AccueilAccueil  PortailPortail  FAQFAQ  RechercherRechercher  S'enregistrerS'enregistrer  MembresMembres  GroupesGroupes  ConnexionConnexion  

Partagez|

[4 novembre 1997] Tribulations et réflexions sur le nouvel ordre sorcier

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas
AuteurMessage
SERPENTARD7ème année
    SERPENTARD
    7ème année
AVATAR : Brant Daugherty
MESSAGES : 62

INFOS PERSONNAGE
SITUATION AMOUREUSE SITUATION AMOUREUSE: Célibataire.
DATE & LIEU DE NAISSANCE DATE & LIEU DE NAISSANCE: 4 décembre 1980 (Londres)
SANG SANG: mêlé
MessageSujet: [4 novembre 1997] Tribulations et réflexions sur le nouvel ordre sorcier Jeu 24 Aoû 2017 - 16:47



Léon se tenait immobile, assis sur son lit, au milieu du silence de son dortoir. Depuis les évènements du 17 octobres dernier, il redoutait l'arrivée de l'heure du repas. Se rendre dans la Grande Salle était devenu une véritable épreuve. Partout où son regard se posait, il repensait aux élèves tombant sous les sorts des Carrow. Comme toujours lorsqu'il était pris dans les souvenirs de cette soirée, les cicatrices de son dos se réveillèrent. Il secoua la tête. Il n'aimait pas ce sentiment d'impuissance, il fallait qu'il prenne sur lui et aille à ce repas. D'autant plus que les professeurs Carrow ne manqueraient pas de demander des comptes s'il continuait à trop éviter la Grande Salle. Son meilleur ami, Charles, avait été d'un véritable soutien durant cette épreuve mais il était à présent temps qu'il se prenne réellement en main. Il se leva, attrapa sa cape aux couleurs vert-et-argent et s'enveloppa dedans. C'était facile : rejoindre la Grande Salle, prendre une assiette et essayer de penser à autre chose qu'au cauchemard qu'il avait vécu. Qu'ils avaient vécus. L'adolescent savait qu'il n'était pas l'unique personne ayant souffert : certains c'étaient retrouvés mutilés et garderaient parfois les stigmates de l'agression à vie, sans possibilité de les cacher. Son coeur se serra brièvement quand l'image furtive de Malia s'imposa à lui. Il n'était pas aller la voir et se doutait qu'elle n'en aurait de toute façon pas très envie. Il se souvenait très bien ne pas avoir bougé en la voyant s'écrouler, ce soir là, tandis que le Mangemort s'appliquait à agrandir ce sourire qui l'avait fait chavirer. Léon n'était pas courageux, mais cela ne le gênait pas. La plupart des gens ne font pas preuve de courage, même s'ils sont parfois persuadés du contraire. Son quotidien d'avant le seigneur des ténèbres lui manquait. Contrairement au masque qu'il affichait, il n'était pas particulièrement ravi du nouveau régime, bien qu'il n'ait aucune intention de s'engager dans la résistance. Tout ce qu'il voulait, c'était que personne ne le remarque et ne lui demande de choisir un camp. Or, maintenant qu'il avait ces immondes cicatrices dans le dos, il était devenu une sorte d'objet de pitié : le pauvre Serpentard qui c'était également fait punir. Pire que ça, certains élèves - il en était persuadé - était ravis qu'il ait également été touché, rien que pour pouvoir dire " tu vois, même les Serpentards ont perdus de leur prestige : être une vipère ne semble pas attirer les faveurs des Mangemorts".

Charles et lui n'avaient jamais reparlé de cette soirée. Léon se doutait que son ami avait été au moins aussi choqué que lui par l'hécatombe, mais aucun des deux n'avait voulu le remettre sur la table. C'était encore trop frais, trop douloureux. Et puis leur longue amitié leur permettait de taire les évènements : Léon n'avait pas besoin de parler, Charles savait. A quoi bon mettre des mots sur le stress post-traumatique que toute l'école vivait ? Le Serpentard savait que tout le monde revoyait la scène, que cela soit lors de reviviscences diurnes ou bien par accès de cauchemard. Comme lui, d'autres élèves devaient être en état d'alerte permanente. Léon se surprenait à sursauter pour un rien : une verre qui s'écrasait au sol, une porte qui claquait. C'était comme si ses sens voulaient se faire pardonner de ne pas avoir réussi à lui faire éviter le sortilège.

Tout occupé à ruminer ses sombres pensées, Léon se retrouva bien vite devant les portes en chêne massif de la salle de restauration. Il frissonna, soudain prit de tremblements. Il ne pouvait pas se permettre de craquer, pas là, pas devant tout le monde. Se reconstruisant un masque de fierté, il fit demi-tour et sans un regard en arrière, se dirigea vers les étages à grandes enjambées. Il trouva refuge dans une salle de classe abandonnée et se laissa tomber sur une chaise, enfouissant sa tête dans ses mains. T'es qu'une lamentable loque ... se complimenta-t-il intérieurement ?  Quelqu'un toussa et Léon sursauta vivement en se retournant. Super. De toutes les salles de classes de ce foutu château, il avait fallu qu'il tombe sur la seule déjà occupée. Léon mit un peu de temps à mettre un nom sur le visage de la préfète des Gryffondor, puis la lumière se fit. C'était la plus jeune des Brenckenridge, dont le frère aîné se trouvait dans la même année que lui à Serpentard. Selon les rumeurs, ce dernier n'était pas retourné à Poudlard car il avait quelque chose avoir avec la mort de Dumbledore. Pour d'autres, s'il n'était pas présent à la rentrée c'était parce qu'il avait été - au choix - recruté par Lord Voldemort en personne, tué lors d'une opération coup de poing des mangemorts en plein Londres, retenu en otages pour faire chanter sa famille. Pour faire simple : personne ne savait pourquoi son frère était parmi les absents.

