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[13 Novembre 1997] Jeu de dupes.

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Serpentard7ème annéePréfet
    Serpentard
    7ème année
    Préfet
AVATAR : Brant Daugherty
MESSAGES : 190

INFOS PERSONNAGE
SITUATION AMOUREUSE SITUATION AMOUREUSE: Célibataire.
DATE & LIEU DE NAISSANCE DATE & LIEU DE NAISSANCE: 4 décembre 1980 (Londres)
SANG SANG: mêlé
MessageSujet: [13 Novembre 1997] Jeu de dupes. Ven 25 Aoû 2017 - 23:55


Charles portait sa tenue des fins de semaines, à savoir qu'il avait probablement fouillé dans l'armoire de quelques premières années afin de dénicher une cravate de propre - ayant eu la flemme de placer les siennes dans les bacs prévus à cet effet pour qu'elle soit nettoyées par les Elfes de maison. C'était la seule explication logique que trouvait Léon au fait qu'à partir du jeudi, les cravates de son meilleur ami paraissaient beaucoup plus courtes que les autres jours de la semaine. Il regarda Charles planter sa fourchette dans ce qui ressemblait il y a peu à une omelette, avec une grimace de dégoût si prononcée que Léon se demanda quelle crime avait pu commettre son assiette.

- Je déteste le petit-déjeuner du jeudi ... grommela-t-il à Léon.
-  Je vois ça, rétorqua-t-il en secouant la tête, amusé, tandis que son ami engloutissait quand même l'intégralité de son plat à la vitesse éclair.
- C'est le petit déjeuner, Léon, il faut bien que je me nourrisse avant le début des cours, se justifia son ami avec la hargne d'un prisonnier cherchant à prouver son innocence.  

Léon rigola doucement tout en poursuivant son inspection minutieuse de la table des Poufsouffle. Son ami se décala sur la gauche comme pour lui permettre une meilleure vue et il sursauta. Charles s'esclaffa tandis que vert-et-argent se renfrognait

- Elle ne viendra pas, se moqua Charles.
- Qui-ça ? Feigna-t-il de s'intéresser.  

Charles leva les yeux au ciel.

- Ta Préfète-en-Chef préférée.

Il préféra ne pas relever et arrêta son inspection matinale. C'était devenu une sorte de rituel depuis qu'il s'était réveillé à l'infirmerie, des souvenirs pleins la tête mais sans être capable de discerner le vrai du faux. Ou plutôt il savait ce qu'il ne s'était probablement pas produit : le retour de Carlie, l'administration d'antalgique et tout ce qui en avait découlé. Le plus simple, d'après Charles - tout était toujours simple, pour lui ! - aurait été qu'il demande à la jeune femme de lui raconter ce qu'il s'était passé ce soir là, alors qu'il agonisait sur le lit de l'infirmerie après ce que tout le monde avait surnommé "nuit de souffrance avec les Carrow". Mais bien sûr. Il allait se pointer la bouche en coeur en lui demandant : dis-moi Peters, ôtes moi d'un doute, on se serait pas embrassé à l'infirmerie la dernière fois ? Tu sais, le jour où je t'ai dis que j'adorerais te voir porter une tenue sexy d'infirmière ! De toute façon, il refusait de croire que les flashbacks embrumés qui remontaient de plus en plus à la surface soient le reflet de la réalité. Et puis, dans l'improbable situation où lui et Peters aurait effectivement échangé un baiser ... Non. Il ne préférait pas songer à ça dès le matin.

Une question l'obsédait néanmoins : pourquoi Peters ne venait-elle jamais prendre de petit déjeuner ? Il la regardait souvent, en cours - comme ça, pour voir quoi - et la trouvait de plus en plus maigre au fur et à mesures que les jours passaient. C'était si compliqué que ça pour elle de venir avaler quoi que ce soit ? Et pourquoi donc ses amis ne se chargeaient-ils pas de vérifier qu'elle s'alimentait convenablement ? Mais qu'est-ce-que cela peut bien te faire ! pensa-t-il. Cette fille elle n'a même pas souhaité t'administrer des antalgiques et toi tu te soucies de sa santé au nom d'une pseudo-hallucination fiévreuse qui te faire croire que vous avez échanger autre chose que des banalités ... T'es pitoyable. Le sifflement de Charles le ramena sur la terre ferme.

- Et bah dis-donc tu étais parti loin ... tu ne veux toujours pas me raconter ce qu'il s'est passé avec cette fille ?

Léon le gratifia d'un regard réfrigérant, boudeur. Cette conversation commençait à lui taper sur le système. Non, il n'avait aucune envie d'avouer à Charles qu'il s'était presque mis à supplier comme une enfant de trois ans pour que la Poufsouffle lui délivre une potion. Il n'avait pas non plus envie de lui expliquer qu'ensuite ils ne se souvenaient pas vraiment mais que, pour résumer, il avait fait un étrange rêve où après lui avoir servi un tas de phrases bateaux il l'aurait tout simplement embrassé. Quel qu'en soit la signification étrange de ce rêve : il se souhaitait pas entendre Charles lui expliquer par A plus B que cela dénotait probablement d'un phénomène de transfert cognitif, une sorte de déplacement qu'il aurait fait pour atténuer à la fois les douleurs de son dos et le manque cruel d'affection. Carlie étant la première et seule personne lui ayant rendue visite, il avait fait d'une pierre deux coups en l'imaginant lui délivrer une potion anti-douleur et lui rendre son baiser. Vu qu'il était capable à lui tout seul de résoudre l'équation, inutile de se confier à qui que ce soit.

Leur déjeuné terminé, Léon se dirigea vers la salle de métamorphose où devait avoir lieu son premier cours de la journée. Cours commun avec les Poufsouffle. Il s'adossa au mur, relisant son parchemin de notes afin de ne pas se faire surprendre par une interrogation surprise. Les cours, c'était ce qui lui permettait de tenir le coup. C'était la constante de sa vie : quoi qu'il advienne à la maison, quoi qu'il ressente, il conservait une excellente attitude en cours et des résultats plus que satisfaisants. Léon Schepper était un bon élève, c'était même une des caractéristiques le définissant le mieux. Hors de question que cela ne change.  Perdu dans le troisième chapitre de métamorphose appliquée, il faillit ne pas entendre la conversation que tenaient deux Poufsouffles à moins d'un mètre de lui.

- ...  apparemment les Nuncabouc auraient dérobé un objet d'une grande valeur aux Carrow. Enfin ça, c'est ce que Carlie et Ethan auraient raconté pour justifier leur descente dans les dortoirs, chuchotait le plus grand des deux tout en regard derrière son épaule pour vérifier qu'aucune oreille indiscrète ne le surprenne. Ils auraient réveillé tout le monde en vociférant des ordres puis leur aurait ordonné de se dénoncer, sans quoi ils devraient sévir.
- Attends ... tu veux dire que les Préfets-en-Chef obéissent aux Carrow ? Désolé mais c'est trop gros pour être vrai ... rétorqua l'autre en secouant la tête.
- Va donc demander ça aux Nuncaboucs ! Ecoute, réfléchis. Pendant la nuit de souffrance qui nous a réveillé pour nous conduire à cette boucherie sans même nous prévenir ? Carlie. Qui a regardé la scène sans être visée par les professeurs Carrow ? Là encore, Carlie. Et maintenant elle quitte le dortoir en plein milieu de la nuit pour aller s'en prendre au Nuncabouc ?
- Mais on parle de Carlie Peters ! Cette fille est douce comme un agneau ... tenta de la défendre l'autre, mais Léon sentait qu'il essayait de se convaincre lui même.
-Ecoute, fais comme tu veux, mais moi je compte l'éviter autant que les Carrow désormais. On est en guerre ... et la guerre ça change les gens.

La porte s'ouvrit et ils pénétrèrent dans la classe. Prenant sa place habituelle contre un mur proche de la porte, Léon ressassait les dernières paroles des Poufsouffles, ne parvenant pas à croire la rumeur. Ce fut le moment que choisit Peters pour entrer à son tour dans la salle de classe, le visage tiré comme à son habitude. Léon la détailla, ne pouvant détacher son regard de l'insigne de Préfète en Chef attachée à sa robe de sorcière. C'est dans un silence pesant et sous le regard de nombreux condisciples qu'elle traversa la pièce pour s'installer à un bureau vide, comme fuyant leurs regards à tous.

Le cours débuta mais pour une fois, Léon n'en écoutait pas un mot. Il était trop occupé à jeter des regards furtifs à la jeune-femme. Pourquoi était-elle installée toute seule ? Pourquoi évitait-elle tout le monde ? Etait-ce de la honte ? Ou bien était-elle devenu si hautaine qu'elle ne voulait pas se mélanger à eux ? Non, ça il ne pouvait pas le croire. Etait-elle vraiment une pro-Carrow ? Cela expliquerait pourquoi elle avait eu le droit de se rendre à l'infirmerie et pourquoi elle avait refusé de lui administrer la potion. Il s'était toujours demandé pourquoi elle avait été sa seule visite ... mais peut-être qu'elle avait agit sous l'ordre des Mangemorts ? Il ne tenait plus, tapant de la main sur le bureau en bois avec frénésie. Trop de questions se bousculaient, trop d'incohérences aussi. Carlie était en train de l'obséder de plus en plus et il fallait qu'il y mette un terme avant de devenir fou. Il n'arrivait même plus à suivre en cours, c'était dire ! Si tôt le cours terminé, elle remballa ses affaires sous l'oeil aiguisé de Léon qui s'empressa de faire de même, lui collant aux basques à l'instant même où elle sortait de la salle de classe. Il accéléra le pas, se frayant un chemin à coup de coudes et d'épaules pour ne pas se laisser distancer, montant quatre à quatre les escaliers en grimaçant. Si son dos avait convenablement cicatrisé, certaines douleurs fantômes persistaient lorsqu'il faisait trop d'efforts.

Il fini enfin par la rattraper et sans même lui laisser le choix, passa sa main autour de sa taille pour l'entraîner dans une salle de classe vide dont il referma la porte. Le souffle court, il se retourna vers elle, remarquant peut-être pour la première fois à quel point elle paraissait petite à côté de lui. Et fragile, également.

- Salut, Peters. Désolé, mais il fallait que je te parles. Seul, expliqua-t-il sèchement.

Pas moins d'une douzaine de questions se mirent à tourbillonner dans son esprit. Pourquoi es-tu venu me voir à l'infirmerie ? Pourquoi es-tu partie comme ça, sans rien dire ? Pourquoi être venu t'occuper de moi pour t'enfuir sans accéder à ma demande ? Pourquoi ne pas m'avoir donné ces antalgiques, ça te plaisait donc tant que ça, le spectacle ? Il se força au calme, puis repensa aux Carrow et à cette horrible nuit. Il repensa aux pleurs, aux larmes, aux cris de souffrances et à tout ce sang. Il en faisait encore des cauchemard la nuit. Comment Peters avait-elle pu conclure un quelquonque marché avec ces crapules de la pire espèce ? Elle était pourtant présente ce soir là ! Etait-il déçu de sa conduite ? Il ne savait pas car après tout, si l'occasion s'était présentée de conclure un deal et d'être épargné, lui et ses amis, aurait-il craché dessus pour autant ? Non, tout au fond de lui il savait ce qui était en train de le tourmenter : imaginer Peters en folle furieuse saccageant le dortoir des Nuncabouc. Il avait du mal à faire correspondre cette image avec le petit bout de femme brisé qu'il avait vu dans l'infirmerie et apprit quelque peu à connaître. Mais qu'avait-il réellement vu, dans cette infirmerie ? Incapable de contenir cette soudaine rage, il la lui déversa à la figure. Gratuitement et sans filtre, une pointe de cynisme en guise d'assaisonnement.

