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[13 novembre 1997] Le coeur a ses raisons

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SERPENTARD7ème année
    SERPENTARD
    7ème année
AVATAR : Cher Lloyd
MESSAGES : 195

INFOS PERSONNAGE
SITUATION AMOUREUSE SITUATION AMOUREUSE: Célibataire
DATE & LIEU DE NAISSANCE DATE & LIEU DE NAISSANCE: 15 mai 1980 à Londres
SANG SANG: mêlé
MessageSujet: [13 novembre 1997] Le coeur a ses raisons Jeu 7 Sep 2017 - 15:00

La vie avait repris son cours après les deux fameuses nuits dans la grande salle qui avaient marqué l’ensemble de la population étudiante. Heather s’était vite décidée à concentrer une bonne partie de ses heures à ses études, comme elle en avait l’habitude, afin d’oublier les dernières semaines éprouvantes et de garder ses notes aussi élevées qu'avant tous ses événements. Dans le cas de la jeune fille, la nuit des souffrances n’avait pas été le seul événement traumatisant des dernières semaines ; la nuit d’Halloween ayant été beaucoup plus marquante pour la jeune fille. Bien que la nuit des souffrances avait été physiquement difficile et très douloureuse, elle ne pouvait s’empêcher de repenser à l’épouvantard qui avait secoué les fondations mêmes de son être, remettant en doute des idées qui étaient auparavant bien figées dans son esprit. Toutes ses actions étaient fondées sur une seule et même ambition qui était d’enfin mettre fin aux jours de son tourmenteur et de la manière la plus odieuse possible, vengeant une bonne fois pour toute toutes les horreurs de son enfance brisée. Bien qu’elle savait que logiquement l’épouvantard se nourrissait des peurs de leur victime pour les traumatiser et que rien n'était fondé dans l'illusion présentée, elle ne pouvait empêcher les pensées qui tourbillonnaient dans son esprit tel une tornade ravageant tout sur son passage : et si elle n’y arrivait pas et que tous ses efforts étaient en vain ?

La serpentard serra les poings, une colère noire montant en elle à cette question qui revenait trop souvent depuis Halloween. Ses jointures étaient blanches tant la pression émise par ses mains délicates était forte et son corps trembla légèrement sous la fureur contenue en elle. Elle refusait de s’avouer vaincue et elle ferait tout en son pouvoir pour mettre son plan à terme et cela passait par redoubler d'efforts dans ses études et ses recherches afin d'être plus puissante encore que cet homme qui osait s’appeler son père. Elle s'était promise depuis des années qu’elle aurait le dessus sur lui et étant maintenant en 7eme année, elle ne lui restait plus beaucoup de temps avant d'effectuer son plan, sa seule ambition. La source de ses cauchemars et de ses nombreuses faiblesses aurait finalement ce qu'il méritait et rien ne l'arrêterait. Fermant les yeux, la jeune fille s’appuya sur le mur du couloir où elle s'était arrêtée. La froideur de la pierre commençait à traverser son chemisier blanc, faisant courir un frisson le long de sa colonne vertébrale. Les cheveux bruns foncés de la serpentard encadraient son visage qui était penché vers l'avant, pointé vers le sol. Heather prit plusieurs respirations lentes et profondes afin de régner sur son tempérament qui ne demandait qu’à exploser à la pauvre âme qui aurait le malheur de croiser son chemin.

Expirant finalement une dixième fois, la vipère ouvrit lentement les yeux, toujours énervée par ses pensées qui l’harcelaient sans répit depuis son affrontement avec la créature. Pinçant les lèvres, elle regarda de gauche à droite que le couloir qui était vide quelques instants plus tôt l'était toujours. Rassurée, Heather reprit son chemin en direction de la salle commune des verts et argent, voulant plus tout, à ce moment précis, calmer le tourbillonnement qu’était son esprit. La serpentard venait de terminer tous ses devoirs des prochains jours à la bibliothèque et elle ne voulait que se reposer une heure ou deux avant de profiter d’un dîner bien mérité et surtout, en profiter pour se changer les idées. De pas en pas, la rigidité créée par sa colère s’atténuait et ses mouvements retrouvaient petit à petit leur grâce habituelle. Son masque coutumier reprit sa place sur son visage, refusant d'afficher les émotions qu'elle ressentait toujours depuis son arrêt impromptu dans le couloir déserté. Fixant le chemin droit devant, Heather ne pu empêcher la pointe de satisfaction qui monta en elle en observant les élèves plus jeunes l’éviter et lui laisser le passage libre d’obstacles, des expressions de peur apparaissant parfois sur leur visage innocent. La vipère ne put nier à cet instant que sa réputation au sein de l’école avait de très bons avantages, surtout lorsque sa colère menaçait d’exploser d’un instant à l’autre. La jeune Trown se demanda pendant un instant si elle ne devrait tout simplement pas choisir un bouc émissaire parmis les élèves apeurés et enfin se libérer temporairement de l’irascibilité qui l'étouffait de l’intérieur, mais elle décida rapidement de les épargner, sachant très bien que cela n’était pas la solution.

Arrivée devant le mur de pierre gardant l’entrée de sa salle commune, Heather murmura le mot de passe et accéda à l’antre des serpents. S’arrêtant quelques instants, Trown prit le temps d’observer les résidents éparpillés un peu partout dans la salle. Certains étaient assis aux différents bureaux et travaillaient sur leurs devoirs respectifs, tandis que d’autres discutaient doucement, confortablement installés sur les divers divans habillant la salle. Faisant le tour de l’antre du regard, Heather posa finalement ses yeux noisettes sur une personne bien distincte, assise seule sur un divan trois places, près du foyer en pierre qui ornait l’un des murs de la pièce. Un sourire affectueux s’étira sur ses lèvres en reconnaissant rapidement Léon. S’avançant paisiblement vers lui, Heather remarquant instantanément que son visage arborait un air pensif et qu’il semblait complètement perdu dans ses pensées, une situation qui avait été souvent inversée.

FLASHBACK - 3 SEPTEMBRE 1995

Heather était recroquevillée sur le divan trois places situé devant la cheminée en pierre de la salle commune des serpentards, les jambes repliées devant sa poitrine. Les bras entourant ses membres inférieurs, la jeune fille avait déposé son menton sur le dessus de ses genoux, observant d'un air absent les braises presque éteintes, seule preuve qu'un feu avait été allumé un peu plus tôt dans l’antre de pierre. La nuit était avancée, les membres de la maison des verts et argents ayant rejoint les bras de Morphée depuis déjà plusieurs heures, inconscients de l'âme seule qui s'était aventurée de nouveau dans la salle commune. Quelques chandelles illuminaient faiblement les alentours, créant des ombres dansantes au gré des flammes qui accompagnaient la brunette dans son insomnie. Bien qu'elle avait réussi à profiter de quelques heures de sommeil, un cauchemar l'avait extraite des draps de son lit, lui refusant tout repos additionnel que la nuit aurait pu lui offrir.

Comme toutes les années précédentes, le retour en classe était difficile. Contrairement à la majorité de la peuplade étudiante, Heather chérissait le retour en classe, accueillant avec soulagement le répit que Poudlard lui offrait. Malheureusement, son tourmenteur en était conscient et refusant de voir la lueur d’espoir s’éveiller dans les yeux de sa fille, redoublait d'ardeur dans ses châtiments lors des derniers jours de l'été. La première semaine d'école était donc généralement passé sous les douleurs d'un corps peinant à guérir et la vipère ne pouvait que patienter et prier pour que la guérison se fasse plus rapidement que tardivement. Cette année ne faisant pas exception à la règle, la jeune fille sentait les coupures que son dos arborait s'étirer sous le recroquevillement de son corps, refusant de changer de position et d'ainsi s'avouer vaincue. Heureusement pour elle, les nombreuses ecchymoses qui parsemaient sa peau blanche avaient déjà commencé à guérir et étaient facilement dissimulées sous de longues manches, au contraire de ses nerfs qui frémissaient parfois de leur plein gré, un après coup des nombreux sorts dont elle avait été victime.

Mordillant inconsciemment sa lèvre inférieure, Heather ne remarqua pas l'entrée du jeune homme qui se glissa à ses côtés sur le divan.

FIN DU FLASHBACK

Déposant son sac près du divan, la serpentard se laissa tomber aux côtés du jeune homme qui était si cher à ses yeux, le sortant finalement de ses songes par son mouvement brusque. Laissant sortir un soupir exagéré et théâtral, Heather s’allongea gracieusement, étirant complètement ses jambes minces sur la longueur du divan. Puis, lissant sa jupe pour éviter de paraître indécente en sein de la salle commune, Heather posa finalement sa tête, sans aucune gêne, sur les genoux de Léon. Ses cheveux bruns créaient un halo difforme autours d'elle tandis qu'elle regardait les flammes lécher l'antre de pierre qui était situé devant elle. Des tisons rouge vif s'envolaient sporadiquement dans les airs, disparaîssant par magie avant de tomber au sol sur le tapis vert qui décorait une partie de la salle. Sans regarder Léon, la serpentard murmura doucement d'un ton calme  agréable:

- Dis-moi Love, à quoi penses-tu donc ? Tu sembles préoccupé…

La serpentard laissa sa deuxième phrase en suspend, voulant laisser le choix à Léon de la compléter ou non. Elle n'était pas du genre à le forcer à se confier et aujourd'hui ne ferait pas exception bien qu'elle avait remarqué son manque d'attention en classe de métamorphose, ce qui n'était pas dans les habitudes du jeune homme. Alors que Heather avait quant à elle écouter McGonagall donner son cours, elle n'avait pu s'empêcher de remarquer le désintérêt pour le sujet de Léon qui semblait totalement perdu dans ses propres pensées et cela avait soulevé des questionnements dans l’esprit de la vipère. Un silence confortable se posa entre eux deux et Heather continua son observation du feu, refusant que ses pensées retournent où elles s'étaient perdues un peu plus tôt et donnant le temps au serpentard de former une réponse à sa question. La jeune fille n'était pas pressée, profitant, en attendant, de sa position
agréable sur le divan en cuir noir.

_________________

I've got my ticket for the long way 'round
Two bottles of whiskey for the way
And I sure would like some sweet company
And I'm leaving tomorrow. What'd you say?
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Serpentard7ème annéePréfet
    Serpentard
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AVATAR : Brant Daugherty
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DATE & LIEU DE NAISSANCE DATE & LIEU DE NAISSANCE: 4 décembre 1980 (Londres)
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MessageSujet: Re: [13 novembre 1997] Le coeur a ses raisons Dim 10 Sep 2017 - 16:18



Léon regardait le feu et les braises s'y consumant, avec un intérêt démesuré, plus soucieux de faire taire ses pensées que de vraiment s'intéresser à la carbonisation de la bûche qui se mourrait dans l'âtre. Depuis que les Carrow avait orné son dos de cicatrices peu ragoutantes, il avait l'impression que son petit monde ne tournait plus rond. Savoir que des mangemorts pouvaient vous torturer simplement comme ça n'aidait pas à trouver le sommeil, c'était certain. Le traumatisme de cette nuit là l'empêchait de sombrer de manière convenable dans les bras de Morphée. C'était comme si, allongé et vulnérable sur son lit chaque soir, ses sens se mettaient en alerte pour essayer de parer à tout danger éventuel. Et quand, enfin, il arrivait à se glisser dans un demi-sommeil peu réparateur, son esprit torturé se chargeait de le ramener à cette fameuse nuit. C'était comme revivre la situation, encore et encore. Parfois, il se contentait de voir défiler les souvenirs devant lui, mais parfois la situation se déformait et devenait encore pire. Dernièrement, il avait imaginé Peters se faisant torturer devant lui et ... il n'arrivait pas à l'expliquer, mais ca l'avait remué.

Léon soupira et se frotta le front, comme pour essayer de chasser ses pensées. Peters. Cette fille l'obsédait tellement qu'il commençait à trouver cela inquiétant. Savoir qu'ils s'étaient réellement embrassés n'arrangeait absolument pas la situation, d'ailleurs. Il soupira en se maudissant pour cet instant de faiblesse. Mais après tout, on prenait tous des descisions irréfléchies à un moment donné de notre vie, n'est-ce-pas ? Ce genre d'action que l'on trouve à la fois insensé et qui nous procure néanmoins une étrange satisfaction. Mais que l'on regrette quelques instants plus tard. Regretter est peut être un trop grand mot, mais l'idée était là. Une fois que l'on se posait pour en analyser les conséquences, on se demandait qu'elle gnome nous avait mordu. Parce que les conséquences semblaient bien plus importantes qu'un simple échange de salive. Et c'était bien ça le problème.

Il sursauta lorsqu'il ressentit la présence de la jeune femme qui prit place sur le canapé. Un petit sourire se dessina sur les lèvres de Léon tandis qu'elle prenait ses aises sur le sofa, le tirant de sa solitude. Il ne dit rien lorsqu'elle déposa sa tête sur ses genoux et l'enlaça, son bras reposant négligemment sur l'épaule de la vipère qu'il caressa machinalement avant de venir enrouler une mèche de ses cheveux autour de son doigt, jouant de façon distraite avec. La présence d'Heather lui réchauffa immédiatement le coeur et il se détendit imperceptiblement, finalement bien heureux de ne plus être seul avec ses pensées. Son regard parcouru le corps frêle de la jeune femme, s'arrêtant sur les courbes graciles et la peau d'albâtre.

FlashBack, 3 septembre 1995

Léon referma sa malle d'un coup sec et la repoussa du pied sous son lit, de mauvaise humeur. Ce simple objet suffisait à lui rappeler l'été désagréable qu'il avait passé et particulièrement les nuits d'horreur à partager la chambre de son frère par alliance. Oui, par alliance. Puisque figurez-vous que Donia était devenue Donia Mills, pour le plus grand malheur de l'adolescent qui se refusait à accepter Ed et ses deux rejetons dans la pseudo famille qu'il formait avec sa mère. Et qui dit mariage dit invités et donc besoin de place. Et voilà comment Donia et son insupportable de petit-ami - il se refusait à reconnaître son nouveau titre de "mari" - avait réglé la situation. Léon et Lukas pouvaient partager une chambre ! Tiens donc. Si c'était une blague, cela n'avait pas le moins du monde fait rire le vert-et-argent qui avait mis un point d'honneur à ne pas ouvrir la bouche de l'été. Lukas aurait pu lui hurler dans les oreilles qu'il n'aurait pas daigné lui répondre. Au début, le Poufsouffle avait bien essayé de lancer la conversation mais l'indifférence sans faille dont il avait fait preuve avait bien vite calmé ses ardeurs. Le climat de joie et d'euphorie qu'avait engendré la cérémonie de mariage avait plongé Léon dans un profond sentiment de solitude et c'était avec dégout qu'il avait regardé sa mère s'avancer dans sa ravissante tenue de mariée vers Ed - endimanché dans une robe de sorcier grotesque - au bras de son oncle. Léon avait refusé de consentir à jouer ce rôle, tenant fermement les rangs afin d'exprimer le désaccord profond qu'il éprouvait pour cette union.  

