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[Juillet 1995] Le dernier ennemi qui sera détruit sera la mort... [Severus]

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DATE & LIEU DE NAISSANCE DATE & LIEU DE NAISSANCE: 19/09/1979 - Londres - Angleterre
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MessageSujet: [Juillet 1995] Le dernier ennemi qui sera détruit sera la mort... [Severus] Dim 17 Sep 2017 - 14:39

Le dernier ennemi qui sera détruit sera la mort.. [SEVERUS]
"It's a curious thing Harry, but perhaps those who are best suited to power are those who have never sought it. Those who, like you, have leadership thrust upon them and take up the mantle because they must and find it to their own surprise that they wear it well." - Albus Dumbledore

L'été s'annonçait étrange et remplit de rebondissements. Le tournoi des trois sorciers s'étaient achevé sur un épilogue tragique : l'assassinat de Cédric Digory et le retour du Seigneur des ténèbres. Harry, Ron et Hermione avaient assisté le coeur meurtri à l'oraison funèbre organisée par la direction de Poudlard lors du petit-déjeuner, lorsque le professeur Dumbledore, dans un discours poignant, avait rappelé à toutes les personnes présentes les qualités de ce jeune homme disparu, l'une des première victimes de l'absolutisme et de la folie. "Dans ces instants de douleurs, nos coeurs battent à l'unisson... Ces instants tragiques ne doivent pas nous faire oublier les liens d'amitié et la compréhension que nous avons tissés ni ce que le tournoi des trois sorciers avait eu pour ambition de créer, mais aussi qu'en ces temps troublés ces liens demeurent plus importants que jamais..."

Dès le lendemain, Harry s'était entouré de Ron et d'Hermione. Il n'avait voulu parler à personne d'autre. Entre les conversations, les jeux ou le silence, le jeune garçon tentait tant bien que mal de surmonter le choc, la souffrance et la culpabilité du survivant. Tous les trois n'avaient aucun besoin de mots pour se comprendre. Ils n'attendaient qu'un signe, un indice, une révélation, en essayant de deviner ce qui allait se passer, alors que rien n'était très sûr. Le silence avait été brisé par Ron qui avait évoqué une conversation entre sa mère et Dumbledore et où elle avait demandé à ce que Harry puisse venir directement au Terrier. Ce dernier ne parlait plus qu'à ses meilleurs-amis et à Hagrid. Le demi géant leur confia qu'il avait toujours su qu'IL reviendrait, mais il leur avait assuré qu'ils se battraient sous les yeux incrédules du trio magique.

Un travail secret avait été confié au professeur Rogue et à Hagrid, le soir-même où Voldemort avait refait son apparition. Où étaient-ils allés et pourquoi ? Cela concernait-il le mage noir ? Harry doutait toujours de la loyauté de leur Maître des potions alors qu'Hermione avait toujours considéré ces accusations comme des préjugés et des jugements infondés. Elle lui avait rappelé à plusieurs reprises, ainsi qu'à Ron, que si le professeur Dumbledore lui faisait confiance, alors ils le devaient aussi, que s'il ne pouvait se fier à lui alors ils ne pouvaient faire confiance à personne. Ils savaient que l'homme en noir avait couru de grands risques la première fois, qu'il avait changé d'allégeance et pourtant Harry pensait toujours que l'ancien mangemort ne faisait qu'attendre son heure. Mais l'homme en question ne se montrait jamais très locace.

Le Ministère n'avait pas souhaité que l'information leur fusse réveler, mais le professeur Dumbledore avait passé outre. Horrifiés et préoccupés, ils avaient appris que Lord Voldemort avait été l'instigateur d'une machination, qu'il était celui qui avait assassiné le pauvre Diggory. Le vieil homme avait souligné le fait qu'il ne pensait pas que les élèves étaient trop jeunes pour ne pas apprendre la vérité, qui était selon lui préférable au mensonge et que toute tentative de dissimulation aurait été une insulte à la mémoire de ce jeune homme qui était tombé au mauvais endroit, au mauvais moment, mais dont tous ignorait le courage et la loyauté qu'il avait manifesté en s'interposant afin de protéger Harry et défendre sa vie. Lui aussi avait fait preuve d'une bravoure extraordinaire afin de lui échapper, en risquant sa propre vie afin de ramener le corps de Cédric.

"L'union fera la force, la division notre faiblesse", avait répété Dumbledore. "L'aptitude de Lord Voldemort a semer la division et la haine est considérable. Nous ne pourrons le combattre qu'en montrant une détermination aussi puissante, fondée sur l'amitié et la confiance.", avait-il rappelé à qui voulait l'entendre. Hermione avait enregistré son discours sans avoir besoin d'une quelconque prise de note. Si un jour ils avaient à choisir entre le bien et la facilité, ils devraient alors se rappeler ce qui était arrivé à Cédric Diggory, à ces familles qui avait perdu un proche ou tout perdu. Mais depuis la fin du tournoi la Gazette du sorcier n'avait rien mentionnée, pas même l'assassinat. Même Rita Skeeter semblait étrangement silencieuse depuis la troisième tâche, jusqu'à ce qu'Hermione ne mentionne à Ron et à Harry, sur un ton triomphal, qu'elle détenait des informations susceptibles d'envoyer ce gratte-papier à Azkaban pour activités illégales et aussi qu'elle la détenait prisonnière dans un bocal aux parois incassables jusqu'à leur arrivée à Londres. Hihihi ! Elle n'était pas belle la Justice, hm ? Hihihihi ! Hum... Hum...

Le retour à la maison d'Hermione ne dura pas longtemps. La née-moldue n'avait rien dit à ses parents, jugeant nécessaire de tenir certaines informations secrètes et de mentir, si elle y était obligée. Elle qui vivait dans le nord de Londres, à Hampstead South, non loin de la gare et du quartier de Paddington, il n'avait pas fallu longtemps au professeur Maugrey, à Tonks et à trois autres sorciers pour venir la chercher quelques jours plus tard, en pleine nuit, en toute discrétion.

- Approche par ici, Granger..., lui intimida Maugrey, de sa voix rocailleuse et sur un ton qui se voulait le plus "gentil" possible.

Pas très rassurée, l'adolescente jeta un regard circonspect à Tonks qu'elle ne connaissait pas encore et aux autres sorciers. Elle savait qu'ils avaient la confiance du professeur Dumbledore. Cela étant, ils auraient pu très bien n'être que des mangemorts endossant leurs identités grâce au polynectar ou certains d'entre eux auraient pu être des métamorphomages, alors qu'elle connaissait un sortilège afin de contraindre ces derniers à reprendre leur forme originelle. Si c'était le cas, elle n'avait aucune chance de leur échapper, mais elle ignorait que cela faisait des années que l'Ordre du Phénix (dont elle ignorait aussi l'existence) surveillait sa maison, celle où logeait Harry à Privet Drive et la demeure des Weasley.

Je vais te désillusionner puis nous transplanerons... Je suppose que tu sais ce que C'EST... , lui demanda t-il avec une pointe d'autorité.

Hermione fronça les sourcils. Eh bien, oui, encore heureux...

- Mais où allons-nous, s'il vous plaît ? Je ne comprend pas... , demanda t-elle avec inquiétude et perplexité.

