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[16 novembre 1997] Les secrets bien gardés de nos grimoires.

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POUFSOUFFLE1ère année
    POUFSOUFFLE
    1ère année
AVATAR : Chris Pritchard
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INFOS PERSONNAGE
SITUATION AMOUREUSE SITUATION AMOUREUSE: Étranges troubles gastriques lorsque la perspective est envisagée.
DATE & LIEU DE NAISSANCE DATE & LIEU DE NAISSANCE: 29 Août 1986, à Millisle en Irlande du Nord.
SANG SANG: mêlé
MessageSujet: [16 novembre 1997] Les secrets bien gardés de nos grimoires. Jeu 6 Juil 2017 - 18:30

Une feuille de parchemin vierge d'une blancheur immaculée pour débuter, le contenu d'un encrier ouvert prompt à sécher et une plume extraite du plumage de Clochette pour symboliser cette occasion, Oliver s'apprêtait à rédiger une lettre. Or, il semblait que la moue déconfite se dessinant sur ses traits contestait sa conviction à développer son manuscrit. En effet, la pièce de parchemin, réfugiée des tréfonds de son sac, demeurait dénuée d'imperfections sans les inscriptions d'usages que l'on accordait à l'introduction des lettres. Se laissant dégouliner le long de la chaise, sur laquelle il était prostré, il imbiba d'un geste vif la pointe fine de sa plume, et vînt coucher sur son parchemin les premières formalités, s'appliquant à user de sa plus belle calligraphie. Ceci fait, le jeune rouquin s'affligea soudain de son manque cruel d'inspiration qui l'eût incommodé à poursuivre son récit. que pouvait-il bien lui dire, à présent ?

Oliver avait pensé pouvoir trouver refuge entre deux étagères de la bibliothèque, afin de profiter du calme régnant en seigneur dans le temple des érudits. Aussi, il nourrissait ainsi l'espoir que la présence extensive de gros bouquins bien rangés, l'aiderait à se conformer à l'atmosphère studieuse qu'ils imposaient, pour écrire sa lettre. Seulement, rares étaient ses visites en solitaire. Car à défaut de s'imprégner de l'ambiance d'études que l'on avait tendance à lui attribuer, le jeune Grade croyait plutôt l'idée que la sphère d'étude était une reprise fidèle d'un puissant somnifère, tant son décor engageait au repos. Souvent, le jeune Poufsouffle se demandait comment la plupart des bleus et bronzes parvenaient à prendre plaisir aux lectures sans ciller, ni faillir au sommeil. Celui-ci, préférait un usage restreint d'ouvrages, tirant profit de leur contenu pour en retirer l'information, et l'imprimer sur ses devoirs. De la fainéantise pure. Or, aujourd'hui le jeune rouquin recherchait un havre de paix, dans lequel il pourrait rédiger sa lettre avec tranquillité. Les récents jours de pluie, avaient en effet rameuter dans les dortoirs et Salles Communes, une brochette d'élèves surexcités, que Oliver peinait à supporter. Bruyants, turbulents et dissipés, ses camarades bondissaient sur les lits, jetaient leurs uniformes pèle-mêle au centre de la pièce dès leur arrivée, et ne manquait aucune occasion de se disputer pour quelconque bataille explosive, ou échecs version sorcier. Ainsi, n'accordant guère à Oliver le silence nécessaire pour dresser son manuscrit, ses pas l'avaient guidé d'eux-mêmes en direction de la Bibliothèque. De plus, le jeune sorcier fût rassuré que le lieu semblait exclut de la présence de la progéniture Carrow. Certainement, la recherche et le savoir contredisaient leurs valeurs sanguinaires.

Un mois. Un maigre et petit mois que la nuit de souffrances avait marqué ses yeux de lésions oculaires permanentes. Oliver frémissait chaque fois que la sentence subie eût été évoquée. Et tout les soirs, confiné dans les draps de son lit à baldaquin, dans lequel Oliver peinait à s'endormir, les larmes menaçaient de ruisseler tandis que son sort ne cessait de lui revenir en mémoire. Bien que ses cernes marqués furent le témoin passif de ses courtes nuits, la rage d'Alecto Carrow restait figée en sa mémoire, telle la marque d'un feutre indélébile. Profondément heurté, le jeune Poufsouffle conservait par ailleurs, les souvenirs que lui eût transmit sa mère, durant son enfance. Dans un désir de paix, Oliver avait toujours tenté de fuir les funestes récits et teintés de tristesse que lui contait sa mère, ne supportant guère un tel degrés d'atrocité. Par souci de protection de sa personne, Oliver reniait les méfaits de son père, et les mutilations dont le fils avait été victime, soucieux de s'en préoccuper, ou de s'en attrister. Le jeune rouquin voulait vivre en paix. Toutefois, il était aujourd'hui, à l'instar de Milan, son frère aîné, victime d'une profonde injustice, au cours de laquelle il fût totalement démuni, et forcé de subir la magie que lui exerçait les Carrow. Tous avaient hurlés, pleurés, gémit, et tous avaient payés. Ainsi, son père était-il partisan de ceux qui apprécient la souffrance d'autrui ? Qui agissent sous les pulsions colériques ? Obsédés par tout les principes que valent la pureté de sang ? Les couleurs de la maison Serpentard ? Ou encore se sentir éhonté devant sa progéniture dénuée de Magie ? Il secoua frénétiquement la tête, comme pour oublier le flux de ses  pensées néfastes. Et si lui approuvait les idéaux de son père ? Deviendrait-il un meurtrier en faisant profil bas, et non pas un héro, comme il le souhaitait ? Ironiquement, Oliver apprenait à connaître son défunt frère, au travers d'une souffrance commune. Comme profondément liées par l'injustice qui les eurent mutilés, heurtés, marqué à jamais. Désormais, Oliver le comprenait, un peu.

Seulement, il ne pouvait éternellement se tapir dans le silence, et préserver sa mère dans l'ignorance quant au degrés de ses sévices. Devenir possiblement aveugle si l'on manquait d'assiduité quant à la prise continuelle de son traitement ne demeurait guère anodin, et se révélait presque sujet aux conflits si l'on se préoccupait des formalités. Et Oliver savait qu'il ne supporterai pas son courroux épris de réprimandes. Certainement revendiquerai t-elle le fait qu'il ne s'était pas défendu. Mais comment lui expliquer qu'à défaut d'être démuni de baguette, il fut contraint de subir la maîtrise de la magie Noire, de ses professeurs ? Il ne pouvait se résoudre à passer sous silence la nature meurtrière des Carrow. Au même que son père, ses professeurs demeuraient être des Mangemorts, et çà, sa mère ne pourrait le cautionner, il en avait la certitude. Et si, elle leur interdisait de revoir Poudlard ? Assurément, Lindsay et lui seraient condamnés à oublier leur nature sorcière et vivre selon les rites moldus, et annexer l'existence de l'école de magie, pour préférer un collège londonien coutumier. Qu'elle atrocité ! Or, n'était-ce pas à Poudlard qu'un sorcier devait effectuer ses années d'études ? Seulement, Oliver partageait l'idée que la progéniture Carrow étaient susceptibles de mettre sa vie en danger s'il persistait à rester dans l'école. Toutefois, était-il possible d'oublier sa nature sorcière ? Peut-être le bien vaincrai t-il la guerre, et sa soeur et lui pourrait faire perdurer leur vie à Poudlard ? De plus, si par malheur sa lettre faisait allégeance à son père, cela signalerait un quart d'heure de supplice dans lequel sa mère défendrai avec véhémence la position de son mari, érigeant toute une liste de possibles différences entre sa personne et les professeurs. L'idée promettait de violents maux de crâne à un Oliver épuisé d'écouter sa mère adoucir les méfaits du passé.

Il laissa glisser ses bras au large du bois vieilli duquel était fabriqué le support de travail. La tête enfouie au creux de ses membres, le jeune rouquin médisait sa lourde besogne à effectuer. La vie s'acharnait sur sa personne, et ne lui laissait aucune minute de répit. Peu désireux de débuter son manuscrit, il se redressa quelque peu, voûté, pour jeter un regard circulaire sur l'ensemble des résidents de la bibliothèque. En quête d'une silhouette qui ne lui soit pas inconnue, ses yeux se fixèrent un instant sur la posture d'une élève se démarquant de ceux qui l'a précédait. Étrangement, il fût influencé par sa droiture -se prévalant d'une certaine contenance- et se redressa aussitôt sur sa chaise, comme si elle en eût donné l'ordre. A quelques places depuis sa position, le jeune Poufsouffle avait remarqué la présence d'Alizée Shafiq, une grande -une sixième année- de Serpentard. Cette dernière semblait profondément immergée dans sa lecture, comme le laissait sous entendre son expression absente du monde extérieur. L'observant, Oliver décela un geste redondant ; souvent, elle replaçait avec paresse et élégance, derrière son oreille, les quelques mèches fugitives venant entraver son regard, pour venir replacer son visage au creux de sa main, épousant avec majesté la douceur de ses traits. Remarquant son impolitesse quant à son expression béate devant la belle, Oliver ôta d'un revers de main le surplus de salive qui se découlait de sa commissure. Il se détourna aussitôt, épris de gêne. Se raclant la gorge tout en hissant le fessier jusqu'au fond de sa chaise, il tenta l'illusion d'une bonne mesure. Quel rustre devait-il paraître aux yeux d'Alizée ! Toutefois, il espéra que la jeune femme ne l'ai ni vu, ni entendu.

