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[9 Novembre 97] Hell is round the corner

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GRYFFONDOR5ème annéePréfèteModo Cœur de Lion
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MessageSujet: [9 Novembre 97] Hell is round the corner [9 Novembre 97] Hell is round the corner  EmptyVen 25 Aoû 2017 - 14:52

… parce que vraiment c’est inutile de se battre contre des ombres. Quelles ombres ? Ministère, ombre. Mangemorts, ombres. Voldemort, ombre. L’importance réside dans le concret. Le concret, c’est eux trois. Mais moi je suis une ombre. Quels moyens à ma disposition ? Magie, toujours. Mais ma magie s’assombrit avec moi. Lumières noires, vertes et mauves... La résistance. Intangible et inexistante, pas de structure, pas de fiabilité. Pas mon travail actuel. Neville, où est-il ? Luna ? Ginny. Distante et irritable. Il faudra pourtant bien que la matière se solidifie. Condition inexorable à la riposte. Persévérance. Il faut limiter la casse. Gabriel a été cassé, il est pourtant vivant. Et il se bat. Il ne faudrait que des Gabriel dans ce château. Quoi que. Non. Surtout pas. Quelle heure est-i…

« Jeune fille, la lumière je vous prie. »

Meredith s’arrêta net, coupée dans son intense capharnaüm réflexif. Cela faisait bien une heure qu’elle parcourait les couloirs du château, après avoir surveillé un groupe de punis de leur stupide corvée. Elle n’était pas du tout fatiguée. En vérité, cette routine nocturne imposée par les Carrow avait totalement déréglé son horloge biologique, si bien qu’elle ne vivait plus que la nuit et somnolait le jour. Il lui arrivait de plus en plus souvent de sécher les cours qu’elle ne jugeait plus nécessaires, à savoir la botanique et les sortilèges dans lesquels elle avait une solide avance sur le programme. Mais cette avance s’amenuisait progressivement, et si elle ne trouvait pas un moyen de rattraper son sommeil ailleurs que durant ses siestes illégales, sa scolarité allait réellement en pâtir. Heureusement pour elle, bien que le « heureusement » soit discutable, elle excellait en cours de Magie Noire, et sa performance durant le premier cours d’Etude des Moldus lui avait garanti une place de choix dans la classe de Charybde. Car au final, ce cours n’était qu’une démonstration d’hypocrisie, chose qu’elle pensait maîtriser du bout des doigts maintenant.

Reportant son attention sur la voix qui l’avait interrompue dans ses élucubrations, la jeune fille croisa le regard d’un très vieil homme avachi dans son fauteuil, une coupe vide à la main, entouré de dizaines d’éléments lugubres ou rutilants. Crâne, fleurs à demi fanées, instruments de musique, grimoires de formules, armes médiévales en tout genre, sabliers et autres verres brisés. Meredith diminua l’intensité lumineuse de sa baguette, comprenant au regard contrarié du vieillard qu’elle le dérangeait dans sa méditation. Elle s’approcha cependant du cadre doré, finement orné, et y chercha une légende. Elle n’y lut que ce qu’elle s’attendait à y lire, et reporta son regards sur la toile sombre, intriguée.

« Pardonnez-moi messire, mais ce tableau n’est-il pas une vanité ? » Car c’en était bien une – des plus classiques – et par conséquent les règles du genre proscrivaient la présence d’êtres vivants, auquel cas on n’oserait appeler la toile ainsi (du moins, telle était l’idée de Meredith). A moins que le peintre, cruel, se fût permis de rajouter le pauvre homme à la fin de sa vie pour souligner la courte durée de l’existence mortelle et le peu d’impact qu’ont tous ses accomplissements. Quoi qu’il en soit, le tableau méritait d’être observé de plus près, car il était admirablement réalisé, et trop peu d’habitants du château s’intéressaient réellement à cette qualité par les temps qui couraient.

« En effet. » Son regard éteint fut animé d’une étincelle nouvelle trahissant sa curiosité. « Je ne suis que de passage dans ce charmant environnement. » Meredith voulut observer de plus près l’œuvre d’art pour y déceler le moindre charme, mais craignant de se montrer vexante, elle s’abstint. A la place, elle recula de deux pas pour le mieux englober de ses yeux bleus. Après quelques secondes de contemplation silencieuse, elle salua le vieillard d’un hochement de tête respectueux et tourna les talons, considérant l’échange clôt.

