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[2 novembre 1997] Une rencontre nocturne impromptue

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SERPENTARD7ème année
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MessageSujet: [2 novembre 1997] Une rencontre nocturne impromptue Jeu 27 Juil 2017 - 16:58

Poudlard possédait une atmosphère complètement différente la nuit. N’importe quel étudiant ayant déjà vagabondé une fois le couvre-feu passé aurait pu en témoigner. Autant le jour, Poudlard était un endroit magique et merveilleux, qu'une fois la nuit tombée, le château semblait répandre une ambiance ténébreuse et inquiétante qui aurait rendu n’importe quel Gryffondor nerveux. Ceci était probablement le revers de la médaille d’effectuer ses études dans un château magique. Alors que le jour une armure bougeant seule n’aurait fait sursauter que les poufsouffles de première année, le soir, ce mouvement grotesque se transformait en créature imaginaire terrifiante. Les corridors noirs étaient difficiles à naviguer sans un “lumos” bien placé et le silence pouvait rapidement devenir oppressant.

Bien que Heather était déjà en 7e année, elle n’était en aucun cas immunisée par cette atmosphère inquiétante, mais cela ne l’empêcha pas de se diriger doucement vers la tour d’astronomie, l’esprit préoccupé par mille et une pensées. Au fil des années passées au château, elle avait pris l’habitude de s’éclipser la nuit et de se rendre à la tour d’astronomie plusieurs fois par mois. Étant décrite comme froide par ses pairs, Heather préférait grandement la solitude à l'interaction humaine et la nuit était le meilleur moment pour éviter la présence constante des étudiants partageant son école. Bien sûr, elle devait faire attention et éviter les professeurs, Rusard et son fameux chat. Bien qu’elle soit très observatrice, elle ne pouvait pas toujours échapper aux différentes figures d’autorité et elle avait donc déjà passé plusieurs soirées en retenues suite à ses escapades nocturnes.Comme cette année la sécurité avait été renforcée et que les mangemorts avaient pris d’assaut le château, la vipère avait grandement réduit le nombre d’expédition nocturne, mais cette fois-ci, elle ne pu empêcher son désir de s'enfuir. Son désir d’être enfin seule avec elle-même et ses pensées.

Une fois arrivée en haut des escaliers menant à la tour, la jeune fille poussa doucement la porte en bois qui entravait son chemin et s’arrêta quelques instants au milieu de la pièce. Elle fit un tour sur elle-même, s’assurant qu’aucune autre âme vagabonde était présente, puis se dirigea vers l’une des fenêtre qui donnait vue à la lune et déposa ses deux mains sur le rebord, supportant son corps qui ne semblait plus vouloir la soutenir son poids.

Sa tête était penchée vers l’avant, son menton touchant presque à son torse et ses cheveux tombaient de chaque côté de son visage tel un rideau fermé, masquant son visage. Le bout de ses doigts se crispaient sporadiquement, grattant au même moment la pierre à l’aide de ses ongles, un geste saccadé et brusque qui témoignait de l’esprit troublé de la serpentard. Ses épaules tremblaient sous la concentration dont elle faisait preuve pour ne pas laisser échapper la foulée d’émotions qui se battaient en elle tels de petits soldats voulant prouver qui était le plus fort. Même seule, la brunette refusait de laisser aller une émotion autre que la colère, une habituation qui lui avait été forcée de façon brutale et sauvage par l’homme qui hantait présentement ses pensées. Son esprit repassait en boucle son affrontement contre l’épouvantard de la nuit d’Halloween et son échec spectaculaire à performer un simple sort de 3ème année. Elle ressentait de nouveau la sueur froide s’étendre de sa nuque au bas de son dos comme si l’épouvantard était de nouveau devant elle, pire encore, comme si la source de sa peur en os et en chaire était devant elle. Elle voyait de nouveau son visage crispé de haine, son sourire malveillant et ses yeux assombris par la lueur de folie qui y résidait. Elle voyait de nouveau sa grande main tenant sa baguette, les jointures si blanches qu’on aurait cru qu’un cadavre se tenait devant elle et l’autre main sous forme de poing, prête à s’élancer vers l’avant à n’importe quel moment. Mais pire encore, elle entendait ses mots se répéter sans cesse dans ton esprit, une torture inimaginable pour la jeune fille : Tu es si faible… une misérable petite chienne… Tu n’arriveras jamais à te sauver de moi. Ses pensées semblaient prises dans un tourbillon infini, lui rappelant sans arrêt qu’elle était impuissante, qu’elle n’arriverait jamais à le tuer, qu’elle était condamnée à être sa victime, que toutes ses efforts étaient en vain.

Un sanglot brisé s'échappa de la bouche de la jeune fille, un son qu’elle-même n’avait pas entendu depuis plusieurs années. Sa main vint se poser sur ses lèvres dans l’espoir d'étouffer les autres gémissements qui menaçaient de se dérober à elle, serrant si fort son propre visage que ses joues perdirent la couleur rosée qui s’y était déposée sous l’émotion. Elle cligna vivement des yeux, dans un espoir futil d’empêcher les larmes de couler sur ses joues, puis frotta brusquement l’oeil qui l’avait trahi en laissant glisser une perle cristalline d’eau salé, refusant d’admettre la défaite sur ses émotions rugissant en elle. Elle pria silencieusement à elle-même d’être forte et résister à la tentation de s’écrouler au sol, sous la force de ses pensées.

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MessageSujet: Re: [2 novembre 1997] Une rencontre nocturne impromptue Jeu 27 Juil 2017 - 23:44

Dans le creux de sa main, un petit tas bigarré se dressait, composé de curiosités de tailles différentes, tant de pilules ovales et de boules de feuilles séchées à mâcher ou infuser, des cristaux étranges à croquer ou des billes à la texture indescriptible. L’arc-en-ciel marbré jouait entre ses doigts à la lumière des bougies et dans son œil, presque noir tant la pupille en était dilatée, se reflétait tout ce joli monde coloré. Il avait vidé les nombreux piluliers et autres flacons de sa malle pour les observer, comme si cela allait l’aider à se décider. Il connaissait tous les produits, aux effets plus ou moins semblables : des sédatifs anodins en poudre, extraits de plantes magiques, de ceux qui vous assomment pour quatre heures, diverses variétés de super-soporifiques dont on revenait le mollet mol et la tête lestée de plomb après huit heures de non-existence ; certaines drogues, en soi exquises, mais qui se faisaient un rien mortelles pour peu qu’on y ajoute une ou deux gouttes de ce détergent connu dans le commerce noir sous le nom de crétina. Une petite boulle semblable à de la résine lui assurerait un coma tranquille et profond pour toute la durée de la nuit, le repos de pierre qu’il espérait depuis un moment. La question était de savoir s’il était vraiment nécessaire de s’assurer un tel instant de stupeur solitaire ? Les somnifères et tout ce qui s’en rapprochait, il n’aimait pas ça. Il n’aimait pas en général les aides artificielles, même s’il reconnaissait volontiers que cela pouvait s’avérer rapidement indispensable. Mais il en était encore loin.

Sa main bascula et laissa ruisseler les narcotiques sur la table ; certaines pilules, d’une constitution plus dense, s’entrechoquèrent contre le bois et parfois entre-elles, se répandant dans un écho sonore. Le calme revint, tandis que certaines billes continuaient à rouler le long des irrégularités du bureau de la bibliothèque. Le grand pouvoir contenu dans une forme aussi minuscule tâcha de décourager Octave dans son intention, il n’y voyait qu’artifices. Non sans une certaine lassitude de devoir lutter contre des désirs de facilité de ce goût, il se releva, abandonnant son bureau tavelé de tâches colorées. C’était définitivement plus simple de mal dormir quand on n’avait aucune responsabilité et le bibliothécaire l’avait un peu oublié. Travailler à Poudlard l’avait ramené à la réalité triviale des grandes masses ou le lever se faisait invariablement en même temps que le soleil. Même si ce rythme avait quelque chose de rassurant dans son immuabilité, Octave le détestait. Et l’avait toujours détesté d’ailleurs. La seule chose qu’il lui restait maintenant à faire, c’était de s’épuiser jusqu’à sombrer naturellement et sans le moindre effort dans un sommeil lourd. Mais cela ne risquait pas d’arriver avant deux, voire trois heures du matin.

Il abandonna son royaume de papier, s’apprêtant à faire sa balade quasi-quotidienne à travers les couloirs du château, s’amusant presque de pouvoir échapper à la vigilance toute relative de quelques rares inspecteurs. Lorsque l’énergie était là pour alimenter son caprice, il lui arrivait de se cacher pour suivre les faiseurs de loi, épiant leurs conversations placides, sans grand intérêt pour leur contenu, simplement pour le plaisir de la chasse. Plus rarement, il allait voir Rusard, si celui-ci ne dormait pas, pour soigneusement prendre des nouvelles de sa chatte avant de le cuisiner quant aux multiples secrets du château. Et puis parfois, ses pas le menaient dehors, dans les jardins, au bord du lac, ou vers les hauteurs vertigineuses des tours de l’école.

Malgré l’air plutôt frais des couloirs, Octave avait délaissé son blazer à la bibliothèque, se soumettant volontairement aux coups de fouets de quelques brises glacées. Se présentant en bas des escaliers en spirale, qui montaient le long des murs de la tour d’Astronomie, il retroussa joliment les manches de sa chemise blanche jusqu’aux coudes. Son regard se porta un instant vers les sublimes profondeurs des nobles élévations en pierre, qui n’en finissaient plus de tourner, et il regretta presque son désir d’aller contempler les étoiles. Trop d’efforts en perspective, trop de marches à monter. Il eut envie de faire comme durant l’enfance et escalader tous ses obstacles comme un chien, à quatre pattes. De cette fantaisie, qui plongeait ses racines tout droit dans quelques rares moments d’insouciance ingénue, l’esprit d’Octave traversa les âges en s’accrochant d’un fil à un autre, tandis que ses jambes avaient entamé d’elles-mêmes la longue ascension du mont astronomique. Sa démarche lente, délicate et un tantinet chaloupée par la conviction que personne ne le voyait se découdre doucement de paresse oisive, le menait tranquillement vers les éminences sombres et mal éclairées de la tour d’Astronomie. La soirée d’Halloween revenait au premier plan par moments, tandis qu’il constatait que la plupart des élèves préféraient pudiquement se taire sur ce qu’ils avaient vu ou subis. Des discussions avaient peut-être eu lieu derrière des portes closes, mais des regards, motivés par quelques commentaires indicibles, subsistaient. Il avait souvent vu le dos des victimes de l’épouvantard se faire gratifier de quelques œillades indiscrètes, emplies d’un sentiment confus. Parfois avait-il même l’impression que quelqu’un l’observait avec une la curiosité malsaine du dégoût. Ou bien était-ce sa propre culpabilité et honte mal contenue qui refaisait surface, lui rappelant les bribes d’un passé qu’il n’assumait pas totalement. Mais il tâchait d’y réfléchir aussi souvent qu’il le pouvait, car c’était une bonne manière de mesurer le chemin parcouru. Il était revenu de loin.