On ne lui laissa aucun repit. A peine avait-elle commencée à les interroger qu'Alastor avait saisi son bras. La sensation avait été difficile à décrire. Cela avait été comme si elle avait été happée dans un trou puis comprimer, mélanger comme dans une machine à laver jusqu'à sa destination. Un peu déboussolée, elle n'avait pas vomi. Dans un splash audible, le groupe de sorcier étaient apparus désillusionnés dans un carré à l'abandon, au milieu d'une petite place faiblement éclairée. Les façades étaient crasseuses, il y avait par endroit des détritus sur les marches.

- Lis ceci et inscris-le dans ta mémoire... ,lui intima Alastor, toujours à l'affût d'un mauvais coup.

La jeune femme s'était saisi du parchemin que l'Auror lui avait tendu et le déplia avant de le lire.

"Le quartier-général de l'Ordre du Phénix se situe 12, square Grimmaurd, Londres..."

L'écriture était étroite. Hermione avait déjà vu cela. Le quartier-général de l'Ordre du Phénix ? A peine avait-elle eue le temps de lire que l'on enflamma le parchemin. Un sortilège du fidelitas ? Elle avait lu quelque-chose à ce sujet dans l'une de ses nombreuses lectures nocturnes. Il y avait été question d'un gardien. Dumbledore ? Mais sans avoir eu le temps de poser aucune question, Maugrey donna un bon coup de baguette sur son crane puis elle sentit comme une onde de chaleur lui couler dans le dos. Angoissée, Hermione suivit le groupe jusqu'à un escalier menant à une vieille porte, aux fenêtres crasseuses. Les marches du péron étaient usées, la peinture noire de l'entrée était miteuse et éraflée par endroits. La poignée d'argent en forme de serpent ne comportait ni trou ni serrure. Il n'y avait même pas de boîte aux lettres.

- On t'expliquera tout une fois à l'intérieur... ,lui confia Tonks.

Hermione ne savait plus où donner de la tête. Cela n'était pas un endroit où se serait cachés des mangemorts, encore moins Lord Voldemort. S'il avait été question d'ennemis, elle allait courir droit à sa perte. Mais aussitôt, elle entendit de longues successions de bruits métalliques puis quelque-chose ressemblant au cliquetis d'une chaîne. La porte s'était à peine ouverte que Fol Oeil la jeta un peu sans ménagement à l'intérieur sous ses protestations, tandis qu'une odeur douceâtre d'humidité, de poussière et de pourriture, proche de celle d'un chou un peu trop rance, lui avait saisi les narines et la gorge. Beuurk ! C'était horrible !

- Beurk ! Eh bien, en parlant en parlant d'explications, vous feriez peut être mieux de commencer par faire le ménage... , répondit-elle en mettant sa main sur son nez.

Elle ignorait encore que Madame Weasley était ici et qu'elle comptait dans les prochains jours les occuper en leur faisant nettoyer cette porcherie de la cave au grenier. De belles vacances en perspective... La maison en elle-même n'était pas rassurante ni entretenue. Hermione avait remarquée qu'elle était éclairée par des lampes à gaz et par des chandeliers en forme de serpent, que la lumière tremblante et fantomatique ruisselait sur le papier peint à moitié décollé, tandis que les tapis semblaient usées jusqu'à la corde et remplit de poussière. Quelle horreur... Les rideaux étaient mangés aux mites, elle ignorait que des doxy s'étaient installés partout, puis elle avait contourné un énorme porte-parapluies en forme de jambe de troll que la prénommée Tonks s'était prise juste après elle. Ron était descendu des escaliers au moment même de son arrivée, en compagnie de Monsieur et Madame Weasley, ce qui rassura Hermione.

- Bonsoir, je... Euh... Qu'est-ce que je fiche ici, s'il vous plaît ?", leur demanda t-elle angoissée et perplexe, en ayant à l'esprit qu'elle venait de se montrer un peu impertinente. Est-ce que Harry et tout le monde va bien ? , leur demanda t-elle soudainement préoccupée.

On l'avait inviter à entrer avec Ron dans ce qui ressemblait à un sous-sol transformé en cuisine. Elle fut accueilli par Sirius, très reconnaissant envers celle qui l'avait libéré d'un jugement injuste. Sauf qu'en entrant, elle fut confrontée à la silhouette du professeur Dumbledore, contrarié, faisant les cents pas, tandis que de d'autres personnes très intéressés par leur présence, mais chuchottant, les observait.

- Pourriez-vous nous laisser seuls, s'il vous plaît... , intima Dumbledore aux autres. La cuisine s'était vidée assez rapidement.

Hermione ignorait encore tout de l'histoire du détraqueur qui n'interviendrait que quelques semaines plus tard ni de ce complot ourdi dans les arcanes du Ministère.

- Je suis ravi de constater que vous et Monsieur Weasley êtes arrivés ici sains et saufs... , leur répondit Dumbledore. J'espère que vous pardonnerez ma rapidité et mon manque de délicatesse, mais comme vous le savez, Lord Voldemort est de retour..., Ron n'avait toujours pas réussi à s'y faire. Même Hermione avait tréssailli. Vous êtes les plus proches amis de Harry et il est vital, dans les circonstances présentes, qu'aucun de vous n'évoque, en aucune façon, ce dont vous allez être témoin. Vos hiboux pourraient être interceptés et la suite compromise. Vous saisissez ?"

L'adolescente, plus courageuse que Ron, se risqua à une question...

- Pardonnez-moi, professeur, mais qu'en est-il de Harry ? Qu'est-ce que l'Ordre du Phénix et est-ce que quelqu'un se préoccupe de lui alors qu'il est rentré chez ces horribles moldus ? , lui demanda t-elle en étant coincée entre une violente angoisse et un désir d'affirmation.

- Harry est surveillé sans interruption par des membres de l'Ordre, comme vous l'avez été jeunes gens... Mais il est essentiel que vous compreniez que depuis le retour du Seigneur des ténèbres Harry ne doit absolument rien savoir de ce qui se passe, en aucune manière. Oh, je sais que je vous demande là beaucoup. J'admire votre loyauté, mais si nos ennemis viennent à savoir quoi que ce soit, nos chances de vaincre Voldemort seront réduites voire anéanties.

Hermione avait saisi, à contre coeur, les enjeux, bien qu'elle estimait que s'il avait voulu le tenir informer, un hibou semblait bien anecdotique au regard des moyens dont le professeur Dumbledore aurait pu se servir. Il y avait des choses qui leur échappait et qu'elle soupçonnait à peine. Fudge n'avait pas cru au retour du Seigneur des ténébres et pourtant dans l'ombre il avait manifesté des signes de peur, de paranoïa, y compris quant à la perte de son pouvoir. Dumbledore avait beau avoir refusé plusieurs fois la fonction de Ministre, avec un Cornellius accusé de corruption et de main mise sorcière sur Gringotts, que de toute façon il était apparu comme évident pour la jeune femme que la liberté de la presse et la pluralité des opinions au sein du monde magique étaient une vaste supercherie. Monsieur Dobby avait été engagé dans les cuisines de Poudlard, avec un salaire et une journée de repos et Hermione ignorait toujours que le Directeur avait dit à Harry qu'elle avait eu raison.

Mais j'ai besoin que tout les deux vous me donniez votre parole...

