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[Cours - 10 novembre 1997] Défense et Maîtrise de soi

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DIRECTEUR DE POUDLARDMangemort
    DIRECTEUR DE POUDLARD
    Mangemort
AVATAR : Alan Rickman
MESSAGES : 189

INFOS PERSONNAGE
SITUATION AMOUREUSE SITUATION AMOUREUSE: Amoureux frustré de très longue date
DATE & LIEU DE NAISSANCE DATE & LIEU DE NAISSANCE: 9 janvier 1960, dans une petite ville moldue sans intérêt
SANG SANG: mêlé
MessageSujet: [Cours - 10 novembre 1997] Défense et Maîtrise de soi Dim 17 Sep 2017 - 10:56

De nombreux jours de réflexion avaient été nécessaires, pour le directeur de Poudlard, pour peser la balance, définir le pour et le contre, la façon de présenter les choses et les limites à ne pas franchir. Et surtout, savoir ce qui méritait le plus d’importance. Entre préserver les apparences et mener le jeu à son terme, ou bien agir, même à un faible niveau, pour éviter un bain de sang et risquer du même coup de mettre en danger sa couverture… Tant effrayé que tout ne soit perdu à jamais, Rogue avait tout d’abord décidé de ne pas agir, sa dernière peur était que tout cela ne serve à rien et qu’ils échouent à contrer Voldemort. Puis d’autres éléments étaient venus s’ajouter au tableau, il avait longuement observé les élèves, entendu jusqu’à certains pleurer ou crier dans leur sommeil, en se rendant, très tard dans la nuit, dans la salle commune des Serpentard, puis lorsqu’il en avait tant vu se traîner dans les couloirs du château avec des airs de cadavres fraîchement déterrés. Si cela se poursuivait ainsi, ou si tout allait trop loin, plus aucun élève ne sera en état de se défendre lorsque l’heure de la grande bataille arrivera, lorsque le mage noir sera aux abois et que sa puissance de destruction se tournera vers Poudlard, vers Potter et ses alliés. Mais que faire ? La plupart de ses plans n’étaient pas bons, la situation semblait inextricable, puis l’occasion s’était enfin présentée.

Un certain souffle d’air frais allait enfin souffler sur ce château, et cela grâce à Voldemort, qui l’aurait cru ? L’histoire avait sans doute déjà parcouru tout le château, Amycus avait senti son bras le brûler en plein milieu d’un « cours », si on pouvait se permettre d’appeler ça un cours, et était parti aussitôt, plantant là des élèves qui en étaient sûrement très heureux. Qui sait quelle mission le Lord avait pu trouver pour un être aussi misérable que lui, il était à peine bon à garder sous contrôle toute une phalange de gamins sur fond de révolte. Dommage que sa très chère sœur n’ait pas disparu au même moment, une odeur moins fétide aurait ainsi pu planer dans le château… Il était encore assez tôt, et pourtant, cette bonne femme aigrie et mauvaise tapait déjà sur le système du directeur, bien qu’il n’en montre rien. Pour une fois, Rogue avait fait l’effort de descendre dans la Grande salle pour le petit-déjeuner, plus par souci de surveiller Alecto et ses caprices que par envie de partager un petit-déjeuner convivial avec les collègues. D’autant plus avec pour voisine une Carrow aussi enjouée que son frère ait été choisi pour une mission que de mauvaise humeur car son devoir se limitait entre les murs de cette école, en compagnie de gamins qu’elle haïssait, qu’importe leur sang. Sa présence rendait ainsi tout moment des plus convivial, Rogue avait bien hâte que le début des cours arrive vite et qu’il en soit débarrassé. Sa seule consolation était de voir à quel point il pouvait la rendre encore plus aigrie, tout comme elle le détestait.

– Vous déjeunez ici, le matin, maintenant ? grogna-t-elle tout à coup à la manière d’un ours.

– Ravi que ça vous fasse un tel plaisir.

Il n’écouta pas ce qu’elle ajouta ensuite, occupé à boire le reste du café qu’il s’était préparé deux ou trois heures plus tôt, après une nuit plutôt mauvaise et agitée. Novembre avançait doucement et le froid était déjà arrivé, depuis un petit moment, rendant le vent encore plus glacé et l’air sec. Le moral des élèves et des enseignants était à l’image de l’hiver approchant, froid, terne et sans la moindre étincelle, Poudlard avait décidément déjà beaucoup souffert. Et avec les récents événements… Alecto avait de la chance, beaucoup de chance, même si elle n’en avait aucune conscience. Si Severus avait l’assurance qu’elle ne serait pas remplacée par un autre mangemort, sans doute encore pire, il se débarrasserait d’elle sans le moindre remord ni la moindre hésitation. D’elle et de son frère, l’envie le brûlait et il espérait tant pouvoir le faire avant de succomber lui-même. Las, l’année risquant d’être chargée, il doutait d’avoir pareille occasion, le plaisir reviendra à ses collègues. Sans doute à Minerva, d’ailleurs, si tant elle était capable de tuer quelqu’un, même une personne aussi infecte qu’Alecto. Il en doutait un peu, elle était courageuse, loyale, protectrice et tout ce que l’on voulait, prête à se battre et à défendre les élèves, oui, en revanche, aller jusqu’à tuer un ennemi, il ne le pensait pas. Dommage. Quelqu’un d’autre le fera sans doute, ou la blessera si gravement qu’elle ne s’en relèvera pas.

La colérique avait dû remarquer qu’il ne l’écoutait pas car son piaillement cessa tout à coup, lui laissant une paix bienvenue. Merci bien. Le regard noir et scrutateur du directeur passa avec lenteur sur les différentes tables, observant les élèves, s’attardant sur certains d’entre eux, les lèvres légèrement pincées. Un seul releva la tête au bon moment et croisa son regard, à la table des Serdaigle, le rebaissant aussitôt avec le teint un peu plus pâle. Rogue plissa un peu les yeux, s’attardant sur tout le groupe, détaillant les regards inquiets et indignés, les postures repliées sur elles-même ou au contraire grinçant d’une colère sourde, à peine étouffée. Le même tableau se répétait aux autres tables, pas une seule maison n’avait été épargnée, de nombreux élèves portaient des marques de maltraitance, les regards se ressemblaient, les attitudes également. Au milieu de sa contemplation, la voix insupportable d’Alecto se fit à nouveau entendre, cette fois pour se plaindre de quelques élèves des maisons Gryffondor et Poufsouffle, qui lui tenaient tête durant ses cours et étaient incapables de comprendre l’importance de séparer sorciers et moldus. Tiens donc, comme c’était étonnant, des enfants refusant de comprendre quelque chose d’aussi illogique et irrationnel, en plus d’être impossible à imposer ? Très curieux, il se demandait bien pourquoi ces « cours » ne fonctionnaient pas. Severus ne répondit pas, ne voyant pas pourquoi il s’en donnerait la peine, se contentant de boire en silence son café.

L’heure avançait, cependant, sa charmante voisine partit vers les étages et sa classe, pendant que Severus quittait lui-même la Grande Salle. Il s’en voulait beaucoup de ne pas avoir réalisé bien plus tôt l’ampleur de la situation et à quel point beaucoup s’étaient laissés aller sans réagir, sous la menace, en oubliant parfois des mesures pourtant élémentaires. Personne ne pourra lui faire croire qu’aucun, absolument aucun élève, n’aurait pu échapper à la surveillance des Carrow et des préfets, cette fameuse nuit, pour courir alerter un professeur de ce qui se tramait ! Même sans être certain, qui pouvait s’attendre à du bonheur en étant traîné en pyjama dans la Grande Salle à quatre heures du matin pour répondre à la convocation de deux mangemorts ? Il fallait rappeler une autre règle ô combien élémentaire, à savoir que lorsqu’on tenait à mener des actes de Résistance, il fallait être capable de les assumer derrière, à moins d’être assez égoïste ou cruel pour regarder les autres souffrir à cause de vous. Arriver devant sa classe lui fit un effet assez étrange, voilà bien longtemps qu’il n’avait plus pratiqué ce genre d’exercices et aucun élève ici ne voudrait savoir précisément ce qu’il faisait de ses journées et ses nuits. Ce cours était hors des clous et ne comptait pas non plus dans le programme officiel, Rogue n’avait que pour but de leur fourrer un peu de plomb dans le crâne avant qu’il ne soit trop tard. Il ouvrit la porte de la classe, le visage parfaitement fermé, face aux étudiants.

– Rentrez, en silence.

La précision « en silence » n’était pas forcément la plus utile, cela dit, Rogue n’avait jamais eu de problèmes, au cours de sa carrière, pour maintenir le silence dans une classe. Une fois tout le monde entré, il franchit le pas à son tour et referma derrière lui, lançant d’un ton éternellement froid aux gamins, au passage, de ne pas sortir leurs livres, ils n’en auront pas besoin. Surtout ce livre inepte qu’on les avait forcé à acheter pour le cours de magie noire. Une fois devant la salle, il observa tout le monde, comme il l’avait fait un peu plus tôt dans la Grande Salle, sans se forcer de paraître plus aimable ou moins distant. Mis à part les petits première année qui ne le connaissaient pas, ou que par bref aperçu, tous les autres connaissaient son caractère qui n’avait rien à envier à l’amabilité d’une porte de prison. C’était en étant face à eux, de près, qu’il remarquait vraiment combien ils étaient touchés, certains devaient aussi être blessés, selon leur posture ou l’attitude défensive, malgré eux ou non, qu’ils adoptaient. Ce n’était peut-être que des gosses, soit, mais Rogue ne les voyait plus ainsi. Plus aucun d’entre eux ne pouvait plus prétendre à l’innocence enfantine, et par conséquent, plus aucun d’entre eux ne pouvait plus se comporter comme un enfant.

– Je remplace votre professeur habituel pour ce matin. Un cours plus particulier que d’ordinaire, étant donné que bien des points pourtant primordiaux s’oublient, ces derniers temps… Pour commencer, il serait temps de comprendre une chose essentielle. Vous êtes sur les bancs de cette école pour devenir une génération de sorcières et sorciers plus forte et fière de l’être, de redresser l’Honneur de vos familles pour certains d’entre vous, et d’être à même de remplir les tâches qui vous seront confiés. Vous êtes là pour chasser la faiblesse, la lie, ne pas être de simples poids morts à traîner dans la société. Et pour cela, on attend de vous que vous soyez entraînés, réactifs et pourvus d’une forte volonté. Or, pour le moment, nous ne voyons que des gamins effrayés, donc aucun ne se demande comment gagner en force, en volonté et en fierté. Aucun qui ne se demande comment s’y prendre pour se battre et se défendre, car il est bien plus facile de rester dans un coin à pleurer.

Le directeur marqua une légère pause, les couvant du regard, un par un, en espérant qu’ils se rentrent déjà ce message dans le crâne. Peu importe que personne ici ne puisse comprendre dans quel but il prononçait ces paroles, tant qu’ils en comprenaient le sens. Pleurnicher dans un coin n’avait jamais aidé qui que ce soit à s’en sortir, ni espérer une aide qui ne viendra pas avant des jours, des mois ou bien jamais. Rogue parlait d’un ton presque serein, peu fort, sa baguette en main, l’autre bras appuyé contre le bord d’un haut pupitre. Ils voulaient s’en sortir ? Ils allaient devoir redresser la tête et avancer. S’obliger, avoir mal au début et souffrir encore, peu importe, mais ils devront avancer s’ils espéraient se tirer de cette guerre vivants ! Et ça, ou ils le comprenaient maintenant ou ils passaient les mois suivants à pleurer au fond de leur lit en priant pour que leur douleur disparaisse comme elle était venue, sans pouvoir lever le petit doigt et la stopper d’eux-mêmes. C’était difficile, ils auront du mal, beaucoup de mal pour certains, mais c’est une chose dont ils se serviront toute leur existence, qu’elle soit longue ou courte.

– Au cas où il y aurait des imbéciles suicidaires dans cette salle, comprenez bien ça… Votre âge ne vous protégera pas, pas plus que votre sang. Pleurnicher sur l’injustice du monde non plus. Demander pitié ne sert à rien, vous n’arriverez pas à changer le comportement de qui que ce soit. En revanche, vous pouvez changer vos propres façons de faire, même des enfants de onze ans ont des atouts pour ne plus être de simples proies. Renforcer son mental commence par contrôler ses émotions, si vous vous laissez dévorer par votre peur, vous n’arriverez jamais à rien. Les faibles, les impulsifs et les sentimentalistes meurent toujours les premiers. Maintenant, debout.

Il leur fit signe d’aller tous se ranger plus loin puis agita sa baguette pour faire s’envoler les tables et les bancs et les repousser en tas près des murs. Place à la pratique, maintenant. Une fois la salle prête, Rogue fit léviter un coffre assez lourd dans lequel remuait et battait une créature. Il avait mis du temps à la trouver, en dénichant un par pur coup de chance lors d’un récent voyage, la veille à vrai dire, et l’avait emportée avec lui pour ce cours. Le coffre grinça un peu alors que la créature à l’intérieur s’agitait de plus belle, Rogue se contenta de le pousser à l’endroit voulu avec un regard indifférent, puis se retourna vers les élèves. Il n’avait guère eu le temps de repérer ceux qui étaient encore affaiblis ou blessés, du moins, pas pour tous… Pour cela, dans le cadre de la seconde partie du cours, il faudra éviter certains exercices ou du moins les atténuer. Merci aux Carrow, définitivement, ces deux imbéciles n’étaient même pas capables de contrôler leurs propres nerfs, c’était si lamentable ! Ils n’avaient rien compris à la volonté du Lord Noir, pour cette année si particulière, rien compris à la nécessité de former une nouvelle génération plus dure et plus puissante, rien compris à la ligne directrice que cette école devait donner. Même une tâche aussi simple que d’entraîner la future génération était hors de leur portée. Ils n’étaient que bon à imposer un régime de terreur à tous, incapables de réfléchir, incapables de prendre leur destin en main et de voir au-delà des apparences.

Quant aux élèves, il restait à savoir s’ils seront capables, aujourd’hui, de se ressaisir et accepter l’idée qu’on ne peut pas progresser sans douleur ni volonté. Il ne leur parlait pas de cours, ici, mais de leur vie. Il s’attarda sur chacun d’eux, de son regard noir que beaucoup qualifiaient de sans âme, ce en quoi ils n’avaient pas tord. Heather Trown, tout d’abord, en dernière année à Serpentard. L’archétype même du gamin renfermé par la faute d’une « famille » qui ne méritait pas ce nom et qui avait transformé la douleur en colère, impatience et haine. Il connaissait bien ce genre de sentiments, pour être passé par là lui-même, et n’avait donc jamais demandé à son élève l’origine des marques sur son corps, renouvelées après chaque rentrée, leur source était assez évidente. Deux ou trois fois, l’infirmière lui en avait fait le reproche, les ayant vu elle aussi par accident et scandalisée qu’en tant que directeur de maison, il n’en parle pas à la petite. Et à quoi bon, qu‘aurait-elle voulu qu’il fasse, se rendre chez Trown pour liquider son géniteur ? Ce droit ne lui appartenait pas, il était propre à la fillette, c’était bel et bien à elle seule d’agir.

Ensuite Schepper, lui aussi issu d’une famille ne sachant pas assumer le rôle, à croire que le maison des verts et argent avait un don pour attirer les gamins dans ce cas de figure. Pas de maltraitance, cependant, plutôt de l’indifférence. Rogue connaissait mieux les dossiers personnels des élèves de sa propre maison, et pour cause, et se demandait par conséquent comment le gamin Schepper n’avait pas été réparti à Serdaigle. Certes, le gamin ne manquait pas d’ambition, il avait une bonne volonté, mais Rogue ne pouvait s’empêcher de voir en lui un potentiel qui avait été peu à peu gâché par la mentalité de la maison des verts et argent. Le « Débrouille-toi seul et sois le plus fort » était adapté à ceux qui avaient en eux le désir violent de réussir sans compter sur qui que ce soit, mais Schepper aurait sans aucun doute mieux réussi s’il avait pu à la fois se mesurer aux autres et compter sur leur appui. Il y avait une grande rivalité aussi chez les Serdaigle, impossible de le nier, en revanche, il y avait aussi plus d’entraide et une logique implacable qui forçait chacun à ouvrir les yeux sur ce qu’on est réellement, moins de faux-semblant qu’à Serpentard. C’était… dommage.