Sa démarche silencieuse et sa gestuelle discrète l’avait rendu imperceptible à la jeune femme qui occupait déjà les lieux. Lui-même, plongé dans ses pensées, ne la remarqua pas tout de suite. Les mains dans les poches de son jean, il avait poussé la porte de son épaule, la semelle en cuir mou de ses chaussures ne faisant aucun bruit. Mais très vite, la silhouette féminine se découpa dans son paysage et Octave s’immobilisa à l’entrée, toisant dans l’attente d’on ne sait quoi cette jeune femme ramassée sur elle-même comme un coquillage, épaules relevées, tête rentrée et dos courbé. Ayant la désagréable impression d’assister à une solitude intensément intime, le bibliothécaire fit quelques pas vers l’arrière avec l’intention de s’éclipser comme il était venu, sans remous, abandonnant ce refuge à celle qui était là en premier. Le château était grand, pas la peine de se disputer un sacré lopin de terre. Il pouvait bien observer les étoiles depuis en bas de toute façon.

Il aurait mené son dessein à terme si seulement un sanglot n’avait pas secoué l’air comme une goutte d’eau bouleversant la surface d’un lac. Le bruit fut si soudain, sortant si parfaitement du silence assourdissant, qu’il sembla briser quelque chose, ondoyant en écho jusqu’à la peau du bibliothécaire pour hérisser les poils de ses bras. On aurait dit le gémissement d’un animal blessé qui, fuyant son chasseur, s’était retenu de crier jusqu’à n’en plus pouvoir. Un frisson de malaise involontaire le parcourut, mais il demeura là, à observer de loin la jeune fille par l’entrebâillement de la porte. L’instant avait quelque chose d’autant plus tragique que le corps de l’étudiante, plongé dans la pénombre, était imprimé par réseau lumineux de l’éclat lunaire, qui perçait par la fenêtre. Les carreaux transparents traçaient des vagues d’un blanc virginal sur ses jambes nues, brillantes et tavelées. L’astre lunaire éclatait dans le ciel et s’estompait doucement dans sa chair, apportant à son chagrin un peu de poésie. Plus encore parce qu’elle amena sa petite main à sa bouche pour réprimer l’éventualité qu’un second sanglot ne vienne détruire sa réserve, déjà considérablement fissurée semblait-il par le premier. D’abord hypnotisé, le bibliothécaire toqua à la porte, sans violence ni brusquerie pour ne pas trop surprendre l’étudiante. Telle une biche effarouchée, elle s’était nerveusement retournée dans sa direction. Ses yeux étaient luisants et un sillon brillant traçait son chemin sur l’une de ses joues. Plus bas, accrochée à sa mâchoire, une larme opaline le regardait, suspendue au-dessus du vide, goutte blanchâtre et plus étincelante encore que le blanc de ses yeux. Octave la reconnut instantanément, l’ayant vue souffrir de l’épouvantard à la soirée d’Halloween, et parfois à la bibliothèque. Il baissa les yeux alors qu’elle se retournait pour s’essuyer le visage, avant de les remonter, s’appuyant de l’épaule contre l’encadrement de la porte. Il aurait préféré partir, mais les circonstances lui avaient dicté autre chose. D’une voix calme, vibrante de son baryton grave, Octave l’apostropha aussi délicatement qu’il le put :

« Tu ne devrais pas rester ici en plein milieu de la nuit, Miss Trown. Les inspecteurs rodent et il serait mal venu qu’ils viennent à te surprendre ici, surtout dans cet état. » Il marqua un silence. Il comprenait parfaitement la nécessité de la solitude, mais le moment était mal choisi, tout comme l’endroit. « Ce n’est vraiment pas prudent de venir te réfugier ici à cette heure. Viens, je te raccompagne, au moins s’ils te tombent dessus, tu auras une excuse. Si tu veux, on peut passer par une salle de bain pour que tu puisses te refaire une beauté avant de rejoindre le dortoir. »

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MessageSujet: Re: [2 novembre 1997] Une rencontre nocturne impromptue Ven 28 Juil 2017 - 17:44

Le corps de la jeune fille tremblait sous la force dont elle devait faire preuve pour empêcher un sanglot de la trahir de nouveau. Elle se sentait comme une poupée de porcelaine qui pourrait se casser à n'importe quel moment et elle détestait ce sentiment qui semblait surplomber tous les autres qui tourbillonnaient dans son petit cœur. Malgré la vue éblouissante qui s'étalait devant elle, la lune blanche illuminant le paysage qui entourait Poudlard et les étoiles scintillantes dans le ciel dont la couleur s'apparentait à de l'encre, ses yeux regardaient le sol de la tour d'astronomie. Son regard fixait le carrelage en pierres usées sans vraiment voir ce qui se présentait devant elle. Ses cheveux s’envolaient sous la douce brise accompagnant cette nuit froide et un frisson parcouru son corps. Complètement perdue dans la tornade qu'étaient ses pensées, la jeune serpentard n’entendit jamais l'homme entrer dans l’antre de la tour d'astronomie et s'arrêter sous la vision qu’elle représentait : le corps recroquevillé près de la fenêtre et la main tenant sa bouche dans l'espoir de contrôler ses émotions qui menaçaient d'exploser. Puis, un son se fit entendre, pourtant si doux, mais celui-ci résonna tel des coups de canon aux oreilles de la jeune adulte.

Toc. Toc. Toc.

Heather se retourna d'un mouvement vif, comme si une gifle était entrée en contact avec son visage, la forçant à pirouetter sur elle-même et ce qu'elle craignait le plus se présenta à elle : une autre âme vagabonde avait trouvé refuge dans les hauteurs rendues disponible par la tour d'astronomie. Elle le reconnu immédiatement comme étant le nouveau bibliothécaire de Poudlard, Monsieur Octave Holbrey dont la réputation n’était plus à refaire. Les mains dans les poches de son pantalon en jeans, il était appuyé sur la porte en bois qui menait vers la sortie, les manches de sa chemise blanches remontées sur ses avant-bras, laissant apercevoir une peau dont la brise fraîche de la soirée ne semblait pas affecter.

La scène sembla s'arrêta pendant quelques secondes apparaissant à des heures aux yeux de la jeune fille surprise. Les deux inconnus semblaient figés sur place telle une photographie moldue peignant une situation où le malaise pouvait se faire ressentir. La jeune fille avait le regard fixé sur l'homme tel une proie observant un prédateur, tentant de jauger si une fuite quelconque était possible. La vulnérabilité ressentie par la serpentard était aussi douloureuse qu'un couteau qui aurait été enfoncé dans sa poitrine, déchirant sa peau sur le passage. La réalisation que ce qu'elle vivait était bien réel et non une situation créée par son imaginaire pour la tourmenter lui coupa le souffle tel un cognard entrant en collision avec sa cible. L'air sembla s'enfuir de ses poumons, laissant ceux-ci vidés et en manque d'oxygène flagrant, ajoutant au malaise créé par la scène. Puis, tel un film où on aurait appuyer sur jouer de nouveau, la réalité sembla s'accélérer. L'étudiante essuya d'un mouvement brusque les larmes qui s'étaient enfuies contre son gré et plongea les deux mains dans les poches de son gilet de laine noire, serrant les poings sous les différentes émotions qui l’assaillaient. Finalement, l'homme qu'elle avait reconnu comme étant le bibliothécaire, brisa le silence pesant qui s'était déposé entre eux deux :

- Tu ne devrais pas rester ici en plein milieu de la nuit, Miss Trown. Les inspecteurs rodent et il serait mal venu qu’ils viennent à te surprendre ici, surtout dans cet état. Ce n’est vraiment pas prudent de venir te réfugier ici à cette heure. Viens, je te raccompagne, au moins s’ils te tombent dessus, tu auras une excuse. Si tu veux, on peut passer par une salle de bain pour que tu puisses te refaire une beauté avant de rejoindre le dortoir, dit-il sur le même ton qu’une âme charitable qui tenterait d’approcher un animal blessé, mais sauvage.

Heather recula inconsciemment de quelques pas, s'arrêtant seulement lorsque le bas de son dos s'appuya sur le rebord de la fenêtre en pierre et qu’aucun recule additionnel n’était possible. Elle se sentait prise au piège. Malgré que les mots de l'homme devant elle étaient calmes et se voulaient rassurants, la jeune Trown n'enregistra que de peine et de misère le sens de ses phrases. Piégée par le fait qu'elle s'était fait surprendre dans un moment de vulnérabilité extrême, la jeune fille ne prit pas le temps d'analyser la situation, agissant comme un gryffondor tant la panique rugissait en elle. Un sourire narquois s'étira sur les lèvres rosées, n'atteignant pas ses yeux luisant dont la fenêtre sur ses émotions qui y habitait ne s'était toujours pas refermée. Malgré l’expression moqueuse qui s’était posée sur son visage dans une tentative futile de paraître plus forte qu’elle l’était présentement, tout son corps irradiait du contraire, qu’une simple brise pourrait l’emmener s’écrouler. Puis, telle une vipère observant une souris particulièrement attrayante, la serpentard attaqua, utilisant ses mots en guise de venin, tentant de renverser la situation et d'obtenir la position de force dans cet échange involontaire.

- Ah, donc c'est comme ça que vous attirez les étudiantes dans votre chambre, hissa-t-elle d'un ton coulant de condescendance. Puis, sans attendre la moindre réaction de sa part, elle continua son attaque. Quelle technique noble que de jouer le beau chevalier à la rescousse des demoiselles en détresse profita de leur vulnérabilité pour les ajouter à votre tableau de chasse, termina-t-elle de sa voix cristalline où le sarcasme pouvait se faire grandement entendre.

Elle savait que ses sous entendus étaient un coup bat. Après tout, la serpentard était une jeune fille brillante et elle savait que les rumeurs étaient souvent exagérées, ajoutant des portions imaginées ici et là pour rajouter du piquant aux histoires circulées, mais son état d'esprit paniqué fit qu'elle envoya toutes pensées logiques par la fenêtre. Elle n'avait qu'un but en tête et c'était que l'homme qui l'observait quitte les lieux, lui permettant d'oublier toute cette histoire et l'embarrassement qui avait envahi son corps. Elle était considérée comme une femme violente et colérique, si le mot se faisait savoir à travers l'école, mais surtout auprès des nouveaux résidents du château qu'elle avait éclaté en sanglots telle une étudiante de première année qui s’ennuyait de ses parents, elle serait la victime d’attention non désirée.