La cadette de la famille semblait cependant mieux s'en tirer, à juger par l'insigne qu'elle portait fièrement sur sa robe de sorcière. Un éclaire de jalousie le traversa : les préfets semblaient être totalement protéger des Carrow puisque la majorité d'entre eux étaient sortis indemne de la punition de masse des jumeaux infernales. Il n'était pas certain pour la Gryffondor, mais peut lui importer, il comptait lui faire connaître son désappointement. Si Charles avait été présent, il lui aurait probablement conseillé de ne pas faire de vague. Si les préfets bénéficiaient réellement d'une sorte de protection, d'accord tacite avec les mangemorts, alors il aurait tout à gagner à les éviter. Sauf que Léon était bien trop impulsif pour ordonner toutes les précautions que lui envoyait son esprit inquiet. Il se leva, tira une chaise et s'installa en face de la Gryffondor.

- Salut, commença t'il d'une voix polie. Meredith, n'est-ce-pas ?

Il ne lui laissa pas vraiment le temps de répondre et continua.

-  Comment va ton frère ?

La question était déplacée et surtout trop intime alors qu'il ne se souvenait même pas de lui avoir déjà adresser la parole. Pas une fois dans toute leur scolarité. A quoi jouait-il ? Il remarqua la cicatrice sur l'avant bras de la jeune femme et ravala sa bile. Ah ... finalement, les préfets avaient été blessés lors de l'attaque ? Curieux. Il avait passé assez de temps à observer Carlie pour savoir qu'elle en était ressortie - du moins physiquement - totalement indemne. Ethan semblait également ne pas avoir été touché ... Il y avait pourtant des bruits qui couraient dans toute l'école, maudissant les préfets qui auraient vendus leurs services aux mangemorts en l'échange d'une protection. Cela rendait la rouge et or particulièrement intéressante : avait-elle faillie quelque part pour se retrouver victime ? Il ne put empêcher sa curiosité de franchir ses lèvres.

- Les rumeurs sont fausses alors ... nous avoir conduit à cette boucherie ne vous a pas épargné pour autant. Dommage. Moi qui voulait postuler ....

Il la gratifia d'une moue moqueuse avant de poser sa main sur sa joue, ne la lâchant pas des yeux, attendant une réponse. C'était toujours mieux de l'affronter elle que de retourner sur les lieux de l'agression. Il y été parvenu ce matin, puis à midi mais ce soir, c'était trop insurmontable.  

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
GRYFFONDOR5ème annéePréfète
    GRYFFONDOR
    5ème année
    Préfète
AVATAR : Saoirse Ronan
MESSAGES : 813

INFOS PERSONNAGE
SITUATION AMOUREUSE SITUATION AMOUREUSE: Célibataire.
DATE & LIEU DE NAISSANCE DATE & LIEU DE NAISSANCE: 15 mars 1982, à Plymouth.
SANG SANG: mêlé
MessageSujet: Re: [4 novembre 1997] Tribulations et réflexions sur le nouvel ordre sorcier Sam 26 Aoû 2017 - 12:22


La salle commune des rouge et or avait beau être pratiquement vide, elle en restait très bruyante. Ses occupants s’appliquaient à faire un maximum de capharnaüm, à grand renfort de cris, de rires et de magie, et Meredith soupçonnait que sa présence n’y était pas totalement étrangère. Elle s’était enfouie dans un fauteuil quelques minutes plus tôt, recroquevillée devant la cheminée, et parcourait avec attention les pages jaunies d’un tout petit recueil de poésie. A peine s’était-elle installée que le groupe de 7ème année attablés devant leurs parchemins avait progressivement monté le volume sonore de leur conversation, jusqu’à produire un infernal boucan. La jeune préfète n’était pas d’humeur à lutter, et ayant bien conscience de l’inutilité d’une quelconque brimade, elle ne mit pas bien longtemps à se lasser. Elle attrapa le plaid qui recouvrait le dos du fauteuil, enfouit son livre au fond de la poche de sa robe de sorcière, puis quitta le chaleureux foyer sans un regard pour ses camarades.

Le contraste de température avec les couloirs se fit immédiatement sentir, et en parfaite frileuse, Meredith rêvait déjà de l’instant où elle pourrait s’enrouler dans sa couverture tiède. Les escaliers étaient à l’image des couloirs : presque vides. Chacun était parti rejoindre la Grande Salle pour le repas du soir. La lionne, elle, ne mangeait plus de dîner. Elle s’était mise en tête que c’était un repas inutile, au vu des quantités de nourriture proposées au petit-déjeuner et au thé de midi. Ou bien seulement n’avait-elle pas faim. Ou bien ne supportait-elle plus de passer ces longues minutes seule, en face à face avec son assiette presque vide et sa cruche de jus de citrouille. Pour toutes ces raisons sûrement, ses soirées n’étaient plus consacrées qu’à la lecture, l’entraînement, et de plus en plus souvent, la sieste pré-ronde nocturne. Ce soir sans particularité n’échappant pas à la règle, mais les lions ayant décidé de lui casser les pieds, elle se mit en quête d’un lieu d’isolement. Habituellement, la première salle vide venue convenait. Mais ce soir, elle cherchait un minimum de confort, et donc une salle avec un fauteuil ou un vieux canapé. C’est en descendant vers le premier étage qu’elle trouva son bonheur et se déposa confortablement dans un des nombreux sièges à coussins d’une ancienne classe d’arithmancie.

Assise en travers du fauteuil, le dos contre un bras et les jambes posées sur l’autre, elle se recouvrit de son plaid et soupira d’aise. Seule. Au chaud. Emily Brontë au creux des mains. Et du silence, du silence à revendre, du silence épais et enveloppant ! L’arithmancie requérant une absolue concentration, les salles dédiées à son enseignement étaient généralement très bien isolées, et très bien insonorisées. Meredith put rouvrir son livre et s’y replonger … pendant quinze secondes. Le bruit d’une porte qu’on ouvre précipitamment lui fit lever le menton, et c’est non sans une profonde exaspération qu’elle suivit le nouvel arrivant des yeux alors qu’il s’effondrait sur une chaise avec l’attitude typique de l’homme fatigué et torturé par on-ne-sait quel démon intérieur. Ne semblant pas vouloir notifier sa présence, la préfète crut bon de se signaler par une petite toux pas du tout naturelle.

