AccueilAccueil  PortailPortail  FAQFAQ  RechercherRechercher  S'enregistrerS'enregistrer  MembresMembres  GroupesGroupes  ConnexionConnexion  

Partagez|

[Février 1987] Collocation forcée [Octave Holbrey]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas
Aller à la page : Précédent  1, 2
AuteurMessage
MANGEMORT & LOUP-GAROU
    MANGEMORT & LOUP-GAROU
AVATAR : Dave Legeno
MESSAGES : 58

INFOS PERSONNAGE
SITUATION AMOUREUSE SITUATION AMOUREUSE: ?
DATE & LIEU DE NAISSANCE DATE & LIEU DE NAISSANCE: 1945, inconnu
SANG SANG: mêlé
MessageSujet: Re: [Février 1987] Collocation forcée [Octave Holbrey] Jeu 6 Juil 2017 - 22:56

« Ce qui fait de toi un loup-garou n'est pas une histoire de sang, mais de venin. Comme un poison qu'on injecte à nos victimes qui se trouvent sur nos crocs et nos griffes et qui parcourent ensuite tes veines. Le pourquoi on ne peut pas transformer quelqu'un en tant qu'humain. Mais ton sang ne change pas, c'est le liquide toxique à l'intérieur qui fait de toi un impur. Donc qu'importe ton rang, tu descendras en bas de l'échelle une fois infectée de toute manière. Et je ne prétends pas être au-dessus de lui, je suis peut-être même pire à ma façon. Et non, tu ne trouveras aucune marque. Dit-il en sentant son regard sur lui un moment donné. Jamais il ne marquerait un hybride, même si ce dernier était plus fidèle que Bellatrix. »

Le loup dévisageait de nouveau le brun. Ce dernier se préoccupant de comment il le percevait, toujours absorbé par cette histoire d'odorat. Cependant, son talent n'allait pas jusqu'à là. Parce que justement, le sang ne changeait pas d'odeur, qu'on soit pur ou même cracmol. Tout ceci n'était qu'invention pour pouvoir se sentir supérieur et plus puissant que le voisin. Toutefois, Fenrir pouvait savoir si la personne était un moldu ou non. Il y avait quelque chose dans le sang des sorciers de différent, cette magie qu'il arrivait à percevoir qui offrait un côté un peu fruité et sauvage au plasma. Celui des moldus était plus pauvre en goût, mais la chair était la même. Il n'était pas non plus un vampire se nourrissant uniquement de ça. Déchiqueter la peau était beaucoup plus amusant et nourrissant que faire deux trous dans le cou de quelqu'un.

« Je sens que tu ne fais pas partie de mon espèce et que tu es un sorcier. Mais je ne saurais dire de quel rang tu découles. L'odeur d'un sang pur ou d'un sang-mêlé ne change pas. Je peux reconnaitre un loup-garou et faire la différence entre un moldu et un sorcier, mais ça s'arrête là généralement. Je peux par contre connaitre tes émotions. Si tu as peur, si tu es énervé ou heureux. Et même si tu as des envies un peu perverses. Je sens si ton pouls bat vite ou non. Par le goût, je peux savoir ton taux d'alcool, si tu as du diabète ou toute autre maladie. Et bien sûr, je sais, comme un vrai loup, si ma bouffe est empoisonnée. Mais je suis incapable de faire ton arbre généalogique. »

Le lycan ne savait pas s'il l'avait déçu ou non par sa réponse. Il aurait pu lui mentir, mais il était du genre à le faire uniquement pour sa survit et non pour faire plaisir à quelqu'un. Octave finit par partir dans le puits de ses souvenirs. Fenrir le regardait. À quoi pouvait penser ce gamin ? Sous ces airs de provocateur, il semblait totalement perdu. Comme lui, il ne trouvait sa place nulle part. Le loup soupirait, chacun ses problèmes finalement. Sa vue quasi-parfaite dans l'obscurité ne laissait échapper aucun détail du comportement du brun. Toujours perdu dans ses pensées, son corps réagissait presque machinalement à chaque stimulus de souvenirs. Octave finit par sortir de sa transe comme on pourrait sortir d'un coma. Lentement, il émergeait. Son pouls redevenant un peu plus lent qu'il y a quelques minutes.
Le jeune se redressait alors l'air de rien, lui demandant son aide d'un air un peu bourru comparé aux émotions qui avaient fui de son regard quelques secondes avant.
Et c'était à présent à Fenrir de tomber dans ce puits sans fond et sans attache, repensant à certaines choses. Contrairement à lui, Octave ne pouvait pas percevoir les minuscules détails que le loup faisait en étant tombé dans ces propres pensées. Méditation douloureuse et agréable concurremment. Il sentait sa main trembler à l'évocation mentale de ces souvenirs. Fenrir aimait parfois ne plus bouger et se perdre dans sa propre tête. Personne au moins n'y avait accès. Pas même les legilimens. Qui, de mentalement stable, voudrait plonger tête la première dans la tête d'un loup-garou ? C'est comme ça qu'il avait toujours gardé secret l'identité de cet individu. Quiconque ne penserait qu'il était capable de ressentir autre chose que de la haine. Personne ne douterait un instant de sa capacité à pouvoir voir tout le monde mourir sans rien ressentir. Aucun humain ne pourrait croire un jour qu'il était enfermé ici parce qu'il avait fait passer quelqu'un avant sa propre sécurité. Et pourtant, c'est ce qui était arrivé, et il espérait que son gamin se soit échappé et qu'il arrivait à s'en sortir avec ces démons.

On avait tous des charognes internes. Ces espèces d'ombre qui nous consume lentement et qui profite de chaque instant de friabilité pour t'anéantir et te pousser vers le bas. Ces espèces de monstres qui se cachent sous ton lit et qui te sautent dessus pour te montrer à quel point tu es misérable et turpide. Fenrir en avait, a profusion. Mais son protégé, lui, ils étaient réels. Et souvent Greyback avait été là pour les combattre avec lui.
Il était loin d'être parfait et alors qu'il pensait juste vivre par instinct, ce gosse était arrivé. Et il était devenu une raison de changer un tantinet ce qu'il était. Il avait été la cause de montrer un aspect de lui-même qu'il ignorait. Et c'était un secret qu'il gardait égoïstement. Personne d'autre n'avait à savoir ça.

Fenrir finit par sortir de son rêve éveillé. Il se secouait un peu avant d'apercevoir Octave qui le regardait d'un air différent que jusqu'à présent. Le loup se redressait un peu, mal-à-l'aise d'être fixé de la sorte.

« Tu as vu quelque chose. »

Grey suivait son bras tremblotant du regard alors que sa main elle-même tremblait également. Il penchait un peu la tête aux questions du brun. Pourquoi s'en inquiétait-il ? Pourquoi voulait-il savoir ? Personne ne lui avait jamais posé ce genre de question. En général, on l'ignorait, ne se préoccupant pas de lui et encore moins de ces états d'âme.

Il le fixait un moment, étudiant son regard et son attitude pour vérifier qu'il ne se foutait pas de lui ouvertement. Mais non. Rien ne disait qu'il mentait dans son attitude ou dans sa voix.

« Je. Pensais à une chasse. Le résultat d'être enfermé trop longtemps. Et à quelqu'un. Qui se bat lui aussi avec ces démons. Un peu comme toi. »

Le loup fixait de nouveau le mur de pierre face à lui. Mur crade qui, contrairement à celui derrière lui, n'était pas couvert de trace de griffe et de sang. Ce jeune rafleur était peut-être cette raison de sortir d'ici et de ne pas se laisser submerger par l'horreur de ce lieu. Bon sang, la prison le rendait guimauve. Les coups le rendaient guimauve. La fatigue, l'isolement et surtout le fait de ne jamais avoir été détaché d'ici le rendait presque normal. Avec des sentiments et toutes ces immondices. Tout ça lui pesait sur le moral. Il n'était plus le monstre qui se cachait sous le lit non. Il était sur le matelas à présent, attendant chaque soir que ces suppôts de Satan viennent. Quand il était enfant, il faisait souvent des terreurs nocturnes et d'autant plus après la morsure par ce loup. Il se réveillait souvent en hurlant et en sueur et c'était pire avant les pleines lunes. Devenu adulte, les mauvais rêves avaient finalement cessé, mais il n'avait jamais trouvé un véritable sommeil. Et le métier de rafleur avait bien entendu fait perdre toute opportunité de nuit réparatrice.

« Et toi, vers quel contrés lointaines t'es tu évadé ? »

Il fallait qu'il change de sujet. Parler de lui le rendait beaucoup trop nerveux.

