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[Cours - 10 novembre 1997] Défense et Maîtrise de soi

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DIRECTEUR DE POUDLARDMangemort
    DIRECTEUR DE POUDLARD
    Mangemort
AVATAR : Alan Rickman
MESSAGES : 186

INFOS PERSONNAGE
SITUATION AMOUREUSE SITUATION AMOUREUSE: Amoureux frustré de très longue date
DATE & LIEU DE NAISSANCE DATE & LIEU DE NAISSANCE: 9 janvier 1960, dans une petite ville moldue sans intérêt
SANG SANG: mêlé
MessageSujet: [Cours - 10 novembre 1997] Défense et Maîtrise de soi Dim 17 Sep 2017 - 10:56

De nombreux jours de réflexion avaient été nécessaires, pour le directeur de Poudlard, pour peser la balance, définir le pour et le contre, la façon de présenter les choses et les limites à ne pas franchir. Et surtout, savoir ce qui méritait le plus d’importance. Entre préserver les apparences et mener le jeu à son terme, ou bien agir, même à un faible niveau, pour éviter un bain de sang et risquer du même coup de mettre en danger sa couverture… Tant effrayé que tout ne soit perdu à jamais, Rogue avait tout d’abord décidé de ne pas agir, sa dernière peur était que tout cela ne serve à rien et qu’ils échouent à contrer Voldemort. Puis d’autres éléments étaient venus s’ajouter au tableau, il avait longuement observé les élèves, entendu jusqu’à certains pleurer ou crier dans leur sommeil, en se rendant, très tard dans la nuit, dans la salle commune des Serpentard, puis lorsqu’il en avait tant vu se traîner dans les couloirs du château avec des airs de cadavres fraîchement déterrés. Si cela se poursuivait ainsi, ou si tout allait trop loin, plus aucun élève ne sera en état de se défendre lorsque l’heure de la grande bataille arrivera, lorsque le mage noir sera aux abois et que sa puissance de destruction se tournera vers Poudlard, vers Potter et ses alliés. Mais que faire ? La plupart de ses plans n’étaient pas bons, la situation semblait inextricable, puis l’occasion s’était enfin présentée.

Un certain souffle d’air frais allait enfin souffler sur ce château, et cela grâce à Voldemort, qui l’aurait cru ? L’histoire avait sans doute déjà parcouru tout le château, Amycus avait senti son bras le brûler en plein milieu d’un « cours », si on pouvait se permettre d’appeler ça un cours, et était parti aussitôt, plantant là des élèves qui en étaient sûrement très heureux. Qui sait quelle mission le Lord avait pu trouver pour un être aussi misérable que lui, il était à peine bon à garder sous contrôle toute une phalange de gamins sur fond de révolte. Dommage que sa très chère sœur n’ait pas disparu au même moment, une odeur moins fétide aurait ainsi pu planer dans le château… Il était encore assez tôt, et pourtant, cette bonne femme aigrie et mauvaise tapait déjà sur le système du directeur, bien qu’il n’en montre rien. Pour une fois, Rogue avait fait l’effort de descendre dans la Grande salle pour le petit-déjeuner, plus par souci de surveiller Alecto et ses caprices que par envie de partager un petit-déjeuner convivial avec les collègues. D’autant plus avec pour voisine une Carrow aussi enjouée que son frère ait été choisi pour une mission que de mauvaise humeur car son devoir se limitait entre les murs de cette école, en compagnie de gamins qu’elle haïssait, qu’importe leur sang. Sa présence rendait ainsi tout moment des plus convivial, Rogue avait bien hâte que le début des cours arrive vite et qu’il en soit débarrassé. Sa seule consolation était de voir à quel point il pouvait la rendre encore plus aigrie, tout comme elle le détestait.

– Vous déjeunez ici, le matin, maintenant ? grogna-t-elle tout à coup à la manière d’un ours.

– Ravi que ça vous fasse un tel plaisir.

Il n’écouta pas ce qu’elle ajouta ensuite, occupé à boire le reste du café qu’il s’était préparé deux ou trois heures plus tôt, après une nuit plutôt mauvaise et agitée. Novembre avançait doucement et le froid était déjà arrivé, depuis un petit moment, rendant le vent encore plus glacé et l’air sec. Le moral des élèves et des enseignants était à l’image de l’hiver approchant, froid, terne et sans la moindre étincelle, Poudlard avait décidément déjà beaucoup souffert. Et avec les récents événements… Alecto avait de la chance, beaucoup de chance, même si elle n’en avait aucune conscience. Si Severus avait l’assurance qu’elle ne serait pas remplacée par un autre mangemort, sans doute encore pire, il se débarrasserait d’elle sans le moindre remord ni la moindre hésitation. D’elle et de son frère, l’envie le brûlait et il espérait tant pouvoir le faire avant de succomber lui-même. Las, l’année risquant d’être chargée, il doutait d’avoir pareille occasion, le plaisir reviendra à ses collègues. Sans doute à Minerva, d’ailleurs, si tant elle était capable de tuer quelqu’un, même une personne aussi infecte qu’Alecto. Il en doutait un peu, elle était courageuse, loyale, protectrice et tout ce que l’on voulait, prête à se battre et à défendre les élèves, oui, en revanche, aller jusqu’à tuer un ennemi, il ne le pensait pas. Dommage. Quelqu’un d’autre le fera sans doute, ou la blessera si gravement qu’elle ne s’en relèvera pas.