Il soupira de mécontentement en se redressant, se laissant tomber lourdement sur le lit à baldaquin de la chambre des cinquièmes années verts-et-argent. Il avait passé les deux mois d'été à espérer retourner à Poudlard, sa vraie maison, son foyer. Sa bouffée d'oxygène. Et voilà qu'à peine rentré, une imbécile du ministère en costume rose bonbon débarquait dans son école. Quelque chose lui soufflait que cela ne fût pas vraiment de bon augure, quoi que puisse en dire certains. Quiquonque  faisait preuve d'autant de mauvais goût ne pouvait pas avoir de bonnes intentions.  C'était une véritable agression visuelle. C'était d'ailleurs tellement affreux que l'adolescent se demanda comment il pourrait bien suivre de manière convenable la défense contre les forces du mal qu'elle enseignerait. Changer tous les ans de professeur dans cette matière engendrait une adaptation perpétuelle qui agaçait prodigieusement l'adolescent. Sauf que, cette fois, il passait ses B.U.S.E.S, autrement dit il devrait redoubler d'effort pour avoir des notes excellentes afin de valider ce diplôme.

Il sursauta lorsqu'il reçu le coussin en plein visage et lança un regard réfrigérant sur sa gauche. Charles haussa les épaules en feignant l'innocence et l'adolescent leva les yeux au ciel . Il ne l'avouerait pas à voix haute, mais son meilleur ami lui avait manqué, même si son côté lourd commençait dès à présent à lui taper sur le système.

__  Maudire ton beau-père jusqu'à la quarantième génération ne changera rien au fait qu'il a épousé ta mère, ricana Charles en esquivant avec adresse l'oreiller que lui renvoya Léon.

__ Non, mais si je t'égorges et qu'on m'envoie à Ascaban, je ne serais pas obligé d'y retourner l'été prochain, grommela l'adolescent, faussement menaçant.

__ Il y a tellement d'amour entre nous, soupira théâtralement Charles avant de se glisser sous la couette et de refermer les rideaux à baldaquin de son lit.

Léon l'imita et se glissa dans les draps froids, le regard fixé sur le plafond. Les minutes s'étirèrent et bientôt les respirations se firent plus posées, plus régulières. Quelques ronflements discrets crevèrent le silence du dortoir. L'adolescent se retourna plusieurs fois, cherchant une position confortable. Une heure passa puis il se leva silencieusement, frissonnant lorsque ses pieds nus entrèrent en contact avec le sol glacé. Incapable de fermer l'oeil, il se dirigea vers la sortie et rejoignit la salle commune, encore baignée d'un halo doré dû aux flammes qui crépitaient dans l'âtre. Il s'adossa quelques instants contre le mur de pierre, observant en silence le visage fin de la jeune femme installée sur le canapé. Elle semblait perdue dans ses pensées et Léon repensa au repas quelques heures avant. C'était à peine si Heather avait avalé quelques bouchées. Si sa maigreur et son regard triste l'avait frappé, il n'avait émis aucun commentaire.  

Une boule se forma dans l'estomac de l'adolescent qui se rapprocha à pas de loup, son regard dévalant sur le corps fragile d'Heather, s'attardant sur les habits amples et long camouflant ses formes de femmes et sa peau blanchâtre. Il frissonna en se demandant ce qu'il découvrirait si elle venait à retirer ses vêtements. Son ventre se resserra de nouveau et il s'approcha un peu plus. Si elle l'entendit arriver, elle ne bougea pas. Il tendit la main, effleurant du bout des doigts la joue de la jeune femme en guise de salut avant de s'assoir à ses côtés.

Il ouvrit la bouche puis la referma, ne sachant que dire. Il ne lui avait pas écris de l'été, trop occupé qu'il avait été à se morfondre pour ce foutu mariage. En parfait égoïste qu'il était. Son été lui semblait soudain beaucoup moins désagréable que celui de la jolie Serpentard. La culpabilité le cueillit et il se se mordit la lèvre,  s'attardant sur le nouveau le style vestimentaire de la jeune femme, si différent de celui qu'elle abordait une fois les quelques semaines de la rentrées passées. Il la préférait dans ses tenues pleines de vie et parfois un peu trop courte, dévoilant ses bras et ses jambes élancées. Pas comme ça, emmitouflée sous de nombreuses couches pour se dissimuler. Il sentit le goût du sang se rependre dans sa bouche et déglutit en se demandant quoi dire. Les années précédentes, il avait respecté sa descision de ne pas vouloir en parler et n'avait pas abordé le sujet avec elle.

Mais cette année, c'était différent. Elle comptait beaucoup trop pour qu'il ferme les yeux. Il leva de nouveau la main, attrapant celle de la jeune femme afin de mêler ses doigts aux siens.

__ Salut, souffla-t-il en lui offrant un sourire doux.

Il n'y avait que très peu de personnes à qui il souriait de cette façon. Il n'y avait même peut-être qu'elle. Il tira avec douceur sur la main de la jeune femme et caressa du bout des doigts son poignet, hésitant à relever sa manche pour découvrir la peau laiteuse d'Heather. Il se gratta la gorge, mal à l'aise pour la première fois depuis le début de leur relation.

__ J'aurais du t'écrire, débuta le jeune homme d'une voix calme et légèrement tremblante. J'ai été idiot. J'en avais commencée une, de lettre. Le genre remplit de banalité, tu vois : me plaindre d'Ed, me moquer de Lukas et puis te dire que tu me manquais. Il remonta doucement et avec concentration la manche de la jeune femme, millimètres par millimètres en espérant qu'elle le laisse faire.  J'aurais dû l'envoyer. Mais je ne sais pas, je l'ai relu peut être trois fois et puis je me suis trouvé complètement nul. Il la vit ouvrir la bouche et enchaîna avant qu'elle ne puisse répondre. Attends, je n'ai pas fini.

Ses doigts coururent sur la peau de la jeune femme, retraçant les contours d'un des hématomes recouvrant son avant bras. Ils avaient tous une teinte différente, témoignant de plusieurs passages à tabac et Léon eut envie de redescendre la manche et de faire comme il faisait chaque année. Ne pas aborder la question, parce qu'Heather ne voulait pas qu'on la plaigne. Mais il en avait assez de se comporter comme un lâche par facilité.

__ Je suis nul parce que je le vois bien, que chaque fois que tu rentres tu reviens un peu plus détruite, continua t'il d'une voix légèrement tremblante. Et je le sais, qu'on avait décidé que Poudlard c'était notre refuge et qu'il ne servait à rien de s'apitoyer sur nos étés respectifs mais ...

Il releva ses yeux bleus-gris et les plongea dans ceux d'Heather, inspectant le visage angélique à la recherche de nouvelles blessures avec appréhension.

__ Je veux que tu saches que je suis là. Que tu peux m'en parlé. Parce que ... tu comptes pour moi.

Fin flashback.

Il termina son inspection, satisfait de la voir indemne du moindre hématome. Il savait qu'Heather n'avait pas été blessée par les Carrow mais ne pouvait s'empêcher de vérifier à chaque fois qu'il la tenait dans ses bras.

__  Dis-moi Love, à quoi penses-tu donc ? Tu sembles préoccupé…

Bien qu'il n'ait aucune envie de se confier à qui que ce soit sur ses ruminations intérieures, Léon se demanda s'il ne devrait pas faire une exception pour la jeune femme. Elle le connaissait bien, peut être même trop bien, pour qu'il parvienne à lui cacher quelque chose d'aussi gros que son impression d'éprouver il ne savait quoi pour cette maudite Poufsouffle. Le silence s'installa entre eux, ponctué par les crépitements du feu et le Serpentard le laissa s'éterniser quelques minutes, ne sachant pas comment raconter les récents évènements, ni par où commencer. Rien n'avait de logique et cela rendait très difficile les explications à fournir. D'autant plus qu'il ne savait pas comment le côté légèrement possessif de la verte-et-argent allait prendre la nouvelle. Il soupira en laissant retomber sa tête en arrière.

__ Rien de bien intéressant, commença-t-il, son côté moqueur désireux de tirer quelque peu partie de la situation. Quitte à se faire tirer bientôt les vers du nez, autant piquer la curiosité d'Heather. Une fille en tenue de médicomage sexy. Trois fois rien, tu vois. Rien qui ne puisse rivaliser avec toi.


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MessageSujet: Re: [13 novembre 1997] Le coeur a ses raisons Lun 11 Sep 2017 - 3:25

La main du jeune homme se posa machinalement sur l’épaule d’Heather, un réflexe qui ne surprit guère la jeune fille, habituée à ces réactions coutumes de leur relation. La chaleur transmise par le contact rassura la vipère, sachant qu’elle pourrait toujours compter sur Léon, une constante dans sa vie pour laquelle elle ne pouvait s’empêcher de remercier le ciel. Leur relation s’était développée grandement au courant des dernières années, se fortifiant au fil des discussions et des ressemblances qui les réunissaient. Bien que la majorité de la population étudiante n’arrivait pas à déterminer la relation exacte qu’ils nourrissaient, pour les deux serpentards accolés sur le divan de cuire, le tout était aussi clair qu’un cristal illuminé par les rayons du soleil. Les pensées sombres qui avaient envahies l’esprit de la brunette s’envolèrent, s’enterrant à l’arrière du réchauffement que la présence du serpentard lui emmenait, lui permettant d’oublier, même si ce n’était que pour un instant, les souffrances que ce monde pouvaient lui infliger. L’image de son père s’envola de son esprit, remplacée par un sentiment de sécurité, un espoir que tout irait mieux créé par la simple présence de Léon. Elle sentit la main de ce dernier jouer discrètement avec l’une de ses mèches de cheveux, un léger sourire s’étirant sur ses lèvres en réponse au mouvement anodin, mais rempli de tendresse. La voix de cette personne si importante pour elle s’éleva finalement, brisant le silence confortable qui s’était formé, répondant à demi-mot à la question que la jeune fille avait posé quelques instants plus tôt.

- Rien de bien intéressant. Une fille en tenue de médicomage sexy. Trois fois rien, tu vois. Rien qui ne puisse rivaliser avec toi.

Heather tourna la tête, levant les yeux vers le plafond, se permettant d’enfin regarder le visage du jeune homme qui se tenait au dessus d’elle, sa réponse étant loin de ce qu’elle avait pu s’imaginer. Elle remarqua rapidement la trace de moquerie derrière son sourire pétillant ce qui fit froncer légèrement les sourcils de la serpentard en réponse. Les méninges de la vipère tournèrent au quart de tour, cherchant dans sa mémoire, tentant de trouver à quoi Léon pouvait bien faire référence, mais revinrent bredouilles. La brunette adopta une moue boudeuse où une pointe de curiosité pouvait être aperçue, croisant les bras sur sa poitrine, sachant très bien qu’il évitait le sujet. D’un ton lent, elle reprit les mots de son oreiller humain, jouant le jeu qu’il avait lui-même commencé entre eux deux, rien qui n’était inhabituel dans leur cas.

- Une médicomage sexy… qui aurait cru que tu tomberais sous les charmes de Madame Pomfresh. Je sais qu’on t’a donné de bons médicaments, mais je croyais que tu avais des standards plus élevés Love.

Les yeux brillant de malice, Heather leva vivement une main qu’elle plaça sur la bouche du serpentard, l’empêchant efficacement de donner son point de vue. Un sourire en coin jouant sur ses lèvres rosées, la demoiselle reprit la parole d’un ton rieur :

- Non, mais, si tu la trouves de ton goût, dis-moi le tout de suite : je vais te réserver une chambre à Ste-Mangouste. J’ai entendu dire que Lockhart se cherchait un coloc.

Ce côté enfantin de la vipère n’était pas une chose que les élèves voyaient régulièrement, sortant seulement lorsqu’elle se trouvait en compagnie du grand brun, leur complicité leur permettant d’agir sans barrières sachant qu’ils se comprenaient sans avoir besoin de parler. Avec Léon, Heather pouvait se permettre d’afficher ce coté d’elle-même qu’elle masquait normalement, refusant d’offrir de quelconque munitions à qui que ce soit, préférant la protection que son masque de glace lui offrait. Mais avec ce jeune homme, la différence dans le caractère de la serpentard était sidérante, offrant un aperçu de la complexité qu’était la personnalité de la brunette. Malgré la réalité d’aujourd’hui, leur relation n’avait pas toujours été aussi forte, la connexion les unissant s’étant finalement soudée éternellement, une nuit de septembre lors de leur cinquième année, où tout s’était définie, forgeant l’intimité que les deux serpentards partageaient.

FLASHBACK - 3 SEPTEMBRE 1995

Déconnectée comme elle était du monde réel, ses pensées obnubilant tout son être, la jeune Trown ne remarqua pas l’arrivée de Léon à ses côtés jusqu’à ce que celui-ci frôle sa joue d’une main incertaine, faisant sursauter la jeune fille qui lança un regard effrayé en sa direction. Reconnaissant rapidement Léon, le regard hanté de Heather se calma, reprenant quelque peu vie, réalisant qu’elle n’était plus seule pour affronter ses songes obscures et la réminiscence de son été. Un silence se posa entre les deux élèves, s’étirant au fil des pensées de chacun qui occupaient toute leur attention respective, attendant le bon moment pour se briser. Les doigts du jeune homme se glissèrent autours de ceux de la couleuvre, s'emmêlant doucement, partageant une chaleur autant physique qu’émotionnelle, créant un baume sur le coeur meurtri de la brunette.

- Salut.

Le simple mot fut prononcé doucement, le ton utilisé apparaissant à celui employé pour approcher un animal blessé, reculant avec crainte à la vue d’un être inconnu. Le sourire, quant à lui, se montra rassurant et tendre, une vue non étrangère pour Heather qui avait été la réceptrice à plusieurs reprises de cette apparition rare pour le jeune homme. Sa main se fit tirer doucement, le touché rempli de patience et de compréhension. Pendant une fraction de seconde, la brunette retint le mouvement qui n’était pas le sien, refusant de laisser partir sa main de sa position initiale. Puis, plongeant ses yeux noisettes dans ceux bleu-gris de son compagnon nocturne, elle laissa sa main s’envolée vers Léon qui l’approcha lentement de lui-même, une pointe de malaise pointant le bout de son nez sur le visage de ce dernier.

- J'aurais du t'écrire. J'ai été idiot. J'en avais commencée une, de lettre. Le genre remplit de banalité, tu vois : me plaindre d'Ed, me moquer de Lukas et puis te dire que tu me manquais. J'aurais dû l'envoyer. Mais je ne sais pas, je l'ai relu peut être trois fois et puis je me suis trouvé complètement nul.

Le discours du jeune homme, quelque peu décousu sous la culpabilité que la jeune fille pouvait entendre dans sa voix tremblante, coula rapidement hors de sa bouche, un flot continu de paroles tentant d’expliquer la raison de son silence. Heather ouvrit la bouche, ne sachant aucunement d’avance si elle sortirait des trivialités dans l’optique de le rassurer ou si au contraire, son cynisme reprendrait le dessus, une réplique sanglante sortirait, exposant la réalité que malgré ses bonnes intentions, aucune lettre ne lui était parvenue. Les deux émotions s’enlaçaient au sein de la vipère, s’agitant dans la finalité qu'une obtienne le dessus sur l’autre. La vipère ne su laquelle des deux possibilités allait devenir une réalité, la parole lui ayant été coupée par Léon. Les yeux de la serpentard tombèrent, se posant délicatement sur son poignet révélé, sa manche ayant été relevée petit à petit, dévoilant une peau blanche parsemée d'ecchymoses. Les doigts doux du brun dessinèrent l’une des marques colorées, le touché rempli de tendresse envoyant des frissons le long de la colonne vertébrale de la jeune fille. Cette dernière ferma les yeux pendant quelques instants, réalisant que c’était l’une des seules fois depuis les derniers mois qu’un contact physique n’était pas automatiquement associé à la souffrance. Le souvenir de cet hématome remonta violemment à son esprit, remettant la réalité en deuxième plan, revivant l’épisode aussi fraîchement que lorsqu’elle était survenue.