Puis Gilson, un gamin pour qui il avait toujours éprouvé assez de respect, parmi tous les élèves de sa maison. La raison était simple, malgré les « problèmes » emmenés avec lui dès le départ, dus à son ascendance, il n’avait jamais baissé les bras et s’était même bien débrouillé, avec les circonstances récentes, se servant de la Ruse si chère à cette maison. Aujourd’hui, il lui semblait cependant plus fragilisé qu’auparavant, se demandant s’il s’agissait là de l’influence unique des Carrow ou plus globalement de ce qui arrivait dans le monde sorcier. Néanmoins, il n’était pas l’un des élèves qui inquiétait le plus Rogue, bien au contraire, il était de ceux dont le directeur savait qu’ils s’en sortiront, quoi qu’il arrive, il avait confiance. En bien ou en mal, ils feront quelque chose de leur vie, il suffisait seulement, pour quelques uns d’entre eux, qu’ils ouvrent les yeux. La seule chose actuellement inquiétante chez le gamin de septième année était son incroyable pâleur et ses yeux cernés, au point que Severus se demanda s’il passait ses nuits à dormir ou à arpenter le château en ressassant de sombres pensées. Ça aussi, c’était presque une mode, à Serpentard, dormir dans les profondeurs des cachots ne devait pas être très sain pour la santé mentale.

Le gamin suivant sur lequel son regard se posa rapidement était en sixième année, cette fois à Gryffondor. Si Gilson était le portrait du bon-petit-élève-de-serpentard, O’Riley était sans conteste celui de Gryffondor. Mais Rogue le connaissait moins que les élèves de sa propre maison, car il n’avait jamais eu à gérer son dossier, son envie d’orientation ni d’éventuels problèmes causés par lui ou contre lui, c’était là le problème de McGonagall. Les seuls échanges avec le gamin s’étaient faits durant le cours de potion, en plus de l’année précédente en cours de défense contre les forces du mal. Ni mauvais  ni exceptionnel, le Gryffondor s’était fondu dans la masse sans se faire remarquer par son incompétence noire tels certains de ses camarades de maison. En revanche, Severus voyait bien mal comme un gamin qui ne pouvait pas courir alors réussir à s’en tirer vivant lorsque Voldemort sera prêt à s’en prendre à l’école et à ceux qui voudront la défendre. S’il ne s’écartait pas de lui-même des combats, ce qui risquait d’arriver d’ailleurs, étant donné son tempérament, il faudra que d’autres le forcent à le faire.

Puis venait un autre rouge et or, le gosse Kent, que Rogue n’avait, très sincèrement, jamais pu voir en peinture. Rogue n’appréciait pas les personnes ne fournissant aucun gros effort dans leur travail et se contentant du strict minimum, les personnes sans la moindre petite flamme d’ambition, somme toute, et n’appréciait pas plus les gamins naïfs et téméraires, qui ne réfléchissaient pas avant d’entreprendre quoi que ce soit. Autant dire que Kent était très mal parti, avec lui, en classe, et il était de ceux à qui le directeur avait retiré un nombre incalculable de points, bien que cela n’égale ni Potter, ni Londubat, alias les deux cornichons naïfs les plus irrécupérables de toute cette maison. Severus n’attendait pas grand-chose de Kent, pour ce cours, ce gamin était-il au moins capable de se concentrer plus de dix minutes d’affilée ? Rien n’était moins sûr… On allait essayer, on allait voir, peut-être il y aura-t-il une surprise agréable, qui sait. Certains réfléchissaient, parmi les Gryffondor, des élèves capables de se surpasser et de montrer qu’ils en avaient plus dans le ventre qu’on ne voulait le croire.

La petite Montgomery, aussi présente, une Serdaigle en cinquième année, était aussi bien frêle. Une rêveuse idéaliste qui lui avait toujours un peu rappelé Lovegood, bien qu’elle soit plus sur terre que sa collègue bleu et argent. Lorsque son regard passa sur elle sans s’arrêter, Rogue se demanda comment elle allait faire, ainsi que tous les autres du même genre, pour survivre à ce qui les attendait tous. Les naïfs et les rêveurs étaient dans le même panier, pour lui. Il ignorait comment Montgomery allait se débrouiller pour défendre sa vie, si elle osera vraiment frapper, voire tuer en cas de besoin, si elle osera plonger dans dans le nerf de la guerre, que ce soit de plein gré avec l’envie d’en découdre ou par pur instinct de survie. Il savait qu’elle avait rejoint l’armée de Dumbledore, cette année, cependant, entre l’entraînement encore bien gentil entre élèves et la réalité, il y avait une énorme différence, un gouffre considérable à franchir.Il ne sera pas là pour le voir, néanmoins, il ne restait qu’à espérer, pour elle, qu’elle franchisse le cap et réagisse aussitôt, intelligemment, lorsqu’elle sera confrontée au réel.

Un autre Gryffondor dont il doutait des capacités de concentration intense était Coughlin… Être courageux et en manque de sensations fortes, c’est très bien, ça, sauf lorsque cela vous pousse à commettre les pires âneries en chaîne sans comprendre à quel point ce comportement peut desservir. Rogue eut un regard plus blasé qu’énervé ou simplement agacé, lorsqu’il le regarda un petit instant, au milieu des autres élèves. S’il fallait voir le bon côté des choses, disons, qu’au moins, il saura survivre un petit moment au milieu de la guerre ouverte. A courir partout comme une puce surexcitée, ça pouvait se révéler une stratégie un tant soit peut utile pour échapper aux sorts. Si tant est que son côté naïf et révolté ne se réveillait pour s’amuser à provoquer un mangemort qui, dans un coup d’énervement, se contenterait tout simplement de le faire exploser, lui et tout un pan du château avec. Le directeur s’attendait presque à ce qu’il se trouve un soudain élan stupide dans ce cours et s’écrier que ce n’était pas bien de confronter des élèves à leur peur ou il ne savait quoi encore. Son genre épuisant habituel, somme toute.

Une silhouette bien moins haute que les autres se détachait du groupe, une élève de sa maison, encore une fois, la petite Kerimel. Une des rares à ne pas le connaître, sinon de noms et par quelques rares visu, Rogue n'étant pas le genre à se balader dans tout le château. Très fine avec une tête de malade en phase terminale, une gamine dont Rogue se demandait encore ce qu'elle faisait à Serpentard. Comme pour Malefoy, comme pour d'autres, y compris Potter, il avait le sentiment qu'elle n'était là que parce qu'il "fallait y être", sans qu'il ne puisse encore dire pour autant si son tempérament la poussait plus vers Gryffondor ou Serdaigle. De ce qu'il en avait vu, Poufsouffle était exclu, mais il la connaissait encore trop peu pour définir la juste maison, qui lui conviendrait le plus. Ce cours lui fournira quelques éléments de plus, allait-elle se battre, allait-elle s'effondrer ? Les petits de cet âge pouvaient se révéler très surprenant mais avaient aussi plus de difficulté à rester concentré bien longtemps. Enfin, étant donné son jeune âge, il ne pouvait pas se permettre de la secouer autant, en cas de besoin, que les lèves de cinquième ou septième année.

La préfète de Gryffondor était aussi dans le tas, une gamine de cinquième année dont Rogue avait déjà entendu des belles, de la part des Carrow, et dont il hésitait à croire ne serait-ce que la moitié. Et en admettant que ce soit vrai, qu'elle agisse ou non pour la "cause commune", quelle importance ? Il n'avait pas poussé l'enquête plus loin et n'éprouvait aucune envie de le faire, fatigué par avance de démêler les ragots colportés par des collégiens du reste.Il ne se souvenait même plus pourquoi cette fille avait été nommée préfète, d'ailleurs, en y repensant, et ne connaissait pas non plus son niveau en duel ou au combat. Comme pour Kerimel, il attendait de voir, l'épouvantard et la réaction face à lui étaient d'excellents indicateurs sur la personnalité, d'une part, et la force mentale d'autre part. Si cette fillette faisait honneur à sa maison, elle ne s'effondrera pas dès le début, ou du moins pouvait-on l'espérer. Il ne s'attarda pas sur elle, son regard continuant de balayer la classe alors qu'ils reculaient et reformaient le groupe plus loin, la plupart jetant des regards anxieux vers le coffre où était enfermé l'épouvantard.

La dernière élève dont il croisa le regard fut Kaveline, cette fois en dernière année à Poufsouffle. Sur elle également, il n’avait que très peu à dire, car s’il y avait bien deux maisons dont les membres l’évitaient comme la peste, c’était bien Gryffondor et Poufsouffle. Pour les premiers, il comprenait, faisant tout pour leur pourrir la vie. Pour les second, plus mystérieux, déjà, ils n’aimaient sans doute pas le contraste un peu trop appuyé entre lui et Chourave, allez savoir. Il attendait donc de voir ce que cette fille de septième année allait pouvoir sortir, aujourd’hui, voir ce dont elle était capable et comment. Déjà, physiquement, elle semblait en assez bonne forme pour courir et échapper aux sorts mortels qui ricocheront au-dessus de sa tête, premier bon point. Pour le reste, ils verront… Elle faisait parti du club de duels, non ? Cela lui servira sans doute, malgré qu’il y ait, là encore, une bien grosse différence entre se battre en duel et se battre au beau milieu d’une bataille rangée où les coups pleuvaient sans qu’on ne sache sur qui ils allaient s’abattre. Rogue agita sa baguette en direction du coffre pour le mettre un tout petit peu plus loin, le visage toujours si parfaitement impassible, comme s’il était incapable d’éprouver la moindre émotion.

– La peur est purement mécanique et agit sur votre corps à la façon d’une drogue. Vous ne vous en débarrasserez pas mais vous pouvez la contrôler. Pour ça, il faut procéder en deux parties. La première est physique, s’obliger à respirer profondément pour calmer le cœur, se focaliser sur la réalité puis se préparer à faire face. La seconde est mentale. Au lieu de songer à fuir ou se laisser dévorer, il faut impérativement réfléchir aux façons d’éliminer la source de votre peur. Bien que je sache que le mot « réflexion » ne fasse pas parti du vocabulaire de tout le monde, ici, il faudra malgré tout en passer par là. Pour prendre un exemple basique, la peur des araignées. Celui qui se laissera submerger par sa phobie se contentera de partir en criant ou de se cacher dans un coin. Celui qui surmontera sa terreur tentera d’écraser l’araignée pour supprimer la source du danger. Ce schéma est valable pour toutes les peurs. Vous devez supprimer la source. Lorsque votre plus grande peur est un proche en danger de mort, par exemple, vous devez aller vers lui et combattre ce qui le menace, plutôt que de rester paralysé en attendant qu’une solution vous arrive du ciel. Si votre plus grande personne est une personne réelle, une menace proche, vous devez lui faire face, vous protéger vous-même sans attendre de l’aide.

Sa phrase fut ponctuée par un nouveau violent sursaut du coffre, l’épouvantard dedans était sûrement bien affamé, en sentant tous ces gamins auprès de lui, dont la majorité vivaient dans un stress constant depuis la rentrée. Il y avait de quoi et cette année n’ira pas en s’arrangeant, c’était tout à fait certain. Rogue se doutait que les Carrow, justement, devaient être la nouvelle phobie d’une partie des élèves, depuis quelques temps, le frère comme la sœur s’étaient révélés assez tordus et cruels pour être vus comme des mangemorts affreux et intouchables, alors même que tous deux n’étaient que des sous-fifres sans intérêt, dont on peinait à se rappeler le nom.

– Se concentrer, respirer à fond, réfléchir aux moyens de supprimer la source de la peur puis réagir. Aujourd’hui, pas d’action, tout se fera sur le mental, vous n’allez pas être en situation réelle. Vous n’avez pas besoin non plus de vos baguettes, dans un premier temps. Retenez bien ça, lorsqu’on souhaite s’en sortir, il faut commencer par prendre le contrôle sur sa propre vie.

Jetant un long regard aux élèves présents, il fit signe à  Malia Montgomery d’avancer, prenant au hasard parmi tous les élèves présents. Pas de démonstration, cette fois-ci, place directe à la pratique. S’il n’était, d’ordinaire, pas partisan d’indiquer sans faire la moindre démonstration, dans un cours de défense contre les forces du mal, – officiellement « magie noire » aujourd’hui – il ne pouvait pas se permettre de dévoiler son propre épouvantard, sous peine de compromettre sa mission, le plan de Dumbledore et sa propre vie. Même si l’envie ne lui manquait, il n’était pas encore l’heure de mourir. Pas encore… Sur le moment, aucun élève ne comprendrait aussitôt, cependant, c’était là un risque inutile qu’il ne pouvait pas s’autoriser. A moins qu’il ne soit prêt à mourir de la main de Voldemort d’ici une seconde ou deux. Dès que la Serdaigle de 5ème année fut en place, il lui rappela, point par point, comment s’y prendre. Faire face à sa peur. Avancer pour la confronter. Réfléchir et faire disparaître la source. Qu’ils y arrivent ou non la première fois n’avait aucune importance, le renforcement mental prenait forcément du temps, parfois des années suivant les situations, et ne cessait de se travailler tout au long de l’existence.

– Rappelez-vous qu’en situation réelle, vous aurez moins d’une seconde pour vous reprendre et faire face. Miss Montgomery, préparez-vous. Vous devez trouver la volonté de surmonter votre peur afin de l’affronter en face. Ce n’est possible qu’à condition de prendre le contrôle sur votre corps, votre respiration, gardez et maintenez votre calme. C’est ainsi que vous vous maîtriserez, face à vos peurs.

Rogue lui laissa toute place, face au coffre toujours agité, puis fit un signe de sa baguette vers la serrure en métal, qui s’ouvrit en un clic. Il ne fallut guère de temps avant que l’épouvantard n’en surgisse et ne prenne forme face à la petite Montgomery. C’était parti.



Hors-Jeu

Liste des inscrits :

- Malia Motgmorey, qui passe donc la première
- Lou O’Riley
- Kenneth Coughlin
- Heather Trown
- Lysander Gilson
- Lina Kaveline
- Léon Schepper
- Jimmy Kent
- Andrée de Kerimel
- Meredith Breckenridge

Les autres élèves vont suivre Malia dans l’ordre que vous souhaitez.

Pour le cours :

- Si vraiment, votre personnage perd complètement pied ou ne parvient pas du tout à se calmer et se contrôler, considérez que j’interviens, soit en vous rappelant à l’ordre, soit en faisant suivre un autre élève à votre place.
- Vous avez jusqu’au 19 novembre pour poster. Vous pouvez le faire deux fois si vous voulez, mais pas à la suite.
- Je reculerai cette date si besoin.

Si vous avez besoin de certains détails ou des précisions, envoyez-moi un MP ou postez dans le sujet d’inscription.

Bon cours à tous.

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SERDAIGLE5ème année
    SERDAIGLE
    5ème année
AVATAR : Freya Mavor
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SITUATION AMOUREUSE SITUATION AMOUREUSE: Célibataire
DATE & LIEU DE NAISSANCE DATE & LIEU DE NAISSANCE: 04/03/1982 à Londres
SANG SANG: mêlé
MessageSujet: Re: [Cours - 10 novembre 1997] Défense et Maîtrise de soi Dim 24 Sep 2017 - 19:14

10 Novembre 1997
~
Défense et Maîtrise de Soi




Rentrez, en silence.

Malia ne sut pas si elle devait ressentir un léger soulagement ou encore plus d'appréhension en arrivant en cours de Magie Noire. La silhouette menaçante du professeur Amycus Carrow avait été remplacée par une autre tout aussi sinistre : celle du directeur Severus Rogue. Cet homme dégageait la même froideur qu'un détraqueur et cette prestance glaçante avait toujours apeurée la petite Montgomery. Néanmoins, ce sorcier n'avait jamais cédé à l'impulsivité en attaquant physiquement ses élèves comme son homologue Mangemort se l'était déjà autorisé. L'ancien professeur de potion savait se contrôler et imposait le respect par une autorité naturelle qui ne dépendait d'aucune violence. Malia aurait donc pu être soulagée de ne pas avoir à supporter le regard plein de vices du frère Carrow qui ranimait en elle un terrible souvenir. Seulement, bien qu'elle sût qu'elle échapperait aux tortures physiques, elle ne pouvait espérer sortir de ce cours sans séquelles mentales, car c'était bien dans ce domaine-là que le professeur Rogue était à craindre. Et s'il avait décidé de remplacer Amycus, ce n'était clairement pas pour faire un cours trivial.

Cette hypothèse fut confirmée au moment-même où l'écho de sa voix résonna en un habituel murmure menaçant. Tout d'abord, un discours introductif pour rappeler à chaque élève qu'ils n'étaient plus de simples adolescents innocents mais les engrenages de la guerre, la future génération des Mangemorts, une armée de soldats se devant d'être préparer à défendre la nouvelle idéologie du monde sorcier.

- Or, pour le moment, nous ne voyons que des gamins effrayés, donc aucun ne se demande comment gagner en force, en volonté et en fierté. Aucun qui ne se demande comment s’y prendre pour se battre et se défendre, car il est bien plus facile de rester dans un coin à pleurer.

Malgré tout, il avait raison : ils étaient faibles. Mais qui, à ce si jeune âge, peut prétendre être préparé à la guerre, à se défendre, à se battre ? Ils avaient tous été engloutis par ce chaos sans comprendre vers quels abysses les courants les emporteraient .

- En revanche, vous pouvez changer vos propres façons de faire, même des enfants de onze ans ont des atouts pour ne plus être de simples proies.

