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[3 novembre 1997] Un pas en avant pour dix pas en arrière

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SERPENTARD7ème année
    SERPENTARD
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MessageSujet: [3 novembre 1997] Un pas en avant pour dix pas en arrière Mar 8 Aoû 2017 - 19:10

Soufflant un long nuage de brume, Lysander battait du bout de son pied l’herbe mourante comme pour sommer la terre de rendre la chaleur qu’elle avait volée. L’hiver de cette année s’annonçait en grande pompe, vraisemblablement décidé à faire concurrence aux détraqueurs et le jeune homme plissait les yeux pour discerner la silhouette du château au milieu du brouillard matinal. Son visage pâle n’aurait pas grand mal à passer inaperçu, mais malheureusement pour ses projets de camouflage son habituelle tenue sombre n’était sans doute pas le meilleur choix. Elle en avait de belles Lina, à lui donner rendez-vous dès que les portes s’ouvriront, mais semblait peu réceptive au fait que lui avait à peine dormi cette nuit et guère plus la précédente, charmante nuitée aux frais d’Henrryyy - en paiement de leur petite altercation quelques jours auparavant - au milieu des rats et des substances indéterminées. Charmant premier novembre auquel avait succédé un épuisant second jour passé sur une chaise à rattraper frénétiquement le retard que son excursion de l’autre côté du sous-sol lui avait valu. Il avait dormi quatre heures et remit son urgente douche au soir-même pour être à l’heure, elle avait intérêt à lui ramener un petit-déjeuner !
Et sinon quoi ? Il resterait quand même l’écouter et lui faire la remarque serait de bien peu d’utilité.
Fermant les yeux et roulant des épaules pour en chasser les sensations de froid et de fatigue, il sentit une ride se dessiner malgré lui sur son front : que lui voulait-elle ? Trois semaines après leur nuit dans les toilettes, deux après la récidive qui avait condamné tous les élèves, son cœur marqua une nette accélération devant ce compte à rebours. Il croisait les doigts pour qu’elle n’ait pas follement décidé de se tourner vers lui pour… N’importe quoi de dangereux. Il se demandait si elle avait vraiment rejoint l’A.D. – et esquissa un sourire en pensant que cela convenait tellement bien à la Lina qu’il connaissait ! – et si elle avait entendu parler de son ancienne allégeance. Par précaution ses faux galions étaient toujours dans le rembourrage de son matelas, au milieu de ses réserves personnelles, et il n’osait même pas y passer la main pour en sentir la chaleur. Un soupire invoqua un nouveau filet blanchâtre. Il y aurait une certaine ironie à ce que l’histoire se répète, la blairelle venant vers lui pour l’inviter à se mêler à ses camarades, mais il espérait vraiment ne pas avoir à argumenter contre elle… Surtout sur ce sujet. La jeune femme était intuitive et intelligente, alors que lui sentait de jour en jour ses défenses s’affiner, en même temps que montait en lui un poignant sentiment d’urgence.
L’agenda partagé avec son beau-père arrivait à ses dernières pages alors qu’il ne recevait pas vraiment de nouvelles encourageantes.
Ce qui l’incitait à imaginer toutes les catastrophes qu’on ne lui annonçait pas.