Il connaissait en effet la Serpentard très élégante dans sa manière d'être et de paraître. Il était admiratif de sa personne, et peinait à saisir l'idée qu'elle soit sujette aux rumeurs, ce dont les couloirs ne désemplissaient guère. Ainsi, les racontars lui prédisait un avenir des plus suspect en tant que Mangemort. Destinée justifiée par la couleur de son blason, d'une part, et de ses relations douteuses avec Malefoy, d'autre part. La second argument étant inconnu aux yeux d'Oliver, ce dernier présageait, cependant, un futur tout aussi peu relisant pour ces commères de second rang. Si elles demeuraient capables de faire l'amalgame entre un blason et une personne, c'étaient elles les futures Mangemorts ! A plusieurs reprises, le rouquin avait eu l'occasion de rencontrer la Serpentard au détour d'un couloir, tandis qu'une bande de petits malins lui reprochait sa chevelure flamboyante, sous diverses remarques et moqueries. De sa seule présence, la jeune femme les effrayaient. C'est une Shafiq ne cessaient-ils de répéter, comme si l'écho de son nom  eût une quelconque conséquence. De plus, Alizée crut bon de les faire déguerpir d'une seule de ses paroles acérés, qui leur donnèrent à réfléchir. Assurément, n'avaient-ils guère pu fermer l’œil de la nuit ! Alizée portait avec aisance la valeur de son nom de famille, et maîtrisait beaucoup de répartie. Oliver, s'était même demandé pourquoi la jeune fille ne portait pas l'insigne de préfète sur son uniforme tant elle eût aisance à imposer la discipline. Par ailleurs, le jeune sorcier n'avait jamais su comment remercier son geste, et cela perdurai encore. Aussi, Oliver eût l'occasion de découvrir le Club de Duel, auquel elle fût nommée Vice présidente. Le jeune garçon avait été à la fois troublé et honoré, lorsqu'elle lui présenta les lieux. Il ne saisissait pas dans quel but il y fût convié, et cela l'indisposa plus que de nécessaire. Seulement, cette impression avait été rapidement remplacé par une admiration non dissimulé, lorsque la belle lui dévoila son talent? Alizée maîtrisait avec aisance l'art du maniement de la baguette, si bien que toutes les tentatives de ses adversaires se soldèrent par un échec, cuisant. Le jeune Poufsouffle gardait en mémoire la beauté de ce spectacle, dont s'était prévalu les mouvements teintés d'élégance et de précision de la jeune sorcière. Peut-être Alizée désirait-elle qu'il devienne membre du club, pour apprendre à se défendre ? En tout cas, elle méritait amplement son titre, et pis que tout cela, elle était cool.
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SERPENTARD6ème année
    SERPENTARD
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DATE & LIEU DE NAISSANCE DATE & LIEU DE NAISSANCE: 3 septembre 1980, Londres.
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MessageSujet: Re: [16 novembre 1997] Les secrets bien gardés de nos grimoires. Lun 17 Juil 2017 - 23:26


Avec un regard absolument ironique, Alizée se tourna vers Alexandre et lui lança un sourire totalement faux au possible. Elle voulait qu'il comprît qu'il l'était et cela ne manqua pas, à voir son sourcil relevé. Elle s'approcha de lui et, doucement, releva sa main pour la faire glisser lentement sur son torse, jusqu'à ses pectoraux, où elle s'arrêta. L'homme face à elle leva un sourcil, avant de se reculer. Il se leva finalement du lit sur lequel ils étaient tous deux couchés et entrepris de chercher ses vêtements disséminés dans la pièce. Quand il les trouva enfin, il commença à s'habiller, sous le regard amusé de sa cadette.

« Alors, c'est quoi ton programme aujourd'hui, après ta petite virée au loup d'hier ? demanda l'homme, en essayant de paraître innocent.
Aucune idée, répondit la demoiselle en s'étirant dans le lit. J'ai des recherches à faire sur un trésor en particulier, donc je pense aller à la bibliothèque. »

La jeune femme savait pertinemment que l'autre Serpentard lui en voulait surtout de ne rien lui avoir dit de ses projets pour la journée. Projets qui s'étaient littéralement modifiés quand elle avait aperçu Fenrir Greyback, car, oui, elle n'avait eu aucunement l'intention de le rencontrer. C'était arrivé par hasard ; avec de gros guillemets sur le dernier mot. Korsakov ne le comprenait pas et était persuadé qu'elle avait planifié cette rencontre extrêmement dangereuse. Parfois, la sixième année se demandait s'il ne la prenait pas pour une folle qui faudrait enfermer dans un hôpital. À croire que, d'après lui, elle était assez malade pour vouloir rencontrer un loup-garou connu dans le monde pour ses multiples crimes et, dans un caprice, décidé d'en faire un chien de compagnie. Bon, en toute honnêteté, c'était ce qu'elle avait voulu faire quand elle l'avait vu dans la rue, mais ça n'avait pas aussi bien marché que ce qu'elle avait prévu. Tout ça pour dire qu'Alexandre lui en voulait encore de s'être exposé ainsi à un danger mortel et que Shafiq n'avait absolument pas l'intention d'entrer dans son jeu. Ils venaient de passer une soirée, puis une nuit parfaite, elle ne voulait pas tout gâcher.

« J'imagine que ce sera une journée moins... grisante, dit-il avec un sourire condescendant.
Sans aucun doute », fit la vipère.

La marionnette s'approcha de lui avec des gestes extrêmement lents, juste après s'être levée du lit. Elle s'arrêta face à lui et posa ses deux mains sur ses pectoraux, se plaçant sur la pointe des pieds pour approcher ses lèvres de son oreille droite. Alors, seulement, dans un chuchotement, elle reprit la parole :

« Si jamais il se passe quoi que ce soit d'inhabituel dans ma petite vie tranquille, je te jure que tu seras le premier au courant.
Vraiment ? demanda le jeune adulte en rejetant la tête vers l'arrière, un sourire fendant ses lèvres.
Je te le jure », susurra Alizée.

Elle le caressait dans le sens du poil et elle le savait parfaitement, mais c'était mieux ainsi. Elle ne voulait pas le blesser, en réalité et elle avait véritablement l'intention de lui dire si quelque chose lui arrivait qui sortait de l'ordinaire, comme elle l'avait fait de sa rencontre du plus célèbre loup-garou du Royaume-Uni. Il ne l'avait pas bien pris, mais c'était du passé et elle ne voulait pas qu'il s'arrêtât sur cela la concernant. D'accord, il lui arrivait d'agir en Gryffondor inconsciente, mais il n'était pas vraiment en position d'argumenter. Secouant finalement la tête avec amusement, la demoiselle se retourna et alla récupérer ses propres affaires pour se rhabiller. Finalement, les deux amis se vêtirent dans le silence. C'était toutefois loin d'être un silence pesant ou lourd ; il était simple, serein, parce que les deux partis savaient qu'ils n'avaient plus rien à se dire. N'étant ni l'un, ni l'autre, partisan du "parler pour ne rien dire", ils préféraient de loin se taire et laisser planer un calme bienfaiteur.

Quand les deux eurent revêtis leurs uniformes de Poudlard, ils sortirent finalement de la pièce dans laquelle il se trouvait, soit une des pièces du château, inutilisé, qui se trouvait en réalité être une chambre. Les deux n'avaient aucun moyen de savoir si cette chambre avait été placée ici, profondément enfoncée dans les cachots, à la création de l'école ou si des élèves s'étaient amusées à meubler une pièce inutilisée, mais elle n'en restait pas moins parfaite pour les couples qui voulaient de l'intimité. Les deux seules règles étaient de laisser la clef sur la porte en partant, de manière à ce que les suivants pussent s'enfermer également, et de demander aux elfes de maison de nettoyer toute la chambre à fond dans la journée. Alexandre se chargea de partir vers les cuisines pour prévenir les petites créatures, quand Alizée décida que sa destination était la bibliothèque. Après un dernier baiser, ils se séparèrent, chacun arborant un léger sourire bienheureux.

Après quelques minutes de marches, la verte et argent arriva enfin devant les portes imposantes de la pièce qu'elle voulait visiter. Elle y pénétra sans préambule et s'arrêta quelque temps près du bureau du bibliothécaire, par politesse.

« Bonjour Monsieur Holbrey, dit-elle simplement.
Bonjour Miss Shafiq », lui répondit l'homme et la conversation s'arrêta là.

Elle reprit donc sa marche, jusqu'à arriver dans le rayonnage qu'elle avait tendance à visiter énormément depuis quelques mois maintenant ; depuis sa cinquième année en réalité. Un nombre imposant de livres sur les différents trésors, possiblement maudit ou non, parfois simple affabulation, simple légende, parfois de véritables reliques trouvables dans le monde, se trouvaient sur les différentes étagères. Pendant un moment, elle rechercha un livre en particulier, avant de finalement tomber sur la perle rare, parlant d'un antique trésor aztèque maudit. Dérober le trésor condamné visiblement la personne a une immortalité durement payée, empêchant de ressentir le goût des aliments, de l'eau, de ressentir jusqu'à la moindre brise de vent. Intéressée, la demoiselle le prit et alla s'installer à une table dans une rangée tranquille. Elle se mit à lire tranquillement, replaçant parfois une mèche de cheveux volage derrière son oreille, penchant légèrement la tête sur le côté quand un passage l'intrigué ou fronçant le nez quand quelque chose sur le trésor la rebutait. Pendant près d'une heure, sans s'arrêter une seule seconde, la Serpentard lut le livre sans s'arrêter, jusqu'à le terminer. Elle en avait déjà lu plusieurs partis avant ce jour et c'était décidé à le terminer... pour rien, visiblement. Avec un soupir, d'un geste bien plus brusque qu'on lui connaissait, la jeune femme referma le livre dans un claquement sec et releva la tête sèchement, ses cheveux châtains se rependant alors dans son dos en une cascade pouvant être potentiellement perçue comme harmonieuse. C'est à ce moment précis que ses yeux tombèrent sur un premier année, une belle chevelure rousse sur le crâne et un visage aux rondeurs enfantines, l'observant discrètement ; pas assez discrètement, visiblement, vu qu'elle le remarqua et lui sourit. Oliver Grade, vu que c'était bien lui, était l'un des jeunes de Poudlard qu'elle utilisait pour apprendre les différentes rumeurs du château. Il faisait partie de son réseau d'informateurs, sans qu'il le sût ; après tout, mieux valait caresser ce genre de petit dans le sens du poil, plus encore qu'un grand, vu les dégâts que leurs colères pouvaient parfois faire.

« Bonjour, Oliver, dit-elle avec un sourire, comment vas-tu ? »

Cela faisait longtemps qu'elle n'avait pas pris connaissance des différentes mœurs de la maison Poufsouffle. Le jeune Grade tombait bien et Alizée comptait bien le mettre à profit. Elle s'était donc relevée, avec sa lenteur habituelle pour éviter tout incident malencontreux, avant de s'approcher de lui en récupérant ses affaires. Elle s'était ensuite assise juste en face de lui, prenant la parole avec son plus beau sourire. Tout dans son attitude était fait pour faire fondre le petit cœur d'artichaut du Poufsouffle et, ainsi, pouvoir le faire parler sans même qu'il le comprît. Elle ne savait pas si sa technique marcherait indéfiniment, mais elle avait fonctionné jusqu'alors, elle ne voyait donc pas de raison légitime pour en changer.

