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[15 novembre 1997] Qui va à la chasse... [Alizée Shafiq]

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MANGEMORT & LOUP-GAROU
    MANGEMORT & LOUP-GAROU
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MessageSujet: [15 novembre 1997] Qui va à la chasse... [Alizée Shafiq] Sam 10 Juin 2017 - 14:50

Fenrir tournait en rond dans son antre. Sa transformation avait été intense cette nuit-là, ce qui le rendait encore plus irritable qu'à l'accoutumée. Il s'était réveillé près du cimetière de Prés-Au-Lard ce matin, caché entre deux pierres tombales grises et peu entretenues, encore couvert de sang, mais sans victime à ses côtés cette fois-là. Très souvent il se réveillait un peu amnésique et seuls les corps pouvaient lui rappeler ce qu'il avait fait. Il aimait sentir son venin chez les gens qu'il transformait. Il ne pourrait plus vivre sans prendre la vie et qu'importe les règles imposées qu'il suivait une fois sur cinq en général.

Cependant, il était toujours curieux de voir les dégâts qu'il avait étés susceptible de faire et, ne pouvant s'empêcher de lire la peur sur les visages des gens en entendant les derniers ragots ou en lisant les nouvelles de la Gazette ou autre presse à scandales, il se décidait alors de se rendre au village.
C'est comme ça qu'il finit par transplaner là-bas malgré l'heure et les non-recommandations au vu du jour. On le connaissait, on savait de quoi il était capable et son égo n'en était que plus riche. Voir la haine, la peur, l'angoisse sur les visages qui croisaient sa route. La puissance. Voilà ce qui le faisait avancer. Remettre les sorciers à leurs places était devenu une règle de vie.

Il ne savait pas si c'était son odorat qui avait pris l'odeur du trépas, mais ces rues sentaient de moins en moins la joie de vivre. L'odeur de la peur restait une de ses exhalaisons préférées en plus d'être terriblement aphrodisiaques pour lui.
De temps en temps, il levait la tête pour humer l'air, un sourire carnassier sur le visage alors qu'il visait de ses pupilles noires les personnes qui exhalaient le plus. Très souvent c'est parce qu'ils l'avaient aperçu ou juste senti sa présence.

Il grognait alors en continuant sa route, effleurant les murs, jouant de ses griffes sur les pierres. Le soleil tapait ce jour-la, cherchant la moindre zone d'ombre pour s'y tapir.

Tendant l'oreille, il finit par entendre des histoires de meurtres, de gens disparus ou même "retrouvés morts, totalement lacérés et mutilés. Un carnage. Un meurtre animal d'après les aurors. C'était la pleine lune hier, on devine bien de qui ça peut-être !" suivi de soupire ou de cris étouffaient des gens qui écoutaient avec passion l'homme comme s’il comptait une histoire de fantôme à de jeunes enfants.

Ça le faisait sourire, encore une bonne nuit de travail. Semer la terreur, il voyait ça comme un métier.
La liberté lui était chère. Azkaban l'avait plus affecté qu'il ne voulait se l'avouer. Attaché dans cette cage sans pouvoir bouger à supporter l'humiliation et les coups des gardiens. Chaque nuit il rêvait de les retrouver et les traquer sans relâche jusqu'à les entendre le supplier de les achever une bonne fois pour toutes. Mais en attendant, il reprenait le boulot, obéissant encore à ces sorciers misérables, bien que haut placés. Le jour où les loups-garous seront enfin plus nombreux, on exterminera toute cette racaille et on prendra enfin le contrôle de ce  monde gouverné par des steaks gloussants.

Il aimait s'arrêter, observant les alentours, cherchant de jeunes victimes potentielles. Il y avait de tout aujourd'hui, les magasins étaient bondés ainsi que les pubs. Peut-être pas la meilleure journée pour qu'il sorte à la vue de tous même s’il essayait d'être le plus discret possible. Difficile avec cette apparence.

Il se retourne alors, se sentant observé, reniflant l'air pour essayer de trouver une odeur qui pourrait se démarquer des autres. Qui pourrait vraiment prendre le risque de le dévisager au point qu'il ne le remarque ?

Il jetait un dernier coup d'oeil à la place du village avant de reprendre sa route. Il n'y avait plus aucun doute là-dessus, il était suivi ou du moins garder à vue.
Accélérant le pas, il s'arrêtait alors dans une petite rue perpendiculaire à l'avenue principale, reculant un peu dans l'obscurité.
Il détestait se sentir chassé. C'était lui le prédateur.


Dernière édition par Fenrir Greyback le Sam 10 Juin 2017 - 17:05, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [15 novembre 1997] Qui va à la chasse... [Alizée Shafiq] Sam 10 Juin 2017 - 16:44


Une nouvelle journée commençait, en ce samedi du mois de novembre. Une nouvelle journée qui s'annonçait bien meilleure que les dernières que la Serpentard avait passées. Entre la nuit de souffrance, les cours qu'elle avait de plus en plus de mal à suivre à cause de l'ambiance, ses recherches personnelles, le fait qu'elle n'arrivait toujours pas à convaincre la femme Carrow que son club devait revoir le jour et enfin la soirée plus qu'étrange qui avait eu lieu dans la salle commune quelques jours après la fameuse nuit de terreur qu'avait connu les élèves de Poudlard, elle espérait bien que ce samedi où elle pouvait se rendre à Pré-au-lard serait plus.. productif. Ce fut donc de relative bonne humeur qu'elle se leva le matin, partant prendre sa douche sans réveiller ses camarades de dortoir. Elle aurait aimé pouvoir passer une journée avec ses amies, mais il fallait avouer qu'Alizée les évitait tous depuis quelque temps. S'il lui arrivait encore de discuter avec Théodore, ce n'était que pour éviter les qu'en-dira-t-on, les rumeurs et pour faire bonne figure face aux autres. Après tout, les deux Serpentards n'étaient pas connus pour être les plus visibles de leurs promotions respectives et préféraient de loin rester discrets. De fait, il ne fallait pas changer leurs habitudes s'ils ne voulaient pas attirer les regards et, l'ayant bien compris, d'un point de vue extérieur, ils restaient tout aussi proches qu'ils pouvaient le paraître avant cette fameuse nuit. Pourtant, il n'en était rien. Théodore essayait bel et bien de se faire pardonner sa lâcheté, se montrant avenant vers elle, mais Alizée le repoussait généralement de quelques sarcasmes bien placés ou ne répondait à ses questions que par des monosyllabes, lui faisant ainsi comprendre qu'il était encore loin d'être totalement pardonné. L'eau chaude lui fit du bien, parvenant à chasser les brumes du sommeil qui stagnaient encore dans son esprit.


Après s'être rapidement séchée, la vipère s'enroula dans sa serviette et retourna dans le dortoir. Sur la pointe des pieds, ne voulant aucunement réveiller les trois filles qui partageaient sa chambre, elle alla jusqu'à son lit. Elle tira sa malle et l'ouvrit, tirant de celui-ci une des paires de sous-vêtements qu'elle avait, dont le haut se trouvait sans bretelle, puis elle extirpa un pantalon moulant, en cuir de dragon teint, ainsi qu'un débardeur au col s'arrêtant au commencement de son cou. Elle enfila le tout, avant d'attacher les lacets se trouvant sur les deux côtés de son corps, au niveau de ses côtes. Alizée termina de se préparer après avoir enfilé des bottes tout aussi noires que l'ensemble qu'elle portait, montante au niveau de ses chevilles et avec des talons la grandissant de trois petits centimètres. Elle s'installa devant la veilleuse qu'elle avait placée près de son lit et commença à brosser ses cheveux, après les avoir séchés d'un sortilège murmuré. Quand enfin, elle fut prête, Shafiq sortit le plus discrètement possible de son dortoir, après avoir attrapé l'une de ses vestes. Elle se dirigea vers la salle commune, où elle remarqua rapidement qu'une personne ne devrait pas s'y trouver. Korsakov, allongé sur le divan, dormait à poing fermé et si, en temps normal, la co-présidente du club de duel aurait trouvé la scène attendrissante, ce ne fut pas le cas. Il faisait de plus en plus froid ses derniers temps, l'hiver s'approchant dangereusement et la place de leur salle commune ne permettait pas forcément à ce qu'elle fut bien chauffée. Elle enfila le manteau noir, aux motifs complexes sur différentes parties du vêtement, tel que le triple col, ou encore le dos avec son nœud papillon ; un manteau qu'elle avait attrapé à la va-vite et qu'elle enfila exactement de la même manière, allant jusqu'à fermer les boutons à l'avant du semblant de corsage d'un coup de baguette. Le serpent s'approcha de son aîné, avant de s'apprêter à lui caresser le bras pour le réveiller. Elle se stoppa dans son mouvement, remarquant la manche relevée de son bras droit, laissant voir un pansement sur tout son avant-bras.

- Alexandre, commença doucement la sixième année, ne voulant pas le brusquer. Alexandre, réveille-toi.
- Mhh, laisse-moi dormir, fut la réponse ensommeillée du plus vieux, qui se retourna sur le divan pour offrir la vue de son dos à Shafiq.
- Korsakov, réveille-toi, recommença un peu plus fort Alizée.

Cela eut le don de réveiller un peu plus l'autre Serpentard, qui essaya d'ouvrir un minimum les yeux, avant de se redresser en position assise en lui faisant face.

- Qu'est-ce qu'il se passe ?
- Tu es dans la salle commune, il fait froid et tu devrais dormir dans ta chambre à une heure pareille, c'est tout.
- C'est quelle heure ? marmonna Alexandre, en se frottant les yeux.

Il remarqua alors sa manche relevée et recouvrit rapidement son bras à nouveau, voulant cacher sa blessure aux yeux de la belle face à lui. Alizée le savait déjà, l'avait compris bien avant de l'avoir vu, mais elle ne préférait pas en parler. De toute façon, Alexandre et elle s'évitait comme ils étaient pour l'un comme pour l'autre une maladie particulièrement virulente à esquiver, ce depuis le 17 octobre.

- C'était cinq heure quand je suis allée prendre ma douche, répondit l'élève à son camarade, avant de regarder l'heure sur l'une des horloges de la salle commune. C'est six heure, Hook ne va pas tarder à se lever.
- Bon, je me lève alors. Merci. Tu vas où habillée comme ça ?
- Je vais à Pré-au-Lard, répondit la concernée avec un relèvement de son sourcil droit dans une mimique qu'elle voulait curieuse.
- En parlant de ça... Tu ne veux pas...

Alizée lui coupa la parole, ne voulant absolument pas entendre la question qu'elle avait déjà devinée. Il l'avait esquivé à chaque fois qu'elle avait essayé de se rapprocher de lui et s'il pensait qu'elle allait passer outre son petit jeu, il allait être surpris.

- Je n'ai pas le temps, Alexandre, on se voit ce soir.

Sans attendre qu'il réagît, la sang-pure sortit de la pièce, poussa le pan de mur sans aucune forme de pitié. Dans les couloirs des cachots, elle croisa Drago qu'elle salua rapidement, avant de se rendre jusqu'à la Grande Salle qui venait à peine d'être ouverte. Les plus matinaux arrivèrent en même temps qu'elle, principalement des Serdaigles commençant déjà leur révision. Elle était pour le moment la seule Serpentard et ce n'était pas pour lui déplaire, le silence et le calme lui convenant parfaitement pour débuter cette journée. Une journée qui allait être bonne, elle le sentait déjà. Après quelques tartines et un verre de thé qui finit de totalement la réveiller, la jeune femme s'apprêta à sortir l'immense pièce, mais elle fut apostrophée par Théodore qui cherchait encore à lui parler.

- Alizée, je peux te parler ? lui demanda-t-il.

Contre toute attente, ce fut Drago qui fut son sauveur et Alizée lui envoya un regard reconnaissant.

- Laisse-là tranquille, Théo. Viens, on va manger.

La demoiselle en talon les salua alors. Elle se dirigea ensuite vers la salle de duel, empruntant le grand escalier menant au premier étage. Elle sortit le trousseau de clefs du sac qu'elle avait pensé à prendre en quittant sa salle commune. Arrivé dedans, elle prit son temps pour faire l'état des lieux, comme elle se le devait tous les matins, puis sortit de la pièce après avoir noté que tout était en ordre et qu'il n'y avait ni vol, ni casse. Elle partit ensuite rejoindre l'une des salles obscures dont elle avait le secret. Un jardin dans lequel elle se trouvait, qu'elle ne pouvait qu'avouer sublime, caché derrière un tableau particulièrement pervers. Ici, elle put ainsi s'y reposer sereinement pour l'heure qu'il lui restait à attendre, avant que sonnât les dix heures.

Rusard attendait avec son air toujours aussi renfrogné devant les lourdes grilles du château, vérifiant que tous les élèves qui passaient avaient bien leur autorisation et qu'aucun Nuncabouc essaya de se faufiler parmi les élèves plus purs qu'eux. Alizée présenta ainsi son autorisation, signée de la main même de son paternel. Rusard le vérifia, puis lui tendit avec une mine presque déçue. À croire qu'il aurait aimé pouvoir empêcher les enfants de sortir. Les détraqueurs dans le parc et la forêt, les mangemorts faisant des rondes près du château et au village ne lui suffisait donc pas, à ce pauvre cracmol ? Visiblement non, mais la sang-pur n'y prêta attention et le dépassa, gardant une expression neutre. Le trajet jusqu'au village fut long, mais la demoiselle profita de sa solitude du moment pour flâner. Le soleil était haut en ce début de journée — ce qui expliquait l'absence complète des détraqueurs dans le parc et alentours — et c'était devenu si rare qu'elle ne pouvait passer à côté et ne pas en profiter.