_________________


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
PERSONNEL DE POUDLARDBibliothécaire
    PERSONNEL DE POUDLARD
    Bibliothécaire
AVATAR : James McAvoy
MESSAGES : 388

INFOS PERSONNAGE
SITUATION AMOUREUSE SITUATION AMOUREUSE: Pas vraiment seul, mais presque.
DATE & LIEU DE NAISSANCE DATE & LIEU DE NAISSANCE: 10 Août 1964
SANG SANG: mêlé
MessageSujet: Re: [Février 1987] Collocation forcée [Octave Holbrey] Dim 9 Juil 2017 - 23:28

La lycanthropie, c’était donc une sorte séropositivité déclarée. Une maladie transmissible par les fluides. Rien d’étonnent à ce qu’on les fuie comme des pestiférés dans ce cas-là. Non seulement ils ne savaient pas se contrôler, mais en plus certaines étaient si amers et dégoûtés que leur plaisir principal revenait à contaminer les autres. Il se souvenait de l’époque où il avait habité sur Manhattan, les journaux avaient relatés les péripéties d’un gars qui était atteint du SIDA et qui avait fait succomber un beau bouquet de femmes dans le seul but de se venger de la gente féminine et des griefs qu’elle lui avait causés. On en parlait dans tous les bars et la strate frivole de la population avait dévalisé les pharmacies pour s’acquérir de son kilogramme obligatoire de préservatifs. Qu’y avait-il à faire contre les loup-garou ? Rien. La fierté de certains énergumènes pouvait alors s’apparenter à de l’orgueil mal placé, au même titre que ceux qui débordaient d’arrogance du seul fait qu’ils étaient grands, gros, ou d’une couleur spécifique de peau. Comment pouvait-on décemment être fier de quelque chose qu’on n’avait pas construit de ses propres mains ? Il n’y avait pas de suffisance à tirer d’un don gratuit de la nature. C’était comme se pâmer de voir le soleil tourner autour de la terre. Quelle belle galaxie ! Quelle magnifique maladie ! Enfin, dans le monde magique, c’était toujours un peu plus compliqué et même les maux devenaient spectaculaires. Et quoi de plus splendide que de se transformer en loup ? Au moins Greyback n’avait pas d’illusions. Il savait parfaitement que le Lord n’avait cure que du pouvoir et de la pureté magique, rien d’autre. Cela dit pour Octave, les deux étaient au même niveau. Peut-être n’avaient-ils pas les mêmes moyens, ni n’étaient semblables dans l’intelligence ou les traits de caractère, mais leur manière de voir les choses était quasiment la même et leur absence de moralité dans leur quête les mettait exactement au même niveau. Le niveau le plus bas.

Etait-il déçu de ne pas trouver de réponse quant à sa filiation ? Non, pas vraiment, il avait abandonné cette idée depuis longtemps et la seule chose qui le turlupinait véritablement était la raison pour laquelle sa mère refusait si ardemment de lui en lâcher ne serait-ce qu’un mot. Il ne comprenait pas encore quelle honte ou désarroi elle cachait derrière ce silence. Sa naissance était un véritable mystère en soi. Son enfance n’avait cependant pas manqué de figures paternelles et le manquement d’une autorité ne s’était jamais présenté, même si sa vision de la chose fut autre que s’il avait été question d’un véritable père, biologique ou d’adoption. Il écouta néanmoins Greyback se transformer en pseudo biologiste, lui expliquant la teneur du sang et ce qu’il pouvait en sentir. Ce qui en ressortait finalement c’était que son nez n’était pas tant magique qu’animal. Bêtement, il sentait les hormones, les molécules, à plus large spectre. Rien que pour ça, il aurait bien aimé bénéficier du même mal, ça lui aurait bien facilité la vie, au lieu de devoir apprendre à décortiquer les expressions faciales. Il faillit lui demander, pour plaisanter, s’il sentait les résidus de cocaïne qui avaient dû à force s’accumuler dans les plis de sa peau, ses vêtements et surtout ses cheveux. Ou de demander à Greyback de lui faire son bilan médical. Même s’il avait passé quelques tests avant d’entrer à l’armée, les résultants étaient loin de pouvoir représenter un tableau entier. Il aurait dû faire une véritable cure de désintoxication, on lui aurait au moins fait une prise de sang. Il aurait peut-être pu crever, qui sait ? Personne ne savait la quantité de saloperie qui s’était accumulé dans son corps en à peine deux ans et lui donner ne serait-ce qu’un doliprane aurait pu le tuer ? Sa paranoïa latente lui faisait encore craindre, après tout ce temps, de couver une maladie sexuellement transmissible. Un diabète aussi, qu’il croyait trainer depuis qu’il avait cinq ans…

N’ayant pas l’intention de pointer du doigt vers le visage de Greyback éternellement, Octave laissa tomber son bras, le rabattant sur son torse douloureux. Sa tête aussi déclina, tel un poids trop lourd, brisant son cou et faisant ressortir sa pomme d’Adam. Quelques mèches de cheveux glissèrent, tandis qu’il attendait le récit, ou un refus catégorique et refrogné de la part du loup. Ce-dernier l’avait observé en silence, soupçonneux d’un mal éventuel, ce à quoi Octave s’était contenté de continuer à le fixer de ses yeux patients et immobiles.

« Je. Pensais à une chasse. Le résultat d'être enfermé trop longtemps. Et à quelqu'un. Qui se bat lui aussi avec ces démons. Un peu comme toi. »

Sa réponse avait été hachée comme un émincé d’oignon. Si bien que le jeunot eut l’impression de lui avoir arraché la réponse à coup de couteau de la bouche. Le secret avoué du bout des lèvres n’avait à priori rien de captivant et ressemblait davantage à un calendrier de souvenirs synthétisés, ou au carnet intime d’un ingénieur fainéant. Ce qui en revanche attirait son attention, c’était la manière dont la confession fut produite. Octave n’en laissa rien paraître, mais il était déjà en train de décortique ces quelques phrases pour en presser le suc vital, la quintessence de la vérité pour ainsi dire. Le sous-entendu fait involontairement, la ponctuation de trop, le mot qui était plus un lapsus qu’une confidence volontaire. Il détenait peut-être ici la solution du mystère, de cet adoucissement moelleux des mœurs sauvages. Quelqu’un comme lui. Quelqu’un à qui il pensait. Les ténèbres n’étaient plus ! Le secret, doucement, se défaisait. Lorsque le loup le regardait, c’était un autre qu’il voyait et sa spatule de cuisine n’était pas arrêtée par la crainte, mais l’incapacité de frapper trop fort un esprit qui ne lui était pas étranger. Un esprit qui jadis lui avait aspiré affection. A force de parole, Octave n’était même plus étonné de cette tendresse si bien dissimulée.

« On découvre souvent, quand elles viennent à nous manquer, que certaines choses nous sont nécessaires et que, comme l’air, on les respire sans les sentir. »

Déclara-t-il d’un air rêveur. Comme cela, Greyback pouvait l’interpréter comme il le souhaitait sans être vexé par l’original de cette citation modifiée qui revenait à Fernando Pessoa et parlait d’affection spécifiquement. Mais cela pouvait s’appliquer finalement à tout ce qui nous était essentiel sans qu’on s’en rende compte tant que c’était là. Il voulait bien croire que la prison vous dénudait jusqu’à votre plus simple apparat, vous réduisant à ce qu’il y avait de plus inné. La faim, la soif, le sommeil, le désir, et puis l’appétit de la parole, de l’intelligence et de la créativité. Famine de cœur et d’âme impossible à combler entre ses murs où on les obligeait à demeurer seuls, ne rencontrant un semblable que pour faire face à des visages déshumanisés. Curieux retournement de situation ! Horrible leçon d’humilité qui prouvait à chacun que n’importe qui pouvait être brisé au point d’en perdre sa superbe.

« Et toi, vers quel contrés lointaines t'es-tu évadé ? »

Octave lui jeta alors un regard singulier, sans défiance ni réticence, mais avec une curieuse froideur au fond des yeux. Quelque chose semblait gelé dans le noir de ses pupilles, et même le vert de l’iris s’était comme terni. Lui, n’avait pas encore eu le temps de regretter l’absence d’autrui, de faire une rétrospective pour pleurer tous ceux qui lui manquaient ne serait-ce qu’un peu et dont il désirait une caresse, une parole, quelque chose de tangiblement indulgent. Il brassait encore des océans de rancœur, de haine mal disciplinée et d’incertitudes. Ses obsessions exacerbées le gardaient à la surface, le condamnant à une noyade artificielle qui n’avait pas de fin. Tantôt s’étouffait-il avec une vague vindicative avant de s’extasier, l’instant d’après, sur les splendeurs des manifestations les plus infimes de l’existence. Il déploya sa bouée de sauvetage – son sourire, qui s’esquissa sur ses lèvres avec douceur et malice.

« Je pensais à une soirée. Le résultat d’être enfermé trop longtemps. Et a quelqu’un. Quelqu’un qui se bat avec ses démons, un peu comme toi. »

Par habitude, comme à chaque fois qu’il faisait le malin, pour contre balancer, il profitait de son effervescente jeunesse et tendait sa tête pour cambrer son cou, dévoilant le duvet des courbes laiteuses de sa gorge lisse et nacrée, offrant sa soumission avec un sourire énigmatique. Après un instant de contemplation lascive, Octave se répandit d’un rire moelleux.