« Quoi de plus vain que notre seul regard, notre seul souffle ? » Meredith ne s’arrêta pas mais tendit l’oreille. « Je ne suis pas vivant, jeune fille, voilà toute l’ironie. »

La lionne tourna l’angle et s’empara de cette dernière remarque avant qu’elle ne s’évapore de l’atmosphère. Elle trouvait l’idée charmante mais sa concrétisation trop lourde. Trop pleine de symbole. Pas assez poétique. Quel dommage. La rouge et or était exaspérée que l’on s’amuse à salir les idées, si légères, offertes à l’interprétation, avec des mots prononcés haut et clair, sonnant la fin de l’imagination et le début du réel. C’était tolérable quand la parole était belle, quand la phrase était harmonieuse. Mais le vieil homme, intrus dans un tableau qui n’était pas conçu pour lui, n’avait pas réussi à la convaincre. Elle aurait voulu qu’il se taise, ainsi son propre esprit aurait tracé les contours d’une symbolique aérienne et juste, et la nuit aurait été plus douce.

L’heure tournait, il était déjà bien plus de minuit, quand un mouvement et une onde de lumière faiblarde atteignit ses sens. Meredith était de ronde et par conséquent, elle devait rentabiliser ce privilège nocturne en remplissant un certain quota d’élèves pris dans la semaine. Les sorties nocturnes étaient fréquentes, rarement solitaires, encore plus rarement chastes et innocentes. Elle en savait quelque chose. Et cette année ne faisait pas exception aux précédentes. Bien que la menace soit plus lourde, le besoin d’interdit l’était lui aussi, et il était comme chacun le sait infiniment plus persuasif. La préfète éteignit donc sa baguette sans un mot, et adopta sa démarche la plus silencieuse pour approcher du contrevenant. Qui que ce soit, il aurait une nouvelle raison de la détester, car elle n’allait pas le manquer. Le simple fait de se faire prendre était une faute en soi, et méritait correction. Qu’il sorte, qu’il furette, qu’il vandalise, mais doux Merlin qu’il le fasse discrètement ! L’ombre s’approchait du prochain tournant. Elle le surprendrait donc de face, espérant lui faire une jolie frayeur. Elle se posta au milieu du couloir et attendit quelques instants. Dès que son regard attrapa l’identité du coupable, il était trop tard. Sa baguette avait déjà lancé un Expelliarmus silencieux.

Echec : ici.

La personne visée étant un professeur, et de ce fait un sorcier compétent, son attaque fut promptement détournée sans le moindre effort. Meredith dut se faire violence pour ne pas laisser transparaître la honte qui la secouait, ainsi que la douleur cuisante qui pulsait de sa main. Son sort avait été repoussé si violemment que sa baguette brûlait contre sa peau. Elle laissa seulement échapper un discret hoquet de surprise et ralluma sa baguette. L’homme qui lui faisait face n’était autre que l’immense professeur Rowle, dont le seul nom portait chacun aux confins de la méfiance et de la peur. Il n’était arrivé que récemment au château, pour de ponctuels remplacements qui se faisaient de plus en plus fréquents d’après la rumeur (et d’après les faits). La jeune préfète n’aurait pas pu tomber sur pire interlocuteur, et son erreur de jugement l’obligeait à engager une conversation, au moins pour s’excuser. Dans quelle marée noire s’était-elle encore embourbée ?

« Professeur Rowle … veuillez excuser mon geste, c’était impétueux. Je pensais surprendre un élève. »

Son visage était pâle, peut-être un peu plus qu’à l’accoutumée, mais au moins sa voix ne tremblait pas et elle avait regardé le professeur dans les yeux. Elle espérait sincèrement que ces excuses sobres mais efficaces suffiraient à la libérer du très-certainement-dangereux-Mangemort qu’elle venait d’agresser, avec pour seul motif son manque de retenue et de réflexion.

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Dernière édition par Meredith Breckenridge le Dim 19 Nov 2017 - 10:56, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [9 Novembre 97] Hell is round the corner [9 Novembre 97] Hell is round the corner  EmptyDim 27 Aoû 2017 - 12:41

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Dernière édition par Andreas D. Rowle le Dim 30 Déc 2018 - 23:57, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [9 Novembre 97] Hell is round the corner [9 Novembre 97] Hell is round the corner  EmptyMer 13 Sep 2017 - 22:11

Quelques secondes avaient amplement suffi pour gâcher sa soirée. Quelques secondes qui avaient vu se conjuguer un peu d’inattention, un peu de surprise, un peu de présomption, et surtout la somme des dernières semaines sur les épaules de Meredith, qui voulait tellement bien (mal) faire qu’elle en faisait trop. Elle n’en avait pas eu conscience jusque-là, mais dès qu’elle croisa le regard de sa cible, l’idée devint très claire dans son esprit : elle avait sévèrement merdé. Tandis que son for intérieur profanait les pires jurons, sa conscience commençait doucement à assimiler l’étendue de sa bêtise.

