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[7 Novembre 1997] - Nocturnal Animal.

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PERSONNEL DE POUDLARDBibliothécaire
    PERSONNEL DE POUDLARD
    Bibliothécaire
AVATAR : James McAvoy
MESSAGES : 408

INFOS PERSONNAGE
SITUATION AMOUREUSE SITUATION AMOUREUSE: Pas vraiment seul, mais presque.
DATE & LIEU DE NAISSANCE DATE & LIEU DE NAISSANCE: 10 Août 1964
SANG SANG: mêlé
MessageSujet: [7 Novembre 1997] - Nocturnal Animal. Sam 17 Juin 2017 - 20:29

Cette nuit, Octave s’était réveillé à deux heures et demie. Il était de ceux qui, parfois, se levaient six fois par nuit sans raison apparente à cela, compensant en suite l’insomnie par divers caprices. La plupart du temps, il se redressait pour lire le temps de retrouver le sommeil, se goinfrant en parallèle de dragées surprises, de chocoballes ou de caramels. Ses insomnies étant fréquentes, sa consommation nocturne en sucre était telle qu’il avait probablement du diabète, ce qui pourrait éventuellement expliquer son élimination excessive d’urine. Mais cette fois-ci, Octave avait besoin de quelque chose d’autre, de plus fastueux, conséquent, à la mesure de son caprice nuiteux. Le but en soi étant de retrouver le sommeil en définitive, il devait toutefois s’avouer qu’il y avait quelque chose de particulièrement appréciable dans les écarts qu’il faisait entre deux ronflettes. D’abord, il n’y avait personne. C’était la nuit. Rien ne bougeait et c’était le calme plat, en général. Le monde s’arrêtait presque de bouger. Même les oiseaux ne chantaient pas la nuit. Il n’y avait que la vieille pierre du château qui continuait à doucement siffler sous les coups de vents incessants du mois de Novembre. Octave se sentait étrangement plus libre. Peut-être parce qu’il n’était pas observé. Alors il s’autorisait la veulerie, sortant en peignoir pour arpenter les couloirs de l’école telle une vieille folle de village. D’autre part, la nourriture, l’alcool et le tabac avaient un goût différent lorsqu’ils étaient consommés à une heure peu habituelle. Il avait l’impression de céder à une pulsion ultra primitive qui ne se manifestait que sous la lune, et il n’y avait rien de plus satisfaisant que ça. En temps normal, il n’y avait qu’une quantité limitée de choses qui pouvaient renvoyer Octave à coup sûr dans les bras de Morphée. Une lecture bien lourde et un bol de sucre pour les cas les plus simples. Une clope ou un verre de quelque chose se situant au-dessus des trente degrés d’alcool, pour les insomnies un peu plus corsées. Dans les cas les plus critiques, il dévorait le contenu du frigo avant de tomber raide sur place, dans un coma d’obésité morbide. Et puis, il y avait l’ultime solution, celle qui marchait à tous les paliers : le sexe. De ce côté-là toutefois, c’était la traversée du désert. A supposer que le désert soit infini. Donc ce n'était même pas une option en soi.