« Tu parles d’une évasion ! Je pensais au Lord, la première fois que je l’ai rencontré quand j’étais môme. L’époque où il recrutait ses troupes à des soirées mondaines. Et puis ma vie sur le nouveau continent, qui ne s’est pas avérée être une partie de plaisir comme je l’avais espéré. Une tripotée d’autres choses les unes plus agréables que les autres comme la famille et les amis. » Il déglutit, son propre sarcasme lui asséchant la gorge. Il se saisit de la flasque et en assécha un bon quart. Puis, d’un ton soudain très déterminé et vif, il ordonna : « Tu vas les presser tes pattounes velues ? Tu crois que je me suis allongé devant toi pour que tu me dessines comme l’une de tes concubines françaises ? Pose tes pattes, appuies de tout ton poids et dis m’en plus sur ce ‘’quelqu’un’’ et son combat. »

_________________

Crédit : Abi
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
MANGEMORT & LOUP-GAROU
    MANGEMORT & LOUP-GAROU
AVATAR : Dave Legeno
MESSAGES : 58

INFOS PERSONNAGE
SITUATION AMOUREUSE SITUATION AMOUREUSE: ?
DATE & LIEU DE NAISSANCE DATE & LIEU DE NAISSANCE: 1945, inconnu
SANG SANG: mêlé
MessageSujet: Re: [Février 1987] Collocation forcée [Octave Holbrey] Sam 15 Juil 2017 - 16:32

Fenrir voyait qu'Octave décortiqué sa réponse comme s’il espérait y trouver le Graal à l'intérieur. Mais les faits étaient là. S’il n'était pas aussi violent envers lui qu'avec autrui, c'était qu'il voyait dans le brun quelqu'un d'autre. De par ce comportement invivable et son regard. C'était un peu comme s’il y avait plusieurs âmes dans son corps, comme une maison avec d’innombrables fenêtres, toutes dévoilant une certaine image de l'extérieur.
Jamais il n'avait été capable d'être violent envers son protégé et frapper Octave était comme le battre par transposition. Le loup en avait été incapable dès qu'il avait lu dans ses yeux, qu'il avait vu le même éclat, la même recherche d'idéal et de réponse. Tout ceci lui avait rappelé à quel point il avait besoin de lui pour se contrôler. La prison le rendait indolent et plus ça allait plus les chances de sortir d'ici devenaient infinitésimal. C'était comme si son entrée ici l'avait rendu animal avant de lui redonner un peu d'humanité pour qu'il garde conscience d’où il se trouvait. Pourtant, il se l'était promis. Plus jamais il ne montrerait à quelqu'un qu'il avait été blessé, malgré cela, il se sentait clairement brisé. Les gardiens avaient raison, il n'était plus le grand méchant loup, et il n'était pas non plus le petit chaperon rouge, il tenait clairement le rôle de la mère-grand en ce moment même.

Il se tournait alors vers Octave lorsque ce dernier prit la parole. Il avait du mal à comprendre directement sa phrase jusqu'à de nouveau penser à ce fameux mortel. C'était possible. Peut-être qu'il ne remarquait pas à cette période à quel point il était important et qu'à présent, il était plus lucide et moins étranger à ce sentiment, sentant encore son odeur parfois sans savoir si c'était son imagination ou si c'était parce qu'il était tout prêt. Il en venait même à angoisser de se dire que, peut-être, il était enfermé là, à supporter la même chose que lui. Plausiblement sans même se demander si lui survivait à tout cela. Et dans tous les cas, le loup se verrait mal demander aux gardiens s’ils avaient connaissance qu'un tel était présent.
Le lycan se réveillait alors de toutes ces pensées bien trop vanille pour lui. Il questionnait le brun qui finit par tourner la tête. Son regard était comme éteint, neutre et transi. Cette lueur était comme arrivée d'un coup, comme si la question en elle-même l'avait refroidi sur place comme du cyclohexane.
À l'avenant de se protéger d'un éventuel état, un sourire revint bien vite sur son visage presque innocent, lui répondant alors par la même formulation.
D'un non de la tête et d'une nette préférence pour fixer le mur en face, Fenrir essayait tant bien que mal d'oublier cette posture de soumission de sa part, aussi excitante que dérangeante tandis que le brun partait sur ses états d'âme; aux enrôlements de On Sait Qui, quand ce dernier cherchait des âmes innocentes ou non à pervertir de ses idées malsaines puis à sa vie en général.
Octave prit alors la flasque, avalant quelques gorgées comme si chaque mot le desséchait un peu plus.

Le loup, lui, écoutait, fixant toujours un point inconnu bien au-delà des murs froid et gris qu'il contemplait que trop souvent.

Il revint sur Octave lorsque ce dernier changeait de sujet, soupirant un peu avant de le presser autant qu'il pouvait sans le casser en deux, contemplant toujours la pierre froide, ses chaînes traînant un peu sur le sol.

« Désolé de te dire que je pensais à tout sauf à une Française en te regardant. »

Encore fallait-il qu'il pense une seule fois à ça dans sa vie. C'était quand même drôle de savoir qu'Octave était clairement à sa portée, à sa merci, et que la seule chose qu'il faisait actuellement était de l'aider à se soigner.

« ... et dis m’en plus sur ce ‘’quelqu’un’’ et son combat. »

Il gardait cette drôle de vision en tête avant de réfléchir à la deuxième partie de ses propos. Il n'en avait jamais parlé à personne et jamais il ne divulguerait son identité. Alors pourquoi s'exprimerait-il à un autre détenu ? Un combat interne commençait alors dans son esprit. Azkaban était réellement capable de vous rendre fou jusqu'à vous faire oublier vos principes et vos idéaux. Cet être était le seul pour lequel il ressentait encore quelque chose. Il voulait juste le protéger de tous ces monstres qui peuplaient cette terre. Et le lycan avait déjà échoué en se retrouvant ici, ne sachant pas où il était ni même s’il ne souffrait pas quelque part. Cette pensée le fit remuer un peu la tête pour essayer de la chasser le plus rapidement possible.

« C'est un des miens. Je le protège du monde extérieur depuis gamin. Ce qu'il a vécu dans son enfant s'est répercuté sur son état mental... Il entend des voix, ce genre de chose. Je suis le seul qui arrive à le calmer suffisamment pour les faire taire. »

Il est le seul qu'il ne touchera jamais et il traquerait nuit et jour les gens qui oseront le faire.

« Il est le seul auquel je tiens... »

Celui qu'il avait protégé et qui l'avait ramené ici. Il s'était empressé de s'interposer entre lui et les aurors pour qu'il puisse partir rapidement. Déjà blessé, il n'avait pas pu se battre assez pour pouvoir s'échapper. Il espérait alors que ça est servi à quelque chose... Fenrir ne supporterait pas l'idée de le savoir moisir ici.

_________________


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
PERSONNEL DE POUDLARDBibliothécaire
    PERSONNEL DE POUDLARD
    Bibliothécaire
AVATAR : James McAvoy
MESSAGES : 388

INFOS PERSONNAGE
SITUATION AMOUREUSE SITUATION AMOUREUSE: Pas vraiment seul, mais presque.
DATE & LIEU DE NAISSANCE DATE & LIEU DE NAISSANCE: 10 Août 1964
SANG SANG: mêlé
MessageSujet: Re: [Février 1987] Collocation forcée [Octave Holbrey] Lun 17 Juil 2017 - 15:13

Dire que c’était un bulldozer aurait été un euphémisme. Et Greyback avait la carrure de ces personnes à qui l’hyperbole convenait bien mieux que les atténuations, quoi qu’il fût bien diminué, le pauvre loup, coincé entre ces murs. Mais tout de même, Octave ne se serait jamais douté que cette montagne de muscles soit aussi compacte, ni qu’elle soit aussi déterminée à l’enfoncer dans le sol jusqu’à l’aligner avec la pierre. Son souffle, d’abord tant bien que mal contenu par sa poitrine, finit par s’échapper dans un souffle lourd d’exhalaison, tandis que ses poumons se faisaient presser comme des demi-citrons. Pourquoi diable une simple tentative d’hémostase se transformait-il en asphyxie ? Le jeune tenta de reprendre son souffle, mais les bras qui pesaient en chape de plomb sur son torse l’empêchaient de soulever son poitrail et sa cage thoracique se déployait en largeur, sans grand succès. Octave aspira par le ventre. Il n’y avait pas à dire, le garrot était efficace puisque non seulement son sang ne coulait plus, mais il sentait très nettement son cœur battre sous les mains poilues et grasses du loup. Ses blessures s’électrisaient de douleur, mais cette-dernière avait quelque chose de profondément soulageant et se présentait non pas comme l’approche d’une apoplexie, mais plutôt la brûlure vive de la vie battant encore à l’intérieur de son corps. Sa tête se remit à tourner néanmoins, alors qu’il luttait contre les deux pilonnes pressés contre son poitrail, essayant de réguler le mouvement affolé de son cœur par manque d’oxygène. Pourtant, il était certain d’aller mieux. Physiquement en tout cas.

