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[1994] Un duo improbable [PV Astrid Shafiq]

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SORCIEREcrivain
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MessageSujet: [1994] Un duo improbable [PV Astrid Shafiq] Dim 9 Juil 2017 - 16:53

28 Août 1994 :





Uther arpentait les couloirs éclairés du Bureau des Aurors. Cà et là, il pouvait voir de nombreux sorciers à l’air affairé penchés sur des avis de recherches et des dossiers composés d’innombrables feuillets, des notes de services voltigeant d’un bureau à l’autre dans un ballet incessant.
Appréhendant l’un des employés du ministère, il demanda :

- Excusez-moi, je cherche le bureau de Mr. Shacklebolt.
- Troisième porte à droite, lui répondit le sorcier d’un ton sec sans prendre le temps de s’arrêter.

Uther continua son chemin, comptant pour lui-même en désignant chaque porte.

*Une, deux et trois. Ça doit être ici.*


Il frappa trois coups secs sur le bois, et une voix lente et assurée lui parvint de l’intérieur de la pièce, l’invitant à entrer.  

Le bureau, vaste, lumineux et bien ordonné malgré l’impressionnante quantité de dossiers empilés sur diverses étagères bordant les murs, était occupé par un sorcier d’imposante stature, occupé à gratter quelques mots sur un parchemin d’un blanc de neige.  

- Bonjour, Mr. Shacklebolt. J’ai formulé une demande d’assistance, et l’on m’a assuré que vous étiez en mesure de m’aider.

Le sorcier lui répondit de sa voix profonde sans prendre la peine de lever les yeux de son ouvrage.

- Et en quoi le bureau des Aurors pourrait-il vous être d’une aide quelconque ?

Uther, à peine offusqué par l’indifférence non-dissimulée de son interlocuteur, exposa sa demande.

- Je suis en pleine préparation d’une expédition extrêmement dangereuse au sein d’une ancienne ruine magique, et j’aurais besoins d’une escorte pour assurer ma protection.

Toujours sans daigner regarder son visiteur, l’Auror expliqua calmement :

- Vous devez comprendre que le bureau des Aurors n’a pas pour vocation de réaliser des escortes privées. Sans compter que depuis l’apparition de Mangemorts accompagnés de la Marque des Ténèbres lors de la  finale du dernier mondial de Quidditch, toutes nos forces sont mobilisées pour l’appréhension des responsables, monsieur… Monsieur ?

- Lowe.

Kingsley Shacklebolt leva finalement les yeux de son parchemin.

- Uther Lowe ? L’auteur de « Réflexions sur Excalibur, l’épée des rois » ?

- Entre autres, Monsieur.

Le sorcier examina longuement Uther avant de répondre.

- Intéressantes théories, que vous avancez dans votre livre, Mr. Lowe. Cependant, et j’en suis navré, Barthemius Croupton n’accepterait certes pas que l’on détache quelques unités pour une expédition personnelle, surtout dans la situation présente. Vous feriez mieux de vous adresser à une compagnie privée, voir à des mercenaires, pour vous seconder dans vos expéditions.  

- J’ai en effet envisagé cette possibilité, répondit Uther. Malheureusement, l’objet de cette expédition concerne un artéfact très puissant, et je ne souhaite en aucun cas qu’il tombe en de mauvaises mains. La loyauté des mercenaires est régie par le nombre de Galions qu’on leur verse, et je ne prendrais pas le risque de leur faire confiance. C’est pourquoi je m’étais tourné vers vous.

L’auror se gratta pensivement le menton avant de répliquer.

- Bien. Je ne vous promets rien, mais si vous m’expliquiez plus en détail cette opération, je pourrais peut-être envisager de vous procurer une quelconque assistance. Quand vous parlez de cette fameuse expédition, par quoi entendez-vous exactement « extrêmement dangereuse » ? Où se situe cette fameuse ruine magique, et quel est l’objet de votre recherche ?

Uther hésita à répondre. Les informations que lui demandaient Kingsley étaient le fruit de plusieurs années de recherches, et leur valeur, inestimable, ne pouvait être bradée contre une non-promesse d’assistance.

- La confiance doit marcher dans les deux sens, Mr. Lowe, déclara Kingsley, qui, de toute évidence, avait deviné les pensées d’Uther. Répondez à mes questions ou allez querir l’aide de quelqu’un d’autre.

Au pied du mur, Uther n’eut d’autre choix que d’accepter ces conditions.

- Je suis à la recherche du Médaillon des Ages. Il s’agit d’un artéfact permettant de contempler le monde à travers le temps. C’est une sorte de mélange entre un retourneur de temps et une pensine, dans le sens où le porteur peut explorer le passé des endroits qu’il arpente, sans y être présent physiquement. Il réside dans un temple secret, dans la forêt de Brocéliande, en Bretagne. D’après ce que j’en ai lu, ce temple serait caché dans une partie sombre de la forêt, où nul ne s’aventure depuis longtemps. Cette zone serait infestée de créatures maléfiques, principalement des Chaporouges, si j’en crois les écrits. Mais il n’est pas impossible que d’autres êtres habitent ces bois. De plus, d’après quelques histoires, le temple aurait jadis été le repaire d’un très ancien clan de vampires. Je ne sais pas si ils sont toujours présents sur place, mais si ce n’est plus le cas, ce qui les en aura chassé aura pris possession des lieux, ce qui est loin d’être rassurant.