Comme d’habitude, il s’était réveillé en sursaut, sans la moindre trace de cauchemar dans sa mémoire. Cette réalisation le plongeait dans une hébétude grossière l’espace de quelques instants, durant lesquels il ne parvenait pas à comprendre la raison de cet état de conscience soudain. Puis, comprenant qu’il fallait se changer les idées, retrouver son calme avant de pouvoir se rendormir, Octave avait tendu mécaniquement un bras vers sa table de chevet à la recherche du volumineux tome de Joyce, spécial insomnies. Mais en touchant la couverture, il comprit qu’il avait faim. Plusieurs envies le dévoraient en même temps et leur seul point commun était le sentiment d’insatiabilité. Il ne voulait rien ramener dans sa chambre, mais avoir tout à profusion. Il voulait l’excitation du choix infini. Alors, parce que son peignoir habituel n’était pas assez impressionnant pour égaler ses caprices, Octave s’était enveloppé tel un fantôme dans son drap de lit blanc. Puisque c’était une école et que l’alcool était un problème, il avait embarqué une bouteille parmi la douzaine qu’il planquait dans son tiroir à chaussettes. Il ne voulait pas que Cassidy sache qu’il avait autant de bouteilles à sa disposition, ni qu’elles étaient quasiment toutes entamées. Alors il les cachait consciencieusement, sans pour autant se rendre compte de la raison qui le poussait à dissimuler son geste. Depuis la soirée passée avec le Directeur dans le cimetière, quelque chose avait imperceptiblement flanché en lui et il tendait sa main vers un petit verre bien plus facilement. Dès que Cassidy partait en mission pour l’un ou l’autre mage noir, il se posait avec un livre. Et un verre de whisky. Ou de Gin. Bourbon, Tequila, Vodka… Il ne finissait jamais ivre, ni même près de l’être, mais sa consommation avait visiblement augmenté. En tout cas suffisamment pour qu’il s’en rende compte lui-même. Les clopes aussi y passaient. Certes, il ne fumait pas comme une locomotive à charbon, mais ses doigts commençaient à sentir le tabac. Il détestait ça, sentir le tabac, mais ce n’était certainement pas à deux heures du matin qu’il allait avoir l’esprit combatif. Non, il avait juste envie de satisfaire tout ce qu’il pouvait avant de retourner pioncer comme une pierre.

Octave, drapé de blanc, yeux bouffis, avait donc attrapé une bouteille Dewar’s et un paquet Chambord -marque de cigarillos- avant de s’en aller en titubant rejoindre le rez-de-chaussée. Rusard en personne lui avait montré comment accéder aux cuisines de Poudlard, après s’être laissé flatter par moult compliments concernant sa chatte. Mais encore mal réveillé et passablement aveugle, Octave avait chatouillé tour à tour au moins quatre fruits avant d’en arriver au bon. Heureusement qu’il n’y avait personne pour observer ce spectacle d’un jeune adulte à l’air éméché, enroulé dans un drap blanc comme la sainte Madone et en train de gratter le mur à des endroits différents sans que rien ne se passe. Finalement, la poignée apparut et il entra dans la très grande salle. Un feu de cheminée crépitait dans l’âtre et, même si ce n’était pas la première fois qu’il venait, un elfe de maison accourut à son encontre pour lui demander si Monsieur désirait quelque chose. Mais Monsieur ne voulait pas d’aide. Monsieur ne voulait jamais d’aide. D’ailleurs, il le répétait à chaque fois, mais les serviables créatures venaient le voir quand même, s’inquiétant de ses désirs et de ses volontés. Monsieur préférait se débrouiller tout seul. Il renvoyait l’elfe au lit avant de partir poser sa bouteille et son paquet de clopes sur la table la plus proche de la cheminée. Parfois au sol, juste devant, s’il y avait une chaise qui était disponible. Puis il allait examiner la nourriture qui restait, s’emparant de miches de pain et de charcuteries, se constituant tantôt un plateau bien garni, tantôt une poignée de cacahuètes suffisant à son bonheur. Ce coup-ci, c’était méga plateau maxi best off avec triple ration de gras pour agrémenter son taux de cholestérol, qui perdait sa concurrence face au diabète pour le moment. Jambon de parme, Bresaola, speck fumé, salami, lard de Colonnata… Que des trucs qu’il pouvait manger avec les doigts. Mais attention, c’était un rituel, il ne pouvait rien goûter sur place. Il fallait d’abord composer son assiette, puis aller s’assoir en tailleur sur le banc, remplir un verre de whisky, allumer un cigarillo et goûter un peu de tout en même temps. La saveur du tabac se mélangeait alors à celle de la nourriture, baignée par celle de l’alcool et tout était parfait.