Octave jeta un regard incertain au loup, concentré qu’il était à ne pas étouffer. Pourtant, plus le temps passait, moins il avait le sentiment d’être réellement écrasé, même plutôt réprimé. Soudain il crut identifier de la panique en l’oiseau qui se débattait contre ses côtes. Tout ceci n’était qu’une impression ? L’impression d’étouffer. Les deux bras qui l’écrasaient lui avaient rappelé l’étau intransigeant de l’angoisse, qui de sensation se muait presque en réalité. Elle l’avait paralysé déjà à maintes reprises par le passé et ce fantôme palpable l’avait affolé plus qu’il ne l’aurait fallu. Octave s’arrêta de respirer un instant, plantant ses yeux de jade dans le visage de Greyback. Il s’était cru calmé, mais voilà que ça repartait, et la présence potentiellement menaçante du grand et large corps massif au-dessus de lui n’avait rien arrangé. Quelle faiblesse… il se détestait encore plus. Comme s’il fallait tout reprendre à zéro. Etrange, comme il aimait à manquer d’air, mourir un peu par asphyxie érotique, mais s’emplissait d’angoisse lorsque ce n’était pas son cou que l’on serrait. Octave ne connaissait que trop bien l’étreinte de l’inquiétude insensée, celle qui broyait les poumons et empêchait de respirer, comme Greyback le faisait présentement. Il ne s’était pas attendu à retrouver une sensation si familière et avait paniqué. Au milieu de l’hiver, j’ai découvert en moi un invincible été…

« Désolé de te dire que je pensais à tout sauf à une Française en te regardant.
- Tu m’en diras tant. * »

Articula-t-il d’une voix basse et un peu grelotante. Une grimace se dessina néanmoins sur son visage. L’humour, toujours l’humour pour se cacher du sérieux ; pour se dédouaner un peu, minimiser les importances. Et surtout pour dégager la sensation horriblement familière de se faire étrangler par les bras de l’univers tout entier. Octave déglutit avec difficultés avant d’exhaler une dernière fois. Ses petites mains vinrent rejoindre les poignets de Greyback sans les serrer, enlaçant les avant-bras de ses doigts fins et longs dans une geste accompagnateur. Au milieu de l’hiver, j’ai découvert en moi un invincible été… La panique inexpliquée s’atténua doucement. Le jeune homme s’humecta les lèvres et ferma les yeux, essayant de savourer à présent la sensation d’enlacement qu’éprouvaient ses doigts et la maîtrise de la pression sur ses côtes. Au milieu de l’hiver, j’ai découvert en moi un invincible été… La douleur et l’angoisse lui avaient presque fait perdre de vue la question posée. S’était-il vraiment attendu à ce que Greyback daigne répondre à sa question ? Non. Cela dit, qui pouvait savoir ? En de circonstances normales, il aurait pu rêver, mais la prison était un milieu d’exception. Le silence, pourtant, se poursuivait et Octave se demandait s’il n’avait pas définitivement touché un point sensible ? Un point à retenir, donc. Les absences de réponse le mettaient bien plus sur ses gardes qu’une tentative d’échappée. Au milieu de l’hiver, j’ai découvert en moi…

« C'est un des miens. Je le protège du monde extérieur depuis gamin. Ce qu'il a vécu dans son enfant s'est répercuté sur son état mental... Il entend des voix, ce genre de chose. Je suis le seul qui arrive à le calmer suffisamment pour les faire taire. Il est le seul auquel je tiens… »

Octave considéra le loup d’un regard singulier, scrutateur au possible, faisant de Greyback le sujet d’une analyse complexe, longue et appliquée. Il dévisagea ses traits sans répondre, courbant les protubérances sauvages de son faciès animal. Il y avait quelque chose de profondément primitif en ce personnage, qui s’illustrait par un front large et lourd, pesant sur ses yeux ronds de chien comme la toiture d’une maison s’affaissant. Un long nez de corbeau, épais et une bouche taillée en fente au-dessus d’un menton volontaire et presque agressif. Pas de douceur sur ce visage, nulle part. Que de la grossièreté dans l’exécution, comme si les seules émotions qu’il pouvait éprouver se devaient d’être dénuées de toute délicatesse. Diable sombre, son relief se distinguait à peine sous la hauteur noire du plafond. En comparaison, Octave se sentit douillet et fragile, pétale d’orchidée qui avait miraculeusement poussé dans la pierre d’Azkaban. Même ses mains, qu’il avait toujours considérées comme relativement rêches, s’avérèrent douces au contact bourru de la peau rocailleuse de Greyback. Mais c’était bien de l’affection dont venait de lui faire part cet homme, rude et bourru tel un morceau de charbon ; et non pas d’une affection éparse de chef de meute, mais d’un sentiment exclusif.

L’espace de quelques fugaces instants, Octave eut envie de se moquer, le sarcasme prenant les devants, faisant briller son regard d’une lueur méchante. Il ne pouvait s’empêcher d’être profondément touché par l’ironie de ce que disait Fenrir. Car n’était-ce pas lui qui était connu pour briser des enfances et rendre les gens fous de crainte et de malheur ? Mais le voilà maintenant qui protégeait l’un des siens contre des dangers qu’il créait lui-même autre part. Un retour de bâton bien mérité en soi. L’ironie de l’existence n’avait de cesse de le surprendre joliment. Probablement que Fenrir ne se rendait pas compte lui-même de toute cette splendide contradiction sentimentale. Une remarque, narquoise, faillit bien glisser, mais Octave se retint de justesse. Il était bien connu qu’on ne suivait de logique que celle qui englobait notre univers proche, se défaisant de tout ce qui nous était extérieur. L’autre était « l’un des sien », après tout et ça, ça changeait tout des autres, qui n’avaient rien avoir avec lui. Les étrangers et puis les proches ; les uns, reliefs sans nom dans la foule, les autres, des joyaux de couronne. Le mauvais réflexe étouffé, il fit les yeux de velours. Ce n’était pas le moment. Néanmoins, il savoura pleinement le délice d’une telle contradiction. Sa respiration trouvant son rythme, elle persistait à demeurer sifflante. Sa poitrine lui faisait mal, mais déjà moins par malaise que par la pression exercée sur ses blessures. Le poids de Greyback le rassurait.

Les hallucinations auditives étaient bien plus communes qu’on ne pouvait le croire. Mais l’affaire décrite ressemblait à un trouble et Octave se demandait vaguement comment ce genre de pathologie se conciliait avec la lycanthropie. Psychose paranoïaque ? Maladie neurologique ? Schizophrénie ? Ou consommation inavouée de substances toxiques ? Troubles cérébraux, psychanalytiques… Bouffées délirantes. Il lui aurait bien conseillé un suivi psy accompagné de neuroleptiques ou d’anxiolytiques… Mais peu importait ici. D’autant que les gens comme eux ne se rabaissaient que très peu sur ce genre de considérations.

« Et il est où, ton tiens, pendant que tu es là ? » Demanda-t-il sans détours. « Qu’est-ce que tu penses de cette situation vis-à-vis de ça ? De cette dépendance qu’il a envers toi ? » Cette fois, l’interrogation était un peu plus subtile, sans jugement ni accusations, Octave soulignait simplement ce qui faisait déjà partie de l’évidence. Qu’au vu de son emprisonnement, Greyback avait pu condamner son protégé à quelque chose de bien pire encore. Un lycanthrope malade mentale… ça ne pardonnait pas. Les obédiences motivées par la détresse non plus. Subtilement, tranquillement, il s’immisçait dans cette faille fraîchement trouvée, y cherchant par la même occasion son propre compte. « Je suis désolé pour toi, tu dois te sentir impuissant et t’inquiéter sans cesse… Surtout si tu es le seul à être capable de le calmer depuis son enfance. S’il est le seul auquel tu tiens, tu ferais donc tout pour lui ? » Octave marqua un silence. « J’ai le droit d’être jaloux ? Ou plutôt, ne se sentirait-il pas jaloux lui, en te voyant ? » La dernière phrase fut susurrée dans la plaisanterie, tout en ayant un fond de sérieux qui appelait à une réponse.


* dit en français.

_________________

Crédit : Abi
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
MANGEMORT & LOUP-GAROU
    MANGEMORT & LOUP-GAROU
AVATAR : Dave Legeno
MESSAGES : 58

INFOS PERSONNAGE
SITUATION AMOUREUSE SITUATION AMOUREUSE: ?
DATE & LIEU DE NAISSANCE DATE & LIEU DE NAISSANCE: 1945, inconnu
SANG SANG: mêlé
MessageSujet: Re: [Février 1987] Collocation forcée [Octave Holbrey] Mer 19 Juil 2017 - 18:03

Fenrir continua de presser ses pattes sur Octave, conscient de la force qu'il pouvait exercer sur le corps un peu égrotant du brun. Il lançait parfois quelques regards furtifs, à dessein d'être sûr qu'il ne l'étouffait pas. Ce serait relativement fâcheux d'avoir sa mort sur la conscience après tout ça et encore plus à un moment où il ne le souhaitait pas directement.
Et même là, ses réactions lui faisaient penser à son favori. La mort ne semblait pas lui faire peur et il prenait presque même plaisir à se sentir en danger, presque partir, à la limite de l'autre monde, un côté quasiment masochiste que Greyback connaissait parfaitement.
Ou peut-être était-ce le plaisir de se sentir appartenir à quelqu'un, entrevoir que sa vie ne tenait qu'à la décision d'un inconnu.
Le loup ne relâcha pas son énergie, restant à la même intensité, sans plus appuyer ni relâcher la pression qu'il ne sentait pas nocive. Au fond de lui, Fenrir cherchait une raison à son comportement, sentant le cœur d'Octave battre sous ses griffes, son souffle pénétrer lentement ses poumons et ressortir avec la même faiblesse. Il se l'avouait, il aimait voir la vie des gens s'enfuir de leurs corps lorsqu'il tuait. Et actuellement, il ressentait le même plaisir sans mettre en danger la vie de la personne. Son odorat lui disait également que le sang ne coulait plus, ce qui était la chose voulue à ce geste de base. Ce gosse, bien qu'insupportable, réussissait néanmoins à le rendre un peu plus humain que la normale. Était-ce à cause de la prison ? Ou de sa ressemblance interne frappante avec lui ?
Le loup lâcha un grognement incertain, fatigué de ses propres questionnements et de ses doutes. Il fallait avouer qu'il avait plus l'habitude de régler ses soucis à coup de griffes plutôt qu'à coup de requêtes.

