AccueilAccueil  PortailPortail  FAQFAQ  RechercherRechercher  S'enregistrerS'enregistrer  MembresMembres  GroupesGroupes  ConnexionConnexion  

Partagez|

[9 Novembre 97] Hell is round the corner

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas
AuteurMessage
GRYFFONDOR5ème annéePréfète
    GRYFFONDOR
    5ème année
    Préfète
AVATAR : Saoirse Ronan
MESSAGES : 773

INFOS PERSONNAGE
SITUATION AMOUREUSE SITUATION AMOUREUSE: Célibataire. Bisexuelle.
DATE & LIEU DE NAISSANCE DATE & LIEU DE NAISSANCE: 15 mars 1982, à Plymouth.
SANG SANG: mêlé
MessageSujet: [9 Novembre 97] Hell is round the corner Ven 25 Aoû 2017 - 14:52

… parce que vraiment c’est inutile de se battre contre des ombres. Quelles ombres ? Ministère, ombre. Mangemorts, ombres. Voldemort, ombre. L’importance réside dans le concret. Le concret, c’est eux trois. Mais moi je suis une ombre. Quels moyens à ma disposition ? Magie, toujours. Mais ma magie s’assombrit avec moi. Lumières noires, vertes et mauves... La résistance. Intangible et inexistante, pas de structure, pas de fiabilité. Pas mon travail actuel. Neville, où est-il ? Luna ? Ginny. Distante et irritable. Il faudra pourtant bien que la matière se solidifie. Condition inexorable à la riposte. Persévérance. Il faut limiter la casse. Gabriel a été cassé, il est pourtant vivant. Et il se bat. Il ne faudrait que des Gabriel dans ce château. Quoi que. Non. Surtout pas. Quelle heure est-i…

« Jeune fille, la lumière je vous prie. »

Meredith s’arrêta net, coupée dans son intense capharnaüm réflexif. Cela faisait bien une heure qu’elle parcourait les couloirs du château, après avoir surveillé un groupe de punis de leur stupide corvée. Elle n’était pas du tout fatiguée. En vérité, cette routine nocturne imposée par les Carrow avait totalement déréglé son horloge biologique, si bien qu’elle ne vivait plus que la nuit et somnolait le jour. Il lui arrivait de plus en plus souvent de sécher les cours qu’elle ne jugeait plus nécessaires, à savoir la botanique et les sortilèges dans lesquels elle avait une solide avance sur le programme. Mais cette avance s’amenuisait progressivement, et si elle ne trouvait pas un moyen de rattraper son sommeil ailleurs que durant ses siestes illégales, sa scolarité allait réellement en pâtir. Heureusement pour elle, bien que le « heureusement » soit discutable, elle excellait en cours de Magie Noire, et sa performance durant le premier cours d’Etude des Moldus lui avait garanti une place de choix dans la classe de Charybde. Car au final, ce cours n’était qu’une démonstration d’hypocrisie, chose qu’elle pensait maîtriser du bout des doigts maintenant.

Reportant son attention sur la voix qui l’avait interrompue dans ses élucubrations, la jeune fille croisa le regard d’un très vieil homme avachi dans son fauteuil, une coupe vide à la main, entouré de dizaines d’éléments lugubres ou rutilants. Crâne, fleurs à demi fanées, instruments de musique, grimoires de formules, armes médiévales en tout genre, sabliers et autres verres brisés. Meredith diminua l’intensité lumineuse de sa baguette, comprenant au regard contrarié du vieillard qu’elle le dérangeait dans sa méditation. Elle s’approcha cependant du cadre doré, finement orné, et y chercha une légende. Elle n’y lut que ce qu’elle s’attendait à y lire, et reporta son regards sur la toile sombre, intriguée.

« Pardonnez-moi messire, mais ce tableau n’est-il pas une vanité ? » Car c’en était bien une – des plus classiques – et par conséquent les règles du genre proscrivaient la présence d’êtres vivants, auquel cas on n’oserait appeler la toile ainsi (du moins, telle était l’idée de Meredith). A moins que le peintre, cruel, se fût permis de rajouter le pauvre homme à la fin de sa vie pour souligner la courte durée de l’existence mortelle et le peu d’impact qu’ont tous ses accomplissements. Quoi qu’il en soit, le tableau méritait d’être observé de plus près, car il était admirablement réalisé, et trop peu d’habitants du château s’intéressaient réellement à cette qualité par les temps qui couraient.

« En effet. » Son regard éteint fut animé d’une étincelle nouvelle trahissant sa curiosité. « Je ne suis que de passage dans ce charmant environnement. » Meredith voulut observer de plus près l’œuvre d’art pour y déceler le moindre charme, mais craignant de se montrer vexante, elle s’abstint. A la place, elle recula de deux pas pour le mieux englober de ses yeux bleus. Après quelques secondes de contemplation silencieuse, elle salua le vieillard d’un hochement de tête respectueux et tourna les talons, considérant l’échange clôt.