Le serpent avait un temps repris sa coutume de parcourir la moindre feuille de chou laissée dans la salle commune ou même dans la Grande Salle durant les repas, mais il avait vite été dégouté de ce qu’il y lisait et avait abandonné l’idée d’en tirer la moindre information utile. Si un événement vraiment important devait avoir lieu, certainement qu’il serait sur toutes les lèvres, le reste n’était que gâchis de temps, d’énergie et de moral, trois précieuses ressources. Il porta malgré lui la main à sa poche arrière et, après un instant d’hésitation, sortit un bâton de réglisse qu’il cassa en deux avant d’enfourner un morceau de la taille d’une phalange et de le mordre avec vivacité, laissant le goût amer se répandre, cherchant les traces de sucré du bout de la langue. C’était écœurant mais le vert et argent ne pouvait pas s’en passer, une fascination semblable à celle qu’avait eue sur lui la magie noire quand il cherchait une solution à sa relation désastreuse avec les enchantements. Comme une heure avec le Carrow et la Shafiq, à entendre répéter à l’excès combien ils sont stupides, comment la magie reconnaît prétendument un pur de sang et l’épargne alors que la démonstration sur une pauvre créature la laisse dans un état lamentable, avant de voir abordé un sortilège tabou ou une formule dont on n’aurait mentionné le nom que sur le bout des lèvres moins d’un an auparavant. C’était horrible mais il avait déjà rempli deux cahiers et la moitié d’un troisième.
Lina le regarderait-elle pareillement si elle jetait un œil à ses descriptions cliniques ? Pas sûr que le simple prétexte d’être « fils d’infirmier » suffise… Mais il pourrait peut-être lui poser la question directement, ce devait être elle qui arrivait !
Il serra les lèvres. Lui demander ça et : si elle pensait parfois à la préfète dont elle avait pris la place. Au poids de l’emblème qui ornait sa robe à présent, au poids des regards des plus jeunes à qui on avait vanté la place et qui se retrouvaient maintenant… Désillusionnés. Peut-être que sa nouvelle position lui mettrait un peu de plomb dans la tête, il l’espérait. Le cobra enfonça ses mains dans ses poches par réflexe, puis les ressortis en sentant le cylindre de bois s’échauffer au contact de ses doigts. Cette fois, il ne voulait pas risquer d’accident, même avec aussi peu de témoins qu’un lapin ou un imprudent rouge-gorge. Un mélange de dégoût et de désespoir l’habitait depuis quelque temps, à cause de ces accidents qui se répétaient et des migraines qui l’assaillaient périodiquement en classe. Un état d’esprit qui n’aidait en rien, il était largement conscient, et devait même alimenter les sordides et incongrues pensées qui germaient quelque fois avant de disparaître, ne lui laissant qu’un goût de cendre dans la bouche et une vague peur. Il était en train de changer, se disait l’étudiant, de se faire contaminer par cette masse qui le noyait. La frontière était diaphane entre le refuge et la prison…

A dix pas, à présent, il pouvait clairement discerner que c’était bien elle et se retint de faire un pas en arrière. Son cœur s’emballa à nouveau, une mauvaise habitude ces derniers temps : il avait l’impression que les choses allaient trop vite. Hors de contrôle. Il aurait presque préféré qu’il neige juste pour cacher quelques instants encore le visage de la jaune et noire. Un blizzard glacé comme le souffle d’un détraqueur, qui peut-être réveillerait un vague instinct de survie dans sa carcasse qui dépérissait. Piquer une tête dans le lac serait sans doute un bon substitut… Il la salua en retenant un sourire : c’était bien une idée de gryffondor ça, que de vouloir risquer une grippe carabinée pour quelques instants où l’adrénaline brouilleraient vos perceptions. Une semaine de grippe, peut-être pire s’il se débrouillait bien, une semaine passée à se faire chouchouter par Mme Pomfresh – en fermant les yeux sur la nouvelles Mangemort… Pas un si mauvais plan, mais pas le moment d’y penser. Il espérait que le battement frénétique de ses sourcils passe pour un effet du froid ou de la fatigue plutôt qu’une tentative peu discrète de chasser la perle salée qui tentait de se frayer un chemin vers la surface. Comme un cri désespéré. Un cri que même en pensée il n’osait formuler.
Il braqua sur elle ses prunelles brun sombre en concentrant son attention sur ses paroles.
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POUFSOUFFLE7ème annéePréfète
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MessageSujet: Re: [3 novembre 1997] Un pas en avant pour dix pas en arrière Mar 15 Aoû 2017 - 17:56

