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We're in this together ! [PV Harry ] [Novembre 1997]

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MessageSujet: We're in this together ! [PV Harry ] [Novembre 1997] Dim 13 Aoû 2017 - 19:41

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We're in this together ! [HARRY]
"L'enfer est tout entier dans ce mot : solitude" - Victor Hugo

Le Ministère était tombé, Scrimgeour avait été assassiné et à sa place Pius Thickenesse - un pantin au service de Voldemort - avait été placé à ses fonctions. Le monde magique s'était enfoncé dans la nuit des suites d'un coup d'État perpétré avec violence et fourberie. Les choses s'étaient pourtant déroulées en douceur d'un point de vue extérieur puisque les témoins avaient disparus. On avait raconté que Harry avait un lien avec l'assassinat de Dumbledore, alors que personne ne l'avait inquiété jusqu'à l'été dernier, lorsque les mangemorts avaient tenté de l'intercepter en plein ciel tandis que l'Ordre avait cherché à le ramener jusqu'à la maison des parents de Tonks puis jusqu'au Terrier par portoloin. Le Ministre lui-même avait essayé de les recruter, de rechercher leur soutien, de les utiliser comme moyen de propagande, en vain.

Trois mois s'étaient écoulés. Le trio avait été plongé dans une guerre à laquelle ils avaient montré des prédispositions, mais aussi leur inadaptation, leurs limites et une ingéniosité digne des Aurors. Trois jeunes, à peine sorti de l'adolescence, avaient été propulsés dans le monde adulte avec pertes et fracas, au travers d'un monde où les changements d'allégeance, les trahisons, les revers de fortune, les menaces sans nom et sans visage pouvaient apparaître n'importe où. Très loin était cette période d'insouciance où tout semblait passionnant, excitant, où ils étaient en sécurité, occupés avec leurs petites rivalités et la coupe des quatre maisons. Harry avait eu raison : en dehors de l'école, on ne savait pas ce qui pouvait nous attendre, on ne pouvait échouer et retenter le lendemain, on ne savait pas ce que cela faisait de risquer sa vie, de voir les autres risquant la leur et mourir en un coup de baguette.

Préparés à cette conséquence inévitable, Dumbledore avaient entraînés ces trois jeunes gens à accomplir la mission de leur vie, une tâche immense, quasi impossible sur laquelle reposait tous les espoirs. Le temps avait mis à l'épreuve leurs talents, leur complémentarité, leur amitié. On leur avait révélé au compte-goutte ce que Voldemort et ses partisans tramaient depuis des années, sans leu imposer quoi que ce soit. Ils y avaient été mêlés dès leur entrée à Poudlard bon gré mal gré. D'outre-tombe, le vieil homme leur avait légué par voie testamentaire trois objets insolites : un déluminateur, un vif d'or et l'édition originale des contes de Biddle le Barbe, en runes. L'homme quasi omniscient, qu'il semblait avoir été, s'était décidé à les mettre sur un jeu de pistes, en contournant l'attitude méfiante et inquisitrice du Ministère. Il ne leur avait même pas parler des reliques de la mort. Et pour cause...

En échappant de peu à la capture lors du mariage de Bill et Fleur puis au sein d'un café moldu, le trio s'était rendu square Grimmaurd afin de s'y cacher. Par où fallait-il commencer pour retrouver ces horcruxes ? La réponse était venu après plusieurs jours, lorsque la solution - portant sur les initiales inscrites sur le message trouvé dans le faux médaillon de Serpentard - leur avait sauté aux yeux. Enfin une piste... Régulus Arcturus Black (RAB). Frère de Sirius et ancien mangemort. Kreattur leur avait révélé sa trahison et son destin funeste, mais aussi qu'il y avait été mêlé. L'elfe ne s'était jamais résolu à détruire le véritable médaillon, mais il avait aussi déclaré que Mondingus Fletcher, l'avait dérobé ici même. Nom d'une chouette ! Ils étaient passés si près que leur sang n'avait fait qu'un tour jusqu'à se glacer d'effroi en apprenant plus tard, de la bouche même du malfrat, qu'Ombrage lui avait confisqué.

Hermione avait modestement manifestée son génie en récupérant quelques mois auparavant, la veille de l'enterrement de Dumbledore, le seul livre qui traitait des horcruxes, la manière de les concevoir et de les détruire. Elle avait entamée des préparatifs en cachette, créer un sac sans fond à l'aide de sortilèges d'extension indétectables ; un acte illégal, mais justifié par les exigences de leur mission. En matière d'illégalité, si l'une des vérités de la guerre s'était imposée à eux, à savoir que "lorsque les armes prenaient la parole, la loi devait se taire" (Cicéron), elle avait insisté pour qu'aucun d'eux n'utilise les mêmes méthodes que leurs ennemis pour la simple et bonne raison qu'il était aussi question d'un combat moral, d'une preuve de leur passage, que s'ils commettaient un crime de cette nature on s'en servirait contre eux. Effacer leur mémoire n'avait pas été un acte accompli par pure malveillance, mais par nécessité. Où était donc passé cette ligne claire entre le bien et le mal ? Qu'est-ce qui faisait leur différence sinon de refuser de prendre une piètre excuse en cédant à la haine et à leurs bas instincts ?

C'était eux ou nous... Il n'aurait pas été question de légitime défense, mais de vengeance. L'ennemi, lui, ne respectait pas la vie, ne faisait preuve d'aucune pitié, d'aucun quartier. Il ne s'agissait que de tuer pour tuer, de torturer sans discernement. Les Aurors avaient eu autrefois ce privilège. Les lois magiques et les mentalités avaient été le reflet d'un manque d'éducation, d'empathie, de corruption, d'emprise avec le mal. Azkaban en était aussi un reflet dans l'ombre. Le mal ne faisait pas que se nourrir de certaines choses. Il émergeait aussi de l'ambition, de l'absence d'Amour liée à la compassion, aux accidents de la vie, aux erreurs commises à certains moments, à la malchance. Hermione avait eu beaucoup à méditer lors de leurs soirées, après avoir fait le tour des ses livres et notamment celui de Biddle le Barde. "Dans l'espoir que vous puissiez trouver ces histoires divertissantes et instructives", lui avait conseillé Dumbledore d'outre-tombe. À croire que l'homme qui l'avait souvent observé au travers de ses lunettes en demi lune avec son regard et son sourire bienveillant avait vu certaines choses en elle, un mal être, une joie de vivre, du courage et un attachement irrépressible à se détacher du rêve.

Il avait fallu un mois de planque, d'observations afin de permettre à Hermione de bâtir un plan d'infiltration du Ministère ; l'endroit le plus dangereux pour trois fugitifs recherchés activement. Malgré cela, ils avaient du faire face à des imprévus, à une méconnaissance de l'ensemble des rouages de ce lieu de pouvoir. L'improvisation avait surtout dominée les débats jusqu'à la libération de dix personnes en attente de jugement par la commission d'examen des nés-moldus, celle de Ms Cattermole, par l'assaut porté sur Ombrage et le vol de son médaillon remplacé par Hermione par une copie grâce au sortilège du gémino. Victorieux, ils avaient à nouveau manqué d'être capturés par Yaxley, le directeur fantoche de la "justice" et les agents de sécurité. Le square Grimmaurd avait été compromis. Ils avaient craint le pire. Depuis, il n'avait croisé que Rémus qui leur avait donné des nouvelles du monde magique, du coup d'État, de la naissance de son fils. De l'aide, ils allaient en avoir besoin, mais pas tout de suite et pas par lui, car l'existence des horcruxes devaient restés un secret absolu. Toute la mission en dépendait et Hermione avait veillé à ce que Harry et Ron en aient conscience.

Harry, Ron et Hermione étaient recherchés comme des Indésirables. Il s'était avéré nécessaire de se cacher, de bouger souvent, de placer des protections autour de leur campement. Le trio avait connaissance de l'existence des rafleurs, ils écoutaient PotterWatch, la radio de la résistance. Au début, entendre les voix de leurs amis et alliés leur avaient permis de briser un peu leur solitude, d'écouter des messages codés, d'obtenir des marques d'encouragements ou de sympathie, mais très vite avec le bilan des pertes et des disparus, cette suite monotone de noms les avaient encouragés à l'éteindre, temporairement. Bien-sûr, parfois le trio avait une pensée pour l'A.D., pour leurs amis et les élèves de Poudlard. Seulement, Harry et Hermione l'avaient compris, l'Amour était devenu une menace, secondaire, compte tenu de la situation. C'était ainsi que lors d'une dispute liée à leurs conditions de vie et à l'influence du médaillon, que Ron avait préféré les abandonner pour rentrer chez lui. Mais Hermione était restée.