Finalement arrivée au village, elle remarqua rapidement qu'elle n'était pas la seule que le soleil avait attirée à l'extérieur. De nombreux élèves se trouvaient déjà dans les grandes rues ou dans les boutiques. Ce fut avec un soupir qu'elle dépassa les différentes échoppes, sans véritablement faire attention, préférant de loin de diriger vers le marchand d'ingrédients pour potion qui se trouvait dans une rue plus sombre. Elle n'alla malgré tout jamais jusqu'à lui, remarquant un personnage étrange qui tentait de se cacher à l'ombre des bâtiments. Son physique lui rappelait une étrange description qu'on lui avait faite d'un mangemort particulièrement sanguinaire et relativement hors de contrôle. Un loup-garou. Un détail qui ne lui avait pas échappé et c'était précisément pour cela qu'elle s'y était intéressée, sans jamais pour autant chercher à le rencontrer en personne. Elle savait que les loups-garous étaient dangereux, souvent dépeint comme cupide et particulièrement féroce. Lui, par contre, s'était encore autre chose. Il était à la fois plus que ses congénères, de ce qu'elle savait, mais restait inférieur au sorcier par son statut de loup. Un homme particulièrement puissant à ce que l'on disait, mais Alizée n'aimait guère les rumeurs si cela ne lui permettait pas d'acquérir plus de puissance elle-même et préférait généralement vérifier les dires des autres pour les placer dans deux cases bien distinctes. Les ragots, utiles, mais faux et les vérités, dont elle pourrait éventuellement se servir à certains moments pour son propre compte. Le fait était que Fenrir Greyback était particulièrement connu et que s'il se trouvait être aussi monstrueux que tous se permettaient de le dire, elle risquait fort d'avoir un retour de bâton sévère. Devait-elle prendre le risque ? Avoir un loup-garou comme allié pouvait être particulièrement utile en ses temps troubles et il pourrait bien devenir l'une de ses cartes maîtresses. Oui, elle devait prendre le risque. Le jeu pouvait commencer, la partie débutait et elle allait devoir choisir ses cartes et ses bluffs avec soin face à un personnage tel que lui.

Le loup-garou en question parvint finalement à remarquer sa présence après quelques minutes à l'observer sans bouger. Il tourna la tête dans l'espoir de la trouver, sans doute, sans forcément y parvenir. C'était pratique les foules, pour cela : il était si aisé de devenir invisible au milieu d'une centaine de personnes bougeant dans tous les sens. Bien plus, au final, qu'en essayant de se cacher dans les ombres, mais en même temps, Alizée devait reconnaître que son physique particulier l'aurait sans doute fait remarquer même dans une foule composée de millier d'êtres humains. Était-ce une invitation à le suivre ou cherchait-il à la fuir ? Elle ne pouvait le savoir, mais l'homme se dirigea vers une ruelle sombre, sans doute pour s'y cacher. La Serpentard fendit la foule, allant jusqu'à bousculer un autre élève au passage sans même véritablement s'en rendre compte tant son esprit était focalisé sur une seule et unique personne. Quand elle arriva devant l'entrée de la ruelle, la vipère patienta quelques secondes, le temps de calmer les battements affolés de son cœur. Il fallait qu'elle parût sereine. Il lui faudrait contrôler son expression, son regard, ses mouvements. De fait, elle patienta le temps qu'il fallut à son organe pour se calmer, puis d'un pas lent et désinvolte, elle pénétra dans l'obscurité ambiante de l'endroit. Les mains dans le dos, elle restait, en apparence, parfaitement sereine. Intérieurement, c'était toutefois une autre histoire : Shafiq avait peur. Ce n'était pas le premier mangemort qu'elle rencontrait, mais le premier loup-garou, oui, et elle ne savait absolument pas comment il allait prendre son arrivé. Enfin, encore fallait-il que ce fût bien lui, car si la description était la bonne, aucune certitude ne pouvait être faite tant qu'ils ne se seraient pas convenablement présentés.

- Bonjour, commença Alizée d'une voix prudente. Je me nomme Alizée Shafiq. J'aimerais pouvoir m'entretenir avec vous, si cela ne vous gêne nullement évidemment, Monsieur Greyback.

La conversation était lancée. Si Alizée ne savait pas où il se trouvait présentement, elle restait prudente, parlant lentement et distinctement, essayant au mieux de contrôler sa voix et ses cordes vocales — bien qu'une touche d'appréhension pût se lire dans la douceur des notes composées — mais surtout, elle restait proche de la sortie, ne pouvant se permettre de perdre sa seule issue à une fuite potentielle vers la rue principale.

- Si vous voulez bien sortir de votre cachette ? Nous pourrions ainsi discuter d'égal à égal, quand dites-vous ?

D'égal à égal... Mieux valait lui faire miroiter un tel mensonge plutôt que le pousser directement dans ses retranchements en l'insultant. C'était de toute manière le meilleur moyen pour se garantir une mort certaine. Greyback était un loup et, de fait, c'était un animal. Sauvage sans doute, de surcroît. Alizée allait devoir se montrer d'autan plus prudente et elle le savait. Le dos bien droit, ses yeux verts — parfois bleus ; changeants — étaient posés sur l'obscurité comme si elle fixait une œuvre d'art particulièrement réussite. La patience est souveraine et les souveraines dirigent, Alizée, rappelle-toi.

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MessageSujet: Re: [15 novembre 1997] Qui va à la chasse... [Alizée Shafiq] Dim 11 Juin 2017 - 14:26

Au fur et à mesure qu'il marchait, il sentait la présence de l'inconnu le fixer et le suivre. Très bien, si cette personne voulait prendre des risques pourquoi lui refuser un tel plaisir ? De plus, il restait énormément curieux et avide de violence si cela devait se présenter.
Il tourna alors dans la ruelle, attendant dans l'obscurité. Il savait très bien que la personne allasse le suivre jusqu'à là, se sentant en sécurité grâce au soleil, aux gens et à la proximité avec la grande avenue principale. C'était souvent comme ça que ça marchait. La nuit terrifiait les humains ainsi que le silence et la solitude. La journée cependant les rassurait. Fenrir lui s'en fichait, il se sentait maître chaque heure, voyant aussi bien dans le noir que dans la lumière.

Sa main sur le mur, plantant ses griffes dans les surfaces un peu molle entre deux pierres, les yeux ouverts et la respiration lente, il sentit très vite l'odeur d'une jeune personne proche.
Grognant légèrement en se léchant les crocs, cette odeur lui plaisait. L'odeur de la jeunesse, presque de l'innocence et surtout de la peur. Et pourtant. Elle venait à lui, sans la moindre hésitation, pénétrant dans l'ombre de cette ruelle comme si la foule s'évanouissait au fur et à mesure qu'elle avançait.
Que faisait une jeune fille comme ça près de lui ? Une envie d'adrénaline soudaine ? Ou alors une perte totale d'envie de vivre ?

Un sourire mauvais sur le visage, Fenrir l'observait, attendant alors qu'elle ouvre la bouche.


- Bonjour. Je me nomme Alizée Shafiq. J'aimerais pouvoir m'entretenir avec vous, si cela ne vous gêne nullement évidemment, Monsieur Greyback.

Elle le connaissait donc. Elle savait à qui elle avait affaire. Elle essayait d'être confiante, droite et adulte, alors que son odeur la trahissait totalement. Cependant, si elle avait l’audace de venir, c'était surement pour une tout autre raison que celles au-quelles il pensait quelques secondes plus tôt.

- Si vous voulez bien sortir de votre cachette ? Nous pourrions ainsi discuter d'égal à égal, quand dites-vous ?

D'égal à égal. Tiens donc. Pour qui le prenait-elle ? Il n'était pas dupe. Tous ceux qui osaient prétendre le traiter comme un sorcier attendait juste quelque chose de lui et surtout voulait éviter une mort lente et douloureuse.

Fenrir finit par s'approcher un peu, faisant glisser ses griffes sur la pierre, émettant un bruit désagréable telle une craie sur un tableau.

« D'égal à égal. Tu me prends pour un jeune louveteau gamine ? »

Il était à peine à quelques mètres d'elle. S’arrêtant, il l'observait alors, touchant en se léchant les crocs. Typiquement le genre d'adolescente qu'il aimait se mettre sous la dent. Bien que peut-être trop âgé désormais. Une chose sûre, c'est qu'il ne savait pas qui ce n’était ni qui pouvait être possiblement son parent.

« Donne-moi une bonne raison de ne pas te dévorer directement. Et crois-moi, tu n'auras absolument pas le temps de revenir sur tes pas.»

Il n'aimait pas perdre son temps. Surtout pas avec une gosse qui se sentait alors assez courageuse pour s'entretenir avec lui. Fenrir était peut-être un animal sauvage, mais il savait reconnaitre ses supérieurs, mais surtout, ses inférieurs qui pouvaient être de possibles proies à traquer. Elle était typiquement le genre qu'il pourrait chasser des jours et des jours juste pour s'amuser.
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MessageSujet: Re: [15 novembre 1997] Qui va à la chasse... [Alizée Shafiq] Lun 12 Juin 2017 - 1:26


Le mangemort s'était approchée lentement, faisant grincer ses ongles — ou devrais-je dire griffes ? — sur les pires. Le son strident qui en était ressorti avait eu le don d'ouvrir totalement les yeux d'Alizée, qui avait compris, ne serait-ce que par ce geste, qu'elle venait de commettre une erreur. Elle avait voulu jouer certaines cartes par sécurité, mais le loup-garou avait bien l'intention de les contrer, visiblement et plus vite qu'elle ne s'y attendait. Elle avait l'impression, seule dans cette ruelle aussi sombre que les enfers, qu'un étau puissant se refermait sur elle ; elle se retrouvait être la proie, à nouveau, l'animal qui allait se faire chasser, puis dévorer par de féroces loups qui ne rêvaient que de sa tendre chair. Elle avait l'impression de s'être elle-même jetée dans la gueule du loup-garou et, comble de l'ironie, ce n'était même pas métaphorique ! Complètement figée sur place, elle avait observé l'homme sortir des ombres et s'approcher d'elle comme elle aurait observer un Nundu* se mouvoir lentement dans sa direction, n'osant aucun geste de peur de capter l'attention de la dangereuse créature. Malheureusement pour elle, l'attention de l'animal qui se trouvait avec elle dans cette cage improvisée s'était déjà totalement focalisée sur la Serpentard.

- D'égal à égal. Tu me prends pour un jeune louveteau gamine ?

Par Salazar, dans quoi tu t'es fourrée Alizée ? Essayant du mieux qu'elle le pouvait de rester impassible, malgré la peur, Shafiq n'osa faire un mouvement. Il fallait d'abord tâter le terrain avec ce genre de bête, beaucoup plus dangereuse et beaucoup moins docile que bons nombres d'autres animaux. Maintenant qu'elle y pensait, elle maudit sa curiosité naturelle, son envie irrépressible de vouloir toujours tirer avantage de certaines situations, mais surtout sa stupidité pour avoir cru bêtement qu'elle pourrait faire face à un loup-garou sans aucun risque. Il était connu pour être sanguinaire, qui plus était, par Merlin. Alizée n'avait pas réellement su à quoi s'attendre au début, mais ressemblant, sans doute, plus à un morceau de viande bien saignant qu'à une sorcière de sang-pur du point de vue de son interlocuteur, elle savait maintenant que sa journée n'allait peut-être pas être si bonne que ça. Peut-être aurait-elle mieux fait de passer la journée avec Alexandre, au final, au lieu de se montrer inaccessible. Si elle survivait à cette discussion, elle se promit qu'elle passerait toute la soirée avec lui et en tête-à-tête si possible.

- Donne-moi une bonne raison de ne pas te dévorer directement. Et crois-moi, tu n'auras absolument pas le temps de revenir sur tes pas.

Est-ce que les loups-garous, quand ils n'étaient pas transformés, se prenaient les sortilèges qu'on leur lançait ? Alizée se posa la question, très sérieusement, sur le moment. Elle savait que lancer un sortilège sur un loup-garou transformé relevait d'un simple acte suicidaire, mais sur un loup-garou non transformé ? L'hybride avait clairement accepté sa part animal, ça se ressentait dans ses gestes, dans ses paroles, dans sa façon de se mouvoir, mais est-ce que ça avait également altéré ses sens, sa physionomie humaine ? Elle n'avait jamais véritablement fait de recherches poussées sur ces êtres, ne pensant absolument pas se retrouver dans une telle situation un jour. Pourtant, alors que ses doigts commençaient petit à petit à lui répondre à nouveau, Shafiq se fit la réflexion qu'elle aurait peut-être dû écouter les cours de défense contre les forces du mal parlant de ce sujet. Peut-être aurait-elle eu ainsi une réponse à son interrogation, ne lui permettant ainsi aucun doute. Attaquer et s'enfuir en priant Merlin et sa bonne étoile ? Non, c'était définitivement trop risqué, vu le peu d'information qu'elle possédait finalement sur l'espèce qui se trouvait face à elle. Fuir simplement était écarté directement, le loup-garou avait bien explicité qu'elle n'aurait pas le temps de fuir et elle le croyait volontiers. Il ne restait ainsi qu'une unique action qu'elle pouvait entreprendre : lui répondre. Sa décision prise, la demoiselle tourna toutefois sept fois sa langue dans sa bouche, sachant pertinemment qu'elle ne pouvait se permettre la moindre erreur face à la bête. Elle évalua rapidement les différentes options, les différents baratins qu'elle pouvait lui fournir, mais préféra finalement opter pour quelque chose qu'elle n'utilisait généralement qu'en force majeur ou quand elle voulait véritablement quelque chose, que ce fut une possession ou une connaissance particulière.

Après les doigts, ce fut les poignets qui furent à nouveau sous son contrôle. Le reste de son corps suivit relativement vite, permettant à nouveau à la vipère de se mouvoir. Habituellement, c'était elle qui parvenait à hypnotiser les autres à l'aide de son regard, cherchant le bon angle, la bonne pose pour attirer l’œil humain, pour laisser une image résiduelle qui ne voulait disparaître des esprits. C'était étrange de ce dire qu'elle venait de faire les frais, d'une certaine façon, d'une arme qu'elle utilisait elle-même sur les autres. Le pire était sans doute qu'elle y avait été extrêmement sensible, se laissant aller à la peur. Une peur qui commençait lentement à se transformer en une fascination que la sorcière ressentait pour les sujets qui parvenaient à réellement susciter un réel intérêt pour elle. Que serait-elle prête à faire, cette fois-ci, pour assouvir sa curiosité ? Alizée replaça une mèche de ses cheveux derrière son oreille, avec des gestes extrêmement lents. Greyback avait beau posséder la parole, ce n'était pas un gage d'humanité, avait-elle compris. Il était devenu bien plus bête que n'importe qu'elle autre hybride se transformant à chaque pleine lune et c'était cela qu'elle trouvait si... exaltant. Si seulement elle pouvait l'étudier... L'élève de Poudlard revint toutefois bien vite à la réalité, son absence n'ayant duré que quelques secondes tout au plus.

- Je suis la cousine de Lévine Shafiq, un mangemort. Je doute qu'il apprécierait apprendre que l'un de ses collaborateurs se soit nourri de ma personne.

