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[Cours de potions] Le nouveau maître des potions.

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MANGEMORT
    MANGEMORT
AVATAR : Aiden Shaw
MESSAGES : 75
MessageSujet: [Cours de potions] Le nouveau maître des potions. Jeu 13 Juil 2017 - 17:25





The New Potions Master


Il avait l’air paisible, les lèvres un peu humides et les cheveux en torrent d’argent et de blanc, bataillant sur sa tête droite dans une artistique sauvagerie. Son allure distante, aussi étrange qu’agréablement avenante, n’avait aucun rapport avec son regard d’acier, perdu dans la contemplation d’un relief paysager lointain. Ses vêtements non plus ne repoussaient pas par leur austérité exagérée, à l’instar du directeur de cette école, dont la figure était comme le prolongement de ses haillons. Son habit, bien que sombre et renvoyant à ce qu’on pouvait s’imaginer d’un juge, ou d’un quelconque autre exécutant emphatique du gouvernement, brillait davantage par sa discrète élégance. Boutons d’argent, référence sympathique à son ancienne maison, broderies abstraites d’un gris lustré sur un veston au col relevé et nonchalamment déboutonné ; rien de spectaculaire ni de sortant de l’ordinaire. Mais malgré ce portrait même plutôt engageant, quoi qu’un brin étonnant tant le formalisme se fondait avec la spontanéité étudiée de ce personnage, il y avait quelque chose dans son apparence qui excluait. Et parce que l’intention n’était pas totalement volontaire, Andreas Rowle ne semblait pas méchant, ni déplaisant.

Pourtant, c’était bien là et il ne pouvait pas vraiment lutter contre : l’homme avait l’expression d’une parfaite indifférence à la position dont il avait hérité, quoi que cela puisse dire pour celui qui l’observait. Quelque chose qui ne pouvait pas se reproduire, mais se développait lentement dans le temps. Un détachement palpable indiquant qu’il n’accordait aucune importance à ce qu’on pouvait penser de lui. Qu’il était exactement là où il devait être, quel que fut l’endroit. C’était une assurance, forte, presque vibrante, mais paisible du fait de la parfaite croyance d’avoir mérité tout ce qui se produisait. La confiance passive irradiait, solaire, tranquille. Tout appartenait à Andreas Rowle, la vie lui avait tout offert. Rien ne changeait ce statut acquis par la nature, qui lui donnait tous les droits auxquels il prétendait sans même dire un mot. L’espace qu’il occupait sans insistance était le sien, et même s’il ne pointait du doigt sur rien, tout ce qui l’entourait lui appartenait s’il en décidait ainsi, c’était certain.

Raison pour laquelle, lorsque les élèves commencèrent à affluer dans la salle, secoués d’abord par un soubresaut étonné de voir un inconnu dans la salle de classe, Andreas ne broncha pas. Il n’y accorda d’ailleurs aucune importance, leur laissant le temps de se demander s’ils ne s’étaient pas trompés d’heure ou de salle. Ou si lui, ce monsieur ne s’était pas trompé d’endroit. Néanmoins tout était prêt pour qu’un cours prenne place. Les chaudrons étaient là, tous en cuivre pour une conduction de la chaleur plus égale, et donc une meilleure préparation de la potion. Quelques ustensiles, élémentaires, trônaient alignés tels des soldats sur les tables de travail. Les ingrédients, méticuleusement étiquetés, attendaient leur heure. Le soin du détail. Mais ce qui était particulièrement indicatif quant aux évènements qui se tramaient et qui pouvaient faire comprendre aux élèves que rien n’avait été laissé au hasard par ce sombre inconnu, c’était la lumière. Les cachots n’étaient pas un endroit particulièrement propice à la minutie, tout se cachait dans des ombres. Détestant travailler dans la pénombre, Andreas avait fait hisser des lampes supplémentaires au plafond, ce qui donnait l’impression que la salle de classe était à ciel ouvert. Pas sur le ciel d’Angleterre manifestement, puisqu’il pleuvait. Adieu le mysticisme ridicule au clair-obscur. Lumière, lumière, lumière ! Aveuglante au début peut-être, au point même qu’aucun étudiant n’ait perçu le professeur debout au centre de l’alcôve, en train d’inspecter paresseusement les étagères. Mais bien vite, avec l’habitude, il s’avérait que l’éclairage était juste bon, comme il le fallait pour correctement travailler.

Sans s’en donner les airs, Andreas attendit patiemment que la confusion passe, sans sentir le besoin de justifier quoi que ce soit pour le moment. Et même quand tout le monde fut installé, il demeura absent le temps que les derniers brouhahas s’évanouissent, sans douter un instant que le contraire puisse advenir. Ce n’est que lorsque le silence se fit enfin, assourdissant, qu’il daigna lentement relever ses yeux à l’éclat ferreux pour balayer la salle du regard. Une mèche de cheveux argentés prit la fuite et vint s’étendre sur son front en boucle épaisse.

- Bienvenue à ce cours de potions, jeunes gens. Entama-t-il d’une voix profonde. Votre professeur habituel étant absent, je vais le remplacer pour une durée indéterminée. Je m’appelle Andreas Rowle et je serai dorénavant votre professeur en potions.

Soigneusement, il se tut, laissant à la classe le temps de faire les conclusions que chacun souhaitait faire quand à cette nouvelle situation. Tour à tour, il vrilla chaque visage de son regard d’acier, l’espace de quelques courtes, mais suffisantes secondes, pour spécifier tout ce que cela pouvait impliquer. Ceux qui étaient au courant ne manqueraient pas de faire le lien avec son statut de mangemort. Quant aux autres… la nouvelle ne manquerait pas de se répandre comme une trainée de poudre, alors les autres n’allaient pas rester à la traine très longtemps. Chacun ici allait devoir faire le deuil du gentil, badaud et un peu ridicule Horace Slughorn, pour faire face à l’inconnu. Un allié des masses médiocres de plus était tombé, rejoignant le rang de tous ces défenseurs des égalités et autres tolérants à l’esprit ouvert. S’ils n’étaient pas stupides, ils allaient rapidement faire le calcul que les professeurs qui partaient ne risquaient pas de se faire remplacer par leurs équivalents, mais par des représentants du Lord. Et pour cela, ils devaient tous se rendre compte que leur nouveau professeur n’était absolument pas engagé à discuter ni les maladies répétées de Slughorn, ni les raisons de son remplacement par sa propre personne. Tout ce dont ils devaient se rendre compte, c’était que les choses changeaient, et ce pour de bon. Doucement, mais définitivement. Et de toute façon, le nouveau régime ne se discutait pas. Les inquiétudes n’avaient pas à être apaisées, mais devaient se renforcer pour les coupables et les forcer à se soumettre. Ceux qui avaient peur avaient raison d’avoir peur et ce n’était pas Andreas qui allait les contredire ou les rassurer. Le préambule servir était largement suffisant et ne demandait pas plus d’explications. Le professeur, le visage indéchiffrable, mais pas moins curieusement ouvert pour autant, reprit calmement :

- Avant de continuer votre programme scolaire, je souhaite en apprendre plus sur chacun d’entre vous. Ce premier cours va nous servir à faire connaissance, où vous pourrez vous familiariser avec mes méthodes et mon rythme. Je pourrai en retour savoir ce dont vous êtes capables. Soyez attentifs, car je ne crois pas aux examens. C’est le premier et le dernier cours où vous n’aurez aucune note. A partir de ce soir, ce sera contrôle continu et vous bénéficierez d’une note à chaque cours. Andreas, dont les traits étaient demeurés inexpressifs, se détendirent lentement et il finit par sourire doucement. On parlera de ça plus tard, les précisions viendront au moment voulu.

Le sourire disparut et le nouveau professeur leva sa baguette magique. Des informations apparurent sur le tableau :





Groupe 1.


Groupe 2.


Groupe 3.




- Comme vous pouvez le voir, la classe sera divisée en trois groupes de niveau. Toutes maisons confondues, les deux premières années appartiennent au premier groupe, les années trois, quatre et cinq appartiennent au second groupe et les plus âgés appartiennent au troisième. Pour plus de confort, je vous conseille de vous regrouper selon votre catégorie. Le premier groupe occupera les deux premiers rangs de table de travail, le second groupe les deux seconds, et ainsi de suite. Si vous êtes seul, ce n’est pas un problème.

Andreas se tut, attendant que les élèves se réorganisent. Sachant que d’habitude c’était un exercice quasiment impossible à accomplir en silence, Andreas accompagna les élèves de son regard imperturbable, mais qui ne semblait pas accepter, de par sa propre impassibilité, le moindre débordement. Néanmoins, il n’aspirait pas vraiment la sévérité, juste l’intransigeance. Les bruits de sacs, les chuchotements éventuels, les chaises qui grinçaient contre le sol, ne lui arrachèrent aucune réaction. A vrai dire, il n’avait aucun doute sur son autorité, comme toujours, et pas un instant il n’avait supposé que quelqu’un puisse faire exprès en étant exubérant. Andreas n’était pas quelqu’un dont on désirait trouver les limites, c’était certain. D’une part à cause des récents évènements qui avaient pris place au château, et d’autre part parce que personne ici n’était en mesure de défier ne serait-ce que d’un mouvement de bouche les ordres donnés. Les ordres… si seulement. Andreas avait cette délicieuse façon de ne jamais donner d’ordres directes. Ses demandes étaient polies, bien formulées, sans sécheresse ni brutalité. Il savait simplement donner à ses caprices des formes qui n’y ressemblaient pas.

Une fois que les élèves furent en place, il continua, toujours aussi paisiblement :

- Parce que je ne vous connais pas encore de visage, je vais vous demander dans un premier temps de sortir un parchemin et d'y écrire votre nom et prénom, ainsi que votre année, et de le placer devant vous.  Là encore, il attendit à ce que les élèves s'exécutent, laissant la salle de classe s'emplir du bruit de plumes raclant le papier. Une fois que ce fut fait, Andreas enchaîna avec le même flegme imperturbable :

- Maintenant, réfléchissez un instant. Essayez de faire appel à ce que vous avez appris ou entendu avant de vous plonger dans vos manuels. Dès que vous êtes prêts, Je vous invite tous, selon votre groupe, à me proposer des potions que vous pensez être en mesure de réaliser du début à la fin, sans trop de difficultés, et qui vous intéressent. Vous pouvez me citer des potions qui ne font pas partie du programme scolaire. Faites preuve d’imagination, c’est conseillé, je sais récompenser l’inventivité. La seule condition étant la faisabilité, car ce que vous allez me proposer, vous allez devoir le reproduire.

Ses bras s’écartèrent, s’ouvrant à la salle. Andreas invitait ses nouveaux élèves à commencer.






Bonjour !

Ravi de vous accueillir à ce cours qui commencer aujourd'hui. Pour cette première partie, je vous laisse à tous deux mois pour poster pour vous engager concrètement.
- La première partie prendra fin le 13 Septembre 2017.
- Vous pouvez poster autant de vois que vous le voulez.
- La limite minimale est celle du forum.

Pour ce qui est du déroulement, notez simplement qu'à chaque fois que quelqu'un fera une proposition de potion, Andreas en prendra note au tableau sous le groupe concerné sans faire de commentaire. Dans le cas contraire, j'interviendrai peut-être à un moment pour attribuer des points pour l'inventivité/audace de chacun, ca ne dépendra que de vous ! Sinon, considérez qu'il ne parle pas.


Pour ce qui est des propositions de potions que vous pouvez faire :
Vous pouvez aller chercher des potions existant dans le monde d'Harry Potter, que ce soit sur Pottermore, WikiHP, Wikipedia ou tout autre support officiel. Il serait toutefois préférable que les potions proposées aient déjà des instructions quant à leur préparation, ainsi que les ingrédients les composant. Votre personnage pourra citer n'importe quel nom de potion (pour gagner d'éventuels points), mais je choisirai celles qui auront déjà une recette préétablie.

Mais ! Si vous le désirez, vous pouvez inventer une potion vous-même pour l'intégrer à l'univers du forum. Si vous procédez ainsi, selon la complexité et l'inventivité, vous bénéficierez de poins supplémentaires pour votre maison. Les potions inventées devront par contre répondre à certaines contraintes :
- La potion ne devra pas être mortelle ni dangereuse en soi.
- Pour chaque potion inventée, vous devrez joindre en spoiler, à la fin de votre post, la constitution de cette potion et la manière de la préparer.
- Il faut que les ingrédients proposés dans la constitution de la potion inventée soient cohérents. En plus de l'élaboration et de la composition, vous devrez ajouter dans le spoiler au moins une propriété par ingrédient (pour que je puisse rebondir là-dessus par la suite).
- Si vous désirez un appui, vous pouvez vous inspirer d'univers tels que Skyrim, Arcanum ou simplement de la Médecine Chinoise, qui regorgent d'idées de potions avec des une liste d'ingrédients.
- Même si je ne choisis pas votre potion pour la préparer, vous bénéficierez quand même de points pour avoir fait preuve de créativité !  

Liens utiles :
- Mon MP.
- Topic du cours : Cours de potion - questions et organisation.



Récapitulatif des groupes :





Groupe 1.
(Années 1, 2)

Grade Oliver
Selwyn Edward
De Kerimel Andrée
Ziegler Amanda

Groupe 2.
(Années 3, 4, 5)

Phillipson Aileen
Montgomery Malia


Groupe 3.
(Années 6, 7)

Douverisa Amaryllis
Sherman Nolan
Kaveline Lina
Hook Abigail
Shafiq Alizée
Stevenson Absynthe
Belmontet Jessicayumi
Livingstone Maya
Rowell Stella
Kent Jimmy


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SERPENTARD6ème année
    SERPENTARD
    6ème année
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INFOS PERSONNAGE
SITUATION AMOUREUSE SITUATION AMOUREUSE: Célibataire
DATE & LIEU DE NAISSANCE DATE & LIEU DE NAISSANCE: 3 septembre 1980, Londres.
SANG SANG: pur
MessageSujet: Re: [Cours de potions] Le nouveau maître des potions. Jeu 20 Juil 2017 - 0:51


Cette journée, ce mardi, avait débuté exactement de la même façon que toutes les autres. Les cours de la matinée avaient eu le don de fatiguer Alizée plus qu'à l’accoutumée, pour la simple, mais très bonne raison d'après elle, qu'elle avait du mal à faire des nuits complètes. La nuit de souffrance restait gravé dans son esprit et, si en temps normal, elle se serait totalement réjouie d'un tel spectacle, le fait était qu'elle avait également été une victime. Une victime de l'Impero et malgré le temps qui passait inlassablement, la blessure psychique refusait de se refermer. Elle faisait encore des cauchemars de cette nuit-là et plus particulièrement d'une baguette, d'un impardonnable et d'elle faisant la poule. Elle avait beau être parvenue à se libérer de l'emprise du maléfice, il n'en restait pas moins que l'humiliation qu'elle avait vécu restait bien présence dans son esprit. Pourtant, elle n'avait pas l'intention de se venger : ce serait totalement idiot et, d'après elle, contre-productif, car cela aurait l'effet de saper l'autorité régente, en l'absence du directeur de l'école, des deux mangemorts Carrow. Elle faisait donc avec, essayant d'oublier et de se faire oublier également des autres, essayant de rester discrète. Elle devait se reconstruire et le processus était lent, alors elle ne voulait pas se retrouver parasitée par des insectes gravitant autour d'elle en forme de bouche baveuse lui offrant quelques rumeurs qu'elle trouverait, au vu de son humeur de cerbère, totalement inutile et stupide.

Voulant donc rester dans un calme relatif et ne voulant être dérangée avant le prochain cours, Liz, habillée de son éternel uniforme impeccable, au digne blason Serpentard, était seule. Attablée avec les siens, oui, mais elle avait préféré se mettre elle-même à l'écart. Elle picorait, plus qu'elle ne mangeait, ce qui se trouvait dans son assiette, attendant que les heures passassent. Elle se languissait du prochain cours de potion, car elle avait entendu la rumeur que Slug' faisait un cours ouvert à tous, une sorte de... conférence sur sa matière, de ce qu'elle avait compris. Ce serait toujours plus intéressant que le regarder le voir faire les yeux doux à certains élèves, aussi avait-elle voulu voir ce que cela allait donner. Elle refusait complètement ne pas assister à une telle démonstration, parce que, si elle était intéressante et bien menée, elle savait pouvoir apprendre certaines connaissances et, si ça ne l'était, elle pourrait toujours rire de la bêtise de l'homme qui leur servait de professeur, surtout s'il s'embrouillait – fait très rare venant du professeur, malgré tout, devait-elle reconnaître.

L'heure passa lentement, extrêmement lentement pour elle. Elle en vint finalement à compter les minutes, puis les secondes. Finalement, une bonne demi-heure avant le début du cours, la Shafiq décida de quitter la Grande Salle, son repas à moitié terminé. Elle n'avait pas faim, de toute façon et se forcer ne servirait à rien, sinon à la faire vomir en plein milieu du cours. La Serpentard préférait mille fois se reprendre Impero que subir une telle humiliation, alors mieux valait éviter de se gaver comme une oie. Tout en baillant, elle arriva bien vite devant la salle de cours habituel et commença sa longue, fastidieuse et, surtout, extrêmement ennuyeuse attente. Une attente si longue qu'elle ferma les yeux quelques secondes, dans un soupir bienheureux.

Elle se trouvait dans la Grande Salle, encore une fois et Carrow, qui portait des oreilles de lapins, souriait à pleine dent, se moquant totalement d'elle, pauvre petite fille recroquevillée qu'elle était. Tellement petite, en réalité, que l'homme face à elle paraissait géant. Elle avait l'impression de n'être qu'une petite chose menue et fragile et elle détestait cette sensation. Aussi, ne voulant pas paraître faible, la sixième année se releva et se redressa, mais même ainsi, elle n'arrivait qu'à la cheville, littéralement, de l'humanoïde en face d'elle. En relevant les yeux vers son visage, elle remarqua alors que Carrow avait disparu, remplacé par le Seigneur des Ténèbres, qui portait un haut-de-forme violet et dont la tête tournait sur elle-même à la manière d'un pantin désarticulé. Il riait à en perdre halène, sa baguette pointée dans sa direction. C'est à ce moment précis qu'Amycus décida de revenir, toujours avec ses oreilles de lapins, portant une énorme urologue horloge en or, à bout de bras. Il se mit à courir autour de Lord Voldemort et criant à qui voulait l'entendre qu'il était en retard et que la réunion allait commencer, mais qu'il devait d'abord prendre le thé... Alizée décida à ce moment-là qu'elle devait arrêter la drogue, sans même penser une seule seconde qu'elle ne prenait pas de drogue. Voldemort décida alors de partir avec Amycus, sa tête tournante toujours et son rire fou continuant de se répandre dans la pièce. Ils ouvrirent les portes et sortirent, laissant alors entrer un autre personnage... sous les traits d'Alecto. Une Alecto légèrement différente des souvenirs de la pauvre demoiselle, qui commençait sérieusement à suer à grosse goûte, face aux hallucinations étranges qu'elle vivait. En effet, la mangemort, si elle avait son corps habituel, possédait une tête totalement plate, en forme de carte, des cœurs dessinés sur les côtés et une couronne sur sa chevelure rouge pétant. Elle commença à scander qu'il fallait lui couper la tête en la pointant du doigt et Liz décida à ce moment-là qu'il était temps de fuir. Elle se mit donc à courir vers les portes encore ouvertes et les franchit sans réfléchir. Elle se retrouva alors à chuter d'un seul coup, remarquant, les yeux ronds, Bellatrix Lestrange qui lui faisait coucou, plus petite encore qu'elle, une queue de souris dans le dos lui servant d'hélice pour voler. Elle finit par atterrir durement dans le salon d'un manoir et remarqua alors trois chenilles qui fumaient... Elle ne savait quoi – et ne voulait pas savoir – et possédaient les têtes de Lucius, Narcissa et Drago Malefoy. Les trois lui dirent quelque chose de totalement énigmatique qu'elle ne comprit absolument pas. Elle ferma les yeux et soupira à nouveau, avant d'entendre un brouhaha qui commençait à se faire autour d'elle.

Avec beaucoup plus de lenteur que précédemment, elle ouvrit les yeux et remarqua alors, autour d'elle, plusieurs groupes d'élèves qui attendaient près de la porte, comme elle. Elle n'avait absolument pas conscience s'être endormie, recroquevillée sur elle-même, et n'arrivait ainsi pas à comprendre pourquoi elle ne les avait pas entendu arriver. Puis, alors qu'elle papillonnait doucement des yeux et essuyait son visage avec des gestes lents – ses membres engourdis ne lui permettant ni rapidité, ni grâce – elle se rappela son rêve étrange et ne put retenir les paroles qu'elle marmonna, qui fit rire quelques personnes dans la foule qui l'observait.

« Il faut que j'arrête l'acide, dit-elle donc, dans les vappes.
Bin alors, on a pris un mauvais buvard ? demanda Abigail en lui tendant la main, venant tout juste d'arriver, pour l'aider à se relever.
Pas dans mon souvenir », répondit Alizée en se remettant debout.

Elle tangua légèrement et remarqua, enfin, les personnes qui la pointaient du doigt et ricanaient. Par Salazar, passa-t-elle, fait chier. Elle se détourna d'eux et se baissa pour récupérer son sac, manquant par la même occasion de tomber tête la première au sol. Elle se rattrapa de justesse, par miracle même, et ouvrit son bien, pour en sortir une potion revigorante. Débouchant la fiole, elle faillit la lâcher des mains et, finalement, parvint enfin à faire ce qu'elle en voulait. Elle but la boisson d'une traite et grimaça en sentant le goût totalement infect. Elle détestait prendre cette potion, par Salazar, uniquement pour ça... Malgré tout et elle devait bien se l'avouer, la décoction eut l'effet d'une douche froide et la demoiselle se retrouva à nouveau lucide, autant dans ses actes que ses pensées. Ainsi, elle parvint à comprendre qu'elle s'était simplement endormi et qu'elle avait rêvé d'un remake particulièrement étrange d'Alice au Pays des Merveilles – qu'elle pouvait facilement renommer Au Pays des Mangemorts. Elle se tourna alors vers son amie et, dans un soupir, lui lança quelques mots.

« Je viens simplement de rêver. Sans doute le rêve le plus étrange que j'ai fait de toute ma vie. »

Après la réponse de sa camarade, la porte de la salle de cours s'ouvrit, invitant ainsi les élèves à pénétrer l'antre. Étant à côté de celle-ci, Alizée entra dans les premiers et ne put retenir un légèrement mouvement de recul en voyant l'homme dans la pièce. Slug n'était pas présent, de toute évidence et l'homme qui se trouvait dans la pièce, si elle ne l'avait jamais rencontré directement, lui faisait clairement penser à une description en particulier. Elle ne fit toutefois aucun commentaire, se contentant d'aller prendre place, à sa table habituelle – proche du tableau, à gauche, de son point de vue, du professeur, contre le mur – et attendit que tout le monde fut installé. Durant ce laps de temps, elle en profita pour observer le professeur. Celui-ci ne décida d'intervenir qu'uniquement quand, et seulement quand, tous les élèves se turent.

« Bienvenue à ce cours de potions, jeunes gens, commença l'homme d'une voix grave et profonde, votre professeur habituel étant absent, je vais le remplacer pour une durée indéterminée. Je m’appelle Andreas Rowle et je serai dorénavant votre professeur en potions.
C'est le patriarche de la Maison Rowle, murmura Alizée à Abigail, qui s'était assise juste à côté d'elle, et notoirement un mangemort, aussi ; le cours va clairement être intéressant. »

Elle avait eu raison et la vipère ne put retenir un léger sourire amusé venir égailler son visage, qui avait perdu toute trace du sommeil. Adreas Rowle allait être leur professeur de potion ? Le nouveau régime prenait place, réellement, fatalement et avait visiblement décidé que la nouvelle génération devait être éduquée correctement. Sans doute était-ce pour cela qu'il se trouvait ici, mais l'élève, restant méfiante, se décida de voir ce que ce premier cours allait donner pour réellement se faire un avis. Elle ne voulait pas se précipiter et se retrouver à commettre quelques idioties.

Andreas reprit alors la parole et elle l'écouta attentivement, notant mentalement qu'il commençait plutôt bien, posait les bases et n'en attendait visiblement pas trop des élèves – sauf des feignants, mais eux, c'était une autre affaire. Les explications continuèrent, Alizée notant le tout mentalement, en essayant de trouver des techniques pour être certaine de s'en rappeler, ce jusqu'à ce que le professeur arrivât au moment de se réorganiser. Avec Abi, les deux firent signe aux élèves de leur groupe de se rapprocher un maximum et attendirent qu'ils arrivassent tous, n'ayant aucunement l'intention de bouger le petit doigt. Si certain n'était pas venu, ce n'était pas réellement son problème. Elle se retourna à nouveau vers Rowle et attendit la suite, qui arriva bien vite. Il reprit alors la parole, toujours d'une voix particulièrement calme et sereine.

« Parce que je ne vous connais pas encore de visage, je vais vous demander dans un premier temps de sortir un parchemin et d'y écrire votre nom et prénom, ainsi que votre année, et de le placer devant vous. »

Répondant à la demande sans rechigner, Shafiq sortit de son sac de quoi écrire et nota son nom, puis son prénom, ainsi que son année sur un parchemin qu'elle plia, avant de le retourner de le faire tenir en équilibre de manière à ce que le professeur put le lire sans mal. Son écriture avait perdu de sa superbe, la demoiselle se forçant à écrire bien plus gros qu'à l’accoutumé, mais elle faisait avec. Ce n'était pas un concours de calligraphie, de toute façon.

« Maintenant, réfléchissez un instant, reprit-il. Essayez de faire appel à ce que vous avez appris ou entendu avant de vous plonger dans vos manuels. Dès que vous êtes prêts, Je vous invite tous, selon votre groupe, à me proposer des potions que vous pensez être en mesure de réaliser du début à la fin, sans trop de difficultés, et qui vous intéressent. Vous pouvez me citer des potions qui ne font pas partie du programme scolaire. Faites preuve d’imagination, c’est conseillé, je sais récompenser l’inventivité. La seule condition étant la faisabilité, car ce que vous allez me proposer, vous allez devoir le reproduire. »

Pendant quelques secondes, Alizée se tritura les méninges, avant de repenser à son rêve totalement étrange et une idée lui vint à l'esprit. Une potion que sa mère avait utilisée sur son père, parce qu'il l'énervait. Avec un sourire amusé – à cause dudit rêve et des idées loufoques de sa mère, absolument pas la potion, ou plutôt le poison, qu'elle allait proposer – elle leva la main et attendit que le professeur l'interrogeât. Quand ce fut le cas, Liz prit une inspiration, avant de parler distinctement, en articulant et d'une voix forte, de manière à être entendue de tous.

« Bien qu'elle soit aujourd'hui classifiée comme poison, fit-elle sereinement, il fut un temps où elle était considérée comme étant une potion de soin : le Poison de Glycine. Je connais toutes les étapes de la préparation et je pense qu'elle est largement faisable pour notre groupe, même si elle n'est pas au programme scolaire. »

Ayant terminé son court monologue, elle attendit les potentiels, mais pas forcément présents, commentaires de son professeur, avant d'écouter les réponses de ses camarades.

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GRYFFONDOR6ème annéeCapitaine de Quidditch
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SITUATION AMOUREUSE SITUATION AMOUREUSE: En coupla avec Amarylllis Douverisa ♥
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MessageSujet: Re: [Cours de potions] Le nouveau maître des potions. Ven 18 Aoû 2017 - 17:45

Cours de Potion #1
“ Je pourrais vous apprendre à mettre la gloire en bouteille, à distiller la grandeur,
et même à enfermer la mort dans un flacon si vous étiez autre chose qu'une de
ces bandes de cornichons à qui je dispense habituellement mes cours”
••••

 
Trois heures. Trois longues heures. Jimmy était déjà déprimé, rien qu’à cette idée. Trois de potions, c’était à peu près le pire truc qu’il pouvait lui arriver. Quoique, trois heures de divination pourraient s’avérer être un plus grand supplice encore. Horreur qu’il n’avait pas encore eut l’occasion de subir. Enfin, ce cours allait peut-être être intéressant, après tout, Slughorn n’était plus de la partie et Rogue non plus. Peut-être que le nouvel enseignant allait s’avérer être quelqu’un de bien ? L’espoir fut de courte durée lorsque Jimmy entra dans la salle de classe aux côtés de Pol. Il avait échangé quelques mots avec Amaryllis mais ne perdrait jamais une occasion d’être assis à côté de son meilleur ami pour l’un des cours les plus mouvementés de son cursus scolaire. Il fallait dire qu’entre les explosions, les chaudrons qui se mettent brutalement à fondre et la production d’une épaisse fumée noire au sein même de la salle de classe, Jimmy et Pol n’avait jamais été capable de produire une bonne potion. Ce qui était tout de même assez problématique. « Je m’appelle Andreas Rowle et je serai dorénavant votre professeur en potions. » se présenta alors leur nouvel enseignant. « Oh, ils ont surement tué le vieux. » commenta alors Pol, comme si ce genre de chose était tout à fait normal. « Raconte pas n’importe quoi, Pol. » répliqua alors Jimmy, en agrémentant ses mots d’un coup de coude dans les côtes de son camarade. Leur nouvel enseignant ne semblait pas mal, mais la froideur qu’il dégageait était en plus inquiétant et effrayant que les regards noirs et les commentaires acerbes de Rogue.

L’homme leur expliqua ensuite le déroulement du cours. Les groupes fait, Jimmy et Pol rejoignirent leurs compères de sixième et septième année. Jimmy lança un sourire à Amaryllis avant de se plaindre auprès de son ami, d’un chuchotement discret. « Des notes à tous les cours, on est mort, mon pote. » Pol hocha la tête, puis les deux Gryffondor reposèrent leur attention sur l’enseignant qui leur expliqua alors le déroulement complet du cours, avant de poser une question. « Dès que vous êtes prêts, Je vous invite tous, selon votre groupe, à me proposer des potions que vous pensez être en mesure de réaliser du début à la fin, sans trop de difficultés, et qui vous intéressent. » leur demanda Monsieur Rowle, en soulignant le fait que la potion proposé n’avait pas d’obligation à se trouver dans le programme. Ahah, Jimmy avait déjà beaucoup de mal à se souvenir des potions qui se trouvait dans son livre, ce n’était pas pour en inventer. Il écrivit alors son nom sur une bout de parchemin, qu’il place à côté de celui de Pol, en haut de leur tablette, avant d’écouter avec attention – ou presque – la propotion d’Alizée. Il se retint de faire quelques commentaires – la tête imperturbable de leur nouvel enseignant ne lui disait qui vaille – mais se lança pour répondre à la question. « La potion d'Euphorie.. » proposa-t-il. « .. qui se trouve page 18 de notre livre de potion. Elle n’a pas l’air, comme ça, mais c’est une potion délicate et très facile à rater. » Difficile à réussir, mais incroyablement amusant. Peut-être serait-il possible d’en faire assez pour en distribué dans les verres de jus de citrouilles du petit déjeuner pour donner à tout le monde un petit peu de légèreté ? Ou peut-être pas. Andreas Rowle préférait surement la potion creepy de Mademoiselle Shafiq.

 

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by Wiise

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MessageSujet: Re: [Cours de potions] Le nouveau maître des potions. Sam 26 Aoû 2017 - 23:31


Avec accord de notre professeur, je fais intervenir Wayoth sous PNJ, parce que c'est trop triste de ne pas avoir de Nuncabouc dans un topic avec un Mangemort.
Je ferais ma relecture plus tard ; Andreas : dis-moi s'il y a des modif à faire :D

Absynthe jeta un regard noir à sa voisine qui ne fut pas bien impressionnée et lui rendit derechef et de bonne grâce son animosité. L’œil mort de Livingstroll était la seule chose qu'elle voyait de son aînée de Serdaigle, comme si la pupille morte s'amusait à capter l'attention des siennes.
La couleuvre était entrée dans la classe en évitant les rangs du fond -lieux où elles prenaient habituellement place avant- qui étaient le plus souvent occupés par les Nuncabouc depuis qu'Alecto Carrow leur avait fait comprendre de façon sanglante qu'elle ne supportait ni la vue ni l'odeur de telles vermines et que, plus loin d'elle il se tenaient, bien mieux elle s'en portait. Il fallait croire que le souvenir de sa cuisante baguette avait bien encré les esprits car les mauves et gris ne s'aventuraient plus au delà des deux rangs qui leurs étaient assignés et prenaient garde à ne pas partager leur paillasse avec un véritable sorcier.
Lorsqu'elle avait voulu prendre place à sa table, la brune avait remarqué une autre silhouette imitant son geste sur la chaise voisine et leurs visages s'étaient relevés l'un vers l'autre, comme parfaitement synchronisés. Livingstroll... Quel déplaisir. Va te chercher une autre place. Mais le sifflement de la couleuvre n'avait rien changé puisque toutes les autres places étaient prises, le seul tabouret libre se trouvant à côté d'un décoiffé de septième année, juste derrière elle. Si les deux demoiselles avaient absolument souhaité être séparées, alors le garçon aux yeux clairs aurait dû passer le cours assis dans un coin sombre de la salle afin de ne pas déranger le professeur, Miss Rowle ou les inspecteurs. Le haussement de sourcil du garçon avait fait capituler Stevenson et, sans vraiment le vouloir, l'ex Serdaigle avait imposé aux deux jeunes filles une cohabitation plutôt dangereuse. #Livingstroll #Stevenbouse #ABSList

De mauvaise humeur ("pour changer" TG El), la fée affichait désormais son éternelle moue boudeuse. Pourtant, elle se tenait droite, presque raide, et ses yeux restaient rivés sur le nouvel enseignant. Sans réflachir, elle se pencha vers sa voisine pour lui murmurer :
- C'est le patriarche Rowle, il enseigne les potions à l'...
Mais elle s'interrompit brusquement, surprise de ce qu'elle était en train de faire et, qui plus était, avec qui. Laissant sa phrase en suspens, la Serpentard dévisagea sa camarade avant de se mordiller les lèvres et de se reprendre, glaciale :
- On risque d'apprendre des choses intéressantes.
C'était que le nom d'Andréas Rowle ne lui était pas inconnu et qu'Absynthe en avait souvent entendu les éloges par Orphée qui avait, pour son diplôme de guérisseur spécialisé dans la métamorphose humaine, suivit les cours de potion donné par le sorcier qui se tenait devant les collégiens. Il ne lui en avait dit que du bien et avait assuré un charisme que la jeune fille ne pouvait nier tandis que le professeur venait de prendre la parole pour expliquer le déroulement de son cours.