Ce qu'ils avaient surnommé la Nuit de Souffrance l'avait profondément affectée. Il lui arrivait parfois que la cicatrice qui courait sur tout son bras la démange atrocement dans des moments de stress. Elle avait même réussi une ou deux fois à rouvrir la plaie à la seule force de ses ongles. Du coup, elle les avaient coupés plus court. Pourtant, la douleur de cette nuit n'était rien comparé à celle d'Halloween. En provoquant l'épouvantard pour protéger Abigail et Andrée, Lina s'était sentie forte, en confiance. Presque touchée par la grâce. Elle n'avait éprouvée aucune crainte quand elle avait prononcé le contre sort. Mais la douleur était finalement venue de façon insidieuse, quelques jours plus tard. Le souvenir de sa sœur était venue la hanter, nuit après nuit, ou dès que son esprit n'était plus focalisé sur quelque chose de précis. La Poufsouffle s'était donc, comme à chaque fois que les choses n'allaient pas, enfermée dans le travail, passant plus d'heures que nécessaire à la Bibliothèque. Malgré tout, depuis le 17 Octobre, une idée ne l'avait pas quittée. Elle ne savait pas ce que pensait Lysander mais elle tenait à s'expliquer et à lui assurer qu'elle n'était pas coupable du tag qui avait provoqué la punition collective.

Ce matin – là, elle se réveilla beaucoup trop tôt. Le dortoir était encore plongé dans l'obscurité, mais elle n'était plus fatiguée. Depuis son lit, elle pouvait entendre la pluie s'écraser sur le sol et rebondir contre les fenêtres. Elle grimaça. La sorcière jeta ses jambes hors du lit et ramassa ses affaires de toilette. Au moins, elle aurait le temps de prendre un bain pour commencer sa journée, et ce n'était pas plus mal. Blasée, elle se dirigea vers la Salle de Bain des Préfets. Elle avait longtemps rêvé d'y mettre les pieds, et c'était enfin le cas. Mais Lina avait du mal à savourer cet instant : elle avait l'impression que son insigne était sale et pesait une tonne sur sa poitrine. Elle savait comment elle l'avait obtenue, et il n'y avait pas de quoi se vanter. Pourtant, elle se devait de faire bonne figure. Le badge doré sur sa robe pouvait aussi lui permettre d'avoir accès à de nouvelles informations, potentiellement utiles pour la Résistance.
La jaune et noire pointa sa baguette vers les différents robinets de la pièce, et l'eau jaillit bruyamment de ces derniers. Sur le coup, elle sursauta, avant de se rendre compte que tout était normal. Elle tenta de sa laver soigneusement. Ses cheveux étaient devenus ternes depuis quelques temps, et elle espérait qu'un bon rituel de beauté leur rendraient leur aspect d’antan. Est – ce que quelques lotions et crèmes pouvaient lui enlever toutes traces de fatigue et de tristesse. Quand elle se rhabilla, elle s'observa dans le miroir. Ses yeux avaient perdu de leur éclat et s'étaient cernés de noir. En trois semaines, elle avait peut – être perdue 3 ou 4 kilos. En soit, ce n'était pas énorme, mais sur son corps déjà mince, ce poids en moins était visible. Nouvelle grimace. Elle ferait un détour par les cuisines pour ramasser de quoi manger. A cette heure-ci le petit déjeuner n'était pas encore servi, et le rendez – vous qu'elle avait donné au Serpentard, l'empêcherait sûrement de se remplir l'estomac. Elle sécha ses cheveux et quitta la pièce en laissant son linge sale dans un panier : elle le retrouverait propre ce soir, délicatement posé sur son lit.

Sans faire de bruit, elle se dirigea au rez – de – chaussée. Techniquement, ce qu'elle faisait était légal, mais depuis quelques temps, Lina avait l'impression que même respirer était devenu un crime. En revanche, pénétrer dans les Cuisines était effectivement une entorse au règlement, mais tant pis. C'était la seule règle que la jeune femme avait enfreinte, et ce, dès le début de sa scolarité.
À son arrivée, plusieurs elfes l'accueillirent en piaillant, et Lina leur répondit poliment en souriant. Elle leur demanda de mettre du chocolat chaud dans une gourde, et elle récupéra plusieurs brioches qu'elle rangea dans son sac. Voilà qui devrait suffire pour leur petit – déjeuner. Elle salua d'un geste de la main ses complices puis quitta la Cuisine pour se diriger vers le parc.