« Quoi de plus vain que notre seul regard, notre seul souffle ? » Meredith ne s’arrêta pas mais tendit l’oreille. « Je ne suis pas vivant, jeune fille, voilà toute l’ironie. »

La lionne tourna l’angle et s’empara de cette dernière remarque avant qu’elle ne s’évapore de l’atmosphère. Elle trouvait l’idée charmante mais sa concrétisation trop lourde. Trop pleine de symbole. Pas assez poétique. Quel dommage. La rouge et or était exaspérée que l’on s’amuse à salir les idées, si légères, offertes à l’interprétation, avec des mots prononcés haut et clair, sonnant la fin de l’imagination et le début du réel. C’était tolérable quand la parole était belle, quand la phrase était harmonieuse. Mais le vieil homme, intrus dans un tableau qui n’était pas conçu pour lui, n’avait pas réussi à la convaincre. Elle aurait voulu qu’il se taise, ainsi son propre esprit aurait tracé les contours d’une symbolique aérienne et juste, et la nuit aurait été plus douce.

L’heure tournait, il était déjà bien plus de minuit, quand un mouvement et une onde de lumière faiblarde atteignit ses sens. Meredith était de ronde et par conséquent, elle devait rentabiliser ce privilège nocturne en remplissant un certain quota d’élèves pris dans la semaine. Les sorties nocturnes étaient fréquentes, rarement solitaires, encore plus rarement chastes et innocentes. Elle en savait quelque chose. Et cette année ne faisait pas exception aux précédentes. Bien que la menace soit plus lourde, le besoin d’interdit l’était lui aussi, et il était comme chacun le sait infiniment plus persuasif. La préfète éteignit donc sa baguette sans un mot, et adopta sa démarche la plus silencieuse pour approcher du contrevenant. Qui que ce soit, il aurait une nouvelle raison de la détester, car elle n’allait pas le manquer. Le simple fait de se faire prendre était une faute en soi, et méritait correction. Qu’il sorte, qu’il furette, qu’il vandalise, mais doux Merlin qu’il le fasse discrètement ! L’ombre s’approchait du prochain tournant. Elle le surprendrait donc de face, espérant lui faire une jolie frayeur. Elle se posta au milieu du couloir et attendit quelques instants. Dès que son regard attrapa l’identité du coupable, il était trop tard. Sa baguette avait déjà lancé un Expelliarmus silencieux.

Echec : ici.

La personne visée étant un professeur, et de ce fait un sorcier compétent, son attaque fut promptement détournée sans le moindre effort. Meredith dut se faire violence pour ne pas laisser transparaître la honte qui la secouait, ainsi que la douleur cuisante qui pulsait de sa main. Son sort avait été repoussé si violemment que sa baguette brûlait contre sa peau. Elle laissa seulement échapper un discret hoquet de surprise et ralluma sa baguette. L’homme qui lui faisait face n’était autre que l’immense professeur Rowle, dont le seul nom portait chacun aux confins de la méfiance et de la peur. Il n’était arrivé que récemment au château, pour de ponctuels remplacements qui se faisaient de plus en plus fréquents d’après la rumeur (et d’après les faits). La jeune préfète n’aurait pas pu tomber sur pire interlocuteur, et son erreur de jugement l’obligeait à engager une conversation, au moins pour s’excuser. Dans quelle marée noire s’était-elle encore embourbée ?

« Professeur Rowle … veuillez excuser mon geste, c’était impétueux. Je pensais surprendre un élève. »

Son visage était pâle, peut-être un peu plus qu’à l’accoutumée, mais au moins sa voix ne tremblait pas et elle avait regardé le professeur dans les yeux. Elle espérait sincèrement que ces excuses sobres mais efficaces suffiraient à la libérer du très-certainement-dangereux-Mangemort qu’elle venait d’agresser, avec pour seul motif son manque de retenue et de réflexion.

_________________
when I find myself in times of trouble
mother Mery comes to me
et souvent la haine touche sa joue est arrache ses veines, alors il n'y a plus de souffrance et seulement la bête qui s'agite au creux de son ventre dans l'automne aride et la tempête



Dernière édition par Meredith Breckenridge le Dim 19 Nov 2017 - 10:56, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
MANGEMORT
    MANGEMORT
AVATAR : Aiden Shaw
MESSAGES : 29
MessageSujet: Re: [9 Novembre 97] Hell is round the corner Dim 27 Aoû 2017 - 12:41

Ilse était une femme parfaite. Du moins, elle correspondait parfaitement à ce qu’il attendait d’une épouse. Elle avait rempli son rôle avec l’authentique justesse de la dévotion maritale. Ilse était une jolie quadragénaire placide, placidement athlétique, placidement charmante, et tout aussi placidement sensible. Fidèle et souple, elle possédait une docilité qui ne pouvait être qu’appréciable, mais surtout, une sorte de touchante stupidité. Elle prenait les exaspérations olympiennes de son mari pour le silence de l’amour. L’éblouissante fortune de leurs deux maisons reflétait à ses yeux l’éclat magique de sa virilité. Isle avait la chance d’admirer son mari, sans rien lui comprendre, ce qui était une aubaine, car jamais elle ne lui avait posé de questions gênantes ou curieuses. Son diapason informatif ne dépassait pas les préoccupations de la vie quotidienne, raison pour laquelle elle fut tout à fait satisfaite et même enthousiaste, lorsqu’Andreas lui annonça qu’il comptait se fixer un peu plus concrètement au rocher qu’était Poudlard. Non, cette femme était beaucoup trop contente d’avoir dompté le destin en se trouvant un si convenable époux. « Moins j’en sais, mieux je dors », plaisantait-elle parfois, sans arrière-pensée particulière, mais motivée très probablement par un primitif instinct de survie, qui lui dictait clairement que son mari n’était pas quelqu’un à contrarier, ni à défier. C’était drôle, parce que lui, c’était exactement le contraire. Celui qui sait énormément dort peu, ce qui tombait bien, car peu d’heures lui suffisaient.

