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[3 novembre 1997] « Au royaume des aveugles, le borgne est roi. »

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SERDAIGLE1ère année
    SERDAIGLE
    1ère année
AVATAR : Ashley Gerasimovich
MESSAGES : 105
MessageSujet: [3 novembre 1997] « Au royaume des aveugles, le borgne est roi. » Dim 11 Juin 2017 - 21:13





Mauvaise matinée. La benjamine des Ziegler s'était levée aux aurores, avant même les premiers rayons du soleil, toutes les filles de son dortoir profitant de leurs dernières heures de sommeil. La blondinette reprenaient les cours aujourd'hui, elle qui était confinée depuis environs deux longues semaines, dans son lit. Elle allait devoir se confronter aux regards des autres, et rien ne pouvait plus l'effrayer. Ses camarades de chambre, voilà tout ce qu'elle pouvait supporter. Amanda Ziegler portait un pansement sur l’œil, un horrible pansement recouvrant le quart de son joli minois. Impossible de le camoufler, encore moins de l'occulter. Omniprésent, il gênait, il grattait, et elle le détestait. À force de subterfuges, l'aiglonne était parvenue à ne pas mettre un seul pied hors du dortoir. Ses copines lui apportaient de la nourriture, au préalable cachée dans leurs poches, et elle prenait également les devoirs pour elle. La blondinette avait même esquivé la fête d'Halloween, alors qu'elle avait promis d'y accompagner Edward Selwyn, et qu'elle adorait par-dessus tout ce genre de festivités. Il comprendrait, certainement.

Sur la pointe des pieds, la bleue et bronze se dirigea vers la salle de bain. Tous les deux jours, elle avait adopté un tout nouveau rituel, protocolaire et processionnal. Elle sortit sa baguette magique, et atténua la luminosité des lieux. Madame Pomfresh lui avait appris ce sortilège, ainsi qu'à tous les autres élèves victimes de traumatismes oculaires, et il s'avérait bien utile. Ceci étant fait, la jeune fille tira brutalement sur l'une des extrémités de son pansement, et entraîna le reste en un seul mouvement. Elle jeta un rapide regard dans le miroir, avant d'écraser le bandage souillé au beau milieu du reflet de son visage. Aucune évolution, pas la moindre once d'amélioration. Ainsi cachée et protégée de sa répugnante image, elle se rinça longuement le visage à l'eau glacée, prenant soin de ne pas brusquer son œil endommagé.

L'aiglonne releva la tête, et ferma aussitôt ce dernier. Malgré tous ses efforts, elle ne parvenait pas à s'habituer au voile noir occupant la majeure perception de son côté droit. Immédiatement, elle ressentait une vive douleur dans l'ensemble de sa petite tête blonde, et éprouvait l'envie irrépressible de s'allonger, afin de reposer ses yeux. Si l'un était devenu complètement inutile, l'autre était surexploité. En perpétuelle agitation, il peinait à juger tout le bouillonnement du Château, et elle craignait de manquer de vigilance pour esquiver les différents dangers. Désormais, une bande gamins excités par l'approche de l'heure du petit-déjeuner représentait un danger, et ne parlons pas des mouvements de foule dans les escaliers, ou des Carrow qui pouvaient surgir à tout moment. Amanda nettoya son œil à l'aide de collyres, puis s'empressa de le recouvrir d'un nouveau bandage, blanc éclatant. Désormais, et c'est le cas de le dire, elle réalisait ses soins les yeux fermés, sans même un regard jeté dans le miroir. Avec dédain, elle décolla le pansement souillé, le jeta à la poubelle, et essuya négligemment la glace de sa petite main. Ensuite, la fillette retourna dans son dortoir et se recoucha dans son lit, comme si de rien n'était. La benjamine des Ziegler préférait se lever au beau milieu de la nuit pour ses petites affaires, loin de la curiosité malsaine de ses camarades, et des différents jugements portés à son égard.