Si toute son attitude clamait son impatience, qu’elle souhaitait retrouver au plus vite sa solitude, le jeune homme – visiblement membre de la très prestigieuse maison des Serpentards – ne sembla pas l’entendre de cette oreille. Au contraire, il crut judicieux de se rapprocher d’elle avec sa chaise et de se planter là, comme s’il voulait engager une conversation. Meredith ne comprenait absolument rien à ce qui était en train de se passer. Son visage trahissait sa déconvenue presque autant que son agacement, et elle ne parvint pas à dire quoi que ce soit avant que le serpent ne prenne lui-même la parole.

« Salut. Meredith, n'est-ce-pas ? » Un court silence, et il enchaîna. « Comment va ton frère ? »

La lionne n’en revenait pas. Ses sourcils prirent une courbe alarmante, et elle ferma son livre, le regard planté dans celui de l’opportun. Sérieusement ? Pour qui se prenait-il ? Et puis c’était quoi cette soudaine envie de taper la discute ? Elle avait rarement eut affaire avec une telle indiscrétion. C’était peut-être un pari. Un pari d’inconscients ignorant l’étendue du danger qu’elle représentait. Meredith se laissa quelques secondes de battement, pour mieux intégrer les informations. Elle se redressa un peu, croisa les mains et détendit les muscles tendus de son visage pour reprendre progressivement une expression neutre, quoique toujours teintée de son incrédulité.

« Et à qui ai-je l’honneur ? » furent les premiers mots logiques qui franchirent la barrière de ses lèvres. Elle ne le connaissait ni d’Eve, ni d’Adam, et doutait qu’il fut très proche d’Aloysius pour parler de son départ avec une telle légèreté. Bien sûr que son frère n’était pas connu membre de l’Ordre, sinon elle ne serait certainement pas là à discutailler tranquillement mais plutôt gardée captive comme éventuel moyen de pression (car quel meilleur endroit que Poudlard pour enfermer protéger ses étudiants ?). De là à ce qu’on le suppose assassiné, ou pire, serviteur de Voldemort, cela dépassait le bon sens. Quoi qu’il en soit, aborder la question avec elle était aussi risqué qu’offrir des framboises à un ours élastique. Vivant ou blessé, Mangemort ou non, s’il figurait sur la liste noire des absents, c’est qu’il avait de sérieuses raisons de se mettre ainsi en danger.

Avec un peu de recul, l’intervention du Serpentard ne parut plus si terrible à Meredith. Elle la trouvait toujours extrêmement maladroite et incohérente, mais au final, il semblait se demander autant qu’elle les raisons de son intervention. Que faisait-il ici à l’heure du repas ? A en juger par son arrivée en trombe, son expression hantée, et la remarque qui suivit, elle commença à tracer son chemin de déduction.

« Les rumeurs sont fausses alors ... nous avoir conduit à cette boucherie ne vous a pas épargné pour autant. Dommage. Moi qui voulait postuler ... »

La lionne se releva complètement cette fois, et observa plus attentivement le vert et argent. Des traits fins, plutôt harmonieux, qui devaient en faire chavirer plus d’une – ou d’un –, un sourire narquois qui semblait être éternellement figé sur sa bouche tant il collait bien à son faciès, une fine barbe négligée soulignant les angles de la mâchoire ... elle lui trouvait un certain charme, très classique, comme beaucoup de garçons en possède, mais rien de bien exceptionnel. Suite à cette réflexion, elle n’eut pas besoin de baisser les yeux pour que ses doigts ravagés trouvent la fine ligne blanche de sa cicatrice. Ils suivirent le tracé en un geste désormais familier, et Meredith, intriguée par ce soudain virement de bord, laissa planer un quart de sourire sur ses lèvres parcheminées.

« Les rumeurs, oui. Celles sur mon frère, celles sur moi, celles sur les préfets … il y en a pour tous les goûts. » Elle avait dit ça d’un ton amer, s’abstenant bien de souligner que cette cicatrice n’était pas l’œuvre des Carrow mais bien de sa propre baguette. « Bientôt, en exclusivité, de véritables informations que tout le monde prendra pour des mensonges. » Difficile de mettre plus de lassitude et d’ironie en une seule phrase. Son regard cependant se durcit alors qu’elle continuait.

« A part faire preuve d’un impressionnant manque de tact et risquer des points en moins, que me veux-tu ? Tu dois avoir tes raisons de ne pas être dans la Grande Salle à l'heure du repas, mais je ne voudrais pas être indiscrète en te les demandant. »

_________________
when I find myself in times of trouble
mother Mery comes to me
et souvent la haine touche sa joue est arrache ses veines, alors il n'y a plus de souffrance et seulement la bête qui s'agite au creux de son ventre dans l'automne aride et la tempête

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur En ligne
SERPENTARD7ème année
    SERPENTARD
    7ème année
AVATAR : Brant Daugherty
MESSAGES : 62

INFOS PERSONNAGE
SITUATION AMOUREUSE SITUATION AMOUREUSE: Célibataire.
DATE & LIEU DE NAISSANCE DATE & LIEU DE NAISSANCE: 4 décembre 1980 (Londres)
SANG SANG: mêlé
MessageSujet: Re: [4 novembre 1997] Tribulations et réflexions sur le nouvel ordre sorcier Ven 1 Sep 2017 - 18:30



Léon s'amusa intérieurement de l'état d'hébètement de la jeune femme, son sourire rieur toujours flanqué au visage.

-  Et à qui ai-je l’honneur ? Rétorqua-t-elle.