Savoir qu'ils formeraient des groupes la laissa perplexe : d'un côté, elle ne souhaitait pas passer un tête à tête de trois heures avec son aînée de Serdaigle (et Merlin et Elwyn en étaient témoin, leur duo étaient une mauvaise idée !), mais elle pouvait reconnaître à la septième année un certain niveau pour les potions, talent qui n'était pas à la porté de tous. Savoir qu'elle allait se retrouver avec des boulets en la matière ne la réjouissait pas vraiment et elle regrettait déjà de s'être levée ce matin.
La demoiselle fut coupée dans ses pensées élitistes par la voix de Shafiq, camarade de dortoir qu'elle n'appréciait pas vraiment, malgré que son caractère fut plus supportable que celui de Ruth (et, au passage, que le sien) et dont elle s'était toujours méfiée. A raison, se dit la couleuvre, en entendant la proposition de sa collègue de maison. Pour ne rien laisser paraitre, elle hocha sobrement la tête tandis qu'un murmure inquiet parcourait le fond de la salle. Certains professeurs avaient pour habitude de tester leurs préparations sur les animaux de compagnie ou camarade de classe. Inutile de dire que les Nuncaboucs présents se sentaient partiellement menacés.

Un Gryffondor prit la parole et la verte et argent coula un regard derrière elle. La plupart des élèves se concentraient sur les notes au tableau, mais le nuncabouc juste derrière Livingstroll et elle gardait ses sourcils froncés et son nez baissé sur la plume posée sur son bureau.
A l'entente de son nom, la fée replaça nerveusement le parchemin où figurait "Stevenson". Les précédents maîtres de potion ne l'avaient pas habituée à être interrogée sans avoir levé la main (chose qui n'était même pas arrivée une dizaine de fois en six ans au château) et la brune s'empêcha de grimacer. Au lieu de quoi, hypnotisée par la vision du sorcier, elle laissa un petit sourire timide fleurir sur ses lèvres cerises.
- C'est un classique, ma proposition n'aura rien d'original, cependant la potion de Polynectar me paraît être un bon choix. Elle est généralement enseignée en sixième année et demandé pour les ASPICS de Potion. La brune fit un hochement de tête trahissant l'accord qu'elle aurait voulu voir chez l'adulte au tableau. La réalisation n'est pas des plus simples et demande du temps ... Absynthe hésita et glissa un oeil en direction d'Abigail qui haussa un sourcil, signe qu'elle prit pour un encouragement à poursuivre. Aussitôt, le célèbre masque de suffisance des Serpentard reprit sa place et les lèvres rouges s'étirèrent en un charmant sourire. Cependant, c'est une potion assez complexe étudiée plus en profondeur dans certains cursus suprérieurs, si je ne m'abuse.

Dans son dos, la voix de Fawkes grogna quelque chose et, après que le maître de conférences en potion lui ait demandé d'énoncer plus clairement ce qu'il avait dit précédemment, il y eut quelques secondes durant lesquelles la Serpentard se demanda si ou ou non le garçon dans son dos était troublé par le ton courtois et intéressé de ce nouveau professeur. Puis, un raclement de chaise se fit entendre et la fée se retourna pour voir le mauve et gris se lever. Il avait beau mesurer presque deux mètres, sa taille n'était impressionnante que par le côté efflanqué de sa silhouette et on devinait ses épaules perdues dans la chemise trop large et usée. Debout, à sa paillasse, il gardait le regard baissé sur ses chaussures. Pourquoi se levait-il ? Elle ne savait simplement pas que ce n'était que par pure habitude puisque les Carrow appréciaient pouvoir viser les Nuncaboucs depuis leur bureau.

- Professeur... je disais simplement que les étudiants suivant les cours de métamorphose humaine se penchaient, durant leur...troisième semestre, sur les ingrédients composant le Polynectar. On oublie souvent que les potions et la métamorphose sont liées, preuve en est la potion d'animagie qui, elle, n'est pas à la portée de simple collégien et ne fait pas non plus partie du programme car elle est jugée trop dangereuse par le Ministère, ce qui explique le suivit des sorciers voulant devenir animagus.

Comme essoufflé, le brun avait tout débité d'une traite et sa mâchoire se contracta un instant avant qu'il ne termine :

- Je suis désolé d'avoir interrompu le cours, Professeur. Et il attendit que l'enseignant le lui autorise pour se remettre à sa place. Les sourcils froncés, Absynthe se détourna et commença à rassembler ses cheveux bruns en une queue de cheval, le regard vert et or fixé sur la personne qui prenait alors la parole. Ce Mr Rowle promettait d'être très, très intéressant.
Bien plus que Miller. Ouais c'est gratuit, coucou El !


Dernière édition par Absynthe C. Stevenson le Jeu 14 Sep 2017 - 14:12, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [Cours de potions] Le nouveau maître des potions. Sam 2 Sep 2017 - 22:57

Citation du message.  
« Vous n’aurez jamais une deuxième chance de faire une bonne première impression. »
( David Swanson )
----------------------------------------------------------------------------------

Est-ce que dans une vie parallèle, Jessicayumi Belmontet avait de bons résultats scolaire en potions ? Difficile de le savoir, mais certainement son rapport à la matière aurait été différent, si le professeur Rogue ne l'avait pas terrorisé lorsqu'il avait été enseignant. En effet, perdant facilement ses moyens en sa présence, le retard scolaire de la jeune fille s'était creusé au fil des ans et ce n'était pas le professeur Slugorn qui avait su la réconcilier avec l'art des potions. Au moins elle appréciait plus ou moins son instructeur et ne se rendait plus en classe la boule au ventre... Alors, vous devinerez sa surprise, lorsqu'elle constata l'absence de l'adulte en arrivant sur les lieux. En effet, c'était un tout autre homme qui se tenait derrière le bureau et pendant quelques instants, la Serdaigle se demanda si elle ne s'était pas trompé d'horaire ou de classe.

Après avoir reconnu ses camarades de classe habituels dans la pièce, la sixième année s'installa derrière un chaudron sans rien dire. Elle appréhendait. Elle n'aimait pas ces changements... Elle ignorait si son nouveau professeur serait quelqu'un de conciliant et rassurant...  Elle avait besoin d'indulgence... Mais on pouvait s'attendre au pire avec nouveau régime. Rowle. Ce nom ne laissait rien présager de bon, en plus.

Il ne lui restait plus qu'à prier Merlin pour qu'elle ne soit pas catalogué dès le premier cours comme étant un danger public.

A la demande de l'enseignant, elle rejoignit les autres étudiants du groupe 3. Elle échangea un bref regard avec Stella et Maya, deux autres Serdaigles du groupe, avant de s'en désintéresser et de s'occuper des consignes données. Consciemment, elle inscrivit sur un parchemin son nom, prénom et classe et le disposa de manière visible. Enfin, elle chercha une potion, qu'elle pourrait réaliser durant la leçon.
Lorsque vient son tour, la sixième année exposa son idée.


-  Je voudrais proposer la potion Polyglotte. C'est une potion qui s'apprend sous 3 cycles. Une fois en seconde année, l'autre en cinquième et la dernière fois en septième année. Réussie, cette potion permet à celui qui la boit de comprendre et parler une cinquantaine de langues et ce durant tout le temps où la potion fait effet, soit pendant une heure. Dans la mesure, où je viens de rentrer en sixième année, je ne "maîtrise" que le niveau 2 de cette potion... C'est à dire qu'une douzaine de langues différentes devraient être comprises par celui qui boit la potion...

Elle avait réalisé cette même potion, en février 1996. Elle s'en était sortie avec un Acceptable, ce qui n'était pas si mal, quand on connaissait son niveau habituel. Si elle avait omis quelques étapes à l'époque où elle l'avait apprit, elle espérait ne pas commettre les mêmes erreurs.

Avec ce choix, elle espérait réellement éviter la catastrophe et ainsi ne pas faire mauvaise impression dès la première leçon.


[HJ : La potion Polyglotte a été apprise en 2009 sur le forum. Je n'ai pas inventé cette potion, mais j'avais bien envie de faire référence à un ancien cours. Les informations ci-dessous :

- La potion Polyglotte [groupe 1]
- La potion Polyglotte [groupe 2]
- La potion Polyglotte [groupe 3]
]

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MessageSujet: Re: [Cours de potions] Le nouveau maître des potions. Sam 9 Sep 2017 - 14:34


Part. 1 : la proposition des potions

Chaque nuit, c’était le même cauchemar qui revenait ; enfin, non, pas vraiment. C’était plutôt la même association d’idées. Les mêmes couleurs pâles, sombres et terrifiantes, les mêmes formes mouvantes qui rampaient sur le sol ou volaient dans les airs, les mêmes bruits qui cliquetaient comme des pinces métalliques ou comme des fouets en cuir, la même sensation de froidure extrême ou de chaleur insupportable qui courait sur sa peau, la même insoutenable peur qui coulait dans ses veines et prenait tout à coup le contrôle de son corps en entier. Alors elle se réveillait, en larmes et en sueur, et refusait de se rendormir. Au fil du temps, Andrée avait même commencé à repousser le sommeil et ne sombrait que lorsque la torture qu’elle infligeait à son corps devenait trop pesante pour qu’il ne la supporte plus longtemps. Ces moments étaient à peine réparateurs : même si elle n’était plus assaillie par les songes, elle émergeait toujours presque immédiatement en sursaut. Elle n’avait pas le droit, non elle ne pouvait pas – et qui était-elle pour ainsi céder en plein milieu de la journée ?

Ce n’était certes pas un traitement très convenant à s’infliger lorsqu’on comptait survivre un peu en ces temps de trouble – du moins, Andrée le pensait. Les règles du jeu ici étaient simples : il ne fallait pas se faire remarquer et faire de son mieux pour supporter les aléas que les maîtres leur imposaient. C’était dur, sans doute, pas adapté à leur âge, très certainement, mais elle avait compris depuis longtemps qu’on ne leur demanderait jamais leur avis et qu’elle n’avait pas vraiment le choix – c’était plier ou rompre.

La seule fois où elle avait osé visiter l’infirmerie, tellement poussée par Fanny qu’elle avait fini par lui encastrer la joue dans l’un des sommiers de leur dortoir, on l’avait regardée avec des yeux étranges. Andrée n’avait pas su bien déterminer si c’était parce qu’elle avait réellement l’air à bout de forces ou si c’était seulement à cause des multiples étudiants qui passaient sans cesse pour les mêmes raisons – une sorte de lassitude mal dissimulée, peut-être. Elle avait eu un peu honte de ployer pour si peu et, les yeux baissés, s’était contentée de prononcer sa requête du bout des lèvres. Après tout, elle ne voulait surtout pas que des oreilles malavisées puissent avoir vent de l’incident. C’était un samedi après-midi, et l’infirmière l’avait amenée derrière un rideau blanc en soupirant : « À part vous faire dormir, je ne peux pas faire grand-chose. » Malgré les réticences de la fillette, elle avait réussi à la coucher et lui avait fait avalé un liquide poisseux au goût infâme. « C’est une potion de Sommeil-Sans-Rêve », précisa-t-elle devant le regard accusateur d’Andrée. « Il vous tiendra inconsciente pendant seize heures au moins, vu la dose. Vous resterez ici cette nuit et serez libre de repartir demain matin. »

Et en effet, le traitement tint ses promesses. Le matin suivant, Andrée s’était éveillée avec l’impression de ne pas avoir aussi bien dormi depuis des années ; bien sûr, ce n’était pas vrai, mais rappelez-vous que les enfants ont souvent cette fâcheuse tendance à exagérer. Comme promis, l’infirmière était venue s’enquérir de son état et l’avait renvoyée à son dortoir, un petit stock de cinq potions dans les poches, en lui recommandant de ne plus négliger ses heures de repos. « C’est très important. De nombreux étudiants passent ici chaque jour dans le même état que vous, et parfois ils ne peuvent pas reprendre les cours avant plusieurs jours. » Elle avait plissé les yeux, suspicieuse. « Vous ne voudriez pas en être dispensée, n’est-ce pas ? » Andrée avait simplement secoué la tête, fourré son colis tout au fond de ses poches et pris le large sans demander son reste.

Le temps où elle eut sa potion à disposition fut une véritable libération pour elle ; pendant près d’une semaine, elle parvint à dormir. Si son visage ne s’arrondit pas pour autant – elle mangeait toujours aussi peu -, au moins ses cernes s’éclaircirent-elles un peu. Enfin, elle ne dormait plus pendant la classe, et c’était déjà quelque chose.

Lorsqu’elle arriva à la fin de ses réserves, elle crut sincèrement qu’elle pourrait s’en passer. J’ai récupéré, se disait-elle naïvement. Ça fait des jours que je n’ai pas fait de cauchemar, pourquoi est-ce que ça reprendrait maintenant ? Sauf qu’Andrée n’avait aucune idée de l’accoutumance que pouvaient provoquer les somnifères, et l’enfer reprit. Plus sombre, plus violent, plus froid. Ses forces désertèrent aussi vite qu’elles étaient revenues. Sa vitalité fondit. Ses forces également. Elle tint quatre jours avant que les crises de panique de revinssent, une semaine avant de réfléchir à trouver une solution.

Elle songea bien à aller en parler à Alexandre, mais la procédure ne paraissait pas très sûre ; disons que de se faire enseigner une potion et la créer dans le dos du corps enseignant ne semblait pas vraiment adapté au contexte actuel. Si elle était prête à tout pour retrouver un peu de tranquillité, elle n’était pas certaine de vouloir impliquer son grand frère de cœur. Andrée ne voulait pas non plus retourner à l’infirmerie ; qui savait, peut-être la dénoncerait-on aux Carrow ? peut-être était-ce interdit, ou peut-être prendrait-on sa faiblesse comme une excuse pour la punir ? Tout sauf ça, pria-t-elle.

Elle se débrouillerait seule, pour une fois. Elle montrerait qu’elle aussi était capable, qu’elle n’était pas si idiote que ça et – par Merlin ! – qu’elle pouvait se débrouiller au moins aussi bien que les plus grands ne le faisaient. Elle ne savait pas encore comment, mais elle le ferait.

Cet après-midi là, il avait été annoncé un cours de potions particulier. Andrée entendait les spéculations courir le long des couloirs depuis une bonne semaine : quelle serait la spécificité de l’heure ? devrait-on amener un matériel différent, lire des livres donnés, réviser un peu plus les cours précédents ? Pour la fillette, même s’il n’y avait aucun Première Année avec qui elle souhaitait partager son opinion, il s’agirait d’un genre de bilan des compétences que ferait Slughorn ; après tout, ils n’étaient pas notés si souvent que ça. Pour une fois, elle n’irait pas en traînant les pieds – les potions, elle savait à peu près y faire.

Lorsqu’elle arriva, en retard comme souvent ces derniers jours, le brouhaha régissait encore l’ambiance de la salle et un vieil homme était installé à son bureau. Elle ne le connaissait pas et ne l’avait jamais vu ; elle comprit toutefois qu’il était de ces gens à l’autorité naturelle et qu’il ne valait mieux pas contrarier. À pas de souris, en espérant qu’il ne la vît pas ou au moins qu’il ne daignât l’ignorer, elle rejoignit les tous premiers rangs où seules quelques places étaient demeurées libres ; sans doute que la prudence la plus élémentaire avait incité les étudiant à se reculer le plus possible. La salle, habituellement presque vide face à leurs tous petits groupes par demi-années, était à présent bondée d’élèves qu’elle ne connaissait pas. Dire qu’elle était intimidée en passant devant tout le monde était sans doute optimiste : elle était morte de trouille. À regret, elle investit la seule place vacante qu’elle repéra, tout à côté de Sweeter qui l’assaillit immédiatement de ses si ennuyantes réflexions profondes. Elle se contenta de plonger dans ses bras croisés en attendant le début du cours, peu intéressée.

Elle remarqua à peine le nouveau professeur prendre la parole mais nota néanmoins son nom quelque part dans sa tête. Pas qu’il lui fut indispensable de le connaître ; elle ne le connaissait pas, n’avait jamais entendu parler de lui et se sentait très peu concernée par l’éventualité d’un revirement de situation. Mais elle sentait que quelque part, il ne fallait pas aller à l’encontre de ce Rowle, et que de mémoriser une information aussi futile que celle-ci serait utile et pas des plus gênant. Heureusement pour son groupe qu’elle n’appréciait d’ores et déjà pas, l’organisation de la salle ne l’obligea pas se déplacer.

La consigne que Rowle leur donna lui tira un sourire gercé. Elle commençait à l’apprécier, en fait. Ce n’était peut-être pas la sympathie qu’il attirait d’abord, mais s’il lui facilitait la vie ainsi elle penserait sans doute à revoir son jugement. Elle n’aurait qu’à proposer sa potion, espérer qu’ils la fabriquent plus tard pendant le cours et s’arranger pour en subtiliser assez pour tenir au moins deux semaines. Cela lui laisserait ensuite le temps de trouver un moyen d’en créer encore plus de manière très illégale, de ne plus jamais en manquer et de parvenir à trouver le sommeil dès qu’elle en sentait le besoin ; elle savait déjà qu’elle en abuserait sans doute, mais c’était pour le moment le moindre de ses problèmes. Elle n’avait certes aucune idée de si la potion était à la portée d’un Première Année, mais elle se devait de tenter de coup.

Andrée se mordit les lèvres en écoutant les propositions des autres élèves ; même si elle était bien plus jeune qu’eux, la sienne lui paraissait tout à coup bien enfantine. Il n’était pourtant pas l’heure d’hésiter : ça faisait partie d’un tout, d’un plan qu’elle venait d’élaborer soigneusement, et tant pis si elle se rendait ridicule. Elle leva la main et tenta de s’expliquer d’une voix assurée : « Pour moi, j’aimerais proposer la potion de Sommeil-Sans-Rêve. Je suppose que tout le monde ici la connaît et que je n’ai pas vraiment besoin d’en dire plus… » Elle toussa, gênée par tous les regards qui lui brûlaient la nuque. Elle avait la douloureuse conscience du jugement de tous les gens de son âge qui ne l’aimaient pas, qu’elle n’aimait pas, et elle pria sincèrement pour que le sol s’ouvrît sous ses pieds, l’engloutît toute entière et ne la recrachât plus jamais. « Je… j’ai déjà entendu parler d’une variante de cette potion sans jamais l’avoir réalisée, sinon. On m’a donné la recette mais je sais pas quelle est sa difficulté. Ça s’appelle, euh, la potion Anti-Cauchemar. Elle… elle fait dormir et filtre les cauchemars pour ne laisser passer que les rêves. C’est une bonne alternative pour apaiser quelqu’un de trop angoissé et pour faire durer les effets pendant le jour. »

Elle eut un pauvre sourire hésitant et croisa les bras contre sa poitrine, comme pour se protéger des remarques acerbes qu’on pourrait lui faire.


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Dernière édition par Andrée de Kerimel le Dim 19 Nov 2017 - 20:54, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: [Cours de potions] Le nouveau maître des potions. Mer 13 Sep 2017 - 6:53

Entré en classe à un poil de scrout du son de cloche, Nolan était demeuré un court moment cloué au premier pallier de l’amphithéâtre, son regard croisant celui leur professeur de potions tout neuf. Impressionné le Sherman ? Tout à fait, mais il faut dire que le (présumé ?) quinquagénaire avait une gueule si carrée qu’à côté, les Carrow passaient pour des chérubins. Au moins, le regard du maître des potions était nettement plus clair, presque translucide, ce qui lui conférait aussitôt un air plus doux, quoique un tantinet froid et apathique. Bah, ça vaudra toujours mieux que sadique et dur pas vrai ? Préférant éviter l’étiquette d’impoli par excellence, le Poufsouffle à la limite du retard se glissa rapidement sur la toute première paillasse à sa droite, pas très loin de Fawkes et de quelques autres élèves à l’air dubitatif. Quoi ? Il avait encore de la tartinade de noisettes autour du bec ? Après une brève inspection de l’état de son uniforme, de son matériel et même de sa bouille – qu’il essuya en entier du revers de la manche – il lui semblait pourtant que tout était en ordre. Bon d’accord, sa chevelure en pétard trahissait une certaine négligence, mais on ne pouvait pas tous être des Jimmy Kent du peigne et ça ne valait pas ce regard glacial que lui servait maintenant ses camarades. À moins que… Golly gum drops.

Hop, retour à la station vertical, Nolan dévala quelques séries de marches en s’éloignant des représentants de la nouvelle maison Nuncabouc, non sans sentir toutefois sentir le poignard métaphorique de la trahison s’enfoncer doucement dans la chaire tendre de sa loyauté. Le sixième année savait toutefois qu’il était dans son intérêt, mais encore davantage dans celui de ses chèvres favorites que cette injuste sécession provoque le moins de vague possibles, évitant ainsi à tous une nouvelle pluie de punitions toujours plus atroce. Cela dit, cette bonne intention venait de lui coûter le confort de son séant.

Par chance, le siège voisin de Malia était — étonnamment d’ailleurs — toujours en quête d’un occupant et il se hâta donc d’y poser ses miches, imposant de ce fait sa présence à la jolie Serdaigle jusque-là tranquillement installée. Il ouvrit ensuite son manuel de cours sur un chapitre aléatoire et se plongea le museau dedans, comme pour laisser planer l’impression qu’il était déjà à l’ouvrage ; un subterfuge parfaitement inefficace tant leur nouveau professeur ne semblait pas attendrit pour deux noises. Quoique, peut-être était-ce simplement parce que le jaune ne respectait pas encore tout à faire la réorganisation demandée, la prochaine rangée de tables dédiées à son groupe affichant déjà complet ?

Qu'importe, une fois l’attention de tous à nouveau fixé sur Shafiq-la-petite-prodige-des-bouillons-aromatiques (comment jaloux?), Nolan adressa enfin un petit regard en coin silencieux à sa moitié de binôme du moment, dont les cheveux d’anges retombaient de chaque côté du visage dans une expression mi étonnée, mi ravie, mais surtout, hum, souriante ? La pauvre semblait s’être battue avec son tube de rouge à lèvres ce jour-là, deux traits plus ou moins épais débordants aux commissures de ses lèvres. Fallait-il galamment le lui signaler ? C’est que les deux jeunes gens n’avaient jamais étés bien proches, mais le petit doigt de Nolan était d’avis que ce vent-là allait bientôt tourner, du moins au sens figuré du truc. Car oui, une année scolaire complète les séparait peut-être, – tout comme leurs intérêts et aptitudes dans le domaine de la magie – mais leur résilience et leur combattivité commune les avaient tout récemment réunis sur la voie de la désobéissance et ce, au profit des plus faibles. Allez, avouez un peu qu’en matière d’amitié, on tient quand même là une prémisse fort prometteuse non ? Du coup, il valait peut-être mieux ne pas offenser la demoiselle en critiquant son talent cosmétique.

Retour au sujet du jour donc ; une potion dont l’élaboration relève du domaine du possible. Fastoche ? Oui et non. No n’étant pas exactement un génie du chaudron, il profita que les brillants aiglons — et un nouveau bouc — de son groupe prennent la parole pour feuilleter son manuel à la va-vite. Peu de pages étaient déjà marquées, mais un coin replié eut finalement raison du geste du sixième, dont le regard s’illumina à la vu d’un intitulé familier. Il ne put alors s’empêcher de filer un petit coup de coude à sa plus proche collègue, agitant silencieusement sa plume en direction de la potion choisie, espérant que celle-ci y devine quelques nobles intentions. Après avoir soigneusement noté son nom sur le parchemin de cours tel que demandé, il se racla bien la gorge dans l’attente de son tour.

Je proposerais bien la Solution de Force. C’est une potion du programme de cinquième année avec laquelle plusieurs d’entre nous, enfin pour le dernier groupe, avons eu quelques démêlés déjà… Il marqua une pause en avisant des têtes connues de son groupe. En soi, elle n’est pas très complexe au niveau des manipulations, mais alors la liste des ingrédients qui la compose est si longue que plusieurs d’entre eux se recoupent dans l’apparence, les quantités et les usages. Il devient difficile de ne pas les confondre après un temps, il faut être très vigilant quoi.

Satisfait de sa proposition, le Poufsouffle posa sa plume. Cette potion, il l’avait plutôt bien réussit au premier essai, notamment puisque les ingrédients fortifiants du type fenouil frais, artichauts violets et autres radis noir n’avaient aucun secret pour lui. Après, c’était toujours avec les ingrédients d’origines animales qu’il galérait le plus et tant pis pour le sang de salamandre et les ongles de griffon. N’empêche, s’il y avait moyen que le groupe rafle ne serait-ce que quelques gouttes d’une telle préparation, Nolan était bien prêt à redoubler de prudence dans la réalisation de sa sauce. À tout coup, il y avait bien une ou deux chèvres à qui le résultat était susceptible de profiter.

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MessageSujet: Re: [Cours de potions] Le nouveau maître des potions. Mer 13 Sep 2017 - 19:54

Elle était épuisée. Depuis le soir d'Halloween, la sorcière avait du mal à faire des nuits complètes. Son sommeil était profondément agité, ses rêves peuplés de zombies, d'inferi ou de fantômes possédant les mêmes traits que sa chère sœur. Avec une mine défaite, mais résolue, elle s'installa au fond de la classe. D'un air distrait, les yeux cernés de noir, elle joua avec une mèche de ses cheveux, en attendant que le cours commence.

Un nouveau professeur se trouvait près du bureau. Ainsi Horace avait été remplacé... La sorcière baissa les yeux sur son bureau en bois, déjà bien abîmé par l'usure du temps. Elle savait qui était l'homme installé face d'elle. C'était un des nombreux avantages à être la fille d'un juge. Andreas Rowle était manifestement une des nouvelles figures de proue du régime mis en place depuis Septembre. Son estomac se serra un instant. Le pire dans tout ça, c'est qu'il excellait dans son domaine, et Lina n'en doutait pas, il serait un excellent professeur. Cette conclusion l'acheva pour le reste de la journée : est-il immoral d'apprécier les qualités intellectuelles d'un homme aussi cruel ? Elle fronça délicatement ses sourcils. Il était possible d'avoir une forme de respect pour ses adversaires, pour ses ennemis, et les capacités de Mr. Rowles étaient reconnues par tous. Ce n'était pas lui qu'elle appréciait, mais elle ne pouvait que s'incliner devant son savoir. Il était le Maître.
En bonne élève qu'elle était, Lina écouta les consignes de son professeur. Les modalités d'examens la rassurèrent, car elles autorisaient un échec. La jeune femme avait toujours eu de bonnes notes en Potions, mais un incident, ou une faute d’inattention était si vite arrivées... Surtout lors qu'un examen terminal.

Quand il fallut se déplacer, la jeune sorcière n'eut pas besoin de bouger. Elle regarda calmement les élèves la rejoindre, et pour la première fois s'intéressa aux élèves installés autour d'elle.  Lina remarqua de suite Nolan, un élève de sixième année. Un sourire en coin, elle colla son index et son majeur contre sa tempe et lui adressa un salut. Elle aperçu Abigail également, mais cette dernière lui tournait le dos. Absynthe, sa partenaire de danse faisait également partie de son groupe. Ils étaient nombreux, très nombreux.

« Maintenant, réfléchissez un instant. Essayez de faire appel à ce que vous avez appris ou entendu avant de vous plonger dans vos manuels. Dès que vous êtes prêts, Je vous invite tous, selon votre groupe, à me proposer des potions que vous pensez être en mesure de réaliser du début à la fin, sans trop de difficultés, et qui vous intéressent. Vous pouvez me citer des potions qui ne font pas partie du programme scolaire. Faites preuve d’imagination, c’est conseillé, je sais récompenser l’inventivité. La seule condition étant la faisabilité, car ce que vous allez me proposer, vous allez devoir le reproduire ».

Choisir une potion... Mine de rien ce n'était pas évident. En jouant avec le parchemin portant son nom, Lina se lança dans une recherche intensive. Plusieurs potions lui vinrent en tête, mais la Poufsouffle cherchait en fait quelque chose d'un peu original... Juste pour le challenge. Une potion qui n'était pas au programme serait sûrement plus intéressante ; de quoi motiver les troupes.
Elle approuva en silence la proposition d'une Serpentard dont elle pensait qu'elle s'appelait Alizée... Ou Alicia, quelque chose comme ça.  Puisque l'adolescente proposait un poison, Lina eut l'idée de proposer l'inverse. Elle attendit patiemment son tour avant de finalement lever sa main blanche. Quand elle eut l'impression de pouvoir parler elle se racla la gorge pour être sûre d'avoir une voix claire.

« Je propose de faire une Décoction dorée. C'est un genre de vaccin contre les poisons les plus courants. Les ingrédients n'ont rien d'exceptionnels, mais ils faut être très attentifs pour la préparer, puisque sa méthodologie est plutôt complexe.  La moindre erreur peut – être fatale : beaucoup d'ingrédients ont des effets secondaires – je pense notamment à la Lediste des murets  – et mal dosé, certaines plantes pourraient s’avérer plus que dangereuses... ».

Elle eut un petit sourire en se disant que son ancien professeur, Maugrey Fol Oeil devait sûrement en prendre tous les jours pour éviter d'être empoisonné à son insu.

Décoction dorée:
 

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MessageSujet: Re: [Cours de potions] Le nouveau maître des potions. Jeu 14 Sep 2017 - 11:06

Stella trottina machinalement jusqu’au fond de la classe comme elle avait l’habitude de le faire en arrivant en cours de potions. Comme toujours, elle avait en main son carnet de notes personnelles et s’apprêtait à aller rejoindre le professeur Slughorn afin de discuter de ses dernières observations. Généralement, elle récapitulait le résultat obtenu à ses dernières tentatives, et lui demandait conseil sur des manières d’améliorer tout aspect de la potion qu’elle s’était exercée à réaliser, dès lors qu’un détail ne satisfaisait pas le côté perfectionniste de la serdaigle. Elle s’arrêta net dès qu’elle leva le nez de ses notes minutieuses, se retrouvant devant un homme qui n’avait ni le regard doux et chaleureux du professeur Slughorn, ni son air accueillant. Elle fit mine d’avoir abouti jusque là par erreur et rebroussa chemin vers une table où son amie Amaryllis était déjà accoudée. Les deux jeunes femmes partagèrent un regard confus. Elles n’eurent que quelques minutes pour échanger sur les raisons possibles de l’absence de leur professeur habituel quand l’homme pris enfin la parole.  

Stella tentait tant bien que mal de se focaliser sur le discours du nouveau professeur, mais son esprit fuyait vers diverses sources d’anxiété qui fissuraient sa concentration sans son consentement.

Rowle. Il portait le même nom que l’apprentie potionniste qui travaillait déjà à l’école, mais Stella n’arrivait pas à se souvenir quoi que ce soit à propos d’un Andreas Rowle. Décidément, elle n’avait jamais lu à son sujet, ou alors, son cerveau avait erronément classé l’information dans le tiroir des renseignements impertinents. Était-ce la jeune blonde qui l’avait aidé à obtenir le poste? En cette ère du règne des Carrow sur Poudlard, toute nouvelle tête apparaissant au sein du corps professoral déclenchait un questionnement certain chez Stella. Un coup de coude la ramena à la réalité.

Amaryllis la regarda en fronçant les sourcils, surprise que son amie ne soit pas la première à fouiner dans ses livres à la recherche d’une potion à proposer. Avait-il déjà terminé de parler et Stella ne s’en était même pas rendue compte? Son amie lui rappela gentiment la tâche, le regard inquiet devant l’attitude inhabituelle de la serdaigle. Elle entendait les unes après les autres, les suggestions des élèves et sentait la panique monter en elle vu son manque d’inspiration. Lina proposa une décoction dorée et Stella se trouva bête de ne pas y avoir songé plus tôt, mais elle ne pouvait tout de même pas répéter la même idée. Elle tournait vigoureusement  les pages de son manuel de potions, si bien que sa reliure allait surement en pâtir. L’élixir d’euphorie avait déjà été proposé, de même que le polynectar. Elle n’allait tout de même pas proposer un philtre d’amour! Elle sentit son pouls s’accélérer sous la pression de vouloir bien paraître devant le nouvel enseignant et de vouloir éviter à tout pris d’avoir l’air d’une idiote devant ses camarades de classes. Le Felix Felicis prenait des mois à préparer…

Le regard du professeur se posa sur elle, attendant une réponse.

- Je suggère le philtre de Mort Vivante, dit-elle prise de court. Cette potion agit comme un puissant somnifère. Je suggère donc également de préparer l’antidote, soit, la potion de Wiggenweld, dans un deuxième temps.

Elle venait non pas de proposer une potion à réaliser, mais deux, ce qui ne respectait pas exactement la consigne du professeur, mais elle n’avait pas d’idée plus audacieuse. Elle repensa à Nathan et Dean l’année précédente qui s’étaient carrément assoupis le nez dans leur concoction, n’ayant pas suivi correctement les instructions et mise en garde. Elle retrouva finalement un mince sourire et une once de confiance, et ouvrit son manuel à la page 10, prête à réviser les étapes nécessaires à la réalisation du philtre.

Recette Philtre de Mort Vivante:
 

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MessageSujet: Re: [Cours de potions] Le nouveau maître des potions. Jeu 14 Sep 2017 - 20:30

Maya rendit son regard aimable à l'espèce de planche à pain qui prit place à ses côtés. Après tout ce qui leur était arrivé depuis cet été, elle avait surtout l'impression que le destin prenait un malin plaisir à la mettre sur son chemin, telle une bouse qu'on n'aperçoit qu'une fois qu'on a le pied dedans. Foutu karma !


- Si c'était possible, crois le bien Stevensbouse que je me ferais un plaisir de m'éloigner de ta pestilence, lui rétorqua Maya en bougeant à peine les lèvres et en tâchant de conserver son attention sur le nouveau professeur.


Hors de question que cette satané vipère ne vienne compromettre ses chances de réussites dans cette matière. C'était SA matière, SON point fort (ça et éclater la tronche des abrutis avec un cognard). Même si cette année s'annonçait mouvementée et compliquée pour conserver un certain degré d'excellence vu les nouvelles normes, Maya visait un tout autre avenir. Devenir alchimiste et pour pouvoir entrer dans l'académie très sélective de son choix, elle se devait de conserver un niveau impeccable en potions.


- C'est le patriarche Rowle, il enseigne les potions à l'...


Maya tourna malgré elle la tête en direction de sa voisine, les yeux écarquillés, l'air perplexe. Depuis quand Absynthe lui parlait-elle comme si de rien n'était ? Aux dernières nouvelles, elles n'étaient ni proches ni amies et le fait qu'elle roucoule les trois quart du temps avec Miller n'y changerait rien. Maya détestait son comportement et sa relation avec le jeune homme, même si elle ignorait totalement en quoi leurs liens consistaient. Elle détestait davantage l'hypocrisie sous jacente de la Serpentard. Quand on n'aime pas quelqu'un, on évite de venir lui lécher copieusement l'arrière train. Cette façon de faire était devenue un peu trop populaire pour la Serdaigle, entre ça et le côté collaborationiste de certains étudiants pour éviter de s'attirer les foudres des Carrow…


- On risque d'apprendre des choses intéressantes

- Un concept qui va transcender ton existence à n'en pas douter, grinça Maya incapable de dire si oui ou non sa voisine avait entendu ses douces paroles amicales.