La colérique avait dû remarquer qu’il ne l’écoutait pas car son piaillement cessa tout à coup, lui laissant une paix bienvenue. Merci bien. Le regard noir et scrutateur du directeur passa avec lenteur sur les différentes tables, observant les élèves, s’attardant sur certains d’entre eux, les lèvres légèrement pincées. Un seul releva la tête au bon moment et croisa son regard, à la table des Serdaigle, le rebaissant aussitôt avec le teint un peu plus pâle. Rogue plissa un peu les yeux, s’attardant sur tout le groupe, détaillant les regards inquiets et indignés, les postures repliées sur elles-même ou au contraire grinçant d’une colère sourde, à peine étouffée. Le même tableau se répétait aux autres tables, pas une seule maison n’avait été épargnée, de nombreux élèves portaient des marques de maltraitance, les regards se ressemblaient, les attitudes également. Au milieu de sa contemplation, la voix insupportable d’Alecto se fit à nouveau entendre, cette fois pour se plaindre de quelques élèves des maisons Gryffondor et Poufsouffle, qui lui tenaient tête durant ses cours et étaient incapables de comprendre l’importance de séparer sorciers et moldus. Tiens donc, comme c’était étonnant, des enfants refusant de comprendre quelque chose d’aussi illogique et irrationnel, en plus d’être impossible à imposer ? Très curieux, il se demandait bien pourquoi ces « cours » ne fonctionnaient pas. Severus ne répondit pas, ne voyant pas pourquoi il s’en donnerait la peine, se contentant de boire en silence son café.

L’heure avançait, cependant, sa charmante voisine partit vers les étages et sa classe, pendant que Severus quittait lui-même la Grande Salle. Il s’en voulait beaucoup de ne pas avoir réalisé bien plus tôt l’ampleur de la situation et à quel point beaucoup s’étaient laissés aller sans réagir, sous la menace, en oubliant parfois des mesures pourtant élémentaires. Personne ne pourra lui faire croire qu’aucun, absolument aucun élève, n’aurait pu échapper à la surveillance des Carrow et des préfets, cette fameuse nuit, pour courir alerter un professeur de ce qui se tramait ! Même sans être certain, qui pouvait s’attendre à du bonheur en étant traîné en pyjama dans la Grande Salle à quatre heures du matin pour répondre à la convocation de deux mangemorts ? Il fallait rappeler une autre règle ô combien élémentaire, à savoir que lorsqu’on tenait à mener des actes de Résistance, il fallait être capable de les assumer derrière, à moins d’être assez égoïste ou cruel pour regarder les autres souffrir à cause de vous. Arriver devant sa classe lui fit un effet assez étrange, voilà bien longtemps qu’il n’avait plus pratiqué ce genre d’exercices et aucun élève ici ne voudrait savoir précisément ce qu’il faisait de ses journées et ses nuits. Ce cours était hors des clous et ne comptait pas non plus dans le programme officiel, Rogue n’avait que pour but de leur fourrer un peu de plomb dans le crâne avant qu’il ne soit trop tard. Il ouvrit la porte de la classe, le visage parfaitement fermé, face aux étudiants.

– Rentrez, en silence.

La précision « en silence » n’était pas forcément la plus utile, cela dit, Rogue n’avait jamais eu de problèmes, au cours de sa carrière, pour maintenir le silence dans une classe. Une fois tout le monde entré, il franchit le pas à son tour et referma derrière lui, lançant d’un ton éternellement froid aux gamins, au passage, de ne pas sortir leurs livres, ils n’en auront pas besoin. Surtout ce livre inepte qu’on les avait forcé à acheter pour le cours de magie noire. Une fois devant la salle, il observa tout le monde, comme il l’avait fait un peu plus tôt dans la Grande Salle, sans se forcer de paraître plus aimable ou moins distant. Mis à part les petits première année qui ne le connaissaient pas, ou que par bref aperçu, tous les autres connaissaient son caractère qui n’avait rien à envier à l’amabilité d’une porte de prison. C’était en étant face à eux, de près, qu’il remarquait vraiment combien ils étaient touchés, certains devaient aussi être blessés, selon leur posture ou l’attitude défensive, malgré eux ou non, qu’ils adoptaient. Ce n’était peut-être que des gosses, soit, mais Rogue ne les voyait plus ainsi. Plus aucun d’entre eux ne pouvait plus prétendre à l’innocence enfantine, et par conséquent, plus aucun d’entre eux ne pouvait plus se comporter comme un enfant.

– Je remplace votre professeur habituel pour ce matin. Un cours plus particulier que d’ordinaire, étant donné que bien des points pourtant primordiaux s’oublient, ces derniers temps… Pour commencer, il serait temps de comprendre une chose essentielle. Vous êtes sur les bancs de cette école pour devenir une génération de sorcières et sorciers plus forte et fière de l’être, de redresser l’Honneur de vos familles pour certains d’entre vous, et d’être à même de remplir les tâches qui vous seront confiés. Vous êtes là pour chasser la faiblesse, la lie, ne pas être de simples poids morts à traîner dans la société. Et pour cela, on attend de vous que vous soyez entraînés, réactifs et pourvus d’une forte volonté. Or, pour le moment, nous ne voyons que des gamins effrayés, donc aucun ne se demande comment gagner en force, en volonté et en fierté. Aucun qui ne se demande comment s’y prendre pour se battre et se défendre, car il est bien plus facile de rester dans un coin à pleurer.

Le directeur marqua une légère pause, les couvant du regard, un par un, en espérant qu’ils se rentrent déjà ce message dans le crâne. Peu importe que personne ici ne puisse comprendre dans quel but il prononçait ces paroles, tant qu’ils en comprenaient le sens. Pleurnicher dans un coin n’avait jamais aidé qui que ce soit à s’en sortir, ni espérer une aide qui ne viendra pas avant des jours, des mois ou bien jamais. Rogue parlait d’un ton presque serein, peu fort, sa baguette en main, l’autre bras appuyé contre le bord d’un haut pupitre. Ils voulaient s’en sortir ? Ils allaient devoir redresser la tête et avancer. S’obliger, avoir mal au début et souffrir encore, peu importe, mais ils devront avancer s’ils espéraient se tirer de cette guerre vivants ! Et ça, ou ils le comprenaient maintenant ou ils passaient les mois suivants à pleurer au fond de leur lit en priant pour que leur douleur disparaisse comme elle était venue, sans pouvoir lever le petit doigt et la stopper d’eux-mêmes. C’était difficile, ils auront du mal, beaucoup de mal pour certains, mais c’est une chose dont ils se serviront toute leur existence, qu’elle soit longue ou courte.