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MessageSujet: Re: [2 novembre 1997] Une rencontre nocturne impromptue Sam 29 Juil 2017 - 0:50

Il n’aurait jamais cru ressentir tant de d’inconfort dans l’exercice de son humble métier de bibliothécaire. Principalement parce que cette dernière était directement rattachée à une école. L’école en soi n’avait rien de spécifique, mais elle faisait partie de ces nombreuses institutions qui appliquaient dans leur enceinte un règlement relativement invariable. Il se pliait lui-même avec bonne volonté aux lois absurdes lorsque cela se trouvait être nécessaire, parce que lutter contre tout sans discernement n’avait aucun sens. Mais appliquer un tel protocole parfois injuste et insensé, pour la seule raison qu’il lui était imposé, dans le cadre de son métier, par une institution supérieure, le chiffonnait de plus en plus. Lui, qui glissait avec une fluidité indulgente entre bienséance et interdit, se retrouvait de plus en plus souvent à devoir imposer des choses auxquelles il ne croyait pas vraiment lui-même. La jurisprudence aurait été de mise en d’autres circonstances, une délicate mansuétude appliquée envers les exceptions aurait été la bienvenue si le temps n’imposait pas lui-même une rigueur où chaque faux pas pouvait coûter bien plus que quelques points retirés à la maison en tort.

En temps normal, il se serait discrètement éclipsé, profondément indifférent aux malheurs nourris par le jeune âge de l’adolescence. La jouvence s’accaparait bien souvent de soucis futiles, versant ses larmes pour le moindre manque de confort. Et puis de son côté, Octave n’avait pas la culture de l’âme charitable sans raison, ni de l’effort supplémentaire. S’il c’était agi d’une école triviale dans un pays occidental quelconque, jouissant d’une paix si agréable qu’on en oubliait son existence, il aurait abandonné la jeune fille ici, la laissant pleurer tout son soûl, sans égard pour la douleur d’un cœur brisé qui pouvait bien déchaîner tant de passion retenue. Il n’aurait pas retiré de points pour l’heure tardive, ni même réprimandé pour la forme. Il serait simplement parti, parce qu’un chagrin ne se commandait pas toujours et qu’il avait besoin parfois d’une dérobade en plein milieu de la nuit sans souffrir de sanctions supplémentaires, ni de regards inquisiteurs. Pourtant, depuis un certain temps, il y avait un danger à s’exposer de la sorte aux problèmes faciles. Ce sentiment de conséquence disproportionnée ne le quittait pas, le forçant à faire ce qu’il n’aimait pas : être impartial. Ne pas avoir de parti-pris était honorable, sauf quand la situation exigeait du cas par cas. Octave savait que si les Carrow, ou l’un des inspecteurs, était tombé sur la jeune fille, leur propension au sadisme n’aurait certainement pas été attendrie par ses pleurs et sa peine, les exaltant plutôt à être encore plus cruels. Et puis de toute façon, c’était bien connu que des gens de leur stature n’avaient pas besoin de raison valable pour sévir. Dans un élan de considération, il avait fini par apostropher l’étudiante, non sans réticence et une mauvaise volonté qu’il avait pris soin de dissimuler derrière l’autre devoir qui lui imputait naturellement, mais qui n’était stipulé nulle part : la protection des élèves. Aujourd’hui, il s’avérait que le destin avait partiellement bien et mal fait les choses en même temps, puisque le respect des règles correspondait à la sécurité des élèves, mais pas comme l’aurait bien voulu…

La jeune femme mit du temps à se reprendre. Octave l’observa longuement, lui laissant le temps d’effacer cette stupeur sur son visage, ravaler définitivement ses sanglots et redresser la tête pour faire comme si rien ne s’était passé. Ou au moins obtempérer sans rechigner. Mais Miss Trown amorça quelques pas vers l’arrière, comme si le bibliothécaire faisait partie du corps professoral à craindre parce qu’il représentait à lui seul la démesure du nouveau régime et les outrances que leurs sbires se permettaient. Ayant toutefois parfaitement conscience du désagrément qu’il représentait, Octave no broncha pas d’un pouce, la toisant avec patience, en dresseur habitué aux caprices de son cheval. Jusqu’au sourire narquois, qui commença à se dessiner sur ses lèvres pleines et luisantes d’un chagrin si mal réprimé, qu’il remarqua toute de suite car il creusait deux ombres distinctes sur l’ovale de ses joues. Il releva légèrement le menton pour seule réponse, la regardant non pas de haut, mais d’en haut, ce qui l’aida à ne pas froncer les sourcils, comme il eut l’envie de le faire. De l’irrévérence ? Comme s’ils avaient le temps pour ça ! Comme s’il avait la patience pour ça. Octave sentit l’attaque poindre au fond des yeux morts de Miss Trown, qui contrastaient si parfaitement avec sa bouche, fendue d’un rictus crispé. Il s’y prépara autant que ce fut possible, déjà las de devoir s’engager dans une joute verbale inutile et qui n’était suscitée que par quelques sentiments blessés, ainsi que le désir de cacher une faiblesse. Rêveusement, il espéra qu’elle garde le silence, par prudence.

« Ah, donc c'est comme ça que vous attirez les étudiantes dans votre chambre. Quelle technique noble que de jouer le beau chevalier à la rescousse des demoiselles en détresse profitant de leur vulnérabilité pour les ajouter à votre tableau de chasse.
- Pardon ? »

La stupeur fut telle que l’interrogation purement rhétorique sortit d’elle-même. Ses yeux s’écarquillèrent sous l’assaut de la surprise ; fugace étonnement qui ne dura qu’un battement de cil. Déjà, il ne s’était absolument pas attendu à ce que ce soit aussi personnel, mais surtout, c’était la teneur des accusations qui l’avait pris de court. A tel point qu’il eut du mal à articuler ce que la jeune femme venait de lui cracher avec tant de sarcasme. Etudiantes, votre chambre, beau chevalier, demoiselles en détresse… Ma chambre ? Comment ça, ma chambre ? Tableau de chasse ? Cette agrégation d’absurdités mit du temps à faire sens, à tel point qu’il ne sut même pas quoi répondre dans l’immédiat. Son cerveau se mit à la recherche méthodique des références historiques auxquelles sa mémoire pouvait raccrocher ses mots. Tableau de chasse ? Il n’avait jamais chassé pourtant. Ou à défaut, il n’avait pas fait appel à de la taxidermie. Enfin si, mais pas pour ça ! Finalement, lorsque la lumière se fit à tous les étages, et qu’il comprit enfin ce qu’on lui reprochait -et ce bien évidemment sans véritable fondement, parce que sinon il lui serait tout de suite revenu en tête quelques cocasses et parfaitement prohibées aventures, qui l’auraient fait suer à grosses goûtes- Octave souleva lentement un sourcil circonspect. Les mots « va chier dans ta caisse » se présentèrent à sa bouche, mais ne sortirent pas, tant l’attaque reçue était gratuite. Et puis au final, il était surtout beaucoup plus curieux qu’énervé ou blessé, étant certain que les allégations de la jeune femme n’étaient pas nées dans sa bouche par magie, de nulle part. Non, c’était le genre d’insulte qui germait longuement dans la tête avant de trouver le bon moment pour éclore. Très tranquillement, Octave retorqua sans quitter l’étudiante des yeux, le visage légèrement moqueur :

« Non, en générale j’abandonne un flacon de parfum de luxe quelque part, ou un joli bijou, une trousse de maquillage hors de prix, et je dispose un piège de lapin à côté, comme ça dès que la première écervelée flaire ces denrées typiquement féminines, la gourgandine se jette dessus et se retrouve à l’envers, le pied pris dans un nœud coulant. Je n’ai plus qu’à venir la récupérer et l’emmener dans ma tanière. Mais ça, c’est pour les plus âgées. Si j’en veux une plus fraiche, parfois un paquet de bonbons suffit. »

C’était bien connu, le meilleur moyen pour se dédouaner, c’était de creuser sa propre tombe avec tant d’absurdités que l’idée-même en devenait ridicule. Octave, en bon comique de genre qu’il était, ne broncha pas pour illustrer la blague, ne suggérant d’ailleurs en rien que c’en était une. Aucune sourire ne fleurissait sur sa bouche, son visage demeurant énigmatiquement avenant, comme si la conversation se faisait sur un sujet on ne peut plus plaisant et trivial. Vint s’y rajouter un air doucement convenu, tandis qu’il concluait avec le ton de l’évidence :

« C’est bien connu qu’on ne chasse pas la gourgandine à coup d’attendrissements chevaleresques, elle ne saurait pas les apprécier de toute façon. Non, plus c’est simple, moins ça demande d’effort, mieux c’est. » Distraitement, il balaya la pièce du regard, comme s’il cherchait dans chaque détail une confirmation de ce qu’il disait. Et puis, sans crier gare, comme il aimait à le faire, il demanda avec un naturel désarmant, presque une innocence dans la voix : « T’es jalouse ? Non parce que je pourrais te retourner la remarque, et supposer que tu sois là à pleurer avec l’espoir et dans le seul but que je te trouve et profite de ta faiblesse. »

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DATE & LIEU DE NAISSANCE DATE & LIEU DE NAISSANCE: 15 mai 1980 à Londres
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MessageSujet: Re: [2 novembre 1997] Une rencontre nocturne impromptue Sam 29 Juil 2017 - 4:25

La jeune fille resta sur ses gardes, venant tout juste de faire des illusions assez audacieuses à un membre du personnel de l'école. Malgré le tumulte d'émotions bouillonnant en elle, elle commença à réaliser qu'elle n'avait peut-être pas utilisé la meilleure technique qui soit dans la situation actuelle. Agir comme un gryffondor n'était pas dans ses habitudes, au contraire, elle arborait le côté impulsif des rouges et ors et une pointe de honte à ses paroles fit légèrement surface. Les paroles en soit de l'affectaient pas vraiment, étant colérique de nature, blesser les gens étaient une chose de son quotidien, croyant fortement que l'attaque était la meilleure défense. Par contre, une attaque contre un homme détenant du pouvoir sur elle ne tombait pas dans la catégorie des actions intelligentes dont la brunette était fière de dire qu'elle posait généralement. La surprise de l'interruption commençait à disparaître et la jeune fille tenta de régner sur ses pensées disparates afin d'éviter de causer d'autres erreurs clairement non nécessaires. Au contraire, elle devait bien jouer son jeu si elle souhaite sortir de la situation dont elle se retrouvait présentement sans s’enfoncer de nouveau.

- Pardon?