Maya se râcla la gorge et tâcha de recentrer son attention sur son enseignant et ses nouvelles pratiques. Après tout, ce n'était pas n'importe qui. En bonne férue de potions qu'elle était, Maya avait déjà entendu parler de ce vieux sorcier qui se tenait devant elle. Avoir la chance d'apprendre de lui ce n'était pas donné à tout le monde. Autant essayer de faire bonne figure.

Elle fût un peu désarçonnée quand il expliqua qu'il n'y aurait pas de notation pour ce cours ci uniquement. Serdaigle oblige, Maya adorait les notes et surtout pouvoir mesurer grâce à elles l'étendue de ses connaissances en la matière. Petit côté snobinard et narcissique typique de cette maison.

Le petit bémol fût la composition des groupes… L'idée de se retrouver avec des individus dotés de capacités nettement inférieures aux siennes ne l’enchantaient absolument pas. Les boulets ne pouvaient que vous ralentir et vous faire plonger plutôt que vous porter. D'autant qu'elle avait un magnifique spécimen représentatif de son espèce à ses côtés.

Maya ignora les diverses interventions de ses camarades à l'exception de celle de Way. Elle ne l'avait même pas entendu rentrer. Il avait certainement dû attendre l'arrivée de tous les autres élèves « habilités » à se trouver là avant de pouvoir oser passer un orteil dans cette salle. Maya eut un nouveau pincement au coeur en l'apercevant, il semblait encore plus affaibli que la dernière fois. Etait-il malade ? Ses cernes ne lui disaient rien de bon.. En tout cas, elle apprécia la façon dont il avait plus ou moins mouché l'intervention d'Absynthe. Elle préférait avaler un philtre de teletebbies plutôt que d'avouer que son idée était intéressante et tentante.

Lorsque le vieil homme tourna son regard sur elle, Maya ne tressaillit pas :

- Afin de permettre à tous de réaliser convenablement une potion, je pencherais bien sur « l'Aiguise-méninges » qui permet à celui qui la boit de mieux réfléchir, et de voir les pensées parasistes s'estomper. De plus, elle permet de conjurer les effets d'un maléfice de confusion.


Et Maya avait le cobaye parfait à ses côtés pour tester l'efficacité du breuvage…
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MessageSujet: Re: [Cours de potions] Le nouveau maître des potions. Dim 17 Sep 2017 - 16:45

4 Novembre 1997
~
Le nouveau Maître des Potions






La lumière inhabituelle qui émanait des cachots éblouie la Serdaigle qui venait d'y pénétrer. Depuis quand les sous-sols de Poudlard revêtaient une allure si rayonnante -  d'autant plus par ces temps si obscurs -, depuis quand ? La réponse était juste sous ses yeux qui s'accommodaient enfin à l'éclairage : un homme à la posture droite, à l'allure noble, aux traits tirés par l'âge et au regard indéchiffrable. Où était passé Slughorn ? Malia repéra une place solitaire dans un coin de la salle de classe et s'y installa tout jetant des coups d'oeil à l'intrus qui attisait sa curiosité. Il inspirait le respect par sa simple présence et la jeune fille ne savait pas si cette aura singulière la fascinait ou l'effrayait.

- Bienvenue à ce cours de potions, jeunes gens, déclara enfin l'inconnu, une fois tous les élèves installés. Votre professeur habituel étant absent, je vais le remplacer pour une durée indéterminée. Je m’appelle Andreas Rowle et je serai dorénavant votre professeur en potions.

La bleue et bronze se crispa légèrement à cette nouvelle. Son niveau en potion - assez médiocre de base - s'était amélioré l'année précédente grâce au professeur Slughorn dont la jovialité l'avait mise en confiance, contrairement au professeur Rogue qui l'avait terrorisé dès sa première année. Ayant donc espéré terminer son cursus scolaire avec Slughorn, la nouvelle du remplaçant la déstabilisait complètement. Mais l'inquiétude quant à cet imprévu prenait ses racines plus profondément. Un changement de plus sous la tyrannie des Mangemorts, était-ce un hasard ? Le nouveau plan d'action était-il d'évincer chaque professeur n'adhérant pas à l'idéologie des sangs purs ? McGonagall était-elle la suivante sur la liste ? Cette année, tout basculait perpétuellement et chaque matin l'adolescente se réveillait avec une forte appréhension face à la journée incertaine qui l'attendait. Mais au moins, elle se réveillait. Au moins, elle parvenait à s'extirper de ses cauchemars... pour parfois mieux les vivre une fois éveillée.

- Avant de continuer votre programme scolaire, enchaîna le dénommé Rowle, je souhaite en apprendre plus sur chacun d’entre vous. Ce premier cours va nous servir à faire connaissance, où vous pourrez vous familiariser avec mes méthodes et mon rythme. Je pourrai en retour savoir ce dont vous êtes capables. Soyez attentifs, car je ne crois pas aux examens. C’est le premier et le dernier cours où vous n’aurez aucune note. A partir de ce soir, ce sera contrôle continu et vous bénéficierez d’une note à chaque cours. On parlera de ça plus tard, les précisions viendront au moment voulu.

Malia en était à présent sûre : l'effort exceptionnel qu'elle avait réussi à atteindre l'année précédente n'était déjà plus qu'un lointain souvenir. Ratant ses concoction les trois quarts du temps par inattention, le contrôle continu imposé par ce nouveau professeur allait considérablement la faire couler. Certes, la demoiselle était capable de mener à bien la préparation d'une potion après s'être un peu entraînée, mais quand il s'agissait d'en préparer une pour la première fois, le résultat était souvent calamiteux. Pour réussir cette année, il allait lui falloir beaucoup de motivation étant donné qu'elle ne possédait aucun talent inné dans ce domaine. Malheureusement, la motivation menaçait également de l'abandonner. Avec les bouleversements dans le monde sorcier, Malia était de plus en plus distraite en cours, elle commençait même à aborder un certain détachement face à ses notes, ne leur accordant plus la même importance que les années précédentes. Tout ce qui n'avait pas trait avec la guerre qui se préparait semblait à présent futile et dénué d'intérêt. De ce fait, elle concentrait toute son énergie dans un projet secret de résistance qui avait éclos dans son esprit le mois dernier. Elle avait partagé les prémices de son idée à deux amis de confiance qui étaient prêts à s'impliquer avec elle une fois le plan d'action établie. Seulement, la Nuit de Souffrance l'avait stoppé dans son élan de rébellion et depuis ce sinistre 17 octobre, elle ne s'était plus impliquée dans l'élaboration de son projet, jouant à l'ermite au fin fond de la bibliothèque.

- Comme vous pouvez le voir, la classe sera divisée en trois groupes de niveau. Toutes maisons confondues, les deux premières années appartiennent au premier groupe, les années trois, quatre et cinq appartiennent au second groupe et les plus âgés appartiennent au troisième. Pour plus de confort, je vous conseille de vous regrouper selon votre catégorie. Le premier groupe occupera les deux premiers rangs de table de travail, le second groupe les deux seconds, et ainsi de suite. Si vous êtes seul, ce n’est pas un problème.

Malheureusement, la Montgomery n'allait pas pouvoir fuir les élèves de son année pendant ce cours, car, oui, elle les fuyait depuis presque trois semaines. Depuis que son sourire avait été assombri par deux hideuses cicatrices. Depuis cette nuit atroce, elle marchait tête baissée dans les couloirs, elle s'asseyait tout à fond de la classe pendant les leçons, elle se dépêchait de sortir en première à la fin de celles-ci, elle sautait la plupart des repas à la Grande Salle, elle ne traînait plus dans sa Salle Commune ni dans les autres endroits où se rassemblaient une foule d'élèves. Elle été devenue une ombre qui arpentait le château à la recherche d'une cachette pour se protéger des paires d'yeux omniprésents dans ce cauchemars sans issue. Seulement, aujourd'hui elle n'allait pas pouvoir fuir. Elle délaissa donc à contrecœur son refuge solitaire au dernier rang et rejoignit son groupe au milieu de la classe. Elle prit soin d'éviter le regard des autres élèves qu'elle connaissait plus ou moins bien et, par chance, elle repéra une table inoccupée où elle s'installa, priant pour que la chaise voisine de la sienne reste libre. Son voeux avait de grandes chances d'être exaucé étant donné la répulsion que beaucoup ressentaient en observant son visage scarifié. Elle ne pouvait même pas leur en vouloir car elle-même savait à quel point son reflet pouvait raviver le souvenir cauchemardesque qui sommeillait en chacun d'eux. Pourtant, une personne prit tout de même place à côté d'elle, alors elle releva les yeux avec surprise et découvrit une tête rousse toute essoufflée qu'elle n'avait pas croisé depuis un bon bout de temps. Nolan se pressa d'ouvrir son manuel et plongea dedans pour simuler son assiduité au travail tandis que la blonde vénitienne l'observait avec étonnement. Un flot d'émotions submergea son esprit.

*Nolan ! Ca faisait longtemps, tiens ! Je suis contente de le voir ! Justement, je devais reprendre contact avec lui pour notre projet de résistance ! Enfin... est-ce toujours d'actualité après tous ces évènements ? D'ailleurs... pourquoi s'est-il assis à côté de moi ? Je ne le dégoûte pas avec ce nouveau visage ? Attend... est-ce qu'au moins il a déjà vu mon nouveau visage ?*

Très vite, la joie fut rattrapée par la confusion et l'appréhension. Comment allait-il réagir en la voyant ? Automatiquement, Malia délogea les mèches de cheveux coincées derrière ses oreilles pour qu'elles viennent camoufler un peu son visage. Néanmoins, quand Nolan lui adressa enfin un regard, la Serdaigle remarqua tout de suite la surprise qui déforma ses traits un court instant. Bien que cette réaction était tout à fait légitime, il y avait quelque chose d'étrange. Malia ne perçut dans ses yeux noisettes aucune once d'horreur ou de dégoût, au contraire, ils étaient plutôt teintés d'une sorte d'incompréhension innocente. L'étonnement et l'incompréhension du Poufsouffle se propagea alors dans l'expression de Malia et les deux sorciers échangèrent un regard confus avant de rapporter leur attention vers le professeur qui énonçait les consignes.

Malia écouta d'une demie-oreille les réponses qui fusaient déjà dans la classe, profondément perturbée par la réaction de Nolan. Etrangement, un sentiment plutôt agréable prenait part de son être. Le soulagement, peut-être ? Quoiqu'il en soit, Nolan n'avait pas exprimé son choc en découvrant ses cicatrices, il s'agissait bien de la première personne à aborder une telle indifférence et cela rassurait un peu Malia qui se réjouit finalement de la présence du rouquin. La sympathie de celui-ci se confirma quand il lui donna un coup de coude complice en proposant son idée : la Solution de Force. Malia comprit immédiatement la symbolique de ce choix qui, d'un accord tacite, scellait le renouvellement de leur projet. Inspirée par son voisin, la Bleue-et-Bronze recentra sa concentration sur la proposition qu'elle allait faire  et choisit sans hésitation de centrer son choix sur une potion aux effets curatifs. Seulement, sa mémoire contenait un maigre répertoire de potion et elle dû se triturer les méninges pour trouver une idée.

*Voyons... Un remèdes contre les furoncle ? Non, le charmant intitulé de cette potion et son niveau bien trop accessible me feraient perdre toute crédibilité. Une pimentine ? Non, trop simplet. Mais comment trouver de l'originalité dans une potion curative de niveau moyen ? Il faut que je perçoive le terme "curatif" de manière plus large... de manière plus originale... plus inattendue... Je sais ! La potion d'Hilarité ! Après tout, le rire est le meilleur remède contre un mal, non ?*

Malia leva timidement la main et attendit que Mr. Rowle la remarque et l'interroge pour prendre la parole :

- J'aimerais pro- sa voix éraillée se brisa un peu et elle dû se racler la gorge avant de pouvoir articuler autre chose (par Merlin, sortir du mutisme n'était pas chose facile !). Excusez-moi. J'ai pensé à la potion d'Hilarité. Elle me semble accessible à tous sans pour autant être simple. Le remuage est très délicat et une mauvaise préparation peut provoquer de l'hystérie ou, au contraire, une grande mélancolie. Mais je me suis dit que si on parvenait à la réaliser, ça pourra apporter un peu plus de légèreté dans l'atmosphère...

Personne ne pouvait le nier, ils étaient tous à bout de nerfs. Combien d'écho de rire s'étaient volatilisés ces derniers temps ? Leur détresse commune les noierait s'ils ne s'autorisaient pas à décompresser un peu. Ils en avaient tous besoin.


La potion d'Hilarité:
 

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Dernière édition par Malia Montgomery le Mer 27 Sep 2017 - 18:19, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [Cours de potions] Le nouveau maître des potions. Lun 18 Sep 2017 - 22:46

En soi, il n’y avait pas de métiers, que des vocations. Il y avait ceux qui brillaient et révolutionnaient, et ceux qui trainaient leur existence sans jamais changer quoi que ce soit au monde les entourant. Prenez par exemple Cornelius Fudge. Andreas avait beau chercher, il ne voyait vraiment pas ce qu’il avait fait au Ministère de la Magie pendant tout ce temps. A part peut-être attraper Black, mais même ça avait été fait quasiment à son escient. Durant tout son mandat, Dumbledore lui avait prodigué ses conseils, à se demander finalement qui menait la barque. Si c’était vraiment une question qui se posait…

Andreas n’était pas venu dans cette école à la recherche du prochain prodige. Ni pour enseigner, par ailleurs. Il voulait bien être agréablement surpris, mais se doutait que pour tous ces élèves, l’art des potions était comparable au plus fin des sables. Ils avaient l’impression de pouvoir le saisir à pleine main, mais il leur glissait entre les doigts. Personne ici n’y comprendrait jamais rien jusqu’au bout et la plupart allaient se satisfaire d’un savoir partiellement acquis, nullement développé, s’enorgueillant du peu qui était en leur possession. La passion et la patience n’étaient pas à espérer, seulement l’effort d’avoir une bonne note, une appréciation correcte qui n’amènerait pas les foudres de leurs parents ou des directeurs de maison.

Andreas considéra la classe d’un œil égal, s’émancipant des quelques regards qu’on lui jetait, par curiosité ou dédain. Une certaine compétitivité inconsciente semblait s’être installée en conséquence de ses instructions, car les œillades se dissipèrent, dirigées non plus vraiment au maître des potions, mais à la classe tout entière. Il dénota tous ces visages concentrés, moulinant l’entièreté de leur scolarité pour déterrer quelque chose dans les couches déjà préhistoriques de leurs connaissances, avec d’impressionnants froncements de sourcils qui dénotaient un effort mental éprouvant. La moitié d’entre eux étaient des sang-mêlé, si ce n’est quasiment la totalité de cette masse, pour laquelle la vie n’allait être qu’une succession d’épreuves insurmontables. Andreas en balaya les confis de son regard d’acier, faisant passer son ennui et dégoût pour de la patience emprunte de galanterie. Ils n’étaient pas assez méfiants, ou trop naïfs, pour supposer ce que ce front froncé par l’âge abritait. Déjà, il décortiquait les écritures sur les parchemins, découvrant des noms qui ne lui disaient pas grand-chose la plupart du temps ; absence de gloire dans une génération si bien tassée dans le fond de son puits.

A une exception près peut-être, car la Shafiq, qui fut la première à prendre parole, ne lui était pas étrangère de nom. Quoi que leur éclat fût discutable. On disait que par commodité, le patriarche des Shafiq avait si souvent retourné sa veste qu’elle s’en était mise à craquer. Si son successeur rattrapait noblement leur réputation, Andreas n’attendait pas de miracles quant aux branches adjacentes de cette famille à la loyauté proverbiale. Inutile de rappeler qu’il se méfiait encore plus des sang-purs. Comme la plupart des gâtés, ils avaient tout et ne faisaient donc rien, croyant que leur place au soleil était acquise par leur nom. Et comme cela arrivait bien souvent, il n’y en avait qu’un seul qui était gratifié dans la famille par les qualités, tandis que les autres se contentaient de se baigner dans les répercussions de son succès. Levine Shafiq avait tout. Les autres étaient caractérisés par une nullité tellement globale que ça les confinait dans les profondeurs de la médiocrité. Le Poison de Glycine, qu’elle avait suggéré, provoquant par la même occasion l’affaissement de la poitrine du Rowle dans une longue exhalaison. Une petite paralysie pour vous, mademoiselle Shafiq, le temps qu’on ausculte vos veines et vos entrailles, pour voir si le cœur, qui pompe votre corps, est bien comme il faut. Sa bouche se para d’un sourire.

- Pertinente proposition, miss. Proposition qui, si vous la réussissez, pimentera votre année scolaire, je n’ai aucun doute là-dessus. Cinq points pour Serpentard.

Son regard glissa vers le prochain volontaire, tranchant comme un scalpel le paysage de toutes ces mines invariables. Il aurait bien voulu prétendre que les verts étaient plus remarquables que les rouges, ou qu’une quelconque autre maison, mais le syndrome de polarité torsionique se répandait sur à peu près tout le monde. La potion d'Euphorie... qui se trouve page 18 de notre livre de potion. Elle n’a pas l’air, comme ça, mais c’est une potion délicate et très facile à rater. Déclaration discutable, puisque tout était facile à rater entre ces minuscules mains dilettantes. Néanmoins le maître des potions hocha lentement la tête, pinçant ses lèvres dans ce qu’il associait à la réflexion, songeant déjà comment il pouvait transformer cette euphorie factice en un nœud coulant d’amertume et de solitude. La joie artificielle était comme la drogue. Faites-en une bonne dose, profitez, la chute vers la réalité n’en deviendra que plus brutale. Et juste après, désespoir, suicide. Pour libérer un peu de place. Les Gryffondor ayant bien l’esprit du sacrifice, n’est-ce pas, monsieur Kent ? Il ne restera plus qu’à prendre un peu de Poison de Glycine et attendre la mort, ou faire une overdose d’Elixir. Quel bon programme. En magicien aguerri, Andreas brouilla les pistes d’un ton complice, non sans profiter du double sens que lui offrait la situation.  

- Très bien Monsieur Kent. Elixir qui nous sera très utile en ces temps difficiles.

Au suivant sur ce tapis roulant de la modicité. Mâchoire avancée, prénom qui en disait long sans en dire quoi que ce soit, encore du vert pour concurrencer un peu mademoiselle Shafiq. Ils avaient de l’imagination, ses parents. Quel genre d’énergumène pouvait glorifier un spiritueux en nommant sa fille d’après une plante ? Ou était-ce un message caché, pour prévenir ses futurs intriguants qu’elle n’était bonne qu’avec un morceau de sucre ? Amère comme l’absinthe, mais vous faisait voir montagnes d’illusions par la magie de la fée verte, pour mieux vous mener en bateau. Peut-être allait-elle donner l’illusion d’un cerveau aussi. C'est un classique, ma proposition n'aura rien d'original, cependant la potion de Polynectar me paraît être un bon choix. Elle est généralement enseignée en sixième année et demandé pour les ASPICS de Potion. Oui, Mademoiselle Stevenson, tout votre originalité a été aspirée par votre prénom. Elle aurait dû douter un peu plus au sujet de sa potion, au lieu de se retourner vers ses camarades pour demander leur bénédiction muette, qu’elle sembla obtenir par ailleurs. Pour quelle raison ? Mystère. Le Polynectar était aussi agréable à préparer qu’une noyade. Si elle voulait tous les étouffer à coup de fumée nauséabonde, c’était peut-être effectivement une bonne idée. Qui ne fut pas appréciée de tous, car un grommèlement parvint aux oreilles du professeur, qu’il identifia bien vite en provenance d’un certain Fawkes. Magnifique représentant de tout ce qu’il ne valait mieux pas devenir. Revendicateur d’un mode de vie souvent flou pour la société contemporaine, une sorte de péquenaud des sous-sols de Poudlard peut-être ? Pilosité parfaitement aléatoire, qui tendait vers divers excès esthétiques. Chez lui aussi, l’originalité allait-elle aspirer même sa capacité de parole ? Voyons-voir…

- Monsieur Fawkes, vous souhaiteriez peut-être partager votre avis avec tout le monde ?

Avait-il demandé du ton le plus poli dont il disposait dans son répertoire d’hypocrisie. Etonnement, l’individu préféra se lever, comme pour mieux faire véhiculer son idée dans la classe, ou parce qu’en étant assis sur sa petite chaise, sa grande taille repliée comprimait ses voies respiratoires. Théorie à retenir, car l’adolescent débita son monologue dans un seul souffle, en soufflet de forge gonflé à bloc.

- Professeur... je disais simplement que les étudiants suivant les cours de métamorphose humaine se penchaient, durant leur...troisième semestre, sur les ingrédients composant le Polynectar. On oublie souvent que les potions et la métamorphose sont liées, preuve en est la potion d'animagie qui, elle, n'est pas à la portée de simple collégien et ne fait pas non plus partie du programme car elle est jugée trop dangereuse par le Ministère, ce qui explique le suivit des sorciers voulant devenir animagus.

Et, donc ? Cette intervention le laissait un peu perplexe tout de même. Et monsieur Fawkes pensait visiblement la même chose, car il avait l’air typiquement hébété d’un lapin surpris par des phares. A croire qu’il avait parlé trop vite et réalisait trop tard à quel point l’utilité de son intervention paraissait discutable. Ce avec quoi Andreas ne pouvait qu’être d’accord, même si à ce rythme-là, tout ici était discutable. Le professeur balaya le Nuncabouc d’un coup d’œil d’habitué. Sans avoir à se poser de questions, il le détestait déjà. Qu’il avait l’air bête, debout devant son petit plan de travail, démesuré, mal vêtu, en train de donner l’illusion qu’il appartenait à ce monde rien que par son savoir. Non, monsieur Fawkes, dans votre regard plein d’eau, on peut voir l’imposture. Votre air mi-chafouin, mi-stupide, que portent les gens persuadés d’avoir quelque chose de beaucoup plus intelligent à faire que ce qu’ils sont en train de faire, ne vous va pas.

- Merci pour votre commentaire Monsieur Fawkes. Vous avez raison et je rajouterai même que la métamorphose, exécutée autant à l’aide d’une baguette que d’une potion, est un exercice délicat à réussir. Raison pour laquelle je décline d’avance votre proposition mademoiselle Stevenson, puisque lors de la deuxième partie de la préparation du Polynectar il faut laisser mijoter le breuvage pendant dix-huit heures, que nous n’avons pas aujourd’hui. Je vous aurai bien attribué des points Monsieur Fawkes, mais les circonstances imposent de laisser votre remarque sans récompense.

Andreas leur offrit un sourire entendu, stipulant que les erreurs de langage étaient les bienvenues. Contrairement à Monsieur Fawkes, qui aurait mieux fait de rester à l’ombre, plutôt que de s’exposer au soleil avec ce genre de remarques vaporeuses, le regard baissé ne changeant rien au contenu de ses bonnes intentions. D’ailleurs, quelles intentions ? Etait-ce un irréductible génie incompris, qui se sentait obligé de rajouter une couche sur le savoir de ses camarades, aux couleurs de maison bien moins ternes que les siennes, pour prouver quelque chose ? Ou un désespéré en quête de reconnaissance professorale ? Au suivant. Je voudrais proposer la potion Polyglotte. Avait lancé une Serdaigle, plongeant le professeur dans une courte réflexion. Potion intéressante en effet, quoi que peu populaire en définitive. Un peu comme les Serdaigle en général, donc tout concordait.

- Intéressant, cinq points pour Serdaigle, miss.

Aussi vite attribué, aussi vite oublié. Décidemment, leur prétendue intelligence leur prêtait un charisme sans relief, propre aux esprits linéaires. La prochaine à s’aventurer fut une petite fille de première année, que l’œil d’Andreas décortiqua avec encore plus de soin qu’il l’avait fait jusqu’à présent. Encore un serpent, pourtant de sang-mêlé lui aussi, sans avoir encore le mérite d’être complètement froid non plus. Que dire de plus ? Il ne dénotait rien de particulier et c’était peut-être ça qui était le plus dramatique dans ce tableau. Pour moi, j’aimerais proposer la potion de Sommeil-Sans-Rêve. Je suppose que tout le monde ici la connaît et que je n’ai pas vraiment besoin d’en dire plus… Oh, mais ne sous-estimes pas l’ignorance de tes petits camarades, jeune fille. Elle s’étend vers des profondeurs inhabitées parfois. Andreas s’attarda sur les yeux un peu trop rapprochés de De Kerimel, se demandant pourquoi elle n’avait pas choisi quelque chose de plus simple, quelque chose de plus « amusant », quel que soit la signification de ce terme. Est-ce que la suggestion dénotait un esprit fragile ? Ce qui était sûr, c’est que cette potion était une bonne alternative pour distinguer les petites natures. A distribuer aux volontaires, avant de les foutre à la porte.

- Cinq points pour Serpentard, mademoiselle De Kermiel. J’espère que vous êtes prête. Rater une telle potion peut être catastrophique si vous décidez de la boire.

Du jaune. Déjà à l’époque, une plaisanterie courrait au sujet de cette maison archipel, qui était à Poudlard ce que Binns était à l’enseignement de l’histoire et à la vie elle-même. Poufsouffle, la maison miséricordieuse. Maison poubelle des gens sans caractère, ou dotés d’aucune qualité qu’on reconnaissait parmi les autres blasons. Mais là en plus, c’était mélangé avec du roux. Je proposerais bien la Solution de Force. Scanda le jeune homme, embrassé par les flammes. De l’enfer. La liste des ingrédients était effectivement longue et laborieuse, promettant un mal de tête pour celui qui s’aventurerait dans ce labyrinthe de plantes. Monsieur Sherman avait l’allure de quelqu’un capable de se perdre dans les draps de son lit, à en juger par sa coiffure et son allure, donc rien d’étonnant à ce que son tempérament enjoué et tribal n’accouche de cet enfant mort-né qu’était la Solution de Force. Andreas se contenta d’un hochement de tête encourageant, suivi d’un Cinq points pour Pouffsoufle, Monsieur Sherman, dirigeant son regard vers la lampe suivante sur cette guirlande sans lumière.

Encore du jaune. Un peu plus raffiné cette fois, mais que parce qu’il s’agissait d’une fille. Et à sa bouche, La Décoction dorée, suivie d’une raisonnable mise en garde contre certains ingrédients, qu’Andreas ne connaissait que trop bien, cette dualité lui inspirant beaucoup l’imagination. A défaut de mademoiselle Kaveline, qui ne lui aspirait pas grand-chose, à part une belle figure. Une victime tout désignée, qui ne ferait jamais rien de mémorable, se contentant de ne pas être un poison pour cette société. Etre insipide : la meilleure chose qui pouvait arriver à tous ces sang-mêlé. Andreas n’était pas certain quant à l’utilité de cet antidote généralisé pour le jour où il déciderait, dans un excès d’exaspération, de tous les empoisonner. Quoi que, justement, de leurs petits doigts tordus, ils étaient assez doués pour s’empoisonner eux-mêmes avec leur propre préparation. Parfait.

- Suggestion très utile, mademoiselle, cinq points pour Poufsouffle.

Trois Serdaigle se succédèrent, toutes des filles, à croire que la légende des cordes vocales féminines développées était vraie. Andreas les balaya du même regard égal dont il avait gratifié tous les autres, dénotant néanmoins à quel point ces élèves ne semblaient exister qu’aux confins de son champ de vision. Triplet de bleu aux allures de poupées russes, à la figure cirée et immobile. Mademoiselle Rowell opta pour l’enthousiasme zélé, proposant tout de suite deux potions à préparer, faisant preuve d’une originalité qu’Andreas jugea ennuyeuse. Je suggère le philtre de Mort Vivante. Cette potion agit comme un puissant somnifère. Je suggère donc également de préparer l’antidote, soit, la potion de Wiggenweld, dans un deuxième temps. Rien que ça. Pourquoi tous ces jeunes gens voulaient-ils à ce point s’endormir ? Métaphore subtile pour stipuler que les esprits des élèves s’endormaient à mi semestre et entraient dans une longue hibernation pour éviter d’apprendre quoi que ce soit sur les prochains mois ? Qui plus est, encore fallait-il réussir son philtre du Mort Vivant, avant de penser à préparer l’antidote. Andreas la gratifia d’un petit sourire complice de sa prétendue inventivité.

- Ne croyez pas que je vous laisserai faire une sieste à ce titre, mademoiselle Rowell.

L’œil blanc comme la lune qui le fixa par la suite le força presque mécaniquement à relever le menton. Dans ce regard il sentait une sorte de fierté qu’il distingua d’office comme étant mal placée. Elle lui résistait de front. Afin de permettre à tous de réaliser convenablement une potion, je pencherais bien sur « l'Aiguise-méninges » qui permet à celui qui la boit de mieux réfléchir, et de voir les pensées parasites s'estomper. De plus, elle permet de conjurer les effets d'un maléfice de confusion. Malheureusement, dans cette histoire, il n’y avait pas que les pensées qui étaient parasites. Bien réfléchir, bien dormir, se sentir bien physiquement, voilà ce qui ressortait de ce chaudron étudiant. Si représentatif des primitives préoccupations humaines. Mademoiselle Livingstone était si généreuse de concéder une potion que tout le monde pouvait réaliser. Pour sûr, brandissait-elle son intelligence comme son œil livide, car tout était sujet à la fierté chez les bleus, même le moins méritant. Question existentielle : était-ce la quête du savoir qui lui avait soufflé cette idée, ou au contraire, la fuite de la médiocrité ? A méditer. Même si la plupart du temps, les individus tendaient à combler ce qu’ils n’avaient pas. Cette classe, c’était un peu comme feuilleter un journal publicitaire, qui vous glorifiait des choses inutiles en essayant de vous refourguer des trucs dont personne ne veut. Originalité et orgueil en solde. Litres de sang-mêlé.

- Très bien mademoiselle Livingstone, j’en profite cependant pour prévenir qu’il n’est même pas la peine de songer à avoir recours à ce genre de potions pendant l’un de mes cours.

Y avait-il un seul moment où l’apparence n’affectait pas la manière dont Andreas jugeait les gens ? Non. La blondeur de Montgomery ne faisant pas exception, ni les renfoncements de part et d’autre de son minois. Andreas reconnut les marques dont s’était vanté l’un des Carrow, assidu amateur d’art moderne. Semblant vouloir parfaire l’ironie, elle proposa l’hilarité, non sans une hésitation de rigueur. J'ai pensé à la potion d'Hilarité. Elle me semble accessible à tous sans pour autant être simple. Mais je me suis dit que si on parvenait à la réaliser, ça pourra apporter un peu plus de légèreté dans l'atmosphère... Alors même qu’il n’y avait que la légèreté de la mort qui était acceptable… Heureusement pour mademoiselle Montgomery, qu’il s’agisse d’hilarité ou de folie hystérique, elle avait le visage paré pour les deux cas de figure. Rien que pour l’option glauque et l’auto-dérision inconsciente, Andreas était partant pour la générosité.

- Cinq points pour Serdaigle, mademoiselle Montgomery. Un peu de folie ne nous fera pas de mal.

Sur ce dernier commentaire, ayant fait quelques pas pour accompagner son inspection, Andreas revint derrière son bureau et regarda le tableau. Qu’est-ce qu’il avait ? Rien de très intéressant pour sa part, mais c’était prévisible. En revanche, les élèves s’étaient donnés un moyen de s’exercer sur quelque chose qui leur donnait envie et semblait accessible. Est-ce que c’était captivant ? Non. Telles étaient les affres de l’éducation qu’Andreas n’affectionnait que partiellement, tant il avait toujours eu la sensation que l’éternelle répétition d’un manuel scolaire ne pouvait que le faire croupir. Raison pour laquelle il doutait un peu du talent de Rogue ou de Slughorn, qui avait dû s’estomper à force de côtoyer la médiocrité de l’école. Il devait maintenant faire un choix stratégique basé sur l’équilibre. Le juste milieu. Tout se réduisait donc à ça, de nos jours. Un environnement qui donnerait ces chances à tout le monde. La renaissance d’un empire n’était pas pour aujourd’hui. D’un léger mouvement de la baguette, Andreas orna le tableau des potions choisies :




Groupe 1.  Annihilateur de Cauchemars


Groupe 2. Potion d’Hilarité.


Groupe 3. Décoction Dorée.



- Le troisième groupe devra exécuter la Décoction Dorée dans le temps imparti du cours. C’est une potion compliquée, mais largement à votre niveau. Elle recouvre à elle seule les principes généraux des antidotes aux poisons, donc la préparer au moins une fois vous sera utile. Ils allaient galérer. Souffrir. Ca avait l’air toujours plus simple sur le papier, mais il fallait faire preuve d’une parcimonie proprement horripilante et d’une concentration telle qu’il leur faudrait bien un peu d’Aiguise-Méninges au préalable. Le deuxième groupe devra préparer la potion d’Hilarité. Elle n’est effectivement pas très compliquée, mais il faut se méfier de l’eau qui dort. Cette potion aborde pas mal de principes qu’on vous demande de connaître pour l’examen, sans parler de la touche d’originalité qu’il y a dans la préparation. A vrai dire, Andreas rêvait de voir Montgomery s’esclaffer sur son chaudron. Pour des raisons évidentes. Quant au premier groupe, je vous propose un challenge, car c’en est un. L’Annihilateur de Cauchemars. Il n’y a pas beaucoup d’ingrédients, mais il faut bien les utiliser. Je vous propose, pour plus de facilité, de faire cette potion en groupe, sous la supervision de… Andreas se retourna vers la seule sang-pur de la salle, avec aux lèvres, le sourire de l’intransigeance, Mademoiselle Shafiq. Ainsi, Mademoiselle Shafiq, vous aurez à exécuter une potion presque tout aussi méticuleuse que La Décoction Dorée. Vous ne risquez pas de vous ennuyer, et les membres du premier groupe bénéficieront d’une aide dans leur préparation. Il se retourna ensuite vers les autres membres concernés du troisième groupe. Parce que la Décoction Dorée demande beaucoup de soins, si certains d’entre vous le souhaitent, vous pouvez effectuer le travail en groupe de deux. Ou seuls, c’est à vous de mesurer vos propres forces. Andreas fit quelques pas en direction de la seule fenêtre, croisant les bras sur sa poitrine en laissant le temps aux élèves d’assimiler l’information. D’une manière générale, vous pouvez vous entraider, poser des questions, chercher les réponses dans les livres à votre disposition, tant que vous respectez les élémentaires règles de bienséance. J’attends de chacun d’entre vous un flacon avec votre potion, que le travail ait été fait seul, ou en groupe. Je ne peux que vous conseiller d’être concentrés et méticuleux. Il est extrêmement facile de faire des erreurs dans la composition de sa potion, même quand elle est simple. Andreas balaya la classe d’un unique regard empreint d’anticipation et déclara : Bonne chance.




