AccueilAccueil  PortailPortail  FAQFAQ  RechercherRechercher  S'enregistrerS'enregistrer  MembresMembres  GroupesGroupes  ConnexionConnexion  

Partagez|

[Ven. 14 novembre 1997] MINI-INTRIGUE : Les écrits interdits

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas
AuteurMessage
    INCRUSTE MAN
MESSAGES : 872
MessageSujet: [Ven. 14 novembre 1997] MINI-INTRIGUE : Les écrits interdits Sam 3 Juin 2017 - 16:04

MINI CONTEXTE : LES ÉCRITS INTERDITS

Contexte : Alecto Carrow décide d’humilier les nés moldus en demandant aux élèves de faire des exposés expliquant que les livres parlant en bien des moldus sont un ramassis de mensonges, et pourquoi ils devront s’engager à aider le bibliothécaire à les détruire à la fin des exposés le soir même. À la suite des exposés, les élèves et le bibliothécaire essaieront de cacher certains de ses livres, certains réussiront, d’autres pas. Attention, pour ce RP, vous devrez choisir votre camp.

Votre mission ? Si vous voulez aider les nés-moldus, votre but est de cacher le plus de livres que possible. Si vous êtes pro-mangemort, votre but est de repérer les livres cachés ou de prendre sur le fait les élèves qui tentent de les dissimuler. Pour savoir si votre personnage parvient à cacher les livres ou à les retrouver (Selon le camp choisi), vous devrez utiliser un lancer de dé Quidditch dans le sujet prévu à cet effet ici.

Pour chaque tentative de cacher un livre, le joueur doit lancer le dé Quidditch. Pour chaque réussite, le joueur gagnera des points, tandis que les échecs mèneront à une punition plus ou moins grave selon le nombre d’échecs accumulés.  (1 échec : punition peu sévère; 2 échecs : punition humiliante ; 3 échecs : punition très humiliante ; + de 3 échecs : punition très sévère).

*Option pour les personnages pro-voldemort/mangemorts :
chaque réussite de lancer du dé vous permet, au choix, soit d’avoir vu un élève cacher un livre, soit d’avoir repéré la cachette d’un livre.

Date limite pour clore le RP : 1er août 2017
Des points seront donnés pour votre participation à la fin des mini-intrigues.

Participants :
- Octave Holbrey
- Jimmy Kent
- Lina Kaveline
- Andrée de Kerimel
- Meredith Breckenridge
- Malia Montgomery
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
PERSONNEL DE POUDLARDBibliothécaire
    PERSONNEL DE POUDLARD
    Bibliothécaire
AVATAR : James McAvoy
MESSAGES : 463

INFOS PERSONNAGE
SITUATION AMOUREUSE SITUATION AMOUREUSE: Pas vraiment seul, mais presque.
DATE & LIEU DE NAISSANCE DATE & LIEU DE NAISSANCE: 10 Août 1964
SANG SANG: mêlé
MessageSujet: Re: [Ven. 14 novembre 1997] MINI-INTRIGUE : Les écrits interdits Mer 7 Juin 2017 - 0:36

Patiemment, non sans une certaine appréhension, il avait attendu ce moment fatidique ou les hautes instances de ce nouveau monde se décideraient à s’attaquer à autre chose qu’au statut du sang. Certes, d’abord on nettoyait la table après le client, puis on élevait les nouveaux fondements pour accueillir les suivants. Voyant déjà à quoi cela allait mener, durant son nettoyage d’été, Octave s’était plus d’une fois dit que certains livres de cette bibliothèque n’allait pas passer l’hiver, et cela s’avéra tragiquement vrai. A quoi bon inculquer de nouvelles valeurs alors que les anciennes, si détestées et maintenant prohibées, trônaient en reines sur leurs étagères de bois ? Contradiction presque ironique. Alors qu’en temps normal on prétendait que les jeunes ne se cultivaient plus, les nouvelles instances semblaient leur prêter maintenant plus de bonne volonté qu’avant. Détruire les hérétiques. Comme si cela allait aider. Eventuellement, cela constituait un spectacle divertissant. Eventuellement. Par exemple, si l’exercice avait pris la forme d’un autodafé public, l’affaire aurait eu un tout autre sens. Mais au lieu de cela, les gardiens de la fraiche morale avaient décidé à ce qu’une poignée d’élèves descende les escaliers, pénètre les portes de ce temple du savoir pour le saccager en silence et manuellement. L’inquisition espagnole ne leur avait-elle donc rien appris ? Du spectacle, du spectacle ! Les flammes de l’enfer brûlant un énorme tas de papier, rédigé par les sbires de la révolution elles-mêmes ! Octave s’étonnait un peu que le nouveau régime n’ait pas encore instauré une gestuelle spécifique, un peu comme pendant la seconde guerre mondiale. Une copie du salut hitlérien aurait fait du plus bel effet au-dessus de ce brasier méphitique. Plus tard peut-être, pour le moment les Carrow devaient faire des tests, voir comme cela marchait sur les esprits malléables et individualistes de ces adolescents. Savonarole n’était pas très loin, assurément.

Quoi qu’il en fût, l’on avait prié Octave de se joindre à la fête, soit pour surveiller la nouvelle génération, soit pour prouver sa propre bonne volonté, en tant que sang-mêlé notable. L’un des Carrow -mais lequel ? Ils se ressemblaient tellement- l’avait convoqué au préalable pour lui indiquer la marche à suivre. Monsieur Holbrey, qu’il avait grogné, les élèves auront un travail à faire avec vous. Préparez-vous, que tout soit prêt. Vous connaissez vos livres, non ? Bien sûr qu’il connaissait ses livres. Et prétendre le contraire juste pour se faire déclarer inapte à la tâche aurait été stupide et inutile. Alors oui, il connaissait ses livres presque par cœur. Oui, il allait préparer une liste pour les élèves chargés de la noble corvée et s’en acquitter avec eux dans la joie et la conviction de faire le bien autour de soi. Débarrasser cette école de la mauvaise graine, n’était-ce dont pas merveilleux ? Détruire tous ces récits mensongers sur les qualités des moldus, leur ingéniosité dans certains domaines, leur inventivité pour palier à leur absence de magie… Non voyons, il étaient tout bonnement inutiles. Tels des coléoptères, ils se multipliaient aux pieds des valeureux sorciers, sans rien apporter à cette terre qu’être d’éventuelles proies pour certaines espèces d’oiseaux et de mammifères. Un maillon comme un autre, inférieur, bien sûr.

Sur le moment, l’idée de refuser l’offre lui avait caressé l’esprit, le tentant. Octave s’en était défait comme d’un mauvais rêve. Mais tout au long du processus, son cerveau malade n’avait eu de cesse de chercher des échappatoires saugrenues. A chaque étape, il lui vomissait une poignée d’idées pour ne pas avoir à faire ce qu’il avait à faire, sans qu’aucune d’elle ne soit réellement concluante, ni très réaliste ou ne serait-ce qu’utile. La rédaction de la liste de livres méritant d’être détruits lui avait pris toute une éternité. En soi, il savait que s’opposer physiquement ou même intellectuellement à ce que leur imposaient les Carrow n’avait aucun intérêt. Déjà parce que cela n’était que la première étape d’une longue lignée cathartique, et d’autre part, on pouvait très bien prendre tout ça avec plus de souplesse. L’acte en lui-même était profondément symbolique, et purger une bibliothèque n’allait pas les mener à grand-chose de concluant. Et puis, on n’était plus à l’ère de la Reconquista ! Les livres s’imprimaient par milliers de nos jours ! Il n’y avait que les sorciers d’ailleurs, pour se comporter en moines copistes et à ne proposer qu’une poignée d’exemplaires d’un ouvrage. C’était cet état de fait précisément qui rendait Octave réticent. S’il savait que certains des livres à détruire existaient également quelque part dans le monde, la pérennité d’autres ouvrages était discutable. Il n’avait pas eu le temps de se renseigner à ce sujet et il se sentait partagé. Quoi faire ? En plus, il ne s’était pas fatigué pendant deux mois à tout restaurer pour que l’affaire finisse dans l’oubli ! Enfin, ce n’était que des détails tout ça. Ca n’avait pas vraiment de réelle importance.

Mais malgré tout le pragmatisme dont il savait en général faire preuve, plus l’instant fatidique approchait, moins il se sentait résolu à quoi que ce soit. Il avait observé durant plusieurs jours les futurs destructeurs faire leurs recherches pour les exposés à présenter et le tableau ne lui avait aspiré que de l’exaspération, couplée à un inconfort dont il ne sut quoi faire. Comme si quelque chose en lui ne parvenait pas à se convaincre à accomplir cette modique tâche. Détruire des livres, ce n’était rien ! Si peu. Pas grand-chose. Lourdement, il souffla sur ses bras croisés. D’ici quelques minutes, le groupe allait arriver et ils allaient tous se comporter comme si la chose était normale. Accord tacite passé entre ceux qui ne pouvaient pas se faire confiance. Il ne savait pas quels élèves allaient être présents, s’il les connaissait tous plus que de nom ou pas. Marcher sur des œufs, il n’aimait pas ça ; dénoncer les autres non plus, surtout quand ça ne le concernait en rien. Quoi que les Carrow étaient capables de lui imputer la faute d’un travail mal fait. Ces sang-mêlé ne savaient rien faire correctement de toute façon ! Il aurait bien voulu croire que l’autorité ne s’intéressait pas beaucoup aux petits fonctionnaires dans son genre, donnant davantage d’importance aux élèves ou à ceux qui étaient chargés spécifiquement de transmettre le savoir. On lui avait fait comprendre plus d’une fois qu’il n’était rien, tout en lui indiquant que chaque geste avait de l’importance. En soi, il comprenait très bien ce que cela voulait dire : reste dans ton coin, t’as pas les bons gènes pour faire le fifou. Mais du coup, impossible de savoir à quel point il était invisible en tant qu’individu.

Prestement, Octave se releva de sa chaise de bureau en voyant une coterie d’élèves entrer dans la bibliothèque. Pas de doute, au vu de leur mine, c’était bien eux qu’il devait accueillir pour cette activité somme toute scolaire. Un petit TP volontaire et social entre les livres avec le rat des archives, quoi de mieux ? Déjà quand il était jeune, Octave avait lui-même détesté ces cours facultatifs, mais fortement recommandés, d’éducation civique à la bibliothèque de l’école, ou les exercices de bibliographie… Bref, aucun d’eux ne devait être très enthousiaste, rien que par principe. Parce que ce qu’on leur demandait était chiant à volonté et qu’en plus, ça empiétait sur leurs heures de liberté. S’asseyant sur son bureau, prenant appui de ses bras sur le rebord, Octave toisa les arrivants, un sourire purement mécanique aux lèvres. Attendant qu’ils s’approchent suffisamment pour former un demi-cercle hésitant autour de lui, le bibliothécaire aspira un bon coup avant de débiter les instructions avec cet air éternellement courtois, un peu malicieux, comme s’il s’agissait d’un évènement routinier qu’il avait répété et accompli maintes fois. Tapotant du bout des doigts sur la liste des livres à détruire, il entama :

« Bien le bonjour mesdames et messieurs. Je suppose que chacun de vous sait ce qu’il a à faire ? En plus des livres que vous avez étudiés, j’ai préparé des listes complémentaires de ce vous allez devoir… supprimer. Chaque feuille correspond à un rayonnage. Y sont inscrits le titre et le nom de l’auteur. C’est tout ce que vous avez besoin de savoir pour retrouver les ouvrages sur les étagères qui, je le rappelle pour ceux qui découvrent cet endroit pour la première fois de l’année, sont rangées par ordre alphabétique selon l’auteur. Chacun prend une feuille pour commencer. Dès que vous avez fini votre rayon, vous revenez ici et vous en prenez une autre et vous continuez jusqu’à ce qu’on arrive à Z. Je me chargerai personnellement de la réserve donc si vous avez des questions, j’y serai. » Et parce que c’était son rôle dans la situation donnée, il rajouta pour la forme « Je ne peux que vous conseiller d’être rapides et efficaces parce que personne ici n’a envie de décevoir les Carrow ne serait-ce qu’en apparence, n’est-ce pas ? N’est-ce pas. Au boulot. »

_________________
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
SERPENTARD1ère année
    SERPENTARD
    1ère année
AVATAR : Ava Acres
MESSAGES : 339

INFOS PERSONNAGE
SITUATION AMOUREUSE SITUATION AMOUREUSE: Célibataire
DATE & LIEU DE NAISSANCE DATE & LIEU DE NAISSANCE: 01/04/1986 à Rennes
SANG SANG: mêlé
MessageSujet: Re: [Ven. 14 novembre 1997] MINI-INTRIGUE : Les écrits interdits Mer 28 Juin 2017 - 13:02



« Imagine que tu rentres chez toi et que tu voies la Marque des Ténèbres
flotter au-dessus de ta maison en sachant ce que tu va trouver à l’intérieur…
C’était la pire terreur de tout le monde… La pire… »


Alors la petite fille fera comme tout le monde et choisira la facilité.
C'est bas, mais c'est comme ça.


.


Il était surprenant comme Andrée ne se formalisait plus des excentricités des Carrow. C'était comme si la crainte qu'ils lui inspiraient surpassait tout le reste : un cours d'Etude des Moldus aux enseignements rabaissants ? Pourquoi pas, après tout, on nous rabâchait bien pire dans la Gazette et autres journaux contrôlés par le Gouvernement. Une punition collective aux allures de torture gratuite ? C'était ignoble, certes, elle avait eu mal, certes, elle en cauchemardait presque chaque nuit, certes ; pour autant, dire que la démarche était étonnante, venant de la part de leurs Mangemorts de chargés de discipline, ça aurait été mentir effrontément. Les colles, les mauvaises notes, les humiliations publiques à cause de sa médiocrité ou peut-être de sa jeunesse – sans aucun doute les deux, en fait -, Andrée s'était presque habituée à tout cela.

C'était abominable à dire mais c'était l'affligeante réalité.

Alors lorsqu'ils avaient proposé – ordonné – lors d'un nouvel accès d'inventivité, parce qu'il fallait l'avouer cette idée était gage non discutable d'originalité, leur nouvelle idée repoussante, la fillette avait juste fermé les yeux pour laisser la nouvelle faire son chemin. Ce qui l'embêtait le plus dans tout ça, ce n'était même pas le lynchage facile des Moldus. La plupart des étudiants de Poudlard, et spécialement les enfants de ces derniers, s'y étaient doucement faits ; il ne servait à rien de protester après deux mois complets de lavage de cerveau. Les quelques tentatives de rébellion étaient tuées dans l’œuf et eux... Eux, ils en faisaient les frais. Tous. Sans exception.

Ironie du sort, même les partisans du régime étaient alors persécutés. C'était presque injuste pour les frondeurs qui malgré leurs divers actions et sabotages ne se faisaient pas plus remarquer qu'un élève lambda.

Pour Andrée, lorsqu'elle avait appris, une semaine plus tôt, qu'ils auraient un exposé sur l'inutilité des déchets de la société, comprendre les Moldus, à rendre au cours d'Alecto Carrow suivant, elle avait juste soupiré de lassitude. Elle ne savait pas d'où venait un tel acharnement, mais elle admirait presque sa maléfique professeur pour ça – on ne pouvait pas dire qu'elle ne se donnait pas les moyens d'arriver à ses fins. Pas de grands cris alarmés, pas de froncement de sourcils réprobateurs, pas de moue agacée par la stupidité de leurs demandes – juste cette fatigue insupportable qui creusait ses cernes tous les jours un peu plus. Elle avait l'impression de crouler sous les devoirs. Elle avait l'impression de ne jamais sortir la tête de l'eau. Elle avait l'impression de couler, tout simplement, sous le regard vide des autres, à côté d'autres élèves qui se noyaient eux aussi, et certains d'ailleurs beaucoup plus vite qu'elle-même.

L'exposé avait été difficile à préparer. Les livres suintant d'atrocités sur les Moldus ne couraient pas vraiment les rayons de la bibliothèque et Andrée ne les détestait pas suffisamment pour en inventer d'elle-même. En fait, et elle ne l'avouerait à personne et pour rien au monde en ces temps troublés, son éducation faisait qu'elle les respectait même : que serait la médecine sans leurs prodigieuses recherches ? à quoi ressemblerait le monde sans leurs inventions technologiques ? à quoi ressemblerait l'équilibre du monde sans eux pour contrebalancer la puissance surnaturelle des sorciers ? Pour ce qu'elle en savait, ils avaient même indirectement contribué à la création d'un gouvernement à l'intérieur même du monde magique - du moins, il l'était jusqu'à l'avènement du Seigneur des Ténèbres et que Merlin garde ses pensées en sécurité. Tout cela, c'était sa mère qui le lui avait appris lorsqu'elles étaient en France, et parfois plus discrètement lorsqu'elles avaient déménagé en Angleterre. Qui était-elle pour renier toutes ces années d'apprentissage ?

Si elle n'y parvenait pas alors les Nés-Moldus devaient être dans une position bien moins enviable que la sienne. La fillette grimaça en pensant aux pauvres Nuncabouc de Première Année. En plus du choc de découvrir leur nouvel environnement, qu'ils pensaient sans doute chimérique jusqu'à quelques mois plus tôt à peine, ils devaient subir le harcèlement moral et physique des Carrow, des étudiants aux idéaux conformistes et des médias.

Elle avait passé son temps fourrée à la bibliothèque en essayant de faire abstraction d'Octave Holbrey. Elle ne pouvait pas affirmer avec sincérité parvenir à être très à l'aise avec une figure d'autorité après avoir partagé une danse avec ledit adulte. Et si elle avait souvent emprunté ses livres au bibliothécaire, elle y restait auparavant rarement pour travailler : ces fois-là devaient être les exceptions qui avaient confirmé la règle. Elle avait passé des heures durant, jusqu'à ce que le couvre-feu sonne en réalité, à observer les autres étudiants de son cours plancher sur leur propre devoir. Peut-être que l'inspiration viendrait en les voyant faire leurs recherches, s'était-elle dit plusieurs fois avec espoir – en tout cas, jusqu'à ce qu'elle ne se rende compte que sa méthode ne fonctionnait vraiment pas. Finalement, après presque quatre soirées complètes à laisser ses yeux vaguement balayer la pièce, elle s'était résignée à s'y mettre pour de vrai. Elle avait vaillamment alterné son exposé et les travaux qu'elle devait réaliser pour ses autres cours, et le résultat...

Eh bien, il aurait été mentir de dire que le résultat n'avait pas été bâclé. Si elle s'appliquait habituellement à réaliser ses études avec application pour compenser sa nullité affligeante dans les travaux pratiques, ça n'avait visiblement été le cas cette semaine là. Les regards déçus qu'elle avait essuyés ne l'avaient pas vraiment affectée, toute indifférente qu'elle était devenue à ses résultats scolaires. C'était plus le regard foudroyant que Carrow lui avait adressé qu'il l'avait effrayée : sa voix déjà tremblante avait méchamment dérivé dans les aigus à la fin de sa conclusion et elle n'avait pas réussi à empêcher ses jambes de trembler comme elles le souhaitaient. Visiblement, le professeur n'avait pas non plus été satisfaite des autres exposés. « Vous irez à la bibliothèque ce soir », avait-elle craché à la fin du cours. « Ces rats ne méritaient même pas votre travail. Ouvrir les livres remplis d'inepties que propose cette merveilleuse école n'aurait même pas du vous traverser l'esprit – et visiblement, vu le contenu de vos devoirs, vous l'avez fait. » A l'entendre, ils avaient eu l'impression d'avoir commis le pire crime au monde. Elle avait marmonné quelque chose qui ressemblait à imbécile, pourriture et stupide, mais Andrée ne l'aurait pas parié. « Enfin bref, là n'est plus la question. Pour vous apprendre les bons réflexes, vous irez me détruire tous les ouvrages qui ne diraient pas la vérité sur ces choses sales qui polluent l'environnement. Holbrey vous surveillera. »

Et personne n'était dupe : il faudrait éliminer quasiment tous les livres qui traitaient des Moldus de la bibliothèque. Ayant entendu parlé des directeurs qui avaient précédé Rogue, Andrée doutait un peu qu'ils aient fait l'apologie de la pureté du sang – et s'ils l'avaient effectivement fait, elle doutait encore plus qu'ils aient rempli les étagères de bouquins humiliants sur les personnes dénuées de magie.

Elle arriva un peu en retard au lieu de rendez-vous. La corvée ne portait pas réellement le nom de colle, mais c'était tout comme : ils étaient des élèves convoqués le soir pour effectuer une tâche ingrate qu'ils n'avaient pas envie de faire, parce qu'un professeur n'était pas content de ce qu'ils avaient fait pendant sa classe, surveillés par un autre adulte – en l’occurrence, le bibliothécaire -, alors Andrée ne voyait vraiment pas la différence. Elle résidait peut-être dans un détail, finalement. Ils ne se feraient sans doute pas violentés comme les Carrow avaient pris la fâcheuse habitude de faire. Selon toute vraisemblance, elle doutait que Mr Holbrey soit ce genre de personne à faire mal pour le plaisir. Peut-être même qu'il refuserait même d'en faire la surveillance parce qu'il trouvait leur punition injuste.

Andrée secoua la tête, dépitée. C'était sûr que non et elle ne comprenait même pas pourquoi de telles stupidités lui venaient en tête.

Tout le monde avait l'air d'être déjà arrivé. Les portes de la bibliothèque étaient encore fermées et visiblement, ils n'attendaient plus qu'elle. Elle ne connaissait que Lina dans le petit attroupement qu'ils formaient et c'est à elle qu'elle sourit en premier. « Bonsoir », fit-elle. Elle adressa un bref signe de tête aux autres. Quelqu'un ouvrit les lourdes portes de la pièce et ils entrèrent tous à la queue leu-leu.

La salle, si elle n'était pas plongée dans l'obscurité comme elle devait l'être pendant la nuit, était néanmoins plus calme que d'ordinaire. Aucun élève n'y travaillait – il commençait à se faire tard, en y pensant – et le bruissage ambiant des pages parcheminées que l'on tournait ne résonnait pour une fois pas sous le haut plafond. La nuit, dehors, était déjà presque complètement tombée. Seules les chandelles aux lueurs tremblotantes, certes nombreuses, éclairaient les lieux. Andrée se détendit un peu en tentant de dénouer son dos : elle aimait bien l'odeur de bois et de papier qu'il régnait ici. Il ne fallait pas qu'elle laisse l'inquiétude et la fatigue prendre le dessus comme elle le faisait désormais bien trop souvent. Le cadre n'était pas si inquiétant, alors elle pourrait faire un effort.

Ils se déployèrent tous en arc de cercle autour de Mr Hoblrey. « Bien le bonjour mesdames et messieurs. » Andrée eut l'impression qu'il était profondément ennuyé – par leur présence, par ce qu'il devait faire, elle n'aurait su le dire. Toujours était-il que le dynamisme et la motivation qu'elle avait pensé, peut-être, qu'il déploirait n'étaient pas au rendez-vous. « Je suppose que chacun de vous sait ce qu'il a à faire ? En plus des livres que vous avez étudiés, j'ai préparé une liste complémentaire de ce que vous allez devoir... supprimer. » La fillette haussa un sourcil. C'est qu'il s'investissait vraiment dans la tâche, le bibliothécaire ! Elle ne pouvait s'empêcher de penser que si elle-même avait exercé ce métier, elle aurait détesté qu'on touche à ses trésors.

Il leur expliqua rapidement le fonctionnement des rayonnages et Andrée laissa ses yeux courir sur les flammes vacillantes des bougies. Elle se demanda un instant si finalement les Carrow ne seraient pas comme des mouches attirées par le feu, s'en approchant, s'y brûlant les ailes. A force de trop attiser la haine des réfractaires, somme toute nombreux dans le château, l'étincelle finirait bien par prendre et les tensions éclateraient définitivement. C'était effrayant et elle se demandait souvent comment se dérouleraient les évènements pour elle à ce moment-là. Elle était déjà sûre d'une chose : elle ne se battrait pas. Sa maman lui avait donné mille recommandations – la première, c'était de ne jamais prendre parti.

Elle releva la tête au moment où Mr Holbrey finissait son monologue. « Je me chargerai personnellement de la réserve donc si vous avez des questions, j'y serai. Je ne peux que vous conseiller d'être rapides et efficaces parce que personne ici n'a envie de décevoir les Carrow ne serait-ce qu'en apparence, n'est-ce pas ? N'est-ce pas », affirma-t-il comme pour les convaincre de ne pas faire de bêtises. Andrée secoua discrètement la tête pour marquer son approbation. « Au boulot. »

Ils se dirigèrent vers le bureau pour récupérer un parchemin déjà rempli. Andrée, qui n'avait rien écouté, ne pu que les imiter. Sur son papier, les instructions lui indiquaient qu'elle devait rejoindre un rayonnage dans le fond de la bibliothèque. Elle se dépêcha de le rejoindre lorsqu'elle se rendit compte que tout le monde avait déjà déserté. Le travail n'était pas très intéressant : elle se contentait de repérer les livres inscrits sur sa feuille, ce qui n'était même pas difficile puisque les ouvrages étaient parfaitement rangés et elle les empilait en tas. Elle n'avait pas encore déterminé comment elle les détruirait mais elle avait décidé d'y réfléchir plus tard : elle ferait de la suppression de masse. Avec un peu de chance, elle parviendrait à oublier ce qu'elle devait saccager et dégommer quelque chose lui calmerait un peu ses nerfs à vif.