Jamais personne ne leur avait appris à nager à contresens pour survivre. Ce cours était-il une bouée de secours ? Malia était confuse. Après deux mois où les Carrow n'avaient fait que les rabaisser et les affaiblir, voilà que leur directeur proposait de les renforcer ? Mais pourquoi donc Rogue voulait-il les aider ? La naïveté de la fillette s'évapora aussitôt qu'elle se soit rappelée de ses premières paroles : Rogue ne voulait pas les aider, il voulait les former. Pour ensuite les contrôler. Ils ne représentaient qu'une jeunesse influençable sous l'emprise des Mangemorts et Malia ne devait pas l'oublier. Elle ne devait pas oublier qu'elle n'était qu'un pantin et même si elle ne tirait pas les ficelles, elle pouvait à tout moment se défaire de ses liens. Suivre mais ne pas se laisser influencer. Ecouter mais garder en tête qui elle était. Obéir mais ne jamais négliger ses valeurs et ses principes. Ainsi, elle prendrait en compte les conseils du Mangemort, car elle avait effectivement besoin de se renforcer mentalement et physiquement, mais jamais elle n'entrerait entièrement dans les rangs et elle devait absolument s'accrocher à cette conviction car elle ne voulait plus subir la guerre.

- Les faibles, les impulsifs et les sentimentalistes meurent toujours les premiers. Maintenant, debout.

L'emploi du verbe "mourir" assomma assez violemment la bleue et bronze. Leur professeur n'avait pas peur d'utiliser des mots crus et forts en intensité qui, malgré tout, reflétaient la sombre réalité. *Eh oui, Malia, des morts il y en a eu et il y en aura encore, il faudrait que tu en prennes enfin conscience* lui susurra l'infime part de rationalité qui vivait en elle. *Et ne nie pas que tu ne te reconnais pas dans la première et la dernière catégorie qu'il a cité*. La blonde vénitienne fit taire cette voix et se leva de sa chaise pour se diriger vers l'endroit qu'avait indiqué le professeur.

Alors que ce dernier réaménagea la salle en déplaçant les tables, Malia sembla enfin sortir de sa bulle solitaire pour découvrir l'identité des autres élèves présents à ce cours. Tout d'abord, elle remarqua Lou et elle hésita à le saluer. Elle ne l'avait plus croisé depuis la Nuit des Souffrances et, bien qu'elle ne s'isolait plus depuis quelques jours, elle ne savait toujours pas comment aborder à nouveau ses camarades après cette exclusion sociale. Comment réagirait-il si elle venait lui parler ? Ferait-il partie de ceux qui, le regard fuyant, lui répondrait mal-à-l'aise avec le désir d'achever la conversation ? Ou bien de ceux qui, le regard tout de même empreint de pitié, verraient toujours en elle l'amie qu'ils avaient connue ? Et lui, avait-il été blessé la nuit du 17 octobre ? Toutes ses craintes la dissuada finalement de saluer Lou et elle détourna le regard pour aussitôt croiser celui de Lysander. Lui aussi elle l'ignora, après tout ils ne se connaissaient pas si bien et leurs rendez-vous sportifs se faisaient de plus en plus rares ces derniers temps. Puis, quand elle aperçut Meredith, elle ne se posa même plus la question, elle non plus elle ne la saluerait pas, cela faisait depuis la rentrée que les deux cinquième année ne s'adressait plus un mot. Malia trouvait la Rouge-et-Or métamorphosée depuis qu'elle portait l'écusson de préfète, jamais elle ne l'aurait pensé aussi orgueilleuse et fière de détenir l'autorité et ce nouveau comportement la décevait beaucoup. Mais bon, une fois le choc passé, elle s'était faite une raison, elle n'avait tout simplement pas dû connaître sa camarade de classe aussi bien qu'elle l'avait pensé.

Pour finir, son regard se posa sur la dernière personne que l'aiglonne avait eût envie de voir : Léon Shepper. Bien que Malia s'était remise de leur rupture depuis les vacances d'été, la douleur laissée par son ex-petit ami était toujours présente au fond d'elle-même et se ravivait un peu à chaque fois qu'elle croisait son minois fier qui lui rappelait tant la désillusion qu'elle avait connue. Lasse de détourner le regard devant chaque visage qu'elle apercevait, elle baissa finalement la tête pour fixer ses chaussures -sa bulle solitaire n'était pas si mal dans le fond - jusqu'à ce qu'un coffre grinçant attire son attention. Devant eux, l'objet en question remuait étrangement et Malia devina rapidement ce qu'il renfermait, une vision similaire à celle-ci étant encore bien trop fraîche dans son esprit. Une appréhension incontrôlable évoluait en elle alors qu'elle se voyait déjà en train de revivre la nuit d'Halloween face à un terrible épouvantard. Face à ses plus grandes peurs.

-  La peur est purement mécanique et agit sur votre corps à la façon d’une drogue. Vous ne vous en débarrasserez pas mais vous pouvez la contrôler.

Le contrôle. Voilà bien ce qui avait manqué à la Serdaigle à sa dernière confrontation avec un épouvantard, elle avait aussitôt défaillie, perdant tous ses moyens, incapable de réfléchir et d'arrêter les tremblements spasmodiques de ses membres. Elle avait été si pitoyable, cela ne devait pas se reproduire. Mais arriverait-elle à se contrôler aujourd'hui ? Il le fallait, elle était bien trop émotive, elle devait à tout prix apprendre à gérer ce défaut, sinon comment pouvait-elle espérer survivre ? Elle voulait renforcer son mental, elle voulait se prouver à elle-même qu'elle n'était pas faible et que toutes les fois où elle s'était promis d'être forte, elle ne s'était pas mentie. De la volonté, elle en avait, mais à cela s'ajoutait bien souvent un idéalisme irréaliste. Ainsi, sa naïveté l'avait récemment poussée à s'engager sur la voie de la résistance lors de cette guerre mais pour le moment le seul rôle qu'elle avait su endosser était celui de la victime. Cela devait changer et jamais elle n'aurait imaginé que ce fut le professeur Rogue qui lui en ferait prendre conscience. Alors, elle écouta ses conseils pour faire face à la menace et se contrôler, plus attentive qu'elle ne l'avait jamais été lors de ses cours.

Sa motivation suite à ses paroles ne cessait de croître jusqu'à ce qu'il la désigne pour débuter l'exercice. Toute son appréhension, mêlée d'une angoisse dévorante, surgit à nouveau et piétina sa détermination. Elle ne voulait pas passer la première, elle n'était pas prête, elle n'avait pas eu le temps de se préparer, non elle ne voulait pas déjà refaire face à un épouvantard. Malgré le refus de son esprit à coopérer, ses jambes avancèrent d'elles-mêmes, contraintes de se plier aux ordres du Mangemort.

- Rappelez-vous qu’en situation réelle, vous aurez moins d’une seconde pour vous reprendre et faire face. Miss Montgomery, préparez-vous. Vous devez trouver la volonté de surmonter votre peur afin de l’affronter en face. Ce n’est possible qu’à condition de prendre le contrôle sur votre corps, votre respiration, gardez et maintenez votre calme. C’est ainsi que vous vous maîtriserez, face à vos peurs.

Ces dernières paroles résonnèrent sourdement dans l'esprit de la Serdaigle alors que ses yeux fixaient le coffre remuant. Rapidement, elle essaya de remettre ses esprits en place et de se concentrer malgré le chaos qui envahissait déjà ses pensées. Certes, le souvenir récent d'Halloween était la principale cause de cette angoisse prématurée, néanmoins cet évènement traumatisant pouvait représenter un réel avantage : elle connaissait la forme qu'allait prendre l'épouvantard. Comment allait-elle donc garder le contrôle face à un détraqueur ? Il suffisait de ne pas se laisser engloutir par le désespoir, s'accrocher à un souvenir heureux. Elle ferma un instant les yeux et se concentra sur son passé, son enfance, sa famille, le lac gelé en Finlande, le patinage... Un cliquetis signala l'ouverture du coffre et Malia, sûre d'elle, rouvrit les yeux.

Seulement, ce ne fut pas un détraqueur qu'elle découvrit alors, mais une foule de personnes qui s'agitaient autour d'elle et commençaient à l'encerclait comme pour refermer peu à peu le piège. Ils criaient. Tous. Les mêmes cris d'horreurs, les mêmes plaintes de souffrance qui avaient par deux fois animés la Grande Salle au mois d'Octobre. Que se passait-il ? Où était passé l'épouvantard ? S'était-il trompée de cible pour que les autres élèves soient terrifiés ? Ou bien une autre menace avait interrompu le cours ? Soudain, Malia fut dévorée d'une angoisse folle alors qu'elle se faisait bousculer, écraser les pieds et qu'elle se prenait des coups dans les côtes et sur la tête. Elle avait toujours haït les foules, elle avait l'impression d'étouffer dans une étreinte puissante sans trouver d'issue et cette pression qui l'enserrait la faisait paniquer. De plus, son ochlophobie s'était renforcée avec les derniers évènements qui avaient poussé son cerveau à associer la foule au danger, à la menace, aux Carrows, à la souffrance, à la soumission et à l'inexorable.

Haletante, elle ne comprenait toujours pas ce qui se passait et elle porta les mains à ses oreilles pour oublier les cris qui torturaient ses tympans, pour fuir mentalement. Elle remarqua alors qu'elle ne reconnaissait aucun élèves. Ni Lou. Ni Lysander. Ni Meredith. Ni Léon. La foule semblait floue et difforme, l'amas de corps qui l'enserrait et lui tournait le dos ne semblait pas humanoïde.  Ebranlant la barrière de son qu'elle venait de créer, Malia affaissa une de ses mains pour tirer l'épaule devant elle. Un cri strident s'échappa alors sa cavité buccale quand elle découvrit le visage de la personne qui venait de se retourner. Ou plutôt, son absence de visage. La créature n'avait ni d'yeux, ni de nez, ni de sourcils, mais elle avait une bouche. Rien qu'une bouche longue et difforme qui occupait l'entièreté horizontale de sa face abjecte. Une bouche qui hurlait à s'en déchirer les poumons. Et bientôt, tous les autres corps se retournèrent pour faire face à la petite Malia avec le même visage effrayant. Ils criaient tous à l'unisson.

Un premier pic d'angoisse électrisa son corps et tétanisa ses muscles. Puis, elle comprit : ce n'était pas réel. Ce n'était que le fruit de ses peurs réunies. L'ochlophobie. La souffrance humaine. Ses cicatrices. Ce n'était que l'épouvantard. Et celui-ci s'était lui-même trahit en voulant augmenter l'intensité de la terreur. La Serdaigle plongea sa main dans sa robe de sorcière pour attraper sa baguette par réflexe de défense mais ses doigts ne sentirent rien d'autre que le pan de tissu. Elle se souvint alors que l'exercice devait être réalisé sans baguette. L'exercice... mais oui ! Il s'agissait seulement d'un exercice ! Malia déporta son regard des visages effrayants pour fixer le sol et, tremblotante, elle essaya de se rappeler des paroles du professeur. Respirer. La jeune fille se concentra sur son souffle haletant pour essayer de le calmer et de le réguler. Cependant, comme pour empêcher cela, l'amas de corps se fit de plus en plus oppressant et elle eut l'horrible impression que sa cage thoracique allait être broyée. La peur menaçait de la submerger à nouveau alors elle se répéta les mots suivants : *Ce n'est pas réel*.

Elle reprit une grande inspiration et tout en évacuant lentement l'air de ses poumons, elle essaya de se remémorer encore un peu plus les derniers conseils énoncés. Prendre le contrôle. Oui, il fallait trouver un moyen de surpasser sa peur, ne pas la fuir. La sorcière rouvrit les yeux, s'obligea à faire face aux visages balafrés et s'interdit de faiblir sous les plaintes lancinantes. *Ce n'est pas réel*. Elle prit une nouvelle inspiration et leva ses bras encore tremblants pour pousser de toutes ses forces les êtres monstrueux qui l'étouffaient. *Ce n'est pas réel*. Elle tenta d'avancer en dégageant comme elle le pouvait les corps qui lui bloquaient le passage. *Ce n'est pas réel*. La foule semblait se reconstituer à l'infini mais la Montgomery ne perdait pas espoir et continuait de se convaincre qu'elle finirait par trouver une issue. *Ce n'est pas réel*. Avec acharnement et détermination, elle continuait son chemin alors que la foule se faisait de moins en moins dense, l'épouvantard faiblissait. *Ce n'est pas réel*. Sa volonté prenant pleinement le dessus sur sa détresse, elle parvint finalement à créer une faille dans cet étau qui l'enfermait et elle s'en extirpa en puisant dans ses dernières forces, puis elle s'écroula par terre devant les autres élèves après avoir franchi la dernière barrière.

L'épouvantard s'évapora dans une fumée et se dirigea vers une nouvelle cible. Cependant, au lieu de se calmer, Malia haleta à nouveau, parcourue de tremblements, cédant finalement à la panique qu'elle avait refoulée bien trop longtemps. Certes, elle avait réussi à se contrôler et surpasser sa peur l'espace de quelques minutes. Mais cela était-il pour autant une réussite ? Serait-elle parvenu à résister plus longtemps face à un épouvantard plus coriace ? Mieux encore, serait-elle capable de faire de même en situation réelle ?

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MessageSujet: Re: [Cours - 10 novembre 1997] Défense et Maîtrise de soi Dim 8 Oct 2017 - 21:57



Lou avait toujours aimé la Défense contre les Forces du Mal. D’aussi loin qui se souvînt, dès sa Première Année, il avait pris plaisir à apprendre à manier les sortilèges pour se défaire des pires obstacles du côté obscur. Evidemment, on leur apprenait beaucoup de notions théoriques -mais, contrairement à nombre de ses camarades, il avait toujours bu les paroles des enseignants avec l’application maladive que seule une curiosité démesurée pouvait conférer à quelqu’un. Il s’était inscrit au Club de Duel -qui était, à son sens, un excellent complément aux différentes leçons qu’il avait eues à suivre pendant sa scolarité. Et, sans doute incité par l’incompétence de certains professeurs qu’il avait pu avoir, sans doute, aussi, poussé par son cerveau avide de nouvelles maîtrises et nouvelles théories, il avait passé un cumul d’heures incalculable à éplucher les livres, tourner les pages jaunies et feuilleter les parchemins sans âge de la bibliothèque.

Il avait presque honte de l’avouer, parfois, mais il s’avérait depuis la rentrée que le nouveau cours qui leur était dispensé, l’Art de la Magie Noire, n’avait en rien apaisé le feu dévorant de son intérêt. Au contraire, même -la découverte d’une nouvelle discipline, l'apprentissage de techniques encore inexplorées pour lui, la réflexion sur de nouvelles problématiques, cela l’excitait à un point bien trop important pour qu’il ne le comprenne lui-même. Il essayait d’en parler, parfois, pour se rassurer et se convaincre qu’il n’était pas une bizarrerie dans son école ; il avait tenté d’aborder le sujet avec Bea, avec Jenny aussi, mais sitôt la thématique sur le tapis, elles ne voyaient toutes deux que les Carrow et ça semblait fausser tout leur jugement.

Lui, même s’il n’aimait vraiment pas les deux Mangemorts, était plutôt du genre à profiter de chaque nouveau point de vue qu’on leur exposerait -peut-être même pourrait-il s’en servir contre Celui-Dont-Il-Ne-Fallait-Pas-Prononcer-Le-Nom lorsque l’heure de la rébellion serait venue ?

« Rentrez, en silence », entendit-il dans la pénombre du couloir. Il n’y avait pas eu besoin de rappeler les élèves à l’ordre : la silhouette du Directeur, menaçante sous sa cape aux bien trop sombres replis, suffisait généralement à calmer les esprits. Les bruits de pas se firent entendre, puis le discret couinement des roues de Robert, et la porte claqua en une sinistre onomatopée que le jeune homme préféra oublier. Il jeta un rapide regard dans leur salle mais dut avouer que Carrow n’était pas présent ; un inutile poids s’envola de ses épaules, comme si Rogue allait être plus clément que leur Mangemort de professeur. Il les observa s’installer, droit, stoïque, comme si rien n’avait changé dans son école et comme si rien ne les détruisait à petit feu chaque nouveau jour qui se déroulait. Son regard était bien trop acéré pour qu’ils ne fussent à l’aise -deux obsidiennes froides dont les pouvoirs d’intimidation dépassaient l’entendement commun.

Rogue avait déjà enseigné la Défense contre les Forces du Mal ; déjà à cette époque, Lou l’avait trouvé sinistre. Injuste sans aucun doute, compétent très certainement, peut-être même volontaire de les voir progresser -il émettait toutefois quelques réserves quant à l’opinion que l’adulte avait de certains Gryffondor-, mais jamais une émotion ne se laissait lire sur son visage de marbre et jamais un mot ne semblait pouvoir prendre le dessus sur l’autre dans les phrases atones qu’il leur servait. Qu’en serait-il de l’apprentissage de la Magie Noire ? Même l’optimisme naturel de Lou ne pouvait pas dire le contraire ; la Magie Noire, c’était flippant. Assurément passionnant, mais diablement effrayant -effrayant, bizarre, glauque, chaque synonyme d’intensité variée convenait parfaitement.