Voilà la fin de cette première partie, la plus facile…

A partir de maintenant, je vous laisse environ deux mois (avec possibilité d’extension) pour poster dans la deuxième partie au moins une fois.  
- La seconde partie prendra fin le 18 Novembre 2017.
- Vous pouvez poster autant de fois que vous le voulez.
- La limite minimale est de 10 lignes.

Comme vous pouvez le voir, j’ai un peu modifié la constitution prévue des groupes et l’organisation de la seconde partie (mais oui, j’en ai le droit, parfaitement). Le récapitulatif vous en sera fait plus bas, mais grosso modo, ca veut dire que :
- Andrée et Alizée, plus les PNJ s'il y en a, doivent préparer leur potion ensemble dans un seul chaudron.
- Les membres du troisième groupe peuvent faire leur potion seuls ou avec quelqu’un (y compris avec un PNJ), c’est selon votre choix.
- Idem pour les membres du second groupe. Malia, soit tu t’inventes un PNJ, soit tu peux aller périodiquement poser des questions sur ta potion à quelqu’un du troisième groupe par exemple, mais par extension, tu es obligée de faire ta potion seule.

Par souci de commodité, j'ai légèrement modifié certaines potions proposées.

Les élèves sont libres de se déplacer dans la salle comme bon leur semble, de prendre ce qu’ils veulent, de poser la question à qui ils veulent. A la fin cependant, le résultat sera individuel.

Ceux qui souhaitent encore se joindre au cours le peuvent en tant que retardataires. Dans ce cas-là, avant de poster, contactez-moi par MP pour que je vous laisse des instructions.

Vous pouvez tirer un dé dans le topic du Cours de Potion si vous désirez laisser la réussite de votre potion au hasard.

Bonne chance et bonne préparation !

Liens utiles :
- Mon MP.
- Topic du cours : Cours de potion - questions et organisation.


Récapitulatif des groupes :



Groupe 1.
Annihilateur de Cauchemars

De Kerimel Andrée
Shafiq Alizée
Grade Oliver


Groupe 2.
Potion d'Hilarité

Montgomery Malia


Groupe 3.
Décoctions Dorée.

Sherman Nolan
Kaveline Lina
Stevenson Absynthe
Belmontet Jessicayumi
Livingstone Maya
Rowell Stella
Kent Jimmy

Groupe.1 Annihilateur de Cauchemars

Instructions:
 

Groupe 2. Potion d’Hilarité.

Instructions:
 

Groupe 3. Décoction Dorée.

Instructions:
 

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Dernière édition par Andreas D. Rowle le Ven 24 Nov 2017 - 13:12, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [Cours de potions] Le nouveau maître des potions. Jeu 5 Oct 2017 - 8:14

... 10 lignes vous dites ?:
 

Point d’honneur et de gloire en perspective pour notre rouquin puisque c’était finalement la potion de Lina que le distingué — et aussi haut perché que l’estime qu’il distribuait à la noise — Sir Rowle avait couronnée. Bon en soi, la victoire d’un(e) Poufsouffle était chaque fois celle de toute la maisonnée et puisque sa propre recommandation venait de se récolter un joli cinq points tout rond, Nolan s’était modérément enthousiasmé, suffisamment du moins pour refermer son manuel de cours d’un trait dans un claquement sonore bien distinctif. Hop, affaire rondement menée !

Hélas, la suite impliquait d’abandonner Malia à sa proposition ainsi qu’à son désarroi ; il était de notoriété publique que la demoiselle excellait à peu près autant dans le domaine des potions qu'en ce jour dans celui des arts cosmétiques. Fidèle à sa bonne nature, le blaireau prit donc un moment pour se pencher sur l’épaule de l’aiglonne avant de quitter définitivement leur table.

T’inquiète, tu n’auras qu’à venir me tirer un peu sur la manche si ça tourne mal. De toute façon, personne ne s’étonnera de me voir rigoler, potion ou pas. Puis comme il s’apprêtait à poser le pied sur la première marche à sa droite, il fit volte-face. Oh et, juste avant, c’est trois fois rien je t’assure, mais tu voudras peut-être juste trouver un petit coin de surface polie pour vérifier ton… et sans conclure, Nolan pointa simplement sa propre bouche de son index en effectuant un geste circulaire pour en ciblé l’entièreté. Ton tube s’est probablement emballé à l’idée d’approcher pareilles lèvres et il n’a pas su se maîtriser, ça a débordé juste un petit peu sur les joues là. Trois fois rien par contre, je t’assure, il faut bien regarder, it's okay.

Bah quoi ? Quel genre d’amis vous laisse avec une feuille d’épinard entre les dents alors que vous vous apprêtez à rencontrer la belle-famille ? La suggestion était un peu maladroite, mais il valait peut-être mieux ne pas attendre que ce soit un type de l’acabit de Schepper qui ne s’autorise la remarque sur un ton bien sec. Enfin, passons maintenant aux choses sérieuse ; le matos.

Si Nolan avait déjà sa petite idée en matière de recrutement sauvage, il lui fallait déjà parvenir le premier au comptoir des provisions. Un fois qu’il aurait raflé les racines de camomille les plus tendres et la feuille de sauge la plus lisse, il ne lui suffisait plus qu’à parcourir encore une fois l’amphithéâtre sur sa largeur pour revenir s’installer aux côtés d’une certaine préfète aux yeux aussi sombres qu’interrogateurs.

Le siège est libre ? Évidemment, le Poufsouffle n’avait attendu aucune réponse pour installer son séant sur le dit mobilier. Non parce que je me dis, dans la mesure où tu ne me semble pas avoir de partenaire encore et que je dispose déjà de mon côté de tout le matériel pour la préparation, il serait presque bête de ne pas en profiter pour faire équipe, n’est-ce pas ?

De l’art de vous acoquiner le support d’une Serdaigle vous dites ? Parfaitement, il n’y a rien comme le fait de leur servir un peu de leur propre sauce pour s’assurer de leur collaboration ; on n’échappe pas à la logique. Bon après, on pouvait bien argumenter sur le fond, mais sans relever du génie, la méthode avait fait ses preuves. Alors Miss Rowell, emballé c’est pesé ?

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Dernière édition par Nolan Sherman le Ven 6 Oct 2017 - 6:11, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [Cours de potions] Le nouveau maître des potions. Jeu 5 Oct 2017 - 15:04


Après la sienne, qui lui valut cinq points offerts à Serpentard, les propositions s’enchaînèrent. Alizée écouta les élèves présents, mais surtout les remarques que pouvait faire le Maître des Potions, remarquant par la même occasion que certains élèves n'avaient aucun point suite à leurs suggestions. Elle ne chercha pas vraiment à comprendre pourquoi, se contentant d'écouter, tout en mettant un coup de coude à Abigail quand celle-ci risquait de tomber de son tabouret. Elle pouvait s'endormir à moitié, ce n'était pas son problème, mais elle préférait éviter que le nouveau professeur la remarquât avant même que la première partie de son cours se terminât.

Après plusieurs minutes d'écoutes – et de combat acharné contre le sommeil de son amie – la première partie prit fin. Rowle se dirigea vers le tableau, se plaçant dernière son bureau et, d'un coup de baguette, fit apparaître une belle écriture sur la surface sombre. Sur celui-ci, la demoiselle remarqua bien vite que sa potion n'apparaissait pas, mais elle n'allait pas s'en plaindre pour autant, même si elle ne put s'empêcher d'avoir un froncement de sourcil imperceptible en voyant la potion que devait préparer le premier groupe. Elle doutait fortement que les plus jeunes parvinssent à la réaliser sans commettre d'erreur, sans compter que cette variante de la potion de sommeil-sans-rêve ne lui était pas inconnu. Pourquoi la protégée d'Alexandre avait-elle proposé une potion que le jeune homme faisait avec elle ? Elle n'en avait aucune idée, même si ça ne lui plaisait pas, surtout en sachant que cette même gamine allait devoir la réaliser avec les élèves les plus jeunes. Du moins, c'était ce qu'elle avait pensé, avant d'entendre le potionniste, alors qu'il se tournait vers elle et lui faisait un sourire qui n'augurait rien de bon.

« Quant au premier groupe, je vous propose un challenge, car c’en est un. L’Annihilateur de Cauchemars. Il n’y a pas beaucoup d’ingrédients, mais il faut bien les utiliser. Je vous propose, pour plus de facilité, de faire cette potion en groupe, sous la supervision de Mademoiselle Shafiq. Ainsi, Mademoiselle Shafiq, vous aurez à exécuter une potion presque tout aussi méticuleuse que La Décoction Dorée. Vous ne risquez pas de vous ennuyer, et les membres du premier groupe bénéficieront d’une aide dans leur préparation. »

Son premier réflexe fut de se retenir de grimacer, son second fut de hocher la tête par mécanisme et son dernier fut d'attendre que le professeur se tournât vers les autres pour respirer à nouveau, après avoir remarqué qu'elle l'avait retenu pendant le court laps de temps où le professeur l'avait pointé du regard. Préparer l'Annihilateur de Cauchemars avec les plus jeunes ? Le professeur était sérieux ? Visiblement, oui et ce n'était pas pour lui plaire. Pourtant, quand le professeur eut fini ses explications et donna le coup d'envoi pour la seconde partie du cours, Alizée récupéra ses affaires, se leva de son siège et, après un bref signe de tête à Abi, se dirigea vers la position d'Andrée et Jacob Gallagher. Après les avoir salués, elle installa rapidement ses affaires et s'apprêta à prendre la parole, quand elle entendit des coups sur la porte, ce qui la força à remettre ses paroles à plus tard. Elle pria pour que la personne en retard ne fût pas un jeune et elle fut assez déçue en remarquant qu'il s'agissait d'Oliver Grade. Elle aurait pu tomber sur pire, mais la perspective de faire la nounou pour trois élèves à la place de deux ne l'enchantait pas du tout. Elle attendit que le dernier arrivant fut installé pour, cette fois-ci, prendre la parole une bonne fois pour toute.

« Bonjour Grade, commença-t-elle, avant de reprendre. Comme le professeur Rowle l'a lui-même dit, il n'y a pas énormément d'ingrédients dans la composition de l'Annihilateur de Cauchemars, mais il faut que les ingrédients soient bien préparés, bien dosés et que les instructions soient réalisés correctement. Elle fit une pause, lançant le regard le plus sévère qu'elle pouvait faire aux plus jeunes. Je n'ai pas l'intention de vous mâcher le travail, quitte à avoir une mauvaise note à la fin du cours, voir même des remontrances de la part du professeur de Potion, vous êtes prévenus. »

Après ses quelques mots, elle se releva et se plaça devant le bureau, sans véritablement se préoccuper du reste de la classe. Elle préférait se mettre face à eux, pour avoir une vue d'ensemble et ainsi pouvoir déceler les erreurs que les plus jeunes pourraient faire et les reprendre avant que ce fût irréparable.

« Je vais chercher les ingrédients qu'il nous faut, je vous laisse préparer le plan de travail. Pensez à vous laver les mains avant de commencer à toucher les ingrédients. »

Sans plus attendre, Alizée se retourna et se dirigea vers les points d'eau de la salle de potion pour se laver les mains, puis, quand ce fut fait, elle partit vers les armoires où se trouvaient les composants dont elle avait besoin, passant de l'un à l'autre pour prendre les racines, les gousses, le gingembre. Elle déposa le tout sur le plan de travail qui était maintenant prêt à l'emploi. Est-ce que de Kérimel et Grade avaient suivi ses instructions ? Elle n'en avait aucune idée, même si elle l'espérait. En premier lieu parce que laisser tout le travail à un autre premier année n'était pas vraiment sympathique, ensuite parce que se laver les mains était la base de toute préparation de potion, pour éviter certaines réactions désagréables selon la décoction préparée. Elle sortit ensuite un parchemin sur lequel, d'un coup de baguette magique, elle fit apparaître les instructions qu'elle connaissait, pour la préparation de l'Annihilateur.

« La première chose à faire est de s'occuper des ingrédients pour que nous n'ayons pas à le faire dans la précipitation, avant même de commencer réellement la préparation de la potion. Nous sommes quatre, donc autant se répartir les tâches. Je vous laisse choisir quel ingrédient vous voulez préparer, mais je vais m'occuper des racines d'Ellébore blanche. Je vais essayer de surveiller ce que vous faite en même temps, mais je ne peux pas avoir des yeux partout donc si vous avez la moindre question, n'hésitez pas et ça vaut aussi si vous avez besoin d'aide. »

Sur ces mots, la demoiselle s'installa face aux trois jeunes et récupéra les racines qu'elle devait hacher en fines lamelles. Elle commença son office avec application, tout en lançant des regards inquisiteurs vers les deux verts et argents, ainsi que le blaireau. Elle savait que Jacob allait s'appliquer : de ce qu'elle en entendait dans la salle commune, il était plutôt doué. Pour de Kérimel, elle n'en avait aucune idée : elle ne parlait pas vraiment d'elle avec Alexandre, même si la sixième année savait son amant attaché à cette gamine. Pour Grade... Elle ne préférait pas y penser. Il n'était pas méchant, mais rien que le flegme avec lequel il était arrivé prouvait sa flemmardise, ce qui n'était pas de bonne augure. Est-ce que cette étrange équipe pouvait réellement réussir une potion ?

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MessageSujet: Re: [Cours de potions] Le nouveau maître des potions. Jeu 5 Oct 2017 - 22:30


Part. 2 : la préparation des ingrédients

Andrée rejoignit le chaudron qui lui était attribué en traînant les pieds. Immédiatement après que le prof leur eût annoncé les groupes, et aussi les potions sur lesquelles ils travailleraient, son expression s’était allongée : elle n’aimait pas son groupe. Elle ne l’aimait pas, et malgré toute la nécessité qu’elle avait à prélever un peu du breuvage qu’elle devrait préparer quelques instants plus tard, elle savait déjà qu’elle ne pourrait pas passer par-dessus sa rancœur pour mener à bien sa mission. Ce n’était pas Jacob qui la gênait – après tout, il leur arrivait fréquemment de s’associer pour rédiger devoirs, dissertations et ennuyantes rédactions dont les professeurs les submergeaient. C’était Alizée, le problème.

Alizée Shafiq.

Si Andrée avait pu s’exprimer, seule ou aux devants d’un ami, sans doute que sa bile n’aurait pas eu de limite ; malheureusement, tous ceux qu’elle appréciait un peu aimaient Alizée. Abigail et elle semblaient comme des baguettes jumelles ; Jacob, par extension, n’avait aucun problème avec non plus. Les autres, elle n’en était pas assez proche pour étaler ses pensées secrètes. Et Alexandre… Là était tout le nœud du problème, en réalité. En plus de la répulsion quasi viscérale que Shafiq lui inspirait, la jeune femme s’amusait à lui piquer Korsakov, et ça Andrée n’aimait vraiment pas. Elle ne pensait pas que c’était de la jalousie – et, en réalité, elle n’en avait même jamais eu l’idée. Pourquoi se sentirait-elle jalouse, après tout ? La jalousie, c’était un sentiment destructeur réservé aux adultes suffisamment stupides pour y succomber. L’image du visage de son père envahit fugacement sa vision et elle se dépêcha de rassembler ses affaires pour ne pas y succomber.

Ce n’était, au final, qu’un sentiment de possessivité mal placé. Andrée avait juste du mal à concevoir pourquoi Alexandre ne se contentait pas de sa compagnie – la sienne, et celle d’Abigail évidemment.

Shafiq et Jacob l’attendaient déjà derrière l’immense chaudron d’étain. Le second arrivait à la poitrine de la première, comme si celle-ci se plaisait à asseoir sa domination sur eux deux. Andrée se demanda un instant si elle n’aurait pas préféré être avec les autres limaces de son année ; elle se ravisa aussitôt. Au moins, il y avait des chances ici pour que Shafiq ne souhaitât pas que sa perte – ou, du moins, ne souhaitât pas celle de sa Maison. Les autres Première Année se seraient plus à la rabaisser jusqu’à ce qu’elle lâche ; c’était déjà arrivé et le résultat n’avait jamais été joli à voir. Il était certain que la Andrée retorde et pleine de haine, celle qui était en pleine possession de ses moyens et non écrasée par l’insupportable prestance des plus âgés, était moins seyante que le masque qu’elle allait emprunter pour ce cours : la froideur d’une personne désintéressée et le marbre d’une figure en paix. Jamais, et surtout pas maintenant, ne montrerait-elle les émotions si contradictoires qui faisaient rage en elle.

Alizée les salua tous les deux d’une voix qu’elle estima très désagréable. « C’est ma potion », dit Andrée d’un air revêche en guise d’introduction. Pourquoi les aurait-elle salués, après tout ? « Ne la ratez surtout pas, je veux une bonne note. » Elle voulait surtout pouvoir l’utiliser, mais elle n’estima pas nécessaire de le préciser. Elle faisait assez confiance à Jacob pour savoir qu’il ne la dénoncerait pas, mais la stature droite de Shafiq la dissuada de continuer.

Comme elle était certaine d’être la seule à en connaître la recette, elle sortit son manuel de potions d’un air pompeux. Son visage était ainsi : paupières mi-closes, pommettes détendues, moue suffisante accrochée aux lèvres – Andrée La-méchante de Kerimel dans toute sa splendeur. Des tâches de son étaient apparues à cause de la fatigue et gâchaient un peu l’effet, mais la fillette se sentit tout de même très importante. Le grisant sentiment de quelqu’un qui souhaitait prendre le contrôle, en fait. Son visage enfantin avait perdu presque toutes ses rondeurs à cause de la famine qu’elle imposait à tout son corps, alors le résultat n’était sûrement pas si mauvais que ça.

Sur la couverture du livre était accrochée une feuille avec toutes les instructions de la potion. Sans un mot, elle la tendit à Shafiq. « Tu peux lui dire que tout y est ? », demanda-t-elle à Jacob en toute mauvaise foi. Elle ne lui adresserait pas la parole, ça non. Il lui renvoya un long regard pensif, l'un de ceux qui mettaient immanquablement Andrée mal-à-l'aise. Il finit par obtempérer, et elle ne sut déterminer si c'était pas amitié pour elle ou si c'était parce qu'au fond, il s'en fichait un peu de ses querelles enfantines.

« Tout y est », dit-il machinalement. Shafiq croisa ses yeux et Andrée se demanda un instant ce qu’elle pensait. Cette fille avait un don pour se rendre inexpressive ; elle était bien plus douée qu’elle-même. Seuls ses yeux, parfois, laissaient entrevoir un morceau de ses états d’âme. Cette fois-là cependant, une feuille couverte de l’écriture irrégulière d’Andrée et entourée deux mômes qu’elle devait babysitter, la petite fille ne sut pas déterminer quel sentiment l’animait. Embarrassée, ou peut-être frustrée après tout, elle détourna la tête.

Grade, un autre Poufsouffle qu’elle n’aimait pas vraiment, profita de l’instant pour arriver. Si la fillette détestait les retards, elle fut loin de le montrer. Avec application, elle garda son masque de marbre et se contenta de saluer le garçon d’un signe sec de la tête. Alizée, en revanche, profita du calme momentanément revenu dans leur groupe pour donner ses recommandations et ses instructions. Le dédain qu’elle leur offrit hérissa le poil d’Andrée ; elle se tut néanmoins, officiellement pour ne pas faire de vagues, officieusement parce que la jeune femme l’effrayait tout de même un peu.

Au moins ne les traitait-elle pas comme des choses incompétentes, soupira-t-elle en s’affairant à dégager les paillasses qui leur serviraient à couper les ingrédients.

Andrée s’approcha de Jacob en s’assurant d’un coup d’œil que Grade restait à respectable distance. Il ne fallait apparemment pas s’inquiéter : bien trop intimidé pour les rejoindre, il restait plutôt loin et ne semblait pas pouvoir les entendre. « Il n’a pas l’air très doué », marmonna-t-elle. « On fera les trucs à deux, hein ? En vrai, je veux vraiment pas la rater… C’est important. » Elle s’apprêta à dire autre chose, mais elle se tut juste à temps. Est-ce que Jacob l’aiderait dans son projet, à l’insu d’Alizée, si elle le lui demandait ? Même si elle l'estimait beaucoup, elle n'était pas vraiment sûre que son allégeance allât pour elle.

« Hm », acquiesça-t-il vaguement. Ce n’était ni un oui, ni un non, mais la fillette savait, pour avoir beaucoup travaillé avec lui, qu’il accordait beaucoup d’importance à ses notes. Il ne pouvait tout de même pas laisser leur potion choir à cause d’un Poufsouffle un peu trop zélé, n’est-ce pas ? « On verra. Je ne pense pas que Shafiq nous laissera le mettre de côté. » Elle leva les yeux au ciel, tout à coup énervé contre le seul allié qu’elle avait dans le groupe.

Un autre coup d’œil lui apprit qu’Oliver préparait toujours son coin à distance respectable. Elle ne sut pas vraiment comment lui vint l’idée, mais la perspective de lui demander – le forcer – à l’aider lui parut tout à coup très envisageable ; après tout, n’était-il pas connu que les Poufsouffle étaient si malléables qu’on pouvait en faire ce qu’on en voulait ? Ce n’était certes pas très juste pour lui, et Andrée fronça les sourcils à l’idée d’utiliser quelqu’un comme on l’avait rabaissée plus jeune, mais elle saurait partager leur butin.

Très satisfaite d’elle-même, elle prit bien soin, elle récupéra le gingembre des mains d’Alizée, tout juste revenue de sa collecte. Elle n’entendit qu’un vague « Je vais m’occuper des racines d’Ellébore blanche » - elle était déjà de retour sur son siège. Devant son pilon et sa vasque, elle hésita un instant. Alexandre lui avait raconté qu’il était extrêmement important de respecter le dosage des ingrédients ; avait-il ajouté quelque chose sur leur préparation ? Pouvait-elle s’amuser à les découper en lamelles sans que le résultat ne fût complètement catastrophique, rien que pour embêter Shafiq ?

L’idée parut attrayante, tout à coup. Elle eut un sourire en coin, de ceux qu’elle avait quand elle s’apprêtait à faire une bêtise et qu’elle n’affichait que trop rarement ces temps passés, et se mit au travail. Des lamelles grossières, même pas égales, voilà qui serait parfait. Elle s’imagina un instant la tête de Shafiq si elle se rendait compte, trop tard, que les actifs n’étaient pas correctement préparés ; elle lui peignit des yeux ronds, horrifiés, exorbités, et une bouche entrouverte en une tentative stupide de rattraper l’erreur. Avec ses bras, elle dissimula le mieux possible son travail à la jeune femme.

Andrée se pencha vers Grade, tout à coup plus confiante. « Eh, Grade », fit-elle à voix basse. Elle espéra un instant qu’Alizée ne l’entendrait pas. « J’ai besoin de ton aide. Mais avant, promets-moi que tu ne diras rien à personne. Même pas à Rowle », elle désigna de la tête le professeur en se rappelant qu’il était absent au début du cours, « même pas à Shafiq. » Là, ses traits se firent nettement moins aimables. Elle fit semblant de travailler quelques secondes pour donner le change. « Je vais avoir besoin de récupérer de la potion dans le chaudron », révéla-t-elle enfin. « Ce serait merveilleux pour dormir… Imagine un monde sans cauchemar ! » Elle reprit son hachage et compléta à toute vitesse : « Evidemment, si tu m’aides, tu en auras droit toi aussi. On en pique le plus possible avant le nettoyage du chaudron, et toi tu en prends trente pourcents, et moi le reste. Et évidemment, il va de soi que même si tu ne m’aides pas, tu n’en parles pas. Sinon… » Elle estima le regard cerné qu’elle lui envoya suffisamment sombre pour illustrer sa menace.

Elle sentit le regard d’Alizée la brûler et, pas folle malgré ses envies de rébellion, elle se reconcentra sur sa découpe.


Dernière édition par Andrée de Kerimel le Dim 19 Nov 2017 - 20:53, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [Cours de potions] Le nouveau maître des potions. Jeu 12 Oct 2017 - 15:42

Trop tard.

Comme à l’accoutumé, Oliver arriva en catastrophe et en sueur devant la salle de Potions, où devait avoir lieu son premier cours, dont il s’était languit de participer. Seulement, le tintement de cloche marquant le début des cours fût le coup de sifflet fatal, qui lui fit débuter une course effrénée d’un bout-à-l’ autre de chaque couloirs. Eberlué devant son copieux repas, s’érigeant en un monticule de pièces de viandes, Oliver n’avait guère prit conscience de son retard, n’ayant cessé de retarder l’échéance de son départ. Qu’elle idée saugrenue avait-il eue de vouloir satisfaire son estomac, plus que de coutume. Désormais, Oliver savait que l’on pourrait prochainement lire sur sa tombe, ces quelques mots : Ci-gît Oliver Grade vaincu par l’énième cuisse de poulet.

Oliver tenta de reprendre contenance par cette brève touche d’humour qui eut sillonné son esprit, avant d’abattre un poing fébrile sur la surface boisée de la porte. Sitôt le silence brisé, certains regards intrigués s’arrêtèrent sur sa carcasse crispée de honte, à demi dévoilée dans l’encadrement de la porte. Incommodé, Oliver se pressa de dévaler les quelques marches de pierre nues, les articulations grinçantes, pour rejoindre la rangée de paillasses indiquées. Il s’abandonna sur le premier tabouret qui se présenta à son fessier, pour courber l’échine et s’y ratatiner.

A onze ans, le jeune Poufsouffle demeurait encore très soucieux de se voir offensé d’un flot de réprimandes, accusant ses dérogations au règlement. Et si le professeur –dont il ignorait la parfaite identité- le grondait ? Cette idée l’enraidit aussitôt, et fit osciller un regard compulsif du faciès paisible de son professeur jusque son plan de travail, tourmenté. Si ses traits semblait s’être dépecées de toute contrariété quant à son présumé retard, il craignit l’autorité naturelle qui se dégageait de sa posture droite empruntée de dignité sous ses beaux habits. Son professeur dominait l’espace, se prévalant d’une diction silencieuse qui les incitait à passer sous silence la banalité des bavardages. Oliver en revendiqua l’idée. Il jugea, sans doute plus judicieux de demeurer invisible à ses yeux, qu’entrer dans sa ligne de mire. Un retard, pas deux se promit-il.

« Bonjour Grade. » Soudain désarçonné par le timbre de voix qui vînt l’extirper de ses rêveries, le susnommé ne réussit qu’à lui rendre son salut d’une voix éreintée, par la surprise. Il évalua du regard les paillasses alentours et crut remarquer la présence de De Kérimel et Jacob –qu’il salua brièvement d’un mouvement de tête- employés à comploter sous diverses messes-basses, qu’il jugea anodines. Peu importait leurs machinations, il préférait travailler en solitaire afin d’optimiser son temps et ses manipulations. Souvent reclus au rang d’individu néfaste au sein d’un groupe, il devenait le sous-fifre de camardes sans scrupules, qui l’apprêtaient aux basses besognes digne d’un elfe de maison. Or, Oliver n’était guère désireux de réitérer sa maltraitance. Pour l’heure, le jeune blaireau prévoyait de rester isolé afin de ne pas attiser la méfiance de son professeur plus qu’il ne devait déjà l’en nourrir. Aussi, il nourrissait l’espoir secret de rendre Alizée Shafiq fière de son travail accompli, par ses propres moyens. Seulement, les œillades sévères qu’elle leur accorda réduisirent ses espérances aux décors anecdotiques, en volutes de fumée. N’était-elle pas satisfaite du poste que l’on lui avait attribué ?

Finalement son esprit frivole émergea une fois les explications de la jeune femme achevée. Comme à l’accoutumée, son inattention lui avait fait défaut, et il prît aussitôt conscience que ses quelques secondes de distraction, allaient certainement lui couter cher. Aussitôt, ses joues s’enflammèrent –s’accordant à la perfection à racine de ses cheveux,  tandis qu’’il trépignait le sol dallé d’un pied sur l’autre, oscillant entre la confusion et la honte. Désormais, n’était-il décemment pas autorisé à solliciter une seconde écoute, sans attiser sa fureur. Désireux de minimiser ses lacunes accumulées, il se résuma à troquer les manigances d’un point de repère souhaité. Ainsi,  il s’attarda sur chaque mouvement qu’effectua Alizée, dans ses moindres détails : Du nettoyage de ses mains jusqu’à ce que ses bras soient encombrés d’un monticule composés nécessaires à la décoction.  Lorsqu’elle s’en déchargea, un parchemin vînt délicatement onduler sur la surface vieillie du bois, s’accordant au mouvement ample de baguette qui l’eût conduite. Témoignant de son soulagement, il se traina jusqu’au parchemin protocolaire qu’il lut d’un œil en biais. Pourquoi fallait-il toujours que ces maudites listes mesurent six pieds de long, et le pourtour de la Grande-Bretagne, de large ? Tandis qu’il basculer son port de cou en arrière, parfaitement perpendiculaire, un râle s’extirpa de sa gorge pour témoigner sa frustration. Ce manque cruel de minimalisme prévalait la perspective d’un cours aussi riche que complet, et lui refusait l’accès aux bras de Morphée jusqu’à l’heure dite.

Ses traits marqués de frustration se muèrent en une moue dénuée d’envie, qui se prêta à son excès de zèle habituel. Ainsi apprêté, il écorcha le pavé sillonnant la rangée de paillasses qui le précédaient, afin de se munir des derniers ingrédients jonchant tristement sur la table. Comme de coutume, il prendrait les résidus de la mangeaille. Aussitôt de retour, il se délesta de son fardeau méprisé, et s’écroula sur son siège, ses membres dégoulinant sur son pourtour, comme si lui-même n’était qu’une continuité de racine de valériane bonne à jeter sur le revers d’une table. Lui qui appréhendait tant les soupçons d’actions s’alliant aux explosions et autres intoxications -relatifs aux premiers cours de potion- le voilà contraint de s’attarder à la concoction d’une infusion !

Finalement, il se résolu à s’en accommoder, conservant ses primes objectifs en ligne de mire. Il n’était guère désireux d’être accusé de mauvaise volonté par mesure de scepticisme. L’issu de ce constat fastidieux le fit hausser des épaules : Certes, les manipulations à venir manquaient d’animation en théorie, mais elle se prévalait d’une certaine tranquillité en perspective. De plus, une vulgaire infusion ne l’inculpera pas pour dégradation du matériel scolaire, ou intoxication impromptue d’autrui. Il nourrissait la certitude que si un accident venait à pointer le bout de son nez, il n’en serait pas condamné. Ouf. Aussitôt, ses poumons se dégagèrent d’un soupir soulagé et ses maigres épaules nouées d’angoisse furent allégées d’un poids.

Ainsi, il s’attela à sa  lourde besogne sans véritablement y porter attention. Des gestes mécaniques ajoutaient les racines de Valériane sur la surface d’un balancier à colonne rouillé –victime de son temps. Il ajusta le contenu lévitant sur les plans en aciers, ployant sous le surplus de racines déposé, jusqu’à atteindre un poids approximatif à celui qui fût attendu. Le jeune garçon demeura un instant perplexe, les yeux plissés, devant l’aiguille pointant la mesure de sa masse. Epris d’apathie devant le caractère bénin de la situation, il haussa les épaules, convaincu qu’un léger surplus de racine de Valériane ne ferait qu’affirmer le goût prononcé de sa potion. Hélas, n’étant qu’à ses premiers essais de potions, Oliver manquait d’objectivité quant à la rigueur et à la précision dont il fallait s’armer pour s’aguerrir. Ceci expliquant cela, cette microscopique allait certainement lui couter cher. Très cher.

Soudain, une petite voix vînt interrompre ses machinations tandis qu’une onde liquide accueillit la chute d’une racine. De Kérimel. Qu’avait-elle de si important à lui transmettre, pour ainsi le solliciter ? Jusqu’à preuve du contraire, les deux enfants n’avaient jamais éconduit leur conversation plus loin qu’une brève cordialité. Il lança un imperceptible « hm », à son encontre, sans ciller, tendant une oreille distraite, à son écoute.

« J’ai besoin de ton aide. Mais avant, promets-moi que tu ne diras rien à personne. Même pas à Rowle. Même pas à Shafiq. » Soudain, il se détourna de son office inachevée, offrant à sa voisine un visage marqué d’incrédulité, tandis que celle-ci désignait leur professeur et Alizée, de la pointe du menton. N’était-ce pas les premiers à prévenir en première nécessité ? Soudain, les yeux de la fillette se plissèrent, épris de malveillance.  « Je vais avoir besoin de récupérer de la potion dans le chaudron », asséna-t-elle, d’un ton catégorique.

« Pourquoi ? » demanda-t-il brusquement, surpris par le timbre de sa requête. Pourquoi lui ? Il y avait forcément une manigance derrière ses mots, qu’il ne parvenait guère à saisir. La fillette, ne porta pas plus d’attention à ses états d’âmes, et enchaîna d’un ton qui lui parût bien plus onctueux que précédemment. « Ce serait merveilleux pour dormir… Imagine un monde sans cauchemar ! » Le hachage contant, marqua la mesure de ses dernières paroles. « Evidemment, si tu m’aides, tu en auras droit toi aussi. On en pique le plus possible avant le nettoyage du chaudron, et toi tu en prends trente pourcents, et moi le reste. » Trop occupé à réfléchir sur cette imminente proposition, l’esprit en ébullition, Oliver en oublia la valeur ses menaces. Il caressa du bout des doigts le duvet qui parsemait la rondeur infantile de ses joues, tandis qu’il se remémorait les cauchemars qui eurent agités les nuits du dernier mois. Désormais, cernes fatigue et bâillement cadençaient ses matins, sans qu’il ne puisse pleine s’abreuver en énergie. Quel que soit le degré d’équité dont se prévalait l’offre d’Andrée, le jaune et noir s’agaçait de constater à quel point la fatigue le consumait, et il ne pouvait se retenir d’y remédier.