« Ne vous excusez pas de faire votre travail, mademoiselle. Mais faites attention à ce que l’entrain de la mise en scène ne vous fasse pas manquer le triomphe. »

L’attitude de l’homme qui lui faisait face n’inspirait à la lionne qu’une profonde méfiance, doublée d’un trouble plus profond encore. Sur le moment, il exprimait un certain mécontentement, voulu cependant indulgent. Mais pour l’avoir souvent observé au détour d’un couloir, ce sourire était trop habituel, trop figé sur le visage noblement ridé pour la convaincre de son honnêteté. Un professeur remplaçant ne pouvait qu’être doublé d’une affiliation aux forces du Mal, puisque théoriquement choisi ou approuvé par le triangle des Bermudes que formait leur joyeuse administration. Et puis, quoi qu’il en soit, Meredith ne croyait plus en rien. L’homme aurait pu afficher n’importe quel visage, prononcer n’importe quels mots, la préfète serait restée éternellement suspicieuse à son égard. Et celui-ci … même avant de connaître son nom traître, trop de points convergeaient pour que son pointeur ne désigne pas la zone la plus noire du Voldemètre. Elle s’était intimée, dès le premier regard, d’éviter un maximum la confrontation. Yet here she was …

« Mademoiselle, puis-je me permettre de me joindre à votre ronde ? » L’amabilité s’était retirée du visage de Rowle, pour laisser la place à une certaine …curiosité. Si depuis le début de l’échange, Meredith s’était appliquée à agir comme une élève prise en faute, cette remarque provoqua en elle une sorte de nausée, une contorsion d’estomac qu’elle traduisit sur son visage par un léger haussement de sourcils et des yeux un peu plus brillants. Déjà germait sous son crâne une intense réflexion sur la manière dont elle pourrait bien se tirer de ce pétrin.

« J’aimerais beaucoup connaitre le ressenti de la jeune génération sur ce qu’elle est en train de vivre. »

Considérant le regard froid du professeur qui agissait sur elle comme deux serres de glaces, Meredith comprit instantanément qu’elle n’allait pas s’en sortir sans dommages (ou sans une chance outrancière). La stratégie qui se concevait à toute vitesse derrière ses grands yeux bleus ne devait surtout pas suivre les règles qu’elle s’imposait depuis la rentrée. En tant que préfète soumise, elle avait dû convaincre une entité collective au discernement limité : le château tout entier, que l’indignation rendait myope, et les Carrow, avides de se faire courtiser. Cette fois-ci, l’adversaire était tout autre. Un homme seul et expérimenté, qu’elle devait considérer sous son pire aspect potentiel, c’est-à-dire profondément intelligent. Elle devait agir naturellement … mais pas trop. Car la réaction naturelle d’une petite préfète sympathisante à qui l’on demanderait son avis sur le régime serait non pas d’être honnête, mais d’en tartiner un peu plus que demandé, juste un peu. Elle ne devait pas paraître trop intelligente, mais avoir ses opinions à elle qui justifieraient suffisamment bien son comportement.

« Avec plaisir, Professeur. » La jeune lionne s’immergea dans l’illusion qu’elle voulait incarner. L’eau était glaciale, mais aiguisait ses sens. Elle changea sa baguette de main, examina la ligne rouge laissée par l’instrument brutalisé sur sa paume, et frotta un instant la brûlure de ses doigts avant d'intensifier la lueur magique sans un mot. Puis elle engagea le pas, puisque c’était le Mangemort qui proposait de l’accompagner et non l’inverse. Elle prit le chemin de sa ronde laissée pour compte, tout en se promettant de couper un ou deux détours pour limiter les dégâts de l’entrevue. Elle en était déjà à la moitié du parcours avant l’incident, il allait falloir qu’elle soit la plus convaincante possible durant les vingt prochaines minutes.