Suivant la réponse laconique du bibliothèque, un silence se posa de nouveau entre les deux personnes résidant temporairement dans la tour d'astronomie. Elle remarqua les yeux de l’homme s’agrandir sous la férocité de son attaque verbale ce qui enforcit le sentiment que sa tactique impulsive n’était probablement pas le meilleure des choix. Les cheveux s'élevant doucement sous la brise nocturne, la brunette tourna la tête vers une fenêtre non lointaine, admirant pendant quelques instants le paysage, essayant de peine et de misère d'oublier ce à quoi elle pensait avant l'arrivée de l’intrus, essayant de garder une impassibilité qui ne devait probablement convaincre personne. La réponse de son interlocuteur ne tarda pas à arriver. À la toute première syllabe qui sortit de sa bouche, la vipère tourna brusquement la tête vers la source du son, plongeant un regard défiant dans les yeux remplis de moquerie de l’homme responsable de l’interruption de ses pensées sombres, s’attendant à une réplique blessante en retour. Après tout, c’était la réaction qu’elle aurait eu si la situation avait été inversée. D’un autre côté, si elle avait pris le temps d’y penser, elle aurait pu être reconnaissante de la distraction qu’il était devenu sans le vouloir lors de son arrivée impromptue dans un moment plus qu’intime pour la serpentard.

- Non, en générale j’abandonne un flacon de parfum de luxe quelque part, ou un joli bijou, une trousse de maquillage hors de prix, et je dispose un piège de lapin à côté, comme ça dès que la première écervelée flaire ces denrées typiquement féminines, la gourgandine se jette dessus et se retrouve à l’envers, le pied pris dans un nœud coulant. Je n’ai plus qu’à venir la récupérer et l’emmener dans ma tanière. Mais ça, c’est pour les plus âgées. Si j’en veux une plus fraîche, parfois un paquet de bonbons suffit.

Les yeux de la vipère s’agrandirent en réaction au ridicule de la réponse. Après coup, lorsqu’elle repenserait à cette soirée, une fois bien blottie dans son lit orné de vert et argent, Heather se convaincrerait que le petit sourire rieur qui se forma sur ses lèvres avait été causé par la fatigue qu’elle ressentait à ce moment-là et non par la côté comique de la réponse. Dire qu’elle était surprise était un euphémisme : elle s’était attendue à une perte de points, à voir de la colère se former sur le visage du bibliothécaire ou à une attaque verbale comme réponse, mais certainement pas à cela. Heather devait se l’avouer, elle ne connaissait pas du tout la personnalité de l’autre, n’ayant jamais interagi avec lui outre pour demander un livre de référence ou pour remmener un livre qu’elle avait emprunté, et normalement, le tout se faisait sans aucun mot échangé. Sans même se poser la question, lorsqu’elle l’avait aperçu pour la première fois, installé où Madame Prince avait si longtemps été à sa place, elle ne s’était pas pris la peine de s'interroger sur sa personnalité. Elle l’avait classé dans la catégorie des êtres silencieux et studieux et ne s’était jamais questionnée de nouveau sur le sujet. Après tout, elle n’avait jamais eu le besoin de le faire avant aujourd’hui, où un aspect de sa personnalité semblait se dévoiler devant elle.

- C’est bien connu qu’on ne chasse pas la gourgandine à coup d’attendrissements chevaleresques, elle ne saurait pas les apprécier de toute façon. Non, plus c’est simple, moins ça demande d’effort, mieux c’est, dit-il d’un ton distrait, où l’ennui semblait quelque peu percé au travers sa voix.

Elle s'apprêtait à rétorquer à la comédie, lorsque le visage du nouveau maître des livres changea quelque peu d’expression et sa bouche s’ouvrit de nouveau pour ajouter à sa réponse ultérieure.

- T’es jalouse ? Non parce que je pourrais te retourner la remarque, et supposer que tu sois là à pleurer avec l’espoir et dans le seul but que je te trouve et profite de ta faiblesse.

Cette fois-ci, les yeux de la serpentard ne s'agrandirent pas, au contraire, ceux-ci se plissèrent suite à la remarque qu’elle aurait caractérisée de sanglante si le tout n’avait pas été énoncé d’une expression innocente. Les mains féminines de la vipère sortirent de leur cachette temporaire et ses bras se croisèrent devant sa poitrine, un position dévoilant le changement d’état d’esprit de la jeune fille. Son menton se releva de quelques centimètres et elle foudroya du regard l’homme se tenant devant elle. La colère bouillonnait en elle et ses yeux se durcir sous la force de la nouvelle émotion qui s’était présentée. Son visage froid si bien connu par la population étudiante refit surface sur son minois et laissa quelques secondes s’écouler entre eux. Plusieurs ripostes passèrent dans son esprit : “non, mais pour qui tu te prends”, “jalouse? Mais de quoi dis-moi donc, je ne vois rien d'intéressant devant moi” et plusieurs autres. Elle tenta tant bien que mal de régner sur sa colère, puis, elle perdit la bataille avec son tempérament.

- Si j’avais voulu que vous me trouviez, je serais venue cogner à votre porte… ou peut-être vous envoyer un bouquet de fleur.. Il semblerait que ça fonctionne comme méthode pour charmer les gens, murmura-t-elle aussi froidement qu’un glacier en antarctique. Elle faisait bien sûr référence à un échange entre le bibliothécaire et une poufsouffle dont elle avait été témoin lors de la soirée d’Halloween, référence qu’elle croyait que l’homme comprendrait.

Non, mais pour qui se prenait-il? La jeune fille était dans un état d'irritabilité qui ne lui était pas inconnue. Comme si de jouer la demoiselle en détresse et de chercher à être séduite était dans ses ambitions ; c’était mal la connaître. Sa main bougeait sporadiquement sous la force dont elle devait faire preuve pour éviter de plonger sa main dans poche et de sortir sa baguette afin d’être prête à toute éventualité. Elle avait fait une action impulsive déjà et c’était bien assez : de pointer sa baguette magique sur un membre du personnelle était une coche plus loin qu’elle ne pouvait se permettre. Pendant quelques instants, elle analysa les prochaines actions possibles qu’elle pouvait effectuer, que ce soit de se diriger tout simplement vers la sortie ou de murmurer une remarque de plus à son interlocuteur. Après tout, une de plus ou de moins ne pouvait pas la mettre plus dans le pétrin qu’elle était déjà. Puis, repensant à la première réflexion sortie de la bouche du bibliothécaire lors de leur joute verbale, la jeune fille haussa nonchalamment les épaules.

-  Vous n’utilisez donc pas d’Armotentia pour attirer les jeunes filles ? Pourtant, il ne faudrait que placer la potion sous une table et les vapeurs à elles-seules les attireraient. Quelle opportunité manquée, dit-elle d’un ton neutre, où un petit ton joueur pouvait se faire attendre malgré elle.

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MessageSujet: Re: [2 novembre 1997] Une rencontre nocturne impromptue Sam 29 Juil 2017 - 17:07

La fameuse couche en trop. La réplique gratuite qui ne servait en rien son propos et qui avait pour seul but de blesser un peu. Vraiment ? Parce que Octave ne faisait quasiment jamais de l’humour gratuit, pour arracher un sourire charmeur qui irait renforcer les piliers de son glorieux orgueil, flattant son charme, qu’il s’accordait parfois lui-même dans des élans de condescendance. Si l’on pouvait le dire ainsi, son sarcasme était engagé. L’absurde avait l’aisance d’être éloquent, mais alors les sous-entendus graveleux, qui descendaient l’estime d’une jeune fille bien sous tous rapports, c’était juste blessant. Pourtant, c’était un retour de bâton auquel il aimait faire naïvement appel. Le souci avec ça, c’était que les gens finissaient tellement outrés qu’ils ne parvenaient pas à remarquer la visée principale d’une telle attaque. Chose regrettable, mais à laquelle il fallait s’attendre lorsqu’on essayait de mélanger la provocation à de la subtilité un peu trop grossière. Ou quand on ne présentait pas ses intentions avec suffisamment de clarté. Immanquablement, sa dernière suggestion provoqua le feu d’artifice escompté. Du léger amusement, elle était instantanément passée à la défiance la plus parfaite, yeux en fentes ombrageuses et visage crispé, tandis que ses mains vinrent s’entremêler sur sa poitrine dans une gestuelle bien connue de fermeture. Elle se repliait sur elle-même face à l’ennemi, visiblement ébranlée par tout ce que la réplique du bibliothécaire avait suggéré. Octave l’observa sans broncher, vaguement satisfait de l’effet produit et de la fierté orgueilleuse dont on le gratifiait à présent. Un sourire, léger comme une aigrette soyeuse, vint s’allonger sur ses lèvres carmin, soulignant gaiement la moquerie dont était victime l’étudiante.

Ce n’était pas agréable, hein ? De se faire juger par quelqu’un que l’on ne connaissait pas et à qui on n’accordait aucun crédit ? D’être la proie d’une opinion arbitraire, sans autre fondement que des rumeurs ou l’envie d’être désagréable. Pourtant, c’était ce qu’elle avait fait un instant plus tôt, non ? Peut-être, une fois l’énervement passé et l’amour-propre guéri, la jeune femme allait se rendre compte que l’extrapolation désagréable marchait exactement de la même façon dans les deux sens et que cet exercice pouvait devenir vicieux, se retournant sans cesse contre celui qui émettait sa pernicieuse appréciation en premier. Octave la toisa longuement avec un soupçon de marivaudage dans le regard, qui se reflétant en goutte de feu aux creux de ses pupilles. A coup sûr, elle luttait contre sa propre nature, qu’elle avait démontrée comme étant impulsive, ne voulant pas perdre la face devant quelqu’un qui ne l’avait pas fait. Merlin seul savait à quel point il était difficile d’ébranler la vanité du bibliothécaire au point de le voir flancher. Il n’était pas quelqu’un qu’on effarouchait aisément, au point de lui faire perdre pied, et sa délicatesse n’avait rien d’excessif. Avec son caractère, la jeune fille partait clairement avec un désavantage, ce qui conforta l’adulte dans sa sensation de maîtriser la situation non seulement de par ses propres qualités, mais par les défauts de Miss Trown.

- Si j’avais voulu que vous me trouviez, je serais venue cogner à votre porte… ou peut-être vous envoyer un bouquet de fleur… Il semblerait que ça fonctionne comme méthode pour charmer les gens.

Elle avait donc décidé de persévérer, gagnée par l’excessive prétention que nous soufflait une fatuité diminuée, et qui la poussait maintenant à le rabaisser lui pour se soulever elle. Octave ne manqua pas de relever la référence au bouquet, dont Lina avait fait mention en leur présence lors de la soirée d’Halloween. En repensant à cela, il se demanda si le tempérament explosif et un brin méfiant de la jeune femme n’avait pas pour cause l’origine de son épouvantard. Lui revint à l’esprit l’image d’un homme bourru, proférant des menaces dans les interludes aux moqueries pernicieuses, administrant finalement le courroux de sa colère à sa fille, incapable de l’évincer par un Ridikkulus trop laborieux. A cet égard, Octave aurait pu être bien plus personnel et blessant, mais là n’était pas le propos. A la place, il sourit gentiment, baissant les yeux, alors que Miss Trown se moquait ouvertement de ce qu’il avait voulu comme étant une bonne action. Mais tandis que lui se sentait de moins en moins touché parce qu’elle lui disait, la jeune femme en revanche semblait de plus en plus colérique, nourrissant sa propre exaspération par une méchanceté défensive. Le bibliothécaire était bien rodé contre ça, sachant qu’il lui fallait demeurer le plus tranquille possible, quelles que puissent être les provocations. Et puis de toute façon, autant fut-il étonné par le sujet et la gratuité du jugement, autant il n’en avait cure. Il ne sut cependant pas s’il fallait pousser le vice encore un peu, ou ignorer dès maintenant…

- Vous n’utilisez donc pas d’Armotentia pour attirer les jeunes filles ? Pourtant, il ne faudrait que placer la potion sous une table et les vapeurs à elles-seules les attireraient. Quelle opportunité manquée.