Ainsi, il s’approcha discrètement de la paillasse qui le précédait, veillant à ne pas attiser le regard assassin d’Alizée. Seulement, le reflet de ses désirs additionnés à son imprudence, laissèrent joncher les dernières racines de Valériane dans l’ombre d’un récipient à moitié rempli et refroidi, exposé en pleine lumière. Ça allait, véritablement lui couter cher. Seulement, très peu concerné par ce constat, Oliver préféra fricoter avec le côté obscur de la force : à savoir Andrée de Kérimel. « T’es sûre qu’on y a droit ? », demanda-t-il, nerveux, gesticulant des mains pour en témoigner. Question idiote. Si Andrée lui interdisait de se propager sur l’obtention de leur dû, c’est que l’accès à la potion finale leur était exclu. Aussitôt, il ravala ses paroles et reprit : « Bon d’accord, je n’en parlerai à personne, promis. Motus et bouche cousue ! » Il traça une ligne le de sa bouche, à comme si une fermeture éclair l’eût scellé de leur petit secret. Il omit intuitivement d’évoquer l’équité d’échange que proposait Andrée : s’il avait l’occasion de grappiller quelques mesures supplémentaires du précieux breuvage, il ne se ferait guère prier. « Mais au fait, tu es sûre qu’il faut les découper en lamelles tes racines ? » opposa-t-il innocemment devant l’aspect de sa découpe. S’ils voulaient profiter d’une nuit de tranquillité, était-il nécessaire de commencer par réussir leur potion.
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MessageSujet: Re: [Cours de potions] Le nouveau maître des potions. Dim 29 Oct 2017 - 16:00


Lèvres pincées, narines frémissantes, Stevenson fixait la paillasse qu'elle avait partagé avec Livingstroll à son arrivée en cours. Y trônait fièrement un chaudron que la septième année de Serdaigle avait apporté, souhaitant sans doute commencer sa préparation sans plus tarder. La couleuvre se trouvait maintenant devant un bien triste choix. Ce n'était pas une nouveauté, la brune préférait faire cavalier seul et ses travaux de groupes viraient bien souvent à la catastrophe : son caractère excédait un partenaire qu'elle ne supportait de toute façon pas, et le binôme fonctionnait si mal qu'elle finissait bras croisés en attendant que l'autre se débrouille seul. Son regard vert se darda sur Fawkes qui haussa subtilement un sourcil avant de disposer ses lunettes sur son nez et de les remonter de son majeur. Profitant de l'absence de l'autre gros bourdon pour tenter de négocier avec l'ex-Serdaigle, la verte et argent lui fit part de sa requête, à voix basse : il lui laissait son chaudron et se mettait avec son ancienne camarade de maison. Ce fut peine perdue et, de peur d'attirer l'attention du professeur, Absynthe abandonna la partie, cherchant à se convaincre qu'elle n'était plus une enfant et que les caprices n'étaient plus de son âge.
Ah, vraiment ?



C'était marrant de la voir rager comme ça, la verte. Assez fièrement, il fallait l'avouer, le né-moldu replaça son chaudron dans le simple but de la narguer. Il venait de prendre le dernier disponible et en bon état. Juste sous son phoking nez en trompette. Le garçon la trouvait chiante au possible aujourd'hui et, il avait beau savoir que les Serpentard étaient tous des prétentieux, elle l'avait tout particulièrement agacé en prenant la parole. Grimaçant au souvenir du regard du vieux Rowle quand ce dernier l'avait surpris à grommeler un "Mais ferme ta g*eule, Stevy", Wayoth ne pouvait s'empêcher de se dire qu'il avait tout intérêt à faire profil bas : il n'avait plus de sujet d'improvisation sous le coude.
Une ombre passa alors sur le chaudron qu'il essayait de placer correctement -le bougre avait un pied cassé et tanguait dès qu'il le lâchait- et le garçon se crispa quand un murmure se fit entendre dans son dos. Un Reparo fort bien exécuté qui fit soupirer le garçon.
- Hook... grogna le coyote en voyant la sorcière s'affaler sur le seul tabouret disponible, son regard éteint posé sur le Nuncabouc de trois têtes de plus qu'elle. Casse-t... Étrangement vive pour un cadavre, la jeune blafarde se redressa sur la pointe des pieds et assena une tape sur la nuque du garçon. En silence, elle se replaça sur le siège, ses Doc Martin se balançant d'avant en arrière comme une gosse sur une balançoire.


Grincheuse -pardon, Stevy- lui lança un regard peu amène par dessus son chaudron. Visiblement, Maya n'appréciait pas non plus de devoir partager son expérience de potion avec la vipère. Un sourire narquois s'épanouit brusquement sur le visage du garçon qui venait de se faire la remarque que, pourtant, et d'après les diverses rumeurs qui avaient diverti le château l'année passée, les deux filles avaient "mijoté dans le même chaudron" de par un potentiel petit copain commun. Wayoth doutait fortement qu'Elwyn ait pu avoir un penchant pour Maya -pas après leur délire commun en potion, quatre ans plus tôt- à moins d'être sacrément spécial. Il aimait bien Maya, hein, ils étaient même amis depuis la fin de leur sixième année, mais voilà, Maya n'était pas vraiment une...un...m'fin bref. Un frisson d'horreur le secoua lorsqu'il repensa à son réveil forcé par des rats armés de piques à glace. Quand à l'autre gorgone, il fallait être profondément masochiste pour la supporter.
- Décoction Dorée. Le décoiffé reporta son attention sur la silhouette frêle à ses côtés. Noyée dans ses vêtements, Hook feuilletait le grimoire l'air passablement désintéressée. Dommage, je sais faire de très bon cocktail à base de Whisky pur Feu. l'entendit-il marmonner, et le jeune homme expira un court rire par le nez. Tous tarés, ces Serpy.

Avec regret, Absynthe détourna son regard de la paillasse voisine et d'Abigail pour contempler celle qu'elle partageait à présent avec Livingstroll. L'eau frémissait et son binôme broyait le bézoard à l'aide d'un pilon, jetant un œil régulier sur ce qu'entreprenait la Serpentard. La Serdaigle semblait fulminer en silence et la fée n'avait aucun mal à penser que Livingstroll était en train de s'imaginer, en ce moment même, sa tête à elle à la place du bézoard. Mâchoire serrée, Absynthe se concentrant pour le moment sur les racines de camomille qu'elle rappait, ce qui l'empêchait de déverser son venin. Ce n'était pas elle qui avait demandé à ce qu'elles fassent équipe ! Non, c'était leurs joueuses !  (devil) Les yeux verts de la couleuvre se posèrent finalement sur la balance qu'elle utilisa pour peser ce qu'il lui fallait de racine -elle pesait toujours l'ingrédient une fois élimé- et les versa dans le chaudron retiré du feu tandis que sa coéquipière terminait son entreprise. Machinalement, elle commença donc à tourner tout en comptant les tours qu'elle faisait : petit à petit, le mélange se teintait de blanc. Laissant sa camarade s'occuper de l'ajout du bézoard, Absynthe s'en alla chercher l'essence de choux et de quoi mesurer la quantité qu'il leur fallait. La demoiselle passa devant la table que se partageaient une fille et un garçon roux qui manqua de la percuter lorsqu'il voulut se relever, et elle commença donc à agiter le flacon en s'écartant de cet Adam, ne souhaitant pas que, comme cette idiote de professeur de Botanique, l'enseignant de potion lui abaissât la note de son groupe sous prétexte qu'elle se "baladait" pour aller chercher les ingrédients qui lui manquait et "agressait" les étudiants se trouvant sur son chemin.

- J'ai l'essence de choux. Simple information. Tu peux t'occuper du citron, si tu veux. Parce que Maya est très douée de ses main avec les citrons, surtout quand ils sont rois ! (nerd) Et Livingstroll s'en occupa si bien que l'agrume laissa échapper son fluide sur la verte et argent qui, occupée à reboucher l'essence de choux, n'eut pas le temps de protéger son visage. AAAH ! Mais ça brûle ! gémit alors la brune, larmes aux yeux, en portant ses mains à sa paupière qui demeurait fermée malgré ses efforts pour tenter de l'ouvrir. A l'aide de sa baguette et de sort médicaux dont elle se souvenait, Stevenson finit par se débarrasser de l'horrible sensations, n'imaginant pas une seconde que son supplice n'était qu'une broutille comparé à ce que sa collègue de potion avait vécu quelques mois plus tôt dans la bibliothèque. Une odeur pestilentielle avertit la couleuvre que Maya avait ajouté les deux fleurs de bouillon blanc à la mixture, et un sourire malveillant dévoila les incisives du serpent : Voilà qui doit te rappeler l'odeur de ton shampooing, Livingstroll. Elles avaient visiblement eu la même pensée et avaient parlé en même temps, la potion leur offrant sur un plateau une occasion de se quereller. Les mains occupées pas son mélange d'une cuillère à soupe d'huile de mauve et une goutte d'essence de Lediste des murets, la bouche préférant pester contre sa collaboratrice, Stevenson s'approcha du récipient pour verser sa préparation. L’œil unique de la Serdaigle la fit frémir et elle constata que le mélange s'épaississait alors que Livingstroll la remuait. Le feu fut baissé, mais pas les yeux. La bleu et bronze remuait toujours la préparation qui tourna au jaune vif. Aussitôt, Stevenson jeta la feuille de sauge de démor, un grand sourire sur ses lèvres rouges, et attaqua, le ton mielleux :

- Alors comme ça, Brousaille, on a besoin d'Aiguise-méninge pour faire honneur à sa maison ? Ton troisième œil n'est pas assez ouvert pour relire tes notes de cours ?

FAIS-TOI PLAIZ', MAYA ♥:
 

L'aiglonne coupa brusquement le feu, son œil mort dardé sur le visage de la couleuvre qui blêmit brusquement avant de s'empourprer sous l'effet de la colère. A croire que, quelque soit leur maison, les filles du château rivalisaient toutes pour être la plus peste quand sonnait l'heure d'un affrontement. Le poignet de la Serdaigle effectua quatre tours et les feuilles de menthe furent ajoutées dans la foulé, laissant peu de répit au pauvre chaudron qui séparait les deux demoiselles. A peine la menthe en contact avec la mixture, la Serpentard inspira profondément et chercha à feindre de nouveau un sourire tout en laissant tomber, gouttes à gouttes, son venin et la sève d'ortie.

- Je suis tout de même surprise que tu sois restée à Serdaigle, Livingstroll. Il me semblait pourtant avoir entendu le professeur Carrow dire que la vermine et les hybrides devaient être envoyés chez les Nuncabouc.

- Mais à quoi elles jouent... ?
Il n'attendait pas de réponse de la part de Hook -cette dernière lui avait bien fait comprendre qu'elle souhaitait faire exploser leur préparation avant la fin du cours et Wayoth, bien que peu enthousiasmé par la matière, cherchait à amoindrir les bêtises volontaire que faisait son binôme : ça aurait pu être marrant s'il n'avait pas eu autant la trouille qu'on l'accuse d'un incident ou d'une tentative de meurtre sur la sorcière qui l'accompagnait-, et ses yeux pers s'étaient fixés sur leurs voisines.
Refuser la proposition de Stevy quand à son duo avec Maya n'était pas que pour faire chier la vipère, non. Le jeune homme cherchait à protéger ses ami, et par conséquent peu lui importait d'être en groupe avec une personne qu'il n'appréciait pas, même si cette dernière finissait accusée de fraternisation avec l'ennemi. Dans le cas du macchabée à ses côtés, on ne risquait guère de soupçonner quoique ce soit. En plus d'être une Serpentard -donc future Mangemort par définition selon la majorité des élèves à la vision très manichéenne-, il avait cru comprendre qu'elle avait rencontré Celui-Dont-On-Ne-Doit-pas-prononcer-le-Nom et que son nom figurait sur la liste des chouchous de cette tarée de Shafiq. Correction, "ces tarées" : les deux cousines se valaient, preuve en était la proposition donnée par la cadette un peu plus tôt.
Maya prenait des risques en cherchant à l'approcher, il ne souhaitait pas l'encourager et faisait son possible pour lui être antipathique et odieux. Enfin, sur ce plan, Stevy semblait le battre à plate-couture : en entendant les propos de cette dernière, le mauve et gris se détourna de Hook qui observait la mixture verte et gluante qui émettait des chants paillards tout en agitant trois petits bras qui étaient apparus lorsqu'il avait ajouté le citron suite aux 14 gouttes d'essence de choux qu'Hook avait décidé de verser, sous prétexte d'innover. Un sourire sournois étendit les lèvres minces et gercées du décoiffé qui assista à la surenchère pathétique de Stevenson. Les deux filles, penchées de part et d'autre au dessus du chaudron, regards noirs et sourcils froncés, semblaient prêtes à se jeter l'une sur l'autre et elles lui rappelèrent Lana lorsque, énervée, elle incarnait parfaitement l'image du blaireau rageur qui figurait sur son blason. De là où il se trouvait, le garçon put voir la potion de ses voisines devenir dorée et une légère volute de fumée pailletée s'éleva pour rencontrer les deux visages qui se trouvaient au dessus du chaudron. Un ricanement lui échappa, mais sa gaieté fut de courte durée : à sa propre paillasse, une exclamation déçue se fit entendre. La poupée de chiffon fixait de ses grands yeux verts et tristes le récipient qui, bien loin d'exploser, se contentait de chanter la Traviata, et une voix féminine s'élevait de la marmite qui dansait d'un pied sur l'autre et brandissait une cuillère en bois sous le nez de Wayoth qui eut un mouvement de recul. Sur les lèvres pâles du varan, l'amusement se dessinait.




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MessageSujet: Re: [Cours de potions] Le nouveau maître des potions. Jeu 16 Nov 2017 - 13:43


HRP:
 

Très clairement, Alizée avait pensé que ce cours serait ennuyeux à souhait. Devoir s'occuper des plus jeunes, faire la baby-sitter... Très peu pour elle. Pourtant, et même si elle ne l'avouerait pas sous la pire des tortures, elle commençait à apprécier l'idée. Tout en préparant l'ingrédient, elle vérifiait que les premières années faisaient correctement leur travail et, malgré la légère difficulté, ça l'amusait ; ça ne se voyait pas sur son visage, qu'elle gardait résolument neutre. Bien étendu, avoir des gamins récalcitrants à faire un travail correct n'aidait pas, mais ça lui permettrait de véritablement connaître son niveau. Elle n'était pas mauvaise en potion, mais elle avait l'habitude de travailler avec Abigail : ce qui, en réalité et en toute honnêteté, revenait à travailler seule, sa camarade et amie étant aussi douée en potion qu'un niffleur l'était pour ne pas saccager une bijouterie. Avoir une équipe complète qu'elle devait surveiller pour réussir la potion la changeait énormément et elle remercia mentalement Rowle en mettant de côté les racines d'Ellébore blanche dont elle venait de vérifier avoir la bonne quantité découpée.

« Mais au fait, tu es sûre qu’il faut les découper en lamelles tes racines ? »

Alizée n'avait pas écouté la conversation entre de Kérimel et Grade. Elle n'en voyait pas l'intérêt et elle préférait de loin vérifier leur travail. S'ils s'étaient appliqués, elle n'avait rien à dire au fait qu'ils discutent, ce qui n'était pas le cas, malheureusement pour eux. Gallagher, pour sa part, préférait s'appliquer plutôt que discuter et Alizée s'autorisa un sourire dans sa direction après avoir vérifié son travail, parfaitement exécuté, puis elle se tourna vers les deux autres. Aucun sourire, seulement le regard de la personne qui sait ce qu'elle fait et pourquoi elle le fait, avant de prendre la parole d'une voix dégoulinante de sarcasme. Abigail en aurait presque rit, la connaissant, sachant qu'elle gardait normalement cette intonation pour son sang-pur russe.

« Le gingembre doit être en poudre, miss, pas en lamelles inégales. »

D'un geste sec, Alizée récupéra les lamelles et vérifia qu'elle pourrait les modifier sans risquer que la potion ne soit ratée. Avec un soupir, elle récupéra le pilon et le mortier, plaçant une partie des lamelles à l'intérieur, puis commença son nouveau travail. Visiblement, de Kérimel n'était pas capable de travailler seule : soit.

« J'espère que vous êtes capable de vérifier une mesure correctement, fit elle donc vers la miss, tout en continuant son travail, car je vais vous demander de vérifier le travail de Grade. Les mesures doivent être chirurgicales, pour cette potion, tout comme la préparation des ingrédients doit être parfaite. Si ce n'est pas le cas, sachez que la potion sera forcément ratée. Une personne qui boit un Annihilateur de Cauchemar raté se retrouvera enfermée dans ses cauchemars au lieu de ses rêves ou pourra être atteinte d'insomnie pendant prêt de douze heures. Je pensais qu'Alexandre vous l'avait dit, Miss. »

Alors qu'elle continuait de transformer les lamelles en poudre, Alizée vérifia qu'Andrée fasse correctement ce qu'elle venait de lui ordonner et qu'elle reprenait le travail de Grade correctement, sans, cette fois-ci, se tromper. De Kérimel avait la recette écrite et elle n'était pas capable de suivre de simples instructions dans la préparation des ingrédients, alors elle préférait s'assurer qu'elle sache au moins lire une mesure et la vérifier. Finalement, Liz hocha la tête pour elle-même, en voyant la demoiselle reprendre le travail de Grade correctement, de façon précise. Quand elle termina son travail, elle haussa un sourcil en entendant la voix d'Abigail au loin et releva la tête vers sa position, voyant qu'elle travaillait avec un Nuncabouc – qui lui disait vaguement quelque chose – et qui avait l'air relativement paniqué ou amusé, elle ne savait pas vraiment le définir. Mentalement, Alizée ne put que le plaindre, sachant parfaitement que travailler avec elle relevait du suicide quand on lui laissait faire quelque chose en potion. Elle revint rapidement à son travail, vérifiant que la poudre était parfaite, puis inspecta les ingrédients préparés, voulant être certaine qu'ils soient utilisables. Alizée alla ensuite chercher de l'eau, mesurant la bonne quantité et retourna à son plan de travail. Elle plaça l'eau sur le feu, de façon à la faire chauffer sans un mot pour les trois autres, jusqu'à obtenir de l'eau tiède. À ce moment-là, sans même lui demander son avis, Jacob récupéra les 10 grammes de racines de valériane que Grade et Andrée avaient préparé ensemble et les plaça dans l'eau, qu'il enleva du feu. Il mit ensuite le minuteur en route, de façon à ce qu'il sonne dix minutes plus tard. Alizée hocha la tête vers lui, avant de darder un regard sur les deux autres.

« Je n'ai pas l'intention de vous mâcher le travail, comme je vous l'ai dit plus tôt, aussi, je vais me contenter d'observer ce que vous faites et vous reprendre si je remarque que vous vous apprêtez à faire une erreur, sauf si je juge nécessaire de vous aider. De Kérimel, tu connais la potion, tu donneras les instructions. Cette fois-ci, je te conseille de les lire correctement. »

Jacob, comprenant peut-être un message caché, prit les instructions qu'avait écrites Alizée plus tôt, au lieu de récupérer celles d'Andrée et les colla presque au visage de la jeune fille, avec un flegme lui rappelant une autre personne, vers qui la verte et argent jeta un regard rapide : Hook. Elle détourna les yeux vers les premières années juste après, les dissuadant d'un simple regard sévère de se disputer à cause du geste de leur camarade. Après avoir écouté les instructions de la pauvre demoiselle qui devait travailler avec une femme tyran, Jacob récupéra le mortier qu'avait utilisé celle-ci et alla le nettoyer. En revenant, il le tendit à Grade, ainsi que l'eau qu'il avait récupérée dans le même temps. Avec un regard neutre, il pointa le gingembre en poudre, laissant Oliver s'occuper de préparer la pâte crémeuse. Il se retourna à nouveau vers Andrée, la laissant donner la suite de ses instructions, puis il se tourna vers Alizée, qui acquiesça, lui offrant ainsi qu'elle disait vrai.

[Point de vue de Jacob pour la suite des événements, écrit avec Abigail. Oui, le gif, c'est son idée.]


Le brun répondit à son assentiment par un regard qui voulait en dire long sur ce qu'il pensait : « vous commencez à m'emmerder toutes deux ! ». Bien qu'il pouvait remarquer que la plus vieille était à son instar, plus concentré sur le travail qu'ils leur restaient à accomplir, plutôt que sur le jeu puéril, à son sens, de sa camarade. Jacob pouvait sentir poindre une pluie de rage s'abattre sur lui. La guerre qui se profilait ne lui disait rien qui vaille et le laissait plus crispé que d'ordinaire. Il avait envie de sortir sa baguette, de pointer Andrée et de lui balancer qu'elle l'énervait à se montrer jalouse pour un mec aussi con que Korsakov, mais cela aurait été imiter une personne qu'il voulait fuir comme la peste et dont il ignorait le lien de parenté. Il préférait la poitrine d'Alizée au corps plat d'Andrée ? C'était normal. Il roula des yeux devant une énième remarque de la part de sa voisine et lâcha un soupir sec, par le nez. Calmement, Gallagher repoussa son ingrédient pour le joindre aux autres, qu'ils allaient devoir ajouter, et se tourna vers la petite vipère. Bien que rien dans ses gestes guindés, son corps restant droit et son regard impénétrable, ne laissaient présager le bombardia qu'il aurait aimé pouvoir envoyer, une chose pouvait le trahir. Ses doigts s'agitaient dans un tic nerveux qu'il ne parvenait pas à contrôler.

« Tu voulais une bonne note non ? Alors prouve-le, au lieu de te comporter comme une groupie décérébrée, lui dit-il d'un ton qui se voulait neutre et patient, mais dont le tremblement témoignait son agacement. Elle t'énerve ? Bien, mais ne vient pas gâcher une potion qui a l'air de te tenir à cœur pour une banale et ennuyante histoire d'amour imaginaire. Si toi, la perspective de réussir t'es sorti de la tête quand tu as vu Shafiq, c'est pas mon cas. »

Sur ces mots, il se détourna d'elle et de son ami Oliver, dont il n'avait aucune idée de la complicité actuelle pour foutre en l'air les prochaines heures pour élaborer un plan certainement voué à l'échec. Le corps raide, il ôta ses lunettes noires le temps de frotter ses paupières rougies par le manque de sommeil. Si ses rêves n'étaient pas aussi terrifiants que ses camarades, qui eux, avaient été victimes de la cruauté de la guerre face aux chargés de discipline, il était évident qu'il n'était pas parvenu à rester de marbre face à leur souffrance. Il lui arrivait de se réveiller en entendant leurs cris de douleur, leurs suppliques résonnant à l'intérieur de sa boîte crânienne avec la même ténacité qu'une gueule de bois le lendemain d'une soirée trop arrosée. Pas de potions de délivrance pour lui, mais bel et bien un étrange sentiment de culpabilité caché par une envie de suivre les ordres pour ne pas subir les mêmes tourments que le plus grand nombre. Il remit ses lunettes, dans le but très clair de reprendre son travail et de ne plus y penser. Ce n'était pas le moment et il risquait de faire des erreurs s'il ne parvenait pas à se concentrer à cause de ses sombres songes, ce qu'il voulait éviter à tout prix. Après avoir replacé les verres lui permettant de voir correctement, il mit les deux gousses qu'il avait lui-même préparé au préalable dans le chaudron, avant de placer les deux mesures d'ingrédient standard, quand la pâte eut reposée deux minutes. Sous les instructions de sa camarade qui avait visiblement repris ses esprits, Alizée sortit sa baguette et plaça le chaudron sur le feu, qu'elle régla de façon à ce qu'il soit doux. Jacob récupéra la pâte et attendit que le chaudron eût chauffé 30 secondes, puis il rajouta au mélange les mesures demandées. Il mit un coup de coude à Oliver pour lui indiquer de touiller les trois fois dans le sens des aiguilles d'une montre, comme demandé, n'ayant pas l'intention de tout faire tout seul, mais surtout parce qu'il n'avait pas entendu le nombre, trop occupé à chasser ses cauchemars. Quand Andrée leur précisa qu'il fallait laisser le mélange reposer, il croisa les bras et se remit à sa place. Il vit Alizée prendre un second minuteur et le mettre en marche, après avoir observé le mélange d'un œil qu'il jugea bien plus que convenable.

« Nous allons la laisser reposer 59 minutes, dit celle-ci, arrachant un faux soupir d'ennui au jeune Serpentard, avant qu'un regard sévère de Shafiq lui arrache une grimace. Prends un bouquin si tu t'ennuies, vous avez sans doute des devoirs à faire, profitez-en, je vais m'occuper du reste.
J'ai déjà tout fait, dit-il d'un ton plat.
Profites-en pour réviser tes cours alors. Pas de livre pour vous détendre en cours. »

Si Jacob ne détestait pas Alizée, celle-ci le laissant indifférent, elle parvenait à lui arracher des soupirs plus que n'importe qui d'autre quand elle se trouvait avec lui. Il sortit son livre d'histoire de la magie, le montrant bien en évidence vers la sang-pure, avec un regard voulant clairement dire : « j'ai le droit, à celui-là, ou j'en prends un autre pour satisfaire madame ? ». Le hochement de tête d'Alizée lui indiqua que c'était un bon choix et il ouvrit le livre à la page 195, reprenant, ou plutôt essayant de reprendre, sa lecture là où il l'avait laissé avant de s'endormir. Sans un mot, il sortit un parchemin de son sac et commença à prendre des notes en s'appliquant, se forçant à se concentrer sur ce qu'il faisait, pour ne pas penser, ce qui marcha plus qu'il ne l'avait espéré. Il était gaucher et ce n'était pas toujours facile pour avoir un travail propre, mais il y parvenait : des années de pratique. Quand un des minuteurs sonna, il releva les yeux de son livre de cours, pour voir que seul 7 minutes étaient passées... Il s'agissait du minuteur qu'il avait lui-même mis en route pour l'infusion. Il vit la sixième année récupérer l'infusion et, à l'aide d'une passoire, retirer les racines de valériane. Elle se leva et partit placer l'infusion dans un des placards, après avoir mis un filme au-dessus, pour évider l’oxydation, tout en ne permettant pas à la poussière de se mélanger à l'ingrédient. Il la suivit des yeux quand elle revint, croisant les bras à nouveau en s'asseyant. Comment faisait-elle pour rester à rien faire, se contentant d'observer les aiguilles du minuteur défilaient lentement ? Il préférait ne pas lui demander et reprit sa lecture et la prise de note qui l'accompagnait. Le temps passa lentement. Les minutes défilaient au ralenti, eut-il l'impression, mais quand le minuteur sonna à nouveau, il se redressa avec soulagement et étira ses bras au-dessus de sa tête, avant d'enlever ses lunettes pour se frotter les yeux. Il lança un regard à la mixture, mais la potion n'avait pas encore pris la teinte grise demandée et il remarqua la moue désabusée de Shafiq, qui relança le minuteur pour deux nouvelles minutes. Durant ce temps, Jacob en profita pour ranger ses affaires, avant de prendre les racines d'Ellébore blanche après avoir lu par-dessus l'épaule d'Andrée. Alizée prit la louche en main quand le minuteur sonna à nouveau et que la potion eut la teinte souhaitée, et Jacob mis les racines découpées à l'intérieur. Alizée touilla, deux fois, dans le sens des aiguilles d'une montre, alors qu'Andrée ou Oliver était parti(e) chercher l'infusion. Il n'avait pas regardé, ne sachant donc pas qui l'avait fait, mais quand Alizée termina, deux mesures de l'infusion furent ajoutées à la mixture. Finalement, pensa Jacob, quand l'animosité ambiante était mise de côté, les quatre parvenaient à faire une très bonne équipe. Suivant les instructions à nouveau dictées par de Kémirel, un feu puissant fut placé sous le chaudron, durant deux minutes, puis le feu redevint doux ensuite. Alizée s'en était occupée, sa baguette magique tendue vers celui-ci, bien qu'aucun mot avait été prononcé. Quand ce fut fait, Jacob laissa les autres terminer la potion, ayant d'après lui assez fait de travail. Il les observa faire, simplement, assit sur son tabouret. La suite de la recette fut encore parfaitement exécutée : 7 fois, l'un d'eux touilla dans le sens des aiguilles d'une montre, puis le feu sous le chaudron disparu complètement, alors que le mélange devenait turquoise.

« Je n'ai pas eu à vous reprendre énormément de fois, les félicita Alizée d'une voix insondable, un micro-sourire visible sur son visage. Vous avez fait un bon travail dans l'ensemble. »

Durant plusieurs minutes, le groupe dut attendre que la préparation refroidisse. Quand ce fut le cas, Alizée fut la première à se lever, observant la potion d'un œil qu'il jugea, cette fois-ci, connaisseur. Il était clair que ce n'était pas la première fois qu'elle réalisait cette potion. Avait-elle besoin de rêver, elle aussi ? Pourtant, il s'agissait d'une sang-pure, une Shafiq, donc d'après la plupart des Serpentard de son année et des années supérieures, une future mangemort en devenir, comme son Biiip de cousin, pour citer Thronn, un quatrième année qu'il avait entendu, une fois dans les couloirs, discuter avec un Serdaigle qu'il ne connaissait si de Morgane, ni de Merlin. Il fronça les sourcils, chassant ses pensées parasites et il suivit le regard de la plus vieille pour voir la potion prendre une teinte bleue. Bleu roi, pour être précis, mais il ne savait pas reconnaître les différentes teintes de couleur, donc il se dit qu'elle était prête et plutôt bien réussie. Juste pour son plaisir personnel, même si cela ne se voyait pas sur son visage, il passa derrière Andrée et lança, d'une voix très basse :

« Tu vois, quand tu veux y arriver, Andrée, tu y arrives. »

Il ne lui fit aucun compliment sur sa façon de donner les instructions, n'en voyant pas l'intérêt. Il se contenta plutôt de tendre la passoire à Alizée quand elle lui demanda et regarda celle-ci verser la préparation dans quatre flacons. Elle en tendit un à chacun et il récupéra le sien, l'interrogeant du regard quant à ce qu'elle voulait qu'il en fasse.

« Écrivez votre nom dessus, je vais aller les placer sur le bureau de Rowle. »

Acquiesçant, Jacob fit ce qu'elle disait, voyant les autres faire de même et rendre leur flacon à Shafiq, qui avait écrit son propre nom sur le sien avec une écriture qui trahissait qu'elle avait fait de la calligraphie plus jeune. Il l'observa se lever, avec ses gestes gracieux qu'il trouvait pompeux, et se diriger vers le bureau du mangemort pour y déposer les récipients étiquetés. S'il y eut une conversation entre Andreas et Alizée, il ne l'entendit pas. Il remarqua par contre que les deux autres s'afférer à côté, mais il ne fit aucun commentaire et ne regarda même pas ce qu'ils fabriquaient : il préférait rester ignorant, ne voulant pas s'attirer d'ennuis.

HRP:
 

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MessageSujet: Re: [Cours de potions] Le nouveau maître des potions. Sam 18 Nov 2017 - 15:03

En fait, si elle n'avait pas voyante elle n'aurait jamais eu vent du Département des Mystères, alors elle aurait sûrement été potionniste. Non, non. Fabricante de baguettes magiques, et en troisième choix potionniste. Elle adorait ça. Les potions étaient un art complexe qui alliaient méthode et créativité. Avec un soin tout particulier, elle renoua ses cheveux pour s'assurer qu'aucun d'entre eux ne tombe dans sa future mixture, ce qui, bien entendu gâcherait tout. Lina savait qu'il était possible de travailler en groupe, mais elle ne se chercha pas de compagnon de travail, depuis les récents évènements, elle n'était pas si mal toute seule. ET puis elle était trop bavarde, ce qui risquait fortement lui attirer des ennuis.

La sorcière relut attentivement la recette. Trois fois pour être exacte. C'était une vieille consigne de sa mère : petite, la jaune et noire était toujours très distraite, et sa mère lui avait intimé de toujours relire une consigne, histoire de ne pas être à coté de la plaque le jour de ses examens. Depuis, la blairelle avait gardé cette habitude, qui finalement, lui rendait bien service.
D'abord elle classa les ingrédients sur sa paillasse en murmurant leur nom, en fonction de leur ordre d'utilisation. Il n'y avait qu'en Potions que Lina était aussi organisée, et elle s'en félicitait régulièrement. Elle jeta un coup d’œil rapide à son livre, puis commença sa préparation : d'abord l'eau. Lina en versa l'exacte quantité indiquée dans le livre, et la porta à ébullition. C'était la partie la plus facile. Elle ajouta d'abord la camomille, tourna sa potion 12 fois dans le sens préconisé. Le liquide prit l'apparence du lait. Elle ajouta ensuite le bézoard réduit en poudre en trois fois, et remua encore... Sans s'arrêter, la sorcière se concentra sur chaque étape, pour ne passer à côté de rien. Elle était incroyablement stressée par la situation : préparer une potion dans un état de fatigue face à un Mangemort ne faisait pas parti de ses habitudes. Sa potion devint rapidement orange pâle, signe que tout se déroulait bien. Elle jeta un regard nerveux à ses camarades, sans s'attarder, puis elle recommença son manège : ébullition, ajout d'ingrédients, remuer... Elle ne pinça même pas du nez quand des odeurs ignobles s'élevèrent dans les airs : c'était le signe que tout allait bien. La potion devint plus épaisse, mais resta lisse. Malgré sa main qui tremblait légèrement, Lina jubilait. Les choses fonctionnaient comme prévues, c'était parfait, elle ne s'était pas laissée démontée.

Enfin la potion prit une jolie teinte dorée. La sorcière, les yeux légèrement exorbités, le corps tendu par l'angoisse, retint son souffle, jusqu'à ce que des voulûtes s'échappent de son chaudron. Ses épaules s'affaissèrent un peu : désormais qu'elle était libre, Lina s'autorisa à souffler un peu. Elle repéra Nolan, installé un peu plus loin, et lui fit un signe de la main, mais avec toute la fumée des chaudrons concentrée dans la pièce, elle n'était pas sûre qu'il l'ait remarqué, d'autant plus qu'il semblait très concentré sur sa camarade, Stella.
La sorcière esquissa un sourire en prenant un flacon. Précautionneusement, elle versa à l'intérieur une louche de sa potion, puis elle inscrivit son nom, ainsi que sa maison et son année avant de se diriger vers le bureau de son nouveau Professeur, en tâchant de ne lui accorder aucun regard. Elle retourna ensuite à sa place. L'étape la moins drôle des Potions consistait au rangement et au nettoyage de sa paillasse. En tachant d'être efficace et rapide, elle faillit renverser l'huile de mauve, mais elle parvint à la rattraper au dernier moment. Tant mieux. Elle était sûre que ce genre d'étourderies pouvaient lui valoir une punition... Elle se retint de lever les yeux vers Andreas Rowle, de peur qu'il ne la juge avec froideur. Lina hésita un instant avant de faire disparaître sa potion. En général, elle attendait toujours le dernier moment pour le faire. Finalement, elle ne fit rien. Le cours n'était pas encore tout à fait terminé, autant garder la mixture encore bien au chaud.

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MessageSujet: Re: [Cours de potions] Le nouveau maître des potions. Dim 19 Nov 2017 - 20:47


Part. 3 : la préparation de la potion
 
« Le gingembre doit être en poudre, miss, pas en lamelles inégales », fit Shafiq d’un ton exécrable. Andrée jeta successivement un regard noir à Grade, dont la remarque avait dû alerter la plus âgée, et à Alizée, dont le ton condescendant l’agaçait de plus en plus. Elle savait très bien qu’elle devait réduire le gingembre en poudre – elle avait relu la recette au moins six fois lorsqu’Alexandre la lui avait fournie en se demandant comment pourrait-elle la reproduire dans son dos. Elle n’était pas obligée de pincer les lèvres ainsi pour le lui faire comprendre.
 
Shafiq récupéra son travail et reprit le taillage minutieux de l’ingrédient. Elle affichait un air passablement énervé, comme si l’erreur de débutante d’Andrée l’avait poussée à bout. La fillette se demanda un instant si elle avait le droit de la haïr encore plus pour ça ; après tout, elle se le serait octroyé, elle. Elle décida que oui, puisque tout en Shafiq l’insupportait de toute façon déjà – une raison de moins, une raison de plus, qui s’en souciait ?
 