Bientôt, elle arriva à la fin de son rayon sans que rien d'anormal de fût à signaler. Elle se laissa tomber un sur la chaise du bureau à côté – cinq minutes de pause, juste cinq minutes. C'était ennuyant à mourir comme travail. Elle ne pouvait même pas observer les autres à la dérobée puisqu'ils étaient tous séparés. Derrière les grandes étagères, elle entendait ses compagnons d'infortune travailler à leur rythme. Elle se demanda un instant ce que Lina pensait de tout ça. Elle savait que la jeune femme ne soutenait pas spécialement les idéaux des deux Mangemorts et elle était presque sûre qu'elle était totalement contre le fait de détruire quelque chose d'aussi symbolique qu'un livre traitant des Moldus.

Elle se leva finalement, décidée à finir le plus vite possible. Par réflexe, comme elle le faisait toujours avant de quitter une table de travail, elle vérifia dans le casier du bureau s'il était bien vide. Ce qu'il, en réalité, aurait du être. Elle haussa un sourcil en découvrant un livre qui, théoriquement, aurait déjà du être détruit – ou, au moins, aurait du reposer sur une pile d'« ouvrages à détruire ». D'après l'étiquette collée sur son dos, il était censé être rangé dans le rayonnage voisin du sien, qu'elle savait occupé vu les bruits de fouille intense qui s'en échappait.

Andrée caressa un instant l'idée de le laisser dans le casier et de faire comme si elle n'avait rien vu. Peut-être de l'emballer dans quelque chose, pour tromper celui qui le trouverait, ou le glisser entre une colonne d'ouvrage et le fond d'une étagère pour que personne ne mette la main dessus avant plusieurs jours, mois, années... Avec un soupir, elle renonça à la chimère : si par elle ne savait quel maléfice, l'histoire parvenait aux oreilles de Mr Holbrey – ou pire, d'un des deux Carrow – elle ne donnait pas cher de ce qu'il restait de son intégrité physique. Elle se leva finalement et rejoignit Malia, la Serdaigle qui s'occupait de ce secteur, qui fouinait en haut d'une étagère. « Euh, j'ai trouvé ce livre », dit Andrée. « D'après l'étiquette il devrait être rangé dans ton coin, alors euh, j'ai pensé que je devais te le rendre. Pour que ce soit toi qui le détruises, tu sais ? »

Elle lui adressa un sourire crispé, pas vraiment ravie. Elle se sentait honteuse de devoir détruire toutes ces œuvres faites de parchemins souvent manuscrits et de cuir tanné. Ils sentaient bon, c'étaient de beaux objets, ils permettaient aux gens de la Terre entière de s'échapper de leur sombre réalité le temps de leur lecture... et surtout, c'étaient souvent eux qui aidaient ses notes à ne pas chuter dans l'abîme de la nullité. Elle frotta ses pieds et fit demi-tour à regret, un peu frustrée de devoir rejoindre la monotonie de sa mission.






Dernière édition par Andrée de Kerimel le Jeu 6 Juil 2017 - 12:59, édité 2 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
POUFSOUFFLE7ème annéePréfète
    POUFSOUFFLE
    7ème année
    Préfète
AVATAR : Katie McGrath
MESSAGES : 237

INFOS PERSONNAGE
SITUATION AMOUREUSE SITUATION AMOUREUSE: Célibataire.
DATE & LIEU DE NAISSANCE DATE & LIEU DE NAISSANCE:
SANG SANG: mêlé
MessageSujet: Re: [Ven. 14 novembre 1997] MINI-INTRIGUE : Les écrits interdits Mer 28 Juin 2017 - 19:46

Son insigne de Préfète avait changé beaucoup de chose. D'abord elle avait eu peur. S'en était fini de son alliance avec la Résistance désormais, elle se mettait trop en danger, et les autres par extension. Pourtant... Cette insigne pouvait lui permettre d'avoir un pied dans chaque camps, et d'être plus utile qu'avant. Mais il fallait également être plus prudente. Beaucoup plus prudente. Elle serait maintenant obligée de jouer à la perfection son rôle de petite Préfète parfaite et en accord avec le règlement. Mais cette promesse fut bien vite mise à mal...

Les Carrow leur avaient ordonné de faire cet... Horrible exposé qui devait expliqué, démontré, l'inutilité des moldus, ainsi que leur infériorité. Pour se faire, ils devaient démonter dans le moindre scrupules certains ouvrages, étudiés notamment en Études des Moldus, qui garantissaient qu'il n'y avait aucune différence entre un sorcier de sang – pur, un sorcier né moldus, et une personne sans pouvoir magique, car après tout, eux aussi avaient leur propre façon de faire, grâce aux machines qu'ils étaient capables de créer, dont certaines semblaient parfois magiques tellement elles étaient prodigieuses.
Ce devoir avait rendu Lina malade, littéralement. Pendant tout le temps où elle l'avait écrit, la sorcière s'était sentie nauséeuse. Pourtant elle y avait apporté un certain soin. Avec méthode, la sorcière avait cherché à dénigrer ces livres, accusant les auteurs de vouloir pervertir les esprits de jeunes sorciers, encore influençables. Elle avait également tenté de discréditer les livres qui s’appuyer sur la science pour les défendre : elle avait alors inventé des incohérences (mais qui allait vérifier ?!), portant ainsi atteinte à tout l'étude, et donc au livre, éventuellement à l'auteur.

L'exposé, d'accord. Même si le cœur n'y était pas, Lina pouvait se plier à cet ordre. En revanche la suite... Elle n'en était pas sûre. Le soir du 14 novembre, elle se rendit à la Bibliothèque. Elle avait attaché ses longs cheveux noirs en une épaisse queue de cheval. Elle fut une des première arrivée, et salua les autres d'un geste de la main. Elle s'appuya ensuite, dos au mur, face aux portes encore closes du lieu à profaner. La voyante croisa ses bras sur sa poitrine, et ferma son visage. Finalement, elle ne devrait pas être surprise, il était évident que ce jour allait arriver. Les autodafés étaient une pratique courante. Barbare, mais courante. Lina soupira. Elle refusait d'être complice de ce crime. Mais en même temps, que pouvait – elle faire ? Son esprit se mit en marche. Elle pouvait cacher des livres, c'était une solution. C'était prendre le risque de se faire attraper, mais tant pis : il fallait faire ce qui était juste, au diable les conséquences. Que risquait – elle de toute façon ? Il n'allait pas gaspillé son sang pour un livre caché, si ?! Un livre... La jeune femme espérait en sauver plus d'un, mais elle n'osa pas non plus se fixer un objectif, c'était trop dangereux, ça pourrait l'encourager à faire n'importe quoi, n'importe comment, juste pour coller à son quota.

« Bonsoir »

Lina sursauta. Elle n'avait pas entendu arriver Andrée... Andrée... Elle n'était qu'en première année, et déjà on lui infligeait ce genre de choses. La sorcière lui rendit son salut et son sourire. Quelqu'un, elle ne vit pas qui, daigna ouvrir la porte et le groupe d'étudiant rentra enfin. Elle aurait voulu glisser un message à la petite Serpentard, lui dire que suivre les conseils, de ne pas chercher les ennuis. Puis elle se remémora leur discussion dans la volière. Non Andrée ne tenterait rien, elle se rangerait du côté des Carrow, même si elle n'était pas d'accord, ne serait – ce que pour conserver son intégrité au sein de sa famille. Et elle avait raison. Avec douceur elle pressa l'épaule de l'enfant, et alla directement se placer près d'Octave, pour qu'il leur explique la marche à suivre. Elle eut un vague sourire sur le visage en le voyant, mais elle n'osa pas être plus démonstrative.

« Bien le bonjour mesdames et messieurs. Je suppose que chacun de vous sait ce qu’il a à faire ? Lina hocha tristement la tête, en silence, dégoûtée parce qu'elle devait faire. Elle eut la sensation que sa nouvelle insigne la brûlait. À une autre époque, elle aurait sans doute était ravie que l'administration de Poudlard lui fasse confiance, mais désormais... L'idée répugnait. En plus des livres que vous avez étudiés, j’ai préparé des listes complémentaires de ce vous allez devoir… supprimer. Chaque feuille correspond à un rayonnage. Y sont inscrits le titre et le nom de l’auteur.  Elle leva les yeux vers Octave. Il avait devancé la demande des Carrow en faisant ça, mais c'était sûrement ce qu'il y avait de plus sage à faire. Lina ne voulait pas revenir une deuxième fois. Pendant qu'il expliquait le fonctionnement des rayons, la sorcière jeta un regard circulaire à la pièce. Comment camoufler les livres... Une sortilège pour changer les titres ? Elle n'avait pas le temps d'en inventer à chaque fois, dans l'hypothèse où elle parviendrait à en sauver plusieurs. Dès que vous avez fini votre rayon, vous revenez ici et vous en prenez une autre et vous continuez jusqu’à ce qu’on arrive à Z. Je me chargerai personnellement de la réserve donc si vous avez des questions, j’y serai. Je ne peux que vous conseiller d’être rapides et efficaces parce que personne ici n’a envie de décevoir les Carrow ne serait-ce qu’en apparence, n’est-ce pas ? N’est-ce pas. Au boulot »

Ah, il faisait vraiment les choses bien. Lina s'avança et prit la feuille qui correspondait à son rayon. Elle se retourna l'espace d'une seconde pour adresser à Octave un pauvre sourire, un de ceux qui ne lui ressemblait pas, avant de se diriger vers le fond de la bibliothèque. Ils étaient tous séparés, et une fois occupés à leur tâche, ils étaient difficile de se croiser. La situation arrangeait Lina, se serait plus facile comme ça. Elle jeta un regard à la feuille qu'Octave lui avait donné. Dans ce rayon il y en avait peu. Elle fit léviter une table et la plaça à l'extrémité du rayon, de sorte qu'une fois sa tâche accompli, elle puisse poser les livres sur la table, vérifier une dernière fois que rien ne manquait et les apporter au Gardien des Lieux. La sorcière commença alors son labeur. Avec son index, elle caressa la tranche de chaque livre, à la recherche du premier ouvrage à condamner à mort. Elle en trouva un, puis un deuxième. Le travail n'était pas compliqué, juste pénible à exécuter.

Elle en trouva finalement un autre « L'art de vivre avec les moldus : us et coutumes des personnes sans pouvoirs magiques ! » Lina avait lu ce livre en première année, curieuse de savoir ce que pensait les sorciers des moldus. Elle n'avait pas été déçue du résultat. L'auteur semblait s'étonner, s'émerveiller de tout. La sorcière eut un pincement au cœur. Non. Elle refusait de leur donner celui – là. Avec la plus grande discrétion, la Poufsouffle prit sa baguette en bois de Poirier, cette dernière brilla légèrement sous la lumière des bougies. Lina ne prit pas le risque de murmurer la formule en tapotant le livre, mais le sortilège fonctionna malgré tout, et l'ouvrage devint invisible. Où pouvait elle le cacher désormais ? Elle repéra à quelques pas d'elle, une étagère pas tout à fait remplie. Sans faire de bruit, Lina s'y dirigea, et posa le livre. Avec le sortilège de désillusion, rien ne semblait avoir bouger. Lentement elle se retourna et regarda autour d'elle : elle avait réussit ! Personne apparemment ne l'avait vu. Elle se senti un peu plus légère, et c'est l'esprit appaisé qu'elle alla déposer les autres livres à l'entrée pour reprendre une autre fiche. Ce n'était certes qu'un seul livre. Mais c'était déjà mieux que rien.

_________________
"Du chaos naît une étoile"

EVERYONE YOU MEET IS FIGHTING A BATTLE YOU KNOW NOTHING ABOUT. BE KIND. ALWAYS.


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
GRYFFONDOR5ème annéePréfète
    GRYFFONDOR
    5ème année
    Préfète
AVATAR : Saoirse Ronan
MESSAGES : 761

INFOS PERSONNAGE
SITUATION AMOUREUSE SITUATION AMOUREUSE: Célibataire. Bisexuelle.
DATE & LIEU DE NAISSANCE DATE & LIEU DE NAISSANCE: 15 mars 1982, à Plymouth.
SANG SANG: mêlé
MessageSujet: Re: [Ven. 14 novembre 1997] MINI-INTRIGUE : Les écrits interdits Mar 4 Juil 2017 - 15:13

Le dernier cours de la journée prit fin dans un silence de mort. Dans la classe de métamorphose, où autrefois régnait une discipline exemplaire ponctuée de moments de relâchement, plus un murmure ne s’élevait. Plus un rire n’osait éclater devant une mutation ratée ou après une remarque amusante. Les vitres délivrant autrefois des flots de lumière semblaient avoir pris la teinte d’humeur des occupants de la salle de classe : grise et terne. Même la pauvre McGonagall semblait avoir vieilli de dix ans durant ces derniers mois. Son regard inquisiteur avait perdu de son tranchant, son dos n’était plus si raide et droit. Si elle restait aussi stricte qu’auparavant, les rares sourires qu’elle offrait aux chanceux semblaient s’être évanouis avec le professeur Dumbledore. Les changements opérés à Poudlard l’affectaient profondément, elle plus que tous les autres professeurs. Elle était aux premières loges de la destruction progressive et perverse de son école, une institution pluri-centenaire, un lieu mythique sauvagement mené à la débâcle.

Meredith jeta un dernier regard impassible à sa professeure, et se dirigea vers la sortie. Elle fut arrêtée en route par une injonction, son nom, prononcé par une voix à l’accent écossais caractéristique. La jeune fille se retourna lentement et observa la vieille femme s’approcher d’elle d’un air contrarié. Elle chercha une raison à cette contrariété, mais ne trouva rien de satisfaisant et se résolut à attendre que le blâme lui tombe dessus. De près, le professeur McGonagall paraissait à la fois plus imposante et plus triste.

« Breckenridge. Vous êtes convoquée immédiatement à la bibliothèque pour accomplir un travail dans le cadre de votre insigne. » La lionne ne laissa transparaître aucune forme de surprise ou de mécontentement. Elle se contenta d’hocher la tête en attendant la suite de la remarque. « L’ordre ne vient pas de moi, mais des professeurs Carrow. » crut-elle utile de préciser. Ce qu’elle voulait dire, c’était que quel que soit le travail en question, il serait désagréable, lié au nouvel ordre, et qu’elle n’avait rien à y voir. Meredith lâcha un « Très bien. » sec et formel, signe qu’elle voulait prendre congé pour aller accomplir son devoir d’honnête citoyenne, mais la professeure la retint d’un petit mouvement de la main. La salle était désormais vide, la porte close, et les murs certainement insonorisés. Le reste de la conversation serait donc privé.

« Miss, je ne sais pas à quel jeu vous vous adonnez avec nos nouveaux représentants de l’ordre, mais sachez que je n’apprécie pas que vous salissiez ainsi l’image de votre maison. Les actes vils que vous semblez vous plaire à accomplir sont indignes d’une Gryffondor telle que vous. » Son regard se fit plus perçant, sa voix plus basse. « Je croyais voir en vous, comme en votre frère, une personne d’honneur et de valeurs. Mr Breckenridge n’étant plus au château, n’allez pas croire que personne ne vous empêchera d’agir. En tant que directrice de votre maison, je m’opposerai fermement à votre comportement, autant que ma position me le permettra. »

La vieille femme, en prononçant ces mots lourds de sens, semblait se rengorger de fierté et de colère. Elle croyait en chacune de ses paroles, et la moindre phrase entrait dans l’esprit de Meredith comme autant de menaces à-demi voilées. Plus que tout, c’était la déception de sa directrice qui remuait ses entrailles mises à mal. Elle prit sur elle et planta ses yeux bleus dans ceux de son interlocutrice.

« Professeur, je vous entends, mais me dois de vous rappeler que je ne fais qu’agir dans mon intérêt et dans celui de ma maison en obéissant aux professeurs Carrow. Je ne suis pas mon frère et refuse en outre que l’on m’associe à lui. Quant à ces menaces, malgré tout le respect que je vous dois, je crains que vous ne soyez pas en position de me punir pour des actes commandés et plébiscités par la direction même de cette école. » Elle avait répondu d’une voix lente et incolore, à peine teintée d’un avertissement muet. Bien sûr qu’elle dépassait les limites de sa position, mais ce qu’elle disait était juste : sa professeure ne pourrait pas inventer un nombre infini de motifs pour la punir d’autres actes, et si elle le faisait, la préfète n’hésiterait pas à mentir auprès des Carrow pour sauver sa peau. « Alors je vous en prie, retirez autant de points à Gryffondor que vous le souhaitez, punissez-moi avec les nouvelles méthodes en règle. Je serai au regret d’en informer nos nouveaux professeurs, sans omettre les détails de cette conversation. Sur ce, professeur, je dois rejoindre la bibliothèque. Bonne soirée. »

Sans laisser le temps à l’écossaise de répliquer, Meredith tourna les talons et s’en alla d’un pas vif. Elle venait de menacer avec une rare impertinence la professeure qu’elle respectait le plus dans cette école, celle qui lui avait enseigné les mécaniques complexes de sa matière préférée, amie de leur précédent directeur et membre infaillible de l’Ordre. Refusant d’y réfléchir plus avant, elle accéléra le pas vers la bibliothèque. Elle ne savait pas en quoi consisterait ce « travail », mais ce qui était certain, c’est qu’elle devrait encore forcer le trait et obéir aveuglement. Elle atteignit la grande porte neuve, et tout de suite, l’image de milliers de livres flambants dans la nuit s’empara de son esprit. Elle chassa ce souvenir qui lui donnait la nausée et s’engagea dans l’immense salle à l’odeur délicieuse.

La bibliothèque avait toujours été splendide, mais depuis l’arrivée du nouveau maître des lieux, le meilleur avait été mis en valeur, le moins glorieux dissimulé voire éliminé. L’espace avait été totalement repensé, de manière logique et moderne, loin de l’esprit traditionnel de Mme Pince. Les étagères étaient impeccables, les tables mieux réparties, les bougies plus nombreuses et efficaces. C’était encore plus un plaisir de se rendre dans ce lieu sans âge. Ce soir pourtant, accompagnée d’autres victimes de la corvée, la jeune fille nota que le silence de rigueur lui semblait lourd et malsain. Une ambiance de procession pesait sur leur petit groupe de condamnés.

Mr Holbrey se leva à leur vue, comme toujours parfaitement maîtrisé dans sa manière d’être et de paraître (tant et si bien que Meredith s’en trouvait souvent indisposée), et prit la parole. Ce qu’il leur expliqua ne surprit pas le moins du monde la jeune préfète. La veille encore, elle s’était fait la remarque en tombant sur un ouvrage moldu qu’il était surprenant d’en voir encore parmi les étagères. Eh bien, ils y étaient maintenant. Meredith aimait passionnément les livres, elle voyait en eux des objets de savoir et de secrets aux vertus innombrables. De petits portoloins vers des destinations inconnues et fascinantes. Ce qu’on attendait d’elle sonnait comme une aberration, mais pas un seul instant elle ne songea à protester, à laisser paraître sa répulsion. Saisissant la feuille qu’on lui tendait, elle se mit au travail, l’air profondément ennuyé. Avant de se détourner complètement, elle jeta un regard curieux au bibliothécaire. Elle avait du mal à concevoir qu’un homme aimant comme lui les livres puisse se résoudre à les détruire sans états d’âme. Le fait qu’il s’occupe personnellement de la Réserve semblait légitime mais pouvait être également une excuse parfaite pour rester seul, sans surveillance, et sauver un maximum d’ouvrages rares. Elle se promit de faire un détour par chez lui durant les prochaines heures.

L’air concerné, elle avança vers le rayon qu’on lui avait attribué. En chemin, son regard tomba sur un garçon planté au milieu de l’allée, l’air un peu perdu, comme s’il hésitait sur la direction à prendre. Ou sur le choix à faire. Meredith appréciait beaucoup Jimmy. Elle lui était notamment extrêmement reconnaissante de prendre soin d’Amaryllis depuis septembre, veillant sur elle à sa place en la soutenant et en l’aimant. Ils avaient développé durant les dernières années une relation de complicité amusée, basée sur leur humour respectif et leur grand cœur. En mémoire de cette époque, la jeune rouge décida qu’elle devait prendre en main son ami en l’incitant à faire ce qu’on lui disait. Elle ne pourrait pas le punir lui, si elle le découvrait en flagrant délit de bonté et de normalité.

« Jimmy. » Elle se campa devant lui, levant légèrement le menton pour le regarder dans les yeux. Il n’était pas bien grand, et elle avait grandi, mais il gardait quelques centimètres de plus qu’elle. « Quoi que tu penses être juste ou non, c’est un conseil : obéis. Personne, pas même moi, n’hésiterait à te le faire regretter si tu tentais de sauver ces ouvrages. » Elle baissa le ton de sa voix en vérifiant que personne n’était alentour. « Je ne supporterais pas de te voir ou de devoir te blesser. Tu dois veiller sur Amaryllis. »

Sans insister plus, elle se détourna pour rejoindre sa sale besogne. Très vite, sa connaissance des lieux la mena à bon port : le rayon dédié à l’étude des us et coutumes moldus, et notamment la science et la technique, domaine foisonnant à souhait puisqu’en grande partie contradictoire avec les principes de base de la magie. La grande majorité de ce rayon allait devoir disparaître sous sa baguette criminelle. Le voulait-elle vraiment ? Bien sûr que non. Avait-elle le choix ?  Bien sûr que oui. Mais entre brûler des livres et torturer ou se faire torturer, la question ne se posait même pas. Cette opération n’était que symbolique, et on ne leur demandait tout de même pas de saccager des incunables. Elle se mit donc au travail, adoptant cette attitude robotique et ce visage fermé très étudié dont elle se paraît le plus souvent. Du bout de sa baguette, Accio, Wingardium Leviosa, Evanesco, tout s’enchaînait très bien. Elle était méthodique et efficace : faire disparaître des livres par la magie lui donnait un peu moins mauvaise conscience que si elle les déchirait ou les brûlait. Evanesco faisait disparaître les livres dans un espace différent, un autre lieu, une dimension où s’entassaient toutes sortes de mystères. Elle ne décidait pas de l’endroit où devaient atterrir  les livres, alors ils allaient dans l’espace indéterminé et illimité du sortilège, tout en continuant à exister. Avec un sourire amer, Meredith songea que c’était un des sortilèges qu’ils travaillaient en métamorphose en ce moment. Elle n’aurait pas imaginé devoir en faire usage si vite et si souvent.

Au cours d’un de ses déplacements de livres, un bruit sourd retentit, le bruit d’un livre tombant sur le parquet. La jeune fille fronça les sourcils, persuadée qu’aucun ouvrage n’avait échappé au contrôle de sa magie. Elle tâta le sol du bout du pied, et finit par sentir quelque chose qu'elle ne pouvait voir. D’un Finite, elle annula l’excellent sortilège de désillusion qui dissimulait le livre, et songea que même si l’idée était bonne, il n’aurait pas fallu longtemps avant que la supercherie soit révélée, et le livre détruit au bout du compte. Lâchant un soupir, elle décida de ne pas le faire disparaître, mais au contraire, d’en faire un exemple. Toujours du bout de sa baguette, elle l’expédia dans l’entrée, là où aucune étagère ne risquait d’être abîmée, et mit feu au livre en lévitation au milieu du chemin, impossible à rater pour celui ou celle ayant essayé de le sauver. Régulant son sortilège, elle fit en sorte que la flamme ne s’élève pas haut et clair, mais consume lentement les pages. Plaçant enfin, en dernière précaution, une poubelle vide sous le livre pour que les cendres ne brûlent pas le parquet, elle se remit au travail. Tout ce zèle était destiné à une seule chose : éviter que le drame de l’année précédente ne se reproduise par accident, un drame qui avait mutilé, presque tué son ami. En espérant que cela suffirait à dissuader quiconque de désobéir sans toutefois vraiment y croire, elle se remit au travail en silence, le nez empli de l’odeur âcre et étrangement agréable de papier brûlé.

