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[4 novembre 1997] Tribulations et réflexions sur le nouvel ordre sorcier

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Serpentard7ème annéePréfet
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MessageSujet: [4 novembre 1997] Tribulations et réflexions sur le nouvel ordre sorcier Jeu 24 Aoû 2017 - 16:47



Léon se tenait immobile, assis sur son lit, au milieu du silence de son dortoir. Depuis les évènements du 17 octobres dernier, il redoutait l'arrivée de l'heure du repas. Se rendre dans la Grande Salle était devenu une véritable épreuve. Partout où son regard se posait, il repensait aux élèves tombant sous les sorts des Carrow. Comme toujours lorsqu'il était pris dans les souvenirs de cette soirée, les cicatrices de son dos se réveillèrent. Il secoua la tête. Il n'aimait pas ce sentiment d'impuissance, il fallait qu'il prenne sur lui et aille à ce repas. D'autant plus que les professeurs Carrow ne manqueraient pas de demander des comptes s'il continuait à trop éviter la Grande Salle. Son meilleur ami, Charles, avait été d'un véritable soutien durant cette épreuve mais il était à présent temps qu'il se prenne réellement en main. Il se leva, attrapa sa cape aux couleurs vert-et-argent et s'enveloppa dedans. C'était facile : rejoindre la Grande Salle, prendre une assiette et essayer de penser à autre chose qu'au cauchemard qu'il avait vécu. Qu'ils avaient vécus. L'adolescent savait qu'il n'était pas l'unique personne ayant souffert : certains c'étaient retrouvés mutilés et garderaient parfois les stigmates de l'agression à vie, sans possibilité de les cacher. Son coeur se serra brièvement quand l'image furtive de Malia s'imposa à lui. Il n'était pas aller la voir et se doutait qu'elle n'en aurait de toute façon pas très envie. Il se souvenait très bien ne pas avoir bougé en la voyant s'écrouler, ce soir là, tandis que le Mangemort s'appliquait à agrandir ce sourire qui l'avait fait chavirer. Léon n'était pas courageux, mais cela ne le gênait pas. La plupart des gens ne font pas preuve de courage, même s'ils sont parfois persuadés du contraire. Son quotidien d'avant le seigneur des ténèbres lui manquait. Contrairement au masque qu'il affichait, il n'était pas particulièrement ravi du nouveau régime, bien qu'il n'ait aucune intention de s'engager dans la résistance. Tout ce qu'il voulait, c'était que personne ne le remarque et ne lui demande de choisir un camp. Or, maintenant qu'il avait ces immondes cicatrices dans le dos, il était devenu une sorte d'objet de pitié : le pauvre Serpentard qui c'était également fait punir. Pire que ça, certains élèves - il en était persuadé - était ravis qu'il ait également été touché, rien que pour pouvoir dire " tu vois, même les Serpentards ont perdus de leur prestige : être une vipère ne semble pas attirer les faveurs des Mangemorts".

Charles et lui n'avaient jamais reparlé de cette soirée. Léon se doutait que son ami avait été au moins aussi choqué que lui par l'hécatombe, mais aucun des deux n'avait voulu le remettre sur la table. C'était encore trop frais, trop douloureux. Et puis leur longue amitié leur permettait de taire les évènements : Léon n'avait pas besoin de parler, Charles savait. A quoi bon mettre des mots sur le stress post-traumatique que toute l'école vivait ? Le Serpentard savait que tout le monde revoyait la scène, que cela soit lors de reviviscences diurnes ou bien par accès de cauchemard. Comme lui, d'autres élèves devaient être en état d'alerte permanente. Léon se surprenait à sursauter pour un rien : une verre qui s'écrasait au sol, une porte qui claquait. C'était comme si ses sens voulaient se faire pardonner de ne pas avoir réussi à lui faire éviter le sortilège.

Tout occupé à ruminer ses sombres pensées, Léon se retrouva bien vite devant les portes en chêne massif de la salle de restauration. Il frissonna, soudain prit de tremblements. Il ne pouvait pas se permettre de craquer, pas là, pas devant tout le monde. Se reconstruisant un masque de fierté, il fit demi-tour et sans un regard en arrière, se dirigea vers les étages à grandes enjambées. Il trouva refuge dans une salle de classe abandonnée et se laissa tomber sur une chaise, enfouissant sa tête dans ses mains. T'es qu'une lamentable loque ... se complimenta-t-il intérieurement ?  Quelqu'un toussa et Léon sursauta vivement en se retournant. Super. De toutes les salles de classes de ce foutu château, il avait fallu qu'il tombe sur la seule déjà occupée. Léon mit un peu de temps à mettre un nom sur le visage de la préfète des Gryffondor, puis la lumière se fit. C'était la plus jeune des Brenckenridge, dont le frère aîné se trouvait dans la même année que lui à Serpentard. Selon les rumeurs, ce dernier n'était pas retourné à Poudlard car il avait quelque chose avoir avec la mort de Dumbledore. Pour d'autres, s'il n'était pas présent à la rentrée c'était parce qu'il avait été - au choix - recruté par Lord Voldemort en personne, tué lors d'une opération coup de poing des mangemorts en plein Londres, retenu en otages pour faire chanter sa famille. Pour faire simple : personne ne savait pourquoi son frère était parmi les absents.

La cadette de la famille semblait cependant mieux s'en tirer, à juger par l'insigne qu'elle portait fièrement sur sa robe de sorcière. Un éclaire de jalousie le traversa : les préfets semblaient être totalement protéger des Carrow puisque la majorité d'entre eux étaient sortis indemne de la punition de masse des jumeaux infernales. Il n'était pas certain pour la Gryffondor, mais peut lui importer, il comptait lui faire connaître son désappointement. Si Charles avait été présent, il lui aurait probablement conseillé de ne pas faire de vague. Si les préfets bénéficiaient réellement d'une sorte de protection, d'accord tacite avec les mangemorts, alors il aurait tout à gagner à les éviter. Sauf que Léon était bien trop impulsif pour ordonner toutes les précautions que lui envoyait son esprit inquiet. Il se leva, tira une chaise et s'installa en face de la Gryffondor.

__ Salut, commença t'il d'une voix polie. Meredith, n'est-ce-pas ?

Il ne lui laissa pas vraiment le temps de répondre et continua.

__ Comment va ton frère ?

La question était déplacée et surtout trop intime alors qu'il ne se souvenait même pas de lui avoir déjà adresser la parole. Pas une fois dans toute leur scolarité. A quoi jouait-il ? Il remarqua la cicatrice sur l'avant bras de la jeune femme et ravala sa bile. Ah ... finalement, les préfets avaient été blessés lors de l'attaque ? Curieux. Il avait passé assez de temps à observer Carlie pour savoir qu'elle en était ressortie - du moins physiquement - totalement indemne. Ethan semblait également ne pas avoir été touché ... Il y avait pourtant des bruits qui couraient dans toute l'école, maudissant les préfets qui auraient vendus leurs services aux mangemorts en l'échange d'une protection. Cela rendait la rouge et or particulièrement intéressante : avait-elle faillie quelque part pour se retrouver victime ? Il ne put empêcher sa curiosité de franchir ses lèvres.

__ Les rumeurs sont fausses alors ... nous avoir conduit à cette boucherie ne vous a pas épargné pour autant. Dommage. Moi qui voulait postuler ....

Il la gratifia d'une moue moqueuse avant de poser sa main sur sa joue, ne la lâchant pas des yeux, attendant une réponse. C'était toujours mieux de l'affronter elle que de retourner sur les lieux de l'agression. Il y été parvenu ce matin, puis à midi mais ce soir, c'était trop insurmontable.  



Dernière édition par Léon Schepper le Dim 18 Fév 2018 - 17:16, édité 3 fois
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MessageSujet: Re: [4 novembre 1997] Tribulations et réflexions sur le nouvel ordre sorcier Sam 26 Aoû 2017 - 12:22


La salle commune des rouge et or avait beau être pratiquement vide, elle en restait très bruyante. Ses occupants s’appliquaient à faire un maximum de capharnaüm, à grand renfort de cris, de rires et de magie, et Meredith soupçonnait que sa présence n’y était pas totalement étrangère. Elle s’était enfouie dans un fauteuil quelques minutes plus tôt, recroquevillée devant la cheminée, et parcourait avec attention les pages jaunies d’un tout petit recueil de poésie. A peine s’était-elle installée que le groupe de 7ème année attablés devant leurs parchemins avait progressivement monté le volume sonore de leur conversation, jusqu’à produire un infernal boucan. La jeune préfète n’était pas d’humeur à lutter, et ayant bien conscience de l’inutilité d’une quelconque brimade, elle ne mit pas bien longtemps à se lasser. Elle attrapa le plaid qui recouvrait le dos du fauteuil, enfouit son livre au fond de la poche de sa robe de sorcière, puis quitta le chaleureux foyer sans un regard pour ses camarades.

Le contraste de température avec les couloirs se fit immédiatement sentir, et en parfaite frileuse, Meredith rêvait déjà de l’instant où elle pourrait s’enrouler dans sa couverture tiède. Les escaliers étaient à l’image des couloirs : presque vides. Chacun était parti rejoindre la Grande Salle pour le repas du soir. La lionne, elle, ne mangeait plus de dîner. Elle s’était mise en tête que c’était un repas inutile, au vu des quantités de nourriture proposées au petit-déjeuner et au thé de midi. Ou bien seulement n’avait-elle pas faim. Ou bien ne supportait-elle plus de passer ces longues minutes seule, en face à face avec son assiette presque vide et sa cruche de jus de citrouille. Pour toutes ces raisons sûrement, ses soirées n’étaient plus consacrées qu’à la lecture, l’entraînement, et de plus en plus souvent, la sieste pré-ronde nocturne. Ce soir sans particularité n’échappant pas à la règle, mais les lions ayant décidé de lui casser les pieds, elle se mit en quête d’un lieu d’isolement. Habituellement, la première salle vide venue convenait. Mais ce soir, elle cherchait un minimum de confort, et donc une salle avec un fauteuil ou un vieux canapé. C’est en descendant vers le premier étage qu’elle trouva son bonheur et se déposa confortablement dans un des nombreux sièges à coussins d’une ancienne classe d’arithmancie.