« C’est une question difficile… » Son ton était concerné, mais dénué de peur. La préfète devait se sentir relativement à l’aise en présence du professeur, car il était son allié. Un certain stress était cependant de rigueur, dû à sa qualité de Mangemort qui ne laisserait absolument aucune gamine de marbre, toute Gryffondor qu’elle puisse être. C’est pour cela qu’elle laissa libre court à son vieux démon de tic, celui qui creusait des sillons dans la peau entourant ses ongles, sans se cacher. « … parce que je répondrais deux choses très différentes selon que ce soit un journaliste ou un membre de ma famille qui me la pose. »

Son pas n’était pas vif mais il était silencieux, et son expression se voulait plutôt neutre, bien que raisonnablement marquée par le doute. Elle ne souriait pas. Sa réponse induisait implicitement que l’homme précise quel type d’honnêteté il désirait, de plus elle lui permettait de gagner un peu de temps pour se convaincre elle-même de ce qu’elle allait avancer. Elle voulait qu'il lui demande ce qu'elle dirait à un professeur, qu'il lui reproche même d'avoir dévoilé cette intention. Quelque chose, enfin, qui lui donnerait plus de matière pour rebondir convenablement, car la base qu'il lui offrait était bien maigre et bien fragile.

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MessageSujet: Re: [9 Novembre 97] Hell is round the corner [9 Novembre 97] Hell is round the corner  EmptyLun 25 Sep 2017 - 23:54

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Dernière édition par Andreas D. Rowle le Dim 30 Déc 2018 - 23:57, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [9 Novembre 97] Hell is round the corner [9 Novembre 97] Hell is round the corner  EmptyLun 13 Nov 2017 - 16:05

Meredith décréta rapidement qu’il n’allait servir à rien de se débattre dans de l’esprit, des plans et des calculs. L’homme qui lui faisait face était comme un fou, rendu brillant par sa folie, en cela qu’il semblait posséder sa logique propre, et n’obéir à aucune des lois régissant la raison commune. Elle se retrouvait piégée face à un monstre empirique, puissant, et elle n’avait aucune idée de l’étendue de sa cruauté. Rowle, voilà un nom qui laissait libre-court aux imaginations fertiles en termes de légendes sanglantes et de murmures de couloirs. Meredith avait conscience de sa situation, mais ne savait pas jusqu’où ces légendes étaient fondées. Elle avait peur de l’estimer. Elle ne l’estima donc pas. Ce regard qu’il porta sur elle, plein de bienveillance, et cet éclat de rire lui fit froid dans le dos. Un froid pervers, violent. Elle avait vraiment peur de cet homme. Elle avait peur de ce qu’il représentait, ce qu’il disait, ce qu’il montrait de lui. Ce rire sonnait aussi juste et honnête qu’un violon malmené par quelqu’un qui ne sait pas en jouer mais en joue quand même. Un des pires sons au monde.

« Et qu’est-ce qui me dit que vous seriez honnête avec l’un des deux, mademoiselle ? Ou est-ce que ça veut dire qu’il y aurait, selon votre opinion, plusieurs versions, et que toutes sont acceptables dans leur authenticité ? »

La lionne répondit à ces mots par un petit sourire troublé. Paraître idiote oui, cela sûrement la servirait. N’avait-elle pas juré d’arrêter les calculs ? Rien ne marcherait avec lui. Mais elle imaginait peut-être réussir un minimum à être ce qu’il attendait qu’elle soit, c’est-à-dire tout sauf maline. Elle était à gryffondor, pour commencer. Elle aurait dû réfléchir à cela avant. Quel espoir aurait-elle de lui plaire ? Elle n’était rien, peut-être une simple bête un peu curieuse parce qu’au lieu de protéger ses petits du fauve, elle les lui jette en pâture pour mieux s’enfuir.

« Oui, plutôt ça. En fait, je leur dirais la même chose dans le fond mais pas de la même manière. En fait, quelle que soit la personne … Non, vous avez raison, c’est idiot comme remarque. » dit-elle avec une ombre lointaine de familiarité.

Le couloir semblait ne jamais vouloir s’arrêter. Seule, Meredith aurait certainement apprécié la qualité esthétique de cette vue, mais les émanations malfaisantes de son voisin, dont elle ne cessait de prendre plus conscience, engloutissaient toute perspective agréable. Elle ne voyait là qu’un gouffre insondable, certes familier, mais traître comme Judas.

