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[Février 1987] Collocation forcée [Octave Holbrey]

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MANGEMORT & LOUP-GAROU
    MANGEMORT & LOUP-GAROU
AVATAR : Dave Legeno
MESSAGES : 75

INFOS PERSONNAGE
SITUATION AMOUREUSE SITUATION AMOUREUSE: ?
DATE & LIEU DE NAISSANCE DATE & LIEU DE NAISSANCE: 1945, inconnu
SANG SANG: mêlé
MessageSujet: [Février 1987] Collocation forcée [Octave Holbrey] Sam 10 Juin 2017 - 16:44

Encore une journée de passer. Elle finissait par toute se ressembler. Aussi sombre et vide les unes des autres. La mort devenait un but à atteindre dans ces lieux, une nécessité pour certains même. Seuls les pires résistaient, seuls ceux avec une âme brisée pouvaient encore se prétendre humains.
Au loin, la prison d'Azkaban se dessiner à travers les nuages gris. Le ciel et la mer ne faisaient qu'un dans ce paysage abandonné. Beaucoup disaient que le soleil n'osait plus éclairer les lucarnes de cet endroit maudit et triste. Était-ce vraiment une légende ?
La mer frappait les rochers en bas du bâtiment, seul bruit naturel que l'on pouvait entendre, étouffant les lamentations des prisonniers.
L'espoir et la joie n'étaient devenues que de simple mot, sans aucun sens particulier. Les ombres noires filantes des détraqueurs passaient et repassaient inlassablement, aspirant la moindre trace de bonheur que certains arrivaient encore à avoir, par miracle.
Au fin fond de cette tour, un peu isolée, se trouvait une cellule fortifiée, réservée à une personne bien particulière. C'était là que Fenrir, le loup-garou le plus meurtrier que l'Angleterre connaissait, purgé sa peine. Au vu de ces délits, il était là jusqu'à ce que la mort l'en délivre, se demandant encore comment il avait échappé au Baiser des Detraqueurs.

Attaché par des chaînes au cou et membres, il n'avait même pas la possibilité de se déplacer un minimum; trop dangereux pour être laissé en liberté même dans une cellule fortifiée.
Les détraqueurs ne l'approchaient même pas, plus assez d'humanité dans cet être pour apercevoir la moindre trace de bonheur en lui. Même son apparence n'avait plus rien d'humain, laissant le loup en lui prendre contrôle sur chaque cellule de son être.

Il était devenu le souffre-douleur préféré des gardiens qui osaient encore s'approcher de cette zone qui puait la mort et l'humidité. Quoi de mieux pour affaiblir un être que les détraqueurs ne touchent pas que de l'humilier et le blesser ? Même eux n'étaient pas sûrs que ce loup soit capable de ressentir encore des choses, seul le sang coulant de ces marques pouvait être les témoins d'une quelconque douleur.

Ses yeux, trahissant le manque d'âme, brillaient dans l'obscurité dans laquelle il voyait quasiment comme en plein jour. On pouvait y voir toute la haine qu'il ressentait pour l'humain, bien qu'un peu de peur et de douleur pouvaient s'y apercevoir en regardant plus attentivement.
Ses transformations en loups-garous étaient des plus douloureuses, toujours attachées sans pouvoir combler ce besoin de massacre.

Blotti dans un coin, il grognait en tremblant, totalement brisé par tout çela au fil des années bloquéese ici. Son odeur animale aidait à avoir pitié de cette bête dont les seules douches consisté à se prendre un seau d'eau froide.

Là aussi il était juste un objet de peur pour les gardiens qui menaçaient souvent les autres prisonniers de les enfermer avec lui s’ils n'étaient pas plus dociles. Souvent, il se retrouvait alors avec des gens détruits par cet endroit, coller au mur pour être le plus loin de lui. Et c'est ce qui arriva ce jour-là.

Le loup levait la tête, respirant l'odeur des gardiens qui arrivaient avec un prisonnier. Il ne l'avait encore jamais vu celui-là. Il avait l'apparence d'un gamin et ne semblait pas encore assez affecté par cet enfer. Un nouveau surement au vu de l'odeur encore peu prononcée.
Les gardiens le jetèrent alors dans sa cellule, lançant des piques à Fenrir comme à leurs habitudes, rigolant également de la condition du jeune qui semblait encore capable de sentiments et d'émotions.
Il l'observait, tapis dans l'ombre, ne bougeant absolument pas, seuls le bruit des chaînes et les deux yeux brillants étaient le signe d'une vie dans cet endroit cloîtré.
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PERSONNEL DE POUDLARDBibliothécaire
    PERSONNEL DE POUDLARD
    Bibliothécaire
AVATAR : James McAvoy
MESSAGES : 499

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SITUATION AMOUREUSE SITUATION AMOUREUSE: Pas vraiment seul, mais presque.
DATE & LIEU DE NAISSANCE DATE & LIEU DE NAISSANCE: 10 Août 1964
SANG SANG: mêlé
MessageSujet: Re: [Février 1987] Collocation forcée [Octave Holbrey] Sam 10 Juin 2017 - 23:41




Il avait beau retourner l’engrais de son cerveau, rien de sensé n’en sortait. Rien de très rassurant non plus. Il ne comprenait pas comme il avait bien pu se retrouver dans une situation pareille. A quel moment n’avait-il pas assez réfléchi pour se retrouver ici ? Pourtant, sa situation avait commencé par s’améliorer il y a peu, et tout ça pour quoi ? Se casser une aile en plein envol et chuter aussi bas qu’on aurait pu se l’imaginer pour quelqu’un comme lui. Azkaban ! Rien, pour le moment, dans son existence ne l’avait prédestiné à cet endroit ! Alors comment avait-il bien pu se retrouver ici, dans cette salle d’interrogatoire du Ministère, prêt à être expédié dans la tourmente qui était jusque-là réservée de manière quasi exclusive aux délinquants invétérés, aux membres irrécupérables d’une société criminelle, aux mangemorts et autres traitres à la nation… Non seulement n’avait-il à aucun moment été destiné à cet endroit, mais en plus il n’y avait ni physiquement, ni psychologiquement sa place. Parcouru de légers tremblements, Octave, assis sur une chaise rigide de bois brute, jetais des coups d’oeils nerveux aux murs nus qui l’entouraient. L’inspecteur en face de lui consultait en silence son mince dossier, lui ayant formellement interdit de parler pour ne pas le distraire. Instruction qu’il avait refusé d’écouter au début, en invoquant quelques notions banales des droits de l’homme, des bêtises qu’il avait lues et qui ne marchaient que dans les univers imaginaires de la fiction. On avait très rapidement calmé ses ardeurs de jeune homme indiscipliné en l’enchainant par des menottes magiques qui gardaient ses poignets fermement collés à la lourde table de fer forgé. Ce n’était même pas la peine d’essayer de gesticuler. Il était même parvenu à se taire, horrifié par ce qu’on pouvait lui imposer par la suite s’il n’obtempérait pas. De temps en temps néanmoins, il faisait entendre le tapotement de ses ongles sales sur la surface de la table, qu’il finissait par mitrailler avec la même énergie que s’il avait été sur un champ de bataille polonais en quarante-quatre, un AK-47 entre les moufles. Se rendant compte de ce que la nervosité lui imposait, il faisait bruyamment craquer les articulations de ses doigts avant de se forcer au silence. C’était alors sa respiration effrayée qui prenait la relève et secouait l’air d’un sifflement strident. Il ne parvenait pas à se calmer, et rien ne l’aidait. Encore moins ce mutisme imposé.

A quel moment cela avait-il commencé ? Quel chemin emprunté avait fait naître cette possibilité ? Un courant d’air faisait frémir les bougies qui éclairaient la pièce sans fenêtres, l’alarmant davantage encore. A croire que tout dans cet endroit était fait pour l’inquiéter autant que possible. Mais oui ! C’était ça ! Pourtant, cette réalisation en somme censée ne parvint pas à le calmer et de ses yeux exorbités de frayeur, Octave observait le crâne dégarni de l’inspecteur, toujours consciencieusement plongé dans l’étude de son dossier. Que cherchait-il donc entre ces lignes ! La victime, le coupable, était juste devant lui ! C’était à lui qu’il fallait poser des questions et non pas à de la paperasse ! Octave avait envie de hurler, de planter une hache dans cette raie d’un jaune cireux qui séparait les cheveux sur la tête de l’employé gouvernemental. Ha, haha, c’était ça la torture ? Le silence ?

Le jeune homme baissa la tête et plissa ses yeux autant que possible, jusqu’à avoir mal aux globes, essayant de remettre son récit dans l’ordre, au cas ou si on lui demandait d’enfin s’expliquer, pour ne pas risquer de sortir un imbroglio incompréhensible de faits sans continuité. Quand est-ce que cela avait commencé ? Il y a deux ans, quand il avait cédé à l’envie de quitter Londres pour aller picoler à Manhattan ? Ou quand, un an plus tard, il avait justement décidé d’arrêter la picole en partant, sous les conseils douteux d’un ami juif, s’enfermer à Israël dans un kibboutz ? Sur le moment, celui lui avait paru être une excellente idée. Les centres de désintoxication, c’était d’un ennui mortel et de toute manière, personne n’y allait de nos jours, préférant des séjours spirituels au Tibet, parmi les moines, ou en Suisse, pour profiter de bains de boue. Alors le kibboutz, c’était parfait. C’était loin, isolé, et on ne pouvait en sortir que sous certaines conditions spécifiques. Octave avait été tellement au fond du gouffre à l’époque que s’enchainer à un mouvement sioniste quasi-sectaire avait semblé le seul moyen pour ne pas mourir d’une overdose dans les semaines à venir. Le seul hic, c’était que pour rejoindre un kibboutz, à l’époque, il fallait nécessairement être juif et « Octavius Holbrey » n’avait rien de très israélite. Dégoter une fausse identité… oui, c’était précisément à ce moment-là qu’il avait soi-même placé une épée de Damoclès au-dessus de sa propre tête. Ah, il avait tellement rigolé en se commandant un faux passeport au nom d’Eli Goldman. Tellement drôle ! Goldman, pour un juif, le comble ! Tellement débile. Octave rouvrit ses yeux larmoyants et injectés de sang et regarda ses mains aux doigts sales et calleux. Voilà où cette blague et cette idée d’une débilité innommable l’avait conduit : à Azkaban.

Le kibboutz l’avait sauvé d’une cirrhose du foie, mais pas de l’ennui. Très vite, l’addiction disparaissant, il avait voulu regagner sa liberté. Au moins, un centre de désintoxication, on pouvait le quitter à n’importe quel moment, alors qu’un kibboutz, non. L’un des seuls moyens de s’en dégager avait été de s’engager dans l’armée israélienne. Encore une merveilleuse idée pondue par son cerveau malade ! Voilà donc Eli Goldman, membre du Mossad. D’une prison, il en avait rejoint une autre. Si les entrainements réguliers étaient parvenus à capter son intérêt pendant un certain temps, Octave avait très vite compris que les communautés restreintes, que ce soit celle d’un kibboutz ou d’un complexe militaire, n’étaient pas pour lui. Il avait eu pour idée de fuir cet endroit aussi, rentrer au pays, ayant, à son goût, assez cavalé. Seulement, l’armée, ça ne se quittait pas juste comme ça, surtout pas quand on était Eli Goldman, ressortissant sioniste et futur agent dormant destiné à l’Afghanistan. Rien ne lui venant en tête, Octave avait décidé de simplement et purement déserter pendant une expédition armée quelque part en Iran ou au Turkménistan, selon les possibilités. Finalement, le destin joua en sa faveur lorsque leur voiture de service roula sur une mine non loin de Kandahar. Enfin, c’est ce qu’il avait cru, mais il n’était pas certain, cela pouvait très bien provenir d’un tir des soviétiques ou des moudjahidines, dont les deux armées étaient tapies dans les montagnes. Il avait cru mourir sur le coup, lui aussi. Plus la peine de déserter… Ce fut l’armée russe qui le récupéra parmi les débris, évanoui, ayant reçu un gros coup sur la tête. Ils avaient failli le renvoyer à Israël, mais Octave s’était réveillé juste à temps pour revendiquer ses origines anglaises, prétendant qu’Eli Goldman était mort dans la voiture et que ce n’était pas lui. Qu’est-ce que le désespoir ne nous faisait pas faire comme bêtises… C’était à partir de là que l’enfer avait commencé. Il avait évoqué son véritable nom de famille et les autorités magiques des environs en avaient eu vent. Depuis cet instant-là, il passait des mains des uns à celles des autres et personne ne savait jamais comment le traiter. Criminel de guerre ? Menteur ? Déserteur ? Vers début février, après un mois de complications administratives, il fut finalement rapatrié en Angleterre. Octave avait naïvement imaginé que ce serait alors la fin de son calvaire, mais rien de tout cela ne se produisit. On le traita avec encore plus de suspicion qu’avant. Son ancien passeport et ses documents étaient restés quelque part à New-York, dans le coffre-fort d’une banque quelconque. Il n’avait que l’identité d’Eli Goldman sur lui et ce n’était vraiment, mais vraiment pas bon. Prétendre être juif et se faire expédier au Mossad pour être jugé comme déserteur ? Espérer que le gouvernement magique anglais allait le croire lorsqu’il prétendrait être Octavius Holbrey ? Il leur avait crié de prévenir sa mère, Vivienne Holbrey, qu’elle se porterait garante pour son fils et depuis… Depuis, rien. On l’avait placé dans une cellule temporaire au ministère en attendant l’avancée des choses. Enfin, jusqu’à ce jour, où il fut conduit dans cette petite pièce décrépie en présence de ce morceau d’homme absolument détestable puisqu’absolument pas coopératif.  

Octave en avait ras le bol. Marre, marre, marre ! Fatigué de se faire trainer d’un cagibi à l’autre, de se faire traiter comme un criminel -ce qu’il était presque le cas d’une certaine façon, mais seulement sur le sol hébreu ! -, marre de ne pas voir la lumière du jour…

« Monsieur Goldman…
- Holbrey. S’était-il empressé d’insister.
- Qui que vous soyez, j’espère que vous comprenez que les personnes que le ministère récupère pour changement d’identité s’avèrent en général être des mangemorts en fuite ?
Octave marqua un silence sous le regard aussi insistant que perçant de l’inspecteur. Ca allait beaucoup trop loin. Beaucoup plus loin que ce à quoi il s’était imaginé. Il n’était qu’un pauvre c*n qui avait fait n’importe pour se guérir d’une addiction aux drogues et à l’alcool ! Un minable jeunot qui avait pété une pile et s’était cru au-dessus de tout ! Bon sang, ce n’était pas censé aller aussi loin ! Une aventure… une escapade d’adolescent en manque de quelque chose… Longue échappé d’un immature notable…
- Mais, mais… mais… avait-il murmuré avec détresse.
- Gamin, tu comprends dans quels sales draps tu es ?
- Je n’ai pas la marque ! De quoi vous parlez ? Quel mangemort ?! S’était exclamé Octave, au bord de l’hystérie, retourna ses poignets vers le plafond pour montrer à quel point ils étaient blancs et immaculés. L’inspecteur les observa avec un sérieux irrévocable et répliqua :
- Depuis que le Seigneur des Ténèbres a disparu, il parait que la marque s’est effacée sur la peau de ses partisans, comment on sait qu’on peut te croire ?
- Ma mère ! Je vous ai dit d’aller voir ma mère ! Vivienne Holbrey ! Sa voix s’étouffa sur les dernières notes tant tout reposait uniquement sur ça présentement : le témoignage de sa mère.
- Bah justement, on lui a parlé à ta mère et elle nous a dit que t’étais mort il y a deux ans et que c’était impossible que tu sois ici, à croupir dans le Ministère de la Magie.
Octave s’immobilisa soudain, son visage devint blanc comme neige et ses yeux écarquillés observèrent d’un air interdit l’homme en face. Celui-ci se contenta de hocher sa lourde tête, confirmant ses propres dires encore une fois.
- Alors tu vois Eli Goldman, selon le seul témoin que tu nous as fournis, Octavius Holbrey est mort, c’est sa propre mère qui nous l’a dit. Alors t’es quoi, un déserteur ? Un ancien mangemort qui a essayé de se planquer chez les juifs ? Un traitre ?
- Je… je suis… elle a dit que j’étais mort ? balbutia le concerné.
L’inspecteur ferma son dossier avec négligence sans prêter attention aux paroles du jeune homme et continua :
- Seulement, t’as de la chance, le Ministère est maintenant responsable de toi, on ne peut pas te renvoyer chez les juifs, où tu te feras probablement fusiller pour désertion. Avant de t’envoyer à la potence, on doit déterminer qui tu es. En attendant qu’on y voie plus clair, tu vas être expédié à Azkaban. Un avocat commis d’office viendra te rendre visite. Quand, je ne sais pas. On n’en a pas beaucoup ces derniers temps et ils sont tous occupés. »
L’inspecteur tapa d’une phalange à deux reprises sur la table, comme pour sonner la fin de l’interrogatoire, mais s’immobilisa au moment où il allait se lever pour partir, voyant qu’Octave le regardait fixement, toujours aussi rigide qu’un bout de bois.

Ca ne s’emboîtait pas dans sa tête. Il essayait de mettre les pièces en ordre, mais il ne comprenait pas comment les choses avaient pu aussi mal tourner en définitive. Il sentait un trou béant dans sa poitrine, noir comme du goudron, et qui tourbillonnait entre ses côtes alors qu’il comprenait petit à petit que sa mère l’avait tout bonnement trahi. Elle savait qu’il n’était pas mort. Mais elle savait qu’il était devenu alcoolique. Il y deux ans, quand il était parti de la maison, ils avaient coupé les ponts, même si elle continuait à profiter de l’argent qu’il avait reçu en héritage. Octave savait que son état faisait honte à sa mère, mais à l’époque, il n’en avait cure. Sa mère pouvait penser ce qu’elle voulait, il faisait ce que bon lui semblait. S’il avait envie de mourir dans un caniveau, c’aurait au moins été son propre choix ! Elle ne l’avait pas élevé comme ça et maintenant qu’il s’éloignait de plus en plus de l’idéal qu’elle s’était imaginé pour lui, elle devait le détester au point de le préférer mort plutôt qu’à salir par leur nom commun sa réputation de femme bonne sous tous rapports. Il était mort pour elle. Encore, alcoolique, ça allait, mais prisonnier au Ministère pour fausse identité, cela avait dû être un comble pour elle ! Elle l’avait trahi. Elle avait refusé de l’aider alors qu’il avait eu le plus besoin d’elle ! Comment elle avait pu… C’était sa mère, non ? Il avait toujours tout fait pour elle, toujours… Octave se sentait horriblement, définitivement trahi. Trainé dans la boue. Elle savait qu’elle était son seul espoir et avait refusé de s’y soustraire pour que jamais personne ne puisse l’associer à cette histoire. L’histoire d’un fils qui avait fait n’importe quoi et s’était retrouvé dans une salle d’interrogatoire pour ça. Quelle incommensurable honte pour son monstrueux égo de femme encore plus narcissique que Narcisse lui-même ! Oui, il valait définitivement mieux avoir un fils mort qu’un fils dans le pétrin, n’est-ce pas ! Un fils mort d’une crise de foie quelque part aux Etats-Unis plutôt qu’un délinquant qu’il fallait venir identifier pour lui éviter la prison.

La colère montante l’avait complètement obnubilé. Il ne savait plus exactement ce qui s’était passé, tant il s’était retrouvé aveuglé par la haine et le ressentiment. Il savait seulement que lorsque des agents étaient venus lui détacher les poignets, il en avait profité pour se débattre violemment, gesticuler dans tous les sens. Il avait même essayé de monter sur le bureau pour s’élancer au visage de l’inspecteur en rugissant « Cette conn*sse a dit que j’étais mort !?! ». Le reste n’était que brouillard. Son corps avait été littéralement électrisé par la rancune envers cette femme qui n’avait eu de « mère » que le nom. Il vociférait quelque chose, tapait dans du mou et ne comprenait pas, comment elle avait pu lui faire ça ? Il aurait pu se tourner vers quelqu’un d’autre, mais il s’était tourné vers elle, parce qu’elle était sa mère et qu’envers et contre tout ce qui avait bien pu se passer entre eux, il l’aimait quand même. Mais non. Noooon ! Elle n’avait pas changé, elle était toujours la même garce sans cœur qu’il avait connue durant toute son enfance. Octave s’était battu, ivre d’animosité, jusqu’à ce qu’on l’immobilise au sol par la magie, le plaquant contre la pierre des deux omoplates avec une telle force qu’il en perdit le souffle. L’un des gardes, le visage dégoulinant de sang -il était manifestement parvenu à lui mettre un coup de poing dans le visage- lui hurla finalement dessus :

« Petit merdeux, on va te réserver le meilleur à Azkaban, tu vas voir ! »

Octave ne savait pas ce que cela voulait dire. Il n’était jamais allé dans aucune prison. Ses altercations avec la police magique ou moldue s’étaient limitées à quelques faits sur la voie publique, lorsque, saoul comme un goret, il finissait par se donner en spectacle. Cela n’était jamais allé plus loin que des avertissements corsés. Et maintenant, il allait en prison… il allait en prison à cause de sa mère. C’était n’importe quoi. N’importe quoi ! A vingt-trois ans, alors que les autres finissaient leurs études, se mariaient et avaient déjà des enfants, lui, Octave Holbrey, allait à Azkaban. Il était probable qu’il y croupisse. Sa mère pouvait très bien s’arranger pour qu’il n’en sorte jamais, qu’il ne retrouve jamais le nom d’Octavius Holbrey officiellement, pour qu’aucune ombre ne vienne ternir la réputation de Vivienne Holbrey, celle qui prétendait être parfaite.

Le reste demeura un peu plat et terne. Complètement dans le déni, Octave passa son temps à murmurer quelques phrases incompréhensibles, alors qu’on l’emmenait, titubant, dans les couloirs du Ministère. Il croyait qu’ils avaient transplané, mais il n’en était pas certain. Il s’était longtemps volontairement leurré sur la nature de sa mère, mais maintenant, ce n’était plus possible de nier et ça, il ne parvenait pas à l’accepter. C’était fini, sa mère ne voulait ouvertement plus de lui. Et ce, même s’il devait mourir.

Lorsqu’on le fit pénétrer les lourdes portes de la célèbre prison, Octave sentit comme un étau venir enserrer sa poitrine et il eut du mal à respirer à partir de ce moment-là. Ce n’était pas de la panique, il était pour ainsi dire absolument calme depuis qu’on l’avait immobilisé dans l’une des salles d’interrogatoire du Ministère. Il se sentait opprimé autant physiquement qu’émotionnellement au point que des larmes factices ne lui montent aux yeux et il se mit à pleurer sans le comprendre, clignant des paupières et respirant à grandes goulées pour ne pas suffoquer. Sa vue se brouilla et il avait l’étrange sensation que ses poils devenaient sensibles jusqu’à la racine. Les détraqueurs. Il les avait oubliés ceux-là. Déboussolé et soudain réticent, les gardes durent le soutenir durant le trajet par les longs corridors où résonnaient des cris stridents, car Octave avait commencé à poser ses pieds sans assurance. Presque à la manière d’un enfant qui venait tout juste d’apprendre à marcher, ou bien, il semblait brusquement s’enfoncer comme s’il s’apercevait qu’il marchait sur une surface d’eau. Ils s’engagèrent dans des escaliers. Les degrés de pierre étaient glissant et étroits ; les rampes floues se succédaient en spirale impalpables. Arrivés en haut, il leur fallut encore enfiler des galeries interminables. A un moment, il entendit les gardiens rigoler méchamment, mais il ne les avait pas écoutés. Le trousseau de clés cliquetait au ceinturon de cuir de l’un des gardes et, emporté par un espoir fou, Octave se dit qu’il pouvait peut-être s’en saisir pour s’échapper. Mais sous ses yeux rouges, l’employé s’en saisit pour ouvrir une porte de fer forgé, rouillée par l’humidité dans l’air à tel point qu’on aurait pu se croire dans la vieille épave d’un bateau ayant subi naufrage.

« T’as pas de chance mon gars. »

Comme si c’était nécessaire, les deux gardes le projetèrent aussi loin que possible dans la cellule, probablement pour l’empêcher de reprendre ses esprits et d’entreprendre une tentative de fuite avant qu’ils ne soient parvenus à refermer la lourde porte. Peut-être avaient-ils eu raison, parce que le contact froid du sol sembla comme réveiller Octave de sa stupeur. A nouveau électrisé par un dernier éclair d’adrénaline, il se redressa souplement avant de venir asséner ses deux avant-bras avec force contre les barreaux de la cellule tout en lâchant un cri guttural de rage. Le fer vrombit tout autant que l’air, mais tout redevint calme bien vite et le courage sembla s’évaporer de son corps affaibli comme par magie. Un instant, il plaqua son front contre la porte froide, ravalant sa salive avec difficulté. Vite, vite, il fallait relativiser, sinon il risquait de péter un câble, arrêter d’accepter la réalité et devenir déprimé ou pire, fou. Or, la folie n’était pas une option. Au-dessus de lui, besognant de ses pattes, une araignée, amie officielle des reclus, descendit du plafond au bout de son fil avant de s’en couper pour tomber sur la nuque du jeune homme, juste en-dessous de son oreille.

« Ah p*tain ! »

Bondissant à s’en déboîter les genoux, Octave recula trop vite et perdit l’équilibre, s’écrasant encore une fois au sol alors qu’il essayait de se débarrasser de la sensation désagréable au cou en tapant de ses mains et grattant sa peau sale. Dans un mouvement convulsif et instinctif, il releva les yeux et vit quelque part, non loin de soi, une paire d’yeux brillant dans le noir, comme ceux d’un chat surpris par des phares. Piqué à vif, n’ayant plus la force, ni le réflexe de se relever, Octave se contenta de se retourner pour ramper au sol aussi loin que possible de l’animal. C’était quoi, la cage aux lions ? Aux ours ? Comme dans les anciennes civilisations, où l’on enfermait les guerriers avec des animaux pour les voir se faire dévorer ? Ô grand César, montre ton pouce pointé vers le ciel ! Garde ma vie ! Ayant jugé s’être retrouvé à une bonne distance de la bête, Octave roula à nouveau sur le dos, se redressa sur ses coudes et regarda de ses yeux vifs en direction du danger. Mais l’animal n’avait pas bougé. Mettant du temps à s’habituer à la pénombre, le jeune homme perçait les ténèbres comme un damné, la respiration courte, prêt à fuir pour ne pas se faire arracher une jambe. Il fixait intensément les globes lumineux, presque convaincu que c’était peut-être des phares. Un cliquetis de chaine se fit entendre et Octave vit enfin les fers qui, brillant de leur surface moite, remontaient vers la bête et la retenaient aux membres. Il était attaché. Toujours extrêmement méfiant, passant une main dans ses cheveux pour les décoller de son visage, Octave continua à fixer en silence l’être tapi dans l’ombre. Les deux ne bougeaient pas. Lentement, sa respiration redevint normale. Cette surprise avait eu le don de lui faire complètement retrouver ses esprits. Soudain cynique, il laissa un souffle moqueur échapper d’entre ses lèvres d’un sombre rouge carmin et dit, sans s’attendre à ce que la bête -c’était une bête, après tout…- lui réponde :

« Merci, pendant un moment j’ai failli oublier où j’étais. » Ricanant, il s’allongea au sol, à bout de force, et regarda le plafond « Ils enferment des animaux maintenant ici ? Pour quoi faire, tenir compagnie aux criminels comme on le fait avec les vieux pour les calmer en maison de retraite ? Là-bas c’est le chat, ici c’est les ours ? » Enième ricanement « T’es attaché, donc t’es pas là pour me bouffer. Tu sers à quoi alors ? » Manifestement, du déni, il était brièvement passé par la colère avant de tomber directement dans le désabusement fataliste et désintéressé.

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MANGEMORT & LOUP-GAROU
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DATE & LIEU DE NAISSANCE DATE & LIEU DE NAISSANCE: 1945, inconnu
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MessageSujet: Re: [Février 1987] Collocation forcée [Octave Holbrey] Dim 11 Juin 2017 - 13:57

Fenrir observait le comportement de son nouveau compagnon de cellule. Réaction typique de ceux qui ont encore espoir de sortir ici indemnes. Il faisait trop riche pourtant pour se retrouver ici. Son odeur était celle de la peur, mais aussi de la colère. Se pensait-il innocent ? Quasiment tous ici se pensaient chastes de tout crime, sûr de faire les bons choix contre la société actuelle. Lui-même était certain de ce qu'il faisait.

Le jeune homme se mit à se débattre d'un coup, comme pris d'une onde de folie soudaine, tombant au sol en essayant de se battre contre des ombres. Le loup penchait alors un peu la tête, se demandant clairement avec qui il allait devoir passer son temps. Très souvent il se retrouvait avec des gens qui se parlaient déjà à eux-même, remarquant à peine sa présence, parfois c'était des prisonniers qui savaient très bien avec qui ils allaient être mis et qui passaient leurs temps à hurler et le supplier de ne pas les dévorer ou les transformer. Il n'y avait que certains qui ne venaient jamais ici comme les Lestranges ou autre mangemort avec qui il était, on va dire cela comme ça, proche.

Le gamin finit par remarquer la présence de son hôte, observant les deux petites lumières qui brillaient toujours dans l'obscurité. C'était toujours comme ça, la surprise qui laissait place ensuite à la peur puis à la raison.
Il se mit à reculer vivement, laissant toute la distance possible entre lui et l'animal. Il n'avait pas beaucoup de mètres carrés habitables et le jeune semblait l'avoir remarqué.

Le loup ne bougeait pas, continuant juste d'observer, analyser chaque fait et geste, respirant son odeur pour se l’imprégner. Qu'avait-il fait pour se retrouver aussi vite ici là où certains mettaient des semaines, voire des mois pour oser ce rebeller ?