– Au cas où il y aurait des imbéciles suicidaires dans cette salle, comprenez bien ça… Votre âge ne vous protégera pas, pas plus que votre sang. Pleurnicher sur l’injustice du monde non plus. Demander pitié ne sert à rien, vous n’arriverez pas à changer le comportement de qui que ce soit. En revanche, vous pouvez changer vos propres façons de faire, même des enfants de onze ans ont des atouts pour ne plus être de simples proies. Renforcer son mental commence par contrôler ses émotions, si vous vous laissez dévorer par votre peur, vous n’arriverez jamais à rien. Les faibles, les impulsifs et les sentimentalistes meurent toujours les premiers. Maintenant, debout.

Il leur fit signe d’aller tous se ranger plus loin puis agita sa baguette pour faire s’envoler les tables et les bancs et les repousser en tas près des murs. Place à la pratique, maintenant. Une fois la salle prête, Rogue fit léviter un coffre assez lourd dans lequel remuait et battait une créature. Il avait mis du temps à la trouver, en dénichant un par pur coup de chance lors d’un récent voyage, la veille à vrai dire, et l’avait emportée avec lui pour ce cours. Le coffre grinça un peu alors que la créature à l’intérieur s’agitait de plus belle, Rogue se contenta de le pousser à l’endroit voulu avec un regard indifférent, puis se retourna vers les élèves. Il n’avait guère eu le temps de repérer ceux qui étaient encore affaiblis ou blessés, du moins, pas pour tous… Pour cela, dans le cadre de la seconde partie du cours, il faudra éviter certains exercices ou du moins les atténuer. Merci aux Carrow, définitivement, ces deux imbéciles n’étaient même pas capables de contrôler leurs propres nerfs, c’était si lamentable ! Ils n’avaient rien compris à la volonté du Lord Noir, pour cette année si particulière, rien compris à la nécessité de former une nouvelle génération plus dure et plus puissante, rien compris à la ligne directrice que cette école devait donner. Même une tâche aussi simple que d’entraîner la future génération était hors de leur portée. Ils n’étaient que bon à imposer un régime de terreur à tous, incapables de réfléchir, incapables de prendre leur destin en main et de voir au-delà des apparences.

Quant aux élèves, il restait à savoir s’ils seront capables, aujourd’hui, de se ressaisir et accepter l’idée qu’on ne peut pas progresser sans douleur ni volonté. Il ne leur parlait pas de cours, ici, mais de leur vie. Il s’attarda sur chacun d’eux, de son regard noir que beaucoup qualifiaient de sans âme, ce en quoi ils n’avaient pas tord. Heather Trown, tout d’abord, en dernière année à Serpentard. L’archétype même du gamin renfermé par la faute d’une « famille » qui ne méritait pas ce nom et qui avait transformé la douleur en colère, impatience et haine. Il connaissait bien ce genre de sentiments, pour être passé par là lui-même, et n’avait donc jamais demandé à son élève l’origine des marques sur son corps, renouvelées après chaque rentrée, leur source était assez évidente. Deux ou trois fois, l’infirmière lui en avait fait le reproche, les ayant vu elle aussi par accident et scandalisée qu’en tant que directeur de maison, il n’en parle pas à la petite. Et à quoi bon, qu‘aurait-elle voulu qu’il fasse, se rendre chez Trown pour liquider son géniteur ? Ce droit ne lui appartenait pas, il était propre à la fillette, c’était bel et bien à elle seule d’agir.

Ensuite Schepper, lui aussi issu d’une famille ne sachant pas assumer le rôle, à croire que le maison des verts et argent avait un don pour attirer les gamins dans ce cas de figure. Pas de maltraitance, cependant, plutôt de l’indifférence. Rogue connaissait mieux les dossiers personnels des élèves de sa propre maison, et pour cause, et se demandait par conséquent comment le gamin Schepper n’avait pas été réparti à Serdaigle. Certes, le gamin ne manquait pas d’ambition, il avait une bonne volonté, mais Rogue ne pouvait s’empêcher de voir en lui un potentiel qui avait été peu à peu gâché par la mentalité de la maison des verts et argent. Le « Débrouille-toi seul et sois le plus fort » était adapté à ceux qui avaient en eux le désir violent de réussir sans compter sur qui que ce soit, mais Schepper aurait sans aucun doute mieux réussi s’il avait pu à la fois se mesurer aux autres et compter sur leur appui. Il y avait une grande rivalité aussi chez les Serdaigle, impossible de le nier, en revanche, il y avait aussi plus d’entraide et une logique implacable qui forçait chacun à ouvrir les yeux sur ce qu’on est réellement, moins de faux-semblant qu’à Serpentard. C’était… dommage.

Puis Gilson, un gamin pour qui il avait toujours éprouvé assez de respect, parmi tous les élèves de sa maison. La raison était simple, malgré les « problèmes » emmenés avec lui dès le départ, dus à son ascendance, il n’avait jamais baissé les bras et s’était même bien débrouillé, avec les circonstances récentes, se servant de la Ruse si chère à cette maison. Aujourd’hui, il lui semblait cependant plus fragilisé qu’auparavant, se demandant s’il s’agissait là de l’influence unique des Carrow ou plus globalement de ce qui arrivait dans le monde sorcier. Néanmoins, il n’était pas l’un des élèves qui inquiétait le plus Rogue, bien au contraire, il était de ceux dont le directeur savait qu’ils s’en sortiront, quoi qu’il arrive, il avait confiance. En bien ou en mal, ils feront quelque chose de leur vie, il suffisait seulement, pour quelques uns d’entre eux, qu’ils ouvrent les yeux. La seule chose actuellement inquiétante chez le gamin de septième année était son incroyable pâleur et ses yeux cernés, au point que Severus se demanda s’il passait ses nuits à dormir ou à arpenter le château en ressassant de sombres pensées. Ça aussi, c’était presque une mode, à Serpentard, dormir dans les profondeurs des cachots ne devait pas être très sain pour la santé mentale.