« Voyez-moi comme une feuille blanche mademoiselle. »

Cette remarque la fit presque sourire de son absurdité. Ou plutôt, de l’indéniable perversité qui s’en dégageait. Le titre qu’il lui adressa lui rappela cependant une chose qu’elle n’aurait jamais dû oublier : Professeur Andréas Rowle. L’homme au tatouage sinueux l’effrayait, mais en cet instant, elle était aux côtés de l’enseignant – bien qu’elle refusât de le considérer comme tel. Et de lui, elle n’avait pas grand-chose à craindre. Pourquoi lui ferait-il du mal ? Comment pourrait-il excuser son geste ? Bien sûr qu’il trouverait quelque chose, mais le geste en lui-même serait aussi absurde qu’inutile.

« Vous savez bien que c’est impossible ça, Monsieur. » répondit-elle avec un sourire timide.

La seule chose dont elle pouvait peut-être s’inquiéter, c’était le rapport qu’il pourrait faire aux Carrow. Mais sans trop se l’expliquer, elle supposait que Rowle ne portait pas les deux créatures dans son cœur. Toute personne un tant soit peu raisonnée ne le pourrait, et le vieil homme était peut-être fou, malveillant et pervers comme douze Mangemorts,  il n’était pas idiot. Se tenant à sa promesse, la rouge décida de ne pas tenir cette affirmation comme acquise, et passa une main dans ses longs cheveux pour les libérer de son col et détendre sa nuque par la même occasion. Elle s’accorda quelques respirations, et chercha le regard qu’elle trouva posé sur elle.

Sinistre. L’école était sinistre, disait-il de sa voix profonde, encourageant la confession. L’écho de cette réponse à ses pensées finit de la convaincre d’arrêter de chercher à comprendre le professeur, d’arrêter de vouloir lui plaire, et d’être simplement et pleinement celle qu’elle devait être. Pas seulement pour lui, mais pour toute l’école et pour elle-même. Forçant son rythme cardiaque à ralentir, elle se fit une raison, et tendit l’oreille aux prochaines paroles de son interlocuteur.

« Je trouve dommage que ça se répercute autant sur les élèves. Comme si on était obligés d’en passer par là, vous ne trouvez pas, mademoiselle ? »

Le bougre. Il s’engageait sur ce terrain-là. Un pincement de sourcils légèrement contrarié traduisit son étonnement, et elle se tourna à demi vers le vieil homme pour observer son expression. Elle laissa refléter une certaine gêne, celle de l’élève en désaccord avec son prof mais n’osant pas trop le dire. La question était résolument politique, éthique, et son opinion n’était peut-être pas légitime face au poids de l’âge et de l’expérience. Mais il lui demandait son avis. Elle hésita un instant, incertaine. Quoi qu’elle dise, cela ne lui servirait pas. Il était clair que l’homme s’était arrêté dès le début de la conversation à ce qu’il savait d’elle. Se raccrochant à ses consignes, elle ne réfléchit pas à sa réponse et la laissa jaillir d’elle-même, naturellement, après quelques secondes d’incertitude.

« Je … je ne sais pas. J’ai l’impression que les mauvaises personnes en souffrent, surtout. »

Elle pensait aux sorciers pur-sang, ou même aux sang-mêlé d’ascendance sorcière, qui subissaient les affres du pouvoir en place. Il était réellement terrible que cette folie les touche aussi. Il était surtout parfaitement incohérent que tout ceci leur retombe dessus, ils devraient au contraire être préservés. Du moins, s’ils n’agissaient pas inconséquemment comme le faisait Neville.

« C’est vrai que les punitions sont souvent trop rudes. Ou pas assez, selon la situation. » Elle comprit au regard de son interlocuteur qu’elle allait devoir illustrer pour être crédible. Elle enchaîna. « Fouetter un première année pour un regard de travers, c’est excessif. Priver un Nuncabouc de nourriture pour un regard de travers, c’est insuffisant. Je ne comprends pas trop l’ordre des priorités des professeurs Carrow. »

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MessageSujet: Re: [9 Novembre 97] Hell is round the corner [9 Novembre 97] Hell is round the corner  EmptyJeu 21 Déc 2017 - 0:08

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Dernière édition par Andreas D. Rowle le Dim 30 Déc 2018 - 23:57, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [9 Novembre 97] Hell is round the corner [9 Novembre 97] Hell is round the corner  EmptyLun 22 Jan 2018 - 22:03

Dans l’absolu, elle aurait pu se taire et marcher plus vite pour rendre ce moment moins long et moins pesant. Mais elle n’arrivait pas à s’ôter de l’esprit la vision de son corps arqué par une douleur infinie, avant de s’effondrer au sol, raidi, encore luisant d’une basse aura verte. Elle devait jouer finement son coup, répondre et manifester son attention, tout en dégageant une ingénuité qui finirait certainement par le décourager. Elle n’était pas intéressante. A peine un peu utile pour certaines basses besognes. Le sourire qu’il lui offrit quand elle risqua son opinion à s’exprimer lui sembla tout sauf engageant, mais elle garda la face, les yeux rivés sur le visage ridé du noble monstre.