C’est qu’elle enfonçait le clou en plus, comme si ça ne suffisait pas déjà de le supposer volage, aux tendances nymphomaniaques ! Monsieur le bibliothécaire, voilà votre croix, je vous y cloue avec ferveur ! Octave arqua un sourcil dubitatif, révélant la courbe satanique de son arcade. Il cligna des yeux plusieurs fois, regarda par-dessus son épaule avant de s’avancer de quelques pas pour refermer la porte derrière soi au cas où. Celle-ci grinça, lui arrachant une discrète grimace. La conversation s’étendait plus qu’il ne l’aurait désiré et se faire surprendre rien que par l’écho de leurs voix dans les hauteurs creuses de la tour n’était pas une idée qui l’enchantait. Il s’avança lentement vers la jeune femme, se plaçant au milieu de la pièce et parût réfléchir avant de considérer la chose :

« Tu me sembles bien renseignée sur le sujet, beaucoup plus que moi. Mais c’est une bonne idée effectivement, je vais la considérer pour de futures escapades. Cela dit, le problème avec ça, c’est que je risque de me retrouver avec un troupeau de gourgandines et de greluchons à ma poursuite. Ce n’est pas très discret, ni très judicieux. Ca risque de m’apporter plus de problèmes que de contentements. Je préfère la chasse à tir, plutôt que la pêche au filet. »

Octave s’humecta les lèvres avec le délice que lui procurèrent ses propres mots. Son éternel sérieux face à la tournure absurde de la conversation l’empêchait même de s’offusquer ne serait-ce qu’un peu. Lui ? Utiliser de l’Amortentia ? Comme s’il avait besoin de ça pour attirer les jeunes filles dans ses draps ! Non mais voyons ! Sa plume seule suffisait, son charme, sa belle parole, sa sublime allure ! Pas besoin d’avoir recours à des subterfuges magiques pour provoquer des bouffées de chaleur. Comment cette petite impertinente osait-elle supposer qu’il se trouve être à tel point impotent qu’il ait besoin d’une ruse pareille ? Les potions d’amour, c’était bon pour ceux qui n’avaient pas confiance en eux ! Et puis pourquoi cette discussion déjà ? Ah oui, Miss Trown frappait bas et lui s’en moquait, l’encourageant dans le sérieux de ses allégations colériques. Octave la considéra ensuite avec attention, semblant la décortiquer, avant de finalement répondre à sa première remarque :  

« Je ne crois pas non. Tu es une nature fière, tu ne serais pas venue toquer à ma porte. Tu es celle qu’on conquiert, pas celle qui dévoile ses désirs. Parfois, l’orgueil de ne pas vouloir avouer ce qu’on veut, peut nous obliger à avoir recours à des subterfuges. Non, je maintiens, il n’y a rien de tel qu’un chagrin, la démonstration d’une faiblesse, pour attirer le regard de celui qu’on désire. » Il ricana de la gorge. A coup sûr, ça aussi, elle l’allait très mal le prendre, car il était certain que sa douleur n’avait rien de factice, ni de calculé. Octave soupira doucement et son visage passa de la moquerie à une amabilité toute en courtoisie. Il adressa à Miss Trown un sourire un peu navré, engageant de par sa naïveté et sa bonne intention. Sa voix devint douce, perdant de son mordant : « Allons, on sait très bien que tu n’es pas venue ici pour ça, et moi non plus. Mais j’insiste, il ne faut pas rester ici. Viens, je vais te raccompagner jusqu’à ton dortoir. Promis, je ne profiterai de rien du tout. »

Ajouta-t-il avec désinvolture et une pointe d’humour forcée avant de se mettre de profil, invitant la jeune femme à passer devant. Mais à peine le silence s’était-il installé, qu’Octave entendit quelque chose qui fit pivoter sa tête en direction de la porte. Des bruits de pas, qui se répandaient en écho et qu’ils n’avaient pas entendus à cause de leurs propres voix -qui étaient d’ailleurs peut-être la raison même de cette interruption-, se rapprochaient. A peine s’en était-il rendu compte que la poignée en fer tourna, grinçant comme un violon très mal accordé.

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Crédit : Abi
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MessageSujet: Re: [2 novembre 1997] Une rencontre nocturne impromptue Sam 29 Juil 2017 - 19:12

Heather n’arrivait pas à comprendre les réactions de la cible de ses remarques qui semblait prendre le tout avec un grain de sel, tranquillement, mais avec une réparti digne des serpentards les plus vicieux. Habituée à jouer sur la colère, autant la sienne que celle des autres, une attention calme et désinvolte était moins dans ses cordes, elle qui était reconnue pour faire ressortir le pire chez les gens, et cela, même chez les plus tenaces. Bien qu’elle croyait avoir frappé aux bonnes places, mélangeant élégamment les rumeurs ridicules qui circulaient et quelques faits dont elle avait été témoin, son interlocuteur projetait un calme sans faille. Aussi bien même qu’un maigre sourire où une légère gentillesse pouvait être aperçue s’étira tranquillement sur ses lèvres et il baissa les yeux comme si le fait de laisser passer la remarque des kilomètres au dessus de sa tête demandait une réponse physique de sa part. Ce fut cette quiétude dans l’allure du bibliothécaire qui lui poussa à s’exprimer de nouveau, faisait cette fois-ci allusion à une potion d’amour bien contenue des 6ème années et plus, dans une dernière tentative de voir la colère percée dans son attitude nonchalante. Son désintérêt l'énervait et elle commençait à trouver que le désavantage entre eux étaient d’un grand si immense qu’elle finirait par craquer sous la pression. Au plus profond d’elle-même, elle espérait surtout le voir quitter les lieux, ennuyé à mort par son attitude cruelle et la laissant donc à son sort. La solitude était quelque chose qu’elle connaissait bien et qu’elle pouvait gérer facilement. En 2ème place était la colère des autres et c’était avec ces deux objectifs possibles en tête qu’elle avait continué la joute verbale.

Bien sur, la jeune femme savait que d’attaquer aussi immoralement n’était pas toujours la bonne technique à utiliser, au contraire, elle se croyait assez intuitive et observatrice pour adapter son jeu à son adversaire, tel un joueur de poker professionnel analysant les expressions, qu'elles soient fines ou non, de ses rivals. Mais la situation ayant entraînée le début de l’échange était tout autre et de par simplement la nature de ses pensées sombres lorsqu’elle fut surprise, la serpentard n’avait pas pris le temps d’analyser la situation et avait attaqué, tel une proie au bord de la mort qui n’avait plus rien à perdre et qui tentait le tout pour le tout. L’épouvantard l’avait chamboulé si bien que même 2 jours plus tard, la panique était toujours existante et le moindre bruit de trop la faisait se reculer, comme si une gifle s’apprêtait à rencontrer sa joue à tout moment.

Elle examina le bibliothécaire cligner quelques fois des yeux et puis arquer un sourcil, une expression de scepticisme glissant sur son visage, mais ce fut ses actions par la suite qui la fit réagir. Elle l'observa l’homme se diriger vers la porte et fermer celle-ci, une action qui s’accompagnait d’un grincement qui sonna strident aux oreilles de la jeune fille. Voyant sa seule porte de sortie s’éteindre devant ses yeux, la brunette sentit une frayeur s'apparentant à la soirée d’Halloween montée en elle, qui ne fut que augmentée lorsqu’il s’approcha lentement d’elle. Elle tenta de poser un pied vers l’arrière, mais celui-ci n’avait plus aucune place de manoeuvre. Elle lança un regard vif vers l’arrière afin de comprendre ce qui la bloquait sur place et réalisa rapidement qu’elle était déjà collée à la fenêtre, aucun jeu n'étant disponible pour augmenter l’espace entre eux deux. Elle sentait son coeur prendre de la vitesse, le son du battement résonant dans son cerveau, étouffant les bruits avoisinants. Ses bras se décroisèrent légèrement, assurant une plus grande liberté de mouvement au cas où une réaction rapide serait requise. Le silence sembla durer une éternité durant laquelle la jeune femme s’imagina tous les scénarios possibles, peinant à séparer l’homme qui se tenait devant elle à son père. Poudlard n’avait plus vraiment de limites concernant les punitions violentes et sadiques, comme la soirée d’Halloween et une certaine nuit d’octobre pouvaient en témoigner.

- Tu me sembles bien renseignée sur le sujet, beaucoup plus que moi. Mais c’est une bonne idée effectivement, je vais la considérer pour de futures escapades. Cela dit, le problème avec ça, c’est que je risque de me retrouver avec un troupeau de gourgandines et de greluchons à ma poursuite. Ce n’est pas très discret, ni très judicieux. Ça risque de m’apporter plus de problèmes que de contentements. Je préfère la chasse à tir, plutôt que la pêche au filet.

La réponse du maître des livres l’a prise de cours. Ses pensées s’étaient éloignées, imaginant des possibilités lugubres et sinistres, où la situation ne tournait certainement pas en sa faveur. Se remettant de sa frayeur soudaine, la brunette mordilla doucement sa lèvre du bas, un geste inconscient qui attestait de son inconfort, la colère complètement évaporée, et ne prononça pas un mot. Chose tout de même assez rare pour la jeune fille qui fixait du regard l’homme, celui-ci se remettant à parler de nouveau.

- Je ne crois pas non. Tu es une nature fière, tu ne serais pas venue toquer à ma porte. Tu es celle qu’on conquiert, pas celle qui dévoile ses désirs. Parfois, l’orgueil de ne pas vouloir avouer ce qu’on veut, peut nous obliger à avoir recours à des subterfuges. Non, je maintiens, il n’y a rien de tel qu’un chagrin, la démonstration d’une faiblesse, pour attirer le regard de celui qu’on désire.