Le gamin suivant sur lequel son regard se posa rapidement était en sixième année, cette fois à Gryffondor. Si Gilson était le portrait du bon-petit-élève-de-serpentard, O’Riley était sans conteste celui de Gryffondor. Mais Rogue le connaissait moins que les élèves de sa propre maison, car il n’avait jamais eu à gérer son dossier, son envie d’orientation ni d’éventuels problèmes causés par lui ou contre lui, c’était là le problème de McGonagall. Les seuls échanges avec le gamin s’étaient faits durant le cours de potion, en plus de l’année précédente en cours de défense contre les forces du mal. Ni mauvais  ni exceptionnel, le Gryffondor s’était fondu dans la masse sans se faire remarquer par son incompétence noire tels certains de ses camarades de maison. En revanche, Severus voyait bien mal comme un gamin qui ne pouvait pas courir alors réussir à s’en tirer vivant lorsque Voldemort sera prêt à s’en prendre à l’école et à ceux qui voudront la défendre. S’il ne s’écartait pas de lui-même des combats, ce qui risquait d’arriver d’ailleurs, étant donné son tempérament, il faudra que d’autres le forcent à le faire.

Puis venait un autre rouge et or, le gosse Kent, que Rogue n’avait, très sincèrement, jamais pu voir en peinture. Rogue n’appréciait pas les personnes ne fournissant aucun gros effort dans leur travail et se contentant du strict minimum, les personnes sans la moindre petite flamme d’ambition, somme toute, et n’appréciait pas plus les gamins naïfs et téméraires, qui ne réfléchissaient pas avant d’entreprendre quoi que ce soit. Autant dire que Kent était très mal parti, avec lui, en classe, et il était de ceux à qui le directeur avait retiré un nombre incalculable de points, bien que cela n’égale ni Potter, ni Londubat, alias les deux cornichons naïfs les plus irrécupérables de toute cette maison. Severus n’attendait pas grand-chose de Kent, pour ce cours, ce gamin était-il au moins capable de se concentrer plus de dix minutes d’affilée ? Rien n’était moins sûr… On allait essayer, on allait voir, peut-être il y aura-t-il une surprise agréable, qui sait. Certains réfléchissaient, parmi les Gryffondor, des élèves capables de se surpasser et de montrer qu’ils en avaient plus dans le ventre qu’on ne voulait le croire.

La petite Montgomery, aussi présente, une Serdaigle en cinquième année, était aussi bien frêle. Une rêveuse idéaliste qui lui avait toujours un peu rappelé Lovegood, bien qu’elle soit plus sur terre que sa collègue bleu et argent. Lorsque son regard passa sur elle sans s’arrêter, Rogue se demanda comment elle allait faire, ainsi que tous les autres du même genre, pour survivre à ce qui les attendait tous. Les naïfs et les rêveurs étaient dans le même panier, pour lui. Il ignorait comment Montgomery allait se débrouiller pour défendre sa vie, si elle osera vraiment frapper, voire tuer en cas de besoin, si elle osera plonger dans dans le nerf de la guerre, que ce soit de plein gré avec l’envie d’en découdre ou par pur instinct de survie. Il savait qu’elle avait rejoint l’armée de Dumbledore, cette année, cependant, entre l’entraînement encore bien gentil entre élèves et la réalité, il y avait une énorme différence, un gouffre considérable à franchir.Il ne sera pas là pour le voir, néanmoins, il ne restait qu’à espérer, pour elle, qu’elle franchisse le cap et réagisse aussitôt, intelligemment, lorsqu’elle sera confrontée au réel.

Un autre Gryffondor dont il doutait des capacités de concentration intense était Coughlin… Être courageux et en manque de sensations fortes, c’est très bien, ça, sauf lorsque cela vous pousse à commettre les pires âneries en chaîne sans comprendre à quel point ce comportement peut desservir. Rogue eut un regard plus blasé qu’énervé ou simplement agacé, lorsqu’il le regarda un petit instant, au milieu des autres élèves. S’il fallait voir le bon côté des choses, disons, qu’au moins, il saura survivre un petit moment au milieu de la guerre ouverte. A courir partout comme une puce surexcitée, ça pouvait se révéler une stratégie un tant soit peut utile pour échapper aux sorts. Si tant est que son côté naïf et révolté ne se réveillait pour s’amuser à provoquer un mangemort qui, dans un coup d’énervement, se contenterait tout simplement de le faire exploser, lui et tout un pan du château avec. Le directeur s’attendait presque à ce qu’il se trouve un soudain élan stupide dans ce cours et s’écrier que ce n’était pas bien de confronter des élèves à leur peur ou il ne savait quoi encore. Son genre épuisant habituel, somme toute.

Une silhouette bien moins haute que les autres se détachait du groupe, une élève de sa maison, encore une fois, la petite Kerimel. Une des rares à ne pas le connaître, sinon de noms et par quelques rares visu, Rogue n'étant pas le genre à se balader dans tout le château. Très fine avec une tête de malade en phase terminale, une gamine dont Rogue se demandait encore ce qu'elle faisait à Serpentard. Comme pour Malefoy, comme pour d'autres, y compris Potter, il avait le sentiment qu'elle n'était là que parce qu'il "fallait y être", sans qu'il ne puisse encore dire pour autant si son tempérament la poussait plus vers Gryffondor ou Serdaigle. De ce qu'il en avait vu, Poufsouffle était exclu, mais il la connaissait encore trop peu pour définir la juste maison, qui lui conviendrait le plus. Ce cours lui fournira quelques éléments de plus, allait-elle se battre, allait-elle s'effondrer ? Les petits de cet âge pouvaient se révéler très surprenant mais avaient aussi plus de difficulté à rester concentré bien longtemps. Enfin, étant donné son jeune âge, il ne pouvait pas se permettre de la secouer autant, en cas de besoin, que les lèves de cinquième ou septième année.

