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[Février 1987] Collocation forcée [Octave Holbrey]

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MANGEMORT & LOUP-GAROU
    MANGEMORT & LOUP-GAROU
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MessageSujet: Re: [Février 1987] Collocation forcée [Octave Holbrey] Jeu 6 Juil 2017 - 22:56

« Ce qui fait de toi un loup-garou n'est pas une histoire de sang, mais de venin. Comme un poison qu'on injecte à nos victimes qui se trouvent sur nos crocs et nos griffes et qui parcourent ensuite tes veines. Le pourquoi on ne peut pas transformer quelqu'un en tant qu'humain. Mais ton sang ne change pas, c'est le liquide toxique à l'intérieur qui fait de toi un impur. Donc qu'importe ton rang, tu descendras en bas de l'échelle une fois infectée de toute manière. Et je ne prétends pas être au-dessus de lui, je suis peut-être même pire à ma façon. Et non, tu ne trouveras aucune marque. Dit-il en sentant son regard sur lui un moment donné. Jamais il ne marquerait un hybride, même si ce dernier était plus fidèle que Bellatrix. »

Le loup dévisageait de nouveau le brun. Ce dernier se préoccupant de comment il le percevait, toujours absorbé par cette histoire d'odorat. Cependant, son talent n'allait pas jusqu'à là. Parce que justement, le sang ne changeait pas d'odeur, qu'on soit pur ou même cracmol. Tout ceci n'était qu'invention pour pouvoir se sentir supérieur et plus puissant que le voisin. Toutefois, Fenrir pouvait savoir si la personne était un moldu ou non. Il y avait quelque chose dans le sang des sorciers de différent, cette magie qu'il arrivait à percevoir qui offrait un côté un peu fruité et sauvage au plasma. Celui des moldus était plus pauvre en goût, mais la chair était la même. Il n'était pas non plus un vampire se nourrissant uniquement de ça. Déchiqueter la peau était beaucoup plus amusant et nourrissant que faire deux trous dans le cou de quelqu'un.

« Je sens que tu ne fais pas partie de mon espèce et que tu es un sorcier. Mais je ne saurais dire de quel rang tu découles. L'odeur d'un sang pur ou d'un sang-mêlé ne change pas. Je peux reconnaitre un loup-garou et faire la différence entre un moldu et un sorcier, mais ça s'arrête là généralement. Je peux par contre connaitre tes émotions. Si tu as peur, si tu es énervé ou heureux. Et même si tu as des envies un peu perverses. Je sens si ton pouls bat vite ou non. Par le goût, je peux savoir ton taux d'alcool, si tu as du diabète ou toute autre maladie. Et bien sûr, je sais, comme un vrai loup, si ma bouffe est empoisonnée. Mais je suis incapable de faire ton arbre généalogique. »

Le lycan ne savait pas s'il l'avait déçu ou non par sa réponse. Il aurait pu lui mentir, mais il était du genre à le faire uniquement pour sa survit et non pour faire plaisir à quelqu'un. Octave finit par partir dans le puits de ses souvenirs. Fenrir le regardait. À quoi pouvait penser ce gamin ? Sous ces airs de provocateur, il semblait totalement perdu. Comme lui, il ne trouvait sa place nulle part. Le loup soupirait, chacun ses problèmes finalement. Sa vue quasi-parfaite dans l'obscurité ne laissait échapper aucun détail du comportement du brun. Toujours perdu dans ses pensées, son corps réagissait presque machinalement à chaque stimulus de souvenirs. Octave finit par sortir de sa transe comme on pourrait sortir d'un coma. Lentement, il émergeait. Son pouls redevenant un peu plus lent qu'il y a quelques minutes.
Le jeune se redressait alors l'air de rien, lui demandant son aide d'un air un peu bourru comparé aux émotions qui avaient fui de son regard quelques secondes avant.
Et c'était à présent à Fenrir de tomber dans ce puits sans fond et sans attache, repensant à certaines choses. Contrairement à lui, Octave ne pouvait pas percevoir les minuscules détails que le loup faisait en étant tombé dans ces propres pensées. Méditation douloureuse et agréable concurremment. Il sentait sa main trembler à l'évocation mentale de ces souvenirs. Fenrir aimait parfois ne plus bouger et se perdre dans sa propre tête. Personne au moins n'y avait accès. Pas même les legilimens. Qui, de mentalement stable, voudrait plonger tête la première dans la tête d'un loup-garou ? C'est comme ça qu'il avait toujours gardé secret l'identité de cet individu. Quiconque ne penserait qu'il était capable de ressentir autre chose que de la haine. Personne ne douterait un instant de sa capacité à pouvoir voir tout le monde mourir sans rien ressentir. Aucun humain ne pourrait croire un jour qu'il était enfermé ici parce qu'il avait fait passer quelqu'un avant sa propre sécurité. Et pourtant, c'est ce qui était arrivé, et il espérait que son gamin se soit échappé et qu'il arrivait à s'en sortir avec ces démons.

On avait tous des charognes internes. Ces espèces d'ombre qui nous consume lentement et qui profite de chaque instant de friabilité pour t'anéantir et te pousser vers le bas. Ces espèces de monstres qui se cachent sous ton lit et qui te sautent dessus pour te montrer à quel point tu es misérable et turpide. Fenrir en avait, a profusion. Mais son protégé, lui, ils étaient réels. Et souvent Greyback avait été là pour les combattre avec lui.
Il était loin d'être parfait et alors qu'il pensait juste vivre par instinct, ce gosse était arrivé. Et il était devenu une raison de changer un tantinet ce qu'il était. Il avait été la cause de montrer un aspect de lui-même qu'il ignorait. Et c'était un secret qu'il gardait égoïstement. Personne d'autre n'avait à savoir ça.

Fenrir finit par sortir de son rêve éveillé. Il se secouait un peu avant d'apercevoir Octave qui le regardait d'un air différent que jusqu'à présent. Le loup se redressait un peu, mal-à-l'aise d'être fixé de la sorte.

« Tu as vu quelque chose. »

Grey suivait son bras tremblotant du regard alors que sa main elle-même tremblait également. Il penchait un peu la tête aux questions du brun. Pourquoi s'en inquiétait-il ? Pourquoi voulait-il savoir ? Personne ne lui avait jamais posé ce genre de question. En général, on l'ignorait, ne se préoccupant pas de lui et encore moins de ces états d'âme.

Il le fixait un moment, étudiant son regard et son attitude pour vérifier qu'il ne se foutait pas de lui ouvertement. Mais non. Rien ne disait qu'il mentait dans son attitude ou dans sa voix.

« Je. Pensais à une chasse. Le résultat d'être enfermé trop longtemps. Et à quelqu'un. Qui se bat lui aussi avec ces démons. Un peu comme toi. »

Le loup fixait de nouveau le mur de pierre face à lui. Mur crade qui, contrairement à celui derrière lui, n'était pas couvert de trace de griffe et de sang. Ce jeune rafleur était peut-être cette raison de sortir d'ici et de ne pas se laisser submerger par l'horreur de ce lieu. Bon sang, la prison le rendait guimauve. Les coups le rendaient guimauve. La fatigue, l'isolement et surtout le fait de ne jamais avoir été détaché d'ici le rendait presque normal. Avec des sentiments et toutes ces immondices. Tout ça lui pesait sur le moral. Il n'était plus le monstre qui se cachait sous le lit non. Il était sur le matelas à présent, attendant chaque soir que ces suppôts de Satan viennent. Quand il était enfant, il faisait souvent des terreurs nocturnes et d'autant plus après la morsure par ce loup. Il se réveillait souvent en hurlant et en sueur et c'était pire avant les pleines lunes. Devenu adulte, les mauvais rêves avaient finalement cessé, mais il n'avait jamais trouvé un véritable sommeil. Et le métier de rafleur avait bien entendu fait perdre toute opportunité de nuit réparatrice.

« Et toi, vers quel contrés lointaines t'es tu évadé ? »

Il fallait qu'il change de sujet. Parler de lui le rendait beaucoup trop nerveux.

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MessageSujet: Re: [Février 1987] Collocation forcée [Octave Holbrey] Dim 9 Juil 2017 - 23:28

La lycanthropie, c’était donc une sorte séropositivité déclarée. Une maladie transmissible par les fluides. Rien d’étonnent à ce qu’on les fuie comme des pestiférés dans ce cas-là. Non seulement ils ne savaient pas se contrôler, mais en plus certaines étaient si amers et dégoûtés que leur plaisir principal revenait à contaminer les autres. Il se souvenait de l’époque où il avait habité sur Manhattan, les journaux avaient relatés les péripéties d’un gars qui était atteint du SIDA et qui avait fait succomber un beau bouquet de femmes dans le seul but de se venger de la gente féminine et des griefs qu’elle lui avait causés. On en parlait dans tous les bars et la strate frivole de la population avait dévalisé les pharmacies pour s’acquérir de son kilogramme obligatoire de préservatifs. Qu’y avait-il à faire contre les loup-garou ? Rien. La fierté de certains énergumènes pouvait alors s’apparenter à de l’orgueil mal placé, au même titre que ceux qui débordaient d’arrogance du seul fait qu’ils étaient grands, gros, ou d’une couleur spécifique de peau. Comment pouvait-on décemment être fier de quelque chose qu’on n’avait pas construit de ses propres mains ? Il n’y avait pas de suffisance à tirer d’un don gratuit de la nature. C’était comme se pâmer de voir le soleil tourner autour de la terre. Quelle belle galaxie ! Quelle magnifique maladie ! Enfin, dans le monde magique, c’était toujours un peu plus compliqué et même les maux devenaient spectaculaires. Et quoi de plus splendide que de se transformer en loup ? Au moins Greyback n’avait pas d’illusions. Il savait parfaitement que le Lord n’avait cure que du pouvoir et de la pureté magique, rien d’autre. Cela dit pour Octave, les deux étaient au même niveau. Peut-être n’avaient-ils pas les mêmes moyens, ni n’étaient semblables dans l’intelligence ou les traits de caractère, mais leur manière de voir les choses était quasiment la même et leur absence de moralité dans leur quête les mettait exactement au même niveau. Le niveau le plus bas.

Etait-il déçu de ne pas trouver de réponse quant à sa filiation ? Non, pas vraiment, il avait abandonné cette idée depuis longtemps et la seule chose qui le turlupinait véritablement était la raison pour laquelle sa mère refusait si ardemment de lui en lâcher ne serait-ce qu’un mot. Il ne comprenait pas encore quelle honte ou désarroi elle cachait derrière ce silence. Sa naissance était un véritable mystère en soi. Son enfance n’avait cependant pas manqué de figures paternelles et le manquement d’une autorité ne s’était jamais présenté, même si sa vision de la chose fut autre que s’il avait été question d’un véritable père, biologique ou d’adoption. Il écouta néanmoins Greyback se transformer en pseudo biologiste, lui expliquant la teneur du sang et ce qu’il pouvait en sentir. Ce qui en ressortait finalement c’était que son nez n’était pas tant magique qu’animal. Bêtement, il sentait les hormones, les molécules, à plus large spectre. Rien que pour ça, il aurait bien aimé bénéficier du même mal, ça lui aurait bien facilité la vie, au lieu de devoir apprendre à décortiquer les expressions faciales. Il faillit lui demander, pour plaisanter, s’il sentait les résidus de cocaïne qui avaient dû à force s’accumuler dans les plis de sa peau, ses vêtements et surtout ses cheveux. Ou de demander à Greyback de lui faire son bilan médical. Même s’il avait passé quelques tests avant d’entrer à l’armée, les résultants étaient loin de pouvoir représenter un tableau entier. Il aurait dû faire une véritable cure de désintoxication, on lui aurait au moins fait une prise de sang. Il aurait peut-être pu crever, qui sait ? Personne ne savait la quantité de saloperie qui s’était accumulé dans son corps en à peine deux ans et lui donner ne serait-ce qu’un doliprane aurait pu le tuer ? Sa paranoïa latente lui faisait encore craindre, après tout ce temps, de couver une maladie sexuellement transmissible. Un diabète aussi, qu’il croyait trainer depuis qu’il avait cinq ans…

N’ayant pas l’intention de pointer du doigt vers le visage de Greyback éternellement, Octave laissa tomber son bras, le rabattant sur son torse douloureux. Sa tête aussi déclina, tel un poids trop lourd, brisant son cou et faisant ressortir sa pomme d’Adam. Quelques mèches de cheveux glissèrent, tandis qu’il attendait le récit, ou un refus catégorique et refrogné de la part du loup. Ce-dernier l’avait observé en silence, soupçonneux d’un mal éventuel, ce à quoi Octave s’était contenté de continuer à le fixer de ses yeux patients et immobiles.

« Je. Pensais à une chasse. Le résultat d'être enfermé trop longtemps. Et à quelqu'un. Qui se bat lui aussi avec ces démons. Un peu comme toi. »

Sa réponse avait été hachée comme un émincé d’oignon. Si bien que le jeunot eut l’impression de lui avoir arraché la réponse à coup de couteau de la bouche. Le secret avoué du bout des lèvres n’avait à priori rien de captivant et ressemblait davantage à un calendrier de souvenirs synthétisés, ou au carnet intime d’un ingénieur fainéant. Ce qui en revanche attirait son attention, c’était la manière dont la confession fut produite. Octave n’en laissa rien paraître, mais il était déjà en train de décortique ces quelques phrases pour en presser le suc vital, la quintessence de la vérité pour ainsi dire. Le sous-entendu fait involontairement, la ponctuation de trop, le mot qui était plus un lapsus qu’une confidence volontaire. Il détenait peut-être ici la solution du mystère, de cet adoucissement moelleux des mœurs sauvages. Quelqu’un comme lui. Quelqu’un à qui il pensait. Les ténèbres n’étaient plus ! Le secret, doucement, se défaisait. Lorsque le loup le regardait, c’était un autre qu’il voyait et sa spatule de cuisine n’était pas arrêtée par la crainte, mais l’incapacité de frapper trop fort un esprit qui ne lui était pas étranger. Un esprit qui jadis lui avait aspiré affection. A force de parole, Octave n’était même plus étonné de cette tendresse si bien dissimulée.

« On découvre souvent, quand elles viennent à nous manquer, que certaines choses nous sont nécessaires et que, comme l’air, on les respire sans les sentir. »

Déclara-t-il d’un air rêveur. Comme cela, Greyback pouvait l’interpréter comme il le souhaitait sans être vexé par l’original de cette citation modifiée qui revenait à Fernando Pessoa et parlait d’affection spécifiquement. Mais cela pouvait s’appliquer finalement à tout ce qui nous était essentiel sans qu’on s’en rende compte tant que c’était là. Il voulait bien croire que la prison vous dénudait jusqu’à votre plus simple apparat, vous réduisant à ce qu’il y avait de plus inné. La faim, la soif, le sommeil, le désir, et puis l’appétit de la parole, de l’intelligence et de la créativité. Famine de cœur et d’âme impossible à combler entre ses murs où on les obligeait à demeurer seuls, ne rencontrant un semblable que pour faire face à des visages déshumanisés. Curieux retournement de situation ! Horrible leçon d’humilité qui prouvait à chacun que n’importe qui pouvait être brisé au point d’en perdre sa superbe.

« Et toi, vers quel contrés lointaines t'es-tu évadé ? »

Octave lui jeta alors un regard singulier, sans défiance ni réticence, mais avec une curieuse froideur au fond des yeux. Quelque chose semblait gelé dans le noir de ses pupilles, et même le vert de l’iris s’était comme terni. Lui, n’avait pas encore eu le temps de regretter l’absence d’autrui, de faire une rétrospective pour pleurer tous ceux qui lui manquaient ne serait-ce qu’un peu et dont il désirait une caresse, une parole, quelque chose de tangiblement indulgent. Il brassait encore des océans de rancœur, de haine mal disciplinée et d’incertitudes. Ses obsessions exacerbées le gardaient à la surface, le condamnant à une noyade artificielle qui n’avait pas de fin. Tantôt s’étouffait-il avec une vague vindicative avant de s’extasier, l’instant d’après, sur les splendeurs des manifestations les plus infimes de l’existence. Il déploya sa bouée de sauvetage – son sourire, qui s’esquissa sur ses lèvres avec douceur et malice.

« Je pensais à une soirée. Le résultat d’être enfermé trop longtemps. Et a quelqu’un. Quelqu’un qui se bat avec ses démons, un peu comme toi. »

Par habitude, comme à chaque fois qu’il faisait le malin, pour contre balancer, il profitait de son effervescente jeunesse et tendait sa tête pour cambrer son cou, dévoilant le duvet des courbes laiteuses de sa gorge lisse et nacrée, offrant sa soumission avec un sourire énigmatique. Après un instant de contemplation lascive, Octave se répandit d’un rire moelleux.

