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Le phénix et le basilic. [4 Novembre 1997 ; PV Andreas D. Rowle]

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DATE & LIEU DE NAISSANCE DATE & LIEU DE NAISSANCE: 1 octobre 1976
SANG SANG: pur
MessageSujet: Le phénix et le basilic. [4 Novembre 1997 ; PV Andreas D. Rowle] Sam 1 Juil 2017 - 13:19

Présence de violence dans le RP, lecture déconseillée aux personnes sensibles.


5 heure 53.

La prochaine fois que vous pensez à pareille idée stupide, parlez-moi en. La voix du professeur Carrow résonnait toujours dans son esprit. Le cours de soutien qu'elle avait donné plus tôt dans l'année restait encore en travers de sa gorge, un goût autant amer qu'acide. Elle avait voulu aider les élèves, leur apprendre à se défendre, leur enseignant le bouclier ultime, emprunt d'une magie si pure et si belle... Elle se trouvait idiote. Elle était apprentie d'un mage noir, le château — non, le pays entier — était son le joug des mangemorts et du Seigneur des Ténèbres. Que pouvait-elle faire face à cela ? Donner du courage ? Offrir une révolte ? Et pourquoi, au final ? Pour voir ses proches se faire massacrer, ses amis se faire anéantir pour des croyances qui se dissipaient même dans l'esprit des plus féroces partisans de la liberté ? L'armée des ténèbres grossissait à vue d’œil quand celle qui la combattait connaissait l'effet inverse. Les nés-moldus fuyaient, les membres de l'Ordre du Phénix se réfugiaient dans les caches qu'ils connaissaient pour éviter la surveillance accrue des mangemorts, quand ce n'était pas pire. Vous éviterez à l'avenir de vouloir gagner la confiance des élèves sans m'en avertir au préalable. Plus le temps passait, plus elle se demandait à quoi elle pouvait réellement servir ici, en dehors de mettre en danger les élèves et ses proches ? Son cousin était maintenant visé par la baguette de Carrow et elle allait devoir jouer en finesse si elle ne voulait pas qu'il le torturât. Évidemment, Astrid n'avait aucunement l'idée que le fameux cousin en question ne fut absolument pas en danger, étant un pro-sang-pur apprécié par les Carrow pour son dévouement à la cause. Son nom ne le sauvait pas, c'était ses idées qu'ils appréciaient, mais la menace, les murmures promettant mille morts pour ce pauvre garçon, au creux de l'oreille de la Shafiq, n'aidaient pas. Elle avait eu un regain d'énergie qui voulait maintenant s'évanouir. Son regard se plongea dans le feu d'une chandelle et la demoiselle soupira. Elle ne pouvait pas se laisser abattre une nouvelle fois. Il y avait beaucoup trop d'enjeux pour qu'elle se laissât aller à de sombres pensées maintenant. Elle allait devoir jouer un jeu dangereux, elle n'avait plus vraiment le choix. Obéir, torturer, se faire haïr, elle allait le faire, ne serait-ce parce qu'elle ne pouvait plus se permettre d'autres actions, même si elle avait l'intention d'aider un minimum quand elle le pourrait.

Son regard se détourna et la femme reprit sa route. D'un geste, la mercenaire sortit sa montre à gousset. La fin du couvre-feu n'allait pas tarder à sonner et la belle décida d'arrêter sa ronde pour se diriger vers la Grande Salle. Elle n'avait quasiment pas dormi de la nuit à cause de son devoir d'apprentie, alors mieux valait pour elle reprendre des forces en prenant un bon petit déjeuner. Surtout en sachant que la journée risquait d'être longue, maintenant que le professeur de magie noire la surveillait de près. Il n'avait réellement pas apprécié apprendre que son apprentie essayait d'apprendre aux élèves le Patronus. Qu'elle sut le lancer ne le gênait pas, ce qui l'énervait était qu'elle avait outrepassé ses droits en faisant un tel cours. Astrid n'avait pas ployé, avouant sans honte qu'elle l'avait fait, mais que ça n'avait eu pour but que s'attirer les bonnes grasses des élèves, pour éviter qu'ils recommençassent pareille action à celle qui avait conduit la fameuse nuit de souffrances, comme on s'aimait maintenant à la surnommer partout dans le château, et même en dehors. Le Doloris qu'elle avait reçu avait été un avertissement suffisamment convainquant pour qu'elle décidât d'arrêter ses conneries, croyant férocement que le professeur avait les moyens de rendre sa vie et celle de ses proches totalement invivables s'il le voulait. Elle arriva bientôt aux escaliers et commença à les descendre quand elle remarqua Amycus arriver vers elle. La demoiselle inclina la tête respectueusement et elle dut joindre ses mains pour qu'il ne remarquât pas le tremblement qui la prit à sa vue.

- Miss Shafiq, commença le professeur de sa voix habituelle. Votre ronde s'est bien passée ?
- Oui professeur, je vous remercie, répondit la demoiselle d'une voix qu'elle voulut assurée.
- Bien, reprit l'homme en sortant une clef de sa poche. Vous irez ouvrir à la vermine qui se trouve dans les cachots après que nous ayons déjeuné.

Astrid récupéra la clef et acquiesça, n'osant même pas demander qui était le malheureux. Elle avait appris à se taire et savait qu'elle le découvrait bien vite. Elle savait où le cachot se trouvait pour y avoir vu des élèves s'y faire enfermer avant même son second cours. Avec un soupir qu'elle cacha au professeur, elle reprit sa route en sa compagnie vers la Grande Salle. Celui-ci l'ouvrit, quand ils y parvinrent, permettant aux lève-tôt de venir se restaurer. Elle crut remarquer Alizée et Jonathan dans le lot, discutant dans un coin, mais elle ne s'y attarda pas et suivit l'enseignant jusqu'à la table des professeurs encore vide. Ils s'installèrent à leurs places habituelles et des victuailles apparurent sans qu'ils n'eussent à lever le petit doigt. Ils furent rapidement suivis du professeur Flitwick qui vint se restaurer également, saluant Astrid et Amycus de sa voix fluette et bien trop heureuse pour que ce fût vrai. Astrid lui rendit son salut, quand le mangemort se contenta d'un grognement. La salle continua de se remplir, jusqu'à ce que l'apprentie terminât son repas et quittât l'immense pièce, toujours en la mauvaise compagnie du frère Carrow.

___________________________________________________________________________________________

9 heure 30.

Elle n'était pas gracieuse, elle n'était pas subtile et elle s'en foutait. Astrid se dirigeait vers les cachots avec rapidité, enfin débarrassée du professeur de magie noire. Il lui avait parlé pendant plus d'une heure, dans son bureau, après le repas. Amycus devait sans doute savoir qu'Astrid voulait libérer l'élève le plus rapidement possible et il avait fait en sorte que cela n'arrivât pas. Il l'avait retenue le plus longtemps possible, parlant des prochains cours de magie noire, de la famille Shafiq, des mangemorts, des différentes actualités... Ils avaient ainsi discuté jusqu'à ce que l'homme n'eût plus rien à dire et Astrid avait sauté sur l'occasion. Elle avait profité du silence pour quitter le bureau, prétextant quelques envies passagères. Elle savait que le mangemort ne serait pas crédule, mais après tout, elle devait libérer l'élève : c'était l'ordre de l'homme. Elle ne savait absolument pas qui elle allait retrouver dans les cachots. Peut-être qu'elle le connaissait, peut-être pas. Elle allait de toute façon le découvrir bien vite, celle-ci se rapprochant du fameux qu'elle devait visiter.

Elle tourna encore une fois à gauche, passant devant la salle des cours du Maître des Potions. Elle n'entendit aucun bruit et pensa de fait qu'il n'y avait personne, du moins pour le moment. Elle continua sa route sans s'arrêter et arriva enfin devant sa destination. Elle sortit les clefs que Carrow lui avait données plus tôt dans la journée, un trousseau composé essentiellement de grosses clefs rouillées. Elle inséra la bonne dans la serrure de la lourde porte en chaîne face à elle, puis poussa la porte d'un informulé. Astrid avait beau être sportive, elle était loin d'avoir la force pour l'ouvrir à la force uniquement de ses bras. Elle allait sans doute se retrouver à pousser la porte de tout le poids de son corps et face à un élève, elle préférait éviter ce genre de cas de figure.

Elle pénétra la sombre pièce et murmura un faible « Lumos » pour allumer le bout de sa tendre amie. Une tendre amie qui illumina le cachot d'une douce lumière, loin d'être agressive, pour elle. Un grognement presque animal et un mouvement sur sa gauche la firent se retourner à moitié et pointer sa baguette vers la source du bruit.

- Éteignez cette m*rde ! cracha un jeune adulte.

Un jeune adulte qui était totalement méconnaissable. Elle l'avait vu, une semaine plus tôt, s'amuser avec ses camarades de Serdaigle dans les jardins intérieurs, draguant même une de ses camarades en riant. Les cheveux blonds étaient maintenant crasseux, presque noirs. La robe de sorcier du jeune homme se trouvait dévalée et trempait à divers endroits. Des relents d'une puanteur insupportable arrivèrent jusqu'aux narines de la sang-pure et elle se mit à tousser bruyamment et un haut-le-cœur s'imposa, qu'elle tenta tant bien que mal de contenir.

- On supporte pas la puanteur des boucs ? Un rire secoua l'élève, avant qu'il ne se mette à tousser, jusqu'à cracher une glaire à moitié sur son propre visage. La petite sang-p*te que vous êtes supporte pas la misère, hein ?! Dégagez de là et dite à l'autre enfoiré de mangemort de venir m'achever lui-même ! Il a même pas le cran hein ?!