Il s'agissait là, en dépit des apparences, d'un énorme sacrifice, de quelque-chose qui aurait suscité une protestation. Harry était leur meilleur-ami, il était le principal concerné, aucun d'eux n'avait envie de lui mentir, de travestir la vérité. Si Dumbledore avait été ce légilimens de talent qu'on lui attribuait il avait forcément senti ces choses là, qu'ils étaient très solidaires et loyaux envers lui, mais surtout envers Harry ; une amitié rare, mais très solide. Hermione et Ron s'échangèrent alors un regard circonspect, à reculons.

- Vous avez ma parole, Monsieur, bien que je suis prête à parier que Ron et moi nous ne partagions pas votre avis. Cela étant, nous avons entièrement confiance en vous, alors... , déclara Hermione, suivi par Ron qui offrit, lui aussi sa parole à contre coeur.

Les yeux de Dumbledore semblaient s'être éclairés d'une étrange lueur, l'espace d'un instant. Mais il était resté impassible. Même son sourire bienveillant semblait avoir disparu.

- Bien... Je vous remercie, jeunes gens... Hélas, il est temps pour moi de m'éclipser. D'autres affaires urgentes m'appellent, j'en ai bien peur... ,leur déclara t-il avant d'observer au dessus d'eux. Molly et Sirius auront tout le loisir de vous montrer leurs compétences en matière d'hospitalité... Sur ce, je vous souhaite le bonsoir et à très bientôt...

Après son départ Sirius leur expliqua ce qu'était l'Ordre du Phénix, qu'il s'agissait d'une société secréte fondée par Dumbledore la première fois qu'ils avaient combattu le mage noir. Des réunions, ils n'avaient appris que des bribes d'informations. Fred, Georges et Ginny étaient eux aussi présents au quartier-général. Hermione avait découvert le portrait infâme de Madame Black qui lui avait lancé à la figure un monceau d'insanités avant que la Gryffondor ne fusse pétrifiée d'horreur, les mains sur sa bouche, en constatant que des elfes de maison avaient été empaillés ou momifiés, enfermés sous cloche ou avec leurs têtes exposées en trophées. Oh Sirius tenta bien de faire taire sa mère, de se complaire en excuses et de lui expliquer que chez un elfe de maison tout cela était considéré comme un "honneur", la née-moldue était restée choquée et scandalisée.

- Mais à qui appartient cette maison aux pratiques barbares ?? ,s'exclama t-elle écoeurée. J'imagine que transformer un être vivant en un vulgaire bibelot donnerait sans doute à réfléchir si l'un de vous y était empaillé et placardé contre un mur en guise de trophée... , poursuivit-elle sèchement, toujours aussi scandalisée.

Justement... Un elfe de maison n'était pas considéré comme un être, alors que celui-ci était doué de raison, de compréhension, de sentiments et d'une capacité magique supérieure aux sorciers. Peut être étais-ce même pour cette raison que ces derniers les avaient réduits en esclavage, en plus de faire leurs affaires. Brrr... On aurait dit qu'Hermione avait avalé d'une traite un flacon d'empestine. Mais elle finit par dédouaner un peu Sirius lorsqu'il leur précisa combien il avait détesté sa famille et cette maison et pourquoi il en était parti. Et dire que dans les jours qui avaient suivi et ce nettoyage, ils avaient croisé sans le savoir l'un des horcruxes de Lord Voldemort, l'un de ses fragments d'âmes qu'ils leur faudrait retrouver et détruire dans les années à venir.

La cuisine et le rez-de-chaussée avaient été nettoyés. De délicieuses odeurs de cuisine flottaient dans l'air, signe que Madame Weasley avait encore préparé des repas pour une classe entière. Des cookies au chocolat avaient été disposé sur la grande table accompagnés de pichet de jus de citrouille gardé au frais par le biais de la magie. Hermione était ce soir là assise au bout de la pièce, sur l'un des fauteuils élimés faisant face à une cheminée éteinte. Une vingtaine de personnes au moins fréquentaient ce lieu ; certains comme Remus, étaient venus la saluer ou discuter un peu avec elle, sans lui révéler rien d'important. Mais après avoir lu la Gazette du sorcier sans rien apprendre là aussi, elle avait fini par savoir que le poste de  professeur de défense contre les forces du mal était vacant. Aucun livre, aucun programme, cela la contrariait, mais pas autant lorsqu'elle apprendrait que le Ministère allait y nommer prochainement cette espèce de vieille gargouille malfaisante prénommée Dolores Ombrage. Ce qu'elle ignorait encore c'était que le professeur Rogue était membre de l'Ordre et qu'il fréquentait ce lieu. Le quartier-général était sûr, Hermione s'y sentait en sécurité, mais pas vraiment comme chez elle, en dépit de leurs efforts pour nettoyer cette maison. La porte s'était entre ouverte. Peut être un membre venu faire son rapport ou prendre un repas chaud. La lionne détourna ses yeux de son livre de potions qu'elle étudiait afin de prendre de l'avance. Le polynectar n'était censée être étudiée que l'année prochaine à cause de sa difficulté et l'idée lui décocha un mince sourire. Réussir une telle potion à douze ans relevait d'un petit exploit personnel, même si le souvenir de son accident de métamorphose lui avait servi de leçon. Son regard croisa alors un homme vêtu de noir des pieds en cape, se frayant un chemin à la manière d'un dramaturge qui essayait de recréer l'une des scène tragiques de Shakespeare.

- Oh, bonsoir, professeur... fit-elle en se levant de son fauteuil, en signe de respect, en refermant son livre et en le tenant contre elle.

Elle n'avait pas voulu le surprendre ni l'interrompre dans ses réflexions. La lionne savait qu'elle ne lui inspirait pas la plus grande sympathie, mais il avait toujours été juste dans sa manière d'évaluer son travail, aussi et surtout parce que ses exigences et sa rudesse l'avaient incité à étudier encore plus dur là où d'autres se seraient contentés de leurs acquis, du minimum syndical ou d'un abandon. Droite comme un i, la Gryffondor s'attendait à être congédiée sans ménagement. Ni lui ni elle n'avait jamais discuté de quoi que ce soit. Hermione pensait même ne pas être assez intéressante pour cela. Que faisait donc cet homme après les cours, en dehors des rondes, cela n'avait jamais été son affaire. En tout cas, le professeur était rentrée de sa "mission" ; une mission dont elle aurait bien aimée en connaître les tenants et aboutissants...


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MessageSujet: Re: [Juillet 1995] Le dernier ennemi qui sera détruit sera la mort... [Severus] Dim 17 Sep 2017 - 19:05

La transformation était bien achevée, cette fois-ci. Au fil des ans, Severus avait assisté aux lents changements se produisant chez le Seigneur des Ténèbres, à mesure qu’il s’enfonçait de plus en plus profondément dans la magie noire et se détachait peu à peu de l’Humain. Ses yeux noirs prenaient des teintes souvent rouges, sinon bien sombres, les traits se creusant, le nez ressemblant plus à deux fentes de serpent, des cheveux noirs où venaient se mêler des pointes de gris ou de blanc… Pourtant, avant sa chute, il était encore un homme, quoi que marqué par la sorcellerie la plus sombre, il était bien humain. Aujourd’hui, il n’avait strictement plus rien d’humain et ne le sera plus jamais. Même sa voix avait changé, plus doucereuse, lui donnant un air d’autant plus dangereux. Et surtout, il y avait cette bestiole… Rogue avait cru comprendre qu’il l’avait ramenée d’Albanie, une bête de cauchemar nommée Nagini, que le Lord caressait parfois comme s’il s‘agissait d’un chaton affectueux. Quelques jours plus tôt, Rogue avait glissé du veritaserum dans le gobelet du lâche Queudver, apprenant ainsi que le serpent était déjà en compagnie du seigneur des ténèbres lorsqu’il l’avait retrouvé, en Albanie, et que c’était de cette femelle qu’il lui avait tiré le lait permettant de le nourrir, l’année précédente. Le professeur observait la bête se mouvoir avec lenteur près de son maître, alors que le mage noir s‘adressait aux Malefoy, songeant avec une certaine ironie qu’il était bien temps que le mage noir se trouve enfin une compagnie amicale, même si cette compagnie n’était qu’un reptile.