Donc elle ne comptait pas répondre concernant le départ de son frère. Intéressant. Souhaitait-elle le protéger ou bien plutôt avait-elle honte du camp que son frangin avait décidé de rejoindre ? Pensif, le Serpentard resta interdit quelques instants, se demandant encore une fois comment quelqu'un du même âge que lui aurait pu choisir de s'engager pour cette guerre. Au fond, ils n'étaient tous que des enfants un peu paumés plongés dans un conflit qui les dépassait tous. Potter à la rigueur, il avait le mage noir le plus puissant du monde à ses trousses, alors il ne pouvait pas vraiment essayer d'ignorer le conflit mais Alosyus ... Décidément, l'adolescent était de plus en plus curieux à son sujet. Ils n'avaient jamais été ennemis, jamais amis non plus. C'était un peu de cette manière que le Serpentard pouvait de toute façon décrire la majorité des occupants de ce châteaux : connus de vues, jamais adressé la parole. Il ne se vexa donc pas en découvrant que la lionne ne connaissait pas son nom, ni tu ton réfrigérant qu'elle avait décidé d'employé avec lui. Il devait avoué ne pas porter spécifiquement les rouges et or dans son coeur non plus : trop prétentieux, trop impulsifs et trop " m'as-tu-vu". Trop tout, en fait. Tout ce qu'il détestait.

- Léon Schepper. L'honneur que tu as de me rencontré me touche, répondit-il, ironique.

Il la titilla sur les évènements de la grande salle et suivit le geste de sa main qui vint gratter frénétiquement la fine ligne de sa cicatrice. S'était-elle mise debout dans un geste de colère ? Il resta interdit, la gestuelle lui rappelant les nombreuses fois où, le soir, il passait ses doigts sur ses omoplates, effleurant des plaies encore profondes lui barrant le dos. Etrange, la façon dont les cicatrices de cette nuit marquaient la peau tout en fascinant leurs occupants. Léon savait qu'ils ne pourraient jamais oublier les évènements, jamais les occulter non plus. Les plaies étaient là pour se rappeler à leur souvenir. La Gryffondor semblait ressentir la même chose et Léon eut soudain envie de rire de la situation. Sans le vouloir, les Carrow avaient crée un lien puissant et traumatique entre chacun des élèves. Une chose si horrible que pour toujours, elle resterait gravé dans leur esprit. Un sentiment de peur si poignant que le temps d'une seul nuit, plus rien n'avait sembler les séparer. Pas même leur nom, leur appartenance à une maison ou à une autre, leurs convictions ... ils s'étaient tous transformés en victimes. Poignant, n'est-ce-pas.

- Les rumeurs, oui. Celles sur mon frère, celles sur moi, celles sur les préfets … il y en a pour tous les goûts.

Elle n'avait pas tord. Des rumeurs, c'était comme ça que tout avait commencé. Le retour de Celui-dont-on-ne-doit-prononcer-le-nom ? Une rumeur. Léon aurait peut être préféré qu'elle en reste une, d'ailleurs. Alors même s'il était le premier à savoir que n'importe qui pouvait en lancer une, l'adolescent apportait désormais un minimum de crédit aux bruits environnants. De deux choses l'une : soit les rumeurs étaient fondées, soit elles étaient inventés de toute pièce mais dans tout les cas, c'était intéressant. Même fausse, l'adolescent était toujours curieux des raisons ayant poussées une personne ou un groupe à mentir sur un sujet. Cela cachait souvent quelque chose d'au moins aussi intéressant que l'omission elle-même. Et puis elle pouvait bien cracher sur les rumeurs : cela lui permettait de ne pas répondre à la disparition de son frère tout en laissant planer le doute. Léon n'aurait même pas été surpris si Meredith s'était avérée être elle-même à l'origine de tous ces bruits de couloir. Lui, c'est ce qu'il aurait fait.

- Ca t'arrange bien, avoues, railla-t-il. Plus on invente de raison à la disparition de ton frangin, plus on s'en éloigne. Et même si on la trouvait, cette raison, elle serait noyée dans le flot d'autres théories ...

Il haussa les épaules et se releva, mal à l'aise sur le bois inconfortable de la chaise. Il étendit ses muscles et s'installa sur le canapé que la jeune femme venait de quitter, qui semblait beaucoup plus confortable. Sans aucune gêne. Pourquoi devrait-il en ressentir, de toute façon ? Ce n'était pas sa salle attitrée ni le sofa attitrée de mademoiselle la préfète. Il se fichait finalement des rumeur sur la disparition d'Alosyus : pas son problème. Par contre, celles sur les Préfets lui posaient beaucoup plus de problème. Il commençait d'ailleurs à en avoir marre, d'eux. D'abord Ethan qui le réveillait en pleine lui pour l'amener se faire découper en morceaux, puis Peters qui se ramenait dans l'infirmerie pour panser ses plaies - et son coeur, il devait l'avouer. Et maintenant il fallait que de toutes les salles vides, il tombe de nouveau sur l'une d'entre eux. Quelle ironie !

- Bientôt, en exclusivité, de véritables informations que tout le monde prendra pour des mensonges.

Il rigola doucement, amer à son tour. Il devait reconnaitre que la Gryffondor n'avait pas tord. La Gazette du sorcier était d'ailleurs très douée à ce petit jeu, noyant de vraies informations aux milieux d'autres plus douteuses. Les lecteurs n'avaient qu'à choisir quel article leur plaisait et ne pas prêter attention aux autres. Le Serpentard s'essayait d'ailleurs de plus en plus à cette méthode : ne lire que les choses dont il avait envie. Les disparitions, par exemple, il ne s'attardait même pas sur la page. De toute façon s'il arrivait quelque chose à Donia ou bien Ed, alors Lukas s'empresserait de faire larmoyer ses pauvres petits yeux d'enfant pourri gâté. Quand on dispose de ce genre d'alerte automatique, pas besoin de perdre son temps chaque matin. Les gens à qui il tenait vraiment, de toute façon, se trouvaient dans ce château. Heather et Charles étaient en tête de liste. Une petite voix lui souffla qu'un troisième nom y figurait mais l'adolescent n'y prêta pas attention.