La pluie avait cessé de tomber, et tant mieux. La sorcière ajusta son épaisse écharpe autour de son cou, empêchant ainsi l'air de s'infiltrer. Elle n'avait pas froid, mais l'atmosphère était humide ; le rendez – vous n'allait pas être agréable. Après avoir descendu les ernières marches, Lina jeta un regard circulaire dans le parc, à la recherche de Lysander. Elle le distingua malgré la brume, à quelques pas d'elle. La blairelle lui fit un signe de la main mais il ne répondit pas. Soit il ne l'avait pas vu, soit il était de dos. Gênée par son geste, elle baissa les yeux et s'avança mollement vers lui. Elle n'aimait pas se sentir ridicule.
Enfin, elle put distinguer son visage. Ses yeux couleur noisette se posèrent sur elle. Il n'avait pas l'air ravi de la voir, et elle espérait que c'était seulement à cause de l'heure matinale. Elle refusait de croire qu'il pense que c'était elle qui avait provoqué la Nuit de Souffrance. Elle baissa les yeux un bref instant.

« Salut. La sorcière tenta un sourire timide. Puis elle plongea le nez dans son sac. Elle retira la gourde, et les brioches qu'elle fourra dans les mains de Lysander. Tiens, petit – déjeuner surprise ! »

Elle pointa du doigt un rocher relativement plat qui émergeait de la terre et s'y dirigea. La roche serait sûrement froide, mais au moins, ils pourrait tout les deux s'asseoir, ce qui était beaucoup plus pratique pour discuter et manger.
Elle s'installa en tailleur sur la pierre et hésita. Soit, elle rentrait de suite dans le tas. Soit elle passait par les politesse habituelles. En vérité elle préférait cette deuxième option, mais le stress qui pointait dans son ventre ne lui permettrait pas d'attendre une dizaine ou même une quinzaine de minutes d'échanges cordiaux. Et puis vu le froid, Lysander apprécierait sans doute qu'elle passe à l'essentiel.

« Ce n'était pas moi. Pour la Nuit de Souffrance. Et je ne sais pas qui a fait ça ».

Le ton était plus calme que ce à quoi elle s'était attendu. Sa voir n'avait pas tremblée, mais son regard trahissait sûrement son inquiétude. Pour se donner une contenance, elle reprit des mains de son camarade une des pâtisserie et mordit dedans. Étonnamment, le gâteau était encore tiède. Pour faire passer le tout, elle bu une gorgée de chocolat chaud et posa le récipient entre eux pour qu'il puisse se servir s'il le souhaitait.
Timidement, elle chercha son regard, en quête d'une réaction. Elle mâchouilla encore un peu sa brioche. Son attitude n'avait rien de très sérieux, pourtant, l'instant qu'elle vivait en ce moment était très important pour elle. Mine de rien, elle ne voulait pas que Lysander lui en veuille, soit fâché, ou n'importe quoi d'autre. Pour l'instant elle espérait surtout préserver leur relation.

« Que... Qu'est – ce qu'ils t'ont fait à toi... ? »



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MessageSujet: Re: [3 novembre 1997] Un pas en avant pour dix pas en arrière Jeu 24 Aoû 2017 - 23:46

Le froid et l’humidité ambiante, combinés avec l’heure indécemment matinale, étaient de bons alliés pour quiconque désirait un peu de tranquillité, c’était bien le seul avantage que le serpentard trouvait dans l’observation du parc désert à travers le brouillard qui scintillait vaguement sous les doigts d’un soleil poussif. Ici, au milieu de ce silence, sautant d’un pied sur l’autre en jouant avec la brume qui s’échappait à chaque souffle, il sentait la pression incessante battant ses idées se relâcher quelque peu et n’avait plus peur de penser à tous ces sujets qui lui minaient l’esprit, parfois en termes peu élogieux – surtout lorsqu’il s’agissait d’un certain inspecteur dont la récente vengeance était encore inscrite sur son visage. Aussi fut-il mitigé en voyant la blairelle s’approcher, hésitant entre le contentement de ne pas avoir à patienter plus longtemps et le regret de voir arriver au galop ses angoisse dans une crampe d’estomac qui était un rappel plus que flagrant de l’insécurité ambiante. Après tout, Lina était préfète maintenant, et sans aller jusqu’à dire qu’elle laisserait tomber ses convictions – leur dernière rencontre lui avait montré qu’elle n’était pas du genre à rester assise – ce nouveau statut rendait ses paroles d’autant plus lourdes qu’elles reposaient sur le sombre destin de quelqu’un d’autre. Et que les nouveaux dictateurs locaux avaient très bien pu la placer dans cette position privilégiée pour l’avoir à l’œil – il se mordit la gencive pour se forcer à ne pas regarder son insigne lorsqu’elle franchit finalement la distance qui les séparait, alors qu’il se demandait vaguement s’il serait venu à l’esprit des Mangemorts de l’ensorceler pour enregistrer les conversations qui étaient tenues.
Il ne put rester fermé très longtemps après l’arrivée miraculeuse d’un sac rempli de brioches au creux de ses bras et répondit à son salut avec un semblant de sourire – l’estomac semblait bel et bien être la base de sa relation avec la noire et jaune. Sans doute n’était-ce pas une coïncidence si leurs quartiers étaient si proches des cuisines.