Astrid cligna des yeux à plusieurs reprises, sans réagir. Ce genre d'invective était plutôt rare de la part des élèves. Ils étaient nombreux à parler dans son dos, murmurant qu'elle était une mangemort, qu'elle était une mage noire, qu'elle était folle ou encore qu'elle cherchait à s'attirer la confiance des élèves pour les poignarder dans le dos. Elle avait l'habitude de ce cas de figure, mais se faire traiter de Teletubbies par un élève se retrouvant dans ce cachot pour elle ne savait quelle raison, les armoiries de la Maison Serdaigle arraché de sa robe et remplacé à la va-vite par celui des Nuncaboucs, non, elle ne savait même pas comment réagir. Elle tenta de s'approcher du jeune homme et comme invitation à le faire, il lui cracha au visage. D'un geste expert, la belle sortit un mouchoir de soi et s'essuya de visage, avant de se lancer un sortilège pour éliminer tous les résidus.

- Vous approchez pas ! VOUS APPROCHEZ PAS !

Il se mit à hurler d'un seul coup, pris d'une vague de panique incontrôlable et ce fut à ce moment que le cerveau d'Astrid décida de se remettre en marche, en même temps que ses réflexes. Elle se recula rapidement et l'observa, remarquant l'état de ses vêtements clairement, de son visage, de sa peau et des différentes blessures en voie de guérison qui m'acculaient son visage et ses mains, ainsi que l'ongle arraché de son index droit. Il avait véritablement morflé et la mercenaire se demanda combien de temps il était resté-là, seul, à attendre une délivrance qui ne venait pas. Au maximum, une semaine, elle le savait, au minimum... Elle n'en avait aucune idée.

- Je suis ici pour vous libérer, non pour vous tuer ou vous torturer, murmura Astrid d'une voix peinée.
- Vous mentez ! Vous mentez ! Vous me promettez de me libérer avant de me laisser croupir ici ! Vous n'êtes pas la première à venir, Shafiq et vous serez sans doute pas la dernière ! Cassez-vous et arrêtez de me torturer !
- Pensez-vous sérieusement que je perdrais mon temps à venir si ce n'était pas pour vous libérer ? demanda le phénix dans un grognement contrarié.
- Qui sait ?! Vous les mangemorts, vous êtes tous les mêmes !

Astrid ne répondit pas et tenta à nouveau de s'approcher, mais l'élève se débattit avec tellement d'intensité qu'elle ne parvint pas à défaire ses chaînes. Elle était restée sur ses gardes au cas où il l'attaquerait quand elle l'aurait libéré, mais elle n'y parvint pas. Elle se détourna en laissant ses lèvres s'entrouvrir pour laisser s'échapper un peu d'air. Il ne voulait pas retrouver un semblant de liberté ?

- Vous voyez, vous voyez ! Comme les autres ! Vous faites semblant de vouloir me libérer avant de partir ! Allez crever, raclure !

La demoiselle s'arrêta dans sa marche et d'un mouvement de poignet sec, fit glisser sa baguette de son holster. Il atterrit dans sa main, prête à l'emploi, crachotant même quelques étincelles rouges sous l'effet de la colère qui vint s'insinuer tel un serpent dans les veines de sa maîtresse. Maîtresse qui fit volte-face avec tant de rapidité que le Nuncabouc écarquilla les yeux et remarqua la baguette pointée entre ses deux yeux qu'après un moment de flottement qui lui parut être une éternité.

- Non.. Non... Non, pitié ! Pitié, pitié, je ferai tout ce que vous voudrez, plus de torture, pitié...

Il se mit à pleurer tel un enfant et Astrid resta figé pendant un moment comme une statue d'une ancienne grande guerrière oubliée dans un grenier. Comment réagir face à ça ? Devait-elle outrepasser ses droits encore une fois ? L'aider, quitte à y laisser sa peau et faire ce que tout membre de l'ordre du phénix aurait fait ? S'il disparaissait, ses propres seraient sans doute torturé à sa place et il la haïrait toute sa vie pour ce qu'elle avait fait. Si elle ne faisait rien, il la haïrait toute sa vie pour l'avoir laissé dans cet état, surtout s'il apprenait un jour son appartenance à l'organisation terroriste qui prônait la liberté et l'égalité de tous... Que faire ? Les yeux vairons voyagèrent de nombreuses fois entre les chaînes qui l'obligeaient à rester debout et son visage. Williams ne put s'empêcher de ressentir une terreur plus puissante encore quand il rencontra ses yeux étranges et sauvages, sans même remarquer qu'il possédait le même regard depuis peu. Ça faisait une semaine qu'il était dans ce foutu cachot, sans même le savoir tant il n'arrivait plus à définir le temps passé. Ça faisait une semaine, mais il n'avait pas oublié l'accio informulée d'Amycus Carrow sur le morceau de fromage qu'il avait voulu donner au petit premier année qui aurait dû se retrouver dans la maison des Aigles, comme le Choixpeau l'avait annoncé au début de l'année. Une semaine, mais il n'oubliait pas, ni le sourire de l'homme, ni sa voix amusée, ni l'impardonnable qu'il avait subi, alors qu'Amycus obligeait le pauvre Nuncabouc, qui n'avait rien demandé, à observer son camarade souffrir.

- Pourquoi je fais ça, raclure ? Avait-il demandé en riant pendant qu'il torturer le Serdaigle, à ce petit homme qui ne pouvait rien faire face à tant de violence.
- J-je ne sais pas, avait répondu le gamin, des larmes coulant de ses yeux marrons.
- Parce qu'il t'a aidé. Parce que tu es un animal et qu'il préfère rester avec les animaux qu'avec les humains.

Jean s'était alors fait traîner de force jusqu'à ce cachot, sous le regard peiné du plus jeune, où l'humidité et une violente puanteur avaient élu domicile. Il s'était fait attacher aux chaînes et torturer pendant de nombreuses minutes qui lui avaient paru être des heures, jusqu'à ce que Carrow se lassât et se tournât vers l'enfant, qu'il avait obligé d'observer. De tout observer.

- Veux-tu que j'arrache ce blason de sa robe et que je le place sur la tienne, petit ?
- Je... Je...
- Oui ou non. C'est très simple comme question.
- Oui...

La main de Carrow était partie rejoindre le visage de l'enfant avec une telle brutalité qu'il avait été projeté à terre, criant et pleurant.

- Tu es une raclure de sang-de-bourbe et tu resteras une raclure de sang-de-bourbe, pauvre idiot.

Williams revint à la réalité en remarquant une étincelle qu'il ne connaissait pas, enflammant le regard de son vis-à-vis. La vague de panique qui voulut le happer n'en eut pas le temps qu'un maléfice sortait de la baguette tendue pour venir s'éclater contre les chaînes qui le retenaient. Il eut l'impression de tomber dans un gouffre sans fond, pourtant, il ressentit la morsure du sol bien plus rapidement qu'il l'aurait cru. Il ouvrit les yeux difficilement, ne comprenant pas tellement ce qu'il lui arrivait, mais Astrid ne lui en laissa pas le temps. Elle attrapa le bras du jeune adulte et le remit sur ses pieds à la seule force de ses bras, avant de le plaquer au mur. Son regard calme attrapa celui paniqué de l'élève et elle dut serrer ses bras pour qu'il arrêtât de gigoter.

- Écoute-moi bien gamin, commença la femme dans un murmure cinglant. Je ne sais pas qui tu es, je ne sais pas qui tu aimes ou tu détestes, je ne sais pas si tu vas survivre. Ce que je sais, par contre, c'est que si tu ne veux pas passer ta vie dans ce cachot merdique, il va falloir que tu te reprennes. Je ne sais pas combien de temps ça fait que tu es ici et je ne veux pas savoir, mais si tu veux enfin en sortir et surtout ne plus y pénétrer, il va falloir que tu parviennes à remettre les pieds sur terre. La vie n'est pas juste ou belle, c'est une pét*sse qui cherchera à t'en faire voir de toutes les couleurs jusqu'au jour où la mort viendra te chercher, parce que sa sœur s’ennuiera et en aura mare de jouer de malheurs avec toi, mais si tu veux dire non à la mort, il va vraiment falloir que tu sortes de ce cachot et que tu fasses profil bas. Je ne sais pas pourquoi tu es là, pourquoi tu as perdu tes privilèges de Serdaigle, mais tu ne les récupéreras jamais, alors il va falloir que tu fasses avec. Pas pour toi, tu es déjà dans la citrouille et tu vas le rester, mais pour tes proches. Est-ce que tu comprends ce que je veux dire ? Je doute que tu veuilles voir souffrir tes proches, hm ?
- J-je... Mes parents... et Mélissa... Je ne veux pas..
- Alors oublie ton nom, oublie tes amis, fais juste profil bas. Fuis tes amis et ta petite-amie comme s'ils étaient la peste en personne et fais ce qu'on te dit de faire, toujours. C'est le seul conseil que je peux te donner, si tu ne veux pas que ce qui t'arrive à toi leur tombe sur la gueule.
- P-pourquoi... ? Pourquoi vous m'aidez ?
- Je ne t'aide pas toi, j'aide ceux qui n'ont fait aucune erreur et qui risquent gros à cause de tes conneries.

Toujours cette question. Parfois, elle pouvait répondre, parfois... Elle devait mentir, comme aujourd'hui. Se redressant, elle lâcha l'emprise d'un des bras du Nuncabouc, avant de l'attirer de l'autre vers la sortie. Elle avait l'impression de traîner un boulet, mais elle n'avait pas le choix. Elle se haïssait pour ce qu'elle faisait et elle ne douta pas une seconde que, la stupeur passée, l'ancien Serdaigle la détesterait également. C'était mieux ainsi. Pas pour lui, elle en avait conscience, mais pour ses proches et, aussi, purement pas égoïsme, pour elle également.