En se baladant dans les couloirs du château tard dans la soirée, Andreas constata encore une fois qu’il n’éprouvait non seulement aucune nostalgie, mais qu’il était également quasiment dénué de toute sensibilité esthétique. Cette belle pièce d’architecture, il était certain que ce fut le cas, ne lui aspirait rien. Ou le frémissement artificiel d’une grandiose histoire, sans en comprendre toutefois la véritable beauté. Cette impassibilité lui allait bien pourtant, la nostalgie n’allant jamais dans le sens de l’Histoire. Andreas n’avait jamais eu confiance en ses propres sentiments, ne leur accordant que très peu de crédit. Une délicatesse exacerbée pour les apparences n’aurait été qu’une entrave à ses ambitions. Pour qu’un empire reste un empire, il lui faut une colonne vertébrale indestructible.

Les tableaux le regardaient passer en silence sans l’apostropher, certains devant se souvenir de sa réputation. Et comme toute création artistique, gardienne de l’histoire, ces représentations-là avaient des opinions d’esthètes, libérales. Et de toute façon, comme à toute créature animée artificiellement par la magie, Andreas ne leur accordait que très peu de considération, se contentant de les éblouir par sa baguette allumée d’un Lumos, avant de disparaitre dans le noir, comme englouti par les ténèbres. Si le jour avait son lot de surprises et de révélations à offrir, la nuit n’en recelait pas moins de mystère, même si la vie était beaucoup plus discrète et tendait à évoluer dans les ombres. Andreas n’avait pas pour ambition de démanteler un quelconque trafic illégal, orchestré par des élèves ou pire, par des membres récalcitrants du personnel. Non, il laissait ça aux inspecteurs et autres défenseurs du bon ordre universel, préférant se consacrer à la découverte de la forme que voulait bien revêtir la vie lorsque le soleil se couchait. Un grouillement de larves, à tous les coups, tâcherons incolores et sans saveur, ou opportunistes qui venaient se vivifier les nerfs à coup de danger sans grande conséquence. Andreas haïssait cette génération Zonko, élevée par Dumbledore et nourrie de chocogrenouilles. Ce qu’il aimait, c’était les grandes messes patriotiques qui inspiraient la noblesse. Mais bon, revenir ici et voir ces longs couloirs poussiéreux, emplis de tableaux qui chuchotaient sur son passage pour verbaliser la frayeur qu’il leur inspirait, c’était une bonne manière de mesurer le chemin parcouru, non ? Il était revenu de loin…

Il fallait cependant dire que sa perception de ce qui était « beau » était plutôt mathématique que véritablement sentimentale. Et à y regarder de plus près, il ne savait pas ce qui lui faisait froncer le nez davantage : la poussière, ou cet aménagement étrange et désordonné ? Horrible désorganisation hybride où se côtoyait la bouffonnerie de l’artisanat moderne, presque moldu, et le tragique des ornements emphatiques, sortis tout droit d’une époque très ancienne, la moisissure témoignant des temps reculés où tout ceci était encore à la mode. Tout se mélangeait dans un arc-en-ciel visuel indigeste et Andreas le contemplait au cours de sa promenade nocturne, l’examinant minutieusement à travers la brume de son rejet catégorique. Il connaissait l’importance de la pierre, lui-même avait choyé l’ancienne demeure de sa famille par pur intérêt ostentatoire, mais là…

Trop occupé à exercer l’efficacité de son venin, Andreas illuminait les différents recoins de sa baguette, en oubliant presque ce qui pouvait se tramer dans l’ombre. Arrivant à un croisement de couloirs, il sentit à peine, presque par instinct de prédateur, un mouvement équivoque. La certitude que ce fut de la magie n’y était pas, mais le souffle et l’ondulation de l’air furent si proches et insistants qu’il se défendit par reflexe. Son bras s’arqua, tandis que son esprit ordonnait le premier sortilège venu. Rien de spectaculaire. Peut-être le sort se dévoila-t-il un peu trop puissant, motivé par l’effet de surprise, qui avait tendu son corps tel un arc. Se tournant vers l’élève si facilement débusquée, Andreas la toisa d’un regard où flamboyait par un miracle de contradiction une sorte d’arrogance flegmatique. Il garda sa baguette tendue un instant à hauteur de poitrine, visant l’étudiante qui, au vu de son visage déconfit, avait fait preuve d’une hardiesse désinvolte un peu trop zélée. Ne voulant pas reconnaitre en elle un quelconque danger, il bassa sa baguette, relevant son menton pour s’offrir un visage suffisant, tandis qu’elle se répandait en excuses.