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POUFSOUFFLE1ère année
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MessageSujet: Re: [16 novembre 1997] Les secrets bien gardés de nos grimoires. Jeu 20 Juil 2017 - 3:22

Fichu, vu, grillé, prit la main dans le sac ! Aussitôt sa discrétion mise à mal par le regard d'Alizée, Oliver se détourna aussi vite qu'il était apparu, le pourpre au joues. Encore marqué par les traits de l'enfance, Oliver ne maîtrisait guère l'art de la contenance lorsqu'elle celle-ci était désirée, et ne savait comment dissimuler son délit d'impertinence. Fort de ce constat, le jeune rouquin retroussa son menton au creux de ses maigres épaules, tandis que sa silhouette s’affaissait sur son siège, et son dos arrondi épousait parfaitement la courbe en demi-cercle de son dossier. Étrangement une expression de blâme vînt se muer sur la douceur de ses traits fragiles, comme s'il eût appréhendé que l'on vienne le réprimandé, tel un bambin en faute. Penaud, Oliver tentait de battre en retraite, à la manière d'une tortue apeurée dont les membres se rétractaient sous sa carapace, sitôt un danger distingué. Désormais, il espérait ne pas être apostrophé d'une quelconque remarque à son insu de la part d'Alizée, sans quoi il n’hésitera pas à prendre ses jambes à son coup, et trouver refuge dans un placard à balais. Décidément, cette fin de journée n'avait rien de plaisant, et l'enfant se questionna sur les véritables intentions cachées de la bibliothèque.

- Bonjour Oliver, fit une voix qui l'extirpa aussitôt de ses songes, comment vas-tu ?
- Alizée ! s'écria-t-il stupéfait. Tu m’as vu ?

Le Poufsouffle se redressa aussitôt sur son siège, dans un hoquet de surprise, les yeux écarquillés de stupéfaction devant l’apparition soudaine de son interlocutrice. Tiré de force hors de ses rêveries, sitôt qu’elle eût prit la parole, le rouquin se demandait qui de son ouïe ou de sa vue avait fait abstraction de sa présence. Ni le raclement de chaise, ni le dépôt d’un sac chargé de livres croulant au sol sous son poids ne témoignèrent de sa supposée arrivée. Étrange. Certainement s’était-elle téléportée à la manière d’un protagoniste surnaturel, tout droit sorti d’un long-métrage moldu ? Il hésitait presque à s’en informer, tant sa curiosité en fût instantanément stimulée. Il fallait dire que les histoires traitant de surnaturel, imaginées et conçues par les moldues, était son hobby qui avait pour coutume de le  faire rêver. Seulement, il n’était là qu’Oliver Grade, le rouquin maladroit et semi aveugle de surcroît, oubliant de prendre conscience de ce qu’il se présentait devant lui, à savoir ; Alizée Shafiq. A contrario, celle-ci maîtrisait à la perfection l’art de la discrétion, qui lui eût fait défaut, quelques instants plus tôt. Décidément, la jeune femme méritait tous les titres, aux yeux d’Oliver, et selon lui toute sa personne valait son pesant d’or.

Visiblement, les quelques secondes de flottement consumées par le temps emportèrent avec elle la surprise instantanée qu’eût ressentie Oliver, à l’arrivée d’Alizée, laissant place à une expression hébétée, le regard hagard et le sourire crispé, qu’il déclina aussitôt qu’il l’eût remarqué. Fort de son impolitesse, le rouquin accusa le coup et lança un regard d’excuse à son interlocutrice, nourrissant l’espoir qu’elle puisse les accepter. Honteux de se tenir ainsi devant la jeune fille, il lâcha un petit rire qu’il ne sût retenir, tandis qu’une main fébrile passait dans ses cheveux, témoignant de sa gêne. Etrangement, il gardait en mémoire les regards sombres de sa mère, lourds de sens, qui lui reprochait souvent sa posture avachie et son impolitesse.

- Oh, eh bien oui je vais bien, et toi ? C’est marrant, je ne t’ai absolument pas entendu arriver ici, c’est fou !

Il s’écroula aussitôt sur sa chaise, comme s’il eût été débarrassé du lourd fardeau qui constituait d’engager une conversation. Certes, divulguer une illusion de confiance en soi restait tout aussi aisé que de jouer un personnage que nous ne sommes pas. En effet, Oliver n’était pas partisan de ceux prompt à bavarder à chaque fois qu’on l’intercepte. Enfin comment engager une quelconque conversation avec une personne si peu aimable, qu’elle préfère vous insulter ? Non, Oliver préférait se nicher dans un coin tranquille et calme, à l’abri des conflits et des regards indiscrets. Rares étaient les personnes avec qui il puisse converser sans se soucier du court de ses paroles, ni des formalités de politesses. Par ailleurs, ces personnes étaient rigoureusement choisies, sélectionnés au compte-gouttes signant pour un pacte de confiance, pour représenter le cercle très fermé de ses « amis ». Et bien qu’il apprécie d’autant Alizée qu’il ne lui donnait sa confiance, ses manières distingués et sublimés, son amabilité polie et sa serviabilité, ou encore son être dénué d’imperfection finissait par l’intimider quelque peu.

Soudain, son regard se posa sur son rouleau de parchemin, sur lequel était déposée une maigre trace écrite, qui n’échappa pas au regard avisé d’Oliver, qui hésitait à réduire son manuscrit à l’état de boule, d’un geste farouche. De plus, la calligraphie était à l’image d’un pas de mouche à moitié-écrasé, si bien qu’il dût plisser les paupières pour en deviner les lettres. Pourtant, il était certain d’avoir rassemblé tous ses efforts, pour tenter de s’appliquer, en vain. Il croisa aussitôt les bras contre son torse, feignant une moue contrite et excédé, tout en se questionnant sur l’aisance que témoignait sa mère pour lire chacune de ses missives. Lui-même devait répéter chaque syllabe pour en déterminer le sens, et cela devenait interminable selon la longueur du manuscrit, alors quel était donc son secret ? De plus, Oliver ne savait comment formuler la suite de sa lettre. Comment expliquer ? Dans tous les cas, Oliver ne pouvait se résoudre garder sa mère plus longtemps dans l’ignorance, il se l’interdisait.  Le jeune rouquin appréhendait déjà la réponse de sa mère, et ne savait comment y déroger, certain qu’il allait en subir les foudres. Soudain, ses deux yeux lancèrent un regard empli de détresse à d’Alizée. Ce n’était pas très respectable de profiter des talents d’autrui, mais Oliver considéra que cette fois, ce fût un cas de force majeure. Après tout n’était-ce pas un minuscule conseil, de rien du tout ?

- Je suis plutôt embêté avec ma lettre, dit-il d’un ton qu’il voulut paraître innocent. Je dois écrire à ma mère pour la tenir au courant de la prise d’un nouveau traitement, et ça signifie que je dois lui expliquer que…Enfin, tu vois quoi !

Ses dernières paroles s’étaient brisées, puis consumée par le désarroi. Oliver chercha une quelconque source de réconfort, dans les prunelles de son interlocutrice, espérant adoucir sa détresse. Seulement, il n’y décela que de la pitié, à défaut de trouver l'appui émotionnel, escompté. Désormais, prit dans son propre piège, Oliver ne savait comment aborder le sujet, si ce n'est par une mine sombre et ravagée, dont il apostrophait Alizée. De plus, son âme de Poufsouffle ne pouvait le laisser insensible ; il ne pouvait se résoudre à profiter de ses services, et lui demander de l’aider à rédiger sa lettre sujette aux discordes si elle-même n'avait su que souffrir lors de la nuit de terreur, qui avait symbolisé le mois d'Octobre précédent !

- Je suis désolé mais, et toi ? As-tu pu en parler ? Je veux dire, à ta famille ?
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MessageSujet: Re: [16 novembre 1997] Les secrets bien gardés de nos grimoires. Lun 31 Juil 2017 - 15:16


Il était toujours amusant de constater les différentes réactions des plus jeune à sa seule présence. Certains prenaient peur à cause de son nom, d'autres voulaient pouvoir lui parler de certains problèmes et enfin, il y avait le jeune Grade. Le jeune garçon ne put s'empêcher de rougir quand il remarqua qu'Alizée, non-contente d'être présente, avait remarqué sa présence et lui avait sourit. Amusée, elle se déplaça, après avoir rangé ses affaires, pour le rejoindre. Sa démarche silencieuse, droite, n'attira le regard de personne, encore moins du plus jeune. Elle dut donc s'annoncer et, ne voulant paraître impoli, salua le Poufsouffle.

« Bonjour Oliver, s'exclama la sixième année, comment vas-tu ?
Alizée ! s'écria Oliver, visiblement stupéfait. Tu m’as vu ?! »

Si au départ, la question prit de court Liz, son cerveau finit par se remettre en marche. Un éclat de rire franc lui échappa. Doux comme la caresse d'un vent léger d'été, pouvant être apprécié à sa juste valeur, comme pouvait l'être une baignade dans des eaux à de bonnes températures, alors même que la chaleur accablât la terre de sa présence. Il remplit la bibliothèque d'un son presque mélodieux, sans aucune sorte de discrétion, faisant se retourner quelques personnes vers leur position ; les moins éloignés surtout. Quand la Serpentard parvint à se calmer, elle s'installa sur son siège, répliquant dans un chuchotement.

« Je ne t'ai pas vu, non, pas la première, c'est certain. »

Taquine, sans se montrer réellement moqueuse, la demoiselle essayait ainsi de dérider le garçon, qu'elle avait l'impression de voir tendu. Peut-être une simple supposition qu'elle se faisait mentalement, sans véritable fondement, mais comme elle espérait pouvoir tirer quelques renseignements de lui, à terme de leur conversation, elle préférait qu'il fût décontracté en sa présence. Un détail, certes, mais qui était loin d'être réel pour le moment, comme en témoigna les gestes d'Oliver. Passer sa main dans ses cheveux, sourire de façon crispé, le rire nerveux qu'il lâchât témoignant cela. Il fallait savoir décrypter les comportements pour arriver à le comprendre et bien que la vipère ne fût pas forcément experte en ce domaine, du moins avec tout le monde, il y avait des expressions ou des mouvements qui ne trompaient pas. Elle ne prononça pas d'autres paroles, comprenant qu'il valait mieux le laisser approcher, plutôt que l'agresser directement avec de nombreuses questions. Il lui faisait penser à certains animaux peureux, qui préféraient fuir le danger, mais qui en même temps, ne pouvaient contenir une certaine curiosité. Quand on savait s'y prendre avec eux, il était parfois possible de les approcher, de les caresser et elle avait bien l'intention de le faire, dans le sens du poil, avec lui, pour ensuite en tirer ce qu'elle voulait. D'une certaine façon, sans trop savoir pourquoi ni comment, elle se trouvait attendrie, ce qui la poussa à plus de patience encore à ce qu'elle aurait eu en temps normal.

