sorcier dont Tu-sais-qui a toujours eu peur. En y songeant, je me dis que Poudlard risque de devenir un bastion, mais le Ministère est déjà intervenu une fois. Il peut recommencer. D'ailleurs, des Aurors ont été assignés à l'école. Si le Ministre tombe, plus rien ne les arrêtera... Toi qui est si doué en partie d'échecs, j'imagine que tu imagineras mieux que moi tout ça...

Ses propos n'étaient guère rassurants, mais il valait mieux être honnête et réaliste que de se voiler la face. L'A.D. ? Elle avait déjà posé la question à Harry. Il ne voyait aucune utilité à poursuivre en sachant qu'Ombrage avait été vaincue. Il pensait qu'il ne valait mieux pas embrigader des élèves dans une guerre où il pensait que beaucoup allaient mourir à cause de lui, alors qu'il ne comprenait toujours pas qui il était et que cela allait plus loin que son dilemme personnel, qu'elle saisissait tout à fait. Sa vie avait plus de valeur que la leur et cela lui était insupportable, mais personne n'allait être forcé à se battre, tous auraient le choix. La guerre cela n'était pas que détruire son ennemi en ne se souciant de rien d'autre, pour reprendre les propos d'un vieux théoricien militaire dont la pensée avait été rendue obsolète par l'apparition de nouvelles stratégies et armes de destruction massive. Face à l'anarchie, au Mal absolu, devait s'opposer autre-chose pour donner un sens au passé, au présent et l'avenir, en sachant que là aussi l'ennemi allait chercher à tout détruire.

- Mais qu'entendais-tu par "ces moyens de te couper de ta famille" ? Tu sais, même s'il y a une possibilité pour que nous soyons obligés de quitter Poudlard, tant que nous n'en saurons pas plus sur le plan de Dumbledore, sur ce qu'il nous réserve, de toute évidence, nous ne pourrons faire que nous préparer à l'imprévu. Harry n'ira nul part jusqu'à sa majorité, car Dumbledore lui a demandé de retourner chez les Dursley chaque été, parce qu'il est censé y être en sécurité..., conclut-elle l'air contrarié, en soupirant. - D'un autre côté, je suis ravie de voir que tu prends la situation et tes études avec plus de sérieux... , lui confia t-elle en souriant, avec une pointe d'amusement et de moquerie. - Mais... Ce que j'aimerai connaître c'est le contenu de la prophétie que Tu-sais-qui voulait obtenir... Après ça, si tu souhaites étudier d'autres sortilèges et moyens de survie, cela peut s'arranger..., conclut-elle avec gravité.

Dumbledore était toujours en vie. Aucun d'eux n'avait entendu parler des horcruxes, personne ne savait que le vieil homme allait mourir d'ici un an tout au plus, qu'il allait manipuler les événements afin de mettre en application son plan génial et très risqué, au sacrifice de sa vie. Tout ce qu'ils savaient à présent c'était que le mage noir avait voulu récupérer une prophétie, qu'elle était détruite et que seul Harry et Dumbledore la connaissait pour l'instant. Mais depuis quelques temps, consciente de la menace, elle s'était résolue à modifier la mémoire de ses parents lorsque le moment serait venu, à les envoyer loin, à effacer toutes traces. Elle avait prévue de réaliser un sac "sans fond" à l'aide de sortilèges d'extension indétectable, de rassembler tout ce dont ils allaient avoir besoin, parce qu'elle s'attendait à une attaque surprise et non à une annonce officielle de déclaration de guerre, ce qui serait stupide de la part de traîtres et de criminels. La tente qui avait servi d'hébergement pour la finale de la coupe du monde l'intéressait au plus haut point, mais elle ne pouvait encore rien dire, pas maintenant...


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"J'aimerais être à Gryffondor. Faire partie de cette maison me plairait beaucoup car je donne beaucoup d'importance au courage, sous toutes les formes qu'il peut prendre. Car quand je parle de courage, je ne parle pas uniquement de courage physique, mais aussi moral." - J.K. Rowling (BBC Newsround - 2005)

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