Sur la pointe des pieds, Heather s’était faufilée dans le salon de leur petite maison commune, dans l’espoir de mettre la main sur l’un des rares livres intéressants qui peuplaient leur maigre bibliothécaire. Son père était endormi sur l’un des divans reclinables, une cigarette éteinte à la main, des bouteilles vides d’alcool parsemées autours de lui dans un désordre insalubre, mais habituel pour cette petite maison témoin de tant d’horreurs. La jeune fille avait attrapé silencieusement le livre recherché, rebroussant chemin pour aller se blottir dans sa chambre, lorsque la pointe de son pied était entrée en contact avec l’une desdites bouteilles, l’envoyant rouler jusqu’au pied de l’homme. Retenant son souffle, la brunette avait accéléré le pas, mais son avancement s’était arrêté brusquement, une main violente ayant emprisonné son avant-bras d’une poigne brutale et étonnamment précise pour un homme sous l’effet d’autant d’alcool. Heather avait grimacé de douleur sous l'emprise barbare, sachant qu'un hématome se créerait où les doigts étaient enroulés, une ecchymose de plus au tableau déjà coloré qu'était sa peau. L’adolescente avait lentement levé les yeux, plongeant ceux-ci dans le regard de son père où les dernières traces de fatigue s’étaient éclipsées, remplacées par une haine sauvage et incompréhensible. L'haleine nauséabonde avait atteint les narines de Heather, tandis que son père s’était mis à lui cracher des insultes, maudissant sa naissance et sa simple existence, la fin de sa tirade ponctuée par une gifle cruelle qui avait fait tomber la fille de l’homme au sol par sa simple force. Une pièce de verre brisée s’était logée dans la main de la victime qui s’était empressée de couvrir la plaie de sa main libre et s’était enfuie rapidement avant que le cauchemar qu’était son été s’aggrave de nouveau. La brunette avait monté rapidement les marches menant au second étage, voulant désinfecter rapidement la coupure saignante, lorsqu’elle avait croisé sa mère, une ombre sans vie comparée à ce qu'elle avait déjà été par le passé. Celle-ci avait simplement soupiré et avait rappelé à l’adolescente de ne pas provoquer son père, ayant cessé, depuis plusieurs années, d’essayer de protéger sa fille de la violence brutale que l’homme de la maison infligeait autours de lui.

Secouant doucement la tête, Heather reporta son attention sur Léon, celui-ci reprenant la parole au même moment.

- Je suis nul parce que je le vois bien, que chaque fois que tu rentres tu reviens un peu plus détruite. Et je le sais, qu'on avait décidé que Poudlard c'était notre refuge et qu'il ne servait à rien de s'apitoyer sur nos étés respectifs mais... Je veux que tu saches que je suis là. Que tu peux m'en parlé. Parce que ... tu comptes pour moi.

La serpentard resta silencieuse pendant plusieurs instants, incertaine de ses prochaines actions, hésitant entre garder le silence comme les années antérieures ou céder à la demande non-dite de ce jeune homme qui était toujours là pour elle.

- Mon père…, sa voix vacillante craqua, l’empêchant de terminer sa phrase. Elle porta par réflexe une main tremblante à sa bouche, couvrant celle-ci des sons qui pourraient s’en échapper à l’insu d’elle-même

Tournant la tête, Heather combattit les larmes qui menaçaient de couler, refusant de paraître faible, sentant la honte naître en elle à l’étalage d’autant d’émotions devant un autre être humain, mais celui-ci était Léon. Prenant une respiration tremblante, l’adolescente plongea ses yeux noisettes dans ceux du jeune homme, son regard tourbillonnant d’émotions, le malheur et la douleur dominant les autres. D’une voix hésitante, elle reprit où elle s’était arrêtée quelques instants plus tôt, refusant cette fois-ci d’utiliser le mot reflétant la relation entre son tourmenteur et elle-même :

- D’aussi loin que je me souvienne… Jake a toujours été violent. Toutes les raisons sont bonnes là-bas pour… tu sais. C’est moi le problème. Je crois… que si je n’étais pas née… ma mère serait heureuse…

Sachant qu’elle ne faisait aucun sens, les mots sortant dans un ordre qui leurs étaient propres, Heather se tut, baissa les yeux vers le poignet que Léon tenait toujours dans sa main délicate.

FIN DU FLASHBACK

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MessageSujet: Re: [13 novembre 1997] Le coeur a ses raisons Lun 11 Sep 2017 - 22:53



Flashback

Le silence gonfla, pesant. L'adolescent détourna les yeux, mal à l'aise d'avoir confié de cette manière son affection à la jeune fille. Il n'avait pas l'habitude des démonstrations de la sorte, n'en ayant pas reçues durant son enfance. D'autant plus que c'était Heather et qu'une fois encore, cela changeait tout. Il continua à caresser son avant-bras avec toute la douceur dont il était capable, gravant dans sa mémoire l'emplacement de chaque hématome. C'était presque douloureux d'imaginer ce qui avait pu les causer. Avoir fait tout pour ignorer les blessures de la Serpentard avait été son lot quotidien pendant de trop nombreuses années et la culpabilité qu'il éprouvait lui serrait le ventre. Se forcer à regarder chaque plaie, chaque entaille, c'était finalement une maigre peine pour l'aveuglement dont il avait fait preuve.

__  Mon père, débuta Heather tout doucement, si doucement que le Serpentard cru qu'elle l'avait à peine souffler du bout des lèvres.

Il releva la tête, sa bouche s'arrondissant en un petit "o" parfait, remarquant le geste de retenu d'Heather qui avait immédiatement portée une main contre sa bouche. Elle avait tout l'air d'un animal blessé et traqué. Le contraste avec la réalité était bouleversant. Heather, c'était ce genre de fille d'une beauté froide qui pouvait vous réfrigérer sur place d'un seul regard. Quand elle entrait dans une pièce, la moitié de la salle se retournait pour la regarder tandis que l'autre détournait le regard, de peur qu'elle ne jette son dévolu sur une nouvelle proie à malmener. Et il exagérait à peine. Comment la vipère pouvait-elle si facilement se transformer en chaton apeuré ? A présent qu'il voyait la carapace de la jeune femme s'éparpillait autour d'elle, Léon se demandait comment il avait pu être si idiot.

Elle détourna la tête et il se retînt de justesse à l'empêcher de fuir. Mais il n'était pas en droit de l'obliger à se confier à lui les yeux dans les yeux. Heather ne pleurait pas. C'était une vérité qu'il considérait presque comme inébranlable, peut importait les moqueries, peut importait les taquineries ou les coups durs. Si des larmes devaient s'échapper, elle avait totalement le choix de ne pas vouloir les lui montrer. Il ferma la bouche, retenant sa respiration pour ne pas la couper dans son élan. Ce fut le moment qu'elle choisit pour affronter de nouveau son regard. Il frissonna en le découvrant empli des larmes redoutées, ne souhaitant pas les voir dévaler les joues de la jeune femme. Il avait pourtant l'impression que les digues peinaient à en retenir le flot.

__ D’aussi loin que je me souvienne… Jake a toujours été violent.

Il ne l'interrompit pas, tachant d'imaginer une Heather minuscule face à un homme se servant des ses poings pour lui enseigner la vie. Tacha de comprendre et échoua, abattu par les révélations qu'il avait pourtant devinées bien des années auparavant. Jake, c'était le type qui lui servait de père. Il se perdit quelques instants dans les méandres de ses pensées, cherchant à trouver un sens en la violence d'un homme envers un être innocent mais n'y parvînt pas. La folie ne s'expliquait pas. Le monde n'était ni cruel ou injuste, il était simplement aléatoire. Cela en était presque pire. Heather n'avait visiblement pas tiré le bon numéro.

__ Toutes les raisons sont bonnes là-bas pour… tu sais.

Oui, il pensait savoir. Du moins l'essentiel. Il imaginait presque avec trop de facilité l'homme passant d'un état à un autre, faisant monter la tension et le climat de terreur. Il entrevoyait Heather cherchant à se faire toute petite, à ne pas attirer l'attention. Songea douloureusement au moment inévitable où quelque chose de futile finirait par rendre l'homme censé la protéger hors de lui. Il préféra oblitérer le moment du passage à tabac, trop douloureux à imaginer. Il s'interrogea sur les justifications que devait donner l'homme : minimisait-il les actes ? Expliquait-il son accès de rage par le stress, par le manque de sommeil, par les caprices incessants de sa fille ? Se demanda ensuite s'il lui présentait des excuses, lui promettant de ne plus jamais recommencer. Peut-être lui proposait-il même des cadeaux, peut-être faisait-il en sorte de lui expliquer que finalement c'était de sa faute, à elle, qu'il fallait être gentille avec papa. Compréhensive. Que cela ne se reproduirait plus. Jamais. Sauf que l'éternité avait une fin assez rapide dans ce genre de promesse. Il imagina le cycle recommencer, de plus en plus souvent. De plus en plus rapidement. Les cadeaux et les peluches s'empilant dans la chambre au même titre que les bleus sur le corps de la petite fille. Entrevit la mère absente. Et puis se demanda quels dégâts invisibles tout cet acharnement pouvait bien causer.

Et il comprit. Pourquoi Heather cherchait tant à attirer l'attention à Poudlard, là où elle devait tenter d'être transparente à la maison. Cela expliquait ce caractère irascible, cette manie qu'elle avait à se positionner en chasseuse afin d'éviter de redevenir la proie de qui que ce soit. Cette force de caractère coupa le souffle de l'adolescent qui se demanda soudain d'où elle tirait tout ce courage. Il aurait été incapable d'une telle chose.

__ C’est moi le problème. Je crois… que si je n’étais pas née… ma mère serait heureuse…

Il secoua la tête, un éclair de fureur passant dans son regard anthracite. Il se rapprocha d'elle, posant ses deux mains sur les joues de la jeune femme, son visage à quelques centimètres. Comment pouvait-elle croire qu'elle était le problème ? Certes, cela avait dû être une rengaine maintes et maintes fois répétée au sein de sa famille - il eut envie de vomir rien qu'en employant ce mot pour définir le père d'Heather. Mais hors de question qu'il ne la laisse penser cela, même si il était parfaitement conscient que les paroles d'un adolescent de quinze ans ne suffiraient pas à chasser ces idées noires. Mais il se devait d'essayer, se refusant à croire que cette personne formidable se voit comme un fardeau.

__ Heather, débuta-t-il, un peu plus sèchement qu'il ne l'aurait voulu.

Il caressa les joues de la jeune femme du pouce pour atténuer le ton de sa voix, respirant doucement et s'exhortant au calme. Il ne lui en voulait absolument pas, elle n'était pas fautive. Il se devait de représenter tout le contraire de l'agresseur dont elle était victime : ne pas s'emporter pour un rien, ne pas la brusquer, écouter sans critiquer. Rassurer. Mais que pouvait-il bien lui dire pour lui faire comprendre que le problème, c'était que son géniteur trouvait ca agréable de la prendre un souaffle personnel ? Le problème, ce n'était pas elle.

__  Tu ne peux pas dire ça tu ... tu ...

Il s'interrompit, cherchant ses mots. Ses doigts caressaient toujours le visage de la jeune femme, emprisonné entre ses paumes. Il la trouvait tellement vulnérable que cela en était effrayant.

__ Crois-tu vraiment que ton p...

Il s'arrêta de nouveau, se souvenant qu'elle l'avait appelé par son prénom. Il n'avait pas le droit de lui attribuer le grade de paternel si elle l'en jugeait assez indigne pour se contentait de l'appeler Jake.

__ ...que Jake aurait été un homme complètement différent si tu n'étais pas née ? Crois-tu qu'il n'aurait jamais levé la main sur elle ?

Il garda quelques instants son visage entre ses mains puis la relâcha, non sans replacer quelques mèches de cheveux rebelles de la jeune femme derrière ses oreilles. Il ne s'expliquait pas ce soudain besoin de lui témoigner de l'affection. De protection. Comme si cela effacerait quoi que ce soit au sentiment d'insécurité qu'il percevait dans chacun des sursauts de la jeune femme à son contact. Avec une infinie douceur, il entremêla de nouveau ses doigts à ceux de sa camarade. Il se trouvait tellement insignifiant, tellement puéril de s'être apitoyé sur son sort tout l'été en maudissant sa vie. Il n'était pas tant à plaindre que ça, finalement. Lui avait un toit sous lequel dormir, sous lequel il se sentait en sécurité à défaut de s'y sentir chez lui. Si sa grand-mère s'était parfois montrée violente lors des punitions, cela n'avait jamais été de la maltraitance. Rien. Son passé n'était rien en comparaison des souffrances qu'elle avait et continuait encore d'endurer à chaque retour de vacances. Repenser au Mills rappela soudainement à Léon le baume apaisant et cicatrisant qu'il avait dérobé dans la salle de bain familiale avant de partir. Il avisa l'attitude crispée de la jeune femme et se demanda quelles autres blessures elle pouvait bien dissimuler sous cette veste. Le plus prudent aurait été de lui demander de passer à l'infirmerie, mais elle refuserait. Il le savait. Elle était trop fière pour ça et ne voulait sûrement pas attirer l'attention de la direction de l'école qui ne manquerait peut être pas de lancer une enquêtes. Heather était brillante, elle avait déjà dû envisager cette possibilité. Hors de question qu'il ne lui force la main.

__ Je ... je crois que je peux apaiser un peu tes douleurs ... chuchota-t-il. Tu me laisserais faire ?

Il avait soufflé la demande, inquiet de sa réaction. Heather, encore une fois, n'était pas de ses personnes désireuses qu'on lui vienne en aide. Mais ce soir, Léon avait l'impression que de nombreuses barrières étaient en train de s'effondrer et que leur relation prenait un tout autre tournant.

Fin FlashBack.

Léon rigola en apercevant la moue boudeuse de la jeune femme, se délectant de sa petite blague. Il fronça cependant les sourcils en voyant la commissure des ses lèvres s'étirer, se demandant à quelle sauce il allait finalement être mangé. Cette fille était redoutable, toujours prêtes à détourner vos paroles pour vous faire dire tout le contraire. Mais elle était tellement adorable qu'il finissait toujours par lui pardonner.
Et puis les joutes verbales avec la vipère, c'était son passe temps favoris.

__ Une médicomage sexy… qui aurait cru que tu tomberais sous les charmes de Madame Pomfresh. Je sais qu’on t’a donné de bons médicaments, mais je croyais que tu avais des standards plus élevés Love.

Il pouffa et ouvrit la bouche pour lui répondre qu'elle se trompait sur toute la ligne, mais elle ne lui en laissa pas le temps, ses doigts se posant sur ses lèvres pour l'empêcher de contre-attaquer.

__  Non, mais, si tu la trouves de ton goût, dis-moi le tout de suite : je vais te réserver une chambre à Ste-Mangouste. J’ai entendu dire que Lockhart se cherchait un coloc.