La jeune femme, d’ailleurs, reprit la parole sans lever les yeux – encore une marque flagrante d’impolitesse : « J’espère que vous êtes capable de vérifier une mesure correctement », et Andrée haussa un sourcil moqueur, « car je vais vous demander de vérifier le travail de Grade. » Elle hocha la tête sèchement tandis qu’elle continuait son petit discours moralisateur – oui, elle savait qu’ils se devaient d’être précis et oui, elle connaissait les conséquences d’une potion Anti-Cauchemar mal préparée. Son « Je pensais qu’Alexandre vous l’avait dit » sarcastique fit enfler sa colère et elle réprima les paroles cinglantes qui lui vinrent en mordant ses lèvres ; l’opération qu’elle tenterait avec Grade à la fin du cours était suffisamment périlleuse pour qu’elle ne se mette Alizée complètement à dos, aussi insupportable fusse-t-elle. Elle regretta un instant d’avoir fomenté un plan aussi risqué – elle aurait voulu, oh tellement voulu faire rater cette potion ! Shafiq aurait encaissé toutes les remarques à leur place et elle-même aurait tenu sa petite vengeance.
 
Elle ferma les yeux, compta jusqu’à trois et reprit ses esprits. Il ne fallait pas ; il fallait qu’elle pense à elle avant de penser à ses rancœurs.
 
« Tu pourrais dire quelque chose », grinça toutefois Andrée entre ses dents à l’intention de Jacob – même si, en fait, elle savait que cela ne servait pas à grand-chose. Jacob n’était pas des gens à prendre parti, et surtout pas si ça ne servait pas ses intérêts. Comme pour confirmer ses pensées, il leva un sourcil railleur, l’air de lui demander pourquoi Merlin ferait-il ça, et la petite fille détourna la tête en crispant la mâchoire. Non, elle ne s’énerverait pas, non, elle n’avait aucune raison de lui en vouloir. Et décidemment non, ces gousses visqueuses de mucus de Véracrasse ne finiraient pas dans son joli minois. Il l’énerva encore un peu plus lorsqu’il prit les devants de la préparation de la potion – comme si c’était lui qui en avait eu l’idée ! « Grade », dit-elle simplement, d’une voix trop calme pour qu’elle ne fût naturel. « Il faut que cette potion soit parfaite. Vraiment parfaite. Et que Shafiq et Jacob soient forcés de reconnaître que je fais pas n’importe quoi. Alors t’as pas intérêt de tout faire foirer. » Il était évident qu’elle fit l’impasse sur le fait qu’ils la prissent pour une incompétente à cause des erreurs qu’elle avait faites volontairement.
 
Shafiq reprit la parole et les yeux d’Andrée s’assombrirent encore un peu : « De Kerimel, tu connais la potion, tu donneras les instructions. Cette fois-ci, je te conseille de les lire correctement. » La fillette fronça le nez, comme elle le faisait toujours lorsque quelque chose la contrariait, mais pencha finalement la tête sur le côté. Rien qu’un effort, lui martelait son cerveau, et pour une fois, elle tenterait de l’écouter. Une Serpentard, ça se devait d’être posée et réfléchie – et pas bouillante de mauvais plans d’attaque. Et comme elle l’avait souvent dit elle-même à Emilie, la vengeance était un plat qui se mangeait froid.
 
Jacob lui fourra aussitôt des instructions dans les mains, d’un geste brutal et laconique à la fois – il faudrait qu’il lui explique comment s’y prenait-il. En lisant les premières lignes, Andrée fit la moue : ce n’était pas son écriture. Le jeune garçon avait-il si peu confiance en elle pour lui fournir la recette de Shafiq ? Elle lui jeta le regard le plus noir qu’elle avait en réserve et, fixant Alizée de ses yeux sombres, prononça avec application : « Elle écrit mal, j’arrive pas à lire », et d’attraper tout de suite après ses propres instructions. « Jacob », enchaîna-t-elle, « va rincer le pilon et le mortier, Grade va devoir préparer la crème de gingembre. Et… » Elle réfléchit un instant ; autant tout lui demander d’un coup, même si demander à Jacob un ou deux allers-retours inutiles lui brûlait les lèvres. « Il lui faudrait de l’eau, aussi. »
 
Ils se mirent tous au travail. Finalement, Andrée dut admettre que superviser les opérations n’était pas aussi ennuyeux qu’elle l’avait d’abord imaginé ; certes elle n’intervenait jamais dans la pratique, mais commander Grade comme s’il était un sous-fifre et Jacob pour l’embêter un peu n’était pas vraiment déplaisant. Elle parvint même à passer au-dessus des assertions désagréables de son prétendu ami ; à ses paroles blessantes, elle ne consentit qu’à lâcher quelque chose qui ressemblait à « Je ne vois pas de quoi tu parles », accompagné d’un geste méprisant de la main, et à se concentrer de plus belle sur sa recette.
 
Et c’était vrai, d’ailleurs – de quelle histoire d’amour imaginaire parlait-il ? Andrée était sûre et certaine de n’être amoureuse de personne. Elle avait lu des choses, sur ces sentiments-là, et elle savait qu’elle ne tomberait jamais dans ce piège ; d’ailleurs, sa mère avait abandonné son père à cause de bêtises du genre, et elle n’était pas prête à faire la même erreur. Et puis, pourquoi c’était mis sur le tapis, tout à coup ? Qu’est-ce qu’une histoire d’amour avait à voir avec les potions ? Elle lui jeta un regard suspicieux, comme incertaine du comportement à adopter désormais. Après une courte introspection, elle préféra l’ignorer, comme s’il n’avait soulevé aucune interrogation. Grade et Jacob suivaient ses instructions et Shafiq n’intervenait plus vraiment ; tout était parfait ou, du moins, tout ressemblait plus ou moins à l’idée qu’elle se faisait d’une préparation en groupe.
 
Ils arrivèrent finalement à la pause, dont le signal fut donné grâce au démarrage du minuteur. La potion bullait tranquillement et si Andrée se fiait aux recommandations que lui avait données Alexandre la première fois, ils étaient sur la bonne voie. « Pas de livre pour vous détendre en cours », lâcha Alizée, et la fillette soupira de dépit. À l’instar de Jacob, elle avait fait le plus gros de ses devoirs – ses dissertations étaient presque toutes bouclées, certaines avec l’aide du jeune Serpentard, et ce qui restait ne l’inspirait pas vraiment.
 
Elle sortit un parchemin et une plume, parfait attirail de l’élève studieuse, ajouta à son bazar un livre pour faire bonne impression, et tapota Grade avec la main qui lui restait. « Viens », lui souffla-t-elle, avant de s’installer à l’extrême extrémité de leur paillasse pour ne pas être dérangés par les deux autres. « On va voir pour l’organisation de notre… » Elle réfléchit un instant, pas sûre du mot qu’il fallait employer. « Entreprise », acheva-t-elle sentencieusement. Elle titra sa feuille, Entreprise anti-cauchemar, et le souligna d’un trait net et tranchant. Comme s’il n’y avait pas d’alternative, comme s’il fallait que tout soit rigoureux pour qu’ils réussissent – en vérité, c’était sûrement le cas. « Tu as des idées ? », demanda Andrée, car malgré le peu d’estime qu’elle portait à Grade, elle savait bien qu’il fallait qu’ils agissent comme une vraie équipe. Sur les remarques du garçon et sur ses propres idées, elle commença à griffonner sa liste ; ça ne ressemblait pas à grand-chose, en réalité. C’était plus un amas brouillon d’action disparates qu’un véritable plan d’action. Mais trois idées ressortaient néanmoins : furtivité, rapidité, et surtout silence complet.
 
Elle plia soigneusement sa fiche et la tendit à Grade – pas question qu’on la prît sur le fait en la découvrant sur elle. « Je te propose qu’on s’y prenne ainsi : quand Shafiq ira rendre la potion au professeur, je tiendrai occupé Jacob en lui parlant d’un devoir quelconque et toi, tu t’occuperas de récupérer de la potion. » Encore une fois, elle préférait que Grade s’en occupât pour qu’on ne pût pas l’accuser si les choses venaient à mal tourner. Elle s’estimait capable de mettre de côté le temps de cinq minutes l’étrange tension qu’il régnait entre les deux Serpentard depuis le début du cours. Elle tendit ses fioles à son complice et se leva prestement. « Je vais travailler de mon côté. Il ne faut pas qu’on nous soupçonne », annonça-t-elle.
 
Andrée se rapprocha de quelques centimètres de leur plan de travail, juste assez pour pouvoir surveiller le minuteur dont les aiguilles avaient déjà avancé d’un quart d’heure. Shafiq était assise, les yeux fixés sur les secondes qui défilaient, et Jacob semblait absorbé par un livre quelconque dont elle jugea le contenu soporifique. Les minuscules caractères lui rappelaient furieusement les interminables traités sur la magie et le maniement de baguette qui pourrissaient doucement chez Mr Leigh – et elle les détestait.
 
La plume glissa toute seule sur le parchemin vierge lorsqu’elle commença sa lettre. Daddy, écrivait-elle, et elle trouva un instant étrange que ce soit l’anglais qui primait désormais dans ses missives. Parfois, un paragraphe français venait se perdre dans sa prose, mais c’était presque toujours sa langue d’adoption qui lui venait à présent. Et elle continuait d’en envoyer, inlassablement, sans même plus n’attendre de réponse. C’était quelque chose qui l’apaisait, un rituel ancré dans son quotidien qui la rassurait un peu. Elle ne savait plus si elle s’y pliait à cause de l’affection ternie qu’elle portait encore à ce père disparu ou si c’était juste l’automatisme de l’habitude qui forçait ses gestes.
 
Andrée n’en n’était pas à la conclusion que le minuteur sonnait déjà ; avec un soupir frustré, elle replia soigneusement le parchemin, le glissa avec mille précautions parmi ses cours et releva la tête vers la plus âgée qui relançait le minuteur. La potion était plus marronâtre que grise : encore quelques secondes, et elle serait parfaite. « Je vais chercher l’infusion », dit-elle machinalement. C’était en fait plus une fuite qu’une volonté de s’investir – la lettre l’avait déprimée. Ils reprirent leur rythme de travail, le silence qui régnait entre eux brisé par les instructions qu’elle leur dictait, le frémissement du breuvage et le bourdonnement des conversations ambiantes.
 
La fin du cours arriva comme un rêve diffus : Shafiq les complimenta – Andrée la jaugea du coin de l’œil en essayant de déterminer le niveau de sa sincérité – et Jacob se permit une seconde remarque sarcastique, que la fillette ignora en se remémorant les étapes de leur plan. Lorsque l’aînée partit porter leur travail au professeur, elle désigna discrètement le chaudron à Grade et interpella Jacob pour qu'il se trouve dos à leur travail. « Dis, je me demandais, pour la dissertation d’Histoire, il y a la problématique, tu sais, sur les gobelins, qu’on a pas encore trop déterminée la dernière fois ? »
 
Dans son dos, Andrée croisa les doigts ; désormais, la réussite du vol de leur potion reposait sur les épaules de Grade.



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MessageSujet: Re: [Cours de potions] Le nouveau maître des potions. Lun 27 Nov 2017 - 5:52


Souffle, inspire. Souris un peu. Il ne reste rien de la vie que tu avais avant, mais tu feras exploser celle-ci des couleurs rouge et or. Du sang de ceux qui veulent vous voir enfermés et de la gloire de ceux qui veulent briser ses chaînes. Grandis. Il est temps.
Le soleil blanc de l'hiver courait sur le tapis oriflamme de la salle commune lorsqu'il passa en courant. Plus question d'être en retard. Il frotta les cicatrices sur ses bras par réflexe, une par minute de retard, avaient-ils dit. Lorsqu'ils arriveraient au coude, c'était l'envoi en Nunabouc, avaient-ils dit. Ils en étaient trop près pour que Gabriel les ignore complètement. Il courrait donc à travers les escaliers, volait presque tant il réalisait que le cours de potion n'était pas à 9h30, mais bien à 9 heure. Il pouvait encore le faire, il pouvait encore le… Il arriva dans le grand hall désert (plus personne ne traîne dans les couloirs depuis le début de l'année sauf les imbéciles et les serpents) et ignora péniblement le sablier rouge si vide. Ce qu'il ne put pas ignorer par contre fut la main ectoplasmique qui sortit d'un mur. Trop verte, trop crochue et contenant une bombarouge. Il siffla entre ses dents.

"Merlin, non !"

Il rattrapa à la dernière minute la bombe de couleur qui allait exploser sur le sol et se précipita vers les toilettes les plus proches sous le rire grinçant de l'esprit frappeur. Il la fourra dans son sac de papeterie, déterminant que ses fournitures de potion méritaient mieux que ça. Elle explosa avant qu'il ait eu le temps de sortir sa main, lui brûlant légèrement la paume, mais surtout, couvrant sa peau d'une puissante teinture rouge vif. Une odeur importante de brûlé se propagea dans l'endroit tandis qu'il fourrait une serviette humide dans son sac dont le contenu était entièrement couvert d'une belle teinture rubiconde. Il posa ses mains de chaque côté du lavabo ensuite et souffla fort. Journée pourrie à venir.

Il baissa la tête en arrivant en cours, aussi silencieux qu'il savait l'être. Un jeune jaune et noir s'installait. Il était vraiment en retard. Il tira sur sa manche pour cacher sa main rouge et écouta à peine le professeur qui le sermonna par principe. Il ne savait que trop bien que la punition viendrait plus tard. Toujours quand on ne l'attend pas. Il n'avait pas eu l'occasion de rencontrer le professeur, mais il savait déjà bien que tous les nouveaux venus de cette année n'étaient que plus d'ennemis, plus d'ennuis, plus de choses haïssables que son être entier se dévouerait à combattre lorsqu'il le faudrait.

Un regard de fauve se glissa jusqu'au nouveau professeur tandis qu'il s'installait en silence, il plissa son nez comme si une bouffée malodorante était sortie de son sac en remarquant les gestes précis, cliniques et nobles de l'homme. Il jeta un regard en coin à Malia qui préparait ce qui ressemblait en tout point à une potion qu'il ne connaissait que trop bien. Il marmonna, surpris :

" Une potion d'hilarité ? "

Il pourrait la faire les yeux fermés par temps de brouillard, celle-ci.

"Tu savais que si on remplaçait l'eau de source par celle du lac, ça donnait une sorte de grosse boue rouge qui fait ricaner au lieu de rire ? Je pense que les ailes de Billywig sont trop sensibles pour ça. "

En parlant, il commençait à assembler les ingrédients devant sa collègue. Il tentait de ne pas penser au châtiment que son retard allait engendrer, mais ce fut sans succès. C'est quelques secondes trop tard qu'il remarqua qu'il avait inconsciemment serré les délicates feuilles d'Alihosty dans ses mains, broyant la fine membrane un peu plus que de mesure. Il les posa sur la table brusquement lorsqu'il découvrit son erreur.

"Je… Désolé !"

Il souffla pour ne pas se laisser emporter par la panique, un sourire malheureux se posa sur ses lèvres tandis qu'il tentait d'éviter le regard de Malia, la laissant prendre en charge la suite. Il jura envers lui-même silencieusement. Une potion qu'il connaissait par cœur. Une matière dans laquelle il excellait. Et une erreur aussi stupide qu'impardonnable.
Il savait pertinemment que cela n'empêcherait pas la potion de fonctionner correctement s'ils ne faisaient aucune erreur dans la suite du protocole, mais c'était partir avec un handicap dont il se serait bien passé.

Au moins était-il indétrônable dans les ricanements, rires et autres pitreries. Même en temps de guerre et sous la houlette d'un serviteur macabre.

Spoiler:
 

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MessageSujet: Re: [Cours de potions] Le nouveau maître des potions. Jeu 30 Nov 2017 - 21:35

Nolan avait beau faire confiance à cet heureux mélange de sourire outrageusement suppliant et d’ingrédients savamment mesurés, il ne put refréné un petit haussement de sourcils ahuri lorsque la préfète des aigles accepta son offre de lui servir de binôme pour l’exercice. Ah bon, juste comme ça, pas de conditions exhaustives pour le blaireau ? Aucune semble t-il, sinon celle que la Miss Rowell préférait faire usage de son propre chaudron pour la réalisation de la délicate décoction et bien franchement, quand on voyait l’état de la marmite — acheté usagée et à rabais bien des années auparavant — que se trimballait Nolan, on ne pouvait qu’être d’accord. Au-delà de sa nature remarquablement sociable et extravertie, il est vrai que le Poufsouffle proposait chaque fois généreusement son soutien dans l’espoir inconscient d’échapper à son fourbi échiné.

Sa petite fierté se refuserait toutefois toujours à l’admettre et il prenait donc grand soin de mettre les bouchées doubles pour ne pas décevoir ses partenaires, aussi bien en potions que pour toutes les matières à l’étude. Ainsi, tandis que la Serdaigle versait l’eau à bouillir, Nolan s’activait à broyer le bézoard comme si sa vie en dépendait, idem pour les racines de camomille qu’il râpa jusqu’à que la pointe de ses ongles ne suffisent plus à tenir la part restante de l’ingrédient. Les manipulations et les tours d’horloge ça, c’était tout pour la demoiselle par contre. Tel que prévu, leur solution s’opacifia et tourna lentement au blanc, puis Stella se chargea de l’ajout des ingrédients requis à cette étape en confiant au gaillard jaune la tâche de secouer — vigoureusement, c’est bien ça ? — l’essence de chou pendant 60 seconde.

 Question de ne pas se planter sur les délais, Nolan se lança aussitôt dans un décompte à voix haute, ce qui eut pour effet d’énerver un brin sa collègue mais également l’ensemble de leurs voisins, sans que personne ne puisse toutefois réellement l’inciter à se taire, vu les circonstances. Quoique, passé les deux premières dizaines de seconde, il ajusta le ton de sa voix pour passer aux chuchotements, mais alors uniquement pour ne pas nuire à la concentration de Stella dont les yeux sombres semblaient inquiets. Pourtant, sitôt retirée du feu, leur décoction tira à l’orangé, signe qu’ils étaient sur la bonne voie avec seulement… bon d’accord, 13 étapes à traverser.

Retour sur le feu donc avec l’étape 13 qui aurait été une belle occasion pour Nolan d’étaler sa science, ce qu’il ne fit toutefois pas, trop peu certain de parvenir à impression une septième année de la trempe de la Miss Rowell avec quelques données botaniques ennuyeuses. N’empêche, il avait très soigneusement sélectionné les jolies fleurs de molène sur la base de l’éclat de leur teinte — bien jaune et franche — et il ne pût s’empêcher d’en humer l’odeur avant de les tendre à sa partenaire, leur arôme lui rappelant celle du miel et lui filant à tout coup l’envie d’une bonne tartine. Well, adieu jolies pétales, c’est tout bon pour le chaudron !

Pour la suite, Nolan n’eut qu’à bien nettoyer la feuille de sauge et puis celles de la menthe en attendant sagement que leur décoction atteigne la bonne consistance. Stella s’y appliquait de main de maître à chacun des tours qu’elle donnait à sa petite baguette de cuivre qui ne tintait jamais contre les rebords du chaudron. Le mérite revenait probablement à une part d’anxiété bien canalisée chez la préfète, mais toujours est-il que leur décoction semblait au poil, de douces volutes d’en échappant bientôt en inspirant à ses créateurs — à tout de moindre au blaireau des deux — de larges sourires.

Wouha, matte moi un peu cette jolie robe ! La référence faussement grivoise se destinait bien sûr à la couleur dorée de leur mélange qui rivalisait presque àcelle de la potion de Lina, installée à leur côté et à qui il rendit son sourire de bon coeur. Je crois qu’on peut dire qu’on assure. Allez, top là ! dit-il en élevant tout bonnement une main bien haute, dans l’attente naïve que Stella vienne y coller à son tour sa paume.

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MessageSujet: Re: [Cours de potions] Le nouveau maître des potions. Ven 1 Déc 2017 - 17:16

Citation du message.  
« Reconnaître sa médiocrité est un exercice de salubrité intellectuelle. »
(  Umar Timol )
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La Serdaigle avait proposé la potion polyglotte, permettant à sa maison de gagner cinq points. Satisfaite et rassurée -elle aurait pu sortir une ânerie-, Jessicayumi se sentit soulagée d'un poids. Une bonne chose de faite. Au final, que sa proposition ne soit pas retenue par l'enseignant lui importai peu. Sa seule angoisse était de tomber sur une potion très complexe, qui la mettrait en difficulté, si elle devait la réaliser. Aussi, la sixième année resta sur le qui-vive, jusqu'à ce qu'on leur annonce à quelle sauce (ou plutôt devrait-on dire "avec quelle potion"), ils allaient être mangé.

- Le troisième groupe devra exécuter la Décoction Dorée dans le temps imparti du cours. C’est une potion compliquée, mais largement à votre niveau. Elle recouvre à elle seule les principes généraux des antidotes aux poisons, donc la préparer au moins une fois vous sera utile.

Ne perdant pas un instant, Jessicayumi ouvrit son manuel scolaire à la page de la recette, avant de rassembler autour d'elle, les ingrédients nécessaires. Elle remplit approximativement son chaudron d'eau, avant d'allumer un feu, à l'aide de sa baguette. En attendant que l'ébullition ne commence, l'adolescente entreprit de réduire le bézoard en poudre. Manquant peut-être de finesse dans ses gestes, le résultat était peut-être limite, car ses grains de bézoard étaient un peu plus épais qu'attendu, mais la Serdaigle jugea que ce serait suffisant. Après-tout, elle ne parviendrait pas à avoir un meilleur résultat.

Vérifiant que l'eau était bien bouillante, la jeune fille ajouta les racines râpées de camomille officinale, puis commença à faire tourner le contenu de son chaudron. Sur son livre de cours, il était indiqué qu'en douze rotations, dans le sens inverse des aiguilles d'une montre, la potion devrait devenir parfaitement blanche... Mais avec désarroi, l'adolescente constata que son liquide était plutôt d'une couleur crème claire. Espérant améliorer l'apparence de sa préparation, la Serdaigle s'autorisa à tourner une treizième fois la potion... Mais Merlin, elle n'aurait peut-être pas dû. Constatant que cela n'améliorait pas le résultat, Jessicayumi poursuivit sa recette, essayant d'oublier son erreur. Elle ajouta une première partie de la poudre de bézoard, remua une fois dans le sens inverse des aiguilles d'une montre, avant de répéter la procédure, deux fois de suite.

Comme il lui était demandé, elle secoua l'essence de chou pendant quelques secondes (mais était-il important de rester 60 secondes ainsi, ou bien une 40ène de secondes suffisaient-elles ?). Elle se pencha ensuite sur son chaudron, pour en verser 8 gouttes. Attrapant une fiole contenant du jus de citron, l'apprentie sorcière vient améliorer sa potion en y ajouta cinq gouttes du liquide. Une nouvelle fois, elle mélangea. Mais par mégarde, elle se trompa de sens. Par conséquent, lorsqu'elle revient prêt de son chaudron, dix minutes après avoir éteint le feu, sa potion n'était pas du tout de la couleur attendue. Au lieu de tirer vers le orange, elle tournait plutôt au marron foncé. Soupirant, la Serdaigle devait se rendre à l'évidence : sa potion ne serait jamais réussie. Même si elle respectait à la lettre chacune des consignes qui allaient suivre. Dépitée, elle ralluma quand même le feu pour poursuivre sa préparation.

Lorsque le chaudron fut assez chaud, elle y rajouta deux fleurs de bouillon blanc. Retournant sur sa table de travail, Jessicayumi  mélangea une cuillère à soupe d'huile de mauve et une goutte d'essence de Lediste des murets, dans un récipient à part. Lorsqu'elle s'assura que tout était bien mixé, elle versa le contenu de son réservoir dans le reste de sa préparation. Puis elle mélangea. D'abord trois fois dans le sens des aiguilles d'une montre, puis trois fois encore dans le sens inverse. Comme il était indiqué dans son manuel, sa potion s'épaissit. Néanmoins, elle sentait bien que sa préparation n'était pas parfaite. D'un coup de baguette, l'étudiante baissa le feu sous le chaudron. Bien qu'elle mélangea avec soin et pendant plusieurs minutes, sa potion ne devient à aucun moment jaune vif, comme attendu. Elle finit par abandonner et jeta avec dépit une feuille de sauge de démor dans la potion. Coupant entièrement le feu, elle remua quatre fois dans le sens des aiguilles d'une montre, ajouta les feuilles de menthe, versa une quinzaine de gouttes de sève d'ortie, avant de terminer sa préparation en tournant sept fois la potion en formant le chiffre 8 avec son ustensile.

Elle avait finit.
Clairement, elle n'avait pas réussi sa potion. Mais elle avait aussi évité le pie. Néanmoins, la couleur tomate du liquide contenu dans son chaudron lui rappelait bien qu'elle ne serait pas félicitée pour son travail. Elle n'avait plus qu'à espérer (prier ?) qu'elle ne serait pas trop sévèrement notée.

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MANGEMORT
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MessageSujet: Re: [Cours de potions] Le nouveau maître des potions. Sam 2 Déc 2017 - 23:31

Une profonde indifférence et un ennui égal le menèrent d’abord à son bureau, qu’il contempla de haut sans s’assoir. Ce n’était pas correcte, en particulier lorsque tous ces élèves s’affairaient sur leur paillasse en perspective d’une bonne note ou d’une étoile victorieuse collée sur le front. Il n’aimait simplement pas cette dynamique de ne rien faire alors que tout autour était en ébullition au sens propre. Voyager en paquebot entre les tables n’était cependant pas une perspective plus pertinente, car peu importaient leurs efforts, il n’y avait que le résultat qui comptait. De toute façon pour la plupart d’entre eux, tout se résumait à un « pourvu que j’ai la moyenne ». Ne cherchez pas d’autres citations issues de la sagesse adolescente, ça s’arrêtait à peu près à ça. On parlait de lycéens tout de même, déjà que certains avaient du mal à utiliser leur montre, on s’imaginait bien qu’ils feraient de piètres philosophes. Il craignait de s’ennuyer encore plus en survolant la plèbe, doutant d’en apprendre davantage sur les techniques de maniement de la balance et du couteau de leur part. Plutôt des stratégies pour dormir derrière un livre ouvert, ou imiter l’occupation à forte dose de gesticulation inutiles. Pas très difficile d’expliquer ce sentiment de déjà-vu en balayant ce paysage de têtes perchées sur leurs ingrédients. Les pauvres, ils ne savaient pas encore que les efforts appliqués présentement, durant leurs années d’étude, ne serviraient pas à grand-chose. Le diplôme, sésame de la réussite ! Sauf qu’une fois dans le monde du travail, non seulement on ne leur demandera jamais le titre obtenu de haute lutte, mais pire, personne n’en aura rien à faire. Comme personne n’en a jamais rien à faire du travail accompli sans résultats concrets, se matérialisant en gallions dans les popoches. Et parce qu’on avait toujours largement ignoré son travail pour ne se concentrer que sur les victoires, Andreas répétait cette formule du Jean Foutre par excellence. Un bruit de porte lui arracha un frisson systématique d’indignation vite réprimée.

- Rejoignez mademoiselle Shafiq, jeune homme, et tâchez de ne pas être en retard la prochaine fois, scanda-t-il machinalement en voyant un première année percer l’atmosphère de travail par son inoccupée carcasse.

La curiosité perverse et intenable le mena néanmoins à bien vite descendre les ruisseaux de la montagne pour atteindre la plaine de simiens. Déjà l’idée des équipes, c’était un peu pour frustrer les esprits. Qui gardait un bon souvenir d’un travail d’équipe ? C’était toujours une corvée ou les plus démunis venaient souvent s’accoter auprès des plus méritants pour pouvoir continuer à faire du rien sans en connaître les conséquences. Un bon moyen pour trier entre les forts et les branleurs de compétition, ceux qui s’accrochaient en sangsue pour recueillir une gloire égale. Comme tous ceux de leur espèce, ces branleurs n’avaient qu’une grande spécialité : regarder ce que les autres faisaient par-dessus les épaules. Alors lorsqu’Andreas vit le rouquin Sherman agglutiner sa masse d’écornifleur auprès d’une jeune Serdaigle, il y perçut comme un stigmate apparaître sur le front du jaune en lettres noires : branleur. Et ça se disait de la maison des travailleurs ? L’un en retard, l’autre chevauchant sa camarade comme un âne ? Travailleurs du chapeau alors. Au moins les Gryffondors n’avaient pas le souci de ne pas tenir leurs promesses, puisqu’aucune d’elle n’avait affaire avec le travail. Alors, lorsque l’un des lionceaux emboîta le pas au blaireau, Andreas n’y accorda pas plus d’attention que la première fois. Les retards payaient toujours quelque part en définitive…

Vous direz, les premières années n’avaient pas vraiment eu le choix. Vrai. Mais de par leur jeune âge, ils se plaçaient de toute façon en écumeurs des fonds de chaudron. Si Monsieur Sherman promettait un style de parasite entrainé dans son domaine, les jeunes élèves allaient avoir à tous coups la dextérité d’un centaure à qui on aurait appris les bonnes manières. Mademoiselle Shafiq semblait œuvrer en gouvernante peu à l’aise devant un troupeau d’yeux floutés. A se demander si derrière cette bonne volonté ne se cachait pas un prédateur opportuniste, tapis au milieu des autres élèves en attendant son heure pour déclencher son barrage d’artillerie verbale. Les chefs d’orchestres qui battaient de la baguette dans le vide sans diriger personne, c’était bien connu pour exister. Le Carrow en miniature. A savoir quelqu’un qui profitait d’un nouveau poste pour oublier son ancienne activité, bien trop encombrante. Merlin seul savait à quel point ces deux congénitaux avaient soigneusement oublié leur statut de mangemort pour se contenter de petites gloires scolaires. La vie de campagne les attendait quelque part. Plus facile de diriger les marmots que de les aider à préparer la potion, mademoiselle Shafiq ?

Le Rowle était un pédant, mais pas sans souplesse, alors les plans de travail approximatifs et les découpages caduques ne lui imposaient que la démangeaison d’un maniaque qui voyait deux crayons mal alignés. Andreas en avait vu, des Jean-Baptiste Grenouille qui vous versaient les ingrédients à l’œil, sans les mesurer… Ici cependant, parce qu’il savait que ce n’était pas un style, mais bien une absence de technique, un plissement de nez s’imposait devant certains coups de couteaux hasardeux. Quant à l’improvisation de Asher avec ses feuilles d’Alihosty, Andreas ne pouvait que l’encourager dans l’endommagement d’ingrédients. Cette nouvelle profession représentait probablement une niche quelque part, car comme on sait, tout le monde avait besoin de quelqu’un pour venir détériorer ce qui était parfaitement fonctionnel. Grande carrière dans ce secteur-là, monsieur Asher. Avec un peu de chances, au moins les Serdaigles tiendraient les promesses de leur maison.  

A voir la mine de la Kerimel, le potioniste se disait que le travail de groupe était une bonne technique pour repérer les mauvais acteurs et autres souffleurs de bas étage. Cet exercice faisait remonter tout un tas de déchets comme des canalisations soudainement bouchées. Andreas contourna leur table de loin, les courbant d’un demi-cercle négligé, longeant d’un regard volage ce qu’ils étaient en train de faire, et surtout comment ils étaient en train de le faire. Un visage de marbre plus tard, il remarqua au loin un groupe qui annonçait l’effondrement des barrières mentales. S’il existait deux niveaux de parasitage, Sherman occupant le premier stade, la clique de verts et du trop grand Nuncabouc pour cette terre, et pire, cet univers, étaient carrément en phase terminale. Eux, en bons parasites, semblaient chercher avant tout la compagnie d’autres êtres du même genre pour se complaire dans leur survivalisme de plante de salon. Si seulement ils pouvaient au moins faire de la photosynthèse… Mais non, ceux-là faisaient chanter du chaudron, où se regardaient avec l’immobilité de nains de jardins. Andreas constata à peine, continuant sa route. Il en fallait partout, des énergumènes comme ça, d’ici quelques années ils seront le fioul de cette société. Comprenez, six pieds sous terre en train de se transformer en pétrole. Essayer de les remettre dans le droit chemin n’aurait donc aucun intérêt, rallongeant inutilement leur temp passé à recycler l’oxygène. Parce qu’en plus, c’était le genre de plante qui poussait uniquement lorsqu’on y prêtait attention.

Sur sa route, il ne put s’empêcher de faire un détour par la jaune Kaveline, prêt à ironiser sur la manière dont elle réussissait sa propre proposition. Mais la blairelle était l’une des plus organisée dans la salle, raison probante de son travail absolument solitaire. Elle semblait concentrée sur son devoir sans remarquer ce qui l’entourait, et Andreas crut un instant s’y reconnaitre un peu. Précision méticuleuse du geste et de la dose, sans oublier une relative souplesse dans l’exécution, qui donnait en somme un scrupule reposant à regarder. A voir après s’il s’agissait de prétention si ancrée qu’elle n’avait pas besoin de gestes pompeux, ou d’une véritable application. Pour le moment cependant, sa potion semblait passablement réussie. Contrairement à la demoiselle Belmontet, dont la décoction ressemblait davantage à une Bloody Mary à laquelle il manquait du céleri plutôt qu’à une Décoction Dorée. Il paraissait que les Serdaigles étaient érudits, il paraissait… Il paraissait aussi que si on prononçait trois fois « Bloody Mary » devant un miroir, on y voyait apparaître non pas le cocktail en lui-même, mais une petite Serdaigle qui s’empressait de vous le préparer.

Le Rowle jeta un dernier regard à la salle, qui s’était comme densifiée sous la vapeur et les odeurs. Un désordre caractériel régnait, autant sur les paillasses que dans les esprits et le potioniste s’en délectait franchement. Il finit son temps derrière le bureau, attelé à la lecture distraite d’un indexe de plantes, non sans faire couler son regard au-dessus des pages pour constater les visages les uns plus frustrés que les autres, gonflés, tendus, va savoir pour quelle raison. Andreas défroissa les pages de l’index et faillit sourire, me se retint de très près. Ca stressait pas mal dans les environs et cette aura aurait fait mourir toutes les plantes alentours si elles n’avaient pas déjà été séchées et en poudre. Si certains semblaient être prêts à geindre comme un Dumbledore privé de son Potter, d’autres paraissaient aptes à générer de la magie par leurs regards seuls. Une allumette, et la salle explosait en un nuage toxique des frustrations anxieuses emmagasinées.