La préfète de Gryffondor était aussi dans le tas, une gamine de cinquième année dont Rogue avait déjà entendu des belles, de la part des Carrow, et dont il hésitait à croire ne serait-ce que la moitié. Et en admettant que ce soit vrai, qu'elle agisse ou non pour la "cause commune", quelle importance ? Il n'avait pas poussé l'enquête plus loin et n'éprouvait aucune envie de le faire, fatigué par avance de démêler les ragots colportés par des collégiens du reste.Il ne se souvenait même plus pourquoi cette fille avait été nommée préfète, d'ailleurs, en y repensant, et ne connaissait pas non plus son niveau en duel ou au combat. Comme pour Kerimel, il attendait de voir, l'épouvantard et la réaction face à lui étaient d'excellents indicateurs sur la personnalité, d'une part, et la force mentale d'autre part. Si cette fillette faisait honneur à sa maison, elle ne s'effondrera pas dès le début, ou du moins pouvait-on l'espérer. Il ne s'attarda pas sur elle, son regard continuant de balayer la classe alors qu'ils reculaient et reformaient le groupe plus loin, la plupart jetant des regards anxieux vers le coffre où était enfermé l'épouvantard.

La dernière élève dont il croisa le regard fut Kaveline, cette fois en dernière année à Poufsouffle. Sur elle également, il n’avait que très peu à dire, car s’il y avait bien deux maisons dont les membres l’évitaient comme la peste, c’était bien Gryffondor et Poufsouffle. Pour les premiers, il comprenait, faisant tout pour leur pourrir la vie. Pour les second, plus mystérieux, déjà, ils n’aimaient sans doute pas le contraste un peu trop appuyé entre lui et Chourave, allez savoir. Il attendait donc de voir ce que cette fille de septième année allait pouvoir sortir, aujourd’hui, voir ce dont elle était capable et comment. Déjà, physiquement, elle semblait en assez bonne forme pour courir et échapper aux sorts mortels qui ricocheront au-dessus de sa tête, premier bon point. Pour le reste, ils verront… Elle faisait parti du club de duels, non ? Cela lui servira sans doute, malgré qu’il y ait, là encore, une bien grosse différence entre se battre en duel et se battre au beau milieu d’une bataille rangée où les coups pleuvaient sans qu’on ne sache sur qui ils allaient s’abattre. Rogue agita sa baguette en direction du coffre pour le mettre un tout petit peu plus loin, le visage toujours si parfaitement impassible, comme s’il était incapable d’éprouver la moindre émotion.

– La peur est purement mécanique et agit sur votre corps à la façon d’une drogue. Vous ne vous en débarrasserez pas mais vous pouvez la contrôler. Pour ça, il faut procéder en deux parties. La première est physique, s’obliger à respirer profondément pour calmer le cœur, se focaliser sur la réalité puis se préparer à faire face. La seconde est mentale. Au lieu de songer à fuir ou se laisser dévorer, il faut impérativement réfléchir aux façons d’éliminer la source de votre peur. Bien que je sache que le mot « réflexion » ne fasse pas parti du vocabulaire de tout le monde, ici, il faudra malgré tout en passer par là. Pour prendre un exemple basique, la peur des araignées. Celui qui se laissera submerger par sa phobie se contentera de partir en criant ou de se cacher dans un coin. Celui qui surmontera sa terreur tentera d’écraser l’araignée pour supprimer la source du danger. Ce schéma est valable pour toutes les peurs. Vous devez supprimer la source. Lorsque votre plus grande peur est un proche en danger de mort, par exemple, vous devez aller vers lui et combattre ce qui le menace, plutôt que de rester paralysé en attendant qu’une solution vous arrive du ciel. Si votre plus grande personne est une personne réelle, une menace proche, vous devez lui faire face, vous protéger vous-même sans attendre de l’aide.

Sa phrase fut ponctuée par un nouveau violent sursaut du coffre, l’épouvantard dedans était sûrement bien affamé, en sentant tous ces gamins auprès de lui, dont la majorité vivaient dans un stress constant depuis la rentrée. Il y avait de quoi et cette année n’ira pas en s’arrangeant, c’était tout à fait certain. Rogue se doutait que les Carrow, justement, devaient être la nouvelle phobie d’une partie des élèves, depuis quelques temps, le frère comme la sœur s’étaient révélés assez tordus et cruels pour être vus comme des mangemorts affreux et intouchables, alors même que tous deux n’étaient que des sous-fifres sans intérêt, dont on peinait à se rappeler le nom.

– Se concentrer, respirer à fond, réfléchir aux moyens de supprimer la source de la peur puis réagir. Aujourd’hui, pas d’action, tout se fera sur le mental, vous n’allez pas être en situation réelle. Vous n’avez pas besoin non plus de vos baguettes, dans un premier temps. Retenez bien ça, lorsqu’on souhaite s’en sortir, il faut commencer par prendre le contrôle sur sa propre vie.

Jetant un long regard aux élèves présents, il fit signe à  Malia Montgomery d’avancer, prenant au hasard parmi tous les élèves présents. Pas de démonstration, cette fois-ci, place directe à la pratique. S’il n’était, d’ordinaire, pas partisan d’indiquer sans faire la moindre démonstration, dans un cours de défense contre les forces du mal, – officiellement « magie noire » aujourd’hui – il ne pouvait pas se permettre de dévoiler son propre épouvantard, sous peine de compromettre sa mission, le plan de Dumbledore et sa propre vie. Même si l’envie ne lui manquait, il n’était pas encore l’heure de mourir. Pas encore… Sur le moment, aucun élève ne comprendrait aussitôt, cependant, c’était là un risque inutile qu’il ne pouvait pas s’autoriser. A moins qu’il ne soit prêt à mourir de la main de Voldemort d’ici une seconde ou deux. Dès que la Serdaigle de 5ème année fut en place, il lui rappela, point par point, comment s’y prendre. Faire face à sa peur. Avancer pour la confronter. Réfléchir et faire disparaître la source. Qu’ils y arrivent ou non la première fois n’avait aucune importance, le renforcement mental prenait forcément du temps, parfois des années suivant les situations, et ne cessait de se travailler tout au long de l’existence.