Il attendit qu’elle se mette à parler d’elle-même de la raison de leur présence ici, et se vit désigner un rocher non loin en guise de réponse à sa question informulée. Lina ne semblait pas spécialement à l’aise et il se demanda un instant s’il devait dire quelque chose pour l’aiguiller… Incertain, il n’osait pas non plus ouvrir le sac posé sur ses genoux, ni même loucher sur la gourde qui promettait à sa gorge une chaleur plus que désirée.

« Ce n'était pas moi. Pour la Nuit de Souffrance. Et je ne sais pas qui a fait ça ».

Après une minute d’un inconfortable silence, elle avait donc décidé de rentrer dans le tas. Lysander déglutit pour faire passer le goût acide que l’évocation de leur charmante nuitée avait réveillé – elle, et les discussions qui avaient suivies – et plongea son regard dans celui, franc, de la poufsouffle. La jeune femme semblait pleine de doutes malgré le calme de sa voix, et ces doutes rassurèrent quelque peu le garçon. Elle n’était plus la flamme indomptable qui avait pris cette dangereusement stupide décision l’autre nuit, peut-être cette discussion pouvait-elle vraiment être plus qu’un dialogue de sourds… Il se recula imperceptiblement lorsqu’elle se pencha vers lui, mais il n’y avait pas de peur dans ses gestes lorsqu’il la laissa se servir parmi les pâtisseries. Pour appuyer cet état et parce qu’il avait besoin d’une poignée de secondes encore pour décider de ce qu’il allait dire, il se servit également et savoura une bouchée de la brioche tiédie.

« J’étais inquiet et j’espère que ça t’a mis un peu de plomb dans la tête… »

Voilà qui résumait  bien les deux idées contradictoires qui se partageaient ses neurones. C’était peut-être un peu brutal, et il croisa son regard en quête d’indices sur ses réactions… Il s’était inquiété, oui, pour elle, oui, pour les autres de l’Armée, aussi. Parce que ces petits morpions ne cherchaient que des exemples pour faire tomber encore plus bas le troupeau dont ils avaient la charge, parce qu’il ne s’embarrasseraient pas avec des considérations sur l’âge ou la famille de ceux qu’ils pourraient, avec la bénédiction des inspecteurs, mettre à nus. Il se sentait à la fois… fier et honteux, de se penser faire partie encore de leur groupe de pseudo-rebelles. Il n’avait pas vraiment envie de s’ouvrir à ce sujet face à Lina, sa conversation avec Wayoth était encore trop fraîche, et il avait trop à penser. Au final d’ailleurs il n’était même pas complètement sûr qu’elle ait rejoint les rangs, il valait mieux attendre de se présenter à nouveau aux réunions… Si réunions il y avait toujours. Parce qu’après tout, le bleu et bronze avait bien dit qu’il n’avait reçu aucun signal.
Il résista à l’envie de plonger sa tête dans ses mains en mâchant consciencieusement et le plus douloureusement possible pour ses joues un innocent morceau de brioche qu’il consola d’un trait de chocolat chaud. Le contraste entre la boisson et le froid ambiant le fit frissonner, mais il aimait cette sensation. Il était là, part de cette immensité couverte d’un brouillard timide, mais il était plus que cela, il se sentait stupidement en confiance. Aussi stupidement que de s’entrainer à un sort basique dans la salle sur demande, cette distance qui s’instaurait et le faisait se sentir en contrôle.