Assise en travers du fauteuil, le dos contre un bras et les jambes posées sur l’autre, elle se recouvrit de son plaid et soupira d’aise. Seule. Au chaud. Emily Brontë au creux des mains. Et du silence, du silence à revendre, du silence épais et enveloppant ! L’arithmancie requérant une absolue concentration, les salles dédiées à son enseignement étaient généralement très bien isolées, et très bien insonorisées. Meredith put rouvrir son livre et s’y replonger … pendant quinze secondes. Le bruit d’une porte qu’on ouvre précipitamment lui fit lever le menton, et c’est non sans une profonde exaspération qu’elle suivit le nouvel arrivant des yeux alors qu’il s’effondrait sur une chaise avec l’attitude typique de l’homme fatigué et torturé par on-ne-sait quel démon intérieur. Ne semblant pas vouloir notifier sa présence, la préfète crut bon de se signaler par une petite toux pas du tout naturelle.

Si toute son attitude clamait son impatience, qu’elle souhaitait retrouver au plus vite sa solitude, le jeune homme – visiblement membre de la très prestigieuse maison des Serpentards – ne sembla pas l’entendre de cette oreille. Au contraire, il crut judicieux de se rapprocher d’elle avec sa chaise et de se planter là, comme s’il voulait engager une conversation. Meredith ne comprenait absolument rien à ce qui était en train de se passer. Son visage trahissait sa déconvenue presque autant que son agacement, et elle ne parvint pas à dire quoi que ce soit avant que le serpent ne prenne lui-même la parole.

« Salut. Meredith, n'est-ce-pas ? » Un court silence, et il enchaîna. « Comment va ton frère ? »

La lionne n’en revenait pas. Ses sourcils prirent une courbe alarmante, et elle ferma son livre, le regard planté dans celui de l’opportun. Sérieusement ? Pour qui se prenait-il ? Et puis c’était quoi cette soudaine envie de taper la discute ? Elle avait rarement eut affaire avec une telle indiscrétion. C’était peut-être un pari. Un pari d’inconscients ignorant l’étendue du danger qu’elle représentait. Meredith se laissa quelques secondes de battement, pour mieux intégrer les informations. Elle se redressa un peu, croisa les mains et détendit les muscles tendus de son visage pour reprendre progressivement une expression neutre, quoique toujours teintée de son incrédulité.

« Et à qui ai-je l’honneur ? » furent les premiers mots logiques qui franchirent la barrière de ses lèvres. Elle ne le connaissait ni d’Eve, ni d’Adam, et doutait qu’il fut très proche d’Aloysius pour parler de son départ avec une telle légèreté. Bien sûr que son frère n’était pas connu membre de l’Ordre, sinon elle ne serait certainement pas là à discutailler tranquillement mais plutôt gardée captive comme éventuel moyen de pression (car quel meilleur endroit que Poudlard pour enfermer protéger ses étudiants ?). De là à ce qu’on le suppose assassiné, ou pire, serviteur de Voldemort, cela dépassait le bon sens. Quoi qu’il en soit, aborder la question avec elle était aussi risqué qu’offrir des framboises à un ours élastique. Vivant ou blessé, Mangemort ou non, s’il figurait sur la liste noire des absents, c’est qu’il avait de sérieuses raisons de se mettre ainsi en danger.

Avec un peu de recul, l’intervention du Serpentard ne parut plus si terrible à Meredith. Elle la trouvait toujours extrêmement maladroite et incohérente, mais au final, il semblait se demander autant qu’elle les raisons de son intervention. Que faisait-il ici à l’heure du repas ? A en juger par son arrivée en trombe, son expression hantée, et la remarque qui suivit, elle commença à tracer son chemin de déduction.

« Les rumeurs sont fausses alors ... nous avoir conduit à cette boucherie ne vous a pas épargné pour autant. Dommage. Moi qui voulait postuler ... »

La lionne se releva complètement cette fois, et observa plus attentivement le vert et argent. Des traits fins, plutôt harmonieux, qui devaient en faire chavirer plus d’une – ou d’un –, un sourire narquois qui semblait être éternellement figé sur sa bouche tant il collait bien à son faciès, une fine barbe négligée soulignant les angles de la mâchoire ... elle lui trouvait un certain charme, très classique, comme beaucoup de garçons en possède, mais rien de bien exceptionnel. Suite à cette réflexion, elle n’eut pas besoin de baisser les yeux pour que ses doigts ravagés trouvent la fine ligne blanche de sa cicatrice. Ils suivirent le tracé en un geste désormais familier, et Meredith, intriguée par ce soudain virement de bord, laissa planer un quart de sourire sur ses lèvres parcheminées.

« Les rumeurs, oui. Celles sur mon frère, celles sur moi, celles sur les préfets … il y en a pour tous les goûts. » Elle avait dit ça d’un ton amer, s’abstenant bien de souligner que cette cicatrice n’était pas l’œuvre des Carrow mais bien de sa propre baguette. « Bientôt, en exclusivité, de véritables informations que tout le monde prendra pour des mensonges. » Difficile de mettre plus de lassitude et d’ironie en une seule phrase. Son regard cependant se durcit alors qu’elle continuait.

« A part faire preuve d’un impressionnant manque de tact et risquer des points en moins, que me veux-tu ? Tu dois avoir tes raisons de ne pas être dans la Grande Salle à l'heure du repas, mais je ne voudrais pas être indiscrète en te les demandant. »

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MessageSujet: Re: [4 novembre 1997] Tribulations et réflexions sur le nouvel ordre sorcier Ven 1 Sep 2017 - 18:30



Léon s'amusa intérieurement de l'état d'hébètement de la jeune femme, son sourire rieur toujours flanqué au visage.

-  Et à qui ai-je l’honneur ? Rétorqua-t-elle.

Donc elle ne comptait pas répondre concernant le départ de son frère. Intéressant. Souhaitait-elle le protéger ou bien plutôt avait-elle honte du camp que son frangin avait décidé de rejoindre ? Pensif, le Serpentard resta interdit quelques instants, se demandant encore une fois comment quelqu'un du même âge que lui aurait pu choisir de s'engager pour cette guerre. Au fond, ils n'étaient tous que des enfants un peu paumés plongés dans un conflit qui les dépassait tous. Potter à la rigueur, il avait le mage noir le plus puissant du monde à ses trousses, alors il ne pouvait pas vraiment essayer d'ignorer le conflit mais Alosyus ... Décidément, l'adolescent était de plus en plus curieux à son sujet. Ils n'avaient jamais été ennemis, jamais amis non plus. C'était un peu de cette manière que le Serpentard pouvait de toute façon décrire la majorité des occupants de ce châteaux : connus de vues, jamais adressé la parole. Il ne se vexa donc pas en découvrant que la lionne ne connaissait pas son nom, ni tu ton réfrigérant qu'elle avait décidé d'employé avec lui. Il devait avoué ne pas porter spécifiquement les rouges et or dans son coeur non plus : trop prétentieux, trop impulsifs et trop " m'as-tu-vu". Trop tout, en fait. Tout ce qu'il détestait.

- Léon Schepper. L'honneur que tu as de me rencontré me touche, répondit-il, ironique.

Il la titilla sur les évènements de la grande salle et suivit le geste de sa main qui vint gratter frénétiquement la fine ligne de sa cicatrice. S'était-elle mise debout dans un geste de colère ? Il resta interdit, la gestuelle lui rappelant les nombreuses fois où, le soir, il passait ses doigts sur ses omoplates, effleurant des plaies encore profondes lui barrant le dos. Etrange, la façon dont les cicatrices de cette nuit marquaient la peau tout en fascinant leurs occupants. Léon savait qu'ils ne pourraient jamais oublier les évènements, jamais les occulter non plus. Les plaies étaient là pour se rappeler à leur souvenir. La Gryffondor semblait ressentir la même chose et Léon eut soudain envie de rire de la situation. Sans le vouloir, les Carrow avaient crée un lien puissant et traumatique entre chacun des élèves. Une chose si horrible que pour toujours, elle resterait gravé dans leur esprit. Un sentiment de peur si poignant que le temps d'une seul nuit, plus rien n'avait sembler les séparer. Pas même leur nom, leur appartenance à une maison ou à une autre, leurs convictions ... ils s'étaient tous transformés en victimes. Poignant, n'est-ce-pas.

- Les rumeurs, oui. Celles sur mon frère, celles sur moi, celles sur les préfets … il y en a pour tous les goûts.

Elle n'avait pas tord. Des rumeurs, c'était comme ça que tout avait commencé. Le retour de Celui-dont-on-ne-doit-prononcer-le-nom ? Une rumeur. Léon aurait peut être préféré qu'elle en reste une, d'ailleurs. Alors même s'il était le premier à savoir que n'importe qui pouvait en lancer une, l'adolescent apportait désormais un minimum de crédit aux bruits environnants. De deux choses l'une : soit les rumeurs étaient fondées, soit elles étaient inventés de toute pièce mais dans tout les cas, c'était intéressant. Même fausse, l'adolescent était toujours curieux des raisons ayant poussées une personne ou un groupe à mentir sur un sujet. Cela cachait souvent quelque chose d'au moins aussi intéressant que l'omission elle-même. Et puis elle pouvait bien cracher sur les rumeurs : cela lui permettait de ne pas répondre à la disparition de son frère tout en laissant planer le doute. Léon n'aurait même pas été surpris si Meredith s'était avérée être elle-même à l'origine de tous ces bruits de couloir. Lui, c'est ce qu'il aurait fait.

- Ca t'arrange bien, avoues, railla-t-il. Plus on invente de raison à la disparition de ton frangin, plus on s'en éloigne. Et même si on la trouvait, cette raison, elle serait noyée dans le flot d'autres théories ...

Il haussa les épaules et se releva, mal à l'aise sur le bois inconfortable de la chaise. Il étendit ses muscles et s'installa sur le canapé que la jeune femme venait de quitter, qui semblait beaucoup plus confortable. Sans aucune gêne. Pourquoi devrait-il en ressentir, de toute façon ? Ce n'était pas sa salle attitrée ni le sofa attitrée de mademoiselle la préfète. Il se fichait finalement des rumeur sur la disparition d'Alosyus : pas son problème. Par contre, celles sur les Préfets lui posaient beaucoup plus de problème. Il commençait d'ailleurs à en avoir marre, d'eux. D'abord Ethan qui le réveillait en pleine lui pour l'amener se faire découper en morceaux, puis Peters qui se ramenait dans l'infirmerie pour panser ses plaies - et son coeur, il devait l'avouer. Et maintenant il fallait que de toutes les salles vides, il tombe de nouveau sur l'une d'entre eux. Quelle ironie !