Nagini, « Naga », ce qui voulait dire serpent au féminin, en sanskrit, d’après les recherches de Rogue. Pour les Bouddhistes, entre autres, cette race était faite de serpents semi-divins possédant de grands pouvoirs, à qui on attribuait aussi une parenté avec les basilics. Il n’avait pas vérifié avec certitude les pouvoirs de cette race de cette serpent, occupé à autre chose, mais toujours est-il que le mage noir exerçait visiblement sur elle un contrôle anormal, même pour un fourchelang. Pensif, il finit par détourner le regard de la bestiole, se concentrant sur leur serpent noir favori. L’accueil avait été pour le moins… glacial. Rogue ignorait pourquoi le Lord avait pris la peine d’écouter ses « explications » et lui demander la raison de son retard, après son retour dans ce monde, il avait là fait preuve d’une patience nouvelle et inédite, une patience qui n’était pas au goût de tout le monde. Bien des mangemorts le considéraient comme un traître, à cause des années passées dans le « giron de Dumbledore », des années où il n’avait jamais recherché leur maître, jamais rien tenté contre Dumbledore ni Potter, etc. Ils n’avaient pas tord, tous ces imbéciles, si confiants maintenant que leur seigneur était de retour… Rogue restait très circonspect, bien qu’il ait été averti depuis longtemps de ce retour. La partie était devenue si serrée, un seul faux pas causerait sa perte, s’il échouait à jouer son rôle. Et lorsque le seigneur des ténèbres se tourna finalement vers lui, pour la part de la mission le concernant, Rogue reprit par réflexe de vieilles habitudes, faisant face au mage noir comme il l’avait toujours fait.

Claquemurer son esprit à double-tour, dissimuler les véritables émotions, les pensées, tout cela, il en avait l’habitude, et plus que jamais face à Voldemort, ce jeu de l’esprit était d’un intérêt vital. Rogue ne le sous-estimait pas, son adversaire était l’un des legilimens les plus accomplis de tout les temps, pouvant deviner si on lui mentait ou non sans même utiliser de sortilèges. Face à pareil ennemi, quelle meilleure motivation que de s’endurcir à son tour et de pratiquer l’occlumancie jusqu’à en obtenir une maîtrise parfaite ? Le professeur avait toujours mis un soin maladif dans tous ses entraînements personnels et plus encore dans les disciplines le couvrant et lui assurant d’évoluer dans ce monde sans y laisser la vie. Il savait ce qu’il avait à faire… Plongeant la main dans sa poche, il en retira le petit ouvrage qu’on l’avait envoyé retrouver, le donnant à son maître sans un commentaire, et lui assurant droit dans les yeux et d’un ton égal qu’il n’en existait aucune autre copie. Duel d’esprit. Instant passé sans que rien ne se dénoue, le serpent était satisfait. Peu à peu, à force de temps et de missions, en plus de ce qu’il avait déjà pu récolter les années précédentes, il se rapprochait du seigneur des ténèbres, marchait dans son sillage en écartant ceux et celles qui étaient trop faibles ou trop naïfs pour ne serait-ce qu’effleurer cette place. Il n’obtiendra jamais sa confiance, ça non, en revanche, une certaine « estime », telle que la concevait le mage noir, était possible, c’était de cela dont il avait besoin pour percer ses plus noirs secrets et trouver le moyen de le détruire à jamais.

La réunion prit officiellement fin lorsque le Lord transplana avec sa bête de compagnie et le petit grimoire, une certaine tension tombant aussitôt dans la pièce. Presque tous suivirent assez vite, au point qu’il ne reste bientôt que le couple Malefoy et lui-même dans la pièce. Lucius semblait encore très confiant et sûr de lui, souriant d’un air arrogant en lançant d’une voix forte que maintenant que leur maître à tous était revenu, les traîtres à leur sang et les sang-de-bourbe allaient enfin comprendre leur douleur, que la résistance allait être réduite à néant. A ses côtés, Narcissa ne disait rien du tout, plus mesurée, se contentant de transplaner avec son mari en s’accrochant à son bras. Severus leva un peu les yeux au ciel puis soupira, en jetant un regard à l’endroit où le couple avait disparu. Ce type avait décidément un réel don pour lui porter sur les nerfs, tant il le trouvait affligeant. Enfin, peu importe, c’était terminé… pour le moment. Rogue disparut brusquement, commençant par aller donner la copie qu’il avait faite du petit livre à Dumbledore. Il y avait du grain à moudre, avec ça, ce grimoire était centré sur les différents moyens connus, aujourd’hui, pour repousser la mort, ainsi que les pistes à explorer. La pierre philosophale, bien entendu, avait une place toute trouvée, mais d’autres sorts, d’une magie bien sombre, n’étaient pas à mettre dans toutes les mains. La plupart de ce qui se trouvait là-dedans était sans doute déjà connu de Voldemort, ne restait à trouver que ce qu’il n’avait déjà pu tester et ce qu’il était capable de faire de certaines des pistes. Sous-estimer les pouvoirs de ce serpent serait une grave erreur.

L’affaire suivante concernait directement l’Ordre du Phénix, jolie et neuve version identique à la première qui allait, sans aucun doute, se faire massacrer dès que les combats à grande échelle débuteront. Rogue transplana à nouveau à Londres, s’arrêtant un petit moment dans le Square faisant face à la maison des Black. Même ici, avec les membres de l’Ordre, il se trouvait incapable de se détendre un minimum, pas avec les fantômes personnels qu’il traînait derrière lui. Comme à Poudlard, il avait le sentiment de vivre séparé des autres par une vitre épaisse et infranchissable. Cela dit, cette vitre, il ne pouvait s’autoriser à la briser, quoi qu’il arrive, il devait même la renforcer. Personne… Ne devait savoir… Personne n’avait le droit de savoir. Son passé n’appartenait qu’à lui, peu importe ses motivations, peu importe le sang qu’il avait sur les mains, peu importe toutes les erreurs commises, il ne s’en ouvrira à personne. En entrant, il fut presque aussitôt frappé par des odeurs de cuisine, entendant plus l’écho de nombreuses conversations. Il poursuivit sa route sans rien dire à personne, se sentant toujours glacé lorsqu’il revenait ici, glacé de n’avoir pu se révéler face au Lord noir et brûlant de la haine qu’il nourrissait contre lui. Tout en avançant, il croisa tout à coup le regard de la fille Granger, assise dans un fauteuil près de l’âtre, un livre entre les mains, une vision qui lui sembla un peu incongrue, dans un pareil endroit. Ah, mais qui était-il pour penser ça, alors qu’il faisait parti de ceux qui n’avaient pas du tout leur place dans ces lieux.