« Ils ont pour priorité de se faire craindre.  Ils ont le goût du pouvoir au point d’en oublier l’essentiel. Ça arrive très souvent lorsqu’on donne à des gens insignifiants un peu d’autorité. »

La préfète préféra ne rien laisser transparaître de son étonnement. Il changeait bien vite de ton. Dans l’état des choses, elle semblait comprendre qu’elle faisait partie de ces gens insignifiants. Laissait-il enfin son cœur parler, la véritable opinion qu’il avait d’elle sortir pour la rabaisser ouvertement ? Elle préférait mille fois ça à des sous-entendus glissants et dangereux. Mais cela restait étrange, ça manquait de cohérence avec l’ensemble. Parlait-il d’elle ou des Carrow ? Dans un cas c’était étrange mais compréhensible, dans l’autre, cela sonnait comme s’il voulait la caresser dans le sens du poil. Cette voix basse, ce ton de confession, au final, laissaient penser qu’il parlait bien des professeurs, mais elle ne pouvait s’empêcher de prendre le double-sens pour elle.

« Vous pourriez remédier à ce genre d’injustices, vous savez ? Avec mon soutien, bien sûr. »

Oh non. Nous y voilà. Sans savoir comment, Meredith n’était pas surprise d’entendre ces mots dans la bouche du Mangemort. Elle refusait de croire que son petit manège prenait au point qu’il lui propose une alliance rebelle, c’était trop gros. Elle lui lança cependant son regard le plus ingénu, avant de retourner à sa contemplation muette du couloir alors qu’ils entamaient un virage qui les faisait entrer dans l’aile droite du château, et dans le dernier quart de sa ronde.

« Qu’en dites-vous ? Vous pourriez proposer un encadrement aux punitions. Tout comme éventuellement l’encadrement des professeurs eux-mêmes. »

Mais qu’est-ce qu’il racontait ? Etait-il vraiment en train de lui proposer de fomenter un coup d’Etat ? Meredith ne faisait pas semblant d’être abasourdie. Elle ne comprenait pas pourquoi il faisait ça. Ni s’il s’attendait réellement à ce qu’elle accepte. Même une élève stupide et dévouée déclinerait, par peur d’une si lourde et si dangereuse folie. Soudainement, et pendant un instant seulement, la petite n’eut plus si peur du Mangemort. Elle le vit comme une sorte de machine, aux attaques dangereuses mais pas impossibles à éviter. Enfin, elle essaierait de se soustraire aux violences et aux sournoiseries qui la guettaient. L’abstention semblait cependant inévitable.

« Les étudiants ne sont pas assez actifs à mon goût, ils ne se rendent pas compte du pouvoir qu’ils ont… Vous pourriez le leur montrer, vous savez ? »

Reportant pour un coup d’œil son regard sur le visage de Rowle, Meredith se rendit compte qu’il la dévorait de ses deux pupilles noires. Il semblait terriblement curieux de sa réponse, dans une expectative frémissante, qui lui fit croire un instant qu’il était sincère. Une telle proposition ne se faisait pas à la légère. Elle marchait sur des charbons ardents avec cet homme. Si sa réponse lui déplaisait, Merwyn seul savait comment il réagirait. Elle ne savait que dire. Sa décision était déjà toute prise bien sûr, mais difficile à exprimer. Elle laissa un silence planer pendant une ou deux secondes, laissant le temps à la réflexion de s’installer, puis prit la parole.