- Tu as l'air épuisée ... Il faut dormir, Peters la nuit, tu sais ? Mais il parait que tu as d'autres occupations ... que tu exécutes les ordres des Carrow. Comment vont les Nuncaboucs, tu as pris ton pied ?

Son regard était impitoyable et plein de colère. Léon ne savait pas quel camp il rejoindrait, mais il appréciait suffisament l'école et ses condisciples pour savoir qu'il ne comptait pas non plus aider les Carrow comme avait choisi de le faire Carlie. Comment pouvait-elle les trahir à ce point ? Mais qu'est-ce qui ne tournait pas rond chez cette fille à la fin ! Et pourquoi l'obsédait-elle de la sorte ?

- Alors me voilà curieux ... Carlie ... enchaîna-t-il en avançant vers elle à pas lents. L'autre soir, à l'infirmerie ... quand tu as refusé de me donner des antalgiques, c'était juste parce que tu me détestes ou bien c'était encore un ordre des Carrow ? Parce que je n'arrive pas à comprendre ce que j'ai bien pu te faire pour mériter cela !



Dernière édition par Léon Schepper le Mar 29 Aoû 2017 - 23:37, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [13 Novembre 1997] Jeu de dupes. Sam 26 Aoû 2017 - 17:15

Encore une nuit sans sommeil. Encore une fois, elle avait dû se lever en plein milieu de la nuit, et assumer son rôle de Préfète en Chef. Le fait est qu’elle n’avait pas signé pour ça en acceptant de revenir à Poudlard à la rentrée. Elle n’avait pas signé pour amener ses camarades à l’abattoir, ni pour en agresser certains. Tout l’été, la situation à Poudlard était demeurée incertaine. Quand elle avait reçu la lettre avec les fournitures pour la dernière année, et l’annonce qu’elle était la nouvelle Préfète en Chef, elle ne savait toujours pas à quoi elle devait s’attendre. Elle était seulement heureuse d’avoir gagné la lutte contre son père pour revenir au château. C’était tout ce qui comptait. Jusqu’à ce que la gazette délivre l’horrible message qu’était la nomination de Rogue au poste de directeur, et celles des Carrow comme professeurs. Mais il était désormais trop tard pour faire machine arrière. Et après deux mois et demi à Poudlard, Carlie regrettait de ne pas plutôt être restée chez elle.

Elle revoyait encore ce qu’il s’était passé dans le dortoir des Nuncaboucs. Sa nausée quand elle avait dû fouiller dans leurs affaires, à la recherche d’un objet inventé par ses soins. Les protestations de certains. Elle en avait encore des frissons. Et elle se sentait encore plus mal qu’après l’épisode de la Nuit de Souffrance. Parce que cette fois elle n’était pas restée simple spectatrice. C’était elle, qui avait tout fait. Elle et Ethan. Les pantins des Carrow, qui préféraient obéir plutôt que risquer leur titre. Voilà pour qui ils passaient, alors que la vérité était toute autre… La vérité était un secret bien gardé, qui mettait leur vie autant en péril que celle des autres. Elle s’était de nouveau effondrée, après avoir quitté le simulacre de dortoir des boucs. Elle ne savait pas comment elle était retournée dans son dortoir, probablement avec l’aide d’Ethan. Elle avait passé les dernières heures de la nuit allongée dans son lit, à fixer le baldaquin, et à lutter contre la crise de panique qui menaçait d’arriver. Elle tremblait de tous ses membres, et tandis que ses camarades de dortoir s’agitaient pour descendre prendre le petit déjeuner, ignorantes de ce qu’elle avait fait pendant la nuit, Carlie se demandait si elle allait avoir le courage de se lever. Elle se doutait que la rumeur enflerait rapidement, se répandant à travers les tables de la Grande Salle, et que chacun irait de son commentaire. Elle imaginait la réaction d’Amaryllis, celle de Jimmy, qui seraient bien forcés d’admettre la vérité. Ils la connaissaient, ils auraient du mal à y croire. Elle espérait qu’ils comprendraient. Ils savaient qu’elle avait les pieds et les poings liés, mais elle se demandait jusqu’où elle serait prête à aller dans l’escalade de l’horreur.

Une fois le dortoir silencieux, elle se décida à se lever, flageolante sur ses jambes et se prépara à affronter la journée. Elle avait l’estomac noué, incapable d’avaler quoi que ce soit, elle ne ferait même pas le petit détour par les cuisines qu’elle faisait parfois lorsqu’elle sautait le petit déjeuner. Elle préférait éviter la Grande Salle. Subir le regard de ses camarades ferait faiblir toute sa détermination. Elle avait de plus en plus de mal à subir cette situation, mais ne pouvait pas se permettre de craquer en public. Elle était certaine que les Carrow l’attendaient au tournant. S’ils savaient que son père était membre de l’Ordre du Phénix, il valait mieux qu’elle le protège en se faisant passer pour ce qu’elle n’était pas. Mais dans quel pétrin s’était-elle fourrée ? Elle devait aller en cours, et faire comme si de rien n’était. Elle ne pouvait pas rester bien sagement au fond de son lit. Ca finirait par lui retomber dessus… Et elle n’avait pas besoin de ça en plus. Il fallait juste qu’elle serre les dents, et qu’elle avance, en se faisant la plus petite possible… Elle pouvait le faire… N’est-ce pas ? Elle lutta pour épingler son insigne argenté sur la poitrine, tant ses mains tremblaient. Le métal froid lui brûlait presque les doigts, et sa vue lui donnait la nausée. Elle donnerait tout pour être logée à la même enseigne que les autres, et pouvoir lutter comme elle comptait le faire. Mais non, les choses seraient pires avec d’autres qu’eux aux commandes des élèves… Ils n’avaient pas besoin de Carrow en herbes avec tant de pouvoir…

Carlie entra la dernière dans la salle de métamorphose. Elle tenta de se tenir droite et de regarder loin devant elle, tandis qu’elle traversait la salle, ignorant les regards de ses camarades, à la recherche d’une table libre. Elle ne voulait personne à côté d’elle, elle voulait être tranquille. Elle se mordit la langue pour retenir les larmes qu’elle sentait monter, et sortit ses affaires. Elle maudssait intérieurement Schepper, qui avait pris la place qu’elle convoitait. Si elle avait pu s’épargner cette marche qui lui semblait interminable… Mais il était hors de question qu’elle s’installe à ses côtés, surtout après ce qu’il s’était passé entre eux après la Nuit de Souffrance. Elle était retournée à l’infirmerie le jour qui avait suivi les soins qu’elle lui avait prodigué, et avait appris avec un certain plaisir qu’il était déjà sorti. Il allait donc mieux. Ils ne s’étaient pas parlés depuis, mais Carlie avait croisé son regard à de nombreuses reprises, alors qu’elle le sentait peser sur elle. Et parfois, elle n’y voyait que de la colère. Une colère sourde qu’elle n’arrivait pas à comprendre. Estimait-il qu’elle avait abusé de lui et de son moment de faiblesse ? Croyait-il qu’elle l’avait volontairement drogué ? Quoi qu’il en soit, il n’avait pas oublié, c’était certain. Parfois c’était une lueur étrange, qu’elle ne parvenait pas à identifier, qui brillait dans ses yeux… Elle ne comprenait pas. Elle était toujours aussi perdue que lorsqu’elle avait quitté l’infirmerie à crai dire. Ce baiser continuait de la hanter, et elle ne savait pas si elle était heureuse que Léon n’ait pas tout oublié sous l’effet des antalgiques. Mais ils n’avaient pas essayé de se parler. C’était à n’y plus rien comprendre…

Elle tenta de suivre le cours dispensé par le professeur McGonagall, mais elle ne parvenait pas à se concentrer sur ce que le professeur disait. Elle se sentait mal. Elle hésitait à demander à aller à l’infirmerie, mais ne voulait pas se retrouver à nouveau sous les regards de ses camarades. Elle les sentait déjà suffisamment peser sur elle. Alors elle entreprit de se passer des variations de ballet qu’elle connaissait, afin de trouver un peu de calme et de réconfort. Comme si elle était toujours la petite fille qui étudiait au conservatoire de danse, et ne connaissait rien au monde de la magie. Tout aurait été tellement plus simple alors…

Dès que le professeur McGonagall annonça la fin du cours, Carlie lança ses affaires dans son sac et se dépêcha de sortir de la classe. Elle fut la première dehors, et entreprit de se diriger vers la salle de bain des préfets. Elle savait qu’elle n’y serait dérangée par personne, elle avait besoin d’être seule. Comment avait-elle pu croire qu’elle parviendrait à tenir la journée au milieu de tout le monde ? Tout recommençait à nouveau, comme trois semaines auparavant, et cette fois elle ne pouvait pas aller à l’infirmerie soigner les blessés pour soulager sa conscience… Toute occupée à fuir qu’elle l’était, elle étouffa un cri de surprise quand on la tira par la taille pour l’enfermer dans une salle de classe vide. Quand elle retrouva ses esprits, elle déglutit péniblement en voyant qui se trouvait avec elle. Léon Schepper…

« Salut, Peters. Désolé, mais il fallait que je te parles. Seul »

Carlie inspira profondément. Elle n’était pas prête à cette confrontation. Pas prête à affronter ses yeux, qui comme elle l’avait deviné la dernière fois, étaient cette fois d’une terrible froideur, à l’instar du ton de sa voix. Pas prête à lui parler. Elle sentit ses mains trembler légèrement, et elle les croisa sur sa poitrine pour tenter de les calmer. Elle se redressa de toute sa petite taille, restant malgré tout minuscule à côté de lui, et tint sa tête haute pour garder contenance. Elle se sentait faible et vulnérable face à lui, elle n’aimait pas ça. En d’autres circonstances, elle n’en aurait rien eu à faire. Mais elle se rendait compte que parce que c’était Lui, ça comptait. Et elle ne savait l’expliquer. Elle garda le silence, incertaine de pouvoir maîtriser sa voix. Mais elle attendait qu’il lui dise ce qu’il avait sur le cœur.