Ils ne firent que quelques pas, Astrid traînant le garçon d'une poigne de fer. Un garçon qui passait plus de temps à trébucher et se rattraper comme il pouvait qu'à réellement suivre la sang-pure. Ils arrivèrent devant la salle de cours utilisé par le Maître des Potions et Astrid s'arrêta dans la foulée, fronçant les sourcils. Quelques minutes plus tôt, il n'y avait eu personne dans cette pièce, mais c'était maintenant le cas, alors qu'aucun cours n'était prévu, de ce qu'elle savait. Pensant à tort qu'un élève avait pu pénétrer la pièce pour un quelconque forfait, le bras de la belle, tenant toujours fermement le bras du Nuncabouc, se balança vers l'avant, envoyant le pauvre bougre vers l'avant. Il trébucha sur une irrégularité et tomba au sol, avant de lancer un regard colérique vers la femme derrière lui. La seule réponse de l'apprentie fut un levé de son sourcil droit, qui suffit visiblement à faire peur à l'ancien Aiglon. Il se releva avec rapidité et tenta tant bien que mal de partir le plus rapidement possible, moitié marchant, moitié courant, le tout en trébuchant régulièrement à cause du manque de force et ses blessures.

Le phénix ne s'en préoccupa pas plus et se dirigea vers la porte qu'elle ouvrit d'un informulé, espérant trouver un élève dans la pièce. Mieux valait pour eux tomber sur elle que sur les Carrow. Aucun élève ne se présenta devant elle, seulement un homme d'âge mûr qui, s'il n'avait pas été sorcier, serait sans doute déjà gâteux depuis longtemps. Elle resta à l'observer pendant quelques secondes, prise au dépourvu. Elle ne s'était pas du tout attendue à... ça ? Un vieux schnock qui se baladait dans la salle de cours comme s'il s'agissait de la sienne ? Les sourcils de la demoiselle se froncèrent et elle fit quelques pas dans la pièce, de manière à réellement s'annoncer, cette fois-ci.

- Excusez-moi, commença la belle. Pour commencer, bonjour. Elle inclina la tête. Vous ne faites pas partie du corps enseignant, ni des « invités » du château, n'est-ce pas ? Si c'est bien le cas, je crains devoir vous raccompagner vers la sortie. Le plus tôt sera le mieux, par ailleurs. Sauf si je fais erreur, auquel cas, je n'ai pas été informée ?

Astrid se mouva de manière à être face à l'homme, avant de reprendre la parole, remarquant son manque de politesse après coup. Dans la situation actuelle du Royaume-Uni, mieux valait rester poli en toute circonstance — du moment qu'une baguette n'était pas pointée dans votre direction.

- Excusez-moi, je ne vous ai pas demandé votre nom. Vous êtes ?

Dans la main droite de la Shafiq, sa baguette tournait lentement entre ses doigts et son autre main se retrouvait dans son dos, essayant tant bien que mal d'attraper son poignard, le plus discrètement possible. Elle paraissait simplement désinvolte, même si elle se trouvait sur ses gardes. Avec tout ce qui arrivait et lui tombait dessus, elle avait appris à devenir méfiante par la force des choses en très peu de temps. Proche de la sortie, ce qui lui permettait autant une échappatoire que bloquer la seule issue à l'homme, elle patienta. Elle voulait savoir ce qu'il avait à dire, savoir pourquoi il se trouvait dans cette salle de classe, alors qu'il ne devrait rien avoir à y faire, normalement.

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MANGEMORT
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MessageSujet: Re: Le phénix et le basilic. [4 Novembre 1997 ; PV Andreas D. Rowle] Lun 3 Juil 2017 - 23:07

Nostalgie. Pincement au cœur devant le constat d’un temps révolu. Nostalgie lancinante, secrète, douce, implacable nostalgie. Non. Rien de ça. Nostalgie de l’enfance, du passé, de la gloire révolue ? Pour ça, il fallait un regret, et il n’en avait aucun. Aucune douceur à l’égard de cet endroit qui ne semblait pas vraiment avoir changé. Le château était le même et Andreas n’y voyait, encore aujourd’hui, qu’un palier. Aucune mélancolie ou sentiment de foyer ne l’avait envahi. Il regardait de son œil blême, lugubre, la façade en pierre sans qu’aucune réminiscence n’advienne. Pas d’attachements sentimentaux. Il s’était imaginé quelques bribes d’enfance, mitigées et confuses, remonter à sa mémoire vieillissante, mais non. Rien. Comme si Poudlard n’avait jamais été son école. De fait, Andreas n’avait pas considéré cet endroit que comme une étape dans son ambition. Il aurait dû être ému, tel le vieux journaliste qui se souvenait du premier article qu’il avait écrit pour la gazette de l’école. Mais il fallait reconnaitre que ses limites étaient atteintes et il ne considérait pas plus cette école que sa première potion élaborée en autodidacte aguerri. Ne pas ressentir de vague à l’âme ne l’avait pas ébranlé plus que ça non plus. Encore une occasion ratée. S’il n’éprouvait pas l’importance qu’avait pu avoir cet endroit dans son existence, Andreas comprenait en revanche l’auguste de Poudlard. Sa grandiose histoire et son impact cérémonieux dans le monde magique ne le laissaient pas indifférent, le faisant gravir les marches de grès avec une emphase solennelle.

Quelques semaines plus tôt, Cassidy, sa fille, lui avait mentionné l’état de santé déplorable du professeur officiel de potions, de ses absences répétées. La réputation de Slughorn n’était plus à refaire autant dans le domaine des potions que vis-à-vis de ses opinions politiques. L’estime pour son rang et ses connaissances se battait avec la déception de le savoir aussi peu animé de fierté. Horace était un homme aussi respectable de par ses acquis naturels que répréhensible quant à son comportement. Bêtement, il fuyait, se cachait dans ses appartements pour échapper au cours naturel des choses, dont il était le témoin involontaire simplement par sa naissance. Pathétique petit bonhomme. Opportuniste et lâche. Il fallait au moins lui reconnaitre son talent dans son métier, mais c’était difficile de l’imaginer enseigner correctement alors qu’il ne pouvait pas faire abstraction de ce qui l’entourait. Plutôt que d’assumer la responsabilité de son métier, Slughorn se cachait sous terre en taupe aveugle. Le mépris, involontaire, n’avait fait que se renforcer. Quel innommable gâchis ! Encore un sang-pur qui trahissait ce que la nature lui avait offert, sabotant la responsabilité qui était sienne non seulement devant ses pairs, mais également vis-à-vis de ses élèves.

Andreas avait décidé de reprendre en main ce manquement. Il voulait connaitre la nouvelle génération et voir ce que l’ancienne faisait de cet illustre château. Rogue était un homme efficace, mais le voir à la tête de cet endroit était un marasme absurde. Toutefois, les bons gens manquaient et Rogue avait l’expérience de l’endroit et du professorat plus que d’autres candidats. Il avait beau être doté d’un naturel autoritaire, son impassibilité constante ne garantissait pas son intérêt pour le programme scolaire, ni l’évolution des étudiants. Son ambition à lui, paraissait-il, le gardait d’ailleurs éloigné de l’école quelques fois, et les Carrow lui avaient soufflé un mot ou deux quant à ses absences répétées dans la grande salle. Répétées et remarquées. Les regards étaient sans cesse dirigés vers d’autres horizons, sans aucun rapport avec ce qui se produisait juste devant. Même le couple malsain formé par les Carrow espérait autre chose, redoublant d’un effort peu utile auprès des élèves. Leur cruauté rapportée était démesurée et sans grand intérêt. Tous désiraient autre chose que ce qu’on leur avait donné, remplissant leur fonction sans la comprendre. Une éducation réussie était primordiale pour former les sangs-purs de l’avenir, ceux qui allaient prendre la place des anciens. La chaire neuve devait être bonne et bien battue, sans qu’elle ne soit trop dure ou trop tendre. Que dire des autres professeurs ? Andreas les savait passionnés, mais réticents. Bons à enseigner une matière et incapables d’inculquer la morale qui accompagnait chaque savoir. Dans l’idéal, tout le corps enseignant aurait dû être remplacé.

Après un échange épistolaire aussi succinct que modérément cordial avec le directeur, Andreas avait proposé sa personne pour remplacer les absences de Slughorn. La solution étant bien pratique pour palier à un professeur récalcitrant, Andreas s’était libéré dans les plus brefs délais. Son choix fut entre autres motivé par la présence de sa fille, dont la bonne conduite était questionnée. Peu importait quelles pouvaient bien être ses tentations, la faute lui revenait entièrement. Patient, Andreas savait l’importance de la persévérance dans ce genre de cas. Bientôt, l’étau allait se refermer sur elle. Sa présence allait y contribuer.

Le soleil était blafard ce matin-là. Le panorama n’offrait que la pierre humide et des fenêtres embuées. Connaissant parfaitement les lieux, le potioniste était entré sans déranger personne et était descendu dans les cachots qu’il connaissait par cœur. Même l’odeur n’avait pas changé. La même humidité que lorsqu’il était adolescent. Une immuabilité qui le rassurait, témoignant que quelque chose en cette vie pouvait garder de sa prestance sans prêter attention au temps et aux évènements. Le bruit de ses pas et le grincement du bois s’étaient à peine faits entendre lorsqu’il avait ouvert la porte de la salle de classe. Si Slughorn avait été prévenu, contrairement au reste du château, il avait eu la décence de lui laisser une salle propre. Dans le cas contraire, l’organisation était essentielle pour un potioniste, qu’il soit dans l’attente d’un remplaçant ou non.