Visiblement, la carte était la bonne. Fenrir eut ce qui pouvait sans doute s'apparenter à un moment d'absence, sans répondre. Était-ce ses yeux qui l'avaient trompée, à cause d'une imagination trop prononcée ou le loup-garou s'était-il réellement tendu au nom de son cousin ? Pour le vérifier — et par mesure de sécurité également — la co-présidente du club de duel décida d'enfoncer le clou, de manière à calmer totalement les ardeurs de la bête. Elle savait ce qu'il avait fait, faisait partie des rares personnes dans la confidence et si elle pouvait jouer là-dessus, elle n'allait pas s'en priver. Le loup-garou ne pouvait aucunement savoir qu'Alizée savait par un coup du destin et que son cousin ne lui en avait réellement jamais parlé, mais elle doutait qu'il allât retrouver le Patriarche Shafiq pour lui demander.

- Je sais également que vous avez plutôt... outrepassé vos droits sur certains de mes cousins et cousines. Le Patriarche de ma famille n'avait pas aimé à l'époque, une époque qui n'est pas si lointaine. Vous n'avez tout de même pas l'intention de refaire précisément la même erreur, si ?

Alizée releva un sourcil tel qu'aurait pu le faire Lilith face à un homme refusant de reconnaître sa beauté outrancière. Comprenant que la conversation risquait à présent de devenir bien plus tranquille, Alizée se décala pour s'approcher du mur vers lequel se trouvait le loup-garou. Elle se savait intouchable, à présent, au vu de la réaction qu'avait eu son nouvel ami. Elle n'était pas idiote pour autant et savait que le jeu qu'elle jouait avec lui restait extrêmement dangereux, mais il n'en était que plus intéressant, alors pourquoi se priver ? Avec des gestes calculés, la jeune femme appuya son coude contre la pierre et vint placer la main du même bras sur son cou. Elle ne se gêna ainsi pas pour observer, d'un regard totalement neutre, l'animal face à elle. Un animal qui pouvait être si utile, s'il était dompté. Le briser ? Elle doutait pouvoir le faire. Elle n'avait pas les capacités pour y parvenir et le reconnaissait volontiers. Non, de ce qu'elle savait, Fenrir Greyback était de ces êtres cupides et sanguinaires qui aimaient particulièrement deux choses, si elle avait bien compris les rumeurs. La première était les enfants et de ce qu'elle avait su de l'attaque du manoir principal de sa famille, c'était loin d'être un mensonge. La seconde était l'argent, mais elle doutait pouvoir lui en offrir énormément. Non, mais elle pouvait lui offrir ce que personne n'avait sans doute jamais osé lui proposer. Après tout, il était également connu qu'il aimait particulièrement sa condition, mais comment pouvoir l'affirmer avec certitude tant que cela ne sortait pas directement de sa propre bouche. Après un certain temps dans un silence songeur, la sorcière reprit la parole, laissant le sourire qui voulait étirer ses lèvres faire son office. Un sourire sincère, mais surtout amusé, qui laissait à peine entrevoir les deux séries de dents blanches qu'elle possédait.

- J'aimerai beaucoup pouvoir parler affaires avec vous, monsieur Greyback, murmura Alizée, avant de continuer sur le même ton. J'avoue sans honte aucune que je ne saurai comment récompenser une possible collaboration. Je pourrais éventuellement vous offrir des séjours dans des camps de vacances, avec un nombre impressionnant d'enfants ou encore de belles sommes d'argent.

Que pouvait-elle dire d'autre ? Elle avait bien de nombreuses idées qui lui passer encore par la tête, mais elle ne pouvait pas se permettre de montrer toutes les cartes dans ses manches. Non, ce ne serait pas productif. Elle pouvait toutefois les laisser entrevoir et peut-être que le loup serait ainsi curieux dans découvrir une ou deux. Il fallait qu'elle l'attirât dans ses filets et pour cela, elle allait devoir se montrer subtil. Ce fut précisément pour cela qu'elle parlait d'une voix calme, qui ne transpirait plus aucune peur, regardant la bête face à elle comme si elle observait un autre sang-pur, un égal. Mieux valait lui faire miroiter, même dans ses gestes, un semblant d'équité plutôt que lui démontrer rapidement et simplement que, oui, elle se croyait supérieure et qu'elle avait raison. Ce serait le meilleur moyen de le faire fuir et elle avait bien d'autres projets pour lui. Elle voulait pouvoir l'étudier, pouvoir lui poser certaines questions, pouvoir se servir également des dons qu'il devait sans aucune doute posséder. De la finesse et de l'esprit, voilà ce qu'il fallait à Alizée, présentement, pour parvenir à le convaincre. Greyback devait réellement croire qu'il la contrôlerait, qu'il aurait ce qu'il voudrait, alors que l'inverse serait tout autre ; c'était en tout cas ce que voulait Alizée et elle croyait, maintenant, dur comme du cuir de dragon, qu'elle y parviendrait.

- Je pourrai sans mal vous faire voyager, reprit-elle donc de manière décontractée. Découvrir des régions de ce monde sans que vous n'ayez à dépenser la moindre noise. Je pourrai peut-être vous permettre de choisir les pleines lunes où vous voulez vous transformer, vous permettant ainsi de ne pas avoir à subir la douleur légendaire des loups-garous à chaque pleine lune. Je pourrai peut-être vous offrir la tête de certaines personnes sur un plateau en faisant jouer certaines relations. Pourtant, quelque chose me dit que vous n'êtes pas facile à contenter.

Elle s'arrêta-là, se redressant. La position dans laquelle la demoiselle s'était mise était loin d'être confortable, même si elle n'avait rien laissé paraître. Le coude contre la roche, sa peau avait eu tout le loisir de devoir supporter tout son poids sur des pierres pouvant être coupantes. Alizée se tint donc à nouveau droite, face au mangemort, posant ses mains dans un réflexe au niveau de son ventre, les doigts enlacés comme le lui avait si bien appris sa mère. Ses yeux restaient braqués dans la direction de l'animal, essayant de percevoir à l'avance les possibles mouvements qu'il ferait ou encore les expressions que composeraient son visage, tentant ainsi de deviner son cheminement de pensée. Est-ce que l'une de ses propositions l’intéresserait ou voudrait-il autre chose et, si oui, pourrait-elle le contenter ? Elle l'espérait, très clairement, ne voulant perdre ce potentiel allié et sujet de recherche.

*Un Nundu est une créature magique particulièrement dangereuse, il faut une centaine de sorciers pour parvenir à en maîtriser un seul.

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MessageSujet: Re: [15 novembre 1997] Qui va à la chasse... [Alizée Shafiq] Lun 12 Juin 2017 - 14:26

Elle avait fait une erreur. Comme beaucoup d'autres avant elle, la curiosité avait pris le pas sur la prudence. Beaucoup savaient que Fenrir restait dangereux, immoral et égoïste, mais il fascinait et beaucoup s'imaginait qu'avec un peu de pourparlers, on pouvait s'en sortir avec lui.
Il s'approchait alors de la jeune fille, la fixant, il était redevenu le prédateur et le chasseur le chassé.
Il sentait qu'elle essayait de trouver des excuses, une façon quelconque de se sortir de ce mauvais pas dans lequel elle s'était engouffrée sans hésitation aucune au début.

Il gardait une distance, histoire de lui faire croire qu'elle avait encore une possibilité de fuite si sa réponse ne le satisfaisait pas. Il levait alors un peu la tête pour s'imprégner de l'odeur de peur qui infiltrait les murs. Elle semblait comme paralysée par la créature en face d'elle. Et elle avait raison. Même si beaucoup de choses relevaient des légendes, la plupart des histoires qu'on racontait à propos du loup étaient soit vraies soit très proches de la réalité. Son enfance était la seule chose qu'il était seul à connaitre. Personne ne savait ce qui l'avait mené à ça sauf une personne. La seule personne auquelle il tenait un minimum. Et cette personne  n'était quasiment jamais mentionnée.

Fenrir penchait un peu la tête, attendant une réponse favorable pour la vie de cette jeune fille. Bien qu'il n'était pas venu pour ça et qu'il avait surement déjà fait assez de dégât la nuit dernière, il n'était jamais contre une petite tuerie rapide dans une ruelle sombre et vide. Et pourquoi pas en profiter un peu avant d'achever la gamine ? Elle ne serait plus là ensuite pour s'en plaindre finalement.
Il sentait alors qu'elle reprenait doucement possession de son corps jadis encalminé. Elle remit une de ses mèches en place, ce qui le fit bougeait un minimum comme si chaque geste qu'elle faisait était un risque pour sa vie.
Fenrir grognait un peu, il n'était pas patient et lorsqu'il sentait qu'il avait possibilité de s'amuser un peu, il n'aimait pas qu'on l'en empêche.

Cependant, sa réponse n'eut vraiment pas l'effet escompté sur lui. Shafiq.  Ce nom était loin d'être inconnu pour lui. C'était bien sa veine que cela tombe pile sur une personne de cette famille. Il eut un moment d'absence, se souvenant de cette erreur qu'il avait faite cette nuit là. Aucun témoin n'avait osé parler de cette affaire et c'était tant mieux. Car même si ce n'était pas la mort qui l'attendait si ça se savait, il aurait de graves problèmes si cette affaire revenait d'entre les morts. Cette nuit l’avait été une vraie tuerie, il avait été emmené  uniquement pour jouer le chien de garde, pour empêcher les éventuels condamners à fuir et surtout protéger l'arrière des mangemorts. Mais voilà, il avait été attiré par l'odeur de gamin et avait clairement déserté son poste pour les tuer. Cela avait valu la vie de certains en plus d'avoir tué des enfants qui ne devaient pas mourir cette nuit-là. Le commanditaire de l'attaque avait longtemps cherché le coupable de ces disparitions et Fenrir s'était assuré pour que les témoins ne parlent pas. Mais voilà que cette affaire revenait et ce n'était vraiment pas bon pour lui.


- Je sais également que vous avez plutôt... outrepassé vos droits sur certains de mes cousins et cousines. Le Patriarche de ma famille n'avait pas aimé à l'époque, une époque qui n'est pas si lointaine. Vous n'avez tout de même pas l'intention de refaire précisément la même erreur, si ?


Il la fixait pendant un long moment, un regard assassin et mauvais. Elle savait à présent qu'elle devenait intouchable. Elle avait repris l'avantage, Fenrir redevenait le chassé et rien que cette idée le mettait dans une rage profonde. Mais l'instinct de survie était plus fort que sa folie meurtrière sur ce coup-là.
Il finit par baisser les yeux, signe d'abdication. Elle n'était plus dans ses griffes, c'était lui qui était pour le moment dans ces filets. L'odeur de la peur s'était évanouie.
Et elle était sûre d'elle au point de se positionner dans une posture décontractée, proche de lui, le regardant alors comme on regarde un pauvre loup dans une cage sous calmant, inoffensif.
Il détestait cela et il se promettait qu'à la moindre occasion, elle finirait comme ses cousins.

Son sourire de vainqueur sur sa défaite la faisant pendre au bout d'une corde dans sa tête. Mais voilà qu'elle lui promettait comme tant d'autres, ce qu'il souhaitait le plus. De la chair fraiche et tendre qu'il pourrait se mettre sous les crocs. Pourquoi ? Si elle lui parlait déjà de ce qu'il gagnerait, c'était pour avoir quelque chose en retour, à son compte. Qu'est-ce qu'une gamine désirait au point de vouloir faire affaire avec le loup-garou que tout le monde craignait ?

Elle lui promettait la terre entière. Ce que le Seigneur lui donnait déjà. Mais là c'était sa propre curiosité qui se mettait en route. Pourquoi prenait-elle ses risques ? Avait-elle déjà finalement prévu lui sortir la carte du cousin juste pour lui prouver qu'elle restait plus forte que lui à ce petit jeu ? Était-elle assez populaire et riche pour réellement lui offrir ce qu'elle disait sans la moindre trace d'empathie ?

« Beaucoup de gens sont prêts à m'offrir la lune elle-même juste pour que j'épargne leurs vies. Qu'est-ce qui me prouve que ce n'est pas exactement la même chose pour toi gamine ? »

Elle avait la carotte et le filet. Mais pas sa docilité. Et Fenrir n'était pas près de lui donner la satisfaction de l'avoir dressé. Il avait peut-être baissé le regard, mais il ne l'avait pas gardé bas longtemps pour autant, continuant de la regarder sans emmètre le moindre comportement soumis.

« Arrête de jacasser et dis-moi clairement ce que tu veux »


Dit-il en s'approchant un peu plus d'elle, ses yeux noirs se plantant dans son regard, ses griffes quittant alors le mur pour prendre le long de son corps, grognant légèrement alors.

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MessageSujet: Re: [15 novembre 1997] Qui va à la chasse... [Alizée Shafiq] Jeu 15 Juin 2017 - 0:49


Sa première impression, erronée, l'avait amené dans la ruelle comme prédatrice, mais elle avait oublié un détail considérable : guetter Fenrir Greyback, vulgaire proie dans l'esprit immature, était dangereux. D'une telle dangerosité, que pendant un cours instant, la demoiselle avait pensé périr sous les griffes de l’abominable. Par bonheur, Alizée était parvenue à le calmer par l'annonce de sa parenté avec un Mangemort qui, par le passé, lui avait offert quelques "menus travaux". Ainsi, la Serpentard comprenait son erreur. Elle n'était pas une prédatrice, pas dans cette atmosphère austère. Shafiq détourna le regard vers les cieux et remarqua une araignée, minuscule, descendre le long d'un filin aussi fragile que la vie humaine. Il aurait été si simple de le couper, de la laisser tomber sur le sol dallé de ce sombre enfer pour l'écraser. Elle n'en fit rien, préférant observer la longue descente de l’arachnide ; d'une certaine manière, elle lui laissait une chance, comme l'hybride le faisait pour elle. Une aubaine qu'elle avait saisie à deux mains, comme la barre d'un navire dont la trajectoire devait être rapidement altérée pour s'offrir le sens d'un vent violent. Trésors cachés sur les îles lointaines de la promesse, elle avait soumis quelques exemples au Kraken, qui s'apprêtait l’engloutir, pour gagner des temps plus précieux que soleil et lune réunis. Le capitaine du navire avait ainsi réussi à l'attirer dans ses filets, mais l'immense bête continuait de se débattre, continuait de grogner et s'il avait baissé la tête quelques secondes, il avait ensuite braqué ses yeux, deux billes abyssales, dans les siens. Ils en exhalaient encore l'amer parfum d'une agonie future que l'on cachât aux regards de tous : tout en lui respirait une unique parole, celle d'un trépas prochain ; en l’occurrence, le sien. Terrorisée, elle l'avait au début été, mais à présent, l'émotion négative la quittait, laissant sa place à un amusement malsain.