Fenrir sentit une multitude d'émotions émaner du corps qu'il tenait sous lui. Tantôt concentré, tantôt presque serein. C'était étrange de savoir qu'une personne pouvait ressentir des choses quelque peu positives dans ce genre de situation. Le regard du loup, lui, ne quittait pas l'emplacement de ses pattes, occupé à vérifier chaque petit détail : son pouls, son rythme cardiaque, sa respiration et toute chose qui pouvait lui mettre la puce à l'oreille en cas de pépin... Il ressemblait à un pompier, espérant sauver la vie d'un pauvre jeune sorti des flammes un quart de seconde trop tard. Ou alors, dans une exactitude plus réelle, un ange de la mort, espérant sauver la victime qu'il avait lui-même mise en danger.
À ses paroles, Octave lui répondit dans une langue inconnue. Greyback semblait reconnaître du français, ou du moins une langue latine. Il ne prit pas la peine de lui demander une traduction, jetant juste un regard au visage du brun furtivement. Sa voix était basse, mais Fenrir commençait à comprendre comment il fonctionnait, se cachant derrière un humour gras pour ne pas à avoir à assumer la réalité.
Il sursauta très légèrement en sentant les mains d'Octave sur lui. La dernière fois c'était pour se libérer de son emprise sur sa gorge. Mais là, le geste était plus doux et Fenrir restait à l'écoute, relâchant un minimum sa pression. Si les gardiens débarquaient c’en était fini de sa réputation, même s’il n'était pas à un détail près. Et puis, à la seconde où ces chiens de l'enfer l'avaient attaché ici, ils étaient déjà morts. Ce n'était qu'une question de temps.

Fenrir répondit à sa question d'une voix neutre, laissant les mots filer sans réfléchir, les lèvres serrées, toujours concentré sur sa tâche en restant le plus doux possible.
D'un coup il sentit comme un étau se resserrer à l'emplacement de son cœur. Mer*e. Il en avait oublié qu'il avait toujours cet organe à cet endroit précis. Rha bêtise ! Aimer c'est souffrir. Être aimé c'est laisser l'autre nous donner ce droit. Cela faisait des années qu'il avait adopté cette manière de voir les choses. Et cela lui convenait parfaitement. Il avait vraiment besoin de tuer, d’ôter la vie, histoire d'oublier tout ça. Oublier ce qu'il était durant quelques instants, quelques secondes. Là était la vérité. Le loup n'était juste plus lui-même depuis trop longtemps. Ses propres démons commençaient à le dévorer lentement et il pouvait presque sentir leurs crocs partout sur lui, leurs ténèbres s'infiltrant alors peu à peu sous sa peau, puis ses muscles, puis son sang. Ses yeux noirs exprimaient déjà cette opacité le tourmentant. Dernière chose que ses victimes voyaient avant de rentrer dans le trou noir qu'étaient leurs morts. Voyaient-elles leurs vies défiler dans son regard avant ? Ou voyaient-elles la sienne ?

Greyback sentit le regard d'Octave sur lui, comme s’il le scannait totalement, enregistrant chaque détail, chaque courbure de peau, chaque rictus. C’en était presque gênant. Il sentit avec amertume qu'il se retenait de redevenir le gamin provocateur qu'il s'était hâté de montrer depuis qu'il était arrivé ici. Mais il ne dit rien. Son regard parlait cependant pour lui, mais le loup préférait l’ignorer, toujours au-dessus, le compressant alors que ce n'était sûrement plus nécessaire. Mais allez savoir pourquoi, ils semblaient trouver cela rassurant comme position. L'ironie de cette situation était presque assez palpable pour apparaître tel un Patronus.
Un Patronus. Fenrir avait été capable un jour d'en créer un. Quand il avait encore des souvenirs heureux. Quand il était encore capable de se le rappeler. Sa famille, ses amis. Puis plus rien. Il ne trouvait plus de bonheur même là où jadis il y en avait. Et à vrai dire, il n'avait jamais vraiment ressenti le besoin d'utiliser ce sortilège. La dernière fois qu'il avait prononcé ce nom...

*
- Est-ce qu'un loup-garou peut être un Animagus ? demanda-t-il avec sa voix de garçon qui n'avait pas mué. Et pourtant, ce passage à l'adolescence était passé il y avait de cela un moment pour lui.
- J'imagine oui...
La nuit avait bien débuté, la forêt était silencieuse malgré les quelques feuilles qui volaient. L'air était pur, quelques animaux continuaient leurs chasses nocturnes. Des ronflements venaient parfois casser le silence. La meute dormait. Tous sauf lui et l'alpha. Le plus jeune restait collé contre son chef qui le tenait dans ses bras, le protégeant du froid environnant.
- Et... est-ce qu'un loup-garou peut créer un Patronus ?
- J'imagine aussi...
Il resta silencieux, comme pour réfléchir à ses réponses.
- Fenrir ? Tu as réussi à en faire un, un jour, de Patronus ?
- Oui... Mais il y a longtemps de cela. Je me rappelle encore l'animal. Une hyène...
- Pourquoi tu ne peux plus ? Tu n'es plus heureux ?
Cette fois ce fut lui qui réfléchit à sa réponse. Est-ce qu'il était encore heureux ? Il ne savait pas. Vraiment pas.
- Je ne sais pas... C'est le genre de questions auxquelles je ne peux répondre à deux heures du matin...
- Mais. Je ne te rends pas heureux ?
Un sourire un peu gêné apparut sur le visage du plus âgé, accompagné d'un rictus de stress.
- Si, bien sûr...
- Et... Tu ferais tout pour moi ?
Le sourire s'effaça alors, laissant place à une expression de tristesse, d'incompréhension et de doute. Le plus jeune le regarda, attendant une réponse.
Fenrir soupira avant de le prendre un peu plus contre lui.
- Bonne nuit mon grand...
*


Ce souvenir. Il remontait tellement loin en arrière. Il était presque étonné de s'en souvenir aussi bien. Et d'ailleurs, il n'avait jamais répondu à cette dernière question. C'était l'époque où ils étaient encore jeunes et où ces crises devenaient un peu plus récurrentes. Et à présent qu'il approchait de la trentaine, ces crises devaient être beaucoup plus dures à gérer, surtout sans lui. Fenrir avait toujours réussi à les calmer à temps. À faire taire les démons et en contrepartie, son protégé arrivait à contrôler ses crises de colère. Il était le seul qui ne le craignait pas.
Octave finit par le réveiller de son souvenir en lui demandant où il était à présent. Ce qu'il pensait de tout ça, de cette situation, dépendance.
Au début, le lycan fut tenté de lui dire que ça ne le regardait pas, qu'il n'avait pas à savoir ces choses. Mais Greyback se contenta de baisser les yeux.

« Je n'en sais rien. La dernière fois que je l'ai vu, c'était durant la poursuite des Aurors. Je me suis interposé pour ne pas qu'ils lui fassent du mal... Je ne sais pas où il est maintenant et personne n'a voulu me dire si d'autres de ma meute avaient été attrapés ce jour-là. Et je suppose que quand il ne nous reste plus qu'une personne, on finit très souvent par devenir dépendant, quels que soient nos soucis. »

Il repartit avec un ton complaisant qui ne lui allait pas du tout. Mais cette dernière question lui fit relever le regard vers lui, le tendant directement. Il avait fait mouche. Cette même question qu'il lui avait déjà posée il y avait des années, à laquelle il n'avait pas su quoi répondre à l'époque. Mais étrangement, à présent, cela sonnait comme une évidence.

« Oui. Bien sûr. »

Fenrir savait à présent, qu'effectivement, il serait prêt à tout pour lui. Et voilà que le brun ne pouvait s'empêcher de ressortir son côté humoristique. Il était resté trop longtemps sérieux. Le loup soupira, cherchant quoi répondre à ça.

« Ce qui me surprend le plus c'est que tu sois capable de ressentir de la jalousie. Et vu que jamais personne n’en a eu pour moi, alors tu as le droit. Fais-toi plaisir. Et j'imagine qu'il trouverait ça étrange. Il n'est pas du tout du genre à partager. »

Et lui non plus finalement.