Il déposa un baiser éclair sur les doigts de la jeune femme avant de les repousser gentiment, rigolant silencieusement à la blague. Bien malgré lui, l'image de Carlie se fendit un chemin dans ses pensées et il la revit, dans cette infirmerie, lui proposant de revêtir la panoplie complète de l'infirmière. C'était comme si le rire de la Poufsouffle emplissait de nouveau la pièce. L'image se brouilla puis changea. Carlie se tenait dorénavant dans cette salle de classe vide, les yeux remplis de larmes et lui hurlant dessus qu'il ne comprenait rien. Il ferma les yeux, encore touché par le désespoir qu'il avait pû apercevoir dans les yeux de la Préfète-en-Chef, quelques heures plutôt. L'ambivalence des sentiments qu'il ressentait à son égard le rendait fou. Peut-être que de se confier à Heather lui permettrait de clarifier la situation. Il hésita quelques secondes. Il n'avait jamais vraiment expliqué à la vipère l'importance du sortilège qu'il avait reçu cette nuit là. Elle l'avait vu s'écrouler puis partir à l'infirmerie, mais Léon avait préférait taire les souffrances qui en avaient découlées - et qui en découlait toujours. Quand elle lui avait demandé s'il garderait des traces, il avait menti. Il trouvait tellement inapproprié de se plaindre de quelques coupures alors qu'elle endurait chaque été la fureur d'un père incontrôlable et violent, une colère dont elle garderait à jamais les stigmates gravés dans sa chaire. Il reprit un air plus sérieux, désireux à présent de se confier quelque peu.

__ Lorsque j'étais à l'infirmerie ... Peters est venue me voir, souffla-t-il, la scrutant du regard. Je l'ai supplié pour des antalgiques, confia-t-il, honteux, à demi-mot.

Il guetta sa réaction, ravalant sa fierté. Confier ce moment de vulnérabilité lui coûtait énormément. Mais à Heather, il pensait pouvoir tout dire.

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MessageSujet: Re: [13 novembre 1997] Le coeur a ses raisons Mar 12 Sep 2017 - 19:11

FLASHBACK - 3 SEPTEMBRE 1995

Heather appréciait la compréhension de Léon, sa retenue lorsque de leurs discussions sérieuses, cette même retenue dont il faisait preuve lors de ses révélations actuelles. Prononcer ces mots à voix haute était un défi pour la jeune fille blessée, un affrontement intérieur immense entre les différents aspects de sa personnalité. Un côté d’elle-même lui criait de tout révéler, de décrire, une fois pour toute, toutes les souffrances dont elle avait été victime par le passé, les douleurs qui lui étaient encore infligées et celles qu’elle savait qu’elle subirait l’été prochain lorsqu’elle retournait dans cet enfer. Une libération qu’elle avait craint depuis son entrée à Poudlard, refusant d’avouer à quiconque la réalité cruelle de sa vie familiale. Un autre côté d’elle protestait cette envie de tout dévoiler, évoquant l'argument qu’un signe de faiblesse ne devait jamais être livré à quiconque, que le cauchemar qu'était les étés passées chez elle devait resté enfoui au plus profond d'elle-même, secret qu'elle avait tâché d'ensevelir au fil des années. Mais au final, ce fut le désir primitif d’être compris qui gagna la bataille déchaînée et qui poussa Heather à se confier au serpentard, donnant enfin cette confiance totale, qu'elle n'avait jamais accordée auparavant à personne, à quelqu'un, brisant une barrière supplémentaire entre eux deux. On disait souvent qu'il fallait de la force pour se mettre en position de vulnérabilité, mais forte n'était pas le descriptif que la jeune fille se serait attribuée à cet instant, son coeur en chamaille battant si fort à ses oreilles, son corps frémissant sous la nervosité. Les deux mains qui attrapirent son visage devinrent des bouées aux yeux de la jeune fille, un gilet de sauvetage contre la marée noire qui menaçait de la submerger de l’intérieur. Mettre des mots sur ses émotions, sur ce qu'elle vivait rendait la chose beaucoup plus réelle et inévitablement, ramenait les souvenirs de son enfance qui lui fut arrachée à la surface de son esprit. L'adolescente se mit à trembler, expulsant la pression immense que son petit corps avait accumulé depuis le début de leur conversation. Puis, sa voix parvint à ses oreilles. Un ton sec, mais saisissant, qui ramena la jeune fille au moment présent, ouvrant les yeux qu'elle n'avait pas réalisé avoir fermé.

- Heather

Son nom sortit de la bouche de Léon aussi rapidement qu'une balle d'une arme à feu en guerre, réponse éclaire à la dernière affirmation prononcée par la demoiselle, une touche de colère colorant son ton. La jeune Trown eut un léger sursaut, la pointe de fureur ayant été une surprise inattendue avant qu’elle comprenne que cette colère ne lui était pas destinée et que son corps se détende légèrement de nouveau.

- Tu ne peux pas dire ça tu ... tu ... Crois-tu vraiment que ton p...

Le discours brisé de Léon garda la vipère captive, n’arrivant pas à arracher son regard de ce jeune homme qui faisait tout son possible pour lui faire comprendre que le problème venait d’ailleurs et non de sa simple existence. Que le problème était au final au coeur de son géniteur, son tourmenteur. L’hésitation d’appeler celui-ci son père fit surgir un sourire amer sur le visage de la vipère, sachant que cet homme ne mériterait jamais ce titre à ses yeux de par ses propres actions cruelles.

- ...que Jake aurait été un homme complètement différent si tu n'étais pas née ? Crois-tu qu'il n'aurait jamais levé la main sur elle ?

La vipère laissa les mots coulés sur elle, s’imprégnant de la signification de ceux-ci. La vérité était qu’elle n’en savait rien, qu’à ce jour, cet homme n’avait que causé violence et torture aux membres de la petite maisonnée de la banlieu de Londres. Que cet homme avait volé l’enfance d’une petite fille qui partageait son sang et ses yeux, avait brisé le lien de confiance inné qu’une fille possédait pour son père, avait brisé la capacité de cet enfant à faire confiance aux adultes. La petite Heather n’avait eu d’autres choix que de créer une carapace solide, une armure sans faille, entre elle-même et les autres, refusant de se laisser martyriser de nouveau. Ce fut donc un haussement d’épaule incertain qui répondit à la question de Léon, ne faisant plus confiance à sa voix. Celui-ci s’était empressé de reprendre sa main, transmettant par le toucher une tendresse qu’elle n’avait que très peu reçu au cours de sa courte vie. La serpentard apprécia les différentes marques d’affection que le jeune homme lui offrait, tentative de réassurance dont elle avait grandement besoin, calmant doucement la tornade d’émotions qui s’agitait en elle.

- Je ... je crois que je peux apaiser un peu tes douleurs... Tu me laisserais faire ?

Les yeux de l’adolescente plongèrent dans le regard inquiet du jeune homme, cherchant une quelconque preuve de moquerie, de fausseté dans ces paroles prononcées, ne sachant si elle était préparée à montrer ces marques qui défiguraient son corps. Heather n’avait jamais confirmé à voix haut, avant aujourd’hui, ce qui se déroulait chez elle, bien qu’elle savait que Léon se doutait de quelque chose. Cette étape, épreuve redoutable pour la jeune fille, avait demandé un courage monstrueux qu’elle n’aurait jamais douté posséder, mais de montrer les marques laissées par l’abus était la finalité, la confirmation pure et dure qu’elle était une fille faible, démolie et meurtrie. Heather prit une respiration tremblante, l’air brûlant sa gorge sec au passage, avant d’hocher la tête, l’hésitation perceptible dans la lenteur de son mouvement. Léon libéra doucement son visage avant de s’éclipser vers les dortoirs des garçons, laissant la couleuvre seule de nouveau. Celle-ci tourna la tête vers le foyer, les braises s’étant complètement éteintes lors de leur conversation, se demandant si elle avait prise la bonne décision que de permettre au serpentard d’être témoin de ses blessures, franchissant ainsi le point de non retour dans leur relation.

La vipère n’eut pas à attendre longuement, le retour de Léon, le jeune homme qui commençait à devenir plus qu’un simple ami aux yeux de la demoiselle, marqué par l'affaissement du divan sous le poids additionnel d’une seconde personne. Elle leva les yeux vers lui, accueillant son retour d’un mince sourire, avant d’approcher une main vers la fermeture éclaire de sa veste grise délavée. Elle prit le petit morceau de métal entre trois doigts, puis figea sur place, craintive de continuer le mouvement et d’ainsi révéler une autre partie de ses blessures. Le temps sembla se figer sur lui-même, le corps de la jeune fille se mettant à trembler, le geste demandant un effort qui était finalement de trop à son esprit épuisée. Elle n’y arriverait pas, elle ne pouvait pas. L’envie de fuir la conversation explosa dans son cerveau et elle jeta un regard furtif vers le corridor menant à son dortoir, analysant rapidement les possibilités de fuites qui se présentaient à elle. Puis, une main entoura ses doigts fébriles, un geste contrôlé et lent, empreinte d’affection qui fit lever les yeux de l’adolescente qu’elle plongea dans le regard de Léon qui ne demandait qu’à lui venir en aide, qu’à l’aider à porter ce fardeau. À cet instant, quelque chose changea entre eux deux et Heather prononça ces mots pour la première fois, offrant un cadeau précieux à Léon, un murmure rempli d’émotions :

- Je te fais confiance.

Guidée par les doigts masculins, elle tira sur la fermeture éclaire, ouvrant le vêtement dans lequel elle s’était abritée depuis son arrivée au château.

FIN DU FLASHBACK

Heather se délecta des réactions de Léon, heureuse d’avoir réussi à lui changer quelque peu les esprits, ayant remarqué dès son arrivé sa moue songeuse qui l’avait inquiétée. La vipère prenait, que pour très peu de personnes, le temps de retirer son masque de glace et partager ses réelles pensées, son côté joueur faisant partie de cette exception qu’elle laissait apercevoir à ces quelques êtres si chers à ces yeux. Le baiser éclair qui frôla ses doigts fit sourire la jeune fille qui laissa sa main s’éloigner de son visage, déposa celle-ci sur son ventre, laissant finalement la change à Léon de partager ses pensées. Malgré leurs enfantillages, son compagnon sembla se perdre de nouveau dans son esprit, revivant elle ne savait trop quel moment de sa vie, mais quelque chose qui devait être important, le silence continuant de s’étirer entre eux deux. Le sourire de la vipère se fana, remplacé par une expression soucieuse, n’osant dire un mot et ainsi déranger ce moment important pour le jeune homme. Elle refusait de le brusquer, préférant patienter, bien qu’elle ressentait l’appréhension grandir en elle, en observant le sérieux du visage de Léon. Le sourire qu’il lui avait offert quelques instants plus tôt complètement oublié, métamorphosé en un air quelque peu grave et réservé.

- Lorsque j'étais à l'infirmerie ... Peters est venue me voir. Je l'ai supplié pour des antalgiques.

Gardant son expression préoccupée, la jeune agrippa d’une main le dossier du divan, se tirant doucement en une position assise, plus propice à la conversation sérieuse qui semblait sur le point de débuter. Elle se tourna légèrement en biais, se rapprochant de lui, appuyant par le fait même sa jambe pliée sur le dessus de la cuisse du jeune homme en une demie accolade. Heather passa une main douce sur le côté du visage de Léon, puis glissa deux doigts fin sous le menton de cette personne si importante pour elle, guidant doucement son visage vers le sien, plongeant ses yeux noisettes dans les iris bleu-gris qu’elles connaissaient par coeur. Elle l’observa pendant quelques secondes, laissant le silence s’étirer entre eux deux, cherchant, elle ne savait quoi, dans son regard sérieux. Le nom de la préfète en chef l’avait interpellé, mais elle poussa cette information au fin fond de son esprit, sachant qu’elle ramènerait le sujet plus tard, la priorité étant de discuter de la deuxième phrase prononcée d’un ton hésitant par le jeune homme. Phrase qui sous-entendait beaucoup trop de possibilités, créant un creux à l’estomac de la couleuvre, symptôme de l'angoisse naissante.

- Léon… qu’est-ce que tu ne m’as pas dit sur cette nuit ?, demanda-t-elle d’une voix délicate, un soupçon de suspicion présent dans son ton, refusant de le brusquer avec sa question, le surnom qu’elle lui donnait généralement, complètement oublié, signe que la conversation prenait un tournant plus grave.

Sa voix perdit de volume lorsqu’elle reprit la parole d’un ton doux :

- Si tu as supplié... c’est que c’était plus grave que ce tu m’as laissé sous-entendre.

Elle sentit son coeur se pincer, réalisant pour la première fois depuis cette nuit d’octobre qu’il avait probablement été plus blessé qu’il ne lui avait révélé. Une partie d’elle se sentit trahie, aucun secret n’ayant jamais été gardé entre eux, leur relation plus forte que n’importe quelle vérité cruelle que ce monde aurait pu leur jeter à la figure. Elle ne comprit pas pourquoi il avait cru bon de lui cacher ses souffrances, au contraire, la jeune fille, étant une experte dans ce domaine, pouvait comprendre mieux que quiconque ce que la douleur pouvait façonner au sein d’un être blessé.

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MessageSujet: Re: [13 novembre 1997] Le coeur a ses raisons Jeu 14 Sep 2017 - 16:41



Elle se redressa et s'installa en position assise sur le divan et le jeune homme retint un soupire, détournant la tête pour ne pas soutenir son regard soupçonneux. Il ne s'expliquait pas son omission à propos de cette nuit là, cette envie qu'il avait eu de ne pas lui raconter les souffrances qu'il avait subies. Il en avait presque honte, sachant pertinemment que la verte et argent endurait sûrement cette douleur chaque été. Et qu'aurait-il dû faire ? Se plaindre de s'être fait tailladée le dos par des Mangemorts alors que c'était la main de son père à elle qui la broyait depuis sa plus tendre enfance ? Non. Sur le moment, il avait préféré rassurer les yeux angoissés de la jeune femme lorsqu'elle était venue le chercher à l'infirmerie. Il n'avait pas vraiment menti, juste enrobé un peu la réalité. Certaines choses, elle en avait été témoin, comme de la réception d'un sortilège de Diffindo. Mais il s'était  bien gardé de préciser à quel point les entailles s'étaient avérées profondes, ni à quels points elles étaient plus nombreuses qu'elle le pensait. Quel intérêt, de toute façon ? La main de la jeune femme se glissa sur sa joue et il tressaillit à son contact doux, la laissant le guider jusqu'à ce que leurs visages se fassent face. Il rouvrit les yeux, plongeant dans l'immensité chocolat de sa camarade.

__ Léon… qu’est-ce que tu ne m’as pas dit sur cette nuit ? Interrogea-t-elle.

Ses doigts tenaient toujours son menton. Il leva la main et s'empara de la sienne, l'emprisonnant dans son étreinte, remarquant à nouveau à quel point Heather était minuscule comparée à lui. Un sentiment idiot le poussait à vouloir la protéger depuis qu'elle lui avait confié les maltraitances dont elle était victime. Il ne se sentait pas à inverser les choses, même s'il lui devait la vérité. Il soupira, mal à l'aise, cherchant ses mots. Mais les rouages de l'esprit de la jeune femme tournaient à plein régime et elle enchaîna sur une affirmation.