– Oh, bonsoir, professeur…

Elle s’était levée presque aussitôt, serrant son livre dans ses bras comme si elle tenait son propre enfant pour le protéger du mal. La scène aurait pu le faire sourire, s’il n’était pas si profondément conscient qu’en tant qu’amie proche du binoclard décoiffé, elle sera bientôt une cible toute désignée, tous les mangemorts les plus stupides réussiront à comprendre vite le choix judicieux de s’en prendre à elle.

– Bonsoir, miss Granger. Ce n’était pas la peine de vous lever directement, nous ne sommes pas à Poudlard.

Honnêtement, Severus préférait largement tomber sur elle plutôt que sur un des rouquins ou sur le binoclard à lunettes, car au moins, cette fille avait été pourvue d’un cerveau à la naissance. Il sortit sa baguette et la pointa sur l’âtre, pour y faire apparaître un feu ronflant, dans le vague espoir de se réchauffer un peu et calmer un esprit en ébullition. Trop de questions le pressaient, concernant la prophétie, les moyens de vaincre la mort, ce que préparaient les mangemorts, le comportement de Voldemort, la bestiole qu’il avait ramené d’Albanie, la façon de protéger Potter, et il ne savait quoi encore. C’était à vous rendre dingue. Machinalement, il jeta un regard au livre que la petite Gryffondor lisait, impassible. Un livre de cours, comme on s’en doutait, sur les potions celui-là. Il ne pouvait pas lui reprocher d’étudier durant les vacances, lui-même avait fait pareil, par ailleurs, cela lui sera des plus utiles, autant pour elle que pour les moments où elle devait jouer les nounous du rouquin et du mal coiffé.

– Ils vous ont ramenée ici très tôt, c’est sans doute mieux... J’aurai pensé que vous connaissiez déjà la plupart des potions qui se trouvent dans ce livre. Dans votre cas, il est peu utile de vous en faire, pour les examens.

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MessageSujet: Re: [Juillet 1995] Le dernier ennemi qui sera détruit sera la mort... [Severus] Jeu 21 Sep 2017 - 1:34

Le dernier ennemi qui sera détruit sera la mort.. [SEVERUS]
A quoi pouvait bien ressembler celui qui se faisait pompeusement appelé Lord Voldemort ? Qui se cachait derrière cette identité d'emprunt ? Qui étaient ses parents et d'où venait-il ? Quel était son caractère, ses faiblesses, son parcours scolaire à Poudlard, la raison pour laquelle il vouait une haine aussi tenace envers les moldus ? Et surtout, pourquoi avait-il aussi peur du professeur Dumbledore ?

La réponse à ces questions, Hermione allait bientôt les obtenir. Elle allait être la seule avec Harry et Ron à entendre parler des souvenirs du mage noir et de ses horcruxes, du mythe infondé et presque divin qu'il essayait de se créer ; une connaissance éminemment dangereuse et en même temps capitale, insoupçonnée, à la base de cette mission ultra secrète que le professeur Dumbledore leur avait préparé depuis des années et qui prendrait une toute autre tournure à l'instant même où le Directeur de Poudlard finirait par comprendre à quoi avait bien pu servir le journal intime de son ancien élève et la bague des Gaunt.

Quel était d'ailleurs ce lien étrange qui unissait son meilleur-ami au mage noir, mais aussi avec ce serpent qui semblait avoir une connexion mystèrieuse avec Harry ? Pourquoi celui-ci se plaignait-il de plus en plus souvent de sa cicatrice et de ses cauchemars ?

Tant d'interrogations qui avait laissé présager à la brillante jeune femme qu'elle allait avoir un rôle majeur, le lourd fardeau de sortir Harry du pétrin, de l'amener jusqu'à leur but ultime aux côtés de Ron, dont le rôle complémentaire avait contribué à créer cette dynamique dont elle était le métronome, la conscience et la tête pensante, celle en qui le professeur Dumbledore allait remettre un savoir très important, mais très dangereux, alors qu'elle considérait la magie noire comme quelque-chose d'infecte, de contre-nature, mais dont elle reconnaissait l'utilité des maléfices en défense contre les forces du mal. Une amitié si puissante comme la leur, liée à la célébrité non désirée de Harry, n'allait pas sans susciter envie, admiration, indifférence, jalousie et dégoût.

Pourtant, la tâche semblait immense, quasi impossible et suicidaire. Hermione n'aurait pas compris en quoi, aujourd'hui ni même demain, elle aurait pu représenter une immense menace pour les mangemorts et leur Maître, en sachant qu'ils n'avaient été considérés jusqu'ici que comme des enfants, des adolescents incapables de vaincre un sorcier adulte. Aucun d'eux, hormis Harry, n'avait jamais eu à se battre, aucun d'eux n'avait vu leur vie basculer en une fraction de seconde.

Tenter d'entrer dans l'esprit d'Hermione s'était essayer de pénétrer dans un univers imprévisible, tantôt chaotique ou très ordonné, en surface ou en profondeur, assez peu comparable à l'esprit de métal du professeur qui lui tenait compagnie. On pourrait croire que la lionne était incapable de se dominer, de réfléchir, d'agir vite et c'était se tromper que de croire une chose pareille. Son esprit était en conflit avec des pensées et des émotions contradictoires qui s'entrechoquaient comme des électrons ou des atomes au niveau microscopique ; une réaction qui offrait des explosions atomiques qui pouvaient s'avérer brillantes ou très colériques et qui écrasaient tout sur leur passage. Mais dans les moments difficiles, c'était la froideur de son esprit, son génie et ses réflexes fulgurants qui finissaient par prendre le dessus sur tout le reste.

Cette force était contrebalancée par une empathie, une hyper sensibilité qu'elle considérait à la fois comme un don, mais aussi, à l'occasion, comme une malédiction, puisque ces choses là, avec son intelligence, avaient contribué à créer sa solitude, à nourrir une partie d'elle-même, toute aussi puissante, mais dévolue au mal, à une perversion qui, dans d'autres circonstances auraient pu l'amener à ressembler à l'homme en noir ou pire encore, à la pousser à faire de mauvais choix si elle n'avait pas été plus forte que ce mal qui faisait partie intégrante de sa personnalité. Oui, sa vie était un combat, comme l'était sa vie intérieure, sa recherche de l'équilibre. Si Harry et Ron n'étaient pas venus à son secours dans les toilettes des filles face à ce troll, elle serait morte. Harry aurait alors connu un autre destin. Il n'y aurait eu que ses parents pour la pleurer, personne pour la regretter, pour remarquer que les apparences s'étaient avérées trompeuses. Mais c'était l'amitié et l'Amour qui l'avaient sauvée, qui lui avait offert un but et des modèles à suivre.

Bien-sûr, il y avait une part d'ombre et de lumière en chacun et ce qui comptait c'était de faire les meilleurs choix possibles, de minimiser nos erreurs et de retenir la leçon. Nos différences... Voilà ce qui comptait le plus et qui étaient à la fois facteur de violences, de haine, de division et de méfiance. Comprendre le Maître des potions et Directeur de Serpentard, c'était savoir lui aussi d'où il venait, pourquoi il avait rejoint les mangemorts, pourquoi il avait changé de camp et pourquoi il éprouvait de la haine envers Harry. Peut être bien que le simple fait d'être une née-moldue devait le dégoûter, lui inspirer de la méfiance, un rejet. Elle n'en savait rien. Mais chaque fois que le professeur Rogue la rabaissait, l'humiliait ou lui faisait partager sa mauvaise humeur au travers de ses répliques acerbes, chaque fois la douleur était immense, cuisante. Parfois, il lui arrivait de se sentir anéantie, dans le doute. Elle éprouvait de la honte d'avoir si peu confiance en elle. Tout ce qu'elle faisait était une bataille pour la vie, pour aider les autres, parce qu'Hermione pensait que la sienne n'avait pas autant d'importance. Et puis, à chaque fois, elle finissait par renaître de ses cendres, par réaffirmer son courage, sa force morale ou sa détermination, par aller de l'avant.