« Tu parles d’une évasion ! Je pensais au Lord, la première fois que je l’ai rencontré quand j’étais môme. L’époque où il recrutait ses troupes à des soirées mondaines. Et puis ma vie sur le nouveau continent, qui ne s’est pas avérée être une partie de plaisir comme je l’avais espéré. Une tripotée d’autres choses les unes plus agréables que les autres comme la famille et les amis. » Il déglutit, son propre sarcasme lui asséchant la gorge. Il se saisit de la flasque et en assécha un bon quart. Puis, d’un ton soudain très déterminé et vif, il ordonna : « Tu vas les presser tes pattounes velues ? Tu crois que je me suis allongé devant toi pour que tu me dessines comme l’une de tes concubines françaises ? Pose tes pattes, appuies de tout ton poids et dis m’en plus sur ce ‘’quelqu’un’’ et son combat. »

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MessageSujet: Re: [Février 1987] Collocation forcée [Octave Holbrey] Sam 15 Juil 2017 - 16:32

Fenrir voyait qu'Octave décortiqué sa réponse comme s’il espérait y trouver le Graal à l'intérieur. Mais les faits étaient là. S’il n'était pas aussi violent envers lui qu'avec autrui, c'était qu'il voyait dans le brun quelqu'un d'autre. De par ce comportement invivable et son regard. C'était un peu comme s’il y avait plusieurs âmes dans son corps, comme une maison avec d’innombrables fenêtres, toutes dévoilant une certaine image de l'extérieur.
Jamais il n'avait été capable d'être violent envers son protégé et frapper Octave était comme le battre par transposition. Le loup en avait été incapable dès qu'il avait lu dans ses yeux, qu'il avait vu le même éclat, la même recherche d'idéal et de réponse. Tout ceci lui avait rappelé à quel point il avait besoin de lui pour se contrôler. La prison le rendait indolent et plus ça allait plus les chances de sortir d'ici devenaient infinitésimal. C'était comme si son entrée ici l'avait rendu animal avant de lui redonner un peu d'humanité pour qu'il garde conscience d’où il se trouvait. Pourtant, il se l'était promis. Plus jamais il ne montrerait à quelqu'un qu'il avait été blessé, malgré cela, il se sentait clairement brisé. Les gardiens avaient raison, il n'était plus le grand méchant loup, et il n'était pas non plus le petit chaperon rouge, il tenait clairement le rôle de la mère-grand en ce moment même.

Il se tournait alors vers Octave lorsque ce dernier prit la parole. Il avait du mal à comprendre directement sa phrase jusqu'à de nouveau penser à ce fameux mortel. C'était possible. Peut-être qu'il ne remarquait pas à cette période à quel point il était important et qu'à présent, il était plus lucide et moins étranger à ce sentiment, sentant encore son odeur parfois sans savoir si c'était son imagination ou si c'était parce qu'il était tout prêt. Il en venait même à angoisser de se dire que, peut-être, il était enfermé là, à supporter la même chose que lui. Plausiblement sans même se demander si lui survivait à tout cela. Et dans tous les cas, le loup se verrait mal demander aux gardiens s’ils avaient connaissance qu'un tel était présent.
Le lycan se réveillait alors de toutes ces pensées bien trop vanille pour lui. Il questionnait le brun qui finit par tourner la tête. Son regard était comme éteint, neutre et transi. Cette lueur était comme arrivée d'un coup, comme si la question en elle-même l'avait refroidi sur place comme du cyclohexane.
À l'avenant de se protéger d'un éventuel état, un sourire revint bien vite sur son visage presque innocent, lui répondant alors par la même formulation.
D'un non de la tête et d'une nette préférence pour fixer le mur en face, Fenrir essayait tant bien que mal d'oublier cette posture de soumission de sa part, aussi excitante que dérangeante tandis que le brun partait sur ses états d'âme; aux enrôlements de On Sait Qui, quand ce dernier cherchait des âmes innocentes ou non à pervertir de ses idées malsaines puis à sa vie en général.
Octave prit alors la flasque, avalant quelques gorgées comme si chaque mot le desséchait un peu plus.

Le loup, lui, écoutait, fixant toujours un point inconnu bien au-delà des murs froid et gris qu'il contemplait que trop souvent.

Il revint sur Octave lorsque ce dernier changeait de sujet, soupirant un peu avant de le presser autant qu'il pouvait sans le casser en deux, contemplant toujours la pierre froide, ses chaînes traînant un peu sur le sol.

« Désolé de te dire que je pensais à tout sauf à une Française en te regardant. »

Encore fallait-il qu'il pense une seule fois à ça dans sa vie. C'était quand même drôle de savoir qu'Octave était clairement à sa portée, à sa merci, et que la seule chose qu'il faisait actuellement était de l'aider à se soigner.

« ... et dis m’en plus sur ce ‘’quelqu’un’’ et son combat. »

Il gardait cette drôle de vision en tête avant de réfléchir à la deuxième partie de ses propos. Il n'en avait jamais parlé à personne et jamais il ne divulguerait son identité. Alors pourquoi s'exprimerait-il à un autre détenu ? Un combat interne commençait alors dans son esprit. Azkaban était réellement capable de vous rendre fou jusqu'à vous faire oublier vos principes et vos idéaux. Cet être était le seul pour lequel il ressentait encore quelque chose. Il voulait juste le protéger de tous ces monstres qui peuplaient cette terre. Et le lycan avait déjà échoué en se retrouvant ici, ne sachant pas où il était ni même s’il ne souffrait pas quelque part. Cette pensée le fit remuer un peu la tête pour essayer de la chasser le plus rapidement possible.

« C'est un des miens. Je le protège du monde extérieur depuis gamin. Ce qu'il a vécu dans son enfant s'est répercuté sur son état mental... Il entend des voix, ce genre de chose. Je suis le seul qui arrive à le calmer suffisamment pour les faire taire. »

Il est le seul qu'il ne touchera jamais et il traquerait nuit et jour les gens qui oseront le faire.

« Il est le seul auquel je tiens... »

Celui qu'il avait protégé et qui l'avait ramené ici. Il s'était empressé de s'interposer entre lui et les aurors pour qu'il puisse partir rapidement. Déjà blessé, il n'avait pas pu se battre assez pour pouvoir s'échapper. Il espérait alors que ça est servi à quelque chose... Fenrir ne supporterait pas l'idée de le savoir moisir ici.

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MessageSujet: Re: [Février 1987] Collocation forcée [Octave Holbrey] Lun 17 Juil 2017 - 15:13

Dire que c’était un bulldozer aurait été un euphémisme. Et Greyback avait la carrure de ces personnes à qui l’hyperbole convenait bien mieux que les atténuations, quoi qu’il fût bien diminué, le pauvre loup, coincé entre ces murs. Mais tout de même, Octave ne se serait jamais douté que cette montagne de muscles soit aussi compacte, ni qu’elle soit aussi déterminée à l’enfoncer dans le sol jusqu’à l’aligner avec la pierre. Son souffle, d’abord tant bien que mal contenu par sa poitrine, finit par s’échapper dans un souffle lourd d’exhalaison, tandis que ses poumons se faisaient presser comme des demi-citrons. Pourquoi diable une simple tentative d’hémostase se transformait-il en asphyxie ? Le jeune tenta de reprendre son souffle, mais les bras qui pesaient en chape de plomb sur son torse l’empêchaient de soulever son poitrail et sa cage thoracique se déployait en largeur, sans grand succès. Octave aspira par le ventre. Il n’y avait pas à dire, le garrot était efficace puisque non seulement son sang ne coulait plus, mais il sentait très nettement son cœur battre sous les mains poilues et grasses du loup. Ses blessures s’électrisaient de douleur, mais cette-dernière avait quelque chose de profondément soulageant et se présentait non pas comme l’approche d’une apoplexie, mais plutôt la brûlure vive de la vie battant encore à l’intérieur de son corps. Sa tête se remit à tourner néanmoins, alors qu’il luttait contre les deux pilonnes pressés contre son poitrail, essayant de réguler le mouvement affolé de son cœur par manque d’oxygène. Pourtant, il était certain d’aller mieux. Physiquement en tout cas.

Octave jeta un regard incertain au loup, concentré qu’il était à ne pas étouffer. Pourtant, plus le temps passait, moins il avait le sentiment d’être réellement écrasé, même plutôt réprimé. Soudain il crut identifier de la panique en l’oiseau qui se débattait contre ses côtes. Tout ceci n’était qu’une impression ? L’impression d’étouffer. Les deux bras qui l’écrasaient lui avaient rappelé l’étau intransigeant de l’angoisse, qui de sensation se muait presque en réalité. Elle l’avait paralysé déjà à maintes reprises par le passé et ce fantôme palpable l’avait affolé plus qu’il ne l’aurait fallu. Octave s’arrêta de respirer un instant, plantant ses yeux de jade dans le visage de Greyback. Il s’était cru calmé, mais voilà que ça repartait, et la présence potentiellement menaçante du grand et large corps massif au-dessus de lui n’avait rien arrangé. Quelle faiblesse… il se détestait encore plus. Comme s’il fallait tout reprendre à zéro. Etrange, comme il aimait à manquer d’air, mourir un peu par asphyxie érotique, mais s’emplissait d’angoisse lorsque ce n’était pas son cou que l’on serrait. Octave ne connaissait que trop bien l’étreinte de l’inquiétude insensée, celle qui broyait les poumons et empêchait de respirer, comme Greyback le faisait présentement. Il ne s’était pas attendu à retrouver une sensation si familière et avait paniqué. Au milieu de l’hiver, j’ai découvert en moi un invincible été…

« Désolé de te dire que je pensais à tout sauf à une Française en te regardant.
- Tu m’en diras tant. * »

Articula-t-il d’une voix basse et un peu grelotante. Une grimace se dessina néanmoins sur son visage. L’humour, toujours l’humour pour se cacher du sérieux ; pour se dédouaner un peu, minimiser les importances. Et surtout pour dégager la sensation horriblement familière de se faire étrangler par les bras de l’univers tout entier. Octave déglutit avec difficultés avant d’exhaler une dernière fois. Ses petites mains vinrent rejoindre les poignets de Greyback sans les serrer, enlaçant les avant-bras de ses doigts fins et longs dans une geste accompagnateur. Au milieu de l’hiver, j’ai découvert en moi un invincible été… La panique inexpliquée s’atténua doucement. Le jeune homme s’humecta les lèvres et ferma les yeux, essayant de savourer à présent la sensation d’enlacement qu’éprouvaient ses doigts et la maîtrise de la pression sur ses côtes. Au milieu de l’hiver, j’ai découvert en moi un invincible été… La douleur et l’angoisse lui avaient presque fait perdre de vue la question posée. S’était-il vraiment attendu à ce que Greyback daigne répondre à sa question ? Non. Cela dit, qui pouvait savoir ? En de circonstances normales, il aurait pu rêver, mais la prison était un milieu d’exception. Le silence, pourtant, se poursuivait et Octave se demandait s’il n’avait pas définitivement touché un point sensible ? Un point à retenir, donc. Les absences de réponse le mettaient bien plus sur ses gardes qu’une tentative d’échappée. Au milieu de l’hiver, j’ai découvert en moi…

« C'est un des miens. Je le protège du monde extérieur depuis gamin. Ce qu'il a vécu dans son enfant s'est répercuté sur son état mental... Il entend des voix, ce genre de chose. Je suis le seul qui arrive à le calmer suffisamment pour les faire taire. Il est le seul auquel je tiens… »

Octave considéra le loup d’un regard singulier, scrutateur au possible, faisant de Greyback le sujet d’une analyse complexe, longue et appliquée. Il dévisagea ses traits sans répondre, courbant les protubérances sauvages de son faciès animal. Il y avait quelque chose de profondément primitif en ce personnage, qui s’illustrait par un front large et lourd, pesant sur ses yeux ronds de chien comme la toiture d’une maison s’affaissant. Un long nez de corbeau, épais et une bouche taillée en fente au-dessus d’un menton volontaire et presque agressif. Pas de douceur sur ce visage, nulle part. Que de la grossièreté dans l’exécution, comme si les seules émotions qu’il pouvait éprouver se devaient d’être dénuées de toute délicatesse. Diable sombre, son relief se distinguait à peine sous la hauteur noire du plafond. En comparaison, Octave se sentit douillet et fragile, pétale d’orchidée qui avait miraculeusement poussé dans la pierre d’Azkaban. Même ses mains, qu’il avait toujours considérées comme relativement rêches, s’avérèrent douces au contact bourru de la peau rocailleuse de Greyback. Mais c’était bien de l’affection dont venait de lui faire part cet homme, rude et bourru tel un morceau de charbon ; et non pas d’une affection éparse de chef de meute, mais d’un sentiment exclusif.

L’espace de quelques fugaces instants, Octave eut envie de se moquer, le sarcasme prenant les devants, faisant briller son regard d’une lueur méchante. Il ne pouvait s’empêcher d’être profondément touché par l’ironie de ce que disait Fenrir. Car n’était-ce pas lui qui était connu pour briser des enfances et rendre les gens fous de crainte et de malheur ? Mais le voilà maintenant qui protégeait l’un des siens contre des dangers qu’il créait lui-même autre part. Un retour de bâton bien mérité en soi. L’ironie de l’existence n’avait de cesse de le surprendre joliment. Probablement que Fenrir ne se rendait pas compte lui-même de toute cette splendide contradiction sentimentale. Une remarque, narquoise, faillit bien glisser, mais Octave se retint de justesse. Il était bien connu qu’on ne suivait de logique que celle qui englobait notre univers proche, se défaisant de tout ce qui nous était extérieur. L’autre était « l’un des sien », après tout et ça, ça changeait tout des autres, qui n’avaient rien avoir avec lui. Les étrangers et puis les proches ; les uns, reliefs sans nom dans la foule, les autres, des joyaux de couronne. Le mauvais réflexe étouffé, il fit les yeux de velours. Ce n’était pas le moment. Néanmoins, il savoura pleinement le délice d’une telle contradiction. Sa respiration trouvant son rythme, elle persistait à demeurer sifflante. Sa poitrine lui faisait mal, mais déjà moins par malaise que par la pression exercée sur ses blessures. Le poids de Greyback le rassurait.

Les hallucinations auditives étaient bien plus communes qu’on ne pouvait le croire. Mais l’affaire décrite ressemblait à un trouble et Octave se demandait vaguement comment ce genre de pathologie se conciliait avec la lycanthropie. Psychose paranoïaque ? Maladie neurologique ? Schizophrénie ? Ou consommation inavouée de substances toxiques ? Troubles cérébraux, psychanalytiques… Bouffées délirantes. Il lui aurait bien conseillé un suivi psy accompagné de neuroleptiques ou d’anxiolytiques… Mais peu importait ici. D’autant que les gens comme eux ne se rabaissaient que très peu sur ce genre de considérations.

« Et il est où, ton tiens, pendant que tu es là ? » Demanda-t-il sans détours. « Qu’est-ce que tu penses de cette situation vis-à-vis de ça ? De cette dépendance qu’il a envers toi ? » Cette fois, l’interrogation était un peu plus subtile, sans jugement ni accusations, Octave soulignait simplement ce qui faisait déjà partie de l’évidence. Qu’au vu de son emprisonnement, Greyback avait pu condamner son protégé à quelque chose de bien pire encore. Un lycanthrope malade mentale… ça ne pardonnait pas. Les obédiences motivées par la détresse non plus. Subtilement, tranquillement, il s’immisçait dans cette faille fraîchement trouvée, y cherchant par la même occasion son propre compte. « Je suis désolé pour toi, tu dois te sentir impuissant et t’inquiéter sans cesse… Surtout si tu es le seul à être capable de le calmer depuis son enfance. S’il est le seul auquel tu tiens, tu ferais donc tout pour lui ? » Octave marqua un silence. « J’ai le droit d’être jaloux ? Ou plutôt, ne se sentirait-il pas jaloux lui, en te voyant ? » La dernière phrase fut susurrée dans la plaisanterie, tout en ayant un fond de sérieux qui appelait à une réponse.


* dit en français.

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MessageSujet: Re: [Février 1987] Collocation forcée [Octave Holbrey] Mer 19 Juil 2017 - 18:03

Fenrir continua de presser ses pattes sur Octave, conscient de la force qu'il pouvait exercer sur le corps un peu égrotant du brun. Il lançait parfois quelques regards furtifs, à dessein d'être sûr qu'il ne l'étouffait pas. Ce serait relativement fâcheux d'avoir sa mort sur la conscience après tout ça et encore plus à un moment où il ne le souhaitait pas directement.
Et même là, ses réactions lui faisaient penser à son favori. La mort ne semblait pas lui faire peur et il prenait presque même plaisir à se sentir en danger, presque partir, à la limite de l'autre monde, un côté quasiment masochiste que Greyback connaissait parfaitement.
Ou peut-être était-ce le plaisir de se sentir appartenir à quelqu'un, entrevoir que sa vie ne tenait qu'à la décision d'un inconnu.
Le loup ne relâcha pas son énergie, restant à la même intensité, sans plus appuyer ni relâcher la pression qu'il ne sentait pas nocive. Au fond de lui, Fenrir cherchait une raison à son comportement, sentant le cœur d'Octave battre sous ses griffes, son souffle pénétrer lentement ses poumons et ressortir avec la même faiblesse. Il se l'avouait, il aimait voir la vie des gens s'enfuir de leurs corps lorsqu'il tuait. Et actuellement, il ressentait le même plaisir sans mettre en danger la vie de la personne. Son odorat lui disait également que le sang ne coulait plus, ce qui était la chose voulue à ce geste de base. Ce gosse, bien qu'insupportable, réussissait néanmoins à le rendre un peu plus humain que la normale. Était-ce à cause de la prison ? Ou de sa ressemblance interne frappante avec lui ?
Le loup lâcha un grognement incertain, fatigué de ses propres questionnements et de ses doutes. Il fallait avouer qu'il avait plus l'habitude de régler ses soucis à coup de griffes plutôt qu'à coup de requêtes.