Il se sentait chez soi. L’ambiance nocturne y contribuait grandement. Plus jeune déjà, il dormait mal et il n’y avait que la nuit qu’il pouvait avoir la paix. Il se sentait en sécurité et plus rien ne semblait avoir d’importance. Sa mère dormait et son grand-père aussi. Aucune bonne ni domestique n’était là pour le surveiller. Il pouvait être lui. Cette sensation-là était restée dans sa mémoire, s’association à la cuisine en plein milieu de la nuit. D’autres choses étaient venues par la suite s’y coupler avec l’âge adulte. Il fallait de l’alcool ; une certaine quantité variable. Parfois, une clope. La nourriture n’était pas obligatoire, mais c’était un retour direct vers de tendres souvenirs d’enfance où il parvenait à trouver refuge. L’image était toutefois discordante puisqu’entre avant et maintenant, le rituel n’avait plus aucun rapport. Le sandwich au beurre de cacahuètes nocturne s’était transformé en picole sous la lune. Mais au moins le sentiment était le même : tout ce qui l’entourait n’avait plus la moindre importance. Plus d’exigences stressantes, plus de mère autoritaire, pas d’attentes à honorer, plus de mangemorts, plus de dangers ni de double jeu. Plus d’amour. Plus rien. Le néant, chaud et sûr où tout devenait possible. Ou les débris autour de lui n’étaient plus des saletés ou des brisures des choses qu’il avait ratés, mais un isolant confortable. Là où aucune ficelle ne tirait dans aucune direction. La nuit, tout était mort et figé.

Il mangeait alors souvent lentement, pas tout à fait réveillé, ni endormi, se trouvant dans un état de flottement dont l’origine était incertaine. Etait-il absent parce que somnolent ou absorbé par le duvet agréable qui l’entourait ? Il buvait et fumait jusqu’à ne plus vraiment ressentir la brûlure de l’alcool et du tabac dans la gorge. Il aimait cet état de grâce artificiel qu’il semblait être capable d’atteindre qu’en ces instants spécifiques. Comme s’il fallait attendre l’alignement des planètes. La vie recélait une complexité qu’il sondait inlassablement. La profondeur de la pensée, sa richesse qu’il explorait presque maladivement. Mais là, surtout en buvant, seulement en buvant… il ne faisait qu’effleurer la surface, restant à l’extérieur de tout ça. Tout ce qui faisait qu’il était lui se blottissait dans un coin de son esprit et demeurait silencieux, tapis dans l’ombre. Parfois, il frottait ses yeux injectés de sang, visiblement fatigués et cernés de paupières aux lignes d’un rouge sombre, mais n’allait pas se coucher. Il regardait simplement la cheminée et continuait à gober ce qui lui passait sous la main, tant qu’il restait encore quelque chose à boire ou à manger. Il avait l’air vraiment vide, mais étrangement heureux. Un peu pathétique, parce que son repos n’avait rien de reluisant. Il n’était qu’un gars en sous-vêtements, à l’haleine avinée et les doigts gras de charcuterie, mais au moins il était parfaitement calme. Presque apaisé.