– Bonsoir, miss Granger. Ce n’était pas la peine de vous lever directement, nous ne sommes pas à Poudlard.

La future Préfète avait eu l'air un peu prise au dépourvu. Qu'ils eurent été ou non à Poudlard, elle n'avait pas cru que cela aurait pu faire une différence en sachant qu'elle demeurait son élève et lui son professeur, qu'il ne lui avait jamais rien passé et qu'il ne lui avait jamais parlé comme si elle pouvait être plus qu'une adolescente ne sachant rien de ce qui se passait en dehors de son univers insouciant. Sauf que sa scolarité à Poudlard n'avait jamais rien eu d'insouciant. On affrontait pas un troll, un cerbère, des épreuves mortelles et un mage noir à onze ans en pensant uniquement à ses devoirs, aux rivalités ou aux problèmes amoureux débiles des autres, ni aux matchs de quidditch tout en étant bercer par un confort où on lui offrait chaque jour un lit confortable, un service de nettoyage et trois repas pantagruéliques.

Elle n'avait voulu lui montrer que du respect, quand bien même il le lui aurait refusé. Si les choses avaient été différentes, elle aurait pu lui ressembler, sans peut être céder à certaines sirènes qui l'auraient conduite à endommager son âme. L'homme semblait froid, distant, observateur, peu enclin à ne parler pour ne rien dire ou du moins rien en tout cas qui aurait pu le trahir. Peut être cette humanité, cette chaleur, cette gentillesse lui donnaient envie de vomir. La souffrance avait cette conséquence de rendre les victimes plus aigries avec les années et les déceptions. La magie noire, elle, consumait votre âme, rendait les éléments constitutifs de la vie sans la moindre saveur ni le moindre sens. Elle ne pensait pas tout savoir. Son talent de psychologue était inné, celui de ses connaissances livresques dû à un travail. Le professeur avait alors sorti sa baguette et l'avait pointé dans l'âtre afin d'y faire apparaître un feu. Harry ou n'importe qui d'autre n'aurait sans doute pas eu cette mansuétude qui lui avait traversé l'esprit et qui n'avait rien à voir avec de la pitié, car quand bien même il s'agissait là de tout ce que l'homme en noir jouant les agents doubles ne souhaitait pas.

- Pardonnez-moi, Monsieur, si je vois les choses autrement... Elle hésita un instant. Comment allez-vous ? Si vous voulez, Madame Weasley a préparé des repas chauds fait maison. Il... Il y aussi des cookies sur la table pour quiconque en a envie...

Elle aurait pu retourner cette immense cuisine d'un geste de baguette ou faire apparaître des flammes bleues, plus efficaces afin de démontrer à son professeur son talent, mais parce qu'elle était née-moldue, ses parents lui avaient appris la valeur manuelle. Les sorciers, eux, avaient pris leurs pouvoirs un peu trop pour acquis, comme une marque de supériorité, en traitant les autres en êtres inférieurs. Retirez-leur ces baguettes et ils seraient bien incapables d'affronter le monde. A contrario, les moldus se débrouillaient non pas avec leur magie, mais avec leur intelligence, leur physique et leur technologie. Quant à la magie elle-même, sans tomber dans l'aspect religieux (parce qu'elle était athée), Hermione pensait que l'univers était magique, obéissant à des règles qui comportaient ses exceptions et ses paradoxes. Et dans cet univers vivait toutes les créatures que la Nature avait bien voulu créer. Personne n'était à même d'en comprendre vaguement le sens ou l'immense complexité, qui n'avait rien d'une mécanique toujours très fiable en apparence, à moins d'être Dumbledore ou un Centaure.

Il était membre de l'Ordre, elle n'en était pas encore une officiellement. Peut être trouverait-il cela incongru ou déplacé, alors que l'adolescente semblait avoir compris les principes de cette société secrète, même si ce quartier-général aux allures de symbole et de taudis ne lui inspirait pas que de nobles sentiments. Oui, elle tenait toujours dans ses bras ce livre de potions en tapotant de ses doigts fins et agiles son frontispice avec une pointe de nervosité et d'appréhension. Qui aurait pu dire que cette adolescente mettrait deux mangemorts hors de combat à la fin de l'année avant d'être blessée et que trois autres finiraient au tapis lors d'un combat aérien qui la verrait être poursuivie par Lord Voldemort attiré là à cause de Kingsley et des compétences en duel de l'étudiante ?

– Ils vous ont ramenée ici très tôt, c’est sans doute mieux... J’aurai pensé que vous connaissiez déjà la plupart des potions qui se trouvent dans ce livre. Dans votre cas, il est peu utile de vous en faire, pour les examens.

Hermione aurait du se trouver chez elle, à quelques kilomètres, avant de rejoindre les Weasley dans le Surrey pour le reste des vacances. Elle n'avait encore reçu ni sa prochaine liste de fournitures ni eu l'occasion de se rendre sur le chemin de traverse ni d'apprendre qu'elle et Ron allaient être choisis pour être les Préfets de Gryffondor. L'adolescente s'était imaginée qu'avec l'assassinat de Diggory, le chambardement au Ministère, la censure au sein de la Gazette du sorcier et le retour du Seigneur des Ténèbres les choses allaient s'accélerer, que l'époque qui allait mettre leur courage et leurs convictions à rude épreuve approchait.

- Oh... Euh... Elle marqua une pause, perturbée.

La jeune femme l'avait fixé avec des yeux ronds et la bouche entre ouverte. Whaaat ?! Elle avait haussé les sourcils de stupeur et d'incompréhension, en rougissant, avant de les froncer de manière plus incisive. Très concentrée, son cerveau avait analysée la situation. C'était la première fois que son Maître des potions se risquait à un compliment. Pour elle, cela signifiait beaucoup et en même temps elle se demandait si jusqu'ici il n'avait pas donné le change aux autres, par exemple devant Malefoy, en s'en prenant à elle - entre autres - durant ces quatre années. A moins que ceci n'était une manière déguisée afin d'obtenir quelque-chose ? Oui, mais quoi ? Cela semblait si soudain...