Fenrir sentit une multitude d'émotions émaner du corps qu'il tenait sous lui. Tantôt concentré, tantôt presque serein. C'était étrange de savoir qu'une personne pouvait ressentir des choses quelque peu positives dans ce genre de situation. Le regard du loup, lui, ne quittait pas l'emplacement de ses pattes, occupé à vérifier chaque petit détail : son pouls, son rythme cardiaque, sa respiration et toute chose qui pouvait lui mettre la puce à l'oreille en cas de pépin... Il ressemblait à un pompier, espérant sauver la vie d'un pauvre jeune sorti des flammes un quart de seconde trop tard. Ou alors, dans une exactitude plus réelle, un ange de la mort, espérant sauver la victime qu'il avait lui-même mise en danger.
À ses paroles, Octave lui répondit dans une langue inconnue. Greyback semblait reconnaître du français, ou du moins une langue latine. Il ne prit pas la peine de lui demander une traduction, jetant juste un regard au visage du brun furtivement. Sa voix était basse, mais Fenrir commençait à comprendre comment il fonctionnait, se cachant derrière un humour gras pour ne pas à avoir à assumer la réalité.
Il sursauta très légèrement en sentant les mains d'Octave sur lui. La dernière fois c'était pour se libérer de son emprise sur sa gorge. Mais là, le geste était plus doux et Fenrir restait à l'écoute, relâchant un minimum sa pression. Si les gardiens débarquaient c’en était fini de sa réputation, même s’il n'était pas à un détail près. Et puis, à la seconde où ces chiens de l'enfer l'avaient attaché ici, ils étaient déjà morts. Ce n'était qu'une question de temps.

Fenrir répondit à sa question d'une voix neutre, laissant les mots filer sans réfléchir, les lèvres serrées, toujours concentré sur sa tâche en restant le plus doux possible.
D'un coup il sentit comme un étau se resserrer à l'emplacement de son cœur. Mer*e. Il en avait oublié qu'il avait toujours cet organe à cet endroit précis. Rha bêtise ! Aimer c'est souffrir. Être aimé c'est laisser l'autre nous donner ce droit. Cela faisait des années qu'il avait adopté cette manière de voir les choses. Et cela lui convenait parfaitement. Il avait vraiment besoin de tuer, d’ôter la vie, histoire d'oublier tout ça. Oublier ce qu'il était durant quelques instants, quelques secondes. Là était la vérité. Le loup n'était juste plus lui-même depuis trop longtemps. Ses propres démons commençaient à le dévorer lentement et il pouvait presque sentir leurs crocs partout sur lui, leurs ténèbres s'infiltrant alors peu à peu sous sa peau, puis ses muscles, puis son sang. Ses yeux noirs exprimaient déjà cette opacité le tourmentant. Dernière chose que ses victimes voyaient avant de rentrer dans le trou noir qu'étaient leurs morts. Voyaient-elles leurs vies défiler dans son regard avant ? Ou voyaient-elles la sienne ?

Greyback sentit le regard d'Octave sur lui, comme s’il le scannait totalement, enregistrant chaque détail, chaque courbure de peau, chaque rictus. C’en était presque gênant. Il sentit avec amertume qu'il se retenait de redevenir le gamin provocateur qu'il s'était hâté de montrer depuis qu'il était arrivé ici. Mais il ne dit rien. Son regard parlait cependant pour lui, mais le loup préférait l’ignorer, toujours au-dessus, le compressant alors que ce n'était sûrement plus nécessaire. Mais allez savoir pourquoi, ils semblaient trouver cela rassurant comme position. L'ironie de cette situation était presque assez palpable pour apparaître tel un Patronus.
Un Patronus. Fenrir avait été capable un jour d'en créer un. Quand il avait encore des souvenirs heureux. Quand il était encore capable de se le rappeler. Sa famille, ses amis. Puis plus rien. Il ne trouvait plus de bonheur même là où jadis il y en avait. Et à vrai dire, il n'avait jamais vraiment ressenti le besoin d'utiliser ce sortilège. La dernière fois qu'il avait prononcé ce nom...

*
- Est-ce qu'un loup-garou peut être un Animagus ? demanda-t-il avec sa voix de garçon qui n'avait pas mué. Et pourtant, ce passage à l'adolescence était passé il y avait de cela un moment pour lui.
- J'imagine oui...
La nuit avait bien débuté, la forêt était silencieuse malgré les quelques feuilles qui volaient. L'air était pur, quelques animaux continuaient leurs chasses nocturnes. Des ronflements venaient parfois casser le silence. La meute dormait. Tous sauf lui et l'alpha. Le plus jeune restait collé contre son chef qui le tenait dans ses bras, le protégeant du froid environnant.
- Et... est-ce qu'un loup-garou peut créer un Patronus ?
- J'imagine aussi...
Il resta silencieux, comme pour réfléchir à ses réponses.
- Fenrir ? Tu as réussi à en faire un, un jour, de Patronus ?
- Oui... Mais il y a longtemps de cela. Je me rappelle encore l'animal. Une hyène...
- Pourquoi tu ne peux plus ? Tu n'es plus heureux ?
Cette fois ce fut lui qui réfléchit à sa réponse. Est-ce qu'il était encore heureux ? Il ne savait pas. Vraiment pas.
- Je ne sais pas... C'est le genre de questions auxquelles je ne peux répondre à deux heures du matin...
- Mais. Je ne te rends pas heureux ?
Un sourire un peu gêné apparut sur le visage du plus âgé, accompagné d'un rictus de stress.
- Si, bien sûr...
- Et... Tu ferais tout pour moi ?
Le sourire s'effaça alors, laissant place à une expression de tristesse, d'incompréhension et de doute. Le plus jeune le regarda, attendant une réponse.
Fenrir soupira avant de le prendre un peu plus contre lui.
- Bonne nuit mon grand...
*


Ce souvenir. Il remontait tellement loin en arrière. Il était presque étonné de s'en souvenir aussi bien. Et d'ailleurs, il n'avait jamais répondu à cette dernière question. C'était l'époque où ils étaient encore jeunes et où ces crises devenaient un peu plus récurrentes. Et à présent qu'il approchait de la trentaine, ces crises devaient être beaucoup plus dures à gérer, surtout sans lui. Fenrir avait toujours réussi à les calmer à temps. À faire taire les démons et en contrepartie, son protégé arrivait à contrôler ses crises de colère. Il était le seul qui ne le craignait pas.
Octave finit par le réveiller de son souvenir en lui demandant où il était à présent. Ce qu'il pensait de tout ça, de cette situation, dépendance.
Au début, le lycan fut tenté de lui dire que ça ne le regardait pas, qu'il n'avait pas à savoir ces choses. Mais Greyback se contenta de baisser les yeux.

« Je n'en sais rien. La dernière fois que je l'ai vu, c'était durant la poursuite des Aurors. Je me suis interposé pour ne pas qu'ils lui fassent du mal... Je ne sais pas où il est maintenant et personne n'a voulu me dire si d'autres de ma meute avaient été attrapés ce jour-là. Et je suppose que quand il ne nous reste plus qu'une personne, on finit très souvent par devenir dépendant, quels que soient nos soucis. »

Il repartit avec un ton complaisant qui ne lui allait pas du tout. Mais cette dernière question lui fit relever le regard vers lui, le tendant directement. Il avait fait mouche. Cette même question qu'il lui avait déjà posée il y avait des années, à laquelle il n'avait pas su quoi répondre à l'époque. Mais étrangement, à présent, cela sonnait comme une évidence.

« Oui. Bien sûr. »

Fenrir savait à présent, qu'effectivement, il serait prêt à tout pour lui. Et voilà que le brun ne pouvait s'empêcher de ressortir son côté humoristique. Il était resté trop longtemps sérieux. Le loup soupira, cherchant quoi répondre à ça.

« Ce qui me surprend le plus c'est que tu sois capable de ressentir de la jalousie. Et vu que jamais personne n’en a eu pour moi, alors tu as le droit. Fais-toi plaisir. Et j'imagine qu'il trouverait ça étrange. Il n'est pas du tout du genre à partager. »

Et lui non plus finalement.

« Bon microbe, ça ne coule plus. À moins que tu aies d'autres idées en tête, joli cœur, je vais me décaler avant que cela ne paraisse trop suspect. »

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MessageSujet: Re: [Février 1987] Collocation forcée [Octave Holbrey] Jeu 20 Juil 2017 - 23:49

Désarmer quelqu’un était jubilatoire. Quel plaisir incomparable, quel pouvoir ! que de découvrir les faiblesses des autres, les passions qui les faisaient vivre, la source du suc de leur existence même ! Mais il était d’autant plus plaisant de savoir que les attendrissements d’une bête pareille allaient pour quelqu’un d’autre… Quelle charmante tendresse, affection d’un cœur que tout le monde croyait inexistant, mais Octave savait, il sentait même comme les animaux sentaient le danger, que chaque cœur abritait une douceur mortelle. Bien souvent, les individus, s’ils n’étaient pas parfaitement narcissiques, trouvaient un exutoire extérieur à leur amour assoiffé. Il n’y avait rien d’étonnant alors que Fenrir en ait un, de ces petits animaux de compagnie envers qui toute son affection allait maladroitement, mais avec dévouement, à n’en point douter. La populace apeurée oubliait bien souvent qu’il n’était pas sans âme, mais bel et bien une créature vivant en meute et donc farouchement attachée à la communion d’un ensemble. L’on disait souvent que les gens avaient leur cœur enfoui entre leurs côtes fragiles, mais Octave était maintenant certain, conforté par une énième preuve exceptionnelle, que le cœur des gens se trouvait toujours en dehors d’eux-mêmes. Quelque part, caché dans le creux d’une paume qui ne voulait pas de cette amour, et qui gardait donc le cœur entre ses doigts pour mieux le faire souffrir. Ou dans la poitrine d’un autre, accompagnant sa jumelle d’un battement fanatique. Celui de Fenrir n’était pas là, il était ailleurs, sous le sein de ce « jeune homme ».

La plupart des hommes étaient comme lui d’ailleurs, sans le savoir. Ils possédaient l’esprit d’un loup, qui se satisfaisait d’une traque. Probablement que Greyback éprouvait un certain plaisir pervers à dominer ainsi son jeune codétenu, les mains pressées en éventail sur son petit poitrail, tout près de son cœur, tout près de sa vie, les griffes raclant sa peau blême et fragile. Une supériorité physique palpable, la sensation enivrante du pouvoir à longueur de bras, volupté primitive d’avoir attrapé sa proie, force malsaine, débordante de masculinité solide, élémentaire, simpliste… Mais tout cela était loin d’égaler la délectation purement méphitique qu’éprouvait Octave en trouvant les petitesses derrière ces murailles prétendument infranchissables. Ce n’était que l’affaire d’un éclat, comme un coup de tonnerre dans un ciel d’été encore calme, mais son grondement se répercutait dans tout son corps, l’enivrant. Il regardait Greyback et ne ressentait que de l’ivresse et cette sensation familière de pouvoir voir au travers, comme s’il avait été du cristal porté au soleil. Le lycanthrope et son petit protégé, n’était-ce donc pas mignon ? Mieux que d’aller voir des chiots abandonnés dans un refuge. Ca suintait d’une tendresse poisseuse. Le petit air parfaitement sérieux de cet homme au visage rocailleux, un peu méfiant de s’être dévoilé, rendait son attachement d’autant plus jubilatoire. Et puis, ce petit geste innocent, ce frôlement lascif de doigts fins sur ses épais poignets sauvages, qui avait provoqué un tremblement de terre en son sein de loup indompté… indompté ? Vraiment ? … mh. Les loups, ça s’apprivoise, surtout entre eux.

Un petit bout de vie lui fut livré et Octave l’écouta sagement, le visage avenant et les lèvres entrouvertes, cachant comme il savait si bien le faire les soubresauts maladifs de son esprit malsain. Il se doutait que Greyback allait sentir quelque chose, lui qui avait le nez à chercher des truffes. Capacité qui allait le confronter à une allure toute en souplesse du jeune homme, tendre, à l’écoute, mais habitée par un démon qui lui aspirait un plaisir quasi-érotique. Ou peut-être était-ce à cause de cette paire de bras qui lui pressait sur les poumons, qu’il se sentait petit à petit poussé vers le rebord du Nirvana ? Octave souffla, longuement, expirant tout son soûl, avant d’aspirer l’air dans un sifflement sinistre. L’exhalaison avait asséché ses lèvres, mais leur sécheresse le contentait étrangement, énième violence sur son corps méchamment et curieusement comblé par toute cette douleur, subtilement diluée par la satisfaction de sentir Greyback démuni. Il renversa la tête, offrant sa gorge, et soupira doucement tandis que le loup lui livrait son « Oui. Bien sûr » d’une sincérité désarmante. Tant de beauté dans cette dévotion aveugle ! Bon sang, tant d’éclat ! Son étreinte se serra sur les avant-bras du loup, exerçant une légère pression, comme s’il essayait de se décharger de quelque chose à travers ce mouvement. Un ricanement finit par secouer sa pomme d’Adam, un peu amer, vaguement sceptique :

« Jaloux de lui, de toi… Etre touché par la grâce qui nous rend capable d’un tel dévouement, ou qui fait de nous son sujet, n’est-ce pas largement enviable ? »

Par habitude encore, sale et pernicieuse habitude, il éprouvait un certain mépris pour toutes ces preuves d’attachement, mais au fond, il savait très bien que c’était ce qu’il aurait voulu pour soi. Du moins, rêvait-il d’en être capable un jour, tout en se consolant à l’idée que fatalement, cet univers-là lui demeurerait éternellement fermé, en vase clos. Il n’avait jamais été en mesure de se dédier ainsi à quelqu’un d’autre que sa propre mère, et encore, lui avait-elle fait tant de mal en profitant de ses sentiments qu’il n’éprouvait plus que du dédain pour ces sentiments doucereux. Qui aurait cru qu’un animal fabuleux et dénaturé qu’était Greyback en fut capable ? Octave. Il était persuadé que même le monstre, la bête la plus noire avait son lot de faiblesses indicibles et de joies moelleuses.

« Bon microbe, ça ne coule plus. À moins que tu aies d'autres idées en tête, joli cœur, je vais me décaler avant que cela ne paraisse trop suspect. »

Octave roula ses lèvres d’étonnement avant de sourire. Un sourire qui s’élargit jusqu’à dénuder ses dents, en pépin blancs dans un fruit rouge, jusqu’au rire, coquette ondulation de sa voix grave. Puis il se calma, serra son étreinte de ses doigts déliés et toisa Greyback d’un regard bien singulier, quelque peu suave à n’en point douter.

« Reste, j’aime à rendre les gens jaloux au moins de quelque chose, même si c’est hypothétique ! Ce poids est agréable. Non ? Je suis sûr que tu sens le sang palpiter sous tes paumes et ta sensibilité y fait écho, frémissant en retour. Les pulsations de la vie… » Il rigola, encore, se moquant de soi-même et de ses divagations lyriques. « Et puis, suspect pour qui ? Je suis sûr que tu entendras arriver les gardes dix minutes avant qu’ils ne voient quoi que ce soit, te laissant le temps de détaler comme un lapin à l’autre bout de la pièce pour sauver ta virilité. A moins que… » son regard s’illumina tel une paire de diamants, dont le reflet joyeux jouait au creux de ses pupilles « A moins que le seul à trouver ça suspect, ce soit toi ? Tu as honte, mhhh ? Ca te gêne ? Trop de tendresse pour ton coeur fragile ? » Ses mains folâtres se resserrèrent gentiment pour prévenir d’une éventuelle fuite, désirant de mettre le vieux loup encore plus mal à l’aise qu’il ne l’était déjà éventuellement. Octave le taquinait gracieusement, coinçant à présent sa lèvre inférieure sous une rangée de dents virginales. « Un peu de nudité, de la délicatesse, et voilà ton honneur floué ? Je suis déçu, tu voudrais fuir un imberbe éphèbe comme tu fuis des Aurors ? »

Il resta sérieux aussi longtemps que possible, moqueur dans son allure secrètement rieuse, mais finit par éclater d’un rire franc, discret. Y avait-il donc plus que ce qu’on pouvait supposer entre un jeune esprit et un vieux maître ? Un peu plus de passion, comme il y en avait tant chez les Grecs, de l’apprentissage spirituel tout autant que physique ? Octave s’en gaussa davantage, facétieux à l’idée qu’un homme pareil ait de telles intentions débonnaires, tout en cherchant à s’en cacher farouchement. Ce n’était plus permis, ce genre choses. Mieux, ça n’existait pas ! Surtout chez les lycanthropes, aux yeux des lycanthropes-mêmes ; parce que le reste de la populace était de toute façon prêt à imputer à cette strate de la société tous les défauts, y compris la perversion de la jeunesse. Le jeune homme s’apaisa finalement, et l’une de ses mains se décolla un peu, permettant à ses doigts de venir pianoter sur la peau rêche du loup, à défaut de la caresser ouvertement. Rien de sérieux, mais l’intention avait pour seul but de troubler.

« Le microbe au joli cœur a effectivement une idée. Si je sors… Quand je sortirai d’ici, si tu veux, je peux essayer de retrouver ton Adonis. Je t’enverrai une petite lettre et une belle photo. » Pour qu’elle puisse te procurer quelques jouissances sensuelles dans ta solitude carcérale, faillit-il rajouter narquoisement. « Je m’assurerai que l’on te transmette le colis, n’aie crainte. S’il y a quelque chose que je sais bien faire, c’est de corrompre les fonctionnaires. »

A ces mots, Octave lui offrit l’un de ses regards les plus convaincants, mais aussi tentateur, pour forcer Greyback à considérer sa proposition. Motivée par… il ne savait pas encore exactement ce qui l’avait poussé à formuler une telle éventualité. Par flatterie, probablement, parce qu’il était déterminé à sortir d’ici et que sa position avantageuse pouvait le rendre indispensable, précieux, et donc nécessaire aux yeux du loup, d’ici là. Mais aussi et simplement parce qu’il le pouvait. Le goût du pouvoir, quel qu’il fut, lui plaisait et Octave en profitait dans ses moindres manifestations. Il avait essayé de se convaincre qu’il s’agissait de mansuétude, mais franchement… Bienveillant, lui ? Bon, il voulait bien avouer avoir été vaguement touché par cette histoire et être à l’origine d’un vieux cœur apaisé lui plaisait bien. Octave abaissa son regard vers leurs mains entremêlés et fit la moue. Bandage ensanglanté, pressé par une paire de bras solides, mais sales, tâchés d’un vieux rouge coagulé. Et puis ses propres mains, poisseuses de son sang, qui avaient laissées quelques traces obscènes et grasses sur les poignets épais de Greyback. Enlacement carmin passionnel, passionné et luxuriant. Tout cela était tellement vulgaire. Pourtant, il y sourit. Suspect... Vraiment ? Il jeta un regard vers le loup. Oui, mon cher Fenrir, quand il ne nous reste plus qu'une seule personne, on finit par s'y accrocher avec la force du désespoir.