- Bientôt, en exclusivité, de véritables informations que tout le monde prendra pour des mensonges.

Il rigola doucement, amer à son tour. Il devait reconnaitre que la Gryffondor n'avait pas tord. La Gazette du sorcier était d'ailleurs très douée à ce petit jeu, noyant de vraies informations aux milieux d'autres plus douteuses. Les lecteurs n'avaient qu'à choisir quel article leur plaisait et ne pas prêter attention aux autres. Le Serpentard s'essayait d'ailleurs de plus en plus à cette méthode : ne lire que les choses dont il avait envie. Les disparitions, par exemple, il ne s'attardait même pas sur la page. De toute façon s'il arrivait quelque chose à Donia ou bien Ed, alors Lukas s'empresserait de faire larmoyer ses pauvres petits yeux d'enfant pourri gâté. Quand on dispose de ce genre d'alerte automatique, pas besoin de perdre son temps chaque matin. Les gens à qui il tenait vraiment, de toute façon, se trouvaient dans ce château. Heather et Charles étaient en tête de liste. Une petite voix lui souffla qu'un troisième nom y figurait mais l'adolescent n'y prêta pas attention.


- A part faire preuve d’un impressionnant manque de tact et risquer des points en moins, que me veux-tu ? Tu dois avoir tes raisons de ne pas être dans la Grande Salle à l'heure du repas, mais je ne voudrais pas être indiscrète en te les demandant.

Et bien voilà Brencky junior, on entre enfin dans le vif du sujet ! Songea-t-il. Au moins cette fille ne s'embarrassait pas des politesses. En même temps, il l'avait légèrement cherché en attaquant sur la disparition de son frère. Il soupira, se grattant la tête à la recherche de ses mots. Cela ne servait pas à grand chose de tourner autour du pot avec ce genre de rouge et or obstinée et butée- quoi ? ils l'étaient tous !

- Absolument rien, répondit franchement le jeune homme en haussant les épaules. Certains soirs, mettre un pied dans la Grande Salle me rappelle de mauvais souvenirs, si tu vois ce dont je veux parler. Il désigna du doigt la cicatrice de la jeune femme, se fichant pas mal des convenances. Je cherchais une salle vide et je t'ai trouvé à toi... Ma mauvaise humeur a fait le reste.

Il lui offrit un sourire poli avant d'étendre ses jambes dans le sofa, s'allongeant presque de tout son long. Après tout, elle n'avait qu'à pas se lever et puis si elle le désirait, elle pouvait bien s'installer dans la chaise inconfortable qu'il venait de délaisser.

- Puisque nous avons tous les deux choisis d'être indiscrets ... que fuyais-tu dans cette pièce vide.  Tu dois avoir tes raisons de ne pas être dans la Grande Salle à l'heure du repas, la singea-t-il.

Discuter avec mini-Alosyus avait l'avantage de le distraire et Léon comptait en profiter au maximum. Ne pas penser aux Carrow, ne pas penser à la guerre ... ne pas penser aux souvenirs brumeux de l'infirmerie. Ne pas penser à elle.  C'était un début de plan, non ?

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GRYFFONDOR5ème annéePréfèteModo Cœur de Lion
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MessageSujet: Re: [4 novembre 1997] Tribulations et réflexions sur le nouvel ordre sorcier Ven 6 Oct 2017 - 22:31

« Ça t'arrange bien. Plus on invente de raison à la disparition de ton frangin, plus on s'en éloigne. Et même si on la trouvait, cette raison, elle serait noyée dans le flot d'autres théories ... »

L’étonnement passé, la lionne laissa place sur son visage à une expression relativement placide, détachée, parfaitement débonnaire. Sa remarque était juste, bien qu’un peu décalée de la réalité. A l’entendre, tout le château semblait disserter sur la disparition d’Aloysius et établir des théories complexes sur sa véritable nature. En fait, la grande majorité s’en moquait éperdument, et c’est ça qui l’arrangeait le plus. En considérant le fait qu’en réalité, son propre frère n’avait pas songé un seul instant à ceux qu’il laissait à Poudlard quand il lui fallut prendre une décision, ce mythe du serpent errant était plutôt ironique.

A ce rire plein d’amertume que le dénommé Léon lâcha dans sa barbe, Meredith comprit qu’elle n’avait finalement pas trop de souci à se faire. Le jeune homme ne semblait pas investiguer sur elle, ni sur quiconque, et à l’inverse pouvait difficilement dégager plus de flegme. Il devait se poser des questions oui, comme tout le monde. Elle le suivit des yeux alors que sans la moindre gêne, il prenait place à ses côtés sur l’immense canapé rapiécé, prenant grand soin de ne pas la toucher, mais s’étalant généreusement tout de même.

Elle commençait à cerner un peu le personnage. Grande gueule, non-foutiste, tout entier plein d’idées et de valeurs précuites. Mais la manière dont il parlait trahissait une véritable présence d’esprit qui méritait qu’on lui prête une certaine dose d’attention. Pour s’assurer qu’ils ne se toucheraient absolument pas, la jeune fille se recroquevilla un peu plus sur son coin de fauteuil et rassembla son plaid comme un cocon autour d’elle. Elle scruta le visage hésitant qui lui faisait face, attendant patiemment une réponse à sa question indiscrète.

« Absolument rien. » Meredith laissa échapper un petit soupir de déception. Elle s’attendait à quelque chose de plus consistant. « Certains soirs, mettre un pied dans la Grande Salle me rappelle de mauvais souvenirs, si tu vois ce dont je veux parler. »

Et de pointer du doigt, comme une accusation, la fine cicatrice qui grimpait le long de l’avant-bras de la jeune fille. Elle suivit son regard et se perdit dans cinq secondes de contemplation. Cette marque si légère, si douce, semblait tracer comme un sourire cruel qui luisait à la faible lumière filtrée par les vitres ternes.

« Oui, je vois très bien … » murmura-t-elle, laconique.

« Je cherchais une salle vide et je t'ai trouvé à toi... Ma mauvaise humeur a fait le reste. »

C’était trop fort. Un pauvre garçon poursuivi par ses démons et cherchant à les fuir, tombe sur une incarnation – certes pâle et chétive – de ceux-ci. Ainsi, les souvenirs de la nuit du dix-sept planaient encore dans le cœur du serpent. Elle aurait presque eu pitié de lui si son visage ne trahissait pas tant de désinvolture. Elle-même y repensait parfois, mais pas au point de se sentir mal, et encore moins au point d’éviter la Grande Salle. Elle associait l’instant à un goût de sang, à des hurlements, tout comme lui. Mais tout lui avait semblé se dérouler à travers un voile translucide, comme si elle portait des lunettes grises et un cache-oreilles. L’horreur du moment l’avait atteinte plus tard, dans les pleurs étouffés de ses camarades, dans les cicatrices de Malia Montgomery, dans le sourire cruel des Carrow le lendemain. C’est là que ça avait été difficile. De garder la tête droite, de ne pas céder aux élans de colère et de violence qui la prenaient à la gorge. En ce point, ce n’était pas la Grande Salle mais tout le château qui était devenu une épreuve.

« Puisque nous avons tous les deux choisis d'être indiscrets ... que fuyais-tu dans cette pièce vide ? Tu dois avoir tes raisons de ne pas être dans la Grande Salle à l'heure du repas. »

Ce culot encore, auquel Meredith commençait à s’habituer. Mais sa question était légitime. Elle comprit cependant qu’il n’allait pas la lâcher de sitôt, et se dit qu’au final elle ne risquait pas grand-chose à discuter avec lui. Il ne semblait pas être stupide, et puis ils ne se connaissaient pas du tout. C’était rare pour elle de se retrouver à parler normalement aux gens, comme avant. Démarrer une conversation à plat, sans énorme à priori sur l’autre, sans antécédent. Elle ressentit une pointe de reconnaissance percer à travers son indifférence. Ce Léon, cet inconnu, lui offrait sans le vouloir une bouffée d’air dont elle pensait avoir oublié la saveur.

« Contrairement à toi, je ne fuyais pas mes démons, mais seulement l’agitation. Ma salle commune est bruyante et je n’ai pas faim. Je cherchais seulement un peu de calme. »

C’était bien vrai. Elle omettait seulement de préciser les raisons profondes et personnelles derrière l’évitement des deux lieux sociaux, d’abord parce que ç’aurait été bizarre de se livrer comme ça à un inconnu, et ensuite parce que ça ne le regardait pas. Elle se promit de rester évasive sur ces sujets, au cas où la conversation déviait vers eux. Tout Serpentard qu’il était, Léon n’était pas forcément un sympathisant des Carrow, elle aurait donc tout intérêt à se couvrir pour éviter d’apparaître sur une autre liste rouge. L’air qui s’était engouffré par la porte quand le serpent était entré n’était pas encore retombé, et la petite fut parcourue d’un long frisson qui fit vibrer tout son corps blanc. Elle se recroquevilla encore plus sous sa couverture, l’air contrit.