« Oh, eh bien oui je vais bien, et toi ? demanda Oliver, remarquant enfin sa toute première question et voulant sans doute se montrer poli avec elle. C’est marrant, je ne t’ai absolument pas entendu arriver ici, c’est fou !
Je vais parfaitement bien, je te remercie, répondit Shafiq, avant de reprendre d'un ton qu'elle voulut joueur. C'est parce que j'ai trouvé le moyen de transplaner silencieusement, à l'intérieur même de Poudlard. »

Un mensonge éhonté, qu'elle ne cacha pas, se permettant même un clin d’œil pour faire comprendre au blaireau que ce qu'elle racontait n'était que des fadaises. Même si elle avait su transplaner – ce qui n'était même pas le cas, n'ayant pas encore passé son permis pour apprendre à le faire – elle n'aurait pu le faire dans le château : c'était connu de tous qu'on ne pouvait pas le faire et qu'il fallait se trouver en dehors des limites du domaine de Poudlard pour utiliser la téléportation sorcière. Le sortilège anti-transplanage qui entourait l'école était puissant, par ailleurs, de ce qu'elle savait et le briser demanderait une puissance magique sans doute considérable, qu'elle était loin, très loin de posséder.

Grade, quant à lui, se ratatina sur sa chaise quand il eut prononcé ces quelques mots, sans véritablement attendre sa réponse. Elle ne s'en formalisa pas : elle avait beau avoir un port noble, et ce, sans même s'en rendre compte, elle savait surtout que ce n'était le cas de tous. Oli' faisait partie du bas peuple, des roturiers et qu'il fût utile ou non, cela n'empêchait pas ses manières d'être loin de celles attendues dans les grandes familles de Sang-Pur, telle que les Shafiq, les Malfoy, les Nott... Non, à la place de s'en offusquer, elle suivit le regard du jeune homme quand il posa le sien sur son parchemin, quasiment vierge. Le peu qui était écrit était totalement illisible. Des pattes de mouches qu'Alizée ne parvint pas à décrypter. Souvent, l'on oubliait que de nombreux premiers années n'avaient jamais écrit avec un plume avant leur entrée à Poudlard et le résultat en était là : une calligraphie médiocre, si ce n'était inexistante. Dans une pensée fugace, la demoiselle se dit que l'école devrait donner des cours pour apprendre à écrire avec des plumes pour les plus jeunes qui en avaient besoin, mais cela fut rapidement relégué au second plan. Le garçon face à elle venait de lui lancer un regard qu'elle ne connaissait que trop bien et avec un léger sourire, elle l'invita à formuler sa pensée à voix haute, d'un geste élégant de la main dans sa direction. Il ne se fit pas prier et reprit la parole une nouvelle fois, des yeux de chiens battus tournés vers l'étudiante qui ne put qu'accepter sa requête.

« Je suis plutôt embêté avec ma lettre, dit-il d’un ton innocent, ce qui eut pour effet d'adoucir plus encore la jeune femme. Je dois écrire à ma mère pour la tenir au courant de la prise d’un nouveau traitement, et ça signifie que je dois lui expliquer que…Enfin, tu vois quoi !
Oui, se contenta-t-elle de dire au départ, en hochant la tête. Je vais t'aider à l'écrire, si tu veux. »

Sans prendre la peine d'ouvrir ses affaires, elle se redressa et fit le tour de la table pour venir s'installer à côté du Poufsouffle. Elle attrapa d'un geste la plume de l'enfant et l'observa un temps, sans trop remarquer les états d'âme qu'il pouvait avoir. Finalement, elle la reposa avec un soupir, remarquant par ailleurs que le bout commençait à être assez usé. Est-ce qu'il la changeait de temps à autre ou est-ce qu'il écrivait toujours avec la même ? La question lui était venue à l'esprit d'elle-même, pendant que la vipère attirait son sac d'un accio formulé. Après l'avoir réceptionné, elle en sortit une longue plume aux différentes teintes marrons et un parchemin, avant de se tourner vers Oliver. Elle allait prendre la parole, mais elle ne le put : il la coupa, posant une question qui parvint à la surprendre. Personne ne lui avait demandé avant, en dehors d'Alexandre et que cela vint de la bouche d'un gamin lui fit presque du mal, surtout pour lui. Alizée avait beau manipuler son monde... C'était des enfants qui venaient d'entrer à l'école et, même si elle essayait de ne pas y penser, l'idée qu'ils eussent subi des sévices pour l'idiotie chronique de quelques élèves forcément plus âgés qu'eux la révoltait. Elle n'en fit pas part, mais l'idée restait-là. La nouvelle éducation, bien qu'intéressante sous certains points, avait le don de l'irriter quand ils passaient à l'action pour... pour rien, au final. Juste le plaisir de faire souffrir. Des incompétents notoires en ce qui concernaient la discipline et la politique, de son point de vue.

« Je suis désolé, mais et toi ? As-tu pu en parler ? Je veux dire, à ta famille ?
Non, répondit-elle honnêtement. Mais à quoi bon ? Ils ne pourraient rien y faire, et même si je le voulais, leur expliquer ce que j'ai reçu dans une lettre serait compliqué. Je ne doute pas qu'ils vérifient les tenants de toutes les missives qui sortent de Poudlard. Elle fit une pause, son index venant tapoter son menton dans une mimique pensive, avant qu'elle se réveillât à nouveau et qu'elle reprît la parole, tout en plaçant une mèche de cheveux volages derrière son oreille droite. Ce qui me fait penser, qu'est-ce que tu veux mettre dans ta lettre, au juste ? Il va falloir que je sache et on va devoir réfléchir à une façon de le dire, mais détourné. Ta mère arrive à lire entre les lignes, j'espère ? »

La dernière question pouvait paraître étrange, elle en avait conscience, mais dire clairement les sévices qu'Oliver avait subis était dangereux, pour la simple raison que si la lettre était interceptée, les Carrow pourraient voir cela comme un appel à la rébellion, tant ils pouvaient se montrer parfois stupides. Il valait mieux que rien dans la missive pût véritablement incriminer quoi ou qui que ce fut, même l'éducation, mais qu'entre les lignes, la personne qui allait recevoir la lettre du garçon pût comprendre ce qui était arrivé, le traitement qu'il se devait de prendre à présent ou encore l'état de son oeil. Tout en réfléchissant, Alizée se mordillait les lèvres, réfléchissant déjà à la manière de l'expliquer, sans véritablement l'explicité, ce qui allait être véritablement compliqué.

« Est-ce que, quand tu étais enfant, tu avais un code pour parler avec ta mère, que seul vous connaissez ? Ça peut paraître bête comme question, mais ça pourrait nous être très utile pour ta missive. »

Tout en parlant, elle s'était retournée vers le premier année, sans se rendre compte du regard inquisiteur qu'elle lui lançait. Un autre détail qu'elle avait légèrement oublié, à trop se concentrer sur le parchemin encore vierge, était son objectif premier en venant vers lui. Les rumeurs étaient totalement passées au second plan et elle n'y pensait absolument plus.

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    POUFSOUFFLE
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MessageSujet: Re: [16 novembre 1997] Les secrets bien gardés de nos grimoires. Lun 20 Nov 2017 - 2:20

La lassitude laissa place à la confusion, à mesure que la jeune femme entreprit de l’aider à engendrer sa missive. Papillonnant des yeux, éberlué, il l’a laissa s’agiter à son côté pourvue d’un sac fourni, qu’elle eût réceptionné avec habileté. La contrariété tira ses traits, tandis qu’une plume s’extirpa de son paquetage. Bien qu’il eût apprécié le geste et qu’il hésita à en profiter, il demeura suspicieux quant à l’analyse intuitive que soutirerait sa maman, sous la calligraphie fine d’Alizée. Certainement ne manquerait-elle pas de souligner son impolitesse à défaut de porter intérêt au contenu écrit. Seulement, il convînt que son état de cécité temporaire lui prêtait la légitimité d’accepter l’aide qu’on lui proposait. Qui le saurait ? Personne n’était obligé de préciser qu’il fût sous traitement efficace.

Tandis qu’il se remuait les méninges à jouer sur son profit, Alizée continuait à s’affairer sur les provisions nécessaires à l’écriture d’une missive, évoluant avec fluidité sur le plan de travail. Comment pouvait-elle conserver son apparat de dignité, sans dévoiler une once de souffrance dissimulée ? A l’instar de tous, Alizée et lui avaient porté l’habit de souffrance sous couvert d’humiliation forcée au cours de cette soirée emblématique. Seulement, la jeune femme demeurait dénuée de séquelles qui témoigneraient de son vécu. De plus, elle parvenait à seconder les plus nécessiteux qu’elle, en conséquence des actes mangemorts. Fort de ce constat, il se surprit à douter d’une supposée souffrance, à son instar. En comparaison, Oliver s’éprit d’un sentiment de honte lui promulguant l’idée qu’il manquait de vigueur, à force de plaintes et de remise en cause sur son état. Seulement, sa souffrance restait gravée dans ses rétines, comme celles qui les eurent éteintes.

« Je suis désolé, mais et toi ? As-tu pu en parler ? Je veux dire, à ta famille ? demanda-t-il opportun, éreinté par la mauvaise conscience de mettre à profit ses services. Aussi était-il désireux d’avoir gain de son assurance, par quelques-uns de ses conseils vertueux. Lui aussi voulait survivre.
Non, répondit-elle honnêtement, en se tournant vers lui. Mais à quoi bon ? Ils ne pourraient rien y faire, et même si je le voulais, leur expliquer ce que j'ai reçu dans une lettre serait compliqué. Je ne doute pas qu'ils vérifient les tenants de toutes les missives qui sortent de Poudlard.

Oliver évalua d’un regard mêlé de surprise l’attirail qui ornait le bois de la table. Peu à peu, il prit conscience de l’inutilité de son geste. Ainsi ne pouvait-il aucunement divulguer l’ampleur de leurs maux ni leurs à leurs proches, sans recourir à la censure ? Allaient-ils pourrir entre ces murs, sans obtenir gain de cause ? Jusqu’où s’étendait leur pouvoir de surveillance, s’il ne leur était même pas permit de communiquer avec l’extérieur ? Oliver s’écroula sur sa chaise, les bras balans, hagard, s’arrachant à la détresse du moment, le pessimisme brûlant son esprit apeuré par l’inconnu. Quand pourrait-il revoir sa mère qui lui manquait déjà tant ? Or, Alizée contra le désespoir ambiant d’une réplique intuitive, qui sembla enhardir le jeune rouquin dégonflé, façon baudruche.