« Bon microbe, ça ne coule plus. À moins que tu aies d'autres idées en tête, joli cœur, je vais me décaler avant que cela ne paraisse trop suspect. »

_________________


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
PERSONNEL DE POUDLARDBibliothécaire
    PERSONNEL DE POUDLARD
    Bibliothécaire
AVATAR : James McAvoy
MESSAGES : 388

INFOS PERSONNAGE
SITUATION AMOUREUSE SITUATION AMOUREUSE: Pas vraiment seul, mais presque.
DATE & LIEU DE NAISSANCE DATE & LIEU DE NAISSANCE: 10 Août 1964
SANG SANG: mêlé
MessageSujet: Re: [Février 1987] Collocation forcée [Octave Holbrey] Jeu 20 Juil 2017 - 23:49

Désarmer quelqu’un était jubilatoire. Quel plaisir incomparable, quel pouvoir ! que de découvrir les faiblesses des autres, les passions qui les faisaient vivre, la source du suc de leur existence même ! Mais il était d’autant plus plaisant de savoir que les attendrissements d’une bête pareille allaient pour quelqu’un d’autre… Quelle charmante tendresse, affection d’un cœur que tout le monde croyait inexistant, mais Octave savait, il sentait même comme les animaux sentaient le danger, que chaque cœur abritait une douceur mortelle. Bien souvent, les individus, s’ils n’étaient pas parfaitement narcissiques, trouvaient un exutoire extérieur à leur amour assoiffé. Il n’y avait rien d’étonnant alors que Fenrir en ait un, de ces petits animaux de compagnie envers qui toute son affection allait maladroitement, mais avec dévouement, à n’en point douter. La populace apeurée oubliait bien souvent qu’il n’était pas sans âme, mais bel et bien une créature vivant en meute et donc farouchement attachée à la communion d’un ensemble. L’on disait souvent que les gens avaient leur cœur enfoui entre leurs côtes fragiles, mais Octave était maintenant certain, conforté par une énième preuve exceptionnelle, que le cœur des gens se trouvait toujours en dehors d’eux-mêmes. Quelque part, caché dans le creux d’une paume qui ne voulait pas de cette amour, et qui gardait donc le cœur entre ses doigts pour mieux le faire souffrir. Ou dans la poitrine d’un autre, accompagnant sa jumelle d’un battement fanatique. Celui de Fenrir n’était pas là, il était ailleurs, sous le sein de ce « jeune homme ».

La plupart des hommes étaient comme lui d’ailleurs, sans le savoir. Ils possédaient l’esprit d’un loup, qui se satisfaisait d’une traque. Probablement que Greyback éprouvait un certain plaisir pervers à dominer ainsi son jeune codétenu, les mains pressées en éventail sur son petit poitrail, tout près de son cœur, tout près de sa vie, les griffes raclant sa peau blême et fragile. Une supériorité physique palpable, la sensation enivrante du pouvoir à longueur de bras, volupté primitive d’avoir attrapé sa proie, force malsaine, débordante de masculinité solide, élémentaire, simpliste… Mais tout cela était loin d’égaler la délectation purement méphitique qu’éprouvait Octave en trouvant les petitesses derrière ces murailles prétendument infranchissables. Ce n’était que l’affaire d’un éclat, comme un coup de tonnerre dans un ciel d’été encore calme, mais son grondement se répercutait dans tout son corps, l’enivrant. Il regardait Greyback et ne ressentait que de l’ivresse et cette sensation familière de pouvoir voir au travers, comme s’il avait été du cristal porté au soleil. Le lycanthrope et son petit protégé, n’était-ce donc pas mignon ? Mieux que d’aller voir des chiots abandonnés dans un refuge. Ca suintait d’une tendresse poisseuse. Le petit air parfaitement sérieux de cet homme au visage rocailleux, un peu méfiant de s’être dévoilé, rendait son attachement d’autant plus jubilatoire. Et puis, ce petit geste innocent, ce frôlement lascif de doigts fins sur ses épais poignets sauvages, qui avait provoqué un tremblement de terre en son sein de loup indompté… indompté ? Vraiment ? … mh. Les loups, ça s’apprivoise, surtout entre eux.

Un petit bout de vie lui fut livré et Octave l’écouta sagement, le visage avenant et les lèvres entrouvertes, cachant comme il savait si bien le faire les soubresauts maladifs de son esprit malsain. Il se doutait que Greyback allait sentir quelque chose, lui qui avait le nez à chercher des truffes. Capacité qui allait le confronter à une allure toute en souplesse du jeune homme, tendre, à l’écoute, mais habitée par un démon qui lui aspirait un plaisir quasi-érotique. Ou peut-être était-ce à cause de cette paire de bras qui lui pressait sur les poumons, qu’il se sentait petit à petit poussé vers le rebord du Nirvana ? Octave souffla, longuement, expirant tout son soûl, avant d’aspirer l’air dans un sifflement sinistre. L’exhalaison avait asséché ses lèvres, mais leur sécheresse le contentait étrangement, énième violence sur son corps méchamment et curieusement comblé par toute cette douleur, subtilement diluée par la satisfaction de sentir Greyback démuni. Il renversa la tête, offrant sa gorge, et soupira doucement tandis que le loup lui livrait son « Oui. Bien sûr » d’une sincérité désarmante. Tant de beauté dans cette dévotion aveugle ! Bon sang, tant d’éclat ! Son étreinte se serra sur les avant-bras du loup, exerçant une légère pression, comme s’il essayait de se décharger de quelque chose à travers ce mouvement. Un ricanement finit par secouer sa pomme d’Adam, un peu amer, vaguement sceptique :

« Jaloux de lui, de toi… Etre touché par la grâce qui nous rend capable d’un tel dévouement, ou qui fait de nous son sujet, n’est-ce pas largement enviable ? »

Par habitude encore, sale et pernicieuse habitude, il éprouvait un certain mépris pour toutes ces preuves d’attachement, mais au fond, il savait très bien que c’était ce qu’il aurait voulu pour soi. Du moins, rêvait-il d’en être capable un jour, tout en se consolant à l’idée que fatalement, cet univers-là lui demeurerait éternellement fermé, en vase clos. Il n’avait jamais été en mesure de se dédier ainsi à quelqu’un d’autre que sa propre mère, et encore, lui avait-elle fait tant de mal en profitant de ses sentiments qu’il n’éprouvait plus que du dédain pour ces sentiments doucereux. Qui aurait cru qu’un animal fabuleux et dénaturé qu’était Greyback en fut capable ? Octave. Il était persuadé que même le monstre, la bête la plus noire avait son lot de faiblesses indicibles et de joies moelleuses.

« Bon microbe, ça ne coule plus. À moins que tu aies d'autres idées en tête, joli cœur, je vais me décaler avant que cela ne paraisse trop suspect. »

Octave roula ses lèvres d’étonnement avant de sourire. Un sourire qui s’élargit jusqu’à dénuder ses dents, en pépin blancs dans un fruit rouge, jusqu’au rire, coquette ondulation de sa voix grave. Puis il se calma, serra son étreinte de ses doigts déliés et toisa Greyback d’un regard bien singulier, quelque peu suave à n’en point douter.

« Reste, j’aime à rendre les gens jaloux au moins de quelque chose, même si c’est hypothétique ! Ce poids est agréable. Non ? Je suis sûr que tu sens le sang palpiter sous tes paumes et ta sensibilité y fait écho, frémissant en retour. Les pulsations de la vie… » Il rigola, encore, se moquant de soi-même et de ses divagations lyriques. « Et puis, suspect pour qui ? Je suis sûr que tu entendras arriver les gardes dix minutes avant qu’ils ne voient quoi que ce soit, te laissant le temps de détaler comme un lapin à l’autre bout de la pièce pour sauver ta virilité. A moins que… » son regard s’illumina tel une paire de diamants, dont le reflet joyeux jouait au creux de ses pupilles « A moins que le seul à trouver ça suspect, ce soit toi ? Tu as honte, mhhh ? Ca te gêne ? Trop de tendresse pour ton coeur fragile ? » Ses mains folâtres se resserrèrent gentiment pour prévenir d’une éventuelle fuite, désirant de mettre le vieux loup encore plus mal à l’aise qu’il ne l’était déjà éventuellement. Octave le taquinait gracieusement, coinçant à présent sa lèvre inférieure sous une rangée de dents virginales. « Un peu de nudité, de la délicatesse, et voilà ton honneur floué ? Je suis déçu, tu voudrais fuir un imberbe éphèbe comme tu fuis des Aurors ? »

Il resta sérieux aussi longtemps que possible, moqueur dans son allure secrètement rieuse, mais finit par éclater d’un rire franc, discret. Y avait-il donc plus que ce qu’on pouvait supposer entre un jeune esprit et un vieux maître ? Un peu plus de passion, comme il y en avait tant chez les Grecs, de l’apprentissage spirituel tout autant que physique ? Octave s’en gaussa davantage, facétieux à l’idée qu’un homme pareil ait de telles intentions débonnaires, tout en cherchant à s’en cacher farouchement. Ce n’était plus permis, ce genre choses. Mieux, ça n’existait pas ! Surtout chez les lycanthropes, aux yeux des lycanthropes-mêmes ; parce que le reste de la populace était de toute façon prêt à imputer à cette strate de la société tous les défauts, y compris la perversion de la jeunesse. Le jeune homme s’apaisa finalement, et l’une de ses mains se décolla un peu, permettant à ses doigts de venir pianoter sur la peau rêche du loup, à défaut de la caresser ouvertement. Rien de sérieux, mais l’intention avait pour seul but de troubler.