« Ils enferment des animaux maintenant ici ? Pour quoi faire, tenir compagnie aux criminels comme on le fait avec les vieux pour les calmer en maison de retraite ? Là-bas c’est le chat, ici c’est les ours ? »  

Cette réflexion le fit grogner.
Il n'avait donc aucune idée de qui se trouvait ici. Le connaissait-il cependant ? Il n'avait vraiment ni la carrure pour être dans l'ordre ni pour être un mangemort. Fenrir ne disait toujours rien, il aimait prendre son temps. Mais là où les autres grandissaient dans la peur et embellissaient les journées du loup avec cette douce inhalation, ce dernier se calmait.

« T’es attaché, donc t’es pas là pour me bouffer. Tu sers à quoi alors ? »

C'est qu'il avait un sens de l'humour en plus. Fenrir finit par légèrement bouger, toujours en restant dans l'ombre, les chaînes roulant un peu sur le sol froid et rougeâtre de son propre sang ou celui de la viande qu'on lui apportait de temps en temps. Le but n'était finalement pas de le tuer même si beaucoup ici souhaitaient sa mort avec acharnement.

« À faire fermer le clapet des gosses de riche dans ton genre... »

Sa voix était rauque à force de peu l'utilisé. Il parlait que très peu, ayant finalement peu de gens encore assez lucides pour ouvrir la bouche sans sortir de monosyllabe.

« Soit heureux de pouvoir encore l'ouvrir... Gamin. »

Sa respiration était silencieuse, mais il sentait qu'il allait vite être fatigué de son nouveau colocataire. Il rêvait déjà de lui ouvrir la carotide, avalant son sang et tout ce qui pouvait être arraché par ses crocs. Il n'avait pas tué depuis si longtemps, ni chassé, ni même mordu la moindre chair vivante et tendre. Il n'avait droit qu'au reste, traité pire qu'un chien dans ses lieux. Même les mangemorts le traitaient un tantinet mieux.
Il secouait alors sa tête pour ce gratter ses poils collés par le sang séché, bougeant de nouveau ses chaînes. Un os à moelle se mit alors à rouler sur le sol, rogner depuis fort longtemps. Cela faisait un moment qu'il n'avait pas eu, à part la parole, un comportement humain...

«Qu'as tu donc fait pour te retrouver ici aussi vite... ? »
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MessageSujet: Re: [Février 1987] Collocation forcée [Octave Holbrey] Dim 11 Juin 2017 - 23:38

« À faire fermer le clapet des gosses de riche dans ton genre... »

Un moment il faillit faire comme s’il n’avait rien entendu, comme il lui était si souvent arrivé de le faire lorsqu’il était complètement pété. Mais il fallait se rendre à l’évidence, il avait bel et bien entendu la bête parler. Et parce que ça sortait parfaitement du diapason des choses qu’il s’était imaginées possibles dans ce contexte, une terreur comme jamais il n’en avait ressenti le frappa. De celle qui paralysait et faisait suinter le corps d’une sueur froide. C’était si surréaliste dans son esprit qu’il n’eut même pas l’idée d’aller tambouriner contre la porte en fer pour qu’on le fasse sortir de cet endroit où rien n’avait de sens. A vrai dire, il n’y avait tout bonnement pas d’échappatoire. Octave avait, avec une lenteur exagérée, relevé la tête pour confirmer à sa vue ce que ses oreilles avaient entendu. La bête n’avait pas bougé, seul le cliquetis sinistre de ses chaines continuait, reflétant le peu de lumière qu’il y avait. Ce qui était encore plus effrayant, c’était qu’il était fondu dans le coin de la pièce, se confondant avec les ombres et seuls quelques reliefs peu définissables de son corps étaient perceptibles concrètement. Octave n’était pas quelqu’un qui se laissait aller à la panique, ni à la peur très longtemps, mais en cet instant, la situation le dépassait pour le moment à tel point qu’il se contentait de fixer l’animal de ses yeux écarquillés, la bouche tordue et légèrement entrouverte.

« Soit heureux de pouvoir encore l'ouvrir... Gamin. »

En l’entendant l’interpeller, Octave cligna des yeux, la respiration courte, une bouffée de chaleur lui montant soudain au visage alors que ses extrémités étaient parfaitement froides. Gamin… Vite, revenir à la réalité ! Par réflexe, il avait même replié ses jambes pour les tenir aussi éloignées que possible de la chose, battant en retraite pour de bon. Là, le dos contre le mur, il essaya de faire le point. D’où venait cette chose ? Pourquoi elle était là ? Où était la vérité ? Où était le sens dans cette mascarade ? Bon, bon, une prison. Octave aspira bruyamment l’air, sentant ses lèvres devenir sèches. Son regard de jade ne quittait pas celui, brillant, de l’animal. La réponse lui vint de la même manière que Jésus apparaissait souvent à ceux qui picolaient dans leurs caravanes sur pilotis… comme une révélation.

« Qu'as tu donc fait pour te retrouver ici aussi vite... ?
- Greyback. »

Il l’avait murmuré d’une voix si enrouée et basse que son phrasé sortit finalement en simple courant d’air d’entre ses lèvres lâches. Une fois cette réalisation faite et mise en mots, Octave parcourut très rapidement la pièce du regard en y cherchant des indices supplémentaires qu’il n’aurait pas remarqué à la première inspection bâclée. Un cercle plus ou moins défini entourait la bête, fait de traces indéfinissables de mains ou de pattes, de poils collés dans des amas de sang coagulé, de la crasse griffée, de la pierre taillée par des coups, fissurés et même polie par endroits. Mais les manifestations de vie sauvage avaient leur limite et ne dépassaient pas un certain niveau, ce qui aida Octave à se calmer un peu. Méthodique, il scrutait. Il n’était pas censé mourir ici. Il n’était pas censé mourir ici ! Enfin, sauf si cela se produisait par accident, à cause de sa propre stupidité. D’un air soudain beaucoup plus assuré, son regard quitta le sol et revint aux yeux brillants de l’animal, qu’il sonda presque avec bravade. Il était beaucoup trop rationnel pour avoir peur longtemps. Il avait exactement compris avec quoi on essayait de lui faire peur et quelle était la teneur de ce merveilleux traitement qu’on lui avait promis au ministère. Greyback. Octave avait entendu des histoires à son sujet. Sa jeune fascination éloignée pour le Lord l’avait mené à s’intéresser aux sbires qui l’avaient jadis entouré. S’ils avaient tous été plus ou moins sanguinaires, chacun à leur degré, il n’y avait que Greyback qui avait eu la réputation d’agir comme un animal au sens péjoratif du terme. Il ne savait pas ce qui était vrai dans la légende, ou ce qui était faux, mais se retrouver à ses côtés dans un endroit pareil ne devait certainement pas être considéré comme une expérience agréable. Au moins, Octave était parvenu à ne plus avoir peur. Sans quitter la bête du regard, à voir qui hypnotiserait l’autre, il se redressa en s’aidant du mur. Tant mieux, tant mieux… oui, un colocataire pareil, au moins ça le distrayait de l’aura méphitique des détraqueurs qui, d’ailleurs, ne semblaient pas trop s’approcher d’ici.

« Tu es attaché, comment tu comptes fermer mon clapet ? »

A croire qu’il n’était doué que pour ça, la provocation. Toutefois, malgré la bravade, sa voix avait sonné chevrotante, pas encore très sûre de ses propres moyens. Et il était de mauvaise foi apparente qui plus est, lui qui s’était retrouvé muet il y a encore quelques minutes… Encore prudent, il se redressa de toute sa taille, cambrant son dos. Peut-être que ce n’était pas la meilleure idée que de provoquer quelqu’un avec qui il allait devoir passer on ne sait combien de temps. Quelqu’un… quelqu’un ! L’homme-chose. Pas le moment d’être condescendant non plus.

« Je crois que j’ai réussi à frapper un inspecteur de la police magique. Je suppose que c’est largement suffisant pour me retrouver avec… toi. » Et comme si ce n’était pas suffisant, calculant la distance qu’il estimait pouvoir parcourir sans se faire atteindre, Octave s’approcha de Greyback, un pas après l’autre, avant de se figer, observant l’ombre presque avec curiosité. « Je ne sais pas pourquoi, mais je crois que j’ai peut-être de la chance. Les détraqueurs semblent t’éviter et au moins, tu parles. C’est ça qui t’as permis de garder tes esprits ? Ta forme ? » Comme pour illustrer son propos, Octave détoura de son regard vert émeraude le corps poilu et imposant de l’animal. Puis, du bout des lèvres, il se dit à soi-même : « Ouais, très heureux même. Très. »

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MessageSujet: Re: [Février 1987] Collocation forcée [Octave Holbrey] Lun 12 Juin 2017 - 1:32

Un sourire apparait sur son visage alors que l'odeur de la terreur remplissait la cellule d'un seul coup. Il ne s'était pas attendu à recevoir une réponse, lui qui pensait, à juste titre, avoir affaire à un simple animal, s'attendant à l'entendre grogner un peu plus fort voir à aboyer. Mais en aucun cas à lui parler, lui répondre et comprendre ces paroles.
Le gamin mit un temps monstre à comprendre ce qu'il se passait concrètement ici. Lui qui jouait quelques secondes avant au petit roi, était vite redescendu là où trônait le bas peuple. Là où tout le monde était au final. Car là où les prisonniers moldus avaient encore droit au "droit de l'homme" ici, c'était une tout autre chose. Ici, seuls leurs corps humains déterminés encore leur espèce. Et seul Fenrir était encore plus bas, à la place de l'animal châtié, un paria. Bien que toujours sorcier, le loup avait pris trop de place pour encore être considéré comme humain. Mais il l'avait voulu après tout. Là où Remus avait combattu, lui avait abandonné.

Le gamin se mit dos au mur, prenant encore plus de distance, réalisant à quel point il était dans les problèmes jusqu'au cou en ayant été jeté ici. Dans la gueule du loup. C'est comme s’il s'était enfin rendu compte que le loup lui parlait. À lui seul. Et il savait très bien l'effet qu'il faisait aux gens. Les poils sur les bras qui hérissent, la sueur qui coule, les tremblements d'effrois. Tout ceci n'était presque que des symptômes connus rien qu'en entendant sa voix ou en prononçant son nom.
Nom qu'il sortait dans un murmure. Et dans ce même murmure,  ce simple mot le faisait réfléchir, le voyant scruter alors un peu plus en détail sa cellule. Oh oui il pouvait en voir des choses. Les traces des chaînes sur le sol, le sang qui coulait depuis trop d'années sans être nettoyé. Les traces de griffes sur les murs lors de ses transformations ou même juste quand il essayait vainement de s'échapper des coups des gardiens.

Son regard revient vers celui du loup, qui lui, n'avait pas baissé les yeux une seule fois, continuant de fixer l'inconnu. Ce dernier d'ailleurs avait l'air de redevenir plus rationnel. La peur s'échappant un peu de lui.

« Tu es attaché, comment tu comptes fermer mon clapet ? »

Malgré ça, il continuait d'être provocateur. Se relevant alors en prenant de haut le loup qui devait à présent relever la tête pour le toiser. Et ça ne lui plaisait pas du tout à vrai dire. Il ne répondait pas cependant, attendant que le gamin fasse lui-même des erreurs dues à son égo qui n'avait aucunement sa place ici.

« Je crois que j’ai réussi à frapper un inspecteur de la police magique. Je suppose que c’est largement suffisant pour me retrouver avec… toi. »

Un mini  rictus apparaissait alors dans un coin de ses lèvres, imaginant ce gosse s'en prendre à un inspecteur pour finir effectivement ici, pas loin de ses griffes. Et à ce moment, voilà qu'il faisait sa première erreur. S'approcher de lui. Personne jusqu'à présent n'avait osé prendre le risque de connaitre la longueur de ses chaînes. Personne. Sauf lui. Il avait de l'audace, de la bêtise plus que du courage. Mais cela plaisait à Fenrir.

« Je ne sais pas pourquoi, mais je crois que j’ai peut-être de la chance. Les détraqueurs semblent t’éviter et au moins, tu parles. C’est ça qui t’as permis de garder tes esprits ? Ta forme ? »


« Je n'ai plus assez d'humanité pour qu'ils s’intéressent à moi. Mais ça ne signifie pas qu'ils ne passent pas de temps en temps... »

Pour ce qui était de la forme. Il était préférable d'éviter de répondre. Cependant, le gamin fit alors sa seconde et dernière erreur. Son regard se détourna du loup. Et en quelques secondes, après avoir évalué la distance que seul lui connaissait, il bondit sur l'inconnu, lui attrapant la jambe avant de le mener jusqu'à lui. C'était rare qu'il n'attaque. Mais le gamin avait atteint la limite à ne pas dépasser. Et ici, dans cette cellule, on respectait Fenrir, qu'importe le rang qu'on avait.
Allongé au sol, le loup se positionna au-dessus, maintenant sa jambe dans ses griffes assez fort pour garder le contrôle, mais pas assez pour blesser. Sa seconde patte était sur le torse du jeune. Ses griffes sales et ensanglantées restaient à plat. Il savait qu'il n'avait pas beaucoup de temps avant que les gardiens ne reviennent. Il le fixait alors de nouveau, sa tête à quelques centimètres de la sienne, ses yeux noirs plongés dans les siens comme s’il lisait son âme au passage. La légende disait qu'on pouvait voir sa mort en regardant dans les yeux d'un loup-garou. Mais ceux de Fenrir semblaient imperceptibles où juste la haine et la douleur pouvaient se mélanger. Mais peu avaient pu vraiment parler de ce genre d'expérience...

« Encore une parole plus haute que l'autre et je t'arrache les entrailles avant de te pendre avec par les pieds. J'espère que je me suis bien fait comprendre... Le jeune. »

Quelques secondes après, un gardien arrivait. La cellule s'ouvrit et un doloris s'abattait alors sur Fenrir qui lâchait immédiatement le jeune en grognant fortement de douleur. Le gardien s'arrêtait alors.

- Une seule erreur de ce genre Greyback et c'est la muselière ! Sale cabot ! Et toi, reste à distance... Je ne serai peut-être pas là, la prochaine fois...

Le loup reparti en grognant dans son coin, tremblant encore un peu du sortilège, mais continuant a fixé le jeune. Il avait l'habitude à force de ce genre de traitement. La porte de la cellule se refermait ensuite dans un fracas.

« Tu devrais écouter le gentil monsieur... Pour ta vie. Je ne suis pas connu pour être très clément. Et cela répond à ta question au sujet de ma forme.»
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MessageSujet: Re: [Février 1987] Collocation forcée [Octave Holbrey] Lun 12 Juin 2017 - 16:34

« Je n'ai plus assez d'humanité pour qu'ils s’intéressent à moi. Mais ça ne signifie pas qu'ils ne passent pas de temps en temps... »

D’humanité ? Qu’était-ce donc que cela ? Octave n’y croyait pas un instant. C’était le précepte préféré de ceux qui voulaient se détacher de quelque chose, se prétendant l’opposé de ce qu’on attendait de leur part. Le monde magique avait néanmoins beaucoup de mystères, particulièrement concernant la façon dont la sorcellerie pouvait influencer un corps physiquement et émotionnellement. Autant chez les moldus, les changements se faisaient de manière limitée et parfois caricaturale sur des décennies, chez les sorciers, cela pouvait advenir sous la forme la plus monstrueuse et ce, en un battement de cils. Greyback était une sorte d’hybride, une chimère difforme dont le corps se confondait tout autant que l’esprit entre deux natures. Mais tant qu’il se trouvait être capable de parler, cela faisait de lui une entité pleinement humaine, peut-être pas dans le sens commun du terme, mais néanmoins strictement censée. Les détraqueurs n’étaient pas des indicateurs d’indulgence, seulement sur le degré de primitivisme auquel Greyback voulait bien se soustraire. Peut-être que les détraqueurs ne s’intéressaient aux humains que parce que leurs joies étaient bien plus difficiles et complexes que celles de animaux ? De ce fait, les sentiments du loup se dissipaient sous quelque chose de plus primordial, plus simple. Selon ce raisonnement toutefois, les qualités des infimes moments de joie d’Octave étaient d’une valeur exquise. Il avait déjà croisé un détraqueur lors qu’une visite au Ministère de la Magie. Il ne savait pas à quel point sa condition était inusuelle, mais avait très clairement compris que ces créatures avaient plus d’influence sur lui que sur une large majorité. Toutefois, cela avait-il une quelconque importance à Azkaban ? Dans un milieu civilisé peut-être, mais ici, tout le monde devait être déjà bien plus au fond du gouffre que lui n’avait jamais pu l’être. Alors… Humain avant tout. Et c’était une bonne chose, car on ne pouvait pas négocier avec la nature, alors qu’avec un homme, si…

Il savait pertinemment qu’il avait tenté le diable en s’approchant. Cela n’avait pas été de l’outrecuidance, peut-être une sorte de bravoure à outrance, une tentative de prouver que Greyback n’allait pas essayer d’en profiter. Manifestement, il avait eu tort. Avant qu’il n’ait pu reculer ou entreprendre quoi que ce soit, l’animal bondit en sa direction. A un moment beaucoup trop tardif, Octave comprit qu’il se trouvait bien trop près, mais s’il eut assez de temps pour le réaliser, il n’en eut pas assez pour reculer ne serait-ce que d’un pas. Sa jambe fut happée dans un étau de fer et le sol se déroba. Ou plutôt, il se déroba sans même avoir à l’idée de se débattre. En un claquement de doigt, il s’était retrouvé sous la domination d’un corps large et velu. Il n’y avait que sa tête, qui avait claqué contre les dalles dans sa chute, qui lui faisait mal, mais la sensation fut rapidement dissipée par une paire d’yeux brillants et un visage si peu… humain. Il s’était déjà retrouvé dans une situation pareille, mais c’était bien la première fois qu’il se sentait aussi physiquement soumis. Dans la vie de tous les jours, même à l’armée, il y avait toujours eu une échappatoire, celle de l’argent, de l’intelligence, de la fourberie… Mais là, c’était complètement différent et il n’avait rien à faire à part arrêter de respirer et espérer ne pas se faire mordre au point de faire une hémorragie. La montagne de muscles vallonnés le surplombait et il se sentit soudain extrêmement faible et incroyablement démuni. Aucun pic d’adrénaline ne parviendrait à le sortir de cette situation, il savait, rien qu’en le regardant, que Fenrir était beaucoup plus fort. Octave était tellement tétanisé qu’il ne comprit même pas que son assaillant ne l’avait pas blessé. Il ne voyait que la bestialité et, comme fasciné par la mort et la puissance de la bête, le jeune homme ne bronchait pas, attendant on ne sait quoi, incapable de ressentir quoi que ce soit tant il se sentait flotter entre deux instants.

« Encore une parole plus haute que l'autre et je t'arrache les entrailles avant de te pendre avec par les pieds. J'espère que je me suis bien fait comprendre... Le jeune. »

Et là, la réalité sembla s’immiscer, reprenant son cours avec une rapidité féroce. La porte gronda et l’instant d’après, la pression sur sa jambe disparut en même temps que le visage sauvage qui le fixait. Ne demandant pas son reste, Octave se retourna maladroitement avant de fuir presque à quatre pattes jusqu’au coin opposé de la pièce, avant de se retourner pour voir le loup se faire torturer. Etrangement, il n’en sentit aucune jubilation. Peut-être était-il trop en colère contre soi-même pour ressentir le goût agréable de la vengeance… Mais quelque chose lui disait simplement qu’ils étaient tous deux exactement dans la même situation et si un gardien pouvait protéger l’un en torturant l’autre, la situation inverse pouvait très bien se produire aussi. Aboyant des horreurs, le gardien finit par quitter la pièce, non sans avoir informé le jeunot sur sa stupidité. Octave serra ses lèvres en un fin fil rouge avant de toiser avec férocité le dos du loup, qui se soulevait sous une respiration laborieuse.

« Tu devrais écouter le gentil monsieur... Pour ta vie. Je ne suis pas connu pour être très clément. Et cela répond à ta question au sujet de ma forme. »

Octave n’y répondit rien, ressentant encore l’horrible piqure de la honte qui le consumait alors qu’il se rendait compte qu’il aurait pu mourir aussi facilement, juste pour une bravade. Et puis, dévoré par la colère, les dents claquant d’une mâchoire tremblante, il tiqua soudain. Son visage se détendit, fondant vers le bas, soulageant ses sourcils froncés, sa bouche tordue et son nez tendu. Pâle et effroyablement sérieux, il fixait Greyback. Il ne l’avait pas tué, il ne l’avait pas mordu, il ne lui avait même pas fait mal en tant que tel. C’était une menace impressionnante, une leçon violemment inculquée, mais il y avait clairement eu plus de mise en scène que de véritable danger. Le loup avait encore peur de quelque chose : des conséquences. Peut-être pas pour très longtemps, si Octave s’évertuait à vraiment l’énerver, mais il y avait bien des limites à tout, même à l’agressivité. Malgré cet intermède musclé et plein de bon sens, il ne devait surtout pas oublier que c’était encore un humain qu’il avait devant soi. Humain qui lui avait de manière très brutale réclamé du respect, certes, mais c’était une revendication légitime en soi. Toutefois Octave refusait de se laisser aller à la peur, surtout avec quelqu’un comme Greyback en face de soi. Se faire dominer physiquement, il voulait bien, mais certainement pas verbalement. Alors, lentement, il se redressa, et s’approcha encore une fois, sans toutefois atteindre le point critique où il s’était fait chopper la jambe tout à l’heure. Malgré la crainte et l’appréhension, il n’avait pas voulu attendre, se disant que plus il hésiterait, plus cela se ressentirait. Il s’était donc approché, humant l’air à coup de profondes goulées, avant de s’assoir en tailleur, le regard planté dans celui du loup. D’une voix étonnamment distincte, il articula simplement :

« Octave. »

Voyons voir, combien d’onces d’humanité il lui restait. Si la bête n’y aurait rien compris, se contentant de japper, l’homme, en revanche, ne pouvait pas ignorer ce qu’on lui disait. Le dos droit, Octave considérait la bête humaine avec parcimonie. Pas de « enchanté », ni rien, juste son prénom, c’était suffisant pour initier quelque chose, car après tout le loup n’avait pas rompu la communication. Pas pour le moment. Parler, parler, parler, pour leur faire oublier leur condition.

« Tu es connu pour plein de choses, en fait. On dit que ton but est de contaminer autant de gens que possible. Tu ne m’as pas mordu. Comme quoi ce pourquoi on est connu n’est pas toujours ce que l’on est. Ou bien c’est juste parce que tu préfères les enfants ? » Il avait parlé d’une voix égale, comme un juge exposant le protocole à l’assemblée. Puis, il pencha légèrement la tête sur le côté, une curiosité maladive perça dans sa voix : « Mais ça ne répond pas à ma question, non. Tu sembles être en plein milieu. Contrairement à d’autres, qui oublient tout et se déconnectent complètement de l’animal une fois la pleine lune passée, toi tu gardes un lien et demeures entre deux mondes à tel point que tu leurres même les détraqueurs. Comment tu fais ? »

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MessageSujet: Re: [Février 1987] Collocation forcée [Octave Holbrey] Lun 12 Juin 2017 - 18:40

Il semblait mettre un peu plus de temps à chaque fois pour se remettre des sortilèges, reprenant son souffle avec difficulté. Une fois calmée, il se met de nouveau contre le mur dans un coin, les bras sur les genoux alors que le cliquetis des chaînes se faisaient entendre de nouveau. Non, il ne lui avait fait aucun mal. Et il ne l'avait pas tué. Cela avait été un avertissement, mais le seul qu'il ferait, tout comme un chien grogne avant de mordre. Il avait déjà tué un prisonnier ici après une perte totale de contrôle suite à des hurlements incessants de la personne qui ne semblait même pas savoir qu'il était enfermé avec le loup. Et les conséquences avaient été monstrueuses. La fameuse muselière en faisait partie. Pas là juste pour ne pas mordre, cela signifiait également très peu de nourriture, une obligation de rester allonger au sol et surtout des tortures morales et physiques plus fréquentes. Et ce durant plusieurs semaines. En un seul mot, ces gardiens avaient réussi à le briser. Du moins jusqu'à ce qu'il sorte enfin de cet enfer. Là, la donne changera enfin et Fenrir redeviendra le loup fier et indomptable qu'il était jadis.

Alors que son regard fixait un point invisible sur le sol, le loup finit par relever la tête face à son interlocuteur qui, visiblement, n'avait pas totalement compris la leçon. Mais il le laissait faire, comprenant rapidement qu'il ne s'approcherait pas plus. Cela aurait été suicidaire, même si Fenrir n'était pas sûr de réitérer l'expérience aussi rapidement. Malheureusement pour lui, même s’il préférait surement que le jeune crois le contraire, c'était souvent lui qui prenait les coups pour les autres, même s’il n'était pas fautif. De base, les gardiens n'avaient pas le droit aux violences physiques continuelles sur les prisonniers, mais ces derniers avaient décrété qu'étant hybride, il ne comptait pas.
Le gamin se pose alors au sol, face à lui, toujours en le regardant avant de prononcer son prénom.

Fenrir penchait alors un peu la tête. Même après cet avertissement brutal, il était toujours décidé à taper la causette et même à le faire un tantinet poliment.
Le loup ne dit rien, il savait déjà qui il était. De sa part, on entendait uniquement sa respiration, un peu moins silencieuse qu'avant l'attaque.
C'était étrange de communiquer de nouveau. Et même si ce n'était pas un gros bavard, c'était parfois agréable de parler avec quelqu'un qui se souvenait de son propre prénom.

Jouant avec un bout d'os entre ces griffes qu'il avait récupérées sur le sol, le loup-garou écoutait l'homme devant lui, rigolant intérieurement à ces questions. C'était rare qu'on lui fasse remarquer qu'il n'avait pas tué cette fois. Peu de gens pouvaient se vanter d'avoir survécu à une de ses attaques.

« Les enfants sont plus facilement manipulables. Tu es bien trop âgé, désolé pour toi. De plus, je ne peux le faire qu'en étant transformé. Dans ma condition actuelle, je t'aurais donné tout au plus une envie un peu plus intense de viande crue. »

Octave, de son nom donc, semblait être un peu trop curieux. Fenrir connaissait très bien ce besoin de connaitre la personne en face de soi, surtout dans un endroit comme Azkaban. Qu'il attaque uniquement les enfants n'était pas un hasard. Qu'il est tué le plus possible sa part humaine non plus. Mais tout ça n'avait pas à être divulgué, encore moins ici, encore moins à un inconnu qu'il avait attaqué quelques secondes plus tôt.

« Cette réponse fait partis de mon passé le jeune. Les détraqueurs préfèrent de jolis souvenirs comme tu pourrais leur offrir plutôt que ce que je considère comme le bonheur. Ils ne remarquent que ma condition de loup. Je n'ai plus assez d'humains en moi pour les intéresser... Même s’il est fort possible que tu les attires de nouveau en ces lieux. »

Comme pour appuyer ses dires, il leva les yeux vers la petite lucarne qui donnait sur l'extérieur, seule ouverture existante, mais tellement petite qu'elle ne servait pas forcément à grand-chose.

« Cependant. Tu me sembles bien trop curieux pour ne pas avoir quelques idées tordues derrière la tête. À moins que ce ne soit que de la curiosité malsaine. Ta mère t'aurait donc élevé à travers mes légendes lorsque tu désobéissais... ? À moins que ce soit pour une tout autre raison... »

Il passe alors sa langue sur les crocs, souriant un peu, en attente de la réponse.
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MessageSujet: Re: [Février 1987] Collocation forcée [Octave Holbrey] Mar 13 Juin 2017 - 0:59

C’était… comme un jeu. A la vie, à la mort, peut-être, mais un jeu quand même. Ils avaient beau parler, Octave devait garder ses distances, parce que éventuellement rien de ce qu’il pouvait avouer ou provoquer ne changerait pas la donner : dès que l’occasion se présenterait, Fenrir allait le chopper et le bouffer. Comme une espèce de principe cosmique qui demeurait invariable, quoi qu’il en advînt d’eux et de leurs… rapports. Un mécanisme involontaire. Ou un réflexe de mâle alpha, va savoir. Ce genre de choses l’amusaient beaucoup en temps normal, mais la situation l’empêchait pour le moment de pouvoir en apprécier les subtilités, donc il profitait lorsqu’il était au meilleure de sa forme. Comble de la mise en scène, de ses griffes barbares, Greyback fit rouler un os rongé au sol, comme si c’eut été un cigare dont il testait la densité. Mais non, c’était bien un os et ils étaient bien en tôle. Un chien parlant… Là encore, Octave aurait bien rigolé, car cela lui rappelait un roman de Boulgakov, Cœur de chien. Un chirurgien y transplantait un cœur d’homme dans un corps de chien, et ce dernier finissait par se transformer en être humain absolument détestable. Pourtant, dans le monde magique, cela n’avait rien d’une bizarrerie ; une honte parce que les lycanthropes n’étaient pas connus pour savoir se contrôler, et une immondice contre-nature dans le cas de Greyback, qui s’était figé entre deux univers, comme s’il ne savait pas auquel il préférait appartenir. Alors voir ce chien au cœur d’homme, ou cet homme au cœur de chien parler distinctement avait quelque chose de dérangeant, d’anormal, presque. A se demander comment il était parvenu à garder son esprit intact vu cette apparence, vraiment. Quoi que, à écouter sa voix, il n’était plus très loin de l’aboiement.

Octave avait bien vu que son comportement avait amusé. Il n’était pas encore tout à fait en état de manifester la moindre marque d’enjouement, même forcé, mais son approche n’avait rien d’une provocation. Enfin presque. Il savait maintenant que c’était dangereux, qu’une griffe un peu trop longue pouvait peut-être encore s’accrocher dans le tissu de son jean dégueulasse. N’importe qui serait resté en retrait, et c’était ce que son instinct lui criait, au nom de la survie. Toutefois, la raison lui disait de se réapproprier l’espace, au lieu de se planquer dans un coin, tordu en quatre pour prendre le moins de place possible. Greyback avait sa limite et il la connaissait plus ou moins maintenant. Trembler d’effroi, non merci. Et pour ça, il fallait occuper toute l’étendue disponible. Autant apprivoiser la bête, surtout s’ils étaient voués à se côtoyer jusqu’à la fin des temps, ce qui risquait d’arriver car Octave avait bien remarqué que les autres cellules étaient quasiment que des cellules d’isolement. Pas de contact, rien, que des cris et des mains tendues parfois à travers des barreaux, quémandant on ne sait quoi. Or, il était résolument décidé à ne pas devenir fou ici et s’il n’y avait que Greyback pour se taper la causette dans les parages, alors soit, il allait être l’interlocuteur le plus agréable de toute l’Angleterre s’il le fallait.