- L'ennui, c'est que l'on est venue me chercher en pleine nuit, avec peu de temps pour rassembler mes affaires. Heureusement, je suis prévoyante et ma malle était déjà prête. Hélas, je n'ai pas eu l'occasion d'emporter d'autres livres et je n'ai pas encore reçu la liste des fournitures pour la rentrée prochaine. Par ailleurs, si j'en juge par ceux qui se trouvent ici, je n'ai pas osé en emprunter sans autorisation... Il faut dire qu'un bon nombre ont trait à la magie noire, alors j'ai préféré m'abstenir au cas où certains d'entre eux auraient été ensorcelés ou pire. Avec les horreurs que j'ai pu croiser ici, de toute façon, cela ne m'étonnerait pas... (elle soupira)

Devait-elle lui avouer que si elle lisait et relisait les livres à sa disposition c'était avant tout pour éviter de trop penser à Harry et aux dangers auxquels il faisait face ? En tout cas, ce vote de confiance en ses aptitudes lui avait réchauffée le coeur. Cette année était celle des BUSES et elle ignorait encore que le professeur allait exiger ni plus ni moins qu'un Optimal afin de poursuivre la matière aux ASPICS et que s'il en allait ainsi c'était sans doute afin de faire barrage aux prétentions de Harry de poursuivre une carrière d'Auror. Hermione, elle, ne savait pas ce qu'elle voulait faire comme travail hormis qu'elle voulait faire le plus de bien possible en ce monde. Il fallait être fort pour renoncer à un pouvoir, sage pour s'en méfier et encore plus pour l'utiliser.

Je pense qu'un examen ne sera rien par rapport à ce qui nous attends, n'est-ce-pas ? ,lui demanda t-elle avec gravité, en connaissant la réponse, sans pour autant être rassurée quant à la suite des événements. Le poste de professeur de défense contre les forces du mal est toujours vacant et c'est la première fois que cela arrive... ,lui confia t-elle en espérant, peut-être, en apprendre plus. Le professeur Lupin avait été le seul qui avait su de quoi il parlait et elle pensait que le professeur Rogue aussi, bien que l'on pourrait lui reprocher une sorte de fascination.

Hermione ne lui avait pas parlé de son manque de confiance en ses propres capacités, de ses angoisses à l'approche des examens, comme si elle allait jouer sa vie, alors que quelque-chose de pire l'attendait. Elle ne tenait pas à être plainte ou à lui donner des raisons pour lui taper dessus. La lionne avait aidé des élèves tels que Neville par pure bonté d'âme ; une attitude qui rendrait cynique un Serpentard ou un mangemort plus intéressé par sa propre ambition. D'ailleurs, elle n'aimait pas le quidditch qu'elle trouvait violent et générateur de conflits. Mais qu'en était-il du système de maison et de points, hm ? Dans l'absolu, elle avait essayé de se faire des amis toute maison confondue, mais jusqu'ici aucun Serpentard n'avait jugé utile de lui ouvrir une porte. Sa peur de l'échec était liée à la seule chose qu'il lui restait à perdre et qu'elle sacrifierait sans hésiter pour Harry et plus encore dans les années à venir.

Vous ne pourrez ou ne voudrez peut être pas répondre, Monsieur, mais... Cette marque que vous portez sur le bras, en dehors de vous faire mal lorsque quelqu'un prononce le mot tabou ou lorsqu'IL vous appelle à lui, sert-elle à autre-chose ?

Il s'agissait peut être d'une chance unique. L'information lui semblait capitale. Elle avait envie de lui demander comment se déroulait la cérémonie de l'imposition de cette marque. D'un autre côté, Hermione avait un intérêt pour la magie noire qui n'était en rien destiné à acquérir un plus grand pouvoir. Dumbledore avait vaincu Grindelwald. Voldemort pourrait raconter ce qu'il voulait à propos de l'ambition et du pouvoir, c'était du chiqué... Ce qui était certain, c'était qu'elle ne se laisserait plus autant prendre par l'imprévu. Si à partir de maintenant Harry était en plus grand danger, elle devait se tenir prête, avoir deux ou trois coups d'avance, comme d'habitude. L'une des solutions, elle allait la trouver dans un ancien conte scandinave rédigé en runes anciennes ; le genre de choses qui étaient peu connues et qu'elle matérialiserait sous la forme d'un sac. Ce qui l'intéressait c'était apprendre à se défendre et à aider les autres à en faire autant, ni plus ni moins.

L'avez-vous connu lorsqu'il recrutait ses premiers partisans ? Comment était-il ?

Elle ne lui avait posé aucune question sur lui, même si sa curiosité était énorme. L'adolescente ne s'était pas vu lui demander des nouvelles de sa famille, s'il en avait ou d'autres banalités. La lionne en était encore au stade de l'élève qui ne se savait pas appréciée par son professeur, de celles qui ne figuraient pas parmi ses amies ou ses préférées. Des points, il lui en avait déjà retirer injustement. Elle était la meilleure-amie de Harry et sa loyauté lui était acquise. Le professeur s'était montré odieux l'année dernière en comparant sa dentition à celle d'un lapin ; chose qu'elle avait remédié depuis...


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MessageSujet: Re: [Juillet 1995] Le dernier ennemi qui sera détruit sera la mort... [Severus] Sam 23 Sep 2017 - 21:16

Il y avait quelque chose d’étonnant à ce que la plupart des élèves s’accrochent aux barrières « élève-professeur » lorsqu’ils ne se trouvaient ni en classe ni à l’école, et même si c’était tout à fait normal, au fond, cette distinction fatiguait encore plus Severus en été, détestant déjà jouer les profs, alors recevoir ce « titre » au milieu de a période estivale était assommant. De tous les rôles qu’il avait pu jouer, au cours de sa vie, celui de professeur était de très loin le plus risible et le plus épuisant. S’occuper de mioches qui n’écoutaient rien, la moitié du temps… Il ne parvenait pas non plus à être juste et impartial, il était incapable de motiver qui que ce soit, préférant placer de suite les points sur les i et marteler en face ce qui arrivera en cas d’entraînement non sérieux, quitte à faire peur ou blesser, il ne se souciait pas non plus d’éviter les railleries et moqueries, ou tout simplement de paraître un minimum aimable. Et à quoi bon ? Être aimable signifierait accepter, fatalement, de laisser approcher de trop près certaines personnes et ainsi risquer des secrets qu’il ne tenait pas à dévoiler, c’était donc hors de question. Cela dit, il n’en savait pas moins reconnaître les compétences et pouvait entraîner quelqu’un sérieusement, s’il le fallait. Ce qui n’était pas prêt d’arriver…

Le regard plongé sur le feu, il ne le détourna qu’une brève seconde, une seconde où il s’aperçut que la fillette de quinze ans le fixait avec de grands yeux, la bouche entrouverte, toujours en serrant son livre dans ses bras. Il ne releva pas, n’ayant pas envie de se battre aujourd’hui, pas envie de plonger dans les affres de la comédie, ils n’étaient pas à Poudlard. Agitant sa baguette, il raviva un peu le feu, s’efforçant de se détendre au moins un peu, bien que cela lui soit difficilement possible. Dans deux jours, il sera de nouveau aux côtés du Seigneur des Ténèbres pour une attaque contre un éminent médicomage qui avait un peu trop agacé le mage noir, et bien que Voldemort n’ait besoin de personnes pour éliminer des opposants, il était toujours bon de se déplacer en groupe pour montrer la « puissance » de leur armée à des ennemis, en plus de parer si jamais des membres de l’Ordre ou des sympathisants venaient se mêler à la fête. Dumbledore était au courant de cette attaque mais pas le reste de l’Ordre. La cible ne sera pas tuée mais enlevée, il y aura une occasion de le tirer de ce guêpier plus tard, par ailleurs, aucun des membres du Phénix, aujourd’hui, n’était pas de taille à affronter Voldemort en duel, ils y perdaient la moitié de l’Ordre inutilement. La confrontation directe n’était pas toujours la meilleure solution, quoi qu’en pensent certains. De plus, pour des opérations d’exfiltration très précises, Severus préférait s’appuyer sur des… « collègues » bien choisis plutôt que sur des types comme Weasley ou Black.