- Beaucoup de gens sont prêts à m'offrir la lune elle-même juste pour que j'épargne leurs vies, grogna la créature des limbes. Qu'est-ce qui me prouve que ce n'est pas exactement la même chose pour toi gamine ?

Rien, vint la pensée désinvolte de l'adolescente, précisément parce que son but premier avait complètement et irrémédiablement mûrit. Le fruit de sa première idée avait été beau, le fruit avait été savoureux, le fruit avait été sucré à souhait, si bien qu'elle avait pu imaginer le sinueux chemin usé par le ver, qui avait souri de toute son absence de dent. Avec un froncement de nez, elle avait rejeté l'arbre entier d'un revers de main, pour se laisser choir au large pied d'un autre et y récupérer un nouveau fruit : belle pomme d’Ève, plus juteuse ; une nouvelle idée, aussi divine que judicieuse. La survie passe avant l'ambition et la quête vers l'absolution des traîtres et des impurs. L'alpha s'approcha lentement comme le chasseur dans les bois, se redressa et engouffra Alizée de ténèbres d'un regard. Les portails vers l'abysse étaient grands ouverts et les passeurs l'invitaient en se mouvant tels des ombres dans cet obscur gouffre et la vipère s'y serait oubliée si le maître des lieux s'était tu. Elle revint de loin en entendant le discours de Fenrir et parvint avec son ironique aide à se recentrer sur le présent et sa situation.

- Arrête de jacasser et dis-moi clairement ce que tu veux !

Rien, vint la nouvelle pensée, faisant écho à l'ancienne. Il ne comprenait pas qu'elle ne voulait rien pour le moment. L'aide d'un hybride pouvait s'avérer précieuse, aussi précieuse que les plus belles pierres aux yeux des marchands ne vivant que pour l'argent, mais il fallait savoir l'utiliser avec parcimonie. Son seul souhait était de survivre, mais aucun génie en dehors du sien viendrait la délivrer de sa présente cage, d'où ses paroles pour subtiliser la clef au loup-garou. Une cage... Elle continuait de s'en amuser, ne voulant retomber dans le travers de la peur, ne pouvant pas se permettre de telles folies. Alizée devait rester maîtresse de son esprit, maîtresse de ses actions et réactions et savait que le moindre faux pas pouvait lui coûter sa plus précieuse richesse. Un présent unique à chaque être, qu'elle rêvait pour le sien d'agrandir. Loin de toute réalité, Alizée se laissa couler dans un océan agité, représentant son esprit. Elle mesura de son compas toutes les pensées qui flottaient et aspira d'un typhon celles qui pourraient lui causer préjudices et tourments. Quand elle fut satisfaite, la sirène remonta à la surface et reprit forme humaine, oubliant les eaux ; il ne dura qu'une seconde entre l'instant où la Bête parla et où la Belle lui répondit :

- Je voudrais vous proposer... une alliance, commença l'étudiante d'une voix prudente. Je vous demanderais quelques services et en échange, j'essaierais de satisfaire vos demandes retours, dans la mesure du raisonnable. Je ne suis pas capable de vous promettre la lune en fiole, vous en conviendrez. Bien évidemment, ce marché restera uniquement entre vous et moi, dans nos intérêts à tous deux.

Alizée laissait son regard percer celui, animale, de son vis-à-vis. Elle ne savait réellement comment il allait réagir. Redeviendrait-il le chasseur engouffré dans la pénombre pour bondir sur une proie malavisée se promenant sans se soucier des alentours ? Resterait-il dans ses filets, laissant Shafiq à la barre, lui permettant de le mener en bateau ? Ne disait-on pas des Mangemorts qu'ils pouvaient être... surprenants ? Fenrir Greyback le prouva une fois de plus, face à la demoiselle. Ses paupières s'écartèrent aussi imperceptiblement que ses pupilles se dilatassent et elle freina ses sourcils qui voulurent s'élever tels les épées d'une armée face à une victoire écrasante. Le loup-garou venait de lui offrir les clefs de la cellule sur un plateau d'argent, en acceptant sa requête. Ils étaient maintenant liés et Alizée ne retint pas un minuscule sourire satisfait. Parfait.

- Je vous enverrai Numéro-Un si j'ai besoin de vos services et si vous avez des envies concernant vos récompenses, n'hésitez pas à m'envoyer une lettre. À moins que vous ayez déjà quelques idées, en dehors de m'arracher les boyaux à main nue ?

La vision d'elle-même, morte et éventrée, n'avait rien d'alléchante. Rien que l'imaginer lui faisait mal. La mort, s'il y avait bien une peur qu'elle possédait et qu'elle ne voulait pas que cela se sût, c'était bien elle. Elle avait une peur si viscérale de la mort qu'y penser l'obligeait parfois à s'isoler. Un isolement qu'elle se forçait à garder, ne voulant que ses camarades remarquassent les agissements étranges qu'elle pouvait avoir. Des crises de panique. Suffoquer. Pleurer. Jamais ce secret serait connu, elle se l'était jurée. Elle préféra orienter la conversation avec le loup vers quelques meilleures nouvelles. Elle attendit qu'il répondît, puis elle saisit la première occasion, après quelques échanges, de changer de sujet, partant sur tout autre chose. Il y avait des questions qu'elle rêvait de lui poser, aussi pourquoi ne pas profiter qu'ils fussent seuls et hors de danger ?

- Je me demandais, est-ce que les loups-garous supportent l'argent ? demanda Alizée, avant de se reprendre. Rassurez-vous, je n'ai nullement l'intention de vous attaquer si c'est le cas. Je n'en possède pas et c'est une légende moldue. Ces animaux sont stupides, mais leurs légendes sont parfois fondées sur des réalités qu'ils ignorent, je préfère donc m'enquérir de la vérité.

Alizée se recula et s'installa avec nonchalance à quelques mètres de sa nouvelle acquisition. Elle croisa les bras avec une lenteur calculée. Son sourcil droit se releva et elle pencha la tête en signe d'interrogation. Elle voulait une réponse et si quelques ouvrages pouvaient lui fournir, seul un membre de cette espèce pouvait véritablement la renseigner sur toutes ses natures. Elle ne dénigrait pas les livres, pas réellement, mais certaines connaissances étaient parfois des affabulations douteuses. Elle aimait lire, les pages jaunies par le temps constant aiguisaient son esprit, mais elle reconnaissait la valeur qu'il fallait accorder à certaines croyances, ainsi qu'aux manuscrits qui les affichaient telles des évidences quand il n'en était rien. Serait-ce une réponse ou une ignorance de la part de l'animal blessé dans sa fierté ? Seul l'avenir nous le dirait, ce qui n'empêcha pas la sixième année d'enchaîner. Le renard qu'elle savait être quand il le fallait été déjà parvenu à voler le fromage, mais peut-être pouvait-elle également subtiliser quelques paroles involontaires de son ennemi imaginaire.

- Durant vos pleines lunes, vous en particulier, parvenez-vous à garder un certain contrôle sur vos actions ? Sinon, est-ce que la potion Tue-loup — un nom barbare, de mon humble avis — vous intéresserait ?

Et ainsi, encore et encore, sans réellement laisser de véritables répits à cette pauvre bête qui ne voulait sans doute que fuir ce rapace déguisé, Alizée questionna le Mangemort, écoutant attentivement ses réponses. Elle s'intéressait véritablement à son ressenti, à sa réalité personnelle. Peut-être le verrait-il d'un bon œil ou peut-être que cela renforcerait simplement son envie de meurtre à son égard. La vert et argent évitait d'y penser, ne voulant se rappeler cet effrayant cauchemar. Quand les questions se tarirent et qu'elle finit par se lasser, Shafiq se détacha du mur et tournailla dans la ruelle. Elle vint ainsi tapoter son index contre son front, essayant inconsciemment de capter le moindre rayon lumineux provenant de l'astre divin, pour retrouver sa chaleur réconfortante. Perdue cette fois-ci dans un labyrinthe complexe, elle y recherchait quelques questionnements à exposer à son présent compagnon. L'un vint se présenter à elle et Liz haussa mentalement les sourcils face à sa propre stupidité. Une question simple, mais qui méritait d'être posé. En effet, après tout, le loup était seul. Elle arrêta ses pas et tourna la tête vers la vision d'horreur qu'offrait le Kraken à la sirène.

- Cette question peut paraître idiote, mais vous êtes seul. Les loups-garous ne vivent pas en meute, comme les loups non-magiques ?

Elle attendit la réponse, un sourire vissé comme expression faciale, avant de remercier l'alpha d'un signe de tête. Elle ne savait plus réellement que dire, que faire, mais une idée s'imposa et la demoiselle la cueillit, telle une nouvelle pomme à savourer. Elle se plaça contre un mur et ferma les yeux quelques secondes tout au plus, mais suffisamment longtemps pour que le prédateur pût agir. Elle attendait de voir la réaction de son associé. Prendrait-il la fuite, la belle lui laissant totalement le champ libre ou resterait-il, accroché à la demoiselle, par une curiosité instinctive ? Il était un rat de laboratoire, rien de plus et Alizée s'improvisait chercheuse et décidait qu'il était grand temps de véritablement jouer. Sa curiosité maladive reprenait le dessus, effaçant les possibles remords qu'elle aurait pu contracter comme d'affreux symptômes d'un virus qu'il fallait rapidement soigner. Elle espérait qu'il resterait, mais elle décida de n'empêcher aucune fuite potentielle : elle savait que si les cartes dans ses manches étaient les bonnes, elle pourrait un jour, quoi qu'il advienne, entreprendre ses recherches et obtenir des explications à ses interrogations. La baguette était dans le camp de la Bête, qu'allait-il faire à sa nouvelle Belle ? Patience, Liz, patience.

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MessageSujet: Re: [15 novembre 1997] Qui va à la chasse... [Alizée Shafiq] Jeu 15 Juin 2017 - 23:14

Une alliance ? Fenrir levait alors un sourcil à cette étrange réponse à laquelle il ne s'attendait pas le moins du monde. Il avait pensé au début qu'elle était venue par curiosité, voulant s'ébattre avec l'adrénaline comme toutes les adolescentes de son âge. Et quoi de mieux pour rire du danger et connaitre ses limites que de suivre un loup-garou ? Il reconnaissait bien là l'arrogance et l'ambition de gens de sa maison. Rien de bien étonnant que le loup soit allé également chez les serpents. La ruse n'était pas son talent premier, bien que présent, mais son ambition avait été telle qu'il était arrivé à ses fins lors de sa douloureuse, mais nécessaire transformation totale.
Et à présent, il en était là. Dans cette ruelle mal éclairée à finir sous les ordres d'une gamine, seule clé du coffre qui refermait une de ses pires erreurs. Et des erreurs il en avait fait, des connus et certaines enterrer sous un tas de terre dispersé dans tout le pays. Et elle avait clairement la carte au trésor pour en ressortir une. Il n'avait donc pas le choix, acceptant son alliance d'un oui de la tête, baissant les yeux quelques secondes au sol. Il attendrait, patiemment que la demoiselle fasse une erreur, jouant avec elle autant qu'elle le faisait avec lui, remake malsain de la Belle et la Bête où il achèvera avant elle cette fameuse rose aux pétales fragiles.

Elle apprendrait à ses dépens qu'avec lui, la moindre erreur serait calculée et la moindre relâche sur sa laisse serait analysée. Elle n'avait surement pas la force ou l'expérience pour le maintenir comme pouvait le faire Bellatrix. Fenrir était un champ de mine où chaque pas comptait et était délétère.

Ce jeu qui se devait fenestre pouvait commencer. Les règles n'étaient pas gravées dans le marbre encore. Ils étaient comme deux champs de bataille, essayant de prendre le plus de terrain sur l'autre.

- Je vous enverrai Numéro-Un si j'ai besoin de vos services et si vous avez des envies concernant vos récompenses, n'hésitez pas à m'envoyer une lettre. À moins que vous ayez déjà quelques idées, en dehors de m'arracher les boyaux à main nue ?

Cette vision lui était particulièrement alléchante. Il ne pouvait s'empêcher d'imaginer la vipère baignant dans son sang, les tripes à l'air alors qu'il lui arrachait la jugulaire d'un coup de crocs. Il sortait de ses pensées rapidement, s’il voulait profiter de la situation il devait faire profil bas et lui faire croire qu'elle l'avait amadoué, bien que ce soit malheureusement  le cas pour le moment. Il fit alors un simple non de la tête.

- Nous verrons ça au moment venu.

Cette phrase démontrait qu'il tentait de garder un minimum de contrôle. Il restait curieux de voir comment une élève pourrait vraiment contrôler un loup de quatre fois son âge. Bien qu'alpha, il aimait connaitre les limites des gens qui espéraient en faire un allier ou même un esclave. Et tant que le secret faisait une barrière de protection, elle ne risquait rien. Mais cette barrière n'était pas indestructible et inaltérable, tout comme sa vie.

- Je me demandais, est-ce que les loups-garous supportent l'argent ? demanda Alizée, avant de se reprendre. Rassurez-vous, je n'ai nullement l'intention de vous attaquer si c'est le cas. Je n'en possède pas et c'est une légende moldue. Ces animaux sont stupides, mais leurs légendes sont parfois fondées sur des réalités qu'ils ignorent, je préfère donc m'enquérir de la vérité.

Fenrir la regardait avec des yeux interrogateur et méfiant alors qu'elle finit par se reprendre rapidement. Il n'aimait pas spécialement parler de ces possibles faiblesses. Il n'avait jamais expérimenté les balles en argent, tout simplement parce qu'aucun moldu n'avait eu le temps de vérifier les dires des livres fantastiques qu'ils lisaient. Les sorciers ne faisaient usage que de baguette et aucun sort jusqu'à présent ne lui avait envoyé de l'argent liquide à la figure. Fenrir attendait avant de répondre, évitant au maximum de tendre le bâton pour se faire battre, elle avait déjà trop de pouvoir sur lui sans en ajouter.

- Qui ça ne tuerait-il pas de se prendre une balle en argent dans ces organes internes ? Les moldus ne font que s'inventer des armes contre leurs propres cauchemars pour se sentir plus en sécurité. Ce n'est que foutaise et légende de bonne femme.