De trouble, son regard se fit soudain clair. Il sentait quelque chose à l’intérieur de son visage, une sensation familière. Clairement, sa cloison nasale semblait se dilater, quelqu’un semblait souffler dans ses vaisseaux sanguins comme dans des ballons d’anniversaire. Dès qu’il comprit ça, il sut que c’était trop tard. Baissant le regard vers sa poitrine, il vit du sang sur le drap dans lequel il s’était habillé. Quatre tâches d’un rouge sombre. Tout de suite, il amena la main qui tenait la cigarette à son visage et inspecta du bout des doigts sa lèvre supérieure. Elle était poisseuse. Il y avait plein de sang. C’était fascinant, tout ce sang alors qu’il ne ressentait aucune douleur… Il était de ceux qui saignaient du nez assez facilement. Il avait passé une bonne partie de son enfance en hémorragie à tel point que ce fut un miracle qu’il ait atteint l’âge adulte sans avoir besoin de potion de régénération sanguine. L’alcool, en tant que vasodilatateur, n’aidait pas. Ce n’était pas la première fois que ça lui arrivait. N’ayant aucun mouchoir à l’horizon, Octave remonta un pan de son drap pour le presser contre son visage sanguinolent. En temps normal, le saignement s’arrêtait assez vite, mais avec tout ce qu’il avait bu, il allait peut-être devoir cautériser la blessure lui-même avec le tisonnier de la cheminée. Avec une gestuelle hébétée, Octave tamponnait distraitement son visage alors que son nez continuait à saigner abondamment. A un moment, il s’arrêta et toisa son reflet difforme dans la bouteille de whisky. Il avait l’air assez affligé. Le sang avait taché sa barbe et la commissure de ses lèvres, ayant coulé jusqu’à son menton et était même descendu le long de sa gorge. On aurait dit qu’il venait d’avoir décapité un Doxy avec ses dents. Le drap, sous son menton, était imbibé de rouge. La bouteille, le rebord de la table ainsi qu’une partie du tissu blanc était constellé d’empreintes digitales sanglantes. Il avait trop la flemme de nettoyer. Au lieu de ça, le bibliothécaire tira sur son deuxième cigarillo de la nuit et souffla la fumée par son nez. L’irritation fut immédiate, la blessure devait être encore intacte, même si maintenant coagulée. Ce fut en ce moment précis que la porte de la cuisine couina, laissant entrer un autre animal nocturne...



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POUFSOUFFLE6ème année
    POUFSOUFFLE
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MessageSujet: Re: [7 Novembre 1997] - Nocturnal Animal. Ven 7 Juil 2017 - 19:50

23h00. 0h00. 1h00. 2h00…

Comme à chaque fois lorsque l’horloge avait complétée un tour cette nuit-là, une main venait de se glisser illicitement hors du drapé ocre gardant le lit de son propriétaire, tâtonnant à la recherche d’une ouverture dans le petit meuble de chêne posé sur sa droite.

C’est que les insomnies creusait ogresquement l’appétit de Nolan (qui d’autre!) et la recherche de nourriture devenait alors un réflexe qui n’exigeait de lui aucune réflexion orientée ; ses dix doigts savaient d’ordinaire mieux que lui où trouver de quoi le raguallaidir. Déjà, il n’y avait probablement que le rouquin pour planquer ses collations à même les rares tiroirs à leur disposition. Ranger des effets personnels vous dites ? Ne possédant qu’un peigne — dont il ne sait apparemment pas faire usage — ainsi qu’un vieux rasoir droit pour tout butin, le sixième année n’avait guère besoin de plus que la surface même du petit mobilier pour poser ses affaires, conséquence pratique de la pauvreté s’il en est une. Du coup, sa table de nuit avait été reconvertie en casier à provisions et ce, pour le plus grand plaisir du dortoir tout entier. Généreux de nature, les blaireaux avaient tendance à partager sans compter, ce qui conduisait toutefois occasionnellement la meute à la fatalité suivante ; les réserves se trouvaient complètement à secs.

Nolan soupira un bon coup avant de poser une main à plat sur son ventre grommelant. Bien sûr que les patacitrouilles ne se ramenaient pas toute seule aux tiroirs tandis qu’il dormait, mais le truc, c’est que le sixième année préférait d’ordinaire profiter de l’aube — cette heure bénie ou la vigilance des éveillés n’est pas encore parfaitement vive — afin de commettre son petit larcin. Alors pourquoi n’avait-il pas visité les cuisines en matinée ce jour-là, ou même la veille, ou même l’avant-veille, quand le garde-manger avait cédé son dernier pain au chocolat ?
Mere-bit*h Breckenridge, that’s why.