Lors de leur périple, ils avaient entendu deux gobelins, Dean Thomas et Ted Tonks discuter d'un mauvais tour orchestré par Dumbledore. C'était ainsi qu'ils avaient appris que l'épée de Gryffondor, qu'il avait légué et avait disparu, était un faux et que la véritable arme avait été cachée. "Par le caleçon de Merlin", s'était écriée Hermione. "Oh, c'est pas vrai..." murmura t-elle de manière audible, comme si quelque-chose lui était apparu. La brillante jeune femme avait profité de leur retour au campement pour relire "Les secrets les plus sombres des forces du mal", le seul livre traitant des horcruxes. Grâce au portrait de Phinéas Nigellus, qu'ils avaient emporté du square Grimmaurd, ils avaient appris que l'ancien directeur avait utilisé l'épée pour détruire la bague de Gaunt. Hermione en était arrivée à la conclusion que l'épée, forgée par les gobelins, possédait cette propriété d'absorber ce qui la renforçait et qu'en absorbant le venin du basilic elle avait acquise le pouvoir de détruire les morceaux d'âmes. "... mais pourquoi n'y ai-je pas pensé avant ?", se réprimanda t-elle.

"Bientôt, nous aurons tous le choix entre le bien et la facilité...", avait déclaré Albus Dumbledore. Abandonner Harry était impensable. Ils étaient liés à la vie, à la mort, par une amitié très solide, mais apparemment pas assez pour Ron qui aimait son confort et les bons petits plats servis par sa mère ou par les cuisines de l'école. Or, l'égoïsme n'avait pas sa place lorsque le sort de millions de personnes était dans la balance. Les intérêts personnels devaient s'effacer au profit du bien-être collectif, sans distinction. Hermione avait sacrifié son plan d'épargne, ils n'avaient plus d'argent. Jusqu'ici, ils s'étaient nourris de quelques oeufs, pour la plupart volés, bien qu'Hermione avait déposé de l'argent près des poulaillers, parce qu'elle avait le vol en horreur. Le reste n'était constitué que de tubercules, de racines et de champignons sauvages. Voler dans des magasins moldus ? Hors de question. Harry avait refusé. Tuer un animal, le dépecer, le vider et le cuisiner ? Il fallait pouvoir oser et y arriver...

Sans elle, ils seraient morts, y compris de faim. Elle avait encaissée les reproches, la colère, la mauvaise humeur, la solitude. Elle avait gérée avec courage et obstination son envie d'abandonner, ce sentiment de mourir à petit feu, parce qu'une force la poussait à aller de l'avant. Harry... Avait t-il seulement conscience de ce qu'elle avait sacrifié, pas uniquement pour lui, mais pour leur cause ? Elle ne lui avait rien dit, car elle savait qu'il lui dirait qu'il n'avait pas voulu la voir faire ça à cause de lui. Cela n'était pas sa faute, peu comprenait ce qu'il avait vécu, son fardeau, le poids de sa célébrité, l'absence d'Amour. Il ne l'avait pas remarqué, mais elle l'avait de plus en plus souvent étreint, embrassé sur la joue, elle avait passé des années à l'aider dans ses devoirs par Amour et récompense, jamais par obligation. Or, Hermione n'avait jamais attrapée la grosse tête. Certains y avaient veillés. Mais elle s'était montrée silencieuse, distante avec Harry ces derniers temps. Sans le lui reprocher, elle lui en voulait pour Ron. Elle en voulait surtout à ce dernier de les avoir abandonner, d'avoir exiger d'elle un choix, alors que sa vie n'avait aucune importance.

Ils avaient transplané, sans Ron. *Protego maxima, salveo maleficia, repello moldum, cave inimicum, inexpugnabilis, Chamaeleonidae, Celaverimus !* Harry avait observé leur lieu d'arrivé, Hermione s'était occupée des protections du périmètre. Il n'y aurait aucun danger tant que personne n'en sortait. Sans réelle volonté, elle s'était bornée à accomplir ses devoirs, ses tâches quotidiennes et puis elle s'était renfermée dans ses lectures et ses pensées. Souvent, Harry la voyait, seule, misérable, pleurant à chaudes larmes. Le médaillon de Serpentard avait étrangement moins d'influence sur elle. Personne n'imaginait, en dehors peut être du Choixpeau et de Dumbledore, que les propos du professeur Trelawney avait visé juste. Pas parce qu'elle avait raison d'enseigner une vaste supercherie qui n'était pas accessible ainsi ni très fiable, mais parce qu'elle avait senti que "son âme était aussi sèche que les pages qu'elle dévorait assidûment", ni plus ni moins. Parce que c'était Harry et Ron, les Weasley, qui faisaient émerger en elle cette envie de vivre, cette capacité à aimer qui écrasait tout sur son passage, comme le trou béant qui était en elle l'attirait inéxtinguiblement vers l'envie de mourir.

Harry n'avait rien dit. Il se sentait sans doute coupable. Peut être l'absence de Ron allait permettre à Harry de comprendre le rôle qu'elle jouait, ce qu'elle avait fait pour lui, pour eux, leur cause, depuis le troll. Pourtant, ces temps-ci, celui-ci rêvait de plus en plus de Gregorovitch. Elle savait qui il était, mais elle ne comprenait toujours pas pourquoi Jedusor était obnubilé par lui. Un fabriquant de baguette Russe, aussi célèbre que Ollivander. Harry était sorti, malgré son avertissement. Elle n'aimait pas le voir partir sans elle. Il était partie en quête de nourriture, elle s'était occupée de préparer une soupe de légumes. En lisant certains livres, elle avait appris un sortilège qui permettait de conserver la nourriture et un autre permettant de la multiplier. La loi de Gamp interdisait de créer de la nourriture à partir du néant, mais pas de la multiplier lorsque l'on en possédait déjà, ce qui lui avait rappelé les cuisines de Poudlard et ces pauvres elfes de maison pourtant mieux traités que partout ailleurs.

-" Hermione..." dit Harry en revenant. "Aide-moi..."

Il s'était écroulé devant elle, dans le périmètre de sécurité. Une violente angoisse l'avait saisi, qui l'aurait presque tétanisée si la force intérieure qui sommeillait en elle ne l'avait pas poussé à prendre le dessus, à agir. Harry était plus lourd qu'elle. Elle avait couru jusqu'à la tente chercher son essence de dictame et le livre de premiers soins "emprunté" à Madame Weasley. Elle n'avait rien pour fabriquer une potion de régénération sanguine, elle avait peur de mal faire en invoquant un autre sortilège. Harry ne devait pas mourir. Elle, ça n'était pas grave, du moment que son meilleur-ami restait en vie. Par la magie, elle l'avait surélevée et transportée jusqu'à la tente qui appartenait à Bill. Là, elle avait pris soin de lui, épongeant son front avec une compresse d'eau, en soignant des blessures. Elle avait songé, en vain, à un endroit où elle pourrait trouver de l'écorce de bouleau, qui était utilisée chez les moldus dans la fabrication de l'aspirine et qui pourrait contribuer à abaisser sa fièvre.

-" Harry ?", s'écria t-elle avec soulagement et inquiétude lorsqu'il s'était réveillé après plusieurs heures d'inconscience. "Ça va ? Tu as besoin de quelque-chose ? J'ai... Je... Enfin... J'ai préparé de la soupe aux légumes et par chance j'ai réussi à pécher un petit poisson dans la rivière... Il a l'air comestible...", avoua-t-elle inquiète, alors qu'elle n'avait rien mangé depuis près de huit heures. "Tu as besoin de reprendre des forces..."

Harry n'avait pas intérêt à discuter, surtout dans son état. Elle lui offrait tout ce qu'elle avait, en dépit de sa propre faim. Elle l'avait encore entendu cette nuit parler de Gregorovitch. Il avait aussi eu des espèces d'hallucinations à propos des Dursley. Hermione n'en avait pas dormi de la nuit. Elle avait toujours su qu'il s'agissait d'horribles moldus. Elle ne lui avait jamais envoyé ses en-cas équilibré, ses gâteaux anniversaires et des pâtés sans songer à sa faim, à ses conditions de vie, même si par chance il n'avait passé que peu de temps avec eux depuis son arrivée à Poudlard. Même Madame Weasley, qui était une cuisinière hors pair, avait toujours pris soin de lui donner le meilleur. Hélas, Hermione n'avait pas d'oeufs ni de bacon. Elle n'était pas capable d'offrir de la nourriture à partir de rien. Elle allait devoir sortir, essayer de trouver de quoi manger...