_________________
when I find myself in times of trouble
mother Mery comes to me
et souvent la haine touche sa joue est arrache ses veines, alors il n'y a plus de souffrance et seulement la bête qui s'agite au creux de son ventre dans l'automne aride et la tempête

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
GRYFFONDOR6ème annéeCapitaine de Quidditch
    GRYFFONDOR
    6ème année
    Capitaine de Quidditch
AVATAR : Josh Hutcherson
MESSAGES : 549

INFOS PERSONNAGE
SITUATION AMOUREUSE SITUATION AMOUREUSE: Celibataire
DATE & LIEU DE NAISSANCE DATE & LIEU DE NAISSANCE: 7 Août 1982
SANG SANG: mêlé
MessageSujet: Re: [Ven. 14 novembre 1997] MINI-INTRIGUE : Les écrits interdits Mer 5 Juil 2017 - 19:32

Les écrits interdits
“Un livre est un outil de liberté.”
••••

   
Jimmy n’était pas ravi, pas du tout, de la tournure que prenait les évènements. Le Gryffondor ne comprenait pas comment le Bibliothécaire pouvait laisser tout cela se dérouler sans rien faire. Pourquoi n’avait-il pas pris soin de cacher les livres que les Carrows voulaient voir détruit ? Oh, après tout, il n’était pas dans la tête de Monsieur Holbrey – et c’était surement une bonne chose ! – mais, le Rouge et Or ne comprenait simplement pas comment tout cela pouvait se passer. D’abord, cet exposé que Jimmy avait trouvé tout simplement ignoble mais n’avait pas négligé. Ce n’était tout de jouer au petit rebelle, mais le jeune homme tenait bien trop à sa vie et son intégrité – physique comme mentale – pour jouer avec le feu. Alors il avait réalisé son exposé et ne s’en était plutôt pas trop mal sorti au vu du sourire effrayant qui avait étiré les lèvres d’Alecto Carrow. Comment avait-il pu faire ça ? Il ne le savait pas. Il s’était simplement détaché de l’exercice, avait laisser ses capacités d’écritures – pourtant destinées à la musique – pour rédiger cet exposé. Il n’avait fait que modifier la vérité, arrondir les angles simplement pour faire en sorte de plaire et de respecter les critères des nouveaux surveillants de l’école. L’exposé avait été la partie la plus simple de l’exercice, la suite s’annonçait beaucoup plus compliquée…

Devant Octave Holbrey, en compagnie de ses camarades, Jimmy écouta ce que l’homme leur expliqua et passa une main nerveuse dans ses cheveux bruns. Allait-il vraiment être en mesure de détruire ces bouquins ? Allait-il avoir le courage d’obéir ? Ou le courage de désobéir ? Etait-il aussi téméraire, fougueux et courageux que ces comparses rouges et ors ? Le jeune homme n’en savait rien, il était perdu dans les brumes de l’indécision, incapable de savoir quoi faire. Obéir ? Désobéir ? La réponse ne lui parvenait simplement pas. Une part de son esprit le poussait à résister tandis que l’autre lui insufflait d’être raisonnable et de suivre les directives. Aussi restât-il planter sur place, ne sachant que faire, alors que ces camarades se dirigeaient déjà vers leur rang d’étagère. Meredith avec qui il avait toujours bien plaisanté, s’arrêta devant lui. « Quoi que tu penses être juste ou non, c’est un conseil : obéis. Personne, pas même moi, n’hésiterait à te le faire regretter si tu tentais de sauver ces ouvrages. » dit-elle. Les sourcils du Gryffondor se froncèrent : en serait-elle vraiment capable ? Oh, Jimmy n’était pas aveugle, ni stupide, il avait bien remarqué que Meredith, avec son insigne de préfète, se pliait aux ordres des Carrow. Ce sur quoi il doutait, en revanche, était sur sa sincérité. Oh non, sa collègue de maison ne faisait pas cela de gaité de cœur, et les mots qu’elle prononça ensuite le lui confirma. « Je ne supporterais pas de te voir ou de devoir te blesser. »  Jimmy hocha la tête. Oh que lui non plus, n’avait pas envie d’être blessé, la punition du mois d’Octobre se rappela à son bon souvenir, et le Gryffondor ne put s’empêcher de frissonner. « Tu dois veiller sur Amaryllis. » ajouta Meredith, pour terminer de le convaincre, avant de s’en aller. Et Jimmy hocha la tête. Oui, il le devait.

Pourtant, il resta encore quelques longues minutes béat, immobile, pesant le pour et le contre, essayant de trouver les mots que pourrait lui murmurer Amaryllis au coin de l’oreille pour le guider. Sauf que la petite fleur de Poufsouffle n’était pas là. Il leva un instant les yeux, et fit quelques pas le long des rayons. Il resta silencieux alors que Line fit disparaître un livre entre ces mains avant de, lui sembla-t-il, le reposer sur une étagère. Le jeune homme ne souhaitant guère jouer les inquisiteurs avec ces camarades – il était capitaine de Quidditch, pas préfet ! – préféra ignorer l’action. Et puis, un livre apparut et s’envola au bout des rangées. L’objet s’enflamma et l’odeur de papier brulé attaqua les narines du jeune homme. Maintenant tout à fait réveillé, voyant ce petit spectacle enflammé comme le plus grand des avertissements, le jeune homme se dirigea vers la Poufsouffle de Septième année. « Mauvaise technique. » murmura-t-il à son intention. « Change. » continua-t-il, avant d’attraper l’ouvrage qu’elle tenait dans ses mains – visiblement, il était lui aussi dans la liste – pour l’envoyer, d’un coup de baguette magique - tout droit dans la poubelle d’où un fumet noir se dégageait. « Tu vois, c’est beaucoup plus efficace. » dit-il, alors que les mots de Meredith se bousculaient dans son esprit, en compagnie de cette nuit de souffrance qu’il avait passé et du doux visage d’Amaryllis. Oh, il ne connaissait pas beaucoup Line mais, très certainement, des livres n’était pas suffisant pour risquer sa peau. Le jeune homme tenta un petit sourire contrit à sa camarade, avant de filer vers sa rangée, sa propre liste en main.

   

   ••••

by Wiise

_________________
stand by me + When the night has come and the land is dark and the moon is the only light we'll see. No, I won't be afraid. No, I won't be afraid just as long as you stand, stand by me.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
SERDAIGLE5ème année
    SERDAIGLE
    5ème année
AVATAR : Freya Mavor
MESSAGES : 322

INFOS PERSONNAGE
SITUATION AMOUREUSE SITUATION AMOUREUSE: Célibataire
DATE & LIEU DE NAISSANCE DATE & LIEU DE NAISSANCE: 04/03/1982 à Londres
SANG SANG: mêlé
MessageSujet: Re: [Ven. 14 novembre 1997] MINI-INTRIGUE : Les écrits interdits Jeu 13 Juil 2017 - 0:04

14 Novembre 1997
~
Les écrits interdits


Voilà un mois que la bibliothèque était devenue le lieu de vie de la Serdaigle. Elle avait toujours aimé y passer du temps mais jamais encore elle n'en avait passé autant entre ces étagères poussiéreuses. A la sortie des cours, elle s'y rendait. Le week-end, elle s'y rendait. Cette immense partie du château avait accueilli cette âme solitaire pendant des journées entières, de l'aube à la tombée de la nuit. Généralement, elle préférait profiter de l'extérieur, du parc et de ses alentours, souvent accompagnée d'Elliot. Mais ses habitudes avaient tout à coup basculé, elle fuyait son ami ainsi que tout le reste du château et s'isolait dans un coin retiré de la bibliothèque, son nouveau refuge. Elle ne voulait pas qu'on la trouve, elle voulait seulement fuir son quotidien déprimant en se plongeant dans les livres, en s'imprégnant des récits, en remodelant son environnement par le simple pouvoir de l'imagination.

Ce refus de socialisation se justifiait par les deux cicatrices qui ornaient ses joues depuis la "Nuit des Souffrances". Son visage était laid. Il suffisait d'y jeter un coup d'oeil pour ressentir l'effroi d'une soirée terrible. Alors elle se cachait un maximum de la vue de tous. Cependant, elle finit par réaliser qu'elle ne pourrait pas se dissimuler éternellement. Cette prise de conscience lui vint quelques jours après la nuit d'Halloween, où un nouveau traumatisme la bouleversa, mais ce traumatisme avait été réparateur, en un sens. Cette nuit-là, elle avait arboré un déguisement qui recouvrait son corps dans son entièreté, s'offrant ainsi une promesse d'anonymat. Mais c'était sans compter l'intervention cruelle des Carrow qui avaient relâché un épouvantard, semant ainsi le chaos dans la Grande Salle. Malia fut dans les premières à affronter ses cauchemars. Un détraqueur putride lui arrachant sa capuche puis un miroir reflétant ses plaies sanglantes. Plus que son anonymat évaporé, ses démons secrets avaient été vulgairement exposés aux yeux de tous. Elle s'était d'abord sentie humiliée, hantée, souillée. Puis, à peine deux jours après, elle abandonna cette honte pour faire face à une évidence douloureuse. Elle les avait laissés gagner. Les Carrow, l'épouvantard, le desespoir, tous. Elle les avait tous laissés gagner.

- Personne ne devrait pouvoir t'ôter ce sourire.

La phrase du bibliothécaire lui était revenue à l'esprit quelques jours après. Il avait raison, elle ne devait pas se laisser abattre, elle ne devait pas laisser les Carrow contrôler ses états d'âme, plus jamais. Elle avait été faible et pourtant sa force était à présent gravé ironiquement sur son visage : son sourire. Doucement, elle reprit connaissance avec sa philosophie de vie et revint auprès de ses amis en s'excusant de son absence. Alors qu'elle retrouvait progressivement sa bonne humeur et sa confiance en elle, son envie de révolte évolua de plus en plus, alimentée par les derniers évènements. Elle ne voulait plus être un pantin impuissant, elle voulait agir et améliorer les choses comme elle le pouvait. Pour cela, elle avait essayé de former un projet de résistance interne à Poudlard avec Nolan et sa motivation n'avait cessé de croître. De ce fait, l'organisation du groupe avait singulièrement évoluée en ce début du mois de novembre, les premières actions avaient eues lieu et le cercle de résistants s'était légèrement agrandi. La bleue et bronze avait donc repris contact avec le monde, n'ayant plus honte de ses plaies qui avaient fini par cicatriser complètement. Du moins, c'est ce dont elle essayait de se convaincre mais au fond d'elle un malaise viscéral subsistait quand les regards restaient un peu trop longtemps fixés sur son visage. Malgré cela elle feignait l'indifférence car cela représentait pour elle une provocation silencieuse face aux Carrow qui avaient pris trop de plaisir à la voir démunie.

Depuis Halloween, elle ne passait donc plus son temps à la bibliothèque pour se réfugier, mais pour préparer un devoir demandé par Alecto Carrow. Le principe était simple : dénoncer les mensonges écrits sur les moldus dans des livres élogieux à leur sujet. Dans le fond, ce devoir ne demandait pas un travail énorme, pourtant Malia passa un temps considérable dessus. Le livre qu'elle devait démentir avec pour intitulé : "La Technologie, ou la magie moldue". Elle l'avait dévoré avec avidité, découvrant les façons fascinantes des moldus à améliorer leur quotidiens par diverses créations loufoques mais ingénieuses. Certes, sa propre mère était moldue donc Malia était déjà familière avec certaines particularités de l'univers de ces êtres dépourvus de magie. Néanmoins, sa génitrice s'était accommodée au mode de vie sorcier et s'était peu à peu éloignée des intérêts propres aux moldus, offrant à ses enfants qu'une vision restreinte de leurs origines. Malia avait donc grandi dans un milieu baigné dans la magie et que peu agrémenté des habitudes moldues. Ainsi, l'aiglonne découvrit plus en détail à travers sa lecture des concepts technologiques récents comme la télévision, le téléphone, l'ordinateur, etc. Elle en vint même à se demander pourquoi sa mère ne se procurait pas ce genre d'outils qui semblaient simplifier la vie des moldus. Mais en pensant ainsi à sa mère, la douleur du manque lui enserrait le coeur, l'adolescente avait besoin d'elle dans ces moments difficiles et aurait aimé avoir de ses nouvelles. Malheureusement, sa mère s'était séparée de sa famille cet été pour se réfugier en Finlande auprès de ses propres parents pour vivre dans un semblant de sécurité.

Après la lecture enrichissante de ce livre, l'aiglonne ne voyait guère comment en dire du mal. Cette partie-là fut la plus fastidieuse, la Serdaigle passa des heures à la bibliothèque pour trouver des failles hypothétiques ou pour inventer des vices qui n'avaient pas lieu d'être. Elle ne prit aucun plaisir à l'ouvrage et délaissa finalement son perfectionnisme pour réaliser un travail inachevé, incapable de profaner davantage de mensonges à propos d'êtres humains qu'elle admirait pour leur inventivité et leur débrouillardise. Son exposé ne sembla donc pas satisfaire les attentes de sa nouvelle professeur d'étude des moldus, et ce fut peut-être la raison pour laquelle elle se retrouvait encore à la bibliothèque le soir même, par contrainte cette fois-ci, pour réaliser un nouveau travail qui résonnait plus comme une punition.

- Bien le bonjour mesdames et messieurs.

Mr.Holbrey, d'une prestance courtoise propre à son rôle de bibliothécaire, accueillit les élèves dans son lieu de travail. A la vue de l'homme, Malia ne put s'empêcher de ressentir un certain trouble, tout comme les jours précédents où elle l'avait croisé en faisant ses recherches. Elle ne lui avait pas reparlé depuis l'épouvantable soirée où ils avaient été liés, d'abord par une danse, puis par leur malheur. Cette nuit là, elle avait découvert une part enfouie de la personne qui se dissimulait derrière le titre de bibliothécaire. Trois choses lui revenaient à l'esprit dans un contraste fulgurant quand elle croisait sa silhouette : la valse, les bouteilles, ses mots. Un moment intemporel, une scène abominable, des paroles réconfortantes. Et pour ce dernier souvenir elle voulait le remercier. Le remercier car c'était en partie grâce à lui qu'elle n'avait pas autorisé le désespoir à la submerger. Grâce à ses mots. Néanmoins, elle n'avait pas encore eu la force d'aller le voir et d'affronter les souvenirs de cette nuit, elle le voulait pourtant, il le fallait. Mais pour le moment, une tâche lui était incombée et elle se fit donc attentive aux consignes.

- Je suppose que chacun de vous sait ce qu’il a à faire ? En plus des livres que vous avez étudiés, j’ai préparé des listes complémentaires de ce vous allez devoir… supprimer.

La brève hésitation sur le mot "supprimer" laisser envisager que lui aussi était désolé par la mission qui lui était attribuée. Malia ne trouvait pas cela étonnant, il était bibliothécaire et devait donc accorder une valeur particulière à chacun des ouvrages remplissant ses étagères. Et même sans détenir le statut de gardien de livres, un autodafé restait un acte vulgaire qui pouvait révolter n'importe quel citoyen, Malia la première. Comment allait-elle se résigner à détruire ces objets qui renfermaient un savoir si précieux ? Rien que pour la symbolique du geste, elle ne pouvait se soumettre à cette idée et c'est avec les pensées embrouillées qu'elle écouta la suite des consignes.

- Chaque feuille correspond à un rayonnage. Y sont inscrits le titre et le nom de l’auteur. C’est tout ce que vous avez besoin de savoir pour retrouver les ouvrages sur les étagères qui, je le rappelle pour ceux qui découvrent cet endroit pour la première fois de l’année, sont rangées par ordre alphabétique selon l’auteur. Chacun prend une feuille pour commencer. Dès que vous avez fini votre rayon, vous revenez ici et vous en prenez une autre et vous continuez jusqu’à ce qu’on arrive à Z. Je me chargerai personnellement de la réserve donc si vous avez des questions, j’y serai. Je ne peux que vous conseiller d’être rapides et efficaces parce que personne ici n’a envie de décevoir les Carrow ne serait-ce qu’en apparence, n’est-ce pas ? N’est-ce pas. Au boulot


La dernière indication du bibliothécaire percuta l'esprit de la Serdaigle. Elle s'imaginait très probablement des choses, mais elle avait l'étrange impression que l'homme avait soigneusement choisi ses mots pour qu'on puisse y soustraire un sens caché. "Ne serait-ce qu'en apparence"... "Rapide et efficace" ... Mais oui, forcément ! Dans la tête de la blonde s'enclencha tout un mécanisme logique dont les engrenages étaient entretenus quotidiennement par l'espiègle heurtoir menant à sa salle commune. Parmi ses pensées se forma ainsi une idée nouvelle et excitante qui stimulait son esprit de révolte. Il suffisait d'obéir "en apparence" mais de détourner la mission de façon "rapide et efficace". La jeune Montgomery était déterminée, elle allait sauver les livres. Et pour cela, qu'une seule solution : les dissimuler de la manière la plus ingénieuse. Son cerveau de Serdaigle trépignait déjà d'impatience à l'idée d'exploiter son imagination pour une cause juste. Qui aurait cru qu'une élève puisse finalement prendre plaisir à cet exercice ?


La 5e année s'empara d'une feuille et se dirigea d'un pas résolu vers son rayonnage, tentant tout de même de ne rien laisser paraître. Sur son chemin, elle essaya de repérer différentes cachettes mais celles-ci n'étaient pas aussi nombreuses que voulu. Dissimuler des livres sans qu'ils ne soient trouvés par la suite n'allait pas se révéler si facile pour la sorcière. Pour commencer, elle décida de regrouper tous les livres de la liste, elle s'en occuperait ensuite cas par cas. A coups de baguette elle fit léviter chacun des manuscrits de leur emplacement à une petite table jusqu'à ce qu'une pile conséquente se forme. Une fois le rayonnage vide de ressources sur les moldus, la sorcière put enfin commencer les choses sérieuses. Premier livre, couverture bordeaux, lettres dorées, coins cornés. Succombant à l'envie, elle l'ouvrit et fit défiler les pages tout en inspirant l'odeur familière qui s'en échappait. Ce qu'elle aimait ces objets si triviaux mais si réconfortants, une ouverture sur un nouveau monde, un refuge. Puis, elle ferma le livre d'un coup sec, elle n'avait pas le temps de traîner si elle voulait parvenir à bout de cette haute pile. Précautionneusement, elle jeta un regard aux alentours. Personne. D'un pas léger elle s'éloigna quelques peu de son rayonnage pour rejoindre les tables de travail et en passant à côté, d'un geste discret du bras, elle glissa le livre dans un des casiers intégrés au meuble. Pour ne pas éveiller les soupçons d'un éventuel témoin, elle continua de longer les tables sur quelques mètres avant de bifurquer dans une autre allée. Guidée inconsciemment par ses pas, elle se retrouva alors face à l'entrée de la réserve. Elle resta figée un instant en percevant un mouvement entre les étagères. Le bibliothécaire était là, seul, occupé à sa tâche. Peut-être que lui aussi essayait de sauver des ouvrages ? Peut-être avait-elle interprété ses paroles de manière juste et avait ainsi deviné ses intentions ? Ou bien peut-être que son imagination avait seulement construit un scénario ridicule à travers des sous-entendus incertains... Mais ce n'était pas sa curiosité quant aux actions du sorcier qui l'amena à poursuivre son chemin dans la réserve, non. Si elle se tenait à présent face à Mr. Holbrey c'était pour une raison tout à fait divergente.

- Bonsoir... Euhm, je...

Son air timide contrastait ridiculement avec l'assurance dont elle avait fait preuve durant leur valse, cachée derrière sa capuche. Elle fixa le sol et articula :

- Je ne vous ai jamais, euh... remercier... pour la soirée. Votre soutient et, euh, ce que vous m'avez dit. Ca... ça m'a touché et... aidé, en quelque sorte.

Puis, dans un élan maladroit, ses yeux vinrent à la rencontre de ceux de son interlocuteur et ses commissures de lèvres s'étirèrent dans un tendre sourire plein de sincérité. Personne ne lui ôterait ce sourire élargi par ses cicatrices, pas tant qu'elle se remémorerait cette phrase et ça, elle voulait qu'il le sache. Sans donner l'occasion à l'homme de réagir à sa soudaine venue, elle repartit aussi vite qu'elle était venue, laissant flotter derrière elle un léger voile de mystère dans l'atmosphère de semi confidence qui régnait alors dans la réserve.

La jeune fille revint sur ses pas dans cette bibliothèque fantomatique. Une lueur particulière attira son regard qui suivit sa source et découvrit alors un spectacle désagréable. Un livre lévitait dans les airs, rongé par des flammes qui dévoraient lentement ses pages, éternisant ainsi la torture. Avec un pincement au coeur, Malia pressa le pas, encore plus déterminée à atteindre ses objectifs défendus. Rejoignant sa pile, elle attrapa vivement un manuscrit et l'emporta vers la cachette qu'elle avait trouvé. En arrivant au bout de l'étagère, elle vit une petite fille assise à une table et se figea. Il fallait faire demi-tour, elle ne pourrait rien mettre dans un casier sans se faire repérer. Elle retourna à son rayonnage, s'adossa à une étagère et ferma les yeux. Il fallait trouver une autre cachette et vite ! Mais sa concentration fut interrompue par le bruit grinçant d'une chaise suivit de pas qui résonnèrent jusqu'à elle. Avec hâte elle se redressa, reposa son livre sur la pile et simula une fouille intensive parmi les livres rangés dans l'étagère poussiéreuse. Une petite silhouette se dirigea vers elle et elle arrêta sa comédie pour lui faire face. Les traits de la petite fille lui semblaient familiers et elle dévisagea un instant la 1ère année sans parvenir à reconnaître l'Augurey avec qui elle avait partagé une danse gracieuse le soir d'Halloween. Puis, son regard turquoise se détourna soudainement du visage enfantin pour se fixer sur l'objet bordeaux au creux de ses bras. La bleue et bronze avait eu espoir qu'il aurait fallu davantage de temps pour que son livre soit découvert la seule cachette qu'elle avait trouvé à présent était donc à bannir. C'est seulement quand la petite Serpentard prit la parole que Malia se rendit compte de l'expression tendue de son visage qu'elle s'efforça de modifier pour ne pas se trahir.

- Euh, j'ai trouvé ce livre. D'après l'étiquette il devrait être rangé dans ton coin, alors euh, j'ai pensé que je devais te le rendre. Pour que ce soit toi qui le détruises, tu sais ?

Malia resta interdite un bref instant. Rien que quelques secondes, pas grand chose. Mais suffisamment pour que la petite ait des doutes.

- Hum, d'accord. Enfin, oui ! Je veux dire, merci ! C'est celui que je cherchais depuis avant, heureusement que t'es passée dans le coin...

Les talents de comédienne de la blonde vénitienne étaient tout bonnement pathétique, pour ne pas dire inexistants. Il allait sérieusement falloir qu'elle apprenne à mieux mentir et à contrôler ses réactions dans des situations inattendues sinon elle ne ferait pas long feu dans tous ses ambitieux projets de résistance. La fillette de onze ans finit par s'en aller et Malia lâcha un profond soupir de soulagement. Sa mission de sauvetage des livres avait failli tomber à l'eau  et cet échec aurait entraîné la sorcière dans un tourbillon de problème. Le coeur encore palpitant à l'idée d'avoir frôlé une confrontation avec les Carrow, Malia pressa ses neurones pour trouver une meilleure idée de cachette que la précédente. Elle réfléchissait tout en reprenant en main le livre qu'elle avait précipitamment remis sur la pile à l'arrivée de la Serpentard. Elle effleura le titre calligraphique de ses longs doigts : "Comment vivre sans baguette". Mais oui ! Sa baguette ! Elle pouvait lui servir à autre chose qu'à mettre le feu aux manuscrits ! La question qui se posait à présent était de savoir quel sortilège pouvait lui être d'une quelconque utilité. Cacher le livre au sein même de la bibliothèque n'avait pas été fructueux et si les Carrow se décidaient à vérifier les lieux cela pouvait être dangereux. Il fallait les emmener hors de la bibliothèque, là où on ne penserait pas à les trouver. Oui, la voilà l'idée !

- Reducio ! chuchota la Serdaigle en pointant le livre de sa baguette.

L'objet rétrécit progressivement, rendant peu à peu les lettres qui l'ornaient indéchiffrables. Le parallélépipède prit alors des dimensions minimes, au point que l'enchanteresse soit capable de l'envelopper en entier dans une seule de ses fines mains. Satisfaite du résultat, elle esquissa un sourire et le glissa dans une poche intérieure de sa robe de sorcière. A moins de la soupçonner au point de la déshabiller, la Miss Montgomery détenait finalement une cachette sûre. Elle regarda la pile et songea avec fierté à son idée avant d'appliquer le sort de réduction au livre suivant. Si elle ne se faisait pas prendre, elle emporterait ces biens précieux jusqu'à son dortoir et les garderait en secret dans ses affaires jusqu'à ce que la situation se rétablisse, que Poudlard retrouve son éclat. Ces jours de paix allaient revenir, elle en était certaine. Du moins, elle y croyait. Plus que tout.




_________________


Across the Universe
Peu importe l'immensité du néant dans lequel elle est plongée, elle continuera à croire qu'un filet de lumière, aussi mince soit-il, existe quelque part et pourra surpasser l'ombre ~ ©endlesslove.
>
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
SERPENTARD1ère année
    SERPENTARD
    1ère année
AVATAR : Ava Acres
MESSAGES : 339

INFOS PERSONNAGE
SITUATION AMOUREUSE SITUATION AMOUREUSE: Célibataire
DATE & LIEU DE NAISSANCE DATE & LIEU DE NAISSANCE: 01/04/1986 à Rennes
SANG SANG: mêlé
MessageSujet: Re: [Ven. 14 novembre 1997] MINI-INTRIGUE : Les écrits interdits Ven 14 Juil 2017 - 11:51

Andrée commençait à sérieusement douter que son choix fût le bon. À chaque livre qu’elle dénichait dans les étagères, une sorte de culpabilité malsaine lui tordait l’estomac. Elle avait beau se dire et se répéter qu’il existait plusieurs exemplaires des livres qu’elle allait devoir détruire, se convaincre restait relativement ardu ; dans les livres, elle s’y réfugiait beaucoup lorsqu’elle avait été plus jeune et leur vouait une sorte de respect mêlé d’émerveillement. C’étaient de beaux objets et ils véhiculaient les rêves et les histoires qui l’avaient portée lorsqu’elle n’avait plus personne sur qui s’appuyer.
 
C’était surtout pour ça qu’elle avait hésité à reposer l’ouvrage dans son casier et à faire comme si de rien n’était. Après tout, ce n’était pas elle qui avait bravé les ordres et épargné un livre n’est-ce pas ? Elle, elle se contenterait de ne pas relever l’erreur parce qu’elle ignorait quoi faire d’un livre qu’on avait dissimulé – enfin, en théorie, ce serait ça. Sauf que si quelqu’un, n’importe qui, remarquait qu’elle avait trouvé un livre sur les Moldus, même n’appartenant pas à son rayonnage, qu’elle n’avait pas détruit… Elle ne voulait pas imaginer ce que les Carrow pourraient inventer. Les tortures physiques, les tortures mentales, l’Epouvantard, elle se fragilisait de jour en jour. Elle ne voulait pas subir plus, elle ne voulait pas finir brisée. Elle voulait survivre à son année et savait déjà qu’à son niveau, la soumission était de loin préférable.
 