Il la suivait du regard. Il ne lui disait pas toute la vérité, mais ce n'était pas que mensonge non plus. L'argent chez les loups-garous  équivalait aux crucifix chez les vampires. Plus il était éloigné de cette matière mieux il se portait.
La psychose s'était totalement effacée de l'atmosphère. Elle semblait presque confiante, comme s’il était déjà en sa possession. Il devait vraiment se retenir pour ne pas se jeter sur elle et la transformé en hachis parmentier comme ses probables victimes de la veille.
Au loin, la foule continuait d'exister. Les gens bavardaient et se promenaient sans avoir conscience de la scène qui se déroulait à quelques pas. Cruelle reprise de théâtre où Fenrir avait changé de rôle au cours du premier acte.

- Durant vos pleines lunes, vous en particulier, parvenez-vous à garder un certain contrôle sur vos actions ? Sinon, est-ce que la potion Tue-loup — un nom barbare, de mon humble avis — vous intéresserait ?

C'était donc un foutu interrogatoire. Pour qui se prenait-elle, profitant donc de son immunité pour pouvoir tranquillement faire étalage de son peu de connaissance à son sujet. Elle ne lui laissait aucun répit, aucune fuite et aucun moyen de la faire taire à jamais.

- Pourquoi me battre pour garder le contrôle alors que je peux laisser mon instinct libre ? Je n'ai aucune envie de me maitriser. Je traque, j'attaque et je tue ou transforme. Voilà mon unique besoin lors de mes quelques jours  quasiment amnésiques. Mais je serais ravi de t'emmener un jour pour que tu vérifies par toi-même dit-il avec un sourire carnassier. Et tu peux clairement te garder ton poison, jamais je n'accepterais de me créer une barrière mentale, je ne m'appelle pas Lupin. Termina-t-il avec une voix plus effacée.

Elle continuait sur sa lancée, continuant de poser des questions et attendre les réponses avec un air supérieur qui le rendait fou. C'était également étrange que quelqu'un s'intéresse à lui de la sorte. Elle était comme une racine qui continuait de pousser à chaque question, s'accrochant de plus en plus à Fenrir jusqu'à l'attacher solidement au sol, à sa merci. Le loup était partagé entre plusieurs sentiments face à cette situation des plus inacceptables pour lui. Il avait cette douloureuse impression de revenir en arrière lors de son entrée au collège où il essayait de faire bonne figure pour ce faire des amis qui accepteraient sa condition. Amis qui l'avaient détruit et trahi sans vergogne.
Elle finit par se détacher du mur, se déplaçant dans la ruelle comme un insecte tournoyant, cherchant d'autres questions dans sa tête comme si elle attendait qu'une voix intérieure lui en propose.

- Cette question peut paraître idiote, mais vous êtes seul. Les loups-garous ne vivent pas en meute, comme les loups non-magiques ?

Il penchait un peu la tête à sa question. Bien sûr qu'il avait une horde. De simples membres il en était vite devenu le chef, abattant l'ancien alpha pour rapidement avoir le respect des autres loups. Il était également le chef des rafleurs, fragile organisation de mercenaire.
Fenrir restait un loup solitaire qui avait besoin d'être seul plus qu'accompagné. Mais un loup seul reste beaucoup trop vulnérable.

- Ce serait vraiment bien discret si on débarquait à cinquante à chaque fois que je me déplaçais... Ma meute est en sécurité et les rafleurs n'ont pas besoin que je sois collé à eux.

Il fallait surtout qu'il les laisse en dehors de ça. Son instinct de protecteur envers sa meute était surement la seule émotion positive qu'il avait également. Et surtout il ne voulait pas qu'elle s'approche de lui. Que personne ne sache qu'une personne était sa plus grosse faiblesse.
Elle le remercia après avoir enfin effacé ce sourire insupportable de ses lèvres et s'être posée contre le mur, fermant les yeux quelques instants.
Il sentait que cette posture n'était que sur-jouée et donc un test. La vipère voulait surement savoir ce qu'il ferait. Resterait-il ou partirait-il ? À vrai dire, même lui avait dû réfléchir un moment avant de prendre sa décision.
Décision qui était de rester malgré tout. Elle avait des rictus et des lueurs dans les yeux qui ne l'incitaient pas à partir. Il fit tout de même quelques pas vers la sortie avant de s'arrêter et se retourner vers elle.

Elle avait une odeur qui l'attirait, surement parce qu'il avait mordu et dévoré la moitié de sa famille lors de cette nuit. Ou peut-être que c'était l'odeur de sa propre peur qui se retournait contre lui, suite aux révélations de la jeune femme.
Il se souvenait bien de Lévine, et la vipère lui faisait grandement penser à lui. Ce mangemort n'était pas le meilleur sur le terrain, mais c'était un fin stratège qui avait pris Fenrir cette nuit-là juste pour assurer les arrières de la bataille. Il ne l'aimait pas et c'était clairement réciproque.

- Tu ressembles vraiment à ton cousin et ce n'est absolument pas un compliment. Comment va-t-il d'ailleurs cet enf*iré ?

Fenrir allait essayer de savoir clairement ce qu'elle savait de cette bataille et ce que son cousin lui avait dit à ce sujet, sans oublier de l'insulter également, à ses risques et périls.

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MessageSujet: Re: [15 novembre 1997] Qui va à la chasse... [Alizée Shafiq] Mer 21 Juin 2017 - 18:41


- Nous verrons ça le moment venu.

La réponse de Greyback avait fusé avec la rapidité d'une balle de sniper. Il n'avait pas l'air d'apprécier l'idée d'une alliance, mais Alizée en avait cure. Elle était parvenue à l'attirer suffisamment dans ses filets pour qu'il ne pût plus se débattre et c'était simplement et purement parfait ainsi. Le capitaine du navire avait réussi à voler le fameux Hollandais Volant. Pour combien de temps, elle ne pouvait le dire, sachant pertinemment que manœuvrer parfait vaisseau restait dangereux. Extrêmement dangereux. Elle se jurait de faire de son mieux, malgré tout. Fenrir pouvait être bien plus utile que l'on pouvait le croire à première vue et elle ne doutait pas qu'elle saurait se servir de lui, tant qu'il restait sous contrôle.

- Bien, répondit-elle avec le sourire, avant de reprendre la parole.

Elle commença ainsi à lui poser une question. C'était autant par curiosité que, à bien y réfléchir de plus près, un test. En effet, si le loup-garou, malgré la question incongrue, lui répondait, cela voulait dire qu'elle parvenait à réellement le contrôler. Elle se doutait qu'il n'allait pas lui ouvrir la porte vers le livre de la vérité sur les loups-garous dès ce présent jour, mais la réponse conterait. La vérité l’intéressait, mais elle se doutait qu'il ne la lui dirait pas avant un moment. Il se contenterait de lui offrir les dires d'une réalité déformée par ses soins, mais c'était déjà suffisant pour elle. Après tout, plus il parlerait, plus elle pourrait essayer de voir à travers son jeu. Elle espérait parvenir à le manipuler assez pour qu'il parle trop. Après tout, il était bien connu que plus une personne parlait, plus il risquait de commettre des erreurs. Aussi, elle-même faisait attention à ses paroles, quitte à se rependre, comme avec cette fameuse première question. Après quelques secondes, l'attente prit finalement fin et la Bête reprit la parole pour soumettre sa réalité à la marionnettiste.

- Qui ça ne tuerait-il pas de se prendre une balle en argent dans ces organes internes ? Les moldus ne font que s'inventer des armes contre leurs propres cauchemars pour se sentir plus en sécurité. Ce n'est que foutaise et légende de bonne femme.
- Je vois, murmura la demoiselle avec un sourire.

Elle plaça ses mains dans son dos en se décollant du mur et sourit à Greyback. La partie la plus intéressante était la première. Elle devait être, sans doute, moins réfléchi et ainsi permettait de deviner plus facilement les faits. Ce n'était pour le moment que des suppositions, mais la manière du loup de démentir la légende avec autant d’énergie lui faisait dire qu'il pouvait effectivement y avoir une part bien réelle. Il faudrait qu'elle teste, évidemment, mais elle trouverait bien un loup-garou solitaire, dans un état lamentable, incapable de se défendre, un beau jour. La patience était une vertu qu'elle se devait de faire mûrir. La seconde question fusa dès qu'elle l'eut à l'esprit, demandant au vieux loup s'il aimerait posséder une certaine potion pouvant le... rendre relativement docile. Sa réponse ne fit pas attendre, moins encore qu'avec la première.

- Durant vos pleines lunes, vous en particulier, parvenez-vous à garder un certain contrôle sur vos actions ? Sinon, est-ce que la potion Tue-loup — un nom barbare, de mon humble avis — vous intéresserait ?
- Pourquoi me battre pour garder le contrôle alors que je peux laisser mon instinct libre ? demanda Greyback.
- C'est à vous de me le dire, susurra Alizée avec un sourire amusé.
- Je n'ai aucune envie de me maîtriser. Je traque, j'attaque et je tue ou transforme. Voilà mon unique besoin lors de mes quelques jours quasiment amnésiques. Mais je serais ravi de t’emmener un jour pour que tu vérifies par toi-même.

Alizée éclata d'un rire franc. Il était rare de la voir sourire, mais l'entendre rire était souvent synonyme d'une confiance que Greyback ne possédait aucunement venant d'elle. Il n'avait sans doute pas conscience de sa chance, de fait, et pourtant, s'en était une belle. Son rire se répercuta sur les murs en écho et créa ainsi une symphonie aussi étrange qu'agréable.

- Je préfère ne pas tenter le diable, dit-elle toujours avec un grand sourire, de petites perles de joies s'évadant de ses iris.

Greyback s'était arrêté de parlant, attendant que la crise de rire de la plus jeune passe. Quand enfin elle fut calmée, il put reprendre la parole, d'une voix plus faible, comme s'il ne voulait pas qu'elle l'entende.

- Et tu peux clairement te garder ton poison, jamais je n'accepterais de me créer une barrière mentale, je ne m’appelle pas Lupin.
- Lupin ? Elle haussa un sourcil inquisiteur, sa crise ayant été emportée dans les méandres de sa mémoire. Vous connaissez notre ancien professeur de défense ? Vous n'avez pas l'air de l'aimer. Je vous demande, parce que ses manières adorables me rendaient malade.

Avec un peu de chance, elle parviendrait à tirer de lui quelques renseignements qu'elle n'avait pas sur son ancien professeur. Il était de ces personnes qui s'étaient méfiées d'elle dès leur rencontre, même si elle s'était montrée extrêmement courtoise. Peut-être était-ce à cause de son nom ? Ou peut-être à cause de sa maison ? Elle ne savait pas, mais ça avait eu le don de l'irriter. Sans compter, évidemment, qu'il était connu pour appartenir aux terroristes se faisant appeler « Ordre ». Si elle pouvait ramener sa tête à un Mangemort, elle aurait sans doute la possibilité de se faire bien voir...

Après la réponse de Greyback, Alizée se laissa aller à nouveau happer par son propre esprit, recherchant de nouvelles questions, jusqu'à qu'une d'elle vienne se présenter sur sa demande. Inconsciemment, elle s'était mise à marcher dans la ruelle, tournant lentement et presque sur place. Elle ressemblait à un serpent qui essayait de se mordre la queue sans jamais y parvenir. Finalement, elle revint à la réalité et posa la question qu'elle trouva. Elle pouvait paraître idiote, mais elle s'était toujours demandé si les loups-garous vivaient en meute ou non, comme les loups non-magiques, mais surtout comme il l'était dit dans certaines légendes. Sa réponse fut bien plus précise et bien plus ouverte que la précédente. Peut-être arrivait-elle à le mettre suffisamment en confiance ? Sans doute que non, mais rêvait n'était-il pas une des essences offrant de l'hardiesse aux jeunes âmes ?

- Ce serait vraiment bien discret si on débarquait à cinquante à chaque fois que je me déplaçais... Ma meute est en sécurité et les rafleurs n'ont pas besoin que je sois collé à eux.

Alizée releva un sourcil et ne put empêcher un petit sourire d'embellir son visage.

- Vous vous occupez donc également des rafleurs ? Merci pour l'information. Vous avez d'autres responsabilités ou est-ce les seules ?

Tout en attendant une réponse qui arriva bien vite, Alizée se posa sereinement dans un coin et inclina la tête, avant de fermer les yeux. Elle voulait jouer, commençant très sérieusement à s'ennuyer. Greyback était intéressant, pour elle, bien sûr, mais comme le loup ne se montrait pas vraiment coopératif, la demoiselle commençait à trouver le temps long. Il était tellement plus aisé de manipuler plus jeune que soi. Enfin, manipuler pareille bête restait un entraînement particulièrement ardu, mais surtout dangereux. Pendant un moment, Alizée pensa qu'il allait partir, entendant ses bruits de pas. Il se dirigeait vers la sortie, la queue entre les pattes arrières et la tête basse. Elle arrivait à l'imaginer, le pauvre chien mal aimé s'en allant et fuyant sa nouvelle maîtresse. De l'imagination, elle en avait à revendre et c'est ce qui lui permit de suivre les mouvements du loup-garou, qui revint finalement sur ses pas. Elle ne put que s'imaginer ce même chien, brave petit toutou, revenir en couinant, parce qu'il ne voulait finalement pas être seul. Avec un petit sourire en coin, Alizée attendit qu'il parle et le monstre ne le déçut pas.

- Tu ressembles vraiment à ton cousin et ce n'est absolument pas un compliment, commença Greyback.

Alizée ouvrit un œil, puis un second, avant de se redresser, plaçant ses mains dans ses poches. La partie était terminée, elle avait gagné. Bien sûr, elle savait que ce n'était qu'une petite victoire, la guerre entre elle et Fenrir ne faisait que commencer. Elle lui coupa la parole, en se remettant une mèche de cheveux, venu se perdre devant ses yeux et chatouillant le bout de son nez, derrière l'oreille.

- Vraiment ? Je prends pourtant ça comme un compliment. Lévine est plutôt doué dans ce qu'il fait.

Avec un grognement, le chien fou reprit la parole, un regard menaçant prévenant la plus jeune que jouer ce genre de jeu avec lui était et restait dangereux, qu'il soit contrôlé ou non ne changeait rien.

- Comment va-t-il, d'ailleurs, cette enfo*ré ?
- Définitivement, reprit Alizée, d'une voix doucereuse. C'est un compliment. Pour vous répondre, mon cousin se porte à merveille.

Et c'était vrai. Terriblement vrai. Lévine Shafiq se portait toujours à merveille, préparant elle ne savait quel plan tordu pour elle ne savait quelle raison, le tout dans son coin ou dans le bureau du Patriarche de sa famille. Elle espérait qu'il ne faisait pas vivre un enfer à sa mère et son père, mais elle savait très bien que fabuler sur son proche cousin n'était jamais une idée excellente, aussi préféra-t-elle arrêter de penser à lui et revint sur le loup-garou.