« Tu as l'air épuisée ... Il faut dormir, Peters la nuit, tu sais ? Mais il parait que tu as d'autres occupations ... que tu exécutes les ordres des Carrow. Comment vont les Nuncaboucs, tu as pris ton pied ? »

Ses paroles eurent le même effet qu’une gifle. Une terrible gifle qui l’avait mise à terre et dont elle ne pouvait se relever. Elle sentit sa gorge se serrer, et ses yeux se remplir de larme. Le tremblement dans ses mains s’intensifia, et elle resserra un peu plus son étreinte autour de sa poitrine. Elle baissa la tête, incapable d’affronter le regard implacable de Léon une seconde de plus. Toute sa culpabilité ressurgissait, l’engloutissant entièrement. Et la fureur. De quel droit, Lui, Léon Schepper, se permettait-il de lui parler ainsi ? Elle ne lui devait aucun compte. Il n’avait aucun droit sur elle. Surtout pas après ce qu’il s’était passé. Elle tenta de respirer, mais sa gorge était trop serrée sous le coup des larmes pour que le moindre filet d’air un tant soit peu consistant ne parvienne à passer. Elle garda la tête baissée, les tremblements de ses mains se propageant à l’ensemble de son corps. Elle ignorait si c’était l’effet de la panique ou celui de la colère. Mais elle ne contrôlait plus rien. Elle garda le silence, préférant se taire qu’envenimer la situation. Et puis, que pouvait-elle dire de plus ? Elle avait fait ce qu’on l’accusait d’avoir fait, point. Elle n’allait pas expliquer le fond de sa pensée, pas à Schepper. Ils n’étaient pas amis après tout, n’est-ce pas ?

« Alors me voilà curieux ... Carlie ... L'autre soir, à l'infirmerie ... quand tu as refusé de me donner des antalgiques, c'était juste parce que tu me détestes ou bien c'était encore un ordre des Carrow ? Parce que je n'arrive pas à comprendre ce que j'ai bien pu te faire pour mériter cela ! »

C’était comme une deuxième gifle. Qu’est-ce qu’il racontait bon sang ? Elle les lui avait donné ces antalgiques. Il semblait se souvenir de ce qu’il s’était passé pourtant, à en juger le trouble qu’elle parvenait parfois à lire dans ses yeux quand elle croisait son regard. Et il pensait sincèrement qu’elle l’avait planté là ? Elle avait bien failli le faire après tout, mais s’était vite résignée. Elle releva la tête, et affronta son regard, plus proche que ce à quoi elle s’attendait, ne l’ayant pas entendu s’avancer. La rage qu’elle y lisait la déstabilisa un peu plus, et elle recula d’un pas sous sa puissance. Elle détourna finalement le regard, le posant sur une table à côté de lui.

« Il y a des choses que tu ne peux pas comprendre, Léon… » Sa voix n’était qu’un murmure, mais elle était sûre qu’il l’entendrait. « Des choses qui dépassent l’entendement, qui dépassent même ton imagination… » Sa voix s’amplifiait, secouée de tremblements. Puis elle releva la tête et planta une nouvelle fois ses yeux dans ceux du Serpentard. « TU NE PEUX PAS COMPRENDRE ! ALORS LAISSE-MOI TRANQUILLE !»

Elle avait crié cette fois, et les larmes en avaient profité pour jaillir sous ses paupières, cheminant le long de ses joues creusées. Elle les essuya rageusement, s’en voulant de se montrer aussi faible. Surtout devant lui. Pleurer devant Léon Schepper n’était pas une option, et voilà qu’elle se retrouvait incapable de faire autrement, incapable de lutter. Elle voulait sortir de cette salle, mais Léon l’en empêchait. Elle retint un sanglot, et retourna à l’attaque.

« Et depuis quand le sort des Nuncaboucs t’intéresse-t-t’il autant ? Tu crois que j’avais le CHOIX ? Tu crois que je l’ai fait par PLAISIR ? »

Elle arracha son insigne de sa poitrine, et le jeta à la tête de Léon, qui esquiva le projectile. Elle allait trop loin, si quelqu’un entendait leur conversation, s’en était fini pour elle. Et tout ce pour quoi elle se battait serait vain. Elle s’intima le calme, tentant de prendre de profondes inspirations. Elle passa une main toujours tremblante dans ses cheveux bruns, fermant les yeux, et les rouvrit pour les poser sur Léon.

« Tu ne peux pas comprendre. Quant à la dernière fois… Tu es idiot ou tu le fais exprès ? Je te l’ai donnée cette potion ! Je t’ai soigné, je t’ai refait tes pansements ! C’est en partie grâce à moi si tu es sur pieds aujourd’hui ! La puissance de sa voix recommençait à monter, toujours plus tremblante, et elle se tût. Elle le regarda une dernière fois, une lueur de déception dans le regard, et reprit la parole, plus doucement. « Je sais que tu te souviens de ce qu’il s’est passé. Je vois tes regards depuis trois semaines. Tout ce dont tu te souviens est arrivé Léon. J’étais vraiment là. Tu m’as embrassée… Tout ça est vraiment arrivé ! Alors ne fais pas comme si tu ne me connaissais pas. »

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Carlie E. Peters
« Say something, I'm giving up on you.. I'll be the one, if you want me to. Anywhere, I would've followed you... Say something, I'm giving up on you » © Joy
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MessageSujet: Re: [13 Novembre 1997] Jeu de dupes. Dim 27 Aoû 2017 - 0:07



Il la regarda se décomposer sous ses paroles sans même tâcher de se défendre. Ce manque total d'action l'exaspéra encore plus. Il vit sans même remarquer les tremblements s'emparer du corps de la jeune femme. S'il avait été plus observateur, il aurait sans doute également entrevu qu'elle tentait par tous les moyens de serrer les rangs et d'empêcher les larmes de prendre le dessus. Mais Léon était beaucoup trop occupé à lui balancer sa hargne au visage pour prêter attention à cette multitude de signes qui crevaient les yeux. C'était presque comme une délivrance de se retrouver enfin à quelques centimètres d'elle et de lui sortir toutes ces horribles choses. C'était sa petite vengeance personnelle au fait qu'elle n'ai jamais voulu lui délivrer ces p*tains d'antalgiques à l'infirmerie. Et comme disait Charles, lorsqu'il s'en prenait à quelqu'un, cela n'était pas toujours avec classe. Il avait envie de l'attraper par les épaules et de la secouer comme un prunier jusqu'à ce qu'elle daigne répondre à ses questions. Il ne demandait pas la lune, si ?! Oui, Schepper, je suis venu vérifier que les mangemorts ne t'avaient pas loupé et puis quand j'ai enfin vu de l'espoir dans tes yeux, j'ai préféré me tirer. Elle n'était même pas obligée de dire bonjour ou désolé, il s'en foutait royalement. Il voulait seulement comprendre comment elle avait pu se ranger si rapidement derrière les Carrow elle qui avait toujours semblé si droite et juste. Parce que c'était quand même hallucinant qu'une fille comme ça rejoigne le côté obscur alors que lui ne savait même pas où était sa place dans ce capharnaüm.

- Il y a des choses que tu ne peux pas comprendre, Léon…

Et bien elle n'avait qu'à les lui expliquer, dans ce cas au lieu de rester aussi muette qu'une tombe. Et puis ... Léon ? S'ils avaient dépassé le stade des noms de famille, il n'avait pas dû recevoir le hibou de confirmation. Un souvenir brumeux perça difficilement la petite bulle de colère dans laquelle il était enfermé. En fait si, il se remémorait très bien l'avoir appelée par son prénom afin de la faire céder. Visiblement, elle en avait déduit qu'elle pouvait faire de même. Il ouvrit la bouche pour répliquer, mais elle ne lui en laissa pas le temps.

- Des choses qui dépassent l’entendement, qui dépassent même ton imagination…

Mais quel numéro elle lui jouait là ? Dans deux minutes il était prêt à parier qu'elle allait lui sortir un beau discours moralisateur sur le fait que cela n'était pas ses oignons. Ben voyons ! Il ne pouvait pas comprendre ? Il ne risquait pas en tout cas étant donner qu'elle répondait à ses questions avec l'habilité d'un politicien cherchant à détourner la conversation. C'était quoi ces phrases toutes faites ? Pourquoi ne répondait-elle pas simplement : Oui, j'ai fait telle chose dans le dortoir. Oui je suis à la solde des Carrow parce qu'ils ont menacé ma famille, mon perroquet, mon chat ou il ne savait quelle autre chose pouvant bien compter à ses yeux. C'était facile alors pourquoi elle restait là à tourner autours du pot ! Plus vite elle l'enverrait balader et plus vite il pourrait définitivement tourner la page sur les évènements de l'infirmerie. Et la petite partie de lui le poussant à croire que le baiser avait été réel pourrait enfin arrêter de le hanter, de jour comme de nuit. Il ouvrit de nouveau la bouche afin de lui exprimer le fond de sa pensée lorsqu'elle sembla - enfin ! - exploser.

- TU NE PEUX PAS COMPRENDRE ! ALORS LAISSE-MOI TRANQUILLE !

Et alors, il la regarda vraiment. Elle venait de relever la tête et il ne put ignorer les larmes qui naissaient de ses yeux  émeraude pour venir mourir sur ses joues en y traçant de petits sillons translucides. Il regarda la facette de la Préfète se craqueler de toutes parts, s'attardant une nouvelle fois sur les cernes et les traits tirés. Une petite boule désagréable se forma dans son ventre, qu'il identifia avec honte comme de la culpabilité. Elle semblait bien plus torturée qu'il ne l'avait jamais été dans sa vie et soudain, malgré qu'il la dépasse d'au moins deux bonnes têtes, il se sentit minuscule devant ce petit bout de femme. Ses yeux reflétaient une souffrance si profonde qu'il en fut soudain terrifié. Il venait d'appuyer sur une corde sensible sans même s'en rentre compte. Elle posa sa main sur la poignée de la porte et chercha à l'ouvrir. Hors de question qu'elle ne le plante là, comme ça. Hors de question que tu la laisses partir dans cet état crétin, lui souffla sa conscience. Il fit pression sur le battant en bois, refermant le mince interstice qu'elle avait réussi à ouvrir. Elle n'avait de toute façon pas assez de force pour s'enfuir. Se voir bloquer la seule issue de secours ne sembla pas plaire à la furie qu'il venait de réveiller car, une fois de plus, elle attaqua avant même qu'il ne puisse rétorquer le moindre son.

- Et depuis quand le sort des Nuncaboucs t’intéresse-t-il autant ? Tu crois que j’avais le CHOIX ? Tu crois que je l’ai fait par PLAISIR ?