Petit à petit, les fioles commencèrent à arriver à son bureau et Andreas les toisa une à une. La plupart du temps, un seul regard suffisait pour en constater la qualité, qu’il s’agisse de la texture apparente ou de la couleur. Quelque unes étaient sans espoir, d’autres présentaient des variations erronées diverses, la plupart du temps provenant de l’approximation de la pesée ou de la découpe. Et puis certaines d’entre-elles ne reflétaient quasiment aucune imperfection. L’expérience lui faisaient déceler les infimes nuances, la plupart des potions se distinguant par leur qualité selon des principes assez simples, comme l’homogénéité du mélange ou la saturation de la teinte. Profitant de la fin des travaux et du mouvement que cela engendrait, Andreas ouvrit discrètement le tiroir du bureau et plongea l’index de sa main droite dans un flacon ouvert de poudre grisâtre. C’était de la chair séchée de pieuvre, ingrédient connu pour augmenter la puissance des potions. De certaines potions. Bien faites. Une fine couche de poudre, invisible, demeura collée à son doigt. L’annulaire, pareille à son voisin, finit sa course dans de la poudre de feuille d’Aconit, dont les propriétés toxiques étaient bien connues.

Andreas ouvrit d’abord le flacon rapporté par mademoiselle Shafiq. Il le manipula du bout des doigts, délicatement, le porta à son nez et en huma l’odeur. Sans suspicion, il inspecta l’entièreté de la potion durant quelques instants, pressant son index et son annulaire contre le goulot lors de ces manipulations, laissant discrètement tomber quelques poussières de pieuvre séchée, mêlée à de la feuille d’Aconit, à l’intérieur du flacon. Rien n’advint et Andreas reposa le flacon avant de faire le même manège avec celui de Kaveline, suivi de près par la potion de la petite Montgomery et du sir Asher qui avaient, étonnement, produit quelque chose de plutôt honorable.

En ces quantités microscopiques, l’Aconit se trouvait bien loin de la dose léthale et était à peine capable de donner un léger mal de tête. En revanche, elle polluait très efficacement la potion. Et qu’advenait-il d’une potion contaminée à laquelle on ajoutait de la chair séchée de pieuvre, censée améliorer l’effet des potions ? Exact, elle en intensifiait les défauts. Les petites erreurs coutaient soudain très cher. L’infusion à peine corsée de Valériane plombait le crâne. L’excès de quelques poussières da la Lediste des murets créait des hallucinations qui avaient la force horrible de l’imagination. Des tranches trop épaisses d’Alihosty poussaient à l’hystérie, au suicide dans les plus grands excès.

Andreas empoigna les trois meilleures potions. Les trois potions empoisonnées par ses soins, à la dérobée. Peu lui importait qui avait fait quoi, il en avait déjà tiré son épingle à observer leurs visages. Il n’était pas comme Slughorn, suffisamment stupide pour se laisser flatter par quelques talents d’autrui dans son domaine de prédilection. Contournant le bureau, il présenta un instant les trois flacons à hauteur de son visage pour attirer l’attention. Une fois que ce fut fait, il abaissa son bras et commenta :

- J’aimerai rendre votre connaissance des potions moins théorique en ce qui concerne les propriétés particulières de chaque potion. L’art des potions se concentre souvent que sur de la documentation : formules, recettes, techniques, méthodes de fabrication… Beaucoup ignorent tout bonnement la partie expérimentale et se contentent de préparer sans jamais rien constater. C’est ce qui rend souvent cette science immobile. Je vous invite à une nouvelle orientation dans cet enseignement. A force de goûter vos propres créations, vous finirez par en découvrir les nuances, puis reconnaître l’effet et la texture qu’ont certaines plantes, et ce qu’elles apportent concrètement. Puis vous finirez même par comprendre rien qu’à l’odeur les lacunes des mixtures ratées. Mais nous n’en sommes pas encore à là.

Dit-il en couvant la salle de ses yeux faussement paternalistes. Injuste dites-vous ? N’oubliez pas que la première crêpe est toujours ratée. Pour apprendre, il fallait avoir conscience de l’inconnu qui nous tendait les bras. Et qu’est-ce qui était plus mémorable qu’un léger empoisonnement ? J’ai dit léger ? Pardon, déformation professionnelle. Etre mangemort, ça vous changeait les notions et les valeurs tout de même. Bref, rien de mieux que le danger et le dégoût pour que les réflexes s’enracinent profondément dans les primitives consciences. Andreas saisit le premier flacon, l’Annihilateur de Cauchemars, et le tendit à la table de la Shafiq.

- J’ai éliminé les préparations les plus douteuses. Faites circuler les fioles et goûtez un peu de la potion que vous avez préparé plus tôt. Concentrez-vous sur ce que vous ressentez et analysez le résultat, puis prenez-en note dans un carnet, essayer de voir si vous distinguez les effets particuliers de certaines plantes individuelle, ou leur goût.

Dernière phrase bien inutile, car la seule chose à ressentir allait être le feu vif dans les veines et des détraqueurs dans la tête. Andreas fit passer les autres flacons aux autres tables, attendant d’une allure tranquille que chacun ait testé le breuvage qui était le leur.




Les informations suivantes ne sont que des suggestions et vous pouvez les adapter comme bon vous semble selon les spécificités physiques et caractérielles de votre personnage. Quelqu’un de plus corpulent subira moins les effets, tout comme quelqu’un de plus endurant psychologiquement, par exemple.

Ayez l’esprit d’équipe, ne souffrez pas dans votre coin et n’hésitez pas à inclure les autres dans vos hallucinations paranoïaques !

Les potions agiront entre 10 et 15 minutes, selon la constitution de la potion-même et de votre personnage.


Effets possibles des potions :

Effet commun de l’empoisonnement à l’Aconit :
Sensations de brûlure et des picotements, suivis de vomissements, puis d’une faiblesse. Dans les cas extrêmes, une syncope survient. Les convulsions peuvent provoquer des anomalies cardiaques temporaires.

Annihilateur de Cauchemars :
Effets:
 

Potion d’Hilarité :
Effets:
 

Décoction Dorée :
Effets:
 



Infos :
> Est-ce que votre personnage peut refuser de boire la potion ?
Oui, parfaitement. Cependant, ce ne sera évidemment pas sans conséquences et les joueurs qui ne souhaitent pas boire la potion doivent en m’envoyer un MP pour recevoir des instructions spécifiques. Vous êtes prévenus !

> Qui peut participer ?
Ceux qui ont participé à la première partie du cours mais pas à la deuxième peuvent bien évidemment participer dès à présent à la troisième et dernière partie du cours.

Toutes les potions mettent du temps à agir et les premiers effets ressentis ne sont pas des effets d’intoxication, ce qui est censé endormir la méfiance des élèves quant à ce qui doit advenir. Considérez, avec un certain délai en fonction de qui a bu quoi et quand, que votre personnage ne voit les autres se sentir mal qu’au bout d’un certain temps, ce qui est censé au moins endormir les méfiances.  


Je vous laisse deux mois pour la troisième partie, qui prendra fin le 2 Février 2018.
Amusez-vous bien  


Groupe 1.
(Années 1, 2)

Grade Oliver
De Kerimel Andrée
Shafiq Alizée


Groupe 2.
(Années 3, 4, 5)

Montgomery Malia
Asher Gabriel


Groupe 3.
(Années 6, 7)

Sherman Nolan
Kaveline Lina
Belmontet Jessicayumi
Rowell Stella
Kent Jimmy



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MessageSujet: Re: [Cours de potions] Le nouveau maître des potions. Lun 11 Déc 2017 - 14:50


Il y avait des mensonges qu'il était facile de déceler. Une personne pouvait vous sourire et affirmer vous apprécier, mais laisser son regard vous détailler comme si vous n'étiez rien d'autre qu'un insecte à effacer, par exemple. Et il y avait les autres. Des mensonges si bien construits qu'il n'était pas simple de les identifier, ce même quand vous viviez vous-même dans un monde où les mensonges et les faux-semblants étaient de mise. Alizée avait beau n'être qu'une adolescente, elle avait grandi dans le monde, sans scrupule ni pitié, des sang-purs. Elle vivait depuis sa naissance dans une arène où il fallait savoir tout simplement survivre. Un échiquier géant où chaque pièce était également un joueur qui voulait prendre en main la partie. Pourtant, ce jour-là, alors que la Serpentard se dirigeait vers son bureau après avoir offert les fioles de potion au professeur, elle ne s'attendait pas à devoir jouer. Elle aurait dû comprendre que quelque chose de louche pouvait se produire. Rowle restait un Mangemort. Un mage noir qui n'avait aucune considération pour eux, mais non, elle s'était aveuglée, préférant voir l'homme comme un simple Maître des Potions. Les livres qu'elle avait de lui ne l'avaient pas aidé à déceler ses intentions, tant ils l'avaient aidé par le passé pour comprendre l'art de la fabrication des breuvages. Si elle n'était pas la plus douée de sa génération, elle se débrouillait aujourd'hui très bien. Elle se rassit et plusieurs minutes plus tard, après qu'ils eussent nettoyé leur plan de travail, Rowle se tourna vers eux, trois flacons dans une main levée à hauteur de visage. Alizée les observa en plissant légèrement les yeux. Elle reconnaissait la potion que son groupe et elle avaient préparés.

« J’aimerai rendre votre connaissance des potions moins théorique en ce qui concerne les propriétés particulières de chaque potion, commença le professeur et la demoiselle fronça légèrement les sourcils, ne s'y étant pas attendue. L’art des potions se concentre souvent que sur de la documentation : formules, recettes, techniques, méthodes de fabrication… Beaucoup ignorent tout bonnement la partie expérimentale et se contentent de préparer sans jamais rien constater. C’est ce qui rend souvent cette science immobile. Je vous invite à une nouvelle orientation dans cet enseignement. A force de goûter vos propres créations, vous finirez par en découvrir les nuances, puis reconnaître l’effet et la texture qu’ont certaines plantes, et ce qu’elles apportent concrètement. Puis vous finirez même par comprendre rien qu’à l’odeur les lacunes des mixtures ratées. Mais nous n’en sommes pas encore à là. »

C'était impressionnant tant le professeur pouvait se montrer convainquant. Il les embobinait, tous autant qu'il était et Alizée la première. La pauvre sotte ne comprenait absolument pas le manège du serviteur des ténèbres. Elle savait ce qu'il était, mais après tout, il n'allait pas faire de mal à des élèves dans l'école, alors qu'il était là pour remplacer le Maître des Potions absent ? Et pourtant... Elle allait comprendre son erreur et de façon plutôt brutale. Liz attrapa le flacon d'Annihilateur de Cauchemars tendu dans leur direction. L'homme reprit la parole juste après et Alizée écouta ce qu'il avait à dire.

« J’ai éliminé les préparations les plus douteuses. Faites circuler les fioles et goûtez un peu de la potion que vous avez préparé plus tôt. Concentrez-vous sur ce que vous ressentez et analysez le résultat, puis prenez-en note dans un carnet, essayer de voir si vous distinguez les effets particuliers de certaines plantes individuelle, ou leur goût. »

La sixième année n'était pas idiote. Du moins, elle ne se croyait pas idiote, mais cela ne l'empêcha pas de sortir un parchemin, à défaut d'avoir un carnet, pour y entreposer ses découvertes... S'il y en avait, parce qu'elle se doutait fortement que ce fût dès le premier test qu'elle pouvait y parvenir. Si l'idée du professeur était bonne, elle se doutait qu'il fallût la mettre en pratique à chaque potion réalisée pour réellement avoir un résultat probant, à force de pratique. Quand elle se retrouva face à un parchemin vierge, une bouteille d'encre ouverte et une belle plume prête à l'emploi, la verte et argent déboucha la fiole et en pris une petite gorgée. Assez pour ressentir le goût, la texture et éventuellement différencier les ingrédients, même si elle doutait du dernier point. Elle espérait aussi qu'elle n'en avait pas pris assez pour s'endormir bêtement au milieu de la pièce. La potion ingurgitée était réalisée pour cela, il ne fallait pas l'oublier et elle ne voulait pas se retrouver dans une posture inconfortable à cause d'une dose trop puissante. Elle tendit ensuite la potion à la personne à côté d'elle, à savoir de Kérimel.

Elle se concentra ensuite sur les sensations dues à la potion. Au début, outre le goût quelque peu mauvais et l'odeur peut alléchante, elle ne ressentit rien. Elle écrivit sur son parchemin le peu d'observation qu'elle pouvait faire, à savoir que le goût de la potion avait l'air d'être le bon, tout comme la texture, du moins par rapport à ce qu'elle se rappelait. Elle tenta bien de définir s'il y avait des ingrédients mal préparés, mais comme elle s'en était doutée, ce fut totalement impossible à cause de son manque d'expérience. Elle essaya pourtant de se concentrer et pendant de nombreuses minutes, la potion ne fit pas vraiment effet. Il ne se produisit rien de notable, autant sur son organisme que sur sa psyché. Oui, il ne produisit rien... Jusqu'à ce que le monde basculât sans qu'elle comprît pourquoi.

Au départ, la demoiselle se détendit totalement, sans vraiment comprendre pourquoi et elle papillonna des yeux. Une vague de chaleur se répandit dans son abdomen et elle s'autorisa même un soupir, tant elle trouvait la sensation agréable. Elle avait l'étrange impression que l'on venait également caresser ses cheveux et se laissa aller légèrement contre la table, son bras venant servir de pilier pour maintenir sa tête. Elle se sentait bien, à l'abri. Rien ne pouvait lui arriver, à présent, elle en était totalement persuadée. Un joyeux mensonge, qu'elle acceptait complètement, son cerveau commençant très clairement à ne plus fonctionner de façon logique. La potion faisait effet. Correctement ? Elle n'y pensait même plus. Elle tourna un œil presque amical en direction des premières années, observant, sans vraiment les voir, ce qu'ils faisaient. Un petit sourire apparut également sur ses lèvres. Un sourire qui ne dura pas plus d'une minute. Une minute durant laquelle elle eut presque l'impression de se retrouver dans un cocon moelleux, sereine.

Puis, aussi vite que les sensations agréables étaient apparus, elles s'estompèrent. Brutalement. Tout ? Non. La chaleur qui s'était répandue au niveau de son abdomen se fit plus vive, presque plus violente. Elle devint rapidement insupportable. Dans un même temps, la demoiselle se sentit excessivement mal, comme oppressée. Elle se releva brutalement en voyant de Kérimel à côté d'elle. Son action n'était absolument pas logique, car la petite ne pouvait rien lui faire. Pourtant, elle la regarda comme si elle était là cause de tous les malheurs du monde, avant de se reculer. Ce ne fut qu'à ce moment précis qu'elle prit la pleine conscience de son environnement, comme si toute la classe avait disparu durant un temps. Le problème, c'était qu'elle avait l'impression que tous les visages étaient tournés vers elle, comme si on la regardait avec froideur ou encore qu'on lui voulait du mal. Elle crut très sincèrement que tous ses visages étaient hostiles et elle se recula le plus rapidement possible, allant se réfugier dans un coin de la pièce, non loin du bureau de Rowle, où elle s'accroupit. Ses doigts agrippaient fermement ses bras, plaqués contre sa poitrine, comme s'ils pouvaient créer une sorte de barrière de protection. Inutile. Futile. Elle ne bougeait plus et essayait de se faire toute petite, tout en ayant l'impression, encore et toujours, que tout le monde la regardait. Elle. Personne d'autre. Si elle avait pu réfléchir correctement, elle aurait remarqué que la plupart des élèves n'étaient pas dans un meilleur état que le sien, ce qu'elle ne pouvait plus remarquer. Sous l'effet de la peur, de l'incompréhension, sa respiration commença à se faire plus vive, plus rapide et à plusieurs reprises, elle finit par avoir des quintes de toux, de plus en plus violente. À cela vint s'ajouter une sensation excessivement dérangeante. La chaleur au niveau de son abdomen avait disparu, laissant sa place à une sensation de brûlure lui faisant serrer les dents, quand elle en avait la possibilité. Un haut-le-cœur. Puis un second. Qu'est-ce qui lui arrivait ? Pourquoi était-elle... Ainsi ? Elle avait peur, elle commençait à avoir froid, toutes ces personnes qui la regardait... Une colère noire serpenta lentement en elle, jusqu'à finalement lui donner l'envie de se rebeller. Elle n'était pas faible. Ils n'avaient pas le droit de la regarder comme ça. Elle tenta de sortir sa baguette, mais elle n'en eut jamais le temps. Un nouveau haut-le-cœur, plus puissant, la prit et un vertige vint s'y ajouter. Elle finit à quatre pattes sur le sol, des perles salées au coin des yeux. Elle ne vomit pas, s'y refusant complètement. Elle se sentait humiliée, trahie, au milieu de ses visages qu'elle commençait à détester. Elle se réinstalla dans son coin, avec difficulté, de façon à avoir toute la classe – qu'elle ne voyait plus vraiment comme telle – dans son champ de vision. Elle se sentait mal et elle voulait fuir, mais elle n'en avait ni la force, ni la possibilité. Elle tourna un regard haineux vers Rowle, comme si, inconsciemment, elle comprenait ce qui arrivait, mais ce regard disparu bien vite, pour laisser sa place à un visage emprunt d'une peur incompréhensible. Rowle avait des airs de... Elle ne pouvait même pas mettre de mot dessus. Grand, impressionnant, avec une prestance que l'on ne pouvait nier. Il avait un sourire et elle eut l'impression – mais peut-être était-ce dû à ses hallucinations – qu'il lui parlât. Des mots qu'elle ne comprenait pas, mais elle avait peur, une peur violente qui la força à reculer plus encore, du moins essayer, car elle ne le pouvait pas. Elle ferma les yeux et les rouvrit aussi vite.

Petit à petit, sa peur se dissipa et elle ne comprit pas pourquoi elle se trouvait dans un coin de la pièce. Elle secoua la tête, mais une étrange brume ne lui laissa pas le temps de se remettre complètement. Sa tête devint lourde, très rapidement et ses paupières essayèrent de se fermer. Elle dut forcer pour les garder ouvertes. Elle voulait comprendre. Comprendre ce qui venait de lui arriver, comprendre pourquoi elle avait cette étrange sensation, comme si elle allait s'endormir d'une seconde à l'autre. Elle se releva difficilement, après un nouveau haut-le-cœur l'empêchant de sombrer dans le sommeil et se dirigea vers sa place, ou elle se rassit. Enfin... Elle se laissa plutôt tomber dessus et vint se masser les tempes, dans l'idée idiote de réfléchir. Elle ferma les yeux, ne supportant plus la sensation sur ses paupières et eut alors l'étrange sensation de se retrouver dans des montagnes russes particulièrement rapides. Elle rouvrit les yeux dans la foulée, pour voir le visage déformé d'une sorte de licorne à côté d'elle, qui la fit sursauter. Elle referma vivement les yeux et, les rouvrant, elle ne vit que de Kérimel. Elle secoua la tête, plusieurs fois et se concentra sur le tableau. Il valait mieux ne pas regarder les autres, vu son état psychique. Pourtant, même le tableau avait des allures étranges qui ne la rassurait pas. Elle avait l'impression de voir une sorte de trou noir qui risquait de l'absorber d'une seconde à l'autre, si elle s'endormait. Il n'attendait que ça, elle en était persuadée. La potion continuait de faire effet et elle ne s'en rendit pas tout de suite compte. Les sueurs froides, qu'elle ressentait à cause du tableau ou encore des étrangetés qu'il lui arrivait de voir quand elle avait le malheur de tourner la tête vers ses camarades, ne lui laissaient pas vraiment le loisir de réfléchir correctement. Puis, finalement, les hallucinations commencèrent à s'estomper et Alizée put petit à petit reprendre conscience de son corps et de son environnement. Malheureusement, une chose en particulier n'était pas éjectée de son corps, pas encore et il lui fit savoir de façon violente. La demoiselle leva la main et prit la parole dans un même temps.

« Professeur, dit-elle, pressée. Est-ce que je peux... »

Elle ne termina pas sa phrase et se releva pour se diriger le plus rapidement possible, à savoir en courant, vers les toilettes des filles les plus proches. Elle pénétra dans la première cabine qu'elle trouva et s'accroupit au-dessus des toilettes. Son déjeuner se retrouva expulsé de son estomac et finit sa course dans les toilettes. Quelques larmes perlèrent de ses yeux, mais la sensation de brûlure au niveau de son abdomen, si elle n'avait pas totalement disparu, commençait à se faire moins vive. L'envie de vomir disparu également et Alizée s'autorisa un soupir. Ce prof'... Ce Biiip, comprit-elle enfin, les avait empoisonnés avec leur propre potion. Comment s'y était-il pris ? Elle ne le savait pas et, très franchement, elle n'allait pas prendre le risque de lui demander tout de suite. Fébrile, la Serpentard se dirigea vers un des points d'eau et se nettoya le visage, avant de se jeter un sortilège pour paraître moins pâle. Pas que cela lui servait énormément, mais elle préférait cela à se retrouver à nouveau dans cette salle avec un visage témoignant sa faiblesse. Elle retourna ensuite en classe, essayant de paraître aussi digne que possible face au Rowle. Cet homme... Avait des connaissances indéniables, elle le reconnaissait et elle les voulait. Quand elle se rassit, elle posa le regard le plus neutre qu'elle pouvait sur le Mangemort. Elle le détestait pour l'humiliation qu'elle venait de subir. Elle rangea ses affaires, n'ayant que peu d'intérêt à relire des notes faussées par la présence de poison. Il s'était fait une ennemie... Mais elle devait d'abord trouver un moyen de lui soutirer ses connaissances. Seulement, après, elle pourrait éventuellement se venger de lui. Prendre son temps était la clef. D'après elle, il fallait lui préparer un plat glacé.

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MessageSujet: Re: [Cours de potions] Le nouveau maître des potions. Sam 30 Déc 2017 - 16:39

Citation du message.  
« Se livrer aux perfides insinuations du flatteur, c'est boire du poison dans une coupe d'or. »
( Démophile)
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Sa potion terminée, la Serdaigle profitait des quelques minutes de répit qu'elle avait, pour rêvasser. Son regard s'attarda un temps sur Nolan Sherman qui faisait équipe avec Stella Rowell. A en juger leurs visages réjouis, ces deux-là avaient réussi leur potion. Les enviant secrètement, Jessicayumi détourna les yeux. Elle aurait du s'associer avec quelqu'un de plus doué. Mais qui accepterait de faire équipe avec elle ? A tous les coups, elle les auraient fais échoué tous les deux.

Elle n'eut le temps de s'abandonner à de plus profondes réflexions, car le professeur Rowle reprit la parole, leur annonçant quelle serait la suite du cours. Et sa proposition en surprit plus d'un. La sixième année la première. Goûter leurs potions ? Vraiment ? C'était inattendu, mais si cet exercice pouvait permettre à la Serdaigle s'améliorer, elle était prête à tester. Néanmoins, une question la tiraillait. Etait-ce sans danger ? Parce que si elle devait boire sa solution, elle craignait réellement les effets secondaires. Comme pour répondre à ses questions silencieuses, l'enseignant vient donner l'information manquante.


- J’ai éliminé les préparations les plus douteuses.

Pouvait-elle se réjouir ? Sa potion avait très certainement été écarté. Au moins, elle ne finirait pas empoissonnée. C'est du moins ce qu'elle pensait.
Merlin, si seulement elle avait eu des dons divinatoires... !

Crédule, la Serdaigle se saisit d'une fiole de Décoction Dorée dès les dernières consignes données. Elle la fit tourner entre ses doigts, admirant sa couleur or. Non, ce n'était décidément pas sa potion. Elle ne rivalisait pas. Dépitée, elle fit glisser le bouchon du récipient, avant d'avaler le liquide d'or. Si elle n'était pas douée pour préparer la moindre recette, elle n'avait pas de meilleur sens gustatif. Elle resta un moment immobile, comme si cela pouvait l'aider à mieux discerner ce qui était en train de se répandre dans son corps. Ce qu'elle savait, c'était qu'elle se sentait bien. Agréablement bien.

Cette douce sensation ne dura malheureusement pas. En très peu de temps, une fatigue immense la submergea. L'épuisement était bien excessif et soudain pour être naturel. Mais la sixième n'était pas en mesure d'analyser la situation et deviner la cause de cet état. Tremblante, elle s'appuya sur le rebord de son bureau, cherchant un soutien, la respiration haletante. Si dans un premier temps, cela l'aida à se maintenir debout, elle ne put rester bien longtemps dans cette position. Ses jambes semblaient avoir perdues toutes leurs forces. Rester debout était au dessus de ses moyens.

Alors elle glissa au sol.

Avec difficulté, car chaque mouvement était un effort considérable et épuisant, elle positionna son dos contre son bureau. Après un long soupir saccadé, elle ferma les yeux. Elle n'était pas bien et cela n'allait pas en s'arrangeant. Au delà de la fatigue, c'était son estomac qui la faisait souffrir. Elle avait l'impression qu'on la tordait de l'intérieur. Avec un gémissement de douleur, l'adolescente se recroquevilla sur elle-même, espérant soulager ses peines. Sans réel impact. Les larmes finirent par la gagner quand elle crut ne plus pouvoir respirer. L'air ! L'air ! Elle manquait d'air. Ouvrant grand la bouche, elle essayait de l'avaler, implorant intérieurement Merlin pour qu'on lui vienne en aide. Paniquée, son angoisse ne faisait qu'aggraver ses tentatives désespérées. Bouche sèche, regard perdu, la sixième année faisait peine à voir.

Par on ne sait quel miracle, elle parvient à absorber de l'air à nouveau. Elle voulut en emmagasiner un maximum, craignant être de nouveau en pénurie. Mais elle ne pouvait en prendre plus que ce que son corps lui permettait de stocker. En forçant, son ventre semblait se vider (était-ce ses abdos qui travaillaient ?) et cela lui faisait mal.

Elle voulut regarder autour d'elle, mais eut l'impression de débarquer sur un champ de bataille. Était-ce son cerveau qui partait en vrille ou étaient-ils plusieurs à au sol ? Non... Elle devait halluciner... Voulant se rassurer, elle chercha des visages connus tel que Jimmy Kent ou Nolan Sherman et Stella Rowell qu'elle avait observé plus tôt. Mais sa vision était bien trop trouble pour les discerner avec précision. Était-ce le Gryffondor qu'elle voyait un peu plus loin... ? Et ces deux étudiants mal en point, un peu plus loin, étaient-ils Sherman et Rowell ? Jessicayumi n'en serait rien. Elle était dans un brouillard où la douleur était sa seule compagne.

Sans prévenir, ce qui pouvait être comparé à une crise d'asthme (merlin, elle n'en n'avait jamais pourtant) se déclencha à nouveau. Le cœur de l'étudiante s'accéléra immédiatement. Non, NON ! Elle ne voulait pas ressentir sa gorge se sécher et sa langue devenir pâteuse... Ignorant réellement ce qu'elle pouvait faire pour améliorer sa situation, la jeune fille voulut se lever... Mais n'y parvient pas. elle trébucha, s'écrasant pitoyablement au sol. Dans un ultime spasme de douleur, elle déversa le contenu de son estomac au sol.

Si cela la dégouta affreusement, cela eut le mérite de laver son corps du poison qui l'avait attaqué. Elle avait toujours un peu mal, mais elle retrouvait peu à peu ses sens. Elle n'en demeurait pas moins chamboulée. Le visage larmoyant, elle se redressa en tremblant. Elle se sentait terriblement sale.

Intimidée, son regard se tourna vers le professeur Rowle. Était-il possible que... qu'il les ait piégé ? Elle avala de travers sa salive (elle avait d'ailleurs un goût infect !....) à cette idée. Décidément, elle n'aurait jamais de chance avec les potions. Le professeur Slughorn n'était certainement pas parfait, mais au moins c'était celui en qui avait le plus confiance. Merlin, elle le regrettait... Et se demandait si elle devait craindre Rowle de la même manière qu'elle redoutait le professeur Rogue.

[Mon personnage ne rend aucune copie, si jamais vous vous posez la question, professeur. Merci pour ce cours atroce]

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MessageSujet: Re: [Cours de potions] Le nouveau maître des potions. Dim 14 Jan 2018 - 19:50

La surprise fut la première réaction de Malia quand le professeur Rowle accorda 5 points à sa maison pour sa simple proposition. La jeune fille n'avait pas le souvenir d'avoir un jour rapporté des points à Serdaigle pendant une heure de potion, au contraire cette matière avait plutôt tendance à lui en retirer. Puis, son étonnement s'amplifia davantage quand l'adulte annonça qu'il avait choisi sa proposition de potion pour son groupe. Finalement, Malia éprouva un mince soulagement suite à l'appréhension qu'elle avait eue en découvrant ce nouveau professeur.

Malheureusement, la compagnie de Nolan fut de courte durée étant donné que les deux élèves allaient devoir se séparer pour le reste du travail, n'ayant pas le même niveau d'étude.

T’inquiète, lui chuchota le blaireau avant de quitter la table,  tu n’auras qu’à venir me tirer un peu sur la manche si ça tourne mal. De toute façon, personne ne s’étonnera de me voir rigoler, potion ou pas.

Rigoler. Malia avait oublié que ce verbe ne s'appliquerait pas uniquement comme résultat au breuvage, non, cela faisait également parti de la préparation. Depuis quand n'avait-elle plu ri ? Ce mécanisme lui était devenu tellement étranger qu'elle commença à angoisser à l'idée de préparer sa potion. Peut-être que la présence de Nolan et de son humour intarissable aurait pu lui dérober un petit rire. Seulement, elle allait se retrouver seule devant son chaudron et elle craignait à présent de ne pas être capable de concocter quoique ce soit.

Alors que le Poufsouffle s'était levé pour partir, il se retourna soudainement et souffla encore quelques paroles à la Serdaigle, d'un air hésitant :

- Oh et, juste avant, c’est trois fois rien je t’assure, mais tu voudras peut-être juste trouver un petit coin de surface polie pour vérifier ton…

Alors que Nolan dessinait un cercle autour de sa bouche, une montée d'angoisse paralysa Malia. Ses plaies s'étaient-elles remises à saigner ? Non, non, non, par Merlin, pas encore ! Elles avaient enfin réussi à cicatriser !

- Ton tube s’est probablement emballé à l’idée d’approcher pareilles lèvres et il n’a pas su se maîtriser, ça a débordé juste un petit peu sur les joues là. Trois fois rien par contre, je t’assure, il faut bien regarder, it's okay.

Malia resta bouche bée alors que Nolan partait déjà rejoindre une autre table. Plein d'idées se bousculait dans son crâne et un flot de sentiments s'agitaient sur un fond de confusion. A quel jeu jouait donc son ami ? Pourquoi fallait-il toujours qu'il ironise tout, ne pouvait-il pas simplement lui indiquer que ses plaies s'étaient rouvertes ? Le coup du rouge à lèvre mal mis blessa en premier lieu Malia. Elle ne trouvait pas cela drôle. On pouvait rire de beaucoup de choses, mais pas de tout. Et là, le traumatisme était bien trop frais dans l'esprit de la jeune Serdaigle pour qu'elle puisse trouver un quelconque amusement à la blague vaseuse de son camarade. Blessée mais surtout inquiète, la blonde vénitienne porta ses doigts tremblants à son visage et effleura ses cicatrices. Elle sentit alors une surface sèche et rugueuse, les quelques croûtes restantes étaient intacts. Fausse alerte. Mais dans ce cas, pourquoi Nolan lui avait-il recommandé de vérifier l'état de ses joues dans un miroir ?

La Bleue-et-Bronze se leva à son tour pour aller chercher les ingrédients dont elle allait avoir besoin tout en réfléchissant à la question. Elle savait que son ami pouvait être maladroit dans ses propos, mais cela l'étonnait grandement qu'il parle ainsi de ces cicatrices, blagues ou pas. Se pouvait-il qu'il ait été sérieux dans ses propos ? Etait-ce réellement possible qu'il puisse penser que ses cicatrices ne soient que le résultat d'un maquillage raté ? Etait-ce réellement possible qu'il ne soit pas au courant de la torture dont elle a été victime ? Et lui, avait-il aussi été soumis à la baguette mal intentionnée des Carrow ? Plein de questions se bousculaient dans la tête de la blonde vénitienne et elle ne savait plus quoi penser. Elle était tellement distraite qu'elle oublia plusieurs ingrédients et dû faire trois allers-retours avant d'être sûre d'avoir récupéré tout le nécessaire à la préparation de sa potion.

Alors qu'elle commençait sa concoction en versant de l'eau de source dans son chaudron, Malia était tellement perdue dans ses pensées qu'elle sursauta à l'arrivée de Gabriel à sa table. Son camarade de classe était arrivé en retard et s'était donc mis à la seule place restante, devenant ainsi le binôme de potion de la jeune fille. Alors que ce scénarios lui devenait familier, elle commençait à croire qu'un défilé de retardataire lui était exclusivement destinée. Le Gryffondor parût ravi en apprenant l'intitulé de la potion et se mit immédiatement au travail. Malia fut soulagée de ne plus avoir à s'occuper seule de cette potion, d'autant plus que Gabriel semblait connaître sa recette et ses dérivées sur le bout des doigts. Malia l'écouta silencieusement, elle appréciait qu'il lui adresse la parole, car peu de ses camarades de classe osait lui parler depuis les derniers évènements, mais elle ne poursuivit pas pour autant la conversation. D'une part parce qu'elle était bien trop absorbées par ses pensées, et d'autre part parce qu'elle se sentait encore sur la réserve avec cet élève qu'elle connaissait peu.

Gabriel s'était directement attelé à trancher les feuilles d'Alihosty, alors Malia décida de s'occuper du broyage des ailes de Billywig.

- Je… Désolé ! s'excusa subitement le Rouge-et-Or.

Malia, surprise, dirigea son regard vers le plan de travail de son binôme. Elle  s'attendait alors à voir un désastre, mais ce fut loin d'en être le cas. L'aiglonne observa perplexe les feuilles d'Alihosty trachées, cherchant à comprendre où était l'erreur de son camarade. Peut-être les avait-il coupés trop finement ? Malia n'en avait aucune idée, elle ne possédait pas la précision et la subtilité essentielles à ce domaine de la magie, ce pourquoi elle haussa les épaules pour signifier à son camarade que son erreur ne devait pas être si grave que ça.

Par chance, Gabriel se fit une joie d'émettre les différents gloussements et ricanements requis dans la préparation de la potion et Malia n'eut donc pas à se soucier une seule seconde de devoir se séparer dans son visage neutre et sérieux. Quoique, les esclaffements de Gabriel étaient contagieux et elle se surprit à sourire de temps à autre.

Alors que le lion riait toujours de plus belle, l'aiglonne s'occupait quant à elle du remuage de la potion. Seulement, ses pensées étaient toujours et encore troublées par le précèdent échange qu'elle avait eu avec Nolan et de ce fait, elle ne fit guère attention à l'intensité de son geste. Elle avait pourtant elle-même indiqué que le remuage était délicat mais, distraite comme elle l'était, ce détail lui avait déjà échappé et c'est ainsi que son bras fut clairement dépourvu d'énergie et de vigueur au moment où il fallut accélérer le mouvement. Malgré cela, la couleur de la potion vira tout de même au rouge pourpre comme indiquée dans la recette et Malia ne réalisa donc même pas son erreur. Puis, elle du raser un Boursouf pour utiliser ses poils dans la préparation. Adoratrice de ces petites bêtes, elle trouva enfin un petit plaisir à la réalisation de la potion. Elle ne put d'ailleurs s'empêcher de jouer un peu avec la mignonne créature alors que son coéquipier s'affairait à chauffer le mélange. Quand elle eut finit de raser le Boursouf, l'adolescente fit encore preuve de négligence : au lieu de disperser les poils à la surface du liquide, elle lâcha d'un coup la touffe au milieu du breuvage, éclaboussant ainsi le plan de travail et la robe des deux sorciers.