Elle se mordit les lèvres, toujours indécise. Elle se remémora Lina, pressant sa main sur son épaule, lui insufflant le courage qui lui manquait peut-être pour effectuer sa mission. Sur le moment, Andrée n’avait pas été certaine de la façon dont elle devait interpréter son geste ; un mouvement de tendresse alors qu’une fois de plus, leurs défenses seraient mises à l’épreuve ? un acte de reproche pour qu’elle ne fasse pas n’importe quoi et que, pour une fois dans sa courte vie, elle s’engage au moins un tout petit peu dans la Résistance ? l’assurance que la jeune femme serait toujours avec elle ? À présent qu’elle était mise devant le fait accompli, Andrée savait – ou plutôt, devinait. Lina n’avait jamais voulu lui forcer la main, oh non. Au fond d’elle, la petite fille percevait bien que son aînée ne voulait que sa sécurité – la conversation dans la volière, à elle seule, lui soufflait ce message. Non, Andrée voulait croire que l’élan de soutient qu’elle lui avait prodigué lui dictait de se garder en lieu sûr : ne rien tenter de dangereux, de malencontreux, de difficile à effacer. Ne pas se mettre en difficulté malgré tout ce que la grande pensait. La petite fille revit le récent insigne épinglé sur la robe de la sorcière qui clamait son ton nouveau statut de préfète. Oui, elle comprendrait – il fallait qu’elle comprenne. Elle comprendrait ou bien ne saurait jamais.
 
Ce fut ce qui la décida.
 
D’un air déterminé, elle s’empara de l’ouvrage. Son cœur se serra à l’idée de ce qui allait lui advenir. La couverture, tannée dans le cuir et finement ouvragée, était bordeaux lacée de dorée. Il était vraiment magnifique. Sûrement avait-il traversé les âges et vécu de multiples histoires, si elle en jugeait par l’usure déjà manifeste des parchemins à l’intérieur et des coins du dos du bouquin. Son visage se tendit. Il fallait qu’elle le fasse.
 
Un coup d’œil à la tranche suffit à lui indiquer d’où il venait. Au fond d’elle, elle espéra que ce fut l’élève – la Serdaigle manifestement – qu’elle rejoignit qui l’avait déposé là ; ainsi elle saurait qu’il n’y avait pas que des lâches comme elle dans l’école et les Carrow n’aurait pas complètement gagné leur sacro-sainte et infâme croisade. La jeune fille qu’elle trouva dans le rayonnage avait le visage étrangement tendu. Comme si elle était concentrée à l’extrême, comme si elle préparait un coup d’éclat – Andrée força son esprit à arrêter de fantasmer. Ses yeux s’attardèrent sans doute un peu trop sur les cicatrices qui lui déformaient les coins de la bouche et retint à grande peine la grimace qui menaça d’émerger. Dégoût ou compassion, elle ne savait pas bien – toujours était-il qu’avec la moitié de son visage nivelé des coupures blanchâtres que lui avait infligées Alecto Carrow, elle était mal placée pour la juger. En revanche, elle ne put retenir le mouvement de recul qui la prit instinctivement lorsqu’elle aperçut les couleurs de l’étudiante. Finalement, peut-être que ce livre perdu n’était pas si volontaire que ça – elle avait plutôt du mal à croire qu’un Serdaigle pouvait avoir du bon à l’intérieur de lui-même.
 
Elle soupira en fermant les yeux un instant, comme pour se donner du courage : « Euh, j’ai trouvé ce livre. D’après l’étiquette il devrait être rangé dans ton coin, alors euh, j’ai pensé que je devais te le rendre. Pour que ce soit toi qui le détruises, tu sais ? » Regard interrogateur, haussement de sourcils. La jeune Serdaigle sembla hésiter un instant, sans raison particulière. « Qu’y a-t-il ? »
 
Elle sembla se reprendre. « Hum, d’accord. » Andrée leva encore plus haut son sourcil. « Enfin, oui ! Je veux dire, merci ! C’est celui que je cherchais depuis avant, heureusement que t’es passée dans le coin… » Si la fillette en avait voulu la confirmation, elle avait désormais la preuve que la jeune fille était bien piètre menteuse. Il était évident qu’elle cherchait à cacher quelque chose – ce que c’était, il fallait encore le découvrir.
 
La jeune femme se saisit du livre pour le récupérer. Tous les doutes d’Andrée refirent soudain surface et malgré elle, ses mains restèrent crispées sur l’œuvre, comme pour la retenir de partir loin d’elle. Sans doute son désir de la protéger était plus fort qu’elle ne le pensait auparavant – juste, son corps l’avait mieux compris que son esprit, ou était-il un peu plus courageux que le mental de la fillette.
 
Il y eut un moment de flottement sans qu’elle ne sache comment réagir et elle lâcha soudain le livre en esquissant un sourire gêné. « Hum, désolée, je sais pas ce qui m’a pris. » Elle se mordit les lèvres en cherchant une excuse à lui servir pour se justifier. « Disons que, euh… » Elle trépigna. Soudain, une idée afflua : si elle ne pouvait pas épargner le livre, au moins se chargerait-elle de vérifier sur la Serdaigle pourrait le faire à sa place. Tout à coup, la marche à suivre lui parut évidente et elle retint une moue embêtée – pourquoi n’y avait-elle pas pensé avant ? « Tu sais, j’ai pas trop d’idée pour détruire les livres, alors j’aimerais bien que tu me montres comment tu fais. Pour, tu sais… m’apprendre ? » Elle était beaucoup trop hésitante dans ses mots et, à la réflexion, sans doute pas très bonne menteuse non plus, mais elle pourrait faire passer ses doutes pour de la timidité. Enfin, elle l’espérait.
 
Andrée ficha ses yeux sombres dans ceux de la jeune fille. Peut-être qu’une lueur de doute allait passer dans son regard, peut-être qu’un tic dans son expression la trahirait, peut-être… Peut-être qu’elle se trompait, au final, et qu’elle n’en avait rien à faire du tout de cette punition. Si ça se trouvait, elle s’était montée un film toute seule et la Serdaigle était juste là pour accomplir sa corvée – après, basta. Et en y réfléchissant bien, ça ne semblait vraiment pas incohérent vu ses couleurs. Elle espéra que son dédain ne se vît pas trop sur son visage.
 
À la place, ce fut le défi qu’elle trouva dans ses iris. Le défi et la provocation. Comme si la jeune Serdaigle s’estimait en danger, comme si elle ressentait le besoin de faire ses preuve – car c’était toujours ce qui arrivait lorsqu’on se sentait acculée non ? Et pourquoi se trouverait-elle en mauvaise posture ? Avait-elle quelque chose à se reprocher ? De méprisante, l’expression d’Andrée se fit soupçonneuse. Elle n’arrivait pas à savoir. Elle n’arrivait pas à se rassurer. Et de toute évidence, elle n’y parviendrait pas avec elle.
 
La Serdaigle agita sa baguette et Andrée chercha la nonchalance qu’elle aurait eue si elle avait vraiment été d’accord avec leur corvée. Fut-ce réellement cela qu’elle perçut dans le geste sec de l’arme magique ? Ne s’apparenterait-ce pas plutôt à une sorte de crispation confuse ? Ou était-ce simplement son imagination ? La fillette secoua la tête : elle se faisait sans doute des films. Beaucoup trop de films. Preuve en était du livre qui, à présent presque en cendres, se consumait tranquillement, léché par les flammes de vermeil et d’or. « Je vois », dit-elle lentement. « Eh bien merci… j’imagine. »
 
Elle recula lentement, les yeux toujours plantés dans ceux de la jeune femme. Jusqu’au bout, elle chercha la flamme qui lui confirmerait ses doutes, l’ultime étincelle qui lui soufflerait ce qu’elle voulait savoir – mais rien. Andrée s’était trompé. Et elle admit sa défaite en faisant brusquement demi-tour. Une sorte de bile amère dans la bouche, elle rejoignit son poste de travail. Les livres l’attendaient sagement, là, rangés en pile, comme l’appelant à les brûler. La désillusion, la déception et en un sens, la rage que la Serdaigle avait fait naître bouillonnèrent un instant tout au fond d’elle. Avec brusquerie, elle ramassa sa baguette qu’elle avait laissé traîner sur l’une des étagères. Au même moment, un livre tomba. Furieuse et mauvaise perdante, elle shoota de toute ses forces dedans. La couverture, déjà abîmée par les temps qui passaient et l’usage pas toujours très soignés qu’en faisaient les élèves, se corna un peu plus. Elle doutait très fortement qu’il fût inscrit sur sa liste, étant donné qu’elle avait déjà purgé cette partie de son secteur, mais qu’importait : lui aussi serait victime de son acide déconvenue.
 
D’un geste sec, elle pointa la tour de papier avec son arme. « Incendio », dit-elle en copiant les mouvements qu’avait eus la bleu et bronze un peu plus tôt. Evidemment et comme chaque fois qu’elle tentait quelque chose de magiquement nouveau, rien ne se produisit. Elle agita un peu plus le bras, vexée. Seules quelques étincelles sortirent mais se fut apparemment suffisant pour embraser les parchemins. Bientôt, ce fut tout le petit tas qui se mit à fumer.
 
Elle se remit au travail, prenant le parti de jeter immédiatement les bouquins qu’elle trouvait pour ne pas se laisser le temps de tergiverser. Heureusement que l’allée était large, se dit-elle pensivement. Et heureusement que sa pile de livres n’était pas très grande aussi : le bûcher n’était en fait pas très impressionnant. Quelques flammèches qui léchaient le cuir et une fort odeur qui piquait le nez, tout au plus.
 
Malgré le crépitement du parchemin qui se racornissait et qui se noircissait, Andrée ne put pas vraiment manquer le bruit de frottement de l’autre côté du rayonnage. Comme si quelqu’un faisait glisser quelque chose sur le sol, comme s’il avait voulu ne pas se faire remarquer – c’était très ténu, et puis la personne devait estimer que le chant des braises dans l’allée voisine pouvait masquer son méfait. La fillette se mit à quatre patte, curieuse, et colla sa joue contre le carrelage. Une paire de chaussures noires s’en allaient déjà un peu trop rapidement pour que ce soit innocent, mais il n’y avait rien à part de la poussière sous le meuble. Andrée fronça les sourcils. Elle était pourtant sûre…
 
Il y avait une longue traînée propre jusqu’au milieu de l’espace recouvert. Comme si, par exemple, on avait voulu cacher un livre quelque part par ici. Seulement il n’y avait rien – rien du tout. Andrée brassa le vide avec son bras, dubitative, et finit par tâter quelque chose d’invisible. « Un livre ! », s’exclama-t-elle, car s’il n’y avait rien de percevable, pas de doute, ce qu’elle touchait, ça avait la texture du cuir et du papier. Elle se relava, triomphante – ainsi il y avait bien des gens qui défiaient les Carrow, des gens qui apaiseraient sa conscience pour elle.
 
Elle hésita à replacer l’objet là où elle l’avait trouvé, innocemment. Ce n’était pas elle qui l’avait caché la première, après tout. Ce n’était pas de sa faute, elle ne braverait pas vraiment les ordres. Les pas qui approchèrent lui firent tout de suite changer d’avis : elle balança son ouvrage au feu, croisa les mains dans son dos et se composa l’air le plus angélique qu’elle put alors que Mr Holbrey débarquait dans son secteur. Et son visage avait l’air d’être tout sauf avenant.




HJ:
 
_______________________________


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
SERDAIGLE5ème année
    SERDAIGLE
    5ème année
AVATAR : Freya Mavor
MESSAGES : 322

INFOS PERSONNAGE
SITUATION AMOUREUSE SITUATION AMOUREUSE: Célibataire
DATE & LIEU DE NAISSANCE DATE & LIEU DE NAISSANCE: 04/03/1982 à Londres
SANG SANG: mêlé
MessageSujet: Re: [Ven. 14 novembre 1997] MINI-INTRIGUE : Les écrits interdits Ven 14 Juil 2017 - 22:50

Après sa visite imprévue et spontanée dans la réserve afin de remercier vaguement le bibliothécaire pour de simples mots prononcés à son égard, Malia retourna à son rayonnage dans un élan rapide qui pouvait aisément être interprété comme une escapade fugitive. En passant près de l'entrée de la bibliothèque, elle eut une démonstration du travail effectué par ses camarades, de façon bien trop appliqué à son goût. Ses yeux refusèrent de s'attarder sur les flammes magiques qui consumaient injustement un manuscrit. Elle se demanda alors si d'autres élèves avaient eu l'audacieuse idée de désobéir secrètement aux ordres, comme elle. Elle était persuadée que d'autres âmes étaient moralement contre l'autodafé mais est-ce que l'une d'entre elles avait seulement osé prendre le risque de satisfaire les caprices de sa conscience ? La réponse resterait probablement énigmatique pour l'adolescente, elle ne pouvait pas se permettre de mener l'enquête sans mettre en danger sa position. Sans compter le peu de temps qu'il lui restait et qu'elle avait déjà bien trop gaspillé.

Rapidement, elle retourna à son rayonnage, attrapa un nouveau livre et se dirigea mécaniquement vers les tables de travail - une cachette à exploiter. Mais le pas assuré de la blonde vénitienne fut brutalement interrompu par le tableau qui s'offrait à ses yeux au détour d'une allée. La présence inattendue d'une première année installée sagement à une table vint troubler ses actions factieuses. Son arrêt brusque fut aussitôt suivi d'un demi-tour précipité vers son rayonnage. S'adossant au bois sombre d'une étagère, elle hésita entre deux plans d'action. Soit elle attendait que la fillette parte pour réitérer sa première cachette, en espérant qu'elle ne s'éternise pas, soit il lui fallait trouver un nouveau lieu de dissimulation, tâche compliquée dans ce dédale dont les moindres recoins semblaient s'offrir ouvertement aux yeux de tous. Finalement, le destin, en guidant les pas de la petite fille vers elle, lui retira l'opportunité de prendre une décision. Alarmée par les informations réceptionnées par son ouïe, Malia reposa maladroitement le livre qu'elle tenait sur sa pile et se retourna vers l'étagère, dérangeant son contenu pour feindre l'occupation à sa tâche. Confirmant ses soupçons, la petite rejoignit son rayonnage et se posta à quelques mètres d'elle. La 5ème année se retourna, d'abord calmement, pour lui faire face, se demandant ce qu'elle pouvait bien lui vouloir. Elle remarqua tout d'abord le regard de celle qui lui faisait face, semblable à temps d'autres malheureusement, qui était fixé sur ses affreuses cicatrices. Son premier réflexe aurait été de tourner la tête pour fuir le jugement, mais ce temps-là était révolu. A présent elle s'obligeait à garder la tête haute. C'est ainsi qu'elle capta l'objet bordeaux que la 1ère année tenait entre ses mains et cette observation provoqua une légère vague de panique en elle. Ses muscles s'étaient tout à coup crispés alors qu'un flot d'incertitude envahissait ses pensées. Comment la petite avait-elle trouvé aussi facilement ce livre ? Avait-elle compris que son aînée l'avait caché ? Allait-elle l'accuser ? Ou juste lui donner une leçon en brûlant le livre devant ses yeux ? *Malia, reprend-toi, ce n'est qu'une gamine de 11 ans, arrête de te faire des scénarios.*. Reprenant le contrôle sur ses états d'âmes qui commençaient à la trahir, elle écouta les explications de la plus jeune :

- Euh, j'ai trouvé ce livre. D'après l'étiquette il devrait être rangé dans ton coin, alors euh, j'ai pensé que je devais te le rendre.

*Eh bien voilà, tu t'es inquiétée pour rien, la petite pensait juste faire une bonne action en te ramenant sagement le livre que tu as .... perdu par mégarde.*

- Pour que ce soit toi qui le détruises, tu sais ?

Aïe. Les doutes de la blonde refirent abruptement surface. *S'attend-elle à ce que je le détruise devant ses yeux ?!*. Elle restait statique, debout dans une position raide pouvant traduire sa crispation. La petite Serpentard sembla remarqua le comportement étrange de la Serdaigle - ou bien elle s'étonnait simplement de sa non-réactivité - et exprima son doute :

- Qu'y a-t-il ?

*Concentre-toi, par Merlin ! Ne laisse rien paraître.*



- Hum, d'accord. Enfin, oui ! se reprit aussitôt la Serdaigle en essayant d'arborer une attitude plus détachée. Je veux dire, merci ! C'est celui que je cherchais depuis avant, heureusement que t'es passée dans le coin...

La 5ème année fit un pas vers sa cadette et saisit le livre qu'elle lui présentait. Cependant, et sans qu'elle ne s'y attende, une résistance se fit sentir, la verte et argent avait renforcé son emprise sur l'objet pour l'empêcher de s'en emparer. Pourtant, elle était venue pour lui rendre, non ? Malia baigna à nouveau dans la confusion la plus totale. La situation devenait de plus en plus étrange et la tension évolua entre les deux élèves. A quoi donc jouait la fillette ? Qu'avait-elle derrière la tête ? Malia avait-elle des raisons de se sentir en danger quant à sa posture ? Finalement, la 1ère année lâcha sa prise comme si elle venait de prendre conscience de son geste. La tension se métamorphosa en un malaise palpable. L'étrange enfant reprit la parole d'une voix incertaine :

- Hum, désolée, je sais pas ce qui m’a pris. Disons que, euh…

Elle semblait chercher une justification à son acte et Malia resta muette, attendant son explication, cherchant à comprendre ce qui avait animé son geste presque dédaigneux qui contrastait avec sa présente timidité. Malia ne savait quoi pensait de cette jeune sorcière, ses jugements et émotions avaient été embarquées dans le circuit souterrain de Gringotts depuis son arrivée.

- Tu sais, poursuivit enfin l'élève de Serpentard, j’ai pas trop d’idée pour détruire les livres, alors j’aimerais bien que tu me montres comment tu fais. Pour, tu sais… m’apprendre ?

Encore une fois, Malia fut prise au dépourvu et ses pensées enchaînèrent de nouveaux loopings. L'hypothèse qu'elle avait émise quelques bribes de conversations plus haut était finalement confirmée, à son plus grand mécontentement. Elle ne pouvait plus y échapper, elle allait devoir agir contre sa propre volonté pour maintenir sa couverture. Inéluctablement, les deux jeunes filles établirent un contact visuel intense. A la seconde où l'aînée avait plongé ses orbites claires dans les abysses sombres de sa cadette, elle y vit transparaître une lueur mauvaise, une sorte de dédain intrusif. Et elle crut comprendre les arrière-pensées de l'ingénieuse fillette. Sa timidité n'était qu'un voile, elle cherchait en réalité à la tester. Cette conclusion hâtive n'était probablement que l'effet de la paranoïa de la blonde, cependant la tension qui avait jusqu'à présent régné dans l'air ne faisait que renforcer la réalité de cette idée. Alors, le regard de Malia fut lui aussi recouvert d'un voile plus sombre pour mieux se confondre à celui dans lequel il était plongé. Le turquoise de ses iris s'intensifia et une certaine détermination, ainsi qu'un air de défi - presque provocateur - s'y muèrent. *Tu veux me tester, petite ? Très bien, décroche pas tes yeux du spectacle, tu ne vas pas être déçue !*. Son esprit de défi avait été réveillé et une substance stimulante, semblable à de l'adrénaline, envahit son cerveau pour restructurer ses pensées et les fixer sur un seul objectif : la convaincre.

- Pas de soucis, annonça-t-elle d'une voix confiante. Regarde bien.

D'un geste robotique elle empoigna sa baguette pour pointer le livre à la couverture bordeaux. Il était si ancien, si beau. Non, il ne fallait pas y penser. Elle chassa de son esprit ses remords et fixa le livre sans pour autant s'autorisait à le regarder. Il fallait agir et non réfléchir - tâche inaccoutumée pour une Serdaigle, certes.  La valeur symbolique des livres disparut alors de son esprit tandis que son cerveau gauche prenait le pouvoir sur le droit. La raison dominait à présent les émotions. Sans plus se poser de question elle esquissa des gestes précis et presque automatiques avec sa baguette.

- Wingardium Leviosa.

L'objet à détruire s'éleva dans les airs entre les deux sorcières. La scène du livre dévoré par les flammes à l'entrée de la bibliothèque resurgit dans l'esprit de la Serdaigle et sans une hésitation elle prononça la formule suivante :

- Incendio.

Elle fixait l'objet qui disparaissait dans les flammes, elle ne le regardait pas. Ses yeux étaient aveugles mais son regard était déterminé. Puis, l'air se vida de tout solide pour seulement laisser un filet de fumée la traverser. Le sol se recouvrit d'une tâche grisâtre et granuleuse, dernière trace de l'objet disparu.

- Je vois, déclara la Serpentard après la démonstration. Eh bien merci… j’imagine.

L'adolescente ne répondit pas, elle regarda simplement la plus jeune reculer sans émettre le moindre son. Nouveau jeu de regard. Chacune semblait fouiller les yeux de l'autre. La Serdaigle ne put s'empêcher d'y laisser transparaître une certaine fierté. Elle avait fait ce que la Serpentard lui avait demandé, sans défaillir, sans montrer aucune faille. Elle était finalement capable de prendre le dessus sur ses faiblesses. Elle s'endurcissait. A l'opposé, une déception singulière semblait émaner de la Serpentard qui fit soudainement demi-tour, coupant ainsi leur contact visuel. La petite s'éloigna jusqu'à disparaître mais Malia ne bougea pas d'un centimètre, la stature droite, les membres toujours tendus par la concentration qui les avaient guidés dans leurs mouvements mécaniques. Puis, après avoir attendu quelques minutes, elle affaissa brusquement ses épaules et soupira profondément pour évacuer la tension qui avait retint son souffle jusqu'ici. Elle rangea sa baguette et leva ses bras à sa tête, fourrant ses mains encore crispées dans sa crinière qu'elle repoussa vers l'arrière. Ses doigts s'entremêlèrent dans ses mèches blondes qu'elle agrippait fortement à leurs racines. Elle ferma les yeux un instant, remettant de l'ordre dans ses pensées. Une 1ère année avait failli découvrir son double jeu, qu'est-ce que cela aurait donné avec une personne plus mature, plus imposante et plus insistante ? Indéniablement, l'issue n'aurait pas été la même et elle était prête à parier une grande partie de ses gallions qu'elle serait à l'heure même en face des Carrow, en proie à leur imagination saugrenu. Heureusement, elle avait eu beaucoup de chance et elle n'en fut que plus soulagée.

En rouvrant les yeux elle aperçut le tas de cendre à ses pieds. Avec un pincement au coeur, elle ressortit précipitamment sa baguette.

- Recurvite.

D'un moulinet du poignet elle effaça rapidement ce souvenir qui faisait à présent surgir les remords. Cette couverture bordeaux, ces lettres dorés, ces coins cornés. Ils n'existaient plus, elle avait anéantit ce trésor, elle s'était pourtant promis de ne pas le faire. Non, pas de place aux regrets, elle avait fait ce qu'elle devait faire, elle avait agi sous la contrainte. Mais une vraie résistante aurait peut-être défendu sa cause jusqu'au bout, quitte à en subir les conséquences ? Non, voyons, ce n'était qu'un livre, se mettre en danger pour si peu aurait été ridicule. Mais un livre est une ressource précieuse, tout détenteur de savoir méritait d'être protégé...

La Serdaigle tenta du mieux qu'elle pût de mettre fin à ce débat intérieur, de taire ce vacarme incessant. Elle chassa de son esprit la verte et argent et le bouleversement qu'avait provoqué sa venue pour mieux se concentrer sur sa mission délicate. Il n'était pas question d'abandonner. Alors, elle reprit l'ouvrage qu'elle avait abandonné plus tôt tout en songeant à trouver une bien meilleur cachette. Soudain inspirée par le titre qu'elle frôla de ses longs doigts - "Comment vivre sans baguette" -, elle dirigea le bois de Sycomore vers l'ouvrage et chuchota d'une voix à peine audible :

- Reducio.

La forme rectangulaire perdait en volume de façon conséquente, à la plus grande satisfaction de la sorcière qui releva ensuite sa tête blonde pour guetter les alentours. Une fois que la couverture du livre atteignit 5cm de longueur, elle fourra rapidement le petit objet dans un pan intérieur de sa cape. Si jamais les Carrow avaient la superbe idée de vérifier le travail des élèves en procédant à une fouille, ils ne chercheraient qu'à la bibliothèque. Bien qu'ayant une imagination un peu trop débordante, ils n'iraient probablement pas jusqu'à inspecter tout le château, ni les dortoirs, ni les vêtements de la Montgomery. Ravie d'avoir trouvé un plan ingénieux, elle s'empara du livre suivant, tout en redoublant de prudence, elle ne devait surtout pas se faire voir. C'est ainsi qu'elle aperçut une silhouette massive passer d'un pas vif entre les rayons. Le bibliothécaire avait délaissé sa réserve pour rejoindre le secteur des élèves d'un pas résolu. Pourquoi tant de précipitation ? Malia ne le sut pas car l'homme continua son chemin sans s'arrêter à son niveau, à son plus grand soulagement. En plus de pouvoir continuer furtivement son travail prohibé, elle venait d'éviter une confrontation inconfortable avec l'homme auquel elle avait débité des paroles de remerciements insensées il y avait moins d'une heure. Cette soirée inaccoutumé ne lui avait laissé aucun répit mais à présent elle n'avait plus qu'une seule pensée en tête et cette idée s'activa comme un automatisme : réduire la taille des livres puis les cacher dans ses poches. Réduire puis Cacher.  