« Donc aucun qui ne se demande comment gagner en force, en volonté et en fierté », disait Rogue. Lou eut un rictus ironique tandis que l’adulte gardait son inestimable façade froide. Comment pouvait-il décemment parler de fierté à une bande de jeunes dont les fondations vacillaient bizarrement depuis le début de l’année ? Il jeta un coup d’œil autour de lui ; les élèves semblaient tous épuisés et certains ressemblaient même à des cadavres. Il se demanda un instant si Rogue avait une idée de ce qu'ils subissaient au quotidient -la pression, la haine, la répression. Il y avait quelque chose sur ses traits qui l'incitait à croire qu'il n'était pas totalement malfaisant. Il y avait un truc qui le poussait à croire, qui le fasait espérer même, que l'inaction du Directeur sur les élèves ne venait pas uniquement du fait qu'il préférât reléguer les tâches ingrates à ses charger de discipline. Il avait bien conscience qu'aucune de ses espérances n'était fondée, mais il voulait continuer à croire.

Lou se reconcentra sur le discours du professeur. Lui, c’était pas le genre à ruminer ; lui, il préférait agir et rire, agir et vivre -il préférait ne pas trop réfléchir aux atrocités ambiantes et se concentrer sur des problèmes si épineux que ses yeux finissaient bouffis et que son cerveau n’acceptait plus aucune question.

Il eut l’impression que ce cours de Magie Noire n’en était en vérité pas un ; en réalité, il trouvait plutôt que cela ressemblait à de la Défense contre quelque chose -quelque chose d’encore indéterminé, mais quelque chose quand même. Il semblait vouloir les voir survivre -il semblait vouloir leur donner les armes pour ne pas mourir. Parler d’atouts, parler de mental et parler de renfort, n’était-ce pas leur utopie à tous ? « Maintenant, debout », acheva-t-il une première fois -et il ne fut pas difficile de deviner que commençait vraiment la leçon. Et, parallèlement, Lou comprit très vite qu’ils allaient avoir à faire avec un épouvantard : ces remarques récurrentes sur leurs faiblesses, sur leurs peurs, sur leurs accès de couardise, c’étaient autant d’éléments qui criaient leur vérité.

Lou fronça d’abord les sourcils tandis que Rogue libérait le monstre -il se dirigea tout droit vers Malia, dont le visage de poupée semblait défait. Il avait évidemment entendu parler des évènements d’Halloween, même s’il n’était pas présent. Il avait eu les échos de la terreur sans nom qui avait animé certains ; il n’avait pu que saisir, bien malgré lui cependant, les bruits de couloirs qui contaient les formes parfois abominables que prenait la créature immatérielle face à certains élèves. Il avait compris beaucoup de choses, on lui avait confié beaucoup d’histoires également, et il n’était vraiment pas très sûr que le traumatisme fût passé chez la plupart d’entre eux.

L’épouvantard commença à tournoyer autour de la jeune femme et sa forme se fit indistincte ; d’ailleurs, on ne discernait pas non plus les silhouettes floues qui s’étaient mises à encercler Malia. On lisait la panique dans ses gestes. Ses yeux étaient cachés par la forme trop dense de la créature, mais il était sûr que la panique en envahissait les iris. Un cri haut-perché s’échappa du chaos sans corps que créait l’épouvantard et Lou n’hésita qu’une seconde avant de s’avancer vers la Serdaigle ; ce ne fut pas tant le regard meurtrier que lui lança Rogue qui l’arrêta, mais plutôt la constatation que le monstre semblait déjà perdre de sa force. Un instant plus tard, la foule sans visage éclata en fumée et Malia reparut, épuisée, vidée, souffle court et yeux écarquillés.

Lou n’eut que le temps d’apercevoir le nuage brumeux se diriger vers lui qu’il ferma les yeux, comme pour renier la vision qui s’imposerait à lui. Il savait déjà ce qu’il verrait : sa sœur sans vie, peut-être entourée de ses parents morts, une mare de sang rouge dont le fluide contrasterait avec la raideur de leurs membres pâles -c’étaient les images qui avaient le plus souvent hanté ses cauchemars après son accident.

Il inspira, profondément, aspirant le plus d’air qu’il put sans exploser ses poumons, et expira lentement en s’encourageant lui-même : « À nous deux, sale bête. » La vision qui l’accueillit lorsqu’il se rendit la vue était presque identique à ce qu’il avait imaginé ; Bea était là, allongée sur le ventre, le dos nu déchiré des lacérations du fouet d’Alecto Carrow. Un filet pourpre s’écoulait de ses lèvres desséchées, comme pour lui rappeler qu’il arrivait trop tard. Malgré la certitude que rien n’était vrai, Lou sentit son pouls s’emballer et ses poumons se contracter -il y avait comme un automatisme, au fond de lui, qui voulait le faire hurler lorsqu’on lui rappelait la vulnérabilité de sa sœur.

Lou s'engagea de trois centimètres, presque imperturbable. Il savait déjà comment prendre le pas sur la vision. Il avait lu, dans les livres, qu’il ne fallait pas perdre son calme. Qu’il était important de se détacher de l’horreur de la scène, d’imaginer autre chose, de chercher et surtout de trouver une parade drôle. Il avait même déjà affronté son épouvantard, même si à l’époque, lorsqu’il n’avait pas encore la notion incisive et définitive de la mort, c’était l’amputation des jambes de Bea qui le terrorisait. Evidemment, il s’était enfui en courant, en pleurant même, et n’avait plus voulu approcher l’armoire de sa chambre la semaine qui avait suivi. Toujours était-il qu’il connaissait désormais le sentiment, et qu’il s’était barricadé dès qu’il avait compris où Rogue voulait les mener.

Il se pencha doucement tout près du visage de sa sœur et le dirigea vers lui. Sa peau était blanche, translucide, et il fut prise d’un vertige en imaginant que la situation fût réelle. La peau se mut ; des vers naquirent dessous, et ce fut comme s’il assistait à la décomposition précoce de la jeune fille qu’avait été Bea. Il déglutit et se redressa brusquement, soudain dégoûté par son impuissance.

La figure de Bea, encore à moitié humaine malgré le festin des asticots, semblait le supplier de faire quelque chose. « Tu n’es pas réelle », lâcha-t-il pour se convaincre, sans réaliser que Malia s’était répété précisément ces mots juste avant lui. « Tu n’es pas réelle et tu ne le seras jamais. » Il se courba une nouvelle fois et retint le haut-le-cœur qui le saisit quand il avisa ses orbites désormais vides. Dans son crâne, c’était le noir. « Et tu sais pourquoi ? Parce que jamais, jamais », il martela, marqua, appuya le mot, « je ne laisserai quoique ce soit lui arriver. » Le monstre explosa et la pression invisible qui étreignait le cœur de Lou s’évanouit d’un coup.

Il se rassit normalement, péniblement, fastidieusement, et regagna le regroupement d’élèves qui attendaient courageusement leur tour. Il lui sembla qu’il ne tenait plus vraiment droit sur son siège -il préféra ne pas s’y attarder. Il se positionna juste derrière Malia, toujours très pâle de son épreuve, et pressa son épaule en un encouragement muet. Sous les lumières obscures de leur salle de cours, les boursouflures de ses cicatrices lui parurent plus porteuses de tragédies que jamais. Et malgré la réussite de son exercice, il se demanda s’il serait un jour capable de se battre -s’il serait, pour toujours, capable de garder ses proches en vie.




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MessageSujet: Re: [Cours - 10 novembre 1997] Défense et Maîtrise de soi Mer 11 Oct 2017 - 20:15

C’était sans doute très attendu venant d’un serpentard, mais avoir un livre de magie noire légalement dans son sac n’était pas vraiment pour lui déplaire. La perspective de subir un cours des Carrow lui était tout aussi désagréable que n’importe quel autre – car il fallait être sérieusement dérangé pour encore apprécier respirer le même air que ces monstres – mais en serrant très fort les mâchoires et en se concentrant sur les connaissances théoriques dispensées, il pouvait de nouveau passer au travers d’un cours sans en ressortir tremblant. Sans doute que les bons soins de Mme Pomfresh, autant en terme de cicatrisation que d’alimentation, y étaient sans doute pour quelque chose. Il n’était pas dans une forme olympique, loin de là, mais avait regagné un peu de poids et avait fait quelques pas pour s’éloigner de l’anorexie qui le guettait. S’il avait pu aligner deux pensées cohérente sans avoir l’impression qu’une réaction inflammatoire contre son crâne était en bonne voie de lui faire éclater la tête comme un fruit trop mûr, il aurait sans doute pu dire que l’événement, bien que marquant, était derrière lui. Mais non, il alternait migraines et phases de surtension qui le laissaient toutes les deux épuisé, et passer les portes du royaume du mangemort était sans doute la dernière chose dont il avait envie. Il adressa une pensée émue au professeur Chourave pour cet élan de reconnaissance désespéré : oui, même un cours de botanique aurait été préférable.
En voyant le responsable… Pardon, le directeur, dans la salle et Alecto nulle part, Lysander eut à la fois un bon et un mauvais pressentiment. Disons plutôt un espoir et un mauvais pressentiment. Il n’était pas assez fou pour se dire que les deux psychopathes avaient été gentiment renvoyés à l’expéditeur, mais espérait au moins un moment de répit. Mais non, c’était impossible : si les cours avaient dû être annulés, Rusard serait venu les chasser à coups de balai et l’ancien professeur Rogue n’aurait pas bougé de son bureau : il ne se déplaçait que lorsque c’était important. Malgré lui, il s’agita, mal à l’aise, incapable de dire s’il valait mieux se cacher au dernier rang ou au contraire s’approcher de celui qui était toujours son point de repère. Dumbledore avait été gentil, mais jamais aussi proche que l’ancien professeur de défense contre les forces du mal, et s’il avait déjà dû se détacher d’un père il refusait d’en perdre un second. L’absence était cependant plus facile à combler que la confrontation. Les derniers rangs étant pris, il s’avança entre les tables le cœur battant. Et lâcha un soupir de soulagement en entendant qu’il était là pour remplacer le mangemort.

Ses épaules ne se relâchèrent que pour se tendre lorsque commèrent à pleuvoir les remontrances. Il savait, pour ne pas dire avait l’habitude, de se taire et faire le dos rond dans ces circonstances, mais la chose était bien plus aisée lorsqu’on avait la conscience tranquille : ce qui, en ces temps troublés, n’était pas le cas de grand monde. En se faisant tout petit, justement, n’était-il pas un boulet pour ceux avec lesquels il partageait ses convictions de liberté ou au moins son sentiment d’absurdité face aux barrières qui doucement s’élevaient ? Entrainé, volontaire, il faisait de son mieux, mais réactif ? Ce qui s’apparentait le plus à une action de sa part jusque-là prenait au plus la forme de petits cailloux, si l’on excluait le fait de tourner le dos au spectacle humiliant ses camarades à Haloween comme une action qui mériteraient d’être nommée. Par contre, pleurer dans un coin, se lamenter sur son sort en espérant religieusement que sa mère s’en sorte toute seule, oui ça il avait fait. Ça, et attendre que son beau-père lui envoie se damné message. Bientôt était la seule réponse qu’il avait jamais reçue et certainement celle qu’il avait la plus détestée. Ce n’était ni maintenant ni dans un mois, c’était une tension perpétuelle qui le minait. Parce que plus l’ancien poufsouffle était proche de la famille moldue, plus ceux qu’ils voulaient écarter pouvaient s’approcher vite et près.


- Renforcer son mental commence par contrôler ses émotions, si vous vous laissez dévorer par votre peur, vous n’arriverez jamais à rien. Les faibles, les impulsifs et les sentimentalistes meurent toujours les premiers.

La phrase fut martelée par le claquement du bois contre le bois, chaises contre tables qui s’empilaient dans un coin de la pièce. Lysander avait l’impression qu’une armure venait de lui être ôtée et le sentiment était d’autant plus désagréable qu’il s’attendait à un peu plus de chaleur que le cours dispensé habituellement. Mais non, ce froid-là était bien plus incisif mais tout autant glacial. Il fit jouer ses doigts en s’attendant à les trouver engourdis… Sa présente position au milieu de la foule n’était pas particulièrement pour lui plaire, et il chercha d’instinct à se mettre sur les bords du groupe. Arrivant à destination le regard d’obsidienne de Rogue se posa sur lui, comme deux lourdes mains sur ses épaules, et il fit de son mieux pour ne pas détourner le regard. Là était bien quelque chose sur lequel il s’était amélioré depuis le début de l’année : ne pas montrer sa culpabilité. Paraître fort alors que ses entrailles dansaient joyeusement. Il tint suffisamment longtemps pour voir les yeux du professeur descendre vers son voisin en fauteuil roulant et eut l’impression, un faux-espoir peut-être, d’avoir passé une sorte de test. La petite étincelle de fierté qui vacilla faiblement ne tarda pas à s’éteindre d’elle-même. Le coffre qui attirait à présent toute leur attention était par bien trop reconnaissable. Et cette fois, aucune échappatoire.

– Retenez bien ça, lorsqu’on souhaite s’en sortir, il faut commencer par prendre le contrôle sur sa propre vie.

Sûr que s’ils se mettaient tous à la boxe et attaquaient les mages noirs par surprise à coup de poing ils auraient peut-être plus de chance que de les battre directement : on lance bien moins de sortilèges avec quelques dents en moins. Il aurait été quelque part curieux de voir l’épouvantard de Rogue, mais cet honneur ne semblait pas être à l’ordre du jour. Malia s’avança et le vert et argent retint sa respiration. Ça faisait un petit moment déjà qu’ils n’avaient plus couru ensemble, et il se demandait avec une once d’inquiétude combien cela lui manquait, à elle. Combien cela se verrait dans son état d’esprit, dans ses réactions. Combien il aurait pu être un peu plus présent pour elle qu’au moins il pouvait aider à la lumière du jour par des gestes innocents. Alors qu’un mouvement de repli plus ou moins général animait la foule d’étudiants, il glissa sur les bords du groupe pour s’approcher de la silhouette qui faisait face, seule. Il ne pouvait certainement pas intervenir et ne souhaitait pas particulièrement être pris pour seconde cible, mais… Il ne se sentait pas de reculer. Et il se sentait très stupide. Une fois que la jeune femme fut sortie de la foule, il eut la chance d’esquiver l’être de peur qui se concentra sur un autre élève, et s’agenouilla auprès de l’aiglonne pour lui signaler une présence bienveillante – et accessoirement veiller à ce que personne ne lui marche dessus. Il ne savait pas trop bien quoi faire, hésitait à lui proposer un rendez-vous mais le moment n’était pas forcément le mieux choisi, si ? Il ouvrit la bouche, finalement décidé, quand…

Un coup chassa l’air de ses poumons, lançant un trait de douleur sur son côté. Mais ce n’était pas le plus douloureux. Le prie avait été le son. Trop complexe pour être qualifié de cri, un observateur extérieur aurait sans doute douté de la capacité de la voix humaine à produire une telle variété de fréquences en même temps. Il y avait de la douleur, aigüe, de celle qui tord les traits et place une trame de fragilité dans l’air. Il y avait de la peur, pesante, alourdissant les octaves pour faire ressortir la bestialité de cette émotion primaire. Il y avait de la peine, lancinante, hachant le souffle pour le faire vibrer. Il y avait de la fatigue, vorace, couvrant le tout d’un grésillement qui laissait à l’imagination le soin de mêler tous ces ingrédients. C’était un son terrible qui s’engouffra en lui comme le vent dans une bâtisse abandonnée, courant dans ses allées devenues fantomatiques pour faire sonner les trames qui n’avaient pas encore rompu. Un cligna plusieurs fois des yeux, surpris en premier lieu : il ne sortait pas du lit pourtant. Non, il n’était pas dans les dortoirs verts et argents, à fixer un baldaquin brodé en reléguant au rang de cauchemar les scènes qui s’étaient déroulées sur l’écran de ses paupières closes. Cligner des yeux ne changeait rien, et si le son mourrait ce n’était que pour revenir, plus pénétrant encore, modulé selon des variations qui ne faisaient qu’ajouter à son réalisme.
Parce que c’était réel : elle était là. A terre après avoir trébuché sur lui, elle raclait le sol de ses mains et pieds pour s’éloigner, rampant misérablement. Son pull favori déchiré et tâché de sang à l’épaule et au bras droit, son pantalon maculé de boue et des branches et feuilles dans les cheveux, le souffle court comme si elle avait couru des kilomètres dans une forêt épaisse avant d’en arriver là. Au milieu de leur salle de cours, à Poudlard. Elle ne le regardait pas directement mais fixait un point derrière lui avec une expression d’horreur et de désespoir qui lui fit monter les larmes aux yeux. Un épouvantard provoque des sensations, visuelles, auditives, olfactives aussi parfois, mais les émotions proviennent de soi : tout leur art se trouve précisément en cela, cette capacité à nous immerger dans le cauchemar qu’ils nous présentent. Avait-il lu en cinquième année dans un livre qu’il avait plus ou moins légalement emprunté. Le savoir n’allégeait pas sa peine, mais scella ses lèvres en même temps que son visage si bien que seuls ses yeux brillants et un léger tremblement de ses mains l’identifiaient comme le destinataire de cette vision. Il était sûr que Malia ne dirait rien. Il ne pouvait pas se dire que ce n’était pas réel, car pour ce qu’il en savait cela pouvait très bien se passer en ce moment même, ou s’être passé un jour, une semaine, un mois auparavant sans qu’il n’en sache rien. Tout ce dont il était sûr, c’était qu’elle serait seule.