– Rappelez-vous qu’en situation réelle, vous aurez moins d’une seconde pour vous reprendre et faire face. Miss Montgomery, préparez-vous. Vous devez trouver la volonté de surmonter votre peur afin de l’affronter en face. Ce n’est possible qu’à condition de prendre le contrôle sur votre corps, votre respiration, gardez et maintenez votre calme. C’est ainsi que vous vous maîtriserez, face à vos peurs.

Rogue lui laissa toute place, face au coffre toujours agité, puis fit un signe de sa baguette vers la serrure en métal, qui s’ouvrit en un clic. Il ne fallut guère de temps avant que l’épouvantard n’en surgisse et ne prenne forme face à la petite Montgomery. C’était parti.



Hors-Jeu

Liste des inscrits :

- Malia Motgmorey, qui passe donc la première
- Lou O’Riley
- Kenneth Coughlin
- Heather Trown
- Lysander Gilson
- Lina Kaveline
- Léon Schepper
- Jimmy Kent
- Andrée de Kerimel
- Meredith Breckenridge

Les autres élèves vont suivre Malia dans l’ordre que vous souhaitez.

Pour le cours :

- Si vraiment, votre personnage perd complètement pied ou ne parvient pas du tout à se calmer et se contrôler, considérez que j’interviens, soit en vous rappelant à l’ordre, soit en faisant suivre un autre élève à votre place.
- Vous avez jusqu’au 19 novembre pour poster. Vous pouvez le faire deux fois si vous voulez, mais pas à la suite.
- Je reculerai cette date si besoin.

Si vous avez besoin de certains détails ou des précisions, envoyez-moi un MP ou postez dans le sujet d’inscription.

Bon cours à tous.

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SERDAIGLE5ème année
    SERDAIGLE
    5ème année
AVATAR : Freya Mavor
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SITUATION AMOUREUSE SITUATION AMOUREUSE: Célibataire
DATE & LIEU DE NAISSANCE DATE & LIEU DE NAISSANCE: 04/03/1982 à Londres
SANG SANG: mêlé
MessageSujet: Re: [Cours - 10 novembre 1997] Défense et Maîtrise de soi Dim 24 Sep 2017 - 19:14

10 Novembre 1997
~
Défense et Maîtrise de Soi




Rentrez, en silence.

Malia ne sut pas si elle devait ressentir un léger soulagement ou encore plus d'appréhension en arrivant en cours de Magie Noire. La silhouette menaçante du professeur Amycus Carrow avait été remplacée par une autre tout aussi sinistre : celle du directeur Severus Rogue. Cet homme dégageait la même froideur qu'un détraqueur et cette prestance glaçante avait toujours apeurée la petite Montgomery. Néanmoins, ce sorcier n'avait jamais cédé à l'impulsivité en attaquant physiquement ses élèves comme son homologue Mangemort se l'était déjà autorisé. L'ancien professeur de potion savait se contrôler et imposait le respect par une autorité naturelle qui ne dépendait d'aucune violence. Malia aurait donc pu être soulagée de ne pas avoir à supporter le regard plein de vices du frère Carrow qui ranimait en elle un terrible souvenir. Seulement, bien qu'elle sût qu'elle échapperait aux tortures physiques, elle ne pouvait espérer sortir de ce cours sans séquelles mentales, car c'était bien dans ce domaine-là que le professeur Rogue était à craindre. Et s'il avait décidé de remplacer Amycus, ce n'était clairement pas pour faire un cours trivial.

Cette hypothèse fut confirmée au moment-même où l'écho de sa voix résonna en un habituel murmure menaçant. Tout d'abord, un discours introductif pour rappeler à chaque élève qu'ils n'étaient plus de simples adolescents innocents mais les engrenages de la guerre, la future génération des Mangemorts, une armée de soldats se devant d'être préparer à défendre la nouvelle idéologie du monde sorcier.

- Or, pour le moment, nous ne voyons que des gamins effrayés, donc aucun ne se demande comment gagner en force, en volonté et en fierté. Aucun qui ne se demande comment s’y prendre pour se battre et se défendre, car il est bien plus facile de rester dans un coin à pleurer.

Malgré tout, il avait raison : ils étaient faibles. Mais qui, à ce si jeune âge, peut prétendre être préparé à la guerre, à se défendre, à se battre ? Ils avaient tous été engloutis par ce chaos sans comprendre vers quels abysses les courants les emporteraient .

- En revanche, vous pouvez changer vos propres façons de faire, même des enfants de onze ans ont des atouts pour ne plus être de simples proies.

Jamais personne ne leur avait appris à nager à contresens pour survivre. Ce cours était-il une bouée de secours ? Malia était confuse. Après deux mois où les Carrow n'avaient fait que les rabaisser et les affaiblir, voilà que leur directeur proposait de les renforcer ? Mais pourquoi donc Rogue voulait-il les aider ? La naïveté de la fillette s'évapora aussitôt qu'elle se soit rappelée de ses premières paroles : Rogue ne voulait pas les aider, il voulait les former. Pour ensuite les contrôler. Ils ne représentaient qu'une jeunesse influençable sous l'emprise des Mangemorts et Malia ne devait pas l'oublier. Elle ne devait pas oublier qu'elle n'était qu'un pantin et même si elle ne tirait pas les ficelles, elle pouvait à tout moment se défaire de ses liens. Suivre mais ne pas se laisser influencer. Ecouter mais garder en tête qui elle était. Obéir mais ne jamais négliger ses valeurs et ses principes. Ainsi, elle prendrait en compte les conseils du Mangemort, car elle avait effectivement besoin de se renforcer mentalement et physiquement, mais jamais elle n'entrerait entièrement dans les rangs et elle devait absolument s'accrocher à cette conviction car elle ne voulait plus subir la guerre.

- Les faibles, les impulsifs et les sentimentalistes meurent toujours les premiers. Maintenant, debout.