_________________


Across the Universe
Peu importe l'immensité du néant dans lequel elle est plongée, elle continuera à croire qu'un filet de lumière, aussi mince soit-il, existe quelque part et pourra surpasser l'ombre ~ ©endlesslove.
>
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
GRYFFONDOR5ème annéePréfète
    GRYFFONDOR
    5ème année
    Préfète
AVATAR : Saoirse Ronan
MESSAGES : 761

INFOS PERSONNAGE
SITUATION AMOUREUSE SITUATION AMOUREUSE: Célibataire. Bisexuelle.
DATE & LIEU DE NAISSANCE DATE & LIEU DE NAISSANCE: 15 mars 1982, à Plymouth.
SANG SANG: mêlé
MessageSujet: Re: [Ven. 14 novembre 1997] MINI-INTRIGUE : Les écrits interdits Sam 15 Juil 2017 - 16:50

Accio. Evanesco. Accio. Evanesco. Action, répétée encore et encore, jusqu’à perte complète de la notion du temps. C’était donc ainsi que l’homme s’était aliéné, qu’il avait troqué la réflexion et la lenteur d’un travail bien fait contre un absurde automatisme ? Meredith se sentait démunie, emplie d’une sonore inanité qui brouillait ses sens. Elle ne pensait à rien, se laissait seulement bercer par le rythme de sa liste et de ses sortilèges. C’était intéressant de constater à quel point elle n’était plus elle-même, à quel point sa nature se voyait altérée par cette simple corvée. Et en même temps, ce n’était que de l’eau glissant entre ses doigts. Elle avait constaté que les punitions infligées aux élèves reprenaient souvent ce modèle de répétition, d’automatisme, d’absence de pensée ou de paroles. Comme s’ils voulaient ralentir leurs esprits, réduire les exigences.

Accio. Evanesco. Accio. Eva… non ? pas Evanesco ? La préfète tendait la main pour recevoir le livre qu’elle venait d’appeler, mais rien ne se passait. Elle réessaya, en vain. Les sourcils froncés, elle relu l’intitulé, l’allée, le nom de l’auteur … non, tout était juste. Indécise, elle décida de vérifier manuellement à l’emplacement prévu, en hauteur. Grimpant à l’échelle la plus proche, elle chercha un court instant, avant de tomber sur une petite fiche dépassant de la rangée de livres parfaitement alignés. Sur la fiche figuraient toutes les informations concernant le livre en question, rédigées d’une main noble aux lettres rondes et élégantes. Et en Nota Bene, un avertissement : « Cet ouvrage traitant de sujets susceptibles de heurter la sensibilités des jeunes sorciers, il a été déplacé dans la Réserve, et nécessite donc une autorisation expresse d’un membre du corps professoral ...etc. » Intriguée, elle relu le titre : « Manuel de la Géhenne », un intitulé étrange auquel elle n’arrivait pas à associer d’idée précise. C’est en relisant le sous-titre que la lumière se fit soudain dans son esprit : « Les tortures moldues et leur histoire ». Oh well. Pas étonnant qu’il ait été déplacé.

Retournant sur la terre ferme, fiche en main, la jeune fille fatiguée se voyait confrontée à deux options : brûler ce papier et ignorer le sinistre ouvrage, ou bien pousser le vice en allant le dénicher dans la Réserve. L’une était simple et efficace, sans prise de tête. L’autre était un peu exagérée, mais lui permettrait de sortir au moins pour un instant de cette routine automatique qu’elle subissait depuis plus d’une heure. Décision de moindre importance certes, mais décision tout de même. Elle s’apprêtait à se débarrasser de la fiche opportune, quand brusquement l’image fugace d’un visage attentif et scrutateur traversa son esprit. Le bibliothécaire s’était cantonné à la Réserve. N’avait-elle pas eu l’impression qu’il n’allait pas se contenter de saccager sagement son environnement de travail ? A ce moment, elle s’était promis de faire un détour par la salle interdite pour jeter un œil curieux et indiscret aux agissements de Monsieur trois-pièces. Elle s’ennuyait ferme. Même si elle ne découvrait rien, au moins aurait-elle l’occasion de se changer un peu les idées.

Une nouvelle énergie traversant son corps frêle, Meredith s’engagea hors de son allée reculée pour retrouver le hall central et l’entrée de la Réserve. En passant, elle croisa quelques-uns de ses camarades très affairés avec leurs livres qui parfois relevèrent la tête en sentant son regard sur eux. Elle savait pertinemment que certains d’entre eux essayaient de sauver les précieux écrits, et qu’elle pourrait se mettre en tête de les démasquer tous immédiatement. Mais à quoi bon ? Si ce n’était pas eux, elle-même le ferait. Et puis ce serait long, vain et fastidieux. Elle savait mieux que quiconque à quel point le choix de la désobéissance rendait tenace : sitôt qu’elle aurait confisqué un livre ou puni un étudiant, le manège repartirait aussitôt. Elle abandonna l’idée aussi vite qu’elle lui était venue.

Ses pas la menèrent tout naturellement à l’endroit où, une heure plus tôt, la préfète avait décidé de faire d’un livre caché un flamboyant exemple. La victime de l’autodafé n’était plus qu’une masse calcinée, rabougrie, dont on ne pouvait plus discerner que la reliure. La jeune fille prit conscience de l’atmosphère enfumée qui entourait cette partie de la bibliothèque, et se mordit une lèvre. Assez joué maintenant. Annulant le charme de lévitation, le livre tomba dans sa poubelle en soulevant des cendres tout autour. D’un petit Recurvite, celles-ci disparurent. Pour s’assurer que le feu ne reprendrait pas, elle tenta de lancer un Aguamenti dans la poubelle. Ce sortilège lui donnait du fil à retordre, parce qu’il nécessitait un véritable apprentissage suivi et pas de petits entraînements dans une salle abandonné. Au lieu d’un jet d’eau claire, ce fut un petit filet chantant qui s’échappa de sa baguette, ce qui suffirait largement pour l’usage qu’elle en faisait. Enfin, afin de disperser la fumée, elle finit par lancer un Ventus très modéré qui agit comme un courant d’air et commença à faire doucement s’échapper la fumée par une des fenêtres ouvertes. Le résultat n’était pas glorieux, mais l’objectif était atteint : minimiser les risques et les reproches qu’on pouvait lui adresser.

Ceci fait, Meredith put s’approcher un peu plus sereinement de la Réserve. Si elle avait pris toutes ces précautions, c’est parce qu’elle avait un peu peur du bibliothécaire et de sa réaction s’il apprenait qu’elle avait allumé un feu dans son royaume. En fait non : elle avait peur du bibliothécaire tout court. Cet homme n’était pas net, elle en était certaine. Il était trop lisse, trop aimable, trop intelligent et trop bien habillé pour que ce ne soit pas le cas. Elle lui parlait rarement – uniquement le minimum syndical exigé par ses fonctions – mais à chaque échange, elle se sentait passée au crible par ses yeux émeraude. Derrière ce front noble, elle pouvait presque sentir l’intense analyse qui se déroulait à son sujet comme au sujet de chacun. Elle n’aimait pas cet air satisfait et délicat qui planait sur son visage équilibré. Elle croyait entendre dans ses phrases joliment tournées l’écho d’un Dracula trop bien sur lui. Et puis, il avait ce charisme ! Elle en savait quelque chose, puisqu’elle cohabitait avec une bande de piailleuses ridicules qui ne pouvaient pas passer une journée sans évoquer le sourire charmeur et les bagues en or blanc de « Mister Holbrey ». Ce charisme-là, elle n’y croyait pas, elle s’en méfiait. Alors entrer dans l’antre du dragon dans le but de dénicher un défaut dans sa cuirasse, c’était carrément s’exposer à la cuisson à point.

Inspirant profondément, elle poussa la porte laissée entrouverte par un précédent visiteur, et pénétra dans le lieu sacré. L’atmosphère y était très différente de celle du lieu public. La lumière était plus sombre, les étagères moins nombreuses et plus basses, l’odeur plus singulière. Compte tenu du contenu (lel) des ouvrages conservés ici, Meredith se dit qu’elle ne devrait pas ressentir ce frisson d’excitation et d’expectative. Mais c’était plus fort qu’elle. A plusieurs reprises du temps de Mme Pince, elle avait réussi à s’introduire dans la Réserve pour y consulter de sombres ouvrages de Magie Noire. La bibliothèque avait beau être riche et variée, elle l’avait toujours laissée sur sa fin dans ce domaine en particulier. Non pas qu’elle cherchât à maîtriser parfaitement ce type de pouvoir, cependant toutes ses recherches sur la magie en tant que telle l’avaient menée à ce point mystérieux et insondable du pouvoir. La Magie Noire en représentait un pan entier, aux caractéristiques uniques et aux effets strictement négatifs. Elle se basait sur les sentiments de peur, de haine et autres colères nourries par l’homme, des sentiments si puissants qu’ils pouvaient même permettre à des moldus de pratiquer la magie pendant un instant grâce à un intermédiaire. C’était par exemple le cas des poupées vaudous, véritables concentrés de Magie Noire tombés parmi les moldus et utilisés par eux depuis des siècles. Par intérêt purement théorique, la jeune fille avait découvert des vérités terrifiantes et fascinantes qui parfois revenaient tourner dans son esprit comme des spectres, lui rappelant ce que ses connaissances lui permettraient d’accomplir si elle le voulait bien.

Un mouvement la tira hors de ses sombres réflexions. A quelques pas devant elle, l’objet de sa quête s’affairait. Meredith marchait silencieusement grâce à ce que son frère et elle avaient baptisé « le glissement du ninja-serpent », autrement dit une démarche légère qui nécessitait de fléchir les genoux et de poser le talon en premier jusqu’à dérouler le pied entièrement. Cette capacité – pas toujours infaillible – l’avait déjà tirée de pas mal de mauvais pas, même si en l’occurrence, elle semblait être inutile. Holbrey se tenait là, dans l’allée parallèle à la sienne, mais semblait plongé de dix pieds dans son observation d’un livre qu’elle devinait très ancien et très beau. Son visage était fascinant, sous cet angle, et reflétait l’exaltation qu’il devait éprouver à contempler cet ouvrage. Meredith songea que c’était peut-être la première fois qu’elle voyait une expression sincère sur le visage de cet homme.


Elle resta ainsi dissimulée quelques instants, quand une autre personne entra dans la Réserve et s’approcha de son occupant. Meredith eut tout juste le temps de se rabattre derrière son étagère après avoir reconnu Malia Montgomery, une des nouvelles préfètes. Celle-ci s’adressa au bibliothécaire d’un air empli de douceur, et le remercia pour on-ne-sait quel soutien, durant on-ne-sait quelle soirée. A l’instant où Malia s’était signalée, la lionne avait entendu le bruit caractéristique d’un livre qu’on ferme précipitamment. Lecture prohibée ? Cela n’existait pas pour un bibliothécaire, mais le détail avait son importance. Elle attendit que Malia prenne congé, et encore quelques minutes après, avant de se décider à sortir de son allée. Heureusement, elle avait choisi de se cacher dans le sens de l’entrée, et le bruit de ses pas viendrait donc de la bonne direction. Sa fiche en main, elle se posta face à l’homme et fut surprise de constater qu’il ne tenait plus de livre, et que celui-ci n’était visible nulle part. Bien sûr, elle ne le chercha pas des yeux pour ne pas se trahir, et attendit que le regard de sa cible veuille bien se poser sur elle pour prendre la parole.

« Monsieur, veuillez m’excuser, mais un des livres de ma liste n’était pas dans l’étagère. Ce doit être une erreur d’inventaire, puisque j’ai trouvé cette note à la place … » Elle lui tendit ledit parchemin. « … et ai pensé qu’il valait mieux que je vous laisse vous en occuper. »

Elle le scruta un court instant, consciente de son désavantage dans cette situation, mais également forte de ce soupçon qui l’animait. Qui êtes-vous, Octave Holbrey ? Visiblement, un homme distrait. Avec une certaine lenteur, il saisit la note, la lut, et reporta son regard sur elle. Encore cette sensation désagréable de n’être qu’un animal de laboratoire disséqué par l’acuité du bibliothécaire. Elle tentait de lire dans cette expression autre chose qu’une froide curiosité, mais il était trop lisse, encore une fois.

« Sage décision. Le voilà. Tu veux t’en charger peut-être ? »

Ah, cette fois, quelque chose ressortait. La simplicité de ses propos pouvait laisser entendre qu’il se contenait. Et ce regard avait changé, il parlait lui aussi. Meredith se sentit profondément méprisée. Elle saisit le livre qu’on lui tendait, sans le regarder, et réfléchit un court instant. Qu’avait-elle à perdre ? Pas grand-chose, lui soufflait une petite voix. Elle se moquait de l’avis de cet homme sur elle, mais n’avait aucune envie de se le mettre ouvertement à dos. Ce serait donc dans la simplicité.

« Non. Je vous laisse faire votre travail de la manière qui vous semble la plus juste. » Elle lui rendit le livre en lui souriant gentiment, consciente de se donner par là un air encore plus méprisable. « Ce livre appartient à la Réserve, et vous en êtes le responsable, je ne voudrais surtout pas interférer. » Libre à lui d’interpréter comme il le souhaitait. Elle ne l’avait pas surpris en train de cacher un livre, et en était au final plutôt satisfaite. De toute façon, qu’en aurait-elle fait ? Elle se rendait bien compte maintenant qu’elle ne pesait rien face à une telle figure. Elle n’aurait pas tenu une minute dans une joute verbale, et encore moins longtemps face aux Carrow.


_________________
when I find myself in times of trouble
mother Mery comes to me
et souvent la haine touche sa joue est arrache ses veines, alors il n'y a plus de souffrance et seulement la bête qui s'agite au creux de son ventre dans l'automne aride et la tempête

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
PERSONNEL DE POUDLARDBibliothécaire
    PERSONNEL DE POUDLARD
    Bibliothécaire
AVATAR : James McAvoy
MESSAGES : 463

INFOS PERSONNAGE
SITUATION AMOUREUSE SITUATION AMOUREUSE: Pas vraiment seul, mais presque.
DATE & LIEU DE NAISSANCE DATE & LIEU DE NAISSANCE: 10 Août 1964
SANG SANG: mêlé
MessageSujet: Re: [Ven. 14 novembre 1997] MINI-INTRIGUE : Les écrits interdits Sam 15 Juil 2017 - 21:43

Qui donc ici allait braver l’interdit ? Il tenta de lire sur les visages, cherchant le moindre indice pouvant lui donner ne serait-ce qu’un début de réponse. Qui aurait l’audace de remettre en question les ordres de l’autorité ? Qui ne supporterait pas la visée purement symbolique de cet autodafé ? Tous les élèves présents savaient ce que cela voulait dire. D’abord on s’attaquait à la politique pour régir les vies, puis on s’attaquait à l’art et au savoir pour s’immiscer dans la pensée. On commençait par détruire avant d’interdire tout bonnement. Et tous ceux qui s’engageaient sur cette voie participaient à ce qu’un jour, pire advienne. Alors, qui avait besoin d’un acte de courage pour se donner de l’aplomb artificiellement ? Pour avoir le sentiment d’accomplir quelque chose de bien ? Quelque chose allant à l’encontre de ce qui était demandé ? Ils étaient tous là et le regardaient comme des orphelins dans une mine de charbon, prêts à remonter les chariots jusqu’à la surface, visages renfrognés et l’œil lugubre. Personne n’avait encore crié à la révolution. Quelqu’un s’aventurerait-il à faire de la résistance silencieuse pour sauver son âme et la quiétude de sa conscience ?

Ce frémissement du cœur, il le connaissait bien pour ne pas le ressentir pour la première fois. Le souffle de la tyrannie se faisait sentir plus concrètement que jamais. La lourde machinerie entamait un nouveau tournant. Les pensées devenaient interdites. La tyrannie écrasait consciencieusement toute forme de lumière créatrice en chacun parce que l’aspect dictatorial d’une telle société ne voulait pas de cela, elle voulait de l’obéissance car c’était ce qui faisait avancer la machinerie de manière fluide. L’autorité... D’une part elle protégeait, en théorie, mais d’autre part, elle forçait à se plier sous peine de devoir faire face aux conséquences, qui n’avaient jamais rien de naïf. Il y avait la sécurité au prix de sa propre personnalité, mais il y avait aussi la tyrannie. Parfois il était plus simple de se détruire de l’intérieur pour se sentir protégé plutôt que de risquer l’humiliation et la douleur en défendant des idées qui finissaient par paraitre insignifiantes face à la constance souffrance du rejet.

Octave regardait. Les yeux, les bouches, les traits du visage. Qui ? La Gryffondor, qui portait sur ses épaules le poids de ce qu’on attendait de la part de sa maison ? Le brun, masculine image autant de la rébellion que de la force autoritaire ? La petite fille, protégée par son âge, qui n’avait peut-être pas encore si concrètement goûté aux rudes retours de la désobéissance ? La voyante de Poufsouffle, dont les prédictions d’horreur pouvaient lui faire comprendre l’importance qu’avaient ce genre de révoltes à priori stupides et insignifiantes ? La Serdaigle, prétendument réfléchie et sage, celle dont les pairs passaient le plus de temps à la bibliothèque à cause de leur application dans les études, et qui étaient peut-être encore plus affectée par l’exercice qu’on leur demandait, le savoir exact et absolu se présentant comme une priorité ? Octave ne pouvait qu’y concéder. Tous devaient avoir au fond d’eux autant d’arguments sages ou passionnels qui allaient pour l’autodafé, que d’argumentes allant contre le blasphème. Et lui dans tout cela ? Ecrire une liste était loin d’être une prise de position, il n’y avait que le fait en lui-même qui allait stipuler de son opinion.

Ils avaient tous un choix moral à faire ici. Lui plus que les autres parce que l’histoire se déroulait entre les murs dont il était responsable. Par corrélation, il était également responsable de ces élèves, autant de leurs actions que de leurs pensées. Quoi qu’il puisse faire, en définitive, il allait de toute façon être tenu pour coupable de tout ce qui serait commis dans l’interdit. Il avait alors le choix de s’en moquer et de subir les conséquences de son indifférence envers les ordres des hautes instances et son refus à faire preuve de dureté, ou persécuter chaque étudiant pour que tout se passe comme demandé.

Sauf qu’il n’avait pas l’intention de punir qui que ce soit pour une opinion. Et encore moins pour une opinion qui lui paraissait censée. C’était son devoir morale de ne pas retomber dans la perverse spirale où on punissait les gens pour leurs vertus. C’était aussi son devoir morale envers les étudiants que de ne pas leur faire prendre des risques inutiles. Il était loin d’avoir l’étoffe d’un leader, et n’en possédait pas la légitimité de toute façon. Il n’avait la capacité que de minimiser les actions que chacun ici allait entreprendre, qu’elles soient en accord avec le régime ou non. Et puis les livres ! Au centre de ce scandale politique ! En soi, ils n’avaient pas grande importance. La plupart des gens n’y voyaient qu’une corvée jusqu’à ce que quelqu’un pointe du doigt dessus pour crier sacrilège. Tout ceci était ingénieusement absurde.

Les élèves avaient tous croisé au moins une fois son regard, y cherchant à leur tour des réponses. Il avait débusqué le sourire de Lina, mais ne parvint pas à y répondre avec conviction, se contentant de continuer sa ronde d’un œil égal. C’était le genre de choses qui ne lui faisait éprouver aucun entrain, ni tristesse. Son humeur était contemplative, calme comme un ciel de nuit, sans nuages, ni étoiles, ni lune. Le jeune Sieur Kent avait nerveusement trituré ses cheveux, la situation le mettant visiblement à mal, contrairement à sa coéquipière de couleur, qui jetait un regard d’acier autant sur les autres que sur tout ce qui l’entourait de manière prodigieusement placide. Chacun luttait comme il pouvait.

Les feuillets furent distribués sans hésitations, mais avec paresse. Il était tard et à vrai dire, si on mettait de côté toute cette histoire, Octave s’ennuyait. Tout seul, il aurait fait le travail beaucoup plus rapidement parce qu’aucune liste n’aurait été nécessaire. Imperturbable, il aurait fait le ménage, s’exécutant sans le moindre remous d’âme. Mais maintenant qu’il avait des élèves sous sa responsabilité, tout ceci revêtait le goût étrange d’une besogne où quelqu’un finirait de toute manière blessé. Ennuyeux. Ennuyeux et risible. Octave les observa. La Gryffondor au nom de famille imprononçable se retourna un instant pour le toiser d’un regard si singulier qu’il ne pouvait pas y avoir de quiproquo. Elle l’évaluait. Involontairement, le bibliothécaire fut saisi pour un sourire mauvais, s’amusant de voir qu’une élève puisse essayer de le juger. Mais c’était ce qui se produisait souvent. L’autorité naturelle qu’on connaissait n’était plus et les adultes tout autant que les élèves étaient susceptibles d’être accusés de trahison. Que ce soit envers la tyrannie ou envers la liberté. Audacieuse petite jouvencelle, le pouvoir des ténèbres ou celui de la morale te brûle donc-t-il la poitrine ? Très clairement, Octave sentit dans sa bouche le goût de la méfiance.

Le bibliothécaire attendit patiemment que chacun s’en fut allé entre les rayonnages, placide et silencieux. S’il savait quoi faire des élèves, il ne savait pas quoi faire de soi. Lorsqu’il se décida enfin à bouger, Octave se souleva de son bureau et longea les couloirs de livres, dépassant les allées sans vraiment prêter attention à qui s’y trouvait et y faisait. La simple vue d’un témoin, ne serait-ce que du coin de l’œil, avait de quoi dissuader et ce n’était pas la peine de décocher des flèches d’œillades menaçantes. Tel un paquebot, Octave passa tout près des atolls, sans s’arrêter. Tout le long de sa flânerie, des bruits se firent entendre, certains secs, d’autres plus moelleux. Le frottement rêche d’une couverture contre l’autre, le glissement âpre d’un ouvrage que l’on sortait de son lit. Ils besognaient. Les savoir s’atteler à la tâche et détruire son travail ne l’inquiétait étrangement pas plus que cela. Octave n’était pas matérialiste, et encore moins avait-il l’orgueil mal placé. Ce qui le faisait torturer l’ongle de son pouce n’était autre que son souci pour les élèves.

Sa balade le mena tout droit vers le cordon qui séparait la réserve interdite. Sous sa main agile, le verrou sauta paresseusement, dans un cliquetis sourd. La porte s’ouvrit. Ses doigts glissèrent sur les couvertures de vieux cuir, rebondissant sur les rainures craquelées et les titres gaufrés. Il connaissait son milieu sur le bout des doigts maintenant. La réserve abritait effectivement quelques livres répréhensibles, dont le sujet traitait vaguement des moldus, mais honnêtement, qui le savait ? Il pouvait en théorie prendre n’importe quel bouquin et le brûler sans que personne ne sache jamais ce qu’il avait éradiqué. Et ce n’était pas les Carrow qui allaient s’amuser à feuilleter les livres pour s’assurer que rien ici ne contenait quoi que ce soit d’hérétique. Raison pour laquelle d’ailleurs ils s’étaient adressé à lui, à tous les coups. Parce qu’il savait parfaitement quoi cherche alors qu’eux, non. Qui plus est, la plupart du temps, le titre des livres n’avait aucun rapport avec le contenu qu’on y cherchait présentement. Oui, il pouvait prendre n’importe quoi et s’en débarrasser, prétendant avoir fini son travail, juste pour ne pas avoir à écouter les ordres.

Habile, sa main s’arrêta sur l’une des couvertures. D’un doigt crochu, il tira sur la reliure en tissus et extirpa l’ouvrage. Un cri fantomatique se fit entendre, poussé par les pages. Il y avait un paragraphe dans ce livre qui supposait que même les moldus étaient dotés d’une magie qu’ils ne soupçonnaient simplement pas. L’ouvrage traitait des fantômes et autres esprits maudits. L’auteur expliquait avec enthousiasme que les moldus parvenaient à créer certains spectres rien que par la force de leur crainte et de leur croyance, démontrant ainsi par la même occasion leur grande puissance occulte, qui surpassait peut-être même celle des sorciers. Ce n’était pas le genre de propos qui plaisait. Bah ! Tant pis, il y avait une copie dans la réserve magique de Barcelone ! Le livre fut jeté à terre dans un énième cris d’horreur. D’autres amas de feuilles suivirent, certains faisant des bruits étranges, d’autres se contenant d’être des livres silencieux. Un petit tas de manuels avait fini par se former au sol, Octave le complétant sans ménagement pour y foutre le feu plus tard.

Mais ses doigts descellèrent quelque chose qui fit affluer tout un torrent impétueux d’images dans son esprit. Cuir d’agneau, reliure piquée à cheval, volume écrit au Moyen-âge par des alchimistes sur la résistance que présentaient les moldus pour certaines potions de magie noire. Œuvre unique, rare, inestimable. Il ne l’avait même pas encore lue en entier. Octave s’était figé dans l’hésitation. Détruire la matière tant que le savoir n’en était pas affecté, pourquoi pas, mais s’il se débarrassait de celui-là, les écrits y étant consignés seraient à jamais perdus. Déjà que la science magique avançait paresseusement, fallait-il en plus la réduire ? Il soupira, hésitant.

« Bonsoir... Euhm, je... »

Quelque chose comme une crise cardiaque le secoua. Il ne s’était pas rendu compte de s’être autant tendu, ni autant plongé dans ses pensées. Le livre claqua contre la table lorsqu’il le rabattit avec force, sans savoir pourquoi, alors qu’il ne faisait rien d’autre qu’en inspecter la couverture, les yeux dans le vague. Octave retourna la tête, vivement, n’essayant même plus de cacher sa stupeur tant elle fut évidente, la dissimuler risquant de le rendre encore plus douteux. Avec soulagement, imposé parce qu’il connaissait l’élève, il reconnut la petite Montgomery, la scarface de l’école.

- Je ne vous ai jamais, euh... remercier... pour la soirée. Votre soutient et, euh, ce que vous m'avez dit. Ca... ça m'a touché et... aidé, en quelque sorte.

Ses sourcils grimpèrent le long de son front en une moue d’étonnement dubitatif. Il avait voulu être simplement compatissant et n’avait pas prévu qu’une pareille politesse fasse un tel effet. La jeune fille lui sourit timidement, et les cicatrices de son visage se déformèrent, laissant néanmoins bien voir les chimères de deux charmantes fossettes aux coins de sa bouche. Octave sourit en retour, vaguement touché par cette combativité à toute épreuve, mais surtout par ce simulacre de joie qui persistait malgré sa partielle difformité. Un sourire ne pouvait jamais rendre laid, quel qu’il fut. Il était surtout rassuré de savoir que les élèves résistaient, chacun à sa façon.