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MessageSujet: Re: We're in this together ! [PV Harry ] [Novembre 1997] Lun 14 Aoû 2017 - 21:07

Elle me connaît bien, ma fièvre,
Cavale entre mes veines
Sillonne mes artères et mes rêves.

Tendre adversaire, cruelle amie,
Douce envie de sombrer,
Amère rage de lui survivre,
Ma perdition, ma songerie.
Si je guéris semble-t-il, je me serai étranger.

Les yeux brillants, le sorcier repris connaissance, le long de sa joue et sous son tee-shirt déchiré, de longues griffures sillonnaient sa poitrine. Harry savait que son amie ne plaisantait pas en lui proposant la soupe sertie d'un petit poisson maigrelet. Il trouva toutefois la force de fixer son regard dans le sien. Lui aussi des plus sérieux.

- Tous les deux.

Chantage émotionnel. C'était pour le bien de la brune qui s'ignorait tant. Depuis que Ron était parti, le Survivant comprenait la portée du sacrifice de la sorcière. Il ne lui l'avait jamais dit, peu friand d'exprimer verbalement ses sentiments, plutôt adepte de le démontrer par des actes. Elle ne le voyait peut-être pas, mais Harry prenait toujours soin de la recouvrir de sa maigre couverture la nuit quand il se réveillait, il restait aussi longtemps les yeux ouverts, veillant sur sa silhouette féminine. Ce n'était pas facile de vivre avec lui, mais le brun n'était pas un capricieux, il était juste un peu décalé... Bon parfois très décalé, mais ce que les Dursley avaient bâti n'avait fait que se renforcer pendant ces années d'enfance sans enfance. Ses seuls rayons de soleil étaient les moments passés au Terrier ou ceux avec ses amis lorsque Voldemort n'était pas le sujet de conversation principal.

- J'ai vu du miel dans un arbre, j'ai voulu changer notre quotidien... Mais sans la magie... Et un gros machin poilu m'a attaqué.

Dire qu'il s'était ému par anticipation en pensant offrir à Hermione un petit dîner qui sortait de l'ordinaire, une denrée qui avait la même couleur de l'or et qui, pour eux, valait le prix d'un diamant. Malheureusement cette petite attention n'avait pas abouti, car le brun loin d'être rentré bredouille l'avait fait avec ces griffures. Par chance, les plaies du garçon n'étaient pas trop profondes, quoiqu'elles demeurent étendues et encombrantes vu que chaque respiration le lançait.

La poitrine dénudée d'Harry révélait toutefois un autre problème, que lui et la née-moldue partageaient. S'il n'avait jamais été gros, l'adolescent avait toutefois les épaules plus marquées qu'avant, ses omoplates saillaient et ses côtes devenaient même visibles. Seuls les muscles acquis durant ses entraînements de Quiddich et leur vie dans les bois sauvaient les apparences. Le sorcier ne se plaignit toutefois pas. Il n'était pas de ce genre, d'autant plus qu'il connaissait déjà la faim, aussi accéda-t-il à manger la plus petite partie du poisson et une cuillerée de soupe, pour le reste c'était non-négociable.

- C'est pour toi. Ne t'en fais pas Hermione, je suis habitué... Et je peux t'assurer que j'ai encore de la marge en ce qui concerne la nourriture. J'ai... Connu pire.

Il se remémora le garçon presque anorexique dans son placard. Sa prime enfance avait été la pire car non seulement les Dursley n'avaient pas besoin de faire d'efforts- l'entrée dans les classes supérieures avait été plus délicate.- mais en plus sa croissance lui volait le peu de réserves disponibles. Oh oui, le brun connaissait cette impression de ventre vide, ce bruit d'estomac en colère, qui se tord, prêt à cracher ce qu'il n'a pas en guise de grève. Il ne pensait juste pas avoir à revivre de cette époque, s'étonnant de s'en souvenir de manière aussi vivace. Il croyait ces tristes années derrière lui, et surtout il n'avait pas mesuré leur impact, se songeant fort, capable de dire "ce n'est rien" en parlant des Dursley. Néanmoins, leur traitement avait laissé plus de marques que prévu, l'ancien Gryffondor l'avait découvert lorsque le visage du gosse aux yeux verts dans son placard s'était imposée à lui entre deux cauchemars concernant Voldemort. Il était plus fragile qu'il ne l'aurait cru mais ça, son amie ne devait pas s'en rendre compte.

- Hermione. Merci.

Le résumé de tout ce qu'il savait, de cette prise de conscience déjà vieille de plusieurs années jamais exprimé. Ça ui était sorti du cour, il n'avait pas pensé ces mots, jaillissant seuls de ses lèvres craquelés, non, cette expression qui voulait tout dire, il l'avait vécu.

- Merci et pardon.

Un instant, les yeux verts du jeune sorcier croisa ceux de son amie. Il ne dit rien de plus ni n'esquissa le moindre geste tendre. Tout passait par le regard, en une fraction de secondes. Mais une fraction de seconde, quand on s'appelait Harry Potter cela voulait tout dire. À part ses proches, très peu de gens pouvaient se vanter d'avoir croisé aussi longtemps le regard du brun. Signe autistique imperceptible, timidité extrême ou hasard ? Harry ne se laissait pas plus toucher que fixer. Soutenir le regard des autres lui coûtait de nombreux efforts si ce n'était pas pour appuyer des reproches. Généralement il regardait furtivement, de biais ou pas du tout sauf en cas de défi. Qu'il prenne cette fraction de seconde pour exprimer ouvertement sa gratitude était rare.

- Il va falloir songer à une nourriture plus civilisée. On n'est pas encore dans le rouge mais... mieux vaut pas y arriver.

Harry savait trop bien ce que c'était le rouge et comme il arrivait vite surtout. À une époque il l'avait atteint, cette terrible zone. Apathique, épuisé, les idées troubles, le gamin faisait peine à voir, tant et si bien que Pétunia avait du l'emmener chez le médecin qui l'avait copieusement sermonné. Sa tante s'était alors arrangée pour expliquer qu'Harry était traumatisé par le décès récent de ses parents -ce qui était faux, évidemment.- et l'avait gavé. Après cette période de jeûne excessif, le petit garçon avait connu une période relativement heureuse où on lui remplissait le ventre par peur de l'intervention des services sociaux. Heureusement les Dursley n'avaient plus jamais laissé le jeune sorcier en arriver à ce niveau de sous-nutrition par la suite. Peur de problèmes avec les services de l'enfance ou brin de compassion ? Harry ne le saurait jamais. Toujours est-il que jouer les forts et les honnêtes était un luxe inaccessible actuellement. Ils devaient manger ce soir, plus que ce poisson quoiqu'amoureusement pêché par Hermione. C'était l'heure tant redouté d'un raid honteux dans une ferme ou une maisonnée des alentours.

Harry palpa ses plaies, son amie avait fait un merveilleux travail. Pour l'instant sa douleur s'était calmée, il pourrait donc procéder au vol. N'ayant plus accès à son compte bancaire il était malheureusement aussi pauvre que du temps des Dursley.

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Merci à Léandre Camus pour la modification de l'Avatar.
Merci aussi à Olivia et Geny qui ont fait des merveilles également.
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MessageSujet: Re: We're in this together ! [PV Harry ] [Novembre 1997] Jeu 17 Aoû 2017 - 23:26

We are in this together ! [HARRY]
Harry et Hermione avaient à l'esprit les horreurs dont l'humanité était capable, combien les sorciers auraient beau se dissimuler derrière le secret magique pour des raisons tout à fait compréhensibles, avoir leur fierté et leur culture bien à eux, dans le fond leur évolution avec les moldus était intimement liée. La jeune femme parlerait de symbiose qui ne concernait pas que les humains, mais toutes les créatures douées de raison ou non. Elle savait que la définition de ce qu'était un être, une créature magique ou une créature maléfique, n'était qu'un moyen imparfait trouvé par l'être humain pour cataloguer, analyser et donner une explication à son environnement, à classifier selon ses conceptions, son ignorance et ses préjugés, ceux qui méritaient de disposer de droits. Or, cela n'était pas si simple. Dans la vie, comme l'avait expliqué Sirius à Harry, il n'y avait pas d'un côté les bons et de l'autre les mangemorts, d'un côté les êtres doués de raison et de l'autre les animaux. Ces erreurs n'étaient pas le signe d'une intelligence, d'une sagesse ou d'une tolérance quelconque.