« Les enfants sont plus facilement manipulables. Tu es bien trop âgé, désolé pour toi. De plus, je ne peux le faire qu'en étant transformé. Dans ma condition actuelle, je t'aurais donné tout au plus une envie un peu plus intense de viande crue. »

Octave souleva un sourcil. Une envie de viande rouge… vraiment ? Non, il ne pouvait pas y avoir que ça. Il était dit que les blessures des hybrides mettaient du temps à guérir, ou ne guérissaient pas du tout. Quoi que pour un venin, provenant d’une créature même pas transformée, cela devait déjà ne pas être trop mal. Enfin, il mangeait déjà la viande quasiment crue, alors cela ne l’aurait pas dérangé davantage. En revanche, une cicatrice purulente… Bon, admettons, ça donnait un style, à condition que ce ne soit pas le visage. Ou que la griffure soit bien positionnée. En travers de l’œil ou sur la joue, par exemple. Tout cela était très bon à savoir, cela dit, surtout s’ils étaient voués à se rencontrer à nouveau, ou si Octave devait un jour tomber sur quelqu’un de semblable.

A l’évocation des détraqueurs, Octave eut un mouvement nerveux du menton, mécanique plus que volontaire et véritablement relié à un quelconque sentiment. Il ne les aimait pas. Personne ne les aimait, mais dans cette situation particulière, c’était presque la goutte en trop, d’où l’idée de rester cloitré près de Greyback autant que possible. Minimiser les mauvaises choses était une bonne perspective et s’il fallait faire semblant d’avoir peur devant les gardiens tout en filant un coup de poing de temps en temps, alors pourquoi pas. S’il fallait souffrir pour moins souffrir ! Quitte à rentrer dans la boucle d’un paradoxe…

« Cependant. Tu me sembles bien trop curieux pour ne pas avoir quelques idées tordues derrière la tête. À moins que ce ne soit que de la curiosité malsaine. Ta mère t'aurait donc élevé à travers mes légendes lorsque tu désobéissais... ? À moins que ce soit pour une tout autre raison... »

Octave avait relevé les yeux vers la lucarne, fixant le cadran et le verre si crasseux qu’aucune lumière ne passait. Il ne savait même pas quelle heure il était pour déterminer si c’était normal ou pas. Revenant à l’homme chose, il fut frappé de voir un semblant de sourire tordre la bouche du loup et écarquilla à peine ses yeux. Ca marchait, il avait son attention et son intérêt. Probablement que ce n’était pas une bonne chose à la longue, et que la vigilance qu’il suscitait présentement pouvait mal finir, mais c’était déjà ça. C’était déjà quelque chose. Pas un grognement, ni une attaque, mais bel et bien une question en retour. Il n’avait aucune idée si les loups savaient détecter le mensonge, et s’aventurer dans une vérité incomplète n’était pas très évident non plus. Et Merlin seul savait à quel point il n’avait pas envie d’évoquer sa mère. Sa mère… Sa génitrice.

« Ma mère est pire que toi et les seuls monstres qui peuplaient mes craintes, c’était elle. T’es bien plus réel qu’elle à ce niveau-là. » De sa voix encore tremblotante, il était parvenu à avoir un ton beaucoup plus sarcastique que ce à quoi il s’était attendu. Comme pour se débarrasser de ce que ça lui inspirait, Octave passa une main sur l’une de ses jambes, défaisant un pli de tissu. « Je veux comprendre. Comment on peut rester moitié-moitié. La nature veut des choses entières, stables. Ce qui n’est pas uni est voué à disparaitre. Mais t’es pas mort. Ni totalement loup, ni totalement homme. C’est ça qui fait peur aux mômes et aux adultes en fait. T’es pas défini. Les détraqueurs ne reconnaissent pas l’humain en toi, ni les gens d’ailleurs, mais tu parles. Or, un animal qui parle, ça n’existe pas. La seule idée tordue et raison que j’aurais en tête c’est de savoir comment ça s’agence dans ton cerveau ? » Il marqua un court silence. Ca ne sonnait absolument pas comme une blague. C’était bizarre. « Ca veut dire que si tu me mords, au pire, je me vide de mon sang ? » Et puis, encore plus doucement « C’est quoi, le bonheur d’un lycanthrope ? Ca a quoi de différent pour que les détraqueurs ne s’y intéressent pas ? » Soudain, il rougit, se rendant compte de la niaiserie de ce qu’il venait de dire. Il rajouta rageusement et avec précipitation : « Si tu me dis que c’est « que je me vide de mon sang », je ne te ferai pas ce plaisir ! Ou si je le fais, ce sera loin, à l’autre bout et t’auras que l’odeur à renifler et tes yeux pour observer ! » Lui lançant un regard déterminé et déjà plus calme, il rétorqua « Je n'ai aucun joli souvenir à leur offrir, et pourtant je les attire comme des mouches. Tu ne dois pas être mieux, mais t'es mieux parce qu'ils s'en foutent de toi. Faut-il nécessairement être loup pour tuer son humanité ? Alors mords-moi, ce serait plus simple. Si tu me promets que je ne ressentirai rien après, j'attendrai que tu puisses me mordre. »

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MessageSujet: Re: [Février 1987] Collocation forcée [Octave Holbrey] Mar 13 Juin 2017 - 14:52

Pour Fenrir c'était totalement un jeu. Que les gens en face de lui meurent ou vivent, cela lui importait peu. Ces personnes étaient là pour un temps et cela lui suffisait. Il ne réagissait plus qu'avec son instinct et ses pulsions, toute logique humaine avait disparu. Tuer, manger, vivre, voilà à quoi il obéissait à présent. Ha, ces parents seraient tellement fiers de lui, ironiquement parlant bien entendu. Parfois même, il oubliait qu'il venait bien de quelque part et il était sûr que les gens ne pensaient même pas qu'une bête comme lui avait pu avoir des parents, être enfants, être même un bébé qui, un beau jour, était sorti du ventre d'une mère. En y repensant, même lui, trouvait cela étrange. Il repensait parfois à son enfance, aux moqueries, aux nuits qu'il passait seul dans cette cage dans une cave froide, pas si éloignée de cette cellule finalement. Les transformations étaient si douloureuses qu'à présent c'était presque une rigolade.
Être un loup-garou, c'était de toute manière être figé entre deux mondes, celui de l'humain et de l'animal. Pour certains c'était aussi l'angoisse de blesser et de tuer, pour d'autre c'est celui d'être bloqué définitivement dans ce corps canin. Chacun vivait avec ces peurs, Greyback lui avait décidé de ne plus avoir de crainte et de laisser tout simplement ce démon interne prendre une place de choix. Et depuis, tout était plus facile. Ne rien ressentir était pesant parfois, mais sonnait comme une vraie délivrance. Et après tout, c'était les autres qui l'avaient rendu comme ça.

C'était marrant comment, parfois, il devait lui-même se forcer à adopter des réactions humaines. Il n'allait pas non plus se mettre à courir à quatre pattes ou pisser sur les murs non, mais le regard, les inclinaisons de tête, les positions des bras, les coups de langues sur les crocs, certaines choses faisaient beaucoup plus animal chez lui à présent et il s'en amusait. Les gens ne savaient pas comment réagir avec lui, comme avec un homme ou comme une bête ? Il aimait dire qu'il pensait comme un humain et agissait comme un animal. Enfaîte c'était même la phrase pour le qualifier complètement.

L'homme en face de lui sembler l'avoir compris. Il gardait à présent ses distances, conscient qu'un coup de griffes était très vite arrivé même si Fenrir voulait éviter les confrontations avec les gardiens. L'instinct parfois ne se contrôlait plus chez lui et ses pulsions encore moins. Et Fenrir avait beau être une bête, il n’en demeurait pas moins intelligent pour autant, pesant le pour et le contre au travers de chaque situation.

Lors de sa réponse, il avait émie l'idée que seule une envie de viande crue pouvait arriver lors d'une morsure ou griffure hors pleine lune, il s'amusait bien entendu à répondre qu'à moitié. Bien sûr, il y avait d'autres conséquences, des plus ou moins bonnes suivants le coup, les personnes et même parfois les jours de l'année. Mais le loup avait pour principe, oui il en avait quelquefois, de toujours laisser un avertissement dans certaines situations, comme celle-ci, où il n'avait pas forcément l'avantage. Cela permettait à la personne en face de ne pas jouer les malins, tout en restant lucide pour pouvoir les sauver tous les deux si besoin il y avait. En l'occurrence, là, ça ne servirait pas à s'échapper, mais pouvoir discuter un peu pour sortir de cette routine silencieuse qui risquait de le rendre fou au fil du temps.

Fenrir détectait quelques rictus sur le visage d'Octave. Il ne savait pas particulièrement lire sur les visages, mais sa meilleure vue pouvait détecter certaines choses, l'aidant souvent à préméditer les gestes de ses proies. Mais c'était surtout l'odeur qui le guidait ainsi que l'ouï. C'était souvent pour ça qu'on appelait pour traquer les moldus ou autre sang-de-bourbe en pleine forêt. C'était surement ironiquement ses meilleurs souvenirs cependant. Bien qu'il ne connaisse rien à l'amour, il gardait un instinct de protection envers les membres de sa horde. Et un en particulier auquel il pensait souvent.

Respirant enfin un peu plus facilement, il tourna la tête vers la porte rapidement. L'odeur de la peur. Et effectivement, deux gardiens passaient alors tenant un prisonnier qui semblait totalement paniqué, bien que mort mentalement. Il soupira rapidement, l'odeur de la peur s'entremêlait bien trop souvent avec celle de la mort dans cet endroit funeste.

Il fixait de nouveau son colocataire alors que ce dernier s'apprêtait à répondre.

« Ma mère est pire que toi et les seuls monstres qui peuplaient mes craintes, c’était elle. T’es bien plus réel qu’elle à ce niveau-là. »

Hum. Ils avaient donc un point en commun ? Étonnant. Bien que pour lui ce soit plus son père qui correspondait à ce genre de définition. Cependant, pour penser que sa mère était pire que le loup, il se demandait vraiment ce qu'elle avait fait. Il n'y avait qu'une femme au monde qui pouvait paniquer Fenrir. Et si sa mère ressemblait à cette fameuse femme, il pourrait presque avoir un peu de pitié pour Octave.

« Je veux comprendre. Comment on peut rester moitié-moitié. La nature veut des choses entières, stables. Ce qui n’est pas uni est voué à disparaitre. Mais t’es pas mort. Ni totalement loup, ni totalement homme. C’est ça qui fait peur aux mômes et aux adultes en fait. T’es pas défini. Les détraqueurs ne reconnaissent pas l’humain en toi, ni les gens d’ailleurs, mais tu parles. Or, un animal qui parle, ça n’existe pas. La seule idée tordue et raison que j’aurais en tête c’est de savoir comment ça s’agence dans ton cerveau ? »

Fenrir se mit à rire un peu, du moins à aboyer à moitié. Son cerveau ? Mon dieu, si lui-même savait ce qui se passait là-dedans, peut-être que cela l'aiderait également.

« Ça veut dire que si tu me mords, au pire, je me vide de mon sang ? »
« C’est quoi, le bonheur d’un lycanthrope ? Ça a quoi de différent pour que les détraqueurs ne s’y intéressent pas ? »


« Doucement gamin... Tu t'aventures dans des contrées qui te sont totalement inconnues... Je suis clairement un objet de fascination pour beaucoup parce que justement je suis parvenu à la limite de deux mondes parallèles. Là où les autres loups-garous se battent pour garder leurs parts d'homme, moi j'ai juste laissé cette part s'évanouir pour ne finir qu'en une simple enveloppe. Des gens ont, tant bien que mal, essayé de comprendre, malheureusement pour eux je ne suis pas encore totalement sénile pour finir en cobaye de laboratoire. Mon bonheur est ma survie gamin. Les détraqueurs veulent du vrai, des émotions, des sentiments, là où moi je n'ai plus que de l'instinct de préservation. »

« Si tu me dis que c’est « que je me vide de mon sang », je ne te ferai pas ce plaisir ! Ou si je le fais, ce sera loin, à l’autre bout et t’auras que l’odeur à renifler et tes yeux pour observer ! »

« Je n'ai aucun joli souvenir à leur offrir, et pourtant je les attire comme des mouches. Tu ne dois pas être mieux, mais t'es mieux parce qu'ils s'en foutent de toi. Faut-il nécessairement être loup pour tuer son humanité ? Alors mords-moi, ce serait plus simple. Si tu me promets que je ne ressentirai rien après, j'attendrai que tu puisses me mordre. »

Je m'amuse à l'écouter. Était-il enfaite fous à lier ? Ou s'était-il juste perdu dans des recherches qu'il ne comprenait pas lui-même ? Ou alors c'était, comme pour les autres ici, les dernières paroles sensées d'un condamner. Bien qu'il ne fût pas sûr que ce soit réellement censé.

« Il faut juste mourir de l'intérieur et laisser ses pulsions parler... »

Et d'un coup, d'un seul, le loup finit par bondir dans un grognement, tirant sur ses liens, arrivant à quelques centimètres d'Octave. Il n'avait pas eu projet de l'attraper, juste de s'approcher rapidement de lui, quitte à se faire mal au cou à cause du collier qui le retenait également par là.

« Je te mentirais si je te disais qu'on ne sent rien après une morsure. Cela te consumera jusqu'à faire de toi un hôte particulièrement encombrant pour le démon qui pénétrera ton corps. Être un loup-garou peut être une malédiction pour beaucoup gamin. Évite de fricoter avec ces pensées si tu ne veux pas te perdre toi aussi dans un monde où tu deviendras ton seul ennemi. »

Sa voix rauque et animale donnait une touche d'angoisse à ces paroles, fixant alors Octave de ses yeux noirs comme s’il essayait de lui envoyer des images de ce monde inconnu.

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Dernière édition par Fenrir Greyback le Mar 13 Juin 2017 - 23:08, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [Février 1987] Collocation forcée [Octave Holbrey] Mar 13 Juin 2017 - 18:37

Les revendications pouvaient paraitre profondément naïves, d’une crédulité que l’on imputait qu’à la jeunesse. Et c’était peut-être vrai d’une certaine façon. A regarder de côté, que pouvait bien avoir à envier un jeune homme de bonne famille à un loup-garou, actif participant de la première guerre et maintenant enfermé dans cette prison jusqu’à la fin de ses jours, en théorie ? Il n’avait rien pour rivaliser ni en horreur, ni en malheur. C’était le contraire pour ainsi dire. Il avait grandi en enfant solide dans un monde chatoyant de livres d’images, d’orangeries emplies de fleurs, de sable immaculé et brillant, de fastueux hôtels en bord de mer, cosmos blanchi à la chaux au cœur d’un plus vaste cosmos d’un bleu étincelant. Il ne faisait pas parti de la légende rurale du gosse mal-nourri, abandonné et débrouillard, mais horriblement revanchard et débordant de ressentiment. Octave avait le syndrome de celui qu’on avait obligé à grandir trop vite. Creux, yeux fardés, parlant gras, n’ayant le feu nulle part, toussant de la gorge, taciturne et irrévérencieux comme pouvait l’être un gosse gâté. Il livrait des yeux de velours tout en ayant la bouche emplie de venin, prenait un grand plaisir à avoir l’air sérieux et blasé, froid rituel d’un jeune homme à qui l’on demandait beaucoup. Il n’avait pas compris s’il s’agissait de l’adolescence, mais il s’était senti depuis toujours comme mort. Sa mère, à la beauté d’une rose mais avec les épines d’une mauvaise ronce, avait été le plus grand mal qu’il pensait se remémorer avoir connu. Au moins pouvait-il se targuer d’avoir vu le pire, puisque c’était celle en qui il avait eu le plus confiance qui l’avait terriblement meurtri. Elle l’avait élevé comme on sculptait du marbre : à coup de masse, de maillet et de ciseaux à graver. Il avait eu l’apparence d’une belle statue, mais l’intérieur était complètement fissuré, à se demander comment la structure avait pu tenir aussi longtemps. Par la rigueur imposée, probablement. Elle lui avait appris à être joliment morose, sans passions autres que l’ambition. Il ne livrait rien de lui que lui-même, restant mystérieux comme une courtisane. Jamais tendre, la méchanceté lui revenait avec la parole et brisait cet air d’éternelle mauvaise veulerie. Sa mère avait le diapason émotionnel d’un arbre mort et avait élevé son fils comme tel. Croyant modeler un combattant, elle avait livré un inadapté. Un enfant cruel et malheureux de ne pas savoir quoi ressentir. Alors, Octave s’était dit pendant un moment que peut-être le bonheur d’un animal était plus élémentaire, comme celui d’un caillou.

Greyback avait bien raison de souligner que ces contrées-là lui étaient parfaitement inconnues. Il aurait voulu le contraire. Lui au moins avait l’excuse du loup, mais Octave n’avait même pas ça, il n’avait eu nulle part où se réfugier en renonçant à ce qui pouvait le rapprocher des autres. Enfin, pas comme s’il y avait renoncé. Il n’y avait simplement jamais vraiment eu accès. Part mystérieuse dans les trous noirs de ce qu’on pouvait appeler être sa personnalité. Avant, son naturel impassible effrayait. Il n’avait jamais eu cette expression paisible que l’on attachait au flegme de celui qui maîtrisait sa vie. Non, sa nature à lui était plutôt vide ; une indifférence palpable qu’il compensait maintenant en posant plein de questions. Il n’avait jamais vraiment pris conscience d’être malheureux, mais quelque chose dans cette prison le faisait se sentir encore plus petit et misérable que d’habitude. Fenrir ne semblait pas avoir la réponse qu’il cherchait, ou en tout cas à laquelle il s’attendait. Le bonheur, c’est la survie ? Peut-être pour un hybride alors, parce que pour lui, survivre n’avait toujours été qu’un pénible et laborieux effort.

Comme pour illustrer ses propos, le loup bondit subitement, arrachant un mouvement de recul au jeune homme qui, cependant, se contenta de s’avachir vers l’arrière sur ses bras tendus pour écarter son visage. Encore une fois, la bête se retrouva devant lui, puante, suintante de quelque chose qui rappelait vaguement la forêt et la terre molle. Une odeur âcre s’y mêlait, désagréable comme une superposition de couches crasseuses. Octave se dit sur le moment que s’il y avait finalement quelque chose à laquelle il tenait plus qu’à son bonheur, c’était à sa dignité. Bon, certes, il l’avait perdue le jour où il avait fait fuir tous les visiteurs d’une galerie d’art parce qu’il transpirait des vapeurs d’alcool, mais tout de même… ça ? A y repenser, Fenrir était terriblement fascinant, mais une part de lui demeurait repoussante. L’aura du sang et de la violence ? Pas tellement… A se demander si finalement, il ne s’était pas retrouvé un palier en-dessous. Plutôt que de maîtriser ses deux natures, il s’était confondues entre elles, et le voilà rien du tout. Hybride qui se laissait aller à tout au point de ne ressembler à rien.

« Je te mentirais si je te disais qu'on ne sent rien après une morsure. Cela te consumera jusqu'à faire de toi un hôte particulièrement encombrant pour le démon qui pénétrera ton corps. Être un loup-garou peut être une malédiction pour beaucoup gamin. Évite de fricoter avec ces pensées si tu ne veux pas te perdre toi aussi dans un monde où tu deviendras ton seul ennemi. »

Octave ne put s’empêcher d’esquisser une grimace de dégoût. L’alcool avait été un démon. La drogue aussi. Comme s’il avait attendu d’être confronté à un lycanthrope pour se poser toutes ces questions. Observant le lien qui rattachait l’animal au mur, de sa bouche arquée, il rétorqua simplement :

« Tu es ennuyeux. » Voilà le garçon dédaigneux qui revenait. Ou était-ce la présence des détraqueurs qui exacerbait son exaspération ? Après la frayeur, il se sentait étrangement plus agacé que d’habitude. Il voyait bien que le loup essayait de lui faire plus peur que nécessaire, et cela le fatiguait. Décidément, parfois, parler avec quelqu’un était le meilleur moyen pour le démystifier. « Ca sert à quoi de rester entre deux formes alors que l’une fait tant souffrir et n’apporte que l’instinct comme guide ? Je croyais que tu étais plein, mais te voilà en coquille vide avec pour seule racine, du primitif. T’es pas plus avancé que n’importe qui d’autre en fait. Si me faire mordre veut dire que je retrouverai exactement la même chose que je suis en train de fuir, alors non merci. Je ne veux pas mourir, je veux vivre. Vivre sans rien ressentir, c'est tant demandé ? »

Il savait qu’il avait eu beaucoup de chance. Non seulement de pouvoir parler à Greyback alors que ce dernier était attaché, mais surtout de ne pas s’être fait tuer pour sa première bravade. Mais maintenant qu’il savait à quoi s’en tenir, il se sentait déçu. Sans scrupules, Octave abandonna les yeux noirs du loup et se releva, quittant le champ de bataille pour aller regarder dans le couloir, à travers les barreaux de la prison. Tout était sombre. Le cliquetis des gardes se faisait entendre en écho sur les murs de pierre, lorsqu’un cri au loin ne faisait pas vibrer l’air. Là où les autres loup-garou se battent pour garder leurs parts d'homme, moi j'ai juste laissé cette part s'évanouir pour ne finir qu'en une simple enveloppe. Il se sentait déjà comme une enveloppe vide et ne comprenait décidément pas comment Greyback pouvait vouloir demeurer ainsi. Par simplicité ? Prenant appui de l’épaule contre le mur, Octave se retourna, déjà beaucoup plus calme ; sa voix avait même perdu de son chevrotant. Greyback était attaché, c’était un meurtrier occasionnel, mais surtout, une coquille vide.

« Qu’est-ce je dois faire pour rester ici ? Ici, avec toi, j’entends. D’ailleurs, il me reste combien de temps encore ? Avant que les gardiens ne viennent me récupérer en pensant que c’est suffisant ? En frapper un de nouveau suffira tu crois ? »

Mais soudain, il se recula vivement de la porte. Il avait aspiré une goulée profonde entre deux phrases et avait clairement senti l’air devenir froid au point de lui picoter l’intérieur des narines. Faisant quelques pas vers l’arrières en atteignant presque la limite à ne pas franchir -surtout qu’il faisait dos au loup-, Octave sentit ses poils s’iriser, de froid ou de peur, il n’en savait rien. L’air se gelait doucement, tout comme le temps semblait se figer dans l’attente alors qu’ils n’entendaient rien et que l’obscurité quasi constante ne lui laissait rien voir. De ses mains nouées, il commença à chercher mécaniquement sa baguette pour lancer un Patronus, mais ne la trouvant pas, étrangement, la seule chose qui lui vint à l’esprit fut « Protège-moi. ». De ses yeux aveugles il perçait le couloir noir sans rien voir et un filet de murmure s’échappa de sa bouche :

« Qu’est-ce que je dois faire ? Je ne peux rien faire… ha, ha. Rien. »

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MessageSujet: Re: [Février 1987] Collocation forcée [Octave Holbrey] Mer 14 Juin 2017 - 0:37

« Tu es ennuyeux. »

Le loup souriait légèrement. Il aimait mieux ça plutôt que le gamin pleurnichard qu'il avait cru voir tout au début, lors de son arrivée ici. Là il sentait que ce jeune avait du caractère, du répondant.
Il se redressait un peu en reculant légèrement, assez pour pouvoir de nouveau laisser ses bras pendre le long de son corps malgré ses liens. Des années qu'il était attaché sans pouvoir bouger plus que les minables quatre ou cinq mètres carrés qu'on lui avait gracieusement offerts. Pas étonnant qu'il finisse par ne plus être qu'une ombre, vide et ennuyeuse. Il ne quittait pas Octave des yeux. Il y avait un lien, non indéfectible, mais qui pourrait rester le temps de l'incarcération du jeune ici.
Fenrir n'était pas connu pour créer des interrelations, ou il avait l'instinct de protection qui marchait avec la personne, ou cette dernière pouvait mourir ou souffrir sans qu'il lève le petit doigt. C'était du quitte ou double. Cependant, à l'heure actuelle, il s'amusait de ce dernier.

« Ca sert à quoi de rester entre deux formes alors que l’une fait tant souffrir et n’apporte que l’instinct comme guide ? Je croyais que tu étais plein, mais te voilà en coquille vide avec pour seule racine, du primitif. T’es pas plus avancé que n’importe qui d’autre en fait. Si me faire mordre veut dire que je retrouverai exactement la même chose que je suis en train de fuir, alors non merci. Je ne veux pas mourir, je veux vivre. Vivre sans rien ressentir, c'est tant demandé ? »

« Il faudra t'y faire. Mais c'est ce choix que j'ai fait. Contrairement à beaucoup qui restent bloqués dans leur misérable passé en se demandant inlassablement comment arrêter de ressentir les choses. J'ai décidé il y a longtemps de ne plus faire partie de ton espèce. Tout animal suit son instinct, même l'homme. Cela n'en fait pas des coquilles vides pour autant. Et je n'avais aucune envie de faire de toi un des nôtres »

Être ici lui laisserait des marques. Marques surement indélébiles. Même un loup-garou n'oublierait pas ce genre de traitement abusif. Sa haine des humains et des sorciers n'en était que décuplée.
Octave finit par se lever pour aller vers les barreaux grinçants qui faisaient office de porte, tournant le dos à Fenrir un moment. Ce dernier penchait un peu la tête pour l'observer. Ce gamin était décidément la créature la plus étrange et la plus réfléchie qu'il avait rencontrée depuis son arrivée ici.

« Qu’est-ce je dois faire pour rester ici ? Ici, avec toi, j’entends. D’ailleurs, il me reste combien de temps encore ? Avant que les gardiens ne viennent me récupérer en pensant que c’est suffisant ? En frapper un de nouveau suffira tu crois ? »

Il soupirait, réfléchissant. Très peu étaient restés ici longtemps et surtout avaient voulu revenir. L'antre de la bête faisait office de punition et non pas de Club Med.

« En général, ce n'est qu'une question d'heure ou de jour suivant ce que tu as fait. Il n'y a que pendant mes nuits de pleine lune ou personne n'a l'autorisation de s'approcher d'ici. Essaye de parler avec les gardiens, par chance tu en feras tellement ch*er un qu'il te ramènera aussi vite. »

Fernrir s'étirait un peu pendant que le sorcier restait près de la porte, fixant le néant. Ce couloir noir comme si plus rien n'existait avec cette impression de vide étouffant et oppressant n'inspirait confiance à personne. Fenrir évitait de regarder dans cette direction en général, il avait toujours cette impression de bouche ouverte prête à le dévorer suivie d'une chute éternelle. Soudain, il sentait de nouveau un spectre de peur émanait du jeune ainsi qu'une brise froide et légère. Les détraqueurs l'avaient bien repéré, mais comme d'habitude, aucun ne s'aventurait ici.
Fenrir levait alors la tête pour regarder vers la lucarne. Il sentait leurs présences à ces ombres dénuées de tout sens moral. Eux étaient des coquilles vides, glissant dans l'air comme fusionné avec le ciel, aspirant tout ce qui fait de l'humain, un humain. Leurs pouvoirs étaient si immenses que même un moldu pouvait ressentir cette dépression hostile s'aventurer dans leurs foyers. Fenrir avait déjà, gamin, eu peur des détraqueurs. Il se souvenait de ses psychoses qu'il avait eues étant enfant. Hantises qui n'existaient plus à présent.

« Si j'étais toi, je reculerais... Ils savent que tu es ici et ils n'apprécient  pas trop que tu leur échappes de cette manière... Si tu sors d'ici... Tu es fichu. »

Ce dernier reculait par réflexe, cherchant certainement sa baguette par conditionnement.

« Qu’est-ce que je dois faire ? Je ne peux rien faire… ha, ha. Rien. »

Fenrir soupirait. Pourquoi l'aiderait-il après tout ? Il n'avait clairement aucune raison de le faire sauf peut-être d'avoir un intérêt pour lui. Octave ici, il pouvait au moins avoir une raison de parler et surtout moins de coups de la part des gardiens qui ne prendraient pas le risque de venir trop souvent avec un prisonnier en plus à surveiller.

« Très bien. Quand les gardiens viendront pour te récupérer... Tu me laisseras faire. »

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Dernière édition par Fenrir Greyback le Mer 21 Juin 2017 - 19:27, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: [Février 1987] Collocation forcée [Octave Holbrey] Mer 14 Juin 2017 - 16:25

« Si j'étais toi, je reculerais... Ils savent que tu es ici et ils n'apprécient pas trop que tu leur échappes de cette manière... Si tu sors d'ici... Tu es fichu.
- Tu es au réconfort ce que le Seigneur des Ténèbres est à la compassion : une imposture ! »

Mais sans déconner. C’est qu’il était malin ce loup de pacotilles ! Seulement, pour Octave c’était comme essayer de se décider entre Charybde et Scylla. Où qu’il aille, que des monstres. Un pas à droite, un détraqueur, un pas à gauche, un lycanthrope prêt à le décapiter d’un coup de patte. Il ne savait franchement pas ce qui était le pire. Probablement le lycanthrope, parce que les détraqueurs à défaut de le rendre dépressif, n’avaient en théorie pas le droit de le tuer. Il savait que sa situation était suffisamment sensible pour que la prison ne s’aventure pas à l’exécuter par accident. En définitive, il se retrouvait figé sur place, parce que non seulement il ne pouvait rien faire, mais en plus il ne pouvait pas fuir. C’était le principe d’une prison, après tout, vous me direz. Mais ici, il était en plus entouré d’un danger cuisant, d’une éventuelle torture permanente qui le tétanisait au point de désordonner les battements de son cœur. D’ailleurs, ce dernier marqua un arrêt, avant de frapper un coup très fort contre ses côtes, reprenant un rythme à priori incompatible avec la vie. Il commençait à paniquer, l’air glacé se mêlant à la peur en un mélange improbable de peau chaude et de sueur froide. Il n’était pas quelqu’un de spécialement heureux en temps normal… exulté, peut-être, irrévérencieux, provocateur, terriblement désinvolte et parfois même outrageusement exalté, mais certainement pas débordant de joie sincère. Octave s’était toujours considéré comme quelqu’un de creux sentimentalement parlant, si bien que les détraqueurs ne faisaient que l’opprimer davantage. Il commençait à avoir du mal à respirer, tant l’angoisse pesait presque physiquement sur sa poitrine. C’était bien l’une des rares circonstances qui lui donnaient envie de pleurer, que ce soit d’un sentiment volontaire ou juste d’un débordement d’anxiété morbide. Dans son dos, il entendait la respiration sifflante du loup et devant, une brume se formait sous sa respiration saccadée, appelant la souffrance. La souffrance et le danger l’entouraient, les miraculeux instants de lucidité emplis de bravoure n’étaient visiblement que des entractes entre deux vrombissements de terreur.