Son réveil sonna peu de temps après, et le dortoir était en ébullition. Amanda rejeta violemment sa meilleure amie, Alvy Hopkins, lorsque celle-ci lui proposa de descendre manger un morceau. La fillette n'était définitivement pas d'humeur, et mieux valait ne pas se trouver sur son passage. Elle descendit dans les dernières, préférant éviter les foules, et rasa les murs du Château. Finalement, elle n'eut pas l'impression d'être scrutée, du moins pas autant qu'elle ne se l'était imaginée. À croire que chacun était bien trop occupé par ses propres sévices, et ses propres hontes. Amanda aperçut au loin le jeune Grade, ce vilain petit blaireau avec sa tignasse rousse. Tous deux avaient partagé le même coin de l'infirmerie de Poudlard, durant deux jours entiers, séparés d'un simple rideau à moitié transparent. Ces moments d'intimités partagés, mais surtout forcés, n'avaient point renforcé l'affection de l'aiglonne pour Oliver. Elle peinait à le supporter, lui et sa fainéantise légendaire.

Immédiatement, un détail frappa la fillette aux cheveux blonds. Son camarade, contrairement à elle, ne portait pas d'affreux pansements sur ses yeux. Ni sur l'un, ni sur l'autre, alors qu'ils avaient subi exactement le même sort. Amanda n'en croyait pas son œil, et si l'autre n'avait pas été recouvert, nul ne doute qu'il aurait été grand écarquillé lui aussi. Aussitôt, la colère l'envahit, et elle fonça droit sur le blaireau, bien décidé à obtenir des informations. Quoiqu'elle se moquait bien de ses explications, la bleue et bronze voulait simplement le faire payer. C'était complètement injuste, d'autant plus qu'Amanda aurait pu accomplir davantage que cet idiot, avec cet œil. Pourquoi était-il épargné lui, et non pas elle ? Ils avaient subi le même préjudice, mais aussi les mêmes soins de la part de l'infirmière du Château, alors quelque chose échappait à Amanda. Elle aussi aurait du être guérie.

Amanda empoigna le jaune par sa cape et le tira en arrière. Ce dernier tituba quelques instants avant de tomber sur les fesses, au beau milieu des escaliers. Il poussa un petit cri de stupeur, mais il était loin d'être au bout de ses surprises, puisque Amanda était loin, très loin d'en avoir fini avec celui-ci. La jeune Serdaigle se laissa tomber sur lui de tout son poids, assise sur son ventre, ses frêles mains agrippant celles du Poufsouffle. Ainsi, elle le maîtrisait avec plus ou moins de conviction, et elle allait pouvoir s'entretenir avec lui, dans le respect des règles de bonne conduite et autres principes de politesse. Elle le dévisagea un court instant, il n'avait pas l'air au top de sa forme, et ses yeux étaient bizarres. Néanmoins, ces derniers n'étaient pas recouverts, ni même bandés comme celui d'Amanda, et ça, elle ne pouvait lui pardonner :

« Mais pourquoi tu as encore tes yeux, toi ?! » Hurla la petite sorcière aux cheveux blonds.

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POUFSOUFFLE1ère année
    POUFSOUFFLE
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INFOS PERSONNAGE
SITUATION AMOUREUSE SITUATION AMOUREUSE: Étranges troubles gastriques lorsque la perspective est envisagée.
DATE & LIEU DE NAISSANCE DATE & LIEU DE NAISSANCE: 29 Août 1986, à Londres
SANG SANG: mêlé
MessageSujet: Re: [3 novembre 1997] « Au royaume des aveugles, le borgne est roi. » Lun 3 Juil 2017 - 0:00

La peur. Le jeune Grade, ne savait comment oublier l'agitation de son estomac, menaçant de rejeter son dernier repas au détour d'un couloir. Or, celui-ci n'était guère désireux de se rassasier en sucreries, pour apaiser ses maux. La gorge nouée, comme éprise d'un étau de plomb, Oliver était persuadé de ne pas parvenir à ingérer le copieux petit-déjeuner de circonstance, qu'offrait La Grande Salle. De plus, celle-ci abondait en étudiants affamés, qui contrairement à lui, ne se priverait pas des condiments sucrés, qui s'érigeaient le long des tables aux couleurs des quatre maisons. Et pis que tout cela, rien ne devenait plus effrayant pour le rouquin que d'affronter l’affluence de la foule, sillonnant avec empressement les couloirs. Oliver imaginait déjà avec horreur, son maigre corps emporté par les rapides, heurté, bousculé, ou encore, écroulé à terre.  Ainsi, en marge de la foule, Oliver caressait les murs parés de pierres, suivant son pas incertain, dans son sillage. En effet, tout devenait danger, et tout était à reconsidérer. A défaut d'usage visuel, ses sens auditifs et olfactifs quant à eux, étaient exhalés d'une vigilance rare, voire surexploités. Oliver était alerté par le moindre pas, un faible bruissement lointain, ou encore une fragrance minime chatouillant son odorat. Dans ce cas, ne parlons pas de la foule, abondante, hurlante, bruissante, odorante et frémissante d'excitation au début d'une nouvelle journée. Aussi, le jeune Grade nota que sa nette exhibition n'accentuait guère la propension aux remarques, qui marquaient souvent la présence  de son physique ingrat. Et seules, quelques quolibets d'usages, ça et là, vinrent perturber son chemin.