« Je ne comprends pas pourquoi ce château n’est-il plus chauffé correctement … » grommela-t-elle. « C’est pourtant pas compliqué, un peu de magie et ce serait réglé. »


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MessageSujet: Re: [4 novembre 1997] Tribulations et réflexions sur le nouvel ordre sorcier Mar 7 Nov 2017 - 13:07



__ Oui, je vois très bien … souffla-t-elle, sans âme.

Léon lui accorda un regard désinvolte, suspicieux devant le ton qu'elle venait d'employer lorsqu'il avait invoqué cette terrible nuit. Ainsi donc Miss Brenckenridge ne faisait-elle pas partie des ces élèves tout bonnement traumatisés par les sorts infligés par les Carrow ? Il se permit quelques regards fugaces envers la Préfète, cherchant à comprendre comment elle avait pu en arriver à ce tel masque de froideur. On aurait dit que le souvenir de cette nuit lui était désagréable, mais qu'il n'était en rien traumatisant. Le Serpentard ne savait pas vraiment de quelle manière il devait se servir de cette information. Enviait-il la Préfète en Chef d'avoir dévier le courage légendaire de sa maison afin d'ériger une carapace autour d'elle, capable de lui faire supporter les derniers évènements ? Ou bien la plaindre, pour ce qui semblait être une inaptitude à la compassion, digne des Serpentard les plus vils de sa maison ? Il garda ses lèvres closes. Des rumeurs, il n'y en avait effectivement pas que sur son grand frère disparu de la circulation. Tout le château s'accordait à dire que les Préfets étaient des vendus, mais la lionne en face de lui était souvent décrite comme étant la pire. L'adolescent avait du mal à comprendre le chemin qu'elle avait dû prendre pour en arriver là. Pour en arriver tous là, d'ailleurs. Devait-il lui poser des questions encore plus indiscrètes ? Devait-il enfoncer le clou, cherchant à lui faire dire que oui, elle aidait les Carrow ? Il détailla de nouveau la jeune fille, remarquant pour la première fois à quel point elle semblait plus jeune que lui. Et fatiguée également. Il croisa les bras, laissant retomber sa tête dans le canapé. Il n'était pas assez en forme ce soir pour se prendre la tête avec cette Meredith dont la réputation la faisait parfois craindre par les plus jeunes. Y compris chez les Serpentards, on la savait tenace. Et plus que ça : Léon se fichait éperdument de cette fille et de ses choix. Comme elle se moquait probablement des siens. Une conversation dans cette classe vide, sans chercher à entrer dans leurs convictions personnelles ne serait peut-être pas plus mal, à vrai dire. Lui aussi était épuisé de trop réfléchir à cette guerre, à ses enjeux ... et à Peters également.

__  Contrairement à toi, reprit-elle, je ne fuyais pas mes démons, mais seulement l’agitation. Ma salle commune est bruyante et je n’ai pas faim. Je cherchais seulement un peu de calme.

Le vert et argent retînt de justesse un  ricanement. Exprimer à voix haute que l'on ne fuyait rien n'était-il pas la meilleure preuve que, au contraire, on cherchait bien à éviter quelque chose ? Les yeux toujours clos, Léon laissa la phrase de la Préfète en suspens, se gardant bien de lui dire le fond de sa pensée. Au fond, malgré ses grands airs et son insigne métallique fièrement accroché à son uniforme impeccable, ce n'était qu'une gamine. C'était peut être ce détail, auquel il devrait s'accrocher en se demandant pourquoi tant d'élèves choisissaient un camps dans ce foutu château alors que quelques années auparavant, rien ne les opposer hormis la coupe des quatre maisons. Certains disaient que c'était seulement ça : grandir c'était prendre des discisions et choisir pour qui se battre. Léon restait cependant dubitatif, se demandant si choisir un camp n'était pas surtout un moyen d'appartenir à quelque chose. Et les enfants, surtout les enfants effrayés, étaient souvent ravis d'appartenir à un groupe, surtout si ce groupe dirigeait toute l'école. Meredith avait-elle peur au point de rejoindre les Carrow ? C'était ça, l'explications la plus plausible à tous ces élèves auparavant insignifiants et parfois même gentils, se décidant à rejoindre les mangemorts. La question était : avait-il lui suffisament peur pour faire ce choix ?

__ Je suis heureux que tu n'ais pas de démons intérieurs, alors, murmura-t-il.

Il savait pertinemment que cela n'était pas exactement ce qu'elle avait dit. La lionne avait précisé qu'elle ne cherchait pas à les fuir, et non qu'elle n'en avait aucun. Mais il ne pouvait s'empêcher de la taquiner sur la façon qu'elle avait eu de lui dire que elle, la grande Meredith, ne fuyait pas. On fuie tous, Brenckenridge, avait-il terriblement envie de lui dire. Il se retînt cependant et la regarda frissonner et se blottir sous la couverture. Lui avait l'habitude de ces températures, la salle commune des Serpentards n'ayant jamais été particulièrement chauffée ni chaleureuse. Mais l'adolescent s'en moquait, la trouvant particulièrement confortable. Après tout si on avait froid, il n'y avait qu'à mieux se couvrir, non ? C'est l'hiver Brenckenridge, tu espères quoi, un grand soleil et de gentils rayons venant te réchauffer le corps et l'âme ?

__ Je ne comprends pas pourquoi ce château n’est-il plus chauffé correctement … se plaignit-elle. Ce n'est pourtant pas compliqué, un peu de magie et ce serait réglé.

Le silence plana quelques instants, le vert et argent laissant son regard couler sur la petite forme grelotante et qui semblait encore plus enfantine, enroulée dans sa couverture. Il revit les Carrow dans la Grande Salle et se rappela du froid ressenti peu avant qu'il ne perde connaissance, gagné par le flot d'hémoglobine qui avait quitté son corps. Le froid avait souvent une connotation de tristesse chez la plupart des personnes. Il n'y avait qu'à voir le mercure chuté lorsque les détraqueurs s'approchaient de vous, ou encore cette idée bien ancrée qu'avant de mourir, on ressentait un souffle glacial enveloppant notre corps. Peut-être était-ce également une idée des mangemorts afin de ternir le moral de tout le monde, de tuer dans l'oeuf tout envie de soulèvement. Le froid comme arme, s'insinuant en vous et vous glaçant les os. L'impossibilité de décoller ce sentiment, même en se glissant sous une couverture ou dans un lit douillet. Il se rapprocha quelques peu de la jeune femme, espérant lui prodiguer un peu de chaleur sans pour autant entrer dans son espace vital.

__ Ce n'est pas dans leurs objectifs, je pense ... souffla-t-il sans la regarder, le regard fixé sur un point imprécis au fond de la salle. Ca fait partie de l'ambiance lugubre voulue. Il haussa les épaules, finissant par tourner la tête vers elle, avant de terminer à voix encore plus basse. Le froid se repend partout, il s'insinue en chacun des élèves présents. Et certains élèves adorent ça, si tu vois ce que je veux dire.

Oui Meredith, aimes-tu le règne des Carrow comme tu le laisses si bien entendre ? Il espérait au fond de lui qu'elle comprendrait la métaphore.


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MessageSujet: Re: [4 novembre 1997] Tribulations et réflexions sur le nouvel ordre sorcier Mer 10 Jan 2018 - 19:42

« Je suis heureux que tu n'aies pas de démons intérieurs, alors. »

Avait-elle dit cela ? Elle ne le croyait pas. Le jeune homme semblait vouloir continuer sur le ton de l’ironie. Bien sûr qu’elle avait des démons intérieurs. Et extérieurs. Mais ceux qu’elle conservait dans ses entrailles, contre ses veines, étaient solidement scellés d’une barrière en acier froid. Ce métal qui lui givrait le corps, qui l’empêchait de rire avec entrain, qui lui donnait cet air perpétuellement fatigué était lourd à porter. Mais tellement nécessaire. Plus nécessaire d’après elle qu’une quelconque ardeur inutile, qu’une agitation dans le vide, quand le temps était à la prudence et à la machination. Alourdie elle était, pour bondir plus vite et plus haut le jour où ces poids la quitteraient.

Resserrant sa couverture contre elle, elle surprit le regard curieux de Léon où semblait percer un éclat de pitié. Aussitôt, elle prit sur soi et régula ses tremblements. Hors de question de paraître plus vulnérable qu’elle ne l’était déjà. Elle n’était pas encore la petite créature fragile que l’on trouve dans la neige et dont les heures semblent comptées. Malgré ses efforts, le Serpentard ne sembla pas changer son impression et se rapprocha légèrement histoire de partager un peu de sa chaleur, tout en restant à une distance de sécurité très respectable.

« Ce n'est pas dans leurs objectifs, je pense … Ca fait partie de l'ambiance lugubre voulue. »

Il avait certainement raison. Poudlard ne devait plus rimer avec foyer accueillant et confort de vie. Désormais, l’école était une épreuve de tous les jours que l’on imposait à ses habitants, pour les affaiblir … ou les aguerrir. La sélection naturelle, qu’on appelle ça. Si Meredith, au contact de ce mode de vie, sentait nettement sa personnalité se dénaturer au profit d’un vaste et sombre inconnu, sa détermination n’était pas encore dans ses retranchements. Loin de là. Elle ne le montrait pas mais ne l’oubliait jamais : tout ce qu’elle faisait, elle le faisait pour les autres. Pour ceux qui comptaient. Pour la magie. Dans ce processus, elle n’était rien, n’avait de valeur que ce que le hasard voudrait bien lui donner. Elle mourrait certainement, car la guerre était inévitable, mais qu’importait ? On pleurerait un peu, pendant quelques temps, peut-être. Si tous ceux qui en étaient capables n’étaient pas morts eux aussi. Ce qui importait, c’était l’équilibre.

« Le froid se répand partout, il s'insinue en chacun des élèves présents. Et certains élèves adorent ça, si tu vois ce que je veux dire. »

L’insinuation de Léon était si maladroite, soulignée par une formule si évidente, que la rouge en haussa les sourcils d’incrédulité. Bien sûr qu’il parlait d’elle. La préfète soupira. Elle pensait être épargnée cette fois-ci. Mais il semblerait qu’elle allait encore devoir mentir, encore devoir broder sur ses choix et sur ses actions. Ils ne se connaissaient pas, elle n’avait donc aucune obligation de répondre, et lui aucune légitimité de savoir. Pourtant, à cet air franchement débonnaire, elle sentit une touche de curiosité sincère et détachée. Différente de ce qu’on lui servait d’habitude. Il n’avait pas l’air de vouloir la juger, mais plutôt de savoir comment sa situation était seulement possible. Cette curiosité lui rappelait la sienne, celle qu’elle ne manquait jamais de manifester envers tout et tout le monde, au mépris des convenances et de la vie privée. Alors elle reporta son regard sur son interlocuteur, et inspira lentement.

« Un froid ravageur, ouais. Assez dangereux quand on n’arrive pas à choisir une direction vers où bouger pour sauver ses muscles atrophiés. »

Son ton ne laissait pas de place au doute, elle répondait à son accusation. Avec aplomb et une lourde tendance au sarcasme.

« Certains ne sont surtout pas assez stupides pour rester sur place et mourir congelés. » Sa voix avait pris cette dureté caractéristique des moments de colère auburn de la lionne. « Chacun ses choix, Schepper. Le mien est de survivre. J’ai peut-être l’air fragile comme ça, mais cet insigne ne m’a pas été donné par hasard. On m’offre une chance de garder la tête hors de l’eau, je la saisis, c’est tout. »

Sa tirade achevée, elle défronça les sourcils et laissa un petit sourire planer sur ses lèvres, comme si elle venait de lui offrir un joli compliment. Elle avait insisté sur les derniers mots de sa phrase, comme pour clore la parenthèse sur la nature de ses intentions.