Il voulait partir. Retourner dans le passé et se retrouver au kibboutz. Ou dans l’appartement vide qu’il avait acheté au troisième étage dans l’Upper East Side, même si ce souhait devait lui coûter tout son héritage. Il n’appartenait pas à ce monde. La prison, ce n’était pas pour lui. Pas celle-ci en tout cas. Sa place était parmi les jeunes mamans impeccables qui payaient dix mille gallions par mois pour envoyer leur précieuse progéniture dans des établissements privés. Ou encore dans un bar miteux à fumer du crac sur les genoux d’une fille à la jupe qui ressemblait plus à une ceinture qu’à un vêtement en tant que tel. Il était bien, parmi les gens hypocrites, ou les paumés qui ne savaient pas quoi faire de leur vie, comme lui. Mais pas ici, dans cet antre du désespoir où les gens n’étaient pas simplement paumés, mais ne savaient même plus qui ils étaient. Ou bien au contraire, avaient tellement conscience de leur nature que cela les rendait inhumains. Il n’en était pas encore là…

« Très bien. Quand les gardiens viendront pour te récupérer... Tu me laisseras faire. »

Un long frémissement lui passa le long du corps en une vague violente, partant de sa nuque et se répandant sur toute sa peau blême. S’il avait eu un journal quelque part, il l’aurait roulé pour asséner un coup sur la gueule de Greyback comme on l’aurait fait avec un chien essayant de monter sur le lit. L’animal était si désinvolte, alors que lui s’étouffait en silence de souvenirs que les détraqueurs faisaient remonter à la surface de sa mémoire en poissons morts. Ils y flottaient, empoisonnant son esprit de choses dont il ne voulait plus se souvenir. Ou en tout cas, pas aussi clairement. Voilà pourquoi les détraqueurs étaient un véritable calvaire dans son cas. Une pure malédiction. Non seulement il n’était pas quelqu’un d’heureux, mais en plus Octave possédait une excellente mémoire. Indéfiniment, il se rappelait des moindres détails. Il n’avait quasiment aucun moyen d’exorciser quoi que ce soit, tant ses remembrances étaient éternellement nettes, quelle que fut le temps écoulé où la nature du souvenir. Rien ne disparaissait et tout demeurait. Il n’était jamais question de brume lointaine, monochrome et difforme, avec des bouts de dialogues entendus comme au travers d’une porte close… Non, sa mémoire était précise jusqu’au frisson. Tout était toujours extrêmement clair, comme s’il revivait l’instant in situ. Dans un mouvement de bout de bois, Octave se retourna vers Greyback et articula :

« Je continue malheureusement à croire que tu es plus humain qu’animal. Ce qui te rend d’autant plus flippant au final. Ca rend la race humaine très effrayante. » Revenir en arrière, parler de quelque chose qui n’avait aucun rapport avec ce qui se passait l’aidait à se déconnecter du gargouillis mémoriel de son cerveau. Entre temps, il s’était de nouveau mis à claquer des dents, sans savoir si c’était à cause du froid ou de la tension nerveuse. Fronçant les sourcils avec dédain, Octave répliqua d’un ton vaguement dédaigneux, un peu moqueur, autant que la situation le lui permettait : « Un des nôtres… pfeuh ! Monsieur est difficile ! Trop d’honneur pour moi. »

Patiemment, il attendait que l’étau se desserre sur son cou, que les vagues de souvenirs s’épuisent, n’osant pas bouger. De toute manière, où aller ? Faire le tour des pauvres quelques mètres carrés de la cellule, tout en évitant soigneusement Greyback ? Non, dans cette perspective, tous les orifices menant à l’extérieur étaient des sources de dangers. Son imagination lui dictait qu’un détraqueur pouvait le chopper comme Greyback l’avait fait tout à l’heure, passant un bras cadavérique à travers les barreaux. Non, rester au milieu, c’était très bien. Toutefois, le temps passait en silence et rien ne s’améliorait. La sensation empirait. A croire qu’ils s’agglutinaient aux murs de la prison, comme des rapaces, en attendant que la fraiche victime soit à nouveau disponible, éloignée du vieux loup. Alors quoi, on ne lui fouterait pas la paix avant d’avoir pu s’en repaitre gracieusement ? Cette idée le terrorisa presque avec la même force que la sensation de mort imminente. Si les gardiens venaient et les laissaient faire, il allait souffrir, souffrir et souffrir… Dans un souffle sinistre, il siffla entre les dents :

« Je préfère être là pendant ta pleine lune plutôt qu’en la compagnie d’un détraqueur… » Au loin, des pas se firent entendre et Octave ressentit un vague soulagement sur sa poitrine. Sensation temporaire cela dit, comme si la nuée noire s’écartait en mer morte sur le passage d’un gardien aux traits de Moïse. La clé s’engouffra dans la serrure dans un cliquetis lourd, puis tourna sur elle-même. Nerveux, effrayé, confus, mais déterminé, le jeune homme se retourna vers Greyback pour de bon d’un geste brusque et cafouilla rageusement : « Je te préviens, je ne m’approcherai pas. Je veux sortir en vie, mentalement sain et en un seul morceau ! La seule chose que je peux faire c’est jouer la comédie ! »

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MessageSujet: Re: [Février 1987] Collocation forcée [Octave Holbrey] Ven 16 Juin 2017 - 3:35

Une imposture. C'était surement une évidence. Mais qu'est-ce qui ne l'était pas ici finalement ? Tout n'était que mensonge et loi du plus fort. Mais quitte à choisir, il préférait parfois être dans cette geôle que convoqué par le Seigneur des Ténèbres.
Le loup en avait marre de cette mascarade, en fin de compte il aurait pu au moins lui arracher la langue pendant qu'il l'avait dans ces griffes. Histoire de plus l'entendre et d'au moins pouvoir gouter son plasma.
L'odeur de son liquide organique était délicieuse, un peu fruitée avec un côté sucré. Il s'en léchait les babines avant de sortir rapidement de ces pensées.
Voilà qu'il nous faisait une crise d'angoisse à présent. La prison ce n’était pas pour les gosses de riches. Il ne tiendrait pas un mois à ce stade, pas avec les détraqueurs qu'il attirait comme des mouches. Cela en devenait même fascinant.

« Je continue malheureusement à croire que tu es plus humain qu’animal. Ce qui te rend d’autant plus flippant au final. Ça rend la race humaine très effrayante. »

Il essayait de noyer son propre poisson en bernant son propre esprit avec des paroles qui n'avaient rien à voir.

« Tu t'attendais à quoi au juste avec moi ? À avoir Balto en loup de compagnie ? Faut vraiment que tu arrêtes les dessins animés jeunot. »

C'est captivant. Ils ont toujours l'air étonnés en venant se perdre ici, à croire que certains s'attendaient à voir un loup remuant la queue les accueillir, comme si la thérapie cynophile existait dans cette prison.

« Je préfère être là pendant ta pleine lune plutôt qu’en la compagnie d’un détraqueur… »

Fenrir haussa les épaules. C'est comme il souhaitait, après tout.L'odeur et le bruit de pas des gardes lui parvenaient alors. Il souriait d'un air moqueur à Octave qui semblait plus proche de la crise cardiaque à chaque nouveau pas du gardien.

« Ils ne semblent pas vraiment de ton avis... »

Il semblait réellement paniqué lorsqu'il se tournait vers lui en lui promettant clairement de tout faire pour rester ici. Greyback aurait pu trouver ça touchant dans une situation différente et s’il n'était pas juste un animal sans réel besoin affectif.
Le loup soupirait, se forçant à se dire que si Octave restait, cela pourrait lui être également favorable. Du moins s’il supportait encore son caractère.

Deux gardes arrivaient alors pour attraper le jeune et le transférer ailleurs.

« Enfin. Vous allez pouvoir me débarrasser de ce foutu emmerdeur, il va finir par me rendre marteau. »

« Ferme la hybride »

« Il se croit trop bien pour être ici. Il se la joue provocateur et à clairement me faire ch*er. Il ne croit pas du tout en votre minable autorité alors dégagez-le d'ici. »

Fenrir souriait aux gardiens avec ce rictus moqueur qu'il pouvait avoir de temps en temps. Quoiqu'il dise, ça lui tombera dessus, mais il savait pertinemment que les gardes tomberaient dans le panneau. À peine quelques secondes plus tard, il se prit un violent coup de matraque avant d'être mis dos au mur violemment par ce même cerbère.

« Écoute-moi bien sale animal. Tu n'es plus le grand méchant loup. Tu es juste une pâle copie de ses chiens en fin de vie à la fourrière juste avant d'être euthanasié. Si ça ne tenait qu'à nous, ça ferait longtemps que tu ne serais plus de ce monde, pourriture. Et vu que tu le prends comme ça, ton super petit copain va rester un peu plus longtemps pour te tenir compagnie. »

Il se prit un autre coup violent avant d'être mis à terre.

« Voilà. C'est là qu'est ta place, à nos pieds. Et toi. Tu n'auras qu'à lui faire de douce grattouille derrière les oreilles. »

Sur ces paroles, ils finissent par partir alors que le loup était tant bien que mal reparti dans ses ténèbres, seul ses linéaments restant visibles. À se demander pourquoi il avait aidé réellement. À croire que la prison le rendait bienveillant... Mais tandis que le jeune avait gagné un sursis, lui avait juste gagné un mal de tête et une humiliation de plus. Mais il ne souhaitait pas en parler plus que ça.

« Maintenant qu'on est condamnés à rester encore ensemble ... »


Il s'arrête un instant après avoir nettoyé le sang qui coulait de sa plaie due au coup. Une cicatrice en plus qu'est-ce que c'était finalement .

« Pourquoi les détraqueurs t'apprécient autant ? Ta vie a été parfaite en tout point ou c'est une autre fabuleuse raison ? »

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MessageSujet: Re: [Février 1987] Collocation forcée [Octave Holbrey] Ven 16 Juin 2017 - 19:13

Non, il ne s’était pas attendu à Balto, le gentil chien-loup obéissant qui s’était dévoué à la race humaine. Mais la réalité était souvent bien plus effrayante que ce que l’imagination pouvait produire, simplement parce qu’elle était tangible. L’univers chimérique pouvait créer tous les monstres qu’il voulait, ils étaient condamnés à y demeurer, ne restant que d’horribles suppositions. On pouvait se préparer autant qu’on le voulait en s’imaginant le pire, la vie nous surprenait toujours par son implacable authenticité. Les atrocités illusoires devenaient palpables et tout était fini car elles pouvaient influencer notre propre vie et changeaient parfois la perception que l’on avait des choses. Cela, Octave n’était pas certain de pouvoir l’étreindre, même si toute sa vie l’avait à priori préparé à ce moment, tant il en avait côtoyé, des êtres au caractère putride. Mais il savait en revanche que comme d’habitude, invariablement, il allait finir profondément blasé. Encore un peu et il allait comprendre que Fenrir n’avait rien d’un mystère, ni n’était une créature inhumaine invincible, ou sans autre motivation que la destruction. Il était avant tout un homme, pétri de sa propre histoire qui était, à n’en point douter, faite d’instants qui avaient construits la personnalité du loup. Et ça, Octave savait comment le gérer. Il fallait juste d’abord comprendre comment l’appréhender. Toutefois, pour le moment, il avait d’autres soucis.

Inconsciemment, cette plainte de pitié faisait partie intégrante du processus. En faisant cela, en demandant de la clémence à son égard, Octave allait pouvoir déterminer s’il restait encore un peu de considération dans ce corps animal. Et manifestement, il y en avait. Soit il y avait trouvé son propre intérêt, soit il avait eu pitié, mais peu importait car Greyback y avait réagi. Il ne l’avait pas abandonné silencieusement dans sa détresse et c’était un geste qui était particulièrement bienvenu, tandis que le jeune se débattait non seulement avec ses souvenirs, mais la crainte à venir de devoir se confronter aux détraqueurs dans une cellule où plus rien ne les retiendrait. Octave avait tout fait pour paraître plus enragé que désespéré, mais sentait bien que quelque chose devait suinter sur son visage, comme une aura pathétique de frayeur. Il s’en serait retrouvé d’autant plus mal si le loup avait refusé de contribuer à ses désirs. Pour une raison encore incertaine cela dit parce qu’il semblait plus exaspéré que participatif. A moins que ce ne soit pour la forme, comme à chaque fois que l’on se retrouve à rendre un service sans vouloir avouer à haute voix que cela nous arrange. Les deux gardes étaient rentrés, manifestement satisfaits de l’air parfaitement horripilé de la nouvelle recrue, et l’un s’était empressé de l’empoigner par le coude. Habitué des individus pétrifiés, il ne prêta pas grande attention ni à la résistance rigide que manifestait Octave, ni à son air éberlué. Cela devait être chose usuelle ici, et le gardien le traina simplement en direction de la porte, n’accordant aucune importance aux pieds trainants du prisonnier. Il l’aurait probablement tiré par les cheveux si cela s’était avéré nécessaire. Octave ne savait précisément comment se comporter. Résister davantage ? Se laisser faire ? Au moment où il avait jugé que la porte était un peu trop proche et qu’il fallait peut-être commencer à se débattre par simple instinct de survie, Greyback daigna enfin les interrompre :

« Enfin. Vous allez pouvoir me débarrasser de ce foutu emmerdeur, il va finir par me rendre marteau. Il se croit trop bien pour être ici. Il se la joue provocateur et à clairement me faire ch*er. Il ne croit pas du tout en votre minable autorité alors dégagez-le d'ici. »

Ha, ha, je vois ce que tu veux dire. Je vois ce que tu veux faire. Ce n’était même pas la peine de jouer la comédie, prétendre à quelque chose parce que les deux gardiens s’exerçaient à une télépathie bien rodée entre deux collègues du même service. Ne prêtant aucune attention au jeune, ils échangèrent un long regard empli d’une communication silencieuse avant que l’un d’eux ne s’élance vers Greyback pour lui asséner un coup entre les deux oreilles. Forcément, comme c’était un éternel combat pour garder une position de mâle alpha, d’autorité régente, le gardien se répandit en démonstration de force verbale. La tirade fut suivie par un deuxième coup, plus violent que le précédent, puisqu’il parvint à mettre le loup à terre. Le deuxième gardien avait même fini par lâcher Octave, plus excité à la vue de l’hybride en train de se faire tabasser qu’à l’idée que le jeunot avait pu leur manquer de respect en leur absence. C’était la deuxième fois que Greyback se faisait frapper à cause de lui. La première fois étant méritée d’une certaine façon, celle-ci lui parut être une manifestation de violence gratuite et insensée. Les gardes s’en allèrent sans se soucier davantage d’Octave que dans la mesure où il pouvait causer du tort au loup. Ce dernier c’était d’ailleurs recroquevillé quelque part dans les ténèbres, prenant soin de ses plaies, à en juger par le bruit de frottement qui se faisait entendre.

« Maintenant qu'on est condamnés à rester encore ensemble... Pourquoi les détraqueurs t'apprécient autant ? Ta vie a été parfaite en tout point ou c'est une autre fabuleuse raison ? »

Sans même s’en rendre compte, Octave s’était éloigné de la porte vers laquelle on l’avait trainé plus tôt, reprenant sa position initiale, strictement au centre de la pièce, éloigné de manière égale de la sortie, de la lucarne et de Greyback. Le départ des gardiens n’avait pas éloigné les détraqueurs, et Octave sentait leur pression physique l’empêcher de respirer correctement. Et puis, tous ces souvenirs… Ils étaient si nets qu’il avait l’impression d’être maintenu de force entre deux dimensions, à observer ce que ses yeux voyaient et le film remisent que lui imposait son cerveau. Ils étaient loin, mais leur pouvoir semblait déjà aspirer la joie à travers les murs. D’ailleurs, quelle joie ! Toisant les murs comme s’il essayait de voir au travers pour détecter les détraqueurs, Octave répondit dans un souffle :

« J’en sais rien ! Peut-être parce que je suis de la viande fraîche et qu’il reste encore quelque chose de substantiel à tirer de mes souvenirs ? Ou parce que je suis celui qui as le plus la trouille ici ! Et le seul qui ne soit pas devenu dingue… Tu devrais être plus au courant que moi sur le sujet. Je suis une coquille vide par excellence. »

Il avait parlé vite, d’une voix emplie de sarcasmes. Mais il savait que c’était partiellement vrai. Il aurait pu être assez prétentieux pour croire que ses sentiments attiraient ces créatures parce qu’ils étaient plus complexes que chez les autres. Mais honnêtement, il en doutait. Le cercle vicieux voulait qu’il fût incapable de se débarrasser de ses mauvais souvenirs, parce que la magie les ramenait inlassablement à sa conscience. De sa gorge s’échappa un sourd gémissement de désespoir tandis qu’il cherchait dans sa mémoire quelque chose qui était capable de le sauver de cet agglutinement de sacs poubelles flottants. Sans sa baguette magique, il avait clairement plus peur des détraqueurs que de Fenrir. Au moins lui pouvait l’écouter et le comprendre, alors que les créatures à l’extérieur ne le considéraient pas plus qu’un morceau dont ils pouvaient se repaitre. Ils sentaient la peur, ça il le savait ; la promesse de bons souvenirs les attirait également. Il fallait donc cesser d’avoir peur… Follement, d’un pas déterminé, il rompit l’espace qui les séparait de Greyback jusqu’à venir lui faire face. Octave le regarda droit dans les yeux et ordonna d’une voix aussi grave que claire :

« Cogne. Cogne. Et vas-y fort p*tain, à m’en déboîter la mâchoire. Casse moi un truc. Fais-moi saigner. Je gueulerai pas. Vas-y, Balto. »

Et comme pour donner encore plus de rage au loup, le provoquer -comme s’il en avait besoin…-, Octave le poussa de ses deux paumes, petites en comparaison avec le gros torse velu qu’elles venaient de frapper. Il savait qu’il n’allait pas devoir demander deux fois, et qu’une fois l’éventuelle stupeur passée, Greyback ne prendrait pas la peine de lui faire répéter sa requête. Machinalement, il se préparait donc à la torgnole, détendant ses muscles pour mieux absorber les chocs. Ce qui était stupide, parce que le but était d’avoir mal. Le but, c’était éventuellement de s’évanouir. Mais surtout, c’était de finir suffisamment faible pour que les détraqueurs se désintéressent de lui. Ou, au pire, d’être tellement concentré sur la douleur physique que cela lui ferait cesser d’éprouver la peur, paralysant son cerveau d’un électrochoc nerveux suffisamment fort pour arrêter l’afflux de souvenirs douloureux. Il n’y avait que ça qui l’avait aidé jusqu’à maintenant pour faire taire la voix primitive des sentiments : la souffrance physique. Il aurait pu s’écraser la tête contre le mur, mais il savait qu’il n’avait pas assez de forces pour ça maintenant. Et de toute manière, pourquoi s’embêter lorsqu’il y avait un volontaire parfaitement capable juste à côté ? Après avoir donné un coup à la bête, Octave avait baissé les bras, offrant son corps en pâture. Mais une seconde plus tard, il comprit son erreur dans le texte :

« Pas le visage ! »

Trop jeune pour finir moche.

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MessageSujet: Re: [Février 1987] Collocation forcée [Octave Holbrey] Sam 17 Juin 2017 - 18:23

Il ne fallut pas longtemps pour que le brun retourne au centre de la pièce, reprenant sa position initiale avant le passage des surveillants comme si rien de tout ça ne s'était déroulé.
Le loup abandonnait alors sa plaie en écoutant la voix sarcastique du jeune qui lui répondait.

« J’en sais rien ! Peut-être parce que je suis de la viande fraîche et qu’il reste encore quelque chose de substantiel à tirer de mes souvenirs ? Ou parce que je suis celui qui as le plus la trouille ici ! Et le seul qui ne soit pas devenu dingue… Tu devrais être plus au courant que moi sur le sujet. Je suis une coquille vide par excellence. »

Il proférait un minuscule rire silencieux à ses paroles. Décidément, il était beaucoup trop épineux pour lui. Ce n'était pas comme si Fenrir était entouré de génie la plupart du temps cependant. On ne pouvait pas dire que la plupart des rafleurs étaient de grosse tête. Cependant, sa meute n'était pas composée que d'arriérés, heureusement.

« Pour la viande fraiche je peux que te confirmer. Et pour le reste aussi finalement. Tu es le seul que j'ai vu jusqu'à présent assez lucide pour ce souvenir de son prénom. Et ton odeur empeste la terreur. Malgré ça tu es loin de la coquille vide parce que tu as également une émanation de sentiment qui se dégage de toi qui me donnes limite la nausée. »

Octave sentait la peur à plein nez. Tellement que cela en devenait limite putride. Comment pouvait-il aussi vite changer de tempérament et d'émotion ? Fenrir avait connu ça avec certaines personnes, surtout ici, mais après des mois ou des années d'incarcération. Pas juste quelques heures.
Toujours contre le mur à moitié à terre, le loup nettoyait sa plaie en léchant un peu comme ferait n'importe quel animal blessé, ignorant un peu le gamin à côté qui s'approchait alors de lui d'un seul coup.

« Cogne. Cogne. Et vas-y fort p*tain, à m’en déboîter la mâchoire. Casse moi un truc. Fais-moi saigner. Je gueulerai pas. Vas-y, Balto. »

Fenrir le regardait alors avec un regard interrogatif. Bordel, qu'il était dur à suivre. Il y a à peine quelques minutes, monsieur pleurait sa maman à cause des détraqueurs et sa peur de mourir. Sans oublier le fait qu'il prenait ses distances quitte à vouloir fusionner avec le mur pour s'éloigner le plus du loup. Et à présent il était à quelques centimètres à lui demander haut et fort de lui en foutre une en l'appelant Balto ?

« Dégage gamin, je ne te toucherais pas. »

Le loup repartait alors à l'assaut de sa blessure. Voyant que le jeune ne bougeait pas, il finit par se lever, espérant que cela soit efficace pour le faire repartir au centre de la pièce, là où il se sentait tellement à l'abris.
À la place, le jeune le menaçait physiquement, essayant tant bien que mal de le pousser à bout pour arriver à ses fins.
Fenrir le regardait, un peu plus menaçant à présent, faisant un pas vers lui, le toisant de toute sa hauteur.

« Ne me pousse pas à bout... Je ne vais pas prendre de nouveau un risque de me faire tabasser juste pour avoir le plaisir de te foutre une torgnole bien méritée. Même si ça reste très distrayant. »

Octave ne bougeait pas d'un pouce.
Fatigué, Fenrir finit par le choper à la gorge et le soulever à quelques centimètres du sol. Il avait été que trop patient face au moustique sourd aux nombreux avertissements qu'il lui avait été donné.

« Arrête. Tout de suite. Sinon un de nous deux ne sortira pas vivant de cet endroit et je ne pense pas avoir besoin de te donner le moindre indice sur cette fameuse identité. »

Il plongeait alors son regard dans le sien alors qu'il l'étranglait à moitié au vu de sa force sur le corps un peu frêle du gosse.
Grognant un peu il leva doucement une main à son visage, lui caressant la joue d'une griffe, forçant assez pour qu'il ressente quelque chose, mais pas assez pour faire une entaille.
Il retira rapidement sa main comme pour le frapper violemment avant d'avoir une demande des plus adorables de sa part.

« Pas le visage ! »

Le loup levait alors un sourcil un peu blasé. Monsieur avait en plus des exigences sur comment se faire démonter.

« Tu as raison. Il ne faudrait pas abimer la seule chose qui pourrait rester potable chez toi pour pouvoir trouver quelqu'un qui accepterait de partager sa vie avec un foutu emmerdeur masochiste. »

Sur ces mots, il le balançait alors au sol violemment avant de lui envoyer un coup de pied dans le ventre, le remettant sur le dos en se mettant sur lui.

« Je ne sais absolument pas ce qu'il se passe là-dedans. Dit-il en lui enfonçant une griffe légèrement sur le front. Mais tu me sembles bien suicidaire à ce moment précis. Octave. »

Le loup enfonçait ses griffes dans son torse, ne le lâchant pas du regard pour lire sur son visage ce qu'il ressentait. Il le relevait alors par son haut avant de le griffer méchamment au torse, l'envoyant dans le mur d'en face. Il ne voulait pas le tuer et il savait très bien que s'il continuait il perdrait très rapidement le contrôle sur lui-même.

« Si tu as des démons à combattre. Arrête de fuir, foutu lâche. »

Il soupirait. Ces paroles ne lui étaient tellement pas inconnus.

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MessageSujet: Re: [Février 1987] Collocation forcée [Octave Holbrey] Dim 18 Juin 2017 - 18:55

Débordant d’une rage forcée qu’il s’inspirait artificiellement pour se donner du courage, Octave regardait Greyback les sourcils froncés, attendant qu’il veuille enfin se décider. La magie des détraqueurs et sa mémoire continuaient à lui jouer des tours. Le lycanthrope lui rappelait son précepteur en Histoire de la Magie. Ils avaient tous les deux une carrure semblable dans la forme et le même visage velu. Bien sûr, son précepteur était beaucoup plus soigné, mais sa barbe taillée à la Garibaldi était impressionnante, tout autant que ses sourcils broussailleux et sa crinière fournie. Mais au lieu d’avoir l’air d’un lion, cet homme au visage méchant et renfrogné rappelait un troll. Octave l’avait détesté de toutes les fibres de son corps et le visage de Greyback semblait se confondre avec celui de son précepteur dans la pénombre. Il crut voir trouble et cligna des yeux pour chasser l’image, mais elle partait difficilement. Sa mère ne l’avait presque jamais touché. Ni pour le câliner, ni pour le malmener. Mais elle semblait prendre soin à engager des hommes capables de le faire à sa place. Pendant toute la durée du cours, ce troll obligeait son élève à garder sa main gauche sur la table, paume tendue vers le haut, pour offrir la moelle la plus tendre et la peau la plus fine. Dès qu’Octave répondait mal, il abattait une fine lanière de cuir sur ses phalanges. Le fil claquait et avec le temps, l’enfant avait appris à ne plus retirer sa main juste après, parce que ça ne servait à rien. L’obéissance prenait le dessus sur les réflexes et il bronchait à peine, alors que sa paume le brûlait, le visage rouge et les yeux crachant des étincelles de colère. Son précepteur souriait, ravi de voir son élève humilié, mécontent et souffrant. A force, la peau de sa main gauche avait fini par s’épaissir. Fenrir avait le même regard. Ou était-ce sa mémoire qui remplaçait le visage du loup par celui de son précepteur… ?

« Ne me pousse pas à bout... Je ne vais pas prendre de nouveau un risque de me faire tabasser juste pour avoir le plaisir de te foutre une torgnole bien méritée. Même si ça reste très distrayant. »

C’était un souvenir malheureux, qui faisait échos à tous les autres professeurs qu’il avait eu. Tous étaient soigneusement choisis par sa mère. Ce n’était pas à l’égal d’un deuil ou d’une grande peine tragique, mais c’était ce qui l’avait rendu méchant et amer. Enfant, il avait voué une tendresse inconditionnelle envers les membres de sa famille, par principe. Il n’était pas né avec une haine pour les autres. Mais voilà qu’il rencontrait des gens qu’il n’avait jamais vus et qui semblaient lui vouer une animosité avant même de le connaitre. Ils avaient tous quelque chose de terrible en eux qu’il avait fini par imiter. Coléreux, mais taciturne, Octave avait fini par détester tout le monde, par principe. Son prof aussi, disait « ne me poussez pas à bout, Monsieur Holbrey ! ». Au moment où il vit rouge, Greyback l’empoigna enfin par la gorge et le souleva au-dessus du sol. Pendre à bout de bras était une expérience indescriptible. Attrapant de ses doigts crochus le poignet du loup, il commença non seulement à suffoquer, mais à sentir ses vertèbres se décrocher les unes des autres. A cause de la pression sanguine, quelques vaisseaux claquèrent dans ses yeux, se répandant en tâches rouges. Rapidement, sa tête se mit à tourner et il ouvrit la bouche pour tenter de happer l’air qui ne passait pas. Comme un chien, il sortit sa langue, mais rien n’aidait. Une griffe passa sur sa joue, qu’il sentit à peine, avant de la voir s’éloigner du coin de l’œil alors que Fenrir prenait de l’élan :

« Pas le visage ! »
Parvint-il à siffler.
- Tu as raison. Il ne faudrait pas abimer la seule chose qui pourrait rester potable chez toi pour pouvoir trouver quelqu'un qui accepterait de partager sa vie avec un foutu emmerdeur masochiste.
- Conn*rd. »

Ayant été un petit garçon excessivement poli et bien élevé, il avait parfaitement conscience de l’incroyable vulgarité de ce mot, surtout adressé à son agresseur. Il avait aussi la certitude qu’il lui convenait parfaitement. Au lieu de le tabasser rapidement et avec rage, Greyback le faisait lentement et avec plaisir. Lorsqu’il cogna le sol de son dos, Octave lâcha un soupir gémissant, cambrant son dos douloureux. A tort, car le pied du loup vint s’enfoncer dans le mou de son ventre, lui coupant le souffle. A peine avait-il le temps de se rouler en position fœtale pour se protéger que Greyback le força à coller ses deux omoplates fermement au sol en le chevauchant à califourchon. Octave avait l’impression de craquer de partout, mais il en voulait encore. Il avait besoin de que ça dure plus longtemps. Son seul de tolérance à la douleur était assez élevé et plutôt que de le paralyser, la douleur le rendait en général d’autant plus teigneux, le dopant d’adrénaline jusqu’à l’overdose. Lorsque Greyback enfonça son ongle crochu dans son front, Octave serra les dents et grogna, poussant le doigt du loup avec sa tête.