Uther ne dévoila rien de la grande probabilité que le temple soit, en réalité, abandonné. Il avait désespérément besoin d’obtenir cette escorte, et il ne voulait ni en dévoiler la véritable raison, ni laisser croire à Kingsley que l’unique menace résidait dans un groupe de Chaporouges – menaçants, certes, mais en aucune façon un obstacle dont il ne pouvait venir à bout par ses propres moyens.

Kingsley, de son côté, semblait en proie à une intense réflexion. Après une minute de silence, il rendit son verdict.

- Très bien, Mr. Lowe. Je vous enverrais quelqu’un pour vous servir d’escorte. Vous vous rendrez au Chaudron Baveur, le 26 octobre prochain, à 10h du matin. Mon agent vous y attendra.

En proie à un intense soulagement, Uther poussa un léger soupir en souriant.

- Merci, Mr. Shacklebolt, merci infini…

- Il y a néanmoins une condition sine qua non, coupa le sorcier.

- Laquelle ?

- Vous me fournirez un compte-rendu détaillé de votre expédition. Je veux tout en savoir. Les problèmes rencontrés, la façon dont mon agent vous en a débarrassé, les affrontements contre créatures ou sorciers… Je veux un rapport complet.

Uther, malgré ses capacités de réflexion, ne parvint pas à comprendre la finalité de cette demande. Qu’importe ! Si c’était là la seule exigence de Kingsley Shacklebolt, il pouvait bien y accéder.

26 octobre 1994 :






Uther était assis sur à une table du Chaudron Baveur depuis près de trente minutes. Il attendait l’escorte promis par Kingsley en relisant ses notes devant un verre d’hydromel. Il sortit sa montre à gousset.

*Peu importe qui m’accompagnera, il ne devrait plus tarder, désormais*


Il perçu un mouvement devant lui. Le bruit d’une chaise raclant le sol et le froissement significatif des vêtements de quelqu’un qui s’assoit. Il leva brièvement les yeux pour tomber nez à nez avec une jeune – très jeune – fille. Teint pâle exacerbé par un maquillage sombre, des yeux dépareillés – l’un d’azur et l’autre d’émeraude –  cerclés de far à paupière noir, cheveux bruns et vaporeux. Elle portait un long manteau de feutre cramoisi ouvert sur un débardeur de jais laissant deviner la sveltesse athlétique de ses formes. Un jean délavé et ouvert de quelques déchirures esthétiquement travaillées ainsi qu’une paire de chaussures épaisses semblables à des rangers. Un style que les moldus qualifieraient de « résolument rock n roll ».

Tout en reportant son attention sur son carnet de voyage, il s’adressa à sa nouvelle compagnie importune :


- Loin de moi l’envie de vous paraître impoli, Miss, mais j’attends quelqu’un et les places ne manquent pas dans ce pub. Pourrais-je vous suggérer d'aller vous installer ailleurs, je vous prie ?

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MessageSujet: Re: [1994] Un duo improbable [PV Astrid Shafiq] Lun 17 Juil 2017 - 0:54


1 Octobre 1994 ; Poudlard.

Astrid observa la gargouille qui se déplaçait sur le côté, se triturant les mains nerveusement. Le professeur Dumbledore avait fait passer un mot à la mercenaire, lui demandant de venir dans son bureau en ce début de soirée, pour 18 heure. La demoiselle n'avait aucune idée du pourquoi il voulait la voir, aussi son état de stress était monté rapidement. Ayant reçu le mot de son préfet en début de journée, elle avait passé l'entièreté du samedi à se demander ce qu'elle avait bien pu faire pour être convoquée de la sorte. Ainsi, toujours en se posant la question – n'ayant pas trouvé de raison qui, pour elle, aurait poussé le directeur à pareille action – elle passa à côté de la statue animée, juste après lui avoir offert le mot de passe et commença à monter les escaliers. En arrivant devant le bureau du directeur, elle s'apprêta à taper à la porte quand celle-ci s'ouvrit à la volée, laissant apparaître le professeur Maugrey. Figée sur place, le poing en l'air, Astrid entrouvrit la bouche, mais aucun son n'en sortit.

« Et bien, miss, vous avez vu un fantôme ?! Réveillez-vous, il y en a partout dans le château. Si j'avais été un ennemi, j'aurais pu vous tuer 10 fois ! VIGILANCE CONSTANTE ! cria le professeur.
O-oui professeur, désolé, je ne...
Ne vous excusez pas ! Allez, entrez, le directeur vous attend ! », finit par dire l'étrange bonhomme.

Sans laisser le temps pour qu'Astrid lui répondît, il commença à dévaler les marches de sa démarche boiteuse, sous le regard interrogatif et, il fallait l'avouer, légèrement inquiet de la demoiselle. Le professeur Maugrey était bien l'un des rares à faire véritablement peur à la Gryffondor, un peu comme le Maître des Potions dans ses jeunes années, mais en plus... prononcé. Peut-être arriverait-elle à faire avec un jour, mais pour l'heure, elle avait d'autres préoccupations plus importantes. Albus Dumbledore, dans l'une de ses éternelles robes loufoques, arriva jusqu'à l'entrée de son bureau et accueillit la nouvelle venue avec un grand sourire. Il lui fit signe d'entrer, sans dire le moindre mot, avant de fermer la porte et d'aller s'asseoir dans le siège directorial, lui demandant ensuite de s'asseoir devant lui d'un regard. La métamorphomage ne se fit pas prier.