L'emploi du verbe "mourir" assomma assez violemment la bleue et bronze. Leur professeur n'avait pas peur d'utiliser des mots crus et forts en intensité qui, malgré tout, reflétaient la sombre réalité. *Eh oui, Malia, des morts il y en a eu et il y en aura encore, il faudrait que tu en prennes enfin conscience* lui susurra l'infime part de rationalité qui vivait en elle. *Et ne nie pas que tu ne te reconnais pas dans la première et la dernière catégorie qu'il a cité*. La blonde vénitienne fit taire cette voix et se leva de sa chaise pour se diriger vers l'endroit qu'avait indiqué le professeur.

Alors que ce dernier réaménagea la salle en déplaçant les tables, Malia sembla enfin sortir de sa bulle solitaire pour découvrir l'identité des autres élèves présents à ce cours. Tout d'abord, elle remarqua Lou et elle hésita à le saluer. Elle ne l'avait plus croisé depuis la Nuit des Souffrances et, bien qu'elle ne s'isolait plus depuis quelques jours, elle ne savait toujours pas comment aborder à nouveau ses camarades après cette exclusion sociale. Comment réagirait-il si elle venait lui parler ? Ferait-il partie de ceux qui, le regard fuyant, lui répondrait mal-à-l'aise avec le désir d'achever la conversation ? Ou bien de ceux qui, le regard tout de même empreint de pitié, verraient toujours en elle l'amie qu'ils avaient connue ? Et lui, avait-il été blessé la nuit du 17 octobre ? Toutes ses craintes la dissuada finalement de saluer Lou et elle détourna le regard pour aussitôt croiser celui de Lysander. Lui aussi elle l'ignora, après tout ils ne se connaissaient pas si bien et leurs rendez-vous sportifs se faisaient de plus en plus rares ces derniers temps. Puis, quand elle aperçut Meredith, elle ne se posa même plus la question, elle non plus elle ne la saluerait pas, cela faisait depuis la rentrée que les deux cinquième année ne s'adressait plus un mot. Malia trouvait la Rouge-et-Or métamorphosée depuis qu'elle portait l'écusson de préfète, jamais elle ne l'aurait pensé aussi orgueilleuse et fière de détenir l'autorité et ce nouveau comportement la décevait beaucoup. Mais bon, une fois le choc passé, elle s'était faite une raison, elle n'avait tout simplement pas dû connaître sa camarade de classe aussi bien qu'elle l'avait pensé.

Pour finir, son regard se posa sur la dernière personne que l'aiglonne avait eût envie de voir : Léon Shepper. Bien que Malia s'était remise de leur rupture depuis les vacances d'été, la douleur laissée par son ex-petit ami était toujours présente au fond d'elle-même et se ravivait un peu à chaque fois qu'elle croisait son minois fier qui lui rappelait tant la désillusion qu'elle avait connue. Lasse de détourner le regard devant chaque visage qu'elle apercevait, elle baissa finalement la tête pour fixer ses chaussures -sa bulle solitaire n'était pas si mal dans le fond - jusqu'à ce qu'un coffre grinçant attire son attention. Devant eux, l'objet en question remuait étrangement et Malia devina rapidement ce qu'il renfermait, une vision similaire à celle-ci étant encore bien trop fraîche dans son esprit. Une appréhension incontrôlable évoluait en elle alors qu'elle se voyait déjà en train de revivre la nuit d'Halloween face à un terrible épouvantard. Face à ses plus grandes peurs.

-  La peur est purement mécanique et agit sur votre corps à la façon d’une drogue. Vous ne vous en débarrasserez pas mais vous pouvez la contrôler.

Le contrôle. Voilà bien ce qui avait manqué à la Serdaigle à sa dernière confrontation avec un épouvantard, elle avait aussitôt défaillie, perdant tous ses moyens, incapable de réfléchir et d'arrêter les tremblements spasmodiques de ses membres. Elle avait été si pitoyable, cela ne devait pas se reproduire. Mais arriverait-elle à se contrôler aujourd'hui ? Il le fallait, elle était bien trop émotive, elle devait à tout prix apprendre à gérer ce défaut, sinon comment pouvait-elle espérer survivre ? Elle voulait renforcer son mental, elle voulait se prouver à elle-même qu'elle n'était pas faible et que toutes les fois où elle s'était promis d'être forte, elle ne s'était pas mentie. De la volonté, elle en avait, mais à cela s'ajoutait bien souvent un idéalisme irréaliste. Ainsi, sa naïveté l'avait récemment poussée à s'engager sur la voie de la résistance lors de cette guerre mais pour le moment le seul rôle qu'elle avait su endosser était celui de la victime. Cela devait changer et jamais elle n'aurait imaginé que ce fut le professeur Rogue qui lui en ferait prendre conscience. Alors, elle écouta ses conseils pour faire face à la menace et se contrôler, plus attentive qu'elle ne l'avait jamais été lors de ses cours.

Sa motivation suite à ses paroles ne cessait de croître jusqu'à ce qu'il la désigne pour débuter l'exercice. Toute son appréhension, mêlée d'une angoisse dévorante, surgit à nouveau et piétina sa détermination. Elle ne voulait pas passer la première, elle n'était pas prête, elle n'avait pas eu le temps de se préparer, non elle ne voulait pas déjà refaire face à un épouvantard. Malgré le refus de son esprit à coopérer, ses jambes avancèrent d'elles-mêmes, contraintes de se plier aux ordres du Mangemort.

- Rappelez-vous qu’en situation réelle, vous aurez moins d’une seconde pour vous reprendre et faire face. Miss Montgomery, préparez-vous. Vous devez trouver la volonté de surmonter votre peur afin de l’affronter en face. Ce n’est possible qu’à condition de prendre le contrôle sur votre corps, votre respiration, gardez et maintenez votre calme. C’est ainsi que vous vous maîtriserez, face à vos peurs.