Au fil des jours, son corps s'était raidit par l'adrénaline, et sa main restait, en tout circonstance, crispée sur sa baguette, dissimulée dans la poche de sa cape. Malgré une palette réduite de sorts et maléfices maîtrisés, relatif à son statut d'élève de première année, Oliver se sentait assez menacé pour être contraint de dégainer sa baguette de Saule, et attaquer. En effet, le rouquin appréhendait la rencontre fortuite des Carrow, au détour d'un couloir, et nourrissait l'espoir que le geste suffirait à se dépecer de leur présence.

Soudain, Oliver stoppa sa route. Son équilibre précaire amorçait une démarche aussi lourde qu'incertaine. Ce pas traînant n'arrangeait rien au retard qu'il eût accumulé depuis le début matinée. En effet, paresseux, le garçon avait prolongé sa nuit, plus que de nécessaire, ainsi lové dans la chaleur apaisante que lui prodiguait son monticule de couvertures. Seulement, le rouquin dût réitérer, encore une fois, l'excuse minable que présentait l'état de son pendule cassé, qu'il n'avait eu guère le courage de réparer, pour justifier son oisiveté. Or, le jeune Grade s’agaçait du rituel rigoureux et protocolaire imposé, auquel il devait promettre conviction et assiduité, sans quoi il perdrait l'usage de la vue, à jamais.

Chaque matin, Oliver supervisait une horaire de levé aux aurores, précédant les mouvements de foules, afin de lui permettre de fouler les  couloirs, sans encombre. Ainsi, l'aveugle avait appris à apprivoiser les murs de Poudlard. Se fiant aux pierres pour guider son chemin, Oliver pouvait désormais aisément reconnaître la surface lisse du marbre, et différencier le granite du grès, d'un seul touché. Le roc habillait l'édifice, tout en se conformant à ses nuances. L'incrustation du rocher dans la pierre variait selon la localisation ; si ils étaient robustes et tranchants aux abords du rez-de-chaussez, ils n'en demeuraient pas moins fragiles et courbés, une fois quelques étages montés. Ainsi, grâce à ses repaires de fortune, le jeune Poufssoufle réussit toujours à se situer, dans le château. Or, si déterminer sa position était une chose, trouver l'infirmerie en était une autre. En effet, l'itinéraire qu'il devait amorcer méritait l'attention de chacun de ses sens, et surexploitées, Oliver peinait à puiser dans ses dernières ressources, pour s’abreuver en énergie. A chaque fois, la crainte des réprimandes le menaçait d'avancer, et le jaune et noir finissait toujours par se hâter, et rejoindre Mrs Pomfresh. De là, débutait toute une série de stérilisations, que l'on appliquaient sur ses yeux, pour éviter la contamination. Oliver connaissait la musique par cœur. Pomfresh enfilait ses gants, puis lui injectait par une horrible piqûre acérée, l’élixir de menthe, lui promettant une vision approximative, en l'espace de quelques heures. Seulement, Oliver ne pouvait profiter, pour l'heure,  que des services d'un produit inachevé, sur lequel il n'était que pur témoin d'une expérience. Ainsi l'horrible potion lui proférait une série d'effets secondaires, redondants en brûlures, vertiges, et autres nausées. Une situation compliqué, pour le jeune Oliver, qui commençait à sincèrement douter de l'efficacité du traitement, tout étant désireux