- Professeur Rowle…
Elle le connaissait ? Quel bon début. Cela dit, qui ne le connaissait pas maintenant ? Un peu trop d’entrain, pas assez de recul. Et puis cette cravate rouge… Pas étonnant qu’elle en fasse autant. Comme tout bon suspect avéré, la culpabilité se faisant dans les gènes au sein de cette école, la petite lionne devait redoubler d’efforts pour faire oublier les défauts de ses couleurs. Ce qui était suspect. Andreas n’aimait pas les gens trop prompts, c’était toujours ceux qui avaient le plus à cacher. veuillez excuser mon geste, c’était impétueux. Rien que ça mademoiselle ! Le vocabulaire anglais est pourtant tellement plus fourni que ça pour mieux qualifier votre geste ! Commençons déjà par impertinent et finissons par étourdi. Comprenez, c’est bien de faire respecter les consignes, mais encore faut-il savoir qui est le véritable ennemi. Et puis, ne crois pas que je n’ai pas remarqué votre posture : vous attendiez théâtralement dans l’ombre pour mieux me surprendre. C’est ça, quand on ne s’assure pas de son coup, le feu d’artifice devient un pétard et la honte en est d’autant plus cuisante qu’on y avait insufflé tant d’efforts. Bravo petite, mais c’était inutile. Je pensais surprendre un élève. Et voilà l’excuse. Andreas n’avait pas beaucoup d’intérêt pour les excuses. C’était avec ce genre d’inattentions qu’on faisait les plus grosses fissures, et les excuses ne rattrapaient rien, c’était bien connu. Tout ceci étant motivé par la politesse et les bonnes manières. Enfin, politesse… la jeune femme semblait davantage animée par le regret et la peur de se faire réprimander en retour que par un désir de garder la face. Andreas s’autorisa un soupir à peine perceptible et abandonna ce sujet. La prendre de haut était le meilleur moyen pour donner de l’importance à cet incident, ce qu’il ne voulait pas, et de toute façon la situation ne méritait en rien une pareille exagération orgueilleuse. Qui plus est, lui confirmer ses craintes allait construire ce mur qui empêchait les confidences. Alors, ce fut d’une voix légèrement agacée, mais emplie d’un calme latent tel qu’il ne pouvait y avoir de doutes quant à sa bonne volonté :

- Ne vous excuses pas de faire votre travail, mademoiselle. Mais faites attention à ce que l’entrain de la mise en scène ne vous fasse pas manquer le triomphe.

Il n’était pas sûr de son identité pour sa part, mais il lui semblait que ce devait être Miss Breckenridge, l’une des rares Gryffondor à être sollicitée par la fratrie des Carrow. Ils lui avaient décrite l’enfant comme étant prometteuse, ce qui de leur bouche était une opinion plutôt curieuse et pouvait revêtir toute une tripotée de significations diverses. Alors Andreas la considéra avec un peu plus d’attention, soignant à ce qu’un sourire, éternellement feint, n’illumine son visage. Cependant, son sourire se réduisit pour le coup à une simple contorsion du sourcil. Il sembla animé d’une idée.

- Mademoiselle, puis-je me permettre de me joindre à votre ronde ? Mon expérience de cet endroit remonte à il y a très longtemps et doit de loin se différentier de la vôtre. D’autant que les temps ont changé. J’aimerai beaucoup connaitre le ressenti de la jeune génération sur ce qu’elle est en train de vivre ?

Essaye de refuser, petite maligne. L’interrogatoire pouvait commencer. Si les Carrow voulaient la considérer comme une potentielle alliée, Andreas se devait d’en vérifier la loyauté. Mais surtout, ce qui l’intéressait, c’était de savoir comme une Gryffondor, nichée en plein milieu des éternels récalcitrants, avait bien pu se découvrir une âme si lâchement sanguinaire.

_________________
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
GRYFFONDOR5ème annéePréfète
    GRYFFONDOR
    5ème année
    Préfète
AVATAR : Saoirse Ronan
MESSAGES : 773

INFOS PERSONNAGE
SITUATION AMOUREUSE SITUATION AMOUREUSE: Célibataire. Bisexuelle.
DATE & LIEU DE NAISSANCE DATE & LIEU DE NAISSANCE: 15 mars 1982, à Plymouth.
SANG SANG: mêlé
MessageSujet: Re: [9 Novembre 97] Hell is round the corner Mer 13 Sep 2017 - 22:11

Quelques secondes avaient amplement suffi pour gâcher sa soirée. Quelques secondes qui avaient vu se conjuguer un peu d’inattention, un peu de surprise, un peu de présomption, et surtout la somme des dernières semaines sur les épaules de Meredith, qui voulait tellement bien (mal) faire qu’elle en faisait trop. Elle n’en avait pas eu conscience jusque-là, mais dès qu’elle croisa le regard de sa cible, l’idée devint très claire dans son esprit : elle avait sévèrement merdé. Tandis que son for intérieur profanait les pires jurons, sa conscience commençait doucement à assimiler l’étendue de sa bêtise.