__ Si tu as supplié... c’est que c’était plus grave que ce tu m’as laissé sous-entendre.

Son ventre se tordit au souvenir de ces instants dans l'infirmerie. Jamais il ne s'était senti aussi vulnérable, jamais il n'avait eut aussi peur de sa vie. Cela paraissait peut-être puérile, mais en y réfléchissant c'était une de ses premières blessures sérieuses. Cela l'avait atteint physiquement, certes, mais sa fierté d'homme en avait également prise un coup, tout comme son psychique. Poudlard, c'était leur foyer à tous et il s'y était toujours senti en sécurité. Voir sa "maison" devenir le théâtre de tortures avait profondément traumatisé le jeune homme. Il n'était pas prêt pour tout ça. Certains dans cette école étaient probablement plus matures que lui, prêt à en découdre pour sauvegarder tout ce qui leur était cher, prêt peut être à se confronter aux Carrow. Pas lui. Et puis il y avait eu tout ce sang, tous ces cris ... il n'était pas prêt. Etait-ce un crime, après tout ? Ce sentiment d'impuissance également, lorsqu'il avait vu Alecto se rapprocher de lui. Il était un sorcier, mais sans baguette il n'avait pu se défendre. Et quand bien même l'aurait-il eu ... aurait-il osé user de tous ces sortilèges qu'il connaissait par coeur pour s'être entraîné des heures à les parfaire pour réussir ses examens ? La théorie c'était bien beau, mais la pratique ? Repenser à cette nuit c'était mettre le doigt sur toutes ces questions auxquelles il n'avait pas la réponse. C'était douloureux, inconfortable. Il détailla les traits de la jeune femme, s'arrêtant sur les lèvres pincées et le regard patient. Elle ne lâcherait pas le morceau.

__  Je ne t'ai pas menti, se justifia-t-il en caressant le dos de sa main, détournant le regard pour se perdre dans ses pensées. Je ne voulais pas t'inquiéter plus que nécessaire. Parce que je ...

La phrase resta en suspend et il arrêta ses caresses, fermant douloureusement les yeux.

__ Je suis faible, Heather. Je ... je n'ai jamais eu à endurer le dixième de ce que Jake te fait, chuchota-t-il d'une voix brisée. J'avais tellement honte de moi. J'ai honte de moi.

Il soupira de nouveau, trépignant sur le canapé, terriblement mal à l'aise. Peters l'avait vu dans cet état, elle avait pénétré cette partie de lui dont il avait tellement honte. Maintenant, il savait que tout ce dont il se souvenait été réel. Il ne savait quoi en faire. Il regarda Heather de nouveau, se demandant ce qu'elle pensait de tout ça. Il se revoyait deux ans auparavant, lorsqu'elle lui avait montré toutes les plaies qui zébraient sa peau d'albâtre et se sentie soudain très égoïste de ne pas s'être confié à elle. Heather avait su s'ouvrir à lui, de telle sorte qu'elle ne lui avait rien caché, le laissant panser chacune des blessures avec toute la douceur dont il était capable. De quel droit lui refusait-il de lui rendre la pareille ? Que devait-elle se dire ? Il se refusait à ce qu'elle n'ose penser qu'il n'avait pas confiance en elle, qu'il ne croyait pas leur relation assez solide pour ce confier. Oh Heather ... tu sais que je t'aime, pas vrai ? Songea-t-il en la regardant.  Il rassembla son courage, se tournant légèrement vers le feu afin qu'elle puisse choisir de regarder par elle même ou non les traces laissées par les Carrow dans sa chaire. Cela en était presque ironique, lorsqu'il songeait à la situation miroir qui s'était déroulée sur ce même canapé quelques années auparavant.

- Pardonnes-moi, s'il te plait, demanda t-il d'une voix brisée. Moi aussi, j'ai confiance en toi Heather, souffla-t-il en réponse à ce qu'elle lui avait dit il y a bien longtemps.

FlashBack.

Léon s'éclipsa, remonta quatre à quatre les marches de son dortoir. Précautionneux, il tira sa valise de sous son lit et y dénicha non sans mal le petit pot d'onguent. Il vérifia d'un mouvement circulaire que ses camarades dormaient toujours à points fermés puis quitta la chambre, rejoignant la jeune femme sur le canapé. Il constata tristement qu'elle n'avait pas bougé, se laissant tomber sur le sofa à ses côtés. Un petit sourire triste étira les lèvres de la jolie verte-et-argent et son ventre se serra, la regardant porter les mains sur la fermeture de sa veste. Les minutes s'éternisèrent et Léon ne bougea pas, ne cherchant pas à la brusquer. Il aurait beaucoup aimé pouvoir lire dans ses pensées, se demandant avec ferveur ce qui pouvait bien s'y tramer. Il se pinça les lèvres puis leva une main hésitante, recouvrant les petits doigts tremblotants. Je suis là, semblait vouloir dire ce geste.

- Je te fais confiance, murmura-t-elle.

Ces quelques mots lui réchauffèrent immédiatement le coeur. Ils avaient beau passer tout leur temps ensemble depuis leur rencontre en première année, jamais leur relation n'avait atteint ce degrés d'intimité et de confiance. Avec une infinie douceur, il accompagna le mouvement et aida la jeune fille à retirer sa veste, frissonnant en y découvrant la peau laiteuse parsemée d'ecchymoses. Il ouvrit le bocal puis appliqua avec soin le contenu pâteux sur l'hématome le plus imposant de son bras, tachant de ne pas rajouter à la douleur de la jeune fille. Son travail terminé, il lui offrit un sourire tendre avant d'attraper son deuxième bras, y découvrant avec curiosité une phrase tatouée sur l'avant bras. Il leva un sourcil, interrogateur mais s'abstint de tout commentaire, appliquant de nouveau un peu du médicament sur chaque plaie qui rencontrait son regard attentif. Cela lui tordait les trippes de la découvrir si malmenée et il se promit intérieurement de rencontrer ce Jake un jour, rien que pour lui rendre le dixième des blessures qu'il avait infligé à sa fille. Ce sentiment prit racine profondément en lui, comme une promesse silencieuse, un serment inviolable auquel il voulait tellement obéir que le sortilège n'avait même pas besoin d'être lancé.

Il invita la jeune fille à se tourner vers le feu puis caressa sa nuque du bout des doigts. Une plaie à moitié cicatrisée semblait serpenter en dessous de son tee-shirt. Il soigna la partie visible de la blessure mais n'osa pas soulever  le tissu qu'il lui restait sur la peau, attentif de ne pas entrer plus dans l'intimité de la jeune femme. Il plaça ses mains sur ses épaules tendues et les massa doucement, espérant que la jeune femme se détendre sous ses doigts. Imaginer son été retournait le ventre de Léon qui s'en voulait plus que tout de ne pas lui avoir écrit une seule lettre. Il soupira en sentant les muscles de la jeune femme se relâcher et posa son front contre sa nuque, ses mains descendant sur ses bras en une caresse douce.

__ Ca me rend malade de voir tout ça Heather ... souffla-t-il en ferma les yeux. Je suis désolé.

Il savait que ses excuses ne changeraient rien, que cela ne ferait pas cicatriser plus vite Heather. Que cela ne panserait pas non plus les dégâts psychologiques causés par cette enfance désastreuse. Cela n'avait probablement aucune valeur, mais une petite partie de lui avait envie de s'excuser pour tout le mal qui lui avait été fait. Comme si cela changerait quoi que ce soit. Mais il avait vraiment besoin qu'elle sache qu'il aurait aimé être là pour elle. Peut importait que tout le monde la considère comme une magnifique garce, toujours prête à ridiculiser la moindre personne. Peut importait qu'elle soit la reine des glaces que la plupart haïssait en secret. Cette fille avait érigé une carapace inébranlable que personne n'avait percée jusqu'à aujourd'hui et il serait ravi d'être celui qui en connaissait le coeur. Il pressa doucement ses lèvres contre la peau de la jeune femme, scellant une promesse intérieure.

__  Nous deux contre le reste du monde maintenant, d'accord ?

Elle hôcha la tête et Léon était certain que cela marquerait le début.

Fin FlashBack.

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MessageSujet: Re: [13 novembre 1997] Le coeur a ses raisons Dim 17 Sep 2017 - 15:57

- Je ne t'ai pas menti. Je ne voulais pas t'inquiéter plus que nécessaire. Parce que je ... Je suis faible, Heather. Je ... je n'ai jamais eu à endurer le dixième de ce que Jake te fait. J'avais tellement honte de moi. J'ai honte de moi.

Aussitôt les mots sortit de sa bouche, la jeune femme du faire preuve d’un contrôle immense tant l’envie de le gifler était d'une force ahurissante, n’arrivant pas à croire qu’il osait utiliser cette excuse, cet homme pitoyable, pour justifier le secret qu’il avait dissimulé depuis les dernières semaines. Lorsqu’elle avait confié le secret le plus sombre qu’elle possédait, dans cette même salle, une entente implicite s’était créée entre les deux serpentards, une promesse qu’ils seraient toujours présents l’un pour l’autre quoi qu’il arrive, qu’aucun secret ne devait s'immiscer dans leur relation. Elle n’aurait jamais cru, n’aurait jamais eu l’audace d’imaginer que ce serait ce même secret qui viendrait gêner ce jeune homme si cher à ses yeux de se confier à elle. La vipère se leva rapidement du divan, avançant de quelques pas vers le feu, fixant celui-ci d’un air mi songeur mi irascible, ses bras fins venant se croiser devant elle d’un mouvement naturel. Si la personne ayant causé une telle colère au sein de la jeune Trown avait été une quiconque autre personne, elle n'aurait probablement pas hésité à lancer une remarque sarcastique et blessante, expulsant son agressivité sans aucune gêne ou retenue. Mais la situation présente était particulière, le jeune homme ayant causé le sentiment de trahison qui envahissait Heather était une personne spéciale pour elle, ce qui posa un frein à la remarque qui traînait au bord de ses lèvres pincées. La serpentard passa lentement une main sur son visage, une tentative autant physique que psychologique de retirer tout trace de frustration de son visage, mais aussi de son esprit, sachant qu’une colère dirigée contre lui ne mènerait à rien. À dire vrai, la vipère n’était pas plus en furie qu’elle se sentait trompée par toute la situation, sentant son coeur se serrer à l’idée que Léon avait caché un si gros secret, qu’il avait sentit le besoin de le faire. Celui-ci brisa de nouveau le silence, sa voix remplie de regret atteignant les oreilles de la serpentard :

- Pardonnes-moi, s'il te plait. Moi aussi, j'ai confiance en toi Heather.

Ladite Heather poussa un soupir silencieux, fermant les yeux quelques instants, régnant sur ses émotions bouillonnantes. Quelque peu calmée, la serpentard se tourna vers Léon, le fixant d’un regard déçu, une pointe d'exaspération se mélangeant à celui-ci. Elle ne pouvait lui en vouloir, tant le besoin d’être là pour lui était d’une forme extraordinaire, écrasant toute autre émotion qui s‘était fondée au sein d’elle-même. Décroissant doucement les bras, la vipère chuchota :

- Mais quelle excuse de m*rde… Mon histoire ne doit pas être un frein à ce que tu me racontes tes secrets, au contraire… n’est-ce pas la base de tout cela ?, finit-elle doucement, exécutant un geste flou entre elle et lui.

Elle fit finalement le chemin inverse, s'asseyant de nouveau auprès du jeune homme, posant une main sur la sienne dans un geste réconfortant qu’elle savait qu’il reconnaîtrait pour ce qu’il était. Ils passèrent quelques minutes en silence, la vipère n’osa pas prononcer un mot avant de finalement jeter un petit coup d’oeil vers lui, constant sa position quelque peu particulière et comprenant l’invitation. Elle serra tendrement la main, avant de poser doucement celle-ci à la base de son dos, glissant quelques doigts sous son chandail, frôlant sa peau. D’un geste lent, elle releva le vêtement, s’assurant de laisser un contact apaisant entre ses doigts et son corps, découvrant peu à peu les marques qui s'inscrivaient sur son dos. Heather sentit son souffle se couper, réalisant seulement qu’à présent l’étendu des souffrances que Léon avait dû endurer lors de cette horrible nuit. Affectueusement, elle vint poser ses lèvres sur le haut de l’une des cicatrices, déposant un baiser fin et léger, avant de redescendre le chandail, couvrant de nouveau les traces rougeâtres de sa vue. Entourant le torse de Léon d’un mince bras, Heather déposa sa tête sur son épaule dans une tentative de transmettre toute l’affection qu’elle ressentait pour ce jeune homme qu’elle avait appris à faire confiance les yeux fermés. Le silence se posa entre eux deux, la vipère n’osant pas prononcer un mot, n’ayant de toute façon rien à ajouter aux reliques du drame qu’elle venait d’observer. Puis, une phrase que Léon avait soufflé un peu plus tôt revint à son esprit, titillant ses méninges et son imaginaire, poussant les sourcils de la couleuvre à se froncer. D’une voix neutre, elle posa finalement la question qui s’était formée dans son esprit, un sentiment désagréable pointant le bout de son nez en elle, n’arrivant pas à identifier son origine :

- Tu as mentionné Peters… Pourquoi ?

FLASHBACK - 1 SEPTEMBRE 1996

L'été avait toujours été un cauchemar pour Heather, se retrouvant de nouveau la cible préférée de son père, celui-ci s'étant lassé de sa mère pendant son absence. Les premières semaines étaient sans equivox les plus horribles, la présence même de la jeune fille étant une raison suffisante pour enrager Jake, se gagnant des séances de tourmentes au moindre son qu'elle osait commettre en la présence du maître de la maison. Mais cet été fut complètement différent. À peine 2 semaines qu'elle était revenue de Poudlard qu'un drame survint au sein de la maisonnée, un drame additionnel à tous ceux que les murs de la maison avaient déjà été témoins depuis des années, un drame qui changea la vie de la jeune fille à jamais : sa mère était morte.

Le sort avait frappé la poitrine de sa mère inoffensive, l'envoyant se fracasser violemment contre le mur du salon. Le craquement de son cou qui avait raisonné entre les quatres murs avait été suivi d'un silence lourd, le moment s'arrêtant sur lui-même tandis que Heather avait fixé le corps de sa mère s'écraser au sol telle une marionnette sans ficelles. Les yeux écarquillés, la serpentard avait fixé la forme sans vie de la femme, s'attendant à la voir bouger d'une seconde à l’autre, à la voir se redresser douloureusement de sa position, priant que tout ceci n’était qu’un simple cauchemar et qu’elle se réveillerait d’un instant à l’autre…  mais le moment ne vint jamais. La scène avait semblé reprendre sa vitesse normale et la vipère avait laissé échapper un cri déchirant, portant une main à son coeur,  une marrée de souffrances envahissant son être. Les sanglots de la serpentard étaient marqués d’un desespoire si profond, d’une affliction duquel son petit coeur ne pourrait se libérer qu’avant de nombreuses années tandis que son coeur se déchirait brutalement sous la force de la douleur. Heather avait tourné un visage débordant de larmes vers Jake, un chuchotement brisé :

- Mais qu’est-ce que t’as fait bordel ? Tu l’as tué ! TU L’AS TUÉ !, avait-elle fini en un hurlement affaibli.

Celui-ci avait simplement haussé des épaules et répondu, un air de compréhension forcé s’affichant sur son visage :

- Mais non, ma petite fille. Je sais que tu es bouleversée, mais elle est tombée des escaliers. Ça ne sert à rien de se créer des histoires. C’était qu’un simple accident.