Mais avant qu’il n’ait pu répondre quoi que ce soit, Montgomery avait déjà disparu dans un tourbillon de cheveux blonds, qui lui rappela quelque peu une autre personne… Il resta là à cligner des yeux, en regardant l’entrée, encore hébété, mais commençant déjà à se rendre compte de la chance qu’il avait eu. Comment la chose aurait-elle tourné s’il s’était fait interrompre par quelqu’un de beaucoup moins bien attentionné ? D’ailleurs, pourquoi avait-il tellement craint de se faire interrompre ? Quelques péroraisons bien ficelées et voilà qui suffisait à embrouiller ses victimes ! Sa parole était un poison, et il savait s’en servir. Même coupable et pris sur le fait, il savait comment s’en sortir. Le regard d’Octave se reporta sur l’ouvrage qu’il avait laissé sur la table, soudain possédé par un élan de confiance solide, inspiré par nul autre que l’ange au sourire éternel. Faire ce qu’il voulait, était un crédo qu’il s’était promis de suivre et qu’il pouvait accomplir à condition d’être attentif et déterminé. Laisser le livre ici n’avait aucun intérêt, quelqu’un allait le retrouver de toute façon, un jour ou l’autre. Il fallait donc les sortir. Un sourire aux lèvres, il dévoila sa baguette, jeta un rapide coup d’œil aux alentours avant de lancer un sortilège silencieux de transfiguration sur les pages. Sans bruits, le tome en cuire commença à se déformer pour se transformer en… bague. Elle était à l’image du bibliothécaire, mais rappelant quelques éléments de la couverture de cuire du livre. Le bijou était serti d’une pierre bordeaux, d’une couleur laiton et vieillie. Octave s’en saisit et l’enfila sur son petit doigt et l’observa, souriant. Les bagues n’étaient pas une rareté sur ses phalanges. Bon, la chose n’allait pas marcher à tous les coups en revanche, la place étant vite limitée. Mais en attendant… Des pas. Encore ! Exaspération intense. Non ! A quoi s’était-il donc attendu ? Il devait les surveiller, pas disparaitre, mais ces interventions intempestives ne disaient rien de bon vu le contexte. Octave se retourna, ballerine gracieuse, pour faire face à l’élève, la main toujours tendue devant soi tandis qu’il en contemplait l’anneau tout juste métamorphosé. Ses doigts se replièrent et il releva son regard vers ce visage qui l’avait déjà scruté plus tôt. Miss Moralité Méfiante. Le bibliothécaire la dévisagea en retour, s’efforçant de lui rendre ce regard inquisiteur qu’elle lui imposait, et qu'il savait bien plus perçant que tout ce qu'elle était capable de lui offrir.

« Monsieur, veuillez m’excuser, mais un des livres de ma liste n’était pas dans l’étagère. Ce doit être une erreur d’inventaire, puisque j’ai trouvé cette note à la place… et ai pensé qu’il valait mieux que je vous laisse vous en occuper. »

Octave récupéra la note et la lut du coin des yeux, sans la rapprocher de son visage. Blah, blah, blah, c’était son écriture ça ? Quelle horreur. Ses paupières se plissèrent et son cerveau se mit en trombe. Il finit par jeter un regard à la jeune fille, indéchiffrable, mais lourd de sous-entendus indicibles. Puis, il posa la note à table et, d’un coup de baguette magique, rapatria le livre en question jusqu’à sa main ouverte telle une feuille de nénuphar. Il sourit du bout des lèvres. Qu’est-ce qu’elle foutait là, la petite gourgandine ? Avait-elle la crainte de l’autorité et faisait les choses comme on lui demandait dans les moindres détails ? Ou était-elle zélée jusqu’à la moelle et exécutait tout cela avec une délectation que seuls renégats et autres amateurs de délation pouvaient ressentir ? Il ne savait même pas s’il devait admirer sa minutie en de telles circonstance ou cracher dessus comme sur un aveuglement volontaire ? Les suiveurs d’ordres, il n’aimait pas ça, et encore moins ceux qui fouinaient au-delà du cercle de leurs propres préoccupations pour chercher le détail malheureux chez les autres. Mais qui était-il pour juger ? On jugeait après la guerre, pas pendant, c’était bien connu. Octave tendit le livre à la jeune fille et répondit simplement :

« Sage décision. Le voilà. Tu veux t’en charger peut-être ? »

Animal soupçonneux, vas-tu flairer les limites de l’application ? A vrai dire, Octave n’en attendait rien de particulier et que la donzelle prenne le livre ou non ne lui faisait ni chaud, ni froid. Mais Miss Breckenridge était une individualité potentiellement dangereuse, comme tous ceux qui suivaient les meneurs à la lettre en scrutant ce que faisait le voisin. Si telle était sa nature, tant pis pour elle ; le bibliothécaire voulait cependant savoir à quoi s’en tenir exactement. La tension était palpable, comme deux chats sur le point de se sauter à la gorge. Le premier regard jeté par la demoiselle à son égard n’avait pas pardonné.

« Non. Je vous laisse faire votre travail de la manière qui vous semble la plus juste. Ce livre appartient à la Réserve, et vous en êtes le responsable, je ne voudrais surtout pas interférer. »

Octave arqua un sourcil circonspect, face à ce sourire qui apparaissait sur le visage de l’étudiante comme une craquelure à la surface d’un lait caillé. Alors quoi, on jouait la retenue ? Il haussa les épaules, au fond de l’indifférence, et récupéra ledit bouquin avant de le balancer sur le tas de livres à détruire déjà formé au sol. Il s’apprêta ensuite à remercier la donzelle, puis à l’éconduire gentiment pour qu’elle retourne cailler ses camarades, plutôt que son auguste personne, mais quelque chose l’arrêta. Il se figea, son regard se perdit dans le vague alors qu’il était encore adressé à la Gryffondor, mais il pensait déjà à autre chose. Cette odeur…

« Oh ils n’ont pas osé… »

Sans la voir, il contourna Miss Breckenridge et suivit l’odeur subtile, mais très nette de papier cramé. Qu’importe le milieu, on retrouvait toujours les mêmes archétypes, patins manipulés par les Hautes Instances qui, après avoir vidé le liquide céphalo-rachidien de ces êtres malheureux, les laissait errer pour l’éternité dans le grand vide de l’existence. Octave ne savait pas si c’était lié à l’incapacité de prendre en compte plus d’une information à la fois ou l’impression que si un nouveau règlement arrivait, il écrasait nécessairement toutes les lois en vigueur avant, mais le résultat était là. Quelqu’un avait pris au mot les ordres de destruction, sans accorder la moindre importance aux instructions en vigueur qui régissaient encore et toujours ce temple du savoir. Pas de feu ! Jamais. JAMAIS. Si seulement ce n’était que « quelqu’un » ! Il s’avéra en fait que c’était « quelques-uns » ! Le bibliothécaire longeait les rayons d’un pas décidé, jetant des regards imperturbables dans chaque couloir, jusqu’à trouver la première coupable. De Kerimel le regardait comme si elle l’attendait, un petit tas de papier et de cuir se consumant à ses pieds. D’un coup de baguette magique, Octave fit une bulle de vide autour des livres et la maintint jusqu’à ce que toute source de flamme ne disparaisse, sans dire un seul mot. Alors qu’il s’apprêtait à déverser le torrent de médisances qui tournait dans sa tête en refrain licencieux, du coin de l’œil il aperçut une poubelle prostrée en plein milieu du couloir. Sentant les cheveux se dresser sur sa nuque, il s’empressa d’aller vérifier l’objet maudit. Ah ! Un vaisseau sanguin se rétrécissait sous la tension sur sa tempe, il le sentait ! D’ailleurs, il sentait même les battements de son cœur dans la pulpe de ses doigts. Il revint sur ses pas, toisa la petite cruche sans que son visage ne laisse transparaitre ne serait-ce qu’une once l’effervescence colérique qui l’habitait. Dévertébrées limaces, paramécies unicellulaires… Et puis, sa voix raisonna dans toute la bibliothèque, comme un coup de tonnerre. Sans énervement turbulent, ni excitation hystérique, seulement un courroux glacial, grave et sévèrement modéré.

« Avez-vous donc oublié que vous étiez entourés d’objets hautement inflammables ? Que n’importe quelle cendre, portée par un coup vent, peut mettre le feu à une étagère entière ? Je sais que les Carrow vous font peur à tous, que leur parole est loi. Mais elle ne doit pas devenir votre logique ! Car on vous a enjoint de détruire des livres spécifiques, pas de brûler toute la bibliothèque pour être démonstratifs, ou par paresse ! Encore un écart et je vous promets à tous le recopiage à la main, long, insensé, pénible, horriblement ennuyeux et profondément inutile des propriétés du feu et la liste complète des combustibles qui existent sur cette terre. Cela suivi d’une exclusion de la bibliothèque jusqu’à la fin de l’année scolaire. Ce serait dommage avec les examens que vous avez à passer, mais je suis prêt à faire ce sacrifice. Sacrifice fâcheux au vu du niveau de vos capacités reflexives. J’espère que l’information restera gravée au premier plan dans vos cerveaux et fera de l’ombre à tout autre pensée. » D’un coup de baguette magique, Octave fit disparaitre la poubelle avant de diriger son regard dénué d’expression vers la petite Serpentard et ajouta, d’un ton beaucoup plus bas et vibrant : « Rejoignez quelqu’un de plus âgé que vous, Miss De Kerimel, une moitié de cerveau valant toujours mieux que rien du tout, n’est-ce pas ? »

Et sur ces mots, fort agréables mais entièrement inspirés par tout ce qu’il en pensait, Octave quitta les rayonnages, rejoignant la réserve, énumérant spasmodiquement tous les synonymes qu’il pouvait trouver au mot « débile ». C'était à peine s'il parvenait à y croire, mais il n'y avait même pas assez de termes dans le vocabulaire anglais pour décrire tout ce que ce niveau de stupidité lui inspirait.

_________________
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
POUFSOUFFLE7ème annéePréfète
    POUFSOUFFLE
    7ème année
    Préfète
AVATAR : Katie McGrath
MESSAGES : 237

INFOS PERSONNAGE
SITUATION AMOUREUSE SITUATION AMOUREUSE: Célibataire.
DATE & LIEU DE NAISSANCE DATE & LIEU DE NAISSANCE:
SANG SANG: mêlé
MessageSujet: Re: [Ven. 14 novembre 1997] MINI-INTRIGUE : Les écrits interdits Dim 16 Juil 2017 - 17:45

Ses narines frémirent avant de se pincer. Lentement elle se retourna, les sourcils froncés. Un livre qui brûlait. Elle regarda l'objet se consumer sous ses yeux, sans rien faire, sans rien dire, sans rien exprimer. Elle reconnu l'ouvrage qu'elle avait caché quelques instants auparavant. Lina avait eu dans l'idée de revenir le lendemain pour récupérer l'ouvrage et mieux le cacher, il ne lui aurait fallut que quelques heures de sursis. Avec flegme, elle baissa les yeux et continua son travail. C'était Meredith qui avait fait ça, la Préfète de Gryffondor. La jeune voyante ne connaissait pas sa position concernant les nés moldus, ou les Carrow, mais son message était clair : pour ce soir, elle avait choisi son camps.

Quelques pas, plutôt légers, vinrent troubler la tranquillité qu'elle essayait de maintenir en son fort intérieur. Elle leva les yeux pour découvrir un adolescent aux couleurs des lions de l'école. Lina ne le connaissait pas personnellement, mais elle savait qui il était : le capitaine de l'équipe de Quidditch de Gryffondor. Elle – même occupait plus ou moins le poste de remplaçante poursuiveuse et elle suivait attentivement les matchs qui se jouaient à Poudlard, elle avait donc eu l'occasion de voir Jimmy en vol, et elle avait même redouté se retrouver contre lui.

« Mauvaise technique. Change. Son haleine fraîche vint s'écraser contre les lèvres rouges de Lina. Elle fronça ses sourcils. Elle était certaine que personne n'avait pu la voir, comment avait - elle pu se tromper, si Jimmy avait été dans l'autre camps...  Tu vois, c'est beaucoup plus efficace »

Il lui sourit, et Lina inclina légèrement sa tête sur le côté gauche, faisant ainsi osciller sa queue de cheval. Elle lui rendit son sourire, mais de façon plus franche.

« Je sais ce que je dois faire, ne t'en fais pas ».

Avec son index, elle tapota son insigne. Parce qu'après tout c'était vrai. Elle n'était plus qu'une simple étudiante maintenant. Elle avait un rôle bien précis, et entièrement défini par les Carrow, à jouer : elle se devait donc de respecter les instructions à la lettre. Elle laissa Jimmy là, et retourna dans son rayon. Si Meredith et Jimmy traînaient dans les parages, il n'y avait pas grand chose qu'elle puisse faire. Pour l'instant, en tout cas. La jeune femme se résigna à s’acquitter de sa tâche. Mettant de côté ses sentiments, elle dépouilla les rayons des ouvrages demander, les entassant sur une table. Une fois arriver au bout du rayonnage, elle contempla la pile, et son cœur se serra. Ce n'était que des livres, mais la symbolique était forte. Lina se retourna et jeta un regard autour d'elle. Elle entendait les pas de quelqu'un, sans pouvoir savoir de qui il s'agissait. Il lui sembla également entendre la voix d'Andrée. Une nouvelle odeur de brûlé... Non, c'était trop risqué. Elle s'assura une dernière fois que tous les ouvrages avaient bien été retirés et, avec plus de raideur qu'à l'accoutumé, elle leva sa baguette pour jeter un sortilège informulé afin de faire disparaître les livres. Il n'y avait désormais plus rien pour dissimuler le bois sombre de la petite table.

Elle soupira, et ses épaules s’affaissèrent un peu. Mais une voix glaciale, énervée, la tira de sa torpeur avec brusquerie. Lina quitta son rayon, et d'un pas pressé se rendit dans l'allée centrale, sa baguette toujours à la main. Octave était là, face à Andrée, qui semblait encore plus petite que d'habitude. La sorcière pinça les lèvres, partagée. Elle comprenait la colère du bibliothécaire, car après tout il était responsable de ces lieux, mais Andrée n'était qu'une enfant. Et puis il n'avait pas réagit quand Meredith avait fait brûler le livre quelques instants plus tôt. Tout cela manquait en son sens de cohérence. Dubitative, elle regarda Octave exercer son autorité. Sous le manteau de la colère, il était encore plus imposant, plus impressionnant, le rendant presque plus charismatique, grâce aux nouvelles émotions qui dansaient sur son visage.

« Rejoignez quelqu’un de plus âgé que vous, Miss De Kerimel, une moitié de cerveau valant toujours mieux que rien du tout, n’est-ce pas ? »

Lina fit claquer sa langue. Il était un peu dur, là. Se redressant, elle s'avança vers Andrée et posa une nouvelle fois sa main gracile et blanche sur l'épaule de l'enfant.

« Viens avec moi Andrée »

Le ton était doux, mais l'ordre était bien là malgré tout. Elle sourit à Andrée pour lui démontrer qu'elle ne lui en voulait pas, et jeta un regard sévère au dos d'Octave puisque ce dernier s'était déjà retourné. Les choses auraient pu mieux se dérouler, mais finalement, la situation arrangeait plus ou moins Lina. Au moins elle pourrait veiller sur sa benjamine, et s'assurer que rien ni personne ne puisse l'influencer de façon négative. En revanche, il serait plus difficile de cacher des livres maintenant...

Difficile, mais pas impossible.

_________________
"Du chaos naît une étoile"

EVERYONE YOU MEET IS FIGHTING A BATTLE YOU KNOW NOTHING ABOUT. BE KIND. ALWAYS.


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
SERPENTARD1ère année
    SERPENTARD
    1ère année
AVATAR : Ava Acres
MESSAGES : 339

INFOS PERSONNAGE
SITUATION AMOUREUSE SITUATION AMOUREUSE: Célibataire
DATE & LIEU DE NAISSANCE DATE & LIEU DE NAISSANCE: 01/04/1986 à Rennes
SANG SANG: mêlé
MessageSujet: Re: [Ven. 14 novembre 1997] MINI-INTRIGUE : Les écrits interdits Lun 17 Juil 2017 - 22:59



Andrée sentit plus qu’elle ne vit Lina se poster derrière elle. Comme pour la rassurer, ou peut-être également pour la faire obéir, elle posa sa main douce sur son épaule et la fillette se sentit légèrement tirée en arrière. « Viens avec moi, Andrée », entendit-elle doucement près de son oreille, et la petite fille, même si elle l’avait voulu, aurait eu bien du mal à lui répondre. Les mots du bibliothécaire l’avaient tous frappée comme autant de gifles qu’on lui aurait violemment administrées, pour telle ou telle raison, pour la corriger sévèrement peut-être. Elle n’avait pas compris. Elle n’avait pas voulu comprendre. Elle, elle n’aspirait qu’à bien faire les choses, faire comme on s’attendait à ce qu’elle fasse, finir son travail le plus proprement possible et ne plus jamais en reparler. D’accord, avouerait-elle plus tard de mauvaise grâce, il était possible qu’elle ait songé à, elle ne savait pas, soutenir la mutinerie des autres en ne réagissant pas aux livres abandonnés çà et là dans la bibliothèque – encore que, au final, elle n’avait même pas su mettre son plan à exécution. Sa lâcheté naturelle peut-être, sa volonté de survivre sans doute, l’avaient rattrapée trop tôt et elle n’avait jamais su agir – même si l’action présumée se révélait plutôt être de l’inaction, mais elle ne s’attarderait pas dessus.
 
Alors voir que tous ses efforts pouvaient être réduits à néant juste par quelques mots cinglants et la colère sourde du bibliothécaire était, si vous vouliez bien lui accorder, un peu traumatisant. Andrée ferma les yeux en luttant contre les larmes de frustration, d’humiliation, de tristesse un peu également, qui montaient bien malgré elle. Elle se sentit toute petite, toute démunie. Elle eut l’impression de se ratatiner sur elle-même et de voir sa fierté éclater en mille morceaux. Parce qu’elle savait sans n’avoir besoin de le voir que tous les élèves collés avaient entendu la gueulante de Mr Holbrey ; que tous, sans exception, avaient assisté, même simplement auditivement, aux assertions dégradantes qu’il lui avait offertes – parce que, même si Andrée avait compris depuis longtemps qu’il était remonté contre tous les auteurs des mini-feux de camp qui parsemaient la bibliothèque, elle était la seule à avoir été prise sur le fait. Et que même si Mr Holbrey était certainement plus intelligent que la norme des adultes en ces temps glaciaux, il avait tout de même fini par déverser toute sa bile sur la seule victime qui s’était présentée à lui. Tout ce qu’il avait crié, de rage, de haine ou d’un trop-plein d’autres émotions négatives, c’était Andrée qui l’avait encaissé. Comment aurait-il pu en être autrement alors que personne d’autre que Lina n’avait fait mine de s’avancer, alors même que ses invectives s’éteignaient déjà ?
 
« Rejoignez quelqu’un de plus âgé que vous, Miss de Kerimel », avait-il terminé, dangereux. Un frisson était monté tout le long de l’échine de la petite fille. À ce moment-là, il était presque aussi effrayant que les frères Carrow réunis, à ceci près qu’il lui manquait la difformité physique qui caractérisait si bien les deux Mangemorts. « … une moitié de cerveau valant toujours mieux que rien du tout, n’est-ce pas ? » Tremblante, elle n’était parvenue qu’à acquiescer sans qu’elle ne sache vraiment pourquoi alors que le propriétaire des lieux faisait déjà demi-tour de son pas furibond. Pas de cerveau du tout, qu’il disait… Après tout, ça n’était pas impossible : la fillette ne brillait pas vraiment par ses résultats scolaires – enfin, surtout dans la pratique – et personne ne l’avait jamais complimentée sur sa supposée intelligence.
 
C’était là que Lina était arrivée. Au moment où l’enfant se disait que, peut-être, les remontrances et pire, les insultes que lui avait balancées Holbrey étaient justifiées. Elle baissa les yeux devant le sourire de son aînée. Sans doute ne méritait-elle pas autant de gentillesse – après tout, elle avait presque mis le feu à des centaines, des milliers d’années de savoirs consignés. Elle n’était finalement pas digne qu’on s’occupe d’elle.
 
Elle suivit Lina à travers le dédale des étagères sans dire un mot. Comment les choses se dérouleraient-elles à présent ? Devrait-elle continuer à chercher les livres et à les détruire, au risque de recréer une catastrophe comme semblait le penser le bibliothécaire ? Au fond d’elle, Andrée espéra que non. Qu’on la jugerait trop impotente pour une tâche comme celle-ci, aussi simple fût-elle, et que Lina la mettrait juste sur le côté pour qu’elle l’observe, qu’elle apprenne de ses erreurs peut-être et qu’elle reste tranquille aussi. Souvent, les gens avaient cette tendance d’écarter l’élément problématique d’un groupe avant qu’il ne commette d’autres bévues. Ainsi, il reste à l’écart, n’apprend pas et leur fout la paix ; c’était précisément ce qu’Andrée aurait souhaité qu’on fasse avec elle, pour une fois. Qu’elle reste la sage, discrète et invisible petite Serpentard. Tant pis si elle ne plaisait pas aux Carrow, tant pis si on ne reconnaissait pas ses efforts : pour une fois, elle voulait juste rester sur la touche.
 
Se reposer. Lâcher prise. Se laisser aller et tout envoyer balader.
 
Peut-être que si les Carrow avaient été présents, ils n’auraient rien dit, eux. Ils étaient généralement pour la destruction de masse, alors quelques livres de moins ou une bibliothèque complète, quelle différence pour eux ? Le plaisir de voir le savoir détruit, la jubilation de voir leurs efforts déments porter leurs fruits. Peut-être qu’ils prévoyaient cela depuis le début, au fond ; peut-être que d’assister à la mise en cendres du lieu érudit faisait partie de leur infâme plan de lavage de cerveau. Peut-être que oui, peut-être que non – visiblement en tout cas, ce n’était pas dans les machinations de Mr Holbrey.  
 
La moue d’Andrée tira vers le bas lorsqu’elle se souvint de ses mots. Ils avaient gardé la précision de la première fois et lui tailladèrent à nouveau l’esprit. « Lina… » Ça sonnait comme une supplique. [color=#7fffd4]« Je pensais juste bien faire », murmura-t-elle finalement. « Je pensais que… On m’a montré, tu sais ? Je croyais que c’était la bonne chose à faire. Ça ne l’était pas, pas vrai ? » Est-ce que toi, tu fais bien, Lina ?, voulut-elle ajouter, parce qu’elle avait désormais la confirmation que détruire des livres n’était peut-être pas la bonne solution. Est-ce que toi tu détruis aussi, ou est-ce que tu fais comme je devrais faire mais comme je ne fais pas parce que j’ai trop peur ? Elle se tut. Elle était sûre que la Poufsouffle ne lui tiendrait pas rigueur de ses questions, mais les remontrances potentielles auxquelles elle s’exposait lui paraissaient bien acides, tout à coup. Encore plus acides qu’avant.
 
Elle laissa courir ses mains sur la tranche des ouvrages de l’étagère. Le cuir était doux sous ses doigts, mais c’étaient les titres qui intéressaient la fillette. Elle en sortit un et en présenta la couverture à Lina. Dessus, il y avait gravé d’or un dessin sagittal et le titre brillait sous la lumière tremblante des chandelles – Se battre à la moldue. Elle fit bien attention à réfléchir à ce qu’elle dirait : il fallait que l’autre la comprenne, mais que personne d’autre ne puisse entendre. Il fallait que ce soit subtil tout en gardant de sa clarté. Il fallait que ça traduise tout l’état d’esprit de la fillette.
 
« Si on les incendie, c’est nous qui nous brûlons les ailes. Mr Holbrey vient de nous le montrer. » La douleur encore vive de l’humiliation ressurgit encore. Bientôt, Andrée se demanderait si s’auto-flageller n’était finalement pas une forme de réconfort pour elle. Elle porta le livre à sa poitrine comme si elle y tenait vraiment. Alors, doucement, pour prévenir une future blessure peut-être ou bien juste pour faire peser ses mots, elle demanda : « Que doit-on faire de ça, alors, si on ne peut pas les cramer ? »



Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
GRYFFONDOR6ème annéeCapitaine de Quidditch
    GRYFFONDOR
    6ème année
    Capitaine de Quidditch
AVATAR : Josh Hutcherson
MESSAGES : 549

INFOS PERSONNAGE
SITUATION AMOUREUSE SITUATION AMOUREUSE: Celibataire
DATE & LIEU DE NAISSANCE DATE & LIEU DE NAISSANCE: 7 Août 1982
SANG SANG: mêlé
MessageSujet: Re: [Ven. 14 novembre 1997] MINI-INTRIGUE : Les écrits interdits Ven 18 Aoû 2017 - 17:00

Les écrits interdits
“Un livre est un outil de liberté.”
••••

 
Jimmy ne se sentait pas à sa place. Il se sentait mal, terriblement mal. Pourtant, la bibliothèque faisait partie des premiers refuges qu’il avait fréquenté lors de ces premières années à Poudlard. Et pourtant, naviguer entre les étagères du lieu ne lui faisait pas le moins du monde plaisir. Il savait pertinemment que ce n’était guère la faute de la bibliothèque en elle-même, mais bien de la mission pour laquelle il y était présent. Allait-il vraiment avoir le courage d’obéir jusqu’au bout ? Allait-il en avoir la force ? Il ne savait pas. Il ne savait plus rien. Il s’avait simplement qu’il devait tout faire pour protéger Amaryllis et garder sa position de Capitaine de Quidditch de sa maison. Qu’allait-il faire s’il perdait ces deux choses-là ? Au vu de son ascendance moldue, nul doute qu’il irait rejoindre Jude dans les dortoirs délabrés et froid des Nunaboucs. Et si la compagnie n’était pas des plus déplaisantes, ce n’était pas dans ces plans.