Ses doigts se mirent à voyager sur le verre et le métal des ustensiles. Une habitude née lorsque la seule chose rassurante dans son entourage était la matière tangible. Le TOC s’était transformé en tic, poursuivant le Rowle même jusqu’à l’âge adulte, se muant en plaisir paisible de quelque chose qu’il connaissait bien et maîtrisait. Spatules, fioles, papier filtre, mortier et pilon en agate, compte-gouttes, verre de Montre, entonnoirs… Le tintement était agréable. Ses yeux d’argent se baladèrent sur le relief des flacons étiquetés et rangés comme des livres. Qui aurait cru qu’il reviendrait un jour ici ? On lui reconnaissait sa place dans des lieux plus prestigieux qu’ici, même si Poudlard était une consécration en soi. Sa vocation n’avait jamais été l’enseignement, son titre de professeur l’y soustrayant par la force d’une certaine façon. Il était fait pour la recherche, les yeux rivés vers le futur des sciences, moins vers celui des étudiants. L’attrait était purement pragmatique et pourtant, Andreas sentait un léger enthousiasme. Il s’avança vers l’alcôve de pierre qui abritait les étagères d’ingrédients, s’assurant qu’il y avait tout ce qu’un potioniste de son titre pouvait espérer. Les deux lampes allumées jetaient un voile orangé sur les bouteilles et flacons poussiéreux pour certains, couverts de traces de doigts pour d’autres.

Dans un grincement sourd, la porte de la salle de classe s’était ouverte, sans distraire pour autant le Rowle dans sa lente et minutieuses inspection. Parce que son tempérament était aussi calme que suffisant, Andreas n’avait pas relevé la tête, pas plus qu’il n’avait daigné se retourner pour faire face à l’intrus. Le dos droit, sa main était partie saisir un flacon dont il ne parvenait pas à lire le nom, défaisant du pouce l’étiquette froissée. Son autre bras demeurait immobile au creux de ses reines, dans son dos, les doigts serrés en un poing lâche et sans conviction. Personne ici ne pouvait l’inquiéter. Personne ici n’était assez important pour ne serait-ce que troubler sa quiétude et son allure. Et de manière plus générale, il n’avait pas pour habitude de se manifester avant qu’on ne l’ait expressément interrompu. La porte refusait de se refermer, signe que l’étranger était encore là, en train de l’observer au vu du silence. Andreas releva à peine l’impolitesse, ne s’étonnant même plus de ce genre de choses. Il reposa le flacon à sa place et continua de longer les étagères jusqu’à finalement faire face à ce qui semblait être une jeune femme. Enfin, son regard d’acier se posa sur le visage délicat, qu’il enveloppa de son voile insensible. Shafiq. Il connaissait très bien son frère, ainsi que la réputation de leur famille. La sœur était un fruit singulier.

Excusez-moi. Pour commencer, bonjour. Avait-elle entamé en faisant une rapide révérence. Vous ne faites pas partie du corps enseignant, ni des « invités » du château, n'est-ce pas ? Justement si, c’était le cas. La question rhétorique lui parut précipitée, sans parvenir à lui arracher toutefois ne serait-ce qu’un sourcillement discret. Le marbre habitait cet homme jusqu’à la pointe des cheveux. Si c'est bien le cas, je crains devoir vous raccompagner vers la sortie. Le plus tôt sera le mieux, par ailleurs. Sauf si je fais erreur, auquel cas, je n'ai pas été informée ? Il aurait fallu commencer par cela, avant d’évoquer une mise à la porte précipitée pour Merlin sait quelle raison. Le zèle et l’impatience. Andreas demeura silencieux encore un moment, se sentant en droit d’observer la Shafiq jusqu’à la mettre mal à l’aise s’il le fallait. Après l’avoir supposé être un étranger, c’était à son tour de ne pas se sentir à sa place.

- Excusez-moi, je ne vous ai pas demandé votre nom. Vous êtes ? Encore mieux. Oui, il était, c'était le cas de le dire. Au même titre qu'elle, n'était pas. Ou pas encore. Jeune mercenaire dans l'ombre d'un frère qui en parlait peu. A regret, le sang-pur lui inspirait aujourd'hui autant de méfiance que n'importe quel autre. La Shafiq avait plus de responsabilités quant à son rang, et donc plus de choses à prouver.

- Non, effectivement. Vous avez été gardée dans l’ignorance mademoiselle Shafiq. Je suis Andreas Rowle. Je remplacerai le professeur Slughorn à partir d’aujourd’hui. Le cours est à 14 heures.

Sa voix monocorde, mais curieusement vibrante, avait allongé sa présentation d’une manière qui lui était propre. Avec lenteur, mesure, vous donnant l’impression qu’il était ravi de vous voir, alors même que le reste de sa figure demeurait figée. L’intonation de sa parole, parce qu’elle venait de la poitrine, avait quelque chose de suave. Andreas baissa la tête dans une brève salutation, déversant une cascade argentée de boucles sur son front. Relevant son visage, il passa une main aux doigts bagués d’épais anneaux d’argent dans ses cheveux, les remettant en place par un geste taillé dans l’habitude. Son habit noir se froissa, le col amidonné couina et il fit rouler ses épaules pour remettre son strict vêtement de sorcier en place. Aucun pli, aucun désordre. Sauf celui qu'il créait lui-même.

- Comment se porte votre frère, mademoiselle Shafiq ?

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MessageSujet: Re: Le phénix et le basilic. [4 Novembre 1997 ; PV Andreas D. Rowle] Mar 18 Juil 2017 - 16:04


La conversation partait mal. Son impatience, toute Gryffondor, l'avait fait agir et parler sans réfléchir, comme bien trop souvent. Mentalement, Astrid se traita d'un nombre incalculable de nom. L'homme face à elle n'avait absolument pas bronché quand elle avait finalement pris la parole, après l'avoir observé un temps. Tout dans son attitude démontrait qu'il était parfaitement en droit de se trouver ici, autant qu'elle, si ce n'était peut-être plus d'ailleurs. Sans véritablement savoir qui se trouvait face à elle, la demoiselle comprit bien rapidement qu'elle allait devoir faire très attention à ses paroles et ses mouvements, à l'avenir. Il n'avait pas dit le moindre mot quand elle avait commencé à monologuer, se contentant de patienter avec un visage totalement de marbre. L'homme en était impressionnant, parvenant à ne faire aucun geste superflu, ne laissant aucune émotion traverser son visage. Un certain charisme se dégageait de lui avec un naturel pouvant faire, quand on savait décrypter ce genre de comportement, presque peur. C'était un sang-pur, un être supérieur au autre par son sang et sa richesse et il le savait. Cela la poussa, sans trop savoir pourquoi, à s'excuser de son impolitesse, bien rapidement. Accompagnée de ses paroles, elle fit une révérence demandant implicitement le pardon.

« Excusez-moi, je ne vous ai pas demandé votre nom. Vous êtes ? demanda-t-elle maladroitement.
Non, effectivement, répondit l'homme d'une voix vibrante. Vous avez été gardée dans l’ignorance mademoiselle Shafiq. Je suis Andreas Rowle. Je remplacerai le professeur Slughorn à partir d’aujourd’hui. Le cours est à 14 heures. »

Elle espérait que l'homme serait clément, sans trop savoir véritablement d'où lui venait cette idée idiote. Son nom fit l'effet d'une douche froide pour la mercenaire, qui se redressa légèrement, comme électrisée. Face à un mangemort, il y avait souvent deux solutions. La première était de sortir sa baguette et de combattre. La seconde consistait à rester sur ses gardes et d'essayer de ne pas se faire trop remarquer. Elle savait que mettre en pratique la première solution lui réservait une mort certaine ou, au mieux, une fuite dans le pays toute l'année. Elle avait également coupé court la deuxième, avec son entrée en matière. Malgré tout, Astrid espéra naïvement que Rowle oublierait rapidement ce début de rencontre et passerait à autre chose. Elle rangea sa baguette magique avec un certain flegme, avant d'observer l'homme. Il était étrange. Son visage était semblable à celle d'une statue des anciens temps, ne pouvant faire aucun mouvement, n'ayant aucune expression sur le visage, mais malgré tout, il respirait, bougeait, parlait. Sa voix était par ailleurs très étrange, parvenant à avoir un timbre prouvant qu'il voulait vous rencontrer, qu'il était ravi de vous voir ; l'inverse totale de son attitude, de ses gestes. Astrid ne savait définitivement pas sur quel pied danser et la phrase suivante de l'homme acheva totalement de la clouer sur place.

« Comment se porte votre frère, mademoiselle Shafiq ? », lui demanda-t-il toujours de cette voix... qu'elle ne parvenait pas à qualifier réellement.

C'est uniquement à ce moment-là qu'elle remarqua qu'elle n'avait pas eu à se présenter. Il la connaissait déjà, savait déjà à quoi elle ressemblait, parvenait à la reconnaître d'un simple coup d’œil. Bien sûr, Astrid ayant été amenée à différentes soirées mondaines, dans sa jeunesse, où les plus riches familles sorcières se retrouvaient pour parler affaire, ce n'était pas tellement étonnant. Il suffisait de regarder ses yeux bichromes pour savoir qu'il s'agissait du second enfant de l'ancien Patriarche de la Famille Shafiq, le très apprécié, à l'époque, Lancelot Shafiq. C'était tout à fait normal qu'un autre sang-pur pût comprendre qui elle était d'un regard, mais cela avait toujours eu le don de mettre totalement mal à l'aise l'étudiante. Les personnes qui la connaissaient vraiment savaient qu'elle aurait préféré être totalement anonyme, mais ce n'était pas le cas et elle devait faire avec. C'était comme sa métamorphomagie : elle ne le montrait pas forcément à tout le monde, mais il suffisait d'avoir accès au registre du ministère de la magie pour connaître son don – ou malédiction, selon la position que l'on avait – ce qui avait le don de l'irriter au plus haut point.