- Pourquoi cette question ? demanda-t-elle donc. Je pensais que vous ne vous... appréciez pas réellement, alors vous entendre demander de ses nouvelles... Par Salazar, ça m'émeut.

Dans une autre dimension, elle venait sans doute de mourir dans d'atroces souffrances face à un loup-garou en colère. Dans celle-ci... Elle espéra vivement que sa plaisanterie n'était pas mal prise.

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MessageSujet: Re: [15 novembre 1997] Qui va à la chasse... [Alizée Shafiq] Ven 23 Juin 2017 - 19:20

[ Attention, présence de scène un peu violence, sensible, s’abstenir !]

Le rire d'Alizée résonnait dans toute la ruelle, échos d'une humeur difficile à cerner. Autant le loup pouvait clairement différencier les émotions négatives autant, il avait énormément de mal avec celles dites positives. Et les rires le mettaient mal à l'aise, surtout celui de Bellatrix cependant, même si ce dernier sonnait plus la folie que de l'enthousiasme.
Le loup attendait que son euphorie passe avant de continuer sur la fameuse potion tue-loup. Il se souvenait qu'on avait déjà essayé de lui en faire boire, souvent de force, pour le calmer durant ces transformations. C'est surtout lorsqu'il était à Azkaban que les gardiens l'obligeaient à en boire pour qu'il se tienne plus tranquille durant ces quelques nuits. Ce passage de sa vie l'avait d'ailleurs vacciné totalement sur ce liquide qu'il refusait catégoriquement d'ingurgiter de nouveau.
La conversation passait alors sur Lupin, la jeune ayant l'air d'être ignorante à son sujet, ne sachant pas le point commun entre son ancien professeur et le loup en face d'elle.

- Lupin ? Vous n'avez pas l'air de l'aimer. Je vous demande, parce que ses manières adorables me rendaient malade.

« Il a été mon premier louveteau. Le premier d'une longue liste et surtout le résultat d'une vengeance bien mérité. Et cela ne m'étonnerait pas qu'il ne te porte pas dans son cœur non plus. Cependant, bien qu'étonnant, ce dernier a réussi à s'intégrer tant bien que mal. »

Lupin était trop bon et raisonnable pour apprécier ce genre de personne bien qu'il soit cette ignoble habitude de penser que tout le monde à un côté bon, parfois extrêmement bien caché. Remus gardait une place privilégiée pour le loup, doux symbole d'une armée grandissante et surtout le résultat d'une montée en puissance de sa violence envers les sorciers. Il se demandait parfois si son père lui avait avoué la raison première de cette attaque d'un soir, attaque qui a changé la vie de Lupin comme celle qui avait transformé la vie de Fenrir plusieurs années avant.

La dernière parole du loup donné place à une nouvelle question de la part de la jeune fille. Autant Greyback s'en fichait qu'on s'intéresse à lui ou non autant, il n'appréciait pas trop qu'on s'approche de sa meute ou de sa horde.

- Vous vous occupez donc également des rafleurs ? Merci pour l'information. Vous avez d'autres responsabilités ou est-ce les seules ?

Ce n'était pourtant pas une nouvelle qu'il restait l'alpha d'une des hordes les plus prolifiques. Son odorat et sa vue jouaient beaucoup en leurs faveurs, rendant la fuite de certains beaucoup plus difficile.

« C'est les seuls et c'est bien assez. »

Il écourtait la conversation, bien décidé d'abandonner la vipère entre ces poubelles. Cependant, un détail le fit s'arrêter, se rappelant de plus en plus la silhouette du cousin de cette dernière. Décidément, cette famille n'était pas appréciée par le loup et s’il pouvait, c'est avec un plaisir intense qu'il les achèverait tous. Cette simple idée le fit frissonner; à moins que ce soit autre chose ?

- Pourquoi cette question ? demanda-t-elle donc. Je pensais que vous ne vous... appréciez pas réellement, alors vous entendre demander de ses nouvelles... Par Salazar, ça m'émeut.

Ce genre de parole aurait pu énerver rapidement le loup, mais il préférait nettement s'abstenir avant de perdre son contrôle.

« Non, j'aurais juste apprécié que tu me dises qu'il était crevé. Évite de te faire de fausses i... »

Fenrir s'arrêtait soudainement de parler tout en tournant légèrement la tête de l'autre côté. Reniflant l'air, il sentait une odeur suspecte qu'il avait déjà remarquée quelques minutes avant, pensant juste qu'elle venait de l'avenue principale. Malgré tout, c'était beaucoup trop proche et surtout, l'odeur métallique de la peur venait à présent lui chatouiller les narines. Il inspira un grand coup pour se délecter de cette émanation qui venait d'un enfant. L'odeur de la peur était définitivement plus pure chez les jeunes que chez les adultes où tout était déformé avec l'âge, les peurs n'étant plus les mêmes.

Ses pupilles se dilatèrent directement à l'appel de la chasse. Doucement et aussi silencieusement que n'importe quel loup, il s'approchait de la source de la peur qui se dégager. Il avait bien entendu du raffut lors de l'interrogatoire de la vipère, mais n'étant pas concentré et trop occupé à écouter cette dernière, il n'y avait pas fait plus attention.
Grognant légèrement de manière presque inaudible, il finit par s'arrêter, reniflant de nouveau l'air sans autre intérêt que de frémir à cette odeur orgastique pour lui.

Par un geste rapide et précis, il finit par attraper le malheureux curieux, l'empêchant directement de pouvoir sortir un son, une main plaquée sur sa bouche. Le futur macab devait avoir à peine une dizaine d'années, sûrement attiré par le doux rire d'Alizée, les hormones commençant surement à le travailler.
Fenrir le fixait alors dans les yeux, les larmes coulant doucement sur les joues du garçon essayant de se débattre en griffant et en s'agitant. Le loup s'approchait alors pour le renifler un peu dans le cou, oubliant totalement la serpentard qui était toujours présente.
Une lueur assassine se voyait dans le regard du canin. N'importe qui aurait très rapidement vu que le petit était condamné dès le moment où il avait tourné la tête vers la ruelle sombre.

« La curiosité est un bien vilain défaut... On ne te l'a jamais dit ? »

Dit-il dans un murmure seulement perceptible pour l'enfant qui avait les yeux écarquillés par la peur, essayant de gémir comme il pouvait, toujours agrippé au bras de son agresseur. Le loup le plaquait doucement contre le mur en ce collant à lui de manière malsaine. De sa main libre, il lui remettait les cheveux en place, prenant son temps pour savourer la peur du gosse, mais restant concentré sur les possibles appels d'une mère inquiète.

Fenrir le bloquait d'une jambe, sa main gauche toujours sur sa bouche, tout en partant le léchait un peu dans le cou comme si ce simple geste pouvait rendre sa chair plus juteuse. Le loup continuait comme ça un moment jusqu'à entendre un bruit qui lui rappelait alors la présence de la vipère.
Il grognait alors, il ne pouvait pas profiter plus longtemps.
En quelques secondes, il referma sa mâchoire sur le cou du petit et ne bougeait plus, attendant que sa vie parte de son petit corps qui se débattait comme il pouvait, tremblant et prit de spasmes incontrolables, les yeux grands ouverts alors que son sang s'échappait de sa jugulaire à présent tranchée.
Fenrir maintenait sa prise toujours accrochée à son cou, jusqu'au moment où le petit corps finit sans vie, les yeux alors voilés par l'absence de sang et d'âme.

Fenrir n'était pas un adepte de la violence rapide, il aimait prendre son temps sans partir dans la torture de ces victimes. Il aimait surtout se noyer dans la peur de ses proies, les traquer longuement jusqu'à épuisement, simulant grandement une chasse à courre sans besoin de hourvari. Mais cette fois, c'était l'animal le chasseur.
Il arrachait alors les lambeaux de chair tout en grognant, mutilant de ses griffes le torse et les bras du garçon, ouvrant alors la voie à certains organes.

Une fois finit, il laissait juste négligemment le reste corps retomber dans la marre de sang, laissant une légère odeur de putréfaction due aux organes à l'air libre. Le corps fit un bruit squalidé une fois au sol.
Le loup se léchait alors les lèvres, maculé du sang de sa victime.
Il tournait alors la tête vers la vipère.

« Un petit contretemps... »

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MessageSujet: Re: [15 novembre 1997] Qui va à la chasse... [Alizée Shafiq] Lun 3 Juil 2017 - 15:01


Présence de violence dans le RP ; âme sensible s'abstenir.

Lupin était sans aucun doute le sorcier le plus misérable qu'Alizée avait eu la malchance de rencontrer. Elle se demandait encore aujourd'hui comment Albus Dumbledore avait pu l’embaucher comme professeur. Enfin, elle n'était pas totalement honnête. Le pire professeur avait été Maugrey, mais il était en réalité un mangemort, ils l'avaient su à la fin de l'année. Pour revenir à Lupin, Shafiq ne l'avait pas du tout aimé. Ce n'était pas pour sa condition de loup-garou, elle ne l'avait su qu'à la fin de l'année, c'était surtout à cause de cette gentillesse exacerbée qui, pour la Serpentard, cachait forcément quelque chose.

- Lupin ? Vous n'avez pas l'air de l'aimer. Je vous demande, parce que ses manières adorables me rendaient malade.
- Il a été mon premier louveteau, répondit Fenrir. Le premier d'une longue liste et surtout le résultat d'une vengeance bien mérité. Et cela ne m'étonnerait pas qu'il ne te porte pas dans son cœur non plus. Cependant, bien qu'étonnant, ce dernier a réussi à s'intégrer tant bien que mal.
- On se demande bien comment, dit Alizée, en levant les yeux au ciel, ce n'est pas le genre de personnage qui devrait être apprécié. Sa gentillesse est bien trop louche à mon sens.

Mais peut-être était-ce elle qui fabulait. Elle ne connaissait pas réellement Remus, en dehors de ses cours qu'elle n'avait que peu apprécié, à cause du professeur. Comment savoir si ce qu'elle disait été fondé ou non ? Qu'il était en réalité bien moins aimable qu'il le prétendait ? Elle n'avait aucune preuve, aucun moyen de savoir. Ses paroles n'étaient qu'une brise que l'on pouvait facilement ignorer, rien de plus.

La conversation entre les deux continua pendant un petit moment, puis un changement de sujet survint. Alizée profita de la maladresse — c'en était clairement une pour elle — du loup pour relever une information en particulier. Une information qu'il démentit du mieux qu'il put, sous le regard amusé de Shafiq, qui avait arrêté d'avoir peur. Bien sûr, loin d'être idiote, si l'élève avait effectivement chassé sa terreur, elle gardait précieusement une légère inquiétude. Assez pour rester en vie, pour rester sur ses gardes avec une telle créature face à elle. La conversation qu'il avait dévia à nouveau, cette fois-ci sous la demande — si l'on pouvait réellement appeler cela ainsi — du loup. Ils parlèrent de Lévine un petit moment, l'hybride demandant des nouvelles de son cousin et la co-présidente du club des duellistes se moquant allègrement de lui sans aucune forme de pitié. Elle appréciait l'idée d'embêter ce loup, en se sachant intouchable pour le moment. Elle se doutait qu'elle aurait droit à un retour de bâton sévère, mais elle voulait s'amuser un peu avec lui, avant de ne plus en avoir la possibilité. Bien sûr, elle espérait que sa plaisanterie n'était pas réellement mal prise, pour la simple raison qu'elle ne voulait pas mourir à son âge.

- Non, j'aurais juste apprécié que tu me dises qu'il était crevé. Évite de te faire de fausses i...

Fenrir s'arrêta dans sa phrase et ses muscles se tendirent. Alizée le vit relever légèrement la tête et humer l'air à la façon d'un loup en chasse.

- Un problème ? demanda la vipère.

Le loup-garou ne lui répondit pas, comme emporté dans un monde que lui seul connaissait. Alizée se déplaça légèrement, de manière à s'éloigner un minimum du prédateur. Filets ou non, elle le savait dangereux et, vu l'état dans lequel il se trouvait, mieux valait ne pas se mettre en travers de sa route. Elle ne savait pas ce qu'il avait remarqué, senti, mais elle le vit clairement faire un premier pas. Le contraste était... impressionnant. Du loup-garou impossible à manquer au milieu d'une foule, il venait de devenir un prédateur impitoyable et particulièrement efficace et silencieux. La différence était tellement prononcée qu'Alizée se recula à nouveau, regardant la marche du loup. Souple fut le premier mot qui lui passa par la tête, le second fut rapide. Greyback avait commencé par des mouvements lents, tout en sentant l'air qui l'entourait, jusqu'à remarquer ce qu'il cherchait. Il se stoppa à nouveau, levant la tête vers le ciel tel un loup hurlant à la lune. Puis, sans prévenir, le loup-garou attaqua et attrapa sa proie avec une facilité déconcertante. Il plaqua une main sur la bouche du morveux pour éviter qu'il produisit un son et Alizée fut surprise de voir un tel gamin dans une telle ruelle. Sans attendre, Greyback plaqua le gamin au sol et se rapprocha de lui, dans une attitude subjective et malsaine. Toute personne normale aurait au moins détourné les yeux, mais pas la demoiselle. Elle était totalement hypnotisée par le regard suppliant et inquiet de l'enfant, qui lui lançait des appels aux secours muets, tout en essayant de se débattre vainement.

Fenrir approcha son visage du cou de l'enfant et, le reniflant, le frôla en reniflant l'odeur à la façon d'un chien affamé. L'enfant, pour sa part, laissa échapper les larmes, voyant que la plus âgée ne faisait aucun geste pour l'aider. Même si elle l'avait voulu, elle n'aurait rien pu faire, elle le savait. C'était un loup-garou qui avait face à elle, un alpha et plus particulièrement un personnage laissant ses instincts animaux parler à la place de sa réflexion, la plupart du temps.

- La curiosité est un bien vilain défaut... On ne te l'a jamais dit ?
- Huum, huuuuuuumm !!!