« Bonjour miss Shafiq, commença par saluer le professeur.
Bonjour, Monsieur le directeur.
Vous vous demandez sans doute pourquoi je vous ai fait venir ? »

Le professeur Dumbledore observa un temps Astrid dans les yeux, par-dessus ses lunettes en demi-lune, avant de relever la tête et d'abandonner le visage extrêmement sérieux qu'il arborait jusqu'alors. Un sourire étira ses traits et il tapa des mains, avant de piocher une sucrerie au citron dans un présentoir sur son bureau, puis en proposa un qu'Astrid prit volontiers.

« Je ne vais pas passer par quatre chemins, miss, mais avant, sachez que vous n'avez rien fait de grave, reprit-il. Pas cette année tout du moins, même si nous nous rappelons tous de votre magnifique imitation du professeur McGonagall. »

Rougissante, Astrid voulut dire quelque chose, mais Albus la coupa d'un simple geste de la main. La demoiselle n'avait pas remarqué que ses cheveux avaient viré au orange pétant, ce qui eut le don de beaucoup amuser son vis-à-vis sans même qu'elle ne put sans douter. Celui-ci piocha un nouveau bonbon, puis se tourna vers Astrid, avec la ferme intention de lui expliquer la raison de sa convocation.

« Ce que je vais vous dire, miss, est totalement confidentiel et ne devra, en aucun cas, sortir de ce bureau. Je vais également vous demander de ne pas m’interrompre. »

Il fit une pause, lançant un regard amusé à la Gryffondor qui s'était apprêté à lever la main. Elle la baissa, avec un petit sourire d'excuse, laissant le centenaire reprendre son discours.

« L'auror Kingsley Shacklebolt m'a fait parvenir une demande particulière vous concernant. Il se trouve, oui miss, que je le connais, même si ce fait en particulier ne devra pas sortir de ce bureau. Il se trouve que je lui ai dit que j'acceptais de vous laisser sortir de Poudlard à sa demande ; à la condition, uniquement, que vous acceptiez ce qu'il propose.
Que propose-t-il, monsieur ? demanda la mercenaire, intriguée et ne parvenant pas à se retenir plus longtemps.
Il veut que vous aidiez une de ses connaissances pour une expédition dangereuse, pour retrouver une ancienne relique. L'homme est relativement connu, il se nomme Uther Lowe. Vous le connaissez peut-être ?
J'ai lu l'un de ses livres, même si ce n'est pas ma plus grande passion la lecture, répondit la jeune femme. C'est assez intéressant, mais bon, ce n'est pas vraiment mon truc l'histoire...
Et bien, sachez qu'Uther Lowe a besoin d'une escorte et nous savons tous les deux que vous êtes largement capable d'être celle-ci. »

Le professeur lui fit un sourire. La demoiselle se mordilla légèrement le pouce, réfléchissant à cette idée. Son père refusait qu'elle se retrouvât à faire des missions seule, la considérant encore comme une enfant. Bien sûr, c'était encore une enfant, mais elle avait bien prouvé sa valeur durant l'été, même Lancelot lui avait dit. Elle n'avait pourtant eu aucune mission à faire en solitaire et c'était peut-être le moment idéal. Parlant de son père, la jeune femme se demanda s'il n'était pas derrière tout cela, aussi se dépêcha-t-elle de poser la question à l'homme face à elle.

« Et mon père ? demanda donc Astrid.
Votre père, miss ? fit Albus en levant un sourcil.
Il est au courant de tout ça ?
Oh ! reprit Dumbledore. Bien sûr que non, il n'est pas au courant. Ce n'est pas que je n'aime pas Lancelot, mais je préfère que la famille Shafiq reste en dehors de ça et je crains que mister Lowe n'apprécie pas l'idée d'avoir un mercenaire à ses côtés, de ce que ma dit Kingsley. C'est pour cela que nous passons par vous, sans avertir votre famille. Bien sûr, vous aurez une récompense quand vous rentrerez de mission, de la part de l'Auror. Je ne sais pas ce que c'est, il m'a simplement demandé de vous le dire.
Et si j'accepte, comment je fais pour sortir du château ? », demanda la demoiselle, se posant soudainement la question.

Il fallait dire qu'elle se posait la question uniquement parce qu'elle avait déjà pris sa décision. Elle allait accepter. Son père n'était pas au courant, ce qui était très bien comme ça pour elle. Elle ne savait pas véritablement ce qui l'attendait durant cette expédition, mais si un auror et même le professeur Dumbledore lui faisait confiance pour cette affaire, elle n'allait pas les décevoir. Elle n'avait, bien évidemment, aucune idée des tenants et aboutissants qui poussaient les deux hommes à agir ainsi. Le retour de la marque des ténèbres au tournoi de Quidditch avait poussé le directeur à raviver la flamme du phénix et c'était lui, à la base, qui avait pris contact avec Kingsley pour lui en parler. L'homme était de confiance, un excellent membre du ministère qui avait la confiance de Fudge et, surtout, qui s'occupait de l'affaire de Sirius Black, permettant de mettre toutes les équipes sur de fausses pistes tout en s'intéressant aux véritables démons du monde sorcier. Le retour de Lord Voldemort était de plus en plus probable, surtout avec de tels agissements de la part de ses adeptes masqués. Observant la jeune femme face à lui, l'homme eut une pensée émue pour deux autres Gryffondor qu'il avait eu la chance de voir dans son bureau et qu'il avait intégrés à l'Ordre dans leur jeunesse. Lily et James avaient été d'excellent élément et Kingsley, aujourd'hui, se portait garant de cette demoiselle. Il voulait la tester, l'envoyer dans une mission potentiellement périlleuse pour vérifier ses capacités sur le terrain, sa manière de gérer le stress... Avec de la chance, comment il l'avait lui-même dit à Albus, elle ferait un bon élément à sa sortie de Poudlard. Avec un clin d'œil, l'ancien professeur de métamorphose répondit à Astrid, tout en faisant glisser un parchemin sur son bureau pour qu'elle le prît.