En réalité, son application à la prise continuelle de son traitement, était à l'image d'un début d'année scolaire. Assidu et motivé à l'idée de guérir, à son commencement,  il se révéla lassé et découragé, lorsqu'il réalisa que les soins apportés n’eurent pas l'effet escompté. Ainsi, lorsque la perceptive de rejoindre l'infirmerie lui revînt en mémoire, Oliver exprima son mécontentement par un soupir exaspéré. Il hésita un instant à rejoindre la chaleur apaisante que lui prodiguait, son amas de couvertures. Peut-être ses draps étaient-ils encore épris de sa chaleur corporelle ? Second soupir. Que dirait Mrs Pomfresh s'il ne faisait pas acte de présence ? S'en inquiéterait-elle ? Deviendrait-il aveugle à perpétuité s'il manquait à l'appel ?  Oliver regrettait son état ordinaire d'autrefois, occulté de la prise régulière de médicaments, et les matins rythmés par un sommeil prolongé, sans que celui-ci soit écourté par l'obligation de rejoindre l'infirmerie. Être victime d'une lésion oculaire demandait du temps et consécration, et le jeune Grade était lassé de devoir s'y conformer.

Soudain, il piqua, un fard. Les bras croisés, et les traits tirés par la contrariété, Oliver osa porter un regard de reproche à l'insigne de la foule, qui se profilait, devant lui. Geste qu'il regretta. Plié en deux, il écrasa aussitôt ses deux grosses mains sur l'ensemble de son visage, tandis que ses yeux hurlaient de douleur. La souffrance s'emparait déjà de son crâne brûlante et lancinante, à la manière d'une griffe d'hyppogriffe qui l'aurait amputé. Se confondant en petits gémissements plaintifs digne d'un nourrisson, et les larmes menaçant de ruisseler le long de ses joues, Oliver se laissa glisser le long de la pierre, qui habillait le mur. Le souffle court, le rouquin gardait en mémoire la farandole de couleurs hétéroclite et indistinctes, qui eurent agressés la fragilité de ses yeux. Pourtant, ce n'était pas faute de l'avoir mis en garde quant aux effets de la lumière sur la fébrilité de ses yeux.  Or, Oliver avait toujours manqué de vigilance durant les discours de préventions, souvent troublé par ses rêveries. Ainsi, le jeune rouquin n'avait retenu que la maîtrise du sort visant à atténuer la luminosité d'une pièce, qu'avait enseigné Mrs Pomfresh aux patients en état de cécité, au cours de leur séjour. Seulement, la clarté qui filtrait aux travers des immenses fenêtres, pour venir se jeter dans son couloir, n'avait rien de synthétique et privait Oliver d'user du sortilège, qui se révélait bien pratique. Et pour cause, l'infirmière avait conseillé aux victimes de veiller à ne pas brusquer leur yeux, sous un afflux trop conséquent de lumière, afin d'éviter d’aggraver leurs lésions. A cet instant, Oliver se maudissait d'avoir possiblement accrût son état au rappel de ce détail crucial, et espéra que sa plaie eût conservé sa condition.

Finalement, le jaune et noir se hissa avec un difficulté certaine sur ses deux jambes, et se diriger en direction de l'infirmerie, la démarche vaillance. Cette fois-ci, il souffrait beaucoup plus que de nécessaire, pour que le rendez-vous le lui soit épargné.

Tandis qu'il gravissait marche par marche les escaliers des premiers étages, une poigne inconnue emporta soudainement l'un des pans de sa cape en arrière. Suivant le sillage de celle-ci et interceptée par une marche, le jaune s'écroula à terre, dans un hoquet de surprise. Éberlué, il embrassa du regard les alentours, à la recherche de son possible assaillant, en vain. Cependant, ce dernier ne lui laissa guère le temps de noter sa présence, car il n'en avait visiblement pas fini, avec sa personne. Son attaquant se jeta sur celui-ci, à la manière d'un enfant s'écroulant de tout son poids sur son matelas, épuisé de sa journée. Ainsi, Oliver fût le noble réceptacle d'une masse relative à un âge, approchant le sien. Car il ne s'agissait pas là d'un adulte, ni l'un des Carrow il en avait désormais la certitude. Croulant sous son poids, le rouquin étouffait, et gesticulait en tout sens, en vaine tentative de se libérer de son emprise. Or, son agresseur étreignait d'une force insoupçonnée ses maigres poignets, de ses petites mains. Il le tenait en grippe. La question était ; Pourquoi ?