Elle se bagarra quelques secondes avec son insigne de préfet avant de là lui envoyer dessus. L'évitant de justesse il emprisonna les deux poignets frêles de la jeune femme dans ses mains, la contenant contre la porte. Elle criait désormais, sa langue roulant et insistant sur certains mots qui semblaient raisonner dans la pièce. Elle n'avait pas entièrement tord : il n'en avait pas grand chose à faire, des nés-moldus se retrouvant dans la 5ème - et pitoyable - maison de Poudlard. Difficile cependant de lui expliquer qu'il était déçu de son comportement : elle ne comprendrait pas. Comment diable pouvait-elle deviner qu'il en voulait plus à la Carlie imaginaire qui avait pris soin de lui et avait répondu à son baiser ? C'était simple : elle ne pouvait pas. Et il trouvait ça tellement difficile à avouer. Tiens Peters, si je t'en veux, c'est pour ce baiser auquel t'as répondu dans mes rêves. Ca a réveillé en moins quelque chose que je ne sais pas identifier et maintenant, tu m'obsèdes ! Allez, excuses-toi d'être apparu comme ça et d'avoir torturé mon âme.  Plus il l'écoutait et plus il se sentait soudain stupide de l'avoir entraînée dans cette salle pour lui hurler des horreurs à la figure. C'était logique, en fait. Les Carrow, personne n'était de taille à les contredire. Ethan et Carlie avaient du recevoir des ordres et ils les avaient appliqué ... point. C'était navrant de simplicité. Il la libéra de son étreinte, presque à regret, et la regarda essayer de retrouver son calme, passant sa main dans ses cheveux et prenant de grandes inspirations. Il voulu parler, mais ses mots moururent dans sa gorge.

- Je ... je ...
- Tu ne peux pas comprendre, conclu-t-elle.  Quant à la dernière fois… Tu es idiot ou tu le fais exprès ? Je te l’ai donnée cette potion ! Je t’ai soigné, je t’ai refait tes pansements ! C’est en partie grâce à moi si tu es sur pieds aujourd’hui !

Il ouvrit la bouche. La referma. S'éloigna de quelques pas en secouant la tête. Cette soirée était trop floue ... Une multitudes d'images semblaient remonter à la surface, se frayant un chemin dans la brume de son esprit et il n'arrivait toujours pas à démêler le vrai du faux. Elle se moquait de lui, n'est-ce-pas ? Quelle preuve avait-elle, au final ? Il leva la main vers elle pour lui signifier d'arrêter. D'arrêter de lui mentir. Il tapa le battant de la porte avec rage, ses yeux anthracite se noyant dans ceux de la jeune femme. Ils étaient bien proches à présent et Léon sentit qu'un nouveau souvenir tentait désespérément de se frayer un chemin dans le tourbillon flou des images de cette nuit là.

-  Je t'ai vu partir ... souffla-t-il, accusateur, à quelques centimètres de son visage, son souffle caressant le visage de la Poufsouffle. Tu ... as tourné le dos alors que je te suppliais ... je sais ce que j'ai vu.

Le souvenir tâchait toujours de remonter, battant des jambes pour rejoindre la surface. Léon se chargea de le repousser vers le fond. Il posa sa seconde main également contre la porte, encadrant le corps de la jeune femme qui y était toujours adossée. Cela n'avait aucun sens ... pourquoi cherchait-elle à lui mentir sur ce qui c'était déroulé ce soir là ? Le souvenir tapa de nouveau à sa conscience et Léon sentit qu'il ne pourrait bientôt plus l'ignorer. Il ferma les yeux, secouant la tête, refusant de croire que ...

- Je sais que tu te souviens de ce qu’il s’est passé, reprit-elle d'une voix douce.

Cette même voix qui le ramena quelques semaines en arrière. Il se revoyait lever la main, caressant du bout des doigts la peau de la jeune femme.

- Je vois tes regards depuis trois semaines. Tout ce dont tu te souviens est arrivé Léon. J’étais vraiment là.

Il se souvint du rire, emplissant toute l'infirmerie et lui réchauffant le coeur. De sa main sur son front, écartant les cheveux avec tendresse, passant le linge humide pour faire baisser la fièvre. C'était toujours embrumé, toujours confus et il n'était pas convaincu. Tout ce qu'elle disait ne prouvait absolument rien. Et puis de quels regards parlait-elle ? Il ne la regardait pas il ... il vérifiait juste que ... Oh et puis mince. D'accord, il la regardait mais c'était uniquement par curiosité et parce qu’il tenait absolument à comprendre pourquoi son esprit tortueux avait bien pu imaginer que lui, Léon Schepper, avait bien pu l'embrasser elle, Carlie Peters. C'était d'un ridicule !

- Tu m’as embrassée… Tout ça est vraiment arrivé ! Alors ne fais pas comme si tu ne me connaissais pas.

Les dernières paroles lui firent l'effet d'une bombe. Il n'avait confié ce détail de son hallucination à personne. Comment pouvait-elle donc savoir qu'il avait imaginé cela ? Il se revoyait posant ses lèvres sur celles de la jeune femme et la revit s'abandonner à cette étreinte. Il recula en ayant l'impression de sentir sur ses lèvres la caresse du souffle de Carlie. Refit encore un pas en arrière lorsqu'il se vit remonter une main dans ses cheveux, renforçant l'étreinte. Lui embrassant Carlie Peters, réel ? Il leva soudain un doigt accusateur vers elle, s'éloignant à reculons sans la lâcher des yeux, jusqu'à ce qu'il ne percute un bureau, manquant de tomber à la renverse.

-  ... Tu mens.  Ou alors j'étais trop drogué pour être conscient.

C'était faux. Elle le savait ... il le savait. Simple question de protection. Il n'avait pas pu tomber aussi bas jusqu'à se jeter dans les bras de la première venue. Il entreprit d'ériger des barrières mentales autour de lui, s'entourant de fil et de barbelés en refusant qu'elle ne vienne saccager l'ordre établi. Ce qu'il éprouvait en repensant à cette irrationnelle étreinte était beaucoup trop ... enfin il ne savait pas vraiment comment mettre un mot sur cette émotion. Changeant de direction. Il buta sur quelque chose et rattrapa l'insigne de Préfet qu'il lui tendit.

- Ecoutes Peters je ... je n'aurais pas dû te juger.

Voyant qu'elle ne bougeait pas, il la rejoignit et entreprit de raccrocher l'insigne à sa robe de sorcière, tachant d'entrer le moins possible en contact avec elle. Il releva la tête vers ses yeux toujours pleins de larmes et eut l'impression de se fissurer en deux. Il ravala sa salive, sentant les fils et les barbelés s'effriter. Il tapa de nouveau contre le battant en bois, plus doucement, cherchant ses mots.

- Je ne peux pas comprendre, comme tu l'as dis mais saches juste que ... même si on ne se connaît pas très bien ... J'ai quand même une question.

Il eut l'impression que les digues des yeux verts étaient en train de céder et se força à prendre contenance.  Une image flotta  à sa conscience, l'enjoignant à arrêter de se voiler la face et à ouvrir les bras pour la laisser s'y blottir. A arrêter de vouloir chercher d'autres explications que celles qui semblaient si évidentes. Elle était revenue, avait pris soin de lui par simple gentillesse. Ces attentions l'avaient touché comme jamais il ne l'avait été et depuis, le monde ne semblait plus tourner rond. Il fallait rétablir l'équilibre. Léon Schepper ne sortait pas avec de gentilles Préfètes en Chef. Et par dessus tout, Léon Schepper n'éprouvait pas de sentiments pour le sexe opposé. La guerre n'était pas un prétexte pour changer cela. Il respira à fond, convaincu de prendre la bonne descision. Cette fille ... ça allait être toxique.

- Comment peux-tu encore te regarder dans une glace en nous ayant conduit aux Carrow ? Non attend ... C'est pour ça que t'es venue cette nuit là, à l'infirmerie, n'est-ce-pas ? Pour te racheter une conscience, chuchota-t-il, son visage de nouveaux à quelques centimètres du sien. Et j'étais là, crevant de douleur et ne demandant que de l'aide ... c'était parfait n'est-ce-pas ? T'as cru que tu réussirais à absoudre ta douleur en pansant mes plaies.

Il se comportait comme un idiot. Plus il la regardait et plus il se demandait pourquoi il tenait tant à nier ce baiser. Il pouvait bien lui dire tout simplement qu'il avait été complètement groggy par la fièvre, la douleur ... peut être même un surdosage d'antalgiques. Et hop, affaire classée. Au revoir Peters, on retourne à notre ignorance mutuelle. Il soupira, son regard descendant de nouveau sur les lèvres de Peters et il dû de nouveau faire barrage aux souvenirs. Il préférait nier le baiser plutôt que de le minimiser.

- Le problème, Peters, c'est que de te pardonner, t'as pas été capable d'y arriver. Alors dis-moi ... à quel point tu te sens coupable de tous ces évènements ?

Il ne pouvait peut être pas lui avouer se souvenir de leur étreinte, mais il pouvait faire en sorte qu'elle soit en colère et se libère un peu de tout ce fardeau qui pesait sur ses épaules. Il lui devait au moins ca.

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MessageSujet: Re: [13 Novembre 1997] Jeu de dupes. Dim 17 Sep 2017 - 1:48

Elle perdait le contrôle d’elle-même. Elle n’aurait jamais dû jeter son insigne à la figure de Léon, elle le savait. Mais elle ne parvenait plus à se rattacher à quoi que ce soit. Les larmes s’écoulaient librement de ses yeux verts, l’empêchant presque de respirer, et les tremblements s’accentuaient dans ses membres. Schepper avait ouvert la porte de ses sentiments refoulés, et voilà qu’ils s’échappaient tous les uns après les autres, avec force et la laissant victime de leur puissance. Adossés contre la porte, ses bras maintenus fermement par Léon, elle se retrouvait à sa merci, et ne pouvait que débiter des paroles trop dangereuses pour elle. Mais elle ne parvenait plus à les retenir. La pression était trop forte, la culpabilité trop envahissante… Et elle ne savait pas pourquoi, mais que Léon la croie plus mauvaise qu’elle ne l’était réellement la heurtait bien plus que ce à quoi elle s’attendait. Comme si son avis comptait. Dans un éclair de lucidité, elle vit Léon prendre conscience de la vérité dans ses paroles, et il la libéra de son emprise. Carlie resta dos contre la porte, tentant de reprendre son souffle et de se calmer. Elle aurait pu aisément quitter la salle désormais, mais il n’en était plus question. Peut-être valait-il mieux aborder le sujet tabou qui s’était installé entre eux. Crever l’abcès une bonne fois pour toute. Elle ignorait ce dont Léon se souvenait réellement, ou ce que les antalgiques lui avaient fait oublier. Mais il semblait lui en vouloir. Et surtout, elle ne comprenait pas pourquoi il était resté fixé sur l’idée qu’elle était partie. Elle avait bien failli le faire, et elle s’en voulait encore aujourd’hui pour cet accès de faiblesse. Mais il semblait également se souvenir de tout ce qu’il s’était passé après… Comment expliquer ses étranges regards sinon ? Ceux qui n’étaient pas emplis de haine ? Si elle s’était faite à l’idée qu’il puisse ne pas se souvenir de tout, voire même n’avoir plus aucun souvenir de ce moment, elle ne s’attendait pas à ressentir le vide que ça lui inspirait… Elle devait savoir, elle devait comprendre. Elle lui asséna alors la vérité. Et elle observa Léon perdre pieds sous ses yeux, cherchant ses mots, s’éloignant d’elle. Elle regretta la proximité qu’il y avait entre eux, et voulut se frapper la tête contre le battant de la porte derrière elle à cette pensée. Il était temps que Léon Schepper quitte ses pensées. Elle l’observa la menacer d’un doigt accusateur, puis revenir vers elle. C’était lui qui semblait devenir fou désormais, tandis qu’elle commençait juste à se calmer. Elle soutint son regard lorsqu’il frappa la porte avec son poing, luttant contre l’envie de fermer les yeux. Elle n’avait pas peur de lui, pas peur qu’il s’en prenne à elle et qu’il la frappe, même si c’était elle qui avait lancé l’offensive en l’agressant avec son insigne qui gisait toujours au sol. Elle ne voulait simplement pas voir la folie s’emparer de ses yeux gris qu’elle avait admirés si calmes quelques semaines auparavant. Et pourtant, elle se laissait envelopper par la torpeur qu’il lui inspirait désormais, et son souffle vint se déposer sur sa peau avec douceur, lui rappelant le contact de ses doigts sur sa joue, puis celui de ses lèvres sur les siennes. Ils étaient bien loin de la bulle de tendresse de l’infirmerie…