De voir ses émotions, pourtant si fondés et palpables, se faire ridiculiser était à l’image d’un coup poing vicieux qui aurait été porté sur une victime déjà vaincue. Les yeux de la jeune fille reflétèrent la douleur de la remarque, une pointe d’incompréhension luisant dans son regard incertain. Elle savait qu’elle le méritait et qu’elle était la cause des paroles du bibliothécaire, ayant partie le bal des remarques blessantes et sans fondement, outre les quelques rumeurs se répendant d’un élève à un autre. Elle ne s’était simplement pas attendue à un retour aussi cynique de la part d’un membre du personnel, celui-ci, ricanant quelque peu de l’endroit où il se trouvait, au centre de la tour. Puis, son expression faciale changea brusquement, affichant un air d’amabilité et de douceur. La serpentard fronça légèrement les sourcils, cette fois-ci, complètement décontenancée par le changement soudain d’attitude. Elle avait rarement vu quelqu’un changer aussi rapidement de caractère, passant des remarques blessantes aux paroles encourageantes et compréhensives.

- Allons, on sait très bien que tu n’es pas venue ici pour ça, et moi non plus. Mais j’insiste, il ne faut pas rester ici. Viens, je vais te raccompagner jusqu’à ton dortoir. Promis, je ne profiterai de rien du tout.

La dernière phrase fit soupirer doucement la jeune fille qui baissa les yeux au sol, une pointe de honte se faisant ressentir en elle face à son tempérament plus que aigre des dernières minutes. Du coin de l’oeil, elle le remarqua se tourner légèrement, dans une invitation silencieuse à ce qu’elle prenne les devants vers la sortie, lorsqu’un son la fit sursauter, relevant les yeux rapidement, tel une biche effrayée devant les phares d’une voiture s’avançant à toute vitesse. Quelqu’un s’approchait, montant les escaliers d’un pas ferme et fort et allait surgir dans la tour d’un instant à l’autre. Elle entendit, plus qu’elle ne vit, la poignée se tourner, puis la porte s'entrouvrit, laissant apercevoir l’ombre de Rusard, un sourire malsain s’étirant sur son visage ridée lorsqu’il aperçu l’élève qui n’était bien vraisemblablement pas dans son dortoir. La bouche mince et moqueuse du concierge s’ouvrit pour condamner l’élève, lorsque celle-ci, agissant par pur réflexe, décida d’utiliser la ruse pour tenter de se sortir du pétrin qui menaçait de s’empirer. Tournant des yeux plaideurs, émotion qui était bien réelle dans les yeux de la fille, mais pour une raison tout autre que les paroles qu’elle allait prononcer, elle implora d’un ton doux et désespérée :

- Je vous en pris Monsieur Holbrey, enlevez-moi des points ou donnez-moi une retenue. Tout, mais pas ça! L’emphase de sa phrase était mise autours du dernier mot, le “ça” qui laissant entendre une punition mille fois plus affreuse qu’une retenue. Les bras de la jeune fille vint s'enrouler autours de son ventre dans l’espoir que sa position vulnérable ajoute une couche de réalisme au subterfuge.

Du coin de l’oeil, la jeune fille vit une interrogation se former sur le visage du concierge qui tourna un regard ignorant vers le bibliothécaire, un point d’interrogation ayant pu être peint sur son visage tant son incompréhension était palpable. Tous les yeux étaient tournés sur le dit Monsieur Holbrey. La brunette retena son souffle, espérant grandement, mais sans beaucoup d’espoir, qu’il lui sauve la peau sur ce coup.

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MessageSujet: Re: [2 novembre 1997] Une rencontre nocturne impromptue Dim 30 Juil 2017 - 4:33

Rusard. S’il y avait dans ce château une personne au sujet de laquelle Octave ne parvenait pas à se prononcer, c’était bien lui. Sa dévotion sans bornes envers l’école était admirable, et la passion avec laquelle il se consacrait, peut-être un peu trop assidument à son métier, aspirait une certaine forme d’enthousiasme. Sa connaissance du château était précieuse, tout comme la rigueur avec laquelle il appliquait le règlement. Mais c’était le personnage archétypal qui espérait, probablement par pure exaspération du peu de crédit qu’on donnait à sa position, que les exécrables étudiants qui l’entouraient en permanence soient sévèrement châtiés à chaque manquement. Il rêvait du fouet et de cachots pour la moindre infraction, ayant des aspirations tout droit venues du Moyen-âge. Mais ça, Octave suspectait que ça n’avait pas tant rapport avec ses principes réels qu’avec son mauvais caractère et la haine qu’il vouait aux adolescents en général. Et le bibliothécaire suspectait de plus en plus que cette dernière avait un lien étroit avec la condition du concierge qui, privé de pouvoirs magiques, vouait un culte silencieux à cet endroit où on l’enseignait avec une telle ferveur. Cette jalousie-là le rendait invariablement intraitable avec les petits chanceux qui profitaient de la moindre inattention pour bafouer ce beau règlement auquel il croyait dur comme fer. Difficile de condamner une jalousie pareille, surtout que malgré sa loyauté, elle mettait Rusard dans une situation délicate, alors il ne pouvait que renforcer sa loyauté pour ne pas périr des conditions plus que discutables de son sang. Dans tous les cas, l’aspect en question de son caractère faisait de lui quelqu’un de dangereux dans la situation présente, mais également facilement influençable, puisqu’il devait se plier à tous les représentants de l’autorité qui avaient une condition plus enviable que la sienne -c’est-à-dire, presque tout le monde. Comme son chat, il faisait dos rond.

Je l’avais dit ! Je l’avais prévenue, cette écervelée gourgandine ! Octave s’en étonna un peu, ne pouvant que constater la défiance dominer tous les autres sentiments de la jeune femme. Car il l’avait vue essayer de reculer, par crainte de cet homme qui fermait la porte et les isolait, barrant toute échappatoire possible. En cet instant, il avait senti un étrange malaise, principalement parce qu’être menaçant n’avait à aucun moment été son but. Mais elle avait été là, à le regarder avec une crainte mêlée à de la véhémence sur le point d’exploser, prête à atteindre sa baguette magique pour se défendre, prête à subir une punition qu’elle s’imaginait terrible. De plus en plus, les élèves développaient une peur pavlovienne face à l’autorité. Avec l’accumulation des derniers évènements, ils semblaient toujours attendre le pire à tel point que la douceur avenante ne parvenait plus à les consoler. Miss Trown avait eu peur de lui, craintive quant à ce que le bibliothécaire représentait, anticipant un caractère aussi mauvais que ceux des membres du nouveau régime. Mais l’emportement avait été plus fort dans son cas, à toujours vouloir attaquer pour défendre. Peut-être avait-elle d’ailleurs été si irritée justement parce qu’elle c’était non seulement sentie vulnérable, mais plus encore parce que celui qui l’avait trouvée ainsi n’était autre qu’un adulte. A cette pensée, Octave se dit qu’elle fut bien chanceuse d’avoir été surprise par lui, esprit indulgent et compréhensif, plutôt que par un fonctionnaire borné et sadique, surtout au vu de son irrévérence. Avant qu’il n’ait pu ouvrir la bouche pour minimiser les dégâts et justifier la présence de tant de gens en plein milieu de la nuit, le bibliothécaire fut devancé par la jeune fille, qui choisit un registre dramatique :

- Je vous en prie Monsieur Holbrey, enlevez-moi des points ou donnez-moi une retenue. Tout, mais pas ça !

Si Rusard fut étonné, il était à peine l’égal de la surprise du bibliothécaire. Surpris, mais non pas décontenancé par cette soudaine supplique, Octave détourna son regard du visage cireux et méchamment sirupeux du concierge vers sa victime toute désignée. Il ne put que louer les talents d’actrice de Miss Trown, ressentant le pincement bien connu de la méfiance face à tant d’inventivité, presque venue de nulle part en comparaison au comportement tout en défiance qu’elle lui avait offert méthodiquement jusqu’à peu. Et puis ce « ça » avait achevé de faire fonctionner son imagination prolifique, le mettant d’autant plus mal à l’aise que les seules choses qui lui venaient en tête étaient lubriques. Par reflexe, il recadra sa propre posture, sortant lentement les mains de ses poches avant de les croiser sur sa poitrine, redressant sa tête, tendant son cou et relâchant ses épaules dans une attitude de condescendance extrême. Il ne prit pas la peine de froncer les sourcils, ni d’arquer la courbe de sa bouche en un rictus dédaigneux, se contentant de garder un visage veule, marqué par une indifférence de pierre, teintée par un dédain à peine perceptible. Pour accentuer son peu de considération quant au destin de cette délinquante, il pencha la tête légèrement sur le côté, avant de déclarer d’une voix emplie d’indolence insensible :

« Miss Trown, les points et les retenues n’ont pas l’air d’avoir l’effet escompté sur vous, puisqu’on persiste à vous retrouver en plein milieu de la nuit dans divers recoins du château. Manifestement, vous n’avez toujours pas retenu la leçon et les châtiments imposés jusqu’à maintenant n’étaient pas assez… » Octave goûta mielleusement le mot qui s’allongeait sur ses lèvres « convaincants. » Le bibliothécaire haussa des épaules, détournant son regard de la jeune femme, les paupières mi-closes, comme si ce qu’il s’apprêtait à faire ne l’enchantait pas plus que la victime, mais que pour l’amour de l’enseignement, il allait quand même le faire. « Vraiment, il fallait réfléchir avant de désobéir au règlement. »

Il soupira lourdement, avant de décroiser ses bras et lentement sortir sa baguette magique de la poche de son jean. Elle demeura le long de sa cuisse, menaçante dans son immobilité et l’absence totale d’intention dans le geste. Elle était juste là, prête à entrer en action dès que son maître trouverait le sortilège adéquat. Auquel d’ailleurs Octave ne réfléchissait absolument pas, trop concentré sur la teneur de son jeu d’acteur et sa capacité à convaincre Argus sur le sérieux de ses agissements. Finalement, il se retourna vers le concierge, le considérant avec bien plus d’amabilité qu’il n’en avait eu envers l’étudiante. Poliment, il demanda :

« Bonsoir Argus. Vous avez besoin de quelque chose ? »

Non, bien sûr, mais c’était une manière de lui faire remarque qu’il n’avait absolument pas la nécessité de rester ici en tant que spectateur d’un bourreau. Transpirant l’assurance de son bon droit, Octave attendit patiemment que Rusard reprenne ses esprits, effaçant la confusion qui habitait son visage. Mais le bibliothécaire était si serein et sûr de lui que le concierge abandonna les doutes qu’il avait nourris au sujet d’on ne sait quoi.