« Que... Qu'est – ce qu'ils t'ont fait à toi... ? »

C’était sans doute très stupide, mais il ne s’attendait pas à cette question et elle s’opposait si violemment à la tranquillité qui s’installait doucement au fur et à mesure que sa méfiance exacerbée s’apaisait au contact de la poufsouffle qu’il s’étouffa avec la bouchée qu’il maltraitait distraitement. Après quelques secondes à chercher de l’air et gâcher un peu de ce petit déjeuner qu’elle avait ramené à ses risques et périls – parce que de mémoire l’accès aux cuisines n’était pas vraiment un privilège des préfets – il s’essuya peu galamment la bouche sur la manche de son manteau et jeta un regard indécis à la blairelle. Ce genre de question aurait plutôt été du cru de Sephora, elle qui aimait remuer les couteaux dans les plaies à vif, mais elle paraissait l’avoir posée sans méchanceté. Il se demanda vaguement si elle avait eu l’occasion d’en parler avant, comme il avait pu le faire avec l’ancien aiglon et les autres serpents de son nid. D’un certain côté, il imaginait bien les jaunes et noirs assis en cercle à se raconter leurs histoires et chercher du soutien dans ceux qui partageaient leur attention et sens de l’humour parfois douteux ; de l’autre il pouvait comprendre que le sujet ne soit pas sur toutes les lèvres. Peut-être les rejetons d’Olga étaient-ils tout simplement trop sensible pour faire le premier pas et briser la glace qui couvrait les pupilles des autres élèves.
Mais elle attendait toujours sa réponse… Parler ou se taire ? Au moment où les mots avaient atteint ses oreilles et leur sens percuté de plein fouet son cerveau, il avait claqué à double tour la porte qui menait à ses récentes peurs, à ses douleurs et ses doutes, mais il restait le factuel, et si elle avait plus besoin de parler que d’écouter il pouvait amorcer la discussion et la laisser parler après. Répondre à sa première question ne l’engageait pas pour les suivantes, elle pouvait comprendre qu’il ne veuille pas parler et si ce n’était pas le cas le château n’était pas si loin. Il repoussa fermement la partie non identifiée de ses pensées qui lui fit très justement remarquer qu’elle aurait le temps de lui lancer un Impero et le faire parler malgré tout avant qu’il n’ait franchi les portes. On parlait de Lina, pas d’Ombrage.

« J’ai vomi sur les chaussures d’Alecto alors on a remonté ensemble la chaine de ravitaillement jusqu’à la partie « production du steak », fit-il d’une voix qu’il voulait posée sans arriver à glisser la note d’humour qui aurait fait sonner sa phrase moins glauque. Je me suis pris un sort perdu aussi… » finit-il en se disant qu'au moins niveau humour il était pas loin du poufsouffle boutonneux - un point pour lui en terme de diplomatie.

Peut-être aurait-il dû sceller les conditions d’abord. Mais il n’aimait pas le principe du « je parle donc tu parles », c’était trop intrusif et il n’avait pas envie que la laisser s’épancher sur ses propres peines le force lui à parler. Il aurait sans doute du mal à inventer rapidement une histoire crédible sur ce sujet et n’avait pas envie qu’elle se sente flouée.

« Et pour toi, ça a été quel menu ? »
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MessageSujet: Re: [3 novembre 1997] Un pas en avant pour dix pas en arrière Mar 14 Nov 2017 - 19:40

Elle fit claquer sa langue et mordit férocement dans sa brioche. Non, ça ne lui avait pas mis du plombs dans la tête, pour reprendre exactement ses termes à lui. Lina était désormais convaincue qu'il fallait se battre. Et pour cela, ils avaient besoin de gens, il fallait donc recruter, faire de la propagande, motiver les troupes. La sorcière restait intimement convaincue que les choses devaient bouger. Pourtant elle s'était défendue d'être à la cause de ce qu'ils appelait désormais la Nuit de Souffrance. Aurait – elle pu assumer d'en être à l'origine ? Elle baissa les yeux. Chaque action de la Résistance aurait des répercussions sur des personnes innocentes. Son cœur se serra quand elle pensa à Andrée, trop jeune pour être au centre d'une guerre. Mais quelque part, c'était aussi pour elle qu'elle faisait ça, protéger les plus jeunes, les nés moldus, de la folie des Mangemorts.
Lina reprit à son camarade la gourde de chocolat pour faire passer le tout : la brioche, l'écho de ses propres angoisses dans les yeux de Lysander...