« Ne vous excusez pas de faire votre travail, mademoiselle. Mais faites attention à ce que l’entrain de la mise en scène ne vous fasse pas manquer le triomphe. »

L’attitude de l’homme qui lui faisait face n’inspirait à la lionne qu’une profonde méfiance, doublée d’un trouble plus profond encore. Sur le moment, il exprimait un certain mécontentement, voulu cependant indulgent. Mais pour l’avoir souvent observé au détour d’un couloir, ce sourire était trop habituel, trop figé sur le visage noblement ridé pour la convaincre de son honnêteté. Un professeur remplaçant ne pouvait qu’être doublé d’une affiliation aux forces du Mal, puisque théoriquement choisi ou approuvé par le triangle des Bermudes que formait leur joyeuse administration. Et puis, quoi qu’il en soit, Meredith ne croyait plus en rien. L’homme aurait pu afficher n’importe quel visage, prononcer n’importe quels mots, la préfète serait restée éternellement suspicieuse à son égard. Et celui-ci … même avant de connaître son nom traître, trop de points convergeaient pour que son pointeur ne désigne pas la zone la plus noire du Voldemètre. Elle s’était intimée, dès le premier regard, d’éviter un maximum la confrontation. Yet here she was …

« Mademoiselle, puis-je me permettre de me joindre à votre ronde ? » L’amabilité s’était retirée du visage de Rowle, pour laisser la place à une certaine …curiosité. Si depuis le début de l’échange, Meredith s’était appliquée à agir comme une élève prise en faute, cette remarque provoqua en elle une sorte de nausée, une contorsion d’estomac qu’elle traduisit sur son visage par un léger haussement de sourcils et des yeux un peu plus brillants. Déjà germait sous son crâne une intense réflexion sur la manière dont elle pourrait bien se tirer de ce pétrin.

« J’aimerais beaucoup connaitre le ressenti de la jeune génération sur ce qu’elle est en train de vivre. »

Considérant le regard froid du professeur qui agissait sur elle comme deux serres de glaces, Meredith comprit instantanément qu’elle n’allait pas s’en sortir sans dommages (ou sans une chance outrancière). La stratégie qui se concevait à toute vitesse derrière ses grands yeux bleus ne devait surtout pas suivre les règles qu’elle s’imposait depuis la rentrée. En tant que préfète soumise, elle avait dû convaincre une entité collective au discernement limité : le château tout entier, que l’indignation rendait myope, et les Carrow, avides de se faire courtiser. Cette fois-ci, l’adversaire était tout autre. Un homme seul et expérimenté, qu’elle devait considérer sous son pire aspect potentiel, c’est-à-dire profondément intelligent. Elle devait agir naturellement … mais pas trop. Car la réaction naturelle d’une petite préfète sympathisante à qui l’on demanderait son avis sur le régime serait non pas d’être honnête, mais d’en tartiner un peu plus que demandé, juste un peu. Elle ne devait pas paraître trop intelligente, mais avoir ses opinions à elle qui justifieraient suffisamment bien son comportement.

« Avec plaisir, Professeur. » La jeune lionne s’immergea dans l’illusion qu’elle voulait incarner. L’eau était glaciale, mais aiguisait ses sens. Elle changea sa baguette de main, examina la ligne rouge laissée par l’instrument brutalisé sur sa paume, et frotta un instant la brûlure de ses doigts avant d'intensifier la lueur magique sans un mot. Puis elle engagea le pas, puisque c’était le Mangemort qui proposait de l’accompagner et non l’inverse. Elle prit le chemin de sa ronde laissée pour compte, tout en se promettant de couper un ou deux détours pour limiter les dégâts de l’entrevue. Elle en était déjà à la moitié du parcours avant l’incident, il allait falloir qu’elle soit la plus convaincante possible durant les vingt prochaines minutes.

« C’est une question difficile… » Son ton était concerné, mais dénué de peur. La préfète devait se sentir relativement à l’aise en présence du professeur, car il était son allié. Un certain stress était cependant de rigueur, dû à sa qualité de Mangemort qui ne laisserait absolument aucune gamine de marbre, toute Gryffondor qu’elle puisse être. C’est pour cela qu’elle laissa libre court à son vieux démon de tic, celui qui creusait des sillons dans la peau entourant ses ongles, sans se cacher. « … parce que je répondrais deux choses très différentes selon que ce soit un journaliste ou un membre de ma famille qui me la pose. »

Son pas n’était pas vif mais il était silencieux, et son expression se voulait plutôt neutre, bien que raisonnablement marquée par le doute. Elle ne souriait pas. Sa réponse induisait implicitement que l’homme précise quel type d’honnêteté il désirait, de plus elle lui permettait de gagner un peu de temps pour se convaincre elle-même de ce qu’elle allait avancer. Elle voulait qu'il lui demande ce qu'elle dirait à un professeur, qu'il lui reproche même d'avoir dévoilé cette intention. Quelque chose, enfin, qui lui donnerait plus de matière pour rebondir convenablement, car la base qu'il lui offrait était bien maigre et bien fragile.

_________________
when I find myself in times of trouble
mother Mery comes to me
et souvent la haine touche sa joue est arrache ses veines, alors il n'y a plus de souffrance et seulement la bête qui s'agite au creux de son ventre dans l'automne aride et la tempête

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
MANGEMORT
    MANGEMORT
AVATAR : Aiden Shaw
MESSAGES : 29
MessageSujet: Re: [9 Novembre 97] Hell is round the corner Lun 25 Sep 2017 - 23:54