« Je t'ai vu partir... Tu ... as tourné le dos alors que je te suppliais ... je sais ce que j'ai vu. »

Le souffle de Carlie se bloqua une nouvelle fois dans sa poitrine, tandis que l’étau qui enserrait précédemment sa gorge se referma de nouveau. Et pourtant, elle devait lui dire. Lui asséner cette vérité qu’il semblait vouloir refouler au plus profond de son être, oublier une bonne fois pour toute. Après tout, qui voudrait embrasser une sorte de collabo venue se délecter de son œuvre après avoir amené ses camarades à l’abattoir ? Elle lutta de nouveau contre les larmes qui menaçaient de faire leur grand retour, et prononça les mots qu’elle s’était promis de ne jamais dire s’ils ne reparlaient pas de ce qu’il s’était passé. Elle était décidée à oublier elle aussi, mais il était hors de question qu’il croie qu’elle avait pu l’abandonner… Instantanément, dès les mots prononcés, le Serpentard instaura de nouveau une certaine distance entre eux. Il ne semblait pas vouloir croire ce qu’elle venait de lui dire… Elle aurait préféré qu’il oublie tout, plutôt que d’essayer de refouler ses souvenirs, ou ses rêves. C’aurait été plus facile. Une sorte d’accord tacite entre eux, de faire comme si de rien n’était. Elle avait presque réussi d’ailleurs, jusqu’à ce jour. Elle savait qu’elle aurait pu passer outre ses regards, s’ils n’avaient pas été aussi incendiaires parfois. Et peut-être le pourrait-elle toujours ? Non, elle en doutait. Ces évènements lui avaient permis de tenir le coup, de recommencer à croire qu’il existait de belles choses dans ce monde… Même si c’était avec Schepper que c’était arrivé, elle avait repris contact avec la Carlie qu’elle avait été jusqu’aux différents drames de l’année précédente. La Carlie qui avait été abîmée par une relation toxique avec un Serpentard qui l’avait trop longtemps obsédée, et qui avait presque cessé de croire en tout ce qui faisait qu’elle était celle qu’elle était. Et ça avait dû être un autre serpent qui lui ouvre de nouveau les yeux. Elle ne croyait pas au hasard de manière générale. Non pas qu’elle veuille qu’il se passe quelque chose avec Léon. Mais elle ne voulait pas qu’il la déteste, c’était la seule chose qui comptait. Pas alors qu’il lui avait redonné de l’espoir.

« ... Tu mens.  Ou alors j'étais trop drogué pour être conscient. »

Elle mordit sa lèvre inférieure, luttant contre la nouvelle vague de tristesse qui l’envahit à ces mots, et baissa la tête. Qu’il la considère comme une menteuse, alors qu’elle n’avait pas été aussi honnête et vraie dans cette infirmerie qu’elle ne l’avait été de toute l’année jusque-là était trop fort pour elle. De même qu’il l’accuse à demi-mots de l’avoir drogué volontairement… Elle revoyait son air vulnérable, son visage détendu tandis qu’il luttait contre le sommeil, le petit sourire qui flottait sur ses lèvres tandis qu’il divaguait au sujet d’une tenue d’infirmière… il était si éloigné du Léon qu’elle avait en face d’elle désormais, en proie à des démons qui semblaient plus fort que lui… Peut-être aurait-elle dû le laisser croire ce qu’il voulait au final. Peut-être aurait-elle dû le laisser la détester… Après tout, pourquoi son avis comptait-il tellement pour elle ? Il pouvait bien la détester, ce n’était pas comme si elle avait perdu un ami en le perdant lui. Il l’avait dit lui-même, ils n’étaient pas amis. Voilà. Elle n’avait qu’à laisser le chapitre Schepper là, quitter cette salle dans la minute et le laisser croire ce qu’il voulait. Il pouvait la prendre pour une dangereuse psychopathe qui droguait les étudiants pour les forcer à l’embrasser s’il le voulait. Mais elle devait laisser cette histoire derrière elle, tout cela ne lui apporterait que des problèmes supplémentaires.

« Ecoutes Peters je ... je n'aurais pas dû te juger. »

Carlie releva la tête et le regarda, interdite, en avisant l’insigne de préfète en chef qu’il lui tendait. Elle n’esquissa pas le moindre mouvement vers lui. Elle souhaitait juste être Carlie pour quelques instants supplémentaires, et non plus la Préfète en Chef. Mais elle ne pouvait pas expliquer ça à Léon. Alors elle resta seulement droite et immobile, tandis qu’il remettait son insigne à sa place, sur sa poitrine, s’exhortant seulement de ne pas croiser son regard, et de faire taire les sentiments que sa proximité lui inspiraient, ravivant les souvenirs qu’elle tentait d’enfouir pour son bien. Malgré tous ses efforts, leurs regards entrèrent en contact, et elle ne put s’en détacher, comme aspirée à l’intérieur. Il semblait plus calme, là où elle se trouvait toujours au bord du précipice, ses sentiments luttant de nouveau pour s’enfuir. Elle compta jusqu’à dix, tentant de retrouver une respiration normale. Elle avait un mauvais pressentiment…

« Je ne peux pas comprendre, comme tu l'as dit mais saches juste que ... même si on ne se connaît pas très bien ... J'ai quand même une question. »

Carlie déglutit, et sa respiration s’accéléra. Elle redoutait la suite, comme si elle se trouvait dans l’œil du cyclone. Elle voulait s’enfuir, mais elle savait que Léon l’empêcherait de nouveau d’ouvrir la porte. Elle se sentait comme un lion en cage, tandis que le piège se refermait lentement sur elle. Elle avait été idiote de croire qu’il la laisserait s’en sortir comme ça, comme si elle pouvait briser ce qu’il croyait depuis bientôt un mois et partir comme si de rien n’était. Elle serra les poings, laissant ses ongles entamer les paumes de ses mains, la douleur l’empêchant de céder aux larmes qui revenaient, menaçantes. Elle ne voulait pas affronter ça, elle n’y était pas prête. Quoi qu’il puisse dire, quelle que soit la chose qu’il pouvait lui demander, elle savait que ce ne serait pas bon. Et qu’elle ne pourrait pas y faire face.

« Comment peux-tu encore te regarder dans une glace en nous ayant conduit aux Carrow ? »

Ces paroles eurent le même effet qu’un coup dans l’estomac. Elle suffoqua un instant, luttant pour reprendre sa respiration. Mais il ne lui en laissa pas le temps, continuant sur le même ton, implacable.

« Non attend ... C'est pour ça que t'es venue cette nuit là, à l'infirmerie, n'est-ce-pas ? Pour te racheter une conscience. Et j'étais là, crevant de douleur et ne demandant que de l'aide ... c'était parfait n'est-ce-pas ? T'as cru que tu réussirais à absoudre ta douleur en pansant mes plaies. »

Elle ignorait à partir de quand les larmes avaient recommencé à couler, mais toujours était-il que les digues s’étaient de nouveau ouvertes, et que malgré ses efforts, elle ne parvenait pas à les contenir. Elle serra les poings encore plus forts, ses jointures blanchissant sous l’effort. Elle suffoquait toujours, elle frappa ses poings contre la porte derrière elle, mais ses forces l’abandonnaient tant que ce fut imperceptible. Elle sentait ses jambes trembler, de même que ses lèvres. Les mots de Léon s’insinuaient sournoisement en elle, coulant le long de ses veines, irrigant chaque partie de son corps avant de remonter à son cœur, qui semblait se briser sous leur force. Son cerveau les lui repassaient inlassablement, au rythme des pulsations dans ses tempes. Elle baissa de nouveau la tête, et ferma les yeux, comme pour s’échapper de cet endroit, comme si ne plus voir Léon allait lui permettre de ne plus l’entendre également. Mais c’était trop beau pour être vrai…

« Le problème, Peters, c'est que de te pardonner, t'as pas été capable d'y arriver. Alors dis-moi ... à quel point tu te sens coupable de tous ces évènements ? »

C’était le coup de grâce, celui qui lui coupa le souffle une bonne fois pour toute, la laissant pantelante et misérable, tenant debout par le seul appui contre la porte. Elle ignorait comment ses jambes continuaient de la porter. Un sanglot s’échappa de ses lèvres, sans qu’elle puisse le retenir, puis un autre. Elle était pitoyable, incapable de se retenir devant lui. Même la haine qu’elle ressentait à cet instant ne parvenait pas à l’aider à reprendre contenance. Elle plaqua une main contre sa bouche, tentant d’étouffer les sanglots qui la secouaient, et elle releva la tête, rencontrant le regard froid du Serpentard. Elle avait envie de le frapper, une envie grandissante, insoutenable. Elle voulait qu’il souffre autant qu’il la faisait présentement souffrir. Mais elle ne pouvait pas le frapper. Elle n’avait pas le droit de perdre son sang-froid à ce point.

Fais attention, Schepper, tu parles à la Préfète en Chef, n’oublie pas. Tu ferais mieux de te calmer si tu ne veux pas aller faire une petite retenue avec les Carrows, ils devraient être ravis de savoir que tu cicatrises aussi vite.

Un haut le cœur la fit sortir de ses pensées. Comment pouvait-elle en arriver là ? A penser à de telles atrocités ? Elle frissonna, laissant échapper un nouveau sanglot. Elle se sentait sale, mauvaise, elle se détestait d’avoir pu penser ça, d’avoir failli dire ça à Léon. De rage, elle posa ses mains contre sa poitrine avec moins de force que ce qu’elle l’aurait voulu, et tenta de le pousser, avant de lui asséner quelques coups comme il l’avait fait contre la porte un peu plus tôt.

« Pourquoi tu fais ça Schepper ? Pourquoi tu te comportes comme un tel con ? Ca te fait plaisir de faire du mal aux gens comme ça ? Tu-Tu crois que tu vaux mieux que moi ?! »

Elle accompagnait chacun de ses mots d’un nouveau coup contre sa poitrine, avant d’enfouir son visage dans ses mains. Elle n’arrivait pas à retrouver une respiration normale, son souffle se bloquait toujours par intermittence dans sa gorge. Et elle ne pouvait plus supporter le regard du vert et argent sur elle, implacable, qui semblait se délecter de la profonde détresse dans laquelle il l’avait plongée. Dans un nouveau sanglot, elle essuya ses joues humides des torrents qui s’écoulaient de ses yeux verts, et fixa son regard sur un bureau à sa droite, tentant d’effacer Schepper de son champ de vision.