« Mais peut-être que tu ne parlais pas du tout de moi ? En ce cas, excuse mon engouement, je ne voudrais pas paraître offensante. » Elle jeta un regard vers la porte alors qu’une rumeur sourde signifiant le passage d’un groupe d’élèves se faisait entendre. Quand elle disparut, elle revint au vert et argent.

« Et toi, ça va, pas trop froid ? Certains élèves le supportent assez mal, si tu vois ce que je veux dire. Si mal qu’ils se laissent lentement pétrifier, ou par peur, approchent leurs mains un peu trop près du feu. »

Elle intensifia son regard, lui rendant sa curiosité en se forçant un peu. Alors Schepper, de quel côté est-on ? Au premier regard, elle l’aurait plutôt jugé du genre débonnaire. Neutre et attentiste. Mais peut-être qu’elle avait au contraire en face d’elle le plus discret et le plus convaincu des résistants. Après tout, elle n’était pas la seule à cacher son jeu dans cette vaste école si froide et si tremblante.

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MessageSujet: Re: [4 novembre 1997] Tribulations et réflexions sur le nouvel ordre sorcier Jeu 18 Jan 2018 - 22:32



__ Un froid ravageur, ouais. Assez dangereux quand on n’arrive pas à choisir une direction vers où bouger pour sauver ses muscles atrophiés, souffla-t-elle.

Donc elle avait choisi de poursuivre dans la métaphore. Il n'en avait rien à foutre, en réalité, des excuses que Brenckenridge se trouvait pour justifier sa conduite. Si elle pensait que c'était la bonne solution que d'aider les Carrow à mettre en place leur règne de terreur, c'est qu'elle avait une conscience assez silencieuse le lui permettant. Ou bien des intentions encore moins flatteuses que la hargne avec laquelle elle toisait tout le monde.  Et des regards de déception envers les Préfets actuels, merlin savait qu'il y en avait. Pas certain que la rouge-et-or possède encore un nombre suffisant d'amis pour pouvoir confesser ses péchés. C'était peut être la raison qui la poussait à vouloir se justifier, même à lui pour qui elle ne représentait absolument rien. Peut-être que finalement elle en avait une, de conscience. Mais quelle lâcheté que de venir lui donner des explications à lui, parfait inconnu, plutôt que d'affronter ceux qu'elle devait probablement appeler amis pour leur expliquer les raisons de son changement de comportement. Ils avaient beau ne s'être jamais adressé la parole, Léon entendait ce qui se murmurait dans les couloirs à propos de la cadette des Brenckenridge. Elle faisait presque autant parler que son frère, qui entretenait et nourrissait le mystère autour de sa petite soeur. Et si Alosyus était tout simplement parti rejoindre les mangemorts et que Meredith suivait ses pas ? Et si Alosyus était captif de Celui-dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom et qu'elle obéissait simplement aux Carrow pour protéger son frère ? Et si, et si. Léon avait une tout autre théorie, bien moins rocambolesque et beaucoup plus plausible. Elle avait peur, peur pour sa vie et avait vu l'insigne comme un bon moyen de sortir du lot. Elle obéissait et en rajoutait pour éviter de s'attirer des ennuis, quitte à sacrifier des gens qu'elle aimait. Etonnant qu'avec un tel caractère elle soit chez les lions, cela dit.

__ Certains ne sont surtout pas assez stupides pour rester sur place et mourir congelés, continua-t-elle en arrachant un sourire à son interlocuteur.

Ca c'est sûr qu'elle ne risquait pas l'hypothermie, si on continuait sur ce champ lexical, constata-t-il. Elle y mettait du sien pour se rapprocher de la chaleur rassurante du petit cercle pro-Carrow qui se pavanait dans l'école. Curieusement, la plupart se retrouvaient avec un joli insigne accroché sur leur robe de sorcier. Mais que percevait-il donc dans la voix sarcastique de la lionne ? Insinuait-elle qu'il était stupide à ne pas essayer de trouver des solutions pour sortir son épingle du jeu et ne pas agoniser avec le reste du château ? Il lui offrit une moue boudeuse, croisant les bras et attendant la suite des explications qu'elle n'allait probablement pas manquer de lui offrir. La Préfète semblait animée par un profond désir de justification ce soir alors elle n'allait pas s'arrêter en si bon chemin. Si elle pensait soulager sa conscience de la sorte, elle n'avait pas choisi le meilleur des confidents. Ou bien cherchait-elle justement à convaincre quelqu'un ne l'appréciant pas, se disant que si lui comprenait alors ses amis le feraient également ?

__ Chacun ses choix, Schepper. Le mien est de survivre, expliqua-t'elle avec son ton glacial habituel. J’ai peut-être l’air fragile comme ça, mais cet insigne ne m’a pas été donné par hasard. On m’offre une chance de garder la tête hors de l’eau, je la saisis, c’est tout.

Cette fois Léon laissa échapper un petit rire doux avant de laisser tomber sa tête en arrière, lâchant la jeune femme des yeux pour river son regard sur le plafond sans intérêt les surplombants. Enfin un peu d'honnêteté dans cette conversation. Même si cela n'était en rien original. Pourquoi cherchait-il tant à avoir des explications alors que c'était couru d'avance. Et par dessus tout : pourquoi était-il déçu de ce comportement ? L'image de Peters se matérialisa quelque seconde dans son esprit avant qu'il ne la chasse, bien trop conscient des rapprochements qu'il effectuait entre Brenckenridge et la Poufsouffle. Mais d'une certaine façon, assimiler l'idée que la lionne se soit vendue pour quelques privilèges à Poudlard était plus facile à croire. Pour Peters ... c'était beaucoup plus difficile à appréhender, parce que même s'il la connaissait peu elle semblait posséder plus de compensation et de coeur que Meredith pourrait en avoir pour une seule journée. Il laissa quelques secondes passer, sans rien dire, se délectant du calme environnant de la pièce. Cette conversation était étrange, rassemblant deux personnes totalement distinctes sur un sujet particulièrement sensible. L'adolescent ne savait pas et ne comprenait que très peu le récent engouement qu'il éprouvait pour le sujet des Préfets. Etait-ce uniquement la prise de conscience selon laquelle n'importe qui pouvait devenir bourreau selon les circonstances ? Ou bien une sorte de questionnement intérieur détourné : qu'aurait-il fait lui, à leur place? Peut-être était-ce qui lui faisait réellement peur : les décisions que même ceux qui semblaient être justes pouvaient être amenés à prendre pour satisfaire un instinct de survie.

__ Tu n'es pas obligée de réussir à nager en t'appuyant sur tes condisciples jusqu'à les noyer. Et encore moins d'avoir l'impression d'y prendre ton pied. murmura-t-il  en fermant les yeux. Un jour la guerre va se finir. Tu n'y survivras peut-être pas, moi non plus d'ailleurs, soupira-t-il avec dédain, la tête toujours vers l'arrière, la respiration calme. N'empêche qu'un jour, cela va se terminer. Si les Mangemorts l'emportent, j'espère que ton masque te plait parce t'es pas prête de l'enlever prédit il toujours aussi bas, de peur qu'on ne les surprenne. Si ce sont les autres ... j'espère que t'auras de meilleures explications que le ramassis de banalités toutes faites que tu viens de me servir.

Il ne s'était mis dans aucun camp de manière volontaire. Lui n'avait pas la prétention d'avoir réussi à choisir. Il se sentait aussi paumé que l'on pouvait l'être, partagé entre son envie de se tirer de là sans aucune égratignure et l'envie d'en sortir vivant en pouvant encore se regarder dans une glace. Mais encore une fois, difficile de juger sans être devant le fait accomplis. Mais Léon aimait se dire qu'il pourrait faire mieux que Meredith. Il préférait égoïstement penser qu'à la place des Préfets, il aurait glissé un petit mot à ses condisciples pour les prévenir de l'horreur qui les attendrait lors de la Nuit de Souffrance. Qu'est-ce-que cela aurait pû changer ? Pas grands choses, si ce n'est qu'il aurait au moins eu l'impression d'un peu de compassion entre élèves. Et puis la lionne semblait dire qu'écouter les Carrow permettait de sortir la tête de l'eau, mais elle n'avait pas parlé d'une quelquonque menace si elle n'obéissait pas. Donc c'était une opportunité qu'elle avait saisie, d'après ses dires. Etait-il jaloux ? Telle était la question. Jaloux de la position de la lionne ? Pour rien au monde, à plus y réfléchir. Il la trouvait perdante quelque soit l'issue de la guerre : condamner à vivre avec les trahisons infligées à ses condisciples et amis ou bien obligé d'affronter et de justifier ses actes. C'était peut être une opportunité pour le moment, mais pour la suite de sa vie ... cela semblait être une autre histoire. Il se redressa et capta son sourire, ressentant pour la première fois quelque chose pour la jeune femme. De la pitié. Meredith Brenckenridge lui faisait pitié. Quelque part, il trouvait sa position bien plus miséreuse que la sienne. Bien plus humiliante.

__ Mais peut-être que tu ne parlais pas du tout de moi ? En ce cas, excuse mon engouement, je ne voudrais pas paraître offensante, feignit-t-elle de s'excuser.
__ N'aies pas la prétention de penser m'offenser, ricana-t-il, ses lèvres s'étirant en un sourire franchement moqueur. J'en ai rien à faire de toi, Meredith, avoua-t-il crûment. Pour tout te dire ? Tu me fais pitié. Vraiment. Je n'aimerais ni être à ta place, encore moins me retrouver dans ta petite tête. Mais j'espère que de là où il se trouve, ton frère serait fier de te voir agir comme tu le fais. Il lui sourie de toutes ses dents, conscient de toucher une corde sensible. Parce que maintenant que tu n'as presque plus d'amis ... il ne te reste que lui, je me trompe ?  Si il est encore en vie, évidemment.

Il la lâcha des yeux de nouveau, se délaissant d'elle comme un chat délaissait sa proie après avoir suffisament jouer avec. La nonchalance qu'il avait éprouvée jusqu'alors n'était plus de mise. Mais que lui arrivait-il donc depuis la nuit de souffrance ? Pourquoi ne pouvait-il pas continuer à vivre sa vie sans vouloir essayer de comprendre les motivations des autres ? Pourquoi donc de tels comportements égoïstes le mettaient-ils dans de pareils états ?