L'ex Préfète de Gryffondor avait toujours été la plus assidue en cours d'Histoire de la magie. Elle n'avait pas fait qu'écouter et apprendre pour recracher ensuite de vulgaires connaissances énoncées sur un ton professoral et monocorde. Cela aurait été insulter son intelligence. Elle savait, pour l'avoir lu, que Lord Grindewald avait été à l'origine des deux guerres mondiales moldues, que l'un des ancêtres de Harry - membre du Magenmagot - s'était opposé au Ministre qui avait refusé d'aider les moldus. La suite, vous la connaissiez peut être bien. Des sorciers avaient aidés les nazis, d'autres s'étaient rangés du côté des alliés, jusqu'à l'affrontement final entre Dumbledore et le Seigneur noir et sa défaite en mille neuf cent quarante cinq. Le mal, voyez-vous, était présent des deux côtés, comme le bien. L'un s'était replié sur son monde, n'avait que peu évolué à cause de certaines familles et fausses idées, tandis que les moldus avaient tiré des leçons de leurs erreurs, en essayant de construire une paix durable.

Après tout, il n'y avait que cinq à six mille sorciers en Grande-Bretagne, dont moins d'un pour cent était de sang pur ou d'origine moldue. L'étroitesse du monde magique, l'oligarchie, les privilèges accordés au sang pur, avaient contribué à corrompre le pouvoir, la société. Ils avaient contribué à créer des tensions, des divisions, afin de maintenir leurs avantages. Hermione avait compris depuis longtemps les règles du pouvoir, la manière dont on pouvait les contourner, les pervertir. Elle avait osé faire des choses pour Harry et Ron, pour ce qu'ils avaient estimé être des causes justes. À l'aube de la guerre, elle avait enfreint avec réticence une justice qui n'existait plus et à laquelle, devant témoins, elle avait refusée de contribuer. Évidemment, les gens devaient avoir peur, ils devaient avoir compris au fil des événements, des convocations, des rafles et des disparitions, qu'il existait un double discours entre l'attitude rassurante du Ministère et la réalité du quotidien, de mangemorts en liberté, mais rare étaient ceux qui avaient osé prendre les armes contre eux. Plus nombreux, par contre, étaient "les justes", ceux qui osaient aider par compassion ou patriotisme.

Les yeux brillants, Harry avait repris connaissance, au grand soulagement d'une jeune femme qui avait passé près de vingt quatre heures à son chevet, à jouer les infirmières de fortune. Elle s'était senti désemparée, angoissée et en colère contre lui. La propagande ennemie aurait beau dire que ses semblables étaient des menaces, elle savait comment les ridiculiser avec une facilité déconcertante et souligner leurs contradictions. Parce que tout cela était mensonger. Hermione avait noté son t-shirt déchiré, ses coups de griffes sur sa poitrine. Elle s'était demandée par quoi il avait été attaqué, mais heureusement, après avoir failli mettre ses mains sur sa bouche pour étouffer un cri strident à l'idée qu'il ait pu avoir été mordu par un loup-garou, elle s'était rassurée par l'absence de pleine lune. Mais alors, où était-il allé, qui avait-il rencontré et quel était le sorcier ou la chose à lui avoir fait cela, hm ? Il... Il avait in...intérêt à ne pas trop di...discuter, à répondre à ses que... questions, parce que sinon !

- Tous les deux.

Sa meilleure-amie avait soutenu son regard en fronçant ses sourcils, avec réprobation. Elle n'avait pas compris sur l'instant que sa générosité, son sens du sacrifice, seraient bien inutile à Harry, si elle tombait dans le coma ou si elle mourrait. L'ex Préfète avait toujours détestée que l'on insiste sur ses faiblesses, que l'on se moque d'elle et bien souvent ceux qui avaient osé l'avaient amèrement regretté. Chantage émotionnel ? Oh non, non... Pas si vite... Môssieur Harry Potter... S'il avait du apprendre quelque-chose de son caractère, c'était qu'il n'était pas facile de la convaincre ni de s'opposer à elle. Or, elle ne baissait pavillon que si elle estimait avoir tort ou si autre chose s'avérait plus important. Et ici, de toute évidence, elle s'était senti trop contente de le savoir en voie de guérison, consciente qu'il était toujours assez faible, pour éviter une dispute.

Non, elle ne l'avait pas vu venir près d'elle, parfois, pour lui mettre une couverture. Il l'ignorait peut être, mais en l'absence de Ron et de Harry, Hermione avait réalisé sa solitude. Cela lui avait rappelé plusieurs choses que le médaillon de Serpentard avait surement influencés et amplifiés. Méfiante, elle n'avait fait que le garder près d'elle, avant de le jeter au fond de son sac en perles lorsque son tour était arrivé. La jeune femme avait essayé de comprendre cette dispute, l'attitude de Ron surtout. Cela faisait longtemps qu'elle savait qu'elle était attirée par lui. Elle savait que c'était aussi le cas de Ron. Seulement, avec Lavande pour servir de troubles fêtes, Ron qui ne montrait pas ses sentiments, qui n'osait pas et qui s'était permis, en plus, d'abandonner son meilleur-ami, ça non...

- J'ai vu du miel dans un arbre, j'ai voulu changer notre quotidien... Mais sans la magie... Et un gros machin poilu m'a attaqué.

Sans la magie ? Et cette baguette en bois de houx, plume de phénix, c'était quoi, hm ? Elle avait préférée ne pas répondre. La magie laissait toujours une trace, certes, la magie noire surtout. Seulement, savoir la détecter et la reconnaître n'était pas à la portée de n'importe quel sorcier, même talentueux. Donc, du moment que personne ne pouvait le voir en action ou entendre un quelconque bruit... Était-il en train de mentir ?

-"C'est très gentil de ta part, Harry, mais es-tu sûr de me dire la vérité, toute la vérité ?" ,lui demanda t-elle avec perplexité et un certain doute, sans énervement ni animosité. "Tu comptes me dire ce qui s'est passé ou tu comptes oublier certains détails en cours de narration ?" ,ajouta t-elle en adoptant une attitude plus ferme et sans ambiguïté.

Était-elle en train de bluffer ou avait-elle des raisons de douter ? Elle n'allait pas croire qu'il s'était fait ça en glissant d'un arbre ou face à un ours puisqu'il n'y en avait pas au Royaume-Uni et que la probabilité qu'il en croise un en liberté était très proche du zéro absolu.

- C'est pour toi. Ne t'en fais pas Hermione, je suis habitué... Et je peux t'assurer que j'ai encore de la marge en ce qui concerne la nourriture. J'ai... Connu pire.

A nouveau un silence. Hermione était restée droite comme un i. Elle n'était pas l'un de ses horribles moldus ou sorciers. Cela n'était pas nos compétences qui montraient qui nous étions, c'était nos choix. Encore que cette phrase ne tenait aucun compte des nuances, des faux semblants. Non... Il avait peut être connu pire, peut être cela l'avait-il insidieusement préparé à affronter ceci, mais non... Elle n'avait pas passé toutes ces années à faire ces choix, à lui envoyer à manger, en ignorant qu'il lui était arrivé, sans y trouver à redire. Elle n'avait pas passé tout ce temps à lui montrer son affection, sans calcul, à encourager Ron à lui écrire, alors qu'il avait toujours détesté faire ça. Harry n'allait pas l'absoudre ni banaliser ce genre d'attitude égoïste qui de un avait renvoyé Ron chez maman et de deux qui avait montré l'absence d'empathie des Dursley !

"- Oui, je sais... Tu as encore fais des cauchemars cette nuit..." Elle marqua une pause. "Ce sera cinquante-cinquante..."

- Hermione. Merci. Merci et pardon.

Encore un silence. Cette fois, Hermione était partagée entre la colère, la tristesse et le soulagement. Lui et elle étaient souvent de connivence, davantage qu'avec Ron. Il leur arrivait de finir la phrase de l'autre, d'être intellectuellement plus connecté, même si l'apport de sa meilleure-amie était considérable, mais avec des limites que Harry avait du mal à reconnaître tant il avait été habitué la voir sortir des lapins de son chapeau dans les moments les plus critiques. D'un côté, il s'agissait d'une marque de grande confiance et d'admiration, de l'autre cela avait tendance à lui mettre sur le dos une pression énorme. Mais elle avait l'habitude et eu le temps de relativiser.