« Je ne sais absolument pas ce qu'il se passe là-dedans. Mais tu me sembles bien suicidaire à ce moment précis. Octave. »

Ah ! Enfin, fini, le gamin, le jeune, le gosse ! Il le prenait au sérieux ne serait-ce qu’un peu. Des couteaux s’enfoncèrent dans son torse, réduisant le peu de contenance qu’il avait réussi à rassembler au néant. Il garda un contact visuel aussi longtemps que possible avec son agresseur, semblant vouloir percer à travers sa tête, mais la tension s’accumulait sur son visage et ses muscles. La brûlure était d’autant plus insupportable qu’elle était paresseuse. Clairement, le loup prenait son temps. Les doigts du jeune homme essayaient de s’enfoncer dans le sol dur, cherchant appui quelque part sans trouver rien d’autre que de la pierre sale et lisse. Les aiguilles des ongles canins continuaient à s’enfoncer dans son torse et plus cela durait, plus il perdait en détermination. Un coup de patte puissant siffla, déchirant son t-shirt dégueulasse et sa chair sur toute la largeur de son torse. Ramenant ses bras pour presser sur les plaies, Octave sentit d’abord un picotement, puis le sang jaillit, abondant, imbibant le léger tissu de son haut d’un pourpre profond. Avec une facilité déconcertante, Greyback l’envoya valser contre le mur en face. Cette fois, quelque chose craqua pour de bon. Une côte peut-être. A terre, Octave se ramassa sur lui-même, serrant les blessures ouvertes de sa poitrine, serrant les dents pour ne pas geindre ou grogner. Il se contentait de respirer fort, se concentrant avec une satisfaction morbide sur sa douleur. Ce n’était pas juste des griffures de chat qu’il avait, Greyback lui avait littéralement arraché des bouts de peau. Il avait l’impression que les coutures de sa chair avaient lâché au passage des serres acérées.

« Si tu as des démons à combattre. Arrête de fuir, foutu lâche. »

Ce fut la remarque en trop. Celle qui le ramena à la réalité. Finalement, une longue plainte gutturale échappa de sa poitrine, secouant l’air comme un brame de cerf. Mais la plainte n’avait rien avoir avec la douleur ; il grinçait de frustration. Entre deux suffocations de souffrance mal contenue, il cracha son venin :

« Oh ! J’avais oublié, je suis descendu à Azkaban exprès pour venir voir Monsieur Greyback, docteur en psychologie ! J’ai beaucoup aimé votre ouvrage sur… sur… Ah, mais non, t’es pas psy ! Ta gueule Greyback ! Contente toi de faire ce que tu sais et ne te répands pas sur des domaines hors de la portée de tes petites pattes de clebs ! »

Pourquoi avait-il fini par être personnel ? Il ne pouvait pas se contenter de cogner ? De faire ce qu’on lui avait demandé avec tant de courtoisie ? Clairement, Octave n’avait plus peur, il était énervé. Enervé contre ce précepteur sorti de l’enfance qui lui débitait des banalités à deux mornilles : « Réfléchissez à votre comportement, Monsieur Holbrey, ce n’est plus de votre âge, Monsieur Holbrey ! Reconsidérez votre manque de maturité, Monsieur Holbrey. ». Longuement, il souffla, partagé entre la brûlure de ses plaies et la hargne qui lui montait à la tête comme une vapeur de napalm. Le sang continuait à couler entre ses doigts serrés, trempant son t-shirt en lambeaux et il se sentait pâlir. Poisseux, il se releva à quatre pattes et ricana méchamment, grimaçant des courbatures qui avaient rigidifié son corps à force d’avoir pris des coups.

« Quoi que, même pour tabasser quelqu’un, t’es nul. C’est pour ça, ta demi-forme ? La vie est trop dure, alors tu te réduis à l’état de chien pour te simplifier les choses ? C’est sûr, ça doit être plus facile quand ton but principal dans la vie c’est de te lécher les boules ! »

Soudain, Octave se tut, cafouillant sur le dernier mot comme s’il hoquetait. Toujours à quatre pattes, il baissa la tête, la rentrant dans les épaules. Il avait perdu les pédales et s’était monté en mayonnaise en un claquement de doigts. Au moins, la pression des détraqueurs semblait avoir disparu, mais sa haine, au lieu d’être tournée vers l’extérieur, effrayé par les créatures, était devenue personnelle. Encore une fois, le sentiment et les souvenirs s’étaient avérés être plus forts que la douleur physique. Il était déchaîné. Octave prit appui sur ses jambes arrières et s’élança vers le loup, prenant de l’élan avec son bras au poing serré, déterminé à frapper. Instinctivement, parce que c’était la partie la plus tendre de Greyback, il visa la tête.

« Le seul lâche, c’est toi, demi-clebs ! T'es déjà plus potable depuis longtemps, alors de toute manière, les seuls gosses que t'auras, seront à coup sûr les fruits de viols ! »

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MessageSujet: Re: [Février 1987] Collocation forcée [Octave Holbrey] Lun 19 Juin 2017 - 2:56

Fenrir pensait enfin s'en être débarrassé, mais le jeune était blindé pour le coup. Sauf que le loup sentait clairement autre chose émanant de son odeur corporelle. Ce n'était plus de la peur ni de la panique. Non, la donne avait changé et les sentiments également. C'était de la rage, de la colère, du mépris pour des souvenirs qui semblaient s'être réveillés en même temps que la douleur de sa blessure.
Le loup sentait que ça devenait un ressentit malsain. Et pourtant, il avait juste obéi à ce qui lui avait demandé avec tant d'ardeur. Mais peut-être que ces mots avaient réveillé quelque chose, tout comme les paroles du père de Remus avaient fait renaitre en lui un souvenir enfoui. Il s'étonnait lui-même de comprendre ce que ressentait le jeune actuellement, mais ce n'était pas pour autant qu'il ressentait de la pitié envers le brun, ensanglanté, la main sur la blessure comme si cela pouvait faire stopper le mini flot de sang qui en sortait.

Le loup grognait un peu, le quittant du regard pour fixer la porte, espérant qu'aucun prêvots ne l'avait entendu. Le contrôle lui avait encore une fois fait défaut et si cela se savait, c'était terminé pour lui. Aucune chance qu'on le défende même en disant que c'était clairement l'autre détenu qui l'avait énervé, l'obligeant à répandre sa haine sur son torse à présent marqué.

« Oh ! J’avais oublié, je suis descendu à Azkaban exprès pour venir voir Monsieur Greyback, docteur en psychologie ! J’ai beaucoup aimé votre ouvrage sur… sur… Ah, mais non, t’es pas psy ! Ta gueule Greyback ! Contente toi de faire ce que tu sais et ne te répands pas sur des domaines hors de la portée de tes petites pattes de clebs ! »

Octave continuait de déverser cette colère par des mots, essayant de blesser ou de toucher du moins l'égo du canin qui l'ignorait totalement, trop occupé à espérer que rien ne rentre dans cette salle. Il serait bon pour la muselière sans pouvoir au moins avoir eu la satisfaction de tuer ce fouteur de m*rde.
Outre cela, il n'avait pas la moindre craindre à avoir de la part de la chose encore étendue sur le sol, tant que ce dernier survivait.
Néanmoins, ses yeux finirent par repartir vers le brun alors que ce dernier se mettait à quatre pattes, ricanant comme un fou qui venait de découvrir une solution pour faire taire les nombreuses voix enfermées dans l'encéphale. Fenrir l'avait bien amoché, mais ce n'était rien comparé à ce qu'il pouvait lui faire s'il continuait à le provoquer de la sorte.

« Quoi que, même pour tabasser quelqu’un, t’es nul. C’est pour ça, ta demi-forme ? La vie est trop dure, alors tu te réduis à l’état de chien pour te simplifier les choses ? C’est sûr, ça doit être plus facile quand ton but principal dans la vie c’est de te lécher les boules ! »

Il le fixait acrimonieusement, cette petite pourriture lui faisait également revenir des souvenirs autant tangible qu'oral. Comme beaucoup, il devait supposer qu'il avait changé par plaisir, par égo, juste pour paraitre plus fort qu'il n'était. Mais c'était surtout le maigre résultat d'une longue route d'agression et de harcèlement qui l'avait conduit à oublier sa part humaine remplie de souffrance pour s'abandonner au loup qui lui, supportait beaucoup plus cette vie misérable que l'humain lui avait offert.

« Ferme ta sale petite g*eule, minable. Je ne sais pas ce qu'il s'est passé dans ta pauvre vie pour que tu finisses par ramper à quatre pattes en tôle, mais je n’en ai absolument rien à faire et n'en ai absolument pas responsable. »

Aussi maladroit que cela puisse paraitre, Fenrir essayait de calmer le jeu pour éviter qu'il ouvre encore une fois sa bouche et ramène des nuisibles par ici. À l'extérieur, Octave serait déjà décapité depuis un moment, abandonné dans une ruelle déserte parmi quelques poubelles malodorante et quelques rats; mais ici, le canin préférait vraiment faire profil bas jusqu'à ce qu'une occasion de fuite se présente. Sans ça, il savait pertinemment qu'il était bon pour finir ses jours ici.
Mais au final ces paroles ne faisaient qu'empirer les choses et comme pris d'une force soudaine, Octave réussit à bondir sur lui pour l'accabler d'un coup de poing en plein visage. Bien que peu puissant, le loup ne bougeait pas même après l'impact du coup, essayant de se contrôler un minimum.

« Le seul lâche, c’est toi, demi-clebs ! T'es déjà plus potable depuis longtemps, alors de toute manière, les seuls gosses que t'auras, seront à coup sûr les fruits de viols ! »

C'était clairement la phrase de trop. Les pupilles du loup se dilatèrent complètement et grognant de rage il choppait alors le jeune au cou pour le plaquer au mur où il était attaché solidement.
Son torse se relevait et se baisser avec force tellement il soufflait comme un taureau, maintenant le jeune contre le mur sans l'étrangler pour autant.

« J'ai été plus que patient avec toi ! Je suis ravi de te dire que si la personne qui t'a rendu comme cela est morte, tu vas bientôt pouvoir la rejoindre ! Le séjour s'achève pour toi gamin. »

D'une main il tournait la tête du jeune alors qu'il caressait sa jugulaire d'une griffe, doucement. Quitte a avoir des problèmes, autant prendre son temps.

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MessageSujet: Re: [Février 1987] Collocation forcée [Octave Holbrey] Lun 19 Juin 2017 - 15:21

Octave ne s’était pas attendu à le toucher. Enfin si, c’était ce qu’il avait espéré dans un coin de sa tête, sinon le geste aurait paru être du suicide, mais il s’était imaginé que Greyback l’aurait esquivé. Ca l’aurait arrangé d’une certaine manière, parce que maintenant il fallait essayer de survivre en ayant conscience qu’il était parvenu à cogner un lycanthrope. De plus, en prenant de l’élan, il avait senti une vivre douleur au niveau des côtes, confirmant son hypothèse, et ralentissant sa tentative de violence. Il avait abattu son poing avec conviction, mais sans grand force, trahi par son propre corps qui l’avait passablement desservi. Et puis, au fond, il savait que tout ça, ce n’était qu’une suite de mensonges qu’il avait articulé pour faire mal, provoquer, renvoyant inlassablement les piques au centuple pour être sûr de ne pas être celui qui serait le seul à être blessé. La lâcheté. On avait déjà craché cet argument à la figure, mais en la présence de détraqueurs, il avait trouvé cela déloyal. Tout de suite après il s’était senti faible, petit, comme si Greyback avait raison et qu’il n’avait eu qu’à prendre ses malheurs enfantins dans une main pour les écraser tels du raisin. Mais c’était trop tard, le loup avait soufflé sur la poudre et maintenant elle lui dissimulait la vue. Octave avait rarement été aussi en colère. Il n’était même pas certain de savoir pourquoi, ni si c’était vraiment raisonné. Parce que c’avait été le sentiment qui l’avait habité depuis très longtemps, c’était par définition également celui qu’il maîtrisait le mieux. Pas ici. Pas devant le chien d’Azkaban. Et il avait fini par faire ce qui ne lui était pas arrivé depuis très longtemps. Il avait craqué, véritablement, sur toute la longueur. Ce n’était pas un pétage de plomb dans les règles, mais une monstrueuse rage absurde qui émanait du ventre et se répandait en vagues houleuses sur l’entièreté de son corps. Il avait été bas et médiocre, faisant de l’esprit pour blesser, attaquant pour se faire battre. Il savait pourtant quoi faire pour vraiment détruire quelqu’un. Il l’avait fait tant de fois ! Il fallait simplement discuter pour détecter les failles, avant de réduire tout ça à une triste platitude. Dire les quatre vérités sans détours, calmement, sans insultes et faisant en sorte à ce que chaque mot fasse sens. C’était un sniper. Là, il tirait à l’AK-47. Et bon sang ce que ça faisait du bien ! Cela dit, la victime était probablement mal choisie.

Frapper Greyback c’était comme frapper un sac de farine. Dense, lourd et dur. Octave sentit ses phalanges flancher sous le coup, même s’il avait cogné correctement pour ne rien se casser ni se faire trop mal. Ses jointures craquèrent et il était déjà moins certain de son coup, surtout en voyant que Fenrir n’avait pas bougé. Il avait encaissé la frappe, sourcillant à peine. Un tendon s’était cependant mis à palpiter un peu au-dessus de son sourcil gauche. Octave délaya ses doigts vibrants sous le choc, mais n’en perdit pas davantage sa hargne et s’exclama une dernière fois, vidant son sac avec la pire méchanceté que son cerveau fut capable de concevoir en une pareille circonstance. La remarque fit mouche. Le loup l’empoigna de nouveau à la gorge, puisque cela semblait être le seul moyen de le faire taire. D’abord vaguement paniqué, Octave vit que Fenrir avait la respiration lourde, ce qui lui prêta un courage insensé. Renfrogné, il avait saisi le bras velu de ses mains, enroulant ses doigts agiles autour du large poignet animal, mais il ne luttait pas vraiment, sentant que Greyback ne faisait que le tenir plus qu’il ne l’étouffait. C’était encore une menace. La dernière peut-être ! Octave s’en trouva frustré, capricieux de savoir qu’il n’était pas parvenu à se retenir comme il l’aurait voulu, mais que le lycanthrope, lui, y parvenait. C’était logique au fond, ils n’avaient pas la même expérience, mais il s’en servait voulu de ne pas réussir à provoquer le même résultat. Question de principes et de capacités. Il était hors de question de raisonner la bête, d’appeler à la pitié pour se faire épargner. Il n’avait plus qu’à s’en défaire. Ou ne rien faire ? Peut-être que s’il devenait soudain apathique et indolent comme il savait le faire, Greyback se désintéresserait de sa proie soudain comme morte. Mais il était trop hargneux pour envisager une telle possibilité. Il voulait se faire cogner. Ou à défaut de souffrir, il voulait taper à s’en casser les doigts. Au moins, les détraqueurs semblaient loin. Peut-être que ce n’était qu’une impression, et que les souvenirs s’étaient tapis dans sa tête… Ou était-ce là encore un coup de ces abjectes créatures, qui transformaient maintenant sa crainte et voracité ? C’était toujours mieux que la peur.

« J'ai été plus que patient avec toi ! Je suis ravi de te dire que si la personne qui t'a rendu comme cela est morte, tu vas bientôt pouvoir la rejoindre ! Le séjour s'achève pour toi gamin. »

Une flamme féroce se mit à danser dans les yeux verts d’Octave, qu’ils gardaient fixés sur le visage de Greyback. Des flammes émeraude qui crachaient des nuées de paillettes dorées dans le rayon coloré de ses prunelles. Non, définitivement, il n’avait plus peur de cette tanche. Ils n’étaient peut-être pas du même niveau physiquement, mais Octave sentait, et c’était viscéral, que Greyback était primitif. Il était contrôlable. Il était complexe à sa façon, travaillé par ses propres malheurs, mais il écoutait. Il était encore un minimum ouvert et là était la faille dans son gros et épais manteau de fourrure. Fermement, le loup rabattit son visage sur le côté, l’obligeant à regarder le mur. Bientôt, il sentit une griffe longer la peau de son cou, sans presser, avec tout l’amour qu’on pouvait accorder aux expectations morbides. Se délectait-il ? Octave n’allait pas lui laisser ce plaisir. Il fallait se libérer de cette entrave et il n’y avait rien de plus compliqué que cela, surtout quand on était tenu à bonne distance et par le cou. Le corps du jeune se tendit soudain, il prit appui sur l’avant-bras de Greyback et souleva son propre corps dans un sursaut, venant enrouler ses jambes autour de l’épaule du vieux loup. S’il n’était pas en état de lui faire lâcher prise en écartant sa puissante paume, il pouvait au moins le faire céder par la force d’un poids trop lourd à tenir à bout de bras. Et la technique paya car Greyback fut contraint de baisser sa main. Tête à l’envers, avec l’un de ses talons, Octave prit appui sous son aisselle de loup et tel un chat, tira sur son poignet velu tout en essayant de torde son coude en cambrant son dos. Les épais doigts se délayèrent enfin autour de son cou, mais il ne s’en contenta pas, restant fermement accroché, comme un serpent, autour du bras de Greyback. En dernier cadeau, Octave se saisit d’une main de l’annulaire et de l’articulaire du loup, tout en serrant le majeur, et l’index de l’autre. Une fois sa prise certaine, il les écarta les uns des autres avec force et quelque chose craqua. La peau entre le majeur et l’annulaire avait cédé sous la tension, se creusant en une crevasse sanglante. Là, Octave défit soudain sa prise et se laissa tomber au sol comme une pierre, sans pour autant oublier de décocher un coup de pied de ses deux talons joints dans le mollet de Fenrir. Puis, regardant ce dernier, il sourit à pleines dents, tâchées d’une salive rosée par du sang qui coulait de sa joue mordue dans le feu de l’action.

« Viens te battre, pauvre con. »

Il se mit à rire d’un rire grave et bas, mais finit par tousser et cafouilla. La douleur de ses côtes, qu’il avait ignorée jusqu’à maintenant, lui revint tel un électrochoc et le rire se coinça en une sorte de gémissement sourd. Le rire reprit, plus animal, dès que la quinte de toux fut passée, forcée par la douleur qu’il commençait à ressentir de plus en plus clairement autant sur son torse, où les nerfs à vif brûlaient du contact avec l’air, que sur ses muscles pétrifiés. Il s’extasiait d’on ne sait quoi. Contente peut-être de ne plus être aussi en colère, ou d’avoir suffisamment mal pour s’oublier un peu.

« T’es pas patient. T’as juste la trouille de ce que tu pourrais me faire en définitive, incapable de te retenir, hein ! Foutu clébard… Ha, ha… c’était chouette. »

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MessageSujet: Re: [Février 1987] Collocation forcée [Octave Holbrey] Mar 20 Juin 2017 - 0:14

Fenrir était beaucoup trop amoureux de la torture pour tuer sans prendre son temps. Il n'y avait que lorsqu'il se changeait en loup qu'il attaquait directement. Hors de la pleine lune, il aimait jouer et c'était là son erreur dans cette situation.
Alors qu'il profitait de le maintenir pour renifler son odeur, le jeune réussit tant bien que mal à l'agripper et à faire de son propre poids un ennemi.
Agilement et rapidement, il se détachait de son emprise sans avoir vraiment le temps de réagir entre coups et blessures qu'Octave lui offrait dans le seul but de finir à terre, toujours à la merci du loup.
Fenrir se retourna directement face à lui en grognant et montrant les crocs, complètement ravagé par la haine qui dansait dans ses yeux noirs.
Il avait beaucoup perdu en réflexe et en force depuis qu'il moisissait ici.

Il leva le bras droit pour le frapper au visage, mais à peine ses griffes allaient le toucher pour le lacérer qu'il s'arrêtait, à quelques centimètres.
Il ne fallait pas qu'il le tue. Ôter sa vie ne lui faisait ni chaud ni froid, mais égoïstement il s'en sortirait mieux avec lui en vie plutôt que mort.
Le loup avait tellement de mal à se contrôler sans lui à ses côtés. Il était bien le seul à réussir à le calmer lorsque ses nerfs faisaient n'importe quoi. Malheureusement, on ne pouvait pas prétendre que le brun lui laisse la tâche facile.
Fenrir ne comprenait vraiment pas le comportement d'Octave, qui devait savoir pertinemment qui aurait le dessus dans cette danse macabre.
Fenrir fermait alors le poing avant de le retirer de vers le visage du brun qui était encore assez idiot pour de nouveau l'ouvrir.

« T’es pas patient. T’as juste la trouille de ce que tu pourrais me faire en définitive, incapable de te retenir, hein ! Foutu clébard… Ha, ha… c’était chouette. »

Il soupirait. Peut-être que oui il avait peur. Peur de ce qu'on pouvait encore lui faire comme humiliations, les cerbères d'ici ayant une imagination débordante. Il restait alors immobile, se rappelant certaines choses. Combien de foi on l'avait traité de clébard, de sac à puces, de clebs. En quoi il pouvait encore trouver cela insultant ? On l'avait insulté bien avant qu'il ne devienne ce qu'il était à présent. Être un loup-garou n'avait pas toujours été son point fort. Cela avait été longtemps une malédiction, une maladie, une horreur à vivre. Il avait dû supporter avoir ce démon en lui et vivre avec jusqu'à ce que ça devienne trop dur et qu'il finisse par abandonner. Et une fois fait, aucun retour en arrière n'était faisable alors que faire d'autre à part accepter et faire avec ?

Il regardait toujours Octave, son regard passant de la haine à une indifférence. Il voulait juste un peu de calme, tel le loup solitaire qu'il avait toujours été.

« Dégage, fous-moi la paix ... »

Sa voix était fatiguée alors qu'il reculait pour repartir dans son coin. Des années qu'il était attaché, à moitié brisé. Il avait tout sauf envie de se battre encore plus contre un misérable insecte qui était là depuis trois malheureuses heures.
Il était épuisé de se prendre des coups, d'avoir perdu de la masse corporelle et de la force musculaire. Il ne faisait presque plus le poids contre le microbe en face de lui. Jamais personne n'aura pu s'évader de son emprise avant la prison.
Dans un râle fatigué, il s'installa dans le coin qui était le moins répugnant. Les gardiens avaient bien fait les choses en l'attachant assez haut pour qu'il puisse à peine se coucher grâce au soutient d'un des dirigeants justement cousin d'un mec qui avait eu son fils mordu lors d'une pleine lune.

Il se léchait alors sa blessure qui était au finale douloureuse. Il avait soif et faim et il savait qu'il n'aurait surement rien pendant un long moment. Il en pouvait plus d'être enfermé, attaché et dans un état déplorable qui ferait même fuir les mouches. Il en voulait toujours à la terre entière et les seules pensées positives qu'il avait c'était de voir tous ces gens pendus à une corde.

Il fermait alors les yeux un moment, reprenant un peu le contrôle de sa respiration et de ses muscles, essayant d'oublier pendant quelques secondes où il était. Il savait qu'il était un monstre détesté par tous et il s'en fichait pas mal. Qu'importe ce qu'il était, qui il avait tués ou transformés, il ne ressentait absolument aucune empathie. Mais être enfermé le rendait encore plus agressif, lui rappelant ces soirs de pleines lunes où ces géniteurs l'enfermaient seuls, le laissant hurler de peur et de douleur alors qu'il ne cherchait que l'amour de ses parents comme n'importe quel enfant. Et voilà à présent où il en était, blessé, affamé et de nouveau enfermé avec un gamin provocateur et insolent. Pour lui ce n'était juste qu'un retour en arrière en cent fois pire.

Fenrir tentait d'ignorer le moindre bruit ou la moindre parole blessante qui pouvait venir d'Octave ou de n'importe qui vivant entre ces murs crasseux et froids, se jurant de ne plus le toucher ou répondre à ces provocations. Il restait cependant à l'écoute, curieux de savoir si ce morpion pouvait parler sans se mettre la terre entière à dos.

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MessageSujet: Re: [Février 1987] Collocation forcée [Octave Holbrey] Mar 20 Juin 2017 - 16:05

La première réaction fut la plus sincère, la plus immédiate et incontrôlée, celle qui puisait ses sources directement dans un cœur blessé. L’animal dénuda ses crocs, son regard noir, flamboyant d’une mauvaise lueur, scintillait telles les profondeurs d’un océan en pleine tempête. La lune brillait dans ses yeux sauvages d’un éclat singulier, se faisant sinistre, comme si quelqu’un avait secoué une boulle remplie de goudron pailleté. Octave crut un instant l’avoir poussé à bout et jubila dans l’inconscience de ce qui pouvait s’en suivre. Il était juste content de savoir qu’ils étaient à égalité, qu’il était parvenu à prendre le dessus simplement par de minables insultes qui auraient pu convenir à n’importe qui. Et puis la douleur, il était parvenu à lui faire mal également, ce qui était une réussite en soi. Ils étaient bel et bien au même niveau, même s’il se trouvait au sol, parfaitement vulnérable aux coups qui allaient suivre. Pour réponse, Octave lui décocha un regard qui, il l’espérait, allait lui faire comprendre qu’il n’était pas une personne rationnelle présentement ou saine d’esprit. Qu’il pourrait parfaitement s’amuser à boire un milk-shake dans son crâne si l’occasion se présentait. Greyback eut même assez de hargne pour relever son bras dans le but manifeste de l’abattre sur le visage de la teigne qu’il avait en-dessous de lui. Allé ! une bonne beigne ! Un coup bien placé et il aura définitivement gagné le combat ! Son poitrail lui faisait mal, mais il voulait en plus s’anesthésier le visage par le goût de la victoire. Maigre compensation dans cet univers carcéral où il n’avait de prise sur rien et où un lycanthrope était parvenu à le réduire à sa moelle la plus substantielle et primitive. Azkaban était un endroit horrible, il le faisait se sentir nu, démuni, dans son état le plus primaire, comme s’il s’était retrouvé privé de son filtre, le filet qui le gardait entier. Sa personnalité, tout autant que son corps, craquaient aux coutures et tendaient à se déverser sur le monde l’entourant. Il se sentait dépouillé de ses moindres moyens et ne voulait égoïstement pas à être le seul dans cet état. Certes, Greyback était ici depuis très longtemps, mais il n’y avait pas de raison qu’il soit plus endurci. Non, il devait justement être bien plus malheureux, plus malléable. Et le garçon avait cherché, avec outrecuidance, à niveler son comparse par le bas.

Même carburant au courage, Octave avait plissé les yeux, détournant un peu la tête pour ne pas se faire dégommer un œil ou fendre l’arcade sourcilière. Plaquant sa tête contre le sol froid pour ne pas subir le contrecoup, il attendait que son crane se mette à vibrer, rebondissant telle une balle de golf sous le choc. Mais Greyback ne bougeait pas et rien ne se passait. Pourtant, la poigne aurait dû depuis longtemps s’abattre sur son petit crâne ensanglanté ! Il ouvrit les yeux, incertain de son geste, les referma tout de suite après en voyant une masse noire non loin de son visage. Mais le silence continuait et il restait intacte. Finalement, il ouvrit vivement ses paupières, comme des stores claquant sous une bourrasque de vent, et regarda Greyback de ses yeux fiévreux. La truelle fourchue se serra en poing avant de s’éloigner. Non ! Si près du but ! Il ne lui restait que quelques millimètres ! En cet instant précis, Octave s’en serait moqué de finir laid, défiguré ! Au moins il était certain que ça ferait chier sa mère de le savoir non seulement vivant, mais en plus partiellement handicapé. Oh, elle serait horrifiée. S’en voudrait-elle de l’avoir abandonné dans cette prison ? Certainement pas, elle se dirait que son fils était encore plus incapable que ce qu’elle s’était imaginé. Toute de suite après, il vit dans les yeux du loup qu’il rebroussait chemins. Une tension s’était rompue quelque part dans son regard, qui devint inerte, se vidant de toute son énergie comme un bain siphonné. Octave releva la tête, fixant le loup avec bravade pour lui redonner le courage qui manquait à l’achèvement de son geste, mais c’était trop tard. La flamme était partie, ne laissant plus que le vide bien connu du détachement.

« Dégage, fous-moi la paix... »

Non. Où était passée la colère ? Cette indifférence-là était trop personnelle. Elle pouvait le déchirer. Bien plus qu’un coup de griffes. Greyback s’éloigna et Octave restau au sol à regarder le plafond, la respiration haletante et le teint pâle. Son cœur battait trop vite et fort, chassant au galop le sang dans ses veines jusqu’à sa poitrine, où il s’écoulait en mince filets sur son torse déchiré et imberbe de garçonnet à peine formé. C’était atroce. Il avait mal et se sentait vide, détestant davantage le loup garou qui, par son abandon, l’avait laissé non seulement insatisfait, mais profondément déçu. Déçu de soi. Il fixait le plafond crade, regrettant plus que jamais de ne pas avoir un sachet de coke dans ses poches. A force de ne pas bouger, il fut pris d’un frisson. Celui qui venait avec la douleur et la disparition de l’adrénaline. Lui aussi, à ne pas trouver d’adversaire et ne désirant pas se battre éternellement contre des moulins, avait senti l’énergie l’abandonner. Sa main, déjà passablement ensanglantée, rejoignit à nouveau son torse pour le recouvrir d’une paume moite. C’était comme essayer de coller un sparadrap sur une jambe amputée. Le liquide emplissait la caverne créée par sa main, puis suintait entre ses doigts serrés comme une rosée matinale sur l’herbe. L’écoulement ne voulait pas s’arrêter ; il avait trop bougé, trop sollicité son cœur et son corps blessé. La coagulation ne voulait se faire, ou que très partiellement. Peut-être que c’était tant mieux, si Greyback ne l’avait pas griffé au visage. Il en serait probablement mort. Ou se serait retrouvé avec une mâchoire pendante, obligé de respirer à travers un trou dans la gorge parce que ses cloisons nasales auront été détruites. Déjà il savait que les blessures qu’il essayait de presser allaient lui rester probablement à vie. Etrangement, ça ne l’inquiétait pas plus que ça. Ni le fait qu’il se vidait doucement de son sang.