« Non, non… C’est que j’ai entendu des voix et je suis venu vérifier.
Finit-il par répliquer avec un brin d’hésitation dans la voix, son regard continuant à voyager entre le bibliothécaire et la jeune fille recroquevillée.
- Ce devait être la mienne. Je confrontais justement Miss Trown au sujet de sa présence ici. Navré de vous avoir dérangé pour rien, mais je m’occupe déjà de ce cas-ci. »

Et Octave le regarda longuement, stipulant ainsi que le concierge le dérangeait dans sa sainte mission qu’était le recadrage de la jouvencelle. Il le toisa sans ciller, sachant que cela empêcherait Rusard de reprendre suffisamment ses esprits pour contester quoi que ce soit, si le courage lui venait par miracle. De ses yeux immobiles, verts comme des émeraudes, il le fixait inlassablement, sans toutefois avoir l’air impoli, faisant simplement preuve d’une grande patience. Puis, lorsqu’il jugea que le message était passé, il se retourna avec nonchalance vers la jeune fille et leva sa longue baguette de chef d’orchestre, la tenant du bout de ses doigts déliés. La condescendance refit surface sous la forme d’un voile d’arrogance. Ses traits, détendus, étaient la quintessence du mépris impérieux.

« Je vous conseille de vous mettre à genoux. Les gens tombent souvent sous le coup de la douleur et se déboîtent le ménisque. Suivez ma recommandation, elle est gratuite. Je ne vous porterai pas jusqu’à l’infirmerie si vous vous trouvez incapable de marcher. »  

Il savait que c’était le genre de parole qui allait faire fuir le vieil homme, peu volontaire qu’il était à être le spectateur de ce genre d’évènements. Il aimait punir, c’était certain, mais que lorsqu’il se sentait invité, ce qui n’était pas le cas. Qui plus est, le vieillard n’était pas vraiment sadique. Méchant peut-être, mais il ne tirait aucune réelle satisfaction de la souffrance gratuite. Bientôt, la porte claque dans son dos et Octave tendit l’oreille, avant de se retourner concrètement pour voir si Rusard n’avait pas eu la merveilleuse idée de rentrer dans la pièce au lieu d’en sortir. Mais la porte était soigneusement fermée, la figure anguleuse du concierge ayant disparu de l’horizon. Le bibliothécaire baissa sa baguette, mais se doutant que Rusard était assez fourbe pour quand même écouter aux portes pour s’assurer de l’affaire, il franchit l’espace qui le séparait de la jeune fille d’une seule et large enjambée, avant de se pencher sur elle et, la regardant droit dans les yeux, il lui chuchota une menace à l'oreille :  

« Après réflexion, tu le mérites peut-être ton « ça ». Mais tu sais quoi ? T’es déjà punie, parce que dès demain tout le monde jasera sur la petite Trown retrouvée seule en compagnie du lubrique bibliothécaire dans la plus haute salle de la tour d’Astronomie. Si on me demande, je ne nierai peut-être rien. Qui sait. Je n’ai pas encore décidé. »

Malgré la teneur du discours et son ton plutôt sérieux, il ne semblait pas vraiment énervé, ni exaspéré, juste amusé par les circonstances. Ce retour de bâton ne manquerait pas d’alimenter grassement les rumeurs, qui visiblement couraient à son sujet, tout en faisant passer la Serpentarde pour une fille facile, sujette à l’attrait que pouvait représenter l’autorité. Bien sûr, il plaisantait au fond, parce que même si une rumeur se mettait à courir, elle risquait plutôt d’aller contre lui, prêtant à son caractère le vice du sadisme et de l’indifférence en plus de celui de la luxure. Mais bon, qui sait comment cette histoire allait ressortir, et si elle ressortirait d’une quelconque façon. Pour créer une rumeur, il fallait un bavard, et quelque chose lui disait que ni Rusard, ni Miss Trown n’allaient évoquer ce sujet de sitôt. Ou seulement pour illustrer en cas de nécessité la capacité du bibliothécaire à être cruel envers ceux qui enfreignaient le règlement.

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MessageSujet: Re: [2 novembre 1997] Une rencontre nocturne impromptue Mer 2 Aoû 2017 - 5:33

Les bras déposés autour de son corps dans une tentative futile de couvrir ses organes vitaux du danger, les yeux penchés vers le sol dans l’espoir de se faire encore plus petite qu’elle était tout en masquant son visage derrière ses cheveux longs qui retombaient chaque côté de ses traits ; la position tout en faiblesse était venue naturellement à la jeune fille et celle-ci en avait horreur. Si un peu plus tôt, la jeune fille s’était sentie vulnérable, ce n’était rien comparé à la situation actuelle. Bien sûr, elle savait qu’elle avait elle-même creusé sa tombe, ayant refusé implicitement l’aide du bibliothécaire lors de son arrivée dans la tour et en ayant joué le jeu de la faiblesse lors que Rusard pointa le bout de son nez, mais aucune autres solutions ne semblaient possibles lors des deux événements distincts. Dans le cas de Monsieur Holbrey, la surprise et ses pensées sombres avaient guidés sa réaction vers l’attaque vicieuse, un réflexe qu’elle avait acquis lors de ses premières années à Poudlard. Dans la deuxième situation, une tentative de se glisser dans l’ombre aurait probablement été futile, la porte s’étant ouverte beaucoup trop rapidement, et sans aucune réaction concrète de leur part, le concierge aurait rapidement compris que le bibliothécaire ne prévoyait pas la punir.

Ce dernier s’était justement mis à l’action, relevant légèrement son dos et adoptant une posture de supériorité qu’elle avai vu milles fois se refléter sur le physique de son père. Ses bras se croisèrent devant lui, une position qu’elle avait elle-même arboré quelques instants plus tôt, et l’expression de son visage changea quelque peu, affichant un mélange d’émotions bien composé. De sa position près de la fenêtre, la serpentard se demanda si le visage d’émotions lui était destiné ou si, comme elle, le bibliothécaire allait se méler au subterfuge. Elle retena son souffle, puis, tel un juge qui s’apprêtait à annoncer la sentence d’un criminel, l’homme donna son verdict :

- Miss Trown, les points et les retenues n’ont pas l’air d’avoir l’effet escompté sur vous, puisqu’on persiste à vous retrouver en plein milieu de la nuit dans divers recoins du château. Manifestement, vous n’avez toujours pas retenu la leçon et les châtiments imposés jusqu’à maintenant n’étaient pas assez… convaincants. Vraiment, il fallait réfléchir avant de désobéir au règlement.

Un soupçon de soulagement mélangé à un brin de surprise pointa le bout de son nez au sein de la serpentard lorsque le bibliothécaire se mit à parler. Malgré qu’elle ait été quelque peu apaisée par la décision de celui-ci de jouer le jeu dans le but d’éloigner Rusard de leur échange irrégulier, Heather s’interrogeait sur les raisons obscures du réputé Monsieur Holbrey. Après tout, la jeune fille avait été infâme avec lui, utilisant plusieurs répliques méprisables et orduriers contre lui, mais cela ne semblait pas l’empêcher d’ajouter son grain de sel à la ruse de l'élève. De sa position près de la fenêtre, Heather observa l’échange entre les deux membres du personnel de l’école de magie, gardant une expression légèrement terrifiée afin de ne pas ajouter aux doutes du concierge, dont le regard venait se poser quelques fois sur elle. Ce qui était assez rare pour elle, et elle pouvait se l’avouer, la serpentard n’articula pas un mot, laissant la résultante de l’échange dans les mains du maître des livres, qui en toute franchise, semblait très bien se débrouiller malgré que la jeune fille l’aille placé sous les projecteurs : ils n’avaient pas vraiment eu le temps de se consulter afin d’agir.

Puis, la baguette s’éleva, venant se pointer sur la jeune fille. Cette dernière fit un léger mouvement vers l’arrière, son instinct venant prendre le dessus sur elle. Même si Heather commençait à réaliser que l’adulte voulait plus son bien que son mal, ses paroles témoignant de cela, elle ne pouvait empêcher les réflexes protecteurs qui avaient été ancrés en elle depuis son enfance et l’apparition d’une baguette alors qu’elle ne pouvait utiliser la sienne sonnait une alarme dans sa tête qu’elle avait peine à faire taire. Ajoutant à cela l’expression remplie d’arrogance et de mépris du propriétaire de la baguette, Heather commençait à se sentir très petite dans la tour, un voile d’inquiétude se déposant sur elle. Et si celui-ci décidait de profiter de la situation pour la punir ? Après tout, elle ne pourrait nier le mériter, autant par ses actions antérieurs que par sa propre confession lors de l’arrivée du concierge. Le sentiment d’avoir creusé sa propre tombe ne fit qu’empirer lorsque sa bouche s’ouvrit et qu’il annonça :

- Je vous conseille de vous mettre à genoux. Les gens tombent souvent sous le coup de la douleur et se déboîtent le ménisque. Suivez ma recommandation, elle est gratuite. Je ne vous porterai pas jusqu’à l’infirmerie si vous vous trouvez incapable de marcher.

Elle ne pu s’en empêcher, ses yeux s'agrandirent et fixèrent ceux du bibliothécaire, sa bouche s'entrouvrit légèrement prête à s’exclamer de protestation, mais les paroles moururent dans sa gorge. La serpentard ferma les yeux fortement, crispant son visage sous l’effort de ne rien dire, puis elle amorça sa descente vers le sol, descendant un genou à la fois vers le sol, chacun des mouvements envoyant une décharge électrique à travers son corps. La pierre était dure et froide sous sa peau masquée par sa jupe répandue autours d'elle tel un halo. Son esprit arrivait de moins à moins à dissocier le subterfuge de la réalité, car dans le fond, elle n’avait aucune idée si l’homme qui la tenait à la mire de sa baguette jouait le jeu ou retournait la situation à son avantage. Complètement perdue dans ses pensées, la vipère ne remarqua pas le départ du concierge et n’enregistra pas le son que le porte fit en se refermant sur la silhouette de Rusard. Ce ne fut que lorsque deux émeraudes se plantèrent droit dans la prunelle de ses yeux, qu’elle réalisa enfin qu’ils n’étaient que deux de nouveau. Figée telle une statue, elle observa l’individu qui s’élevait au dessus d’elle, des flashbacks de son dernier été explosant dans son cerveau tant les deux hommes se ressemblaient à l’instant.

- Après réflexion, tu le mérites peut-être ton « ça ». Mais tu sais quoi ? T’es déjà punie, parce que dès demain tout le monde jasera sur la petite Trown retrouvée seule en compagnie du lubrique bibliothécaire dans la plus haute salle de la tour d’Astronomie. Si on me demande, je ne nierai peut-être rien. Qui sait. Je n’ai pas encore décidé.

Tout ça était trop pour elle. La situation avait complètement dégénéré et le malaise se répandit en elle, embrumant ses pensées. Elle sentit la bile monter dans son oesophage, puis redescendre, laissant une sensation de brûlure sur son passage. Elle baissa la tête vers le sol, peinant à trouver l’énergie pour se remettre sur ses pieds. La froideur des pierres commençaient à se faire sentir sur ses genoux frêles et dénués de protection. Elle sentit un frisson parcourir son corps et elle posa une main sur ses yeux, bloquant le peu de lumière qui traversait la mince peau de ses paupières. Laissant sortir un léger soupir, la vipère murmura les trois mots qu’elle avait si peu souvent prononcés, qu’elle pouvait compter sur ses doigts le nombre de fois qu’elle les avait dit.