Il essayait de crier, mais c'était inutile. Personne ne l'entendrait, personne ne le verrait, personne ne saurait qui était le meurtrier. Personne, sauf elle, mais elle n'avait pas l'intention d'en parler. Elle continua de regarder dans les yeux l'enfant, son regard neutre rencontrant celui paniqué de la future victime. Une mer déchaînée venait se fracasser contre des falaises qui ne bougeaient pas. Le loup-garou vint caresser le visage de l'enfant de sa main libre, replaçant ses cheveux en place, et même Liz grimaça légèrement. L'attitude du loup-garou pouvait sans doute se comprendre, elle n'en restait pas moins écœurante. Et l'enfant continuait de le supplier, de le supplier, sans jamais qu'elle ne fit un mouvement pour l'aider, ignorant ses appels muets. Peut-être était-ce elle qui était réellement écœurante, en réalité, pour se contenter à observer le spectacle offert face à elle, les mains dans le dos. Peut-être, mais Alizée n'en restait pas moins curieuse et fascinée. Ce n'était pas le sort du gosse qui lui importait, mais bien la façon de faire de Fenrir. Sa façon de chasser, de tuer, les gestes qu'il pouvait avoir avant et après... Elle l'observait comme s'il s'agissait d'un animal curieux et particulièrement peu ragoûtant. Concentré sur sa proie, il ne devait sans doute pas la remarquer et ce n'était que mieux.

Le Loup-garou finit par bloquer tous mouvements du gamin d'une jambe et empoigné les cheveux du pauvre enfant pour le forcer à pencher la tête sur le côté. Alors, à la manière d'un vampire particulièrement assoiffé, le loup planta ses crocs dans la chair tendre. Les bruits de succion empêchèrent Alizée de se concentrer sur le loup et elle ne put qu'observer à nouveau l'enfant qui, elle le savait, se faisait littéralement vider de son sang. Il tremblait, frappait, se débattait avec une force insoupçonnée, le tout en écarquillant les yeux vers Shafiq, qui avait alors tout le loisir de voir ses pupilles se dilater petit à petit et trembler dans un même temps. Puis, mut par elle ne savait quelle volonté, Fenrir attaqua réellement. Un premier coup de griffe arracha un pan des vêtements de l'enfant, laissant alors son torse ensanglanté à la vue des deux. Un autre arracha un morceau de son ventre et laissa ressortir les boyaux de l'enfant, qui vinrent s'échouer à moitié au sol. Les coups de griffe continuèrent de pleuvoir, lacérant l'enfant avec une telle brutalité que s'en devint impressionnant. Jambes, bras, visage, tout y passa. Alizée du même se retenir de reculer en voyant un des yeux finir par pendre de l'orbite, alors que l'enfant se vidait totalement de son sang.

Ça ne dura que quelques secondes, pourtant, elle avait l'impression que ça avait duré des heures. Elle s'était faite hypnotiser par le regard de l'enfant qui avait dû être attiré par son propre rire dans la ruelle. Des spasmes dans tout le corps avaient annoncé la fin de sa vie et pourtant, jusqu'à la dernière seconde, l'enfant s'était débattu, attaché à la vie. Il avait essayé de griffer, de pousser, mais rien n'y faisait : Greyback était adulte, lui non. Ses yeux se révulsaient, sa respiration devenait de plus en plus hachée... Mais non, il s'était débattu jusqu'à la fin. Jusqu'à ce que la mer agitée redevînt calme et que la mort vint chercher le petit homme. L'animal avait alors lâché sa proie, qui avait glissé le long du mur, jusqu'à tomber au sol dans une marre carmin devenant progressivement noir à mesure qu'elle se mélangeait à la terre légèrement boueuse.

Fenrir se retourna vers elle et la regarda, s'essuyant comme il pouvait le sang maculant son visage. Son regard était fou et son sourire extatique, même si elle parvenait à deviner qu'il aurait aimé le tuer plus... lentement. La scène n'avait duré que quelques minutes, après tout, bien loin de ce qu'elle s'était attendue de lui au début. Sa langue passa brièvement sur ses lèvres, puis il reprit la parole.

- Un petit contretemps...
- Petit, c'est le cas de le dire, marmonna Alizée en regardant ce qui restait de l'enfant.

Elle fit volte-face, de manière à pouvoir observer à nouveau l'hybride. Elle ne savait plus réellement sur quel pied danser. Étrangement, et elle était la première surprise, elle ne ressentait pas la peur. C'était autre chose, d'autrement plus puissant. Une étrange fascination. Elle l'était déjà par les loups-garous et autres créatures inférieurs pouvant peupler cette terre, ne serait-ce que parce que comprendre leur fonctionnement permettait souvent une bien meilleure emprise, mais là, c'était encore... différent. Fenrir Greyback était, sans aucun doute, unique en son genre et elle venait de le découvrir de la pire façon qui pouvait exister. Combien de loups-garous auraient osé tuer un gosse devant quelqu'un d'autre et, surtout, sans baguette ? Juste à la force de ses mains, de ses ongles, de ses dents ? Il n'en était que plus intéressant, à sa façon. Bien sûr, le spectacle était... désagréablement dégoûtant, fétide à sa façon, mais Alizée savait que le monde était loin d'être beau et qu'il valait mieux être préparé à ce genre de spectacle.

- Maxime ? Maxime ?!

C'était trop beau pour être vrai, pensa le serpent en levant les yeux au ciel. Forcément qu'un gosse de cet âge se promenait avec sa mère. Peut-être avait-il fui sa garde sans qu'elle ne s'en rendît compte, laissant assez de temps à Greyback de faire son office. Cela n'avait aucune forme d'importance, de toute façon, car elle s'approchait dangereusement de leur position. Ses appels se faisant de plus en plus fort. Liz fit un tour sur elle-même, observant les alentours et les possibles caches, avant de remarquer un renfoncement entre deux bâtiments. Juste assez pour qu'elle pût s'y glisser, de manière à ne pas être vu par la mère de famille qui approchait. Elle fit un signe de la main à Fenrir, lui demandant ainsi silencieusement de rester bien visible et elle alla s'y placer, accroupie, sa baguette en main. Elle savait que l'animal était capable de l'arrêter, mais pourrait-il le faire avant qu'elle hurlât à cause de la mort de son fils ? Alizée en doutait fortement. Bloquer la parole à un enfant sans la magie était une chose, à un adulte, c'était déjà beaucoup plus compliqué. Elle dut patienter pendant une bonne minute avant que la femme passât devant sa cachette sans la remarquer. L'élève en profita pour en sortir ensuite, se plaçant dans son dos et pointant sa baguette sur elle. Une femme potelée, petite et blonde, qui portait une robe de sorcière délavée, démontrant sa condition de pauvre.

- Fenrir Greyback, dit la femme dans un murmure où se mélangeait la terreur et la surprise.

Ses yeux voyagèrent du loup-garou à l'enfant, mais son hurlement mourut dans sa gorge avant qu'elle eût le temps de le laisser s'envoler dans les airs. La Serpentard ne voulait pas alerter tout le village qu'il y avait eu un mort — sans doute bientôt deux — dans cette ruelle, ce qui aurait amené énormément de monde. Si encore elle avait su transplaner, ça ne l'aurait pas forcément dérangé, se contentant de fuir rapidement et de laisser le loup-garou se débrouiller seul, mais ce n'était pas le cas. Pour la faire taire, la demoiselle lança le premier sortilège qui lui passa par la tête, alors qu'elle visait son cou à bout portant.

- Silencio ; Petrificus Totalus.

Des sortilèges simples, mais efficaces. La bonne femme ne le vit pas venir et se retrouva incapable de parler, puis se vit devenir raide comme une statue, avant de tomber au sol. Elle atterrit à plat ventre, sa tête se retrouvant dans une mare de boue, ce qui arracha un sourire moqueur à la demoiselle. Demoiselle qui se retourna vers son compagnon improvisé.

- Tu as encore faim ?

Toute en parlant, elle pointa la femme que se trouvait prisonnière. Mieux valait faire disparaître les "preuves".

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MessageSujet: Re: [15 novembre 1997] Qui va à la chasse... [Alizée Shafiq] Jeu 13 Juil 2017 - 23:09

Légère présence de violence dans le RP ; âme sensible s'abstenir.

Il lui fallait toujours un temps pour redevenir lui-même après une tuerie, le côté animal reprenant totalement le dessus dans ces moments-là. C'était comme s’il s'évanouissait dans une sorte de coma réveillé et qu'il devait se ranimer ensuite. On pourrait presque l'imaginer se lécher les griffes dans ces moments-là tant l'humain n'était plus qu'une apparence, habiter par l'âme d'une bête qui aurait perdu son propre corps.
Il se secoue un peu la tête, faisant voler quelques gouttes de sang encore fraiche tandis qu'Alizée lui tourne autour comme une touriste dans un zoo. Il lève le regard vers elle, grognant un peu, suivant tous ces faits et gestes. Sa respiration était un peu plus douce, ses yeux noirs brillants un peu moins fous, mais l'âme toujours aussi inexistante. Doucement, l'humain revenait peu à peu bien que trop absent.
Fenrir l'a regardé toujours, aussi fasciné par elle qu’elle par lui. Il ne sentait aucune peur, ce qui était singulier, d'autant plus après avoir vu ce genre de meurtre sanglant et gratuit. Ça la rendait que trop terrifiante et il commençait vraiment à se demander ce qui s'était passé chez leurs ancêtres pour que cette famille soit aussi désaxée.

L'observation dure un moment comme si chacun voulait prouver à l'autre qu'il était l'unique prédateur de cette ruelle. Combat mental, mais néanmoins violent, ce dernier fut alors interrompu par les cris d'une mère inquiète.
Le loup levait alors la tête, fixant le point d'où venaient ces braillements. Il regardait alors le corps sans vie du gamin qui n'avait, lui, pas eu le temps de lancer des vagissements.
Grognant, Fenrir commençait à s'approcher alors que la vipère cherchait déjà une cachette pour il ne savait quelle raison. Une fois trouvée tout en silence, elle lui fit signe de ne pas bouger. Le lycan penchait timidement la tête en se demandant depuis quand elle lui donnait des ordres ou toute autre recommandation !
Il s'apprêtait à lui faire comprendre son erreur lorsqu'une sorcière fit son entrée. Le loup grognait en l'observant, cette dernière titubant un peu par le poids de l'inquiétude, s'accrochant au mur tout en cherchant du regard le petit être qu'elle avait surement vu pour la dernière fois pénétrer ici.
Elle se stoppait d'un coup, fixant l'ombre immobile, loupant un battement de cœur, comme si elle avait du mal à croire ce qui il y avait devant elle. La bête restait impassible et silencieuse, couverte du sang de son enfant. Un murmure s'échappait alors des lèvres tremblantes de la femme. Fenrir sentait sa peur et s'en délectait. Il aimait voir la crainte dans les yeux des gens qui l'observait. Un sourire malsain se dessinait sur son visage tandis que la sorcière hoquetait en voyant le corps de son petit au sol.
Elle n'eut pas le temps de hurler sa terreur qu'elle se fit arrêter par la vipère qui s'était placée derrière en silence. La femme tombait à plat ventre, le visage dans la boue, déjà condamné. Fenrir levait le regard vers Alizée qui prenait presque plaisir à ça. Sa tête penchait, il fixait un moment la jeune serpentard avec une émotion de surprise. Comment une personne de son âge pouvait regarder un meurtre et condamner une innocente sans rien ressentir ? Fenrir n'aimait tout de même pas la tournure des choses. Elle le nourrissait comme si c'était son chien de compagnie, comme si elle le récompensait après avoir fait le beau et avoir appris quelques tours de passe-passe.
Il grognait, mais l'odeur du sang toujours présente l'empêcheur de redevenir assez humain pour pouvoir lui parler convenablement. Il humait alors l'odeur de la mère de famille et se rua sur elle d'un seul coup, plongeant ses crocs dans son épaule pour la trainer un peu plus loin.

C'était beaucoup moins désopilant quand la personne ne se débattait pas. Il n'y avait aucun plaisir à s'en prendre à quelqu'un de stupéfixé. La peur était présente, mais les cris, les larmes, les supplications manquaient au tableau pour avoir un spectacle parfait. Faute d'agonie, il plantait ses griffes dans son dos avant d'arracher la jugulaire et dévorer son cou, arrachant finalement sa tête du reste du corps. Une fois positionné sur le dos, il commençait à dévorer son ventre avant de finalement laisser le reste, trop repu.

Il se redressait en se secouant de nouveau, léchant le sang qu'il restait sur ses lèvres. Il avait l'impression d'être un animal qu'on dressait, qu'on récompensait par de la nourriture, espérant le rendre assez docile pour qu'il obéisse plus facilement. Il haïssait çà et encore plus lorsqu'il savait qu'il n'avait pas le choix pour sauver sa misérable peau, trop souvent mise à prix.
Un silence s'installait dans cette ruelle qui s'était transformée en peu de temps en terrain de chasse puis en cimetière morbide.
Il fallut un temps pour qu'il puisse retrouver ses esprits, regardant de nouveaux Alizée qui semblait presque attendre qu'il ait fini.

« L'attraction t'a plus ? Tu condamnes souvent des gens de la sorte ?

Peut-être qu'il commençait à avoir un tantinet de respect pour elle pour ce genre d'agissement. Mais pas vraiment pour le comportement qu'elle avait avec lui qui était beaucoup trop axé "propriétaire" à ses yeux. On Sait Qui avait essayé, Bellatrix aussi. Les deux avaient réussi de par leurs folies meurtrières élevées, mais également par leurs empathies inexistantes, surtout pour les hybrides. Il manquerait plus que cette Alizée soit la digne descendante de ces deux fous à lier.

« Ton regard totalement détaché n'est pas totalement normal pour ton âge, tu en es consciente ? Et tâche d'arrêter de me traiter comme ton clebs... »

*Il pourrait t'arriver la même chose... * pensait-il sans oser le dire. Le spectre de son chantage flottant encore dangereusement au-dessus de sa tête. S’il se retrouvait à être traqué pour son erreur, il aurait du mal à s'en échapper. Surtout après ce qu'il s'était passé avec Severus un mois auparavant. Il avait fait trop d'erreurs pour On Sait Qui. Et même si Fenrir se détachait de cette cause, il avait malheureusement un pied dans les filets du seigneur des ténèbres qui pouvait faire ce qu'il souhaitait de lui si ce dernier ne le satisfaisait plus. Le loup ne supportait pas être entravé de la sorte, par un sorcier qui plus est.
Il crachait au sol un peu de sang qu'il avait de trop dans la bouche avant de s'approchait de la jeune fille. Il y avait vraiment dans ses yeux quelque chose de terrifiant et d'ambitieux. Elle avait réellement sa place dans cette maison, aucun doute la dessus.