« Tu veux savoir à quel point je me sens coupable ? Je ne dors plus.., je ne mange plus.., je préfèrerais mourir plutôt que continuer cette guerre dans laquelle je n’ai pas le droit de me battre. » Ce n’était plus qu’un murmure, mais les mots se bousculaient dans sa bouche, entrecoupés de sanglots et de brisure. Elle savait qu’elle n’aurait pas dû se confier à ce point, mais c’était plus fort qu’elle. Et maintenant qu’elle avait commencé, elle ne pouvait plus s’arrêter. Léon l’avait percée à jour, avait compris ses intentions quand elle était venue à l’infirmerie, et elle avait honte. « Je me sens impuissante, encore plus que vous tous. Je n’ai peut-être pas été blessée à la Nuit de Souffrance, mais j’aurais préféré être sur ce lit d’infirmerie à ta place. J’aurais préféré subir les images qu’a vues Jimmy plutôt que lui. J’aurais préféré avoir cet horrible sourire que Malia est obligée d’arborer dans les couloirs, plutôt qu’elle… »

Ses lèvres tremblaient trop pour qu’elle continue de parler, et elle s’interrompit avant que ses paroles ne deviennent une bouillie incompréhensible. Elle avait parlé tellement bas, qu’elle n’était même pas certaine que Léon ait compris quoi que ce soit. Elle ne se sentait pas particulièrement plus légère pour autant. Elle tenta de prendre une profonde inspiration, qui brula ses poumons, et tourna finalement la tête pour rencontrer une nouvelle fois le regard de Léon.

« Celle que tu as vu dans l’infirmerie, c’est la vraie moi. Ce n’est pas celle qui regarde ses amis, ou ceux qui ne le sont pas, se faire torturer sans esquisser un mouvement. Ce n’est pas non plus celle qui va mettre à sac le dortoir des Nuncaboucs parce qu’on le lui demande. Tout ça ce n’est pas moi. Tu as dit que tu n’aurais pas dû me juger, alors ne le fais pas. Je te demande juste de me croire. Tu ne peux pas comprendre, et pourtant j’aimerais que tu le comprennes… Mais je ne peux pas te l’expliquer… »

Elle essuya une nouvelle fois ses pommettes criblées de larmes, et ferma les yeux. Obéissant à une force inconnue et surprenante, elle se hissa sur la pointe des pieds, et effleura les lèvres de Léon. Comme pour lui montrer que ce baiser qu’il voulait oublier était bel et bien arrivé, comme pour lui montrer que ce qu’elle venait de lui dire était la vérité. Ou comme pour faire diversion. Elle se détourna de lui, et posa la main sur la poignée de la porte.

« Je suis désolée, pour tout... »

Elle abaissa la poignée et ouvrit le battant, prête à s’engouffrer dans l’interstice. La liberté semblait si proche…

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Carlie E. Peters
« Say something, I'm giving up on you.. I'll be the one, if you want me to. Anywhere, I would've followed you... Say something, I'm giving up on you » © Joy
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MessageSujet: Re: [13 Novembre 1997] Jeu de dupes. Dim 24 Sep 2017 - 23:36



__  Pourquoi tu fais ça Schepper ? Pourquoi tu te comportes comme un tel con ?

Il tiqua sur l'insulte et ouvrit la bouche pour se défendre avant de se raviser. La jeune femme donnait l'impression de vivre une implosion intérieure dont il allait bientôt devenir la cible de prédilection. Elle illustrait chacune des ses paroles en le frappant de ses petits poings graciles. Cela n'était pas douloureux mais cela témoignait du degré de haine atteint par la jeune femme. La culpabilité lui serra de nouveau le ventre, brièvement. Il aurait dû faire comme si rien ne s'était passé dans l'infirmerie. Maudite curiosité !  

__ Ca te fait plaisir de faire du mal aux gens comme ça ? Tu-Tu crois que tu vaux mieux que moi ?! Questionna-t-elle, martelant son torse, des larmes ruisselant sur ses joues.

Que de questions intéressantes. Léon aurait beaucoup apprécié en connaître les réponses, au moins quelques unes afin de tenir tête à la Poufsouffle qui semblait lui cracher au visage tout ce qu'elle avait trop longtemps retenu. Il pinça les lèvres, cherchant à comprendre pourquoi il se comportait comme un idiot fini. Carlie n'avait pas foncièrement tord : il prenait parfois plaisir à voir souffrir les autres. Particulièrement lorsque les gens attendaient quelque chose de sa part. Donia voulait qu'il soit compréhensible sur le fait qu'elle l'ai abandonné toute son enfance ? Il ne la considérait pas comme une mère. Ed se plaisait à jouer au père modèle alors qu'il ne connaissait pas le sien ? Il ne lui adressait pas la parole. Peters souhaitait qu'il se montre réconfortant avec elle et qu'il redevienne le Léon apeuré et terrifié de l'infirmerie ? Il lui montré le pire de lui-même. Quant à savoir qui de l'un ou de l'autre était le meilleur, Léon n'était pas encore convaincu. Il ne se tenait pas particulièrement en haute estime mais avait du mal à comprendre pourquoi Carlie n'avouait pas servir les Carrow pour sauver sa peau. Il pouvait comprendre ça, le besoin de s'assurer une protection, ou peut être même la protection de quelques personnes à qui elle tenait. Mais il se refusait à croire qu'elle les suivait par plaisir, comme semblaient penser certains élèves de l'école.  Cela ne collait tout simplement pas à son profil.

__ Tu veux savoir à quel point je me sens coupable ? Je ne dors plus.., je ne mange plus.., je préfèrerais mourir plutôt que continuer cette guerre dans laquelle je n’ai pas le droit de me battre.

Sa réponse l'agaça prodigieusement. Encore une fois, Peters cherchait à cacher les avantages qu'elle tirait forcément de ce rôle. Rien n'était gratuit dans ce monde, rien ne se faisait sans contre partie. Les Carrow menaçaient-il quelqu'un de sa famille ? Qu'avaient-ils proposé à Miss Fleure-Bleue pour qu'elle ne daigne se comporter de la sorte ? Qu'elle ne veuille pas aborder le sujet avec lui, ça il pouvait tout à fait le concevoir. Ils n'étaient rien, l'un pour l'autre, ni amis ni autre. Peu importait finalement ce baiser échangé dans l'infirmerie et tous les regards qu'il avait posé sur elle, le fait qu'elle obsédait ses pensées, diurnes comme nocturnes. Pourquoi ne l'envoyait-elle pas tout simplement balader en lui disant que cela n'était pas ses affaires ? Pourquoi cherchait-elle par tous les moyens à justifier ses actions ? Plus elle tentait de lui faire entendre qu'elle était contrainte par il ne savait quoi et plus Léon se demandait quel secret elle essayait de lui dissimuler. La question était : avait-il réellement envie de savoir ? A l'instant même où elle prononça le mot "guerre" le jeune homme se figea.

Elle n'avait pas le droit de se battre ?

Son sang se glaça tandis qu'il prenait conscience que cette fille avait choisi un camp. Lequel ? Il ne voulait pas entendre la réponse. Lui n'était pas prêt à en choisir un, et encore moins de se battre pour un quelquonque idéal. Ce semblant d'entente entre elle et les Carrow était peut être beaucoup plus qu'un simple accord tacite afin de se protéger. Un plan plus vaste peut-être ? Et lui, ou se situait-il dans tous ces chamboulements ? Etait-ce bien judicieux de se disputer avec celle qui les avait docilement conduits dans la Grande-Salle ? Celle qui, accompagnée d'Ethan, avait fait de la nuit des Nuncabouc une partie de plaisir ? Connaissait-il réellement les limites de Peters ?

__  Je me sens impuissante, encore plus que vous tous. Je n’ai peut-être pas été blessée à la Nuit de Souffrance, mais j’aurais préféré être sur ce lit d’infirmerie à ta place. J’aurais préféré subir les images qu’a vues Jimmy plutôt que lui. J’aurais préféré avoir cet horrible sourire que Malia est obligée d’arborer dans les couloirs, plutôt qu’elle…

Cette fille était donc une martyre-née. Toujours prête à se jeter du haut de la tour d'astronomie pour défendre quelqu'un. N'était-elle pas contradictoire ? Tantôt j'obéis aux Carrow, tantôt j'essaie d'implorer votre pardon. Etait-ce un côté lunatique ignorée ? Elle aurait préféré être sur ce lit à sa place ? Etait-ce une façon détournée de lui rappeler qu'elle l'avait soignée ? Si c'était le cas, c'était bien tenté. Maintenant que la brume s'était dissipée de son esprit, Léon se sentait redevable des soins reçus. Pourquoi cherchait-elle par tous les moyens à justifier ses actions ? Il avait posé des questions, mais rien n'empêchait la jeune femme de ne pas y répondre. Qui était-elle réellement ? Une opportuniste s'étant dit que l'insigne de Préfète lui permettrait une protection au sein du château ? Une Mangemort en herbe ? Non. Ca, cela ne collait pas. Il soupira, se frottant les joues, légèrement démuni face à toutes ces interrogations et ses remises en questions. Voilà en plus qu'elle lui parlait de Malia. Cherchait-elle à provoquer quelque chose en lui en lui parlant de celle avec qui il était sorti l'année passée ? Il avait vu la scène, savait à quel point elle porterait les stigmates de cette nuit de gravés sur son visage. Il n'avait pas bougé le moins du monde en la voyant se contorsionner de douleur à même le sol. L'accusait-elle de ça, également ? Tu réfléchis beaucoup trop, pensa-t-il. La vérité était probablement beaucoup plus simple : avait-il, lui, fait quelque chose pour venir en aide aux autres ? Avait-il eu envie d'aider qui que ce soit, à part lui même ? Finalement, la réponse était non. Il n'était pas mieux que Peters, qui elle au moins culpabilisait de son inaction durant cette fameuse nuit. Elle qui était venue prendre soin d'un abruti doublé d'un égoïste là où lui s'apitoyer tout simplement sur son pauvre petit sort.

__ Celle que tu as vu dans l’infirmerie, c’est la vraie moi. Ce n’est pas celle qui regarde ses amis, ou ceux qui ne le sont pas, se faire torturer sans esquisser un mouvement. Ce n’est pas non plus celle qui va mettre à sac le dortoir des Nuncaboucs parce qu’on le lui demande. Tout ça ce n’est pas moi. Tu as dit que tu n’aurais pas dû me juger, alors ne le fais pas. Je te demande juste de me croire. Tu ne peux pas comprendre, et pourtant j’aimerais que tu le comprennes… Mais je ne peux pas te l’expliquer…

Etait-ce une confession ? Lui avouait-elle être foncièrement contre les Carrow ? Prenait-elle parti contre cet ordre qui sévissait dans Poudlard et dans l'Angleterre en général ? Le jeune homme ne la quittait pas des yeux, conscient qu'elle venait probablement de lui avouer quelque chose qu'elle aurait voulu taire. Que la rage, la colère, la fatigue et les horreurs qu'il lui avait dites avaient déclenchés en elle un puissant besoin de justification. Que devait-il faire, que devait-il lui répondre ? Lui disait-elle la vérité ? A en croire les larmes qui continuaient de noyer son joli visage, oui. Ou alors était-elle très bonne actrice.