Soudain, il suspendit le moindre de ses gestes, et reprit contenance. Étrangement, son offenseur desserra quelque peu son emprise, comme si le rouquin eût été épris du Filet du Diable. Seulement, Oliver n'en parût pas moins détendu. Les sourcils froncés par l’interrogation, le jeune Grade commençait à distinguer la caricature de son assaillant. Aussitôt, il perçut le blond paille et uniforme de la fillette, chatouillant avec douceur la pâleur de sa peau. Aussi, le bleu et bronze que colorait sa cravate bien nouée, confirma les doutes d'Oliver. C'était bien elle, assise en reine sur son trône. Leur séjour commun à l'infirmerie n'avait guère égayer leurs relations, mais avait apprit à Oliver à en déceler toutes les nuances, au derrière du semblant d'intimité qui les eût dissimulés. Mais pourquoi ? Qu'avait-il fait ? Qu'allait-elle, encore lui reprocher ? Ne pouvait-elle pas le laisser en paix ?

-Ziegler ? Tenta-t-il, d'une voix fébrile.

Aussitôt, une voix fluette s'imposa et s'empara du silence qui les eurent accommodés, camouflant presque les dernières syllabes de ses paroles.  

- Mais pourquoi tu as encore tes yeux, toi ?!

Amanda Ziegler étaient de ces filles qu'il préférait éviter, voire ne pas fréquenter du tout. Langue de vipère, la fillette ne manquait pas de lui faire profiter de quolibets acérés, au détour d'un couloir. Oliver taisait toujours la profondeur de ses pensées à son égard, pour éviter le conflit, mais il n'en demeurait pas moins agacé par ses petits rires cristallins suivant le cours de ses moqueries, et sa fâcheuse manie d’enjoliver ses atouts pour faire plier ses amies et Edward, à ses désirs. Était-il le seul à percevoir sa viciosité ? Ou niaient-ils farouchement la vérité, devant l'éclat de ses sourires ? Seulement, le jaune avait crut bon de remarquer son absence, au cours des deux dernières semaines. Ses chemins étaient pauvres en remarques désobligeantes, et son nom manquant à l'appel des professeurs, n'avait fait qu'accentuer leur inquiétude. De plus, Oliver avait dû supporté, deux semaines durant un Edward soucieux de l'état de sa dulcinée. Outre la répugnance qu'il exprimait à l'égard de leur relation, Oliver peinait à supporter les récits éprit de niaiserie, que lui retranscrivait son ami.

Aux vues de la tâche brune qui emprisonnait une partie de son visage, le rouquin devina aisément la raison de son absence. Ainsi, si celui-ci s'était engagé à faire acte de présence pour l'ensemble de ses cours, celle-ci était resté sous ses couvertures ? Certainement devait-elle lui reprocher de ne pas partager sa souffrance, par le port d'un pansement. Or, Oliver s'en serait largement accommodé, si cela lui évitait une série de soins tout aussi nombreux qu'inutiles. De plus, le pansement camouflait une cicatrice de guerre, témoin du passé, un peu à la manière d'un farouche pirate. C'était à la fois cool et attrayant, sans que cela puisse porter préjudice. En effet, Oliver peinait à comprendre les reproches que lui gratifiait Amanda.

- Ziegler, soupira-t-il, nous sommes en retard tout les deux, et je dois aller à l'infirmerie pour que Mrs Pomfresh puisse me soi...

Or, Amanda semblait peu encline à écouter déblatérer son débit d'explication. Aussitôt, elle resserra son étreinte autour de ses poignée mutilés. Et le geste fût la goutte d'eau qui fît déborder le vase. Oliver vît rouge, plus dérangé par leur proximité, que par son agressivité, le jeune rouquin retira d'un mouvement clair, et vif ses bras de son emprise. Il rajusta aisément sa posture, sans que la fillette n'en soit ébranlé. Une fois assis, il jeta à l'aveuglette ses deux bras gesticulant comme deux vers sous terre, à l'assaut du crâne de la blondinette. Il emmêlaient, tortillait, tirait au gré de ses envies les mèches parfaites de Ziegler, tandis que celle-ci tentait d'entraver le cours de ses mouvements, en gesticulant compulsivement, en vain. Soudain, ses doigts dénichèrent un point d'accroche, dissimulés sous sa chevelure opulente. Oliver tira violemment sur la tranche de tissu, qui atterrit sans difficultés, dans les mains. Le visage fleurissant d'une expression satisfaire, c'est au premier touché du bandage, qu'Oliver remarqua la supercherie. En effet, celui-ci venait d'occulter le pansement qui recouvrait l’œil d'Amanda.  

- Oups, émit-il.
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