« Le microbe au joli cœur a effectivement une idée. Si je sors… Quand je sortirai d’ici, si tu veux, je peux essayer de retrouver ton Adonis. Je t’enverrai une petite lettre et une belle photo. » Pour qu’elle puisse te procurer quelques jouissances sensuelles dans ta solitude carcérale, faillit-il rajouter narquoisement. « Je m’assurerai que l’on te transmette le colis, n’aie crainte. S’il y a quelque chose que je sais bien faire, c’est de corrompre les fonctionnaires. »

A ces mots, Octave lui offrit l’un de ses regards les plus convaincants, mais aussi tentateur, pour forcer Greyback à considérer sa proposition. Motivée par… il ne savait pas encore exactement ce qui l’avait poussé à formuler une telle éventualité. Par flatterie, probablement, parce qu’il était déterminé à sortir d’ici et que sa position avantageuse pouvait le rendre indispensable, précieux, et donc nécessaire aux yeux du loup, d’ici là. Mais aussi et simplement parce qu’il le pouvait. Le goût du pouvoir, quel qu’il fut, lui plaisait et Octave en profitait dans ses moindres manifestations. Il avait essayé de se convaincre qu’il s’agissait de mansuétude, mais franchement… Bienveillant, lui ? Bon, il voulait bien avouer avoir été vaguement touché par cette histoire et être à l’origine d’un vieux cœur apaisé lui plaisait bien. Octave abaissa son regard vers leurs mains entremêlés et fit la moue. Bandage ensanglanté, pressé par une paire de bras solides, mais sales, tâchés d’un vieux rouge coagulé. Et puis ses propres mains, poisseuses de son sang, qui avaient laissées quelques traces obscènes et grasses sur les poignets épais de Greyback. Enlacement carmin passionnel, passionné et luxuriant. Tout cela était tellement vulgaire. Pourtant, il y sourit. Suspect... Vraiment ? Il jeta un regard vers le loup. Oui, mon cher Fenrir, quand il ne nous reste plus qu'une seule personne, on finit par s'y accrocher avec la force du désespoir.

_________________

Crédit : Abi
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
MANGEMORT & LOUP-GAROU
    MANGEMORT & LOUP-GAROU
AVATAR : Dave Legeno
MESSAGES : 58

INFOS PERSONNAGE
SITUATION AMOUREUSE SITUATION AMOUREUSE: ?
DATE & LIEU DE NAISSANCE DATE & LIEU DE NAISSANCE: 1945, inconnu
SANG SANG: mêlé
MessageSujet: Re: [Février 1987] Collocation forcée [Octave Holbrey] Hier à 0:40

Exposer ses faiblesses aussi facilement avait été un véritable défi. Et on ne pouvait pas classer Octave dans la catégorie des psychanalyses de confiance. Il avait toujours quelque chose sur le visage qui donnait l'impression qu'il allait exploser de rire ou sortir d'un seul coup une phrase piquante et ironique digne d'un vieux film comique des années 20.
C'était sûrement dû aux années passées ici, mais il semblait que sa carapace soit étrangement moins épaisse que celle du brun. Sa mère aurait-elle influencé ce caractère au point de briser quelque chose d'irréversible ? Il semblait réellement façonné par les mains de quelqu'un tout comme on sculpte une baguette, attendant qu'elle corresponde parfaitement à la personne choisit. Cela ressemblait un peu aux méthodes de son propre père qui pensait à l'époque qu'enfermer un gosse de 5 ans dans une cage allait en faire un soldat capable de vivre dans ce monde avec une tare repoussante par la plupart des sorciers. Mais n'est-ce pas ce qu'il faisait après tout ? Il était un mercenaire et vivait dans ce monde malgré sa condition. À moins que son père ne s'attendait à le voir professeur comme Remus ou encore auror ? Dans ce cas, oui, il avait tout loupé.

Fenrir considérait le brun du coin de l'œil. Il remarquait nettement cette lueur dans ces yeux, ces petits diables dansant autour d'un feu, riant à s'en décrocher la mâchoire. Comment réussir à le déchiffrer ? À moins que son esprit soit effectivement assez désordonné pour le comprendre mieux que personne. Le loup se demandait également si son corps suivait son esprit ou s’il gardait encore un dénué, mais hasardeux contrôle de lui-même. À moins que cela, aussi, lui échappe.

Et le voilà qui recommençait à se prendre pour un poète. Se sentit-il obligé de parler ainsi juste pour se cacher une vérité embarrassante ? Cependant, ça avait le mérite de le faire réfléchir. Était-il réellement esclave sans le vouloir de ce sentiment ? Bien sûr que oui. Et prétendre le contraire aurait été stupide. Comment supposer que non alors qu'il était enfermé ici pour cette simple raison ? De plus il ne comptait plus les nuits blanches dans le seul but que lui se repose, prenant ses tours de garde quasiment à chaque fois, faisant grogner de jalousie les autres. Combien de fois avait-il ignoré ses erreurs alors que personne n'aurait pu lui cacher quelque chose dans sa propre meute. Oui, il avait effectivement les membres menottés quand il s'agissait de lui.

Et tout ceci l'embarrassé. Il n'avait pas l'habitude de se confier et encore moins à quelqu'un qu'il connaissait à peine et qu'il avait essayé d'étriper dans les 10 premières minutes. La tension sexuel semblait horriblement présente également. Il tentait alors une échappatoire, trouvant une excuse pour déserter, convaincu qu'il serait soulagé de reprendre le dessus sur la situation, depuis bien longtemps perdu de son point de vue. Un large sourire sur son visage naissait et Fenrir se rappelait qu'il n'avait pas affaire à quelqu'un indubitablement logique avec une liaison au danger standard. Il était bien à l'antipode de tout ça et semblait s'amuser de cette situation plus que de raison, explorant chaque fissure pour pouvoir reprendre l'avantage quand ce dernier était au fond du gouffre. Octave semblait avoir très vite compris que son excuse ne tenait pas debout, son ouï était bien entendu assez développé pour appréhender le moindre frôlement de vêtement bien avant d'entendre les bruits de bottes sur le sol.

« Et puis, suspect pour qui ? Je suis sûr que tu entendras arriver les gardes dix minutes avant qu’ils ne voient quoi que ce soit, te laissant le temps de détaler comme un lapin à l’autre bout de la pièce pour sauver ta virilité. À moins que… »

Le loup grognait légèrement à ses paroles, se vendant tout seul à la vérité par cette modeste intervention. Lui pouvait deviner ce qu'il ressentait par l'odeur. Mais Octavesemblait pouvoir le faire également par un autre chemin. Et il exécrait qu'on puisse être à son niveau.

« À moins que le seul à trouver ça suspect, ce soit toi ? Tu as honte, mhhh ? Ca te gêne ? Trop de tendresse pour ton coeur fragile ? »

« Ferme-la... »

Le lycan tente de se retirer, fuyant cette position bien trop douteuse à son goût et surtout le côté trop lucide d'Octave qui donnait l'impression qu'il devinait tout. Bien entendu que s'il le voulait, il pouvait se libérer de ses mains fragiles avec une grande aisance. Mais ça aurait été d'admettre encore plus qu'il avait raison, et le loup refusait cette solution encore plus que son embarras à être sur lui.
Un silence de plomb finit par tomber sur la cellule, laissant de nouveau comme seul bruit le claquement des vagues et les gémissements d'autre prisonnier. Combien de fois Fenrir avait tendu l'oreille en espérant et en appréhendant par la même occasion, entendre le son de sa voix ? Savoir au moins qu'il était présent, et surtout en vie. Car même s’il sentait que le jeune subsisté encore, de nombreux doutes s'installaient en lui chaque minute. Octave semblait alors le deviner, desserrant sa poigne avant de soumettre une idée au loup.

Ce dernier le dévisagea un moment avec un air interrogatif alors qu'il terminait son monologue, attendant une réponse qui ne vint pas tout de suite. Que cherchait-il réellement ? Quelles idées malsaines pouvaient se cacher dans ce regard qui pourrait paraître sincère aux premiers abords ? Qu'est-ce qu'un gamin comme lui pouvait attendre en retour d'un loup en prison ?

« Rappelle-moi pourquoi je te ferais assez confiance pour te divulguer son identité déjà. Qu'est-ce que tu cherches en fait, Octave ? Donne-moi une simple bonne raison de te dire oui. À toi, alors que tu portes l'odeur de la trahison à plein nez bien cachée derrière ce joli visage d'ange. Tu es très loin de l'être spirituel à qui je pourrais tout confier. Donc. Donne-moi une simple bonne raison autre que l'éternelle "tu saurais qu'il est en vie". »

Jamais Fenrir ne mettrait en danger ce gosse juste pour son propre besoin. Bien sûr qu'il aimerait qu'on lui dise qu'il avait changé de vie au point de former une famille, oubliant alors son passé tortueux et se faisant soigner à Saint Mangouste avec les meilleurs médicomage, mais, il espérait se tromper également, par pur égoïsme. Il était à lui.

_________________


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
PERSONNEL DE POUDLARDBibliothécaire
    PERSONNEL DE POUDLARD
    Bibliothécaire
AVATAR : James McAvoy
MESSAGES : 388

INFOS PERSONNAGE
SITUATION AMOUREUSE SITUATION AMOUREUSE: Pas vraiment seul, mais presque.
DATE & LIEU DE NAISSANCE DATE & LIEU DE NAISSANCE: 10 Août 1964
SANG SANG: mêlé
MessageSujet: Re: [Février 1987] Collocation forcée [Octave Holbrey] Aujourd'hui à 17:30

Il n’y avait que ceux qui assumaient qui pouvaient se targuer de demeurer stoïques devant de telles accusations. Accusations ? Qui avait parlé d’accusation ? Le ton y était peut-être, mais alors juste le ton. De ceux qui vous poussait à vous justifier. En tant que tel, Octave s’en moquait bien, mais ça, le loup ne le savait pas encore, alors même si cela avait été une blague, elle fut dite sur un ton si badin et provocateur qu’il ne restait plus que la défense pour un cœur pétri de fierté, celui d’un homme, un vrai. C’était d’autant plus cocasse que Greyback débordait de testostérone comme du lait bouilli. Mais bon, étrangement, c’était toujours ceux qui n’avaient à priori rien à prouver qui s’énervaient le plus. Sauf si la fierté primait sur l’exubérance. Ce qui semblait être le cas présentement. Au lieu de retirer ses bras avec dégoût, comme l’aurait fait tout néandertalien à la pensée courte, Greyback n’avait pas bougé, manifestant son mécontentement par un simple grognement. Là était le ventre mou de la virilité et Octave adorait passer ses doigts dessus pour en iriser la surface. Un simple frisson, et voilà qu’un loup devenait un chat, gonflant sa queue en plumeau. Attentive, la jeune victime traduisait les silences comme les paroles, trouvant son contentement en tout, car chaque chose avait un sens, même une absence de réaction. Même le « Ferme-la » craché au visage ne parvint pas à faner sa nature, si ce n’est véritable joviale, joliment joueuse. Les gens lui prêtaient toutes sortes d’intentions, tant il donnait l’impression de poursuivre un but, mais véritablement son grand plaisir était de dépecer ces grands corps robustes et ses poitrines gonflées de fierté. C’était bien l’un des terrains sur lequel il se sentait le plus sûr de soi, certain de sa capacité à sonder les visages et les gestes. Il n’y avait pas de bonnes réponses, ni de mauvaises, mais l’éternel piège de la perspicacité.