Elle soupira.

-"Autre chose est en partie responsable de votre dispute et de son départ... Cela devait arriver... ", lui dit-elle sans vraiment attendre de réponse. "Tu sais... Entre nos correspondances, nos vacances au Terrier et notre temps libre à Poudlard, nous n'avons jamais pris le temps de parler des Dursley... Cela étant, je ne te forcerai pas. J'imagine que cela ne doit pas être facile... " ajouta t-elle en manifestant de la compréhension et de la compassion.

Leurs regards s'étaient croisés. Il y avait eu une étrange lueur dans ceux d'Hermione qui avait fini par détourner les yeux et par baisser la tête pour regarder ses mains plutôt propres, mais usées par le travail manuel. Elle croyait en la sincérité de ses excuses, même si cela n'arrangeait rien. Quant à ses conditions de vie, la lionne connaissait ou devinait certaines choses, elle avait vu le quartier, la maison, le placard à balai... Certains le dénigrait sans savoir qu'elle était sa vie, le poids qui reposait sur lui, sans faire preuve de compassion.

- Il va falloir songer à une nourriture plus civilisée. On n'est pas encore dans le rouge mais... mieux vaut pas y arriver.

Harry avait raison et ses propos avaient eu le mérite de les ramener à ce qui était plus urgent et important.

-"Crois-tu qu'il soit en sécurité, qu'il va revenir ?", avait-elle risquée, l'air pensive, préoccupée et nostalgique.

Elle s'était levée pour aller leur servir deux bols de soupe, après avoir partagée le poisson en deux parts égales. La jeune femme ne s'était jamais plaint. Elle était née de parents dentistes vivant dans la banlieue de Hampstead. Hermione avait toujours eu ce qu'elle voulait. On ne l'avait pas pourri, gâtée, elle n'avait jamais eu d'attitude intenable ou d'exigences. Elle avait été élevée dans l'Amour ; enfant unique, mais désirée. Wendell et Monica restaient néanmoins des intellectuels, aimant les voyages, Shakespeare. On lui avait appris les bonnes manières, elle avait fréquentée l'école privée. Elle n'avait pas renoncée face à la difficulté.

On ne pouvait pas reprocher à Ron d'avoir été influencé, d'avoir des regrets, des remords, des désirs et des rêves. La part d'âme qui était enfermé dans le médaillon avait eu assez d'influence néfaste pour faire ressortir ces choses, pour les exploiter de manière insidieuse. Cela étant, il avait trahi Harry. Il l'avait abandonné et ça Hermione ne pouvait pas l'avaler. Et de surcroît, il l'avait abandonné ELLE ! Grrrr... Et pourtant, elle était là à espérer son retour parce qu'elle l'aimait, qu'ils avaient besoin de lui et de l'autre elle avait l'envie furieuse de le démolir jusqu'à ce que mort qu'en suive... Espèce de cr*tin !

"Il faudra se désillusionner, choisir les endroits, en évitant de rester dans le même secteur. Peut être des potagers appartenant à des particuliers, des serres agricoles, des fermes ? Si nous mettons la main sur une valise, je crois que je pourrais créer une espèce de potager portatif... Tu sais, à l'aide de sortilèges d'extension indétectables. Je me suis même surprise à imaginer une autre fonction, mais ça n'est encore qu'une idée..."

Il lui faudrait des fruits et légumes voire des graines. Certains détails restaient à régler, elle songeait ensuite à miniaturiser la valise pour la dissimuler dans son sac en perles afin de faciliter son transport, mais pour l'instant tout cela restait à l'étude.  

"La forêt peut nous fournir d'autres ressources, mais il nous faudrait de la viande... Une idée ?"

Elle marqua une pause. Hermione s'était levée afin d'aller chercher la baguette de Harry et ses lunettes, mais avant de les lui rendre, elle avait cru bon de lui poser une question des plus étranges.

"Pourrais-tu me dire comment nous avons sauvé Buck en troisième année, s'il te plaît ?"

Simple précaution...


Spoiler:
 

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MessageSujet: Re: We're in this together ! [PV Harry ] [Novembre 1997] Lun 11 Sep 2017 - 17:54

- Mais oui, c'est la pure vérité !

Répondit Harry, agacé et surpris à la fois par la remise en doute d'Hermione sur un aussi petit détail. Non pas qu'une sale bête géante non-identifiable soit un "petit détail", mais étant donné leur mode de vie ce n'était quand même pas si étonnant d'être attaqué par une bestiole. Question baguette, l'adolescent est très attentif, presque paranoïaque. Si on peut suivre à la trace quelqu'un qui prononce un mot tabou, il est possible que certaines baguettes le soient aussi, et puis la composition de la sienne n'est un secret pour personne, surtout pas pour Voldemort. Les deux soeurs de bois sont-elles capables de se reconnaître? D'indiquer à l'autre où elle se trouve? Après avoir assisté au phénomène qui a fait surgir les fantômes de la baguette du Mage Noir, Harry préfère demeurer méfiant. Il a peur, oui il a peur du Lord, littéralement. Ce nom qu'il se plaisait à prononcer avant par pur défi lui glace le sang. Ce n'est qu'une question de jours pense-t-il avant qu'il ne les retrouve, Hermione et lui puisque Ron a déserté.

À ce propos, le Survivant lui en veut-il vraiment? D'un côté spontanément parlant, il s'est senti furieux lorsque le rouquin est parti, trahi, désespéré, déçu mais de l'autre c'est le premier à avoir demandé à ses proches de ne pas prendre de risques pour lui. Suivant sa politique, le brun est incapable de ressentir une colère continue à l'égard de Ron qui n'a fait qu'accomplir ses propres suppliques tandis que par chance et par malheur, Hermione demeure, également inquiète pour leur ami.

- Ce qui est sûr, c'est que s'il revient, il ne sera plus en sécurité.

Une idée inquiète fortement le brun cela dit. À la vue de tous, Ron risque d'être tout à coup mené devant Voldemort en personne afin de tout avouer en ce qui le concerne. Un tremblement parcourt les épaules du Survivant.

- On doit partir, pas seulement pour manger. On doit aussi s'en aller, changer de campement et pas à la porte d'à côté.


Suggère soudain l'adolescent qui ravale ses larmes d'inquiétude pour son ami. Il ne peut décidément pas en vouloir à ce dernier d'avoir fui bien que sans sa présence la quête est terriblement difficile. Hermione est la grande soeur du groupe, Harry donnerait sa vie pour elle, il l'adore mais elle est un tiers de son être, lui un autre, reste ce vide, cette place de meilleur ami, celui a qui le brun confie tout. D'ailleurs son absence se fait d'avantage ressentir lorsque l'ex Gryffondor le met au défi de parler des Dursley. Il frissonne. Il n'en aurait pas facilement parlé au rouquin mais cela serait resté plus simple que de s'en ouvrir à sa camarade. Avec Ron, le Survivant aurait pu détourner sa situation en dérision, rire de l'obésité de son cousin ou de la débilité de son oncle, fier de sa minable entreprise d'agrafeuses. Avec Hermione, tout est solennel, c'est d'autant plus douloureux.

- Y'a rien à dire. J'avais faim et froid toute l'année. Qu'est-ce que ça rapporte que tu le saches?

Conscient d'avoir été sec, Harry tendit la main pour la poser sur l'épaule d'Hermione, brièvement. Il consent à ajouter un détail.

- Dudley me battait fréquemment et au collège, on se moquait de mes lunettes scotchées ou rescotchées, de mes habits trop grands qui appartenaient à mon cousin. Je dormais dans un placard et je servais de bonniche pour le ménage et préparer des repas auxquels je ne touchais pas ou à peine, je n'ai jamais fêté Noël. Les Dursley ne m'ont jamais frappés en revanche.


Acheva l'adolescent en détournant pudiquement le regard. La question de son amie le fit toutefois changer d'avis, son cou se tordit pour planter ses yeux verts dans ceux d'Hermione, mais au final il se contenta de hausser les épaules. Une question piège, pourquoi pas. Ils avaient le droit d'être paranoïaque, lui l'était, à commencer avec sa baguette magique.

- Avec le retourneur de temps. Pour la viande... On pourrait essayer de faire des pièges genre des collets pour des lapins ?

Une biche, ou un cerf, fallait pas lui en demander tant, il serait incapable...

- Les oeufs, ça ne remplace pas la viande ça ? Ce serait plus facile à attraper et moins... Douloureux.

