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[02 Novembre '97] Il faut cuisiner avant d'avoir faim

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POUFSOUFFLE6ème année
    POUFSOUFFLE
    6ème année
AVATAR : K.J. Apa
MESSAGES : 97
MessageSujet: [02 Novembre '97] Il faut cuisiner avant d'avoir faim Ven 2 Juin 2017 - 1:21


“L’intempérance a tué plus d’hommes que la faim.”
— Proverbe grec

Ce matin-là, l’aube peinait à atteindre les carreaux — quoique poussiéreux — du pensionnant magique le plus célèbre du Royaume-Uni. Peu importe à quel point chacune de ses pierres millénaires se tournaient vers la lumière, elles n’offraient aux passants que le spectacle de longues coulisses d’ombres plongeant dans la verdure des jardins, ce qui suffisait certainement déjà à attrister jusqu’à l’aïeul des sombrals.

Franchement, cette ambiance glauque pesait tout le poids d’un dragon sur le caractère d’ordinaire léger de notre rouquin ; lui qui se trouvait plus inquiété encore par ce qui se déroulait à l’intérieur même des façades ancestrales de Poudlard, tout à l’abri des regards indiscrets. Si bien que malgré son caractère de vieux gobelin grincheux au réveil, le Poufsouffle avait pris l’habitude de profiter du petit matin pour filer aux cuisines avant que les préfets n’entament leur première ronde. C’est que depuis que Jude lui avait laissé entendre que les représentants de la maison Nuncabouc étaient sévèrement rationnés, No craignait le pire et accumulait les vivres à la façon de son patronus ; c'est-à-dire en mode écureuil. L’exercice le servait plutôt bien jusque-là, le positionnement de la salle commune des blaireaux se comparant avantageusement à Rome ; tous les chemins y menait d’une façon ou d’une autre. Enfin non, pas tous, mais presque tous. Du reste, le sixième année était passé maître dans l’art de chatouiller pile-poil le bon raisin de la grande draperie qui gardait les cuisines et qui ne lui donc résistait jamais.

Quasiment souriant, c’est un Nolan à la chevelure en bataille qui avait émergé du repère des elfes avec un butin satisfaisant sous le bras ; une pêche bien mûre, deux pains au chocolat encore chaud ainsi qu’une tranche de lard cuit qu’il s’était empressé d’engloutir pour des raisons de logistique. Car oui, chaque nouvelle zone d’ombre sur son trajet lui donnait l’impression de se transformer en Nimbus 2000 dont les brindilles prenaient feu, alors les liquides et autres denrées graisseuses posaient souvent problème lors du transport, tachant à tout coup ses vêtements qui ne payaient déjà pas de mines. Par précaution, il n’avait d’ailleurs pas revêtu son uniforme complet et s’était contenté d’enfiler une grande robe de sorcier dont il retenait les pans sur sa poitrine à la façon d’un voleur. Je sais je sais, on repassera pour le courage comme pour la subtilité, mais sachez qu'il n'est pas si plaisant de se balader en simple caleçon sous cet espèce de drap noir en laine rêche. Le sixième année nota d’ailleurs mentalement qu’il lui fallait remédier à cet inconfortable problème en prévision de ses futures escapades clandestines.

Finalement confronté au dernier embranchement avant que les tonneaux n’intègrent son champ de vision, Nolan avait prudemment ajusté sa vitesse de croisière, question de ne pas révéler sa présence en grand pompe au reste de la maisonnée. Certains ne lui avait toujours pas pardonné l'incident du jeudi précédent ou il avait renversé par mégarde un des précieux barils, inondant de ce fait la moitié de l’entrée du terrier. Qu'importe, l’écho d’un sanglot aigu ne tarda pas à venir lui chatouiller les tympans, stoppant tout net son élan ainsi que sa volonté de rejoindre rapidement son dortoir. Mince, le voilà qui était piégé comme un botruc à la mer, à tout juste une intersection de la victoire qui plus est.

Prudent, il recula de quelques pas afin de mieux tendre l’oreille aux sons étouffés qui lui parvenaient et ou s’entremêlaient une série de pleurs saccadés et quelques paroles féminines doucereuses quoique fermes dans leur énonciation. Par la barbe de Merlin, cette voix, ça ne pouvait tout de même pas être celle de Meredith Breckenridge, si ? Nolan osa tendre le museau au-delà de l’arête du mur, confirmant par le fait même que son ouïe ne le trompait pas. La préfète était bien là, agenouillée au pied d’une deuxième année jaune et noir visiblement secouée au retour d’une punition nocturne.

La scène suffit à réveiller l’instinct de blaireau de Nolan qui bondit aussitôt en direction de l’entrée de leur tanière, sa pêche rosé tenue d’une main alors que l’autre préservait sa pudeur en gardant bien fermé les rebords de sa robe de sorcier. Le truc, c’est que l’entretien de Breckenridge-la-benjamine-du-nom et de sa proie du moment venait simultanément de prendre fin sur quelque chose qui ressemblait à une accolade, laissant alors le sixième année plutôt dubitatif et sa future intervention, carrément inutile.

Pas tout en fait en possession de ses moyens, No glissa donc le fruit qu’il tenait dans l’une des poches de sa cape puis porta une main au sommet de la chevelure de la petite blairelle dont le nom lui échappait sur le moment. D’un geste quasi paternalisme, il la poussa doucement entre deux rangées de tonneaux (loin des mains pas-si-griffues de Meredith) et l’air de rien, il se retourna en affichant toute la contenance dont il pouvait faire preuve dans les circonstances, capitalisant sur le fait qu’il avait une bonne tête — et un an d’âge — de plus que la préfète qu’il s’apprêtait à braver gentiment.


Dis donc, tu sais que j’ai cru un moment que tes petits airs supérieurs, c’était à cause de cette fichue épinglette hein ? Il pointa alors du doigt la dite breloque cuivré avant de poursuivre. Du genre que tu voulais faire plaisir aux nouveaux patrons ?

Tout le monde s’entendait sur le fait que les Carrows n’étaient pas exactement des dirlos de rêve, alors pourquoi jouait-elle leur jeu? Non parce qu’il avait bon caractère le Sherman, mais l’attitude de la miss ne lui revenait pas du tout depuis la rentrée et quelqu’un se trouvait forcément à la source de cet abrupt changement d’allégeance. Mery avait pourtant toujours été de bonne compagnie dans les serres, voir même, Nolan l’avait en affection depuis cet incident ou ils avaient tous deux fait cramés le bosquet de rosiers préféré de Chourave. Maintenant, c’était tout juste si elle lui adressait la parole quand ils traversaient le même corridor, toujours pour lui reprocher l’angle de son nœud de cravate, la façon qu’il avait de mâchouiller son chewing-gum la bouche ouverte ou encore de traîner son chaudron de fonte derrière lui comme une luge.

Sauf que là, je constate que les réprimandes et le ton sec, c’est que pour ma pomme en fait. glissa-t-il avec une pointe d’ironie et un ton pourtant léger. Je dois prendre ça pour une sorte d’honneur ? Parce que si oui, tu serais bien aimable de me rappeler comment je me le suis mérité celui-là !

Allez, cartes sur table, de toute façon, il était déjà bon pour les cachots vu le double affront au règlement qu’il venait de commettre.
Ou peut-être pas ?

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« Differences of habit and language are nothing at all if our aims are identical and our hearts are open. » ► ALBUS DUMBLEDORE
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