Sachant qu’elle ne pouvait rien tenter, rien faire sauf se taire, souffrir plutôt que d’appeler à son secours des proches qu’elle ne pourrait que condamner. Condamnés, ils l’étaient de toute façon, à s’inquiéter à chaque instant de savoir s’ils la reverraient jamais, s’ils seraient au contraire ceux qui l’abandonneraient en faisant un faux pas. Alors elle devait mourir seule et lui ne pas bouger d’un pouce. Il le savait, mais ne pouvait détourner le regard. Il déployait trop d’effort pour ne pas trembler ou grimacer contre la pression qui lui broyait les tempes. Il était pressé que cela en finisse, il voulait en voir la fin pour pouvoir passer à autre chose. Il voulait que ça s’arrête. En fait, il ne voulait surtout pas risquer que cela dégénère. C’est vrai, après tout, qui savait combien l’épouvantard pouvait voir profondément en lui ? Et s’il découvrait et exposait des informations qu’il cachait ? Cela vaudrait-il gage de condamnation ou en serait-il quitte en prétendant qu’il ne s’agissait que d’une peur vicieuse ? Meurt et disparaît ! La scène changea…
Ses traits se déconfirent et elle cessa de hurler pour simplement hoqueter, laissant un torrent de larmes couler librement tout en tournant la tête vers lui.

Tu es un monstre d’égoïsme, je ne vois pas pourquoi je ferais quoi que ce soit pour toi. Pourtant n’ai-je pas toujours été là, pour toi ?

Blanc comme un linge, incapable à présent de contrôler ses membres qui secouaient vivement sa maigre carcasse, il détourna le regard pour fixer ses genoux. De quoi avait-il le plus peur finalement, de la mort de sa mère ou de la perte de sa petite bulle, son royaume volé ? S’il pouvait en effet faire quelque chose, le ferait-il ? Mais le pouvait-il seulement ? Le pourrait-il s’il le voulait vraiment ? A quoi tenait-il le plus, au fond ? Sa sécurité ou celle de sa mère ?
Était-il vraiment si égocentré qu’il abandonnerait si facilement les siens ?
Avant qu’il n’ait pu balbutier une réponse et se condamner à sombrer plus profondément encore sous l’emprise de l’épouvantard, une silhouette s’interposa.

[à vous de voir si vous voulez intervenir vous-même ou faire intervenir Rogue, les deux me vont =)]
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MessageSujet: Re: [Cours - 10 novembre 1997] Défense et Maîtrise de soi Mer 11 Oct 2017 - 23:33


Ce matin-là, comme tous les matins depuis à présent presqu’une semaine, Andrée se sentait fraîche et dispo. Dire qu’elle était de bonne humeur n’était pas encore à l’ordre du jour -les Mangemorts, les élèves en crise et les misérables loques qu’on nommait Nuncabouc et qui, il fallait l’avouer, ne méritaient pas vraiment un tel destin, étaient des facteurs bien trop importants pour qu’ils ne gâchassent pas la joie de vivre de n’importe qui. Néanmoins, elle avait bien dormi et bien mangé ; autant d’actions banales qui, additionnées, amélioraient un peu le quotidien. Mieux encore, les potions qu’elle prenait pour son sommeil n’avaient pas été quémandées chez Mrs Pomfresh, l’infirmière de l’école. Elle n’avait pas encore déterminé si les demander à Alexandre était réellement de meilleur ton, mais elle avait décidé de faire avec en attendant.
 
Andrée, donc, n’était pas exactement à plaindre ce matin-là. Même la perspective d’un cours de Magie Noire ne parvenait pas à ternir l’enthousiasme muet qu’elle ressentait ; l’après-midi même, elle se rattraperait avec le cours d’Histoire de la Magie, et avec un peu de chance personne ne remarquerait les fautes de baguette qu’elle aurait commises pendant trois heures.
 
Son sourcil se leva néanmoins tout seul lorsqu’elle arriva en classe. Elle ne sut sur le moment déterminer s’il était mieux de trouver le Directeur en place plutôt que cet immonde Carrow. Une sensation bizarre au creux de son ventre la surprit -angoisse, anticipation, impatience peut-être même, elle n’aurait su vraiment le dire. Peut-être que Rogue allait rendre la classe plus supportable ? Elle ne le connaissait que de nom ; le dégoût naturel qu’il aurait dû lui inspirer par son manque délirant d’action lors des punitions que leur infligeaient les Carrow était toutefois teintée d’une sorte de fascination étrange, sans doute engendrée par l’aura de solitude, de noirceur, de frustration incertaine également, qui entourait le professeur.
 
Elle se figea en apercevant l’étudiant noir de Gryffondor. Elle se mordit les lèvres, mal-à-l’aise, et baissa aussitôt que son regard croisa celui de l’autre pour tracer sa route jusqu’à une place à l’autre bout de la salle. Pas qu’elle n’aimât pas les Gryffondor -à vrai dire, la rivalité entre Maisons s’était plus ou moins calmée cette année-là, devant la nécessité de faire front contre les Nuncabouc et surtout contre les Carrow, et elle était de toute façon trop jeune pour l’avoir connue. Elle était plus gênée par sa couleur de peau ; bien trop peu conventionnelle pour les valeurs que sa mère lui avait inculquées, Andrée ne comprenait simplement pas comment les personnes noires pouvaient penser comme eux. Pouvaient même être en capacité de penser, à vrai dire. Mais elle se taisait, parce que lorsqu’elle rencontrait les iris sombres du jeune homme, c’était plutôt son handicap physique qui lui comprimait les poumons ; elle se sentait vaciller, incertaine, trop fragile, et désormais les démons que son épouvantard avait réveillés en elle lui retournaient le cerveau.
 
Elle choisit une table de laquelle elle ne pourrait pas l’apercevoir, une place cachée dans l’ombre qui pourtant ne pourrait pas la protéger des pensées noires qui l’avaient envahie. Le grain marroné de la peau du Gryffondor vint se superposer au sien devant ses yeux, et la vision horrifique d’elle-même amputée de ses jambes prit le dessus sur le reste. Elle était bien trop vive pour qu’elle ne pût la retenir. Bien trop ancrée dans ses souvenirs pour qu’elle ne pût l’oublier, aussi. Andrée plongea brutalement la tête dans ses bras pour cacher les larmes qui dévalaient déjà ses joues. Avec un peu de chance, les autres étudiants penseraient qu’elle était juste trop épuisée pour suivre le cours. Avec un peu de chance, ils ne remarqueraient pas ses discrets reniflements, la tension douloureuse qui nouait son dos, le battement de son pied trop rapide pour qu’il ne fût naturel.
 
Elle se calmait tout juste lorsqu’elle entendit les chaises bouger tout autour d’elle. Comme souvent ces dernières semaines, elle n’avait rien écouté des explications de Rogue, trop concentrée qu’elle était sur les battements de son cœur. À peine si elle avait compris qu’il remplacerait juste cette fois-là leur Mangemort de professeur -et d’ailleurs, à cet instant, elle s’en fichait un peu.
 
Mécaniquement, elle suivit le mouvement général. Tous se rangèrent sagement en rang. L’atmosphère n’était pas aussi glacée que lorsque Carrow leur faisait cours, mais la crainte ambiante demeurait bien en place. Brièvement, Andrée se demanda si c’était également le cas avant, lorsqu’elle n’était pas là, mais préféra se concentrer sur le discours du Directeur pour ne pas laisser l’occasion à ses pensées de vagabonder de nouveau. Il était visiblement indispensable qu’elle se concentre. Sur n’importe quoi. Les rêves utopiques qui berçaient ses nuits n’étant apparemment pas si efficaces que ça, ce serait pour cette fois-là la leçon du jour qui remplirait le rôle.
 
« La peur est purement mécanique et agit sur votre corps à la façon d’une drogue », commençait Rogue de sa voix insupportablement atone. Et Andrée ne put s’empêcher de froncer le nez : ne lui avait-on pas dit que les drogues rendaient accro ? Elle n’avait pas l’impression d’être dépendante au sentiment d’effroi pur qui l’avait saisie lors du soir d’Halloween. Ni à celui qui l’avait paralysée lorsqu’Amycus l’avait poignardée du regard pendant cette nuit-. Ni à celui qui la faisait toujours trembler quand elle repensait à ses plus jeunes années. Elle ferma fort les yeux, compta jusqu’à trois et se força à écouter le professeur. « Se concentrer, respirer à fond, réfléchir aux moyens de supprimer la source de la peur puis réagir. Aujourd’hui, pas d’action, tout se fera sur le mental », continuait-il à présent, et ses paroles, tranchantes comme de l’acier, donnèrent des sueurs froides à la fillette.
 
Toujours très appliquée à suivre le flot de mots de Rogue, elle ne comprit pas où il voulait en venir. La peur, les réactions, la prudence, c’étaient des notions qu’ils se devaient d’intégrer -d’accord. Peut-être après leur enseignerait-il d’abominables sortilèges de Magie Noire pour proprement terrifier l’adversaire ? peut-être leur apprendrait-il à invoquer d’affreux démons, des dévoreurs de rêves ou Miss Teigne version Halloween ? Même si, de l’avis d’Andrée, la bestiole n’avait pas grand-chose à envier des pires fantômes des légendes populaires. Ainsi ne comprit-elle pas vraiment de quoi il en retournait lorsque Rogue finit par ouvrir le coffre qui s’agitait déjà dans tous les sens. En revanche, lorsque la créature immatérielle en sortit, elle se figea. Elle refusa d’admettre. Et recula de plusieurs pas avec les autres.
 
Il était impossible qu’il leur fasse ça. Rogue était réputé très doué pour amener ses élèves à bout, mais personne ne pouvait être assez cruel pour leur faire revivre ça. Immédiatement, la vision remonta ; la fumée noire, opaque, presque gluante, flottant au ras de sol ou au ras des tête et attaquant les élèves. Son propre avatar, estropié, infirme, dont les paroles fielleuses l’atteignaient plus qu'elles n’auraient dû. Les cris autour, le rire des Carrow qu’elle avait enregistré plus tard, les bousculades intransigeantes qui l’avaient ensuite achevée.
 
Elle ne voulait pas revivre ça. Jamais. Et sous aucun prétexte.
 
Elle comprit enfin toutes les recommandations de Rogue -pas de magie, prudence, maîtrise de ses émotions et calme à garder. Le but de l’exercice, aussi, même si elle sut immédiatement qu’elle ne ferait pas partie de ceux qui réussiraient. Mais après tout, qui se souciait du ressenti d’une pauvre gamine ?
 
L’épouvantard lâcha finalement sa première victime. La jeune fille, la Serdaigle au sourire éternel qu’elle avait croisée à la bibliothèque, semblait au bout de ses forces. Si même victorieuse on finissait si mal, qu’en serait-il de ceux qui ne vaincraient pas ? Ce fut ensuite le tour du Gryffondor infirme ; malgré la curiosité mal placée qui lui brûlait les entrailles, celle qui voulait savoir quel genre de peur pouvait avoir un handicapé, elle s’obligea à détourner les yeux -elle ne voulait pas s’affaiblir encore plus juste avant sa descente aux enfers. Il n’y eut pas de cri, pas de pleur, à peine quelques paroles murmurées -et déjà le monstre informe passait à quelqu’un d’autre. Gilson, qu’elle voyait parfois dans la Salle Commune des Serpentard, semblait être la cible idéale, exposée ainsi auprès de la première victime. Lorsqu’elle le vit sombrer tout au fond du néant créé par l’épouvantard, quelque chose en elle se serra sans qu’elle ne sût trop pourquoi. Elle n’eut pas l’occasion de s’y intéresser plus profondément que déjà il était abandonné par la créature -et elle tourna le dos à la scène, juste pour être sûre de ne pas être choisie ensuite.
 
Un instant passa sans que rien ne se passât, et Andrée crut la partie finie. Pour une quelconque raison, l’épouvantard s’était rétracté et ils étaient tous saufs -enfin, tous exceptés les trois élèves qui précédaient. Ses épaules se détendirent imperceptiblement et sa mâchoire se décontracta un peu. Une main se posa sur son bras, et elle eut un mouvement de recul en découvrant le Gryffondor noir qui lui souriait. « Allez, viens », dit-il, et Andrée, hébétée, le suivit devant la foule d’élèves. « Ce n’est pas si grave, tu verras. On s’y fait vite. Le plus dur, c’est l’impression que ton corps ne t’appartient plus.
 
- De quoi tu parles ? », dit la fillette en se dégageant. À présent qu’il n’y avait plus personne autour d’eux deux, elle se sentait démunie et exposée. Et si l’épouvantard n’attendait que son relâchement pour l’attaquer ? Du coin de l’œil, elle tenta de savoir comment réagissaient leurs camarades ; tous avaient une expression étrange, entre le malaise et l’abandon. Et surtout, son regard s’arrêta sur le Gryffondor. Ses jambes se figèrent, ses mains tremblèrent et sa bouche s’assécha ; lorsqu’elle reporta son attention sur l’autre, il était déjà trop tard.
 
Son souffle se bloqua quelque part au fond de sa gorge. Elle ne voulait pas. Elle ne voulait plus.
 
« Je te promets, promets qu’on s’y fait », dit son double, mielleuse. Les cernes en dessous de ses yeux étaient bien trop profonds pour être réalistes, mais Andrée était focalisée sur ses jambes raides et mortes et sur les roues du fauteuil si gigantesques qu’elles étaient certainement en mesure de l’écraser. « Tu te souviens de ce que je t’ai dit la dernière fois ?
 
- Je… » Mais elle ne réussit jamais à finir sa phrase. Quelque chose explosa dans son cœur, ses entrailles ou son cerveau, et elle s’écroula brutalement au sol, privée tout à coup de ses jambes. « Non », murmura-t-elle, presque inaudible. Silencieusement, elle se mit à pleurer. Peut-être était-ce mieux que le cri hystérique qu’elle avait poussé la dernière fois ; à Halloween cependant, la vision avait été plus brutale. Aujourd’hui, aucun sang ne recouvrait ses mollets -et peut-être était-ce encore pire, car l’espoir ténu qu’elle avait encore de rester debout s’évanouit aussitôt qu’elle essaya de se redresser. « Pourquoi tu fais ça ? », meugla-t-elle par-dessus le rire de l’autre.
 
« Je te montre ton avenir, ma jeune amie », ricana-t-elle. « N’importe qui paierait des trésors pour connaître le sien ; et moi, je t’offre ton destin gratuitement. Ne suis-je pas généreuse ? » Tout comme la dernière fois, l’autre se leva et s’approcha d’Andrée. Elle était si gracieuse dans sa robe de soie verte, brodée de blanc, plissée sur le jupon. Elle était si élégante avec ses gestes dansants, témoins d’une décennie de danse, à se balancer au rythme d’un piano qu’elle seule pouvait entendre. Elle se pencha tout près de son oreille, et la fillette frissonna sous son souffle glacé. Aujourd’hui, elle le savait déjà, elle n’aurait pas la force de repousser les phrases perfides qui passeraient la barrière imaginaire des lèvres de l’épouvantard. « Tu veux connaître ta future vie ? Voilà, elle est là : un avenir de désolation, un avenir sombre et sans mouvement, à regarder les autres évoluer pendant que toi, toi… tu resteras plantée sur ce fauteuil si molletonné, inactive et impuissante. » D’un claquement de doigts de l’autre, Andrée se retrouva sur le siège à roulettes. Sa tête balançait en rythme, baissée comme celle d’un endormi, et elle subissait comme un condamné. « La danse, tu oublieras. Les sauts, tu oublieras. Le fait même de penser à marcher, tu oublieras. Ma chérie », l’être lui saisit le menton, « qui es-tu pour aspirer à vivre de tes rêves ?
 
- Tais-toi », fit Andrée faiblement, ridicule tentative de rébellion face au venin du monstre sans forme. Elle leva ses yeux noyés d’eau pour les planter dans ceux du visage squelettique de l’autre, mais ses intentions courageuses furent immédiatement balayées par la bande d’enfants qu’elle aperçut derrière. Certains avaient ses jouets cassés à la main ; l’un même tenait la peluche qu’ils avaient si vaillamment déchirée, celle qui rassurait ses nuits après son arrivée en Angleterre.
 