Harry pensa une seconde à avoir une poule, ils pourraient ainsi se nourrir des oeufs tous les jours. L'idée le fit saliver, il voyait désormais cette volaille comme le plus grands des trésors, lui qui avait eu des milliers de Gallions à portée de main. La famine rendait les hommes modestes, et lui l'étant déjà de nature le devenait d'avantage encore. S'il se sentait avant, en droit d'acheter des accessoires pour le Quidditch avec la fortune de ses parents- un des seuls caprices qu'il s’octroyait- le sorcier aurait pleuré d'avoir autant "dilapidé". Il donnerait tout pour pouvoir acheter une poule et la conserver, malheureusement ils devaient être discrets et ne pas semer des "cot cot" partout où ils allaient-

- Trop de magie pour le potager portatif, on ne sait pas si Vold... Tu-sais-qui peut la détecter. Après tout le ministre parvient à le faire, puisqu'ils sont intervenus dans le monde moldu quand j'avais 13 ans... On doit être les seuls êtres humains à traîner dans cette forêt. Si on émet un signal magique, ce serait bien suspect, non ?

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Merci aussi à Olivia et Geny qui ont fait des merveilles également.
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MessageSujet: Re: We're in this together ! [PV Harry ] [Novembre 1997] Sam 30 Sep 2017 - 14:02

We're in this together ! [HARRY]
"Un ami, c'est quelqu'un qui te connaît tel que tu es, qui comprend qui tu as été, qui accepte ce que tu es devenu, et encore, qui te permet de te développer" - William Shakespeare

Elle aurait pu penser qu'après lui avoir sauvée les fesses au mariage et dans ce café moldu en compagnie de Ron, lors de leur évasion du Ministère et après cette dispute entre mecs, Harry aurait retenu la leçon, qu'il aurait réfléchi par deux fois avant de lui répondre. Ses exigences et son attitude étaient parfois pénibles, mais il avait des circonstances atténuantes. Le fragment d'âme de Jedusor avait malgré tout réussi à monter ses meilleurs-amis l'un contre l'autre et par mettre à nu des failles cachées, des sous-entendus et les sentiments de Ron d'une manière tragique. Elle leur avait pourtant parlé des sacrifices qu'elle avait consenti pour davantage que leurs propres vies, qu'à l'heure où Harry s'énervait, alors qu'il était en tort, elle avait sacrifiée sa famille et toutes ses possessions. N'aurait-elle pas méritée sa confiance durant toutes ces années, ne lui avait-on pas rappelé qu'il lui serait utile de l'écouter, de leur confier tout ce qu'il savait à propos de cette mission suicide ? N'étais-ce pas encore vers elle qu'il s'était tourné pour obtenir de l'aide ?

Non... Elle n'avait rien dit. Elle avait encaissée, en essayant de cacher son chagrin à l'idée de se sentir parfois seule ou incomprise, de sentir l'absence de Ron et ce qu'elle éprouvait et ne rien pouvoir lui avouer parce que la guerre ne leur laissait pas ce luxe, parce qu'elle était là pour créer une unité, non pour instiller dans l'esprit de Harry que ses compères seraient prêts à l'abandonner à l'instant où leurs intérêts personnels seraient engagés. Non, cela ne se faisait pas. Il y avait plus important. Difficile pour elle de lui alléger ce fardeau, celui du survivant, de celui qui n'avait jamais voulu que des gens meurent pour lui. Sauf qu'à la différence de leur ennemi mortel, personne ne les y avait forcé. Personne ne s'était demandé comment ELLE avait vécue la chose, mais elle ne s'en plaignait que rarement, parce qu'elle avait cette habitude et pas forcément l'envie de déranger les autres, ceux qui n'en avaient rien à faire.

Ce qui animait Hermione ça n'était plus son avenir ni le symbole que Harry représentait, mais l'Amour et la liberté. Celui qu'elle aimait lui avait laissé ce choix qui aurait consisté à l'abandonner à son sort, parce que Dumbledore leur avait rappelé qu'ils auraient tous à faire le choix entre le bien et la facilité. Et cet abandon, elle ne l'avait pas encaissée. Avait-il saisi qu'elle serait prête à mourir pour lui, pour Ron, pour des choses qui dépassaient leurs petites intrigues, qu'elle avait fait taire son coeur pour dominer son esprit et prendre une décision qui aurait pu sceller la fin de tout espoir, mais qui avait demandé d'elle un sacrifice toujours plus grand ? Son courage, son utilité et la valeur de leur amitié, quand allait-il le reconnaître ? Parce que c'était surtout de cela dont ils avaient besoin aujourd'hui. Pas de la célébrité dont ils ne sauraient que faire dans ces circonstances, mais d'un réel geste d'amitié et d'encouragement.

Non, il était sorti comme ça, sans la prévenir, en dépit des protections qu'ils s'amusaient à placer à tour de rôle autour de leur campement et à revenir blessé. Et comme d'habitude, Harry faisait montre d'un entêtement dont Hermione aurait pensée qu'il se serait débarrassé avec les affres de la guerre, après tout ce qu'ils avaient pris dans la figure depuis août. Eh bien non... Au lieu de tout lui dire - parce qu'elle avait l'habitude de ses mensonges ou omissions - l'Elu avait préféré sa planquer derrière un agacement qui lui aurait valu un savon si elle n'avait pas craint de le perdre sans réagir promptement face à son appel à l'aide. Oui, elle était du genre à faire attention aux moindres petits détails, même aux plus insignifiants, en allant parfois jusqu'à l'absurde, à venir vous sermonner parce que l'ennemi, lui, était aguerri et qu'il ne leur pardonnerait pas la moindre faute. Et c'était dans ces occasions que Ron jouait l'un de ses rôles, parce que depuis son départ, pratiquement tout le poids des décisions reposait sur elle, alors que ce qu'elle craignait le plus c'était d'échouer.

Cette pression, elle la ressentait et l'assumait sans se plaindre. C'était la pure vérité... Mais oui ! Il croyait s'adresser à qui, hm ? Une bête sauvage, bah voyons... Pour Hermione, cela allait être la consternation puis la remise en question. Mais pour l'heure, elle avait préférée temporiser, rebondir sur autre chose. La trace ? Ahaha ! Harry avait, semblait-il, oublié sa conversation avec Dumbledore, un peu avant son dix-septième anniversaire, ce qu'il leur avait répété. Elle avait lu dans certains ouvrages que la trace en question disparaissait à dix-sept ans et d'après ce qu'elle en savait, l'Ordre l'avait assez protégé pour rendre impossible tout "suivi". On ne pouvait détecter l'usage de la magie chez les adultes, autrement le sortilège qui permettait de lancer la marques des ténèbres dans le ciel ou l'usage de l'un des impardonnables aurait valu à bon nombre de criminels de tomber systématiquement dans le piège des Aurors. Le transplanage était lui aussi indétectable, à moins de franchir un charme du cridurut et bien que sa baguette était enregistrée au Ministère, rien n'avait permis au service de sécurité de "surveiller" son activité.

Harry avait omis un autre détail, qu'Hermione ne semblait pas tout à fait connaître, mais qui était revenu sur le tapis avec la mission des sept Potter. En réalité, c'était le contenant de sa baguette qui empêchait Jedusor de le vaincre, parce que la plume qu'elles contenaient provenait du même phénix, ce qui en faisait un cas unique. Et cela personne ne le savait, hormis Tom qui avait fini par l'apprendre d'Ollivander et par penser qu'en empruntant celle d'un autre il parviendrait à tuer Harry. Mais cela était allé beaucoup plus loin... En réalité, c'était parce que Harry était le horcruxe qu'il n'avait pas voulu créer et parce qu'il s'était défendu qui empêchait Tom Jedusor de le tuer. Bien-sûr, Hermione avait commencé à réfléchir à ces événements, mais pour l'instant elle se concentrait surtout sur un moyen de saisir à quoi correspondait ces signes qui n'étaient ni des runes anciennes ni des hiéroglyphes ou d'autres idéogrammes. Un rond surmonté d'un triangle, avec un trait en son centre... Bizarrement, elle l'avait retrouvée plusieurs fois dans son exemplaire original des Contes de Biddle le Barde, légué par Dumbledore.

- Ce qui est sûr, c'est que s'il revient, il ne sera plus en sécurité. On doit partir, pas seulement pour manger. On doit aussi s'en aller, changer de campement et pas à la porte d'à côté.