- A part faire preuve d’un impressionnant manque de tact et risquer des points en moins, que me veux-tu ? Tu dois avoir tes raisons de ne pas être dans la Grande Salle à l'heure du repas, mais je ne voudrais pas être indiscrète en te les demandant.

Et bien voilà Brencky junior, on entre enfin dans le vif du sujet ! Songea-t-il. Au moins cette fille ne s'embarrassait pas des politesses. En même temps, il l'avait légèrement cherché en attaquant sur la disparition de son frère. Il soupira, se grattant la tête à la recherche de ses mots. Cela ne servait pas à grand chose de tourner autour du pot avec ce genre de rouge et or obstinée et butée- quoi ? ils l'étaient tous !

- Absolument rien, répondit franchement le jeune homme en haussant les épaules. Certains soirs, mettre un pied dans la Grande Salle me rappelle de mauvais souvenirs, si tu vois ce dont je veux parler. Il désigna du doigt la cicatrice de la jeune femme, se fichant pas mal des convenances. Je cherchais une salle vide et je t'ai trouvé à toi... Ma mauvaise humeur a fait le reste.

Il lui offrit un sourire poli avant d'étendre ses jambes dans le sofa, s'allongeant presque de tout son long. Après tout, elle n'avait qu'à pas se lever et puis si elle le désirait, elle pouvait bien s'installer dans la chaise inconfortable qu'il venait de délaisser.

- Puisque nous avons tous les deux choisis d'être indiscrets ... que fuyais-tu dans cette pièce vide.  Tu dois avoir tes raisons de ne pas être dans la Grande Salle à l'heure du repas, la singea-t-il.

Discuter avec mini-Alosyus avait l'avantage de le distraire et Léon comptait en profiter au maximum. Ne pas penser aux Carrow, ne pas penser à la guerre ... ne pas penser aux souvenirs brumeux de l'infirmerie. Ne pas penser à elle.  C'était un début de plan, non ?

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
GRYFFONDOR5ème annéePréfète
    GRYFFONDOR
    5ème année
    Préfète
AVATAR : Saoirse Ronan
MESSAGES : 813

INFOS PERSONNAGE
SITUATION AMOUREUSE SITUATION AMOUREUSE: Célibataire.
DATE & LIEU DE NAISSANCE DATE & LIEU DE NAISSANCE: 15 mars 1982, à Plymouth.
SANG SANG: mêlé
MessageSujet: Re: [4 novembre 1997] Tribulations et réflexions sur le nouvel ordre sorcier Ven 6 Oct 2017 - 22:31

« Ça t'arrange bien. Plus on invente de raison à la disparition de ton frangin, plus on s'en éloigne. Et même si on la trouvait, cette raison, elle serait noyée dans le flot d'autres théories ... »

L’étonnement passé, la lionne laissa place sur son visage à une expression relativement placide, détachée, parfaitement débonnaire. Sa remarque était juste, bien qu’un peu décalée de la réalité. A l’entendre, tout le château semblait disserter sur la disparition d’Aloysius et établir des théories complexes sur sa véritable nature. En fait, la grande majorité s’en moquait éperdument, et c’est ça qui l’arrangeait le plus. En considérant le fait qu’en réalité, son propre frère n’avait pas songé un seul instant à ceux qu’il laissait à Poudlard quand il lui fallut prendre une décision, ce mythe du serpent errant était plutôt ironique.

A ce rire plein d’amertume que le dénommé Léon lâcha dans sa barbe, Meredith comprit qu’elle n’avait finalement pas trop de souci à se faire. Le jeune homme ne semblait pas investiguer sur elle, ni sur quiconque, et à l’inverse pouvait difficilement dégager plus de flegme. Il devait se poser des questions oui, comme tout le monde. Elle le suivit des yeux alors que sans la moindre gêne, il prenait place à ses côtés sur l’immense canapé rapiécé, prenant grand soin de ne pas la toucher, mais s’étalant généreusement tout de même.

Elle commençait à cerner un peu le personnage. Grande gueule, non-foutiste, tout entier plein d’idées et de valeurs précuites. Mais la manière dont il parlait trahissait une véritable présence d’esprit qui méritait qu’on lui prête une certaine dose d’attention. Pour s’assurer qu’ils ne se toucheraient absolument pas, la jeune fille se recroquevilla un peu plus sur son coin de fauteuil et rassembla son plaid comme un cocon autour d’elle. Elle scruta le visage hésitant qui lui faisait face, attendant patiemment une réponse à sa question indiscrète.

« Absolument rien. » Meredith laissa échapper un petit soupir de déception. Elle s’attendait à quelque chose de plus consistant. « Certains soirs, mettre un pied dans la Grande Salle me rappelle de mauvais souvenirs, si tu vois ce dont je veux parler. »

Et de pointer du doigt, comme une accusation, la fine cicatrice qui grimpait le long de l’avant-bras de la jeune fille. Elle suivit son regard et se perdit dans cinq secondes de contemplation. Cette marque si légère, si douce, semblait tracer comme un sourire cruel qui luisait à la faible lumière filtrée par les vitres ternes.

« Oui, je vois très bien … » murmura-t-elle, laconique.