Le meurtrier avait ensuite déplacé le corps au pied des escaliers, avant d’appeler les autorités, adoptant pour la première fois dans sa vie, le rôle d’un homme aimant. La réalisation s'était affaissé sur Heather tandis qu'elle s'était écroulée au près de sa mère, observant son corps sans mouvement, les sanglots faisant trembler son corps, une seule pensée tournant en boucle dans son esprit : sa mère était morte. L’été avait repris son cours sans que les deux habitants ne reparlent de l’incident. Le bon côté de toute cette histoire était que Jake avait finalement laissé tranquille la jeune fille dans un élan d’humanité rare. Heather, quant à elle, aurait supplié Jake de la malmener de nouveau si ceci aurait pu rendre la vie à sa mère. Puis, deux semaines avant la rentrée, lorsque dans un élan mélangeant chagrin et colère la vipère avait frappé de son petit poing le miroir de la salle de bain, éclatant pour la énième fois en sanglot, son père était entré dans la petite pièce en claquant la porte et en jurant, reprenant finalement ses habitudes qui avaient marqué l’enfance de l’adolescente. Le cauchemar qu’était ses étés habituels était revenu en force, s’ajoutant à la tristesse de la réalité qui avait fracassé son être avec autant de forces que les coups de son père : sa mère était morte.

La jeune fille se tenait près de la barrière menant au quai neuf et trois-quart, observant la marée de monde et les aurevoirs plein d'émotions des enfants et de leurs parents, lorsqu’elle aperçu Léon au loin, enlacée avec sa mère. Elle avait perdu le compte du nombre de fois qu'elle dû renvoyer son hibou d'où il provenait, refusant d’ouvrir les lettres, ne possédant pas la force de lire les mots qui y seraient inscrits et encore moins d'y répondre. Le monde de la vipère n'était qu’un mélange de désespoir et d’accablement, au prise par la désolation qui envahissait chaque seconde qu'elle passait consciente, ses pensées revivant en boucle la même séquence d'événements, n’offrant aucun repos à la jeune fille. Malgré tout ce qu’elle tentait de faire pour se changer les esprits, la vérité refusait de la libérer même l’espace d’un moment, s’acharnant à lui rappeler ce qu’elle suppliait d’oublier : sa mère était morte. Détournant le regard, elle s’éclipsa dans l'ombre, ne trouvant toujours pas la force d'affronter son regard qui serait probablement rempli d'inquiétude, connaissant si bien le côté protecteur de ce jeune homme. Les minutes semblaient s'écoulées aussi lentement que des heures, chaque embrassade durait une éternité aux yeux de la jeune fille sachant qu'elle ne serait plus jamais cet enfant qui était blottie dans les bras de leur mère, offrant un au revoir temporaire, la fin de l'année scolaire assurant des retrouvailles auprès des familles. Lorsque les derniers retardataires sautèrent à bord du train, la serpentard les suivit, avançant tranquillement à travers les différents wagons à la recherche d'un compartiment libre lorsqu’elle remarqua un visage plus que familier au travers l'une des fenêtres. Leur regard se croisèrent l'espace d'un moment, mais dès qu'il cligna des yeux, elle disparu, s'imaginent déjà la discussion qui la forcerait à affronter la vérité de nouveau. Au fond du train, elle trouva un compartiment contenant que deux troisième années de poufsouffle qu'elle attaqua d'un regard furieux, les faisant fuire aussi rapidement que si un détraqueur était derrière eux. Tout comme dans le train, Heather passa le festin dans la grande salle évitant Léon, s'asseyant à quelques élèves de lui, assurant ainsi une barrière entre deux difficilement franchissable. Le repas se passa en silence pour la serpentard, les membres de sa maison sachant depuis quelques années déjà que seuls Léon ou Aileen pouvaient approcher la jeune Trown lors du retour des vacances, eux seuls immunisés du caractère violent de la serpentard, caractéristique habituelle du début des classes. Bien que cette fois-ci, Heather était assise seule, cela ne changea pas l’accoutumance, les conversations se déroulant sans la 6ème année qui préférait, dans tous les cas, garder le silence. Que quelques aliments firent le chemin sur sa bouche, chaque bouché ayant le goût du sable pour la vipère qui retint le soupire qui souhaitait franchir ses lèvres, déposant pour la énième fois sa fourchette sur le bord de l’assiette, son regard se perdant au loin. Lorsque le directeur termina finalement son discours traditionnel, la brunette s’éclipsa dans la foulée, sachant qu’un certain jeune homme tenterait de l’attraper au passage, une confrontation qu’elle n’était toujours pas résolue à affronter.

Puis elle se retrouva face à face avec lui, n'ayant plus aucune place où se cacher, ledit jeune homme qu'elle s'était démenée à éviter se tenant devant elle. Elle fit quelques pas hésitants vers lui, réduisant l'espace les séparant. Dès que son regard plongeant dans le sien elle sentit sa gorge se serrer douloureuse, ses yeux brillants de milles feux, les larmes menaçant de tomber traîtreusement. Elle ouvrit la bouche, prête lui révéler ce qu'elle s'était affairée à garder pour elle tout l'été, avant de la refermer, avalant difficilement sa salive inexistante. Secouant légèrement la tête, elle se décida enfin à dévoiler ce que son cerveau s'acharnait à lui rappeler tel un disque brisé qui refusait de s'arrêter, sifflant finalement ces mots qui la hantaient, brisant de peu le silence qui s'était posé entre eux, un murmure si bas que seul Léon arriverait à entendre :

- Ma mère est morte.

FIN DU FLASHBACK

_________________

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Two bottles of whiskey for the way
And I sure would like some sweet company
And I'm leaving tomorrow. What'd you say?
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MessageSujet: Re: [13 novembre 1997] Le coeur a ses raisons Dim 17 Sep 2017 - 23:41



FlashBack - 1er septembre 1996

Et là, plus rien. Plus de nouvelles pendant 2 mois, 61 jours et 61 nuits. Pas une seule lettre, pas un seul maudit hibou venu taper au carreau de la vitre. L'angoisse avait commencé à s'insinuer en lui, le gelant sur place et le faisant frissonner tout l'été. Où es-tu ? Comment vas-tu ? Mais chacune de ses lettres étaient revenue sans réponse. Chacune des trente quatre lettres lui étant destinées. Plus les jours passaient et plus Léon se demandait si quelqu'un n'interceptait pas le courrier. Il n'avait pas d'autre explication plausible. Et plus il songeait à Jake et à ses poings possiblement martelant le corps d'Heather, plus il bouillonnait sur place. Il aurait bien été vérifié qu'elle allait bien, mais Donia et Ed lui avaient formellement interdit de quitter le domicile et lui avaient confisqué sa baguette. Fallait croire que le retour de Celui-dont-on-ne-doit-prononcer-le-nom avait fait ressurgir une quelconque fibre d'instinct maternel chez Madame Mills. Bien enfoui la fibre, n'est-ce pas ? Ou bien peut-être craignaient-ils que Lukas ne suive, en bon petit toutou qu'il était ? Il avait l'impression de devenir fou entre les quatre murs de sa chambre. Sa malle était déjà prête pour rejoindre le Poudlard Express le lendemain. Depuis déjà une trentaine de jours. Assis sur son bureau, le regard perdu dans le vide, il scrutait l'horizon dans l'espoir d'y percevoir un volatile. Pourquoi ne réponds-tu pas, Heather ? Il avait sauté les deux derniers repas, incapable de ne pas balancer son poing dans la tête d'Ed pour lui demander où était sa baguette. Si il était arrivé quoi que ce soit pendant cet été et qu'il était resté enfermé comme un hyppogriffe en cage dans sa chambre sans rien faire, il ne se le pardonnerait jamais.

C'est excédé qu'il se retrouva enfin à quelques mètres de la barrière du 9 3/4. Il regarda d'un air distrait Donia enlacer Lukas et fut étonné de voir que son coeur se serrait à peine. Il était beaucoup trop préoccupé par autre chose. Il serra brièvement et probablement bien trop fort la main d'Ed qui lui remit - enfin ! - sa baguette et adressa un signe de tête à Donia avant d'empoigner sa valise et de s'éloigner de sa pseudo-famille à grand pas. Il s'empressa de franchir le mur de pierre pour se mêler à la foule diffuse des élèves et pénétra immédiatement dans le train, gagnant à grandes enjambées le wagon des Serpentards où il retrouva Charles, perdu dans la gazette du sorcier. Après avoir déposé prestement sa valise, il se laissa tomber lourdement à côté de son ami. Celui-ci plia soigneusement son journal en quatre, lissant les pages, mal à l'aise. Lui non plus n'avait eu aucune nouvelle d'Heather, Léon le savait pour l'avoir harcelé quasi quotidiennement à ce sujet. Il leva un doigt menaçant tandis que Charles ouvrait la bouche

__ Non, quoi que tu dises, arrêtes, supplia le vert-et-argent, à bout de nerf.
__ T'es pas la seul à être inquiet Léon, mit au clair Charles en soupirant.

Oui, mais ce n'est pas pareil, ne put s'empêcher de penser Léon. Les minutes passèrent et s'éternisèrent, toujours trop occupé qu'il était à scruter les quais à travers les vitres. Prisonnier de son inquiétude. Il s'imaginait déjà le train démarrer sans Heather et puis les rumeurs se propageant sur sa disparition, puis l'annonce pure et dure qu'elle ne reviendrait pas. Jamais. Sauf que l'éternité, c'était long. Léon se demanda quelles excuses inventerait Jake : peut-être dirait-il qu'elle était tombée de son  balais pour simuler une chute non accidentelle dans les escaliers ? Son ventre se tordit. Ou bien peut-être un suicide ? Non pas un suicide, cela attirerait trop l'attention. Peut-être expliquerait-il simplement à la direction de l'école que lui et sa famille avait déménagé pour se mettre en sécurité ? C'était plausible, facilement compréhensible en vue du retour de Vous-Savez-qui. Par merlin, il lisait trop de livre. Il ricana cyniquement à ses propres idées noires et se demanda si Charles avait imaginé pareils scénarios. Lui, cela l'avait obsédé chaque jour.

Il releva la tête en recevant un coup de coude de la part de Charles. Elle était là, derrière la vitre. Entière. Trop maigre, trop chétive, les traits tirés et des cernes sous les yeux, mais entière. Et debout. Certes, enroulé dans des vêtements noirs et trop amples mais par merlin elle était là. Un poids quitta immédiatement ses épaules et il accrocha son regard à travers la vitre. Une fraction de seconde avant qu'elle ne lui tourne le dos pour partir s'assoir ailleurs. Il résista à l'envie de se lancer à sa poursuite. Elle avait probablement de bonnes raisons pour l'éviter, n'est-ce-pas ? Il reposa sa tête sur le siège et ferma les yeux, sombrant rapidement dans un sommeil enfin réparateur.

Léon regarda la répartition des nouveaux-élèves d'un oeil distrait, ses yeux faisant le va et vient entre son assiette à laquelle il n'avait presque pas touchée et la jeune femme, assise à quelques élèves de lui. Ils ne s'étaient toujours pas adresser la parole. C'était à ne rien comprendre. Elle fuyait son regard avec l'acharnement d'un vif d'or cherchant à éterniser la partie. Une fois le discours terminé, Léon s'excusa poliment auprès de Charles et s'éclipsa de la Grande Salle. Il ne pouvait supporter de la scruter de la sorte et d'imaginer ce qu'elle avait endurée pour ne pas être capable de soutenir son regard. Il se contint jusqu'à la sortie puis rejoignit la salle commune à grandes enjambées et se retrouva comme un idiot devant la porte. Il ne connaissait pas encore le mot de passe. Foutu soirée, foutu été ! Pourquoi me fuies-tu? De quoi as-tu honte ? Jake avait-il dépassé encore un stade dans les violences qu'il lui infligeait ? S'il l'avait touchée .... il .... il ne le supporterait pas. Il s'attrapa les cheveux, essayant par tous les moyens de contenir la rage sourde qui cheminait à travers ses veines, faisant monté l'adrénaline. Elle avait l'air tellement anéantie que Léon se demandait combien de temps il mettrait cette année à recoller tous les morceaux. Il jura à voix haute à plusieurs reprises, tout le contraire du Léon plein de retenu qu'il était puis se retourna, furibond, le regard mauvais.

Elle se tenait juste devant lui. Le coeur de Léon se serra lorsqu'il constata à quel point le visage d'Heather avait changé depuis ces deux longs mois, combien les traits s'étaient encore plus durcis. Il s'attarda quelques secondes sur les yeux noisettes semblant refléter une profonde douleur puis descendit vers sa bouche ourlée qu'elle tenait étroitement pincée. Il se demanda si un seul sourire avait réussi à étirer la commissures des de ses lèvres durant ce maudit été et s'interrogea sur la capacité qu'elle aurait à le faire de nouveau. Le sourire qu'elle lui réservait d'habitude ne semblait même plus y avoir sa place. Elle tenta à plusieurs reprises de parler, sans succès. Avant qu'il ne puisse esquisser le moindre geste de réconfort en sa direction, elle prit la parole, sa voix ne paraissant qu'une murmure dans le calme glacial des cachots.  

__ Ma mère est morte.

Les mots étaient crus, tout comme la nouvelle qui stoppa net le Serpentard dans son élan. Depuis le temps qu'il patientait de savoir de quoi avait été fait l'été de la jeune femme, il était désormais confronté à une réalité bien sombre. Quelqu'un venait d'arracher à Heather l'être auquel elle tenait le plus. Ce quelqu'un était-il Jake ? Un élan de colère traversa immédiatement son corps, hérissant sa nuque et il fit un pas en sa direction. Bien sûr que c'était Jake. C'était presque évident. Il s'approcha d'elle comme on s'approchait d'un animal blessé, mesurant sa vitesse afin de ne pas la faire fuire de nouveau. Arrivé enfin à sa hauteur il leva une main hésitante et frôla sa joue, tout doucement. Il fut interrompu par le bruit caractéristique d'un groupe d'élève descendant les escaliers pour rejoindre la salle commune et passa un bras autour de taille d'Heather, l'entraînant avec douceur dans un recoin un peu plus sombre afin de ne pas être vu. Il mémorisa le mot de passe, puis attendit que tout le monde ait disparu à l'intérieur avant de nouer ses doigts à ceux de la jeune femme. Hors de question de tenir une conversation aussi personnelle en plein milieu d'un couloir ou dans salle commune, entourés d'élèves joyeux et se racontant leur parfait petit été. Ils marchèrent quelques instants à travers les couloirs, sans un mot, Léon serrant la main frêle de la jeune femme avec empressement. Ils pénétrèrent dans ce qui ressemblait à un placard à balais et dont le sol était recouvert de drap. Une sorte de lingerie peut-être ? Il verrouilla la porte derrière eux puis alluma sa baguette, qu'il déposa sur une des étagères. L'endroit était terriblement exiguë mais cela devrait bien faire l'affaire.

Qu'était-il censé lui dire ? Comment devait-on réagir dans de telles circonstances, y'avait-il des banalités qu'il convenait de lui exprimer ? Toutes mes condoléances, je suis désolé ?  Devait-il lui présenter des excuses, devait-il lui dire qu'il aurait aimé être là pour elle ? Comme si elle ne savait pas tout ça. Alors, doucement, il passa ses mains autour de la taille fine, priant pour ne pas appuyer sur les hématomes ou les plaies qui ne manquaient probablement pas de s'y trouver. Il l'attira contre lui, sa tête reposant contre celle de la jeune femme qu'il colla à lui. Il tâcha de ne pas la serrer à l'en étouffer, le rythme de son coeur s'apaisant en la sentant contre lui. Un sentiment égoïste le traversa : mieux valait sa mère qu'Heather. Il n'aurait pas supporté d'apprendre la sienne, de mort.