Aussi, Jimmy prit exemple sur la petite Meredith (qui n’était plus si petite, d’ailleurs.) Le jeune homme enviait la façon dont sa camarade de maison gérait les choses. Tout paraissait presque facile ! Sauf que le regard perçant et l’assurance de Lina face à ces conseils lui faire perdre tous ces moyens. La Poufsouffle de septième année savait exactement ce qu’elle faisait. Eh bien tant mieux, le jeune Gryffondor pouvait à présent retourner dans son rayon sans plus rien faire. Sauf que la petite Andrée trouva judicieux d’enflammer un livre au milieu du rayon. « Et après, on dit que ce sont chez les Gryffondor que les cerveaux manquent... » murmura-t-il à lui-même, avant d’écouter d’une oreille distraite les réprimandes du chef des lieux.

Le chef des lieux, tiens ! Exécutait-il les ordres des Carrow ? Ou peut-être trouvait-il le courage – lui – de remédier au problème autrement ? Piqué dans sa curiosité – et surtout bien incapable de faire comme sa petite camarade rouge et or – Jimmy quitta son rayon, et sa liste pour prendre la direction de sa réserver où Octave s’était réfugié – surement les joues et les oreilles fumantes. Le capitaine de Quidditch entra donc à pas de loup dans la réserve, tout en cherchant du regard le maître des lieux. Il ne déclara pas sa présence, préférant de loin juger par lui-même les actions du bibliothécaire. Il s’avança alors doucement entre les rayons, et se cacha derrière deux gros livres poussiéreux : Monsieur Holbrey était là, baguette en main. Il transforma sous ces yeux l’un des gros livres de la réserver avant de le passer en anneau. Jimmy resta silencieux, surpris – et impressionné, il fallait le dire – par le choix de l’homme. « Monsieur Holbrey. » dit-il alors, d’une petite voix. Que devait-il faire ? Crier au loup ? Tout avouer à Meredith ? Aux Carrow eux-même ? Jimmy n’en savait fichtre rien, et ça lui posait un très gros problème. Il était tiraillé, entre ce qu’il devait faire, et ce qu’il voulait faire. « Vous ne devriez pas cacher les livres, Monsieur Holbrey. Ils pourraient l’apprendre et vous.. » Ces mots restèrent en suspens. Jimmy n’osait guère imaginer ce que les Carrow feraient au bibliothécaire s’ils apprenaient sa trahison.

Jimmy déglutit. Il était dans la citrouille de dragon jusqu’au cou. S’il ne disait rien, il risquait une punition façon Carrow. S’il disait quelque chose, Octave Holbrey allait probablement subir bien pire.
Citrouille.
 

  ••••

by Wiise

_________________
stand by me + When the night has come and the land is dark and the moon is the only light we'll see. No, I won't be afraid. No, I won't be afraid just as long as you stand, stand by me.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
PERSONNEL DE POUDLARDBibliothécaire
    PERSONNEL DE POUDLARD
    Bibliothécaire
AVATAR : James McAvoy
MESSAGES : 463

INFOS PERSONNAGE
SITUATION AMOUREUSE SITUATION AMOUREUSE: Pas vraiment seul, mais presque.
DATE & LIEU DE NAISSANCE DATE & LIEU DE NAISSANCE: 10 Août 1964
SANG SANG: mêlé
MessageSujet: Re: [Ven. 14 novembre 1997] MINI-INTRIGUE : Les écrits interdits Lun 21 Aoû 2017 - 15:57

Comme dirait l’autre, Octave n’avait manifestement pas hérité des couteaux les plus aiguisées du lave-vaisselle. Certains pourraient penser qu’il chipotait un peu, que ce n’était pas si important, tant qu’on faisait attention, mais bon, Staline n’aurait pas été content qu’on atomise le Kremlin pour éradiquer une invasion de termites. Efficace, certes ; un peu trop, cela dit. Quoi qu’il n’y avait probablement pas de termines en ex-URSS, tout comme il n’y avait pas d’opposants politiques. Même le bourreau d’Anne Boleyn avait tergiversé sur la meilleur manière pour décapiter la jeune Dame et le bibliothécaire ne faisait que s’inscrire dans cette longue lignée de fonctionnaire qui exécutaient leur métier avec une conscience professionnelle inébranlable, quelle que puisse-t-être le contexte. Mais comme les temps étaient à priori sombres, il semblait que cette métaphore s’étende au-delà de la simple figure d’expression, puisqu’ils vivaient maintenant dans un monde où lorsque l’aurore se levait chez les Carrow, le soleil se couchait sur la raison des étudiants. Et ils pouvaient tous lui envoyer des éclairs enflammés dans le dos et juger sa conduite excessive, que ça ne participerai en rien à faire baisser d’un cran son degré de cynisme ou la certitude absolue d’avoir raison.

Sa colère fut toutefois brève, comme à peu près tout sentiment qu’il pouvait éprouver de manière démesurée, et le calme était revenu au moment de franchir l’enclos qui protégeait la réserve de mains un peu trop jeunes. Toutefois, il avait maintenant les sens aux aguets, pistant la moindre odeur de fumée qu’une âme inconsciente aurait pu répandre pour vérifier la patience ou l’audace éventuelle du bibliothécaire. Octave revint donc à ses occupations sans trop s’attarder sur les fâcheux évènements, ayant toutefois une petite pensée pour Lina, qu’il considéra définitivement comme une étudiante, surtout après cet air plein de désapprobation qu’il avait vu flotter sur son visage. Qu’elle se fasse une crampe à force de grimacer si ça pouvait la soulager, il n’en avait cure. On pouvait même dire que c’était le genre de réaction qui aurait pu lui prêter encore plus de panache. Néanmoins, il redirigea cette énergie artificiellement créée –comme par magie pouvait-on d’ailleurs supposer, puisqu’elle venait tout droit de la vacuité spirituelle des étudiants- vers l’exercice qu’on lui avait mine de rien confié. Le but n’étant pas non plus de trainer en longueur, car l’activité n’avait après tout rien de très palpitant en soi.

Il s’attela donc à la suite de ce funeste assainissement, jetant tour à tour, avec une paresse étudiée néanmoins, les quelques livres qui lui revenaient en tête au fur et à mesure vers le tas déjà existant d’ouvrages maudits. Jusqu’à tomber sur celui qu’il se sentit obligé de récupérer, pour l’Amour du Savoir, bien sûr, tout comme de l’artisanat, de l’art et du recopiage, sans parler du pauvre dragon qui avait sacrifié sa peau pour qu’on puisse y relier ce pauvre livre. Tant de sacrifices ! Tant de gâchis. Comme la première fois, vu que le tour avait bien marché, Octave transfigura le gros volume en bague aux reflets rougeâtres, avant de se l’enfiler au doigt, tout en maudissant l’absence absolue de sensibilité artistique des Carrow.

« Monsieur Holbrey. »

Il ne se serait pas posé de questions, si seulement la voix juvénile qui raisonna des étagères ne fut pas aussi lamentablement étouffée par une boule dans la gorge. Monsieur Holbrey s’immobilisa donc un instant, la main encore tendue devant soi, tandis que son visage revêtait la texture du marbre. Jadis crispé par l’exaspération, ses traits se détendirent ; un peu trop, peut-être. La paralysie de l’esprit fut rapidement remplacée par une témérité qui ne semblait connaître aucune borne. Et plus le jeune homme, encore plus effrayé que le bibliothécaire soi-dit-en-passant, lui lançait ses tremblantes menaces et accusations, tapis dans les fins fonds de ses propres chaussures, plus Octave gagnait en toupet.

« Vous ne devriez pas cacher les livres, Monsieur Holbrey. Ils pourraient l’apprendre et vous… »

Octave se tourna lentement pour toiser l’intrus à la chevelure de paille. Ses yeux se plissèrent d’abord, tentant de se protéger du jeune homme tant il irradiait tout entier la navrance, au point de faire trembler les vitres blindés, à coup sûr. Puis, un sourcil se détacha pour voyageur jusqu’au milieu de son front en une courbe plus que circonspecte.

« Et je quoi ? » demanda-t-il simplement, encourageant le jeune homme à avoir le courage de ses intentions. Non parce que si c’était pour s’arrêter en plein milieu, autant rester planqué dans la poussière. Mais puisqu’il savait de toute façon que rien de très concluant n’allait suivre, à part peut-être quelques bredouillements mâchouillés, il enchaîna : « Monsieur Kent, la seule manière dont « ils » pourraient l’apprendre, ce serait que tu le leur dises, puisque tu es le seul témoin manifeste. Il ne reste plus qu’à savoir si tu es en train de me prévenir d’éventuelles répercutions à venir, si je choisis de persister dans mon activité, ou si tu essayes maladroitement de me menacer… »  Octave marqua une pause lourde en sous-entendus. Sa tête se pencha vers l’avant, tandis qu’il regardait le jeune homme de front, de cet air empli d’une étrangeté douteuse. Sa voix, néanmoins, était calme et posée : « Si c’est le cas, j’espère que tu as le caractère à supporter ce genre de convictions. Quoi que… tu sembles être plutôt bien parti, à épier les gens dans l’ombre. » Ce qui n’était absolument pas une critique, au demeurant. « Et dans ce cas, fais ! Qu’est-ce que tu veux que je te dise. » Un sourire mielleux fendit soudain son visage. Personne n’aurait été capable de dire à l’instant que tout ceci tenait en précaire équilibre sur ce qui lui restait d’hardiesse. Son rictus se fit tendrement détraqué, sans animosité particulière, mais horriblement mal venu. « J’espère cela dit pour toi que tu seras de taille. »

Car le bibliothécaire, aussi aculé qu’il pouvait paraitre, trouvait toujours une échappatoire. Et s’il fallait mentir pour accuser son propre détracteur, il le ferait sans hésiter. Si le jeune homme était prêt à endosser une pareille responsabilité, il devait également être prêt à en subir les conséquences, qu’elles viennent des Carrow ou d’Octave lui-même.

_________________
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
GRYFFONDOR6ème annéeCapitaine de Quidditch
    GRYFFONDOR
    6ème année
    Capitaine de Quidditch
AVATAR : Josh Hutcherson
MESSAGES : 549

INFOS PERSONNAGE
SITUATION AMOUREUSE SITUATION AMOUREUSE: Celibataire
DATE & LIEU DE NAISSANCE DATE & LIEU DE NAISSANCE: 7 Août 1982
SANG SANG: mêlé
MessageSujet: Re: [Ven. 14 novembre 1997] MINI-INTRIGUE : Les écrits interdits Mer 23 Aoû 2017 - 10:55

Les écrits interdits
“Un livre est un outil de liberté.”
••••

 
Jimmy n’avait guère l’envie d’être là. Il ne voulait pas non s’attirer les foudres du bibliothécaire pour l’avoir espionné et attrapé la main dans le sac ! Il aurait dû étouffer sa curiosité et rester dans son rayonnage. Il aurait dû suivre bêtement les instructions des Carrows, écouter les conseils de Meredith et ne rien chercher de plus. Alors, qu’était-il venu faire dans la réserve ? Vérifier qu’Octave faisait correctement son boulot ? Et quel était ce boulot, d’ailleurs ? Un bibliothécaire ne devait jamais avoir à détruire un livre, peu importe son contenu. Il devait les protéger, jusqu’au bout, tout comme Jimmy aurait dû le faire. Le jeune homme cependant avait céder. Il avait courbé l’échines et obéit. Il fallait dire aussi, que Meredith avait trouvé les bons mots pour lui faire rapidement choisir un camp. Cependant, la jeune Lionne n’était pas pour lui murmurer ses conseils à l’oreille, et Jimmy, bien que légèrement dans l’indécision, prenait conscience de l’erreur qu’il avait faîte : il n’aurait jamais dû céder. Il faisait un bien-piètre lion. Et là, sous le regard de l’homme des lieux, Jimmy se retrouvait subitement en première année, impressionné, nullement capable de terminer sa phrase.

L’homme réagit tout de même au mot du sixième année par les siens. A voix haute, Octave rendit encore plus réel les problèmes que tout cela pouvait amener. « J’espère cela dit pour toi que tu seras de taille. » termina alors Holbrey, tandis que Jimmy jeta un coup d’œil vers l’entrée de la réserve, pour s’assurer que personne n’était venu les espionner, comme lui était venu espionner le bibliothécaire. « Je ne suis pas taille, Monsieur Holbrey. Pas pour tout ça, en tout cas. Et je le sais. Je ne sais pas encore ce qui a poussé le choipeaux à m’envoyer à Gryffondor. » dit-il alors, en attrapant l’un des livres de l’étagères que ratissait Octave. Vision d’une vie moldue. Le jeune homme ne savait pas ce que faisait ce livre-là dans la réserve, mais se moqua un peu de l’information. « Je ne vous dénoncerais pas, Monsieur Holbrey. Vous faîte ce que je ne suis pas capable de faire. » avoua-t-il, dans un petit soupir, avant de lever un regard de petit chiot battu en direction du professeur. Meredith lui avait fait comprendre que d’aller contre les Carrows pourrait se retourner contre lui, et surtout contre Amaryllis. C’était cette dernière vérité qui effrayait le plus le jeune homme. Elle avait déjà trop vécu, trop vu. Il ne voulait pas qu’elle souffre davantage. Il voulait la protéger, simplement et pour ça, il devait détruire les livres de la bibliothèque qui touchait de près, ou de loin, aux moldus.

Il reposa le livre, avant de reposer toute son attention sur le professeur. « Faîtes attention à ne pas vous faire prendre, Monsieur. Et je le dis tout autant pour vous, que pour moi. » dit-il, alors que son peu d’assurance revint tout doucement. Il se mit à murmurer. « Si j’étais bon en métamorphose, je vous aiderais. Cependant, j’ai toujours un ou deux doigts à disposition, si vous le souhaitez. » dit-il, trouvant le courage de défier le pouvoir. Etait-ce le bibliothécaire qui le poussait comme ceci ? Ou sa propre envie ? Peut-être redoutait-il plus la capacité d’Octave à se sortir d’un mauvais pas que celle des Carrow à torturer physiquement, et moralement. Ou peut-être avait-il simplement besoin d’inspiration, de voir quelqu’un défier les ordres était vivifiant. D’abord Lina, puis Octave. Peut-être ne serait-il pas si seul que cela, s’il se donnait la peine d’observer un peu plus les gens. Le visage qu’il montrait au monde n’était souvent que la partie émergée de l’iceberg !
 

  ••••

by Wiise

_________________
stand by me + When the night has come and the land is dark and the moon is the only light we'll see. No, I won't be afraid. No, I won't be afraid just as long as you stand, stand by me.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
PERSONNEL DE POUDLARDBibliothécaire
    PERSONNEL DE POUDLARD
    Bibliothécaire
AVATAR : James McAvoy
MESSAGES : 463

INFOS PERSONNAGE
SITUATION AMOUREUSE SITUATION AMOUREUSE: Pas vraiment seul, mais presque.
DATE & LIEU DE NAISSANCE DATE & LIEU DE NAISSANCE: 10 Août 1964
SANG SANG: mêlé
MessageSujet: Re: [Ven. 14 novembre 1997] MINI-INTRIGUE : Les écrits interdits Mer 23 Aoû 2017 - 23:00

Octave songeait de plus en plus à investir dans un dispositif d’alerte quelconque, qui se mettrait à pousser des cris stridents de violon torturé par une délétère, ou d’enfant braillard comme on en voit un peu partout, à chaque fois que quelqu’un s’approcherait un peu trop près de sa zone de confort. C’était après tout la deuxième fois de la soirée qu’il parvenait à se faire surprendre, non pas par un ninja d’élite, mais bien par un élève. L’heure de faire son bilan médical sonnait, puisqu’il semblait que la surdité le guettait… Ou bien avait-il sous-estimé tous ces petits morveux, à peine capables de faire léviter des coussins, et l’état de guerre en général, se reposant sur ses lauriers tel un fonctionnaire gouvernemental, avec l’assurance d’être entouré d’incompétents. Pour la plupart, c’était effectivement le cas. Non pas qu’ils étaient parfaitement incapables ; disons plutôt qu’ils étaient incapables d’étreindre la situation dans toute sa large étendue, et se cantonnaient aux inquiétudes de leur monde propre. Les alliances et les délations leurs passaient au-dessus de la tête aussi sûrement qu’un cours d’histoire de la Magie. Pourtant, il était certain que la stupidité était à craindre au même titre que la lâcheté, et que les Carrow n’étaient définitivement pas le pire des maux, grossièrement parlant. Malgré leurs méthodes, il y avait toujours quelqu’un pour s’en contenter, ou être pris d’un effroi tel, qu’il valait mieux s’adonner à une obéissance aveugle plutôt que d’être la cible d’une colère tout aussi borgne. Il n’y avait rien de tel qu’une kyrielle de petits yeux braqués sur vous, sans que vous n’en connaissiez la provenance, ni les intentions, comme tant de milliers d’insectes luisants dans la nuit, disparaissant selon les reflets de la lune. Et ces yeux-là étaient partout. Monsieur Kent, du haut de sa maison rouge et de son jeune âge venait d’en apporter la preuve.

Néanmoins, l’audace du bibliothécaire sembla payer, car le garçon avait l’air davantage pris au piège que résolument déterminé à se ranger d’un quelconque côté. Eh oui, dès qu’il fallait mettre ses projets en pratique, cela devenait vite compliqué… Déconfit, ce dernier avoua même sa défaite, pour ne pas dire déroute, ce qui aspira au maître des lieux une mitigée suspicion. En effet, Monsieur Kent, vous n’avez l’air à la hauteur ni de ce qu’on vous demande, ni de vous-même, se dit-il finalement avec une pointe d’amertume. Il fallait dire que tout cela était horriblement désolant, et ce qui habituellement lui inspirait du dédain, le recouvrit du lourd voile de la désillusion. Voir tous ces élèves si perdus avait depuis longtemps cessé de représenter une source de pathos vaguement odieux. Sa propre bravade perdit de son souffle et l’orgueil l’animant se dégonfla, ne laissant sur son visage qu’une sorte de pitié acerbe, mêlée à de la bienveillance malheureuse, trop vite éprouvée.

Cette histoire de maison néanmoins, le fit doucement sourire. Comme si Monsieur Kent avait des comptes à rendre à qui que ce soit ce concernant ! Mais non, l’affaire devait être une raison de plus pour se déprécier et se décourager. Cela dit, il devait s’avouer rassuré par ce manque de bravoure… Quoi que non, l’esprit n’était pas là, car malgré tout, Jimmy restait fidèle à l’essence de son blason. Octave eut un petit durcissement du visage, lorsque l’adolescent lui suggéra pour la deuxième fois de faire attention, peu enclin qu’il était à accepter cet état de fait.  Se faire pincer par un élève, par Merlin ! Rien que pour ça, il aurait pu transfigurer ce cher Kent en souris, puis qu’il continue à fouiner ces étagères… suivi de près par sa collègue colorée, au nom de famille imprononçable. Il la voyait bien tabouret, histoire que les fesses qu’elle léchait avec tant d’application ne se trouvent jamais loin de sa tête. Octave fut raisonnablement adouci par la prévenance qu’avait l’élève à son égard et que peu avaient manifesté.

« Si j’étais bon en métamorphose, je vous aiderais. Cependant, j’ai toujours un ou deux doigts à disposition, si vous le souhaitez. »

Un peu surpris par un revirement de situation aussi radical -car le jeune homme bondissait véritablement du coq à l’âne, si ce n’est carrément du bois au copeau-, Octave esquissa un sourire empli de mystère au visage plein de doute du jeune homme, avant de laisser couler mielleusement :

« Laissez-toi le bénéfice du doute, veux-tu ? Et surtout dis-toi que peut-être, le Choixpeau te connait mieux que tu ne te connais toi-même… » son œil brilla en étoile filante « …pour l’instant. C’est faire preuve de courage que de reconnaître son impuissance. Pas besoin d’affronter des monstres pour ça. Ni de savoir pratiquer la magie... »

Un peu banal, mais banalement vrai. Chacun ressentait la douleur à son propre degré, de la même façon que chacun faisait aussi de son mieux, à son niveau. Et comme nous l’apprend l’art, ce sont tant de petits coups de pinceaux qui forment les grands tableaux. Avec une négligence étudiée, souhaitant inconsciemment faire croire que tout était facile pour lui, Octave se saisit du livre que Jimmy avait extrait des étagères, sublimant la symbolique du moment par le titre de l’ouvrage. Il l’examina de ses yeux tendrement mi-clos, soudain inspiré par les mièvreries chevaleresques du garçon. Lui aussi avait eu son lot de fluctuations hésitantes sur les principes qu’il souhaitait s’imposer, la morale à suivre, les mœurs… Lui aussi en avait presque perdu son identité.

« Même si ca peut aider. »

Octave tendit son autre main et se saisit de celle de Jimmy, qu’il guida de sorte à ce que sa paume se présente en coupe vers le plafond. Satisfait, le bibliothécaire se saisit de sa baguette magique et, plaçant le livre au-dessus du réceptacle fraîchement créé, il transfigura l’ouvrage en petits galets rondelets et colorés. Une poignée de bonbons, bariolés et chatoyants, polis comme du verre qui aurait été ciselé par la mer, se déversa dans la main au doigts déliés de l’étudiant sous le regard pétillant de l’adulte.

« Tu as pris la décision de ne pas me dénoncer, ce qui est déjà quelque chose. Alors je te confie ces… bonbons. Jolis dragés, non ? Que tu as acheté cet été, quelque part. Ou des cailloux ramassés sur la plage de tes vacances. Tu en prendras soin, n’est-ce pas ? Tu peux toujours commencer par ça, au lieu de dire des choses qui te font te sentir petit. »

Sur ces mots, Octave rangea sa baguette magique. Avait-il besoin de l’aide de l’étudiant ? Non. Tout comme en théorie il n’avait pas eu besoin de leur aide pour nettoyer la bibliothèque. Il espérait néanmoins que d’une certaine façon, cette petite responsabilité redonne du courage et qu’elle participe à transformer toutes ses pensées incapacitantes et désillusionnées en force de lion. Puis, changeant son ton complice en orgueil miséricordieux, il claqua de la langue avec taquinerie et susurra :

« En voilà une bonne raison d’être assidu en cours. »

_________________
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
GRYFFONDOR6ème annéeCapitaine de Quidditch
    GRYFFONDOR
    6ème année
    Capitaine de Quidditch
AVATAR : Josh Hutcherson
MESSAGES : 549

INFOS PERSONNAGE
SITUATION AMOUREUSE SITUATION AMOUREUSE: Celibataire
DATE & LIEU DE NAISSANCE DATE & LIEU DE NAISSANCE: 7 Août 1982
SANG SANG: mêlé
MessageSujet: Re: [Ven. 14 novembre 1997] MINI-INTRIGUE : Les écrits interdits Mar 12 Sep 2017 - 16:37

Les écrits interdits
“Un livre est un outil de liberté.”
••••

 
Jimmy avait envie de se faire tout petit. Il ne savait plus trop ce qu’il faisait là, il voulait partir, enfourcher un balai et s’en aller très loin de toutes ces horreurs, de tous ce stress constant qu’il sur ces épaules. Oh, évidemment, il n’était pas tout seul dans ce cauchemar, et bien heureusement pour sa santé mentale, mais, et comme tout le monde, il ne se sentirait bien qu’une fois toutes ces choses terminées. Et l’optimisme qui entourait encore parfois son palpitant lui souffrait à l’oreille que cela allait arriver, un jour, éventuellement. En bon lecteur qu’il était, Jimmy croyait dur comme fer au fait que le mal ne pouvait jamais triompher du bien. Alors peut-être que tout cela allait se terminer un jour, que plus aucuns livres n’allaient être détruit et que plus aucune soirée de punition n’allaient être organisé par les nouveaux surveillants en chefs. Parce que c’était bien ça – et les mots de Meredith – qui avait poussé le lion à suivre les ordres des Carrow’s. Il revoyait encore cette scène comme si elle s’était déroulée hier : les pleurs, les regards terrifiés, la tension et cette vision qui le hantait parfois la nuit et l’empêchait de trouver, dans son sommeil, un semblant de paix.

Jimmy était si perdu qu’il ne savait plus tellement quoi faire et laissait son instinct le guider. Etait-ce une bonne idée ? Eh bien, Octave souriait, ce n’était pas exactement le genre de sourire qui calmait les âmes apeurées ni ramenait à la lumière les âmes perdus, mais c’était tout de même un sourire bien plus agréable que celui des Carrow. Les mots aussi, plus doux, rassurait Jimmy. Oh, il n’était pas tout à fait convaincu du bon choix du Choixpeau, mais peut-être était-il prêt à lui laisser le bénéfice du doute. Et puis, le bibliothécaire n’avait peut-être pas tout à fait tort. Même si l’égo ne Jimmy n’était pas aussi important que celui des Serpents, il en avait tout de même un, et avouer à quelqu’un ce qu’il venait de dire, d’ailleurs à demi-mots, à Octave n’était pas vraiment facile. En espérant qu’il avait fait le bon choix. Jimmy adressa alors un petit sourire timide à son interlocuteur, avant de laisser échapper un petit rire : oui, il ne s’en sortait pas en métamorphose, qu’y pouvait-il ? Rien, il n’y arrivait juste pas, ce n’était pas logique dans son esprit.