No se frotta vigoureusement les rétines, serrant finalement les poings à la pensée de cet entretien qui avait eu lieu quelques jours plus tôt et qui le laissait depuis — et bonjour l'ironie — littéralement sur sa faim. Impossible de savoir ce que la préfète des glaces avait en réserve pour sa pomme ; si seulement elle comptait le dénoncer, lui casser les pieds davantage ou bien peut-être lui offrir une véritable chance de comprendre ses allégeances discutables et fraîchement sorties du four ? Vraiment, il n’y a rien de plus efficace pour tourner un blaireau en bourrique que de le laisser hésiter sur la part de confiance à vous accorder, voir, sur celle qu’il aura fort probablement eu tort de vous octroyer en premier lieu. Quelqu’un d’un peu plus ferré en psychologie aurait probablement associé cette colère sourde à son estomac braillard, mais No n’était pas exactement du genre à naviguer fréquemment sur les eaux de la métaphysique émotionnelle, le problème que posait sa faim soudaine était bien plus simple à identifier et encore davantage à résoudre.

Après un rapide bond hors du lit, le blaireau enfila donc (en silence) le premier survêtement qui lui tomba sous la main, soit en l’occurrence ce qui semblait être le peignoir de son voisin. Par le barbe de Merlin, ce truc-là était aussi doux qu’un duvet de bébé flaireur, tout à l’opposé de la laine rêche de sa cape de sorcier. Dans l’obscurité, le vêtement arborait même des teintes bordeaux, idéal pour la discrétion, quoique sa coupe à mi-cuisse laissait quasi entrevoir les rebords de son caleçon élimé. Coquet en plus d’être confortable ? Allez, pourquoi pas.

Le trajet qui menait des tonneaux de l’antre jaune à la draperie des cuisines n’avait rien d’un parcours du combattant, tout juste une intersection, qui fut franchit en moins de temps qu’il n’en faut à Chourave pour rempoter une bouture de mandragore. Par précaution tout de même, le rouquin avait refermé derrière lui la porte secrète en tournant dos aux montagnes de provisions qu’ils dont il révisait déjà mentalement l’emplacement, juste pour s’assurer que personne ne lui marchait sur les talons, puis alors il…

AAAAAAAAAAaaaaaaaaaaaaah !

Réflexe numéro un ; Nolan avaient présentés ses deux mains, toutes paumes devant, comme prêt à se protéger d’un élan offensif quelconque de la part de cette menace imprévue, reculant sans détourner le regard jusqu’à se heurter au mur le plus près. Par la culotte de Rogue, tout ce sang, puis ce regard…

Sir Holbrey ? dit-il la voix tremblante.

Le rouquin avait plissé des yeux, comme pour s’assurer qu’il n’hallucinait pas. Son rythme cardiaque qui avait prodigieusement bondit se calmait déjà un peu, quoiqu’il lui fallait encore intimer son souffle à faire de même.


Doucement, il abaissa sa garde, fouillant la scène du regard à la recherche de Merlin seul sait quoi, mais vu l’état du bibliothécaire, possiblement d’une victime. Allez savoir si c’était l’air étrangement détendu du professeur ou plutôt les cadavres de nature strictement alimentaire, mais le Poufsouffle n’eut pas immédiatement envie de prendre ses jambes à son cou.

Est-ce… est-ce que tout va bien ?

En un sens, c’était peut-être bien l’instinct protecteur à la sauce Poufsouffle qui venait de triompher. Ce même instinct bien défectueux qui, croyant emprunter le peignoir de son camarade de dortoir, se retrouvait maintenant en pleine lumière drapé d’une sorte de kimono aux multiples broderies florales, bien plus rose que rouge et dont le contour des manches s’ornait d’une épaisse toison orange aux origines inconnus.

Franchement à ce stade, c’était à se demander lequel des deux hommes avait le plus d’explications à fournir.