- … Je suis désolée

Elle arracha une larme qui avait osé la trahir de sa joue, puis déposa une main tremblante sur la pierre, se donnant une légère poussée vers l’arrière pour se remettre sur ses pieds. Elle déplia ensuite les genoux et porta une attention particulière à replacer sa jupe, n’osant plus poser son regard sur le bibliothécaire. Elle sentit l’adrénaline retomber et un vide d’énergie se fit sentir au travers son corps, l’épuisement l’envahissant. Elle espérait plus que tout au monde que l’adulte décide de partir, la laissant seule afin qu’elle puisse oublier que cette nuit s’était bien déroulée. Après tout ce qui s’était passée, elle se doutait bien que d’espérer cela était en vain.

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MessageSujet: Re: [2 novembre 1997] Une rencontre nocturne impromptue Ven 11 Aoû 2017 - 7:59

Ce regard, il le connaissait bien, pour l’avoir vu adressé plus d’une fois à son égard, dans un moment d’embarras spontané et involontaire. Parfois, il lui arrivait d’en être fier, car n’était-ce pas la une consécration, lorsque même votre complice semblait s’y méprendre quant à vos intentions, ne sachant même plus quoi penser de cette mascarade ? Tantôt encore, il lui arrivait de s’en vanter, rengrossant son beau plumage comme si cette lueur d’effroi confus dans le fond des yeux fut le plus beau des compliments. Il y avait de l’effroi, certes, dans l’attitude de la petite étudiante, jadis acariâtre, et qui maintenant le toisait discrètement avec une alarme certaine, ne sachant plus quoi penser de l’étrange bibliothécaire. Mais il y avait également autre chose, un subtil parfum de méfiance se mettait en place, tandis qu’Octave passait doucement d’une sorte d’affidé malicieux et coquet, à un éventuel ennemi. Etre trop appliqué dans son exercice n’était que rarement sans vilaine contrepartie, car à savoir si bien manier les apparences, on cessait de lui faire confiance. Et là aussi, il avait vu, sans pour autant pouvoir y faire quoi que ce soir, Miss Trown lui présenter sa plus honnête circonspection. Sa maîtrise le rendait un peu trop ambivalent aux yeux d’une majorité qui chérissait la loyale stabilité à la trop facétieuse finesse. Octave en avait fait un métier, ne regrettant nullement de ne pas se faire d’amis véritables. Toutefois, pour une fois qu’il essayait d’être protecteur, il percevait de nouveau une attitude grossièrement craintive. En même temps qu’elle le chagrinait, il ne pouvait que la comprendre sans l’accuser. Comme avec Cassidy, le soir où il était parti la récupérer à l’hôpital, faisant mine de la mépriser de haut de sa parfaite vanité, Octave avait sagement continué son spectacle, malgré les œillades sincèrement défiantes et par moment peureuses, voir haineuses, dont sa propre complice le gratifiait. Et rien avoir avec un jeu d’acteur, non, il s’agissait de véritables sentiments nourris de voir celui qu’on espérait allié se montrer si étrangement convaincant… Il s’était déjà demandé s’il n’en faisait pas un peu trop par moments. Mais la réponse demeurait invariablement non.

Elle eut l’air si petite et démunie à genoux face à lui, que malgré l’exaspération latente, Octave regretta ses dernières paroles. Trop dur, trop cinglant, pas assez de considération ni d’empathie. Mais la mise en scène lui avait coûté aussi après tout. Il n’aimait pas faire semblant, surtout lorsque tout se terminait ainsi : dans des larmes contenues et une froideur encore plus palpable qu’avant, alors que l’aventure aurait pu contribuer à une complicité taquine. Pourtant, l’inverse semblait s’être produit, et son implication consciencieuse dans cette histoire avait, semblait-il, poussé la petite Heather à se rendre compte de la gravité que leur situation aurait pu avoir s’il ne s’était pas agi de Rusard.

Le bibliothécaire s’était finalement redressé, encore animé d’une légère colère, mais celle-ci était confuse. Il ne savait plus s’il était frustré de lui-même, de la jeune femme, ou d’une manière plus générale, de toute cette situation qui les forçait à se comporter de la sorte, à devoir se trahir, à faire semblant et à s’animer de mépris pour survivre. La chose lui avait paru plus naturelle dans un milieu où ces vices s’y prêtaient bien et où on n’avait pas le choix, mais devoir faire preuve d’une pareille fourberie dans une école lui paraissait particulièrement sordide. Heureusement, la petite avait baissé ses propres yeux vers le sol, devançant un Octave qui, vaincu par le malaise, était assailli par la volonté d’en faire de même. Cependant, il s’était abstenu d’une pareille fuite, se contenant maintenant de toiser la jeune fille sans rien dire, tandis qu’elle se relevait enfin. Et cette ascension avait la pesanteur gauche d’un corps qui portait bien plus que ce qu’il avait désiré. Même lorsqu’elle voila son visage de sa main, il ne sut quelle banalité énoncer pour la consoler. Le fallait-il d’ailleurs ? Il avait reconnu en elle quelqu’un de, si ce n’est fort, au moins renfermé et revanchard pour le moment. Or l’on savait bien qu’un tel caractère ne souffrait que très peu de la pitié, préférant s’effacer et faire comme si de rien n’était.

Mais Octave ne pouvait pas lui laisser ce luxe. Ses lèvres se pincèrent sensiblement, sans qu’il n’en vienne à quitter Miss Trown du regard, malgré la gêne qu’il commençait à ressentir de ne savoir comment réagir dans l’immédiat. Pourtant, d’une part, il ne pouvait pas la laisser là, toute seule, alors que ce qu’il avait prédit s’était immanquablement réalisé. Et ensuite, simplement parce qu’il n’était pas dans ses habitudes que d’abandonner les gens en pire état que lorsqu’il les avait rencontrés, et plus particulièrement quand il était le principal fautif d’un tel chagrin. Mais alors il fallait avoir la délicatesse de ne pas passer pour un geôlier ; les tensions étaient déjà suffisantes. Sauf qu’il ne savait pas vraiment comment arranger la situation, d’autant qu’il ne savait jamais quoi faire des excuses, qu’il n’aimait pas tout simplement. Il soupira finalement, un peu penaud. Son visage fut parcouru de quelques tiraillements étranges, retroussant nerveusement sa lèvre inférieure, faisant couler sa mâchoire d’avant en arrière. Puis il répondit enfin, d’un ton extrêmement calme et doucement velouté, tel une vague océane en plein milieu de la nuit que l’on entendrait bruire au loin, là où l’eau s’irise sous la lune.

« Ne le sois pas, ce n’est pas grave. Mais ça aurait pu l’être, surtout pour toi. J’espère que tu en es consciente. La prochaine fois, monte jusqu’au toit de la tour, aucun inspecteur ne se fatigue à aller vérifier aussi haut. Tu y seras plus tranquille. » Il hésita, avant de rajouter, en sachant tout ce que cela pouvait potentiellement sous-entendre : « Ou viens à la bibliothèque, il n’y jamais personne là-bas. Juste préviens-moi, que j’ouvre la porte au préalable. »

Un peu dépité, Octave passa une main dans ses cheveux, donnant un peu de panache à l’artistique désordre capillaire qui y régnait déjà. Un peu de la même façon que la jeune fille plus tôt, lorsqu’elle avait apporté un soin particulier à défroisser sa jupe, le bibliothécaire se déliait de son malaise. Puis, la baguette magique encore entre ses doigts, Octave murmura un Hominum Revelio en pointant en direction de la porte, mais rien ne se produisit. Rusard n’avait pas eu l’idée d’écouter aux portes pour cette fois, étrangement, et leur voie était libre. Octave hésita cependant un moment, un très court moment, car son intuition était claire, tout comme son ressenti.

« Si tu veux… si tu en as encore besoin, je peux t’y accompagner. Sur le toit, ou autre part. » Dit-il tandis que ses yeux s’éraillaient vers le plafond. « Sinon, on rentre à la salle commune des Serpentards, parce qu’il est hors de question que je te laisse seule ce soir, ça pourrait être très mauvais pour moi, tout autant que pour toi. Je crains que tu ne nous aie liés par ta petite comédie. Quoi qu’il en soit, quoi que tu décides de faire pour cette nuit, je te suis. »

Il n’était pas embêté, même plutôt rassuré par cette perspective qui leur était imposée par la situation qu’ils s’étaient tous les deux créée. Bien sûr, dans l’absolu, il aurait préféré faire sa ronde réglementaire, sa balade somnolente tout seul pour ne pas avoir à faire preuve du bon usage que la société lui imposait quelquefois. Mais la petite Trown était si joliment bourrue, si tendrement affligée, qu’il ressentait du soulagement à devoir l’accompagner partout, pour peu qu’elle fût en sécurité. Et lui aussi, du coup, par la même occasion. Car si l’étudiante, dans ses déambulations nocturnes, venait à recroiser Rusard, on dirait très rapidement que le bibliothécaire était un incapable et potentiellement un menteur, ayant puni, puis perdu une fille dans le château. On lui reprocherait tout un tas de choses et lui demanderait tout un tas de comptes, chose que le bibliothécaire voulait éviter à tout prix. Trop de question menait bien souvent à la vérité, une vérité gênante et inadmissible pour eux deux. Octave arqua alors un sourcil, pas complètement convaincu par cette aventure, mais désireux de rassurer au moins un peu la jeune fille, et gazouilla de son velours lustré :

« Et de toute façon, j’ai une réputation à maintenir apparemment. Alors plus souvent on me surprend avec de jeunes filles en plein milieu de la nuit, mieux c’est pour moi. »


Il avait néanmoins la vague impression de se faire avoir. Des larmes, une demoiselle en détresse qui le soudoyait de ses yeux mi-clos et d’un regard fuyant -ce qui est bien plus efficace qu’une œillade franche. Et puis lui, un peu démuni et désarmé face à tant de défiance qu’il n’aimait pas laisser sur son chemin, surtout lorsqu’il pensait ne pas mériter une pareille opposition et les doutes qui planaient sur sa personne. Mais c’était quand même terriblement banal. Il voulait plaire, et c’était l’une de ses faiblesses, pour laquelle il en venait parfois à sacrifier le bon entendement, et qui lui valait d’être trahi ou blessé davantage en retour. Néanmoins, il savait que malgré son affabilité, Miss Trown n’avait pas encore pour le moment les capacités de l’offenser véritablement, et cette pensée le rassurait quelque peu. Le bibliothécaire joignit ses mains dans son dos, toisant la jeune fille d’en haut d’un œil consentant à tout :

« Bon, Miss Trown, qu’est-ce que tu décides de faire ? Rester dans l’illégalité ou rejoindre ta paillasse ? »


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[2 novembre 1997] Une rencontre nocturne impromptue

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