Il aurait préféré être ivre, au moins les bruits que Greyback faisaient en se nettoyant ne paraitraient pas aussi obscènes. Etonnement -ou pas tant que ça finalement…-, le loup n’avait plus la force de se battre, là où tout le monde luttait pour sa survie. A croire que la prison réduisait toutes les espérances et élans de force ou de courage au néant. Octave tourna la tête et toisa le dos du loup. A reconsidérer la chose, il s’était attaqué à plus faible que soi. Moralement en tout cas. Cela faisait des années que Greyback était là et lui, avait débarqué, malheureux, mais débordant d’une rage mal contenue, alimentée par son énergie juvénile désordonnée. Greyback bénéficiait d’une endurance, alors que lui était fulgurant, mais bref dans ses démonstrations. Toutefois, son endurance était en permanence à la limite de la fracture, poussée dans ses retranchements par une vie dans l’ombre. Quelle vie ! Une survie.

Octave essaya de se relever, mais sa tête se mit à tourner dès qu’il parvint à se tenir plus ou moins sur ses jambes. Il avait du mal à tenir sans tanguer. Bientôt, il se retrouva à quatre pattes, ou plutôt à trois, tenant toujours une main ensanglantée contre son torse. Il rampa jusqu’à Greyback et vint maladroitement s’adosser au mur juste en face du loup. Sa jambe passa par-dessus les chaines qui le retenaient, réveillant la cellule d’un bruit de ferraille cliquetante. Il grimaça, baissant la tête vers son cœur, observant les dégâts causés et constatant à quel point ses blessures le tiraillaient, en plus de sa côte qui l’électrisait désagréablement à chaque mouvement qu’il faisait. Regrettait-il la violence et sa fausse bravoure ? Non. Au moins, cela lui avait permis de voir plus clair. Qu’il fallût s’économiser dans un univers ou le temps n’avait quasiment plus aucune importance. Ils semblaient tous les deux épuisés et vidés, comme des employés de supermarché, qui n’avaient pas envie d’aider un client, mais qui étaient obligés de rester au travail pendant quelques heures. Et tout recommencerait le lendemain.

« Je suis désolé. » Articula-t-il tant bien que mal d’une voix redevenue tremblante à cause du frisson qui le parcourait maintenant en permanence. Au moins, ce n’était pas pire que la fois où il s’était empoissonné à l’alcool. Rien ne pouvait être pire que ça de toute manière. Il regarda Greyback à couvert de ses longs cils entremêlés en paquets humides de sueur. « Je me doute que la situation aurait été toute autre si on avait été à l’extérieur. Déjà, j’aurais fui. Tu t’es retenu et je te dois des remerciements. J’imagine que ça n’a pas dû être facile. » Octave se tut, décollant sa main poisseuse de sang pour venir réprimer une autre plaie, plus haut. « Au moins les détraqueurs sont partis, tu vois. Ils m’aiment parce que je suis toujours au taquet. Je ne connais pas l’accalmie, mes émotions sont désordonnées et ne faiblissent jamais. Je pétille en permanence, comme une bouteille de champagne fraîchement ouverte. La douleur m’aide à me focaliser. A ne pas trop mousser. Mais tu as dû le sentir non ? Je crois que vous sentez ce genre de choses. D’ailleurs, ça sent quoi, les sentiments ? Ca ressemble à quelque chose de concret ? Comme une odeur de pisse quand on a peur ? » Il gloussa doucement, puis se saisit de sa main libre de la chaîne qui retenait Greyback au mur, l’inspectant sans tirer, constatant sa longueur et son épaisseur « Est-ce que je vais sentir les émotions moi aussi, juste à cause des griffures ? » Ses yeux remontèrent vers la main du loup, puis vers son visage « J’espère pour toi que tu as la salive d’un loup, parce que celle des humains est pleine de bactéries et tu risques de te chopper une septicémie plutôt que de te guérir. Surtout vu la gueule de la cellule. »

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MessageSujet: Re: [Février 1987] Collocation forcée [Octave Holbrey] Mer 21 Juin 2017 - 1:23

Fenrir finit par ouvrir les paupières, enfin heureux du silence qui pesait dans la cellule. Il reprit alors ses soins sur sa plaie de la seule technique qu'il connaissait et qu'il détenait. Il avait droit à très peu de soin de qualité, mais bien entendu, les gardes ne laisseraient pas non plus mourir trop vite leur unique martyr.
Le loup était épuisé moralement et physiquement, il n'avait rien avalé depuis deux ou peut-être trois jours. Comment pouvait-il encore tenir debout et avoir la force de répondre aux provocations du gosse ?
Ce dernier d'ailleurs se ramenait vers lui, se calant sur le mur d'en face comme un échappé de guerre dans une tranchée.
Fenrir leva le regard brièvement, le laissant s'approcher. C'était souvent dans ces moments de faiblesse qu'il ressemblait encore plus à l'animal qu'à l'accoutumée.
Le canin grognait légèrement au bruit métallique sur le sol avant de retourner à sa blessure, voyant Octave faire de même. Il l'avait bien abimé, n'y allant pas de patte morte même s’il avait déjà tué des gens d'un seul coup plusieurs fois. Bien placé et avec sa force réelle, il rentrait ses griffes dans les corps des autres comme dans du beurre. Le jeune était aussi vidé que lui et autant Fenrir ne pouvait lire dans les pensées, autant il voyait bien que son comportement ne fusses pas celui d'une personne équilibrée et bien dans sa tête. Il semblait accueillir la douleur comme on accueillerait l'amie toujours présente pour apporter de l'alcool après une douloureuse rupture. La souffrance semblait lui faire oublier certaines choses. Le loup aussi était attiré par le mal et la torture, mais d'une autre manière. Lui, aimait se punir et ressentir cette adrénaline lui monter au cerveau tandis que le brun semblait prendre ça comme une guérison. Il lui faisait définitivement penser à quelqu'un et c'était ça qui l'avait sauvé.

« Je suis désolé. »

Sa voix tremblait, mais semblait relativement sincère. Le loup s'arrêta un moment avant de reprendre, écoutant maintenant un peu plus attentivement le brun. L'odeur de son sang était infernal pour lui qui n'avait pas mangé depuis un moment, mais ce serait encore plus immonde si un gardien le sentait aussi.
Grey sentait son regard sur lui alors il leva doucement son regard pour plonger dans les yeux du sorcier. Il n'y avait plus de haine ou de rage, juste de la résiliation, un regard d'animal battu qui reste à l'écoute de la personne qui l'a blessé.

« Je me doute que la situation aurait été toute autre si on avait été à l’extérieur. Déjà, j’aurais fui. »

Oh bon sang, ça c'était sûr que la donne n'aurait pas été la même si l'environnement n'avait pas été celui-là. Lui aurait fui et Fenrir aurait sûrement était au top de sa forme, un vrai greyhound avec de l'ADN de hyène. Et on sait tous que plus la proie fuit, plus le prédateur se délecte de la chasse.

« Tu t’es retenu et je te dois des remerciements. J’imagine que ça n’a pas dû être facile. »

Comme seule réponse, Octave entendait un râle et de nouveau quelques bruits de langue alors que le plus âgé essayait encore d'arrêter le sang qui coulait et de stopper cette douleur aussi acide qu'un citron salé.
Le loup n'avait vraiment pas pour habitude qu'on le remercie, ce qui, en plus de le rendre mal-à-l'aise, le rabaissait un peu de sa position d'alpha.

« Au moins les détraqueurs sont partis, tu vois. Ils m’aiment parce que je suis toujours au taquet. Je ne connais pas l’accalmie, mes émotions sont désordonnées et ne faiblissent jamais. Je pétille en permanence, comme une bouteille de champagne fraîchement ouverte. La douleur m’aide à me focaliser. A ne pas trop mousser. Mais tu as dû le sentir non ? Je crois que vous sentez ce genre de choses. D’ailleurs, ça sent quoi, les sentiments ? Ca ressemble à quelque chose de concret ? Comme une odeur de pisse quand on a peur ? »

C'est bien ce qu'il avait compris. La douleur lui permettait de classer ces émotions qui prenaient bien trop de place dans cette tête sûrement plus remplie qu'il n'y paraissait.

« Tu empestes les émotions, je l'ai senti à la seconde où tu as atterri dans cette cage. Elles sont totalement désordonnées, le pourquoi je n'arrive absolument pas à te suivre. Mais tu n'es pas le premier que je vois comme ça. Et chacune d'elles émet une odeur particulière. La peur ressemble à celle du sang, un peu... métallique et change en fonction de la personne. Cependant, certains se pissent dessus lorsqu'ils flippent alors tu n'as pas tout à fait tort là-dessus...  »

Après cela il retournait à sa coupure qui finissait par se s'adoucir un peu, mais c'était devenu presque mécanique, un geste qu'il avait tellement répété qu'il ne se rendait même plus compte quand il le faisait en boucle.

« Est-ce que je vais sentir les émotions moi aussi, juste à cause des griffures ? »

Il relevait de nouveau le regard vers son interlocuteur, fixant un moment sa blessure avant de répondre.

« Désolé gamin, mais il en faut plus pour ça. Je t'ai juste fait une belle blessure de guerre qui aura juste des effets minimes par le futur. Mais au moins tu pourras dire à tes fans que tu as échappés au clébard puant. Je suis sûr que ça plaira... »

Il n'y avait aucune méchanceté dans sa voix ni même de la provocation. Juste une façon bien "Greybère" de parler. S’il n'était pas aussi épuisé il serait limite étonné de ses propres paroles. Mais là tout de suite, il lui parlait comme à un égal. Pas par rapport à leurs sangs, mais leurs conditions. Ils étaient tous les deux enfermés et pris dans la même galère.

« J’espère pour toi que tu as la salive d’un loup, parce que celle des humains est pleine de bactéries et tu risques de te chopper une septicémie plutôt que de te guérir. Surtout vu la gueule de la cellule. »

Il ne répondait pas tout de suite, terminant ce qu'il faisait avant de soupirer légèrement.

« J'ai celle d'un loup. Comment crois-tu que je sois toujours en vie vue l'endroit et le traitement dont j'ai droit... Ils ne me soignent quasiment pas et ce n’est pas avec ce que je bouffe que mes défenses immunitaires sont à leur beau fixe. J’essaie juste de survivre assez longtemps. »

Pour une raison. Et une vengeance. Une belle vengeance contre ce foutu peuple, cette racaille, cette vermine. Sorcier ou moldu. Pour une révolution de la race loup-garou. Il n'était pas un saint et de le voir comme ça, Octave pouvait presque se sentir chanceux de le vivre. Fenrir était un tueur. Un assassin. Mais pour le moment il n'était qu'une ombre qui essayait pleinement de ne pas crever dans cette ignoble prison, donnant ainsi trop de cachet aux surveillants qui ressemblaient plus à des inferis qu'à des êtres humains. Ô il savait qu'il n'avait aucune raison d'être bien traité. Il avait combattu du côté du mal, tuant, kidnappant sans même une once de remords des innocents ou du moins des ennemis à la cause qu'il servait. C'était juste un retour de médaille. Mais Fenrir n'était pas du genre à réparer ses erreurs même en les connaissant. Il aimait servir le mal et n'obéir à aucune règle et il le faisait bien.

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MessageSujet: Re: [Février 1987] Collocation forcée [Octave Holbrey] Mer 21 Juin 2017 - 14:46

Intérieurement, il grimaça. D’ailleurs, peut-être pas qu’intérieurement, son visage se crispant sans cesse intempestivement sous la douleur lancinante d’une peau déchirée à coup de ciseaux. Les griffes du loup étaient tranchantes, mais manquaient certainement en délicatesse et précision. Ses blessures étaient des crevasses, et plus il y pensait, plus il se disait qu’il fallait peut-être remédier à cette situation avant de se vider de son sang. Ou pire, une infection. De telles blessures, comme une terre rigide raclée à la fourche, allaient mettre du temps à guérir, laissant derrière eux des monceaux de peau épaisse, aux nerfs en paquets, à vif. Les échancrures n’allaient pas simplement se transformer en fines lignes qui ne bronzeraient jamais. Non, la trace resterait en fente sinueuse et d’un blanc d’ivoire, laideur mal entretenue d’un corps essayant de se soigner tant bien que mal par tous les moyens, quitte à faire n’importe quoi. Appeler les gardes pour qu’ils lui filent une potion ? L’emmènent quelque part pour qu’il puisse se faire soigner ? Cela avait-il vraiment de l’intérêt ? Les griffures de Greyback étaient réputées pour être coriaces, épuisant le corps dans une lutte insensée contre des blessures qui étaient vouées à demeurer ignobles. Qu’il fasse le travail lui-même ou avec l’aide de la magie, quelle différence finalement… y en aurait-il une d’ailleurs ? Le sang avait commencé à coaguler en masse gluante et sombre autour de ses doigts déliés, pressant sur sa peau toujours plus blême à mesure que le temps passait. Encore un peu, et il risquait de perdre connaissance. Sombrer dans un sommeil aussi lourd qu’une fumée opaque, s’y étouffer peut-être, ou combattre cette malsaine envie d’évanouissement salutaire. Et pour cela, il buvait les paroles de Greyback. Encore une grimace tailla son visage à la peau duveteuse et aux lèvres pleines, allure tout droit nourrie par une jeunesse énergique et bien-portante. Il avait beau avoir été profondément misérable et joliment pénible, il avait toujours bénéficié d’une bonne santé et d’un corps à la souplesse d’un roseau. Gracieux diable maculé de son propre sang, la passion aux yeux, pâle mais vif, la langue fourchue, gémissant doucement dans ce néant.

« Tu empestes les émotions, je l'ai senti à la seconde où tu as atterri dans cette cage. Elles sont totalement désordonnées, le pourquoi je n'arrive absolument pas à te suivre. Mais tu n'es pas le premier que je vois comme ça. Et chacune d'elles émet une odeur particulière. La peur ressemble à celle du sang, un peu... métallique et change en fonction de la personne. Cependant, certains se pissent dessus lorsqu'ils flippent alors tu n'as pas tout à fait tort là-dessus... »

Octave détourna la tête avec impétuosité, pointant son menton étroit vers le plafond et baissant ses yeux aux paupières lourdes. On pouvait se blâmer soi-même autant qu’on le désirait, c’était normal et admissible, comme une preuve d’humilité. Mais attendez que quelqu’un vous fasse la même remarque et vous vous en sentez vexé. Greyback n’avait fait que confirmer ses propres dires et pourtant, il se sentit vaguement offensé. Il lui fallut se rendre à l’évidence qu’il était indiscipliné. Tout débordait toujours et il ne savait pas quoi faire contre ça, comment s’adapter à ce monde mesuré où les gens semblaient si bien se tenir, si bien maîtriser leurs propres émotions. Parfois, il en venait à se dire que ceux qui l’entouraient se portaient bien parce que leur sensibilité était d’une pauvreté mièvre. Fadaises d’une vie commune sans étincelles, insipide quotidien monotone, servile et sans intérêt. La vie le rendait haletant, impressionnable, romanesque. Il en éprouvait la moindre variation comme s’il avait été une corde tendue, vibrant au moindre coup de vent. Il était agressif parce qu’il était complètement nu. Parfaitement dépouillé par cette belle, magnifique existence qu’il ne parvenait pas à correctement appréhender. Tout le blessait, tout l’exaltait, puis le laissait à bout de forces. Finalement, Octave lança un regard plein de bravade à Greyback, Que pouvait-il savoir, cet homme qui avait préféré s’abandonner au loup pour moins sentir ? Rien ! Et maintenant il soulignait ses manquements avec dédain.

« Parce que c’est ce qui arrive quand on les opprime trop longtemps. Opprimer ne voulant absolument pas dire maîtriser, un beau jour, fatalement, tout explose. Tu ne sais pas nager, personne ne te l'a appris. On te tient éloigné de l'eau toute ta vie et un jour tu t'y jettes, curieux, ou parce que ainsi va la vie et qu'on ne peut pas éviter la mer éternellement. Tu barbotes maladroitement et les vagues te submergent et tu te noies. Mais tu ne meurs jamais, tu te noies indéfiniment jusqu'à apprendre à nager par toi-même. Mais c'est compliqué quand des rouleaux t'écrasent en permanence. »

Avait-il murmuré les yeux dans le vague. Il savait parfaitement pourquoi il était comme ça aujourd’hui et avait parfois envie de revenir en arrière, dans la douce ignorance et la tension que sa mère lui imposait pour avoir l’air d’une statue de cire. Pour elle, c’était superflu. A croire qu’elle était comme morte à l’intérieur. Greyback lui confirma que malheureusement, aucun superpouvoir ne découlerait de ses blessures. Il s’était un instant vu maître des éléments, et en fut vaguement déçu. Qu’une envie de viande hein ? La blessure lui parut stupide tout d’un coup, oubliant que son but initial avait été d’éloigner les détraqueurs, ce qui était maintenant chose faite. Mais il continuait à se sentir dans un étau. Ou peut-être que c’était sa poitrine qui avait du mal à se soulever, chaque inspiration le faisant souffrir.

« C’est une exception telle qu’elle paraitra invraisemblable. L’histoire ne plaira à personne parce que personne ne sera enclin à la croire. Tu as laissé une ombre dans la vie et l’esprit des gens. Prétendre que j’ai pu te résister me fera passer pour un menteur. Ce n’est pas dans mon intérêt. Je dirai que je me suis fait blesser par un lion dans un cirque, ça sembla déjà plus réaliste. » Octave gloussa de la poitrine et se mit à tousser tout de suite après, réprimant ce qui semblait se transformer en sanglot involontaire. « Et puis ce sera valable que si je sors d’ici. Et si j’en sors, il vaudra mieux que cette expérience reste cloisonnée dans ma mémoire. »

Un instant il s’imagina Greyback en train de lui lécher la poitrine et pouffa en silence, s’étouffant presque. Il y avait quelque chose de grotesque à le voir se nettoyer de la sorte, comme un petit chat d’appartement, se maculant d’une belle couche de salive pour s’anesthésier les blessures. C’était un grand homme, vieux qui plus est, alors pourquoi se comportait-il comme s’il se trouvait en pseudo communion avec la nature ? Non, il lui fallait une brosse, un rasoir, une cravate et un costume pour aller travailler dans une banque. Ou avec sa tête, dans la police magique par exemple. A la dernière remarque du loup, Octave haussa des épaules, avant de se rendre définitivement compte qu’il lui fallait mieux ne pas bouger du tout pendant un certain temps. Peut-être qu’ils ne le soignaient pas justement parce qu’il était résistant comme un tank. Avec des gens comme ici, il valait parfois mieux montrer un peu de faiblesse. Par corrélation, plus on paraissait robuste, moins on nous accordait de considération.

« Je pense que tu es en vie parce que le but n’est pas que tu meures, même par accident. Ils n'ont pas le droit, quoi que tu en penses. Tu es agressif, ils t’affaiblissent en permanence. Tu es trop bourru. Ils te traiteraient mieux si tu l’étais moins. Et le fait de savoir que tu puisses guérir toi-même de tes blessures n’aide pas. » Il se tut, toisant Greyback sans peur, sans affront ni ressentiment. Il disait cela, mais en même temps il n’avait aucune pitié. C’était du froid pragmatisme qu’il ressentait à l’égard du loup. Il n’avait pas d’illusions. Alors il sourit d’un air taquin, puis demanda : « Si on s’en sort tous les deux, est-ce que je dois fuir si je te revois quelque part ? Tu me tueras sans distinctions, par principe ? C’est pour savoir si je dois m’entrainer à l’athlétisme dès maintenant. » Sentant le mal de tête venir, Octave tira sur la chaine reliée au cou du loup pour attirer son attention et articula, sérieux comme la mort « Si je m’endors, réveille-moi. Il ne faut surtout pas que je m’endorme. » Bien que le mot exact eût été « perde connaissance ».

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MessageSujet: Re: [Février 1987] Collocation forcée [Octave Holbrey] Mer 21 Juin 2017 - 22:36

Au vu de son comportement, Grey remarquait bien qu'il avait correctement authentifié le souci. Il ne pouvait pas prétendre le comprendre, bien qu'il connût ce genre de pathologie, chaque cas était bien trop différent. En conclusion, il n'était pas si différent lorsqu'on creusait un peu. Lui aussi était totalement imprévisible et avait du mal à se comprendre lui-même. Le côté humain se battant constamment avec le côté loup. Infatigable combat entre la raison et l'instinct. Ça faisait bien longtemps qu'il avait renié ses émotions. Et ce n'est pas parce qu'il n'en ressentait plus, mais parce qu'il n'y faisait absolument plus attention. Il était peut-être né pour devenir un tueur, qui sait. Après tout, son environnement avait été parfait pour avoir ce genre de destiner. Mais soit, il n'était pas un enfo*ré de psychologue alors peu lui importait de savoir l'état de sa propre conscience et de celle du brun en face de lui. D'ailleurs, plus le temps passait, plus le loup se posait vraiment des questions sur l'arrivée du jeune. Il le voyait bien volontiers tuer quelqu'un par folie juste parce que ce dernier ne lui aurait pas filé une cigarette.
Ha, cette vision le fit sourire intérieurement avant d'écouter la réponse à ses dernières paroles. Là encore, il parlait par métaphore. Il ne pouvait donc pas s'empêcher de faire de son vécu un scénario délirant.
Le loup haussa rapidement les épaules en guise de réponse. Que dire de plus finalement ? Ils ressemblaient presque trait pour trait à deux camés sur une plage, se racontant les folles histoires de leurs vies et leurs possibles mensonges pour les cendres encore plus intéressantes. Et c'est à partir de là que l'ex rafleur lui attribuait l'idée de faire de cet enfer une merveilleuse histoire pour gens crédules, ce qui avec le recule, pouvait ressemblait plus à une légende qu'à un véritable récit.

« Je pense que tu es en vie parce que le but n’est pas que tu meures, même par accident. Ils n'ont pas le droit, quoi que tu en penses. Tu es agressif, ils t’affaiblissent en permanence. Tu es trop bourru. Ils te traiteraient mieux si tu l’étais moins. Et le fait de savoir que tu puisses guérir toi-même de tes blessures n’aide pas. »

Je le regarde un moment. C'était de la naïveté que je voyais où il était juste un peu trop richos pour comprendre les lois de cette prison ? Cela n'avait plus rien à voir avec ça, cela faisait bien longtemps qu'il avait mis la rébellion de côté. C'était juste parce qu'il était ce qu'il était : un hybride qui avait détruit des vies et des familles, blessé des gens, tuer d'autres et tout s'arrêtait à cette simple conclusion.
Il n'était même pas sûr que les sorciers sachent qu'un loup-garou pouvait se désinfecter un minimum tout seul, vu le peu de connaissance sur leurs espèces. En tout cas autre chose que savoir comment se débarrasser d'un loup-garou ou comment l'enfermer pour ne pas avoir affaire à lui durant certaines nuits du mois.
Non clairement, ça fait longtemps qu'il s'était soumis aux gardiens, juste pour avoir un minimum de paix. Mais ces derniers s'étaient bien ligués pour que la mort devienne une libération.

« Tu ne sais rien de mes années ici... Ça fait bien longtemps que j'ai décidé de me transformer en chiot pour éviter les humiliations. Ils ont même un fabuleux jeu qu'ils appellent " décibels" je te laisse le plaisir de savoir à quoi cela correspond. »

Un jeu formidable où celui qui arrivait à le faire gueulait de douleur le plus fort possible gagnait. Et c'est qu'ils avaient beaucoup d'imagination en plus de ça.
Il soupire un peu, essayant de passer à autre chose, non, pour lui c'était clairement un délit de sale gueule plus qu'une obligation pour faire régner l'ordre.

« Si on s’en sort tous les deux, est-ce que je dois fuir si je te revois quelque part ? Tu me tueras sans distinctions, par principe ? C’est pour savoir si je dois m’entrainer à l’athlétisme dès maintenant. »

Il ne savait pas trop quoi répondre à cette demande plus que légitime. Le loup ne savait pas comment il réagirait, à condition qu'il sorte également d'ici en vie. Il était cependant tenté de lui acheter un abonnement à la salle de gym tout de suite, mais en même temps, il pourrait s'amuser à lui faire croire qu'il ne ferait rien ou qu'au contraire, il le tuerait à la moindre occasion présentée. Chose sûre, c'est qu'il ferait passer sa peau avant la sienne.

« Tout dépend mes humeurs et le jour du mois... »

Il prendrait sa décision le jour venu.
Après ça, il repartait sur sa blessure qu'il léchait de moins en moins, cela devenait plus une occupation vulgaire histoire de s'occuper.
Il grognait un peu lorsqu'Octave tirait sur sa chaîne comme s’il était un vulgaire chien de garde.

« Je serais ravi de te réveiller à la moindre occasion... Même si, tant bien que je m'en fiche de ton état réel, je préférerais que tu ailles te faire soigner plutôt que de répandre encore ton sang là ou je vis. »


Même si cela impliquait de voir débarquer les fous furieux et finir par en prendre plein la g*eule. Cependant, cette future activité ne lui donnait pas forcément très envie.
Il regardait alors Octave, lui balançant le premier os à sa portée.

« Ouvre les yeux. Je n'ai pas envie de ramasser ton cadavre. Alors où tu fais quelque chose ou je désinfecte moi-même et je préférerais ne pas avoir ce souvenir ancré dans le crâne. »

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MessageSujet: Re: [Février 1987] Collocation forcée [Octave Holbrey] Jeu 22 Juin 2017 - 3:49

Ce qui était étrange, c’est que le loup semblait l’écouter. Il paraissait vaguement indifférent, occupé à autre chose, mais à l’écoute. Octave le voyait bien pour avoir fréquenté tant de gens qui faisaient semblant de ne pas lui accorder de considération, par orgueil ou amour-propre. Ou au contraire, ils lui souriaient à pleine bouche et le regardaient avec des yeux vides, sans saveur, aspirant toutes ses paroles pour n’en retenir strictement aucune. Il pouvait presque s’imaginer les oreilles de Greyback se dresser à la mélodie de son phrasé. Sa gestuelle devenait mécanique, peu réfléchie ; il ne le regardait pas vraiment, mais ses yeux étaient absents, il ne prêtait plus attention à ce qu’il faisait. L’image parfaite d’un corps en action et d’une tête concentrée sur autre chose. D’une certaine façon, malgré le caractère personnel de ce qu’il débitait, Octave ressentait une sorte de satisfaction à voir l’animal non seulement prêter attention à ce qu’il disait, mais comme l’absorber. Ce n’était pas une contemplation passive, non, Greyback comprenait. Pendant un instant, il parut absorbé par sa propre réflexion et Octave sentit que, par ses paroles, il l’avait expédié quelque part dans un souvenir, ou une idée. Il ne savait pas exactement ce qui avait renvoyé le loup dans les méandres de son esprit, mais c’était efficace. Une brume vint flotter à la surface de ses globes oculaire et Octave l’observa s’effacer.

Mais aussi vite était-il parti, qu’il fut revenu, le toisant avec une sorte de dégoût mêlé à de la méfiance. Octave fronça les sourcils, se sentant comme un enfant à qui on allait enjoindre que c’est mal d’aller dans le jardin du voisin pour y voler des pommes ou jouer avec son chien. Il baissa la tête, un brin renfrogné, toisant Greyback à couvert de son front avec un éclat de provocation dans son regard de jade. Il savait parfaitement qu’il n’était pas encore au fait de tous les mystères de l’existence, ni ne percevait toutes les subtilités de ce monde, mais il aimait à s’imaginer qu’il avait de bonnes qualités de déduction. Assez en tout cas pour pouvoir spéculer sans être dans le faux sur quelque chose qu’il n’avait pas vécu. Ca avait marché la plupart du temps, mais manifestement ici, ca ne passait pas très bien. Et Octave détestait être dans le faux. On l’avait habitué à avoir raison, lui conseillant de s’abstenir de parler dans le cas contraire. Il avait voulu être pragmatique, et voilà qu’il se sentait comme un gosse en tort qui avait sorti une bêtise et qu’on regardait en biais, se disant que c’était normal, au vu de son âge. Sauf qu’il avait vingt-trois ans et qu’un vieux loup le considérait avec une sorte de pitié pour son innocence.

« Tu ne sais rien de mes années ici... Ça fait bien longtemps que j'ai décidé de me transformer en chiot pour éviter les humiliations. Ils ont même un fabuleux jeu qu'ils appellent "décibels" je te laisse le plaisir de savoir à quoi cela correspond.
- Et alors, ils montent haut les décibels ? On t'entends depuis l'espace ? »

Octave pinça ses lèvres et dévia le regard vers le sol. Probablement que les gros criminels avaient le droit à un traitement spécial, effectivement. Mais alors qu’est-ce qu’il foutait là, à côté de l’un des plus prolifiques meurtriers de la première guerre, réputé infatigable et surtout sans pitié ? Est-ce que dans les autres cellules, les mangemorts souffraient autant que le loup ? Ou était-il le seul à bénéficier d’une telle attention de la part des gardiens ? Cela ne l’aurait pas été étonné si cela avait été effectivement le cas. Après tout, Greyback était un hybride, une monstruosité. L’histoire avait démontré que les gens avaient plus de sympathie pour ce qui rentrait au moins physiquement dans l’ordinaire, que ce qui semblait contrenature. Et Greyback l’était d’une certaine façon par son apparence. Même Bellatrix, malgré sa prétendue folie, était encore une femme. Greyback, lui, ne pouvait même pas prétendre être un animal. Il était ce qu’on pouvait décrire comme une abomination. La créature de Frankenstein, ou l’homme au cœur de chien, tous deux n’étaient pas parvenus à rentrer dans une quelconque case. Les gens n’aimaient pas cela. On ne pouvait même pas leur en vouloir, le monde fonctionnaire ainsi, simplement pour transformer le chaos en ordre apparent. L’espace d’un instant, Octave avait oublié qu’il était dans la cage d’un monstre, pas d’un homme, ni d’une bête. Personne n’avait de pitié pour le Minotaure, mais on pardonnait au gladiateur, même s’il avait été un criminel. Il n’y avait que la Bête qui était parvenue à avoir les grâces de la Belle. Mais bon, elle était une femme, et ces créatures-là étaient bien plus sensibles, c’était connu.