Bon, très bien, il ne s’était pas reculé, mais cette situation ne lui plaisait donc pas, tout comme les mots du jeune homme. Ce dernier arqua d’ailleurs un sourcil taquin, sceptique de voir l’animal bien docile pour un alpha. Alors quoi, ces bêtes vivaient-elles selon les préceptes anciens, dans la joyeuse et pour le moins libératrice pratique de la pédérastie ? Rien de pervers, voyons, seulement des érastes et des éromènes gambadant joyeusement dans la forêt, aux sons de quelques lyres et de cris de loups, s’adonnant de temps en temps à ce qu’on nommait subtilement l’éducation des adolescents par des partenaires adultes. Non, bien sûr que non. Ils étaient fauves, pas païens. Fauves et humains, et donc parfaitement ancrés dans la culture occidentale de leur époque. Non, Greyback devait juste s’étouffer pour ne pas partir au courant. Pourquoi ? Mais parce que fuir était aussi humiliant que de se supposer uraniste, voir même plus. Et comme tout le monde sait, trop insister sur le contraire était gage d’un aveu silencieux. Greyback avait eu raison de ne pas s’emporter, mais Octave ne pardonnait quand même rien. Il débusquait les fiertés mal placées, les orgueils remplumés, les secrets honteux, tous ces manquements dont personne ne voulait parler, mais qui étaient si gros qu’une moindre évocation provoquait des réactions disproportionnées. Alors, il avait vu juste. Etrange, comme les gens se sentaient obligés de rouler des mécaniques, alors qu’il aurait suffi de bêtement avouer le mésaise dans laquelle cette situation le plongeait, parce qu’ils n’étaient pas là dans leurs relations et n’atteindraient jamais ce degré d’intimité… Mais bon, non, trop sensé, trop humble, pas assez de solidité masculine dans cette tirade civilisée. Tant pis, Greyback était parvenu à se mettre mal à l’aise tout seul, par la simple force de sa pensée et de ses propres considérations. Octave n’avait rien eu à faire que gentiment lui suggérer ce qui était potentiellement dérangeant. Chochotte va !

Sous cette peau poilue, Greyback était tendu comme du cuir de tambour. Va savoir, peut-être qu’en tapant dessus ça ferait le même bruit vibrant ? Suite à sa proposition, si subtilement et entièrement tournée vers le dévoilement indirect de son cœur tendre, vint le silence et quelques regards dubitatifs, auxquels Octave s’était préparé. Il n’en fit rien, lui offrant le même regard tentateur, à couvert de ses longs cils épais et comme fardés de noir. Il suffisait de captiver l’intérêt par une innocente proposition pour faire oublier tous ces affronts à la pudeur énoncés plus tôt. Pourtant, par sa considération, Greyback se vendait, tripes et peau avec. Trop d’intérêt, pas assez d’indifférence. Octave avait presque l’eau à la bouche de découvrir le visage de celui qui pouvait bien avoir toutes les faveurs inavouées d’un loup pareil.

« Rappelle-moi pourquoi je te ferais assez confiance pour te divulguer son identité déjà ? Qu'est-ce que tu cherches en fait, Octave ? Donne-moi une simple bonne raison de te dire oui. À toi, alors que tu portes l'odeur de la trahison à plein nez bien cachée derrière ce joli visage d'ange. Tu es très loin de l'être spirituel à qui je pourrais tout confier. Donc. Donne-moi une simple bonne raison autre que l'éternelle "tu saurais qu'il est en vie". »

Il se retint tant bien que mal pour ne pas rouler des yeux. Que c’était commun et sans intérêt ! Greyback réagissait comme tant d’autre énergumènes avant lui, se laissant prendre au piège banalement tendu entre les lignes, leurré par une composition laissant entendre qu’il avait la possibilité de négocier. Sauf que ce qu’il avait oublié, c’était qu’Octave proposait un service, et non l’inverse. En apparences, le jeune garçon ne voulait rien. Ce dernier d’ailleurs perdit tranquillement son sourire. Son visage devint indolent et il toisa un instant l’animal au-dessus de lui, avant de simplement hausser des épaules. Il ne lui avait pas fait une demande en mariage pour espérer du fond cœur être accepté. Il avait bien eu quelques expectations concernant cette affaire pour la tourner en son avantage, mais il était aussi trop fier pour avoir l’air désespéré autrement que par choix personnel. Et puis de toute façon, il pouvait bien se passer de tout ça, ce n’était qu’un bonus. Ses yeux roulèrent dans ses orbites, observant le plafond, puis les murs, tandis qu’il faisait mine de réfléchir. Finalement, avec candeur il articula, se faisant la clairvoyance-même :

« Il n’y a aucune bonne raison. »

Octave toisa le loup, sérieux comme s’ils parlaient d’un plan pour s’échapper d’ici. Même ses doigts, qui pianotaient jusqu’alors distraitement le poignet de l’animal, avaient cessé leur mélodie silencieuse. Le jeune homme pencha ensuite la tête, vaguement indifférent, fronçant délicatement son nez à l’idée qu’il puisse sentir la trahison. Que c’était vilain ! Si peu délicat comme insinuation… Si mal rattrapée par l’ironie de son joli visage !

« Je n’ai fait que te proposer quelque chose que je serai bientôt en mesure de faire. C’est à toi de trouver tes propres raisons. Tu fais ce que tu veux. Tu es parfaitement libre d’accepter, ou non. En attendant, tu parles de trahison, mais je ne t’ai pas vendu aux gardiens quand ils sont venus, je t’ai même laissé ma gamelle. Je t’ai dit que je ne le ferai pas et je ne l’ai pas fait, alors c’est impoli de suggérer que je suis déloyal alors que je n’ai rien fait pour mériter ça. A t’écouter, je suis pétri de mauvaises intentions. »

Il ne paraissait pas blessé, juste un peu blasé. Octave baissa les yeux sur ses mains, soupira de son souffle sifflant et long, un peu saccadé par quelque chose qui lui restait coincé entre travers de la gorge. Même si Greyback n’acceptait pas maintenant, la relation qu’il avait exposée avec son petit zoophile de protégé laissait croire qu’il allait considérer cette proposition encore pendant longtemps avant de craquer, éventuellement. Le but étant finalement de planter la graine suffisamment tôt pour lui laisser le temps de pousser tranquillement et mieux éclore. Au vu de ce que le loup lui avait dit, Octave devait être la première main tendue dans sa direction depuis longtemps. Normal qu’il ne lui fasse pas confiance au début, mais il allait immanquable se rapprocher pour renifler. Et puis ce « tu sauras qu’il est en vie » … c’était une tellement bonne raison ! Pour ne pas dire la meilleure, en fait. Parce que pour quel autre motif, que celui purement égoïste, pouvait-on s’inquiéter de la santé d’autrui ? La tranquillité personnelle. Octave ne savait pas lire dans les odeurs, mais était certain en revanche qu’à la lumière des derniers paroles, Greyback n’était pas juste curieux, mais véritablement préoccupé. Alors, même s’il appréciait la pression sur son torse et le rapprochement forcé que la position leur imposait, Octave déroula ses doigts de serpent et laissa ses bras choir avec une désinvolture indolente le long de son corps d’olive. D'une voix basse et calme, il déclara mollement, du bout des lèvres, comme s'il livrait un aveux :

« Si tu veux, tu peux y aller. » Il marqua un silence résigné avant de rajouter, l’air de vouloir y croire juste pour donner une bonne raison au loup : « Je crois que ca va mieux maintenant. »

_________________

Crédit : Abi
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Contenu sponsorisé
MessageSujet: Re: [Février 1987] Collocation forcée [Octave Holbrey]

Revenir en haut Aller en bas

[Février 1987] Collocation forcée [Octave Holbrey]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut

Sujets similaires

-
» Osner Févry ne veut pas d'amendement de la constitution de 1987» 29 novembre 1987 : 19 ans déjà !» Changer ou amender la Constitution de 1987 ?» Constitution 1987: Réceptacle et promotrice du projet nation» Mandat Presidentiel
Page 2 sur 2Aller à la page : Précédent  1, 2
Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
 :: ANGLETERRE :: Autres lieux :: Autres lieux d'Angleterre-