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MessageSujet: Re: [7 Novembre 1997] - Nocturnal Animal. Dim 9 Juil 2017 - 23:25

Un élève. Mais quelle surprise bon sang de bois ! C’était à se demander si le respect des règles s’était subitement dégradé, depuis que la nouvelle direction avait repris les rênes de l’école, ou si avant c’était encore pire. Enfin, vous me direz, avec un protocole plus strict, normal qu’il y ait plus d’infractions. Parfois, occuper un poste avec un quota de responsabilité morale aussi élevé était franchement mal venu. En tant que pseudo pédagogue, il se devait de sévir, quelle que puisse être la situation, un peu comme McGonagall qui n’hésitait pas punir à peine sortie du lit et peignoir. Ce n’était pas vraiment son cas, les sentiments personnels prenant souvent le dessus sur ses obligations. Bien habillé, classieux, certain de son charisme et de son autorité, ça passait, mais là… Là, il avait à peu près la même cote de popularité qu’un politicien surpris en train de voler des pièces à un mendiant dans la rue. Il avait plutôt envie de descendre sous la table et de s’y planquer, en attendant que l’intrus se casse et que chacun fasse comme si rien ne s’était passé. Pourtant, malgré cette mise en scène qui soulignait habillement tous ses vices, Octave semblait avoir basculé de l’autre côté du miroir. A en croire l’étudiant, il foutait les chocottes.

— AAAAAAAAAAaaaaaaaaaaaaah !

Octave plissa les yeux en fronçant les sourcils, avant de tapoter négligemment sur son cigarillo pour faire tomber l’excès de cendres sur une assiette vide. Quelqu’un ici n’avait franchement pas les bons réflexes. Mon Dieu, ce qu’il lui faisait de la peine le pauvre ! Il lui souhaitait un cœur bien solide pour ne pas mourir d’une crise cardiaque à l’orée de ses vingt ans, parce qu’après tout, à se laisser surprendre aussi facilement, le môme allait se chopper un anévrisme comme on choppait des boutons. Octave pencha la tête, alors que le garçon baissait ses rondelles brandies en étoile de mer, l’observant d’un air un peu dépité. Mais quel genre de grande folle avait-il donc-là ? Cela dit, c’était sûr qu’en gueulant et en brandissant ses nouilles blanches au visage d’un éventuel agresseur, il risquait de le faire fuir d’effroi. Peut-être que la technique avait porté ses fruits avant, va savoir. Bon, par contre, pour l’accoutrement, on repassera. Et pas dans le sens d’un pressing. Peignoir de boudoir à mi-cuisse avec tout un jardin fleuri brodé dessus, tentant tant bien que mal à cacher des sous-vêtements. Le truc improbable, ridicule et hideux, sans parler des cheveux en flamme olympique qui se dressaient sur sa tête.

« Sir Holbrey ? Est-ce… est-ce que tout va bien ?
— Dix points en moins pour… D’où tu es déjà ? »

Demanda-t-il sans grande conviction, sa mémoire faisant le bruit d’un moteur de paquebot à vapeur. Ou plutôt de réacteur d’avion, qui menaçait de s’envoler par ses oreilles. Il regarda néanmoins plus attentivement le rouquemoute et sa masse capillaire, coiffée comme si quelqu’un avait décidé d’y faire exploser quelque chose. D’un doigt paresseux, Octave se gratta la tempe, essayant de replacer ce visage qu’il était certain de connaître. Et puis soudain, l’illumination divine. Le bibliothécaire eut l’air mauvais l’espace d’un instant, l’air vaguement satisfait de mettre le doigt sur la souris qu’il cherchait.