Et puis, un instant surpris par la réaction d’Octave, Jimmy se laissa faire. Il avait compris l’intention du sorcier, et observa avec grande curiosité – et peut-être un peu d’admiration – la transformation d’un bouquin en un petit tas de galets ronds et colorés. Il hocha la tête et affirma d’une voix un peu plus claire qu’auparavant « Oui, monsieur, j’y ferait attention ! » Il referma sa main sur les petits galets et les fit rouler dans sa poche. Oh oui, il allait y faire attention, c’était certain. Et puis, il n’avait pas de raison de se faire prendre, n’est-ce pas ? Personne n’allait fouiller ces poches, les Carrows n’étaient pas assez subtils pour ça. « En voilà une bonne raison d’être assidu en cours. » termina alors le bibliothécaire, ce qui tira un petit sourire au sixième année. « Oui ! Ahah ! Vous avez raison, Monsieur Holbrey ! Mais, parfois, quand ça ne veut pas, ça ne veut pas ! » Le Gryffondor s’apprêta à partir sans terminer sa phrase, mais s’arrêta, et reposa son regard sur Octave. « Merci, pour ce que vous m’avez dit. C’est.. Encourageant ! » termina-t-il, un petit sourire reconnaissant sur le visage. Et sur ces remerciements, il replongea dans le monde de la bibliothèque. En espérant que cette séance destructions allait bientôt prendre fin. Si son cœur s’était un peu ragaillardis, il n’était pourtant pas en mesure de tenir bien longtemps.
 

  ••••

by Wiise

_________________
stand by me + When the night has come and the land is dark and the moon is the only light we'll see. No, I won't be afraid. No, I won't be afraid just as long as you stand, stand by me.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
    INCRUSTE MAN
MESSAGES : 872
MessageSujet: Re: [Ven. 14 novembre 1997] MINI-INTRIGUE : Les écrits interdits Dim 24 Sep 2017 - 22:36

La nuit était bien avancée maintenant et Alecto Carrow se demandait si la mission confiée au bibliothécaire se déroulait sans encombre. Elle aurait pu se contenter d'un bilan avec Octave Holbrey le lendemain matin, mais c'était bien mal connaître la sorcière qui n'accordait aucune confiance au corps enseignant sous prétexte qu'il était sous la direction de Severus Rogue. Aussi, la sorcière décida de faire irruption dans la bibliothèque (sans prévenir bien sûr) pour vérifier d'elle-même que le travail était fait...

En arrivant sur place, bibliothécaire et élèves furent réunis autour d'elle. Elle demanda publiquement si l'un d'entre eux avait quelque chose à déclarer. Qui sait, peut-être quelqu'un oserait dénoncer un de leurs camarades. Si personne ne prenait la parole, Alecto se saisirait d'une liste de livres qui devaient être détruits, qu'elle éplucherait avant de sortir sa baguette. Alors, il lui suffisait d'un "Accio" (UN !) pour tomber sur UN des livres cachés. Comme par hasard !

Dans les cas, la sentence ne tarderait pas à tomber : ils allaient payer cet acte de rébellion. Il lui était bien égal de savoir qui avait caché un livre. Elle trouverait les fautifs et elle sentait qu'ils le seraient tous, pour avoir contribué à aller à l'encontre de ses instructions ou pour ne pas avoir dénoncé ceux qui avaient osé se soustraire à ses ordres...

Ils paieraient, ils paieraient tous, alors qu'Alecto se délecterait de les voir subir les effets de sa colère.

Quant au bibliothécaire, il ne serait pas épargné. S'il pensait que cela serait sans conséquence que d'échouer à superviser correctement les élèves, il n'avait absolument rien compris. Infliger la souffrance à autrui procurait une joie sans limite à Alecto, mais elle prenait également un malin plaisir à forcer les doux petits agneaux à se faire mal entre eux. Elle avait donc décidé qu'elle demanderait au bibliothécaire lui-même d'infliger de douloureux sortilèges aux élèves. S'il refusait de se plier à ses ordres, il en payerait lui-même le prix à coup d'Endoloris.

Une fois torturé, chaque étudiant allait recevoir l'ordre de regagner son dortoir dans les plus brefs délais. De toute évidence, vu l'incompétence et l'arrogance de ces élèves impurs, l'entièreté des livres traitant sur les sang-de-bourbe ne serait pas détruite ce soir.

[ HORS-JEU: Nous vous laissons PNJiser l'intervention d'Alecto en RP en utilisant la description ci-haut comme base, afin que vous puissiez continuer sans plus tarder votre RP et que vous puissiez être plus libres de le jouer à votre sauce, et d'ajouter des petits détails si vous le souhaitez.   Si vous avez des questions, n'hésitez pas à nous contacter Stella et/ou Yuyu.

Citation :
CONSIGNES :
- Si vous n'avez eu aucun échec: vous êtes épargné.
- Si vous avez eu 1 échec : Vous subissez le sortilège d''Incarcerem (des cordes sortent de la baguette et peuvent permettre de ligoter la cible).
- Si vous avez eu 2 échecs : Vous subissez le sortilège d'Asfission pauralis (la personne qui en est victime est soudainement atteinte de problèmes respiratoire, a l'impression d'étouffer).
- Si vous avez eu 3 échecs ou plus : Vous subissez le sortilège d'Ignis maxima pendant une minute (Il provoque une combustion progressive chez un individu. La personne atteinte aura la sensation de bouillir de l'intérieur, son sang chauffant à la manière de l'eau sur le feu).
- * Spécial Octave: À toi de choisir si tu veux toujours défendre les élèves ou te retourner contre eux en les faisant souffrir.

Nous vous remercions encore pour votre participation. Les points qui ont été promis seront accordés quand le RP sera terminé    ]
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
PERSONNEL DE POUDLARDBibliothécaire
    PERSONNEL DE POUDLARD
    Bibliothécaire
AVATAR : James McAvoy
MESSAGES : 463

INFOS PERSONNAGE
SITUATION AMOUREUSE SITUATION AMOUREUSE: Pas vraiment seul, mais presque.
DATE & LIEU DE NAISSANCE DATE & LIEU DE NAISSANCE: 10 Août 1964
SANG SANG: mêlé
MessageSujet: Re: [Ven. 14 novembre 1997] MINI-INTRIGUE : Les écrits interdits Jeu 5 Oct 2017 - 0:43

« Holbrey ! »

Une lettre aspirée, suivie d’une voyelle, participèrent à ce roulement de tonnerre que fut la voix d’Alecto Carrow. On aurait dit que le Dieu du vent avait soufflé dans son cor. Par le réflexe étrange que nous insufflaient les mœurs, Octave, une fois la surprise outrée révolue, eut envie de répondre « Je suis dans la chambre maman ! Arrête de gueuler p*tain ! ». Fait parfaitement singulier, car rien dans son enfance ne l’avait habitué à ces coups de gong et aboiements militaires. Il s’extirpa de la réserve à pas rapide, tandis que l’aboiement se réitérait d’une façon presque primitive, faisant honneur au désir inconscient du duo proverbial à remonter dans les arbres, contrairement à leurs congénères, qui préféraient en descendre. Octave longea les étagères en coup de vent, jetant un coup d’œil systématique pour constater s’il était le dernier à rejoindre la réunion de meute de loups. Mais visiblement, les élèves refusaient de répondre au nom de famille « Holbrey ». Sage décision. Le bibliothécaire retrouva l’affreuse mégère, qui avait autant l’allure d’un professeur qu’elle avait l’allure d’une femme. On en parlait, du collier de barbe qui poussait aléatoirement sur son double menton ? Pas qu’elle fut grosse, mais Alecto avait tendance à cacher son cou en rentrant sa tête, pour peut-être cacher la source de sa laideur entre les plis de vieille peau. Octave ne s’attarda que vaguement, ayant déjà eu l’occasion de la décortiquer à plusieurs reprises. Exercice qui révélait à chaque fois de nouvelles surprises désagréables, accrues par la méchanceté et la médiocrité de ce personnage terne et triste comme une mite de lit. Même ses cheveux ressemblaient à des queues de rats. Elle lui décocha un sourire excessivement louche. Le genre qui supposait de la vile hypocrisie et un plaisir tiré aux dépends des autres.

« Alecto, qu’est-ce que je peux faire pour vous ? »
Même sa langue était lourde, tellement cette femme lui sortait par les pores de la peau.
« Comment se passe la soirée, Holbrey ? Les élèves accomplissent-ils correctement leur tâche ?
- Ils s’affairent, mais je n’ai pas encore véri… »

Avant qu’il n’ait pu terminer ses semblant d’explications, Alecto plaça en pince de crabe deux doigts dans sa bouche et siffla les élèves comme on sifflait son chien pour qu’il rameute le troupeau de moutons. Pas le moins déconcerté, car qui savait quelle était la limite à l’impudence de cette ogresse modelée dans du détritus biologique, le bibliothécaire la laissa naturellement faire. Comme elle semblait attendre, Octave attendit aussi, regardant les élèves se rassembler, l’heure des conclusions ayant sonné. On pouvait probablement lui reconnaître une once d’intelligence sadique et cruelle, qui l’obligeait à user de n’importe quelle occasion pour soupeser les élèves et voir lequel était bien mûr, sur le point de craquer. Royale, Alecto tendit sa paluche en forme de muffin défiguré vers le plafond et demanda :

« Vos listes. »

Octave observait la scène avec désinvolture, comme si tout était prévu et qu’il était au courant, mais en réalité son œil slalomait comme si on lui avait demandé de surveiller des tigres endormis. C’était précisément en ces instants qu’il ne regrettait absolument pas d’avoir un aussi petit poste. Pas qu’il eut été incapable de se plier aux volontés d’un tyran, dont l’insignifiance profonde l’avait fait par miracle monter sur une marche plus haut que les autres, non. Mais Octave aimait à s’assujettir pour un but précis. Le professorat n’offrant aucune perspective de carrière dans ce désert éducatif qu’était présentement Poudlard, il l’aurait bourrée de parchemin comme un prof de physique-chimie vous bourrait de papier une photocopieuse avant un gros examen.

Les listes en question furent laissées par les dociles élèves et une fois que le dernier eut tendu sa copie, Alecto l’arracha et se mit à feuilleter la petite pile avec l’intérêt théâtral qu’on prête à ce qu’on pense surpasser intellectuellement. Elle cherchait on ne sait quoi, sans vraiment le chercher, parce qu’au fond de soi, elle l’avait déjà trouvé. Octave connaissait bien ce regard de mauvais jeu, où l’on étirait le temps pour le plaisir de ne pas donner le fin mot. Son visage exprimait la solennité qui sied à une curiosité routinière, tout en ayant la barbarie inscrite dans chaque trait de son visage. Alecto observait l’invisible, murant ses sbires volontairement dans un silence tendu. Les pages bruissaient entre ses doigts tels de la soie entre des pierres. Elle accompagna sa recherche inutile de bruits de bouche. Des « hum » et des « ah » rythmaient des constats stériles. Encore un peu, et elle lui aurait fait pitié, si le pouvoir qu’elle possédait n’était pas aussi méchamment amplifié par son caractère de morue frustrée. Enfin, elle releva son visage et regarda le bibliothécaire. C’était les yeux d’un poisson dans un aquarium mal entretenu, boueux, n’exprimant que quelques motivations primitives et superficielles. Elle cherchait son appui ou quoi ? De suite, elle se retourna vers les élèves, une expression étrangement plate sur le visage.

« Ce sont de longues listes qui représentent un travail compliqué. Mais c’est un travail nécessaire, qu’il faut faire pour rendre cette école un peu meilleure qu’elle ne l’était hier. » Elle hocha de la tête, comme pour leur concéder un labeur difficilement rudement accompli. Et puis, une suspicion fissura son facies en deux, plissant le recoin de ses petits yeux en pine d’huître. « Cependant, n’excluons pas qu’une petite fouine répugnante ait eu l’idée d’échapper à son devoir ! Je vous laisse une chance… Est-ce quelqu’un dans cette pièce souhaiterait se dénoncer ? Ou dénoncer l’un de ses petits camarades, qu’il aurait vu ne pas suivre les instructions ? » Alecto balaya la petite assemblée de son regard perçant, visqueux, avant de pointer du doigt tour à tour des élèves au hasard : « Kent peut-être ? Montgomery ? » Après un silence cotonneux et gêné où ils s’étaient sentis comme par magie diminués, Alecto reprit son invective voilée « Vous voulez me faire croire que tout s’est passé sans remous ? Que vous avez tous respecté les instructions à la lettre ? Très bien, je suis contente de savoir que vous ayez accompli votre tâche comme je vous l’ai demandé. »

Elle n’était pas juste venue pour ça. Le silence des élèves leur faisait honneur d’une certaine façon, mais ils savaient probablement que tous que la Carrow ne s’arrêterait pas en si bon chemin, se contentant de la parole d’une tripotée d’adolescents qui ne lui aspiraient qu’un dégoût profond.

« Je me demande… Qu’est-ce qui adviendra si je décide d’appeler l’un des livres sur cette liste ? Rien ne devrait se produire, n’est-ce pas ? »

Octave s’arrêta de respirer un instant, nullement surpris, mais naturellement inquiet. Le suspens, ça vous électrisait. S’il pouvait répondre de la fiabilité de ses propres actes, il ne pouvait en revanche pas en dire autant pour les élèves présents. Faisant mine d’abord d’abandonner l’idée, Alecto rattrapa vite -trop vite pour qu’on puisse y croie- son geste et d’un mouvement de baguette appela au hasard :

« Accio… »

L’intitulé du titre demeura silencieux, prononcé du bout des lèvres. Surtout que j’ai la flemme de chercher à deux heures du matin un titre de livres que vous ayez cité et qui ne soit pas détruit. Breffons. La baguette était tendue comme un bâton chercheur d’eau. Dans un silence où on aurait pu entendre une plume tomber, un grincement douloureux se fit entendre au loin, se répandant en écho morose dans toute la pièce. Quelque chose avait frémi. Le silence revint, celui où on sentait les cendres tomber du ciel après une lourde explosion. Quelqu’un allait se faire tanner le cuir. Peut-être lui-même d’ailleurs ? Le bouquin voyagea en satellite sur orbite jusqu’à la main d’Alecto, qui le saisit sans plus de ménagement avant de le brandir entre elle et les élèves.

« Dois-je conclure que vous êtes tous des menteurs ici ? Que non seulement quelqu’un a sciemment désobéi, mais qu’en plus vous dissimulez le coupable ? »

Octave sentit son visage se durcir du masque de la rude indifférence lorsqu’Alecto brandit sa baguette pour faire partir le livre en une floppée de miettes. La baguette demeura en l’air, visant les élèves un instant suspendu, prête à tous les faire partir dans les flammes des représailles. Soudain, elle se retourna vers lui et l’interpella d’une voix possessive et rendue aiguë par l’excitation.

« Holbrey, c’est votre confiance qu’ils ont trahie tout de même. Vous étiez responsable du bon déroulement de cette soirée et ils vous ont ignoré, sans se soucier que cela pouvait peut-être vous coûter quelque chose. Je trouve que c’est excessivement ingrat de leur part. Qu’en pensez-vous ? »
La voix du bibliothécaire sonna basse, sans inflexions, d’un ton plat, lentement.
« Que voulez-vous que je vous dise… je m’en remettrai, de ce chagrin.
- Toujours à plaisanter Holbrey. Ecoutez, je pense que c’est à vous et à personne d’autre de sévir. Vous méritez bien de vous venger. Un Incarcerem sur… admettons, Miss Breckenridge ? »

Oh, voilà donc où elle voulait en venir. Il était clair qu’elle le châtiait à sa façon, mais de sorte à ce que ce cher bibliothécaire au penchant si prononcé pour l’humour ne fasse plus rire personne. Toutes les émotions qu’il aurait pu ressentir se firent aspirer par un siphon de pragmatisme et de froideur impassible. Le premier désir spontané perça néanmoins, fulgurant et poignant. Il pouvait refuser. Se faire reléguer au rang de chose pour subir le supplice passage n’avait rien de nouveau. Dans ces circonstances précises, ce n’était pas vraiment un obstacle qu’il craignait et de toute façon, il ne serait pas le premier dans le corps professoral à refuser un tel acte par acquis de conscience. Souffrir de corps lui importait peu, tant que ce n’était pas long. Mais Octave regarda la main boudinée d’Alecto. Cette main grossière et rude qui avait brillamment sévi lors d’une sombre nuit où Leslie était venu en pleurs, dans un état plus que misérable, se réfugier à la bibliothèque. Une sombre nuit qui avait laissé de marques profondes sur les visages et les esprits. Le dilemme du moindre mal ? L’idéal aurait été d’assommer Alecto, mais ce n’aurait été que remettre le problème à plus tard. Se faire détester n’étant pas non plus une stricte dérogation, Octave prit sa décision en une poignée de secondes, sans laisser le temps à Alecto de le supposer hésitant. Sa main désinvolte, impunément baguée de livres métamorphosés, lança le sortilège sans un bruit autre qu’une toile d’araignée qu’on déchire. Deux salves de cordes apparurent. L’une alla enlacer en serpent amoureux les mollets de la jeune fille désignée, les joignant d’un coup sec. L’autre prit possession de ses poignets, l’empêchant de pouvoir se protéger lors de sa chute. Chute qui fut menée au ralenti, sans élans particuliers, comme une branche qui craque et tombe de son arbre. L’humiliation de se faire maîtriser sans pouvoir lutter. Une dent cassée peut-être, des genoux qui craquent, une épaule qui manque de se déboîter au rude contact du sol… Les cordes bougèrent, se tendirent, étreignant le corps de Breckenridge pour le disloquer un peu, faisant craquer les tendons et les jointures, l’obligeant à prendre une position peu naturelle, décomposée, à la limite de la déchirure. Un gloussement émit par Alecto lui parvint, avant qu’elle ne s’esclaffe :

« Etre préfète est un poste exigeant, Miss Breckenridge ! »

Son doigt pointa sur Montgomery, et Octave, ne désirant pas faire preuve davantage d’imagination, lui imposa le même sort. L’affaire lui parut interminable, rythmée par les exclamations volubiles de la Mangemort. Son sang-froid l’effrayait, car poussé à son paroxysme, il le privait de toute empathie. Pourtant il était certain que s’il se détendait ne serait-ce qu’un peu, ses dents se mettraient à s’entrechoquer dans sa tête comme des dés à jouer. Il entendait les froissements de tissus, les mouvements désespérés de se soustraire à l’entrave, les gémissements sourds, les cris jamais lâchés, sans les considérer. D’ailleurs, ce qu’il voyait ne lui inspirait pas grand-chose. Alecto s’amusait, sans doute par manque d’imagination. Heureusement, elle ne se doutait pas que les limites du bibliothécaire se trouvaient bien au-delà de ce qui était démontré, aussi s’en contenta-t-elle, pensant lui imposer un grief considérable. Alecto s’excita encore un peu, blâmant la petite Montgomery, tandis que ses phalanges se faisaient écarteler par les cordes vicieuses. Sa voix raisonnait, chargée de faux pathos et d’enflure. Pour cesser ses exaltations gratuites, Octave baissa sa baguette et cessa enfin la torture, pinçant ses lèvres dans le mépris et la réticence, faisant croire que sa nature élégante ne pouvait supporter davantage. A dire vrai, il voulait faire taire ces exclamations de porcelet capricieux qui se galvanisait à outrance sur une poigné de glands. Il eut peur aussi que dans l’emportement, Alecto ne se joigne à l’exercice pour relâcher la tension de ses propres nerfs. Octave se trouvait particulièrement calme, comme à chaque fois que des émotions fortes menaçaient de l’emporter. Tout ce qu’il sentit fut donc un lent effondrement au loin, comme un iceberg s’échouant dans les vagues ; une concentration d’obscurité et de dédain. Pour se donner de l’aplomb, il en rajouta une couche d’une voix prodigieusement égale, comme pour mettre un point.

« L’infirmerie est déjà pleine, ce n’est pas le moment d’en envoyer d’autres. »



code couleur Carrow : #ff9933


HJ:
 

_________________
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
GRYFFONDOR6ème annéeCapitaine de Quidditch
    GRYFFONDOR
    6ème année
    Capitaine de Quidditch
AVATAR : Josh Hutcherson
MESSAGES : 549

INFOS PERSONNAGE
SITUATION AMOUREUSE SITUATION AMOUREUSE: Celibataire
DATE & LIEU DE NAISSANCE DATE & LIEU DE NAISSANCE: 7 Août 1982
SANG SANG: mêlé
MessageSujet: Re: [Ven. 14 novembre 1997] MINI-INTRIGUE : Les écrits interdits Dim 8 Oct 2017 - 0:28

Les écrits interdits
“Un livre est un outil de liberté.”
••••

 
Un frisson parcourus la totalité du corps de Jimmy lorsque la voix de la Carrow lui parvint aux oreilles. Ce n’était pas lui qu’on appelait – et heureusement, ou il aurait fait une crise cardiaque au milieu des rayonnages – mais l’angoisse était tout de même présente. Cette voix était associée à tellement de mauvaise chose qu’il ne pouvait déjà que prévoir un nouveau problème. Qu’allait-elle faire ? Leur rajouter du travail ? Jimmy doutait de leur retour tranquille dans leur maison, il y avait forcément quelque chose de peu agréable prévu dans l’esprit de la surveillante de Poudlard. Est-ce que cela allait tomber sur lui ? Il ne l’espérait pas mais la chose était possible. Après tout, il possédait un livre de la réserve dans ses poches, et pouvait très bien être accusé et surtout torturé pour avoir désobéit. Sauf que s’il tombait, Octave aussi. Après tout, ce livre épargné était sur sa liste à lui, n’est-ce pas ?

Il n’allait pas tarder à le savoir, puisqu’un sifflement de la part d’Alecto lui indiqua qu’il était bien temps d’affronter le regard du monstre. Regard que Jimmy tentait alors tant bien que mal d’éviter. Le courage qu’il avait presque repris après sa discussion avec le bibliothécaire c’était bien rapidement évaporé, et il ne serait certainement pas capable de survivre au visage terrifiant – et hideux aussi, mais ce n’était qu’un détail pour lui – d’Alecto Carrow. Aussi se contenta-t-il de rendre sa liste de livre. Il pensait avoir tout trouvé, mais ne se souvenait pas exactement de tous les titres qu’il avait lu en lettre noires sur le parchemin qu’on lui avait attribué. Et puis, il patienta, silencieux, n’osant regarder ni les adultes, ni les autres membres de cette punition particulière. Il ne releva le regard que lorsque qu’Alecto mentionna son nom, mais resta silencieux. Dénoncer quelqu’un ? Surement pas. Et puis, Jimmy eut un petit espoir de filer très rapidement de la bibliothèque pour retrouver son lit dans la tour de Gryffondor, mais Alecto ne semblait pas de cet avis, et décida d’appeler un livre. Livre qui se dirigea entre ces mains.

Ils étaient tous morts, maintenant, n’est-ce pas ?

Jimmy n’en savait rien, et il préféra rester silencieux. Ce n’était pas le moment de pousser un petit soupire angoissé, cela ne ferait qu’attirer l’attention sur lui, et ce n’était absolument pas ce qu’il souhaitait. Son courage envolé, il reste aussi stoïque que possible, écoutant plutôt qu’observant, il attendait. Jusqu’à ce qu’Alecto propose au bibliothécaire de jeter un sortilège sur la préfète des rouges et ors. Un instant surpris par la décision de la surveillante, et choqué par la réalisation du sortilège, Jimmy senti une pointe d’indignation et de courage percés au milieu de son cœur. Octave, qui possédait une multitude de livre métamorphosés en bagues torturait l’une des étudiantes qui suivait le plus l’esprit des Carrows sans trop de sentiment. Et la douleur sur le visage de Meredith, le gloussement d’Alecto et l’enchaînement de la punition sur Malia lui fit légèrement serrer les poings. Et pourtant, il restait là, inutile, impuissant, le cœur lourd et l’esprit tourmenté. Il ne savait pas quoi faire, il était perdu. Et lorsque Octave indiqua subtilement que c’était suffisant, le stress diminua étrangement, et un flot de fatigue l’attaqua. Ils allaient pouvoir retourner dans leur dortoir, n’est-ce pas ? « Je me porte volontaire pour les emmener à l’infirmerie.. » dit-il alors, hésitant, avant de compléter « si vous le souhaitez. » Et voilà, il n’était pas prêt de retrouver ses couvertures, mais il ne pouvait tout simplement pas abandonner Meredith et Malia à ce triste et sort. Il n’avait pas été en mesure d’arrêter ça, alors il pouvait bien les soutenir pour la suite. Et puis, leur préfète de maison n’était pas en état de faire quoique ce soit, alors en tant que Capitaine de Quidditch, il se devait bien d’être utile. Ce n’était pas le tout de lancer un Souaffle dans un cercle en acier, encore fallait-il avoir le courage de l’attraper.
 

  ••••

by Wiise

_________________
stand by me + When the night has come and the land is dark and the moon is the only light we'll see. No, I won't be afraid. No, I won't be afraid just as long as you stand, stand by me.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Contenu sponsorisé
MessageSujet: Re: [Ven. 14 novembre 1997] MINI-INTRIGUE : Les écrits interdits

Revenir en haut Aller en bas

[Ven. 14 novembre 1997] MINI-INTRIGUE : Les écrits interdits

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut

Sujets similaires

-
» ? MINI-INTRIGUE N°1 - des vivres pour la survie (inscriptions closes)» Mini intrigue ♕ Le Colin Maillard» Mini Intrigue :: Lie To Me» Mini Intrigue :: The Calling Dead» MINI-INTRIGUE N°3 ? journée randonnée. (complet)
Page 1 sur 1
Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
 :: ECOSSE; Poudlard & Pré-au-lard :: Dans les étages :: Bibliothèque-