« Vous allez certainement dire que je manque d’ambition, mais je n’oserais jamais m’élever contre eux. Même avec votre soutien. » Elle se rendit compte qu’elle venait de salir encore plus profondément l’image des Gryffondors par ces paroles, mais au point où elle en était… « Il y a des injustices et c’est dommage. Mais ce n’est pas à moi de changer tout ça, je n’ai pas assez d’influence. Et surtout, je ne suis pas d’accord avec vous, je ne crois pas qu’en ma qualité d’élève je sois plus légitime ou plus connaisseuse pour provoquer un quelconque soulèvement. Je suis trop ignorante. Personne ne me fait confiance. » Elle secoua légèrement la tête, dépitée. « Non vraiment, même si je le voulais, ce serait impossible. »

Les mots étaient sortis comme ça, sans qu’elle y réfléchisse plus que cela, et déjà elle sentait une brise de dédain s’insinuer en elle. Ce ne serait certainement pas satisfaisant pour le professeur, il attendait d’elle plus que cela. Mais en répondant à ses attentes, elle ne ferait qu’aggraver sa situation déjà précaire. Elle ne voulait surtout pas se lier avec cet homme de quelque manière que ce soit, ce serait comme attacher à sa taille une ceinture explosive dont elle ne possèderait pas le détonateur. Elle avait besoin d’encore un peu de liberté de mouvement. Comment rendre son refus plus acceptable, moins effronté ?

« Vous souhaitez vraiment faire remplacer les Carrow ? » lui souffla-t-elle tout bas, comme si elle avait peur d’être entendue par les tableaux. « Il est vrai qu’ils manquent parfois de discernement, mais ils ont été placés à la tête de l’école par le ministère … ce serait comme s’opposer directement aux décisions du gouvernement, vous ne croyez pas ? »

Qu’est-ce que cette histoire superficielle aller donner, elle ne savait pas, mais ce qui était certain, c’est qu’elle n’allait pas se laisser mener par le bout du nez tout du long. Ou bien peut-être qu’elle se laisserait mener, pour s’en sortir moins abîmée à la fin. En tous les cas, elle refusait de céder à ce partisan des ombres, si calme, si avenant, si perfide, le privilège de l’enchaîner encore plus aux horreurs et aux mensonges de sa position.

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MessageSujet: Re: [9 Novembre 97] Hell is round the corner [9 Novembre 97] Hell is round the corner  EmptyMer 31 Jan 2018 - 20:15

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Dernière édition par Andreas D. Rowle le Dim 30 Déc 2018 - 23:57, édité 1 fois
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DATE & LIEU DE NAISSANCE DATE & LIEU DE NAISSANCE: 15 mars 1982, à Plymouth.
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MessageSujet: Re: [9 Novembre 97] Hell is round the corner [9 Novembre 97] Hell is round the corner  EmptyJeu 1 Mar 2018 - 18:18

Les yeux ostensiblement fixés sur un point de lumière au sol, il était difficile pour la jeune lionne de ne pas mettre un terme au massacre et écourter la promenade. Toute prudente qu’elle était, il était clair qu’elle n’avait pas le droit de garder le silence – auquel cas le professeur aurait le champ libre – et que dans le même temps, quoi qu’elle dise, cela se retournerait contre elle. Un jour ou l’autre. Être une fausse préfète des Carrow n’aurait pas été trop compliqué si les seuls à duper avaient été les deux mangemorts. Mais l’entrée de Rowle dans la partie rendait tout plus délicat, plus instable. Elle ne savait que penser de lui. Jusqu’où allait son influence ? Peut-être même que dans l’ombre, c’était lui qui tirait les ficelles. Son nom le laissait entendre.

Le rendez-vous de l’AD avait été fixé à un dimanche de ce mois-ci, et restait à confirmer en dernière minute pour limiter les risques de fuite. Cette perspective la faisait trembler, il fallait bien le dire, et encore plus maintenant que l’œil flamboyant du vieil homme était fixé sur elle et sur ses camarades, à gratter discrètement mais fermement la couche de leur patience, à taper au carreau avec ce sourire terrifiant aux lèvres. Si quelqu’un était en mesure de les démanteler rapidement, et de leur faire subir les pires horreurs, c’était bien lui. Elle n’en avait aucun doute.

« Ma chère, même la tranquillité vous sera refusée. Vous avez décidé d’embrasser l’avenir, d’être disponible, en vertu de quoi on attend de vous non seulement la coopération, mais un dévouement volontaire. »

Ah les doucereuses paroles que voilà. Il croyait sûrement refermer le piège en lui soufflant ces vipères à l’oreille, en la poussant à se compromettre, à assurer à demi-mot qu’elle ferait ceci ou cela. Elle ne se laisserait par avoir. Et aucune promesse, aucun compromis ne sortirait de sa bouche. Pourtant, si elle venait à être interrogée par le futur – et c’était d’un maître des potions dont nous parlions – sous la menace d’un quelconque poison ou de Veritaserum, elle ne saurait mentir. Enfin, si cela arrivait, pensa-t-elle avec fatigue, il était certain que l’homme irait au vif du sujet et lui demanderait immédiatement si oui ou non elle était fidèle et honnête. Alors, pas de suspense. Levant les yeux quand il reprit la parole, elle ne dit rien et hocha seulement la tête, fataliste.