Octave soupira, se disant que Greyback ne connaitrait jamais la paix avec une forme pareille. Pouvait-on penser qu’il n’avait que ce qu’il méritait ? Oui, peut-être. Mais Octave préférait la peine de mort à ce genre d’existence. Cette prison ne servait qu’à rendre les gens fous et était une faille dans une société sorcière qui se targuait d’une belle morale. En vérité, probablement que personne n’était vraiment au courant de ce qui se passait ici. Personne ne venait et personne ne repartait. Ou en tout cas, pas intacte. S’il était sensible à Greyback, ce n’était que pour les traits de caractère et les bribes d’histoire qui n’avaient aucun rapport avec sa présente situation. Celles qui lui rappelaient que le loup n’était pas juste un loup, ni un tueur sanguinaire. Mais globalement, il n’éprouvait pas de compassion à l’égard de cet individu qui avait tout fait pour souffrir de ce qu’il était. D’ailleurs, de ce fait, il n’avait strictement aucune pitié pour soi-même. C’était calomnieux, sa mère était une garce ingrate, la justice était lente, mais lui aussi, avait tout fait pour se retrouver dans une situation compromettante. Et présentement, il ne faisait que souffrir de son propre caractère.

« Tout dépend de mes humeurs et le jour du mois...
- En fonction de ton cycle menstruel en gros. »

Octave lui sourit d’un air mauvais, presque pernicieux, avec dédain. Bien évidemment. Cela dit, c’était toujours bon de savoir que le loup ne nourrissait pas une haine viscérale à son égard, qu’il pouvait encore envisager de le garder en vie. Même si c’était dit d’une manière si désinvolte, avec aucune intention de le rassurer, mais plutôt de le faire transpirer un bon coup. La réponse le rendit sarcastique, tout en le réconfortant vaguement. Si l’avenir pouvait être envisagé, même avec humour, c’est que la cohabitation dans cette cellule pouvait largement se poursuivre.

« Je serais ravi de te réveiller à la moindre occasion... Même si, tant bien que je m'en fiche de ton état réel, je préférerais que tu ailles te faire soigner plutôt que de répandre encore ton sang là où je vis. Ouvre les yeux. Je n'ai pas envie de ramasser ton cadavre. Alors où tu fais quelque chose ou je désinfecte moi-même et je préférerais ne pas avoir ce souvenir ancré dans le crâne. »

Oh non. C’était comme si l’image dans son esprit avait été tellement forte qu’elle fut communiquée à Greyback dans l’inconscient. Sa tête avait pulsé jusqu’à ce moment précis. Il s’était senti doucement glisser et ses yeux voulaient se fermer alors que son corps tendait à se mettre à l’horizontale, mais cette dernière phase coupa net à toute envie de s’évanouir. Au contraire, la clarté se fit dans son cerveau comme si on y avait fait sonner un gong. Un moment, il regarda Greyback droit dans les yeux, sondant son visage pour voir s’il plaisantait. Il cligna des paupières devant cet air éternellement sérieux qu’avait le loup, attendant quelques instants avant de glousser. Enfin, ce ne fut qu’un discret ricanement au début, mais bien vite, il eut du mal à se retenir et n’en avait pas envie. Alors, il se mit à rire franchement. Sa pomme d’Adam se secouait comme une bille bondissant sur une table sous sa peau. Il fit attention à ne pas faire trop de bruit et sous la tension qu’il s’imposait pour ne pas être vibrant, deux larmes perlèrent, s’accrochant à ses cils. Qui eut cru que quelqu’un serait capable de se taper un fou rire ici, à Azkaban ? Ca allait probablement encore attirer les detraqueurs, mais il s’en moquait. Sur son torse vibrant, quelques morceaux de sang coagulé craquèrent et se décolèrent, rafraichissant ses blessures d’une nouvelle vague pourpre. La peau tirait, mais il continuait à glousser de son rire joyeux, charmant, gai comme des sous que l’on remuait. Sa mère n’avait jamais aimé son rire, ni les manifestations de joie quelconques ; elle lui disait tout le temps qu’il riait mal. Mais sa nounou préférée lui avait un jour dit qu’il avait un rire communicatif, à se poser une main sur le cœur. Il préférait nettement cette version. Plus il riait, plus il se repliait sur soi-même et pensait à ce que lui avait dit Greyback. Ayant une imagination débordante, cette scène se développait dans son esprit et prenait des proportions aussi burlesques que gargantuesques. Octave mit un temps à se calmer, et finit par articuler, à travers les hoquets joyeux qui lui venaient :

« La salive de loup est peut-être antiseptique pour toi, mais certainement pas pour moi ! On a des structures biologiques beaucoup trop différentes ! Ta bouche est pleine de bactéries que mon corps ne saurait gérer et même si l’idée me séduit par son allure complètement hallucinante, ça n’aurait aucun intérêt. En plus t’as vu la gueule de la cellule quoi ? Tu lèches tes poils et après tu veux me lécher moi ? Je vais mourir plus vite à ce stade. Ce n’est pas parce que tu ne meurs pas de ce que tu as dans ta bouche que ça veut dire que ça peut tranquillement aller dans mon système sanguin ! » Octave lâcha un gloussement qui s’étrangla dans une sorte de sanglot, tant il essayait de réprimer ce fou rire qui ne partait pas. « C’est bon, je suis réveillé-là ! Mais tu sais quoi ? Tu passes ton temps à me dire que tu te fous de mon état, mais tu m’aides quand même. Tu sais qui fait ça ? Celui qui ne s’en fout pas. Ou celui qui désire se convaincre qu’il s’en fout. Néanmoins il est hors de question que je me fasse soigner. Ils verront les cicatrices, sauront que c’est toi et non seulement tu auras une torgnole, mais en plus ils ne me laisseront jamais revenir ici et je finirai par moisir dans une cellule d’isolement, saucissonné entre une dizaine de détraqueurs. Non merci ! Je peux enlever mon t-shirt et en faire une compresse, que tu devras presser avec tes deux grosses paluches contre mon torse pour empêcher le sang de couler. Appelle les gardes, je me roulerai dans un coin pour ne pas qu’ils voient les griffures, et demande leurs de l’eau et de la nourriture. Pour moi, bien sûr. Dis leurs que je n’arrive pas à parler de déshydratation. Ils ne t’aiment peut-être pas, mais moi, j’ai le bénéfice du doute, je ne suis pas censé mourir ni de pouvoir me plaindre éventuellement d’un traitement injuste. Je ne t’ai pas dit ? Je ne suis pas un condamné, mais en détention provisoire, pour le moment en tout cas... Peut-être qu’ils te fileront un drap pour pas que je crève de froid ou ne choppe une bronchite. Demande ce que tu veux, tant que c’est justifié par un besoin élémentaire que je pourrais avoir. Regardes, quand tu leur as dit que je ne considérais pas leur autorité, c’est toi qui t’es pris des coups, pas moi ! On ne sait jamais, ça peut peut-être marcher. » Octave lui sourit en coin, sans se rendre compte qu’il était si pâle à présent que deux cercles noirs bordaient ses yeux et que ses lèvres s’étaient décolorées. Pourtant, son rire lui avait redonné de l’énergie.

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MessageSujet: Re: [Février 1987] Collocation forcée [Octave Holbrey] Sam 24 Juin 2017 - 1:35

- Et alors, ils montent haut les décibels ? On t'entends depuis l'espace ? »

Fenrir préférait ignorer. À croire que le seul but d'Octave était de continuer à lui pourrir l'existence et à le provoquer. Comme si c'était juste un vieux pari qu'il devait surmonter : "si tu le rends fou tu gagnes un paquet de chocolat" ou alors un de ses acteurs de téléréalité qui se cache dans d'autres costumes pour montrer l'authenticité des choses à des pigeons planter devant leurs écrans en puant la crasse et les pop-corn bon marché.
Le loup soupirait, écoutant le jeune, mais restant dans son monde et ses pensées. Il avait assez bataillé aujourd'hui et bien que cela fasse du bien de se défouler, il n'était clairement pas assez en forme pour jouer le rôle du méchant flic face à une petite frappe qui sait à peine lacé ces chaussures.

Le jeune finit par lui demander une question honorable au sujet de sa survie si eux deux sortaient indemnes de cette histoire. N'étant pas sur lui-même, il préférait répondre dans le vague et imaginer bien des façons de lui faire regretter ses paroles plus tard. Encore fallait-il que lui survive et que ce dernier arrive à s'échapper un jour de cet enfer.

- En fonction de ton cycle menstruel en gros. »

Fenrir levait alors le regard vers lui, accusant avec patience son sourire délétère. Tout son être transpirait le mépris. S’il était comme ça dans la vie de tous les jours, Fenrir pourrait presque avoir pitié de ces proches. À croire que sa mère n'était peut-être pas le souci premier ou alors elle devait vraiment être ignoble pour avoir pondu un mioche pareil. Il aurait fait un parfait loup-garou en y réfléchissant, il avait les qualités pour devenir un être odieux.
Le loup lui rendait un sourire aussi méprisable que le sien, tout en continuant de l'ignorer un minimum avant que ce dernier ne l'ouvre encore, lui demandant de le réveiller en cas de besoin.

Dans le feu de l'action, ou dans une totale ignorance directe avec ce qui pourrait suivre, le canin lui proposait de le désinfecter lui-même si ce dernier ne réagissait pas. Si cette parole était surtout là pour qu'il fasse quelque chose, il espérait vraiment que la perversion d'Octave n'aille pas jusqu'à lui dire oui juste pour avoir le plaisir de l'humilier encore plus en léchant sa propre blessure sur une ex-victime.

Fort heureusement, au vu du regard d'Octave, il n'y pensait pas une seconde. Le loup lui rendit un regard rempli de dédain également, limite fière de l'effet qui lui avait fait avec une unique phrase. Son regard sérieux, mais amusé à l'intérieur faisait comprendre au jeune qu'il en était réellement capable si besoin.
Et voilà que le brun finit par glousser et rigoler d'un rire jovial et plein d'entrain, laissant cette nouvelle émotion prendre sa place dans la cellule.
Même Fenrir finit par sourire finalement suite à ça. C'était grotesque et bien sûr que jamais il ne ferait ça pour quelqu'un comme Octave, sauf si sa vie en dépendait, et encore en aurait-il réellement le courage.

L'euphorie passait, Octave reprit la parole, essayant d'articuler entre deux hoquets de rire encore communicatif. Sa salive était certes bénéfique pour lui, mais surement pas pour les autres. La tronche de la cellule et son allure après plusieurs années sans une douche normale pouvaient également être une porte ouverte à plusieurs hépatites s’il osait lécher des plaies ouvertes. Mais à vrai dire, rien que le visage du brun avait valu cette phrase. Sans regret !

« C’est bon, je suis réveillé-là ! Mais tu sais quoi ? Tu passes ton temps à me dire que tu te fous de mon état, mais tu m’aides quand même. Tu sais qui fait ça ? Celui qui ne s’en fout pas. Ou celui qui désire se convaincre qu’il s’en fout. »

Fenrir ne dit rien à ça, préférant lancer un râle de plainte en guise de réponse. Peut-être qu'il faisait un minimum attention parce que justement Octave lui faisait penser à quelqu'un. Et peut-être que la solitude l'avait rendu tellement instable qu'il était prêt à aider le premier ch*eur venu pour avoir un peu de compagnies. Ou peut-être qu'il n'était pas si mauvais que ça, mais cette vision lui refilait surtout des sueurs d'angoisse.

« Néanmoins il est hors de question que je me fasse soigner. Ils verront les cicatrices, sauront que c’est toi et non seulement tu auras une torgnole, mais en plus ils ne me laisseront jamais revenir ici et je finirai par moisir dans une cellule d’isolement, saucissonné entre une dizaine de détraqueurs. Non merci ! Je peux enlever mon t-shirt et en faire une compresse, que tu devras presser avec tes deux grosses paluches contre mon torse pour empêcher le sang de couler. »

Le loup le regardait un moment, assez surpris qu'il fasse attention à ce détail même si son intérêt était sien. C'était finalement de bonne guerre.
Il ne le regardait pas, l'écoutant seulement, sa voix devenait de plus en plus faible au fur et à mesure comme s’il pompait sur ces dernières ressources, le loup sentant son pouls changeait. Il grognait alors à la proposition à propos des gardiens. C'était ou ça ou supporter son cadavre finalement.


Il se relevait alors avec difficulté pour s'ébrouer un peu avant de récupérer le premier os venu et le balancer contre les barreaux de la porte.
À partir de là, il attendait une réaction des diables en robe humaine qui gardait cet enfer de pierre avant de finalement en voir un arriver, passablement énerver que Monsieur Décibel le réveille de sa pause.

« Sauf erreur de ma part, le morveux que vous m'avez collé n'est pas ici pour crever, or, on m'a tout de même appris que pour rester en vie, il fallait éviter de tomber en hypothermie sans boire ni bouffer... Serait-ce possible d'éviter qu'il ne meure à quelques centimètres de mon odorat développé ? »

Le gardien n'appréciait pas du tout le ton qu'il prenait même si le simple fait qu'il communique avec eux était une insulte en soi.
Sans rien dire, l'homme le fixait avant de s'évanouir dans les ténèbres de ce couloir aussi angoissant qu’oppressant.

Le loup repartait vers le mur avant d'entendre d'autres pas, cette fois plus nombreux. Après le bruit significatif de la serrure, plusieurs gardes rentraient dont deux pointant leurs baguettes sur Fenrir qui reculait alors contre le mur tout en les fixant.
Ils posèrent le nécessaire pré d'Octave avant de finalement repartir alors que le canin baissé la tête pour éviter d'en énerver un juste avec un mouvement de cil.

Le loup repartait alors contre son mur, essayant d'ignorer l'odeur qui émanait du plateau du brun, soupirant un peu. Cette journée ou nuit était définitivement bien étrange. Même pour lui.

« Bon allé... Vient que je te compresse avec mes deux grosses paluches... Faut mettre ça à l'abri avant de choper le tétanos ou je ne sais quelle m*rde qui trainent ici. »

Le loup lui fit un signe de venir vers lui, parlant d'une voix douce au possible, espérant qu'il lui fasse un minimum confiance, bien que le mot ne soit pas synonyme avec Greyback. Après ça, il avait plutôt intérêt à se nourrir avant qu'il ne s'évanouisse. Fenrir n'était pas non plus son baby-sitter.

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MessageSujet: Re: [Février 1987] Collocation forcée [Octave Holbrey] Lun 26 Juin 2017 - 0:27

La belle et fraîche méridionale montrait ses dents en souriant… On ne pouvait franchement pas dire que le flou sourire que lui avait offert Greyback illuminait la pièce. Il souriait d’un sourire qui découvrait les pointes de ses canines, et donnait un style amer à son menton lourd, même si les fossettes qui apparaissaient aux coins de sa bouche rendaient sa moue timidement joyeuse. Mais parce que ce n’était pas un sourire d’innocence, on pouvait y déceler quelque chose de barbare. A moins que ce ne fut son visage, semblable à une sorte de transformation animale qui aurait mal tourné, prêtant à ses traits la dureté et la férocité primitive de la nature même, qui ne parvenait pas à être adouci par une manifestation ingénue de joie involontairement communiquée. Néanmoins, ainsi que tout source de bonheur spontané et sincère, Octave s’en sentit plus apaisé, presque rassuré de voir cette créature relever les coins de sa bouche pour rire à sa propre gaieté, prouvant une fois de plus qu’il tenait encore bien plus de l’humain que de l’animal. Même le pseudo râle de consternation en guise de réponse ne l’en dissuada pas. La lamentation avait beau avoir quelque chose d’animal, la réaction en soi était gentiment sensible, et Octave se demanda si l’origine de ce cri était une irritation réelle ou un masque pour ne pas avoir à répondre. Dans les deux cas, Greyback ne voulait pas reconnaitre quelque chose, ou en tout cas pas en parler. Tant pis, mais ce râle lui en disait bien plus qu’un silence déjà.

De plus en plus, il se trouvait en confiance avec lui, sentant que sa force habituelle, qui résidait en la parole, faisait effet ici aussi, envers et contre tout. La magie du phrasé avait donc son pouvoir dans les endroits le plus démunis, tant qu’il y avait des oreilles pour écouter et que les mains étaient occupées. Le fait que Greyback était attaché avait finalement grandement joué en sa faveur. En temps normal, il lui aurait sauté à la gorge au premier mot plus haut que l’autre, perçant ses veines et son corps jusqu’à la mort sans qu’il ait eu le temps de s’expliquer, sans considération aucune pour les convenances. Mais à Azkaban, il avait peur ; une peur qui le rendait bien plus alerte, plutôt qu’inconscient dans son outrecuidance. La conscience de ce fait allait rendre Octave encore plus insupportable. Il se connaissait, et savait que maintenant qu’il s’était imposé d’une certaine façon, la prochaine étape allait être de tester les limites de sa position. S’il avait quelque chose de l’animal, en plus de sa spontanéité exacerbée, c’était la tendance à chercher les frontières de la patience. Doucement, tendrement, il allait tâter, exaspérer, enflammer, confondre…

D’ailleurs, le loup sembla presque sceptique à sa proposition, le toisant presque de travers, comme s’il cherchait l’anguille qu’il sentait sous la roche. Octave le confronta, sourcils relevés dans une moue elle aussi dubitative, un brin provocateur, comme s’il jugeait le loup trop trouillard pour envisager la possibilité proposée. Sourire narquois en coin, il le toisa, joueur, comme s’il l’invitait à grimper par-dessus la clôture d’une maison en plein milieu de la nuit pour se baigner à poil dans la piscine. Greyback finit par détourner le regard pour réfléchir, ce qui ne découragea pas le jeunot, qui continuait à lui décocher des flèches ardentes dans l’espoir que sa force de persuasion ne lui brûle la peau. Allé, il avait présenté la situation sous tous ses avantages, insinuant que le loup pouvait avoir tout ce qu’il désirait à condition de le quémander pour sa pauvre victime et non pour soi. Il y avait de quoi réfléchir, et ce n’était pas si dangereux que ça, ni cher payé… Enfin, à condition qu’il croie un minimum qu’Octave était de son côté. Parce que finalement, rien ne l’empêchait de se retourner au moment fatidique pour exposer ses blessures aux gardes, accusant Greyback de tous les maux, exagérant même pour être sûr qu’il s’en prenne plein la gueule. Voir même pire, qui savait quelles étaient les limites à l’imagination de celui qui voulait bien se faire tabasser par un loup-garou pour moins souffrir ? Qui s’alliait à la bête contre des humains par intérêt au lieu d’avoir la trouille et de trembler de tous ses membres ? Octave était un pragmatique jusqu’à la moelle lorsqu’il s’agissait de ce genre de choses. Il savait que tout n’était qu’une crainte de l’inconnu, raison pour laquelle il fallait tout sonder, ratisser sur un large spectre et faire lumière sur les ténèbres. Les gens craignaient Greyback, parce qu’ils ne savaient jamais ce dont il était capable. Voilà qui était fait.

Après hésitations et grognements, quelque chose décida le loup à accepter. Ce dernier se releva mollement, envoyant un bout d’os contre la porte sous le regard amusé de son comparse. Puis, comprenant soudain qu’il ne pouvait pas se contenter d’être simplement un spectateur contemplatif et narquois, Octave se tira de sa torpeur et se releva tant bien que mal pour tituber, vacillant à chaque pas, vers le mur opposé de la pièce, là ou Greyback n’était pas censé être capable de l’atteindre. Comme promis, il se mit en boule, dos tourné vers la porte, cachant de ses mains et de ses épaules courbées les crevasses sanglantes sur sa poitrine. Soigneusement, il plaqua ses paumes contre son torse pour empêcher le sang de jaillir. Greyback entama les hostilités en faisant preuve d’ironie, mais le gardien ne lui répondit rien finalement, partant faire son affaire sans rechigner plus que ça et Octave, à travers son esprit plus ou moins embrouillé, ne put s’empêcher de se sourire à soi-même, satisfait de constater qu’il pouvait exercer de la force sur quelque chose. Que sont état n’était pas aussi désespéré que celui du loup. Qu’on ne l’avait pas oublié ici et que si on voulait bien lui apporter ce dont il avait besoin pour survivre, c’est qu’il avait des chances de voir un jour débarquer son avocat commis d’office. Pour rendre l’affaire plus plausible, Octave se laissa doucement sombrer. Son corps se mit à trembler et des tics nerveux animèrent ses corps par de faibles soubresauts intempestifs. De froid, croiraient les gardiens, mais en réalité, il s’agissait des frémissements agités d’un corps malade.

Bientôt, une multitude d’échos se firent entendre, des semelles de cuir claquant contre le sol de pierre, et la cellule fut littéralement inondée par des bruits de pas. S’étant presque arrêté de respirer comme un lapin tapis dans des buissons, désireux d’échapper au chasseur, Octave se ravisa, adoptant la position de victime. Sa respiration se fit sifflante et laborieuse, rapide, comme les battements de cœur d’un oiseau. Heureusement, les gardes étaient trop occupés à surveiller Greyback pour vérifier si le camarade de chambrée n’était pas en train de jouer la comédie. Enfin, personne n’aurait eu l’idée de faire ça ici, n’est-ce pas ? Sans dire un mot de plus, sans égard même pour le plus jeune, les gardiens évacuèrent les lieux, comme si la cellule était en proie aux flammes. Sans bouger, Octave attendit qu’ils s’éloignent.

« Bon allé... Vient que je te compresse avec mes deux grosses paluches... Faut mettre ça à l'abri avant de choper le tétanos ou je ne sais quelle m*rde qui trainent ici. »

Spontanément, il se remit à rire doucement, toussant à moitié. Il se roula sur le dos et continua à se gondoler, jetant un regard à Fenrir pour voir si l’expression du visage convenait à la voix doucereuse qu’il venait d’entendre. Merlin soit loué, il avait juré, cela le sauvait de la totale mollesse, mais n’empêcha pas la moquerie que lui offrait Octave. Celui-ci s’allongea sur le côté, observant le loup d’un air narquois, l’œil brillant d’un air mauvais. Ses lèvres pâles esquissèrent un sourire, narguant le loup qui avait essayé de l’attirer à lui comme un pédophile planqué dans sa camionnette.

« Ma maman m’a dit de ne pas m’approcher des monsieur poilus que je ne connais pas. » Gazouilla-t-il. Satisfait, il s’humecta les lèvres, goûtant sa phrase avant de reprendre : « J’arrive mon chou, je me traîne, je rampe. »

D’abord, il inspecta ce qu’on lui avait apporté, pour voir ce qui pouvait être utile. Il y avait une espèce de bol en acier inoxydable, rempli d’une bonne portion de riz et de quelque chose d’autre, indéfinissable. Une flasque rondelette trônait juste à côté, suintant d’une eau froide qui se condensait à sa surface. Il y avait aussi une couverture, tricotée avec une laine grossière. Octave grimaça, un peu déçu. Il aurait préféré pouvoir utiliser la couverture comme compresse, plutôt que son t-shirt déchiré et relativement menu, mais tant pis. Il se saisit de la flasque bouchonnée et, pour ne pas faire des allers-retours inutiles, la balança à travers la petite pièce en direction du loup, espérant que ce dernier la rattrape de ses grosses « paluches ». Puis, ce fut au tour de la couverture. Si la flasque avait fait une jolie trajectoire puisqu’il y avait mis toutes ses forces, la couverture traversa à peine la moitié de la cellule avant de s’écraser en tas sur le sol crasseux. Empli de pitié pour sa propre faiblesse, Octave ricana tout en grimaçant de sa poitrine qui le brûlait. Finalement, il prit le bol et rampa jusqu’à la couverture, qu’il poussa tant bien que mal en direction du loup, espérant que cette fois il l’atteigne. Posant finalement le bol au sol, Octave se redressa et tira sur son t-shirt qui avait été un jour blanc. Une plainte fut murmurée alors qu’il levait ses bras au-dessus de sa tête, se défaisant du vêtement. Il découvrit un corps encore un peu halé par le soleil insatiable du Turkménistan, mais visiblement blanchi par son séjour d’un mois dans des lieux fermés. Finement musclé, il était sec, mais sa belle peau soyeuse d'enfant quasiment imberbe rendait honneur à cette absence quasi-totale de graisse. Une grosse ecchymose violaçait sa peau au niveau de ses côtes. Doucement, il s’assit au sol, déchirant une manche à son haut avant de l’imbiber d’un peu d’eau de la flasque, dont il but une grosse lampée avide, et entreprit de nettoyer tant bien que mal ses blessures, dégageant le sang coagulé et les éventuelles saletés. De grimaces en grimaces de douleur, il pâlissait à vue d’œil, son visage contrastant parfaitement avec la couleur encore un peu bistre de son corps. Sa tête commença à lui tourner et il réprima un hoquet avant de déclarer :

« Si tu as faim, mange, je vais vomir. »

Reconnaissant qu’il avait atteint sa limite psychologique et physique, Octave se laissa choir au sol, regardant à nouveau le plafond d’un œil soudain vide. Ses longs cils faisaient une ombre sur ses yeux et leur éclat parût singulier. Il semblait un peu perdu, démuni. Il transpirait, mais avait l’impression d’avoir froid. Un rire, cette fois nerveux, franchit ses lèvres, le bout de t-shirt humide coincé entre ses doigts déliés.

« Moi non plus, peut-être que je ne te tuerai pas si on se revoit. Ca dépendra de mon cycle menstruel. » Il sourit à sa propre blague avant de reprendre un air sérieux et souffrant, comme il était de coutume pour quelqu’un dans sa position : « Ils vont revenir si je continue… Est-ce que tu as déjà épargné quelqu’un comme moi ? Ou des circonstances exceptionnelles valent des actions exceptionnelles, et je dois me sentir privilégié ? C'est à cause des gardes ? Je comprendrai sans me moquer, je t'assure... Non seulement tu ne me tues pas, mais en plus, tu me soignes… avec tes grosses paluches. C’est bien, les grosses paluches, surtout pour étouffer les gens. »

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MessageSujet: Re: [Février 1987] Collocation forcée [Octave Holbrey] Mer 28 Juin 2017 - 22:31

C'était un miracle qu'il puisse un jour parler gentiment à quelqu'un de la sorte, surtout lorsque cette personne est la même que celle qui l'a tant insupporté à peine quelques minutes auparavant. Fenrir n'était plus d'humeur à se battre ou même à répondre aux moqueries du plus jeune, préférant ainsi faire profil bas, écartant toutes pensées négatives de son esprit. La prison avait révélé sa partie animale, cruelle, froide et surtout indifférente à l'empathie que bon nombre d'humains possédés. Cependant, Azkaban avait aussi fait émerger d'autres sentiments et perspective de lui-même. Il ressentait un manque. Le manque d'une personne et peut-être de la compagnie en général. C'était un solitaire dans l'âme, mais en tant que loup, il avait aussi besoin d'une meute et donc de contact. Et ce n'était pas l'endroit où l'on pouvait justement avoir beaucoup de fréquentations.
C'est peut-être d'ailleurs pour ça qu'il ne disait plus rien, même si avoir Octave en colocataire se rapprochait plus du masochisme avec un ratio de douleur plus élevé.

En attendant, ils étaient là, dans ce même bateau sur une mer agitée, essayant d'oublier le mal de mer qui pouvait les ronger d'un moment à l'autre, essayant juste de s'accrocher au mat le temps que l'orage passe. Et en parlant d'orage, qu'est-ce que le loup ne donnerait pas pour s'attarder sous la pluie, sentir le vent et l'herbe et redevenir le fier alpha qu'il était. Autre que cette chose dépourvue de vie qu'il devenait, enfermée ici comme un animal de zoo à essayer de faire copain copain avec le seul humain assez lucide ici pour ne pas se pisser dessus.
Et c'est de cette manière qu'il en était là, à accepter de soigner ce même personnage aussi mystérieux qu'invivable.

« Ma maman m’a dit de ne pas m’approcher des monsieur poilus que je ne connais pas. »

Le loup le regardait avec un air un peu blasé, soupirant légèrement. On pouvait clairement lire un "sérieusement ?" dans ses yeux alors que le brun le scrutait avec cet air caustique qui ne le quittait presque jamais.

« J’arrive mon chou, je me traîne, je rampe. »

Fenrir tournait alors le regard ailleurs, soupirant pour de bon cette fois. Le brun l'exaspérait à un stade hautement avancé, ce dernier frôlant le danger avec lui comme personne auparavant n'avait osé le faire, même si le canin savait pertinemment que le fait qu'il soit attaché et en perpétuelle menace aidait beaucoup cette prise de risque.
Alors que Fenrir regardait ailleurs, un bruit d'objet fendant l'air le réveillait de ses pensées, attrapant la flasque quasiment au dernier moment. Il la posait au sol, regardant de nouveaux Octave se débattre avec sa laine qui venait de tomber misérablement entre eux deux. La situation aurait vraiment pu être comique dans d'autre circonstance alors qu'ils fixaient lamentablement le bout de tissus écrasé au sol comme si lui-même n'en pouvait plus de cette vie.
Finalement, tous arrivèrent à bon port, Octave se déshabillant pour pouvoir faire son pansement de fortune. Le loup penchait un peu la tête à gauche, observant le brun qui se débattait avec son t-shirt. Il ne l'avait pas loupé et beaucoup d'odeur différente remplissait les narines du loup alors qu'il observait la morphologie d'octave. Les loups peuvent sentir quand un autre lupus vient d'un autre pays, d'un autre territoire rien qu'à l'odeur de ses poils. Là, c'était exactement pareil et Fenrir sentait que le brun avait voyagé avant de finir ici. D'un mouvement de tête, il suivait ses déplacements, attendant qu'il se nettoie un peu avant de refermer dans son dos le morceau de tissu à présent humide, histoire de protéger au maximum les blessures ouvertes. À vrai dire, il avait parfois aidé à soigner quelques lésions de son unique protégé, mais c'était la toute première fois qu'il le faisait sur quelqu'un d'autre. Ça lui paraissait étrange, voir même surnaturel.