« Sortir de Poudlard, voyons miss, pourquoi faire ? s'exclama le vieil homme avec malice. Enfin, ce n'est pas comme si vous connaissiez des passages secrets menant à l'extérieur de l'école, de toute façon. J'imagine qu'un petit tour à Honeydukes ne me ferait pas de mal, pour refaire mon stock de bonbons.
Je vois... Merci professeur. »

Astrid récupéra le parchemin et se leva. L'homme la salua gaiement, puis retourna à ses affaires. La demoiselle sortit rapidement de son bureau, dévala les escaliers, passa la gargouille, puis s'arrêta devant et ouvrit le parchemin qu'elle lut rapidement, avant de l'enflammer. Dessus, une photo de l'homme qu'elle devait retrouver lui souriait, ainsi qu'un lieu et deux dates – une de sortie, une d'entrée ; la lionne comprit clairement qu'elle devait être revenue à Poudlard avant la dernière. Avec un sourire, la demoiselle reprit sa route.

Entre le tournoi des Trois Sorciers qui approchait à grand pas et maintenant ça... Cette année risquait d'être riche en rebondissements.

26 octobre 1994 ; le Chaudron Baveur.

Avec un soupir à fendre l'absence d'âme d'un détraqueur, Astrid poussa la porte du pub. Elle y était enfin ! Ça avait été un véritablement parcours du combattant... Et pour cause ! Alors qu'elle s'apprêtait à prendre le passage secret, les jumeaux Weasley lui étaient tombés dessus pour la harceler de question, avant de partir en courant quand Miss Teigne était venu voir leur groupe. Astrid s'était contentée de la caresser un peu, espérant ainsi qu'elle n'irait pas prévenir son foutu maître qu'elle se trouvait seule dans les étages. Finalement, elle avait pu prendre le passage secret et arriver dans la cave du célèbre magasin de confiserie. Elle n'avait toutefois pas pensé à une chose. Ce n'était pas simple de sortir d'un magasin qui ouvrait ses portes, surtout quand il n'y avait encore aucun client. Avec un soupir, elle s'était jetée un sortilège de désillusion, puis avait essayé de sortir en faisant le moins de bruit et de gestes brusques possibles. Une réussite partielle, le dirigeant de la boutique ayant remarqué des mouvements suspects. Elle avait finalement dû courir jusqu'à la porte avant qu'il eût sorti sa baguette magique. Enfin, elle s'était rapidement dirigée dans une ruelle sombre pour transplaner jusqu'à Londres. Maintenant arrivée dans le Chaudron, elle en avait relativement marre. Non qu'elle n'eût pas hâte de partir en mission, mais avec tous ces petits problèmes, elle avait bien failli arriver en retard.

En retard, en effet, car si au départ, il n'y avait pas eu d'horaire à respecter, le professeur Dumbledore lui avait finalement fait parvenir une note pour lui indiquer l'heure du rendez-vous avec mister Lowe. Bien évidemment, il avait attendu le 25, alors qu'elle devait le retrouver le 26, pour le lui dire. De quoi la mettre en stress, ce qui n'avait évidemment pas loupé. Toutefois, maintenant qu'elle était bien à destination, elle finit par chercher l'homme et le trouva attablé sereinement avec un carnet dans les mains, qu'il avait l'air de lire. Elle se dirigea vers lui, saluant Tom et lui faisant signe qu'elle ne voulait rien quand il lui proposa un thé. Elle arriva finalement face à l'inconnu, car, même si elle connaissait son nom et son visage, ils n'avaient pas gardé les hippogriffes ensembles dans leurs jeunesses. Elle s'installa devant l'homme qui avait relevé les yeux avec un intérêt qui disparut bien vite, replongeant son regard dans son carnet. Astrid leva un sourcil, plaça sa main droite sur la table et commençant à tapoter ses doigts dessus, en rythme. Uther prit la parole à ce moment précis.

« Loin de moi l’envie de vous paraître impoli, Miss, mais j’attends quelqu’un et les places ne manquent pas dans ce pub. Pourrais-je vous suggérer d'aller vous installer ailleurs, je vous prie ? demanda poliment l'homme.
Loin de moi l'envie de vous paraître impoli, mister Lowe, enchaîna l'élève de Poudlard, mais je suis la personne que vous attendez. Bien qu'en effet, il ne manque pas de place dans ce pub, ma place se trouve bien à cette table, vu que je vais être votre escorte. Je m'appelle Astrid Shafiq. »

Avec un sourire légèrement condescendant, elle posa un doigt sur le carnet pour que l'homme tournât ses yeux vers elle. Son regard ne souffrait d'aucune hésitation, elle était totalement sérieuse. Elle était bien l'escorte promise par Kingsley et... la relation partait mal. Elle ne le montrait pas, mais la lionne avait déjà une belle envie de baffer le client pour son comportement, ce qu'elle ne pouvait, évidemment, pas faire. Elle se retint donc, se contentant d'agrandir son rictus. Elle se savait jeune et elle savait que les apparences pouvaient être trompeuses, mais sérieusement, il s'était attendu à quoi, le troll ?

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MessageSujet: Re: [1994] Un duo improbable [PV Astrid Shafiq] Lun 17 Juil 2017 - 15:54

- Vous… Vous vous foutez de moi, là ?