« Non, pas exactement. Il faut, et elle insista avec force sur ce mot, agir »

Son ton particulièrement calme, était accompagné d'une incroyable lucidité. Elle aurait voulu trouver un compromis avec le Serpentard, qu'il puisse former une équipe. Même s'ils n'étaient pas les meilleurs amis du monde, c'était son regard qu'elle avait cherché en premier dans la Grande Salle, terrifiée à l'idée de ce qu'il aurait pu croire. Et si son tag avait causé la Nuit de Souffrance, Lysander lui aurait – il pardonné d'avoir été torturé pour son crime à elle ? C'est son inquiétude, et seulement ça qui motiva sa question. Dans d'autres circonstances, il aurait sûrement été malsain de lui demander ce que les Carrow lui avaient infligé.
Elle écarquilla les yeux et ouvrit la bouche quand elle constata qu'il s'étouffait. Prise par surprise, elle lui tendit la gourde, toujours chaude. Elle le regarda frotter la manche de son manteau contre ses lèvres, malmenée par le froid. Elle s'excusa, gênée. Décidément, elle avait le don de la mettre mal à l'aise : heureusement qu'elle lui apportait régulièrement de quoi manger.

« J’ai vomi sur les chaussures d’Alecto alors on a remonté ensemble la chaîne de ravitaillement jusqu’à la partie « production du steak ». Je me suis pris un sort perdu aussi…»

Sa bouche se tordit en une grimace particulièrement laide. Elle ne pu s'empêcher d'enfouir son visage entre ses mains trop blanches et se concentra sur sa respiration. Depuis cette nuit là, et encore plus depuis Halloween, la sorcière était sujette à des crises d'angoisse. Compter ses respirations, ou les battements de son cœur s'avérait être un traitement préventif efficace contre ce problème. Ses épaules se soulevèrent lentement, au fur et à mesure de l'air qu'elle inspirait et expirait, le plus lentement possible. Faire rentrer l'air par le nez, pas trop vite, les poumons qui se remplissent de l'air froid et humide de l'Angleterre, puis le laisser s'échapper entre ses lèvres roses : le circuit éternel de la vie.

« Et pour toi, ça a été quel menu ? »

Sa voix lui semblait lointaine. Elle releva la tête. La vie et ses aléas avaient fait qu'elle n'avait jamais vraiment parlé de cette nuit à qui que ce soit. Les gens de son dortoir étaient sûrement vaguement au courant de ce qu'il s'était passé, après tout les filles l'avaient vu soigner son bras, mais Lina avait préféré garder tout ça pour elle. Avec un petit sourire, étrange vu le contexte, la jeune femme se rendit compte, après 18 ans de cohabitation avec elle – même, qu'elle n'était pas prompte à la confession.

« Rien de grave finalement. J'ai eu de la chance »

Elle releva un peu la manche de sa veste et de son pull en dessous, pour lui montrer la naissance de sa toute nouvelle cicatrice qui serpentait le long de son bras gauche. La sorcière avait refusé d'aller voir l'infirmière, sans aucune bonne raison pour justifier son choix. Elle s'était préparé elle – même une mixture d'un vert couleur vomi pour aider la plaie à cicatriser. Dans le vague, son regard fit l'aller – retour entre la marque banche sur son bras et le visage de Lysander.

« Oh Lysander, mais comment on va faire pour se défendre contre eux, pour résister et assumer à chaque fois la punition qui suivra ? »

Parce que c'était ça le vrai problème. Pour chaque action de leur part, il y aura une réaction des Carrow. Alors bien sûr, ils ne se feraient pas attraper à chaque fois, mais pour toutes les fois où ils échoueraient, les conséquences seraient terribles. Il n'y avait pas que pour sa famille que Lina s'inquiétait. Il y avait aussi tous ses amis qui vivaient ici, au sein de l'école. Pourtant, ils n'avaient pas le choix, il était nécessaire de mettre un terme à cette guerre.

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