Il la regarda de nouveau essuyer ses joues humides, tentant de déchiffrer quelque chose dans les tremblements de ses mains. Il ne la vit pas venir lorsqu'elle se hissa sur la pointe des pieds avant d'effleurer ses lèvres. Pour une surprise, cela en était une ! Il ferma presque instinctivement les yeux, mais la caresse éphémère avait déjà disparu.

__ Je suis désolée, pour tout... chuchota-t-elle.

Elle avait ouvert la porte et se glissait déjà à l'extérieur lorsqu'il rouvrit les yeux. Il ne comprenait pas son geste, ne comprenait pas cet élan de tendresse dont elle venait de faire preuve alors même qu'il l'accusait de tous les maux de l'école. Il leva le bras, entourant son poignet de ses mains et tira dessus afin de l'empêcher de quitter la salle, l'attirant contre lui d'un mouvement un peu sec.

__ Attends, souffla-t-il.

La porte se referma, les dissimulant de nouveau dans la salle de classe inoccupée. Il soupira, relâchant son poignet avant d'essuyer maladroitement les joues de la jeune femme. C'était quelque chose auquel il n'était pas habitué.  Il avait quitté Malia pour cette raison, se refusant à être celui épongeant les larmes. Certes, il prenait soin d'Heather, mais c'était différent parce que la Serpentard n'avait pas réellement besoin de lui. Et elle ne pleurait pas, jamais. Ou alors pas devant lui. Mais il avait envie d'essuyer les larmes de Peters, chose qu'il ne s'expliquait pas. Elle représentait tout un tas de chose auquel il n'adhérait pas : c'était une Poufsouffle, une fille qui par définition attachait de l'importances aux autres. Lui n'était qu'un égoïste, vaguement intéressé par ce qui ne le concernait pas personnellement. Elle était capable de ressentir de la pitié pour les élèves blessés lors de la nuit de Souffrance alors que lui même ne s'apitoyait que sur son propre sort. Et il fallait qu'elle arrête de répondre à ses baisers, qu'elle arrête également de chercher à renouveler l'expérience.

__ Il faut que tu arrêtes d'être désolée, Peters. Ca va te tuer.

Léon pensait réellement ses paroles. Il l'avait poussée à bout. Sans raison, mais en fallait-il vraiment une pour s'en prendre à qui que ce soit ? C'était tellement ... facile. La facilité, voilà. C'était facile de l'accuser d'avoir fait parti de ceux l'accompagnant dans la Grande Salle alors que lui même avait bêtement suivi le troupeau. C'était très simple de l'accuser d'obéir aux Carrow et d'avoir regarder le "spectacle " alors qu'il avait fait exactement de même, priant pour que n'importe qui soit touché si cela pouvait lui éviter un sortilège. Presque n'importe qui, se corrigea-t-il intérieurement. C'était également plus facile de lui en vouloir pour l'infirmerie plutôt que de lui dire la vérité.

__  Merci pour les antalgiques, confia-t-il, ses doigts continuant de sécher une à une les larmes s'échappant des yeux émeraudes. Merci d'être venue. D'être revenue. Tu n'étais pas obligé ... et tu le sais.  

Parce que s'il voulait être un minimum honnête, il lui devait bien ça. Et puis jusqu'à preuve du contraire, remercier la jeune femme n'allait pas lui écorcher les lèvres. Il trépigna sur ses jambes, légèrement mal à l'aise. Elle pleurait toujours et il n'en tirait aucune satisfaction. Bien joué, pensa-t-il amèrement. Il préférait cette rage dont il avait été témoin à l'abattement, calme et silencieux, dont elle faisait preuve désormais. Le plus simple aurait été de la planter là, tournant les talons et fuyant la douleur qu'il voyait dans ses yeux. Ils n'étaient pas amis. Il repensa brièvement au contact des lèvres de Carlie quelques instants plus tôt, se demandant la signification. Il ne devait pas oublier qu'elle avait répondu à son baiser à l'infirmerie, elle qui n'était pas groggie par les antalgiques ou la douleurs. Quoi que, on pouvait également l'être de tristesse. Etait-ce cela, la réponse à cet étrange lien qui semblait naître chez la jeune femme ? Avoir pris soin de lui avait été sa pénitence, le prix qu'elle avait souhaité payé pour ne pas les avoir prévenu. Cet exutoire de sa culpabilité, il refusait d'en être la représentation. Il poussa de nouveau un soupire, ses doigts continuant de récupérer les perles salés dévalant ses joues. Il glissa sur la peau douce, soulevant doucement le menton de la jeune femme.  Ses yeux se perdirent quelques instants dans les siens et il se demanda ce que tout cela signifiait. Il avait mis fin à son histoire avec Malia pour fuir tout cela : les larmes, les questions sur le camp à choisir, les remises en question, la crainte de s'inquiéter pour d'autres personnes. Et voilà qu'elle était là, supportant son sale caractère et les paroles blessantes qu'il lui servait, le remerciant même par un baiser. Rien n'était logique avec Peters. Elle débarquait dans l'infirmerie pour le soigner lui, elle l'embrassait, puis recommençait. Cela en devenait particulièrement déstabilisant. Il fallait qu'ils clarifient la situation.

__ Peters ... commença-t-il. Il ferma les yeux, secouant la tête, reprenant d'une voix plus douce. Carlie.

Tu dois arrêter de débarquer comme ça et d'être si gentille. C'est par cette phrase qu'il aurait dû commencer, lui expliquant qu'au final il s'en fichait pas mal du camp qu'elle choisirait puisqu'il n'avait pour le moment aucune envie de s'engager. Que s'il lui en avait voulu c'était par pur égoïsme car il n'arrivait pas à comprendre ce qu'il s'était déroulé dans l'infirmerie. Qu'ils n'étaient pas amis, alors qu'elle n'avait qu'à l'envoyer sur les roses comme il ne manquait pas de faire avec elle depuis le début de leur conversation. Que si elle lui avait montré " la vraie Carlie " à l'infirmerie, elle était en train d'assister au "vrai lui " dans cette pièce aujourd'hui. Pourquoi attendait-elle de lui qu'il se comporte comme un ange ? Il n'en étais pas un, toujours prêt à se ranger du côté du plus fort en essayant de ne pas faire de vague ... Il ne voulait pas qu'elle attende quoi que ce soit de sa part. Vivre dans les expectatives des autres n'était pas son ambition. Tu dois arrêter de répondre à mes baisers. Ca aussi cela aurait été un conseil judicieux. Léon n'était absolument pas prêt à se lancer dans une autre histoire, qui plus est ayant débutée dans un contexte morbide et se poursuivant dans les larmes. Ses relations avaient toujours été des bouffées d'oxygène, une façon de mieux supporter le quotidien. Pas vraiment d'attache, juste de bons moments et des discussions parfois enrichissantes. Rien de trop personnel surtout. Peters c'était le contraire : elle l'avait vu complètement démuni, elle l'avait vu en colère et puis désespérément méchant. S'était-elle rendu compte qu'il n'était finalement pas si froid qu'il le paressait ? Il n'était pas certain d'aimer ce qu'elle voyait en lui : quelqu'un de faible. Il préférait la naïveté douce dont avait fait preuve Malia, cette insouciance qui ne le mettait absolument pas en danger. Il n'aurait jamais pu s'attacher à Malia. La question était donc : pourrait-il s'attacher à Carlie ? Si la réponse était oui, tout son être lui soufflait de fuire et de mettre le plus de distance entre elle et lui. Seulement voilà, il y avait autre chose qu'il désirait lui dire. Tu dois arrêter de pleurer, Peters.

Il soupira de nouveau, lâchant le menton de Carlie avant de poser ses deux mains sur ses joues, encadrant son visage à quelques centimètres du sien. Il aurait dû la lâcher puis tourner les talons, claquant la porte en même temps qu'il refermerait le chapitre Peters. C'était une horrible idée, même d'un point de vue stratégique. La moitié de l'école pensait que Carlie était forcée d'obéir aux Carrow et donc l'évitait. Pourquoi ne ferait-il pas de même ? Les préfets ressemblaient de plus en plus à des vendus : il n'y avait qu'à regarder d'un peu plus prêt le petit air hautain que prenait Brenckenridge junior. Il s'apprêter à lui lancer une de ses phrases toute préparée, une sorte de mélange entre " nous deux, ce n'est pas possible " et " tu peux trouver mieux" lorsqu'il se retrouva de nouveau happer par les iris émeraudes de la jeunes femmes. Le désespoir qu'il y lisait, mêlé à la force de caractère qu'il savait être présent chez ce petit bout de femme le désarma et il réduisit la distance entre eux. Il sentit le souffle de la jeune femme s'accélérer et effleura ses lèvres une première fois, hésitant. Il était dangeureusement prêt de redevenir le Léon de l'infirmerie. C'est à ce moment là qu'il se rendit compte de son erreur ainsi que de la disparition soudaine de toute envie de partir. Il ouvrit les yeux, ses lèvres à quelques centimètres des siennes, cherchant une approbation de sa part.

__ Tu sais que c'est une mauvaise idée, n'est-ce-pas ? souffla-t-il.

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MessageSujet: Re: [13 Novembre 1997] Jeu de dupes. Lun 27 Nov 2017 - 22:43

Elle n’avait désormais plus qu’une envie, plus qu’une hâte, sortir d’ici. Toutes les cellules de son corps lui criaient désespérément de se libérer de l’emprise du serpent, et de prendre la fuite pour se terrer dans son terrier, comme tout bon blaireau qui se respecte. Et elle regretta le baiser qu’elle lui vola à l’instant même où ses lèvres touchèrent les siennes. Pourquoi ? Elle avait l’impression de se revoir dans ce placard, quelques mois plus tôt, volant un baiser à Foster à l’issue d’une dispute. Comme si ce geste allait réparer tout ce qu’il s’était dit auparavant. Elle ne comprenait plus comment elle fonctionnait. Elle détestait les conflits, encore plus avec les personnes qui comptaient pour elle. Mais COMMENT Schepper pouvait-il compter pour elle ? Pourquoi à ce point ? Alors qu’ils se connaissaient à peine ? Et que jusqu’à il y avait quelques jours, ils n’avaient quasiment jamais fait attention l’un à l’autre ? Carlie ne savait pas, et ne voulait pas savoir. Ou peut-être que si. Mais la seule certitude qu’elle avait, c’était qu’elle devait se tenir éloignée des serpents, pour son bien. Elle avait trop souffert par la faute d’Alex, pourquoi Léon serait-il différent ? Elle n’aimait pas stigmatiser, mais il n’y avait aucune raison qu’ils soient différents tous les deux. Alors oui, il y avait Ethan. Ethan qui n’avait jamais fait souffrir Charlotte malgré les craintes de Carlie, Ethan qui pleurait toujours la perte de la Poufsouffle. Mais peut-être était-il seulement l’exception qui confirmait la règle ? Voilà, comme il n’y avait qu’un Ethan, il valait mieux rester loin des autres Serpentards de sexe masculin, pour ne pas perdre complètement la tête et se perdre par la même occasion.