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MessageSujet: Re: [Février 1987] Collocation forcée [Octave Holbrey] Lun 24 Juil 2017 - 0:40

Exposer ses faiblesses aussi facilement avait été un véritable défi. Et on ne pouvait pas classer Octave dans la catégorie des psychanalyses de confiance. Il avait toujours quelque chose sur le visage qui donnait l'impression qu'il allait exploser de rire ou sortir d'un seul coup une phrase piquante et ironique digne d'un vieux film comique des années 20.
C'était sûrement dû aux années passées ici, mais il semblait que sa carapace soit étrangement moins épaisse que celle du brun. Sa mère aurait-elle influencé ce caractère au point de briser quelque chose d'irréversible ? Il semblait réellement façonné par les mains de quelqu'un tout comme on sculpte une baguette, attendant qu'elle corresponde parfaitement à la personne choisit. Cela ressemblait un peu aux méthodes de son propre père qui pensait à l'époque qu'enfermer un gosse de 5 ans dans une cage allait en faire un soldat capable de vivre dans ce monde avec une tare repoussante par la plupart des sorciers. Mais n'est-ce pas ce qu'il faisait après tout ? Il était un mercenaire et vivait dans ce monde malgré sa condition. À moins que son père ne s'attendait à le voir professeur comme Remus ou encore auror ? Dans ce cas, oui, il avait tout loupé.

Fenrir considérait le brun du coin de l'œil. Il remarquait nettement cette lueur dans ces yeux, ces petits diables dansant autour d'un feu, riant à s'en décrocher la mâchoire. Comment réussir à le déchiffrer ? À moins que son esprit soit effectivement assez désordonné pour le comprendre mieux que personne. Le loup se demandait également si son corps suivait son esprit ou s’il gardait encore un dénué, mais hasardeux contrôle de lui-même. À moins que cela, aussi, lui échappe.

Et le voilà qui recommençait à se prendre pour un poète. Se sentit-il obligé de parler ainsi juste pour se cacher une vérité embarrassante ? Cependant, ça avait le mérite de le faire réfléchir. Était-il réellement esclave sans le vouloir de ce sentiment ? Bien sûr que oui. Et prétendre le contraire aurait été stupide. Comment supposer que non alors qu'il était enfermé ici pour cette simple raison ? De plus il ne comptait plus les nuits blanches dans le seul but que lui se repose, prenant ses tours de garde quasiment à chaque fois, faisant grogner de jalousie les autres. Combien de fois avait-il ignoré ses erreurs alors que personne n'aurait pu lui cacher quelque chose dans sa propre meute. Oui, il avait effectivement les membres menottés quand il s'agissait de lui.

Et tout ceci l'embarrassé. Il n'avait pas l'habitude de se confier et encore moins à quelqu'un qu'il connaissait à peine et qu'il avait essayé d'étriper dans les 10 premières minutes. La tension sexuel semblait horriblement présente également. Il tentait alors une échappatoire, trouvant une excuse pour déserter, convaincu qu'il serait soulagé de reprendre le dessus sur la situation, depuis bien longtemps perdu de son point de vue. Un large sourire sur son visage naissait et Fenrir se rappelait qu'il n'avait pas affaire à quelqu'un indubitablement logique avec une liaison au danger standard. Il était bien à l'antipode de tout ça et semblait s'amuser de cette situation plus que de raison, explorant chaque fissure pour pouvoir reprendre l'avantage quand ce dernier était au fond du gouffre. Octave semblait avoir très vite compris que son excuse ne tenait pas debout, son ouï était bien entendu assez développé pour appréhender le moindre frôlement de vêtement bien avant d'entendre les bruits de bottes sur le sol.

« Et puis, suspect pour qui ? Je suis sûr que tu entendras arriver les gardes dix minutes avant qu’ils ne voient quoi que ce soit, te laissant le temps de détaler comme un lapin à l’autre bout de la pièce pour sauver ta virilité. À moins que… »

Le loup grognait légèrement à ses paroles, se vendant tout seul à la vérité par cette modeste intervention. Lui pouvait deviner ce qu'il ressentait par l'odeur. Mais Octavesemblait pouvoir le faire également par un autre chemin. Et il exécrait qu'on puisse être à son niveau.

« À moins que le seul à trouver ça suspect, ce soit toi ? Tu as honte, mhhh ? Ca te gêne ? Trop de tendresse pour ton coeur fragile ? »

« Ferme-la... »

Le lycan tente de se retirer, fuyant cette position bien trop douteuse à son goût et surtout le côté trop lucide d'Octave qui donnait l'impression qu'il devinait tout. Bien entendu que s'il le voulait, il pouvait se libérer de ses mains fragiles avec une grande aisance. Mais ça aurait été d'admettre encore plus qu'il avait raison, et le loup refusait cette solution encore plus que son embarras à être sur lui.
Un silence de plomb finit par tomber sur la cellule, laissant de nouveau comme seul bruit le claquement des vagues et les gémissements d'autre prisonnier. Combien de fois Fenrir avait tendu l'oreille en espérant et en appréhendant par la même occasion, entendre le son de sa voix ? Savoir au moins qu'il était présent, et surtout en vie. Car même s’il sentait que le jeune subsisté encore, de nombreux doutes s'installaient en lui chaque minute. Octave semblait alors le deviner, desserrant sa poigne avant de soumettre une idée au loup.

Ce dernier le dévisagea un moment avec un air interrogatif alors qu'il terminait son monologue, attendant une réponse qui ne vint pas tout de suite. Que cherchait-il réellement ? Quelles idées malsaines pouvaient se cacher dans ce regard qui pourrait paraître sincère aux premiers abords ? Qu'est-ce qu'un gamin comme lui pouvait attendre en retour d'un loup en prison ?

« Rappelle-moi pourquoi je te ferais assez confiance pour te divulguer son identité déjà. Qu'est-ce que tu cherches en fait, Octave ? Donne-moi une simple bonne raison de te dire oui. À toi, alors que tu portes l'odeur de la trahison à plein nez bien cachée derrière ce joli visage d'ange. Tu es très loin de l'être spirituel à qui je pourrais tout confier. Donc. Donne-moi une simple bonne raison autre que l'éternelle "tu saurais qu'il est en vie". »

Jamais Fenrir ne mettrait en danger ce gosse juste pour son propre besoin. Bien sûr qu'il aimerait qu'on lui dise qu'il avait changé de vie au point de former une famille, oubliant alors son passé tortueux et se faisant soigner à Saint Mangouste avec les meilleurs médicomage, mais, il espérait se tromper également, par pur égoïsme. Il était à lui.

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MessageSujet: Re: [Février 1987] Collocation forcée [Octave Holbrey] Mar 25 Juil 2017 - 17:30

Il n’y avait que ceux qui assumaient qui pouvaient se targuer de demeurer stoïques devant de telles accusations. Accusations ? Qui avait parlé d’accusation ? Le ton y était peut-être, mais alors juste le ton. De ceux qui vous poussait à vous justifier. En tant que tel, Octave s’en moquait bien, mais ça, le loup ne le savait pas encore, alors même si cela avait été une blague, elle fut dite sur un ton si badin et provocateur qu’il ne restait plus que la défense pour un cœur pétri de fierté, celui d’un homme, un vrai. C’était d’autant plus cocasse que Greyback débordait de testostérone comme du lait bouilli. Mais bon, étrangement, c’était toujours ceux qui n’avaient à priori rien à prouver qui s’énervaient le plus. Sauf si la fierté primait sur l’exubérance. Ce qui semblait être le cas présentement. Au lieu de retirer ses bras avec dégoût, comme l’aurait fait tout néandertalien à la pensée courte, Greyback n’avait pas bougé, manifestant son mécontentement par un simple grognement. Là était le ventre mou de la virilité et Octave adorait passer ses doigts dessus pour en iriser la surface. Un simple frisson, et voilà qu’un loup devenait un chat, gonflant sa queue en plumeau. Attentive, la jeune victime traduisait les silences comme les paroles, trouvant son contentement en tout, car chaque chose avait un sens, même une absence de réaction. Même le « Ferme-la » craché au visage ne parvint pas à faner sa nature, si ce n’est véritable joviale, joliment joueuse. Les gens lui prêtaient toutes sortes d’intentions, tant il donnait l’impression de poursuivre un but, mais véritablement son grand plaisir était de dépecer ces grands corps robustes et ses poitrines gonflées de fierté. C’était bien l’un des terrains sur lequel il se sentait le plus sûr de soi, certain de sa capacité à sonder les visages et les gestes. Il n’y avait pas de bonnes réponses, ni de mauvaises, mais l’éternel piège de la perspicacité.

Bon, très bien, il ne s’était pas reculé, mais cette situation ne lui plaisait donc pas, tout comme les mots du jeune homme. Ce dernier arqua d’ailleurs un sourcil taquin, sceptique de voir l’animal bien docile pour un alpha. Alors quoi, ces bêtes vivaient-elles selon les préceptes anciens, dans la joyeuse et pour le moins libératrice pratique de la pédérastie ? Rien de pervers, voyons, seulement des érastes et des éromènes gambadant joyeusement dans la forêt, aux sons de quelques lyres et de cris de loups, s’adonnant de temps en temps à ce qu’on nommait subtilement l’éducation des adolescents par des partenaires adultes. Non, bien sûr que non. Ils étaient fauves, pas païens. Fauves et humains, et donc parfaitement ancrés dans la culture occidentale de leur époque. Non, Greyback devait juste s’étouffer pour ne pas partir au courant. Pourquoi ? Mais parce que fuir était aussi humiliant que de se supposer uraniste, voir même plus. Et comme tout le monde sait, trop insister sur le contraire était gage d’un aveu silencieux. Greyback avait eu raison de ne pas s’emporter, mais Octave ne pardonnait quand même rien. Il débusquait les fiertés mal placées, les orgueils remplumés, les secrets honteux, tous ces manquements dont personne ne voulait parler, mais qui étaient si gros qu’une moindre évocation provoquait des réactions disproportionnées. Alors, il avait vu juste. Etrange, comme les gens se sentaient obligés de rouler des mécaniques, alors qu’il aurait suffi de bêtement avouer le mésaise dans laquelle cette situation le plongeait, parce qu’ils n’étaient pas là dans leurs relations et n’atteindraient jamais ce degré d’intimité… Mais bon, non, trop sensé, trop humble, pas assez de solidité masculine dans cette tirade civilisée. Tant pis, Greyback était parvenu à se mettre mal à l’aise tout seul, par la simple force de sa pensée et de ses propres considérations. Octave n’avait rien eu à faire que gentiment lui suggérer ce qui était potentiellement dérangeant. Chochotte va !

Sous cette peau poilue, Greyback était tendu comme du cuir de tambour. Va savoir, peut-être qu’en tapant dessus ça ferait le même bruit vibrant ? Suite à sa proposition, si subtilement et entièrement tournée vers le dévoilement indirect de son cœur tendre, vint le silence et quelques regards dubitatifs, auxquels Octave s’était préparé. Il n’en fit rien, lui offrant le même regard tentateur, à couvert de ses longs cils épais et comme fardés de noir. Il suffisait de captiver l’intérêt par une innocente proposition pour faire oublier tous ces affronts à la pudeur énoncés plus tôt. Pourtant, par sa considération, Greyback se vendait, tripes et peau avec. Trop d’intérêt, pas assez d’indifférence. Octave avait presque l’eau à la bouche de découvrir le visage de celui qui pouvait bien avoir toutes les faveurs inavouées d’un loup pareil.

« Rappelle-moi pourquoi je te ferais assez confiance pour te divulguer son identité déjà ? Qu'est-ce que tu cherches en fait, Octave ? Donne-moi une simple bonne raison de te dire oui. À toi, alors que tu portes l'odeur de la trahison à plein nez bien cachée derrière ce joli visage d'ange. Tu es très loin de l'être spirituel à qui je pourrais tout confier. Donc. Donne-moi une simple bonne raison autre que l'éternelle "tu saurais qu'il est en vie". »

Il se retint tant bien que mal pour ne pas rouler des yeux. Que c’était commun et sans intérêt ! Greyback réagissait comme tant d’autre énergumènes avant lui, se laissant prendre au piège banalement tendu entre les lignes, leurré par une composition laissant entendre qu’il avait la possibilité de négocier. Sauf que ce qu’il avait oublié, c’était qu’Octave proposait un service, et non l’inverse. En apparences, le jeune garçon ne voulait rien. Ce dernier d’ailleurs perdit tranquillement son sourire. Son visage devint indolent et il toisa un instant l’animal au-dessus de lui, avant de simplement hausser des épaules. Il ne lui avait pas fait une demande en mariage pour espérer du fond cœur être accepté. Il avait bien eu quelques expectations concernant cette affaire pour la tourner en son avantage, mais il était aussi trop fier pour avoir l’air désespéré autrement que par choix personnel. Et puis de toute façon, il pouvait bien se passer de tout ça, ce n’était qu’un bonus. Ses yeux roulèrent dans ses orbites, observant le plafond, puis les murs, tandis qu’il faisait mine de réfléchir. Finalement, avec candeur il articula, se faisant la clairvoyance-même :

« Il n’y a aucune bonne raison. »

Octave toisa le loup, sérieux comme s’ils parlaient d’un plan pour s’échapper d’ici. Même ses doigts, qui pianotaient jusqu’alors distraitement le poignet de l’animal, avaient cessé leur mélodie silencieuse. Le jeune homme pencha ensuite la tête, vaguement indifférent, fronçant délicatement son nez à l’idée qu’il puisse sentir la trahison. Que c’était vilain ! Si peu délicat comme insinuation… Si mal rattrapée par l’ironie de son joli visage !

« Je n’ai fait que te proposer quelque chose que je serai bientôt en mesure de faire. C’est à toi de trouver tes propres raisons. Tu fais ce que tu veux. Tu es parfaitement libre d’accepter, ou non. En attendant, tu parles de trahison, mais je ne t’ai pas vendu aux gardiens quand ils sont venus, je t’ai même laissé ma gamelle. Je t’ai dit que je ne le ferai pas et je ne l’ai pas fait, alors c’est impoli de suggérer que je suis déloyal alors que je n’ai rien fait pour mériter ça. A t’écouter, je suis pétri de mauvaises intentions. »

Il ne paraissait pas blessé, juste un peu blasé. Octave baissa les yeux sur ses mains, soupira de son souffle sifflant et long, un peu saccadé par quelque chose qui lui restait coincé entre travers de la gorge. Même si Greyback n’acceptait pas maintenant, la relation qu’il avait exposée avec son petit zoophile de protégé laissait croire qu’il allait considérer cette proposition encore pendant longtemps avant de craquer, éventuellement. Le but étant finalement de planter la graine suffisamment tôt pour lui laisser le temps de pousser tranquillement et mieux éclore. Au vu de ce que le loup lui avait dit, Octave devait être la première main tendue dans sa direction depuis longtemps. Normal qu’il ne lui fasse pas confiance au début, mais il allait immanquable se rapprocher pour renifler. Et puis ce « tu sauras qu’il est en vie » … c’était une tellement bonne raison ! Pour ne pas dire la meilleure, en fait. Parce que pour quel autre motif, que celui purement égoïste, pouvait-on s’inquiéter de la santé d’autrui ? La tranquillité personnelle. Octave ne savait pas lire dans les odeurs, mais était certain en revanche qu’à la lumière des derniers paroles, Greyback n’était pas juste curieux, mais véritablement préoccupé. Alors, même s’il appréciait la pression sur son torse et le rapprochement forcé que la position leur imposait, Octave déroula ses doigts de serpent et laissa ses bras choir avec une désinvolture indolente le long de son corps d’olive. D'une voix basse et calme, il déclara mollement, du bout des lèvres, comme s'il livrait un aveux :

« Si tu veux, tu peux y aller. » Il marqua un silence résigné avant de rajouter, l’air de vouloir y croire juste pour donner une bonne raison au loup : « Je crois que ca va mieux maintenant. »

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MessageSujet: Re: [Février 1987] Collocation forcée [Octave Holbrey] Dim 6 Aoû 2017 - 0:28

Fenrir sentait vraiment que ces réactions étaient différentes. Il avait l'habitude de répondre normalement par la violence et non par la parole. Le loup n'était pas des plus excellents dans les relations, quelle qu'elle soit. Et encore moins avec quelqu'un comme Octave qui semblait tout deviner sans réellement suivre la moindre logique de raisonnement. Et pourtant, il lisait plus en lui que lui ne lisait dans le brun, ce qui le rendait vulnérable. En règle générale, il faisait toujours en sorte d'avoir le dessus, d'être le leader, celui qui menait la danse, mais pas dans cette conversation. Il l'avait clairement pris de cours et à vrai dire, il n'avait pas prévu qu'il reste aussi longtemps ni qu'il soit encore en vie d'ailleurs.
Avec le recul, il se rendait bien compte que ses paroles étaient indignes de lui. Il devenait fade, sans répartie. Le courage lui manquait et la force également. Fenrir grognait doucement comme à chaque fois qu'il était contrarié, perdant son regard dans le mur en face. Depuis combien de temps, n'avait-il pas vu autre chose que ses pierres humides et grises ? Lui qui vivait dehors toute l'année, il n'avait jamais supporté l'enfermement bien qu'il y soit contrait depuis de longues années, lui laissant le temps de ruminer. Ces questions l'avaient trop retourné, repenser à lui n'était pas la meilleure chose même s’il se rendait compte qu'il n'avait jamais réellement quitté son esprit. Et voilà qu'il en perdait l'usage de la réflexion.
Le loup se tournait lentement vers la fenêtre sale où seulement un morceau de ciel gris pouvait encore être vu. À croire que même le soleil fuyait cet endroit morbide. À croire que tout fuyait cet endroit, sauf les détraqueurs qui avaient trouvé une cantine réjouissante.
Son regard se baissait, croisant finalement celui du brun.
Il ne lui faisait pas confiance, c'était un fait. Mais qui pourrait avoir confiance en lui également, personne. Ils étaient dans le même bateau et il n'avait rien à a offrir au brun en retour, surtout bloqué entre ses quatre murs. Peut-être que ces intentions étaient juste neutres, sans bonnes ou mauvaises idées derrière la tête. Mais la perception même que quelqu'un s'approche de lui le rendait fou. L'avait-il finalement lui-même mis en danger en finissant ici, croyant le protéger ? C'était probable. Et depuis qu'il était enfermé, il se torturait l'esprit avec cette idée.
Et sans le vouloir, le brun le persécutait également rien qu'en lui proposant ce choix, rien qu'en lui laissant une option d'ailleurs. Le loup le toisait un peu alors qu'Octave le fixait également, arrêtant ses gestes sur son poignet qu'il avait fini par quasiment oublier.
Il avait cependant raison. Il n'avait pas besoin de bon ou de mauvais argument pour lui proposer ce genre de service. La seule chose qu'il pouvait attendre de lui, c'était de le laisser en vie. Et pour le moment, Fenrir ne prévoyait pas sa mort, sauf si on le lui demandé.