Ces dernières paroles résonnèrent sourdement dans l'esprit de la Serdaigle alors que ses yeux fixaient le coffre remuant. Rapidement, elle essaya de remettre ses esprits en place et de se concentrer malgré le chaos qui envahissait déjà ses pensées. Certes, le souvenir récent d'Halloween était la principale cause de cette angoisse prématurée, néanmoins cet évènement traumatisant pouvait représenter un réel avantage : elle connaissait la forme qu'allait prendre l'épouvantard. Comment allait-elle donc garder le contrôle face à un détraqueur ? Il suffisait de ne pas se laisser engloutir par le désespoir, s'accrocher à un souvenir heureux. Elle ferma un instant les yeux et se concentra sur son passé, son enfance, sa famille, le lac gelé en Finlande, le patinage... Un cliquetis signala l'ouverture du coffre et Malia, sûre d'elle, rouvrit les yeux.

Seulement, ce ne fut pas un détraqueur qu'elle découvrit alors, mais une foule de personnes qui s'agitaient autour d'elle et commençaient à l'encerclait comme pour refermer peu à peu le piège. Ils criaient. Tous. Les mêmes cris d'horreurs, les mêmes plaintes de souffrance qui avaient par deux fois animés la Grande Salle au mois d'Octobre. Que se passait-il ? Où était passé l'épouvantard ? S'était-il trompée de cible pour que les autres élèves soient terrifiés ? Ou bien une autre menace avait interrompu le cours ? Soudain, Malia fut dévorée d'une angoisse folle alors qu'elle se faisait bousculer, écraser les pieds et qu'elle se prenait des coups dans les côtes et sur la tête. Elle avait toujours haït les foules, elle avait l'impression d'étouffer dans une étreinte puissante sans trouver d'issue et cette pression qui l'enserrait la faisait paniquer. De plus, son ochlophobie s'était renforcée avec les derniers évènements qui avaient poussé son cerveau à associer la foule au danger, à la menace, aux Carrows, à la souffrance, à la soumission et à l'inexorable.

Haletante, elle ne comprenait toujours pas ce qui se passait et elle porta les mains à ses oreilles pour oublier les cris qui torturaient ses tympans, pour fuir mentalement. Elle remarqua alors qu'elle ne reconnaissait aucun élèves. Ni Lou. Ni Lysander. Ni Meredith. Ni Léon. La foule semblait floue et difforme, l'amas de corps qui l'enserrait et lui tournait le dos ne semblait pas humanoïde.  Ebranlant la barrière de son qu'elle venait de créer, Malia affaissa une de ses mains pour tirer l'épaule devant elle. Un cri strident s'échappa alors sa cavité buccale quand elle découvrit le visage de la personne qui venait de se retourner. Ou plutôt, son absence de visage. La créature n'avait ni d'yeux, ni de nez, ni de sourcils, mais elle avait une bouche. Rien qu'une bouche longue et difforme qui occupait l'entièreté horizontale de sa face abjecte. Une bouche qui hurlait à s'en déchirer les poumons. Et bientôt, tous les autres corps se retournèrent pour faire face à la petite Malia avec le même visage effrayant. Ils criaient tous à l'unisson.

Un premier pic d'angoisse électrisa son corps et tétanisa ses muscles. Puis, elle comprit : ce n'était pas réel. Ce n'était que le fruit de ses peurs réunies. L'ochlophobie. La souffrance humaine. Ses cicatrices. Ce n'était que l'épouvantard. Et celui-ci s'était lui-même trahit en voulant augmenter l'intensité de la terreur. La Serdaigle plongea sa main dans sa robe de sorcière pour attraper sa baguette par réflexe de défense mais ses doigts ne sentirent rien d'autre que le pan de tissu. Elle se souvint alors que l'exercice devait être réalisé sans baguette. L'exercice... mais oui ! Il s'agissait seulement d'un exercice ! Malia déporta son regard des visages effrayants pour fixer le sol et, tremblotante, elle essaya de se rappeler des paroles du professeur. Respirer. La jeune fille se concentra sur son souffle haletant pour essayer de le calmer et de le réguler. Cependant, comme pour empêcher cela, l'amas de corps se fit de plus en plus oppressant et elle eut l'horrible impression que sa cage thoracique allait être broyée. La peur menaçait de la submerger à nouveau alors elle se répéta les mots suivants : *Ce n'est pas réel*.

Elle reprit une grande inspiration et tout en évacuant lentement l'air de ses poumons, elle essaya de se remémorer encore un peu plus les derniers conseils énoncés. Prendre le contrôle. Oui, il fallait trouver un moyen de surpasser sa peur, ne pas la fuir. La sorcière rouvrit les yeux, s'obligea à faire face aux visages balafrés et s'interdit de faiblir sous les plaintes lancinantes. *Ce n'est pas réel*. Elle prit une nouvelle inspiration et leva ses bras encore tremblants pour pousser de toutes ses forces les êtres monstrueux qui l'étouffaient. *Ce n'est pas réel*. Elle tenta d'avancer en dégageant comme elle le pouvait les corps qui lui bloquaient le passage. *Ce n'est pas réel*. La foule semblait se reconstituer à l'infini mais la Montgomery ne perdait pas espoir et continuait de se convaincre qu'elle finirait par trouver une issue. *Ce n'est pas réel*. Avec acharnement et détermination, elle continuait son chemin alors que la foule se faisait de moins en moins dense, l'épouvantard faiblissait. *Ce n'est pas réel*. Sa volonté prenant pleinement le dessus sur sa détresse, elle parvint finalement à créer une faille dans cet étau qui l'enfermait et elle s'en extirpa en puisant dans ses dernières forces, puis elle s'écroula par terre devant les autres élèves après avoir franchi la dernière barrière.

L'épouvantard s'évapora dans une fumée et se dirigea vers une nouvelle cible. Cependant, au lieu de se calmer, Malia haleta à nouveau, parcourue de tremblements, cédant finalement à la panique qu'elle avait refoulée bien trop longtemps. Certes, elle avait réussi à se contrôler et surpasser sa peur l'espace de quelques minutes. Mais cela était-il pour autant une réussite ? Serait-elle parvenu à résister plus longtemps face à un épouvantard plus coriace ? Mieux encore, serait-elle capable de faire de même en situation réelle ?

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[Cours - 10 novembre 1997] Défense et Maîtrise de soi

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