Uther s’était retenu à grand peine de lâcher cette question à voix haute. En réalité, dans la seconde qui avait suivi la réponse de la prénommée « Astrid », une myriade de réactions possibles avait défilé dans son esprit, allant du silence complet au hurlement de colère, en passant par la légitime – bien que parfaitement stupide – supposition de quiproquo du genre :  Je crois que Mr. Shacklebolt a mal interprété, lors de ma demande, le mot « escorte ».

Stupide car, premièrement, il avait été question de combattre, et secondement, le bureau des Aurors ne fournissait pas ce genre de… prestations. Mais légitime, car entre la jeunesse manifeste de son interlocutrice, la finesse de ses traits, son caractère exubérant ainsi que son sourire qu’Uther qualifia – à défaut de savoir réellement de quoi il retournait – de résolument provocateur, rien ne laissait supposer que cette gamine fut la foudre de guerre qu’il avait demandé.

Quand un index fin s’était posé sur la page de son carnet, masquant une petite portion du paragraphe qu’il lisait, il avait dû lever les yeux pour dévisager la jeune sorcière. Il avait alors croisé un regard déterminé assortit d'un sourire tout sauf naturel. En d’autre circonstances, ce genre d’attitude aguicheuse aurait été en mesure de faire fondre l’homme au-delà du sorcier. Pas aujourd’hui. La colère et la frustration, et peut-être une infime part de surprise l’empêchait de ressentir tout autre chose.  

Uther ramena son carnet vers lui, obligeant de cette manière la jeune fille à en ôter le doigt, et le referma pour le glisser sur le côté de la table. Il attrapa ensuite son verre d’hydromel pour se donner une certaine contenance et observa son vis-à-vis avant de répondre :


- C’est donc vous que Kingsley a envoyé ?

Bien qu’étant généralement un piètre acteur, rarement apte à masquer sa pensée première, Uther s’efforça de rester impassible. Il ne put cependant s’empêcher de lever un sourcil interrogateur, ce qui eut pour effet immédiat de donner un air ouvertement sceptique à sa question. Oh, sceptique, il l’était sans nul doute. Pas quant au fait que Kingsley avait bien pu lui envoyer une adolescente pour le protéger, mais quant aux compétences de cette Astrid Shafiq.  Ce pensant, il demanda également d’une voix qu’il s’efforça de garder égale :

- Je suppose que vous êtes une apprentie du bureau des Aurors ?

La supposition avait quelque chose de péremptoire. La fillette était beaucoup trop jeune pour être une Auror. Uther lui donnait dans les dix-huit ou dix-neuf ans, grand maximum. Elle devait donc, probablement, suivre une formation en vue de le devenir. Et bien sûr, cette gargouille de Kingsley avait dû penser que cette expédition ferait un excellent exercice d’apprentissage. Aux dépends d’Uther, bien entendu !

Shafiq… Ce nom lui disait vaguement quelque chose. Il avait l'impression de l'avoir déjà lu quelque part, sans pour autant être certain d'y associer quoi que ce soit. Il lui semblait qu'il s'agissait d'une de ces vieilles familles de sang-pur.
Riches, hautains, surs de leur supériorité et définitivement méprisables.

Douce Morgane !

Uther pensa qu'il aurait préféré se faire carrément rembarrer par Kingsley avant de se rendre compte qu'il n'avait pas d'autre choix que de supporter cette gamine insolente, sinon celui de faire appel à des mercenaires. Ce qui était absolument hors de question. Va pour l'apprentie Auror... et que Merlin le protège.

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MessageSujet: Re: [1994] Un duo improbable [PV Astrid Shafiq] Mar 18 Juil 2017 - 22:29


Une pensée en particulier traversa le regard de son vis-à-vis quand Astrid l'obligea à le regarder dans les yeux, au moment où elle baissa le livret d'un doigt. Le sorcier face à elle était septique et, même s'il avait voulu le cacher, tout dans son attitude le criait à des kilomètres à la ronde. Il ne croyait pas en elle et c'était flagrant. Tellement flagrant, en réalité, que ça en devenait insultant pour la Shafiq. Les personnes, qui connaissaient la mercenaire, savaient deux choses à son sujet. La première était qu'elle avait une patience extrêmement limitée pour certains faits. La seconde était qu'elle pouvait se montrer particulièrement retorse quand il s'agissait de prouver à quelqu'un que les apparences, il fallait savoir se les mettre où elle le pensait fortement.

C'est précisément pour cela que, quand il ramena son carnet jusqu'à lui et qu'il le posa à côté de son verre, l'étudiante croisa les mains devant son visage et agrandit son sourire. C'était totalement exagéré et c'était ce qu'elle voulait. Elle en avait marre de tous les prétentieux qui ne pensaient pas la jeunesse capable d'accomplir certaines prouesses et l'adulte en face d'elle faisait très clairement partie de cette catégorie détestable de personne. Elle se décida donc, dans toute sa mauvaise foi et sa mauvaise humeur, de lui apprendre. Elle allait lui enseigner qu'il ne fallait surtout pas, jamais, sous estimer une personne. Elle savait posséder des qualités et beaucoup trop de défauts, mais elle se promit de le ramener indemne et, ce, en étant totalement, irrémédiablement et insupportablement frivole. Ce serait une magnifique leçon de vie pour l'homme et un grand amusement pour elle. Bien évidemment, elle savait parfaitement qu'il y aurait des dangers et que jouer était une bonne chose, mais qu'il lui faudrait également savoir reprendre son sérieux ; en y réfléchissant bien, elle savait toutefois posséder une intelligence – et une grande modestie... – instinctive, qui se déclenchait généralement avec l'adrénaline. Elle en conclut qu'elle ne craignait absolument rien et qu'elle pouvait donc se permettre d'être désinvolte.