« Si tu as faim, mange, je vais vomir. »

Le loup regardait successivement Octave qui finissait au sol, sûrement par épuisement, et la nourriture. L'instinct de préservation et son estomac furent alors les maîtres mots et il finit par attraper le bol pour dévorer le contenu, qu'importe ce qu'il pouvait y avoir dedans.
Octave ouvrit de nouveau la bouche, mais Fenrir était trop occupé à avaler la faible pitance du récipient pour réellement répondre et faire attention à ces paroles.

« Ils vont revenir si je continue… Est-ce que tu as déjà épargné quelqu’un comme moi ? Ou des circonstances exceptionnelles valent des actions exceptionnelles, et je dois me sentir privilégié ? C'est à cause des gardes ? Je comprendrai sans me moquer, je t'assure... Non seulement, tu ne me tues pas, mais en plus, tu me soignes… Avec tes grosses paluches. C’est bien, les grosses paluches, surtout pour étouffer les gens. »

Il ne répondait pas directement, prenant le temps de terminer en léchant les bords pour ne pas perdre une seule miette de l'aliment qui avait trainé là-dedans.

« Ils vont revenir oui. C'est ce qu'ils font toujours habituellement. Et je ne pense pas pouvoir te sauver la mise à chaque fois. Mais il fait nuit alors, tu as le temps avant qu'il ne veuille perdre quelques minutes de leurs précieuses vies pour venir ici. Et non, ne te sens pas trop privilégié. Si tu es en vie, c'est juste grâce à une suite d'événement marquant. Les gardes aident également, je ne vais pas te le cacher. Mais tu peux te vanter d'être le premier que je ne massacre pas... C'est rare quand mes pattes soignent et non ne tuent... Très rare... »

Ces pattes en avaient tué des gens, mutilées, étrangler, lacérer. Mais soigner, quasiment jamais. Avant oui, quand il était un gamin normal à Poudlard, mais plus à présent.

« Tu as voyagé n'est-ce pas ? Dit-il en récurant d'une griffe un côté du bol. Tu portes l'odeur des pays lointains... Quel est ton job en fin de compte ? Tu n'as pas le profil du taulard. »

Reposant le bol un peu plus loin, il regardait alors le garçon, toujours allongé. Cette situation était tellement surréaliste.

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MessageSujet: Re: [Février 1987] Collocation forcée [Octave Holbrey] Jeu 29 Juin 2017 - 21:05

Fenrir semblait être de moins en moins réceptif à son humour. Si tant est qu’on pouvait parler d’un penchant quelconque. C’était plutôt sa tolérance qui craquait comme de la peinture sèche à la surface de sa retenue. Mais ça, c’était juste le temps qu’il accepte de se détendre. Ils oscillaient pour le moment entre sourires à demi-avoués et l’exaspération à peine camouflée, et pour cause, Fenrir préférait montrer qu’il était trop vieux et bourru pour ce genre de choses plutôt que d’y céder gentiment. Bah, Octave avait de la patience pour deux et était certain d’être en mesure de mettre à profit les conditions d’une telle détention en son avantage. Et peut-être même associer un jour les quelques moments passés ensemble à un entracte agité, mais vivifiante comme un bon vin. Octave savait que le meilleur moyen de prendre le dessus sur le loup et la situation, c’était de chambouler les habitudes sans jamais vouloir se soustraire aux règles. Alors il luttait contre la morosité que tout ceci lui inspirait, oubliant sa mère et ses envies de vengeance. Rien que pour cela, il avait d’ailleurs pris la ferme décision de s’en sortir tant bien que mal. Pour sortir et aller étouffer sa mère de ses propres mains. Non, mieux, la dépouiller de tout. Elle devait encore vivre dans la maison familiale, qui ne lui appartenait pas, elle qui avait été bannie de tous les papiers d’héritage. L’amputer des bras, des jambes, lui couper les lèvres et le nez, les paupières, les oreilles, les seins… Elle finirait lisse, ronde comme un galet blanc. La langue aussi, il fallait la couper, sectionner les cordes vocales pour l’empêcher de crier. Il attendrait alors patiemment de voir ses yeux sans paupières se dessécher dans leurs cavernes jusqu’à se transformer en deux raisins secs. Et puis, pourquoi pas, rembourrer un coussin avec ses longs cheveux teints en blond. Lui laisser trois griffures sur la poitrine, comme celles qu’Octave avait maintenant, pour qu’elle vive de sa propre expérience ce à quoi elle avait abandonné son fils. La faire vomir ses tripes jusqu’à ce que l’acide creuse des trous dans sa trachée et sa bouche sans langue, ni dents. Plus de visage, plus de parole, plus de corps. Elle méritait de finir comme la pierre qu’elle prétendait être.

« Ils vont revenir oui. C'est ce qu'ils font toujours habituellement. Et je ne pense pas pouvoir te sauver la mise à chaque fois. Mais il fait nuit alors, tu as le temps avant qu'il ne veuille perdre quelques minutes de leurs précieuses vies pour venir ici. »

Octave frissonna et son visage perdit de la lumière qu’il était parvenu à y insuffler à coup de plaisanteries douteuses et d’humour cocasse. Il savait bien que ce n’était pas éternel et que son apaisement relatif n’était que temporaire. Peut-être même trop. Il ferma les yeux, essayant de détecter par les sensations de son corps les vagues putrides des créatures qui entouraient la prison. Son cœur manqua un battement avant de taper un grand coup contre ses côtes, tel un requin essayant de passer à travers les barreaux de sa cage. Le sursaut de sa poitrine le fit rouvrir ses paupières, tel un soubresaut nerveux qui vous sortait du sommeil. C’était-il évanoui l’espace de quelques secondes ? Un semblant de sommeil où il avait même eu le temps de faire un rêve ? Pourtant, il avait entendu le loup parler. En haut, le plafond noir et à côté, Greyback encore en train de chercher des miettes. Octave se mordit la lèvre inférieure, coinçant le moelleux de sa bouche sous une rangée de dents blanches et impeccables. Dans les rainures de l’email et le long de ses gencives roses, le sang s’était infiltré en fines et pourpres branches d’arbre.

« Et non, ne te sens pas trop privilégié. Si tu es en vie, c'est juste grâce à une suite d'événement marquant. Les gardes aident également, je ne vais pas te le cacher. Mais tu peux te vanter d'être le premier que je ne massacre pas... C'est rare quand mes pattes soignent et non ne tuent... Très rare... »

Octave souffla. N’aurait-il donc pas pu lui mentir ? Il aurait préféré avoir une chance inexpliquée plutôt qu’un répit conditionné. Les gages de l’exception lui plaisaient plus qu’une pause dans le naturel, parce que l’inné revenait au galop, comme qui dirait. Enfin, il était encore temps d’inverser cette tendance-là. Octave posa une main sur ses blessures, simplement pour en sentir la chaleur à travers son t-shirt déchiré, bandé autour de son torse. Quelque chose pulsait sous ses doigts et il était convaincu que c’était le sang qui continuait à couler par petits sillons. Il avait ravivé la blessure en la nettoyant, après tout. Encore une fois, il ferma les yeux, calmant sa respiration désordonnée et son cœur affolé d’oiseau. Les palpitations s’atténuèrent. La douleur, quant à elle, demeurait, moins vive que quand il était en mouvement, mais plus persistance dans sa brûlure. Il avait la nette sensation qu’il fallait recoudre, resserrer les bords de sa peau.

« Tu as voyagé n'est-ce pas ? Tu portes l'odeur des pays lointains... Quel est ton job en fin de compte ? Tu n'as pas le profil du taulard. »

Bon sang, c’était flippant. Octave s’éveilla, tourna la tête et regarda Greyback d’une moue dubitative, comme s’il ne croyait pas en son flair. Mais c’était pourtant vrai. Tout était vrai en étant complètement faux. Il n’avait pas le profil d’un taulard, toutefois on lui avait répété plus d’une fois que sa place était loin des autres. Ou à l’hôpital, puis mort, en cas d’overdose. Il ne s’était jamais très bien mêlé à la foule, ses rapports avec les gens avaient tous été inévitablement compliqués, comme s’il parlait un autre langage que les autres, sans parvenir à se retrouver quelque part au milieu, ou toujours dans le conflit.

« Tu en as vu beaucoup des taulards pour me dire ça ? Ou c’est juste parce que je suis jeune, bien portant et pas aussi renfrogné ni tatoué que les autres ? Ca peut s’arranger. J’imagine que le profil du taulard s’acquiert justement en taule. On sait bien que certains banquiers ont leur place en prison sans en avoir le profil, non ? Parce que à ce stade, t’as ta place dans une forêt. »

Il savait que ça pouvait sonner presque stupide, mais après tout, Fenrir était enfermé ici depuis assez longtemps, sans sortir, ne voyant de la vie humaine que les gardiens et ceux qu’on voulait bien lui filer en pâture pour faire peur. Que savait-il des autres détenus, de leur état ? Il pouvait le deviner par l’odeur, éventuellement, mais franchement, ce n’était pas suffisant. Cela dit, au fond, Octave s’en moquait un peu…

« Si je devais écouter tous ceux qui me disent que je n’ai pas ma place quelque part, la seule option qu’il me resterait serait le suicide. Et encore, je suis sûr que même de l’autre côté on trouverait le moyen de me dire que je me suis trompé de porte. »

Octave s’humecta les lèvres, frissonnant doucement. Il avait entendu ça tellement de fois ! Il n’avait pas été celui que sa mère voulait, pas non plus le petit fils désiré, ni même l’étudiant préféré de ces précepteurs. Il n’avait eu sa place ni à la maison, ni à l’université ; ni chez les sorciers, ni chez les moldus. Et maintenant, c’était la prison ne lui seyait pas ! Il n’avait pas non plus la tête d’un drogué, ni d’un militaire, d’un terroriste populaire, ou d’un espion. Il avait eu la figure d’un enfant sans en être un, le regard doux, la voix onctueuse, mais un cœur blême et insensible. Même lorsqu’il s’était banalement abandonné entre des mains féminines qui s’ennuyaient, on lui demandait sans cesse ce qu’il faisait là ? Sa place était toujours ailleurs, mais pas ici.

« A la base, je suis psy. Mais mes voyages n’ont aucun rapport avec ma formation. J’étais aux Etats-Unis il y a de ça un an. Puis Israël. J’ai satellite autour pendant un temps. Jordanie, Iraq, Syrie. Puis finalement Iran, Afghanistan, Turkménistan. Il y a un mois, je suis passé par le Kazakhstan pour rejoindre la Russie. J’ai fait l’armée. Mais au final mon métier, c’est la gestion du patrimoine familial. Et toi, t’as fait des études ? Des boulots ? Ou ton but a toujours été la suprématie des lycanthropes et la collaboration avec le Seigneur des Ténèbres ? »


Très précautionneusement et au dernier moment, il avait choisi de dire « collaboration » plutôt que ce qui lui était venu naturellement en tête, à savoir la notion de servitude. Pourtant, la relation du Lord aux autres gens avait toujours été comme cela, imperceptiblement dominatrice. Mais bon, Greyback n’apprécierait certainement pas son goût pour les précisions, préférant garder les apparences. Il se demanda sur le moment comment sa mère s’était débrouillée pour récupérer toute la paperasse. Ou bien si elle vivait simplement en espérant que personne ne remarque l’arnaque et que rien de ce qui l’entourait ne lui appartenait ? A tous les coups, elle avait dû s’empresser d’aller se chercher un amant dans la jurisprudence pour qu’il l’aide, en échange d’une paire de cuisses écartés. Octave sourit, ricana méchamment avant de se racler la gorge :

« Bon, t’as fini de bouffer, alors viens presser tes pelles. Le t-shirt n’est qu’une maigre consolation. Comme ça on pourra voir si t'arrives à soigner quelqu'un, ou si ta vile nature te fera tomber dans d'atroces convulsions dès que t'essayeras de m'aider. »

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MessageSujet: Re: [Février 1987] Collocation forcée [Octave Holbrey] Sam 1 Juil 2017 - 13:22

Le brun le regardait comme s’il n'accordait aucun crédit au don du loup. Son flair s'était développé au fil de ces années ici et c'était d'ailleurs la seule distraction qu'il avait : sentir les autres pour apprendre à les connaitre un minimum, surtout quand ces derniers n'étaient plus que des légumes dans des enveloppes humaines. Cette prison devenait un véritable potager grâce aux détraqueurs.
L'odeur était le dernier indice humain que les gens avaient en ces lieux, révélant leurs passés et leurs actes, leurs histoires et leurs vécus. Bien sûr, le loup ne pouvait pas se vanter de lire en eux comme on pourrait lire un annuaire, mais il pouvait en apprendre assez pour se faire une idée de la personnalité des détenus qu'il avait vu passer ici.
Malheureusement, chaque don à son côté négatif et le pauvre canin aurait préféré oublier certains fluides corporels.

« Tu en as vu beaucoup des taulards pour me dire ça ? Ou c’est juste parce que je suis jeune, bien portant et pas aussi renfrogné ni tatoué que les autres ? Ça peut s’arranger. »

Il semblait presque vexé par sa remarque faisant sourire le loup intérieurement. Il est vrai que niveau caractère,il n'était pas dans le nombre majoritaire contrairement à l’âge ou malheureusement beaucoup d'autres jeunes pouvaient se retrouver ici. Pour les tatouages, Fenrir éviterait de se prononcer.

« J’imagine que le profil du taulard s’acquiert justement en taule. On sait bien que certains banquiers ont leur place en prison sans en avoir le profil, non ? Parce que à ce stade, t’as ta place dans une forêt. »

Un soupire s'échappait alors des lèvres du loup. Il vivait en nomade depuis tellement longtemps qu'il en avait presque oublié que les banquiers existaient. L'habit de fait pas le moine, certes, mais qu'en était-il pour les visages ?

« J'imagine oui. »

Étrangement, une envie de cigarette le prenait. Comme si l'odeur lui était arrivée dans le nez d'un seul coup. Il savait qui fumait dans son entourage et rien que cette odeur placebo le ramenait des années en arrière, ayant une absence ténu durant un moment alors qu'il fixait le mur avec un regard statique.

« Si je devais écouter tous ceux qui me disent que je n’ai pas ma place quelque part, la seule option qu’il me resterait serait le suicide. Et encore, je suis sûr que même de l’autre côté on trouverait le moyen de me dire que je me suis trompé de porte. »

Fenrir sortait de sa transe alors en regardant le jeune qui continuait de s'entretenir avec lui-même. Il avait déjà entendu également ce genre de remarque en tant que loup-garou, humain hybride, monstre. Combien de fois des gens lui avaient dit "écoutes, les gens ne sont pas à l'aise quand tu es à côté d'eux. On ne pense pas que ta place soit réellement ici" ou encore "Tu sais, peut-être qu'il existe des structures pour les gens comme toi". Les gens comme toi. Des structures. Comme s’il était malade et que c'était contagieux rien que par un regard. Fenrir n'était pas né avec l'envie de massacre.

« A la base, je suis psy. Mais mes voyages n’ont aucun rapport avec ma formation. J’étais aux Etats-Unis il y a de ça un an. Puis Israël. J’ai satellite autour pendant un temps. Jordanie, Iraq, Syrie. Puis finalement Iran, Afghanistan, Turkménistan. Il y a un mois, je suis passé par le Kazakhstan pour rejoindre la Russie. J’ai fait l’armée. Mais au final mon métier, c’est la gestion du patrimoine familial. Et toi, t’as fait des études ? Des boulots ? Ou ton but a toujours été la suprématie des lycanthropes et la collaboration avec le Seigneur des Ténèbres ? »

Un psy. C'était presque comique d'entendre ça après ces introspections. Le jeune avait voyagé. Il avait un véritable vécu, bien plus que le loup. Il devait en avoir des choses à raconter, des anecdotes, des histoires de massacres ou de paix. Des choses sur ces gens qui tuent au nom de la paix et d'autres qui créer la paix dans une ambiance de guerre. Fenrir avait toujours vécu un véritable pugilat, que ce soit intérieur ou contre les autres. Il s'était toujours battu contre ce qu'il était et comment les gens le voyaient jusqu'à abandonner et finir par laisser sa part d'ombre le consumait. Il était un obscurus amélioré en fin de compte.

- Comme tout le monde, je suis allé à Poudlard avant qu'on ne me dise que ma place était ailleurs.

Fenrir regardait alors le brun presque ravi d'avoir quelque chose en commun avec ce dernier.

- Je n'ai jamais voulu suivre On Sait Qui. C'est lui qui est venu me chercher. Je n'ai fait que profiter de l'offre. Je m'en fous de ces principes et ces idéaux. Il me paye et c'est tout ce qui m'importe. Je ne suis pas aveuglément quelqu'un qui nous déteste. Je profite de lui et il profite de moi. C'est de bonne guerre. Mais toute cette histoire de sang pur ou sang de bourbe me passe au-dessus de la tête. Le sang reste le même au goût, qu'importent tes origines.

En disant ça, il fixait le sol, glissant une griffe sur une ligne invisible en faisant voler la poussière qui se trouver sur sa trajectoire. Il était perdu dans ses pensées de nouveau avant de relever le regard vers le brun quand ce dernier fit un bruit de gorge.

« Bon, t’as fini de bouffer, alors viens presser tes pelles. Le t-shirt n’est qu’une maigre consolation. Comme ça on pourra voir si t'arrives à soigner quelqu'un, ou si ta vile nature te fera tomber dans d'atroces convulsions dès que t'essayeras de m'aider. »

Ma vile nature... Ma vile nature n'avait jamais dérapé dans ces moments-là...

*La forêt était paisible avant qu'une horde n'arrive, martelant le sol de leurs chaussures de sécurité, créant alors un raffut grotesque. Le loup était un peu à l'écart, surveillant les autres pendant que ces derniers attaqués à coup de sortilège les 5 sorciers qui essayaient de s'échapper. C'était ça son rôle, surveiller puis couper la route d'un seul coup aux fugitifs qui ne s'attendaient pas à le voir débarquer. Ils chassaient toujours en meute et avec des règles bien strictes, tellement que s'il en manquait un, tout le plan pouvait être chamboulé.

- Fenrir ! Un de nous est touché !

Dis un de ses subordonnés en montrant du doigt l'endroit ou l'accident s'était déroulé. Et m*rde. Il détestait quand ce genre de chose arrivait, ils n'avaient pas le temps d'aller chercher un médicomage ou on ne sait quels autres médecins.

- Poursuivez-les, je vais voir ! Je les veux vivants et qu'il n'en manque pas un sinon vous aurez clairement affaire à moi bande d'incapable !

Le loup changeait alors de trajectoire, se demandant qui était le crétin qui n'avait pas réussi à esquiver. Son coeur loupait alors un battement lorsqu'il vit qui s’était.

- Bordel. Hé... Tu es touché où ?

Sa voix avait étrangement changé de ton à la vue du jeune, étendu en face de lui. Le raffleur lui montrait alors l'endroit en grimaçant de douleur, à moitié couché sur une souche d'arbre. Le canin écarta le vêtement pour étudier la blessure avant de retirer son manteau et arracher un bout de tissu assez grand pour pouvoir faire un bandage.

- C'est... vilain ?

Fenrir rigolait un peu. Il avait toujours les mots qui lui rappelaient son jeune âge comparé à lui. Il fit un non de la tête pour le rassurer. Lui, le seul qui pouvait le rendre calme et presque serein malgré les situations.

-  Ça guérira vite. Tu guéris toujours vite... Ne t'inquiète pas, on va soigner ça... Fais-moi confiance.

Fenrir le redressait un peu en ignorant comme il pouvait ses gémissements de douleur avant de passer le tissu autour de sa taille pour le fermer derrière avec douceur, tout en lui parlant pour qu'il oublie un peu son mal.
Il l'aidait alors à se relever, vomissant alors des paroles sur celui qui avait osé blesser un des siens. Du moins lui, surtout, les autres pouvaient se démerder tout seuls finalement.

- Retour au camp pour toi, ce sera plus simple pour soigner tout ça. Et je t'oblige à te reposer ensuite. C'est un ordre louveteau.

Le jeune lui souriait. Le seul pour qui les ordres n'en étaient jamais vraiment...*


Fenrir se réveillait alors de ses songes, regardant Octave après ça.

- Oui. Tu voulais quoi déjà ?

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SANG SANG: mêlé
MessageSujet: Re: [Février 1987] Collocation forcée [Octave Holbrey] Dim 2 Juil 2017 - 18:54

Ce n’était que le premier jour. Bon sang ! les premières heures oui ! Ses détentions répétées dans les diverses salles blindées du ministère, dans les ambassades, les chambres policières de dégrisement, les complexes militaires aux caves humides, l’avaient préparé à l’éternelle attente. Mais pourtant, à chaque nouvel endroit, tout recommençait depuis le début. Instinctivement, sans pour autant avoir l’intention de s’enfuir, il cherchait quelque chose pour se défendre, une faille quelconque dans la structure pour se rassurer de ne pas être totalement impuissant, d’avoir encore une prise, aussi maigre puisse-t-elle être, sur ce qui l’entourait. Et quoi de mieux pour cela que de chercher les défauts ? Se réapproprier l’espace jusqu’à le connaitre par cœur et le faire sien. Il y avait quelque chose de rassurant parfois à connaitre mieux sa cellule de prison que ses propres geôliers. Cette longue route l’avait préparé pour Azkaban aussi bien qu’un vol en avion vous préparait à une sortie dans l’espace. Encore maintenant, pourtant plutôt lucide à cause de sa blessure, Octave se sentait dépassé par cet endroit et n’en revenait pas tout à fait qu’il allait devoir passer encore beaucoup de temps ici. Il avait provoqué Greyback comme s’il n’avait que quelques heures à purger, quelques misérables minutes, après lesquelles ses bravades resteraient sans conséquences. Il avait voulu y croire, et maintenant il était au sol en train de se vider de son sang, incapable de l’arrêter, ni de se recoudre ou de demander une potion. Pendant quelques secondes, il fut à nouveau horrifié de la situation dans laquelle il s’était retrouvé, comme s’il s’en rendait compte pour la première fois. Il allait mourir ? Greyback allait-il finir par le tuer ici, exaspéré ou affamé ? Il fallait appeler les gardes, demander à ce qu’on le soigne rapidement et prier pour que les détraqueurs le contournent sans aspirer les maigres bons souvenirs qu’il pouvait bien avoir. Il ne savait même pas d’ailleurs s’ils faisaient la distinction entre une joie sincère et celle fabriquée par l’alcool et la drogue, le bonheur artificiel qu’on se forçait à ressentir pour ne pas finir dingue ? Parce que dans ce cas-là, il en avait à la pelle, de ces histoires hypocrites où il s’était imaginé que le bonheur, c’était ça.

Pas moyen. Il devait prendre du recul. Tenir sa blessure jusqu’à ce qu’elle coagule entièrement, ne pas se faire chopper par les gardes, rester avec Fenrir aussi longtemps que possible pour ne pas péter un câble, s’apprivoiser méthodiquement l’espace tout autant que son bourru de colocataire. Et puis survivre, aussi loin que possible des détraqueurs. Il fallait cogiter, trouver un moyen pour devenir un locataire permanent de cette cellule à coup sûr, sans être obligé de se prendre des beignes sur le crâne parce qu’il aura été insolent avec les gardes. Quant à Greyback, lui non plus n’aurait pas la force, ni l’envie d’ailleurs, de lutter contre l’autorité juste pour qu’un gringalet s’installe dans ses appartements pour le faire tourner en bourrique. Pourtant, il savait aussi fermement que ce n’était pas un Octave gentil, avenant et sage qui allait lui plaire. Ou constamment effrayé et hurlant à s’en retourner les poumons pour qu’on le fasse sortir, s’horripilant d’un loup dont il avait peur. Sa force était dans sa versatilité pour l’instant, mais pour combien de temps ? Allait-il devoir être un petit singe qui s’efforcerait de maintenir l’intérêt d’un loup en permanence ? En temps normal, il parvenait à le faire en posant plein de questions et les gens se sentaient flattés de l’intérêt qu’il leur portait. Mais là, c’était différent. Le bougre était une montagne revêche, âpre et grincheuse, et donc pas de celle qu’on pouvait avoir par des sentiments aussi primitifs à la longue.

- Comme tout le monde, je suis allé à Poudlard avant qu'on ne me dise que ma place était ailleurs.

Sans surprises. Greyback devait aussi être un abonné des monstruosités à qui on ne voulait pas trouver de place. Cela dit, pour des raisons beaucoup plus évidentes, déjà à cause du physique et de sa condition de lycanthrope. C’était comme être un néo-nazi engagé dans le China Town new-yorkais. Octave ne savait trop qu’en penser. Devant ses yeux, il avait le résultat final, l’adulte accompli qui avait fini en prison pour ses choix de vie. Mais il se pouvait largement que sa nature n’ait pas toujours été comme ça, que les rejets répétés pour quelque chose qu’il ne pouvait pas changer l’aient conforté sur la voie en périphérie de la population lambda. Devait-il ressentir de la compassion, en s’imaginant ce grand homme, jadis enfant, être exclu de tout jusqu’à la haine ? Et puis, où finissait la responsabilité sociale et commençait celle qui était personnelle ? Le loup ne semblait pas vraiment regretter. Il était plutôt amer. Peu de gens avaient la force de continuer à essayer de s’adapter, au lieu de plonger dans la colère haineuse que nous inspirait l’exclusion.

- Je n'ai jamais voulu suivre On Sait Qui. C'est lui qui est venu me chercher. Je n'ai fait que profiter de l'offre. Je m'en fous de ces principes et ces idéaux. Il me paye et c'est tout ce qui m'importe. Je ne suis pas aveuglément quelqu'un qui nous déteste. Je profite de lui et il profite de moi. C'est de bonne guerre. Mais toute cette histoire de sang pur ou sang de bourbe me passe au-dessus de la tête. Le sang reste le même au goût, qu'importent tes origines.

S’il avait eu des oreilles amovibles, on aurait certainement vu celles d’Octave se dresser à cette confession assez étonnante. Il en avait ouvert les yeux, considérant Greyback avec un intérêt nouveau. C’est qu’il n’était pas aussi dupe qu’on aurait pu le penser ! L’alliance par intérêt était une chose rare concernant le Seigneur des Ténèbres. Il avait plutôt la réputation d’être un homme qui préférait qu’on s’écrase devant sa puissance et qui ne reconnaissait que des ennemis, ou des sujets fidèles, non pas des opportunistes qui s’écarteraient dès que le succès serait garanti. Se lier à la cause du Mage Noir équivalait à entrer dans une mafia qui ne vous laissait partir qu’à condition que vous soyez morts. La position de Greyback expliquait peut-être la raison pour laquelle il n’avait toujours pas été marqué. Mécaniquement, le regard du jeune homme descendit vers l’avant-bras du loup, l’inspectant sans rien y voir.

« C’est tout à ton honneur alors. Mais en retours, tu es connu pour détester tous ceux qui ne sont pas lycanthropes. Tu es partisan de la supériorité raciale sur les sorciers classiques, tu ne peux pas dire que l’histoire du sang te passe par-dessus la tête. Mais c’est sûr que face au Lord, on est tous sur une échelle inférieure, n’ayant aucun rapport avec le sang. Est-ce que tu sens que je suis différent ? Que je ne suis pas pur, ni lycanthrope ? Saurais-tu, par l'odeur, me dire si mon père était pur ? »

Il avait parlé les yeux dans le vague, se souvenant par bribes de l’époque où il fut aussi petit que le Lord était grand. Il l’avait vu de loin, et la sensation que cette rencontre éloignée lui avait inspirée demeurait encore écrasante et impossible à clairement décrire. Un mélange d’effroi et d’admiration malsaine, comme celle qu’on pouvait ressentir pour quelque chose de si mauvais que cela en devenait fascinant. Et puis un père. Ce père qu'il n'avait jamais connu ni vu, et donc sa mère ne lui avait jamais parlé. Mais il était certain qu'au vu de sa nature, il ne pouvais que faire parti d'une famille noble. Greyback aussi était parti à la rencontre de ses souvenirs. Un regard qu’Octave ne connaissait que trop bien, signe d’un voyage personnel dans le temps. Il avait le chic pour évoquer quelque chose ou poser une question qui enfermait les gens, les propulsant quelque part dans les méandres de leurs histoire propre. Patient et curieux, il l’observa, la respiration encore un peu haletante, une flamme dans le creux du regard qui ne pouvait qu’être la soif de la curiosité. C’était bien l’un des rare sentiment qui lui permettait de s’oublier. Il guetta silencieusement les crispations musculaires du loup, ses tics nerveux de visage et les rehaussements imperceptibles de sourcils, le tremblement de poils… Quelque chose se produisait indéniablement derrière ce visage grossier. Puis, le brouillard de ses yeux se dissipèrent et la clarté revint, comme un réveil, et Greyback le regarda.

- Oui. Tu voulais quoi déjà ?
« Tu as vu quelque chose. » Octave n’était même pas exaspéré qu’on l’ait ignoré comme cela. Il remonta un bras tremblotant vers le visage du loup, montrant ses yeux étranges et, relevant la tête sur un cou tendu, demanda « Qu’est-ce que tu as vu ? » En même temps, parce que redresser sa tête lui demandais un effort considérable au vu de sa position, le jeune homme grimaça légèrement, mais se tint immobile. Seule sa main se serra sur la blessure de sa poitrine, essayant de calmer la brûlure par une pression aussi forte qu’il en était capable.

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