« Dix points en moins pour Poufsouffle, Monsieur Good Day Sir. J’ai toujours rêvé de dire ça. Rien de personnel. »

La nuit ne pouvait être pas plus hilarante. Par politesse, Octave se contenta d’esquisser un sourire veule, un peu sournois, mais pas méchant. Eh ! Monsieur Sherman méritait bien la chose, non ? L’adulte aurait passé l’éponge si l’affaire s’était jouée en plein milieu de la journée, mais la nuit était sombre et pleine de terreurs, pour reprendre l’expression maintenant largement usée et énergiquement rebattue. Octave était à lui tout seul la couche de mystère. Monsieur Good Day Sir était un plutôt fervent visiteur de la bibliothèque, et si son gérant remarquait toujours ceux qui y passaient, Sherman se détachait de la masse par sa bonne humeur constante, sa bouche en permanence en train de transformer sa pensée -fulgurante à n’en point douter- en phrasé, et surtout, par sa politesse à toute épreuve. C’était quasiment le seul qui ne manquait jamais de le saluer, et ce d’une voix suffisamment enthousiaste pour qu’Octave daigne relever la tête à chaque fois pour lui rendre la politesse d’un ton encore plus enjoué. D’où la raison de ce surnom trouvé en impromptu, puisque Sherman le saluait constamment avec la même civilité, « Good day, Sir ! ». Son entrain était agréable et, si le bibliothécaire ne manquait jamais de faire remarquer que les lèvres du Poufsouffle vibraient un peu trop dans l’enceinte à priori silencieux des livres, leur entente avait toujours été cordiale, sans jamais trouver raison de s’aventurer davantage toutefois. Alors, pourquoi tant de haine Monsieur Holbrey ? Je vous entends penser jusqu’ici. Par principe, par pur et stupide principe. Et aussi parce que comme d’habitude, Sir Holbrey avait quelque chose en tête. Sentant que son palais commençait à manquer de gras et de salé, Octave alla quérir du bout des doigts quelques tranches fines de Bulagna qu’il dégusta lentement, pris d’une flânerie languissante. Entre deux coups de dents, il déclara :

« Il ne reste plus qu’à savoir comment tu peux les récupérer, ces dix points, Monsieur Good Day Sir. »

Un haussement joueur des sourcils s’en suivit, malicieux. Puis le bibliothécaire se souvint soudain que son sang maculait les environs, transformant la cuisine en scène de crime. Il sortit alors sa baguette et d’un mouvement indolent du poignet, fit disparaitre les traces du meurtrier qu’était son nez. La baguette finit à table, juste à côté du verre de whisky. Octave n’y toucha pas toutefois, et désigna son plateau, encore considérablement rempli, d’une main tout en regardant Good Day Sir, l’air de l’inviter.

« T’es venu pour ça non ? Autant que ce ne soit pas pour rien, puisque t’as déjà reçu ta sanction. Et je vais bien, Good Day Sir, merci de t’en inquiéter. Aucun meurtre à l’horizon ni de mort imminente, seulement les désagréments de la nature. »

Finit-il par répondre d’un ton mielleusement résigné. Sa main fit un dernier aller-retour, amenant le cigarillo à sa bouche. Il en tira une longue et généreuse bouffé, cramant quasiment l’entièreté de la cigarette, avant d’éteindre la chose contre la petite assiette prévue à cet effet. Peu de gens supportaient la fumée du tabac, et de toute manière même la consommation passive commençait être déconseillée par les grandes instances. Octave remonta légèrement les pans de son drap sur ses épaules avant de croiser ses bras sur la table. Il lanca un regard curieux à l’étudiant, noyé dans la brume grisâtre qu’il soufflait à présent par ses narines, brûlées au 3ème degré à ce stade, très probablement. En tout cas, selon les sensation, cela semblait être le cas.

« Tu viens souvent ici comme ça, en dessous intimes, pour te sustenter en plein milieu de la nuit ? Que je calcule le nombre de points que je dois encore te retirer. » Dit-il, soudain sérieux comme la mort. Presque aussi impassible que le Directeur lui-même. Ayant jugé que le suspens avait assez duré, il ricana doucement : « Je plaisante, c’était pour voir si t’allais recommencer à gueuler comme tout à l’heure. »

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