Durant quelques secondes, le loup faillit revenir sur ses paroles, mais il se ravisa bien rapidement. Il était peut-être totalement en dehors de son état normal, mais il n'était pas non plus tombé assez bas au point de s'excuser face à un sorcier qu'il jugeait comme inférieur. Cependant, ses paroles le faisaient réfléchir. Il ne l'avait pas dénoncé et lui avait effectivement proposé sa nourriture sans même une monnaie d'échange.

« Très bien, j'ai jugé trop rapidement. Tu as raison, la seule bonne raison est de savoir qu'il est toujours en vie... Cependant, même si j'acceptais ta proposition, je n'ai aucun moyen de te donner la moindre information. Il est sûrement encore avec ma meute, en train de m'attendre quelque part et c'est à tes risques et périls d'essayer de les trouver. Ou peut-être est-il tout simplement également entre ces quatre murs. » Dit-il avant de s'arrêter quelques instants. « J'accepte.... Ta proposition... Parce que je n'ai absolument plus aucun choix... »

*Je n'avais plus aucun choix* ces mots résonnaient encore dans sa tête. Il avait toujours eu le choix. Il avait rarement pris le meilleur, mais il avait toujours eu plusieurs options. Mais pas à l'heure actuelle. La seule chose qu'il pouvait faire était d'attendre. C'était ou accepter ou continuer de ruminer dans son coin, se répétant inlassablement qu'un jour, quelqu'un lui avait proposé de donner des nouvelles de son protégé et qu'il avait tout bonnement refusé, par fierté, par ego et sûrement par peur d'apprendre une vérité qui l'angoissait jour et nuit.
Il avait tout de même l'impression qu'on lui arrachait un peu ces mots de la bouche, mais qu'il y avait également une sorte de soulagement d'avoir réussi à les dire. C'était rare qu'on lui propose une main tendue et concrètement cela l'arranger que quelqu'un fasse l'enquête à sa place alors qu'il était comme un rat ici, attaché et finalement non opérationnel.
Octave allé l'aider, sans parler des potentiels risques qu'il pouvait prendre. Et s’il osait par la suite ne pas tenir sa parole, Fenrir serait dernier lui dès qu'il sortirait d'ici. Il perdait plus dans l'histoire que le lycan. Même s'il commençait presque à l'appréciait. Presque.

Fenrir sentait alors ses doigts se dérouler de ses poignets pour finalement les laisser nus. Son regard se perdait sur ses propres avant-bras avant de regardait ailleurs, fuyant le regard du brun sous lui. A se demander qui était le louveteau entre les deux à cet instant.

« Je vais rester encore un peu, pour. Être sur, dit-il en penchant légèrement la tête avec un regard presque timide. Il ne faudrait pas que l'hémorragie reprenne. »

Le beau mensonge que voilà. Et le plus comique, c'était qu'il n'avait pas la moindre raison de rester non plus. Mais cette position le rassurer. Cette proximité avec quelqu'un lui combler le manque qu'il avait en lui en tant que chef de meute, de loup solitaire, mais acceptant la compagnie des autres lorsque cette solitude pesait trop. Il se détendait au fur et à mesure que les secondes passaient et cela l'apaisait.

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MessageSujet: Re: [Février 1987] Collocation forcée [Octave Holbrey] Dim 13 Aoû 2017 - 21:03

Il avait parfaitement conscience, en regardant dans ces fentes déshumanisées, qu’il profitait de l’énorme faille, si ce n’est un gouffre, que creusait la solitude en chaque prisonnier condamné à demeurer dans ce lieu sordide. Dans un autre endroit, où les conditions avaient été moins extrêmes, Octave n’aurait pas eu beaucoup de chances. Mais ici, ils étaient tous voués à eux-mêmes, sans possibilité de se distraire sur autre chose que leurs propres pensées et l’écoulement du temps, qui n’en finissait pas de tourner en rond dans ce pays invariable. Pour le moment néanmoins, il avait l’avantage de la raison. Si son monde n’avait pas été dénué de tragédies jusqu’à maintenant, il n’avait cependant pas encore fait face au labyrinthe de son propre esprit. Il n’avait pas encore eu le temps de se noyer dans la véritable solitude, implacable, immémoriale, celle qui vous faisait espérer la moindre caresse, même si elle devait émaner de votre pire ennemi. Non, le frêle et revêche Adonis courbait voluptueusement son galbe d’olive, montrait son duvet doucereux pour ne surtout pas avoir à affronter ce qu’il savait pourtant inévitable dans un coin de son esprit. S’il n’avait pas concrètement expérimenté la perdition, il la sentait néanmoins par instinct chez Greyback ; ce loup devenu presque docile à force de n’être enfermé qu’avec soi, à terroriser quelques pauvres condamnés qui avaient perdu toute lucidité bien avant de pénétrer l’enceinte de ces murs noirs. Il voyait cette lueur naissante de folie, de désespoir cuisant scintiller telle une lointaine étoile dans le noir de ses pupilles. Des brumes sinistres se présentaient à sa perspective, lui cachant les lointaines rosées de la libération. A Azkaban, on s’enfonçait dans l’abîme de la désagrégation mentale par une succession de phases dont chacune était plus atroce que la précédente -tant il est vrai que le cerveau humain pouvait devenir un arsenal de supplices plus efficaces que tous ceux qu’il avait imaginés, institués et expérimentés depuis des millions d’années, dans des millions de pays, sur des millions de victimes hurlantes.

Bref, les circonstances étaient exceptionnelles et lui, petit chanceux de bas étage, avait eu assez de présence d’esprit pour prendre du recul au point de rebondir sur toute cette sensibilité morbide. Si un jour Greyback venait à sortir, peut-être lui en voudrait-il pour cet aparté presque mièvre, ou on l’aura eu non par la force, mais par l’usure. Et Octave serait alors le seul détenteur d’un pareil secret, le seul à avoir amadoué le grand loup non pas par sagacité, ni par bénéfice du doute de la part de Fenrir, mais bel et bien par fourberie et lâcheté. Mais avait-on véritablement un autre choix dans de telles circonstances ? Pouvait-on espérer autre chose que ça ? Ces discussions étranges où personne ne se comportait comme il le ferait d’habitude. Des moments qu’on préférait oublier après, parce qu’ils auront représenté une part de nous-même qui nous faisait honte ou peur, tandis qu’on se croyait incapable jusqu’alors de faire preuve d’aussi peu de prudence et de force morale. Comme toutes ces lacunes qui surviennent dans des circonstances si inattendues et spécifiques qu’on préfère les oublier, continuer à vivre sans un seul souvenir de cette exception, mais avec à l’esprit, toujours la crainte de voir cette faiblesse revenir nous submerger par surprise, et sans raison.

Octave se contentait donc de ce qu’il avait, jouant la comédie comme sur la scène d’un grand théâtre, au péril de sa vie, pour sa survie et sa santé mentale. Et puis, parce qu’il n’avait pas envie de descendre au même niveau que Greyback, s’offrant par sa proposition futur un espoir supplémentaire de sortie, un but, une perspective qui étendait ses traits au-delà de cette prison. Il avait écouté son codétenu lui concéder la vérité sans ciller, ni abandonner son air tendrement mélancolique. Savoir qu’on ne lui faisait pas confiance faisait presque partie d’une longue tradition. Il ne s’était offusqué que par principe, et parce qu’avouer que Greyback avait raison de se méfier n’aurait en rien arrangé les choses. Face à ce monstre attendri par sa condition de vie, il valait mieux discrètement faire appel à son bon sens et à son désir de renouer avec l’humanité pour ne plus souffrir, plutôt que de partir dans des conflits insensés. Lorsque le loup finit par accepter sa proposition, Octave n’en fit rien, continuant à regarder quelque part au-delà des murs, dans le lointain vague de quelques perceptions intimes. Il ne voulait en aucun cas brandir le drapeau du gagnant, crier victoire au risque de donner trop d’importance à ce pacte qu’ils venaient de signer tacitement. Trop de joie, et Greyback risquait de faire marche arrière, suspicieux de voir le jeune homme aussi ivre d’allégresse perverse. Car même s’ils étaient en bonne voie pour se supporter sans aversion, tout n’était que calcul, pas de velours faits sur un champ d’œufs vides dont il ne fallait surtout pas casser la coque fragile.

« Je vais rester encore un peu, pour être sûr. Il ne faudrait pas que l'hémorragie reprenne. »

Octave avait délicatement relevé ses paupières, laissant ses longs cils noirs se démêler jusqu’à regarder ce visage taillé dans la nature-même, mu maintenant par la timidité qui ne voulait pas avouer sa propre douceur. L’expression du jeune homme, demeurée discrètement mélancolique jusqu’à présent, affublé qu’il fut par ses yeux lourds et sa bouche arquée, se mua doucement en une bienveillance délicate. Son visage entier se détendit, teintant ses yeux d’une braise attisée par le feu d’un esprit paisible. Tous deux acceptaient maintenant cette proximité en apparence forcée, mais dans laquelle chacun d’eux trouvait une raison. Du réconfort peut-être. Il n’osait pas vraiment se demander ce que cette attitude pouvait bien apporter à Greyback ; si c’était le sentiment de dominer, ou des aspirations bien plus tendres qui l’animaient. Car il ne demeurait rien de plus paradoxal que de s’imaginer qu’ils pouvaient tous deux finir dans cette demi étreinte par simple volonté, par désir de se faire apprivoiser. Et comme pour les dédouaner, Octave commenta :

« Non, en effet, sinon tu pourrais avoir des problèmes. »

Le constat glissa entre eux, ébranlant de ses ailes faiblardes l’air entre leurs deux visages, secouant l’atmosphère de ce qu’on pouvait considérer comme étant une convenance. Après tout, ce n’était pas la peine de se justifier. Et Octave eu la sensation de presque briser l’équilibre de non-dits qui s’était formé à mesure de leurs taquineries bancales. Toutefois, malgré tout, le fait de ne pas se faire abandonner, de persister dans ce contact étrange le rassurait. Encore un instant de plus où ils ne s’éloignaient pas, encore un instant de plus où la folie demeurait à une distance acceptable. Ils n’étaient pas seuls tant que quelque chose subsistait entre eux. Ce fut avec cette idée finalement qu’Octave consentit à fermer les yeux. Et dès qu’il le fit, la fatigue tomba. L’accumulation inavouée d’angoisses épuisantes, et si bien repoussée par une panique latente, l’avala comme un rouleau de vague. Jusqu’à cette accalmie, qu’ils étaient parvenus à créer avec Greyback, Octave n’avait pas senti à quel point tout cela l’avait abattu. D’un coup, il sentit ses yeux le piquer comme une nuée de poussière. Il n’avait pas eu l’intention de s’endormir, ni même de somnoler, mais il se sentait maintenant suffisamment en confiance pour détendre sa nuque, baisser son menton jusqu’à entrouvrir la fente humide de ses lèvres. Un soupir sifflant en secoua la pulpe, tandis que sa poitrine luttait contre le délicieux poids du loup. Il se laissa finalement aller à une respiration lente, jusqu’à sombrer dans un sommeil qui tirailla un temps les traits de son visage, agitant ses membres de soubresauts nerveux. Pourtant, il ne rêva de rien…


-------


Assidument, Octave avait systématiquement partagé sa nourriture avec Greyback, ne se laissant néanmoins jamais aller à quelques considérations trop doucereuses à son égard. Ils étaient faibles, mais chacun avait encore sa fierté, qui les empêchait probablement d’être parfaitement honnêtes. Même si ce n’était pas véritablement le cas du jeune garçon, ce-dernier respecta l’orgueil du loup, le taquinant néanmoins à quelques reprises. Dans les jours à venir, dès que ces forces lui furent revenues, il questionna son codétenu concernant son petit protégé, souhaitant se faciliter la tâche dès sa sortie. Il n’avait, après tout, pas non plus l’intention de mourir en exécutant sa proposition. Leurs conversations demeurèrent étranges, ne finissant, ni ne s’interrompant jamais vraiment, mais connaissant plutôt de sortes de longs silences, jusqu’à ce que l’un ou l’autre ne se décide à reprendre la parole -ce qu’Octave faisait souvent en premier, par nécessité et puis surtout pour ne pas rompre le fil. Il tâcha de s’intéresser au loup sans le froisser, ni trop heurter son intimité, quelle qu’elle fut. Il lui avoua quelques anecdotes à son sujet en échange, s’efforçant de demeurer dans le flou et cachant soigneusement tous les détails qui pourraient lui être compromettants. Au final, leur conversation, qui dura bien quelques jours à en juger par les rations de nourriture apportée, ressemblait à celle de deux inconnus qui s’accostaient dans un bar parce qu’ils en étaient les seuls clients. Désireux de ne pas sombrer dans l’alcoolisme solitaire, ils échangeaient quelques détails, parfois précieux, parfois sans grande importance.

Jusqu’au jour où Octave s’évanouit pour de bon, aussi soudainement que si Greyback lui-même lui avait asséner un coup sur le crâne. Blanc au point de paraître translucide, son état s’était dégradé en peu de temps. Il n’avait su dire si c’était les gardes qui l’avaient retrouvé au moment de donner la pitance, ou si c’était le loup qui les avait prévenus, mais il se souvenait s’être réveillé sur une couche étroite, plus ou moins propre, avec le visage d’un médicomage au-dessus du sien. Il avait, semblait-il, attrapé une septicémie, non pas de la main du loup, mais à cause de la blessure mal soignée, qui avait d’ailleurs persisté à s’ouvrir de manière intempestive durant les jours passés. Il aurait apparemment pu se faire infecter à ce moment-là, à cause du manque de soin convenable, qu’il s’était obstiné à éviter pour ne pas trahir son codétenu. Et puis, il ne s’était même pas senti malade…

Bien évidemment, considérant que sa punition avait assez duré et s’était même plutôt mal finie, les gardiens l’isolèrent dans une cellule usuelle. Octave ne trouva ni de bonnes raisons, ni le courage de lutter contre ça et se laissa faire, sachant parfaitement que cet instant avait dès le début été inévitable. Il avait simplement espéré que Greyback n’avait pas eu à subir les conséquences violentes de cette aventure. Non pas par considération, mais parce qu’il se savait être le coupable de ses propres blessures et, plus généralement, de cette situation.

Là, sans grande surprise, les détraqueurs affluèrent, à tel point qu’il ne savait jamais si c’était toujours les mêmes qui revenaient, ou s’ils faisaient la file indienne devant sa porte de fer forgé. Des gémissements se faisaient entendre au loin, tout comme des complaintes parfois distinctes qui lui glaçaient le sang, tant elles semblaient venir du fond des tripes. Mais seulement au début, car ces choses là se répétaient si souvent qu’il eut tôt fait de sombrer dans l’habitude morbide des suppliciés. A quelques reprises, il tenta des escapades contre ses geôliers dans l’espoir qu’on le renvoie chez le grand méchant loup, mais il était si faible et ses tentatives si minables qu’on n’en faisait jamais rien. Il devint rapidement un gamin névrosé, aux yeux louches et à la lèvre mollasse, souffrant de ce qu’il nommait comme étant le syndrome de l’engrais. On le nourrissait, mais seulement pour qu’il puisse à son tour nourrir les détraqueurs. Et cette ronde n’avait pas de fin, à tel point qu’il en perdit le sens du temps, même si parfois il lui arrivait encore de gratter une date approximative sur la crasse du mur. Son état lamentable l’avait rendu partisan du moindre effort. Au moins une fois par jour, il se redressait néanmoins dans des explosions extatiques mais muettes où il regonflait ses muscles et soumettait son esprit à une gymnastique intellectuelle quelconque. Ces phases exaltées finissaient dans un sommeil évanoui.