De fait, déjà mal à l'aise, la demoiselle ne put que déglutir bêtement quand il lui parla de son frère. Lévine. Elle ne savait plus sur quel pied danser le concernant. Depuis Halloween, depuis cette soirée d'enfer, la jeune femme se remettait totalement en question. Lévine était le plus gros enfoiré qu'elle connaissait, mais elle avait appris, durant cette soirée, qu'elle l'aimait. Elle l'aimait profondément, sincèrement et ça lui arrachait le cœur de se l'avouer, tant elle aurait aimé, adoré le haïr, le détester pour ce qu'il avait fait. Et pourtant, elle en était totalement incapable, ne pouvant exécrer la chair de sa chair, son sang. Depuis cette soirée, elle se rappelait petit à petit les moments passés ensemble. Les rires, les sourires, les jeux qu'ils avaient faits ensemble. Plus elle réfléchissait, plus on lui faisait penser à lui et plus elle revoyait l'enfant avant le monstre, le frère avant le démon. Elle savait ce qu'il était, elle savait ce qu'il faisait et ce qu'il prônait, mais elle se retrouvait à nouveau enchaînée par l'affection qu'elle lui portait. Il ferait d'elle ce qu'il voulait, s'il l'apprenait, à présent, mais elle en avait marre de combattre. Elle avait longtemps eu l'impression d'être dans un océan déchaîné, se débattant pour survivre et ne pas être emportée dans les fonds marins. Peut-être qu'il était finalement temps d'arrêter et se laisser happer ? Mourir noyer par la haine inconditionnelle que son frère portait à l'univers – pour elle ne savait quelle raison – était sans doute ce qu'il fallait qu'elle fît.

Elle n'avait pas eu conscience baisser les yeux et la tête, durant ces quelques secondes où elle s'était perdue dans le capharnaüm qu'était son esprit, se laissant happer par ses rêves et ses pensées. Elle releva la tête, laissant ses cheveux cascader dans son dos en un désordre harmonieux ; puis, ce fut au tour des deux billes de différentes couleurs de s'élever à nouveau vers le Mangemort. Elle possédait à présent un regard bien plus sûr d'elle et, paradoxalement, complètement éteint. Penser à son frère lui faisait mal et l'homme face à lui frapper vite et fort, usant de l'arme la plus fatale qui existait, à savoir les mots, sans forcément savoir qu'il appuyait au bon endroit.

« D'après les dernières nouvelles que nous nous sommes échangés, commença la jeune femme d'une voix tout aussi éteinte et calme, il se porte à merveille. »

Comme toujours, voulut-elle rajouter, mais elle n'en fit rien. Comme toujours, parce que son frère allait toujours bien. Le cachait-il quand ce n'était pas le cas ? Elle n'en avait aucune idée. Elle l'avait toujours vu avec ses sourires joueurs et amusés, une flamme dangereuse dansant dans ses yeux. Cette flamme symbolisant la haine qu'il portait, alors que le sourire représentait son amusement face à la souffrance des autres personnes qu'il pouvait croiser dans le monde. Était-il humain ? Bien sûr qu'il l'était, mais l'apprentie était en droit de se poser la question, tant Lévine pouvait paraître irréel par moment. Pourtant, son frère était tout ce qu'il y avait de vivant et elle voulait qu'il le restât, parce qu'elle reconnaissait à présent avoir besoin de lui. Pouvait-elle le sauver ? Non et elle en avait totalement conscience, comme lui ne pouvait pas la sauver d'elle-même. C'était étrange de penser cela face à un autre Mangemort, tout comme c'était étrange d'observer l'homme face à elle qui lui faisait tant penser à son frère ; dans une certaine mesure, tout du moins, car il paraissait bien plus sage et tranquille que le Shafiq. Peut-être à cause de l'âge ou peut-être parce qu'il n'était pas aussi mauvais... Même si elle savait pertinemment ne pas croire une seule seconde à ses dernières pensées, qui n'était qu'affabulation d'une gamine pommée dans un monde trop brutal.

« Toutefois, reprit-elle presque sans interruption, je n'ai pas de nouvelle de lui toutes les semaines, donc je vous suggère de lui envoyer une lettre, si vous voulez savoir comme il se porte. Ce sera toujours mieux qu'écouter mes suppositions, alors que je suis à Poudlard et que lui n'y est pas. »

Elle se tut ensuite, continuant d'observer de son regard étrange l'homme face à elle, les bras le long du corps. Bien que droite, la tête haute, il y avait presque quelque chose de mort dans son attitude. Une marionnette sans fils, qui n'attendait que d'être réparé par son créateur ; à savoir, son propre frère.

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MessageSujet: Re: Le phénix et le basilic. [4 Novembre 1997 ; PV Andreas D. Rowle] Sam 22 Juil 2017 - 2:25

Il avait l’habitude de l’effet que produisait son nom. Prétendre que le léger tressaillement d'autrui, provoqué par le supplément de vibrato spinal que le R octroyait à sa nomination, ne lui procurait aucune satisfaction aurait été un sombre mensonge. Andreas n’était pas une nature à se mentir ou à se voiler sous une fausse modestie lorsqu’il s’agissait de son propre orgueil. Voir les gens s’éteindre ou s’illuminer au simple son de son nom de famille était la récompense des efforts de toute une vie. Il préférait bien sûr, comme c’était le cas pour la jeune fille, provoquer la flétrissure, la peur étant synonyme de respect dans son vocabulaire personnel. Et rien que parce qu’elle avait réagi selon ses désirs non-dits, Andreas l’appréciait pour ce qu’il considérait être du bon sens. Peu lui importait de ne pas plaire, tant qu’il inspirait ces réactions spontanées, il savait son but atteint. Des années de travail. A une époque, le nom des Rowle faisait ricaner derrière les portes. Mais aujourd’hui, malgré les échecs répétés de Thorfinn, son petit frère bien aimé, Andreas, qui portait la réputation de ce nom sur ses seules épaules, n’avait pas perdu en prestige. Comme du bon vin, il se renforçait avec les années. Au point d’en impressionner la fille Shafiq, alors même que les relations des deux maisons étaient restées au point mort pendant longtemps. Il y avait un temps où on le regardait de travers, où certains sang-purs illustres lui avaient tournés le dos à cause de la réputation de son père, et maintenant quoi ? Même la petite Shafiq sentait la morsure délicieusement roulée de tout ce que le nom d’Andreas Rowle représentait. Travaille jusqu’à ne plus avoir besoin de te présenter, Andreas, lui avait jadis ordonné sa mère. Voilà qui était fait. Même les Shafiq lui reconnaissaient ce qui lui revenait de droit. Il se fichait pas mal ce qui avait bien pu motiver ce dos à se redresser et ce regard à se figer. Le résultat était là.

L’espace de quelques instants, il la crut prête à lui sauter dessus, mais elle finit par ranger sa baguette. A la bonne heure. De gardienne des égouts du château, elle était prête à se transformer en bonne jeune fille bien éduquée, comme l’exigeait d’elle son frère et la renommée de son illustre maison. Andreas la toisa, en attendant qu’elle lui rende la politesse en répondant à sa question. Qu’est-ce qu’il avait méprisé son père… Heureusement, le vieux était mort, de la main de son fils qui plus est. Andreas ne pouvait que savourer l’ironie, au vu de sa propre histoire, et cet évènement l’avait inconsciemment rapproché de la nouvelle génération des Shafiq. Bien sûr, sous Lancelot, la famille avait son petit succès réglementaire, portée par sa soif de richesses, sans aucun égard pour les valeurs qui pouvaient les faire durer dans le temps. Rien que pour cette raison, Andreas s’était comporté avec une méfiance circonspecte envers le chef des Shafiq, jugeant Lancelot en fruit bien trop pourri pour continuer à pousser sur un arbre réputé si solide.

D’une certaine façon, Lancelot lui avait rappelé son propre père, habité par l’avarice, sans aucun honneur. Moui, il fallait bien lui reconnaitre quelques talents, mais ils étaient tous sans exception complètement gâchés par sa nature pécunière. Un dégénéré, corrompu par une génération qui avait été balayée par les extrêmes. Forcément, le pauvre vieux avait dû se perde quelque part en chemin, capable de faire tomber les autres, mais incapable lui-même de tenir sur ses propres jambes. Non, il lui avait fallu sauter d’un pied à l’autre pour plaire à n’importe qui, s'allier au premier venu. Difficile de ne pas se péter la gueule quand on fait le mariole ! Son fils prodige avait fini par renverser le patriarche, fomentant un beau coup d’état. Une trahison comme on les aimait parmi les mangemorts, surtout quand ça arrivait aux autres. Il avait été parfait ! bravo petit, je te préfère comme ça… Restait à savoir de quel bois était fait l’autre, la jeune sœur. Elle semblait déjà collectionner tous les défauts de son jeune âge, faisant une impression beaucoup moins glacial que son frère, qui lui, se maîtrisait aussi bien qu’un monolithe. A se demander si ce n’était pas un archétype, que le plus jeune rejeton soit systématiquement énergique à outrance. L’éducation se concentrait souvent sur l’aîné de toute façon, l’héritier, alors la petite Astrid avait le droit d’être plus lâche… n’est-ce pas ? Au pire, il avait pu tuer son père, pourquoi pas sa sœur aussi ?

- D'après les dernières nouvelles que nous nous sommes échangés, il se porte à merveille.
- J’en suis enchanté.