Il n’y avait pas à chipoter, il la prenait en otage. Tel une espèce de Dieu grec, il descendait de son Olympe transformé en un animal sauvage pour profiter des faiblesses de pauvres mortels impuissants. Au vu des couloirs sombres qu’ils s’apprêtaient à parcourir, il était le Minotaure qui trompait le fil d’Ariane pour la conduire tout droit dans les ténèbres avant de la dévorer. Peut-être l’engloutirait-il véritablement en découvrant ce qu’elle cachait derrière ce mur de bienséance forcée ? Andreas était suffisamment attentif pour savoir quand on ne voulait pas de sa compagnie. La plupart du temps, peu lui importait, mais il reconnaissait les attitudes allant à son encontre. Les personnes s’accoutumant d’une situation sans paraître impolis, mais dénués de tout entrain naturel, se recroquevillaient souvent dans un comportement placide. L’indifférence. Non pas celle de l’orgueil, mais celle du sujet. Son caractère respirait à petites doses, comme pour garder un rythme régulier sans jamais flancher dans sa tâche, dans l’attente que l’indésirable cavalier s’en aille, et qu’elle puisse reprendre son air habituel. Une longue apnée que ces individus s’imposaient par crainte de ce qu’on pouvait penser d’eux, mais pas assez bons acteurs pour jouer leur rôle jusqu’au bout. La demi-mesure, partout.

Son regard abandonna le professeur et elle sombra dans ses pensées -probablement simulées. Si Andreas avait aisément déterminé que la jeune fille savait prendre du recul sur son comportement, il ne savait en revanche pas pourquoi elle était aussi prudente. La situation imposait une prudence à tous ceux dont l’existence pouvait être remise en question. La prudence s’imposait à ceux qui se savaient être incapables d’aller contre leur caractère, comme Slughorn. La prudence s’imposait aux lâches hypocrites et à ceux qui avaient quelque chose à cacher. Et puis, il y avait la peur. Tremblements, yeux baissés et sueurs froides. Ravages sur les nerfs et sur la conscience. Si elle était jeune fille soumise, il l’exhorterait jusqu’au précipice. Si elle travestissait à l’ombre de sa tranquillité des remords bien cachées, il ne manquerait pas de s’y dissimuler, lui aussi. Qui n’aimait pas noyer la fourmilière et regarder ces petits points noirs courir dans tous les sens, incapables de lutter contre ce grand Dieu à la cruche d’eau bien remplie… ?

- Avec plaisir, Professeur.

Avec le même plaisir qu’on éprouvait en se noyant, au moins ? En tube de dentifrice presque vide, la mademoiselle récoltait les dernières traces de ‘’plaisir’’ qui voulaient bien en sortir. Il n’y avait pas à se voiler. Certains trouvaient au professeur du charme, qu’on associait souvent à celui d’une jolie cristallisation rocheuse. Après le bonheur des cailloux, le charme des pierres et des minéraux… Il savait que sa présence ici n’était pas voulue, mais bon, tant pis ! Il la regarda patiemment démêler ce que ce vieux prof voulait bien dire par ses questions qui ne voulaient rien dire, et tout dire en même temps. Des interrogations chargées. Innocentes, mais la bouche qui les avait prononcées n’avait que du poison dans les sillons à rendre noire n’importe quelle intention. S’il avait été un gentil vieux sans nom ni histoire, la jeune fille lui aurait peut-être souri, avant de partager sur son épaule anguleuse, dans des élans d’honnêteté désespérée et involontaire, un peu de sa vérité. Mais avec un Rowle, on se barricadait derrière des sacs de sable en attendant l’artillerie. Et à dire vrai, il aimait ça et ne changerait pour rien au monde sa renommée contre l’anonymat paisible de petites fourmis.

- C’est une question difficile… Mais quelle opinion remarquable sur la situation ! Oui, on pourrait disserter sur la perspicacité de votre remarque pendant des décennies, mademoiselle. Difficile était cependant un bien grand mot. La question était simple, les temps étaient difficiles, ne confondons pas en si bon chemin ! Surtout si c’est pour avouer votre capacité à y répondre avec une excuse aussi peu convaincante, si facile. La force des rouges n’était-elle pas le courage ? L’esprit qui n’abandonnait pas, quelle que soit la difficulté ? Et voilà qu’on se faisait abattre par une seule phrase. Pétillants, ces Gryffondors ! Enfin, pleins de bulles…

- … parce que je répondrais deux choses très différentes selon que ce soit un journaliste ou un membre de ma famille qui me la pose. A peine quelques échanges et les voilà partis pour la langue de bois. Même pas le mensonge, ni la dissimulation, non ! La langue de bois ! Rien que ça. On vise la carrière politique, miss ? Et puis, la réponse, on la connaissait déjà, non ? A quoi bon perdre son temps en tergiversations qui ne faisaient que repousser l’échéance ? Le mystère était aussi épais que l’intellect de cette rouge. Au moins, maintenant il était certain qu’elle allait lui mentir. On n’élude pas une question de cette façon si on ne marche pas sur des œufs. Ou sur des couteaux, à vous de choisir, mademoiselle. Au moins, avec les couteaux, on peut souffrir en silence, tandis qu’un œuf cassé est cassé pour toujours. Andreas s’esclaffa dans sa barbe d’un air si naturel que c’en était déroutant. On aurait dit qu’il la complimentait pour sa présence d’esprit, alors que bon… il aurait plutôt parié sur son absence.

- Et qu’est-ce qui me dit que vous seriez honnête avec l’un des deux, mademoiselle ? Ou est-ce que ça veut dire qu’il y aurait, selon votre opinion, plusieurs versions, et que toutes sont acceptables dans leur authenticité ?