- Ce qui me fait penser, qu'est-ce que tu veux mettre dans ta lettre, au juste ? Il va falloir que je sache et on va devoir réfléchir à une façon de le dire, mais détourné. Ta mère arrive à lire entre les lignes, j'espère ? »

Comme sa mère lui eût toujours appris, Oliver prit le temps de respirer. Longuement, pour mieux retrouver ses esprits. Il desserra l’étreinte nouant son corps frêle, et avisa la dernière réplique de sa voisine de ses petits yeux apeurés. Dans d’autres circonstances, Oliver aurait clairement pu discerner une forme de jeu par lequel sa mission consisterait à esquiver la censure, sous un vocabulaire déroutant. Or, la situation ne relevait guerre du jeu, mais bien de la réalité. Fort de ce constat, Oliver se révélât abrupt d’imagination et, n’aurait su affirmer si sa mère parviendrait à redéfinir ses propos sous un message secret.

- Je voulais juste lui expliquer mon état, et le traitement que je suis obligé de prendre et qui va me contraindre à aller à Ste Mangouste, ces vacances, expliqua-t-il avec lenteur. Je voulais aussi passer en revue ce qui se passe au château, mais j’imagine que pour ça, c’est inutile.
« Est-ce que, quand tu étais enfant, tu avais un code pour parler avec ta mère, que seul vous connaissez ? Ça peut paraître bête comme question, mais ça pourrait nous être très utile pour ta missive. » S’empressa d’ajouter la jeune femme, inquisitrice.

La question parût l’étonner dans un premier temps, mais n’en demeura guère moins stupide après réflexion. Dans une mimique de considération, il se massa le duvet qui épousait la forme d’un visage encore enfantin. Les rouages de ses méninges s’enclenchèrent et tournèrent de longues minutes. Longues minutes, durant lesquelles il s’arracha à quelques évènements anecdotiques où il discutait sous un langage inconnu pour autrui avec sa sœur et sa maman. Seulement, Oliver connaissait bien les revers de ce genre de vocabulaire : il concernait toujours leurs secrets familiaux, lesquels étaient dissimulés par des noms de code. Seulement, le débat n’était guère ouvert aux confidences, bien qu’à titre comparatif, le traitement qu’il eût subit demeurait sensiblement semblable aux horreurs testé sur le pauvre squelette de son frère. Un frisson parcouru son échine à cette pensée. Non, il ne pouvait décemment rien révéler.

- J’ai effectivement certains codes, avoua-t-il d’une petite voix peu assurée. Mais à vrai dire, je ne sais pas si ceux-ci pourront réellement nous aider. Sinon, qu’est-ce qui ne doit pas être révélé au juste ? Mes sévices, et les sors employés je suppose ? Ma mère connait à peu près l’actualité sorcière, ajouta-t-il, tu penses qu’il est possible de lui sous-entendre ce qu’il se passe, en se basant sur celle-ci ?

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MessageSujet: Re: [16 novembre 1997] Les secrets bien gardés de nos grimoires. Mar 21 Nov 2017 - 17:26


Alizée observa Oliver réfléchir, le laissant penser à sa requête sans le presser. Il valait mieux lui laissait du temps, surtout en sachant qu'à son âge, songer à de telles stratégies pour détourner les véritables intentions d'une missive n'était pas aisé. Sans véritable s'en rendre compte, la demoiselle commença à dessiner certaines formes sur le parchemin déjà usé par le jeune Grade. Ce n'était pas du grand art, loin de là, la jeune femme n'ayant aucune véritable base en dessin, même si un observateur très avisé pouvait comprendre qu'il s'agissait d'une fleur, encore que définir laquelle relèverait du miracle. Ce ne fut qu'en entendant le jeune Poufsouffle que la Serpentard releva les yeux vers lui, écoutant ses paroles. Elle possédait la même expression depuis quelques minutes déjà, à savoir une moue pensive trahissant son intense réflexion.

« J’ai effectivement certains codes, avoua le première année, d’une petite voix qu'elle jugea un peu stressée. Mais à vrai dire, je ne sais pas si ceux-ci pourront réellement nous aider. Sinon, qu’est-ce qui ne doit pas être révélé au juste ? Mes sévices, et les sors employés, je suppose ? Ma mère connaît à peu près l’actualité sorcière, ajouta-t-il, tu penses qu’il est possible de lui sous-entendre ce qu’il se passe, en se basant sur celle-ci ?
Je vois », répondit Liz en acquiesçant.

S'il n'avait pas assez de codes, écrire une lettre en se basant uniquement sur la supposition que sa mère comprendrait n'allait pas être une tâche facile. Oliver ne devait pas se rendre compte de la chance qu'il avait, d'être tombé sur la seule Serpentard prête à l'aider, que ce fut avec une arrière-pensée – qu'elle avait oublié depuis – ou non. L'Américaine adorait les défis et c'était précisément pour cette raison qu'elle n'allait pas laisser le garçon dans une telle situation. Sa mère allait avoir sa lettre, quitte à ce qu'elle fût obligée de s'arracher les cheveux pour trouver la bonne solution, celle qui lui permettrait d'aider au mieux le jaune et noir. Après de longues minutes sans prononcer le moindre mot, elle se releva, toujours aussi élégante et fit un signe apaisant au petit, avant de prendre la parole.

« J'ai peut-être une idée, mais il va me falloir trouver la formule d'un sortilège en particulier, dit-elle. Je reviens d'ici cinq minutes. Tu peux garder mes affaires, s'il te plaît ? »

La sixième année lui envoya son plus beau sourire, avant de faire volte-face, quand il lui offrit l'assurance que ses possessions seraient bien gardées avec lui comme gardien. Elle se dirigea d'un pas rapide vers le bureau d'Holbrey, voulant lui demander l'autorisation pour feuilleter un livre se trouvant dans la réserve ; elle l'avait remarqué durant l'une de ses anciennes visites. Elle n'avait pas véritablement étudié le grimoire, n'ayant que peu de temps ce jour-là, mais cela ne l'avait pas empêché de remarquer que le recueil parlait principalement de sortilèges permettant d'enchanter parchemins et livres, que ce fût pour quelques blagues ou des utilisations plus précises, comme les messages codés... Rien d'étonnant à ce qu'il ne fut pas placé ailleurs que dans la réserve, vu le système politique actuel et la propension des élèves à tricher durant les épreuves ou examens. Octave lui demanda des précisions et elle lui avoua l'utilisation qu'elle allait faire des enchantements. Après quelques secondes de réflexion, sans doute plus par amusement que réellement parce qu'il réfléchissait, il finit par lui donner son accord. Pour éviter qu'Oliver remarquât qu'elle passait dans la réserve, elle fit en sorte de passer derrière l'étagère se trouvant dans son dos, profitant de jeter un regard vers sa position pour vérifier qu'il n'avait pas fui entre-temps. Dans la réserve, elle ne mit pas longtemps à trouver l'ouvrage qu'elle cherchait et elle l'ouvrit rapidement pour arriver à la bonne page. La sang-pure ne se gêna pas pour la dupliquer, n'ayant pas l'intention de rester plus que nécessaire dans la réserve ; elle ne voulait pas qu'une autre personne qu'Octave l'y remarquât, sans compter que ça pouvait retomber sur lui. Elle sortit de celle-ci, repassant par le même chemin, profitant de l'occasion pour remercier Octave d'un geste de la tête et d'un sourire sincère en passant devant son bureau. Elle revint ensuite vers la table où se trouvait Grade et elle s'y rassit, la page dupliquée à la main.

« Certaines personnes arriveront à supprimer l'enchantement, mais ce ne sera pas à la portée du premier venu, normalement, lui dit-elle, voulant expliquer clairement ce qu'elle était partie quérir. C'est un enchantement qui permet d'éviter qu'une autre personne que le destinataire ou un lecteur en particulier puisse lire une lettre ou un livre. »

Voulant laisser le temps à Oliver de comprendre ses paroles, Alizée se tut. Pendant quelques secondes, elle se contenta de l'observer, voyant presque les rouages du cerveau du plus jeune apparaître devant ses yeux et tourner rapidement. Au moins, ce n'était pas le plus idiot des Poufsouffles, même si elle devait avouer qu'il était loin d'être le plus actif. Après analyse, elle parvenait à le comprendre un peu plus tous les jours : il possédait la fâcheuse caractéristique des adolescents à être des feignants en puissance. Ça l'amusait en réalité, rien de plus, le trouvant plus intéressant encore, d'une certaine manière.

« L'idée, c'est que nous allons écrire une fausse lettre à ta mère, puis nous allons enchanter le parchemin pour que, quand le parchemin atterrira dans ses mains, les lettres changent toutes seules pour lui dévoiler la véritable missive. Malgré tout, certaines personnes pourraient comprendre la ruse, c'est pour ça que nous allons devoir quand même l'écrire à l'aide de ton code et en prenant en compte que ta mère connaît l'actualité. »

La jeune femme s'arrêta un moment. Si elle parvenait à avaler un bon nombre d'informations en même temps, elle n'était pas idiote et comprenait que ce n'était pas le cas pour tout le monde. Il valait mieux laisser le temps à Oliver d'encrer les informations dans sa mémoire. Une petite minute après, Shafiq reprit ses explications.

« La première lettre à écrire est celle que ta mère verra. Ensuite, il nous restera à enchanter le parchemin pour supprimer ce qui y est écrit et nous pourront réécrire dessus. Il est aussi possible d'enchanter le parchemin pour que si quelqu'un essaie de révéler ses secrets, celui-ci insulte la personne, mais je ne pense pas que ce soit une bonne idée, en sachant que ton nom sera forcément cité dans les deux lettres. »

Venant replacer une sombre mèche de cheveux derrière son oreille, s'étant perdue devant le bleu de ses yeux, la belle esquisse un sourire pour le blaireau. Elle n'était pas dans la maison de Salazar pour rien, après tout, charmant à sa manière le plus jeune. Il était presque possible d'imaginer un serpent tentant de charmer un blaireau, bien que l'image n'allait pas être des plus réalistes. Elle gagnait sa confiance, presque naturellement, alors qu'elle ne pensait même plus à la raison qui l'avait poussé à l'aider.