« C’est donc vous que Kingsley a envoyé ? demanda l'homme.
Parfaitement mister Septique, répondit la Gryffondor avec un amusement totalement irrespectueux, au risque de me répéter, je suis votre escorte. »

Elle n'avait absolument pas loupé le levé de sourcil, ni même son regard qui transpirait la déception. Uther ne voulait sans doute pas d'elle, trop jeune, ne pouvant être assez expérimentée, ne pouvant lui être d'une quelconque aide, mais la demoiselle avait décidé de n'en avoir rien à foutre. Kingsley l'avait envoyé parce qu'il avait confiance en elle et il avait raison, pour elle, de la lui accorder. Ce n'était pas le client qui allait remettre en question cette confiance, c'était certain. Enfin, si, ce qu'elle voulait dire par là, c'était qu'elle n'avait absolument pas l'intention de le laisser l'atteindre. Bien sûr, sans qu'elle le sût, c'était déjà le cas : l'attitude d'Uther était blessante pour la sang-pure qui ne demandait qu'à faire ses preuves. Sans doute ne le savait-il pas lui-même, mais de fait, elle se sentait provoquée... Et la jeune femme, en belle lionne, répondit à cela par exactement la même chose.

« Je suppose que vous êtes une apprentie du bureau des Aurors ? reprit l'ancien Serdaigle.
Non, fit Astrid sereinement, comme si elle annonçait la meilleure nouvelle qui pouvait être attendue par l'homme, je suis étudiante, mais croyez-moi, vous ne voulez pas savoir en quoi. »

Elle se foutait de lui ouvertement, parce que ce genre de propos était totalement idiot de son point de vue. C'était précisément ce genre de résonnements qui créaient les préjugés et s'il y avait bien une chose qu'elle voulait combattre en ce bas monde, c'était bien cela. Elle haïssait les préjugés et elle aimait prouver que c'était juste, totalement, la connerie humaine qui parlait. C'était bien connu que les hommes et les femmes, en groupe, se montraient souvent bien plus stupides que seul, à cause de l'effet simple du mimétisme. Enfin, là n'était pas la question, mais il n'en restait pas moins véridique que, non, elle n'était pas apprentie Auror, qu'elle n'avait aucunement l'intention de le devenir un jour et que, pourtant, elle savait se débrouiller seule, que ce fût pour combattre ou tout autres choses. Elle avait appris, depuis gamine, à se débrouiller seule et elle allait le prouver à Uther.

Revenant totalement à la réalité et voulant jouer avec sa patience – parce qu'elle voulait savoir jusqu'où elle se situait et, aussi, par pur caprice et amusement – Astrid attrapa le verre d'hydromel de l'homme et le but c*l-sec, avant de se lever en sortant un paquet de cigarettes. Parce que oui, elle était entraînée à combattre, elle était sportive et cela ne l'empêchait nullement de fumer. Elle commença à se diriger vers la sortie du pub, vers la porte menant au chemin de traverse, avant de se tourner vers l'homme et de lever un sourcil vers lui.

« Vous avez l'intention de camper ici ou vous me suivez ? Je n'ai pas l'intention de partir à l'aventure sans quelques provisions indispensables, comme des potions, des denrées impérissables et surtout de l'eau. »

En un point, déjà, elle prouvait qu'elle connaissait un minimum son sujet, à savoir les expéditions. Le reste viendrait en temps voulu, la rouge et or en avait bien évidemment l'intention. Elle lui fit signe de venir d'un geste de la main après s'être retournée, sans jamais savoir s'il l'avait vu ou non. Elle sortit du pub et sortit un zippo de sa poche, pour allumer le tube qu'elle plaça sur ses lèvres. Son bout rougeoya au contact du feu et la lionne, qui venait tout juste de sortir, recracha une bouffée de fumée qui vint entourer son visage pendant quelques secondes, avant de s'évaporer dans l'air. Elle attendit qu'Uther arrivât enfin, puis se dirigea vers l'entrée du chemin qu'elle ouvrit en tapant sur le mur avec sa baguette. Quand le portail fut ouvert, elle se tourna vers l'homme et, avec une révérence totalement insolente et un sourire quelque peu provocateur, elle reprit la parole.

« Après vous, monseigneur Pyrrhonien », susurra, d'une voix charmante, l'animal indomptable.

Elle le laissa passer devant, puis le suivit rapidement, venant se positionner à ses côtés, le tout en se déplaçant en sautillant presque. Elle était joyeuse. Elle s'amusait. Elle l'exaspérait sans doute et c'était précisément ce qu'elle voulait.

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MessageSujet: Re: [1994] Un duo improbable [PV Astrid Shafiq] Sam 22 Juil 2017 - 16:49

Uther resta figé. De surprise, de rage, d’indécision, d’hésitation et de tout une ribambelle d’émotions semblables. Non seulement cette Astrid n’était pas une Auror, mais elle n’était même pas une apprentie. Etudiante ? Serait-il possible que Kingsley lui ait envoyé… une sorcière de premier cycle ? Pas même sortie de Poudlard ? Que cette mission soit apparentée, non pas, comme il l’avait cru, à un « stage », mais à une foutue épreuve d’admission ? Cette idée allait bien au-delà de tout ce qu’il aurait pu imaginer de pire ! Mais qu’est-ce que cet Auror à deux noises avait bien pu s’imaginer quant à la teneur de cette expédition ? Que ce serait une petite promenade de santé sans réel danger ? A quoi jouait-il ?