__ Je suis là, chuchota-t-il, ne sachant toujours pas trouver de paroles réconfortantes.

Il relâcha son étreinte et se laissa tomber doucement contre le mur, attirant Heather à prendre place à côté de lui. Il détailla les marques violacées autour de son cou mais ne fit aucun commentaire, trop en colère pour rajouter quoi que ce soit. Sa main caressait la sienne et il fut forcé de constater qu'elle se trouvait passablement écorchée. Un jour, Jake paierait.

__ Je ... je ne sais pas quoi te dire. Je ne la connaissais pas, avoua-t-il d'une voix douce. Mais elle a donné naissance à une fille forte, intelligente. Et très belle, pensa-t-il sans l'ajouter à voix haute. Alors quoi qu'il ne se passe là, souffla-t-il en posant son doigt sur son front, ou bien ici, continua-t-il en faisant glisser son doigt jusqu'à son coeur, je pense qu'il faut que tu entendes ça. Je ne sais pas ce qu'il s'est passé mais il y a une chose dont je suis certain Heather. Ce. N'est. Pas. De. Ta. Faute. Il détacha chaque syllabe de façon à ce qu'elles soient toutes parfaitement intelligible. Tu n'aurais rien pu faire ... d'accord ? Rien de plus que tout ce que tu fais déjà pour survivre au quotidien.


Fin FlashBack.  

Léon la regarda se relever et s'éloigner de lui avec un pincement au coeur. Il l'avait déçue, d'accord, mais était-ce une raison pour qu'elle réagisse de la sorte ? Il pensait que parmi tous, elle était la plus à même de comprendre la difficulté de se confier sur certains évènements. Ne se souvenait-elle pas des deux mois de totale angoisse qu'elle lui avait infligé - malgré elle, d'accord - lors de l'été de la sixième année ? Avait-elle au moins la moindre idée de l'état dans lequel il avait fini les vacances, à deux doigts de se rendre en transport moldu s'il le fallait jusqu'à chez elle ? Non. Ils n'avaient jamais reparlé de ces deux mois de silence radio total ni du carton plein de lettres non ouvertes qu'il avait encore dans sa chambre, chez lui. Qu'elle n'avait jamais lues ni jamais réclamées. Son regard brûlant se posa sur le dos d'Heather qui semblait préférer contempler le feu plutôt que de revenir continuer cette conversation. Il lui avait confié avoir honte de lui et la voilà qui lui tournait le dos. Cela rimait à quoi, exactement ? N'avait-il pas su immédiatement oublier ces deux longs mois lorsqu'elle lui avait annoncé la perte de sa mère ? Il avait agi de manière naturelle, la réconfortant sans jamais lui reprocher ses non-dits.  Il secoua la tête, son regard glissant sur la petite silhouette à quelques pas de lui qui daigna enfin se retourner.

__  Mais quelle excuse de m*rde… Mon histoire ne doit pas être un frein à ce que tu me racontes tes secrets, au contraire… n’est-ce pas la base de tout cela ?

Tout cela. Il tiqua quelques secondes sur le fait qu'elle n'ait pas employé le mot amitié, mais ne s'y attarda pas. C'était facile pour elle ne dire ça. Heather ne se voyait pas. Enfin pas réellement, pas comme Léon la voyait lorsqu'il posait les yeux sur elle. Peut-être ne se rendait-elle pas compte de la force de caractère qu'elle possédait, du fait qu'elle avait le corps meurtri mais ne se plaignait jamais. Qu'elle ne loupait aucun cours malgré les blessures. La seule chose pouvant alerter sur ses souffrances étaient la mauvaise humeur légendaire dont elle faisait preuve à chaque rentrée. Comment pouvait-elle être aveugle au point de ne pas se rendre compte qu'une petite partie de lui était tout à fait impressionné par sa façon de gérer la situation. Il n'avait pas pu aller la voir et se plaindre de ce qu'Alecto lui avait fait subir : ca aurait été comme se plaindre du manque d'affection de Donia alors que sa mère était morte. C'était comme se plaindre d'un père existant alors qu'elle aurait tout échangé pour ne pas connaître Jake. Ce n'était pas des mensonges, c'était une remise en question. En fermant les yeux, rien que quelques secondes, il pouvait relativiser sa vie en pensant à celle d'Heather. Ce n'était pas de la pitié, c'était de l'admiration. Il avait beaucoup à apprendre à son contact.

Elle se rapprocha de lui et il frissonna lorsqu'elle glissa sa main sur sa peau, sa colère se dissipant sous ses doigts. Le contact était doux comme une plume et il la laissa redessiner le contour des affreuses cicatrices qui le marqueraient de manière indélébiles pour le reste de son existence. Un petit rappel gravé dans sa chaire afin de s'assurer qu'il n'oublierait jamais cet évènement. Léon détestait ces stigmates, détestait leurs significations : il avait été incapable de se défendre. Et au lieu d'en faire une force comme avait su le faire Heather il avait battu en retraite comme un enfant trop apeuré et avait pleurniché dans les robes de Peters. Les lèvres de la jolie verte-et-argent frôlèrent son cou et elle vint déposer sa tête contre lui. Il posa une main sur la sienne, la remerciant de son étreinte. Encore une fois, elle était bien plus forte que lui. Mais il n'éprouvait aucune jalousie, il avait admis depuis longtemps qu'il était infiniment plus faible qu'elle.

__  Tu as mentionné Peters… Pourquoi ?

Quel magnifique retournement de situation, n'est-ce pas ? Cette fille ne perdait pas le nord, décidément. La possessivité d'Heather, il avait fini par adorer ça. La petite pointe de nonchalance qu'elle s'était forcée à mettre dans l'intonation de sa voix ne suffisait pas à dissimuler les notes de jalousie qui transpirait de la question, à l'apparence anodine. Un sourire étira les lèvres de l'adolescent qui laissa planer quelques instants, cherchant le meilleur moyen d'expliquer à sa camarade ce qu'il avait déjà du mal à s'expliquer lui même.

__ Elle est venu soigner les blessés après cette nuit. Et elle a atterrit dans mon box ... par simple hasard, je crois. Il termina sa phrase, perdu dans ses pensées, la revoyant de nouveau entrer dans l'infirmerie et le temps s'écoulant avant la délivrance. Elle a un peu trop dosé les antalgiques, alors j'ai commencé à dérailler et à flirter avec elle. Il marqua une pause puis termina dans son souffle. Je l'ai embrassé mais le plus étrange et incompréhensible, c'est qu'elle y a répondu.

Et qu'elle m'a également embrassé il y a quelques heures, omit-il de préciser.

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MessageSujet: Re: [13 novembre 1997] Le coeur a ses raisons Jeu 28 Sep 2017 - 21:17

FLASHBACK - 1 SEPTEMBRE 1996

Aussitôt les mots sortis de sa bouche, la jeune fille sentit son coeur s'alléger légèrement, la douleur n’était plus uniquement comprimée dans son petit coeur, une sorte de délivrance à révéler à un autre être vivant ce secret qui la hantait depuis des mois. Elle baissa les yeux, une honte crépitant en elle d’avoir réagi aussi futilement, d’avoir ignoré les lettres envahissant sa petite chambre tout l’été, terrorisée à l’idée d’exprimer en mot la réalité qui s’était effondrée sur elle alors que ce jeune homme avait toujours été présent pour elle, s’étant prouvé à mainte reprise par le passé. Le monde sembla tourner sur lui-même, s’effondrant autours d'elle alors que la douleur du décès de sa mère se mélangeait à l’ignominie d’avoir rejeté Léon lorsque les doigts de celui-ci vinrent caresser sa joue, une sensation douce et remplie de tendresse qui stabilisa la brunette d'un seul coup, redressant ses pensées pour les concentrer de nouveau sur le moment présent et la présence rassurante du jeune homme. Elle leva les yeux lentement, petit à petit, craignant ce qu'elle retrouverait dans son regard, mais sa taille fut emprisonnée avant qu'elle ne puisse rassembler l'encourage de l'observer de nouveau, se laissant entraîner par la délicatesse du toucher. Puis, lorsque le brouhaha des élèves enjoués s'évapora derrière le portrait maintenant clos, des doigts familiers s’enmelerent au sien, occasionnant le serrement de la petite main de la brunette autours de celle du jeune homme tel un individu s’accrochant à une bouée, craignant pour sa vie. Elle se laisse guider au travers les couloirs sombres des donjons, se concentrant sur la chaleur qui émanait du contact entre leur peau, acceptant le réchauffement intérieur qu'un toucher tendre générait en elle, le tout premier de la sorte depuis le début de l'été. Leur chemin s'arrêta dans un minuscule placard, la baguette allumée étant la seule source de lumière disponible, les ombres s’emparant de leur visage, masquant en partie l'expression de leur visage respectif. Ses bras forts vinrent s'enrouler autours de sa taille menue, attentif à ne pas mettre plus de force que nécessaire, l’orientant paisiblement vers son torse où elle y déposa sa tête, acceptant sans contestation le dévouement dont le jeune homme lui faisait preuve. Elle prit une respiration profonde, son souffle tremblotant sous l'émotion, retournant l'étreinte avec affection, s'enivrant du réconfort offert.

- Je suis là

Trois petits mots. Trois simples mots, mais qui répendèrent une chaleur dans tout son corps. Elle avait voulu éviter d'affronter le problème, sachant que face à Léon elle dirait tout, revivant de nouveau les évènements, mais elle avait été si naïve de croire que cela rendrait son deuil plus difficile alors que la vérité était tout autre, sa simple présence posant un baume sur son coeur tourmenté. La vie semblait un peu moins sombre, un rayon de soleil sous la forme d'un jeune homme transperçant les redoutables nuages noirs qui la surplombaient depuis que son monde s'était démoli et déjà, elle respira mieux, un semblant d’équilibre pointant le bout de son nez en elle.

-  Je ... je ne sais pas quoi te dire. Je ne la connaissais pas. Mais elle a donné naissance à une fille forte, intelligente. Alors quoi qu'il ne se passe là, je pense qu'il faut que tu entendes ça. Je ne sais pas ce qu'il s'est passé mais il y a une chose dont je suis certain Heather. Ce. N'est. Pas. De. Ta. Faute. Tu n'aurais rien pu faire ... d'accord ? Rien de plus que tout ce que tu fais déjà pour survivre au quotidien.

Ses mots vinrent la chercher au plus profond de son coeur, ne comprenant qu’à cet instant que c’était ce qu’elle avait eu besoin d’entendre pour apaiser, même si ce n’était qu’un peu, son âme meurtrie. Ce n’est pas de ta faute. Une contradiction si forte face aux pensées qui avaient obsédé son esprit tout l’été. Elle s’était imaginée tous les scénarios concevables : se placer devant sa mère avant que le sort ne la percute, pousser son père avant qu’il ne pointe sa baguette sur elle, ou bien encore, le tuer une bonne fois pour toute comme elle en rêvait depuis quelques années déjà. Mais elle n’avait rien fait, figée sur place dans le cadre de la porte du salon, observant l’altercation qui s’enflammait, sa mère le suppliant d’avoir pitié, mais la pitié n'était pas un sentiment qu'il connaissait et n'avait jamais offert. Le regret la détruisait doucement, lentement, de l'intérieur, lui rappelant à chaque détour que si le avait été plus forte, plus courageuse, qu’elle aurait pu empêcher cette tragédie de survenir. Mais le regret était aussi un sentiment sinueux et destructeur, ramenant au devant de l'esprit des moments bénins et précis, par exemple, un instant où un ton un peu trop sec avait été utilisé pour répondre à sa mère ou la fois qu'elle avait simplement refusé d'aider à nettoyer la vaisselle, quadruplant la haine que la jeune fille pouvait ressentir envers elle-même, semant le désespoir sur son passage. Elle ne pouvait s'empêcher de supplier sa mère de la pardonner pour toutes ses erreurs, bien qu'elle avait que ses excuses étaient en vain, sa mère ne pouvant plus les attendre et cela pour toujours. La finalité était un autre aspect de la souffrance accompagnant le décès d'une personne chère. Savoir qu'elle ne reverrait plus son visage ou qu’elle ne penserait plus ses blessures après une journée particulièrement brutale devenait une réalisation lourde, pesant sur tout son être et chaque mère accompagnant son enfant n'était qu'un pincement additionnel à son petit cœur fragmenté, sachant qu'elle ne serait plus jamais cet enfant qui regardait leur mère avec amour. La brunette sentit ses globes oculaires brûler, signe précurseur que ses larmes souhaitant s’échapper de leur prison de peau, mais la jeune fille cligna rapidement des yeux, refusant de les laisser couler sur ses joues blanches et d’afficher à tous la tristesse qui la hantait. C’était un fait bien connu que Heather ne pleurait pas, jamais, préférant réagir par la colère que la tristesse, mais la vérité était tout autre. Lors de ses escapades nocturnes, ou seule dans son lit, son visage étouffé par un oreiller mouillé par des larmes, la jeune Trown expulsait le trop plein d’émotions, préférant vivre ses émotions en solitude bien que son coeur vibrait pour le réconfort d’un autre. La vipère refusait de paraître vulnérable à Poudlard, de laisser transparaître qu’elle était plus qu’une adolescente en colère aux tendances violentes, la vulnérabilité faisant déjà partie intégrale de ses étés.

Puis, elle posa son regard sur lui, se nourrissant de ses yeux gris remplis de tendresse et elle posa un geste qu'elle n'aurait jamais pu s'imaginer accomplir. Elle l'embrassa. Le contact de ses lèvres douces sur les siennes fut électrisant, un frisson traversant son corps aussi rapidement que l’éclair fracassant le ciel, un sentiment qu'elle avait peine à reconnaître explosant en elle, envahissant chaque particule de son être. Elle colla son corps contre le sien, passant une main dans les cheveux bruns de Léon, approfondissant le baiser, profitant de chaque seconde qui lui était allouée, un bonheur qu’elle ne croyait plus possible naissant au plus profond d’elle-même. Ses lèvres étaient d’une douceur qu’elle ne pu s’empêcher d’admirer, son corps vibrant sous les mains l’entourant, la serrant plus fortement contre lui, la pression sur ses blessures paraissant si infime comparativement à celles de leurs lèvres liées... Jusqu'à ce qu'une pensée sinueuse et perfide envahisse son esprit, lui glissant à l’oreille qu’elle était une fille indigne et ingrate, lui rappelant que d’être heureuse tandis que sa mère était morte était un acte ignoble. Ses yeux s’ouvrirent rapidement et d’un mouvement désespéré, elle poussa le torse de Léon, s’éloignant vivement de lui, son visage honteux. Son coeur se serra douloureusement dans sa poitrine et elle posa une main sur sa bouche, secouant vigoureusement la tête dans un déni mystérieux. Mais qu’est-ce qu’elle faisait ? Elle devrait pleurer sa mère, comment pouvait-elle se permettre de la joie tandis qu’elle était morte ? L’infamie de son acte détruisit le bonheur qu’elle avait ressenti quelques instants plus tôt, réduisant en poussière le souvenir de ce baiser, poussant dans un tiroire poussiéreux de son esprit le sentiment qu’elle croyait avoir reconnu l’ombre d’un instant, refusant de s’y attarder. Elle joint ses deux mains ensemble, serrant douloureusement celles-ci, la peau devenant blanchâtre à certain endroit tant la pression était forte sur sa peau fine. La brunette se mordit la lèvre violemment, hésitante, secouant la tête de nouveau.