Andreas, mesurant sa démarche d’un pas qu’il calquait sur la jeune fille, regardait droit devant soi, comme contemplant l’étendue de cette question philosophie qui n’était qu’une moquerie de plus pour embrouiller les pensées. Vérité, authenticité, versions, opinion… Comme si quelqu’un comme elle pouvait avoir une opinion valable. Il savait très bien ce que ça voulait dire : on raconte aux gens ce qu’ils ont envie d’entendre. Mais pour ça, il faut savoir à qui on s’adresse exactement. Alors, Andreas, quelle étiquette te coller pour qu’on sache quoi te dire ? A qui disait-on toujours la vérité… ?

- La famille, on ne veut pas l’inquiéter, tandis que les journalistes, on sait qu’ils vont tout sortir de son contexte pour soit en faire un drame, soit tout retourner.  Alors voyez-moi comme une feuille blanche mademoiselle.


Il la regarda en biais d’un visage sans sourire, mais teinté d’une douceur qui reposait uniquement sur l’angle des paupières et la tranquillité de la bouche. Ils marchaient silencieusement dans le noir, frôlant les couches de tapis sans voir le bout des couloirs, ni leur début. Il avait la sensation de se faire engloutir par une monstruosité gigantesque dont il n’avait aucune crainte. Il arpentait les chemins avec l’assurance de celui qui connaissait le moindre recoin de ses ténèbres. Et puisque l’eau n’était jamais assez trouble, ni la nuit assez noire, il imita la jeune femme, noyant son propre poisson. Poison ? Poisson…

- Personnellement, je trouve l’école sinistre en ce moment. C’est sûr, rien de plus sinistre que d’avoir un sang-mêlé pour directeur. Andreas baissa les yeux, réfléchissant.Le corps professoral en pâtit de manière visible. Précisons qu’il pâtit de lui-même, comme une sorte d’apoptose. Qu’est-ce qu’ils attendaient tous pour faire le ménage ? Je trouve dommage que ça se répercute autant sur les élèves. Comme si on était obligés d’en passer par là, vous ne trouvez pas, mademoiselle ?

Oui, pourquoi prendre des pincettes avec des maisons de clochards comme les Nuncaboucs ? Pas d’homme, pas de problème, disait Staline. Et il s’y connaissait le bougre.

_________________
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
GRYFFONDOR5ème annéePréfète
    GRYFFONDOR
    5ème année
    Préfète
AVATAR : Saoirse Ronan
MESSAGES : 773

INFOS PERSONNAGE
SITUATION AMOUREUSE SITUATION AMOUREUSE: Célibataire. Bisexuelle.
DATE & LIEU DE NAISSANCE DATE & LIEU DE NAISSANCE: 15 mars 1982, à Plymouth.
SANG SANG: mêlé
MessageSujet: Re: [9 Novembre 97] Hell is round the corner Lun 13 Nov 2017 - 16:05

Meredith décréta rapidement qu’il n’allait servir à rien de se débattre dans de l’esprit, des plans et des calculs. L’homme qui lui faisait face était comme un fou, rendu brillant par sa folie, en cela qu’il semblait posséder sa logique propre, et n’obéir à aucune des lois régissant la raison commune. Elle se retrouvait piégée face à un monstre empirique, puissant, et elle n’avait aucune idée de l’étendue de sa cruauté. Rowle, voilà un nom qui laissait libre-court aux imaginations fertiles en termes de légendes sanglantes et de murmures de couloirs. Meredith avait conscience de sa situation, mais ne savait pas jusqu’où ces légendes étaient fondées. Elle avait peur de l’estimer. Elle ne l’estima donc pas. Ce regard qu’il porta sur elle, plein de bienveillance, et cet éclat de rire lui fit froid dans le dos. Un froid pervers, violent. Elle avait vraiment peur de cet homme. Elle avait peur de ce qu’il représentait, ce qu’il disait, ce qu’il montrait de lui. Ce rire sonnait aussi juste et honnête qu’un violon malmené par quelqu’un qui ne sait pas en jouer mais en joue quand même. Un des pires sons au monde.

« Et qu’est-ce qui me dit que vous seriez honnête avec l’un des deux, mademoiselle ? Ou est-ce que ça veut dire qu’il y aurait, selon votre opinion, plusieurs versions, et que toutes sont acceptables dans leur authenticité ? »

La lionne répondit à ces mots par un petit sourire troublé. Paraître idiote oui, cela sûrement la servirait. N’avait-elle pas juré d’arrêter les calculs ? Rien ne marcherait avec lui. Mais elle imaginait peut-être réussir un minimum à être ce qu’il attendait qu’elle soit, c’est-à-dire tout sauf maline. Elle était à gryffondor, pour commencer. Elle aurait dû réfléchir à cela avant. Quel espoir aurait-elle de lui plaire ? Elle n’était rien, peut-être une simple bête un peu curieuse parce qu’au lieu de protéger ses petits du fauve, elle les lui jette en pâture pour mieux s’enfuir.

« Oui, plutôt ça. En fait, je leur dirais la même chose dans le fond mais pas de la même manière. En fait, quelle que soit la personne … Non, vous avez raison, c’est idiot comme remarque. » dit-elle avec une ombre lointaine de familiarité.