A peine avait-il commencé à s’interroger sur l’énigmatique « mais croyez-moi, vous ne voulez pas savoir en quoi » que la gosse étendit le bras dans un geste fluide et rapide et lui arracha son verre d’hydromel de la main pour le vider d’un trait. Cet acte, complètement gratuit et imprévisible, laissa Uther totalement coi, incapable de la moindre réaction, sinon d’afficher un complet effarement sur son visage déjà sacrément marqué par la stupeur.
Sans même lui laisser le temps d’emmètre un semblant de protestation, la petite peste se leva en sortant un paquet de cigarettes de sa poche, et se dirigea, toute guillerette, vers le passage menant au chemin de traverse. Uther était resté assis, toujours ahuri par l’attitude de son escorte, quand celle-ci se retourna pour lui asséner avec un petit air suffisant :


- Vous avez l'intention de camper ici ou vous me suivez ? Je n'ai pas l'intention de partir à l'aventure sans quelques provisions indispensables, comme des potions, des denrées impérissables et surtout de l'eau.

Cette phrase, lâchée avec beaucoup trop d’arrogance au gout d’Uther, lui chauffa les sangs.  
Uther se leva, non sans avoir pris le temps de prendre une grande inspiration qu’il expira en se mettant debout, histoire de se calmer quelque peu. Pour les denrées, elle avait raison. D’après ses prévisions, l’expédition devrait durer dans les deux jours, minimum. Des potions, ils en auraient besoins, effectivement. Surtout lui ! A l’heure actuelle, il ressentait une irrépressible envie d’avaler un chaudron entier de Philtre de Paix, encore qu’il doutât que le plus efficace d’entre eux parviendrait à lui faire supporter la compagnie de Miss Shafiq.

Oui, elle avait raison sur le plan des vivres et des potions, mais lui-même l’avait déjà prévu, et la seule et unique raison pour laquelle il n’avait pas encore été les acheter était qu’il n’avait pas eu la certitude que l’agent de Kingsley serait au rendez-vous. Mais lorsqu’elle avait lancé cette petite pique hautaine, forte de sa fierté de lui apporter la preuve qu’elle n’était pas une bleusaille, il avait été à deux doigts de lui lancer un cinglant « et alors, tu veux une patacitrouille ? »


*Ça va être long, deux jours…*

Traversant le pub à reculons pour rejoindre son escorte, il ouvrit la porte et la découvrit en train de fumer paisiblement de l’autre côté. Sitôt qu’il fut présent, Shafiq s’avança vers le mur et tapota une brique du bout de sa baguette pour faire s’ouvrir l’arcade qui menait au Chemin de Traverse. Uther sembla sur le point d’exploser quand il la vit se courber dans une fausse révérence totalement sarcastique en lâchant d’une voix mielleuse :

- Après vous, monseigneur Pyrrhonien.

- Trop aimable, ma petite, siffla-t-il en insistant particulièrement sur le dernier mot.

Uther se garda bien de préciser quoi que ce soit sur l’endroit où la demoiselle pouvait se carrer les préceptes de Pyrrhon – qui était également, par un merveilleux hasard, celui où elle pouvait se foutre ses sarcasmes – avec, de préférence, une respectable profondeur. Elle n’en savait rien, ou peut-être le savait-elle sans en avoir rien à secouer, mais il éprouvait une furieuse envie de lui mettre une grande quiche dans sa tête. Il se retint.

*Sang de Troll, ça va être long, deux jours !*

Ouvrant la marche, le jeune sorcier avança d’un pas déterminé entre les boutiques et fut bientôt rejoint par une Astrid qui gambadait gaiement à ses côtés, comme la gamine qu’elle était. Rien, dans son attitude, ne laissait penser à Uther qu’il serait en sécurité avec elle. A dire vrais, il redoutait presque d’avantage de prendre un maléfice dans le dos que les dangers qui les guettaient.  

Malgré son antipathie, Uther décida de lui faire en partit confiance – tout du moins, étant envoyée par un Auror, elle ne serait pas encline à le rouler en pleine excursion. Mais même en prenant cela en considération, il souhaitait plus que tout rabattre l’insupportable sourire amusé qui tordait son visage de petite fille. Etrangement, sa cinéphilie refit surface et il eut brusquement l’envie de ressortir une certaine réplique du sergent Hartman adressée à l’engagé Baleine. Encore une fois, il se retint.

- Vous semblez avoir hâte d’en découdre, Miss Shafiq, lança-t-il d’un ton glacial. Cependant, je ne crois pas me tromper en affirmant que vous n’avez pas la moindre idée de l’objet de cette expédition. Il aurait probablement été judicieux de me demander un compte rendu avant de commencer à s’agiter dans tous les sens. Mais je suppose que pour vous, les détails passent au second plan.

Il avait lancé cette phrase avec toute la condescendance dont il était capable, afin de faire disparaitre ce petit air suffisant qui l’horripilait au plus haut point. Comme pour donner foie à cette dernière allocution, il se lança dans un briefing improvisé à voix suffisamment basse pour être entendu d’elle seule.

- Pour commencer, nous nous rendons à Brocéliande, en Bretagne française. Au cas où vous l’ignoriez, cette forêt est un lieu magique ancestral, ancien fief de Merlin et de Morgane, entre autres, mais actuellement tombé en décrépitude. Une partie de ces bois sont tenus secrets, et pour cause, on y trouve, d’après mes renseignements, un ancien temple perdu depuis des âges. C’est notre destination.