Il avait cru voir un peu de gêne dans son attitude, tandis qu’un calme plat de côte d’azur habitait sa voix. Trop amorphe pour être sincère, on aurait dit qu’elle lui confiait les derniers chiffres de la banque de Gringotts. Son frère valait mieux que ce timbre sans enthousiasme, ni haine, aussi lisse que du verre. Levine, lui qui était si capable, si attaché à sa famille, se retrouvait avec ça ? Cette ingratitude ? Andreas cligna des yeux, plus amusé qu’outré. Chaque grand frère avait sa petite continuité revêche et rebelle. Throfinn non plus n’avait pas empli tous ses espoirs. De la même manière, la jeune Shafiq ne devait pas bien comprendre, dans sa « profonde bêtise », les plans grandioses de son ainé. Andreas se demanda avec amusement si par hasard, lorsque Levine décrivait sa sœur comme « sans intérêt », il n’avait pas finalement raison plus que ce qu’on voulait bien lui accorder.

- Toutefois, je n'ai pas de nouvelle de lui toutes les semaines, Je ne m’en serai pas douté, dis donc, au vu de votre ton aussi sans goût qu’un vieux chewing-gum. Ceci explique pourquoi votre frère ne vous donne pas de ses nouvelles plus souvent. S’il voulait entendre des platitudes, il n’aurait qu’à aller au Ministère de la Magie, enregistrer les plaintes des nés-moldus, donc je vous suggère de lui envoyer une lettre, si vous voulez savoir comme il se porte. Ce sera toujours mieux qu'écouter mes suppositions, vos incomparables fadaises, surtout, alors que je suis à Poudlard et que lui n'y est pas. Alors que la véritable question, c’est surtout pourquoi vous n’êtes pas avec lui, mais ici… Vous ne voulez donc pas régner, miss Shafiq ?
- Je n’y manquerai pas, Mademoiselle Shafiq.

Andreas se redressa légèrement, si c’était toutefois encore possible. Sa tenue était déjà si droite qu’il eut plutôt l’air de redresser le menton. A vrai dire, c’était exactement l’envie qu’il avait. Redresser la tête et regarder de haut ce petit morceau de femme, plisser les yeux et lui cracher quelque chose au visage pour l’étaler au sol. Levine seul bénéficiait de sa considération pour le moment, et Andreas avait appris à être méfiant envers tout le monde, surtout les sang-purs et leurs petits rejetons éduqués selon les principes de tolérance. La nouvelle génération était si vacillante... facile à convaincre. Qui sait, finalement, de qui la petite Shafiq avait pris ? Son père, ou son frère ? Inflexible et inchangé, malgré le cynisme qui lui passait par la tête et qu’il avait élevé au rang d’art, Andreas abaissa sa tête, l’inclinant même un peu.

Elle avait répondu à sa question ; il en avait pris note. L’entretient pouvait prendra fin dès à présent. Fallait-il en plus la congédier, comme si elle était une femme de chambre ?

Elle l’observait, comme un chat. Quoi que non, un chat aurait eu la curiosité au fond du regard, alors que la demoiselle était tout bonnement sans âme, ni saveur. Brave petit Lévine, il faut se discipliner soi-même, mais encore plus faut-il tenir les autres sous sa botte, surtout les membres de sa propre famille ! Ce sujet l’avait tant éteinte qu’elle ne voyait même plus que la conversation était terminée, se laissant faire, attendant d’éventuels ordres, oubliant la politesse qu’elle avait pourtant si bien entamée tout à l’heure. Les faux-semblants, ça ne durait jamais longtemps, après tout… Juste avant que le silence ne devienne gênant, Andreas reprit parole, usant habillement les dernières paroles de la jeune fille pour aborder un sujet qui commençait à l’intéresser. Courtois, il esquissa le fantôme d’un sourire. Non par la bouche, mais en plissant très légèrement les yeux pour marquer les rides qu’il avait en coin. Ca le rendait énigmatiquement avenant, disaient certains.  

- En parlant de Poudlard, Mademoiselle, que pensez-vous de l’école ? Elle a dû beaucoup changer depuis que vous y avez étudié ?


Andreas marqua une pause, balayant la pièce d’un regard convenu. Il ne forçait pas la réponse, la poussant délicatement à être aussi sincère que le lui permettait son absence de retenue. Le nouveau professeur avait entendu parler de nombreux évènements qui avaient pris place au sein de l’établissement et si Lévine lui inspirait si peu d’entrain, avec un peu de chance, le lieu où elle avait choisi volontairement d’étudier, allait provoquer un peu plus d’émotions. Même si Andreas n’affectionnait pas spécialement le petit peuple, il savait en revanche que c’était les employés les plus modestes, les étudiants sans renom, les balayeurs de couloir, les petites mains qui apportaient les informations les plus substantielles. Et même ! pour amadouer gentiment, Andreas rajouta une moitié de mensonge. Et parce qu’il le pensait substantiellement, sa remarque parut parfaitement naturelle, revêtant même un fond de confidence. Ainsi, il espérait la confondre.

- Je crois que vous êtes l’apprentie des Carrow, n’est-ce pas ? Ils ont la réputation d’être de piètres enseignants, j’espère qu’ils ne vous donnent pas trop de mal ?

Piètres, ils l’étaient, et pas qu’en ça, d’ailleurs…

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MessageSujet: Re: Le phénix et le basilic. [4 Novembre 1997 ; PV Andreas D. Rowle] Sam 29 Juil 2017 - 17:56


Se retrouver devant un adepte du Seigneur des Ténèbres avait toujours quelque chose de bien étrange. Bien évidemment, ça dépendait beaucoup du mangemort en question, des relations que l'on pouvait avoir avec lui ou encore le statut qu'il pouvait posséder. Ça pouvait également être dû aux conditions de la rencontre. Elle s'était retrouvée de nombreuses fois face à eux, mais à chaque fois, elle avait des réactions différentes. Très proche quand il s'agissait de croiser la baguette avec l'un d'eux, bien qu'ils eussent tous un style bien différent des uns et des autres, sans forcément eux-mêmes le remarquer. Elle en avait affronté, elle en avait même assassiné, mais non, elle parvenait encore et toujours à se faire surprendre. À chaque fois qu'elle se retrouvait en présence d'un mage noir, non-hostile, elle ne savait plus vraiment sur quel pied danser. Il y avait évidemment deux mentions assez spéciales ; une pour Amycus Carrow, avec qui elle avait appris à travailler depuis le début de l'année ; une pour Severus Rogue, dont ses sentiments à son égard variaient d'un jour à l'autre sans trop comprendre pourquoi, ni comment cela était ne serait-ce que possible. Pour les autres... Non, elle n'arrivait jamais à réagir de manière à ne pas attirer certains soupçons. Elle en arrivait à se demander comment sa couverture tenait encore, non qu'elle allait s'en plaindre.

Devant Andreas Rowle, encore une fois, elle ne savait que faire. La conversation avait pris dès le début des tournures qu'elle n'appréciait pas et plus elle avançait, plus la Shafiq avait l'impression de s'enfoncer petit à petit dans un bourbier gigantesque duquel elle ne pourrait plus s’échapper. Puis, plus rien. Le néant total, un silence incroyablement perturbant. Elle avait eu l'impression de se retrouver enfermer dans une cage solide, l'empêchant de bouger, ne lui laissant que la possibilité de respirer. Et encore, elle avait cru, durant l'illusion, devoir forcer les barreaux pour en avoir le véritable privilège. La présence d'Andréas, si ce n'était sa prestance, était aussi douce que la caresse d'un vent d'été, mais paradoxalement aussi puissante qu'un Impero. Un ordre intimé à l'esprit : reste et attend. Ne bouge surtout pas, respire à peine. Alors, elle l'avait fait, ne bougeant qu'imperceptiblement. Une statue de cire perdue dans les cachots.

Alors qu'elle-même ne bougeait absolument pas, son visage restant totalement figé dans une expression neutre, sans forcément réagir comme il aurait du, celui d'Andreas devint plus avenant, un sourire fantôme fleurissant sur son visage, par ses yeux. Étrangement, le corps de l'étudiante se relâcha, ses muscles se détendant progressivement et son regard revenant à un semblant de vie ; sa curiosité féline reprenant le dessus sur sa pseudo-mort cérébrale. Le silence n'avait finalement pas duré : l'homme reprit la parole de sa voix profonde et, d'une certaine façon, même si la métamorphomage ne le remarqua pas, charmeuse.

« En parlant de Poudlard, Mademoiselle, que pensez-vous de l’école ? Elle a dû beaucoup changer depuis que vous y avez étudié ? »

Qu'est-ce que je... ? Pardon ? Astrid cligna des yeux, secoua légèrement la tête et, sans qu'elle leur demandât, ses cheveux changèrent de couleur, partant dans un beau rose, pouvant facilement rappeler les fleurs de cerisier, caressaient par la chaleur et la luminosité d'un beau et puissant soleil. Si au départ, ce ne fut que quelques mèches qui virent le changement leur arriver, la suite des quelques paroles venant de l'homme, lui faisant hausser les sourcils, termina la métamorphose.

« Je crois que vous êtes l’apprentie des Carrow, n’est-ce pas ? Ils ont la réputation d’être de piètres enseignants, j’espère qu’ils ne vous donnent pas trop de mal ? »

Dire qu'elle était surprise serait un euphémisme. La teneur des phrases de son vis-à-vis l'ahurit purement et simplement. Ses paupières et sourcils relevés, ainsi que ses pupilles dilatées le démontrèrent également, avant qu'elle parvînt enfin à se reprendre. Quelques secondes passèrent, sans aucune réponse venant de la demoiselle. Elle ne savait pas réellement que dire. Peut-être que je peux..? Il n'avait pas vraiment l'air méchant. Nouvelle preuve qu'elle n'avait aucune idée des pensées cachées de l'homme ou même de la manière dont elle devait véritablement se comporter avec lui. Si seulement ils s'étaient rencontrés sur un champ de bataille, elle n'aurait pas eu à réfléchir – ce qui n'était pas véritablement son fort, il fallait bien se l'avouer – et aurait su comment agir, réagir, quoi faire devant lui. Non, présentement, elle ne voyait qu'un homme d'âge mûr, qui préparait un cours de Potion et qui lui faisait la conversation. Alors, sans trop savoir pourquoi ni comment, elle lui répondit, sans véritablement se rendre compte qu'elle était, peut-être, un peu trop sincère.