Le couloir semblait ne jamais vouloir s’arrêter. Seule, Meredith aurait certainement apprécié la qualité esthétique de cette vue, mais les émanations malfaisantes de son voisin, dont elle ne cessait de prendre plus conscience, engloutissaient toute perspective agréable. Elle ne voyait là qu’un gouffre insondable, certes familier, mais traître comme Judas.

« Voyez-moi comme une feuille blanche mademoiselle. »

Cette remarque la fit presque sourire de son absurdité. Ou plutôt, de l’indéniable perversité qui s’en dégageait. Le titre qu’il lui adressa lui rappela cependant une chose qu’elle n’aurait jamais dû oublier : Professeur Andréas Rowle. L’homme au tatouage sinueux l’effrayait, mais en cet instant, elle était aux côtés de l’enseignant – bien qu’elle refusât de le considérer comme tel. Et de lui, elle n’avait pas grand-chose à craindre. Pourquoi lui ferait-il du mal ? Comment pourrait-il excuser son geste ? Bien sûr qu’il trouverait quelque chose, mais le geste en lui-même serait aussi absurde qu’inutile.

« Vous savez bien que c’est impossible ça, Monsieur. » répondit-elle avec un sourire timide.

La seule chose dont elle pouvait peut-être s’inquiéter, c’était le rapport qu’il pourrait faire aux Carrow. Mais sans trop se l’expliquer, elle supposait que Rowle ne portait pas les deux créatures dans son cœur. Toute personne un tant soit peu raisonnée ne le pourrait, et le vieil homme était peut-être fou, malveillant et pervers comme douze Mangemorts,  il n’était pas idiot. Se tenant à sa promesse, la rouge décida de ne pas tenir cette affirmation comme acquise, et passa une main dans ses longs cheveux pour les libérer de son col et détendre sa nuque par la même occasion. Elle s’accorda quelques respirations, et chercha le regard qu’elle trouva posé sur elle.

Sinistre. L’école était sinistre, disait-il de sa voix profonde, encourageant la confession. L’écho de cette réponse à ses pensées finit de la convaincre d’arrêter de chercher à comprendre le professeur, d’arrêter de vouloir lui plaire, et d’être simplement et pleinement celle qu’elle devait être. Pas seulement pour lui, mais pour toute l’école et pour elle-même. Forçant son rythme cardiaque à ralentir, elle se fit une raison, et tendit l’oreille aux prochaines paroles de son interlocuteur.

« Je trouve dommage que ça se répercute autant sur les élèves. Comme si on était obligés d’en passer par là, vous ne trouvez pas, mademoiselle ? »

Le bougre. Il s’engageait sur ce terrain-là. Un pincement de sourcils légèrement contrarié traduisit son étonnement, et elle se tourna à demi vers le vieil homme pour observer son expression. Elle laissa refléter une certaine gêne, celle de l’élève en désaccord avec son prof mais n’osant pas trop le dire. La question était résolument politique, éthique, et son opinion n’était peut-être pas légitime face au poids de l’âge et de l’expérience. Mais il lui demandait son avis. Elle hésita un instant, incertaine. Quoi qu’elle dise, cela ne lui servirait pas. Il était clair que l’homme s’était arrêté dès le début de la conversation à ce qu’il savait d’elle. Se raccrochant à ses consignes, elle ne réfléchit pas à sa réponse et la laissa jaillir d’elle-même, naturellement, après quelques secondes d’incertitude.

« Je … je ne sais pas. J’ai l’impression que les mauvaises personnes en souffrent, surtout. »

Elle pensait aux sorciers pur-sang, ou même aux sang-mêlé d’ascendance sorcière, qui subissaient les affres du pouvoir en place. Il était réellement terrible que cette folie les touche aussi. Il était surtout parfaitement incohérent que tout ceci leur retombe dessus, ils devraient au contraire être préservés. Du moins, s’ils n’agissaient pas inconséquemment comme le faisait Neville.

« C’est vrai que les punitions sont souvent trop rudes. Ou pas assez, selon la situation. » Elle comprit au regard de son interlocuteur qu’elle allait devoir illustrer pour être crédible. Elle enchaîna. « Fouetter un première année pour un regard de travers, c’est excessif. Priver un Nuncabouc de nourriture pour un regard de travers, c’est insuffisant. Je ne comprends pas trop l’ordre des priorités des professeurs Carrow. »

_________________
when I find myself in times of trouble
mother Mery comes to me
et souvent la haine touche sa joue est arrache ses veines, alors il n'y a plus de souffrance et seulement la bête qui s'agite au creux de son ventre dans l'automne aride et la tempête

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Contenu sponsorisé
MessageSujet: Re: [9 Novembre 97] Hell is round the corner

Revenir en haut Aller en bas

[9 Novembre 97] Hell is round the corner

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut

Sujets similaires

-
» 29 novembre 1987 : 19 ans déjà !» 18 novembre, fête de l’Armée d’Haïti.» Welcome in Hell... [Ali & Ysi ]» Former Crack Cocaine User to the Second Round of Haiti’s Fraudulent Election» 18 novembre 1803, les idéaux de Vertières
Page 1 sur 1
Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
 :: ECOSSE; Poudlard & Pré-au-lard :: Dans les étages :: Couloirs-