« Je cherchais une salle vide et je t'ai trouvé à toi... Ma mauvaise humeur a fait le reste. »

C’était trop fort. Un pauvre garçon poursuivi par ses démons et cherchant à les fuir, tombe sur une incarnation – certes pâle et chétive – de ceux-ci. Ainsi, les souvenirs de la nuit du dix-sept planaient encore dans le cœur du serpent. Elle aurait presque eu pitié de lui si son visage ne trahissait pas tant de désinvolture. Elle-même y repensait parfois, mais pas au point de se sentir mal, et encore moins au point d’éviter la Grande Salle. Elle associait l’instant à un goût de sang, à des hurlements, tout comme lui. Mais tout lui avait semblé se dérouler à travers un voile translucide, comme si elle portait des lunettes grises et un cache-oreilles. L’horreur du moment l’avait atteinte plus tard, dans les pleurs étouffés de ses camarades, dans les cicatrices de Malia Montgomery, dans le sourire cruel des Carrow le lendemain. C’est là que ça avait été difficile. De garder la tête droite, de ne pas céder aux élans de colère et de violence qui la prenaient à la gorge. En ce point, ce n’était pas la Grande Salle mais tout le château qui était devenu une épreuve.

« Puisque nous avons tous les deux choisis d'être indiscrets ... que fuyais-tu dans cette pièce vide ? Tu dois avoir tes raisons de ne pas être dans la Grande Salle à l'heure du repas. »

Ce culot encore, auquel Meredith commençait à s’habituer. Mais sa question était légitime. Elle comprit cependant qu’il n’allait pas la lâcher de sitôt, et se dit qu’au final elle ne risquait pas grand-chose à discuter avec lui. Il ne semblait pas être stupide, et puis ils ne se connaissaient pas du tout. C’était rare pour elle de se retrouver à parler normalement aux gens, comme avant. Démarrer une conversation à plat, sans énorme à priori sur l’autre, sans antécédent. Elle ressentit une pointe de reconnaissance percer à travers son indifférence. Ce Léon, cet inconnu, lui offrait sans le vouloir une bouffée d’air dont elle pensait avoir oublié la saveur.

« Contrairement à toi, je ne fuyais pas mes démons, mais seulement l’agitation. Ma salle commune est bruyante et je n’ai pas faim. Je cherchais seulement un peu de calme. »

C’était bien vrai. Elle omettait seulement de préciser les raisons profondes et personnelles derrière l’évitement des deux lieux sociaux, d’abord parce que ç’aurait été bizarre de se livrer comme ça à un inconnu, et ensuite parce que ça ne le regardait pas. Elle se promit de rester évasive sur ces sujets, au cas où la conversation déviait vers eux. Tout Serpentard qu’il était, Léon n’était pas forcément un sympathisant des Carrow, elle aurait donc tout intérêt à se couvrir pour éviter d’apparaître sur une autre liste rouge. L’air qui s’était engouffré par la porte quand le serpent était entré n’était pas encore retombé, et la petite fut parcourue d’un long frisson qui fit vibrer tout son corps blanc. Elle se recroquevilla encore plus sous sa couverture, l’air contrit.

« Je ne comprends pas pourquoi ce château n’est-il plus chauffé correctement … » grommela-t-elle. « C’est pourtant pas compliqué, un peu de magie et ce serait réglé. »


Spoiler:
 

_________________
when I find myself in times of trouble
mother Mery comes to me
et souvent la haine touche sa joue est arrache ses veines, alors il n'y a plus de souffrance et seulement la bête qui s'agite au creux de son ventre dans l'automne aride et la tempête

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur En ligne
SERPENTARD7ème année
    SERPENTARD
    7ème année
AVATAR : Brant Daugherty
MESSAGES : 62

INFOS PERSONNAGE
SITUATION AMOUREUSE SITUATION AMOUREUSE: Célibataire.
DATE & LIEU DE NAISSANCE DATE & LIEU DE NAISSANCE: 4 décembre 1980 (Londres)
SANG SANG: mêlé
MessageSujet: Re: [4 novembre 1997] Tribulations et réflexions sur le nouvel ordre sorcier Mar 7 Nov 2017 - 13:07



__ Oui, je vois très bien … souffla-t-elle, sans âme.

Léon lui accorda un regard désinvolte, suspicieux devant le ton qu'elle venait d'employer lorsqu'il avait invoqué cette terrible nuit. Ainsi donc Miss Brenckenridge ne faisait-elle pas partie des ces élèves tout bonnement traumatisés par les sorts infligés par les Carrow ? Il se permit quelques regards fugaces envers la Préfète, cherchant à comprendre comment elle avait pu en arriver à ce tel masque de froideur. On aurait dit que le souvenir de cette nuit lui était désagréable, mais qu'il n'était en rien traumatisant. Le Serpentard ne savait pas vraiment de quelle manière il devait se servir de cette information. Enviait-il la Préfète en Chef d'avoir dévier le courage légendaire de sa maison afin d'ériger une carapace autour d'elle, capable de lui faire supporter les derniers évènements ? Ou bien la plaindre, pour ce qui semblait être une inaptitude à la compassion, digne des Serpentard les plus vils de sa maison ? Il garda ses lèvres closes. Des rumeurs, il n'y en avait effectivement pas que sur son grand frère disparu de la circulation. Tout le château s'accordait à dire que les Préfets étaient des vendus, mais la lionne en face de lui était souvent décrite comme étant la pire. L'adolescent avait du mal à comprendre le chemin qu'elle avait dû prendre pour en arriver là. Pour en arriver tous là, d'ailleurs. Devait-il lui poser des questions encore plus indiscrètes ? Devait-il enfoncer le clou, cherchant à lui faire dire que oui, elle aidait les Carrow ? Il détailla de nouveau la jeune fille, remarquant pour la première fois à quel point elle semblait plus jeune que lui. Et fatiguée également. Il croisa les bras, laissant retomber sa tête dans le canapé. Il n'était pas assez en forme ce soir pour se prendre la tête avec cette Meredith dont la réputation la faisait parfois craindre par les plus jeunes. Y compris chez les Serpentards, on la savait tenace. Et plus que ça : Léon se fichait éperdument de cette fille et de ses choix. Comme elle se moquait probablement des siens. Une conversation dans cette classe vide, sans chercher à entrer dans leurs convictions personnelles ne serait peut-être pas plus mal, à vrai dire. Lui aussi était épuisé de trop réfléchir à cette guerre, à ses enjeux ... et à Peters également.