Uther laissa à son garde du corps le temps d’assimiler ces premières informations avant de poursuivre.

- Bien que ce temple soit perdu depuis des siècles, un intense travail d’archiviste m’a permis de regrouper assez d’informations pour établir une carte permettant de le localiser avec une relative précision.

Sur ces mots, Uther montra son carnet à Astrid, l’ouvrant à une page recouverte de runes et de notes, sans aucune références géographiques ou topographiques.

- Je sais, continua Uther. Ce n’est pas exactement ce qu’on peut attendre d’une carte. Mais pour être tout à fait honnête avec vous, il s’agit plus d’un jeu de piste que d’un véritable plan.  Nous ne déchiffrons pas de cartes pour exhumer un trésor, et un X n'a jamais, jamais marqué son emplacement, cita-t-il avec un sourire amusé, estimant plus que probable que son interlocutrice ne comprenne jamais la référence.

Uther continua sa progression dans ses explications, et sa route vers la boutique de potions.

- Le temple en question sera probablement protégé par une série de pièges et de maléfices potentiellement mortels. Sa localisation, ainsi que la détection et le désamorçage des pièges, magiques ou non, ne sera pas une tâche aisée. Mais ça, c’est mon office. La région que nous allons devoir explorer est, d’après mes sources, infestée de créatures nuisibles – probablement des chaporouges, pour l’essentiel. Mais dans ce cas aussi, il s’agit d’une complication dont j’aurais aisément pu venir à bout par mes propres moyens.

Uther jeta un regard à Astrid. Il avait dit cela sur le ton de la conversation, mais il avait également tenu à lui démontrer qu’il n’était pas non plus une quiche en magie défensive – bien que ce soit loin d’être un domaine dans lequel il excellait. Cependant, il était primordial que la jeune fille prenne l’entière mesure des risques encourus lors de cette expédition. Il ignorait tout de son habileté au combat, et il était hors de question qu’elle parte avec le sentiment que rien de grave ne pouvait arriver.

- D’après ce que j’en sais, le temple perdu aurait, ces derniers siècles, été le fief d’un clan de vampires. Mais vu la datation des ouvrages en référant, il est plus que probable que ce ne soit plus le cas, à l’heure actuel. En revanche, les vampires n’abandonnent jamais leur tanière sans aucune raison. Il y a donc fort à parier que si ils ne sont plus sur place, c’est qu’on les en a chassé. Et ce « on » pourrait très bien avoir investi les lieux. Qu’est-ce que ce « on » ? Je vous avoue n’en avoir aucune idée. Ce pourrait tout aussi bien être une nuée de détraqueurs, un spectre de la mort ou une colonie d’acromentules que quelque chose de sensiblement bien plus dangereux – comme une hydre ou un basilic, par exemple. Quoi qu’il en soit, c’est là que vous entrez en scène.

Uther croisa le regard de la jeune Shafiq. Il s’empressa d’ajouter :

- Ne vous inquiétez pas. Je n’attends pas de vous que vous affrontiez un basilic ou une hydre, pas plus que je n’espère vous voir vaincre un clan de vampires à vous seule. Je ne faisais qu’évoquer les pires scénarios possibles. Mais bien entendu, si nous tombons sur l’un de ces cas de figure… Je ne suis pas non plus suicidaire ou inconscient ! On videra les lieux le plus rapidement possible.

Tout en parlant, il se rendit compte qu’exposer les faits à la jeune fille lui avait fait officialiser leur collaboration et avait quelque peu – mais pas totalement – effacé l’agacement qu’il éprouvait à son égard. Il s’était radouci, au fur et à mesure que son exposé avançait, et lui avait progressivement parlé comme un professeur à son apprentie – d’un ton ferme, mais bienveillant. Restait à régler la fameuse question des vivres et des potions. Sur ces pensées, Uther sortit une petite liste de sa poche qu’il tendit à Astrid.

- Voici toutes les potions dont nous pourrions avoir besoin. Essence de dictame, bien entendu, et peut-être un flacon de potion de régénération sanguine. On ne sait jamais. J’ai également prévu d’investir dans quelques flacons d’Oculus. Une vision affinée ne sera pas de trop dans les ténèbres du temple. Ah ! Et il y a également  de l’Elixir Cérébral – il faudra une concentration sans faille pour avancer dans ce temple et cette potion pourra aussi pallier au manque de sommeil, et un petit flacon d’Aiguise-méninges nous fournira un remède contre les maléfices de confusion, très courants dans ce type de ruines.

Uther avait bien évidemment prévu cette liste de longue date. Son budget serré l'empêchait de faire de véritables folies, et il avait estimé qu'un investissement en potions à hauteur de dix galions serait largement suffisant. Aussi avait-il soigneusement établi les besoins prioritaires. Avant de pénétrer l'échoppe de l'apothicaire, il se tourna vers Astrid.

- Ne vous inquiétez pas, votre aide n'aura pas valeure de bénévolat. Si vous me permettez de mettre la main sur la relique que je convoite et m'aidez à rentrer sain et sauf, vous aurez droit à une récompense. A notre retour, nous passerons dans ma chambre forte, à Gringotts, et je vous rétribuerais avec une coupe d'argent forgée par des Gobelins. Libre à vous de la vendre ou de la conserver chez vous, mais je pense que vous en tirerez un juste prix.

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Et Lux In Tenebris Lucet
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[1994] Un duo improbable [PV Astrid Shafiq]

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