De tous, il fut le plus silencieux. Sa tête, comme celle des autres prisonniers, se troublait petit à petit, s’envolant tantôt dans un tourbillon de vide, tantôt dans des noyades lyriques que sa mémoire lui apportait. D’ailleurs, cette dernière, d’excellente qualité, l’avait maintenue lucide. Pendant des heures, il se plongeait dans quelques souvenirs enfantins sans importance pour ne pas perdre le fil de sa vie. De la stupeur maladive, il passa à l’indifférence, jusqu’à oublier ses convictions de libération imminente. Son mal empirait presque aussi banalement que celui des autres, si ce n’est qu’il atteignait l’énormité écrasante d’un cauchemar perpétuel. Comme les pièces d’un puzzle, des morceaux de ciel, des morceaux de sa pensée, qu’elle qu’eut été la minutie de leur assemblage, le moindre heurt, le moindre coup de coude de gardien étourdi et insouciant, ou même une brise marine s’engouffrant par la porte suffisait à détruire la cohésion de ses fragments sans pesanteur, qui se transformaient alors en blancs indéchiffrables d’idées anonymes. Envers vides de jetons de Scrabble, que les yeux d’Octave, rivés dans le noir et immobilisés par tant de souffrances causées par les détraqueurs, ne parvenaient pas à tourner du bon côté.

Enfin ! Au bout d’un mois peut-être, on l’avait emmené dans une petite salle, la seule dans cet endroit qui fut convenablement aménagée probablement, pour rencontrer son avocat commis d’office. L’homme ne sembla pas très motivé au début, mais sitôt qu’Octave lui eut exposé sa situation financière agréable, ainsi que quelques promesses faites en échange d’un enthousiasme plus convaincant, l’obligé se transforma en humble serviteur, prêt à tout pour satisfaire son client, pour peu qu’on rajoutât un zéro ou deux à son chèque. L’affaire n’était pas compliquée en soi, mais il fallait quelqu’un qui ait les mains libres pour l’accomplir. Hésitant quelque peu, Octave désigna finalement un proche ami, Emanuel d’Anselme, en tant que témoin, en plus d’Abel, le seul amant de sa mère qu’il avait pu considérer comme étant un paternel potentiel dans sa jeunesse adolescente. Dans la foulée, il insista auprès de son défenseur ahuri -mais finalement consentant pour peu qu’on le paye-, qu’il se débrouille pour qu’on nourrisse Fenrir Greyback correctement. Il y avait toujours quelqu’un à corrompre avec de l’argent, toujours.

Après quoi, il ne lui resta plus qu’à retourner dans son trou en attendant des nouvelles…

Se refusant à subir une nouvelle rechute après cet épisode béni de quiétude auréolée d’espoir, sachant que le répit ne pouvait être qu’éphémère, Octave se maintint consciencieusement éveillé, toujours alerte malgré les visites des détraqueurs, entrainant son esprit dans une continuelle orchestique laborieuse. Il apporta une importance capitale aux détails, qu’il avait négligés jusqu’à présent, car on oubliait vite les petits riens de l’existence une fois plongé dans le rien infini… Ce fut peut-être ici, bien plus que durant les années passés, qu’Octave gagna véritablement en sang-froid, presque pernicieux et pervers tant il était maîtrisé. L’angoisse, qui le faisait vomir au début, le rendait maintenant aussi dur que le fer, comme si quelque chose dans son métabolisme était parvenu à utiliser ses frayeurs pour les annihiler. De temps en temps, sa pensée allait à Greyback, qu’il entendait hurler lors de la pleine lune. On lui avait servi, paraissait-il, quelques proies entretemps, et aucune n’était parvenu à demeurer aussi longtemps qu’Octave en sa compagnie.

Ce fut cette pensée qui, par ailleurs, resurgit lorsque quelques semaines plus tard Octave finalisait ses affaires avec son avocat, qui avait accéléré le processus pour un troisième zéro, que Manu avait assuré de sa propre poche en avance, Merlin soit loué. Il demanda à soudoyer quelqu’un pour revoir le loup avant son départ, imminent selon les mots de son gourmand défenseur. D’une certaine façon, penser à Greyback l’avait également sauvé de la décrépitude sans espérance. Chaque jour, il avait mené une sorte de journal immatériel, dans lequel il consignait les actions imaginaires de son étrange codétenu, décortiquant les actions qu’il l’avait vu avoir au début. Quelque chose le poussait également à vouloir mettre un point à cette rencontre, une poignée de main conventionnelle imaginaire au moins pour finaliser cette histoire. Il s’était après tout évanoui sans prévenir, dans un coin, pour se réveiller et ne jamais plus revoir l’animal, malgré ses tentatives. Lorsqu’il avait vu l’avocat pour la première fois, ses pensées étaient toutes allées vers ses perspectives de libération.


-----


Le fonctionnaire ministériel besogna bien car à peine deux jours après sa demande, des gardes vinrent le récupérer, un peu vacillant et étourdi, pour l’emmener vers une porte et une odeur qui étaient restés gravés dans sa mémoire comme un fait quasi-historique. Il avait maigri. Et lui, qui n’était déjà pas bien épais, ses côtes ressemblaient maintenant à une cage qui abritait l’oiseau fou qu’était son cœur. Mais son visage, surtout, avait changé. Il n’avait pas vieilli -pas en trois mois-, ni ne s’était ridé. Il semblait fatigué, mais quelque chose s’était durci dans son allure, comme si on avait coulé du plomb sur le revers de ses joues. Faiblard, on le porta presque, avant de le poser sans dire un mot sur le sol de la cellule de Greyback. Il n’y avait rien à dire, ni à justifier, tout avait été payé, c’était aussi simple que ça. La demande saugrenue fut évincée de toute question néanmoins, lorsque la bourse pleine de gallions avait été glissée dans des mains potelées, quelques jours plus tôt, par l’avocat du jeune homme. Octave resta allongé, attendant que les hommes s’en aillent. Et même lorsque la porte claqua, il attendit encore un instant, savourant en silence la distance qu’avaient pris les détraqueurs, et qu’il sentait plus fort que jamais.

Il se redressa enfin, toujours habillé des mêmes vêtements que la première fois, sauf le t-shirt, qu’on avait remplacé par une sorte de chemise grossière en lin beige. Avec le temps, la lassitude s’était faite et il ne trouva pas vraiment la force pour faire de l’esprit. Ou était-ce la maturité qui enduisait son comportement d’une dure réserve ? Il continua à toiser la porte, sans tourner sa tête pour constater le loup, se redonnant contenance pour ne pas offrir à Greyback en guise de retrouvailles une mine quelque peu déconfite, blasée jusqu’au l’os. C’est qu’il n’était pas de ceux qui avaient tendance à tirer les autres vers le bas, rien que pour soi. Enfin confronté à quelqu’un d’autre, même si cet autre demeurait dans son dos, Octave sentit à quel point il s’était racorni pendant ces quelques mois. Peut-être exagérait-il enfin, et c’était davantage le découragement imposé par cet endroit qui le laissait aussi placide et presque désintéressé, qu’un véritable trait de caractère qui s’était forgé entretemps. Pourtant, il sentait que quelque chose était mort. En cet instant, il avait l’impression d’être à tout jamais privé du moindre signe d’émotion esthétique.

Quelque chose était mort, mais quelque chose d’autre était né, sans qu’il ne puisse cependant dire exactement quoi. Longuement, il s’était abandonné à une lutte secrète pour ne pas sombrer. Maintenant, il en sentait le prix peser sur son moral et son visage. Tout son être en fait respirait l’impassibilité paralysée, comme si tout était condamné à demeurer reclus à l’intérieur de son esprit sans jamais en franchir les barrières. Il en était ressorti très certainement plus flegmatique et imperturbable. Non pas parfaitement anéantis, mais doucement renfermé.

Ce fut d’une couche plus profonde du passé qu’il exhuma un sourire. Ce dernier étira tendrement ses lèvres blanches et fines. Il s’assura de la probité du rictus avant de se retourner et de jeter un regard taquin au loup, comme s’ils ne s’étaient jamais séparés. Il voulait lui faire croire que rien n’avait changé, que lui n’avait pas changé, mais c’était véritablement loin d’être le cas et il savait que cela devait se lire d’une manière ou d’une autre dans ses yeux, ses traits -malgré l’énergie qu’il mettait à attendrir son allure-, ou son attitude. Tout comme lui avait vu plus tôt, dans le regard de Greybck, que cet endroit altérait la pensée d’une façon ou d’une autre. Mais sa désillusion, la majesté de son désenchantement, autant conceptuel que spirituel, concevrait la coquetterie volubile des penseurs cyniques. Ses cheveux avaient visiblement poussé en une touffe châtaine aux reflets de cuivre, à tel point qu’il dut passer une main salle entre ses mèches pour les ramener en arrière. Sa barbe en revanche, n’avait pas progressé sur son visage imberbe. Son œil, pétulant, brillait d’une lueur facétieuse, néanmoins irrévocablement teintée par cette étrangeté douteuse -qu’on retrouvait parfois chez les esprits mis à mal avec férocité et injustice, mais qui refusaient d’en ressentir le goût amer envers et contre tout-, qui allait le suivre dès à présent.

« J’ai séjourné dans un sanatorium, tu ne me croiras pas ! » Sa voix, dont il n’avait pas fait usage depuis longtemps, ou seulement pour murmurer, sortit extrêmement roque et enrouée. Il s’empressa de rectifier la chose en se raclant la gorge, tout en se retournant et en soulevant les pans de sa chemise pour montrer ses côtes saillantes : « Remise en forme intégrale, diète équilibrée pour mieux faire ressortir l’ossature. » Il parla comme un présentateur publicitaire, d’une voix veloutée au possible, mais enraillée comme la roue d’un vieux vélo. Ensuite, il pointa de son doigt sale les nombreuses tâches de crasse qui hâlaient sa peau d’un brun basané : « Uniformisation du teint pour un rendu expédition longue durée dans la boue, un peu comme pour un safari. » Il passa encore une fois une main dans ses cheveux, mais cette fois avec une gestuelle experte « Coupe de cheveux à la mode. Et enfin… » Son doigt décharné descendit jusqu’à son torse, qu’il dénuda juste assez pour dévoiler les cicatrices que lui avait laissés Greyback. Ces-dernières avaient guéri sous les soins du médicomage, mais elles demeuraient profondes, comme suspendues entre deux gradations. Pas totalement cicatrisées, malgré le temps passé, ni vraiment fraîches. Le rouge des plaies avait cédé sa place à un rouge plus profond encore, celui de la coagulation sous-cutanée, mais semblait refuser de passer au blanc de la guérison définitive. La marque paraissait récente, sans véritablement l’être. « La blessure courageusement obtenue lors de l’attaque sauvage d’un animal dangereux, pour le style ! »

Octave demeura figé dans sa démonstration, comme un acteur attendant les applaudissements pour son joli spectacle. Mais sachant parfaitement que rien ne viendrait, il finit par nouer ses mains sur ses genoux et son visage se fit quelque peu grave, tandis qu’il s’expliquait :

« Je vais bientôt partir. Je voulais te dire au revoir. Et te demander si tu voulais quelque chose. Quelque chose d’autre. Mon avocat s'est trouvé très efficace et les gardes ici très corruptibles. »

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MessageSujet: Re: [Février 1987] Collocation forcée [Octave Holbrey] Jeu 31 Aoû 2017 - 22:47

Depuis, Fenrir ne cessait de penser à son louveteau. Était-il bien là où il était ? Était-il en bonne santé ? N'avait-il pas fait d'erreur en acceptant ? Si son attachement pour lui se révélait au grand jour, qui sait ce que les mangemorts seraient capables de lui faire juste pour le maintenir en leurs pouvoirs. Octave le sortit alors de ses pensées. Décidément, c'était de plus en plus habituel.

« Non, en effet, sinon tu pourrais avoir des problèmes. »

*Ce serait fâcheux, en effet* pensa-t-il innocemment. Ils restèrent silencieux comme deux statues de cire. Même la respiration du loup-garou se faisait plus lente, plus silencieuse. Il ne savait pas comment, ni pourquoi, mais la présence d'Octave commençait à le calmer, faisant un peu taire ces angoisses, sa colère. C'était comme si un peu d'espoir pouvait encore pénétrer cette cellule. Ces quatre murs semblaient moins rapprochés, moins oppressants. Il avait toutes les bonnes raisons de faire en sorte qu'il reste ici, comme le brun en avait également l'envi. Cependant, il n'était toujours pas à l'aise, fuyant son regard de renard rusé au maximum, faisant semblant de s'intéresser à la moindre chose sans importance sans pour autant quitter son poste.

Les minutes passaient, toujours dans un silence de plomb qui, étrangement, paraissait moins lourd au fur et à mesure. Le loup avait beau être un monstre qui ne ressentait plus grand-chose, il sentait qu'il n'aurait jamais le courage de le tuer, même si l'occasion se présentait. Si un jour leurs chemins se recroisaient, son compagnon de cellule aurait, de nouveau, la chance d'être un des rares survivants. Un alpha ne touchait jamais à un membre de sa meute sans une raison justifiable, et, actuellement, Octave prenait un peu la place de ce fameux clan tant convoité. Peut-être que l'humain était toujours là, caché derrière le loup, refaisant surface lorsque certaines âmes arrivaient à détruire cette carapace.

Il vit ces yeux se fermer doucement, comme si, durant des heures, ces derniers s'étaient forcés à rester ouverts. Il sentait Holbrey se détendre peu à peu sous ses pattes. Sa respiration se calmait, comme son pouls. Fenrir pencha un peu la tête pour l'observer. Pour la première fois, il le sentait presque en paix et en confiance. Même son esprit semblait s'évader, malgré ses paupières qui s'agitaient légèrement, comme si celles-ci cherchaient tout de même à s'ouvrir. Le lycanthrope resta comme ça un moment, avant de se redresser et s'étirer. Il regarda rapidement autour de lui comme pour vérifier que personne n'était présent, mais le calme de la nuit semblait apaiser les pires maux, et même les vagues avaient décidés de faire une pause. Il récupéra un vieux tissu qui faisait office d'oreiller, qu'il plaça sous la tête du brun après l'avoir légèrement redressé. Il finit par s'allonger à ses côtés, passant son bras autour de lui, se donnant l'excuse de maintenir son bandage, histoire de se rassurer lui-même.

Ce simple geste le ramena des années en arrière, lorsque pendant les nuits froides de décembre, il essayait tant bien que mal de protéger son louveteau. La cellule était, heureusement, plus proche de la cave que de la chambre froide. L'état d'Octave n'était pas critique et que Fenrir se trouvait proche de lui. Toutes ces composantes allaient lui éviter de mourir geler durant la nuit. Fenrir resta un moment comme ça pour l'observer, avant de finalement sentir le sommeil l'accompagner ailleurs. Il ferma les yeux également, se promettant que tout ceci resterait clairement secret.

------------------

Les jours passaient et leur entente, finalement, était loin d'être éphémère. Les conversations restaient cordiales sans jamais outrepasser l'intimité de l'autre. Octave était plus calme, moins engoncé dans sa provocation et l'hybride un peu plus ouvert à la discussion. Ils parlaient de beaucoup de choses, parfois sans vraiment de finalité. Très souvent, c'était le brun qui commençait, transformant toujours un détail insignifiant en une discussion conviviale. Il l'interrogeait également sur sa meute et sur celui qu'il allait devoir trouver. Ils s'échangeaient des anecdotes, gardant toujours une part de mystère, ne s'avouant qu'à moitié les faits. Ils partageaient la nourriture et la cellule. Parfois, le lycan avouait à demi-mot qu'il l'appréciait et chaque nuit, il avait le même rituel. Fenrir l'observait s'endormir avant de se positionner à côté et l'entourer d'un bras, se cherchant à chaque fois une nouvelle excuse fantasmagorique pour lui-même.

Puis un jour, alors qu'il fixait le mur d'un air morose, il finit par ne plus l'entendre. Fenrir tourna la tête vers son compagnon d'infortune en murmurant son prénom, le voyant pâlir à vue d'œil. Il plissa légèrement les yeux, répétant son prénom alors que le brun finissait par s'évanouir. Sans même réfléchir, il s'élança pour éviter que sa tête ne heurte le sol. Fenrir grogna, pris d'une étrange panique. Après coup, il prit tout ce qu'il avait sous les pattes pour les jeter contre les grilles. Il espérait faire naître un boucan déplaisant pour ramener les gardes par ici, le plus rapidement possible. Il maintenait toujours le brun, mais finit par le poser au sol délicatement. Greyback angoissait toujours à cause de cette situation et passa une main dans ses cheveux dans un signe de nervosité. Comme si ce geste allait l'aider à remettre ses idées un peu plus en place...


Les chiens de garde de cet enfer finirent par arriver. Ils lui ordonnèrent sèchement, avec une haine visible, de reculer. Le loup-garou le fit et, pendant ce temps, deux d'entre eux récupérèrent le corps évanoui et l'emportèrent en dehors de la cellule, sûrement pour l'emmener rapidement à l'infirmerie. Le loup essaya d'expliquer la situation, mais le dernier garde lui planta sa baguette dans la gorge et le menaça de lui faire passer un sale moment s'il trouvait une corrélation entre son état et lui. À partir de là, il savait parfaitement ce qui l'attendait, mais il l'acceptait. Au moins, le brun allait enfin être soigné, comme il aurait dû l'être depuis un petit moment.