Elle ne lui reprochait plus son départ et son retour imprudent, mais croire qu'après l'infiltration du Ministère Ron serait encore en sécurité, cela relevait de la stupidité, d'autant plus que s'il rentrait on allait exiger de lui des explications, qu'il serait interrogé et qu'il risquait de mettre en péril bien plus que leurs vies. De fait, Hermione avait soupirée, en fermant les yeux et en humectant ses lèvres, rongeant sa colère et sa frustration pour ce mufle qui occupait ses pensées. Si elle était parti, Harry aurait fait le malin et il serait mort. Si elle avait voulu ignorer sa loyauté, sa conscience, son instinct, sa sagesse, les raisons pour lesquelles il était comme son frère, ils avaient affronté le mal plus d'une fois... Et que croyait-il, hm ? Que dans cette tente ils étaient en sécurité, parce qu'elle s'était arrangée pour cela ? La seule chose qu'elle craignait c'était qu'il avait été suivi, que l'on avait monté un traquenard et elle avait voulu vérifier.

- Et tu crois qu'il ne le savait pas lorsque nous avons décidé de ne pas retourner à Poudlard, hm ? Tu ne crois pas que cette décision avait été prise il y avait déjà bien des années, par amitié et loyauté envers toi ? J'en avais parlé avec lui, cela nous était apparu comme logique, parce que tu es notre meilleur-ami, parce que ce que nous tentons de faire nous dépasse, parce que contrairement à Ron, moi je n'ai rien à fiche de notre petite confort, parce que je fais avec. Lui, il a préféré retrouver sa petite vie pénarde, sacrifier notre amitié et ça je ne peux pas l'encaisser... Tu te souviens de l'excuse qu'il avait prise afin de tromper le Ministère avec cette histoire d'éclabouille ? D'après toi, qui lui avait suggéré de faire ça afin de protéger sa famille ? Moi... Qui a rompu avec Ginny pour la même raison en sachant ce qu'il faisait, mais aussi parce que RON te l'a demandé à l'enterrement ? Ici, il n'y a que nous et si je dois mourir ce sera ma responsabilité, mon choix, pas le tien, parce que si je dois affronter Tu-Sais-Qui à tes côtés, je le ferai... A l'origine, Ron et moi nous n'en n'avions rien à cirer de savoir si tu allais ou non nous permettre de te suivre. Même Fred et Georges... Tout ceux qui t'ont défendu contre les mangemorts ont agi par amitié, pour d'autres valeurs, sans se soucier de tes récriminations...

Elle l'avait regardé, les sourcils froncés, avec une telle foi et autorité, qu'Harry ne pouvait pas douter que si elle lui disait ça, après être restée, elle le pensait. Non, elle ne risquait pas, cette fois, de pardonner aussi vite à celui qu'elle aimait d'avoir fait cela, même si le médaillon était en grande partie responsable de cette dispute et qu'il y avait en lui des faiblesses que le fragment d'âme avait exploité. Hermione n'avait pas envie de se morfondre devant lui. Elle le ferait la nuit, lorsqu'elle aurait la certitude qu'il dormait. Mais ce qui était sûr c'était que depuis leur exil forcé, Harry devait se remettre en question, se rapprocher d'elle et de Ron, ne plus les laisser dans le doute et ne plus laisser ses meilleurs-amis dans une espèce de rancoeur qui pouvait grandir et finir par exploser à nouveau.

- Y'a rien à dire. J'avais faim et froid toute l'année. Qu'est-ce que ça rapporte que tu le saches ?

Avec elle tout était solennel ? Si elle l'avait su, elle aurait été blessée et vexée. La lionne avait maintenu un autre silence. Harry avait remarqué qu'il s'était montré sec, mais avant qu'elle n'ait eu le temps de détourner son regard et de s'en aller préparer le "repas", il l'attrapa par l'épaule. Si elle n'était pas aimée ni une aussi bonne amie, que fichait-elle là, hm ? Elle n'était pas sa bonniche...

- Dudley me battait fréquemment et au collège, on se moquait de mes lunettes scotchées ou re scotchées, de mes habits trop grands qui appartenaient à mon cousin. Je dormais dans un placard et je servais de bonniche pour le ménage et préparer des repas auxquels je ne touchais pas ou à peine, je n'ai jamais fêté Noël. Les Dursley ne m'ont jamais frappés en revanche.

Hermione sembla très touchée et embarrassée. Tout ce qu'elle savait c'était qu'il était maltraité, qu'on ne lui avait pas montré d'affection, qu'il avait toujours eu la mine blafarde qui n'avait jamais échappée à elle et à Madame Weasley. Elle se souvenait de la fois où les Weasley, Tonks, Hagrid, Ron, Hermione, ses parents, Ginny, Fred et Georges, Kingsley et Alastor avaient voulu rencontrer les Dursley à King Cross pour les menacer s'ils tentaient de lui faire de mal.

- Oh Harry... fit-elle, compatissante. J'ai toujours été si soucieuse de ton retour chez ces horribles personnes... Ce que cela me rapporte ? J'apprend à découvrir un aspect de ta vie qui m'est plutôt inconnu et peut être nous découvrir d'autres points communs. Seulement, tu vois... Moi aussi il y a quelque-chose dont je ne t'ai jamais parlé ni même à Ron. Cela n'est pas vraiment comparable, mais j'ai souffert de moqueries, d'insultes et d'humiliations à l'école. Cela n'a pas changé à Poudlard. J'ai pourtant fait de mon mieux pour me faire des amis, mais en définitive, j'ai fini par trouver dans mes livres et la solitude un moyen de m'évader de cette souffrance dont je ne parle jamais. Elle fait partie de moi, je vis avec elle, je la domine, elle se transforme à l'occasion... J'ai toujours eu l'âme d'une battante, comme toi... Ne jamais renoncer... J'ai toujours admiré ton courage aussi pour ça... Elle avait marqué une courte pause et puis un sourire triste en coin était apparu. Je n'ai jamais eu d'amis avant de te rencontrer toi et Ron, à Poudlard. Parfois, il m'arrive de me dire qu'il aurait peut être mieux valu que le troll me tue ce soir là... Mais vous êtes arrivés tous les deux...

Elle avait eu un sourire teinté d'ironie masquant la douleur qui l'avait saisi et la réalité de sa sous-estimation. Comment pouvait-on croire que l'on n'était rien lorsque l'on avait un cerveau et un coeur comme le sien ? Savait-il au moins quel genre d'horreurs elle ressentait au contact de ce fichu médaillon et pourquoi il semblait moins l'atteindre ? Le fragment d'âme pouvait bien lui raconter et lui faire ressentir ces choses qu'elle ne connaissait que trop bien, elle n'avait fait qu'absorber le mal qu'on tentait de lui faire, à la manière de l'épée de Gryffondor dont elle lui cherchait un sens caché depuis des semaines. Le bonheur et la ruine étaient présents, son esprit était solitaire, volant au dessus des sommets, cherchant une place dans le monde, des raisons de vivre et des gens avec qui partager sa faculté à aimer.

- Tu sais... J'ai... Elle sembla embarrassée, perplexe. Si tu l'as oublié, j'ai menti à mes parents. Je leur ai modifié la mémoire et je les ai envoyé là où personne ne les retrouvera. Je l'ai fait pour les protéger, parce que mes origines font de moi une cible dont tu n'es pas responsable. Nos ennemis le sont... En ce moment, mes parents mènent leur vie sans savoir qu'ils ont eu une fille. Tu comprends ? Elle le regarda fixement, les yeux humides, mais avec les sourcils froncés, comme si sa force de caractère voulait reprendre le dessus. La guerre m'a poussé à me dépasser, mais j'ai toujours pensé que parfois une mauvaise action pouvait avoir de bonnes conséquences. J'ai honte d'avoir agi dans leur dos, mais je savais qu'à l'instant où la guerre commencerait mes parents auraient figuré parmi les premières victimes. Leur sort aurait été pire que la mort. Dois-je pour autant te tenir responsable ?

Sa voix s'était brisée. Elle était restée silencieuse, avec une tristesse qui était plus difficile à contenir, parce qu'elle ne voulait pas pleurer, pas maintenant, pas devant lui.

- Harry... Tu es comme mon frère... Je comprends ton désir de protéger le plus de monde possible, mais personne n'est invisible ni un sur-homme, pas même Tu-sais-Qui. Tout ce que nous pouvons faire c'est faire en sorte de l'anéantir et stopper ce bain de sang. Nous avons sauvé des gens au Ministère. Ce n'est pas rien, mais j'ai fait ce choix et je l'assume et personne ne me fera faire machine arrière. On... On... Finira par trouver quelque-chose... Je te le promet... lui confia t-elle en cherchant à le rassurer d'un air angoissé, en lui prenant la main et en la serrant fermement.