Elle s’était infiltrée dans le mince interstice laissé par la porte qu’elle avait ouverte, son corps luttant pour partir le plus loin possible de cette salle vide, loin de Léon et se son regard perçant, qui l’hypnotisait presque, loin des sentiments contradictoires qu’il lui inspirait. Lorsque son élan fut arrêté par une emprise sur son poignet. L’espace d’une fraction de seconde, comme si le temps s’était arrêté, elle se retourna vers lui, et croisa son regard. Perdu, hagard, déterminé ? Elle n’aurait su définir ce qu’elle y lisait, et avant d’avoir pu se poser réellement la question, elle se retrouva projetée contre son torse. Elle s’écarta presque instantanément, luttant contre l’envie de rester là contre lui. Que lui avait donc fait Léon Schepper ? Etait-ce parce qu’elle avait vu un bout de son âme, brute, qu’elle continuait à croire qu’elle pouvait y avoir de nouveau accès et l’aider ? L’aider à quoi d’ailleurs ? Elle ne savait rien de lui, et il ne semblait pas faire partie de ces personnes qui avaient besoin d’aide. Mais pas expérience, elle savait que le cynisme et la brutalité employés par certains relevaient souvent d’un profond mal-être, une carapace érigée contre le monde pour que le monde ne les fasse pas souffrir. Etait-ce cela, le problème de Léon ? Et elle, Carlie, pouvait-elle réellement faire quoi que ce soit pour changer les choses ? Certainement pas. Puis elle avait déjà suffisamment à faire avec le bordel qu’était sa vie actuellement, sans avoir besoin de s’occuper de celle de quelqu’un d’autre. Elle pensait avoir compris la leçon après toutes les souffrances que Foster lui avaient infligées. Elle ferait mieux de s’occuper d’elle avant de s’occuper des autres. Mais de toute évidence, Carlie Peters n’apprenait pas de ses erreurs.

« Il faut que tu arrêtes d'être désolée, Peters. Ca va te tuer. »

Pour la première fois depuis le début de leur altercation, Léon Schepper avait raison sur un point, elle devait bien le lui reconnaître. Quelque part, ça avait déjà commencé, elle n’était plus que l’ombre d’elle-même depuis quelques mois. Il lui était arrivé de se comparer à un détraqueur qui se nourrissait de la souffrance des autres. A la différence qu’elle n’y prenait pas de plaisir, c’était seulement ce qui l’aidait à tenir le coup pour ne pas se refermer sur elle-même. Et qu’elle ne volait pas dans une cape sombre. Mais elle embrassait les gens de toute évidence. Sans leur voler leur âme, du moins elle l’espérait… Les paroles du Serpentard déclenchèrent néanmoins un petit rire chez elle, mélangé à un énième sanglot sorti de nulle part. Un mélange bizarre. Elle ne devait pas paraître très désirable présentement. Mais en avait-elle quelque chose à faire ? Curieusement… Oui. Et ça la dérangeait.

Carlie se tenait droite face à Léon, presque figée, sous l’emprise de son seul regard. Allait-il s’excuser à son tour de son attitude ? Après tout, n’était-il pas celui qui était venu chercher les problèmes ? La pousser dans ses retranchements sans raison ? Mais la Poufsouffle se disait que c’était probablement ce qui se rapprocherait le plus d’excuses de sa part, et qu’il valait mieux ne pas attendre plus si elle ne désirait pas être déçue. Chaque fois que ses doigts, aussi légers que des plumes, effleuraient ses pommettes pour essuyer les larmes qui continuaient de s’échapper de ses yeux, silencieuses, elle réprimait un frisson. L’atmosphère avait tellement changé. Comme si d’ouvrir cette porte pour fuir avait fait sortir toute l’animosité et la rancœur qui s’étaient amoncelées dedans. Ne restaient plus que des paroles en suspens, un peu de douceur et de… rédemption ?

« Merci pour les antalgiques. Merci d'être venue. D'être revenue. Tu n'étais pas obligé ... et tu le sais. »

Oui elle le savait. Et une part d’elle regrettait d’être entrée dans l’infirmerie ce jour-là. Les choses seraient plus simples si elle n’avait pas cherché à réparer le mal qu’elle avait indirectement fait. Ou bien si elle était sortie sans avoir donné ces antalgiques à Léon, comme elle avait failli le faire. Il l’aurait détestée, aurait eu de bonnes raisons de lui en vouloir, l’aurait fait passer pour une enflure auprès de toute l’école, et malgré la douleur que ça lui aurait infligé, tout aurait été plus simple en cet instant. Il ne serait pas là à sécher ses larmes, sans savoir ce qu’ils faisaient. Incapable de prononcer le moindre mot, elle ferma les yeux, acquiesçant silencieusement. Puis il prononça son nom. Puis son prénom, qui roulait agréablement dans sa bouche. Elle en avait assez de ces pensées sorties de nulle part, qui continuaient de l’entraîner sur un terrain bien trop dangereux. Elle rouvrit les yeux pour voir les siens se fermer. Il semblait aux prises avec des pensées contradictoires. Comme s’il tentait de prendre une décision. Elle sentait une certaine tension entre eux, presque palpable. La suite semblait imprévisible, et elle ne pouvait que rester là, immobile, attendant l’issue de cette introspection. Elle constata avec étonnement que les larmes s’étaient enfin taries, trop occupée qu’elle était à résister à l’attraction que Léon exerçait sur elle. Elle aurait peut-être du profiter des réflexions du Serpentard pour fuir une bonne fois pour toute. Hésitait-il à fuir lui aussi ? Peut-être serait-il plus simple de proposer d’en rester là ? Oui, ce serait le plus raisonnable. Ils pouvaient très bien se mettre d’accord pour faire comme si rien ne s’était passé. Comme si tout ça n’avait été qu’une parenthèse étrange dans leurs vies respectives. Alors qu’elle prenait sa décision, et s’apprêtait à l’exposer à Léon, ce dernier saisit son visage entre ses mains, et les mots de Carlie moururent dans sa gorge. Il s’était rapproché d’elle, elle sentait son souffle doux sur son visage. Elle pouvait percevoir le fin cercle bleu foncé qui entourait les iris du Serpentard, lire le doute qui les habitait. Elle sentit son souffle se bloquer, puis s’accélérer imperceptiblement. Elle était comme suspendue hors du temps, attendant une suite qu’elle redoutait. Il s’approcha un peu plus, augmentant la tension entre eux encore un peu plus. Puis posa ses lèvres contre les siennes, lui volant à son tour un baiser, rétablissant ainsi une égalité parfaite entre eux. Carlie sentit son cœur battre dans ses tempes, hérétique, tandis que ses pensées s’agitaient, perdues, ne sachant pas quoi comprendre dans ce geste. Geste qui s’interrompit aussi vite qu’il était venu, caresse infime, éphémère, pleine de promesses et à la fois d’incertitudes. Elle scruta son regard, se perdant dans ses abysses, tandis qu’il semblait faire de même, à la recherche d’elle ne savait quoi. Qu’allaient-ils faire maintenant ?

« Tu sais que c'est une mauvaise idée, n'est-ce-pas ? »

La jeune femme acquiesça, et se recula imperceptiblement, sans se libérer de son étreinte toutefois. Elle avait seulement besoin d’un peu plus de latitude pour réfléchir, comme pour se libérer de l’emprise qu’il avait sur ses pensées, et de l’attraction qu’il exerçait toujours. Elle ferma les yeux et soupira, tentant d’oublier le contact de ses mains sur ses joues, son souffle qu’elle sentait toujours et ses yeux qui l’observaient, inquisiteurs. Une mauvaise idée, c’était exactement ça. Deuxième point pour lui.

« Oui, c’est une très mauvaise idée même. »

Outre le fait qu’elle ferait mieux de se méfier de ses fréquentations, elle venait de s’engager dans une résistance à la barbe des Carrows, et si ces derniers s’en rendaient compte, elle risquait très gros. Et elle refusait d’être responsable des éventuels dommages collatéraux qu’ils pourraient utiliser contre elle, pour la faire souffrir. Trop de personnes étaient déjà susceptibles d’être des victimes de ses choix, hors de question d’en rajouter plus. Elle rouvrit les yeux, hésitante. Il était temps qu’elle dise tout haut ce à quoi elle avait pensé

« On peut en rester là. Faire comme si tout ça n’était jamais arrivé. Ne jamais reparler de tout ça, ne jamais en parler à personne. Il ne nous reste plus que quelques mois à Poudlard, on peut très bien continuer à faire comme si on ne se connaissait pas, on a plus ou moins réussi jusque-là. »

Elle inspira profondément, envahie par une profonde tristesse à  cette idée. Avait-elle trouvé quelqu’un qui la faisait se sentir vivante ? Etait-ce là l’explication de ses sentiments envers Léon ? Il allait la chercher plus loin que son entourage ne le faisait, il la sortait de la torpeur qui l’envahissait depuis bientôt six mois, faisant renaître la Carlie qu’elle avait enfoui au fond d’elle-même. Désirait-elle quelque chose de lui ? Et lui, était-il sincère ? Ou bien cherchait-il à l’utiliser pour se protéger de la folie qui les entourait, espérant profiter de son aura et de l’apparente protection que lui conférait l’insigne épinglé à sa poitrine ? C’était sûrement cela, et elle s’en voulait de s’être montrée si naïve.

« Si c’est ce que tu veux, c’est ce que nous ferons. » Son ton était devenu plus distant à mesure que le doute s’insinuait sournoisement en elle. Elle décida alors d’enfoncer le clou. « Tu es cependant en droit de savoir qu’il vaut mieux ne pas me fréquenter cette année, ça t’apporterait plus de problèmes qu’autre chose. Ce n’est pas parce que je suis Préfète en chef que je suis protégée. »

Voilà, elle était certaine d’avoir étouffé dans l’œuf tout ce qui aurait pu exister entre eux. Il y avait de fortes chances pour qu’il se sente vexé sur ses dernières paroles, accepte le deal et parte. Et ce serait mieux ainsi. Elle ferma les yeux, refusant qu’il puisse lire le doute dans ses yeux, le refus de cette solution, ou toute autre chose qui puisse l’influencer, et laissa échapper une dernière phrase dans un souffle.

« Tu avais raison à l’infirmerie, quand tu as dit que j’étais une martyre née. De fait, ce que je veux moi ne compte pas. C’est toi qui décide. »

_________________

Carlie E. Peters
« Say something, I'm giving up on you.. I'll be the one, if you want me to. Anywhere, I would've followed you... Say something, I'm giving up on you » © Joy
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[13 Novembre 1997] Jeu de dupes.

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