« Changer... Oui, en effet, elle a changé. Qu'est-ce que vous voulez savoir, exactement ? Les nouvelles règles qui régissent Poudlard ? D'autres détails peut-être ? » demanda-t-elle calmement, d'une voix bien plus sereine qu'auparavant.

Elle n'avait absolument pas remarqué qu'il l'avait attrapé et la maintenait dans le creux de sa pomme. Totalement, irrémédiablement. Elle allait répondre à ses questions, sans véritablement se poser de question, sans comprendre que les réponses qu'elle allait fournir allaient pouvoir la mettre dans certaines positions gênantes. Le jeu des apparences n'avait jamais été véritablement son fort. Elle savait faire bonne figure durant un bal, elle savait comment se montrer en société durant certaines soirées organisées. On le lui avait appris très jeune, mais déceler le mensonge, comprendre tous les tenants et aboutissants de ce genre de conversation, remarquer les signes et les comprendre... Non, ce n'était pas pour elle. Parfois, elle y parvenait, mais ce n'était pas toujours le cas et, quand ça arrivait, elle tombait irrémédiablement dans le piège des belles et douces paroles. Une Gryffondor, dans toute sa splendeur...

« Cela dépend des jours, je dirai, concernant les Professeurs Carrow. Je suis l'apprentie d'Amycus, plus précisément, et même si je n'aurais pas eu la même manière d'enseigner la magie noire aux élèves, j'imagine ne pas vraiment avoir mon mot à dire sur ses méthodes, même si je ne les apprécie pas. »

Elle fit une pause et lança un regard circulaire à la pièce, remarquant alors le rangement formel, ce qui lui arracha un léger sourire en coin. Elle avait l'impression de revoir la salle qu'elle avait connue à l'époque où Rogue enseignait, ça même façon de classifier les différents ingrédients pour plus de praticité durant ses cours. Visiblement, c'était propre aux différents Maître des Potion, du moment que l'on ne s'appelait pas Horace ; non qu'elle l'aima ou non, elle avait simplement eu certains retours, plutôt moyen, concernant sa façon de procéder. La salle était impeccable et, quand elle reposa ses yeux sur les vêtements de l'homme, elle remarqua alors que son style était, certes prouvant sa richesse et son rang, tout aussi ordonné, mais surtout possédant une touche de désinvolture qu'elle ne put qu’apprécier à sa juste valeur. Ce détail ridicule, pourtant simple et discret, lui délia la langue un peu plus et, sans trop savoir pourquoi, les mots s'échappèrent d'entre ses lèvres.

« Concernant sa sœur... Le peu de retour que j'ai eu concernant ses cours était plutôt mauvais. Je crois que les élèves ont l'impression de voir de la méchanceté gratuite, plutôt que comprendre les problèmes que peuvent engendrer les moldus et leurs descendances... Encore une fois, je n'aurais pas dispensé les cours de cette façon, mais ce n'est que mon avis, qui ne compte pas vraiment au final ; je ne suis qu'une apprentie. »

Les mots étaient sortis avec une facilité déconcertante et sans trop comprendre d'où cela lui venait ou pourquoi, la mercenaire attendit les réponses qui n'allaient, elle n'en doutait pas, pas tarder à poindre. Des réponses qu'elle attendait venant d'un mangemort : peut-être voulait-elle simplement être certaine que même un adepte de la philosophie du sang-pur trouverait leur pratique bien étrange, pour apprendre aux élèves de l'école ?

Elle n'avait pas bougé d'un seul centimètre depuis le début de la conversation et cela n'était, visiblement, pas près de changer, mais ses mouvements se faisaient plus amples, plus sûrs, comme si elle se libérait enfin du creux béant qui était apparu à l'évocation de son frère. Une mèche de ses cheveux vint se perdre devant son visage et elle la replaça, sans remarquer le changement de couleur, trop concentrée sur le nouveau professeur.

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MessageSujet: Re: Le phénix et le basilic. [4 Novembre 1997 ; PV Andreas D. Rowle] Mar 8 Aoû 2017 - 12:49

Il avait une parfaite conscience de la difficulté de ce qu’il avait imposé à la jeune fille. C’était typiquement le genre de cas de figure où il n’y avait aucune bonne réponse. Ou plutôt, cette dernière dépendait du contexte. Tout devenait sujet à interprétation, se faisant qualité sous un angle, puis défaut sous l’autre. L’affaire devait être encore plus compliquée puisque si Andreas avait conscience qu’il avait autorité sur la situation, la petite Shafiq ne savait non seulement pas quel était son caractère, mais se trouvait en plus parfaitement à sa merci. La meilleure solution était bien sûr l’honnêteté, parce qu’il n’y avait rien de plus agréable qu’une personne dont les motivations soient nobles et sincères, entièrement dévouées à la cause des sang-purs. Mais il ne fallait pas rêver, et Andreas espérait au moins découvrir en la Shafiq un peu de la diplomatie de son frère, de son calcul admirable. Il n’y avait qu’une chose qu’il estimait au-dessus de la loyauté à son rang, c’était l’intelligence. La vérité en soit avait peu d’importance, tant qu’on savait la mettre en forme. Mais quoi qu’il pût en être, Andreas, comme tous les fanatiques exaltés d’une cause qui demandait plus de croyance et de conviction que de faits tangibles, savait reconnaitre infailliblement ceux qui ne partageaient pas son fanatisme. Evidemment, même si le comportement des enthousiastes était archétypal, il y avait une ferveur qu’on ne pouvait pas imiter, ou pas assez longtemps pour pouvoir maintenir le mensonge. Si la Shafiq était assez douée pour lui mentir maintenant, il allait de toute manière le découvrir plus tard. Ce qui était caché finissait infatigablement par se dévoiler.

Ne s’y attendant absolument pas, Andreas sentit la stupeur l’envahir lorsqu’il vit les cheveux de la Shafiq se teindre d’un rose délicat. Il fixa peut-être d’ailleurs un peu trop longtemps la chevelure changer de couleur, croyant à une hallucination, puisque rien ne l’avait préparé à cette métamorphose sans efforts. Même dans le monde magique, il y avait des évènements qui ne rentraient pas encore dans la normalité. La métamorphagie faisait partie de ces choses qui vous saisissaient, comme tout ce qui ne demandait aucun effort à celui qui possédait le don, mais qui requérait des prouesses en magie pour les autres. Andreas connaissait bien ce sentiment, tandis que les potions s’adonnaient à lui avec une facilité qu’on jugeait déconcertante depuis son adolescence. Il était cependant loin d’éprouver la déconcerte de la Shafiq, dont la déroute agissait inconsciemment par la magie sur son apparence-même. Moins qu’il ne lui fallut de temps pour remarquer le changement, Andreas se reprit, prenant cependant note dans un coin de son esprit que ce n’était pas un talent que Lévine aimait à mentionner. Ce qui l’intéressait davantage finalement, c’était la réaction de la jeune femme, qui n’était pas pour lui déplaire, car ça voulait dire qu’il n’avait pas répondu à ses attentes et donc qu’elle risquait de commettre des erreurs face à une situation imprévue.


- Changer... Oui, en effet, elle a changé. Qu'est-ce que vous voulez savoir, exactement ? Les nouvelles règles qui régissent Poudlard ? D'autres détails peut-être ?

Lorsqu’on n’était pas certain du chemin à prendre, poser des questions en retour était la meilleure des défenses. La prudence instinctive se ressentait, mais quelque chose disait à Andreas que ce n’était pas un trait de caractère, mais une défense innée, implantée par la rigueur de sa maison natale. Lévine, lui, était un stratège né, tout était réfléchi dans ses actes, même les moindres. Sa sœur en revanche, et sa chevelure rose en était témoin, se laissait déconcerter par pas grand-chose. Et le potionniste avait la franche intention d’en profiter. Il avait ce défaut de vouloir posséder d’une façon ou d’une autre tout ce qui rentrait dans son orbite. Il semblait indifférent, dédaigneux, mais sa haine n’était nourrie que par ses incessantes observations, qui le confortaient dans ses préjugés.

Andreas réfléchit un peu à la manière dont il pouvait préciser le sujet sans diriger la conversation dans une direction particulière, mais la jeune fille n’attendit pas davantage de spécifications, le sujet l’inspirant manifestement bien trop pour qu’elle se retienne. Faire preuve de politesse était diablement pratique par moment. Personne ne devait oser s’inquiéter à Poudlard de relever l’évidence. Personne n’osait demander l’avis de l’autre, s’inquiéter des états d’âme sur ce qui leur tombait immanquablement dessus. Alors dès que ça arrivait, c’était comme une délivrance. Andreas courba légèrement la tête en l’écoutant, tel un père soucieux de son enfant.

- Cela dépend des jours, je dirai, concernant les Professeurs Carrow. Andreas leva les sourcils, manifestant son vif intérêt, quoi que plus ardent en apparence qu’il ne l’était sur les faits. Il était surtout satisfait de voir que son approche ouverte avait provoqué un semblant d’honnêteté. Je suis l'apprentie d'Amycus, plus précisément, et même si je n'aurais pas eu la même manière d'enseigner la magie noire aux élèves, j'imagine ne pas vraiment avoir mon mot à dire sur ses méthodes, même si je ne les apprécie pas.