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MessageSujet: Re: [15 novembre 1997] Qui va à la chasse... [Alizée Shafiq] Mer 19 Juil 2017 - 21:00


Elle le regardait, totalement immobile. Elle se faisait aucun geste et même les mouvements de son thorax, démontrant normalement sa respiration, avaient ralenti, au point où l'on n'entendait plus qu'une très légère, mais bien présente, respiration sifflante. Elle la voyait faire et elle aimait son oeuvre.

C'était irrémédiablement et purement fascinant. Observer quelqu'un massacrer une autre personne avait quelque chose de jouissif. Bien sûr, il y avait la peur, latente et douce, qui s'insinuait dans son esprit quand elle observait un tel spectacle. Il fallait, par contre, bien comprendre qu'elle n'avait pas peur de la personne qu'elle avait choisi comme main armée, mais qu'elle décidât de l'emporter elle, belle Liz, également ; elle ne voulait pas mourir. Elle adorait la violence, à un point qui en était sans doute flippant, mais elle préférait de loin l'observer qu'être actrice ; comme elle ne pouvait s'imaginer sa victime. Non, elle préférait être une réalisatrice. Elle aimait se retrouver en dehors des projecteurs, tout en pouvant observer de près ou de loin les actions violentes, sachant que tout venait d'elle, qu'elle avait créé le jeu, qu'elle avait créé le scénario. Elle adorait cette sensation qu'elle qualifiait, faute de mieux, de bienfaitrice ; une émotion qu'elle ressentait quand elle pouvait visionner les frasques des autres, surtout quand elle en était l'entière responsable. C'était précisément pour cela qu'elle avait offert la mère en pâture sans aucun remord. C'était pour cela qu'elle observait les mouvements du loup-garou, de la bête, alors qu'elle déchiquetait sa nouvelle victime. Les coups de griffes, voir le sang gicler sur les murs, regarder Fenrir s'abreuver de sa victime... C'était... parfait.

Non. Il était parfait, lui, sa manière de faire, ses mouvements, son regard, sa bestialité. Alizée savait qu'il rêvait de l’éviscérer – et rien que penser à cela lui donnait des sueurs froides dans le dos – mais il n'en restait pas moins intéressant, presque passionnant, quand on avait une certaine, mais quelque peu tordue, façon de voir ce qu'il faisait ; comme c'était le cas pour la jeune femme. Il était simple, plutôt direct, mais surtout avait les capacités pour tuer deux personnes sans le moindre regret. Mieux, il avait l'air d'aimer ça et l'élève ne pouvait que vouloir lui offrir encore et encore de nombreuses autres victimes. Elle voulait qu'il continuât à être l'acteur et elle la metteure en scène, pouvoir lui offrir de nombreuses scènes où il pourrait exposer ses talents et sa façon de procéder. Bien sûr, elle savait devoir gagner sa confiance réelle, sans pour autant savoir comment procéder, mais si elle y parvenait, elle n'osait même pas imaginer ce qu'ils pourraient accomplir ensemble. Elle serait la peintre, il serait le pinceau. Ils pourraient ainsi proposer des tableaux idylliques, proposer de belles images, où l'art et l'horreur s’entremêlassent pour former une unique vérité à avoir dans le monde : la peur. Le résultat des spectacles qu'elle voulait proposer à un futur public qui, malgré l'espoir futile d'un monde à nouveau serein et en paix, en redemanderait, pour l'amour du frisson. Elle rêvait, évidemment, un simple rêve de gamine, irréaliste et pourtant extrême, tant il pouvait paraître déroutant.

Finalement, le démon que la vipère – que dis-je ? Le serpent, une diablesse déguisée – observait arracha la tête de la femme, qui mourut sur le coup. Tête qui roula sur plusieurs mètres, avant de s'arrêter aux pieds de la verte et argent qui pencha la tête sur le côté. Le visage de marbre de la personne était assez paradoxale compte tenu de ce qu'elle venait de vivre. Un petit rire de petite fille s'échappa d'entre les lèvres rosées. Une exclamation de joie et de bonheur totalement enfantin, comme l'on peut en trouver chez les plus jeunes, souvent entre six et sept ans. Un gloussement frivole qui disparut bien vite quand elle releva la tête vers l'homme, qui avait fini de se nourrir et s'était redressé. Dans son regard, alors qu'elle-même s'encrait à nouveau à la réalité, elle aperçut la lueur dangereuse et tétanisante du prédateur s'estomper légèrement, petit à petit, démontrant ainsi que Fenrir reprenait lentement le dessus sur l'animal. Les deux personnes avaient laissé un silence lourd, fort et écrasant, se déposer sur la ruelle, qui était presque devenu un cimetière familiale. Ce fut Greyback qui le rompit, finalement, dans un grognement étrange, un regard indéchiffrable posé sur la gamine proche de lui.

« L'attraction t'a plu ? Demanda l'alpha. Tu condamnes souvent des gens de la sorte ?
Pas le moins du monde, répondit Liz honnêtement, c'est la première fois et vous voir à l’œuvre est particulièrement intéressant. »

Il n'en avait sans doute pas conscience, mais Fenrir, de par ses actes, sa façon de réagir et, surtout, sa manière de procéder, venait de gagner une admiratrice. Une lueur étrange était apparue dans les yeux de la sixième année, alors qu'elle le regardait à nouveau. Elle avait l'impression de le voir pour la première fois depuis le début de la rencontre et elle ne voulait pas le... perdre ? C'était étrange de penser ainsi, surtout quand il s'agissait d'une personne que l'on venait de rencontrer, mais elle avait exactement le même raisonnement qu'une gamine face à son idole. Elle voulait qu'il la remarquât, qu'il l'appréciât, sans jamais se remettre en question et comprendre que ce n'était pas réellement possible, tant elle n'était qu'un chiffre, une statistique pour lui, dans une foule gigantesque de personne. Malgré tout, c'est précisément parce qu'elle ne voulait pas qu'il l'oubliât, qu'elle choisit ses mots avec soin. Elle ne voulait plus avoir que son contrôle. Elle voulait avoir sa confiance, elle voulait avoir son affection.

« Ton regard totalement détaché n'est totalement normal pour ton âge, tu en es consciente ? Commença-t-il, avant de reprendre dans un grognement contrarié : et tâche d'arrêter de me traiter comme ton clebs...
Non, je ne savais pas que ce n'était pas... normal. Pourquoi ? Puis, avec un sourire d'excuse, elle reprit : vous n'êtes pas un chien. Vous êtes bien plus. Vous êtes un prédateur. Un vrai. Celui qui ne se laisse pas harnacher sans penser à arracher la jugulaire de l'idiot voulant s'y essayer.

D'une certaine manière, elle venait d'ouvrir une porte de sortie au loup-garou sans même s'en rendre compte. S'il le voulait, s'il comprenait ce que ces paroles impliquaient, il pourrait facilement prendre ses pattes à son cou et disparaître à jamais de la vie de la sang-pure. Elle ne le savait pas et même si ça avait été le cas, peut-être n'aurait-elle pourtant rien changé. Peut-être. Alors, elle aurait espéré qu'il ne décidât pas de prendre cette sortie devenue si visible, malgré la porte qu'elle venait d'ouvrir en grand et de lui montrer, lui proposant ainsi de s'échapper d'entre ses griffes.

Sans vraiment savoir pourquoi, peut-être dans l'espoir inconscient qu'il ne décidât pas de se diriger vers le portail lui promettant sa liberté, elle reprit la parole. Sa voix laissait présager sa curiosité, ne serait-ce qu'à la vibration de ses cordes vocales, mais également à l'expression de son visage. Ses gestes, eux, avaient totalement perdus leurs rigidités et elle balançait même ses bras dans un mouvement régulier, comme une horloge ancienne voyant son pendule se mouvoir en rythme des secondes qui passassent. Son visage avait perdu cette lueur démontrant sa supériorité et elle avait même un léger sourire, pouvant faire penser à une enfant recherchant... quelque chose.

« Vraiment... Je me demande pourquoi ce n'est pas normal que je regarde ce que vous faites sans réagir ? Je ne comprends pas. »

Et c'était sa vérité : elle ne comprenait pas pourquoi le loup-garou avait dit cela. Ce n'était pas la première fois qu'elle se plaçait en spectatrice pour observer la violence des autres, après avoir jouer de ses charmes pour obtenir le résultat. C'était la première fois qu'elle voyait quelqu'un mourir devant ses yeux, toutefois. La première fois qu'elle observait la mort revêtir une de ses nombreuses formes pour venir couper le fil si fin, si fragile, qui reliait l'être à la vie. C'était la première fois qu'elle avait vu la mort et elle l'avait regardé droit dans les yeux, lui avait souri, avant de lui offrir une nouvelle victime et c'était... fantastique.

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MessageSujet: Re: [15 novembre 1997] Qui va à la chasse... [Alizée Shafiq] Dim 23 Juil 2017 - 21:29

Le sang giclait, l'odeur de corps éviscérés commençait à se répandre tel un poison sur les murs et dans l'air environnant. Malgré son odorat développé, cela ne semblait pas le déranger pour autant, au contraire. Il prenait plaisir à répandre ces émanations partout où il allait comme preuve ultime de son passage. Depuis Azkaban, ses techniques étaient devenues plus sauvages, plus agressives. Ses attaques, autrefois une manière de se nourrir ou d'infiltrer son venin, étaient devenues un langage de vendetta, comme si chaque meurtre était signé d'un "Vous serez les prochains".
Dans cet état, il entendait à peine le rire de la vipère, prenant son pied en voyant cette scène de théâtre morbide se dérouler sous ses yeux ; elle, qui avait tout ficelé d'une main de maître.
À peine redressé, Fenrir se rendit compte qu'il était son instrument, mais son regard sur lui avait fini par évoluer. Elle était fière, comme une mère louve qui, pour la première fois, voyait un de ses jeunes réussir à tuer une proie faisant 2 fois sa taille. Comme si elle jubilait d'avoir été témoin de cette scène qu'elle avait elle-même créée. Quelque chose clochait dans ses yeux et il en oubliait presque le chantage qu'elle lui avait lancé à peine quelques minutes après leur rencontre.

Le loup attendit alors que son esprit humain revienne peu à peu, l'état animal disparaissant comme une ombre. Le démon en lui était toujours présent tel un parasite, mais restait plus ou moins visible extérieurement. L'humaine et le lycan restèrent un moment silencieux, posture étrangère à ce genre de situation, tandis que le sang coulait toujours entre les dalles crasseuses et boueuses du sol. Fenrir finit par rompre le silence, penchant la tête avec une moue presque de chiot à sa réponse. Il commençait peut-être à apprécier cette fille chez qui une lueur venait de naître dans le regard, la rendant presque attachante. On aurait dit que des démons dansaient dans ses yeux, cruel carnaval, alors même qu'elle cherchait ses mots avec soins pour l'amadouer. Il aimait qu'on flatte son ego, même si la plupart du temps les gens le faisaient pour espérer sauver leurs pauvres vies. Les démons mentent, mais les gens normaux aussi et qui sait dans quelle catégorie elle rentrait ? Elle représentait parfaitement le genre de monstre qu'on pourrait rencontrait avant notre entrée en enfer, nous prouvant encore plus qu'on a été affreux toute notre vie.

Il finit par sortir de ses pensées, se protégeant alors derrière son sarcasme habituel. Mais sa réponse ne fut de nouveau pas celle qu'il s'apprêtait à recevoir. Restant encore plus silencieux, intéressé. Elle arrivait à l'étonner, à être assez imprévisible pour qu'il reste concentré sur chacun de ses gestes. Le loup la fixa de son regard noir, ne clignant quasiment pas des yeux, comme s'il ne voulait pas perdre une miette de ses réactions. Il se mit à sourire un peu avec un rictus de fierté.

« Très bien... Tu sais comment me parler... »

Il s'approcha d'elle alors qu'elle continuait à lui parler, chaque mot qu'elle disait cassant l'éloignement que le début de la rencontre avait créé, autant sur le plan physique que psychique, jusqu'à ne plus laisser le moindre mètre entre les deux. Le lycan la sent frissonner d'excitation, gardant alors son sourire face à cette réaction. Ils ressemblaient presque à une caricature grotesque de l'ange et de son démon. Le blanc, cependant, n'est jamais sans tâche et le loup-garou sentait clairement l'odeur du sang sur l'étudiante.

« Parce que les filles de ton âge ne sont pas censées regardait ça sans avoir la moindre peur... Or... »

Il commença à enfouir doucement son nez dans son cou, la reniflant et soufflant doucement sur sa peau douce et blanche, encore toute frissonnante. Elle avait une odeur sauvage, un peu fruitée, mais pas innocente pour autant. Elle ressemblait à un Kelpy. Animal sauvage et sublime, en qui l'humain avait assez confiance pour s'approcher avant d'être entraîné au fond de l'eau pour mourir noyé.

« Je ne sens aucune peur émaner de toi... Aucune odeur de terreur. Tu viens de voir deux personnes mourir dont un enfant et... rien. Tu jubiles. Tu as presque l'air d'avoir apprécié... »

Sa voix était douce et presque sifflante, comme si elle glissait sur un parchemin de la pointe d'une plume. Il resta un moment collé à elle, murmurant ses paroles au creux de son oreille avant de se redresser et plonger son regard dans le sien tandis qu'elle se met à reculer, un sourire enfantin sur ses lèvres.

"Alors je suis différente des autres ?"

Lance-t-elle avec investigation, heureuse que Fenrir la voit différemment et surtout comme une entité à part entière.

« Tu ne ressembles peut-être pas tant que ça à ton cousin finalement... »

Dit-il dans un grognement, penchant de nouveau la tête. Elle était peut-être pire que lui... Alizée suivit le même mouvement, curieuse de savoir ce qui se cachait derrière cette révélation.

"Je dois prendre ça comme un compliment ? Parce que je ne peux que le prendre comme tel."

Un rire un peu macabre sortit de la gorge du loup avant de s'approcher de nouveau calmement, plongeant toujours son regard dans les yeux pétillant de la jeune fille.

« Je te laisse le choix de le prendre comme tu le souhaites... Et tu me donneras ta réponse la prochaine fois... »

Fenrir finit par poser délicatement sa main sur son visage, caressant sa joue du pouce. Il vit alors Alizée fermaient les yeux, souriante, se laissant allé à ce maternage, presque inconsciente. Le loup laissait glisser sa griffe sur sa peau délicatement avant de reculer d'un pas et sortir de la ruelle, comme si jamais rien ne s'était passé entre ces murs.

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[15 novembre 1997] Qui va à la chasse... [Alizée Shafiq]

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