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MessageSujet: Re: [16 novembre 1997] Les secrets bien gardés de nos grimoires. Jeu 4 Jan 2018 - 18:12

« J'ai peut-être une idée, mais il va me falloir trouver la formule d'un sortilège en particulier, dit-elle. Je reviens d'ici cinq minutes. Tu peux garder mes affaires, s'il te plaît ? »

Il acquiesça longuement pour stipuler son accord à sa requête.  Cependant, avant de s’atteler à son rôle, il s’arracha à la contemplation de sa voisine, qui se parât d’élégance pour se lever. Il profita un instant de l’amplitude de ses gestes, palliant à un sourire aussi persuasif que ses dernières paroles. Sans se douter des manigances qui se profanaient non loin, le rouquin sentait les battements de son cœur s’apaiser sous sa poitrine, tandis qu’il se laissait couler le long de son dossier. Tranquillisée par son pragmatisme, Oliver prêtait toute sa confiance à son aînée sans se méfier de l’âme charitable qu’elle lui inspirait. De plus, Il s’évertuait à combattre le stéréotype dans lequel on défigurait l’image des Serpentard pour les transformer en vilain pas beaux, en quête de réussite au profit du mal. « Tous ceux qui ont mal fini, étaient à Serpentard », disait le dicton. Malgré son ascendance à un père ayant redoré le blason vert et argent, pour mieux se forger une réputation de meurtrier sous les barreaux d’Azkaban, Oliver savait qu’Alizée pouvait faire exception à la règle.  Seulement, les rouages de ces méninges torturaient son esprit d’une question récalcitrante, qu’il ne pouvait s’empêcher de se poser : Quelles étaient les raisons qui poussaient la jeune femme à s’investir dans diverses machineries pour l’aider ? Etait-ce par pure charité, comme il l’idéalisait, ou d’autres plans justifiaient-ils ses accès de bienfaisances. Ou bien fabulait-il ? Ennuyé par sa soudaine suspicion, il arbora une moue affligée avant de secouer la tête pour faire fuir ses idées.

« Tout ça n’est qu’un amas de cochonneries infondées ! » s’écria une Gryffondor enragée, qui projeta d’un revers de main la cause de ses perturbations nerveuses.

Une consœur Serdaigle tenta de calmer les ardeurs de son amie, en lui insufflant des paroles de réconfort, pour mieux lui imposer le silence à respecter. Oliver resta un moment hébété, devant La Gazette du Sorcier qu’il toisait sans comprendre la cause d’un tel accent de haine, sur un pauvre bout de Journal. Or, le garçon entendait encore l’élève diffuser son hostilité à coups de jurons, entre deux étagères.  A l’évidence, sa lecture ne l’avait guère satisfaite. Peu importe se résigna-t-il, haussant des épaules. Bien qu’il ne porte que très peu d’intérêt à l’actualité sorcière, et ce qui englobait les actifs de la guerre –afin de perpétuer son désir de paix- il fût, exceptionnellement, attiré par les gros titres de l’actualité. Ainsi, il chipa furtivement l’objet du délit, en prenant soin d’assurer ses arrières, malgré le désintérêt total que portaient les habitants de la Bibliothèque à sa petite effraction. Il dissimula le journal sous sa table, soucieux que l’on puisse le surprendre à s’informer de sujets douteux. Ainsi, il se rendit à la page quatre comme l’indiquait l’intitulé, où s’érigeait une liste non-exhaustive des éminentes évasions d’Azkaban. Son cœur se serra à l’annonce du drame, tant il espérait ne pas y découvrir un nom connu.

Selon la presse, la plupart des réchappés étaient de fervents partisans de Vous-Savez-Qui, et informait la population sorcière que les révolutionnaires seraient abrogés, s’ils tentaient de nuire ou de compromettre le Régime des Ténèbres. Si peu rassuré, Oliver se hâta de s’informer. Soudain, il s’attarda un nom qui ne manqua pas de l’incommoder : Warren Grade. Une sueur froide glissa le long de sa tempe, tandis qu’il tentait de modeler le bois de sa chaise à force de se tortiller, en vain. Son esprit fulminait, affublé de questions récurrentes auxquelles il ne trouva aucune réponse satisfaisante, pour guérir mal. Oliver répudia son nom un instant : ce n’était guère possible qu’il eût parvenu à s’échapper de la forteresse, si réputée pour ses protections infaillibles. Après tout, beaucoup de sorciers se nommaient Warren Grade, et résidaient à Azkaban depuis de nombreuses années, n’est-ce pas ? Sa commissure se releva pour former un demi-sourire narquois, propre à son incrédulité. Son père partageait-il les ambitions du Seigneur des Ténèbres lui aussi ? Ou s’imposait-il une simple protection ? Allait-il vouloir les retrouver, lui et sa sœur, pour mieux les kidnapper ou les tuer ? Ou s’emparerai-t-il du cadavre de sa mère ? Peut-être se serait-il discret, et cesserait de faire perdurer son passé d’assassin ? Ou peut-être suivrait-il les ordres du Seigneur des Ténèbres en tuant des innocents ? Et s’ils déclaraient la guerre à Poudlard ?

Soudain, un raclement de chaise le sorti de sa torpeur, lui signifiant le retour de sa voisine. Brusquement, ses yeux alarmés de terreur se hasardèrent sur la page de parchemin –témoin de son temps- qu’elle lui présentait. Ou avait-elle déniché cette relique ?

« Certaines personnes arriveront à supprimer l'enchantement, mais ce ne sera pas à la portée du premier venu, normalement, expliqua-t-elle intuitive. C'est un enchantement qui permet d'éviter qu'une autre personne que le destinataire ou un lecteur en particulier puisse lire une lettre ou un livre. »  

Oliver fronça les sourcils, perplexes. Les rouages de ces méninges semblaient s’être rouillés par les questions parasites qui l’eurent troublé quelques instants plus tôt. Fort de ce constat, Oliver abandonna à la hâte l’objet de ses tortures (le journal) sur un pan de table, crissant sous ses doigts. Alizée s’était démenée pour l’aider, tandis que lui, ne s’en était guère inquiété, proférant tout son attention à ce qu’exposait la une des journaux. Penaud, comme un enfant prit en faute, il accorda une attention à l’écoute de son récit, nourrissant l’espoir qu’elle n’ait pas noté son désespoir de cause.

 « L'idée, c'est que nous allons écrire une fausse lettre à ta mère, puis nous allons enchanter le parchemin pour que, quand le parchemin atterrira dans ses mains, les lettres changent toutes seules pour lui dévoiler la véritable missive. Malgré tout, certaines personnes pourraient comprendre la ruse, c'est pour ça que nous allons devoir quand même l'écrire à l'aide de ton code et en prenant en compte que ta mère connaît l'actualité. »

Oliver acquiesça lentement en guise de compréhension –laissant son esprit intégrer les explications d’Alizée. Comme elle l’énonça, il douta de l’efficacité du sortilège qu’elle proposait, tant les sortilèges de dissimulations étaient réputés pour être déjoué aussi facilement que l’ouverture d’une porte fermée, pour un sorcier. De plus, comment informer sa mère du danger sous couvert d’un code dont elle était susceptible de ne pas comprendre, sans l’inquiéter ? Le rouquin l’imaginait déjà défier les protections anti-moldues, inexistantes à ses yeux, dans une tentative de sauvetage de ses enfants. Ses traits se détendirent un instant, pour y laisser lire un imperceptible amusement, avant de se refermer comme une huitre. Ainsi, il se résolut à lui assurer sa protection à Poudlard, malgré l’anarchie qui y régnait, tout en lui stipulant le retour de son père et la prise d’un traitement. Mais comment lui assurer sa protection, si son premier séjour lui avait prévalu un handicap à vie ? Caressant du bout de doigt le duvet qui habillait son menton, il étudia murement ses propres pensées, tandis que la Vert et Argent reprenait la suite de son discours :

« La première lettre à écrire est celle que ta mère verra. Ensuite, il nous restera à enchanter le parchemin pour supprimer ce qui y est écrit et nous pourront réécrire dessus. Il est aussi possible d'enchanter le parchemin pour que si quelqu'un essaie de révéler ses secrets, celui-ci insulte la personne, mais je ne pense pas que ce soit une bonne idée, en sachant que ton nom sera forcément cité dans les deux lettres.


- Oui mais dans ce cas, si quelqu’un tombe sur ma lettre, cette dernière révèlera automatiquement son contenu, non ? fit-il remarquer, la voix torturé par l’inquiétude. Non seulement la lettre n’arrivera jamais à bon port, mais en plus tous nos efforts seront vains ! »

Le dos voûté, l’épaule basse, il baissa les yeux, dépité. Les motivations d’Alizée n’arrivaient pas plus à soutenir la sienne. Cette fois-ci, le blaireau de se laissait guère charmer par la beauté naturelle du Serpent, ondulant de charme sous yeux. Ces machineries apparaissaient résolument comme un casse-tête impossible à résoudre, défiant la censure qui l’effrayait, mais l’angoisse de subir la protection de sa mère, qui lui promettait de ne jamais plus revoir Poudlard. Ses traits se nouèrent en une profonde expression de désespoir, qu’il savait prompt à attiser la pitié. Par Merlin, il se fichait complètement de l’attention que lui portait Alizée, à cet instant. Prenant dans un dernier geste de lutte, son visage sombre entre ses mains, il grommela ces dernières paroles :

« Qu’est-ce que maman dira, si elle apprend que papa, est de retour ? »

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SERPENTARD6ème année
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MessageSujet: Re: [16 novembre 1997] Les secrets bien gardés de nos grimoires. Sam 31 Mar 2018 - 16:02


Elle ne savait pas depuis combien de temps elle se trouvait dans la bibliothèque pour aider le jeune Poufsouffle, mais dire qu'elle s'en souciait serait mentir. Elle pouvait parfaitement comprendre son souhait de prévenir sa mère, que ce fût sur la vie à Poudlard ou encore sur ce qu'il avait subi. Elle se doutait bien sûr qu'il lui dirait à demi-mot, pour éviter d'inquiéter inutilement la femme. Elle n'osait elle-même pas avouer à sa mère qu'elle avait reçut un Impéro durant la Nuit de Souffrance, ce même si elle était arrivée à y résister. Nalia n'était pas du genre à rester les bras croisés quand sa famille avait besoin d'elle, et même quand elle n'en avait pas besoin, d'ailleurs. Il s'agissait d'une vraie lionne prête à tout pour ses enfants. La sixième année l'imaginait parfaitement se dresser seule face à une armée si cela signifiait permettre à Jonathan et elle une vie tranquille. Il était parfaitement vrai qu'elle ne s'opposait pas au régime de terreur du Lord Noir, ou en tout cas, la Serpentard ne le savait pas si c'était le cas. Pourtant, il était presque certain qu'elle ne se gênerait pas pour venir massacrer elle-même les Carrow, Mangemorts ou non, si elle apprenait les sévices que sa fille avait enduré. Pour le moment, l'Américaine pensait Alizée en sécurité à Poudlard, sous couvert d'un sang parfaitement pur et d'un blason représentant un serpent sur un fond vert. C'était parfait ainsi et la verte et argent n'avait pas du tout l'intention de lui faire comprendre que ce n'était pas le cas. Et ce n'était qu'un Impéro, après tout, elle n'avait pas à se plaindre, contrairement au jeune homme qui écoutait ses paroles avec attention ; elle n'avait aucune séquelle. Elle avait remarqué son regard penaud et surtout, sa main crispée sur un journal qu'il avait tenté de cacher. Shafiq pensait qu'il valait mieux ne pas en parler, pour le moment, se contentant de lui expliquer l'utilisation des enchantements qu'elle avait trouvé.