__  Et toi, ça va, pas trop froid ? Questionna t-elle. Certains élèves le supportent assez mal, si tu vois ce que je veux dire. Si mal qu’ils se laissent lentement pétrifier, ou par peur, approchent leurs mains un peu trop près du feu.  

Mais c'est qu'elle avait bouffé un grimoire sur les métaphores la petite Brenckenridge ! Tendez-lui une comparaison entre la trahison et le fait qu'il fasse froid et ca y est, elle vous sort un parchemin de plusieurs lignes ! Qu'est-ce qu'il y a, gamine, tu as peur de dire tout haut que tu préfères lécher le sol que de prendre quelques coups ? cracha-t-il intérieurement. T'as peur que le lion sur ta robe de sorcière se casse ailleurs, trop déçu par ton comportement que même Godric Gryffondor se retourne dans sa tombe ? Il leva les yeux au ciel sans même chercher à ne pas paraître insolent. Et puis qu'il en avait marre des métaphores, il planta ses yeux dans les siens afin d'être certain d'avoir toute son attention.

__ Tu me fatigues, soupira-t-il. Certains élèves le supportent assez mal ? la singea-t-il en insistant lourdement sur le mot, avant de claquer sa langue avec mépris. Rassures-moi, on fréquente bien la même école ? Ou bien c'est juste ta grande capacité à tirer ton épingle du jeu qui t’aveugle ? Il laissa couler quelques secondes avant d'ajouter, plus froid. Quant-à ta question sur ma position dans cette école, tu es encore plus idiote si tu crois que je vais te dire quoi que ce soit. J'ai autant confiance en toi qu'en la capacité du professeur Binns à réussir à reprendre une consistance solide.

Et maintenant, dégage, ordonna-t-il intérieurement. Son regard glacial la lâcha et il laissa doucement retomber sa tête, fermant les yeux et se frottant le front, exaspéré par cette conversation qui n'avait que trop durée.

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MessageSujet: Re: [4 novembre 1997] Tribulations et réflexions sur le nouvel ordre sorcier Lun 12 Fév 2018 - 19:04

Il n’était pas simple de faire face à la fois à sa fatigue et à sa nécessaire obligation de contenir tout ce qui dormait. Le regard de Léon doucement muait. De flegmatique, étrangement brillant. De presque neutre, presque méprisant. Le changement, vraiment, était radical. Et assez étonnant. Venait-il de trouver en lui une soudaine conscience populaire ? Ou de se souvenir d’un détail qui le faisait prendre la jeune femme en haine ? Plus elle étalait des phrases à demi sincères, à demi satisfaisante, plus son interlocuteur prenait la mouche. Si elle daignait lui répondre, c’était bien parce qu’elle pensait qu’il prendrait la chose ainsi et ne chercherait pas plus loin. Pour un Serpentard, il était plus simple de voir les faits en effaçant son individuel, car ils sont en général moins passionnés dans les affaires éthiques. Voilà en quoi Meredith semblait tenir d’eux – et de son frère, par ailleurs. Elle avait toujours cru être aux trois-quarts lionne, et au quart couleuvre. Et plus l’année avançait, plus elle était confortée dans cette idée. Mais vraiment, le comportement de Léon la décevait. Il avait donc une conscience populaire plus vive qu’elle ne pensait. Quel dommage. Elle qui allait peut-être enfin pouvoir discuter calmement du sujet de Poudlard sans entrer dans le conflit d’intérêt, l’indignation enflammée ou le mépris farouche.

Elle ne savait ce qu’il semblait penser de ses justifications. Croyait-il qu’elle voulait se confier à lui ? Cette idée, au milieu d’une phrase, la fit ricaner. Ou bien il se persuadait qu’il tenait là enfin des paroles honnêtes de la saleté rouge, qui voyait en lui une manière de s’expliquer, de se soulager, de dire pourquoi elle était si basse et si peu humaine. Enfin si vraiment c’était ce qu’il avait à l’esprit, le pauvre homme était bien à côté de la plaque. Elle ne voyait en lui, désormais, qu’un moyen d’affermir son illusion, de la solidifier. Car réellement, il semblait y croire, le bougre. En témoignaient ses paroles qui, désormais, mettaient ses actes en cause.

« Si les Mangemorts l'emportent, j'espère que ton masque te plait parce t'es pas prête de l'enlever. »

Tiens-donc, monsieur se mouille enfin les orteils. Allez, vas-y franchement, au lieu de parler en langue de bois. Puisque c’est ce que tu me reproches, défais-toi des convenances et crie moi dessus ton indignation, tu en transpires. Et ce jugement, par Merlin, n’était décidément pas très original. De tous ceux dont elle avait eu l’honneur de recevoir le mépris, aucun n’avait formulé devant elle la plus petite forme de remise en question. « Ce que tu fais est mal. » Fin de l’histoire. Mais enfin, qu’ils sortent de leurs chaussons de vair, et se mettent dans ses bandages de lotus. Car si les préfets obéissaient aux Carrow, il n’était pas inconnu que ceux-ci leur faisaient subir une pression mortelle. Au final, ce qu’il lui reprochait, ce n’était pas son comportement – car pour tous c’était pareil, il fallait supposer qu’ils agissaient sous la menace – mais son opinion sur le régime. Alors qu’elle n’était que la face visible de l’iceberg. Sa fréquentation du club des monstres lui avait au moins fait comprendre, et ce très vite, que beaucoup d’élèves au château partageaient les idéaux de Voldemort. Parfois silencieusement, parfois à grands cris, ils nourrissaient gentiment leur haine des nés-moldus, et se coulaient bien plus douce qu’elle, dont le visage était désormais bien installé dans la haine collective.

« N'aies pas la prétention de penser m'offenser. J'en n’ai rien à faire de toi, Meredith. Pour tout te dire ? Tu me fais pitié. Vraiment. Je n'aimerais ni être à ta place, encore moins me retrouver dans ta petite tête. Mais j'espère que de là où il se trouve, ton frère serait fier de te voir agir comme tu le fais. Parce que maintenant que tu n'as presque plus d'amis ... il ne te reste que lui, je me trompe ? S’il est encore en vie, évidemment. »

Un silence plana durant lequel Meredith hésita. Longuement, elle pesa le pour et le contre. Car elle aurait bien eu envie d’arracher à l’instant de ce visage cette expression prétentieuse, ce rayonnant sourire, mais cela n’aurait pas été très raisonnable. D’un autre côté, rester de glace lui paraissait trop facile. Elle choisit donc d’attendre gentiment la fin de la tirade du vert, et de reporter à plus tard une quelconque réaction. Elle gardait aux lèvres son léger rictus amical, au menton son port altier, à ses mains son grattement frénétique et sanglant. Mais il venait de faire une erreur drastique en utilisant son frère pour tenter de la faire frémir. Drastique et regrettable.

« Tu me fatigues. » et moi donc. « Rassure-moi, on fréquente bien la même école ? Ou bien c'est juste ta grande capacité à tirer ton épingle du jeu qui t’aveugle ? » Oui, énerve-toi, donne un peu de vie à ce visage gelé. « Quant à ta question sur ma position dans cette école, tu es encore plus idiote si tu crois que je vais te dire quoi que ce soit. » Idiote ? « J'ai autant confiance en toi qu'en la capacité du professeur Binns à réussir à reprendre une consistance solide. »

Et la jeune fille, comprenant à son renversement de tête qu’il en avait terminé avec ses crachas, n’eut pas besoin de plus. Elle laissa s’échapper un rire d’abord un peu tremblant, avant de se muer en une quinte de toux hilare. Elle avait besoin de cela pour empêcher à sa main de finir dans la jolie figure du jeune homme, et pour empêcher à sa baguette de mettre le feu au canapé. Déjà, une légère odeur de brûlé se déposait dans l’air, reflet de l’émotion de Meredith. Elle ne savait pas – et en même temps que trop – quoi lui répondre. Les mots se bousculaient dans sa bouche, à qui sortirait le premier, à qui fuserait d’abord vers la gorge de Léon. Elle était dans cet état que l’on ne connaît que dans le cas d’un grand moment de désemparement face à un mélange unique d’ignorance, de prétention et de ridicule. Rire était la seule chose qui permettait de contenir tout cela un tant soit peu, qui exprimait assez bien son sentiment général. Car c’était une gausserie malsaine, un sursaut provoqué par tout sauf du drôle ou du cocasse. Rien ne se rapprochait plus de ce rire-là que des sanglots.

« Léon Schepper ! » elle reprit son souffle, parlant un peu plus fort que de coutume, mais sans crier. Sa voix était vibrante. « Je ne sais pas comment te le dire autrement pour que tu comprennes. Mon pauvre. Tu ne sais vraiment rien. Rien, rien du tout ! » Et si tu as l’audace de prétendre le contraire, cette fois crois-moi, je me mets en colère. « Je ne suis pas la plus pitoyable d’entre nous. T’entends-tu seulement ? est-il question de confiance ? de secret ? d’opinion ? rien de tout ça. Il n’est question que d’actes. » Elle se redressait de plus en plus, l’œil fol et l’air rieur. « Mes actes. La belle affaire. Toi qui oses avancer ton jugement, qu’as-tu fait pour les persécutés ? Contre le régime ? Surtout Schepper, surtout ne me prends pas pour une idiote. A d’autres. »

Elle s’était tant et si bien redressée que la couverture l’entourant était tombée, révélant son buste recouvert d’un pull moulant sous sa robe de sorcière. Elle n’avait pas prévu qu’on lui tiendrait compagnie ce soir-là. Ses longs cheveux épais rendaient en cet instant sa maigreur plus frappante encore. Sa main droite était posée innocemment sur son flanc, pas très loin de la poche contenant, elle le savait, sa baguette. Celle-ci d’ailleurs vibrait doucement contre le tissu. Elle pencha la tête, scrutant cette gorge offerte, cette barbe naissante. Des idées sombres tâchaient son regard bleu. Son ton était sans appel, bien plus autoritaire, bien plus dangereux. Toute son attitude clamait le calme, mais le reste, terrifiant, était en roue libre. Elle ne cessait de sourire. Qu’il ose railler sa colère. Qu’il ose lui opposer quoi que ce soit, qu’il ose seulement.