__  Contrairement à toi, reprit-elle, je ne fuyais pas mes démons, mais seulement l’agitation. Ma salle commune est bruyante et je n’ai pas faim. Je cherchais seulement un peu de calme.

Le vert et argent retînt de justesse un  ricanement. Exprimer à voix haute que l'on ne fuyait rien n'était-il pas la meilleure preuve que, au contraire, on cherchait bien à éviter quelque chose ? Les yeux toujours clos, Léon laissa la phrase de la Préfète en suspens, se gardant bien de lui dire le fond de sa pensée. Au fond, malgré ses grands airs et son insigne métallique fièrement accroché à son uniforme impeccable, ce n'était qu'une gamine. C'était peut être ce détail, auquel il devrait s'accrocher en se demandant pourquoi tant d'élèves choisissaient un camps dans ce foutu château alors que quelques années auparavant, rien ne les opposer hormis la coupe des quatre maisons. Certains disaient que c'était seulement ça : grandir c'était prendre des discisions et choisir pour qui se battre. Léon restait cependant dubitatif, se demandant si choisir un camp n'était pas surtout un moyen d'appartenir à quelque chose. Et les enfants, surtout les enfants effrayés, étaient souvent ravis d'appartenir à un groupe, surtout si ce groupe dirigeait toute l'école. Meredith avait-elle peur au point de rejoindre les Carrow ? C'était ça, l'explications la plus plausible à tous ces élèves auparavant insignifiants et parfois même gentils, se décidant à rejoindre les mangemorts. La question était : avait-il lui suffisament peur pour faire ce choix ?

__ Je suis heureux que tu n'ais pas de démons intérieurs, alors, murmura-t-il.

Il savait pertinemment que cela n'était pas exactement ce qu'elle avait dit. La lionne avait précisé qu'elle ne cherchait pas à les fuir, et non qu'elle n'en avait aucun. Mais il ne pouvait s'empêcher de la taquiner sur la façon qu'elle avait eu de lui dire que elle, la grande Meredith, ne fuyait pas. On fuie tous, Brenckenridge, avait-il terriblement envie de lui dire. Il se retînt cependant et la regarda frissonner et se blottir sous la couverture. Lui avait l'habitude de ces températures, la salle commune des Serpentards n'ayant jamais été particulièrement chauffée ni chaleureuse. Mais l'adolescent s'en moquait, la trouvant particulièrement confortable. Après tout si on avait froid, il n'y avait qu'à mieux se couvrir, non ? C'est l'hiver Brenckenridge, tu espères quoi, un grand soleil et de gentils rayons venant te réchauffer le corps et l'âme ?

__ Je ne comprends pas pourquoi ce château n’est-il plus chauffé correctement … se plaignit-elle. Ce n'est pourtant pas compliqué, un peu de magie et ce serait réglé.

Le silence plana quelques instants, le vert et argent laissant son regard couler sur la petite forme grelotante et qui semblait encore plus enfantine, enroulée dans sa couverture. Il revit les Carrow dans la Grande Salle et se rappela du froid ressenti peu avant qu'il ne perde connaissance, gagné par le flot d'hémoglobine qui avait quitté son corps. Le froid avait souvent une connotation de tristesse chez la plupart des personnes. Il n'y avait qu'à voir le mercure chuté lorsque les détraqueurs s'approchaient de vous, ou encore cette idée bien ancrée qu'avant de mourir, on ressentait un souffle glacial enveloppant notre corps. Peut-être était-ce également une idée des mangemorts afin de ternir le moral de tout le monde, de tuer dans l'oeuf tout envie de soulèvement. Le froid comme arme, s'insinuant en vous et vous glaçant les os. L'impossibilité de décoller ce sentiment, même en se glissant sous une couverture ou dans un lit douillet. Il se rapprocha quelques peu de la jeune femme, espérant lui prodiguer un peu de chaleur sans pour autant entrer dans son espace vital.

__ Ce n'est pas dans leurs objectifs, je pense ... souffla-t-il sans la regarder, le regard fixé sur un point imprécis au fond de la salle. Ca fait partie de l'ambiance lugubre voulue. Il haussa les épaules, finissant par tourner la tête vers elle, avant de terminer à voix encore plus basse. Le froid se repend partout, il s'insinue en chacun des élèves présents. Et certains élèves adorent ça, si tu vois ce que je veux dire.

Oui Meredith, aimes-tu le règne des Carrow comme tu le laisses si bien entendre ? Il espérait au fond de lui qu'elle comprendrait la métaphore.


Oups:
 
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
GRYFFONDOR5ème annéePréfète
    GRYFFONDOR
    5ème année
    Préfète
AVATAR : Saoirse Ronan
MESSAGES : 813

INFOS PERSONNAGE
SITUATION AMOUREUSE SITUATION AMOUREUSE: Célibataire.
DATE & LIEU DE NAISSANCE DATE & LIEU DE NAISSANCE: 15 mars 1982, à Plymouth.
SANG SANG: mêlé
MessageSujet: Re: [4 novembre 1997] Tribulations et réflexions sur le nouvel ordre sorcier Mer 10 Jan 2018 - 19:42

« Je suis heureux que tu n'aies pas de démons intérieurs, alors. »

Avait-elle dit cela ? Elle ne le croyait pas. Le jeune homme semblait vouloir continuer sur le ton de l’ironie. Bien sûr qu’elle avait des démons intérieurs. Et extérieurs. Mais ceux qu’elle conservait dans ses entrailles, contre ses veines, étaient solidement scellés d’une barrière en acier froid. Ce métal qui lui givrait le corps, qui l’empêchait de rire avec entrain, qui lui donnait cet air perpétuellement fatigué était lourd à porter. Mais tellement nécessaire. Plus nécessaire d’après elle qu’une quelconque ardeur inutile, qu’une agitation dans le vide, quand le temps était à la prudence et à la machination. Alourdie elle était, pour bondir plus vite et plus haut le jour où ces poids la quitteraient.