« Tu vois, ces enfants ? Ils ont tenté de t’aider, mais tu les as repoussés. » Andrée secoua la tête, incertaine malgré tout. Peut-être était-ce vrai ? « Leurs actes devaient t’aider, et tu as tout fichu en l’air. Ça », elle désigna les jambes immobiles de la fillette, « est un juste retour des choses, tu ne crois pas ? »
 
Et Andrée ne tint plus ; une vanne s’ouvrit quelque part en elle et les mots haineux de l’autre s’évanouirent sous chaos de ses larmes. Ses membres tremblèrent tout à fait, et elle ne remarqua pas que ses jambes même répondaient aux réflexes spasmodiques de son cerveau. Tout ce qu’elle savait, elle, c’était qu’elle ne pourrait jamais vaincre l’autre.





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MessageSujet: Re: [Cours - 10 novembre 1997] Défense et Maîtrise de soi Mer 8 Nov 2017 - 17:29

Le cours de magie noire s’était avérée comporter une surprise, les figures terrifiantes des Carrows ayant été remplacées par celle plus familière, bien que tout aussi menaçante, de Severus Rogue. La serpentard retena le petit sourire qui voulu s’étirer sur ses lèvres, ayant toujours apprécié son directeur de maison par le passé, son caractère fort et son sarcasme reconnu offrant un certain divertissement lors des cours dont elle avait eu le plaisir d’assister. Malgré le changement drastique d’atmosphère au sein de l’école et la réputation qui collait maintenant à la peau du directeur de l’école, la vipère préférait grandement sa présence à celle des professeurs de magie noire habituels, leur technique d’enseignement laissant grandement à désirer. Elle lança un coup d’oeil voulant tout dire à Léon, avant de pénétrer dans la salle, prenant place au centre de la classe, près des autres serpentards, la loyauté inter-maison obligeant. La trépidation l'envahissa, la présence de Rogue étant tout de même intrigante, un mélange d’inquiétude et d’excitation tourbillonnant avec ferveur en elle, bouillonnant tandis que l’attente se prolongeait. Le directeur referma finalement la porte derrière lui et prit place face à eux tous, brisant le silence de sa voix bien caractéristique, son discours vacillant au delà du sujet habituel du cours, un rappel bien dissimulé qu’une guerre rageait et qu’ils en seraient tous des participants qu’ils le veulent ou non. Heather garda son air impassible, retournant sans flancher le regard du directeur qui s’était posé sur elle, chaque élève ayant reçu leur seconde de dévisagement de la part du mangemort avant que celui-ci reprenne la parole, son discours prenant une tournure lugubre, abordant sans détour la mort qui cognait à la porte de tous et chacun. Puis, la figure menaçante invita les élèves à se mettre debout de sa voix sévère, dégageant les bureaux du centre de la pièce, une boîte émettant des spams douteux trônant maintenant face aux élèves regroupés. La brunette regarda la boîte d'un air hésitant, les mouvements caractéristiques de celle-ci lui rappelant en un clin d'œil la créature que les Carrows s'étaient amusés à libérer en plein coeur de la soirée d’Halloween. Heather redressa légèrement le dos en réponse à son malaise grandissant, relevant quelque peu le menton, préférant une posture donnant l'impression d'un semblant de contrôle, contraste saisissant avec son état d'esprit troublé. Si son impression était la bonne et que la bête temporairement emprisonnée était celle qu'elle croyait, la vipère ne savait pas si elle avait la force d'affronter aussi rapidement de nouveau la source de ses plus profondes peurs, son dernier épouvantard n’ayant pas offert un combat facile à la jeune Trown, le résultat ayant été, à l'inverse, un désastre inoubliable. L’adolescente croisa les bras devant sa poitrine, concentrant son attention sur le discours du directeur, la peur devenant l’élément central de la partie théorique du cours, renforçant l’impression qu’un épouvantard était bien l’être responsable des mouvements de la boîte.

- Se concentrer, respirer à fond, réfléchir aux moyens de supprimer la source de la peur puis réagir. Aujourd’hui, pas d’action, tout se fera sur le mental, vous n’allez pas être en situation réelle. Vous n’avez pas besoin non plus de vos baguettes, dans un premier temps. Retenez bien ça, lorsqu’on souhaite s’en sortir, il faut commencer par prendre le contrôle sur sa propre vie.

L’anxiété commune des élèves était pratiquement palpable dans la salle. La jeune Trown garda un visage impassible tout le long des explications du directeur, la mention de l’absence des baguettes ajoutant une couche de malaise à l’optique d’affronter ses peurs, le sentiment d’impuissance n’en devenant qu'amplifié. Celle qui s'était réjouie à l'optique d'un cours enseigné de nouveau par son ancien directeur de maison commençait à désenchanter, chaque parole sortant de la bouche de ce dernier n’ajoutait qu'un clou au cercueil imaginaire enveloppant les étudiants présents et bien que le concept de la classe avait un certain potentiel utilitaire, la brunette ne pouvait empêcher l'inquiétude de monter en elle et comme à chaque fois que cela arrivait, l'émotion commençait à se transformer tranquillement en énervement. Heureusement pour elle, ce fut Montgomery qui fut désignée pour affronter la créature en premier et malgré son aversion pour la serdaigle, la serpentard n’arriva pas à étirer ses lèvres en un sourire moqueur comme il en aurait été son habitude. Puis, les victimes s'enchaînent : O’Riley, suivit de Gilson, pour finalement atterrir sur la petite De Kerimel. Heather n’était pas une jeune fille sympathique ou aimable, ayant plus souvent qu’autre chose été comparée à une glacier de l'antarctique, mais la vision d’une serpentard de première année éclatant en sanglot devant eux tous, effrayée par l’épouvantard qui s'acharnait sur elle, la fit réagir et elle s’avança devant la créature, attirant l’attention de celle-ci sur elle-même. D’un geste rapide, elle posa sa main sur l’épaule de la petite et la poussa derrière elle, la bloquant de son corps avant de se concentrer son attention sur son père qui prenait forme devant ses yeux, la silhouette de Jake devenant de plus en plus réaliste tandis que la créature aspirait les peurs de la serpentard et leur donnait forme.

Elle l’observa longuement, sentant une panique naître en elle, l’origine de ses cauchemars lui offrant un sourire cruel en échange, les yeux voilés par l'alcool consommé. Jake était devant elle, dans toute sa grandeur, sa baguette frémissant dans sa main, ses yeux sombres fixant sa fille d’un air dégoûté. La serpentard tenta de rester stoïque, avalant quelque peu de travers sa salive qui manquait à l'appel, les yeux hantés fixés sur l'homme qui avait et restait la cause de tant de souffrances. Une partie de son esprit lui rappela sinueusement que les élèves voyaient son père aussi bien qu’elle et que ce qu’elle s’était acharnée garder secret ne le serait plus si l’épouvantard se mettait à parler…  et cela, il le fit.

- Tu croyais vraiment réussir à me tuer ? Une vermine comme toi ?, la silhouette rigola durement, un sourire narquois déchirant son visage, rabaissant l’adolescente à un ridicule où seul la moquerie lui était destinée. Tu vas finir six pieds sous terre comme ta mère. Ça ne sert à rien d’essayer, tu es destinée à échouer. Je vais toujours avec le dessus sur une petite racaille comme toi.

Heather ferma les yeux sur le coup, secouant la tête péniblement et fit un pas vers l’arrière, un frisson montant désagréablement le long de sa colonne vertébrale, rappelant la sensation d’un insecte se promenant sur la peau dénudée. Dans son esprit, un mantra se répétait et se répétait, sans fin : tu n’es pas réel. Elle plongea la main dans sa poche, une tentative de récupérer une baguette absente, le souvenir que celle-ci était sur l’un des bureaux lui revenant aussi rapidement qu’un éclair fracassant le ciel. Elle ouvrit grandement les yeux, fixant l’homme qui s’approchait d’elle d’un air menaçant, son corps tremblant sous la peur qui l’envahissait. Elle était sans défense, face à son père dont tous les signes étaient présents pour annoncer une rétorque douloureuse dont elle serait la recipiente. Bien qu’une partie d’elle-même lui criait que ce n’était pas réel, l’apparition était si réaliste que les réflexes qu’elle s’étaient appropriés depuis son enfance remontaient à la surface, prenant possession de son corps et elle baissa la tête et monta rapidement ses bras fins devant son visage. Elle jeta un coup d’oeil terrifié autours d’elle, le visage de Léon ressortant au travers ceux des autres élèves, un rappel saisissant qu’elle n’était pas chez elle, mais bien en classe, envahissant ses sens, reportant son attention fébrile sur Jake. Serrant les poings, elle baissa lentement ses membres et se força à respirer, tentant de calmer les battements erratiques de son coeur, le regard fixé sur son cauchemar personnel. Elle releva légèrement le menton et murmura d’une voix légèrement vacillante :

- Tu n’es rien. Tu ne me contrôle plus.

Elle garda pour elle-même le “je vais te tuer” que son esprit lui criait d’exprimer, ayant conscience plus que jamais qu’elle n’était pas seule face à son père. Ce dernier éclata de rire, un son cruel qui résonna dans la salle, se répercutant contre les murs. D’un geste rapide, l’homme leva sa baguette, pointant celle-ci sur la jeune Trown, le regard méprisant :

- Tu seras toujours sous mon contrôle, princesse, le dernier mot coulant de sarcasme, une insulte plus dévastatrice que toutes celles qu’il pourrait lui offrir. Quand vas-tu comprendre que ta place est à mes pieds ? Une vermine comme toi ne mérite rien d’autre que de souffrir.

Puis, elle vit rouge. Le visage de la brunette se durcit sous la colère, fixant sans flancher l’homme qui lui avait arraché son enfance, avant d’exploser, les paroles sortant d’elles-même, répétant sans cesse ce qu’elle ressentait pour cette personne qui osait s’appeler son père :

- Je te hais. Je te hais. JE TE HAIS !

L'adolescente se jeta finalement sur la créature, le poing levé en sa direction, les yeux brûlant d’une fureur sans nom, mais elle n'atteint jamais sa cible, son corps ne rencontrant jamais la forme solide qu’elle avait visée. Celle-ci s'évapora, un nuage sombre et opaque entourant la jeune fille pendant quelques secondes avant de s'envoler un peu plus loin, se matérialisant de nouveau en la peur d'un autre élève. La vipère resta figée quelques instants, le regard vide, fixant le mur sans vraiment le voir, ses pensées se replaçant enfin dans l'ordre, lui rappelant que la bête était passée à une prochaine victime et qu'elle n'était plus en danger imminent. Le corps légèrement tremblant, les yeux durs, la vipère serra les poings et se dirigea lentement vers les autres élèves, foudroyant quiconque ayant l’audace de la regarder ne serait qu’un instant. Elle avait vaincu l’épouvantard, mais sa victoire lui laissa un arrière goût amère à la bouche, sachant très bien que la créature n’était rien comparé au monstre qu’elle devrait inévitablement affronter. Elle se replaça aux côtés de Léon, l’esprit voilé par ses pensées et la réalité de ce qui venait de se dérouler.

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SERPENTARD7ème année
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MessageSujet: Re: [Cours - 10 novembre 1997] Défense et Maîtrise de soi Jeu 9 Nov 2017 - 22:14



Dire qu'il avait appréhendé le prochain cours avec les Carrow était un euphémisme. Les voir se tenir droits devant eux, un sourire malsain flanqué sur leurs visages n'était pas ce dont il avait besoin pour réussir à oublier les terribles évènements de cette nuit là. Allongé dans son lit, les yeux rivés au plafond, il avait retourné la situation de toutes les manières possibles et en était arrivé à la fâcheuse conclusion qu'il ne pouvait en aucun cas sécher ce cours. Il risquait s'attirer encore plus les foudres des mangemorts qu'il ne le désirait. Voilà la raison pour laquelle il attendait la venue des professeurs, adossé contre un mur auprès d'Heather. Laquelle lui lança un regard lourd de sous-entendus lorsque le directeur de leur maison s'avança vers eux. L'adolescent sentit immédiatement le soulagement se rependre dans ses veines. Il reprit un peu d'air et eu l'agréable surprise de sentir ses poumons s'emplirent pleinement pour la première fois depuis qu'il avait enfilé son uniforme ce matin. Le professeur Rogue avait beau ne pas être le plus agréable des enseignants de cette école, Léon n'avait jamais eu de soucis avec lui. La couleur verte et argent de sa cravate y était pour beaucoup, certes. Mais il était un million de fois préférable de le voir lui, et non pas la fratrie des Carrow. Il suivit ses condisciples jusqu'à la salle et s'installa auprès d'Heather, écoutant Severus Rogue leur expliquer la raison de ce remplacement impromptu.

Le discours employé par leur enseignant remplaçant était désagréable. Léon ne savait pas s'il était le seul à tiquer sur certaines paroles et les tournures de phrases employées. Mais il y avait quelque chose de malaisant  dans le " redresser l'honneur de votre famille". Le redresser de quoi?  Des erreurs commises, de l'étonnante tolérance qui en avait découlé avec les nés-moldus ? Quelque chose remua à l'intérieur du ventre du jeune homme, l'image sans visage d'un père moldu qu'il ne connaissait pas et il sentit un frisson désagréable courir le long de son échine, qui n'avait rien à voir avec le froid habituel de cette salle de classe. L'honneur de la famille Schepper ? Il n'y en avait aucun. Et plus que jamais, il ressentit qu'il n'était pas à sa place dans cette guerre dans laquelle il ne ressentait aucune appartenance. "Chasser la faiblesse, ne pas être de simples poids morts traînés par la société". Ou comment mieux formuler " La magie est puissance", n'est-ce-pas, professeur Rogue ? Cela n'était pas étonnant et de toute manière Rogue était également un Mangemort. Seulement, c'était peut-être le discours le plus clair prononcé cette année dans ce château. Ils étaient des enfants entraînés à faire mieux que leurs parents, à être de parfaits sorciers sans aucune peur et à en être fiers. Dans chaque guerre, la formation et l'embrigadement de la jeunesse étaient les seules façons de faire perdurer un état d'esprit, d'empêcher un soulèvement chez les générations futures. Les enfants étaient de formidables cerveaux en ébullition, mais un peu perdus. Qu'il était facile de détourner cette peur et cette énergie en fournissant une éducation basée sur l'absence de peur, l'obéissance et l'efficacité. Poudlard devenait son camp d'entrainement pour renouveler ses troupes. Plus l'adolescent comprenait ça et plus il eu envie de rendre le peu de repas qu'il avait réussi à avaler au petit déjeuner. Rogue leur vendait peut-être une solution pour se sentir mieux et moins faible mais Léon avait l'impression que les barreaux de leur prison imaginaire se refermaient de plus en plus sur eux. N'aie pas peur ou tu te feras écraser. N'aie pas de pitié pour les autres, où tu te feras écraser également. Lave l'honneur de ta famille, ou bien sois toi aussi un déshonoré et meurt. Arrête de pleurer. Arrête d'avoir peur. Change. Devient quelqu'un d'autre. Tout de suite, parce que sinon tu vas y passer. Son regard glissa sur la petite silhouette de Kerimel et il eut quelques instants pitié pour tous ses élèves si jeunes à qui l'on demandait de grandir si vite. Lui-même ne s'en sentait pas capable. Il comprenait le discours nécessaire du directeur de leur école mais il n'en était pas moins révolté par les propos et les solutions proposées.

Il leur ordonna de se mettre debout et Léon obéit, se rangeant contre le mur. Le coffre s'agita et Léon se mordit immédiatement la lèvre, réalisant sans peine ce qu'il devait renfermer. Ainsi donc Rogue leur proposait-il de défier de nouveau un Epouvantard. Le professeur les toisa un par un et Léon soutient sans mal son regard, dénué de toute lueur de colère. Il était las, pour tout dire, que ce château ne fonctionne que sous la peur et les commandements ordonnant de lutter contre ce sentiment. Pour Léon, la peur n'était pas forcément synonyme de faiblesse, bien qu'il se garderait bien de faire part de sa théorie à haute voix. N'en déplaise à beaucoup, il considérait la peur comme partie intégrante de l'instinct de survie.  Vous avez peur du vide et c'est bien logique, vous risquez de mourrir si vous tombez. C'était identique d'avoir peur des Carrow, cela dit.  Il hocha mécaniquement la tête lorsque Rogue exposa qu'on ne pouvait pas se débarrasser de la peur. Sur ce point il était d'accord. Lorsque le directeur des Serpentards leur parla de lutter, de ne pas attendre une solution venue du ciel, Léon ne put s'empêcher de faire le rapprochement avec la nuit de Souffrance. Etait-il en train de leur expliquer qu'il était déçu par leur inaction, par le fait qu'ils aient tous accepté la punition sans même chercher à se rebeller ? Et puis se rebeller de quoi, sans baguettes ? Il retint un sifflement, gardant ses lèvres désormais pâles closes, essayant de comprendre ce qu'une bande d'enfants terrorisés auraient bien pu faire contre les Carrow. La véritable question était : qui n'avait pas eu assez peur, qui s'était montré assez "courageux" pour aller écrire ce slogan sur un des pans de mur de la bibliothèque. Qui avait été assez stupide pour ne pas penser aux conséquences. Oui, Léon avait peur des Carrow mais cette peur lui permettait de ne rien faire d'insensé et d'éviter de se mettre en danger. C'est de peur dont certains résistants avaient besoin, pas d'un cours les enjoignant à combattre l'objet de leur peur. Il désirait quoi, au fond, qu'ils se soulèvent contre les Mangemorts ? Et ensuite quoi, contre le Lord lui même aussi, tant que l'on y était ? Léon trouvait les propositions du professeur de plus en plus dangereuses. Mais il ne put pousser plus loin sa réflexion lorsqu'il intima à Malia de se placer en première ligne et libéra l'Epouvantard.