« Confiance. Pitié. Fierté. Tout ce que tu viens de me servir est d’un stérile. Mon frère, par-dessus le marché, par Merlin où as-tu cherché que me parler de mon frère serait approprié ? ce ne sont pas tes mots qui m’exaspèrent, mais leur immense maladresse. Tu ne sais rien. Et prétendre, comme tu viens de le faire … » Elle rit à nouveau. « … que tu es en position de me parler ainsi, quel que soit ton sentiment ou ton absence de sentiment sur ce que je choisis de te montrer de moi, m’apprend bien plus sur toi que si nous parlions en confiance. Ah, j’aimerais bien qu’on te l’épingle, cet insigne, qu’est-ce que je rirais ! »

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MessageSujet: Re: [4 novembre 1997] Tribulations et réflexions sur le nouvel ordre sorcier Mer 21 Fév 2018 - 18:55



C'est qu'elle était tenace la petite Brenckenridge. De toute manière, cette fille aurait probablement plus eu sa place au milieu des Serpents que parmi les Lions, même si là n'était pas la question. Il rouvrit les yeux, ses iris glissant vers la jeune femme dont le rire cristallin emplissait la pièce. C'était ce genre de rire nerveux qui vous prenez lorsque la situation semblait tellement hors de contrôle que seule une réaction inappropriée convenait. Se redressant, il dévisagea la jeune préfète, la laissant rire aux éclats tout son soûle sans oser l'interrompre. On ne savait jamais, avec ce genre de personnage, qui passait tellement de temps à tout intérioriser que la façon dont les émotions sortaient n'étaient souvent plus adaptées à la situation. Son regard coula sur elle, attendant patiemment qu'elle ait terminée sa petite crise d'hystérie. Au moins avait-il réussi à tirer une émotion sur le visage inexpressif qu'elle lui offrait depuis le début de leur conversation.

__  Léon Schepper ! souffla-t-elle, comme peinant à reprendre sa respiration avec une telle perte de contrôle. C'est sur que pour son petit air coincé qu'elle arborait en permanence, ca avait dû lui titiller les zygomatiques. Je ne sais pas comment te le dire autrement pour que tu comprennes. Mon pauvre. Tu ne sais vraiment rien. Rien, rien du tout ! Et bien elle n'avait qu'à lui expliquer pourquoi elle semblait aussi différente depuis le régime des Carrow et pourquoi cela jasait presque plus sur elle que sur tous les autres préfets. Je ne suis pas la plus pitoyable d’entre nous. T’entends-tu seulement ? Est-il question de confiance ? De secret ? D’opinion ? Rien de tout ça. Il n’est question que d’actes. Mes actes. La belle affaire. Toi qui oses avancer ton jugement, qu’as-tu fait pour les persécutés ? Contre le régime ? Surtout Schepper, surtout ne me prends pas pour une idiote. A d’autres.

Elle avait dit tout cela d'un ton égal et une partie de lui - toute petite ! - était étonné de ce self-contrôle qu'elle arborait en toute occasion. Qu'as-tu donc vécu, Brenckenridge, pour te renfermer autant et rester imperméable à tout, de la douleur des autres à ta propre fureur ? Songea-t-il sans s'offusquer des paroles de la préfète. Il n'avait pas attendu ses insinuations sur sa propre inaction pour se permettre une petite introspective. C'était bien la raison pour laquelle il dirigeait une colère bien égoïste contre les préfets : c'était beaucoup plus facile de leur en vouloir à eux que de se remettre directement en question. Seulement, il ne pouvait pas s'empêcher de trouver que ceux semblant se complaire ce nouveau régime étaient en train de se perdre. Cela dit, faisait-il vraiment mieux à enrager dans l'ombre de tant d'oppression, sans pour autant n'aider personne ? Probablement pas. Seulement, il était plus confortable de ne rien changer à son attitude et de critiquer ceux semblant l'avoir adopté que de se choisir un camp. Toujours était-il que les faux semblants de Meredith lui tapaient vraiment sur le système.

__ Je n'ai absolument rien fait et tu le sais très bien, persiffla-t-il en lui imposant un nouveau regard noir. Ni dans un sens, ni dans l'autre, je me contente juste de subir. Si tu ne reconnais pas le ton que je viens d'employer : on appelle ça l'honnêteté. Mais ca fait tellement longtemps que tu n'as pas fait preuve de franchise que je ne suis pas certain que tu en comprennes le sens.  Il pointa un doigt accusateur sur elle, peu enclin à faire preuve de courtoisie. Mais toi, Mérédith, sa langue sembla rouler autour du prénom, tu sembles tellement jubiler que cela en est indécent. C'est quoi ton but ? Perdre tous tes amis, en particulier les nés-moldus, afin de ne pas avoir à les pleurer si malheur arrivait ? Il pencha la tête sur le côté, reprenant un peu plus bas. Ou bien tu exagères cette attitude de garce sans coeur afin de cacher qu'en fait, tu rêves d'écrire en secret sur les murs de la bibliothèque ? Supposa-t-il, une moue amusée sur ses lèvres rosées. Complètement déplacé, manquant cruellement de politesse. Toute façon ce genre de personnage réfrigéré, il fallait les enflammer avec méchanceté et sans détour, si vous vouliez en savoir un peu plus. Je ne te prends pas pour plus idiote que tu ne l'es, Brenckenridge, mais ne commet pas la même erreur, sourit-il de toutes ses dents. Je le vois bien qu'intérieurement, tu boues. Ca doit être dur, à la longue, de paraître froide et détachée, d'entendre tous ces ragots. Tout ce mal que l'on dit sur toi, sur ton frère, sur ton attitude ... dis-moi Meredith, ca fait quoi d'être méprisée de la sorte ? Questionna-t-il, ses yeux gris détaillant la jeune femme avec une lueur malveillante dans le regard, s'attardant sur chacun des traits de son visage, glissant sur son cou, puis plus bas, observant d'un regard qu'il souhaitait volontairement intrusif, la poitrine naissante sous le tee-shirt noir et les hanches de la jeune femme, avant de remonter avec une lenteur exagérée vers son visage. Il pencha la tête sur le côté, exagérant à outrance son inspection puis prit une moue déçue. Comme quoi l'extérieur reflète bien l'intérieur dans ton cas : de la platitude. Mais au moins ca explique des choses. Ce sont souvent les gens sans charme ni personnalité qui cherchent les premiers à avoir du pouvoir, histoire de compenser leur coquille vide. Meredith, la seule chose qui pousse quand on est au sommet, c'est pas les seins, mais le c** à force de chauffer son trône.

Il se trouvait presque trop gentils avec elle, elle qui semblait se jouer de lui à garder cette mine impassible et semblant à tout épreuve. Il lui avait laissé l'opportunité de partir, tout à l'heure, mais il avait fallu qu'elle la ramène. C'était bien les rouges et or ça, a toujours vouloir avoir le dernier mot parce que cela faisait d'eux les gagnants de l'histoire. Pathétique, comme de vouloir contenir tant de colère dans son minuscule corps d'adolescente de quinze ans. Elle voulait rester ? Parfait. Mais qu'elle ne vienne pas se plaindre ensuite qu'il cherche par tous les moyens à faire disparaître les traits figés de son visage. Quitte à continuer à lui tenir compagnie, autant tirer autre chose que cette espèce de loque humaine qui préférait le calme d'une pièce glaciale que la salle commune réputée chaleureuse de ses condisciples. Et puis de toute façon, il n'avait rien de mieux à faire que de la faire sortir de ses gonds. Ca promettait presque d'être intéressant et à défaut d'une bonne soirée, au moins serait-il distrait. Voyons donc les limites de ton masque, Brenckenridge, pensa-t-il.

__ Confiance. Pitié. Fierté. Tout ce que tu viens de me servir est d’un stérile. Mon frère, par-dessus le marché, par Merlin où as-tu cherché que me parler de mon frère serait approprié ? Ragea-t-elle, un petit éclat de rire qu'il qualifia d'hystérique sortant de ses lèvres. Ce ne sont pas tes mots qui m’exaspèrent, mais leur immense maladresse. Tu ne sais rien. Et prétendre, comme tu viens de le faire … … que tu es en position de me parler ainsi, quel que soit ton sentiment ou ton absence de sentiment sur ce que je choisis de te montrer de moi, m’apprend bien plus sur toi que si nous parlions en confiance. Ah, j’aimerais bien qu’on te l’épingle, cet insigne, qu’est-ce que je rirais !
__ Approprié ? Je te l'ai déjà dis, je me moque bien de ton approbation, lui souffla t'il en s'étirant comme un chat, se lovant un peu plus dans le fauteuil, non apeuré par ce petit bout de femme en colère. Le sujet "Alosyus" te poserait-il un problème ? susurra-t-il, un faux air inquiet sur le visage, exagéré à outrance. Franchement, tout le monde parle de lui dans ton dos, au moins ais-je la descence de le dire devant toi. Il haussa les épaules, un air carnassier sur le visage. Certains pensent que ton frère à fuit l'oppression du régime, mais moi je pense plutôt qu'il est comme toi. Après tout, les pommes ne tombent jamais bien loin de l'arbre, n'est-ce-pas ? Avec plus d'ambition que toi, par contre. Non, moi je pense qu'il est parti servir Tu-Sais-Qui en rêvant d'être enfin glorieux dans un domaine. Il doit tendre l'avant bras en suppliant qu'on le marque comme un chien fidèle que l'on tatoue sous l'oreille. Il étendit les bras le long du dossier du canapé, passant derrière la tête de la jeune femme sans la toucher, sa main reposant non loin de son épaule, envahissant son espace personnel. Il marqua une pause, semblant pris à une intense hésitation, basculant sa tête de droite à gauche, indécis. Quoi que ... dans les deux cas, si il est aussi doué que toi, rebelle ou Mangemort, il doit pourrir dans un trou depuis longtemps. Il soupira avec fatalité, posant sa main sur l'épaule de la jeune femme, faussement condescendant. Je te présente mes condoléances. Mais en même temps, personne n'aime les lâches, vois-tu. Encore moins ceux qui ne savent pas lécher les pompes comme il le faut. Il relâcha son étreinte avant de reprendre, plus haut, d'un ton cérémonieux, mimant avec ses mains une grande banderole, juste devant les yeux de la jeune femme. Brenckenridge, la famille qui ne possède rien d'autre que sa capacité à l'échec.  Il se retourna vers elle, un sourire flanqué au visage, insolent à souhait avant d'écarquiller sa bouche en un petit "o" parfait, comme s'il prenait soudain conscience de ses paroles blessantes. Moqueur, encore. C'est pour ça que tu ne veux pas en parler ? Parce qu'il est mort en lâche, dans la honte ? Il ferma les yeux, se tapant le front de manière théâtrale tel un comédien découvrant le détail qu'il lui avait échappé jusque là. C'est sûr que s'il avait été un modèle de réussite, tout le monde serait au courant. Devines quoi ? Il se pencha vers elle, lui murmurant à l'oreille sur le ton de la confidence, son front reposant contre la tempe de la jeune lionne, Tu as la même notoriété que lui ici. Sauf que personne ne souhaite te tuer. Tu es trop insignifiante pour cela également. Il posa sa main sur elle, lui tapotant la cuisse, se permettant une nouvelle fois de la toucher sans son autorisation. Décidément, tu collectionnes la médiocrité. Tel frère, telle soeur.