La collégienne sembla revenir de son étonnement, tout à coup, répondant que l’Ordre était venu la chercher en pleine nuit et ajoutant qu’elle avait heureusement déjà préparé sa malle au préalable. A vrai dire, Rogue aurait songé que des mangemorts un peu trop zélés attaquent dès le début de l’été la maison Granger pour liquider la fille et les parents avec… Enfin, ce n’était pas encore la priorité, c’est vrai, Voldemort se concentrait plus sur le maintien et l’agrandissement de ses troupes que de reprendre tout de suite la traque de son ennemi préféré et donc des moyens à disposition pour l’atteindre. A Poudlard, les deux amis du binoclard seront en parfaite sécurité, quand aux autres, ils savaient se défendre. Black ne bougeait pas de cette maison, Lupin était discret, et ainsi de suite. Severus retint un très mince sourire en tendant la Gryffondor dire qu’elle n’empruntait pas les livres trouvés dans cette maison, au cas où ils étaient ensorcelés. En ce qui concernait les manuels de magie noire, le mal profond n’était pas les protections les entourant mais ce qu’on y apprenait, ainsi que la façon dont ils pouvaient vous transformer. Il ne savait un bout sur le sujet, ce genre de grimoires ayant été ses livres de chevet avant même d’entrer à Poudlard. Même si Granger était sans doute capable de comprendre la plupart de ses ouvrages, mieux valait, en effet, qu’elle s’en abstienne. Inutile d’en corrompre encore une de plus.

– Je pense qu'un examen ne sera rien par rapport à ce qui nous attends, n'est-ce-pas ? ,lui demanda t-elle avec gravité, en connaissant la réponse, sans pour autant être rassurée quant à la suite des événements. Le poste de professeur de défense contre les forces du mal est toujours vacant et c'est la première fois que cela arrive…

– En effet, les examens sont des détails.

Et tant qu’elle avait encore le luxe de s’angoisser pour les BUSES et il ne savait quoi encore, c’était tant mieux, car cela voulait dire qu’elle n’était pas encore jetée avec violence sur le terrain au milieu des combats, du sang, des guerres, de la souffrance, de la mort. Il n’y avait strictement aucun pessimisme à penser ainsi, simplement du réalisme. Voldemort était occupé à reprendre des forces, certes, mais cela ne durera pas des années. Il lui faudra… S’il continuait à un tel rythme, peut-être quelques mois encore. En y ajoutant la période de « latence » dont il savait très bien profiter, c’est à dire le temps que les Anglais refusent de croire à son retour et donc en arrivent à mettre en place de véritables mesure de défense et de contre-attaque. Le jour où chacun réalisera que le Ministère était déjà gangrené allait faire très mal… Quelques mangemorts y étaient en place, par ailleurs, d’autres fonctionnaires et élus, sans être des serviteurs officiels du Lord, partageaient ses idées et n’hésiteront pas à le suivre dans cette folie, en y sacrifiant bon nombre de citoyens au passage. Des personnes prônant des notions anciennes, détestant les hybrides et les nés-moldus, confortés dans l’idée qu’une société saine doit être une société débarrassée des « parasites » que sont les enfants de moldus, les loups-garous et autres créatures jugées inférieures. Il y en avait un bon nombre, au Ministère, dont certains avaient l’écoute directe de ce lâche de Fudge.

– Vous ne pourrez ou ne voudrez peut être pas répondre, Monsieur, mais... Cette marque que vous portez sur le bras, en dehors de vous faire mal lorsque quelqu'un prononce le mot tabou ou lorsqu'IL vous appelle à lui, sert-elle à autre-chose ?

En effet. Rogue se servit un peu de thé et le réchauffa d’un coup de baguette, jusqu’à le rendre presque trop brûlant pour être bu, toujours dans le vague espoir de se réchauffer un peu. La Marque des Ténèbres… Elle était un Honneur immense, pour tous les mangemorts, lui-même l’avait éprouvée dans ce sens, il lui avait fallu plusieurs années et bien des recherches avant de prendre conscience de ce qu’elle représentait, à la fois en tant que symbole et en tant que sceau magique indestructible. Même lorsque Voldemort n’était plus dans les parages, aussi affaibli qu’un vulgaire esprit, la Marque était encore là. Invisible, certes, inexistante pour beaucoup, mais ses partisans la ressentaient toujours malgré tout, elle n’avait eu aucune difficulté à réapparaître lorsque le moment était venu, gravée profondément dans la chair. L’ancien directeur de Durmstrang avait tant paniqué, pourtant, croyant pouvoir échapper aux forces du Lord Noir. Qu’il coure donc, Severus savait qu’il était encore en vie, pour le moment, mais doutait que cet état de grâce dure bien longtemps. Dès que Voldemort aura recouvré l’essentiel de ses forces, il aura alors un peu de temps pour se soucier d’affaires plus légères, comme la traque des divers traîtres à la cause. Les mains serrées autour de la tasse blanche et fumante, il s’assit dans le second fauteuil éliminé, près de l’âtre, le regard toujours perdu sur les flammes.

– L'avez-vous connu lorsqu'il recrutait ses premiers partisans ? Comment était-il ?

– Il était humain, en apparence. Rongé par la magie noire et ses applications, mais toujours un homme. Intelligent, froid, ambitieux.

Son apparence aujourd’hui n’était finalement que le reflet physique de ce qu’était déjà son homme il y a des années. Severus doutait qu’après sa sortie de Poudlard, Voldemort soit resté inactif ou tranquille, dans son éternelle quête de pouvoir. Les premiers signes du mal étaient déjà visible dès les premières années de son ascension et ne se sont que renforcées par la suite. Rogue ferma un instant les yeux, levant une main pour les frotter un peu, en laissant transparaître une certaine fatigue. Mais il ne songea pas à renvoyer balader Granger pour autant, de un parce qu’elle était loin d’être aussi insupportable que le rouquin et le décoiffé, de deux parce qu’elle avait raison de déjà se poser ce genre de questions, il sera bien trop tard pour le faire lorsque Voldemort aura repris la pleine mesure de son ancien pouvoir et ne cessera plus d’en gagner toujours plus. En plus d’être une née-moldue, elle était collée à Potter, deux bonnes raisons de la cibler, pour les mangemorts. Les plus « modérés » voudront d’abord l’interroger et la garder en vie tant qu’elle n’aura pas craché toutes les informations intéressantes, les plus durs se contenteront de la torturer avant de se débarrasser d’elle.

– La Marque lie l’esprit de son porteur à celui de Vous-Savez-Qui, ou ce qu’il en reste. Elle permet un accès plus aisé et un meilleur contrôle, un asservissement. Pour qui ne protège pas ses pensées et ses émotions, et presque aucun mangemort n’en prend la peine, c’est un accès libre pour le mage noir. Elle permet d’alerter Vous-Savez-Qui en cas de… Mettons, besoin urgent.

Cela dit, aucun mangemort ne serait assez stupide ou suicidaire pour « appeler » Voldemort sans une excellente raison, autrement dit, personne ne pouvait se risquer à le faire sans l’énerver, à moins de livrer Potter ou Dumbledore sur un plateau d’argent. Rogue s’interrompit pour boire une gorgée de thé, le regard dans la vague.

– La plupart des mangemorts sont plus cruels que puissants… Et ne savent pas réfléchir seuls.

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