Cela faisait bien longtemps qu'il ne s'était pas intéressé à la Serdaigle. Il la regarda lutter sans grand intérêt contre son Epouvantard, ne ressentant rien de particulier. Il avait fait une croix sur elle bien vite, n'avait même pas tenté de l'aider lorsque les Carrow lui avait défiguré son joli sourire. L'Epouvantard vira de bord et Léon crue réellement qu'il allait vomir en assistant à la décomposition déjà bien avancé de ce qui devait être un proche de O'brian. Il serra les points, ses ongles entaillant la paume de ses mains avec une facilité étonnante. Il voulait fermer les yeux, n'ayant aucune envie d'assister aux peurs successives de ses condisciples, n'ayant aucune envie non plus que quiquonque n'assiste à la sienne. Il trouvait presque cela humiliant. Son regard se détourna légèrement tandis que l'Epouvantard explosait de nouveau  pour se matérialiser en la plus grande peur de Gilson, que Léon eut du mal à identifier. Mais son attention était de toute façon de plus en plus détournée vers Heather. Il venait de prendre conscience que la plus grande peur de la jeune femme allait bientôt se matérialiser devant eux tous. Et Léon connaissait cette peur. Sa respiration s'accéléra. Il aurait voulu lever la main vers elle, la serrer dans ses bras. Mais il savait qu'il ne devait pas bouger, qu'elle n'apprécierait pas non plus qu'il s'inquiète pour elle. Il serra les rangs, s'interdisant le moindre mouvement vers elle pour le moment. Il regarda la plus jeune de la classe s'effondrer en pleurs. La vue des larmes roulant sur les petites joues palichottes de Kerimel était un spectacle pathétique. L'adolescent trouvait cela injuste, injuste qu'on lui demande à elle, si jeune, d'affronter également l'Epouvantard. ll avait saisie l'idée de rogue : cette guerre ne fairait pas de différence selon votre âge. Il n'empêche. Quoi que les beaux discours puissent relever, Kerimel était une enfant. Une enfant, bordel.

Et contre toute attente, ce fut Heather qui s'avança pour mettre fin à se supplice. La bouche de Léon s'arrondit d'un petit O parfait en la voyant s'avancer et il se redressa, serrant de nouveau les rangs. Il en fallait de peu qu'il s'avance également, refusant de voir se matérialiser l'Epouvantard de la jeune femme. Mais elle ne voudrait pas de ça, il le savait et retient cet élan de bravoure qui n'existait sûrement que pour une seule personne. Il détourna son regard d'elle pour découvrir pour la première fois le visage de celui qu'Heather n'appelait jamais " Papa". Curieusement, l'homme ne différait pas de ce qu'il avait imaginé. Tout en lui respirait la noirceur, de ses yeux noirs à la façon dont il pointait sa baguette vers sa fille unique. Le vert et argent tressaillit en l'entendant menacer de la faire rejoindre sa mère. Il aurait tout donner pour que le vrai Jake se trouve vraiment devant eux, pour franchir les quelques mètres qui le séparait d'Heather afin de l'aider à rayer de la surface de la terre l'être qui n'avait rien d'humain et se tenait pourtant devant eux. Il se força au calme, lâchant des yeux la silhouette masculine pour se concentrer vers la vipère qui venait de tourner un visage tout bonnement terrifié vers lui, leur regard s'accrochant quelques instants. Allez Sweet, tu en es capable ... pensa-t-il avec force, espérant qu'elle réussirait à puiser un peu de courage en le voyant. Lorsque Jake leva sa baguette imaginaire vers sa fille, Léon cru perdre le peu de raison qu'il lui restait et il s'en fallu de peu pour qu'ils ne se jettent pas entre eux deux et n'aille régler son compte à cet homme. Seule la petite voix lui rappelant où ils étaient ainsi que la réalité de la situation l'en  empêcha. Se débarrasser d'un Jake imaginaire, Heather en était plus que capable. C'est avec soulagement qu'il la regarda se jeter sur l'Epouvantard, ce dernier se dissipant enfin. La verte et argent se rangea à ses côté et il ne put retenir sa main, caressant discrètement l'avant bras de la jeune femme avant de mêler furtivement ses doigts aux siens.

Il se plaça instinctivement devant elle en voyant l'Epouvantard revenir à la charge. Soudain, tout devint sombre et Léon eut l'impression d'être projeter en pleins dans ses cauchemars, diurnes comme nocturnes. La fumée se dissipa, laissant place à une Alecto encore plus menaçante que jamais.

__ Monsieur Shepper, susurra la voix d'Alecto.

C'était exactement ce que la Mangemort lui avait dit cette nuit là. C'était avec ses paroles qu’avait débutée l'altercation, chacune de ses syllabes roulant sur sa langue d'une telle manière qu'il était visible pour tous qu'elle se délectait de la situation. Il ressentit immédiatement la douleur des Diffindo reçus comme si elle venait de lancer le sort et dû réprimer un mouvement de recul en la regardant avancer. Il serait toujours étonné par la puissance des Epouvantards, capables de vous replonger instantanément en votre pire songe. Mais l'avantage, lorsque l'on repensait sans cesse à cette situation, c'est que l'on devenait un as dans la capacité à discerner les différences entre la scène réelle et celle imaginaire. Léon prit une grande inspiration, se concentrant sur la forme s'avançant et tâchant de se focaliser sur un détail absent lors de la réelle nuit de souffrance. N'importe quoi pour que l'idée selon laquelle rien de tout cela n'était réel prenne plus de force et ne fasse disparaître Alecto Carrow. N'importe quoi avant que ...

__ Rien de personnel, Monsieur Schepper.  Il faut bien des dommages collatéraux, même parmi les Serpentards, lui souffla Alecto en souriant de toutes ses dents.

Mais le souvenir continuait à dérouler ses évènements morbides. La chronologie était parfaite, le sens du détail l'était tout autant. La peur se rependit de nouveau dans ses veines, le tétanisant sur place. Plus que quelques secondes avant qu'elle ne lève sa baguette et ne lui lacère le dos. Plus que quelques infimes instants avant qu'il ne s'effondre dans cette salle, à la vue de tous et de toutes. Sa respiration devînt de plus erratique et il eut l'impression de manquer d'air, accélérant de plus en plus chacune de ses inspirations dans un besoin crucial d'oxygène. Elle avançait toujours, de sa démarche féline, et bientôt elle serait là. Il voyait bien que tout cela n'était pas en train de se dérouler. Il était conscient de ça, mais la raison ne voulait pas l'emporter. Comment les autres avaient-ils fait pour se débarrasser de l'Epouvantard, pourquoi lui n'en était pas capable ? Il se sentait tellement impuissant qu'il avait envie de hurler, hurler contre les Mangemorts, contre Rogue et son stupide cours. Et surtout contre lui et son incapacité à cristalliser une réalité qu'il savait pourtant vraie : Alecto n'était pas dans cette pièce. Elle n'allait pas lever sa baguette pour lui découper de nouveau le dos, il n'était pas dans la Grande Salle. Il recula cependant d'un pas, puis d'un autre, secouant la tête de gauche à droite et sondant le visage du Professeur Rogue un peu plus loin. Il ne pouvait pas. Il n'allait pas y arriver. Il fallait que quelqu'un intervienne, vite, avant qu'Alecto ne le tue. Elle allait le tuer, c'était sur il le voyait dans ses yeux, il le voyait dans sa baguette qu'elle tenait fermement et qu'elle levait à présent vers lui. Il recula de nouveau, butant contre quelqu'un. Un souffle chaud dans son dos l'arrêta et il laissa la nouvelle information arriver jusqu'à son cerveau. Il savait qui se tenait juste derrière lui. Et c'était une information suffisante pour le ramener dans le présent. Inutile de chercher une différence chez l'Epouvantard. Alecto était exactement semblable à son imagination parce qu'elle en provenait directement. C'était une parfaite réplique des évènements passés. Il se força de nouveau au calme, se concentra sur la respiration dans son dos, se calant dessus jusqu'à réussir à retrouver un tant soi peu son calme. Doucement, une respiration après l'autre jusqu'à ce qu'il parvienne à relever la tête et à soutenir le regard d'Alecto. De longues minutes semblaient s'être écoulées et pourtant elle ne levait pas sa baguette pour l'attaquer. Léon sentit qu'il était en train de prendre le dessus sur l'Epouvantard, que celui ci allait disparaitre. Il continuait à écouter la respiration d'Heather, essayant de ne pas perdre le fil.

__ Allez-vous en, souffla-t-il, plus pour lui même que pour la Mangemort.

La silhouette se brouilla quelques instants et l'adolescent crut qu'il avait gagné. Son regard fut soudain attiré par une forme gisant au pied d'une Alecto qui semblait ravie. Des jambes maigrichonnes et pâles, d'abord, dont l'une d'elle formait un angle droit qui n'avait rien de physiologique. Puis l'uniforme de Poudlard maculé de tâches pourpres, enveloppant l'étudiante qui semblait reposer dans une marre de sang. Son torse se soulevait difficilement et de façon erratique, une plaie béante remplaçant son abdomen. Les yeux de Léon remontèrent doucement vers son visage mais il n'arrivait pas à l'identifier, un halo de cheveux brun le recouvrant. Les lèvres rosées toussèrent avec difficulté et Léon ne fut pas surpris de voir quelques gouttes de sang en ressortir.

__ Regarde. Elle va y passer parce que tu n'as rien fait ... roucoula Alecto en posant son pied sur la fine silhouette, arrachant un cri faible de souffrance.

Quelque chose en Léon se révolta et il se précipita vers la Mangemort, ses mains se levant et se refermant sur le cou fin d'Alecto dans l'intention bien réelle de la tuer, cette fois-ci. Mais ses doigts ne serrèrent que de l'air et Léon manqua de tomber à la renverse lorsque l'Epouvantard se dissipa. Il se retourna vivement vers la silhouette féminine agonisante. Il fallait qu'il lui vienne en aide, il devait savoir de qui il s'agissait il ... Elle n'était plus là. Il resta au sol, tremblant de tout son être, des soubresauts lui agitant le corps, tâtant plusieurs fois le sol où s'était tenue la jeune femme mourante auquel il n'avait pu venir en aide, complètement retourné par la situation.

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MessageSujet: Re: [Cours - 10 novembre 1997] Défense et Maîtrise de soi Ven 17 Nov 2017 - 19:33


Jimmy écouta Severus Rogue avec grande attention. Il se demandait ce que l’ancien professeur des potions faisait là, à remplacer leur enseignant habituelle de Magie Noire. Non pas que cela dérangeait particulièrement le Gryffondor. S’il n’était pas nécessairement un grand adepte du sorcier aux cheveux gras, sa vue lui était tout de même bien plus agréable que celle des Carrow’s, frère ou sœur. Il fallait dire que ces derniers avaient depuis longtemps montrés de quoi ils étaient capables, et lorsque le sixième année les croisait par malchance dans les couloirs, il frôlait les murs et fuyait leur regard. Non, il n’était pas très courageux, mais le souvenir encore chaud de la nuit de souffrance lui hérissait l’échine à chaque fois qu’il croisait l’un des deux Carrow’s. Et dans cette atmosphère de peur, le profes- directeur Rogue était presque agréable. Comme un arbre offrant un peu d’ombre dans un désert aride et soumis sans arrêt à un soleil de plomb. Pour Jimmy, Rogue n’était guère l’enseignant le plus agréable qui soit, mais en ce moment, il faisait partie des constantes du château, des anciens qui, sans être forcément à l’image du professeur Lupin – doux, attentif et intéressant – n’était pas si mal. Et puis, il faisait partie des murs du château, et étrangement, Jimmy savait à quoi s’attendre – plus ou moins – ce qui rendait les choses plus simples.

Le jeune homme écouta donc l’ancien enseignant des potions – le grand art des potions que Jimmy ne maîtrisait toujours pas – et essaya de faire rentrer dans son crâne les notions de courage que Rogue tentait de leur transmettre. Plus facile à dire qu’à faire puisque le seul rire d’Alecto Carrow lui faisait changer de couloir. Il était un bien piètre Gryffondor. Oh ! Evidemment il avait envie de régler les choses, que tout rendre dans l’ordre, mais il se sentait tellement surpasser que la tâche lui semblait infaisable. Quant à cette fierté dont parlait Rogue : perdu. Ce n’était pas Jimmy qui en avait assez pour s’y raccrocher. A quoi se raccrochait-il alors ? Amaryllis, sans aucun doute, et ses amis. Pour le reste, il était en roue libre comme une électron incapable de se décider entre deux atomes. Et puis Rogue termina son petit discours, et leur demanda de se lever. Le jeune homme rejoignit alors ses camarades dans un coin de la salle et observa une grosse malle ancienne prendre place au milieu de la salle. Une drôle de sensation lui gagna alors l’estomac ou une boule s’y forma. Cette malle et cette disposition lui rappelait un cours lointain donné par Lupin. Il n’aimait pas ce qui se trouvait dans le meuble en bois. Il n’aimait pas non plus le discours que portait Rogue sur la peur et la façon dont il fallait s’en débarrasser, tout du moins la contrôler. Comment pouvait-il contrôler sa peur lorsqu’il n’arrivait parfois pas à contrôler des émotions plus soft ? Et si personnellement une araignée ne l’effrayait pas plus qu’une petite souris, quelques visions possibles du futur le terrifiait.

Et le moment fatidique arriva, et Jimmy s’efforça d’adresser un regard encourageant à sa camarade Malia.  Puis Lou – camarade de Quidditch – pris le relais, suivi de Lysander, Andrée, Heather et Léon – belle brochette de Serpentard. Et puis, après avoir subi l’assaut courageux d’un Léon furieux, l’épouvantard s’avança vers Jimmy qui retint son souffle.  Un nombre important de futur scénario lui vinrent en tête : les Carrows tenant son petit frère, son Grand-Père qui lui montrait la marque des ténèbres sur son bras, son père qui revenus après tant d’année lui exprimait tout son mécontentement. Et puis, la délicieuse vision d’Amaryllis apparut devant lui dans une belle robe blanche moldue. Sauf que l’expression apaisante que la jeune femme possédait d’ordinaire n’était pas là. Ses yeux étaient rouges et elle ne parvenait pas à parler. « Ama ! Qu’est-ce qu’il y a ? Dis-moi ? » s’exclama le sorcier, persuader que la vision était réelle, comme cette fameuse nuit dans la grande salle. Et tandis que la sorcière tendait toujours de retrouver la parole, sa robe se tâcha de sang au niveau de son cœur. Toujours aucun mot, Jimmy tenta alors de s’approcher de la vision. « Ama ! Tout vas bien aller.. Je te le promet ne.. » avait-il commencé en s’avançant de quelques pas vers la jeune femme qui elle-même reculait. « Ne bouge pas.. Please. Laisse moi t’aider.. S’il te plait.. » supplia-t-il, avant de se faire trébucher lui-même et de tomber à genoux. Amaryllis elle, l’observait, tentait de lui parler et se vidait de son sang sans qu’il ne puisse rien faire.

Et pourtant.. Quelque chose n’était pas comme d’habitude, quelque chose le gênait. Il ne savait s’il s’agissait des cheveux de la jeune femme ou de son regard, mais elle n’était pas comme d’habitude. Et puis les mots de Rogue lui revint en tête. N’avait-il pas dit que la peur était contrôlable ? Et si Jimmy n’avait pas vraiment le temps (ni l’envie) de raisonner sur sa peur, il avait peut-être une idée pour la faire disparaitre. Il ferma les yeux. La créature en face de lui n’était – semble-t-il, pas capable de faire un bruit, alors s’il fermait les yeux, il ne voyait plus le problème.  Et lorsqu’il les rouvrit – difficilement : et s’il avait échoué ? – il constata la disparition d’Amaryllis. Un petit soupir de soulagement s’échappa de ses lèvres, et il passa une main dans ses cheveux. Il ne s’en était pas rendu compte, mais son cœur battait la chamade, et le stress l’avait fait transpirer. Il s’essuya le front et retrouva une place en retrait dans la salle de classe. Il ne savait pas vraiment ce quoi l’épouvantard s’était inspiré pour cette peur, il avait l’impression, lorsqu’il voyait certains de ces petits camarades d’avoir de la chance. Perdu dans ses pensées, mais pas aussi malin qu’un Serdaigle, il ne trouva pas que cette peur était celle de l’impuissance. Celle de rester là, incapable de faire quelque chose, même pour sauver ce qu’on aime. Parce que c’était bien cela, sa plus grande peur : ne pas avoir le courage de faire les choses lorsqu’il en avait pourtant la possibilité.