Resserrant sa couverture contre elle, elle surprit le regard curieux de Léon où semblait percer un éclat de pitié. Aussitôt, elle prit sur soi et régula ses tremblements. Hors de question de paraître plus vulnérable qu’elle ne l’était déjà. Elle n’était pas encore la petite créature fragile que l’on trouve dans la neige et dont les heures semblent comptées. Malgré ses efforts, le Serpentard ne sembla pas changer son impression et se rapprocha légèrement histoire de partager un peu de sa chaleur, tout en restant à une distance de sécurité très respectable.

« Ce n'est pas dans leurs objectifs, je pense … Ca fait partie de l'ambiance lugubre voulue. »

Il avait certainement raison. Poudlard ne devait plus rimer avec foyer accueillant et confort de vie. Désormais, l’école était une épreuve de tous les jours que l’on imposait à ses habitants, pour les affaiblir … ou les aguerrir. La sélection naturelle, qu’on appelle ça. Si Meredith, au contact de ce mode de vie, sentait nettement sa personnalité se dénaturer au profit d’un vaste et sombre inconnu, sa détermination n’était pas encore dans ses retranchements. Loin de là. Elle ne le montrait pas mais ne l’oubliait jamais : tout ce qu’elle faisait, elle le faisait pour les autres. Pour ceux qui comptaient. Pour la magie. Dans ce processus, elle n’était rien, n’avait de valeur que ce que le hasard voudrait bien lui donner. Elle mourrait certainement, car la guerre était inévitable, mais qu’importait ? On pleurerait un peu, pendant quelques temps, peut-être. Si tous ceux qui en étaient capables n’étaient pas morts eux aussi. Ce qui importait, c’était l’équilibre.

« Le froid se répand partout, il s'insinue en chacun des élèves présents. Et certains élèves adorent ça, si tu vois ce que je veux dire. »

L’insinuation de Léon était si maladroite, soulignée par une formule si évidente, que la rouge en haussa les sourcils d’incrédulité. Bien sûr qu’il parlait d’elle. La préfète soupira. Elle pensait être épargnée cette fois-ci. Mais il semblerait qu’elle allait encore devoir mentir, encore devoir broder sur ses choix et sur ses actions. Ils ne se connaissaient pas, elle n’avait donc aucune obligation de répondre, et lui aucune légitimité de savoir. Pourtant, à cet air franchement débonnaire, elle sentit une touche de curiosité sincère et détachée. Différente de ce qu’on lui servait d’habitude. Il n’avait pas l’air de vouloir la juger, mais plutôt de savoir comment sa situation était seulement possible. Cette curiosité lui rappelait la sienne, celle qu’elle ne manquait jamais de manifester envers tout et tout le monde, au mépris des convenances et de la vie privée. Alors elle reporta son regard sur son interlocuteur, et inspira lentement.

« Un froid ravageur, ouais. Assez dangereux quand on n’arrive pas à choisir une direction vers où bouger pour sauver ses muscles atrophiés. »

Son ton ne laissait pas de place au doute, elle répondait à son accusation. Avec aplomb et une lourde tendance au sarcasme.

« Certains ne sont surtout pas assez stupides pour rester sur place et mourir congelés. » Sa voix avait pris cette dureté caractéristique des moments de colère auburn de la lionne. « Chacun ses choix, Schepper. Le mien est de survivre. J’ai peut-être l’air fragile comme ça, mais cet insigne ne m’a pas été donné par hasard. On m’offre une chance de garder la tête hors de l’eau, je la saisis, c’est tout. »

Sa tirade achevée, elle défronça les sourcils et laissa un petit sourire planer sur ses lèvres, comme si elle venait de lui offrir un joli compliment. Elle avait insisté sur les derniers mots de sa phrase, comme pour clore la parenthèse sur la nature de ses intentions.

« Mais peut-être que tu ne parlais pas du tout de moi ? En ce cas, excuse mon engouement, je ne voudrais pas paraître offensante. » Elle jeta un regard vers la porte alors qu’une rumeur sourde signifiant le passage d’un groupe d’élèves se faisait entendre. Quand elle disparut, elle revint au vert et argent.

« Et toi, ça va, pas trop froid ? Certains élèves le supportent assez mal, si tu vois ce que je veux dire. Si mal qu’ils se laissent lentement pétrifier, ou par peur, approchent leurs mains un peu trop près du feu. »

Elle intensifia son regard, lui rendant sa curiosité en se forçant un peu. Alors Schepper, de quel côté est-on ? Au premier regard, elle l’aurait plutôt jugé du genre débonnaire. Neutre et attentiste. Mais peut-être qu’elle avait au contraire en face d’elle le plus discret et le plus convaincu des résistants. Après tout, elle n’était pas la seule à cacher son jeu dans cette vaste école si froide et si tremblante.

_________________
when I find myself in times of trouble
mother Mery comes to me
et souvent la haine touche sa joue est arrache ses veines, alors il n'y a plus de souffrance et seulement la bête qui s'agite au creux de son ventre dans l'automne aride et la tempête

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur En ligne
Contenu sponsorisé
MessageSujet: Re: [4 novembre 1997] Tribulations et réflexions sur le nouvel ordre sorcier

Revenir en haut Aller en bas

[4 novembre 1997] Tribulations et réflexions sur le nouvel ordre sorcier

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut

Sujets similaires

-
» 29 novembre 1987 : 19 ans déjà !» 18 novembre, fête de l’Armée d’Haïti.» 18 novembre 1803, les idéaux de Vertières» Iron Sky (nouveau film qui sort en novembre 2011)» VENDREDI 18 NOVEMBRE 2011
Page 1 sur 1
Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
 :: ECOSSE; Poudlard & Pré-au-lard :: Salles Diverses :: Salles vides-