« Je crois que vous m’avez mal compris mademoiselle. On ne se soulève pas contre le ministère, on l’améliore. Vous avez un peu surinterprété mes mots mademoiselle, votre point de vue peut être dangereux. » Et voilà le retour de flamme. Ses propos n’avaient certes pas été très adroits, mais encore une fois, preuve était qu’il n’extrayait de la roche de ses propos que le filon doré qui l’intéressait. « Vous êtes trop radicale pour moi ! » S’il savait à quel point … il l’écraserait sans doute entre deux couloirs, planquant ses restes dans une armure et se lavant les mains en sifflotant. L’aurore était là, leur conversation touchait à sa fin. Et il ne restaient que quelques mètres pour qu’enfin la boucle se termine, à quelques pas de la salle commune des Gryffondors. Sans compter que le vieil homme, de son ton bas, ne lui laissait pas l’opportunité de répondre, et sous-entendait par là qu’il n’avait pas besoin de plus. Enfin, cette entrevue ne s’était pas si mal terminée. Elle avait oscillé, changé d’opinion, de comportement, mais comme n’importe quel élève intimidé l’aurait fait devant un Mangemort non ? limiter la casse, tenter de plaire, cacher ses vices et ses idées pour ne pas finir en exemple sur le gibet de la place publique. Elle avait d’autres projets que de finir en martyr. Elle ouvrit la bouche pour prendre congé, mais Rowle la devança. Et porta son estoc finale.

« Mais vous devez vous y connaître mieux que moi en soulèvements, avec un frère comme le vôtre. Se porte-t-il bien ? Résister n'est pas chose facile... »

Elle aurait dû se douter que le professeur était au courant des activités de son frère. Il était classé au ministère, son visage barré d’une étiquette « ennemi de l’Etat ». Mais Rowle était un acteur extérieur. Lui et les Mangemorts traquaient la Résistance. Ce coup d’échec devait lui faire peur, lui mettre sous le nez le danger auquel Aloysius était confronté. Mais étrangement, alors qu’elle aurait dû paniquer, fuir son regard, et trahir d’une manière ou d’une autre qu’elle s’inquiétait pour le jeune homme, elle haussa simplement ses fins sourcils en plongeant son regard dans celui de Rowle. Elle ne savait rien. Il ne lui tirerait donc rien. Voilà l’évidence à laquelle il était confronté, et qu’elle soit interpellée là-dessus par un tel ennemi était la preuve que son ignorance était pour le mieux. De toute façon, d’après ce qu’elle avait compris, les résistants changeaient en permanence de camp, possédaient une organisation extrêmement pointue et rigoureuse basée sur les données de la précédente guerre. Leurs ennemis étaient les mêmes, mais ceux-là ne savaient pas à qui ils avaient à faire. Un avantage indéniable. Sans trembler donc, Meredith prit un air peiné et serra les lèvres.

« Vous devez bien être le seul à soutenir cette théorie, Monsieur. Tout le monde pense qu’il a rejoint le côté de Vous-Savez-Qui. » Sa voix laissait percer une forme de honte vaporeuse, mais aussi l’intérêt naturel d’une sœur. « Je ne veux plus être associée à mon frère. Nous avons fait des choix différents. »

Moi à Poudlard, lui à l’extérieur. La préfète avait soigneusement évité le mot « guerre » et ne parlait pas bien sûr de son inquiétude immense. Elle n’avait rien d’autre à dire à ce serpent sur ses relations avec son frère. Il fallait arrêter de parler de lui maintenant, ils s’en porteraient tous beaucoup mieux. Enfin, maintenant c’en était assez. Elle avait prononcé sa dernière phrase alors qu’ils ne marchaient déjà plus. Inclinant la tête, elle posa un pied sur l’escalier qui menait à sa salle commune.

« Merci de m’avoir accompagnée, Monsieur. Je vous souhaite une bonne journée. »

Et qu’en rentrant dans votre grotte, vous vous brisiez la nuque et mourriez sur le coup.


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MessageSujet: Re: [9 Novembre 97] Hell is round the corner [9 Novembre 97] Hell is round the corner  EmptyLun 12 Mar 2018 - 19:30

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