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MessageSujet: Re: [Cours - 10 novembre 1997] Défense et Maîtrise de soi Dim 19 Nov 2017 - 12:09


« Entrez, en silence. »

Recluse dans un silence résigné, Meredith obéit à la voix traînante sans broncher. Elle savait que c’était Rogue qui leur donnerait la popote aujourd’hui, son oreille ayant un peu traîné à son dernier passage dans la salle des professeurs. Aussi, contrairement aux autres, elle n’afficha aucun air de surprise, n’échangea aucun murmure avec son voisin. Elle était bien trop préoccupée pour cela. Cette nuit, elle avait vu le visage du démon, et se demandait encore comment elle s’en était sortie entière. Elle ignorait même si l’homme toucherait un mot de ses observations aux Carrow, chose qu’elle semblait secrètement couver d’une espérance refoulée. Cela la libérerait. Elle serait sûrement torturée, jetée pour quelques semaines aux cachots, transférée à Nuncabouc, mais elle serait libre. Et elle pourrait vraiment se battre, comme les autres. Cet espoir fou, elle le gardait enfoui au plus profond de son écorce et s’empêchait d’y penser trop souvent, mais il n’en était pas moins présent, scintillant d’une faible lueur.

Elle n’écouta que d’une oreille le discours du directeur, songeant plutôt à arranger son uniforme et à refaire son chignon lâche retenu par sa baguette magique. Elle n’avait pas du tout dormi cette nuit-là, et contrairement à d’habitude, elle n’était pas restée dans les couloirs pour combattre ses pensées trop remuantes. La peur de croiser à nouveau le vieil homme avait été trop vivace. Elle s’était recouchée, et avait laissé libre court à la folie de ses élucubrations. Elle s’était donc levée plus tôt, pour parfaire et fixer le maquillage sans lequel elle ressemblerait à un Inferius. Puis elle s’était installée devant le feu de la salle commune et avait relu son cours de métamorphose. Puis son cours de potion. Et de botanique. Et enfin, de Magie Noire. Etait-il besoin de préciser que pour cela, elle avait attendu que les premiers élèves descendent de leur dortoir pour aller prendre leur petit-déjeuner ? Elle, elle n’avait pas faim.

Après quelques incantations – de druide et de magie – insistant sur l’importance du contrôle de soi, Rogue lança les hostilités, et Meredith observa tout sans le voir. Elle savait qu’elle allait y passer, et décida que cette fois on ne l’aurait plus si facilement. Son esprit se conditionna lentement à la vision qui allait la cueillir, celle qui l’avait vaincue le soir d’halloween et qui l’avait laissée impuissante. La peur, voilà bien quelque chose de terriblement intime. Elle avait eu de la chance, ce soir-là, que ce ne soit pas un Gabriel lui hurlant qu’il l’abandonnait à ses mensonges, ou une Amaryllis avouant qu’elle ne la croyait pas, qui soit apparu devant elle. Elle craignait beaucoup de choses, mais se sentait capable d’affronter n’importe quoi. En fait, la crainte n’allait jamais jusqu’à la peur panique, et elle avait assez de présence d’esprit pour se rappeler à l’ordre, se souvenir de l’illusion. Pourquoi alors ce soir-là s’était-il soldé par un tel échec ?

La préfète, au fond de la salle, pu admirer le courage de certains – et notamment de Lou, handicapé et poursuiveur dans son équipe, une énigme à lui tout seul – et la débâcle des autres. L’épouvantard n’était pas formidablement puissant mais restait honorable, redoublant d’inventivité devant les plus tenaces. Il ne lui fallut pas plus de quinze minutes avant d’arriver devant Jimmy, qui vainquit la vision d’une Amaryllis ensanglantée. Voyant que le jeune homme réalisait l’irréel de la situation, la forme sombre le quitta rapidement pour trouver sa prochaine victime. Et cette victime, ce fut elle. Sans trop savoir pourquoi, elle s’y était attendue, et s’y était préparée. Maintenant, qu’il vienne, qu’il se transforme autant qu’il le voulait, elle n’y croirait pas plus qu’à un Dumbledore ressuscitant pour tous les sauver.

Bien vite, la salle subit la même malédiction que le soir du 31, vitres brisées et cadavres au sol. Statique, Meredith fut frappée du réalisme de la situation, et faillit flancher, mais contracta son esprit qui chassa l’image aussi vite qu’elle était venue. L’épouvantard ne l’aurait plus avec cette vision-là, cette vision de guerre qui résonnait si prophétique. En fait, la lionne s’était faite à l’idée qu’un jour, tôt ou tard, cette image se réaliserait. Et elle savait aussi que dans ce cas-là, soit elle serait parmi les cadavres, soit elle serait en train de se battre de toutes ses forces, mais en aucun cas elle ne se laisserait renverser à la vue de ses camarades fauchés. La créature tourbillonna, chercha une nouvelle épreuve, et se stabilisa soudain en une forme haute, maigre, terriblement familière. Elle s’approcha, et reconnut Adam. Ses lunettes étaient tordues, sa joue balafrée, et il traînait sa jambe derrière lui comme un poids mort. Son œil était hagard, perdu dans le vide. Il ne semblait pas la voir. Le décor autour s’était aussi transformé, mettant en scène une tente magique à la lumière basse et poussiéreuse. Meredith, interdite, remarqua une autre personne qui entra par l’ouverture centrale. Avant même de discerner son visage, elle reconnut son frère Aloysius, baguette à la main. Il était torse nu, les côtes et l’abdomen bandés d’un tissu sale et imbibé de sang, et criait quelque chose. Adam se retourna, Aloysius trébucha sur ce qui ressemblait à une cage vide, faillit tomber, se rattrapa. Il atteignit son ami, le secoua, voulut le tirer vers la sortie. Mais Adam ne bougeait pas. Il avait repris sa position initiale, face à une Meredith immobile qui assistait à la scène sans broncher. Cette fois cependant, il la regardait dans les yeux. Ses lèvres formèrent une phrase silencieuse que seule elle entendit, et brusquement les pans de la tente s’ouvrirent à nouveau pour laisser entrer deux femmes, masquées, armées. Aloysius n’eut pas le temps d’agir, de lancer le moindre sort. Il se prit l’éclair vert de plein fouet. Adam n’avait pas tiqué. Il fixait son amie, murmurant toujours pour eux deux des mots terribles, empreints d’une infinie violence. Puis il s’effondra à son tour, frappé dans le dos.

Tout cela s’était déroulé très vite, à grands renforts de hurlements, de bruits d’explosions, d’odeurs de chair carbonisée. Pourtant la lionne n’avait pas esquissé le moindre geste. Elle avait observé tout, s’imprégnant de la scène, répétant à son corps de ne pas se jeter entre son frère et les Mangemorts. Quand ses deux frères de cœur et de sang furent tombés, que les femmes eurent disparu, elle s’avança enfin. Les larmes pointèrent lentement, sans forcer, et inondèrent ses joues, mais rien d’autre ne trahissait son émotion, pas de soubresaut, pas de tremblements, pas de cris. Elle s’assit près d’Adam, passa une main dans ses cheveux, ne rencontra que de l’air. De même quand elle voulut prendre la main de son frère aîné. Du vent. Elle resta donc là à les contempler, deux illusions plus réalistes que jamais, lui offrant la possibilité de voir ces deux figures chéries qui avaient disparues de son quotidien quelques mois auparavant. Quand elle se fut emplie de ces images, elle se releva. L’épouvantard n’avait pas changé un seul détail à sa mise en scène, mais se retrouvait face à un mur d’impassibilité. Elle avait décidé de ne pas fléchir. Et en décidant cela, son esprit s’était verrouillé, comme on bloque les vannes d’un barrage. Ce n’était qu’une question de volonté, rien de plus. Il n’y avait pas à tergiverser.

« Ça suffit. » dit-elle à mi-voix. L’illusion disparut lentement, un élément après l’autre, tente, lampes, cordes, cage, laissant sur le sol de la salle de classe uniquement les deux cadavres, comme dans une dernière tentative à la faire céder. Elle se détourna, regagna les rangs, sans un regard supplémentaire pour les corps. L’œil couvrait une tempête, mais le corps agissait comme un paratonnerre. Quand elle se retourna, il n’y avait plus rien.

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et souvent la haine touche sa joue est arrache ses veines, alors il n'y a plus de souffrance et seulement la bête qui s'agite au creux de son ventre dans l'automne aride et la tempête

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MessageSujet: Re: [Cours - 10 novembre 1997] Défense et Maîtrise de soi Dim 19 Nov 2017 - 23:33

Spoiler:
 

Le nouveau directeur de Poudlard. Elle se força à retenir une grimace. Depuis que la guerre avait commencée, Severus Rogue avait prit le contrôle de l'école de Magie. Pourtant il n'avait pas jugé utile d'abuser de son tout nouveau pouvoir, ce qui laissait Lina tout à fait perplexe. N'aurait – il pas dû se montrer plus à la hauteur de ses nouvelles fonctions ? Et s'il n'avait pas besoin de prouver sa valeur en tant que Directeur, comment démontrait – il son dévouement à la cause du Mage Noir ?
Un peu à cran, elle avala péniblement sa salive. Malgré ses angoisses, elle était presque soulagée que ce soit lui son Professeur pour le cours : lui, au moins, n'avait jamais daigné utiliser la torture sur ses élèves, même si certaines de ses méthodes restaient plus que douteuses. La jaune et noire leva ses yeux fatigués vers Rogue, alors qu'il commençait son discours d'introduction. Honneur, famille, force morale... Elle fronça les sourcils, et se mit littéralement à boire ses paroles. Sa position était ambiguë : il était à la fois insultant et encourageant. Il lui fallut un moment pour mettre le doigt dessus. Son ancien Maître des Potions allait leur apprendre à se battre.

« En revanche, vous pouvez changer vos propres façons de faire, même des enfants de onze ans ont des atouts pour ne plus être de simples proies. Renforcer son mental commence par contrôler ses émotions, si vous vous laissez dévorer par votre peur, vous n’arriverez jamais à rien. Les faibles, les impulsifs et les sentimentalistes meurent toujours les premiers. Maintenant, debout ».

Lina coula un regard vers Andrée. Elle ne doutait pas des avantages de cette dernière, mais elle la trouvait tellement jeune... Pourtant, les paroles de Rogue résonnèrent dans sa tête. Jeune ou pas, il faudrait effectivement apprendre à survivre. La position de son professeur la laissait perplexe. Mais en même temps, peu importait le but, en tout cas pour l'instant. Elle voulait vivre, et survivre à cette guerre. Elle l'écouta avec une attention nouvelle, hochant parfois la tête, ou pinçant ses lèvres. Elle résuma son exposé en quatre mots : concentration, respiration, suppression et réaction. Sur le papier, il n'y avait rien de plus facile. Dans les fait en revanche... Le coffre dans lequel se trouvait l'épouvantard gigota. Lina se souvenait encore de la nuit d'Halloween, et de la façon dont elle avait réussi à repousser la créature... Mais voilà, il avait Abi, et Andrée, et surtout, surtout, elle possédait sa baguette pour se défendre. Dans ce cours, il n'était pas question d'utiliser la magie, juste son mental.

L'épouvantard se dégagea avec une certaine grâce de l'imposante boîte en bois et se dirigea vers sa première victime. Lina dégluti et baissa les yeux. C'était terriblement intime de devoir partager ses peurs avec le reste d'une classe. Pourtant, elle devait d'observer, d'analyser, d'apprendre. C'était la seule façon de s'en sortir. Son cœur se serra quand la bête s'attaqua à Lysander et Andrée. Surtout à Andrée... Les choses ne se déroulaient pas très bien pour sa petite protégée. Pourtant, au moment où elle se décida à agir, Heather s'avança. La blairelle lui adressa une prière silencieuse pour la remercier de son acte. Andrée était sauvée, c'était désormais à elle de s'en sortir. L'épouvantard passa ensuite à Léon Shepper. Lina haussa son délicat sourcil quand elle le vit se précipiter sur la créature. Son comportement la laissa perplexe, tant de rage et de fougue... Elle contempla un instant la douleur sur son visage. Jusqu'à ce que Jimmy hurle le surnom d'Amarillys. L'horreur du sang sur sa robe contraster avec à merveille avec l'horreur de la situation. Ama avait été la seule à comprendre la douleur de Lina quand elle avait perdu sa petite sœur. Lina, impuissante, regarda Jimmy se battre avec ses propres démons. Puis se fut au tour de Meredith.

« Ça suffit ».

Ces quelques mots sonnèrent le glas pour Lina, car la créature des ténèbres s'avança vers elle. Comme pour Halloween, l'épouvantard hésita un instant : sa mère ? Son père ? Non, sa sœur.  Un choix judicieux. Ses parents se protégeaient l'un l'autre, et même si la jeune femme s'inquiétait chaque jour de sa vie pour eux, elle savait qu'ils étaient ensemble, autant en sécurité que possible. En revanche, sa sœur avait été seule au moment de sa mort. Enfin.. Il y avait les autres enfants, bien sûr, mais aucun membre de sa famille.
Victoria... Ou plutôt ce qu'il en restait. L'image était horrible et Lina dû littéralement ravaler son vomi. La partie gauche de son visage était défoncée, sûrement à cause de la violence du choc. Les yeux étaient manquants : la chose qui regardait Lina avait deux orbites vides. La mâchoire était fracturée, et tombait un peu. Le reste du corps était désarticulé. Des bouts de peau étaient manquant, la décomposition avait commencée. Le cadavre ambulant tendit un index accusateur vers Lina, faisant ainsi échos à sa propre culpabilité.C'était une voyante, elle aurait dû être capable de voir cet accident, et de l'empêcher. Elle aurait dû être capable de sauver sa petite sœur.  

Les battements de son cœur s'accélèrent, sans qu'elle n'en ai vraiment conscience. Sa respiration était haletante, et elle avait de plus en plus de mal à reprendre son souffle. Elle comprit qu'elle avait affaire à une crise d'angoisse, seulement quand son champ visuel commença à rétrécir et que le sol sous ses pieds se mit à tanguer.
Elle aurait voulu que le corps de Victoria se mette à hurler, à l'insulter, mais non. Le silence, c'était ce qu'il y avait de pire : comment se débattre contre le néant ?
Lina chercha de l'aide, quelque part, et son regard se porta sur son professeur qui, évidemment, ne fit rien. Pourquoi ? Il lui sembla vaguement se souvenir de quelque chose. Concentration, respiration, suppression, réaction... Respiration ?! Tout en reportant son attention sur le cadavre, elle compta le nombres d'inspirations et d'expirations. Quatre vingt – sept respirations. C'est le temps qu'il lui fallut pour commencer à reprendre pieds. Elle retrouva ses capacités visuelles, et le sol se stabilisa. Tant mieux, elle n'était pas sûre de pouvoir se retenir de vomir une deuxième fois.

À sa cent deuxième respirations, le cadavre poussa un long râle, comme pour ranimer la douleur d'une plaie qui ne cicatrisait pas . C'était horrible. Pourtant il fallait continuer et se battre. Pour vivre.La sorcière vissa son regard dans les orbites de Victoria, et tenta de carrer les épaules. Elle tacha de rassembler tous les souvenirs qu'elle possédait de sa sœur, sans exception. La chose en face d'elle, n'était pas Vicky, c'était juste un monstre.

Pendant un bref instant, elle se rappela de sa grand – mère moldue. Lina était venue la réveiller en pleine nuit, terrorisée à l'idée qu'il y est des monstres sous son lit. Le coup classique du petit enfant. La vieille femme lui avait alors appris que les monstres n'avaient pas le droit de s'en prendre à elle, et que si j'avais elle en voyait, il suffisait simplement de lui dire de partir, pour qu'il déguerpisse.
Évidemment, c'était idiot. Parce que les monstres existaient réellement, et qu'ils étaient sans scrupules, mais Lina avait été rassurée par ses propos, et en remontant dans sa chambre elle avait crié un grand « Vous devez vous en aller, maintenant ! », pour faire fuir tous les monstres sous le lit et dans le placard.

« Tu dois t'en aller. Maintenant. ».

À sa grande surprise, l'épouvantard obtempéra. Elle fut tentée de se laisser tomber sur le sol, mais elle résista, tant bien que mal.

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