- Je ne peux pas… c’est pas possible… c’est une erreur

Elle voulut crier qu’elle était désolée, mais elle n’eu pas la force de le faire, hurlant à la place ses mots dans son esprit, ceux-ci se répercutant dans tout son être.

FIN DU FLASHBACK

- Elle est venu soigner les blessés après cette nuit. Et elle a atterri dans mon box ... par simple hasard, je crois. Elle a un peu trop dosé les antalgiques, alors j'ai commencé à dérailler et à flirter avec elle. Je l'ai embrassé mais le plus étrange et incompréhensible, c'est qu'elle y a répondu.

Heather laissa sa tête déposée sur son épaule quelques instants, figée par les mots de Léon, tandis que son coeur manqua un battement à la dernière phrase. Léon et Peters s’étaient embrassés. Elle releva lentement la tête, levant les yeux vers son visage, observant son expression absente et lointaine. La jalousie était un sentiment fort et qui n'était pas inconnu à Heather. Elle connaissait de mémoire le serrement du coeur, le tourment et la terreur à l’idée de le voir la délaisser, de le voir l’oublier petit à petit jusqu’à ce que plus rien ne soit comment avant. Elle ne pouvait pas le perdre et cela était la seule chose qu’elle savait avec certitude. La première fois qu'elle avait ressenti la jalousie pointer le bout de son nez était lorsque Léon avait fréquenté une serdaigle de 6eme année, s'éclipsant plusieurs fois pour aller la rejoindre, mais elle avait vite compris qu'elle n'était rien pour lui, une simple distraction pour le jeune homme et le sentiment aux vertues destructrices s'était calmé, se cachant de nouveau dans les méandres qu’était sa personnalité. Il y a avait cependant quelque chose de différent cette fois-ci. Le regard absent et pensif n'était pas courant chez lui, ni le ton de voix avec lequel il avait expliqué la rencontre, comme s'il craignait sa réaction, redoutait de ce qu'elle dirait en réponse. Avec la serdaigle, cela avait été différent. Il lui avait tout simplement dit, un air joueur flottant sur son visage, la sachant possessive et s'amusant de sa réaction disproportionnée. Alors, pourquoi cette fois-ci lui annonçait-il le baiser d'un air incertain ? Et c'est alors qu’elle comprit. Ce n'était pas juste un baiser sous l'effet de drogues, pas juste une erreur commise par un esprit brumeux et en souffrance, pas juste un jeu où une distraction. Il y avait quelque chose de vrai, si vrai qu'elle pouvait presque palper l'émotion qui flottait dans son regard.

- Sympa ces infirmières ! À profiter des patients drogués pour les embrasser.

Sa voix coulait de sarcasme, dégoulinant sur chacun des mots prononcés. C’était plus fort qu’elle. La situation la rendait mal à l’aise et la jalousie s’était immiscée dans son esprit, lui offrant sur un plateau d’argent une phrase toute faite, rabaissant au plus bas niveau celle qui avait gagné l’attention de Léon. Si celui-ci la laissait tomber, trop occupé à jouer l’amoureux avec Peters, elle ne s’en remettrait pas, le serpentard ayant toujours été un pilier dans sa vie, une constante qu’elle refusait de voir disparaître. Elle détourna les yeux, fixant de nouveau le feu crépitant dans l’antre de pierres, ses pensées tourbillonnant sans cesse.

Elle refusait de se retrouver seule de nouveau dans ce monde de fous.

_________________

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Two bottles of whiskey for the way
And I sure would like some sweet company
And I'm leaving tomorrow. What'd you say?
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Flashback - 1er septembre 1996

Elle lui avait manqué, à un point qu'elle n'imaginait probablement pas et il était bien décidé à ne pas la lâcher de si tôt. Peu importait qu'elle semble si brisée qu'il ne réussirait probablement pas à recoller tous les morceaux, peu importait si elle refusait de sourire durant les prochains mois à venir. Il savait qu'elle réussirait à faire face, parce qu'Heather faisait toujours face. Malgré tout, l'inquiétude s'emparait doucement de Léon, comme à chaque rentrée. Que dissimulaient une nouvelle fois les vêtements amples ? Jake s'était-il acharné plus que nécessaire durant cet été particulièrement horrible ? Ou l'avait-il laissé faire son deuil tranquillement ? La colère chassa l'inquiétude et Léon essaya malgré tout de se contenir, peu désireux de brusquer Heather. D'autres affirmations se bousculaient dans sa tête : il n'avait pas été là. Il n'avait pas été là quand elle s'était réveillée après la mort de sa mère, lorsqu'elle avait compris que la terre allait continuer à tourner sans l'être qu'elle chérissait le plus. Il n'avait pas été là lors de l'enterrement. Il n'avait pas été là lorsqu'elle s'était couchée, le soir, seule, avec ce qui lui servait de père. Bien sûr, il n'était pas au courant. Mais cela ne l'empêchait pas de regretter de ne pas avoir été là pour elle. Il se perdit quelques instants dans les yeux chocolat qui semblaient devenir de plus en plus grands au fur et à mesures qu'ils se gorgeaient de larmes. Elle papillonna quelques instants des yeux, ses longs cils semblant s'agiter pour essayer de se débarrasser du chagrin, comme si elle espérait réussir à remettre son masque de froideur. Léon savait qu'elle l'avait laissé tomber au moment même où elle l'avait laisser refermer la porte du cagibi pour se lover dans ses bras. Il ne pu s'empêcher néanmoins d'être impressionné en la voyant ravaler ses larmes et il resserra quelque peu ses bras autour d'elle. Les secondes passèrent, son regard dérivant sur la jeune femme qu'il tenait fermement dans ses bras.

Il ne devina pas son intention, pas avant que ses lèvres ne se posent sur les siennes. Etonné par le geste, il laissa ses yeux se fermer instantanément, surpris par cette bouche qui butinait la sienne dans l'attente d'une réponse. Il aurait aimé pouvoir dire qu'il avait immédiatement senti le désespoir dans cet élan de tendresse et qu'il avait compris que cela n'était pas une bonne idée d'y répondre. Mais c'était totalement faux. Son souffle se mêla au sien et ses doigts remontèrent lentement sur la peau frissonnante du bras d'Heather, caressant son épaule avant de se glisser dans son cou. Il la pressa contre lui, resserrant l'étreinte au niveau de sa taille. Ce n'était pas le premier baiser de l'adolescent, mais il fut bien obligé de reconnaître que cela aurait pu être le cas. Le contact brûlant des lèvres de la Serpentard avait transformé l'étincelle habituelle qu'il ressentait en un incendie dévorant, des langues de feu se frayant un chemin sur sa peau tandis qu'il pressait le corps de la jeune fille contre le sien, insatiable. Le brasier continuait de prendre de l'ampleur à mesure que les mains d'Heather se glissaient dans ses cheveux et il retint de justesse un soupire, approfondissant le baiser. Dire qu'il avait attendu ça tout l'été était un euphémisme. Sa relation avec la vipère n'avait jamais été aussi ambigüe que durant les derniers mois, la peur de la perdre ayant réveillé quelque chose qu'il n'était pas certain d'assumer. Si les limites n'avaient jamais été vraiment bien délimitées, Léon était à présent certain de les avoir clairement franchies. Sa langue joua quelques instants avec celle de la Serpentard et il sentit le point de rupture, s'abandonnant totalement à elle, respirant à pleins poumons son odeur capiteuse.

La vérité se glissa en lui et il assista, impuissant, à la combustion de toutes les limites qu'il s'était promis de respecter en la revoyant saine et sauve. Si le soulagement avait failli avoir raison de lui en la voyant dans se couloir, l'annonce du décès de sa mère l'avait empêché de se ruer vers ses lèvres. La voir franchir cette distance alors même qu'elle était terrassée par le chagrin aurait dû sonner l'alerte mais il était bien trop occupé à répondre fiévreusement à son baiser. Le fait qu'Heather l'initie y était pour beaucoup, Léon redoutant de partager des sentiments qu'elle n'avait peut être même jamais imaginé pour eux. Croyait-il vraiment en l'amitié homme/femme ? Maintenant qu'il goutait à ses lèvres, Léon n'en était plus certain. Il fallait qu'il lui dise ce qu'elle n'avait pas lu en lui renvoyant la trente quatrième lettre. Les mots se bousculaient dans son esprit mais ses lèvres étaient bien trop occupées par celles de la jeune femme.

Les petites mains se placèrent sur son torse et il se sentit repoussé à regret, surpris. Le souffle court, il mit quelques instants à rouvrir les yeux, son regard brûlant se posant sur la jeune femme. Il remarqua les lèvres légèrement rosies et gonflées par le baiser, remontant tout doucement vers les yeux de la jeune femme. C'est là qu'il compris son erreur, constatant avec douleur qu'elle semblait terrorisée. Elle secouait la tête de droite à gauche, un " non " silencieux qui lui brisa le coeur. Mais quel imbécile. Il aurait du comprendre que le geste été désespéré, qu'elle avait fait ça afin de chercher un réconfort. Il aurait du dire non, il aurait du comprendre que ce n'était ni le lieu, ni le moment. Pas dans ces circonstances, pas comme ça. Son coeur se serra et la culpabilité s'empara de lui tandis qu'il la regardait perde le peu de couleur et de contenance qu'il lui restait.

__ Je ne peux pas… c’est pas possible… c’est une erreur.

Il hocha la tête. Le mot erreur se répercutant en lui, terminant d'éteindre l'incendie dévorant qui s'était emparé de lui. Il n'avait pas de mots assez forts pour définir la honte qu'il ressentait d'avoir profité de cet instant et d'avoir répondu à son geste désespéré. Ravalant avec difficulté ce qu'il avait été prêt à lui avoué, il hocha de nouveau la tête en s'approchant doucement de la jeune femme, passant un bras amical autour d'elle et la ramenant contre lui. Son coeur battait toujours la chamade et il peinait à retrouver contenance, mais il se força à une respiration douce, posant doucement sa tête sur la sienne, comme à leur habitude.

__ C'est moi qui suis désolé ...  Ne t'en fais pas, c'est déjà oublié.

Il se mordit la langue, conscient qu'il s'enfonçait dans un mensonge dont il aurait beaucoup de mal à s'extraire. Il avait loupé le coche pour lui dévoiler les sentiments ambigus qu'il ressentait pour elle et quelque chose lui soufflait qu'il ne réussirait plus à les lui dire. Le mot " erreur " continuait de tambouriner contre lui et il l'accepta contre son grès. Il n'était pas prêt à la perdre ni à gâcher leur relation en lui avouant quoi que ce soit. Ce n'était, encore une fois, ni le moment, ni le lieu. La respiration toujours légèrement saccadée, il raffermit son étreinte, se satisfaisant d'être là pour elle. Mieux valait ça que de l'abandonner dans les pires instants de sa vie. Elle avait besoin du Léon amical qu'elle connaissait, pas d'un ami dégoulinant de sentiments et lui avouant qu'il pensait ressentir quelque chose pour elle.  

__  Je suis là, répéta-t-il de nouveau, déposant un baiser sur le haut de sa tête.

Toujours. C'était la promesse qu'ils s'étaient fait, n'est-ce pas ? Léon soupira intérieurement, fermant les yeux et se maudissant intérieurement de son instant de faiblesse. Pourquoi avait-il répondu si facilement ? Ne pouvait-il pas réfléchir deux secondes et être celui qui gardait la tête froide alors que l'univers d'Heather avait volé en éclat ? Il aurait pu mettre un terme à leur amitié si jamais les mots qu'il avait été prêt à prononcer avait franchit la barrière de ses lèvres. Comme si elle avait besoin de ça, d'une remise en question de leur amitié qu'ils s'étaient juré inébranlables. Ce n'était absolument pas une bonne idée de tout corrompre juste parce qu'il avait cru ressentir quelque chose. Il n'était pas prêt à mettre en péril la confiance qu'elle avait mis en eux, simplement pour satisfaire le brasier qu'elle avait fait naître en lui. Il s'accorda quelques encore quelques instants, songeant aux lèvres d'Heather et à leur étreinte avant de se promettre de ne plus y repenser. Comme l'avait dit la jeune femme : il s'agissait d'une erreur. Une erreur très agréable, mais une erreur quand même.

Fin Flashback

L'esprit de Léon vagabondait en dehors de la salle commune des verts et argents, se frayant un chemin jusqu'à la salle de classe vide. Il revoyait les lèvres de Carlie se poser sur les siennes, la revoyant se hisser sur la pointe des pieds pour les lui offrir de nouveau. C'était étrange, la facilité avec laquelle il avait de nouveau récidiver avec la Poufsouffle. Il y avait quelque chose de désarmant chez Peters, qu'il ne s'expliquait pas.  Léon se considérait comme quelqu'un d'assez terre à terre et prévoyant, plutôt tirant vers la logique. Etre avec Peters c'était la définition même d'une très mauvaise idée : elle avait un rôle douteux avec les Carrow, il ne la connaissait pas vraiment, elle se mettait à pleurer sans raison et se permettait de l'embrasser sans même prévenir Cette fille était adepte des choix illogiques : elle était sorti avec Foster puis ensuite avec Wicker. Mike Wicker, l'opposé même de Foster. Le Gryffondor dans toute sa splendeur, charmeur et enchainant les filles avec l'habilité d'un poursuiveur enchaînant les passes. Wicker était l'archétype même du Gryffondor que Léon ne pouvait pas voir en peinture : mauvais élève, se foutant complètement de son avenir, vivant au jour le jour, certainement prêt à se jeter dans le feu pour sauver n'importe qui ... un peu comme Potter en fait. Comment Peters avait-elle pu glisser de Foster à Wicker ? Et quelle place tenait-il, lui, Léon Shepper, dans les méandres tortueux que semblaient être les relations de la Poufsouffle ? Il secoua la tête, accrochant soudain le regard suspicieux d'Heather. Un petit sourire étira les lèvres du verts et argents en se rendant compte qu'il était décidément bien perdu dans ses pensées.

__ Sympa ces infirmières ! À profiter des patients drogués pour les embrasser, cracha-telle.

Le sourire s'élargit, constatant le sacarsme dans la voix de la vipère. De toute façon, Heather trouvait souvent à redire sur ses fréquentations, tout comme il se plaisait à critiquer les siennes. Après tout, elle aussi avait eu une relation pour le moins houleuse avec Wicker. Etait-ce pour cela qu'elle ne portait pas Peters dans son coeur ? Probablement. Il en fallait très peu à Heather pour ne pas aimer quelqu'un et sortir les griffes. Il remerciait chaque jour Merlin de ne pas être son ennemi. Il ne pensait pas être de taille contre les répliques acérées de la verte et argent, toujours prête à vous découper en morceau si vous osiez vous en prendre à elle. Inconscient du trouble de la jeune femme, il lui offrit un sourire charmant avant de lui ébouriffer gentiment les cheveux, taquin, décoiffant ce qu'il savait qu'elle avait savamment brossé le matin même.

__  Arrête de râler, la gronda-t-il avec tendresse. Elle voulait juste prendre soin de moi.

Il s'étira avant de se lever, son regard se posant quelques instants sur Heather qui semblait à présent perdu dans il ne savait quelles pensées. Il s'accorda quelques instants, sensible à la beauté fugace et sauvage qui émanait d'elle lorsqu'elle paraissait concentrée. Il secoua la tête, reprenant ses esprits, puis caressa sa joue en se levant en guise d'au revoir.

__ Fais de beaux rêves, Heather.

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[13 novembre 1997] Le coeur a ses raisons

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