« La première lettre à écrire est celle que ta mère verra, expliqua en dernier la sorcière. Ensuite, il nous restera à enchanter le parchemin pour supprimer ce qui y est écrit et nous pourront réécrire dessus. Il est aussi possible d'enchanter le parchemin pour que si quelqu'un essaie de révéler ses secrets, celui-ci insulte la personne, mais je ne pense pas que ce soit une bonne idée, en sachant que ton nom sera forcément cité dans les deux lettres.
Oui, mais dans ce cas, si quelqu’un tombe sur ma lettre, cette dernière révélera automatiquement son contenu, non ? demanda directement Grade d'une voix torturée, pleine d'inquiétude. Non seulement la lettre n’arrivera jamais à bon port, mais en plus tous nos efforts seront vains ! »

Visiblement, le jeune homme n'avait pas compris l'idée d'Alizée et elle fronça légèrement les sourcils face à sa remarque. Le risque zéro n'existait pas, il n'existait jamais et elle allait devoir lui faire comprendre, sans forcément le brusquer. Envoyer une lettre à sa mère pour lui expliquer ce qu'il se passait, en espérant que celle-ci arrivât à passer la censure était risqué. Grade le savait bien sûr, mais il se concentrait uniquement sur le négatif. Il était vrai aussi qu'il n'y avait pas beaucoup de bons côtés dans cette idée. Il allait forcément inquiéter sa mère si la lettre passait et il écoperait d'une retenue violente, au mieux, si ce n'était pas le cas. Un blason de bouc dans le pire des cas. Avec un geste lent, Alizée replaça une mèche de cheveux derrière son oreille, avant de venir frapper ses doigts en rythme sur la surface dure de la table. Le geste était agaçant pour les personnes alentours et certaines personnes ne se gênèrent pas pour lui lancer des regards agacés, mais elle occulta. Elle était bien trop enfoncée dans ses réflexions pour véritablement les remarquer.

Après une longue minute à effectuer le même mouvement à la manière d'une image qui se répétât en boucle, Alizée releva les yeux sur Grade. Son expression pensive se transforma petit à petit en une expression qui témoignait de sa détermination. Elle récupéra le journal d'un geste rapide, sans prendre la peine de lire ce qu'il y avait dessus. Elle vérifia à droite et à gauche que personne ne la regardât faire, puis elle posa le bout de sa baguette sur le papier. Elle récita à plusieurs reprises la formule qu'elle avait lue, effectuant le geste demandé en même temps. Une simple caresse serpentine sur la surface à enchanter. Les écritures et les images disparurent et la une du journal devint totalement vierge d'encre, en apparence. Sans plus attendre et sans vraiment laisser le temps à Oliver de la questionner sur ce qu'elle faisait, elle récupéra sa plume et son encrier et écrivit quelques explications. Oliver ne l'avait peut-être pas remarqué, mais dans la formule, elle avait rajouté son nom ; c'était ainsi que le sortilège fonctionnait.

Si je touche cette page, je ne verrais que mes explications, comme n'importe qui d'autre. Seul toi, comme je l'ai stipulé dans la formule, pourra voir les écrits de base, mais...

Elle ne termina pas sa phrase et tendu le journal à Oliver pour qu'il regardât le fruit du travail accompli. Quand ce fut fait, elle lui tendit la main pour qu'il lui rendît, les écrits du journal disparaissant à nouveau pour laisser voir ses explications. La sixième année le plaça sur la table, de façon à ce que le premier année pût voir également ce qu'elle allait faire. Elle pointa le bois d'acacia sur le papier.

« Revelio », murmura-t-elle.

Les écrits changèrent directement, laissant à nouveau voir les explications du médiat, comme elle n'en était douté. Grade pouvait ainsi comprendre qu'il avait parfaitement raison. Avec un hôchement de tête, la vipère récupéra à nouveau la page qu'elle avait dupliqué et la retourna. Elle savait déjà ce qu'il y était écrit et elle avait préféré ne pas en parler directement. Le sortilège proposé était une variante bien plus fiable que celle qu'Alizée venait de montrer au Poufsouffle, mais ce n'était pas ce que l'on pouvait appeler de la "magie blanche". En réalité, l'enchantement requerrait une contre-partie au lanceur. La formule était exactement la même, mais il fallait signer d'une certaine façon. Avec son propre sang, même si ça ne se verrait pas pour le destinataire qui aurait l'impression qu'il ne s'agirait que d'encre, comme le reste de la missive. Elle annula son Revelio, laissant à nouveau ses écrits se faire voir. Avec un soupir à fendre l'âme d'un détraqueur, la Serpentard fit apparaître une aiguille avec un sortilège et se la planta dans le pouce, toujours en faisant bien attention de ne pas être vu de tous. Elle claqua sa langue contre son palais à cause de la légère chaleur non-naturelle qui se répandit dans son doigt, puis pressa son pouce pour en extraire une goutte. C'était largement suffisant pour ce qu'elle voulait faire. Elle la laissa glisser sur sa plume, puis griffonna sur le journal. La signature sécha trop rapidement pour que ce fût normal, avant de prendre la même teinte que le reste de l'écriture. Parfois, il fallait un rien pour transformer un enchantement en magie noire, précisément une des branches les plus fascinante de celle-ci, la magie du sang. Encore que ce qu'elle venait de faire était excessivement simple et à la portée du premier venu ; à condition de connaître le charme de base.

« Revelio », murmura à nouveau la sixième année.

Il ne se passa absolument rien. Elle réessaya avec quelques variantes qu'elle connaissait, mais les écrits ne disparurent pas au profit de la une du journal comme la première fois. Elle se doutait qu'un expert en magie parviendrait à déjouer sa ruse, mais encore fallait-il y penser. Elle tourna un regard vers Oliver, satisfaite. Il n'avait pas besoin de savoir qu'elle venait d'utiliser de la magie noire juste à côté de lui et ce n'était pas dans le cours des Carrow qu'il apprendrait que la magie du sang en était une branche. C'était très bien comme ça.

« Une légère variante, expliqua-t-elle. Très simple à mettre en place, excessivement difficile à comprendre et découvrir. Le risque zéro n'existe jamais, mais le pourcentage est déjà plus en notre faveur. »

La réponse de jaune et noir fusa et elle ne s'y attendit pas. Peut-être voyait-il enfin un moyen de prévenir sa mère, ce qui visiblement fit remonter un démon tapis dans le fond de son esprit. Alizée pouvait presque imaginer les mots qui sortirent de la bouche d'Oliver comme une remontée acide pour lui. Une remontée acide pour lui et un rappel à la réalité pour la vipère. Grade venait de lui mettre une pancarte sous le nez où était notée la raison de sa présence avec lui, qu'elle avait quasiment oublié tant le défis qu'il lui proposait lui avait plu.

« Qu’est-ce que maman dira si elle apprend que papa est de retour ? demanda d'une voix défaite le blaireau.
Qu'est-ce que ta mère dira ? répéta en écho Alizée d'une voix toujours égale. Il ne fallait pas que le jeune garçon devînt suspicieux à son égard. Je ne sais pas, est-ce grave s'il revient ? »

Elle répondait par une autre question, sans demander explicitement qui était ce fameux père. Si elle se montrait trop curieuse directement, il allait se braquer. Il fallait toujours caresser l'hippogriffe dans le sens des plumes s'il s'était incliné. Tout le monde savait ça.

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    POUFSOUFFLE
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DATE & LIEU DE NAISSANCE DATE & LIEU DE NAISSANCE: 29 Août 1986, à Millisle en Irlande du Nord.
SANG SANG: mêlé
MessageSujet: Re: [16 novembre 1997] Les secrets bien gardés de nos grimoires. Mer 18 Avr 2018 - 12:02

Oliver coula un regard oblique à l’égard d’Alizée. Suite à l’évocation de ses précédentes suspicions, son esprit commençait à s’égarer parmi les scénarii les plus terribles qu’il eût à concevoir. Qu’arriverait-il si son seul outil de communication, se trouvât intercepté par la censure ? A l’évidence, placée entre les mains machiavéliques du corps professoral actuel, Oliver paierait le prix de ses négligences. La crainte le rendait fébrile mais guère stupide ; toute effraction méritait punition. Bien qu’à l’évidence les figures Carrow n’étaient guères illustrées par leur principe d’équité. Ces derniers attisaient la souffrance d’autrui, pour mieux en dévorer son témoignage suscité par les cris, les pleurs, la rage ou l’humiliation. Sa propre douleur demeurait dans son esprit, telle une image indélébile, lui proférant d’abandonner avant d’y laisser sa peau. Oliver se moquait presque du contenu de sa missive à défaut d’y coucher un message implicite, comme l’eût conseillé Alizée.  En effet, les Carrow n’avaient pas besoin de prétexte particulier, pour engager une réplique de la Nuit de Souffrances, au détour d’une retenue salvatrice. Depuis la soirée de terreur qui eût heurté la mémoire des habitants de Poudlard, les deux sorciers lui apparaissaient plus impérissables que jamais. Certainement fabulait-il. Seulement, le rouquin nourrissait une telle inquiétude qu’il lui semblât que leur pouvoir s’étendait jusqu’à soupçonner leurs manigances dissimulée. Fort de ce constat, Oliver préférait odorer le bouc, porter son emblème et en subir l’humiliation propres aux circonstances.

Tandis qu’il observait Alizée perdre le cours de ses pensées, il soupira d’exaspération quant au constat d’injustice qu’il en fit. Un Serpent argent ondulant sur le vert de son blason, décorait sa robe de sorcière Sang-Pure. Ces quelques éléments décoratifs lui bénéficiaient-ils d’un avantage ?  Sitôt qu’il l’eût remarqué, l’enfant laissa reposer sa joue le long de sa paume, sur son bras accoudé. Puis, il se souvînt d’un détail qu’il lui eût échappé, happé par l’imagination d’Alizée, quelques instants plus tôt. La jeune fille, avait également pâti du courroux vengeur de leur bourreau !  Eberlué, le rouge colora ses pommettes, mais se retînt de divulguer son trouble, à sa voisine. En effet, cette dernière témoignait d’une intense réflexion qu’il n’osait déranger. A quel point pouvait-il paraître stupide pour commencer à se reclure dans l’amalgame porté aux Serpentard ?