Quelques jours plus tard, le garde revenait, le toisant de toute sa hauteur, sa supériorité brillant comme le soleil tellement elle était évidente pour lui. Et pourtant, le loup ne cherchait même plus à se rebeller, acceptant seulement son sort. Il se prit ce jour-ci tellement de coups qu'il lui avait été impossible de se lever dès le troisième sortilège. Preuve était faite, c'était lui qui avait blessé Octave au point de devoir l'emmener en urgence vers l'infirmerie, une infection naissante à travers ses cicatrices mal soignées. Il le savait en vie néanmoins, heureusement. Il lui fallut plusieurs jours pour aller mieux. Plus de temps que pour la dernière fois et sûrement moins que pour la prochaine. Ses pensées allaient vagabonder vers la cellule d'Octave parfois. S'en sortait-il avec les détraqueurs ? Il devait sûrement les rendre plus fous que l'inverse, connaissant le brun. Souvent, sans s'en rendre compte, il essayait de percevoir ces possibles cris, mais aucun ne lui parvenait. Fenrir espérait que ce soit porteur de bonne nouvelle, douce pensée naïve.


Entre-temps, plusieurs autres détenus avaient afflué. Aucun ne l'intéressait et il ne prenait même plus la peine de les effrayer. Il les laissait juste dans leur coin, se parlant à eux même ou essayant parfois de gratter la pierre du bout des ongles avec un regard vide et des paroles encensées. Peu été resté très longtemps, par sécurité suite à sa mauvaise humeur ou tout simplement parce que les gardes remarquaient qu'il ne faisait pas le job qu'ils souhaitaient qu'il fasse.

La pleine lune approchait et avec elle, la prise forcée de potion tue-loup. Ses symphonies, ces nuits-là, n'étaient pas des hurlements de haine, mais plus de désespoir, de tristesse et d'appels désespérés pour sa meute. Appels qui, jamais, n'avaient de retour. C'était dans ces moments-là qu'il portait bien son prénom. Fenrir, le loup, fils du Dieu Loki et de la géante Angrboda, jugé trop dangereux et donc enchaîné. Cette histoire lui redonnait parfois espoir, se rappelant que ce dernier avait réussi à se libérer pour la bataille prophétique Ragnarök. Cette légende sonnait-elle comme une prophétie ?
Sa mère lui avait toujours compté des histoires de ces mythologies nordiques avant de s'endormir. Quelle douce ironie d'avoir choisi ce prénom. Ou peut-être était-ce lui qui avait été influencé sans le vouloir.

Son pelage noir, cependant, n'était plus brillant et touffu comme autrefois. Il était terme et abîmé par endroit, plus rèche. Sa queue battait l'air de plus en plus faiblement et son museau levait vers le ciel, chantait à la lune. La potion tue-loup devait le faire paraître tellement plus innocent, peut-être misérable.

-------------------

Adossé contre le mur, il essayait péniblement de reprendre un peu de force et de courage, mais tout semblait comme effacé, envolé. Les derniers jours avaient été plus que pénibles et même si son côté loup-garou lui permettait de guérir vite, ce n'était plus le cas actuellement. Son corps n'arrivait plus à puiser dans les ressources nécessaires et sa cicatrisation restait plus lente que la normale. "Un corps sain dans un esprit sain" n'avait jamais été pour lui une référence et ça l'était d'autant moins actuellement.

Ses yeux s'ouvrirent péniblement lorsqu'il entendit la porte s'ouvrir, une odeur familière lui arrivant vite au museau. Son regard se ferma alors sur un Octave faible, mais bien vivant. Ce dernier se redressa enfin avant de se retourner et il reconnut rapidement ce regard qui, jadis, l'avait énervé, avant de devenir routinier. Le même sourire sur ses lèvres qui cachait bien des cauchemars. Combien de fois s'était-il  réveillé parce que ce dernier s'agitait dans son sommeil, proie à des pensées sauvages et mesquines ? Un nombre que Greyback garderait pour lui tout comme ces nuits où il était resté souvent à ses côtés, comme il l'avait fait jadis avec son protégé, vérifiant sa chaleur, son pouls et sa respiration pour être sûr que tout allait bien. Cette pensée le fit finalement un peu sourire, alors qu'il levait le regard doucement vers le sien. Il était tellement engourdi, comme paralysé totalement, qu'il ne chercha pas à bouger plus.

Octave finit par parler. Sa voix semblait sortir d'outre-tombe, comme si elle n'avait pas été utilisée depuis des mois. Fenrir était quasiment certain que de la poussière était tombée de ses cordes vocales dès la première syllabe. Finalement, Octave avait combattu fièrement et s'était relevé au prix de nombreux sacrifice comme tout le monde ici. Cependant, même si physiquement, on sentait les traces souvent indélébiles d'Azkaban, son esprit lui était resté presque intact. Plus intact que la plupart des vivants entre ces murs. Il l'écoutait lui faire sa présentation, toujours avec ce sourire au bord des lèvres, le regard terne, mais présent. Même dévasté, il gardait toujours un côté taquin et blagueur.


Le loup baissa un peu les yeux, faisant un non de la tête, comme s'il était fatigué par ses bêtises, lorsqu'il présenta ses anciennes blessures. Les blessures que le loup lui avait faites, à présent cicatrisées.

- Ça te fera quelque chose à raconter à tes futures conquêtes... Ça marche à chaque fois. Ça les fait craquer, il parait.

Sa voix aussi était fatiguée et ses yeux fixaient toujours le sol. Une surface qu'on finissait par oublier tellement elle était maculée. Toujours affalé sur le mur, les paroles d'Holbrey lui firent du bien. C'était sûrement la première fois que quelqu'un en dehors de sa meute était sincère. Son cœur de pierre animal se serra légèrement et redevint un organe d'émotion, de nouveau plus qu'un simple organe vital.

- Reste en vie... Et... dis-lui qu'il me manque... S'il te plaît.

C'était peut-être la dernière fois qu'il pouvait prononcer ces mots et il voulait à tout prix qu'il les entende, au cas où. Ce gamin lui avait tellement apporté, beaucoup plus sûrement que l'inverse. Son état empirait et plus ça allait, plus il se demandait s'il allait sortir de là en vie. Voir, même, s'il allait rester vivant encore longtemps. Sa voix était des plus faibles et sa respiration de plus en plus difficile. Il ne voulait pas crever ici. Ce n'était pas la fin qu'il avait espérée. Son regard était vide, mais paraissait également humide à ces mots. Voir Octave partir était plus douloureux qu'il ne l'aurait pensé, mais il garda bien évidemment ce léger détail pour lui-même. Peut-être que le traitement amélioré, grâce à son avocat, allait le faire tenir un peu plus longtemps. Cependant, plus le temps passait, plus il se demandait si la mort n'était pas plus réparatrice que n'importe quelle gamelle de nourriture. Une triste fin pour le plus grand loup-garou d'Angleterre, le chef de la meute la plus dévastatrice. La pensée qu'il retrouve son protégé lui donnerait-il assez d'espoir pour garder sa puissance et surtout attendre son retour ? Il l'espérait.

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SITUATION AMOUREUSE SITUATION AMOUREUSE: Pas vraiment seul, mais presque.
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MessageSujet: Re: [Février 1987] Collocation forcée [Octave Holbrey] Dim 3 Sep 2017 - 1:07

Cette résignation ne leur allait guère. Ou plutôt, elle se prêtait parfaitement à la situation, dans un endroit qui avait pour but d’étouffer tous les espoirs, mais cet anéantissement fataliste était en si franche osmose avec cette cellule que toute l’âme d’Octave en frémissait de dégoût. Il détestait cette sensation, qu’il avait tant éprouvée et si farouchement combattue durant tous ces mois, de se faire vaincre, dominer, dompter par cette prison. Son moral était devenu de plus en plus courroucé, morose, et il n’avait pu y faire grand-chose, sentant tout le poids de ces murs peser sur lui physiquement, tandis que son corps se recroquevillait, tremblant de la moindre souffrance. Avec Greyback, ils s’étaient soutenus pendant une courte période, sans se rendre compte peut-être à quel point cette cohabitation leur avait été salutaire, peu enclins qu’ils étaient à s’avouer leurs faiblesses. Mais les voilà tous deux achevés, et même l’humour insufflé par la force du courage n’avait pas trouvé son aboutissant convaincant.

Maintenant, après tout ce temps, ces retrouvailles étaient teintées du goût amer de la séparation, si mal supportée finalement, où chacun voyait en l’autre, comme dans un miroir, sa propre décrépitude. Octave néanmoins, refusait encore de croire que le visage de Greyback était ne serait-ce qu’un peu le sien. Que la pitoyable carcasse désespérée, à peine réactive, figée comme si ses membres s’étaient pétrifiés avec le temps, lui ressemblait de loin, ou de près. Pourtant il devait s’avouer que la prison l’avait asservi, réduit à la servitude avec la facilité ridicule de l’usure. Il se sentait d’autant plus pitoyable en voyant l’avancée déliquescence de son codétenu. Et cette pensée était insupportable maintenant qu’il avait acquérir l’espoir et la certitude d’une libération proche. Etrangement, savoir que Greyback avait réussi à descendre encore plus bas dans les méandres de la désagrégation rendait sa propre amertume d’autant plus agaçante. Ils se redécouvraient dans le renoncement, se toisant de regards qui n’avaient la force d’indiquer un quelconque intérêt ou surprise, éternellement envahis par un fond de souffrance. Octave vint même à regarder les genoux du loup, se demandant si en se levant, ces derniers, rondelets, n’allaient pas se mettre à trembler. Lui n’était pas mieux finalement, car ses yeux, même si présents, étaient quelque peu fixes, comme s’il ne pouvait s’empêcher de regarder quelque chose au loin.

- Ça te fera quelque chose à raconter à tes futures conquêtes... Ça marche à chaque fois. Ça les fait craquer, il parait.

Coquille vide d’un humour sans saveur ni envie, juste pour répondre quelque chose, mais dépourvu de la moindre once de conviction. L’aigreur du jeune homme ne s’en fit que plus intense, une lame mordant sa chair avec une froideur brûlante. Comment était-ce possible que sa propre libération n’en devienne soudain aussi peu avenante ? Peut-être parce qu’il avait conscience de laisser derrière soi quelqu’un qu’il ne pouvait décemment aider, ni secourir. Sa souffrance n’avait pas le doux goût de la délivrance, mais celui d’une échappée qu’il pouvait se permettre parce qu’il ne méritait pas sa place ici, tandis que le système en lui-même ne changeait pas d’un pouce. Ah ! Sa propre douleur l’avait rendu mou et attendri, au point d’éprouver de la pitié doucereuse pour les autres détenus. Au fond cependant, il regrettait un peu de vivre dans un monde où ce genre d’extrémités étaient nécessaires, oubliant presque que Greyback lui-même faisait partie des raisons pour lesquelles elles existaient. Il n’était pas heureux de partir, juste fatigué. Et cette fatigue l’empêcha de sourire de cet anti-humour, le confortant dans un désespoir qu’il n’avait pas pour raison de ressentir autrement qu’à cause du loup.

- Reste en vie... Et... dis-lui qu'il me manque... S'il te plaît.

Octave hocha lentement de la tête, fixant à présent lui aussi tout sauf Greyback. Cet aveu de faiblesse tout ce qu’il y a de plus tendre en vérité, le dégoûta profondément. Non pas parce que la douceur éprouvée l’exaspérait, mais parce qu’il y voyait la confession de l’abandon. Le loup parlait comme s’il fut sur son lit de mort, signant d’une croix son testament et envoyant des messagers pour dire après sa mort ce qu’il pensait de ceux qui n’avaient pas pu être présents. Octave se sentit soudain non comme l’exécutant d’une tâche chère à un cœur, mais le faiseur de dernières volontés. Que pouvait-il lui dire quant à ça ? Il n’y avait pas de réel espoir pour Greyback, aucune échappatoire envisageable à part celle qu’il pouvait se créer tout seul. Rien à espérer pour soi, et tout pour les autres. Octave ferma les yeux un instant, noué qu’il était au ventre et refusant de se laisser aller. La perspective de sa sortie lui avait prêté de la force, mais après tout, même dans les tréfonds de ce qu’il aurait volontiers assimilé à l’enfer, perdu qu’il était, persuadé d’avoir été abandonné par tous et personne, seulement s’il n’y avait pas trouvé un semblant de réconfort. Son salut fut amené par sa résignation face à sa situation. Il avait partiellement abandonné le désespoir et la peur, s’accrochant à la corde miraculeuse de ses souvenirs et au rêve mirifique que sa vie ne pouvait pas se résigner à lui, mourant ici, à moitié fou. Non, même si à jamais prisonnier, il s’était juré de garder l’esprit éveillé et agile. Ses yeux se rouvrirent donc avec éclat, et il toisa Greyback avec une sorte de colère sourde, se traduisant en une curieuse inflexion des sourcils. Il se calma néanmoins avant même d’avoir dit quelque chose, sachant qu’il n’y avait rien à faire, son agacement se muant en un air vaguement hautain. D’un ton appliqué, il répondit finalement :

« On en a déjà parlé, je t’en ai fait la promesse. Je la tiendrai, tu n’as pas à t’en faire. Ce qui implique de toute façon que je reste en vie pour garder parole. »  Leur accord évoqué lui avait rappelé avec la force de la réalité que son rôle se réduisait peut-être maintenant plus qu’à un passeur. Il avait à l'époque fait sa proposition pour forger une entente cordiale forcée. Ils avaient depuis dépassé ce genre de formalité, mais par sa déclaration, Fenrir les avait ramenés au début, lorsqu'ils n'étaient rien. Et apparemment continuaient à n'être rien d'autre l'un pour l'autre que des bouées de secours et Octave, de par sa libération proche, était le dernier lien avec l'espoir, avec la culpabilité que le loup avait gardé. Frustré ? Vexé ? Un peu... Si peu. Assez pour ne pas vouloir l'admettre. Assez lucide néanmoins pour reconnaître que tout orgueil de sa part aurait été naïf. Assez pour oublier l'éclair d'avanie qui avait transpercé sa vanité. Son regard glissa sur Greyback. Les souvenirs affluèrent quant à leurs discussions et Octave ajouta avec la voix de la pudeur : « Je saurai quoi lui dire te concernant. »

Il laissa son regard vagabonder d’un mouvement hagard le long des murs qui avaient jadis abrité sa carcasse, l’ayant modelé à volonté, avant de revenir à Greyback, dont il s’approcha d’une démarche de velours. Ses pieds nus ne faisaient quasiment aucun bruit sur la moiteur du sol. Sans aucune crainte ni dans le cœur, ni dans le regard, il observa de toute sa hauteur le loup amoché, encore plus courbé sur lui-même, tel un vieil arbre ayant prolifié de quelques branches supplémentaires et sinueuses du désespoir. A ses pieds, enchainé, il pliait sous le poids de la solitude, de l’abandon de soi et des autres, de la fatigue… Octave, au sommet de sa propre désillusion, de son abattement le plus complet, se sentait l’âme soudain plus vaillante qu’il n’en fallait. C’était comme s’il se nourrissait véritablement du malheur des autres, rebondissant dessus en rayon, si ce n’est lumineux, au moins fulgurant.

« Ce que je voulais savoir, c’est si je pouvais faire quelque chose pour toi, personnellement. Quelque chose exclusivement, rien que pour toi. Comme des privilèges, par exemple. »

Il se tut, ne précisant pas davantage sa pensée, bien que sa langue eût l’envie de fourcher vers des formulations peu engageantes. Quelque chose qui rendrait ta vie supportable. Quelque chose qui ferait que tu n’aurais pas envie de te suicider à chaque minute de chaque heure de chaque jour. Quelque chose qui ne servirait pas qu’à te conforter dans ta culpabilité, mais à éveiller ton corps et ton âme, qui te redonnerait des forces pour t’aider à ne plus être ce firmament vide d’étoiles, flaque de rien, torchon plein de crasse qui se traine d’un bout à l’autre et hurle en damné. Mais ce n’étaient pas des choses qui se disaient. A peine pouvaient-elles se faire sous-entendre pour ne surtout pas rappeler à l’autre, d’une remarque graveleuse, sa condition d’homme sans liberté, n’ayant plus le droit au désir ou aux plaisirs. Octave s’agenouilla en face de Greyback, sa condition lui donnant encore la force pour adoucir son regard et son allure. Il le considéra, penchant la tête sur le côté, non pas avec circonspection, froideur ou colère, mais nourrissant une idée en son sein. Les yeux voilés comme dans l’extase amoureuse, les lèvres entrouvertes, les dents laquées d’une salive qui brillait, fluorescente, dans cette lumière tamisée où chaque reflet blanc se faisait reflet lunaire, entretenant le languide projet que sa sensibilité lui aspirait. Il fut tenté de formuler son intention sous la forme d’une question, mais se ravisa bien vite, certain que la chose serait alors sujette à discussion. Ses lèvres esquissèrent un sourire aussi soyeux et frais qu’un jardin printanier, dissipant les cernes sous ses yeux et la fatigue figée de son visage. Il était proche, peut-être trop proche, mais cette intimité, qu’il s’était déjà plu à créer auparavant et qu’il forçait toujours, n’avait rien d’engoncé. Elle errait entre eux deux comme avant, comme maintenant, en nuage de parfum ensorcelant, fort à vous en faire tourner la tête, mais pas au point de vous asphyxier.