Oui, bon... Elle s'était peut être un peu trop avancer...

Heureusement, Harry avait répondu à sa question de sécurité : une mesure qu'elle avait empruntée à Rémus et à Kingsley. Hermione poussa alors un profond soupir. A présent, elle allait devoir vérifier s'il n'avait pas été suivi. Elle n'aimait pas cela, mais ils allaient devoir plier bagages très vite et transplaner, en espérant qu'il n'ait pas fait une plus grosse bêtise. L'autre problème, c'était qu'à chaque départ elle avait le sentiment qu'elle ne reverrait plus Ron et cela ne l'aidait pas à se concentrer sur leurs tâches, y compris quotidiennes. Au début, Harry l'avait laissé tranquille, puis il avait essayé de renouer le contact, de se faire pardonner, avec la trouille au ventre. Hermione, elle, essayait déséspérement de vaincre son malaise pour se sentir à nouveau pleinement en mesure d'utiliser toutes ces capacités.

- Avec le retourneur de temps. Pour la viande... On pourrait essayer de faire des pièges genre des collets pour des lapins ?

Elle avait haussé les sourcils. Hm... Oui, elle y avait pensé, mais savait-il en faire ? Parce qu'elle, pas du tout.

- Très bien... Elle soupira. Oui, c'est une bonne idée, mais sais-tu comment faire ? Je... Elle hésita. Je n'ai jamais appris à chasser et l'idée elle-même me débecte. Ca à l'air stupide dit comme ça, surtout dans notre situation, mais bon...

Rien qu'à imaginer devoir tuer, dépecer l'animal, le vider de son sang, lui retirer les viscères et briser ses os...

- Les oeufs, ça ne remplace pas la viande ça ? Ce serait plus facile à attraper et moins... Douloureux.

Elle lui avait rendu ses lunettes puis sa baguette. Inquiéte la veille, elle n'avait pas pu s'empêcher de les nettoyer et de les lui rendre comme un sous neuf. Jedusor ne voyait sans doute la sienne que comme un instrument de pouvoir. Il ne devait pas la considérer comme un "être vivant", alors que ce qui les animaient étaient une science mystérieuse et complexe. Hermione se souvenait du premier jour où elle était entrée chez Ollivander. Sa baguette en bois de vigne s'était mise à étinceler à l'instant même où le tintement de la clochette de l'entrée avait raisonnée. Il lui avait répondu qu'il n'avait vu ce phénomène que deux fois dans sa carrière, que sa future baguette semblait "excitée" à l'idée d'apprendre, de progresser et de l'aider à en faire autant, qu'en général elles choisissaient des sorciers et des sorcières au grand potentiel, mais à la vie intérieure très secrète. Il lui était arrivée, comme Harry, de voir celle-ci réagir lorsqu'elle en prenait soin et cela la fascinait, surtout parce qu'elle avait eu le sentiment plus d'une fois d'avoir tisser une relation spéciale.

- On raconte qu'un oeuf contient autant de protéines qu'un steak... Après ça, disons que nous sommes dans une position qui ne nous autorise pas à faire la fine bouche... Il existe des nutriments, des protéines, que l'on ne trouve que dans la viande et qui sont indispensables au corps humain. Ce que je pense des autres régimes alimentaires, ça... 'Fin, peu importe... (soupir) Une discussion sur les nutritionnistes serait assez comique, tu ne trouves pas ? La fin l'avait amusée. Il y a aussi le fromage qui peut être plus facile à "attraper"... Donc, il nous faudrait trouver des poulaillers, des potagers, des champs cultivés, des vendeurs à la sauvette et ruser...

De nos jours, sans nos baguettes, sans un supermarché, des individus pour produire la nourriture, la plupart des gens seraient incapables de survivre, privée des connaissances qui pouvaient s'avérer utiles en cas de coup dur. Hermione avait pensé aux SDF, à ces émissions de survie dont elle avait entendu parler. On pouvait peut être lui reprocher ses limites, mais depuis août, Harry et Ron avaient eu de quoi manger dans leurs assiettes. Oh, cela n'avait rien à voir avec un dîner aux chandelles dans un restaurant étoilé ou avec Poudlard ni même avec les bons petits plats de Madame Weasley. Si on lui avait apporté de la viande, du beurre, de l'huile d'olives et ces choses qu'ils percevaient aujourd'hui comme des produits de luxe...

**Un jour, si nous réussissons, il faudra se préoccuper de ces gens sans toit, famille ni nourriture, ces "accidentés de la vie" et de toutes ces créatures opprimées...** Parce que la seule manière de diminuer le nombre de détraqueurs c'était de réduire la misère, parce que ces créatures maléfiques conçues à l'emplacement d'un laboratoire ayant appartenu à un mage noir se trouvait aujourd'hui Azkaban (source : Pottermore). Réduire la misère et aider les gens c'était affaiblir les forces du mal. Les sortilèges et contre-sorts, c'était utile, mais elle avait un point de vue différent sur ce qui s'était déroulé hier et avec ce qui se passait aujourd'hui. Oui, une Justice conçue et rendue par les hommes était imparfaite par définition, mais cela devait-il empêcher les gens de rêver à une vie meilleure ?

- Trop de magie pour le potager portatif, on ne sait pas si Vold... Tu-sais-qui peut la détecter. Après tout le ministre parvient à le faire, puisqu'ils sont intervenus dans le monde moldu quand j'avais 13 ans... On doit être les seuls êtres humains à traîner dans cette forêt. Si on émet un signal magique, ce serait bien suspect, non ?

Le sang d'Hermione n'avait fait qu'un tour.

- Bon sang, Harry ! Horrifiée, elle avait porté ses mains sur sa bouche puis sur son front, en fermant les yeux afin d'essayer de chasser son envie de se mettre en colère. Puis, elle soupira. La magie et surtout la magie noire laisse sa trace... Mais temps et espace ont une grande importance en magie. Cela signifie que si personne ne te voit utiliser ta baguette ou n'est suffisamment proche pour entendre une éventuelle détonation ou encore pour voir ton patronus, il n'y a aucun risque puisque nous vivons à l'écart. La chose qui peut trahir notre présence ici c'est le mot tabou. Sinon, si nous retournons dans la civilisation, ce qui peut nous trahir c'est notre apparence, ton patronus et si nous ne prenons pas soin de vérifier que nous ne sommes pas suivis... Quant au Ministère, oui, ils connaissent ta baguette, mais ils ne peuvent pas savoir quand tu l'utilises ni à quel endroit. La trace a disparu à ta majorité et le Ministère est tombé le 1er août alors que toi tu es né le 31 Juillet. N'oublie pas également que Dumbledore t'avait assuré la meilleure des protections grâce à la magie du sang qui n'a que peu de choses à voir avec la magie noire dans ce cas, mais avec l'Amour. Après ça, le Ministère peut aussi détecter les naissances chez les sorciers puisque ceux-ci sont pré-inscrits à Poudlard, bien que rien ne les obligeait à y étudier. Si cela aurait été aussi facile, crois-tu que le stratagème qui t'a conduit des Dursley jusqu'à la maison de Tonks puis au Terrier aurait fonctionné s'ils avaient su ?

Elle lui avait lancé un regard insistant, comme si ce qu'elle venait de dire était une évidence, une remarque pertinente. Et pourtant, ce que tout deux ignoraient c'était que le Professeur Rogue avait fait en sorte, sur demande de Dumbledore, de retarder le plus possible la chute du Ministère, de jouer un rôle convaincant en révélant au mage noir quand Harry allait être transféré au Terrier.

Ce qui t'a trahi ce jour là, c'est Stan Rocade et l'expelliarmus, parce qu'il t'a reconnu et que ce sort est ta signature... Parce qu'à ce moment là, Tu-sais-qui pensait que j'étais toi... Il s'en est pris d'abord à Alastor, car il était le meilleur puis à Kingsley avec qui j'étais durant l'escorte et la bataille. Par contre, une fois ton patronus lancé, personne ne peut retracer son origine et il est possible d'utiliser le patronus messager qui ne fait pas que transmettre un message, mais aussi des objets tout en restant incorporel...

Fais-moi confiance, Harry...


Elle avait peut être tort ou pas du tout...


Spoiler:
 

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We're in this together ! [PV Harry ] [Novembre 1997]

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