Andreas hocha de la tête en signe de compréhension. Elle avait le grade nécessaire pour remettre en question les méthodes de ses supérieures, surtout qu’il s’agissait des Carrow, mais quelque chose dérangeait le potionniste, qui ressentait la nécessité d’une précision. Oui, l’expression était indubitablement maladroite. Tandis que la jeune fille semblait encore réfléchir, Andreas l’observa patiemment, guettant ses gestes, mais surtout ses cheveux, qui semblaient être un bon indicateur de son niveau de désarroi.

- Concernant sa sœur... Le peu de retour que j'ai eu concernant ses cours était plutôt mauvais. Andreas plissa légèrement les yeux, souriant presque. Petite naïve, tu ne te mouilles peut-être pas, mais tu fais très clairement comprendre que les élèves ne sont pas d’accord. Que tu aies un avis toi est légitime, mais les étudiants… ces trolls mal formés qui ne savent ni ce qui est bon pour eux, ni où est leur place, eux n’ont pas d’avis à avoir. Leur crâne doit se contenter d’être un calice vide qui reçoit, mais ne donne rien. Je crois que les élèves ont l'impression de voir de la méchanceté gratuite, rien n’est gratuit en ce monde. Un chien ne mord jamais sans raison. Si les Carrow sont de mauvais professeurs, ils ne sont en revanche certainement pas cruels. Si les étudiants étaient à l’imagine de ce que les deux mangemorts espéraient d’eux, ils n’auraient certainement pas fait preuve de dureté comme ils le faisaient… plutôt que comprendre les problèmes que peuvent engendrer les moldus et leurs descendances... Pardon ? S’il avait été en train de boire, Andreas se serait certainement étouffé. Quoi que, ce genre de manifestation n’avait vraiment plus rien de nouveau, mais venant d’une Shafiq… Les moldus et leurs descendances ! Ils n’étaient en aucun cas un problème, mais des parasites ! De ceux qui vous suçaient le sang, tandis que la communauté magique se laissait faire par tolérance. Plus pour longtemps. La Shafiq, comme tous ceux de sa génération, ne comprenait pas que ce n’était pas les moldus le problème, mais la faiblesse dont faisaient preuve les sorciers. C’était pour ça que les Carrow étaient cruels, parce qu’il fallait endurcir tous ces ventres mous, ces esprits indulgents, qui croyaient sauver le monde en vivant cachés sous leur lit ! Il fallait cultiver la haine, le sentiment de supériorité, et il n’y avait de tel pour ça qu’une éducation de fer, sans pitié. Andreas en connaissait un rayon sur le sujet. Encore une fois, je n'aurais pas dispensé les cours de cette façon, mais ce n'est que mon avis, qui ne compte pas vraiment au final ; je ne suis qu'une apprentie.

Oh oui, ce n’est que ton avis, petite Shafiq. Mais si toi, du haut de ton sang-pur, tu as été capable de formuler une telle opinion, c’est que les larves qui rampent dans ce château, tous ces sang-de-bourbe, ces sang-mêlé bâtards, en sont au moins arrivées aux mêmes conclusions que toi, si ce n’est pire. Personne ne semblait comprendre quoi que ce soit dans ce château, ni les Carrow, ni les élèves. Andreas ne s’était pas vraiment attendu non plus à ce que la Shafiq ait un éclair de génie, mais avait quand même nourri un espoir connaissant son frère. Cela dit, Thorfinn et lui se ressemblaient visiblement aussi peu que Lévine et Astrid. Le souci, c’était que même si la jeune apprentie essayait de noyer le poisson, minimisant son rôle, elle se trompait en croyant que cette humilité parvienne à toucher le potionniste. L’inexpérimentée Astrid pensait que parce qu’elle n’avait pas à exposer son avis, il ne comptait donc pas. C’était vrai pour les Carrow, mais Andreas voyait plus loin. Il ne considérait pas l’obéissance dans le silence, car elle était dangereuse, et continuait à se développer dans l'ombre. Ils croyaient tous que l’ennemi était dehors, à l’extérieur des murs, alors que la gangrène progressait au sein même du sang pur sorcier. Parmi tous ces nobles qui n’osaient pas ou ne comprenaient pas l’importance de leur position.

Une ombre passa sur le visage du pionniste, De la douceur, de la pitié ! Les gens étaient faibles. Les sorciers faisaient pitié à éprouver de la compassion pour tout le monde au moindre danger, à la moindre dureté. Andreas se reprit en baissant sa tête vers l’avant, regardant un instant ses chaussures, faisant mine de réfléchir. Encore une représentante des défauts qu’Andreas reprochait au monde magique. Néanmoins, Miss Shafiq n’était pas perdue. Son ancestrale famille ne pouvait pas fermer les yeux sur la direction que prenait sa descendance. Le potionniste ne manqua pas de remarquer le confort dans lequel ce sujet avait mis la jeune femme et décida d’en profiter jusqu’au bout.

- Détrompez-vous mademoiselle, vous êtes l’engeance d’une grande famille. Votre avis aura toujours de l’importance. C'est pourquoi il vous faut en faire part avec beaucoup de parcimonie. Certaines personnes pourraient mal l'interpréter. Mais ne vous dites surtout pas que vous n'avez aucune pouvoir. Vous en aurez, si vous le décidez. Quoi que vous fassiez, il y aura quelque chose, indépendamment de vous-même, dans votre stature, votre nom, votre rang, qui forcera les gens à vous écouter et à vous considérer. Utilisez-le.

Oh oui, elle avait du pouvoir, un pouvoir qu'il fallait impérativement bien diriger. Andreas marqua un silence avant de continuer, mais fut interrompu dans son intention par des bruits provenant du couloir. D’abord un bourdonnement lointain, mais suffisamment persistant pour que le potionniste tendre l’oreille et tourne sa tête vers l’un des murs, duquel raisonnait le bruit. Ce-dernier se transforma rapidement en tapage appuyé de talons claquant précipitamment contre le sol. On aurait dit qu’un éboulement de pierre se faisait dans le couloir. Sans même jeter un regard vers l’étudiante, Andreas sortit sa baguette magique d’un geste brusque avant de faire un pas en direction de la porte close. Une chute se fit entendre, puis un gémissement plaintif, un peu fêlé, comme si les cordes vocales l'émettant ne parvenait pas à vibrer correctement. Le grondement reprit, passant derrière la porte sans s’arrêter. Andreas fronça les sourcils, se demandant quel genre de créature avait bien pu s’engouffrer dans les cachots. Un autre cri suivit, plus guttural et profond, avant qu’un grondement ferreux ne se fasse entendre, comme si on avait jeté quelque chose contre un grillage.

- Faites-moi entrer !

Sans hésitation, Andreas s’avança vers la porte d’un pas rapide et l’ouvrit, avant de s’engouffrer dans son sillon. Il jeta un rapide regard vers le couloir qui menait aux étages supérieurs, puis s’en détourna pour se dissiper dans les profondeurs du château. Dans une pénombre menaçante, il parcourut une certaine distance avant d’atteindre la source de ce dérangement, la baguette légèrement tendue vers l’avant, prête à attaquer. Mais le potionniste se figea lorsqu’il aperçut un jeune garçon, agrippé à la poignée d’une lourde porte en bois. Il la tournait dans tous les sens sans succès, ce qui ne semblait pas le décourager dans son désespoir. Andreas se redressa comme si de rien n’était, observant ce misérable animal, les bras joints dans son dos. L’adolescent avait la tête de celui qui avait été enfermé pendant un bout de temps, et le potionniste devina sans grand mal que c’était un élève qui n’avait pas supporté la dureté de la réalité, quelle qu’elle fut. Si le garçon n’avait pas remarqué l’arrivée de l’adulte, continuant à se battre, genoux au sol, contre la porte qui refusait de s’ouvrir tout en gémissant quelques plaintes incompréhensibles, il se tourna brusquement lorsque la Shafiq les rejoignit. D’ailleurs, il sembla ne voir qu’elle. Son visage se défigura à la vue de la jeune femme et il abandonna son activité insensée. Du désespoir, il passa à la rage.

- C’est vous ! S’écria-t-il soudain. Sa voix dérailla sur la suite, se perdant entre sanglots et hurlements mal contenus. Vous êtes parvenue à me faire croire à vos belles paroles ! Vous êtes encore pire que les autres !! Il pointa du doigt sur la Shafiq. Vous voulez me faire sortir que pour mieux me punir après ! Vous êtes l’apprentie des Carrow, mais vous êtes encore pire qu’eux au final ! L’adolescent soupira lourdement, essayant de calmer les tremblements qui le prenaient. Je ne veux pas jouer à vos jeux. Je ne veux pas ! Foutez-moi la paix p*tain. Ouvrez cette cellule, enfermez-moi et arrêtez ça ! J’en peux plus !... Il s’arrêta sur son exclamation, ses yeux s’exorbitèrent alors que sa colère ne trouvait plus les mots qui convenaient. Puis soudain, il hurla. J’EN PEUX PLUS ! Un silence et à nouveau. ARRÊTEZ DE JOUER AVEC MOI !!

Sur ce dernier cri, il s’élança avec férocité vers la Shafiq, doigts crochus tendus vers l’avant. Tout ceci sous le regard d’un Andreas impassible. Non pas indifférent, mais un peu étranger à la scène, la considérant davantage comme un juge intransigeant que comme un acteur. Puisque la Shafiq était désignée comme responsable, c’était à elle de régler cette histoire, qui lui retombait dessus de manière plutôt inattendue, Andreas devait l’avouer. Par reflexe, il jeta au dernier instant, avant que le misérable ne l'atteigne, son regard sur le visage de la jeune femme pour en constater le sentiment...

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Le phénix et le basilic. [4 Novembre 1997 ; PV Andreas D. Rowle]

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