- Oops... prit-elle la peine de murmurer.

Quand ils eurent terminé, la concoction avait étonnement atteint la couleur rouge bordeaux espérée, dissimulant ainsi les quelques petites erreurs répétées lors de la préparation. Satisfaite, Malia se dirigea vers le bureau pour y déposer le breuvage à la pigmentation presque parfaite contenu dans une fiole. Personne n'aurait alors pu se douter à travers une simple observation du breuvage que celui-ci avait été légèrement négligé à plusieurs reprises. Cependant, la magnificence de cette préparation risquait d'être désarçonné si quelqu'un se proposait de la goûter. Et cela n'allait pas tarder. Le professeur Rowle annonça à sa classe qu'une simple préparation ne suffisait pas, il fallait également tester les résultats. Il incita alors chaque élève à ingurgiter quelques goûtes de la potion respective à leur groupe. Quand Malia reçut la fiole de sa propre potion entre ses mains, elle hésita un instant. Non pas qu'elle doutait des intentions du professeur, au contraire, elle doutait d'elle-même. Elle avait réalisé cette potion, certes en compagnie de Gabriel qui avait su montrer ses compétences dans le domaine, mais elle y avait quand même mis sa contribution et c'était bien cela qui l'embêtait. Il était rare qu'elle réussisse ses concoctions et même si elle ne s'était pas rendu compte de ses erreurs, elle savait inconsciemment qu'elle n'avait pas tout fait à la perfection, son esprit ayant été bien trop occupé durant ce cours. Finalement, elle chassa ses doutes et avala un petit volume de sa potion à l'arôme légèrement sucré qu'elle trouva plutôt agréable.

Alors qu'elle retranscrivait sur un bout de parchemins les informations que lui fournissaient ses papilles gustatives, une sensation de flottement l'envahit progressivement. Elle se sentait bien. Invraisemblablement bien. Alors, elle s'arrêta d'écrire, trouvant soudainement cet acte inutile. Il fallait profiter de la vie, pourquoi perdre son temps à écrire ? Elle se tourna alors vers son binôme et daigna enfin lui adresser quelques mots :

- En fait t'es vraiment gentil toi. Le sourire béat qui accompagnait ces mots accentua le ridicule de la situation. T'embarrasser d'un binôme comme moi sans râler une seule fois, c'est vraiment gentil.

Sans vraiment savoir pourquoi, Malia ressentait un élan d'affection pour Gabriel qu'elle ne connaissait pourtant que très peu. En fait, elle avait juste envie d'aimer tout le monde à cet instant précis. A quoi bon la haine quand c'était si agréable d'aimer son prochain ? Alors, comme un contrecoup de la solitude immense qu'elle ressentait ces derniers temps, elle prit Gabriel dans ses bras et lui fit un gros câlin. Puis, elle vit Nolan par-dessus l'épaule du Gryffondor et se détacha subitement de son étreinte pour aller le voir.

- Nolan ! Toi tu n'as pas été très gentil tout à l'heure mais c'est pas grave, je te pardonne !

Alors qu'elle s'approchait pour lui aussi le prendre dans ses bras, un rire incontrôlé prit possession de son corps et elle dut se retenir à une table pour ne pas tomber. Elle n'avait aucune idée de ce qu'elle trouvait si drôle, mais peu importe ce que c'était, elle trouvait ça hilarant. Seulement, même après plusieurs minutes, elle n'arrivait pas à se calmer et des crampes violentes commençait à lui tordre l'abdomen. A cela s'ajouta une odieuse sensation d'asphyxie qui se faisait graduellement ressentir. Bientôt, son rire se transforma en un halètement exagéré et elle dut s'agenouiller par terre afin d'essayer de calmer sa respiration. Quand elle reprit le contrôle, elle ressentit à nouveau une sensation de flottement. Mais cette fois-ci, ce fut de plus courte durée et après quelques secondes son cœur s'accéléra à nouveau. Mais cette fois le monde n'était plus tout rose, au contraire, sa vision s'était brouillée et elle n'apercevait déjà plus Nolan. Etait-ce lui, la forme disproportionné en face d'elle ? Ses membres commençaient à trembler et son esprit divaguait de plus en plus, comme balançant entre l'euphorie, l'angoisse et la colère froide. Malia posa ses mains sur sa tête, comme si celle-ci menaçait d'exploser de façon imminente, et tira frénétiquement sur ses cheveux. Puis, n'en pouvant plus, son corps extériorisa cette violente remontée d'émotion et elle se mit à frapper la forme disproportionnée devant elle. Etait-ce Nolan ? Ou quelqu'un d'autre ? Etait-ce juste un tabouret ? Malia n'en savait rien, elle ne savait pas non plus pourquoi elle ressentait ce besoin hystérique d'asséner de coup ce qui lui faisait face. Mais elle continuait de frapper faiblement avec ses avant-bras, tout en émettant quelques cris, jusqu'à ce que son esprit s'apaise à nouveau, envahit par cette familière sensation de flottement. Elle se sentait soudainement vidée de toute son énergie, comme drainée de la violence hystérique qui l'avait envahi. Elle bascula en avant avec l'envie de vomir, mais elle ne fit que cracher, son organisme étant trop épuisé pour lui permettre de se libérer du poison. Elle s'écroula alors au sol dans un état de semi conscience et agitée de convulsions passagères.

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MessageSujet: Re: [Cours de potions] Le nouveau maître des potions. Sam 27 Jan 2018 - 16:14

La sorcière ferma les yeux. Évidemment il demandait à ce que les élèves goûtent les potions. Elle jeta un coup d’œil au reste de sa potion qu'elle savait réussie. Si vraiment leur Mangemort de professeur avait retirer les plus « douteuses » des potions, Lina ne risquait sans doute pas de mourir, mais elle craignait tout de même les effets secondaires d'un anti – poison sur son organisme. Inquiète, elle regarda ses camarades. Elle venait des faire le tour de la salle quand ses yeux se posèrent sur une de ses camarades de Serdaigle, justement entrain de goûter la Décoction Dorée. Quand elle la vit s'effondrer Lina sursauta : elle savait désormais ce qui allait lui arriver. Avec un calme simulé, la jaune et noire sortit de son sac et carnet pour prendre les notes, mais au vu de sa camarade à terre, elle aurait sans doute du mal à écrire quelque chose, même après le cours...  
D'une main tremblante, Lina dévissa la fiole et la porta à ses lèvres. De suite après en avoir avaler le contenu elle prit sa plume pour noter les différents effets avant d'aller plus mal.

Citation :
Je note d'abord un goût prononcé de citron qui n'est pas désagréable et aide à faire passer le tout + une pointe de menthe.

PHASE 1 :
Je me sens bien et reposée.  Pour l'instant peu d'effets secondaires...


La dernière lettre écrite par la sorcière s'étira un peu sur le papier. À tâtons, Lina chercha un tabouret. Elle manqua de tomber en s'asseyant à côté. Elle commençait à s'épuiser à causes des premiers effets la potion. Lentement, elle lâcha sa plume : il était trop dur de la tenir à la main, son corps ne répondu plus. Elle n'était plus capable de rien. Les larmes lui montèrent aux yeux. C'était ça, une pauvre fille une incapable... Lina baissa les yeux et quelques larmes coulèrent sur ses joues. Elle se sentait terriblement mal, déprimée. Elle s'effondra sur la table en gémissant. Puis ses larmes cessèrent. Lina toucha son visage et se rendit compte qu'elle pleurait sans larmes. En se touchant ainsi, elle remarqua également que ses lèvres étaient particulièrement sèches et que ça peau la tiraillait. Elle aurait voulu noter ça dans son carnet, mais chaque geste lui demandait trop d'effort. Vaincue, elle posa son front contre le bois de la table. Son ventre se mit à gargouiller. Pendant un bref instant, le sorcière s'étonna de pouvoir ressentir la faim mais, au bout de quelques secondes, elle comprit qu'il ne s'agissait pas de cela. Une douleur vive pointa le bout de son nez, quelque chose qui ressemblait à une colique. Elle serra les dents et se recroquevilla sur sa chaise, comme pour envelopper la douleur et ainsi la faire taire. Mais c'était un effort inutile. Pendant un bref instant, elle eut la sensation d'aller mieux, ou peut – être de s'habituer et a blairelle se redressa, avisant ainsi ce qui se passait dans le reste de la classe. Plusieurs élèves étaient à terre et comme elle gémissaient, pourtant, et Lina ne se l'expliquait pas il y avait du sang par terre. Beaucoup de sang. Quelqu'un s'était – il blessé ? Elle retint un cri d'effroi et tenta de se lever. Son regard fut ensuite attiré par un drôle de mouvement dans son chaudron : des centaines d'asticots entrain de se débattre dans un liquide épais et noir.  La sorcière repoussa avec force le réceptacle qui failli glisser de la paillasse. C'était impossible, ce n'était pas réel, c'était forcément dans sa tête, à cause de la potion. La sorcière regarda ses mains. Elles étaient légèrement rougies, et très abîmées. Lina gratta et des petits bouts de peau, comme des pellicules tombèrent sur ses genoux.  Toutes ses sensations lui donnaient le tournis. Elle tenta de compter les battements de son cœur, puisque c'était son nouveau toc. Mais il battait tellement vite qu'elle perdit le compte, ce qui l'angoissa. Sa gorge se noua. Son ventre était toujours douloureux. Elle le palpa et le trouva dur, ce qui était inhabituel : tous ces muscles, même les plus inactifs semblaient s'être contractés. Pourtant elle avait la ferme impression que quelque chose était entrain de remonter à l'intérieur d'elle. Avec crainte elle jeta un coup aux vers dans son chaudron. Pendant un bref instant, il s'imagina en vomir par milliers en plein milieu de la salle. Mais non. Ce n'était solide, mais liquide. Finalement, la sorcière récupéra son chaudron, et faisant fi des asticots à l'intérieur rendit le contenu de ce qu'elle avait avalé plutôt dans la journée.

Épuisée et en sueur, Lina cessa tout mouvement. Elle était toujours entière, sur son tabouret, sa tête posée sur les avant bras. Lentement, elle compta ses respirations. Elle était à peu près sûre que son cœur avait repris un rythme normal. Les douleurs au niveau de son estomac se calmèrent, lentement mais sûrement. En revanche elle restait extrêmement fatiguée. Elle ferma les yeux pendant quelques minutes. La jeune femme aurait voulu dormir mais le goût dans sa bouche la gênait. Finalement, elle récupéra des feuilles de menthe qu'elle mâcha. Ce n'était pas terrible, mais c'était mieux que rien.
Puis elle se rappela le carnet. La sorcière l’amena jusqu'à elle et pris sa plume.

Citation :
PHASE 2 :  effets secondaires.
Fatigue intense. Symptômes dépressifs. Assèchement de la peau et du corps (impossible de pleurer ?). Fortes douleurs intesti... Lina raya le mot. au niveau de l'estomac.

PHASE 3 : rémission ?
Deux hypothèses : ou une courte phase de rémission, ou le niveau de tolérance de l’organisme augmente.

PHASE 4 : reprise.
Hallucinations anx...iogènes. Genre de plaies sur les mains et peut – être le reste du corps. Malaise. Accélération du rythme cardiaque. Contractions musculaire au niveau de l'abdomen.

PHASE 5 : purge.
Vomissement.


SYNTHÈSE :
Goût de menthe et de citron. Prononcé. Agréable.
Forte hallucinations provoquées par la Lediste des murets – mais il semble compliqué d'en verser moins d'une goutte.
Douleur à l'estomac – provoquée par la camomille ?

Il y avait sans doute plus à dire, mais la sorcière était épuisée et son cerveau était en panne. En regardant les pages du carnet, elle se demanda si son professeur serait capable de la relire : son écriture était tremblante et ressemblait à celle d'un enfant. Elle tacha de se souvenir de ses sensations mais rien ne lui vint. Elle transpirait... Sans doute avait – elle eu de la fièvre. Elle ajouta ce symptôme dans la phase 2 et ferma le petit livre qu'elle poussa sur le côté.

Cette école allait la tuer.

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MessageSujet: Re: [Cours de potions] Le nouveau maître des potions. Mar 30 Jan 2018 - 23:38

J’ai une racine de camomille coincé dans l’oreille ou il a bien dit « goûter » ?

Nolan n’avait honnêtement rien suivi du petit manège du Sir Rowles, concentré qu’il était à ranger grossièrement leur plan de travail, persuadé que cette obligeance allait lui permettre de déguerpir un peu plus rapidement une fois leur leçon conclue. Du coup, il n’eut d’autre choix que de s’interrompre avant d’apostropher Stella au sujet de ses hallucinations auditives. Goûter la préparation du jour ? Carrément ? Semblait-il que oui, puisque les fioles de décoction dorée circulait déjà, de rangs en rangs, jusqu’à parvenir à leur(s) cuisinier(s) particulier(s). Par politesse, le blaireau offrit bien sûr la première lampée à sa consoeur Serdaigle, impatient tout de même de pouvoir procéder à son tour à une dégustation en bonne et due forme.

Santé Rowell !

Museau en l’air, Nolan y alla d’un bon gargarisme — sans rien recracher la précieuse décoction — en parfaite abstraction de son entourage et des convenances, obtempérant ainsi au seul segment de consigne qu’il avait capté : ressentir, analysez et distinguer bien correctement tout les goûts et effets procurés par l’exercice. Il n’avait pas hésité l’ombre d’une seconde à se lancer tellement il avait confiance en leur préparation. Puis après tout, c’était bien un potion curative qu’ils avaient préparés là, alors sinon qu’un estomac un brin contrarié — ce dont il avait l’habitude pour tout dire — le sixième année ne parvenait pas à se figurer de conséquences insurmontables à l'exercice.

On a peut-être abusé un peu avec la menthe, non ? Ça a quasi l’arrière-goût de ces confiseries dont les vieux sorciers sans dentiers raffolent.

Balayant illico plusieurs restes d’ingrédients d’un grand coup de paume, le blaireau fouilla distraitement son matériel de cours à la recherche d’un bout de parchemin vierge, prêt à noter cette observation capitale, mais il se résigna finalement à le gribouiller directement dans les marges de son manuel de potions, gagné par un sentiment d’invincibilité et de flottement bien soudain. Définitivement son estomac tenait bien la potion, ce qui semblait être le cas pour tous d’ailleurs, à l’exception peut-être de quelques têtes dans les premiers rangs. Ravigoté comme jamais depuis la rentrée, Nolan se voyait déjà ajouter une cuillerée de décoction dorée à son thé tout les matins tant l’effet lui plaisait et tant pis pour la difficulté à se procurer les ingrédients requis ou l’exécution de la préparation elle-même. Non, son esprit dopé n’avait que faire de ce genre de considérations. Cela dit, son taux de dopamine ne rivalisait pas encore avec celui de cette chère Montgomery, complètement hilare alors qu’elle approchait d’un élan qui s’annonçait… affectueux ?

- Nolan ! Toi tu n'as pas été très gentil tout à l'heure mais c'est pas grave, je te pardonne !

Comme surpris par cette offre d’amnistie, Nolan se releva d’un trait et recula d’un bon pas. À vrai dire, il devenait difficile de croire en toute forme de conflit récent lorsqu’on observait Malia s’esclaffer ainsi, pliée en deux, ses longs cheveux aux couleurs de l’aube touchant presque le sol, effaçant complètement son visage. D’ordinaire, le blaireau aurait été la première victime d’un rire si contagieux, mais le charme n’opérait pas cette fois, une fulgurante fatigue ayant pris le pas sur son humeur. Bon sang de boursouf, non seulement l’efficacité de leur décoction dorée était de courte durée, mais elle était également discutable à en juger par les gargouillis de son estomac contrarié.

Autour de lui et à mesure que son souffle s’écourtait, il remarqua soudain les corps de ses camarades qui s’allongeaient et se contorsionnaient, plongeant un à un depuis le premier rang, le tout sous l’oeil attentif et inébranlable de leur maître de classe. Confortablement installé à son bureau, Andreas Rowle n’offrait à son auditoire que le reflet de sa froideur, une impassibilité qui ne fut troublé que lorsque que Wayoth Fawkes — un Nuncabouc de septième — fut prit de crampes si violentes qu’il rata une marche vers la sortie, l’entraînant ainsi dans une mauvaise chute qui ne tarderait plus à imprimer sur son crâne quelques marques permanentes. Alors seulement, le quinquagénaire avait relevé une main pour lisser distraitement quelques poils blancs à la commissure de ses lèvres, puis avait aussitôt reporté son attention sur le reste des effectifs en souffrance, incluant la Belmontet qui venait de glisser à son tour. Par les jupes de Dumbledore, celui-là ne valait pas mieux que la moitié d’un Carrow !

Hey, easy tiger !

Malgré qu’il fut à son tour la proie d’une prodigieuse montrée de fièvre, ce furent les coups de poings répétés de Malia qui eurent bientôt raison de l’équilibre du blaireau, le poussant à la renverse sur le tabouret ou il était installé pourtant si confortablement quelques minutes auparavant. Inexplicablement, la blondinette était passé de l’euphorie à la colère, bousculant tout autour d’elle jusqu’à ce que ses forces l’abandonnent et qu’elle n’emboîte le pas au reste de la classe, convulsant légèrement jusqu’à se laisser choir sur le plancher des veaudelunes. Il aurait pu tenter de la contenir maladroitement, mais pour tout dire, il n’en avait pas la force et c’était bien tant mieux, parce que vu l’état des choses, l’un ou l’autre allait se retrouver avec une baguette planté dans l’oeil sans trop qu’on sache comment ni pourquoi. Enfin, pour combattre le tournis qui le gagnait doucement, Nolan se releva d’abord légèrement au moyen de ses coudes, puis alla finalement appuyer — ou plutôt abattre par désespoir — son front reluisant de sueur sur le rebord de leur table de travail. En relevant un peu la tête, il pouvait vaguement distingué la silhouette d’une Stella affalée sur la surface de bois ou les ingrédients restants avaient été balayés de tout les côtés, possiblement dans une tentative de la pauvre préfète de s’agripper à quelque chose. Leur fiole d’essence de chou s’était renversé sur son manuel de cours et le morceau restant de leur bézoard avait roulé depuis le mortier jusqu’au nez du sixième année. Oh wait, ce truc, c’est bien le remède universel non ? Avant que son oeil gauche — le seul encore fonctionnel apparemment — ne tourne définitivement, le Poufsouffle s’empressa donc de subtiliser la fraction restante de l’ingrédient pour le gober sans hésitation et avec difficulté, dans l’espoir que les effets curatifs soient imminents. Bientôt, son rythme cardiaque reprit un cours normal et Nolan fut apte à s’asseoir.

Il lui fallu tout de même un petit moment pour reprendre ses esprits, mais lorsque ce fut bien le cas, c’est sur Malia que son regard — comptant de nouveau deux organes fonctionnels — se posa en tout premier. La pauvre, joue contre terre, semblait avoir perdu le contrôle de l’ensemble de ses muscles et toussait toujours faiblement, quoique de façon continue.  Glissant à genoux jusqu’à parvenir à son chevet, le rouquin hésita un moment sur la marche à suivre et opta au final pour s’allonger sur une paillasse, tout pareil, question que leurs visages soient au même niveau.

Malia ? Écoute, on va te sortir de là d’accord ? Je crois qu’il y une salle de bain pas trop loin et sinon, il y a l'infirmerie, mais pour ça, il va falloir que je… puis il s’interrompit pour mimer quelque chose que Merlin lui-même ne serait sans doute pas parvenu à déchiffrer. Nevermind. Okay on y va, accroche toi !

Après s’être relevé d’un trait et avoir littéralement bondi par-dessus la Serdaigle, il entreprit de la rouler doucement sur le dos et vers la paillasse à sa droite. Évidemment, il avait oublié de dégager les cheveux d’or de la demoiselle qui s’enroulèrent partiellement autour de sa gorge, ce qui ne s’améliora guère une fois qu’il tenta de l’aider à se relever en glissant son bras dominant sous son épaule, se retrouvant désormais à en étirer plusieurs mèches à contre-sens, ce qui devait tout de même n’être de le dernier des soucis de Malia en matière de souffrance. Enfin, maintenant que la position verticale était atteinte, il fallait encore échapper au Sir Rowles, aka le seul type avec une mâchoire plus carrée d’une brique de Tetris, c'est bien dire qu'il comblait tous les angles. Bientôt, ce cours s’ajouterais donc à la liste des supplices et autres fourberies auxquelles ils avaient survécus et pour Nolan, cette pensée s’avérait gravement plus effrayante que glorieuse.

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MessageSujet: Re: [Cours de potions] Le nouveau maître des potions. Lun 5 Fév 2018 - 21:57

Manifestement, Andreas avait suffisamment bien présenté la dégustation pour éviter les révoltes inutiles, à moins que la charrue des Carrow ne s’avère bien plus efficace à labourer les jeunes cerveaux et leur résistance. Il eut quand même droit à quelques regards incrédules, étonnés et à juste titre méfiants, ce qui promettait un empoisonnement pas si dénué d’intérêt. Comprenez, qu’ils furent usés à la torture ou pas, le Prof’ voulait aussi planter son petit drapeau sur le cimetière de leurs espérances. Heureusement pour lui, la souffrance était protéiforme et il savoura autant les enthousiastes, dont il saluait l’élan passionné pour les potions, qui avalaient le breuvage comme du jus de citrouille, que les réfractaires qui reniflaient -inutilement- les odeurs pour déceler de quoi satisfaire leur méfiance. Mais Andreas souriait à demi, confiant, et regardait la salle s’empoisonner comme Néron sur le point de jouer son riff à la lyre sur une Rome partant en flambée. Contrairement à certaines autres mangemorts, le sang ne brillait pas au fond de ses yeux et son visage n’était pas de ceux qu’on verrait tirer des cadavres par les pieds pour s’en débarrasser. Et effectivement, même lorsqu’il avait tué son propre père, c’était la police magique qui était venue chercher son corps dans la chambre. Andreas n’avait pas non plus l’allure de quelqu’un qui savait profiter de la vie, alors on ne lui soupçonnait pas au premier coup d’œil cette soif pour la brutalité. Il savait ne pas pouvoir jouir de ce privilège anonyme pendant longtemps et bientôt, il risquait d’être aussi peu mystérieux qu’un bout de bois sec sur la plage, alors autant bien, bien profiter de ces quelques minutes où la surprise se mêlerait si bien à la douleur sur ces visages lisses.

Une vague de bonheur advint d’abord, parce qu’il n’y avait pas de tempête sans beau temps, durant laquelle certains s’aventurèrent même à noter quelques remarques sur du parchemin. De son côté, Andreas guetta les premières crispations. Les premiers à boire étant aussi les premiers à défaillir, il n’eut aucune surprise à voir mademoiselle Shafiq flancher. Encore une fois, les hallucinations étaient mille fois plus intéressantes à regarder qu’une mort pleine de souffrances, car la pauvre Mlle Parano s’excitait comme un Severus Rogue qu’on essayait d’obliger à prendre un bain. Petit à petit, le chaos gagna la salle de classe aussi sûrement que l’eau qui monte à cause d’une canalisation bouchée. Soudain, chacun se retrouva dans une petite bulle personnelle, séparé des autres par les limites de son propre univers. Andreas, apathique aux diverses démonstrations de la trivialité prosaïque du corps humain, ne réagit pas aux différents ronflements, reniflements, pleurs, morves et autres sécrétions liquides ou soubresauts physiques de l’hécatombe qui l’entourait. C’est là, entre les rires hystériques et les pleurnicheries de dessous de table, qu’il entama sa chanson. Vous croyiez que Néron n’était qu’une métaphore peut-être ? Tout massacre mérite son air et Andreas entama le sien d’un ton bas et tranquille, rythmant l’affolement des souffreteux en marquant le premier temps. Car s’il était dénué de sens esthétique, au moins possédait-il celui de la bonne cadence.

- Le cours de potion sera peut-être le seul où vous serez considéré comme égaux face à la compétence. Réjouissez-vous, travailleurs acharnés et talentueux étudiants, vous avez tout à gagner. Pleurez, ceux qui pensaient tout avoir grâce à leur nom, car vous n’êtes pas mieux lotis ici que les sang-de-bourbes ayant usurpé leur présence en ces murs. Les yeux couleur de pluie glissèrent vers d’avérés Nuncaboucs, puis sur celui d’entre eux qui, trop grand et maladroit, n’y tenait déjà pas par la carrure ou la parole. Celui qui avait trop parlé et maintenant gisait à terre, juste à côté d’individus qui pouvaient prétendre à une pureté de sang irréprochable. Andreas croyait aux vertus du sang, mais encore plus croyait-il au pouvoir de le la compétence. Comme en sortilèges, votre potion est toujours destinée à quelqu’un. Je sais, c’est audacieux à comprendre, comme concept. Pas toujours facile de faire face à ses responsabilités. Il eut un silence observateur et entendu, peut-être seulement de lui par ailleurs. Pour lui, ce régime était une conséquence directe de la mollesse dans grandes familles magiques, trop tolérantes, tout comme l’avidité égoïste des nés moldus, qui continuaient à se multiplier sans se dire un instant qu’à trop couper la poire, ils risquaient tous de se retrouver avec le pédoncule. Le Seigneur des Ténèbres était un excès provoqué par un autre excès, dont les coupables étaient bien connus. Je vous fais une fleur en vous donnant un aperçu plutôt moyen de ce que peut donner une potion mal préparée. Sachez qu’à chaque cours, vous testerez vos propres créations, systématiquement et que de votre état dépendra votre note. Cet art est un effort constant et je pense que d’ici peu, vous comprendrez l’importance de la minutie à force de subir vos propres échecs.  

Andreas caressa sa barbe soignée de la main, longeant d’abord sa mâchoire, avant que ses doigts ne rejoignent la pointe de son menton. La faute était consciente pour le coup, mais combien d’eux savaient qu’empoisonner une potion était diablement facile et souvent plus efficace lorsque c’était fait par inattention et ce avec des conséquences bien plus sanglantes ? Jadis, il avait déjà vu un petit malin mourir, déchiré de l’intérieur par une essence de Dictam mal préparée, qu’il avait bu au lieu de se l’appliquer sur la peau, obligeant son organisme à se protéger et guérir de soi-même en recouvrant tous ses organes d’une peau neuve.

Le Prof’ se leva, contourna son bureau et partit faire une courte ronde, tandis que les souffles se calmaient doucement et que les gémissements devenaient plaintifs en écho, et non plus de n’en plus pouvoir. Ceux qui reprenaient conscience lui jetaient déjà quelques regards haineux. Mh. Ils avaient encore de la force pour haïr ? Il y aura plus d’Aconit la prochaine fois, quitte à les voir régurgiter du sang jusqu’à l’anémie. Il aurait bien écrasé son pied sur le visage de porcelaine de la Shafiq qui le toisait dans la défiance, mais il aurait fallu lever la jambe un peu trop haut et il se contenta d’une raillerie :

- Une Shafiq qui s’empoisonne ? Vous êtes sûr de ne pas avoir été adoptée ?

Demanda-t-il avec une ironie palpable à Alizée, qui était encore bien trop dans les vapes pour lui répondre. Tant mieux, il n’aimait pas qu’on commente ses fugaces traits d’esprit. Puis, ils n’étaient pas tant pour elle que pour son bon plaisir. Andreas continua sa ronde, enjambant des morceaux de corps désarticulés par la fatigue ou l’inconscience. On aurait dit une équipe de Quidditch après un match de trois jours, dévastée et épuisée par sa défaite, en train de mourir dans les vestiaires. Certains avaient déjà eu le temps de se purger sans atteindre les toilettes ou un lavabo, alors une légère odeur d’acide avait commencé à surnager dans l’air. D’autres tremblaient encore au sol, en position fœtale, ou s’agrippant à la table comme des noyés à une planche en bois, se rendant compte dans la douleur des désavantages d’une constitution fragile. Dans sa main, il avait sa baguette, au cas où si certains s’avéraient trop fragiles pour ce monde en général. Détrompez-vous, ceux-là pouvaient bien mourir d’une crise cardiaque, mais comme déjà évoqué, Andreas ne trainait pas ses cadavres par les chevilles. Il passa d’ailleurs à côté d’une aiglonne en train de survivre à sa torture, avant de vomir à quatre pattes. Le potionniste s’en écarta vivement, évitent les relents de suc gastrique.

- Professeur, est-ce que je peux...
- Vous pouvez.

Autorisa-t-il avec bienveillance. De ce qu’ils pouvaient, ils pouvaient peu de toute façon ! Par-dessus l’épaule de la blairelle qui avait le mieux réussi sa Décoction Dorée, Andreas admira la ténacité de cette jeune femme à absolument vouloir rentrer dans le moule de ce qu’on lui avait demandé. En sueur, tordue et les cheveux en collés, elle jouait les parfaits martyres en écrivant ses observations sur son morceau de parchemin, où des inattentions avaient étalé de l’encre encore humide, déformant les lettres comme écrites par une patte d’oiseau. Andreas se pencha par-dessus l’épaule saillante et quelques boucles d’argent dévalèrent la cascade pour se perdre sur son haut front.

- Qu’est-ce que vous pensez de ce que vous avez écrit ? Est-ce que vous pensez vraiment que c’est satisfaisant ?

Ce qui fut le plus cynique, c’est que la question avait vraiment été posée sur le ton de la question, sans ironie ni sous-entendus. Andreas était si satisfait qu’il n’avait même pas besoin de sourire, son menton relevé et le fait qu’il fut le seul debout et propre sur soi -au sens propre bien entendu- suffisait à souligner sa distinction sans avoir besoin de fioritures buccales artificielles. Quoi qu’il s’amusait comme un fou le diable. Ce qui attira le regard de Néron par la suite et l’obligea même à s’arrêter pour contempler la scène, fut le combat d’un spaghetti contre une carotte. Tantôt, le spaghetti finit vaincu par sa propre mollesse et s’enroula par terre, mais la carotte, oh ! La petite coquine de carotte eut ce qu’on pouvait appeler une révélation céleste. Monsieur Sherman pouvait remercier sa carrure avantageuse, qui lui avait probablement épargné l’aveuglement évanoui ou troublé par la douleur au point tout bonnement miraculeux où, lorsqu’il vit le petit morceau desséché de bézoard trainer à côté de lui, Sherman s’en servit à bon escient ! Le glouton goba le caillou comme une grenouille avalant sa mouche et Andreas connut une sorte de point aussi culminant qu’inattendu dans sa jubilation sadique. Il appréciait voir les médiocres échouer, mais les petits soubresauts de génie le paralysaient d’une satisfaction quasi christique. Il regarda, hypnotisé, le blaireau guérir tout seul. Ne pouvant s’en empêcher, triomphant de l’ingéniosité banale de son étudiant, Andreas lâcha un « Ha ! » bref mais éloquent. Bien sûr, sa fidélité de jaune alla à la victime à ses pieds, qu’il choya avant de s’emmêler dans sa chevelure gorgone. Lorsque le couple parvint à trouver un équilibre sur leurs béquilles et se précipita en titubant jusqu’à la porte, Andreas leur jeta dans le dos d’une voix plus enjouée que ce qu’il aurait voulu :

- Trente points pour vous, monsieur Sherman, et pour votre exceptionnelle débrouillardise ! Vous semblez être un parfait exemple de savant idiot. J’espère que ce n’était pas un hasard, car vous portez maintenant le poids de grandes espérances ! Ironisa-t-il, sachant parfaitement qu’il n’était pas bon de souffrir moins que les autres, ou d’être dans la mire du professorat actuel comme Sherman venait tout juste de se retrouver l’être. Andreas se retourna vers le reste de la salle et conclut. Cinq points en moins pour Grade et Asher, qui sont arrivés en retard. Jeunes gens ! je vous dis à la semaine prochaine.

Balayant une dernière fois le champ de bataille avec son regard d’acier, Andreas fit demi-tour et sortit de la classe. Sur le chemin, il appela les créatures serviles du château et leur ordonna de ranger la salle de classe dans l’immédiat.

- Et si vous tombez sur des élèves inconscients, sortez leurs corps dans le couloir, ils finiront bien par se réveiller.






Je voulais vous remercier pour votre participation et espère que vous avez pris du plaisir à écrire pour ce cours de potion qui est le premier d’une longue lignée pour tous les élèves ! J'ai beaucoup apprécié de vous découvrir tous à travers ce cours des plus agréables en tout cas ! (Qui en aurait douté ?)
Gardez l’estomac accroché et un bézoard dans la poche. N’hésitez pas à me donner votre opinion quant à l’animation, que je puisse m’améliorer à l’avenir et vous proposer quelque chose d’équivalent et même meilleur !
Les récompenses sont maintenant closes, mais je vous laisse encore un mois si jamais quelqu'un veut écrire un mot de fin, après quoi le cours sera archivé.



Voici le total des points personnels et des points maisons :
S'il y a des inexactitudes, contactez-moi, je corrigerai ça.
 

Points Personnels

ParticipantsPartie 1Partie 2Partie 3Potion InventéeBonus participation x 3Total
Alizée Shafiq5006003003002001900
Jimmy Kent500 500
Jessicayumi Belmontet500300300 2001300
Andrée de Kerimel500600 300 1400
Nolan Sherman500600300 2001600
Lina H Kaveline5003003003002001600
Stella Rowell500 500
Maya Livingstone500 500
Malia Montgomery500 300 800
Oliver Grade 300 300
Gabriel Asher 300 300


Première partie : +500
Deuxième partie : +300 par post.
Troisième partie : +300 par post.

Potion inventée : +300
Bonus participation aux trois parties : +200



Points pour les maisons

ParticipantsPropositionPotion choisiePotion RéussieMalus RetardBonus TurboTotal
Alizée Shafiq5 10 15
Jimmy Kent 0
Jessicayumi Belmontet5 5
Andrée de Kerimel51010 25
Nolan Sherman5 3035
Lina H Kaveline51010 25
Stella Rowell 0
Maya Livingstone 0
Malia Montgomery5105 20
Oliver Grade 10-5 5
Gabriel Asher 5-5 0


Proposition de potion : +5
Potion choisie par groupe : +10
Potion réussie : +10
Malus retard : -5
Bonus Turbo spécial Nolan : +30


PS: Malia et Gabriel, vous ne recevez que 5 points pour la potion réussie étant donné que je choisis votre potion pour la démonstration, mais que vous avez eu deux échecs de dés.

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