Tu aurais du dégager Mérédith, ricana-t-il intérieurement.

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MessageSujet: Re: [4 novembre 1997] Tribulations et réflexions sur le nouvel ordre sorcier Dim 4 Mar 2018 - 22:23

Puisqu’il semblait décidé à parler beaucoup, à vomir un maximum d’injures en espérant la tirer de sa passivité, Meredith se tut et l’écouta. Chaque phrase sortant de cette bouche tordue par le dégoût se ficha en elle, quelques secondes seulement, avant de ressortir de l’autre côté en ne laissant derrières elles non pas de la douleur ou de la colère, mais plutôt l’empreinte vivace de la morgue du serpent. Elle avait dit ce qu’elle pensait et ne comptait pas lui en offrir plus, ce serait trop simple, trop généreux. A la place, elle préférait s’imprégner de ces mots à l’intention manifestement belliqueuse, ces mots qui n’avaient ni véritable fondement, ni autre intention que celle de blesser. Et cette évidence lui parut soudain si grotesque qu’elle n’osait rien rétorquer.

« Je n'ai absolument rien fait et tu le sais très bien. Si tu ne reconnais pas le ton que je viens d'employer : on appelle ça l'honnêteté. Mais ça fait tellement longtemps que tu n'as pas fait preuve de franchise que je ne suis pas certain que tu en comprennes le sens. »

Si elle en avait eu la force et la faiblesse, elle lui aurait sûrement demandé ce qu’il pouvait bien diable en savoir, mais la question était déjà réglée bien sûr, et elle ne fit rien que de lui rendre son regard scrutatif.

« Ou bien tu exagères cette attitude de garce sans cœur afin de cacher qu'en fait, tu rêves d'écrire en secret sur les murs de la bibliothèque ? »

Un point pour le cobra. Un observateur omniscient aurait ri de constater que cette conversation aurait pu s’arrêter là car Léon venait évidemment, dans son délire, de toucher le nerf central de la vérité, au milieu de cette nasse de mensonges et de faux-semblants. Comme c’était souvent le cas, par ailleurs, on ne disait jamais si bien la réalité qu’en la fantasmant.

« Je le vois bien qu'intérieurement, tu boues. Ça doit être dur, à la longue, de paraître froide et détachée, d'entendre tous ces ragots. Tout ce mal que l'on dit sur toi, sur ton frère, sur ton attitude ... dis-moi Meredith, ça fait quoi d'être méprisée de la sorte ? »

Ne prenant même pas la peine de réfléchir à ce qu’elle répliquerait, la lionne songea à l’inverse que c’était un beau gâchis d’en être arrivés là. Ce mépris dont il faisait si bien le jeu, il n’aurait tenu qu’à lui de le laisser à la porte pour une fois. S’il avait si pleinement conscience de l’esprit collectif dont la jeune fille subissait les affres, comment pouvait-il se présenter à elle et consciencieusement saler ses plaies en souriant de ses convulsions ? Le regard gris froid de Léon, qu’elle aurait trouvé charmant s’il n’était pas si chargé de condescendance, se détacha et débuta un périple le long de ses maigres formes.

« Comme quoi l'extérieur reflète bien l'intérieur dans ton cas : de la platitude. Meredith, la seule chose qui pousse quand on est au sommet, c'est pas les seins, mais le c** à force de chauffer son trône. »

Il passait donc à une nouvelle stratégie ? L’insulte à l’enveloppe, l’indécent ad hominem ? Par Merwyn, qu’il tombait bas. Enfin au moins sur ce coup, pas besoin de se casser la tête, ni de fissurer le masque, il n’y avait strictement rien à dire. Que le serpentard, rageant de ne pas lui tirer la colère recherchée, en soit arrivé là, prouvait l’efficacité de son scénario en conditions réelles. A cette remarque donc, elle ne daigna donc lui offrir qu’un haussement de sourcil résolument moqueur, reflet de son sentiment. Le danger cependant, échauffé un peu plus tôt, ne tarda pas à reparaître en même temps que le prénom de son frère.

« Le sujet "Aloysius" te poserait-il un problème ? Franchement, tout le monde parle de lui dans ton dos, au moins ai-je la décence de le dire devant toi. » La décence, qu’il disait. « Certains pensent que ton frère a fui l'oppression du régime, mais moi je pense plutôt qu'il est comme toi. Je pense qu'il est parti servir Tu-Sais-Qui en rêvant d'être enfin glorieux dans un domaine. »

Cette introduction au « cas Aloysius » additionnée à la main qui venait de se poser sur son épaule finit de faire germer chez la lionne le besoin inopiné et irrépressible de faire du mal à Léon. Pas de vaines paroles jetées en l’air en espérant qu’elles touchent le cœur dans leur chute. Un véritable mal, un mal physique et impérieux. La noirceur accumulée des livres et du château remontèrent jusque dans les doigts ravagés de Meredith, qui tremblèrent un peu alors qu’ils se rapprochaient imperceptiblement de la poche de sa robe.

« Je te présente mes condoléances. Breckenridge, la famille qui ne possède rien d'autre que sa capacité à l'échec. C'est pour ça que tu ne veux pas en parler ? Parce qu'il est mort en lâche, dans la honte ? »

Le contact devenait réellement insupportable quand, par Merlin seul savait quelle inspiration, le vert se détacha pour lui offrir une quelconque mimique. Le sang de la lionne bouillonnait. Durant les mois de vacances, elle avait fait un énorme travail sur elle-même pour qu’enfin tout un chacun puisse l’approcher et la toucher comme bon lui semblait, dans la limite du décent. Elle n’avait jamais apprécié la promiscuité, et évitait comme la peste les individus tactiles. La majorité de ses amis et proches avaient très vite compris qu’on laissait l’espace vital de Meredith en paix, pour le bien de tous. Mais après avoir constaté à de nombreuses reprises des regards peinés, des corps en demande d’une affection qu’elle ne savait offrir, la petite s’était résolue à changer. Sa relation avec Stefan n’ayant rien arrangé, le combat avait été rude, mais elle avait fini par acquérir le self-control nécessaire au moins à des embrassades. Et voilà que Schepper s’amusait à répandre son poison dans tous ses consciencieux efforts.

« Devine quoi ? » Son front contre sa tempe l’obligea à fermer les yeux pour se contrôler. Elle était figée, incapable de seulement s’éloigner. « Tu as la même notoriété que lui ici. Sauf que personne ne souhaite te tuer. » Les mots n’avaient plus aucun sens à l’esprit de Meredith. Elle ne comprenait rien d’autre que la pulsation montant de son ventre vers l’arrière de son crâne, et criant suffisamment fort pour que le reste semble pâle et maladif. Ce n’était pas de la colère, ni de la peur. C’était bien plus animal, plus urgent.

« Tu es trop insignifiante pour cela également. »

Et il arriva. Le geste de trop. A l’instant où cette main se posa sur sa cuisse, la lionne rouvrit les yeux, tourna la tête pour faire face à Léon, leurs nez se touchant presque, leurs visages à quelques centimètres l’un de l’autre. Elle lui offrit une demi-seconde pour mesurer l’incalculable ampleur de son erreur, puis se mit en mouvement. Sa main gauche saisit l’index qui la touchait et le tordit violemment, pas assez pour le casser mais bien assez pour faire ressentir à son propriétaire une douleur aiguë. Dans le même mouvement, elle n’eut qu’à basculer pour se lever, plaquant la main tordue contre le torse du serpent sans relâcher la pression sur l’index, puis posant délicatement sa baguette sur le cou offert en interdisant à Léon le moindre mouvement. Elle était plaquée contre lui, son genou déjà calé au creux du ventre pour assurer la prise, mais la véritable menace venait de la baguette. Tirée d’un mouvement précis et tremblant d’expectative. Bien que sa maîtresse n’ait encore rien ordonné, son extrémité était rouge, incandescente, et irradiait une puissante chaleur qui devait faire à sa victime l’effet d’une brûlure de cigarette. Ainsi installée, elle dominait pour un instant ce garçon plus grand et plus fort qui n’aurait normalement eu aucun mal à se dégager et à la maîtriser. Mais il était bien connu que dans ce monde, il y avait deux sortes de personnes … et en l’occurrence, elle était de ceux qui tenaient la baguette. Consciente de sa précieuse et éphémère supériorité, elle se pencha sans attendre sur Léon, le visage impassible mais son œil bleu couvant une tempête terrible.

« Don’t you ever touch me like this again. »

Sa voix n’avait été qu’un souffle. Elle ne resta collée contre ce corps qui la dégoûtait qu’un court instant. Vêtue d’un jogging lâche et de son pull serré, elle se sentait trop à découvert. En se détachant, elle nota que le bout de sa baguette avait laissé sur la peau du Serpentard une marque ronde, noirâtre, une brûlure superficielle mais bien visible car située à la base du cou. Cela fit monter à ses lèvres une moue pincée, emplie de mésestime mais certainement pas de regret. Sans s’attarder en bavardages inutiles, et considérant avoir déjà tout dit, elle saisit son livre et le plaid gisant au sol avant de quitter la salle sans se presser, refusant d’accorder un regard de plus à ce pathétique lézard qu’elle espérait ne plus revoir avant 48h, auquel cas elle ne donnait pas cher de sa peau d’écailles.

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[4 novembre 1997] Tribulations et réflexions sur le nouvel ordre sorcier

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