« Je t’écrirai, déclara-t-il sans détour. Bien sûr, pour te tenir au courant de l’avancé de notre affaire, mais plus tard aussi. Ton protégé pourra également t’écrire, si tu le souhaites. Tu voudras alors avoir l’occasion et la permission de lui répondre, non ? De me répondre aussi, éventuellement. A toi de voir. Mais quoi que tu en décides, je t’écrirai. »

D’un coup de tenaille, il avait inconsciemment espéré retirer un clou du cercueil que s’imaginait et se construisait Fenrir dans le palais de son esprit. Il voulait créer l’attente dans cet endroit où il n’y avait plus de temps. L’envie là où il n’y avait plus rien à espérer, même si effectivement, la perspective n’offrait rien que du noir, mais ce n’était pas une raison pour consentir à être aveugle. Il n’avait pas non plus tendance à la compassion facile, d’autant que Greyback était le dernier à pouvoir s’y prêter convenablement, mais abandonner derrière soi cette créature aux yeux morts lui était pourtant insupportable. Il se sentait révolté par l’état de Fenrir, méchamment galvanisé et étrangement piteux. Peut-être se sentait-il coupable de sa propre innocence...

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MessageSujet: Re: [Février 1987] Collocation forcée [Octave Holbrey] Mer 13 Sep 2017 - 18:31

C'était étrange comment les murs semblaient beaucoup plus sombres depuis qu'Octave n'était plus là. Ou peut-être que c'était sa vue qui captait de moins en moins la lumière ? Lui qui, par le passé, avait toujours eu la pleine lune qui brillait dans son regard et où seules les ténèbres subsistaient à présent. Il avait brûlé lui-même les ponts qu'il traversait, détruisant petit à petit son propre futur... Et pourtant, il n'arrivait pas, malgré son humanité restante, à ressentir la moindre compassion pour les gens qu'il avait tués. Il était actuellement un simple tronc dans une forêt de bois mort. Un alpha sans sa meute. Sans personne à protéger. Un loup mutilé dont même le chant n'était plus rédemption. Le silence planait sur ce monde las, cruel et éphémère comme le soleil couchant. Entendre la voix du brun lui faisait oublier ses propres faiblesses, mais cette voix, bientôt, n'existerait plus. Il devenait qu'un voyageur sans destination.
Fenrir essayait de rassembler toutes les pièces de sa mémoire tout en regardant Octave. Les adieux passagers n'étaient pas son fort. Il avait toujours été plus doué pour détruire que pour construire, arracher la vie plutôt qu'espérer la revoir.

« On en a déjà parlé, je t’en ai fait la promesse. Je la tiendrai, tu n’as pas à t’en faire. Ce qui implique de toute façon que je reste en vie pour garder parole. »

Il le fixa un moment, buvant ses paroles comme de l'eau. Il ferma ensuite les yeux un moment de soulagement, avant de les rouvrir trop lentement. Sa force se dispersait telles des cendres sur le sol. « Où force domine, la raison n'a pas lieu. » Cette expression prenait tout son sens actuellement. Sa raison prenait clairement le pas au-dessus de sa puissance. Peut-être est-ce la raison de sa docilité ? Ou peut-être qu'avant la mort, même le pire des monstres redevient l'enfant que jadis, il était.

« Je ne parlais pas de ça... Je veux juste. Que tu restes en vie. »

Il avait rarement ressenti la peur de perdre quelqu'un d'autre que son louveteau. C'était dans sa nature de chef de protéger les siens, même si les pertes restaient nombreuses dans sa meute de damnés. La mort restait une part importante de leurs quotidiens. Chez eux, les décès étaient accompagnés d'un bateau de bois, d'un linge imbibé d'alcool et de feu. Cette pensée restait plus attrayante que de mourir dans ce taudis. Chaque heure ici, en admettant qu'il y en est, était un clou enfoncé dans ce cercueil mental qu'il se construisait. Le loup sentait que les confins des enfers n'étaient plus très loin. Un Ave Maria ne l'aiderait pas ce soir. Doucement, il creusait sa propre tombe dans son esprit.
Octave finit par s'approcher. Il ne ressentait plus aucune peur émaner de lui : ni à cause de cet endroit, ni à cause du lycan. C'était légitime. Il n'aurait plus jamais à ressentir la moindre angoisse face à Greyback. Il n'était plus sa Némésis, mais l'être qui avait progressivement retiré la corde avec laquelle il s'apprêtait à stopper toute forme de vie. Alors que les autres prisonniers n'avaient même plus conscience d'eux même, Fenrir l'avait encore beaucoup trop pour ne pas songer à en finir.
La voix d'Octave résonnait comme une douce mélodie à ses oreilles alors que ce dernier finissait par s'agenouiller devant lui. Le regard du loup se perdit un peu dans le sien. Et même là, il ne voyait pas ses propres lunes se refléter dans les yeux du plus jeune. Il avait l'impression de lire dans son esprit, ses deux gemmes brillaient comme deux opales, tel une entrée révélant ses pensées. Étrangement, cette âme lui rappelait sans cesse cette forêt morte qu'était son esprit. Chaque os sur le sol ressemblait de plus en plus à des branches tombaient du ciel, les feuilles préférant s'envoler par la fenêtre plutôt que de mourir entre ces murs.

« Plus de coups... Je suis un loup docile maintenant... Je n'ai plus la force de faire quoi que ce soit contre eux. Je serais sage... »

Ses propres mots lui faisaient mal. Comment avait-il pu sombrer autant pour parler de lui comme ça ? Le loup fier, dangereux, meurtrier, où était-il ? Il n'était plus qu'une ombre hantant ses lieux aux tristes décors monochromes. Le brun avait réussi pendant un court moment à rendre cette pièce vivante, à lui redonner quelques couleurs vives, bien que désaccordées. La nuit, il n'avait eu qu'à suivre du bout du doigt les contours de ce corps qu'il avait lui-même souillé pour ne plus cauchemarder. Ce lieu hantait même les esprits les plus forts, les larmes ici se fanaient aussi vite que la sensibilité de ces prisonniers.
Il finit par se redresser difficilement. La douleur de ce corps maltraité n'était plus qu'un indice de son existence. Il n'était même plus capable de dire avec certitude qu'il existait toujours.

« Je t’écrirai. Bien sûr, pour te tenir au courant de l’avancée de notre affaire, mais plus tard aussi. Ton protégé pourra également t’écrire, si tu le souhaites. Tu voudras alors avoir l’occasion et la permission de lui répondre, non ? De me répondre aussi, éventuellement. À toi de voir. Mais quoi que tu en décides, je t’écrirai. »

Le loup le regardait toujours. Il était touché par ces dires même s'il essayait de ne pas le montrer. Il fit juste un signe de tête positif. Il avait peur de la solitude où seules ces nausées et souvenirs l'accompagnaient sans arrêt.

« Je te répondrais... Même si je dois me battre pour ça... Mais je le ferais... Pour lui et pour toi. »

Cela le soulageait un minimum de se dire que quelqu'un à l'extérieur penserait à lui de temps en temps. Même de manière éphémère, le temps d'un glissement de plume sur un parchemin. Et, bien sûr, il espérait que son petit soit sain et sauf. L'idée qu'il lui en veuille de l'avoir abandonné lui traversait souvent l'esprit. Les démons intérieurs étaient pires que ceux qui se cachaient sous notre lit la nuit. Cette pensée lui rappela les bêtes dansantes dans les yeux du brun à son arrivée.

« Octave... Fais attention à toi... »

* S'il te plaît... *

Ces mots de ce cœur dément, je te les dédie.

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MessageSujet: Re: [Février 1987] Collocation forcée [Octave Holbrey] Sam 16 Sep 2017 - 0:36

« Je ne parlais pas de ça... Je veux juste. Que tu restes en vie. »

L’espace de quelques vacillements éperdus, Octave douta du bienfondé dont son intention se parait. Une morsure l’accapara, tandis qu’il se débattait dans cette misère. Avait-il eu raison de revenir faire ses adieux à la créature se dressant avec une anémie pesante sur ses appuis ? Car la vision l’emplissait d’un effroi glacé et placide. Il avait le sentiment d’avoir aggravé la situation par son retour, amenant avec sa présence quelques souvenirs inopinés ou sensations qui donnaient à la bouche le goût de l’amertume, brûlant tel un cognac, sans l’ivresse pour atténuer les regrets. Octave craignait que par son désir désinvolte, il n’ait rappelé à Greyback leur éléphantesque différence. Perspective qui avait amené le loup dans un tel état que même le jeune homme, habituellement d’une impassibilité emphatique sans gêne, sentit son cœur se serrer. Le désespoir semblait davantage horripilant lorsqu’on en était débarrassé soi-même. Peut-être aurait-il dû se contenter d’un mot, glissé entre les barreaux par une main généreusement remerciée. La navrance répugnante qui l’habitait à présent faillit lui asséner le coup de grâce. Oui, il aurait dû le laisser seul, cet hybride doucereux et pathétique, sans humour ni cérémonieuses embrassades. Sa venue-même était synonyme de départ, d’abandon proche. Il fut tenté d’appeler les gardes pour le faire sortir en vitesse et que cesse ce cauchemar de désespérance où il était venu observer une dernière fois l’estropié qu’il avait rencontré jadis, sans être capable de soulager sa peine. Il avait envie de fuir, lâchement. A quoi bon rester ici ? Et lui faire du mal… Le visage de Greyback, il le lisait comme une lettre, se débattant contre les montagnes de souffrance qu’elle soulevait en lui, un bloc de glace bleue à la place du cœur. Et l’instant, les retrouvailles, qu’il avait anticipé avec une certaine excitation morbide, s’avéra aussi simple qu’un morceau de bois sec. Tout aussi décevante peut-être, mais il ne savait pas à quoi il s’était véritablement attendu. Quelques minutes s’étaient écoulées à peine, mais avaient toute la dureté ligneuse que pouvait supporter la vie.

« Plus de coups... Je suis un loup docile maintenant... Je n'ai plus la force de faire quoi que ce soit contre eux. Je serai sage... »

La morsure fut fatale. Ca le rendait tendre, ça l’affaiblissait. Octave vit, dans un lointain passé, à quel point la haine avait été un carburant bien plus fidèle que la bonté. La haine l’avait maintenu féroce, creusant dans les strates primitives de son animalité. Il s’en voulut presque d’avoir insisté sur son humanité pour mieux sauver sa peau. Après tout, il aurait pu se blottir dans un coin que Fenrir aurait été incapable d’atteindre, au lieu de nouer une conversation aussi sinueuse que perverse pour ne pas perdre la face. Il se sentait vaguement responsable. Cette inquiétude malsaine que le loup nourrissait à son égard le troubla. Elle n’était pas coutumière. Même lors des instants les plus calmes de leur cohabitation forcée n’avait-il été aussi transi de sentimentalisme. Trop de bonté, trop de tendresse visqueuse à son attention… Cela portait la marqué d’un attachement de désespéré. L’affection que l’on accordait dans la douleur. Octave l’aurait méprisé pour tant d’impudeur, si seulement il n’avait pas une conscience aiguë de ce que cette sensibilité impliquait. Ce loup au ventre mou, sans espoir, n’avait plus qu’une seule voie à emprunter, car que faire lorsqu’on était aussi faible tout en étant profondément perdu ? Octave supportait mal ses regards et lorsque Greyback se redressa, il eut l’impression de voir un bateau chavirer. C’était un abattement définitif dont il se sentait responsable sans savoir quoi faire pour mettre fin à la chute vertigineuse d’un esprit sauvage emprisonné. Son idée de lettre lui parut stupide et sans intérêt, son impuissance pétrifiant son esprit profondément rigoriste, se refusant une situation sans solution. Mais Greyback y accorda tout son entrain le plus dévoué et le plus misérable, sans qu’Octave ne parvienne à en déduire s’il se moquait ou non depuis les abymes de sa décrépitude.

« Je te répondrais... Même si je dois me battre pour ça... Mais je le ferais... Pour lui et pour toi. »

Ce à quoi le brun esquissa un sourire avec une spontanéité qui cachait déjà une grande crainte, persuadé que c’était une grossière exagération, presque une moquerie que Fenrir lui offrait en guise de réconfort face à tant de mièvreries. Il allait se battre ? Allons… vraiment ? Sortir son gant de velours et provoquer ses adversaires en duel, muni d’une boutonnière en marguerites à sa poitrine ? Méchamment, Octave dédramatisait. Il arqua un sourcil fin, gentiment sceptique. Ses joues creuses firent ressortir ses pommettes et le reflet de dents trop blanches pour un endroit pareil, traversa la pièce l’espace d’un sourire indulgent et succinct. Il ne lui fallut pas longtemps pour se rendre compte que le loup ne plaisantait pas et même si sa taquinerie s’atténua, il n’en devint pas moins engoncé. Quelque part, il luttait contre la gêne.

« Octave... Fais attention à toi... »

Octave le regarda fixement comme s’il prenait soudain conscience du fait incroyable et bizarrement ennuyeux, confondant et oiseux, que cet hybride affecté, non dépourvu d’une tendresse étrange et un brin désespérée à son encontre, ce moins qu’homme si attentionné, assis -avachi, se liquéfiant littéralement- en face de lui, avait eu un comportement des plus paradoxal tout du long. Dans ses yeux verts se refléta un instant l’étendue de ce « paradoxe » qui avait tissé leur lien d’un fil désordonné et inégal, ressortant précisément maintenant de la pire manière. Octave n’était pas coutumier des sincérités engoncées, où on lui prêtait soudainement des faiblesses qu’il s’efforçait de cacher. Pourtant, il ne put se résoudre à en plaisanter, s’en défaire du revers de la main, d’un léger mouvement du poignet, ou d’une vague et grossière plaisanterie, n’ayant pour but que de rompre la gravité de la sympathie qu’on lui sous-entendait. A quoi jouait-il, ce Greyback de pacotilles ? Il lui disait ça, sombre criminel, ayant laissé de profondes cicatrices sur la poitrine, alors que sa propre mère niait son existence ? C’était ridicule. Octave mit trop de temps à se défaire de sa stupeur, une ou deux petites éternités qui débordèrent de son esprit, incapable de rassembler ce mystérieux puzzle. Par habitude, il regarda le sol de ses yeux joliment baissés devenus tristes. Au final, il ne ressentait plus que du chagrin. Sa voix résonna lointaine, sérieuse et étrangement légère à la fois, comme si d’un instant à l’autre, la glace de son timbre allait être brisée d’une moquerie, sans que cela n’arrive jamais.

« Qu’est-ce que ça peut te faire, tant que je tiens promesse, vieux loup ? Après quoi, tu auras ton protégé pour te consoler. Vraiment, tu… »

Son « tu » fut prononcé comme un cri chavirant, tout aussi soudain qu’étouffé. Il se tut, écoutant en lui la source de sa souffrance, incapable de trouver les mots. Non, vraiment, il refusait cette inquiétude que Greyback lui destinait. Non pas par pudeur, mais parce qu’il ne parvenait que difficilement à envisager un étranger pouvant lui offrir plus de considération que sa propre famille en vingt-et-un ans de survie. Cette idée était insupportable. Comme s’il n’y avait que les criminels pour l’apprécier. Il le détestait, le diable, pour l’avoir fait perdre ses mots et rappelé cette réalité-là. Peut-être pour la première fois depuis leur rencontre, Octave aborda un air grave, dénué de toute sourire, même implicite. Le sentiment était d’autant plus décuplé qu’à partir du moment où sa libération s’était annoncée proche, une idée l’avait hanté : retrouver sa mère et tout lui reprendre. Greyback venait de renforcer l’infamie de l’abandon négligent dont il se sentait victime. Il avait été trahi par la personne qui le connaissait le mieux, sentant encore le couteau entre ses omoplates et le loup lui imposait par son affection une humiliation encore plus grande. Il devait vivre dans un monde où il n’y avait que des prisonniers pour avoir pitié de lui, et encore, que par désespérance. Son propre mutisme l’écrasant, il reprit d’une voix beaucoup plus calme que l’expression de son visage ne le suggérait, le vert de ses yeux retrempé à l’ombre des paupières.

« Franchement Greyback, cesse de me confondre avec ton petit protégé, veux-tu ? Reprends-toi, car on ne sait plus qui protège qui, d’ailleurs ! Ton petit loup va culpabiliser si tu décharges ton chagrin sur lui. Il ne va pas te reconnaitre. Va chercher ta force, elle n’est qu’écornée par de sombres murs ; il t’en reste, il lui en reste, à ce louveteau qui t’attend quelque part. Mais ne m’accapare pas avec des égards que tu n’as que pour lui, je ne suis pas là pour ça. Qui plus est, tu dépenses pour rien l’énergie à ta confusion. Je sais que tu m’oublieras, la question c’est de savoir quand. Alors, va plutôt te requinquer au lieu de te faire du mouron déplacé pour moi. » Il parla étonnamment droit malgré le poids invisible qui continuait à tirer sur le menton et les joues, montrant en pleine lumière son visage noble et défait. « Pas la peine d’être docile, contente toi d’être raisonnable. Et si je me débrouille bien, tu n’auras pas à te battre pour quoi que ce soit. Ou bien était-ce ta seule raison d’être jusqu’à maintenant ? » Il parlait sec, redressé du dos, sans élever la voix, bravant de sa belle figure un peu meurtrie sous l'apparence. Mais ses yeux, qui couvaient Greyback d'une lumière si verte et si franche, demeuraient veloutés comme des opales au soleil. « Fais attention à toi » imita-t-il le loup, « Qu'est-ce que tu crois ?... Tu es vilain, tu t'amaigris, et c'est moi qui dois craindre ? Tu parles comme une cocotte et en plus tu n'en penses mot. Une vraie grue. C'est à toi de faire attention. Inquiètes-toi pour ton louveteau, moi je vais bien. »

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[Février 1987] Collocation forcée [Octave Holbrey]

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