Incommodé, Oliver cligna des yeux une bonne dizaine de fois éberlué, avant de se laisser couler le long de son dossier. D’instinct, ses maigres épaules vinrent dissimuler la confusion qui lui brûlait le visage. Que dirait sa mère en cet instant ? Ainsi, il dépeignit la silhouette farouche de sa mère, qui poings sur les hanches lui reprocherai ses pensées arbitraires à l’égard d’Alizée. En effet, Oliver admis qu’en ces termes, sa maman aurait eu raison : Alizée se donnait tellement de mal pour lui porter son aide, qu’il ne pouvait guère la discréditer de sa gentillesse. Aussi, n’était-il guère désireux que cette dernière se trouvât en mauvaise posture par sa faute, au prix d’en porter la culpabilité durant mille ans. Seulement, une question récalcitrante lui trottait en tête : Pourquoi s’évertuait-elle à exhausser sa requête sous diverses solutions, troquées dans des livres de sorts ? Désirait-elle seulement finir ce qu’elle eût commencé ? Car au fond de lui, Oliver savait qu’il n’en méritait pas tant.

Soudain, la Serpentard lui extirpa le périodique des mains, d’un geste volatile qui le sortit de sa torpeur. En proie à d’effroyables soupçons, Oliver plaça ses jambes sous son fessier, afin de corriger son angle de vue approximatif.

  - Qu’est-ce que tu fais ? S’exclama-t-il spontanément, craignant qu’elle n’y découvre le motif de son trouble, aux abords du papier.  Après tout, peut-être avait-il offensé la jeune femme pour une raison quelconque, qui eût justifié son mouvement désespéré ? Non, non, et Non ! Se répéta-t-il sous silence. Tout le monde n’est pas comme Lindsay !

Fort heureusement, la sorcière occulta complètement l’information véhiculée par journal, à défaut d’en utiliser le support à des fins magiques.  En effet, la jeune femme fit circuler la pointe de sa baguette sur le document, sous diverses arabesques graciles. Un instant, Oliver se laissa hypnotiser par l’habileté de son geste, coordonné à l’incantation adéquate. Ainsi, l’enfant l’admirait d’autant plus qu’il ne voulut l’admettre. Alizée avait autant de classe que les quatre fondateurs réunis, et il se sentait comme son acolyte témoin de ses terribles machinations secrètes, dont il fût le détenteur. Seulement, ses aspirations à la gloire furent amoindries par une appréhension qui tendait à se transformer en certitude, sitôt la formule appliquée : Qu’adviendrait-il de lui si le sort proposé par Alizée ne fonctionnait pas ? Oliver reposait toutes ses espérances sur les convictions d’Alizée, et s’était senti protégé par l’assurance de ses propos, l’lorsqu’elle eût proposé son idée. Bien qu’il ne lui tienne  jamais rigueur, à défaut de la remercier pour sa coopération active, il n’était guère désireux de devenir aveugle, ou de quitter sa maison de substitution. L’un n’empêchant aucunement l’autre.

Soudain, la gazette apparut sous ses yeux. Une seule réplique tâchait le blanc immaculé du papier tendu. Attrapant ce dernier, le garçon prit le temps d’en lire plus exactement son contenu : Si je touche cette page, je ne verrais que mes explications, comme n'importe qui d'autre. Seul toi, comme je l'ai stipulé dans la formule, pourra voir les écrits de base, mais... Aussitôt, il fronça les sourcils, contrarié. Pourquoi la jeune femme n’avait-elle donc pas achevé son message ? Finalement, Alizée reprit son dû, bien qu’à défaut de lui donner la réponse qu’il attendait, cette dernière précipita le bois de sa baguette sur document, afin d’en citer la formule de révélation.

Les écrits d’Alizée se consumèrent sous le flot de lettres manuscrites qui vinrent l’ensevelir. Les explications du médiat retrouvèrent ainsi, leur place indiquée. Qu’est-ce que cela pouvait bien signifier ? Le sortilège avait-il failli ? N’ayant aucune connaissance à la matière, Oliver ne se doutait aucunement du résultat attendu. Seulement, l’état du manuscrit semblait réprouver tout engagement victorieux. Abattu sous le coup de la défaite, ses traits se firent nettement enjoués à l’idée de soumettre l’imprimé à la censure. Par ailleurs, pourquoi utiliser la gazette comme support à défaut d’exploiter le papier à lettre dont il était commun de faire usage ? Immédiatement, les Carrow emmétrait des doutes sur la véracité des phrases employés, et comprendrait la supercherie, de surcroît. Oliver n’osait guère revendiquer les méthodes employés par Alizée pour falsifier sa missive, tant cette dernière usait de tous ses stratagèmes pour lui venir en aide. En effet, le garçon n’aurait jamais soupçonné qu’un tel acharnement eût animé les yeux de la jeune femme, sitôt motivée.  

Une larme pourpre ondula le long de la blessure qu’elle sût infligée quelques instants plus tôt, avant de s’écrouler sur le papier fragile. Aussitôt, Alizée s’empara d’une plume qu’elle agita sur le support souillé de sang, l’utilisant comme d’un substitut pour marquer sa signature. Prostré contre ses genoux, Oliver l’observait attentivement partagé entre l’admiration et l’appréhension d’un second échec, réduisant à néant l’abondance de ses efforts. Par ailleurs, signer par une encre faite de son propre sang, ne garantissait-elle pas un pacte implicite d’engagement quant au lanceur ? D’après les nombreux films moldus qu’il avait visionné, ce qui impliquait le sang issu d’une blessure signifiait une liaison avec le diable, pour obtenir contrepartie. Etait-ce cela ? Alizée pactisait-elle donc avec un être sombre dépourvu de forme, dont elle pouvait seulement avoir conscience de sa présence ?

Sitôt le sortilège adéquat prononcé, les traits d’Alizée se détendirent pour laisser apparaître un sourire satisfait sur ses commissures. Seulement, Oliver occulta ses dernières paroles au profit d’un trouble qui l’eût incommodé durant le moment de recherche de sa voisine. Ainsi, il prit le journal entre ses doigts pour constater les effets approbateurs du sortilège, sur ce dernier. Plissant les yeux pour préciser son angle de vue, Oliver ne put qu’accorder la victoire à Alizée, en constatant du regard que seule son écriture ondulée venait parfaire la blancheur du papier. En effet, l’enfant cherchait à deviner la typographie particulière propre à la revue, qui révèlerait le nom de son père. Or, Oliver eût tort de douter de l’efficacité sur sort lancé. Seulement Alizée avait-elle pris conscience de la déclaration disséminée, entre les lignes d’information ? Oliver espéra de tout cœur que ses yeux avisés l’eurent éclipsé.  

- Qu’est-ce que maman dira si elle apprend que papa est de retour ? Émit-il tout haut, dans un moment de profonde introspection de son père
-Qu'est-ce que ta mère dira ? répliqua Alizée d’une voix détachée, détonnant du ton affirmatif qu’elle eût employé tandis qu’il qu’ils complotaient. Je ne sais pas, est-ce grave s'il revient ?

Oliver leva vers elle ses deux petites mirettes bleues surprises, comme si le Baron Sanglant venait de surgir hors du bois de la table. Il ouvrit la bouche pour se prononcer, mais la referma aussitôt. Se grattant le menton dans une mimique propre à la réflexion, Oliver se demanda s’il était judicieux de lui révéler les secrets que sa mère tenait à conserver. Seulement, Oliver jugeait que la jeune femme méritait d’être source de confidence, en récompense aux efforts engrangés. En effet, la jeune l’avait tant aidé au profit d’actes de bonté par le passé, qu’elle lui apparaissait comme digne de confiance sans s’affranchir des informations entendues. De plus, Oliver concéda qu’il était irrespectueux de bénéficier de son aide, sans lui donner gain de cause. Aussi parût-il confus quant à sa méfiance éprouvée à l’égard d’Alizée. Incommodé, il demeura un moment à gigoter sur sa chaise les yeux rivés sur le bois que taillait la table, les mains enserrées par ses jambes.

- Et bien en fait, mon père a fait beaucoup souffrir ma mère par le passé, avança-t-il d’une voix timide, ayant pesé et soupeser  chacun de ses mots. Du coup je ne sais vraiment pas comment elle pourrait réagir. Mais bon, on se doute qu’elle ne sera pas ravie de le revoir vu ce qu’il lui a fait, ajouta-t-il, un sourire désabusé au coin des lèvres.

Oliver laissa sa phrase en suspens, happé par la sensation désagréable qu’il eût failli aux promesses faite à sa mère avant la rentrée. Seulement, Oliver savait que cette restriction attiserait la curiosité d’Alizée. Personne n’était insensible à être privilégié d’acquérir une information supplémentaire, au sujet d’un élément qui ne les concernait aucunement.  Ainsi, il avait de nombreuses fois tenu en rage l’esprit avide de sa sœur, sujette à éclaircir chacun de ses reports implicites. Seulement ici, il se promit de ne divulguer aucune révélation sur son frère, à défaut de répugner cette idée. Il détestait en aborder le sujet, tant il était redondant à la maison. Sa mère prenait plaisir à retracer chacune de ses aventures, au couché de ses enfants et Oliver s’insurgeait d’écouter la nature morbide de ce récit. Aussi, sa maman s’employait à citer Milan au présent, comme pour matérialiser la vie de son enfant perdu. Sa mère révélait un comportement trop étrange pour qu’il paraisse naturel, et ça l’énervait. Ne pouvait-il pas avoir deux parents aimants et normaux, comme tout le monde ? Finalement, il reporta son attention sur Alizée.

- Jusque-là,  nous étions en sécurité puisqu’il était là où il devait être, mais s’il revient maintenant et qu’il agit, on pourrait être en danger, admit-il fébrile. Surtout ma maman.

Suite à ses dernières paroles, il guida instinctivement ses yeux sur le journal souillé d’encre, sur lequel était dissimulée la preuve factice du délit d’évasion qu’eût commis son père, à l’instar de nombreux partisans de Vous-Savez-Qui. Oliver déglutit avec difficulté, l’estomac éprit d’un étau de plomb ; Son père était-il un Mangemort ?  

- Dis Alizée, tu crois que tous les évadés de prison sont des alliés de Tu-Sais-Qui ? demanda-t-il subitement à la concernée, la voix éraillée par la tristesse qu’éveillait la conversation. Et si c’est le cas, tu crois qu’ils vont essayer de tuer tous les moldus ?

La gorge lui brûlait, ses yeux lui piquait, tandis qu’il tentait à moindre mesure de cesser le tremblement de ses lèvres. Ses glandes lacrymales menaçaient de se vider, et si Alizée répondait par l’affirmative à ses questionnements, Oliver éclaterai en sanglots.

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